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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Fyrh - Cours n°4

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MessageSujet: Groupe Fyrh - Cours n°4   Lun 24 Juin 2013, 12:30

Pia était déterminée à emmener ses trois apprenties dans la forêt de Barail.
Peu importait Chio, les Faëls, et le reste. D’autant qu’elle s’entendait bien – voire très bien – avec eux. Elle espérait juste ne pas croiser son ancien amant. Mais bon, en même temps, elle prenait aussi le risque, car pour elle la forêt de Barail et le Pays Faël étaient d’excellents terrains de jeu pour des apprentis en formation. Elle-même s’était entraînée des années dans ces lieux où la terre côtoyait les feuilles à la même hauteur.
Et puis, quelques petits défis avec les Faëls ne feraient pas de mal aux jeunes apprenties, elle en était certaine. Au contraire ! Chacune avait de quoi rivaliser dans un domaine avec eux.

Toute fière de sa trouvaille, Pia avait rapidement donné rendez-vous aux jeunes filles devant les écuries. Elle était contente de retrouver son fidèle compagnon Pino, un étalon qu’elle adorait. Ils avaient déjà fait beaucoup de voyages ensemble, et avec d’autres chevaux. Et même si le poney n’était pas grand, il avait tant d’énergie et de détermination qu’il résistait bien mieux aux longs voyages, ou même aux petites vitesses que la plupart des grands chevaux.

Pia s’était renseignée, et apparemment toutes les apprenties avaient déjà monté à cheval.
Eole avait sa propre monture, un magnifique étalon frison ; Ange aussi un joli hongre. Seule Shalie n’avait pas de monture dans les écuries de l’école, mais lors du dernier cours avec leur Maître précédent, elles avaient monté à cheval.
Les accueillant avec un grand sourire, la petite marchombre se frotta les mains d’impatience.

- La dernière fois, on est parties à pieds, mais aujourd’hui on part à cheval ! Préparez votre monture, chacune, je m’occupe aussi de la mienne.

Les laissant s’affairer sur leur cheval, Pia prit le temps de bien panser Pino, qui montra son contentement de grands coups de tête affectueux. Riant seule, la Marchombre le repoussa en lui disant qu’elle n’était pas un arbre, et finit de le harnacher tranquillement.
Lorsqu’elles furent toutes prêtes, Pia adressa un clin d’œil à ses apprenties.

- Ne vous fiez pas aux apparences ! Je suis sûre que Pino en a plus dans le ventre que vos chevaux réunis !

Riant à sa propre blague – douteuse – Pia se hissa sur son poney, qui roulait déjà des mécaniques devant l’immense étalon frison d’Eole. Cela aussi, la faisait rire, mais le petit poney était trop content de sortir pour de nouvelles aventures pour embêter de trop sa cavalière.

- Allons-y !

Elle avait eu très envie de continuer sur un “les amies” en chantonnant, mais cela aurait peut-être été trop. Un immense sourire sur les lèvres, elle mit Pino au pas et s’éloigna avec les trois autres chevaux de l’Académie.



Le galop des chevaux faisait vibrer la terre avec force.
Cela faisait trois heures qu’elles étaient parties de l’Académie, des écuries, et c’était leur deuxième galop. Elles avaient beaucoup trotté, puis un peu galopé. Pia avait ainsi pu voir que les jeunes filles maîtrisaient en fait bien l’équitation, et les encourageait sans cesse à se dépasser en donnant de nouveaux conseils sur la tenue des rênes, sur le poids du corps pour l’assiette, comment tenir les épaules, tourner plus efficacement…

Mais le soleil parvenait à son zénith, et Pia décréta une pause pour manger.
Elle avait apporté de la viande séchée, mais décida que cela n’était pas le bon moment pour la manger. Mieux valait d’abord chasser, hein !

- Allez, vous allez chasser notre déjeuner ! Au poignard, par contre.

Leur adressant un grand sourire, Pia leur désigna trois petits poignards à la lame aiguisée et les encouragea à y aller.
La chasse au poignard n’était pas aussi facile que celle à l’arc, car la distance et la précision n’étaient pas les mêmes, et les gestes non plus…
Elle allait voir ça !

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Dim 30 Juin 2013, 23:56

- Je pars.
- Déjà ?
- Déjà.


Cela ne fait pas plus de deux semaines que je suis ici, à passer mes journées au bord du lac Chen dans une famille de pêcheurs. Sandiane n'a pas dit non quand je lui ai proposé mon aide. Il faut dire qu'élever sept enfants sans mari n'est pas une chose aisée. Lowen n'a pas dit non non plus d'ailleurs … j'avoue que c'est avec regret que j'ai quitté sa couche ce matin. Mais il est temps pour moi de repartir. J'ai beau avoir apprécié chaque instant passé au milieu de cette exubérante famille, j'ai besoin de retrouver ma vie d'apprentie Marchombre. De retrouver ma liberté et ma solitude. Enfin ce ne sera pas pour longtemps … je dois retrouver Pia et les filles pour un nouveau cours. Je savoure depuis notre examen ce titre qui flotte dans mes pas. Flen-Til. Il n'a aucune valeur et pourtant il me rend heureuse. Avoir la reconnaissance d'un Maitre est aussi important qu'avancer sur la Voie.

- Tu reviendras ?

Trop franche pour mentir et blesser cet homme qui m'a accueillie dans ses bras, je lui réponds sans hésitation.

- Je ne sais pas.
- Si tu sais !
- Tu vas revenir hein !


Lai et Mai - les deux jumelles aux boucles brunes – ont fait irruption derrière leur grand frère, leurs visages que j'ai connu si espiègles teintés de déception. Je pousse un léger soupir, tourne la tête vers ma monture et finalement me fend d'un large sourire.

- Oui je reviendrai. Il suffira juste qu'une nouvelle pluie me ramène jusqu'à l'abri de votre maison. D'ici là je compte sur vous pour prendre soin de Lowen.


J'ai beau avoir déjà fait mes adieux à toute la famille, je sers les deux bouts de chou dans mes bras le temps d'un dernier câlin, embrasse mon amant passager et m'esquive. D'un bond je suis sur ma selle et pousse Brume vers la route qui s'étire un peu plus loin. Je sens que l'animal est pressé de retrouver son box à l'académie où je l'ai emprunté après mon examen. Pia nous a prévenues que le prochain cours nécessiterait nos chevaux. J'ai donc préféré laisser Shantal se reposer tranquillement avant une promenade qui, je l'espère, va durer plus d'un mois.



********


Brume pansée et nourrie, je m'affaire auprès de Shantal. Le vieux hongre est encore débordant d'énergie et trépigne dans son box en attendant que j'ai fini de le brosser puis de le harnacher. Il n'a pas longtemps à attendre tant les gestes me sont familiers. Tapis, selle, sac, fontes, rênes. Tout y est. Le paquetage est le même qu'à chacun de mes voyages, pas plus lourd ni plus léger. Je tiens à ménager ma monture autant que j'ai ménagé mon dos lors du précédent cours à pied.

Les sabots de ma monture claquent sur les pavés de l'écurie, attirant le regard curieux des quelques chevaux qui n'ont pas la chance d'avoir été mis au vert. Dehors le soleil brille, aussi éclatant que le sourire sur le visage de notre Maitre. Notre voyage démarre sous de bons augures, même si la chaleur promet de rendre éprouvant notre trajet.

Pia nous attend à côté de son poney qui ne paye pas de mine devant le cheval de Shalie et le mien, et encore moins devant le géant que monte Eole. Je ne savais pas qu'un cheval pouvait être aussi grand ! J'avoue que ce n'est pas mal puisqu'il fait de l'ombre, rendant l'air plus agréable là où je me trouve. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à nous quatre nous formons une troupe hétéroclite. J'en rirais presque si ce cours n'était pas sérieux et si je ne connaissais pas la valeur des personnes qui m'entourent. La Marchombre ne perd pas son mordant et défend son poney avec une remarque affectueuse. J'ai entendu parler de poneys ayant autant de force qu'un cheval bien formé, je ne doute donc pas qu'elle ait en effet raison. Son petit Pino risque fort bien d'en faire baver à mon Shantal. Nous verrons.



*******


Ce nouveau voyage aux côtés de Pia commence par une leçon d'équitation, me rappelant malgré moi le deuxième cours d'Aïwen. Lui aussi avait préféré nous apprendre à nous servir de nos jambes lors du premier cours, avant de nous faire apprécier la présence des chevaux lors du deuxième. Je me demande ce quelle moyen de voyager il aurait choisi s'il ne nous avait pas abandonnés …
Une énième pique de la petite Marchombre me tire un rire léger et détourne mes pensées de mon ancien Maitre. Enjouée comme elle est, Pia ne nous laissera pas tomber. Il n'y a qu'à voir son affection pour nous pour le comprendre.

Les lieues défilent sous les sabots de nos chevaux, nous emmenant toujours plus vers l'Ouest. Je n'ai pas la moindre idée de se qui se cache par là-bas. Quel est le but final de Pia ? Elle ne nous l'a pas dit et ma connaissance de la géographie de Gwendalavir est trop limitée pour me permettre de jouer aux devinettes. Alors comme d'habitude je repose mon avenir dans les mains de mon Maitre, lui faisant entièrement confiance.

Il doit être aux alentours de midi, au vue du ciel et des gargouillis dans mon estomac, lorsque la Marchombre nous signala la première halte du voyage. J'approuve entièrement : il est plus que temps de manger. Si c'est ce qu'elle a en tête bien évidemment.


- Allez, vous allez chasser notre déjeuner ! Au poignard, par contre.

Euh … ce n'est pas exactement le meilleur moyen de cueillir notre repas ça … à moins qu'elle veuille nous apprendre à cuisiner des racines et des baies. Le poignard dans ma main, j'hésite un instant sur la marche à suivre. Elle a dit "chasser" ce qui implique de tuer un lapin ou une volaille quelconque. Pourtant j'ai bien envie de ramener uniquement des végétaux … Sauf que Shalie et Eole vont forcément ramener de la viande ! Et ça mon envie de les surpasser ne pourra pas le supporter, sauf si moi aussi je trouve du gibier.

Enfin décidée, il ne me reste plus qu'à me prouver que j'ai progressé depuis que je suis devenue apprentie Marchombre. Il s'est passé tant de temps depuis … tant de rencontres, de découvertes, d'échanges, d'essais, de progrès. La Voie que j'arpente est infinie. Presqu'autant que le chemin que je vois se dérouler derrière moi. L'Ange d'il y a trois ans est bien loin de l'Ange que je suis maintenant.

Ecoute et Ouverture.
Je m'avance silencieusement dans les hautes herbes qui nous entourent, guettant le moindre bruit. Dans mes gestes se mêlent tous ces conseils offerts par mes Maitres, les trappeurs et les voyageurs que j'ai pu rencontrer jusqu'à présent. Je respire aussi calmement que possible, me calquant sur mon environnement pour bouger. Il ne s'agit surtout pas de troubler les lieux, sous peine de faire fuir le gibier ou pire : de se faire dénicher par plus gros que nous.
Les yeux et les oreilles aux aguets, je guette le moindre signe de vie, le moindre bruissement dans les herbes, le moindre frémissement du sol.
Sans trop savoir où je vais, je suis une trace puis une autre. Des excréments frais me donnent enfin une lueur d'espoir. A partir de là, je redouble de prudence, le bras prêt à lancer mon poignard vers une proie potentielle.

Au détour d'un buisson je déniche enfin un lièvre. Grignotant un brin d'herbe, il lève la tête comme s'il m'avait entendu arriver. Il ne déguerpit pas aussitôt, chance que je saisis sans une once d'hésitation.

Souffle d'acier
Qui fait danser le sang
Offrande

Des mots invisibles s'échappent de la scène.
Un poignard au travers de la gorge, le lièvre gît au sol. Machinalement je remercie la nature pour ce précieux cadeau puis ramasse l'animal et l'arme avant de filer vers Pia et nos montures.

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Shalie Altan
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Ven 05 Juil 2013, 00:07

C'était comme une mélodie quand le souffle du vent caressait la peau de Shalie. Allongée sur une branche, elle profitait de cette caresse et des premières lueurs du jour. La jeune fille se trouvait non loin de la forêt de Barail, à quelques kilomètres d'Al Far. Après le dernier examen, les apprenties avaient de nouveau eu quelques jours de repos et Shalie en avait profité pour faire un retour aux sources. Ce n'était pas vraiment ça, vu qu'elle n'était pas née, dans la ferme et qu'elle ne partageait pas des liens de sang avec ses parents, mais pour elle s'était tout comme. Comme à leur habitudes Godric et Rowena l'avaient accueilli les bras ouverts et elle avait passé de bons jours en leur présence, mais il était temps de partir.

Il fallait que Shalie reprenne sa formation. Elle ne s'était pas arrêté, au contraire, elle avait continué de s’entraîner tout en donnant un coup de main à ses parents. Il était juste temps qu'elle rejoigne son groupe. Inspirant profondément, elle se redressa alors avant de se mettre sur le côté et de se laisser glisser sur le sol. Se réceptionnant en douceur, elle rejoignit alors la ferme de ses parents avant d'entrer dedans. Allant dans la cuisine, elle attrapa alors une pomme et croqua dedans tout en prenant la parole à l'attention de sa mère.

- Il est temps que je parte maman.
- Comme toujours, ta visite ne dure jamais assez à mon gout ma chérie. Tu as tout ce qu'il te faut ?
- Oui ne t’inquiète pas et ce n'est pas un vrai départ, tu sais que  je reviens toujours. Où est papa ?
- Il est à l'écurie. Bon voyage ma chérie.
- Merci maman.

La rejoignant à la table, Shalie l'embrassa sur le front avant de sortir. Elle aimaient profondément ses parents, même s'ils n'étaient pas du même sang, elle les aimait plus que ses propres parents dont elle ne savait rien et qui les avaient abandonnée. Sifflotant légèrement, elle entra alors dans l'écurie. Son père était en train de seller Buck et il ne leva pas la tête malgré l'arrivé de sa fille adoptive. Souriant, Shalie flatta le flanc de la monture avant de prendre la parole.

- Je vais...
- Tu vas devoir partir, je sais, c'est pour ça que je suis en train de seller Buck pour que tu puisses partir avec. Tu reviens quand tu veux, c'était un plaisir de te voir ma fille.

C'était son père tout craché ça. Ancien soldat, il n'était pas un pro dans les sentiments, là c'était le maximum dont il était possible. Faisant demi tour, Shalie alla prendre son sac, lorsqu'elle fut de retour, son père avait terminé le travail et était parti. Poussant un soupir, elle attrapa alors l'harnais et mena sa monture hors de l'écurie. La montant, elle entama alors son voyage jusqu'à l'académie.

***

Le voyage se passa sans soucis ainsi Shalie arriva à bonne destination, un jour avant le rendez vous avec Pia et ses camarades. Le lendemain ce fut Pia qui les accueillit avec sa joie habituelle.

- La dernière fois, on est parties à pieds, mais aujourd’hui on part à cheval ! Préparez votre monture, chacune, je m’occupe aussi de la mienne. 

Encore faire du cheval ?! Retenant un soupir, Shalie s’exécuta docilement, préparant de nouveau Buck tout en se disant qu'au moins il s'était reposé durant la nuit et qu'il serait en forme. La monture de Pia était adaptée à elle et curieuse Shalie ne pouvait s'empêcher de le regarder. Constatant qu'il était l'attention de tous, Pia fit un clin d'oeil avant de donner une explication.

- Ne vous fiez pas aux apparences ! Je suis sûre que Pino en a plus dans le ventre que vos chevaux réunis !

Shalie n'en doutait pas une seconde et imita son maître et ses camarades quand elles montèrent sur leurs chevaux et s'en allèrent pour de nouvelles aventures.

***

Cheveux et chevaux aux vents, elles galopaient toutes depuis déjà trois heures. Durant ce temps, elles avaient fait des exercices d'équitations,passant du trot au galop, sur comment se tenir ect ...

Quand le soleil fut à son Zenith, Pia décréta qu'il était temps qu'elles s'arrêtent le temps de faire une pause et de se restaurer. Shalie ne savait pas encore quelle était la destination finale et elle en était très intriguée, car elles étaient en train de faire le chemin que Shalie avait fait la veille.

 - Allez, vous allez chasser notre déjeuner ! Au poignard, par contre.

Les premières paroles firent sourirent l'apprentie, les dernières beaucoup moins. Chasser au poignard n'était pas le moyen le plus simple pour ramener quelque chose à manger. Fronçant légèrement les sourcils elle prit alors un petit poignard qui semblait être aiguisé. Faisant demi tour, elle s'enfonça alors dans la foret afin de chercher une proie. Marchant à pas de loup, enfin tentant de marcher à pas de loup, elle avait les yeux grands ouverts. Ce fut alors qu'un bruit attira son attention. En haut d'un arbre, un écureuil faisait tranquillement sa petite vie. C'était bon les écureuils ...

Prenant son couteau par la lame, Shalie la lança alors comme quand elle lançait un couteau sur une cible. Bien évidement, elle loupa sa cible, du fait que l'animal sentit le mouvement dans l'air et se carapata aussi vite que s'il avait le feu aux fesses. Elle aurait bien tenté de le poursuivre, mais il fallait qu'elle récupère sa lame avant. Il lui fallu pas mal de minutes avant de la retrouver. Rejetant ses cheveux en arrière, elle tendit alors de nouveau l'oreille avant de réfléchir. Au vu de l'environnement il devait y avoir des cerfs, où des biches où des choses dans le genre. Baissant le regard, elle se mit alors à la recherche de traces, s'éloignant de plus en plus de Pia.

La chance devait être de son côté, car au bout d'à peine cinq minutes, elle trouva des petites traces du type marcassin où sanglier. Bingo ! Un sourire satisfait aux lèvres, Shalie se mit alors en chasse. Avec ses oreilles de chats, elle avait l'impression d'être un félin qui cherchait une proie. C'était complètement ça, mais bon, ça apportait un petit plus. La jeune fille remonta les traces jusqu'à un petit marcassin qui fouiller la terre. Qui disait bébé, disait mère pas loin. Du regard, elle chercha alors entre les arbres et trouva en effet la mère qui était un véritable monstre. Pinçant les lèvres, Shalie pesa le pour et le contre avant de se décider de battre retraite. Un sanglier mécontent galopait vite, très vite même et elle n'était pas là pour détaller.

Faisant prudemment demi tour, elle tomba alors de nouveau sur un écureuil. A croire qu'il y avait une famille dans le coin. Reprenant son couteau, Shalie inspira alors et se concentra avant de lancer sa lame d'un coup sec. Et BINGO ! La lame se ficha dans le ventre de l'animal qui se retrouva empaler dans la branche. Le rejoignant, elle grimpa alors à l'arbre et posa une main sur l'animal qui se débattait encore faiblement. Évitant les pseudos coups de dents, elle lui brisa la nuque pour abréger ses souffrances. Enlevant la lame, elle récupéra alors l'écureuil et sauta de l'arbre avant de repartir montrer sa proie à Pia.

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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Jeu 25 Juil 2013, 18:45

Le nez au Vent, Eole souriait, profitant de ses derniers instants de solitude. Bientôt elle allait rejoindre Ange, Shalie et Pia pour une nouveau cours, un pas de plus sur la Voie. La petite marchombre avait donné rendez-vous au groupe à l’écurie, elles partiraient donc à cheval... et loin certainement ! Un léger rire s’échappa des lèvres de la jeune fille, elle avait hâte d’y être et de voir ce que réservait son Maître.

Flen-Til...

Ces deux mots vinrent mourir sur les lèvres d’Eole dans un murmure à peine audible, chargés de promesses. C’était une étape franchie, un nouveau jalon d’atteint. Et la Voie de marchombres s’étendait devant elle, toujours plus grande. Infinie.

Un petit sourire passa sur les lèvres de la jeune fille tandis qu’elle sautait de son perchoir pour se diriger vers les écuries, où le groupe Fyrth l’attendait déjà.

La jeune apprentie salua son Maître et ses camarade et, sur les paroles de Pia, alla chercher Bolshoï. Le jeune hongre la salua d’un hennissement joyeux qui lui arracha un sourire. Elle lui caressa affectueusement l’encolure, heureuse elle aussi de retrouver son fidèle compagnon.

- Ne vous fiez pas aux apparences ! Je suis sûre que Pino en a plus dans le ventre que vos chevaux réunis !

Éole sourit, jetant un coup d’œil au poney de son Maître. C’est vrai qu’il avait l’air d’avoir un sacré caractère ! Bolshoï semblait ne pas faire plus attention que cela à ce petit fougueux qui faisait le beau.

- Allons-y !

Éole sourit et emboita le pas à Pia, aux côté de ses deux camarades. Ça y est, l’aventure recommençait, et la jeune fille en était ravie !


~ * ~


Éole savait monter à cheval, mais elle savait aussi qu’elle était loin d’égaler les plus grands cavaliers. Mais heureusement, Pia était là pour les encourager et leur donner de nouveaux conseils qui permettaient aux jeunes filles de progresser. Pour l’heure, elles étaient au galop, savourant la caresse du vent dans leur cheveux. Éole adorait cette allure, si fluide et si aérienne qu’elle s’imaginait parfois que Bolshoï avait des ailes. Ou qu’il dansait.

Le soleil était maintenant haut dans le ciel et le ventre d’Eole commença à gronder. Elle commençait à peine à se demander quand est-ce qu’elles feraient une pause pour manger que Pia fit stopper le groupe, donnant sa réponse.

- Allez, vous allez chasser notre déjeuner ! Au poignard, par contre.

La jeune apprentie jeta un petit regard déçu en direction de son arc, qu’elle aurait aimé utiliser pour chasser, mais se reprit bien vite, certaine que les occasions ne manqueraient pas. Elle saisit donc son poignard et s’élança dans la forêt à la suite de ses camarades, mais elles finirent bientôt par se séparer, partant chacune de leur côté.

Éole s’arrêta un instant et ferma les yeux.
Ouverture.
Elle ouvrit son esprit à celui de la forêt cherchant à se connecter à elle, à capter chaque son, chaque odeur, chaque mouvement. Elle ouvrit les yeux et se mit en chasse, avançant silencieusement au milieu des arbres, à l’écoute du vent, guettant le moindre indice de passage. Au bout de quelques minutes la jeune apprentie trouva la trace d’un lièvre et, bientôt elle le vit, à quelques mètres à peine... Se remémorant tout ce qu’elle avait appris lors de ses cours précédents, elle empoigna son poignard.
Ouverture.
Le poignard fendit l’air et toucha la patte arrière du lièvre qui s’enfuit en boitant. Déterminée à le rapporter Éole partit à sa poursuite, récupérant son poignard au passage. Le suivre ne fut pas difficile vu la quantité de sang qu’il perdait et la lenteur à laquelle il se déplaçait. Elle fut bientôt tout près de lui et lança son arme qui, cette fois ci, se ficha dans son cou. Un petit sourire satisfait se dessina sur le visage de la jeune fille tandis qu’elle ramassait l’animal et repartait en direction du campement pour rejoindre son Maître et ses camarades

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"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

~ disponible pour RP le week-end uniquement ~
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Mar 06 Aoû 2013, 15:25


Pia observa les trois apprenties se séparer pour trouver leur gibier avec une pointe de fierté.
Les jeunes filles semblaient déterminées, les unes comme les autres. Certes, chasser au poignard n’était pas chose aisée, mais c’était aussi le but de la manipulation : leur apprendre à utiliser tous les outils à leur disposition de quelque manière que ce soit – de toutes les manières possibles.

Se glissant d’abord derrière Ange, elle la suivit au travers des arbres et des frondaisons sans un bruit, se faisait oublier. La jeune fille était au milieu de la flore et tendait l’oreille, tout en elle le clamait. Elle essayait de s’ouvrir au monde, de trouver les vies qui grouillaient, d’en attraper une d’une certaine manière simplement en la repérant. Un bon début, c’était certain, et chacun devait aussi passer par là pour avancer, et réussir ce qu’il avait envie d’accomplir. Ce n’était pas simplement une question d’ouverture, de volonté ou de technique, c’était une histoire d’Harmonie. Avec le monde, avec soi-même. Il faut être au clair avec ce que l’on ressent, avec ce que l’on fait ou que l’on a pu faire, trouver la paix en soi avant de la chercher à l’extérieur.
Et Ange s’engageait sur cette voie avec détermination, et sans doute sans s’en rendre réellement compte.

Tilip’ s’éloigna d’elle alors qu’elle avait repéré un lièvre un peu plus loin, et sauta de branches en branches pour trouver ses camarades.
Ce fut sur Shalie qu’elle tomba, en train d’épier des marcassins et leur mère. Fronçant les sourcils, la marchombre se demanda si la jeune fille comptait réellement s’en prendre à un sanglier, aussi bébé soit-il, mais cette dernière lui donna la réponse en s’éloignant tout simplement de la petite famille. Le bruit caractéristique d’un écureuil attira l’attention de Pia comme de Shalie, et cette dernière eut un très bon réflexe qui lui permit d’épingler le petit rongeur à son arbre.
Un petit sourire sur les lèvres, la marchombre s’éloigna de Shalie pour trouver la dernière apprentie.

Eole était plutôt dans le même état d’esprit qu’Ange. Shalie était partie dans l’efficacité, et avait compté sur ses réflexes pour lui rapporter à manger. Cela avait fonctionné, et elle avait tout à fait le droit de prendre ce recul, cette distance avec la nature pour chasser ; c’était peut-être un peu plus sain. Mais l’ouverture dont faisaient preuve Ange et Eole naissait dans leur esprit, et dans leur manière d’être en général, ce qui n’était pas le cas de Shalie ; et pourtant, Pia ne pouvait les comparer, tout simplement parce que chacune d’entre elle s’ouvrait d’une manière différente.

Car Ange et Eole parvenaient à prendre la distance au dernier moment. Shalie le faisait dès le début. Leur moyen de protection n’était pas le même, et il ne pouvait pas l’être, c’était ainsi.
Repartant aussi sec vers le camp où elle les avait laissées, Pia s’assit près du feu et observa les trois jeunes filles qui venaient avec leur gibier.
Un sourire étira ses lèvres.

- Aujourd’hui les filles, c’est vous qui cuisinez !

Elle leur laissa donc à chacune la tâche de préparer leur viande, de la sécher et la conserver au mieux. Elle ne leur fournit que le nécessaire, et tenta de ne pas les aider pour qu’elles s’habituent à le faire totalement seule… même si en tournant le regard, elles pouvaient s’entraider !



Elles étaient en train de chevaucher tranquillement, dans un pas presque languissant et endormant – la digestion avait bien commencé – quand Pia les réveilla en s’adressant à elle d’une voix forte et joviale.

- Les filles ! On se réveille ! Un nouvel exercice qui va être drôle…

Avant même de leur expliquer le principe, elle déchaussa ses étriers et remonta ses jambes le long des quartiers de sa selle. Puis, elle prit appuis sur ses genoux et se retrouva accroupie sur la selle de son cheval. Pino, habitué à ce genre de bêtises – et entraîné pour les supporter – continuait sa route tranquillement, tout droit.
Puis, Pia se redressa sur la selle de son poney, tenant les rênes à bout de bras et de doigts.

- Vous allez essayer de tenir debout sur votre cheval. D’abord, vous pouvez commencer arrêtées, moi je vous ai montré comme ça parce que Pino a l’’habitude, ce qui n’est peut-être pas le cas de vos chevaux.

Descendant de son poney en sautant, Pia s’approcha des montures des apprenties avec un large sourire.

- Pour commencer, je peux vous les tenir pour les garder immobiles. Mais après, on essayera de marcher un peu hein !

Elle se souvenait de ce même exercice avec son propre Maître, et du fou rire monumental qui les avait secoués lorsqu’elle s’était cassée la figure en tomba sur la croupe du cheval qu’il lui avait attribué cette fois-là. Le cheval avait été tellement surpris qu’il avait bondit en avant, et elle avait fini par rouler à terre sur l’épaule dans une roulade peu contrôlée.

Cela promettait d’être marrant, non ?


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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Mer 04 Sep 2013, 22:19

Pia les attendait, un sourire sur les lèvres.

- Aujourd’hui les filles, c’est vous qui cuisinez !

Éole sourit devant la mine enjouée de son Maître. Au travail ! En compagnie d’Ange et de Shalie, la jeune apprentie entreprit de préparer son lièvre. La petite marchombre leur fournit le nécessaire, les laissant faire seules, même si quelques regard interrogateurs en coin n’étaient pas interdits...


~ * ~


Bolshoï au pas, Éole commençait presque à s’endormir, le regard hypnotisé par la ligne d’horizon. Le petit groupe avait partagé un repas digne de ce nom qu’elles digéraient désormais sur le dos de leurs chevaux, quand Pia rompit le silence qui s’était installé de sa voix joyeuse.

- Les filles ! On se réveille ! Un nouvel exercice qui va être drôle…

La jeune fille sursauta et tourna un regard plein de surprise vers son maître. Elle n’eut pas le temps de se poser plus de questions, Pia était déjà debout sur son cheval tenant ses rênes du bout des doigts.

- Vous allez essayer de tenir debout sur votre cheval. D’abord, vous pouvez commencer arrêtées, moi je vous ai montré comme ça parce que Pino a l’’habitude, ce qui n’est peut-être pas le cas de vos chevaux.

Pia sauta de son poney pour venir près de ses apprenties, souriante, comme à son habitude.

- Pour commencer, je peux vous les tenir pour les garder immobiles. Mais après, on essayera de marcher un peu hein !

Éole ouvrit des yeux ronds, pleins de stupeur devant l’originalité de cet exercice, jamais elle n’aurait pensé faire un exercice pareil. Mais après tout, cela avait drôle ! Un sourire remplaça l’expression de surprise sur le visage de la jeune fille. Pia avait pris les rênes des quatre chevaux dans ses mains. Éole jeta un coup d’œil à Bolshoï. Il n’avait pas l’habitude de ce genre d’acrobaties... et si elle avait déjà fait de la voltige dans le centre équestre où elle était, c’était avec un autre cheval, habitué à ces exercices. Et il faut bien avouer qu’elle n’en avait fait qu’une ou deux fois... et cela remontait à longtemps ! Il faudrait qu’elle compte sur le sens de l’équilibre qu’elle avait acquis en danse si elle ne voulait pas tomber la tête la première.

Le sourire de l’apprentie s’agrandit.

- Moi je sens qu’on va bien rigolé !

Sur ces mots elle attrapa le pommeau de sa selle et, en essayant d’imiter les mouvements fluides de son maître, balança ses jambes pour se retrouver accroupie. De là, elle jeta un nouveau coup d’œil à sa monture, qui avait légèrement bougé, se demandant bien ce que pouvait faire sa maitresse. Bolshoï était un hongre docile et fidèle à la jeune fille, mais cela ne voulait pas dire pour autant qu’il cautionnait chacun de ses faits et gestes...

*Bolshoï, je t’en supplie, ne bouge pas...* supplia-t-elle.

Prenant une inspiration et resserrant son centre, elle lâcha les mains et les écarta en croix avant de commencer à se redresser, un œil attentif aux mouvements de son cheval. Elle parvint à se mettre debout et Bolshoï, si il avait eux une lueur d’inquiétude dans le regard au début, semblait ne pas se soucier de ce qu’elle faisait. Un petit soupir s’échappa de ses lèvres. Pour le moment, tout allait pour le mieux. Éole tourna lentement la tête en direction de ses camarades pour voir comment celles-ci se débrouillaient.

Une fois qu’elles furent toutes debout sur leur chevaux, à l’arrêt, Pia décida de passer au pas. En effet, à l’arrêt, ce n’était pas si difficile finalement.
Éole s’assit tranquillement, caressant au passage l’encolure de Bolshoï, avant de le lancer au pas à la suite de son maître et de ses camarades. Grâce aux même manœuvres que tout à l’heure, elle parvint à se mettre accroupie sur sa selle... Déjà là, ça commençait à se corser et Bolshoï plaqua ses oreilles vers l’arrière.

*Se mettre debout sans tomber va être plus dur...*

Serrant dents et abdos, Éole tenta de se relever. Sauf qu’un cheval au pas, ça bouge, et un cheval qui ne le sent pas du tout, ça bouge encore plus. En moins de temps qu’il n’en faut pour dire ouf, la jeune fille perdit l’équilibre et se retrouva pendu à l’encolure de son cheval noir qui fit un écart, surpris, ce qui acheva de déstabiliser Éole qui finit le derrière dans la poussière. Après un court instant passé à ce demander ce qui venait de lui arriver, elle éclata de rire. Elle se releva et attrapa les rênes de Bolshoï avant de remonter en selle. Loin de s’avouer vaincue dès la première tentative, elle se remit accroupie, non sans avoir caresser son cheval pour tenter de le rassurer.
Quelques chutes plus tard, la jeune apprentie était debout sur Bolshoï qui avait tranquillement au pas, désormais habituée aux drôles acrobaties de sa maitresse. Serrant son centre, les bras écartés, elle fixait un point à l’horizon pour essayer de garder l’équilibre. Il suffit d’un caillou sur le chemin pour qu’elle se retrouve de nouveau le nez dans la poussière.

*Aïe, aïe, aïe, je vais avoir une belle collection de bleus demain ! * pensa-t-elle, un immense sourire illuminant son regard.

Il faut dire que l’exercice était bien drôle et que, malgré ses nombreuses chutes, le sourire d’Éole ne s’effaçait pas.

__________________________________________



"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Sam 07 Sep 2013, 23:35

Deux lièvres et un écureuil. Juste assez pour nourrir quatre personnes affamées par une longue chevauchée. La préparation n'est pas bien longue, Shalie, Eole et moi étant habituées à ce genre de tâche. Je me doute qu'elles ont autant bourlingué que moi, ne serait-ce que depuis le début de notre formation, et sauf erreur de ma part, elles n'ont pas dut manger dans une auberge tous les soirs … Malgré tout, je ne peux m'empêcher de lorgner sur le travail d'Eole, vérifiant que sa technique vaut la mienne. Progresser sur la Voie des Marchombres, c'est aussi apprendre à cuisiner efficacement !

******

Nos estomacs et nos fesses biens calés, nous avançons d'un pas qui semble de plus en plus lent. A croire que les chevaux eux aussi ont senti qu'il était l'heure de la sieste. Je n'aime pas ce sentiment d'ennui qui guette. Je pousserai volontiers ma monture dans un trot pour me réveiller, mais Pia – bien silencieuse pour une fois – nous fais conserver le pas tranquillement.


- Les filles ! On se réveille ! Un nouvel exercice qui va être drôle…

Sa voix qui éclate dans le silence me fait sursauter sur ma selle. Ca c'est du réveil ! Je la regarde un quart de seconde, ahurie, avant de reprendre mes esprits et de laisser mes lèvres s'étirer légèrement. Si elle promet un exercice drôle, je peux m'attendre au pire. Qui sait ce que nous réserve ce clown de Maitre.
Tout en souplesse, Pia s'accroupie sur sa selle, saisit ses rênes et se lève sur sa monture, l'air de rien. Pino avance sans broncher, comme s'il était tout à fait normal que sa maitresse se tienne debout sur son dos. Pour ma part je trouve cette façon de chevaucher pour le moins … originale. Je crois que je préfère la version assise.


- Vous allez essayer de tenir debout sur votre cheval. D’abord, vous pouvez commencer arrêtées, moi je vous ai montré comme ça parce que Pino a l’’habitude, ce qui n’est peut-être pas le cas de vos chevaux.


Non en effet : c'est loin d'être le cas. Shantal est plus un cheval de ferme qu'un cheval de cirque. Autant dire que personne n'est jamais monté comme cela sur sa croupe. Heureusement il est du type placide, il ne devrait pas s'amuser à partir au galop dès que je relâcherai la pression sur ses rênes.

Pia stoppe notre groupe et attrape les rênes pour tenir les trois chevaux à l'arrêt. Comme promis, nous commencerons l'exercice arrêtées. N'empêche qu'en cas de chute, les bleus seront les même que si nous étions au pas …


- Moi je sens qu’on va bien rigoler !

Eole semble ravie par l'exercice, ce qu'elle sera moins quand elle glissera de sa selle. La prochaine fois elle reviendra sur un petit poney, non pas sur un monstre d'au moins dix mètres de hauteur. Son futur malheur me réjouit. Pas que la voir blessée m'enchante, mais la pensée de courir moins de risque qu'elle est rassurante. Je la regarde un instant se lancer, imitant Pia dans ses mouvements. Pas mal pour un début. Au final ça n'a pas l'air d'être pire que tous les exercices des cours précédents. Ce n'est qu'une question d'équilibre, ce que nous travaillons depuis le début de notre formation.

Je déchausse sans hésitation et hisse mes pieds sur la selle. Pas facile de trouver de bons appuis sur les formes courbes de ce bout de cuir, mais je finis par trouver une bonne place et m'accroupie tout en m'appuyant sur le pommeau. Calmement, je me redresse, bras tendus. Une fois debout je relâche ma respiration : ce n'était pas la peine de s'inquiéter pour un exercice aussi facile.

Shantal s'écarte.
Je tombe.
Aussi facile ? Oui, enfin presque. Le nez dans la poussière, j'ai le temps de méditer sur mon arrogance et mon assurance. Marcher en équilibre sur une corde est simple en comparaison : on n'a pas à faire en fonction des humeurs d'une carne ! Je me relève et m'époussette, sous le regard amusé de Pia et d'Eole, celle-ci se tenant sans problème sur sa monture. Si je n'étais pas aussi gentille, j'aurais essayé de faire bouger son cheval pour ne plus être seule au sol. Le problème c'est que je suis gentille. Et surtout je suis pressée de corriger mes erreurs.
Sans être capable d'en vouloir à mon hongre préféré, je tapote gentiment son encolure avant de me hisser à nouveau sur son dos. Avec plus de précaution qu'avant mais sans plus de difficultés je me relève, guettant le moindre mouvement de Shantal. Heureusement pour moi, il a décidé de se tenir tranquille, ou tout du moins de ne bouger que sa grosse tête de bourrique. De petites ondes parcourent son corps sans réussir à me déstabiliser. Dans le genre, le vent m'en a fait voir des pires lorsque je marchais sur une corde.

Une fois que nous sommes toutes les trois bien droites sur nos chevaux, Pia les fait passer au pas, nous rendant les rênes. Je me mets tout de suite accroupie mais attend un peu avant d'essayer de me lever : je préfère prendre le temps de comprendre les ondulations du dos de ma monture avant d'essayer de folles acrobaties. Sous mes pieds je sens chaque muscle bouger en cadence, au même rythme que le pas tranquille de Shantal. Si j'arrive à saisir ses mouvements, je pourrais me lever en me calquant sur lui, en ondulant avec lui.

Je laisse les rênes libres sur l'encolure : une chute en les ayant en main risquant de perturber mon cheval plus que prévu. De même que lorsque j'étais à l'arrêt, je me lève bras écartés, les faisant bouger pour compenser les mouvements de Shantal. J'y vais tout doucement, prête à écarter les jambes pour atterrir sur ma selle et non sur le sol. Je bénis ces précautions lorsqu'elles s'avèrent utiles : une chute d'Eole fait à nouveau s'écarter ma monture et entraine inévitablement un déséquilibre de ma part. Je grimace sous le choc, mes mains n'ayant pas suffit à amortir ma descente. Aïe mon entre-jambe. C'est dans ce genre de moments que je suis contente de ne pas être née homme.

J'attends que ma camarade soit remontée en selle pour retenter de me mettre debout. C'est un travail long, d'ouverture et de méfiance. J'ai un bon équilibre mais il me manque la réactivité, ce sur quoi j'essaie de m'appliquer.
Le paysage défile, encore plus lentement qu'avant. Pourtant le temps, lui, semble filer devant nous. A grand renfort de chutes et de bleus, nous progressons et bientôt, j'ai presque l'impression de ne faire qu'un avec Shantal. Presque. Et boum par terre !

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Shalie Altan
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Jeu 12 Sep 2013, 20:19

Son écureuil bien en main, Shalie retourna au campement, un sourire aux lèvres. Ses deux camarades avaient ramenés chacune un lièvre, ce qui donnerait probablement plus de viande que le petit animal de la jeune fille. Assise autour du feu, Pia les attendait en souriant avant de prendre la parole.

- Aujourd’hui les filles, c’est vous qui cuisinez ! 

Faire la cuisine ? Avec le strict nécessaire ? Aucun problème ! Ce n'était pas la première fois que Shalie devait faire ça et elle savait qu'il en était de même pour Eole et Ange. Aussi, rapidement et en silence, elles préparèrent toutes leur gain de la journée.

---

Assise sur la selle de Buck, Shalie chevauchait à présent avec le groupe. Le rythme était lent, c'était presque une promenade de santé qu'elles étaient en train de faire. Shalie ne savait pas où Pia comptait les amener, mais elle ne devait pas être pressée, ça c'était sur.

- Les filles ! On se réveille ! Un nouvel exercice qui va être drôle…

Ah ? Peut-être qu'elle avait parlé trop vite au final ! Intriguée, Shalie releva la tête en pencha la tête sur le côté avec curiosité. Qu'est ce que sous entendait Pia, par ça va être drôle ? Drôle pour elle ? Où pour ses apprenties ? Se passant des paroles, Pia passa à l'action leur montrant qu'est ce qu'elles allaient devoir faire. Ôtant les pieds de son étrier, elle se servit de ses muscles et se retrouva accroupie sur la selle de son cheval avant de se mettre totalement debout. Ouah. Juste ouah.

- Vous allez essayer de tenir debout sur votre cheval. D’abord, vous pouvez commencer arrêtées, moi je vous ai montré comme ça parce que Pino a l’’habitude, ce qui n’est peut-être pas le cas de vos chevaux.Pour commencer, je peux vous les tenir pour les garder immobiles. Mais après, on essayera de marcher un peu hein !

Oui, en gros, cela n'allait pas être drôle du tout. Shalie était agile, donc elle n'aurait surement pas de mal à monter sur la salle, c'était un peu comme se retrouver sur une fine branche. Le truc que craignait l'apprentie, c'était le fait que Buck se carapate, car elle n'avait jamais fait cela. Eole, elle semblait être enchanté de cet exercice et ne manqua pas de faire la remarque que ça allait être drôle. Pas très convaincue, Shalie arrêta sa monture et rejoignit la terre ferme.

Vu qu'elles avaient le droit de s'entrainer avec le cheval immobile dans un premier temps, Shalie préférait de loin commencer ainsi. Se mettant en face de Buck, elle lui caressa le museau pendant quelques secondes avant de se mettre devant la selle. Remontant, elle se retrouvait de nouveau en position assise, mais n'y resta pas bien longtemps. Se servant de ses abdos, elle se mit d'abord en position accroupie. Buck semblait bien réagir à cela, vu qu'il ne fit rien. Souriant légèrement, Shalie posa alors un pied sur la selle. Elle n'avait pas l'habitude de sentir cette matière sous sa chaussure plate, mais il y avait un debut à tout ! Posant le second pied dessus, elle se redressa lentement avant de serrer les dents. Surpris, Buck commençait à s'agiter en dessous et s'ébroua. Il n'en fallu pas plus à Shalie pour perdre l'équilibre et tomber sur son coude. Serrant les dents, elle se releva et jeta un coup d'oeil à se dernier. Ouuuuuh la belle égratignure.

Secouant son bras, elle retenta alors l'expérience. Monta sur sa monture, se mis accroupie et se leva. Bougeant les bras, elle réussi à trouver l'équilibre, mais sentait que ce n'était pas encore ça. Fronçant légèrement les sourcils, elle jeta alors un coup d'oeil vers ses camarades. Eole et Ange semblaient avoir capté le truc, jusqu'au moment de tomber. Aie. Eole ne devait pas trouver ça plus drôle que ça à présent qu'elle était sur les fesses.

Inspirant profondément, Shalie claqua alors de la langue, donnant ainsi l'ordre à Buck de se mettre au pas. Bien élève se dernier s'exécuta et Shalie perdit une nouvelle fois l'équilibre et se retrouva par terre. La demoiselle fit encore plusieurs chutes, tombant même deux fois de suite sur son coude qui était déjà amoché. A chaque fois qu'elle mettait Buck au pas, elle perdait l'équilibre, ça n'était à rien y comprendre ! Il n'empêche qu'elle allait persévéré et qu'elle finirait par y arriver. Parole de Shalie !


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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Lun 28 Oct 2013, 13:09


Les réactions des filles furent différentes les unes des autres. Pia nota dans un coin de sa tête que si Eole avait l’air ravie, les deux autres n’étaient pas très à l’aise… Et c’était normal ! Il fallait un peu d’appréhension dans la vie pour avancer et passer au-dessus de ses peurs, pour repousser ses limites. Sans limites à repousser, cela serait nettement moins intéressant. Après, chacune avait sa  manière de réagir face à l’appréhension, la peur, et tout le reste. Tout le monde était différent, et c’était ce qui faisait la richesse du monde !

Ce fut donc Eole qui commença l’exercice, en laissant les rênes de son cheval frison à Pia, qui les attrapa doucement. Pino ronflait juste à côté, mais un simple claquement de langue le rappela à l’ordre, et la petite marchombre put se concentrer sur ce que faisait Eole. Et les autres, qui s’étaient aussi décidées à se mettre debout sur leur chevaux !
Car si se mettre debout à l’arrêt n’était pas très compliqué – malgré une jolie gamelle d’Ange – le faire au pas, c’était une autre histoire ! Jetant un coup d’œil à Pino qui broutait tranquillement pas très loin d’elle, Pia lâcha les rênes des trois chevaux, laissant ainsi leur cavalière vouées à elles-mêmes.  

Ange et Eole tombèrent plusieurs fois, mais parvinrent à trouver le truc qui ferait qu’elles parvenaient à tenir debout sur leur selle. Certes, le harnachement n’était pas très pratique, mais c’était mieux pour le dos des chevaux, dans l’état actuel des choses. Par contre, Shalie ne cessait de tomber et de perdre l’équilibre, alors qu’en haut d’une branche, il n’y avait aucun soucis, même avec du vent !
Fronçant les sourcils, Pia s’approcha donc d’elle pour lui donner quelques conseils.

- Shalie, attends deux minutes avant de remonter sur ton cheval. Je crois bien que tu ne lui fais pas confiance ! On a l’impression que tu vas presque au bagne dès que tu remontes en selle ! Il faut accepter ton petit compagnon – ou gros, enfin bref – il n’est pas plus imprévisible qu’une branche d’arbre ballottée par le vent ! Ramène tes nouvelles expériences à ce que tu connais, si tu sens que tu as de l’appréhension, ça fonctionnera beaucoup mieux !

Lui adressant un léger clin d’œil, la marchombre s’effaça alors d’un pas, encourageant l’apprentie à monter et à se redresser sur sa monture. Il lui fallut encore quelques essais avant que son travail soit fructueux, mais le sourire sur les lèvres de Shalie en disait beaucoup !

Hochant la tête, Pia frappa donc dans ses mains en se retournant vers les deux autres jeunes filles.

- Super les filles ! Vous y êtes arrivées ! Alors, ça fait quoi de découvrir le monde de là-haut ? Riant, la petite marchombre se passa une main dans les cheveux. Mais maintenant que vous êtes réveillées, on va courir ! Et aujourd’hui au programme : vos amis les fractionnés ! Allez !





Cela faisait déjà trois jours qu’elles étaient parties de l’Académie, et Pia ne lésinait pas sur les exercices. Les nouveaux défis, en général, étaient toujours bien accueillis par les apprenties, et puis elle aussi elle s’amusait, et elle prenait conscience de beaucoup de choses.
Parcourir la Voie n’était pas grand-chose, au final, si on ne pouvait pas l’enseigner. Elle espérait très sincèrement que chacune des filles devienne un jour une marchombre accomplie, qu’elles goûtent toutes à la liberté de l’apprentissage terminé et à la saveur de savoir que jamais rien n’était fini.

Un léger soupir franchit les lèvres de la marchombre, alors que Pino atteignait la lisière d’une immense forêt qu’elle connaissait  bien : la Forêt de Barail. Elle avait hâte d’y être, et en même temps… cette fois-ci, c’était à elle d’appréhender. Et si elle croisait Chio ? Et s’il avait trouvé une compagne ? Elle aurait dû être heureuse pour lui, pour eux, mais au final, en réalité, dans les faits, cela ne faisait que mal. Mais elle devait passer au-delà de cela, non ? Elle devait se réjouir. Pourtant, elle savait qu’elle avait fait le deuil de cette relation, mais ce n’était pas pour autant qu’elle pouvait se dire sans broncher qu’il avait trouvé une compagne, si ? Elle avait bien conscience que si. Donc elle avait encore quelque chose qui n’était pas passé. Il allait falloir qu’elle y réfléchisse…

Perdue dans ses pensées, Pia ne remarqua les bruissements dans les feuilles que lorsqu’ils devinrent évidents. Arrêtant Pino, elle poussa un léger soupir et se tourna vers les trois jeunes filles, un petit sourire aux lèvres.

- Les filles, c’est pour vous. Et j’aimerais que vous n’utilisiez pas d’armes, ils ne le méritent pas… Juste devenir action et réaction, car les réflexes ne sont que les prémices de cela. Les décisions rapides vous font sentir et ressentir le temps…

Et à peine eut-elle terminé sa phrase que les feuillages se déchirèrent devant elles, mettant à jour une bande de bandits des grands chemins composée de six membres.
Il y avait de quoi faire !

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Lun 28 Oct 2013, 23:49

Le temps passe, comme l'eau s'écoule dans une rivière : rapide et insaisissable. Et au milieu, quatre bouts de femmes virevoltent et savourent la vie qui les habite. Le temps ne semble avoir aucune prise sur elles, de même que l'eau peinait à les entrainer il y a quelques mois, quand elles jouaient avec la rivière.

Les exercices de Pia ressemblent à des jeux, nous faisant tour à tour devenir acrobates, athlètes, enfants, chasseurs. Je me demande parfois à quoi est-ce que tout cela sert. C'est dans ces moments là que j'écoute sa voix et qu'elle nous rappelle le plus important : nous sommes Marchombres, et c'est vers ça que notre être doit tendre, toujours.



Cela fait trois –quatre ?- jours que nous avançons vers l'ouest sans rencontrer âme qui vive. J'ai l'impression que nous sommes les seuls êtres vivants de Gwendalavir, et bien franchement cela me va.
Les seuls ? Apparemment, il suffisait de demander pour avoir de la compagnie ! Nous venons à peine de pénétrer dans les sous-bois d'une forêt que les feuilles alentours se mettent à bruisser.


- Les filles, c’est pour vous. Et j’aimerais que vous n’utilisiez pas d’armes, ils ne le méritent pas… Juste devenir action et réaction, car les réflexes ne sont que les prémices de cela. Les décisions rapides vous font sentir et ressentir le temps…

Six hommes jaillissent des buissons, bloquant à la fois la route devant et derrière nous. Quatre devant et deux derrière. Tous sont vêtus d'habits loqueteux, cachant des corps loin d'être rachitiques. Ce ne sont pas de faibles rats d'égouts mal nourris. Pas étonnant : la forêt regorge de gibier et de nourriture. A moins qu'ils soient stupides, ils doivent être capables de trouver à manger tous les jours.

- Bonjour mesdames. Descendez de vos chevaux sans protester et nous essaierons d'être gentils avec vous …

Celui qui semble être le chef – mieux habillé, mieux armé, plus arrogant et affirmé- s'avance d'un pas et nous toise sans crainte. Il ne semble pas avoir compris ce que sous-entendait Pia quand elle nous a demandé de ne pas utiliser d'armes. D'ailleurs je dois avouer que sa recommandation m'effraie un peu : je ne sais pas me battre ! Et sans armes je pars encore plus mal dans ce combat. Je jette un coup d'œil à mon Maitre. Elle a l'air tellement calme, tellement confiante … sentant que j'ai posé mon regard sur elle, Pia se tourne vers moi et me sourit. Nous a-t-elle déjà poussées dans des exercices où nous risquions vraiment notre vie ? Non, ou en tout cas nous nous en sommes toujours sorties. Ce combat n'est qu'un exercice de plus.

Obéissant au bandit, je descend de mon cheval et me dirige vers les deux compères qui bloquent le chemin d'où nous venons. Libre à Eole et Shalie de se partager des quatre autres.


- Je suis descendue sans protester, alors soyez gentils.

Je souris aux deux hommes, les surprenant à tel point qu'ils échangent un regard étonné, avant de hausser leurs épaules et de sortir leurs armes : épée pour l'un, poignards pour l'autre. Pas très encourageant tout ça … Ils n'hésitent pas une seule seconde de plus pour m'attaquer, brandissant haut leurs lames acérées.

Pourquoi est-ce qu'ils me semblent si lents ? Quand Pia bouge, elle a l'air d'une fée qui virevolte avec agilité, alors que eux … eux ils me font l'effet de bœufs mal réveillés. J'esquive une attaque visant mon ventre, en pivotant simplement sur un pied. Le deuxième se soulève et percute la jambe de mon assaillant. Déséquilibré, il ne trouve rien d'autre à faire que de s'étaler dans l'herbe. Je le regarde, avec l'étrange impression qu'il chute au ralentit.
Un bruissement d'air à ma droite me fait reporter mon attention sur mon deuxième adversaire. Un éclat d'intelligence lui a soufflé de profiter de l'ouverture offerte par la chute de son comparse. Bonne idée, sauf que mes Maitres-mots sont là pour me soutenir. Ecoute susurre à mon oreille qu'une lame se dirige vers mon cou. Vie et Harmonie accompagnent alors mes gestes, me faisant passer d'immobile à mobile pour attraper le bras qui m'attaque et l'aider à poursuivre sa route, loin de ma gorge. J'entends Infini qui rit, mais ces hommes là ne l'entendent pas. Ils se croient les plus forts et ne voient pas le mur qui se dresse devant eux. Ils ne voient pas leurs faiblesses, la laideur de leurs mouvements, la rage au fond d'eux qu'ils devraient calmer. Ils ne comprennent pas qu'ils arpentent un chemin sans fin, et que jamais ils n'auront fini d'apprendre. Peut-être qu'après s'être pris une raclée par une bande de gamines désarmées, ils réfléchiront.

Les deux hommes se relèvent dans un même élan, me maudissant à voix haute.


-Sale catin ! Tu vas voir ce qu'on fait à des garces dans ton genre. Quand nous serons tous passés sur ton corps tu rigoleras moins.

Je leur laisse la joie de m'encercler, et je lis dans leurs yeux de loups une terrible soif de sang. Ils voudraient me donner le sentiment d'être une proie en mauvaise posture. Manque de pot je me sent sereine. Plénitude à mes côtés me souffle que je suis Marchombre. Certes je n'arrive pas à la cheville de Pia, mais cette certitude apaise mon cœur et mon corps. La rivière et ses courants étaient autre chose que ces bandits patauds. Ils devraient aller séjourner en son sein, pas seulement pour apprendre d'elle mais aussi pour se laver. On aurait pu les sentir à des lieues à la ronde !

Un infime hochement de tête m'informe de l'assaut. Commence alors un jeu d'esquive, où je laisse les deux hommes se fatiguer et s'énerver. Une fois, l'un d'eux parvient à m'atteindre avec sa lame, faisant couler un mince filet de sang sur ma peau. La morsure de l'alliage froid me réveille. Il est temps d'en finir avec ces bandits là.
Ma main attrape et tire un poignet, alors que l'autre glisse le long d'un bras, remontant jusqu'au cou pour frapper une unique fois avec force. Ce coup suffit à assommer l'homme. Son corps a à peine eut le temps de toucher le sol que son ami s'écroule à son tour, victime d'un lâche coup à l'entre-jambe, suivit d'une frappe à la nuque.

Je recule d'un pas pour contempler mon œuvre. C'est un défi comme ça qu'Aïwen aurait du me trouver pour me forcer à apprendre à me défendre, sans toutefois verser une larme de sang. Je réalise que tous les poignards, les sabres et les arcs de la terre ne me conviendront jamais. Je ne suis plus hémophobe –enfin presque plus – mais moins je verserais le sang d'humains, mieux je me porterais. C'est le combat au corps à corps qu'il faut que Pia m'apprenne.
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Shalie Altan
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Jeu 21 Nov 2013, 16:10

- Shalie, attends deux minutes avant de remonter sur ton cheval. Je crois bien que tu ne lui fais pas confiance ! On a l’impression que tu vas presque au bagne dès que tu remontes en selle ! Il faut accepter ton petit compagnon – ou gros, enfin bref – il n’est pas plus imprévisible qu’une branche d’arbre ballottée par le vent ! Ramène tes nouvelles expériences à ce que tu connais, si tu sens que tu as de l’appréhension, ça fonctionnera beaucoup mieux ! 

Ce n'était pas si simple. Shalie avait l'habitude de monter sur des branches, elle connaissait la sensation sous son pied, chose qui la rassurait et qui lui permettait de trouver son équilibre. Sur une selle tout était différent. Elle avait confiance en sa monture, mais lui monter dessus était une autre histoire.

Il n'empêche que la jeune fille tenta de faire comme Pia venait de lui dire. Ramener ce monter en selle à ce qu'elle connaissait. Elle tomba encore quelques fois avant de se mettre à comprendre le truc. Il lui suffisait de s'imaginer une branche sous pieds. Une branche bougeant à son gré et non pas à cause du vent. Une branche vivante en somme. Un sourire se dessina sur les lèvres de Shalie quand elle arriva à tenir sans se retrouver les fesses sur le sol.

Ce n'était pas encore la perfection, mais elle savait très bien qu'avec de l'entrainement, tout était possible et elle avait encore beaucoup à apprendre. Se laissant glisser sur sa selle, elle caressa alors avec douceur Buck derrière les oreilles. Il faudrait qu'elle apprenne à être plus proche avec lui et instaurer une vraie confiance dans tous les domaines.

Les filles s'exercèrent quelques minutes encore avant que Pia ne mette fin à l'exercice et n'en donne un nouveau. Courir. Le sourire de Shalie s'agrandit instantanément à ses paroles.

---

Trois jours déjà qu'elles chevauchaient, enchaînant les exercices. Shalie était bien et elle aimait beaucoup voir comment le paysage se transformait, car elle reconnaissait les environs. Le groupe venait d'arriver à la lisière de la forêt de Barail. C'était dans cette forêt qu'elle avait grimpé sur ses premières branches et qu'elle avait appris tout ce que son père savait, car ils habitaient à une/deux heures à cheval de la foret.

Il arrivait des fois que Shalie se passe de cheval et fasse le trajet en courant, juste pour le plaisir. Son père d'ailleurs n'avait jamais interdit sa fille de partir à l'aventure, car pour lui c'était comme ça qu'on apprenait la vie.

Shalie se demanda alors si Pia allait décider qu'elles passent par Al Far, car si c'était le cas, il y avait de grandes chances qu'elles passent devant la ferme de ses parents adoptifs. En tout cas, elle était très contente de retrouver un endroit familier.

Ce furent des bruissement curieux qui sortirent Shalie de sa rêverie. C'était bizarre, elle ne connaissait aucune bête faisant un tel bruit ... Fronçant les sourcils, elle tourna la tête vers Pia, pile au moment ou cette dernière prit la parole.

Les filles, c’est pour vous. Et j’aimerais que vous n’utilisiez pas d’armes, ils ne le méritent pas… Juste devenir action et réaction, car les réflexes ne sont que les prémices de cela. Les décisions rapides vous font sentir et ressentir le temps…

Elle termina à peine sa phrase que six bandits jaillirent des buissons. Celui qui sembla être le chef prit la parole d'un air suffisant comme s'il n'avait rien à craindre d'un groupe composé de 3 femmes et une fillette, car c'était surement comme cela qu'ils percevaient Pia au vu de ses traits fins et de sa petite taille.

 Bonjour mesdames. Descendez de vos chevaux sans protester et nous essaierons d'être gentils avec vous …

Essayer d'être gentils. Cela tira un léger sourire à Shalie. Un coup d'oeil sur le côté lui apprit qu'Ange était déjà à terre et se dirigeait vers deux des malfrats. Ce qui en laissait deux pour Eole et deux pour Shalie. Parfait. Se laissant glisser de sa selle, elle s'avança alors vers deux des hommes. Leurs regards se portèrent aussitôt sur ses oreilles et ils échangèrent un coup d'oeil de connivence. La jeune fille l'avait vu tant de fois qu'elle savait à quoi ils pensaient. Avec ses oreilles et son yeux, elle avait sa place dans un cirque, mais il était hors de question qu'elle se retrouve dans une cage.

Un léger sourire aux lèvres, elle n'eut pas à attendre longtemps qu'ils sortent leurs armes. Ils avaient chacun une épée et Shalie avait repéré qu'ils portaient aussi des couteaux à leur ceinture. Notant cela dans un coin de sa tête, elle se mit alors en position de défense. Son père lui avait appris à se battre à main nues comme un soldat, même s'il avait tenu compte que sa fille était plus menue et plus petite. Il lui avait appris à se servir de cela comme d'une force. En étant l'apprentie d'Aïwen, elle avait vite prit conscience que se battre comme un combat ne suffisait pas,qu'il fallait qu'elle se batte comme une marchombre. Elle était encore très loin de cette performance, mais elle avait quelques connaissances.

Laissant ses armes ou elles étaient, Shalie n'eut pas à attendre longtemps avant que les bandits ne s'élancent vers elle. Le plus rapide arriva en premier sur elle et tenta de lui porter un coup à l’abdomen. L'apprentie l'évita sans efforts. Ils étaient lent. Tellement lent, cela n'avait rien à voir avec la manière dont se mouvaient les deux maîtres qu'elle avait eus, ils dansaient à chaque pas. Les deux hommes eux étaient maladroits comme des enfants apprenant à marcher.

Semblant surpris d'avoir manqué son attaque, l'homme cligna des yeux et Shalie en profita pour lui asséner un coup sur le poignet avant de se baisser car son compère était arrivé et venait aussi de donner un coup d'épée dans sa direction. Grotesque. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle se laissait reposer sur ses lauriers. Se relevant, Shalie passa sous la garde du dernier arrivé et lui prenant la tête à deux main exerça une pression afin que cette dernière parte en avant et le genou de Shalie tapa dans son nez. Le relâchant, elle effectua ensuite une roulade arrière pendant qu'il était en train de s'écrouler sur le sol. L'autre qui avait perdu son épée, avait à présent ses couteaux en mains et en lançant un en direction de l'apprentie.

Rentrer dans le temps. Percevoir le mouvement de l'air. Eviter l'arme de jet et passer sous la garde de l'ennemi pour l’empêcher de lancer son deuxième couteau en lui bloquant le poignet. Un sourire se dessina alors sur les lèvres de Shalie et quand elle regarda le bandit, elle constata qu'il avait les yeux écarquillés par la surprise. Il tourna alors le regard vers le reste de son groupe et ses yeux s'écarquillèrent un peu plus. Ne suivant pas son regard,restant concentré sur le combat, Shalie lui fit une clef de bras afin qu'il lui tourne le dos et donna un coup sec dans sa nuque. Le relâchant afin qu'il s’effondre, la jeune fille alla ensuite vérifier que l'autre était aussi bien dans les vapes et vu que c'était le cas, recula sans cesser sa position de défense au cas ou, car on n'était jamais trop prudent.



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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Sam 23 Nov 2013, 19:29

- Super les filles ! Vous y êtes arrivées ! Alors, ça fait quoi de découvrir le monde de là-haut ?
Mais maintenant que vous êtes réveillées, on va courir ! Et aujourd’hui au programme : vos amis les fractionnés ! Allez !


Le sourire d’Éole ne put que s’agrandir devant l’enthousiasme de la petite marchombre et, même si l’exercice des fractionnés n’était pas son favoris, elle se lança derrière son Maître, l’esprit fixé sur la Voie qui se déroulait devant elle.


~ * ~


Le temps passait à toute allure, au rythme des multiples défis que lançait Pia à ses jeunes élèves. Éole ne le voyait pas défiler devant elle tant elle était concentrée dans les exercices imposés par son Maître et tant elle s’épanouissait à chaque petit pas qu’elle faisait sur la Voie.

Cela devait bien faire au moins trois jours que le groupe avait quitté l’Académie et pourtant la jeune fille aurait juré que cela faisait à peine trois heures. Néanmoins, le paysage avait beaucoup changé et ils arrivèrent bientôt à la lisière d’une forêt qui semblait immense et où les arbres étaient gigantesques. La forêt de Barail. Ce nom faisait résonner un note un peu féerique aux oreilles de la jeune fille qui avait souvent rêver de cet endroit, sans jamais n’avoir pu faire plus qu’imaginer ses paysages enchanteurs. Combien de fois avait-elle promener son doigt sur la carte de Gwendalavir en suivant la ligne que dessinait cette forêt, à la frontière du légendaire pays Faël ?
Il y avait deux endroits qui faisaient ainsi rêver la jeune fille : la forêt de Barail et le pays Faël et l’Œil d’Otolep. S’imaginer qu’elle était devant l’un d’entre eux la comblait. Oh ! Et peut-être croiseraient-ils des faëls ! Pia aurait-elle prévu de les emmener dans leur pays ?

*Non, ce n’est pas possible... On n’entre pas comme ça dans le pays Faël... enfin, je ne crois pas...*

Dans tous les cas, c’est les yeux écarquillés et pleins d’étoiles qu’elle pénétra dans la majestueuse forêt à la suite de son maître. Son regard se posait sur chaque arbre, chaque buisson, chaque feuille autour d’elle, gravant ce merveilleux décors dans un coin de sa mémoire.

Peu de temps après, un bruissement se fit entendre dans les feuilles.

*Des faëls ?* se questionna l’esprit rêveur de la jeune fille.

Une petite lueur d’espoir s’était allumée dans les yeux d’Éole, mais Pia la fit s’éteindre rapidement.

- Les filles, c’est pour vous. Et j’aimerais que vous n’utilisiez pas d’armes, ils ne le méritent pas… Juste devenir action et réaction, car les réflexes ne sont que les prémices de cela. Les décisions rapides vous font sentir et ressentir le temps…

A peine la marchombre avait-elle achevé sa phrase que six bandits jaillirent des feuillages. Et elle qui avait cru pendant un quart de seconde qu’il s’agissait de faël !

*Redescend sur terre Éole...*

- Bonjour mesdames. Descendez de vos chevaux sans protester et nous essaierons d'être gentils avec vous…

La jeune rêveuse porta son attention sur celui qui venait de parler et sur ses comparses qui bloquaient la route aux jeunes femmes. Ils étaient quatre devant elles et deux derrière. Six. Deux chacune, que Pia voulait qu’elles mettent hors-jeu... sans armes. Cette dernière consigne tira une grimace à la jeune fille... parce que eux, ils étaient armés...
A côté d’elle Shalie et Ange descendaient de cheval et elle s’empressa de faire de même. Ange se dirigea vers les deux qui se tenaient derrière elles ce qui laissa les deux de devant pour Shalie et elle.

Éole s’avança vers les deux brigands qu’il restait en souriant, mettant en avant ses mains vides.

- Je suis descendue de mon cheval et je ne suis pas armée voyez-vous... Vous n’oseriez-quand même pas vous attaquer à une jeune femme sans défense, si ?

Les deux types échangèrent un regard qui montrait bien qu’ils n’allaient rien en faire. Ils avaient vraiment l’air de la croire sans défense...

*Bougres d’idiots, si vous aviez un peu fait attention à ce que Pia nous a dit, vous ne seriez plus aussi sûrs de vous... tant pis.*

Parce que si la petite marchombre avait préciser qu’ils ne méritaient pas leurs armes, c’est que les trois élèves devaient être capables de se débrouiller sans. Et en plus, si cela venait à mal tourner, elle serait là pour leur donner un coup de main.

- Mais oui, vient donc par là, tu vas voir comme on est gentil avec les jolis demoiselles...

Le sourire qu’il lui lança ne détrompait pas ses intentions et l’autre émit un rire tout aussi démonstratif. Éole poussa un soupir.

- Je crois que vous n’avez pas compris, dit-elle en faisant la moue, ce n’est pas ça être gentil.

- Moi je crois que c’est toi qui n’a pas compris, annonça le brigand en dégainant un sabre tandis que son acolyte tiraient deux poignards de sa ceinture.

La jeune fille secoua la tête et se mit en garde. Les deux bandits se ruèrent sur elle... mais d’une lenteur ! Rien à voir avec Pia, avec les marchombres qu’elle avait pu croisé à l’Académie ou à l’extérieur, rien avoir non plus avec ses deux camarades. Elle esquiva facilement leurs premières attaques, trouvant leur démarche lourde et leur mouvements patauds. Elle envoya son pied dans le ventre du premier qui, surpris, s’écrasa sur son arrière-train. Un des poignard du deuxième se dirigea vers elle mais elle parvint à le dévier si bien qu’au lieu de lui ouvrir la gorge, la lame traça un léger trait rouge sur son épaule.

Ces bandits la ramenèrent quelques années en arrière, au pied de l’immense chaîne du Poll. Elle terminait à peine son premier cours et se dirigeait vers Al-Poll, ville natale de sa mère... Elle avait fait une rencontre fâcheuse avec deux brigands et, même armée de son sabre, l’un deux avait réussi à plonger sa lame dans son flan. Elle n’avait eu la vie sauve que grâce à Aléa qui l’avait trouvé et soigner.

Un léger sourire effleura les lèvres de la jeune fille. Elle avait beaucoup évoluer depuis ce jour là, elle avait changé et avancer sur la Voie. Elle n’était plus aussi démunie qu’alors. Sauf que les deux brigands qui lui faisaient face ne semblait pas le remarquer. Ils s’entêtaient à s’acharner sur elle, multipliant leur assauts balourds, leur feintes qui se sentaient à des kilomètres à la ronde. Ses bras avaient beau être couverts de petites estafilades de sang par-ci par-là, ce n’était que des blessures superficiel qui lui picotaient à peine la peau.

- Espèce de petite garce ! s’énervaient-ils, on va t’apprendre ce que c’est que d’oser se mettre en travers de notre chemin !

Elle leva les yeux aux ciels. Étaient-ils bête à ce point qu’il ne distinguait pas l’évident ? En plus, c’était eux en l’occurence qui s’étaient mis en travers de son chemin à elle...

*Bon, il est temps d’en finir avec ces deux là, histoire qu’ils repartent avec une bonne leçon sur les bras.*

Elle se remit en garde et attendit l’attaque des brigands qui reprenaient leur souffle.

Ouverture.
Elle sentit l’air frémir quand le premier leva son sabre. Elle sentit la terre vibrer sous ses pieds quand le second attaqua.

Liberté.
Elle n’eut qu’à se tourner légèrement sur sa droite avec un déhanché pour éviter le sabre meurtrié et à se courber pour éviter les deux poignards qui filaient droit sur elle.

Harmonie. ­
Son poing percuta le nez de l’un, suivi de son genou qui porta un coup violent sur son entre-jambe et des son coude qui vint frapper les côtes du pauvre homme qui s’affaissa dans la terre, inconscient.

Envol.
Voyant trop tard le sabre du second, elle sentit l’acier froid mordre sa peau et tracer une ligne de feu dans son dos. Elle se détourna en serrant les dents et se glissa sous l’arme du brigand pour lui attraper le poignet et crocheter son bras dans son dos, lui faisant ainsi lâcher son sabre. Elle lui asséna un violent coup sur la nuque et il alla rejoindre son compagnon dans la poussière.

Confiance.
Elle recula essoufflée, toujours à l’affût du moindre mouvement de la par de ses deux adversaires. Dans son dos, sa blessure la lançait, mais un petit sourire se dessina néanmoins sur ses lèvres.









[voilou, voilou ! je suis vraiment désolée pour le retard... =$ ]

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"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Mar 26 Nov 2013, 16:50


Les trois jeunes filles n’hésitèrent pas. Ou peut-être qu’Eole avait autre chose en tête, mais dans tous les cas, elles ne laissèrent pas la surprise prendre le dessus et se mirent en place, en garde, immédiatement.
Pia ne pouvait pas s’empêcher de les observer avec fierté. Elles avaient tellement évolué depuis la première fois qu’elle les avait croisées ! Depuis le premier cours qu’elle leur avait dispensé – et même si avant elles avaient pu avoir d’autres Maîtres.

Un sourire tranquille étirait les lèvres de la petite Marchombre.
Les hommes n’étaient pas des plus subtils, certes, mais ils avaient néanmoins une certaine technique de combat, ce qui rendait les choses un peu plus compliquées pour les apprenties. Mais c’était aussi ainsi qu’elles pouvaient s’améliorer !
Elles virevoltaient les unes et les autres, chacune de leur côté, sans s’arrêter.
Dans le temps.
Ce temps qu’il était si difficile de percevoir, et encore plus dur à combiner à soi-même. Car pour appliquer le temps, il faut parvenir à avoir assez de recul sur son propre combat, analyser les choses et réagir à l’exact bon moment. Pas trop tôt, pas trop tard.

C’était le juste milieu.
L’équilibre.
La Voie du Marchombre.

Elles dansaient. Elles bougeaient. Elles étaient dans leur combat, chacune d’entre elles, et en accord avec elles-mêmes. Elle sentit un intense soulagement émaner d’Ange à un moment donné, et perçut sa joie d’expérimenter le combat à mains nues.

Après le vacarme de la bataille, le silence sembla presque religieux.
Le vent, dans les branches, soufflait au rythme de la respiration des apprenties Marchombre, et Pia hocha la tête avec un grand sourire. S’avançant vers les trois jeunes filles, elle prit à son tour une grande inspiration, en désignant les six hommes à terre.

- Vous voyez ? Pas besoin de lame, d’arme. Vous en êtes une ! Le combat à mains nues est quelque chose de primordial, et déclenche bien des choses… Je crois que chacune d’entre vous a touché du doigt le temps du combat.

Elle leur sourit.
Faisant passer une mèce blonde dans son dos d’un léger mouvement du poignet, elle ferma les paupières une seconde.

- Cela ne veut pas dire que vous devez à tout prix vous détacher des armes, loin de là. Mais chacune d’entre vous a besoin de se trouver ce qui lui correspond le plus. On a abordé les armes les plus « répandues » : le bâton, l’arc, le poignard. Il y en a tant d’autres… Shalie, tes griffes par exemple. Ou bien, tout simplement se passer d’armes, de lames, peut aussi être votre vocation. Frappant énergiquement dans ses mains, Pia sourit jusqu’aux oreilles. Bon, on remonte en selle un peu ?





Avançant dans la forêt de Barail, Pia ne cessait de pousser ses apprenties à faire mieux, même sur le dos de leur cheval.
De nombreux obstacles se dressaient sur leur route, et si au début les chevaux passaient par-dessus au pas, en levant simplement les sabots, la petite Marchombre lança bientôt Pino dans un petit galop cadencé, pour obliger les filles à suivre leur monture par-dessus les obstacles lors de leurs divers sauts.

D’autant que si les chevaux de l’Académie avaient quelques bases dans le saut en extérieur, les chevaux des apprenties pas forcément. Et puis, au galop dans la forêt, les battues n’étaient pas les mêmes en fonction de l’amplitude des foulées et de la taille des équidés.

Pino s’éclatait et passait même sur certains obstacles de travers, et sautait même les cailloux ou des petites flaques de boue pas tout à fait sèche. Ils galopèrent même au travers un ruisseau, et même en remontant une rivière. Le poney semblait très content de changer un peu d’exercices et s’élançait avec joie dans tous les obstacles que Pia lui montrait. Les autres chevaux étaient parfois surpris, et leurs réactions n’étaient pas toujours évidentes, mettant à l’épreuve les cavalières qui s’accrochaient.
Tilip’ savait parfaitement où elle allait. Aussi, au bout de quatre heures environs, une immense falaise s’étira devant les filles, faisant piler net les quatre équidés. Mais Pia encouragea le sien à continuer, et Pino trotta avec entrain vers la falaise, avant de disparaître dans une faille assez grande pour un cheval et demi en largeur, et de trois mètres de haut à peine. Pour le poney et la petite Marchombre, aucun soucis, mais sur Bolsoï Eole devait faire attention à sa tête.
Ils durent repasser au pas au bout d’une minute à cause des larges cailloux qui jonchaient le sol et qui pouvaient blesser les grands chevaux aux larges sabots. Dix minutes après, ils débouchèrent dans une sorte de vallée intérieure… dans laquelle il y avait d’autres chevaux !

Ceux qui étaient déjà là les observèrent avec attention.
Ce n’étaient pas tout à fait les mêmes silhouettes que celles que l’on croisait le plus en Gwendalavir. Les chevaux étaient plutôt petits – moins d’un mètre quarante – râblés et racés en même temps, avec des membres fins mais une charpente bien définie.
Les poneys des Faëls.

Pino était d’ailleurs un croisement de ces poneys avec une petite femelle de Gwendalavir.

Mettant pied à terre, Pia demanda aux filles de desharnacher leurs chevaux, et leur indiqua où mettre leur matériel.
A peine eurent-elles terminé de débarrasser leurs montures qu’un petit groupe d’une dizaine de silhouettes s’approcha d’elles à grands renforts de cris et de poings en l’air.

- Que vous faire ici ? Etre  en Pays Faël, devoir demander autorisation !

Pia éclata de rire.
Tous les regards se tournèrent vers elle, et elle sourit largement. Pour répondre en Faël.

- Hé les gars, vous êtes devenus aveugles ? C’est un comble pour des Faëls !

Quelques uns froncèrent les sourcils, les autres affichèrent une mine stupéfaite en comprenant qui elle était. En s’en souvenant, plutôt !

- En plus, je vois Naazur, le cheval de mon père… Je peux amener mes apprenties dans le village ?

- Mais oui, Tilip ! Allez, viens, je suis sûre que ton père sera content de te revoir.

- J’espère bien !


Se tournant vers ses apprenties, Pia leur adressa un sourire.

- Vous venez les filles ? Vous allez avoir l’honneur de voir mon père !

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Sam 30 Nov 2013, 23:50

Un oiseau chanta.
J'entends sa trille vibrer dans mes oreilles, seule au milieu du silence qui a envahit le sous-bois. Les six hommes sont au sol, immobiles. Je perçois leurs respirations au milieu des nôtres. Aucune d'entre nous n'a tué ses assaillants. Ce n'était pas le but de l'exercice et ils ne le méritaient pas. Mon regard accompagne le vent et glisse sur les arbres. Il souffle gaiment, approuvant la punition bien méritée des brigands. Cela me tire un demi-sourire. J'espère que cela suffira à les tenir éloignés de cette belle forêt. Elle ne mérite pas des gens qui veulent y verser du sang.

Je reviens à la réalité pour avancer de quelques pas jusqu'à mon Maitre et les filles. La petite Marchombre a l'air aussi ravie que le vent. Je ne sais pas comment Shalie et Eole se sont débrouillées, mais leur combat devait valoir le mien.
Pia nous parle un instant, faisant une sorte d'éloge au combat à mains nues.


- Je crois que chacune d’entre vous a touché du doigt le temps du combat.

Le … temps du combat ? Je ne comprends pas très bien ce qu'elle entend par là. Voudrait-elle dire qu'il y a des temps pour le combat et des temps pour la paix ? Parle-t-elle d'équilibre ? Cela me parait étrange … ou alors est-ce … est-ce quoi ? Je n'en sais rien. Il va falloir qu'elle nous explique ce point plus en détail.

La Marchombre enchaine pour nous pousser à trouver l'arme qui nous correspond le plus, celle qui sera le parfait prolongement de notre être. Et pourquoi ne pas commencer par soi même ? C'est ce qu'elle sous-entend dans ses derniers mots, que je prends comme étant destinés uniquement à moi. Sait-elle que j'étais hémophobe il n'y a pas si longtemps que ça ? Je la fixe un peu plus intensément, cherchant son regard pour y lire une réponse, mais elle se détourne pour rejoindre Pino. Je ne saurais donc pas. Tant pis. Pia n'en reste pas moins magique.


*******

Saute. Saute. Saute ! Pino et Pia font une belle équipe tous les deux. Allez savoir lequel est le plus fou des deux ! Penchée sur le dos de Shantal, j'essaie de prendre autant de plaisir qu'eux dans la traversée de la forêt. Ce n'est pas évident quand on n'a pas l'habitude de ce genre de balades !

Au début je n'ai pas fait attention à tous ces petits obstacles au sol que ma monture daignait à peine regarder. Et puis la difficulté s'est corsée lorsque nous avons lancé nos chevaux au galop. Certes un petit galop tranquille mais tout de même ! J'ai rarement poussé Shantal à sauter par-dessus arbres morts, buissons et rivières, et ce tout en pensant à éviter les branches m'attendant à l'arrivée du saut.

De belles griffures sur mon visage et un trou dans ma veste seront les trophées de la journée. Je suis fière de ne avoir rajouté de bleus à mes fesses déjà abîmées : je suis assez tombée tout à l'heure pour redescendre au bas de ma monture !


*******

Le sang a séché sur mes joues. Les derniers obstacles étaient semblables aux précédents, mais les conseils enjoués de Pia ont joué leur rôle. Je dirais presque que même Shantal était ravi à la fin ! Pino a du lui refiler quelques astuces pour supporter son insupportable cavalière – ce dans quoi il excelle. Je n'irais pas jusqu'à dire que ma monture et moi ne faisions qu'un, mais presque. Sur la dernier buisson à traverser, nous étions dans le même temps. Toujours cet étrange temps … J'y aurais bien réfléchi, sauf que nous avons déboulé sur une falaise.

Nous y voilà, au pied d'un rempart infranchissable. J'ai beau lever les yeux, je ne vois pas le sommet de ce bloc de pierre. A moitié inquiète, je regarde Pia continuer d'avancer, comme si ce mur n'existait pas. Oui je sais : il n'y a pas de mur qu'un Marchombre ne puisse franchir, mais tout de même celui-là est assez imposant. L'escalader n'est pas un plat que j'aimerais voir au menu, surtout avec mes muscles fatigués par la longue chevauchée.

Ouverture.
Que vient faire ce Maitre-mot ici ? Nous ouvrir la Voie. La voie aussi. A chaque nouvelle foulée, j'ai l'impression que la minuscule faille que nous apercevons en face de nous s'agrandit un peu plus, jusqu'à devenir entrée. Qui a posé un passage secret ici ?

La fissure n'est pas bien large. Je surveille où je mets ma tête, plaignant Eole derrière moi. Ce sera un miracle si son cheval ne se retrouve pas bloqué au milieu du passage. Heureusement le duo s'en sort lui aussi, débouchant au grand jour pour découvrir … une vallée ! Mon regard s'arrête aussitôt sur la présence de chevaux qui broutent tranquillement l'herbe verte. A notre arrivée ils lèvent la tête pour la rebaisser aussitôt. Il semblerait que nous ne soyons pas dignes d'intérêts … Evidemment puisque nous ne sommes pas composés d'herbe.

Pia ne nous fait pas aller plus loin, nous demandant d'enlever l'équipement de nos chevaux et de les poser dans un coin au sol. Il semblerait que cette vallée soit notre lieu de camp pour cette nuit.

Des cris nous font tourner la tête dans un même mouvement. Des êtres d'une taille similaire à celle de Pia et au teint mat courent vers nous. Ils s'arrêtent à quelques mètres de nous, armes à portées de main. Je n'ai jamais vu des êtres pareils … Ou peut-être que si … leurs traits fin m'évoquent un vieillard aussi agile qu'un ours élastique. L'homme le plus sage que j'ai connu. Aïwen. Venait-il d'ici ? Non … il était trop grand.


- Que vous faire ici ? Etre en Pays Faël, devoir demander autorisation !

Des Faëls ? Ca des faëls ? Ces petits hommes connus à travers Gwendalavir mais aussi rares qu'une luciole en hiver ? Et cette vallée cachée serait leur pays ? Whoa ! Si je pouvais dire à Lienor que j'ai rencontré des faëls il en crèverait de jalousie. Dommage qu'il soit déjà mort …

Pia se fend d'un grand rire, comme si leurs menaces n'étaient que des bêtises. Je l'entends répondre un charabia pas possible, me faisant ouvrir de grands yeux. Elle parle Faël ? … elle recèle encore plus de surprises que je pensais possible !


- Vous venez les filles ? Vous allez avoir l’honneur de voir mon père !


Ma mâchoire m'en tomberait presque. Son père ?! Elle a un Faël pour père ?!!! C'est donc pour ça qu'elle est si petite ? Je la regarde écarquillée, ce petit bout de femme m'apparaissant sous un nouveau jour.
Sans un mot je la suis, incapable de ne pas espionner notre escorte. Des Faëls ! Je ne m'en remettrais pas de celle là !
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Dim 01 Déc 2013, 13:31

Éole rejoignit son Maître et ses deux camarades qui, elles aussi, avaient donné une bonne leçon à ces bandits. Une leçon qu’ils ne seraient pas prêts d’oublier se dit la jeune fille.

- Vous voyez ? Pas besoin de lame, d’arme. Vous en êtes une ! Le combat à mains nues est quelque chose de primordial, et déclenche bien des choses… Je crois que chacune d’entre vous a touché du doigt le temps du combat.

Éole haussa un sourcil. Le temps du combat avait-elle dit ? Sous-entendait-elle que, à l’instar de la musique, le combat avait lui aussi un temps, une pulsation, un rythme ? Sous-entendait-elle que, à l’image d’une danse, un combat se voulait d’être en mesure ? La jeune fille trouvait l’idée intéressante et ce rapprochement entre la danse et le combat lui arracha un sourire. Oui, en y repensant, elle avait bien dansé avec ces deux hommes finalement. Son sourire s’agrandit. L’idée lui plaisait. La danse ne l’avait pas quittée lorsqu’elle était partie d’Al-Jeit, lorsqu’elle avait laissé son école et trouver l’Académie. Au contraire, la danse était plus présente que jamais, non seulement dans son cœur, mais aussi sur la Voie des Marchombres. En s’engageant sur cette Voie, la jeune apprentie ne s’était pas douter que la danse y avait une telle place. Les marchombres dansaient, avec l’eau, avec le vent, ils dansaient quand ils chassaient ou juste dans leur Gestuelles. Et ils dansaient aussi quand ils se battaient. Éole réalisa que ce n’était pas par hasard qu’elle avait trouvé l’Académie et qu’elle avait été séduite par les marchombres. C’était la danse qui avait guidé ses pas et c’est en dansant qu’elle deviendrait marchombre.
Danseuse et Marchombre. Marchombre et Danseuse.
Elle en était sûre désormais. Sa Voie était belle et bien celle des Marchombres.

Toute souriante et sereine, elle écouta ce que Pia leur expliqua ensuite, comme quoi chacune d’entre elle pourra trouver l’arme qui lui correspond, que ce soit bâton, arc ou poignard. Ou les griffes pour Shalie. Ou son corps tout simplement. Éole se demanda qu’elle pourrait être l’arme qui lui irait le mieux. Elle connaissait un peu le sabre pour avoir pris des cours quand elle était encore à Al-Jeit avec sa mère mais ce n’était pas son arme favorite... elle préférait de loin l’arc, surtout depuis que Pia lui en avait offert un. Elle trouvait ce type d’arme plus élégant (il faut dire que le cadeau de la petite marchombre était vraiment magnifique pour le coup) et elle ressentait une espèce de fascination devant ces flèches qui fendaient l’air en deux avant de se planter dans la cible avec précision. Le combat au corps à corps ne lui déplaisait pas non plus, surtout maintenant qu’elle l’apparentait à la danse... Enfin, elle a bien le temps de trouver l’arme qui lui correspond, celle qui fera corps avec elle, surtout que, comme l’avait dit Pia, il en existait tant...

- Bon, on remonte en selle un peu ?

~ * ~

La forêt de Barail était parsemée d’obstacles. Au début Bolshoï ne faisait que les enjamber comme si cela avait été de vulgaire brindilles mais Pia demanda le galop et le gentil hongre emmena sa cavalière voler au dessus de chaque tronc d’arbre qu’ils passaient. Certes, pour un cheval de la taille de Bolshoï, ce n’était pas trop compliqué et Éole se doutait de sa capacité à sauter plus haut. Mais, bien qu’il sorte d’un centre équestre, le jeune cheval ne s’était jamais essayé au saut d’obstacle en pleine forêt. Éole avait eu l’occasion de sauter avec lui en carrière et même en cross quelques fois, mais dans la nature, entouré d’arbres, de buissons, sur un chemin parsemé de trous, de bosses et de cailloux, c’était une autre histoire !
Au début, la jeune apprentie se laissait embarquée par son cheval qui, heureusement, ne se posait pas trop de questions et franchissait docilement chaque obstacle derrière le poney de Pia et les chevaux d’Ange et de Shalie. Puis, petit à petit, Éole commença à sauter avec Bolshoï et un large sourire étirait ses lèvres quand elle s’envolait au dessus d’un tronc ou d’une flaque d’eau. Ses deux camarades semblaient bien s’en sortir elles aussi. Pino et Pia, quant à eux, s’éclataient comme des gosses.

Quelques troncs et deux trois rivières plus tard, un falaise gigantesque surgit devant eux surprenant les quatre montures qui freinèrent instantanément. Sur son cheval noir, Éole s’arrêta et scruta les environs. Elle ne s’attendait pas du tout à se retrouver nez à nez avec une falaise de cette taille ici ! Mais elle n’eut pas le temps de se poser plus de questions que Pia repartait déjà, sûre d’elle, fonçant droit sur la paroi rocheuse. La jeune fille lança Bolshoï à sa suite en fronçant les sourcils... Que pouvait bien mijoter la petite marchombre ?
Arrivée au pied de la falaise, Pia entraina son poney dans une minuscule faille, à peine assez large pour laisser passer un cheval et pas plus haute que trois mètre, et disparut dans les entrailles de la montagne. La jeune fille s’approcha doucement, se demandant si elle allait passer avec Bolshoï... Mais oui, lui aussi se faufila dans la roche. Il n’était pas petit, mais il était plutôt fin, aussi n’eut elle qu’à baisser la tête à certains moments pour ne pas se cogner, mais ils parvinrent de l’autre côté indemnes.

Et quel spectacle ne les attendait pas une fois à l’air libre ! Une vallée s’étend devant eux comme dans un rêve. L’herbe était d’un vert digne d’un Dessin de grand dessinateur et des chevaux y broutaient tranquillement. Ou plutôt des poneys, étant donné leur petite taille, qui s’arrêtèrent de manger quelques secondes pour observer les quatre intruses qui osaient débarquer dans leur pré.
Pia descendit de son poney, enjoignant à ses élèves de faire de même ainsi que de désharnacher les chevaux. Elle indiqua un endroit ou elles purent déposer chacune leur matériel.

Des cris les firent sursauter. Un groupe de drôles de gens arrivait sur eux, poings en l’air, en vociférant des phrases inintelligibles. Pas très grands, ils avaient la peau hâlée et les traits fins et élégants... et des oreilles pointues ! Des êtres semblables à ceux qui peuplaient les rêves d’Éole quand elle était petite... serait-ce... ? Non ! C’est impossible...

- Que vous faire ici ? Etre en Pays Faël, devoir demander autorisation !

Les yeux de la jeune fille s’agrandit et elle se rendit compte qu’elle avait la bouche grande ouverte. Elle la referma prestement et déglutit tout en se demandant si elle n’était pas simplement en train de rêver... Avait-elle bien entendu ?

Pia éclata de rire et répondit dans une langue chantante qu’elle ne connaissait pas, arrachant une deuxième expression de surprise à la jeune apprentie. Quoi ?!

*Là c’est sûr, je suis en train de rêver.*

D’où Pia connaitrait-elle la langue des... Non ce n’est pas possible... Cela ne pouvait être ces personnages légendaires... En face, ils semblaient tout aussi étonnés qu’elle quand ils entendirent Pia parler, mais ils se reprirent rapidement et lui répondirent d’un ton joyeux et enthousiaste. Éole avait perdu tout contact avec la réalité.
Mais elle n’était pas encore au bout de ses surprises. Pia se tourna vers ses apprenties et leur offrit un magnifique sourire, celui d’une petite fille qui retrouve sa maison après des semaines d’absences.

- Vous venez les filles ? Vous allez avoir l’honneur de voir mon père !

Son... père ? Éole suivit son maître et ses camarades, incrédule, le regard noyé par la surprise. Elle jeta un coup d’œil à ceux qui les précédaient. Non, elle ne rêvait pas. Un des ses plus grands rêves venait même de prendre vie. Devant elle, c’était bel et bien des Faëls, elle avait bien pénétré dans leur pays et le père de Pia, son maître marchombre, était l’un d’entre eux.
C’était impossible, c’était incroyable, et pourtant c’était vrai.
Un immense sourire dévorait son visage et l’émerveillement faisait scintiller mille étoiles dans le noir de son regard.

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Shalie Altan
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Ven 20 Déc 2013, 16:40

[Qu'on me fouette pour mon retard Sad]

Le combat terminé, un silence s'installa. On entendait juste les respirations des jeunes filles ainsi que le vent soufflant à sa guise. Se craquant les doigts, Shalie tourna la tête vers ses camarades avant de poser son regard sur Pia qui c'était avancé. C'était dingue comme elle était petite. Pourtant elle n'en était pas moins puissante. A un point fou ... la demoiselle ne savait pas si un jour elle l'égalerait, elle en doutait franchement. Certes, elle avait bien progressé mois après moi, mais pour elle Pia jouait dans une autre cour. Elles n'étaient pas du même niveau, mais elle ferait tout pour tenter de lui faire honneur.

- Vous voyez ? Pas besoin de lame, d’arme. Vous en êtes une ! Le combat à mains nues est quelque chose de primordial, et déclenche bien des choses… Je crois que chacune d’entre vous a touché du doigt le temps du combat. 

Elles étaient une arme. C'était la classe, même si Shalie préférait se battre avec une lame. Il n'empêche qu'elle continuerait à s’entraîner au combat à mains nues. On ne savait jamais dans quelle situation on pouvait se retrouver et avec quoi on pouvait se défendre. Au moins les mains c'était une valeur sure.

- Cela ne veut pas dire que vous devez à tout prix vous détacher des armes, loin de là. Mais chacune d’entre vous a besoin de se trouver ce qui lui correspond le plus. On a abordé les armes les plus « répandues » : le bâton, l’arc, le poignard. Il y en a tant d’autres… Shalie, tes griffes par exemple. Ou bien, tout simplement se passer d’armes, de lames, peut aussi être votre vocation. Bon, on remonte en selle un peu ?

Aaah. Elles étaient d'accord sur ça au moins. Cela rassurait Shalie quand même de savoir qu'il ne fallait pas complètement de détacher des armes. Surtout qu'elle aimait beaucoup ses nouvelles griffes, elle se sentait bizarrement apaisé quand elle les enfilait et c'était aussi très pratique.

Après ses dernières paroles, elles se remirent en route et durent affronter le dénivelé du chemin. Buck était un peu habitué à ce genre de terrain. Il dérapa quelques fois, mais Shalie arriva globalement à garder le chemin. Ils avancèrent pendant de longues heures jusqu'à se trouver devant une immense falaise. Les apprenties s’arrêtèrent avant de repartir aussi vite quand Pia les encouragea et traversa  une faille. Curieuse, Shalie donna un léger coup à Buck afin qu'il se remette en marche au pas et ils avancèrent.

Après quelques minutes, elles durent descendre de cheval et les deséquipers. Faisant cela rapidement mais, correctement, l'apprentie manqua de sursauter en constatant qu'un groupe de personnes était en train d'approcher en poussant des cris. Posant la main sur ses lames, Shalie jeta un coup d'elle à Pia. Dans la mesure ou elle semblait complètement détendue, elle baissa sa garde, mais garda quand même ses mains non loin de ses armes. On ne savait jamais.

L'un d'entre eux prit alors la parole, en déclarant qu'ils étaient en pays Faël et qu'ils devaient demandé l'autorisation afin de pouvoir venir. Mmmh. En guise de réponse, Pia éclata de rire avant de répondre qu'ils étaient aveugles. Sur les visages, la compréhension semblait se faire. Pas de danger donc. Perdant le fil de la conversation, Shalie la reprit quand Pia se tourna vers ses apprenties.

- Vous venez les filles ? Vous allez avoir l’honneur de voir mon père !

Son père ... ouah ça en jetait quand même ! Hochant la tête, Shalie se mit en marche, tout impressionnée, elle se demandait à quoi pouvait ressembler le père de Pia ... C'était très intriguant.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Mar 11 Fév 2014, 11:49


Si Eole et Ange en avaient la mâchoire qui pendait de surprise, Shalie ne semblait pas spécialement surprise, mais plutôt intéressée. Les deux jeunes filles semblaient hallucinées, et Pia leur adressa un clin d’œil rieur alors qu’elles suivaient toutes les quatre le groupe de Faëls qui les avait abordées.

Mais Tilip venait de passer en mode pile sur jambes, et sautillait dans tous les sens. Elle avait hâte de retrouver son père, de lui présenter ses apprenties, de le revoir, pouvoir discuter même si elle ne resterait pas aussi longtemps qu’elle l’aurait voulu. En même temps, cela l’arrangeait aussi, car après elle prenait de mauvaises habitudes et surtout elle risquait plus de croiser Chio. Et elle ne voulait pas le croiser, de peur de sa propre réaction.
Elle savait que chez elle, ce n’était pas clair, et donc elle ne préférait pas y penser. Trop compliqué. Trop émotionnel. Généralement elle se débrouillait bien, elle était assez équilibrée, en tout cas elle se sentait elle-même, mais dans cette histoire, elle était encore perdue, même si cela faisait de longues années que c’était passé, fini…
Elle en venait à croire que seul un autre homme pourrait lui permettre de tourner complètement la page, mais elle n’avait pas encore envie d’en arriver là. Elle ne se sentait pas prête, mais c’était un cercle vicieux.

Secouant la tête pour revenir à la réalité, elle tourna son regard vers les filles et leur sourit.

- Ne faites pas cette tête ! Ce séjour va vous apporter beaucoup, il faut savoir saisir les bonnes opportunités ! Si vous parlez normalement, ils vous comprennent assez bien, même si leur oral n’est pas très bon. Avec les gestes, c’est plus facile !

Leur adressant un clin d’œil, Pia s’arrêta en bas de la falaise que cinq Faëls s’étaient mis à escalader, tandis que l’autre moitié attendait qu’elles passent devant eux. Poussant un petit soupir, elle indiqua à ses apprenties de se lancer sur la paroi, et leur souffla tout bas :

- Allez les filles, on maîtrise, on ne se laisse pas impressionner !

En effet, elle voyait bien que les Faëls restant avaient dans le regard cette lueur mi-figue, mi-raisin, avec une provocation et un léger dédain, à l’adresse des filles mais aussi pour Pia. Ce groupe les défiait presque ostentatoirement, et Tilip plissa les yeux d’agacement. Ils ne la connaissaient pas, certes, mais ça l’agaçait cet orgueil typiquement Faël !

Elle s’élança donc sur la paroi, qui n’était pas une paroi difficile mais quand même haute. Et puis la présence des Faëls au-dessus pouvait faire tomber quelques petits cailloux, ce qui n’était pas forcément agréable non plus.
Elle attendait ses apprenties, même si elle avait une furieuse envie de grimper à toute vitesse pour leur montrer de quoi elle était capable.

Elle était Faëlle et Petite, elle !

Mais elle se retint. Elle sentait son propre orgueil refaire surface au contact des personnes de ses origines, notamment Faëlles. Les Petits ne se prenaient jamais la tête, tout n’était que rigolade, mais pas pour les Faëls. Ce n’était pas pour rien qu’ils étaient isolés des Alaviriens ! Les Petits, cela n’avait rien à voir : ils ne savaient même pas que les Humains existaient, ils les prenaient pour des légendes, ou plutôt une espèce rare et très lointaine. Ce qui était le cas pour le lointain, pas pour le rare…

Quand ils arrivèrent en haut de la falaise, la première partie du groupe était allée les annoncer dans le village proche, et plusieurs autres Faëls étaient venus les accueillir. Comme des bêtes de cirque, certes, mais Pia essaya de ne pas relever.
Elle cherchait dans la foule un visage familier qui arriva très vite.

Le visage basané, tiré par quelques rides, triangulaire et affichant un immense sourire. Ses yeux d’un vert turquoise étonnant. Ses cheveux d’un blond tellement clair qu’il pouvait en paraître blanc, en totale opposition avec la couleur de sa peau. Il était plus grand qu’elle, et il émanait de lui une douce paix, sans une once de dédain, au contraire. Il respirait l’humilité, et Pia sentit la boule dans sa gorge se dissoudre instantanément.

- Papa !

Il la prit dans ses bras pour l’enlacer, et déposer un baiser sur le haut de son crâne. Elle sourit, l’étreignant en retour, puis se dégagea de ses bras pour prendre un peu de recul et planter son regard dans le sien.

- Tu sais que je suis marchombre. J’ai maintenant des apprenties ! Les voici.

Elle présenta les trois filles, et se remit à parler en Humain pour que tout le monde comprenne.

- Je voulais leur montrer le pays Faël et les performances des Faëls. Je pensais que c’était une bonne idée.

- Il paraît qu’elles escaladent bien mais sont un peu lentes. Mais cet endroit regorge de défis. Vous avez peut-être besoin d’un toit ? Et faim ?


Pia hocha la tête, avant de lancer un regard interrogateur aux filles. Elles allaient d’abord se poser et découvrir la culture Faëlle. Que son père vienne de les inviter ne voulait pas dire qu’elles seraient acceptées de tous, car il n’y a aucune notion de hiérarchie chez les Faëls, mais elles avaient quand même leur place ici !

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Mar 11 Fév 2014, 21:26

C'est étrange d'avancer, encadrée par des personnes ayant la taille de jeunes enfants tout en possédant des visages d'adultes, marqués par le temps. J'ai beau ne pas être une grande perche, j'ai rarement eu l'occasion de dominer des gens de cette manière.

Mes regards dévient sans arrêt sur les membres de notre escorte, et bien que sachant que ma curiosité doit paraître malpolie, je ne peux pas m'en empêcher de les regarder. C'est un fait : ces curieux petits personnages m'intriguent. Déjà par leur aspect physique : ils ont la peau foncée, des oreilles taillées en pointe, des cheveux aux nuances étranges. Il y a aussi toutes ces rumeurs qui courent sur eux et que j'ai hâte de vérifier. Savent-ils tirer à l'arc mieux que quiconque ? A en croire les armes aux corps usés qui pendent à leurs dos, je dirais qu'ils savent au moins tous s'en servir. Sont-ils plus agiles que les Marchombres ? Là aussi il semblerait qu'ils en soient capables : leur démarche est toute en souplesse, et c'est à peine si les brins d'herbe se courbent sous leurs pieds.

Pia nous titille sur l'intérêt du séjour, comme si nous n'avions pas compris avec tout ce que nous savons et voyons que ces Faëls sont intéressants. Certes pas autant qu'elle, mais intéressant tout de même.

Nous nous arrêtons devant une nouvelle falaise que les membres de notre escorte se hâtent d'escalader. En un éclair. Ces personnes là sont encore plus agiles que des chèvres des montagnes. En un rien de temps ils arrivent au sommet, ne s'y arrêtant même pas pour nous narguer. Par contre ceux restés en bas avec nous ne se gênent pas pour le faire. Je surprends un regard moqueur devant mon ébahissement. Un soupçon d'orgueil me rend le contrôle de mes émotions et j'essaye de faire comme si tout cela était parfaitement normal et accessible.

Pia nous enjoint de monter à leur suite, d'une voix toute excitée qu'elle essaie de garder encourageante. Son message est clair : il ne faut pas se laisser impressionner par ces Faëls : nous valons autant qu'eux, si ce n'est plus.

Bien décidée à leur montrer mes talents, je pose ma main sur la paroi et agrippe une première prise.

Je crois que chacune d’entre vous a touché du doigt le temps du combat.

Le temps du combat … existe-t-il aussi un temps pour la pierre ? J'effleure la paroi puis y pose la paume de ma main. C'est vrai que j'ai l'impression de sentir un cœur battre … ce sont de légères vibrations, modulées par celles provoquées par mes camarades qui ont entamées l'ascension. Un temps pour chaque chose, en voilà une idée qui me plait ! Par contre je ne sais pas comment l'appliquer … Je pourrais commencer par utiliser un de mes Maîtres-mots. Ecoute. Prise après prise, je m'efforce de sentir les vibrations qui agitent la paroi. Une fausse note me fait me décaler sur la droite, juste assez pour me faire éviter un bout de roche décroché par un Faël au dessus de moi. Ca marche … que j'aime ce précieux mot ! Ecoute, écoute et écoute. Toujours. Je l'entends battre mes oreilles de sa douce mélodie à mesure que je grimpe.

J'arrive en haut un peu après les autres, et bien que je sois consciente d'avoir été particulièrement lente, je m'en fiche. Cette montée était un plaisir que ces Faëls et leur monstrueuse agilité ne sauraient gâcher.
Autour de nous se sont amassées de nouvelles têtes triangulaires et basanées, toutes attirées par la curiosité. Peu d'humains doivent réussir à trouver leur repaire : la fente dans la falaise était très discrète et il serait facile de passer à côté sans se douter qu'il s'agit d'une entrée vers le pays Faël. Je soutiens les regards sans baisser le mien, attendant à nouveau que Pia agisse. Et quand elle bouge enfin pour sauter dans les bras d'un homme âgé, je ne peux retenir un sursaut. Je ne me ferais jamais à mon Maitre et ses actions imprévisibles !

Elle échange quelques mots avec lui, d'une voix pleine de tendresse qui indique qu'il doit s'agir de son père. Ils se ressemblent peu … la mère de Pia ne devait pas être Faëlle, ni humaine non plus, mais alors quoi ? Elle nous le glissera peut-être un jour, au fil d'une conversation. En tout cas cet "homme" est beau, de cette beauté qui émane autant de l'intérieure que de l'extérieure. Je l'aime tout de suite autant que Pia.

La Marchombre se remet soudain à parler notre langue, ce à quoi son père répond, avec une aisance surprenante.


- Il paraît qu’elles escaladent bien mais sont un peu lentes. Mais cet endroit regorge de défis. Vous avez peut-être besoin d’un toit ? Et faim ?

Un peu lentes ? Si c'est à ma performance qu'il fait allusion, alors je ne peux rien y redire. Mais Shalie et Eole valaient autant que les autres grimpeurs ! Je garde le silence à ce sujet. Inutile de protester alors que nous aurons des jours entiers pour nous mesurer à eux. Je hoche par contre la tête, acquiesçant aux questions posées par Mr Vite. Cette chevauchée m'a ouvert l'appétit !
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Mer 12 Fév 2014, 16:19

- Ne faites pas cette tête ! Ce séjour va vous apporter beaucoup, il faut savoir saisir les bonnes opportunités ! Si vous parlez normalement, ils vous comprennent assez bien, même si leur oral n’est pas très bon. Avec les gestes, c’est plus facile !

Pia pétillait et son enthousiasme était contagieux. Éole se reprit et lui sourit. Oui, ce séjour risque de leur apprendre énormément de choses, à en croire tout ce qui se raconte sur ces êtres à part.
La première chose étant le fait qu’ils grimpaient avec plus d’agilité que quiconque. Un coup d’œil en direction de la falaise lui apprit que cette croyance s’avérait tout à fait véridique. Un petit groupe de Faëls était déjà en train de la gravir et ils évoluaient sur la paroi comme si ils faisaient partie intégrante d’elle. En le observant, en pouvait avoir l’impression que l’escalade était aussi simple que de marcher... Ce qui n’était absolument pas vrai, la jeune fille en avait fait l’expérience à plusieurs reprises déjà, lors de son cours précédent dans les Dentelles Vives.
Le reste du groupe faël semblait attendre qu’elles passent devant... Une espèce de provocation dans le regard... Éole haussa les sourcils, l’air amusée. Quoi ? Ils voulaient les mettre au défi de faire mieux qu’eux ? Espéraient-ils ainsi prouver leur supériorité ?

*Ils n’ont pas besoin de nous prouver quoi que ce soit... Ça se voit qu’on ne leur arrive pas à la cheville, en tout cas pour moi... je suis loin d’escalader avec autant d’assurance !*

Ah oui c’est vrai, une autre particularité des Faëls, d’après les livres qu’elle avait pu lire sur eux, c’était qu’ils étaient un peu orgueilleux...

- Allez les filles, on maîtrise, on ne se laisse pas impressionner !

La jeune fille sourit, non elle n’allait pas se laisser impressionner par une bande de petits hommes aux oreilles pointues ! Elle jeta un coup d’œil à Shalie pour qui l’escalade était une seconde nature... Sa jeune camarade allait peut-être réussir à leur chasser toute envie de se moquer.

Pia s’élança sur la paroi rocheuse, avec autant d’agilité, de souplesse et d’élégance que ses “cousins”. Ange se lança à sa suite, toute aussi élégante. Éole n’attendit pas plus longtemps pour glisser à son tour les doigts dans une prise et commencer à s’élever, Shalie la suivant de près.
Les souvenirs de son cours précédent lui revinrent en mémoire.

~ * ~

- Vous avez déjà escaladé des falaises ? N’essayez pas de tirer avec les bras, vous allez avoir du mal à faire plus de dix mètres sinon, il faut bien pousser avec les jambes. Je passe derrière.

- Le vent est là pour vous aider. Vous avez fait attention à lui, pour les plongeons, faites encore attention à lui. La pierre vous parle autant que l’air, simplement son langage n’est pas le même. Ce n’est pas la même pulsation, ni les mêmes sensations.

~ * ~

Éole se concentra et ouvrit son esprit au monde. Elle sentit la pierre froide sous ses doigts, le léger souffle d’air dans ses cheveux, l’odeur de la terre chaude au soleil. Elle tenta de saisir ces pulsations dont parlait son maître, elle essaya de comprendre son langage. Elle laissa le vent s’engouffrer dans ses poumons et remplir son corps, et se coula en lui, comme lorsqu’elle dansait, et se laissa porter.

Liberté, Harmonie et Envol. Ses trois maîtres-mots, qui la suivaient partout, tout le temps. Elle grimpait à leur rythme, toujours à l’écoute de la roche sous ses mains. Elle avait conscience de ne pas aller aussi vite que les Faëls et avec moins d’agilité que son maître, mais elle progressait sur la falaise, lentement mais sûrement, prise après prise, toujours en ouverture avec le monde et les forces de la nature, que le lui avait enseigné Aléa puis Notok avant Pasitilipia.

Les trois apprenties parvinrent enfin en haut, où l’attendait déjà un attroupement d’êtres à la peau basanée, aux cheveux éblouissants, aux corps minces et élancés et aux oreilles pointues. C’était le détail qui retenait le plus l’attention de la jeune fille, leurs oreilles pointues. C’était à la fois tellement étrange et tellement normal tant cela s’accordait parfaitement avec ces petits êtres. Elles avaient aussi un côté amusant ces oreilles qui frémissaient telles celle d’un chat. En parlant de chat, Éole jeta un coup d’œil vers Shalie, dont les oreilles sortaient de ses cheveux sur le dessus de sa tête. Des oreilles de chat. D’où pouvait-elle bien les tenir ? D’où venait-elle ? Voilà une jeune fille qui ne manquera pas de susciter des regards curieux parmi leurs hôtes. Et non, ils ne sont pas les seuls à être différents !

La jeune apprentie reporta son attention sur son maître qui lui arracha un mouvement de surprise en se jetant dans les bras d’un Faël un peu plus âgé que ce qu’elle avait déjà vu jusqu’alors. Elle échangea quelques mots avec lui en langage faël. Cela faisait encore bizarre à Éole de voir son maître parler une autre langue... C’est un peu comme un enfant qui entend sa mère parler une langue différente, il se sent un peu perdu du fait qu’il ne comprend pas ce que raconte sa propre mère. Et bien Éole se sentait un peu perdue elle aussi, mais plus parce qu’elle ne comprenait juste rien et que le fait de parler couramment deux langues était quelque chose d’étrange pour elle... qu’elle avait du mal à saisir... Comment la petite marchombre faisait-elle pour ne pas s’embrouiller entre les deux langues ? Comment était-ce possible que le faël, ou l’alavirien, lui viennent comme cela, aussi naturellement l’un que l’autre ? En quelle langue pensait-elle ? En quelle langue rêvait-elle ? Éole avait du mal à concevoir l’idée que l’on pouvait penser en faël... cela lui semblait tellement naturel et évident de penser en alavirien, comme si il n’y avait que cette langue...

*Ah ! Tu te poses trop questions ! C’est juste sa langue maternelle, elle l’a parle comme toi tu parles l’alavirien, point. Inutile d’aller chercher plus loin. *

- Je voulais leur montrer le pays Faël et les performances des Faëls. Je pensais que c’était une bonne idée.

Les mots de Pia, en alavirien, la sortirent de ses pensées.

- Il paraît qu’elles escaladent bien mais sont un peu lentes. Mais cet endroit regorge de défis. Vous avez peut-être besoin d’un toit ? Et faim ?

Lentes ? Oui certainement... comparées aux Faëls... Mais si il comparait avec n’importe quel humain, non marchombre, il aurait des surprises. Enfin bon, il parait qu’elles escaladent bien, c’est déjà ça !
Pia tourna la tête vers ses apprenties. Éole répondit d’un hochement de tête accompagné d’un sourire. Si elle avait besoin d’un toit elle n’en savait rien, le temps semblait plutôt clément, mais faim, ça oui, la grimpette lui avait ouvert l’appétit ! Et elle avait hâte de goûter aux spécialités faëlles.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Mer 26 Fév 2014, 21:27

Shalie était en mode : petite fille qui découvre la vie. C'était la première fois qu'elle voyait autant de petites personnes et pour autant elle n'avait pas de préjugés sur eux. Quand on venait au monde avec une différence, on était relativement plus souple sur les différences des autres. C'était le cas de la demoiselle qui ne jugeait jamais sur l'apparence et qui ne savait ne pas sous-estimer les autres. Pia adressa alors un sourire aux filles avant de prendre la parole.

- Ne faites pas cette tête ! Ce séjour va vous apporter beaucoup, il faut savoir saisir les bonnes opportunités ! Si vous parlez normalement, ils vous comprennent assez bien, même si leur oral n’est pas très bon. Avec les gestes, c’est plus facile

Parler avec les mains ? C'était étrange, mais amusant dans un sens. Les yeux de Shalie se posèrent alors sur la falaise qui se trouvait devant elle. Les faëls étaient en train de l'escalader comme si de rien n'était. Ils étaient rapides et efficace, s'en était impressionnant.

- Allez les filles, on maîtrise, on ne se laisse pas impressionner !

C'était plus facile à dire qu'à faire, mais bon. Inspirant profondément, Shalie laissa son maître et ses camarades partir en première avant de s'élancer à son tour. Posant la main sur la roche, elle s'élançant alors en étirant bien comme elle avait appris. Elle n'était peut-être aussi rapide et expérimenté qu'un faël, mais elle se débrouillait quand même. Maîtrisant sa respiration, la jeune adulte s'aidait du vent lorsque c'était possible pour pouvoir grimper sans trop se fatiguer. Pour elle, ce n'était pas une course, elle prenait plaisir à monter, même si elle sentait que les faël qui fermaient la monter semblaient avoir envie d’accélérer le mouvement. Ce n'était pas pour le moment.

Après quelques minutes, elle arriva au sommet, les filles étaient déjà là et un comité d'accueil aussi. Apparemment la nouvelle que des humains étaient présent c'était vite répandue. Enfin, humain c'était vite dit, surtout en présence de Pia. Cette dernière d'ailleurs héla son père et ils s'enlacèrent. Shalie détourna les yeux fassent à ce témoignage d'affection ne voulant pas passer pour une voyeuse. Ses pensées allèrent alors pour ses parents. A cette heure-ci ils devaient travailler tout deux à la ferme. La demoiselle revint rapidement sur terre quand elle entendit le père de Pia parler.

- Il paraît qu’elles escaladent bien mais sont un peu lentes. Mais cet endroit regorge de défis. Vous avez peut-être besoin d’un toit ? Et faim ?

Un peu lentes ... un léger sourire se dessina sur les lèvres de Shalie tandis qu'elle commençait à se faire une idée sur le caractère du peuple. Ange et Eole hochèrent alors la tête en guise de réponse.

- Merci à vous. Répondit Shalie.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Jeu 06 Mar 2014, 10:47


La petite marchombre étira ses lèvres en un joyeux sourire.
Elle était très heureuse d’être là, avec son père et ses apprenties. La culture Faëlle était si complexe, si intéressante ! Les trois Humaines n’auraient sans doute pas le temps d’en comprendre toutes les subtilités, mais le but de ce voyage était aussi de leur montrer la diversité des régimes qui existaient, et qu’aucun n’était mieux que les autres : l’anarchie comme l’empire avaient des avantages, et des inconvénients. Elle n’aurait pas l’occasion de les ramener dans la Forêt des Petits pour leur montrer encore une façon de vivre différente, mais même parmi les Humains il y avait des différences.

Ainsi, son père les mena, elle et les trois jeunes filles, plus loin.
Traversant ce qui ressemblait à un rassemblement de foire, avec des tentures ou des maisons de terre, Pia expliqua à Ange, Eole et Shalie que certains Faëls préféraient vivre dans ces bâtisses éphémères, car ainsi ils pouvaient les modeler à leur convenance. D’autres encore habitaient dans des grottes peu profondes, dans des « cabanes » dans les arbres, ou alors dans des nids le long des falaises.
Il y avait tout de même une certaine effervescence autour d’elles, c’était indubitable. Les plus jeunes du Peuple Faël les regardaient passer avec de grands yeux écarquillés, se demandant comme les filles pouvaient être si grandes. Et encore, Pia n’avait pas amené de garçon – elle n’en avait plus en réserve – mais ils auraient été encore plus impressionnés.

Ils serpentèrent ainsi entre les habitations, les rochers et les arbres – et aussi les Faëls – pendant plusieurs dizaines de minutes, avant qu’enfin le Faël qui les accompagnait s’arrête devant une case un peu plus grande que les autres.

- Normalement, ce sont des familles nombreuses qui profitent de cet endroit, mais on peut vous considérer comme nombreuses, même si vous n’êtes pas tout à fait une famille. Vous pouvez y déposer vos affaires sans vous faire de soucis.

Pia hocha la tête et encouragea d’un regard les filles à rentrer.
Ce n’était pas très grand, et les murs s’élevaient en un dôme pas tout à fait régulier, s’ouvrant en son sommet en un trou circulaire permettant d’évacuer les fumées des feux qui prenaient place au centre.
Les murs étaient de cette couleur entre l’ocre et le bronze, caractéristique de la terre dans le Pays Faël. C’était un mélange de terre, de pierres et de bois, mélangés et modelés à la main.

Cet abri ne contenait que quelques éléments de fortune, et un confort tout à fait sommaire. Deux paillasses de deux places étaient disposées sur le sol, avec une couverture sur chacune d’entre elles. L’âtre était entouré de pierres presque dorées, et l’entrée simplement voilée par un pan de tissus rêche flottant dans les bras du vent léger.

La marchombre posa donc toutes ses affaires dans leur nouvelle chambre, et attendit que les filles aient aussi terminé. Puis, elle les emmena donc avec elle au centre du village.



Les premiers jours, elles se contentèrent d’observer, et de prendre part à certaines activités. Ainsi, les filles découvrirent quelques spécialités culinaires qu’elles apprirent même à réaliser, quelques danses et goûtèrent même aux alcools de feuille et de sève que les Faëls proposaient.

Pendant la journée cependant, Pia ne se contentait pas non plus de les laisser vaquer, et continuait ses entraînements. Course à pied, tirs, escalade, réflexes, souplesse… tout y passait ! Les premières fois, elles avaient été observées par quelques Faëls, et finalement ils s’étaient joints à elles pour essayer de réaliser tous les exercices… Et s’ils se croyaient plus forts, ils perdirent rapidement leurs préjugés en effectuant les exercices.

Le dixième jour, le père de Pia vint parler avec elle.
Quelques Faëls avaient très envie de se mesurer aux jeunes filles sur des épreuves en particulier. Une sorte de marathon en équipe. Tilip trouva l’idée excellente, jusqu’à ce que son père lui avoue qu’un Faël souhaitait en particulier se mesurer à elle. Elle avait envie d’en découdre, et montrer qu’elle n’était pas Petite et Faëlle pour rien !

Alors, elle accepta.



- Très bien, vous avez tous retenu ? D’abord, cinq flèches. Puis, une course jusqu’à la falaise, l’escalade de celle-ci, attraper le témoin – un ruban – en haut, redescendre et le nouer en premier autour du bâton de son équipe. La première équipe avec les trois rubans noués a gagné. Prêts ?

Pia avait croisé ses bras sur sa poitrine, mais regardait avec gaieté ses apprenties. Ces épreuves, c’était pour elles. Il y avait trois Faëls en face d’elle : deux garçons et une fille. Ils semblaient tout aussi déterminés.

- Allez-y !
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Jeu 06 Mar 2014, 23:38

Il y a des choses qui ne changent pas.
Escalade. Course. Tir à l'arc. Acrobaties.
Il y en a d'autres par contre …

Mon cœur change.

Ils sont étranges ces Faëls, avec leurs coutumes, leurs manies, leurs langages, bref : leurs vies. Pour Pia tout semble simple. Elle s'est glissée au milieu d'eux avec facilité. Normal puisqu'une partie d'elle appartient à ce monde. Pour moi c'est plus dur. Tout d'abord parce qu'ils me considèrent comme une étrangère, et ensuite parce que je les considère comme des étrangers.

Les deux premiers jours furent remplis de découvertes, d'émerveillement, mais aussi d'une sorte de timidité gênée. Impossible de se sentir à l'aise ici. Je parlais à peine à nos hôtes, répondant à leurs gentillesses par des sourires ou de rares mots.
La curiosité finit par l'emporter. Ca et puis un breuvage douteux. Je me souviens très bien des mots du Faël à côté de moi me disant
"Ceci être eau de l'arbre." Eau mon œil … c'était de la sève macérée, au goût si sirupeux et agréable que seul mon mal de tête le lendemain matin avait permis de classer comme étant de l'alcool. N'empêche que la soirée était devenue plus agréable par la suite. Cette "eau de l'arbre" avait fait sauter un verrou en moi, me libérant de mes craintes. Sans plus aucune retenue je m'étais jointe à leurs danses, sous les regards rieurs des autres Faëls assemblés là.
Après cette soirée j'avais oublié que j'étais humaine et qu'ils étaient Faëls. Eux aussi peuvent rire. Eux aussi peuvent chanter. Eux aussi peuvent rire. Eux aussi sont vivants. Alors j'avais tâché de me glisser dans ce peuple lorsque Pia nous laissait du temps libre. Ce fut en particulier Yilsen qui s'occupa de moi. Ce cousin éloigné de Pia se fit un plaisir de m'expliquer comment fabriquer de "l'eau de l'arbre", tout en me montrant la meilleure façon de faire une flèche. Je ne sais pas trop ce qui fut le plus intéressant des deux. En tout cas grâce à lui, je ne partirai pas seulement avec un nouveau savoir : dans un carquois offert par le Faël, une dizaine de flèches s'entassent. On peut voir celles fabriquées par mes petites mains, leur allure n'étant pas aussi élancées que celle des autres. Leur efficacité n'en reste pas moins bonne. La femme de Yilsen quand à elle ne me parla pas, la langue humaines lui étant inconnue. Néanmoins elle me laissa l'aider à cuisiner à ses côtés, sur le devant de leur maison en toile. "Les mots sont superflus quand on sait lire les signes du corps." C'est une leçon d'Aïwen, tellement vraie. Un sourire, un froncement de sourcil ou un mouvement de la main suffisent pour se faire comprendre.

La journée se composait d'entrainements intenses aux côtés de Pia et de ces fameux temps libres à faire ce qui nous plaisait. Les exercices imposés par la Marchombre étaient basiques, tout du moins en apparence. L'escalade, le tir ou la course se révélaient toujours plus ardus que prévu. Et peu à peu, alors que je cherchais à trouver le temps de chaque chose, je me mis à m'ouvrir à la vie. Mon cœur change, mais pas seulement vis-à-vis des Faëls. Vis-à-vis de la nature aussi.
Le vent.
La terre.
Le feu.
L'eau.
Mes amis.
Je ne suis pas seule sur ma Voie, et comme des Maîtres-mots, ils m'aident à avancer.

Chaque soir nous nous retrouvions dans notre case, à l'abri entre ces murs rustiques. De ce que j'avais pu voir de ce village désordonné, c'est que notre habitat était de loin l'un des plus "humains". A première vue je l'aurais cru plus solide que ces huttes de bois dans les arbres, ou ces tentes légères au sol. Mais les Faëls ne sont pas des barbares : au bout de quelques jours de balade, j'en vint à rêver que le père de Pia nous avait prêté une cabane dans les airs. Moi aussi plus tard j'aurais une maison comme ça !



| ~~~|


- Très bien, vous avez tous retenu ? D’abord, cinq flèches. Puis, une course jusqu’à la falaise, l’escalade de celle-ci, attraper le témoin – un ruban – en haut, redescendre et le nouer en premier autour du bâton de son équipe. La première équipe avec les trois rubans noués a gagné. Prêts ?

Nous sommes entourés d'une nuée de Faëls. J'entends des millions de mots qui fusent dans les airs, se croisent et se recroisent. Pas de doute à avoir : les paris sont ouverts.
Face à nous  trois jeunes Faëls déterminés. Je ne connais le nom que de l'un d'eux : Eyrim, ce petit fils de Raï amateur d'eau-de-l'arbre. J'ai appris son nom par le biais de Yilsen, quand il a bien voulu m'expliquer que tirer les oreilles d'un chenapan pour le punir de ses blagues était aussi bien vu que chez les humains. En bref j'avais bien fait de le remettre en place. Pia l'a elle aussi fait lorsqu'il s'est joint à nous pour des entraînements. Il était plein d'assurance. La première heure. Par la suite c'est devenu mon adversaire préféré, le seul pouvant rendre une victoire agréable. Par tous les moyens je veux lui apprendre que profiter de la naïveté des étrangers se paye.
Mon regard croise le sien, plein de défi. Je ne peux pas m'empêcher de sourire en même temps, d'un sourire qui, lui, traduit un "bonne chance". Il s'est peut-être moqué de moi, mais il m'a beaucoup aidé et il le sait.
Je cherche ensuite des yeux mon ami Yilsen, que je trouve bien vite aux côtés du père de Pia. Il regarde sa fille avec un mélange d'affection et de fierté. Elle le sent forcément, comme elle l'a senti les jours passés lorsqu'il épiait nos entrainements. Nul doute que ce père ne pouvait avoir meilleure fille.


- Prêtes les filles ?

Je souris à mes deux camarades, sûre de leurs réponses. Oui elles sont prêtes, tout comme moi. Aux côtés de ce feu-follet de Pia, nous avons progressé plus que jamais. Ces Faëls n'ont plus qu'à ravaler leur arrogance. Aujourd'hui nous allons leur montrer notre valeur.

- Allez-y !


Six flèches partent à l'unisson vers les cibles. Six traits parfaits, aux empennages bleutés, typique des Faëls. Tous atteignent leur but.
Avant que l'arbitre n'ait pu reprendre son souffle, mon carquois est vide. Fluidité et maîtrise. Voilà avec quoi j'ai affronté mes concurrents.

Aux côtés de Shalie et Eole, je m'élance sans perdre une seconde vers la paroi rocheuse. Un coup d'œil aux Faëls suffit pour savoir que tout se jouera sur la course et l'escalade. Pour ce qui est de la course, aucun d'eux ne battra notre amie aux oreilles de chat. Elle file plus vite que le vent. Si j'ai fait des progrès dans ce domaine, elle aussi n'a pas manqué d'en faire. Elle m'épate cette fille-là.

Ecoute.
Je sens la pierre sous mes doigts. Bien mieux qu'il y a dix jours. Ce ne sont plus seulement mes yeux qui sondent la roche à la recherche du bon parcours. Il y a aussi mon cœur. Il est à l'unisson avec la roche, me portant dans son rythme vers le sommet de la paroi. Je remarque à peine que celle-ci se penche, corsant le parcours. La pierre reste la pierre.
Je bloque le bout de tissu vert dans ma bouche et redescend aussi vite que je suis montée, prenant des risques pour accélérer. C'est stupide mais marrant. Et surtout payant : quand je m'élance au sol pour une dernière course, je ne vois qu'un garçon Faël me devançant. Les deux apprenties, elles, sont dans mon dos.
Je cours, dans un sprint léger. Pia nous a appris à voler sur le sol, à sa manière. J'espère que depuis le public, elle apprécie mes progrès.

Un ruban vert vole au vent.
Un ruban rouge aussi.

Reprenant mon souffle, je me tourne vers "l'arène", guettant mes camarades.
Tout repose sur elles.
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Ven 07 Mar 2014, 00:40

Le père de Pia les emmena à travers un espèce de petit village, qui ressemble d’ailleurs plus à un campement qu’à un village, avec ses tentures et ses maisons de terre. La marchombre expliqua que c’était un choix de vie de certains faëls que de demeurer dans ces bâtisses éphémères. Mais ce n’était pas le cas de tous, d’autres vivaient dans des grottes, dans des cabanes dans les arbres ou encore dans des nids le long des falaises. Éole hochait la tête, tout en écoutant les explications de son maître, observant l’étrange peuple qui l’entourait. Les faëls se pressaient hors de leur maisonnettes pour apercevoir les nouvelles arrivantes. Surprise, curiosité et fascination étaient les expressions qui pouvaient se lurent sur leurs visages.

Après avoir slalomer quelques minutes entre les tentes, les rochers, les arbres et les faëls, ils s’arrêtèrent enfin devant une maison de terre plus grosse que les autres.

- Normalement, ce sont des familles nombreuses qui profitent de cet endroit, mais on peut vous considérer comme nombreuses, même si vous n’êtes pas tout à fait une famille. Vous pouvez y déposer vos affaires sans vous faire de soucis.

La jeune apprentie adressa un sourire reconnaissant au père de Pia alors que cette dernière les invitait à entrer. Éole eut l’impression de pénétrer dans une de ces maisons de contes de fées. L’endroit n’était pas très grand, juste assez pour que les quatre jeunes femmes y soient à l’aise, tout en restant dans une ambiance un peu intime. Les murs ocres s’élevaient vers le ciel en dôme, dont le sommet était ouvert pour laisser passez la fumée.
Comme objets, il n’y avait pas grand chose dans cette case, juste le nécessaire et deux paillasses doubles étaient posées sur le sol.

Le petit groupe déposa ses affaires avant de sortir. Il faut avouer qu’Éole n’aurait pas été contre une petite sieste, surtout que leur petite chambre lui semblait bien sympathique, mais Pia en avait décidé autrement et les emmena faire le tour du village.

~ * ~


Au début, les jeunes filles avait pour mission d’observer les faëls, prenant part à certaines activités afin de développer leur culture sur ce pays à part. Éole pu donc goûter et découvrir les spécialités culinaires faëlles, et elle ne fut pas déçue ! Elle se fit un devoir de retenir toutes les recettes pour pouvoir les refaire plus tard. Elle goûta aussi aux différents alcools de feuilles et de sèves que les faëls concoctaient, un délice pour les papilles, bien que certains alcool se révélèrent un peu fort... Mais ce que le jeune fille préféra, c’est quand les faëls leur firent découvrir les danses traditionnelles. Avec sa bonne base de danseuse, Éole apprenait les pas rapidement et prit tout de suite beaucoup de plaisir à danser avec les faëls, arrivant même à étonner ces derniers grâce à ses capacités. Elle alla d’ailleurs jusqu’à leur montrer un petit enchaînement de sa danse à elle, au grand émerveillement de leurs hôtes... elle n’avait pas pu s’en empêcher. La danse coulait dans ses veines, c’était un fait. Et danser lui procurait toujours beaucoup, beaucoup de bonheur et de bien être. Elle n’aurait échanger sa place pour rien au monde. La jeune fille avait adoré découvrir un autre style de danse, tout aussi riche et merveilleux, et elle avait adoré pouvoir partagé le sien.

Durant ce petit séjour, Éole avait pu sortir son arc tout neuf, sautillante, toute contente de l’utiliser, aussi ravie qu’une petite fille qui peut enfin jouer avec ses nouveaux jouets. Eh oui, parce qu’une des particularités des faëls, et une aptitude pour laquelle ils étaient renommés, c’était bien le tir-à-l’arc ! Et la jeune fille ne manqua pas de trouver un professeur pour améliorer sa technique ! Éole progressait, se découvrant une véritable passion pour cette arme si élégante.

Bon bien sûr, les jeunes apprenties n’étaient pas en vacances ! Pia continuait à leur mener la vie dure. Certains faëls, hésitants au début, vinrent même les rejoindre et faire leurs exercices avec elles ! Éole étaient aux anges. Elle riait et s’amusait comme une gamine parmi tous ces petits personnages aux oreilles pointues. Sa curiosité n’en pouvait plus tant il y avait de choses à découvrir autour d’elle, et si au début, la timiditée et la différence de langage l’avait un peu bloquée, elle se retrouva après quelques jours, quelques danses (et quelques verres de... sève dirons nous) à poser pleins de questions pour en apprendre toujours plus sur ce peuple qui l’avait toujours fasciné depuis sa plus tendre enfance.

~ * ~


Dix jours ! Cela faisait déjà dix jours qu’elle étaient là ! Éole n’avait pas vu le temps passer tant elle s’était amusée. Pia était venue les voir. Son père avait proposé de jouer une espèce de marathon en équipe. Humaines contre faëls.

- Très bien, vous avez tous retenu ? D’abord, cinq flèches. Puis, une course jusqu’à la falaise, l’escalade de celle-ci, attraper le témoin – un ruban – en haut, redescendre et le nouer en premier autour du bâton de son équipe. La première équipe avec les trois rubans noués a gagné. Prêts ?

Éole jeta un coup d’œil à Pia dans le public qui les observait avec une lueur malicieuse au fond du regard. Elle porta ensuite son attention sur les trois faëls qui leur faisaient face, deux garçons et une fille, qui semblaient tout aussi concentrés qu’elle et se camarades. Les pupilles noires de la jeune filles se posèrent finalement sur celles-ci.

- Prêtes les filles ?

Éole sourit.

- Oh que oui !

Oui elle était prête. Elles étaient prêtes ! Après les entrainements intenses de Pia et tout ce qu’elles avaient découvert ces dix derniers jours, elles ne pouvaient qu’être prêtes !
La jeune apprentie prépara sa première flèche...

Ouverture.

- Allez-y !

Les six flèches fusèrent d’un même ensemble parfait et allèrent se planter dans les cibles à quelques pas de là. Éole ne pensait plus, ne réfléchissait plus. Sa main volait de son carquois à son arc, bandait, décochait. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ses cinq flèches étaient toutes plantées dans la cible.

Liberté.

Éole, Ange et Shalie s’élancèrent en direction de la falaise, l’apprentie aux oreilles de chat largement en tête. Elle était dans son élément et cela se voyait. Un sourire ne put s’empêcher d’apparaître sur le visage d’Éole qui filait à travers le vent comme ses flèches quelques secondes plus tôt.

Harmonie.

Arrivée au pied de la falaise, la jeune fille ne tergiversa pas trente ans et agrippa sa première prise. Tout ses sens étaient ouverts, cherchant à sentir la pierre sous ses doigts, le vent dans ses cheveux, la terre que venait de repousser ses pieds pour se plaquer sur la falaise et le soleil qui réchauffait sa nuque. Guidée par la roche, elle atteignit bientôt le mince ruban vert qui flottait au gré de l’air qu’elle coinça rapidement entre ses dents avant de redescendre.

Envol.

Shalie et Ange était devant elle quand la jeune fille entama sa dernière course, mais elle les suivait de près. Elle n’aperçut qu’un faël devant elle... mais elle savait qu’elle ne voyait pas tout... Éole s’élança, ses pieds touchant à peine le sol. Elle volait au dessus de la terre rouge, glissant sur le vent, fixant obstinément le bâton auquel elle devait nouer le ruban qu’elle serrait désormais dans sa main.

Confiance.

Ange arriva, noua son ruban, suivie de Shalie puis d’Éole. Les trois rubans verts étaient accrochés sur le bâton de l’équipe des Humaines ! La jeune apprentie se tourna... Qu’en était-il de l’équipe adverse ?

__________________________________________



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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Ven 07 Mar 2014, 20:34

Shalie avait l'impression d'être comme un animal qu'on avait mis en cage avant de l'exposer sur une place à la vue de tous. Elle sentait les regards des Faëls sur elle, ils étaient curieux de voir de telles personnes, peut-être qu'il en était de même pour Pia ... Non, ils devaient surement être habitués à elle. C'était donc les apprenties les curiosités du jour. Après quelques minutes de marche le groupe s'arrêta devant une habitation qui semblait être un peu plus grande que les autres.

- Normalement, ce sont des familles nombreuses qui profitent de cet endroit, mais on peut vous considérer comme nombreuses, même si vous n’êtes pas tout à fait une famille. Vous pouvez y déposer vos affaires sans vous faire de soucis. 

Sous l'encouragement de Pia, Shalie entra alors dans la case et pencha la tête sur le côté en découvrant que ce n'était pas bien grand. En même temps, ils ne faisaient pas la même taille, donc pour les faëls ça devait paraître grand, alors que pour la jeune fille c'était moyen, limite petit. Enfin, elle n'allait pas faire la fine bouche, elle avait au moins un toit sous sa tête pour dormir et c'était déjà très bien. Pia déposa alors ses affaires et Shalie en fit de même tout en jetant un coup d'oeil à ses camarades. Elle garda par contre ses lames, plus par habitude que pour autre chose.

---

Les jours passaient et ne se ressemblaient pas, même si le groupe était encore dans le village. Shalie ne savait pas quand est ce que Pia déciderait de partir, mais apparemment ce n'était pas pour de suite. L'entrainement avait toujours lieu, des Faëls avaient même tenu à faire les mêmes exercices que les apprenties. Au début ils avaient des sourires et des regards suffisants, il n'en était pas de même à la fin. Ils tenaient le coup, mais rapidement ils avaient découvert que ce n'était pas de la rigolade les entraînements de Pia, ce qui avait fait sourire Shalie.

Mis à part les exercices, les apprenties découvraient aussi la culture de leurs hôtes. Shalie avait ainsi découvert qu'elle n'était pas très douée pour la danse. Les pas imposés, ce n'était pas son truc. Ange et Eole se débrouillaient nettement mieux qu'elle, heureusement que la danse n'était pas une épreuve pour être marchombre ! Les plats étaient différents, mais pas mauvais, de même que l'alcool que la jeune fille avait consommé avec modération. Elle n'avait pas envie de terminer au bas de la falaise à cause d'un verre en trop !

Le dixième jour, Pia apprit à ses apprenties qu'elles allaient faire une compétition en équipe. Dans l'équipe adverse se trouvait trois Faëls, la fille avait déjà participé aux entraînements de Pia, elle se souvenait d'elle et les trois dégageaient de l'assurance. S'ils pensaient que c'était gagné d'avance, alors ils se trompaient !

Ange adressa alors un sourire à ses camarades. Elles étaient sur la même longueur d'onde. Souriant à son tour, Shalie inspira et se prépara mentalement aux épreuves.

- Très bien, vous avez tous retenu ? D’abord, cinq flèches. Puis, une course jusqu’à la falaise, l’escalade de celle-ci, attraper le témoin – un ruban – en haut, redescendre et le nouer en premier autour du bâton de son équipe. La première équipe avec les trois rubans noués a gagné. Prêts ?

En entendant le mot course, les oreilles de Shalie se redressèrent tandis qu'un sourire plus grand s'affichait sur ses lèvres. La course, c'était son domaine, elle ne pensait pas être la plus forte, mais elle savait qu'elle s'en sortait et elle adorait courir. C'était comme si c'était en elle.

Ils se placèrent tous alors au point de tir et prirent leurs arcs. Lorsque que le top départ fut dit six flèches allèrent se ficher dans la cible. Six tirs parfaits. Pas le temps de reprendre sa respiration que les tirs reprenaient. Shalie n'était pas la plus forte dans le domaine, elle fut même la dernière à finir. L'écart n'était pourtant pas bien grand, moins d'une seconde, tout au plus.

Il est alors temps de faire la course. Sans attendre, Shalie s'élance, ses pieds appuyant sur le sol de sorte à lui donner une impulsion. Rapidement, elle doubla tout le monde, un sourire était sur ses lèvres, non pas parce qu'elle était première, mais car elle se sentait heureuse et vivante. Elle avait l'impression d'être un animal en train de courir, c'était une sensation grisante.

Malheureusement, la jeune fille du mettre fin à sa course lorsque la falaise se présenta devant elle. D'une impulsion, elle fit alors un bon et ses doigts s'accrochèrent à la falaise. Elle entama alors l'ascension. Ange la rattrapa, mais ce n'était pas bien grave, elles étaient dans le même groupe. Eole se retrouva alors aux côtés de la jeune fille. Elles étaient presque au même rythme, à l'unisson. Au sommet, elles prirent alors chacune un ruban avant de repartir. Deux Faëls étaient devant. Ange était encore en tête. Il ne fallait pas qu'elles se déconcentrent.

Il était alors temps de descendre. Sans prendre la peine de faire attention, Shalie se jeta en arrière dans le vide, ses doigts rapaient contre la falaise. Posant alors ses pieds afin de se freiner, elle poursuivit sa descente. Eole était encore devant elle. Il restait un peu plus d'un mètre afin de toucher le sol, Shalie se laissa alors tomber souplement et se releva d'une roulade avant de repartir en courant.

Elle dépassa alors le deuxième Faël et lui adressa un clin d'oeil. Elle ne rattraperait pas Ange, elle le savait, mais elle n'en avait cure. Quelques secondes après, elle arriva à destination et noua le ruban, Eole qui la suivait de près en fit de même. Elles avaient réussi mais les autres ?

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°4   Mar 11 Mar 2014, 17:55

Les filles n’étaient pas en reste. Loin de là.
Toutes les trois semblaient gonflées à bloc. Littéralement. Une énergie presque surnaturelle émanait de leur groupe, contrairement au groupe de Faëls. Les épreuves étaient en équipe, mais individuelles. Ils pouvaient se la jouer « solo » ou bien en équipe.

Au « allez-y » les flèches volèrent dans un bel ensemble. Chacune trouva sa cible, plus ou moins proche du centre absolu, mais toujours dans le rond rouge. Pour toutes les flèches, humaines ou faëlles. La grâce qui se dégagea de ces gestes simples mais souples et rapides était impressionnante.
Cependant, aucun des participants ne s’attarda sur sa performance au tir, et tous s’élancèrent vers le mur à escalader puis désescalader, et seulement quelques secondes plus tard les performances commencèrent à s’en faire ressentir.

Shalie était en tête, sa course était fluide et déterminée. Ange et Eole n’étaient pas loin derrière, par contre les Faëls n’avait pas des jambes aussi longues, aussi prirent-ils du retard sur cette partie de l’épreuve.
Néanmoins, si les jeunes filles arrivèrent les premières sur la roche et entamèrent leur escalade avec un peu d’avance, elles étaient talonnées de près.
Ce fut Ange qui attrapa son ruban en premier, suivie de près par Shalie et puis Eole. La désescalade aurait pu sembler brouillonne si elle n’avait pas été aussi rapide, et un sourire fier étira les lèvres de Pia tandis qu’elle hochait la tête toute seule.

- Elles se débrouillent vraiment bien !
- Tu croyais quoi ?
- Je suis aussi fier de toi que tu l’es d’elles.


Un sourire rayonnant éclaira le visage de Pia, qui hocha doucement la tête.

- Merci papa.

Des cris commencèrent à s’élever alors que les trois filles avaient atteint le bas de la falaise avec leur ruban. Le premier Faël talonnait de près Ange, mais les deux autres étaient aux coudes à coudes avec Shalie et Eole. Quand Ange noua son ruban, un soulèvement de foule se produisit, immédiatement renchérit avec les rubans des deux autres filles.
Cela dû se jouer à deux secondes près, à peine. Mais les humaines avaient réussi à nouer leurs rubans avant les Faëls, et Pia sauta en l’air, et se précipita vers ses trois apprenties.

- Je suis très fière de vous, les filles ! Vous vous êtes données à fond, sans rien oublier. Pas de précipitation, mais de l’efficacité !

Leur adressant un petit clin d’œil, elle désigna les trois Faëls du menton.

- Vous avez su compter sur votre temps, celui de la terre, de la roche… Vous avez su utiliser les détails, car ce sont les raccourcis qu’il faut savoir saisir. Cela peut vous sauvez la vie, et vous apporte tant !

Alors, malgré elle, Pia prit les trois apprenties dans ses bras en éclatant de rire.




C’était à son tour de se mesurer à un Faël.
Celui-là, pourtant, n’était pas jeune, mais il n’était pas suffisant, ni dédaigneux. Juste mortellement sérieux et concentré. Pia lui adressa un sourire tranquille, et se focalisa elle aussi sur leur parcours. Contrairement aux filles, c’était essentiellement de l’escalade, d’abord en longeant la falaise horizontalement à plus de dix mètres de hauteur, puis en grimpant, puis en descendant, et ensuite dans les branches des arbres. Des tas de témoins étaient à récupérer un peu partout sur le parcours.

- Allez-y !

Pia s’élança en avant, sur ses petites jambes.
Elle n’avait pas l’avantage à la course à cause de sa taille, aussi quand elle arriva sur la falaise, son adversaire avait pris de l’avance. Mais elle comptait sur ses capacités pour le rattraper sur la roche.

Escalader était une chose. Longer horizontalement une paroi en était une autre, et ce n’étaient pas du tout les mêmes muscles qui fonctionnaient. Et la première pensée de Pia fut qu’elle devait aussi faire faire cela à ses apprenties, car elles se débrouillaient largement assez pour s’y essayer.

Le petit corps de Pia n’était pas un avantage. Et même si les Faëls n’étaient pas très grands non plus, ils restaient plus grands qu’elle. Mais elle donnait toute son énergie, laissant ses doigts caresser la roche autant que l’encourager. Et elle sentait sous elle la puissance de la montagne. Elle se riait des divers défis que se lançaient des Faëls depuis des centenaires, et ce défi n’en était qu’un de plus.
La petite Marchombre avait toujours eu l’esprit de compétition, qu’elle avait tendance à barricader un peu car si elle le laissait trop s’exprimer, il occultait tout le reste. Elle savait s’en servir, mais ne lui lâchait jamais la bride, car elle oubliait tout ce qu’elle faisait habituellement. Aussi, profitait-elle du soleil qui réchauffait légèrement sa peau, du vent qui venait l’encourager lui aussi.

Elle rattrapa son adversaire alors qu’ils allaient entamer l’escalade pure, et s’élança vers les airs. Ses pieds et ses mains crochetaient les prises, même les plus petites, lui demandant des efforts qui semblaient impossible et la faisant survoler la pierre.
Ça chatouillait les doigts, ça lui chauffait les mains, c’était agréable.

Les rubans s’accumulaient sur les avant-bras de Pia, et quand elle arriva au niveau de celui qui était le plus haut, elle se laissa littéralement chuter le long de la paroi, dans une chute contrôlée. Ses doigts effleuraient à peine la pierre, ses pieds aussi, et elle glissait, elle prenait de la vitesse pour finalement arriver de manière très souple et légère sur le sol, et s’élancer vers les arbres.

Durant la courte course, le Faël réussit à la rattraper, et c’est aux coudes à coudes qu’ils s’élancèrent dans les branches d’arbres.
Mais Pia était alors parfaitement dans son élément, et s’élança de branches en branches, saisissant parfois des lianes, utilisant l’énergie et l’élasticité des différents bois et tiges pour se projeter toujours plus loin, toujours plus vite vers ses quelques cibles.

Aterrissant plus brutalement par terre, elle recommença à courir pour atteindre le dernier ruban, qui la narguait sur le sol. Elle sentit la présence du Faël derrière elle, qui reprenait du terrain, et se jeta en avant.
Une brèche s’ouvrit dans son esprit, et elle réalisa juste quand sa Greffe se manifesta qu’elle venait de la solliciter. En moins d’un dixième de seconde, elle fit un bond en avant de plus de sa taille et chopa son dernier ruban.

Le brandissant en l’air, elle afficha une moue moqueuse.

- Aha !

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