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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]

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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Sam 03 Aoû 2013, 22:20

Lanthane frissonne.
Quelle idée saugrenue de faire des animaux à sang chaud… Encore une preuve de la supériorité des reptiles.
Les plaines, à perte de vue. L’infini glacé des plateaux de l’est, au pied des montagnes du même nom, n’offre à ses yeux noisette à l’éclat sauvage aucun support, la laissant glisser lentement vers ses pensées.
Elle fléchit les genoux, prise de vertige devant le ciel immense d’un bleu pur encore emprunt des ténèbres de la nuit qui partent comme à regret. Elle qui a passé toutes ses 18 jeunes années sous terre se sent paradoxalement oppressée par cette immensité qui s’offre à elle dans l’écrin de nacre du soleil levant, comme si des chaines invisibles pesaient sur elle, l’enfermant dans son corps si petit devant ce spectacle magique qui pourtant peinait à l’émouvoir. Après tout, ce ne sont que des terres arides à l’herbe rêche et à la végétation poussive, vestige de l’hiver qui s’achève en Gwendalavir.
Elle continue néanmoins d’avancer, laissant le paysage matinal défiler sous ses pas et le vent jouer avec ses longs cheveux auburn qui flottent derrière elle tels un drapeau.
Les monts sévères dans son dos, elle court pour échapper aux griffes spectrales qui tentent de l’entrainer vers une immobilité mal venue. Ses vêtements de cuir souple récupérés sur le cadavre qu’un homme qui tentait de traverser les terres Raïs ne gênaient pas ses mouvements mais ne conservaient qu’une petite partie de sa chaleur. Elle était tellement mieux près des volcans !
Elle se gifle pour faire partir cette idée saugrenue. Elle n’était nulle part mieux qu’ici où elle pouvait servir la cause des Ts’liches, elle était la Choisie et l’oublier reviendrai à trahir son peuple.
Elle doit trouver un Homme. Pour l’observer, l’imiter afin de construire et renforcer son masque humain.
Elle esquisse un demi-sourire.
Tant de jeunes Ts’liche se sont trompés au sujet de sa nature véritable qu’elle ne s’inquiète pas de son apparence physique.
Ses cheveux, qu’elle a laissé pousser à la mode humaine malgré son incompréhension devant leur attrait pour de simples fils, cascadent jusqu’à ses hanches, lui permettant de masquer les écailles de sa marque qui, autrement, de pars leurs couleurs et leur éclat qui tranchent sur sa peau d’albâtre cachant de minuscules cicatrices laissées par les blessures de son entrainement mais souvent effacées par le rêveur qu’ils avaient capturé mais qui avait fini par mourir – et malheureusement, son sang n’avait pas de propriétés thérapeutiques... Ses membres robustes mais fins et souples lui conviennent plus et elle félicita intérieurement ses maitres Ts’liches pour les heures d’entrainement qu’elle avait subies.
Son souffle, serein, fait flotter de petits nuages de buée devant elle et lui chatouille le nez. Le clair-obscur brumeux fait rayonner d’une lumière omniprésente les gouttes d’eau qui se cristallisent sur sa tenue couleur de sang et volent à chacun de ses pas.
Son sabre, accroché solidement de manière à ne pas la gêner, semble accompagner les moindres de ses gestes et ses mains fourmillent d’envie de saisir sa poignée patinée par l’usage forgée spécialement à sa mesure. Ses lèvres minces s’étirèrent en un sourire dur en réponse à l’appel du sang qui rugit dans ses veines tandis qu’elle avale les distances de ses longues jambes et soutient son effort.
Son ouïe affinée lui permet de détecter à quelques pas de là un loup tapis dans les broussailles, sans doute en quête d’une proie. Elle envisagea un instant de dévier sa route pour lui rendre une petite visite mais écarta cette possibilité en songeant qu’elle était désormais sur les terres humaines et ne pouvait pas se permettre le luxe d’un repas chaud d’autant plus qu’elle avait déjà mangé et qu’un nouveau festin diminuerai son efficacité.
Soudain, au loin, l’horizon se troubla pour lui offrir le spectacle d’une silhouette solitaire, trop loin pour qu’elle puisse en distinguer les détails sans pour autant qu’elle ne doute qu’il s’agisse de l’objet de sa quête. Ses lèvres se retroussèrent pour laisser apparaître un instant ses dents bien trop plates à son gout mais que ses maitres n’avaient pas voulu aiguiser par leur Art pour des raisons de discrétion.    
Elle ralenti pour prendre un pas qu’elle désirait trainant et réarrangea son sac en bandoulière pour le placer dans son dos, dans l’axe de son sabre. Il n’était guère imposant et ne contenait que des morceaux de viande séchée, une gourde contenant les rares gouttes d'eau potable de son pays natal (mais pas que...) et quelques plantes, pour la plupart introuvables ici, mais déjà réduites en poudre et en onguent pour empêcher ce… détail de se remarquer. Elle n’aurait sans doute pas le temps de faire des provisions d’herbes avant de trouver des humains aussi avait-elle préféré prendre les devants tout en n’oubliant pas les précautions de base. Ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier…
Ne sachant pas si le voyageur l’avait vue, elle continua à courir à moins grandes foulées et en amassant à chaque pas des nuages de poussière tout en scrutant le lointain à la recherche d’un signe de la présence de ces fantastiques réservoirs à viandes que les humains nomment « ville ». Elle avait beau savoir que la vie humaine était fragile, elle ne comprenait pas pourquoi ils se restreignaient dans des zones minuscules sur leur terrain si grand et leurs terres si riches. Elle eut un rictus agacé. Puisqu’ils ne voulaient pas de leurs terres, ils n’avaient qu’à les leurs céder. Tout simplement.
A l’horizon, la silhouette continuait de grandir…


Dernière édition par Lanthane Manganèse le Mar 06 Aoû 2013, 12:47, édité 2 fois
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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Lun 05 Aoû 2013, 12:46


-Ça me perturbe.
-Quoi donc?
-Comment fais-tu pour tenir ?
-Ça s'appelle être assis en tailleurs tu sais?
-Non, sur un cheval ça s'appelle des pitreries.
-Libertée me faisait faire pire.
-Peut-être, mais comment diriges-tu ton cheval ?
-Je ne le dirige pas.
-Alors comment sait-il où aller ?
-Ah, ben je crois qu'il le sait pas.
-Mais il va bien quelque part là non ?
-Je pense qu'il suit le tient tout simplement.
-Ça n'a pas de sens..
-Et pourquoi pas ? Il est plutôt malin mon petit Kishi.
-Ce n'est pas ça. C'est juste que je n'existe pas.
-Qu'est-ce...


Nuhadu fini par tourner la tête sur le côté pour fixer son interlocuteur, mais ne voit finalement que le vide. Eh bien oui, c'est normal. Il est parti seul.
Discourir avec sois même fait passer le temps, mais cela donne quelques répercutions effrayantes. Par exemple, se convaincre que sois-même est là, ou même être détrompé par ce même sois-même précédemment cité.

En somme, une question se pose. Mais où diable se rend Kishi ? Voilà bien une heure ou deux que Nuhadu s'est attelé au nettoyage de ses lames. Et puisqu'il est homme de pratique, pourquoi ne pas le faire en avançant et en s'exerçant ? Un bon équilibre sert toujours, alors jouer avec les balancements dus à la démarche de son compagnon n'est pas une mauvaise idée. Le tout avec une lame aiguisée dans une main et un chiffon dans l'autre.
Peut-être qu'il devrait s'engager dans un cirque, la vie serait sacrément amusante et plus lucrative !
Cependant voilà, le marchombre s'est laissé dériver dans les plateaux jouxtant Al-Chen, et il n'a pas le plus petit soupçon d'idée de l'endroit où il se trouve. Cocasse, n'est-il pas ?


-Kishi, kishi, kishi...

Comme répondant à l'énonciation de son nom, le cheval s'arrête pour tourner sa belle tête sur le côté, plantant par la même son œil dans ceux du tressé qui se trémousse sur son dos.
Tout de même, voilà qui ne ressemble pas tant à sa monture. D'habitude, la moindre inattention de son maître et la porte ouverte à un festin d'herbe. Un jour de bonne volonté de la part de Kishi, dommage que ce soit pour perdre son maître, qui s'avère incapable de gronder la brave bête.
Un long soupir s'échappe de ses lèvres et il range sa lame plus brillante que jamais.
Il a quitté Al-Chen dans la journée, a en voir les montagnes qui se dressent au loin sur sa droite, il doit être plus ou moins dirigé vers le nord. Lui qui voulait se rendre à Al-Vor..  Mais en fait, il devrait être plus intéressant de passer d'abord par l'Académie, il ne doit plus en être qu'à quelques jours de marche vers l'Est.. Après, il n'aura qu'à suivre cette direction jusqu'à reconnaître les lieux où apercevoir les rives du lac Chen.. En fait, il y a plus de chance qu'il croise un court d'eau avant.

Toutes ses réflexions lui font mal à la tête. Déjà, il aurait du passer par la porte Sud, plutôt que repartir par le nord. Il ne sait même plus par quelle farfelue idée il s'est dirigé par là. C'était peut-être juste parce que l'écurie était à côté. Et pourquoi n'a-t-il pas contourné Al-Chen alors ?

Ah oui. Il voulait nettoyer ses lames. En s'amusant. Et en s'exerçant.

-Rah, Nuha.. Y a un temps pour tout tu sais. Et se parler tout seul n'est pas très mâlin.

Allez, cessons ces âneries, direction l'Académie et pas de détours. Enfin, il se serait peut-être dit tout ça, si son regard vers les montagnes n'avait pas accroché une lointaine silhouette en mouvement. Bien plus proche que les montagnes ou que l'Académie.. et puis curieuse aussi ! Qui serait assez fou pour parcourir tant de route à pied ? Mis à part lui quelques années plus tôt bien sûr. Pour avoir déjà parcouru une telle route, et dans son souvenir elle s'est soldée par quelques bleus et blessures, il ne peut que prendre en compassion cette âme solitaire. La moindre des aides seraient de lui prêter son cheval pour un bout de route non ?
Ah mais, une étrange pensée perce la tête du marchombre. Y a-t-il seulement un village de là d'où vient la silhouette ? En remontant vraiment au nord, on trouvera certainement la Citadelle des Frontaliers. Mais entre les deux points, Nuhadu n'a pas la moindre idée des villages que l'on peut rencontrer. C'est déjà pas mal qu'il se soit imprimé la carte de l'Empire dans la tête, ne lui en demandons pas trop. L'idée, c'est que la pauvre personne qui marche doit venir de drôlement loin.

Aaah, élan de pitié, serrement de compassion. Vous vous emparez du cœur d'un pauvre marchombre et l'envoyez, au fier galop, sauver le lointain voyageur.
Vitesse oblige, Nuhadu reprend une position correcte sur Kishi. Dans sa soudaine bonne humeur, le cheval répond sans se faire prier et file comme une sombre flèche vers leur cible.

Vous a-t-on déjà décrit la joie de sentir le vent fouetter votre visage et emporter vos tresses dans un balais céleste ? Oui ? Ben faîtes vous des tresses et allez vivre ce moment par vous même, c'est tout ce qu'on peut faire de mieux.

Quelle étrange silhouette. Depuis un moment, Nuhadu a l'impression qu'elle s'est figée. Comme si elle l'attendait. En fait, quelle étrange bonne âme que ce tressé. Maintenant que la personne semble vouloir profiter de sa bonne volonté si ouvertement, il est moins pressé de l'offrir. Ah mais bon, maintenant qu'il est lancé, se serait bête de s'arrêter.. non ?

En fait, est-ce si stupide d'être bête ?

Kishi ralenti progressivement pour s'arrêter à une bonne dizaine de pas de sa victime du jour. Une jeune femme, ou devrait-il dire jeune fille ? Bien que grande et d'apparence bien proportionnée, sa peau si pâle lui donne un air assez jeune. D'ailleurs, on ne lui donnerait pas d'apparence de voyageuse si elle n'avait pas ce sabre dans son dos.
Peut-être une frontalière ? Pourtant, ces derniers ne sont pas censé êtres d'excellents cavaliers en plus d'incomparables bretteurs ?

Trop de questions dans ta tête Nuha, passe aux actes.


-Pardonne mon intrusion dans ton voyage, mais je m'étonne de voir une jeune femme seule. Tu viens de loin?

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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Lun 05 Aoû 2013, 16:34

Tandis que l’image d’un homme sur un curieux animal - un cheval selon les descriptions qu’elle en avait… ou une vache ? Non, il n’avait pas de cornes - grandissait à l’horizon, elle ralentit la cadence pour finir par s’arrêter et l’attendre. Elle réfléchit quelques instants, rappelant à sa mémoire l’identité qu’elle devrait revêtir sur ces terres.
Ses maitres en avaient longuement débattu, se servant du moindre de leur renseignement pour la rapprocher le plus possible d’une humaine ordinaire dans ses moindres détails, allant jusqu’à faire des incursions éclair sur ce territoire sauvage pour graver dans un marbre inébranlable le moindre détail de son existence factice.
Son esprit, attiré par le souvenir de ces longues discussions qu’elle avait patiemment supportées, se pinçant sauvagement quand la fatigue menaçait de l’engloutir, se dirigea comme par réflexe vers la zone au coin de son esprit où s’encrait le fin fil d’Imagination qui lui permettrait de joindre ses Maitres en temps voulu. Ils avaient convenu qu’elle ne l’utiliserait qu’à des périodes données pour lui rapporter ses moments de vie au cœur du Domaine mais elle ne put s’empêcher de frôler en esprit la présence infiniment dure et froide, en parfait contrepoint avec la dureté et la froideur de ses écailles, et pourtant bien plus rassurante pour elle que la chaleur qui naissait dans ses membres.
Elle se mordit pensivement la joue tout en ramenant son esprit à des sujets plus préoccupants. Le jeune humain – un homme, se fit-elle la réflexion, car il ne possède pas de poitrine visible sous sa tunique de cuir – fit arrêter son cheval à quelques pas de là et elle eut malgré elle un froncement de sourcil. Ca ne correspondait pas vraiment à ce que son professeur en manières humaines comme elle aimait l’appeler, lui avait apprit. Ne devait-il pas se rapprocher ? Descendre de sa monture?
Le cheval – enfin, elle croyait que c’en était un – était d’un noir aux reflets violets qui la conquit du premier coup d’œil et elle l’envia d’avoir une si belle bête. Remontant les courbes musclées de l’animal, elle finit par arrivé à son cavalier, singulier jeune homme s’il en est. Grand bien qu’il lui sembla plutôt jeune – à peine plus âgé qu’elle d’après ce qu’elle savait de l’évolution du corps humain – ses yeux sombres la perturbèrent un peu mais elle tacha de ne rien laisser paraître de sa gène tout en le détaillant.
Il avait une peau plus sombre – et de loin – que la sienne mais, d’après le rêveur qui l’avait informé sur le mode de vie des humains, si elle restait suffisamment longtemps au soleil, elle prendrait une couleur proche de celle de ses cheveux. Manque de chance, elle était arrivée à la fin de l’hiver et le soleil mettrait encore de longs mois avant que sa caresse ne réveille ses cellules endormies par la vie dans une lumière chiche.
Ce ne fut pas la forme étrangement aplatie de son nez qui attira le plus son attention dans son visage mais ses cheveux, longs et noirs comme la nuit, qu’il portait d’une curieuse façon qui ne ressemblait à rien par rapport à tout ce qu’elle avait apprit mais elle chassa l’incertitude teinté de peur qui tentait de se glisser en elle d’un haussement d’épaule. Elle n’était pas stupide au point de croire tout savoir sur les coutumes humaines et cette première rencontre allait justement lui permettre de faire une petite mise à jour.

-Pardonne mon intrusion dans ton voyage, mais je m'étonne de voir une jeune femme seule. Tu viens de loin?

Elle retint une grimace de dégout. La langue des humains, aussi poisseuse pour l’oreille que du miel, permettait des acrobaties langagières que Lanthane, malgré ses heures de discussions, ne parvenait toujours pas à comprendre. Elle était si différente de celle, clair, sèche et précise de la langue cliquetante des Ts’liches ! Elle ramena sur le devant de la mémoire tout ce qu’il lui avait appris et une ombre de sourire se profila sur ses lèvres. Qu’ils avaient du batailler pour obtenir ce savoir ! Son Art perverti leur restait un mystère – et le resterait puisqu’il était mort et digéré désormais – mais il lui avait en tout cas permis de résister à leurs assauts télépathiques pour tenter de lui voler ses connaissances.
A sa grande fierté, c’était elle qui avait finalement énoncé la solution. Après un entrainement particulièrement violent où elle s’était blessée au bras et alors qu’elle bandait sa blessure, un éclair de géni l’avait traversé et elle s’était précipitée au-dehors, la bandelette se déroulant au fur et à mesure qu’elle avançait pour flotter derrière elle telle une ombre sanglante. Elle avait rejoint ses maitres et, à grands cliquettements enthousiastes, leur avait exposé son idée.
Elle s’était finalement trainée vers sa cellule, imitant parfaitement la fatigue pour cette évaluation surprise de ses talents de comédienne et, refoulant au plus profond d’elle-même le lien qui l’unissait à ses Maitres afin qu’il ne le perçoive pas, avait fini par s’agenouiller devant lui, le regard vague mais l’esprit perçant et s’affaler sur le sol, prenant garde à ne pas respirer la poussière qui la maculait, retenant une grimace de dégout quand ses mains l’avaient frôlée et soupirant d’aise pour cacher sa réaction surprise quand il avait refermé sa blessure.
Elle avait un instant prit peur, redoutant que par ses pouvoirs si mystérieux il ne réussisse à la corrompre mais s’était mordu la lèvre inférieure jusqu’au sang pour revenir à la réalité : ses Maitres ne le laisseraient pas faire et surtout : elle non plus. Elle était l’Elue, elle ne pouvait pas se laisser manipuler.
La sentant se tendre, il l’avait assommée de paroles aux accents étranges qu’elle avait fait de son mieux pour retenir.
Quel flot de paroles était alors sorti de sa bouche aux lèvres craquelées par la soif ! Quelles syllabes trainantes qui l’avaient surprises – comment peut-on tenir une note si grave si longtemps ? – et fascinée tout à la fois !
Elle avait fini par tourner un visage qu’elle voulait apeuré vers lui et à lui répondre en quelques cliquettements hésitants et, si sa langue inconnue le refroidit un instant – d’autant que c’était celle de ses ravisseurs tout de même ! – il ne tarda pas à force de gémissement et de regards aux bords des larmes à se laisser émouvoir et à accepter de lui apprendre sa langue inconnue. Quand il s’était planté devant elle et avait articulé doucement le mot « Bonjour. », elle avait de justesse retenu une expression de triomphe et avait alors commencé ses leçons, ne venant que de courtes périodes à la fois pour ne pas éveiller ses soupçons et toujours dans un état qui lui aurait arraché sans mal une grimace de dégout dans d’autres circonstances. Mais que n’aurait-elle pas fait pour ses maitres et sa mission !
Il lui avait longuement parlé de son empire – « Gwendalavir », mais quel nom imprononçable ! – et lui avait apprit, sur son insistance, les expressions de bases – autant physiques que langagières – que pratiquent les humains de l’autre côté des montagnes. Elle avait apprit avec une assiduité qui, disait-il, l’avait charmé et rendu plus humain. Lors d’une de ses dernières visites, il lui avait expliqué que parler de son peuple à quelqu’un qui lui ressemblait lui évitait de sombrer dans la folie qui le menaçait alors que, de leur côté, ses maitres le harcelaient jour et nuit pour connaître le secret de ses pouvoirs. Elle l’avait écouté avec un semblant d’attention, soulagée de constater qu’elle avait de moins en moins besoin de lui demander la signification de ses mots et impatiente de se débarrasser de lui.
Qu’il l’énervait avec ses manières de pleutre et ses plaintes constantes ! Il n’était qu’un pion et c’était son destin de servir les forts, pourquoi restait-il si obtus à cette idée ? Elle avait tenté d’abordé le sujet et il l’avait alors regardé avec une expression qu’il nommait « pitié » qui avait fait bouillir son sang dans ses veines et avait secoué la tête avec l’air de se dire qu’elle était trop stupide pour qu’il gâche sa salive à tenter de lui expliquer. Ce jour avait bien failli être son dernier.
Elle se rendit compte au moment où elle revoyait son exécution – moment délicieux qu’elle avait savouré à sa juste valeur – qu’elle avait passé de longues minutes à le regarder, la tête penchée sur le côté, et qu’il lui faudrait bientôt répondre, sinon il se poserait des questions.
Pas que son identité factice soit trop bancales pour survivre aux quelques questions qu’il lui poserait sûrement et était –chez les humains – la base de tout être, mais elle devait paraître la plus naturelle possible et ne laisser qu’un vague souvenir dans sa mémoire.
Sa première question lui revint à l’esprit - une question noyée dans une série de mots inutiles, c’était bien la manière des humains, tient ! - et elle chercha à peine ses mots – qu’elle avait mainte et mainte fois répétés – pour lui répondre, ce qui fit monter en elle une certaine fierté.

- Je viens d’un village au pied des montagnes, répondit-elle en désignant d’un geste vague les pics enneigés dans le lointain derrière elle. Je cherche une ville.

Deux phrases simples qu’elle savait être justes. Elle ne voulait pas se lancer dans des discours alambiqués tant qu’elle ne maitrisait pas mieux la langue locale. Cherchant rapidement dans son esprit ce qu’il devait normalement attendre d’elle – c'est-à-dire qu’elle lui retourne sa question -, ses yeux tombèrent sur les épées qui battaient à ses hanches et elle se raidit imperceptiblement – du moins le croyait-elle – tout en détournant vivement le regard pour éviter qu’il ne le surprenne. Quelle était la première information des hommes, déjà ?
Ah, oui : l’identité.
Elle avait du mal à comprendre que les humains veuillent rassembler leur identité sous un nom – quelle identité ? Ils n’existaient pas pour penser, mais pour servir – mais s’était pliée de bonne grâce à cette coutume, emportant dans ses valises sa désignation ts’liche mais l’adaptant afin qu’elle soit plus discrète.

- Qui es-tu ?

Si sa voix avait des accents cliquetants, elle veilla toutefois à la faire descendre dans les graves pour lui donner un semblant de calme. Elle aimait sentir ses cordes vocales vibrer à la base de la gorge mais tenta de ne pas trop en jouer et de se concentrer sur son interlocuteur. Il ne s’agirait pas que son premier contact soit aussi son dernier !

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Mante religieuse Ts'liche powa!!!
Merci à Erwan pour ces magnifiques images Smile
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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Ven 09 Aoû 2013, 00:13

-Je viens d’un village au pied des montagnes. Je cherche une ville.

Elle cherche une ville ? Dis comme ça, on dirait qu'elle n'a jamais entendu parler ni d'Al-Jeit ni des quatre autres grandes cités de l'empire. Par ailleurs, n'aurait-elle pas mieux fait de rejoindre la Citadelle des Frontaliers, ou même Al-Poll ? A moins qu'elle ne se soit réellement perdu, auquel cas elle a marché beaucoup plus qu'il ne le pensait. Ce qui l'étonne le plus, cependant, c'est qu'il n'a encore jamais entendu un tel accent. Cela lui tire d'ailleurs un sourire, car il pensait avoir fait le tour de l'empire. Il lui reste encore des choses à découvrir on dirait.

-Qui es-tu ?

-Quand on est poli, on se présente avant de demander un nom.

D'humeur taquine, Nuhadu se penche sur l'encolure de son cheval pour détailler la jeune femme. Tout de même, il s'étonne encore qu'avec une peau si pâle elle soit capable de marcher sur de si grandes distance. A première vu, il n'y pas tant de rapport, mais à marcher sous le soleil on bronze forcément. Elle donne l'air de faire sa première sortie. Et quelle sortie ! Elle a du marcher pendant des jours pour arriver jusqu'ici. Mais par les sentinelles, dans quel but peut-elle bien s'être aventuré si loin dans le sud ? Chercher une ville semble.. un peu léger non?

-Tu cherches une ville en particulier ? Si c'est pas trop loin, je dois pouvoir t'emmener. Ce brave Kishi semble assez en forme pour deux passagers aujourd'hui.

Alors qu'il flatte l'encolure de son compagnon, le cheval secoue sa crinière. Ah, comme s'il s'essayait à le contredire. Mais il est pas question pour Nuhadu de le laisser se défiler. Il est venu jusque là pour aider une silhouette, il ne va pas abandonner en si bonne route pour la mauvaise humeur d'un canasson!
Cependant, il serait de bon ton qu'il sache à qui il a faire avant. Lui qui, à l'origine, n'était pas de nature méfiante est devenu un peu plus suspicieux lorsqu'il rencontre des gens. Découvrir que sa tendre bien aimée est en fait une envoleuse l'a assez secoué pour qu'il commence à s'intéresser et s'inquiéter des gens qu'il rencontre. À tord ou à raison, il aimerait vraiment obtenir le nom et, pourquoi pas, la raison du voyage de cette personne. Puisqu'il l'a mise en attente sur son nom, et maintenant il regretterait presque sa facétie, il ne lui reste plus qu'à trouver réponse à la deuxième question.


-Ca t'arrive souvent de chercher des villes comme ça ? Parce que ton village me semble pas être la porte à côté.

Un peu grossier, le gronde une petite voix dans sa tête, mais dans le monde où il a appris à vivre on ne s'encombre pas à tout bout de champs de jolies tournures ou de marques excessives de politesse. Alors puisque la jeune femme ne semble pas s'offusquer de quelques familiarités, pourquoi s'embêterait-il ?
N'empêche que, cette petite voix elle est pas très contente, tant pis pour elle, Nuhadu la renvoie dans un recoin de sa tête. S'il commence à s'écouter il est pas prêt de bouger le marchombre.
Et puisqu'il s'agit de bouger, il est assez mal-poli de sa part de rester sur sa monture aussi. Diable, que le monde est complique ! Mais bon, puisqu'il envisage de la faire monter, il serait bête qu'il descende.
Et puis de toute façon, il est bien sur son cheval.

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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Ven 09 Aoû 2013, 12:30

-Quand on est poli, on se présente avant de demander un nom.

Lui offrir gratuitement son identité ? Il en était hors de question – même si elle ne comptait pas lui donner la vraie ! Et tant pis si elle paraissait mal polie auprès des humains : c’était à eux de la respecter, pas le contraire. Mais bon, Gwendalavir était grand, quelle était la probabilité qu’elle rencontre deux fois la même personne ?
Il se pencha en avant et Lanthane retint un mouvement défensif. Il ne semblait pas agressif mais elle n’arrivait pas à analyser son expression et cela la mettait mal à l’aise – elle ne devrait apprendre le sens du mot « humour » que bien plus tard – mais le poids rassurant de son sabre dans son dos la rassura. Elle ne connaissait pas la puissance de sa monture mais, d’après ses souvenirs, ce genre d’animal n’était pas carnivore – pah ! Quel intérêt de maitriser un animal qui ne peut (ni ne veut) se révolter ? – ce qui lui donnait un avantage certain. De plus, si elle arrivait à le faire ruer, son cavalier tomberait à terre et elle n’aurait qu’à l’achever.
Rassurée par cet état de fait – même s’il était faux – elle se concentra sur les prochaines paroles.

-Tu cherches une ville en particulier ? Si c'est pas trop loin, je dois pouvoir t'emmener. Ce brave Kishi semble assez en forme pour deux passagers aujourd'hui.

Une ville en particulier ? Elle ne savait même pas où elle était ! La plus proche lui conviendra très bien : elle veut juste s’entourer d’humains, se plonger dans la foule pour se perdre dans la masse et l’observer de l’intérieur.
Il frappa sa monture – pas assez fort à son gout – et elle jette un coup d’œil carnassier à ce fameux Kishi. Il sembla y être réceptif et elle caressa l’idée d’accepter sa proposition. Il ne semblait pas particulièrement fort et, au moins, elle serait derrière lui – pas question de diriger ce puant animal ! –,  donc en position de force.
Elle s’apprêtait à prétendre qu’elle s’était perdue – ce qui était à moitié vrai : ces plaines n’avaient absolument aucun point de repère et elle ne savait absolument pas où elle était – pour accepter avec joie sa proposition, quand il reprit la parole.

-Ca t'arrive souvent de chercher des villes comme ça ? Parce que ton village me semble pas être la porte à côté.

Elle esquissa un sourire – elle n’aimait pas sourire et ne s’était donc pas beaucoup exercée quand le rêveur était mort – qui ressemblait plutôt à une grimace. C’était maintenant que sa fausse identité allait le plus lui servir. Du moment qu’elle ne donnait pas de lieu ou de nom précis, il ne pourrait vérifier ses dires et elle connaissait son texte si parfaitement qu’elle était certaine de ne pas se contredire.

« C’est la première fois que je quitte mon village. Je me suis perdue. J’irai à la ville la plus proche. Merci à vous. »

Elle ne maitrisait pas du tout les conjonctions de coordination et préféra faire des phrases courtes et concises – avec un peu de chance, il ne remarquerait pas sa maitrise approximative de l’alavarien. Se redressant en un signe évident de confiance – du moins d’après sa propre conception du langage du corps – qu’elle était loin de ressentir, elle s’approcha un peu en biais de l’animal pour observer la manière de se tenir de son cavalier. Ses deux pieds se logeaient dans des arcs de cercle de métal et il se tenait de manière souple mais droite sur ce qui protégeait le dos de sa monture. Celle-ci fit un pas de côté en la voyant approcher du coin de l’œil, aussi s’arrêta-t-elle à deux pas de l’animal en jetant un coup d’œil à son cavalier. Elle ajouta enfin, pour le mettre en confiance - maintenant qu'elle avait l'assurance qu'il allait lui fournir ce dont elle avait besoin :

«  On m’appelle le plus souvent At. »

At. Le diminutif d’Astate. Chez elle, on appelait ainsi les éléments changeants, dangereux, dont la nature apparente était éphémère et se modifiait pour se fondre dans son environnement. Mais l’inconnu l’ignorait et elle eut intérieurement un sourire mauvais. Il n’était vraiment pas utile qu’il connaisse ce détail.

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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Lun 26 Aoû 2013, 14:05

« C’est la première fois que je quitte mon village. Je me suis perdue. J’irai à la ville la plus proche. Merci à vous. »

Jamais, encore, Nuhadu n'avait entendu quelqu'un parler de manière si hachée, de même son sourire était une mimique si étrange qu'il l'estimait forcé. Soit cette jeune fille ne l'aime vraiment pas mais veut tout de même profiter de son cheval, soit elle a des soucis dans sa caboche. Étonnamment, la première raison gênerait plus le marchombre que la deuxième. Voyager avec un fou peut avoir ses côtés sympathiques, tandis que côtoyer une personne apathique ne fera qu'assombrir l'humeur du voyage. Dans tout les cas, il a déjà offert ses services, il ne va pas les retirer maintenant pour une raison aussi arbitraire, alors même que cette jeune personne est perdue dans l’immensité de l'empire. Ce serait cruel.
Alors que la jeune femme s'approchait de Kishi avec un semblant de prudence et de curiosité, Nuhadu ne pu retenir un large sourire. On dirait qu'elle découvre les chevaux ! Il se doute qu'elle doit surtout s'inquiéter à l'idée d'en monter un. La première fois sur le dos de ses puissantes montures a de quoi créer quelques doutes.
Cependant Kishi, à son habitude, fit sa mauvaise tête et s'écarta légèrement de l'invité qui doit venir s'installer sur son dos. Le jeune homme n'a pas oublié le mal qui lui a fallut pour atteindre un semblant de galop avec cette tête de mule ! Il faut un peu de temps pour qu'il se lie aux gens, Nuhadu le sait. Mais maintenant, il le tient plutôt bien ce bigre d'imbécile.

«  On m’appelle le plus souvent At. »

Nuhadu se laisse glisser au côté de Kishi, et attrape la bride pour attirer sa grosse belle tête à lui. Le cheval fait mine de résister, mais le marchombre le câline avec amusement jusqu'à ce qu'il se calme. S'il lui fait comprendre que c'est son vœu de prendre la jeune fille, il ne fera peut-être pas trop de cinéma.


-C'est la première fois que tu montes à cheval, At?

Au ton de la question, on devine qu'il s'est déjà fait une réponse et n'attend pas vraiment de réponses, sinon par pure politesse. Il lui fait signe de s'approcher du flanc de Kishi avec un sourire amical. Il y a peut-être moyen d'en apprendre plus sur ce village étrange où les gens ne semblent pas tant s'ouvrir au monde extérieur. Avec un peu de chance, cela pourrait s'avérer intéressant de le visiter un jour.

Si ton sac n'est pas trop lourd, laisse le moi je l'accrocherai à la selle. Sinon, il faudra que le garde dans tes bras. Je suppose que tu arriveras à grimper sur la selle ?

Dans le doute, il lui donne tout de même un indice en désignant les étriers. Le geste est assez négligent pour qu'il ne donne pas l'impression de la sous-estimer, même si au fond il doute qu'elle aurait pu trouver seule. L'important, c'est qu'elle ait confiance en son geste. Si elle peine trop à grimper, Kishi pourrait s'impatienter.

-Au fait, moi on m'appelle Nuha.

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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Sam 31 Aoû 2013, 11:24

Le jeune homme se laissa glisser jusqu’au sol avec agilité et Lanthane prit garde à observer son mouvement pour pouvoir le reproduire plus tard. Elle ne savait pas si monter un tel animal était une connaissance courante mais, dans le doute, préférait se montrer au moins aussi douée que son interlocuteur. Elle n’aimait pas rester à la traine. Il prit les lanières qui entourait le visage de sa monture et lui dispensa de multiples caresses et elle retint une grimace de dégout : avait-il donc besoin de courtiser ce puant animal pour qu’il le laisse monter ? Ce genre de séduction prouvait bien sa condition inférieure, se disait-elle avec un petit sourire en coin. Avec elle, ce cheval avait intérêt à obéir, avec et surtout sans cajoleries.

-C'est la première fois que tu montes à cheval, At?

Elle se crispa. Cette question était posée d’une voix calme mais elle ne savait pas si elle était anodine ou cachait un piège. Mais après tout, les humains ne savaient pas qui elle était, non ? Revenue sur la défensive, elle s’interrogea : cet humain était-il vraiment là par hasard ou l’attendait-elle ? Elle tenta de se rassurer en se disant que jamais un Mercenaire, même Mentai, n’aurait pu savoir sa véritable identité et qu’elle ne comptait pas s’attarder avec cet individu. Elle s’apprêtait à répondre quand il reprit, semblant totalement oublier sa question précédente – et elle ne comptait pas la lui rappeler.

Si ton sac n'est pas trop lourd, laisse le moi je l'accrocherai à la selle. Sinon, il faudra que tu le gardes dans tes bras. Je suppose que tu arriveras à grimper sur la selle ?

Il n’avait manifestement pas oublié qu’elle n’avait pas répondu et elle lui adressa un signe de tête évasif et tenta de se détendre. Quand il avait bougé la main, elle avait failli se mettre en garde mais son geste négligent n’était pas destiné à une attaque. Malgré son envie de l’égorger, elle devait se retenir et le faire parler, autant sur lui que sur ce monde. Pour cela, d’après ce qu’elle avait compris, elle devrait sans doute lâcher quelques informations mais elle avait répété son rôle pour cela et n’avait pas d’inquiétude à ce sujet.

Elle jeta un coup d’œil à son sac, était-ce bien prudent de le lui confier ? Il contenait toutes ses affaires – sauf son sabre – et elle y tenait comme à la prunelle de ses yeux mais, après tout, il était solidement fermé par des lacets de cuir et l’humain devrait le manipuler devant elle. Du moment qu’elle gardait un œil sur lui, ses affaires ne risqueraient rien et, ainsi, elle aurait les mains libres. Par contre, si elle montait en premier, ne risquait-il pas de se mettre derrière elle ? Elle n’avait qu’à s’arranger pour qu’il n’ait de la place que devant elle, ça ne devrait pas être compliqué car la selle n’était pas bien grande et, même si elle serait peut-être moins bien assise à l’arrière, au moins serait-elle en position de force et ce genre de chose valait bine quelques désagréments. Surtout qu’apparemment, sa ville était non loin, elle n’aurait pas à souffrir trop longtemps. Une fois de plus, sa voix interrompit ses pensées.  

-Au fait, moi on m'appelle Nuha.

Nuha ? Comme Nuage ? Quel nom étrange ! Elle gouta un instant sa sonorité. Il avait le gout des rêveurs chantant des odes à la Lune, bref, tout ce qu’elle méprisait. Ce nom lui allait bien, se dit-elle avec un demi-sourire, car il n’y avait que ce genre d’individu pour tenter de soudoyer un animal au lieu de lui faire tout simplement comprendre que, quand on est végétarien, on n’a pas voix au chapitre. Leur accorder de l’attention, c’était compliquer inutilement les choses simples et Lanthane détestait ce qui était inutile. Elle tacha d’élargir son sourire et, en le remerciant de sa proposition, lui tendit son sac qui était plus encombrant que lourd et s’approcha de quelques pas pendant que l’humain tenait sa monture. Elle préférait de loin courir plutôt que de toucher un tel animal mais laissa son dégout de côté et observa à la va-vite la selle.

Elle lui semblait à peine assez grande pour deux mais elle s’en arrangerait. Elle voulait à tout prix éviter d’être trop en contact avec le cheval et se résigna donc à se placer sur la partie arrière qui était relevée pour soutenir le cavalier qui s’asseyait sur le siège. Elle tenta de voir la selle comme une paroi à escalader et plaça son pied dans l’étrier et ses mains sur le siège pour se soutenir et garder l’équilibre. Quand elle se propulsa, le vide qui s’ouvrit devant elle la fit chanceler et ses doigts se crispèrent sur le cuir alors qu’elle tentait de retrouver une respiration paisible. Hésitante, elle resta quelques instants en équilibre précaire sur un pied avant de décaler légèrement ses mains pour agripper le pommeau et passer sa jambe de l’autre côté comme l’avait fait précédemment ce Nuha.
Une fois qu’elle se fut habituée à la hauteur, elle retira ses pieds des étriers avant de se décaler vers le troussequin pour lui laisser la place de monter devant elle. Ceci fait, elle l’attendit en tentant de trouver un appui pour ses mains maintenant que le pommeau était hors de portée. N’en trouvant aucun, elle posa ses mains sur ses cuisses et agrippa fortement le tissu en se concentrant sur les informations que lui envoyaient son sens du toucher et de l’équilibre pour ne pas tomber tout en serrant les genoux autour des flancs de la monture.

Inspiration, expiration. Tout allait bien jusque maintenant, se répétait-elle. Elle avait vraiment horreur de monter à cheval mais prenait sur elle pour permettre l’accomplissement de sa mission. Rien d’autre ne comptait désormais et surtout pas ses stupides appréhensions. Ce n’était qu’un animal comme un autre et, jusqu’à preuve du contraire, c’était lui qui la portait et non l’inverse. Et il n’avait pas intérêt à tenter quelque coup bas que ce soit parce qu’elle était à cran.

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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Mar 10 Sep 2013, 21:12

Le regard du marchombre se fit dubitatif en voyant le manège de la jeune fille. Pourquoi diable prend-t-elle tant de soin à se mettre en bout de selle ? Surtout qu'ainsi installée à l'arrière, elle risque d'avoir plus de mal à s'accrocher qu'autre chose, et novice comme elle semble l'être elle ne risque pas de garder l'équilibre sans appuis. M'enfin, ce n'est n'est pas impossible pour autant, alors à quoi bon s'embêter à réfléchir. Le problème vient surtout du fait, qu'à serrer ses jambes ainsi, elle mais Kishi mal à l'aise. La pression des jambes est un moyen de communication important avec le cheval, il doit rester léger et surtout bien utilisé. A la fois intimé à l'arrêt par son maître et fortement pressé d'avancer par l'inconnu, le cheval ne peut que s'agiter d'incompréhension et aussi de malaise. Raven avait bien signalé à ses apprentis que trop serrer les jambes pouvait gêner la respiration de ces fières bêtes qu'elle aimait tant.
En somme, cette novice s'y prend mal. Et il a bien du faire pareil dans le temps.


-Relâche tes jambes, à ce rythmes là on ira pas bien loin !

Pour appuyer ses propos, le marchombre tape légèrement les cuisses de son invitée.


-Tu m'avais pourtant semblé courageuse à faire une telle distance toute seule. Les jolies filles couardes et sans défenses ne devraient pas se prêter à se genre d'aventure.


Comme si le sabre dans le dos de la fille la proclamait couarde et sans défenses. Il faudrait un extra-terrestre pour ne pas percevoir la plaisanterie, d'autant que Nuhadu sourit avec ce regard si pétillant qui caractérise sa bonne humeur. Haha, ce n'est pas tout les jours qu'il voit quelqu'un redouter le grand et redoutable paresseux qu'est son fichu canasson.
Décidé à ne pas embêter plus son compagne de voyage, le marchombre se hisse souplement sur le dos de Kishi qui semble hennir de protestation mais ne se dérobe pas à l'affaire. Au moins semble-t-il lui porter quelque affection. Tant mieux, car il y a bien des choses qu'il n'aurait pu accomplir sans lui. Notamment le périple dans le désert des murmures.


-Cependant, je garantis pas que tu tiennes en équilibre. Si tu te sens partir, accroche toi à moi. Enfin, je te conseille de t'accrocher tout de suite, je t'en voudrais un peu de m'entraîner dans ta chute!


Le marchombre lui offre le plus beau de ses clins d'oeil et talonne légèrement Kishi pour lui faire reprendre sa route. Il est bien tenté à l'idée d'un galop, mais avec ce nouveau poids il faudra éviter de trop solliciter sa brave bête.


-Dis. Tu sais vraiment le manier ce sabre ? C'est pas courant de voir des jeunes filles avec une telle arme.

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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Mer 11 Sep 2013, 02:17

Le jeune homme semble surprit de son attitude mais Lanthane ne lui prête aucune attention. Son cheval était tendu et oscillait légèrement, la mettant mal à l’aise : son maitre n’était-il pas censé le faire se tenir tranquille ? Cet humain avait du jus de tomate à la place du cerveau ? Peut-être aurait-elle dû préciser, les créatures inférieures ne le sont pas pour rien…
Avant qu’elle ait pu ouvrir la bouche, il lui apporta une réponse claire mais qu’elle fut loin d’apprécier.

-Relâche tes jambes, à ce rythmes là on ira pas bien loin !

Tant de familiarité et de condescendance la faire se raidir encore plus ce que l’animal détesta au plus haut point et il fit un pas de côté qui la surprit et manqua de la faire tomber. Pour une Elue ayant suivi des années de formation, elle était plus que lamentable et elle se promit les plus sévères réprimandes dès qu’elle serait seule. Des heures d’entrainement intensif devraient calmer ce corps indiscipliné et cet esprit  craintif : il n’était rien de mieux que la sueur et la douleur pour rendre son inébranlabilité à son organisme... Comble de la témérité – ou de l’inconscience – il se permit de lui tapoter la jambe pour mieux faire passer son message. La croyait-il sourde ou stupide ? Elle ne pouvait envisager la possibilité qu’il puisse lire son trouble aussi facilement que cela… Ce pouvait-il que les humains aient des facultés dont elle ignore l’existence et dont elle ne serait elle-même pas dotée, son interlocuteur s’en était-il aperçu et avait-il déjà prévenu quelqu’un ou comptait-il le faire dès qu’ils arriveront à la ville ?

-Tu m'avais pourtant semblé courageuse à faire une telle distance toute seule. Les jolies filles couardes et sans défenses ne devraient pas se prêter à se genre d'aventure.

Il voulait tester ses défenses, la faire parler sur ses capacités, cela sentait le piège à plein nez ! Et ce petit sourire en coin qui en disait long, très long… N’importe quel individu devrait se récrier et lui démontrer qu’elle n’était pas sans défense, éventuellement lui faire une démonstration et alors là, elle prouverait vraiment sa stupidité… Mais ne devrait-elle pas faire semblant d’être tombée dans son piège, rebondir sur sa provocation pour lui montrer une contre-performance et abaisser sa méfiance ? Non, il va sans doute déjouer la supercherie avec la même aisance qu’il lisait en elle...
Alors qu’elle était encore à arpenter les méandres de ses pensées, serpentant dans les couloirs glauques de l’incertitude, Nuha – puisque c’était ainsi qu’il s’appelait – sauta agilement sur sa monture après avoir accroché son sac et se tourna vers elle :

-Cependant, je garantis pas que tu tiennes en équilibre. Si tu te sens partir, accroche toi à moi. Enfin, je te conseille de t'accrocher tout de suite, je t'en voudrais un peu de m'entraîner dans ta chute!

Bon visiblement, il avait deviné qu’elle n’allait pas se laisser prendre au piège et… c’était quoi ce mouvement de l’œil. Il en avait fermé un, comme pour dire qu’un seul œil lui suffisait, qu’utiliser les deux pour la surveiller était superflu… Il cherchait vraiment à mourir… Elle s’imagina empoignant ses tresses pour l’étrangler avec… il allait voir si elle était fragile ! S’il pouvait se passer de ses deux yeux pour la surveiller ! Alors que ses mains survolaient rapidement la courbe de son dos pour effleurer ses cheveux, elles redescendirent, assagies, pour se poser autour de sa taille. C’était exactement ce qu’il attendait et elle ne pouvait pas se permettre de commettre une telle erreur, pas après avoir déjoué son premier piège. Elle ne put s’empêcher de se crisper quand il mit sa monture au pas, trop raidie pour accompagner du bassin les mouvements de l’étrange animal.

Ce n’est qu’en sentant les muscles habitués à des exercices bien pire de son cavalier bouger pour épouser ceux de sa bête qu’elle comprit et entreprit de se détendre… Un peu. Tentant d’abord d’anticiper les gestes du cheval, elle se contenta en fin de compte de faire de son mieux pour ne pas tomber sans prendre en compte le fait qu’elle malmenait les flancs offerts à ses talons. Elle n’avait pas prêté attention à la manière dont son compagnon de route – ou surveillant ?- avait mis en route sa monture – erreur gravissime s’il en était – et se fichait complètement de l’avis de la bête : c’était elle qui décidait, c’était pourtant clair ! Elle se fichait éperdument de toutes les idées stupides que son cerveau primitif pouvait inventer, du moment que cela ne visait pas à la faire chuter ! En parlant de cerveau…. Il y en avait un dont elle n’avait pas encore percé tous les mystères…
Mais comment faire pour se débarrasser de cette horripilante faculté ? Il devait avoir perçu qu’elle avait encore trouvé la solution à sa provocation implicite et se tenir encore plus sur ses gardes… Elle ne devait pas penser à ce qu’elle savait… Du moins pas trop fort.
C’était un exercice courant, réguler le flux de ses pensées pour ne pas interférer avec les pensées de son maitre aussi, à peine y pensa-t-elle que, comme un automatisme, le processus se mit en place.
La respiration d’abord, hachée, par à-coup, inspirations et expirations courtes et efficaces pour lui permettre de penser par écrit… Par écrit ? Mais elle pensait dans sa langue maternelle, donc si Nuha l’écoutait, il n’avait rien pu comprendre ! Son cerveau était trop évoluer pour penser par images comme certaines espèces primitives telles que celles qu’elle chevauchait et, même si cet humain avait vraiment un tel don, il ne pouvait décrypter ses plans… Ce qui expliquait qu’il n’avait pas tiqué quand elle lui avait mentit…
Il n’empêche que, s’il l’entendait penser dans une autre langue, cela n’empêchait pas qu’il la ramène au plus proche des postes de garde… Avait-elle bien fait de lui demander d’aller à la ville la plus proche ? C’était trop tard pour y penser, mieux valait organiser son plan d’action… Dès qu’elle arriverait en vue de la ville…

-Dis. Tu sais vraiment le manier ce sabre ? C'est pas courant de voir des jeunes filles avec une telle arme.
Elle tenta de ne pas bloquer sa respiration pour ne pas manifester son trouble. Elle devait répondre par réflexe ou il découvrirait qu’elle l’avait démasqué et cela il en était hors de question… Mais le piège qui résidait dans sa question en saurait être résolu dans la précipitation, elle devait trouver une réponse qui n’en laisserait pas trop apparaître sur ses capacités ou son ignorance – les femmes ignoraient vraiment comment manier une arme aussi basique ? Quelle race de faibles et de paresseux… comment avaient-ils survécus jusqu’ici ? – et cela rapidement et… elle devait arrêter de réfléchir à ce qu’elle devait faire ou non comme si se fixer des objectifs simples et définis était la meilleure chose à faire parce que ce n’était pas le cas. Elle devait réagir d’instinct en se concentrant sur son objectif final, elle avait été formée pour que ses réactions soient les plus humaines possibles et, si elle avait besoin de se rassurer avec des objectifs à sa portée, c’est qu’elle n’était pas du tout adaptée à cette mission. Elle devait voir au-delà et tenir bon, toujours, malgré tous ces petits obstacles qui se dressaient sur son chemin, pour atteindre son but, leur but : le monde.

- J’évite généralement de transporter des choses inutiles…        


En ne voyant pas plus loin que le bout de son nez, en s’affolant comme ces stupides volatiles que les humains aiment tant chasser, elle risquait de se perdre dans le monde complexe et illogique de ces créatures inférieures et devenir inutile pour son peuple, juste une humaine parmi tant d’autres, un morceau de bois malmené par les courant de la vie… Elle s’y refusait : elle était née supérieure et ne tenait absolument pas à s’abaisser au rang de ces stupides animaux. Quelle serait la prochaine étape à cette dégénérescence ? Elle allait se mettre à quatre pattes comme ces « chevaux » ? Elle valait bien mieux que cela !
La colère qui commençait à rugir en elle la fit se tendre et ce qui devait arriver arriva : malgré les caresses et les murmures de son maitre qui l’incitait au calme depuis qu’il avait croisé la route de cette étrange femme, le cheval, dont la paresse avait fait passer outre les ordres donnés involontairement par sa cavalière ne put supporter la douleur de ces talons et partit au petit trot.
Lanthane, déstabilisée, se cramponna de toutes ses forces à son compagnon en se retenant de crier, luttant pour ne pas se faire éjecter de la selle alors que les cahots redoublaient d’intensité. Ce petit homme ne pouvait-il donc pas maitriser son animal ? Elle commençait à se demander qui dans le duo commandait…

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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Jeu 12 Sep 2013, 21:34

- J’évite généralement de transporter des choses inutiles…  

Ah, il semblerait qu'elle ait un peu de répondant, même si elle reste un peu trop déphasé à son goût. En principe, le sarcasme se fait légèrement entendre dans la voix, là le ton reste un semblant trop plat. Peut-être qu'au nord de l'empire les émotions sont gardées pour soit. Cela ne lui avait pas semblé le cas quand il s'est rendu à Al-Poll. En revanche, il ne peut nier que les coutumes assez martiales des Frontalier leur fait prendre une allure plus fermée. Mais de là à rester ainsi neutre.
Qu'il est bête ! C'est lui, évidemment, qui la met ainsi sur la défensif. Un parfait inconnu qui aborde une jeune femme alors qu'il est armé, cela ne peut que paraître suspect. Comme quoi, l'humain n'est pas altruiste par défaut, puisque que la bonté pousse à se méfier. Décidément, dans quel monde vit-on !

Après une certaine cogitation quant à l'attitude de son invitée, Nuhadu se décide cesser ses questions. A force de lui tirer petite phrase par petite phrase, il faut dire que sa volonté d'engager la conversation s'est quelque peu érodée. Cependant, distrait de par sa nature, il n'a pas remarqué que la petite At ne s'était en rien ouvert à ses conseils. Par ailleurs, il aurait du faire un peu plus attention à Kishi, mais habitué à son caractère peu fougueux (pour ne pas dire mollasson, même les chevaux ont un égo) il ne s'attendait pas à le voir s'emballer.
Et pourtant..

D'un coup, Kishi change d'allure et passe du pas au trot pour presque aussitôt se lancer au galop. Chose que Nuha ne se serait jamais permis de lui demander au vu de ses deux passagers. Fatiguer son cheval revient souvent à devoir marcher à côté de lui tôt ou tard. Et le marchombre aussi est faignant.
De toute façon.. Marcher vaut bien le plaisir de sentir le vent emporter ses tresses ! C'est du moins ce que se dit le grand dadet, tandis que le second passager s'accroche désespérément à lui. Nul doute non plus qu'elle continue de serrer ses jambes autour de Kishi, ce qui n'arrangera rien à l'affaire, si ça ne l'aggrave pas.
Mais que faire maintenant ?

Rire. C'est l'option que choisis Nuhadu en se penchant en avant. Rire à gorge déployée en invitant son bel animal à tout donner. Pas de pitié pour At, qu'elle récolte ce qu'elle a semé. L'important, c'est qu'elle reste accrochée à  lui, sinon il ne peut que craindre pour sa chute ! Mais c'est avec joie qu'il sent la prise de la jeune femme persister autour de lui. Il s'en voudrait qu'elle se blesse tient !

Finalement épuisé, Kishi finit par ralentir. Nuhadu l'y invite même, espérant que la perte de vitesse forcera son passager à se détendre un peu. Après avoir tenu à une telle vitesse, elle finira bien par relâcher l'étau qu'elle fait de ses jambes autour des flancs de la bête. Dans le doute et pour le bien de son canasson qu'il aime beaucoup, le tressé tourne le regard vers la jeune femme.

-Eh bien, c'est une belle course que tu nous as fait faire ! Mais si tu ne veux pas que ce feignant s'allonge au sol avec nous sur le dos, je le solliciterai un peu moins.

Pour illustrer ses propos, une nouvelle fois, il frappe doucement ses propres cuisses avec un regard soutenu à sa passagère. Il ne doute pas qu'elle comprenne, il lui en a déjà fait la remarque une fois ! Il faudrait bien qu'elle soit mentalement lente pour ne pas finir par appliquer les consignes. De toute façon, ils vont devoir marcher bientôt afin que le cheval récupère paisiblement.
D'un point de vu pratique, cela ne fut pas une mauvaise chose pour autant. Nuhadu estime que quelques minutes suffiront à mettre Al-Chen a porté de vue. Si c'est la première fois que la petite se rend dans une grande ville, il a hâte de voir sa réaction lorsqu'ils apercevront l'immense étendu du lac Chen.
Il n'y a bien que l'océan qui puisse faire de l'ombre à ce sublime lac. Du moins, sans compter les belles prunelles de Lacrya. Eh bien oui, s'il fallait choisir un endroit pour se noyer, ces dans les yeux de l'envoleuse qu'il choisirait de rendre son dernier souffle.

Niais.. mais terriblement vrai aussi.

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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Ven 13 Sep 2013, 22:23

Alors qu’elle rebondissait à contretemps sur le cuir de la selle, Lanthane pestait contre ce Nuha nuageux ! Tout en s’agrippant à lui de toutes ses forces pour ne pas chuter…
Tout d’abord surpris par le comportement de sa monture, le jeune homme avait fini par se laisser envahir par un rire irrésistible qui galvanisa la bête plus qu’il ne la stoppa. Ces deux là formaient bien la paire ! Aussi inconscients et volatiles l’un que l’autre !
Un sifflement sortit de ses lèvres, emporté par le vent de la course qui jouait avec les tresses du cavalier, trahissant autant son agacement que son envie meurtrière. Sur tous les incapables humains de cette terre, il avait fallu qu’elle tombe sur le seul qui tenait absolument à la tuer !
Elle plissa les yeux pour retenir les larmes qui menaçaient de couler, répondant au besoin de l’œil qui se déshydratait au contact du vent, et le serra encore plus fort. S’il pensait réussir à l’avoir d’une manière aussi brutale et évidente, il se trompait et elle allait le lui prouver !

Elle devait tenir le temps que cette horripilante monture se calme pour qu’elle puisse libérer ses mains et étrangler cet individu avec ses propres tresses qui, pour l’instant, lui fouettait le visage. Au bout de longues minutes, alors qu’elle imaginait toutes les manières possibles de tuer et de cuisiner ces deux compagnons de voyage, le cheval ralentit enfin et Nuha se redressa, se retournant à moitié pendant qu’elle faisait jouer ses muscles pour les détendre et lui dit d’un ton moqueur :

-Eh bien, c'est une belle course que tu nous as fait faire ! Mais si tu ne veux pas que ce feignant s'allonge au sol avec nous sur le dos, je le solliciterai un peu moins.

Elle lui adressa un sourire carnassier et se retint de lui déclarer ses intentions meurtrières alors qu’il tapait ses propres cuisses pour lui montrer l’exemple. Comme si elle était stupide ! Il fallait avouer que ne pas l’avoir écouté la première fois n’était pas très intelligent mais elle se refusait à y penser : le passé était passé… et c’était sa faute après tout ! Elle se força tout de même à se détendre, se disant qu’avec ses réflexes, cet animal n’allait sûrement pas réussir à la faire tomber et qu’au pire, elle ne se gênerait pas pour entrainer son maitre dans sa chute. Elle aimait la viande bien tendre...
Elle ferma les yeux et détendit ses muscles, profitant de l’occasion pour reprendre le contrôle de son corps et particulièrement de son souffle. Ses mains descendirent se loger contre la taille du cavalier et non plus autour, signalant sa présence sans l’imposer, tout comme ses jambes qui se desserrèrent, laissant juste une pression plus forte au niveau des genoux pour éviter de glisser. Les chocs répétés contre la partie haute de la selle avaient endoloris son arrière train mais elle ne l’aurait admis pour rien au monde et ignora la douleur, la mettant simplement de côté puisqu’elle ne pouvait rien y faire pour l’instant. L’idée de sauter à bas de sa monture lui avait vivement traversé l’esprit mais elle avait fini par y renoncer : cette faiblesse là était réelle et elle devait la combattre avant qu’elle ne devienne un handicap plus sérieux. Ce quadrupède aux longues jambes semblait être le moyen de prédilection des humains pour leurs déplacements et l’excuse de ses origines reculées ne tiendrait pas très longtemps si elle ne s’adaptait pas.
Elle passa outre son dégout et se blottit contre son voisin pour que son corps épouse ses mouvements et tenta de comprendre. Elle aimait bien cela, réfléchir, analyser et finalement comprendre, allumer cette petite étincelle mesquine dans ses yeux et voir son voisin douter, incapable de comprendre qu’il en le sait pas encore, mais qu’il est déjà tombé. Elle ferma les yeux et ne les rouvrit que quelques instants plus tard en sentant un changement dans le rythme qu’elle était parvenu à isoler. Que se passait-il – encore ?
La justification à cette anomalie lui apparut dans un scintillement. L’horizon se parait d’argent sous la caresse du soleil de ce milieu de matinée et Lanthane fouilla du regard ce halo mystérieux pour tenter d’en percevoir la source. Au fur et à mesure qu’ils abordaient les environs de cette débauche de couleurs, la réponse ne pouvait plus lui échapper : une immense étendue d’eau se déroulait aux pieds du ciel, reflétant dans cet œil de la terre l’infini céleste. L’éclat du seigneur du jour en rehaussait la majesté en dévoilant à ses yeux écarquillés son immensité titanesque : de toute part le paysage flamboyait sous les reflets argentés qui partaient à l’assaut des jarrets de la nuit qui, dépitée, battait en retraite.
Son souffle semblait aspiré avec les derniers vestiges de l’obscurité et elle ne le récupéra qu’à grand peine, son organisme ne pouvant ignorer les appels désespérés de ses poumons qui s’embrasaient en un douloureux contrepoint au spectacle étourdissant qui la laissait sans voix. Son esprit ne pouvait concevoir autrement le panorama féérique qui s’étendait à ses pieds que comme un tapis de diamants qui couvrait la terre des Hommes d’une œuvre de la nature tel qu’il en demeure peu. Un autre brasier s’empara d’elle, né dans son cœur cette fois-ci : la convoitise la consumait intérieurement, réduisant à néant le semblant de paix qui l’avait envahie, affermissant la prise sur elle de son ravageur dessein. Une telle merveille ne pouvait demeurer sous le joug des créatures impies aussi misérables que les humains qui n’avaient sans doute même pas conscience du joyau qu’abritaient leurs terres.

La réaction de son compagnon aurait pu la détromper mais elle n’y prêtait pas attention, subjuguée par ce lac immense qui s’offrait à sa vue, se dévoilant au fur et à mesure qu’ils s’approchaient telle une amante enjôleuse qui abandonnerait sa parure mystérieuse sous les assauts avides de son homme. Les berges se découpèrent, tantôt herbeuses, tantôt sylvestres, désertées à cette heure mais non moins superbes. Elles étaient tel un écrin de soie préservant jalousement son trésor sous ses étoffes moelleuses ; tel les bras langoureux du mari cocufié qui tenterait vainement de protéger sa compagne, de la conserver auprès de lui les quelques instants qui lui permettront – peut-être ? – de l’amadouer, de la séduire, de la convaincre de se dérober aux regards voraces qui tâchaient de l’emprisonner dans l’ombre de leur pupille.
Il lui fallut de longues minutes pour trouver la force de briser cette carapace hors du temps qui lui offrait un moment privilégié en tête à tête avec ce spectacle inouï par un long sifflement approbateur. Le son clair et pur s’élança tel une ode vers le ciel qui l’accueilli avec flegme : les réactions de ce genre ne devait pas lui être inconnue et il semblait se plaire à admirer sa réaction devant les incroyables changements que suscitait le passage d’une volute de brume ou l’envol d’une nuée d’oiseaux qui la surprenaient à chaque instant. Le lac semblait être un organisme vivant en constante évolution, se métamorphosant trop vite pour que l’esprit d’un être quel qu’il soit soit en mesure de l’appréhender dans sa totalité. Il aurait fallu cent vies au plus passionné des Hommes pour n’en percevoir qu’une infime quantité et elle qui n’en avait qu’une ne pouvait que savourer à sa juste valeur la richesse du décor qui l’accueillait pour ses premiers pas en terre humaine.

« Bienvenue… » murmura le vent.
« … » lui répondit son cœur.

Aucun mot ts’liche ou humain ne pouvait à son sens rivaliser avec le lac Chen.  

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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Jeu 24 Oct 2013, 23:36

Pour dire la vérité, Nuhadu ne s'attendait absolument pas à ça. Au mieux, il la voyait déjà ronchonner, faire sa grincheuse, se plaindre, descendre de cheval, ou essayer de mieux se tenir sans plus d'efforts ou de cérémonie.
C'est avec un soupçon d'étonnement, teinté de joie, qu'il la découvrit bien plus intelligente que ça. Visiblement non contente de s'être fait mener en galop, sa passagère s'est mise en tête d'apprendre vite et bien. Il faut tout de même avouer que s'il s'était senti quelque peu libéré lorsqu'elle a défait son étreinte, il a eut un moment de tressaillement à la sentir se presser contre lui.

Ah ça, je vous vois venir de vos belles explications, les hormones d'un homme, ça ne sait pas se tenir, petit obsédé.. Mais non, ce qui le gène, plus que de sentir un corps souple et féminin contre son dos, c'est plutôt l'impression que ce n'est pas aussi désagréable que ça devrait l'être.
Pour ainsi dire, il n'est pas du genre à se laisser toucher facilement. Il faisait des exceptions pour ses maîtres, il en fait pour Lacrya, mais en temps normal il préfère la distance respectueuse à la proximité trop familière. Pourtant, là, il ne résulte que quelques frissons de ce soudain contact. Aussi proches soient-ils en ce moment, il n'a pas cette impression d'intrusion, que pourtant il pense devoir sentir. C'est un peu comme si ce n'était pas un deuxième corps qui venait de se plaquer contre le sien, mais comme si sa passagère et lui s'étaient mis à bouger ensemble. C'est loin d'être parfait, mais au moins ça n'est pas désagréable.

Pendant un moment, le marchombre se sent nostalgique de l'époque où, avec Libertée, il devait faire tout les efforts du monde pour essayer de la suivre et d'accomplir ses exercices aussi fous qu'épanouissants.
Mais ses pensées dévient d'elles mêmes lorsque se yeux aperçoivent les premiers autours du lac. L'immensité étincelante semble ne jamais se ternir, alimentée des éclats du soleil le jour, et des caresses de la lune la nuit. Un joyaux qui sait capter la beauté, et la retourner toujours plus riche et envoutante.
Encore trop sensible à cette vu, le marchombre ne s'est pas rendu compte que Kishi en avait profité pour ralentir le pas et même pour finalement s'arrêter. Lorsqu'il fini par s'en rendre compte, il voulu jeter un regard désolé à la jeune femme, mais elle semblait elle aussi absorbée par la vue, tant et si bien qu'elle n'avait pas du s'inquiéter de l'arrêt non plus.
Il suffit de voir ses yeux briller pour savoir qu'elle n'avait jamais du voir une telle étendue d'eau auparavant. C'est une rare chance que d'être là pour observer cette découverte sur le visage de quelqu'un. C'est une chance que Nuhadu n'a jamais eu que de faire découvrir quelque chose de beau à quelqu'un et ce genre de chances lui plaît.
Il talonne légèrement son brave paresseux de canasson pour reprendre au pas. Là bas, près de cette immensité, il y a un petit ensemble de bâtisse. Al-Chen, une ville comme elle doit n'en avoir encore jamais vu.
Comme il envie la personne qui lui fera découvrir Al-Poll ou Al-Jeit. Elle a vraiment une belle expression quand elle est émerveillé.


-Tu vas voir, de prêt c'est encore plus épatant.

Pas besoin d'être devin pour le promettre. On a pas idée de ce qu'est l'immensité tant que l'on n'est pas arrivé à ses pieds. Certes, ce n'est pas de là qu'on pourra la voir toute entière, mais ce n'est qu'à ce moment qu'on comprend l'ampleur de la chose. Quand on se rend enfin compte que l'on pourrait tout aussi bien être un grain de sable. Quand cette idée nous fait chercher une malheureuse fourmis qui nous aurait confondu pour une montagne.
Et pour certains quand on se prend de l'envie de défier l'immensité et par la suite l'infini..

Mais avant d'envisager de traverser le lac, il serait bon que Nuha réflechisse à ce qu'il va dire à son ami. En effet, Roy et sa bande ne sont toujours pas repartis sur les routes, faute d'avoir encore de l'argent à dilapider, et ils ne s'attendaient pas à le voir revenir si tôt. Va-t-il bêtement leur avouer qu'il s'est perdu ?

Doit-il aussi conseiller une auberge à sa passagère ? Si elle n'a jamais quitté son petit village avant, elle risque de se perdre à Al-Chen. Il s'en voudrait un peu de la mener droit dans un guet-apens..
Il verra bien comment se déroulent les choses lorsqu'ils seront dans la ville elle même.

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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Sam 09 Nov 2013, 22:06

Il était peut-être temps que ce soit ton tour ^^"
note pour moi-même:
 

Le vent qui s’était timidement levé à l’aube s’était tu et Lanthane cessa de frissonner : la présence du soleil au-dessus de sa tête suffisait à la réchauffer. Ou pas. Elle n’y prêtait pas attention. Tout ce qui l’intéressait était cette rivière de diamant qu’elle apercevait à l’horizon et qui grandissait au fur et à mesure qu’elle s’en approchait. Elle emplissait tout l’espace, avalant les plaines et réduisant les arbres de taille respectable qui la bordaient au rang de vermisseau. Cette étendue d’eau qui n’en finissait pas montra son vrai visage alors qu’ils étaient à une centaine de mètres de distances : là, le soleil se retira à regret de la masse liquide, miroir du ciel si parfait que des nuages affleuraient à sa surface. Pas une onde ne parcourait ce lac tranquille et l’absence d’autres voyageurs en cette matinée hivernale renforçait le sentiment qui montait en elle.
Une sorte de gargouillement, un ver qui fouillait ses entrailles, les compressait, les tordait, une douleur même qui lui agitait l’abdomen. Cette sensation, d’abord diffuse et à peine dérangeante, croissait avec la proximité du lac et, bientôt, ce furent de véritables crampes qui lui mangeaient l’abdomen. Une goutte de sueur froide glissa dans son dos et elle s’arqua, les muscles tendus, le souffle inégal, le sang battant aux tempes. Dans son regard noisette, la peur s’était mêlée à la surprise et il ne resta bientôt que la première : une terreur sourde qui naissait au plus profond d’elle-même pour envahir le moindre de ses muscles, l’agitant de tremblements incontrôlables et de crampes douloureuses. Inconsciemment, elle avait resserré son étreinte sur le torse du cavalier et le ventre de sa monture mais, heureusement, celle-ci ne manifesta aucune envie de prendre le trot, fatiguée et têtue, ce que Lanthane ne s’aperçu même pas.
Que lui arrivait-il ? Cette question surgit dans son esprit alors qu’ils rejoignaient la piste et que Nuha avait fait virer sa monture, laissant le lac sur leur côté et non plus devant eux, ce qui eut pour effet de la faire sortir de son immobilité physique et intellectuelle. Pendant quelques instants, elle s’était sentie tomber, plonger dans cette immense faille de ciel qui ne débouchait que sur la terreur et la mort. Incapable de réfléchir, elle avait été emportée par la vague d’horreur sans nom qui l’avait saisie aux tripes pour la balloter dans tous les sens, transformant le doux balancement du cheval en une série de cahots douloureux pareils à ceux d’un navire en pleine tempête. Et c’était bien une tempête qui l’agitait : un ouragan intérieur auquel elle n’était absolument pas préparée et qui avait eu raison d’elle. Elle, une ts’liche raisonnée, rationnelle, s’était laissée emportée par… elle ne savait même pas comment le nommer, le définir, le décrire, ce sentiment nouveau et incroyablement dévastateur qui l’avait traversée, la laissant profondément meurtrie sans même qu’elle n’en ait conscience. Elle prit une grand inspiration et tenta de détendre ses muscles qui, bien que chauffé par sa course et la chevauchée, n’appréciaient guère de pareils traitements.

Elle fouilla son esprit à la recherche d’une réponse tout le temps que dura leur trajet vers Al-Chen, silencieusement préoccupée par cette première expérience déroutante en territoire humain, sans trouver hélas d’explication à ce phénomène. Tout prenait un gout étrange en cette terre nouvelle, un gout qu’elle n’était pas certaine d’apprécier et elle eut presque envie de mordre Nuha pour s’assurer que les bipèdes moelleux avaient toujours le même gout. Elle l’aurait sans doute fait s’il n’y avait eu sa vache-cheval, le seul témoin de la scène, mais un témoin encombrant qui pouvait à tout moment s’emballer : elle mangera de l’homme à cheval quand elle saurait commander à la bête. Soudainement, cette monture devenait trop haute, cette route trop longue, ce soleil trop éblouissant… Elle était atteinte d’un autre genre de malaise, une sorte de mal du pays qui vous prend de temps à autre quand le train démarre et vous laisse au milieu d’une foule étrangère où toutes les langues se mêlent sans qu’aucune vous paraisse familière.
Perdue, elle se sentait perdue.
Elle en aurait griffé sévèrement son guide si celui-ci n’avait pas été vêtu chaudement : ses doigts marqués par le sang revenaient à leur fonction première alors qu’elle luttait pour ne pas perdre pied dans les méandres de ses pensées.
Une ouverture se fit dans le marécage de son esprit quand la ville prit sa place dans le paysage. Ridicule à côté du lac du même nom, Al-Chen se laissait entrevoir à travers les bosquets et quelques fermes fumaient au loin, l’entourant d’un halo qui ressemblait fortement à une prison. Un espace clos, une échappatoire, un objectif sur lequel pointer son regard et son esprit pour rassembler son être. Sa mission, cela seul comptait. Une présence sans raison serait synonyme de perte néanmoins ce n’était pas le cas. Elle ne pouvait être perdue dans son futur royaume alors que des humains le parcouraient chaque jour sans en ressentir de pareille déconvenue. Apprendre, elle devait apprendre, ouvrir en grands chacun de ses sens pour englober cette terre humaine, cette vie humaine, se fondre en son cœur pour ensuite en prendre le contrôle.
Voilà une tâche beaucoup plus faite pour elle et elle se détendit tout à fait, curieuse et prête à affronter toutes les éventualités qui se dresseraient sur sa route. Heureusement pour eux, celle-ci était presque déserte et les seules personnes qu’ils croisèrent furent des marchands itinérants qui les saluèrent d’un œil morne et d’un bref signe de la main auxquels elle ne prenait pas la peine de répondre et à peine celle de leur jeter un coup d’œil. Pourtant, dans cette observation fugitive, elle prenait soin de noter leur corpulence, la marque de leur âge et le remplissage de leur chariot : tous ces signes qui indiquaient la prospérité d’une ville lui avait-on appris. Ce qu’elle constata n’était pas brillant et lui tira un demi-sourire moqueur quand Nuha avait la tête tournée. C’était donc ça, ces humains contre lesquels elle était venue se battre ? Elle ne doutait pas de l’analyse de ses maitres selon laquelle les troupes humaines s’agitaient aux frontières et dans les rangs des mercenaires, elle constatait juste avec plaisir la faiblesse de ces bipèdes. Que voulez-vous, après une crise d’angoisse, on se raccroche au plus près, au plus rassurant, et si elle ne doutait pas d’envoyer au tapis chacun des êtres ici présent, quel sentiment plus réjouissant que celui de la toute puissance…
Monture au pas, ils se glissèrent entre deux gardes peu attentifs qui ne lui tirèrent même pas une grimace de dégout – ils ne la méritait pas et elle se promit de leur en faire voir de toutes les couleurs – puis entre une petite foule de gens pressés qui les regardaient quelques instants d’un œil curieux avant de détourner la tête : Al-Chen était une ville de commerce où la plupart des voyageurs ne restaient jamais longtemps et où pourtant les auberges ne désemplissaient pas. Quelques petits personnages se démarquèrent dans la foule par leur petite taille et leur démarche où l’assurance et le rire se mêlait étrangement – des faëls découvrira-t-elle plus tard, sans apprendre plus sur leur peuple que quelques rumeurs qu’elle jugera sans intérêt – mais la majorité n’étaient que des badauds et quelques voleurs à l’étalage qui dérobait de petits pains sur une table de bois – un luxe qui ne se trouvait que dans les artères principales. Les odeurs et les couleurs étaient les plus agressantes : l’air portait les senteurs des produits plus ou moins frais mais aussi celles bien plus repoussantes de la masse humaine concentrée en un seul endroit et elle ne désirait absolument pas mettre pied à terre : que cet herbivore se charge de fouler l’eau mêlée de paille et de boue qui recouvrait les pavés inégaux, elle était très bien au sec !
Tout l’intéressait sans qu’aucune peur ne freine son intérêt que d’aucun pourrait qualifier de « purement professionnel » : elle ne se trouvait pas vraiment d’affinité avec les humains qu’elle considérait comme impropre à autre chose qu’à la consommation mais c’était là son devoir et elle sentait milles questions presser ses lèvres, interrogations qu’elle retint d’abord ; de peur d’éveiller un intérêt malsain, une surprise qui l’encadrerait à jamais d’une aura de méfiance ; avant de les glisser à l’oreille de son guide : qui, quoi, comment, elle voulait tout savoir mais ne lui présenta que celles qu’elle jugeait inoffensive : quelques noms d’animaux qu’elle peinait à identifier ou la signification d’une enseigne obscure dont la peinture était souvent écaillée. Elle garda pour elle les quelques précision qu’elle allait chercher sur les défenses de la ville, la hiérarchie interne à l’Empire et tout ce qui lui importait vraiment. Autant commencer une immersion profonde mais en douceur de la vie humaine pour mieux appréhender ses futures missions.
En elle-même, elle se sentait légèrement isolée du reste des humains et toutes ses précisions étaient comme autant de ponts entre eux et elle, ponts dont elle se servirait plus tard pour les enchainer. Mais chut, ceci est une autre histoire…

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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Mar 11 Fév 2014, 20:29

Aussi fort qu'il aurait pu l'imaginer, jamais Nuhadu n'aurait pu imaginer une telle réaction de la part de sa passagère. Alors que le lac gagnait en ampleur, les bras de la jeune femme cerclaient la taille du marchombre avec plus de force. Encore heureux que ce ne fut pas Roy, il lui aurait broyé les côtes dans une telle étreinte. Tout de même, quelle étrange façon d'être surpris ou émerveillé. Pour un peu, on aurait cru à de la peur, mais elle s'était montrée si courageuse jusqu'à maintenant..Serait-elle hydrophobe ? Il devait se faire des idées, voilà une peur bien extrême, d'autant plus pour quelqu'un qui s’essayait à voyager.
Quelque fut son mal, elle ne pouvait que le prendre  en patience, la ville approchait avec ses murs et ses bâtisses, sa foule et son odeur de poisson.. Finalement, il n'était pas si pressé de retourner à la civilisation. Parcourir les routes, le grand air, les paysages vierges et le silence d'un univers sauvage lui semblait bien plus accueillant. Non pas qu'il fut associable, pas totalement du moins. Mais il avait déjà eu sa dose de compagnie, il ne désirait véritablement, plus que du temps pour penser.

Penser, penser. Il ne faisait que cela depuis quelques temps. Il pensait pourtant que cela se calmerait avec la fin de sa formation. Mais tant que Lacrya nétait pas à ses côtés, il resterait désespérément obnubilé par elle. Comment oublier ce trou béant qu'elle laissait en lui chaque fois qu'elle était au loin ? Chaque fois qu'elle disparaissait du monde, l'abandonnant à ses doutes et ses craintes.
Fallait-il vraiment qu'ils ne puissent passer plus de quelques jours l'un avec l'autre ?

A qui revenait la faute en même temps ? S'il s'était tenu un peu, il n'y aurait pas eu cette course poursuite à travers l'empire, ni cette quête idiote pour la regagner, ni ce temps perdu à se lamenter.

Décidément, on ne se sortait pas si aisément de ses pensées. Heureusement, sa passagère le tira de ses songes pour lui poser de nombreuses questions. Même pour une première visite en ville, ses interrogations étaient parfois terriblement naïves. Débarquait-elle d'un autre monde ou bien? Heureusement, Nuhadu n'était pas d'humeur à se moquer et il répondit gentiment à toutes ses questions.
Il ne pouvait cependant pas empêcher ses inquiétudes de grimper. Il fallait bien qu'elle ait vécu en ermite dans une grotte pour manquer à ce point de connaissances élémentaires. Et pourtant, elle se comportait comme n'importe quelle Alavirienne le reste du temps. Avec un accent un peu particulier, certes.. mais il y avait bien des régions que Nuhadu n'avait pas visitées, qui sait comment l'on parlait par ci ou par là ? Peut-être même que certaines choses qui lui étaient courantes et évidentes n'avaient de sens en ces hypothétiques lieux. Le fait été pourtant qu'il ne devrait-il pas s'inquiéter de ceux qui pensaient en savoir assez, plutôt que de ceux qui veulent en découvrir plus.

Après avoir traversé un petit bout de la ville, et non ce n'était pas juste pour un peu de tourisme, Nuha fini par arrêter Kishi devant une modeste écurie. Le seul reproche qu'on pourrait vraiment lui faire était qu'elle ne soit pas dressée au plus près des portes, toutefois Nuha s'était familiarisé avec celle-ci. Sûrement parce que Roy était un bon ami du gérant.


-On descend ici, j'espère que la balade t'aura plu !

Il faut dire que même les cuisses du marchombre se sont endolories dans une si longue promenade. Difficile d'appeler ça un voyage, puisqu'il était revenu à son point d'origine. Kishi ne manque pas de piaffer de gratitude dès que le poids du marchombre s'efface de son dos, ce qui tire un regard faussement vexé à son maître, ainsi qu'une petite tape sur son fier museau.
Se pourrait-il qu'il porte trop d'affection à ce magnifique cheval ?


-Un coup de main ?


Il était loin d'avoir oublié que c'était la première fois à cheval de son invitée. Bien sûr, si elle n'avait pas été parfaitement à l'aise lors du voyage, elle avait tout de même réussi à grimper avec brio. Descendre ne devrait donc pas lui poser plus de problèmes, toutefois il se devait de le lui proposer. Par galanterie ? Eh bien.. on peut dire qu'il n'a pas été démuni d'une certaine éducation, donc il devait bien y avoir de cela.


-D'où as-tu dis que tu venais déjà?

[ Je vais essayer de me remettre dans le bain aussi vite que possible! Promis :3 ]

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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Sam 15 Fév 2014, 22:01

[c'est nul, désolée >>]

Après quelques longues minutes de déambulation et de questionnement, ils finirent par arriver devant un bâtiment dont l’odeur aurait fait fuir n’importe quelle créature normalement constituée. Des bruits de chevaux lui parvinrent et elle comprit sans réelle surprise que ces herbivores étaient aussi bruyants et puants que stupides. Qu’est-ce que les humains leur trouvaient pour les accueillir dans leur ville ? Ils seraient bien mieux dehors, au moins serviraient-ils à nourrir les prédateurs, seuls animaux qui présentaient un quelconque intérêt à ses yeux. En tant que proies bien entendu.
Sans rien dire, elle prit tout de même bonne note de corriger cela une fois qu’ils seront maitres de Gwendalavir. Ces bipèdes possédaient des jambes, s’ils étaient trop faignants pour utiliser celles de créatures inférieures, c’était qu’ils n’en avaient plus besoin. On pouvait les leur couper. Il parait qu’une des principales voies sanguines va vers les jambes, leur agonie sera sans doute un spectacle... d’une incroyable splendeur.

-On descend ici, j'espère que la balade t'aura plu !

Fantastique ballade en effet, elle avait mal partout, détestait déjà ce lac, elle mettait les pieds dans une ville puante et enfin...

-Un coup de main ?

On la prenait pour une faible. Elle ne savait pas si elle devait se réjouir que son déguisement soit aussi efficace ou si elle devait faire ravaler ces tresses à ce misérable être inférieur qui ne se prosternait pas devant sa supériorité.
Du calme, Lanthane, du calme.
Sa couverture n’allait pas faire long feu si elle se mettait à tuer tous les stupides humains qui n’avaient pas les yeux en face des trous. Et elle n’arriverait jamais à manger autant de viande avant qu’elle ne pourrisse, ce serait du gâchis. Encore que, pour la valeur qu’avait ces misérables vies humaines...
Alors qu’elle déclinait son offre d’un sourire poli mais légèrement crispé, elle descendit –certes disgracieusement- mais par ses propres moyens et s’épousseta. Elle espérait qu’elle n’allait pas conserver une odeur de cheval...
Il était étrange de se trouver au milieu de tant de bruyants humains, à leur hauteur... Elle se sentait étrangement vulnérable mais résista tout de même à l’envie de dégainer son sabre.
Ils seraient décidément bien mieux sans leurs jambes.

-D'où as-tu dis que tu venais déjà?

Immédiatement, son attention se focalisa sur cet individu qui se tenait à un pas d’elle. Elle avait été imprudente en ne laissant pas son gros animal entre eux deux mais cela n’était pas la question.
Ce qui aurait pu être ne comptait pas, elle devait seulement réfléchir au sens caché que pouvaient avoir ses paroles. Elle l’avait dit pourtant, et clairement. Ils s’étaient bien renseignés et, sauf cataclysme majeur récent, les montagnes de l’Est existaient toujours, elle les avaient vu de ses yeux.
Consciente que son silence qui commençait à s’étendre pouvait paraître suspect, elle cessa de le fixer et tenta de lui répondre avec un semblant de sourire.

« D’un petit village au pied des montagnes de l’Est. »

C’était pourtant simple à retenir, stupide lapin.
Une intuition la fit regarder autour d’elle mais aucune personne proche ne semblait leur porter la moindre attention. Pourtant, si quelqu’un devait lui sauter dessus, c’était sans doute maintenant qu’elle avait répété son erreur. Mais non, rien... Pas même un bruit de pas précipités. Cette attente lui rongeait les nerfs. Qu’ils viennent donc tâter de son sabre !
Peut-être devrait-elle prendre les devant en tuant directement ce petit insolent ? Elle attendit encore quelques secondes mais, visiblement, rien ne devait se passer pour l’instant. Mais bon, peut-être allait-il profiter de son sommeil pour prévenir les autorités armées de la ville. Peut-être oui, mais dans tous les cas, autant les laisser venir à elle. Elle ne pouvait tout simplement pas tuer ici-même un humain – quel dommage ! – alors qu’il était entouré des siens. D’autant qu’à part sa question, il ne faisait rien pour paraître menaçant et elle ne les pensait pas assez intelligents pour avoir une idée de piège. Et au pire, il serait toujours temps de se faire passer pour la victime... avant de massacrer tout le monde, bien entendu.
Discrétion, Lanthane, discrétion...
Elle reporta son attention sur le jeun homme.

« Je n’avais jamais vu une ville aussi grande. » ajouta-t-elle pour meubler la conversation et faire disparaître les quelques doutes qui avaient pu naitre dans l’esprit de son guide.

Elle retenait la leçon : à partir de maintenant – et si elle ne devait pas massacrer tous ces humains -, elle apprendrait seule. Elle ne doutait pas de venir à bout des quelques incohérences de ce système humain : après tout, il ne devrait pas être dur pour un esprit supérieur comme le sien d’analyser le comportement de ces animaux.

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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Ven 21 Fév 2014, 00:14

Décidément, il ne devait pas être facile d'entrer dans le cercle d'amis de cette jeune fille. Si elle refusait son aide avec un sourire qui aurait du ménager l’ego de Nuha, il n'empêche qu'elle semble toujours aussi tendue en sa présence. En même temps, comment lui en vouloir ? Ils ne se sont rencontré que peu de temps plus tôt et il n'a jamais été question qu'ils partagent plus que ce bout de route jusqu'à Al-Chen.
Cependant, le marchombre se sentait plus que mal à l'aise à l'idée de l'abandonner dans cette ville. La petite, parce qu'il ne pouvait plus la voir que comme une gamine perdue, avait montré tant de curiosité devant tant de choses qu'il aurait pu juger banales, qu'il doutait fortement qu'elle parvienne à survivre seule. De plus, il n'était pas rare que l'on se passe un peu d'argent pour vivre dans certains villages, peut-être ne s'attendait-elle pas à se payer ses repas.. Et Nuha n'avait malheureusement plus tant d'argent que ça sur lui, alors en prêter à la première personne venue.. C'était osé !


-C'est sûrement étonnant d'arriver en ville quand on a grandit dans un petit village. Enfin, si t'as rien de prévu, je peux bien t'offrir un verre avant de repartir. J'ai besoin de me reposer les jambes. Et puis, tu vas pouvoir me parler un peu de ce village, j'ai l'impression qu'il aurait de quoi m'étonner!

Il se cacha bien de montrer ses réelles intentions. En fait, il espérait profiter de ces instants pour s'assurer qu'elle sache où se trouver à manger, se loger et éventuellement trouver un travail. Elle avait peut-être l'air jeune, mais on la refuserait sûrement pas en tant que serveuse. Elle était sûrement plus du genre bagarreuse, mais présenter une jeune fille à Roy était hors de question, il s'en serait moqué et se serait moqué de Nuha. Son groupe ne prenait pas les premières fillettes venues. Certes, il avait recommandé Nea, mais il ne s'attendait pas tant est-ce qu'elle s'y essaie. Et puis, son tempérament aurait eu tôt fait d'impressionner le bourrin.


Contrairement à l'attente du Marchombre, la taverne n'était pas aussi tranquille qu'il l'avait espérée. Il n'avait pas besoin d'arriver devant la porte pour entendre le raffut des rires et des chopes que l'on frappaient sur les tables. Il aurait parié mille contre un que c'était Roy et sa bande qui se tenait derrière. Il avait pourtant cru qu'il partait aujourd'hui lui aussi, n'avait-il pas trouvé de travail ? Pour le coup, peut-être valait-il mieux qu'il ne fasse pas entrer At. Il n'y avait aucune chance que cette bande de bourrin l'aide à comprendre la ville. Toutefois, ils étaient arrivés jusque là, à quoi bon faire demi-tour ? Et des tarés, elle allait en rencontrer dans l'Empire, autant l'y habituer tout de suite.

-Je dois te prévenir.. ça m'a l'air particulièrement animé aujourd'hui.

Il essaya de lui offrir un sourire engageant, mais lui même ne savait pas trop à quoi s'attendre. Enfin si, il le savait justement. C'était sans doute pire au fond. Mais d'un autre côté, ça ne serait que de bonnes choses ! Un peu gênantes, mais de bonnes choses.
Il poussa donc la porte en inspirant un coup et entra dans l'auberge. En effet, il y avait un sacré monde et bien des visages connus dans le tas. La bande de Roy et un groupe d'hommes qu'il ne connaissait pas s'était rassemblés autour d'une table. Ça s'exclamait suffisamment fort pour deviner qu'un jeu était en train de se dérouler. Mais quel genre de jeu pouvaient-ils faire ? Curieux, Nuhadu vint observer par dessus les épaules. Eh bien ça, Roy qui défiait un pauvre bougre au bras de fer. L'homme semblait peiner particulièrement et les piécettes qui se trouvaient devant lui étaient sans doute à l'origine de sa motivation. Mais sa posture était des plus défavorables, aucun doute que Roy retardait l'échéance volontairement. Dur à croire que ce guerrier brun n'avait pas de sang de Thül avec la force qu'il exhibait.

-Hey mais ! T'es déjà de retour Nuha? On te manquait c'est ça ?

L'exclamation eut le mérite de relever les yeux de la moitié de l'assistance sur le jeune homme tressé. Diable, c'était gênant. D'autant plus que la têtes de la bande changeait souvent et qu'il n'en connaissait vraiment que trois ou quatre. Les autres étaient peut-être passagers, mais le traitaient déjà comme un frère à cause de ses liens avec leur chef. D'ailleurs, le chef aussi avait vivement tourné la tête, la mine joyeuse.

-Ah, mon petit Nuha ! Ne bouge pas, j'en fini ave...

Manque de bol pour l'insouciant guerrier, son adversaire n'avait pas perdu espoir. Profitant de l'inattention soudaine de la brute, il avait puisé dans ses dernières ressources et était parvenu à renverser la tendance. Sans doute savait-il que cette chance ne durerait pas, car il abattit vivement le poing de Roy sur la table, sans fanfaronner. Cette belle action eu l'exploit de montrer à Nuhadu le visage jovial de son vieil ami passer à la décomposition la plus total. Normal pour quelqu'un qui n'aimait pas perdre.

-Fichu fils de Tss'lich ! T'a-t-on  jamais appris la plus petite syllabe du mot honneur ? Je vais t'en faire bouffer des bassesses !

Il fallut bien plus d'un homme pour le retenir, ainsi que pour arrêter la tête brûlée qui lui faisait face. Cet homme espérait-il vraiment pouvoir battre cette montagne de muscles ? Il faut bien des fous de toutes les espèces.
Nuhadu jeta toutefois un regard derrière lui, pour voir si tout ce remue ménage n'avait pas fait fuir At.

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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Lun 24 Fév 2014, 11:02

Toujours sur ses gardes, elle répondit à ses prochaines paroles d’un vague hochement de tête en résistant de son mieux à son envie de l’égorger. Il ne pouvait être le cerveau de l’organisation, s’était-elle dit en l’observant attentivement, alors mieux valait le suivre le temps de trouver les hauts-gradés. Avec son allure de jeune dégingandé irresponsable, elle l’imaginait très mal au sommet d’une organisation qui aurait entendu vent de son arrivée... Ou alors elle n’avait vraiment rien à craindre de ses magouilles. Elle le suivit à la trace, tachant d’éviter le contact avec ces primitifs puants et surveillant de près ses affaires depuis qu’elle avait vu une main trainer d’un peu trop près vers les marchandises d’un des étals. De vraies sangsues ces humains...
Ecœurée par ce comportement qu’elle considérait comme malsain – les individus d’une même espèce ne s’entretuent pas : c’est contreproductif. Ce privilège était réservé aux créatures supérieures dans son genre – elle enregistra cependant ces données sur la ville. Elle n’était à présent que pure analyse, ne tenant surtout pas à se faire submerger par le flot de sensations qu’elle ressentait. Dégoût, curiosité, soif de sang et méfiance... Un cocktail diabolique pour qui ne s’en méfie pas.
Mais le pire était encore à venir : à une dizaine de pas de l’endroit qui semblait être leur destination, un concert de cris, de rires et de chansons paillardes les accueillis.

-Je dois te prévenir.. ça m'a l'air particulièrement animé aujourd'hui.

Sans blague ! Et pourtant ils continuaient de se diriger vers ce bâtiment... Il avait peut-être une forme de courage ce nuage, à moins que ce ne soit qu’une envie suicidaire. Quoi qu’il en soit, elle restait sur ses gardes : cette ville était plus étrange que ce à quoi elle s’attendait...
Quand il entra dans l’auberge, elle l’attendit à la porte, souhaitant avant tout examiner son environnement surtout lorsqu’il paraissait aussi hostile. Il se dirigeait vers une table entourée d’une foule hurlante qui lui fit immédiatement horreur. Néanmoins, ce nuageux individu ne semblait pas repoussé par une telle attitude, juste curieux, ce qui confirma son statut d’imbécile dans son esprit. Comment pouvait-on être attiré par ça ? Plus elle en voyait et plus elle était intimement convaincue que, sans gardien pour les exploiter, ces humains sombraient dans une déchéance sans bornes. Vu comme cela, ils lui faisaient presque pitié... Pour peu qu’on puisse prendre en pitié des stupides mollusques que l’instinct pousse au-delà de toute démence...
Consciente des regards curieux qui lui brûlaient le dos, elle finit par pousser la porte de l’établissement mais continua à se tenir loin de ces individus. Observant le peu d’autres tables qui étaient occupées, elle nota les attitudes des humains en se notant de les comparer avec celle de son guide avant de décider lesquelles elle allait adopter. Elle espérait seulement n’être pas tombée sur un excentrique. Avec les compagnons qu’il avait, elle en doutait. A moins que toute l’humanité soit tombée aussi bas...
Il était grand temps qu’elle y mette un peu d’ordre !

Déjà, du bruit provenait du groupe de débauchés, attirant son attention en réveillant sa méfiance. Le cerveau de l’organisation était-il parmi eux ? Venaient-ils de décider d’une stratégie d’attaque ? Si c’était le cas, ils étaient bien mal avisés de le lui annoncer en hurlant ainsi.

-Hey mais ! T'es déjà de retour Nuha? On te manquait c'est ça ?
-Ah, mon petit Nuha ! Ne bouge pas, j'en fini ave...
Un grand choc retentit, immédiatement suivit d’un silence pesant. Allons bon, quel était donc...
-Fichu fils de Tss'lich ! T'a-t-on jamais appris la plus petite syllabe du mot honneur ? Je vais t'en faire bouffer des bassesses !

Elle ne savait pas ce qui se déroulait, mais la situation échappait visiblement à tout contrôle. Heureusement, la violence qui se dégageait de la montagne de muscles n’était heureusement pas dirigée contre elle et ses camarades avaient tôt lieu fait de le retenir. Parfait, qu’ils perdent leur temps et leur énergie en disputes internes pendant qu’elle tissait sa toile, ils n’en seront que plus faciles à berner.
L’appellation l’avait faite tiquer au premier abord mais un rapide coup d’œil sur la situation lui apprit qu’il ne s’adressait aucunement à elle : elle n’avait donc rien à craindre. L’expression semblait assez répandue pour qu’aucun des membres de l’assistance ne soit réellement choqué, ce dont elle prit bonne note. Une fois rassurée, elle sentit monter en elle comme un sentiment de fierté qu’elle cacha avec soin : l’idée que son peuple ait à le point marqué les esprits de ces sales esclaves ait été à ce point marqué par le sort que son peuple lui avait fait subir était particulièrement agréable.
Nuha se retourna vers elle, ce qui la fit hésiter un moment mais il paraissait plus curieux que belliqueux aussi haussa-t-elle les épaules. Elle ne pouvait pas lui cracher en face son dégout sur leur comportement aussi restait-elle vague et se montrait-elle attentive. Une fois que ce petit différent ce fut régler par une revanche en bonne et due forme qui se termina sur la victoire très attendue de la brute impulsive et ils se dirigèrent vers une des nombreuses tables libres. Elle était surprise qu’ils soient toujours autorisés à rester ici avec tout le bazar qu’ils y mettaient. Le patron devait être sous la contrainte de ces hommes... Ou alors ils étaient tous comme cela...
Elle prit le parti de l’invisibilité et, après un instant d’hésitation, commanda la même chose que le petit nuage : si c’était supportable par son organisme, alors elle-même pourrait le digérer en toute logique. La serveuse leur apporta les deux chopes et s’éloigna avec un sourire aguicheur pour son compagnon que Lanthane ne remarqua absolument pas. Concentrée sur son verre, elle en huma le contenu avec prudence avant de se reculer avec une expression de surprise sur le visage. Elle devait vraiment avaler ça ? Ce genre de mixture, à l’odeur, devait tuer toutes les plantes sur un rayon d’un demi-kilomètre...
Nuha la regardait avec amusement en avalant son propre verre semblerait-il sans la moindre difficulté... Il y avait bien la même chose dans les deux ? Elle porta la chope à ses lèvres et bu prudemment une petite gorgée. Infect. Elle grimaça en se retenant de vomir et tenta une autre gorgée avant de renoncer : elle ne pourrait pas avaler une goutte de plus de ce qu’il y avait dans ce verre. Sa réaction semblait amuser son vis-à-vis, ce qui méritait presque une bonne correction. Presque, car elle s’était promis de ne pas faire d’éclat... avec autant de témoins.
Ils poursuivirent leur conversation, portant surtout sur sa vie avant leur rencontre. Elle inventa de petits détails selon ce qu’elle avait pu voir et faire en entrant dans la ville : elle construisit un petit village au creux d’un renfoncement dans la chaine de montagnes, où l’activité principale était l’élevage de coureurs des montagnes et la chasse aux petits mammifères. Elle raconta son ennui fictif qui l’avait conduit à apprendre le maniement du sabre – elle déguisa sa maitrise parfaite en une vague connaissance : autant ne pas dévoiler toutes ses cartes à ses ennemis. Au fur et à mesure que son voisin déblatérait – elle avait enfin réussi à en faire le principal sujet de conversation et l’écoutait avec attention pour déterminer avec plus de précision la vie citadine -, elle avait réussi à avaler quelques gouttes de plus de ce breuvage mystérieux et commençait à se détendre. Elle sentait une douce chaleur monter dans sa gorge et engourdir ses muscles petit à petit. Elle ne tenait pas l’alcool.
Elle finit par se rendre compte de son état lorsqu’elle recommença à penser en ts’liche et entendit un sifflement aigu sortir d’entre ses lèvres. Profitant de la surprise de son voisin et espérant ne pas s’être découverte, elle porta la main à la lame et la tira à demi tout en plongeant sa main dans son sac à la recherche de ses sachets d’herbes. Elle ne les sorti pas : le poison voulait déjà dans son sang, sans quoi il ne ferait aucun effet, elle avait donc besoin de savoir précisément ce que contenait ce verre. Pourtant, lui-même ne semblait pas affecté... Il devait avoir un contrepoison sur lui, et elle comptait bien le lui prendre !

« Qu’est-ce qu’il y avait dans mon verre ? »


Sa main tremblait, ce qui lui fit horreur : elle détestait se sentir faible à ce point... Ca la rendait violente...

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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Lun 24 Fév 2014, 18:15

La jeunette ne semblait pas particulièrement enthousiaste ne pénétrant ce lieux. A peine surprenant quand on voit combien elle a été distante avec Nuha seul. Toutefois, elle semblait prendre sur elle pour se montrer courageuse, un fillette qui avait des tripes aurait dit Roy s'il n'avait pas été occupé à contester le duel qu'il venait de perdre. Heureusement, son adversaire finit par céder et accepter une revanche. Il faisait bien, car l'imposante épée de Roy n'était pas spécialement loin de son propriétaire.
Profitant que la bande de bourrins était occupée, Nuha emmena sa nouvelle amie d'un jour à une table laissée vide. Il n'avait pas eut le temps de s'asseoir qu'un violent choc s'entendit sur la table qu'il venait de quitter des yeux. Eh bien, quand Roy se venge, ce n'est pas dans la dentelle, d'autant plus quand sa fierté est en jeu. Pourtant, c'était bien sa faute s'il avait baissé sa garde. L'abus de confiance de Roy était à la fois une grande qualité et sa faiblesse la plus évidente. Il n'avait certes peur de rien, mais il n'en devenait que plus négligeant. Heureusement qu'il ne s'autorisait pas un tel laxisme dans un combat, sinon Nuha n'aurait sans doute jamais pu le rencontrer.


-Eh bien, vous revoilà plus tôt que prévu finalement ! Que puis-je prendre pour vous et votre amie?

Cette bien jolie voix était celle de la serveuse, qu'il n'avait certes pas pu oublier en une demi-journée. Sans doute ne l'aurait-il pas pu en une semaine au vu de certaines circonstances. Amateur des bonnes blagues, Roy s'était mit en tête de raconter des romances à la serveuses et quelques terribles secrets trop bien fabriqué sur le tressé, tant et si bien qu'elle en était venu à lui lancer œillades appuyées et des sourires désarmants. A force, Nuhadu en était venu à se sentir honteux pour le moindre battement de cœur raté qu'elle pouvait lui provoquer. Il n'avait pas encore eu l'occasion d’éprouver la jalousie de Lacrya, il faut dire qu'ils avaient assez de sujets de disputes sans ajouter ça, aussi ne s'osait-il pas à jouer le jeu, ne serait-ce qu'un peu.
Pourtant.. Comment rester polis et distant en même temps ? C'étaient là des choses que Nuhadu n'était pas habitué à mêler et qui le torturaient sévèrement quelques jours auparavant. Aujourd'hui, il commençait tout juste à se roder à l'exercice.

-Je me contenterais d'une bonne chope de bière, merci.

Son amie sembla hésiter un moment avant de demander la même chose que lui. Se pourrait-il qu'elle n'ait pas l'habitude de boire avec ça ? Tout compte fait, ce ne serait pas étonnant de la part d'une fille normale.. mais avec ce sabre qu'elle portait, il la pensait clairement différente de la bonne fille à papa. Roy ne tarda pas à venir s'installer à leur table, alors qu'ils étaient servis et que la serveuse offrit à Nuhadu un autre de ces sourires qui lui donnaient envie de disparaître derrière un voile de tresses. Lacrya lui avait-elle jamais sourit comme ça ? Oh, certainement à l'époque de leur rencontre. C'était un tel moment d’insouciance...

-Alors que nous vaut ce retour précipité et qui est donc ton amie?

Loin de cacher sa curiosité, le colosse brun posait clairement ses questions, jaugeant la jeune femme du regard avec un large sourire amical. Après de rapides présentations, Roy et Nuhadu posèrent quelques questions à At, notamment sur son village et sur sa dextérité au sabre. Bien qu'elle restait peu loquace, il se dit beaucoup de choses et pas seulement sur sa vie mais aussi sur la ville et l'Empire en général. La curiosité de la jeune fille était pour ravir Roy qui ne manquait pas d'anecdotes et d'histoires.
Les deux hommes s'amusaient aussi de la voir découvrir la bière et de la prudence avec laquelle elle y trempait les lèvres. Ah ça, il faut reconnaître que le goût n'est pas la première qualité de la bière, mais ça réchauffait !
Mais alors que les joues d'At se mettaient à rosir légèrement, elle émis un curieux sifflement. Était-ce une façon d'en déprécier le goût ? Nuhadu se le demandait quand la petit saisit son sabre et commença à sortir sa lame avec un air sauvage dans le regard.


« Qu’est-ce qu’il y avait dans mon verre ? »


N'avait-elle jamais entendu parler de bière avant ? Même la plus pur des pucelles avait déjà du entendre parler de l'alcool en général et surtout des effets qu'il pouvait avoir sur les hommes, comme sur les femmes. Sa colère était étrange, mais toutefois concevable si l'on devait considérer son ignorance. Nuhadu s’apprêtait à lui répondre quand Roy s'indigna sur le champs.

-Par quelle stupide Raïs as-tu pu être élevée pour en même pas connaître la bière ? La boisson des dieux ma petite ! On dit que Merwyn y faisait tremper sa barbe pour la garder belle et robuste ! Ah, aucun homme ne peut se former sans ce met ! Je vous le dis, les hommes qui n'en ont pas ne sont pas des Hommes!

-Ce n'est pas vraiment le moment d’exagérer Roy. Écoute At, il n'y a pas de raisons de t'inquiéter, je bois exactement la même boisson que toi. La bière est vraiment un alcool faible.

-Ah ça, et tu dois pas être bien robuste pour t'emporter avec de si petites gorgées. J'en ai vu des femmes peu dégourdies, mais là t'as toucher le gros lots Nuha. Même un Raïs tient mieux l'alcool qu'elle!

Un rapide regard sur le nez rouge de Roy apprit à Nuha que lui aussi devait approcher ses limites.  Certes il n'en perdait pas encore l'usage de sa langue, mais son ton léger et plutôt offensant en disait long. Cependant voilà, même si At n'était pas une maître de l'art du sabre, il n'en restait pas moins qu'elle avait une arme en main et qu'elle pouvait blesser quelqu'un. Il valait mieux la résonner avant que son sang ne s'échauffe plus.

Si c'est vraiment trop fort pour toi, on peut te prendre de l'eau ou du lait..

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MessageSujet: Re: Quelques points de chair perdus dans l'immensité des plaines [NUHADU]   Mer 26 Fév 2014, 19:44

Plus que la menace de son sabre, c’était sa question qui semblait laisser Nuha interdit et elle se demanda quelques instants si elle n’avait pas fait une erreur. Elle détendit légèrement ses muscles dans une volonté de parlementer mais le mollusque qui s’était invité à leur table se chargea de lui répondre d’une manière tellement insultante qu’elle failli lui ouvrir la gorge sans lui laisser le temps de finir sa phrase. Si cela n’avait tenu qu’à elle, elle n’aurait même pas laissé ce puant individu s’installer à leurs côtés mais son guide semblait y tenir aussi ne l’avait-elle pas tué dans l’instant. Mais il y avait des limites à ne pas dépasser...


-Par quelle stupide Raïs as-tu pu être élevée pour en même pas connaître la bière ? La boisson des dieux ma petite ! On dit que Merwyn y faisait tremper sa barbe pour la garder belle et robuste ! Ah, aucun homme ne peut se former sans ce met ! Je vous le dis, les hommes qui n'en ont pas ne sont pas des Hommes!

La comparer à un de ces animaux qui valaient pour elle moins que des humains – car ils avaient mauvais goût – était insultant.
L’appeler « petite » alors qu’elle lui était infiniment supérieure était offensant.
Prononcer devant elle le nom de l’ennemi juré de sa race était outrageant.
Ne se souvenir de lui que pour un détail aussi futile que pour la qualité de sa pilosité était les rabaisser plus bas que terre et méritait la mort.
Lui expliquer que, pour ce faire passer pour une des leurs, elle devait avaler une horreur pareille la révulsait.
Le tout enseigné par un tas de chair humaine dont l’haleine n’était pas sans rappeler celle d’un Rai mort depuis trois jours. Des objections à sa condamnation ?

-Ce n'est pas vraiment le moment d’exagérer Roy. Écoute At, il n'y a pas de raisons de t'inquiéter, je bois exactement la même boisson que toi. La bière est vraiment un alcool faible.

Un alcool ? Elle n’en avait jamais entendu parler.
Elle jeta un regard soupçonneux à son verre à moitié vide et décida de ne plus toucher à une goutte de ce répugnant liquide. Malheureusement, d’après les dire de ce tas de muscles sans cervelle, la consommation de cette boisson était un rituel humain répandu et elle allait avoir du mal à s’y soustraire. Ces humains ne semblaient pas vraiment incommodés par ce poison, peut-être s’y étaient-ils adaptés au cours de leur vie... Dans ce cas là, autant s’y mettre aussi, non ? Non, elle avait assez donné de sa personne pour le moment et ne voulait pas aller à l’aveugle dans une direction dont les premiers pas étaient aussi inquiétants. Cette molle chaleur qui serpentait dans ses veines lui faisait horreur et elle ne comprenait pas comment ces humains pouvaient y prendre goût. Déjà, l’odeur fétide qui se dégageait de l’homme s’accentuait au fur et à mesure que son verre se vidait et il ne fallait pas être un génie pour faire le lien entre les deux.

-Ah ça, et tu dois pas être bien robuste pour t'emporter avec de si petites gorgées. J'en ai vu des femmes peu dégourdies, mais là t'as touché le gros lot Nuha. Même un Raïs tient mieux l'alcool qu'elle!

Ce bougre avait son franc-parler – qui s’était démarqué du calme de Nuha dès qu’il avait rejoint la table – qui n’était sûrement pas pour lui permettre de vivre plus longtemps. Elle s’étonnait d’ailleurs qu’il ait atteint un âge aussi avancé, ce qui la rendit à la fois prudente et agacée : allons bon, personne n’avait pu lui trancher la gorge à ce bipède puant ? Sa main se crispa sur son sabre tandis que sa voisine revenait sur la table pour éviter de détruire une de ses affaires. Sa première journée s’annonçait bien !
Elle laissa son regard errer dans la pièce, autant pour déterminer son pourcentage de chance de se faire arrêter si elle assassinait cet homme que pour se dissuader de le faire. Les visages rougis par l’alcool de leurs voisins lui confirma qu’aucun n’était en mesure de se battre si cet état était révélateur de leur degré de sobriété – qui pour l’instant devant frôler les négatives...
Ses yeux s’échouèrent finalement sur Nuha qui la regardait toujours se battre avec elle-même et lui proposa gracieusement une solution de repli.

Si c'est vraiment trop fort pour toi, on peut te prendre de l'eau ou du lait..

Sauf que, malheureusement pour lui et ses bons sentiments, recevoir de la compassion d’êtres humains n’était pas dans les cordes de la jeune ts’liche. Elle vit dans son acte un geste de pitié qui lui fit horreur et le fixa d’un regard noir avant de prendre une grande inspiration pour se calmer. Il fallait qu’elle tue quelqu’un, mais elle ne pouvait vraisemblablement pas le faire en ville, aussi allait-elle devoir s’éclipser quelques instants. Elle se redressa lentement en relâchant son sabre avec regret et adressa son sourire le plus acide à cette parodie d’être humain qui finissait de vider sa chope et manifestait sa joie d’un rot sonore. Après un salut général d’une sécheresse qui frôlait les limites de la politesse, elle sortit sans se retourner et se fondit dans la foule, remontant le courant pour se diriger vers les portes de la ville. En quête d’une proie.  
Après quelques secondes de silence, Roy sembla avoir compris que la jeune fille sans expérience gustative s’en était allée en laissant la moitié de son verre tiédir sur la table. Il attrapa la chope d’une main tremblante et la vida d’un trait avant de la reposer avec force.

-Faut pas gâcher ! Beugla-t-il en guise d’excuse à l’adresse de son compagnon.

Il héla un de ses compagnons qui passait près de leur table pour lui raconter avec force propos décousus combien la bière était importante, cette drôle de fille qui ignorait les principes les plus basiques de la vie – à savoir boire, boire et savourer une bonne bière – tout cela accompagné de beaucoup de grognements incompréhensibles des deux côtés.

[Si tu suis lanthane ne t’attends pas à la voir tuer quelqu’un : elle se contentera d’un animal genre un chien ^^ Sinon, au plaisir de te revoir quand tu veux Very Happy]
[Après discussion, ce rp est fini!]

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