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Le Pacte VS L'Ordre
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 Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -

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Crystal Fil'Essien
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MessageSujet: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Ven 13 Sep 2013, 19:23

Tu lèves le regard. Le soleil commence à peine à pointer son nez, donnant une jolie couleur rose-orangée aux quelques nuages qui parsèment le ciel ça et là. Sur ce fond aux couleurs de l’aube se découpe une ville en ombre chinoise. Al-Chen. La ville où nous avons vécu deux merveilleuses années, malgré la mort récente de Papa, malgré notre fuite. Deux superbes années chez un couple qui avaient eu pitié des deux adolescentes perdues, terrifiées et brisées que nous étions. Chez eux, nous nous sommes petit à petit reconstruites, main dans la main, et nous avons réussi, même si nous étions loin de tout ce que nous avions connu.


*Tu vas passer les voir ?*
*Je pense oui, quand je suis partie, je leur ai promis que je reviendrai.*
*Mais... ça va aller ? Ça va pas te rappeler trop de souvenirs ? *
*Si. Mais uniquement des merveilleux souvenirs. *
*Mais je te connais, tu vas encore être super nostalgique et te seras toute déprimée ! Ou alors, comme l’autre fois au lac, tu vas flipper et tu vas faire n’importe quoi... Je m’inquiète pour toi moi !*
*J’ai changé, j’ai évolué depuis cet incident. Et puis, je leur avais promis que je reviendrai. *
*Bon. Si tu le dis. *


Un sourire se dessine sur tes lèvres et tu lances ta jument au galop. Brume, une jument de l’Académie à laquelle tu t’es attachée finalement.
Rapidement, tu arrives aux portes d’Al-Chen. La ville s’étend devant, aussi belle que lorsque tu l’as quitté, il y a déjà plus de deux ans. Tu trouves rapidement ton chemin, reconnaissant chaque recoin que nous avions exploré comme si tu n’étais jamais partie. Tu arrives devant une charmante petite maison couverte de fleurs multicolores. Il s’agit en fait d’une ancienne ferme abandonnée. Elle tombait en ruine et menaçait de s’écrouler quand un jeune couple est arrivé et est tombé amoureux de cette misérable ferme. Ils l’ont acheté pour presque rien et ont travaillé dur pour la remettre sur pieds et ainsi lui donner une deuxième vie.
Tu descends de cheval, attaches ta jument à un poteau sur le côté et tu t’avances vers la porte où le nom “Halïan” est inscrit. Iris et Zohr Halïan. Tu frappes à la lourde porte en bois massif et tu attend. Une femme ne tarde pas à t’ouvrir, une jolie petite fille aux bouclettes blondes dans les bras. Vos yeux s’agrandissent et les mots franchissent vos lèvres au même moment.

- Crystal ?
- Iris ?

Vous marquez un arrêt, aussi étonnée l’une que l’autre, avant de partir dans un fou rire. La crise passée, vous tomber dans les bras l’une de l’autre, en faisant attention, bien sûr, à la pauvre petite qui se retrouve coincé entre vous deux.

- Crystal ! Je savais que tu tiendrais ta promesse ! Je te présente notre fille, Lëssien.

Un sourire étire tes lèvres devant la ressemblance avec notre nom de famille et Iris répond à la question qui brille dans ton regard.

- En souvenir de vous deux, je voulais qu’elle ait un petit bout de chacune.

Elle ponctue sa phrase d’un clin d’œil avant de t’inviter à entrer.


~ * ~


- Crystal ! Tu peux aller t’occuper de la table là-bas ?
- Oui, oui tout de suite !

Tu passes un dernier coup d’éponge sur la table que tu es en train de nettoyer avant de te précipiter vers la table que t’indique ton patron, ou deux jeunes femmes venaient de s’asseoir. Après avoir pris leur commande, tu vas débarrasser une table qui vient de se libérer. Et après, tu irais apporter les plats aux clients, pour nettoyer encore une table, prendre une nouvelle commande, etc. Cela n’en finit plus ! Les gens défilent sans cesse et tu n’as pas une seconde pour souffler. Parce que tu n’es pas venue à Al-Chen juste pour visiter ou revoir Isis et Zohr, non, au départ, tu es venue pour trouver du travail. En effet, depuis quelques temps, tu songes à la possibilité de t’acheter un cheval... sauf que pour le moment, c’est plutôt une impossibilité puisque tu n’as pas du tout assez d’argent. Du coup, pour y remédier, tu as décidé de retourner à Al-Chen pour travailler. Du travail, tu en as trouver assez rapidement. Le patron d’une auberge très fréquentée, Le brochet glouton, t’a tout de suite engagé arguant que “y’a jamais assez de monde dans c’t’auberge pour s’occuper d’tous les clients”. Aussitôt dit, aussitôt fait tu t’es retrouver une éponge dans les mains pour aller nettoyer une table. Au moins, c’est bien payé et le patron est sympa.

- Crystal ! Va servir l’homme qui vient d’entrer ! Il est a la table du fond !
- J’y vais !

Tu donnes leurs chopes de bières à deux clients et tu files vers la table du fond où un homme seul est installé.

- Qu’est-ce que je vous sers ?
- Une assiette de soupe s’il-te-plait Crystal.

Tu poses un regard plus que surpris sur l’homme assis dans l’ombre. Sa voix résonne dans ta tête comme venu d’un vieux rêve que tu aurais fait il y a des années... Il relève la tête, mettant ainsi son visage à découvert. Ton cœur rate un battement. Tu restes figée, bouche bée, incapable du moindre mouvements, fixant l’homme du bleu de tes yeux. C’est impossible, tu n’y crois, cela ne peut pas être...

- Oui Crystal, c’est bien moi.

Il t’offre un sourire. Un sourire énigmatique et mystérieux, comme toujours. Un seul mot parvient enfin à franchir tes lèvres.

- Færen.

Le sourire de l’homme s’agrandit, un grain de malice en plus.

- Tu sais, si tu restes plantée là à me regarder avec cette tête de poisson hors de l’eau, ton patron ne va pas être très content... en plus je commence à avoir faim moi !

Tu te ressaisies et esquisses un sourire.

- Euh... oui oui bien sûr !


~ * ~


Il fait nuit depuis quelques heures déjà quand tu finis, enfin, ton service. Tu sors de l’auberge pour marcher un peu dans la ville et laisser tes pensées revenir à cet homme que tu as croisé quelques heures plus tôt.
Færen Eldür.
L’homme, le marchombre, qui t’a montré la Voie. Celui avec qui tu as passé un an de ta vie avant qu’il ne te laisse devant les portes de l’Académie.
Que fait-il là, aujourd’hui ? Comment t’a-t-il retrouver ? Il n’a rien voulu te dire... Juste qu’il te retrouverait dans peu de temps pour tout t’expliquer.


~ * ~


- Crystal ! Je dois y aller, je dois régler deux trois trucs... je te rejoindrais après, je dois te dire quelque chose d’important... mais pas tout de suite.
- Mais qu’est-ce que tu racontes ?
- Je t’expliquerai tout, c’est promis. Mais pas ici, pas maintenant.
- Pourquoi ?
- Je te l’ai dit, je dois régler un truc... attend-moi, on se reverra bientôt.
- Je ne pourrai pas t’attendre Færen. Je vais devoir rentrer, j’ai un examen qui m’attend et un nouveau cours juste après.
- Je te retrouverai après ton examen alors. Je viendrai te chercher. A bientôt Crystal !


~ * ~


Il s’était envolé. Pouf, comme ça, disparu dans un courant d’air.


*Il a intérêt à s’expliquer quand il reviendra... sinon il va me le payer...*
*Avoue que tu étais quand même bien heureuse de le revoir !*
*Leïla, ce n’est pas le moment. Que peut-il bien avoir de si important à me dire ? Et qui le rende si inquiet ? J’ai bien vu qu’il avait l’air soucieux...*
*Je n’en sais rien... Je n’ai jamais réussi à le percer à jour ce type...*


Tu pousses un soupir. Færen a toujours été un mystère... mais il s’est si bien occupé de toi... Nouveau soupir. Tu es tellement perdue dans tes pensées que tu ne remarques pas la silhouette qui avance en sens inverse dans l’ombre de la rue. Regardant le bout de tes pieds en maudissant Færen d’avoir ainsi troubler ta soirée, tu la percutes de plein fouet et manques de vous faire tomber à la renverse. Tu te ressaisies rapidement relevant la tête en direction de la personne que tu viens de bousculer, confuse.

- Oh pardon ! Je suis vraiment désolée... je vous ai fait mal ?

Et voilà ! En plus, tu rentres dans les gens... ta soirée ne pourrais pas être pire...

__________________________________________



~ disponible pour RP le week-end uniquement ~


Dernière édition par Crystal Fil'Essien le Dim 18 Jan 2015, 20:49, édité 1 fois
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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Sam 14 Sep 2013, 11:01

Al-Chen, une bourgade sans intérêt si ce n’est son lac. Un empilage aléatoire de demeures branlantes et quelques rues placées par hasard, comme si seul le passage d’un ouragan avait réussi à creuser un sillon dans la masse informe des bâtiments délabrés. Seul le centre ville était présentable, et encore ! Seulement quand on le comparait au reste de la cité ! Là en effet, quelques pavés se fondaient la terre battue comme des trésors d’un temps reculé que le passage régulier des Hommes découvre peu à peu. Comme par respect pour ces trouvailles inattendues, les façades des appartements semblent un peu moins miteuses – juste un peu – mais aucune d’entre elles ne tranche comme étant la demeure d’un bourgeois ou d’un seigneur comme il devrait en avoir un. Ici bas, dans la fange et les puces, les riches se réfugient à la capitale tandis que les responsables pataugent en compagnie de leurs sujets.
Depuis un peu moins d’un mois elle déambulait dans ses rues, observant avec avidité, presque avec gourmandise, la vie des humains qui l’entourent. Etre en permanence au milieu d’eux ne lui pose désormais plus de problème, sauf peut-être aux heures des repas, mais elle réussissait la plupart du temps à trouver – sans acheter – quelques chose à se mettre sous la dent… le reste du temps, la ville se soulageait d’un petit délinquant orphelin à qui personne ne prêtait attention. Elle les cueillait sans mal, les repérant près des étals des marchands puis les filant, ni vue ni connue, à travers la foule qui s’écoulait autour d’elle comme un fleuve sinueux dans lequel elle se fondait sans mal. Enfin, au détour d’une ruelle crasseuse et d’un coupe-gorge, son cœur et son estomac chantaient et le repas était servi. Rien de bien gouteux, sans doute, mais elle ne faisait pas la difficile : elle ne pouvait s’attendre à trouver des humains de première qualité, car ceux-ci n’avaient jamais su s’entretenir correctement.
La preuve en était les commerces chancelants qui s’ébattaient le long de l’artère de la ville, leurs propriétaires défendant férocement la moindre parcelle de terrain qui ferait penser à l’acheteur potentiel qu’il avait absolument besoin de ses marchandises et que ce marchand-ci, endimanché aussi ridiculement que son voisin, n’en était pas moins un meilleur fournisseur. Et de la marchandise, ce n’était pas ce qui manquait dans ce carrefour de l’empire, véritable centre commercial où le plus étonnant était que la municipalité n’en prenne pas une généreuse part. Elle avait ainsi vu défiler des étoffes douces et colorées à deux pas d’un tas de nippes volées sur des cadavres et dont les moins aisés se servaient en échange que quelques piécettes dont l’éclat était masqué par l’ombre crasseuse de la ruelle, des plats épicés dont l’arôme se rependait dans la rue et alléchait les sans-le-sou, des animaux exotiques pour la plupart en cage et dont elle avait envié un énorme lézard à la langue de crapaud dont le marchand vantait les qualités sous le nom de « gobeur d’Ombreuse ». Ombreuse…
Quand elle avait posé une question sur ce qui allait se révéler être une forêt emplie de mystères, vendeur et acheteurs l’avaient observée avec un mélange de pitié et de dédain qu’il l’avait fait se redresser pour paraître sous son jour le plus menaçant et, miraculeusement, les réponses s’étaient précipitées, se contredisant toutes mais s’accordant sur un seul point : ce n’était pas un endroit où mettre les pieds. Avec un demi-sourire et une ridicule courbette, elle les avait remercié de leur intérêt désintéressé pour sa question et avait poursuivi son chemin non sans percevoir leurs soupirs de soulagement. La magie d’une lame bien affutée…
Ombreuse… Une forêt emplie de ténèbres et de légendes où le moindre fou osant s’aventurer sous ses frondaisons ne revoit jamais le jour. Un lieu maudit où règnent les ombres meurtrières des défunts revenus pour hanter les simples mortels et faire régner la peur… et le Chaos. Ombreuse… Un nom offert comme un objectif par ses maitres avant son départ. Comment l’avaient-ils obtenu ? Elle n’avait pas posé la question. Que devait-elle en faire ? La réponse lui était désormais acquise. Elle ne pouvait néanmoins pas se présenter ainsi ignorante à leur porte et avait redoublé d’ardeur jusqu’à intégrer une petite bande de voleurs. Leur mécanisme s’apparentait assez à ce qu’elle s’attendait à trouver sur place et quand l’occasion s’était présentée elle n’avait pas hésité.
Celle-ci était venue frapper à sa porte en fin d’après-midi, alors qu’elle ne pouvait se résoudre à finir les derniers morceaux du pain d’herbes qu’elle avait dérobé à un marchand quand il lui tournait le dos mais que son estomac réclamait encore de quoi se remplir. Elle n’avait pas mangé depuis une journée entière et trouvait encore le moyen de faire la difficile… Preuve s’il en était qu’elle n’accordait aucune importance aux signaux d’alerte qu’elle recevait de la part de son organisme. Pourtant, alors qu’elle avait jeté d’un geste négligent les miettes aux rats qui gambadaient impunément, elle n’avait une seule seconde hésité à démarrer au quart de tour quand une petite main s’en était emparée. De quoi faire bonne chaire se présentait obligeamment ; elle n’allait pas refuser !

Elle avait donc filé ce qui s’était révélé être un petit garçon infiniment plus jeune qu’elle qui détalait à travers l’entrelacs de ruelles avec l’intention évidente de la semer au détour d’un carrefour. Rapide et agile, elle l’était au moins autant que lui et l’écart n’avait pas tardé à se réduire quand il avait plongé sur le côté et heurté un vieillard soul qui titubait au milieu de la chaussée, déjà délesté de ses quelques économies qui n’avaient pas étés englouties par la bouteille qu’il tenait à la main. Celui-ci avait chancelé puis s’était affaissé, manquant le petit d’un cheveu comme celui-ci avait roulé pour se jeter tout droit dans la gueule du loup. Lanthane avait posé sur lui un pied dominant, ravie de le sentir se raidir et de voir l’étincelle de peur qu’elle savourait autant que la chair apparaître dans son regard quand il avait redressé la tête. Il s’était débattu mais n’avait pu échapper à sa poigne de fer alors qu’elle l’avait soulevé et passé sous son bras comme un vulgaire tapis mais ce n’était pas cela qui lui avait sauvé la vie. Il s’était en effet époumoné, rependant menaces et injures jusqu’à ce qu’elle ne me secoue comme un prunier pour lui faire comprendre qu’il n’avait rien à dire.

« Saren va te casser la tête ! lâcha-t-il avec moins de force, sonné par les embardés qu’elle lui avait faites faire.
- Crois bien que ton pauvre papi, même avec toute sa prétendue force, ne va rien me faire et tient-toi tranquille, misérable larve.
- Tu connais pas Saren ! Il est grand et fort et pas du tout vieux ! C’est le chef et le chef il va te casser la tête !
- Et le chef de quoi ? avait-elle rétorqué en riant. Des morveux pleins de poux ?
- Tu vas voir ce qu’il va te faire ! Il va ramener tout le monde et ils vont te casser la tête ! avait-il continué à s’époumoner. »

Elle n’avait porté plus d’attention à son délire jusqu’à ce qu’ils finissent par être stoppés à quelques pas du port où elle aimait se rendre pour diner par quelques petits malappris qui croyaient lui faire peur en brandissant qui une fourchette rouillée, qui une planche vermoulue. Il faisait nuit et leurs ombres ne parvenaient même pas jusqu’à elle qui n’était qu’à quelques pas, preuve de leur petitesse et de leur immaturité. Eux aussi l’avaient menacé et injurié alors qu’après une courte pause elle continuait tranquillement son chemin, marchant vers eux d’un pas conquérant. La plupart n’avaient que la peau sur les os mais elle avait repéré un petit plus dodu sur les côtés et s’apprêtait à le saisir jusqu’à ce qu’un grand gaillard qui faisait au moins deux têtes de moins qu’elle était arrivé au pas de course et que son nom avait été repris par tous les petits délinquants qui lui faisaient face.
Quand il lui avait ordonné de reposer leur camarade sous peine de représailles elle avait éclaté de rire et lui avait lancé qu’un minable dans son genre n’avait pas à donner d’ordre à quelqu’un qui lui rendait vingt centimètres au bas mot. C’était une de ces expressions toutes faites qu’elle avait attrapé au marché et qu’elle gardait en réserve pour des cas comme celui-ci. Quand il avait défendu le prétendu « honneur » de   ses « braves » avec un sentimentalisme presque touchant qui avait fait redoubler l’ardeur des cris de ses petits camarades mais totalement déplacé dans ce genre d’organisation – encore un excentrique ! s’était-elle dit – et qu’il l’avait appelée à se battre elle avait rétorqué en pissant les yeux.


« Tu prends ça beaucoup trop personnellement petite larve mais puisque tu insistes j’accepte de te prouver que tu as tord. »

Une idée avait germé dans son esprit et elle tenait à la mettre en pratique.

« Je te rends ton moucheron et en échange je reste avec vous le temps de vous montrer que même dans votre discipline de prédilection – le vol – je vous bas tous à plate couture ! »

Sonné par le rebondissement inattendu de situation, il avait bombé le torse et s’était venté de sa persuasion jusqu’à ce qu’il doive rattraper le petit qu’elle avait jeté dans ses bras. Il l’avait lâché plus que poser à terre, sa prestation bien orchestré ayant joué le rôle attendu : tous ses petits subordonnés rampaient à ses pieds avec adoration et elle avait esquissé un sourire malsain en les suivant. C’était trop facile !


Cette scène s’était déroulée la veille et depuis, sur ordre de leur chef, les petiots avaient travaillés sans relâche pour ramener le soir plus de biens qu’elle et elle les avait regardés s’épuiser en souriant indulgemment. Son pari ne comptait pas à ses yeux mais elle réussissait tout de même à ramener de coquettes sommes qui faisaient pâlir l’assemblée. Sa méthode, simple et efficace, consistait à dévaliser des établissements jusqu’alors impunis : elle forçait ou cassait les volets des auberges et des demeures désertes pour rafler tout ce qu’elle pouvait transporter et si, au passage, elle trouvait un petit casse-croute qui avait oublié qu’aujourd’hui c’était son tour de lui livrer ses effets personnels, elle en profitait pour faire bonne chaire.            
Ce petit manège avait duré deux jours jusqu’à ce que la milice patrouille en permanence dans les rues, rendant sa tâche impossible et permettant de réduire considérablement les effectifs de ses concurrents qui n’avaient pas compris que l’heure était à la discrétion.
Malgré sa résolution de faire profil bas en attendant que la situation se calme, elle n’avait pu résister en voyant une jeune femme à la chevelure de jais se promener au clair de lune avec une assurance qu’elle avait rêvé de réduire à néant. Regardant visiblement ses pieds – comportement éminemment dangereux en cette ville – elle n’avait pas prêté attention à la silhouette de Lanthane qui s’était coulée dans l’ombre avec la nonchalance de l’habitude et l’avait approché à pas de loups avant de se placer sur son chemin, apparaissant au dernier moment pour la bousculer avec négligence et en profiter pour tâter les cordons de sa petite bourse. Ceux-ci, solidement liés par un nœud complexe, refusèrent de s’ouvrir et elle n’eut d’autre choix que de retirer sa main pour la porter à son épaule faussement endolorie. Et tourner un visage d’excuse à sa voisine qui bafouillait, visiblement certaine d’être la responsable de cet accident.


- Oh pardon ! Je suis vraiment désolée... je vous ai fait mal ?

Elle aurait aimé profiter de sa proximité pour observer ses traits mais ceux-ci étaient brouillés par l’ombre alors que les siens devaient apparaître clairement, dévoilés par la lumière de la Lune. Elle s’y était mal prise sur ce point mais n’y pouvait désormais plus rien – d’autant qu’elle ne lui avait rien dérobé – et un petit sourire presque contrit apparut sur son visage encadré par ses cheveux châtains qu’elle avait laissé détachés pour une fois. Elle répondit d’une voix claire où il aurait été vain de chercher une quelconque trace de culpabilité mais qu’elle tache de rendre moins agressive qu’habituellement :

« Ce n’est rien, j’aurai dû regarder devant moi. Et vous ? »      

Elle n’avait pas l’habitude du vouvoiement qu’elle avait plus entendu que pratiqué et elle butta un peu sur le dernier mot, espérant au fond d’elle-même que son interlocutrice ne le remarque pas… Une seule erreur à la fois !  

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Mante religieuse Ts'liche powa!!!
Merci à Erwan pour ces magnifiques images Smile
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Lun 23 Sep 2013, 19:02

Les idées tournent en boucle dans ma tête, insaisissables et irritantes. Je ne cesse de repenser à mon voyage à la Citadelle, à cette rencontre avec Azor. La douleur qui persiste dans mon bras me rappelle sans cesse que j’ai bien failli y laisser un peu de moi-même. Pourtant j’ai envie de provoquer à nouveau le destin, j’ai besoin d’aller au-devant des ennuis à nouveau.
Et puis un jour je me décidé à agir. Mon prochain cours avec Pan n’est pas pour tout de suite : il m’a donné quartier libre le temps d’aller s’occuper d’une autre de ses apprenties. Autant mettre cette pause à profit.


******


Il fait aussi sombre à Al-Chen que dans les tréfonds d’Ombreuse. En tout cas dans le quartier où je me trouve. Si je me souviens bien, c’est ici que Chire avait sa tanière. Tant de fois j’ai dormi là-haut, à ses côtés… je me sentirai presque nostalgique … presque. Depuis que je suis partie j’arrive enfin à dormir.

Mes mains agrippent les pierres lisses de la maison et retrouvent le chemin vers la fenêtre qui s’ouvre sur les toits, dissimulée sous une couche de lierre. Il n’y en avait pas tant à mon époque. Avec toute la douceur possible, j’ouvre les vitres et me coule dans l’ouverture. Hiné et Anee pourraient être fière de moi : les deux corps allongés sur le lit n’ont pas bougé une seule paupière. Ils dorment du sommeil des bienheureux … Je reconnais immédiatement le corps de Chire, mon ancien acolyte qui dirigeait avec moi une des bande de voleurs d’Al-Chen. Il tourne le dos à une jeune femme aux longs cheveux blonds, dont la poitrine se soulève lentement au rythme de sa respiration.
Je prends le temps de les contempler, laissant mes yeux planer sur le décor inchangé de la chambrette. Même l’odeur est identique au jour de mon départ.

Puis je m’approche de ma remplaçante et m’assois à ses côtés, sans l’éveiller.
Ma main glisse sur sa peau blanche, tellement légère qu’elle ne sent pas ce contact. J’effleure ces courbes lisses, me rappelant qu’un jour je me tenais à sa place, aussi faible et vulnérable. Je devrais lui indiquer la Voie qui mène au cœur d’Ombreuse, lui offrir une place au milieu des Envoleurs à elle aussi. Elle est presqu’aussi mignonne que moi … blonde comme un ange. Les goûts de Chire n’ont pas évolués.

Toujours silencieuse, je sors mon poignard et fais jouer la lame dans les rayons de lune qui touchent le lit. J’aime ce cadeau, même s’il me ramène vers ce Maître qui m’a abandonnée. Fin, racé, tranchant, mortel. Le plus merveilleux outil pour un assassin.
Je pose le tranchant sur la gorge offerte à ma lame, appuie légèrement et bouge d’un demi-centimètre. Le sang n’en demande pas plus pour s’échapper et s’écoule jusqu’à tâcher le drap. La blessure est superficielle mais suffisante pour réveiller la nymphe. Elle ouvre des yeux endormis avant de les écarquiller et de hurler. Enfin c’est ce qu’elle aurait voulu faire. Ma main libre sur sa bouche empêche tout son de sortir.

- Tout doux ma jolie, pas un mot ou on risque de ne pas s’entendre.

Je lui adresse un sourire mielleux tout en appuyant légèrement ma lame sur sa gorge. Je vois dans ses yeux la panique qui monte et ses regards désespérés vers son compagnon ne font que rendre la scène plus jouissive. Dur d’être à la merci de la mort pas vrai ?

Chire a senti le corps son amante bouger. Dans un élan endormi et affectueux, il se retourne vers elle pour la prendre dans ses bras. C’est là qu’il m’aperçoit. En l’espace d’un clin d’œil il se relève et s’empare du poignard caché sous son oreiller. Sauf qu’il n’y a plus de poignard sous son oreiller.
Je le regarde, un grand sourire sur mes lèvres.

- On ne dit plus bonjour mon chéri ?
- Laï ?

Il me fixe, incrédule. Je vois ses muscles se détendre imperceptiblement avant de se retendre. Il a du se souvenir que j’étais son allié, avant de se rappeler que ça, c’était le passé.

- Qu’est-ce que tu veux ?
- Qu’on discute. J’ai besoin de ton aide, oh pour pas grand-chose … juste pour attirer quelqu’un à Al-Chen et le tuer … tu crois que tu peux faire ça pour moi ?
- Qui ?

Ah je reconnais bien là mon ancien amant et ses questions directes. Je sais d’ailleurs qu’il négociera directement après avoir entendu ma réponse.

- Azor. L’homme de main de Kyler Til’Ziaind, mon demi-frère. Ne me dis pas que tu as oublié qui je fuyais il y a quelques années … Pour ça je pensais simplement que tu pourrais répandre la rumeur qu’on m’a vue trainer ici. Tu connais les endroits qui négocient avec ma famille … d’ailleurs il me faudra aussi quelques infos.
- Une aide pour une aide Laï. J’ai besoin de toi pour éliminer quelqu’un. Fais-le et je te donnerai tout ce dont tu as besoin pour te débarrasser d’Azor.

Il n’a même pas relevé le fait que je suis en position dominante et qu’il ne devrait pas négocier son aide. Il sait aussi qu’une fois son corps étendu dans une mare de sang, je ne serais pas plus avancée et devrait me débrouiller seule.

- Un nom ?
- Saren.

Je renifle avec mépris. Je connais ce type, débarqué d’on ne sait où la même année que moi. Il avait de l’envergure, une sacré poigne et un don pour les coups tordus.

- Ne me dis pas que vous avez laissé un type comme ça à la tête du gang de Voltan.
- … justement il est temps qu’il disparaisse.
- Alors qu’est-ce que tu attends pour t’habiller.
- J’attends de te préciser un dernier détail … récemment il a engagé une fille plutôt douée. Il me la faut ou elle le remplacera et ce sera pire. Tu es fine non ?
- Elle te connait ?
- Non mais moi si.
- Bouge ton cul on y va.

Je retire la lame de la gorge de la blondinette, lance son poignard à Chire et m’approche de la fenêtre. Ils quittent tous les deux la couche de paille et s’habillent rapidement. La fille enfile une tenue sans chichis, en partie déchiré, en partie tachée. Ses cheveux noués, elle me ressemble presque comme une sœur. Il lui manque juste mes yeux et mes tâches de rousseurs. Mais dans la nuit on pourrait la confondre avec moi.

- Ta nouvelle catin vient avec nous ? Veille à ne pas nous gêner, je pourrais te confondre avec Saren …
- Elle s’appelle Morvane et elle est plus douée que toi … dans beaucoup de domaines.

Il lance un regard sans équivoque vers la blonde, ce qui me tire un léger sourire méprisant. Il n’imagine pas à quel point le Domaine m’a changée. S’il cherche quelqu’un pour le débarrasser de Saren en vitesse, il a bien trouvé.

- Au fait la fille qu’on cherche, c’est à cause d’elle que la milice patrouille ces derniers jours. Elle a déplumé pas mal de commerces, dont certains sous ma protection. Ca ne va pas être facile de passer inaperçus …
- Ne t’en fais pas pour ça, je connais toujours aussi bien les rues d’Al-Chen.



*******


- Elle devait aller dans le quartier de notre bande ce soir. Elle n’a pas précisé où …


Evidemment elle ne voulait pas risquer de se faire balancer à la milice. Maline la gamine. Bon maintenant que notre espion nous a renseignés, où allons-nous ? Dans une ruelle sombre et étroite ou dans une ruelle sombre et étroite ?

- J’ai remarqué que la milice évite toute la zone vers le quartier des tanneurs. Ca doit être l’odeur qui les fait fuir. On devrait commencer par là, peut-être qu’elle aura flairé un coup simple par là-bas.


Soit. Cette idée ne peut pas être la pire, même s’il est sûr que l’odeur sera la pire …


*******


Les pavés sales d’Al-Chen sont devenus humides avec la brume qui monte du lac. Je déteste cette ambiance glauque qui envahit parfois les rues de la ville. Je me sens aussi mouillée que le sol et la sensation des vêtements collés contre ma peau comme si j’avais transpiré pendant une journée me fait horreur.
Malgré cela nous avançons sans faire plus de bruits qu’une bande de chats errants. Je suis heureusement surprise par les talents de la nouvelle conquête de Chire. Elle se montre aussi souple et agile que mon ancien moi.

Des bruits étouffés dans la rue voisine. D’un même geste nous nous arrêtons tous les trois.

- Oh pardon ! Je suis vraiment désolée... je vous ai fait mal ?

« Ce n’est rien, j’aurai dû regarder devant moi. Et vous ? »  
 

Je me tourne vers mes deux acolytes, le regard interrogateur. Chire hausse les épaules et prend la tête du groupe pour entrer dans la ruelle. L’air de rien – même si trois personnes de nuit ont toujours l’air menaçant – nous nous approchons du duo dont nous venons d’entendre la « conversation ».

- Bonjour mesdemoiselles, tout va bien ?

Il n’a rien trouvé de mieux pour rassurer les deux jeunes femmes qui se font fasse, mais c’est toujours mieux que rien. Elles se retournent pour le regarder à leur tour, nous offrant deux jeunes visages. L’une d’elle à l’air d’un ange, mais de l’autre s’échappe une aura plus dangereuse.

- Laï si tu te cherchais de nouvelles amies, en voilà.


Il se tourne vers moi et me lance un clin d’œil joyeux. Je suppose que l’une de ces deux là est ma cible. Chire a une chance de cocu … je le lui signalerai plus tard, parce que vu sa conquête, il pourrait en effet se faire du souci sur sa fidélité.

- Continue comme ça tu vas les faire fuir …


Je secoue la tête d’un air désespéré avant de m’avancer vers le duo, un sourire amical sur les lèvres. L’intérêt d’avoir une gueule d’ange, c’est qu’on n’a aucun mal à jouer le rôle de la gentille.

- Je m’excuse si nous vous avons fait peur … Vous n’êtes pas perdues au moins ?





[Retrouvailles un peu tirées par les cheveux ... mais je savais pas comment m'incruster ^^' Excusez le retard, je vais mieux donc je devrais pouvoir répondre un peu plus vite à l'avenir.
Si un truc ne vas pas, envoyez moi un mp.]
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Crystal Fil'Essien
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Mar 22 Oct 2013, 20:04

- Ce n’est rien, j’aurai dû regarder devant moi. Et vous ?

Tu secoues la tête tout en détaillant la jeune fille que tu viens de bousculer. Elle baigne dans un rayon de lune si bien que tu peux très bien distinguer ses deux yeux en amandes qui se découpent sur sa peau claire, ainsi que ses somptueux cheveux auburn qui lui descendent sur les épaules.

- Non non ça va... j’avais la tête ailleurs...

Et tu l’as toujours d’ailleurs, si bien qu’à peine as tu prononcé tes derniers mots que tu te remets déjà en marche, espérant trouver un coin tranquille ou personne ne viendra troubler tes pensées...

- Bonjour mesdemoiselles, tout va bien ?

Tu te retournes sans avoir pu faire trois pas lançant un regard impatient au jeune homme qui vient de parler. Tu remarques rapidement qu’il est accompagné de deux jeune filles, dont les cheveux blonds reflètent la clarté de la lune.


*Mais qu’est-ce qu’ils veulent ceux là ? Par la Dame, on en peut donc jamais être tranquille ici ?*


Tu ne bouges pas, ne prononces pas un mot. Tu te contentes juste de fixer le groupe, sans même prendre la peine de répondre à la question. L’ombre qui plane dans le bleu de ton regard devrait suffire...

- Laï si tu te cherchais de nouvelles amies, en voilà.

“Non certainement pas” as-tu envie de répondre, mais tu n’en fais rien. Tu as beau ne pas être dans ta meilleure forme, tu n’es pas devenue suicidaire pour autant et, quatre personnes d’un coup, dans une petite ruelle sombre d’Al-Chen, cela ne te dit rien qui vaille... Tu trouves même ça presque louche...

- Continue comme ça tu vas les faire fuir…


*Rien que le fait d’avoir quatre personnes autour de moi alors que je voulais être seule me donne envie de fuir...*


Tu serres les dents en envisageant effectivement de prendre congé de tout ce petit monde. Tu te demandes si tu ne pourrais tout simplement pas les planter là et les laisser se débrouiller entre eux, mais quelque chose te retient... Ton regard balaie les quatre personnes... Non, ils ne t’inspirent vraiment pas confiance... A tel point que tu te demandes si ils ne te courraient pas après dans le cas où tu partirais sans rien dire...

- Je m’excuse si nous vous avons fait peur… Vous n’êtes pas perdues au moins ?

Celle qui vient de s’avancer vous adresse un sourire amical, qui correspond parfaitement à sa jolie bouille d’ange... Dans un autre contexte, tu la trouverais sympathique, sauf que là, tu n’as pas la tête à trouver les gens sympathique et son ton de petite fille gentille t’horripile au plus haut point. Tu n’as vraiment pas besoin de te faire des amies ce soir et, pour la millième fois, tu aimerais qu’on te fiche la paix !

- Non, répliques-tu d’une voix exaspérée, enfin moi en tout cas, je ne suis pas perdue...

Tu jettes un regard furtif en direction de celle que tu avais bousculée tout en te demandant comment partir sans qu’ils risquent de mal le prendre et de te courir après... tu ne sais pas quelle réaction ils pourraient avoir si tu les plantais là... Tout ceci n’est vraiment pas très rassurant...


*Nom d’un Ts’lich puant ! Pourquoi faut-il toujours que tout soit compliquer ?*


Ai-je dit que ta soirée ne pourrait pas être pire ? Je crois que j’ai parlé trop vite...









[Oulah ! L'est en colère ma Crystal, je l'avais jamais vu comme ça xD ]

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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Jeu 24 Oct 2013, 21:18

Elle sentait son regard glisser sur elle, s’attarder sur ses traits et se tendit imperceptiblement en percevant un bruit qui provenait de la ruelle juste à côté d’elles. Elle fige son visage dans son expression la plus neutre possible : un sourire distant, des yeux fuyants et une petite moue permettait au visage le plus singulier d’être invisible. Ce qui était parfait pour qu’on l’oublie le temps qu’elle analyse la situation.
Une proie – sa proie – sur les quais. Une silhouette solitaire qui soupire dans le noir, une femme triste qui se promène sur les quais la nuit : elle n’a aucun réconfort, sinon elle se serait réfugiée dans leur maison, à moins que l’unique connaissance d’Al-Chen l’ai amenée à fuir et ne s’étonnera donc pas si elle ne devait pas revenir. Une proie de choix, elle n’aurait pas pu trouver mieux et, mis à part ce malhabile contretemps, elle aurait pu l’avoir sans problème en la tuant au besoin…
Sauf que cet individu – ou ce groupe d’individu, elle n’avait pas encore pu le déterminer – s’approchait et que tant qu’elle n’aura pas déterminé son niveau de dangerosité elle était pieds et poings liés. Elle se concentra sur ce qu’elle entendait, cherchant le cliquetis d’une cotte de maille qui trahirait l’approche d’un garde mais elle ne perçoit rien, ce qui n’empêchait pas la venue d’un combattant chevronné – un assassin, un voleur peut-être ? Qui d’autre qu’un fils de la nuit pouvait se balader ainsi dans les ruelles macabres d’Al-Chen qui, grâce à elle, était en passe de devenir une des villes les moins sûres de l’Empire humain. L’ironie de la situation ne lui échappait pas : le carrefour commercial de Gwendalavir, un des plus grands abattoirs des cinq cités ? L’heure n’était toutefois pas au rire diabolique mais à la plus élémentaire prudence…
Elle chercha à se décaler, à englober dans son champ de vision les nouveaux arrivants mais sa voisine, en lui répondant, l’empêche de bouger : elle la voit, capte ses mouvements et ses expressions, elle ne peut pas se permettre de la faire douter de ses bonnes intentions, pas sans perdre à coup sûr un butin si aisément récoltable… L’occasion serait trop belle, en présentant un trophée alors que les gardes ont doublé leur ronde, de moucher ce petit prétentieux qui croit lui en imposer… Mais elle doit voir, savoir, analyser, comprendre et gagner. Un programme qui semble compromis par le départ de sa proie qui s’esquivait d’un pas pressé après ces vagues excuses. Elle en aurait grogné d’appréhension si elle avait été certaine que cela n’aurait pas entravé ses plans mais elle se contraignit au silence en s’époussetant, guettant la possibilité de rattraper la jeune femme… Après avoir éliminé celui, celle ou ceux qui les observaient et les épiaient sous le couvert de l’obscurité.
La voix d’un jeune homme, surgissant dans la direction précise des bruits de pas, lui offrit cette occasion.

- Bonjour mesdemoiselles, tout va bien ?

Une tunique sombre recouvrait sa musculature avantageuse qui trahissait une alimentation saine : un luxe dans cette ville où la moitié des habitants ne mangeaient qu’un jour sur deux. Ses cheveux sombres, coupés courts pour surmonter un visage aux traits tirés, étaient gras et désordonnés, contraste étrange avec son attitude fière et assurée qui se reflétait dans ses yeux tout aussi sombres que la lumière de la Lune ne parvenait pas à percer. Ce n’était pas le regard distant, arrogant mais stupide de Saren qui se contentait de l’admiration de quelques pouilleux, mais celui d’un homme mûr à l’esprit retord. Un danger.
Il était accompagné de deux filles, en retrait jusqu’à ce qu’il s’adressa à l’une d’entre elle et qu’elle s’avança à son tour. Des cheveux d’un blond clair, une peau pâle qui semblait refléter la lumière de la Lune et des yeux qui luisaient plus intensément encore constituaient le peu qu’elle put discerner mais dégageait une impression plus favorable que son compagnon. Cette fille se démarquait des autres avec ses traits fins desquels se dégageait une impression de candeur qui horripila Lanthane dès le premier regard. Comment des yeux aussi forts pouvaient-ils survivre dans un corps aussi rachitique, sous une expression aussi innocente ? Cette fille était une anomalie qui la dérangeait et elle se promit de l’avoir à l’œil… et au fer si cela devait être fait. Ce qui était un de ses vœux les plus chers…
Derrière elle, l’autre forme bougea, s’avançant de quelques pas en biais en prenant garde à ne pas se faire remarquer mais elle put tout de même capter l’éclat d’une chevelure claire… Trois tourtereaux ça faisait un de trop… Des jumelles ? Une famille d’orphelins ? Des vagabonds peut-être, en quête de pigeons dans le genre de celle qui s’est désormais arrêté pour leur lancer un regard menaçant qu’elle capta du coin de l’œil. Elle fouilla sa mémoire, tentant de se rappeler si elle les avait déjà vus dans la troupe de son concurrent. Il ne lui fallut que quelques instants pour trancher que jamais le petit roitelet ne supporterait la présence d’un autre homme fait. L’hypothèse qu’ils viennent l’abattre pour faciliter la victoire du voleur dut être effacée de son esprit, non sans regret, car c’était là sa seule piste.
Elle avait parcourut la ville, de long en large, avait dépouillé tout ce qu’elle comptait de marchands et de bourgeois ou peu s’en fallait, elle écumait les rues depuis des semaines et pourtant elle ne les avait jamais croisés. Ou elle ne s’en souvenait pas, ce qui était bien plus terrible encore !
Même l’hypothèse selon laquelle ils n’étaient que des voyageurs égarés ne tenait pas debout, car tous ceux qui passaient les portes de la ville étaient avertis de ne pas trop trainer dehors une fois le soleil couché, surtout ces derniers temps, alors quelques petits miséreux dans leurs sortes avaient autre chose à faire que de se pâmer devant les splendeurs nocturnes de la ville et les odeurs des peaux de bêtes. Surtout dans une ruelle mal famée au milieu des quartiers des tanneurs dont seuls les habitués connaissaient les moindres recoins.
A quelques pas, elle sentait s’agiter sa petite proie et une idée germa dans son esprit. Trop renseignée sur leur cas, elle paraitrait encore plus suspect aux yeux de celles dont elle avait tant de mal à s’approcher. Autant faire d’une pierre deux coups et quatre gringalets n’étaient pas de trop pour la rassasier… surtout si à leurs bouilles trop angéliques pour être vraies s’ajoutait le contenu de leurs bourses.

- Non, cracha-t-elle d’une voix où filtrait nettement son exaspération, enfin moi en tout cas, je ne suis pas perdue...

Calculant ses gestes au millimètre, elle fléchit légèrement les genoux et détailla rapidement la jeune demoiselle aux cheveux sombres, comme pour la jauger, puis son regard passa du groupe à elle et, au bout de quelques allez-retours, elle fit visiblement un choix qui n’en était pas un. Elle décala ses appuis pour se placer de profil par rapport à ceux qui avaient surgit de l’ombre et lança à son tour d’une voix inflexible.

« Je connais assez bien la ville, aussi puis-je certainement vous indiquer quelles sont les rues sombres et dangereuses, telles que celle que vous venez de quitter, qu’il vaut mieux éviter quand on est accompagné de deux demoiselles… »

Elle pouvait parler puisqu’elle avait emprunté le même chemin mais elle était certaine que sa proie ne l’avait pas remarqué puisque, perdue dans ses pensées, elle n’avait pu éviter l’accroc. Son but était simplement de signifier, non aux jeunes gens, mais à sa proie, qu’elle n’était pas ravie de croiser autant de monde en si peu de temps. En se plaçant du côté des victimes, elle espérait pouvoir approcher sans mal la seule personne vulnérable de leur petit groupe dès que les gêneurs se seraient éclipsés. Elle n’en avait que pour une minute pour abattre, détrousser et cacher le corps de la frêle gamine avant de rattraper ces rigolos et de les joindre à la fête… aux côtés de leur semblable.
Elle profita de son point de vue désormais dégagé pour tenter d’apercevoir quelques armes sur eux mais, à part un cure-dent dont la lumière de l’astre nocturne avait ricoché sur le manche chez le garçon, elle n’arrivait pas à distinguer leurs silhouettes assez précisément pour faire un inventaire des armes à leur disposition. Surtout chez celle dont le visage était toujours dans l’ombre et qui, elle en était sûre, préparait un mauvais coup. Quelles armes pouvaient s’offrir ce genre de galopins ? Tout s’ils étaient bien des voleurs mais seules les lames de basse qualité étaient vendues à la criée et, parmi toutes celles qu’elle avait examiné, elle n’avait pas trouvé de fer digne de sa main et donc utilisable. Mais si elle avait un arc, cela changeait la donne : ce genre d’armes tout à fait méprisable ne lui avait tiré qu’un regard dédaigneux, cependant les hommes semblaient les tenir en haute estime. Pas qu’elle accorde une quelconque importance à l’avis de ces stupides bipèdes mais n’importe quel outil bien manié pouvait la distraire le temps qu’une véritable arme d’acier entre en scène…
Une bouille d’ange pour faire diversion et affaiblir leur défense, un tireur embusqué pour les surprendre et un épéiste – seul combattant digne de ce nom à ses yeux – pour les cueillir… Le plan était plutôt bine pensé à cela près qu’il n’avait effet que sur des benêts, ce qu’elle n’était pas et elle tenait à le leur faire savoir. Sa main glissa le long de sa hanche pour se rapprocher de son sabre qui reposait patiemment entre ses épaules.


[pourquoi tant de haine? Sad
si Crystal a bon coeur, elle pourra rester pour m'aider à leur botter les fesses! frappeatlas A vous de jouer! ordi ]

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Mante religieuse Ts'liche powa!!!
Merci à Erwan pour ces magnifiques images Smile
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 27 Oct 2013, 22:40

Je suis désormais à moins de six pas de la fille que Chire voudrait recruter, ou éliminer. Je pourrais presque sentir son souffle sur ma peau à cette distance. Cependant je suis plus intéressée par son visage que par son haleine. Ses traits sont tendus, durs. Elle n'a rien du petit air rêveur qui empreint la deuxième inconnue. Chire m'a dit qu'elle avait réussi à mettre un sacré foutoir dans la ville avec ses vols insensés, brisant toutes les règles établies par les voleurs. Pas étonnant qu'elle m'ait l'air si dangereuse.

La fille aux cheveux les plus sombres me répond sur un ton sec, traduisant une peur sous jacente qu'elle peine à cacher. Mademoiselle regretterait-elle de s'être baladée seule cette nuit ? Elle m'a l'air d'avoir le même âge que moi, mais qu'est-ce qu'elle a l'air faible ! Inutile de s'inquiéter de celle là. Après tout elle pourrait partir en courant, cela ne me dérangerait pas. Tout ce qu'elle fait c'est nous gêner.
Je ne lui accorde donc que peu d'importance et me tourne plutôt vers la voleuse, attendant sa réaction à elle. C'est de la méfiance et une attitude prête à l'attaque que la miss me sert. Elle a senti que nous ne sommes pas là par pur hasard.

« Je connais assez bien la ville, aussi puis-je certainement vous indiquer quelles sont les rues sombres et dangereuses, telles que celle que vous venez de quitter, qu’il vaut mieux éviter quand on est accompagné de deux demoiselles… »

A condition que les demoiselles ressemblent à l'autre fille, pas à moi et ma "jumelle". Quand on a des cure-dents pointus, en acier, et qu'on sait s'en servir on ne craint pas une petite ruelle mal éclairée. Je me retiens de mentionner ce détail devant la voleuse, de peur d'éveiller un peu plus sa méfiance. Il faudrait aussi éviter que l'autre fille panique et nous attaque, même si la maitriser serait rapide.

- Et quand on est accompagné de quatre demoiselles ? Que diriez-vous d'une escorte jeunes filles ?

Le clin d'œil qui accompagne les paroles de Chire risque plus de les faire fuir qu'autre chose … je ris pourtant, de façon aussi naturelle que s'il avait vraiment fait une blague.

- Tu ne crois pas que tu as assez à faire pour surveiller deux filles ? Enfin si vous voulez, on peut bien faire un détour pour vous …

Je me retourne vers les deux demoiselles que j'avais quittées du regard, seulement pour voir qu'elles sont toujours aussi tendues, chacune à sa façon. La main de la voleuse s'est décalée vers son dos, attirant mon regard vers la bosse sous sa cape. Une épée ? Je souris intérieurement, voilà qui va mettre un peu de piquant. Qu'elle sorte son arme ou pas, la convaincre de quitter le groupe de Saren promet d'être ardu. J'espère qu'elle a autant d'expérience en matière de combat au sabre que moi, où je risque d'être déçue.
Je fronce mes sourcils pour montrer à la demoiselle que je ne suis pas dupe sur ses intentions belliqueuses.

- Je ne crois pas que nous attaquer soit la meilleure idée … à trois contre une tu aurais tord de chercher les ennuis, surtout quand aucun de nous n'a envie d'en trouver.

J'ai envie de continuer à parler, d'étaler mes cartes sur la table et de lui parler franchement. Sauf que méfiante comme elle est, elle s'énervera dès qu'elle comprendra que nous sommes venus là uniquement pour la trouver. Ou alors je force le combat, et ses talents qu'elle qu'ils soient seront parfait pour justifier mon intérêt à son sujet ainsi que mes tentatives pour la recruter. Voilà une idée qui me plait, surtout si ça me permet de me défouler un petit peu.



[Ouïlle c'est court ! Promis la baston finira par venir Wink Désolée Crystal mais tu ne t'énerves pas assez pour faire peur à Laïar … Et Lanthane, Laï est aussi une bretteuse, son sabre étant aussi accroché dans son dos. Elle se bat avec sabre dans une main et poignard dans l'autre]
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Crystal Fil'Essien
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 10 Nov 2013, 17:12

- Je connais assez bien la ville, aussi puis-je certainement vous indiquer quelles sont les rues sombres et dangereuses, telles que celle que vous venez de quitter, qu’il vaut mieux éviter quand on est accompagné de deux demoiselles…

Tout en parlant, celle que tu avais bousculée te détaille en modifiant légèrement sa position pour finir de profile par rapport au trio, se rapprochant imperceptiblement de toi par la même occasion. Tu hausses un sourcil sans comprendre ce qu’elle cherche à dire... ou même à faire... Espère-t-elle les voir partir ? Ou compte-t-elle se battre ? Placée ainsi, elle semblait être “dans ton camps”... mais pourquoi ? Qu’a-t-elle derrière la tête ?

- Et quand on est accompagné de quatre demoiselles ? Que diriez-vous d'une escorte jeunes filles ?

Le jeune homme accompagna sa réponse d’un clin d’œil, qui s’ensuit du rire de son amie. Nouveau haussement de sourcil de ta part... Il fallait rire ?

- Tu ne crois pas que tu as assez à faire pour surveiller deux filles ? Enfin si vous voulez, on peut bien faire un détour pour vous …

Comment ça “faire un détour pour vous” ? Se fiche-t-elle de vous ? Tu n’es ni perdue, ni sans défense. Tu n’as pas besoin d’escorte pour rentrer, il suffirait juste qu’ils te laissent tranquille tous, qu’ils partent chacun de leur côté et qu’on en parle plus. Tu jettes un coup d’œil sur la jeune fille à tes côtés qui porte la main sur son dos, te faisant remarquer une bosse sous sa cape... Elle non plus n’a pas l’air d’avoir besoin d’escorte...

*Mais pourquoi diable cherche-t-elle à se battre ? Quelle est l’utilité d’une bagarre ? Ils ne nous ont pas attaqué à ce que je sache, ils nous prennent juste pour deux pauvres jeunes filles égarées ! *
*Je ne sais pas... elle est bizarre... *
*Ils sont tous bizarres !*

- Je ne crois pas que nous attaquer soit la meilleure idée … à trois contre une tu aurais tord de chercher les ennuis, surtout quand aucun de nous n'a envie d'en trouver.

“A trois contre une” ? Si la fille que tu as eu le malheur de bousculer a plutôt l’air de s’attendre à une bataille à trois contre deux, la blonde ne se soucis absolument pas de toi. Bien. Cela fait au moins une personne qui ne remarquera pas si tu te sauves... Sauf que, tu jettes un coup d’œil à la fille encapuchonnée, elle, elle ne semble pas vouloir te laisser partir...

*D’accord tu as raison, c’est elle la plus étrange...*
*Elle ne te laissera pas partir... je ne sais pas ce qu’elle te veut, mais j’ai l’impression qu’elle compte bien l’obtenir... *
*Et qu’elle aimerait être tranquille...*
*Donc se débarrasser des deux autres...*
*Ça se tient... sinon pourquoi ferait-elle toute cette mascarade ? Pourquoi serait-elle rester avec toi au lieu de simplement continuer son chemin ?*
*Et si son chemin.. c’était justement de te rejoindre ?*
*Hein ? Là je pense que tu délires Leïla... je ne la connais pas ! Pourquoi chercherait-elle à rejoindre quelqu’un qu’elle ne connait pas ? Ça n’a aucun sens !*
*Mmh... Si tu le dis... *

Tu reportes ton attention sur la rue et les quatre personnes qui t’entourent. La tension est palpable. La fille a raison, attaquer n’est pas la meilleure idée. Et tu n’en vois pas l’utilité. Elle l’a dit elle même, ils ne veulent pas trouver d’ennui ! Alors pourquoi en chercher ?

*J’ai bien envie de les laisser s’entre-tuer et de...*
*Je ne pense pas que ce soit la meilleure idée Crystal. Je te l’ai dit, la fille avec la cape ne te laissera pas partir.*
*Comment peux-tu en être sûre ?*
*Je le sens... *
*Mais je n’ai aucune envie de me battre moi !*
*Et si tu te sauves, ils vont voir que tu es faible, que tu as peur. La blonde ne te considère déjà pas comme une menace... et l’autre non plus je pense... Surprend-les ! Tu sais te battre, tu as eu un début de formation à la Citadelle et avec Papa, et puis Erwan a pris le relais ! Tu n’es pas sans défense comme ils le pensent tous. Alors ne te dégonfle pas et utilise ce que tu as appris. *
*Tu sais que tu m’énerves parfois Leïla ?*

Tu pousses un soupir et regardes tour à tour les quatre jeunes gens, arrêtant tes prunelles sur celle que tu as bousculée.

- Elle a raison, à quoi cela servirait-il de se battre ? Ils ne nous ont pas attaquées à ce que je sache.

Tu marques une pause pour te tourner vers le trio.

- Vous ne croyez pas que tout serait plus simple si on en restait là ? A quoi rime tout ça ?

Par cette question, tu cherches autant à calmer un peu les tensions et à empêcher des effusions de sang qu’à connaître les motivations des personnes qui t’entourent. Sinon, pourquoi perdraient-ils tous leur temps ici ?
Guettant la réaction de tes interlocuteurs, tu diriges légèrement tes mains vers les deux poignards que tu portes à la ceinture sous ta veste... Tu as beau tenté de l’éviter, ce n’est pas pour autant que la bagarre ne viendra pas...

*Mais pourquoi ai-je eu l’idée stupide de laisser mon sabre à la Citadelle ?*
*Tu as préféré le poignard de Papa. Il est plus tranchant qu’aucun sabre, c’est quand même un cadeau d’un grand dessinateur !*
*Oui je sais... mais sera-t-il suffisant ?*
*Tu as l’autre aussi.*

En effet, deux poignards sont accrochés à ta ceinture. Le poignard de Papa, un poignard d’une grande qualité, parfaitement équilibré et des plus tranchants, dessiné par une Sentinelle. Et un autre, un simple poignard acheté à la suite de ton premier cours en rentrant de la Citadelle. Pas exceptionnel mais efficace et plutôt bien équilibré.
Tu lances un regard en coin aux jeunes gens pour essayer de deviner à travers l’obscurité de quelles armes ils sont dotés... Une épée ou un sabre probablement pour la jeune fille à côté de toi, pour les autres, tu ne parviens pas à distinguer quoi que ce soit.
Les muscles tendus, tu attends la suite des évènements.

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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Lun 11 Nov 2013, 13:15

Sa main pouvait effleurer le tissu de sa cape sous laquelle elle avait son sabre mais elle n’alla pas plus loin : non seulement elle n’avait pas besoin de plus pour dégainer en un éclair mais en plus elle préférait garder le rôle de l’agressée plutôt que d’endosser celui du chevalier servant. La jeune femme semblait amusée par sa réponse, ce qui eut pour effet d’augmenter sa méfiance, d’autant plus que ce garçon insistait pour les coller : une escorte qui vous coupait la gorge dès que vous aviez le dos tourné, mais bien sûr, avec plaisir ! Elle avait presque envie d’accepter pour les voir essayer de la prendre par surprise mais ce garçon la prenait vraiment pour une idiote, ce qu’elle refusait d’accepter et elle aurait sans doute répliqué si la compagne de cet insolent ne lui avait pas coupé l’herbe sous le pied d’un rire qui était déplacé dans la conversation, surtout avec la tension qui montait avec le temps au sein de leur petit groupe.
Quoi ? C’était cet avorton le chef de leur trio ? Laissez-la rire, car son attitude pouvait vertes abuser les simples d’esprit, mais pas Lanthane : ces yeux étaient certes ceux d’un être calculateur mais faisaient pâle figure en comparaison de ceux de la fille qui rattrapait à moitié sa tentative ratée. Elle n’aurait pas été surprise que les rôles soient inversés de manière à attirer l’attention sur lui pour la laisser agir… Elle ou sa compagne qui restait toujours en retrait, à moitié dissimulée par l’ombre de la ruelle, ce qu’elle considérait comme une preuve de plus de leur culpabilité, si besoin était. Son pressentiment fut confirmé quand elle reprit la parole : tiens donc, elle se comptait parmi les combattants maintenant ? Et sa voisine aussi, ce qui prouvait bien qu’elle n’avait pas eut tord en considérant ce groupe comme un tout uni et potentiellement dangereux… Mais pas pour elle, de cela elle était certaine.
Mais pour sa cible, aveugle et sourde aux signes évidents de dangers qui émanent de ce groupe, cela est certain. Il n’y avait rien de grave en cela, puisqu’elle ne tenait pas particulièrement à la garder en vie, mais sa réaction l’agaçait au plus au point : elle avait bien sûr prit conscience de l’ampleur de la stupidité humaine durant tout le temps qu’elle avait passé en ville, mais il y avait des limites tout de même ! Elle pensait vraiment que ces inconnus allaient seulement « en rester là » comme elle le disait elle-même ? Elle rêvait, c’était évident, mais la jeune ts’liche avait autre chose à faire qu’apprendre à des avortons que le monde n’est pas uniquement peuplé de petits papillons colorés !
Sa proie s’agitait à ses côtés et elle lui jeta un coup d’œil de biais : elle n’allait certainement pas lui filer entre les doigts à cause que quelques jeunots ! Mais non, toute à ses discours de paix, elle avait ramené les mains près de sa taille, en une demi-garde tendue : au moins avait-elle conscience que ses beaux discours ne suffiraient peut-être pas à la laisser hors de danger finalement ! Lanthane ne voyait pas ce qui pouvait lui servir d’arme mais cela ne voulait pas dire qu’elle ne portait pas elle aussi un cure-dent qui suffisait parfois à se sortir de quelques embuscades avec des voyous quand on savait faire mine de s’en servir. Elle devait avoir économisé des mois pour s’offrir un petit joujou à moins que son père ne soit forgeron, ce qui n’incluait pas qu’elle sache manier une arme. Une fausse réputation faisait parfois détaler les gredins plus vite qu’un véritable danger tant la couardise des voleurs de cette ville était grande. C’était d’ailleurs en partie pour ça qu’elle avait défié Saren : pour leur faire peur, pour qu’ils cessent de polluer la nuit de leur présence tant qu’ils ne sauront vraiment s’y accorder. Mais là, elle n’avait ni l’envie ni le temps de mettre en face de leur ignorance impie de faibles humains qui, au fond, ne comptait pas : une fois la tête de leur Empire tombée, ils suivront le mouvement comme les proies qu’ils sont – un comportement qu’elle détestait mais qui était bien utile –, aussi n’était-il pas utile de les prendre au cas par cas.
 
Elle devait réfléchir à cette peur déraisonnée qui surgissait ponctuellement les jours de beau temps et qui avait marqué son entrée dans ce nouveau monde, ce simple sentiment pourtant bien plus important qu’un amas de bipèdes stupides. Le lac était dans son dos, pourtant elle imaginait sans peine l’infini du ciel qui mangeait la terre et lui donnait l’impression qu’elle allait y tomber pour dériver à l’infini dans un bleu clair omniprésent. Mais ce n’était qu’un lac, un stupide lac, elle y avait même plongé le bras en fermant les yeux un jour où le vent faisait onduler la surface de l’eau et où la panique était moins forte et pourtant elle refusait de la quitter. La conscience aigue qu’elle avait de cette faiblesse la rendait acide et c’est d’une voix tranchante, colorée d’un humour aigre qu’elle répondit à ce groupe et à sa « proposition ». Non, pas au groupe : à la fille. Les autres n’étaient que du décor, des artifices qui ne méritaient pas son attention et encore moins ses mots : seule la fille était importante, elle le sentait d’une manière qu’elle n’expliquait pas mais qu’elle n’allait pas contredire.

« Evidement, la moitié des jeunes de cette ville sont des voleurs, l’autre dort sur ses deux oreilles et le seul groupe qui échappe à cette règle se retrouve par hasard dans un des quartiers les moins populaires de la ville ! »

L’ironie était clairement perceptible dans son ton et son regard devenait une lame tranchante qui allait fouiller les yeux de la jeune blonde pour tenter de percer le voile qui semblait être posé sur elle et ne se déchirer que dans les deux puits de son regard. Que cachait-elle ?
La réponse lui vint comme un éclair de lucidité, comme si ce voile qui dissimulait son être aux yeux des autres s’était un instant volatilisé sous ses yeux : elle portait une arme, une vraie, un sabre accroché dans son dos et dont la garde formait une bosse dans son ombre.
Une telle arme était hors de portée d’un simple voleur, la plupart se contentant d’un bout de métal tordu et vaguement tranchant qu’ils nommaient poignard et que ce jeune homme portait apparemment, pas de longues lames. S’ils attaquaient, ce serait d’elle que viendrai le danger, car nul ne s’achetait un tel morceau s’il ne savait pas s’en servir, surtout dans un groupe de vagabonds.
« Que me caches-tu ? » , telle était la question qui hantait son esprit et ses prunelles qui ne lâchaient pas l’inconnue.

[concernant la longueur, je ne te jetterai pas la pierre Laiar ^^"]

__________________________________________

Mante religieuse Ts'liche powa!!!
Merci à Erwan pour ces magnifiques images Smile
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 26 Jan 2014, 23:25

J'écoute une fois de plus la deuxième fille sans trop chercher à intégrer ses paroles. Oui moi aussi j'aurais préféré ne pas avoir à me battre, mais j'ai l'impression que c'est la seule issue à cette histoire. J'ai du mal à l'observer dans la nuit, à travers les morceaux de brumes qui ont atteint la rue, mais je sens qu'elle est tendue. Aurait-elle peur ? Oh pauvre chérie ! Alors pourquoi s'est-elle aventurée seule dans un quartier pareil ? Elle risque de devoir assumer les conséquences de sa stupidité. Je doute que ça lui plaise.

« Evidement, la moitié des jeunes de cette ville sont des voleurs, l’autre dort sur ses deux oreilles et le seul groupe qui échappe à cette règle se retrouve par hasard dans un des quartiers les moins populaires de la ville ! »

Sacré différence de caractère entre ces deux jeunes femmes ! Entre celle qui cherche à éviter la bagarre et celle qui veut la provoquer, il y a un monde. La première avait une intonation calme, alors que la seconde est en train de nous railler. Cette garce veut nous provoquer et elle y arrive ! Je sens la rage bouillonner au fond de moi. Parfait, elle me sera utile si je veux en finir vite. Pan m'a appris que c'était peut-être ma meilleure arme, à condition que j'arrive à la contrôler.
Contrôle. Ne pas réagir, du moins pas tout de suite. Rester neutre et lui laisser croire que ses mots ne m'atteignent pas. Je ne vais pas m'abaisser au niveau d'une misérable voleuse, quel que soit son potentiel.

- Disons qu'il faut des hasards pour faire des rencontres intéressantes.

- Et tu nous intéresse.

Voilà c'était dit.
J'observe attentivement cette voleuse, et tout ce que j'arrive à lire dans ses gestes ne me plait guère. Elle va refuser, c'est aussi clair que de l'eau. Alors autant prendre les devant.

Je pivote légèrement vers mon ancien amant et plonge mes yeux dans les siens. Une simple inclinaison de la tête en direction de la gentille inconnue suffit à me faire comprendre de Shire.

- Morvanne …

La jeune femme a elle aussi vu mon geste, et elle comprend à l'intonation de Shire ce qu'il lui reste à faire. D'un pas souple elle passe outre la voleuse et s'avance jusqu'à sa cible : la gentille brunette. J'entends son sabre chuinter en sortant de son fourreau. Le tintement n'est pas net. La lame n'est donc pas aussi parfaite que celle du bijou qui pend dans mon dos. Pas étonnant pour une arme de fille des rues. Le tranchant n'est surement pas remarquable, mais j'espère qu'il suffira à écourter les jours de la jeune fille.

Je ne m'attarde pas plus sur cette inconnue gênante et me tourne vers la fille qui m'intéresse. La voleuse.

- Voyons voir si tu es aussi intéressante que tu en as l'air.

J'avance calmement, sabre au clair. Shire se décale dans le même rythme, prête à bondir en même temps que moi. Je me souviens qu'à une époque nous nous battions à deux … il n'a pas dû oublier nos bonnes vieilles tactiques.

- Laisses-moi jouer un peu Shire.

Il ne dit rien, acquiesçant par son silence. Il n'a pas oublié qu'un jour j'étais moi aussi à la tête du groupe de voleurs, à ses côtés. Malgré mon abandon, il garde toujours un peu de respect pour moi et ma force.

Je bondis.
Libère ma rage en un flux contrôlé.
Ce n'est pas une véritable Env-Kil qui se bat, tout au plus une Alow-Til. Je retiens mes coups pour tester la voleuse, voir ce qu'elle a dans le ventre. Et elle en a. Chaque coup rencontre un mur. En plus de se défendre, cette garce sait attaquer. Peu à peu j'augmente l'intensité de mes frappes, le nombre de mes feintes. A chaque attaque qui échoue, je deviens un peu plus Envoleuse.
Eau. Vent. Feu. Terre.
Liquide, insaisissable, brulante mais inébranlable.
Quoi qu'elle fasse la voleuse ne peut pas m'atteindre.

Au corps à corps, je peux enfin détailler son visage qui me domine. Fin, au bord de la maigreur, il ne manque pas de vie. Je prends un soupçon de temps pour plonger mes yeux dans les siens, abysses tourbillonnants. Je n'y vois que folie et rage. Si Pan la voyait, il pourrait dire que la colère que je cache n'est rien comparé à ce qu'elle elle a d'enfoui dans son cœur. C'est drôle comme elle me fait penser à une de ces créatures que j'ai croisé en rentrant au Domaine … elle se bat à la façon d'un fauve d' …

-Ombreuse …

Simple murmure qui s'échappe de mes lèvres, traduisant malgré moi mes pensées. L'espace d'un instant j'ai envie de lui proposer ne rejoindre mon camp et non celui de Shire. Cet idiot ne me pardonnerait pas cette trahison si elle acceptait … dommage que j'ai besoin de son aide.



Des cliquetis retentissent dans plusieurs directions autour de nous. L'écho de pas remonte de par différentes rues. Cependant je n'ose pas détourner le regard de la furie contre qui je me bat, de peur qu'elle en profite pour m'égorger. J'espère qu'elle n'aura pas la même bonne idée et que je pourrais l'assommer d'un coup sur la nuque. Attachée à une chaise, dans une cave sombre, elle sera peut-être plus ouverte à la discussion.

- Halte là !

Des deux bouts de la ruelle sont apparus des groupes d'hommes.
D'un bond je m'écarte enfin de la garce. Ces intrus sont de plus gros soucis qu'elle.
Je les observe rapidement. Une fine armure. Des armes bien affutées. Des armoiries brodées qui ne trompent pas.
Des hommes de la milice.
Pourtant notre espion nous avait dit qu'ils ne patrouillaient pas dans ce quartier pourri ! Que font-ils là ? J'ai du mal à croire à un pur hasard, surtout vu leur nombre.
Tendue, je me tourne vers Shire, quêtant un avis de sa part. Il hoche la tête imperceptiblement. Comme moi, il a vu que nous n'atteindrons aucun toit de là où nous sommes. Les seules issues de secours sont derrière les groupes armés.

Un poignard file dans les airs, mortellement précis. Un premier homme s'écroule, la gorge tranchée. A ce signal Shire et Morvanne changent de cibles et attaque le groupe le plus proche, qui compte désormais un mort. Je les rejoins en quelques foulées, profitant de la confusion pour attaquer avec rapidité. Nous devons avoir franchi le barrage avant que le deuxième groupe nous ait rejoint.



[Et voilà enfin une réponse !!!
Eole => j'ai oublié de préciser que Shire viendra en soutien de ton adversaire pour éviter que tu ne la tue trop vite :p ]
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Crystal Fil'Essien
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 09 Fév 2014, 00:06

*Oh non...*
*Oh si...*

Chose que tu n’arriveras certainement jamais à t’expliquer, ce que veut la fille à tes côtés c’est se battre. Comme si elle ne savait faire que ça limite ! L’autre, pour ne rien arranger annonce que la fille “l’intéresse” et un coup d’œil à ses compagnons suffit à marquer la fin des papotages inutiles. Mais pourquoi faut-il que tu sois mêlée à cela ? Pourquoi est-il obligatoire que tu te retrouves en plein cœur d’une bagarre dont tu n’as rien demandé ?
Qu’est-ce qui t’as prise de tourner dans cette ruelle ?

*Elle était déserte, calme et tranquille...*
*Etait.*
*Je ne me suis pas rendue compte que je tournais dans une des ruelles les moins fréquentables de la ville... *
*C’est plus le moment d’y penser, maintenant tu es là... et tu ferais mieux de dégainer tes poignards ! *

Tu secoues la tête tandis qu’un chuintement feutré retentit dans la nuit. Il n’est pas aussi net que celui que tu avais l’habitude d’entendre lorsque les Frontaliers dégainaient leurs sabres à la Citadelle... Pas aussi net que le son que pouvait produire ton propre sabre quand tu le tirais de son fourreau. C’est un bonus pour toi, la lame de la jeune blonde qui s’avance vers toi est émoussée, contrairement à celles de tes deux poignards.

La fille n’attend pas et se jette sur toi. Tu roules au sol au moment où sa lame allait s’abattre sur toi et, d’un bond, tu te remets sur tes jambes, poignards en main. L’autre lance déjà un nouvel assaut. Tu lèves tes mains à hauteur de ton visage pour parer in extremis la lame qui file droit sur toi. Usant de la force que la fille a mise dans son coup, tu plies les genoux pour passer sous son bras, créant ainsi un déséquilibre chez ton adversaire qui pique du nez. Tu n’attends pas qu’elle se rétablisse pour la frapper d’un coup de pied dans le flan, l’envoyant rouler dans la poussière. Mais elle parvint à te faucher au passage et tu te retrouves toi aussi sur les fesses. Tu te relèves en grimaçant pendant qu’elle fait de même un peu plus loin. Vos regards se croisent un instant. Dans ses yeux, éclairés par un faible rayon de lune, se reflète une lueur de sauvage. Elle veut ta mort. Pour elle, il n’y a pas de doute, tu n’es rien de plus qu’un parasite gênant qu’il faut éliminer.

Qu’est-ce qu’il peut bien se passer dans la tête d’une personne telle que cette jeune fille ? Elle ne se pose pas de questions, de savoir si tu veux vraiment lui mettre des bâtons dans les roues ou si tu n’aimerais pas qu’elle te foute simplement la paix. Elle ne cherche pas à en savoir plus sur toi ou quoi, non, elle obéit à sa grande amie qui a décrété que tu devais mourir. Qui sont ces jeunes gens pour décider de qui doit vivre ou mourir ? Qu’ils aient des histoires avec l’autre fille, ça les regarde, mais pourquoi s’en prendre à toi ? Tu ne leur veux aucun mal, tu n’as jamais cherché à les attaquer, et pourtant, cette fille est là, devant toi, tous les muscles tendus et prête à rendre service à sa petite bande.

Tu pousses un soupir. Répit terminé. La fille bondit dans ta direction et son sabre traça un éclair argenté en croisant un rayon de lune. Tu enchaines coups et parades, oscillant entre les moments où tu dois bondir pour frapper et ceux où tu préfères rouler à terre afin d’éviter la lame meurtrière. Si tu sais te battre, elle aussi et le combat s’égalise, sans que ni l’une ni l’autre ne réussissent à prendre le dessus... Des gouttes de sueur apparaissent sur vos front, brillant de temps à autre dans le noir comme de furtives étoiles.

*Aller, tiens bon Crystal !*
*Je cherche une faille, une faiblesse dans sa gestuelle... un moyen de la mettre hors jeu... si tu as une idée, n’hésite pas !*

Tu crispes le visage, fronces les sourcils et serres les dents. Ton corps se pare de multiples estafilades écarlates alors que la lame de la jeune fille frôle ta peau de justesse. Tes poignards aussi en distribuent quelques unes à ton adversaire. Le poignard de Papa, aussi tranchant qu’il est, a même réussi à lui en tracer une belle sur le flan. Belle mais pas assez dangereuse pour l’empêcher de se battre. Tu évites de justesse un énième coup qui aurait pu te couper en deux. Ou presque.

*Danse.*
*Quoi ?*

Oups !
L’effet de surprise te déstabilise, tu rates ton coup, perd l’équilibre et passe à deux doigts de la lame mortelle.

*Qu’est-ce que tu racontes ? Tu veux ma mort ?*
*Non... désolée... je...*
*Bon explique-toi au moins ! *
*Tu... tu disais que si j’avais une idée... il fallait pas que j’hésite...*
*Hein ?*
*Attention !*

Tu te baisses in extremis pour éviter le sabre de la fille et lance ta main sous son aisselle. Ton poignard mord dans la chair, laissant une fine marque rouge. L’autre se tourne et se jette sur toi, abatant son sabre dans un hurlement d’où ressort plus de rage que de douleur.

Danse.
Le mot crée un déclic dans ton esprit. Pendant une fraction de seconde, tu observes le monde autour de toi. Tu vois deux jeunes filles se battre dans une danse sanglante... et l’évidence te frappe de plein fouet. Un combat est une danse.

«Un Marchombre se rit du guerrier, il saisit l’ampleur de sa force pour s’en servir… la renverser.»

Les mots d’Erwan résonnent dans ta tête, accompagnés du souvenir de ce jour là où tu essayais tant bien que mal d’ouvrir tes sens pour attraper la clochette nouée à la ceinture du marchombre.
Un sourire étire tes lèvres.

*Merci Leïla.*


Ouverture. Oui parce que la danse, c’est d’abord cela. Et que pour comprendre son partenaire, pour saisir sa force et s’en servir, il faut commencer par s’ouvrir à lui.

Paix. Tu calmes les battements de ton cœur, respire calmement. Tu ne cherches plus à aller contre la jeune fille, mais plutôt à être avec elle. Avec sérénité et non panique. On ne danse pas avec le cœur serré par le stress.

Infini. C’est les courants sans fin du vent qui te rejoignent, qui te portent et qui te guident, comme quand tu danses.

Le combat devient danse. Tu te glisses dans les mouvements de la fille, cherchant à la comprendre et à utiliser sa force pour ensuite briser son rythme. Doucement la balance si bien équilibrée de votre duel penche. Tu prends le dessus, l’obligeant à reculer...

Un bruit dans ton dos te fait sursauté et la fille en profite pour tracer une nouvelle ligne rouge sur ta peau. Tu bondis sur le côté pour éviter le coup que le compagnon des deux jeunes blondes tente de te porter.

*Il ne manquait plus que ça...*

Comme si un adversaire ne suffisait pas, le pas de deux se transforme en pas de trois. Acharné, sanglant et mortel. Tu ne parviens plus à porter un seul coup et tu en es réduite à parer les attaques des deux jeunes gens. Tu grimaces, laissant tomber danse, ouverture, marchombre, etc. te bornant à essayer de ne pas mourir. Le jeune homme a une technique de combat plus élaborée que la fille, remarques-tu. Il te fallait bien ça tiens !
Tu te défends bien et tu n’écopes pas de blessures trop grave, encore que ces dernières ont plutôt tendance à se multiplier, mais à deux contre une, tu n’arrives pas à reprendre le dessus. Tu commences à fatiguer, les muscles de tes bras et de tes jambes sont douloureux... Il faudrait un miracle pour que tu en ressortes vivante !

- Halte là !

J’ai parlé de miracle ?

Le cri vous surprend tous les trois (et même tous les cinq d’ailleurs) et vous tournez tous vos tête d’un bloc en direction de l’homme qui vient de parler.
Un groupe d’hommes armés (et de belles armes, pas comme le sabre de la fille), protégés par des armures dont les armoiries ne laissent aucun doutes en ce qui concerne leur identité, viennent d’apparaître à chaque bout de la ruelle. La milice.

Tu ne sais pas si tu dois te réjouir ou, au contraire, si tu dois pleurer. Parce que d’un côté, ces gardes viennent de te sauver la vie et sont susceptibles d’arrêter toute la bande, mais d’un autre, justement, ils peuvent très bien t’embarquer aussi.

Tu n’as pas plus le temps de réfléchir qu’un poignard fend l’air et vient se ficher dans la gorge de l’un d’entre eux. L’homme s’écroule et tes deux adversaires partent rejoindre leur amie pour lui prêter mains forte, histoire d’éliminer encore un parasites ou deux...

Tu serres les dents jetant un coup d’œil de chaque côté de la rue et vers le haut... Impossible de grimper et impossible de sortir simplement, les hommes de la milice bloquent tout. Tu remarques que la petite bande profite de la confusion pour se lancer à l’attaque des hommes d’un côté de la ruelle... C’est peut-être le moment pour passer et t’enfuir... avec un peu de chance, personne ne te remarquera et tu pourras rentrer tranquille... C’est risqué et tes chances de réussite sont minces mais... Tu ne réfléchis pas lus longtemps et tente le tout pour le tout.
Tes poignards toujours dans les mains (on ne sait jamais), tu bondis dans l’ombre et te mets à courir en direction de la bagarre, priant pour que ni l’autre groupe, ni la fille que tu as bousculé ne te remarques.

Mais j’ai bien peur que tu ne te berces d’illusions... Tu n’as pas fait dix mètres qu’une main t’agrippe et te plaque au sol...

*Je suis foutue...*

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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Mer 12 Fév 2014, 13:37

Sa réplique et mordante, volontairement provocatrice, et la réponse ne tarde pas. Les yeux toujours plongés dans ceux de son adversaire, elle ne se pose même plus la question de savoir si la petite puce à ses côtés va survivre ou non à l’affrontement. Un cadavre se laisse plus facilement détrousser... Peut-être aura-t-elle le mérite de ne pas mourir trop rapidement, ce qui lui laisserait le temps de jouer avec la blonde aux yeux fermés. Elle a terriblement envie de les lui arracher, ces yeux, pour voir ce qu’il y a derrière. Elle l’énerve à se cacher...
« Ploie devant moi ! »
Elle lui couperait les jambes aussi, pour qu’elle ne puisse plus se dresser ainsi... Son sang devrait être acide, elle n’allait pas être bonne à manger mais, de toute façon, elle n’avait pas spécialement faim. En fait, elle se sentait étrangement bien : enfin un combat plus intéressant que l’assassinat en traitre d’un gamin ou d’un garde ivre !

- Disons qu'il faut des hasards pour faire des rencontres intéressantes.


« Tais-toi, tu ne m’intéresses pas. »

- Et tu nous intéresse.

Tiens donc... Un sourire grinçant vint parer ses lèvres et elle émit un rire de gorge qui ne rata pas sa cible. Ils la trouvaient intéressante ? C’était tout naturel, elle leur était supérieure, elle méritait tout leur intérêt. Mais eux ne l’intéressaient pas. Enfin, pas lui. Elle, elle la voulait, mais comme jouet d’un soir, pas comme partenaire. S’allier avec de chétifs humains, quelle idée ! Elle n’allait pas s’attacher à des boulets qui ne seraient bientôt que des morceaux de viande saignante...
Visiblement, ces créatures inférieures ont bien compris le message et un geste de l’intéressante bipède suffit pour mettre les deux autres en mouvement. Evidemment, c’est elle qui commande. Elle, la seule à posséder une véritable lame. Périr ou asservir.
« Mais cette fois, tu es tombée sur plus forte que toi »

Avec une impatience grandissante, elle observe les pions se mettre en place. Ils ne lui font même pas l’honneur de l’attaquer tous en même temps, pitoyable. Ils comprendront bien vite leur douleur. Et, après tout, elle n’a pas envie de s’occuper des rebus. Elle préfère les morceaux de choix, et cette humaine en est un, c’est clair dès qu’elle dégaine sa lame. Un geste fluide, un chuintement discret, une souplesse presque féline, cette petite intéresse beaucoup Lanthane. Le glissement feutré de sa propre lame répond au premier et elle se met en garde. Elle caresse un instant l’idée de faire durer le plaisir mais elle n’aime pas trop l’idée d’un combat se déroulant dans son dos. Elle amorce donc un mouvement circulaire qui avait pour but de placer tous ses adversaires potentiels dans son champ de vision mais celui-ci est très vite stoppé par sa propre vis-à-vis.
L’inconnu bondit. Pas très haut, mais vite, assez pour lui faire marquer un mouvement de surprise qui laissa la lame adverse s’approcher dangereusement de sa poitrine. Un mouvement souple, précis, qui la surprit avant d’exciter son intérêt. Cette petite en a dans le ventre finalement ! Mais sait-elle aussi défendre...
Elle n’aura pas la réponse, contrainte une fois de plus de défendre face aux assauts mortels de sa partenaire... Elle se concentra davantage sur le combat, oubliant celui qui se déroulait peut-être – ou s’était déjà achevé – à quelques pas pour ne plus voir que la silhouette finement musclée qui lui faisait face. Elle s’immergea lentement dans un rythme de combat qui lui convenait mais, avant qu’elle ait pu s’en emparer pour percer sa défense, il changea du tout au tout. Une légère erreur de sa part invita la lame à déchirer sa chair au niveau du bras, mais sans qu’elle soit handicapée. De toute façon, elle ne prêtait jamais beaucoup d’attention à ce corps chétif dépourvu d’écailles.
Non, ce qui l’intéressait, c’était cette peau toujours vierge qui lui faisait face.

Toujours dépourvue de marque, elle semblait la narguer en jouant à s’approcher de son sabre lors des attaques et à la frôler lorsqu’elle tentait à nouveau une contre-offensive. Elle semblait luire elle aussi sous les doux rayons de la Lune, comme pour crier son unité. Tout en cette fille l’exaspérait. Elle mit plus de rage et de force dans ses coups, les rendant un peu plus rapide mais jamais elle n’atteignit cette petite flamme. Oh, elle se rapproche, aucun doute là-dessus, mais plus elle frappe, plus elle a l’impression de se faire manipuler. Elle reste droite, refusant de céder même lorsque cela lui épargnerai une ligne de feu sur sa propre chair.
Une cinquième. A la jambe celle-là. Alors ! Elle ne sait pas viser cette petite peste blonde ? Ou alors elle le fait exprès... Cette simple idée la met hors d’elle. Comment ? Une proie ose la défier ! Impossible. Elle accorde moins d’importance aux membres qu’au tronc – son centre vitale – et les défend moins bien, voilà tout. De toute façon, elle n’a pas besoin d’user d’avantage de forces que nécessaire pour des parties moins fragiles. Elle garde la main, aucun doute là-dessus.

-Ombreuse …

Un simple murmure qui s’échappe des lèvres de sa proie, murmure qu’elle enregistre sans lui prêter guère d’attention. Elle veut la distraire en tapant la conversation ? Qu’elle prenne garde à sa propre vie ! Elle tente de placer un coup de taille qui rase la tunique de la bavarde sans lui causer de dommage mais laisse en revanche son épaule vulnérable, ce dont profite son adversaire. Une marque de plus.
L’idée de manier une deuxième arme en même temps que celle-là lui effleure l’esprit mais elle la repousse sans ménagement. Elle a une deuxième arme ? Non. Alors il était inutile d’y penser. Elle concentra son esprit sur ses mouvements qui perdaient de leur vigueur au fur à mesure qu’elle se démenait pour se soustraire à ces assauts étrangement calmes.
Soudain, alors qu’elle avait presque saisit quel était le nouveau rythme qui lui était imposé, des bruits de pas précipités parvinrent à ses oreilles et la lame adverse frôla une nouvelle fois un de ses membres. Elle refusa de se laisser déconcentrer et ne prêta attention à ces bruyants invités que lorsque l’inconnue fit de même après avoir bondit hors de sa portée.

- Halte là !


C’est toi qui cours, crétin.
Elle les observe rapidement par-dessus l’épaule de son adversaire. Encore ces lourdauds de gardes ivres... Ah tient, ceux-là semblent pouvoir encore courir droit... On affecte les bons gardes aux quartiers les plus minables ? Quelle belle blague ! Ou alors ils passaient par là par hasard en se rendant à la taverne... En tout cas, ils y vont par paquets pour picoler !
Un signe a du être échangé entre les membres du petit groupe car ils se précipitent tous sur l’escouade de gardes la plus proche, n’hésitant pas pour cela à lui tourner le dos. Ce qu’elle aurait pris pour un sérieux affront si un poignard, filant à toute vitesse à quelques cheveux de son crâne pour aller cueillir un de ses miliciens, ne l’avait obligé à se baisser précipitamment.
Une fois assurée qu’ils seront bien occupés quelques minutes au moins, elle tourne la tête vers sa proie initiale et se relève à demi, certaine de la trouver la gorge ouverte et la bourse à portée de main. Elle marque un petit temps de surprise en la trouvant dans un état, certes proche du sien, mais néanmoins bien meilleur que ce qu’elle s’imaginait. Soit ces deux proies de basses qualités ne savaient vraiment pas manier une lame, soit tous ceux qu’elle avait affronté jusque là n’étaient que des amuses bouches.
Sans s’attarder plus que nécessaire, elle bondit à sa suite dès que la jeune fille s’élance en direction de l’aile du combat, souhaitant sans doute se faufiler à travers les escrimeurs pour s’échapper de ce guet-apens.
«Oh non ma belle, tu restes avec moi ! »
Alors qu’elle allait atteindre les premiers combattants, elle se fit plaquer au sol par Lanthane qui s’était elle-même jetée à terre afin d’éviter une lame qui arrivait dans son dos, ne faisant preuve d’aucun égard envers les bleus que pourrait recevoir cette petite jeunette. L’objet alla se planter dans le pied d’un des gardes qui s’était avancé vers elles ce qui le surpris et lui donna le temps nécessaire pour faire effectuer à son arme qu’elle avait toujours en main un arc sanglant qui lui mordit les mollets - un des rares endroits qui était dépourvu de sa peau de métal – avant de l’achever en plonger vers sa gorge. Un flot de sang jaillit de la blessure dès que le fer retourna à ses côtés et les éclaboussa toutes les deux ; trempant le devant de sa tunique mais arrosant copieusement Crystal qui tentait de se relever. Elle hoqueta de surprise et sans doute un peu de dégout. Chochotte.
Une fois la voie devant elles dégagée, elle ne lui accorda plus la moindre attention et remonta la rue avant de tourner à un angle pour se soustraire aux yeux des combattants. Son seul regard en arrière fut pour confirmer ce qu’elle avait entraperçu avant de pousser la jeune humaine hors de la trajectoire du couteau : il y avait quelqu’un sur le toit. Il était trop petit pour être déjà adulte mais son lancer avait été dénué d’hésitation. La silhouette disparut en courant sur les toits et la jeune ts’liche se retourna pour se concentrer sur sa course et s’évader au plus vite de ce quartier décidément trop animé à son goût.
Au bout de longues minutes de course et, une fois qu’elle fut certaine que personne ne la suivait, elle se décida enfin à ralentir et à accorder un peu de répits à son corps déjà entamé par le précédent combat. Elle se contenta donc de marcher d’un pas vif, privilégiant les ruelles sombres aux avenues où patrouillaient surement quelques gardes. Elle rageait de n’avoir rien pu rapporter ce soir et, même si elle avait déjà une avance considérable sur Saren et ses sbires qui se contentaient de dépouiller quelques stands et badauds, elle répugnait à rentrer les mains vides. Surtout qu’elle le soupçonnait d’avoir envoyé ce mystérieux inconnu qui avait voulu l’éliminer et ne voulait pas lui faire le plaisir de montrer qu’il avait là trouvé un point faible.
Elle se mordit pensivement la lèvre, n’hésitant pas à lécher le sang qui en coula, tout en réfléchissant à la suite des opérations. Elle ne pouvait se permettre d’errer à l’aveuglette dans les rues sombres et silencieuses de la ville au risque de tomber de nouveau sur la milice ou pire encore. D’autant plus qu’elle avait deux mots à dire à Saren et qu’elle aurait besoin de ses forces pour aller lui secouer les puces demain matin. Mais d’un autre côté, elle ne pouvait pas non plus retourner dans son abri provisoire au risque qu’on l’y suive. Hors de question aussi d’aller dans une auberge – qu’elle n’avais de toute façon pas les moyens et l’envie de payer – et camper sur les toits était absolument impensable – au risque que leur ciel si vide ne se prenne d’envie de l’avaler une bonne fois pour toute ? Jamais de la vie !
Elle finit par opter pour l’occupation d’une maison à demi écroulée en bordure du lac dont la présence proche la mis mal à l’aise toute la nuit. Elle redoutait à chaque instant que cette ignoble vide-qui-ne-l’était-peut-être-pas ne vienne la happer pour combler ce qui lui manquait. Au moins avait-elle la satisfaction de sentir un toit au-dessus de sa tête, un espace solide qui la limitait et la libérait de cette impression de petitesse qui la prenait à chaque fois qu’elle sortait. Qu’elle détestait cette vie d’humain.
Le lendemain, après une nuit agitée où chaque vague l’avait maintenue dans un désagréable état d’anxiété, elle sortit un œil prudent de sa cachette. Elle ne se sentait pas vraiment reposée mais elle avait connu pire et, de toute façon, elle avait à faire. Elle se secoua un peu, grimaça en constatant les traces de sang qui maculaient sa tunique et tâcha de les faire disparaître grâce à un lavage à l’eau de pluie qu’elle récupéra dans une petite cavité. Elle essora de son mieux sa tunique avant de la remettre en frissonnant et de courir à petites foulées pour se réchauffer. Elle n’aura qu’à voler la tunique de ce jeune inconscient de Saren une fois qu’elle l’aura égorgé. [je précise tout de suite qu’elle l’a vraiment tué, c’est écrit dans l’intro du rp avec Kaunis] Elle se coula dans la circulation des corps sous le regard impassible des quelques marchands qui avaient déjà ouverts leurs boutiques et se dirigea d’un pas assuré vers le repaire des voleurs. Elle se contenta de dérober quelques pièces à un marchands négligeant, décidant de couvrir d’arrogance le peu qu’elle rapportait pour faire croire à Saren qu’elle se savait victorieuse et ne voulait plus se donner la peine de faire un effort pour le peu de temps qu’il restait dans la compétition.
Elle pénétra dans la petite pièce sans même jeter un regard à celui qui tait censé la garder mais n’avais sûrement pas les moyens de l’arrêter et se présenta devant celui qu’elle venait pour abattre, droite et sûre dans ses vêtements encore mouillés par endroits. Ils se dévisagèrent un instant, chacun constatant que l’autre était armé et que l’un d’entre eux était allé trop loin. Lui.

« Vas-y mon grand, je t’écoute : c’était qui cette fille hier soir ? »

Son ton était moqueur et son sourire mesquin s’accentua en voyant sa réaction. Pitoyable petit chef de pacotille. Elle se fichait de son gamin qui les avait dénoncé et des deux compagnons de cette blonde au sabre, elle voulait juste savoir qui elle était. Pour la trouver, la découper, et la jeter aux poissons. Juste après s’être occupé de lui, évidement...

[*toussote* je me suis peut-être un peu emportée, dites-moi et je changerai !
Désolée Crystal, mais elle ne voulait pas s’encombrer >>
Il faut que l’on trouve un moyen de se retrouver. Laiar, tu peux intervenir ici, un peu plus tard quand on s’étripera déjà ou quand elle sera sortie, comme tu veux ! Mais je pense que Shire aura placé quelqu’un aux abords de la planque pour vous prévenir si Lamn arrivait... ]

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Mante religieuse Ts'liche powa!!!
Merci à Erwan pour ces magnifiques images Smile
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 16 Fév 2014, 22:55

Le sang gicle sur mes vêtements, le rouge se fondant dans le brun de ma veste. Je forcerais Shire à m'en trouver une autre, en guise de paiement pour mon aide. Je n'ai pas envie de retourner au Domaine me chercher des habits de rechange, ce serait perdre trop de mon précieux temps.

Un coup d'œil dans mon dos, entre deux coups de sabre, me montre une fille au sol et ma proie à ses côtés, en train de se défendre contre un milicien. Il est moins doué en défense que moi puisqu'elle s'en débarrasse en un instant, attirée par une faille dans la ligne des attaquants. Je la vois aussi, trop éloignée pour que je puisse l'atteindre en même temps qu'elle. La rage de voir cette fille s'échapper me fait redoubler d'ardeur : il faut que je la rattrape à tous prix, ou Shire ne m'apportera jamais son aide. Je dévie un coup dirigé vers mon flanc et sourit en regardant une lame usée traverser la gorge de mon adversaire. Morvan a compris que la mort de cet homme nous ouvrirait l'espace pour un quart de seconde. Elle a l'intelligence du combat, qualité fortement appréciable pour survivre en Gwendalavir. Je repousse le corps sans vie vers un milicien, l'entravant dans son avancée, me glisse dans l'ouverture aux côtés des deux voleurs et cours aussi vite que possible. Les ruelles d'Al-Chen forment un dédale dont j'ai oublié les mille et un secrets. Heureusement Shire et Morvan me guident sans hésitation, rejoignant les toits dès qu'ils le peuvent. De là-haut j'ai l'impression d'être ramenée plusieurs années en arrière, quand la nuit m'appartenait et que je dominais Al-Chen depuis ses hauteurs. Les tuiles sous mes pieds me semblent familières, à tel point que même les plus traîtres d'entre elles n'arrivent pas à me faire déraper. A mes côtés, Morvan court d'un pied égal. Je suis presque contente que Shire ait réussi à me trouver une digne remplacante, un peu trop digne d'ailleurs. Je me demande bien où il a déniché cette perle rare. Il faut bien avouer qu'elle m'intrigue. Je ralentis un peu pour l'observer de façon plus discrète, et si elle sent mon regard posé sur elle, elle ne s'en formalise pas. L'important c'est de s'éloigner au plus vite du quartier des tanneurs.

Shire décide enfin de s'arrêter. D'un signe de la main, il nous indique une cour où nous sautons avec agilité. C'est comme au bon vieux temps ! Nous nous fondons dans la nuit, invisible sous le feuillage de deux grands chênes. Du bout des doigts, l'homme écarte un rideau de lierre, découvrant une porte cachée. C'est sans un bruit qu'elle s'ouvre et nous laisse passer. L'espace qui nous accueille est juste assez grand pour accueillir trois personnes. Quel intérêt a son existence ? Une minuscule lueur dessinée par Shire l'explique : une trappe est dissimulée dans ce mur. Elle recouvre une volée de marches menant vers une épaisse obscurité. C'est vrai je me souviens de cet endroit … Je sais qu'au bout nous allons trouver ce qui se rapproche d'une cave. Cette cachette n'est connue que des membres les plus hauts placés dans la bande, donc par Shire, Morvan et moi.

Les marches sont aussi glissantes que dans mon souvenir, l'air aussi humide. Je déteste cet endroit, tellement plus malsain que les toits au grand air. J'ai hâte que nous sortions d'ici !

- Et maintenant on fait quoi ?!

L'énervement est palpable dans la voix du blondinet. J'attends un peu avant de lui répondre, laissant mes souvenirs prendre vie alors que Morvan allume une à une des bougies posées dans la pièce. Pas besoin de dessiner quand on a des allumettes ! A une époque j'avais appris à me déplacer dans le noir total pour allumer ces foutues bougies. Exercice peu agréable au début, qui avait fini par m'amuser avec le temps. Ne plus se servir de ses yeux peut être déstabilisant mais permet d'apprendre à se servir de ses autres sens.

On attend sagement qu'elle sorte de sa cachette, on l'attrape et on en finit avec cette histoire en la tuant.
- Où alors on poste quelques uns de tes gars autour du quartier de Saren, avec une description de cette fille. Le premier qui la voit lui fait passer un message de ma part. Quelque chose me dit qu'elle n'est pas du genre à apprécier les combats qu'on ne finit pas. Elle ne pourra pas refuser une nouvelle rencontre.

Le duo m'observe attentivement. Tous deux réfléchissent à l'idée, incapables de trouver une autre alternative.

- Soit. Mais ne fais pas trainer ça trop longtemps. Si dans deux jours cette affaire n'est pas réglée, tu peux dire adieu à mon aide.

Je hausse les épaules. Comme si cela m'importait ! Si il refuse de m'aider, j'irais directement à Al-Jeit et je trouverais un moyen de trancher la gorge d'Azor et de Kyler.

- Attrape une bougie Laï, on ne va pas rester moisir plus longtemps ici.

Morvan souffle celles dont je ne me saisis pas – très utile de les avoir allumées pour si peux de temps – et suis son amant à travers une autre porte dissimulée. Nous suivons alors les méandres d'un couloir où plane une odeur de moisi. J'ose à peine effleurer les murs de terre de peur de finir par moisir moi aussi. A ma plus grande joie nous finissons par bifurquer et pénétrer dans une chambrette propre. Encore une possession cachée de la bande, pour sauver les chefs en cas de pépin. Il est important pour nous d'attendre que le jour se lève avant d'agir.

Sans demander leur avis à mes deux compagnons, je m'étale en travers d'un fauteuil. Libre à eux d'occuper le lit, je peux être mal installée, ça ne changera pas le fait que je ne dormirais que d'un œil. Je n'ai plus confiance en mon ancien amant.

- Bonne nuit chéri.



|| ~ ~ ~ ||
Emel


Ligoté comme un vulgaire saucisson, un baillon dans la bouche, Emel attend qu'on décide de son sort. Cela fait plusieurs heures que des hommes de la bande de Saren l'ont arrêté puis roué de coups. Une fois assommé, ils l'ont amené là où il est désormais : dans la pièce où se terre le chef. Posé dans un coin, à même le sol, il voudrait bien trouver le moyen de s'enfuir d'ici. Il a beau fouiller les environs avec son unique œil – l'autre étant fermé à cause d'un mauvais coup – il ne trouve pas de solutions. Si seulement Shire pouvait venir le sauver ! Sauf qu'il sait qu'il n'est qu'un pion dans le jeu de cet homme, indétrôné de son poste depuis de longues années. Jamais il n'aurait dû jouer l'agent double, et voilà qu'il en paie le prix.

Des pas résonnent sur les dalles, précédant la voix de cette petite peste de Lamn. Saren aurait dû l'éliminer depuis longtemps au lieu de se laisser mener par le bout du nez par cette arrogante. Une fois de plus elle ne parle qu'avec impertinence et autorité, exigeant du chef qu'il lui apporte des renseignements sur "une fille". Il n'en faut pas plus à Emel pour comprendre la raison de sa présence à lui ici. Saren a besoin de renseignements sur Laïar et il sait que seul un espion pourra lui en donner. Quelqu'un a dû le voir parler avec Shire et les deux blondes la veille. Et merde …

- Je te répondrais si tu acceptes de quitter sur le champ cette ville. Ton petit manège a assez duré.

La jeune fille doit accepter d'une manière ou d'une autre puisqu'Emel est trainé aux pieds de Saren par un des voleurs-gardes. On le libère de ses baillons et d'une partie des cordes qui l'entravent. Il peut ainsi bouger et croiser le regard du chef de bande, impitoyable.

- Réponds correctement et tu arriveras peut-être à vivre plus longtemps que prévu. Refuse et …

La lame brillante qu'il fait glisser sur son doigt porte un message sans équivoque : parler ou mourir.

- C'est … c'est Laïar ! Une gamine qui avait disparu … depuis plusieurs années. Elle est revenue travailler pour … pour Shire. S'il vous plait ne me tuez pas ! C'est tout ce que je sais ! Je ne sais pas pourquoi ils te cherchaient Lamn !

Emel tombe au sol, agenouillé devant la jeune insolente, conscient qu'elle pourrait bien être sa seule chance de survie.


|| ~ ~ ~ ||
Atarthur


Atarthur épie depuis son poste la longue rue où les marchands ont commencé leurs activités. Ses vêtements sentent la crasse, à tel point que personne n'ose approcher ce mendiant répugnant. Il aura du mal à récolter ne serait-ce qu'une piécette de cuivre ce matin … heureusement que sa mission n'est pas de trouver une fortune. Aujourd'hui il doit simplement espionner les environs en quête d'une gamine dont Shire lui a dressé un portrait bien précis. Il ne sait pas si elle passera par là, mais la proximité du QG de Saren rend la chose probable. Si il la voit, il doit lui transmettre un message de la part d'une revenante.

" Viens finir ce que nous avons commencé cette nuit à la tour de la Dame."

Le tout signé "la blonde au sabre". Elle comprendra ce qu'elle voudra, en tout cas Laïar l'attendra dans une tour à moitié en ruine donnant sur le lac, accessible autant par la muraille d'enceinte que par les toits. Le reste, Atarthur s'en fiche. Aujourd'hui il est presque en repos, et cette seule pensée lui suffit.

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Crystal Fil'Essien
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 23 Fév 2014, 23:49

Celle qui t’es littéralement tombée dessus se relève rapidement et évite un coup d’un garde. Un peu sonnée, tu regardes autour de toi et tentes de te relever quand un flot rouge t’arrose soudainement. Un garde s’écroule presque sur toi, la gorge béante. A tes côtés se tient la jeune fille brune qui te lance un regard de dédain avant de tourner les talons. Interloquée, tu la regardes s’éloigner.
Tu n’as pas le temps de te poser plus de questions qu’un éclat argenté fuse vers toi. Tu roules sur in extremis sur le côté pour éviter la lame mortelle et te relèves d’un bond. Tu enfonces un coude dans les côtes du garde qui, déjà déséquilibré par son coup manqué, s’étale sur les pavés. Tu jettes un coup d’œil autour de toi pour remarquer la petite bande de la blonde s’échapper en se faufilant entre deux milicien.


*Ah non ! Hors de questions que je me retrouve seule avec ces gardes... Ils sont complètement ivres en plus, je n’ai aucune chance de m’en sortir en leur expliquant gentiment que ce n’est pas moi qui cherchais la bagarre... *


Tu n’attends pas que les quelques gardes survivants se rendent compte que tu es encore là et profites de la confusion pour te glisser entre deux bâtiments, hors de portée. Tu cours pendant quelques minutes, histoire d’être sûre que tu n’as pas été suivie avant de t’adosser à un mur de pierre pour reprendre ton souffle.


*Rappelle-moi de ne plus jamais rêvasser en pleine ville... ou de ne plus jamais rêvasser tout court...*
*Vois le bon côté des choses, grâce à cette milice, tu es débarrassée de cette bande de cinglés. *
*Super... et si ça remonte aux oreilles de mon patron, je fais quoi ? *
*Oh, arrête ta parano, il fait nuit, la ruelle était on ne peut plus sombre, les gardes étaient souls, que veux-tu qu’il t’arrive ?*
*Mmh... Bon, je crois qu’il est plus que temps de rentrer, j’en ai assez vu pour cette nuit. *


Tu pousses un long soupir en te redressant avant de prendre le chemin de la ferme des Halïan.


~ * ~


Tu as surveillé les clients qui entraient et sortaient toute la journée... Aucun n’était celui que tu espérais voir. Færen n’a donné aucune nouvelle. C’est ton dernier jour de travail et, il faut bien l’avouer, tu n’es absolument pas concentrée. Ton esprit vogue a des kilomètres de là, vers le marchombre et ses étranges paroles, vers les questions qu’il a laissée sans réponse, mais aussi vers le jeune fille que tu as bousculée la veille, vers la jeune femme blonde et ses deux acolytes... Si la première ne semblait pas les connaître, il n’en allait pas de même pour les trois autres qui, eux, paressaient paraissait en avoir après elle... Et toi, par un malencontreux hasard, tu t’es retrouvée au milieu de leur querelle. Que va-t-il advenir d’eux maintenant ? Est-ce que la bande de la blonde va partir à la poursuite de l’autre ?


*Mais qu’est-ce qui te prend de te poser toutes ses questions ? Laisse-les faire leur vie ! Tu ne vas quand même pas aller les chercher maintenant ? *
*Je sais pas... je me demande juste... roh, c’est bon, je suis juste curieuse !*


~ * ~


Tu déposes une petite piécette dans le chapeau d’un mendiant. Tu n’as pas vraiment l’habitude de faire cela, mais tu as eu pas mal de pourboires aujourd’hui et donc tu peux te le permettre... Tu te dis que tu pourrais être à sa place si Iris et Zhor n’avaient pas été là et si tu n’avais pas trouvé l’Académie...
Il t’adresse un sourire, que tu lui rends avant de te détourner. Tu fais à peine un pas que tu percutes un jeune homme de plein fouet.


*Décidément ! Je dois être maudite !*


Tu perds l’équilibre, mais un bras solide t’évite la chute et te remets sur tes pieds.

- Excusez-moi, je ne...
- Crystal ! Ah ça tombe je te cherchais !

Tu te dégages de l’emprise du jeune homme pour le détailler d’un air ahuri.


*C’est pas possible... *


- Kerek ?
- Ba oui c’est moi, qui veux-tu que ce soit d’autre ?
- Qu’est-ce que tu... attend, comment ça tu me cherchais ?

Tu toises le jeune homme d’un air soupçonneux. Kerek Ränaghar. Après la nuit que tu as passé, c’est bien la dernière personne que tu souhaitais croisé.


*J’ai pas pensé qu’il pouvait encore être à Al-Chen... lui qui rêvait de la capitale...*


Kerek, une vieille connaissance du temps où nous habitions toutes les deux chez les Halïan. Un jeune garçon hautain, prétentieux, qui se croyait meilleur que tout le monde... Et qui ne doutait pas d’obtenir ta main... ou la mienne...


*Le destin m’en veut Leïla... *


- Alors ?
- Eh ! Au lieu de m’agresser comme ça, tu ne crois pas que toi, tu me dois des explications ?


*Je rêve ou il se fout de toi ? *


- Ah bon ? Je te dois des explications ? Et lesquelles, monsieur ?
- D’abord, où tu étais passé tout ce...
- Cela ne te regarde absolument pas. C’est ma vie, je n’ai aucun compte à te rendre là dessus. Quoi d’autre ?
- Tu es toujours aussi ouverte à ce que je vois...
- Quoi d’autre ?


Il marque une pause, le temps de te détailler de la tête aux pieds.

- Qu’est-ce que tu faisais hier soir avec At ? Ne nie pas, je t’ai vu avec elle.
- De qui tu parles ? Je ne connais pas de At !
- Et hier soir, tu faisais quoi dans la ruelle ?



*Oh non... voilà que ça recommence...*


- Je me baladais et j’essayais d’être tranquille... Le hasard a fait que je me suis retrouvée...
- Chut.


Sans que tu ais le temps de réagir Kerek t’avais prit le poignet et t’entraînait à sa suite dans le dédalle des rues d’Al-Chen. Tu te débats, tentant de le faire lâcher prise, mais rien n’y fait, le jeune homme a une solide poigne.


*Il a changé... tu ne trouves pas ? *
*Si. Il est devenu plus fort... et... *


De ta main libre tu attrapes ton poignard, mais avant que la lame n’atteigne sa peau, Kerek se retourne et bloque ta main.

- Ne t’avise pas de faire ça. Contente-toi de me suivre.

Sur ce, il se détourne et t’entraîne de nouveau. Tu le suis en serrant les dents... piquée par la curiosité, il faut l’avouer... parce que si tu l’avais vraiment voulu, tu aurais pu te défaire de son emprise...


*Et il sait se battre... Enfin, il a de bons réflexes. *


Tu te rends compte soudain qu’il suit quelqu’un... qui n’est autre que la jeune fille que tu as bousculée hier !


*Tu crois que c’est elle cette fameuse At ? *
*Il se pourrait bien oui... à moins que ce ne soit plutôt la blonde... *


Vous arrivez bientôt en vue d’une tour imposante mais à moitié en ruine... pas très loin du lac... La tour de la Dame. Tu la connais parce que la ferme des Halïan n’est qu’à quelques pas d’ici et que nous sommes déjà venues ici quelques fois auparavant.

- Tu sais grimper ?
- Oui.
- Bien, on va y accéder par les toits alors, on verra mieux de là haut, et on aura moins de chance de se faire repérer.


Il passe devant et tu le suis. Certes on connait cette tour, mais que de l’extérieure...

- Tu vas finir par m’expliquer ce qu’il se passe ? C’est qui cette At ? C’est celle qu’on a suivi ?
- Oui c'est elle... mais parle pas si fort...
- Et comment tu sais que j’étais avec elle hier soir,
continues-tu en chuchotant, je ne la connais pas, j’ai juste eu le malheur de la bousculer... comment tu la connais toi ?
- C’est une longue histoire...
- Tu ne crois pas qu'il est plus que temps que tu me donnes des explications ?


Il pousse un soupir avant de s’arrêter.

- Bien. Je vais tout te raconter avant de continuer.

Et il te raconte tout. Il fait partie d’un gang de voleurs dans lequel une jeune fille étrange est arrivée récemment. At, dont il est (oui oui tu as réussi à le faire avouer) secrètement tomber amoureux. Voilà pourquoi il la suivait hier soir... Elle se démerde toujours pour rapporter les plus gros butins, et il voulait voir comment elle faisait.

- Je crois que c’est tendu un peu en ce moment entre le chef et elle... mais je n’en sais pas vraiment plus...
- Et c’étaient qui les trois autres ? Le gars et les deux blondes ?
- Aucune idée... Si on a de la chance, c’est eux qu’elle va retrouver ici et on ne tardera pas à le découvrir...


Tu hoches la tête et vous continuez votre progression. Des bruits de voix vous parviennent de la tour.

- J’ai bien peur qu’on ait raté le début...

Vous vous approchez discrètement pour voir ce qu’il se passe en bas... Toi qui ne voulais pas à mêler à cette histoire... Te voilà bien !









[Bon, j'ai essayé de faire un truc qui tient à peu près la route pour vous retrouver ^^' si y'a un soucis n'hésitez pas Wink]

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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 02 Mar 2014, 16:42

Après sa question, un petit tic nerveux agita la lèvre supérieure du petit chef de cette bande de pouilleux avant qu’il ne donne l’ordre de faire entrer un garçon qui semblait mal en point. Il voulait quoi, l’adoucir ? Un petit rictus s’afficha sur son visage : stupide humain, tu peux passer à tabac tous les insectes que tu veux, je m’en fiche. Elle croisa les bras et lança un regard mi-hautain mi-agacé sur Saren en attendant qu’il explique la présence de cette larve à ces pieds. S’il comptait la payer en chair fraiche pour qu’elle parte, il pouvait toujours se brosser : elle n’accepterait aucun désistement de sa part, il avait voulu jouer alors elle allait lui apprendre à perdre.

- Je te répondrais si tu acceptes de quitter sur le champ cette ville. Ton petit manège a assez duré.

Pour le coup, Lamn resta un instant surprise par l’arrogance et l’assurance de ce petit bout de chair, ce dont il profita pour continuer sa stupide comédie. Il voulait qu’elle parte ? Il exigeait son départ ? Mais sais-tu, petite proie, que tu n’es rien à mes yeux et que je te tue quand je veux, je vais où je veux, je t’humilie quoi que tu en dises. Sur son chemin, il n’y avait qu’un petit roquet de cet arrogant, un garçon qui devait être assez âgé pour pouvoir trainer ce vermisseau mais pas assez fort pour gagner sa place dans la chaine alimentaire. Inintéressant : il se pousse et elle le laisse vivre. Il reste et elle l’écrase.
Sans lire la menace aux reflets dédaigneux qui perce dans ses yeux, Saren se délectait du pouvoir qu’il avait sur l’homme blessé et à terre qu’il dominait de toute sa hauteur.

- Réponds correctement et tu arriveras peut-être à vivre plus longtemps que prévu. Refuse et …

Pitoyable. Les humains avaient un dicton qui s’accommodait parfaitement à la situation : chien qui aboie ne mord pas. Alors rengaine tes crocs et garde les pour la bataille, animal. Elle n’avait pas l’habitude de rester aussi longtemps avec Saren, préférant ne pas gaspiller son temps avec cette larve et se contenter d’étaler sa supériorité et son butin devant les yeux furieux ou ébahis de ces humains puants.
Mais elle devait se retenir de les abattre avant d’avoir obtenu ce qu’elle voulait. Après cela, elle se servirait d’eux pour s’échauffer avant son combat.  

- C'est … c'est Laïar ! Une gamine qui avait disparu … depuis plusieurs années. Elle est revenue travailler pour … pour Shire. S'il vous plait ne me tuez pas ! C'est tout ce que je sais ! Je ne sais pas pourquoi ils te cherchaient At !

Entre un roquet et une larve, on est jamais mieux servit que par soi-même. Ils étaient inutiles, tous autant qu’ils étaient, et ne méritaient ni son temps, ni sa lame. Elle ne prit pas la peine de répondre au regard suppliant de cette lavette et s’apprêtait à partir sans se retourner quand les paroles de Shire l’arrêtèrent net. Il la cherchait.

- C’est ça, pars, et que je ne te revoie plus te mêler de mes affaires !


Ce chien se croyait en sécurité car il était entouré de ces larbins, mais, pour le coup, rien ne pourra l’empêcher de lui faire la peau. Il voulait mourir, alors elle allait se montrer magnanime et exaucer ces derniers vœux. Que voulez-vous, elle avait aussi ses petits instants de faiblesse lorsqu’elle était mal réveillée...
Après un soupir, elle plaqua son sourire le plus ironique sur ses lèvres et, d’un pas lent qui montrait bien combien elle était sûre que personne ne l’arrêterait, elle se dirigea vers Saren qui perdait contenance et couleurs à vue d’œil. Elle sentait sa peur d’ici et s’en délectait, faisant durer le plaisir. Il n’y avait pas de raison qu’il soit le seul à profiter de ses bontés.
Sentant visiblement venir le danger, il donna l’ordre à ses gardes de l’arrêter , mais la peur perçait dans sa voix et beaucoup durent la sentir car seuls deux gamins aux hormones mal placées se jetèrent sur elle, armés de couteaux émoussés et d’une stupidité dangereuse... pour eux. D’un geste fluide, elle dégaina son arme et ouvrit la gorge à l’un d’entre eux avant de couper le bras armé de l’autre. Une seconde plus tard, elle ne leur accordait plus une once d’attention, certaine qu’ils ne se mettraient plus en travers de son chemin. Et serviraient d’exemple.
Désormais, on lui cédait le passage avec empressement et elle goûtait avec délectation au pouvoir qu’elle avait sur eux. Elle caressa un instant l’idée de s’en servir avant de l’écarter : elle ne voulait pas s’attacher à des boulets, juste se débarrasser de ce parasite. Devant elle, ledit parasite tremblait et ne s’en cachait plus. Son ersatz de lame en main, il la menaçait – ou du moins semblait le croire – avec un instinct de survie presque touchant pour quelqu’un dont la vie se résume à ramper. Presque seulement.
Sans accorder la moindre attention à son cure dent, elle ne perdit pas de temps à ce mettre en garde et passa sa défense avec une facilité déconcertante pour plonger sa lame dans son cœur chaud. Son estomac gargouilla joyeusement, ce qui dut surprendre et dégoûter nombre de ces enfants mais elle n’en avait cure. Pour l’instant, seul comptait l’alléchante odeur de sang qui lui emplissait les narines et l’extinction de cette étincelle de morgue dans les yeux de ce garçon. Cela effaçait toutes les hésitations qui avaient pu germer dans son esprit après sa confrontation avec cette Laiar. Penser à cette petite humaine à la lame aiguisée lui coupa soudainement l’appétit et elle revint dans la pièce où elle se trouvait par le cri d’une gamine qui se cacha les yeux. Elle détestait les enfants, ces créatures faibles et bruyantes, et elle eut soudain une irrépressible envie de massacrer tout le monde. Elle se retint in extremis : on applaudissait au meurtre d’un tyran, mais uniquement lorsqu’il avait passé l’âge de boire au sein. Logique d’humain.
Elle sortit donc d’un pas impérial après avoir rengainé sa lame qu’elle avait lavée sur la dépouille du gamin. Il n’était plus bon qu’à ça désormais. Au passage, son regard s’arrêta un instant sur le visage stupéfait du jeunot qui lui avait révélé le nom de son ennemi. Elle le jaugea de haut en bas : il paraissait plus vif d’esprit que ces limaces sans personnalité, s’il se débrouillait bien, sans doute parviendra-t-il à rallier sous sa bannière cette bande de pouilleux.
L’instant d’après, elle s’en était désintéressée et sortait dans la rue marchande si animée à cette heure-ci.
Immédiatement, le bruit incroyable que pouvaient faire ces humains l’assaillit de toutes parts et lui parut insupportable mais elle serra les dents et marcha d’un pas rapide. Elle n’avait qu’une hâte : retrouver sa cachette et dormir un bon coup avant de se lancer à la poursuite de cette Laiar. Un nom, c’était maigre pour retrouver quelqu’un, mais elle avait de toute façon tout son temps devant elle et tenait absolument à régler cette histoire personnellement.
Ses vœux se virent exaucés par l’apparition sur son passage d’un gamin puant qu’elle soupçonnait fortement d’appartenir à l’ancienne bande de Saren. Allons bon, elle avait un admirateur maintenant ? Elle n’avait pas de temps à perdre avec ces bêtises.
Elle l’écarta avec dédain et continua son chemin sans y prêter plus d’attention : s’il avait vu la scène, il devait clairement se douter que cela signifiait de la laisser tranquille mais non : il insistait. Saren ne recrutait donc que des suicidaires ?
Ne pouvant pas l’abattre devant tout le monde, elle l’entraina d’un pas vif vers les ruelles sombres où personne ne s’inquièterait du destin d’un mendiant parmi tant d’autre. Arrivée dans une impasse, elle lui fit face en portant sa main à sa lame et lui fit clairement signifier qu’elle n’avait pas de temps à perdre.

« Tu ne m’intéresses pas, sauf si tu t’appelles Laiar ce dont je doute.»

Elle faisait dans l’ironie maintenant, mais elle en avait assez de perdre son temps et l’agrippait déjà au col pour le plaquer contre le mur crasseux d’une habitation proche et rapprocha dangereusement sa main de la poignée de son arme. Mais, avant qu’elle ait pu lui trancher la gorge, il dit avec précipitation :


" J’ai un message de la part de Laiar ! Viens finir ce que nous avons commencé cette nuit à la tour de la Dame."


En entendant le nom de cette peste, elle s’était immobilisée le temps de recevoir le message. La tour de la Dame ? Elle en avait entendu parler mais n’y était jamais allée, ce qui n’était pas à son avantage : elle n’aimait pas combattre en terrain inconnu. Tant pis, elle n’avait plus le temps de visiter puisque la demoiselle devait déjà y être. Son sourire se fit acide et elle dit :

«Ce sera tout ? Merci et bon appétit.»

L’instant plus tard, un geyser de sang remplaçait la tête de ce jeune homme, véritable fontaine de vie à laquelle elle s’abreuva avec délice : elle avait sommeil, elle avait faim et une proie venait s’offrir à elle. Alors à table.
Avec un repas qu’elle pensait amplement mériter, elle étouffa un bâillement et, après un instant d’hésitation, décida de se rendre dans sa cachette : elle détestait combattre le ventre vide et était pratiquement sûre que sa proie ne prendrait pas le risque de s’endormir en l’attendant. Sinon, autant s’ouvrir les veines et en pas la déranger.
Après deux longues heures de sieste digestive, elle retourna en ville pour chercher cette fameuse tour et finit par la trouver au bout d’une vingtaine de minutes de dialogue avec les différents marchands de la ville. Elle s’y rendit au petit trot, s’échauffant vaguement avant de rejoindre le point de rendez-vous et d’y trouver la fameuse petite peste blonde qu’elle pouvait à présent détailler au grand jour. Elle possédait un visage à la peau légèrement bronzée qu’elle croisait souvent chez les personnes qui vivaient en plein air et avait sans doute voyagé puisque c’était la première fois qu’elle en entendait parler. Ses yeux mauves étaient toujours aussi indéchiffrables et agaçant mais elle se sentait d’humeur joueuse et s’autorisa de perdre le temps de lui parler quelques minutes.

« Bonjour chaton, prête à passer à la casserole ? »

Le soleil l’avait doucement réchauffée et elle se sentait prête à en découdre et à laver l’affront qu’elle avait subit la veille.

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Mante religieuse Ts'liche powa!!!
Merci à Erwan pour ces magnifiques images Smile
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Mar 04 Mar 2014, 23:15

Le temps passe, ses secondes s'égrenant aussi lentement que les grains dans un sablier abîmé. Si je ne voyais pas les rayons de soleil évoluer sur le sol, je croirais qu'il s'est arrêté. Dans cette tour en ruine, l'ennui est roi. Accoudée à la fenêtre en pierre, j'aperçois à la fois le lac Chen et les plaines qui s'étalent à côté de la ville. Entre terre et mer, Al-Chen relie deux univers bien différents : celui des fils de l'eau et celui des fils de la terre. Que suis-je au milieu de tout ça ? La question ne devrait pas se poser : je suis une fille du feu. Insaisissable, folle, indomptée, libre et éclatante. Dangereuse aussi, comme l'apprendra cette voleuse si elle ose ramener ses fesses ici un jour. J'espère qu'elle trouvera la tour de la Dame bientôt. J'ai préféré dire à Chire d'aller s'occuper de ses affaires, du coup je me retrouve seule avec l'infini du temps qui passe.

Il n'y a pas trente-six milles moyens d'entrer dans la pièce où je suis – à moins de dessiner ou d'être une brute cassant des murs. Soit on entre par la porte donnant sur le mur d'enceinte, soit on grimpe par le trou où s'est tenu un jour un escalier de bois. Quelques planches vermoulues trainent encore tout en bas, au milieu des pierres qui constituaient le sol du premier étage. J'ignore pourquoi ce sol s'est effondré. C'était il y a longtemps et depuis personne n'a cherché à le reconstruire. La tour de la Dame a perdu son usage officiel pour en trouver un nouveau, plus officieux. C'est désormais un lieu de rendez-vous pour les amants en quête de paix, où personne ne viendra les déranger, les chercher. Aujourd'hui, nul couple n'a eu la mauvaise idée de venir ici, du coup je vais pouvoir mener ma tâche à bien et en finir une fois pour toute avec cette "At".

Le bruissement de la toile. Le crissement d'un gravillon contre une pierre.
ELLE est là.

Je suis tellement sûre de l'identité de l'arrivante que je ne prends pas la peine de me retourner. Ce moucheron doit sentir qu'il ne représente aucun danger pour moi. Je suis sûre que ça l'enragera, et rien de mieux que ça pour me faciliter la tâche.

« Bonjour chaton, prête à passer à la casserole ? »

Sa voix est toujours aussi moqueuse, me titillant avec délice. Le choix du surnom me donne envie de l'étriper, mais je n'en montre rien. Ici c'est moi qui doit dominer, pas elle. Cette voleuse de pacotille a peut-être l'impression de dominer le monde depuis qu'elle est ici, mais elle ne sait pas qu'avant c'était moi la reine. Une vraie reine des voleuses, ayant obtenu son pouvoir avec le temps et le talent, pas avec la force incontrôlée de quelqu'un qui veut une vie courte. On n'obtient rien ici sans un minimum de finesse. Les personnes qui se dévoilent trop vite finissent toujours avec un couteau dans le cœur, avant même d'avoir pu atteindre les sommets des bandes de voleurs. Evidemment les chefs eux aussi ne vivent pas longtemps … la survie c'est un savant mélange de lumière et d'ombre.

Après une longue minute de silence, je me retourne enfin, sans hâte. Mon regard balaye la pièce, passant sur la jeune fille dans un sens puis dans l'autre. Je ne cherche pas à cacher le mépris que j'ai pour elle et son arrogance.

- C'est tout ? Ne me fais pas croire que tu es venue seule … je pensais qu'après ta raclée d'hier tu n'oserais pas venir sans escorte.

J'insiste sur le mot "raclée", cherchant à la titiller à mon tour. J'aimerais tellement qu'elle se jette sur moi, afin de m'éviter toute fatigue inutile. Si elle m'attaque, mon bras n'aura qu'à bouger un peu avant de lui plonger un poignard dans le cœur.
Pas de réaction stupide. Dommage.

- Tu ne m'attaques pas ? Tu ne cherches pas à finir le combat d'hier ? Je me disais bien que tu avais peur.

Tout en parlant, je m'avance vers At à pas mesurés. Tranquillement, comme si rien ne pressait. Sa mort ne presse en effet pas.
Mon sabre pend dans mon dos. Il y restera. Pan m'a apprise à me couler dans les combats à mains nues, sans m'encombrer d'une arme. Si je veux agir proprement, mieux vaut garder ma l'âme au chaud dans son fourreau.

Je suis à deux pas d'elle. On dirait deux chats qui se jaugent une dernière fois avant de passer à l'attaque. Ou plutôt une panthère et un chaton. Contrairement à ce qu'elle semble penser, ce n'est pas moi le chaton.

Attaque.
Eclair.
Mes mouvements ne sont plus ceux d'hier. Plus rapides. Plus précis. Plus nets. Nous ne sommes pas dans un test. Meurt ou vit, il n'y a que ces deux issues.

La voleuse sait : le temps n'est pas à l'indécision. Elle contre mon premier coup sans hésitation, enchaînant avec une riposte bien placée. Je ne suis déjà plus là. Une flamme ne cesse jamais de s'agiter. Elle ne s'éteindra pas à moins de rencontre de l'eau, et cette fille est plutôt du genre feu.
Attaque. Esquive. Frappe. Touche. Esquive. Frappe.
Je la sens qui vacille sous mes coups. Elle résiste avec fougue, je dois l'admettre. Mais moi aussi je me suis battue comme elle, contre des personnes bien trop fortes. Comme elle bientôt, j'ai perdue.

Mon pied se glisse derrière son genou pour le frapper. Déséquilibrée, elle me laisse la porte ouverte pour saisir sa main et exécuter une clé qui la bloque. Je renforce la pression, un sourire ravie sur les lèvres. C'est donc ça de dominer quelqu'un ? Cela fait si longtemps que je n'ai pas ressenti une telle puissance, un tel sentiment de supériorité. Face à des personnes comme Pan ou le monstre rouge d'Ombreuse, je n'étais qu'un moucheron. Cette voleuse me ressemble, maintenant que c'est moi qui suit devenue un monstre. Presqu'une Envoleuse …

- Qui va passer à la casserole ? Je crois bien que c'est toi !!!

De ma main libre, je sors un poignard et le plaque contre sa gorge. Je veux sentir sa peur. La voir céder. Savoir ce que c'est que la puissance.

Un bruit. Léger, presqu'imperceptible.
Mes sens se tendent. Aux aguets, je ne dis plus rien.
A nouveau un bruit. Plus prononcé. Plus proche.

- Oh oh ! Je me disais bien que tu n'oserais pas venir seule. Lâche.

Je lui susurre le dernier mot à l'oreille, avant de ranger mon poignard. Avant de l'assommer d'un coup à la nuque. Aurais-je soudain de la pitié pour elle ? Oui … un peu … si le monstre aux écailles rouges d'Ombreuse ne m'avait pas donné une chance, je ne serais pas une Mercenaire du Chaos bientôt libre.

Le corps s'écroule à mes pieds. Il ne mérite plus mon attention, au moins pour l'instant. Ce qui compte à mon esprit, c'est plutôt la nouvelle menace qui s'approche. J'ai beau ouvrir  grand mes oreilles, je n'entend qu'une personne arriver. Qui donc veut se mêler de mes affaires personnelles ? Pas Chire j'espère …

- Allez montre toi ! Je n'aime pas les rats qui se cachent.
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Crystal Fil'Essien
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 09 Mar 2014, 22:29

Deux jeunes femmes sont en train de se battre. La fameuse “At” et la blonde de hier soir... Tu aimerais dire à Kerek que son histoire t’intéresse autant que la première pair de chaussette de ton grand-père et que tu comptes t’esquiver en douce parce que tu ne vois vraiment pas ton utilité dans cette histoire ! Sauf que tu n’oses pas parler, de peur de te faire surprendre par les deux jeunes femmes... Tu te contentes donc de serrer les dents, maudissant ce triple abruti de Kerek. Tu en profite quand même pour jeter un œil au combat qui se déroule à quelques pas de vous... At semble se prendre une sacrée raclée...

*Elle a une sacrée technique, la blonde... *

Elle suit un entrainement intensif, ça c’est certain. Tu as beau n’en être qu’à ton deuxième cours, tu commences à connaître certaines techniques de combat et tu sais voir quand quelqu’un est doué... La jeune blonde a une manière de se mouvoir assez étonnante... elle pourrait faire une superbe marchombre, sauf qu’elle n’a pas vraiment l’air d’être le genre de fille qui aurait opté pour l’harmonie... Elle est plutôt du côté des sanguinaires... Elle est fascinante. La jeune At se bat bien aussi, mais ses gestes sont moins précis, moins rapides, moins fluides, ses réflexes ne sont pas aussi développés.

- Qui va passer à la casserole ? Je crois bien que c’est toi !!!

La blonde plaque un poignard sur la gorge de At et tu es persuadée qu’elle va la lui trancher. Tu tournes le regard vers Kerek, guettant sa réaction d’amoureux transi... Il ne semble pas très à l’aise d’ailleurs. Son visage est crispé, sa mâchoire serrée et son regard cherche un moyen de sauver sa très chère demoiselle en détresse. Il s’agite, nerveux...

- Oh oh ! Je me disais bien que tu n’oserais pas venir seule.

Tu tournes vivement la tête en direction des deux combattantes... avant de revenir sur Kerek, qui ne semble avoir rien remarqué, si ce n’est la blonde qui assomme sa bien aimée... Cet abruti a réussi à vous faire repérer !

*Mais j’y crois pas... il est encore plus bête que dans mon souvenir... Ou alors c’est d’être amoureux qui le rend plus idiot qu’il ne l’est déjà…*
*Ça doit être ça... y’a rien qu’à voir sa tête... Ma parole, mais il est vraiment épris d’elle !*
*Il ne sent rend même pas compte à quel point il est ridicule...*
*Regarde le bon côté des choses, au moins, il t’a oublié et il ne te harcèle plus !*
*Génial ! Je te ferais quand même remarquer que c’est à cause de lui qu’on est dans cette galère... *

La voix de la blonde te sort de tes pensées.

- Allez montre toi ! Je n’aime pas les rats qui se cachent.

Tu jettes un coup d’œil au jeune homme à côté de toi qui a enfin détaché son regard du corps inerte de At, paniqué par ce qu’il vient d’entendre.

*Non mais sérieusement, comment il a fait pour entrer dans un gang de voleurs ? *

Un léger soupir s’échappe de tes lèvres. Il te mime un “qu’est-ce qu’on fait ?” qui est tout sauf discret... Il va falloir que tu prennes la situation en main... sauf que tu ne sais pas du tout comment t’y prendre pour ne pas te faire égorger par la blonde ! Parce que autant tu peux avoir une petite chance de t’en sortir face à At, autant face à elle... La seule chance que tu as, c’est de finir dans une marre de sang...
Tu lances un regard accusateur à Kerek, lui signifiant de rester caché, avant de te dévoiler. Tu sors doucement, les mains en avant, mais quand même prète à te saisir des tes poignards, cherchant quoi raconter à la jeune femme.

- Je...

Raconter un bobard ? Jouer le rôle de la complice de At ? Dire que tu t’es perdue ? Aucune solution ne te viens et tu commences à paniquée...

*Reprend-toi Crystal ! Dis lui n’importe quoi, mais ne lui montre pas que tu as peur !*

Tu secoues la tête et esquisses un sourire, racontant le premier truc qui te passe par la tête...

- Je suis désolée, je ne voulais pas être indiscrète... Ce n’est pas ce que tu crois, je ne suis pas avec elle, je…
- Ne touche pas à elle ! Sinon tu auras affaire à moi, tu m’entends ?


Tu baisses les bras, désespérée...

*Il est vraiment encore plus abruti que je ne le croyais... Il est suicidaire ou quoi ? *

Tu es tenté de le laisser là se faire tuer par la blonde, mais cela ne te garantit pas qu’elle ne partira pas à ta poursuite. De son point de vue, tu es complice de At ou espionne... ou juste un témoin dérangeant...

- Que lui as-tu fait ? Qu’est-ce que tu lui veux ?

Tu pousses un soupir dépité. Décidément, même en touchant le fond, cet abruti trouve encore le moyen de s’enfoncer.

- Kerek... tentes-tu de l’avertir, mais il n’écoute rien, bien sûr, et se jette sur la blonde...
- Tu vas voir ce qui arrive à ceux qui s’en prennent à At !

Ce n’est pas ton ami, mais ta conscience ne veut pas le laisser mourir. Tu cours à sa poursuite alors qu’il est déjà en train de se faire ratatiner par la blonde. Il faut bien avouer qu’il sait se battre, il a quand même un minimum de maitrise... Il est certainement à la hauteur des petits voleurs de quartier, mais certainement pas à celui de la blonde. Elle va n’en faire qu’une bouchée, encore plus rapidement qu’avec At. Il n’aurait déjà pas beaucoup de chance contre At...

Tu arrives à leur hauteur et donne un grand coup d’épaule dans le jeune homme pour l’éloigner de la technique meurtrière de la blonde. Surpris et déconcentré, il s’étale dans la poussière et roule au sol.

- Va-t-en ! cries-tu avant de parer in extremis le coup que la jeune femme te porte, bien vite remise de l’effet de surprise...

Comme tu l’avais remarqué plus tôt, elle est douée. Très douée même. Si pour quelqu’un comme Erwan, elle a sûrement encore pleins de défauts et de choses à corriger, pour toi, elle a une technique parfaite. Mortellement parfaite. Tu ne fais qu’éviter les coups, de justesse à chaque fois. Son poignard mord ta chaire plusieurs fois, sans pour autant te blesser grièvement, mais assez pour que la douleur te gène... Tu essaies tant bien que mal de ne pas y penser, pour rester concentrée sur ton adversaire... Elle est beaucoup plus forte que ses deux amis de l’autre soir... Elle pare sans trop de difficulté les rares coups que tu tentes de lui porter... Pour le moment, tu tiens bon, mais tu fatigues... Son poignard est déjà rouge de ton sang tandis que le tien brille, aussi propre qu’au premier jour. Certes, il n’en existe pas de plus tranchant... Mais faudrait-il déjà qu’il atteigne sa cible !

Tu aperçois Kerek au loin, très certainement auprès de sa At chérie... Mais il ferait mieux de s’enfuir tant qu’il est encore temps, parce qu’il doit déjà être bien amoché et tu doutes que la jeune femme l’accueille comme son prince charmant quand elle reprendra conscience...

Des gouttes de sueur commencent à perler sur ton front... Tu ne tiendras plus longtemps... Tu pries silencieusement pour qu’un miracle se produise...

Tu tentes le tout pour le tout...

- Écoute-moi, lances-tu, essoufflée, laisse-nous partir... et fait tes affaires avec l’autre fille... je m’en fiche... c’est Kerek qui est un abruti... on ne te dérangera plus... je l’emmènerai loin... tu n’en entendras plus parler...

Pitoyable. Tu es pitoyable.

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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 16 Mar 2014, 10:54

Lanthane était détendue, confiante, et s’amusait à provoquer cette petite humaine qui avait déjà une tombe à son nom creusée ici. Bon, elle ne s’était pas embêtée à creuser un trou mais ces ruines devaient bien compter leur population de nuisibles et finir dans les déjections d’une bande de chacals était déjà un sort trop enviable pour cette fille. Peut-être s’offrirait-elle le luxe de l’observer agoniser, elle n’était pas pressée à présent que ce petit humain pédant décorait sa salle de ses tripes.
En face d’elle, l’inconsciente faisait sa condescendante mais la jeune ts’liche préférait ne pas la tuer trop rapidement : elle se sentait d’humeur joueuse et imaginait déjà avec délice les supplications de la blonde caresser ses tympans. La tuer directement alors qu’elle lui tournait le dos était une victoire facile sur un adversaire qui n’avait plus pour fonction que de la divertir. D’excellente humeur à présent que la douce chaleur de l’excitation guerrière avait fait son chemin dans ses veines, Lanthane se sentait d’humeur complaisante – un luxe qu’elle s’était accordée vis-à-vis de ces humains ignares et bouffis d’orgueil sous peine de ne pas laisser assez d’esclaves pour la reproduction. Ca aurait été dommage d’exterminer une espèce qui fournissait de si bons repas.
Le long silence dans lequel elle lisait la peur de la jeune femme excitait ses sens et l’impatience d’en découdre envahissait son sang brûlant de vie. Mais elle n’en montrait rien, ne laissant briller que ses yeux, et retenait son bras en laissant monter cette soif de sang. C’était une des premières choses qu’elle avait appris à faire avec ces sentiments humains : voir jusqu’où elle pouvait tenir sans dégainer sa lame et massacrer tout le monde. Elle avait découvert avec surprise que cette limite était variable et ne s’étonnait plus que ces humains se soient fait écraser par les siens : une race aussi fluctuante ne peut faire de bons guerriers. Tant pis pour eux.
Après ce long moment de silence, elle se retourna enfin, une moue méprisante sur ses traits et ses yeux toujours aussi impénétrables que la veille. Lanthane aimait et détestait ces yeux mystérieux qui lui cachaient la peur de la gamine, sans doute les arracherait-elle pour les afficher à l’entrée des ruines.

- C'est tout ? Ne me fais pas croire que tu es venue seule … je pensais qu'après ta raclée d'hier tu n'oserais pas venir sans escorte.

Oh, le chaton montre ses crocs... Mais ce n’est pas en tétant ta mère que naitront des mâchoires dignes de ce nom et la jeune femme s’amuse de voir ses moyens dérisoires pour tenter de l’énerver. Mais aucune arme ne sied à ces barbares, pas même les mots. Quelle déchéance d’en être réduite à occuper le corps d’une de leurs semblables...

- Tu ne m'attaques pas ? Tu ne cherches pas à finir le combat d'hier ? Je me disais bien que tu avais peur.

Ses petites attaques sans force glissent sur Lanthane comme de l’eau de roche mais elle n’y tient plus : à voir cette petite s’épuiser en mots, elle craint de ne plus pouvoir s’amuser au sabre et elle le fit clairement signaler en faisant chanter l’acier de son arme. Sabre à la main, elle attendait avec défis les attaques de ce chaton dissident qui ne tardèrent pas à arriver.
Alors qu’elle déblatérait ses inepties sans forme, elle s’approchait à pas lent sans même dégainer son arme, ce qui peut être autant une forme de suicide qu’une façon de se rendre. Dommage pour toi, la jeune ts’liche ne connaît pas la pitié.
Deux pas et un flottement. Un dernier regard pour cette humaine et...
L’attaque, five, fluide, précise : mortelle. Cette petite a réellement un semblant de formation à sa disposition, dommage qu’il ne soit pas accompagné d’un morceau de cervelle. Eh oui, loin d’elle l’idée de jouer les troubles fêtes dans un moment si amusant mais à mains nues contre un sabre manié par une ts’liche, elle n’a aucune chance. Mais après tout, c’est son problème.
Après avoir paré cette attaque, elle nargua son adversaire en tentant de lui trancher les poignets. Sous la chair offerte palpitaient des veines qui, si elles étaient sectionnées, promettaient un beau spectacle. C’était après tout le mieux que pouvaient faire ces larves : mourir avec classe. Il n’empêche que cette larve ne voulait pas.
Lanthane était partagée entre deux sentiments : sa part ts’liche, observatrice et calculatrice, admirait la technique de la jeune femme en essayant de retenir au maximum ses mouvements, autant pour analyser sa stratégie que pour gagner en expérience. Et, à l’opposé, ses sentiments d’humains faisait bouillir son sang dans ses veines à la seule idée que cette humaine ne pliait pas devant elle. Sa lame passait toujours à quelques centimètres à peine de la chair offerte, comme si elle la narguait par l’absence de marque, ce qui était d’autant plus rageant qu’un coup puissant et précis venait marquer son thorax un peu au-dessus de son cœur, résultat d’une parade malheureuse. Cette gamine ne plaisantait pas et, plus le temps passait, moins la ts’liche avait envie de rire. Sa technique, sa lame, ses yeux, tout dans cette adversaire lui criait qu’elle était une erreur, une dangereuse erreur. Un peu trop pour elle.
Rapide et précise, cette fille bougeait sans cesse mais ne se trouvait jamais au bon endroit – pour Lanthane du moins -, se contentant de lancer une attaque éclair avant de disparaître pour lui asséner un douloureux coup au niveau des côtes. Et elle n’était même pas armée. La jeune ts’liche se demanda distraitement de quoi était réellement capable cette fille avec une arme à la main.
Erreur : un combattant réfléchi avant un combat ou après, mais ce genre de question n’a pas sa place dans le feu de l’action et son adversaire le lui fit impitoyablement payer en la fauchant au niveau du genou pour enchainer impitoyablement par une clé de bras qu’elle n’avait même pas vu venir. Un sifflement suraigu s’échappa de ses lèvres, teinté de surprise et – à sa grande honte – d’admiration mais il cessa bien vite lorsque la fraicheur d’une lame caressa sa gorge offerte. D’où sort-elle cette lame ?

- Qui va passer à la casserole ? Je crois bien que c'est toi !!!

Immobile, la jeune femme contenait la rage qui lui bouillait les veines pour ne plus devenir qu’analyse : comment se sortir de là ? Elle était toujours tenue en échec par cet épineux problème qu’elle sentit son adversaire se tendre et s’attendit à contempler la mare de sang qui n’allait pas tarder à naitre. Quel gâchis...

- Oh oh ! Je me disais bien que tu n'oserais pas venir seule. Lâche.

Quoi ? La surprise et l’incompréhension se mêlait dans le noisette de son regard mais elle n’eut pas le temps d’en savoir plus que déjà elle rejoignait le pays de Morphée. Encore une attaque qu’elle n’avait pas vu venir. Sa colère n’eut pas le temps d’éclater... heureusement pour qui ?

Douleur, sa tête a heurté le sol avec violence et elle avait l’impression d’un ongle géant fouille son crâne en détruisant tout sur son passage. Aucune importance.
Sabre ? Ses doigts, sans force, l’ont laissé tomber au sol et il git à une petite vingtaine de centimètres de sa main d’épée. Mauvais.
Le froid du dallage s’introduit doucement dans sa chair offerte et la réveille doucement d’un frisson, lui rappelant avec nostalgie la caresse des écailles de ses pairs.
Caresse. Ecailles. Quelqu’un la tient par la nuque, il vient d’arriver, elle l’a à peine senti quand elle flottait en tentant de se remettre de son choc. Une main chaude. Humaine. Mauvais.
Plus rapide que sa pensée, sa propre main jailli pour attraper l’individu à la gorge. Il a découvert ses écailles, il doit mourir. Il est humain, il doit mourir. Il l’a touchée, il doit mourir.
A l’unanimité, elle acheva de réveiller son corps en compressant d’une poigne qui manquait certes de force mais guère de volonté, ouvrant les yeux sur un visage à la fois surpris, horrifié et absolument inconnu. Etait-ce donc cette larve qui lui avait coûté le surnom de larve ?
Une vois retentit. Etrangement familière.
Elle leva légèrement la tête, serrant les lèvres pour ne pas crier sous le coup de la douleur et, à travers sa vision qui se teintait de larmes – de rage autant que de souffrance -, elle aperçu sa proie de la veille qui, par un étrange hasard, se trouvait de nouveau ici. Alors quoi, elle l’avait suivit ? Comme un chiot égaré, atteinte du syndrome de Stockholm, elle allait lui coller aux basques ? Sûrement pas ! Déjà, dix façons de la tuer lui traversaient l’esprit. Un râle.
Ah oui, toi.
Profitant de ce que ces deux jeunes humaines ne prêtent aucune attention à elle, elle acheva ce que sa main n’était pas capable de faire avec les dents. Ses incisives se teintèrent de rouge alors qu’elles tranchaient sans pitié aucune l’artère qui alimentait le cerveau de cet ennemi. Pour ce qu’il l’utilise, elle s’étonne toujours que la tête de ces bipèdes soit leur principal point faible. Mais là n’est pour l’instant pas la principale question
Le liquide chaud coule délicieusement sous sa tunique, envahissant ses narines d’un arôme entêtant qui acheva définitivement de la faire revenir en Gwendalavir. Passant sa langue sur ses lèvres en profitant du faite que les deux inconnues ne puissent la voir, cachée comme elle est derrière le corps sans vie du garçon, elle finit par se redresser doucement en tentant d’être la plus discrète possible pour analyser la situation. Ce faisant, sa main glissa naturellement vers le pommeau de son arme qu’elle agrippa d’une poigne ferme avec un frisson d’excitation mêlée de plaisir. Ravie de te retrouver, mon ami.
Ecartant définitivement cet encombrant cadavre de son thorax, la jeune ts’liche se releva en pointant son arme dans une garde basse qui, sans être provocante, étant plus prudente que de rengainer. Elle balançait sur la conduite à tenir : elle ne pouvait pas fuir – rien que ce mot lui écorchait la gorge – mais l’attaquer, au vu de ce qui s’était passé, serait du suicide. Là aussi, son sang bouillait dans ses veines mais sa froide analyse purement ts’liche prenait le dessus. Qui l’avait formée ? Comment se pouvait-il qu’elle lui tienne tête ? Etait-elle le résultat d’un projet secret de l’Empire, une menace pour son peuple ? Elle enregistra avec soin chacun de ses traits pour les transmettre plus tard à son maitre puis chassa ces questions – qui lui avaient déjà coûté une défaite – pour ne plus se concentrer sur sa situation actuelle. Pour l’instant, autant en apprendre le plus possible sur cette fille.
Alors que la proie d’hier négociait ferme pour sa vie, une autre personne apparut. Un visage connu, lui aussi : celui du copain de la blonde. Elle planque ses amis en embuscade et c’est elle la lâche ? Elle ne put se retenir un petit rire sarcastique : la petite était toute retournée d’être découverte... Pas de chance ma mignonne, il ne fallait pas t’entourer de simples humains. Cependant... Froncement de sourcils : que venait faire ici le moucheron qui lui avait révélé le nom de son ennemie ? Tout cela ne lui disait rien qui vaille...


Shire se retenait de trembler sous le regard meurtrier de Laiar. Son ancienne alliée n’allait pas du tout apprécier ce qu’il allait lui dire et il pensa brièvement à rebrousser chemin. Son regard glissa vers At, visiblement mal en point – pas étonnant vu son adversaire ! – et une ombre d’hésitation passa sur son visage : cette petite en valait-elle vraiment la peine ? Oui selon Emel, qui l’avait beaucoup observée lors de son séjour parmi la bande de Saren... La sienne maintenant, puisqu’il avait réussi à se réapproprier le pouvoir. Quelques menaces et sous-entendus bien placés pour les calmer, puis les promesses rassurantes et calmes qu’il fallait toujours pour fédérer un groupe. Heureusement pour lui, Saren n’avait pas réussi à s’implanter dans le cœur des petits, il était beaucoup trop arrogant et égocentrique pour cela, le remplacer n’avait pas été difficile. Sauf que maintenant il lui fallait At. Ne serait-ce que pour la contrôler un minimum – il avait enfin compris tous les détails de son affaire avec Saren et c’était promis de ne pas répéter la même erreur.

« Attends Laiar, je dois parler à At avant que tu ne la tues. »

Sa voix laissait à peine percer un soupçon d’hésitation mais ses yeux, eux, parlaient clairement : il préférait voir cette fille dans son camps plutôt que morte mais n’allait pas se battre pour elle. Pas contre Laiar : il n’était pas fou.  


[désolée, c'est tout ce que j'ai trouvé pour épargner Lamn (on allait tout de même pas refaire le coup des gardes...) mais si tu n'en veux pas, je peux l'effacer ^^ ou alors tu renvoies simplement Shire ^^]

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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Mar 24 Juin 2014, 00:09

- Mais que vois-je ?! Une deuxième folle suicidaire ? Toi non plus tu n’as pas bien compris la situation d’hier soir …

J’accueille la brunette de la veille par des sarcasmes. Avoir réduit At’ en miettes sans problèmes m’a donné un soupçon d’assurance en plus et cela se sent dans ma voix. Je ne suis définitivement pas le chaton de l’histoire.
Dans l’éclat du jour, cette fille me semble encore plus fine. Elle évolue avec une grâce non déniable, et si ses muscles sont fins, je ne doute pas qu’ils puissent renfermer agilité et rapidité. Cette gamine a tenu tête à Shire et Morvane hier, c’est donc qu’elle n’est pas une simple fille des rues. J’avoue que son habillement et son sabre lui donnent un air de guerrière aisée.  Celle là n’est pas At’. Elle a l’air plus réfléchie dans sa façon d’agir et de parler. Donc de combattre. De simples provocations ne la pousseront pas à la faute. Si je veux éliminer ce témoin gênant, je vais devoir agir vite et bien.

Je prends la peine d’écouter les excuses minables de la brunette, me demandant pourquoi je suis si gentille. Si elle ajoute une phrase de plus, elle va finir avec mon poignard en travers de la gorge …

- Ne touche pas à elle ! Sinon tu auras affaire à moi, tu m’entends ?

- Oh que c’est mignon ! Je suppose que je dois avoir peur ? Rassure toi : je suis e-ffray-ée !!!

J’offre un sourire candide au jeune homme qui vient de débouler à la suite de la brunette. Il a l’air tellement déterminé à sauver l’autre idiote ! Pitoyable … je suis sûre qu’il ne réalise pas la menace qui luit au fond de mes prunelles. Il insiste, me harangue avec violence, attaque. Oui : attaque. Il a le courage des inconscients. Il aura bientôt leur mort. Il me suffit d’un geste vif pour avancer mon poignard vers le cœur du jeune homme. Il est trop lent comparé à moi. Une limace face à un chat. Jamais il n’esquivera.

Ma lame aurait dû devenir rouge. Elle reste éclatante de propreté. Ma victime vient d’être dégagée trois mètres plus loin par la brunette. D’où est-elle sortie ?! Sale garce vive comme l’éclair ! Elle va regretter de s’être interposée !
Je n’hésite pas longtemps avant de porter un nouveau coup. Puis un autre. La flamme dans mon cœur s’est ravivée sous la nouvelle vague de rage qui l’agite. Cette fille m’a donné envie de la haïr. C’est sa pire erreur.

Je danse la danse de l’eau, du vent et du feu. Fluide, vive et brûlante. Bientôt je pourrais prétendre à la greffe, et nul ne pourra dire que je ne la mérite pas. J’ai acquis plus qu’assez de puissance pour me hisser au rang des Envoleurs. Eau, vent et feu. Je suis tout mais je ne suis rien. Rien d’autre qu’une arme.

Le sang se met très vite à couler. Les blessures infligées à la gamine sont malheureusement superficielles et elle ne faiblit pas. Cette peste est plutôt douée en matière d’esquive, je dois l’admettre. Mais elle finira bien par craquer. A moins d’avoir le niveau d’un apprenti ou d’un guerrier bien formé, elle n’aura jamais l’énergie nécessaire à perdurer dans ce combat. D’ailleurs elle commence à montrer les premiers signes de faiblesse : souffle qui se raccourci et perles de sueurs sur son front. Cette constatation étire mes lèvres en un sourire ravi, arme supplémentaire pour la pousser à l’erreur. Dominer son ennemi mentalement est aussi important que le dominer physiquement.

- Écoute-moi, laisse-nous partir... et fait tes affaires avec l’autre fille... je m’en fiche... c’est Kerek qui est un abruti... on ne te dérangera plus... je l’emmènerai loin... tu n’en entendras plus parler...

- Je me fiche pas mal de ce Kerek. Et non je ne te laisserai pas partir ma chérie. Tu dois apprendre autant que cette idiote le coût de ton assurance.

Un gargouillis m’interrompe alors que je m’apprête à reprendre ma danse mortelle. Je détourne le regard un instant pour contempler une At’ déjà réveillée – je n’ai pas frappé assez fort. Mes yeux s’écarquillent à moitié d’horreur devant le spectacle qu’elle nous offre : sa bouche est brillante de sang encore frais, sa tunique recouverte du liquide rouge. D’où sort ce sang ? Probablement du corps sans vit allongé à ses côtés. Je n’ai pas besoin de voir l’envers de Kerek pour comprendre qu’elle lui a arraché un morceau de veine pour lui ôter la vie. Cette fille est immonde … elle a agit comme un chien sauvage. Pitoyable. Pourtant elle recèle un énorme potentiel pour servir le Chaos. Je devrais l’orienter vers cette Voie, juste pour voir si les Mercenaires réussissent à faire quelque chose de son cas.

Mais d’abord tuer la brunette. Lui offrir le même sort que son ami, en peut-être moins douloureux. Je me retourne vers mon adversaire, apparemment aussi choquée sur le coup que moi. Elle m’a l’air d’une pucelle en matière de vrai combat, avec sang et violence à la clé.

Un bruit de pas saccadés et un souffle court accueillent l’arrivée d’une tête bien connue, et peut-être la seule que je n’ai pas envie de tuer aujourd’hui. Shire.

« Attends Laiar, je dois parler à At avant que tu ne la tues. »

- Comment ça « lui parler » ? J’ai changé d’avis. Je l’emmène avec moi. Ca ne sers à rien que tu lui proposes de rejoindre ta bande, tu n’arriveras jamais à la mater et tu finiras en bouillie comme ce Saren.

J’ai vraiment envie de finir mon combat avec la brunette, mais l’arrivée de Shire a changé la donne.

- Par contre tu peux essayer de convaincre celle-là. Elle est de loin bien meilleur dans l’art du combat. D’ailleurs ma chérie, si tu tiens à ta vie, je te conseille d’accepter cette proposition.

Je me retourne ensuite vers At’, presque surprise de ne pas la voir se mettre à manger les boyaux de sa victime. Elle est plus qu’étrange, et en un sens elle est en train d’attiser ma curiosité. Il faudrait que je lui parle avant de lui proposer quoi que ce soit, mais elle ne semble pas plus disposer à papoter qu’avant. Tant pis …

- Rassures moi At’, tu t’es sentie faible face à moi ? Horriblement faible ? Je peux te montrer une Voie qui t’apportera Force et Puissance, et peut-être un peu d’équilibre, ce dont tu manques cruellement en ce moment. Comme pour ta « sauveuse », soit tu acceptes, soit tu meurs. Alors ?

- Laï …

Le ton de Shire s’est fait menaçant. Il n’a pas du tout apprécié que je prenne l’initiative de choisir les futurs camps des demoiselles. Surtout que c’est At’ qui l’intéresse, pas la brunette. Il devrait déjà être content que j’accepte de lui en laisser une en vie, rien que pour lui.

- Oh arrête Shire ! Tu as ta petite Morvanne, ça devrait te suffire. Tu n’as besoin d’aucune de nous trois !

- Tu es devenue une peste arrogante depuis que tu es partie … je pense qu’il est temps de te ramener sur terre.

D’un geste sans chichis, il sort son poignard de sa ceinture et se met en position de garde, face à moi. Cette même position de défense qu’il m’a apprise quand je suis entrée dans la bande, celle là même dont je connais le point faible. Je suis arrogante, certes, mais n’empêche que je suis bien plus puissante, même à une contre trois.

Même à une contre quatre.
Le carreau qui était destiné à mon crâne se plante dans le mur derrière moi, arrachant un cheveu blond au passage. Dans l’encadrure de la porte, Morvanne apparait, arbalète en main. Elle pose la puissante arme au sol pour porter sa main à son sabre de mauvaise facture. Je vois dans son regard toute la haine qu’elle me porte, sans que je sache vraiment ce qui a provoqué ces sentiments à mon égard. Je suis sure d’une chose : c’est avec joie qu’elle récupérera mon sabre en trophée, en plus de ma tête.



[Et c'est reparti ! Vous pouvez désormais fuir sans soucis, ou achever Laï qui aura du mal à faire face à vous quatre. Et encore désolée pour l'attente ]
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Sam 28 Juin 2014, 16:04

- Je me fiche pas mal de ce Kerek. Et non je ne te laisserai pas partir ma chérie. Tu dois apprendre autant que cette idiote le coût de ton assurance.

Raté. La peur commence à t’envahir. Tu sais que tu ne seras jamais capable de tenir très longtemps face à cette guerrière expérimentée. Mais tu n’es pas prête à te faire égorger sans essayer de te défendre, sans combattre. C’est l’unique façon que tu as d’espérer avoir une infime chance de survivre. Te battre. Tu ne lui réponds pas, à ce stade, les mots sont inutiles, seuls comptent les actes. Tu resserres ta prise autour du manche de ton poignard et te mets en garde. Face à toi, la jeune femme est prête elle aussi. Prête à te tuer. Tout son corps se tend. Tu attends le coup... qui ne vient pas. Un râle de souffrance étouffé par un gargouillis vous fait sursauter toutes les deux. Tu tournes la tête vers la source du bruit.

Kerek.

At est accroupis près de son corps inerte, la bouche et les vêtements couverts de sang. Tu restes interdite devant la scène d’horreur que forme ces deux corps écarlates. Sur ton visage se peint une expression d’effroi en saisissant la situation, en réalisant ce qui venait de se passer. Tu refuses de comprendre.

At est vivante.
Kerek est mort.
At vient de lui trancher la gorge... de lui arracher la gorge... avec... ses dents.
At vient de se repaître du sang de Kerek.

Non.
C’est impossible.
Tout ceci n’est qu’un cauchemar, voilà, un effroyable cauchemar. Répugnant, immonde, atroce, les termes ne manquent pas. C’est un cauchemar et tu vas bientôt te réveiller.
Kerek n’est pas mort et At ne mange pas les être humains. Et la blonde ne cherche pas à te tuer.
Tout ceci n’est qu’un cauchemar.

Tu attends. Tu ne te réveilles pas. Tu es déjà réveillée.

*Crystal...*
*Je ne veux plus voir de mort Leïla... Je ne veux plus...*
*Crystal...*
*Je ne veux plus voir le sang couler...*
*Tu devrais...*
*Oh ! Leïla... ce n’est pas réel n’est-ce pas ? Toute ma vie n’est qu’un cauchemar en fait, c’est ça, oui... Je vais me réveiller, tu seras là, papa aussi... et peut-être même maman non ?*
*Crystal !*

Tu sursautes et tourne la tête d’un mouvement sec pour apercevoir la blonde, rapidement remise, comme si elle voyait cela tous les jours, se ramasser pour te bondir dessus.

Non Crystal, ceci n’est pas un cauchemar. Tout est bien réel.
Kerek est mort, At n’est pas humaine et la blonde a une envie irrépressible de te tuer.

- Attends Laiar, je dois parler à At avant que tu ne la tues.

La voix, surgit de nulle part, coupe la blonde (Laïar donc) dans son élan et, par la même occasion, te sauve la vie. Cette voix, tu la reconnais, c’est celle du copain de Laïar, celle du jeune homme que tu as combattu hier soir.

- Comment ça « lui parler » ? J’ai changé d’avis. Je l’emmène avec moi. Ca ne sers à rien que tu lui proposes de rejoindre ta bande, tu n’arriveras jamais à la mater et tu finiras en bouillie comme ce Saren.

Complètement hébétée, tu ne bouges pas d’un poil, comme paralysée par un mélange de frayeur, de panique et d’horreur.

- Par contre tu peux essayer de convaincre celle-là. Elle est de loin bien meilleur dans l’art du combat. D’ailleurs ma chérie, si tu tiens à ta vie, je te conseille d’accepter cette proposition.

Tu ne comprends pas tout de suite qu’elle s’adresse à toi. Quoi ? Entrer dans une bande de voleurs des rues, avec ce type que tu ne connais même pas et qui n’aurait pas hésiter à te tuer ? Elle imagine quoi ? Non, tu préfères encore puiser dans tes dernières forces, te battre et mourir l’arme au point plutôt que d’accepter d’entrer dans un gang enfoncé dans les embrouilles jusqu’au cou !

- Rassures moi At’, tu t’es sentie faible face à moi ? Horriblement faible ? Je peux te montrer une Voie qui t’apportera Force et Puissance, et peut-être un peu d’équilibre, ce dont tu manques cruellement en ce moment. Comme pour ta « sauveuse », soit tu acceptes, soit tu meurs. Alors ?

Voie. Force. Puissance. Équilibre. Pourquoi as-tu l’impression que ces mots ne vont pas ensemble ? Pourquoi les majuscules que tu as entendu dans la voix de Laïar sonnent si faux à tes oreilles ? 

Voie et Équilibre. Marchombre.

Force et Puissance ? Que viennent faire ces deux termes aux côtés de ceux qui jalonnent la Voie ?

Tu observes la jeune femme. Qui est-elle ? Serait-ce possible qu’il existe une Voie, comme celle des marchombres, qui prône la Force et la Puissance, tout en trouvant l’Équilibre ? Les trois termes ensemble t’écorchent les oreilles. Tu cherches dans tes souvenirs, ce que Papa nous a raconté de Gwendalavir.

*Il nous avait parler des différentes guildes. Les Frontaliers, les Dessinateurs,...*
*Les Marchombres... même si il ne savait presque rien d’eux, il savait qu’ils existaient...*
*Les Thûls aussi, et leur éternel conflit avec les Frontaliers.*

Une étincelle se fait soudain dans ton esprit.

*Comme entre Thûls et Frontaliers, un conflit plus important règne entre deux guildes beaucoup plus secrètes, dont peu de gens connaissent l’existence...*
*Tu reprends les mots de Papa...*
*Ce conflit sépare deux visions du monde et de la liberté. D’un côté ceux qui prône l’Harmonie, les marchombres, de l’autre ceux qui sont pour le chaos et la destruction...*
*Les Mercenaires du chaos.*

Tu portes ton attention sur Laïar. Tu ne sais rien des mercenaires du chaos, Papa savait seulement qu’ils étaient en éternelle opposition avec les marchombres. Que c’étaient les deux plus grands ennemis de tous les temps. Serait-ce possible que cette jeune femme ait opté pour la Voie du Chaos ?

Des bruits de lames qui s’entrechoquent te sortent de tes pensées. Laïar est aux prises avec son “ami” et l’autre blonde de la veille. Elle sort d’où d’ailleurs elle ?

Tu vois enfin l’occasion rêvée pour fuir, pour quitter cet endroit morbide. Laïar ne s’occupe plus de toi, ses deux acolytes se sont retournés contre elle, Kerek est... mort... Il ne reste plus que... Tu jettes un coup d’œil plein d’appréhension à At... non c’est bon, elle a le regard porter sur Laïar, songeant certainement à ce qu’elle lui avait proposé.

Tu te détournes discrètement de la scène. Dans quelque pas tu seras libre de partir, tu seras enfin débarrassée de cette bande de fous et tu pourras faire un trait sur tes deux derniers jours. Oublier At, oublier Laïar et ses acolytes, oublier Kerek... Tu vas pouvoir rentrer à l’Académie, revoir Erwan et commencer un nouveau cours à ses côtés. Il suffit de quelques pas...

Une jeune fille blonde te barre la route, le sabre au point. La “copine” de Laïar... Mais qu’est-ce qu’elle veut elle ?

- Je ne resterai pas avec vous si c’est ce que tu veux savoir. Laisse-moi partir.

Ta voix a repris de l’assurance. Cette fille ne te fait pas peur.

- On ne veut pas de toi parmi nous. Celle qu’on voulait c’était l’autre, toi on s’en fiche. Mais tu en sais trop, je ne peux pas te laisser partir.
- Je ne sais rien du tout ! Je n’ai rien compris à vos histoires de fous et j’en m’en moque ! Va plutôt donner un coup de main à ton pote, il ne tiendra pas longtemps contre Laïar.
- Il s’en sort très bien pour le moment, je m’occupe de toi d’abord. J’ai une revanche à prendre.


Elle n’attend pas ta réponse pour se jeter sur toi. Tu as eu le temps de récupérer depuis ton combat avec Laïar, et cette demoiselle là ne lui arrive pas à la cheville. Elle a de la technique, ça c’est certain, mais tu as derrière toi plusieurs mois d’entraînement avec Erwan.
Tu esquives sans problème son attaque et te lances à ton tour dans le combat. Pendant un moment, vous êtes toutes les deux au même niveau, à jongler entre attaques et esquives, sans que l’une où l’autre ne parvienne à porter un coup. Tu commences à fatiguer, mais tu tiens bon. L’autre est dans le même état que toi... voir un peu plus. L’épuisement commence à se lire sur ses traits, elle n’a pas ton endurance. Ton poignard mort sa chair une première fois, traçant une longue estafilade écarlate sur son bras. Son sabre aussi parvient à te marquer de pourpre. Vos deux lames rougissent et les blessures se multiplient sur vos corps. Le combat tourne à ton avantage.

- Désolée, ce n’est pas aujourd’hui que tu auras ta revanche.

Tu envoies un coup de coude dans la tempe de la blondinette, qui s’écroule dans la poussière, inconsciente. Elle risque de rester là un petit moment.
Sans un regard en arrière, tu t’éloignes en courant de ce lieu maudit, priant pour qu’il n’y en ai pas un ou une qui ait la bonne idée de venir te chercher pour en finir avec toi.









[voilà ! ^^ à vous de voir si vous laissez partir Crystal ou si vous voulez encore jouer un peu avec elle Razz et je me suis permise de faire intervenir Morvane, si y'a un soucis, envoyez-moi un Mp Wink ]

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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 29 Juin 2014, 16:24

Au regard effrayé et dégoûté des filles, Lanthane devine sans peine que le sang de sa victime macule ses vêtements et elle constate les dégâts avec une moue agacée. Du dos de sa main, elle essuie le liquide poisseux avant qu’il ne coule sous sa tunique, sans accorder un seul regard à ces humaines : un mouvement vers la porte avait attiré son attention et elle reconnu les deux amis de Laiar. Ils étaient vraiment planqués là finalement... Cette tour est décidément beaucoup trop fréquentée à son goût...
Elle haussa un sourcil amusé à la requête de l’insecte, le corps frémissant à l’odeur de la peur qui se dégageait de lui – bel écho de celle de la petite proie d’hier. Il voulait lui parler ? Elle n’avait rien à lui dire. Elle ouvrait la bouche pour parler mais Laiar la devança, ce qu’elle aurait pu lui faire regretter si ses mots n’avaient pas été aussi justes.

- Comment ça « lui parler » ? J’ai changé d’avis. Je l’emmène avec moi. Ca ne sert à rien que tu lui proposes de rejoindre ta bande, tu n’arriveras jamais à la mater et tu finiras en bouillie comme ce Saren.
Par contre tu peux essayer de convaincre celle-là. Elle est de loin bien meilleure dans l’art du combat. D’ailleurs ma chérie, si tu tiens à ta vie, je te conseille d’accepter cette proposition.


Grincement de dents : cette Laiar a beau avoir du talent dans l’art des lames, elle n’a pas à raconter des conneries pareilles. Cette brune n’a pas le quart de sa maitrise, même si elle sait se débrouiller avec une lime à ongles : elle n’a fait que fuir et, hier, elle serait morte sans son intervention. Elle serra les lèvres : sans doute avec des inepties du genre pensait-elle dissuader le petit voleur de la coller, et si cela fonctionnait c’était déjà ça. Mais elle aurait pu lui demander son avis avant de déclarer qu’elle la suivait : même si elle aurait aimé découvrir qui elle était et d’où elle tenait cette force – peut-être même était-elle Frontalière et lui permettra-t-elle d’ouvrir la Voie aux rais... -, elle n’était pas un chien. C’est donc avec un regard de défi qu’elle accueilli ses yeux railleurs.

- Rassures moi At’, tu t’es sentie faible face à moi ? Horriblement faible ?

Ce faisant, elle se détourna du duo qui commençait à se tourner autour et son regard se posa sur un autre couple. Celui de la brunette et de l’alliée de Shire : visiblement, ils voulaient vraiment s’encombrer avec elle... Même si elle ne semblait pas d’accord avec cette proposition : les deux combattantes étaient en garde et un petit duel se préparait. Bah, une minute serait nécessaire à cette archère au sabre émoussé pour comprendre combien cette brunette était inutile...
A moins qu’elle ne soit aussi inefficace qu’elle, auquel cas l’affrontement pouvait s’éterniser... Puisque c’était visiblement ce qui allait se passer, elle haussa les épaules et sorti de l’enceinte de pierre par une brèche qui donnait sur le lac. La lumière du soleil le rendait lumineux et l’eau mouvante la faisait ondoyer, si bien qu’un frisson d’anxiété parcourut le dos de la fille-reptile. Elle avait l’impression coriace que toute cette lumière cachait un danger innommable et cette impression de petitesse qui la rapprochait tellement de l’état de proie lui était insupportable. Elle détourna le regard et se dirigea vers la petite bâtisse qui était sans doute un ancien lavoir qui se remplissait régulièrement d’eau de pluie dont elle se servit pour débarrasser ses habits du liquide rouge qui les maculait.
Ce genre de détails attirait toujours le regard des humains, et elle devait se montrer discrète tant qu’elle n’avait pas récupéré. Alors qu’elle allait retrouver la blonde, son regard fut attiré par un reflet métallique en direction de la ville et elle étouffa un sifflement irrité : quelqu’un – la brunette peut-être au vu des faibles compétences de son adversaire - avait du prévenir la garde qui accourait d’un pas lourd. Elle qui n’avait pas l’habitude de fuir qui que ce soit avait rapidement compris que les gardes étaient trop stupides pour représenter un réel danger, mais trop nombreux pour être affrontés de front. D’autant plus que ces petites aventures ce dernier mois n’avaient pas été sans renforcer leur vigilance et leurs effectifs.
Quelques pas plus tard, elle retrouvait la blonde qui savait visiblement déjà pour les gardes et lui désigna la ville.

« On pourrait y retourner, ils vont certainement fouiller les collines. Si on reste à l’autre bout de la ville, ils ne nous trouveront pas. Et puis,ajouta-t-elle d’un sourire carnassier,je ne suis pas sûre que ces petits voleurs refusent de nous accueillir... si jamais on a besoin d’un endroit où passer la nuit. Mais d’abord, j’ai besoin de récupérer mes affaires qui sont dans une petite maison en ruine près du lac. Ca nous permettra de contourner les gardes. »

Avant que la jeune blonde ait donné son assentiment, elle avait déjà commencé à s’éloigner de la bâtisse, après tout les gardes étaient sans doute aussi malpolis que ce jeune Shire et n’allaient sans doute pas les laisser finir leur conversation avec quelques cadavres sur les bras. Stupides bipèdes...
Elle profita de l’abri d’un arbre rachitique pour jeter un regard en arrière, curieuse de voir jusqu’où irait la formation de cette Frontalière...



[Evite de trop lui en dire, sinon il y aura des incohérences dans l’histoire de Lamn...
D’autant plus qu’elle a traversé le lac Chen seule en se fiant à une carte pour trouver Ombreuse, et qu’elle croit toujours que c’est une Frontalière dans le rp de Dolce ... Mais elle avait vraiment envie de connaître ton secret.
Bref, si Laiar a quelque chose d’urgent à faire, c’est maintenant ou jamais Very Happy  ]

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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Lun 30 Juin 2014, 22:02

Les vieilles pierres nous regardent comme elles ont du en contempler beaucoup d’autres. En silence. Elles laissent la place pour le bruit de deux combats. Nos souffles, nos pas, le son de nos armes. Tout cela forme la mélodie du chaos qui résonne dans les murs de la tour effondrée. Une mélodie me fatigue. Cela fait deux jours sans repos, sans avoir l’impression d’avoir avancé. Je suis venue ici dans un but précis et vais repartir les mains vides. Saleté de Shire ! J’aurais dû me douter qu’il ne m’accueillerait pas en amie. Il m’en veut de l’avoir abandonné du jour au lendemain, après tout ce qu’il a fait pour que nous atteignions la tête du groupe. Ensemble.

Ensemble.
Je sens son souffle quand je porte des coups au corps à corps. L’odeur de ses dents mal propres me ramènent à ces années où nous partagions d’autres corps à corps, bien différents. Des années de rébellions qui me paraissent bien vaines maintenant. J’avais l’impression de posséder un début de vengeance envers mon demi-frère en devenant un rat. Si j’avais su dès mon départ d’Al-Jeit que les Mercenaires du Chaos existaient, je n’aurais pas perdu de temps ici. Et je ne serais pas en train d’en perdre à nouveau aujourd’hui.

Ensemble.
Et maintenant séparés. Nos corps s’attirent pour mieux se repousser, formant un ballet étrange. On dirait deux aimants qui se désirent mais ne pourront jamais se toucher, s’accrocher.

« Pourquoi t’es partie Laï ? »

Le ton de sa voix a tout perdu de son mépris de tout à l’heure. Je suis surprise d’y entendre des notes de tristesse, de regret. Pour un peu j’en pleurerais … mais moi je ne regrette rien. Tout était faux entre nous. Tout était intéressé. Il n’était rien de plus qu’un havre de paix relative, parfait pour me reposer avant de me relancer dans une véritable aventure.

« Parce que j’ai trouvé mieux. »

Tout simplement. Il ne peut pas comprendre et ne comprendra jamais. Autant j’ai envie de voir ce qu’At’ pourrait donner en Mercenaire, autant je sais que Shire n’aura jamais le cœur assez dur pour suivre ma Voie. Certes il a de la poigne et un cœur de pierre - suffisamment pour survivre à Al-Chen – mais il manque l’étincelle du Chaos dans son cœur.

J’utilise sur lui la même prise qu’avec la cannibale. Un pas glissé sur le côté pour faucher ses jambes, le déséquilibrer et le frapper à la nuque. J’accompagne sa chute au sol pour qu’il évite de se blesser en heurtant la pierre dure. Ses yeux se ferment sur mon regard presque désolé.
On se reverra mon cher, comptes-y bien.

Ainsi débarrassée de mon ancien amant, je fais le tour de la pièce du regard. Morvanne est étalée au sol, une auréole de cheveux blonds autour de sa tête. Il n’y a pas de mare de sang sous son corps, juste quelques traces de coupures sur sa chemise. Sa poitrine se baisse et s’élève avec régularité. La brunette ne l’a pas tuée. Elle formait un contraste étrange avec l’autre folledingue. L’une avec un cœur. L’autre avec des dents. Une chose est sure : la deuxième vivra surement plus longtemps que la première.

Je décide de ne pas m’éterniser trop longtemps sur les lieux. J’ai envie de rentrer au Domaine m’entrainer un peu pour mon nouvel examen.
J’ai à peine mis un pied sur les remparts qu’un cliquetis en contrebas attire mon regard sur un groupe de cinq hommes armés. Mince la milice ! Les voisins ont du entendre le grabuge dans la tour ! C’est bien ma veine ! Ils bloquent la voie de sortie principale. Tant pis, je vais opter pour la fenêtre à moitié écroulée côté lac. Je me hâte vers l’intérieur et me glisse au bas du mur, longeant les remparts prestement. Le temps que ces hommes grimpent sur le mur doit être celui que je dois prendre pour disparaitre.

Un vieux bâtiment écroulé s’élève à la gauche de mon chemin. Quel n’est pas ma surprise d’en voir sortir At’ ! Je porte ma main vers mon poignard instinctivement, mais il me suffit de lire son visage et ses yeux pour comprendre que le temps des combats est fini.
La jeune fille se met à me parler, comme si elle m’acceptait momentanément à ses côtés. Ca devrait être l’inverse ! Mais pas le temps de tergiverser, il y a des gardes qui ne vont pas tarder à nous chercher, et ce n’est pas la présence de Shire et Morvanne qui va les ralentir, sachant qu’ils m’ont vue sur les remparts.

« Je te suit gamine. » lui dis-je en lui faisant signe de continuer à avancer.

At’ avance, puis se retourne pour m’observer. Je fais comme si je n’avais rien vu, la doublant même pour guider le chemin et imposer un rythme rapide, à mi-chemin entre la course et la marche. Je n’entends aucun hurlement dans notre dos, ni bruit de pas en armure. Je me suis peut-être trompée … cette milice se sera contentée de Shire et Morvanne. Certes ils ont du trouver un mort, mais celle d’un chef de gang hier doit les intéresser beaucoup plus. Je pense qu’ils ont d’autres chats à fouetter et nous aurons déjà oubliées.

Nous finissons par retrouver la « maison » où la jeune fille a caché ses maigres possessions. C’est en fait un assemblage de trois murs croulants, le quatrième ayant été réduit à l’état de tas de pierres depuis bien longtemps. Il y a juste assez d’espace pour une personne pour dormir sous le bout de toit qui subsiste. A-t-elle dormit ici ? Je ne l’espère pas pour elle … avec l’humidité montant du lac le soir, sa nuit n’a pas du être agréable. Pas étonnant qu’elle ait été de mauvaise humeur et ait tué un homme … ou pas. ..

« C’est bon ? Tu as tout ton bazar ? On peut aller discuter au calme maintenant ? »

At’ acquiesce. C’est parti pour une petite balade. J’ai envie de voir ce qu’elle vaut.

« Tu vas arriver à suivre ? Dis moi dès que tu veux t’arrêter, si tu te sens trop faible … »

Je laisse le dernier mot trainer, provocation pour la pousser à aller au bout d’elle-même. Puis je détale d’un pas léger. Bien vite je retrouve le pavage irrégulier des rues d’Al-Chen. Son contact me ramène à ces années d’errance. J’ai l’impression de les connaitre par cœur ces pavés. Ils me mènent dans une impasse où je m’appuie sur une gouttière pour me hisser sur les toits. Là, je m’arrête un instant pour regarder si la folle me suis encore. On dirait que oui. Parfait.
Les bras à l’horizontal, j’évolue en dansant presque. Pas un seul pas n’est une fausse note. Je me méfie des tuiles glissantes comme des écailles de poisson. J’espère qu’At’ en a dans le ventre, sinon elle n’ira pas bien loin.
J’arrive bientôt au pied d’une tour aux pierres apparentes. Le genre de mur d’escalade que même un apprenti débutant pourrait grimper sans se poser de questions. Cette gamine a-t-elle le niveau d’une apprentie ?

« Après toi gamine. »



[Je n'ai pas trouvé comment te réincruster Crystal. A toi de voir si tu as une idée maintenant ou plus tard, sinon ce fut un plaisir de te croiser ^^]
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Crystal Fil'Essien
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Mar 01 Juil 2014, 16:31

Tu coures. Seul le bruit de tes pas résonnant sur les pavés se fait entendre. Personne ne t’a poursuivi. Et pourtant, tu coures encore, fuyant cette tour maudite, te jurant de ne jamais y remettre les pieds, essayant tant bien que mal à ne pas penser à tout ce qu’il venait de se passer. Tu coures. Tu ne penses qu’à courir, le vent qui te fouette le visage donnant un grand coup de balai à tes pensées. Tu sens les larmes monter. Tu coures plus vite, jusqu’à parvenir au pied d’un tour, en plein milieu de la ville. Tu t’y adosses et te laisse tomber dans la poussière, libérant tes larmes. Ton cœur bat la chamade, est-ce la course, ou le trop-plein d’émotions contenues ces dernières heures ?

Tu restes là plusieurs longues minutes, à te vider, à tout lâcher. Les larmes roulent sur tes joues, viennent se perdre sur ton coup, dans ton décolleté. Certaines glissent le long de ton nez pour aller s’écraser au sol et se perdre dans la poussière. Elles emportent avec elle tout se qui pèse sur ton cœur, toute l’intensité de ces deux dernier jours disparait dans la terre.

La rue, déserte, résonnent de tes pleurs, prenant à témoin les vieilles pierres des bâtiments. Doucement, tu commences enfin à te calmer. Les larmes cessent de couler, les battements de ton cœur ralentissent et ton souffle se tranquillise. Tu respires profondément, achevant de chasser tout ce que tu avais emmagasiné.

Tu te lèves et jettes un coup d’œil vers le ciel, teinté de rose et d’orangé du coucher de soleil. Ton regard océan glisse sur le sommet de la tour, puis sur sa façade. Les prises sont en évidence, l’escalade est accessible même aux débutants. Un dernier regard vers le ciel, où passent quelques oiseaux en criant, et tu t’élances à l’assaut de la paroi de pierre.

« Comme lorsque vous levez les yeux vers les étoiles en sachant qu’elles vous parlent mais que vous ne les entendez pas, la pierre s’adresse à vous. Essayez de percevoir son rythme et sa puissance, car c’est cela qui vous aidera à choisir vos prises, et le bon chemin. C’est toujours ce qui vous assurera… »

Ton premier cours. Erwan avait dit ces paroles juste après t’avoir rattrapée. Tu avais failli mourir ce jour-là, en tombant du haut du mur de l’Académie.

Un léger soupir franchit tes lèvres tandis que tu arrives sur le toit de la tour. La vue d’ici est à couper le souffle. Tout Al-Chen s’étend sous tes pieds et le Lac brille au loin d’une lueur dorée. Un vent doux caresse ta nuque et soulève tes cheveux. Tu respires à fond, chassant les dernières miettes d’ondes négatives qui envahissaient ton esprit.

*Je ne comprends pas comment des être humains peuvent être aussi cruels. Pourquoi ? Que cherchent-ils ? Qu’ont-ils à y gagner ?*
*Je ne sais pas Crystal. Une chose est sûre, c’est que At n’avait rien d’humain...*
*Et Laïar ? Appartient-elle au Chaos ? *
*Peut-être que oui, peut-être que non. Nous ne connaissons rien de cette guilde. La Voie dont elle parlait n’a peut-être aucun rapport. *
*Mmh... peut-être... Elle avait une manière de se mouvoir qui me rappelle vaguement celle des marchombres... Mais elle ne respirait pas le moindre souffle d’harmonie. Elle n’était que force et destruction. Elle était impitoyable... *
*Une tueuse.*

Tu hoches doucement la tête.

*Tu sais, je n’aimais pas particulièrement Kerek... Mais j’ai du mal à me dire qu’il est... mort...*
*...*
*Comment peut-on tuer de sang froid ? *
*...*
*Et, nom d’un Ts’Liche, pourquoi ai-je été mêlée à tout ça ? Je ne demandais rien à personne, et ces deux filles n’en avait rien à faire de moi au final !*
*Je crains de ne pas avoir de réponse...*

Tu laisses passer les minutes, ton regard allant se perdre sur l’horizon, pensive.

*Je me demande comment ça s’est fini entre eux. *
*Pourquoi ?*
*Je ne sais pas. Maintenant, j’aimerais en savoir plus, j’aimerais comprendre. *
*Crystal... pourquoi cherches-tu à comprendre ? On est tous différents, voilà l’explication. Tes valeurs ne sont pas forcément les leurs. Elles n’ont pas vécu ce que tu as vécu et elles ne suivent pas le même chemin. Point. Pourquoi chercher plus loin ? *
*Je ne sais pas. Tu as raison...*

Tu fermes les yeux quelques seconde, laissant le souffle apaisant du vent t’envelopper, te rassurer.

*J’ai envie de danser. Ça fait longtemps que je n’ai pas danser...*
*Je ne vois pas ce qui t’en empêche. Le toit est plat et assez grand pour que tu puisses danser sans soucis.*
*Tu veux bien chanter s’il-te-plait ?*
*Avec plaisir petite sœur. *

Doucement, je commence à chanter, rien que pour toi, dans ta tête. Ma voix s’élève dans ton imaginaire, douce et apaisante, entrainante, vivante.
Un léger sourire effleure tes lèvres. Tu ouvres les yeux et observe le monde. Tu écoutes le murmure du vent, le chant des oiseaux et la rumeur de la ville en contrebas. Tu te laisses emporter par mon chant, enfonçant tes pas dans la pierre froide du toit. Et tu danses.

Qu’est-ce que c’est bon de danser ! De ne plus penser à rien, de s’abandonner à l’étreinte du vent et de s’envoler... Le monde que tu visites n’est que paix et harmonie, que légèreté et infini. Tu sens la danse remplir tes poumons et faire couler en toi un air neuf. La danse nettoie tout, te libère de tout.

Combien de temps restes-tu là, à danser au rythme d’une musique que toi seule entend ? Aucune de nous deux ne saurait le dire. Tu danses jusqu’à ce que ma voix s’éteigne, lentement. Alors tu t’arrêtes, en sueur, mais heureuse. Enfin. Un immense sourire dévore ton visage. À cet instant, tu te sens tellement puissante... presque invincible.

*Merci Leïla.*

Tu restes encore quelques secondes debout face au monde, le cœur enfin apaiser, enfin libérer de tous les durs évènements qui te sont tombés dessus ces derniers jours.

*Bon, il est temps de rentrer.*

Tu fais volte face, le sourire aux lèvres.

Tu te stoppes net dans ton élan, tes yeux s’arrondissent de surprises et ton sourire s’évanouit instantanément.

*QUOI ?*

Tu restes interdite en détaillant les deux filles qui viennent de grimper sur le toi de la tour. Une vague de désespoir s’abat sur toi.

*Je crois que je suis maudite...*









[non non, je ne m'acharne pas du tout sur Crystal xD ]

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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Mar 01 Juil 2014, 23:25

Gamine... Elle sent bien que ce surnom va très vite lui être insupportable, d’autant que cette fille profite du fait de passer devant pour imposer une cadence plus soutenue, comme si elle la mettait à l’épreuve. Mauvaise idée : Lanthane ne reculera jamais devant un défi, surtout lancé avec autant de confiance. Cette fille se croit plus forte qu’elle dans tous les domaines, mais la jeune ts’liche compte bien découvrir son point faible... Et ses points forts. Au final, elle veut tout savoir sur les compétences de cette fille. Sur le groupe auquel elle appartient, leur nombre, leur rôle,... Vont-ils représenter un obstacle ou un soutien pour ses plans ? C’est la tête pleine de questions qu’elle emboita le pas à cette jeune femme, mettant un point d’honneur à la suivre comme son ombre, contente de voir les cheveux qui clairsemaient sa nuque bouger sous on souffle. Elle se sentait comme un prédateur sur la trace de sa proie, et cette idée était autrement plus alléchante que celle de la suiveuse...
Elles arrivèrent bientôt en vue de la petite cabane où Lanthane s’engouffra quelques instants pour emporter son sac, hésitant un instant sur ce qu’elle allait emporter avant de s’emparer d’une bourse et de dissimuler le reste sous un tas de gravât. Elle ne voulait pas que son trésor soit pillé par d’autres et se doutait que personne n’oserait entrer de peur que le toit lui tombe dessus. Elle n’aura qu’à passer plus tard... Ou pas. De toute façon, elle se fichait de la somme qui dormait sous la paille et la terre, Al Chen était assez grande pour lui fournir de la nourriture durant une année entière...

« C’est bon ? Tu as tout ton bazar ? On peut aller discuter au calme maintenant ? »

Le ton pressant et un tantinet agacé lui fait serrer les lèvres et elle ne put que donner un vague signe d’acquiescement. Il y avait assez de poisons dans son bazar pour la tuer dix fois, alors elle ferait mieux de le respecter un peu plus !

« Tu vas arriver à suivre ? Dis moi dès que tu veux t’arrêter, si tu te sens trop faible … »

Heureusement pour elle qu’elle détalait avant que la main de Lamn ne put atteindre son arme, car elle était très proche de la décapitation. C’est avec l’image de son cadavre flottant dans une mare de sang qu’elle bondit à sa suite, une lueur meurtrière et décidée dans le regard...
Elles s’engouffrèrent dans la ville en passant entre les charrettes sans que les gardes ne leur accordent aucune attention, ce qui leur permit de rejoindre les ruelles sombres qui bordaient les murailles. Lanthane les connaît peu, ces habitats pour crève-la-faim, car ce n’est pas là qu’on récolte les meilleures prises, aussi talonna-t-elle la Frontalière pour ne pas se perdre. Les quelques miséreux qui les voient passer s’écartent précipitamment : ils savent reconnaître les ennuis quand ils arrivent à eux en courant, et deux femmes armées d’un sabre en sont assurément.
Un ricanement surgit de ses lèvres lorsqu’elle constata qu’elles arrivaient dans une impasse, mais le son mourut dans sa gorge lorsqu’elle vit que l’agile jeune femme grimper sur le toit. En s’approchant un peu plus, elle trouva la gouttière qui se dissimulait dans l’interstice entre un volet pourri et le mur, et un sourire mutin apparut sur ses lèvres : ce n’était que de la vantardise, elle pouvait très bien la suivre... et le lui prouva, répondant d’un regard fier à son coup d’œil qui semblait inexpressif – mais elle avait toujours du mal avec ses yeux...
Dédaignant la démarche étrange de cette énergumène qui semblait vouloir s’envoler – elle pouvait toujours essayer, ça lui permettra de récupérer son sabre et de manger un morceau... -, elle s’avança d’une démarche glissante, les jambes légèrement fléchies pour plus d’équilibre, prenant garde à rester sur la poutre centrale car les tuiles penchées ont l’air glissantes comme de l’eau...
La hauteur ne lui posait aucun problème, mais le fait de rester ainsi à découvert la mettait mal à l’aise et elle ne pouvait s’empêcher de jeter des coups d’œil nerveux aux autres toits, se sentant inexplicablement observée. Pourtant, personne à l’horizon, à part le soleil pâle de ce début de printemps qui les réchauffait doucement en même temps que leur course...
Elles arrivèrent bientôt face à une tour qui s’élevait sur quelques étages au-dessus des autres toits, sans qu’elle soit surprise cette fois-ci : cette Laiar avait l’air de bien connaître la ville, autant sur terre que dans les airs. Ajustant ses affaires pour leur éviter de la gêner, la jeune ts’liche posa la main sur sa première prise et commença l’escalade. Ayant vécu dans des grottes, elle a bien évidemment tâté la pierre, bien que leur faible hauteur ne l’ait pas entrainée à l’endurance. De toute façon, elle n’a que trois étages à grimper...
Les pierres défilent à ses côtés : cette pente est si facile à grimper qu’elle en fut presque déçue : chaque prise est confortable, lui permettant de déployer puissance et rapidité, si bien qu’elle ne vit pas la pierre passer. C’est donc un regard étonné qu’elle posa sur le toit de la tour, une surprise qui décupla lorsqu’elle se rendit compte qu’il y avait une paire de bottes sur les tuiles. Des chaussures qui, visiblement, appartenaient à quelqu’un. Quelqu’un qu’elle connaissait...

« Tu n’arrives plus à te passer de nous ? »

Le sarcasme était pour elle une seconde nature, un réflexe devant une situation qu’elle ne comprenait pas ou qui la surprenait. Et pour le coup, il y avait de quoi être surprise... Cette fille croisait beaucoup trop ça route, ça en devenait étrange. Plus qu’étrange : suspect.
Achevant son ascension d’un seul mouvement, elle prit bien garde à s’éloigner du bord – même si cela devait l’approcher de cette brunette – et resta sur ses gardes, prête à porter la main au sabre. Elle se méfiait de sa réponse comme d’une plante carnivore, scrutant ses yeux à la recherche d’une trace de mensonges. Contrairement à ceux de la Frontalière, ce bleu-là était expressif, très expressif...
Et se concentrer sur ce ciel miniature lui permettait de ne plus penser à celui, bien plus grand, qui tendait ses bras vers elle. Au vent qui se levait et la faisait frissonner... de froid ou d’angoisse ? Elle-même ne voulait pas le savoir.
Se concentrer sur la petitesse de cette fille.

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Mante religieuse Ts'liche powa!!!
Merci à Erwan pour ces magnifiques images Smile
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 27 Juil 2014, 17:57

Je reste aux côtés de At’ durant l’escalade. Je n’ai rien d’un Maitre, et ne suis pas sure de pouvoir sauver cette impertinente si elle glisse, mais j’espère que ma présence la sécurisera. Un instant j’imagine sa main perdre prise puis son corps chuter au ralentit. Elle n’est rien pour moi, pourtant j’essaierai de lui porter secours. Il me suffit d’un bond rapide. J’attrape sa main et je crochète une pierre saillante pour stopper notre chute. Simple et efficace. Du moins pour un Maitre. J’ai beau être à quelques jours seulement de mon dernier examen, j’ai du mal à croire que j’ai progressé  autant que Pan le pense. Il me reste tant de route à parcourir…

La gamine ne chute pas.
Elle a l’air d’avoir déjà testé la grimpette dans sa vie de microbe et réussit avec succès l’ascension des trois étages de tour. Son visage était légèrement crispé, témoin de sa concentration mais pas de sa peur. Je doute qu’elle puisse éprouver ce sentiment. Ca parait stupide qu’un humain ne connaisse pas la peur. Pourtant il n’y a rien d’autre dans ses yeux que de la détermination et une rage sans fin. C’est aussi pour ça qu’elle pourra faire une Envoleuse acceptable. Elle a tout d’une casse-cou, et si son absence de peur ne lui cause pas de tort, elle ne fera que l’aider à avancer loin et vite.

Je suis trois prises en dessous de At’, à l’observer sans relâche. Son hésitation en atteignant le sommet ne m’échappe pas. Il y a un truc qui cloche, et ses paroles m’expliquent bien vite pourquoi.

« Tu n’arrives plus à te passer de nous ? »


Il a quelqu’un de connu au sommet de cette fichue tour, et les sous-entendus de At’ ne laissent que trois noms sur la liste des possibles. Non. Juste un. Si Chire était là, il ne serait pas seul. Un chef de bande ne se promène jamais seul, surtout après s’être pris une raclée qui l’aura affaibli. Je doute que Morvanne quitte souvent ses talons. A mon époque je prenais rarement des initiatives, sauf la nuit, où Al-Chen n’appartenait qu’à moi.
Il doit donc s’agir de cette mystérieuse brunette angélique et dangereuse. Un être plein de secrets que je n’ai pas envie de connaitre mieux. Et voilà que nos Voies se croisent à nouveau.

En deux mouvements je me hisse à la suite de la gamine au sommet de la tour. Sans surprise, j’y découvre la fille d’hier soir. Elle nous regarde de ses grands yeux bleu, sans chercher à cacher son désespoir. Je capte même un regard furtif sur les environs pour trouver une issue de secours. Oui en effet, tu pourrais sauter ma chère … si tu es assez douée. Je sais que je n’aurais aucun soucis à me lancer dans le vide et à utiliser le mur pour amortir ma chute puis me propulser au loin. Une roulade sur un toit, une glissade sur les tuiles humides, un saut dans une ruelle et le tour est joué. Ni moi ni At’ n’auront envie de la poursuivre.

« Rebonjour … et je suppose que je devrais te féliciter pour avoir survécu jusqu’à maintenant. Morvanne ne m’avait pas l’air d’être un ange dans son genre. »

Dans un geste confiant, je m’avance de deux pas puis m’assied en tailleur sur le sol plat. Le diamètre de la tour étant important, je suis hors de portée d’une attaque de front venant de cette fille. Si elle se décide à me porter un coup, je n’aurais aucun souci à esquiver puis me relever. M’assoir me donne l’air vulnérable. Voyons voir qu’elle effet cela fait sur elle …

« At’, dernier test avant que nous discutions. Débarrasse nous de cette fille. Moi je n’ai plus envie de me battre avec qui que ce soit aujourd’hui … même si vous avez fait foirer tous mes projets à Al-Chen. »

Le message est clair pour la brunette : elle n’aura à affronter qu’une personne, si celle-ci fait le choix de se battre. Je n’ai aucune envie de m’épuiser plus. Certes tout à l’heure j’aurais fini par la battre, mais avec difficulté. Si elle s’est réveillée depuis, je suis sure qu’elle trouvera de nouvelles ressources et me donnera encore du fil à retordre. D’ailleurs j’ai l’impression qu’At’ n’a pas le niveau pour vaincre son adversaire. Elle est encore trop fofolle dans ses attaques. Si elle veut gagner, il faut qu’elle profite de la faiblesse de son adversaire : elle n’est pas assez résolue dans ses combats. Elle me fait penser à un chaton apeuré à l’idée de tuer.

Mais At’ va-t-elle choisir de se battre ? Je lui ai demandé de nous débarrasser de l’inconnue, et elle peut trouver d’autres moyens de s’exécuter. Ou alors elle peut juste refuser de m’obéir …



[Oh le retard !!! Excusez moi les filles !]
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MessageSujet: Re: Fantômes du passé [Laïar & Lanthane] - TERMINÉ -    Dim 03 Aoû 2014, 12:38

- Tu n’arrives plus à te passer de nous ?

Tu jettes quelques coups d’œil autour de toi. Le seul moyen que tu aurais de t'enfuir serait de te jeter dans le vide et de tenter une désescalade contrôlée, sauf que de ce côté, le mur est beaucoup plus lisse et le souvenir de ta dernière tentative de désescalade ne te donne pas envie de recommencer. Tu oublies très vite l'idée, tu n'as pas le niveau pour une telle acrobatie.

Tu fixes les deux jeunes femmes - qui semblent s'apprécier de plus en plus - sans dire un mot. Va-t-il falloir que tu les affrontes toutes les deux ou te laisseront-elles simplement partir ?

*Rêves pas...*
*A ton avis Leïla, quelle est la probabilité pour que je ressorte... disons vivante, de cette histoire ?*
*Euh... Contre At, je pense que tu peux avoir une chance, par contre, contre l'autre...*
*Laïar.*
*Oui voilà c'est ça, contre Laïar, je suis désolée, mais je ne parierais pas sur toi...*

Tu laisses échapper un soupir. Tu étais arrivée aux mêmes conclusions.

*Sans compter que ça, ça vaut si tu n'en affrontes qu'une à la fois... contre les deux d'un coup...*
*Oui oui, je sais, je n'ai aucune chance...*

- Rebonjour … et je suppose que je devrais te féliciter pour avoir survécu jusqu’à maintenant. Morvanne ne m’avait pas l’air d’être un ange dans son genre.

Tu ne réponds pas à Laïar, tu la suis seulement du regard tandis qu'elle s'avance de deux pas pour s'asseoir en tailleur... Tu hausses un sourcils, surprises par son attitude.

*Qu'est-ce qu'elle fabrique ?*
*Aucune idée... elle n'est pas plus vulnérable comme ça ?*
*Tu ne dois pas lui faire très peur.*
*Certes... et elle le montre bien...*
*Méfie-toi, on ne sait pas qu'elle genre de surprise elle te réserve !*
*Merci Leïla, si tu n'étais pas là, je serais aller lui proposer un oreiller !*
*Mais je dis ça pour toi ! Je ne...*
*Mais oui je sais, moi aussi je t'aime sœurette !*

- At’, dernier test avant que nous discutions. Débarrasse nous de cette fille. Moi je n’ai plus envie de me battre avec qui que ce soit aujourd’hui … même si vous avez fait foirer tous mes projets à Al-Chen.

Tu serres les dents. Tu t'attendais à tout sauf à ça... et tu ne sais pas si c'est plutôt une bonne ou une mauvaise nouvelle. D'un côté, tu n'auras pas à affronter Laïar, ce qui est une bonne chose, la chance de t'en sortir devient presque réelle ! D'un autre, l'idée de te battre encore ne t'enchante guère, même si c'est contre At. Pourquoi faut-il toujours que ces deux jeunes femmes trouvent un prétexte pour donner des coups et faire couler le sang ?

Tu réfléchis à toute vitesse, évaluant toutes les possibilités qui s'offrent à toi. Elles ne sont pas nombreuses malheureusement. Tu as le choix entre sauter et tenter de t'enfuir par les toits ou affronter At coûte que coûte et prier pour que tout "se passe bien".

Une troisième idée naît soudain dans ton esprit. Une idée folle et pas sans risque, mais qui te plait plus que les deux autres et que tu es prête à tenter... Si ça peut faire gagner un peu de temps...

*Crystal, rassure-moi, tu n'es pas sérieuse ?*

Un furtif sourire passe sur tes lèvres, tu ne me réponds pas. J'ai bien peur que en effet, tu es sérieuse... Tu regardes tour à tour At et Laïar, avant d'imiter cette dernière et de t'asseoir en tailleur sur l'ardoise du toit, sans un mot. Oui c'est risqué, d'autant plus que, si At décide de t'affronter quand même, tu vas devoir réagir vite pour rouler sur le côté et te relever... Eh quoi ? Tu n'imagine quand même pas qu'elles vont t'offrir une tasse de thé ?

*Crystal, tu es tarée !*

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