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Le Pacte VS L'Ordre
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 D'ombre et de lumière [PV Notch]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Lun 30 Sep 2013, 22:36

Allongée en travers du lit, un oreiller plaqué sur le visage, Syndrell se morfondait. C’était bien la première fois de sa vie qu’elle n’avait pas envie de se lever, mais même ce principe-là volait en éclat dès lors qu’elle l’envisageait. Rien n’était moins motivant que les pensées lugubres qui tournaient en boucle dans sa tête. Elles l’avaient empêchée de dormir cette nuit, et la nuit précédente aussi. Toutes les nuits… depuis qu’elle avait appris la mort de Miss.

Elle ne réagit pas au son léger de quelques coups contre le battant de sa porte. Celle-ci s’ouvrit et Ciel passa la tête par l’entrebâillement. Il fronça le nez en étant confronté à l’odeur de fauve qui, à elle seule, témoignait de la gravité de la situation. Sans un mot, il traversa la chambre et se planta devant la fenêtre. Il l’ouvrit en grand, accrocha les volets et inspira à pleins poumons l’air pur et frais de la ville. Puis il se retourna et s’appuya contre le mur.


- J’ai entendu dire que des itinérants sont arrivés ce matin. Ils viennent du nord.

Le Dessinateur laissa filer quelques secondes de silence. Il guettait une réaction qui ne vint pas.

- De la côte, insista Ciel. Je me disais qu’on pourrait peut-être…
- J’ai pas envie.
- … rester enfermés ici toute la journée. Je suis content que ça ne te plaise pas à toi non plus ! Alors on va sortir un peu, d’accord ?
- Ciel…


Il soupira. Même le ton grinçant de son ami ne parvenait pas à lui faire peur. Il n’avait jamais eu peur, bien sûr, et il n’était pas prêt d’être effrayé par cette petite fille mal lunée. Mais il s’inquiétait pour elle. En dix jours, elle avait disparu de la maison. Son corps était bien là, affaibli comme après des jours de marche, mais son sourire, sa gaité, sa lumière avaient déserté les lieux. Cette femme qui gisait sur son lit, ce n’était plus la Syndrell Ellasian qu’il avait connu.

- Faut pas rester là, dit-il en croisant les bras. C’est mal, et tu sais que j’ai raison.
- Tu ne donnes pas cours, aujourd’hui ?


Il fit un effort pour ne pas se sentir blessé.

- C’est mon jour de congé. J’avais envie de le passer avec toi. Tant pis pour les itinérants, on peut aller chasser des arcs-en-ciel si tu préfères.

Syndrell étouffa un sanglot. Chasser les arcs-en-ciel. Du temps de Nuance et de Miss, elle l’aurait fait sans hésiter ; à l’époque, c’était même elle qui entraînait le jeune homme dans ce genre d’aventure rocambolesque et merveilleuse. Mais ce temps-là remontait à une éternité. Elle en avait oublié jusqu’à la couleur.

- J’ai pas envie, répéta la jeune femme.
- Tu ne vas quand-même pas passer ta vie sur ce foutu lit ! explosa soudain Ciel. Tu vaux bien mieux que ça ! Je croyais que tu étais quelqu’un d’intègre, quelqu’un de bien ! Dans mon souvenir, tu étais capable de garder le sourire, même après avoir frôlé la mort d’un cheveu bleu ! Où est passé ton optimisme ? Ta pugnacité ? Merde, à la fin ! Où es-tu partie, Syn ?

C’était tellement rare qu’il sorte de ses gonds comme ça, tellement surprenant qu’un long silence ponctua cet élan de colère. Ciel en était le premier surpris. Toujours calme, toujours docile, il savait néanmoins traduire le fond de sa pensée lorsqu’il le fallait ; dans ces moments-là, il ferait trembler un Raï de la pire espère. Syndrell se contenta de sourire. Un toute petit, mini mini sourire, caché par l’oreiller, mais le premier sourire qu’elle faisait depuis ce jour terrible. Elle le devait à Ciel.

- Tu ne comptes pas me laisser tranquille, pas vrai ?
- Non.
- Même si je m’accroche aux montants du lit ?
- Syndrell, s’il faut que je te traîne dehors par la peau du dos, je le ferai. Tout ce que je veux, c’est que tu te changes un peu les idées. T’es pas marrante quand tu déprimes.


Nouveau sourire. Avec lui, c’était si facile ! Mais Syndrell sentit sa gorge se nouer d’émotion devant toute l’énergie que son ami déployait pour elle. Ces derniers jours, elle avait été ravagée par la mort de son ancien mentor, et aussi par la disparition d’Erwan et d’Ylléna. Le marchombre avait quitté la ville, sans un mot, rien qui puisse lui fournir la moindre indication sur ses plans. Elle avait éprouvé de la fatigue, de la tristesse, mais jamais elle n’avait ressenti les affres de la solitude. Ciel était bien trop présent.

- Alors ?
- Alors quoi ?
- Tu veux bien aller prendre un bain avant de partir ? J’ai l’odorat délicat…


D’accord, il l’avait cherchée. Un peu. Il ne la voyait pas de là où il se tenait, mais Ciel connaissait bien sa petite marchombre, et il avait deviné à sa voix qu’elle était sur le point de lui céder. Après dix jours de lutte acharnée, il ressentait cette vague de soulagement et de joie qu’éprouvent les guerriers après un rude combat. Dans ces conditions, difficile de résister à la tentation de taquiner un peu son amie !

Mais sa réponse le prit de cours. Il eut tout juste le temps d’écarquiller les yeux avant que l’oreiller ne s’écrase sur son visage. Toutefois, c’était ce qui aurait dû se produire, mais aussi inconcevable que cela puisse être, Ciel avait eu le réflexe de tendre les bras pour se protéger. Son geste fit passer le coussin au-dessus de sa tête, à travers la fenêtre ouverte.


- Par le slip de Merwyn, Syn !! s’écria le Dessinateur en se penchant pour apercevoir l’oreiller.

Il quitta la chambre ne trombes, revint sur ses pas en catastrophe et jeta à Syndrell un regard mi-amusé, mi-furieux. Lui seul était capable de posséder un tel regard…


- Au bain, gronda-t-il. Tout de suite !

Il était rare que la jeune femme se plie à un ordre aussi direct. Miss était peut-être la seule qui ait eu un quelconque pouvoir d’autorité sur sa personne – encore que… Mais cette fois-ci, Syndrell s’exécuta sans que l’idée de tenir tête à Ciel ne lui vienne à l’esprit. Elle s’enferma dans la salle de bain et avisa la baignoire pleine d’eau et de mousse parfumée.

Ciel Kern était une personne vraiment, vraiment étonnante.





*



- Tu es sûr que ça se mange ?
- Absolument.


Perplexe, Syndrell détailla l’étrange fruit que Ciel venait de lui flanquer entre les mains. On aurait dit une poire de part sa forme, mais jamais encore elle n’avait vu de poire qui soit aussi… fushia. Haussant un sourcil, elle commença par humer la chose. Des effluves incroyablement sucrées envahirent ses narines. Intriguée, la jeune femme caressa la peau veloutée du fruit. Debout près d’elle, Ciel la regardait faire.

- Bon sang, Syn, tu vas finir par le goûter ou pas ? marmonna-t-il.

Elle ignora sa remarque mais planta tout de même ses dents dans l’étonnant aliment. Immédiatement, ses papilles s’animèrent, galvanisée par les saveurs particulières du fruit : c’était acide et sucré tout à la fois, plus fort qu’une poire mais totalement différent d’une pêche. Et surtout, c’était délicieux. Syndrell le dévora en quelques secondes et termina en se léchant les doigts.


- On appelle ça un kazar. Ça vient de l’île des Nimurdes, c’est pour ça que tu n’as pas eu l’occasion d’en voir beaucoup : ce fruit est plutôt rare…

Syndrell écoutait les explications de son ami tout en détaillant les alentours de son regard flamboyant. Ils marchaient tranquillement sur l’esplanade d’Al-Chen. Bras-dessus, bras-dessous, ils déambulaient entre les stands des itinérants, attentifs à la moindre curiosité, guidés par les marchands qui hélaient les passants d’un puissant coup de voix, attirés par les produits qu’ils offraient au regard et au plaisir des promeneurs.

Les gens pensaient certainement qu’il s’agissait d’un couple, et ils n’avaient qu’à moitié tort ; si Ciel et Syndrell éprouvait simplement l’un pour l’autre une amitié, celle-ci était si profonde, si belle et unique qu’il était impossible d’envisager de séparer ces deux-là.

Blottie contre son compagnon, Syndrell se sentait revivre. Elle redécouvrait la caresse du vent sur ses joues, le brouhaha de la foule et ses incessantes bousculades, le charme des petites rues d’Al-Chen ; elle n’avait pas oublié, mais il lui semblait qu’une éternité s’était écoulée depuis qu’elle s’était effondrée en pleurs, ici, sur cette place. C’était le jour où Erwan et elle avaient appris la mort de Miss. Le jour où Erwan était parti.

Si Ciel n’était pas venue la chercher, elle aurait probablement tout abandonné ce soir-là. L’espoir qui étreignait chaque battement de son cœur, la flamme qui brûlait au fond de ses prunelles, et cette rage de vivre qui l’animait depuis toute petite, tout cela aurait disparu. Soufflé comme une bougie par la terrible nouvelle, et cette idée qu’elle trouvait pire encore : elle traçait désormais son chemin sans Miss.

Son mentor l’avait depuis longtemps libérée des liens qui les avaient unies durant trois ans. Mais d’autres liens, plus solides encore, s’étaient tissés entre la marchombre aux yeux violets et la marchombre aux cheveux bleus. Jamais Syndrell n’avait envisagé la vie sans Miss. Le seul fait de l’envisager l’avait anéantie.

Mais à présent que Ciel et elle progressaient entre les étals garnis, au son des rires d’enfants et des voix des passants, Syndrell se rendait compte à quel point elle s’était montrée égoïste. En s’enfermant dans sa propre douleur, elle avait oublié que d’autres souffraient davantage, et qu’ils avaient besoin d’aide : Erwan et Ylléna ne s’en sortiraient pas seuls.


- Qu’as-tu fait de mes affaires ? demanda-t-elle soudain.

Durant quelques secondes, Ciel se contenta de la regarder en silence. Il essayait vainement de faire la conversation depuis dix jours, et il avait pris l’habitude de poser les questions, pas d’y répondre. Mais celle-ci signifiait ce qu’il attendait depuis plus d’une semaine.

- Tu es prête à remonter la pente ! s’exclama-t-il avec bonheur.

Syndrell se passa une main nerveuse dans les cheveux. Remonter la pente, c’était vite dit. Mais après tout ce temps passé à se morfondre dans les appartements de son ami, elle se sentait le besoin presque vital de renouer avec une bonne dose d’adrénaline : les sensations fortes d’une escapade nocturne semblait le plus propice à répondre à une telle envie. Mais pour cela, il lui fallait retrouver ses effets. Le grand pull dessiné par Ciel était le meilleur vêtement qui convienne à une convalescente.

Pas à une marchombre.





*



Debout face au miroir de la chambre, Syndrell achevait de nouer pensivement le lacet de son corset de feutrine. Le bleu foncé du tissu égayait celui, plus clair et plus lumineux, de sa chevelure. En dessous, elle avait revêtu avec un certain soulagement la chemise aux amples manches qu’elle affectionnait tant. C’était comme retrouver une vieille amie après des années de séparation.

Ciel avait pris soin de laver ses vêtements. Il avait même eut la délicatesse de cirer ses bottes, tâche qu’elle-même repoussaient toujours dans l’espoir que peut-être, un gentil petit lutin s’en occuperait à sa place pendant son sommeil…

Assise sur le lit, elle les enfila, puis se redressa et tourna sur elle-même pour observer son reflet. Ses longues jambes lui paraissaient plus minces, et elle savait que cela n’était pas dû au pantalon noir, ni au bottes qui lui arrivaient au-dessus des genoux. Elle avait l’impression de disparaître dans les plis de sa chemise, et les cernes bistre qui soulignaient ses yeux l’empêchèrent de trouver une excuse. Il était grand temps qu’elle se ressaisisse.

Haussant les épaules, tant pour s’arracher à cette piètre contemplation que pour se donner du courage, Syndrell s’approcha du bureau sur lequel étaient entreposés ses effets. Elle attrapa la petite bourse de cuir, la soupesa un instant et la fixa à sa ceinture. Son regard tomba alors sur le poignard posé sur le sous-main. Un étau glacé se referma sur son cœur.


"Ne jette pas ton arme, accompagne-là. Jusqu’au bout."

Elle secoua la tête, attrapa le poignard de Miss et le glissa dans sa botte gauche. Puis elle souffla la chandelle qui illuminait la pièce d’une chiche lumière, ouvrit sa fenêtre en grand et se percha sur le rebord. Un souffle de vent mouillé l’enveloppa aussitôt et, lorsqu’elle leva les yeux, ce fut pour voir le mince croissant de lune disparaître derrière un voile de nuages. Les conditions étaient idéales pour un petit tour en solitaire.
Elle se laissa souplement tomber à terre, juste devant la porte d’entrée. Qui s’ouvrit avant qu’elle ait eu le temps de faire un pas.


- Je savais bien que tu t’en irais sans me dire au revoir, fit remarquer Ciel en s’appuyant contre le montant de la porte.

Il croisa les bras sur la poitrine et leva le menton dans sa direction, mais aucune animosité ne brillait dans son regard. Syndrell sourit. Il la connaissait décidément mieux que quiconque. Mieux qu’elle-même, parfois. Penaude, elle ouvrit la bouche pour s’excuser, mais le jeune homme l’interrompit dans son élan en lui lançant un paquet de tissu.

- Tiens, dit-il tandis qu’elle dépliait la cape. Au Dôme, on nous a dit qu’il pleuvrait cette nuit.

Syndrell glissa le vêtement sur ses épaules. Elle était parfaitement à sa taille… et parfaitement neuve.

- Qu’as-tu fait de l’ancienne ?
- Tu veux parler de ce bout de tissu tout élimé ? Sérieux, Syn, je n’ai même pas le cœur d’en faire des chiffons…


Elle le fit taire en l’embrassant tendrement au coin des lèvres. Comme toujours, Ciel rougit ; il la regarda tourner sur elle-même, appréciant le flottement léger de sa cape.

- Merci, dit-elle en s’arrêtant.
- Pas d'quoi, marmonna-t-il, encore troublé. Allez, file. Ah, et Syndrell ?

La jeune femme se retourna.

- Oui ?
- Sois prudente.


Pour toute réponse, Syndrell agita la main. L’instant d’après, elle disparaissait dans les ombres de la nuit, et Ciel referma sa porte.



*




Déambuler dans les rues d’Al-Chen la nuit avait quelque chose d’incroyablement grisant. Furtive et silencieuse, Syndrell avait cependant rapidement abandonné le pavé inégal des ruelles pour s’élever sur les toits. Elle faillit regretter cette initiative lorsque ses pieds glissèrent sur les tuiles détrempées, mais aussitôt l’esprit de défi qui vibrait en elle avait pris le dessus ; il y avait trop longtemps qu’elle l’étouffait.

Combien de temps avait-elle grimpé, sauté, roulé, glissé sur ces pentes vertigineuses ? Dix minutes, deux heures ? Ce n’est que lorsque le souffle lui manqua que la marchombre s’installa sur le toit presque plat d’une boutique de chapeaux. Le dos appuyé contre la cheminée, elle renversa la tête en arrière et ferma les yeux pour attendre que son cœur reprenne un rythme à peu près normal. Quelques jours de repos seulement, et elle manquait déjà d’endurance à la manière d’un débutant !

Au bout d’un moment, elle rouvrit les yeux et se perdit dans la contemplation de la ville, illuminée et nimbée d’un halo brumeux. Une pluie fine s’était mise à tomber. Syndrell rabattit sa capuche en louant Ciel et ses prévisions météo. De là où elle se trouvait, elle pouvait apercevoir le Dôme, immense bâtisse arrondie et éclairée par d’innombrables dessins. L’idée d’aller y faire un tour la taquina un bref instant.

Elle allait se relever lorsqu’un bruit attira son attention. C’était imperceptible, et Syndrell crut un instant qu’il s’agissait d’une gouttière dans laquelle l’eau s’écoulait bruyamment. Mais alors qu’elle s’éloignait de la cheminée, le bruit revint. Rythmé, presque saccadé. Le bruit d’une respiration.

Le cœur de Syndrell se mit à battre plus vite dans sa poitrine. Elle décida toutefois de feindre l’indifférence et regagna lentement la cheminée, derrière laquelle elle s’immobilisa. Le dos plaqué contre les pierres froides et humides, elle tourna la tête sur le côté et banda ses muscles, prête à bondir. Prête à agir.
Elle n’attendait plus qu’un signal…





[Je suis vraiment, vraiment désolée d'infliger à tes yeux la couleur des dialogues de Ciel. Mais ce n'est pas mon personnage à la base, je l'ai "piqué" à quelqu'un, et je ne me vois pas changer sa couleur alors... il faudra te contenter du blanc - mais je te rassure, c'est uniquement pour ce post-là. A toi de jouer, donc, et si jamais quelque chose ne va pas, tu m'envoies un MP, ok ?]

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Mar 01 Oct 2013, 18:40

Le voyage avait été long. Très long. L’homme qui l’avait conseillé avait l’habitude de ce voyage entre Al-Far et Al-Chen, voyage qu’il faisait lui-même une fois l’an pour retrouver sa famille. Il tenait un petit étal de poterie. Je le connaissais déjà plus ou moins, cet homme ayant déjà fait affaire avec mon oncle. Bourru, bien bâti, mais doux comme un agneau, il n’aurait pas supporté de faire mal a une mouche.



    - Tu n’as pas l’habitude de la survie je crois. De bonnes bottes, des vêtements de rechange et une cape chaude, c’est l’essentiel. Lorsque tu dors, tu vas en hauteur le plus possible. Tu sais te défendre?

    - À mi-distance, j’ai mes couteaux, dis-je en désignant les pochettes individuelles  attaché à ma cuisse. Sinon, j’ai toujours mes poings.

    - Habituellement, je voyage l’été et je n’ai pas de problème avec les brigands, mais soit prudent. Longe l’ombre jusqu’à voir Ombreuse. Tu devrais y arriver au bout de deux jours. Continue alors ton chemin quelques heures, tu devrais croiser une petite rivière croisant la principale. Contrairement à l’Ombre qui traverse la forêt, sa petite sœur rejoint directement le Pollimage. Au bout de deux ou trois jours, tu devrais voir les premiers villages côtiers. Continue ainsi jusqu’au Pollimage. Tu ne l’as jamais vu, mais tu ne peux pas le manquer. Tu devras dépenser quelques pièces pour traverser avec ton cheval. C’est le chemin le plus rapide, bien qu’il soit possible de passer par les collines de Taj. Mais je ne te le conseille pas. Si tu as suffisamment d’argent, tu pourras te rendre directement à Al-Chen. Sinon, continue ton chemin en longeant le Pollimage jusqu’au Gour. Tu devras alors bifurquer d’environ une heure vers l’est pour trouver un pont permettant de traverser la rivière. De nombreux villages sont de ce côté, il te suffira alors de suivre les indications des commerçants pour rejoindre la ville. Compris?


Je pris la cape chaude qu’il me tendait. Je n’avais pas tout retenue, mais j’avais compris le plus important : L’Ombre, la petite rivière, le Pollimage et le Gour. Pour le reste, je me débrouillerais. Je retournai chez moi un instant, prenant le plus petit de mes frères dans mes bras. Ce bout de choux me ressemblait, du haut de ses cinq ans. Le serrant dans mes bras, je le déposai par terre avant de déposer un baiser sur son front. Je ne savais pas pour combien de temps je partais. Il me regarda d’un air intrigué, les marques d’affection de ce genre ne me ressemblant pas. Évitant son regard, je me dirigeai vers la cuisine. Ma mère criait, voulait que je ramasse, voulait que je la paye. Je la regardai dans les yeux et je refusai d’une voix calme, mais inflexible. Elle voulait que je parte depuis longtemps, cette folle. Elle allait être servie. Sans un mot de plus, n’écoutant plus ses cris indignés, je franchis la porte.


***


    - Tu es vraiment glouton toi.


Le jeune hongre ne me regardait déjà plus, mangeant en vitesse la nourriture apporté par le palefrenier. La nuit tombait déjà sur Al-Chen, mais je n’avais pas sommeil. Comme à l’habitude, l’insomnie me guettait  malgré les nombreux jours déjà passé sans dormir. Heureusement pour moi, Génocide serait ici en sécurité. Mon oncle m’avait filé le nom de cette petite écurie près des portes d’Al-Chen lorsqu’il m’avait donné ce pur sang arable au fort caractère. Celui-ci étant incapable de le vendre, il avait préféré me le confier plutôt que de le tuer pour rien. Ce cheval était une plaie, mais je l’appréciais quand même. Il refusait parfois tout bêtement d’avancer, il voulait se rouler dans l’herbe dès qu’il en voyait un carré, il détestait le trot, mais en même temps, c’était un cheval magnifique avec un caractère or du commun et une endurance incroyable. Je l’avais donc confié à Durk, le propriétaire de l’écurie et un vieil ami de mon oncle.

Le soleil se couchait doucement lorsque je franchis les portes d’Al-Chen, a environ quinze minutes de marche de l’écurie. La bourse a ma ceinture n’était pas bien lourde, mais je préférais tout de même passer la nuit dans la ville, tout particulièrement parce que je ne connaissais pas l’endroit du tout. J’y venais pour la première fois et bien que j’eu aimé m’informer pour savoir ou manger un bon repas, je préférai renouveler mes réserves de racine de niam et de viande sèche. Le chemin jusqu’ici m’avait finalement prit une quinzaine de jour. Je m’étais égaré plus d’une fois, m’obligeant parfois à revenir sur mes bras durant plusieurs heures avant de retrouver mon chemin. J’avais tout de même réussis, en économisant des vives, à retrouver mon chemin.

Malgré que ma bourse soit désormais très légère, je m’autorisai une pomme alors que les derniers marchands fermaient pour la nuit. L’air marin était particulièrement présent dans cette ville côtière. Le lac Chen n’était certes pas un océan, mais il semblait en avoir l’ampleur au vu de la richesse marine de cette ville. Un mince croissant de lune prit finalement la place du soleil alors que j’explorai la ville, marchant en regardant autour de moi. Cet endroit était bien différent d’Al-Far, beaucoup mieux aménagé. Il y faisait également moins froid que dans ma ville d’origine et sa proximité avec la capitale lui donnait une importance significative. Al-Poll ne se comparait en rien avec Al-Chen non plus. C’était deux mondes complètement différents.

Mâchant une feuille de menthe cueillie au hasard dans le petit jardin d’une famille, je décidai de me réfugier sur un toit pour la nuit. M’enfonçant dans une ruelle sombre, je tendis la main vers une brique qui dépassait du mur. Une seconde plus tard, j’étais sur le toit. Il ne me fut pas très difficile de progresser. Ici, les toits étaient tous rapproché les uns des autres, les rues étaient étroites et la vue, grandiose. Je n’avais pas particulièrement envi de dormir, ainsi continuais-je a me balader. Véritable oiseau de nuit, c’était lorsque le ciel était d’encre que je me sentais le mieux. Ce que j’aimais beaucoup moins, par contre, c’était la pluie. Lâchant un juron lorsqu’une grosse goutte d’eau roula dans mon dos, je me dépêchai de me rendre sur un toit plus stable que celui sur lequel j’étais en ce moment et je fini par m’arrêté, tremblant. Je n’aimais pas du tout la pluie. L’eau froide me donnait des frissons de dégout et la panique céda peu à peu la place à mon calme précédent. Je ne réfléchissais plus, sur le bord de la crise. Peu importe la cape chaude dans mon sac, je n’y pensais plus. Mon esprit était vide avec une seule chose en tête : La pluie. Essayant de garder mon calme, je m’appuyai sur la cheminé surplombant le toit d’une petite boutique de chapeau. Mon souffle était tremblant et saccadé. Poussant un juron, je lançai une prière au ciel, fermant les yeux.


    - Pitié, sortez-moi de la…




[Ne t'inquiète pas, je n'ai eu qu'a surligner le texte pour bien le lire^^ Je voulais préciser une petite chose sur Notch pour éviter des erreurs, celui-ci ne supporte pas qu'on touche son dos, et c'est encore pire lors d'une crise, il risquerait d'aller jusqu'à se blesser lui-même pour éviter un tel contact. Si quelque chose ne vas pas, mp moi Razz]
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Mar 01 Oct 2013, 22:27

Syndrell retint son souffle.
Tendue comme un arc, elle était prête à passer à l’action en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire. Elle savait qu’elle bénéficierait de la surprise et de la pénombre, tout comme elle savait qu’une seule technique, un seul geste était suffisant. Et pourtant, quelque chose l’empêcha de bouger. Un souvenir que la situation et la disposition des lieux lui inspiraient. Celui d’une rencontre avec un certain Dessinateur…




*


Plaquée contre la pierre dure de la cheminée, la jeune femme se mordait la lèvre tout en se demandant comment celui qui venait de se hisser à son niveau avait bien pu en arriver là. Elle-même avait du faire appel à de solides ressources pour atteindre les hauteurs de la cité, s’élevant malgré les murs sans prise aucune, bondissant allègrement en se défiant de l’inclinaison des charpentes, se glissant sur les toitures sans jamais se laisser surprendre par le givre dont elles étaient recouvertes. Un exploit qui ne prenait son sens qu’à la valeur d’un seul mot.
Marchombre.

Pourtant il y avait bien quelqu’un sur ce toit, à une dizaine de pas d’elle. Un homme qui, à en juger par le cri qu’il avait lancé quelques secondes plus tôt, en avait après elle. La jeune fille apaisa son souffle et détendit les muscles de ses épaules et de ses bras. Elle ne connaissait pas de meilleure défense que l’attaque et dans la situation où elle se trouvait, s’enfuir paraissait être une option peu réaliste.

Un éclat traversa l’or pur de ses yeux. En aurait-elle eu la possibilité qu’elle n’aurait pas fui.
Pas devant quelqu’un qui lui cherchait noises sans raison.
Syndrell ferma les yeux, prête à bondir…




*




… les rouvrit et resta immobile. Ce souvenir, c’était celui de sa rencontre avec Ciel Kern. Quatre ans plus tôt, elle avait effectivement bondit, surgissant de derrière la cheminée sans laisser le temps au jeune homme de faire quoi que ce soit. Elle se rappelait l’avoir tenu en respect avec une lame pressée sur la gorge.

Lui, il l’avait éblouie avec un bouquet de roses rouges. Il l’avait dessiné pour sauver sa vie, et de ce dessin était née une incroyable amitié. Troublée, Syndrell fronça les sourcils. Qui sait ce qui pouvait découler de son altercation avec la personne qui se trouvait sur le même toit qu’elle ? Elle choisit de patienter encore quelques secondes. Elle accordait un délai à l’individu dont les pas se rapprochaient. Soit il quittait ce toit, et elle en restait là ; soit il poursuivait sa route, et elle l’interceptait.

Question de sécurité. Avec le temps, Syndrell avait appris à se méfier des types qui étaient capables de se promener en pleine nuit sur les toits de la ville. Redressant la tête, elle tendit l’oreille. Les pas se rapprochaient toujours. Sans bruit, la marchombre se ramassa sur elle-même. Cette fois, elle s’apprêtait réellement à quitter sa cachette…


- Pitié, sortez-moi de là…

Le gémissement la prit de cours aussi efficacement qu’un coup de poing en pleine poitrine. Immobile derrière sa cheminée, Syndrell ouvrit de grands yeux stupéfaits. Puis elle secoua la tête. C’était peut-être un stratagème visant à la faire quitter son abri. Auquel cas, ce monsieur allait comprendre qu’on ne jouait pas aussi facilement avec elle !

Mais la jeune femme ravala son orgueil et son intrépidité. Les pas s’étaient arrêtés. Elle percevait désormais une respiration rauque et sifflante, saccadée comme si un étau comprimait les poumons de l’homme et empêchait ainsi tout accès à l’oxygène dont il avait tant besoin. A nouveau, l’incompréhension brilla dans ses yeux dorés. Puis son expression changea. Il n’y avait qu’une seule façon de savoir ce qu’il se passait sur ce toit.

Syndrell se détacha de la cheminée et se retourna pour faire face à Respiration Rauque. Il pleuvait plus fort désormais, et elle dut plisser les yeux pour discerner davantage qu’une ombre. L’homme était grand et solidement bâti ; il dépassait la marchombre de deux bonnes têtes, et si l’envie lui venait de la faire tomber du toit, il n’avait probablement qu’à la pousser pour y parvenir. Intégrant ces détails à la situation, Syndrell fit basculer le poids de son corps sur sa jambe arrière. Au cas où Respiration Rauque aurait réellement envie de la pousser du toit.

Mais il semblait se désintéresser de sa présence, au point qu’elle finit par douter d’avoir été repérée. Il ne bougeait pas et n’ajoutait rien à son étrange prière. Elle avait sonné comme un appel à l’aide. Syndrel haussa un sourcil. Ce pouvait-il que ce soit le cas ?


- Hé ! lança-t-elle sur une impulsion soudaine. Est-ce que tout va bien ?

Il y avait quelque chose d’incongru dans le fait de poser ce genre de question à un inconnu, au beau milieu de la nuit et sur un toit d’Al-Chen. Et même si Syndrell était depuis longtemps rompue à ce genre de phénomène, elle avait cette incroyable capacité de toujours s’étonner. Après tant d’années passées à parcourir l’Empire, il existait toujours quelque chose – ou quelqu’un – capable de la surprendre…





[Oui, ce "détail" m'a sauté aux yeux dans ta fiche. Du coup, j'ai fait en sorte de garder mes distances... pour l'instant ! Car Syndrell ignore tout de ce problème de contact physique, la pauvre ^^]

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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Ven 11 Oct 2013, 21:25

La pluie c’était intensifié d’un coup et ce n'était rien pour m’aider. Mon corps tremblait et j’étais incapable de bouger ne serais-ce qu’un doigt. Les gouttes d’eau froides  dégouttaient maintenant abondamment dans mon dos, embrouillant jusqu’à la moindre de mes pensées. Je ne réfléchissais plus, je ne réagissais plus. J’avais l’impression de me noyer dans une pluie froide et paralysante. Comme un écho, mon esprit me renvoyait un souvenir. Quelque chose que j’aurais aimé oublier. Quelque chose que chaque goutte d’eau froide sur mon corps et plus particulièrement sur mon dos me rappelait comme un couteau tourné dans une plaie déjà bien douloureuse. Un souvenir atroce et effrayant.

*****

Troq nous avait amené faire de la pêche sur glace. Ma mère avait amené mes deux jeunes sœurs. J’avais huit ans, mon autre sœur cinq ans et la plus jeune, à peine quatre ans. À quinze minutes d’Al-Far, un petit lac était presque complètement gelé. Au sud du lac, une chute empêchait la glace de se former et les morceaux de glace flottaient paresseusement, bloqué contre l’amas de pierre à cet endroit. Le père de ma plus jeune sœur n’était pas un exemple de douceur, les hématomes sur ma peau et sur celle de ma mère en témoignaient. Je ne l’aimais pas beaucoup, il faisait mal à ma mère. Moi, c’était seulement quand il buvait, ou que je faisais des bêtises. Et cela arrivait souvent, bien sûr. Je faisais tout pour pourrir la vie de cet homme ingrat.  

Ma maman était avec les filles, ses deux chéries. Moi, je ressemblais trop à mon père, je crois que c’est pour ça qu’elle m’aimait moins. Peu importe, moi, j’étais avec Troq. Du moins, quelques secondes auparavant, car en relevant ma tête du trou percé dans la glace devant moi, l'homme s’aventurait vers la chute, là où la glace était beaucoup moins solide. Inconscient du danger, je le suivis, curieux. Je ne vis pas son sourire vicieux quand il me mentionna les gros poissons bougeant juste là, devant nous. Je m’accroupis, curieux, et vis effectivement de gros poissons. Un banc complet!

Je ne compris pas immédiatement ce qui se passa lorsque l’homme perfide derrière moi me poussa dans l’eau glacée. Je crois que j’avais oublié un détail lorsque j’ai parlé de ma relation avec cet homme : il me détestait au point de vouloir ma mort, littéralement. L’eau était si froide! Je savais nager, mais l’eau paralysait mes membres, mon esprit. Je criais à ma mère de toutes mes forces. Troq appuya son pied sur ma tête, me faisant taire et avaler de l’eau du même coup. J’allais mourir, ici et maintenant. Je perdis connaissance au même moment ou deux mains chaudes me soulevaient.


*****

Les yeux fermé, tremblant, je me rappelai douloureusement de mon réveil. Entouré de couverture chaude, frictionné par ma mère. Dans mon âme, dans mon cœur, un traumatisme profond, une peur de cette eau froide et perfide qui aurait très bien pu me tuer cette journée là. Et un dédain profond pour l’humanité qui commençait à naître. Mais je n'avais plus huit ans. Je ne savais même plus comment je m’étais rendu aussi haut. Le fait de ne pas avoir peur de me blesser et de mourir m’avait probablement fait faire mille et une acrobatie. Peu importe. J’étais seul, j’allais mourir. J’étais seul et j’allais m…



    - Hé ! Est-ce que tout va bien ?


Je sursautai, sortant d'un coup de ma léthargie. Un frisson me parcouru alors que je levai la tête vers cette femme étrangement vêtu. Elle avait de longs cheveux bleus, une couleur très peu commune, je n'en avais jamais vu de tel. Ses yeux brillaient d'une lueur précieuse, une lueur d'or. Elle semblait à la fois confiante, méfiante, inquiète et libre, oui, étrangement libre. Mais ce qui résonnait le plus en moi était d'autant plus stupide. Elle portait une cape. Une cape qui la tenait au chaud, la protégeant de ces viles gouttes froides qui tombaient du ciel. En un sursaut, je me redressai du mieux que je pus et je détachai ma cape qui était attaché dans mon dos, l'enfilant rapidement. Je fermai les yeux quelques instants, me désintéressant du monde qui m'entourait. La cape me réchauffa quelque seconde, puis j'ouvris les yeux, cette fois avec l'esprit beaucoup moins embrouillé. Grimaçant d'avoir eu besoin de l'aide de cette femme, même minime, je fis un geste de la main.



    - On peut dire que oui.


Quelqu’un d’autre l’aurait probablement remercié. Pour ma part, le simple fait d’avoir eu besoin d’aide me faisait grimacer de dégout. J’en avais assez d’être faible. L’eau tombait toujours aussi fort et je rabattis mon capuchon sur ma tête déjà trempé. Je la regardai un instant. Cette femme était spéciale, pas seulement dans son apparence. Elle n’était pas bien plus vieille que moi, et pourtant l’éclat dans ses yeux dorés témoignait d’un vécu riche, mais bien différent du mien. Et que faisait une femme de cette taille sur le toit de cet immeuble à cette heure ?



    - Je suis Notch. Désolé de cette introduction un peu déroutante, je… je n’aime pas la pluie.


Je grimaçai, me sentant complètement idiot. Qu’est-ce qui me prenait, aussi ? Je n’avais pas l’habitude d’engager la conversation avec de purs inconnus et surtout pas d’être sympathique avec ceux-ci. J’avais bien changé depuis… enfin. J’avais changé au point de ne plus me reconnaître. Et ça me faisait un peu peur, en fait.




[Désolé pour le temps de réponse!]
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Dim 13 Oct 2013, 11:51


- On peut dire que oui.

Oui… Mais Syndrell n’était pas dupe. Si son interlocuteur semblait avoir recouvré ses moyens après avoir sorti une cape de voyage dans laquelle il s’était enveloppé, sa voix tremblait toujours. On aurait dit que lui-même tentait de se convaincre de ses propres mots.

- Je suis Notch. Désolé de cette introduction un peu déroutante, je… je n’aime pas la pluie.

Là encore, l’homme n’était pas tout à fait honnête : l’euphémisme était aussi gros qu’un coureur dans un couloir, et tout effet d’ironie était neutralisé par la tension qui subsistait dans le ton faussement badin qu’il avait employé. Ciel n’aimait pas la pluie et pouvait passer une saison entière à pester contre le mauvais temps ; lui, il en avait peur.

Syndrell se redressa lentement, abandonnant sa garde de combat mais pas sa méfiance. Si l’individu tentait quoi que ce soit de déplacé ou dangereux à son égard, elle était prête à réagir avant même qu’il n’ait achevé son geste. Elle était toutefois trop curieuse pour rester sur ses gardes dans de telles conditions.

Poussée par le vent froid du nord, la tempête s’abattait désormais en une pluie drue sur les toits de schiste. D’ici peu, ils allaient se retrouvés trempés jusqu’aux os malgré leurs vêtements. Syndrell comprit que sa balade nocturne touchait à sa fin avant d’avoir vraiment commencé. Mais il y avait d’autres moyens de continuer cette escapade…


- Il n’est pas trop tard pour se réchauffer autour d’une table de La Mésange Gourmande, fit la marchombre en remontant le col de cuir de sa cape. C’est à deux rues d’ici.

L’invitation était sous-entendue et Syndrell n’insista pas davantage : il la suivrait ou ne la suivrait pas. Sans plus attendre, elle s’élança et bondit sur le toit voisin, faisant fi de la pluie et du vent qui s’acharnaient sur la ville.



*



La Mésange Gourmande faisait salle comble. Le mauvais temps avait rassemblé tous les pauvres bougres qui avaient l’habitude de veiller tard et, dans un joyeux concert de rires, de conversations enjouées et de chants disharmonieux, ils égayaient l’auberge ; gagnée par l’euphorie qui régnait, Syndrell sourit et se fraya un chemin jusqu’au comptoir.

- Salut, Roxie !

Occupée à servir une cervoise, l’interpelée, une femme aux cheveux roux et au regard pétillant leva la tête. Son visage s’illumina.

- Tiens ! Une revenante ! s’exclama-t-elle. Mon petit Ciel a encore angoissé comme un dingue pour des clopinettes…

Syndrell grimaça. Elle devait beaucoup à son angoissé de Dessinateur.

- Rezio a fait une fricassée de siffleur, tu veux goûter ?
- Je vais commencer par un verre de « comme d’habitude ».
- Un chocolat chaud avec mousse et cannelle ?
- Mets m’en deux, s’il te plaît.
- C’est parti !


Amusée par la vitalité de la gérante, Syndrell se mit en quête d’une table. Elle en choisit une qui jouxtait l’énorme cheminée de pierre trônant au centre de la salle, et s’assit dos à l’une des colonnes décorée de plantes grimpantes. Une vieille habitude qui lui venait d’une leçon de prudence dispensée par Miss.

Refoulant vaillamment la peine qui l’envahit à cette pensée, la jeune femme se débarrassa de sa cape dégoulinante de pluie et s’installa sous quelques regards curieux. Ils s’étaient posés sur elle dès l’instant où elle avait baissé sa capuche, libérant un flot de cheveux bleus, et Syndrell savait que la plupart des gens qui se trouvaient dans cette pièce n’avaient jamais mis les pieds dans les archipels des Alines.

Roxie posa devant elle deux tasses fumantes et glissa son plateau sous son bras pour appuyer sa hanche contre la table. Le tablier qu’elle portait soulignait la courbe arrondie de son ventre.


- Dis-donc, tu ne devrais pas être en train de te reposer pendant que Rezio se plie à tes moindres désirs ? demanda Syndrell en posant les mains autour de sa tasse afin de les réchauffer.

- J’ai trop peur de le laisser s’occuper de La Mésange tout seul, maladroit comme il est… Alors ma belle, l’autre chocolat, il est pour qui ? Certainement pas Ciel, il doit dormir comme un bébé à l’heure qui est…

Syndrell se contenta de sourire et Roxie leva les yeux au ciel. Elle leva les mains en guise de reddition et regagna son comptoir sous le regard amusé de la marchombre. Les mains réchauffées par la tasse brûlante, elle se laissa aller contre le dossier de sa chaise et contempla un instant le feu qui dansait joyeusement dans la cheminée.

Elle ne leva pas les yeux lorsqu’une ombre se dessina sur la table, mais son sourire s’élargit.


- Bienvenu à La Mésange Gourmande, Notch !

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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Ven 01 Nov 2013, 22:50

La jeune femme ne me répondit pas immédiatement. Elle me détailla, semblant incertaine de l’habitude à adopter avec moi. Moi-même étant quelqu’un d’extrêmement méfiant et nerveux, je ne pouvais que la comprendre de ce comportement et je ne m’en offusquai pas. La jeune femme se redressa, abandonnant ce que je remarquai être une garde subtile, mais efficace. Les gens l’utilisaient rarement, à Al-Far, mais ceux qui utilisaient ce genre de technique de défense était habituellement bien au dessus de mon niveau. Et ce bout de femme aux yeux dorés ne me semblait pas sans défense. C’était une femme qui m’avait mit par terre, la première fois, à un moment de ma vie ou j’étais un jeunot plutôt vantard. Elle m’avait cloué le bec en me mettant au sol en une minute, sans que j’aie eu le temps de comprendre ce qui m’arrivait. Plus jamais le sexe de mon adversaire n’avait alors eu une quelconque importance à mes yeux. Du moins, pour ce genre de chose.

    - Il n’est pas trop tard pour se réchauffer autour d’une table de La Mésange Gourmande. C’est à deux rues d’ici.


Je sursautai au son de sa voix, surprit que le fil de mes pensés soit interrompu. La jeune femme ne me jeta qu’un regard avant de sauter sur le toit voisin. Je la fixai un instant, incertain. En levant les yeux vers le ciel pour l’inspecter, je reçu une grosse goutte froide sur le front, me convainquant immédiatement de la nécessité de me trouver un toit. Le tonnerre qui grondait confirma mon idée et je me rapprochai du bord du bâtiment, gardant tant et bien que mal mon équilibre sur le revêtement mouillé. Je n’étais pas très haut et ne voulant pas tenter le diable en trébuchant dans l’eau en passant par les toits, je sautai sur le sol, accompagnant mon saut d’une roulade qui terminai de me trembler de la tête aux pieds. Ma cape, maintenant bien sale, ne me permettrait pas de me garder au chaud très longtemps et je me mis rapidement en marche vers l’endroit indiqué par la femme un peu plus tôt.

Je n’eu aucune difficulté à trouver l’endroit, qui illuminai la rue sombre d’une chaleureuse lumière. Je poussai rapidement la porte en bois, et senti une vague de chaleur qui me permis enfin de prendre une grande inspiration, dénouant d’un coup mes muscles inconsciemment tendu.  Je regardai autour de moi. L’endroit était chaud et confortable, mais bondé. Le bruit était assourdissant et sans le besoin de chaleur et l’invitation intrigante de la jeune femme aux cheveux bleus, je serais sans doute parti sans hésiter pour me trouver un endroit plus tranquille. Je tournai le regard vers le centre de la salle. Adossé a une cheminé parcouru de plantes grimpantes, elle parlait à ce qui semblait être la gérante de l’endroit et semblait être en grande conversation avec la femme, qu’elle semblait connaître. Le chemin jusque là me semblait pénible. Les hommes qui avaient un peu trop bu semblaient s’en donner à cœur joie et le simple fait que l’un d’eu pourrait me toucher alors que l’eau froide continuait, malgré la chaleur, à rouler dans mon dos me fit grimacer.

Partout où je regardais, je me sentais pris au piège et je failli durant un instant tourner les talons pour ne plus revenir dans cet endroit. Cependant, je me concentrai et évitant de regarder autre chose que ma destination à peine trois mètre plus loin, je me faufilai tant et bien que mal jusqu’à elle. Elle ne bougea pas, mais je distinguai le sourire qui se dessina sur ses lèvres. Elle m’attendait, et ses paroles confirmèrent cette impression. Tirant la chaise qui lui faisait face, je me débarrassai de la cape dégoulinante, l’accrochant derrière moi. Je n’étais pas certain de vouloir la récupérer en la voyant dans cet était, de toute façon. Je pris place devant elle et elle poussa  une boisson chaude devant moi, m’invitant par ce geste à la prendre. Je la remercia avec un sourire et je bue une gorgé, sentant avec bonheur la boisson chaude descendre dans mon estomac, me revigorant.

    - Merci encore! Comment est-ce que je dois t’appeler?


Levant les yeux de ma tasse, je lui souris. D’ici, légèrement à l’écart de la foule, j’étouffais moins. Au contraire, la chaleur me revigorait et je laissai la douce flamme du foyer me réchauffer. Mes muscles se déliait un à un et je remerciai intérieurement le confort de l’endroit après le voyage que je venais d’accomplir. M’adossant lourdement, un soupir de bien-être filtra entre mes lèvres entrouvertes.






[Désolé, c’est court! Je ne voulais pas te faire attendre plus longtemps.]
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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Mer 13 Nov 2013, 13:51

Il était là.
Transi, dégoulinant de pluie, il lui faisait penser à un chiot abandonné. Elle nota son soulagement lorsqu’il se laissa tomber sur sa chaise et se rappela la façon dont il avait eu l’air mal en point, sur le toit. De plus en plus intriguée, Syndrell poussa la tasse de chocolat fumant vers lui et le regarda se débarrasser de sa cape en frissonnant. Il sourit à son tour.


- Merci encore ! Comment est-ce que je dois t’appeler ?

Elle le dévisagea un instant. Le feu qui crépitait dans la cheminée éclairait son visage et accentuait les ombres de ses traits, prêtant des reflets roux dans ses cheveux bruns et allumant deux petites lanternes dans le fond de ses yeux bleus. Il n’avait pas l’air méchant, sans quoi elle ne serait pas en train de partager un chocolat en sa compagnie, mais quelque chose de mystérieux, d’impénétrable se dégageait de cet homme. Elle décida qu’elle pouvait lui offrir son identité sans crainte.

- Syndrell, répondit-elle en plantant ses yeux dorés dans les siens. Et toi ?

A ce moment-là, un éclat de voix fit voler en éclats le doux murmure des conversations. Trois tables plus loin, deux hommes visiblement en désaccord s’étaient levés et leur colère enflait, chaque parole rendant la dispute plus violente ; ils n’étaient pas loin d’en venir aux mains et Roxie s’interposa.

Syndrell l’observa du coin de l’œil. Elle savait la matrone largement capable de régler ce genre de conflit et s’apprêtait à reporter son attention sur son compagnon de table lorsque, soudain, un fracas retentit : l’un des deux hommes venait de renverser le plateau que Roxie tenait entre ses mains et s’en prenait désormais à elle. Lorsqu’il lui saisit violemment le poignet, la tenancière le frappa d’un solide coup de poing au menton. L’incident aurait très bien pu s’achever sur cette magnifique parade, mais c’était sans compter l’opiniâtreté du trouble-fête et de son compagnon, un grand bonhomme à la musculature de géant qui fit craquer ses doigts et jaugea Roxie d’un air menaçant.


- Tu aurais mieux fait de ne pas te mêler de mes affaires, femme, grogna le petit homme belliqueux en se frottant la mâchoire.
- Et toi, tu ferais bien d’apprendre à respecter une future maman !

Les regards convergèrent vers la jeune fille aux cheveux bleus qui venait de se glisser entre Roxie et le géant. Celui-ci considéra ce petit bout de femme avec surprise et échangea un regard avec son acolyte. Il avait visiblement plus de muscles que de cervelle mais, s’il obéissait généralement sans broncher aux ordres de son compagnon, il avait cette fois de sérieux doutes quant à la nécessité d’user de sa force pour régler la situation.

- Je n’aime pas les donneuses de leçons dans son genre. Montre-lui qui commande, Grub !

L’ordre était clair, net et sans appel ; Grub serra un poing gros comme un melon et frappa. Syndrell attendit le tout dernier instant avant de passer à l’action. Celle-ci dura moins d’une seconde. Elle s’effaça souplement sur le côté pour éviter l’attaque et, dans le même temps, se coula le long du bras du géant.

Son coude frappa au niveau des côtes flottantes et sa main remonta pour cueillir le nez par le bas. La tête de Grub partit en arrière et le sang gicla de ses narines. Il vacilla jusqu’à ce que, du bout de son doigt, Syndrell exerce une infime pression sur sa poitrine. Le géant s’effondra comme une masse aux pieds du petit homme colérique, dont la fureur disparut instantanément au profit de la franche stupéfaction.


- Je n’aime pas les odieux petits prétentieux dans ton genre, lança la marchombre à son attention. Paye vos consommations, rembourse celle que tu as renversée et disparaissez !

Pour une fois, le gringalet obéit à un ordre sans se poser de questions. Il peina à traîner son compagnon hors de l’établissement mais personne ne prit la peine de lui donner un coup de main. Les conversations reprirent, plus animée et accompagnées de regards curieux en direction de Syndrell ; la jeune femme était retournée s’asseoir comme si de rien n’était. L’incident n’avait pas duré plus de trois minutes.

- Excuse-moi, dit-elle en levant un regard désolé vers son interlocuteur, je ne voulais pas t’interrompre…

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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Jeu 14 Nov 2013, 01:01


    - Syndrell, et toi ?


Syndrell, donc. Elle semblait plus à l’aise et plus confiante que quelques minutes auparavant. Soudain, le ton monta d’un cran derrière nous. Deux hommes semblaient près à en venir aux mains, mais la tenancière s’interposa rapidement. Celle-ci semblait avoir un caractère assez fort et ne semblait pas du tout impressionnée par l’attitude des deux hommes. Elle me faisait penser à Neora, une tenancière que je connaissais bien, à Al-Poll. Corpulente et bien bâti, elle avait la langue bien pendu et n’avait pas peur des mots. Bien qu’elle avait une dizaine d’année de plus que moi, je m’étais toujours très bien entendu avec elle, son côté crue s’accordant parfaitement avec le mien. Elle ne m’avait jamais jugé malgré mes agissements parfois assez étranges et ne me posait jamais de questions personnelles. Comme moi, elle n’aimait pas que les gens se mêlent de sa vie et en accord avec cela, elle respectait ses propres règles.

Mon esprit, de retour à la Mésange Gourmande, se concentra de nouveau sur l’affrontement. J’éclatai d’un rire franc en voyant le coup de poing impressionnant que la tenancière venait de lancer sur l’homme. Elle n’était visiblement pas de très bonne humeur, mais elle semblait maitriser la situation, du moins jusqu’à ce que l’homme renverse son plateau. Je réfléchis à toute vitesse. Je ne souhaitais pas particulièrement m’interposer, mais je ne supportais pas de voir une femme comme cette tenancière, si semblable, du moins de caractère, à ma vieille amie, se faire maltraiter comme ça dans son propre établissement. Cependant, avant même que je n’ai eu le temps de me décider, Syndrell s’était déjà interposé entre les deux, libérant la femme de l’emprise de son bourreau.

Le calme et la confiance de ce bout de femme aux yeux dorée était éclatante et elle n’hésita pas à provoquer ouvertement l’homme. Rien à voir avec la méfiance dont elle avait fait preuve avec moi à peine quelques minutes plus tôt. Prudent tout de même et surtout, estimant avoir une dette envers cette fille, je sortis un couteau de lancé, sachant pertinemment que j’atteindrai ma cible si c’était nécessaire. Ce n’était pas de la prétention, mais je connaissais mes propres capacités et j’avais confiance en elles. Cependant, je n’eu le temps de rien faire que c’était déjà terminé. Jamais au cours de ma vie, j’avais vu quelqu’un capable d’agir aussi rapidement et, la Dame et son Héro m’en soit témoin, j’en avait vu, des choses supposément impossibles, dans ma vie. Écartant les yeux, je tentais de comprendre ce qui c’était passé.

Comme au ralenti, l’homme, assez imposant, avait réagit à l’ordre de son compagnon et son énorme poing c’était dirigé sans vergogne vers madame-cheveux-bleus. Elle se coula sur le côté comme si ce n’était rien, comme si éviter ce poing impressionnant avait été aussi facile que d’éviter une tortue se dirigeant vers elle. Ses coups furent, eux aussi, d’une rapidité hallucinante. Impossible de comprendre ce qui se passa entre ce moment et celui ou l’homme gisait par terre, vivant mais bien abimé. Syndrell n’eut aucune difficulté à obtenir le remboursement demandé.  Le compagnon du premier balourd  trainai ensuite son compagnon jusqu’à la porte sous les regards des autres clients, dont l’attention s’attardait ensuite un peu trop à mon gout sur nous. Je n’aimais pas particulièrement cette attention, mais par respect pour ce petit bout de femme revenue devant moi, je rangeai mon arme sur ma cuisse et je m’assis sur ma chaise, revenant de mon étonnement

Comme s’il ne c’était rien passé, Syndrell me lança un regard des plus désolé et je ne parvins pas à lui répondre, scandalisé. Comment cette femme pouvait-elle rester aussi indifférente à ce qui venait de se passer? Bon, ce n’était rien d’extraordinaire, j’avais vu ce genre de scène souvent, bien que jamais  aussi impressionnante, dans les tavernes d’Al-Far, mais jamais les vainqueurs de ce genre d’affrontement n’avait paru aussi calme et désintéressé d’une victoire, surtout lorsqu’elle était aussi écrasante que celle de cette nuit. Me secouant, je repris mon aplomb. Mes yeux scrutèrent les siens, incertain, puis je choisi de lui répondre, laissant tomber mes interrogations. Je lui souris, soudain aussi désintéressé qu’elle du monde autour.



    - Notch, comme je l’ai dis un peu plus tôt, fis-je en lui faisant un clin d’œil. Ne t’excuse pas, j’ai l’habitude.


Ce n’était pas ce petit départ qui allait offenser quelqu’un comme moi. Buvant une nouvelle gorgée de mon chocolat chaud, je ris doucement, me sentant particulièrement bien et à l’aise. Ça faisait un bail que je ne m’étais pas senti aussi euphorique. Jamais en fait, devrais-je dire, depuis la mort de Cobe. L’effet du stress intense retombant me faisait un bien fou!  Jetant un coup d’œil, je détaillai mon interlocutrice avec un regard différent, celui d’un homme devant une femme, celui d’un homme qui regardait les courbes d’une femme. Je restais moi-même, que je le veuille ou pas! Si je remarquai d’abord ces magnifiques yeux dorés en amande, bordé de cils magnifiques, c’est son regard espiègle qui me fit sourire. Possédant un certain charme, elle portait des vêtements mettant ses courbes délicieuses en valeur. Faisant la moue, je remontai sur ses lèvres roses et son sourire discret. Elle me plaisait bien, celle fille. Autant physiquement que psychologiquement, ce qui était plutôt rare, dans mon cas. Elle avait ce charme sauvage qui m’attirait si souvent, mais je ne comptais malheureusement pas l’inviter dans mon lit ce soir.

La Mésange était beaucoup plus calme, les gens commençaient lentement à partir, bien que l’amie de Syndrell ne chassait personne de son établissement. Dehors, la pluie c’était calmée après l’orage de tout à l’heure, la fenêtre laissant désormais passer les rayons du discret croissant de lune présent dans le ciel sombre. Mes préoccupations me revinrent alors. Où allais-je dormir? En même temps, après avoir vécu dans la rue à Al-Poll, passer la nuit dans cette ville ne me semblait pas un si gros défi, bien que je ne connaissais pas du tout l’endroit. J’allais me débrouiller, je l’avais toujours fait. Relevant la tête, je comptai rapidement l’argent restant dans ma bourse. Pas assez pour nous payer un verre, malheureusement. Je laissai donc tomber l’idée.


    - Tu as l’air de bien connaître l’endroit, tu viens d’Al-Chen?


Peut-être pourrait-elle m’indiquer un endroit ou dormir sans même s’en apercevoir, en me parlant de l’endroit…
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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Mer 20 Nov 2013, 17:52


- Notch, comme je l’ai dit un peu plus tôt, répondit le garçon. Ne t’excuse pas, j’ai l’habitude.

D’abord, Syndrell s’empourpra ; elle avait complètement oublié que Notch lui avait déjà offert son identité quand ils étaient encore sur le toit. Ce détail monstrueux lui avait échappé, sans doute parce qu’autre chose lui avait sauté aux yeux : l’attitude pour le moins étrange du jeune homme l’avait troublée…

Puis la marchombre se demanda de quoi Notch pouvait bien avoir l’habitude. Parlait-il de l’emportement des clients ou faisait-il allusion à la façon dont elle avait réglé cet incident ? Dans le doute, Syndrell garda le silence. Elle avait suffisamment attiré l’attention sur elle pour ne pas aggraver son cas !

Elle trempa ses lèvres dans son chocolat et ferma les yeux, appréciant la vague de chaleur qui accompagna la boisson dans son ventre. Elle finit toutefois par sentir un regard peser sur elle ; en soulevant les paupières, elle découvrit que Notch l’observait attentivement. Il devait se poser pas mal de questions à son sujet, questions qu’elle n’eut aucun mal à anticiper. Pourtant, lorsque la voix grave et douce du jeune homme s’éleva, une lueur de surprise traversa le regard doré de Syndrell.


- Tu as l’air de bien connaître l’endroit, tu viens d’Al-Chen ?

Voilà qui était plutôt inattendu. Syndrell, à son tour, dévisagea pensivement son interlocuteur. Il lui semblait qu’il était plus jeune qu’elle, mais la gravité qu’elle lisait dans ses yeux laissait planer un doute à ce sujet. Quelle épreuve avait-il pu traverser qui laisse dans ses yeux céruléens une ombre aussi sérieuse ?

- Pas tout à fait, commença la marchombre en songeant fugacement à l’Ile des Femmes.

Elle observa un bref instant de silence, jusqu’à ce que son hésitation disparaisse pour de bon. Elle n’avait rien à craindre de l’homme qui était assis en face d’elle. C’était une certitude aussi limpide que celle de voir le soleil se lever à l’est. Un sourire dansa sur ses lèvres.


- Mais je connais la ville comme ma poche, ajouta-t-elle joyeusement. Nous sommes dans un quartier calme la journée mais agité la nuit, ce qui explique la clientèle particulière de la Mésange et l’incident de tout à l’heure. J’ai souvent dit à Roxie qu’elle ferait bien de vendre l’établissement pour en acheter une sur la place, là  où il fait bon vivre, mais c’est sans compter son fichu caractère !

Comme si elle avait entendu ces paroles, la matrone lui adressa un signe depuis son comptoir. Le soulagement pouvait se lire sur ses traits. Roxie avait beau être une dure à cuire, elle avait eu peur lorsque le malotru l’avait brutalisée. Non pas pour elle, mais pour l’enfant qu’elle attendait. Syndrell lui lança un clin d’œil complice. Elle aussi était soulagée. Cela ne se voyait pas mais son cœur reprenait tout juste un rythme serein.

- Tu viens de loin ? demanda-t-elle à Notch tout en pressant ses mains contre sa tasse brûlante.

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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Jeu 21 Nov 2013, 05:32

Syndrell sembla avoir un moment d’hésitation devant ma question, visiblement surprise du brusque changement de sujet. Je pris une gorgé de la boisson chaude que je tenais à nouveau dans mes mains, lui souriant doucement. Elle sembla reprendre son aplomb lorsqu’elle me répondit finalement. Après une seconde d’hésitation, elle poursuivit. Elle ne venait pas d’Al-Chen, mais sans doute y avait-elle vécu pour connaître la ville comme elle la connaissait, c’est-à-dire qu’elle en connaissait les quartiers. Je réfléchis un instant. La place. Bien que le nom ne me disait absolument rien, je me rappelai avoir croisé une place marchande en arrivant dans la ville, un endroit chaleureux et heureux malgré le temps pluvieux et la noirceur qui s’abattait sur la ville à ce moment.

Je serai probablement capable de m’y trouver un coin tranquille pour y finir la nuit. À moins que je ne dorme tout simplement pas. De toute façon, avec ce que j’avais vécu ce soir et mon périple des derniers jours, je risquais très fortement de passer une nuit blanche, laissant l’insomnie avoir une fois de plus raison de moi. Lorsque notre passé nous hantes avec autant d’insistance que le mien, lorsque celui-ci nous rattrape à chaque seconde, lorsque des images saisissantes apparaissent dès que l’on ferme l’œil, il n’est pas facile de s’endormir, ni même d’avoir un sommeil paisible lorsque le sommeil nous oblige contre notre gré à fermer l’œil.

Ce fut à mon tour d’être prit au dépourvu face à la question de Syndrell. Pendant un instant, mon regard se perdit, devenant vague alors que mon esprit sorti de la Mésange, voyageant vers le nord, vers Al-Poll. Une auberge si semblable, mais une soirée bien différente. Avec mon père. Celui-ci, à peine plus petit que moi, mais beaucoup plus costaux, avec des mains aussi grande que mon visage, avait fait éclater le nez d’un autre client. Sans aucune gêne, ni peur, d’ailleurs. Mon père était un vrai gaillard. C’était si stupide! Si stupide de se sentir fier de ça, de sa résistance, de son endurance dont j’avais hérité, si stupide de ce sentir fier de ce genre l’homme puéril et mesquin, vil et sournois, si stupide… Pourquoi cet homme me manquait-il encore?

Il c’était fait arrêté, ce jour là. Les gardes étaient venus le chercher, et ils avaient eu bien de la difficulté à s’en emparer. Si cela avait été un incident isolé, les gardes n’auraient probablement rien fait. Mais mon père était connu des forces armés de la ville, ce n’était ni sa première bataille, ni la première fois qu’il contrevenait à la loi de la ville. Je me secouai, voulant cesser de penser à tout ça. Mon esprit se reconnecta à la réalité et je regardais Syndrell, qui me fixait avec un intérêt non feint. Malgré mes souvenirs vifs d’Al-Poll, je ne venais pas véritablement de cette grande ville du Nord et c’est avec cette idée que je répondis à la guerrière aux cheveux d’azur.


    - Quand même, oui, souris-je. Je viens d’Al-Far, j’y aie vécu presque toute ma vie. Avec deux petits frères et deux petites sœurs à la maison et ma mère seule et enragée pour s’en occuper, j’avais besoin de changer d’air!


J’éclatai d’un rire clair et joyeux. Je n’aimais pas particulièrement ma famille et surtout pas ma mère. Celle-ci m’avait toujours traité avec un certain mépris, trouvant que je ressemblais trop à mon père, autant physiquement que psychologiquement. Ce n’était pas faux, mais ce n’était pas de ma faute! Pas de ma faute si ma voix avait ses intonations, pas de ma faute si mon visage possédait ses traits, pas de ma faute si, comme lui, je n’aimais pas respecter les règles et si, comme lui, ma colère me faisait parfois perdre la tête. Je secouai la tête. Ma mère était folle et j’étais bien content d’être à Al-Chen plutôt qu’avec deux petits monstres refusant d’aller au lit malgré une heure aussi tardive.


    - Est-ce trop indiscret de te demander d’où tu viens? Avec cette couleur de cheveux bien différente de la normale et un style de combat comme le tien, tu dois venir d’un endroit bien spécial !


Je lui souris, lui laissant par ce geste savoir qu’elle n’était pas obligé de répondre à ma question si elle ne s’y sentait pas à l’aise. J’étais loin d’être l’homme avec le plus d’éducation et probablement que l’endroit dont elle venait me serait inconnu, mais cette rencontre prenait une tournure agréable et j’avais bien envie d’apprendre à mieux connaître cette intrigante jeune femme. Je n’avais pas l’habitude de faire connaissance aussi simplement, mais ce n’était pas désagréable pour autant!


Dernière édition par Notch Sydix le Jeu 21 Nov 2013, 15:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Jeu 21 Nov 2013, 10:57

- Al-Far ! En effet, tu es loin de chez toi... De ce que je connais de cette ville, je peux te dire qu'Al-Chen est tout de même plus tranquille. Réduits les coupe-gorges par trois et les tranche-bourses par deux, et tu auras une petite idée de l'ambiance générale qui règne ici ! Beaucoup de nobles résident dans les grands quartiers. Il y a pas mal de Dessinateurs également...

(Rire amusé)

Ton indiscrétion rattrape la mienne, rassure-toi ! Malheureusement, je suis bien incapable de te répondre, pour la simple et bonne raison que j'ignore à peu près tout de mes origines. Dernièrement, quelques bribes de ce passé qui m'est inconnu se sont dévoilées, mais il s'agit surtout de suppositions... Il se pourrait bien que je vienne du sud de l'Empire, par-delà l'Océan. Il existe dans les Archipels Alines une île où les habitants ont des chevelures colorées...

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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Jeu 21 Nov 2013, 15:24

    - Al-Far est sans doute la ville la plus dangereuse de l'empire, la plus pauvre, aussi. Heureusement qu'Al-Chen est plus tranquille!

    Archipel des Alines? Ça me dit quelque chose... Ça ne serait pas là que les pirates vivent?
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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Jeu 21 Nov 2013, 22:37

- C'est ce que qu'on dit, mais je ne les ai encore jamais rencontrés !

(Bref silence, puis...)

Dis, Notch, pourquoi est-ce que tu n'aimes pas la pluie ?

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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Ven 22 Nov 2013, 01:42

Un petit rire nerveux accompagna la question de Syndrell. Je n’aimais pas particulièrement en parler.


    - C'est... compliqué. Et ce n'est pas une belle histoire.


J’hésitai un moment, incertain de vouloir me confier à cette jeune femme dont je ne connaissais rien. Ce n’était pas de la méfiance, plutôt une question de… je n’aimais pas parler de ma vie a des inconnus, voilà tout. Mais en même temps, j’estimai qu’elle avait le droit de savoir. Regardant autour de moi, je baissai le ton de ma voix, me penchant vers mon interlocutrice. Je ne tenais pas à ce que toute la salle m’entende.


    - En fait, ce n'est pas tant la pluie, le problème. C'est l'eau froide, peu importe sa forme. Habituellement, je parviens à me contrôler, c'est rare que je perds le contrôle comme c'est arrivé tout à l'heure. Je suppose que le fait d'être en terrain inconnu et avec la fatigue du voyage, j'ai paniqué. En fait, j'avoue que je ne sais plus trop comment c'est arrivé!

    Pourquoi… Un traumatisme d’enfant, en fait. J'avais huit ans, je crois. Ma mère avait un compagnon, le père de ma plus jeune sœur, la troisième de la famille. Il était plutôt violent. Heureusement, il laissait les petites tranquilles, mais moi et ma mère n'y échappions pas. Du coup, je ne l'aimais pas du tout, et il me le rendait bien. Je faisais tout pour lui pourrir la vie.


Je ris doucement de l’ironie de cette affirmation. J’avais été la pire peste qu’un parent pouvait souhaiter, avec lui. Je n’avais jamais autant détesté un homme.


    - J'étais loin d'être un enfant facile, il faut bien le dire. Je n'ai jamais aimé respecter les règles. Un jour, il nous a amené, moi et toute la petite famille sur un lac a moitié gelé, en hiver. Faire de la pêche sur glace.


Je soupirai. J’aurais aimé qu’elle soit capable de lire la suite simplement en regardant mes yeux. Je n’aimais pas en parler. Malheureusement, ce genre de chose horrible ne se devinait pas aisément.


    - Le père de ma sœur m’a appelé près d’un endroit du lac dégelé pour me montrer les poissons qui nageait. Il m’a… Il a essayé de me noyer. Il m’a poussé dans l’eau glacé. Il mettait son pied sur ma tête et si ma mère ne m’avait pas entendu crier avant qu’il n’enfonce ma tête dans l’eau, je ne serais probablement pas ici, devant toi.


Je fermai les yeux. Je ne voulais pas voir la réaction de Syndrell face à cette histoire écœurante, dégoutante. Si ses yeux brillaient d’une grande maturité et d’un passé riche, son regard ne témoignait d’aucune souffrance, d’aucun traumatisme, ou du moins, elle ne l’avait pas ressenti aussi négativement que moi.


    - Désolé, je n’aime pas trop en parler…
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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Mer 04 Déc 2013, 10:02


- C’est… compliqué, dit Notch. Et ce n’est pas une belle histoire.

Il avait raison.
Lorsqu’il commença son récit, Syndrell l’écouta parler, d’abord incrédule puis effarée, mais quand elle réalisa enfin de quoi il était question, il était trop tard pour arrêter Notch ; le garçon s’était lancé dans l’aveu le plus difficile qui soit. Les dents serrées, elle se força donc au silence, et pas une seule fois elle n’interrompit cet épouvantable souvenir.

Il était encore vivace dans l’esprit de Notch. Son expression en témoignait et, en le voyant grimacer de dégoût, Syndrell repensa à sa mine défaite lorsqu’elle l’avait surprit sur le toit. Un bref élan de colère la submergea ; en silence, elle maudit cet homme qui avait si aisément brisé la confiance de son fils, le laissant traumatisé à tel point que quelques gouttes de pluie suffisent à le plonger dans une terrible angoisse.

Assis à une table voisine, un jeune homme éclata de rire. Syndrell le regarda lutter pour reprendre son souffle, son sérieux sans cesse repoussé par les pitreries de ses amis. Son manteau négligemment posé sur le dossier de sa chaise ruisselait encore de pluie. La mine sombre, Syndrell songea que dans une autre vie, Notch aurait très bien lui ressembler : joyeux, bon vivant, et bien loin d’être rattrapé par de sinistres images, tout droit surgies du passé.
Dans une autre vie…


- Désolé, je n’aime pas trop en parler.

Reportant son attention sur Notch, Syndrell découvrit qu’il avait fermé les yeux. Derrière ses paupières crispées se cachait une souffrance inlassablement refoulée, et qu’elle avait sans le savoir rétabli à l’ordre du jour. Pestant intérieurement contre sa terrible curiosité, elle posa sa main sur celle du garçon.

- Notch, l’appela-t-elle doucement.

Elle attendit qu’il ait rouvert les yeux et planté son regard dans le sien pour poursuivre.


- J’aimerai te montrer quelque chose. Mais nous allons devoir aller dehors.

Comme pour souligner l’importance de cette réalité, un client ouvrit la porte et un coup de vent chargé de pluie s’engouffra dans la salle. Syndrell raffermit ses doigts sur ceux de son compagnon de table.

- Fais-moi confiance, murmura-t-elle.

Repoussant sa tasse, elle se leva et enfila prestement la cape de Ciel. D’un signe, elle fit comprendre à Roxie qu’elle repasserait la voir plus tard, puis rabattit son capuchon sur sa tête et poussa la porte. Une bourrasque l’enveloppa immédiatement, mais elle constata avec soulagement que la pluie tombait moins fort qu’auparavant. Prise d’une impulsion soudaine, elle glissa son bras sous celui de Notch et l’entraîna à sa suite dans les ruelles glissantes.

Tout en marchant, Syndrell songeait, non sans une pointe de honte, à sa propre situation ; convaincue que son sort était le plus triste qui soit, elle avait passé des jours et des jours enfermée, préférant se morfondre plutôt que de relever la tête et se remettre en selle. Sans l’incroyable énergie de Ciel, elle serait encore sous les draps, pleurant la mort de Miss, le départ d’Erwan et l’absence de Dolce. Elle avait oublié à quel point elle avait de la chance…

Certes, son enfance à elle n’avait pas été des plus heureuses. Difficile pour un enfant de comprendre qu’on la rejette à cause de son étrange apparence ! Sans parents, sans famille, Syndrell aurait toutefois pu très mal tomber, or elle avait découvert et appris la liberté avant même d’entendre parler de la Voie des marchombres !

Décidant qu’il était grand temps de cesser de s’apitoyer sur elle-même, Syndrell accéléra sensiblement l’allure. Ils avaient dépassé la rue des commerces et la place n’était plus très loin. Elle jeta un coup d’œil à Notch, sourit en le sentant s’accrocher vaille que vaille pour affronter cet élément qu’il n’aimait pas.

C’est alors que le Dôme apparut devant eux. Impressionnant le jour, il était majestueux la nuit, tout en courbes et en rondeurs, parfait mélange entre le talent des bâtisseurs et le prodige des Dessinateurs. L’édifice avait la particularité de lier simplicité et exagération, paradoxe qui se fondait principalement sur ses lignes épurées et l’éclat qui émanait du moindre centimètre carré de mur, de toit, de porte ou encore de fenêtre.

Ciel avait beaucoup de chance de travailler dans un endroit pareil. S’arrachant à sa contemplation, Syndrell pressa doucement les doigts de Notch, lui intimant silencieusement de la suivre. Parce qu’ils s’étaient rencontrés en haut d’un toit, elle le savait grimpeur ; dédaignant les escaliers dont l’accès trop simple aurait gâché leur ascension, elle s’attaqua à l’escalade d’une paroi qui donnait sur une contre-allée. Le Dôme était fermé, même si elle savait, à force de côtoyer Ciel, qu’un certain nombre de Dessinateurs rôdaient encore dans les couloirs de l’école. Se faire surprendre en train d’escalader ses hauts murs n’était pas la meilleure façon de profiter de cette belle nuit !

Tout en grimpant, Syndrell jeta un coup d’œil à Notch. L’émerveillement se lisait encore sur son visage et elle songea qu’ainsi, il avait l’air presque détendu. Avait-il conscience que la pluie tombait toujours ? Elle s’intensifiait légèrement lorsqu’ils atteignirent une large plate-forme, pratiquement au sommet du Dôme dont la forme arrondie irradiait d’une douce et chaude lumière violine. Ils étaient très haut et surplombaient désormais la ville entière. Rien à voir avec les toits des maisons qu’ils apercevaient en contrebas ; Al-Chen s’étendait sous leurs yeux et donnait l’impression que le monde était à leurs pieds !


- Cet endroit est déjà incroyable en plein jour, fit Syndrell en se penchant au-dessus du vide pour apercevoir les minuscules fourmis qui déambulaient dans les rues, mais la nuit, c’est autre chose. En particulier quand il pleut.

Si le mystère qui pointait dans le ton de sa voix n’avait pas alerté Notch, son sourire l’avait sans doute fait. Radieuse, Syndrell leva la tête au moment où un éclat mordoré jaillissait du Dôme. Sa lumière se refléta sur les millions de petites gouttes qui tombaient du ciel et soudain, ce fut comme s’il pleuvait des étoiles dorés et scintillantes. L’or devint vermeille, puis émeraude avant de prendre la teinte foncée de l’indigo. Le Dôme était une horloge colorée : à minuit, elle diffusait toute une palette de nuances lumineuses et, s’il pleuvait, la pluie se chargeait de toute cette magie, formant un rideau arc-en-ciel au-dessus de l’école.

La première fois que Ciel l’avait emmenée ici, Syndrell avait pleuré d’émotion. Debout à côté de Notch, elle tourna la tête vers le garçon.


- Est-ce que ce n’est pas joli ? murmura-t-elle tandis que sous leurs yeux ébahit, la pluie devenait rose.



[Toutes mes excuses pour cette attente ! Je n'avais pas envie de répondre à la va-vite et de bâcler tout ça... Si quelque chose te dérange, sonne-moi Wink]

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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Mar 21 Jan 2014, 22:52

Je sentis la main de Syndrell se poser sur la mienne alors que le visage de l'homme dansait sous mes paupières closes. Sursautant et me crispant du même coup, j'ouvris les yeux. Le regard doré de la jeune femme qui me faisait face me calma aussitôt alors qu'elle m'appelait aimablement. Mon attention se fixa sur elle alors qu'elle poursuivait. Je mis un moment à capter ce qu'elle disait, encore un peu confus. Elle voulait me monter quelque chose, dehors. La pluie tombait à flot à l'extérieur et l'envie de sortir me mouiller encore une fois alors que mes vêtements commençaient à peine à se sécher et à se réchauffer ne me plaisait pas particulièrement. J'eus presque envie de décliner son offre, mais comme si elle percevait mon hésitation, elle serra ma main plus fort et me murmura quelques mots. Soupirant, je hochai la tête, déterminée à suivre cette femme décidément bien spéciale.

Syndrell se releva donc, enfilant sa cape. La mienne, pleine de boue et encore bien trempée, resta à sa place. Je n'aimais pas l'eau, encore moins l'eau froide, mais je savais que si j'étais accompagné et préparé, je saurais contrôler ma peur. Je me contentai donc de mon habillement actuel, qui me conviendrait très bien. Une fois dehors, dans un geste tout naturel, la jeune femme glissa son bras sous le mien et m'entraina dans les ruelles sombres de la ville. Je la suivis sans trop me poser de questions. La pluie froide tombait sur moi, mais malgré les frissons sur ma peau, j'allais bien. Le bras chaud de Syndrell me gardait connecté à la réalité et l'idée d'un objectif précis me rassurait également.

Soudain, quelque chose d'étrange et de magique apparut devant nous. Quelque chose d'étonnamment beau. Jamais je n'avais vu quelque chose de tel dans ma vie. Nous étions devant un dôme immense. À la fois si simple et si sublime, il semblait impossible que de simples humains aient pu construire quelque chose comme ça. Je n'étais pas du genre à m'extasier devant un paysage ou une belle infrastructure. Mais ça, c'était différent. Syndrell pressa mes doigts avant de les lâcher, puis elle se mit à grimper. Ça aussi, c'était tout un phénomène. Non seulement cette femme savait se battre comme une véritable guerrière, mais elle pouvait également grimper aussi facilement qu'elle marchait! C'était tout simplement incroyable.

Je m'attaquai donc à mon tour à la paroi du bâtiment, la suivant. Bien entendu, mes talents de grimpeur n'égalant pas du tout les siens, elle dut m'attendre pour pouvoir me guider, mais cette ascension me fit rapidement oublier la pluie alors que la sueur perlait sur mon front. Cette structure surpassait de beaucoup les bâtiments simples d'Al-Far en terme de complexité pour grimper, mais je gardais tout de même le rythme, au départ par orgueil, ensuite par défi envers moi-même. Je voulais et je devais réussir. En plein jour, sous un soleil éclatant, j'aurais probablement trouvé cette ascension beaucoup plus facile, mais sous la pluie, sans rien pour m'éclairer d'autre que le bâtiment lui-même, c'était une autre paire de manches.

Nous arrivâmes alors à une plate-forme. Syndrell ne semblait pas du tout essoufflée lorsque je parvins à la rejoindre et elle lâchait quelques mots que je ne pris pas la peine n'analyser immédiatement, reprenant mon souffle a quatre pattes sur le toit. Enfin, après une ou deux minutes, je me relevai et suivant les paroles de la jeune prodige, je regardai au loin. Le paysage d'Al-Chen n'avait rien à voir avec celui d'Al-Far. Magnifiques, les maisons s'étalaient à perte de vue, comme de minuscules points, et c'est à peine si les humains déambulant dans les rues étaient visibles. La deuxième remarque titilla mon oreille. L'endroit était encore plus magnifique lorsqu'il pleuvait?

Soudainement, un jet de lumière jaillit de l'endroit où nous étions, colorant le bâtiment de différentes couleurs, le rendant magnifique. Les yeux de Syndrell étaient rivés sur le ciel et quand mon regard suivit le sien, j'eus le souffle coupé. Ce n'était plus de la pluie qui tombait sur nous, mais une nuée d'étoiles changeant de couleur. Ce n'était plus de la pluie qui tombait sur nous, mais plutôt une poudre magique scintillante a chacun de nos mouvements. C'était incroyable. La ville qui s'étendant au loin n'avait plus aucune importance alors que mes yeux s'émerveillaient pour la première fois de ma vie de la pluie qui tombait abondamment. Je comprenais maintenant pourquoi Syndrell m'avait amené ici. Comment peut-on détester la pluie après avoir vu une chose pareille?


    — Est-ce que ce n’est pas joli?


Je ne répondis pas à ce murmure plein d'émotion. Syndrell n'avait pas besoin d'entendre ma voix pour lire l'émerveillement sur mon visage. Ma main prit la sienne dans un remerciement silencieux alors que je me disais que plus jamais la pluie n'aurait la même signification pour moi. Je ne l'aimerais sans doute jamais et sans doute que l'eau froide des rivières ou des lacs me dégouterait toujours, mais la pluie prenait aujourd'hui un nouveau visage, un visage de pureté et de beauté inégalable. Lorsque finalement, la lumière cessa de changer et disparut, je restai quelques minutes, immobile, à graver à jamais cette image dans mon esprit. Serrant la main de la jeune femme à mes côtés dans la mienne, je rencontrai son regard et je souris.


    — Merci…


J'étais quelqu'un qui parlait beaucoup, qui ressentait continuellement le besoin de m'expliquer pour être certain de me faire comprendre. J'étais quelqu'un d'une nature bien nerveuse, qui ne se laissait jamais toucher et qui n'aimait pas montrer ses émotions. En une heure, peut-être moins, peut-être plus, Syndrell avait vu mon côté sensible et nerveux, elle avait percé ma carapace et m'avait aidé à voir la pluie sous un autre angle, changeant le résultat d'un traumatisme presque aussi vieux que moi. Dans le regard doré de la jeune femme, je sentais qu'elle comprenait, et pour la première fois depuis longtemps, je ne sentis aucune gêne devant ma vulnérabilité, et encore moins le besoin de m'expliquer.




[Vraiment désolé pour cette trop longue attente! Le temps m'a manqué alors que je croyais en avoir beaucoup plus ces derniers temps. J'espère maintenant pouvoir reprendre mon ancienne activité Razz]
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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Sam 15 Fév 2014, 23:23

Le sourire de Notch valait tous les « merci » du monde.

Heureuse, Syndrell resta près de lui et ensemble, ils regardèrent les couleurs du Dôme se mêler à la pluie dans une symphonie de nuances et de chatoiements merveilleux. Ils se tinrent longtemps côte à côte, debout sur le toit humide, perdus dans une contemplation silencieuse, avec cette impression saisissante de partager quelque chose de tout à fait unique.

Et puis la pluie finit par cesser. Les arcs-en-ciel scintillants s’évanouirent et les lumières du Dôme se fondirent en un seul éclat d’un blanc immaculé qui baissa en intensité, jusqu’à reprendre sa tournure normale. Pour Syndrell, c’était un peu comme une grosse veilleuse qui surplombait la ville avec bienveillance. Une comparaison qui avait toujours plu à Ciel.


- Voilà, fit la marchombre.

Elle jeta un coup d’œil à son compagnon. Notch était tout mouillé mais il n’avait rien à voir avec le jeune homme transi et paniqué qu’elle avait découvert quelques heures plus tôt. Elle savait qu’il n’aimerait jamais la pluie. Ce fait était désormais une partie intégrante de ce qu’il était et l’effacer reviendrait à le changer indubitablement.

Toutefois, et c’était le plus important, Notch s’était réconcilié avec la pluie ; comment ne pas appeler cela une victoire alors que ses traits détendus et son sourire le clamait plus efficacement encore que des hurlements joyeux ?


- J’avais oublié à quel point c’est beau, poursuivit Syndrell tout en rabattant sa large capuche en arrière. Je viens souvent ici lorsque j’ai le cafard, mais ça faisait un moment que…

Elle n’acheva pas sa phrase, sa gorge était trop nouée par l’émotion. La toute première fois qu’elle était montée ici, c’était après la mort de Nuance, sa fidèle jument. La dernière fois, Owen et elle venaient de se quitter pour de bon. Ce soir, c’était en quelque sorte pour la mort de Miss qu’elle se trouvait là. Et elle était contente que quelqu’un lui ait tenu compagnie.

Au-dessus d’eux, la lune émergea des nuages, mince croissant argenté dont l’éclat semblait bien pâle après le ballet coloré auquel ils venaient d’assister. Se tournant vers Notch, Syndrell sourit.


- Tu connais le chemin, à présent. Qu’il pleuve ou non, il n’y a pas de meilleur endroit dans tout l’empire qui soit aussi paisible. Evite simplement de te faire surprendre par des Dessinateurs : ils sont extraordinairement grognons…

Songeant au grognon qui était probablement en train de se ronger les sangs en l’attendant, Syndrell décida qu’il était temps de rentrer.

Alors qu’elle avait l’habitude de descendre du Dôme en passant par le même chemin qu’à l’aller, elle n’imposa pas à Notch une désescalade nocturne sur une paroi aussi vertigineuse et glissante ; invitant d’un clin d’œil complice le jeune homme à la suivre, elle força une serrure en une poignée de secondes et ils s’introduisirent dans l’école silencieuse. Ils ne firent cependant que longer les couloirs de service, n’approchant pas le cœur de la bâtisse qui, Syndrell le savait de source sûre, était protégée par un Dessin.

Quelques volées de marches plus tard, ils débouchaient dans la rue et reprenaient la route de la Mésange. Le bruit des gouttes tombant des toits et le parfum si particulier laissé par la pluie rendaient la balade presque irréelle, surtout après ce qu’ils venaient de vivre. C’était quelque chose que ni l’un, ni l’autre ne pourrait jamais oublier.


Comme ils arrivaient devant l’auberge, Syndrell s’arrêta et attrapa le bras de Notch.

- Je ne rentre pas, sinon Roxie va vouloir me faire ingurgiter des tas de petits plats alors que je n’ai pas faim du tout. Mais j’ai comme l’impression qu’elle a jeté son dévolu sur toi…

Un éclat amusé traversa le regard doré de la jeune femme.

- Ne la laisse pas t’embêter trop longtemps à mon sujet. Si elle te demande, répond-lui que ce que nous faisons sur un toit quand il pleut ne regarde que nous !

Le rire de Syndrell résonna doucement dans la ruelle déserte, puis elle le regarda un bref instant, tête penchée sur le côté.

- J’étais vraiment loin de m’imaginer que je ferai une si belle rencontre, ce soir. Merci pour ça, Notch.

Et, avant qu’il ait eu le temps d’esquisser le moindre geste, elle planta un baiser sur sa joue encore humide.

- Au fait, Roxie loue parfois des chambres en échange d’un simple service – de la bricole, de la vaisselle ou autre. Faut pas hésiter à lui demander ça, d’accord ?

Sans bruit, la marchombre disparut dans l’ombre de la nuit.



*


Syndrell se hissa prestement le long du mur et se glissa dans la chambre. Elle était en train de refermer la fenêtre lorsqu’un bruit, dans son dos, l’informa que Ciel venait de la rejoindre.

- Ça va ?

Une pointe de culpabilité se ficha dans la poitrine de la jeune femme alors qu’elle percevait toute l’inquiétude de son ami dans ces deux petits mots.  Elle pivota avec sa vivacité coutumière et se jeta dans ses bras, si promptement qu’il se retint au montant du lit pour ne pas tomber en arrière.

- Par la Dame, Syn, mais t’es trempée !
- Je suis désolée,
murmura-t-elle simplement.

Il referma les bras sur elle, la serra contre lui.


- Bon, marmonna-t-il, soulagé de la retrouver en bonne santé et gêné comme il l’était toujours un peu quand elle réagissait de la sorte. J’ai manqué de tact aussi alors je…
- De tact !


Se rejetant en arrière, Syndrell éclata de rire.

- Il n’y a que toi pour dire des choses pareilles ! Tu as veillé sur moi jour et nuit et même quand tu es sorti de tes gonds, tout à l’heure, tu as trouvé le moyen de t’occuper de moi. C’est bien plus que du tact, ça !
- D’accord, si tu veux,
dit-il, et ses oreilles rougirent comiquement.

Syndrell lui ébouriffa les cheveux et l’embrassa sur la joue.


- Retourne te coucher, ordonna-t-elle en le poussant résolument vers la porte. Tu donnes cours demain matin et il y a des réparations à faire dans l’aile ouest du Dôme !
- Comment… comment le sais-tu ?
s’exclama le dessinateur en se retournant sur le seuil.
- Secret marchombre, souffla-t-elle avant de fermer le battant sur un Ciel abasourdi.

Secret tout court, en fait, mais celui-là était au moins aussi précieux que ceux qui la liaient à sa condition de marchombre. On ne fait pas une si jolie rencontre tous les soirs. La vie continue, avec ses hauts et ses bas, et couleurs et ses parts d’ombre ; cette nuit, Syndrell avait découvert un choix. Se laisser abattre, ou bien se jeter à corps perdu dans les innombrables chemins du hasard.

Le sien était fait.



[Voilà, je m'arrête-là ! Merci pour cette sympathique virée sur les toits d'Al-Chen en ta compagnie, Notch, et au plaisir de te croiser à nouveau au détour d'un RP !]

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière [PV Notch]   Lun 17 Fév 2014, 02:21

    - Voila.


Ce mot semblait trop simple alors que je me remettais de l’émotion intense que je venais de vivre, peinant presque à reprendre avec la dure réalité. Syndrell rajouta quelques mots, la gorge noué d’émotion, et je sentis qu’elle ne m’avait pas uniquement emmener ici pour moi. Une douleur vive se lisait dans les iris dorée de la jeune femme, une douleur que je connaissais bien, trop bien. Cette jeune femme, si charmante et joyeuse, avait perdu quelqu’un de cher à son cœur. Je n’étais pas quelqu’un de très délicat et je ne savais pas me servir des mots comme un poète pourrait le faire. Je me contentai donc de serrer sa main alors qu’elle revenait de ses émotions, me souriant. J’étais presque fâcher de ne pas avoir les mots pour la consoler, moi qui connaissait si bien ce sentiment de perte que je lisais dans ses yeux. Mais lorsque son regard se posa à nouveau sur moi, elle souriait. Elle avait toujours mal, mais elle souriait, démontrant par ce geste simple une force intérieure brute.

Une question pointa son nez dans mon esprit alors que la jeune femme forçait une serrure avec une facilité déconcertante. Qui était cette femme étrange? Quel mystère cachait ce petit bout de femme à la force si pure, si vrai? Tout en elle clamait la liberté et la confiance, elle semblait tellement en paix avec elle-même, et cela malgré le deuil profond que j’avais aperçu dans son regard un peu plus tôt. Alors que je la suivais dans les couloirs du dôme, une profonde admiration apparu, fleurissant dans mon esprit. J’aimerais, un jour, ressembler a cette femme. Jamais je ne serais comme elle, j’en étais certain, mais cela importait peu. Elle était quelque chose, elle était quelque chose d’incroyable et beau, et je voulais le devenir aussi. Je décidai que dès le lendemain, je serais en route pour voir si les marchombres étaient fait pour moi.

Syndrell m’amena devant La Mésange, souriante.

    - Je ne rentre pas, sinon Roxie va vouloir me faire ingurgiter des tas de petits plats alors que je n’ai pas faim du tout. Mais j’ai comme l’impression qu’elle a jeté son dévolu sur toi…


J’étouffa un grognement, incertain de vouloir affronter seul cette imposante femme.

    - Ne la laisse pas t’embêter trop longtemps à mon sujet. Si elle te demande, répond-lui que ce que nous faisons sur un toit quand il pleut ne regarde que nous !


J’hochai la tête en souriant, imaginant ce que cette bonne femme pourrait bien penser d’un tel commentaire de ma part.

    - J’étais vraiment loin de m’imaginer que je ferai une si belle rencontre, ce soir. Merci pour ça, Notch.


Elle s’avança, me donnant un bisou qui me fit rougir. Ne sachant pas comment réagir, je gardai le silence, j’écoutai la suite avec une boule dans la gorge.

    - Au fait, Roxie loue parfois des chambres en échange d’un simple service – de la bricole, de la vaisselle ou autre. Faut pas hésiter à lui demander ça, d’accord ?


J’hochai la tête. Syndrell allait disparaitre quand…

    - Syndrell!


Elle s’arrêta un moment et prenant une bonne respiration, je me lançai.

    - Tu ne l’oublieras jamais. Peu importe ou tu seras, ou tu iras, ce que tu feras, tu auras toujours l’impression que cette personne a qui tu penses est avec toi. Et ne regrette rien. Ne regrette surtout pas.


Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, je poussai la porte. J’ignorais si les mots que j’avais dits allaient l’aider. J’ignorais s’ils allaient avoir un quelconque impact sur sa vie ou sur son deuil. Mais j’avais ressenti le besoin de le dire, après ce qu’elle m’avait fait vivre aujourd’hui. L’ombre de Cobe sourit derrière moi, fantôme invisible de mon esprit. Mon ami resterait à jamais en moi, lui plus que tous les autres. Chacune de nos aventures étaient figées dans ma mémoire, inoubliable. Non, je ne l’oublierais jamais.




[Merci pour ce magnifique RP! J'espère aussi avoir de nouveau l'occasion d'RP avec toi Razz]
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D'ombre et de lumière [PV Notch]
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