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Le Pacte VS L'Ordre
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 Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Jeu 21 Nov 2013, 14:45

Joya avançait d’un bon pas.
Autour de la jument, de sa compagne et des cavaliers, le monde semblait s’être arrêté. Comme un paysage de désolation qui s’étendait de part et d’autre, et jusqu’à l’horizon.
L’hiver s’installait sur Gwendalavir, et les premières gelées entraînaient immanquablement cette impression saisissante que la terre entière avait été désertée. L’herbe, rase, avait perdu son éclat brillant et vert, le ciel semblait être voilé d’une nappe de brume perpétuelle, et même le soleil derrière les nuages n’était plus aussi éclatant.

Ou peut-être était-ce une projection d’esprit.
Poussant un long soupir, Erwan déposa un baiser sur le sommet du crâne de sa fille. Installée confortablement devant lui sur la selle qu’il avait faite fabriquer sur-mesure pour lui et sa fille, elle observait le paysage dans un silence absolu.
C’était nouveau, cela, aussi. Le silence. Ylléna avait toujours été d’un dynamisme étonnant, toujours à bavarder gaiment, mais depuis la mort de sa maman son comportement s’était significativement modifié.
Parfois cependant, l’Ylléna qu’Erwan connaissait faisait son apparition, devant une nouvelle chose ou étant confrontée à une question à laquelle elle n’avait pas la réponse. Il l’avait vue sortir de son cocon lors du dernier cours de Crystal. Lui aussi, était parvenu à retrouver un semblant de sérénité. Pourtant, cette chape de tristesse les enlaçait toujours tous les deux, les liant inextricablement.



*


- Papa, on va à la maison ?

Passant un bras autour de la taille de sa fille, Erwan reçut son émotion de plein fouet. Elle avait peur. Peur de sa propre maison. Peur d’y retourner sans sa mère. Piqué au cœur par cette évidence, le Marchombre prit une grande inspiration.


- Oui, ma chérie. J’ai besoin de retourner à la maison pour savoir.
- Mais… Y’aura plus jamais maman à la maison…
- Si, Maman sera toujours à la maison, dans la maison. Elle sera toujours avec nous. Mais plus comme avant.


Ylléna papillonna plusieurs fois des paupières, et Erwan vit dans ses yeux les rouages de son cerveau se mettre en route. Il n’avait jamais abordé complètement le sujet depuis la mort de Miss. Et il pensait pleinement tout ce qu’il venait de dire.
Miss serait toujours avec eux. Toujours.


- Toujours ? Maman est touours avec moi ?
- Oui. Dans ta tête, et…
- Dans mon cœur ! Mais oui, Papa, tu as raison !


Sentant sa fille s’illuminer soudain de l’intérieur, Erwan ne put empêcher un sourire d’éclairer son visage. Serrant Ylléna un peu plus contre lui, il songea que maintenant, il avait envie de savoir ce qu’il s’était passé.
Ce n’était pas une question de vengeance, rien de ramènerait Miss. Elle était avec eux, au quotidien, Ylléna était un bout de cette femme si extraordinaire. Elle était là, et elle n’aurait pas voulu qu’il la venge. Mais il avait besoin de comprendre. Besoin de se rassurer aussi, de se dire qu’elle ne lui en voulait pas tant que cela, que cela avait été instinctif chez elle, pour se protéger, pour lui faire comprendre sa souffrance.
Il se rappelait très bien de cette sensation qu’il avait eue quand ils étaient passés à la Citadelle et que tous les regards masculins s’étaient tournés sur son passage. Il se rappelait aussi de ce pincement quand le Frontalier l’avait défié pour récupérer Miss et Ylléna. Il se rappelait parfaitement de tout cela. Elle n’avait jamais cessé de croire en lui, en leur amour, même quand elle était au plus mal.  

«  J’avais envie de m’amuser, et avec Ylléna c’était plus que compliqué, et surtout pas très sain pour elle d’aller dans une arène… Oh, mais je ne sais pas quoi te dire ! Je… Je n’en peux juste plus ! Je ne vais pas défendre mon point de vue pendant je ne sais combien de temps ! Tu ne crois pas que tu exagères, toi aussi ? »

C’était leur dernière dispute en date, mais elle l’avait profondément marqué. Et il avait compris. Il avait été tolérant, parce qu’il avait senti qu’elle se sentait extrêmement coupable de son geste, qui pourtant n’était pas si grave.
Il avait eu comme première réaction de rejeter cela en bloc, de s’inquiéter, évidemment. Et puis, il avait compris, et ne lui en avait plus voulu. Si elle avait eu le temps, s’il était rentré plus tôt, il savait qu’elle en aurait fait de même.

Alors, pourquoi doutait-il toujours ?

Poussant un soupir, il sentit Joya s’arrêter, et Nyyu aussi.
Levant les yeux, son regard se posa sur la maison qui défiait les océans. Malgré ce qui avait pu se passer là, Erwan s’y sentait en sécurité. C’était leur maison, il l’avait bâtie, rénovée, reconstruite. C’était leur maison.

Mais là, tout de suite, il n’avait pas la force ni le courage de rester dehors.
Mettant pied à terre, il désharnacha Joya et lâcha les juments dans leur parc, avant d’emmener Ylléna à l’intérieur, et de préparer quelque chose de chaud.
Le jeu de la petite était toujours jeté sur le sol, dans la pièce à vivre, et il le ramassa machinalement pour le poser sur la table en bois vieilli.


- Ylléna, tu veux quoi ?

La petite monta sur le banc en bois qui entourait les trois quarts de la table et s’assit en posa ses coudes sur le bois. Posant son menton sur ses mains, elle réfléchit un instant, avant de fermer les yeux.


- Dis Papa, tu crois que si je ferme les yeux je peux l’entendre ?

Un sourire tendre étira les lèvres d’Erwan, qui laissa le feu flamber dans la cheminée. Il vint s’asseoir à côté de sa fille, et posa à son tour sa joue sur son avant-bras pour la regarder au même niveau.


- Tu veux qu’on essaie ensemble ?

La petite hocha la tête vivement et ferma les yeux rapidement. Un sourire sur les lèvres, le Marchombre ferma à son tour les yeux, et tendit ses sens.
Dans la pièce, tout rappelait Miss. Son odeur flottait encore dans l’air, son rire résonnait sur le bois, sa vivacité se sentait dans chaque fibre de la maison. La manière de ranger, d’organiser le tour, de disposer les choses… Miss vivait encore là, sans aucun doute.
Lui aussi voulait y croire.


- Papa ? murmura Ylléna. Je crois que je l’entends marcher…

Fronçant les sourcils, Erwan se concentra… En effet, de très légers pas étaient perceptibles, mais pas sur le parquet de la pièce.
Non, plutôt dehors.

Un long frisson d’appréhension traversa Erwan qui ouvrit lentement les yeux pour les planter dans ceux de sa fille. Sur le même ton, il lui chuchota :


- Tu veux faire quoi ? On reste ici sans faire de bruit, ou on va voir ? Ca vient de dehors.

Il sentit le frisson de peur parcourir sa fille, et entendit sa respiration s’accélérer.

- Je veux être avec toi !

Caressant ses cheveux, Erwan hocha la tête, et se redressa et attrapa Ylléna sous les aisselles alors qu’elle lui tendait les bras.
Prenant une profonde inspiration, il laissa ses lames chuinter hors de sa peau sur son bras droit, celui qui ne tenait pas sa fille.

En ouvrant la porte, il s’attendait à toute éventualité.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Ven 22 Nov 2013, 13:57


Un vent frais balayait l’immense étendue sauvage des Grandes Plaines, chargé d’embruns et chassant la nuit en même temps que les nuages qui s’étaient amoncelés depuis la veille. A l’est, les étoiles pâlissaient tandis qu’une lueur diffuse, premier signe de l’aube naissante, s’épanouissait à l’horizon. D’épaisses nappes de brouillard s’étiraient au pied des vallons et s’enroulaient autour des arbres. Quelques oiseaux s’interpellaient joyeusement, leur trille déchirant le silence sans pour autant lui ôter son charme et sa sérénité.

Enroulée dans la chaleur de sa couverture et de sa cape, Syndrell dormait à poings fermés. Elle s’était couchée en boule au plus près du feu pour bénéficier de sa chaleur et seules quelques mèches bleues émergeaient du cocon qui la protégeait du froid. Il était encore tôt mais Vagabond, qui patientait non loin de là, avait envie de se dégourdir les jambes. Il s’approcha de sa cavalière, le regard mutin, et se pencha sur elle pour souffler énergiquement sur ce qui dépassait des couvertures.

Syndrell grogna et remua vaguement dans son sommeil. Elle pouvait passer une nuit entière à ne dormir que d’un œil, mais parfois, il était presque impossible de la réveiller ! Vagabond n’en était pas à sa première tentative. Constatant que son souffle était impuissant à la tirer du sommeil, il choisit une autre parade : les lèvres baladeuses. Les siennes étaient incroyablement douces ; il les fit courir sur son épaule, puis sur ses cheveux emmêlés, avant de réussir à fourrer sa tête à l’intérieur de la couverture. Lorsqu’il lui chatouilla le cou, Syndrell réagit enfin : elle se retourna d’un bond et se retrouva nez à nez avec la tête de mule qui lui servait de compagnon de route.


- Espèce de sale fripouille ! marmonna-t-elle sans pouvoir s’empêcher de répondre à ses caresses.

Elle posa une main chaude sur son chanfrein et gratta son poil doux avec tendresse tout en étouffant un bâillement. Comme elle se redressait sur un coude, elle constata qu’une fine couche de givre recouvrait l’herbe rase et raidissait la couverture qui l’enveloppait. Chaque jour, l’hiver gagnait du terrain sur l’automne ; les premières neiges devaient déjà avoir blanchi le Nord.

Il fallut à Syndrell bien du courage pour oser quitter la chaleur de sa couverture, mais c’était sans compter l’insistance de Vagabond : l’étalon ne lui laissa pas de répit avant qu’elle soit habillée ! Amusée, Syndrell récompensa son audace en lui cédant la pomme qu’elle se réservait pour le déjeuner.


- Parfois, je me demande si je n’ai pas complètement raté ton éducation… soupira-t-elle en regardant son compagnon croquer le fruit, l’air victorieux.

Dans la faible clarté de l’aube, la marchombre s’étira, le regard tourné vers le sud. Depuis qu’elle avait quitté Al-Chen, l’envie de retrouver Dolce la tenaillait ; prenant sa décision sur un coup de tête, elle avait envoyé un oiseau à l’Envoleur pour lui donner rendez-vous sur la plage qui les avait vu s’embarquer pour l’Ile des Femmes. Sans envisager un tel voyage – tant que le clan du Dauphin courait un risque à cause de sa jumelle, il était impensable qu’elle songe à y retourner – Syndrell espérait que Dolce avait bien reçu son message.


- Allez mon grand, on part en balade !

Saisissant son sac, Syndrell enfourcha Vagabond. Ils étaient déjà loin lorsque les premiers rayons du soleil éclairèrent l’herbe humide, révélant des millions de petites étoiles de givre qui étincelèrent comme autant de diamants bruts.




*



Vers midi, ils découvrirent un corps de ferme niché au pied d’une colline. Le domaine était simple mais joli, avec son moulin qui tournait lentement près d’une maisonnette en pierre et les hauts peupliers qui se balançaient lentement au gré du vent. Désireuse de retrouver Dolce au plus vite, Syndrell fut tentée de contourner la ferme, mais alors qu’elle s’apprêtait à quitter le sentier pour s’engager dans les immenses prés, un homme sortit de la petite maison et se dirigea vers elle.

Il était grand et mince, les traits marqués et la peau burinée par de longues heures de travail passées au soleil. Ses mains, larges et calleuses, étaient celles d’un homme qui aimait la terre  et la sagesse qui brûlait au fond de ses yeux gris, celle d’un homme qui la respectait. Il s’arrêta tout près de la jambe gauche de Syndrell et souleva son large chapeau du pouce pour la saluer.


- Z’êtes perdue, jeune fille ?

Syndrell sourit.

- Si cette route mène aux Grands Océans, alors non, je ne le suis pas !
- Faut plus barouder longtemps avant d’arriver sur la côte,
dit le fermier en hochant la tête, l’est juste derrière ces collines, là-bas .
- Cet endroit est magnifique,
murmura Syndrell en balayant la ferme du regard. Vous vivez seul ?
- Que non ! Y’a ma femme et mes piots à l’intérieur, ils sont juste moins curieux que moi. C’est plutôt rare de croiser des cavaliers dans l’coin.
- Est-ce que vous n’êtes pas un peu trop isolés, ici ?
- P’tèt ben, mais ça nous va. Et puis y’a la maison de la miss, pas très loin, même si ça fait longtemps qu’l’avons pas vue.


Syndrell ne comprit pas immédiatement à qui le fermier faisait référence. Ils se quittèrent dans un sourire et elle se remit en route, suivant la piste qui descendait entre les collines. La ferme n’était plus en vue lorsque Vagabond s’agita. Il paraissait avoir repéré quelque chose que la marchombre ne voyait pas. Fronçant les sourcils, elle se pencha sur l’encolure de son cheval pour l’apaiser et scruta les environs avec attention.

Quelque part, un hennissement retentit, très vite reprit par celui de Vagabond ; l’étalon n’était pas particulièrement inquiet mais Syndrell décida de rester sur ses gardes. D’une légère pression des talons, elle fit avancer son compagnon et ils débouchèrent bientôt au bord des falaises abruptes qui surplombaient les Océans du sud.

Un vent puissant balayait les cheveux de Syndrell, qui se redressa sur sa selle pour apercevoir les eaux salées et sourit à l’idée de bientôt sentir le sable sous ses pieds. Mais Vagabond s’agit de plus belle et la jeune femme tourna la tête pour découvrir une maison, une centaine de mètres plus loin. Abritée du vent par une rangée d’arbres, elle se dressait face à l’océan, à la fois simple et imposante, sobre et jolie, silencieuse et accueillante. Intriguée par tant de paradoxes, Syndrell la contempla un instant, songeant qu’il s’agissait probablement de la fameuse maison de la « miss ».

C’est à ce moment-là que le doute s’immisça en elle. C’était un murmure à peine audible, une force insoupçonnable qui pourtant lui donna l’impression qu’elle devait aller voir de plus près cette étrange maison ; le souffle court, Syndrell descendit de cheval et, tenant Vagabond par la bride, s’approcha de la demeure. De près, celle-ci avait l’air plus triste, comme si cette maison avait pu être le témoin d’un malheur qui s’attardait encore sur les lieux.

La jeune marchombre secoua la tête. C’était bien le moment de penser à des histoires de fantôme ! Il s’agissait probablement de la propriété d’un exploitant, ou bien d’un pêcheur qui avait choisi de s’éloigner de la vie fourmillante du port… Pourtant, Syndrell avait la sensation que cette maison n’était pas celle de n’importe qui. C’était celle de la « miss ». Se pouvait-il que… ?

Syndrell sentit son cœur bondir dans sa poitrine au moment où son regard tomba sur la jument qui avait tourné la tête vers Vagabond pour l’observer avec une franche curiosité. Nyyu ! La monture de Miss… Près d’elle, Joya hennit à nouveau. La jument d’Erwan avait reconnu l’amie de son maître. Interdite, Syndrell ne pouvait plus détacher son regard de la maison, peinant à croire qu’il s’agissait de celle de son mentor. Une larme roula sur sa joue ; elle l’essuya d’un revers du bras.

A cet instant-là, la porte d’entrée s’ouvrit lentement. Encore sous le choc, Syndrell ne réagit pas immédiatement et se laissa surprendre par le boulet de canon qui lui fonça dessus, la percutant violemment au niveau du ventre.


- SYN !!!
- Ylléna ?


Stupéfaite, Syndrell referma ses bras sur la fillette. Et puis l’incrédulité laissa place à un bonheur immense, et elle se laissa tomber à genoux dans la poussière pour serrer Ylléna contre son cœur.

- Oh, Ylléna…

Bouleversée, Syndrell ferma les yeux et enfouit son visage dans la chevelure de l’enfant. C’était si bon de la retrouver, après des jours, des semaines passés à se demander où Erwan et elle avait-ils pu disparaître !

Rouvrant les yeux, Syndrell posa son regard sur le seuil de la maison. Elle y découvrit Erwan, immobile et silencieux, une lame jaillissant de son bras. Il était plus maigre que dans son souvenir. Etait-il encore en colère après elle ? La dernière fois, dans l’appartement de Ciel, ils avaient failli se battre. La fureur qui avait étincelé dans les yeux d’Erwan et fait trembler sa voix avait longtemps hanté la jeune femme.

Elle se leva pourtant et, la main d’Ylléna solidement accrochée à la sienne, elle se dirigea vers son ami. S’arrêta à quelques pas de lui. Planta son regard dans le sien et le soutint un long moment en silence, partagée entre l’envie de lui sauter au cou et celle de le lui tordre. Finalement, un sourire en coin flotta sur ses lèvres.


- Tu sais que tu as une sale tête ? lança-t-elle à son intention.

Le rire d’Ylléna réchauffa son cœur et raffermit sa volonté. Syndrell leva légèrement le menton dans un geste de défi. Si Erwan décidait de lui claquer la porte au nez, elle était prête à enfoncer le battant pour lui parler. Elle ne le laisserait pas filer. Pas maintenant, alors qu’elle l’avait enfin retrouvé !

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Ven 22 Nov 2013, 21:26

Ses yeux parcoururent encore une fois – peut-être pour la centième – les quelques lignes couchées sur le papier froissé. L’écriture délicate de Syndrell s’y déroulait avec élégance, lui donnant rendez-vous près de l’Océan. Près du lieu où ils avaient pris le bateau pour rejoindre l’Île des femmes plusieurs longs mois auparavant.
Il n’avait d’ailleurs pas retrouvé sa jeune sœur depuis, mais ne doutait pas de pouvoir le faire s’il s’y mettait réellement. C’était simplement qu’il n’avait pas encore décidé de trouver sa trace, pour la laisser un peu se faire sa propre opinion sur Gwendalavir.

Il chevauchait donc Singa depuis deux jours dans l’optique de rallier le plus rapidement possible cette plage coincée entre deux criques où ils se rejoindraient.
Il n’avait pas envoyé de confirmation, et n’avait pas voulu prendre le risque : il y serait, voilà tout.

Son souffle se transformait en buée à peine franchissait-il ses lèvres. Les pas de Singa, sur la route sèche et froide, résonnaient étonnamment dans l’atmosphère.
L’Envoleur se sentait libre.
Après l’examen de Kaünis, il n’avait plus aucune attache au Domaine, aucun groupe à suivre, rien. Il pouvait vaquer à ses occupations, et savait que de toutes manières si les Mentaïs avaient besoin de lui, il serait recontacté… Même s’il tentait d’éviter tout cela. Il n’était pas qu’un outil, il était avant tout un individu. Et la proposition de Gil, des semaines plus tôt, ne cessait de tourner dans son esprit. Bon, il ne pouvait pas dire qu’il s’était fait tué par l’autre Envoleur, mais il pouvait disparaître de la circulation. Juste se fondre dans l’environnement, se perdre dans Gwendalavir, et trouver Syndrell pour ne pas la lâcher.


§§


Les relents de l’Océan le percutèrent de plein fouet alors que Singa finissait de gravir une ultime butte.
L’étalon, les naseaux grands ouverts, s’arrêta, les oreilles pointées en avant. Dolce sourit, le laissant s’avancer au petit trot vers l’immense étendue d’eau salée.

Des hennissements retentirent dans l’air, et Singa réagit en pilant sur place, écoutant attentivement pendant quelques secondes… Avant de secouer vivement la tête en hennissant à son tour, utilisant toute la puissance de ses poumons pour diffuser le son.
S’énervant seul, l’étalon piaffa sur place et Dolce ne comprit pas ce qu’il avait à être ainsi. D’habitude, c’était un cheval très calme et bien dans ses baskets, et croiser d’autres chevaux ne lui avait jamais posé de problèmes.
Préférant écouter sa monture, l’Envoleur lui laissa les rênes sur l’encolure, et Singa s’élança dans un galop soutenu, bifurquant à droite pour pousser fort sur ses postérieurs et franchir l’élévation d’une colline.

Deux chevaux apparurent derrière des barrières, des juments apparemment. Mais ce n’était pas à Singa qu’elles répondaient, plutôt à un immense autre étalon noir… Un frison, a priori.
Vagabond !
Fronçant les sourcils, Dolce arrêta Singa et sauta à terre en reconnaissant la silhouette aux cheveux bleus qui s’avançait lentement vers… une sorte de cabane-maison se dressant face à l’océan.

- SYN !
- Ylléna ? Oh, Ylléna…


C’était une gamine. Une enfant, de cinq ans tout au plus, peut-être six, qui s’était précipitée dans les bras de Syndrell.
Dolce se figea. Pourquoi Syndrell lui avait demandé de la rejoindre par ici ? Elle avait quelque chose à lui révéler ? C’était son enfant ?
Un long tremblement le traversa de part en part, et il se sentit défaillir.

Il y avait même un homme dans l’encadrement de la porte. Musclé, peut-être un peu amaigri, mais plus jeune que lui, il en était sûr.
C’était qui lui ?!

Prit d’une subite montée d’adrénaline, Dolce parcourut la distance qui le séparait de Syndrell, la fillette et l’homme à grandes enjambées déterminées.

Il se planta juste derrière Syndrell. Malgré ses cheveux bleus, il voyait rouge.

- Tu as quelque chose à m’avouer, Mademoiselle Ellasian ?

Son ton avait été acerbe, mais ce n’était pas contre Syndrell qu’il était en colère.
Son regard empli de reproches, de colère, d’une ombre bien spécifique à ses moments de perte de contrôle, était planté dans celui de l’homme.

Si pas de réponse dans trois secondes, il lui sautait dessus.
Et encore, trois secondes, c’est une éternité !!








[ Bon ben voilà, les dés sont jetés, et Dolce débarque dans toute sa splendeur ! ]

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Dim 24 Nov 2013, 12:05

… Il s’attendait à toute éventualité, mais à des éventualités d’attaque.
Pas à celle de voir débarquer une jeune fille aux cheveux bleus et aux yeux dorés qu’il connaissait bien.
Prenant une grande inspiration, il relâcha sa fille qui se précipita vers la Marchombre en criant son nom. Un léger sourire étira les lèvres d’Erwan, et il se redressa lentement, abandonnant en grande partie son attitude défensive.

Ylléna semblait ravie de voir Syndrell, et il la comprenait.
Après tout, la jeune femme avait aussi une place importante dans sa vie, c’était un autre lien avec sa mère disparue. Le Marchombre se rendit compte que la dernière fois qu’il avait vu la Marchombre, c’était lorsqu’ils avaient découvert la mort de Miss. Et il s’était mis en colère.
Poussant un long soupir, il se rendit compte qu’elle était légèrement méfiante. Il ne pouvait pas lui en vouloir, après tout, car il s’était largement emporté la dernière fois. Mais il avait retrouvé un semblant de calme, et ce n’était pas à elle qu’il en voulait. Même si à son avis, ce garçon aux cheveux blancs n’aurait pas dû s’en tirer aussi facilement.


- Tu sais que tu as une sale tête ?

Une ombre de sourire se logea sur les lèvres du Marchombre, alors qu’Ylléna éclatait de rire. Rien que ce son l’emplissait d’allégresse, et il tourna un regard empli de tendresse vers sa fille.

S’avançant d’un pas, il posa doucement sa main sur l’épaule de Syndrell.


- Moi aussi, je suis content de te voir.

Un mouvement attira son attention à la périphérie d’angle de vision, et il recula d’un pas pour se mettre dans une garde de combat plus animale qu’humaine.

Un homme se dirigeait vers eux d’un pas déterminé, et chacun de ses gestes renfermait tellement de colère et de puissance qu’Erwan plissa les yeux. Un autre avait découvert sa maison ! Il avait suivi Syndrell ! Mais comment avait-elle trouvé cet endroit ?


- Ylléna… Viens avec moi.

La petite ne se fit pas prier et sauta des bras de Syndrell à l’exact moment où l’homme s’arrêtait derrière la Marchombre.

- Tu as quelque chose à m’avouer, Mademoiselle Ellasian ?

Fronçant les sourcils, Erwan peina à comprendre.
Cet homme – un Mercenaire du Chaos sans aucun doute ! – connaissait Syndrell. Plus précisément, connaissait au moins son nom de famille. La manière dont il l’avait abordée, le ton, ainsi que son attitude en disait suffisamment long sur leurs relations.
Et il était très en colère !
Peut-être n’était-il pas un Mercenaire du Chaos.
Peut-être était-il simplement un homme jaloux, qui imaginait le pire.

Cela fit l’effet d’une gifle à Erwan, qui recula d’un pas.
Cela avait été, à peu de choses près, l’attitude exacte de Miss des mois plus tôt quand il lui avait avoué ce qu’il avait failli faire. Mais elle avait fui sa propre colère et sa propre impuissance en le jetant dehors. Cet homme demandait des explications, mais était prêt à diriger sa colère contre Erwan sans plus réfléchir.

Levant ses deux mains en l’air en signe de paix, Erwan murmura :


- C’est ma fille, pas celle de Syndrell.

Il n’avait que cela à dire, et sentait que tout autre mot aurait pu être mal interprété.
Alors, il se tut, baissant les bras, et gardant Ylléna derrière ses jambes pour la protéger.
Car les personnes aussi remplies d’émotions avaient très peu de chance de parvenir à les contrôler à temps.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Dim 24 Nov 2013, 15:12


Non seulement Erwan rétracta sa lame, mais en plus il s’avança vers Syndrell, un vague sourire aux lèvres et avec sur le visage cette expression à la fois sereine et énigmatique qu’elle lui connaissait si bien. Il posa une main sur son épaule et elle leva la tête pour se perdre dans l’immensité céruléenne de son regard.

- Moi aussi, je suis content de te voir.

Syndrell sourit. Il aurait tout aussi bien pu rester silencieux, elle était touchée par l’émotion sincère qui émanait de tout son être, remplaçant momentanément la tristesse qui s’était installée dans son cœur. Erwan n’était plus en colère contre elle.

Rassérénée par cette évidence, la jeune femme s’apprêtait à l’interroger sur la maison qui se dressait fièrement derrière lui quand soudain, elle sentit ses doigts presser plus durement son épaule. Infime signal qui alerta la marchombre aussi sûrement qu’un cri. Elle se retourna…

… se figea, interdite, en reconnaissant l’homme qui traversait les dunes herbeuses ; il avançait à grands pas, mû par une colère invisible qui pourtant rayonnait comme un soleil, et Erwan ne s’y trompa guère : il appela Yllena et plaça sa fille derrière lui, endossant son manteau de père protecteur encore une fois.

Sans paraître remarquer ce détail ô combien crucial, l’homme s’approcha davantage, son humeur belliqueuse frappant de plein fouet les trois compagnons qui l’observaient dans bouger. Il s’arrêta à quelques pas de Syndrell et la toisa d’un regard perçant.



- Tu as quelque chose à m’avouer, mademoiselle Ellasian ?

Le seul mérite que possédât cette question fut celui de sortir Syndrell de sa torpeur. Elle sursauta, cligna des yeux et dressa le menton pour lui répondre d’un air bravache :

- Rien qui ne te concerne, Ysil.

Cette voix froide et dure n’était pas la sienne, guère plus que le sourire cynique qui se dessina lentement sur les lèvres de la jeune marchombre. En réalité, elle était furieuse. La jalousie de Dolce n’avait jamais été un problème – jusqu’à maintenant. En intervenant dans sa vie avec cette franche autorité de mâle dominant, il avait dépassé les bornes ; de nature conciliante, Syndrell n’était pas prête à accepter que l’on piétine ainsi sa liberté, fut-ce pour de bonnes intentions. Il était temps que l’Envoleur le comprenne.

Ils s’affrontèrent du regard quelques longues secondes, lui soupçonneux et blessé dans son orgueil, elle exaspérée et défiante. A nouveau jeu, nouvelles règles ; la partie venait de changer de registre et, pour la première fois, Syndrell n’aimait pas ce que cela augurait.

Elle sentit plus qu’elle ne vit Erwan bouger derrière elle. Elle s’attendait à ce qu’il se montre ferme et menaçant envers cet inconnu qui osait débarquer chez lui, en colère et plein d’odieux préjugés, mais le marchombre la surprit en adoptant un ton léger :


- C’est ma fille, pas celle de Syndrell.

Syndrell baissa les yeux vers Ylléna, qui s’accrochait aux jambes de son père sans pouvoir s’empêcher de dévisager le nouveau venu avec curiosité. Comment Dolce pouvait-il imaginer qu’il s’agisse de sa fille ? Elle était trop jeune pour avoir un enfant de cet âge, et combien même aurait-elle donné la vie à l’âge de dix-sept ans, il n’y avait pas la moindre ressemblance entre elles.

Avec ses mèches brunes et soyeuses, ses grands yeux indigo et ses traits délicats, Ylléna était le portrait craché de Miss. Leur ressemblance était presque douloureuse ; Erwan devait penser à sa compagne chaque fois qu’il regardait leur enfant…

Syndrell referma doucement les poings tandis qu’une nouvelle vague de colère, puissante et dévastatrice, montait en elle. Elle se sentait jugée et condamnée par le regard vif de son amant. Jugée et condamnée pour une faute qu’elle n’aurait même jamais envisagée ! Miss avait été une sœur pour elle, Erwan était le grand frère qu’elle n’avait jamais eu. Aurait-il été un parfait inconnu que cela n’aurait strictement rien changé : son cœur était loyal et ses sentiments envers Dolce plus sincères que jamais.

Comment pouvait-il douter d’elle à ce point ?


- Viens, Ylléna.

La fillette saisit sa main tendue. Alors, sans un regard pour cet homme qu’elle rêvait de retrouver depuis des jours, des semaines, elle tourna les talons et disparut dans la maison. Elle ne repoussa pas la porte mais s’avança dans le salon et s’immobilisa brusquement. Le souffle court, elle écarquilla les yeux en découvrant l’intérieur chaleureux de la maison.

Si l’apparence de la demeure avait laissé planer un léger doute, le cœur de celle-ci ne permettait aucune hésitation : un jour, Miss avait vécu ici. On pouvait la retrouver dans la façon dont les quelques bibelots étaient entreposés sur les meubles. L’originalité de la marchombre était incarné par une multitude de teintes, de formes et de matériaux.  

C’était Erwan qui avait fabriqué la majeure partie de ce qui se trouvait ici, on le devinait à la rigueur presque méticuleuse avec laquelle l’artisan avait travaillé le bois et façonné le mobilier. Il régnait dans cette maison une harmonie pleine et entière, née de cette union si belle entre les deux marchombres…


- Pourquoi tu pleures ?

La voix d’Ylléna sortit Syndrell de ses pensées. Elle se rendit compte, alors, que des larmes roulaient sur ses joues ; les essuyant d’un revers de la main, elle s’accroupit lentement et passa un bras autour de la taille de l’enfant.

- Je suis un peu triste… Je trouve que tu as une très jolie maison et elle me fait penser à ta maman.
- Tu veux l'entendre ?
- Pardon ?


Fière de son petit effet, Ylléna se pencha pour murmurer son secret à l’oreille de Syndrell :

- Si tu fermes les yeux, tu peux l'entendre ! Tout à l’heure, avec papa, on a essayé et ça a marché ! Ferme les yeux et écoute…

Bouleversée, Syndrell regarda Ylléna lui faire une démonstration, les yeux clos et pleine de cet espoir qui vient naturellement aux enfants. Gagnée par tant de confiance, elle eut envie d’essayer : à son tour, elle ferma les yeux.

Devint écoute.


- Tu l’entends ? chuchota Ylléna.

Syndrell frémit. Elle percevait un son léger et répété… un bruit de pas ! Ouvrant les paupières, elle tourna la tête vers la porte…

… ce n’était qu’Erwan.

Et Dolce.




[Si quelque chose ne va pas, sonnez-moi Very Happy ]

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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Dim 24 Nov 2013, 17:37

- Rien qui ne te concerne, Ysil.

La phrase, pleine de fierté et de défi, le déstabilisa un instant.
Mais alors qu’il allait ouvrir la bouche pour répliquer, se tourner vers l’homme pour lui demander à lui aussi des explications – sans remarquer, dans sa colère, la petite qui se cachait dans ses jambes – ce dernier s’avança d’un pas, les paumes ouvertes.

- C’est ma fille, pas celle de Syndrell.

Dolce fronça les sourcils.
Son regard passa de Syndrell à l’homme, puis à la petite. Cette gaminette qui ne pouvait pas s’empêcher de le dévisager, et que seul un regard vers elle suffit pour souffler sa colère. Elle n’avait rien de Syndrell, absolument rien.
Clignant plusieurs fois des yeux, l’Envoleur voulut se tourner vers sa dulcinée, mais cette dernière semblait en colère, à son tour.

Oups.
Ce fut la première réaction de Dolce quand il s’en aperçut. Avait-il dépassé les limites ?
Décidément, il n’arrivait vraiment pas à se contrôler, dans ce genre de situation. Il se sentait toujours obligé d’envisager les pires scénarios, et c’était épidermique chez lui, toutes les émotions de ces scénarios – qui étaient très rarement la réalité – l’enflammaient littéralement.

Mais elle s’en alla avec la fillette – Ylléna, apparemment  - dans la maison, juste derrière l’homme.
Sans un regard pour lui. Mue par la colère, et peut-être de la détresse.
Non, de la détresse, évidemment !
Une immense vague de culpabilité le traversa de part en part, faisant légèrement briller ses yeux. Prenant une inspiration, il contrôla parfaitement cette vague avant qu’il ne déborde, et ferma les paupières.
Il ne savait plus comment réagir, du coup. Evidemment. Comment aborder Syndrell, alors qu’elle était dans une maison dans laquelle il ne serait sans doute pas invité ? Il n’allait pas faire du forcing juste pour s’expliquer avec elle, si ? Non, il n’en avait pas envie, et puis cet homme, il lui semblait aussi déjà l’avoir rencontré.

- Je suis désolé… Je me suis laissé emporter. Comme d’habitude….

Prenant une profonde inspiration, Dolce finit par lever les yeux vers l’homme, qui était en réalité plus grand que lui !
Il ne s’en était pas rendu compte. Peut-être était-ce parce qu’il était légèrement amaigri ? Ou alors son attitude ? Il l’avait vu se ramasser sur lui-même dans le cas où il attaquerait, et sa garde avait été juste… parfaite.
Un Marchombre, alors ?
Cela ne l’aurait pas étonné. Bientôt, il allait connaître autant de Marchombres que de camarades du Chaos… Un comble !

Il entendit les voix de la fillette et de Syndrell comme des murmures à l’intérieur de la maison.
Avec une furieuse envie de rentrer…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Lun 25 Nov 2013, 13:14

- Rien qui ne te concerne, Ysil.

Erwan fronça les sourcils.
Il comprenait bien évidemment la réaction de Syndrell, et peut-être aurait-il agi de même si les rôles avaient été inversés. Il ne savait pas trop si son intervention permettrait de calmer l’homme, aussi restait-il alerte et prêt à la moindre occasion.

Occasion qui ne se présenta pas.
Syndrell, que l’on pouvait deviner blessée, partit dans la maison, fuyant avec le réconfort d’Ylléna. Erwan poussa un léger soupir. Elle se protégeait, elle aussi. Mais qui était cet homme ? N’avait-il pas compris à quel point la liberté de sa compagne était importante pour elle ? Qu’il ne pourrait jamais la changer ?
Et s’il l’avait compris, pourquoi réagissait-il ainsi ?

Un élément de réponse s’éleva dans l’air de ce matin-là.


- Je suis désolé… Je me suis laissé emporter. Comme d’habitude….

Un sourire-soupir franchit les lèvres du Marchombre, qui haussa les épaules.
L’homme semblait avoir perdu toute inimité et toute colère, comme soufflée par la réaction de la jeune Marchombre ou peut-être par Ylléna – Erwan l’avait vu la dévisager quelques secondes. Elles étaient toutes les deux dans sa maison, dans son salon.


- Ce genre de réaction ne survient qu’à cause d’un déséquilibre. Tu n’es peut-être pas en accord avec toi-même.

Le tutoiement avait été naturel, et Erwan n’en fut pas une seule seconde mal à l’aise.
Il ne faisait cela et ne disait cela que pour l’aider. Mais il ne doutait pas non plus un seul instant la capacité de cet homme à se remettre en question : déjà, parce qu’il s’était rendu compte de son comportement, et ensuite parce qu’il y avait quelque chose entre Syndrell et lui.

Un léger soupir franchit les lèvres du Marchombre, qui désigna l’intérieur de sa maisonnée.


- Rentrons.

Montrant l’exemple, il s’avança donc à travers l’encadrement de la porte et referma cette dernière derrière l’homme dont il ne connaissait pas encore le nom.
Son regard glissa sur la pièce, qu’il  embrassa du regard. Oui, définitivement, Miss était toujours là. Puis, il vit que Syndrell et Ylléna les fixait, et sourit tendrement.


- Vous voulez boire quelque chose ? Je crois qu’il y a du thé et du lait.

- Moi j’veux du thé au lait ! S’teuplait Papa.


Hochant la tête, Erwan interrogea les deux autres du regard, et mis à préparer ce qu’il fallait avant de venir s’asseoir à son tour sur le banc en U.


- Au fait, mon nom est Erwan. Tu as dû comprendre que ma fille s’appelait Ylléna.

Puis, tranquille, il posa son regard sur Syndrell.
Il avait une impression poignante concernant cet homme, et pourtant, malgré tout, il faisait confiance à Syndrell. Pourquoi ? Lui-même n’était même pas capable de le dire. Il s’était mis en colère la dernière fois. Cet homme n’était pas un Marchombre, mais sans doute un grand guerrier… impulsif.

Mais pour l’instant, l’idée-même qu’un ennemi puisse être dans sa maison ne l’avait pas effleuré.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mar 26 Nov 2013, 17:44


Syndrell se mettait rarement en colère. Elle préférait cependant affronter les disputes plutôt que les éviter ; parfois, il était nécessaire de vider son sac et soulager son cœur, ou bien l’on risquait d’étouffer… C’était son intention lorsqu’elle avait deviné l’ombre de Dolce derrière celle d’Erwan. Et pourtant…

Pourtant, à l’instant où leurs yeux se croisèrent, elle sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Maudissant cette faiblesse contre laquelle elle se savait impuissante, Syndrell fit la moue. Elle détestait se sentir écartelée entre plusieurs émotions contradictoires. L’envie de sauter sur l’Envoleur pour lui tordre le cou était tout aussi tentante que celle de presser ses lèvres contre les siennes ! Dépitée, elle coula un regard indécis vers Erwan.

Celui-ci feignait un poli désintérêt mais l’éclat qui scintillait dans ses yeux bleus ne trompait pas : la situation attisait sa curiosité. Il semblait plus détendu et, pour la première fois, Syndrell remarqua à quel point cet homme était grand. A côté de lui, Dolce donnait l’impression d’être de taille moyenne, ce qui n’était pourtant pas le cas : lorsqu’il la tenait dans ses bras, il pouvait poser son menton sur le crâne de la jeune femme.

Les voir tous les deux côte à côte, si proches dans cet univers intime, était très étrange. Erwan et Dolce n’avaient strictement rien en commun, tout en eux était contraste : l’un avait des cheveux blancs ébouriffés par le vent, l’autre des cheveux verts coupés ras ; Erwan était mince, élancé et doté d’une grâce presque féline tandis que Dolce, lui, était un être tout en puissance. Le premier avait un caractère humble et tranquille quand le second avait un tempérament de feu. Voilà ce qui les définissait avant tout, avant même qu’on les dise Marchombre et Envoleur.


- Vous voulez boire quelque chose ? demanda Erwan avec douceur. Je crois qu’il y a du thé et du lait.
- Moi j’veux du thé au lait !
s’exclama aussitôt Ylléna. S’teuplait papa.

Incapable de se dérober au regard céruléen qui se posa sur elle, Syndrell hocha la tête pour se ranger au choix de la fillette. Toujours abasourdie par la présence tellement incongrue de Dolce dans cette maison, elle n’entendit pas la réponse de l’Envoleur. Il fallut qu’Ylléna la saisisse par le bras pour qu’elle prenne pleinement conscience de la réalité. La marchombre se redressa lentement et suivit la petite jusqu’à la table en bois qui trônait au centre de la pièce.

- Toi, tu te mets là. C’était la place de maman. Toi monsieur, tu vas te mettre ici (Ylléna fit asseoir Dolce sur le banc avec une touchante autorité), à côté de papa. Syn, je peux monter sur tes genoux ?
- Tu es trop lourde, tu vas écraser mes pauvres jambes !
la taquina Syndrell en souriant.
- Mais non voyons, je vais me faire toute légère.

Un instant plus tard, ils étaient tous les quatre assis autour de la table, une boisson chaude entre les mains, et un silence embarrassé s’installa. Erwan fut le premier à le briser, prenant la parole avec son calme habituel :

- Au fait, mon nom est Erwan. Tu as dû comprendre que ma fille s’appelait Ylléna.
- Sa mère était ma meilleure amie,
ajouta Syndrell, retrouvant elle aussi sa douceur naturelle. Elle m’a appris énormément de choses.

La jeune femme cligna de ses grands yeux dorés. Si son opinion quant à l’attitude de Dolce était toujours la même, sa colère envers lui était retombée. La présence d’Ylléna, assise sur ses genoux, la douceur sucrée de son thé au lait sur sa langue et la sérénité de ces lieux suffisaient à l’apaiser. Mais la flamme qui animait son regard était une promesse adressée à l’Envoleur : cette discussion n’était pas terminée. Il serait bientôt temps d’y revenir.

- Et toi monsieur, tu t’appelles comment ? demanda soudain Ylléna en levant le nez de sa tasse.

De nouveau ce franc-parler, cette attitude typique de Miss. La gorge nouée, Syndrell glissa les doigts dans la chevelure soyeuse de l’enfant en se demandant comment Erwan pouvait bien réussir à supporter cette touchante ressemblance. Sentant soudain le regard du marchombre peser sur elle, elle leva les yeux.

Il semblait attendre quelque chose. Des réponses ? Etait-ce pour découvrir ce qu’il était arrivé à Miss qu’Erwan était rentré à la maison ? Pensive, Syndrell songea à sa dernière « entrevue » chimérique avec Miss et son vieil ami, le souffleur de verre. Elle ne savait toujours pas s’il s’agissait d’hallucinations nées de son esprit un peu dérangé, ou bien si une petite part de réalité était possible à envisager. Mais elle était sûre d’une chose, et peu importe la manière dont cette certitude lui était parvenue : Miss avait été trahie.

Elle connaissait son assassin.


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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mer 27 Nov 2013, 10:58

- Moi j’veux du thé au lait ! S’teuplait Papa.

Dolce cligna plusieurs fois des paupières en se rendant compte qu’il s’était déconnecté de la réalité durant quelques secondes. En croisant le regard de Syndrell, à la fois en colère et brillant d’une lueur qu’il commençait à connaître. Des images, des films de leurs précédentes entrevues qui lui flashèrent dans la tête.

-Un simple thé, merci.

- Toi monsieur, tu vas te mettre ici, à côté de papa.

- Euh, d’accord.


Dolce s’assit donc à la place désignée par la fillette avec un sourire sur les lèvres. Il devait avouer qu’il était charmé par cette gamine, qui faisait preuve d’une tranquille autorité, de celle que l’on possède lorsque l’innocence est encore là. D’ailleurs, elle discutailla même avec Syndrell car la jeune femme n’était pas d’accord avec elle, et l’Envoleur ne put que trouver cela touchant.
Un rêve lointain lui revint en mémoire, avec une Syndrell en face de l’océan… le ventre rond. Il s’en débarrassa en secouant la tête alors que l’homme s’adressait à lui en déposant les tasses fumantes sur la table.

Quand l’homme arriva avec les quatre tasses chaudes, Dolce ne put s’empêcher de pousser un soupir d’aise. Ce n’était pas qu’il faisait frai dehors, mais quand même ! C’était toujours aussi agréable de se poser et d’échanger autour d’une table… Même si les échanges n’avaient pas encore commencé.
Quoique, après tout, l’homme tentait une première incursion.

- Au fait, mon nom est Erwan. Tu as dû comprendre que ma fille s’appelait Ylléna.

Dolce hocha la tête pour assentir. En effet, grâce à Syndrell, il avait cru comprendre que la petite s’appelait Ylléna. Mais il ne comprenait par contre pas pourquoi elle était ici alors qu’elle lui avait donné rendez-vous sur une plage un peu plus loin…

- Sa mère était ma meilleure amie. Elle m’a appris énormément de choses.

L’Envoleur n’ignorait pas que sa dulcinée était Marchombre.
Au contraire, c’était sans doute pour cela qu’il la trouvait si merveilleuse. Alors, pourquoi se mettait-il dans des états pareils ? Parce qu’il était humain, voilà tout. Parce que s’il avait confiance en lui pour tout un tas de choses, et avait conscience de ses atouts, il doutait toujours de sa capacité à garder un bout de femme aussi fabuleuse !
Et donc…
Les déductions explosèrent dans sa tête.
Sa meilleure amie ? Qui lui a appris énormément de choses ? Il était devenu lui-même ami avec ses apprentis, même si quelque part, par son âge, il restait plus du grand frère que de l’ami proche. Mais cela aurait pu être autrement, et apparemment c’était ce qu’il s’était passé entre Syndrell et son Maître. Donc la mère de la petite, la compagne d’Erwan, était l’ancienne Maître de la jeune femme.

Etait ?
Dolce cligna des paupières, réalisa les poches que l’homme avait sous les yeux, les regards que jetait la petite autour d’elle. Il parcourut à son tour la pièce du regard, ses pensées prenant le dessus sur la réalité.

-  Et toi monsieur, tu t’appelles comment ?

Dolce reporta son attention sur la fillette, et lui sourit. Avalant une petite gorgée de son breuvage chaud, il répondit tranquillement.

- Dolce.

Se redressant sur le banc qui couvrait les trois quarts de la table, Dolce ne put s’empêcher de dévisager Syndrell.
Elle était de l’autre côté de la table, et il aurait voulu lui prendre le bras pour s’excuser. Sauf qu’apparemment, quelque chose flottait dans l’air, et il put le voir sur son visage, dans ses yeux.
Elle venait de réaliser quelque chose.

- Syndrell ? Qu’est-ce qu’il y a ?

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mer 27 Nov 2013, 17:12

- Et toi monsieur, tu t’appelles comment ?

Un léger sourire étira les lèvres d’Erwan, qui posa une main sur la tête de sa fille pour lui ébouriffer les cheveux. Elle avait vraiment la naiveté de l’enfance, malgré les dernières épreuves que la vie lui avait fait passer…

- Dolce.

Le Marchombre hocha la tête pour montrer qu’il avait bien entendu, et garda ce nom dans un coin de sa tête. Il lui semblait avoir déjà vu cet homme, mais il ne se souvenait plus d’où. Et cela importait peu, en réalité.
Finissant sa tasse fumante, Erwan ferma les yeux un instant.
Il avait aussi envie d’entendre Miss. Qu’aurait-elle fait si elle avait été ici ? Avec Syndrell, et Dolce ? Déjà, la connaissant, elle aurait été un moulin à parole et une boule d’excitation. Elle n’aurait pas pu s’empêcher de noyer de questions les deux tourtereaux, il en était sûr.

Souriant à cette pensée, il ouvrit les paupières à l’exact moment où Dolce prit la parole.


- Syndrell ? Qu’est-ce qu’il y a ?

Erwan jeta un coup d’œil à la jeune femme, et plissa légèrement les paupières. Elle venait de réaliser quelque chose, quelque chose sur Miss. Il soupira.
Et parla lui aussi.


- Dolce, ma compagne s’appelait Miss. Elle est… décédée il y a un mois et demi. Nous vivions ici, avant, et c’est la première fois qu’avec Ylléna on revient depuis que cela s’est passé.

La fillette se tortilla sur les jambes de Syndrell, mais n’en bougea pas, plaquant ses mains sur ses cuisses, baissant le menton tout en fixant son père.
Il lui sourit doucement, tendrement, mais tristement.


- Je suis revenu ici pour comprendre. Je n’ai pas encore examiné l’extérieur, car nous arrivions juste lorsqu’on a entendu venir Syndrell. Cela s’est passé dehors. Peut-être qu’il y a des indices…

Soudain, une émotion prenante serra son cœur, et il ferma les paupières pour la contenir.
Comme s’il avançait dans un monde inconnu. C’était sans doute cela. Pourtant, il n’avait jamais eu peur de l’inconnu… Cet inconnu-là, pourtant, l’effrayait. Il ne voulait pas qu’il lui prenne sa fille non plus. Il ne voulait pas s’y faire prendre.

Prenant un soupir, son regard se planta sur la porte de la maison, correctement fermée.
La main d’Ylléna le ramena à la réalité. Elle était descendue des genoux de Syndrell pour poser sa petite main sur la sienne.


- On y va, Papa ?

Il haussa les épaules, et interrogea Syndrell du regard.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Jeu 28 Nov 2013, 09:34


La mémoire de Syndrell était ramenée en arrière, presque un mois plus tôt. Elle était de nouveau une gamine bouleversée par la disparition de son guide et complètement perdue sans lui. Elle suivait l’Aganraï, le fleuve d’eau croupissante qui traversait les marais puants des Raïs, lorsque dans son sommeil, Miss l’avait interpelée. La jolie marchombre se reposait désormais en compagnie du souffleur de verre.

«  Tu sais, j’ai réfléchi à ce que tu m’as demandé. Je pense que cette personne encapuchonnée, c’est celle que j’ai rencontré il y a bien longtemps, dans le palais de l’Empereur. »
« Que s’est-il passé, Miss ? »
« Je l’ai suivi. Non, c’est lui qui m’a suivi. Je me souviens de ses yeux. Ils étaient dorés, comme les tiens. »
« Dorés ? »


- Syndrell ? Qu’est-ce qu’il y a ?

Le retour au présent fut brutal et la jeune femme cligna plusieurs fois des yeux, peinant à intégrer de nouveau la réalité. Erwan en profita pour expliquer à Dolce, d’une voix qui ne trahissait pas l’émotion qui brillait pourtant dans son regard, l’événement tragique qui avait bouleversé le court de leurs vies. Sur ses genoux, elle sentit Ylléna se raidir ; sa petite main se perdit dans la sienne, et Syndrell resserra ses doigts sur les siens.

Erwan était bref et concis. Il ne s’embarrassa pas des détails qui ornaient cette triste histoire, préférant en arriver directement au fait. Silencieuse, Syndrell l’écouta tout en observant Dolce attentivement. Savait-il qu’il se trouvait dans la maison de deux marchombres ? Avait-il conscience que son intrusion pouvait se terminer dans un bain de sang ?

Le regard de Syndrell glissa vers Erwan. Elle se demanda s’il avait deviné, lui aussi, à qui il avait réellement affaire. Mais si c’était le cas, pourquoi ne pas avoir sauté à la gorge de l’ennemi ? A sa place, elle savait très bien ce qu’elle aurait fait : défendu sa fille et son territoire avec tout l’acharnement possible et imaginable. Dans son état, Erwan ne laisserait pas l’ombre d’une chance à Dolce. Pourquoi, alors, prenaient-ils le thé ensemble, comme si de rien n’était ?

Et puis soudain, Syndrell comprit.
Erwan ignorait parfaitement qui était l’homme assis près de lui. Parce qu’il lui faisait confiance… Le cœur de Syndrell se serra douloureusement dans sa poitrine. Une fois de plus, c’était sur ses épaules que reposait l’énorme fardeau d’un choix impossible à faire ; elle commença à regretter d’avoir donné rendez-vous à l’Envoleur. Mais elle ignorait alors qu’elle allait retrouver Erwan et Ylléna…


- On y va, Papa ?

Erwan tourna un regard interrogateur vers Syndrell, qui hocha la tête.

- Allons-y.

Vive comme l’éclair, Ylléna bondit et fila vers la porte, impatiente de participer à une quête dont le sérieux aurait dépassé beaucoup d’enfants ordinaires, mais pas elle. Syndrell échangea un regard empli de fierté avec Erwan ; ce petit bout-là était loin d’être ordinaire…

Repoussant l’envie de se rapprocher de Dolce, Syndrell emboîta le pas à la fillette et sortit dans l’air frais et marin. L’océan portait vers eux un vent chargé d’embruns qui laissaient un goût salé sur les lèvres. Un groupe de mouettes planait doucement au-dessus de leurs têtes, se laissant glisser dans les courants avec une facilité déconcertante et criant doucement. Déjà l’horizon s’assombrissait tandis que la nuit approchait lentement.

Il fallait se dépêcher d’examiner les lieux avant que la lumière ne décline, mais la marchombre était incapable de détourner les yeux d’un tel spectacle. Suivant le gré des marées, l’océan s’était retiré loin, découvrant une immense bande sableuse constellées de petits coquillages et crustacés. Cet incessant changement de décor avait quelque chose de grisant, d’infiniment précieux et rassurant. Elle comprenait ce qui avait poussé Miss et Erwan à s’installer ici.

Puis le regard de Syndrell fut happé par le large, bleu et scintillant sous la lumière du soleil qui se rapprochait petit à petit de l’eau. Là-bas, derrière cette ligne incandescente, se trouvait les archipels des Alines. Et l’Ile des Femmes. Son île ? Tournant la tête vers Dolce, Syndrell se surprit à penser que sa jalousie venait peut-être du fait qu’ils partageaient sans doute la même terre et la même enfance. Voulait-il la protéger comme il le faisait pour chaque membre de son clan, lui qui était le Protecteur des siens ?

Elle se détourna au moment où il regardait sans sa direction et se mordit la lèvre. C’était une réaction puérile, mais la sienne l’était tout autant. Qu’il réfléchisse un peu à son comportement ! Il avait beaucoup de chance qu’elle n’ait pas dévoilé son origine à Erwan... même si c’était la dernière chose qu’elle ferait. Jamais elle ne pourrait cautionner un affront entre les deux hommes, pour la simple et bonne raison qu’elle ne saurait envisager sa vie sans l’un ou  l’autre.

Tournant le dos à la côte, Syndrell observa un instant la maison puis baissa les yeux vers le sol. C’était là. C’était là que Miss avait donné sa vie pour celle de sa fille. Là qu’elle avait mené son dernier combat, poussé son dernier souffle, vécut ses derniers instants. Luttant contre la bouffée de chagrin qui guettait la moindre occasion pour la submerger, la jeune femme s’accroupit et glissa les doigts dans l’herbe. Autrefois, il n’y a pas si longtemps, elle était entretenue par des mains douces et aimantes ; abandonnée, comme la maison, elle s’était mise à pousser et avait envahit le jardin.

Chercher les traces de l’affrontement était vain. L’endroit était soumis aux intempéries et la saison n’était pas des plus belles ; il avait plu, il avait gelé. Il ne restait rien de ce qu’il s’était passé. Malgré tout, Syndrell fouilla les lieux jusqu’à la nuit tombée, observant avec attention la terre sablonneuse, l’herbe en friche, la disposition des arbres. Pas une seule fois, elle n’échangea une parole avec Dolce. Tout à sa tâche, Erwan était également silencieux. Seule Ylléna babillait à tort et à travers, distillant un peu de sa formidable énergie aux trois compagnons.

Rien n’obligeait Dolce à rester là. Il ne connaissait pas Miss et n’avait rien à voir avec cette histoire. Pourquoi cet acharnement ? Attendait-il qu’Erwan devine sa nature ? Si c’était le cas, alors il était plus idiot que Syndrell l’avait imaginé. Mais lorsqu’ils rentrèrent dans la maison pour se mettre à l’abri du vent qui ramenait avec force l’océan vers eux, Syndrell dût se rendre à l’évidence : Dolce ne partirait pas d’ici.

Cette réalité la laissa partagée entre deux sentiments bien distincts : la passion et la frustration. Elle avait l’impression que Dolce s’immisçait dans une intimité qu’Erwan, Ylléna et elles partageait depuis la mort de Miss, et cette intrusion lui mettait les nerfs en boule. En même temps, elle était réconfortée par sa présence. Il était là pour elle. Il savait qu’Erwan était un marchombre, c’était évident, et il affrontait  le danger sous-jacent avec une légèreté qui frôlait le culot et l’inconscience. Il prenait des risques énormes… pour elle.

C’était le plus important.


- Je ne pense pas que l’assassin a laissé sa carte de visite dans les parages, dit-elle en confectionnant une salade avec ce qu’il restait de comestible dans les placards. Il a soigneusement effacé ses traces, et le temps a fait le reste…

Elle coupa un morceau de racine de niam et le donna à Ylléna, qui sautillait à côté d’elle. La petite n’allait pas tarder à s’écrouler de sommeil. Syndrell jeta un coup d’œil à Dolce, en train d’allumer un feu, et leva les yeux vers Erwan. Lorsqu’il se tenait debout, elle était obligée de se tordre le cou pour lui parler.

- Désolée pour tout à l’heure, murmura-t-elle. Je ne savais pas qu’il viendrait et qu’il se mettrait dans un état pareil, c’était…

La douleur lui coupa le souffle, l’interrompant brutalement, et Syndrell se plia en deux. L’éclat de souffrance lui tira un gémissement mais il fut aussi violent que bref, et l’instant suivant, elle se redressa doucement pour s’appuyer contre le comptoir carrelé.  

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Jeu 28 Nov 2013, 13:44

[ Je me suis arrangée avec Dolce, elle répond après moi, comme ça elle aura plus à dire ^^ ]


Ils sortirent donc tous à la suite d’Ylléna, qui venait de se précipiter dehors.
Un pincement au cœur attaqua Erwan, qui ferma les yeux pour juguler son émotion. Raconter cela lui avait coûté, d’autant plus pour paraître neutre, et il avait besoin d’air. A l’extérieur, le soleil déclinait lentement, alors qu’il ne devait pas être tard. On sentait l’hiver approcher à grands pas, en plus des premières gelées…

Ce fut la fillette qui leur désigna l’endroit où elle avait vu sa mère pour la dernière fois.
Erwan tenta de s’imaginer ce qu’il s’était passé. Il la voyait sortir, pour interpeler un homme. Un homme avec une capuche. Il la voyait discuter avec lui, et même le chercher, ce qui était tout à fait dans sa manière d’être. Pourquoi ? Et qui était-il ? Il avait cette intuition, depuis qu’Ylléna lui avait raconté l’histoire de la fumée, que c’était un Envoleur que Miss avait déjà rencontré auparavant.

Les semaines avaient effacé tout signe de lutte, s’il y en avait eu. L’herbe avait du mal à repousser sur le sol gelé, mais à quelques endroits elle avait déjà repris ses droits.
Erwan ne chercha pas vraiment sur le sol. Il ne chercha pas vraiment d’indices, non, juste sentir ce moment-là, qui s’était déroulé loin de tout et de tous, ou presque.
Miss…
Prenant une bouffée de l’air glacial, il s’accroupit pour poser sa main sur le sol, cherchant dans ce simple geste à se donner du courage. Il avait du mal à croire à tout cela. Il était terriblement triste et en même temps ne réalisait pas encore qu’elle ne sortirait plus jamais d’un buisson pour dire « Haha, vous y avez cru hein ? ».

Mais le manège de Syndrell et Dolce n’avait pas non plus échappé au Marchombre, bien qu’il soit tourné vers sa tâche. Il sentait une intense frustration chez Syndrell, et ne parvenait pas à comprendre pourquoi. Pourquoi ne profitait-elle pas de la présence de son compagnon ? Au contraire, Erwan avait tendance à croire qu’elle tentait de l’éviter, alors qu’il aurait sans doute été d’un meilleur réconfort que lui-même.

Quand ils rentrèrent dans la maison alors que la nuit était tombée, il poussa un léger soupir.
Il n’avait rien trouvé. Il n’avait eu que des élucubrations, des visions faussées par son imagination, sur le lieu, et pour compenser son absence à ce moment si crucial. S’il avait été là, peut-être ne se serait-ce pas passé ainsi ? Peut-être seraient-ils tous les deux morts, laissant Ylléna orpheline, sans parent… Ou peut-être auraient-ils pu s’en défaire et continuer à être la famille qu’ils avaient toujours été…


- - Je ne pense pas que l’assassin a laissé sa carte de visite dans les parages. Il a soigneusement effacé ses traces, et le temps a fait le reste…

Le Marchombre hocha la tête.
Il vit à cet instant précis, alors que Syndrell replaçait un plat dans un placard, une feuille de papier voleter dans les airs. Fronçant les sourcils, il se pencha pour la ramasser. Légèrement rêche, elle avait une pliure nette.


- Désolée pour tout à l’heure. Je ne savais pas qu’il viendrait et qu’il se mettrait dans un état pareil, c’était…

Il leva les yeux vers Syndrell pour la rassurer.

- Ne t’inquiète pas.

Omnibulé par la feuille de papier entre ses mains, il l’ouvrit, presque fébrile.
Et ses yeux s’écarquillèrent. Il ne remarqua qu'à peine Syndrell qui s'était à demi-écroulée de douleur.


«  sais qu’il va revenir. Il me l’a dit. Je vais protéger tout le monde, je le dois. Trouver une raison pour ne pas qu’il vous arrive malheur. Tu vas sûrement revenir ici, et tu auras cette lettre. Je ne sais pas encore quelle sera la raison, mais je t’aurai chassé pour te protéger. Mes parents doivent venir chercher Ylléna aussi… »

Erwan fut pris de vertiges.  
Il crut qu’il allait s’écrouler sur le sol, et se rattrapa de justesse sur le plan de travail.
Le bout de papier avait été déchiré, plié. L’écriture était loin d’être calme. Et c’était l’écriture de Miss !
Et il lui avait donné une très bonne raison de le jeter dehors.

Un poids s’envola de ses épaules.
Un autre se ficha dans sa gorge et dans sa poitrine.
Miss avait voulu le protéger. Les protéger. C’était pour cela que ses parents avaient découvert Ylléna, sinon personne n’aurait pu prévoir comment se serait débrouiller la fillette !
S’asseyant brusquement, Erwan leva les yeux vers Syndrell, et lui tendit le bout de papier. Son regard passa sur Dolce, et il se dit qu’il se taisait juste pour Syndrell. Il était là pour elle !


- Il doit y avoir le début et la fin de la lettre quelque part dans la maison…

Sa voix tremblait.
Ylléna fronça les sourcils, mais se contenta de les fixer de ses yeux violine.

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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Lun 13 Jan 2014, 11:44

Mais elle ne lui répondit pas.
Elle ne lui répondit pas, se contentant de vaguement porter son regard dans sa direction, et Dolce carra les épaules face à ce coup porté, puissant.
Comment réagir face à cela ? Il aurait voulu peut-être quêter un quelconque réconfort, ou en tout cas un brin de compassion de la part d’Erwan, mais ce dernier était évidemment préoccupé par tout autre chose.

Posant son regard dans le sien, Dolce comprit qu’il allait lui dire quelque chose d’important. Fronçant les sourcils, il se concentra donc sur l’homme, essayant de comprendre le lien si puissant et tangible qui le reliait à Syndrell.

- Dolce, ma compagne s’appelait Miss. Elle est… décédée il y a un mois et demi. Nous vivions ici, avant, et c’est la première fois qu’avec Ylléna on revient depuis que cela s’est passé. Je suis revenu ici pour comprendre. Je n’ai pas encore examiné l’extérieur, car nous arrivions juste lorsqu’on a entendu venir Syndrell. Cela s’est passé dehors. Peut-être qu’il y a des indices…

Dolce eut un léger mouvement de recul, et pour plusieurs raisons.
Syndrell était Marchombre. Il le savait depuis des années maintenant. Il était évident qu’elle devait avoir un Maître. Elle lui en avait parlé rapidement, mais vu l’éclat qui brillait dans ses yeux… cette femme décédée était son Maître. C’était pour cela qu’elle connaissait la fillette, Ylléna, et Erwan. C’était pour cela qu’elle avait réagi ainsi, alors qu’il ne faisait que lui-même agir comme à son habitude, avec sa jalousie débordante. Jamais elle ne l’avait envoyé bouler de la sorte, et il n’avait pas compris… Il n’avait pas toutes les cartes en main.

Maintenant, il comprenait mieux, et il s’en voulait.
Il s’en voulait, pour son attitude, car elle avait causé du tort à Syndrell, et à Erwan, même si ce dernier n’en semblait pas plus formalisé que cela. La perte de sa compagne devait changer en profondeur sa vision des choses…

Mais alors, cette maison était celle de deux Marchombres !
Il aurait pu s’en douter. C’était coquet, mais tout avait une utilité fonctionnelle, et la disposition-même de la maison en disait long sur les trésors d’ingénierie qui avaient été déployés pour la remettre en état, et la meubler de façon adéquate.

Se passant une main sur le crâne, il suivit du regard les trois personnes qui sortaient de la maison pour aller chercher des indices à l’extérieur. Pensaient-ils vraiment retrouver une quelconque trace ? Apparemment, cela s’était quand même passé des semaines plus tôt, et les intempéries depuis s’étaient succédées. Surtout à cette distance de l’océan, qui était capricieux – il le savait pertinemment.
Néanmoins, il finit par les suivre, en haussant les épaules. Il s’en voulait, désormais, et savait que ce pincement dans son ventre n’était autre que la manifestation de sa culpabilité. Dolce ne savait pas quoi chercher, alors il se contenta d’observer. Syndrell épluchait tous les recoins à la recherche d’un indice, d’une trace quelconque qui aurait pu rester malgré le temps, sans rien trouver. Erwan, quand à lui et à ce que pensait Dolce, ne fit pas la même chose. Il se contenta de rester presque immobile, les mains sur le sol, sans vraiment chercher plus loin, les yeux fermés. De la spiritualité ? Qu’entendait-il faire ou trouver ainsi ? Y avait-il vraiment un moyen de parler ou d’échanger de cette manière ?

Ils finirent par rentrer dans la maison alors que la nuit tombait, et qu’il semblait évident qu’ils ne trouveraient rien de plus.  Une fois à l’intérieur, ils s’affairèrent à faire à manger pour le diner. Syndrell exposait son point de vue en préparant une salade, alors qu’Ylléna trépignait à côté d’elle dans le but d’avoir un morceau des composants de la salade. Allumant le feu dans la cheminée, Dolce poussa un léger soupir. Comment se rattraper ? Il avait comme l’impression que s’excuser ne suffirait pas, et après tout Syndrell était aussi dans son droit. Mais il ne pouvait pas changer comme ça du tout au tout… D’où venait donc sa jalousie maladie ? Pourtant, sa mère n’avait jamais été infidèle à son père, sauf après sa mort où elle dû retrouver un autre mari. Il n’avait jamais assisté à une telle chose, et si elle existait, il n’en était en rien au courant. Alors donc ? Il n’avait pourtant pas l’impression de manquer de confiance en lui. S’il parvenait à accomplir tout cela, c’était que quand même, il en était capable, non ?

Oui, mais s’il n’était pas capable de s’occuper convenablement d’une femme ? D’une compagne ? Et s’il ne pouvait pas faire son bonheur ? Il savait pertinemment que Syndrell n’avait pas besoin de lui pour être heureuse : elle était Marchombre, et la liberté la rendait heureuse, sans doute plus que tout. Alors, s’il n’était pas capable de la rendre heureuse par lui-même, pourquoi prendrait-elle la peine de continuer avec lui ?
C’était bête, comme question : car elle tenait à lui, car elle l’aimait, le désirait. Oui mais… Il y avait toujours un mais. Un mais insidieux qui ne cessait de croitre en lui, ne laissant pas la place aux réflexions raisonnées mais ouvrant des perspectives à son inconscient dévastateur.

Secouant la tête, il se retourna alors que Syndrell s’adressait à Erwan.

- Désolée pour tout à l’heure. Je ne savais pas qu’il viendrait et qu’il se mettrait dans un état pareil, c’était…

Elle avait beau murmurer, Dolce entendit parfaitement ses paroles et son cœur se serra. Une boule se forma dans sa gorge, et il prit plusieurs longues inspirations pour se calmer… Rouvrit les yeux instantanément quand Syndrell gémit, et dans un réflexe prodigieux il se précipita sur elle pour l’entourer de ses bras.

- Syndrell, ça va ?

Mais Erwan semblait dans un autre monde, et la jeune femme se releva rapidement. Ne comprenant pas ce qu’il venait de se passer, Dolce interrogea Syndrell du regard, puis porta son attention sur Erwan qui se décomposa brutalement à son tour.

- Il doit y avoir le début et la fin de la lettre quelque part dans la maison…

Ne comprenant pas ce qu’il était en train de raconter, Dolce eut un temps de  réaction relativement long avant de voir le morceau de papier dans les mains du Marchombre. Tendant la main, il attendit qu’Erwan lui donne la lettre pour la montrer à Syndrell.

«  sais qu’il va revenir. Il me l’a dit. Je vais protéger tout le monde, je le dois. Trouver une raison pour ne pas qu’il vous arrive malheur. Tu vas sûrement revenir ici, et tu auras cette lettre. Je ne sais pas encore quelle sera la raison, mais je t’aurai chassé pour te protéger. Mes parents doivent venir chercher Ylléna aussi… »

Bon, c’était définitif, il n’y comprenait absolument rien !
Enfin, si, qu’elle avait voulu les protéger, mais de qui parlait-elle ? Que s’était-il vraiment passé ?

Laissant le bout de papier à la Marchombre, il se redressa en détaillant la pièce. Erwan était déjà parti dans les autres salles de la maison, et il détailla les placards et le reste.

Se tournant finalement vers Syndrell, il lui adressa un sourire désolé.

- Désolé… Je m’excuse. Mais je n’y comprends toujours pas grand-chose…

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mar 14 Jan 2014, 13:50

Le souffle court et peinant à comprendre ce qu’il venait de se produire, Syndrell frissonna. S’appuya légèrement contre la poitrine de Dolce. Réagissant avec sa rapidité coutumière, l’envoleur avait quitté la cheminée pour la rejoindre et son étreinte, timide et puissante à la fois, gomma instantanément les dernières bribes de rancœur.

- Syndrell, ça va ?

La marchombre opina. Oui, elle allait bien et c’était curieux. Alors qu’une poignée de secondes auparavant elle avait senti un terrible déchirement au plus profond de son être, plus rien ne subsistait désormais de la souffrance qui en avait résulté. Comme si elle l’avait simplement rêvée.

L’attitude d’Erwan était en outre bien plus étrange ; les questions qui se bousculaient sous le crâne de Syndrell se délitèrent lorsqu’elle ne s’intéressa plus qu’aux expressions qui se succédèrent sur le visage de son ami. Vague intérêt d’abord, puis franche surprise, tristesse et colère. Il s’assit et leva vers elle un regard bouleversé.


- Il doit y avoir le début et la fin de la lettre quelque part dans la maison…

Une fois de plus, Dolce réagit avant Syndrell. Il s’empara du morceau de papier que lui tendait Erwan et le retourna.

Un coup d’œil.

Ce fut suffisant pour que Syndrell identifie l’auteur des quelques lignes griffonnées à la va-vite. Fébrile, elle se plongea dans sa lecture et en ressortit les yeux brillants. De mélancolie, tout comme celle qui animait le regard azur d’Erwan, mais surtout d’espoir. Ils tenaient enfin une piste !


- Erwan… souffla-t-elle.

Déjà, le marchombre se précipitait dans le salon pour commencer les recherches, Ylléna sur les talons. Délaissant le repas, Syndrell se mit à fouiller placards et vaisseliers, meubles et garde-manger,  sondant la cuisine tandis que son esprit était en ébullition.

Miss avait donc tout prévu ! Elle se savait en danger et n’avait pas attendu que celui-ci lui tombe dessus pour agir. Elle s’était souciée de la sécurité de sa famille avant la sienne. Elle avait même envisagé sa propre mort…

Près d’elle, Dolce balaya la pièce du regard. Finalement, il se tourna vers elle et lui offrit un de ces sourires dont il avait seul le secret.

- Désolé… je m’excuse. Mais je n’y comprends toujours pas grand-chose…

Malgré son excitation et son empressement à retrouver les parties manquantes de la lettre de Miss, Syndrell interrompit ses recherches pour s’approcher de lui. Si la situation n’avait pas été aussi sérieuse, elle aurait éclaté de rire.
Il s’excusait ! Après avoir débarqué comme un chevalier jaloux et possessif, après avoir passé l’après-midi dans la maison de deux marchombres, après avoir discuté avec Ylléna et allumé un feu dans la cheminée d’Erwan, après avoir déployé ses efforts pour les aider tous les trois, il s’excusait comme un petit garçon pris en faute ! C’était à la fois touchant et frustrant.

Frustrant parce qu’en dépit de ses erreurs, Dolce n’avait rien à se reprocher. Et touchant parce que désormais soucieux de ne pas la blesser, il s’employait à rester plus calme que jamais. Alors qu’il mourrait certainement d’envie de la bombarder de questions ! Refusant de le torturer davantage, Syndrell décida de lui donner quelques éléments de réponse.


- Moi non plus mais grâce à ce petit bout de message, ça devient plus clair : Miss se savait en danger. Nous pensions qu’elle avait été surprise ici par son assassin alors qu’en réalité, elle l’attendait de pied ferme. Je crois qu’elle a tenté d’éloigner Erwan pour le mettre à l’abri et c’est pour cette raison que je l’ai ramassé à la petite cuillère, il y a quelques semaines, à Al-Chen. Ce jour-là, les parents de Miss sont arrivés avec Ylléna. Ils apportaient avec eux une sombre nouvelle…

Son regard doré s’égara un instant sur le papier qu’elle tenait encore entre les mains. Lykia et Nornan avaient-ils eu vent des intentions de Miss ? Leur avait-elle confié quelque chose à propos de la menace qui pesait sur elle ?

- Miss connaissait l’homme qui l’a attaquée. Si elle a voulu tenir Erwan à l’écart de cette histoire, il est peu probable que son nom apparaisse dans la lettre qui lui était destinée, toutefois il y aura certainement d’autres indices qui pourront nous mettre sur la voie.

Syndrell se passa une main dans les cheveux, les yeux dans le vague, cherchant en vain une connexion logique entre les paroles sibyllines que Miss avait jetées sur le papier et celles que la marchombre lui avait offertes en compagnie du vieux souffleur de verre.

Puis elle secoua la tête comme pour chasser un rêve et reprendre ses esprits. Une ombre de sourire effleura ses lèvres. Elle fit un pas en avant et leva une main pour caresser, du bout de ses doigts, la joue mal rasée de Dolce.


- Je suis heureuse que tu sois là, murmura-t-elle. En ce moment, tu as le chic pour soigner tes entrées et je ne suis pas sûre d’apprécier cette jalousie sans bornes, mais je suis contente que tu sois là.

Si elle avait la sensation que ses mots étaient pâles et faibles, l’éclat qui scintillait dans ses yeux valait toutes les déclarations du monde.

- Je t’aime, ajouta Syndrell avant de déposer un tendre baiser sur les lèvres de l’envoleur.

Presque aussitôt, une petite voix maline et effrontée s’éleva joyeusement pour les interrompre.


- Hé, les amoureux ! C’est pas le moment ! Vous devez nous aider à trouver la lettre de maman !

Aucun reproche dans l’exclamation d’Ylléna mais une malice qui prouvait à quel point elle était intelligente et perspicace. Feignant d’être prise en faute, Syndrell se mordit la lèvre et hocha la tête.

- Ylléna a raison, nous avons du pain sur la planche. Mettons-nous au travail !

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mer 12 Fév 2014, 21:09

Quand il arriva dans la chambre, Erwan s’arrêta net.
Pourquoi Miss avait découpé ce papier en plusieurs morceaux ? Pourquoi était-il placé dans la vaisselle propre, dans un placard ? Où aurait-elle pu mettre le second morceau ?

Prenant une grande inspiration, il fit deux enjambées pour s’asseoir finalement sur le lit double, et détailler la pièce.
Cette pièce était pleine d’elle. Pleine d’elle, de lui, d’eux.

La tête de lit avec des rangements, c’était lui qui l’avait construite.
Le lustre, en tissus transparent et coloré de teintes pastelles, c’était elle qui l’avait confectionné.
Les draps étaient encore imprégnés de leurs odeurs, de son odeur.

Attrapant un oreiller, Erwan enfouit son visage dans ce dernier, inspirant un grand coup.
C’était comme si elle était de nouveau là. La mémoire de son parfum flottait dans l’air, et son rire résonnait entre les murs de bois. Ses gémissements aussi…
Serrant le coussin de plumes contre son torse,  il ferma les paupières, s’imaginant encore à ses côtés, la regardant s’activer dans la chambre, sautiller et louvoyer, nue comme elle en avait l’habitude. La pudeur ? C’était un concept inconnu pour elle. Après tout, ne l’avait-il pas trouvée nue devant le feu qu’elle avait fait à côté du Lac Chen, alors que les sentiments qu’il lui portait avaient tourneboulé le jaguar sans pour autant qu’il ne sache qu’en faire ?
Ce souvenir lui tira un sourire.

Un sourire qui s’évanouit vite quand la voix d’Ylléna s’éleva à la porte.


- Hé, les amoureux ! C’est pas le moment ! Vous devez nous aider à trouver la lettre de maman !

Son cœur et sa gorge se serrèrent, et il ferma les paupières cette fois-ci pour contenir la vague de tristesse et de découragement qui le menaça. Dans une inspiration, il tenta de la repousser, en vain. Ce ne fut que lorsque la petite main de sa fille se posa sur sa cuisse qu’il parvint à enrayer tout cela en arrière-plan, et ouvrir les yeux pour les poser sur Ylléna.


- Maman m’avait dit qu’un jour, il faudrait peut-être que je me cache.

Le cœur du Marchombre rata un battement.

- Où ça ? demanda-t-il dans un murmure.
- Dans le trou.

Le trou ? Il ne savait même pas de quoi Ylléna parlait, même si finalement il s’en doutait. Miss avait conçu une cachette pour Ylléna. Mais elle n’avait pas eu le temps de demander à leur fille de se cacher.


- Tu me montres ?

La fillette hocha la tête et attrapa son majeur droit pour l’entraîner derrière elle. Se baissant pour ne pas obliger sa fille à le lâcher, Erwan la suivit sans lever les yeux vers Dolce et Syndrell. Il n’avait pas envie de croiser leur regard, pas maintenant. Cela lui rappelait douloureusement que quelque chose lui manquait.

Ylléna l’emmena jusque dans la salle d’eau, et désigna la baignoire.


- Regarde.

Elle prit une brosse à cheveux et fit glisser le manche entre deux lattes de bois qui recouvraient le côté de la baignoire, avant de pousser en basculant son levier. La latte se décolla immédiatement, sans effort, et Erwan se pencha pour aider sa fille à la déplacer.

On aurait pu croire qu’il n’y avait rien, là-dessous, tant cela était sombre.
Mais dans le mur, derrière le bord de la baignoire, se trouvait un espace tout juste assez grand pour qu’Ylléna s’y tienne.
Et sur le sol…
Un bout de papier plié en deux. De l’exacte façon que l’était l’autre.

Prenant une inspiration pour contenir les émotions qui se bousculaient en lui, Erwan tendit le bras pour se saisir de la feuille, et l’attrapa du bout des doigts.

Le jaguar rugit dans son ventre à ce moment précis.
Danger !
Comme une alarme, infiniment précise.

Se jetant en arrière, Erwan saisit sa fille et bascula sur le dos en la serrant contre lui pour éviter de la blesser.
La flèche se planta sur le sol à l’endroit précis où elle se trouvait quelques secondes plus tôt.

Tournant vivement la tête vers la fenêtre, le Marchombre déposa sa fille par terre.


- Ylléna, protège-toi.

Ses yeux avaient déjà la pupille et l’iris d’yeux de jaguar. Il bondit, ouvrit la petite fenêtre de la salle de bain et sauta. Déjà jaguar. Déjà tueur.

L’animal savait exactement où aller.
L’odeur, entêtante et forte, mêlait peur et excitation. Une sueur froide en émanait, comme s’il avait attendu après avoir couru. Attendu le bon moment !
S’enfonçant dans les bois, à la suite de l’humain qui fuyait, il pouvait l’entendre parler dans sa propre langue. Marmonner. Sa voix était basse, remplie de colère. Mais il courrait, il courrait comme une proie.
Il était une proie !
Passant de son trot souple et de grande amplitude à un galop soutenu, le fauve s’élança en avant. L’homme accéléra. Trop lent. Bondissant puissamment, le félin tapa de ses grosses pattes sur le dos du bipède, qui s’écroula en criant.

L’odeur du sang submerga le jaguar. Il avait faim.
Sa proie hurlait, hurlait de terreur, hurlait de douleur. Son arc lui avait transpercé la peau sous sa dernière côte flottante. Un fauve se léchant les babines se trouvait sur lui, grognant et retroussant ses babines.

Il allait mourir.
Mourir tué par un fauve, mourir en ayant raté ses cibles.
C’était peut-être mieux que de revenir bredouille, en fait…



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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Sam 15 Fév 2014, 14:02

- Moi non plus mais grâce à ce petit bout de message, ça devient plus clair : Miss se savait en danger. Nous pensions qu’elle avait été surprise ici par son assassin alors qu’en réalité, elle l’attendait de pied ferme. Je crois qu’elle a tenté d’éloigner Erwan pour le mettre à l’abri et c’est pour cette raison que je l’ai ramassé à la petite cuillère, il y a quelques semaines, à Al-Chen. Ce jour-là, les parents de Miss sont arrivés avec Ylléna. Ils apportaient avec eux une sombre nouvelle…

Miss connaissait l’homme qui l’a attaquée. Si elle a voulu tenir Erwan à l’écart de cette histoire, il est peu probable que son nom apparaisse dans la lettre qui lui était destinée, toutefois il y aura certainement d’autres indices qui pourront nous mettre sur la voie.


Il comprenait mieux, mais pas totalement. Mais si Syndrell non plus ne comprenait pas tout, il se doutait qu’il n’allait pas faire mieux qu’elle alors qu’il ne connaissait ni cette Miss, ni Erwan, ni leur fille. Et encore moins leur histoire.
Et à vrai dire, il n’était pas certain de vouloir le savoir non plus. C’était sans doute mieux ainsi.

- Je suis heureuse que tu sois là. En ce moment, tu as le chic pour soigner tes entrées et je ne suis pas sûre d’apprécier cette jalousie sans bornes, mais je suis contente que tu sois là. Je t’aime.

Il ne put s’empêcher de rougir légèrement alors qu’elle lui disait qu’il soignait ses entrées, mais la suite le réconforta. Se pencha vers elle, il captura doucement ses lèvres, pour murmure tout contre elles :

- Je t’aime aussi.

Il l’embrassa à nouveau, et alors qu’il allait fermer les yeux pour se laisser emporter par l’ivresse de son haleine et de l’odeur de sa peau, une petite voix s’éleva juste à côté d’eux.

- Hé, les amoureux ! C’est pas le moment ! Vous devez nous aider à trouver la lettre de maman !

Souriant, Dolce se détacha légèrement de Syndrell, qui lui lança un regard qui voulait tout dire. La lâchant, il hocha la tête quand la Marchombre dit qu’ils avaient du pain sur la planche : en effet, pour trouver un bout de papier dans une maison comme celle-là, il fallait un peu de courage et se retrousser les manches !

Mais alors que la petite retournait dans la chambre à coucher de son père, Dolce se tourna pour balayer la pièce du regard, sans trouver réellement de cachette. D’un coup d’œil, ce n’est pas le genre de choses que l’on repère, mis à part si elle avait été trop prise de court pour le cacher réellement. Il avait plutôt l’impression que c’était ce bout dans la vaisselle qui avait été précipitamment déposé là, donc l’autre devait être bien caché.

- Maman m’avait dit qu’un jour, il faudrait peut-être que je me cache.

Fronçant les sourcils, Dolce tendit l’oreille.
Ylléna parla d’un trou, qui était une cachette pour elle, normalement. Et à la suite de la demande son père, elle l’entraîna hors de la chambre pour l’emporter dans la salle de bain.

Echangeant un regard rapide avec Syndrell, il prit la suite des deux personnes pour tendre le cou dans la salle de bain, et voir ce dont parlait Ylléna.
Elle était quand même très intelligente, cette gamine. Peut-être que sa mère le lui avait montré, mais utiliser la brosse à cheveux pour faire basculer la planche, il fallait y penser. Et en effet, apparemment, il y avait quelque chose derrière cette baignoire d’un style assez victorien.

Mais alors qu’Erwan allait se redresser, une splendide énergie émana de lui, et il saisit sa fille en basculant sur le côté.
Dolce mit plusieurs secondes à voir la flèche qui s’était plantée à la position exacte où s’était trouvé la fillette.
Elle se recroquevilla sur elle-même un instant, et l’instant d’après…

L’instant d’après, il n’y avait plus Erwan et Ylléna.
Il y avait un jaguar grondant et un serpent sifflant.

Ecarquillant les yeux sans comprendre, Dolce eut un léger mouvement de recul, tandis que le fauve sautait à travers la minuscule fenêtre de la pièce, et que le serpent rouge et noir se tortillait sur le sol.
Jetant un regard éperdu à Syndrell, il murmura :

- Euh, on fait quoi là ?

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Sam 15 Fév 2014, 18:41

Dolce sourit en retour à l’exclamation d’Ylléna et se remit à chercher le bout de papier manquant. Syndrell le couva un instant du regard, appréciant que les choses rentrent enfin dans l’ordre. Il avait beau être têtu, jaloux et un brin surprotecteur, Dolce Ysil était le seul homme qui lui ait jamais donné à ce point la sensation d’exister. D’être à sa place dans ce monde, elle qui avait passé son enfance à en être rejetée.

Elle n’ignorait pas à quel point elle était chanceuse de l’avoir à ses côtés : il était un Envoleur, un chasseur de Marchombres… un ennemi. De la même façon qu’Erwan et elle représentaient un certain danger pour lui. Mais qui se serait ri du danger pour rester vaillamment sans se démonter, sinon lui ?

Ylléna avait filé pour rejoindre son père ; Syndrell se remit au travail, balayant du regard les meubles de la cuisine le cœur gonflé d’une toute nouvelle ardeur. Les indices laissés par Miss, en plus de leur fournir une nouvelle piste, étaient autant de petits morceaux de son extraordinaire personnalité. Comme si elle ne les avait pas véritablement quittés. Fébrile, la jeune femme se baissa pour passer la main sous un buffet de bois clair, mais ses doigts ne rencontrèrent que poussière.

Elle était en train de frotter ses paumes sur ses genoux pour les nettoyer lorsqu’Ylléna passa en trombes dans le couloir, Erwan sur ses talons. Dolce tourna vers elle un regard interrogateur, auquel elle répondit par un clignement des paupières, et l’instant suivant ils s’engageaient à leur tour dans le couloir, droit vers la salle de bain.

La salle de bain ? Syndrell se faufila sous le bras que Dolce avait appuyé contre le chambranle de la porte pour jeter un coup d’œil à l’intérieur. Ylléna s’était emparée d’une brosse à cheveux et entreprenait, au moyen du manche incurvé, de soulever une latte du plancher. Une cachette ! Soigneusement dissimulée par la maison elle-même, emplacement secret qu’il était impossible de découvrir à moins d’en connaître l’existence. Du Miss tout craché.

Et dans cette cachette… Syndrell laissa échapper une exclamation victorieuse en découvrant le papier entre les doigts d’Erwan. Ils allaient pouvoir connaître la suite du message de Miss – à moins qu’il s’agisse-là d’un nouveau morceau sans fin, un indice supplémentaire mais requérant de leur part un autre effort de concentration et de recherche. Ils n’eurent pas le temps de découvrir ce qu’il en était exactement.

Surgie de nulle part, une flèche fendit l’air à travers le mince interstice offert par la fenêtre entrouverte, et vint se planter à l’endroit où, une fraction de seconde plus tôt, s’était tenue Ylléna. Erwan avait été plus rapide. Tout en déposant sa fille à l’abri du moindre tir, il la somma de changer de forme – Syndrell le comprit aussitôt tandis que Dolce, lui, sursauta lorsque l’image de la fillette laissa place à celle d’un serpent bigarré.

Mais elle n’avait d’yeux que pour Erwan, et quand il ouvrit la fenêtre d’un geste avant de se percher sur le rebord, elle aperçut nettement le regard sauvage du Jaguar. Le bond qu’il exécuta était d’ailleurs davantage celui d’un félin que celui d’un homme et, lorsque la marchombre se pencha par la fenêtre, elle vit le pelage flamboyant de l’animal disparaître dans les hautes herbes du jardin laissé en friche.


- Heu, on fait quoi, là ?

Syndrell se retourna vivement. Accroupi près de l’ouverture du parquet, Dolce observait le serpent qui se tortillait devant lui, surpris mais malgré tout suffisamment maître de lui-même pour ne pas s’affoler. Avait-il déjà été témoin de ce genre de phénomène ? Syndrell lui aurait volontiers posé la question si un sentiment d’urgence ne l’avait pas  brusquement saisi à la gorge. Elle se pencha sur le petit reptile et le saisit délicatement entre ses doigts.

- Calme, Ylléna, murmura-t-elle en caressant du bout de son doigt les écailles de la petite tête en V. Reste calme.

Les grands yeux dorés de la marchombre vinrent ce noyer dans ceux, immensément vert, de Dolce.

- Garde-la avec toi. Ferme toutes les ouvertures de la maison, portes, fenêtres, et assure-toi que personne ne se trouve dans les parages. Ne la lâche pas, surtout ; elle a peur et elle ne maîtrise pas encore complètement sa métamorphose.

Doucement, Syndrell fit glisser Ylléna sur le poignet de Dolce, autour duquel le serpent s’enroula immédiatement. Le contact de la peau de l’Envoleur devait lui rappeler celle de son père et la rassurer. Déjà Syndrell bondissait par la fenêtre, exactement comme Erwan quelques secondes auparavant.

Elle se réceptionna d’une roulade et s’élança sur les traces d’Erwan, priant pour le retrouver avant qu’il ne soit trop tard. Bien que n’était pas douée de métamorphose comme Ylléna et lui, Syndrell les côtoyait depuis suffisamment longtemps pour deviner leurs comportements et comprendre leurs réactions. Or Erwan était fragile en ce moment, dévasté par la disparition de Miss et secoué par les messages sibyllins qui surgissaient soudain ; le Jaguar, lui, était un prédateur né, un animal puissant et dangereux que la chasse satisfaisait au plus haut point. Le mélange des deux était formidable, mais également redoutable…

Syndrell accéléra l’allure. Elle courait si vite que le vent hurlait à ses oreilles et rabattait ses cheveux en arrière. Il lui sembla percevoir un élancement de douleur à l’aine, en écho à celui qui l’avait violemment assaillie une petite heure plus tôt, mais elle n’aurait interrompu sa course pour rien au monde. Les cris lui parvinrent alors qu’elle dépassait les premiers arbres du bois.





*



Le Jaguar avait trouvé sa proie. Il aurait pu lui régler son compte en un claquement de mâchoires mais, appuyé de tout son poids sur le dos du malheureux, il laisser filer les secondes dans un grondement sourd, effrayant au possible.

Bien fou celui qui croirait voir-là une quelconque forme d’hésitation ou encore de pitié ! Le félin jouait, tout simplement, et se délectait du festin qui s’agitait encore faiblement sous ses énormes pattes. Déjà sa gueule s’ouvrait, dévoilant la denture impressionnante du carnassier qu’il était. Il était prêt. Il allait tuer cet homme, le déchiqueter de ses crocs et le…


- Arrête !!

La surprise davantage que l’ordre figea l’animal avant qu’il ne commette l’irréparable. Une seconde improbable dont profita la tornade bleue qui jaillit des fourrés et s’immobilisa à moins d’un mètre du Jaguar. Le souffle court, Syndrell n’en toisa pas moins l’énorme félin, consciente qu’il n’appréciait sûrement pas d’être interrompu une seconde fois par elle. Pas alors qu’il s’apprêtait à faire un sort à sa proie !

Mais Syndrell ne pouvait pas le laisser faire. Elle devait à tout prix l’en empêcher, tout comme elle devait s’efforcer de brider la monstrueuse vague de colère pure qui flambait en elle à l’idée que cet homme, là, puisse être l’assassin de Miss. Ignorer l’archer était difficile, mais Syndrell parvint à maintenir son regard sur Erwan ; qu’elle le quitte une milliseconde des yeux et il lui sauterait à la gorge.

Elle avait accepté le fait très étrange que sous cette forme, Erwan n’était plus vraiment Erwan ; le marchombre était bien là, dissimulé sous cette immensité sauvage et animale, mais c’était bien le Jaguar qui était aux commandes et qui soutenait son regard, ramassé sur lui-même pour bondir dès qu’il en aurait l’occasion. Syndrell ne lui en offrit pas le loisir.

Elle se mit à chanter. Comme cette fois-là, lorsqu’elle avait trouvé son ami ivre, malheureux et pourtant si loin encore d’envisager la mort de Miss ; et, comme cette fois-là, le Jaguar dressa l’oreille, sensible au chant qu’il connaissait déjà.
Le chant marchombre.

Syndrell modula légèrement sa mélodie, murmure à peine audible qui franchissait la barrière de ses lèvres à la manière d’un songe, y mêlant toute sa volonté.



[Erwan, je me suis autorisée quelques "libertés" avec le Jaguar... Si jamais ça ne te convient pas, tu sais quoi faire ^^]

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Vous. Moi…


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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Dim 16 Fév 2014, 20:45

L’homme sentait la viande.
Il sentait la viande, la peur. Cela suintait de sa peau comme un manteau de fourrure, et cela indiquait qu’on pouvait le mangeait. Le fauve avait déjà son goût sur la langue, son odeur dans la bouche. Il se délectait de l’odeur du sang, cette odeur un peu rouillée, comme du fer, qui envahit les papilles et se colle contre les muqueuses buccales.
C’était comme une farandole de sang, et qu’il essaie de se débattre n’arrangeait pas les choses.

Il avait faim, et il allait manger.

Sauf qu’une présence s’interposa et le fit grogner.
Non, c’était sa viande ! Personne ne la lui piquerait !
L’animal se ramassa puissamment sur l’homme étendu au sol, couchant les oreilles et feulant aussi méchamment que puissamment vers l’humaine qui venait d’arriver.

Une humaine qu’il connaissait, qu’il avait déjà côtoyé, et il savait qu’elle ne mangeait pas de viande.
Alors, pourquoi le fixait-elle comme cela, sans fléchir ? Pourquoi le défiait-elle si ce n’était pas pour manger ?!
Il grogna encore plus fort, et ramena ses pattes sous lui, tirant un nouveau cri mêlé de gargouillement à sa proie.

- Arrête !!

Le jaguar grogna plus fort, mais cessa de s’approcher de sa proie toute tremblante. La peur faisait vibrer sa respiration, imprégnait ses vêtements et libérait des fluides pas très recommandables. Mais l’animal s’en fichait. Il avait faim.

Sauf que cette petite humaine bleue était là, et que cela le contrariait.
Et s’il s’en débarrassait aussi ?
Non. Cela serait du gâchis, il y aurait trop de viande après.

Alors qu’il allait se détourner de l’humaine qui ne représentait pas un danger, l’animal se figea.
Parce qu’elle chantait. Comme la dernière fois, elle chantait, pour le distraire. Mais il ne voulait pas !
Une colère incommensurable le submergea, une colère non pas animale, mais humaine. La colère de l’Autre, qui se déversait en lui, et qui lui fit bourdonner les oreilles, oublier ce chant, oublier tout le reste sauf l’’odeur du sang sous lui.
Sauf l’odeur de la peur et de la viande.

D’un coup de griffe, il déchira le bout de tissus qui recouvrait la chair ferme de l’homme, traçant de profonds sillons dans son dos. L’odeur du sang se fit plus forte. Le son du chant aussi.

Il avait faim.
Il devait arrêter.
Mais il avait faim.
Et il était… en colère !

La silhouette de l’animal se brouilla alors que les émotions humaines reprenaient le dessus. Cependant, ce ne fut pas un humain qui se retrouva sur le dos de l’homme, mais une créature entre le jaguar et l’humain. Avec des griffes, des crocs et des yeux de Jaguar. Avec la faim du jaguar, mais avec la colère de l’humain.

La chose leva les yeux vers l’humaine bleue.
Elle grogna, et quelque chose explosa en elle, faisant sortir de leur gangue toute la frustration et la tristesse qui l’habitaient et qui avaient été claquemurées derrière des barrières mentales. Des barrières qui ne tenaient plus, et qui laissaient ces émotions se déverser en lui, en eux, et qui prirent le dessus.

Les yeux de la chose redevinrent humains. Ses dents et ses mains aussi.
Mais Erwan saisit à pleine main les cheveux de l’archer qui avait voulu viser sa fille. Il évita soigneusement le regard de Syndrell et se baissa tout en tirant sur les cheveux de l’homme pour amener ses lèvres tout près de son oreille.


- Pour qui travaille-tu ?

L’homme, qui transpirait la peur, choisit ce moment-là pour être complètement submergé par la panique, et hurla.
Il hurla, et Erwan lui enfouit la tête dans la terre.
Sa colère avait pris le pas sur sa tristesse et sa frustration, et il la sentait irradier par toutes les pores de sa peau tout comme la peur le faisait avec sa cible.

Il attendit qu’il arrête de hurler pour lui reposer la question.


- Pour qui travaille-tu ?

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mar 18 Fév 2014, 23:00

[Vu avec Dolce pour répondre avant elle, histoire de lui fournir un peu plus de matière ; j'ai fait au mieux mais je ne sais pas si cela suffira !!]



Elle n’avait jamais utilisé le chant marchombre qu’avec Erwan, et peut-être que ce détail rendait cet instant plus intense ; dans l’esprit de Syndrell, en tout cas, ça l’était véritablement. Elle avait conscience du son étrangement lointain qui sortait de sa gorge et pourtant, c’était comme si elle se trouvait derrière le Jaguar, si près qu’elle pouvait sentir son pelage lui chatouiller la paume.

Il réagit lui aussi à cette incroyable mélopée, mais pas de la façon escomptée : oreilles plaquées sur le crâne, il feula et griffa de plus belle l’homme qui se tordait de peur et de douleur sous son poids. A ce moment-là, Syndrell crut vraiment qu’Erwan – non, le Jaguar – allait le tuer. Mais alors, il se produisit quelque chose de surprenant, bien plus surprenant que la scène qui se déroulait déjà devant ses yeux.

Erwan commença à changer. Comme une image qui se brouille et s’estompe, les contours du félin se fondirent dans ceux de l’humain ; le pelage fauve devint peau lisse et mèches blanches, la queue se résorba, les pattes s’allongèrent pour redevenir des bras et des jambes. Et Syndrell cessa de chanter.

Elle était bien trop abasourdie pour continuer. Devant elle se tenait désormais une créature mi-jaguar, mi-humaine ! Un être hybride, difforme et toujours aussi dangereux. Peut-être même davantage, si l’on considérait la rangée de crocs effrayante qui dépassait des lèvres humaines et les griffes qui supplantaient les ongles au bout de ses doigts.


- Oh, nom de…

Inquiète, le regard fixé sur la… chose…, Syndrell sentit à peine ses lames secrètes jaillirent silencieusement de ses avant-bras. Elle était prête à réagir si les choses tournaient au plus mal, mais la Dame soit louée, elles se contentèrent de s’arranger. La marchombre soupira de soulagement en voyant les yeux d’Erwan reprendre leur bleu intense, ses griffes redevenir ongles et ses crocs disparaître.

Elle ne rétracta pas ses lames pour autant, et elle fit bien : le ton de son ami, lorsqu’il prit la parole pour grogner une question à l’homme toujours étendu sous lui, était loin d’être calme. On y percevait très nettement la fureur du Jaguar et Syndrell savait qu’il était encore là, tapi juste sous la surface, prêt à reprendre le contrôle à la première occasion.

Un filet de sueur perlait au coin de ses tempes ; elle se rendit brusquement compte qu’elle avait le souffle court et les jambes tremblantes. Autant de constats qui firent naître une question dans son esprit. Si jamais le Jaguar se manifestait à nouveau, risquerait-elle sa vie pour celle de cet homme ? Cet inconnu qui avait manqué d’un cheveu sa cible, Ylléna ?

L’évidence la frappa avec une clarté effrayante : non. Aussi précieux soient ses principes, ils n’étaient rien comparés à l’amour qu’elle portait à cette petite fille qu’elle avait vu naître. Ylléna et Erwan étaient ce qui se rapprochait le plus d’une famille pour elle. Et s’il n’était pas question de venger Miss en passant par les crimes les plus horribles, protéger sa famille était une priorité à laquelle il ne lui était pas permis de se soustraire.

Les hurlements de l’homme la transpercèrent de part en part, la laissant parfaitement impassible. Il s’était sérieusement blessé en tombant et Erwan avait salement amoché son dos ; quand enfin il cessa de crier, ce fut pour émettre une série de borborygmes indistincts et cracher un mélange de terre, de bave et de sang.

Syndrell franchit les derniers pas qui la séparaient d’eux et s’accroupit lentement près de la tête de l’homme. La lame de son bras droit disparut lorsqu’elle tendit la main pour faire pivoter le visage de l’archer dans sa direction. Il avait la trachée trop écrasée pour répondre aux questions pressantes d’Erwan.


- Articule, ordonna-t-elle en plissant ses yeux dorés.

Il y avait un moment qu’elle n’avait pas lu sur les lèvres de quelqu’un – depuis son séjour dans l’Ile des Femmes, pour être exact – mais c’était un savoir qui ne se perdait pas. Quelques secondes filèrent, tout juste entrecoupées par les halètements de l’homme et le chant des mouettes au-dessus de leurs têtes.


- Ne le connais pas… Ne sais pas son nom, traduisit la jeune femme.

La pointe effilée de sa lame effleura la joue du tireur.


- Est-ce toi qui as tué Miss ? le pressa-t-elle en un grondement qui ressemblait fortement à celui d’Erwan lorsqu’il était encore en partie dominé par le Jaguar.

Paniqué, l’homme agita les lèvres. Un filet de sang en ourlait la commissure.

- Juste débarrassé du corps… Suis un nettoyeur. Dois effacer les traces. Pas tout seul.

Pas tout seul.

Comprenant brusquement ce que ces trois mots lourds de sens voulaient dire, Syndrell leva un regard angoissé vers Erwan. Cet homme n’était pas venu seul ! Se trouvaient-ils embusqués tout près d’ici ? Avaient-ils atteint la maison ?


- Rejoignons Dolce et Ylléna, souffla-t-elle comme son visage devenait pâle.

Son regard glissa vers l’homme qui se tortillait en gémissant sous les pattes – non, les mains – d’Erwan. Que devaient-ils faire de lui ? Le tuer, le laisser pour mort, l’épargner ? Le cœur battant à tout rompre, la marchombre attendit qu’Erwan prenne une décision. Elle avait l’impression saisissante d’être à nouveau une apprentie cherchant l’appui de son maître…

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mer 19 Fév 2014, 00:22

[Wouh, du coup je me suis emballée. J'ai demandé à Erwan pour lancer cette idée ! Wink]










- Calme, Ylléna. Reste calme.

Euh… Rester calme alors que deux personnes, deux personnes normales, humaines, venaient de se transformer en animaux… Encore, ça pourrait être possible. Mais sachant que ces deux personnes venaient de se faire attaquer alors que la dernière qui manquait était décédée à cause d’un truc similaire.
C’était plus compliqué.

- Garde-la avec toi. Ferme toutes les ouvertures de la maison, portes, fenêtres, et assure-toi que personne ne se trouve dans les parages. Ne la lâche pas, surtout ; elle a peur et elle ne maîtrise pas encore complètement sa métamorphose.

Bon… il devait s’occuper d’une fillette-serpent qui ne se contrôlait pas. Vu l’aspect du serpent, il ne devait pas être très… inoffensif de base. Une couleur rouge-orange si éclatante, si brillante, ne pouvait que vouloir dire “danger”.
Prenant une grande inspiration, Dolce essaya de garder un calme physique pour ne pas affoler le serpent, qui devait de toutes façons sentir son incompréhension.
Oh, il n’avait pas peur, il se méfiait, mais n’avait pas peur.
Il était surtout très agacé par la tournure que prenaient les choses. Parce que Ylléna et Erwan subissaient des assauts incompréhensibles.

Qui étaient ceux qui leur voulaient du mal ?
Pourquoi  donc ?

Syndrell était en train de sauter par la fenêtre quand il eut une illumination. Peut-être était-ce le contact du serpent sur sa peau, mais il comprit : les Mercenaires du Chaos cherchaient cette famille.
Pourquoi ?
Il y avait dix milles théories potentielles qui tenaient debout : pour récupérer la fille, pour les convertir, pour les tuer, pour comprendre la transformation animale, parce qu’ils étaient Marchombres, parce que Miss avait eu des contacts bizarre - ce qu’avait sous-entendu Erwan à un moment donné - et que peut-être qu’elle connaissait les Envoleurs…

Dans quelle galère il était !
Caressant du bout des doigts le reptile entortillé autour de son poignet, Dolce entendit un léger bruit dans la cuisine. Erwan et Syndrell étaient passés par la fenêtre, ils  n’étaient pas là, et la porte d’entrée avait été fermée.
Se mettant dans une position de garde simple mais redoutablement efficace, avec Ylléna enroulée autour de son poignet - et elle ne le gênerait pas le moins du monde - il sortit de la salle de bain pour scruter la maisonette.

Il se figea en découvrant les trois personnes dans le salon.

- Dolce ?

Prenant une grande inspiration, il se redressa, et prit une attitude désinvolte.

- Mala…
- Mais que fais-tu ici ? Tu as aussi été affecté à la mission ? On ne m’en a pas informée…


Dolce réfléchit à toute vitesse.

- Moi non plus. Qui d’autre ?

Mala jeta un coup d’oeil derrière elle.

- De simples mercenaires que tu ne connais sûrement pas : Kowl et Nagri. Et Tenargir, mais il s’est fait tué par la marchombre alors qu’il la tuait.

Dolce haussa un sourcil pour se donner de la contenance. Mais son coeur avait failli rater un battement.

- Pourquoi revenir alors ?
- Pour la gamine. Elle peut devenir un animal. On ne te l’a pas dit ?
- On m’a dit que c’était la cible, mais pas pourquoi.


Mala haussa les épaules, semblant ne pas se rendre compte que Dolce bluffait complètement.
Son esprit tournait à cent à l’heure. Il ne fallait absolument pas que Syndrell et Erwan revienne maintenant. Cela aurait été tout simplement… ingérable. Syndrell aurait compris, mais vu la rage d’Erwan, sa tristesse, et sa capacité - la même que sa fille, mais apparemment les Mercenaires n’étaient pas au courant - ils allaient tous se faire déchiqueter.

- Ils ne sont pas là en tout cas.

L’Envoleur ne savait plus quoi faire.
Tuer son ancienne Maître, comme il avait tué son ancienne camarade ?
Et où était le second Mercenaire ?

Un souffle rapide lui répondit : une silhouette mascuine se précipitait vers eux en courant.

- Ils… Le… Le marchombre peut aussi se transformer !

Un sourire narquois passa sur les lèvres de Mala.

- Oh oh, intéressant. On va l’attraper lui aussi alors.
- Impossible ! Il a déjà presque tué Nagri ! Il est trop fort ! Il y a une autre Marchombre avec lui en plus !


La panique submergeait l’homme, et Dolce eut un petit sourire. Bon, il ne serait pas compliqué à mettre hors de combat, lui.

- Mais pourquoi vous avez tué la femme en premier alors ?
- On la cherchait depuis des années. C’était une ancienne de formation d’Envoleuse, elle connaissait l’emplacement du Domaine ! Et en plus, elle y était retournée, et son ancienne apprentie sait aussi où il se trouve ! Nous savons qu’elle a des cheveux bleus… Cela sera son tour après…


Le sang de Dolce ne fit qu’un tour.
Il essaya de contrôler les tremblements de ses bras, mais impossible. Il essayait de se contrôler, mais il sentait toute sa volonté, tout son corps, toutes ses émotions lutter contre l’envie de sauter littéralement à la gorge de son Maître.
Elle avait été son Maître, certes…
Mais elle allait tuer Syndrell !

- Dolce ? Ca va ?

Il ferma les yeux, et ses mâchoires se serrèrent l’une contre l’autre, faisant saillir les muscles de son cou.
Redressant la tête, il inspira rapidement, et Mala fronça les sourcils en le dévisageant.

- Non.
- Qu’y-a-t-il ?
- Toi !


Et il se jeta sur elle.
Si vivement et si violemment qu’elle se laissa prendre par surprise, et il la percuta de plein fouet. Sauf que la femme avait plus d’un tour dans son sac, et qu’elle était Envoleuse depuis de nombreuses années.

Il espérait juste que Syndrell et Erwan allaient bientôt arriver.
Il n’était pas certain de pouvoir tenir longtemps face à celle qui avait été son Maître. Il était devenu toujours plus fort, mais elle aussi. Elle connaissait ses techniques de combat, comme il connaissait les siennes, et ils n’arrivaient pas à se surprendre.

Il voyait l’incompréhension dans ses yeux, les questions qui lui brûlaient les lèvres, mais elle ne perdit pas de temps à essayer de communiquer. Cela aurait pu lui coûter la vie.
Le cri de Kowl fit frémir Dolce mais ne le déconcentra pas.
Il continuait à espérer.

Parce qu'Ylléna était toujours enroulée autour de son poignet.

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Jeu 20 Fév 2014, 13:06

Il ne savait pas comment allait réagir Syndrell, mais il savait qu’il ne lâcherait pas cet homme avant d’avoir eu des renseignements. Quoi qu’elle dise, il ne s’enlèverait pas.

Mais elle ne fit pas ce qu’il pensait, et les battements de son cœur se calmèrent, ralentirent significativement. La Marchombre s’accroupit près de lui, et de la tête de l’homme, pour lui ordonner :


- Articule.

Il n’avait même pas remarqué qu’il avait malmené sa trachée à ce point. Fronçant les sourcils, Erwan comprit qu’il ne se contrôlait plus vraiment. Les émotions le submergeaient, et le jaguar tout comme son inconscient réagissaient très fort à cela. Plus qu’il ne l’avait imaginé, plus qu’il ne le voulait.


- Ne le connais pas… Ne sais pas son nom. … Juste débarrassé du corps… Suis un nettoyeur. Dois effacer les traces. Pas tout seul.

La jeune femme lisait sur les lèvres de l’archer, et Erwan se sentait bouillir de l’intérieur. Pourtant, son cœur battait de plus en plus lentement. Il avait pris sa décision.

L’homme n’était pas venu seul, c’était un fait. Où étaient les autres alors ? Et pourquoi était-il revenu ?


- Rejoignons Dolce et Ylléna

Erwan hocha la tête et laissa son regard se planter sur l’homme, qui tremblait sous lui. Il jeta un coup d’œil à Syndrell, une seconde, et attrapa la tête de l’homme pour la faire pivoter très rapidement. Les cervicales cédèrent sous ses doigts.
Il n’y avait que cette solution. Il ne voulait pas que les autres sachent. Il ne pouvait pas se permettre de faire connaître sa particularité non plus, et les tuer ne lui ramènerait certes pas Miss, mais cela apaiserait sa colère, l’envie de sang du Jaguar.


- Oui, allons-y.

Sa voix était une octave plus bas qu’habituellement. Il était déterminé, et rien ne pourrait l’arrêter, pas même les états d’esprit de Syndrell. C’était dommage, mais c’était comme ça.

Laissant le cadavre sur place, le Marchombre s’en détourna et prit la direction de la maison. Mais alors qu’ils approchaient du côté de la salle de bain, des éclats de voix attirèrent son attention devant la maison.

Son cœur bondit dans sa poitrine.
Ylléna !
Sauf qu’il reconnut la voix qui s’éleva, alors qu’il contournait la maison.


- Mais pourquoi vous avez tué la femme en premier alors ?

Dolce parlait aux ennemis ! Et en plus, il posait des questions !
Une colère monta en Erwan, car il voulait lui, poser des questions, lui, avoir des réponses ! Mais alors qu’il allait s’élancer, la femme qui parlait avec le compagnon de Syndrell ouvrit la bouche pour répondre, et le Marchombre s’immobilisa.

- On la cherchait depuis des années. C’était une ancienne de formation d’Envoleuse, elle connaissait l’emplacement du Domaine ! Et en plus, elle y était retournée, et son ancienne apprentie sait aussi où il se trouve ! Nous savons qu’elle a des cheveux bleus… Cela sera son tour après…

Erwan savait que Miss cachait des secrets. Elle lui avait bien dit qu’elle avait suivi une formation de Mercenaire du Chaos avant d’atterrir chez les Marchombres.
Par contre…

Il jeta un coup d’œil à Syndrell.
Il ne savait pas qu’elle connaissait l’emplacement du Domaine. Et d’après les paroles de cette femme, elle allait être elle aussi la prochaine sur la liste.


- Dolce ? Ca va ?

Fronçant les sourcils, Erwan passa sa tête à l’angle de la maison, juste à temps pour voir le visage de Dolce répondre que non… Avant de se jeter sur elle.

C’était à n’y rien comprendre, ou presque.
Où était Ylléna ? Un éclat rouge attira son attention, et il la vit enroulée autour du poignet de Dolce, alors que ce dernier entamait un combat avec la femme.

Et soudain, son identité éclata dans l’esprit d’Erwan : Envoleur !
Cet homme était un Envoleur… Syndrell le savait-elle ? Pourquoi attaquait-il les gens de son propre camp ? Il avait l’air de connaître cette femme, et elle aussi le connaissait. Elle semblait voir chacun de ses mouvements en avance, ou presque, et le combat ne menait nulle part. Ils étaient puissants tous les deux, mais leurs techniques étaient proches, leur capacités aussi… Seule l’expérience permettait à la femme de prendre un peu de terrain, et elle le faisait bien…

Sauf qu’Ylléna était accrochée au poignet de Dolce !

Se ramassant sur lui-même, Erwan souffla à Syndrell :
«  L’homme à droite, tu t’en charges ? » avant de s’évanouir dans un souffle.
Il bondit en avant, et fut Jaguar avant même de retomber sur le sol, se précipitant à toute allure vers les deux combattants qui s’affrontaient.

Il grogna et attira l’attention de la femme, qui se fit avoir par le coup de Dolce à cause de son inattention. Son nez éclata dans un geyser de sang qui excita le félin. Il grondait de plus en plus fort, et s’élança en avant pour essayer de se retrouver sur la femme. Cette dernière réussit à l’éviter, ainsi que les prochains coups de l’homme, et même à frapper ce dernier, qui se retrouva sonné.
Une lame jaillit alors de son poignet et se planta à quelques millimètres de la patte du Jaguar, qui dans un extraordinaire réflexe s’était poussé juste à temps. Mais alors qu’elle relevait la main pour utiliser encore cette… chose ? Un don ? Erwan reprit sa forme humaine pour lui lancer un atémis de taille. Dolce s’était aussi repris, et utilisait ses poings pour venir à bout de cette femme dont Erwan ne connaissait pas le nom.

Mais la nécessité de l’éliminer était plus forte que tout.
Il avait des réponses, mais personne ne devait trouver Ylléna. La sécurité de sa fille était bien plus importante que des réponses. Personne ne devait savoir. Personne ne devait s’en douter, pas pour lui non plus.

Face à deux adversaires chevronnés, la femme fatigua très vite, et alors qu’elle trébuchait, Erwan jeta un coup d’œil à Dolce, avant de faire sortir ses lames de la partie palmaire de ses poignets et d’attraper la femme par les cheveux, lui tirant la tête en arrière pour exposer sa gorge fragile.

Elle regarda l’Envoleur, avec une lueur d’incompréhension dans le regard.


- L’amour est une faiblesse…

Erwan ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit de plus. Il lui ouvrit la gorge, et une immense giclée de sang s’élança dans les airs, pour tomber sur la terre encore légèrement gelée. La lâchant, il l’ignora complètement pour s’approcher de Dolce, de sa fille.

La lueur sauvage dans ses yeux disparut instantannément.


- Je peux récupérer Ylléna ?








[ Du coup, je me suis emballée aussi ! S'il y a un problème : MP !]

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Ven 21 Fév 2014, 20:13

Le regard bleu cobalt d’Erwan étincela lorsqu’il brisa net les cervicales de l’archer. C’était la seule chose à faire, et l’évidence autant que le sinistre craquement sortit Syndrell de sa brusque torpeur. Se relevant d’un bond, elle rétracta ses lames et s’élança derrière son ami. Sans un regard pour l’homme qui gisait au beau milieu du petit bois dans une mare de sang.

Tout en courant, la marchombre tourna et retourna ses paroles silencieuses. L’idée qu’on ait pu « se débarrasser » du corps de Miss lui soulevait l’estomac. A la réflexion, elle avait bien fait de laisser Erwan régler cette affaire ; il l’avait fait d’une manière bien plus clémente que les images qui lui venaient soudain en tête.

Pas seul.

Ces deux mots avaient déclenché en elle un pressentiment. Elle n’était pas seule dans ce cas, à en juger par la vitesse d’Erwan ; elle arrivait tout juste à ne pas se laisser distancer. Après avoir fait l’aller de manière identique, elle avait l’impression que ses muscles allaient s’enflammer tant ils la brûlaient. Mais pour rien au monde elle n’aurait ralenti l’allure, et c’est aux côtés d’Erwan qu’elle jaillit sur le sentier de la maison.

Le pressentiment de Syndrell grandit alors qu’ils s’approchaient de la fenêtre de la salle de bain. Elle était restée ouverte, et il ne pouvait s’agir d’un oubli de la part de Dolce. Les bruits de voix qui filtrèrent par l’entrebâillement du battant confirmèrent cette évidence. Sans un mot, Erwan contourna la maison, suivit comme son ombre par Syndrell ; il s’arrêta à l’angle qui donnait sur l’entrée et se plaqua contre le mur, l’oreille tendue.


- Mais pourquoi vous avez tué la femme en premier alors ?

Dolce !

Syndrell se démancha le cou pour tenter d’apercevoir son compagnon par-dessus l’épaule d’Erwan. L’envoleur lui tournait le dos et l’empêchait de distinguer les traits de son interlocutrice ; il y avait un homme sur sa gauche et un autre se tenait légèrement en retrait, observant la scène sans pouvoir dissimuler sa fébrilité.


- On la cherchait depuis des années. C’était une ancienne de formation d’Envoleuse, elle connaissait l’emplacement du Domaine ! Et en plus, elle y était retournée, et son ancienne apprentie sait aussi où il se trouve ! Nous savons qu’elle a des cheveux bleus… Cela sera son tour après…

Le souffle court, Syndrell colla son dos au mur, ses grands yeux dorés brillants plus que de coutume. Traquée ! Miss avait été traquée par les Mercenaires du Chaos, tout comme l’étaient à présent Erwan et Ylléna, et comme elle le serait demain… Et tout ceci pour une fuite ? Avait-on réellement assassiné Miss pour la simple raison qu’elle connaissait l’emplacement du Domaine ?

Erwan lui avait jeté un coup d’œil surpris lorsqu’elle s’était rejetée en arrière. Il ignorait tout de ce fâcheux épisode ; ni Miss ni Syndrell n’en avaient parlé à quiconque. Après que la marchombre aux yeux violets avait tiré son apprentie trop curieuse des griffes des Mercenaires, le sujet n’avait plus jamais été remis sur le tapis, mais jamais Syndrell ne pourrait oublier cette expérience qui avait bien failli leur coûter la vie à toutes les deux.

Son cœur rata un battement.

Et si la trop curieuse petite apprentie n’avait pas eut l’audace de s’infiltrer dans le Domaine, aurait-on cherché des noises à Miss ? Ne s’était-elle pas justement fait oublier, après avoir délaissé le Chaos pour l’Harmonie ? Un long frisson remonta le long du dos de Syndrell lorsqu’elle envisagea sa « bêtise » comme étant la cause de cette sombre histoire. Et si Miss avait été tuée pour payer le prix de l’idiotie de son écervelée de novice ?

Elle n’eut guère le temps de tergiverser davantage ; un combat féroce venait de s’engager entre  Dolce et son interlocutrice. Oubliant momentanément l’angoisse qui lui broyait le cœur, Syndrell se vit chargée d’une nouvelle inquiétude : que diable fabriquait Dolce ? Feignait-il de combattre pour sauver les apparences ou bien s’attaquait-il réellement à ses pairs ? Ignorant tout des questions qui se bousculaient sous le crâne de la jeune femme, Erwan lui effleura le bras.


- L’homme à droite, tu t’en charges ?

Il disparut avant d’entendre sa réponse ; celle-ci était, somme toute, parfaitement inutile. Syndrell savait ce qu’elle avait à faire. Erwan n’avait mentionné qu’un seul homme sur les deux qui se tenaient dans son champ de vision, réduction des termes qui n’avait rien à voir avec une erreur. La marchombre tira un poignard de sa ceinture et le lança à la gorge de celui qui se trouvait être le plus éloigné d’eux.

A peine s’était-il effondré qu’elle bondissait sur le deuxième homme. Celui-ci s’était déjà remis de sa surprise et il l’évita avec une redoutable efficacité. Syndrell sentit une main frôler sa tempe et une autre caresser ses côtes ; elle recula vivement, une main plaquée sur son sternum, et détailla rapidement son adversaire.

Il était plus grand qu’elle d’une bonne tête et demi. Très mince, il portait néanmoins des coups d’une rare puissance et sa garde était parfaite. C’était un Envoleur. Du même âge que Dolce, mais lui avait des cheveux mi-longs et un bouc aussi sombre que sa tignasse ornait son menton. Aucune peur ne scintillait ses yeux bleu-gris mais une suffisance à peine voilée. Syndrell eut envie de lui tirer la langue.

Il bougea avant qu’elle en ait eu le temps, si vite qu’elle failli se laisser attraper. Réagissant au tout dernier instant, elle pivota, se laissa tomber au sol et faucha les chevilles de l’Envoleur. Il roula sans attendre qu’elle lui saute dessus et se remit en garde, mais Syndrell eut la satisfaction de constater que la pointe de son poignard avait déchiré la tunique sa tunique et ouvert une estafilade, un peu au-dessus du coude gauche.

Un point pour elle !

En fut-il vexé ? Possible, d’autant qu’elle était loin d’égaler son gabarit. C’est probablement ce qui le poussa à changer de tactique aussi rapidement. Alors qu’elle pensait le voir tirer ses lames, il écarta les bras et de ses paumes jaillirent des chaînes. Petites mais solidement reliées entre elle par un alliage métallique incroyablement solide, elles fusèrent vers Syndrell. Celle-ci parvint à éviter la première en se jetant sur le côté mais la seconde chaîne s’enroula autour de son torse et elle se retrouva cerclée par une formidable force de traction.

Elle grimaça en sentant l’acier mordre sa chair. L’Envoleur la toisa d’un air mauvais. Il perdit toutefois son avantage lorsque la femme que Dolce et Erwan combattaient avec férocité laissa échapper un cri de douleur ; Syndrell sentit la chaîne de desserrer imperceptiblement lorsque l’acolyte de la beauté fatale tourna la tête dans sa direction. Elle en profita pour se couler hors de l’étau d’acier et bondit en arrière afin de se protéger d’une nouvelle attaque.

Risquant un coup d’œil rapide en direction d’Erwan et Dolce afin de vérifier où ils en étaient dans leur combat, elle perçut soudain un bref éclat orangé au poignet de son amant. Ylléna était toujours enroulée autour de son poignet… et soudain, une idée germa dans l’esprit de la marchombre.

Lorsque son adversaire se fendit, elle était cette fois fin prête. A nouveau, la chaîne secrète chercha à s’enrouler d’elle ; sans lui en laisser le temps, la jeune femme leva son bras gauche, et la chaîne s’enroula autour de son bras. Chuintement de métal. Syndrell sourit. L’idiot ! Il avait lancé ses deux chaînes ensemble et celles-ci s’étaient prises dans la lame qui avait jaillit de son bras au bon moment. Désormais piégé, l’Envoleur grogna et chercha à se libérer.

Trop tard.

Les yeux écarquillés, il contempla un instant le manche du poignard qui dépassait de sa poitrine, observant sans y croire la tâche sombre qui s’élargissait sur sa tunique. Puis ses forces l’abandonnèrent et il s’effondra lentement, rappelant à lui, dans un ultime sursaut de vie, ses chaînes de métal. Syndrell soupira de soulagement en sentant l’étau se desserrer.

Baissant les yeux, elle grimaça en constatant les dégâts causés par la chaîne sur sa combinaison de cuir, puis elle mesura la chance qu’elle avait d’être toujours en vie, en un seul morceau, et les égratignures passèrent au second plan. Le premier était, bien évidemment, Erwan et Dolce. Elle avait suivi leur combat du coin de l’œil pendant qu’elle-même était aux prises avec son adversaire, mais lorsqu’elle vit Erwan trancher la gorge de la femme, son cœur se serra douloureusement.

Parce qu’elle comprenait la nécessité de ce geste.
Parce qu’elle admirait son efficacité.
Parce qu’elle redoutait ses conséquences.

L’ombre qui obscurcissait les yeux de son ami lui faisait peur. Il avait changé, bien plus qu’il ne saurait le dire, et Syndrell se sentit frémir ; ce n’était pas lui qu’elle redoutait – elle avait déjà confié sa vie au Jaguar et à l’homme, chose qu’elle recommencerait sans la moindre hésitation ! – mais les risques qu’il prenait en évoluant ainsi. Ylléna avait déjà perdu sa mère, on ne pouvait pas se permettre de lui enlever son père…

Repoussant ces sombres pensées, la marchombre s’agenouilla près du corps de l’homme au bouc afin de vérifier qu’il était bien mort. Sans réfléchir, elle lui ferma les yeux ; elle avait bien trop conscience de tout ce qui la liait à cet être humain – un corps, un esprit, un cœur – pour refuser de le respecter, même dans la mort. C’est seulement à ce moment-là qu’elle se rappela les paroles de l’archer.

Les Mercenaires du Chaos n’avaient pas respecté Miss. La mâchoire crispée, Syndrell se jura de ne jamais s’abaisser à un acte aussi bas, quitte à leur accorder trop d’égards ; elle refusait purement et simplement d’agir aussi bassement que ses ennemis. Des ennemis qui, pour certains, étaient liés d’une quelconque façon à Dolce…

Elle se redressa tout en observant son amant. Il s’efforçait de rester impassible mais ce combat l’avait fortement secoué. En silence, Syndrell contempla un bref instant le corps de la femme étendue aux pieds d’Erwan. A quel point Dolce avait-il été lié à elle ?


- Je peux récupérer Ylléna ?

Syndrell détacha son regard de Dolce pour le poser sur Erwan. Solidement campé sur ses jambes devant l’Envoleur, il attendait la réponse de celui-ci sans l’ombre d’une menace. Et pourtant, il savait. Cela se devinait à la façon dont il se tenait. Sans en avoir l’air, Syndrell se rapprocha d’eux et se plaça de façon à pouvoir intervenir si jamais les choses tournaient mal.

Allaient-elle mal tourner ?





[Vous avez commencé, alors y'a pas de raison pour que je ne m'emballe pas, moi aussi ! NB : je ne suis pas du tout en faveur d'un pugilat entre Erwan et Dolce mais si jamais c'est le cas, ne comptez pas sur moi pour prendre parti : je suis aussi neutre que la Suisse ! voilà !]

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Ven 21 Fév 2014, 21:42

Un soupir s’échappa des lèvres de Dolce quand Erwan arriva pour lui prêter main forte.
Mais alors qu’il posait très rapidement son regard sur l’homme, des dizaines de questions lui traversèrent l’esprit : avait-il compris qui il était ? Pourquoi l’aidait-il ? Allait-il l’achever après ?

Mais Mala ne se laissa pas faire, ne se laissa pas surprendre.
Alors même que le Marchombre se transformait en félin. En même temps, elle venait d’être prévenue, mais même l’Envoleur resta surpris un instant… Heureusement que la femme fut occupée à éviter le coup de l’animal, sinon elle aurait pu lui faire très mal.

Le combat lui semblait terriblement brouillon.
Surtout avec un animal en plus, un animal qui se retransforma en humain. Ce qui surpris encore plus Dolce, qui se déconcentra un instant en se demandant comment il pouvait avoir encore des vêtements… ce qui lui fit perdre une précieuse seconde, durant laquelle son ancienne Maître réussit à lui donner un coup de poing qui le sonna…

Elle avait utilisé sa greffe.
Alors qu’elle n’était pas censée le faire face à un Marchombre, à des Marchombres – même si Syndrell le savait déjà – d’autant plus que ce dernier avait l’avantage quand même. Peut-être espérait-elle un retournement de situation de sa part ?
Il en était hors de question. Elle avait beau être son ancienne Maître, il ne la laisserait jamais toucher un seul cheveu de Syndrell. Il ne laisserait jamais personne toucher un seul cheveu de la Marchombre en sa présence, même si elle pouvait se débrouiller dans la plupart des cas.

Finalement, Erwan réussit à prendre le dessus sur l’Envoleuse, qui se retrouva à genou sur le sol, la gorge dégagée et offerte.
Dolce n’empêcha pas son regard de tomber dans celui de Mala.
Elle comprit.
Elle comprit, et sa phrase le percuta mieux que n’importe quel coup de poing.
Il n’avait jamais cessé de lui exposer son avis sur la chose, durant sa formation, et jamais elle n’avait cédé. Toujours, elle avait voulu le convertir, et elle prêchait la faiblesse de l’amour. Sauf que désormais, entre les griffes de deux hommes qui se battaient pour leur compagne – perdue ou non – elle ne pouvait plus rien faire.

Parce que malgré tout, l’amour donne des ailes.

Quand le sang gicla de sa gorge, Dolce ferma les yeux et détourna le visage. Il s’accroupit près du corps et poussa un léger soupir. Il n’était pas désolé, mais il aurait aimé que cela se passe autrement. D’abord tuer sa camarade, puis tuer son propre Maître… même si techniquement il n’avait pas tué Mala, il y avait fortement contribué.
Un jour ou l’autre, les Mentaïs finiraient par se douter de quelque chose…
Dolce était en train de glisser son pouce sur le front de la femme quand Erwan se redressa pour s’adresser à lui.

- Je peux récupérer Ylléna ?*

L’Envoleur hocha la tête et se redressa lentement.

- Oui, bien sûr.

Tendant son bras vers le Marchombre, il l’observa. Il se méfiait, tout simplement parce que cet homme était affreusement redoutable, et qu’il ne savait pas s’il voulait reprendre sa fille pour se jeter sur lui ou non.

Jetant un coup d’œil à Syndrell, Dolce fronça légèrement les sourcils, avant de reporter immédiatement son attention sur Erwan.

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Sam 22 Fév 2014, 14:38

Erwan avait posé sa question sans aucune animosité. Pourtant, la méfiance irradiait de Dolce, mais aussi de Syndrell qui s’était rapprochée…
Et cela le vexa légèrement. Même si c’était aussi normal, comme réaction. Parce qu’il avait enfin compris l’identité de Dolce, et qu’il ne savait pas comment réagir. Mais cet homme s’était attaqué à des personnes de son camp, et il connaissait très bien la femme qu’ils avaient défaite à deux.


- Oui, bien sûr.

Le Marchombre tendit les mains et attrapa le corps reptilien de sa fille, qui s’enroula autour de son propre poignet rapidement. Puis, il leva les yeux vers Dolce.

Il avait beaucoup de questions.


- Tu es l’un des leurs, pourquoi les avoir attaqués ? Tu connaissais bien cette femme, qui était-elle ? Que t’ont-ils dit de plus ? Nous savons juste qu’elle voulait prendre en chasse Syndrell après…

Erwan prit une inspiration.
Il ne comprenait pas la logique de l’homme, en l’occurrence.


- Sais-tu qui a tué Miss ?








[ Court, mais je ne voulais pas me contenter d'un dialogue ^^ ]

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mer 26 Fév 2014, 11:20

Une lueur de déception aussi brève qu’intense traversa le regard d’Erwan, fichant une pointe de culpabilité dans le cœur de Syndrell. Jamais elle n’aurait douté de son ami et pourtant, alors qu’il faisait face à Dolce dans l’attente de récupérer Ylléna, elle reconnaissait qu’elle n’était pas tranquille. Le Jaguar était un prédateur imprévisible. Etait-ce mal agir que de redouter son apparition au plus mauvais moment ?

Mais Dolce tendit son poignet pour permettre au serpent de changer de porteur, et aucune bagarre n’éclata. Poing contre poing, les deux hommes ressemblaient étrangement à des Thüls en train de se saluer. Comprenant qu’il s’agissait-là d’une porte entrouverte sur une issue pacifique, Syndrell se tranquillisa et posa une main sur l’épaule d’Erwan pour, de l’autre, glisser un doigt sur la petite tête colorée d’Ylléna.

Comme chez Ciel, elle était fascinée par la beauté du reptile, qui n’était que courbes fines et épurées. Ses écailles scintillaient doucement, comme recouvertes d’une mince couche de poussière pailletée, et ses anneaux orange vif étaient si délicats qu’on croirait voir-là l’œuvre d’un grand artiste. Ylléna frémit à son contact et darda timidement sa langue fourchue vers le doigt caressant. Tout à sa contemplation, Syndrell faillit manquer l’air gêné qui se peignit soudain sur le visage de Dolce. Droit comme un i, Erwan attendait sa réponse et son attente était légitime. Il avait le droit de savoir.


- Rentrons, proposa alors Syndrell. J’ignore si d’autres tueurs sont à nos trousses mais, si c’est le cas, nous seront plus en sécurité à l’intérieur de la maison.

Ils commencèrent par fermer soigneusement portes, fenêtres et volets. Puis Syndrell dressa rapidement la table et servit la salade composée, sans oublier l’assiette d’Ylléna ; le serpent ne quittait pas le poignet d’Erwan et ne faisait pas mine de vouloir changer de forme. Sans doute attendait-elle de se sentir parfaitement en sécurité avant d’oser redevenir une petite fille…

Syndrell s’assit près de Dolce, en face d’Erwan, et prit le temps de rassembler ses pensées avant d’entamer la conversation. Le sujet était on ne peut plus sérieux, mieux valait donc qu’elle l’introduise sans tourner autour du pot. Après un regard furtif en direction de son amant, la jeune femme se lança :


- Dolce est un Envoleur. Quand j’ai appris cette nouvelle, j’ai failli le tuer…

Une cabane, plantée au beau milieu de la Passe de la Goule, refit surface dans la mémoire de Syndrell. Souvenir très intense dans lequel elle se voyait en train de plaquer Dolce contre le mur en bois de l’habitation. Il était sérieusement blessé et ne lui opposait aucune résistance, préférant darder sur elle son beau regard vers quand elle hésitait encore à l’égorger…

- Tu te souviens de Vanora ? La femme qui m’avait laissée pour morte après avoir tué Nuance ? Sans toi, je ne serai pas là aujourd’hui pour reparler de cette histoire, mais sans Dolce je ne serai pas là non plus : c’est grâce à lui que j’ai pu mettre un terme à cette folie. Et depuis lors, nos chemins sont étroitement liés.

Syndrell se tut. Elle laissait à Dolce le soin de poursuivre, non pas pour se dédouaner d’une faute qu’il n’avait de toute façon pas commise mais pour leur raconter sa propre histoire. Qui était cette femme qu’Erwan avait égorgée ? Il y avait bien eu, dans le regard de Dolce, une lueur chagrine qui persistait encore à s’accrocher au vert intense de ses iris… Devinant son trouble, elle glissa sa main dans la sienne.

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Vous. Moi…


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