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Le Pacte VS L'Ordre
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 Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mer 26 Fév 2014, 11:20

Une lueur de déception aussi brève qu’intense traversa le regard d’Erwan, fichant une pointe de culpabilité dans le cœur de Syndrell. Jamais elle n’aurait douté de son ami et pourtant, alors qu’il faisait face à Dolce dans l’attente de récupérer Ylléna, elle reconnaissait qu’elle n’était pas tranquille. Le Jaguar était un prédateur imprévisible. Etait-ce mal agir que de redouter son apparition au plus mauvais moment ?

Mais Dolce tendit son poignet pour permettre au serpent de changer de porteur, et aucune bagarre n’éclata. Poing contre poing, les deux hommes ressemblaient étrangement à des Thüls en train de se saluer. Comprenant qu’il s’agissait-là d’une porte entrouverte sur une issue pacifique, Syndrell se tranquillisa et posa une main sur l’épaule d’Erwan pour, de l’autre, glisser un doigt sur la petite tête colorée d’Ylléna.

Comme chez Ciel, elle était fascinée par la beauté du reptile, qui n’était que courbes fines et épurées. Ses écailles scintillaient doucement, comme recouvertes d’une mince couche de poussière pailletée, et ses anneaux orange vif étaient si délicats qu’on croirait voir-là l’œuvre d’un grand artiste. Ylléna frémit à son contact et darda timidement sa langue fourchue vers le doigt caressant. Tout à sa contemplation, Syndrell faillit manquer l’air gêné qui se peignit soudain sur le visage de Dolce. Droit comme un i, Erwan attendait sa réponse et son attente était légitime. Il avait le droit de savoir.


- Rentrons, proposa alors Syndrell. J’ignore si d’autres tueurs sont à nos trousses mais, si c’est le cas, nous seront plus en sécurité à l’intérieur de la maison.

Ils commencèrent par fermer soigneusement portes, fenêtres et volets. Puis Syndrell dressa rapidement la table et servit la salade composée, sans oublier l’assiette d’Ylléna ; le serpent ne quittait pas le poignet d’Erwan et ne faisait pas mine de vouloir changer de forme. Sans doute attendait-elle de se sentir parfaitement en sécurité avant d’oser redevenir une petite fille…

Syndrell s’assit près de Dolce, en face d’Erwan, et prit le temps de rassembler ses pensées avant d’entamer la conversation. Le sujet était on ne peut plus sérieux, mieux valait donc qu’elle l’introduise sans tourner autour du pot. Après un regard furtif en direction de son amant, la jeune femme se lança :


- Dolce est un Envoleur. Quand j’ai appris cette nouvelle, j’ai failli le tuer…

Une cabane, plantée au beau milieu de la Passe de la Goule, refit surface dans la mémoire de Syndrell. Souvenir très intense dans lequel elle se voyait en train de plaquer Dolce contre le mur en bois de l’habitation. Il était sérieusement blessé et ne lui opposait aucune résistance, préférant darder sur elle son beau regard vers quand elle hésitait encore à l’égorger…

- Tu te souviens de Vanora ? La femme qui m’avait laissée pour morte après avoir tué Nuance ? Sans toi, je ne serai pas là aujourd’hui pour reparler de cette histoire, mais sans Dolce je ne serai pas là non plus : c’est grâce à lui que j’ai pu mettre un terme à cette folie. Et depuis lors, nos chemins sont étroitement liés.

Syndrell se tut. Elle laissait à Dolce le soin de poursuivre, non pas pour se dédouaner d’une faute qu’il n’avait de toute façon pas commise mais pour leur raconter sa propre histoire. Qui était cette femme qu’Erwan avait égorgée ? Il y avait bien eu, dans le regard de Dolce, une lueur chagrine qui persistait encore à s’accrocher au vert intense de ses iris… Devinant son trouble, elle glissa sa main dans la sienne.
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mar 18 Mar 2014, 10:57

- Tu es l’un des leurs, pourquoi les avoir attaqués ? Tu connaissais bien cette femme, qui était-elle ? Que t’ont-ils dit de plus ? Nous savons juste qu’elle voulait prendre en chasse Syndrell après… Sais-tu qui a tué Miss ?

Récapitulant l’ensemble des questions du Marchombre dans sa tête, Dolce prit une inspiration pour ouvrir la bouche et répondre comme il le pouvait. Non pas qu’il ait envie de cacher quoi que ce soit à Erwan, puisqu’il avait deviné une grande majorité des choses, mais en même temps parfois le doute vaut mieux que la vérité nue.

Cependant, il n’eut pas le temps d’émettre le moindre son, car Syndrell prenait la parole.

– Rentrons. J’ignore si d’autres tueurs sont à nos trousses mais, si c’est le cas, nous serons plus en sécurité à l’intérieur de la maison.

Dolce hocha légèrement la tête, et s’engouffra dans la maison derrière sa bien-aimée.
Ils fermèrent tout sur leur passage, chaque trou vers l’extérieur possible. La petite était toujours un serpent, et plus il y pensait, plus cela le mettait mal à l’aise. Et plus il était mal à l’aise, plus il pensait que son père se transformait en jaguar, lui.

Ils finirent par s’asseoir autour de la table, et la présence rassurante de Syndrell contre son flanc le calma en partie.

- Dolce est un Envoleur. Quand j’ai appris cette nouvelle, j’ai failli le tuer…

Il s’en souvenait parfaitement, et pourtant ne regrettait en aucune manière ce qui s’était passé ce jour-là. Elle aurait pu le tuer, sur le coup, il s’en serait fichu. Après tout, il n’avait pas grand-chose à perdre, à ce moment-là, et elle était malgré tout quelque chose de précieux pour lui.
Malgré tout.

- Tu te souviens de Vanora ? La femme qui m’avait laissée pour morte après avoir tué Nuance ? Sans toi, je ne serai pas là aujourd’hui pour reparler de cette histoire, mais sans Dolce je ne serai pas là non plus : c’est grâce à lui que j’ai pu mettre un terme à cette folie. Et depuis lors, nos chemins sont étroitement liés.

L’Envoleur ne put rien faire d’autre que de hocher la tête.
Etroitement liés, c’était le cas de le dire. Pourtant, leurs voies étaient complètement opposées… C’était sans doute le plus étonnant. Le plus… irrationnel, dans tout cela.

Posant ses deux mains aux paumes ouvertes contre le bois de la table, Dolce poussa un léger soupir pour remettre un peu d’ordre dans ses idées.

- J’ai attaqué ces personnes, car leur but n’était pas seulement de se débarrasser de ta famille et de toi, mais aussi de Syndrell. Et personne, à mon sens, il jeta un coup d’œil vers la jeune femme pour être sûr de ne pas provoquer de réaction disproportionnée chez elle, personne ne touchera un cheveux de Syndrell si je peux l’éviter. De n’importe quel moyen.

Il fit une pause.
Devait-il avouer que Mala avait été son Maître ?
En croisant le regard de Syndrell, il avait envie de dire oui. En croisant celui d’Erwan, c’était plutôt non…

- Cette femme s’appelait Mala. C’était ma… ma formatrice.

Malgré lui, sa voix descendit d’une octave quand il fit cette révélation. Il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil à Syndrell.

- J’ai déjà tué ma camarade de cours pour Syndrell, ajouta-t-il en se redressant et en gonflant la poitrine malgré lui, pour se donner du courage. Elle m’a donné le nom de celui qui a tué votre compagne,  dit-il en réalisant qu’il ne s’était pas encore adressé directement à Erwan et que le vouvoiement avait été… plus naturel qu’autre chose. Il s’appelait Tenargir. Il est mort en l’achevant. Ou l’inverse. Ils sont tous les deux morts ensemble en tout cas.

Dolce connaissait ce Tenargir de nom. Parce qu’il était du même genre que l’ancienne Envoleuse, celle aux écailles de dragon rouge. Il avait une particularité bien à lui : une sorte de fumée chaotique. Une aura, si on pouvait dire cela.
Peut-être connaissait-il la compagne d’Erwan de sa formation. Mais là, cela ne lui disait absolument rien.

Redressant le menton, il planta son regard dans celui d’Erwan si clair.

- Je n’en sais pas plus. J’ai perdu le contrôle de moi-même quand elle a commencé à me parler de Syndrell…Mais ils cherchaient votre fille parce qu’ils connaissent ses… capacités.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Jeu 03 Avr 2014, 15:29

A peine eut-il posé sa question que Syndrell entraîna les deux hommes dans la maison, à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes. Les corps étaient toujours étalés sur le sol, mais Erwan savait qu’il y avait quelques coyotes et animaux sauvages par ici – et notamment des corbeaux – qui viendraient s’en nourrir pendant la nuit. Il pouvait même sentir le tigre qui rodait non loin, attendant que les humains encore vivants s’éloignent.

Haussant les épaules, l’homme s’éloigna donc de ce lieu de mort pour rentrer dans sa maison. Mais pouvait-il réellement la considérer comme telle, désormais ? Tout ce qui s’était passé aux alentours depuis des mois semblait réellement tenter de l’en éloigner. Était-il temps de quitter cette maison pour s’en trouver une autre ? Car cela lui semblait impensable de s’installer définitivement à l’Académie.

S’asseyant devant son assiette que Syndrell venait de remplir de salade, il leva donc les yeux vers Dolce, attendant toujours sa réponse. Ses réponses. Ylléna était toujours autour de son poignet, et il n’avait pas envie de la forcer à retrouver sa forme humaine, car il savait à quel point être un animal repoussait la peur.

- Dolce est un Envoleur. Quand j’ai appris cette nouvelle, j’ai failli le tuer…Tu te souviens de Vanora ? La femme qui m’avait laissée pour morte après avoir tué Nuance ? Sans toi, je ne serai pas là aujourd’hui pour reparler de cette histoire, mais sans Dolce je ne serai pas là non plus : c’est grâce à lui que j’ai pu mettre un terme à cette folie. Et depuis lors, nos chemins sont étroitement liés.

S’il se souvenait d’elle ? Evidemment ! Enfin, il se souvenait de son nom, mais pas tellement de son visage. Il se souvenait surtout de son odeur, en réalité. Dolce l’avait aidée à la tuer ?
Erwan avait du mal à comprendre les motivations de l’Envoleur. Il n’arrivait pas à envisager une raison simple et terriblement évidente.

Alors, quand l’homme prit la parole, il se concentra parfaitement sur lui.


- J’ai attaqué ces personnes, car leur but n’était pas seulement de se débarrasser de ta famille et de toi, mais aussi de Syndrell. Et personne, à mon sens, personne ne touchera un cheveux de Syndrell si je peux l’éviter. De n’importe quel moyen.

Erwan fronça les sourcils.
Se dévouer à un sentiment, une émotion, en étant Envoleur ? Les Envoleurs ne se vantaient-ils pas, au contraire, d’être tout à fait libres, même de leurs sentiments ? Même si le Marchombre n’appelait du coup pas cela de la liberté, mais de l’inconscience, ou juste de la folie. Il n’y a que les psychopathes qui n’ont pas d’émotions. En même temps… Non non. Il laissait son jugement être obscurci par ses émotions, lui aussi…


- Cette femme s’appelait Mala. C’était ma… ma formatrice. J’ai déjà tué ma camarade de cours pour Syndrell.

Les deux sourcils du Marchombre se rejoignirent au-dessus de son nez : il était plus que surpris, simplement atterré par ce que venait d’annoncer Dolce. Cela semblait profondément le toucher, et en même temps il ne voyait pas l’ombre d’un remord dans son regard vert.
Comment pouvait-on être affecté par quelque chose sans le regretter ? Cela semblait un concept totalement étranger et incompréhensible à Erwan.


- Elle m’a donné le nom de celui qui a tué votre compagne. Il s’appelait Tenargir. Il est mort en l’achevant. Ou l’inverse. Ils sont tous les deux morts ensemble en tout cas.

Miss avait entraîné son tueur dans son sillage, dans sa chute. Sans aucun doute pour protéger sa fille. Se doutait-elle que d’autres viendraient la chercher après ? Avait-elle suffisamment confiance en lui pour croire qu’il viendrait chercher Ylléna ? Se doutait-elle que ses parents arriveraient peu de temps après ?
Se prenant la tête dans les mains, Erwan poussa un long soupir, et ses épaules s’avachirent.

- Je n’en sais pas plus. J’ai perdu le contrôle de moi-même quand elle a commencé à me parler de Syndrell…Mais ils cherchaient votre fille parce qu’ils connaissent ses… capacités.

Relevant le visage, Erwan posa son regard dans celui de Dolce pour tenter de le sonder. Disait-il toute la vérité ? Pourquoi l’aurait-il fait ? Mais pourquoi, à ce stade, ne l’aurait-il pas fait non plus ?

Ils savaient qu’Ylléna était une métamorphe, et qu’elle était fille de Marchombre. Savaient-ils que lui-même avait les mêmes capacités ? Est-ce que tous ceux qui savaient étaient morts ou existait-il un rapport sur eux quelque part dans Gwendalavir ?

Poussant un soupir, le Marchombre se laissa aller contre le dossier de sa chaise, et laissa son crâne tomber en arrière pour détendre sa nuque. Il était très tendu. Mais le mouvement du reptile sur sa peau le calma, et il posa son regard dessus, l’observant se détacher de son avant-bras pour se laisser glisser sur le sol.
Le corps enroulé du serpent resta quelque secondes replié sur lui-même, avant de devenir flou pour laisser apparaitre la silhouette d’Ylléna.
Bondissant sur ses pieds, Erwan saisit sa fille – nue – et l’entraîna dans sa chambre pour lui en donner d’autres. Une fois la fillette habillée, le Marchombre lui sourit.


- Ca va mieux ma chérie ?
- Je crois. Papa ? Pourquoi moi je perds toujours mes vêtements et pas toi ?
- Il faut vouloir les garder, ma chérie, et je pense que tu n’es pas encore assez grande pour pouvoir le faire.


Elle lui prit un pli de son pantalon et ils revinrent dans la pièce principale. La petite s’assit sur la chaise de son père et s’attabla en serrant les poings et réclama à manger. Et alors qu’elle avait avalé la moitié de son assiette bien garnie, elle demanda à Dolce, de manière presque tout à fait innocente :

- Pourquoi toi tu peux tuer ton maître pour Syndrell alors qu’elle, elle voulait te tuer avant ?

Erwan grimaça devant la question sans vraiment de sens de sa fille, qui lui jeta un coup d’œil.

- Mais c’est vrai papa. Pourquoi il défend quelqu’un qui a voulu le tuer ? normalement, ça marche pas comme ça.

Ce fut ce qui fit réaliser à Erwan que l’éducation que Miss et lui-même avaient dispensée à Ylléna n’était pas non plus toute douce et innocente. Et elle était trop petite, encore, pour entendre certaines choses. Il voulut répondre, mais Syndrell le prit de vitesse.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Ven 04 Avr 2014, 23:46

"Personne ne touchera un cheveu de Syndrell."

Muette, la jeune femme sentit son cœur s’emplir de tendresse. Après la scène de Dolce, elle aurait peut-être dû se sentir vexée, frustrée ou encore agacée par cette réaction protectrice, mais comment ignorer l’inquiétude qui vibrait dans la voix de son amant et scintillait au fond de ses beaux yeux verts ?


- Cette femme s’appelait Mala. C’était ma… ma formatrice.

Syndrell ferma les yeux.
Non. Impossible… Elle venait de perdre son mentor, Dolce ne pouvait pas connaître à son tour cette douleur atroce, causée par le vide béant de l’absence et la brûlure de l’impuissance ! Mais lorsqu’elle rouvrit les yeux, ce fut pour lire l’acceptation sur son visage. Dolce avait combattu Mala sans rien ignorer de l’issue de la bataille. Navrée, Syndrell se mordit férocement l’intérieur de la joue pour ne pas intervenir.

Oui, Dolce avait déjà tué pour elle. Deux ans plus tard, le souvenir de Gazia était encore frais dans sa mémoire ; en tant que bras droit de Vanora et guerrière du Chaos, elle n’aurait pas hésité à éliminer Syndrell. Dolce lui en avait ôté définitivement toute possibilité… exactement comme il venait de le faire avec Mala.


- Elle m’a donné le nom de celui qui a tué votre compagne, poursuivit Dolce à l’attention d’Erwan. Il s’appelait Ternagir. Il est mort en l’achevant. Ou l’inverse. Ils sont tous les deux morts ensemble en tout cas.

Erwan nicha sa tête entre ses mains, abattu. Mais Syndrell savait qu’en dépit de la souffrance causée par les paroles de Dolce, il s’efforçait d’écouter : il avait besoin de savoir. Elle aussi.

- Je n’en sais pas plus. J’ai perdu le contrôle de moi-même quand elle a commencé à me parler de Syndrell… Mais ils cherchaient votre fille parce qu’ils connaissent ses… capacités.
- Ylléna ?!


Syndrell sursauta et son regard se posa instantanément sur le petit reptile, toujours enroulé autour du poignet d’Erwan. Alors, un formidable vent de colère se leva en elle, lui faisant serrer les poings. La mort de Miss était une plaie à vif qui mettrait du temps à cicatriser et ne se refermerait jamais véritablement, mais elle était prête à l’accepter pour continuer d’avancer.

En revanche, que l’on s’en prenne à une petite fille la rendait malade et folle de rage. Que pouvait-on bien vouloir au pouvoir d’Ylléna ? Certes, la métamorphose dont Erwan et elle étaient capable était d’une rareté et d’une complexité stupéfiantes ; Syndrell ignorait s’il existait seulement d’autres alaviriens porteurs d’un tel don.

Profitant du silence pesant qui avait accueilli les dernières paroles de Dolce, Ylléna se laissa doucement glisser sur le sol. Le feu de cheminée jetait sur elle une myriade de reflets mordorés qui subjuguèrent la jeune marchombre. Mais ce qui la laissa sans voix, ce fut sa soudaine transformation. Sans crier gare, le serpent était redevenu une petite fille aux cheveux clairs, aux yeux violine… et nue comme un vers.


Déjà Erwan avait bondit, emportant sa fille dans un tourbillon de tendresse et de protection sauvage, exactement comme l’aurait fait un félin avec son petit. Syndrell renonça à les suivre. Ce moment-là n’appartenait qu’à eux ; quoi qu’étrangère à cette incroyable faculté de se métamorphoser en animal, elle savait que ces deux-là avaient besoin de se retrouver.

Elle étouffa un bâillement et, doucement, posa sa tête au creux de l’épaule de Dolce.


- Je ne sais pas comment ils font pour tenir le coup… soupira-t-elle, les yeux brillants de tristesse. J’étais avec eux lorsque nous avons appris pour Miss. Erwan… Il s’est refermé sur lui-même. Il a pris Ylléna avec lui et ils ont disparus. Deux mois plus tard, je les retrouve enfin et… Bon sang ! Cette histoire est vraiment dingue.

Erwan et Ylléna auraient dû pouvoir faire leur deuil en paix. Et voilà qu’une ombre les menaçait à nouveau. Syndrell observa un moment l’assiette de son ami, encore pleine de salade qu’il avait à peine entamée. Elle ne permettrait pas qu’il leur arrive quelque chose. Elle allait se battre, affronter le Chaos tout entier s’il le fallait, et jamais elle ne cèderait !

Ce fut le silence de Dolce qui la tira brusquement de ses pensées. Le jeune homme n’avait plus dit un mot depuis le départ d’Erwan et Ylléna. Inquiète, elle se redressa pour scruter son visage.


- Dolce ? murmura-t-elle.

Il venait de voir son mentor mourir sous ses yeux. Bouleversée, Syndrell leva une main et la posa sur la joue de son amant pour lui tourner la tête dans sa direction. Elle attendit qu’il ait accroché son regard au sien pour continuer.


- Je suis désolée, pour Mala. Je n’avais pas…

Le retour d’Erwan et Ylléna l’interrompit et elle se tourna dans leur direction avec un sourire, mais sa main resta posée sur la nuque de Dolce. Douce et rassurante.

Ylléna avait une faim de loup. En la voyant ingurgiter la moitié de son assiette, Syndrell se demanda s’il s’agissait-là d’un effet secondaire dû à sa récente transformation. En dehors de cela, rien ne pouvait laisser croire que quelques minutes plus tôt, cette petite fille pleine de vie et affamée se trouvait enroulée autour du poignet de son père, sous la forme d’un serpent…


- Pourquoi toi tu peux tuer ton maître pour Syndrell alors qu’elle, elle voulait te tuer avant ? demanda soudain Ylléna en fixant Dolce avec curiosité.

La question les prit tous les trois de court, laissant à la fillette le loisir d’enchaîner :


- Mais c’est vrai papa. Pourquoi il défend quelqu’un qui a voulu le tuer ? normalement, ça marche pas comme ça.

Un jour, Ciel lui avait expliqué que les enfants avaient un sens très fin des choses. Qu’ils étaient capables de comprendre les silences et les vérités mieux que quiconque, et que seul leur esprit pratique leur permettait de trouver l’évidence au cœur des plus grands mystères de ce monde. Amusée, Syndrell regarda Dolce, puis Erwan avant de lever les yeux au ciel.

- Les grandes personnes font souvent des choses étranges, dit-elle en se levant pour contourner la table et venir s’accroupir devant Ylléna. Des choses qui ne sont pas logiques.
- Pourquoi ?
- Parce qu’elles écoutent leur cœur au lieu d’écouter leur tête.
- Mais pourquoi il n’écoute pas sa tête, lui ?
- C’est que son cœur est immense. Gros comme ça, tu vois ?
fit Syndrell en écartant les mains. Et il est rempli de trésors : de la joie, de l’amitié, de l’amour… on trouve de très, très belles choses dans le cœur de Dolce.
- Il est amoureux de toi ?
- Oui.


Ylléna observa Dolce en plissant les yeux, comme pour sonder son âme au moyen d’un pouvoir encore plus fabuleux que celui de se transformer en reptile. Puis elle jeta un coup d’œil à son père.

- Papa aussi, il est amoureux de maman. Son cœur est gros comme celui de Dolce ?
- Lui, il est énorme ! Je n’en ai jamais vu de plus gros. Mais c’est normal, tu fais partie des trésors qui s’y cachent…
- C’est vrai ?
- Bien sûr !


A nouveau, Ylléna se perdit dans une intense réflexion qui lui faisait comiquement froncer son petit nez. Syndrell passa doucement la main dans ses cheveux, puis leva les yeux vers Erwan.

Elle avait eu l’intime conviction que ce dont avait besoin Ylléna, c’était une porte ouverte sur le monde innocent et secret des rêves et de l’imagination ; une possibilité pour elle d’échapper aux ombres qui l’entouraient depuis un certain temps. D’être simplement une petite fille qui pose des questions pour comprendre le monde, et qui le voit à travers ses yeux d’enfant.


Mais elle n’était pas la seule à qui manquait cette insouciance.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…




Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Jeu 08 Mai 2014, 11:28

[ Désolée pour le temps de réponse ! Je laisse dont à Erwan l'honneur de savoir comment va répondre sa fille à la dernière question Razz]




Dolce ne savait pas trop comment réagir. En effet, à peine eut-il eut le temps de finir d’exposer ce qu’il savait qu’un lourd silence s’installa autour de la table. Malgré lui, il fixa le fond de son assiette…. Ah non, il y avait toujours toute la salade que Syndrell lui avait servie. Elle débordait presque car la jeune femme avait sans doute pensé qu’il avait faim.

Il avait…
Parce que là tout de suite, finalement, son estomac était si serré qu’il se sentait incapable d’avaler quoi que ce soit.
D’avoir parlé l’avait un peu soulagé, c’était vrai. Il avait vu la surprise sur les visages des deux autres, notamment sur celui de Syndrell. Il n’avait aucune envie d’être l’objet de la pitié ou de la compassion, même si cela le mettait dans tous ses états… et en même temps, ils savait pertinemment que Syndrell savait ce qu’il ressentait.
Alors, quand il leva les yeux vers Erwan, il chercha la compassion de l’homme dans le fond de son regard. Mais il n’y en avait pas. Il regardait la vérité en face, le regardait lui, sans doute comprenait aussi, car une certaine lueur était allumée, mais il n’y avait plus de jugement…

Il se demandait si le Marchombre s’interdisait d’en émettre, si ce n’était pas dans sa nature ou simplement qu’il le cachait bien. Il ne le connaissait pas après tout, et certaines personnes sont très douées pour cacher leurs sentiments.
Lui ne l’était pas.
Mais alors pas du tout !

Soudain, alors que son regard se perdait dans le vague des nervures de la table en bois, Dolce vit du coin de l’oeil un mouvement sur le poignet du Marchombre et tourna légèrement la tête.
Le serpent était en train de se détacher du poignet d’Erwan pour se glisser sur le sol dans un mouvement typiquement reptilien. Dolce eut un petit mouvement de recul, mais la créature s’étira avait de devenir… tout simplement, presque sans transition, la petite fille qu’était Ylléna.

Surpris par cette brusque transformation, tout simplement parce qu’il n’avait aucune idée de comment c’était censé se passer et surtout comment c’était possible, Dolce cligna des paupières. À peine une seconde. Déjà, alors que ses yeux retrouvaient la lumière et la pièce, la fillette avait disparu, entraînée au loin – dans la chambre voisine – par son père.
L’Envoleur poussa un léger soupir.
Il ne savait vraiment pas par quel bout prendre le Marchombre et sa fille !

- Je ne sais pas comment ils font pour tenir le coup… J’étais avec eux lorsque nous avons appris pour Miss. Erwan… Il s’est refermé sur lui-même. Il a pris Ylléna avec lui et ils ont disparus. Deux mois plus tard, je les retrouve enfin et… Bon sang ! Cette histoire est vraiment dingue.

Il ne savait pas quoi dire.
Malgré tout ce que l’on disait, la vie n’était pas toujours facile ni gentille avec les gens. Parfois, elle était même cruelle et injuste. Cela ne se finissait pas toujours bien… le tout, c’était surtout d’aller de l’avant. Ce qui n’est pas forcément facile, loin de là, même.

Et alors que Syndrell allait s’excuser pour Mala et qu’il allait gentiment lui dire qu’elle n’avait pas non plus à trop s’en faire, car il avait fait son choix, le Marchombre et sa fille revinrent dans la pièce. La petite semblait absolment affamée, ce qui réussit à tirer un sourire à Dolce.
Il aimait les enfants. Généralement, il n’avait d’ailleurs aucun problème avec eux, car ils semblaient l’apprécier aussi. Enfin, c’était ce qu’il croyait jusqu’à entendre la question d’Ylléna, qui lui fit avaler sa feuille de salade de travers. Heureusement; Syndrell vint à son secours pour tenter de répondre aux questions un peu indiscrètes de la petite fille.

- Papa aussi, il est amoureux de maman. Son cœur est gros comme celui de Dolce ?
- Lui, il est énorme ! Je n’en ai jamais vu de plus gros. Mais c’est normal, tu fais partie des trésors qui s’y cachent…
- C’est vrai ?
- Bien sûr !


La petite conversation entre Syndrell et Ylléna le fit sourire.
Echangeant un regard avec Ewan, Dolce réalisa que la petite fille avait très vite cerné le problème, mais aussi qu’elle comprenait les conversations humaines sous sa forme animale. Y avait-il une part réelle d’animaux en eux, dans ce cas, ou changeaient-ils simplement de forme ? En tout cas la fillette n’avait pas l’air de s’émouvoir de se transformer, alors que le Marcombre n’avait pas la même attitude. Etait-ce pour protéger sa fille ? Ou pour autre chose ?

- Et puis, tu sais Ylléna, des fois il n’y a pas d’explication… logiques. Si je te demande pourquoi tu aimes ton Papa, par exemple, tu me réponds quoi ?
- Parce que c’est le plus gentil, le plus fort et le plus beau des papas !


Dolce se retint d’éclater de rire, tournant son regard vers Erwan.
La fillette était en plein complexe d’Œdipe. Mais c’était une phase normale de l’enfance, il avait entendu dire. Et le fait que sa mère ne soit plus là devait aussi jouer dans la balance. Mais c’était mignon comme tout.

- Bon, d’accord. Un autre exemple, hum… Dolce réfléchit quelques instants, mais eut du mal à trouver un exemple dans lequel la fillette n’aurait pas de réponse – car c’était bien connu que les enfants avaient réponse à tout – et lui non plus. Pourquoi il y a des méchants et des gentils ?

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mar 13 Mai 2014, 16:15

- Ben, parce que sinon il n’y aurait personne !

Erwan sourit à lui-même.
Ebouriffant les cheveux de sa fille, qui venait de finir son assiette à une vitesse tout simplement hallucinante, il se pencha vers elle et lui dit, très doucement :


- Non ma chérie, je crois que Dolce te demande pourquoi certaines personnes sont plus méchantes que d’autres, et d’autres plus gentilles.
Parce que tu vois, des fois, les choses sont tellement compliquées qu’on ne sait pas comment répondre aux questions.


La petite fronça le nez, et fixa son regard d’abord sur son père, puis sur Dolce, et enfin sur Syndrell.
Elle hocha vivement la tête, comme si elle était tout à fait d’accord avec elle-même, et répondit avec une voix à la consonance un peu agacée, mais très drôle.


- Bah des fois, on a envie d’être gentil, et des fois, on a envie d’être méchant. Ca dépend si on aime bien ou pas les autres.

Cette fois-ci, Erwan ne put s’empêcher de lâcher un petit rire, et d’ébouriffer une seconde fois les cheveux d’Ylléna, qui protesta vivement en plaquant ses mains sur sa tête.


- Mais c’est vrai ! C’est pas compliqué, c’est simple, alors pourquoi on pose la question ?

Lui caressant la joue, Erwan sourit doucement à sa fille.

- Parce que les grandes personnes veulent toujours faire plus compliqué. Pour elles, si ce n’est pas compliqué, ce n’est pas vrai.

- C’est bizarre.


Il hocha la tête, tout à fait d’accord avec sa fille.

- Papa, j’ai sommeil.


*


Erwan referma la porte derrière lui, veillant à ne pas faire claquer le verrou.
Ylléna dormait à poings fermés, mais il avait dû passer un peu de temps avec elle pour qu’elle s’endormît, malgré sa fatigue. Revenant dans la cuisine autour de la table avec Syndrell et Dolce, il prit une casserole qu’il remplit avec de l’eau de pluie récoltée dans un bac, et la fit chauffer sur le feu.


- Une infusion ou un thé ?

Attendant que l’eau boue, il s’assit donc autour de la table, et son regard glissa de Syndrell à Dolce.
Un long soupir franchit ses lèvres : par où commencer ?


- Le meurtrier de Miss est mort avec elle. Le petit groupe qui était au courant de tout cela aussi. Y a-t-il un moyen de savoir si les informations sont remontées plus haut ? Ou dois-je simplement attendre de voir si d’autres Mercenaires du Chaos vont nous tomber dessus, un jour ou l’autre ?

Malgré lui, il avait fixé Dolce pendant qu’il parlait.
Il n’était pas certain de pouvoir demander, ou même suggérer quelque chose à l’homme. Peut-être que ce dernier voudrait bien, pour Syndrell, en savoir un peu plus et donc se renseigner ? Mais pouvait-il avoir accès à ce genre d’informations ? Rien n’était moins sûr..

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mar 13 Mai 2014, 19:46

Syndrell n’eut pas le temps de poser à Erwan la question qui lui brûlait les lèvres : avec un naturel stupéfiant, Dolce prit le relais de la conversation avec Ylléna, comme si c’était quelque chose qu’il avait l’habitude de faire. Lorsqu’il demanda à la fillette d’expliquer pourquoi elle aimait son père, celle-ci répondit sans la moindre hésitation :

- Parce que c’est le plus gentil, le plus fort et le plus beau des papas !

A ces mots, Syndrell sourit. Elle n’avait pas eu la chance de connaître Leif suffisamment longtemps pour lui avouer son amour de la sorte. Pourtant, c’est exactement ce qu’elle pensait lorsqu’elle songeait à l’homme qui, durant une poignée de semaine, lui avait offert l’immense bonheur de vivre au sein d’une famille aimante.

Le regard tranquille de la marchombre glissa de nouveau vers Dolce. Elle était fascinée de la facilité déconcertante avec laquelle il discutait avec elle. Le ton qu’il employait était subtilement et le son de sa voix légèrement plus rauque ; Syndrell sentit un picotement électrique familier remonter le long de sa colonne vertébrale. Le désir qui l’avait étreint lorsqu’elle avait découvert le jeune homme dans le jardin, puis qui avait reflué lorsqu’ils avaient été attaqués, revenait en force.

Moins par nécessité que pour dénouer la tension qui s’était installée dans les muscles de ses épaules, Syndrell se leva et contourna la table pour couper quelques tranches de pain. Elle écouta Dolce et Ylléna d’une oreille distraite, remarquant à peine qu’ils avaient abordé un sujet plus sérieux ; ses pensées étaient tournées vers cette femme, Mala.

Lorsque Gazia était morte, cela avait en quelque sorte renforcé le lien qui l’unissait à Dolce. Il lui avait prouvé qu’il avait fait son choix : elle. Et ce soir, lorsqu’il avait combattu Mala et laissé Erwan l’achever sans s’interposer, il avait démontré qu’il n’était pas prêt à revenir sur sa décision. Mais contrairement à la première fois, Syndrell était soudain assaillie par le doute. Combien d’autres proches son amant allait-il encore perdre pour le seul fait de l’avoir choisie ? Fallait-il qu’il affronte les siens un par un avant de connaître un peu de répit ?

C’était d’autant plus injuste qu’elle-même n’avait pas été confrontée à ce genre de choix cornélien. Jamais. Lorsqu’elle avait rencontré Owen, Miss avait salué son idylle avec beaucoup de respect… et de complicité. Son expérience parmi les fils du Chaos n’expliquait pas à elle seule son immense tolérance, mais si tel n’avait pas été le cas, Syndrell ignorait si elle aurait été capable d’affronter son mentor et amie. Même pour les beaux yeux de son Envoleur.

Le cœur serré, elle se demanda soudain si elle méritait réellement tout l’amour qu’il lui portait. Valait-elle la peine qu’il sacrifie son monde pour elle ?


- Papa, j’ai sommeil.

Syndrell émergea de ses sombres pensées pour observer avec tendresse la fillette qui dodelinait de la tête, luttant pour garder les yeux ouverts.

- Dors bien, joli cœur, murmura-t-elle en glissant ses doigts dans la chevelure soyeuse de l’enfant lorsqu’Erwan passa près d’elle, Ylléna dans les bras.

Elle les regarda disparaître dans le couloir. Elle dut probablement rester un bon moment figée sur place, parce qu’elle sentit soudain la présence de Dolce dans son dos. Il se demandait ce qu’elle fabriquait. Lorsqu’il lui effleura les épaules du bout de ses doigts, Syndrell sursauta et se déroba soudain.


- Il faut débarrasser la table, dit-elle en guise d’excuse.

Sans lui laisser le temps de réagir, elle commença à ramasser les assiettes, constatant que si celle d’Ylléna était vide, Erwan avait à peine touché à la salade. Tout comme Dolce et elle. Qu’avait dit Erwan, déjà ? Les grandes personnes veulent toujours faire plus compliqué. A l’évidence, il ne s’était pas trompé…

Comme elle traversait la cuisine, une violente douleur à l’abdomen la prit au dépourvu en lui coupant brutalement le souffle. Elle réussit à poser la vaisselle sur la paillasse avant de se plier en deux. Cinq secondes plus tard, le mal avait reflué, disparaissant tout aussi vite qu’il était apparu. Stupéfaite, la jeune femme se redressa en tremblant. Que lui arrivait-il, bon sang ? Percevant le pas de Dolce, elle se plaça face à l’évier et se mit à rincer la vaisselle, décidant silencieusement de ne pas lui parler de ce qu’il venait de se passer. Ils avaient d’autres chats à fouetter, à commencer par sa réaction pour le moins étonnante vis-à-vis de lui.

Un coup d’œil furtif lui apprit qu’il était dérouté par son attitude. Déchirée entre l’envie de se blottir dans ses bras et celle de s’effondrer en pleurs, elle préféra astiquer les assiettes avec une énergie démesurée. Un lourd silence s’était installé dans la pièce, durant lequel ils se contentèrent de rincer et essuyer la vaisselle sans prononcer un seul mot. Erwan brisa l’improbable tension qui était en passe de s’alourdir davantage en faisant irruption dans la cuisine.


- Une infusion ou un thé ? demanda-t-il en faisant chauffer de l’eau.
- Une petite infusion me fera le plus grand bien, je pense.

Syndrell n’ajouta pas qu’elle espérait voir ce remède improvisé apaiser les crampes violentes qui l’avaient assaillie par deux fois déjà. Ils retournèrent tous les trois dans le salon. Erwan s’installa à nouveau à table, mais Syndrell préféra s’asseoir sur le tapis, devant la cheminée. Elle remonta ses jambes contre sa poitrine, les entoura de ses bras et posa le menton sur ses genoux. Elle était en train de regarder les flammes danser dans l’âtre lorsque la voix d’Erwan s’éleva dans son dos.

- Le meurtrier de Miss est mort avec elle. Le petit groupe qui était au courant de tout cela aussi. Y a-t-il un moyen de savoir si les informations sont remontées plus haut ? Ou dois-je simplement attendre de voir si d’autres Mercenaires du Chaos vont nous tomber dessus, un jour ou l’autre ?

C’était une question qui méritait d’être posée. Après tout, rien ne prouvait qu’ils s’étaient débarrassés de tous ceux qui en avaient après Ylléna. Et elle. Syndrell fronça les sourcils. Qu’est-ce que le Chaos pouvait bien lui vouloir ? Elle ne possédait pas le don d’Erwan et de sa fille. La croyaient-ils capable de se transformer en un animal, elle aussi ? C’était ridicule… mais pas impossible.

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Jeu 15 Mai 2014, 12:08

- Ben, parce que sinon il n’y aurait personne !

Dolce éclata de rire, tant la réponse de la fillette était spontanée. Et logique aussi, c’était bien ce qui était étrange, et qu’il avait remarqué à plusieurs reprises : les enfants sont tellement clairvoyants. Cela en devient toujours presque gênant, surtout quand on veut leur faire suivre un cheminement logique et qu’ils ont une logique si simple.

Finalement, il était d’accord avec Erwan : les adultes se compliquaient bien trop la vie. Pourquoi ? A cause de l’éducation ? De la société ? Du contexte politique ?
Les personnes qui ont une logique plutôt simple sont le plus souvent des personnes peu cultivées. La culture rendrait-elle l’homme compliqué ? La vie en société était-elle donc bonne, ou mauvaise ?

L’Envoleur sourit en songeant qu’une fillette lui faisait se poser de telles questions : c’était la preuve même que les adultes sont trop compliqués !

- Papa, j’ai sommeil.

Dolce coula un regard attendrit vers la fillette, et sourit tendrement.
Oui, décidément, il adorait les enfants, surtout quand ils étaient aussi éveillés et curieux qu’Ylléna. Elle était vraiment adorable, comme fille, et il comprenait que Syndrell la considère comme sa famille. Les considère comme sa famille.

- Fais de beaux rêves ma grande.

Alors qu’Erwan accompagnait sa fille se coucher, Dolce observa Syndrell, qui les fixait dans le couloir sans daigner bouger. Elle était perturbée, il le sentait, mais ne savait pas comment s’y prendre. Dans un élan, il s’approcha d’elle pour poser ses mains sur ses épaules et glisser ses lèvres dans son cou dans un léger baiser.

- Il faut débarrasser la table. dit-elle en se dégageant, et malgré lui Dolce sentit sa gorge se nouer. Il avait du mal à comprendre les réactions de Syndrell depuis qu’ils étaient rentrés dans la maison…

Mais il préféra ne rien dire. Pourquoi ? Peut-être par stupidité.
Surtout parce qu’il était inquiet, à cause justement de son comportement qui n’était pas comme il en avait l’habitude. Que s’était-il passé depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus ? Ou peut-être simplement qu’il avait l’habitude de la voir seul à seul, ou dans des contextes où elle ne connaissait pas spécialement les gens… Mais non, avec Ciel, elle n’était pas comme cela…

Il débarrassa les assiettes en même temps qu’elle, et alors qu’elle allait les poser dans l’évier, il la vit se tordre de douleur, une main sur le ventre.
Se précipitant vers elle, il agrippa ses épaules pour ne pas qu’elle s’effondre. Mais comme quelques heures plus tôt, elle sembla se rétablir très rapidement, et la boule dans la gorge de Dolce se durcit.

- Syndrell… Qu’est-ce que tu as ?

Elle était déjà en train d’astiquer les assiettes, et un silence s’installa. Elle ne voulait pas lui répondre, ou cherchait ses mots ?
Il n’eut pas l’occasion de le lui demander, car Erwan fut de retour et demanda s’ils voulaient une infusion ou un thé, et Dolce acquiesça comme Syndrell. Ca lui remplirait un peu l’estomac et serait plus facile à avaler que de la nourriture.

Ils revinrent dans le salon, et si Erwan s’assit à table, Syndrell préféra s’installer sur le tapis devant le foyer de la cheminée. Dolce l’observait, se demandant ce qu’il se passait, ce qu’elle avait. Pourquoi avait-elle mal ? Connaissait-elle, elle-même, la cause de ses douleurs ? Il avait peur pour elle, il était inquiet…

- Le meurtrier de Miss est mort avec elle. Le petit groupe qui était au courant de tout cela aussi. Y a-t-il un moyen de savoir si les informations sont remontées plus haut ? Ou dois-je simplement attendre de voir si d’autres Mercenaires du Chaos vont nous tomber dessus, un jour ou l’autre ?

Les paroles d’Erwan le ramenèrent à la réalité, et il leva les yeux vers lui. Ce dernier le fixait, donc il se sentait obligé de répondre. C’était affolant comme il parlait en compagnie de cet homme qu’il ne connaissait qu’à peine…

- Je ne sais pas s’il y a un moyen. Les missions sont attribuées individuellement, c’est plus sûr, et donc des subordonnés n’ont rien à demander à personne, surtout pas à leurs « supérieurs ». Fixant Syndrell, il essaya de prendre une inspiration, sentit son diaphragme protester, ses joues le picoter, et alors il détourna les yeux pour réussir à respirer. Et malheureusement, je n’obtiendrai rien de mon côté. J’avais déjà essayé.

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Ven 16 Mai 2014, 09:26

- Je ne sais pas s’il y a un moyen. Les missions sont attribuées individuellement, c’est plus sûr, et donc des subordonnés n’ont rien à demander à personne, surtout pas à leurs « supérieurs ».

En somme, une organisation parfaite. Parfaite pour que personne ne pose de question et que tout le monde suive la ligne de conduite que l’on avait tracée pour lui. Et après ? Ces Envoleurs disaient qu’ils étaient plus libres que les autres ? Comment peut-on se prétendre libre alors que personne ne choisit ses ordres de mission ? Que c’est missionner ou mourir ?

Erwan prit une grande inspiration pour se cacher, car il sentait son indignation et son angoisse resurgir soudain, rien qu’à la pensée de se demander pourquoi on chassait les Marchombres ainsi. La question était toute simple, pourtant : parce que c’était ainsi, le monde était fait par opposition, libre ou enchaîné, blanc ou noir, Harmonie et Chaos.
Relâchant doucement son souffle, il reporta son entière attention sur Dolce.


- Et malheureusement, je n’obtiendrai rien de mon côté. J’avais déjà essayé.

Cette fois-ci, ce fut un soupir de déception qui franchit les lèvres du Marchombre.
Passant sa main dans ses cheveux qui reprenaient un peu de longueur, il aplatit sur sa tête les quelques mèches blanches et rebelles qui partaient dans tous les sens.

Posant ses coudes sur la table, il se prit le visage dans les mains un instant, fermant les yeux pour essayer de réfléchir. S’il y avait un ordre de mission, il y avait forcément encore quelqu’un qui était au courant de leur existence. Et tant que la personne qui lançait les ordres de mission n’était pas hors d’état de nuire, il ne serait pas tranquille.
Ils ne seraient pas tranquilles. Car Ylléna et Syndrell faisait partie du lot, c’était une certitude désormais.
Dolce disait qu’il avait déjà essayé d’obtenir des informations, sans y parvenir. De quel côté était-il réellement ? Erwan ne comprenait pas cet homme, qui était calme et presque serein, mais qui appartenait au Chaos et qui était fou amoureux de Syndrell, Marchombre jusqu’au bout des ongles, jusqu’à la pointe des cheveux. Comment deux êtres aussi opposés pouvaient-ils s’entendre ainsi ?

Mais dans ce qu’il voyait de Dolce, il y avait plus de blanc que de noir, pour l’instant. Il avait vu le noir dans le combat, dans sa manière de laisser son propre Maître mourir sous ses yeux, dans ses réflexes et peut-être même dans le fait de propager le Chaos dans le Chaos lui-même.
Cependant, il y avait le blanc, dans son amour pour Syndrell, dans sa manière de s’adresser à Ylléna, de couver des yeux la Marchombre et la fillette, dans son attitude aidante…

Personne n’est noir ou blanc.
Encore plus qu’avant, et malgré les années, Erwan sentit cette phrase pénétrer en lui et irradier dans sa poitrine. Lui-même était loin d’être noir ou blanc : en opposition avec lui-même depuis ses douze ans, jusqu’à rencontrer Miss ; à tuer un assaillant sans lui laisser une chance ; à envisager inconsciemment de tromper la femme qu’il aimait.

Fermant les yeux pour respirer lentement et calmement, il finit par se lever sans un mot pour aller chercher l’eau chaude et les feuilles de verveine qui étaient séchées dans un placard, et proposa des grandes tasses à ses deux invités.

Il ne savait plus réellement où il en était.
Désormais, le seul endroit sûr restait l’Académie. Partout ailleurs, on finirait par les trouver. Par trouver Ylléna, car c’était à elle que les Mercenaires en voulaient, pas à lui. Ils n’avaient aucune idée de sa transformation, pour l’instant en tout cas.

Plongeant ses yeux dans ceux de Dolce, Erwan fronça les sourcils.

- Je ne comprends pas ce que tu fais chez les Mercenaires, Dolce.

Ce n’était pas une accusation, simplement une observation.
Il ne posa pas la question, mais cela revenait sans doute au même…

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Ven 16 Mai 2014, 18:13

La réponse de Dolce confirma les craintes de Syndrell. Il était inquiet – impossible de ne pas percevoir la tension dans sa voix – et c’était en partie à cause d’elle. En très grande partie. Et il n’avait aucun moyen de vérifier si l’information concernant Ylléna circulait toujours. Elle entendit Erwan soupirer et se retint de faire de même ; à ce train-là, ils allaient mourir de déprime…

C’était contraire à tous ses principes. Comment elle, la petite marchombre toujours positive, toujours souriante et enjouée, pétillante de vie et de malice, pouvait accepter de s’abandonner au désespoir ? Mais Syndrell était épuisée. Physiquement, mentalement, sentimentalement. Elle était fatiguée de voir son monde s’écrouler petit à petit, rongé par un mal invisible mais néanmoins présent. Là, maintenant, tout de suite, elle aurait eu besoin de l’inépuisable énergie de Miss pour la sortir de sa morosité : un bon coup de pied aux fesses, un clin d’œil violet et tout irait mieux, c’était certain !

Mais Miss n’était PLUS là. Et il était temps qu’elle se fasse à cette idée-là, si elle voulait pouvoir être utile à Erwan et Ylléna. N’en déplaise à cette tête de mule de marchombre aux cheveux de neige, il avait besoin d’aide et cette fois, il allait devoir l’accepter. Elle ne voyait qu’un seul endroit où ils seraient en sécurité : l’Académie. Bastion inexpugnable face aux coups les plus bas des Mercenaires et des Envoleurs, l’école pouvait leur permettre de souffler un peu.

On glissa une tasse fumante entre ses doigts. Levant les yeux, Syndrell croisa brièvement le regard d’Erwan et hocha imperceptiblement la tête. Il était également parvenu à cette conclusion, bien sûr. Mais cette solution était tellement injuste ! Erwan et Ylléna auraient dû pouvoir faire leur deuil en paix, ici, dans cette maison qui était la leur et qu’ils aimaient, parce qu’ici, il restait encore une petite partie de Miss… Sentant ses yeux la picoter, Syndrell resserra les doigts autour de sa tasse et souffla pour refroidir un peu la boisson avant d’en prélever une petite gorgée.

Verveine. L’infusion préférée de Ciel. Il l’appelait « le remède des mauvais jours » et il lui en préparait des litres lorsqu’il voyait que son amie avait le cafard. Que faisait-il, en ce moment ? Etait-il perché sur le Dôme, un bloc de papier et un fusain à la main ? Ou bien à l’intérieur de son école, en train de plancher sur les prochains exercices de ses élèves ? Une chose était sûre : il était loin de cette sale histoire, et c’était tant mieux. Elle ne comptait pas lui en dire un seul mot. Elle en mourrait d’envie – Ciel était son meilleur ami, comment pourrait-il en être autrement ? – mais c’était la seule façon de lui éviter les ennuis. Car si le Dessinateur apprenait qu’elle était menacée par le Chaos, il ne pourrait pas s’empêcher de jouer les chevaliers servant. C’était dans sa nature.

D’emblée, Syndrell songea alors à son autre chevalier servant. Celui qui tuait sans hésiter pour elle. Dolce était en train de semer une sacrée pagaille : si jamais les siens apprenaient qu’il les avait trahi – à deux reprises ! – il était un homme mort. Elle devait faire quelque chose pour l’empêcher de commettre la plus grosse bêtise de toute sa vie… La seule solution qui lui venait était tellement odieuse et lui ressemblait si peu qu’elle en avait mal au cœur. Mais jouer la carte de la froideur était peut-être le seul moyen d’éloigner Dolce, au moins le temps que cette affaire soit réglée.


- Je ne comprends pas ce que tu fais chez les Mercenaires, Dolce.

Le ton d’Erwan, très calme et teinté de la curiosité qui animait d’ordinaire ses yeux bleus, rappela à Syndrell leur première rencontre, et leur premier échange. Ils avaient partagé bien plus qu’une simple conversation ce jour-là, elle en était certaine.

Puis l’attention de la marchombre se focalisa sur la réponse de Dolce. Elle tourna légèrement la tête dans sa direction. Même si elle ne comptait pas se rapprocher de lui pour l’instant, il devait bien se douter qu’elle ne perdait pas une miette de leur conversation. Que pouvait-il bien répondre à cela ?



[Je n'ai pas vraiment fait avancer le schmilblick, mais je ne voulais pas anticiper ta réponse, Dolce. Alors bon courage, gnéhéhé...]

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Lun 19 Mai 2014, 09:40

- Euh.. Je..

[ Prends une inspiration ]

- Je suis juste humain. Comme n'importe quel humain, j'ai des parts d'ombre et des parts de lumière. Quand mon Maître m'a trouvé, la part d'ombre avait pris l'ascendant sur l'autre. Mais avec les années, la tendance s'inverse, ou alors plutôt que noir et blanc, la frontière devient grise et s'étend.

[ s'adosse à sa chaise en soupirant. ]

- Mais j'avoue que dernièrement, je me suis posé la même question. Sauf qu'actuellement, que pourrais-je faire d'autre ? J'aime enseigner, et si je me fais passer pour mort, il faudra que je me cache toute ma vie. Au moins, foutre le bordel dans le Chaos, c'est chaotique, personne ne peut dire le contraire !

[ sourire timide]

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Lun 19 Mai 2014, 11:18

Il s’était donc posé la question…
Il s’était posé la question, mais sans plus investiguer. Et ses raisons étaient réelles, c’était un fait. Il ne pouvait pas les contredire facilement, étant donné l’acharnement que mettaient les envoyés du Chaos à trouver sa fille, et lui-même, même après avoir tué Miss.
Alors que la Marchombre n’avait plus reparu près de leur quartier général depuis des années !


J'aime enseigner, et si je me fais passer pour mort, il faudra que je me cache toute ma vie. Au moins, foutre le bordel dans le Chaos, c'est chaotique, personne ne peut dire le contraire !

Il était vrai que vu ainsi, peut-être qu’avec un peu de chance, si les supérieurs de Dolce venaient à apprendre ses trahisons, ils pourraient être plus cléments.
Néanmoins, Erwan en doutait très fortement.
Certes, tous étaient humains, mais justement, il était bien connu que les hommes, laissés à eux-mêmes et sans limites – tant morales qu’autres – ne répandaient pas que des choses recommandables, loin de là.

Un léger soupir franchit les lèvres d’Erwan, qui se tourna vers Syndrell. La jeune femme était assise devant la cheminée, et observait l’Envoleur avec un regard presque indéchiffrable.
Il sentait quelque chose de spécial, dans l’attitude de la Marchombre, mais ne savait pas quoi exactement.

Son regard vola de l’un à l’autre, plusieurs fois.

- Syndrell ? Tu ne dis rien… Tu ne crois pas qu’il serait plus productif et rassurant de dire ce que tu penses et ce que tu ressens à Dolce… ?

Il voyait bien qu’il y avait un malaise.
Dolce avait l’attitude de celui qui attend, parce qu’il ne sait pas quoi faire d’autre. Il cherchait un moyen, du regard, de l’attitude, de trouver l’attention de Syndrell, mais pas seulement le contact visuel. Une énergie sourde crépitait entre les deux personnes, mais Erwan n’en comprenait pas l’origine…

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Lun 19 Mai 2014, 16:21

[Bravo, Erwan. On peut dire que tu t'y entends en matière d'allumage de bombe... De toute évidence, il fallait que celle-ci explose ! Sa réaction n'est donc pas très cohérente, mais ça ne rend que plus crédible son emportement  Rolling Eyes 

Allez, Dolce, à toi de jouer maintenant  mrred ]



- Heu, je… balbutia Dolce, prit de cours par la question.

Pour un peu, Syndrell aurait sourit : elle était très bien placée pour savoir ce que ressentait son amant face aux interrogations d’Erwan. Celui-ci ne tournait jamais autour du pot et allait droit au but, sans se soucier des dommages collatéraux qu’une question aussi directe pouvait causer. Sa fille était en train de prendre la même direction que lui...

Bonne ou mauvaise chose ? Le résultat parlait de lui-même : face à Erwan, les gens avaient tendance à répondre avec franchise. Et Dolce avait beau être un envoleur de haut niveau, il était avant tout un être humain, soumis au regard impavide d’un homme exceptionnel. Même lui ne pouvait pas résister à la force d’un tel regard.


- Je suis juste humain.

Syndrell sursauta. Par une incroyable pirouette du hasard, Dolce venait de formuler sa propre réflexion. Mais devait-elle vraiment s’étonner de constater qu’une fois de plus, elle le connaissait très bien ? Leur relation était donc à ce point solide qu’il leur était désormais possible de deviner leurs réactions, leurs paroles à l’avance ?

- Comme n’importe quel humain, j’ai des parts d’ombre et des part de lumière, poursuivit Dolce d’un ton plus assuré. Quand mon maître m’a trouvé, la part d’ombre avait pris l’ascendant sur l’autre. Mais avec les années, la tendance s’inverse, ou alors plutôt que noir et blanc, la frontière devient grise et s’étend.

L’image était parfaite. Une frontière grise et floue, voilà ce qui existait réellement entre les Marchombres et les Mercenaires. Il fallait croire qu’à l’origine de cette complexité se trouvait la peur de se retrouver face, non pas à l’inconnu, mais à quelque chose de bien plus proche, de bien plus similaire… En cet instant précis, nul n’aurait pu affirmer qui, de Dolce ou d’Erwan, était marchombre ou envoleur. Ils étaient simplement deux hommes assis à une table, avec chacun leurs parts d’ombre et de lumière.

- Mais j’avoue que dernièrement, je me suis posé la même question. Sauf qu’actuellement, que pourrais-je faire d’autre ? J’aime enseigner, et si je me fais passer pour mort, il faudra que je me cache toute ma vie. Au moins, foutre le bordel dans le Chaos, c’est chaotique, personne ne peut dire le contraire !

Cette question, elle se l’était posée aussi, se souvint Syndrell en fronçant les sourcils. Lorsque Faldor lui avait demandé de le rejoindre, au Domaine, pour devenir son apprentie. Elle s’était toujours dit qu’avec ou sans l’intervention musclée de Miss, son refus aurait été identique ; mais les paroles de Dolce semaient un léger doute en elle, à présent. Jamais les frontières entre les deux camps ne lui avaient paru aussi nettes qu’au cours des quelques secondes d’hésitation de la jeune fille – secondes précieuses qui avaient permis à Miss de mêler son grain de sel à l’affaire.

Syndrell n’avait pas et ne regretterait jamais sa décision. Elle était faite pour arpenter la Voie que Miss avait tracée pour elle, de cela, elle en était certaine. Mais elle n’était jamais tombée amoureuse d’un marchombre pour autant. Blood Light, Owen… Dolce. Etait-ce à cause de sa part de noirceur qu’elle était immanquablement attirée par des fils du Chaos ? Une question dont elle cherchait encore la réponse…


- Syndrell ?

L’interpelée cligna des yeux, tirée de ses réflexions par la voix douce et grave d’Erwan.

- Tu ne dis rien… Tu ne crois pas qu’il serait plus productif et rassurant de dire ce que tu penses et ce que tu ressens à Dolce… ?

Un bref instant, Syndrell envisagea de balayer la question d’un simple geste de la main. Et puis ce fut à son tour d’être happée par le regard presque magnétique du marchombre ; un frisson remonta le long de son échine et elle déglutit péniblement en y lisant une interrogation muette. Du coin de l’œil, elle vit que Dolce la regardait lui aussi, figé dans l’attente d’une réaction de sa part.

Le cœur de Syndrell battit soudain plus vite dans sa poitrine. Elle préféra ne pas tourner la tête dans sa direction et s’accrocha plutôt au regard d’Erwan comme à une bouée de sauvetage.


- Vous voulez vraiment savoir ce que je pense ? se lança-t-elle soudain, et d’un ton plus assuré qu’elle l’avait craint. D’accord, je vais te le dire. Je pense que cette histoire est dingue. Non, pire que cela : elle est complètement fumeuse. Des frontières floues et des rivalités entre écoles n’expliquent pas, ne cautionnent pas la mort de Miss, de Gazia et de Mala. Je refuse de croire que tout le monde puisse être concerné par ce qui nous arrive en ce moment. C’est faux ! L’Académie et le Domaine n’ont pas à savoir ce qui se passe dans cette maison. L’Harmonie, le Chaos doivent rester en dehors de cette affaire.

Syndrell se leva et se mit à faire les cent pas devant la cheminée. Plus elle parlait, plus elle s’emportait : son souffle s’accélérait, ses joues prenaient une jolie teinte rose et ses yeux lançaient des éclairs. Qui foudroyaient Erwan mais qui ne se posaient jamais sur Dolce, alors qu’il était le principal concerné par son discours enflammé.

- Plus il y aura de monde au courant, plus nous risquons de perdre des gens que nous aimons. Des gens qui n’hésiteront pas à reléguer leurs règles, leurs principes pour nous donner un coup de main. Je parle d’expérience, je sais de quoi les amis sont capables dans ce genre de situation. Je croyais que c’était une chance – non, une force, un atout considérable, mais ce n’est pas vrai ! Le résultat est toujours le même : des gens souffrent et meurent !

Elle criait, désormais. Une petite voix lui souffla qu’Ylléna dormait dans une pièce voisine et qu’il ne fallait pas la réveiller, mais Syndrell n’écoutait plus que la fureur qui éclatait enfin en elle. Toute la tension, accumulée depuis quelques jours déjà, puis pendant la bataille, explosait au moyen d’un coup de sang comme elle en avait rarement ; droite et raide, les poings serrés, la jeune femme oubliait toute réserve et cédait à la colère noire qui couvait depuis quelques heures.

- Toute ma vie, j’ai perdu les êtres qui avaient le malheur de s’attacher un peu à moi ! Je n’ai jamais eu de parents ! Jamais eu de famille ! J’ai dû achever de mes mains le premier homme qui m’a embrassée parce que Vanora lui avait planté une flèche dans le dos… j’avais quinze ans !

Syndrell s’essuya rageusement les yeux.

- J’en ai assez qu’on se batte pour moi. Je ne veux plus qu’on se batte et tue pour moi…

Sans laisser le temps aux deux hommes de faire quoi que ce soit, la marchombre quitta la pièce en courant. Sans une excuse, ni un regard pour Dolce.

Elle sortit de la maison, oubliant la raison pour laquelle ils avaient scrupuleusement fermé portes et volets, et traversa le jardin à toute vitesse, les yeux brouillés par des larmes brûlantes. L’herbe sèche laissa bientôt place au sable sous ses pieds. Elle tituba encore un peu avant de se laisser tomber à genoux. Et pleura, pleura, pleura…

Comme une enfant.


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Vous. Moi…




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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mar 20 Mai 2014, 10:15

[ Wouh, je crois que tout le monde pète des câbles sur ce RP ! Et les questions embarassantes ne sont pas que pour Erwan Razz ]





Dolce poussa un long soupir.
Le numéro que venait de faire Syndrell était compréhensible, totalement. Sauf que… que voudrait-elle qu’ils fassent, alors ? Qu’ils la laissent mourir ? Qu’ils la laissent embrasser la mort ? Qu’ils acceptent de vivre sans elle ?
C’était juste impensable. Inenvisageable.

Alors oui, des gens souffraient et mourraient.
Mais ils le faisaient dans le but unique de pouvoir rester avec ceux qu’ils aimaient, eux aussi. Ne meurt-on pas par amour ? Et quelle plus belle mort que d’embrasser la faucheuse lors d’un combat ? Les guerriers rêvaient tous de mourir sur le champ de bataille, c’était leur honneur, leur force, et surtout parce que l’affrontement faisait qu’ils regardaient la mort dans les yeux, et qu’ils savaient à quoi s’attendre. Attendre la mort dans un lit, infirme, assisté, quoi de pire ?
Dolce aussi rêvait de mourir au combat. Pour lui, c’était la meilleure mort qui soit, car il saurait qu’il aurait toujours fait de son mieux.

C’est ce qu’il pensait alors que son regard se posa sur Erwan. Syndrell venait de quitter la maison en trombe, elle venait de leur hurler dessus, de prendre la fuite, sans doute d’être à deux doigts de réveiller Ylléna et d’attirer l’attention d’autres Mercenaires s’il en restait à l’extérieur.
Mais il ne lui en voulait pas.
Souriant à Erwan, il murmura :

- J’y vais.

Puis, il sortit à son tour.


§§


Il trouva Syndrell un peu plus loin, dans les bois qui étaient juxtaposés à la maison. Le son de ses sanglots monta jusqu’à Dolce, qui sentit sa gorge se serrer.
S’approchant d’elle doucement, il s’agenouilla près de la Marchombre et passa une mèche de cheveux bleus derrière son oreille.

- Syndrell…

Il finit par s’asseoir, sans oser la prendre dans ses bras alors qu’il en crevait d’envie : il ne savait pas comment réagirait la jeune femme, et n’avait pas envie de la contrarier.

- Oui, les amis se battent pour ceux qu’ils aiment. C’est partout pareil, et ce n’est pas que toi. Il y a des choix à faire dans la vie, et je préfère mourir dans un combat pour te sauver, plutôt que de vivre sans toi. Est-ce si difficile à comprendre ?

Prenant une inspiration, il passa une main sur son visage, et déposa le bout de ses doigts sur l’épaule de la Marchombre.

- Et puis, personnellement, si je venais à mourir, je préfèrerais le faire en me battant et en regardant la mort dans les yeux, pas en grimaçant et en délirant dans un lit.

Il fit glisser ses doigts sur la joue de la Marchombre, résistant à l’envie de caresser ses lèvres gonflées par les larmes.

- Je préfèrerai mourir à tes côtés plutôt que de continuer sans toi. Je pourrais affronter n’importe qui pour avoir la certitude que tu ne partiras pas sans moi. Mais c’est ma personnalité…et mes sentiments.

S’éloignant légèrement de Syndrell, Dolce se passa la main sur le crâne. Prenant une inspiration hachée, il ferma les yeux.

- Et toi Syndrell, tu ne te battrais pas pour moi ?

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mar 20 Mai 2014, 15:15

[Dolce, je réponds avant Erwan pour lui épargner le supplice de tourner en rond pendant ce petit coup de gueule... J'ai été contrainte de faire réagir un petit peu ton personnage alors si ça ne te convient pas, fais-moi signe. J'ai quand même fait en sorte que tu puisses agrémenter tout ça à ta sauce, mais bon...

Erwan, j'avais oublié l'autre partie de la lettre, j'espère que ça ne tombe pas trop comme un cheveu sur la soupe ! Mais je n'avais aucune idée de ce que Miss pouvait avoir écrit alors je te laisse te débrouiller avec  mrred ]





Le corps secoué de sanglots, Syndrell n’entendit pas Dolce s’approcher d’elle. Il fut soudain là, tout près et en même temps très loin ; alors que sa seule présence aurait dû rassurer la jeune femme, elle pleura de plus belle, la tête dans les mains.

- Syndrell…

Elle ne répondit rien. Elle voulait qu’il s’en aille. Qu’il quitte cet endroit et qu’il abandonne l’idée stupide de rester à ses côtés. Elle devina confusément qu’il s’installait dans le sable. Un élan de colère la traversa brusquement. Tout cela n’avait servi à rien, alors ? Elle s’était emportée, lui avait décoché de méchantes piques pour qu’il vienne la consoler ?

Non. Si Dolce avait voulu la réconforter, il l’aurait prise dans ses bras. Mais il restait en retrait – là où elle s’était évertuée à le placer depuis le début de la soirée – et se mit à lui parler. Sa voix était légèrement rauque, toutefois il était impossible de discerner la moindre émotion dans ce ton neutre et sans appel. Sans prendre la peine de choisir ses mots, de les nuancer au moyen d’artifices pour en atténuer le sens, il évoqua l’importance de donner sa vie au nom de l’amitié et de l’amour.

Cela acheva de terrifier Syndrell. Elle réalisa soudain qu’il n’avait pas compris le motif de sa colère et leva la tête pour le dévisager avec effarement. Il pensait qu’elle reniait ses convictions alors qu’en réalité, c’était tout le contraire ! Elle avait peur qu’il fasse à nouveau couler le sang pour elle, peur que la prochaine fois, ce soit lui qui y laisse la vie. Il était sincèrement prêt à le faire et il avait le culot de la prendre à parti ! Comme si cela ne dépendait que d’elle…


- Je ne te parle pas de te battre, rétorqua-t-elle en reniflant, mais de mourir pour une cause qui n’est pas la tienne ! Quand comprendras-tu, Dolce ? Tu n’es PAS un marchombre. Tu n’as pas à décimer les tiens pour Erwan, Ylléna ou pour moi. Si tu continues, tu vas perdre beaucoup plus que tu n’auras donné et…

Etouffée par un sanglot, Syndrell baissa la tête, mais un frôlement sur son épaule la fit tressaillir. Elle bondit comme si les doigts de Dolce l’avait brûlée et recula d’un pas.

- Arrête ça ! cria-t-elle. Arrête de croire que j’ai besoin d’être sauvée ! Je ne suis pas en sucre et j’ai déjà affronté la mort. Je suis capable de m’en sortir toute seule.

Elle avait vaguement conscience de réagir avec la hargne d’une petite fille, frondeuse et colérique, mais les mots jaillissaient sans qu’elle ne puisse les modeler avec plus de réflexion et de sagesse. Ce qui au départ devait être un discours visant à refroidir suffisamment Dolce pour l’éloigner de cette histoire était en train de se transformer en règlement de comptes ; il couvait sans doute depuis un petit moment déjà, sans qu’aucun d’eux ne l’ait réellement perçu – ou n’ai voulu y prêter attention.

Pourtant, c’était un fait : Syndrell était effrayée et la peur lui faisait faire marche arrière à toute vitesse. Les débordements jaloux de son amant avait commencé à l’inquiéter, mais la mort de Mala avait été le déclencheur de cette terrible prise de conscience : Dolce était fou amoureux d’elle. Bien trop fou et bien trop amoureux… C’était beaucoup pour la louve solitaire qu’elle était depuis l’enfance. Elle s’était habituée à un certain train de vie avec lui, appréciant leur éloignement presque autant que leurs retrouvailles. Mais confrontée à ses propres sentiments envers lui, Syndrell perdait soudain toute confiance en elle. Et réagissait de façon extrême.


- Tes intentions sont louables, je suis la première à le reconnaitre, et je sais aussi que tu n’as pas choisi d’être ce que tu es. Mais tu ne peux pas détruire ton univers pour sauvegarder le mien, Dolce. Je ne te laisserai pas faire, parce que je…

Encore une fois, les mots lui manquèrent. Elle le vit approcher et recula immédiatement.

- Ne t’approche pas ! Je ne veux pas que tu me touches !

Un pas en avant. Un pas en arrière. On aurait dit qu’ils dansaient sous le clair de lune et au doux bruit des vagues qui déferlaient sur la plage, non loin de là. Une lueur meurtrière s’alluma dans le regard de Syndrell.

- Tu aurais dû comprendre, ce jour-là, siffla-t-elle. Quand je t’ai blessé dans l’écurie pour m’enfuir. Tu aurais dû accepter l’évidence et m’oublier !

C’est ce qu’elle avait souhaité, à l’époque : le décevoir, le blesser dans sa chair et dans son âme pour qu’il cesse de lui courir après. C’était le seul et unique moyen qu’elle avait trouvé pour le protéger. Elle avait échoué : Dolce était du genre persévérant et de taille à lui tenir tête. D’ailleurs, en restant avec elle, ce soir, alors qu’elle lui jetait toutes ces méchancetés au visage, prouvait bien la puissance de son entêtement !

Rageuse, elle serra les poings et leva le menton. Il lui tenait tête, encore ! Ne voulait pas comprendre que ce n’était pas des autres qu’elle cherchait à le protéger, mais d’elle-même ! Parce qu’elle était folle amoureuse de lui, elle aussi, et qu’à cause de cela il risquait de tout perdre ! Pourquoi ne voulait-il pas comprendre ??


- Recule, ordonna-t-elle en maudissant la note suppliante qui vibrait sans le son de sa voix. S’il te plait, Dolce… ne m’oblige pas à …

A quoi ? A le frapper ?
A l’accepter ?

Un pas en avant. Un pas en arrière. Elle sentit le bois dur d’un arbre dans son dos et serra les dents. Il fallait qu’il s’en aille, maintenant ! Ses lames jaillirent sans bruit de ses avant-bras et étincelèrent sous un rayon de lune.

Le souffle court, des larmes dans les yeux, Syndrell regarda Dolce franchir la distance qui les séparait encore. Et ignorer la menace pour capturer ses lèvres avec suffisamment de force pour lui prouver son erreur. Alors, la marchombre rétracta ses lames et sa colère pour jeter les bras autour de sa nuque et se blottir contre lui.  


- J’ai peur, avoua-t-elle enfin au creux de son oreille d’une voix tremblante. J’ai peur de t’aimer aussi fort que tu m’aimes. Peur que tu finisses par me haïr pour t’avoir laissé détruire ta vie. Peur que tu souffres et que tu meures à cause de moi.

Elle s’accrochait à lui comme si elle était sur le point de se noyer. Son cœur battait la chamade et elle percevait, tout contre elle, la cadence effrénée de celui de Dolce.

- Je n’ai pas le courage d’Erwan… S’il t’arrivait quelque chose, si tu disparaissais comme Miss, je n’y survivrai pas !

Le reconnaître à voix haute, accepter de confier ses démons à Dolce, c’était tout ce qu’il manquait à Syndrell pour se détendre complètement. Lâcher prise, enfin, et pleurer de soulagement tandis qu’un poids énorme quittait ses épaules. Ce n’était pas si terrible, finalement, et s’en rendre compte lui donna la sensation d’être plus ridicule que jamais. Désespérée, elle recula juste assez pour essuyer ses larmes d’un revers de manche et regarder son amant dans les yeux.

- Je suis vraiment désolée, je n’ai jamais voulu me mettre en colère contre toi. J’ai été odieuse. Erwan…

Erwan n’avait absolument pas mérité le savon qu’il venait de se prendre, lui aussi, réalisa-t-elle soudain en écarquillant les yeux. Comment pourrait-il accepter son aide, après ça ? Il fallait qu’elle lui parle. Mais elle fut incapable de se soustraire à l’étreinte de Dolce. Comme s’il ne voulait plus la lâcher, à présent qu’il la tenait enfin.

- Tu as raison de m’en vouloir, soupira-t-elle en appuyant son front contre sa large poitrine. Moi, je m’en veux. Si seulement j’avais eu le bon sens de te dire tout ça dès le début… Est-ce que tu… ?

Sa question n’eut jamais l’occasion d’être achevée. Réduite au silence par un impérieux baiser, Syndrell rendit les armes.

Enfin.





*



Ylléna ne s’était pas réveillée. De retour dans la maison, Syndrell s’était immédiatement inquiétée de cette éventualité et s’était glissée dans le couloir pour entrebâiller doucement la porte de la chambre afin de jeter un œil à l’intérieur ; roulée en boule au beau milieu du lit, Ylléna dormait à poings fermés. Attendrie, la jeune femme l’avait observée quelques minutes, le cœur gonflé d’amour pour cette petite fille qu’elle avait aidé à venir au monde.

Puis elle s’était éloignée sur la pointe des pieds et avait retrouvé Erwan dans le salon. A présent debout devant lui, elle avait l’impression d’être dans la peau d’une de ses élèves, penaude et ne sachant pas par quel bout commencer. Mais cette fois, la présence de Dolce lui donna le courage qui lui manquait et elle se lança, fermement décidée à se faire pardonner son comportement.


- Je n’aurai pas dû te crier dessus. C’était nul de ma part, surtout après la journée éprouvante que nous avons tous traversé. Et c’était inutile. Je suis désolée.

Et avant de lui laisser le temps de dire ou faire quoi que ce soit, Syndrell serra le marchombre dans ses bras. Elle n’était pas démonstratrice dans son affection et c’était un geste d’une très grande signification : à ses yeux, il valait tous les discours du monde. Elle espérait qu’Erwan le comprendrait aussi.

Elle se dégageait tout juste de lui lorsque soudain, une idée traversa son esprit. Son regard doré flamboya et elle laissa échapper une exclamation étouffée. Sous le regard surpris des deux hommes, elle se précipita dans la salle d’eau et se laissa tomber à genoux près de la baignoire. Soupira de soulagement en constatant que le papier était toujours là, au fond de la cachette secrète dévoilée par les lattes du parquet. Elle le récupéra d’une main légèrement tremblante, le déplia doucement… et le referma aussitôt. Ces mots avaient été écrits par Miss à l’attention d’Erwan ; c’était à lui de les lire, pas à elle.


- C’est à toi, dit-elle en regagnant le séjour, plaçant le bout de papier dans la main de son ami. Nous avons été distraits tout à l’heure, mais je crois qu’il est temps de découvrir ce que Miss voulait que tu saches.

La jeune femme recula et tendit la main dans son dos. Presque immédiatement, les doigts de Dolce se nouèrent aux siens. Elle sourit.


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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mer 21 Mai 2014, 10:36

Pendant un court instant, Erwan crut que Syndrell ne répondrait pas à sa question, juste en l’ignorant. Il sentait que quelque chose n’allait pas, même s’il y avait des tas de raisons pour cela, étant donné ce qu’il s’était passé dans la journée. Mais Syndrell était une Marchombre, ce n’était pas un petit combat qui la mettait dans des états pareils, il y avait quelque chose qui sourdait et il ne parvenait pas à mettre la main dessus.

Il savait qu’il risquait de faire de grosses vagues, mais ne s’attendait sûrement pas à l’ouragan qui balaya la pièce.


Je pense que cette histoire est dingue. Non, pire que cela : elle est complètement fumeuse. Des frontières floues et des rivalités entre écoles n’expliquent pas, ne cautionnent pas la mort de Miss, de Gazia et de Mala.

Erwan haussa un sourcil : justement, ce n’étaient pas des rivalités entre écoles, c’était bien le soucis, dans l’état actuel des choses. Cela allait bien au-delà d’une rivalité, c’était l’opposition même du Chaos et de l’Harmonie. C’était contre cela que les Mercenaires et Mentaïs luttaient, contre l’Harmonie. Parce qu’ils avaient besoin d’un autre monde où dicter leurs lois, pour prendre sans aucun doute le pouvoir en Gwendalavir. Il n’était pas question d’école, mais de chemin à suivre, et surtout d’entités aussi vieilles que le monde, qui s’opposaient pour exister.

Sauf que Syndrell n’était plus du tout dans cette vision des choses.


- L’Académie et le Domaine n’ont pas à savoir ce qui se passe dans cette maison. L’Harmonie, le Chaos doivent rester en dehors de cette affaire.

C’était faux.
Erwan le réalisa soudain.
Justement, sans doute la mort de Miss avait commencé dans l’affrontement du Chaos et de l’Harmonie. Elle avait suivi le Chaos, elle avait donc ce Chaos en elle, comme tout un chacun – comme l’avait si justement souligné Dolce. Mais finalement, elle s’était tournée vers l’Harmonie, et manquait aux rangs des Mercenaires.

Voulant ouvrir la bouche pour protester, le Marchombre ne put cependant pas dire un mot. Syndrell partait sur un autre sujet, extrapolait beaucoup trop. Ou alors, il n’était simplement plus dans la même logique qu’elle…

- Toute ma vie, j’ai perdu les êtres qui avaient le malheur de s’attacher un peu à moi ! Je n’ai jamais eu de parents ! Jamais eu de famille ! J’ai dû achever de mes mains le premier homme qui m’a embrassée parce que Vanora lui avait planté une flèche dans le dos… j’avais quinze ans !  J’en ai assez qu’on se batte pour moi. Je ne veux plus qu’on se batte et tue pour moi…

Erwan poussa un soupir quand la jeune fille sortit en trombe de la maison, et adressa un signe du menton à Dolce pour lui dire qu’il valait mieux que cela soit lui qui la suive. Après tout, il était le plus à même de la consoler, et immédiatement, Erwan n’avait aucune parole de réconfort, car la logique de la jeune femme lui passait bien au dessus de la tête.

Se levant de sa chaise, il se posa dans le fauteuil près de la cheminée – dans son fauteuil. Celui de Miss, orienté vers la cheminée et dans son champ de vision, semblait affreusement vide. Il se souvenait des soirées passées près de l’âtre, à rire et à discuter, dans un bonheur qui aurait pu faire craquer son cœur des centaines de fois. Pourquoi avait-il tout gâché ? S’il avait été là, si Miss n’avait pas trouvé d’excuse pour le faire sortir de la maison, il aurait pu l’aider, ils auraient pu s’en sortir…

Il dû s’endormir quelques minutes, car ce fut le claquement de la porte qui lui fit rouvrir les paupières.
Syndrell fut bientôt là, devant lui, la mine presque déconfite.


- Je n’aurai pas dû te crier dessus. C’était nul de ma part, surtout après la journée éprouvante que nous avons tous traversé. Et c’était inutile. Je suis désolée.

Il voulut répondre, mais la jeune femme le prit dans ses bras, et s’il se tendit les premières secondes, il finit par tapoter les épaules de Syndrell, un peu mal à l’aise. Lui-même était très peu tactile, sauf avec sa fille, et Miss…
Et quand elle se dégagea, Syndrell redevint un feu follet, à ne pas lui laisser le temps d’en placer une, ce qui lui tira un soupir agacé.

- C’est à toi. Nous avons été distraits tout à l’heure, mais je crois qu’il est temps de découvrir ce que Miss voulait que tu saches.

Prenant le bout de papier qu’elle lui tendait – la seconde partie de la lettre de Miss – Erwan fit glisser la feuille entre ses doigts. Relevant la tête, il planta son regard cobalt dans celui de la jeune femme, et cette fois-ci, parla avant qu’elle n‘enchaînât trop vite.


- Syndrell, tu n’as pas eu une vie facile, je comprends. Tu ne veux plus qu’on se batte pour toi ? Pourquoi te bats-tu pour moi alors ? Pour Ylléna ? En quoi cela est-il différent des gens qui ont envie de se battre pour toi ?

Froissant le papier dans sa paume, Erwan lança un regard à Dolce, et plongea son regard dans celui de Syndrell.
Calme et en attente.






[ Du coup, je pense que Syndrell est encore bonne pour une réponse-express ^^' Comme ça, pas de jaloux Dolce Wink]

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mer 21 Mai 2014, 11:52

- Je...

(Elle prend une longue inspiration, serre un peu plus les doigts de Dolce entre les siens et regarde Erwan droit dans les yeux)

Un jour, Miss m'a reproché de vouloir me protéger de la perte de ceux que j'aime. Non, ce n'était pas un reproche, plutôt un conseil... elle m'a dit que j'avais besoin de ces personnes et que les fuir ne résoudrait rien du tout. Je croyais l'avoir compris mais, ce soir... J'ai paniqué. J'ai cru que si je n'envoyais pas Dolce voir ailleurs, il finirait comme elle - comme Mala. Et j'ai eu peur.

Mais je ne peux pas vous empêcher de faire ce que moi, je veux faire pour vous, pas vrai ? Tu n'as pas l'intention de renoncer à te battre et Dolce non plus. Je crois que tout se résume à cette idée, finalement : pas de gentils, pas de méchants, pas de noir ni de blanc ; il y a juste ceux qui convoitent un secret très précieux, et nous. Ylléna, Dolce, toi, moi. Ensemble, on est bien plus forts que tous les fils du Chaos réunis !


(clin d'oeil lumineux)

Alors ? Que dit la fin de cette lettre ?

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Vous. Moi…




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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Ven 23 Mai 2014, 11:33

- Je ne te parle pas de te battre, mais de mourir pour une cause qui n’est pas la tienne ! Quand comprendras-tu, Dolce ? Tu n’es PAS un marchombre. Tu n’as pas à décimer les tiens pour Erwan, Ylléna ou pour moi. Si tu continues, tu vas perdre beaucoup plus que tu n’auras donné et…

Certes, il n’était pas Marchombre. Mais ce n’était pas pour un camp qu’il se battait, plutôt pour ses convictions. Il ne se battait pas pour Erwan ou Ylléna, il ne les connaissait pas assez – quoi que, se battre pour une enfant lui semblait évident – mais pour elle, et seulement pour elle. C’était elle qui comptait. Les siens… n’étaient pas les siens. Il n’avait pas d’amis proches au Domaine, ou alors seulement des gens qu’il savait qu’ils ne s’opposeraient pas à lui, et qui avaient en partie les mêmes valeurs que lui, au-delà de leur attrait au Chaos.
Parce que les gens fermés d’esprit n’avaient jamais intéressé Dolce. Les gens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, qui ne réfléchissent pas et se cantonnent à un idéal dessiné par quelqu’un d’autre n’étaient pas des personnes intéressantes, elles étaient juste des personnes sectaires.

- Arrête ça ! Arrête de croire que j’ai besoin d’être sauvée ! Je ne suis pas en sucre et j’ai déjà affronté la mort. Je suis capable de m’en sortir toute seule.

Coup de poing dans les côtes. Coup de poing dans le ventre.
Il ne voulait pas la sauver pour la sauver, parce qu’elle était fragile. Il voulait la sauver parce qu’il ne voulait pas vivre sans elle. C’était bien différent. Ce n’était pas une histoire d’affronter la mort ou d’être faible, ni une question de confiance. C’est une histoire de suivre ses principes et ses envies, en gardant la tête sur les épaules. On est toujours plus forts à deux pour affronter la mort !

Il allait ouvrir la bouche pour répondre, pour essayer de lui expliquer, mais elle n’avait pas fini, et il préféra la laisser terminer et se délester de ces poids qu’a priori elle portait depuis un long moment.

Il la laissa parler. Il la laissa crier. Il la laissa pleurer.
Il la laissa tenter de l’intimider, tenter de le tenir loin de lui.
Que pouvait-il faire d’autre ?
Quand elle buta contre l’arbre, il sut ce qu’il pouvait faire d’autre.

Il l’embrassa.
Ignorant superbement les lames qui pouvaient tout à fait l’éventrer, le réduire en charpie, il préférait mourir dans ses bras que sans avoir essayé de lui faire comprendre ce qu’il ressentait.

Et elle s’effondra, dans ses bras.
Un long soupir de soulagement le parcourut, et il referma avec doucement son étreinte autour de la Marchombre, dans un piteux état. Elle avait presque l’air fragile, ainsi, avec le nez rouge, les yeux embués et les lèvres gonflées par les pleurs…

- J’ai peur, avoua-t-elle enfin au creux de son oreille d’une voix tremblante. J’ai peur de t’aimer aussi fort que tu m’aimes. Peur que tu finisses par me haïr pour t’avoir laissé détruire ta vie. Peur que tu souffres et que tu meures à cause de moi.

Il voulut la rassurer, sans en avoir le temps.

- Je n’ai pas le courage d’Erwan… S’il t’arrivait quelque chose, si tu disparaissais comme Miss, je n’y survivrai pas ! Je suis vraiment désolée, je n’ai jamais voulu me mettre en colère contre toi. J’ai été odieuse. Erwan… Tu as raison de m’en vouloir. Moi, je m’en veux. Si seulement j’avais eu le bon sens de te dire tout ça dès le début… Est-ce que tu… ?

Sssht.
Il l’arrêta d’un baiser. Parce que c’était le seul moyen de lui montrer à quel point elle comptait pour lui, à quel point il était prêt à faire n’importe quoi.
Parce que…

- Tu ne comprends pas, Syndrell. Tu es mon univers. Je veux construire la suite de ma vie autour de toi, autour de nous. Peu importe les autres : s’ils l’acceptent, tant mieux, sinon, tant pis. Je ne vais pas regretter des gens qui sont incapables de reconnaître que je suis le plus heureux des hommes, quand je suis auprès de toi. Ca fait juste mal de constater que ces gens-là ne savent pas penser aux autres comme à des amis, et à se réjouir pour le bonheur de ceux qu’ils considéraient comme des amis.

C’était un peu brouillon.
Tant pis.
C’était la stricte vérité.


- Je t’aime.

♪ ♫ ♪

Je veux créer un monde
Au creux de ton épaule
C'est là que je me sens bien
Pas besoin d'être une autre

Je veux créer un monde
Un coin de paradis
Sur ton épaule


♪ ♫ ♪



Quand ils revinrent dans la maison, Ylléna dormait à poings fermés et Erwan attendait en somnolant, au vu des quelques étoiles de sommeil qui traînaient dans son iris.
Dolce ne put empêcher un sourire légèrement en coin d’étirer ses lèvres vers la droite quand il vit la mine penaude de Syndrell. Etonnant comme elle considérait cet homme, qui n’était finalement pas bien plus âgé qu’elle – et plus jeune que lui-même.

- Je n’aurai pas dû te crier dessus. C’était nul de ma part, surtout après la journée éprouvante que nous avons tous traversé. Et c’était inutile. Je suis désolée.

Etonnamment, aucun soubresaut n’agita son ventre lorsqu’elle prit le Marchombre dans ses bras. Un sourire presque triste passa sur son visage, mais Dolce se reprit. Et Syndrell bondit soudain dans la salle de bain pour récupérer la fin de la lettre qu’Erwan avait trouvée plus tôt.

Mais plutôt que de le prendre et de le déplier pour savoir ce qu’il y avait écrit dessus à tout prix, le Marchombre préféra poser une question, très pertinente d’ailleurs selon l’Envoleur.

- Syndrell, tu n’as pas eu une vie facile, je comprends. Tu ne veux plus qu’on se batte pour toi ? Pourquoi te bats-tu pour moi alors ? Pour Ylléna ? En quoi cela est-il différent des gens qui ont envie de se battre pour toi ?

Elle avait paniqué, c’était le cas de le dire, mais cela traînait quand même, comme affaire, Dolce le sentait bien. Ce n’était pas le genre de choses qui débarquent d’un coup, mais cela s’insinue en nous sans forcément que l’on s’en rende compte…

- … pas de gentils, pas de méchants, pas de noir ni de blanc ; il y a juste ceux qui convoitent un secret très précieux, et nous. Ylléna, Dolce, toi, moi. Ensemble, on est bien plus forts que tous les fils du Chaos réunis !

Un nouveau sourire passa sur le visage de l’Envoleur, sincère cette fois. Portant la main de Syndrell à ses lèvres pour y déposer un léger baiser, il ferma les yeux.

- Alors ? Que dit la fin de cette lettre ?

Oui, elle avait raison. Enfin, cela dépendrait d’Erwan, car il avait froissé le bout de papier dans sa main comme s’il ne voulait pas en savoir plus…

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Ven 23 Mai 2014, 12:33

- Un jour, Miss m'a reproché de vouloir me protéger de la perte de ceux que j'aime. Non, ce n'était pas un reproche, plutôt un conseil... elle m'a dit que j'avais besoin de ces personnes et que les fuir ne résoudrait rien du tout. Je croyais l'avoir compris mais, ce soir... J'ai paniqué. J'ai cru que si je n'envoyais pas Dolce voir ailleurs, il finirait comme elle - comme Mala. Et j'ai eu peur.

Erwan eut un sourire compréhensif.
Comme quoi, il y avait toujours des moments dans la vie où les doutes refont surface, où les leçons sont connues mais pas appliquées. Que ce soit pour lui-même ou pour Syndrell, et sans aucun doute pour bien d’autres, Marchombres ou non.

La Voie est loin d’être droite et lumineuse.
Non, elle est sinueuse, certains passages parsemés d’ombres, d’échos d’autres Voies, de croisements. Il faut simplement accepter que chaque chemin est différent, mais connaître la direction dans laquelle on souhaite aller.
Il faut simplement accepter que les Marchombres sont des hommes, de simples humains. Que personne n’est parfait, et que la perfection n’est pas la Voie. Que la Voie peut s’élargir ou disparaître, mais qu’elle est toujours là.

En soi.

Cette évidence soudaine fit naître une explosion de chaleur dans l’estomac d’Erwan. Une brusque bourrasque de sérénité le bouscula, le fit chanceler.

- Alors ? Que dit la fin de cette lettre ?

L’intervention de Syndrell ramena tous ses doutes et ses émotions au premier plan, reléguant la certitude qui vibrait en lui au second plan. Trop difficile à appréhender pour le moment.

Baissant les yeux, il fixa son poing fermé, réduisant le papier presque à l’état de chiffon. Il ferma les paupières un instant, le temps de prendre une grande inspiration, et desserra le poing. La lettre…
Il la déplia avec une immense délicatesse, se levant pour atteindre la table et s’asseoir finalement sur le banc de bois. Moins confortable que son fauteuil, mais tout de suite, il n’avait pas envie d’être bien installé.

Son regard se posa sur le morceau de parchemin.

Erwan,
Je ne sais pas par où commencer, et je vais essayer d’être concise.
Je sais que tu as été affecté par ma décision. Je ne la regrette pas, mais je suis rouillée.
Parce que j’ai revu un vieil ami il y a peu de temps. Je t’avais parlé de lui, celui croisé dans la chambre de l’enfant du seigneur. Il a réussi à me retrouver, Ylléna a eu si peur qu’elle s’est transformée... Il doit me tuer, nous tuer. J’ai réussi à le repousser, de justesse.
Mais je…


Il se souvenait de cette conversation.
Parce que Miss avait été très affectée par cette rencontre, à cause de ce que dégageait l’homme, proche de son propre don. Et parce qu’elle avait cru en être amoureuse pendant longtemps, alors qu’il appartenait au Chaos.

Le Marchombre se mordit l’intérieur de la joue.
Un nouveau cycle se répétait apparemment, réalisa-t-il en observant Syndrell et Dolce.
Et si la Marchombre finissait par tomber amoureuse d’un autre, est-ce que Dolce voudrait la tuer aussi ?

Un long soupir franchit les lèvres d’Erwan.
Dolce n’était pas cet homme. Ils appartenaient au même camp, ils étaient Envoleurs, mais il doutait que Tenargir eût tué pour Miss. Ils ne s’étaient vu que quelques fois, et encore. Non, il avait simplement été chapoté pour cette mission. Et avait découvert la transformation d’Ylléna, qui intéressait sans aucun doute le Chaos.

Plongeant sa tête entre ses mains, le Marchombre prit une grande inspiration.
Il s’inquiétait pour Syndrell, mais elle était à même de se débrouiller seule avec Dolce.

La vibration au creux de son ventre se fit sentir à nouveau.
Ses épaules se délièrent légèrement.


- Apparemment, oui, c’était bien Tenargir. Et c’est lui qui a prévenu pour Ylléna.

Il allait replier le morceau de papier avant de se rendre compte que quelque chose était écrit au dos. La suite… elle avait déchiré le papier de manière trop pressée, elle avait écrit sans doute dans la précipitation…

Prends soin d’elle, mon amour. Suis ton chemin, votre chemin, notre chemin. Il n’y a rien d’autre qui compte, parce que je serai toujours là. Je te le promets.
Un, deux et trois.
Je t’aime.

PS : Et dis à Syndrell que je l’aime elle aussi.  Je sais qu’elle viendra.


La fin de la lettre était moins pressée, moins précipitée, et elle avait même souligné le « je t’aime ».
Erwan ferma les yeux, et repoussa le papier sur la table, l’offrant à Syndrell et Dolce s’ils souhaitaient la lire.

Suivre son chemin, n’est-ce pas ?


 « Equilibre. Tout n’est qu’Equilibre, Erwan. Le vent et la terre. L’Harmonie et le Chaos. L’Amour, la liberté…
Chacun trouve son propre équilibre. Tu devras trouver le tien.
On pourra le troubler. Des rencontres le troubleront. Mais tu te dois de toujours le conserver.
Ne jamais te perdre toi-même. »

Sa mère avait raison. Et son père aussi…
«  Il y a des personnes dont la grandeur d'âme est tellement immense qu'ils ne seront jamais compréhensibles à nous, pauvres mortels. Ils illuminent le monde de leur splendeur... . »
Il le savait, pour Miss. Cela se confirmait encore plus.

Alors, enfin, ce qui vibrait en lui finit par se répandre dans son ventre, dans sa poitrine.
Et il ferma les yeux pour la voir. La voir sourire, rire, et danser.
Miss..

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Ven 23 Mai 2014, 17:22


Tout en suivant Erwan des yeux pendant qu’il lisait la lettre, Syndrell réalisa quelque chose, un détail qui l’avait d’abord intriguée puis qui s’était perdu dans l’enchaînement des récents événements. Pour lui revenir en tête précisément maintenant. Ses sourcils se froncèrent et elle inclina légèrement la tête sur le côté, perdue dans ses réflexions. Tout doucement, l’évidence se fit jour en elle…

La détresse d’Erwan, quand elle l’avait trouvé complètement ivre ce jour-là. Le combat secret de Miss. La lettre, déchirée, séparée et dissimulée pour brouiller les pistes mais leur fournir quelques indices. Pourquoi tous ces mystères, cette mise en scène ? Pourquoi Miss n’avait-elle pas confié cette histoire à Erwan, à ses parents ? A son ancienne élève ? Se pouvait-il que, comme elle avec Dolce, Miss ait tenté d’éloigner Erwan ?

Perplexe, Syndrell ouvrait déjà la bouche pour aborder le sujet lorsque son regard doré tomba sur Erwan. Il était assis, la tête entre les mains. Le cœur de la marchombre s’emballa et elle serra plus fort les doigts de Dolce dans les siens.


- Apparemment, oui, c’était bien Tenargir. Et c’est lui qui a prévenu pour Ylléna.

Tenargir.
Quel homme pouvait ainsi décider du sort d’un enfant ? N’avait-il rien vu d’autre qu’un don fascinant en regardant Ylléna ? Ecoeurée, Syndrell secoua la tête, puis détacha sa main de celle de Dolce et s’avança vers la table. Erwan avait repoussé le papier pour se plonger dans ses pensées. Elle n’essaya pas de l’en tirer. Contournant la table, elle s’empara de la lettre.


- Erwan, lut-elle à voix haute. Je ne sais pas par où commencer, et je vais essayer d’être concise…

Au fil de sa lecture, Syndrell comprit que Miss avait bel et bien agi de son propre chef pour protéger sa famille. Non pas dans la panique, même si l’urgence avait poussé Miss à tracer ces mots à la volée, mais de façon délibérée, soupesée, réfléchie ; elle avait pris une décision qu’elle avait assumé, en dépit des conséquences. Parce que cela était alors nécessaire. Et à présent, elle leur léguait son combat : à Erwan, parce qu’elle n’avait jamais douté de lui, ni même envisagé de l’empêcher d’agir. Et à elle.

- … PS : Et dis à Syndrell que je l’aime elle aussi. je sais qu’elle viendra, acheva Syndrell, des larmes dans la voix.

Bouleversée, elle posa ses deux mains à plat sur la table, tendit les bras et rentra la tête dans les épaules. Les yeux fermés, elle laissa filer quelques secondes, le temps d’endiguer le flot d’émotions qui bouillonnait en elle – chagrin, reconnaissance, amour, nostalgie, inquiétude, frustration… Puis elle se redressa et se tourna vers Erwan.

- Et maintenant ? Que comptes-tu faire, Erwan ? Suivre ton chemin, d’accord, mais dans quelle direction ? L’Académie ?

C’était le plus raisonnable à faire, mais était-ce suffisant ?

- Ylléna sera en sécurité, là-bas, et elle ne sera pas le seul et unique enfant,  poursuivit-elle tout en songeant à Lyke. Crois-tu que Miss y avait pensé, elle aussi ?

Sans doute, oui. Miss avait toujours eu une affection profonde envers l’école, et elle l’avait transmise à son apprentie. Tout en réfléchissant, Syndrell retourna près de la cheminée. Accroupie devant l’âtre, elle ranima le feu puis joua de son tison dans les braises, jusqu’à ce qu’un bâillement lui échappa. La fatigue lui tomba dessus sans prévenir, conséquence d’une rude journée et d’une soirée riche en émotions. Tournant la tête, elle constata qu’il en était de même pour ses deux compagnons.

- Va te coucher, Erwan. Dolce et moi allons rester ici cette nuit.

Ses paupières s’alourdissaient déjà.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…




Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Lun 26 Mai 2014, 14:09

Alors que Syndrell observait Erwan qui lisait la lettre qu’il venait de retrouver, Dolce, lui, observait la Marchombre.
Il comprenait la peur, mais il ne comprenait pas comment elle en était arrivée à une telle fuite en avant. Il n’avait pas eu l’impression de lui mettre la pression, ni rien du même genre ; au contraire, il ne voulait que son bonheur, et faisait tout ce qui était en son pouvoir pour y parvenir. Alors oui, il était jaloux, mais il ne comprenait pas en quoi il aurait pu l’effrayer. C’était surtout cela, qui le perturbait.

- Apparemment, oui, c’était bien Tenargir. Et c’est lui qui a prévenu pour Ylléna.

Dolce revint à la réalité quand le son de la voix d’Erwan lui parvint.
Tenargir. Non, décidément, il ne connaissait cet homme que de réputation. Il ne l’avait jamais rencontré personnellement, et à vrai dire, cela ne l’avait jamais intéressé d’être au courant des ragots du Domaine. Cela ne servait strictement à rien, et puis caqueter, ce n’est pas le genre des hommes en général.

Puis, la jeune Marchombre se mit à lire à haute voix la lettre qu’Erwan avait repoussée, plongé dans ses pensées.
Dolce écoutait d’une oreille distraite. Distraite par les pensées qui l’agitaient, lui. Toutes avaient pour point d’orgue Syndrell, tornade bleue dans son esprit.

- Et maintenant ? Que comptes-tu faire, Erwan ? Suivre ton chemin, d’accord, mais dans quelle direction ? L’Académie ?

Il y avait bien une Académie Marchombre, alors. Un secret que les fils du Chaos avaient réussi à ouïr à travers les décennies, grâce aux rumeurs justement, mais sans jamais être sûrs que la légende était réelle.
Et même avec des décennies à la chercher, jamais ils ne l’avaient trouvée. Tout comme le Rentaï : très peu de gens savaient ce qu’il représentait pour les Marchombres, et la plupart étaient persuadés que son pouvoir n’était que légende lui aussi. Pourtant, il avait vu les lames de Syndrell : elles étaient bien réelles.

- Ylléna sera en sécurité, là-bas, et elle ne sera pas le seul et unique enfant. Crois-tu que Miss y avait pensé, elle aussi ?

Des enfants ? Dans une école de Marchombres ?
Dolce avait du mal à y croire. Puis, en poussant la réflexion, il réalisa que sans doute des Marchombes étaient devenus mamans et papas, c’était même probable. Mais pourquoi loger dans une école ? A cause de la sécurité ?

- Va te coucher, Erwan. Dolce et moi allons rester ici cette nuit.

Dolce hocha la tête, complètement d’accord avec Syndrell.
Il mourrait de fatigue, et sentait même certains muscles commencer à protester. Alors, laissant Erwan aller dans sa chambre, il fit quelques étirements devant la cheminée avant de s’allonger dans le canapé, étreignant doucement Syndrell contre lui.


§§


Le lendemain matin, Dolce se réveilla très tôt, malgré la fatigue qu’il avait ressentie la veille.
Il avait bien dormi. Et même très bien dormir, mieux que depuis des mois. Etait-ce la présence de Syndrell tout contre lui ? Sans doute, c’était la seule explication plausible, car sinon rien ne l’aurait aidé à mieux dormir.

Un petit sourire sur les lèvres, il se leva, prenant garde à ne pas réveiller sa dulcinée, et commença à s’affairer dans la cuisine pour préparer le petit déjeuner. Ils en avaient tous besoin, étant donné le peu de nourriture qui avait atteint leur estomac la veille.

Ce fut sans doute l’odeur du lait et du chocolat chaud qui parvint à réveiller tout le monde, et celle du pain tout juste chauffé dans l’âtre de la cheminée.

- A table ?

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mar 27 Mai 2014, 13:13

- Et maintenant ? Que comptes-tu faire, Erwan ? Suivre ton chemin, d’accord, mais dans quelle direction ? L’Académie ?

Un léger sourire étira les lèvres d’Erwan.
Parce qu’il avait compris ce qu’avait voulu dire Miss.
Parce qu’elle avait été si clairvoyante, comme elle l’avait souvent été, et qu’elle était exceptionnelle. Simplement extraordinaire.  Un léger souffle d’air passa ses lèvres, et il se redressa pour observer Syndrell.


- Ylléna sera en sécurité, là-bas, et elle ne sera pas le seul et unique enfant. Crois-tu que Miss y avait pensé, elle aussi ?

- Miss pensait à tout. Et quand elle n’anticipait pas, elle faisait avec, tellement naturellement…


Une pointe de nostalgie s’instilla dans sa voix, sans pour autant la faire trembler.
Oui. Elle était là, avec lui. Dans son cœur. Il n’avait pas à séparer son cœur pour ressentir l’amour pour celle qui avait été sa compagne et sa fille : non, il s’était agrandi pour leur donner tout ce qu’elles méritaient, toutes les deux.


- Je vais rentrer à l’Académie, oui. Mais suivre mon chemin, c’est suivre la Voie, Syndrell.

Il fit une pause, garda l’idée dans son esprit, et la tourna dans tous les sens.
Finalement, il ne trouva pas de défaut majeur à cette dernière, tandis qu’il en repassait tous les aspects dans ses pensées. Hochant légèrement la tête, seul, il posa son regard dans celui de la jeune femme.


- Donc pas de vengeance.

Etirant sa nuque, Erwan laissa son affirmation s’étendre, mais la seule chose qui lui fit réponse, fut un conseil : celui d’aller dormir. Alors, le Marchombre hocha la tête et souhaita bonne nuit, avant d’aller dans sa chambre.

*

- Papa ? Je peux venir dormir avec toi ? J’ai peur.
- Oui, viens ma grande. Tu as fait un cauchemars ?
- Non, mais j’ai peur du noir.
- Le noir n’est rien d’autre que de la lumière déguisée mon ange.
- Ah bon ?
- Oui, parce que si tu regardes bien, tu finis par savoir ce qu’il y a derrière.
- Je peux quand même dormir avec toi ?
- Oui, viens.


*

Le lendemain, autant Erwan qu’Ylléna furent réveillés par une délicieuse odeur s’immisçant par l’interstice de la porte que la fillette avait mal refermée pendant la nuit.
Ebouriffant ses cheveux, déjà en vrac à cause de la nuit, Erwan déposa un baiser sur le front de sa fille, avant de l’attraper sous les aisselles pour l’extirper des draps, et la caler contre lui.


- Mmm, ça sent bon ! Comme quand Maman était là.

Et c’était vrai.
Cela tira un sourire attristé à Erwan, mais au vu de celui, immense, qui ceignait le visage de sa fille, il ne put s’empêcher de sourire vraiment à son tour.


- Oh, mais c’est Dolce la Maman ! Normalement, c’est les filles qui font ça, non ? dit la fillette, une fois à terre. Elle se précipita dans la cuisine et s’installa, trépignant, sur la chaise de bois, autour de la table. Ouiii ! A taaable ! J’ai faim moi !

Souriant tendrement, Erwan s’installa à côté de sa fille, et lui donna un bol de chocolat chaud.
Levant les yeux vers Syndrell, le Marchombre cligna des yeux.


- On va rentrer à l’Académie aujourd’hui. Essaye de profiter un peu, de ton côté, avant de rentrer.

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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Dim 01 Juin 2014, 22:31


"Suivre mon chemin, c’est suivre la voie, Syndrell."


Elle gémit doucement dans son sommeil et se retourna sur le canapé.

"Donc pas de vengeance."


Syndrell ouvrit les yeux.





*





- Syn, t’as du lait plein les lèvres !
- Ce sont mes moustaches de chat. Elles sont plutôt jolies, non ?
- Trop jolies !! Tu es un chat comme moi je suis aussi un serpent ?
- Cela ne m’est encore jamais arrivé mais, si jamais tu vois mes oreilles se couvrir de poils et une queue me pousser dans le dos, surtout, dis-le moi !


Ylléna éclata de rire avant de replonger la tête dans son bol de chocolat, et Syndrell en profita pour s’essuyer la bouche d’un revers du bras, tout en décochant un clin d’œil amusé à Dolce. Le sourire qu’il lui lança en retour fit battre plus vite le cœur de la jeune femme, mais au même moment elle réalisa que quelque chose, tout à coup, avait changé ; un soupçon d’inquiétude, de curiosité, d’incompréhension s’était mêlé à leur complicité et installé une certaine distance entre les deux amants.

Bien sûr, ce qu’il s’était passé la veille ne pouvait être sans conséquences. Plusieurs fois au court de la nuit, Syndrell s’était à demi réveillée pour constater que Dolce la tenait presque trop délicatement dans ses bras, comme s’il craignait de la briser à cause d’une trop forte pression. Elle n’avait pas attendu qu’il ait fini ses étirements avant de s’endormir et il n’avait pas attendu qu’elle s’éveille pour quitter le canapé. Des détails insignifiants, mais dont la nouveauté laissait place à la perplexité.


- On va rentrer à l’Académie aujourd’hui,annonça Erwan.

Il avait meilleure mine et semblait reposé, sinon apaisé ; ses yeux bleu cobalt avaient brillaient d’une lumière tranquille lorsqu’il les posa sur elle.

- Essaye de profiter un peu, de ton côté, avant de rentrer.

Bien sûr, cet homme-là n’était pas né de la dernière pluie. Il n’ignorait pas qu’après un tel coup d’éclat, Dolce et elle avaient besoin de prendre un peu de temps pour se retrouver. Syndrell en était également venue à cette conclusion, mais elle se demandait s’il valait mieux qu’elle prenne ce temps précieux en compagnie de Dolce, ou seule.

Il lui restait ce choix à faire, et celui-ci uniquement. L’autre, elle l’avait fait la veille, après qu’Erwan eut quitté la pièce pour aller dormir. Il avait décidé de suivre le conseil de Miss et de laisser tomber toute envie de vengeance envers ceux qui étaient responsables de sa mort. Une volonté tout à fait louable et qu’elle respectait parfaitement.

Mais il n’était pas question qu’elle, en revanche, abandonne la partie si facilement. La vengeance n’avait pourtant rien à voir là-dedans : Syndrell n’allait pas se lancer dans une traque sans merci, même si l’envie de retrouver chaque personne au courant de l’existence d’Ylléna pour l’empêcher de lui nuire un jour était extrêmement tentante ; mais elle ne se souvenait que trop bien de l’erreur commise avec Vanora, lorsqu’elle avait cru pouvoir détourner les yeux de celle-ci afin de se concentrer sur ce qui lui semblait bien plus important. La famille de Ciel avait couru un terrible danger, Nuance avait été tuée et elle-même s’en était sortie de justesse…

Pas question qu’elle tombe à nouveau dans le piège. Ceux qui en avaient après Ylléna étaient suffisamment pugnaces pour patienter jusqu’au moment le plus opportun. Qu’à cela ne tienne ! Elle aussi savait se montrer patiente. D’ici là, elle allait tâcher de garder un œil sur Erwan et sa fille, de loin, tout en suivant la trace de la rumeur concernant le pouvoir de transformation d’Ylléna. Si elle parvenait à remonter jusqu’aux détenteurs de ce précieux secret, elle n’hésiterait pas à les mettre hors d’état de nuire.


- Ça me va. Alors tu vas suivre ton propre chemin, et moi…

Elle jeta un coup d’œil à Dolce avant de fixer à nouveau son attention sur Erwan.

- … je vais faire un détour par Al-Chen avant de rejoindre l’Académie.

Il fallait qu’elle parle à Ciel. D’un certain nombre de choses, mais elle ne doutait pas que son ami soit en mesure de lui prodiguer de précieux conseils. Et puis, le voyage aurait le mérite de lui accorder le temps de réflexion dont elle avait besoin. Avec Dolce, s’il acceptait la balade, ou sans lui. Après tout, ils avaient l’habitude de se séparer de la sorte…

Plus tard, alors que chacun s’apprêtait pour le départ, Syndrell s’approcha d’Erwan. Elle aurait souhaité l’accompagner, ne serait-ce que pour prévenir d’éventuelles embuscades malvenues, mais elle savait qu’étant menacée au même titre qu’Ylléna, il était préférable qu’elle ne voyage pas en compagnie de la fillette. Tout comme elle savait Erwan capable d’être prudent et de protéger sa fille. Il y avait toutefois une chose dont elle souhaitait le tenir au courant.


- Il y a quelqu’un, à l’Académie, qui sera sûrement ravi de rencontrer Ylléna, dit-elle en caressant l’encolure de Joya. C’est un garçon au tempérament de feu et au visage d’ange : il s’appelle Lyke et il partage ma chambre…

Elle ponctua ses paroles d’un clin d’œil doré, puis elle déposa un baiser sur le doux chanfrein de Joya et fila s’occuper de Vagabond. L’étalon était nerveux à cause de la proximité des deux autres chevaux et la perspective d’un nouveau périple l’excitait plus encore ; lorsque sa cavalière lui glissa quelques mots au creux de l’oreille, toutefois, il s’apaisa et la laissa le seller sans broncher. Mais Syndrell n’était pas encore prête à partir.
Pas tout à fait.

Elle serra Ylléna dans ses bras et l’embrassa tendrement, lui promettant de la revoir très bientôt, avant de saluer Erwan avec émotion. Elle agita le bras à leur attention jusqu’à les voir disparaître, et se tourna vers Dolce. Elle l’observa un moment en silence tandis qu’il s’occupait de Singa, puis elle se décida et contourna l’étalon pour faire face à l’Envoleur. Les bras croisés sur sa selle et le menton sur ses mains, elle planta son regard dans celui du jeune homme.


- Viens avec moi.

Ce n’était ni un ordre, ni une supplique ; rien d’autre qu’une suggestion, une hypothèse, celle d’un Possible qui se conjuguerait à deux.

- J’ai prévu d’aller voir Ciel, or je sais que tu ne le portes pas spécialement dans ton cœur, donc… accorde-moi un jour et une nuit. C’est tout ce dont j’ai besoin pour te montrer que je ne suis pas prête à te dire au revoir, même si je suis malade de peur à l’idée de te perdre et même si tes élans de jalousie me mettent parfois les nerfs à fleur de peau. Je t’aime, Dolce Ysil, et j’ai envie de voyager avec toi.

Les yeux brillants, elle attendit sa réponse en silence.

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Vous. Moi…




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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Lun 02 Juin 2014, 09:28

Au moins, le petit déjeuner plut à la fillette, qui trépignait et sautillait partout en piaillant. C’était amusant à voir, et cela réchauffa le cœur de Dolce : l’innocence d’un enfant  était toujours délicate et bien trop éphémère. Il fallait la préserver le plus possible, en tout cas ce soupçon de candeur, qui faisait leur charme et leur effronterie. La vie devenait trop vite trop compliquée, trop difficile, pour obliger les enfants à grandir trop vite.

La petite se moqua de lui, qui faisait la maman, puis de Syndrell avec ses moustaches, et l’Envoleur ne put s’empêcher de rire et de sourire devant le pétillant de la fillette.

Puis, Erwan annonça qu’ils allaient partir dans la journée, pour rejoindre l’Académie.
Et si Dolce n’avait aucune idée de la position de cette dernière, il savait que Ylléna comme le Marchombre seraient plus à l’aise, paisibles et en sécurité dans cette structure, inconnue de tous – et surtout des Mercenaires du Chaos.
Et il n’avait absolument aucune envie d’apprendre où elle était : il avait peur que si l’on s’en prenait à lui, et qu’on le torturait d’une manière ou d’une autre, il finisse par le dire sans s’en rendre compte. Dans ce genre de cas, l’ignorance est la meilleure des sécurités, et pour tout le monde.

Dolce revint à la réalité lorsque le regard de Syndrell se posa sur lui. Il la fixa un instant, se demandant ce qu’elle venait de dire alors qu’il était perdu dans ses pensées, avant qu’elle ne continue sa phrase.

- … je vais faire un détour par Al-Chen avant de rejoindre l’Académie.

Al-Chen, hein ?
Dolce savait que l’ami de Syndrell, Ciel, habitait là-bas. Il avait mis du temps avant de comprendre que côté cœur, il n’avait pas à s’en faire, parce que Ciel n’était pas du même bord que lui ; néanmoins il l’enviait d’être si proche et intime avec la Marchombre, tout simplement parce qu’il aurait aussi aimé pouvoir être son ami autant que son amant. Elle ne lui confiait que très rarement ses peurs et ses craintes, et si ce qui existait entre eux était aussi très physique, il aurait aimé pouvoir la comprendre un peu mieux. Peut-être n’était-elle pas compréhensible, mais pourtant il y avait cette connivence qui existait, entre eux, et qui faisait que souvent, un regard suffisait à ce qu’ils s’accordent.

Alors, pourquoi la jeune femme avait-elle attendu aussi longtemps avant de lui parler de ses craintes ? De peur de blesser son amour-propre, à lui ? C’était vrai qu’il était mis à mal, mais en même temps, il préférait cela à perdre la jeune femme.

Ils finirent par s’occuper de leur départ à tous, en pansant les chevaux et les harnachant.
Les équidés étaient tous un peu excités, sans doute en sentait le parfum de voyage dans l’air, mais Singa était de loin le plus électrique ce matin-là : il sursautait au moindre bruit, ne cessait de piaffer sur place et de ronfler en arquant l’encolure.
Ainsi, absorbé par son étalon, Dolce ne vit pas le temps passer, ni les autres chevaux prêts bien avant le sien.
Il savait que c’était sans doute sa faute, si Singa était si explosif ce matin-là : l’étalon n’avait jamais été insensible à ses états d’âme, et il ne savait jamais trop quoi faire avec les émotions qu’il percevait de son cavalier. Alors, il montait en pression. Certains chevaux savent réconforter, savent prendre parti, mais pas Singa. Non, l’animal était plutôt du genre à montrer ses faiblesses à son cavalier, et à les lui renvoyer en pleine figure, surtout les émotions de confusion comme Dolce les ressentait à ce moment-là.

Parce que l’homme était d’un naturel calme, le cheval s’y était habitué, et alors le bouillonnement d’émotions ne lui était pas familier.

Cependant, quand Syndrell s’approcha de lui, l’animal se calma et tourna l’encolure pour réclamer une friandise. Mais la Marchombre préféra s’appuyer sur sa selle pour aborder Dolce par-dessus son dos.

- Viens avec moi.

Levant la tête de ses sangles, Dolce plongea son regard dans celui de Syndrell.
Il ne s’attendait pas à cela : au contraire, il pensait que la jeune femme aurait besoin d’être seule. Mais qu’elle lui propose de venir avec elle l’enchantait, c’était un fait.

- J’ai prévu d’aller voir Ciel, or je sais que tu ne le portes pas spécialement dans ton cœur, donc… accorde-moi un jour et une nuit. Il s’en doutait, et c’était aussi pour cela qu’il avait été surpris par sa déclaration. C’est tout ce dont j’ai besoin pour te montrer que je ne suis pas prête à te dire au revoir, même si je suis malade de peur à l’idée de te perdre et même si tes élans de jalousie me mettent parfois les nerfs à fleur de peau. Je t’aime, Dolce Ysil, et j’ai envie de voyager avec toi.

Un petit sourire mélancolique passa sur les lèvres de Dolce, et il contourna Singa pour prendre Syndrell dans ses bras, dans un élan de tendresse.

- J’aimerais être parfait tu sais, mais ce n’est pas possible. Je suis désolé que les adultes soient si compliqués, au final… Il déposa un baiser délicat sur les cheveux de la Marchombres, puis l’embrassa doucement. Je t’aime.

Il ferma les yeux, tout contre les lèvres de sa dulcinée, et soupira.

- Que veux-tu faire, alors ? Un jour et une nuit ici, ou à dos de cheval ?

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Mer 04 Juin 2014, 11:12

Il sentit le moment de flottement que jeta sa déclaration, mais ne changea pas d’avis pour autant. Il était temps pour lui et Ylléna de rentrer à l’Académie. C’était le plus sage, et le plus sécurisant pour la fillette, comme pour lui.

- Ça me va. Alors tu vas suivre ton propre chemin, et moi…je vais faire un détour par Al-Chen avant de rejoindre l’Académie.

Elle faisait ce qu’elle souhaitait, et il n’avait aucune envie d’interférer dans le chemin qu’elle se traçait. Parce que c’était un beau chemin, une Voie infinie qu’elle foulait avec facilité et adresse, et de laquelle elle ne s’écartait pas parce que c’était elle qui la dessinait.

La Voie des Marchombres.

La certitude pulsait toujours en Erwan.
Il ne cessait de penser à la Voie. S’en était-il écarté, alors qu’il n’avait pas voulu comprendre le besoin de Miss ? Qu’il avait tenté de se réconforter avec une autre ? Que la culpabilité le rongeait alors que Miss le jetait littéralement dehors ? Qu’il s’était saoulé à un point qu’il n’avait jamais atteint, prenant le risque de noyer le jaguar avec lui ? Qu’il avait repoussé Noran et Lykia ?

Un long soupir passa ses lèvres.
Oui, il s’en était éloigné, il n’avait pas de doutes là-dessus. Mais même disparue, Miss l’avait encore une fois aidé, à un point qu’elle ne pouvait pas imaginé. Il devait retrouver le chemin de la Voie, retrouver la paix et la sérénité. Ce n’était une chose aisée, cela allait prendre du temps, mais se rendre compte de ses faiblesses est le premier pas vers leur apprivoisement, et leur façonnement.

Erwan prépara Joya et Nyyu, aidé par Ylléna qui prenait plaisir à leur brosser la queue, le ventre et les membres avec sa petite taille. Elle voulait monter un peu seule, aussi avait-il fait un peu de place devant le paquetage qui trônait sur le dos de la jument de Miss.


- Il y a quelqu’un, à l’Académie, qui sera sûrement ravi de rencontrer Ylléna. C’est un garçon au tempérament de feu et au visage d’ange : il s’appelle Lyke et il partage ma chambre… dit Syndrell en venant flatter Joya, juste avant leur départ.

Erwan hocha la tête : oui, il y avait plusieurs enfants à l’Académie, mais ils ne faisaient pas légion non plus. Qu’est-ce qui était le mieux pour la fillette : être en sécurité et loin des enfants de son âge, ou bien pouvoir malgré tout avoir des interactions avec des gens différents ? A l’Académie, il n’y avait que des Marchombres et des apprentis Marchombres. Un seul point de vue, ou presque, rendait son environnement moins riche que si elle avait été en ville. Mais il n’était pas encore décidé pour la suite.

Pour l’instant, l’Académie était leur destination.


- Bonne continuation à vous deux.

- Aurevoir Syn ! Aurevoir Maman-Dolce !  


Erwan sourit, et hissa sa fille sur la selle de Nyyu, et enfourcha à son tour Joya.
Un dernier signe de la main, et il mit les deux juments en route, au pas.

Vers une nouvelle rencontre.






[ Merci pour ce RP, qui a débloqué pas mal de choses ! Au prochain, j'espère ^^ ]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Ecoute, elle chante pour nous [ PV Syndrell & Dolce ]    Sam 07 Juin 2014, 18:35

Durant un redoutable instant, Syndrell crut que Dolce allait refuser sa proposition. C’était un loup solitaire, lui aussi ; qui sait s’il n’avait pas besoin de s’éloigner d’elle pour réfléchir à la question ? Mais L’Envoleur contourna Singa qui piaffait d’impatience, et la prit doucement dans ses bras.

- J’aimerai être parfait tu sais, mais ce n’est pas possible. Je suis désolé que les adultes soient si compliqués au final…
- Non, commença la jeune femme en secouant la tête. Ce n’est pas…
- Je t’aime.

Elle se figea et il en profita pour planter un baiser sur ses lèvres. Ses yeux dorés brillaient de surprise et elle se laissa aller à son étreinte presque distraitement. La franchise qui vibrait dans le ton de Dolce lui permit de croire que tout n’était pas vain ; il leur restait encore du chemin à faire, tous les deux, avant que le pire ne se produise…

- Que veux-tu faire, alors ? Un jour et une nuit ici, ou à dos de cheval ?

Syndrell ne répondit pas immédiatement. Elle se dégagea des bras de Dolce pour lever les yeux vers la maison de Miss, d’Erwan et d’Ylléna. Elle savait, bien sûr, qu’y séjourner sans eux ne leur poserait aucun problème. Elle l’avait lu dans le regard de son ami lorsqu’il l’avait saluée avant de s’en aller avec sa fille. Mais elle savait également que Dolce et elle avaient besoin d’autre chose. Un soupçon d’aventure, un brin de danger et une bouffée de liberté, voilà ce qui leur fallait !

Elle croisa son regard et su qu’il l’avait déjà comprise. Un sourire naquit sur ses lèvres. S’ils remettaient à se parler sans avoir besoin des mots, c’était bon signe. Rassérénée, Syndrell hocha la tête et siffla doucement ; Vagabond n’eut aucun mal à se défaire du lien qu’elle avait déjà desserré pour lui, et s’approcha en agitant sa crinière. Elle se hissa souplement en selle.


- En route, "Maman-Dolce" ! lança-t-elle d’un ton moqueur.

Et elle piqua un galop avant qu’il ait eu le temps de répliquer.




*



Droite dans la lumière du soleil, les cheveux balayés par un vent salé, Syndrell jeta un dernier regard à la maison que l’on distinguait à peine, en contrebas de la dune sur laquelle elle se tenait. Une larme perla au coin de son œil et roula sur joue ; pourtant, elle n’était plus triste. Plus autant. Au contraire, alors qu’elle contemplait l’océan, les voiles qui se détachaient à l’horizon, les vagues qui venaient s’écraser en poussière d’étoile sur la plage, elle se sentait en harmonie avec elle-même… et en accord avec sa décision.

- Ils t’entendront toujours chanter, tu sais, murmura-t-elle. Et moi aussi…

Vagabond renâcla. Syndrell essuya sa joue avec sa manche, puis fit tourner bride à son étalon et rejoignit le cavalier qui l’attendait, un peu plus loin.

Ils s’éloignèrent, poussés par un vent puissant auquel se mêla, l’espace d’un bref instant, un rire joyeux.





[Une petite fin, mais qui ponctue un Rp du tonnerre !!! Merci à vous deux, il faudra remettre ça, c'est obligé  Razz ]

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Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…




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