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Le Pacte VS L'Ordre
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En espérant te compter très bientôt dans nos rangs,
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Vivre n'est jamais simple [Libre]

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MessageSujet: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Mar 11 Fév 2014, 23:10

Le monde est souffrance.
Tout s'assombrit autour de moi alors que seule se met à exister la blessure béante dans mon flanc. Je sens le sang qui ruisselle pour aller se mêler à la roche. Je voudrais stopper les saignements avec ma main mais je suis incapable de la bouger. C'est comme si je n'avais plus d'énergie. Même des journées d'entraînement aux côtés de mes Maîtres ne m'ont jamais faite me sentir ainsi. La flamme de la vie est en train de s'affaiblir en moi. Pas assez vite. Je voudrais tant ne plus avoir mal. Si je ferme les yeux je vais peut-être réussir à m'endormir …

Le monde est souffrance.
Et regrets.
J'aurais dû rester à l'académie préparer mon Ahn-Ju.
Je n'aurais pas dû partir en quête d'aventure.
Je n'aurais pas dû m'engager dans cette mission.
Je n'aurais pas dû Lui faire confiance.
Je n'aurais pas dû…
Dommage, maintenant je vais mourir.

Le monde est souffrance.
Puis il devient absence.


| ~ ~ ~ |


- Marchombre hein ?

Le marchand m'examine de bas en haut avec un œil suspicieux. Il n'a pas l'air de me croire. Bon d'accord il a raison : je n'ai pas encore franchi le dernier jalon sur la Voie. Il me reste encore un examen puis un dernier cours et je serais … libre ? Un mot si beau que je n'ose pas croire qu'il sera bientôt à moi.

-Mouais … tu feras l'affaire.

Il me tend sa main par-dessus la table. Je souris et la serre avec la mienne, scellant ainsi notre contrat. Et voilà, je suis désormais engagée comme escorte d'un petit coffre en bois. Ce qu'il contient, je n'en sais rien, mais en tout cas je sais ce qu'il y a dans la bourse que je vais recevoir : des pièces d'or tintantes, paiement de la moitié de la mission. L'autre m'attendra à l'arrivée.

- Reviens ici demain matin, avant l'aube. Keith sera là lui aussi.


| ~ ~ ~ |


Keith. Jeune combattant en quête d'un travail bien payé, il a lui aussi accepté la mission de Faren Gramdon, pour qui il a déjà travaillé. Dans la lueur de l'aube, je regarde mon compagnon de route. Il n'est pas vraiment beau, avec son nez tordu et ses cheveux mal coupés, pourtant son regard est vif et je note des muscles bien dessinés sous ses vêtements. Il ne paye pas de mine mais je pense qu'il donnera du fil à retordre à quiconque s'approchera de nous.

Capuches sur la tête, nous échangeons à peine deux mots avant de grimper sur nos montures. Le plan de route a été décidé par Faren qui nous en a informés ce matin seulement. Nous avons une semaine pour relier Al-Jeit depuis Al-Chen où nous nous trouvons. Rien de bien compliqué si nous arrivons à éviter brigands et animaux sauvages.


| ~ ~ ~ |


Déjà quatre jours que nous avançons sans encombre, à travers monts et vaux. Rien ne semble vouloir nous empêcher d'atteindre notre but, pas même le ciel qui retient au loin les nuages gris, porteurs de pluie. La compagnie de Keith est aussi plaisante, si ce n'est plus, que celle de Pia et de mes camarades de cours. Il a toujours un sourire sur les lèvres, une plaisanterie à sortir, quelque chose d'intéressant à raconter. Il est vivant. Les jours s'écoulent trop vite à ses côtés, et je me prends déjà à regretter nos adieux. Plus le temps passe, plus j'ai envie de le connaître, d'en savoir plus sur son passé de forgeron devenu combattant. Plus j'ai envie de lui … je résiste comme je peut à cette attirance, par peur de me blesser, mais rien n'y fait. Mes yeux passent de plus en plus de temps à le regarder, oubliant la vigilance de mise pour ma mission d'escorte. Mes sens ne se ferment pas complètement à mon environnement – les habitudes prises avec Pia étant dure à faire disparaitre – mais ils ne sont plus aussi ouverts. Il doit bien sentir que mes sentiments à son égard ont évolué et que notre mission n'a plus autant d'importance à mes yeux, mais il ne fait pas de commentaires à ce sujet là. Il préfère rire et raconter ses aventures.


- Oh regarde ces rochers ! On dirait la tête d'un homme !

Je lève les yeux et contemple, dubitative, ce qui pourrait en effet ressembler à une tête. Si Keith n'avait pas émis l'idée, je n'y aurais jamais pensé. Dans la roche, les forces de la nature ont taillé des formes qui rappellent celles d'un visage.

- On s'y arrête pour manger ?
- Il est un peu tôt pour s'arrêter tu ne trouves pas ?
- Oui mais j'ai faim, et ça ferait un bon abri pour une pause.

J'hésite un instant avant de craquer devant sa moue plaintive.


- Allez c'est partit, mais tu ne te plaindras pas en milieu d'après-midi que tu as déjà faim !
- Non maman.

Il sourit moqueusement, ce qui a pour effet immédiat de me faire oublier toutes mes réticences. Après tout nous avons tout le temps de faire des pauses, rien ne presse.

Keith guide les chevaux hors de la piste, traversant un petit bosquet avant d'arriver au pied du fameux rocher. Là nous y attend, merveille du destin, une grotte protégée des vents. Des pierres arrangées en cercle autour de morceaux de charbons froids attestent que nous ne sommes pas les premiers à nous servir du lieu. Voilà un endroit en effet parfait pour une pause déjeuner.


- Tu connaissais l'existence de ce lieu ou tu as juste une chance pas possible ?
- J'ai juste un flair surdéveloppé pour les bons plans.

Keith appuie sa phrase d'un clin d'œil qui une fois de plus provoque tout un remue-ménage dans mon estomac.


- Je te laisse t'occuper des chevaux, je vais aller chercher du bois.

J'acquiesce d'un bref "ok", le regarde disparaitre hors de la grotte puis guide les chevaux à l'extérieur. L'herbe ne manque pas ici, formant un joli tapis vert que nos montures se hâtent de grignoter. Il n'y a pas que Keith qui avait faim ! Tiens et quand on parle du loup ! Le voilà qui revient déjà, les bras chargés de branches.


- Allez on s'active ! Mon ventre en a assez d'attendre !

En deux temps-trois mouvements les chevaux sont attachés à un arbre, leurs fontes posées à l'abri et je suis de retour aux côtés du jeune homme. Le feu pétille dans le foyer, ses jolies flammes s'élevant dans les airs. Elles s'enroulent autour d'une casserole où mijotent des herbes. Le fumet qui s'en échappe déjà est légèrement sucré, aussi attirant que l'odeur de la peau de Keith.


- Je nous prépare du thé, ça aidera à nous faire patienter.


Quelle gentille attention ! La future femme de ce garçon là aura bien de la chance … un instant je songe que ça pourrait être moi. Hors de question ! Je n'ai pas la moindre envie de m'attacher à qui que ce soit, quels que soient mes sentiments passagers à son égard.

Keith sert la boisson brulante dans deux tasses. Je le vois poser la sienne à ses côtés, le temps pour lui de s'occuper des braises et de mettre quelques tranches de viandes à cuire. Je souffle sur la surface de mon thé, faisant danser aux loin les volutes de vapeur. Puis j'avale une gorgée. Deux. Quel goût étrange … je n'avais jamais rien bu de tel.


- Alors c'est bon ?

- Délicieux.

Nouvel échange de sourires.
Il épie mes mouvements, buvant mes gestes autant que je bois le contenu de ma tasse. Il est plus attentionné aujourd'hui, se serait-il enfin décidé à s'intéresser à moi ? Le fait qu'il se déplace pour s'assoir à mes côtés me fait penser que oui.


- Tu sais Ange, je suis ravie que Faren t'ai choisie pour m'accompagner dans ce voyage.

- Ah oui et pourq…

Je me retourne brusquement, les sens en alerte. J'ai cru entendre un bruit provenant de dehors. Oui il y a quelqu'un là-bas, et ça ne me plait guère.


- Parce que tu es naïve.


Mes yeux s'écarquillent sous la douleur, glissent sur le visage de  Keith – devenu cruel – puis sur la lame plongée dans mon flanc. Je me lève et  titube sans comprendre. C'est absurde. Il ne peut pas … je voudrais réagir, l'attaquer à mon  tour avec mon poignard, mais tout ce que j'arrive à faire c'est tomber à genoux puis à plat ventre. Mes muscles sont paralysés, et dans les brumes de mon esprit déjà engourdi, je comprends qu'il y avait de la drogue dans le thé.


- Tu ne l'achèves pas ?

- Elle mourra ne t'en fait pas.
- Tu as toujours la boîte ?
- Oui, on peut y aller.

J'entends le son des chevaux qui s'éloignent. Je suis seule, seule avec ma douleur.



| ~ ~ ~ |


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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Mer 12 Fév 2014, 06:31


Bientôt serait le grand jour…


La résolution se lisait dans tes yeux. Bientôt tu serais de retour à l’académie, tes cours commenceraient, ta vie changerait. Ton point de vue peut être aussi serait altéré. Mais tu ne craignais plus ce changement, tu savais qu’il t’était nécessaire pour avancer dans la vie, mais surtout pour continuer de parcourir la voie, t’y enfonçant toujours plus loin. Finalement cette escapade dans la passe de la goule t’avait été bénéfique. Toi qui en y en y allant pensait surtout de changer les idées. J’avoue qu’il y avait un espoir aussi de trouver une échappatoire, trouver une bonne raison pour choisir la facilité et ne pas être dérouté par un nouveau rythme de vie. Tu allais habiter au côté de gens. Des tas de gens avec chacun leur caractère. Tu ne sais pas si tu t’y feras, tu ignores encore si tu seras capable de te faire des amis, ou même simplement si tu veux t’en faire. Peut-être seras tu seule la bas. Au milieu des gens sans les voir, parmi eux sans qu’ils ne prêtent attention à ta présence. Mais ça, ça ne t’effrayait pas. Tu savais qu’ainsi tu apprendrais moins, ou peut être juste moins vite. Mais tu te laisserais le temps. Chaque chose devait venir en temps voulut pour être bien assimilées, comme l’enseignement que tu tenterais de transmettre à tes élèves.

La résolution se lisait dans tes yeux. Ton regard avait déjà changé depuis ce voyage. Tu n’appréhendais plus d’être au milieu des autres, de devoir montrer à des élèves le monde où tu vis pendant qu’ils t’y suivront, ce que tu prenais au début comme une intrusion personnelle. Maintenant tu étais perdue dans tes pensées, te demandant juste ce que tu allais leur apprendre. Il y avait tellement de possibilités. Et comment leur apprendre ces leçons de façon à ce qu’ils les retiennent ? Tu savais qu’à leur faire de beaux discours ça rentrerait par une oreille pour ressortir par l’autre. Certains écouteraient peut être attentivement mais finirais par oublier, d’autres comprendraient de travers, et quelques-uns peut être encore ne te croiraient même pas. Tu devais faire en sorte qu’ils découvrent la voie par eux même, les guidant vers les expériences qui les feront grandir et avancer. Mais comment allais-tu t’y prendre ? Tu te posais encore la question. C’est pourquoi tu avais fait ce détour. Te laisser le temps d’y réfléchir. Tu souriais sur ton cheval, bientôt tu franchirais les portes de l’académie. Bientôt tu serais plus loin sur la voie. Et intérieurement tu revoyais le sourire de Shiki. S’il l’apprenait il serait surement heureux que tu ne stagne pas, mais s’il te croisait il te ferait surement une remarque juste pour t’embêter.


…tu restais sereine à cette idée…


Ce n’était qu’un petit détour, une promenade de santé. Tu avais choisi de rentrer à cheval en passant par les plateaux de l’Est, ça te ferai contourner le lac Chen, puis pénétrer dans la forêt par le Nord pour arriver devant les mu de l’académie. Pour le moment tu ne les avais jamais vues. Même quand tu avais flâné en ville, passant tes journées près du lac, doutant encore de l’aspect judicieux de ta décision, jamais tu n’avais pénétrée Ombreuse pour atteindre les murs de cette endroit où tu allais passer du temps. Pas trop de temps quand même, tu ne voulais pas te sentir rattacher à cet endroit, tu ne voulais pas être contrainte d’y rester pour enseigner. Cette voie devait t’apporter la liberté, et tu l’avais trouvée. Alors si l’on tentait d’empiéter dessus, je crois que tu ne resterais pas. Mais au fond tu savais que les contraintes physiques ne l’atteindrais pas, ce n’avait été que de vagues excuses pour retarder encore et encore l’échéance du choix. Mais ce choix tu l’avais fait. Et l’heure du choix n’est pas l’heure du doute. Le choix doit être rapide, pertinent et efficace. Le doute ne permet qu’une réflexion qui nous emmène devant ce choix. Mais arrêtons de se prendre la tête sur des notions inutiles, tu n’y étais pas encore, et quand tu y serais, tu improviserais certainement. C’était tout toi ça, perdre ton temps à faire des points sur la comète, et au moment d’appliquer ce que tu avais prévue, tu abandonnais tout pour te mettre à improviser. Parfois c’était judicieux, d’autre fois un peu moins. Mais là n’était pas la question.

Ce n’était qu’un petit détour, une promenade de santé. Les sabots de ton étalon foulaient le sol à intervalles réguliers. Shobalt était puissant, son arrière main était musclée, ça te permettait un large éventail de choix pour les chemins à prendre. Quelle que soit ta décision il avait les capacités et l’endurance pour la suivre. Une belle bête. Tu flattas son encolure. Certains le disait trop encombrant, et il est vrai qu’il n’était pas tout fin, mais il portait sa masse, ce n’était pas un de ces chevaux maladroit ne sachant pas où mettre leur pates, ou faisant un bruit du tonnerre rien qu’au pas, s’affalant de tout leur poids sur le sol a chaque fois qu’il posait un malheureux sabot. Il était équilibré, souple, et silencieux. Enfin quand il voulait bien être gentil. Si Monsieur n’était pas d’humeur, la discrétion devenait un autre problème. Mais tu lui faisais confiance, tu étais attentive à lui, à ses sens surpassant les tiens, restant tout de même toi aussi aux aguets par rapport au monde extérieur. Il avança, puis hésita, tu fus immédiatement sur tes gardes guettant le danger. Ses naseaux se dilatèrent. Tu lâchas les rênes le laissant choisir la direction à prendre, prête à réagir. Il avança doucement dans une direction. L’Odeur de sang te frappa. Et tu la vis. Elle semblait adulte, mais tu n’aurais pas pu donner un âge précis, tu observas son corps qui devait être le fruit d’un entrainement rigoureux. Puis ses traits reflétant la douleur.

Ca ne devait être qu’un détour, une promenade de santé. Tu n’hésitas pas à descendre de cheval pour aller t’accroupir près d’elle, tu soulevas son haut pour découvrir l’immonde plaie. Tu secouas la tête puis te mis à l’action. Si tu ne faisais rien elle allait mourir. Mais tu n’étais pas médecin. Une plaie aussi profonde te laissait face au doute, que devais-tu faire pour la soigner ? Tu n’avais pas de quoi recoudre, et si des organes internes étaient touchés, quoi que tu fasses elle était morte. Mais le choix n’appelle pas le doute, il demande pertinence et efficacité. Dans une des sacoches de la selle de ton cheval tu pris un morceau de tissu et vint le presser sur la plaie, créant un point de compression pour ralentir l’hémorragie. Tu l’attachas de sorte de pourvoir bouger, palpant le ventre de la femme vérifiant des dégâts internes. Tu n’avais que de maigres connaissances médicales, mais tu ne sentais rien d’anormal. Parfois pour être sur tu palpais ton propre ventre pour pouvoir comparer si c’était dû à la blessure que cet endroit la soit plus ferme ou non. Tu en déduisis que le principale problème venait de sa perte de sang. Tu regardas ton t-shirt, enfin ex t-shirt imbibé de rouge. Tu devais régler rapidement le problème et tu connaissais une solution. Tu te dépêchas d’allumer un feu, puis pendant qu’il prenait, tu pries le sabre attaché à ta selle, le plongeant dans les flammes jusqu’à ce que sa lame soit rougie. Tout était prêt. Tu retournas près de la femme, enlevant ton t-shirt, puis plaquant vivement le faire rouge sur la plaie, la cautérisant.


…mais tu aurais un peu de retard à l’academie.
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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Mer 12 Fév 2014, 10:31


Je suis là, perchée au sommet d'un arbre. Le vent agite ses branches avec fureur pour m'en faire descendre. Il voudrait que je tombe ? Il peut rêver. Je suis Marchombre : je ne tomberais pas.

Je tombe. Une douleur atroce pulse depuis mon flanc et m'a fait perdre l'équilibre. Si je m'écrase et meurs, est-ce que je serais encore Marchombre ? Non je ne serais plus rien. Je déteste le son de cette phrase. Je veux continuer à arpenter la Voie. Danser avec le vent, voler dans les arbres, défier les rivières et chanter avec le feu. J'ai tellement appris mais je n'en sais pas assez.

Les feuilles défilent sous mes yeux, infinies. Cette chute d'arrêtera-t-elle ? Au moins je cesserai d'avoir mal. Je pourrais essayer d'agripper une branche pour m'arrêter sauf que je n'arrive plus à bouger. J'entends le vent qui souffle un mot lointain : "Drogue". Oui peut-être … ou peut-être pas. Depuis quand est-ce que je prétends pouvoir entendre le vent ?! En plus je me fiche pas mal de ce qu'il raconte. Je vais mourir et il n'y peux rien.

Je vais mourir.
Je veux vivre.
Contradiction.

Soudain une main saisit la mienne et l'enserre de toute sa force. Je vois la silhouette d'un homme, accroupit au sommet de l'arbre. Moi qui croyait avoir dévalé des kilomètres, j'en suis à nouveau à mon point de départ : ma vie ne tient plus qu'à un fil, et ce fil c'est Liénor. Je ne connais plus son visage, mangé par un voile d'ombre, mais je connais toujours sa voix.


- Ne meurs pas.
- Je ne veux plus mourir, sauve moi.
- Je ne peux rien pour toi, mais tu ne mourras pas.
- Tu es naïve,
susurre une voix perverse.
- Tu es forte.


La voix de Liénor recouvre celle de Keith, sa tendresse effaçant la cruauté de l'autre homme. Cependant rien de ce qu'il me dit n'arrive à faire disparaitre la douleur qui me tue lentement.
J'ouvre la bouche pour le remercier, et en sors …


| ~ ~ ~|

Un hurlement.

Son écho rebondit plusieurs fois sur les murs de la grotte avant de s'échapper. Il me vrille les tympans autant que la douleur vrille mon corps. J'ai mal, tellement mal qu'aucun mot ne pourrait décrire cette souffrance. J'ai l'impression d'être retournée en arrière, un jour de printemps où le feu s'attaqua à mon dos. Là je ne souffre qu'à cause de mon flanc, ce qui est bien assez.

Un râle d'agonie.

Mes yeux ouverts par la douleur se perde dans le plafond de la grotte. Je sens plus que je ne vois une personne à mes côtés. Keith serait-il revenu pour me torturer ? Le sale fils de Raï ! Je vais vivre, ne serait-ce que pour le tuer et le faire payer !

Hurlement.

A nouveau la morsure du feu attaque mon flanc, et cette fois des larmes s'échappent de mes yeux. La senteur acre de la chair qu'on brûle remonte jusqu'à mes narines, me donnant la nausée. C'était aussi en ce fameux jour de printemps que j'ai senti cette odeur, multipliée à l'infini. Je me souviens de leurs corps empilés, brûlant comme un feu de joie. C'était un feu de tristesse pour moi.

Le monde est souffrance.
Puis il devient absence.

A nouveau je ferme les yeux, pour partir cette fois retrouver un lointain cauchemar. A mes côtés, mon tortionnaire va désormais pouvoir contempler mon corps brûlant de fièvre tourner et se retourner.

Le monde est folie.
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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Mer 12 Fév 2014, 11:28


Comme une sœur au chevet de sa cadette...


Tu n’aimais pas les gens. Oui c’était un fait. Mais elle avait eu de la chance. Quelques mois plus tôt, en passant à côté d’elle, tu aurais juste abrégée ses souffrances. Tu n’étais pas cruelle au point de la regarder agoniser lentement, mais la soigner, avoir une convalescente inconnue sur les bras, et supporter tout ça sans même être sûre qu’elle survivrait c’était pour toi de la folie pure et dure. On pouvait dire qu’elle avait de la chance. Beaucoup même. Que tu sois passée par là, que tu sois arrivée assez vite avant qu’il n’y ait trop de sang écoulé, et surtout que tu avais changé. Depuis ton passage à la Passe de la Goule, tu n’étais plus la même. Alors oui, même en s’étant fait éventrée, en souffrant le martyr, elle restait une femme infiniment chanceuse. Mais tu craignais la suite. Peut-être partirait-elle quand même. Peut-être la plaie s’infecterait-elle ?

Tu n’aimais pas les gens. Son hurlement te vrilla les tympans. Tu faillis la frapper pour l’assommer. La frapper pour la faire taire. Mais tu savais qu’elle devait rester consciente, que sa vie pouvait se jouer la dessus. Et comme tu n’avais aucune envie de lui parler pour voir si elle répondait vérifiant ainsi qu’elle était éveillée, ses cris suffiraient amplement. Malgré ces critiques que tu pouvais faire à son encore, malgré sa faible résistance à la douleur, tu avais pitié. Pas de sa blessure, mais de ce que tu lui infligeais. Tu savais la douleur qu’elle restait. Non, tu ne devais pas penser à cela, pas maintenant ! Trop tard. Tu t’écartas d’elle pour vomir à ce souvenir. L’odeur de la chair brulée te vrilla l’estomac. Pourtant tu le savais, ce n’était pas la tienne. Il fallait que tu te calme, que tu te ressaisisses rapidement. Tu avais refermé la plaie, mais il fallait bander avant que ça ne puisse s’infecter. Sinon, elle aurait plus mal qu’alors. Tu te souvenais encore de ton épaule, tu pues dégoulinant sur sa chaire. On t’avait dit que ça te rendrais malade. Tout ce que tu savais réellement c’est que le moindre effleurement te faisait souffrir. Mais tes geôliers n’avaient pas l’intention de perdre une gamine qui pouvait rapporter de l’argent, alors ils t’avaient attachée. Attachée et bâillonnée pour qu’on ne t’entende pas hurler. Et ils avaient pressé durement ta chaire. Tu ne te souviens que de l’atrocité de la douleur, puis tu t’étais évanouit. Tu n’avais pas pu bouger ton épaule avant un long moment. Et tu voulais éviter ça à cette jeune femme.


...tu retenais ton souffle...


Elle avait besoin de toi. Tu devais te reprendre. Passer au-dessus de l’odeur désagréable du vomi et de la chaire carbonisée, passer au-dessus de tes souvenirs douloureux. Le passé était bien là où il était. En arrière. Mais cette fille jouait sa vie au présent. Tu déchiras son haut, pour avoir une meilleure marge de manœuvre, puis tu retournas près de Shobalt qui n’avait pas bouger, t’attendant sagement. Tu lui caressas brièvement l’encolure, c’était une brave bête, et tu en aurais besoin tout à l’heure. Il devrait tenir le rythme et donner tout ce qu’il avait avec deux cavalières sur le dos. S’il réussissait ce serait un exploit. Mais que serais tu sans lui ? Marchombre. Oui, tu le resterais, mais dans ta vie de solitaire il était ton seul ami, ce qui est triste à dire mais la réalité. Mais revenons donc aux choses plus importantes, comme cette femme risquant sa vie. Tu pris des bandes dans les sacoches de ta monture, celle qui te servait généralement à dissimuler ton épaule, et tu retournas auprès d’elle. Tu nettoyas rapidement la chaire intacte souillée de sang avec un morceau de son t-shirt et l’eau de ta gourde. Puis tu renversas doucement, presque goutte à goutte, de l’eau sur la peau brulée essayant de la soulager un peu.

Elle avait besoin de toi. Tu soulevas son haut du corps, la callant sur une de tes jambes, libérant tes deux mains pour la bander correctement. Puis prise d’un élan de compassion tu caressas doucement sa joue avant d’aller humidifier ses lèvres avec l’eau de ta gourde. Tu espérais qu’elle s’en sortirait, mais pour ça elle aurait besoin d’un médecin. Fériane était la ville la plus proche si tu voulais l’emmener chez les rêveurs, mais tu ne savais pas si elle tiendrait le temps du voyage. Peut-être trouverais tu quelqu’un de compétent à Al Chen. Tu regardas le ciel s’assombrir petit à petit. La nuit tombait. Tu avais voyagé toute la journée. Mais si tu partais maintenant, en te dépêchant, tu pourrais être la bas le lendemain soir. Cela voulait dire voyager une nuit et un jour, sans dormir, sans manger. Tu tiendrais. Tu savais que tu en étais capable. Mais ton cheval pourrait-il ? Avec toi peut être, avec deux cavalières… Tu n’en étais pas si sûre. Mais tu devais essayer.

Elle avait besoin de toi. Tu te mis debout la soulevant, Shobalt se coucha pour t’aider à l’installer sur son dos. Tu grimpas derrière elle te tu te mis en route la tenant contre toi. Elle ne bougeait pas. Tu ne savais même plus si elle était consciente ou non. Tu ignorais tout d’elle. Toi incapable d’aider ceux que tu avais connu, te voilà emplit de sollicitude envers une étrangère. Tu devais être malade. Ou alors tu avais encore avancé. Encore progressé. Elle t’en voudrait certainement pour la douleur que tu lui avais infligée. Peu importe les raisons, peu importe si c’était pour te sauver la vie, les gens ne supportaient pas que l’on puisse leur infliger de la douleur, et ils étaient généralement totalement ingrat. Tu le savais. Tu savais que tu ne tirerais rien de ton geste, mais tu t’en fichais. Tu trouverais quelqu’un à Al-Chen, un médecin. Tu resterais peut être le temps qu’elle se remette où tu payerais des gens pour s’en occuper pendant sa convalescence. Dans un mois elle devrait être remise sur pied. Cependant, tu n’étais pas bête. Tu vérifierais si les personnes n’avaient pas pris l’argent avant de la planter. Et dire que tu te donnais tant de mal pour une femme dont tu ne connaissais pas le nom. Tu souris, continuant ta route.


…peut-elle survivrait elle.

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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Jeu 13 Fév 2014, 11:52

Tout n'est que flammes.
Les flammèches virevoltent dans tous les sens.
Macabre danse.
Au milieu, recroquevillée sur elle-même, une petite fille lutte contre ses peurs.
Le feu est son ennemi, celui qui l'a marqué à vie.
Elle pleure, paniquée, et n'ose pas se relever pour affronter son cauchemar.
Pourtant elle devrait : c'est ce que lui souffle le vent.
Une petite luciole s'allume au milieu des braises pour venir se poser au creux des bras de la fille.
Sa douce chaleur fait lever des yeux vers elle, avides de réconfort.
Ce qu'elle a à offrir cette luciole, c'est bien plus : c'est l'espoir.
Hope.
La jeune fille se relève lentement, un seul mot sur les lèvres.
Marchombre.
Elle est Marchombre.
Et cette pensée lui redonne force et espoir.
Au milieu des flammes, un Ange danse avec la vie.

| ~ ~ ~ |

Mes yeux s'ouvrent sur un plafond illuminé par la lueur trouble d'une chandelle. Il y a toujours une luciole à mes côtés. Cette pensée me ramène à mes instants de cauchemar, d'où une petite lueur a suffit à me tirer. J'ai eu l'impression que quelqu'un me communiquait son espoir à travers les mondes.

Où suis-je ? Ce lit un peu dur mais propre ne ressemble pas du tout au paradis, et encore moins à la grotte où … Aïe ! Cet épisode là n'était pas un rêve ! J'ai terriblement mal à mon côté gauche. Je soulève un pan du drap et mon habit pour observer la blessure, mais il fait trop sombre dans la pièce pour que je puisse voir quoi que ce soit. Ca attendra la lumière de jour. De toute façon je ne suis pas sure de vouloir voir la cicatrice. J'ai le vague souvenir d'une odeur de chair brulée, ce qui n'est pas un très bon présage. Peut-être que ce n'était qu'un morceau de mon cauchemar … et en même temps je vois une forme sombre qui me veillait par moments … ai-je aussi rêvé les cahots d'un trajet à cheval ? J'ai l'impression d'avoir quitté la réalité depuis bien longtemps. Quand on délire le temps passe tellement vite, mais aussi tellement lentement. Combien de jours se sont écoulés depuis que Keith m'a trahie ? Deux ? Dix ? Cinquante ?

Je laisse les questions sans réponse tourmenter mon esprit jusqu'à ce que la lumière du jour transparaisse à travers les planches des volets. La bougie s'est éteinte presqu'en même temps. Désormais elle n'est plus qu'une sculpture de cire sur un chandelier en métal. Demain elle aura été refondue et sera à nouveau là, à mes côtés, réchauffant mon cœur de sa douce lueur. Luciole.

Le bruit de pas légers dans le couloir attire mon regard vers l'entrée de la pièce. Une gamine, âgée d'environ seize ans, pousse la porte bien huilée sans un bruit. Il ne lui faut pas plus de deux secondes pour réaliser que la patiente n'est plus en train de comater.

- Oh vous êtes réveillée mademoiselle ! Attendez, je vais vous ouvrir les volets et aller prévenir le médecin.

Je la remercie d'un mot et d'un sourire, admirant son allure gracieuse lorsqu'elle passe devant moi pour ouvrir la fenêtre et les volets. Un courant d'air frais se glisse dans la pièce, y apportant les premières notes du printemps. Ca sent bon l'herbe qui pousse et les fleurs qui éclosent.


- Vous voulez bien laisser la fenêtre ouverte ?

La gamine se fait une joie de me faire plaisir avant de déguerpir. Fermant les yeux, j'attend son retour en humant l'air avec délice. Je suis en vie. J''ai beau avoir mal, je suis en vie !
La porte s'ouvre à nouveau sur la gamine, suivie de près par un homme à la moustache grsonnante et par une femme, d'environ mon âge.


- Bonjour mademoiselle, ne bougez pas, laissez moi vous examiner.

Il s'assoit à mes côtés, sur le bord du lit, puis m'ausculte : d'abord le front, puis les yeux, la bouche et enfin mon cœur.

- La fièvre m'a l'air d'être bel et bien tombée. Vous avez l'air de tenir à la vie dites donc !

Au fond de ses yeux, je peux lire la joie que cela lui procure. Il a pu sauver quelqu'un, et je comprends que cette pensée puisse l'apaiser, lui qui doit voir des gens s'allonger sur ses lits pour ne plus jamais se relever.

- Vous avez dormi quatre jours, alors même si vous vous sentez en bonne forme, évitez encore un peu de faire trop d'efforts.
- Merci docteur.
- En attendant je vous laisse discuter avec cette dame qui vous a amenée ici, vous avez surement quelques choses à vous dire. Mana vous apportera du bouillon.

Sur ce il s'écarte et quitte la pièce, me laissant seule avec la demoiselle aux yeux rougeatres.

- Je devrais surement vous dire merci … C'est donc vous qui m'avez amenée ici et m'avez sauvée ? J'ai une dette envers vous désormais. Si je peux faire quoi que ce soit pour vous, dites le moi et je le ferai.


Il y a d'autres questions que je devrais lui poser : pourquoi m'avoir aidée, moi pauvre inconnue ? Où sommes-nous ? Qui est-elle ? Comment vais-je payer les soins du docteur, alors que ma bourse a disparue avec Keith ? Mais avant de parler et de m'épuiser, j'aimerais entendre ce que cette inconnue a à me dire d'elle-même.



[Tu peux considérer qu'Ange te posera ces dernières questions ensuite, si tu veux.]
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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Jeu 13 Fév 2014, 20:00


Tu faisais de ton mieux…


Plus vide que jamais. Tu l’avais sauvée, tu ne regrettais en rien de geste. Regretter quelque chose de bien serait tout de même assez stupide. Mais tu te demandais qui tu étais. Jamais tu n’aurais réagis ainsi auparavant. Et cela remettait tellement de chose en doute. Comment enseigner la Voie à des élèves alors que tu avais des doutes sur ta propre existence ? Alors que parfois tu ignorais même si tu parcourais encore cette voie à laquelle ils aspiraient. Et si tu les décevais ? Si tu étais incapable de leur faire comprendre ce que cela impliquait… Tout cela à cause de cette fille dont tu ne connaissais pas le nom. Tu avais juste agis à l’instinct. Mais tu te sentais vide. Epuisée. Tu l’avais emmené à Al Chen où un médecin avait accepté de la soigner et de la loger, mais elle ne se réveillait pas. Peut-être avais tu fais ça pour rien. Peut-être l’avais tu fais souffrir pour rien dans les derniers instants de sa vie. Shobalt était mort de fatigue, aussi il profitait de vacances bien méritées. Et toi tu veillais cette fille, restant éveillée le plus longtemps possible avant de t’endormir sous la fatigue. Ne prenant même pas une douche. Attendant le verdict. Se réveillerait-elle ?

Plus vide que jamais. Tu ne t’étais comportée comme ça avec personne avant elle, et pourtant elle n’avait rien de particulier. Tu commençais à avoir faim, tu n’avais pas mangé grand-chose depuis ton arrivée ici, grignotant quelques fruits et parfois un peu de viande sécher, juste de quoi tenir. On ne sait jamais peut être aurais tu besoin de force sous peu. Tu t’inquiétais de son état, vérifiant parfois l’état de l’affreuse cicatrice que tu lui avais faite, l’enduisant d’une crème que tu avais acheté en ville. Elle ne pourrait pas marcher avant un petit moment, la peau se tendrait lui tirant des cris de douleur, peut être crierait elle juste par l’irritation du bandage. La crème l’empêcherait juste de sentir la chaleur émanant de la chair brulée et diminuerais juste un peu l’irritation. Mais ton but premier était surtout de lui éviter l’infection. Tu baillas puis retroussas doucement ton nez en inspirant. Bon ok, il était vraiment plus que temps de prendre une douche. Tu sortis, allant te laver dans le lac Chen, te changeant les idées, pendant à ce que tu pouvais pour te sentir un peu mieux. Tu te sentais vide, comme si plus rien n’avait de sens, un peu comme si tu n’étais que spectatrice et plus maitre de ton corps. Tu avais horreur de ça. Heureusement l’eau froide te remis les idées en place.


…dans la limite de tes moyens…


Tu étais soulagée. Tu venais de rentrer, grimpant la façade la maison, t’y introduisant par la fenêtre que l’on avait ouverte. Sans un mot, sans un bruit, comme une ombre. Mais ces gens devaient avoir l’habitude, cela faisait 4jours que tu étais chez eux, et pourtant tu ne leur avais jamais adressé la parole, sauf le premier soir, quand tu leur avais donné une bourse pleine leur demandant juste de la soigner et de la loger. Depuis tu vivais près d’eux, mais en les ignorant. Jamais tu n’en avais ne serait-ce que effleuré un. Tu n’aimais pas le contact, encore moins que la compagne. Tu eus la surprise de trouver la jeune femme les yeux ouvert. Tu étais surprise, mais un étrange sentiment bien différent s’empara de toi. Du soulagement. Tu étais soulagée de la voir en vie. Elle discuta avec le docteur, se faisant examiner, puis ils sortirent tous te laissant avec elle. Tu l’observas attentivement. Tu ne sais pas pourquoi tu ne l’avais pas fait jusqu’à lors, c’était pourtant une habitude chez toi, de toujours détailler les gens longuement. Même ceux qui passaient au loin. Cela faisait 5jours que tu l’avais trouvée, et c’est la première fois que tu la regardais vraiment. Tu te mordis la lèvre discrètement mais resta silencieuse. Tu n’aimais pas parler.

Tu étais soulagée. Son état c’était nettement amélioré, mieux que tu ne le pensais, peut-être s’en remettrait elle plus rapidement que tes estimations l’avaient prévue. Elle ne sentait plus la chaire brûlée, cette odeur qui t’avait retourné l’estomac tout le trajet. Mais tu n’avais pas revomi, l’odeur était écœurante, mais c’était ton souvenir qui t’avait bouleversé. Tu espérais qu’elle ne s’en souvienne pas, qu’elle n’était pas réellement consciente à ce moment-là ou juste trop transpercée par la douleur pour y prêter attention. Tu restais méfiante à son égard, distante. Ses yeux se posèrent sur toi et elle commença a parler. Tu ne l’aimais pas. Voilà c’était dit ; Tu n’aimais pas les gens qui s’éparpillaient en parole, surtout à propos de question futile.

-Oui c’est moi ça me semble évident. Tu avais juste à me dire merci ça suffisait. Donne-moi juste ton nom.

Tu étais soulagée. Et perturbée. Mais pourquoi avais tu seulement pris la peine de lui répondre ? Ça te ressemblait tellement peu. Elle perçait tes défenses sans même faire quelque chose de spéciale. Tu fis la première chose te venant à l’esprit, tu reculas. C’était un réflexe, tu reculas jusqu’à être dos au mur, les mains sur la pierre froide. Voilà qui était mieux, être loin des gens t’aidaient à leur être indifférente, et c’était mieux ainsi tu le savais bien. Mais tu avais à peine fini ta phrase qu’elle enchainait déjà, te harcelant de questions. Peut-être aurais tu mieux fait de l’abandonner finalement. A vrai dire, tu comprenais qu’elle soit désorientée, perturbée par les événements et qu’elle ait besoin de réponses pour comprendre et ce calmer. Toi aussi tu avais connu ces moments-là. Ce que tu n’aimais pas c’était de ne pas avoir les réponses. Un long moment passa, de silence absolu. Tu n’avais rien à lui dire, ce n’était personne pour toi, qu’une pauvre étrangère sans importance. Tu avais fait un geste, mais que ce soit elle ou une autre tu l’aurais fait. Apparemment, cela ne lui suffisait pas, elle commença à te poser des questions. Curiosité peut être ?

Tu étais soulagée. Mais aussi assaillie. Pourquoi avais tu fais ça ? Si tu le savais tu pourrais lui dire, mais tu ignorais ce qui t’avait poussé à agir ainsi. Et tu n’aimais pas qu’elle mette le sujet sur le tapis. Peut-être pourrais-tu faire l’effort de répondre à ces questions, si elle était du genre à réfléchir alors tu aurais le silence. Si ce n’était pas le cas chaque réponse appellerait une nouvelle question et cela ne finirait jamais. Devais-tu commencer à prier ?

-Je vais faire court et simple. Tu n’as pas de dette, tu es à Al Chen, le médecin est payé et je ne suis personne. Tu peux rester ici le temps de te remettre. Maintenant tu la ferme, tu dors, quand tu te réveilleras je serais partie et tu m’auras oubliée.

Elle te rendait presque vulnérable, et cette sensation te dérangeait, tu ne souhaitais qu’une chose : La fuir.


…Mais il ne fallait pas exagérer.
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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Lun 17 Fév 2014, 22:30

Il y a comme un sentiment de malaise dans l'air lorsque l'inconnue termine sa phrase. Mon ton était respectueux et amical, rien qui ne méritait une réponse aussi sèche. Je la regarde s'éloigner, bouche bée. Si je m'attendais à ça … j'ai du mal à croire qu'elle soit en train de regretter de m'avoir sauvée, sinon elle serait partie depuis bien longtemps, sans attendre de savoir si oui ou non j'allais survivre. Son attitude est bizarre. Elle me donne l'impression d'être un petit chat méfiant et apeuré, ne cherchant au fond qu'à être apprivoisé. J'ai réussi à amadouer un chaton dans mon enfance. C'était une boule de poils feulante qui avait très vite oublié le sens du mot "peur" après un bol de lait et un morceau de viande. Aujourd'hui je doute que de la nourriture m'aide beaucoup. Comment apprivoiser cette fille ?

Tentative n°1 : lui parler. J'esquive volontairement son dernier ordre, trop impoli pour que j'y réponde. Même dans le fin fond des plaines où j'ai grandi on n'ordonne pas à quelqu'un de donner son nom. Celle là n'a visiblement pas reçu beaucoup d'éducation.


- Tu peux me dire où on est ? Et qui Tu es ? Je n'ai pas encore le don de divination, sinon je ne serais pas ici.

Je voulais faire une sorte de blague, sortir une phrase qui nous fasse rire et détende l'atmosphère, mais aucune d'entre nous ne rit. J'ai faillit mourir, elle a perdu son temps, rien de très amusant. Ce n'est tellement pas drôle que la jeune femme en reste muette pendant de longues minutes. Ou alors elle est un peu retardée, ce qui expliquerait son attitude étrange.

-Je vais faire court et simple. Tu n’as pas de dette, tu es à Al Chen, le médecin est payé et je ne suis personne. Tu peux rester ici le temps de te remettre. Maintenant tu la ferme, tu dors, quand tu te réveilleras je serais partie et tu m’auras oubliée.

Cette nouvelle réplique me coupe à nouveau le souffle. Vraiment pas sympa celle là ! J'ai presqu'envie de lui répondre sèchement de repartir d'où elle vient. Rien ne l'obligeait à faire ce qu'elle à fait, normal que je la remercie et m'intéresse à son sujet. Mais si elle veut que je me taise, alors soit, je vais le faire. Après une dernière question.

- Voilà votre bouillon mademoiselle.

La gamine me surprend par son entrée feutrée. J'étais tellement concentrée sur la jeune femme que j'en suis venue à oublier mon environnement. Je ne suis pas vraiment le genre de fille multi-tâches.
J'observe la porte grande ouverte avec un soupçon d'inquiétude. C'est une invitation à la fuite pour l'inconnue, et je doute qu'elle y réfléchisse à trois fois avant de s'y engouffrer. Avant d'avoir entendu ma dernière question.


Je me force à détourner mon regard de la porte, les reportant sur la gamine et le bol fumant qu'elle pose sur la table de nuit.

- Merci Mana. Lui dis-je avec un sourire.
- De rien mademoiselle.

Aussi vive qu'une petite souris, elle s'incline légèrement puis disparait, refermant la porte dans son dos.
Mon ventre gargouille à l'odeur du bouillon. Cela fait trop longtemps que je n'ai rien avalé, et je le sens. Je me jetterai bien volontiers sur ce casse-croûte de convalescent, mais un regard fixé sur moi m'en empêche.
ELLE est toujours là.
Nos yeux se cherchent puis s'affrontent en silence. Il n'y a rien à gagner dans cet échange, mais beaucoup à communiquer. Je veux comprendre ce qui se passe dans sa tête et tenter de briser les chaînes qui nouent son cœur. Sauf que je suis nulle pour ça … je n'ai plus rien à faire ni à dire, hormis.


- Pourquoi es-tu toujours là ?

"A me regarder comme un chien de garde apeuré, alors que tu aurais pu partir il y a plusieurs jours". Si je ne lui dois rien, alors elle n'a pas besoin de rester là. Un message à transmettre, donné au médecin, aurait suffit. Pourtant elle ne l'a pas fait.
Pourquoi ?

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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Mar 18 Fév 2014, 17:27


La sociabilité est une qualité...


Elle faisait preuve d’amabilité à ton égard. Et pourtant lui rendre la pareille te semblait impossible, au-dessus de tes forces. Changer n’est pas chose aisé, c’est amplement possible, il suffit d’être motivé et d’y mettre de la bonne volonté, mais cela ne se faisait pas en quelques secondes. Cette situation te brusquait, tu avais juste envie de claquer la porte pour partir en vitesse, ce qu’elle te poussait presqu’à faire, te défiant des yeux. Qu’attendais-tu pour partir alors ? Tu ne le savais pas. Tu allas t’assoir dans un fauteuil, montrant ainsi que pour le moment tu resterais là. Que ce soit ton intention première ou non, son comportement te poussait à agir ainsi. Tu n’avais pourtant rien à lui prouver, c’était elle qui te devait la vie après tout. Mais le reflet qu’elle te renvoyait de toi-même à travers son regard ne te plaisait pas. Tu ne voulais pas être ainsi. Tu ne voulais pas perdre tes moyens si facilement. Tu voulais avancer, devenir plus forte. Hors de question de reculer. Tu étais marchombre. Et un marchombre ne se laissait pas envahir par la peur. Tu eus un petit sourire. Petite, terrorisée dans cette grange, tu savais que tu devais suivre l’homme qui t’emmènerait dehors pour que tu mendies. Tu devais avancer vers lui, si tu ne le faisais pas, tu serais punie… Mais il te faisait si peur. C’est la première fois que tu avais compté.

Elle faisait preuve d’amabilité à ton égard. Et ce serait mesquin de camper sur tes positions. Après tout, elle aurait juste pu te reprocher la douleur. Elle aurait pu te reprocher la cicatrice. Ou encore t’insulter pour le temps que tu avais mis à la ramener ici. Mais non. Elle t’avait remercié. Enfin elle avait dit qu’elle te devait un merci, mais cela ne revenait il pas au même ? Ce n’était pas le plus important dans cette situation. Elle n’avait pas été ingrate et s’intéressait à toi. Peut-être pour raconter son histoire à quelqu’un, peut être juste pour tourner la page et avancer. Et puis allongée sur ce lit elle n’avait rien de mieux à faire que de converser, et comme pour le moment vous n’étiez que toutes les deux et que les murs n’ont pas de bouche. C’était à toi de faire la conversation. Mais que pouvais-tu bien lui dire ? Parler dans le vide n’étais pas ton truc, tes mots n’avaient pas d’autres but que l’efficacité. Mais il était temps d’apprendre. Il était toujours temps d’apprendre. Alors tu allais prendre sur toi et faire ce qu’il fallait.


…que tu n’avais pas…


Première tentative. Tu ouvris la bouche pour lui parler. Lui dire quoi ? Tu ne savais pas. Ouf. Des pas dans le couloir, assez discret. La gamine devait venir apporter la nourriture. Tu l’aimais bien, sa compagnie n’était pas envahissante. Elle se contenta de déposer son bol dans les mains de la blessée puis de partir refermant la porte derrière elle. Tu aurais eu le temps de partir trois fois par cette ouverture. Tu avais cependant résisté à la tentation. Une fois tu avais fui dans ta vie. Mais tu étais enfant, tu avais peur, et tu ne savais rien du monde, de la vie en générale. Aujourd’hui tu n’étais ni désarmé, ni démunie. La situation t’était inconnue certes, mais pas au point de vouloir prendre tes jambes à ton cou. Il s’agissait plus d’une angoisse psychologique face à cette situation inhabituelle pour toi, face à tes doutes sur ta capacité à communiquer avec une autre personne. Mais cela te ferait un bon entrainement pour tes élèves, car avec eux, tu n’aurais pas le choix que de prendre ton mal en patience pour leur expliquer. Parfois tu devrais leur raconter des histoires pour qu’ils en tirent des leçons. Parfois tu devrais prendre des détours dans leur enseignement pour qu’ils puissent comprendre. Il était temps de t’y mettre.

Deuxième tentative. Elle te coupa la parole ayant elle aussi une question. « Pourquoi étais tu toujours là ? » tu aurais pu répondre tant de chose sans répondre réellement à la question. Tu étais là parce qu’il t’avait fallu lui trouver un médecin pour lui sauver la vie. Tu étais là parce que c’était sur le chemin pour te rendre à l’académie et y enseigner la voie. Tu étais là parce que tu voulais continuer à arpenter la voie allant toujours plus loin, ne laissant pas tes habitudes t’enchainer, et entraver ta liberté. Tu pouvais même remonter beaucoup plus loin. Tu étais là parce que Shiki avait bien voulu de toi, parce qu’il avait vu du potentiel derrière ta colère. Voilà pourquoi tu en étais arrivée là. C’est ton parcours qui t’avait acheminé jusqu’ici. Mais là n’était pas la question. Ce n’étais pas pourquoi tu avais été là pour la sauvé, pourquoi tu étais ici près du lac Chen et de la forêt d’Ombreuse, mais bien pourquoi ne l’avais tu pas abandonnée ici. Oh tu avais des excuses. Tu voulais voir si elle survivrait pour savoir si tu avais fait ça pour rien. Ton cheval était fatigué du voyage et se reposait. Mais la vérité c’était que tu t’inquiétais de ton sort. Enfin un peu. Juste un tout petit peu. Et tu rechignais à lui avouer.

Troisième tentative :

-Je vais jouer la carte de l’honnêteté. J’ignore pourquoi je me suis arrêtée pour t’aider. Et je suis restée pour m’assurer que ma bourse était mérité, ils auraient bien pu te mettre dehors et garder l’argent dès que j’avais tourné le dos. Je voulais aussi m’assurer que tu survivrais, je voulais savoir si la brûlure au fer rouge t’avait sauvé, ou si je t’avais juste torturée un peu plus avant que tu ne pousses ton dernier soupir.


Ta voix avait été posée, tu t’étais résignée. Mais tu restais tout de même méfiante et distante. Peut-être cherchait elle à obtenir quelque chose de toi. Tu ne te laisserais pas manipuler. Tu ne pensais même pas qu’elle essayait de se servir de toi, mais tu avais vu tellement de gens méprisable que maintenant tu avais du mal. Beaucoup de mal. Mais tu lui dirais la vérité, et entièrement, ce que tu n’avais pas fait. Car si elle ne te manipulait pas, toi tu te servais d’elle, et elle avait le droit de le savoir, après tout, ça ne changerait pas sa vie, elle comprendrait juste mieux la situation.

-Je me sers aussi de toi comme prétexte pour retarder mon arrivée à l’Académie.

A vrai dire tu n’avais pas réellement besoin de prétexte, et ce n’était pas pour ceux qui t’attendaient que tu voulais une justification. C’était pour toi-même. Pour avoir bonne conscience. Mais ça, elle n’avait pas besoin de le savoir. Elle ne savait surement même pas de quoi tu parlais. Même si tu sentais quelque chose d’étrange en elle. Elle aspirait à la liberté, elle avait l’air entrainé, presque l’air d’une apprentie. Mais si c’était le cas… où était son maitre ?

…ce que tu regrettais parfois.
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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Mer 19 Fév 2014, 22:47

- L'académie ? ... il n'y a pas d'académie à Al-Chen ... ni là où tu m'as trouvée. Serais-tu ...

Hésitation

- Marchombre ?


(Promis je t'écrirai plus de lignes au prochain post Wink )
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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Mer 19 Fév 2014, 23:13

Oui je le suis. Comme tu dois surement être une apprentie
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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Ven 21 Fév 2014, 17:24

- Pourquoi tu veux retarder ton arrivée là-bas ? C'est pas l'enfer tu sais, bien au contraire.
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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Sam 22 Fév 2014, 09:15

-Tu en viens n'est ce pas ?
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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Dim 23 Fév 2014, 23:45

Sauvée par une Marchombre … ce que le monde est petit. Ou alors c'est juste que la Guilde est plus importante que je ne pensais. Combien y a-t-il d'êtres épris de liberté qui arpentent les routes de Gwendalavir ? Rien qu'à voir le nombre d'apprentis à l'Académie, la Voie s'ouvre dans l'esprit de beaucoup. Mais combien parmi eux trouveront la force de l'arpenter ? Mon cœur se serre à la pensée d'Uhl, des jumelles ou d'Aaron, ces camarades qui m'étaient chers. Disparus sans prévenir, sans laisser de nouvelles, alors qu'ils semblaient bien plus Marchombres que moi.

J'observe en silence la jeune femme assise sur un fauteuil. Elle, elle ne s'est pas détournée. J'ai hésité à lui demander si elle aussi était apprenti, mais quelque chose dans sa façon de me dire qu'elle est bien Marchombre m'a fait penser que non. Elle EST Marchombre, donc libérée de son apprentissage. Si elle doit se rendre à l'académie, j'en déduis qu'elle est ou sera bientôt Maître. Assumera-t-elle aussi bien ce rôle que celui d'apprenti ? Ou promettra-t-elle trois ans à des personnes qu'elle abandonnera très vite ? Vu son attitude à mon égard, je me demande si ses élèves ne seront pas vite tentés de la fuir. J'espère que leur présence déliera sa langue et apaisera ses peurs.

Ma sauveuse esquive ma question en en posant une autre. Je ne lui réponds pas immédiatement, intriguée par son attitude. Je n'aime pas qu'on me refuse des réponses ! Peut-être que c'est d'abord à elle qu'elle refuse de répondre … elle est vraiment étrange …


- Oui j'en viens, et je compte bien y retourner dès que possible. Mon Ahn-Ju m'attend là-bas.

Avant qu'elle ait pu enchaîner avec une remarque quelconque, je continue à parler.

- Tu hésites à aller à l'Académie ? C'est pour ça que tu te cherches des excuses pour ne pas y aller ? Je suis peut-être qu'une apprentie, mais je sais une chose : prends ton temps maintenant pour bien réfléchir à ce que tu fais. Ce n'est pas là-bas qu'il faudra hésiter, qu'il faudra te rappeler tes excuses pour t'échapper. Bien des "Maîtres' ont fait ça. Tu n'imagines même pas l'effet que ça fait de se faire abandonner …

Je m'arrête, m'apercevant que je viens de partir du principe qu'elle était Maitre. Et si elle est apprentie ? Alors ce conseil vaut pareil : inutile de s'aventurer plus loin si elle n'est pas sure d'elle. D'accord, elle ne serait pas la première à abandonner un cours, et son temps passé à l'académie ne serait pas perdu. Mais pour que nul n'ai à subir un abandon, mieux vaut réfléchir avant de s'engager.

Je croise son regard, me sentant à moitié fautive. Elle a dut se sentir agressée par ma remarque, ce qui n'était pas exactement ce que je voulais. Cette jeune femme m'a sauvée la vie, je ne suis pas en mesure de lui faire la morale, alors qu'elle n'a encore rien fait de mal. Mais au fond de moi reste toujours un fond de rancœur qui voulait sortir. J'ai beau avoir pardonné à Sanja et Aïwen, je leur en veux toujours un peu. On ne promet pas trois ans pour rien !

- Excuse moi … tu peux bien faire ce que tu veux …

Je fuis son regard pour me concentrer plutôt sur mon bol de bouillon, écoutant ce qu'elle a à me dire tout en buvant le délicieux liquide. Il a eut le temps de refroidir un peu depuis que Mana me l'a apporté, ce qui fait qu'il a maintenant la température parfaite. Je savoure avec un demi-sourire cette nourriture au goût épicé où nagent quelques morceaux de légumes et de viande. Une cuisson longue a conféré aux bouts de siffleur une texture molle facile à manger. Rien à voir avec les bouts séchés que je mange en voyage !

Bien vite le bol est vide. Je le repose sur la table de chevet puis me décide à me lever. Je ne vais pas passer ma vie allongée dans ce lit, même si je suis convalescente !
Mon premier mouvement me tire une affreuse grimace de douleur. Mon deuxième un grognement de détresse. Mon troisième me fait souffrir en silence. J'ai du mal, mais je finis par me retrouver assise au bord du lit. La douleur est telle dans mon flanc que des larmes perlent mes yeux. Une seule pensée atteint mon cerveau : je n'arriverai jamais à passer mon Ahn-Ju en souffrant comme ça. Mon Ahn-Ju … l'étape la plus importante de ma formation …
A l'aide de mes bras, je remonte ma chemise de nuit le long de mon corps, découvrant l'affreuse cicatrice qui barre mon côté. On voit clairement la morsure du feu sur ma chair. La Marchombre m'a parlé d'une brûlure au fer rouge et je me souviens d'une vague odeur de peau brûlée. J'ai déjà vu dans un miroir les traces qui serpentent sur mon dos, souvenir perpétuel laissé par une poutre en feu. Ce jour là, Liénor m'avait amenée à Fériane et les rêveurs m'avaient sauvée, réparant au mieux ma peau. Là c'est autre chose : le médecin n'était pas un membre de la Confrérie mystérieuse, ce qui se voit dans la façon dont se cicatrise la blessure. Nulle doute que celle là ne retrouvera jamais sa souplesse ni un air normal. Je suis marquée vie … à nouveau … mais le pire ce n'est pas d'être enlaidie. C'est de me dire que cette horreur mal cicatrisée va gâcher mon examen. J'aurais préféré qu'un rêveur s'arrête à mes côtés plutôt que cette femme. Un instant je lui en veux d'avoir existée. Puis très vite j'oublie : elle m'a sauvée.

Je suis en vie.
Pourtant je pleure.
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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Dim 02 Mar 2014, 12:21


Une discussion bien surprenante.


Tu avais visée juste. Elle venait bien de l’académie, mais plus encore, elle allait bientôt passer son Ahn-Ju. Une apprentie bien avancée sur la Voie, voilà ce qui expliquait son corps finement musclé et bien entrainé. Cette rencontre te plaisait. Non parce que tu aimais bien cette fille, mais parce qu’elle te permettait de découvrir comment pouvait être les élèves de la bas. Cela te permettrait de juger si oui ou non tu avais raison d’y aller, d’être maitre. Mais pour le moment il fallait que tu te recentre sur votre conversation. Tu avais refusée de répondre à sa question et elle avait mis du temps à répondre à la tienne, le dialogue n’allait pas être facile, mais déjà tu arrivais un minimum à lui parler de choses qui ne concernait pas la survie, c’était plutôt pas mal pour ton cas. Tu souris légèrement en imaginant la tête que Shiki ferait face à ta maladresse, il avait bien tenté de t’enseigner l’art de la socialisation, mais cette leçon avait été un échec, tu t’étais contentée de regarder les gens de haut en bas pour trouver selon toi leur points forts ou points faibles en fonction de ce que ton œil observait. Souvent il avait ri de cette réaction, mais toi tu savais que plus d’une fois celle-ci t’avait sauvé la vie en te permettant d’être sur tes gardes et prête. Mais cette fille n’était pas toi.

Tu avais visée juste. Et tu n’étais pas la seule. Elle avait deviné ton hésitation d’aller là-bas. Tu aurais pût très mal prendre cette mise à nue de tes intentions, cependant pour cette partie-là, tu ne voyais aucune raison de prendre la mouche, elle énonçait juste les faits essayant de reconstruire le puzzle pour mieux comprendre. Elle te dit de bien réfléchir avant d’y aller. Par contre à ce moment précis tu avais envie de l’étrangler. Pourquoi ne te précipitais tu pas la bas même avec tes doutes quitte à faire demi-tour dans quelques jours voir quelques mois si finalement tu n’aimais pas ? Pour réfléchir. Et en quel honneur se permettait-elle de te dire pareille chose ?! Te croyait-elle incapable d’enseigner ? Certes tu n’avais pas été très amicale au début de votre rencontre, mais les apprentis ne cherchaient pas un ami mais un maître pour les guider. Tu n’aimais pas, mais pas du tout sa réflexion. Mais tu ne frappais pas les convalescents, elle avait de la chance. Son avis te blessait profondément, mais tu n’en montras rien. Ton petit sourire s’effaça et tu repris de la distance face à elle. Quand cette discussion serait finie, tu quitterais cette chambre et elle ne te reverrait plus. Si tu allais à l’Académie et que tu croisais son maitre, tu lui dirais qu’elle était ici, mais elle ferait mieux de ne pas attendre plus de toi. Une phrase, une seule avait suffi à effacer toute considération pour elle. Tu ne voulais pourtant pas céder à la colère, elle avait bien trop longtemps hantée ton cœur et pourrie ta vie.

Tu avais visée juste, mais pas entièrement. Oui, elle se souciait que tu abandonnes tes élèves. Après tout, ton air froid et détaché, ton refus de répondre à ses questions, cela ne l’aidait pas à avoir une bonne impression de toi. Tu savais qu’une fois là-bas tu ne partirais pas, où alors tu finirais l’apprentissage des premiers élèves sans en prendre d’autres avant de partir, mais si tu t’engageais tu irais jusqu’au bout, tu ne fuirais pas comme une voleuse. Tu ne te le permettrais pas. Si Shiki t’avait abandonnée tu ne t’en serais pas remise. Ses remarques te décevaient énormément. Certes elle ne t’avait pas accusée pour la douleur que tu lui avais infligée, cependant elle restait comme les autres. Une pauvre fille qui parlait sans savoir. Voilà pourquoi tu restais à l’écart du monde, parce que les gens n’en valaient pas la peine, et qu’ils pensaient surement la même chose de toi. Tout cela n’était pas très glorieux. Mais si tu l’avais laissée finir avant de faire tes propres hypothèses, fondées sur des aprioris tu aurais compris. Tu n’aurais pas mal prit ce qu’elle venait de te dire. Ses mots transpiraient une souffrance cachée, une colère voilée. Elle avait été abandonnée, surement par un maître. Voilà qui expliquait tout. Elle ne voulait pas que d’autres ressentent ce qu’elle avait pût ressentir. Ton air s’adoucit légèrement, elle ne voulait pas te critiquer, mais protéger les espoirs des autres apprentis. Et tu sentis le besoin de répondre à ses excuses.

-C’est pourquoi je retarde mon arrivée là-bas, parce que si je m’engage et que cela ne me convient pas, je vais devoir me bouffer des apprentis pendant trois ans. Parce que j’irais jusqu’au bout si je commence. Mais c’est une décision lourde de conséquences. Et trois ans d’une vie à donner, quand on est élève on le fait pour un avenir, pour toucher un rêve du doigt, obtenir la liberté, donc même si certains se découragent, les autres persistent pour leur rêve. Quand on est maître on n’y gagne rien de perceptible, juste une fierté si l’apprenti réussi, on sourit que la relève sera assurée, mais si l’élève échoue, c’est beaucoup de remise en question de nos conséquences. C’est une liberté piétinée parce qu’avec de jeunes apprentis on ne peut pas tout plaquer du jour au lendemain. C’est une vie bien différente de celle menée en solitaire sur les routes. Etre maitre est un sacrifice qui peut s’avérer payant ou vain. Alors j’hésite, je ne m’engage pas, je réfléchis. Et si je franchis ses portes et que je prends des apprentis je leur donnerais ces trois ans, quitte à ne pas en prendre d’autres pour partir à la fin de leur apprentissage.

Voilà qui te laissait à bout de souffle. Jamais tu n’avais autant parlé de ta vie je crois bien. Après elle était libre de te croire ou non, cela ne relevait plus de tes moyens. Pendant que tu parlais elle avait bu son bouillon, tu ne prenais pas cela comme une marque de désintérêt ou d’irrespect. Elle devait être affamée, et rien ne l’empêchait d’écouter en même temps. Et si elle ne le faisait pas alors c’était tant pis pour elle. Mais cela ne changerait rien à ta vie.


Une convalescente courageuse


Elle voulait se lever. Ou du moins s’assoir sur le lit. Tu savais quelles souffrances elle subissait en tentant cela si peu de temps après avoir reçu une telle blessure. Mais tu la regardas faire sans l’aider. Tu voulais voir si elle abandonnerait ou si elle réussirait. Après tout, bientôt elle passerait son Ahn-Ju, et sauf si son maitre décidait de reporter l’évènement à cause de sa blessure, elle ne serait pas tout à fait rétablit et devrait prendre sur elle pour passer les épreuves. Serrer les dents et tenir. Elle grimaça, grogna, puis finit en silence. C’était surprenant, elle était forte. Elle ferait surement une grande marchombre à la fin de son apprentissage. Ses yeux brillaient de larmes sous la douleur mais elle semblait les retenir. Elle était courageuse, mais son corps aurait besoin de temps pour cicatriser. Elle remonta doucement son t-shirt pour découvrir la cicatrice. Cela devait être trop pour elle. Les larmes se mirent à couler sur ses joues.

Elle avait voulu se lever. Elle avait du potentiel, elle n’aurait pas dû se décourager ainsi. Tu n’aimais pas la voir ainsi. Ce n’était qu’une blessure, et tant qu’elle était en vie, elle pourrait être libre. Tout comme tu étais libre même avec des chaines, personne ne te volerait ta liberté, rien ne pourrait te l’arracher. Bientôt elle serait marchombre, bientôt elle comprendrait. Mais pour le moment elle avait besoin d’aide, pour se reprendre. Tout comme cette rencontre t’avait aidé à avancer. Tu te levas, et te plaça en face d’elle.
-Debout !

Cela sonnait comme un ordre. C’était un ordre. Tu voulais qu’elle se lève. Tu la fixais d’un regard dur, et pourtant au fond brillait une lueur presque protectrice. Elle avait besoin d’aide, tu l’aiderais. Et tu irais à l’académie, pour rencontrer des gens, comme elle, et les aider.

-Allez debout ! Tu peux le faire.


Tu lui tendis les mains pour qu’elle puisse s’y appuyer pour se redresser, cependant avant de pouvoir les attraper elle devrait déjà se lever un peu. Tu connaissais son type de blessure, tu savais comment aider son corps à guérir et à s’entrainer malgré la douleur. Et tu savais comment redonner confiance en cette fille. Et tu le ferais. Puis tu la ramènerais à l’académie. Tu attendis qu’elle soit debout pour la regarder.

-Je me nomme Hope. Hope Treize.


Et ton soutien inattendu.

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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Sam 19 Avr 2014, 11:45

Derrière un voile de larmes, la silhouette brouillée de la Marchombre se dessine. J'ai entendu son siège grincer lorsqu'elle s'est levée. J'ai senti sa présence se rapprocher. Et maintenant j'entends sa voix, impérieuse.

-Debout !

Et si je n'ai pas envie ? Si je n'ai plus envie ? Et si je ne peux tout simplement pas … j'ai eu du mal à m'assoir. Penser à ce que va être la douleur une fois debout attise le flot de larmes. Je ne tiendrais pas une seconde. Je vois déjà mon corps s'écrouler et tomber au sol, me laissant encore plus défaite que je ne le suis déjà. Et cette inconnue pourra encore passer un peu de temps à mes côtés et retarder son arrivée à l'académie. Je me demande quand elle va comprendre qu'elle ferait mieux de se dépêcher de galoper là-bas, vers cet endroit où elle ne perdra rien mais gagnera tout. Je suis sure que les Maitres apprennent autant que leurs élèves, sinon aucun d'entre eux n'irait enseigner.

-Allez debout ! Tu peux le faire.

Son ton s'est modifié. Il a pris une teinte plus encourageante, plus rassurante. Plus convaincante.
J'essuie les larmes qui coulent encore sur mes joues d'un revers de la main. Il faut que je me contrôle. Je ne peux pas abandonner comme ça ! C'est ce que tous mes Maitres m'ont appris. Si eux m'ont tourné le dos, moi je ne dois pas le faire. Je ne dois pas oublier leurs enseignements.

Respirant un grand coup, je serre les dents et pose une main sur le rebord du lit, m'aidant ainsi à me lever en me poussant. La deuxième est tendue devant. Elle est tremblante, incertaine, pourtant elle finit par s'agripper à celle de l'inconnue. Cette fermeté que je sens soudain me transmet force et assurance. Malgré la souffrance et les perles qui s'échappent de mes yeux, je me lève.
Debout.
Je suis debout.
J'ai atrocement mal. Respirer est une torture. Pourtant je suis debout et je ne tombe pas. Mon regard se tourne vers celui qui est fixé sur moi. Un instant mes yeux croisent ceux de la jeune femme. Un instant de partage.


-Je me nomme Hope. Hope Treize.

- Et moi … Ange … Shar …

Mes mots sont saccadés, mais ils sont bien réels. Nous venons juste d'échanger nos noms, pourtant j'ai l'impression que nous venons de sceller un pacte. Cet instant est bien plus qu'une rencontre. Un mince sourire étire mes lèvres, noyé par ces maudites larmes qui n'ont de cesse de couler. Je hais ma faiblesse ! La transformer en force est si compliqué … si irréaliste.

Ma main toujours tenue fermement par Hope, je tente quelque pas maladroits. Je m'appuie autant que je peux sur cette Marchombre. Elle m'intrigue énormément car j'ai du mal à saisir qui elle est vraiment. Malheureusement mes pensées sont troubles et je n'arrive pas à me concentrer assez pour lui poser des questions et l'observer. Pour l'instant j'ai un gros soucis : moi.

Nous continuons à me forcer jusqu'à ce que la fatigue rattrape mon courage. Je le fais comprendre à Hope. Avec son aide, je me recouche dans le lit. C'est une nouvelle épreuve que celle de s'assoir et de se plier en deux au niveau de sa blessure. Je pleure un peu, et puis c'est finit. Je suis allongée, un coussin posé sous la tête. Je peux enfin respirer sans peine, dans cette position détendue.


- Merci …

J'hésite à poursuivre, me rappelant le début de notre conversation. Hope était agressive et ne voulait pas de remerciements. Son attitude a changée, et ses pensées ? Je la regarde, silencieuse. Elle m'a encouragée à poursuivre. Grâce à elle un soupçon d'espoir a reprit naissance en moi. Je suis Marchombre et un examen m'attend. Je dois me forcer et arrêter de pleurer, sinon je vais arrêter de progresser.

- Tu devrais continuer ta route … si tu as réussi à m'apprendre un Maitre mot, tu n'auras aucun mal à en inculquer bien d'autres à tes élèves.

Un Maitre-mot ? Oui : persévérance. La Voie n'est jamais simple pour ceux qui l'arpentent, et c'est ça qui la rend merveilleuse. Il y a toujours des défis, et aucun d'entre eux n'est trop grand. La vie vient d'en placer un immense devant moi, et je vais le relever. Surtout je vais ME relever.


- Dans un mois je serais de retour à l'académie. Je te montrerais que tu n'as pas perdu ton temps aujourd'hui.


[Enfin une réponse !!! Désolée mais j'ai du boulot IRL Sad
Si tu veux on peut continuer encore un peu à RP ici, sinon on peut se retrouver à l'académie pour un Rp un mois plus tard. A ce moment là je l'attaquerai quand j'aurais du temps.]
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MessageSujet: Re: Vivre n'est jamais simple [Libre]   Sam 19 Avr 2014, 20:00


Courage. Elle s’était relevée malgré la douleur, celle-ci étant-elle qu’elle ne pouvait retenir ses larmes. Et pourtant elle était là, debout, ses mains dans les tiennes. Tu l’aidas à marcher, sa blessure lui ferait mal, mais elle s’habituerait à la douleur comme au bruit gênant d’un insecte. Ce ne serait pas simple, mais c’était possible. Elle y arriverait. Elle ne t’avait pas insulté en te disant que c’était trop difficile, elle n’avait pas rechignée quand tu lui avais dit de se lever puis quand tu l’avais forcé à marcher. Elle avait de la force, et si elle ne la voyait pas, c’était bien dommage. Mais elle apprendrait.

Courage. Elle se fatigua au bout d’un moment et tu l’aidas à se recoucher. Même si elle n’avait pas tenue longtemps à marcher, elle avait fait l’effort de se lever, la première fois était la plus dur, le lendemain, si elle avait trop mal, elle se dirait qu’elle l’avait déjà fait, et donc que c’était possible. La première fois était la plus dure, et elle l’avait fait, tu n’avais pas de doute, elle retrouverait toute ses capacités même s’il lui fallait du temps.

Courage. Elle te remercia, et tu lui souris, même si ce n’était qu’un petit sourire en coin. Ces instants passés avec elle étaient agréable, malgré sa souffrance, malgré le peu de mot échangé. Elle serait Marchombre tu le savais, tu le ressentais. Mais tu te demandais si tous les élèves seraient comme elle à l’Académie. Tu pourrais les bruler pour savoir s’ils se relèveraient, mais cela paraissait assez peu probable. Ils n’apprécieraient surement pas. Même si Ange aurait surement souhaité tombé sur un rêveur, elle avait appris aujourd’hui. Appris que la souffrance n’arrêtait pas la liberté. Appris qu’elle était forte même si elle se sous-estimait. Et toi aussi elle t’avait appris. Appris que les gens en valaient la peine si tu t’arrêtais quelques temps pour les connaitre plutôt que de les juger aux premiers abords. Cette rencontre t’avait beaucoup apportée et pourtant…

Courage. Malgré tout ce qu’elle t’avait déjà offert par cet après-midi partagé, elle en fit plus. Elle te dit que tu pouvais partir. Et tu savais qu’elle se débrouillerait très bien seule à présent, et tu avais réglé les frais du médecin, plus rien ne te retenait ici. Mais avant que tu ne répondes ou que tu n’esquisse un mouvement vers la sortie elle continua. Elle te disait de partir, mais pas pour aller n’importe où. Elle te disait d’aller à l’Académie, et si tes doutes t’oppressaient encore elle els fit taire en une phrase. Elle avait appris à tes cotés et le reconnaissait. Et elle plaçait sa confiance en toi quant à l’avenir des élèves que tu aurais là-bas. Elle le fit naturellement, alors que tu ne la connaissais que depuis peu. Cette rencontre en valait la peine, plus encore que tu ne l’aurais crue. Et elle en ajouta une nouvelle couche, t’assurant qu’elle te prouverait que tu n’avais pas perdu ton temps avec elle. Tu allais donc la revoir. C’était une bonne nouvelle.

Courage. A présent tu ne pouvais plus partir comme ça. Tu t’avanças vers elle à nouveau, t’asseyant sur le lit. Tu pris doucement sa main la regardant dans les yeux.

-Entraine toi dans l’eau, elle soulage ta blessure et te permet plus de mouvement. Et tu auras ton examen. La Voie coule dans tes veines, il te suffit d’y croire.

Tu l’embrassas sur le front puis tu te levas te dirigeant vers la fenêtre, mais tu avais autre chose à ajouter avant de la quitter.

-J’attendrais avec hâte de voir où la Voie te mènera… Et merci à toi.

Puis tu disparu sans attendre la réponse. Ayant à nouveau foi en l’avenir, presque même en l’humanité. Si tes élèves avaient du potentiel, tu ferais tout pour les emmener le plus loin possible. Car oui, contrairement à ce que tu avais cessé de croire, certaines personnes méritaient ton respect, et valait la peine d’être connue.
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