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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Nudii - Cours n°2

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Gracieuse Dûbudchev
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MessageSujet: Groupe Nudii - Cours n°2   Mar 18 Fév 2014, 15:27

Gracieuse soupira.
Des bras forts l’enlaçaient fermement mais sensuellement. Elle ouvrit brusquement les yeux, et son regard se posa sur la poutre qui passait juste au-dessus de son lit. Son lit, dans sa chambre, au Domaine. Et il y avait un homme dans son lit, avec elle.
Alors que la crise de panique allait la submerger, elle se rendit compte qu’elle n’avait pas mal à la tête : elle n’avait donc pas entraîné un innocent apprenti dans ses draps.
Et puis, cela lui revint : Jin.

C’étaient ses bras, son odeur, son souffle dans lesquels elle avait dormi. Etait-ce pour cela qu’elle avait si bien sommeillé ?
Rien que pour cette pensée, elle se détesta et se gifla intérieurement. Il avait été son Maître. Dès qu’ils s’entrevoyaient ça finissait en partie de jambes en l’air… et elle ne voulait pas s’y attacher. Cela lui convenait très bien de ne le voir que de temps en temps, une à deux fois par an. Cela suffisait.

Sauf que voilà, elle avait rejoint le Domaine et rien que par cette décision, elle s’était rapprochée de lui, déjà géographiquement. Mais aussi la probabilité de le croiser était donc d’autant plus forte !
Non non non. Heureusement elle l’avait annoncé à Alaia : elles allaient voyager. Il était hors de question de rester au Domaine, elle venait déjà de passer la nuit tout contre Jin, elle n’avait pas envie de passer sa journée avec. Enfin, si elle en avait envie, mais elle ne le voulait pas. Et sa volonté était plus forte que son désir. Sa volonté était plus forte que tout !

C’est avec cette certitude vibrante qu’elle se leva et se débarbouilla rapidement.
Elle entendit Jin grogner dans son sommeil, mais n’y prêta pas attention, enfilant ses vêtements le plus vite possible pour sortir presque en trombe de cette salle qui était censée être sa chambre.
Filant à vive allure dans les couloirs et les escaliers, elle entra presque en trombe dans le réfectoire et passa par les cuisines pour avaler un copieux petit déjeuner.
Finalement, elle passa carrément voir le chef de cuisine pour lui demander les vivres qu’elle était venue commander la veille, et fourra la viande séchée et les galettes de niam à réchauffer dans son sac.

Puis, elle se dirigea vers l’entrée.
Elle avait dit à Alaia qu’elle l’attendrait devant les écuries, et donc elle prit leur direction. Azon devait être sur sa litière de copeaux de lin pour ses allergies à la poussière, et elle devait y aller de toutes façons au moins deux fois par jour pour vérifier que le palefrenier lui distribuait bien du foin humide. En effet, son étalon souffrait d’allergie à la poussière –dit emphysème chez les chevaux – et donc elle devait limiter un maximum son contact avec celle-ci.
Habituellement, elle le mettait en paddock, mais comme elle avait prévu de partir ce jour-là, elle l’avait rentré au box pour éviter de retrouver son cheval café au lait très très très dilué marron foncé – enfin, la couleur de la boue quoi.

Arrivant devant les deux grandes portes menant aux boxes, Gracieuse s’appuya sur le rebord du mur, et lorsque son apprentie arriva, elle l’accueillit d’un sourire.


- Salut Alaia ! Dis-moi, est-ce que tu sais t’occuper d’un cheval ? faire de l’équitation ?

Elle allait droit au but, mais au moins elle saurait à quoi s’attendre. Elle avait comme l’impression qu’elle devrait tout apprendre des chevaux à son apprentie, et cela l’enchantait et l’agaçait en même temps.


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Alaia Tendor
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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 19 Fév 2014, 00:34

Après un repas de viande, de fromage et de pain qu’elle pensait avoir amplement mérité, Alaia s’était dirigé vers le dortoir – désert à cette heure-ci – et y avait trié ses affaires en constatant avec déception qu’Eden n’y était pas. Un sabot de sanglier sauvagement griffé trainait sur le sol, preuve que son adorable petite boule de poils était passée par là... Puis, sans doute avait-elle eut faim et s’était-elle rendue aux cuisines, se dit la jeune apprentie, aussi y guida-t-elle ses pas pour constater que son chaton avait déjà mis les voiles. A la fois surprise et amusée de la partie de cache-cache qui s’était instaurée, elle fureta dans les couloirs, prenant particulièrement garde à fouiller les coins. Avec quelques dizaines de minutes de marche, elle finit par le trouver, paresseusement allongé au soleil au sommet du Domaine, profitant de ce que la porte avait été laissé ouverte – elle avait oublié de la fermer en reprenant ses affaires – pour s'offrir aux derniers rayons chauds de l’année. Il prit à peine le temps d’entrouvrir un œil pour identifier le visiteur puis, rassuré, replongea dans son inaction.
Souriant devant tant de nonchalance – qui contrastait étrangement avec les efforts qu’elle avait du fournir le jour même -, elle s’assit à ses côtés pour plonger ses doigts dans sa fourrure chaude, savourant les caresses autant que lui-même le faisait. Ils partagèrent ensemble le silence qui régnait là haut, en totale opposition avec les bruits de la vie humaine qui fourmillaient en bas, se laissant bercer par le son du vent et le pépiement des oiseaux qui semblaient disputer à l’hiver les branches nues des arbres. Bercés par une douce torpeur, ils restèrent longtemps immobiles, semblant vouloir effacer leur présence de cet univers pour n’être plus que spectateurs.

Mais le monde se rappela à eux de la manière la plus désagréable qui fut : la pluie. En ce début d’après-midi si prometteur, une grincheuse bande de nuages vint jouer les troubles fêtes en les arrosant copieusement d’une eau glacée. Surpris par les premières gouttes, les deux compagnons se mirent vite à l’abri, maudissant l’hiver qui étendait ses bras sur le monde et les privaient d’un repos qu’ils estimaient tous les deux avoir amplement mérité. Contemplant depuis le palier la pluie qui les narguait, ils se concertèrent un instant du regard puis Eden, semblant avoir prit la tête de leur petit groupe, décida qu’il était trop fatiguant de se déplacer aussi restèrent-ils en haut des escaliers, contemplant l’esplanade qui resterait inutilisable pendant le reste de l’après-midi – peut-être aurait-elle le temps de sécher pour demain si le ciel s’éclaircissait rapidement mais...

« Demain nous partons en voyage, c’est Gracieuse qui l’a dit. »

Eden accueillit le message d’un mouvement d’oreille, ne semblant pas vouloir se soustraire aux bavardages de son amie aussi continua-t-elle. Elle lui raconta son cours depuis le moment où il était parti : le départ inexpliqué de son compagnon de groupe dont elle avait oublié le nom juste après l’échauffement, sa surprise en découvrant le Dessin des Mentais, l’épreuve de la clochette où la frontière entre planifier et anticiper était ténue mais apparemment déterminante... Et elle lui conta Gracieuse. Intimidante, troublante, étonnante, gracieuse Gracieuse qui semblait détenir le droit de vie et de mort sur tout ce qui l’entourait. Son apprentie comprise.
Ne semblant pas être très attentif à tout ce charabia, Eden ne bougeait pas et ne donnait même pas l’impression d’écouter, ce à quoi Alaia ne fit pas du tout attention. Ce résumé était autant fait pour lui que pour elle : elle voulait et devait faire un bilan sur sa journée, remettre en place ses émotions pour savoir où elle s’aventurait. Réflexion et anticipation lui avait-on dit...

Puis, guidées par le chemin de la pluie, ses pensées dérivèrent vers l’avenir : le voyage.
Où, qui, quoi, combien... Les questions se pressaient dans ses yeux mais aucune réponse ne les rejoignait, aussi finit-elle par les chasser d’un mouvement d’épaules et par ramasser Eden qui gigota pour rejoindre son perchoir avant de déambuler dans les couloirs vides. Un coup d’œil par la fenêtre lui apprit que la pluie n’était pas un obstacle à l’entrainement des mercenaires et elle pressentait qu’elle n’y couperait pas non plus, d’autant que le soleil allait se faire de plus en plus rare. Elle rejoignit les dortoirs où elle y déposa son chat avant de prendre ses affaires de rechange et d’aller se doucher, profitant d’un Domaine quasi-désert pour errer silencieusement – ou presque pour n’importe qu’elle oreille un tant soit peut entrainée – avant de rejoindre sa couche où elle s’assit, étrangement mélancolique. Cette sensation vague surgissait de temps en temps, la vidant de toute son énergie en ne laissant derrière elle qu’un arrière gout amer auquel elle avait presque fini par s’habituer. Sachant pertinemment qu’il n’y avait rien à faire, la jeune femme s’allongea aux côtés de son chat et contempla le mur qui lui faisait face d’un air vide, s’amusant quelques minutes à imaginer un petit homme sautant de pierre en pierre en se blottissant dans les quelques anfractuosités qu’elle devinait mais elle finit par se lasser et par fermer les yeux, quêtant un sommeil qui la fuyait.

De guerre lasse, elle se releva et fouilla dans ses affaires pour chercher le poignard qu’elle avait récemment acquis – elle avait sorti sa précédente possession et la gardait sous son oreiller – et continuer ses jongleries, ne cherchant dans ses acrobaties parfois teintées de sang qu’un divertissement qui occupait ses yeux et laissait vagabonder son esprit.

______________________________

Le lendemain, Alaia se réveilla de bonne heure et resta longtemps dans le noir, immobile, se demandant vaguement ce qu’elle avait fait la veille au soir. Elle avait du se résigner à dormir avant que ces petites prétentieuses n’envahissent le dortoir – bien trop tôt en somme. Elle réveilla son petit compagnon d’une caresse, ce qui lui permit de se rendre compte que les exercices d’hier avaient laissé des marques : elle se sentait rouillée, ses muscles la tiraient et elle retint une grimace en se levant. Elle hésita à laisser Eden à sa toilette puis finit par l’emporter malgré ses protestations pour le poser près des torches de l’entrée avec quelques lanières de viande séchées pour se diriger à petites foulées vers le côté plus caché du bâtiment où elle exécuta les quelques exercices simples d’échauffement qu’elle avait retenu et qu’elle savait maitriser un minimum.
Une fois que la douleur se fut dissipée, elle retourna auprès de son petit compagnon, notant au passage avec satisfaction que le sol était à peu près sec et qu’à part quelques flaques dans les coins herbeux, elles allaient partir sur une route relativement clémente. Cela tombait bien : elle était totalement incapable de diriger un cheval et son petit doigt lui disait qu’elles n’allaient pas partir à pieds.
 
Une fois que le soleil eut fini de la réchauffer et de réveiller les deux amis, ils se dirigèrent de concert vers les écuries, Eden confortablement installé au sommet du sac d’Alaia puisque Gracieuse refusait qu’il reste sur elle – mais elle espérait qu’elle ne devrait pas s’en séparer durant toute la durée du voyage ... Une fois arrivée devant les bâtiments, elle salua Gracieuse qui lui répondit d’un sourire.

- Salut Alaia ! Dis-moi, est-ce que tu sais t’occuper d’un cheval ? faire de l’équitation ?

Visiblement, elle paraissait ne pas se faire d’illusion sur les capacités de son apprentie qui avait du mal à déterminer si elle devait aller se cacher sous la honte ou si elle devait rester et faire comme si tout était normal.
Il n’y avait tout de même pas que des riches ici, non ?
Elle répondit de manière tout à fait honnête, ne songeant pas un instant à cacher l’étendue de son incompétence à son maitre qui de toute façon la découvrirait très bientôt.

Bonjour ! Non, absolument pas. Avant de venir ici j’en avais vu moins d’une dizaine de fois. Je peux emmener Eden avec nous ou bien il doit rester ici ?

Gracieuse l’interrogeait directement, aussi prit-elle la liberté d’en faire autant. Au moins, elle sera vite fixée.

[Youpi!]

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Gracieuse Dûbudchev
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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Jeu 20 Fév 2014, 10:15

Bonjour ! Non, absolument pas. Avant de venir ici j’en avais vu moins d’une dizaine de fois. Je peux emmener Eden avec nous ou bien il doit rester ici ?

La réponse négative d’Alaia tira un léger soupir à Gracieuse, mais elle se reprit bien vite alors qu’à son tour, l’apprentie demandait si elle pouvait emmener… Eden. Euh, ça devait donc être le chat qui la suivait.

Gracieuse hésita.
Son premier réflexe aurait été de dire non. Parce qu’un animal comme ça reste de toutes façons imprévisible et peut s’enfuir, et donc provoquer des émotions fortes dont elle ne voulait pas à Alaia. Ensuite, parce que c’était encombrant, qu’il allait les gêner, demander de la nourriture…
Et en même temps, la gamine avait l’air d’y tenir.

Un autre soupir franchit les lèvres de l’Envoleuse, qui finit par secouer la tête.


– Non. Ce n’est pas contre toi, mais il va nous gêner, il risque de s’enfuir, et puis on ne va pas chômer. Les situations que l’on peut rencontrer ne sont pas faciles !

Adressant un petit regard d’excuse au chat, Gracieuse frappa dans ses mains.

- Bon, si tu ne pas connais les chevaux, on va donc commencer par ça. Le Domaine met à disposition des chevaux, je pense que le plus adapté à une débutante reste Impal. Viens, je vais te le montrer.

Pénétrant dans le couloir des écuries, Gracieuse jeta un coup d’œil derrière elle pour vérifier que son apprentie la suivait. Elle s’arrêta quelques secondes plus tard devant un box où se tenait un cheval bicolore : noir et blanc. Un pie noir. Large, bien musclé, il se tourna vers elle et les regarda avec curiosité.


- Il est bien dressé. On va commencer par le brosser. Il y a trois principales brosses.

Gracieuse expliqua dont le nom des brosses et leur utilité : celle qui servait à décrouter les plaques de boue, celle qui enlevait la poussière, et celle qui lustrait et qui s’utilisait sur la tête. Elle montra comment les passer, en rond, dans le sens du poil, à contre-poil puis dans le sens du poil.
Lorsque le cheval fut parfaitement propre, Gracieuse emmena donc Alaia dans la sellerie et lui montra les affaires au nom du cheval, Impal.
Elle expliqua également que chaque cheval avait ses affaires, car l’équipement était avant tout adapté au cheval et non pas au cavalier… car qui veut aller loin ménage sa monture.

Elle sella donc une fois, et demanda à Alaia de le refaire. Elles firent de même pour le bridon. Enfin, quand le cheval fut prêt et harnaché par l’apprentie, Gracieuse se dirigea vers le box d’Azon et le harnacha rapidement – il était propre, heureusement.

Elle attrapa une longe dans la sellerie, elle s’approcha d’Impal et accrocha le mousqueton à son mors, avant de se planter devant Alaia.

- Allez, on monte dessus maintenant. On règle d’abord les étriers, à la longueur des bras. Passe ton pied dedans, accroche-toi à la crinière et à la selle et pousse ! Voilà.

Adressant un sourire encourageant à son apprentie, Gracieuse se tourna vers Azon, et monta en selle à son tour, tout en souplesse.

- Je tiens ton cheval par la longe, donc pour l’instant ne t’occupe pas de la direction, mais plutôt d’être à l’aise sur son dos. C’est en mouvement perpétuel, il faut s’y accorder, car c’est ainsi que cheval et cavalier seront le plus efficace.

D’un léger mouvement du bassin, elle fit prendre le pas à son étalon, et Impal les suivit sans rechigner. Elle préférait commencer avec la longe, histoire qu’Alaia soit plus à l’aise, mais quand elles auraient pratiqué toutes les allures d’ici quelques jours, elle lui laisserait la direction.
Ca, ça risquait d’être drôle !


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Alaia Tendor
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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Ven 21 Fév 2014, 23:08

Gracieuse semblait agacée mais guère surprise par son incompétence, ce qui mis Alaia mal à l’aise : elle ne surestimait pas ses propres capacités mais n’appréciait pas que l’on la considère comme une incapable. En même temps, elle faisait triste mine face à son maitre si assurée...Après un instant d’hésitation, l’envoleuse confirma la consigne d’hier : pas d’animaux dans son cours. Elle avait tout de même eut un regard d’excuse à Eden, ce qui fit sourire intérieurement l’apprentie, sans moquerie : juste avec joie.
Hésitante, la jeune femme plongea ses mains dans la fourrure de son petit compagnon avant de le faire monter sur une petite étagère où il se roula en boule, ne semblant pas s’indigner de sa mise à l’écart à une heure si matinale. Les chats sont des créatures solitaires et, si cette caractéristique l’avait d’abord séduite, elle se sentait étrangement délaissée et commençait à craindre qu’il ne profita de ses absences répétées pour quitter la proximité des Hommes. Un regard au chaton somnolent rassura quelque peu ses craintes immédiates : il n’irait nul par pour le moment.
Et déjà, Gracieuse réclamait toute son attention.

- Bon, si tu ne pas connais les chevaux, on va donc commencer par ça. Le Domaine met à disposition des chevaux, je pense que le plus adapté à une débutante reste Impal. Viens, je vais te le montrer.

Elle la rejoignit au pas de course et tâcha d’écarter ses inquiétudes du devant de ses pensées pour se concentrer sur les équidés qui l’entouraient. Ce qui la frappa le plus en pénétrant plus avant dans le bâtiment était l’odeur animale qui s’en dégageait. Malgré le courant d’air généré par l’ouverture des portes, une senteur forte de corps chauds, de paille mouillée et de crottin se dégageait de l’ensemble de la structure. Se retenant de se pincer le nez avec dégout, elle essaya de se concentrer sur les animaux qui l’entouraient et les explications de Gracieuse. Passant rapidement devant les box remplis de chevaux de toutes les robes, elle s’était arrêtée devant un animal grand et puissamment bâti qui la regardait sans animosité.

[- Il est bien dressé. On va commencer par le brosser. Il y a trois principales brosses.

Elle suivit Gracieuse comme son ombre, observant avec attention le moindre de ses gestes, buvant ses paroles. Les mots barbares tels qu’étrille, bouchon et brosse douce se faufilèrent dans ses oreilles et atteignirent vaguement son cerveau –se transformant en « qui pique », « qui gratte » et « qui lustre »-, s’accompagnant de leur utilisation qu’elle testait pour la première fois.  
A chaque geste la robe du cheval se révélait un peu plus : blanc et noir. Pie noir. Les gens se compliquaient bien la vie à donner des noms savants à des couleurs. Gardant ses commentaires pour elle, elle mêla zèle et attention afin de faire disparaître toute trace de contrariété du visage de son maitre. Elle la suivit dans la sellerie et fut bientôt noyée de mots complexes tels que muserolle et troussequin, mais son maitre n’était pas dupe et du bien voir que tout cela la perdait et elles passèrent aux exercices pratiques. Poser le tapis sur le dos jusqu’à la naissance du garrot, poser la selle dessus et serrer les sangles qui étaient cachées sous le cuir contre lequel battaient les étriers. Après de semblables explications concernant la pose du filet, elle la laissa seule aux côtés de l’imposant animal pour aller s’occuper de sa monture. Durant ces quelques minutes, les deux compagnons d’infortune se regardèrent d’un air méfiant, l’une prudemment restée derrière la porte du box et l’autre la regardant avec intérêt. N’aurait-elle pas une petite pomme ?

Son maitre revient vite, accompagnée par le tintement des sabots de son cheval – un très bel animal à la robe très claire couleur crème – et accrocha son cheval au bout d’une longue corde appelée longe – pourquoi ? le mystère reste entier... Elle se plaça ensuite à ses côtés et lui expliqua comment monter en selle : à gauche du cheval, mettre le pied gauche dans le triangle métallique et s’en servir pour se hisser en passant l’autre jambe par-dessus la croupe. C’était en quelque sorte de l’escalade : se servir de ses appuis pour se hisser au sommet. Jusque là, même sans démonstration ce n’était pas très difficile.

[- Je tiens ton cheval par la longe, donc pour l’instant ne t’occupe pas de la direction, mais plutôt d’être à l’aise sur son dos. C’est en mouvement perpétuel, il faut s’y accorder, car c’est ainsi que cheval et cavalier seront le plus efficace.

De bien belles paroles Gracieuse, mais, dès les premiers pas, Alaia fut désarçonnée. Elle qui n’était jamais montée sur un bateau n’avait jamais connu que le sol ferme et plat, se retrouver ainsi ballotée était une expérience aussi nouvelle que désagréable. Cela ne fit qu’empirer lorsqu’elles sortir des écuries pour se diriger vers le manège.
C’était haut. Très haut.
A dos de cheval elle dominait tout le monde – sauf Gracieuse – et cette sensation était terriblement dérangeante. Comment voudriez-vous passer inaperçue lorsque l’on est perché à 1.75m de hauteur ? Instinctivement, elle se recroquevilla, cherchant sans le savoir cette position fœtale qui entre toutes nous fait nous sentir en sécurité. Inutile. Cela ne servit qu’à vider ses étriers – ses jambes n’étant plus bien tendues, elles ne retenaient plus les triangles de métal – qui se mirent à battre son talon, se balançant au rythme cadencé de la marche du cheval.
Ce même ballotement que la jeune femme subissait à chaque pas et qui lui détruisait le bas du dos. Désespérément accrochée aux rênes pour ne pas tomber, elle maudissait le jour où les Hommes avaient eu l’idée de se percher en haut de ces équidés. N’était-on pas assez bien les deux pieds au sol, perdus dans la foule anonyme et contrôlant chaque pas ?
Le cheval aussi n’en menait pas large. Tiraillé entre tous les ordres contradictoires qu’il recevait, il percevait clairement la nervosité de sa cavalière mais, en bon cheval de bataille, y était insensible. La seule concession qu’il lui fit fut de ralentir le pas sans vraiment s’arrêter, contraint par la longe de suivre son camarade.
De son côté, Alaia était complètement perdue : l’équitation ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait déjà essayé. Aucune  pierre stable et sûre sur laquelle s’appuyer, nulles lignes à suivre pour révéler l’âme véritable du bois, aucune flèche à guider pour l’amener où elle voulait... Cette épreuve n’était qu’un méli-mélo sans tête. Même le lancer de poignard qu’elle n’avait essayé que récemment lui paraissait plus simple ! Bon, elle n’arrivait pas encore à vraiment percevoir son arme mais...

[- C’est en mouvement perpétuel, il faut s’y accorder, car c’est ainsi que cheval et cavalier seront le plus efficace.

S’accorder aux mouvements du cheval... Comme à celui du poignard ? Non, le poignard elle le maitrisait alors que le cheval lui était extérieur ET il bougeait. De manière totalement imprévisible, indomptable... il était vivant, tout simplement. Quelles sont les règles du vivant ? Comment s’accorder avec un élément imprévisible ?
De longues minutes de stress intense s’étirèrent sans qu’un mot ne fût échangé avant qu’Alaia ne se rende compte de son erreur : imprévisible. Elle voulait planifier et non anticiper, comme hier. Ce premier cours avait-il donc été inutile ? Un simple test qui n’avait pour but de prouver son incompétence avant de la renvoyer chez elle ? Apprendre de ses erreurs, cela aussi lui avait été dit. Se traitant mentalement d’imbécile, elle tourna un regard à la fois curieux et admiratif envers son maitre, tentant d’ouvrir ses perceptions plus loin que le cheval et de copier sa posture. Cette monture était devenue une clochette qu’elle devait attraper et Gracieuse le modèle pour y parvenir.
Remplir ses étriers – pas forcément correctement mais au moins ne dansaient-ils plus de façon aussi désordonnée -, se tenir droite et...de la pratique. Beaucoup de pratique que l’envoleuse n’allait sûrement pas lui épargner.

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Sam 22 Fév 2014, 21:27

En effet, l’apprentie ne semblait jamais avoir côtoyé de chevaux, mais Gracieuse ne s’en formalisa pas : après tout, il était vrai que seuls les gens privilégiés avaient des chevaux, sauf ceux qui s’en occupaient pour eux, et décidément Alaia ne semblait faire partie d’aucune de ces catégories.

Après les explications, quand l’apprentie se mit en selle, l’Envoleuse vit rapidement qu’elle n’était vraiment pas à l’aise.
Cependant, elle prit le parti de ne rien lui dire pour le moment. La laisser goûter cette expérience d’abord, pour voir comment elle gérait la nouveauté.

Car en effet, monter à cheval ne ressemblait à rien d’autre. L’animal, vivant, bougeait sous le cavalier, entraînant son bassin et même tout son corps. L’équidé ressent tout mouvement que nous avons sur son dos, et si les mieux dressés peuvent répondre à simplement un changement d’équilibre du cavalier, la plupart pouvaient tout à fait gérer des demandes très précises et très imprécises à la fois.

Impal semblait plus ou moins s’accommoder à sa cavalière, mais la réciproque n’était pas vraie. Alaia cherchait sa place sur le dos de sa monture, sans la trouver. Elles n’étaient parties que depuis quelques minutes, mais cela n’allait pas en s’arrangeant, alors Gracieuse eut une idée. La jeune fille commençait à trouver sa position, à se tenir un peu plus droite et l’Envoleuse lui adressa un petit sourire.

- Il faut plus te détendre. Plus tu seras crispée, et moins tu arriveras à trouver ta place. Ton corps doit suivre les mouvements du cheval, relâche ton bassin. Tiens, ferme les yeux, et respire lentement. Tu inspires le plus profondément que tu puisses, puis tu attends cinq secondes, et tu relâches ta respiration le plus lentement que tu puisses le faire. Dix fois. En gardant les yeux fermés.

Gracieuse n’avait pas envie qu’Alaia s’hyper-ventile, mais là, elle avait besoin de mieux se détendre, car elles allaient beaucoup monter durant ce petit voyage, et que cela serait mieux pour elle comme pour Impal, même si ce dernier était sans doute habitué.

Azon marchait, déterminé, et suivait le chemin qui serpentait dans Ombreuse sans faire d’histoire. La route pavée pouvait laisser passer cinq chevaux de front, alors il y avait largement place pour l’élève et son Maître. Gracieuse savait que les Mercenaires du Chaos entretenaient cette piste dans le but d’un jour envahir l’Empire. Seul un kilomètre au Nord et au Sud d’Ombreuse étaient embroussaillés pour ne pas attirer l’attention et garder la réputation noire de la forêt.







[ Court, désolée ! ]

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Dim 23 Fév 2014, 15:35

Alors qu’elle observait que seuls les pointes de Gracieuse occupaient ses étriers – elle en ignorait la raison mais, si son maitre le faisait c’était ainsi qu’il fallait faire – et corrigeait sa propre position ; sa voix lui parvint et elle leva la tête : l’envoleuse souriait.
Ce simple constat lui mis du baume au cœur.

- Il faut plus te détendre. Plus tu seras crispée, et moins tu arriveras à trouver ta place. Ton corps doit suivre les mouvements du cheval, relâche ton bassin. Tiens, ferme les yeux, et respire lentement. Tu inspires le plus profondément que tu puisses, puis tu attends cinq secondes, et tu relâches ta respiration le plus lentement que tu puisses le faire. Dix fois. En gardant les yeux fermés.

Se détendre ? Facile à dire ! Elle s’infligea une claque mentale et rectifia ses pensées : possible. Gracieuse le voulait alors elle allait s’exécuter et ainsi progresser. D’autant que cela ne lui coutait vraiment rien d’essayer ! Trouver sa place sur le cheval, mais aussi – sentait-elle sans vraiment se l’expliquer – avec le cheval.
Elle tenta donc de se détendre, les yeux ouverts au début, inspirant et expirant profondément en tentant de se concentrer sur l’air qui entrait et sortait plutôt que sur sa peur. Elle se souvenait que son ami d’enfance lui avait donné de pareils conseils lorsqu’il était venu la chercher pour aller chez leur maitre menuisier. Elle se souvenait à l’époque d’avoir pris sa main et qu’ils avaient parcouru le chemin ainsi : côte à côte...
Elle fronça les sourcils et ferma les yeux comme le lui avait demandé Gracieuse, tâchant de respirer au même rythme que le balancement du cheval. Deux pas, inspiration, deux pas, expiration, deux pas... Elle gigotait un peu sur sa selle, essayant de ne pas se laisser balloter mais plutôt d’accompagner le mouvement. Elle finit par s’y habituer – le mouvement était au final assez régulier – quand elle fut quelque peu prise par surprise et déséquilibrée : ils avaient quitté le chemin habituel. Elle résista à l’envie d’ouvrir les yeux et ouvrit la bouche pour demander où elles allaient lorsqu’elle se prit une branche dans la joue et sa question se transforma en cri de surprise. Elle referma la bouche : sa question était désuète puisqu’elle savait où elles étaient : dans la forêt.
Elle goûta avec surprise à la vicieuse irrégularité des pas d’Impal : en pleine forêt et avec les yeux fermés, aucune chance de prédire quels seraient les mouvements de l’animal ce qui rendait l’exercice d’autant plus intéressant. Pas plus facile, au contraire, mais elle ne recherchait pas la facilité et cet exercice de concentration lui permettait d’éviter de penser à Aodren. Néanmoins, difficile de se détendre lorsque chaque pas pouvait la mettre à terre mais heureusement cette épreuve ne dura pas longtemps. Après quelques minutes sur le chemin sinueux en Ombreuse, elles rejoignirent ce qui devait être une route pavée d’après ce qu’elle déduisait du bruit que faisaient les sabots de leurs montures. Gracieuse semblait sûre d’elle, aussi en posa-t-elle pas de questions sur leur destination : elles iraient où elle voudra qu’elles aillent et quand elle le voudra.
Elle eut juste une pensée inquiète pour Eden : elle n’avait pas prévu qu’elles partiraient aussi rapidement - d’autant qu’elle ne savait toujours pas monter correctement – et ne lui avait rien laissé. Elle se rassura en se disant qu’il était au chaud et qu’un petit animal comme lui devait passer inaperçu dans les cuisines. De plus, l’hiver frappait à leurs portes et le chaton douillet qu’il était n’abandonnerait sûrement pas la chaleur des bâtiments pour s’aventurer dans la forêt... du moins l’espérait-elle. Elle devait de toute façon rester avec son maitre et Eden ne craignait pas la solitude.
Elle se sentait mieux à présent, bercée par le mouvement redevenu régulier d’Impal et la peau doucement réchauffée par le Soleil qui entamait sa course dans le ciel, elle sentait grandir au creux de son ventre une pointe d’excitation : elle avait hâte de voir ce que Gracieuse lui réservait ! Et elle allait faire de son mieux pour ne pas la décevoir...

Alors qu'elles chevauchaient tranquillement au sein de la forêt qui se réveillait doucement, un bruit parvint aux oreilles d'Alaia. Un choc répété accompagné des gémissements des arbres qui n'était sûrement pas dû au vent qui était absent. Inquiète, elle ouvrit un œil et scruta les arbres environnants. Impal, lui c'était immobilisé, les oreilles frémissantes, et se plaça au milieu de la large route. Heureusement pour elle, le cheval de bataille était habitué à ce genre de situation et semblait avoir rapidement compris que sa cavalière ne lui sera d'aucun recours. Il se rapprocha du cheval de l'envoleuse, visiblement plus rassuré par sa présence... que par celle de l'ours-élastique gigantesque qui venait les saluer.
Bravoure n'ayant jamais fait partie du vocabulaire de l'apprentie, elle était littéralement terrifiée par la bête qui leur faisait face et rendait nerveux Impal qui recula de plusieurs pas, déséquilibrant sa cavalière qui se raccrocha de toutes ses forces à son cou, ce qui n'était pas pour lui plaire.
Il fallait espérer pour elles deux que Gracieuse saurait s'en occuper, car la jeune femme n'était pas du tout prête pour une fuite, à pied ou à cheval...

[court aussi désolée >>]

__________________________________________

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Lun 24 Fév 2014, 14:39

Gracieuse entendit de loin la progression de l’ours élastique, et elle pensait sincèrement qu’il passerait son chemin. Après tout, ces animaux sont impressionnants, mais frugivores. Même si ceux d’Ombreuse sont particulièrement agressifs. Cela fait aussi partie de la réputation de la forêt, après tout.

Elle tourna la tête vers Alaia, qui venait d’ouvrir les yeux, les remplissant par la même occasion de méfiance. Impal s’était arrêté, montrant par là qu’il faisait quand même attention aux réactions de sa cavalière. Mais comme Azon ne ralentit même pas, il se plaça derrière lui, histoire de dire que quand même, il pouvait avancer si l’autre avançait. Réaction typiquement équine.

Faisant reculer Azon pour se retrouver sur le flanc d’Impal, Gracieuse attrapa son apprentie par le col et la redressa sur la selle de son cheval.


- Attrape la crinière, et cramponne-toi-y. Tu peux aussi attraper le bord de ta selle, devant. Essaye de ne pas trop serrer les jambes.

Elle était restée très calme, évidemment, car elle n’avait pas peur de cet ours. Dans le pire des cas, elle pouvait tout à fait le défier et le mettre hors d’état de nuire, mais ce n’était pas son premier réflexe : elles étaient dans son territoire, il suffisait d’en sortir.

La route pavée s’étendait devant leurs yeux, à peine sinueuse.


- Prête ?

Gracieuse attendit à peine deux seconds avant de presser ses mollets contre les flancs d’Azon. L’étalon bondit en avant, entraînant dans son sillage Impal au grand galop. L’animal n’avait pas peur du frugivore, mais il avait sans doute des fourmis dans les jambes, et atteignit bientôt sa vitesse de pointe que le cheval du Domaine eut du mal à tenir.

Cependant, au bout de quelques minutes à peine, les arbres ne crissaient plus, et les lourds sauts de l’ours s’éteignirent. Repassant son cheval au pas, Gracieuse éclata de rire en voyant la tête ahurie de son apprentie, et lui ébouriffa les cheveux plus qu’ils ne l’étaient déjà.


- Un peu d’adrénaline t’aide à rester à cheval on dirait !

Lui adressant un large sourire, l’Envoleuse voulut expliquer à l’apprentie pourquoi elle avait fui plutôt que d’affronter le plantigrade.

- Nous étions sur son territoire, mais ce n’est pas un animal carnivore. Il est frugivore et granivore – il mange des fruits, des feuilles et des graines. L’attaquer n’aurait servi à rien, et avec les deux chevaux cela aurait été dangereux pour toi.

Souriant tranquillement, l’Envoleuse s’exclama finalement :

- En tout cas, tu as fait du galop !

Riant seule, Gracieuse reprit la longe dans ses mains et lança un clin d’œil à son apprentie.

- On va travailler ce que l’on appelle l’assiette : c’est l’équilibre du cavalier sur le cheval. On va commencer arrêtées.

Joignant le geste à la parole, la femme arrêta son étalon, qui se mit immédiatement à chercher un brin d’herbe sur le bord du chemin. Impal fit de même, mais elle lui tint la tête en l’air pour ne pas qu’Alaia soit déséquilibrée.

- Commence par enlever les étriers. Voilà. Ensuite, tu vas monter tes genoux au-dessus de la selle. Dix fois.

Elle lui fit enchaîner plusieurs exercices ainsi, lever les genoux, lever les chevilles en arrière, toucher les oreilles puis la queue du cheval, à l’arrêt. Puis, elle corsa les choses en demandant de faire un moulin sur le dos de sa monture à Alaia, c’est-à-dire de faire un tour complet sur elle-même, sur le cheval qui lui ne bougeait pas.

Puis, elle remit les équidés au pas, et demanda les mêmes exercices à Alaia. Elle se mit même à l’entraîner dans un enchaînement où elle disait le nom de la figure et la jeune fille devait la réaliser immédiatement, sur sa monture qui marchait.
En tout cas, Gracieuse s’amusait beaucoup !


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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Lun 24 Fév 2014, 16:33

Son maitre n’avait pas le moins du monde l’air surpris par l’arrivée de la gigantesque créature qui avait envahis le chemin et les contemplait avec une sorte de sauvagerie qui terrifiait la jeune apprentie. A ses côtés, Gracieuse posa ses mains sur ses épaules pour la redresser, sans paraître effrayée par sa proximité avec l’ours et s’adressa à elle sans jeter un coup d’œil à la bête qui elle-même restait sur ses positions, se contentant d’être impressionnante. Ce qui était déjà bien assez au gout d’Alaia.

[ - Attrape la crinière, et cramponne-toi-y. Tu peux aussi attraper le bord de ta selle, devant. Essaye de ne pas trop serrer les jambes.

Après avoir veillé à ce qu’elle corrige sa position, elle regarda la route droite et dégagée qui leur faisait face et eut un petit sourire qui fit frémir son apprentie. Elle serra les mains autour du pommeau de selle – elle avait trop peur de faire mal à Impal pour lui tenir les crins – à s’en faire blanchir les phalanges et inspira un grand coup : quoi que préparait Gracieuse, elle le sentait mal.


- Prête ?

Absolument pas, mais elle imaginait bien que son avis ne comptait pas.
Et en effet, à peine deux secondes plus tard elles cavalaient à toutes jambes, les deux chevaux enflammés par cette cavalcades qui leur dégourdissait les jambes et Alaia beaucoup moins : elle bataillait à chaque foulée pour rester en selle, les bras en feu au bout d’une centaine de mètres. Devant elle et Impal, Gracieuse sur sa propre monture semblait s’amuser comme une folle, goûtant au vent qui faisait voler ses cheveux tel un drapeau sombre. Le duo les devançait de beaucoup car l’apprentie terrifiée gênait sa monture qui le lui signifia par un hennissement agacé.
Après un sprint cours mais éprouvant, l’envoleuse fit ralentir sa monture et se tourna vers son apprentie qui était encore sous le choc de sa rencontre avec la bête et de sa douloureuse chevauchée. Si c’était ça, l’équitation, alors elle pouvait parfaitement s’en passer ! Lisant ses émotions sur son visage, son maitre lui ébouriffa les cheveux d’un geste si naturel qu’il surprit la jeune femme. Un rire frais éclata dans l’air, attirant son attention vers son maitre qui semblait avoir écarté l’ombre matinale qui pesait sur ses pensées et lui permit de la regarder d’un œil neuf. Elle semblait si vivante, si fraiche, si... humaine qu’Alaia douta un instant de la connaître. Elle lui semblait si différente de la femme impressionnante qui l’avait tant marquée à leur premier cours, elle avait presque l’air joyeux d’une femme qui croque la vie à pleines dents. Ce même esprit qui était sien il y a... longtemps. Trop pour revenir en arrière.

- Un peu d’adrénaline t’aide à rester à cheval on dirait !

Le sourire de la jeune femme était communicatif et chassa les nuages qui menaçaient de l’emporter une nouvelle fois. Elle lui adressa à son tour un sourire timide. Elle avait raison : même si cette petite partie de galop n’avait pas été pour lui plaire, au moins était-elle sûre qu’après ça, elle allait pouvoir tenir en selle. Elle gratouilla le cou de son cheval comme s’il était un chat – car c’était bien là sa seule référence en matière d’animal... avec les siffleurs – pour s’excuser de sa pitoyable performance mais celui-ci semblait plus intéressé par le festin de feuilles qui lui tendait les bras que par les cajoleries de quelqu’un qu’il connaissait à peine. La nourriture était une valeur sûre.

[- Nous étions sur son territoire, mais ce n’est pas un animal carnivore. Il est frugivore et granivore – il mange des fruits, des feuilles et des graines. L’attaquer n’aurait servi à rien, et avec les deux chevaux cela aurait été dangereux pour toi. ]

Et cavaler comme ça, ce n’était pas dangereux peut-être ? Enfin bon, elle comprenait le raisonnement de Gracieuse et la remercia d’un signe de tête de l’avoir partagé avec elle. Alors comme ça ce monstre si bien équipé pour le combat n’était même pas carnivore ? Quelle ironie ! La nature faisait de bien étranges choix parfois, elle risquait de ne pas s’ennuyer durant ce voyage !

- En tout cas, tu as fait du galop !

A voir sa tête, elle se demandait presque si Gracieuse voulait se convaincre elle-même que son apprentie avait quelques graines de talent et elle rougit jusqu’à la racine des cheveux, dont l’ordre laissait clairement à désirer. A moins qu’elle ne sourie que pour annoncer les joyeux exercices qu’elle venait d’inventer. Oui, vu comme ça, son visage paraissait nettement moins radieux et nettement plus inquiétant. Laissant sa monture à son repas, elle descendit de sa selle pour attraper la longe d’une main ferme et annonça à son apprentie ses prochaines instructions.

[- On va travailler ce que l’on appelle l’assiette : c’est l’équilibre du cavalier sur le cheval. On va commencer arrêtées.]

Bonne idée, elle s’en sortirait nettement mieux qu’au galop ! Tirant son cheval du repas qu’il avait commencé, elle lui tint la tête avant de commencer l’exercice, l’immobilisant avec une poigne de fer que ne laissait pas présumé ses membres fins.

[- Commence par enlever les étriers. Voilà. Ensuite, tu vas monter tes genoux au-dessus de la selle. Dix fois.

Pourquoi pas... S’appuyant fermement sur le pommeau de la selle, elle s’exécuta, tâchant de trouver la position la plus confortable sur sa patiente monture ; après tout, c’était bien le but de l’exercice ! Mine de rien, les selles étaient peut-être belles mais pas vraiment confortable pour le cavalier. Mais d’après ce qu’elle avait pu comprendre, le confort du cheval passait avant celui de son compagnon bipède. Sans doute finirait-elle par s’habituer.
Pour le moment, elle se concentrait surtout sur son équilibre. Si l’escalade l’avait peu à peu habitué à l’idée que ce qui se faisait naturellement lorsqu’elle était au sol nécessitait une certaine concentration quand elle le quittait, l’équitation lui offrait une toute nouvelle dimension de l’exercice. Au fur et à mesure qu’elle enchainait les étranges postures demandées – qui étaient sans aucun doute les plus simples -, elle commençait à s’habituer au corps du cheval sous elle. Elle percevait mieux ses limites et comment elle-même pouvait se comporter sans véritable risque. Elle vacillait souvent aux premiers essais mais se rattrapait bien vite à la selle pour recommencer : discipline nouvelle ou pas, elle comptait bien réussir !
Le dernier exercice lui coûta une petite frayeur mais son maitre la rééquilibra d’un mouvement précis et leste avant qu’elle ne chute. Rien à dire, Alaia était bel et bien conquise par les talents de son maitre.

Gracieuse l’arrêta d’un mouvement de la tête avant de briser ses espoirs d’une trêve en remontant sur sa monture à la robe crème et de les faire avancer au pas en lui demandant d’exécuter les mêmes mouvements. Houlà ! En mouvement c’était bien moins évident ! Elle tentait de combiner le rythme qu’elle avait trouvé lorsqu’elle respirait avec ce qu’elle avait récemment apprit sur les limites de sa monture et de son propre corps et l’exercice requérait toute sa concentration. Gracieuse, confortablement installée sur Azon, surveillait de près les acrobaties de son apprentie, commentant une posture mal réalisée toujours d’un ton calme si ce n’était joyeux et dans une optique d’amélioration. La jeune femme redoublait de prudence, concentrée uniquement sur ses mouvements : elle avait bien fait de s’échauffer avant !
Après de longues minutes passées sur le dos d’Impal à subir – autant que lui – l’inventivité sans bornes de son maitre, elle finit par demander grâce : ses abdos étaient en feu et son arrière-train en compote ! Elle en profita pour jeter un coup d’œil au paysage et s’aperçu avec surprise qu’elles étaient sorties de la forêt et abordaient maintenant une plaine vallonnée qui lui promettait de nouvelles expériences équestres. Elle s’imaginait très mal réaliser les même acrobaties sur un terrain qui n’était pas plat et espérait sincèrement que Gracieuse avait prévu autre chose pour elle. Elle sortit sa gourde qui était dans son sac accroché à sa selle et qu’elle avait heureusement pensé à remplir et la porta à ses lèvres, savourant à leur juste prix les quelques gorgées du liquide frais. En parlant de nourriture...

« Tu as emporté de quoi manger ou on va devoir le chasser ? »

Elle ne mettait pas en doute les talents d’archer de son maitre, mais les siens ! Surtout que les plaines ne lui semblaient pas spécialement occupées, mais sans doute était-ce du à la proximité de cette forêt sombre... au cœur de laquelle elle habitait désormais. Cette pensée lui caressa l’esprit et la déstabilisa un instant. Puis, elle haussa mentalement les épaules et se concentra sur le prochain exercice : oui, elle était apprentie mercenaire, et alors ?

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Dim 02 Mar 2014, 12:09

La jeune fille ne se débrouillait pas si mal. Si les premiers essais étaient du registre de l’hilarant, elle trouva quelques repères au bout de plusieurs mouvements, pour réussir à les avoir plus fluides. C’était bien, et surtout cela montrait qu’elle savait s’adapter, même si à la base elle n’était pas forcément dans de bonnes dispositions mentales pour le faire.

A l’arrêt, ce n’était pas très compliqué, et Gracieuse dû se retenir de ne pas rire quand elle vit la tête d’Alaia, alors qu’elle remontait en selle pour lui demander de faire la même chose au pas.
C’était pas évident, mais cela avait le privilège d’être drôle, au moins ! Gracieuse donnait des conseils à son apprentie, avec un sourire aux lèvres. Parfois, un léger souffle tintant les franchissait, alors qu’elle retenait un rire, mais ce n’était pas tant de la moquerie : ce n’était même pas cela, mais juste le fait que les mouvements de la jeune fille étaient drôle, tout comme ses grimaces. Mais elle ne l’empêcherait pas de faire des grimaces, en tout cas, pour l’instant il valait mieux qu’elle s’exprime pleinement.

Aussi, lorsque l’apprentie prit la parole, Gracieuse l’écouta avec un petit sourire aux lèvres.


- Tu as emporté de quoi manger ou on va devoir le chasser ?

Le sourire sur les lèvres de l’Envoleuse se fit énigmatique, et elle se mordit la lèvre inférieure.

- Les deux !

Devant la mine décomposée de la jeune fille, Gracieuse éclata de rire, et finit par préciser :

- J’ai apporté des provisions, évidemment, mais cela ne veut pas dire qu’elles dureront tout le voyage ! Il va falloir que tu apprennes aussi à chasser, jeune fille !

Adressant un clin d’œil à son apprentie, Gracieuse se fit la réflexion qu’elle n’avait pas les mêmes méthodes de travail entre ses apprentis.
Avec Ethan, elle était plutôt mordante et ironique, alors qu’avec Alaia, si elle l’avait été lors de leur première rencontre, elle avait l’impression d’être plus douce. Mais c’était aussi cela, l’enseignement : s’adapter à ses apprentis. La méthode qui fonctionnait avec Ethan – les défis, l’ironie, l’insolence – n’était pas efficace avec Alaia. Et si elle avait été si douce avec Ethan, ce dernier n’aurait tout simplement pas voulu la suivre – alors qu’elle était censée faire une « mission sauvetage » pour récupérer ce gamin parmi les Envoleurs. Tout cela parce qu’il était le fils de l’Empereur ! Si cela n’avait tenu qu’à elle au début, elle l’aurait laissé se faire bouffer par les Tigres des Prairies des Plateaux de l’Est.

Haussant les épaules toute seule, Gracieuse jeta un coup d’œil vers le ciel. Le soleil avait dépassé son apogée, et donc cela voulait dire que si Alaia lui parlait de nourriture, qu’elle avait faim. L’Envoleuse sortit donc deux sticks de viande séchée de son sac, et en tendit un à son apprentie.


- Je ne sais pas si tu as déjà mangé des sticks de viande séchée, mais cela va être notre principal repas pendant ce voyage – sauf si tu nous ramènes des trucs à manger. Ce n’est pas forcément bon au goût, mais c’est énergétique et calorique, comme un vrai repas.

Laissant la jeune fille croquer dans la baguette sèche, Gracieuse fit de même. Heureusement qu’il ne faisait pas trop froid, et que donc la viande ne s’était pas durcie, sinon elles auraient été bonnes pour lécher leurs bâtonnets… Ce qui, à cheval, n’était pas très pratique.

Gracieuse tenait toujours la longe d’Impal avec ses rênes, et Azon avait les naseaux qui frémissaient devant l’étendue des plaines.
Ces dernières s’étendaient sous leurs yeux, comme des ondulations gracieuses. Ce n’étaient pas tant des plaines, mais surtout des collines qui grappillaient le paysage, et leurs formes arrondies donnaient un air presque serein à cette partie de l’Empire… Impression trompeuse, étant donné les tribus d’ogres qui envahissaient les Collines de Taj.


- Allez, passons aux questions. Qu’as-tu appris à faire avant d’arriver au Domaine ? Connais-tu une arme en particulier, pas du tout ? As-tu fait des rapines ? De l’escalade sur quels types de terrains ?

Des fois, cela pouvait aider, et puis Gracieuse, si elle était habituellement silencieuse, ne savait pas si Alaia serait plus à l’aise dans le silence ou non. Cela ne l’empêcherait pas de faire ce qu’elle voulait, évidemment, si elle ne voulait pas ouvrir la bouche, elle ne le ferait pas, mais elle avait aussi cette tendance à donner sans cesse des conseils ou critiques à ceux qu’elle côtoyait : notamment, à cheval, cela permettait de prendre conscience de ses défauts et donc de toujours s’améliorer. C’est en pensant sans cesse à améliorer quelque chose que cela se produit, et surtout que le réflexe se met en place.

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Dim 02 Mar 2014, 14:32

A voir le petit sourire de Gracieuse, elle semblait contente d’elle et la jeune femme en tira une étrange fierté dont elle ne chercha pas réellement la source. Elle ne voulait plus plonger en elle, voir le chantier, le cimetière qu’elle était devenue. Elle voulait juste être là, au soleil, avec Gracieuse, sans se demander si cela n’en avait pas toujours été ainsi. Le sourire de son maitre devint malicieux, ce qui commença à réveiller une certaine inquiétude en elle : elle aurait sans doute mieux fait de se taire, car qui sait ce que l’envoleuse était capable d’inventer comme exercice à partir de cette innocente demande qui provenait autant de sa tête que de son estomac.
Sa méfiance dut se lire sur ses traits car son maitre se mordit la lèvre inférieure, comme pour se retenir de rire avant d’annoncer d’une voix guillerette :

- Les deux !

Sa méfiance se teinta de surprise et, n’y tenant plus, l’envoleuse éclata de rire avant de préciser ce qu’elle entendait par là.

[- J’ai apporté des provisions, évidemment, mais cela ne veut pas dire qu’elles dureront tout le voyage ! Il va falloir que tu apprennes aussi à chasser, jeune fille

Cette déclaration s’accompagna d’un clin d’œil joyeux : le beau temps et l’air libre faisait vraiment des miracles sur son maitre. Néanmoins... Aïe, chasser ? Elle n’avait jamais essayé, achetant sa nourriture elle-même ou laissant Shan et les faëls s’en occuper : elle ne tenait pas particulièrement à tuer un être vivant et...
Blanc. A ce moment là, le ciel dégagé se teinta de gris et de rouge, de larmes et de sang et elle sentit un tremblement agiter ses membres. Elle serra les dents pour se contenir, espérant sans y croire que, perdue dans ses pensées, son maitre n’avait rien perçut. Ses joues étaient sèches – loin de sa source, ses larmes s’étaient taries et elle ne se demandait même pas si elle serait capable d’en verser de nouvelles un jour – mais ses membres demeuraient sans force tant l’effort pour les faire s’immobiliser avait été violent.
Ses lèvres étaient sèches et elle hésita à se retourner pour sortir sa gourde de son sac. Ce doute ne dura qu’un instant : n’est-ce après tout pas ce que son maitre lui avait demandé de faire il y a quelques minutes à peine ? D’un geste qui allait sûrement devenir machinal avec le temps, elle défit le nœud de son sac pour sortir de l’eau et bu de longues gorgées pour se donner contenance. Les muscles de ses jambes commençaient à devenir douloureux et elle était bien contente que son maitre ait accepté la trêve qu’elle avait proposée.  
Un mouvement dans la périphérie de son champ de vision ramena ses pensées vers le moment présent et son maitre, qui lui tendait un morceau de viande séchée qu’elle accepta avec joie. Après ses expériences équestres, son petit déjeuné lui paraissait bien loin.

- Je ne sais pas si tu as déjà mangé des sticks de viande séchée, mais cela va être notre principal repas pendant ce voyage – sauf si tu nous ramènes des trucs à manger. Ce n’est pas forcément bon au goût, mais c’est énergétique et calorique, comme un vrai repas.

Les sticks de viande ? Oui, elle connaissait, elle en avait avalé des kilos lors de son apprentissage, plus à cause de leur faible coût que grâce à leurs qualités gustatives. Mais, comme le disait si justement Gracieuse, cela avait au moins le mérite de remplir leur estomac et, avec tout le sport qu’elle sentait venir, la viande ne pouvait que lui être bénéfique. D’autant plus que les arbres et les buissons étaient dégarnis de leurs fruits et baies. Dommage, elle aurait volontiers accompagné ces horreurs de quelque chose de plus juteux. Pour faire passer le goût, elle avala de nouveau quelques petites gorgées, veillant à garder la moitié de sa gourde remplie au cas où. Elle n’avait aucune idée de là où elles étaient – et s’en fichait totalement -  et ignorait aussi s’il y avait des sources à proximité. Autant être prudente.
Petit à petit, la douleur s’estompait et elle se laissa bercer par le mouvement du cheval qui commençait à lui être familier, laissant son regard divaguer sur les étendues herbeuses qui les entouraient. Naturellement, ses pensées s’envolaient, profitant de ce spectacle monotone qui occupait ses yeux et de la relative tranquillité que son maitre lui offrait pour profiter du soleil qui commençait à la réchauffer, du chant discret des oiseaux qui leur parvenait et de la douce euphorie qu’elle sentait monter en elle : elle était à cheval, elle voyageait vraiment. Pour une jeune femme qui, durant les vingt premières années de sa vie, n’a pas quitté les alentours proches de sa ville, l’aventure avait un goût nouveau et étrangement agréable qu’elle savourait.
Gracieuse n’était pas bavarde mais ça tombait bien : elle non plus. Sa timidité maladive avait tôt fait d’en faire une fille discrète, réservée, pour la solitude est une amie et le silence une seconde peau. Et puis, sans qu’elle ne le perçoive clairement, elle sentait que des mots normaux, des pensées humaines, n’avaient pas leur place dans un décor encore vierge, comme la page blanche d’un avenir qu’elle contemplait avec gratitude. Mais il faut des mots pour remplir une page, pour avancer dans la grande histoire de sa vie, et on maitre le lui rappela bientôt.

[- Allez, passons aux questions. Qu’as-tu appris à faire avant d’arriver au Domaine ? Connais-tu une arme en particulier, pas du tout ? As-tu fait des rapines ? De l’escalade sur quels types de terrains ?

La jeune femme laissa un doux soupir s’échapper entre ses lèvres entrouvertes, caressa un instant l’idée de retourner parmi les nuages, les oiseaux et les rêves avant de chasser ces pensées en claquant avec regret la porte du silence et de se concentrer sur la question de Gracieuse. Ses compétences ? Voyons voir...

« Je n’y connais rien en arme, comme tu as sûrement pu le voir, sourit-elle avec un relent de tristesse, mis à part quelques combats amicaux au couteau avec un... ami et quelques jours d’entrainement au tir à l’arc avec un apprenti mercenaire et des faëls. Je viens d’Al-Vor –à ces mots, sa gorge se noua mais elle se força à continuer avec un semblant d’assurance sans la regarder, de peur qu’elle lise son trouble dans se yeux – alors je suis venue en passant par le pays faël. Ils m’ont montré quelques techniques d’escalade de base, mais seulement sur des falaises faciles en temps idéal, comme hier sur le Domaine. Mais, mon truc, c’était plutôt la sculpture du bois... Ou la destruction de portes avec un cure dent..."

Voilà, elle avait ouvert les vannes et tout lâché, se risquant même à un petit trait d’humour, alors maintenant chut, on ne parle plus du passé, on profite simplement des plaines, des collines, du soleil, des chevaux, des ventres qui ont cessés de grogner et des muscles qui se sont détendus. On se calme, on respire et... voilà, c’est partit. Elle est de nouveau sereine et peut prêter attention aux commentaires de son maitre.
Tout en priant secrètement pour que le silence soit sa seule réponse.
Encore que... Elle était mitigée à présent : elle se disait que, si le silence durant trop longtemps, il pouvait devenir pesant, réprobateur... Bah oui, elle n’était pas l’apprentie parfaite, mais cela, Gracieuse devait déjà s’en être rendu compte, non ? Instinctivement, elle se recroquevilla sur sa selle, tirant une réaction agacée de la part de sa monture – elle n’allait pas recommencer ses bêtises ! il voulait bien être patient mais maintenant elle allait bien se tenir ! – qui la força à se remettre droite dans une inspiration. Elle se trouvait vraiment à fleur de peau ces derniers temps, mais elle avait toujours été très expressive avec les personnes qu’elle estimait et ces derniers temps n’avaient rien arrangés. Mais Gracieuse était calme, douce aujourd’hui. Alors sa peur lui paraissait injustifiée, non ?

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Ven 07 Mar 2014, 12:55

- Je n’y connais rien en arme, comme tu as sûrement pu le voir, mis à part quelques combats amicaux au couteau avec un... ami et quelques jours d’entrainement au tir à l’arc avec un apprenti mercenaire et des faëls. Je viens d’Al-Vor alors je suis venue en passant par le pays faël. Ils m’ont montré quelques techniques d’escalade de base, mais seulement sur des falaises faciles en temps idéal, comme hier sur le Domaine. Mais, mon truc, c’était plutôt la sculpture du bois... Ou la destruction de portes avec un cure dent…

Oui, elle s’était rendue compte que la jeune fille n’y connaissait pas grand-chose avec les armes, mais cela ne voulait pas dire qu’elle n’avait aucune connaissance, et jamais manié un poignard – après tout, n’en avait-elle pas un à la taille ?  Mais cela, apparemment, elle l’avait un peu expérimenté.
D’ailleurs, la manière dont elle dit « un ami », Gracieuse sentit que quelque chose clochait. La voix de l’apprentie avait légèrement flanché, et elle avait très vite enchaîné sur la suite. Une perte d’un être cher ? Voulait-elle trouver la vengeance ?

L’Envoleuse haussa les épaules. Pour l’instant, cela n’avait pas beaucoup d’importance, à la rigueur. Mais la vengeance n’était pas une fin en soi – c’était simplement un passage. Vivre pour une vengeance, c’était la meilleure façon qu’une fois cette dernière réalisée, la personne devienne folle. Parce qu’elle cherchera toujours la colère et la rage qui la poussaient à s’améliorer pour accomplir sa vengeance, se sentant vide sans. Et c’est réellement un cercle infernal.

Gracieuse posa son regard sur Alaia, se posant la question quand à une potentielle vengeance.
La jeune fille n’avait pas du tout l’air dans cette optique, c’était un fait. Mais peut-être cachait-elle bien son jeu ? Ou peut-être ne se contentait-elle pas de regarder. Ou peut-être que simplement la perte de cet être cher n’avait rien à voir avec un assassinat ou une tuerie, et donc qu’il n’y avait pas de vengeance à nourrir. Simplement un manque à combler.

Par contre, le fait qu’elle ait déjà fait de l’escalade, elle s’en doutait. Cependant, avec les Faëls, cela prenait une tout autre teinte. Elle n’avait pas dû passer non plus énormément de temps parmi ce peuple étrange, car leur technique était redoutable, mais au moins elle avait les bases et savait à peu près comment s’y prendre, si elle n’avait pas l’instinct.

La sculpture sur bois ? Gracieuse ne savait pas trop quoi faire de cela, mais elle y réfléchirait.

Évidemment, Alaia avait sans doute fait exprès de garder le meilleur pour la fin : ainsi, elle était redoutable dans l’art de déverrouiller les portes ? Cela, c’était très intéressant ! Une idée germa dans l’esprit de Gracieuse, et elle la mit de côté dans sa tête : elle avait des tonnes de portes et de verrous à présenter à son apprentie, du plus simple au plus dur. Les verrous à basculement de poids, c’était le cauchemar de bien des apprentis, mais peut-être qu’elle ferait exception à la règle ?

En attendant, au milieu des Collines de Taj, il n’y avait pas de coffre à ouvrir ou de porte à pousser. Autant se concentrer sur le moment présent.
Gracieuse eut cette petite impression que la jeune fille réussissait à peu près à s’en sortir sur son cheval. Elles allaient donc courir, sinon Alaia aurait d’affreuses courbatures qui la handicaperaient avant la fin de la journée.
Arrêtant son cheval d’une traction sur les rênes, Gracieuse planta son regard dans celui d’Alaia.


- Allez, descends, on va courir. Sinon, tu vas avoir un mal de chien dans les jambes d’ici quelques heures, et j’aimerais que tu restes entière.

Passant les rênes d’Azon par-dessus sa tête, elle adressa un petit sourire à son apprentie.

- Les chevaux courront derrière nous.

Elle laissa donc la jeune fille passer devant elle, pour qu’elle gère son rythme seule. Elle lui donna quand même quelques indications : elles allaient courir une demi-heure pour commencer, donc ne pas partir trop vite, et penser à bien respirer.

Et alors qu’elles courraient, la queue de cheval de Gracieuse battait ses épaules doucement.

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Alaia Tendor
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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 12 Mar 2014, 11:38

Après quelques instants de flottement, l’apprentie comprit que son maitre n’allait pas faire de commentaire et se détendit légèrement tout en jetant quelques coups d’œil au peu de ce qu’elle pouvait apercevoir de son visage. Les épaules détendues, le dos droit, Gracieuse l’avait visiblement écoutée avec attention sans en tirer un quelconque agacement. Le visage calme, une ébauche de sourire pensif était venue titiller ses lèvres au bout d’un moment, une expression qu’Alaia redoutait toujours autant... Elle espérait réellement que cette décontraction n’était pas due aux rêves d’exercices tordus qu’elle prévoyait à son encontre. A moins qu’elle ne s’imagine le sort que les Mentais lui aurait réservé si elle avait réellement joué du cure-dent sur la porte. Elle avait longtemps balancé avant de prendre sa hachette mais elle rechignait à s’en séparer, ne serait-ce que pour confectionner des flèches si celles-ci venaient à manquer, après tout, elle l’avait déjà fait quelques fois chez les faëls. Certes, le travail n’était pas extraordinaire mais bien suffisant pour ses exercices. Et puis, dans son esprit, il y avait toujours eu une claire distinction entre armes et outils et elle ne voulait pas la briser aujourd’hui en se servant du présent de son maitre comme outil ou de celui de son mentor comme arme. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place.
En attendant, autant profiter du paysage, aussi laissa-t-elle ses yeux et son esprit vagabonder sur la douce courbe de l’horizon ce qui lui permit de se détendre, un changement hautement apprécié par un certain Impal. Finalement, elle trouvait cela plutôt agréable de se laisser bercer par le pas de sa monture – du moment qu’elle restait sage – et commençait à se laisser aller à faire confiance à la bête déjà dressée. Elle se risqua à se pencher légèrement en avant pour flatter l’encolure de sa monture comme elle avait vu certains apprentis le faire et passa ses doigts dans les crins encore emmêlés de sa monture. Gracieuse lui avait montré les brosses mais pas les peignes et la jeune femme se demandait s’ils existaient aussi pour les chevaux qui n’avaient sans doute pas le concept de beauté. Néanmoins, mue par l’habitude, elle commença machinalement à démêler les quelques nœuds qu’elle trouvait à sa portée et à tresser les mèches qu’elle avait ainsi libérées de leur fardeau. Elle faisait souvent des tresses à Amy quand elle était petite...
Amy.
Alors que sa respiration commençait à se bloquer dans la gorge, son cheval s’arrêta et elle leva la tête sans se rendre compte que son regard tourmenté qui croisait celui de son maitre devait crier l’étau qui lui broyait le cœur à l’adresse de l’envoleuse. Elle cherchait éperdument de quoi la distraire des images de cauchemar qui lui envahissaient l’esprit et descendit lestement de sa monture au dépit de la fluidité que son maitre avait mis. Elle écouta son maitre dans un état de semi-attention en hochant la tête machinalement avant de commencer à faire défiler le paysage sous ses pas. Elle se concentrait sur le sol qui passait sous ses pieds et sur le travail de ses muscles pour reprendre le contrôle d’elle-même et décrisper son dos noué. Ses premiers pas lui parurent gauches mais rapidement ses muscles s’échauffèrent et elle retrouva le rythme régulier des longues foulées qu’elle aimait tant.
Elle courrait souvent  après les jeunes siffleurs de son père quand elle était petite et – une touffe d’herbe rase aux bouts légèrement jaunis dépasse de l’alternance du col caillouteux et encore humide de la veille – n’arrivait jamais à les rattraper malgré tous ses efforts. Son père – petite douleur, elle avait marché sur un caillou pointu qui l’avait surprise – l’avait encouragé en riant – flaque, un grand saut – à continuer ses compétitions – plus grosse pierre sur laquelle elle avait failli trébucher, il allait falloir penser à lever la tête – et elle s’était peu à peu améliorée. Ses bras suivaient naturellement le rythme de ses jambes pour gagner quelques centimètres à chaque fois alors qu’elle avançait presque machinalement en traitant les différents obstacles sur sa route quand ils se présentaient.
Ce n’est que lorsqu’elle s’aperçut avec un froncement de sourcil qu’ils se faisaient étrangement fréquents ces derniers temps qu’elle leva la tête du sol pour s’apercevoir qu’elles se dirigeaient tranquillement vers un cours d’eau qui avait creusé  au fil du temps l’espace entre deux collines. Habituées au bout des longues minutes au terrain irrégulier qui exigeait constamment un effort, autant pour gravir les pentes que pour contrôler la descente, elle n’y avait pas prêté attention et cherchait maintenant un moyen de la passer. Pas un seul instant elle ne songea à s’arrêter : sa demi-heure n’était pas passée et le ruisseau était de toute façon sur son chemin, elle n’allait pas faire demi-tour à cause de quelques centimètres d’épaisseur d’eau. Elle jaugea sa largeur et plissa le nez en se disant qu’il était un poil trop large pour qu’elle puisse simplement passer au-dessus d’un bond même avec de l’élan aussi chercha-t-elle une pierre assez large pour l’accueillir juste le temps d’un pas. Elle amorça un léger virage pour rejoindre sa cible, un galet humide mais dépourvu des longues traces de mousse qui marquaient ses voisins, tout désigné pour être le support idéal.
Elle tâcha d’aborder l’endroit de front sans devoir s’arrêter pour conserver son élan. Un bond approximatif mais suffisant, un appui instable qui la fit chanceler, le réflexe d’amorcer le second saut qui la mena sur la berge, un genou à terre mais sèche – ce qui était déjà ça. Et prête à repartir pour la dizaine de minutes qu’il lui restait à parcourir. Elle se redressa et se retourna un instant pour vérifier si les chevaux étaient passés sans soucis, nullement surprise  de sentir son maitre à ses côtés : un ruisseau, aussi large fut-il, n’arrête pas un maitre envoleur.      

[un peu court >> ]

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Dernière édition par Alaia Tendor le Lun 17 Mar 2014, 19:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Lun 17 Mar 2014, 12:08

Gracieuse ne connaissait pas les collines de Taj par cœur.
Elle savait que plusieurs cours d’eau le traversaient, se déversant dans les océans alentours et dans les quelques lacs qui se présentaient plus au sud.
Mais à vrai dire, elle s’en fichait. C’était un paysage relativement plat, et la course n’y était pas compliquée, si on était entraîné. Cependant, elle ne savait pas exactement de quoi était capable son apprentie à la course, aussi ne faisait-elle que la suivre, adaptant son rythme au sien.

Parfois les cailloux venaient ralentir la course de la jeune fille, mais cette dernière semblait déterminée à continuer à courir, coûte que coûte.

Gracieuse se posa un instant la question : jusqu’à quel point serait-elle docile ?
Parce que lors du cours précédent, elle avait été aussi débectable que possible. Cela n’avait pas duré, étant donné que ce premier cours n’avait pas été très long, à peine quelques heures, et que pour l’instant… Pour l’instant, elle n’avait pas grand-chose à reprocher à Alaia.
Mais elle était là pour trouver les limites de la jeune fille, et aider cette dernière à les repousser. L’apprentie semblait avoir une conscience aigüe de ses propres limites dans certains domaines, notamment les domaines relevant des capacités physiques. Et pour le reste ?

Le reste, elles devaient le trouver.
Quand elles arrivèrent vers une petite rivière qui leur barrait le passage, Gracieuse eut un petit sourire dur. Mais la jeune fille se débrouilla très bien et l’envoleuse révisa son jugement sur les capacités physiques de son apprentie. Elle n’avait simplement jamais appris à manier des armes, mais ce qu’elle avait pris le temps d’apprendre semblait bien ancré en elle. Cela voulait dire qu’elle pouvait l’emmener loin. Très loin.

Les chevaux franchirent la rivière d’un saut long, et Gracieuse vint se placer à nouveau juste derrière la jeune fille pour l’encourager à continuer. Cela faisait vingt minutes qu’elles courraient, et puis même si elle avait demandé à Alaia de courir une demi-heure, elle venait d’avoir une nouvelle idée : faire courir Alaia jusqu’à ce qu’elle ne le puisse plus.
Adressant un sourire à son apprentie, un sourire qui creusa une fossette dans le creux de sa joue gauche, Gracieuse lui dit, pas le moins du monde essoufflée :


- Allez, on accélère.

Et cette fois-ci, elle lui passa devant pour lui donner un nouveau rythme. Plus rapide, et plus ample. Ce n’était pas tant une question de vitesse, mais d’amplitude et de fréquence des foulées, des pieds qui venaient pousser le sol. Ne cessant de l’encourager, tantôt avec des pics, tantôt avec des paroles plus agréables, Gracieuse poussa Alaia à courir toujours plus.

Quand l’apprentie se plaignit que cela faisait plus d’une demi-heure qu’elles courraient, Gracieuse lui dit que finalement, elle avait changé d’avis, car elle se débrouillait bien. Autant continuer, non ? C’était comme ça qu’on apprenait, et qu’on se surpassait.
Elle la poussa donc à tirer sur sa réserve d’énergie, à tirer sur ses limites, et attendit patiemment de voir comment allait réagir l’apprentie : dire enfin non, ou préférer s’écrouler sur le sol sans oser rien dire.

Et Gracieuse savait que de cela, dépendrait la suite, la manière dont elle s’y prendrait avec elle, et la manière dont elle lui ferait côtoyer ses limites. Cela lui permettrait d’ailleurs également de mieux cerner le personnage changeant qu’était Alaia, sans doute.

Justement : elle attendait de voir.

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 19 Mar 2014, 10:09

L’inconfort de son atterrissage ne fut bientôt plus qu’un mauvais souvenir. A présent, tous ses muscles étaient en feu, l’air qui entrait dans ses poumons s’apparentait à de la lave et une vive chaleur avait envahis sa nuque, comme si le sang qui battait à ses temps était en train de bouillir dans ses veines, la rendant proche de l’évanouissement. Et Gracieuse qui disait qu’elle voulait qu’elle reste entière pour la suite ! L’apprentie aurait mille fois préféré continuer à souffrir sur Impal plutôt que de continuer à suivre cette ombre qui ne paraissait pas se rendre compte de la distance qu’elles avaient parcourue. Depuis combien de temps couraient-elles ? Une heure ? Deux ? Trois ? Depuis une éternité déjà cette petite promenade bucolique était devenue une course endiablée qui puisait sans vergogne dans ses moindres réserves et ne lui laissait pas le luxe de penser à autre chose que le pas qui allait suivre. Un petit pas. Encore un. Aller, jusqu’à la pierre là-bas, à trois pas à peine. La touffe d’herbe est jolie, encore deux pas et on y est. Un petit dernier ?
Alors qu’un douloureux point de côté venait goûter à l’hospitalité – douteuse – du creux de ses reins, elle maudit silencieusement – elle n’avait pas assez de souffle pour le faire à voix haute mais le cœur y était – tout ce qui l’avait mené ici, à lutter pour chaque pas, alors que la journée avait plutôt bien commencé.

Après la traversée plutôt hasardeuse de cette petite rivière, elle avait rougit de jalousie en voyant que les équidés ne se posaient pas de questions et pouvaient, d’un bond dont elle admira la grâce, si aisément traverser le cours d’eau. Sans un commentaire sur sa propre prestation – ce silence fut vivement apprécié par Alaia qui, sinon, se serait sentie obligée de répondre et elle préférait se concentrer sur son souffle – Gracieuse prit la tête de leur duo avec un seul commentaire : on accélère.
Une consigne simple lorsqu’elle est énoncée mais qui pouvait devenir problématique dans sa réalisation. Le début avait été plutôt simple : si les exigences de son maitre étaient peu communes, elle avait encore assez de souffle et d’énergie pour se plier à cette fantaisie. Elle tâcha de son mieux d’imiter les bonds souples de chat de Gracieuse en s’appliquant – comme elle l’avait demandé – autant sur la hauteur de ses sauts que sur leur longueur. L’exercice était nouveau et plaisant et il était vrai qu’il était beaucoup plus pratique sur le terrain vallonné qui les accueillait. Mais, rapidement, elle regretta ses foulées qui, si elles étaient moins amples, consommaient nettement moins d’énergie et lui auraient permis de tenir plus de distance. L’envoleuse du s’apercevoir qu’elle commençait à faiblir car un commentaire fusa, nullement troublé par une quelconque fatigue, ce qui força autant la gêne que l’admiration de l’apprentie : comme hier, lorsqu’elles descendaient la falaise, elle n’était qu’un boulet pour son maitre et ne lui arrivait pas à la cheville. Elle tenta de se remotiver, en argumentant qu’après tout, elle n’en était qu’à son second jour de cours et qu’il était normal qu’elle ait des lacunes. C’est après tout la tâche de son maitre de l’aider à progresser et, pour cela, il fallait bien trouver les limites de ses capacités. D’où la course évidemment...
Bientôt, les muscles de ses cuisses montrèrent des signes de fatigue et ses bonds se faisaient plus approximatifs alors que, devant elle, son maitre avançait toujours d’une démarche égale. Elle se demanda distraitement jusqu’où elle serait capable d’aller – sans son apprentie pour la ralentir évidemment...  
Mais au bout de vingt minutes à bondir, elle n’avait plus le luxe de se poser des questions. En suivant sa précédente allure, elle aurait sans doute pu tenir une heure et demi sans que son souffle ne devienne trop laborieux aussi était-elle dépitée ne constatant qu’à une allure plus soutenue elle ne tenait pas le rythme. D’une voix timide, elle commenta la durée de l’exercice, ce à quoi son maitre répondit simplement qu’elles allaient continuer car elle se débrouillait bien . Elle se débrouillait bien ? Cela ne faisait même pas une heure qu’elles couraient et Alaia peinait déjà à conserver les longues foulées qui étaient imposées. Mais Gracieuse voulait savoir combien de temps elle pouvait tenir, alors elle tiendrait, se dit-elle en serrant les dents.

Une bien belle promesse ainsi énoncée, mais qu’elle ne pouvait évidement pas tenir : elle était parfaitement incapable de rivaliser avec Gracieuse à la course. Pour tenter de retarder l’inévitable, elle continua à petites foulées – ce qui lui valu une remarque acerbe de la part de son maitre – en tentant de reprendre son souffle et de retrouver l’énergie et la volonté de bondir. Ses pieds rasaient le sol plutôt qu’ils ne le parcouraient et elle buttait dans toutes les pierres qui se présentaient à elle, faute d’énergie et d’envie de lever les pieds. Dans les côtes montantes, elle tachait de retrouver une démarche plus aérienne en profitant de ce que l’effort modéré de la simple course lui ait permis de moins utiliser ses muscles. Cependant, le résultat n’était pas très probant et elle lançait régulièrement des appels à l’aide silencieux en direction du dos de son maitre. Mais rien à faire : elle continuait d’une démarche égale et semblait même apprécier cette petite promenade...
Et dire qu’elle avait voulu lui épargner les courbatures de l’équitation...
Alaia ignorait si de telles douleurs étaient réellement promises aux novices mais, Gracieuse l’ayant dit, elle n’en doutait pas.
Un pas, une pierre : une chute. Trop épuisée pour continuer, elle n’avait pas réagit suffisamment rapidement pour s’épargner l'écroulement de sa personne et atterrit à quatre pattes, genoux écorchés mais jambes au repos, ce qui était un énorme progrès selon son organisme. Ses cheveux poisseux de sueur coulaient autour de son visage et se balançaient au rythme de ses inspirations hachées. La bouche grande ouverte comme un poisson hors de l’eau, elle ne demandait rien de mieux d’aspirer tout l’air qui se trouvait à sa disposition mais sa trachée n’était pas d’accord et se gorge se serrait sans lui laissait autant d’air qu’elle l’aurait voulu.
Ses yeux étaient emplis de larmes qui refusaient de rafraichir ses joues, plus sous l’effet de la honte que de la douleur : elle s’était arrêtée avant que Gracieuse ne l’ait dit. Combien avait-elle tenu ? Une petite heure et elle s’écroulait, elle était vraiment loin de pouvoir prétendre être une apprentie envoleuse si une aussi courte durée la laissait à ce point épuisée.

[elle est complètement morte et vacillera sans doute quand elle marchera mais elle n’est pas au bord de l’évanouissement ^^ Du moins pas tant que Gracieuse ne lui fait pas encore faire des kilomètres ! ]

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Lun 05 Mai 2014, 18:06

Alaia continuait de courir, et Gracieuse voyait ses forces décliner lentement.
Lentement, mais sûrement. Cependant, il y avait une chose qui lui avait sauté aux yeux : son corps, s’il était résistant, n’était pas habitué à donner autant d’énergie aussi longtemps. Et cela, cela ne s’améliorait qu’avec la course. Elle l’avait incitée à accélérer son pas, sa foulée, car sans doute que la jeune fille pouvait tenir longtemps à son rythme, mais pour améliorer son rythme, il n’y avait rien de mieux que de ne pas le suivre.

Elles couraient donc, toutes les deux, et si Gracieuse ne se retournait pas pour voir où en était son apprentie, c’était tout simplement parce qu’elle n’en avait pas besoin.
Son pas était lourd, ses pieds longs râclaient le sol, et sa respiration sifflante et pesante l’aurait dénoncée même au milieu d’une foule. Gracieuse en était à se demander si elle n’entendait pas en plus les cailloux qui roulaient sous les pieds de son apprentie tant elle ne soulevait même plus les pieds pour avancer.

La jeune fille ralentissait un peu plus à chaque pas, et Gracieuse sentait qu’elle approchait de son point de rupture, sans pour autant y foncer tête baissée.
Alors, quand l’apprentie s’écroula par terre à cause d’un malheureux petit caillou, l’envoleuse la releva rapidement.
Elle avait ce sentiment diffus, comme un instinct, qui lui disait que la jeune fille n’était pas à son point de rupture. Que son cerveau avait déjà lâché l’affaire, mais pas son corps.

Ses limites physiques, en tout cas pour la course, s’étendaient et se ramifiaient plus loin que celles de son cerveau.

Vacillante sur ses jambes, la jeune fille sembla hésiter sur la conduite à tenir, et Gracieuse décida de l’orienter.


- Marche. Ne t’arrête pas. Redresse-toi complètement, même si ça te fait mal aux côtes, car tu respireras plus d’oxygène et tes points de côtés disparaîtront plus vite.

Hochant la tête alors qu’Alaia réalisait aussi bien qu’elle le pouvait ses instructions, Gracieuse poussa un léger soupir. Non pas de déception, parce que vraiment, elle était plutôt contente de la performance de son apprentie, mais plus de soulagement. Cette gamine ne sait peut-être pas grand-chose, mais au moins elle essaye, et surtout elle a quelques prédispositions. Ça permet de savoir où on va et d’orienter l’apprentissage pour qu’il n’en soit que plus efficace. Développer les forces pour qu’elles comblent les faiblesses.

Un petit sourire étira les lèvres de Gracieuse, qui continuait de faire marcher son apprentie, l’obligeant à avancer et ne la laissant en aucun cas s’affaler sur le sol comme si elle avait été un pachyderme éreinté.

Lorsqu’elle eut repris son souffle, en tout cas suffisamment de respiration pour marcher normalement, l’envoleuse la remit à cheval, et cette fois-ci, elles passèrent de longues heures dans un petit trot qui rendait les chevaux inépuisables.


- Le petit trot comme cela, les chevaux peuvent le garder durant des heures et des heures. C’est une allure de croisière pour eux. Par contre, toi, il faut que tu trouves le rythme de ton cheval, car ton assiette est rudimentaire – normal si tu n’as jamais monté. C’est une allure idéale pour le cheval car il peut la tenir très longtemps, et pour toi aussi, ça te fait les jambes !

Un peu brutal comme annonce, sans doute, mais Gracieuse n’était pas nécessairement très diplomatique dans sa manière d’annoncer les choses. Mais cela, elle ne doutait pas qu’Alaia l’eût déjà remarqué, après tout. Elle n’était pas du tout du genre à se faire passer pour autre chose qu’elle-même.
Gracieuse se sentait déjà assez compliquée comme ça, pour ne pas avoir à en rajouter !

Elles ne s’arrêtèrent de chevaucher que lorsque le soleil glissa derrière l’horizon, alors qu’il faisait encore clair mais qu’aucun rayon ne passait par-dessus le Pays Faël, de l’autre côté de la Forêt de Barail. Gracieuse décida d’une halte, près d’un petit ruisseau, et elles descendirent de cheval pour faire le camp.


- Sais-tu faire un camp ? Que faut-il pour le faire, selon toi ? demanda Gracieuse en dessellant son cheval, et en remontrant les gestes pour ce faire à son apprentie.





[ Désolée pour tout ce retard, avec en plus un truc court et nul U_U Je me suis rouillée ! ]

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Jeu 08 Mai 2014, 16:50

Alaia était au bord de l’étouffement, à quatre pattes sur le sol dur et froid des collines. Elle entendit Gracieuse s’arrêter à quelques pas d’elle avant de revenir en arrière... L’apprentie envoleuse aurait certainement retenu son souffle sis son corps n’avait pas si ardemment demandé du dioxygène ; mais il s’avéra que son maitre ne ovulait pas la frapper mais la relever. Elle se crispa à son contact avant de se remettre debout en vacillant, de s’appuyer le moins possible sur la jeune femme : elle s’était déjà suffisamment humiliée pour aujourd’hui.

[- Marche. Ne t’arrête pas. Redresse-toi complètement, même si ça te fait mal aux côtes, car tu respireras plus d’oxygène et tes points de côtés disparaîtront plus vite.

Dans ses muscles naissait une nouvelle douleur, pourtant la jeune femme se força à continuer à avancer sans rien dire, juste avancer, avancer, avancer parce que Gracieuse l’avait dit et qu’il fallait continuer, tout simplement. Ne pas s’arrêter, ne pas s’arrêter, ne pas s’arrêter pour ne pas rester la même incapable aux mains rouges, pour ne pas se retourner et sentir que le poids qui pèse sur ses épaules est un cadavre, ne pas le voir pour ne pas y croire, ne pas s’effondrer : continuer pour... pour ne pas rester immobile.
Sa vue se brouillait sous les larmes, de déception et de tellement d’autres choses... Trop pour pouvoir y penser sans se rouler en boule par terre et attendre la mort. Pas besoin, de toute façon, pour entendre le soupir de son maitre... Incapable d’apprentie, où penses-tu pouvoir aller avec ces minables performances ? Les larmes coulent dans sa gorge, elles envahissent son esprit et le noient... Besoin de respirer : une toux la saisit, lui rappelle le gout de l’air se réchauffant doucement sous le timide soleil d’automne... Eh, Gracieuse, ton apprentie, c’est une bonne à rien, vraiment, alors pourquoi tu restes ? Parce que oui, à la grande surprise d’Alaia, elle sentait toujours la force de son maitre pour la soutenir, alors qu’elle aurait sans mal pu la lâcher, il y avait peu de chance qu’elle reste debout sans aide...

Mais elle restait avec elle. A croire qu’elle lui faisait pitié...
Une flèche brulante se planta dans sa poitrine, fouillant son cœur et déchiquetant son amour propre, la provoquant suffisamment pour qu’elle se redresse tout à fait, faisait craquer les articulations de sa colonne vertébrale au passage – comme si elle se réveillait d’une longue hibernation et que tout son corps était de pierre.
Sentant un changement dans son attitude, Gracieuse appela les chevaux avant de se remettre en selle, invitant son apprentie à en faire autant. Alaia se pinça les lèvres en enfourchant sa monture, et maudit encore une fois son corps capricieux et faible – jamais deux sans trois à ce qu’on dit...
Deux coups de talons et elles étaient parties...
Au bout de dix minutes, l’apprentie envoleuse se tortillait déjà sur sa selle, mal à l’aise, sentant ses muscles récemment sollicités lui rappeler ses piètres compétences – la voilà la troisième, c’est fini maintenant ?

[- Le petit trot comme cela, les chevaux peuvent le garder durant des heures et des heures. C’est une allure de croisière pour eux. Par contre, toi, il faut que tu trouves le rythme de ton cheval, car ton assiette est rudimentaire – normal si tu n’as jamais monté. C’est une allure idéale pour le cheval car il peut la tenir très longtemps, et pour toi aussi, ça te fait les jambes !

Diplomatie, quand tu nous tiens...
Et, étrangement, cette franchise coupante était presque rassurante pour Alaia. Avec la certitude d’entendre toujours ce que son maitre pensait d’elle, au moins n’avait-elle pas à s’interroger sur le regard qu’elle portait sur elle... Car ses réponses étaient souvent bien plus pessimistes que la réalité.
Au fur et à mesure qu’elles parcouraient le paysage désert des collines, Alaia se découvrait de nouveaux muscles et changeait de position toutes les dix minutes pour reposer ses membres endoloris – ou plutôt tenter de le faire -, ce qui n’était pas pour plaire à Impal qui protestait bruyamment envers ce comportement qui le gênait. Il avait beau être un cheval de guerre, habitué à subir des mouvements... originaux de la part de ses cavaliers successifs, il avait assez de jugeote pour savoir qu’il n’y avait nulle bataille dans les environs, et donc nulle excuse pour lui malaxer l’échine de cette manière. Mais la jeune cavalière était totalement hermétique à ce genre de considération, trop con centrée sur sa propre souffrance pour s’interroger sur celle des autres ou même sur le paysage – ce qui lui aurait peut-être permis de découvrir leur destination...

Sa séance de torture se termina – après un interminable après-midi – lorsque le soleil caressa  l’horizon à leur droite et qu’elles tombèrent sur un nouveau petit ruisseau qui glougloutait joyeusement. Alaia réprima un grognement en descendant de sa selle – dégoûtée de la facilité avec laquelle son maitre était descendue alors qu’elle-même souffrait le martyr – et laissa aller Impal, qui se dirigea vers le point d’eau, pour boiter vers la silhouette de son maitre. Peut-être une petite séance d’étirement au programme, espérait-elle...

[- Sais-tu faire un camp ? Que faut-il pour le faire, selon toi ? demanda Gracieuse en dessellant son cheval, et en remontrant les gestes pour ce faire à son apprentie.  

Alaia hésita rapidement entre répondre directement et aller s’occuper de sa propre monture, et décida que celle-ci pouvait bien attendre cinq minutes pendant qu’elle discutait. Bon, maintenant, se concentrer : que faut-il faire pour monter un camp ? Elle rappela à elle ses souvenirs de son périple en compagnie de Shan et des faëls (elle leur était décidemment très reconnaissante et se nota de le chercher pour le remercier la prochaine fois qu’elle serait au Domaine)...

« Monter un camp c’est établir un périmètre sécurisé pour pouvoir dormir... Donc il faut faire un feu pour éloigner les prédateurs potentiels, mais je ne sais pas si nous aurons beaucoup de combustible dans les collines, grimaça-t-elle en fouillant son esprit à la recherche d’une solution... Après, je ne connais pas grand-chose à la géographie de Gwendalavir, peut-être n’y-a-t-il que des petits animaux, et dans ce cas-là, je ne pense pas qu’ils se risquent à nous attaquer...
Son regard balaya le paysage proche, à la recherche d’une idée, d’un indice... Et tomba sur les traces de pattes qui marquaient les environs proches du ruisseau. Elle se fit la réflexion que la terre humide marquait vraiment bien, avant de reprendre.
Les animaux viennent sûrement se désaltérer ici, alors peut-être vaut-il mieux s’éloigner en gardant en mémoire où se trouve le point d’eau si on en a besoin... Ou alors faire des réserves maintenant pour éviter de tomber sur des bêtes par hasard si l’on revient plus tard...
En attendant, je ne sais pas si tu veux qu’on chasse dès ce soir où seulement demain, mais dans ce cas-là, on peut les attendre ici... Mais je n’ai jamais chassé quoi que ce soit...
Sinon, je ne sais pas comment on s’occupe des chevaux, mais ils ont l’air de bien s’en sortir comme ça... »


Mieux qu’elle en tout cas, qui avait déballé à peu près toutes les idées qui lui passaient par la tête – la réaction typique de ceux qui n’y connaissaient rien ou presque – mais il y avait certainement quelque chose de potable dans ce qu’elle avait dit...

[je précise qu’elle n’a pas vu la forêt, puisqu’elles sont près d’un ruisseau et donc entre deux collines
Ce sera plus drôle comme ça Razz

Héhé, contente que tu sois de retour!!! ]

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A, les études...


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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Ven 09 Mai 2014, 15:55

Faire un peu pour éloigner les prédateurs, chasser et s’éloigner du point d’eau.
Au moins, Gracieuse avait une réponse cette fois-ci, son apprentie ne s’était pas contentée de garder le silence parce qu’elle ne savait pas la réponse, et avait plutôt essayé de trouver des réponses logiques en faisant un minimum fonctionner son cerveau. Ca, au moins, cela lui était rentré dans le crâne, c’était déjà ça.

Alors, l’envoleuse reprit toutes les suggestions de l’apprentie depuis le début.


- Etablir un camp, en effet, c’est définir un périmètre sécurisé pour la nuit. Les animaux en général n’aiment pas le feu, donc oui, nous allons en faire un. On ne va pas s’éloigner du ruisseau, car c’est comme son nom l’indique un ruisseau, et non une source ou un petit lac : il va suffisamment loin pour que les animaux ne soient pas forcés de s’approcher trop de nous.

Fixant son apprentie, Gracieuse fronça les sourcils en se remémorant les dernières phrases de cette dernière.


- Non, on ne laisse pas les chevaux comme ça. On va leur enlever tout leur attirail, car ils nous ont quand même portées toute la journée, ils ont aussi droit de se reposer. Et avant de les laisser, il faut les brosser, sinon demain matin on va y passer un temps fou, car ils se seront roulés sur leurs traces de transpiration. Allez.

Elles s’occupèrent donc des équidés, les délestant et les brossant avec vigueur, avant de les attacher à des arbres non loin l’un de l’autre. Désignant un point invisible entre les deux chevaux, Gracieuse poussa un caillou du pied et dit :


- On va faire un feu ici. Sache que dans les Collines de Taj, il y a pas mal de gros prédateurs : des tigres des prairies, des ogres, voire des goules et des brûleurs. On a donc absolument besoin d’un feu, autrement que pour faire cuire le fruit de notre chasse… car oui, on va chasser ce soir. Prends ton poignard et suis-moi.

Ne vérifiant pas si la jeune fille s’exécutait ou non, Gracieuse s’éloigna des chevaux et remonta le long du courant du ruisseau, sur la terre ferme.


- On remonte toujours les cours d’eau, si on s’installe près de l’un d’eux : en aval, il peut y avoir des traces de notre présence, de la terre remuée, un goût dans l’eau, une odeur… les animaux y sont très sensibles. Tiens, éloigne-toi, on va dans le bosquet juste là.

Elles s’engouffrèrent dans un bosquet situé à deux mètres du bord du ruisseau, et Gracieuse fit monter Alaia sur une branche d’arbre, puis lui demanda de se tenir immobile pour qu’une bestiole ose s’approcher de l’eau pour boire.

- Tu vois, tu peux être immobile comme une statue, aussi. Être juste vif et réactif ne suffit pas à affronter toutes les situations. La patience est importante, et elle contraint souvent à l’immobilité. C’est toi qui tuera l’animal, avec ton poignard. On n’a que ça à manger, ce soir, alors applique-toi.





[ Désolée, c'est court ! u_u ]

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 14 Mai 2014, 20:14

« On ne va pas s’éloigner du ruisseau, car c’est comme son nom l’indique un ruisseau, et non une source ou un petit lac : il va suffisamment loin pour que les animaux ne soient pas forcés de s’approcher trop de nous. »

Bon, si elle mettait de la bonne volonté, on constatait immédiatement que les bases lui manquaient. Elle ne se sentait pas chez elle, ici, au milieu de nulle part, sans aucun mur protecteur pour la garder, seule avec Gracieuse qui, pour sa part, était aussi à l’aise ici qu’au Domaine – mais existait-il un endroit où la mercenaire ne se sentirait pas chez elle ? Persévérant dans ses efforts, elle fit tout pour retenir ce que lui disait Gracieuse, en vue des futurs campements. Ce soir, elle réfléchira aux différents terrains et contraintes qui pourraient se présenter à elles et le moyen de contourner ces difficultés. Anticiper, n’est-ce pas ?

- Non, on ne laisse pas les chevaux comme ça. On va leur enlever tout leur attirail, car ils nous ont quand même portées toute la journée, ils ont aussi droit de se reposer. Et avant de les laisser, il faut les brosser, sinon demain matin on va y passer un temps fou, car ils se seront roulés sur leurs traces de transpiration. Allez

Alaia acquiesça avant de se diriger vers Impal et de le délester de son équipement. Ses gestes étaient imprécis et lents, mais elle tâcha de bien faire, se remémorant étape par étape ce que son maitre lui avait montré pour ne pas avoir besoin de son aide. Une fois sa tâche terminée, elle se saisit d’une brosse et recommença le brossage machinal mais plein de vigueur qu’elle avait déjà effectué ce matin, fronçant les narines sous l’odeur qui se dégageait de leurs montures : elles avaient bien mérité un peu de repos ! Elles attachèrent les chevaux à un arbre et déposèrent leur harnachement et son sac entre les deux, à côté de l’endroit où elles feront un feu d’après Gracieuse.

- On va faire un feu ici. Sache que dans les Collines de Taj, il y a pas mal de gros prédateurs : des tigres des prairies, des ogres, voire des goules et des brûleurs. On a donc absolument besoin d’un feu, autrement que pour faire cuire le fruit de notre chasse… car oui, on va chasser ce soir. Prends ton poignard et suis-moi.


Des gros prédateurs, dans ces paisibles collines ? De quoi déjà ? De Taj ? Son ventre se noua en songeant que sa ville natale était établie non loin d’elles – d’après ce qu’elle en savait – et pria fort pour qu’elles ne s’y aventurent pas : deux semaines à peine après sa fuite, ce serait du suicide autant sentimental que vis-à-vis des gardes qui devaient toujours la chercher...
Cette histoire d’ogres, aussi, la préoccupait. Elle en entendait souvent parlé quand... avant, mais avait toujours pris cela pour des menaces en l’air destinées à effrayer les enfants. Que Gracieuse, cette femme franche, lucide et, plus important encore, son guide sur sa Voie, en parle avec tant de sérieux ne pouvait que la faire douter : existaient-ils vraiment ?
Elle expira profondément en tentant de chasser cette éventualité de ses pensées pour ne plus se concentrer que sur l’essentiel : la chasse. La dernière phrase de l’envoleuse l’avait faite tiquer : son poignard, c’était tout ? Elles n’allaient pas chasser la lame à la main tout de même ? Quel animal inconscient ou suicidaire irait se jeter entre leurs pieds ? La tête pleine de questions, elle suivit la jeune femme entre les herbes rases.

- On remonte toujours les cours d’eau, si on s’installe près de l’un d’eux : en aval, il peut y avoir des traces de notre présence, de la terre remuée, un goût dans l’eau, une odeur… les animaux y sont très sensibles. Tiens, éloigne-toi, on va dans le bosquet juste là.


A oui, elle n’avait pas fait attention au ruisseau, encore une erreur de débutante... Mais leur présence ici n’allait-elle pas les gêner tout autant ? Bon, après tout, c’était son maitre l’expert dans la chasse...
Elle la suivit dans l’arbre – ou plutôt se fit aider pour atteindre les premières branches avant de regarder avec stupeur son maitre escalader dans un seul mouvement l’écorce rêche – et tenta de trouver une position qui ne malmena pas trop ses jambes fatiguée que la marche n’avait pas tout à fait dégourdies. D’autant plus que, selon son maitre, elles allaient devoir patienter un bout de temps... Sans doute celui que leur piste se ternisse.

- Tu vois, tu peux être immobile comme une statue, aussi. Être juste vif et réactif ne suffit pas à affronter toutes les situations. La patience est importante, et elle contraint souvent à l’immobilité. C’est toi qui tueras l’animal, avec ton poignard. On n’a que ça à manger, ce soir, alors applique-toi.


Ah, visiblement oui : elles chassaient au poignard. Ou plutôt elle chassait. Une technique nouvelle pour l’apprentie qui ne maniait une lame que depuis une journée et sentait bien qu’elle n’aurait qu’une ou deux chance : après, le temps que leurs traces s’effacent, il ferait déjà nuit... Il serait plus efficace de poser des pièges, non ?
Elle garda sa remarque pour elle, car après tout ce n’était pas à l’apprentie de contredire son maitre ou de faire son propre entrainement. Obéissance.
Afin de passer le temps et de retrouver un « lien » avec sa lame – ou plutôt de le trouver tout court, puisqu’elle n’avait toujours pas compris de quoi il s’agissait -, elle reprit les exercices de voltiges qu’elle avait commencé hier, à savoir passer la lame d’une main à une autre en écartant progressivement ses doigts. Elle y allait prudemment, veillant à ne surtout pas faire tomber sa lame, et stoppa son manège au bout d’une demi-heure, convaincue que, pour ce soir du moins, elle ne progresserait plus que par le lancer. Hasardeux lancer sur une cible sans doute petite et mouvante, puisqu’elles n’étaient certes qu’à deux mètres environ, mais cela restait une distance conséquente pour une apprentie fraichement débarquée.
Encore une preuve qu’elle n’avait rien à faire chez les mercenaires... Elle déglutit avant de resserrer sa prise sur son poignard en raffermissant sa volonté : elle n’avait aucune envie de grimper dans la hiérarchie du Chaos – surtout si cela impliquait de se rapprocher des Mentais – et son seul but devait rester de devenir plus forte, afin de retrouver cet archer... Un frisson agita ses épaules, semblant la mordre à la base du coup : elle ne se souvenait que trop bien de cette scène dont les moindres instants étaient inscrits dans sa mémoire... Son souffle devint plus irrégulier, et elle mit de longues minutes à s’en rendre compte avant d’essayer de le calmer.

Elle jeta un œil à son maitre, certaine qu’elle avait perçue ces changements et qu’elle était actuellement en pleine observation des capacités de son apprentie, et la surpris les yeux fermés, semblant dormir... Hésitant à la réveiller, Alaia mit plusieurs minutes à comprendre qu’elle ne s’était pas assoupie, au contraire, elle mettait ses sens en éveil. [dis-moi si ça ne te va pas...] La jeune apprentie se remit donc en position d’attente et prit son mal en patience, tentant elle aussi de percevoir l’arrivée d’une cible. Elle en profita pour tenter de s’imaginer les difficultés du tir, quel animal serait le plus facile à chasser – même si elle n’en connaissait vraiment pas beaucoup...
Au bout d’un temps qui lui parut interminable et qui s’était accompagné de douleurs – mais elle s’était retenue de bouger, puisque cela ne ferait que prolonger son attente – un bruissement se fit entendre... Alaia se tendit et ralenti sa respiration, resserrant la prise sur son poignard en cherchant sa cible des yeux. Il lui fallu encore attendre que celle-ci se décide – et il était plus que temps car la lumière du soleil se faisait de plus en plus rare – à sortir de son attentive immobilité pour se diriger avec prudence vers le cours d’eau et y boire quelques courtes et rapides gorgées. Ajustant sa position avec délicatesse, la jeune apprentie arma son bras, bloqua sa respiration pour éviter de contrarier son mouvement et, d’un seul élan, lança son arme. Elle avait visé légèrement plus haut que le lapin afin de compenser avec la gravité, tâchant de ne pas perdre de temps pour éviter qu’il ne bouge, de suivre chacune des indications de son maitre... Mais cela ne suffit pas. Mû par un réflexe sûrement durement acquis, l’animal fit un bond de côté en esquivant la lame avant de prendre ses pattes à son coup, disparaissant avant même que la jeune femme ait fini de descendre de son perchoir.

L’apprentie se sentait étrangement déçue, même si elle savait pertinemment que ses chances de réussite du premier coup étaient infimes, et essuya son poignard maculé de terre avant de se rediriger vers l’arbre. Malgré la pénombre qui s’installait, elle ne doutait pas que Gracieuse la ferait réessayer, encore et encore, au moins jusqu’à ce que sa faible endurance la rattrape et ne la fasse tomber de sommeil...

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A, les études...


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Dernière édition par Alaia Tendor le Jeu 15 Mai 2014, 19:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Jeu 15 Mai 2014, 11:25

- Ne bloque pas ta respiration quand tu lances. Au contraire, le mieux est de le faire pendant l'expiration. Vise avec les deux yeux, et pas de profil, ça fonctionnera mieux. Nous sommes en hauteur, donc n'essaye pas de croire que la gravité va prendre le pas sur ton lancer : soit suffisamment puissante dans ton geste et à une telle distance, cela ne posera pas de problème. Tu auras aussi besoin de puissance pour transpercer un animal.

Allons un peu plus loin, et recommence.

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Jeu 15 Mai 2014, 23:12

[Je continue à faire bouger Gracieuse selon tes paroles...]

Avant même que la jeune apprentie ait pu commencer son escalade, son maitre avait déjà sauté à terre à ses côtés, souplement, silencieusement, amortissant par une roulade maitrisée à la perfection... L’envoleuse était le prédateur ultime, cela ne faisait aucun doute...
Ce qui n’était pas son cas... Pouvait-elle dire pas encore ? Non, il n’y avait aucune chance qu’elle atteigne ce niveau un jour.

- Ne bloque pas ta respiration quand tu lances. Au contraire, le mieux est de le faire pendant l'expiration. Vise avec les deux yeux, et pas de profil, ça fonctionnera mieux. Nous sommes en hauteur, donc n'essaye pas de croire que la gravité va prendre le pas sur ton lancer : soit suffisamment puissante dans ton geste et à une telle distance, cela ne posera pas de problème. Tu auras aussi besoin de puissance pour transpercer un animal.

Allons un peu plus loin, et recommence.


Utiliser l’expiration ? Comment ? Alaia faillit poser la question mais se retint de justesse, laissant Gracieuse terminer son explication... De plus, elle soupçonnait son maitre de ne pas répondre à celle-ci, préférant la laisser réfléchir au problème, découvrir par elle-même... Après tout, elle n’était pas là pour progresser à sa place tout de même ! Bon, ne pas bloquer sa respiration... Ah, oui, c’est vrai, elle le lui avait déjà dit hier. Rougissant de honte, elle ne broncha pas en écoutant la suite, se contentant d’acquiescer et de suivre le mouvement. Malheureusement pour elle, elle n’était pas à son aise sur un arbre, préférant la terre ferme où elle pouvait s’ancrer fermement, sûre de son équilibre. Mais il fallait s’adapter pour espérer ramener à manger, aussi n’hésita-t-elle pas à grimper de nouveau une fois qu’elles eurent atteint un arbre maigrichon qui pointait ses branches tortueuses vers le ciel, luttant pour subsister malgré la proche présence de l’eau. Si cet état de fait offrait de nombreuses prises au grimpeur – si bien que la jeune femme réussi à monter sans l’aide de son maitre -, il amenait inévitablement un inconfort dont elle se serait bien passé pour un deuxième essai. Répugnant à enlever sa veste pour s’asseoir dessus à cause du froid que la nuit apportait, elle prit son mal en patience, tachant de supporter la douleur qui s’installait, tenace, en laissant son esprit voguer au gré des étoiles naissantes. Elle aimait bien les contempler, ces guides de voyageurs, en s’imaginant ce qu’elles voyaient depuis leur perchoir nocturne, les paysages grandioses réduits à de minuscules tâches sombres, les villes immenses invisibles dans la nuit, et elle-même, grain de poussière sur une terre immense, insoupçonnable. Tout paraissait moins important quand la nuit tombait et que l’on prenait conscience de sa petitesse par rapport au reste du monde...

Absorbée par sa contemplation silencieuse et anesthésiée par la fraicheur qui s’installait progressivement sur le paysage, Alaia ne se rendit compte de la présence du silencieux renard que lorsque celui-ci atteignit le bord du ruisseau et se pencha pour boire rapidement avant de rejoindre son abri. L’animal était presque deux fois plus grand que le lapin, mais ne semblait pas manger à sa fin tous les jours, aussi l’apprentie eut-elle un instant d’hésitation. Néanmoins, l’amorce de son geste avait alerté le prédateur qui se tenait aux aguets, et il ne lui restait qu’un souffle pour tenter sa chance. Elle la saisit, lançant son arme sans trop réfléchir, se contentant d’y mettre rapidité et force plutôt que précision, une tâche qui lui était impossible de part son inexpérience et sa positon surélevée. Son essai, s’il était moins hasardeux que le premier, n’en restait pas moins inefficace et la lame se contenta de déchirer l’oreille de l’animal, une blessure sans gravité qui le persuada de prendre la fuite.
Retenant de justesse un sifflement contrarié dont les premiers accords résonnèrent dans la nuit, l’apprentie sauta à terre d’un mouvement infiniment moins souple et fluide que son maitre, se rappelant d’amortir au dernier moment, et se dirigea vers sa lame pour la ramasser une seconde fois... Premier sang pour elle, mais ça ne suffirait certainement pas à remplir leurs estomacs pour cette nuit... Et Gracieuse semblait partager son avis puisqu’elle sauta à terre et remonta une nouvelle fois le courant en lui prodiguant ses conseils qu’elle semblait répéter comme à une enfant bornée. Elle avait l’impression d’avoir déjà entendu chaque remarque qu’elle lui faisait, autant sur ses épaules qui devait rester souple pour pivoter, que sur le maintien de son équilibre lors du lancer. Bien sûr, elle n’en était qu’à son second jour, pourtant elle se figurait tellement loin derrière son maitre que son espoir d’être un jour envoleuse disparaissait dans la brume de son esprit fatigué.

Leur troisième halte se fit sur l’autre berge, entre les jeunes branches d’un bouleau poussif qui semblait vouloir se jeter dans l’eau. Le froid se faisait plus mordant après cette courte période de marche qui avait réactivé les extrémités de son corps qu’elle faisait jouer pour réactiver la circulation de son sang chaud. Résistant à la tentation de se rouler en boule afin de conserver sa chaleur, la jeune apprentie se positionna de manière à pouvoir réagir le plus rapidement possible cette fois-ci : couteau sur la cuisse, manche vers sa main, le dos droit contre le tronc noueux, les jambes bien calées contre la branche pour conserver son équilibre sans s’occuper les mains... Il n’empêche qu’elle ne se faisait pas trop d’illusions : la nuit était installée à présent, et même si une Lune riante éclairait suffisamment le paysage pour qu’elle ne se prenne pas les pieds quand elle marchait, repérer un animal adapter à cet environnement qui lui paraissait hostile et le tuer au poignard lui paraissait être une tâche insurmontable.  
Là encore, l’attente embruma ses sens, la tentant avec un sommeil contre lequel elle se rebellait en plantant ses ongles dans ses paumes à la peau marquée par son passé d’artisane. Malgré la courte durée des journées de ce début de printemps, elle se sentait fourbue par sa nouvelle expérience à cheval et son esprit dériva vers le Domaine. Sa paillasse où elle avait laissé le peu qu’elle ne pouvait plus se permettre d’emporter, la salle d’entrainement où elle avait rencontré Gracieuse, le mur ensoleillé où elle avait montré toute l’étendue de ses faibles capacités physiques,... et Eden. Le souvenir de sa petite boule de poil raviva quelque peu ses connexions neuronales : que faisait-il en ce moment ? Avait-il seulement compris qu’elle ne pourrait plus s’occuper de lui pendant un petit bout de temps, mais que ce n’était que temporaire ? Il n’avait pas fait le difficile en se faisant chasser par Gracieuse la première fois, et sans doute poursuivait-il, lui aussi, son apprentissage de la vie – et elle priait pour qu’il soit plus fructueux que le sien ! – mais elle ne pouvait s’empêcher de repenser au chaton perdu et affamé qu’elle avait recueilli à peine deux semaines auparavant... Allait-il vraiment s’en sortir seul ?

C’était plutôt sur son cas qu’elle devrait se pencher, car elle était toujours partie pour passer la nuit le ventre vide, et cela, l’habitant de cet arbre le lui fit bien remarquer. Trottinant tranquillement vers son domicile, l’animal marqua un temps d’arrêt qui permit à Alaia de le remarquer : la flamme noire humait l’air avec suspicion, semblant avoir détecté leur présence sur son territoire, et s’approcha prudemment de son domaine. Se retenant de se lancer dans un nouvel essai non préparé, l’apprentie se contraignit à l’immobilisme et ralentit même sa respiration, comme si elle pouvait convaincre la bête non identifiée [une fouine] qu’elle était une branche comme une autre. Laissant sa proie s’approcher d’elle, l’apprentie referma sa main sur le manche de son arme, profitant des intervalles où elle ne la regardait plus pour entamer un mouvement précautionneux au possible – il était temps qu’on en finisse ! – avant de se figer : elle avait une autre idée, mais celle-ci demandait une disposition particulière si bien qu’elle doutait de sa réalisation.
Aussi immobile qu’une statue, elle laissa l’animal s’approcher de manière à être pratiquement à sa verticale... et se laissa tomber. Son plan était simple : soit elle lui atterrissait directement dessus, sois l’animal faisait un bond en arrière et, là, elle devrait parvenir à l’avoir avant qu’il ne s’échappe. L’idée lui était revenue en repensant à la clochette – agaçante, inaccessible clochette -  que son maitre lui avait demandé d’attraper hier. Vitesse, concentration et anticipation. Le plus difficile serait de ne pas fermer les yeux lors du choc avec le sol pour enregistrer les mouvements de l’animal. Celui-ci se figea de stupeur quelques instant, avant de se dégager de la piste d’atterrissage de cet étrange oiseau de proie donc l’unique serre lui ouvrit la poitrine dans un mouvement ample et fort. Sa dernière pensée fut sans doute que l’évolution avait prit de drôles de chemins...

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A, les études...


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Gracieuse Dûbudchev
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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Ven 16 Mai 2014, 11:48

- Bon, je ne sais pas si ce truc est bon, mais cela notre repas ce soir.

Un sourire un brin moqueur étira la bouche de Gracieuse, mais elle se détourna de la jeune apprentie pour qu’elles rentrent au camp toutes les deux. Du coup, elles s’étaient pas mal éloignées, mais heureusement le bruit du feu crépitant était très facile à distinguer dans la nuit, et elles le retrouvèrent rapidement.

S’asseyant près des flammes, l’envoleuse se tourna vers la jeune fille, et lui sourit.


- Malheureusement, comme tu t’en doutes, il y a un peu de travail avant de manger : on ne va pas avaler la fourrure de cette fouine. Tu as déjà dépecé un animal ?

De toutes façons, même si Alaia avait déjà réalisé ce genre de travaux, la jeune femme lui montra comment s’y prendre, en sachant où ciseler. Cela dépendait des animaux, mais globalement c’était toujours à peu près la même chose : découper légèrement la peau autour des pattes, entailler le ventre, où la peau est la plus tendre, et attraper les deux bords pour arracher la fourrure au reste du corps de l’animal mort.
Elle coupa net la tête et la queue de celui-là, car c’étaient des os qui ne proposaient pas assez de viande, et c’était beaucoup trop tendineux et ce pour la plupart des animaux.

Elles vidèrent également l’intérieur du mustélidé pour que le peu de viande que la carcasse avait cuise plus vite. Comme l’expliqua Gracieuse à son apprentie, les organes des carnivores ne sont pas très comestibles pour les humains, car ils mangent de la viande crue, voire parfois passée, et que leurs organes dégageaient des substances qui pouvaient devenir très toxiques pour le système digestif de l’homme.
D’ailleurs, ce fut pour cela que l’envoleuse fit cuire bien fort la viande, quitte à ce qu’elle soit dure, car ces substances venaient se déposer dans les muscles lors de montées d’adrénaline.


- C’est pour ça que l’on ne mange généralement que les animaux herbivores : notre système digestif est fait pour avoir des apports secondaires ou primaires, c’est-à-dire des apports directement de la terre ou d’animaux qui consomment des apports primaires.

Quelques dizaines de minutes plus tard, elles mangèrent leur repas, et Gracieuse fit lever Alaia juste après le repas.

- On va faire quelques étirements, ça évitera que tu aies des courbatures handicapantes demain. Par contre, cela ne les fera pas toutes disparaître.

Elle lui montra donc des étirements pour après l’équitation, mais aussi pour après la course, et quelques autres qui ne faisaient jamais de mal, tout en lui expliquant que tous les soirs, les étirements étaient nécessaires : après tout, elles n’étaient pas là pour se la couler douce.
Finalement, elles se couchèrent et dormirent.



ф ф ф


Le lendemain matin, Gracieuse réveilla son apprentie alors que le soleil dépassait à peine l’horizon. Elle la sortit de sa léthargie pour l’emmener courir une vingtaine de minutes, pour commencer, et tranquillement : c’était le décrassage matinal, hors de question de courir trop vite. Cela permettait de se réveiller et d’avoir envie d’un vrai repas de début de journée, histoire de ne plus avoir faim entre les repas après.

Elles déjeunèrent rapidement, Gracieuse proposant quelques baies à son apprentie, et un stick de viande séchée. La chasse de la veille n’avait pas été assez fructueuse pour qu’elle ne tape pas dans ses réserves.

Les deux mercenaires partirent à cheval quelques minutes plus tard, vers le sud-ouest. Mais elles ne chevauchèrent pas longtemps tranquillement, car le hurlement d’une grosse bête résonna rapidement à leurs oreilles. Tournant vivement la tête, Gracieuse arrêta sa monture pour savoir d’où cela venait exactement : autant éviter de se jeter dans la gueule du loup. Les deux chevaux commencèrent à piaffer, et à chauffer sous leur selle. Ils avaient beau avoir l’habitude des combats, les prédateurs faisaient toujours le même effet aux proies qu’ils étaient.

Soudain, un second hurlement, plus bas que le premier, retentit sur leur droite. Deux immenses masses s’élancèrent vers elles, du haut d’une colline. Des masses grisâtres, très grandes et musculeuses, presque râblées malgré leur taille… Des Ogres ! Gracieuse balaya les collines des yeux rapidement, repéra un deuxième petit groupe des créatures, et lança à Alaia :


- Des ogres… Ils sont au moins quatre. Suis-moi, et accroche-toi bien.

Relâchant ses rênes, elle laissa sa monture filer à toute allure pour éviter les deux groupes, espérant les prendre par la vitesse et la peur qui donnait des ailes à son étalon.
Elle se retourna pour jeter un coup d’œil à son apprentie…

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Alaia Tendor
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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mar 20 Mai 2014, 15:56

[je ne sais pas pour toi, mais pour Alaia c'est l'automne
donc si ce voyage commence à durer, on pourra mettre de la neige O.O
Ou alors pour le prochain cours, quand on part au nord ]

L’option choisie pour cette première victoire avait visiblement amusé son maitre – ce qui était toujours mieux que de la contrarier... – et la jeune femme put profiter de toute la fierté de cette prise. A la lumière du feu, elle put constater que l’animal n’avait pas grand-chose sur les os et sa joie retomba quelque peu, d’autant qu’elles devaient encore le dépecer avant d’avoir une idée précise du repas qu’il offrait. Elle apprit au passage qu’il s’agissait d’une fouine – elle avait déjà entendu ce nom, ils étaient de très bon dératiseurs apparemment... – et qu’il était préférable de chasser des herbivores plutôt que des carnivores. Les souvenirs de cuisine de l’apprentie étaient forts loin, puisqu’elle avait passé la majorité des cinq dernières années à n’avaler que de la nourriture basique et, même du temps où elle était encore chez ses parents, elle n’avait jamais été très enthousiaste à l’idée de rester derrière des fourneaux...
Heureusement, Gracieuse de lui demandait pas de comprendre la subtile harmonie d’un ragout, seulement les étapes du dépeçage, ce qui restait encore à la portée de sa logique. Ce qui l’était beaucoup moins, cependant, c’était les explications de la chaine alimentaire que son maitre lui débita le plus naturellement du monde... Pour l’apprentie, la nourriture se résumait à ce qui était comestible, ce qui ne l’était pas, et ce pour quoi elle-même était comestible... Et elle se gardait bien d’approcher cette dernière catégorie.

Après la séance d’étirements tant attendus, elles rejoignirent toutes deux le pays de Morphée. Epuisée par sa longue journée d’entrainement, Alaia n’eut même pas le réflexe de demander qui montait la garde ou s’occupait du feu. Elle émergea difficilement le lendemain matin, secouée avec vigueur par Gracieuse qui, sans aucune pitié pour ses courbatures ou son manque de sommeil, la fit courir – encore courir ! – alors que le soleil pointait à peine à l’horizon. Le froid eu pour effet de l’encourager à maintenir la cadence pour réactiver la circulation dans ses membres endoloris. Après ce « décrassage matinal », le petit déjeuner, bien que frugal et froid, fut englouti et apprécié bien plus loin que sa juste mesure.
L’apprentie se remit en selle en frissonnant, heureuse d’avoir pensé à emporter la cape chaude que lui avait offerte le faël qui l’avait initiée à l’escalade et plus heureuse encore de ne pas marquer d’hésitation en la sortant de son sac même si elle était à cheval. Malgré ses courbatures, elle commençait à mieux comprendre comment accompagner le calme et patient Impal qui lui aussi n’était pas étranger à ses progrès. Le remerciant d’un sourire, elle laissa son regard se perdre dans le paysage en s’interrogeant sur leur étrange duo : s’en serait-elle aussi bien sortie si elle avait commencé sur une monture moins accommodante ? Elle pressentait que, en équitation, le cavalier ne faisait pas tout et que sa monture avait elle aussi son rôle à jouer dans le bon déroulement de leur voyage.

Un hurlement bestial vint bientôt interrompre sa réflexion, la faisant se raidir sur sa selle et ouvrir ses sens encore peu développés. Sa monture, consciente de la situation exceptionnelle, ne se formalisa pas de se changement d’attitude et se rapprocha de son camarade alerte qui devait lui aussi sentir la désagréable odeur qui leur chatouillait le museau. Les mercenaires voyageaient souvent accompagnés de leur monture, et qui a déjà traversé les collines de Taj connaît les ogres... Et leurs habitudes alimentaires.
La jeune femme scrutait les collines alentours, à la recherche de la créature qui avait poussé cet horrible cri, passant en revue tous les prédateurs dont Gracieuse lui avait parlé la veille, incertaine quand à ses préférences... Soudain, des bipèdes aussi hauts que larges dévalèrent la colline sur leur droite en poussant un hurlement tout aussi bestial que le premier, propre à effrayer le cheval le plus placide.

« - Des ogres… Ils sont au moins quatre. Suis-moi, et accroche-toi bien. »

Des ogres... Elle n’en voyait que deux, mais si Gracieuse disait qu’ils étaient quatre, il ne lui restait qu’à trouver les deux autres.

« Charmant, murmura-t-elle d’une voix blanche. »

A peine la monture de son maitre avait-elle dépassé le stade du pas que la sienne partait déjà au galop, comme si elle n’avait attendu que ce moment pour donner libre court à sa peur. Déséquilibrée par se soudain changement d’allure malgré l’avertissement de Gracieuse, Alaia tenta de reprendre le rythme de son cheval. Elle avait réussi hier, qu’est-ce qui l’empêchait de renouveler ce qui lui paraissait comme étant un exploit ? La réponse tenait en trois mots : fatigue, déconcentration et surprise. Les trois ensembles rivalisaient largement avec sa faible expérience et elle sentait son équilibre la quitter aussi rapidement que la monture de son maitre filait. Peu aidée par le terrain irrégulier – bien différent de la large et confortable route de sa précédente fuite -, l’apprentie se retrouva rapidement ballotée en tous sens, s’accrochant désespérément à l’encolure d’Impal... Avant de chuter.
Elle se reçu sur l’épaule sans chercher à étouffer un cri de douleur et de surprise mêlée mais, l’adrénaline commençant à faire effet, elle chercha rapidement à se relever pour suivre désespérément les montures qui s’éloignaient, la laissant aux bons soins des ogres. Elle eut ainsi le temps de voir son maitre se retourner et faire volter sa monture avant de jeter un coup d’œil par-dessus son épaule et de sauter sur sa gauche pour esquiver le coup monstrueux de la créature. Malgré leur apparente maladresse, ces ogres étaient rapides et, surtout, ils possédaient une force peu commune qui se sentit à travers le sol après l’impact.

Roulant sur le dos afin de prévoir la prochaine attaque de ces monstres, Alaia s’éloigna le plus vite possible, à quatre pattes pour garder ses prédateurs dans sa ligne de mire. Celui-ci tentait de l’attraper à pleines mains, se contentant d’abattre son poing de toutes ses forces sur le vers de terre qui le fuyait. Le compagnon de chasse du plus rapide venait d’arriver derrière son compagnon et cherchait à l’aider quand un immense cri d’agonie leur parvint. Son assaillant cessa de vouloir la saisir et tourna la tête vers la provenance du bruit, juste le temps nécessaire pour lui permettre de détaler. Elle en profita pour jeter un coup d’œil à la scène, des fois qu’elle risque de passer de Charybe en Scylla...

(des fois que tu veuilles nous rajouter un brûleur Rolling Eyes )

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 21 Mai 2014, 11:37

… et la vit perdre l’équilibre sur sa selle, pour tomber lourdement sur le sol.
Bon, elle ne s’était pas suffisamment accrochée, et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Mais elle ne put s’empêcher de lâcher un petit soupir, avant de faire volter les chevaux pour revenir vers son apprentie.

Sauf que les ogres étaient déjà sur elle, et la gamine évita un coup de taille en esquivait sur la gauche. Se vautrant sur le sol, Alaia marchait à quatre pattes et tentait de garder les ogres dans son champ de vision. Sauf que l’un d’eux semblait particulièrement intéressé par elle, et qu’il fallait qu’elle se relève pour lui échapper.

Un nouveau soupir franchit les lèvres de Gracieuse, et elle attrapa l’arc dans son sac, le monta rapidement, et tira sa première flèche quelques secondes plus tard.
Son trait traversa un œil, et se ficha dans le cerveau d’un premier ogre ; ce dernier tomba en hurlant, avant d’être parcouru des derniers soubresauts de la vie.

Amenant Azon et le cheval qu’avait emprunté Alaia au Domaine près des ogres qui étaient vers son apprentie, elle demanda à son cheval de les contourner, et décocha une autre flèche, qui s’enfonça dans le tendon d’achille du plus proche de l’apprentie. Ce dernier rugit, vrillant les tympans de l’Envoleuse, mais elle ramena quand même les chevaux près de l’apprentie, lança ses rênes à Alaia, avant de faire bondir Azon en avant pour décocher une autre flèche, qui vola dans la bouche de l’ogre hurlant pour lui transpercer le palais et le cerveau. Il s’écroula à son tour.


- Grimpe, dépêche !

Elle voyait du coin de l’œil de nouvelles masses s’élancer vers elles, et elle sut qu’elles étaient tombées sur une famille complète d’ogres des Collines… C’était bien leur veine !

- Accroche toi, cette fois, de toutes tes forces ! Quitte à t’allonger sur son encolure !

Une immense main passa à un cheveu au-dessus de la tête de Gracieuse, qui décocha une nouvelle flèche. Cette dernière s’enfonça sous l’aisselle de l’ogre, mais si le sang jaillit, cela se tarit très vite : leur peau était bien trop épaisse. N’empêche que cela le déconcentra quelques secondes de plus, qui permirent à Alaia de réussir à enfourcher sa monture.

Et Gracieuse talonna sa monture, qui bondit, trop heureux de ne pas avoir à affronter encore ces géants puants et répugnants. Mais l’Envoleuse, cette fois-ci, colla Azon contre le flanc de Impal, et le maintint à la même allure que l’autre étalon pour pouvoir intervenir si son apprentie perdait encore une fois l’équilibre.


ф ф ф


Elles n’arrêtèrent leurs montures que lorsque ces dernières soufflaient tellement vite et tellement fort qu’elles ralentissaient d’elles-mêmes. Leurs flancs se soulevaient à une fréquence phénoménale, et les deux étalons étaient complètement en nage, et moussaient même entre les postérieurs et aux contacts entre le harnachement de cuir et leurs poils.

Descendant de cheval, Gracieuse désangla sa monture et fit passer les rênes par-dessus l’encolure : elles allaient les faire marcher longtemps, maintenant, en espérant ne pas recroiser de prédateurs assez gros pour les reprendre en chasse.


- Pfiou, c’est pas passé loin.

Tournant son visage vers son apprentie, elle l’invita à descendre elle aussi de cheval pour que ce dernier se remette plus rapidement de cette course folle.

- Ils étaient quatre à tendre un piège, mais dès qu’il y a un hurlement d’agonie, toute la famille débarque généralement, je ne sais pas si tu as vu. Les ogres vivent en petits clans, c’est très rare qu’ils soient solitaires. Donc si tu vois un ogre, il y a de grandes chances qu’il ne soit pas seul.

Faisant rouler ses épaules, Gracieuse refit sa queue de cheval mise à mal par la chevauchée décoiffante, et continua :

- La seule manière de se débarrasser des ogres, c’est de les atteindre dans des endroits précis, où la peau est tendre. Comme la bouche, les yeux, et l’aine. D’où l’importance de la précision au lancer. On va avancer le temps que les chevaux se reprennent, et après on fera un petit cours de tir à l’arc.

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Ven 30 Mai 2014, 10:30

[c'est court pour autant d'attente, désolée >> ]

Heureusement pour elle, ce n’était que Gracieuse qui volait – encore – à son secours, mortellement efficace malgré le danger et l’énergie de son cheval. Alaia en resta bouche bée, éblouie devant la virtuosité de son maitre qui semblait se jouer des limites humaines. Sa précision chirurgicale n’était en rien amoindrie par la présence de sa monture qui répondait prestement à la moindre de ses instructions. Avant même que les ogres aient compris ce qui se passait, elle était déjà auprès d’elle, transperçant la bouche de son assaillant en lui ordonnant de se remettre en selle. Son corps, ravi de recevoir des ordres de la part d’une personne assurée, s’empressa de s’exécuter sans attendre que son esprit veuille se mettre à jour et elle se leva d’un bond pour se diriger vers l’attentif Impal. Celui-ci la reçu non sans réticence avant que leur petit groupe ne reparte au galop, monture contre monture pour éviter tout nouvel incident.

Elles poussèrent leur monture jusqu'au bout de leurs réserves afin d’être sûre d’avoir distancé les ogres. Afin de ménager leurs compagnons, elles mirent pied à terre et avancèrent côte à côte entre les collines tout en surveillant distraitement le paysage, ne voulant pas retomber sur des prédateurs. Comme l’avait dit Gracieuse : c’était pas passé loin, et la calme Alaia, peu habituée aux sensations fortes, ne voyait pas du tout leur voyage osciller entre deux fuites. Mais bon, sans doute aurait-elle du s’y attendre au vu de la réputation des mercenaires : on ne devenait pas tueur sans se salir les mains, et de toute façon elle n’avait aucune intention de mourir avant d’avoir atteint son objectif ou même de vivre assez longtemps pour le regretter.

« Ils étaient quatre à tendre un piège, mais dès qu’il y a un hurlement d’agonie, toute la famille débarque généralement, je ne sais pas si tu as vu. Les ogres vivent en petits clans, c’est très rare qu’ils soient solitaires. Donc si tu vois un ogre, il y a de grandes chances qu’il ne soit pas seul. »

Oh, une petite analyse de l’embuscade... Pourquoi pas après tout. Alaia fouilla sa mémoire en tâchant de séparer les informations essentielles de sa frayeur et acquiesça. Elle se demanda vaguement quelle expérience Gracieuse avait-elle avec les ogres – une bien fournie au vu de sa précision draconienne – et si son maitre l’avait elle aussi embarquée dans un de ces... voyages initiatique. Posant sur la silhouette agile un regard pensif, la jeune femme tenta de se l’imaginer plus jeune, inexpérimentée et goûtant aux joies de la course. Sans doute son maitre avait-elle accueilli ce genre d’aventures avec un sourire aux lèvres... Un sourire carnassier.

-« La seule manière de se débarrasser des ogres, c’est de les atteindre dans des endroits précis, où la peau est tendre. Comme la bouche, les yeux, et l’aine. D’où l’importance de la précision au lancer. On va avancer le temps que les chevaux se reprennent, et après on fera un petit cours de tir à l’arc. »
« Où se situe l’aine ? »


Elle se sentait un peu bête de poser la question, mais mieux valait ça que la mort.
Encore que, au vue de sa précision, qu’elle sache où viser ou non, ça ne changerait pas grand-chose ; mais elle ne devait pas décourager tout de suite : Gracieuse allait lui apprendre.
Afin de meubler un peu la conversation le temps que les chevaux se calment, Alaia lui raconta le peu d’expérience qu’elle avait à l’arc.

« J’ai déjà essayé le tir à l’arc la semaine dernière : un jeune mercenaire nommé Shan m’a montré la position de base et m’a laissé essayé pendant qu’il chassait avec les faëls. Je me débrouille mieux qu’au lancer de poignard , à ces mots, elle grimaça : ça n’était pas vraiment difficile ! Elle continua tout de même :Je trouve qu’il y a beaucoup de ressemblance entre ça et le lance-pierre, que je connais beaucoup mieux. »

Elle se sentait de plus en plus petite, au fur et à mesure que ces talents qui autrefois faisait sa fierté pâlissait face à ce qu’elle avait vu chez Gracieuse. Tant qu’à se ridiculiser, autant y aller jusqu’au bout :

« Et je sais tailler des flèches aussi »

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Lun 02 Juin 2014, 11:23

- Où se situe l’aine ?

Gracieuse tourna la tête vers son apprentie, avant de lui sourire, pour lui répondre que c’était le bord de la cuisse interne, à la jonction entre le tronc et la jambe, où passait une artère importante du corps. La peau est plus tendre à cet endroit, et en plus cela entraîne une mort rapide.

D’ailleurs, la jeune fille sembla se livrer un peu, expliquant d’une voix basse :


- J’ai déjà essayé le tir à l’arc la semaine dernière : un jeune mercenaire nommé Shan m’a montré la position de base et m’a laissé essayer pendant qu’il chassait avec les faëls. Je me débrouille mieux qu’au lancer de poignard. Je trouve qu’il y a beaucoup de ressemblance entre ça et le lance-pierre, que je connais beaucoup mieux.

Bon, si elle avait déjà un peu touché au tir à l’arc, c’était tant mieux. Mais le « jeune » accompagnant le « mercenaire » fit légèrement tiquer Gracieuse : cela devait être un apprenti, ce Shan. Et donc, elle espérait qu’il ne lui avait pas raconté que des bêtises.
Elle sentait Alaia se refermer sur elle-même tandis qu’elle parlait, alors qu’elle avait commencé en étant plutôt détendue : pourquoi cette gêne, soudain ? Elle préférait l’apprentie quand elle s’ouvrait un peu plus à elle ; cela lui permettait dans un premier temps de mieux la cerner et donc de pouvoir s’adapter à ce qu’elle savait, et à la manière dont elle comprenait les choses, mais cela lui permettait également d’en savoir un peu plus sur elle.
Après tout, elles allaient passer sans doute les trois prochaines années ensemble, autant que cela se passe dans de bonnes conditions, car ces conditions allaient être mises à mal par les exercices et ce qu’elle exigerait de la jeune fille. On apprend toujours mieux quand on respecte et qu’on admire son Maître, mais on apprend toujours mieux quand on sent qu’il est aussi à notre écoute, en général. Parfois, les froideurs étaient toutes calculés, pour mettre un coup de pied dans les fesses !


- Et je sais tailler des flèches aussi.

Tailler des flèches, hein ?
En cas de pénurie pour chasser, cela pouvait être bien, mais tailler une flèche n’était pas quelque chose de facile : il fallait prendre garde à l’équilibre de la flèche, son centre de gravité, le bois dans lequel on la taillait. Les plus efficaces étaient celles avec une pointe métallique ; et les pointes métalliques n’étaient pas forgeables facilement. Et si Gracieuse savait tailler des flèches totalement en bois, elle préférait les acheter, car elles étaient mieux travaillées et plus efficaces.


- Et comment as-tu appris à tailler les flèches ? Quand ?

Ecoutant la réponse, Gracieuse finit par hausser les épaules, et observa les deux chevaux qui les suivaient. Ils semblaient avoir récupéré leur souffle, aussi l’envoleuse s’arrêta-t-elle et attacha son cheval à une branche de buisson, pour revenir vers son apprentie.

Sortant un arc démontable de son sac, elle le tendit à Alaia, avant de prendre le sien également, démontable lui aussi. Ces arcs coûtaient les yeux de la tête, mais ils étaient extrêmement pratiques, et n’encombraient pas les chevaux et les selles, au moins.  Ils n’étaient pas aussi puissants que les arcs en un seul morceau, mais pour apprendre ou se sortir de situations délicates, c’était largement suffisant.

Elle tendit trois flèches à son apprentie, en pris une de plus dans son carquois attaché à la selle, et l’empenna lentement.


- La situation de tout à l’heure n’était pas très pratique pour récupérer les flèches, mais celles-là sont avec une pointe en métal : elles sont bien plus résistantes et réutilisables, et surtout plus efficaces que celles juste en bois. On va donc commencer avec ces flèches, qui sont parfaitement équilibrées. Il faudra aller les chercher.

S’avançant, Gracieuse chercha une cible des yeux, avant que son regard ne tombe sur une souche morte, tendant des branches décharnées et sèches vers un ciel parfaitement bleu.

- Comme avec le poignard, il faut essayer de te détendre, mais de rester alerte. Relâche les épaules, vise avec les deux yeux, et relâche la corde dans une expiration.

Joignant le geste à la parole, Gracieuse lâcha sa corde qui vibra, et sa flèche fila à toute vitesse vers la souche, à cinq mètres de là, s’y enfonçant profondément dans un bruit mat.


- Allez, montre-moi ce que tu sais faire, dit-elle à l’attention de son apprentie.

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