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Le Pacte VS L'Ordre
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 Groupe Nudii - Cours n°2

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Alaia Tendor
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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 25 Juin 2014, 15:39

Un soupir, un regard insistant, Gracieuse était agitée et ce n’était pas normal. La grimace qu’elle lui adressa lorsqu’elle tourna enfin un regard interrogateur dans sa direction le lui confirma : quelque chose n’allait pas. Mais quoi ? Si Gracieuse faisait cette tête, c’était qu’elle attendait qu’elle le trouve par elle-même, alors elle devait y arriver. Des meubles vides, une fenêtre cassée, ... Alors qu’elle détaillait chaque coin de la pièce, son regard tomba sur des traces de boues encore luisantes d’humidité, juste derrière la porte. Elle esquissa un sourire, même si elle était certaine que ce n’était pas ce genre de détail qui aurait du la mettre sur la voie – après tout on ne détecte pas les traces de boue à travers les portes – et suivit son maitre qui, de sa démarche féline, avait traversé la pièce vers la fenêtre et le sourire carnassier qui étira ses lèvres juste avant un cri horrifié montra bien combien elle s’amusait de la situation. D’un bond que beaucoup d’écureuils lui auraient envié,

[- Je pense que vous vous connaissez, tous les deux, puisque ce garçon nous suit depuis ce matin. N’est-ce pas, Alaia ?

La tête d’Alaia, à la fois surprise, effrayée et soulagée aurait suffit pour cette déduction. Celle-ci dévisageait Aodren avec la même peur qu’il avait dans le regard en posant les yeux sur Gracieuse. Il n’y avait qu’une chose à faire : fuir.
Cette réaction était aussi inutile que stupide : il l’avait vue, il l’avait même suivie, sa sœur lui avait sûrement dit qu’elle était chez ce noble répugnant ; mais, en posant son regard sur lui, elle avait retrouvé toute l’horreur de cette nuit qui désormais hantait les siennes, et les souvenirs heureux qu’ils avaient partagés ne faisaient que contraster cette noirceur, la rendait plus insoutenable encore. Le cri de surprise qui avait suivi son geste désespéré avait été repris à l’infini dans l’écho des pièces vides, tout comme les bruits de course. Elle devait sortir d’ici. De cet immeuble. De cette ville.
Même si courir n’était pas la meilleure des choses à faire en termes de discrétion – d’autant plus que la cheville encore fragile la faisait grimacer à chaque pas –, elle ne pouvait s’en empêcher. Sans même prendre le temps de récupérer son sac qui trainait toujours au sol, elle s’engouffra dans les ruelles qui encerclaient le bâtiment, courant au hasard des embranchements.

Son visage était trempé de larmes et son fichu avait été emporté par le vent lorsqu’elle arriva près de la rue principale. Essoufflée, la cheville douloureuse, elle s’arrêta pour s’appuyer contre le mur d’une demeure qui portait des traces récentes de brûlures. Ses vêtements et la moitié de son visage se couvrirent de suie, ce fut sans doute ce qui empêcha le garde de la reconnaître les quelques secondes qui lui durent nécessaires pour retrouver ses récents réflexes. Lorsque la main énorme s’était abattue sur son épaule dans un cliquettement d’acier, elle avait étranglé son souffle dans sa gorge et s’était retournée d’un bond en se dégageant sans ménagement. L’énergie de la course brûlait encore dans ses veines, et ses mouvements fébriles la faisaient ressembler à une biche effarouchée. Après quelques instants de surprise, qui lui furent juste assez suffisants pour reconnaître sous son casque de cuir le garde de la porte sud qui la saluait tous les matins autrefois – que faisait-il là ? Il avait sans doute été réquisitionné pour sillonner les rues qui devenaient dangereuses ces derniers temps – avant de passer sous sa garde.
Dans sa seconde peau de métal et de cuir, l’homme lui semblait maladroit, si bien qu’elle n’eut aucun mal à esquiver son bras tendu vers elle pour reprendre sa fuite, le cœur battant : avant la fin de la nuit, toute la ville saurait qu’elle était de retour.
Qu’elle idiote...

Le vent fit sécher ses larmes. Elle était sur un toit : que faisait-elle là ? Elle se souvenait vaguement de quelques prises humides et d’un tonneau vide... Aucune importance. Des rues en contrebas montait la clameur d’une ville vivante où chacun vaquait à ses occupations. Des odeurs de viande fumée envahissaient l’air, sans qu’elle ne ressente la faim qui commençait à agiter son estomac. Sans qu’elle ressente la douleur dans sa cheville. Sans qu’elle ressente la fatigue dans ses muscles. Sans qu’elle ressente autre chose qu’une peine immense qui la fit se recroqueviller sur les tuiles chaudes et les tremper de ses larmes.
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Gracieuse Dûbudchev
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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Jeu 26 Juin 2014, 12:22

Au vu de la réaction de la jeune femme, Gracieuse avait vu juste. L’expression qui se peignit sur les traits d’Alaia était un savant mélange entre une demi-douzaine d’émotions différentes, parfois contradictoires, qu’elle pouvait aussi détecter dans sa tenue toute entière, et non pas seulement dans ses yeux ou sur son visage.
Un petit sourire étira ses lèvres, juste avant qu’un soupir ne les franchisse : paniquée, l’apprentie ne put faire qu’une seule chose, partir. Fuir.

Elle n’adressa même pas un mot au garçon, qui la regarda faire, les yeux écarquillés.
Gracieuse poussa un nouveau soupir, attrapa le sac d’Alaia qu’elle avait laissé – abandonné – sur le sol pour s’enfuir, et partit à sa suite, non sans avoir lancé un avertissement au garçon.


- J’en ai pas fini avec toi !

Et elle sauta par la fenêtre, féline et insaisissable.
Suivre Alaia n’était pas compliqué, et la jeune fille était en plus moins rapide à cause de sa cheville qui devait lui être encore un peu douloureuse. Elle s’arrêta, repartit, et Gracieuse la suivit tout le long, pestant contre la suie tombée sur le visage de son apprentie : si elle en inhalait trop, ce n’était pas bon, et elle perdrait un peu de capacité pulmonaire – celle qu’elle avait développé au fil des jours – pendant un certain temps.

Un garde l’interpela, mais elle réussit à se dégager avec aisance, ce qui tira un petit sourire de fierté à Gracieuse.
Alaia courrait toujours vers les portes de la ville, elle grimpa sur les toits, ce qui fit encore une fois sourire l’envoleuse : elle prenait de bons réflexes, la petite !
Se coulant à sa suite, aussi silencieuse qu’une ombre, la jeune femme la retrouva quelques secondes plus tard à peine, recroquevillée sur un toit.

Elle poussa un petit soupir compatissant.
Gracieuse s’avança vers Alaia, sans un mot : que pouvait-elle dire ? Elle ne savait rien de la vie de son apprentie, en tout cas pas grand-chose, mais le traumatisme qui la suivait depuis le début venait de percer la surface et surtout de faire pleins de remous. Elle ne pouvait pas l’ignorer, en tant que maître, mais elle savait également que sans doute la jeune fille se braquerait à la moindre question.

Alors, elle fit ce qu’elle pensait évident : elle s’accroupit à côté d’Alaia, et la serra dans ses bras. Pour la bercer, doucement.


- Sssht. Je suis là. Tu n’es pas seule.

Que pouvait-elle lui dire de plus ?
Elle ne pouvait pas dire que tout allait bien : ce n’était pas le cas. Elle ne pouvait pas dire que cela s’arrangerait : il n’y avait qu’Alaia pour décider de cette possibilité.
Elle disait simplement la vérité.
Et elle serrait son apprentie dans ses bras.


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Alaia Tendor
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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Jeu 26 Juin 2014, 22:10

[court, désolée ^^"]

Le soleil de ce milieu de journée chauffait le corps de l’apprentie, ce qui ne l’empêchait pas de frissonner... Les hoquets qui l’agitaient résonnaient dans son corps et semblaient se propager dans toute la ville. Elle était encore à Al Vor, elle était en danger, elle devait partir...
Toutes ces considérations lui paraissaient néanmoins ridicules face à l’étau qui lui broyait la poitrine.
Il faisait chaud aussi face à la maison. En flamme.
Elle avait mal aussi face à la maison. Mal partout.
Mal au cœur.

Un souffle d’air se dirigea vers elle et s’accroupit pour la serrer dans ses bras.
La petite boule de chair se recroquevilla encore plus, protégée par son cocon protecteur qui lui murmurait des paroles apaisantes d’une voix douce aux accents de sincérité.
Je suis là.
Elle aussi avait été là lorsque sa sœur était triste.
Elle aussi avait été là lorsqu’elle avait été tuée.
Parce qu’elle avait été là, elle avait été tuée.
Sa gorge se serrait tellement qu’elle ne pouvait plus respirer.
Elle ne voulait plus respirer.
Juste mourir.

Tu n’es pas seule.
Son estomac se tordit et la bile lui brûla la gorge.
Tu n’es pas seule.
Vraiment ? Alors où était sa famille ? Où étaient ses amis ?
Elle avait fui. Abandonné Aodren et son maitre. Son passé et son avenir.
Abandonné sa vie.

Elle était morte sur ce toit.
Pourtant elle vivait encore.
Pourquoi vivait-elle encore ?

Elle était morte sur la falaise.
Pourtant elle était arrivée au Domaine.
Qu’était-elle allée faire au Domaine ?

Elle était morte dans une maison en flammes.
Sa maison en flamme.
Avec ses parents brûlés.
Et sa sœur aussi.
Pourtant elle était à l’extérieur.
Comment était-elle arrivée là ?

Elle serrait sa sœur dans ses bras. Elle la tenait contre elle, sa tête plantée dans sa chevelure si douce, et lui murmurait des paroles apaisantes d’une voix douce aux accents de sincérité.
Elle avait fait un cauchemar.
Tout cela n’avait été qu’un cauchemar.
Éveillée.
Elle était éveillée.
Réveillée.
Mais elle n’était pas chez elle.
Où était-elle ?
Tout cela n’était qu’un cauchemar.
Qui continuait.

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Erwan et Ella se sont penchés sur mon cas, merci à eux!


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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Lun 30 Juin 2014, 08:51

[ Supra court, mais du coup je voulais pas faire juste un dialogue Razz ]



Elle ne sait pas ce qu’il se passe dans la tête d’Alaia, mais Gracieuse ne la lâche pas. Elle la garde dans ses bras, alors que la jeune fille s’effondre littéralement, alors qu’elle semble perdue en elle-même. L’envoleuse se demande ce qu’elle a vécu, dans sa vie, pour en arriver à un point pareil ; ou alors que lui a fait ce garçon ?

Mais elle ne dit rien, ne demande rien, se contentant de continuer à bercer son apprentie.
C’est la seule chose à faire.
Etre là pour elle. Elle semble en avoir besoin.

Elle laissa dormir la jeune fille pendant une quinzaine de minutes, dans ses bras, avant de la secouer doucement et de déposer un baiser sur le haut de son crâne pour la réveiller.
Quand elle immergea, Gracieuse lui adressa un sourire rassurant, avant de glisser une mèche de cheveux derrière son oreille dans un geste tendre.


- Comment te sens-tu ?

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Lun 30 Juin 2014, 13:19

Un cauchemar dans une enveloppe amicale et chaude.
Un visage familier au sourire rassurant.
Un geste doux accompagné d’une voix calme.
*Les apparences sont trompeuses, reste sur tes gardes.
C’est mon maitre.*

Ces cheveux noirs, c’est Gracieuse.
Ce regard attentif, c’est Gracieuse.
Ce tigre qui veille sur elle, c’est Gracieuse.
La jeune femme se roule en boule comme un chaton, ne désirant qu’une chose : rester là, immobile. Elle était trois fois morte, elle pouvait bien se permettre de mourir encore une fois. Et une autre fois. Une infinité de fois. Qu’est-ce que cela changerait ?
*Lève-toi*

Pourquoi faire ? De toute façon elle n’avancerait pas, elle ne ferait que mourir, encore et encore. Sans jamais mourir vraiment. On se demandait bien pourquoi.
*Je sais pourquoi.*

A quoi bon le savoir ? De toute façon, elle ne pourrait rien y changer.
*Gracieuse t’a posé une question, revient.
Revient qui ?
Toi.
Où ?
Dans la réalité. Revient et répond à Gracieuse. Comment tu te sens ?*


« Vide. »

*Bah je suis là moi.
Non. Tu n’y es pas. Et l’autre non plus. Va-t-en et laisse-moi dormir.
Ni moi ni elle ne te laissera dormir. Debout.
Non.
Elle n’a pas tord...
Foutez-moi la paix.

On n’est pas là pour ça.
Parce qu’en plus vous avez un but ? Bah gérez ça toutes seules, moi je reste là.*


Elle se sent s’enfoncer plus profondément encore en elle. Totalement fermée à son environnement, elle n’entend pas les cris qui montent de la rue, accompagnés du martellement métallique caractéristique de la garde, pas plus qu’elle ne suit les mots de Gracieuse. Etrangère à son propre corps, elle ne sent pas les frissons qui la parcourent malgré la chaleur qui lui est offerte par Gracieuse et le soleil : elle a de la fièvre. Enveloppée dans une carapace de douleur, elle se laisse dériver.
Revoir Aodren a été la goutte qui a fait exploser son fragile équilibre...


[j'ai même du changer sa musique, mais qu'est-ce que vous lui avez fait?
Au passage, je sais qui elles sont ^^
celle à droite c'est sa "renaissance" d'après le meurtre de sa sœur et celle au milieu c'est celle d'après la forêt de Barail
Elle est toute cassée maintenant :'( Ce cours est pas près de se finir X) ]

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mar 01 Juil 2014, 10:00

Vide.
Alaia se sentait vide…
Gracieuse avait envie de dire : dommage. Ce fut la première chose qui lui traversa l’esprit. Parce qu’elle était là, à continuer à bercer et à rassurer la jeune fille, et que cette dernière n’arrivait pas à épancher sa tristesse. Elle préférait s’enfoncer dans ses entrailles, et s’en faire un lit douillet.

Sauf qu’on ne vit pas dans la tristesse, on ne vit pas en gardant la tête enfoncée sous l’eau.
Réflexe de survie, on essaye de battre des jambes, de crever la surface, de respirer…
Sauf lors de désespoirs trop grands, où l’on pourrait se dire que ça ne changeait rien, que l’on quitte cette terre. Que personne n’en serait affecté, au fond…

Gracieuse redressa la tête, à la place d’Alaia.
Son regard flamboya, alors que la jeune fille se recroquevillait un peu plus sur elle-même, se complaisant dans son malheur. Non ! Cela n’arriverait pas, et elle ne la laisserait pas faire : mais elle n’allait pas la forcer à vivre, ce n’était pas la bonne manière de faire.
Parce qu’après, elle ne s’envolerait jamais.
Elle devait l’aider à panser ses blessures, mais pour cela, il fallait que la gamine parle un peu.

Saisissant une gourde d’eau dans son sac, l’envoleuse la renversa en entier sur la tête de l’apprentie, plaquant ses cheveux contre sa peau.
Satisfaite de la réaction qu’elle lui tira, elle lui saisit le menton pour l’obliger à la regarder dans les yeux.

- Ca suffit maintenant. Tu vas me dire ce qu’il se passe, et tout de suite.

Sa voix était ferme et autoritaire.
Il fallait sortir Alaia de son océan de noirceur, et des fois la meilleure des choses à faire, c’était un coup de pied dans les fesses.

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mar 01 Juil 2014, 14:51

*Eh, oh, stop, reviens !

Tu n’arriveras jamais à rien si tu restes comme ça.

Elle a raison, si tu n’avances pas, tu resteras toujours un poids pour Gracieuse.

Et l’assassin restera libre !*


Malgré leurs efforts, la conscience première de la jeune femme restait enfouie, ce qui leur permettait de prendre toute leur mesure. Ce vide intérieur, comme le ressentait la jeune femme, était contre-nature, et son instinct de survie tentait de le combler en rameutant des restes enfouis de conscience. Mais ceux-ci ne pouvaient pas rester indépendants très longtemps, car ils étaient instables, aussi essayaient-ils de ramener à la surface la partie d’Alaia qui restait enfouie et qu’ils maintenaient jusqu’à présent dans l’élan qu’elle avait prit lors de sa fuite. Mais cette énergie s’était épuisée, et Alaia avait rencontré un mur...

*On n’arrive à rien... Il fait quoi Aodren, il a bien du voir que ça allait mal, non ?

Il n'est pas là, laisse Gracieuse faire.
Gracieuse ne sert à rien. Elle ne la connait pas, elle ne sait rien.
Fais attention à ce que tu dis, gamine. *


Soudain, par les sens émoussés de la jeune femme qui restait prostrée dans les ténèbres leur parvint une sensation de froid. Froid, mouillé, qui s’infiltrait partout. Voilà ce que faisait Gracieuse... S’emparant de cette nouvelle information, qu’elles amplifièrent à l’aide des souvenirs qu’elles partageaient avec la jeune femme, les deux renaissances la noyèrent sous l’eau glacée. Elles profitèrent de l’instant de surprise qui ouvrit la jeune femme pour tenter de se glisser sous son armure de verre et y instiller la tempête de sentiments contradictoires qui les animaient... Mais, loin de se débattre, Alaia laissa ce froid l’engourdir. Sans la présence de ses Renaissances, elle demeurait ancrée dans le passé, la nuit de la mort de sa sœur, dans cet état d’abattement où elle n’avait plus de volonté propre.
Heureusement qu’Aodren avait été là pour lui dire de fuir, car sinon elle serait probablement restée chez lui, malgré les gardes qui arrivaient.

Les Renaissances ressortirent avant de finir gelées elles aussi, ce qui les conduit à amincir encore le fil qui les reliait à leur conscience première. Tâchant de garder un lien malgré tout, elles se tournèrent vers l’extérieur et Gracieuse qui leur parlait. Elles ne percevaient pas les sens complexes comme la vue, ou les expressions et mouvements, mais le son et le toucher leur parvenait comme à travers un brouillard.

- Ca suffit maintenant. Tu vas me dire ce qu’il se passe, et tout de suite. ]

*On devrait lui demander de l’aide, elle sait sûrement quoi faire.

Qu’est-ce qui te le dit ?

C’est Gracieuse.*

Sans fournir plus d’explication, elle s’empara de la bouche d’Alaia et parla à sa place. A sa propre place. A sa première place. Elle ne savait pas comment l’exprimer mais percevait qu’elle s’aventurait sur une pente glissante. La gamine, percevant ce mouvement, l’ancra fermement à la Première.

« Je-elle ne t’entend pas. Je-elle s’est arrêtée dans le passé. »

Les mots étaient pâteux, le visage inexpressif, le regard vide... Tout témoignait de son manque d’expérience en la matière et elle pesta intérieurement : elle ne pouvait pas s’aventurer plus loin de peur de perdre le contact avec la Première-je mais, à ce niveau là, il lui était difficile de faire quoi que ce soi...
De l’autre côté de ses perceptions, elle sentait la gamine qui la tirait vers le bas.
*Ça ne sert à rien. Reviens, tu fais n’importe quoi. On va finir par être coupées!

Parce que tu as une meilleure idée, gamine ? railla-t-elle. Tais-toi, laisse-moi écouter.*

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 02 Juil 2014, 21:28

Alors là, c’était le pompon.
Gracieuse ne comprenait plus rien. Et c’était encore pire quand Alaia parla d’elle-même à la troisième personne. Serrant les dents, elle se demanda ce qu’elle pouvait bien faire, en réalité. Si le coup de l’eau ne fonctionnait pas, elle n’avait plus d’idées ! Il lui arrivait quoi à cette pauvre gamine ?
Parce que si elle était inquiète, l’envoleuse était de plus en plus agacée par le comportement de son apprentie. Bien sûr, elle voyait qu’elle souffrait, tout ça, et elle avait un minimum de compassion. Mais à un moment donné, il faut se sortir les doigts du cul, comme disait son père !

Elle poussa un soupir, et soudain une idée lui traversa l’esprit.
Elle observa Alaia encore quelques secondes, avant de décider que de toutes façons, elle ne semblait pas décider à bouger, et la laissa seule l’espace de quelques minutes.
L’envoleuse devait retrouver ce gosse. Celui qui s’était caché derrière la fenêtre, et qui les avait suivies tout le matin. C’était qui au juste ? Evidemment qu’il connaissait Alaia, mais pourquoi cela l’avait mise dans un tel état de le voir, hein ?
Il y avait vraiment quelque chose de pas clair.
Elle se fondit dans les ruelles en contrebas, et ne mit finalement pas très longtemps à le retrouver : apparemment, il avait essayé de les suivre, et continuait à les chercher.

Se plantant devant lui, les mains sur les hanches, le menton levé et le regard frondeur, Gracieuse planta ses yeux dans ceux du garçon.

- Toi ! Tu vas me suivre. Je ne comprends pas ce qui cloche chez Alaia. Peut-être qu’elle se réveillera en étant confrontée à toi.

Elle ne lui laissa même pas le temps de répliquer, ou même de répondre, et l’attrapa par le bras fermement, pour l’entraîner avec elle. Oh, il devait sans doute peser presque deux fois son poids, mais elle pouvait le tirer sur bien plus que les cinquante petits mètres qui les séparaient de l’apprentie dans un piteux état.

Elle lança le garçon sur le toit, et l’amena juste devant Alaia.
Attrapant le menton de cette dernière, elle la regarda un instant, cherchant à capter son regard, qui resta vide. Pinçant les lèvres d’énervement, Gracieuse ne put s’empêcher de la gifler. Peut-être que ça lui remettrait les idées en place !


- T’as de la visite, Alaia.

Elle se glissa dans son dos, pour la saisir par les épaules et la redresser. Et surtout, l’empêcher de s’enfuir à nouveau.
Jetant un coup d’œil au garçon, elle lui adressa un regard interrogateur mais autoritaire, attendant qu’il fasse quelque chose. Sinon, elle sentait qu’elle allait craquer et frapper plus fort… ce qui n’était pas une bonne idée.

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Ven 04 Juil 2014, 11:42

La seule chose qu’elle entendit fut le soupir de Gracieuse, bientôt succédé du bruit feutré de ses pas sur les tuiles, qui s’éloignaient. Après un moment de flottement, la conscience fit entendre un gémissement et se serait élancée bien trop loin si la gamine, percevant le danger, n’avait profité de ce temps pour la « saisir » et la renvoyer en arrière, la rapprochant si près de la conscience Première qu’elle s’y fondit. Anéantie par le départ de Gracieuse en laquelle elle fondait tous ses espoirs, elle servit d’amarre à la Gamine qui se garda bien de la railler. Elle sentait sa souffrance comme la sienne propre, et n’avait pas envie de la voir s’enfoncer encore plus. Doublement liée à des entités détruites, elle-même peinait à garder la tête hors de l’eau. S’accrochant désespérément aux contacts qu’elle avait encore avec le corps de la jeune femme, elle tenta de la faire bouger, se relever et avancer, mais les ancrages qui la retenaient étaient trop forts pour qu’elle puisse faire autre chose que conserver précieusement ce qu’elle avait déjà : l’ouïe et la parole.

Qui ne lui étaient d’aucune utilité.

Elle ne pouvait appeler personne, car personne ne l’entendrait. Quelle idée grimper sur un toit ! Encore un réflexe de cette Troisième. C’était aussi à cause de cela qu’elle était plus fragile.
Si elle-même était Survie, Troisième avait tenté de s’élancer vers l’Avenir, mais un pareil grand écart entre la dépression suicidaire de la jeune femme et une perspective d’ailleurs n’était pas viable. Alors même si elle était plus proche, plus liée, elle allait survivre. Elle se raccrochait à cette idée. Elle allait survivre. Elle ne finirait pas mangée comme Troisième.
Elle avait peut-être l’apparence d’une gamine – et pas n’importe laquelle... – mais elle avait la force d’un animal sauvage.

Elle ne savait pas combien de temps elle avait passé entre deux eaux, si fermement ancrée à sa place que des racines auraient pu lui pousser aux pieds, avant d’entendre quelque chose. Elle connaissait cette voix. Gracieuse. A cette évocation, Troisième s’agita dans la carapace d’écorce qui les recouvraient, elle et Première.
*Ne sors pas, pas tout de suite*, la pria-t-elle silencieusement.
 
Le petit vers bougeait dans le fruit, elle avait son ancrage. La douleur survint, surpris la gamine qui la bloqua aux frontières de l’entrelacs de consciences. Elle avait son ancrage. Elle ne devait pas le perdre.
Une autre voix. Plus hésitante. Moins proche. Connue.
Une voix qui fit battre son cœur plus vite. Percevant une réaction, elle fouilla dans la mémoire qui était à sa disposition pour chercher tous les souvenirs qui pourraient amplifier cette voix. La rendre plus claire, plus vive. Pour chaque mot prononcé elle trouvait dix situations différentes où il l’avait déjà dit. Dix flèches impalpables qui s’enfonçaient dans la carapace et faisaient bouger la Première.
Ce fut le contact qui la fit sortir. Une main grande, chaude, rugueuse, qui lui mangeait la joue et vint cueillir la larme qui s’était échappée, bien vite suivie de milliers d’autres. Dans un élan, Alaia le prit dans les bras pour aller se percher sur son épaule.

Intérieurement, la carapace avait fondu et la Première conscience retrouvait doucement ses marques, alors que les deux autres faisaient tout pour se fondre dans le paysage et réguler les émotions fortes. Telles deux anges gardiens, elles observaient de loin tout en étant si proches... L’explosion intérieure avait laissé des cicatrices qui disparaitront avec le temps... du moins voulaient-elles le croire. Après tout, une fois que la Première aura franchi le mur qui les séparait, il n’y avait aucune raison qu’elles ne puissent pas continuer.

Ces bras forts qui l’entouraient, cette odeur familière qui la calmait, ces larmes partagées qui s’échappaient, elle se sentait protégée dans cet environnement qu’elle connaissait. Elle avait besoin de se sentir comprise et pas seulement écoutée. Elle ne voulait pas attirer l’attention, voler ce soutien qu’elle ne pensait pas mériter – après tout, c’était sa faute s’il l’avait tuée, si elle n’était pas revenue cela aurait été elle la survivante... –, ou expliquer à Gracieuse que son apprentie était encore plus fragile qu’elle ne l’imaginait : elle cherchait un échange. Et Aodren, dans cette affaire, avait aussi été touché, il était donc le plus à même de la comprendre. La preuve en était que ses larmes trouvaient écho dans les yeux de son ami d’enfance, et qu’elle les sentait tremper son épaule. Elle était rassurée de se sentir autant soutien que soutenue, utile enfin à quelqu’un qu’elle aimait.

« Venez, je vous emmène chez moi, fit-il après un moment de silence. Ne t’inquiète pas, mes parents ne sont pas là et ma sœur ne dira rien, continua-t-il en la sentant frémir dans ses bras. »

Qu’il ait ainsi prit en main la situation fit sourire Alaia, tant cela lui rappelait les bons moments qu’ils avaient passés ensembles. Ces deux semaines qui lui avaient paru durer un an n’avaient visiblement pas ébranlé son assurance. Elle poussa un petit soupir de contentement. Elle était protégée par une montagne, il lui semblait que rien ne pouvait lui arriver. Se redressant en tremblant, elle se tourna vers Gracieuse, dans l’attente de sa réponse.

Elle eut un sourire timide en songeant qu’elle allait sans doute les faire passer par les toits, et se disait qu’elle aussi avait des surprises à réserver à Aodren. Bien vite, il disparut : comment allait-elle lui expliquer ? Ce choix qui s’était fait presque malgré elle, s’imposant comme le seul chemin possible alors qu’elle suivait Shan, lui semblait impossible à justifier auprès de lui. Lui qui avait certes souffert, mais en trouvant un chemin différent pour en sortir, allait-il approuver cette Voie qu’elle arpentait et qui constituait son seul espoir ?

Aurait-elle à choisir entre lui et Gracieuse...
Son cœur se serrait alors qu’elle priait pour que ce ne soit pas le cas.

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Lun 07 Juil 2014, 09:31

Gracieuse observait.
Elle observait ce garçon qui essayait de communiquer avec son apprentie, qui essayait de la sortir de sa torpeur. Elle sentit clairement une résistance de la part de la jeune fille, qui s’estompa quand il la toucha. Un geste plein de tendresse, qui témoignait sans aucun doute du fait qu’ils s’étaient connus. Pourtant, aucun geste déplacé, il se contentait de la serrer contre lui, et elle lui rendait son étreinte.

Elle lui rendait son étreinte.
Il y avait peut-être un espoir, au fond. Mais l’envoleuse ne savait pas trop à quoi s’en tenir pour le moment : elle n’y comprenait rien, malgré ses facultés d’analyse. Elle se doutait de pas mal de choses, d’un traumatisme, du fait que l’apprentie ne cessait de se cacher et de vérifier autour d’elle depuis qu’elles étaient rentrées dans Al-Vor, et même avant. Depuis qu’elles avaient croisé la caravane du seigneur. Il y avait quelque chose : elle se doutait qu’Alaia avait grandi dans cette ville et qu’un drame était survenu, peut-être qu’elle l’avait instauré ou qu’après, sous le coup de l’émotion, elle avait fait encore plus de bêtises.
L’envoleuse se doutait de tout cela, cependant elle n’avait pas plus de détails qui lui permettraient de comprendre exactement – en tout cas un peu mieux -  ce que ressentait Alaia. Elle était là pour lui apprendre à se dépasser, à vaincre ses peurs, et surtout à avancer. On vit avec ses erreurs, malheureusement, on ne les oublie pas, tout comme son passé et les traumatismes qui ont pu joncher une vie.

Alors, Gracieuse ne bougeait pas, se contentant de fixer ce drôle de couple sur les toits, se pleurant mutuellement dans les bras pendant un long moment. Combien de temps ? Elle ne savait pas exactement, mais cela lui sembla être une éternité.
Au bout d’un moment, le garçon se redressa doucement.

- Venez, je vous emmène chez moi. Ne t’inquiète pas, mes parents ne sont pas là et ma sœur ne dira rien.

Ah la bonne heure…
Elle n’avait pas la moindre envie de suivre ce garçon. Mais en même temps, elle ne pouvait pas porter Alaia jusqu’au domaine – enfin, elle le pouvait, mais elle ne le voulait pas. Si cette gamine voulait vraiment devenir envoleuse, il fallait qu’elle passe au-dessus de sa tristesse et de sa mélancolie, et surtout de sa douleur. Parfois, l’exercice marchait et permettait de compartimenter son esprit pour traiter une chose à la fois : Gracieuse était plutôt ce type de personne. Mais si elle avait cru un moment qu’Alaia était faite un peu du même bois, elle se rendait compte de son erreur désormais : non, la jeune fille devait faire face à ses problèmes.

Ce n’était pas facile, et le garçon lui donnait l’occasion de le faire, en quelques sortes.
L’envoleuse finit par pousser un soupir et croiser ses bras sous sa poitrine, observant Alaia.


- Bon, très bien. On te suit.

Mais elle ne fit pas un seul pas vers Alaia : c’était à l’apprentie de se lever. Et quand elle vit le garçon s’approcher d’elle pour l’aider à se soulever, elle l’arrêta immédiatement en lui attrapant le bras.


- Je sais que tu veux l’aider, mais la porter ne l’aidera pas. Il faut qu’elle ait envie de se relever, maintenant.

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Dim 03 Aoû 2014, 22:14

Gracieuse lui semblait distante, réservée et son ventre se serra. Quand son maitre la regardait comme cela, elle se sentait éminemment vulnérable. Et si elle refusait ? Comment expliquer à Aodren qu’elle doive la suivre...

- Bon, très bien. On te suit.

Un soupir de soulagement qu’elle avait voulu discret mais n’avait pas échappé à l’envoleuse s’échappa de ses lèvres et le sourire qu’elle adressa à son ami d’enfance fut un tout petit peu moins crispé. Jusqu’au moment où son maitre l’attrapa par le bras.

- Je sais que tu veux l’aider, mais la porter ne l’aidera pas. Il faut qu’elle ait envie de se relever, maintenant.

Il faut qu’elle ait envie de se relever maintenant.
Elle sentait qu’il y avait quelque chose de plus derrière ces paroles. Une sorte... d’engagement. Se relever, c’était continuer à avancer. C’était promettre de faire face... la prochaine fois. Pourquoi était-elle sûre qu’il y aurait une prochaine fois ?
Les yeux de Gracieuse le lui disaient. Elle n’allait pas pouvoir se dérober plus longtemps. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale, malgré le fait que l’après-midi ne commence qu’à peine à décliner, et elle sentit son équilibre intérieur trembler. Ses deux compagnes d’infortune s’accrochaient fermement et la rassurèrent : Gracieuse et Aodren étaient avec elle, elle ne pouvait pas se perdre. Pourtant, une petite pointe l’aiguillonnait : elle ne pouvait pas toujours compter sur les autres.
Prenant conscience qu’une poignée de secondes s’étaient écoulées, elle se leva et se retint de relever le petit relâchement d’épaules d’Aodren qui était visiblement soulagé et, enchainant comme de rien n’était.

« Tu devras suivre au moins à trois personnes de distance, peu de temps est passé et les g... il vaut mieux que nous sortions séparément. »


Notant son hésitation, Alaia préféra  garder son idée pour elle.

« D’accord, chacun de notre côté et on se rejoint chez toi. »

Lui adressant un demi-sourire, elle le regarda descendre avant de se diriger vers l’autre extrémité du toit, là où il n’y avait qu’un mètre à sauter afin d’accéder à la demeure voisine. Elle se tourna vers son maitre et expliqua :

« Un garde m’a vue et sans aucun doute reconnue avant... en début d’après-midi. Je pense qu’il est plus prudent pour moi de ne pas arpenter les rues... Alors autant continuer dans les airs. Le seul problème sera pour la porte... »

La réponse s’imposa, évidente : elle n’avait qu’à passer par la muraille. Le tout était de passer à temps pour éviter la ronde des gardes, mais elle ne pourrait en juger que sur place. Souhaitant éviter que son maitre ne profite de ce qu’elles soient seules pour lui parler des... récents évènements, elle mit tout ce qui lui restait d’énergie dans la course sur les tuiles et les poutres. Le précédent abandon de son corps la rendait maladroite, et elle sentait comme des fourmis dans ses membres, aussi l’exercice lui fit-il du bien, lui permettant de réfléchir et de remettre en place ses idées. Au fur et à mesure qu’elle se rapprochait du mur gigantesque qui s’élevait d’un étage plus haut que les toits, elle dut ralentir et se faire plus discrète sous peine d’être repérée par les gardes qui faisaient leur ronde.
Heureusement pour elle, ils n’étaient que peu nombreux. Elle s’aplatit contre le mur sombre et jeta un coup d’œil à son maitre qui ne semblait pas mécontente qu’elle reprenne des initiatives. Son plan était si simple qu’elle ne doutait pas un instant qu’elle l’eu compris, aussi ne perdit-elle pas de temps et commença-t-elle à grimper en tendant l’oreille : à mi-parcours elle ralentit en percevant le cliquetis métallique caractéristique de l’armure des soldats. Laissant son souffle redevenir lent, elle le laissa passer et, dès qu’elle fut certaine qu’il fut assez loin, elle s’élança en arpentant vite et bien le chemin qu’elle avait tracé mentalement pour ces deux derniers mètres, franchit le chemin de ronde en deux bonds et, face au vide, inspira un grand coup avant d’attraper un crochet qui sortait du mur et servait la nuit pour les torches et de s’en servir pour assurer son équilibre alors qu’elle plaquait ses pieds contre le mur et serrait si fort le métal que ses phalanges étaient blanches.
Percevant sans oser la regarder la présence de Gracieuse à ses côtés, elle se concentra sur la paroi qu’elle surplombait et serrait les dents en constatant que, malheureusement, la paroi était plus lisse de ce côté. C’était logique, car cela avait pour but d’éviter les intrusions... Mais ça ne l’arrangeait pas vraiment. Et même pas du tout. Elle inspira à fond et mit toute sa concentration dans sa descente, se rassurant intérieurement en se répétant que Gracieuse était à ses côtés. Et celle-ci eut en effet son rôle à jouer lorsque, à deux reprises, un de ses pieds glissade sa prise bien trop mince et qu’elle se retrouva crispée sur ses appuis, la main forte et réconfortante de son maitre dans son dos qui la plaquait contre la pierre.

En posant les pieds au sol, elle eut une brève pensée pour ses premiers essais chez les faëls durant lesquels elle avait été toute aussi contente de retrouver la terre ferme. Ses jambes tremblotaient, et elle chassa la peur qui résidait en elle dans une course qui la mena directement à travers champ chez Aodren. Heureusement pour elle, les paysans n’étaient plus dans leurs champs à présent, aussi eurent-elles le champ libre pour une série de sprints qui la laissa soufflant comme un bœuf aux abords de leur objectif... Une pointe de jalousie la saisit momentanément à l’encontre de son maitre : pourquoi était-elle la seule à souffrir de ces exercices ?  

Légèrement inquiet de ce qu’elle ne l’ait pas rejoint mais se retenant malgré tout de jeter des coups d’œil derrière lui tous les deux pas, Aodren arriva enfin en vue de sa demeure et ses lèvres se réduisirent à une mince ligne blanche. Il n’était plus temps de s’inquiéter d’Alaia, mais de sa sœur. Malgré l’assurance dont il avait fait preuve devant les deux femmes, il lui faudrait négocier sévèrement avec sa sœur pour lui faire accepter la présence de la jeune fugitive. Ces derniers temps, les groupes de soldats qui arpentaient les alentours proches de la cité s’étaient multipliés, car la chaumière de son amie n’était que la première d’une liste qui allait s’allongeant. Presque une fois par semaine une habitation était attaquée. Le rythme n’était pas régulier, les lieux semblaient pris au hasard, alternant alentours proches et compagne plus lointaine, mais il n’y avait jamais aucun survivant.
Le tueur avait son bouc émissaire, il était désormais inutile de contredire les rumeurs qui naissaient dans la cité, celles qui disaient que, lors de son compagnonnage – certains disaient même que cela remontait à bien plus longtemps-, Alaia avait rejoint une sombre secte qui voulait faire chanter les autorités et prendre le pouvoir sur la ville. Aodren bouillait intérieurement à chaque fois qu’il entendait ces rumeurs, mais la présence de cette élégante femme aux côtés de son amie ne pouvait que l’inquiéter. Il se dégageait d’elle une aura qui le mettait mal à l’aise, d’autant plus après la scène de l’après-midi.

Il prit une brève inspiration et tourna la poignée. Le grincement des gonds du alerter sa sœur, car elle apparut rapidement à l’angle de sa chambre, visiblement tendue, mais sourit et accourut vers lui lorsqu’il entra.

« Alors, tu as pu la voir ?
- Oui, et elle allait moyennement bien... Donc elle va venir ici ce soir, c’est plus prud...
- Elle vient ici ?
s’exclama-t-elle d’une voix qui frôlait dangereusement les limites de l’audible dans les aigus.
- Chut... moins fort, s’il te plait...
- Oui, je dois parler moins fort, exactement pour la même raison qui dicte qu’il est hors de question qu’elle s’approche d’ici : parce que depuis deux semaines un garde passe par ici toutes les heures.
»

Sa voix était descendue en volume mais sa colère, elle, n’était que plus glaciale. Et le jeune homme était désemparé face à elle. Bien sûr, il comprenait qu’elle ait peur, qu’elle préfère la sécurité de l’ignorance, mais pour sa part il ne pouvait pas revenir sur sa parole, sur sa proposition lancée si naturellement qu’il lui semblait avoir renoué avec une longue et heureuse partie de son enfance... qu’il espérait encore pouvoir prolonger.

« Ecoute, fit-il en lui prenant les bras, si tu veux tu peux aller chez ton amie en ville, et tu n’auras qu’à prétendre que tu n’en savais rien.
- Mais tu n’as rien compris,
rétorqua-t-elle en se dégageant. Si tu l’amènes ici c’est toute la famille qui sera mise de côté. Pourquoi faut-il que tu me fasses regretter de t’avoir dit qu’elle était là ? La voir en ville ne t’a pas suffit ?
- Elle allait mal, Mylla. Rends-toi compte que ça fait deux semaines qu’elle fuit et elle revient ici...
- Si tôt. Elle n’avait qu’à rester loin !
- Je ne suis pas sûre qu’elle l’ait pu...
- Comment ça ? C’est à cause de cette noble ?
-       Sans doute, je ne sais pas exactement ce qui... »


On frappa à la porte et il ne fut plus temps de discuter. Sa sœur pâlit brusquement et recula de plusieurs pas tandis que des larmes naissaient dans ses yeux. De colère et de tristesse... Elle disparut dans sa chambre et en claqua la porte sans entendre le soupir qui s’échappa des lèvres de son frère : ce n’était qu’une enfant à ses yeux, mais il regrettait de jeter un froid entre eux qui s’étaient si bien entendus malgré leur différence d’âge. D’un pas lourd, il alla ouvrir la porte et accueillit les deux femmes avec un sourire crispé.

« Entrez, vous pouvez vous installer dans ma chambre, je vais fermer les volets de la maison... Les patrouilles sont fréquentes par ici. »[/b]

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Lun 11 Aoû 2014, 21:38

Gracieuse observa Alaia qui était toujours un peu hébétée. Sinon, pourquoi aurait-elle hésité à se relever ? Parce qu’elle n’avait aucune volonté ? Non, elle refusait d’y croire : après tout, cela faisait déjà une bonne dizaine de jours qu’elle était avec elle, et la jeune fille n’avait jamais vraiment fait preuve de manque de volonté, au contraire. Cela devait être autre chose. Quelque chose comme un traumatisme, mais l’envoleuse n’avait aucune idée de quel type de traumatisme cela pouvait bien être. En tout cas, cela l’avait sérieusement ébranlée, au point où la jeune fille se perdait complètement dans son propre esprit ; et ça, ce n’était jamais bon.

Mais Alaia finit par se relever, tremblante, et soulageant Aodren au passage. L’envoleuse suivit leur conversation d’une oreille distraite, entièrement concentrée sur la jeune fille, qui semblait retrouver un semblant de confiance, en tout cas suffisamment pour cesser de trembler comme une brindille ballottée par le vent.


- Un garde m’a vue et sans aucun doute reconnue avant... en début d’après-midi. Je pense qu’il est plus prudent pour moi de ne pas arpenter les rues... Alors autant continuer dans les airs. Le seul problème sera pour la porte...

Gracieuse haussa un sourcil : un garde ? Mais qu’est-ce que les gardes de la ville venaient faire là-dedans ? Qu’avait donc fait la jeune fille pour se mettre les gardes à dos ? Cependant, parfaitement consciente que cela n’était pas le moment d’en parler, l’envoleuse se contenta de hausser les épaules, et de laisser Alaia prendre la tête de leur petite expédition. Pas de porte ? Vive l’escalade, dans ce cas ! C’était simple, et elle n’avait même pas eu à le dire à la jeune fille ; preuve qu’elle commençait à mieux appréhender son enseignement et l’idée qu’elle se faisait d’un envoleur, plus en général.

Si l’escalade n’avait pas été compliquée malgré la présence des gardes, la descente avait été plus hardue, et Gracieuse avait bondit à plusieurs reprises pour venir en aide à Alaia, qui avait encore du mal avec les prises fines et lisses. Mais c’était aussi normal, puisqu’elle commençait tout juste à escalader – en tout cas, si elle savait faire, c’était plutôt dans des conditions idéales. Mais l’envoleuse laissa la jeune fille se gérer du mieux qu’elle pouvait, se contentant d’être plus qu’un soutien, simplement son ombre, la suivant sans un bruit, aussi silencieuse qu’un souffle d’air.
Gracieuse comprenait parfaitement pourquoi Alaia tenait autant à courir, sauter, sprinter : elle voulait essayer d’oublier. La seule chose qu’elle ne comprenait pas, ou plutôt qu’elle ignorait, c’était qu’est-ce qu’elle tentait vainement d’oublier ? La gamine avait besoin d’en parler, quoi qu’elle en dise.

Sauf que l’envoleuse n’était pas stupide, et surtout elle affectionnait particulièrement ces histoires d’image en société. Elle n’allait pas imposer cela à la jeune fille, tout simplement parce que cela aurait été contre une quelconque prise de proximité avec cette dernière, sapant l’infime connivence qu’elles avaient développée durant ces derniers jours. Enfin, pour l’instant, c’était ce qui lui paraissait le plus censé.

Elles arrivèrent rapidement devant une maison, et Gracieuse put entendre des bribes de conversation à travers la porte mal fermée, grâce à la finesse de son ouïe.


- Comment ça ? C’est à cause de cette noble ?
- Sans doute, je ne sais pas exactement ce qui...


Un soupir franchit les lèvres de l’envoleuse : ah la bonne heure, en plus maintenant ils avaient des doutes quand à elle-même. Et en même temps, ils n’avait pas tort ; sauf que ce n’était pas elle qui avait rallié Alaia au chaos : la jeune fille l’avait très bien fait toute seule. On ne pouvait pas lui mettre la charrette sur le dos, tout simplement. Et elle n’allait pas se renier pour autant : quelques gardes ne sont pas capables d’arrêter un envoleur. Surtout pas une envoleuse aussi bien foutue que Gracieuse… et en plus, elle avait sa botte secrète. Elle n’hésitait jamais à utiliser sa greffe quand c’était nécessaire, et surtout si elle ne laissait aucun survivant.

Alaia frappa à la porte, qui s’ouvrit presque immédiatement sur la silhouette d’Aodren.


- Entrez, vous pouvez vous installer dans ma chambre, je vais fermer les volets de la maison... Les patrouilles sont fréquentes par ici.

Gracieuse pinça les lèvres un instant.
Et puis, elle ne put pas se retenir : elle posa finalement la question qui lui brûlait les lèvres.

- C’est quoi cette histoire de gardes ? Qu’est-ce qu’ils peuvent en avoir à faire de vous, sérieusement ?

Bon, il y avait des manières plus délicates de demander les choses, et surtout moins brutales, mais Gracieuse, si elle pouvait comprendre la peur d’Alaia et son traumatisme, commençait à être à bout de nerfs, et prodigieusement agacée par toutes ces cachoteries. Là, tout de suite, elle était même prête à asticoter méchamment le garçon pour avoir des réponses !


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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mar 19 Aoû 2014, 14:33

[court, désolée je n'ai pas trop le temps d'approfondir plus ^^"]

Le sourire timide d’Alaia se crispa avant de disparaître lorsqu’elle entendit la question - entièrement justifiée mais non moins embarrassante - de son maître. A quelques pas d’elles, Aodren s’était immobilisé à mi-chemin des volets de la cuisine avant de se retourner lentement en laissant son regard glisser sur Gracieuse avant de s’arrêter sur son amie d’enfance. Son message y était gravé dans ses iris si claire que l’on semblait lire son âme : à elle de décider ce qu’elle dirait ou non. Lui-même ne savait pas ce qu’elle avait révélé à cette inconnue dont il ne faisait que supposer le rang, et ne voulait pas lui faire de tord en contredisant un mensonge qui l’avait jusque là protégée. La jeune femme, de son côté, si elle appréciait l’initiative, ne s’en trouvait pas moins gênée. Son maître semblait agacée par ses cachotteries, même si elles lui semblaient sur le coup nécessaires… Inévitables… Comment le dire alors qu’elle-même peinait à l’accepter. Elle avait pu la mettre de côté un temps, mais son retour sur sa terre natale avait rompu le barrage mental qui retenait les flots noirs de sa peine.
Mais cela justifiait-il le fait de tout révéler à Gracieuse ? On disait souvent que tout raconter à quelqu’un permettait de surmonter ce genre de choses, mais de ce qu’elle en avait entendu, venir chez Aodren avait surtout réussi à leur attirer des ennuis. Il était sûr qu’un maître envoleur était amplement plus qualifié pour faire face à ce genre de problème… Pourtant elle n’arrivait pas à se défaire de ce besoin de garder sa peine cachée, non qu’elle en ait honte mais, elle qui avait toujours voulu se montrer discrète ne voulait pas étaler sa vie, monopoliser l’attention…
Commencer à en parler, montrer et accepter la profondeur de la blessure qui avait déchiré son âme, n’était-ce pas prendre le risque de se noyer dans sa peine ?
La garder pour elle aussi, les événements de l’après-midi en était la preuve…

Voyant que l’envoleuse était visiblement déterminée et s’apprêtait à insister, la jeune femme prit les devants avant que la situation en devienne plus embarrassante encore, et l’invita à entrer. Aodren reprit son mouvement – et son souffle – et ferma les volets de la cuisine avant de prendre un siège à gauche de la jeune femme. Celle-ci appréciait la confiance qui irradiait du jeune homme et qu’il cherchait visiblement à lui insuffler, et en avait clairement besoin… Etre assise lui permettait certes d’avoir un appui stable mais la mettait aussi en position d’infériorité par rapport à Gracieuse, aussi n’attendait-elle qu’une chose : que celle-ci occupe à son tour la place qui lui faisait face. Une fois cela fait, elle prit une grande inspiration, passa sa langue sur ses lèvres aussi sèches que sa gorge et commença à lui expliquer.
Sans aller dans les détails, elle lui présenta sa famille d’une voix étranglée et, n’ayant pas le courage de lui en parler très longtemps, fit au plus court.

« … qui a…vait 8 ans. Le jour du retour de mon apprentissage, je les ai trouvés… morts… et un archer attendait et… a fait croire que c’était moi…. Le garde n’a pas voulu me croire… Ca faisait presque cinq ans que je m’était absentée et deux que j’avais quitté la ville… »

Voyant qu’il lui devenait de plus ne plus difficile de continuer, son ami prit la relève.

« Depuis qu’elle est partie, beaucoup racontent qu’elle a été enrôlée dans une secte, un groupe violent, et qu’il s’agissait là d’un rite de passage ou d’une idée dans le genre… De plus, la maison avait été brûlée, et une destruction aussi totale… un tel chaos ne sert personne. Avant-hier, une autre ferme a été attaquée, depuis les gens ont peur… »



[juste au cas où, c’est bien un apprenti mercenaire qui a brûlé la maison, durant son deuxième cours ^^ La deuxième je ne sais pas, c’est sans doute un petit groupe de bandits, une sorte de alpha-test des Blancs qui s’amusent à effrayer la ville… c’esy juste si tu décides que Gracieuse en sait quelque chose, elle est maitre après tout Wink ]

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 27 Aoû 2014, 14:52

[ Désolée pour le temps de réponse ! ]





Gracieuse poussa un long soupir qui en disait long… Mais resta silencieuse. Elle attendait d’en savoir un peu plus, et prit rapidement place sur une chaise que lui désignait le garçon.
Ce dernier avait fermé les volets et était venu s’installer près d’elles.

Alors, Alaia raconta un peu ce qui lui était arrivé.
L’envoleuse sentait son appréhension, et surtout la tristesse et la douleur dans sa voix, dans son attitude toute entière. Elle fut prise d’un élan de tendresse, mais se contenta de redresser les épaules alors que la jeune fille lâchait d’une voix tremblante :


- Le jour du retour de mon apprentissage, je les ai trouvés… morts… et un archer attendait et… a fait croire que c’était moi…. Le garde n’a pas voulu me croire… Ca faisait presque cinq ans que je m’était absentée et deux que j’avais quitté la ville…

Un archer ?
Gracieuse se mordit l’intérieur de la joue.
Cette histoire lui rappelait quelque chose, c’était un fait. Une maison brulée près d’Al-Vor, un alibi parfait… Un éclat passa dans son regard : mais oui ! C’était une mission que les mentaïs avaient placardé dans la section des envoleurs. Si elle se souvenait bien, c’était un apprenti envoleur du nom de Gark qui avait récupéré la mission. Un apprenti, qui n’avait demandé de compte à personne et dont le maître s’était débarrassé quelques jours plus tard.
Ça avait fait polémique d’ailleurs, mais Gracieuse était complètement d’accord avec l’envoleur qui s’était débarrassé de son apprenti : il y a des moments où c’est la seule solution.


- Depuis qu’elle est partie, beaucoup racontent qu’elle a été enrôlée dans une secte, un groupe violent, et qu’il s’agissait là d’un rite de passage ou d’une idée dans le genre…

Relevant les sourcils, Gracieuse plissa les yeux.
Un rite de passage ? Non, même chez les envoleurs on ne faisait pas ce genre de choses : on avait besoin de recrues avec toute leur tête, capables de prendre des décisions et d’être complètement indépendants pour pouvoir bien faire les choses. Or, une telle épreuve lobotomise complètement les gens, c’était un fait. Gracieuse était même certaine qu’il y avait des effets chimiques dans le cerveau qui détruisaient les neurones dans des cas extrêmes comme ceux-là – devoir tuer les gens qu’on aime, pour un quelconque gourou.


- De plus, la maison avait été brûlée, et une destruction aussi totale… un tel chaos ne sert personne. Avant-hier, une autre ferme a été attaquée, depuis les gens ont peur…

Un léger soupir franchit les lèvres de l’envoleuse.
Pour les dernières attaques, elle n’avait aucune idée de ce que cela pouvait être, par contre. L’ordre de mission avait été annulé : pour les mentaïs, tout avait été détruit, même si cela n’avait pas été le but premier.

Sauf qu’Alaia ne savait pas que c’était l’ordre dans lequel elle s’était battue pour rentrer qui avait réalisé cela. Gracieuse pouvait bien s’arranger avec les mentaïs pour infliltrer les gardes et les mettre sur une autre piste que celle de son apprentie, mais le mal était fait dans le cœur de l’apprentie, et pas ailleurs.

Gracieuse finit par hausser les épaules, et se redressa sur sa chaise.


- Ils sont vraiment stupides ces gardes, fit-elle en secouant la tête. C’est donc ça… Tu penses que je suis une sorte de gourou qui a enrôlé Alaia ?

L’envoleuse avait planté ses yeux dans ceux du garçon. Elle souriait légèrement.

- Déjà, je ne suis pas un gourou. J’enseigne, je suis maître. Ensuite, personne n’a obligé Alaia à nous rejoindre, ni à me suivre. Juste elle-même… N’est-ce pas Alaia ?

Elle ne s’attendait pas vraiment à une réponse. Ni même à un acquiescement. Elle n’obligeait pas la jeune fille à rester avec elle, c’était un fait.
Et à vrai dire, elle se fichait bien de ce que pouvait penser ce gamin aussi.


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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 27 Aoû 2014, 19:43

[aucun soucis Wink ]

Si Alaia n'avait pas eu le courage de relever les yeux pour regarder son maître, elle n'en avait pas moins suivi ce qu'Aodren avait dit avec attention. Et ne put s'empêcher de se sentir gênée sous ce qu'elle imaginait être le feu du regard de prédateur de Gracieuse : elle ne pouvait ignorer les ressemblances entre les mercenaires du chaos et le « groupe violent » auquel il faisait allusion, particulièrement lorsqu'il prononça le mot « chaos ». Elle ne pouvait concevoir que le responsable soit un mercenaire, et ne pensait qu'à l'image que la jeune envoleuse aurait d'elle.. et qu'Aodren aurait d'elle lorsqu'il comprendrait – car elle ne doutait pas que son maitre réagisse à cette annonce – d'autant plus qu'ils étaient chez lui. Elle ne voulait pas qu'il se sente obligé de les laisser dormir ici mais...
Trop tard pour réfléchir, car les mots résonnaient déjà dans l'air.

- Ils sont vraiment stupides ces gardes, fit-elle en secouant la tête. C’est donc ça… Tu penses que je suis une sorte de gourou qui a enrôlé Alaia ?

Aodren, surprit, se troubla devant le petit sourire en coin qui naquit sur les lèvres de la femme qui lui faisait face – mais qui pouvait rester impassible devant une expression aussi calme et dangereuse à la fois?
L'apprentie ayant relevé la tête en entendant les mots de son guide sur la Voie du Chaos, elle pouvait clairement lire les émotions sur son visage et, en guise de piètre réconfort, serra sa main dans la sienne. Avant qu'il n'ait pu tourner son visage pour la questionner de ses yeux si clairs, la suite des explications arrivaient.

- Déjà, je ne suis pas un gourou. J’enseigne, je suis maître. Ensuite, personne n’a obligé Alaia à nous rejoindre, ni à me suivre. Juste elle-même… N’est-ce pas Alaia ?

Être ainsi exposée de manière aussi directe devant son ami d'enfance déclencha en elle un réflexe de repli, accentué par la surprise et l'incompréhension qui assombrissaient son regard. Bien sûr qu'il comprenait qu'il ne s'agissait pas d'une formation d'ébénisterie... Gracieuse n'avait pas la carrure et elle avait déjà la marque de compagnonnage. Mais comment lui expliquer son choix, alors qu'elle-même n'était pas sûre de la raison qui avait guidé ses pas – était-ce d'ailleurs la raison qui lui avait soufflé que cette voie que lui proposait Shan était la meilleure chose à faire ou le désespoir?
Muette, elle fouillait dans ses souvenirs, se repassait la rencontre avec le jeune homme aux cheveux blancs pour en extraire  la volonté si évidente qu'elle avait ressenti à ce moment là.

Au début, j'ai suivi Shan car il pouvait me présenter à un maitre d'armes.

Un parfum de mort flottait clairement dans ses paroles et elle ficha le bleu sombre de ses yeux dans le gris qui lui faisait face.

La justice d'Al Vor ne fera rien pour retrouver celui qui a … fait ça.

Il l'avait bien vu: il était inutile de tenter de faire entendre sa voix, car c'était sa parole contre les faits. La suite était assez limpide pour qu'elle n'ait pas à l'exprimer.
Car elle ne voulait pas l'exprimer.
Son ami souhaitait visiblement parlé mais les mots semblaient coincés derrière ses lèvres. Au bout d'un long moment de silence qui la mit presque au supplice, il finit par hausser les épaules:

« Je comprends pourquoi tu le cherches. Je ne l'approuves pas je le comprends..

Il se leva, semblant considérer que la discussion était terminée et la jeune femme ne le retint pas – et esquissa même un petit soupire de soulagement - : cela faisait beaucoup à digérer et elle devait déjà se réjouir qu'il est aussi bien réagit.
Sur la porte de la chambre dans laquelle était sa sœur, il se retourna avec des ombres plein les yeux et lâcha d'une voix où perçaient les tiraillements de l'incertitude.

« Rien n'empêche que vous pouvez tout de même rester ici... Mais ne vous faites pas remarquer. »

C'était sans doute plus qu'elle-même n'aurait fait et la confiance en elle qu'il témoignait et étendait à Gracieuse lui mit les larmes aux yeux. Elle qui redoutait plus que tout cette rencontre depuis qu'elle avait commencé l'entrainement avait finalement trouvé un soutien...
Elle étouffa la joie qu'elle sentait naitre en elle-même : moins qu'un soutien, car il avait expressément dit qu'il ne l'approuvait pas...
Mais la compréhension était là, une entente réciproque basée sur ce qu'ils avaient partagé durant leur jeunesse.
Intérieurement, elle se sentait comme apaisée. Les éclats de verre qui lacéraient son âme n'étaient pas moins tranchants, mais elle retrouvait son unité, petit à petit.
Elle se tourna vers son maitre, presque sûre que celle-ci allait préférer la faire chasser et dormir dehors... Après tout, son pire ennemi ne s'appelait-il pas facilité?

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Lun 01 Sep 2014, 14:48

[ Court, mais je ne voulais pas anticiper ! Wink ]




Gracieuse n’écoutait que d’une oreille distraite ce que raconta Alaia à son ami. Même si le fait qu’elle ne se doutait pas que c’était un apprenti tout comme elle qui avait mis feu à sa propre maison tira une grimace à l’envoleuse : elle n’avait pas envie de le dire à Alaia, mais elle savait également que plus elle tarderait à lui annoncer, plus la jeune fille lui en voudrait d’avoir su. Ça paraissait évident à ses yeux.

Alors, lorsque le garçon les invita à rester pour dormir, Gracieuse haussa les épaules, alors qu’il disparaissait dans une pièce voisine. Plantant son regard dans celui de la jeune femme, elle sentit un sourire étirer seulement sa lèvre droite.


- J’ai quelque chose à te dire, et après tu choisiras – pour la dernière fois – ce que tu veux vraiment.

L’envoleuse prit une inspiration, et se laissa aller contre le dossier de sa chaise, se balançant sur un seul pied de cette dernière tranquillement, les bras croisés sous sa poitrine.
Une lueur douce et pourtant perçante avait envahi son regard violet, et elle expira doucement.


- Je sais qui a fait ça. Pour ta famille et ta maison, avec ce que tu as raconté. Les Mentaïs avaient lancé un ordre de mission contre un couple, je ne sais pas pourquoi, et un stupide apprenti a pensé qu’il était capable de mener la mission. Sauf qu’il a tout foiré, parce qu’il s’est attaqué aux mauvaises personnes. Son Maître l’a tué il y a quoi… Je dirais une dizaine de jours avant qu’on parte du Domaine ; à cause de ça, parce qu’il a failli révéler notre ordre officiellement à tout Gwendalavir.

Finalement, Gracieuse se pencha en avant en appuyant ses coudes sur ses genoux, et plaça son menton entre ses mains. Elle fixait intensément Alaia.

- Ce qu’on fait n’est ni bien, ni mal. Ce n’est pas une question de bien ou de mal. On apprend à utiliser les outils dont l’on dispose, mais chacun est libre d’en faire ce qu’il souhaite. Et souvent, ils prennent de mauvaises décisions. Généraliser n’apporte rien.

Elle se tut soudain, continuant de plonger son regard dans l’attitude toute entière de son apprentie.
Serait-elle son apprentie longtemps après cela ?


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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Lun 01 Sep 2014, 21:11

L’attitude de Gracieuse la rendit méfiante : regard perçant et sourire en coin lui annonçaient tous deux que ce qui allait suivre n’allait pas lui plaire. Pas du tout.
Mais elle s’attendait juste à un exercice particulièrement plus difficile – qui inclurait sans doute de revenir en ville, son maitre n’aimait pas  qu’on fuit ses problèmes… Elle espérait juste qu’elle ne devrait pas s’approcher trop près des casernes.
 
- J’ai quelque chose à te dire, et après tu choisiras – pour la dernière fois – ce que tu veux vraiment.
 
Une inspiration, une position défensive, une lueur inquiétante dans le regard – elle semblait vouloir sonder son âme jusque dans ces moindres recoins –: ce qu’elle allait dire ne lui plaisait pas plus qu’à son apprentie, et la méfiance se transforma en peur. Ce n’était pas un exercice : le chat joueur qu’elle suivait depuis plus d’une semaine n’hésitait pas un instant à lui annoncer droit dans les yeux les objectifs les plus tordus.
Heureusement pour elle, elle sut très vite de quoi il en retournait… Heureusement ?

- Je sais qui a fait ça.

Immobilité. Tout son être était comme figé dans le temps et l'espace.
Elle n'arrivait pas à saisir le sens de ces mots. Ils étaient trop importants pour se limiter à ce qu'ils paraissaient être. Cette information... Si vitale pour elle... Ne pouvait pas... Être juste à sa portée.
Venir si simplement à elle. Crainte et envie se bousculaient en elle, chaperonné par une profonde incompréhension.
Qui ? Gracieuse.

- Pour ta famille et ta maison, avec ce que tu as raconté.

Quoi ? Sait qui a tué toute ma famille.
Comment ?
Comment ?
Comment ?
La peur la paralysait. Elle n'avait plus envie de savoir, mais guère plus envie de laisser le doute l'empoisonner.
De toute façon, la jeune femme était lancée.

Les Mentaïs avaient lancé un ordre de mission contre un couple, je ne sais pas pourquoi, et un stupide apprenti a pensé qu’il était capable de mener la mission. Sauf qu’il a tout foiré, parce qu’il s’est attaqué aux mauvaises personnes. Son Maître l’a tué il y a quoi… Je dirais une dizaine de jours avant qu’on parte du Domaine ; à cause de ça, parce qu’il a failli révéler notre ordre officiellement à tout Gwendalavir.

Les Mentais. Un apprenti Envoleur. Une mission.
Toutes ces informations, pourtant capitales pour sa compréhension d'ensembles, n'avaient pas été considérée à leur juste valeur par son cerveau qui n'avait retenu qu'une chose : l'erreur.
Ses parents étaient morts par erreur.
Sa petite sœur était morte par erreur.
Sa vie avait été brisée par erreur.
Non.
Elle refusait d'entendre pareilles choses. Elle se moquait que ce soit la vérité... ou pas. L'idée n'était pas envisageable. Une simple erreur d'un simple apprenti ne peut pas avoir un si grand impact sur quelqu'un d'autre. Sur une famille.
Un vertige de démesure s'empara d'elle et elle sentit sa raison encore fragile vaciller sur ses fondations. Une voix aux accents de folie répétait ce mot sans cesse : erreur. Erreur. ERREUR.
Elle commençait à trembler.

Un mouvement, au centre de son champ de vision. Gracieuse se rapprochait.
Non ! Reste loin !
Intérieurement elle était terrifiée par cette vérité qu'incarnait l'envoleuse, qui se lisait dans ses yeux et dans son intonation.

- Ce qu’on fait n’est ni bien, ni mal. Ce n’est pas une question de bien ou de mal. On apprend à utiliser les outils dont l’on dispose, mais chacun est libre d’en faire ce qu’il souhaite. Et souvent, ils prennent de mauvaises décisions. Généraliser n’apporte rien.

Bien ou mal. Non. Justice. Équilibre.

« Personne ne devrait posséder ces outils. Personne devrait pouvoir... faire ça. »

Erreur.
Et mort.
Il était mort, déjà. Elle ne pouvait plus le tuer. Elle ne pouvait plus... rien faire.
Que faire, maintenant ? Elle avait imaginé se tuer après, mais se tuer maintenant...
Tant qu'elle restait une perspective lointaine, la mort lui semblait naturelle, attrayante, mais maintenant qu'elle portait son regard sur la lame qui semblait la regarder d'un air moqueur sur le plan de travail, elle se sentait démunie. Son instinct de survie le plus basique l'empêchait catégoriquement de se mouvoir vers ce qu'il savait être sa destruction.
Étrangement, elle ne voulait pas mourir, et en avait autant peur que honte. Peur de découvrir qu'elle n'était plus ce qu'elle avait été. Qu'elle avait.. changé.
Honte d'avoir changé, d'avoir en quelque sorte laissé sa détermination flancher.
Elle avait abandonné sa sœur une fois, et elle recommençait.
Elle aurait voulu disparaître.

La fascination morbide qu'elle avait imprimé dans son regard qui restait braqué sur le métal tranchant devait avoir alerté l'envoleuse qui reprit la parole. Elle avait peur de Gracieuse à présent, une peur qui prenait corps maintenant que ce qu'elle était vraiment prenait corps.
Que ce qu'elle avait voulu – et voulait encore ? - devenir prenait corps, accompagné du souvenir sanglant de cette nuit de cauchemar. Il lui semblait sentir le doux toucher de la plume d'une flèche sur ses doigts tremblants et glacés ; et soudain elle eut des vertiges.
Le regard hagard qu'elle posa sur son maître lui fit suffisamment clairement entendre qu'elle n'avait pas saisi un mot de ce qu'elle avait dit pour la faire répéter.


[pire de mon côté... J'ai fait avancé l'histoire d'une phrase X)
Et elle est complètement sérieuse pour le suicide... j'ai peur :'( ]

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mar 23 Sep 2014, 11:57

- Alaia, arrête de paniquer maintenant. Ca ne sert à rien. Redresse-toi, et respire. Oui, c'est difficile, mais fais-le ! Tu vas maintenant me dire ce qu'il te passe par la tête. Je m'en fiche que ça ne veuille rien dire. Tu dois juste extérioriser toutes ces émotions que je vois prisonnières de tes yeux. Alors, parle !



[ Olalalalalalalalalalalalala, tout ce temps pour si peuuu ! Je suis désoléééééée >.<"" En ce moment j'ai un peu de mal, mais ça devrait aller mieux normalement maintenant ! :/ ]

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 24 Sep 2014, 13:20

[la rentrée c'est toujours difficile Wink ]

*Mettre des mots*
"C'est tellement... incroyable... aberrant..."
*Existe-t-il un mot assez fort?*
"Impossible"
*La vie, c'est rare et précieux*
"On ne peut pas juste tuer..."
*Les mots ont un pouvoir magique: quand tu les prononces ils tombent comme des graines et prennent racines pour devenir réalité*
"Par erreur"
*Je ne peux pas mettre de mots sur le cri d'un regard*
"Ils étaient ... sans défense"
*Ils sont morts parce qu'ils étaient en vie*
"Ça n'a pas de sens d'être là maintenant"
*Et moi je suis en vie*

[quel joyeux bazar...]

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 24 Sep 2014, 14:58

- La vie n'a pas de sens. C'est toi qui donne un sens à ta vie, Alaïa.

[ soupire ]

- Tellement de choses ne sont pas comme on le voudrait. Malheureusement, on ne peut rien y faire, à part l'accepter.

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Mer 24 Sep 2014, 17:48

"Elle en avait un... avant."

[se crispe, prend son soupir comme une attaque]

"Cela ne justifie pas de tuer."
*Pourtant, c'est ce que tu voulais faire, non?
C'est différent...
En quoi?
Moi, je sais pourquoi... Je sais que c'est juste!
Tu sais, tu sais... Ne le savait-il pas lui aussi? Il n'y a que le temps...*


"... qui puisse être notre juge."

[considère qu'elle a dit le début de la phrase à voix basse et la fin à plus haute voix, mais je fais confiance à l'ouïe de Gracieuse Wink ]

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Ven 10 Oct 2014, 10:36

- Ah, et quel était le but de ta vie, jeune fille ?

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Ven 10 Oct 2014, 12:30

"Renouer les liens avec mes parents et ma soeur"

Plus loin

"Trouver une endroit où m'installer en tant qu'ébéniste"

Plus loin

"Fonder une famille"

Plus loin encore, quel est le but?

"Continuer le cycle normal des choses qui sont"

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Ven 10 Oct 2014, 16:26

- ... Hors mis le fait que ce ne sont pas du but de ta vie, mais les tiens... Le cycle normal ? Parce que ça existe encore la normalité ? La mort n'est pas normale ?

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Ven 10 Oct 2014, 19:36

"La mort est normale quand elle est naturelle, après de longues années de vie. Ma sœur avait neuf ans, alors je n'appelle pas ça une mort naturelle quand... on vient lui ouvrir le crâne..."

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MessageSujet: Re: Groupe Nudii - Cours n°2   Sam 11 Oct 2014, 09:18

- Non, Alaya, tu te trompes. La mort tout court est naturelle, et normale. Elle peut être violente ou fatiguée, mais la mort est normale. Ce sont les circonstances qui ne te conviennent pas, ce que j'entends. Des gens meurent tous les jours de maladies, et ce n'est pas anormal pour autant. C'est juste la vie. Des tas de gens meurent, même les êtres les plus proches, c'est comme ça.

Bien sûr que tu aimais ta soeur, tes parents. Malheureusement, la vie existe parce que la mort existe. Ne salis pas leur mémoire de toi. Ils ne voudraient pas que tu t'appitoyes sur eux, j'en suis certaine ; ils te diraient d'avancer, de faire ta vie, et c'est le meilleur moyen de leur rendre hommage, car tu portes un peu d'eux en toi, dans ta chair, dans tes souvenirs...

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