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 Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Mer 05 Mar 2014, 15:56

Libertée respira à fond l’odeur de la fleur qu’un jeune homme venait de lui offrir.
C’était une jolie orchidée, d’un rose sans doute semblable à ses yeux d’après le garçon. Elle avait une odeur délicate, à peine sucrée, mais entêtante. Un petit sourire étira les lèvres de la marchombre, alors qu’elle la glissait derrière son oreille.

L’avantage à avoir le cœur pris, c’était qu’elle avait toujours autant de cadeaux, sans rien avoir à donner en retour sinon une explication.
Un petit sourire satisfait étira ses lèvres, alors qu’une mèche s’enroulait autour de la tige de la fleur pour ne pas qu’elle tombe. Tournant la tête vers le Nord, elle détailla de loin le village qu’elle venait de traverser et dans lequel elle avait pris des vivres.

Le Pollimage se trouvait à moins de cinq miles, et elle comptait bien rejoindre l’immense et fougueux fleuve.
Une chanson trottait dans sa tête.

♫ Dites à mes amis que je m'en vais ♫
♫ Et j'aime chacun des pas que je fais ♫
♫ Le soleil est mon guide et moi je m'en vais ♫
♫ Je ne peux m'empêcher de sourire ♫

♫ Car il n'y a rien de mieux que de se revoir ♫
♫ Peu importe ce qui nous sépare ♫


Oui, elle était impatiente.
Elle voulait revoir Gil. Combien de temps s’était-il passé depuis la dernière fois qu’ils s’étaient croisés ? Deux, trois mois ?
Il lui manquait.
Il lui manquait, cela lui faisait peur, mais c’était un fait. Elle voulait retrouver son regard bicolore, son odeur, la saveur de sa peau et la texture de sa barbe de plusieurs jours.

Un petit soupir passa ses lèvres.
L’étendue du Pollimage s’étirait sous ses yeux désormais. Ce n’était pas un fleuve indolent, mais tellement impétueux, tellement puissant ! Il rugissait sa volonté d’aller où il le voulait, et les éclats d’écumes démontraient sa virulence.
Ôtant le bout de tissus qui lui servait de short et son débardeur, elle plongea ses chevilles dans l’eau qui parvenait sur la rive.

Il faisait encore frais, le printemps était installé depuis trop peu de temps.
Pourtant, nue dans cet air clair, elle se sentait parfaitement vivante. Sa peau la brûlait. Elle la brûlait de ne pas recevoir de caresses. Elle la brûlait de toucher celle de l’Envoleur.

S’immergeant dans l’eau, elle profita de la caresse de cette dernière, qui ne la glaçait pas. Au contraire, elle faisait augmenter ce besoin, sur son épiderme, et la faisait frissonner d’expectative.
Elle observa le rougoyeur qui se trouvait à moins de deux mètres de la rive, et sourit. Elle espérait que Gil trouverait facilement son lieu de rendez-vous.
L’Arche était encore bien au Sud, mais les personnes arrivant d’Al-Chen passaient par le chemin qui se déroulait à cent mètres de là pour rejoindre Al-Jeit.

Sortant de l’eau, Libertée s’ébroua et relâcha ses cheveux, qui s’étaient rassemblés en un chignon négligé haut. Elle détestait les mouiller pour si peu, car ils devenaient plus difficiles à manier.
Elle se sécha avec la serviette qu’elle avait emportée, et enfila simplement son short et son bandeau de poitrine, sans son débardeur.
S’asseyant sur le sol, elle dessina quelques arabesques dans la poussière, et releva vivement la tête.

Elle venait de sentir quelqu’un.
Tournant la tête lentement, elle sentait son pouls battre follement dans sa gorge. Ne pas se faire de faux espoirs. Rester silencieuse, et méfiante.

Mais… Gil ?


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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Mar 11 Mar 2014, 22:16

Il y a du sang partout.
Sur les murs, sur le sol, dans l’herbe du jardin qui entourait la petite maison, sur le sentier qui suivait la rangée de peupliers puis filait se perdre dans la plaine immense.
Sur ses mains.

Manaël…

Cette voix lui semble étrangement familière et pourtant il ne sait plus à qui elle appartient. Il ne sait pas, non plus, à qui appartient cette maison pleine de sang.

Manaël…

Qui est Manaël ? Il se retourne, il n’y a personne. Haussement d’épaules. Peut-être pourrait-il se mettre à sa recherche, lui aussi. Il descend un escalier constitué de vingt-et-une marches. Comment le sait-il ? Pas le temps de réfléchir, il faut continuer à chercher.

Fuis…

Il se fige sur le seuil. Fuir ? Pourquoi ? Et pour aller où ?
Le soleil l’aveugle, le contraint à mettre un bras en visière devant ses yeux. Lorsqu’il les rouvre, il aperçoit quelque chose. Une silhouette se découpe dans la lumière, au beau milieu du jardin ensanglanté.

Fuis… trouve les Marchombres.

Un étau de fer se referme brusquement sur sa poitrine, l’empêchant de respirer. Paniqué, il porte les mains à son cœur, puis à sa gorge, mais de sa bouche ouverte plus aucun souffle ne veut sortir. Trop tard. Trop tard !


*


- Aaah !

Gil se redressa d’un bond et son crâne entra violemment en collision avec le plafond.

- Merde !! cria-t-il en se prenant la tête à deux mains.

Il continua de jurer jusqu’à ce que l’éclat de douleur qui l’aveuglait tout en lui martelant les tempes s’atténue pour revenir aux limites du supportable. Alors, sans lâcher sa tête, il ouvrit prudemment un œil et détailla rapidement les lieux. Le jardin avait disparu, la maison aussi. Il était de retour dans le grenier poussiéreux, le seul endroit qu’on avait pu lui céder puisque toutes les auberges du coin étaient déjà pleines à craquer. Il avait oublié qu’il dormait sous les toits et que les quarante centimètres le séparant du plafond ne lui permettaient pas de se tenir assis sur son matelas. Allongé en travers de sa couche de fortune, complètement emmêlé dans la couverture rêche et vaguement malodorante qu’il avait dénichée dans un coin de la pièce, Gil entreprit de reprendre son souffle. Son cœur battait vite et fort et une goutte de sueur perlait à son front, mais aucun étau de fer ne l’empêchait plus de respirer.

Trouve les Marchombres…

- Un cauchemar, marmonna-t-il, son bras sur les yeux. C’était juste un putain de cauchemar…

Il y avait un petit moment que cela ne lui était plus arrivé, au point qu’il avait fini par y prendre goût ; c’était une habitude qu’il s’était efforcé de ne pas prendre, parce qu’il craignait justement que ses mauvais rêves continuent malgré tout de le poursuivre. Non, il le savait. C’était sa malédiction et il ne pouvait rien y faire. Et il y avait bien longtemps qu’il avait accepté de vivre avec. Même si… Un petit rire amer lui échappa. Même s’il préférait nettement se réveiller dans les bras de Libertée plutôt qu’avec la sensation de mourir étouffé par une peur panique. Ses pensées dérivèrent, entraînée par cette idée qui lui laissait un sourire béat sur les lèvres – à moins que ce ne soit à cause du coup qu’il avait pris sur la tête. Mais alors qu’il était sur le point de se rendormir tout à fait, ses yeux s’ouvrirent en grand.

Libertée !

Ça, au moins, ce n’était pas un rêve : il était bel et bien prévu qu’il retrouve la marchombre près du Pollimage. Un programme qui dissipa entièrement les dernières notes de son cauchemar et distilla une sensation de chaleur au creux de son ventre. Passant machinalement la main sur son visage, il songea qu’il serait bon de se raser. Libertée n’avait rien contre une barbe de quelques jours mais une fois n’est pas coutume : il avait envie de se faire beau, rien que pour elle. Il leva les bras et posa ses mains à plat sur le plafond, prêt à se lever – mais sans s’assommer, cette fois. Il n’eut pas le temps d’esquisser le moindre mouvement ; quelques coups frappés à sa porte, accompagnée par une voix féminine, le coupèrent en plein élan. Enfer, la fille du patron !

C’est grâce à elle qu’il avait pu passer la nuit sous un toit. Son père avait vu d’un mauvais œil cet énième visiteur faire son apparition dans son établissement et il avait compris, alors, que son accoutrement d’ours mal léché n’allait pas jouer en sa faveur. C’est alors qu’elle lui avait fait les yeux doux – cette fille aux courbes affolantes et au regard ravageur. Il ne lui avait suffit que d’un demi-sourire dans sa direction pour obtenir une « chambre » et un repas chaud pour une bouchée de pain. C’était mal, il le savait, mais ce n’était pas la première fois qu’il avait recours à ce genre de ruse… et ce n’était certainement pas la dernière. Cette fois pourtant, il s’était contenté d’une bonne nuit de sommeil après un petit casse-croûte, refusant gentiment mais fermement les avances de la poupée aux jolis yeux. Si elle avait abandonné la partie relativement facilement, il ne s’était pas attendu à ce qu’elle soit au pied de guerre dès l’aube au point de lui tendre une embuscade au saut du lit !

Dans un grognement sourd, Gil roula pour sortir du lit et se mit à la recherche de ses vêtements. Les coups continuèrent de résonner sur le battant tandis qu’il se tortillait pour enfiler son pantalon. Il ne prit pas le temps de mettre le reste ; son audacieuse hôtesse n’allait pas tarder à se servir de ses clés pour ouvrir la porte et se faufiler dans le grenier. Le plus silencieusement possible, Gil attrapa son tabard, ses bottes et sa besace, puis il ouvrit la lucarne, seul puits de lumière du grenier, et se hissa sur le toit. Pieds nus, il se faufila sur les tuiles d’ardoise et se laissa tomber dans une charrette remplie de foin qui était stationnée près du mur de derrière. Lorsqu’il en sortit, il était habillé, chaussé… et couvert de brins de paille. Il passa la main dans ses cheveux pour s’en débarrasser, les ébouriffa davantage qu’ils ne l’étaient déjà et fila sans demander son reste.



*



Lorsque Gil atteignit le Pollimage, il avait complètement oublié son cauchemar matinal. Le soleil était déjà haut dans le ciel, créant toutes sortes de reflets miroitants sur l’immense fleuve ; ébloui, l’envoleur mit sa main en visière pour observer un instant les embarcations qui se laissaient porter par les courants, minuscules petites points blancs sur fond bleu. Il soufflait un léger vent d’ouest, chaud et doux en ce début de printemps. Pour Gil, s’était le moment de tomber la chemise. Il l’avait roulée en boule dans sa besace, et son tabard grand ouvert laissait désormais voir les muscles de ses bras nus. Penché au-dessus de l’eau, il se rasa, se coupa et jura au point de faire rougir les femmes de pêcheurs qui passèrent dans son dos, les bras chargés de paniers. Mais lorsqu’il se remit en route, son sac sur une épaule, il était de très bonne humeur.

D’abord et surtout, parce qu’il allait voir Libertée. Rien qu’à cette pensée il sentait son cœur battre de joie et il accélérait le pas, tout pressé qu’il était de lui parler, glisser les doigts dans ses cheveux, plonger dans le rose de ses yeux… Ensuite, parce que c’était en homme libre qu’il longeait le Pollimage, après avoir passé quelques jours à Al-Chen. Quelques jours où il n’avait pas eu à raser les murs et à sortir au beau milieu de la nuit pour éviter qu’on reconnaisse son visage. Lequel avait disparu des murs de la ville depuis que sa jolie petite tête n’était plus mise à prix. Voïmakas en personne était venu lui annoncer la nouvelle : libre. Il était libre. Plus de Mentaïs ni d’Envoleurs à sa poursuite, plus besoin de se terrer comme un ours pour échapper aux forces de l’Ordre. Il n’était pas prêt à crier sa joie sur tous les toits mais cette nouvelle lui avait redonné une sacrée dose d’énergie.

Et enfin, parce qu’il allait bientôt pouvoir reprendre l’apprentissage de Kaünis – en tant qu’homme libre, ce qui signifiait qu’elle aussi ne risquait plus d’avoir des ennuis. Du moins, pas à cause de lui. Gil secoua la tête, une lueur malicieuse dans les yeux. Cette tête de mule s’était débrouillée pour réussir son Ahn-Ku ; il ne l’avait pas revue depuis qu’il l’y avait présentée. Depuis, elle avait dû se rendre chez les Mentaïs pour obtenir sa greffe… Baissant les yeux sur ses mains, il se demanda un bref instant ce que la jeune fille avait pu leur demander. Et ce qu’elle avait bien pu obtenir d’eux. A nouveau, son cœur s’emballa dans sa poitrine ; elle aussi, il avait hâte de la retrouver. Il voulait la taquiner, lui arracher cette succession d’aventures auxquelles il n’avait pas pu participer. Leurs joutes verbales lui manquaient presque autant que sa présence.

Relevant soudain la tête, Gil reprit corps avec la réalité en découvrant tout une série de rougeoyeurs éclatants. Son instinct le poussa à s’approcher de plus près. Libertée lui avait donné rendez-vous dans un endroit relativement facile à trouver. Etait-ce le bon ? Il s’approcha encore, indécis, puis il se figea. Elle était là. Assise par terre, perdue dans ses pensées, elle n’avait pas encore perçu sa présence. Le soleil jouait dans ses longs cheveux cendrés. Lorsqu’enfin elle s’immobilisa à son tour pour finalement tourner la tête vers lui, Gil sentit son cœur rater un battement. Voire même deux ou trois. Sa bouche s’assécha et un long frisson se glissa le long de son échine. Il attendit qu’elle se lève pour laisser glisser sa besace à terre et faire un pas dans sa direction. Et s’arrêter de nouveau. Alors, un sourire naquit sur ses lèvres.

- Trouvée… murmura-t-il.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Mer 12 Mar 2014, 19:01

Elle avait senti une présence.
Et elle avait tellement hâte que ce soit Gil qu’elle avait peur de se faire des idées. Parfois, l’inconscient permet des choses qui ne devraient pas être possibles autrement. C’est dingue ce que des émotions peuvent changer, peuvent baisser comme défenses ou au contraire renforcer des murs invisibles.

Mais lorsqu’elle tourna la tête, elle reconnut sa silhouette.
Ses jambes la démangèrent, la suppliant presque de bondir sur ses pieds pour se précipiter vers l’homme. Elle avait envie de crier sa joie, tant que cela forma une boule dans sa gorge. Parce que malgré le fait qu’elle ait accepté ses sentiments pour Gil, cela lui faisait toujours aussi peur.
Elle avait peur de ses propres réactions, beaucoup trop explosives, beaucoup trop… vives. Elle ne réfléchissait pas forcément comme la plupart des gens, car c’était bien souvent son inconscient qui trouvait les réponses aux questions dont elle ne connaissait pas l’existence dans son esprit avant d’en avoir la réponse. Bizarre hein ?

Alors, elle se releva doucement.
Mais ses genoux manquèrent de se dérober sous elle, comme en protestation à ce contrôle qu’elle exerçait sur elle-même. Mais quel effet il lui faisait bon sang ! Était-ce bien normal ? Ou sain ?
Non, elle ne voulait pas connaître les réponses à ces questions.
Elle voulait simplement se blottir contre son torse, dans ses bras, et inspirer son odeur musquée.


- Trouvée…

Un petit sourire étira ses lèvres, et elle hocha la tête. Elle ne put s’empêcher de répliquer :

- En même temps, tu n’aurais pas trouvé je t’en aurais voulu !

S’approchant d’un pas souple, rapide et avec un déhanché provocateur, Libertée posa ses deux mains sur les pectoraux gonflés de Gil. Il avait peut-être une carrure simple, des muscles efficaces plus que volumineux, ces muscles étaient bien présents et immanquable, surtout avec sa tenue alléchante.
Se hissant sur la pointe de ses pieds, elle déposa un léger baiser sur les lèvres de l’envoleur.
Souriant contre ses lèvres, elle se détacha de lui, et son regard se planta dans celui de Gil.


- Salut toi.

Sa voix s’était faite ronronnante, et elle enfouit son visage et son nez dans le cou de l’envoleur. Frottant le bout de son nez contre sa peau pour en détacher un peu plus de sa saveur subtile et virile, elle inspira à pleins poumons. Ses mains étaient remontées sur les épaules de Gil pour se plaquer sur ses omoplate, le rapprocher d’elle, se rapprocher de lui.

Se détachant de lui, elle piqueta son menton de baiser, avant de l’embrasser à nouveau. A pleine bouche cette fois-ci.
Elle ne put s’en détacher que lorsque tous les deux furent à bout de souffle, soufflant comme s’ils avaient couru un cent mètres.

Se blottissant contre lui, elle ferma les yeux.
Elle se sentait bien, là. A sa place.
Puis, soudain, il lui sembla qu’une autre présence approchait. Et puis aussi, Gil se tendit.
Se décrochant de son tabard ouvert sur la peau délicate de son ventre, elle tourna la tête pour savoir ce qu’il se passait. Ou qui arrivait. De toutes façons, elle n’avait aucun doute sur le fait qu’ils pourraient se débarrasser de n’importe quel importun. Les brigands, ça grouillait en pagaille dans l’Empire, mais ils se débrouillaient bien tous les deux.
Largement.


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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Lun 31 Mar 2014, 15:12

[ Désolée pour tout ce temps de réponse, et voici mon entrée fracassante ! ]




- Alors ?

Kaünis leva les yeux vers Yan, et plissa légèrement les paupières. Après tout, l’Envoleur y était aussi passé, alors pourquoi lui cacher ?

- Je crois que ça c’est bien passé. Le Mentaï me connaissait.

Cela ne surprit pas Yan. Après tout, son propre père était Mentaï, il n’y avait rien de surprenant à cela.

- Quelle est ton indication ?
- J’ai parlé de rage et de volonté, pour me définir. Il m’a pris les mains, et voilà.
- Quoi ? C’est tout ?
- Oui.
- Bizarre. La plupart donnent au moins un indice.
- Tu avais eu un indice ?
- Ouais.
- Comme ?


Yan secoua la tête.

- Je ne me sens pas prêt à partager ma greffe avec toi. Je ne te donnerai pas d’indice non plus.

Un sourire moqueur étira les lèvres de Kaünis.
Ne se sentait-il pas prêt à lui montrer son plus grand atout ? Cela voulait dire donc qu’il continuait à se méfier d’elle. En même temps, il n’avait pas tort, aussi l’apprentie garda le silence et se contenta de hausser les épaules.

- Tu es vraiment… différente, tu sais.

Reportant son regard sur le jeune homme, elle l’interrogea silencieusement. Différente de quoi ? de qui ?

- La plupart des filles auraient insisté pour savoir. Auraient demandé pourquoi je me méfiais d’elles. Auraient demandé pourquoi je ne leur fais pas confiance. M’auraient rassuré en me disant que je n’avais pas à m’en faire.
- Ca sent le vécu.
- Oui. Du coup, c’est moi qui pose une question : tu penses que j’ai raison de me méfier de toi ?


Un sourire étira les lèvres de Kaünis.

- On ne peut vraiment se fier qu’à très peu de gens. On ne se connaît pas assez.
– Ca fait plus de deux ans qu’on… se côtoie.
- Et alors ?
- Je ne comprends pas.
- A qui fais-tu complètement confiance, Yan ?


Le garçon réfléchit un instant.

- Hien.

Kaünis hocha la tête.

- Moi pas. J’ai plus confiance en mon père.
- Ton père et pas ta mère? Et ton Maître ?
- Ouais, mon père plutôt que ma mère. Et non, je n’ai pas confiance en mon Maître. Je le respecte, mais je n’ai pas confiance en lui.
- Et moi ?
- C’est pas parce que tu m’as sauvé la vie que j’ai confiance en toi. Même si tu m’as sauvé la vie plusieurs fois. Mon Maître l’a fait plus souvent que ça, et je n’ai pas confiance en lui.
- Je ne te comprends vraiment pas.


Kaünis haussa les épaules, ne sachant pas quoi répondre. Hors de question de dire qu’elle non plus, elle ne se comprenait pas toujours.

* * *


Sur le dos de Voyage, Kaünis laissait son regard voguer sur l’horizon.
Elle ne savait pas quelle était sa greffe, et elle avait envie de le découvrir. Pourtant, impossible de mettre le doigt dessus. Elle ne savait pas trop s’il fallait qu’elle cherche quelque chose « de plus », de « modifié » ou autre… si elle pouvait découvrir les choses en expérimentant différents contextes.

Cela faisait trois jours qu’elle était partie du Domaine, et cela l’agaçait prodigieusement de ne pas trouver. De ne pas savoir comment chercher.

Elle longeait pensivement le Pollimage quand son regard se posa sur une silhouette masculine qui marchait.
Elle allait détourner le regard quand la silhouette de l’homme sembla fait un tilt dans sa tête. Un écho dans sa mémoire. Elle le connaissait…  et se rendit très vite compte que c’était son Maître, Gil.  

Détenant l’occasion d’avoir des réponses à des questions qu’elle se posait depuis longtemps et auxquels Naïs n’avait pas répondu, elle hésita quelques secondes. Ce n’était pas un cours, mais elle avait la chance de pouvoir parler avec Gil plus que depuis ces cinq derniers mois.

Descendant de cheval, elle attacha sa monture à un arbre, et se glissa à la suite de l’homme, à travers trois buissons, avant de déboucher avec un peu de retard…
Et de voir Gil enlacer amoureusement une femme.
Le rouge lui monta aux joues, et elle envisagea sérieusement de faire demi-tour.
Trop tard. La femme l’avait repérée.

Alors, Kaünis s’approcha, tranquille et confiante. Un peu mal à l’aise quand même.
Mais elle ne se retint pas de détailler la femme, et de haut en bas.

Déjà, elle n’était pas très habillée, portant simplement un short microscopique et un bandeau de poitrine. Ses jambes étaient fuselées et semblaient immenses, pourtant elle faisait sans doute une dizaine de centimètres de moins que Kaünis. Elle était d’une grande beauté, c’était un fait, et on aurait pu la croire faite de porcelaine tant elle était fine et semblait fragile. Surtout comparée à Gil.
Pourtant, son attitude tira de la méfiance à Kaünis, déjà parce que c’était elle qui l’avait sentie ou vue en premier, et ensuite parce qu’elle s’était suffisamment écartée de Gil pour agir en cas de besoin, comme une véritable guerrière. Mais elle semblait être une poupée, avec ses longs cheveux dorés descendant jusqu’à ses genoux.

Puis, elle vit le regard de Gil, et cela balaya tous les doutes qu’elle nourrissait  - est-ce que c’était une femme de plus à son tableau de chasse ? elle était fragile, et il en abusait peut-être ?
C’était donc elle la responsable de tout cela.

Soudain déterminée, Kaünis fit trois pas en avant, pour se retrouver à moins d’un mètre des deux personnes.

- Donc tu es bien amoureux, et pas de Naïs apparemment.

Ou comment foutre la merde en une phrase.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Mer 02 Avr 2014, 22:04

- En même temps, tu n’aurais pas trouvé je t’en aurai voulu !

Gil éclata de rire. Autrefois, ce genre de réaction ne lui arrivait que très rarement ; pour ceux qui le connaissaient un peu, dont Iselle et Seren, il était toujours cet homme froid et taciturne, éternellement grognon et fort peu loquace. C’est dans ce sale caractère que s’était taillée sa réputation et pendant des années, il avait eu à cœur de l’entretenir, comme un rôle que l’on jouerait jusqu’à ne faire plus qu’un avec le personnage. Etrange comme Libertée avait su mettre à nu le véritable Gil. Il n’avait même pas eu conscience qu’un changement se produisait en lui avant de se croiser son reflet dans un cours d’eau. Il avait eu du mal à reconnaître ce type rasé de frais qui, pour une fois, ne perdait pas son sang par tous les bouts. Et il avait eu mal au cœur en lui trouvant quelques ressemblances avec l’homme qui hantait ses rêves depuis longtemps.

- Salut toi.

Gil baissa les yeux. La tête de Libertée lui arrivait tout juste à hauteur de l’épaule.

- Salut, beauté. Ça gaze ?

Il perçut son rire, tout contre lui, et son cœur se serra de bonheur. Il referma les bras sur elle, enfouit les mains dans sa lourde chevelure avec délice et se crut capable de ronronner de plaisir lorsqu’elle se mit à embrasser la peau douce de son visage. Enfer ! songea-t-il avant d’enrouler une mèche autour de son poing pour lui tirer, en douceur, la tête en arrière et en profiter pour capturer ses lèvres. Chaque fois qu’il la retrouvait, il se persuadait que cela ne pouvait pas être plus parfait. Chaque fois qu’il la tenait dans ses bras, il comprenait qu’il avait tord. Cette fille était… torride, et pas seulement parce qu’elle avait un sens de la mode qui lui était propre. Son parfum, subtil et sucré, électrisait ses sens ; la douceur de sa peau lui mettait le sang en ébullition. Et lorsqu’elle l’embrassait… il n’était guère plus capable de prononcer une parole sensée que de formuler une pensée cohérente.

Il ne comprit pas immédiatement pourquoi elle s’était soudain détachée de lui. L’esprit embrumé, il tâchait de reprendre son souffle et priait pour que ses jambes ne se dérobent pas sous lui. Voyant Libertée scruter les alentours, il fronça les sourcils ; il lui fallut encore trois bonnes secondes à ses neurones pour se reconnecter avec la réalité. Gil comprit à l’instant même où la brûlure d’un regard pesait sur sa nuque. Quelqu’un approchait. Non ! Pas maintenant, alors qu’il mourrait d’envie d’arracher les courts vêtements de Libertée pour l’allonger sur le sol et lui faire l’amour pendant des heures, dans la poussière et sous un soleil cuisant ! Agacé, il serra les poings et pivota vivement. Qui ce que soit, celui qui osait les interrompre avait tout intérêt à passer rapidement son chemin, ou bien il allait se charger de le faire déguerpir ! Mais sa colère et ses menaces volèrent en éclat lorsqu’il reconnut la jeune femme qui s’était arrêtée à quelques pas d’eux.
Droite et fière, les mains sur les hanches et l’air plus bravache que jamais, Kaünis soutenait tranquillement son regard. Pris au dépourvu, Gil écarquilla les yeux, mais déjà son élève l’apostrophait de son habituel ton provocateur :

- Donc tu es bien amoureux, et pas de Naïs apparemment.

Et là, sa mâchoire se décrocha.


*



- Qu’est-ce que tu…

Gil s’interrompit, ferma les yeux un instant et se pinça fortement l’arête du nez avant de plonger à nouveau dans les yeux sombres de Kaünis.

- Qu’est-ce que tu fiches ici ?

D’accord. Ce n’était pas réellement de cette façon qu’il s’était attendu à saluer son élève. En abandonnant son sort entre les mains des maîtres qui l’avaient testée durant son, Ahn-Ku, Gil s’était surpris à imaginer des retrouvailles presque chaleureuses, en tous cas teintées par une complicité nouvelle que seuls l’éloignement et un soupçon de fierté peuvent faire apparaître ; mais là, il avait juste envie de lui taper dessus jusqu’à ce que même sa tête s’enfonce dans le sol. Le regard interrogateur de Libertée l’en empêcha. Bon sang, je rêve… Il soupira, passa une main dans ses cheveux et, de l’autre, désigna l’intruse.

- Cette sale gosse qui aime visiblement se rincer l’œil s’appelle Kaünis. Mon apprentie.

Puis Gil fusilla son élève du regard et grogna à son attention :

- Kaünis, je te présente Libertée.

Il n’ajouta rien. Il n’avait pas à se justifier devant quiconque, encore moins devant elle ! Et puis, cette fichue gamine était incroyablement perspicace ! Que savait-elle de son histoire avec Naïs ? Pourquoi ce sourire en coin, comme si elle était au courant d’un secret infiniment précieux qu’elle agitait sous son nez pour l’agacer ! Tu vas passer un sale quart d’heure, jura-t-il en plissant les yeux. Promis juré, il ne restera plus alors de toi que de la pâtée pour chat !


[Savez quoi ? Je me marre déjà xD]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Mar 06 Mai 2014, 17:32

Oui, il y avait une autre présence, et en se détachant légèrement de Gil, Libertée put très bien voir que cette présence était une fille. Une jeune femme, plutôt, même, aux longs cheveux noirs et au teint très clair, qui la regardait avec un regard… Qui la mettait mal à l’aise.

Levant les yeux vers Gil, elle réussit enfin à détourner l’attention de ce dernier vers l’intruse, et ce dernier se tourna plutôt vivement… avant de se figer sur place.
Quoi ? Que se passait-il ?
Il avait tout l’air de la connaître, et le regard qu’elle avait… elle ne semblait pas très heureuse de les voir, tous les deux, et une lueur moqueuse brillait dans le fond de son iris.

Elle n’aimait pas ça.
Elle n’aimait pas ça, et pourtant elle ne voulait pas se détacher complètement de Gil. Si la fille devenait agressive, elle lui sauterait dessus, mais pas avant. Les instants dans les bras de son amant étaient bien trop rares pour en gâcher une seule seconde.


- Donc tu es bien amoureux, et pas de Naïs apparemment.

Libertée fronça les sourcils, ne comprenant soudain plus rien.
Cette fille convoitait-elle Gil ? Elle parlait de Naïs, donc est-ce qu’elle jaugeait la concurrence ? Beaucoup de femmes sont comme cela, quoi qu’on en dise, Libertée le savait.
Et en plus, elle cherchait à foutre la merde entre eux, en prononçant le nom de Naïs. Il y a toujours une zone d’ombre au tableau, et Naïs et son fils l’étaient pour Libertée, même si au fond, elle n’y pouvait rien et donc elle n’avait pas besoin de dépenser inutilement de l’énergie pour changer cela.

En tout cas, la réaction de Gil ne se fit pas attendre, et il se détacha un peu plus de Libertée, qui se retint de justesse de ne pas grogner de frustration.

- Qu’est-ce que tu… Qu’est-ce que tu fiches ici ?

Il en perdait même ses mots, et Libertée fronça les sourcils, pas certaine de pouvoir interpréter cela d’une manière ou d’une autre.
Elle ne comprenait pas, et elle voulait comprendre !
Plantant son regard dans celui de Gil, exigeant presque des explications, Libertée adopta sans s’en rendre compte l’attitude de la fille en face d’eux, à savoir les mains sur les hanches et le menton levé, bravache.


- Cette sale gosse qui aime visiblement se rincer l’œil s’appelle Kaünis. Mon apprentie.

Libertée écarquilla les yeux de surprise, et reporta son attention sur la jeune fille. Kaünis. L’apprentie de Gil.
Elle semblait encore plus mal léchée que lui, et son attitude sombre, moqueuse et sûre d’elle était un écho à ce que Libertée avait trouvé de séduisant chez Gil lors de leurs premières rencontres.

D’ailleurs, cette façon de changer de ton entre le moment où l’envoleur lui adressait la parole à elle et le moment où il invectivait Kaünis était presque comique !

- Kaünis, je te présente Libertée.

Prenant une grande inspiration, Libertée fit glisser ses cheveux dans son dos et s’approcha de deux pas de la jeune femme pour finalement lui adresser un sourire.
Attrapant instinctivement l’avant-bras de Gil, puis ses doigts, elle se mordit la lèvre inférieure et se retint de ne pas éclater de rire devant l’imprévisible de la situation.


- Salut ! J’ai déjà un peu entendu parlé de toi. En tout cas, vous vous êtes bien trouvés tous les deux, y’a pas à dire…

Et elle partit dans un éclat de rire moqueur, avant de plonger son regard rieur dans celui de Gil.
La question était de savoir comment allait réagir Libertée. Et aussi comment elle était au courant par rapport à Naïs ? Et puis, pourquoi elle les avait interrompus aussi, car elle aurait tout aussi bien pu passer son chemin…

Non ?  

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Mer 14 Mai 2014, 13:22

[ Wouuh, ça va ch*er x)) ]




Kaünis se délecta de la surprise de Gil, même si elle devait avouer qu’elle avait eu du mal avec son temps de réaction. Il n’était plus méfiant, c’était fini ? Bon, elle savait que son père avait levé toutes les accusations contre lui et Naïs, et qu’ils pouvaient vaquer en paix, ou presque, mais quand même, elle l’avait connu beaucoup plus méfiant.
En réalité, elle ne comprenait juste pas comment il n’avait pas pu la voir.

Mais bon, il essaya de se rattraper vite, et elle ne put s’empêcher d’afficher un sourire plus que narquois. C’était drôle, en fait, de prendre son Maître au dépourvu ! Elle devrait essayer de le faire plus souvent, cela égayerait sans doute plus ses journées en sa compagnie, même si ce type de journées se faisait rarissime ces derniers temps, surtout après avoir passé son Ahn-Ku. Comme après son premier examen, d’ailleurs. Et elle avait très envie de lui remonter encore une fois les bretelles, même si cette fois il avait une excellente excuse.

- Cette sale gosse qui aime visiblement se rincer l’œil s’appelle Kaünis. Mon apprentie.

Kaünis, dans une grimace, tourna son regard vers la femme à qui venait de s’adresser Gil. Cette dernière ne sembla pas particulièrement surprise, et ne demanda pas la signification de « apprentie », donc elle devait connaître leur statut, enfin, ce qu’ils étaient : des Mercenaires du Chaos, des Envoleurs.

- Kaünis, je te présente Libertée.

Libertée ? Mais qui portait un nom pareil ?
C’était sans doute un pseudo, non ? Parce que bon, s’appeler Libertée, c’était quand même trop bizarre. Et drôlement conformiste à un destin dont on ne voulait pas forcément… enfin, même si tout le monde aspirait à la liberté, quelque part, même si la définition de cette chose – de ce concept – changeait du tout au tout selon les individus.

Mais alors que la jeune Envoleuse allait ouvrir la bouche pour répliquer à son tour, et comme à son habitude, la femme la prit de vitesse.

- Salut ! J’ai déjà un peu entendu parler de toi. En tout cas, vous vous êtes bien trouvés tous les deux, y’a pas à dire…

Kaünis fronça les sourcils, essayant de comprendre ce qu’elle voulait dire.
Comment ça, ils s’étaient bien trouvés ? Au contraire ! Ils ne s’étaient pas choisis, et c’était sans doute pour cela qu’ils avaient du mal à s’entendre. A moins que cela ne soit parce qu’ils se ressemblaient trop, justement… Bref, elle s’en fichait, et elle n’avait pas du tout envie d’y penser et d’y réfléchir.

Elle n’était pas comme Gil : elle n’était pas lâche, elle !

- Ah, étonnant, parce que moi j’ai jamais entendu parler de toi ! En même temps, étant donné que je cherche Gil depuis au moins trois semaines, peut-être que c’est tout récent, ça. On va dire que ce sont les émois des premiers temps alors, qui paralysent les neuronnes de Gil….

Levant le menton, elle planta son regard dans celui de son Maître.

- Mais non, pardon. C’est vrai qu’en fait, il n’en a pas beaucoup à la base. Quelques-uns ont dû être grillés au passage.

Charmant, comme retrouvailles, non ?
Mais à vrai dire, Kaünis n’en avait rien à faire. Elle voulait parler avec Gil, même si de cette façon elle risquait plus de se battre avec. Elle en avait réellement marre d’attendre autant entre les cours, elle en avait marre de ne pas savoir comment trouver cette Greffe qui était en elle, et dont elle ne savait absolument rien !
Et donc, elle devait bien faire ses nerfs sur quelqu’un.

- En même temps, comment un ours et une poupée peuvent cohabiter, sans que l’un mange l’autre ?

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Mer 14 Mai 2014, 22:50

[Je dirais même plus : ça va ch***er des bulles !!! Je tend une petite perche à la greffe de Kaünis, mais si ça ne convient pas, MP !]



Gil était nerveux. Il n’avait absolument pas envisagé de retrouver son élève dans ces conditions et il sentait que la situation lui échappait déjà. Quoi qu’il en dise, Kaünis ne quittait jamais ses pensées, mais ces derniers temps, il avait songé à elle plus souvent encore, obnubilé par l’issue de l’examen de sa jeune apprentie. Pas une seule fois il n’avait cru qu’elle avait pu trouver la mort dans les épreuves, réputées coriaces à juste titre, de l’Anh-Ku. Il avait confiance en elle autant qu’en ses capacités, qu’il avait mis un soin tout particulier à développer, renforcer et ciseler au cours de longs mois d’une formation très intense. Comment aurait-il pu douter d’elle, alors que Kaünis forçait son admiration depuis leur première rencontre explosive ? Mais, contraint à vivre en exil par l’Ordre du Chaos et menacé par les membres de ce dernier, il avait filé aussitôt son élève entre les mains des trois maîtres qui devaient la tester. Il n’avait pas eu d’autre choix que de l’abandonner à son sort, pour préserver sa sécurité.

Et c’est bien pour sa sécurité qu’il n’était pas allé la trouver depuis ! Il en avait crevé d’envie, mais chaque fois qu’il avait émis l’hypothèse de se glisser en douce au Domaine, comme il l’avait déjà fait, le souvenir d’Iselle allongé en travers de son lit, la gorge tranchée, lui était alors revenu en mémoire de plein fouet. Il avait déjà payé cher le prix de ses erreurs. Il n’était pas question qu’une telle chose se reproduise à nouveau. Gil était donc resté incroyablement sage et silencieux… jusqu’à ce que le père de Kaünis, Voimakas, ne lui tombe dessus pas hasard. Enfin, si le hasard était pour quelque chose dans cette brève et douloureuse entrevue, il voulait bien se raser le crâne et entrer dans l’Ordre des Rêveurs ! Non, le mentaï aux allures de psychopathe avait bien sûr minutieusement organisé son affaire. Et il ne s’était pas contenté de le cueillir au détour d’une ruelle ou dans les ombres d’un bois, non non non… il s’était carrément pointé chez lui. Dans sa planque. Qu’il avait mis un temps fou à installer et dissimuler aux yeux de tous.

L’incompréhension avait brillé dans les yeux vairons de Gil. L’espace d’un instant, il s’était dit que Voïmakas avait perdu l’esprit. Il était d’avis que tous les Mentaïs étaient fous et cette opinion se précisait chaque fois qu’il en croisait un. Après tout, c’était à cause d’eux qu’il était en cavale depuis des mois. Alors, quand le père de Kaünis avait débarqué dans sa planque, il avait réagi avec l’impulsivité qui le caractérisait si bien : en attaquant. Ses aiguilles avaient fusé, fulgurantes de précision et de volonté. Elles n’avaient pas touché leur cible. Ou plutôt si, elles avaient fait mouche, mais que peuvent de vulgaires brindilles sur la peau d’un fils du Chaos capable de dessiner ? Stupéfait, Gil s’était ainsi retrouvé plaqué contre le tronc d’un arbre, immobilisé par un étau invisible mais dont l’acier mordait la chair des poignets, des chevilles et de la gorge dans un réalisme surprenant. Enfer, avait songé l’Envoleur entre deux autres jurons bien moins élégants. Je suis fait comme un rat ! Il ne s’était jamais autant trompé. Sans prendre la peine de tourner autour du pot, Voïmakas lui avait annoncé la fin de son exil. Gil avait appris sa liberté alors que, paradoxe intéressant, il se trouvait cloué à un arbre…

- Libre ?

Gil s’était mordu la lèvre inférieure, signe qui témoignait chez lui d’une profonde perplexité. En face de lui, Voïmakas avait hoché la tête. Le sourire qui flottait sur ses lèvres était ironique, de même que le regard qu’il portait sur l’Envoleur, mais ses paroles avaient toutefois un accent de sincérité que nul ne pouvait ignorer.

- Oui SangreLune, libre. L’Empire abandonne ses charges contre toi et ta caboche n’est plus mise à prix, au grand désespoir des chasseurs de prime…
- Pourquoi ?


Le Mentaï avait lâché un soupir impatient. Lui-même s’était posé la question lorsque, quelques semaines plus tôt,  l’évidence de la situation lui avait sauté aux yeux.

- Parce que ma fille est ton élève.
- Je ne savais pas que ce détail intéressait le Conseil…
- Ne te fais pas plus niais que tu l’es, SangreLune. Si ma fille n’était pas liée à toi, je ne me serai pas opposé à ton assassinat ! Même si je suis contraint d’admettre que tu ne manques pas d’audace, et que ton style pourtant déluré est redoutable d’efficacité…
- Attendez,
l’avait interrompu Gil, vous êtes venu pour me tuer, m’annoncer une bonne nouvelle ou m’offrir des compliments ?

Voïmakas avait alors planté son regard acéré dans celui de Gil.

- Ne me fais pas regretter ma décision. Tu as de la chance que ma fille t’apprécie au point de prendre d’énormes risques pour toi. Termine sa formation. Ni le Domaine, ni le Conseil ne t’empêcheront de le faire.

Le Mentaï s’était rapproché et l’étau qui compressait la gorge de Gil s’était immédiatement resserré, lui coupant presque totalement la respiration.

- Ne commets pas l’erreur de croire que je suis quelqu’un de clément, Giliwyn. Dérape encore une fois et je contemplerai ta chute avec joie.

Et il avait disparut. Probablement en dessinant parce que, la seconde suivante, Gil s’était retrouvé à genoux devant son arbre, secoué par une quinte de toux, de nouveau seul… mais définitivement, indéniablement, inexorablement libre. Cette histoire remontait à une quinzaine de jours, guère plus – deux semaines durant lesquelles il avait profité pleinement du bonheur simple de se balader en plein jour dans les rues de la capitale, sans craindre d’être reconnu ; les affiches représentant son visage et la prime promise pour sa capture avaient disparu. Il n’était plus obligé de raser les murs et de s’exiler pour vivre en ermite dans un trou paumé ! Et il s’était dit, alors, qu’il méritait de passer un moment de tranquillité avec la marchombre de ses pensées. Après tout ce qu’il avait enduré…

...mais non. Non, il fallait que cette joie de vivre, cette sérénité nouvelle à laquelle il aspirait depuis des mois, vole en éclat à cause d’une gamine mal élevée. Gil grimaça. Voimakas savait-il que sa fille était le pire fléau qui soit ?

- Salut ! s’exclama Libertée en apostrophant Kaünis. J’ai déjà un peu entendu parler de toi. En tout cas, vous vous êtes bien trouvés tous les deux, y’a pas à dire…

Impossible de dire qui, de Gil ou de Kaünis, fut le plus surpris par cette affirmation. Sidéré, l’envoleur tourna la tête vers Libertée, mais la petite langue de vipère le devança :

- Ah, étonnant parce que moi j’ai jamais entendu parler de toi ! En même temps, étant donné que je cherche Gil depuis au moins trois semaines, peut-être que c’est tout récent, ça. On va dire que ce sont les émois des premiers temps alors, qui paralysent les neurones de Gil…

Quoi ?

- Mais non, pardon. C’est vrai qu’en fait, il n’en a pas beaucoup à la base. Quelques-uns ont dû être grillés au passage.
- Kaünis...


Grondement menaçant. Le regard de Gil s’était assombri. Ceux qui le connaissaient bien pouvaient avoir la chance de percevoir les signaux avant coureur d’une tempête monumental : mâchoire contractée, muscles tendus, souffle ténu. Kaünis le connaissait très bien. Cela ne l’empêcha pas de botter en touche.

- En même temps, comment un ours et une poupée peuvent cohabiter, sans que l’un mange l’autre ?

Gil bondit avant la fin de sa phrase et la percuta de plein fouet. Il ne prit pas la peine d’amortir la chute de son élève tandis qu’ils basculaient et eut la satisfaction de sentir son corps heurter violemment le sol. Il voyait rouge, il était capable de la tuer, c’était certain ! Cette sale gosse l’avait interrompu dans un moment plus qu’intime, après avoir fouiné dans sa vie privée, et se permettait en plus de lui tenir tête devant Libertée. C’en était trop ! Furieux comme il l’avait rarement été, il plaqua Kaünis contre le sable chaud du sentier. Mais la jeune femme avait gagné en puissance et en expérience. Il pouvait sentir la tension de ses muscles comme elle se débattait.

- Arrête ! rugit-il en s’efforçant de l’immobiliser. Espèce de face de Raï puant…

Il faisait de son mieux pour contenir la rage qui bouillonnait en lui. Kaünis avait beau avoir progressé, il n’en était pas moins plus dangereux qu’elle en bien des points. Il ne voulait pas la blesser, même si son esprit était envahi par une multitude d’images plus évocatrices les unes que les autres ; dans la plupart, il lui cassait les dents puis la noyait dans le Pollimage.

- Kaünis, arrête !! cria-t-il à nouveau.

C’est alors qu’il le sentit.
Le froid.

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Jeu 15 Mai 2014, 11:35

[ Hihi, ça va être drôle tout ça ! ]





Bon.
On ne pouvait pas dire que c’était la rencontre la plus agréable que Libertée avait faite depuis des années… Cette fille – parce qu’elle ne pouvait pas décemment l’appeler gamine, elle n’avait pas beaucoup moins d’années qu’elle, et puis elle semblait très sûre d’elle, malgré son attitude un brin enfantine… - ne semblait pas ravie de la voir, ou de voir Gil. Alors pourquoi était-elle venue les interrompre ? Elle devait bien avoir une idée derrière la tête,  non ?


- Ah, étonnant, parce que moi j’ai jamais entendu parler de toi ! En même temps, étant donné que je cherche Gil depuis au moins trois semaines, peut-être que c’est tout récent, ça. On va dire que ce sont les émois des premiers temps alors, qui paralysent les neuronnes de Gil….

Libertée fronça les sourcils, ne sachant pas trop comment réagir.
Elle avait le droit d’étrangler cette fille qui se moquait d’elle ? D’eux ?
Elle avait très envie de lui faire ravaler son insolence, mais déjà elle enchaînait, ce qui était encore pire. Et vu l’état dans lequel elle était en train de mettre Gil aussi, cela allait mal finir, c’était clair. Libertée aurait bien voulu calmer l’envoleur, sauf qu’elle était sans doute aussi énervée que lui, simplement elle n’était pas certaine de pouvoir se permettre de sauter sur cette gamine… mais elle poussait le bouchon vraiment loin, là !


- En même temps, comment un ours et une poupée peuvent cohabiter, sans que l’un mange l’autre ?

Libertée prit une grande inspiration, mais Gil n’hésita pas : il sauta sur la gamine – oui, car c’était une gamine puérile et complètement gâtée ! – pour l’immobiliser.
Sauf que…

Sauf que Kaünis était en fin de formation, a priori, et qu’elle avait désormais suffisamment d’expérience pour au moins repousser les attaques de son maître, même si ses attaques ne portaient pas.
Et Libertée était là, à les regarder tous les deux se battre, sans pouvoir intervenir !

Serrant les dents, elle décidait de se lancer dans la bataille alors que soudain, un vent glacial souffla au ras du sol, lui tirant un long frisson et congelant ses pieds. Alors qu’il faisait chaud !
Libertée fronça les sourcils, ne comprenant pas ce qu’il se passait.


- STOP !

Elle avait beau hurler, rien n’y fit, et elle eut la sensation que cela allait très très mal finir si elle n’intervenait pas très vite. Son regard balaya les environs, tomba sur son sac et sur le Pollimage… alors, elle courut jusqu’à son sac, prenant une calebasse dedans pour puiser de l’eau dans le fleuve et revint en courant.

Elle jeta l’eau glacée à la figure de Kaünis.
Avec un peu de chance, ça détournerait son attention.

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Jeu 15 Mai 2014, 15:45

Avant qu’elle eût fini sa phrase, Gil lui sauta dessus.
Le pire, c’était qu’elle ne l’avait pas vu venir. Oh, évidemment, elle avait bien remarqué qu’il était lui aussi en train de juguler sa colère, mais elle n’en avait absolument rien à faire. Elle ne pouvait pas rester là et faire la faux-cul, elle non plus. Dire les choses, c’était sa spécialité, et elle ne prenait que très rarement des pincettes – et seulement quand elle était absolument persuadée que c’était la seule manière qu’elle aurait d’obtenir ce qu’elle convoitait.

Or, rester calme avec Gil, cela ne servait à rien, car il s’énervait quand même.
Bon, elle n’avait pas prévu que cela serait difficile de s’en sortir. Elle réalisa alors que lors des quelques joutes qui les avait opposés, son Maître n’avait jamais donné le meilleur de lui-même, n’avait jamais voulu vraiment la mettre hors d’état.
Elle s’en rendait compte alors qu’elle n’arrivait même pas à placer un coup. Heureusement qu’elle avait durement acquis des réflexes qui lui permettaient d’éviter la plupart de ceux de l’homme, mais aucun des siens ne porta, et pire encore, elle n’avait pas le temps d’en placer un.

– Arrête ! Espèce de face de Raï puant…

Elle serra les dents, tenta un coup de genoux  sous les côtes, rata évidemment son coup, et se débattit de toutes ses forces. Hors de question de se laisser avoir, de ne pas se battre : elle n’en pouvait plus. Elle voulait lui faire comprendre qu’un apprentissage, ce n’était quelques jours tous les mois, mais plus régulier !
Elle croyait qu’il l’avait un peu intégré, car les cours s’étaient rapprochés, mais cela avait été pire après le dernier : est-ce que c’était Yan ? Ou bien à cause des affiches qui vendaient sa tête placardées partout où cela était possible ?
Peu importait en réalité, elle aurait aimé au moins être prévenue. Au moins savoir à quoi s’en tenir.

Kaünis était même allée voir son père, elle s’était battue pour que son Maître et Naïs soient blanchis, elle s’était opposée à un Mentaï, elle avait été soutenue par d’autres. Au final, elle appréciait Gil, évidemment, mais elle n’en pouvait plus des cachoteries qui mettaient en péril son propre apprentissage.

- Kaünis, arrête !!

- Tu n’es pas… mon père !


Quelque chose jugula dans ses veines, dans l’air, soudain. Elle sentit une différence palpable, et toute sa colère dirigée contre Gil enfla encore plus.
Il n’avait pas à lui dire de s’arrêter. Il n’avait pas à ne pas lui dire pourquoi il se cachait, et pourquoi il n’enseignait pas. Il était son Maître, et il avait des devoirs envers elle. Mais aucun droit sur elle ! Même si on disait qu’on tuait les apprentis Envoleurs qui désertaient, elle savait que c’était faux, pour la plupart d’entre eux. Ils se barraient, et finissaient par oublier où se trouvait le Domaine, à cause des Sphères Graphes. Et au pire, si Gil la tuait, son père ne lui laisserait pas la vie sauve.

Réussissant soudain à dégager son bras, Kaünis abattit sa main sur le visage de Gil, paume en avant pour lui repousser la tête. Elle le sentit soudain perdre toute vigueur, et voulut le repousser encore plus fort, sollicitant très fortement ses jambes. Quelque chose bouillonnait en elle. Non, quelque chose gelait. Elle vit très clairement les vaisseaux des joues de son Maître – rasées en plus, les joues ! – exploser pour former des étoiles rouges, et soudain toute couleur déserta ses lèvres. Une formidable sensation de pouvoir déferla en elle, faisant monter une douce chaleur dans ses joues et un froid intense dans ses paumes.

De l’eau.
Froide et giclante.
Cela lui arriva en pleine figure, et elle se prit du liquide dans les yeux, détournant la tête vivement, de la douleur sous les paupières. Et cette sensation de pouvoir et de froid reflua soudain, retrouvant ses paumes et ses avant-bras. Elle sentit la sensation de gel parcourir sa peau, et même plus profondément sa chair, comme des traits de givre se propageant sur le verre d’une fenêtre.

Comme Gil peinait à réagir, elle finir par le repousser de toutes ses forces avec ses pieds loin d’elle, et recula de quelques mètres en se tordant sur le dos, avant de ramener ses jambes contre son torse et d’enfouir sa tête dans ses genoux. La sensation de froid, de glace, persistait dans ses mains et ses avant-bras, tellement qu’elle en avait mal. Elle respira.
* Ne panique pas. *
Rien qu’à cette pensée, toute sensation reflua totalement, et elle se retrouva soudain dans l’instant présent, relevant le visage de ses genoux vivement. Aucune douleur, aucune sensation de froid.

Son regard se planta sur Gil.
Libertée avait juste disparu de son champ de vision, même si elle était tout près de lui.

- Je… c’était quoi ?

L’apprentie Envoleuse écarquilla les yeux.
Sa Greffe ?

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Jeu 15 Mai 2014, 17:22

Le froid, il connaissait bien. Il l’avait apprivoisé au cours des quelques missions qu’il avait réalisées au nord de l’Empire, lorsqu’il combattait les Raïs aux côtés d’Irhuin, la Frontalière la plus coriace de tout Gwendalavir. Il l’avait d’abord haï, à cause des engelures et du danger permanent qui menaçait le moindre écart, la moindre inattention, tel un serpent sournois qui attend le bon moment pour pouvoir jaillir et planter ses crochets dans la chair de sa proie… Et puis, avec le temps, il avait fini par l’apprivoiser. S’y habituer. Et même, en un sens, l’aimer. Le froid n’était pas juste un effet climatique, c’était également un artiste : il figeait le paysage, endormait la nature, étouffait les bruits. Il faisait naître de la neige ou de la glace au gré de ses envies. Non, le froid n’était pas si terrible…

Mais au moment où Kaünis plaqua sa main sur sa joue, Gil sentit un drôle de tremblement sur sa peau, comme une sourde vibration, et il comprit instantanément que quelque chose n’allait pas. Il sursauta, chercha à se dégager… trop tard. Insidieux, pénétrant, dangereux, le froid glissa sur lui, en lui. On aurait dit qu’un liquide glacial se déversait à l’intérieur de ses veines. Cela commença par le visage : Gil sentit son sang refluer brusquement, alors même que les sons ne parvenaient plus correctement à ses oreilles. Ils n’étaient plus que bruits étouffés, lointain. Le cri de Libertée lui apparut aussi doux qu’un murmure, et il n’en comprit absolument pas le sens. Il flottait déjà dans un état de semi conscience. Figé au-dessus de Kaünis, il ne la quittait pas des yeux. Le regard de son apprentie s’était assombri, adoptant une teinte vert foncé, presque noire. Curieux, mais guère plus que cette terrible sensation de froid qui, petit à petit, se frayait un chemin vers son cœur en suivant les innombrables circuits sanguins de son corps. Un froid mortel qui planta les dents dans sa poitrine…

Pour les retirer brusquement. Sans prévenir, Kaünis se dégagea brutalement, en lui envoyant ses genoux dans le ventre ; il aurait dû avoir mal, mais le froid l’avait tellement engourdi qu’il se contenta de basculer lourdement en arrière. Le contact chaud du sable, contre son dos, commença à sortir Gil lentement de sa torpeur. Il n’avait pas la force de bouger ne serait-ce qu’un doigt, mais les sons lui parvenaient plus nettement à présent, et les couleurs s’intensifiaient. Il avait conscience des battements de son cœurs, qui luttaient pour passer de lent à un rythme normal. Tou-doum. Tou-doum. Tou-doum. Doucement, Gil cligna des paupières. Ah ! Voilà, il pouvait au moins bouger cette partie-là de son corps. Voyons le reste… Les doigts de sa main gauche remuèrent. Oui ! Encore une fois… sa main droite réagit à son tour. Bien. Bien… Il fronça les sourcils. Les sensations nerveuses de son corps lui revenaient en même temps que sa capacité à réfléchir. Une minute. C’était quoi, ça ? Que s’était-il passé pour qu’il se retrouve dans cet état-là ?

Soudain, une silhouette envahit son champ de vision. Non, c’était un visage, réalisa-t-il en plissant les yeux. Et même, le plus joli visage qui soit sur cette terre. Ragaillardi, Gil voulut sourire à Libertée, mais il s’avéra que zygomatiques n’étaient pas encore prêts à reprendre immédiatement du service. Dommage. Prenant une longue inspiration – bon sang, mais qu’est-ce qui pèse une tonne sur mes poumons ? – l’envoleur entrouvrit les lèvres.

- Rrrrmmh.

Ah.
Il n’avait pas tout à fait récupérer ses fonctions vocales non plus. Du coup, sa jolie petite déclaration passionnée tomba aux oubliettes et Gil dût se contenter de fixer sa belle sans rien pouvoir faire. Pitoyable, vraiment… Kaünis était-elle responsable de l’état de légume dans lequel il se trouvait ? Si c’était le cas, elle allait le payer cher. Il allait faire de son prochain cours un véritable enfer ! Mais il ne parvenait pas à savoir comment elle avait été capable de faire ça. De lui geler les veines au point de manquer de le tuer. Il ne savait même pas comment il avait fait pour s’en tirer. Il comprit en tournant la tête : non loin de lui, Kaünis se tenait en boule, visiblement choquée. Et trempée. Doutant sérieusement que la pluie soit à l’origine de son état, Gil songea plutôt à une intervention louable de la part de Libertée. Et zut ! Il lui devait encore une fois la vie…

- Je… c’était quoi ?

Kaünis tremblait. Elle semblait soudain si fragile que la colère de Gil s’évanouit.  Lentement, il se renversa sur le flanc, puis sur le ventre, et prit appui sur ses bras pour se redresser. Ses forces lui revenaient rapidement, à présent, mais lorsqu’il bascula sur les genoux, une brusque sensation de vertige le contraignit à fermer les yeux un instant. Oh, bon sang. Cette journée ne se déroulait pas DU TOUT comme prévu. Il se força à rouvrir les yeux. Il devait voir Kaünis. Il se traîna près d’elle et se pencha pour l’examiner. Si ce qu’il pensait venait de se produire, il n’y avait pas de raison qu’elle ait été touchée par ce froid glacial et mortel, mais pour une fois il préférait prendre toutes les précautions nécessaires.

- Ça va ? grogna-t-il.

Ses mains palpaient les membres de son élève en quête d’une blessure, d’une fracture. Elles tremblaient légèrement à cause du choc, mais restaient douces. Pourtant, il la sentit se raidir sous ses doigts.

Tu n’es pas mon père !

Avait-elle réellement dit ça ? Rassuré sur son compte, Gil cessa de la toucher et s’assit lourdement dans le sable. Bien sûr qu’il n’était pas son père – encore heureux, tiens ! Il n’avait rien à envier à ce bellâtre de Voimakas. C’était un type odieusement prétentieux et extrêmement puissant. Il était bien content que Kaünis ne leur trouve aucune ressemblance… alors pourquoi cette pique lui laissait-elle un goût amer dans la bouche ? Il secoua la tête. Agréable sensation de ses cheveux, légèrement humides, qui chatouillaient sa peau.

- Et bien, on peut dire que les Mentaïs ne se sont pas fichus de toi ! dit-il doucement à l’attention de Kaünis.

Sa voix était rauque. Il avait de la chance que Libertée possède de bons réflexes. Levant les yeux vers elle, il lui décocha enfin le sourire qu’elle méritait pour cette bonne action : éblouissant et ravageur.

- Bien joué, beauté ! Un peu plus, et tu aurais été contrainte d’embrasser un glaçon…

La marchombre avait l’air secouée, mais il était certain que le froid ne l’avait pas touchée. Il était la seule victime, déplora-t-il en reportant son attention sur Kaünis. Ce qui signifiait qu’il allait désormais devoir prendre des pincettes avec elle, s’il tenait à rester en vie jusqu’à la fin de sa formation. Fermement décidé à régler cette histoire, il la tapota du bout de son pied.

- Hé, gamine ! lança-t-il.

Il réfléchit un bref instant.

- Tu ne savais pas que tu avais reçu une greffe ?

Ce n’était pas un sujet qu’on abordait à la légère, il le savait. Mais à situation particulière, réaction particulière… Tous trois étaient témoins de ce qu’il venait de se passer. C’était le moment de revenir sur cette drôle de bombe gelée que venait de balancer son élève, pour que celle-ci puisse comprendre… et se rassurer.

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Ven 16 Mai 2014, 12:02

Bon, pour une fois, il semblait qu’elle avait de la chance.
Parce que vu la réaction de Kaünis mouillée, cela avait fait même plus que détourner son attention : cela l’avait ramenée au moment présent, et à la situation. Cela lui avait remis les idées en place, en tout cas c’était l’impression qu’en avait Libertée.

Certes, la gamine était maintenant à deux mètres de Gil, le visage caché dans les genoux, mais au moins il n’y avait plus de sensation trop bizarre de froid.
S’approchant vivement de Gil, Libertée déposa ses doigts sur ses joues rouges. Rouges, non pas de chaud ou de froid, mais de vaisseaux explosés, comme s’il venait de rendre dix repas d’un coup. Mais non, comment cela se faisait ? C’était impossible… A moins que…
Tournant le regard vers la gamine recroquevillée sur elle-même, les yeux écarquillés.


- Je… c’était quoi ?

Gil réussit à reprendre contenance, en tout cas un peu, et Libertée ne put s‘empêcher de le suivre lorsqu’il s’approcha de son apprentie. Elle était prête, cette fois-ci, à s’interposer dès le début si nécessaire !
Mais ce ne fut pas nécessaire.
Il palpa le corps de la gamine, comme pour chercher une blessure, sans en trouver apparemment. Libertée commençait à réaliser ce que cela pouvait être, mais ne dit rien : la greffe marchombre était déjà un secret. Qu’elle soit au courant que les envoleus en avait aussi relevait sans doute du suicide, mais entre Gil et sa mère, elle ne pouvait pas l’ignorer. Par contre, voir une apprentie qui la découvrait, cela faisait tout bizarre, c’était clair.


- Et bien, on peut dire que les Mentaïs ne se sont pas fichus de toi !

Donc c’était ce qu’elle pensait, apparemment. Enfin, elle ne savait pas trop, mais comment les envoleurs pouvaient-il obtenir une greffe sans l’Imagination ? Ils n’allaient pas jusqu’au Rentaï, eux. Et le seul autre endroit mystérieux que connaissait Libertée en Gwendalavir était l’Oeil d’Otolep, et cet endroit n’acceptait que très peu de gens près de lui… elle doutait carrément qu’un mercenaire du chaos puisse l’approcher, en fait, même si elle n’y était jamais allée.


- Bien joué, beauté ! Un peu plus, et tu aurais été contrainte d’embrasser un glaçon…

Lui souriant timidement, en réponse au sourire qu’il lui adressa, Libertée s’accroupit près de lui pour poser son menton sur son épaule, et fixer aussi Kaünis.

- Hé, gamine ! Tu ne savais pas que tu avais reçu une greffe ?

Arf.
Aucune chance pour passer inaperçue, maintenant. Elle aurait dû filer en douce avant, ou au moins s’éloigner. Kaünis risquait de mal prendre le fait qu’une inconnue sache quelque chose de si… personnel, et chaotique. Elle risquait de devenir trop curieuse, ou d’avoir une réaction disproportionnée, ou alors de faire des affabulations...

Sauf que bon, c’était trop tard.



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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Ven 16 Mai 2014, 14:56

Fourrée dans ses genoux, elle voyait à peine Gil, qui se traînait jusqu’à elle. Et le peu qu’elle en voyait, elle avait une envie terrassante de lui crier de ne pas s’approcher d’elle, de ne pas la toucher ! Non, non, elle ne voulait pas qu’il la touche, et si ça recommençait ? Ca faisait mal, et le souvenir de la douleur dans ses avant-bras lui tira un long frisson.

- Ca va ?

Elle avait envie de lui répondre que non, mais que oui. Elle n’avait plus mal, mais le souvenir de la douleur ne s’était pas estompé. Elle n’avait pas eu mal longtemps, mais quand même ! si elle avait été dans une autre situation, elle se serait relevée, mais là elle tentait d’analyser un peu ce qu’il venait de se passer.
Parce que le sentiment de pouvoir et de domination qu’elle avait eu, alors que le visage de son Maître perdait toute couleur, était presque inédit – faut dire qu’elle avait de l’ambition la petite – mais surtout complètement loufoque dans une telle situation.

Elle frissonna quand la peau de Gil entra en contact avec la sienne, mais finalement ne le repoussa pas.
C’était vraiment étrange. Etait-ce cela, sa greffe ? Comment avait-elle fait pour ne pas s’en apercevoir ? Non non, c’était vraiment trop bizarre, elle l’aurait su si cela avait été ça, non… ?

- Et bien, on peut dire que les Mentaïs ne se sont pas fichus de toi !

Ce n’était pas la voix normale de Gil, comme s’il avait trop bu ou pas assez parlé durant les trois derniers mois. Mais comme ils avaient échangé quelques insultes juste avant, ce n’était pas une histoire de bavardages, et il ne sentait pas du tout l’alcool.

Alors…
C’était ça, sa greffe ?
Mais cela voulait dire quoi ? Comment ça se contrôlait ? Elle se serait attendue à un truc plus… facile à prendre en main. Une arme, un truc physique, palpable, des lames, des aiguilles, des crocs… Peu importait ! Mais quelque chose de visible, quelque chose de…

- Tu ne savais pas que tu avais reçu une greffe ?

Relevant les yeux pour le foudroyer du regard, Kaünis prit une inspiration et dégagea ses paumes de sous ses genoux pour les regarder.
Il n’y avait rien qui pouvait annoncer la couleur de ce qu’elle venait de faire. Même pas d’engelures, même pas une peau plus blanche, ou plus grise, ou…

Elle était juste complètement perdue.
Sauf qu’elle ne l’avouerait pas si facilement.

- Je savais que j’avais une greffe, mais pas laquelle. Justement, je te cherchais pour ça. On peut presque dire que tu m’as finalement aidée.

Un sourire narquois naquit sur les lèvres de Kaünis, qui releva les yeux et enfin, prit conscience de la présence de Libertée. Soudain, son visage se ferma, et elle bondit sur ses pieds.

- Qui est-elle ? Que fait-elle là ? Qu’est-ce qu’elle est ? On doit la tuer. Personne ne doit savoir pour la greffe.

Dégageant la lame de son poignard de son fourreau, Kaünis se mit en garde, pointe en avant.
Non, mais c’était vrai. La Greffe des Marchombres n’était pas un secret pour l’Ordre du Chaos, même si personne ne savait comment ils l’obtenaient. Par contre, celle des Envoleurs était un secret, gardé pour pouvoir rivaliser et surprendre les Marchombres, quand enfin l’Ordre sortirait de son trou pour accomplir son dessein premier : renverser l’Empire et étendre le Chaos au rang de vertu.

Mais comme Gil n’avait pas l’air plus inquiet que cela, l’apprentie hésita. Pourquoi l’avait-il dit à voix haute, devant Libertée ? Peut-être était-elle une Envoleuse, mais Kaünis en doutait : elle ne l’avait jamais vue au Domaine, n’avait jamais entendu son nom… En même temps, Naïs était une Envoleuse, alors qui pouvait rivaliser avec une femme forte, intelligente et belle comme elle ?

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Ven 16 Mai 2014, 18:09

Le cœur de Gil s’affola au contact de Libertée lorsqu’elle se glissa derrière lui. Elle n’avait pas prononcé une seule parole, mais comme d’habitude, c’était inutile : son regard, si rose, si beau, parlait pour elle et scintillait encore de la surprise provoquée par cet incident. Toutefois, c’est dans les gestes que les messages passaient plus clairement entre eux. Aussi, quand la marchombre posa son menton sur son épaule, tout doucement, il s’agissait-là d’un geste qui témoignait à lui seul de toute l’inquiétude qui animait la jeune femme. C’était infime et pourtant très intense, suffisamment pour que Gil en perde le souffle, l’espace d’un bref instant. Puis il s’inclina légèrement en arrière pour lui répondre, lui prouver que lui aussi avait eu peur. Mais son regard bicolore, dont les pupilles étaient encore dilatées par le choc, ne quittait pas Kaünis.

- Je savais que j’avais une greffe, répondit enfin la jeune fille, mais pas laquelle. Justement, je te cherchais pour ça. On peut presque dire que tu m’as finalement aidée.

Le ton railleur fit naître un léger sourire sur les lèvres de Gil. Si son apprentie avait retrouvé sa répartie acerbe, c’était bon signe ! Puis il grimaça. Quelle ironie, franchement ! Un maître qui se faisait quasiment assassiner par la greffe de son élève. Du jamais vu, c’était sûr, ou bien il en aurait forcément entendu parler… Il fallait prier pour que cette histoire ne parvienne jamais jusqu’aux portes du Domaine, ou bien il n’avait pas fini d’entendre Seren lui rebattre les oreilles. Celui-ci attendait l’occasion de lui décerner le titre de « pire maître de l’histoire du Chaos ». Savait-il que c’était déjà le cas ? Silencieux, Gil étudia Kaünis et accusa le coup du reproche glissé dans ses paroles : il n’avait pas été là au moment où elle avait eu besoin de lui. Encore une fois, ce n’était pas entièrement de sa faute, mais le résultat était flagrant : il avait devant lui une gamine qui possédait un don secret, puissant et mortel…. Et elle ne savait pas s’en servir.

Ça, ce n’était pas inédit : beaucoup d’apprentis sortaient du bureau des Mentaïs sans avoir aucune idée de la greffe qui leur avait été attribuée. Gil n’avait jamais compris pourquoi ces types s’employaient autant à faire perdurer le mystère de la greffe. Si sa fierté n’avait pas été menacée, il aurait utilisé ce qu’il venait de lui arriver comme argument de choc pour changer cette tradition idiote… Dans le cas de Kaünis, il allait rapidement falloir trouver une solution à son problème. Parce qu’il était évident qu’elle n’allait pas se balader avec une paire de gants toute la journée, et parce qu’il était hors de question qu’elle passe à nouveau ses nerfs sur lui de cette façon. Il n’avait pas envie de passer son temps à « presque mourir », quand même ! Mais alors que Gil songeait à se redresser – en espérant que ses jambes veuillent bien le porter – Kaünis leva les yeux vers lui. Et son regard s’assombrit en fixant ce qui se trouvait derrière son épaule. Oh, oh.

- Qui est-elle ? Que fait-elle là ? Qu’est-ce qu’elle est ? On doit la tuer. Personne ne doit savoir pour la greffe.

La jeune fille sauta sur ses jambes – elle n’avait apparemment aucun problème pour rester debout – et dégaina un poignard pour se placer en garde. Gil ne put s’empêcher de prendre le temps de jauger sa position d’un œil expert. Axe des épaules, cambrure des reins, flexion des genoux, des bras, solidité des appuis… Tout était là. Mais ce n’était pas le moment pour endosser le rôle du maître, même si, de toute évidence, Kaünis n’attendait que cela ; il devait d’abord gérer la situation de crise monumentale dans laquelle la gamine les avait tous les trois fourrés. En commençant par désamorcer cette bombe humaine qui lui tenait lieu d’apprentie.

- Okay, on se calme.

Il s’était exprimé d’un ton ferme, celui qui signifiait « essaie un peu d’en placer une pendant que je parle et tu n’auras plus l’occasion de le faire avant une décennie ! ». En même temps, il s’était relevé prudemment pour constater avec un immense soulagement qu’il avait presque retrouvé toute sa vigueur. Presque. Il ne doutait pas de pouvoir intercepter une attaque de Kaünis, mais en ce qui concernait un duel, là, c’était moins sûr. Surtout si elle se servait à nouveau de son… truc. Au moins, Gil savait désormais à quoi s’en tenir : visiblement, la greffe de Kaünis était tactile. Qu’il limite le contact physique entre eux et tout irait bien. En théorie.

- Libertée est…

Gil jeta un bref coup d’œil en direction de la marchombre. Impossible de révéler sa nature, et inutile de prétendre qu’elle était de leur côté : Kaünis était bien trop fine pour se laisser abuser de la sorte.

- … à moi. Enfin, je veux dire qu’elle est avec moi.

Il avait parlé sans réfléchir et pria pour que Libertée ne se méprenne pas sur le sens de ses paroles. Contre deux femmes comme celles à qui il avait affaire, Gil n’avait strictement aucune chance de s’en sortir, c’était évident ! Sans laisser le temps à l’une ou à l’autre de s’offusquer-s’énerver-crier-l’attaquer, l’envoleur se racla la gorge et enchaîna rapidement :

- Ce qui veut dire qu’il est hors de question de la tuer. Ni même de l’envisager. Secret ou pas, ce que tu viens de nous dévoiler n’est encore qu’un aperçu. Préoccupe-toi d’abord d’en comprendre le fonctionnement avant de passer à la suite, d’accord ?

Il vit tout de suite que sa proposition ne plaisait pas à Kaünis. Merde. Il valait mieux que Libertée déguerpisse avant que les choses ne dérapent. Enfin, qu’elles dérapent vraiment. Mais alors qu’il allait lui murmurer de filer, une idée traversa son esprit. Peut-être que…

- Si tu veux te battre avec quelqu’un, je suis là. En moins bonne forme que tout à l’heure, c’est clair, mais tu as l’air de m’en vouloir sérieusement, alors vas-y, jeune fille : déballe ton sac, qu’on en finisse !

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Ven 16 Mai 2014, 19:03

[ Wohw, ça y est, c'est reparti ! Very Happy]





- Qui est-elle ? Que fait-elle là ? Qu’est-ce qu’elle est ? On doit la tuer. Personne ne doit savoir pour la greffe.

Ah, ça y était. Libertée s’était demandée quand est-ce que justement, cela viendrait sur le tapis.
A vrai dire, elle avait très envie d’envoyer chier cette gamine. Mais avant qu’elle n’ait plus ouvrir la bouche pour répliquer, la gamine en question montra qu’elle était malgré tout une guerrière, en bondissant sur ses pieds pour la prendre en joue, dans une garde de combat parfaite.

D’ailleurs, le regard qu’eut Gil vers son apprentie ne la trompa pas : il la jaugeait lui aussi. Et il était fier de ce qu’était devenue Kaünis. Oui, sauf que voilà, la situation était très délicate, en tout cas Libertée la percevait comme telle.
Alors qu’elle allait répondre, cependant, l’envoleur la prit de vitesse.


- Okay, on se calme. Libertée est…à moi. Enfin, je veux dire qu’elle est avec moi. Ce qui veut dire qu’il est hors de question de la tuer. Ni même de l’envisager. Secret ou pas, ce que tu viens de nous dévoiler n’est encore qu’un aperçu. Préoccupe-toi d’abord d’en comprendre le fonctionnement avant de passer à la suite, d’accord ?

Libertée n’était pas certaine que ce type de discours serait très efficace. Quand les gens irradiaient la rage et la colère contenues comme cette gamine, y avait-il réellement une raison à atteindre ? L’aveuglement n’était-il pas déjà présent ?

- Si tu veux te battre avec quelqu’un, je suis là. En moins bonne forme que tout à l’heure, c’est clair, mais tu as l’air de m’en vouloir sérieusement, alors vas-y, jeune fille : déballe ton sac, qu’on en finisse !

Libertée ne put s’empêcher de siffler entre ses dents.

- Vu ton état, laisse tomber Gil. Je serai plus efficace que toi, et je doute que ton apprentie ait l’allonge nécessaire pour m’atteindre.

Passant devant l’envoleur, elle laissa ses doigts glisser sur la peau de son bras, et tourna la tête pour lui adresser un clin d’œil.
Il n’était pas tout à fait remis de ce qu’il s’était passé, de ce que Kaünis lui avait fait subir, cela se voyait par ses lèvres encore légèrement décolorées mais aussi parce qu’il avait eu un peu de mal à se relever, contrairement à son apprentie. Et il était hors de question qu’elle prenne le risque de le perdre, non mais oh !

Alors, Libertée prit une décision.
Elle fit deux pas en avant, et se présenta face à Kaünis.
Et lentement, ses cheveux s’éloignèrent de leur position naturelle, en mèches, tels des tentacules blonds et soyeux. Comme si une force surnaturelle les tenait soulevé, comme un vent invisible et imperceptible  - ce qui était le cas.

Elle voulait l’intimider, et elle ne voulait pas cacher sa nature non plus.
Peut-être que Gil avait peur que cela se découvre, mais après tout, c’était comme ça. Elle n’allait pas se laisser marcher sur les pieds !

Elle songeait que décidément, elle ne pouvait pas se tenir tranquille, quand…

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Lun 19 Mai 2014, 11:39

- Okay, on se calme. Libertée est… à moi. Enfin, je veux dire qu’elle est avec moi.

Kaünis haussa un sourcil : et alors ?
Il n’avait qu’à pas être bête et têtu, et il n’avait qu’à pas chercher ailleurs qu’au Domaine ses conquêtes… * Tu peux parler, toi !

Certes, elle n’était pas un bon exemple pour cela non plus, quoi que quand même, elle avait une majorité de « conquêtes » qui faisait partie des fils du Chaos, quand même.

- Ce qui veut dire qu’il est hors de question de la tuer. Ni même de l’envisager. Secret ou pas, ce que tu viens de nous dévoiler n’est encore qu’un aperçu. Préoccupe-toi d’abord d’en comprendre le fonctionnement avant de passer à la suite, d’accord ?

Bah non, justement !
C’était débile comme réflexion : c’était le début, et donc la fille pourrait s’imaginer tout plein de choses pour la suite – si tant elle avait une cervelle derrière ce joli minois – et en faire part à d’autres personnes. Comment pouvait-il bien lui faire autant confiance, hein ?
Kaünis, en tout cas, ne lui faisait pas du tout confiance.

- Si tu veux te battre avec quelqu’un, je suis là. En moins bonne forme que tout à l’heure, c’est clair, mais tu as l’air de m’en vouloir sérieusement, alors vas-y, jeune fille : déballe ton sac, qu’on en finisse !

Non non.
Oui, évidemment, qu’elle lui en voulait. Mais là tout de suite, c’était le cadet de ses soucis : elle ne voulait pas que le bruit d’une greffe Envoleuse s’ébruite, rien que par loyauté envers son père. Ceci dit, ce n’était pas vraiment pour cela qu’elle voulait mettre hors d’état de nuire Libertée : non.
Gil avait raison, elle était très en colère contre lui.

Mais se battre contre lui ne lui montrerait pas à quel point. A quel point elle en avait marre, à quel point elle le détestait, en cet instant très précis.

Elle allait ouvrir la bouche quand soudain, la fille s’interposa en sifflant entre ses dents, et en se plaçant face à Kaünis, dans une position de garde très simple.
Sauf que la jeune fille n’était pas assez stupide ou en colère pour en oublier l’enseignement que son couillon de Maître lui avait dispensé : elle détailla cette garde sommaire, mais bigrement efficace.

Jusqu’à ce que soudain, les cheveux de son adversaire gonflent et se soulèvent de part et d’autre de sa tête. Comme des mèches contrôlables, des tentacules terrestres, ils évoluaient autour d’elle, créant un halo de lumière et de blondeur, un halo presque angélique.
Presque. Parce que les mouvements des cheveux étaient tout sauf apaisants, ils semblaient grouiller, prêts à s’attaquer à elle… C’était probablement le cas.

Et puis soudain, elle réalisa.
Des cheveux. Des cheveux qui bougent tous seuls, des cheveux contrôlables !

L’identité de la femme explosa soudain devant les yeux de Kaünis : Marchombre !
Ce bougre de Gil aimait une Marchombre ! C’était une Marchombre qui rivalisait avec une Envoleuse, Naïs !

Sous le choc, Kaünis fit deux pas en arrière, et son regard se posa sur Gil.
Elle se sentait soudain moins seule. Ou encore plus, car elle ne voulait pas accepter ce qu’il se passait dans son cerveau depuis plusieurs mois.

Alors, elle ne dit rien.
Elle plongea sur Libertée.

Si elle réussit à la surprendre un quart de seconde, ce fut bien le maximum. Elle essaya de sortir son poignard, mais impossible, des mèches lui bloquaient l’accès à son fourreau. Les attraper ne rimait à rien… Elle se débattit, feinta, attaqua… Mais sa cible restait toujours hors de portée, et n’attaquait pas. Elle la laissait s’épuiser.

Pinçant les lèvres, Kaünis bondit en arrière, et s’arrêta, fixant la fille.

- Tu es une Marchombre. C’est encore pire que toutes les autres éventualités !

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Mar 20 Mai 2014, 11:56

[Ouh, mazette ! Jamais Gil n'a autant parlé, je crois. Un nouveau record battu ! Oh, et j'en profite pour dire, mesdames, que je m'amuse comme une petite folle avec ce Rp. Vala valaaa  mrred ]


Abasourdi, Gil regarda Libertée le contourner pour s’approcher de Kaünis. Il était littéralement stupéfait. Il avait conscience de sa bouche grande ouverte, par exemple, mais il était absolument incapable de la refermer. Il n’était pas non plus capable de formuler à voix haute les pensées qui se bousculaient sous son crâne. Et il ne pouvait pas bouger d’un millimètre – tout juste suivre du regard sa compagne aller au devant des ennuis à sa place. Le fait d’avoir frôlé la mort quelques minutes plus tôt n’était même pas en cause ! Il y avait bien un léger picotement au bout de ses doigts qui persistait, comme pour lui rappeler à quel point il avait de la chance d’être encore en vie mais, s’il était figé comme une statue et si sa bouche s’asséchait de seconde en seconde, c’était à cause de ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux.

Primo, Libertée venait de le mettre sur le banc de touche. Avec des pincettes, certes, mais d’un ton si léger et avec une telle facilité que Gil ne pouvait s’empêcher de se sentir blessé au plus profond de son amour propre. Ce n’était pas du tout comme lorsqu’elle avait arrosé Kaünis pour lui sauver la vie ; il commençait presque à avoir l’habitude que la marchombre prenne ce genre (d’excellente !) initiative. Et c’était le genre de dette qu’il se sentait de payer si d’aventure l’occasion se présentait – rien qui ne mette en péril sa virilité, en somme… Or, en l’évinçant de la sorte, Libertée lui signifiait qu’il risquait de la gêner. Qu’il était un poids mort. Première claque.

Deuzio, Kaünis faisait désormais face à Libertée, et même en retrait, Gil pouvait lire dans son regard une animosité qui aurait fait fondre un glacier. Dire qu’elle était en colère était un ridicule euphémisme : la gamine fulminait carrément. A tel point qu’il n’aurait pas été surpris de voir de la fumée s’échapper de ses oreilles et de son nez ! En soi, rien d’anormal : la fureur était un état naturel chez Kaünis Gil’Ohz et il s’y était accoutumé depuis un certain temps. Mais pas Libertée. Il connaissait le caractère entier de celle-ci, la façon dont elle tenait ses positions en cas de désaccord, et sa pugnacité à défendre son opinion ; il savait aussi de quoi la marchombre était capable dès lors qu’on lui marchait sur les pieds. Il n’était pas tombé amoureux d’elle uniquement pour la couleur de ses yeux… Kaünis avait trouvé un adversaire à sa taille et tout, dans son attitude, montrait qu’elle allait s’y donner à cœur joie. Elle allait se battre. Contre Libertée. Pendant que lui, Giliwyn SangreLune, allait se contenter d’assister au duel en simple spectateur. Deuxième claque.

Pardon ? Rester en dehors de cette affaire alors qu’il était le premier concerné ? Hors de question !! Un à un, les neurones de Gil se reconnectèrent – et en dépit de ce que pensait Kaünis, il lui en restait encore un certain nombre. Ce qui pouvait expliquer la longueur du processus et le défaut de synchronisation de la mâchoire. Et pendant ce temps, cette écervelée d’apprentie en profita pour se jeter sur Libertée. Et voilà ! Gil était de nouveau bouchée bée ! Ebahit, il regarda son élève attaquer avec une grâce féline – ce dont il était fier – une femme largement plus expérimentée qu’elle, et dont la greffe était déjà entrée en action – ce dont il était moins fier. merde, à la fin ! Elle les a pas vus, les cheveux, peut-être ? Il fallait pourtant être aveugle pour ne pas les voir s’agiter de leur propre chef – ou presque ! Ils gonflaient d’une façon menaçante autour du visage de Libertée et fondirent sur Kaünis dès que celle-ci se mit en mouvement.

Sous le coup de la surprise, l’attaque de la gamine perdit de son efficacité et de sa puissance. Elle se retrouva en train de lutter avec les mèches blondes de son ennemie, qui ne bougeait pas d’un pouce, et le véritable adversaire devint alors pour Kaünis cette chevelure redoutable… et indomptable. Au bout de quelques minutes d’acharnement inutile, elle recula pour se placer hors de porter des cheveux de Libertée et toisa celle-ci d’un air sombre.

- Tu es une Marchombre. C’est encore pire que toutes les éventualités.

Gil nota que son expression reflétait moins la colère qu’une profonde perplexité. Il décida d’en tirer parti. Sans crier gare, il se coula près de Libertée, vif et insaisissable, pour lui prouver qu’il n’était pas prêt à être laissé de côté, et s’interposa entre les deux jeunes femmes. Entre elles, la tension était si électrique qu’il eut l’impression de se retrouver coincé entre deux volcans en fusion. Sa toute première idée, séduisante à souhait, fut d’en prendre une pour taper sur l’autre. Il l’abandonna à regret pour se concentrer sur une tâche moins évidente : empêcher les cheveux de Libertée d’étrangler son apprentie. Démarche quasiment inutile. Si Libertée avait réellement voulu tuer Kaünis, celle-ci serait déjà morte, en dépit de ses immenses progrès. Pour l’heure, les yeux roses de la marchombre restaient calmes, ce qui lui laissait une chance d’apaiser son abrutie d’élève avant qu’elle ne pousse le bouchon un peu trop loin. Il se tourna donc face à cette dernière tandis qu’une mèche s’enroulait doucement mais fermement autour de son poignet gauche. Une mise en garde ? Gil décida de l’ignorer. Il avait déjà vu la chevelure de sa compagne à l’œuvre et il n’était pas certain d’être de taille à rivaliser contre elle, mais toute son attention était désormais focalisée sur Kaünis.

- Arrête tes conneries, ordonna-t-il en plongeant son regard bicolore dans le sien.

Sa voix était grave et dangereusement calme. Pour en avoir déjà fait les frais plus d’une fois, la gamine devait savoir qu’elle ferait mieux de l’écouter sans la ramener.

- La pire des éventualités serait que tu meures avant d’avoir terminé ta formation. Or, Libertée a désormais une excellente raison de te tuer… si on suit la logique qui est la tienne.

Il vit les mots se former sur les lèvres de son apprentie et leva une main pour les empêcher de naître.

- Stop ! Pas la peine de me réciter les règles, je les connais. Quiconque découvre un secret tel que la greffe se voit contraint de suivre la formation des Mercenaires ou est condamné. Réfléchis un instant : tu crois vraiment que je serai toujours de ce monde si j’avais appliqué cette stupide règle à chaque fois que j’ai mis le nez où il ne fallait pas ? Tu crois que Dolce, Gracieuse, Naïs ont formé leurs apprentis à cause de ça ?

Le nom de l’envoleuse était sorti tout seul. Aussitôt la mèche qui entourait le poignet de Gil resserra imperceptiblement son emprise, mais le jeune homme ne broncha pas. Il ne quittait pas Kaünis du regard.

- Ta loyauté envers ton enseignement et ton attachement à tes propres principes font de toi une élève brillante – je pèse mes mots et tu sais bien que je suis avare en compliments. Je crois même que c’est mon premier te concernant.

Le premier formulé à voix haute.

- Mais les règles sont faites pour être enfreintes, Kaünis. Et je ne dis pas ça uniquement parce qu’en l’occurrence, ça m’arrangerait beaucoup que tu laisses ma copine tranquille. Ce code que tu sembles connaître par cœur n’existe que pour nous enjoindre à garder l’ennemi en permanence dans note ligne de mire. Nous sommes des traqueurs de Marchombres. Nous n’avons pas besoin de raisons pour nous en prendre à eux – et encore moins de règles aussi fumeuse. Alors dis-moi, gamine : est-ce que tu vas suivre les règles, comme une petite mercenaire bien sage ? Est-ce que tu vas te lancer dans un combat contre une Marchombre qui est maître dans son art ? Si c’est ce que tu souhaites, vas-y.

Tout en parlant, Gil fit un pas sur le côté, libérant le passage entre Libertée et Kaünis. Mais il ne la quittait toujours pas des yeux.

- Ce sera un combat magnifique, tu peux me croire. Avec ce que tu as dans le ventre, tu es capable de tenir cinq minutes avant de mourir. Peut-être six. Et après ? Libertée n’en saura pas plus sur ton compte. Et moi, je n’aurai plus qu’à me trouver une apprentie qui ait la tête sur les épaules et du plomb dans la cervelle. Si tu veux me rendre ce service, ne te gêne surtout pas ! Mais si par hasard tu revois ton jugement et si tu envisages le combat comme une option parmi d’autres, il se peut que je te considère sous un angle nouveau. Et avec le respect que je te dois depuis pas mal de tant déjà.

Ça, c’était nouveau : depuis quand la sincérité l’étouffait au point de balancer un truc pareil à la figure de Kaünis ? Sidéré, Gil réussit l’exploit de demeurer impassible tandis qu’un silence écrasant s’abattait sur eux. Mince alors ! Avait-il vraiment coupé le sifflet à cette tête de mule de gamine ?

- Voici ce que je te propose : plus un mot sur ta greffe, ni celle de quiconque d’ailleurs. Tu t’en remettras à moi lors de notre cours, qui commence à la tombée du jour. Et si tu tiens absolument à en découdre avec Libertée, je te suggère de le faire sitôt ta formation terminée. Pas avant.

Il avait reculé pour se placer à côté de Libertée. Sa main toujours prisonnière de ses cheveux, il glissa un bras autour de sa taille et observa son apprentie. La tempête faisait rage sous son crâne, il le devinait à l’ombre qui envahissait son regard et fronçait ses sourcils. Le vrai combat de la jeune fille était là : dans sa tête et dans son cœur. La raison contre les émotions. Ou bien était-ce l’inverse ? Décidant que cet instant n’appartenait qu’à elle, Gil tourna la tête et chercha le regard de Libertée.

- Comment la trouves-tu ? souffla-t-il tout contre ses lèvres.

Curieusement, il avait besoin de son avis sur la question. Le sien primait, bien sûr – et l’on pourrait dire de Kaünis qu’elle était idiote et vraiment nulle, il n’en croirait pas un seul mot. Mais c’était tellement nouveau pour lui que de présenter son apprentie à la jeune femme, d’ouvrir un peu plus la porte sur quelque chose d’aussi intime, qu’il avait soudain besoin d’être rassuré.

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Mer 21 Mai 2014, 11:54

- Tu es une Marchombre. C’est encore pire que toutes les autres éventualités !

Libertée fronça les sourcils un instant. Pourquoi pire ? Cela revenait au même, au fond. Elle aurait pu faire partie de la garde de l’Empereur : là, cela aurait été catastrophique. Alors bon, elle ne comprenait pas. Tout ce qu’elle savait, c’était que Kaünis venait de rompre le combat, car elle n’arrivait pas à rien : elle s’était donc suffisamment bien débrouillée pour la faire réfléchir.

Gil vint se placer à côté d’elle, ou plutôt devant elle, entre Libertée et Kaünis.
La marchombre avait envie de lui dire que c’était inutile, elle se débrouillait très bien, avant de comprendre que l’envoleur n’avait sans doute pas trop aimé qu’elle lui demande de poser ses bijoux sur le paillasson. Se mordant l’intérieur de la joue, Libertée se promit de faire attention la prochaine fois, car elle n’avait aucune envie de se mettre Gil sur le dos. C’était suffisamment compliqué comme ça, entre eux et avec les autres.


- La pire des éventualités serait que tu meures avant d’avoir terminé ta formation. Or, Libertée a désormais une excellente raison de te tuer… si on suit la logique qui est la tienne.

La concernée haussa les épaules : elle ne tuerait pas Kaünis.
Déjà, parce que c’était l’apprentie de Gil, et que sans doute il ne le lui pardonnerait pas. Et ensuite parce qu’elle n’avait pas pour réponse première de tuer : elle préférait renverser les situations à son avantage, en faisant du charme ou en se mettant les gens dans la poche. C’était sa stratégie, et elle s’en était toujours plutôt bien sortie avec. Enfin, sauf lors de son enlèvement, mais bon, c’était de l’histoire ancienne.


- Mais si par hasard tu revois ton jugement et si tu envisages le combat comme une option parmi d’autres, il se peut que je te considère sous un angle nouveau. Et avec le respect que je te dois depuis pas mal de tant déjà. Tu t’en remettras à moi lors de notre cours, qui commence à la tombée du jour. Et si tu tiens absolument à en découdre avec Libertée, je te suggère de le faire sitôt ta formation terminée. Pas avant.

En même temps, elle avait rompu, donc c’était qu’elle n’était plus sûre de vouloir se battre, non ? Enfin, Libertée l’analysait comme ça… Ceci dit, elle n’avait sans doute pas du tout la même logique que la gamine.

Sauf que… Il venait de proposer un cours à son apprentie à la tombée du jour ! Alors qu’ils venaient juste de se retrouver, elle et lui… Elle n’avait aucune envie de céder le peu de temps qu’elle avait avec Gil à quiconque, fut-ce son apprentie !
Serrant les lèvres pour ne pas gronder comme un chat en colère, Libertée se contenta de croiser les bras sous sa poitrine, montrant quand même qu’elle n’était pas d’accord.

Elle n’avait pas fait exprès de mettre Gil sur le banc de touche, mais là c’était carrément autre chose !

Le regard de l’envoleur vint enfin se poser dans le sien, et elle ne put empêcher une moue aguicheuse de traverser son visage.


- Comment la trouves-tu ?

Souriant, Libertée ne put empêcher un léger souffle se transformer en mini-rire. Puis, elle posa ses doigts sur l’avant-bras de Gil, et sa tête sur son épaule.

- Bravache, impulsive, têtue… mais douée. Comme toi en fait.

Elle frotta son nez contre sa joue, sourit quand l’odeur de l’envoleur emplit ses narines, et souffla tout contre ses lèvres, en plantant son regard rose dans celui, bicolore, de Gil.

- Heureusement pour toi, ce n’est pas d’elle que j’ai envie, mais bien de toi !

Déposant un léger baiser sur ses lèvres, elle ferma les yeux un instant, avant de les rouvrir. Toujours aussi proche de son amant.

- Et tu viens d’anéantir mes rêves pour cette nuit…

S’éloignant de lui juste assez pour poser ses lèvres dans son cou, elle inhala encore l’odeur de l’homme. Qu’est-ce qu’elle avait envie de le déshabiller ! Et de faire tellement de choses pas du tout… raisonnables !
Elle en avait même oublié Kaünis.

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Ven 23 Mai 2014, 09:34

[ Gil, je crois bien que c'est pas gagné avec Kaünis x) Je la sens très énervée, et rancunière ^^' ]






- La pire des éventualités serait que tu meures avant d’avoir terminé ta formation. Or, Libertée a désormais une excellente raison de te tuer… si on suit la logique qui est la tienne.

Kaünis ne put s’empêcher d’afficher un sourire moqueur et de glisser un regard vers Libertée. Gil avait sans doute raison, mais elle savait parfaitement que la femme ne le ferait pas. Déjà, parce que si c’était le cas, elle avait déjà pu le faire, sauf qu’elle n’avait pas saisi l’occasion, et ensuite parce qu’elle ne tenterait pas une telle chose en tout connaissance de causes, au risque que Gil lui en veuille toute sa vie.

Donc c’était à Libertée de mourir. C’était la seule chose plausible. Et surtout, Kaünis se fichait comme une guigne que Gil la déteste jusqu’à la fin de sa vie pour cet acte : au contraire, cela lui ferait du bien de sentir que c’était réciproque.

- Stop ! Pas la peine de me réciter les règles, je les connais. Quiconque découvre un secret tel que la greffe se voit contraint de suivre la formation des Mercenaires ou est condamné. Réfléchis un instant : tu crois vraiment que je serai toujours de ce monde si j’avais appliqué cette stupide règle à chaque fois que j’ai mis le nez où il ne fallait pas ? Tu crois que Dolce, Gracieuse, Naïs ont formé leurs apprentis à cause de ça ?

Elle n’y comprenait rien à la logique de Gil.
Enfin, si, elle avait bien compris que sans sa greffe, Gil serait sans doute mort dans une des situations embarrassantes dans lesquelles il adorait se fourrer. Par contre pourquoi il mettait les autres Maîtres dans le lot ? On ne forme pas des apprentis à cause de règles, mais parce que l’on a envie de partager ses connaissances, non ?

Le regard de Kaünis flamboya : donc il avait pris des apprentis réellement parce qu’il y était obligé ?
Insensé ! On ne demande pas à être Maître dans ce cas. On continue ses méfaits en tant que sous-fifre un peu moins responsable, et puis c’est tout. C’est pas parce qu’on a le droit de devenir Maître qu’on y est obligé. C’est pas pour rien que tout ça était si décousu, finalement !

La colère enflait, et malheureusement, les paroles de Gil ne l’apaisaient pas.

- Ta loyauté envers ton enseignement et ton attachement à tes propres principes font de toi une élève brillante – je pèse mes mots et tu sais bien que je suis avare en compliments. Je crois même que c’est mon premier te concernant.
Mais les règles sont faites pour être enfreintes, Kaünis. Et je ne dis pas ça uniquement parce qu’en l’occurrence, ça m’arrangerait beaucoup que tu laisses ma copine tranquille. Ce code que tu sembles connaître par cœur n’existe que pour nous enjoindre à garder l’ennemi en permanence dans note ligne de mire. Nous sommes des traqueurs de Marchombres. Nous n’avons pas besoin de raisons pour nous en prendre à eux – et encore moins de règles aussi fumeuse. Alors dis-moi, gamine : est-ce que tu vas suivre les règles, comme une petite mercenaire bien sage ? Est-ce que tu vas te lancer dans un combat contre une Marchombre qui est maître dans son art ? Si c’est ce que tu souhaites, vas-y.


Elle fulminait.
Elle avait dit qu’elle était obligée pour avoir une bonne raison de le faire. Sinon, elle l’aurait fait, sans mettre le nez plus loin. Elle voulait obliger Gil à envisager les choses normalement, pour une fois, et elle avait échoué lamentablement. Comme lui qui échouait, encore une fois, à la comprendre. Elle se fichait bien des règles, des conventions, mais elle ne voulait pas, elle que d’autres soient au courant.
Elle, et elle seule. Elle avait ce droit !

- Ce sera un combat magnifique, tu peux me croire. Avec ce que tu as dans le ventre, tu es capable de tenir cinq minutes avant de mourir. Peut-être six. Et après ? Libertée n’en saura pas plus sur ton compte. Et moi, je n’aurai plus qu’à me trouver une apprentie qui ait la tête sur les épaules et du plomb dans la cervelle. Si tu veux me rendre ce service, ne te gêne surtout pas ! Mais si par hasard tu revois ton jugement et si tu envisages le combat comme une option parmi d’autres, il se peut que je te considère sous un angle nouveau. Et avec le respect que je te dois depuis pas mal de tant déjà.

Oui, bon, elle s’en doutait que malgré la fin de sa formation, elle n’avait aucune chance face à Libertée, pas en combat en face à face. Elle venait de le voir, et n’avait pas envie de s’y retenter, au cas où la Marchombre décide que finalement, elle l’agaçait trop pour la garder vivante… même si elle avait l’intuition qu’elle ne le ferait pas. Les Marchombres ne sont pas comme ça, non ?

Malgré elle, sa mémoire s’élança dans ses souvenirs et elle y vit Darwen qui provoquait des ivrognes qui n’avaient rien demandé. Serrant les dents, elle s’invectiva mentalement : Darwen n’était pas Marchombre, il était seulement apprenti !

- Voici ce que je te propose : plus un mot sur ta greffe, ni celle de quiconque d’ailleurs. Tu t’en remettras à moi lors de notre cours, qui commence à la tombée du jour. Et si tu tiens absolument à en découdre avec Libertée, je te suggère de le faire sitôt ta formation terminée. Pas avant.

Sur celle de quiconque ? Donc ne pas parler de la Marchombre, et de ses cheveux ?
Là, tout de suite, elle mourrait d’envie de trouver Yan pour le lui dire. Juste pour emmerder encore plus son Maître. Il la cherchait, il essayait de la calmer en pensant qu’il savait ce qu’elle ressentait et comment elle réfléchissait, alors que ce n’était pas le cas !

Son regard lançait des éclairs, mais elle pinça les lèvres.
De toutes façons, elle ne défierait pas Libertée, même après la fin de sa formation – * Faites que ce soit bientôt fini ces conneries !* – car elle n’aurait pas une chance. Pas l’allonge nécessaire. Non, ce qu’elle pouvait faire par contre, c’est s’en prendre à elle par derrière. Là, elle aurait nettement plus de chance de la surprendre et d’en venir très rapidement à bout. Si elle la suivait et lui sautait dessus à l’ultime seconde, avec sa greffe, elle aurait sans doute la chance de pouvoir la toucher, non ?

Une grimace d’expectative fendit les lèvres de l’apprentie, qui revint au moment présent.

Un moment présent où Libertée et Gil étaient en train de se peloter. Une autre grimace prit la place de la première, une grimace moqueuse et mauvaise.

- Je crois que ça sera pas pour ce soir, hein. Disons demain matin.

Se tournant brusquement, Kaünis fit finalement volte-face pour s’adresser à Libertée.

- Un jour, je te tuerai, Dans sa voix vibrait une promesse et une détermination sans faille. Elle pouvait attendre, elle avait déjà attendu suffisamment longtemps. Mais elle la tuerait. Et j’aimerais éviter que tu monopolises ce couillon jusqu’à ce que j’en sois débarassée.

Le regard de Kaünis attrapa celui de Gil.

- Y’a un village un peu plus au Nord. Je t’attendrai dans la taverne.

Et elle s’en alla, n’attendant même pas de quelconques répliques ou réponses.
Qu’ils se pelotent loin d’elle.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Ven 23 Mai 2014, 15:49

[J'aurai été déçue que Kaünis abandonne la partie aussi facilement  Razz  Bon, la situation va peut-être nécessiter un bref échange Lib/Gil, mais à moins que tu ne préfères attendre le cours, je pense que Kaünis a encore de quoi nous épater dans ce Rp ; on peut très bien aller jusqu'au rdv dans ladite auberge - et partir de là, ensuite, pour le cours (dans un nouveau sujet, bien sûr). Z'en pensez quoi ?]


- Bravache, impulsive, têtue… mais douée. Comme toi en fait, murmura-t-elle au creux de son oreille. Heureusement pour toi, ce n’est pas d’elle que j’ai envie, mais bien de toi !

Oh. Bon. Sang.

- Et tu viens d’anéantir mes rêves pour cette nuit…

Le rythme cardiaque de Gil s’était emballé au contact des lèvres de Libertée contre les siennes. Il perdait son souffle comme s’il venait de courir un marathon. Paradoxalement, ses pupilles dilatées et la brume opaque qui envahissait son cerveau ralentissait ses pensées, ses gestes aussi efficacement que la petite démonstration de Kaünis. En l’espace d’une vingtaine de minutes, il s’était fait transformer en légume… par deux femmes différentes. Sa virilité était durement mise à l’épreuve, mais il était incapable d’y remédier. Pas quand Libertée faisait courir ses doigts sur la peau de son bras de cette manière. Muet d’admiration, il se noya dans le rose intense de son regard, pailleté de petites étoiles de désir qui déclenchait en lui un maelström de sensations. Il en avait presque oublié Kaünis. Presque. Son regard s’arracha avec peine de celui de la marchombre pour glisser vers la jeune femme, et il surprit son sourire matois.

- Ce sera pas pour ce soir, hein. Disons demain matin.
- Hé !


D’où lui venait cette tranquille assurance ? Croyait-elle réellement pouvoir décider de son cours comme ça ? Gil vit Kaünis se retourner brusquement – ah, c’est mieux… Mais il déchanta aussitôt en découvrant son expression. De la haine à l’état pur, voilà ce qui brillait dans les yeux de son élève. Elle n’eut pas un regard pour lui, non. Il aurait tout aussi bien pu être transparent ou absent que cela n’aurait strictement rien changé à l’affaire. Kaünis l’ignorait.

- Un jour, je te tuerai, promit-elle à l’attention de Libertée. Et j’aimerais éviter que tu monopolises ce couillon jusqu’à ce que j’en sois débarrassé.

Soudain, les yeux verts de la jeune femme se posèrent sur lui. Alors, Gil fut frappé par l’intensité de sa colère. Il savait bien qu’entre eux les choses n’étaient pas aussi simples qu’elles auraient pu l’être : deux caractères aussi forts ne pouvaient éviter de faire des étincelles, et c’est ce que Libertée avait tout de suite remarqué dans l’étrange duo qu’ils formaient. Mais Gil croyait en ce duo plus que tout au monde, et au moment même où il réalisait cela, Kaünis lui prouvait à quel point elle n’était pas sur la même longueur d’ondes. A quel point elle le détestait, lui. Le couillon.

- Y’a un village un peu plus au nord. Je t’attendrai dans la taverne.

Kaünis disparut sur ces dernières paroles, aussi glaciales que son regard et sa greffe. Gil n’avait pas bougé d’un millimètre. Son bras toujours autour de la taille de Libertée, le poing enroulé dans ses cheveux, il avait regardé son apprentie l’insulter, poser ses propres conditions puis lui tourner le dos et s’en aller. Sans état d’âme. Sans le moindre état d’âme. Il n’avait pas bougé parce que, sinon, il l’aurait probablement tuée. C’était justement le problème : Gil avait déjà tué pour moins que cela ! Il avait traqué, torturé et assassiné pour le Chaos avec une redoutable efficacité, une froideur détachée, savamment calculée. Kaünis n’était encore qu’une gamine ! Qui avait réussi l’Ahn-Ku, certes, mais qui avait encore beaucoup de choses à apprendre – et le respect figurait visiblement en tête de liste. Pourtant, Gil s’était rarement senti aussi impuissant. Une morveuse lui clouait le bec avec suffisance et il se contentait d’encaisser en silence.

Alors, Gil se mit à douter. Pour la première fois depuis le début de cette formation, il se demanda s’il se pouvait qu’il ne soit vraiment pas à la hauteur. C’était son avis, au début : il n’avait accepté le poste de maître que dans le but de mettre ses supérieurs au pied du mur. Pour agacer Seren, aussi. a la réflexion, le jeune Gil n’était pas si différent de Kaünis : combien de fois avait-il insulté son mentor ? Combien de jurons, de menaces et de coups d’éclats avaient ponctués sa propre formation ? Je le déteste toujours, réalisa-t-il soudain. Aujourd’hui encore, je lui en veux terriblement… Seren avait rarement subi ses assauts sans broncher, préférant généralement rendre au centuple les bravades de son apprenti, mais pour une raison obscure, Gil ne parvenait pas à répondre à Kaünis par la violence. Pour ne pas ressembler à Seren ? Etait-ce déjà trop tard à ce sujet ? Il avait lu la haine dans les yeux de son élève. Brutale, sauvage, et plus réelle qu’une gifle. Plus douloureuse, aussi. Blessé dans son amour propre, Gil était encore plus déboussolé par l’attitude de Kaünis que par la sienne. Elle lui avait fait bien plus mal qu’il ne l’en croyait capable.

- Bravache, hein… lâcha-t-il d’une voix blanche en tournant la tête vers Libertée. Je crois que tu es loin du compte.

Il se sentait effroyablement minable, parce qu’il venait de perdre confiance en lui. Or cette confiance s’était construite tout doucement au gré de la formation de Kaünis ; à ses côtés, il avait appris le sens des responsabilités, du devoir et de l’amitié. C’était grâce à Kaünis qu’il avait tellement changé. Grâce à elle s’il avait trouvé le courage de s’allier à Nwëlla, Juhen et Atal pour voler au secours de Naïs. Grâce à elle s’il avait décidé d’affronter ses propres démons pour aller de l’avant, plutôt que de rester perpétuellement en retrait, loin des hommes, du bonheur, de Libertée. Il lui devait beaucoup trop. Cela faisait-il de lui un couillon ? Sûrement pas ! Je suis un maître envoleur, merde à la fin !

Soit. Peut-être l’avait-il été, l’espace d’un instant. Lorsqu’il avait emmené Kaünis dans les sommets vertigineux des Dentelles, ils avaient partagé quelque chose, c’était certain. Peut-être qu’à ce moment-là, il avait vraiment assumé sa fonction. Mais c’était fini, tout ça. Il avait dégringolé dans l’estime de Kaünis – si tant est qu’elle en avait réellement éprouvé pour lui – et dans la sienne. Il était redevenu le Cabochard. Ce sale type qui prend la fuite au moindre problème et qui foire tout ce qu’il entreprend. Serrant brusquement les poings, il se dégagea de l’étreinte de Libertée et fit quelques pas vers le Pollimage. Se figea, pivota et revint vers la marchombre pour lui saisir le bras. Sans douceur.

- On devrait peut-être s’y mettre tout de suite, tu crois pas ?

Devinant une interrogation dans les yeux roses de la jeune femme, Gil émit un claquement de langue agacé.

- Si on perd trop de temps, tu vas te rendre compte que je suis un couillon, toi aussi. Alors autant en profiter avant que tu me tournes le dos, non ?

Quitte à déraper, autant faire ça dans les formes ; Gil n’eut aucun mal à se glisser dans la peau de son « ancien lui », peut-être parce qu’il n’en était jamais vraiment sorti. Son regard s’était dangereusement assombri et il avait parlé d’une voix rauque en se rapprochant de Libertée. Sans attendre de réponse de sa part, il l’attira contre lui d’un geste brusque et s’empara de ses lèvres avec violence. Mais alors, sa fureur se retrouva soufflée comme la flamme d’une bougie à la merci du vent. Dans un sursaut de lucidité, il réalisa qu’il était en train de commettre une terrible erreur, et c’est ce qui l’empêcha de déraper complètement : il trébucha seulement, vacilla et retrouva son équilibre en prenant conscience que la femme qu’il tenait entre ses bras était bien trop précieuse pour qu’il se permette de la blesser de la sorte. Tout comme était précieuse l’odieuse gamine qui lui avait planté un couteau dans le cœur. Submergé par une vive émotion, Gil enfoui son visage dans le cou de Libertée.

- Pardon, murmura-t-il alors.

Il la serra plus doucement, cette fois-ci, et ferma les yeux un moment, partagé entre l’envie de l’allonger sur le sol pour la posséder, et celle de lui confier ce poids immense qu’il avait sur le cœur. Il choisit finalement la deuxième option, en partie parce qu’il avait peur de perdre une nouvelle fois le contrôle en cédant à la première. Rouvrant les yeux, il recula d’un pas et glissa sa main dans celle de la marchombre pour l’entraîner en direction du fleuve. Ils s’assirent sur la berge. Le regard perdu dans les reflets miroitants de l’eau, Gil coupira.

- Je ne comprends pas. Je ne comprends pas ce que cette gosse attend de moi. Ni même ce que j’attends d’elle, au fond. Tu as raison, elle est douée. Moi, par contre…

Sa phrase resta en suspend. A cours de mots, il posa les coudes sur ses genoux et sa tête entre ses mains.

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Lun 26 Mai 2014, 14:51

Elle en avait oublié Kaünis, alors quand la voix de cette dernière retentit, avec un ton si ironique, elle sursauta presque. Oups ! Gil lui faisait littéralement perdre la tête, en réalité. Il ne fallait pas croire que les choses n’allaient que dans un sens, sinon elle n’aurait pas tourné le dos à la gamine qui en avait voulu à sa vie quelques minutes plus tôt à peine.

- Je crois que ça sera pas pour ce soir, hein. Disons demain matin.

Libertée eut très envie de tirer la langue, et alors qu’elle allait exécuter ce petit geste enfantin lui aussi, le regard de l’apprentie Envoleuse se posa dans le sien, et elle fronça les sourcils.


-Un jour, je te tuerai. Et j’aimerais éviter que tu monopolises ce couillon jusqu’à ce que j’en sois débarassée.

La marchombre haussa un sourcil.
Non pas qu’elle ne prenne pas au sérieux les paroles de Kaünis, mais juste parce qu’elle ne comprenait pas : pourquoi s’en prenait-elle à elle ? Là, tout de suite, à cause de sa greffe, sans doute. Mais dans ce futur-là, elle pourrait très bien l’avoir crié sur tous les toits, alors pourquoi s’acharner ? C’était un peu bizarre, et pas du tout sa manière ne penser.

Mais d’ailleurs, Gil ne répliquait rien, et lorsque Libertée tourna la tête vers son visage, elle y vit une profonde stupéfaction, et un état brumeux étrange pour l’envoleur.

Surtout que bon, il était parfois un peu brut de décoffrage, mais pas couillon. Elle le comprenait, désormais, si jamais il ne savait pas par quel bout prendre son apprentie : qu’est-ce que l’on peut faire d’une fille pareille ? Dans quel sens on leur communiquer correctement avec elle ?


- Y’a un village un peu plus au Nord. Je t’attendrai dans la taverne.

En plus, elle posait ses conditions !
Nuhadu lui aurait fait ça, Libertée se serait fait un plaisir de lui montrer à quel point il se leurrait. Parce qu’imposer des choses, ce n’était pas à l’apprenti de le faire, mais bien au maître. Et même si Gil lui avait proposé de commencer son cours rapidement, ce n’était pas elle qui décidait quand cela reprenait réellement !
Une formidable envie de lui décocher une gifle grouilla dans le bras droit de Libertée.

Mais alors qu’elle allait l’invectiver, cette dernière s’en alla sans un regard en arrière.
Ahurie, Libertée porta son attention sur Gil, qui ne bougeait pas. Pourtant, d’habitude, il était le genre de personnes à réagir au quart de tour, surtout quand on se fichait de lui. Alors pourquoi était-il là, immobile, à tolérer ce qui n’aurait pas dû l’être ?
Parce que Libertée avait beau être sympathique et tolérante, c’était typiquement le genre de comportement qu’elle détestait. Et quand Nuhadu l’avait eu avec elle, elle lui avait bien remis les idées en place aussi !


- Bravache, hein… Je crois que tu es loin du compte.

- Finalement, je crois aussi.


Mais l’homme venait de la repousser assez brutalement pour s’avancer vers le fleuve bouillonnant. Fronçant les sourcils, Libertée s’avança vers lui, se disant qu’il devait avoir besoin d’une épaule sur laquelle s’appuyer, le temps de retrouver ses esprits.
Sauf que la main qui cueillit son bras n’était pas du tout agréable, et même brutale et impérieuse. Elle détesta ce contact, autant que les paroles qui le suivirent.


- On devrait peut-être s’y mettre tout de suite, tu crois pas ? Si on perd trop de temps, tu vas te rendre compte que je suis un couillon, toi aussi. Alors autant en profiter avant que tu me tournes le dos, non ?

Alors là, c’était raté.
Complètement.
Et quand il se saisit d’elle pour littéralement écraser ses lèvres, Libertée se débattit, et finit même par lui donner une claque. Etait-ce le coup qui lui remit les idées en place, ou le fait qu’elle se débatte ? Ou autre chose ?
Heureusement, il y eut un éclair de lucidité dans son esprit, car sinon elle se serait vraiment fâchée. Elle ne savait pas comment, mais elle l’aurait fait.


– Pardon.

Libertée soupira, et accepta la nouvelle étreinte, plus calme et plus douce, que lui proposa Gil.
Elle préférait ça. Elle aimait aussi la brutalité, évidemment, il le savait d’ailleurs. Mais là tout de suite, il n’était pas question de ce que
elle, elle avait envie. Gil venait de basculer dans un état second, il avait juste besoin de soutien.

Lorsqu’il s’assit sur la berge du Pollimage, la marchombre le suivit souplement, pour se caler à sa droite, dans le creux de son rein, et poser sa tête sur son épaule.


- Je ne comprends pas. Je ne comprends pas ce que cette gosse attend de moi. Ni même ce que j’attends d’elle, au fond. Tu as raison, elle est douée. Moi, par contre…

Se redressant brusquement, Libertée bascula sur les genoux, entre les jambes de Gil.
Prenant son visage entre ses mains, elle l’obligea à la regarder, à la regarder dans les yeux.


- Je crois que toi comme elle, vous adorez tout contrôler. C’est comme ça que vous vous sentez en sécurité. Or, avec deux personnalités aussi entêtées, il faut faire des concessions. Kaünis, je pense, est prête à les faire : tu es son Maître, tu es censé pouvoir contrôler les choses à sa place, et il n’y a que dans ces conditions que pour elle tu prends ton rôle de maître en main. En contrôlant les facteurs extérieurs, en contrôlant sa formation, en contrôlant ce qu’elle fait. Et je crois deviner que c’est le genre de responsabilités que tu as longtemps fuies, Gil.

Et si tu penses qu’elle est suffisamment avancée pour contrôler les choses elle-même, dis-le-lui. Y’a rien de mieux que la communication, tu sais. Tu lui as déjà demandé ce qu’elle voulait de toi ? Ce qu’elle attendait de toi ?

Tu devrais te poser, et réfléchir : qu’attends-tu d’elle ? Que peux-tu attendre d’elle ?


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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Lun 26 Mai 2014, 16:34

- Ce que je veux ? Mais qu'elle parle moins et agisse plus, bon sang ! Ah, si ses lames s'agitaient au moins aussi vite que sa langue, elle serait vraiment douée. Et dangereuse.

Je ne sais pas du tout ce qu'elle a voulu dire à propos de Naïs. Je ne suis pas... enfin, tu sais. Enfer, j'espère qu'elle n'est pas allée lui raconter n'importe quoi. Je crois que je vais lui tordre le cou. Je me fiche bien d'avoir ses parents sur le dos après ça. Je te jure, Lib, demain, je vais...

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Lun 26 Mai 2014, 17:31

- Tu vas quoi au juste ? Lui donner raison en pétant un câble ? C'était avant qu'elle parte qu'il aurait fallu le faire, Gil.

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Lun 26 Mai 2014, 20:56

- Raaaah !!!

(Il se prend la tête entre les mains et réfléchit un petit moment)

Lib ? Tu as un élèves toi aussi, n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Sera-t-il au détour de la rivière ? [ Gil & Kaünis ]   Lun 26 Mai 2014, 21:13

- On peut dire ça. J'en ai eu un. Actuellement, j'en ai deux. Vas-y, pose ta question.

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