AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  RèglementRèglement  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Pacte VS L'Ordre
Bienvenue sur Chaos VS Harmonie !

Tu pourras ici incarner un personnage de ton choix, Marchombre ou Mercenaire, et le faire évoluer dans l'univers du forum.
Cours pour améliorer les capacités de ton personnage, aide en RPG, Hors RPG et jeux, tu ne peux que t'amuser avec nous !

Si tu ne connais rien à Gwendalavir, cela ne t'empêchera pas de te joindre à nous, car un récapitulatif de tout ce qu'il y a à savoir est disponible dans le contexte

En espérant te compter très bientôt dans nos rangs,
L'équipe
Cours Envoleurs
Cours Marchombres
Panneaux
Votez (1)
Votez (2)
Votez (3)
Votez (4)
Tops Sites


Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

Partagez | 
 

 Groupe Hogh, cours n°4

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes


Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Lun 09 Juin 2014, 17:15

- J'ai le droit à un complément d'information ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Lun 09 Juin 2014, 17:35

- Le droit, oui....

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Lun 09 Juin 2014, 18:09

- Tu veux qu'on s'éloigne un peu, avant ? J'ai comme l'impression que tu as besoin d'un petit remontant...

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Lun 09 Juin 2014, 18:13

- S'il te plait.

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Lun 09 Juin 2014, 20:32

[Court, mais après une bombe aussi monumentale... ! Quand tu t'emballes, c'est pas à moitié - et bon sang, que j'aime ça !!]




S’il te plaît.

C’était la première fois, depuis qu’ils se connaissaient, que Kaünis prononçait ces mots-là. C’est la raison pour laquelle Gil ne tergiversa pas plus longtemps. Il attrapa la jeune fille par la taille et la hissa sur le dos de Voyage avant de lui laisser le temps de s’indigner, puis il bondit sur la selle de sa propre monture et mit le cap vers le nord. Il ne se retourna pas une seule fois pour jeter un coup d’œil par-dessus son épaule et voir s’éloigner la Confrérie. Mais le temps que dura leur trajet, il resta près de Kaünis, son genou presque contre le sien. Elle restait silencieuse alors lui aussi, mais il ne pouvait s’empêcher de noter sa pâleur et ses traits tirés. Et elle ne se tenait pas correctement en selle, elle qui montait si bien normalement – mais il ne fit aucune remarque à ce sujet. Une demi lieue plus loin, ils atteignirent une auberge-relais, destinée à accueillir les voyageurs de passage entre Al-Far et Al-Poll ; quelques chevaux étaient attachés à l’extérieur mais l’établissement avait sans aucun doute connu de meilleurs jours. Gil mit pied à terre et tendit les bras pour aider Kaünis à descendre de selle. Qu’elle ne s’offusque pas de son geste ajouta à son inquiétude.

- Attends-moi là, dit-il en désignant le banc de pierre adossé au mur de l’auberge, ombragée par un voile de glycine où bourdonnaient quelques abeilles.

Il s’engouffra dans la salle et se dirigea d’un pas vif vers le comptoir. Quelques minutes plus tard, il ressortait un verre dans une main et une serviette dans l’autre ; s’asseyant près de son élève, il lui colla le verre entre les mains. Un liquide ambré y miroitait doucement.

- On l’appelle Langue de Feu, dit-il en dégageant doucement les mèches que la sueur avait collées au front de la jeune fille pour y appliquer la serviette humide. Une vieille légende raconte qu’une goutte de sang de Ts’lich est mélangée à cette eau de vie, et qu’ainsi une simple gorgée ramènerait un mort à la vie. Personnellement, je ne crois pas à ce genre d’histoire, mais tu as l’air moins fraîche qu’un cadavre alors, dans le doute…

Il parlait tout en tamponnant doucement les tempes de Kaünis. Le soleil dansait dans le rideau de glycine et déposait de petites tâches de lumière sur son visage, soulignant la blancheur de son teint et le vert profond de ses yeux. La mâchoire de Gil se contracta. D’ordinaire, le regard de son élève était plein de vie, souvent brillant de colère ou pétillant de curiosité ; là, il semblait éteint, comme si quelqu’un avait réussi le pari fou d’en souffler la flamme, comme on pourrait le faire avec une bougie…

- Kaünis, souffla-t-il en glissant un doigt sous son menton pour la forcer à le regarder. Que s’est-il passé à Tintiane ?

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Lun 09 Juin 2014, 20:58

[ Pareil, court, mais bon... Razz]





Elle était dans un état second.
La porte menaçait de s’ouvrir et de tout balayer sur son passage.
Encore.

Alors, Kaünis garda le silence. Elle monta sur Voyage sans souplesse, chevaucha sans profiter de l’air sur son visage, avança sans même regarder où elle allait. Sans même se rendre compte que Gil était tout près d’elle, son genou contre le sien.

Elle ne voulait pas y penser.
Et pour ne pas y penser, elle ne devait juste pas penser.
Sauf que ça, c’était impossible pour elle !
* Putain de rêve. Heureusement qu’il était là *

Aucun signe avant-coureur. Pas de nausées, un cycle régulier au jour près, comme d’habitude.
Elle avait paniqué. Et elle avait eu raison.
Un enfant, cela aurait été de trop. Alors deux ! Il n’y avait aucune autre issue possible, aucune autre issue imaginable. Le pire était sans doute qu’il n’y avait aucun doute sur l’identité du père. Deux mois. Cela correspondait avec sa rencontre avec Darwen. Parce que Yan, elle ne l’avait pas vu depuis quatre mois et ne le revoyait que depuis un mois.

Prenant une grande inspiration, elle laissa sa tête aller en arrière, remarquant seulement qu’ils venaient de rentrer dans un village sur la route qui menait les deux grandes villes d’Al-Far et d’Al-Poll.

- Attends-moi là,

Ne se posant pas de question, la jeune fille s’assit sur le banc de pierre, les yeux dans le vague. Est-ce que Gil mit longtemps ? Elle n’en savait strictement rien, et n’aurait pas pu estimer ce laps de temps même sous la torture.

Il lui proposa un verre. Un verre.
Et merde. Elle devait être bien plus affligée qu’elle ne voulait bien l’admettre. Elle ne se rendait pas compte dans l’état dans lequel elle était. Trop déconnectée de la réalité. Trop… ailleurs. Où exactement ?
Contre la porte. Pour l’empêcher de s’ouvrir. De claquer.

Elle but une gorgée du breuvage, qui distilla une agréable chaleur dans son ventre. Presque similaire à celle de sa colère, et cela lui fit du bien. Sa colère, à elle, était bien plus facile à gérer que la colère derrière la porte.

- Kaünis, que s’est-il passé à Tintiane ?

Elle leva les yeux anormalement lentement vers le visage de Gil. Et malgré elle, elle répondit. À sa plus grande surprise.

- Si j’ai crié ce matin en me réveillant, c’était à cause d’un mauvais rêve. Je… elle prit une inspiration, puis une gorgée de Langue de Feu, et hoqueta : J’ai eu peur d’être enceinte. Naïs m’avait raconté qu’elle ne l’avait pas su avant que votre fils ne naisse. J’ai eu peur, et j’ai eu raison…

Elle papillonna des paupières, sentit une énorme boule d’émotions se coincer dans sa gorge, but un peu pour la faire passer. En vain. Et la porte tressautait.

- J’attendais des jumeaux. D’un Marchombre.

Le verre dans ses doigts, soudain, se recouvrit de craquelures avant d’exploser. Son contenu se déversa sur le sol, mais déjà Kaünis attrapait le bord du banc pour essayer de se contrôler. La pierre couina, le givre naquit.
Non, la porte.
Elle ferma les yeux, l’imagina en pensées, et renforça ses planches. Des bonnes planches.
Confiance.

Elle finit par rouvrir les paupières vers Gil, les yeux brillants.
Devenue muette.

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Lun 09 Juin 2014, 22:50

- J’attendais des jumeaux. D’un marchombre.

Quelque chose explosa. Gil pensa d’abord que c’était son cœur mais, en baissant les yeux, il découvrit les morceaux de verre qui gisaient un peu partout, ruisselant de Langue de Feu et de sang. La main de Kaünis en était recouverte. Il jura à voix basse et voulut saisir ses doigts ; le froid l’en empêcha. Un froid terrible, mortel… et familier. Non ! Malgré lui, Gil recula vivement sa main tandis que la peau de Kaünis se couvrait d’une fine pellicule de givre. De la glace s’était formée sur la pierre du banc, là où sa main blessée était appuyée, et les quelques gouttes de Langue de Feu qui s’étaient échappées des morceaux de verre durcirent en gelant, devenant diamants scintillants. Et puis soudain, le froid disparut. Rappelée à l’ordre, la greffe s’était rétractée, calmée, apaisée. Pas Kaünis. Lorsqu’elle leva les yeux vers lui, Gil lut dans son regard toute la colère, toute la douleur qui envahissait la gamine. L’était-elle encore, après ça ?

Non, bien sûr que non. Les épreuves les plus terribles sont celles qui nous grandissent le plus ; il était bien placé pour le savoir… Gil n’avait pas oublié l’expression de Libertée, l’absence dans son regard rose, lorsqu’elle avait perdu son enfant. Leur enfant. A présent, ce même vide assombrissait le regard de Kaünis, témoin à lui seul de l’épreuve qu’elle avait dû subir seule. Il serra les poings, soudain révolté par cette idée, tandis que les mots du Rêveur au chapeau de paille lui revenait en mémoire : parfois, l’amitié est le meilleur des remèdes. Aucun remède n’existait en ce monde pour soigner une telle blessure, Gil le savait ; mais il savait aussi qu’il n’avait pas eu le courage de franchir ces hauts murs blancs et de suivre son élève, là où elle aurait eu besoin d’une présence – une simple présence, même la sienne. Il aurait dû être avec elle lorsque… ces hommes avaient… Il ferma les yeux. N’y pense pas, surtout n’y pense pas ! Ce n’était pas le moment de flancher, pas alors que Kaünis perdait pied. S’il l’abandonnait maintenant, elle n’aurait plus la force de contenir sa rage, or son contrôle sur sa greffe était encore trop fragile, trop neuf pour qu’elle puisse se permettre de relâcher sa vigilance. Il n’avait pas été présent au moment le plus dur, c’est vrai, mais il était là, maintenant. Et c’était à lui de l’empêcher de sombrer. Chaque relation est différente, et il faut trouver le bon mode de fonctionnement, souffla Libertée à son oreille tandis que la brise qui jouait dans ses cheveux lui rapportait une odeur sucrée, similaire à la sienne. Si on ne cherche pas, on ne trouve pas par hasard, tu sais…

- Je m’appelle Manaël Sil’Sierra, dit-il lorsque son regard eut accroché le sien. Je suis le fils d’une Envoleuse… et d’un Marchombre.



*



Les mots, parfois, sont un torrent inépuisable et lumineux. Gil s’était accroupi devant Kaünis et, les mains posées sur ses genoux, il lui parlait, dans la douceur d’une journée de printemps et le parfum des fleurs qui écoutaient patiemment. Les mots coulaient enfin.



*


- … mon père s’appelait Giliwyn, je me souviens qu’il avait les yeux chocolat, comme mon œil droit, et qu’il m’apprenait à tirer à l’arc dans le jardin, quand ce n’était pas à monter Petit Gris, notre âne, ou à bricoler avec lui. Ma mère s’appelait Sinéad, Sinéad SangreLune. Elle était très belle, elle avait des yeux d’un bleu turquoise. Comme mon œil gauche. Et elle passait des heures à m’écouter jouer de la flûte…



*



Il avait accroché son regard et il ne le quittait plus. Ne le quitterait jamais plus, désormais. Et il avait de la peine parce que, cette ombre vide, là, tout au fond de ses prunelles, cette ombre ne partirait pas complètement ; elle était tout ce qui restait de ces vies jumelles qui s’étaient envolées avant d’avoir des ailes. Mais plus Gil parlait et plus l’ombre rétrécissait, laissant revenir quelques paillettes de vie dans le vert profond de ses yeux.


Est-ce que tu le sens toi aussi, ce lien qui est né entre ton cœur et le mien ?



*



La glace avait fondu, aussi bien sur le banc que dans le cœur de Gil. A bout de souffle, à court de mots, il l’entendit battre doucement, ce nouveau cœur, dans le silence qui les enveloppait d’un cocon soyeux ; libéré du poids de la honte et de la colère, il était aussi léger et palpitant que celui d’un oiseau. Il lui avait fallu vingt ans pour s’éveiller de nouveau. S’éveiller, oui, c’était la sensation que Gil avait brusquement ; il battit des paupières et, soudain, le temps sembla reprendre son cours : un éclat de rire jaillit depuis une fenêtre ouverte de l’auberge, un cheval renâcla, un autre frappa le sol de son sabot, un papillon aux ailes éclaboussées de couleurs vives voltigea près de son oreille et se posa sur le dossier du banc… Gil se redressa lentement. Parler, c’était fatiguant. A moins que ce ne soit la vérité qui lui coûtait autant d’énergie. Cette vérité-là, Kaünis était la seule à la connaître. Libertée elle-même n’en savait pas les détails. Seren n’en avait jamais rien su. Etrange, comme la confiance pouvait surprendre à ce point…

- J’ai perdu un enfant, dit-il d’une voix que son long récit avait rendue rauque. Je suis incapable de ressentir ce que Libertée et toi avez pu vivre, mais je sais quel effet ça fait et quelle panique ça nourrit. Tu n’es pas toute seule… et tu vas t’en remettre. Je te le jure, Kaünis.

Il lui essuya la main avec la serviette, retira les petits bouts de verre plantés dans la peau, nettoya les minuscules coupures, et referma les doigts sur les siens. Puis il se leva et parce qu’il n’avait pas lâché sa main, elle se leva aussi. La Langue de feu lui avait mit du rouge aux joues, remarqua-t-il soudain.

- On a encore de la route à faire. Un long chemin nous attend jusqu’au Royaume Raï… Tu te sens d’attaque ?

Un défi, un sourire.
Une promesse.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Mar 10 Juin 2014, 07:54

- J'ai quelques questions avant : Est-ce que tu aimes Libertée ? Et si la réponse est oui, comment l'as-tu su ?

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Mar 10 Juin 2014, 09:20

(Il hésite une infime seconde - sous le coup de la surprise ?...)

- Oui, je l'aime. Mais j'ai mis un certain temps à le comprendre... et à l'admettre, pour les raisons que tu connais désormais.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Mar 10 Juin 2014, 10:25

-Et du coup, qu'est-ce qu'il se passe entre toi et Naïs ? Vous avez perdu un bébé avec Libertée, tu en as eu un avec Naïs. En même temps, la vie semble contre toi aussi...

[ se prend la tête dans les mains ]

- C'était un choix, pour Libertée ?

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Mar 10 Juin 2014, 11:35

- Non, c'était une évidence. Tu sais, j'ai rencontré Naïs bien avant Libertée, et je n'ai su pour cet enfant qu'au moment de sa naissance ; sans ses yeux vairons j'aurai conservé un doute quant à mon lien avec lui.

Dis-moi... Ce marchombre, pourquoi ne l'as-tu pas tué, comme tu projettes de tuer Libertée ?

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Mar 10 Juin 2014, 11:44

- Ben parce que...

[ Prend une inspiration ]

- Ce jour-là, mon ancienne meilleure amie a voulu ma peau. Il m'a aidée. Je n'ai su qu'il était apprenti Marchombre, que apprenti... Je... Je n'ai pas voulu le tuer, car il m'avait aidée. C'est faible tu crois ?

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Mar 10 Juin 2014, 14:49

Debout devant elle, Gil observa longuement le visage de Kaünis. Faible, elle ? Sûrement pas. Pas après l’épreuve qu’elle venait de traverser. La vie était une épreuve à part entière, mais certaines personnes semblaient enchaîner les mauvaises surprises… Il le savait bien, au fond.

- Libertée aussi m’a sauvé la vie. C’est comme ça que nous nous sommes rencontrés, et c’est comme ça que nous continuons aujourd’hui… Ne pas assumer cette première nuit, c’est ça qui aurait été faible, parce que très lâche. Je savais ce que je faisais et j’avais envie de le faire, en dépit des risques et des conséquences.

Il sourit et lâcha sa main. Puisqu’elle semblait capable de se tenir debout, il jugea qu’elle pourrait monter à cheval, mais pas avant d’avoir mangé quelque chose. D’un signe de tête, Gil lui fit comprendre de le suivre à l’intérieur de l’auberge ; il s’installa dans un coin tranquille, près d’une fenêtre ouverte sur l’extérieur, et commanda un plat local ainsi que deux verres de Langue de Feu.

- Ne le fais pas exploser, celui-ci, murmura-t-il, une lueur amusée au fond des yeux. Ce truc coûte cher et je n’ai pas réussi à te voler trois sous !

Avec douceur mais fermeté, il l’obligea à avaler quelque chose. Ils mangèrent en silence, peut-être parce que beaucoup de choses avaient été dites, plus qu’au cours des trois précédentes leçons réunies ; et puis c’était un silence tranquille, apaisant, que seules quelques rares personnes étaient capable d’apprécier à sa juste valeur… Mais alors que les lampes s’allumaient à l’extérieur pour éclairer les ombres où dansaient quelques lucioles, Gil décida qu’ils passeraient la nuit ici. Kaünis tombait de fatigue et lui-même se sentait étrangement fourbu. Il paya le repas et la chambre ; il n’en restait qu’une avec un lit double, mais il refusa de passer la nuit dans une pièce différente de celle de son élève. Il se souvenait des cauchemars qui avaient poursuivis Libertée, longtemps après la perte de son enfant ; cette nuit, au moins, il voulait les chasser pour Kaünis et veiller sur son sommeil. Ils montèrent un escalier grinçant et gagnèrent la chambre en se suivant dans le couloir étroit. La pièce sentait le renfermé. En trois enjambées, Gil atteignit la seule et unique fenêtre qu’il ouvrit en grand sur l’air frais de la nuit, laissant entrer la lumière pâle de la lune, puis il se tourna vers Kaünis et s’appuya contre le rebord, pensif.

- Ce soir, on va éviter la castagne. Mes phalanges sont encore sensibles.

Tu parles. Il s’agissait simplement d’une boutade d’ours grognon et incapable de dire son inquiétude à voix haute. Mais Gil ne comptait pas laisser Kaünis dormir tout de suite. Avait-elle mal ? Oui, jugea-t-il en plissant les yeux. Et elle avait besoin de se reposer. Toutefois, elle devait d’abord détendre ses muscles et apaiser son âme. C’était un premier pas indispensable vers la guérison – du corps, et de l’esprit. Se détachant du rebord de la fenêtre, Gil ôta son tabard et le jeta sur le lit. Puis il se glissa derrière Kaünis et posa les doigts sur ses épaules.

- Laisse-toi faire, souffla-t-il en commençant par de petits mouvements circulaires avec ses pouces.

Au début, il la sentit se raidir. Elle n’était pas habituée à ce qu’il la touche ainsi et puis, avec ce qu’elle venait de vivre… Gil insista néanmoins, jusqu’à sentir les nœuds se défaire progressivement sous ses doigts. Sans un mot, il suivit la colonne vertébrale, depuis la nuque jusqu’aux reins. Ses mains, qui portaient encore les marques des coups qu’il avait envoyés à Kaünis, étaient ce soir extraordinairement douces. C’étaient des mains habituées à blesser, à torturer, à tuer, mais qui pouvaient guérir aussi. Et réconforter. Debout derrière elle, Gil se mit à s’étirer. Mais il ne le fit pas seul : ses mains remontèrent sous les bras de Kaünis, qu’il tendit d’une légère pression des doigts, et alors, il enchaîna de lents, très lents mouvements, sans jamais la lâcher. Il se courbait, elle se courbait ; il fléchissait son bras et le sien avec, puis tendit l’autre et entraînait le sien dans son geste. Seuls ses doigts étaient en contact avec elle, tantôt légère pression, tantôt caresse sur un muscle un peu raide. Jusqu’alors, jamais Kaünis n’avait pris ses mouvements pour modèle, préférant créer plutôt qu’imiter ; mais ce soir, leurs mouvements ne faisaient qu’un. Un souffle, un geste, un lien.

Unique.

Le ballet silencieux s’acheva de lui-même. Désormais face à Kaünis, Gil inclina légèrement son buste, en un salut qui soulignait enfin tout le respect qu’il avait pour elle, et qu’elle avait attendu si longtemps. Puis il alla se percher sur le bord de la fenêtre, une jambe repliée devant lui, l’autre se balançant tranquillement dans le vide. Plus tard, quelques notes de flûte, légères comme un rêve, s’élevèrent dans la nuit et se mêlèrent au souffle de la jeune fille endormie.



*



- Ce canasson est vraiment stupide.

Tout en pestant dans sa barbe, Gil fit revenir son cheval sur le sentier. Il faisait des écarts sans prévenir, effrayé par le simple battement d’ailes des oiseaux qui surgissaient parfois des fourrés, et agaçait son cavalier ; celui-ci regrettait amèrement Pic, la fidèle et vaillante monture de Seren. Voilà des mois qu’il n’avait pas croisé ce dernier, faute de quoi il n’avait pas pu lui « emprunter » son cheval. Un cheval intelligent, lui ! Gil grogna puis jeta un coup d’œil à Kaünis. Trois jours s’étaient écoulés depuis qu’ils avaient quitté l’auberge-relais. Ils n’avaient plus fait mention ni de la raison qui les avait poussé à s’arrêter à Tintiane, ni des origines de Gil ; dans l’espoir de distraire Kaünis, il avait abordé des sujets plus légers, ouvrant un débat sur les avantages de la monte à cru, disputant son morceau à propos de la pertinence des épreuves des jeux d’Al-Jeit et développant sa théorie sur les légendes qui couraient à propos de l’œil d’Otolep. Ça avait marché, un peu. Mais la soudaine docilité de Kaünis prouvait que celle-ci n’était pas au mieux de sa forme. Parce que la blessure était intérieure, elle le suivait sans broncher et s’exécutait relativement facilement aux petits exercices qu’il lui proposait, mais ses nuits restaient émaillées de rêves agités et elle ne relevait aucun de ses défis. Il est temps de changer de tactique, mon vieux !

- Ooh, dit-il pour arrêter sa monture.

Il se laissa glisser à terre et fit quelques pas en direction de l’Ombre, qui serpentait joyeusement entre les hautes herbes. Ils suivaient la rivière depuis un moment déjà en direction du nord, sans qu’il ne parvienne à trouver ce qu’il cherchait ; là, en revanche, il était satisfait. Devant lui, les eaux tourbillonnaient telles des furies, toutes d’écumes et de grondements sourds. Il fallait être inconscient pour oser traverser à cet endroit. Ou bien complètement couillon. Un sourire aux lèvres, Gil déboucla son ceinturon (la pluie les ayant définitivement laissés tranquilles, il avait abandonné son tabard sur la selle de son cheval) et entreprit de délacer son pantalon. Puis il s’assit dans l’herbe et retira ses bottes avant de lever la tête.

- Tu attends quoi ?

Lui n’attendit pas que Kaünis se prépare. Il s’enfonça dans l’Ombre en serrant les dents à cause de l’eau glaciale sur sa peau brûlante ; les eaux se refermèrent sur lui, déchaînées, prêtes à le broyer contre les rochers. Il les laissa essayer. C’était de bonne guerre, après tout. Mais en jouant avec le courant, il parvint à se redresser et à se retourner vers son élève. Il n’avait pas tendu de corde, cette fois, et il se souvenait très bien de sa première expérience avec la colère des eaux.

- Tu n’arriveras pas à me faire boire la tasse, lança-t-il à son attention, moqueur. Mais tu peux toujours essayer !

Une main tendue, c’est tout ce qu’il pouvait faire ; il espérait juste qu’elle allait l’accepter…
… et se lancer.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Mar 10 Juin 2014, 18:40

- Libertée aussi m’a sauvé la vie. C’est comme ça que nous nous sommes rencontrés, et c’est comme ça que nous continuons aujourd’hui… Ne pas assumer cette première nuit, c’est ça qui aurait été faible, parce que très lâche. Je savais ce que je faisais et j’avais envie de le faire, en dépit des risques et des conséquences.

Kaünis hocha la tête.
Pourquoi n’avait-elle pas tué Darwen ? Parce qu’il l’avait aidée, certes, mais aussi à cause de son attirance. Ils avaient joué au chat et à la souris pendant quelques heures, tous les deux, avant de se quitter enfin.
Pourquoi ne l’avait-elle pas tué ?
Est-ce que, à ce jour, cela aurait changé quelque chose ?
Oui. Cela lui aurait évité de coucher avec lui et d’en tomber enceinte.

Alors, pourquoi ne l’avait-elle pas fait ?
Elle était faible. Faible, et trop sentimentale. Quoi qu’en dise Gil, elle le vivait ainsi, en réalité. Et c’était à cause de cette faiblesse qu’elle avait promis à Libertée de la tuer. Pour combler cette faiblesse. Mais voulait-elle vraiment tuer la Marchombre ? Après ce que Gil venait de lui dire ? Elle devait avouer que non. Alors, elle avait un cœur d’artichaut, et elle était faible.

Suivant Gil à l’intérieur de l’auberge, Kaünis haussa les épaules : et maintenant ?
Est-ce qu’elle méritait vraiment cette Greffe ? Est-ce qu’elle méritait vraiment d’avoir réussi son Ahn-Ku ? Est-ce qu’elle méritait vraiment de terminer sa formation d’Envoleuse ?
Cela faisait presque six ans qu’elle suivait Gil, au lieu de trois. Peut-être était-ce un signe, après tout ?


* *


- Laisse-toi faire, souffla Gil dans son oreille.

Malgré elle, Kaünis s’était tendue lorsque les doigts de son Maître s’étaient posés sur ses épaules. La proximité soudaine avec l’homme la mit mal à l’aise, et elle se raidit perceptivement.
Pourtant, au bout de quelques minutes, les massages firent enfin effet, et elle sentit les tensions nichées dans son dos et dans ses muscles se défaire petit à petit, pour la laisser plus détendue.

Agréablement souple.


* *


- Ce canasson est vraiment stupide.

Un sourire en coin étira les lèvres de Kaünis, mais elle ne fit aucun commentaire. En effet, le cheval de Gil semblait assez peureux et mal éduqué, mais en même temps il ne se donnait pas la peine d’essayer de lui expliquer les choses. Sauf qu’elle n’avait pas envie de répliquer, pas envie de mettre son grain de sel.

Plus envie.
Elle se sentait faible, oui. Et cela la bloquait. Autant que le chagrin qu’elle niait en bloc, et qui pourtant alourdissait son pas et tétanisait ses muscles.

- Tu attends quoi ?

Levant les yeux, elle se rendit compte qu’elle n’avait même pas vu Gil descendre de sa monture. Il était en train de se déshabiller pour entrer dans la rivière tumultueuse d’Ombreuse.
Elle la connaissait cette rivière. Et le souvenir de son second cours était parfaitement limpide dans sa mémoire. Elle l’avait déjà affrontée, pour se rendre compte qu’elle n’avait pas besoin de se battre, mais juste d’être à l’écoute.
Or, cela faisait quelques jours qu’elle était complètement coupée de son environnement, et elle le savait parfaitement. Elle en avait conscience, mais étrangement, aucune envie de faire autrement. Aucune volonté de changer cela, même si cela montrait d’autant plus sa terrible faiblesse.

Elle observa d’un air absent son Maître, puis l’eau, puis son Maître qui entrait dedans, sans aucune difficulté. Un léger soupir franchit ses lèvres alors qu’elle descendait de cheval, et désanglait sa monture.

- Tu n’arriveras pas à me faire boire la tasse. Mais tu peux toujours essayer !

Elle resta encore là, quelques secondes, immobile.
Indécise.
Faible.
Voyage la poussa brusquement de son chanfrein, lui faisant perdre l’équilibre et se rattraper in extremis avec les mains à terre. Se relevant, la jeune fille s’excusa auprès de sa jument, la débarrassa de sa selle et de son mors, avant de la laisser aller brouter.

S’asseyant, encore habillée, à quelques centimètres du cours d’Ombreuse, Kaünis regarda l’eau tumultueuse gronder et se transformer en mousse blanche.
Et le souvenir s’accrocha.
    - Kaünis ? Mais… Mais comment tu arrives à tenir là-dedans ?!

    La jeune fille faillit avaler la tasse, et elle se sentit soudain défaillir.
    Devant elle, ce n’était pas n’importe qui : c’était le Mentaï – surement apprenti – qu’elle avait rencontré dans les écuries avant de faire son second voyage au Lac Chen. Fried, il lui semblait ; même si elle n’avait pas la mémoire des noms. En tout cas, lui se souvenait bien d’elle, et son cœur s’accéléra brusquement. Un Mentaï était là, à la fixer alors qu’elle était nue dans la rivière ; c’était peut-être la chance de sa vie.
    S’astreignant néanmoins au calme, elle respira lentement plusieurs fois.

    - Tourne-toi.

Fried.
Fried, qu’elle avait tué en le regardant dans les yeux.

Nana.
Elle avait été incapable de la tuer. Même quand elle l’avait menacée.

Darwen.
Elle avait pensé à le tuer, à le convertir. Et si elle avait tenté la seconde option, elle n’avait même pas essayé la première.

Quelle était la différence entre Fried, Nana et Darwen, alors ?
Fried, elle voulait en faire son instrument. À aucun moment elle n’avait eu de réels sentiments pour lui, de réelles émotions, pas même un quelconque désir non suscité par des caresses pressantes.

Nana avait été sa meilleure amie, sa confidente pendant des années, elles avaient grandi ensemble, mûri ensemble, mais leurs chemins avaient fini par se séparer. Léna avait été engagée comme espionne pour le compte de l’Empereur, et elle tentait de tracer les Mentaïs, et donc d’obtenir des informations grâce à elle. Nana, elle, n’avait pas hésité entre faire son devoir ou épargner son amie. Pourquoi est-ce qu’elle ne l’avait pas fait, elle ?
Parce qu’elle pouvait se passer de la tuer. Parce qu’elle pouvait répliquer et s’en sortir sans la tuer. Parce qu’elle avait l’espoir qu’un jour, peut-être, elles pourraient s’entendre à nouveau.

Pourquoi avait-elle voulu tuer Libertée, et pas Darwen ?
Darwen était un apprenti Marchombre tourmenté. Elle avait éprouvé un désir foudroyant pour lui, et il l’avait aidée. Il n’était pas vraiment humain, mais elle s’était attachée à lui, en l’espace d’une journée. Suffisamment pour laisser la raison de côté et faire l’amour.
Libertée, était une Marchombre accomplie. Une Marchombre accomplie, qui fricotait avec un Envoleur. Un Envoleur accompli. Un Envoleur qui était son Maître, et qu’elle avait éloigné d’elle. Non. Ce n’était pas la faute de Libertée. Et elle avait fait évoluer Gil, Kaünis le voyait bien. Pourquoi n’était-il pas fâché, sinon ? Elle avait voulu la tuer pour faire souffrir Gil, parce qu’elle-même avait souffert. Mais était-ce réellement ce qu’elle voulait, au fond ?

Non. Évidemment.
Mais alors, pourquoi parfois n’avait-elle aucun état d’âme à voler une vie, sans chercher plus loin ? À menacer des Rêveurs qui ne faisaient que leur travail ? Et pourquoi, la seule fois où elle avait pris toute la mesure d’enlever une vie – non, deux – cela l’affectait autant ? Pourquoi, quand c’était un choix qui ne découlait pas d’une situation d’urgence, c’était si difficile ?

« Ca s’appelle la conscience, ma chérie. »
« Papa ? »
« Qui d’autre ? »
« Que… depuis quand ? »
« Peu importe. Tu as une conscience, tu n’es pas folle. Tu n’es juste pas un monstre… »
« Papa, attends ! … »


Il était déjà parti.

Relevant la tête vers Gil, toujours au milieu d’Ombreuse et de ses remous puissants, Kaünis prit une grande inspiration. Comment s’y était-elle prise pour ne pas avoir conscience d’appeler son père ? Ou s’était-il inquiété pour elle et avait cherché à la contacter.
Elle se promit de lui demander une explication.

Mais là, tout de suite, elle releva le menton, plissa les paupières, et prit une grande inspiration.
C’était ça, la conscience ? Se rendre compte que l’on peut être bien plus compliqué qu’un monstre sanguinaire ? Que l’on se prend trop la tête pour des subtilités ? Ca, cela avait toujours été son fort, de trop réfléchir.
Alors, si elle agissait ?

Elle avait pris la vie à ces deux haricots dans son ventre. Soit. C’était son choix. C’était elle qui l’avait demandé. Elle avait même menacé pour que cela soit fait. Que la peur l’y ai poussée ne changeait absolument rien.
Cela avait été son choix. Et elle devait l’assumer. Un jour, quand elle aurait un enfant, elle l’assumerait aussi. Ce n’était pas pour tout de suite.

Se relevant brusquement, la jeune fille déboutonna sa chemise trop grande et enleva son pantalon, se déshabillant totalement. Défiant un instant son Maître du regard, un sourire narquois étira ses lèvres.

- Et si je te fais boire des glaçons, ça compte ?

Et elle entra dans l’eau.

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Mer 11 Juin 2014, 10:55

[Court, mais... moi aussi j'me pose la question xD]



- Et si je te fais boire des glaçons, ça compte ?
- Ha ! Je suis impatient de voir ça,
fit Gil en passant la main dans ses cheveux mouillés.

De là où il se trouvait, il avait regardé Kaünis livrer le plus dur de tous les combats : un combat intérieur, avec ses propres pensées, sa propre conscience, sans autres armes que son instinct et son cœur… Il n’avait pas osé l’interrompre, soucieux de ne pas la braquer au moment où elle avait besoin d’aide – de son aide – et s’était contenté de vaciller dans l’eau froide. Le sourire de Kaünis avait fait naître le sien. En la voyant ôter sa chemise, il s’était redressé d’un bon, devenu inébranlable face aux assauts de l’eau contre lui. Il la sentait glisser sur sa peau, essayant de l’entraîner dans son puissant courant qui bouillonnait tout autour de lui. Tout à l’heure, peut-être… Là, il voulait juste voir son élève faire sans aucun doute le plus grand de tous le choix : avancer. Avancer encore, avancer toujours en dépit des caprices de la vie, de la mort aussi ; avancer plus loin, non pas sur la Voie du Chaos mais sur son chemin à elle.

Les galets roulaient sous ses pieds et lui coupaient les orteils, mais le froid endormait la douleur et la pression du courant sr son corps retenait presque toute son attention. Presque, parce que Gil gardait quand même un œil sur la progression de son apprentie ; il était curieux de savoir de quelle manière elle allait le surprendre. Car c’était une chose dont il ne doutait plus, désormais. Il rit et s’immergea complètement. Il n’allait pas lui rendre la tâche facile pour autant ! Mais nager dans un tel tourbillon de forces était pour ainsi dire suicidaire, et son visage creva la surface, à deux pas de Kaünis. Posant la main sur une arête rocheuse qui dépassait du bouillonnement en colère, Gil la dévisagea un instant. Elle tenait debout, c’était formidable ! Avait-elle continué à s’exercer sans lui ? En attendant des cours qui ne venaient pas ? lui avait-on demandé de traverser une rivière pour passer son Ahn-Ku ? Il avait envie de le lui demander, mais il savait que Kaünis ne lui répondrait pas. Sauf qu’il avait une foule d’autres questions au bord des lèvres. La première jaillit sans qu’il parvienne à la retenir.

- Ce tatouage sur ta poitrine, qu’est-ce ça représente ?

Gil se mordit aussitôt la lèvre et se sentit brusquement rougir. Merde ! De quoi il devait avoir l’air, la tête à peine sortie de l’eau, à lui poser une question aussi personnelle ? Alors qu’il avait rejeté celle sur l’Ahn-Ku ? En plus, au vu de la position dudit tatouage, il devait passer pour un pervers de première. Ce qui n’était absolument pas le cas – enfin, pas maintenant. Et pas avec elle ! C’était purement de la curiosité, il aurait tout aussi bien pu lui demander pourquoi elle s’habillait toujours avec une chemise trop grande pour elle… Et il aurait peut-être mieux valu pour lui. Prudent, il se rapprocha d’un rocher. Sa question méritait bien un coup de pied dans les parties – sans doute ce qu’elle aurait fait s’ils s’étaient trouvé sur la terre ferme – mais en l’occurrence, il craignait qu’elle ne mette sa menace à l’œuvre. Et lui fasse réellement bouffer des glaçons. Dans le doute, il décida d’arrondir les angles.

- Enfin, tu n’es pas obligée de me répondre, c’est juste que je me pose la question depuis un moment.

Il écarquilla les yeux. Alors là, bravo. Arrondir les angles ? Peut-on vraiment se vautrer de la sorte en arrondissant des angles ?? Gil soupira et plongea le menton dans l’eau, de sorte que la surface lui arrivait au raz du nez. La ferme, couillon !

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Mer 11 Juin 2014, 17:01

Alors qu’elle pénétrait dans l’eau, se coulant entre ses courants, Kaünis se sentit soudain parfaitement vivante.
Vivante, entière.
Parce que qu’est-ce que la vie sans doute ? Qu’est-ce qu’un chemin sans courbe ? Qu’est-ce que la lumière sans ombre ?
Elle devait trouver son équilibre, mais elle devait veiller à ce que ses doutes ne la fassent pas faire demi-tour et reculer dans sa vie, dans son évolution. C’était l’une des premières leçons dont Gil lui avait parlée, et cette fois-ci elle s’écrivit en lettres de glace dans son esprit.

S’immergeant dans la rivière en fermant les yeux, elle ne perçut le regard étonné que Gil que lorsqu’elle rouvrit les paupières, et que l’eau lui arrivait à la taille. Quoi, il s’étonnait qu’elle se soit entraînée ? Qu’elle ait essayé de faire mieux ? Il fallait qu’elle avoue qu’elle n’en serait pas arrivée là seule, sans tantôt sa mère et tantôt Yan, mais elle n’avait jamais aimé stagné, et elle avait toujours trouvé des moyens pour continuer à évoluer, et à s’améliorer.

Elle vit son Maître crever la surface de sa tête, se laissant sans doute porter par le courant quelques secondes, mouillant ses cheveux et son visage. Elle n’était pas certaine de parvenir à faire de même, mais elle était assez sûre d’elle, sur ses jambes, alors que la rivière tentait de la désarçonner par sa force. Mais elle ne devait pas s’y opposer, juste la laisser couler, et s’adapter elle aussi. Comme un rocher, d’abord brut de manufacture qui s’élime au passage de l’onde indomptable.
Pliant les genoux, elle laissa l’eau monter contre son ventre, puis sous sa poitrine, sourit, se redressa, et prit une grande inspiration.

Et elle leva les yeux vers Gil.

- Ce tatouage sur ta poitrine, qu’est-ce ça représente ?

De surprise, elle cligna plusieurs fois des paupières, et baissa les yeux sur sa propre poitrine pour détailler son tatouage.
    Elle avait seize ans quand elle avait quitté la maison familiale, après avoir prévenu son père et sa mère la veille. Le matin, elle avait fait son petit sac, et était simplement partie. À pieds, car elle n’avait pas de cheval, et que celui de sa mère comptait trop pour elle pour qu’elle ne fasse qu’envisager de le prendre.

    Elle avait marché et couru, des heures et des heures, avant de rencontrer Nana.

    - Tu vas où ?
    - Je ne sais pas encore. Je veux juste vivre ma vie. Et toi ?
    - Je vais chez le tatoueur, moi. J’ai seize ans, ça y est, et je dois arborer le signe de ma famille. Tu veux pas m’accompagner ?
    - D’accord.


    Les deux amies s’étaient donc dirigées vers la maison du tatoueur, qui se dressait à une petite heure des dernières maisons du village dans lequel elles avaient grandi.
    Toquant à la porte, elles furent accueillies par un « Oui » grognon. Mais quand l’homme vit que Nana était là, son visage s’illumina : c’était lui qui tatouait les membres de la famille Nailasy depuis des décennies, et il était heureux de le faire.

    Quelques heures plus tard, Kaünis observait le paysage par la fenêtre en se demandant où elle allait. Elle avait très envie de faire le voyage jusqu’au Domaine. Cela lui prendrait du temps, mais elle finirait par y parvenir, elle en avait l’intime conviction. Et elle voulait devenir Envoleuse, parce qu’elle n’avait aucun Don de Dessin.

    - Regarde, c’est joli !
    - Oui, c’est sympa. Qu’est-ce que ça flashe sur ta peau blanche !
    - Tu devrais aussi en faire un. Tu commences une nouvelle vie, non ?
    - Oui…


    Le regard de Kaunis se posa sur les feuilles de papier qui étaient étalées sur l’établi de l’artisan. Elle jeta un coup d’œil à l’homme, qui l’interrogea du regard.

    - Je peux ?


    * *

    Puissance. Volonté. Chaos.
    Trois concepts, trois dessins.
    Liés.
    Sur sa poitrine, près de son cœur, au centre de son corps. Entre ses deux seins, où tout résidait : la volonté, la puissance ; et le Chaos. Son cœur, ses poumons, et sa féminité.

    Volonté du cœur.
    Puissance du souffle.
    Chaos féminin.

    Kaünis.

Elle a dû rester trop longtemps silencieuse, car soudain, la voix de Gil s’élève à nouveau par-dessus le tumulte des eaux.

- Enfin, tu n’es pas obligée de me répondre, c’est juste que je me pose la question depuis un moment.

Elle fit une grimace d’incompréhension et de moquerie simultanément, tendant le côté gauche de sa bouche tout en fronçant les sourcils. Posant son regard dans celui de son Maître, elle se demanda un instant si elle avait envie de répondre. Si elle devait répondre. Puis, elle pensa à ses propres questions, sur Libertée, et elle prit une inspiration.

- Volonté, puissance et Chaos. Volonté du cœur, puissance du souffle, chaos féminin.

Elle fit une petite pause, ne sachant pas trop comment Gil allait interpréter ces quelques mots, avant de continuer :

- Je l’ai fait le jour où j’ai quitté la maison pour me lancer dans ma propre vie, dans ma propre aventure. Pour moi, ce tatouage représentait ce à quoi j’aspirait. Et il représente toujours ce à quoi j’aspire, même si finalement être un peu moins compliquée ne ferait pas de mal…

Un sourire moqueur – à son adresse à elle, cette fois-ci – étira ses lèvres, et elle s’immergea jusqu’au menton dans l’eau, avant de se relever.

- Je ne pensais pas que tu me reluquais comme ça, je pensais être trop jeune ! Remarque, Libertée n’est pas bien plus vieille que moi ! lança-t-elle d’un ton rieur. Et puis, elle l’éclaboussa. Juste pour l’embêter.

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Jeu 12 Juin 2014, 09:50

Le regard de Kaünis se voila et Gil se redressa à demi, brusquement inquiet. Puis il comprit qu’elle était simplement perdue dans ses pensées, probablement ramenée dans son passé à cause de sa question, et il s’asséna une claque mentale. Tu ne t’es jamais particulièrement soucié d’elle et maintenant, tu flippes comme un fou au moindre problème ? A sa décharge, cette fille lui en avait quand même fait voir de toutes les couleurs, dernièrement. Pas étonnant qu’il devienne excessif… Au moins, elle n’avait pas mal interprété ses paroles, ou bien elle avait feint de ne pas en remarquer la teneur particulière. Par prudence, toutefois, Gil s’immergea de nouveau, laissant le bas de son visage sous l’eau. Ça lui donnait un air à la fois curieux et mutin, alors qu’il scrutait la jeune fille avec attention. Et lorsque celle-ci cligna brusquement des paupières, il sut qu’elle avait repris corps avec le présent.

- Volonté, puissance et Chaos. Volonté du cœur, puissance du souffle, chaos féminin.

Gil trouva d’abord cette trinité très étrange, car très tranchée, presque radicale ; puis il fit rouler ces mots sur sa langue et les sentit glisser en lui comme une lampée de Langue de Feu. Brûlants mais vivifiants.

- Je l’ai fait le jour où j’ai quitté la maison pour me lancer dans ma propre vie, ma propre aventure. Pour moi, ce tatouage représentait ce à quoi j’aspirais. Et il représente toujours ce à quoi j’aspire, même si finalement être un peu moins compliquée ne ferait pas de mal…

- C’est le propre du Chaos. Il balaie tout sur son passage. Encore que, pour tenir le coup, avoir un bon souffle et un cœur solide, ça aide…

Clin d’œil amusé. C’était rare que Gil se laisse aller à ce genre de complicité mais voilà, une page s’était tournée ; ce n’était plus la peine qu’il se protège derrière un masque d’irascibilité, de la même façon que Kaünis ne se dissimulait plus derrière sa colère. Il leur avait fallu beaucoup de temps et pas mal de coups de gueule pour y parvenir ! Pourtant, sourire et répondre aux questions, si personnelles soient-elles, paraissait soudain plus simple à Gil, comme si un verrou s’était ouvert en lui, quelque part au fond de son être… Et il se sentait bien. Là, au beau milieu des eaux rageuses et glaciales de l’Ombre, il avait enfin la sensation d’être à sa place. C’était grisant, nouveau, et mieux encore : il n’avait pas peur. Certes, on ne change pas un homme en un claquement de doigts, et il n’était pas dit qu’en  d’autres occasions il ne prenne pas la fuite, comme il en avait eu si longtemps l’habitude ; mais c’était un moment précieux, une journée merveilleuse dont il souhait ne jamais oublier les détails. C’est alors que le ton railleur de Kaünis vint troubler cette sérénité qu’il était en train d’apprécier.

- Je ne pensais pas que tu me reluquais comme ça, je pensais être trop jeune ! Remarque, Libertée n’est pas bien plus vieille que moi !

Gil but la tasse et s’étrangla bruyamment. Un instant plus tard, une gerbe scintillante lui éclaboussait le visage, manquant de lui faire perdre pied. Il se redressa brusquement, lutta un moment pour reprendre son souffle, et vit à travers ses mèches humides l’hilarité de son élève.

- Ouais ? Tu crois qu’une face de Raï comme toi m’intéresse ? Je vais te dire une chose, les emmerdeuses dans ton genre, je règle leur compte à ma manière !

Il poussa un rugissement digne d’un ours belliqueux…
… et ce qui devait être un exercice se transforma en véritable bataille, ou tous les coups étaient permis. Lorsqu’ils finirent par se traîner sur la berge pour se laisser tomber dans l’herbe, complètement épuisés, Gil avait tellement ingurgité d’eau que sa gorge en était irritée. Quelques bleus avaient fleuris le long de ses bras et de ses jambes, là où les poings de Kaünis l’avaient heurté dans le feu de l’action – à moins que ce ne soient les rochers contre lesquels il s’était cogné plus d’une fois. Allongé sur le dos, il ferma les yeux et prit le temps de retrouver son souffle avant de lancer d’un ton goguenard :

- D’abord, « chaos féminin », c’est un pléonasme…



*



Le soir même, ils reprirent l’entraînement au combat ; Gil le nommait « la castagne ». Il céda l’une de ses lames à Kaünis et entreprit de revoir avec elle tous les enchaînements de techniques qu’elle connaissait désormais. Autant dire que ça en faisait un paquet. Il lui apprit bien une ou deux passes, comme par exemple une parade quelque peu complexe mais fichtrement pratique pour désarmer un adversaire, mais en retour Gil découvrit quelques mouvements qu’elle avait sans doute pris ailleurs. Un instant de partage qui se termina par quelques coups bien placés ; Kaünis était vive et légère, mais il avait l’avantage de l’expérience et de la force sur elle, raison pour laquelle il eut deux fois moins de bobos à soigner au coin du feu, avant de se coucher. Mais au lieu de s’endormir, il raconta à la jeune fille comment il avait failli se retrouver dans un groupe de musiciens ambulants. Et d’où il tenait son surnom de Cabochard. La façon de tuer une vipère, d’entretenir le bois de son arc et de lire les étoiles. Toutes ces choses qu’il ne lui avait jamais dites et qui franchissaient désormais ses lèvres avec une facilité déconcertante, voire déroutante ; pourtant, lorsqu’enfin le sommeil le surprit, au beau milieu de la nuit, Gil s’endormit sur la pensée que cette journée était sans doute la plus belle qu’il ait connue aux côtés de son élève.



*



Ils atteignaient les premières montagnes du Poll, tout à fait à l’ouest de la plaine de Shâal, lorsque les tranche-bourses leur tombèrent dessus. Ils avaient scié et couché un arbre en travers du sentier boiseux que Gil et Kaünis suivaient au pas et s’étaient efforcés de se cacher, sans succès. Gil les repéra à vingt mètres. Deux, quatre, six hommes, évalua-t-il avant de jeter un coup d’œil à son élève. Voyons un peu ce que ça donne… S’étirant paresseusement sur sa selle, l’Envoleur feignit de ne pas avoir aperçu les ombres qui se mouvaient sous le couvert des arbres. Puis il bâilla et resserra légèrement la pression de ses doigts sur les guides de son cheval. Peureux comme il était, il n’allait sans doute pas tarder à paniquer !

- Pas d’arme, lança-t-il à Kaünis sur le ton de la conversation. Mais du style, de la finesse et de la précision. Je vais aller faire boire les chevaux en attendant.

A peine avait-il terminé sa phrase que les fourrés se déchirèrent dans un concert de hurlement terrifiants. Réprimant son rire, Gil maîtrisa l’écart de son canasson et se pencha pour saisir la bride de Voyage. Puis il s’éloigna de la piste en sifflotant.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Jeu 12 Juin 2014, 13:01

Elle n’en pouvait plus. Tout son corps la brûlait, et sa peau chauffait énormément à certains endroits, où elle était certaine que d’énormes hématomes bien jaunes allaient sortir dans quelques heures.  Allongée sur le dos, reprenant difficilement son souffle,  elle planta son regard sombre dans le ciel.

- D’abord, « chaos féminin », c’est un pléonasme…

Et malgré elle, un rire éclata dans sa bouche, s’élevant au dessus d’elle pour aller faire vibrer les feuilles des arbres.


* *

Ils avaient traversé les Plateaux d’Astariul presque en entier, du Nord au Sud. Sauf qu’ils ne se retrouvaient pas à Al-Poll, mais encore plus à l’Ouest, où la chaîne de montagnes du Poll semblait si large et profonde qu’elle désignait la fin du monde.
Plus techniquement, cela désignait surtout la fin de l’Empire de Gwendalavir, la limite humaine.

Y avait-il des humains de l’autre côté de cette immense chaîne de montagnes ?
C’était ce qu’était en train de se demander Kaünis lorsque l’attitude de Gil interrompit ses pensées, et du coup elle se concentra sur lui, puis sur le reste.

L’arbre couché au milieu de la route ressemblait en effet fort à une embuscade, et ses sens qui s’étaient développés repérèrent des présences humaines dans les fourrés non loin d’eux. Elle dénombra six hommes, fronça les sourcils avant de lancer un regard interrogateur à Gil, qui n’avait pas bougé.

- Pas d’arme. Mais du style, de la finesse et de la précision. Je vais aller faire boire les chevaux en attendant.

Malgré elle, Kaünis haussa les sourcils : il allait… faire boire les chevaux ? Il ne regardait même pas comment elle s’en sortait ? Interdite, elle se laissa glisser le long du flanc de sa monture pour se poster au milieu de la route, et regarder son Maître s’éloigner avec sa jument.

Ce fut à ce moment précis que les hommes percèrent les buissons pour lui fondre dessus en criant.
Est-ce qu’il savait que les hurlements n’aidaient pas du tout les gens à les prendre au sérieux ? Comme si, quand on ne savait pas se défendre, on avait besoin de cris pour avoir encore plus peur. Bon, certes, cela pouvait marcher, mais quand même !

Souhaitant la bienvenue au premier arrivé en écartant les bras, Kaünis glissa contre son torse et envoya puissamment son coude dans les côtes de l’homme, qui se plia en deux, le souffle coupé par un flot de sang. Elle avait clairement senti la côte céder sous son coup, et elle devait avoir percé le poumon.
Tant pis.
Accueillant le second d’un coup de pied circulaire qui lui brisa la tempe, Kaünis se redressa pour observer les quatre brigands qui restaient. Ils avaient arrêté leur assaut désordonné et se consultaient du regard, pas certains de vouloir se lancer à l’attaque de cette furie.

- Bah quoi, vous avez peur d’une fillette ? lança la furie en question, une grimace moqueuse sur les lèvres et les deux mains sur les hanches, provocation pure.

Ils se jetèrent sur elle, beaucoup plus concertés et accordés cette fois-ci.
Ce n’étaient pas des brigands de première catégorie, car ils semblaient avoir une certaine stratégie pour les gens plus… qui donnaient plus de fil à retorde, comme l’apprentie. Mais leurs armes disparates et leurs mouvements n’étaient pas encore assez coordonnés.

Se jetant sur le côté pour éviter un coup de taille qui l’aurait littéralement coupée en deux, Kaünis faucha les pieds de son assaillant tout en saisissant d’autres chevilles au passage pour en déséquilibrer un deuxième. Lui grimpant précipitamment dessus, elle profita de la distraction dont il fit preuve pour lui asséner un formidable atémis dans la pomme d’adam, avant de bondir sur ses pieds pour continuer avec les autres.

Le combat est une danse.
L’adversaire est un partenaire.
Un seul geste. Un seul souffle.
Elle virevoltait, s’élançait, frappait du pied et du poing, de la main, des coudes ou des genoux. Les deux derniers étaient les plus débrouillards et redoutables, mais pas un instant elle ne douta de l’issue du combat.

Ce ne fut que lorsque les six brigands furent égayés sur le sol, morts, que Kaünis les regarda. Les regarda vraiment.
Elle venait de tuer ces hommes, pour se défendre, certes. Mais elle aurait pu juste les assommer. Pourtant, elle ne ressentait rien d’autre qu’un immense vide, écho au bourdonnement incessant qui n’avait pas arrêté de l’asticoter ces dernières semaines.

Un sourire sur les lèvres, elle récupéra les bourses des hommes, qui étaient bien remplies, et alla retrouver Gil.  Lui jetant trois bourses, elle ne put s’empêcher de lui lancer :

- Tiens, comme ça tu pourras t’acheter un cheval que tu ne devras qu’à toi-même.

Et elle souriait.

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Ven 13 Juin 2014, 19:59

[Tonnerre ! Je ne pensais pas m'emballer à ce point, j'espère que ça te convient xD]


Bien sûr qu’il s'en moquait, des chevaux ! Tout ce qui l’intéressait, c’était le combat de Kaünis. Gil s’éloigna de quelques pas et s’arrêta pour la regarder évoluer. Danser sur la Voie comme un feu follet. Elle n’eut aucun mal à se débarrasser de son premier adversaire en lui éclatant les côtes avec son coude. Le deuxième n’eut pas plus de chance ; Gil grimaça en le regardant s’effondrer tandis que déjà, la « fillette » passait au suivant. A croire que « la castagne » portait ses fruits : son élève ne se contentait pas d’intimider, de jouer avec ces hommes. Elle allait jusqu’au bout. Et pas un seul ne la mit en danger, car elle était trop vive, trop fluide, trop… Envoleuse. Le terme glissa dans son esprit, chuchotement qui tira un frisson à Gil. Il secoua la tête et suivit des yeux Kaünis au moment où elle bondissait comme un chat sauvage. Fronça les sourcils en reconnaissant l’une de ses techniques, à lui. Sourit lorsqu’elle se redressa souplement, à peine essoufflée, pour vérifier que ces adversaires étaient bel et bien morts. Et pour les délester de leurs bourses. Gil leva le bras et récupéra celles qu’elle lui lança ; le ton enjoué de ses paroles démentait son air détaché.

- Tiens, comme ça tu pourras t’acheter un cheval que tu ne devras qu’à toi-même.
- Qu’est-ce que tu veux que je fasse d’un canasson ?
grogna-t-il en la regardant monter sur sa selle.

Au fond, elle n’avait pas tort : il était grand temps qu’il s’achète un cheval pour son propre compte, au lieu de passer son temps à piquer celui des autres. Mais Gil n’avait jamais aimé l’idée qu’un animal puisse dépendre de manière aussi… nette. C’était un détail auquel il n’accordait que peu d’importance, et jusqu’ici il s’était toujours très bien débrouillé sans cheval personnel. Toutefois, il observa les bourses de cuir d’un air pensif, avant de les glisser dans la besace accrochée à sa selle. Puis il fit tourner bride à son canasson du moment, qui se mit en route d’un pas tranquille. Le Gil taciturne et franchement odieux d’avant aurait cinglé Kaünis d’une brève remarque avant de lancer sa monture au galop ; le nouveau Gil, plus souple, plus accessible et bien moins irritable, laissa seulement filer quelques secondes avant de jeter un coup d’œil à son apprentie.

- Spectaculaire mais un peu long. Ces types n’auraient pas dû te retenir plus de trois minutes. Ils étaient…

Un sifflement aigu l’interrompit et la seconde suivante, son cheval basculait dans un hennissement de douleur ; Gil eut à peine le temps de vider les étriers pour éviter d’être écrasé par l’animal, il roula dans la poussière, tout près des sabots de Voyage qui martelait le sol, paniqué. Son propre cheval ne tressaillait déjà plus, allongée dans une flaque de sang vermeille. Une flèche était profondément enfoncée dans son cou.

- Merde !

Gil se redressa d’un bond et scruta les alentours, aux aguets. Kaünis et lui étaient à découvert, des cibles faciles pour un archer aguerri, capable de trouver la carotide d’un cheval sans le moindre mal.

- Va jusqu’à la rivière, je te couvre, ordonna-t-il à la jeune fille avant d’accrocher son regard, et d’ajouter d’un ton plus grave : contrôle ta colère.

Puis il asséna une claque sur la croupe de Voyage et les regarda partir au galop. Ils avaient longé l’Ombre jusqu’à s’en écarter à peine une heure plus tôt ; la rivière n’était pas très loin et les lieux permettraient à Kaünis de se défendre de façon plus sûre. Son dernier avertissement n’était qu’une façon déguisée de lui donner son feu vert, même si elle n’en avait pas besoin ; pour échapper à la mort, elle ne devait pas hésiter à utiliser sa greffe. Lui-même laissa ses aiguilles jaillir de ses poignets et fuser sous les arbres, là où se tenait le reste de la bande. Il s’était peut-être trompé en croyant ces hommes complètement désorganisés. De toute évidence, ils possédaient quelques ressources… Gil en élimina trois avant qu’un quatrième surgisse brusquement des fourrés pour lui sauter sur le dos. Il bloqua la lame du coutelas à quelques millimètres de sa gorge en retenant le bras du forcené et se plia en deux pour le faire basculer par-dessus son épaule ; puis, utilisant le poignet ennemi qu’il maintenait toujours en respect, il exerça une pression sur ce dernier et laissa l’homme s’égorger tout seul, avec sa propre lame.

Il leva la tête pour voir Kaünis atteindre l’eau ; il se mit aussitôt à courir. Pas vers la rivière, mais vers la rangée d’arbres où se trouvait encore l’archer qui avait tué son cheval. Il plongea lorsqu’une flèche siffla dans sa direction et répliqua avec quelques aiguilles. Un grognement de douleur lui apprit qu’au moins une d’elle avait fait mouche. Bondissant parmi les broussailles, il se jeta sur le guerrier au moment où celui-ci retirait l’aiguille de sa cuisse gauche. Les deux hommes roulèrent dans l’herbe en luttant, qui à coups de poings, qui à coups de coudes, qui encore à coups de genoux ; ce type était un costaud mais Gil avait de l’énergie à revendre et il n’avait pas dit son dernier mot. Il attrapa les oreilles de son adversaire et se mit à lui cogner la tête sur le sol, une fois, deux fois. Puis il le regarda dans les yeux et lui brisa les cervicales d’un geste vif. Il se détourna aussitôt, cherchant Kaünis des yeux. Là. Il s’élança. Un fourmillement dans ses poignets lui annonçait qu’il avait épuisé son stock d’aiguilles pour l’instant, mais il lui restait encore ses lames ; tirant une épée de sa ceinture, il la lança sans ralentir l’allure et la regarda s’enfoncer dans le dos d’un homme qui s’apprêtait à attaquer Kaünis par derrière. Il récupéra son arme en passant près du corps et sauta dans la mêlée. Pas de redoutables combattants, mais ils étaient nombreux et il suffirait que Kaünis ou lui baisse sa garde une demi-seconde pour que tout s’arrête brusquement… Le risque demeurait présent mais Gil colla son dos à celui de Kaünis et éclata de rire.

- Je  ne m’étais pas amusé comme ça depuis longtemps, et toi ?

Il contra, frappa, contra de nouveau, tua. Derrière lui, Kaünis en faisait autant. Il l’attrapa par le bras pour la faire pivoter et se servit de son élan pour envoyer son talon dans la mâchoire d’un homme avant de pivoter à son tour. Il était désormais face à face avec la jeune fille. L’attrapant par la nuque, il la serra soudain contre lui.

- J’ai besoin de conseils, lui souffla-t-il à l’oreille tout en plongeant sa lame dans la poitrine d’un bandit, par-dessous l’épaule de Kaünis. Il me faut un nouveau cheval.

Il rompit leur « étreinte » et accueillit un tranche-bourse d’un coup de pied dans le ventre. D’un regard, il jaugea rapidement la situation : Kaünis était aux prises avec trois hommes, mais elle s’en sortait remarquablement bien. Les corps s’additionnaient sur le sol. Deux hommes s’élancèrent vers lui, ignorant le bon sens qui aurait dû les faire fuir ; Gil fit craquer ses jointures et leur fit signe d’approcher. C’est alors qu’une ombre jaillit soudain dans son champ de vision. Rapide, précise, mortelle. Droit vers Kaünis. Sans réfléchir, Gil s’interposa : le guerrier encapuchonné le heurta de plein fouet et ils basculèrent dans la rivière. L’eau était glaciale et il se contorsionna pour remonter à la surface, gêné par son adversaire qui s’accrochait à lui avec une force incroyable ; lorsque sa tête creva la surface, Gil vit que le courant les avait déjà entraînés à quelques mètres de Kaünis. Il prit une goulée d’air et la main de l’inconnu lui enfonça le visage sous l’eau. L’autre lui entailla le bras, une fois, deux fois. Gil aperçut la lame qui jaillissait de la paume de l’homme. Marchombre !

Il riposta vivement mais l’eau alourdissait ses membres et ralentissait ses mouvements. Gil jura mentalement et utilisa ses doigts pour se débarrasser de son adversaire, en les lui enfonçant dans les orbites. Comme prévu, l’homme lâcha prise, et l’Envoleur en profita pour remonter à la surface. De l’air ! Il avait besoin d’… Une main lui attrapa la cheville et il vit l’éclat de la surface s’éloigner de lui à toute vitesse. Merde, il a combien de poumons ce type ? pensa Gil en se débattant. Il baissa les yeux et croisa le regard de l’homme. Il contracta ses muscles et parvint à l’attraper au col, tandis que la greffe de l’autre cherchait à lui percer le flanc. Gil bloqua son bras comme il le put ; dans le même temps, il plaqua son poignet contre la gorge du marchombre. Et tira sa dernière aiguille à bout portant. Elle s’enfonça dans le gosier de l’homme, et l’eau se teinta immédiatement d’un rouge sombre, voilant la vision de Gil. La poitrine en feu, il creva la surface et agrippa le premier rocher qu’il aperçut. Sors de là. Luttant pour retrouver son souffle, il nagea jusqu’à la rive et s’y laissa tomber en toussant et crachant toute l’eau qu’il avait ingurgitée. Puis il bascula sur le côté et banda ses muscles pour se redresser. Il ne voyait plus Kaünis.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Sam 14 Juin 2014, 11:14

Que voulait-elle qu’il fasse d’un canasson ? Et bien surtout, qu’il arrête de se plaindre des écarts et du reste. Autant en dresser un une bonne fois pour toutes, et après comme ça il ne se plaindrait pas, d’autant plus quand les chevaux qu’il préférait n’étaient pas les siens – elle pensa à Pic, notamment. Elle ne savait pas à qui était l’étalon, mais il était très bien dressé, sauf que son propriétaire en avait besoin…

Cependant, elle ne dit rien. Peut-être parce que cela ne servait à rien, mais surtout parce qu’elle savait que Gil savait pourquoi elle lui disait de se trouver un canasson.

- Spectaculaire mais un peu long. Ces types n’auraient pas dû te retenir plus de trois minutes. Ils étaient…

Spectaculaire ?
Mais elle s’en fichait d’être spectaculaire, elle voulait être efficace !
Sauf qu’apparemment, elle avait manqué quelque chose…  tout comme Gil. Parce qu’une flèche venait d’atteindre sa monture à la carotide – pauvre propriétaire – et que les bandits avaient apparemment un archer et des ressources en plus.

- Tu disais ? lança Kaünis avec un sourire moqueur.

- Merde !

Oui, c’était bien ce qu’elle pensait : il ne l’avait pas vu venir non plus, celle-là !
Il les poussa vers la rivière, elle et Voyage, et la jument ne se fit pas prier : elle détala comme un lapin ou presque. Mais depuis les quelques mois qu’elles se connaissaient, avec Kaünis, elle avait appris à faire confiance à sa cavalière, aussi quand cette dernière lui demanda un demi-tour, elle l’effectua sans rechigner – et presque sans résister.

Sauf que lorsqu’elle arriva près d’Ombreuse, elle se rendit compte que d’autres brigands les attendaient là. Mais combien étaient-ils ?
Poussant un soupir, Kaünis sauta à terre, attacha rapidement les rênes de Voyage à sa crinière, et lui asséna une claque sur la croupe pour qu’elle évite de se faire tuer elle aussi ; et elle fit face aux hommes, une moue moqueuse sur les lèvres.
Et ils se précipitèrent sur elle.
Elle ne savait pas trop si la consigne du « pas d’armes » comptait toujours, mais elle décida qu’elle devait s’en sortir sans. Contrôle ta colère. Si elle se trouvait en difficultés, elle pouvait toujours utiliser sa Greffe.

Un air narquois se dessina sur son visage, tandis qu’elle passait sous un bras pour en saisir le coude et le retourner, tirant un hurlement de douleur à son propriétaire. Mais elle ne s’arrêta pas. Non, pas de temps d’arrêt dans un combat : juste le temps de l’autre, le temps de l’adversaire. Et si ses adversaires avaient tous un temps différent, elle devait jongler avec, non ?
Un sourire étira ses lèvres, et son talon rencontra une rotule qui craqua, la seconde d’après elle abattait son poing dans une cage thoracique et sentit deux côtes céder sous son coup ; et puis son pied en percuta un autre au niveau du plexus solaire, faisant imploser ses poumons et mourir avant même de s’être écroulé sur le sol.

- Je  ne m’étais pas amusé comme ça depuis longtemps, et toi ?

Le rire de Kaünis s’éleva, et elle secoua ses cheveux, évitant un coup de taille qui lui aurait tranché la carotide autrement. Se glissant sous un bras, elle posa sa main sur l’épaule nue du colosse aux muscles énormes, sourit. Un éclair passa dans ses yeux, ce que le brigand ne comprit pas, avant de sentir une vague de froid s’insinuer sur sa peau… dans ses veines… si proche de son cœur. Lorsqu’il tomba sur le sol, ses doigts se brisèrent comme de simples brindilles, et Kaünis ne le regardait déjà plus, concentrée sur un autre assaillant.

J’ai besoin de conseils. Il me faut un nouveau cheval.

Faisant quelques pas de danse adroits, vers la gauche, Kaünis ne put s’empêcher de répliquer :

- Tu veux dire, un cheval qui soit à toi ? Parce que bon, tu connais le propriétaire de celui que tu viens de perdre ? Il risque de pas t’aimer.

Un courant d’air attira l’attention de Kaünis, mais avant qu’elle n’ait pu se retourner, elle entendit clairement deux hommes basculer dans le lit d’Ombreuse, et son attention fut détournée le temps d’une seconde. Une seconde, une estafilade. Grognant contre elle-même, elle se redressa, acheva son adversaire qui pensait avoir pris l’avantage d’un coup de pied dans les parties intimes, puis en abattant le tranchant de sa main sur sa nuque, attrapa son arme pour la planter proprement dans le cœur du suivant et se contenta de frapper du pied le dernier qui lui en voulait.

Fronçant les sourcils, elle vit alors Gil aux prises avec un autre homme, dans le lit d’Ombreuse, et elle ne sut pas du tout quoi faire. Sauf qu’assez rapidement, l’eau se teinta de rouge, et elle vit son Maître s’agripper à un rocher, et essayer de nager jusqu’à la rive.

Hochant la tête toute seule, elle s’éloigna du lit de la rivière et des corps entasser pour siffler doucement : hors de question de laisser sa jument toute seule par ici ! Elle siffla tout bas, puis appela Voyage, qui lui répondit en revenant au trot vers elle. Lui flattant l’encolure, Kaünis sourit.

- T’es une bonne fille. Allez, bien, on va retrouver Gil.

L’attrapant par la bride, l’apprentie revint donc sur ses pas pour trouver Gil allongé sur la rive, et ayant du mal à se redresser. Fronçant les sourcils, elle le rejoignit en quelques enjambées.

- Ca va ? Comment ça se fait que des brigands se baladent à autant ? D’habitude y’en a une dizaine pas plus.

Son regard balaya les alentours, et en effet, ils étaient au moins deux fois plus qu’elle venait de le dire.

- Je comprends pas, ils n’étaient pas mauvais en plus. Pourtant, mon père a abandonné toutes charges contre toi et Naïs, ça fait maintenant plus de deux mois – avant mon Ahn-Ku. A moins que ça soit Samoan…

Elle se souvenait très bien que Naïs lui avait dit que Gil avait été entraîné dans une histoire qui n’était pas la sienne : son histoire avec Samoan. Mais pourquoi le Mentaï renégat s’en serait pris à Gil seul ? Bonne question.

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Dim 15 Juin 2014, 12:03

[Ultra court, mais impossible aussi de répondre en seulement quelques paroles alors... j'improvise ^^]



Gil se raidit en percevant un bruit dans son dos, mais c’était seulement Kaünis qui s’approchait en tenant Voyage par la bride. Il soupira doucement, soulagé de la voir saine et sauve. Quelques coupures sans gravité sur la peau et les cheveux emmêlés, elle avança vers lui d’un pas vif tandis qu’il s’asseyait en grimaçant.

- Ça va ?
- Ouais,
grogna-t-il, vaguement agacé.

Il n’avait pas spécialement prévu de se faire passer à tabac pendant le cours de Kaünis. Ça aurait pu être pire, songea-t-il en observant le sang sur ses bras et son torse. Principalement celui du marchombre, dont le corps avait été emporté par le courant. De greffe à greffe, il avait eu de la chance ; s’il avait raté son coup, s’il n’avait pas réussi à décocher une dernière aiguille, il aurait perdu la vie. Cette certitude pulsait en lui avec la force de l’habitude. Il avait perdu le compte…

- Comment ça se fait que des brigands se baladent à autant ? D’habitude, y’en a une dizaine pas plus.
- Pas eu le temps de leur poser la question…


Gil fronça les sourcils. En vérité, ces soi-disant brigands l’intriguaient moins que le marchombre qu’il venait de tuer. Qu’est-ce qui pousserait un homme de sa trempe à s’allier avec de tels individus ? Perplexe, il passa la main dans ses cheveux mouillés. Son bras saignait toujours mais la douleur refluait doucement.

- Je ne comprends pas, ils n’étaient pas mauvais en plus. Pourtant, mon père a abandonné toutes charges contre toi et Naïs, ça fait maintenant plus de deux mois – avant mon Ahn-Ku. A moins que ce ne soit Samoan…
Gil sursauta et leva les yeux vers la jeune fille.

- Qu’est-ce que tu as dit ?!

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Dim 15 Juin 2014, 12:18

[ Pas de soucis ! ^^ ]



- Me dit pas que tu ignores quoi que ce soit de tout ça, je ne te croirai pas.

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Dim 15 Juin 2014, 17:04

- Non, c'est juste... Comment es-tu au courant que...?

(Il se pince l'arête du nez en comprenant soudain)

Je vois. Naïs, j'imagine ?

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Dim 15 Juin 2014, 17:40

- Plus mon père. Y'a deux ou trois mois, je suis allée récupéré Naïs et j'ai été face à Samoan. C'est là que j'ai tué Fried, le Mentaï autour duquel je tournais avant...

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes
avatar

Nombre de messages : 961
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Dim 15 Juin 2014, 18:00

- Que s'est-il passé ?

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kaünis Gil'Ozh
Maître Envoleur
avatar

Nombre de messages : 965
Citation : I am a nightmare dressed like a daydream !
Date d'inscription : 31/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Contact qui glace
Signe particulier: Possède un tatouage entre les seins

MessageSujet: Re: Groupe Hogh, cours n°4   Dim 15 Juin 2014, 18:06

- J'ai été invitée à voir les Mentaïs. Puis, j'ai voulu aider toi et Naïs, j'ai insisté, et je l'ai retrouvée. On a été embarquées dans cette histoires de Mentaïs contre Mentaïs, mais Fried s'est fait passer pour un allié à mon père et m'a emmené dans le camp de Samoan. Je l'ai tué, on s'est retrouvés dans des couloirs souterrains, et ce salaud s'est échappé car l'Imagination y était inaccessible...

[ Soupire ]

- Enfin, pour faire court.

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Groupe Hogh, cours n°4
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» Groupe Leenio - Cours n°5
» Groupe Humo - Cours n°3
» Groupe Bizya - Cours n°2
» [NOV] Premier cours de vol : Travail de Groupe
» cours de latin

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Pacte VS L'Ordre :: A l'extérieur :: Le Nord :: Royaume Raï :: Marais d'Ankaï-
Sauter vers: