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Le Pacte VS L'Ordre
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 [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]

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MessageSujet: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Sam 14 Juin 2014, 11:37

Le Lac Chen.
Immensité miroitante, presque glacée tant elle ne bougeait pas, reflétant parfaitement le ciel aux quelques petits moutons nuageux. Un lac ou une mer ?
Dil avait envie de répondre à cette question.
Mais pour y répondre, il devait laisser Croco prendre sa place.
Et pour cela, personne ne devait le voir.

Un petit s’accrocha à ses lèvres, tandis qu’il laissait son regard détailler les alentours pour être certain que personne ne se cachait. Il n’en eut pas l’impression, mais préféra quand même ne pas se transformer sur la rive. Alors, il s’éloigna un peu pour atteindre les premiers buissons, et se déshabiller. Il ne savait pas ce que devenaient ses habits quand il se transformait, mais il détestait devoir en retrouver de nouveaux ; d’autant qu’actuellement il n’en avait pas de rechange et aucun sou pour pouvoir en acquérir de nouveau.

Nu comme un vers, Dil se redressa et laissa son regard glisser sur la surface de l’eau.
Un sourire de profond contentement passa sur son visage, et il appela Croco, dans sa poitrine.
Tu veux aller nager ?
L’animal répondit en lui diffusant cette sensation si particulière près de son cœur, dans ses poumons et dans sa poitrine, et Dil sourit encore plus largement.

Un instant avant, c’était un jeune homme à la peau de charbon qui se tenait dans le buisson ; mais en quelques secondes à peine, ce fut un immense crocodile de presque cinq mètres de long, aux écailles si foncées qu’elles pouvaient en paraître presque noires si elles n’avaient pas eu cette teinte si verte.
Le reptile sortit du buisson de sa démarche clopinante si spécifique et propre à son espèce. Allant droit au but, il se glissa dans l’eau moins de trente secondes plus tard, et soupira de soulagement.
L’eau n’était pas très chaude, et la surface si immobile du Lac Chen se troubla sur son passage serpentin, avant qu’il ne plonge complètement sous la surface, bouchant ses narines et laissant ses doubles paupières se fermer.

Eau douce.
Parce qu’elle roulait agréablement sur ses écailles, parce qu’elle glissait facilement sur sa bouche qu’il entrouvrit un instant, et qu’elle était si douce sur sa langue.
L’eau salé est plus agressive, plus languissante, moins vive. Elle vogue lentement, mais sûrement ; l’eau douce glisse et s’emballe, frétillant contre la moindre contrariété mais à peine érosive.
Il y avait de gros poissons dans le Lac Chen, et leur présence dans ces eaux tranquilles en faisait des proies faciles, même s’ils pouvaient se déplacer plus vite et sans l’aide absolue des courants.
L’animal en traqua deux particulièrement appétissants, qu’il broya efficacement entre ses crocs, faisant remonter la rougeur de leur sang jusqu’à la surface, troublant le miroir bleu pour le rendre plus… sanguinaire ?

Rassasié, Dil sentit une douce torpeur l’éteindre, et le prédateur des eaux prit la direction de la rive pour s’y reposer. Sortant à demi de l’eau, il se posa sous le soleil qui était déjà monté jusqu’à son apogée, et ouvrit la gueule pour récupérer de cette chaleur si torride qu’il dispensait au monde.
Il faisait clairement moins chaud en Gwendalavir que sur les Îles, mais cela faisait plusieurs années que Dil n’avait pas pu profiter du soleil comme un sang-froid.
Alors, il en profita.

◊ ◊
Un bruit attira l’attention du crocodile, qui ouvrit un œil.
Un crocodile ne dort jamais vraiment au soleil, il somnole, et observe. Mais Croco était rassasié, donc il n’allait pas attaquer quoi que ce soit qui vienne s’abreuver – pour l’instant.

Il ne tourna même pas la tête, en prédateur tout-puissant qu’il était, se contentant de tendre son attention vers l’extérieur pour tenter de savoir d’où le bruit était arrivé.


Dernière édition par Dil Mengueréh le Lun 25 Aoû 2014, 18:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mar 17 Juin 2014, 22:48

Cela ne fait pas un mois. Tout au plus trois semaines. Trois semaines à ne pas lésiner sur les efforts pour me remettre de ma blessure. Elle m’a dit de m’entrainer dans l’eau pour améliorer mes mouvements, et je l’ai fait. Ce fut dur, surtout les premiers jours. Tenter d’oublier la douleur irradiant tout mon corps c’est comme tenter d’oublier qu’on est vivant. Peut-on oublier qu’on est vivant ? Non, ou alors c’est qu’on veut mourir, et Hope m’a fait comprendre que je tenais à ma vie.

Le souvenir de la jeune femme fait fleurir un sourire sur mes lèvres. Cette Marchombre était tellement étrange. Toute en réticences et en silences. Les mots semblaient lui écorcher les lèvres, pourtant elle a réussit à se forcer pour moi. « La Voie coule dans tes veines, il te suffit d’y croire. » Avec le recul, cette phrase me semble incroyable. Et ses conseils, sa force intérieure ! Hope m’a fait l’effet d’une femme incroyable qui a juste besoin d’apprendre à s’ouvrir aux autres. Si elle est Maitre, c’est qu’elle s’est ouverte à la nature. Nul doute qu’un petit pas de plus est à sa portée.

Un pas léger fait couiner les planches de l’escalier. Cela fait trois semaines que je l’entends. J’ai quitté le rebord de la fenêtre et rejoint le pas de la porte avant que Maya ait pu l’atteindre. J’ouvre devant elle, riant doucement à sa surprise.


- Après vous mademoiselle.

Elle rie à son tour puis entre dans la pièce, une boule de pain dans les mains. Un fumet tiède et moelleux remonte jusqu’à mes narines, me faisant suivre mécaniquement la jeune fille. Celle là aussi à son petit caractère. Trois semaines passées à ses côtés m’auront appris à apprécier son ardeur et sa ténacité. Si j’avais eu une petite sœur, j’aurais apprécié que ce soit elle. Mais je n’en ai pas et n’en aurait jamais. Mes parents ne sont plus que cendres …

- Père m’a dit de t’amener ça avant ton départ. Cadeau d’adieu en quelque sorte. Il faut dire qu’il peut bien faire ça, vu la somme que ton amie nous a laissé.

Maya s’assoit sur le lit et me fixe de ses yeux bleu clair. Ils sont beaux à faire baver les ciels de printemps.

- C’était cool de te rencontrer. Tu reviendras ?
- J’habite pas loin d’ici, alors oui, sur que je reviendrais. Mais d’abord j’ai des trucs à faire.
- Des trucs pour devenir Marchombre ?

Bien sur que je lui ai dit à quelle guilde j’appartenais. Sinon j’aurais eu du mal à justifier mon acharnement pour me remettre au sport et bouger. Sans justifications, je serais encore clouée au lit. Cette gamine s’est montrée agréablement coopérative, et j’ai bien lu dans ses yeux son envie de rejoindre notre camp. Je n’ai pas cherché à calmer cette envie, loin de là. Je lui ai raconté ce que c’était d’être apprentie, tout en restant vague sur l’Académie. Un jour elle m’a demandé comment devenir Marchombre. J’ai préféré lui dire d’attendre un peu, que je partirais et que si à mon retour elle le voulait toujours, je l’amènerais vers un Maitre.

- T’as pas intérêt à oublier de revenir.
- Je sais.

| - - - |

Les adieux avec le médecin et sa femme furent brefs mais chaleureux. Leur art n’était pas aussi bon que celui des rêveurs, pourtant j’avais réussi à retrouver ma mobilité. Certes, mon entrainement Marchombre y était pour beaucoup, mais je leur devais une fière chandelle.

Me voilà donc sur la route, à nouveau. Au bout, il y a l’Académie et mon prochain examen. A cette idée, mon cœur s’emballe légèrement. Celui là sera le plus dur, je le sais. Suis-je vraiment prête ? Pia a dit que oui, Hope aussi. Et moi ? Moi je dois y croire, comme j’ai cru à mon rétablissement.

Shantal et moi longeons les rives du lac Chen d’un pas calme. Mon hongre a envie de s’élancer au galop mais je le retiens, ma blessure au flanc étant encore trop sensible pour un trot ou plus. Malgré tout, je vois que le soleil qui tape dur sur nos têtes lui donne aussi soif qu’à moi. Cela fait une demi-journée que nous avons laissé Al-Chen derrière nous, il est temps de faire une pause.

Je descends de cheval et le tire derrière moi, rênes en main. Tout autour de nous n’est que silence. Il n’y a pas âme qui vive ici. Tant mieux. J’ai envie d’un peu de paix avant de retrouver l’Académie.
Shantal penche sa tête dans le lac, tout comme moi. L’eau est fraiche, à tel point que je décide d’en arroser mon visage. Ah que ça fait du bien !
Et puis un bruit me fait détourner la tête.
Un monstre me regarde.
Vert foncé, aux écailles luisantes, il ne ressemble à rien de connu. Il me regarde de ses yeux brillants, de l’air du conquérant en terre conquise. Sa bouche ouverte laisse clairement apparaitre de longues dents aiguisées. Je n’aime pas trop ce genre de monstre douteusement dangereux …


- C’est quoi ce truc …

C’est un simple murmure, mêlé d’étonnement et de méfiance.
Me vient ensuite une idée – qui prend le pas sur celle de partir - : vérifier le régime de cette bestiole. Lentement, je prends un morceau de la boule de pain et le jette au monstre.


- Et si tu devenais mon lézard apprivoisé ?
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mer 18 Juin 2014, 14:34

Une énorme bête à sang chaud approchait, et un long frémissement parcourut le crocodile. Un frémissement d’expectative : une aussi grosse bête, cela ne pouvait que donner faim, c’était un fait. Et puis, sa digestion était bien entamée, il pouvait encore se remplir un peu l’estomac, non ?

Tournant exagérément lentement la tête vers la grosse silhouette chaude, il se rendit compte qu’il y en avait deux en fait : une plus petite, et une plus grande. La plus petite, il savait ce que c’était : une humaine. Une humaine femelle, même, avec ce petit goût sucré qui venait se déposer sur sa langue.
L’animal savait qu’il ne mangeait pas les humains. Enfin, il pouvait très bien le faire, mais il évitait, car il avait son homologue qui ne cessait de lui dire que ce n’était pas bon, pas vraiment ; alors peut-être que la grosse bête serait plus goûteuse.

La voix de l’humaine atteignit ses oreilles, réveillant au passage Dil qui s’était endormi sous la conscience reptilienne du crocodile. Il bougea légèrement, ce qui induisit un mouvement de queue de l’immense prédateur, et il sentit le sang accélérer dans les veines du gros animal qui sentait la proie, soudainement, traversé d’adrénaline et sentant la fuite.

- C’est quoi ce truc … fit la voix, et l’humaine s’avança vers lui.
Gardant la gueule grande ouverte pour éviter qu’elle ne l‘empêche de l’ouvrir par la suite, l’animal la jaugea, et sentit l’humain en lui venir affleurer la surface de sa conscience.

- Et si tu devenais mon lézard apprivoisé ?

Elle jeta quelque chose près de lui, mais cela aurait aussi bien pu être un caillou tant aucune chaleur ne s’en dégageait. Inintéressant. Par contre, cette bestiole, grosse bestiole…

Un râle s’échappa de la gueule de l’animal, qui se tourna lentement vers l’équidé, qui semblait être en proie à la panique. Mm, il allait partir, et le crocodile n’aurait aucune chance de l’attraper, alors.

Non, ne mange pas. Tu as déjà mangé.
Affleurement de conscience.
Un nouveau râle, plus fort, passe dans la gorge du grand reptile, et il ferme la gueule, lentement. Fait claquer ses mâchoires, pour intimider cette chose qui ne s’éloigne pas de lui. Et puis, il décide de lui, s’en aller : mettant en mouvement son corps recouvert d’écailles, il referme sa cage thoracique et prend de l’élan pour se glisser dans l’eau souplement.
Disparaissant rapidement sous la surface, même claire, du Lac Chen, l’animal s’enfonça dans les profondeurs de ce lac d’eau douce.

Hé, remonte.
Ses pattes puissantes mais courtes balayent l’eau, créant des mini-courants sur la suface.
Croco, remonte s’il te plait.
Le reptile claque des mâchoires, mais prend la direction de la surface, déjà cent mètres plus loin, en suivant la rive. Il retrouve la plage et le sable brûlant, et s’arrête juste là.
Ca serait mieux si tu allais dans les buissons.
Mais il ne bougea pas, se contentant de rouvrir la mâchoire pour aspirer la lumière du soleil. La conscience de l’humain se fait plus pressante, mais il ne peut pas l’obliger à faire quelque chose qu’il ne veut pas ; et l’animal ne comprend pas du tout la notion de pudeur ou même de secret.

La forme de l’animal se brouille sur le sable, alors que Dil force le voile de sa conscience à prendre le pas sur celle du reptile. Relevant la tête, il vérifie la présence de la fille, espérant qu’elle ne le regardait pas…
Et se fige…
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Lun 23 Juin 2014, 00:18

Shantal aime à peu prêt autant l’animal inconnu que ce dernier aime le pain. Ces deux informations misent ensemble ne me plaisent guère. Ce monstre a des dents bien pointues. Je devrais peut-être faire mienne les inquiétudes de mon hongre et reculer tout doucement.

Il bouge ! D’un même élan, Shantal et moi reculons d’un pas en arrière. Ma main est sur mon poignard, prête à transformer cette bestiole en steaks si elle nous attaque. Certes ces écailles semblent former une armure résistante, mais ça ne doit pas valoir de la vargelite. Mon arme arrivera à trouver une faille. Rien n’est jamais parfait.

Le monstre laisse s’échapper un râle menaçant, tout en se retournant vers nous. Je sens dans mon dos le hongre qui panique et cherche à s’échapper. Les yeux toujours fixés sur la menace, je commence à reculer prudemment. Un pas par un pas. Comme si de rien n’était.
Deuxième râle. La bestiole fait claquer sa mâchoire, effrayant encore plus Shantal. Il trépigne et tire sur les rênes avec tant d’insistance que mon bras menace de quitter mon corps. Comme si je n’étais pas assez abîmée … je maintiens malgré tout une pression constante sur les guides dans ma main, murmurant des mots doux. Il s’agit de rassurer ma monture, mais aussi moi et cette chose verte.

L’animal bouge à nouveau. Dans le même temps j’ai – enfin – lâché Shantal et sortit mon poignard. J’ai presque bondit sur lui lorsque je réalise qu’il se dirige vers l’eau et non vers nous. Sa masse s’enfonce dans le lac dans un bel ensemble de remous. Je distingue un instant les reflets verts de ses écailles puis le perd de vue. Sommes-nous sauvés ? Mon cher cheval l’est, c’est sûr : il s’est échappé dès que je l’ai lâché. Super … je vais devoir le pister pour le retrouver … et perdre un peu plus de mon précieux temps. Saletés de bêtes ! A cause d’elles deux je vais arriver en retard à mon Ahn-Ju ! Argh !!! Si j’attrape ce monstre vert, je le transforme en sac ou en veste !

Des vaguelettes se reforment à la surface du Lac Chen. A nouveau je me tend. Recule loin de la berge. Il se mouvait avec facilité sur le sol malgré sa corpulence. Nul doute qu’il attaquera de façon rapide s’il le décide. Mieux vaut se tenir à carreaux et partir. Partir ? C’est bien la meilleure idée de la journée. C’est celle que je ne suis pas. Quelque chose me pousse à rester là encore un peu, à observer cette curiosité jusqu’au bout.

Les murmures à la surface se déplacent dans une direction opposée à la mienne. Je ne suis plus au menu on dirait. Une fois arrivé assez loin, le monstre vert ressort avec majesté de l’eau et se remet à bronzer tranquillement. Il a déjà oublié mon existence. Même un terrible tigre des prairies n’oublierait pas l’existence d’une proie potentielle ! Celui là se croit au dessus de tous les prédateurs de la terre…

L’image de l’animal se trouble.
Laisse apparaitre un homme chocolat.
Nu.

Alors là … Je devrais fuir. Aller récupérer Shantal qui s’est enfuit loin de la berge. Continuer ma route sans chercher plus d’ennuis.
Je le regarde, l’incompréhension peinte sur mon visage. Que … La seule personne m’ayant faite voir un tour de magie est Pia, avec sa greffe de téléportation. Cet homme là serait-il un Marchombre ? Ou alors … ma mère m’a déjà raconté des histoires avec des humains se transformant en animaux, mais ce ne sont que des contes …des mythes … rien que des paroles en l’air pour faire rêver les petits enfants.

J’avance vers le jeune homme. Je dois savoir. Qui il est. Ce qu’il est. Quel était ce monstre. Leur lien. Je fait trois pas. Hésite. J’ai mis le pied sur le secret d’un parfait inconnu. Je ne devrais pas essayer de le pousser contre un mur pour obtenir des réponses à ma curiosité. Le monstre risque de revenir.

Oh et puis zut ! Je cesse de tergiverser et m’avance vers lui jusqu’à ce que deux pas nous séparent. Je balaie son corps du regard, avec des yeux de gamine candide. De ces yeux qui n’ont jamais vu la vraie vie et ne cessent d’apprendre sans vergogne. Je n’ai jamais vu de monstre vert, mais encore moins d’homme à la peau si foncée ! Cette personne qui me regarde elle aussi d’un air choqué a un côté exotique extrêmement attirant. J’ai envie de lui poser une foule de questions indiscrètes ! Il a beau être un parfait inconnu, j’ai envie de le connaitre. Et ce sentiment me perturbe encore plus que la surprise de cette rencontre.

Mes yeux finissent par se fixer dans le vert clair des siens. Ces deux billes ont l’éclat de celles de l’animal. C’est comme si l’âme de celui-ci brillaient toujours au fond de l’homme…

- Dis … tu veux devenir mon lézard apprivoisé ?

Je bafouille, incapable de trouver quelque chose d’original à dire. Il faut que je répète les mêmes mots qu’au monstre. Mais quelle idiote ! Mal à l’aise, je détourne le regard. Puis me reprend.


- Pardon, pardon, pardon ! Je … oh bordel c’est quoi ce tour de magie que tu viens de faire ? La bestiole verte c’était … c’était vraiment toi ?

Le naturel revient enfin ! Mes joues sont encore un peu rouges mais j’ai remis de l’assurance dans mes paroles, et mes yeux ont retrouvé le chemin des billes vertes. De ces captivantes billes vertes.
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Lun 23 Juin 2014, 15:07

Dil se fige, car il voit bien que la jeune femme l’a vu.
Elle l’a vu, en crocodile, puis en humain, et son regard ne le quitte pas. Un long frisson remonte le long de son échine, prenant naissance sous la plante de ses pieds pour venir contracter même la peau de son cuir chevelu. Il n’a pas l’habitude de se retrouver nu devant des inconnus, et il se sent très mal à l’aise, soudain, sous ce regard qui ne semble pas pouvoir être porté ailleurs que sur sa nudité.

Parce qu’elle ne cesse de le fixer, c’est un fait. Non, pire encore : elle s’avance vers lui, et ne semble pas gênée le moins du monde par le fait qu’il soit nu. Peut-être s’en délecte-t-elle, au fond, non ? Il n’y a pas réellement d’avidité dans son regard, surtout de la curiosité. De la curiosité à l’état pur, qui intrigue Dil.
Il se redresse lentement, tournant son genou droit pour cacher la partie la plus sensible de son anatomie, cambre légèrement les reins pour garder le torse droit et non pas affalé.
Son regard vogue de la fille qui s’avance vers lui à ses vêtements, à quelques pas. Enfin, une dizaine de mètres, dans les buissons. Il a très envie de les récupérer, mais il a peur que s’il se lève trop rapidement, elle l’attaque : elle a un poignard dans la main, et elle ne semblait pas avoir peur du crocodile, elle devait être réellement redoutable.

Mais elle avance toujours, et Dil se tord un peu plus pour se cacher, de plus en plus mal à l’aise.
Il n’a pas honte de son corps, mais quand même. Une telle proximité – elle s’arrête à deux pas de lui, même pas – induit forcément une certaine intimité, or le garçon ne le sent vraiment pas. En tout cas, pas pour l’instant.

La jeune femme est pourtant d’une rare beauté, ses cheveux d’un noir de jai se balancent sur ses épaules et dans son dos, encadrant par la même occasion son visage ovale, parfaitement dessinée, à la peau claire, presque de marbre ou de porcelaine – blanche. Il perçoit la couleur de ses yeux uniquement quand leurs regards se trouvent, et un autre frisson, pas du même ordre, le traverse alors de part en part quand le vert de ses iris rencontre le bleu nuit de ceux de la femme. Il sent Croco claquer des dents doucement, et se gonfler dans sa poitrine. Cour nuptiale.

- Dis … tu veux devenir mon lézard apprivoisé ?

Dil fronce les sourcils, surpris par la question : exactement la même qu’elle a posé quelques minutes plus tôt au crocodile. Un lézard, vraiment ? Elle ne connaissait donc pas l’existence des crocodiles ? Elle n’en avait peut-être jamais vu. Mais même en Gwendalavir, le reptile était bien connu et redouté, grand méchant des histoires que l’on racontait aux enfants pour les faire obéir.

Mais cette fille ne semblait pas en avoir conscience.
Pour la première fois, elle détourne le regard, et Dil ne peut qu’en soupirer de soulagement. Il peut peut-être aller chercher ses vêtements…

- Pardon, pardon, pardon ! Je … oh bordel c’est quoi ce tour de magie que tu viens de faire ? La bestiole verte c’était … c’était vraiment toi ?

Encore une fois, Dil fronce les sourcils. Encore plus que la première fois.
« Bestiole verte » ? Elle ne sait donc pas ce que c’est, un crocodile. Soupirant, le jeune homme hausse les épaules.

- Oui, c’était moi.

Il redoutait la réaction de la fille : est-ce qu’elle allait avoir peur de lui ? Tous ceux qui connaissaient son secret avaient fini par avoir peur de lui. On n’apprivoise pas un crocodile ; c’est lui qui nous adopte.
Essayant de faire comme si de rien n’était, Dil se leva et alla chercher ses vêtements dans les buissons, non sans jeter de fréquents coups d’œil vers la fille. Il mit rapidement au moins son caleçon et son short, avant d’être vraiment à l’aise. Quand il revint vers elle, il lui sembla qu’elle n’avait pas trop bougé.

- Désolée pour ce piteux spectacle… Bref, tu sais pas ce que c’est, la bestiole verte ? demanda-t-il doucement. Tu as dû entendre parler des crocodiles, non ? C’en est un. Il l’observa une seconde, peut-être un peu plus, se plongeant dans ses yeux, et finit par sourire. On n’apprivoise pas un crocodile, c’est lui qui nous adopte… ou nous bouffe.

Clignant des paupières, il se rendit soudain compte qu’il ne s’était pas présenté. Prenant les coutumes qu’il avait apprises dans la capitale, il tendit une main, paume ouverte et verticale, vers l’intérieur, vers la jeune femme et sourit.

- Au fait, je m’appelle Dil.

Recommencer par le commencement. Enfin, sauf si la fille ne voulait pas lui donner son prénom, ce qu’il aurait trouvé bizarre de toutes façons.

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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Lun 23 Juin 2014, 21:26

Oh on se réveille un peu ! Captivée par cet inconnu, son allure et ses capacités étonnantes, je n’ai pas su percevoir les signaux de détresse émanant de lui. Pas qu’il ait besoin d’aide. Non : il a juste besoin d’intimité, ce que je ne lui accorde pas, proche comme je suis. Quelque chose fait tilt en moi brusquement. Ces regards tendus vers les buissons d’où dépasse un bout de toile sont sans équivoque. Il cherche à retrouver ses affaires et mon regard insistant l’en empêche. Mon poignard aussi. Je capte aussi un regard inquiet vers l’objet que je tiens toujours en main. Avec la surprise, je l’avais oublié celui-là. Je me hâte de le raccrocher à ma ceinture, puis de détourner les yeux lorsque l’inconnu se décide enfin à récupérer ses habits. Quelle dommage qu’il cherche à tout cacher … ah oui parce que j’ai tout vu … tout … jusqu’à cette partie qu’il tentait de cacher en vain. Je me mords les lèvres, réalisant une fois de plus mon manque de tact. A sa place, je me serais sentie violée dans mon intimité et n’aurais pas hésité à le faire sentir violemment à mon interlocuteur. Je mérite milles fois une réplique bien placée. Au lieu de ça, j’ai droit à un placide « - Oui, c’était moi. ». Comme si tout cela relevait du normal et que j’étais idiote d’avoir posé la question. S’il pense vraiment cela, alors c’est lui l’idiot. « Celui qui ne pose plus de questions, c’est celui qui n’avance plus. » m’a dit l’homme qui m’a montré la Voie. Je me souviens encore de l’odeur du bois mouillé brûlant tant bien que mal dans le feu ce soir là… c’était il y a une éternité, pourtant ses paroles n’ont rien perdu de leur sens et vibrent toujours autant dans mon cœur, autant que le souvenir de ces jours passés à ses côtés.

- Désolée pour ce piteux spectacle… Bref, tu sais pas ce que c’est, la bestiole verte ? »

Je hoche la tête dans un signe de négation. Non je ne sais pas quelle est cet animal qui nous a menacé moi et mon cheval. Sa phrase suivante me laisse aussi dubitative qu’avant. Un « crocodile » ? … jamais entendu parler … c’est peut-être quelque chose de courant là d’où il vient, mais dans ma campagne natale on croise autant d’animaux aquatiques que de Trodds. Autant dire que je ne connais que quelques poissons des rivières.

- On n’apprivoise pas un crocodile, c’est lui qui nous adopte… ou nous bouffe. »

Mon sourire fait écho au sien. Autant parce que la chute de sa phrase a détendu l’atmosphère, autant parce que ses dents blanches me donnent envie de sourire. C’est beau, alors je veux faire pareil.

Clignant des paupières, il se rendit soudain compte qu’il ne s’était pas présenté. Prenant les coutumes qu’il avait apprises dans la capitale, il tendit une main, paume ouverte et verticale, vers l’intérieur, vers la jeune femme et sourit.


- Au fait, je m’appelle Dil. » Dit-il en tendant sa main

- Dil le crocodile … c’est un surnom ou c’est un hasard ? »

Il se moque peut-être de moi, pourtant je tends aussi ma main vers la sienne et la serre avec douceur. Il suffit d’un simple contact entre nos paumes pour que se crée un courant entre nous. Au sens propre du terme ! Je sens une décharge remonter dans mon bras, jusqu’à mon cœur. Je sursaute et retire prestement ma main. C’était court. C’était long. C’est ça un coup de foudre ? Ahah … je deviens stupide. Ce n’était qu’un phénomène naturel. Et pourtant … pourtant j’ai envie de croire à quelque chose. Parce que cela fait trop longtemps que j’ai oublié ce qu’était l’amour. Parce que cet être exotique est formidablement intriguant et attirant.

- Moi c’est Ange, et non ce n’est pas un surnom … enfin si … mais j’ai presqu’oublié comment je m’appelais avant …»

Mairaë-Lorial. Mélo … est-ce que ces noms ont vraiment existé un jour ? Je me souviens de gens m’appelant ainsi. Je me rappelle des voix, des intonations, mais tous les visages qui reviennent à ma mémoire sont flous. Même mes parents ne sont plus que des souvenirs troubles. J’ai l’impression d’être un monstre. J’ai oublié ma famille. Mon cœur se serre à cette pensée. Un monstre … je ne vivais que pour eux et par eux. Je leur dois ma vie, autant qu’à Liénor, cet homme qui s’efface peu à peu de mon esprit. Un monstre … j’ai soudain besoin d’air. De changement. De me raccrocher à ces yeux qui me fixent. De me plonger dans cette immensité verte. De penser au présent et d’oublier le passé. D’oublier encore plus …

Son regard me sonde, un peu comme je l’ai fait avant sur lui. Je ne me dérobe pas, consciente qu’il a du sentir la faiblesse sous mes mots, sentir ces secrets qui font la vie de chaque être. Au contraire, je le fixe avec la même intensité. Et le poids sur mon cœur disparait. J’ai envie de parler de lui pour ne pas avoir à penser à moi.


- Tu comptais vraiment me bouffer ? Rassure-moi, tu contrôles la bête qui est … qui est en toi ? Tu ne la laisserais pas manger un autre humain ? »
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mar 24 Juin 2014, 15:25

La remarque de la jeune fille suit directement ses propres présentations, et ne peut que lui tirer un sourire :

- Dil le crocodile … c’est un surnom ou c’est un hasard ?

Non, ce n’était pas un surnom. C’était son prénom depuis sa naissance, bien avant qu’il ne sache qu’il pouvait se transformer. Il n’avait aucune raison de cacher son identité, en Gwendalavir tellement peu de gens le connaissaient ! Et puis, les pirates n’ont pas beaucoup d’amis sur le continent, c’est une réalité.

- Moi c’est Ange, et non ce n’est pas un surnom … enfin si … mais j’ai presqu’oublié comment je m’appelais avant …

Le jeune homme fronce les sourcils à cette annonce. Un surnom qui n’en est pas vraiment un ? Cela veut dire quoi, concrètement : qu’elle a voulu changer d’identité, et y est plus ou moins parvenue ? Parce que c’était vrai que Ange, cela faisait bizarre. Ceci dit, il y avait bien des gens qui s’appelaient comme des adjectifs !
Mais il y avait quelque chose d’autre, dans son ton, dans le léger tremblement qui s’était emparé de sa voix… sauf que Dil ne voulait pas s’aventurer sur des terrains glissant. Faire connaissance était une chose, fouiller la vie intime du premier venu une autre.

– Non, moi ce n’est pas un surnom, c’est le nom que ma mère m’a donné, bien avant que tout ça ne soit découvert…

Lui qui appréhendait la réaction de la fille, il fut surpris par la question suivante, qui lui tira un bref éclat de rire. Une étoile passa dans son regard, et il se passa une main sur la tête.

- Tu comptais vraiment me bouffer ? Rassure-moi, tu contrôles la bête qui est … qui est en toi ? Tu ne la laisserais pas manger un autre humain ?

Il secoua la tête, pour finalement observer avec attention le visage d’Ange.
Décidant qu’il pouvait bien répondre à ses questions – parce qu’elle l’avait vu se transformer et qu’elle n’avait pas paniqué, ce qui lui valait un paquet de bons points – il s’assit tranquillement sur le sol, arquant son dos pour apprécier les rayons du soleil.

- Non, on a mangé quelques gros poissons il y a même pas une heure, pas faim. Mais je ne contrôle pas, j’influence juste. Jusqu’à maintenant, j’ai réussi à éviter de tourner cannibale, mais il y a des fois où c’est pas évident.

Dil n’avait pas l’habitude de parler de lui, et encore moins de Croco.
C’était quelque chose qui faisait peur aux gens, généralement. Moins ils en savaient, mieux ils se portaient. Et quand ils en savaient trop, c’était encore pire : ils paniquaient littéralement à l’idée qu’il pouvait s’en prendre à eux, et même parfois sans le vouloir. C’était ce qui avait fait si peur à sa mère, des années plus tôt. Et si son père avait accepté sa différence, parce qu’il en connaissait l’origine, il se méfiait toujours de ses colères.

Mais le jeune homme avait un tempérament plutôt calme, naturellement, et c’était sans doute pour cela qu’il était parvenu à s’accorder avec sa bête : parce qu’elle aussi, au fond, n’aspirait qu’à la tranquillité et à se dorer la pilule au soleil.

- Si je contrôlais vraiment, je ne me serai pas transformé sur la place, je suis pas con : je voulais qu’il aille dans les buissons, mais il ne voulait pas.

Il parlait de Croco à la troisième personne parce que c’était plus facile, de se dire qu’il ne le contrôlait pas. S’il disait cela à la première personne, on le prenait réellement pour un schizophrène, or il savait que ce n’était pas le cas. Il avait juste une part animale bien plus démesurée que la moyenne.

- Et toi tu… tu es marchombre ? demanda-t-il en plantant son regard dans celui de la jeune fille. Il avait senti ce qu’elle dégageait, et elle n’avait pas peur ; qu’est-ce qu’elle pouvait être d’autre qu’une marchombre dans ce cas ?
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mer 25 Juin 2014, 07:51

- Marchombre ? C'est quoi un marchombre ? Et pourquoi j'en serais une ?
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Dim 29 Juin 2014, 09:46

- Tu dégages quelque chose de reconnaissable. Et... Euh. Voilà.
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Dim 29 Juin 2014, 09:51

- De "reconnaissable"? Du peu que j'ai entendu, les Marchombres sont des voleurs particulièrement agiles... j'ai une tête de voleuse ?
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mar 01 Juil 2014, 08:34

- Non. Tu es si belle, et si rayonnante...

[ Avale difficilement sa salive ]

- Par contre, je te trouve extrêmement réductrice.
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mar 01 Juil 2014, 10:43

Rougit légèrement puis se reprend.

- Je ne vois pas pourquoi je suis réductrice ! C'est bizarre que tu puisses penser que des voleurs comme eux sont beaux.


(Non elle n'arrêtera pas tant que tu ne lui auras pas expliqué ta vision des Marchombres ^^)
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mar 01 Juil 2014, 11:08

( Court, vraiment désolée ! )
_______________________


Dil fronça les sourcils.
Oui, elle était extrêmement réductrice. Alors, il y avait uniquement deux explications, pour lui en tout cas : soit elle n’était pas une marchombre, auquel cas elle pouvait réellement penser ce genre de choses, et dans ce cas-là, il préférait ne pas la connaître plus que cela. Pourtant, elle avait accepté si rapidement qu’il pouvait être aussi un crocodile !
Du coup, sa seconde explication tenait beaucoup plus la route, à ses propres yeux : elle le faisait exprès. Elle ne voulait pas le dire, elle ne voulait pas se montrer, et elle le testait peut-être aussi.
Oui, c’était sûrement cela.

Mais il avait du mal, quand même, avec des mensonges aussi éhontés. Il n’aimait pas les mensonges, c’était à cause d’eux qu’il ne supportait plus sa mère, et qu’elle ne le supportait plus ; c’était à cause de rumeurs, et de la peur également. Mais les humains sont ce qu’ils sont, et beaucoup restaient menteurs.

Fronçant les sourcils, le jeune homme finit par hausser les épaules. Il n’allait sans doute pas passer le test, mais là, il n’avait plus envie de parlementer avec une fille qui le regardait dans les yeux en disant que les marchombres étaient des voleurs. Même en ayant vécu à Al-Jeit, il n’avait jamais entendu cela des marchombres – en fait, avant que l’un d’eux ne se présente à lui pour sa tenue, il n’en avait simplement jamais entendu parler.
Détachant son regard de Ange, il haussa une seconde fois les épaules, montrant par là le peu de cas qu’il faisait de ce qu’elle venait de lui dire, et observa l’horizon une seconde. Peut-être deux, ou dix, en fait.

- Bon, tant pis. Je pensais qu’on pouvait trouver des gens intéressants dans ceux qui n’ont pas peur des crocodiles, mais apparemment c’est sans doute juste un manque d’instinct de survie, dit-il en s’éloignant d’un pas. On est loin de la beauté des mots et de la liberté. C’est juste de l’inconscience à ce stade, ajouta-t-il dans un murmure.

Il n’accorda même pas un nouveau regard à Ange, et sa bouche se tordit en signe de reddition.
Il avait à peine un petit cours dans les jambes, mais cela lui suffisait pour savoir qu’il serait un jour marchombre. Cette fille était marchombre, vraiment ? Et bien, peu importait : à ses yeux, même pour tester, même pour mentir, on ne dénigre pas ce qu’on est de cette façon. D’ailleurs, mentir était un péché, donc il ne comprenait même pas cela.

Passant à côté du cheval, Dil posa son regard sur l’animal quelques secondes. C’était une belle bête, lui aussi. Un mâle, d’après l’odeur et le comportement ; un mâle sans hormones. Un pincement dans son ventre tira à Dil un frisson de dégoût, et il ne fit que passer à côté de l’animal.

Pour prendre la direction de l’Académie.
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mar 01 Juil 2014, 22:53

Rien de ce que je lui dis ne lui plait. Rien de ce qu’il dit ne me plait. Je dénigre un mot qu’il semble aimer, et il refuse d’avouer haut et clair qu’il l’aime. S’il est Marchombre ou s’il veut le devenir, alors pourquoi ne pas le clamer haut et fort ? Pourquoi ne pas développer ses pensées et me dire qu’être réductrice c’est ne voir que ceux qui ont quitté la Voie ? Il lui aurait suffit de quelques mots de plus et j’aurais éclaté de rire pour confirmer ses pensées. Mais voilà, il ne le fera pas.

Le jeune homme fronce les sourcils, cachant son regard qui se trouble. Il m’a trouvé belle et voilà qu’il découvre qu’au fond de moi je ne le suis pas tant que ça. Juste me dire qu’il peut penser ça me pince le cœur. J’ai envie de lui dire que je suis belle de partout – certes pas autant que Pia, Eole, Shalie et Hope. Pourtant je me tais et sens mon cœur se refroidir en voyant son attitude. Il se replie sur lui-même, perdant l’éclat qu’il avait au début de notre rencontre. Et ce n’est pas ce haussement d’épaules dédaigneux qui va le grandir.


- Bon, tant pis. Je pensais qu’on pouvait trouver des gens intéressants dans ceux qui n’ont pas peur des crocodiles, mais apparemment c’est sans doute juste un manque d’instinct de survie. On est loin de la beauté des mots et de la liberté. C’est juste de l’inconscience à ce stade.

Dil s’avance vers moi, évitant mon regard pour ne voir plus que l’horizon. Son mépris me tire un frisson. Je me sens blessée par ses paroles, mais il n’arrive pas à m’ébranler vraiment. Mes années d’apprentissage m’ont appris à rester moi, malgré ce que les autres sont ou ce qu’ils pensent.

Je suis Marchombre Dil.

Oui, sauf qu’il n’entendra pas ces mots. A moins qu’il lise dans les pensées.
Déjà il m’a dépassé, m’esquivant d’un pas de côté. Je le sens dans mon dos qui s’arrête un instant, et le renaclement de Shantal m’indique qu’ils sont proches. Va-t-il libérer son crocodile et croquer ma monture ? Ce serait folie de sa part. Ce serait de « l’inconscience ». Reprendre ces mots me tire un rictus. Il lui reste encore beaucoup à apprendre, d’où je suppose qu’il vient de faire ses premiers pas sur la Voie.

Je reste là une seconde de plus, à me demander ce que vaudra Dil chez les Marchombres. Si il méprise autant l’ignorance des autres humains, comment va-t-il réussir à se défaire de la sienne ? J’aurais pu lui dire que je ne suis qu’une fermière, fille de fermiers, venant d’un village dont l’histoire a déjà oublié le nom. J’aurais pu lui dire que là bas on ignorait presque tout des Marchombres, et que quelques vagues rumeurs ramenaient des idées folles à leur sujet. J’aurais pu lui dire qu’au milieu des collines de l’Est, on ne trouve pas de crocodiles. J’aurais pu lui dire qu’on ne cesse jamais d’apprendre. J’aurais pu lui dire qu’on apprend beaucoup de choses par soi même, mais que c’est avec les autres qu’on progresse le plus.

J’aurais pu lui dire …

Je suis Marchombre Dil.

Je pourrais même le lui dire maintenant. Il n’est pas loin. Je sens encore l’odeur de sa peau mouillée qui plane dans les airs. Le bruit de grains de sables qui crissent m’indique qu’il rejoint la route. Si je me retourne, nul doute que je le verrais encore. Il doit aller vers l’académie. Nous aurions pu faire la route ensemble … dommage pour lui.

C’est quoi un Marchombre au fait ?
Encore une chose que j’aurais pu lui dire …
Un Marchombre, c’est le cinquième élément. Celui qui lie la terre, l’air, le feu et l’air. Un brin d’harmonie et d’équilibre arpentant la terre des hommes.
Oui mais pourquoi tenter de dire alors que les mots sont des traitres ?

D’un geste vif, je décroche ma chemise et enlève mon pantalon. Dil ne se retournera pas. Il n’aura pas la curiosité de jeter un regard en arrière, voir ce qu’il perd. Je ne risque rien en exposant mon dos brûlé au regard des oiseaux, ni l’affreuse cicatrice qui barre mon flanc. Bientôt ce sera aux poissons que je confierai mes souffrances passées. Eux seront toujours plus réceptif que cet homme-crocodile.

Nul besoin de mots quand on a un corps pour s’exprimer.
Un Marchombre, c’est ça.


Caresse éphémère
Qui glisse et se mêle
Union

Il n’y a pas de mots pours décrire un Marchombre qui s’élance, plonge et s’enfonce dans les eaux. Cet être tire sa force du sol où il s’appuie et de la lumière dont il se nourrit. Il se glisse dans les remous du vent pour mieux rejoindre l’eau.
Pas une goutte qui s’élève sur mon passage. Nul besoin d’avoir des yeux dans le dos pour le savoir. Il me suffit d’ouvrir mes sens pour le sentir. C’était un beau saut, un qui aurait plut à Pia, même si elle aime ceux un peu plus rustre que je lui montrais au début. C’est un saut que Dil aurait du voir pour comprendre qu’au-delà du mensonge, il y a la vérité.

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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mar 01 Juil 2014, 23:56

Son cœur tambourinait dans sa poitrine.
Il s’attendait à ce que la jeune femme l’arrête au vol, l’invective, dise quelque chose. Il s’attendait à une réaction, au moins, et avait décidé de ne pas tourner la tête, parce que justement il n’aimait pas qu’on insiste.
Mais le fait de ne rien entendre, alors qu’il avait dépassé les dix mètres de distance, de ne rien percevoir, qui tira un coup de pied dans le ventre. Lui qui avait voulu ignorer Ange, c’était à elle de l’ignorer ; et cela ne lui plaisait pas. Pas du tout.
Alors, il s’imagina à quel point il pouvait l’avoir blessée, avec ses paroles, alors qu’elle juste en se taisant lui avait déjà enfoncé un poignard entre les côtes.

Il s’arrêta.
Les yeux rivés sur le sol, il se demanda un instant s’il voulait vraiment se retourner.
Non, la réelle question était : est-ce qu’il voulait vraiment continuer sans se retourner ?
La réponse papillonna dans son esprit, évidente : non !
Une sourde culpabilité bourdonna à ses oreilles. Il se rendit compte qu’il avait mis Ange dans une case. Alors qu’il détestait les cases. Alors qu’il avait fui les cases toute sa vie. Alors qu’il ne voulait entrer dans aucune case. Lui aussi finalement, avait compartimenté son esprit, et il mettait les gens dans des cases. Il ne s’en était pas rendu compte, au final : pour le crocodile, il y avait la case des proies, et celle des autres. Il avait réussi à lui inculquer une autre case : celle des humains.
La compartimentation de son homologue s’était étendue à son propre mode de fonctionnement, comme beaucoup d’autres choses. D’autres choses, avec lesquelles il était obligé de vivre : ne manger que de la viande et du poisson ; se couvrir de dix milles couches de vêtements l’hiver pour ne pas  tomber dans le coma…

Fixant encore un instant ses orteils, à la lisière de la forêt, Dil poussa un long soupir.
La compartimentation, il pouvait faire autrement qu’avec. Il pouvait avoir son propre esprit, libre de toutes frontières. Libre de ce qu’il venait d’instaurer, un grand mur entre les gens avec lesquels il était d’accord, et ceux avec lesquels il ne l’était pas. Il se coupait du monde, et surtout de sa diversité, à ne vouloir côtoyer que des gens qui avaient son avis.
Prenant une grande inspiration qui lui fit gonfler la poitrine, le jeune homme se retourna soudain, vivement.

Son regard tomba sur la silhouette d’Ange.
Ange, qui était parfaitement nue, et qui s’avançait vers l’eau.
Elle était belle. Belle, avec ses courbes affolantes, son ventre plat, ses seins tendus et sa nuque au port distingué. Belle, avec ses longs cheveux battant son dos.
Belle, avec cette cicatrice qui, loin de ternir la perfection de son corps, n’ajoutait qu’une touche humaine à la porcelaine de son physique.
Quelques jours plus tôt, il avait été si mal à l’aise de détailler Gladys et Syndrel nues dans le lac, il s’en était caché avant de parvenir à passer outre. Il n’avait pas été à l’aise avec sa propre nudité, quand Ange l’avait découvert, humain. Il ne se faisait toujours pas à l’idée de la nudité sans intimité.

Une autre barrière.
Déglutissant péniblement, il suivit chaque pas que la jeune femme réalisa, chaque mouvement qu’elle fit. Jusqu’au plongeon, figure parfaite qui ne troubla pas le miroir paisible de l’eau.
Un éclat d’admiration passa dans ses prunelles, et soudain, Dil sentit le courage le prendre au cœur et l’emmener près de la rive où Ange s’était déshabillée. Il fixa ses vêtements un instant, avant de finalement ôter les siens, et de s’enfoncer dans l’eau. Pas dans un plongeon, mais simplement se laisser guider par la caresse douce de cet élément si sauvage et indomptable. On ne domptait pas l’eau, c’était elle qui nous modelait.

Arrivé à quelques mètres à peine de la jeune femme, Dil ne put s’empêcher de sourire. Un sourire empreint d’admiration, mais pas aussi éclatante que celle qui brillait dans ses prunelles claires.

- Je suis désolé. Je suis complètement borné quand je m’y mets. Mais je maintiens : les marchombres ne sont pas des voleurs. Regarde-toi, tu es si parfaite. On peut sentir la liberté dans tous les pores de ta peau, on peut sentir la sérénité dans chacun de tes gestes…. il décrivit des cercles avec ses mains à la surface de l’eau, incertain de ce qu’il allait dire. Mais il lui était impossible d’arrêter le flot de paroles qui le submergeait. J’ai encore beaucoup à apprendre. Je fais des cases dans lesquelles j’aime mettre les gens, pour qu’ils correspondent à des critères précis ; c’est nul et complètement réducteur.

Il venait de retourner ses mots contre lui-même, et son cœur accéléra dans sa poitrine.
Oui, il était réducteur de penser que les autres pouvaient l’être. C’était lui, le fin con de l’histoire, au final. Haussant les épaules, il baissa les yeux sur ses mains, les fixant à travers l’onde liquide.

- Je m’excuse.

Prenant une inspiration, il haussa encore les épaules. Parce qu’il ne savait pas quoi faire ou dire d’autre. Puis, il se tourna, pour retrouver la rive, et la plage.
Sauf qu’il n’en avait pas envie. Il était bien, là, dans l’eau. Le soleil réchauffait ses épaules et l’eau rafraichissait ses jambes. Alors, il resta juste immobile, les yeux dans le vague.
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Sam 05 Juil 2014, 12:14

Il n’y a bien qu’à l’eau qu’on peut confier tout son être, aussi intimement. Elle est là, à m’envelopper de sa caresse. Je bats des pieds pour avancer. Elle m’accompagne. Je plonge ma tête sous la surface. Elle m’entoure. Sa fraicheur est la bienvenue après ma demi-journée de chevauchée. L’été a fait son bout de chemin depuis mon derniers cours, et l’air déjà chaud en est bien la preuve. Le soleil n’est pas encore à son apogée, mais déjà le temps est lourd.

La tête plongée dans l’eau, je perçois des vibrations provenant de la berge, ajoutées au son d’un corps entrant dans le lac. L’avancée de l’intrus est régulière, posée. Serait-ce … lui ? Je perce la surface, mes cheveux noirs collés contre mon cou. IL est là, à me regarder avec ses deux billes de verre. J’ai l’impression que son ami le crocodile est en train de le pousser à me dévorer. Tant que ce n’est que du regard, il peux.

Il sourit.
Rien à voir avec son air renfrogné, quelques minutes avant. Derrière le mensonge, il a eu la curiosité de venir chercher la vérité. Et de la trouver.
Je lui renvois son sourire, heureuse qu’il ait osé revenir sur ses pas et sur ses pensées. J’ai l’impression qu’il a fait voler une barrière en lui pour me rejoindre. Ses paroles le confirment.


- Je suis désolé. Je suis complètement borné quand je m’y mets. Mais je maintiens : les marchombres ne sont pas des voleurs. Regarde-toi, tu es si parfaite. On peut sentir la liberté dans tous les pores de ta peau, on peut sentir la sérénité dans chacun de tes gestes. J’ai encore beaucoup à apprendre. Je fais des cases dans lesquelles j’aime mettre les gens, pour qu’ils correspondent à des critères précis ; c’est nul et complètement réducteur.

J’ai presqu’envie de rire. Il est tellement touchant ce marchombre, avec ses excuses et ses compliments ! Mais dans un moment pareil, il croirait que je me moque de lui. Je me contente juste de l’écouter, les yeux brillants. Moi, parfaite ? Son Maitre a dû oublier de préciser que la perfection n’existe pas. On tend vers elle sans jamais l’atteindre, et c’est ça qui nous attire.
Le jeune homme baisse soudain ses yeux, comme s’il tentait de se perdre en cherchant ses pieds du regard. Serait-ce du remord que je vois là ?


- Je m’excuse.

L’apprenti se retourne. Il va me laisser en plan comme ça ?! Ah non ! Il ne partira pas sans m’avoir écoutée ! Du coup je me hâte de lui répondre avant qu’il puisse esquisser un soupçon de brasse pour rejoindre la berge.

« - C’est pas bientôt fini ces excuses ?! » m’exclamais-je en lui envoyant une gerbe d’eau dans la figure. « Tu n’est pas le seul en tord dans cette histoire ! Je suis désolée de t’avoir provoquée tout à l’heure. Je voulais juste connaitre ta vision des Marchombres. Maintenant je l’ai ! » lui dis-je dans un clin d’œil. « Liberté et sérénité … oui … ma fois ça me convient. C’est vrai que ça sonne mieux que « voleur » ! Hey revient ici tête de crocodile !»

Il avance un bras, et j’y lis le désir de s’échapper. Ou peut-être pas. Un éclair me traverse quand même le cœur. Je ne veux pas qu’il parte, maintenant qu’il est revenu !
D’une puissante brasse coulée, je me fonds dans l’eau et m’avance jusqu’à lui. Il n’a pas le temps de comprendre. D’un coup sec, je lui tire les pieds vers les abysses. Son corps s’abaisse juste assez pour me permettre de m’agripper à son cou musclé. Je l’entoure avec mes bras, à la façon d’une gamine sur le dos de son père.


« Voilà maintenant tu ne t’échapperas plus ! »


Je ne devrais pas mettre un métamorphe au défi, surtout un dont l’ami est un animal aquatique. Je réalise maintenant que ma réaction un peu folle risque de m’entrainer dans une bataille marine. Un long sourire s’étale sur mon visage. Qu’il essaie de noyer une marchombre ! Juste pour voir ! Je risque de lui donner du fil à retordre.

A moins que …
A moins que la sensation de mon corps collé contre le sien ne l’empêche d’agir. Je sens mes deux petits seins caresser son dos, allant et venant selon les remous de son corps. Ses pieds remuent l’eau pour nous maintenir tous les deux à l’air libre. Force et efficacité. C’est aussi ce que mes bras qui l’enveloppent ressentent. Il a beau ne pas être une montagne de muscles, il n’en cache pas moins un nombre suffisant. De toute façon un marchombre doit être finesse. Sera-t-il finesse alors ? Ou force brute ? J’attends la réponse, tous les sens aux aguets.
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mar 08 Juil 2014, 09:07

Il ne voulait pas partir, et quand Ange l’invectiva pour le retenir, il ne bougea pas dans un premier temps. Le souffle court, il écouta l’eau qui se déplaçait sur le corps de la jeune femme, avant qu’elle ne parle enfin.

- C’est pas bientôt fini ces excuses ?! demanda-t-elle dans une gerbe d’eau. Dil fronça les sourcils, car il avait des difficultés à comprendre ce qu’elle entendait par finir des excuses. Entre être désolé et s’excuser, il y avait un grand pas, en tout cas pour le garçon. Mais il ne dit rien, se contentant de se protéger le visage de ses bras.
Tu n’es pas le seul en tort dans cette histoire ! Je suis désolée de t’avoir provoquée tout à l’heure. Je voulais juste connaitre ta vision des Marchombres. Maintenant je l’ai ! Un soupir franchit les lèvres du garçon quand elle lui dit cela, et il finit par esquisser un sourire en réponse à son clin d’oeil. Liberté et sérénité … oui … ma fois ça me convient. C’est vrai que ça sonne mieux que « voleur » ! Hey revient ici tête de crocodile !

Il sourit sous l’insulte gentillette et s‘arrêta pour se tourner vers la jeune fille.
Son souffle se perdit dans sa gorge. Ou peut-être que ses poumons s’arrêtèrent de vouloir de l’oxygène, en essayant de s’approprier la lumière que dégageait Ange plutôt que de ces particules bien fades.
Quand elle lui saisit le bras, un long frisson remonte sur sa peau, partant de son contact pour remonter jusqu’à la racine de ses cheveux. Il ne sait plus quoi faire, soudain : partir ? Ou rester ?

Il n’a pas vraiment le temps d’y réfléchir car quelques secondes plus tard à peine, la jeune fille lui fauche les pieds dans l’eau et lui fait perdre l’équilibre. Pas beaucoup, car Dil est habitué à sa masse dans l’eau, et il vit pour cela ; mais assez cependant pour lui sauter littéralement dessus, et saisir son cou de ses bras.
Elle se blottit contre lui, dans son dos, et ce fut cette fois-ci son cœur qui s’arrêta de battre un instant… Avant de s’affoler complètement.

- Voilà maintenant tu ne t’échapperas plus !

Un sourire fugace passa sur les lèvres de Dil : il savait que s’il se transformait, il pourrait tout à fait s’échapper ; il aurait assez de rapidité et de puissance pour cela. Mais il n’allait pas aller chercher Croco pour si peu, alors qu’il avait exigé de retrouver son corps une dizaine de minutes plus tôt !

Mais avant qu’il n’ait pu pousser cette réflexion plus loin, son cerveau se déconnecta. Littéralement. Plus de pensées cohérentes, alors que la sensation du corps nu de la jeune femme derrière lui déferlait sur sa peau. Alors que le poids de ses seins poussait sur ses omoplates. Alors que ses cheveux lui chatouillaient la nuque et les côtes.
Sa respiration se fit plus rapide, plus saccadée, se hacha complètement.
Immobile, il réussit à reprendre ses esprits, et pourtant ne savait pas trop comment réagir face à l’attitude de la jeune femme : que voulait-elle au fond ?
Parce qu’il était hors de question qu’il se retourne ou qu’il sorte de l’eau, dans l’état actuel des choses. Il savait son désir parfaitement tendu rien qu’à la sensation de ses seins effleurant son dos, rien qu’à l’idée qu’elle était nue et si belle. Et qu’elle s’accrochait à lui.

Prenant une grande inspiration, Dil leva sa main droite pour la poser dans le creux du coude de la jeune fille, où il enfonça légèrement ses doigts pour délier sa poigne ferme et sûre. De son autre main, il remonta le long de son bras pour effleurer son épaule… Avant de s’enfoncer dans l’eau, verticalement, brusquement.

Si elle le touchait encore, il ne répondrait plus de ses actes. Parce que tout son corps pulsait d’une chaleur et d’un désir puissants, et parce que ces pulsions-là, il ne les contrôlait jamais tout à fait.

Sous l’eau, il fit une embardée en arrière lui colla le corps d’Ange contre le sien, avant de se propulser en avant, et son pouce s’enfonça un peu plus à l’intérieur du coude droit de la jeune femme pour la faire lâcher prise. Il voulut décrocher son épaule gauche de sa poigne d’un mouvement du buste, et frissonna quand son épaule droite effleura le sein de la marchombre. Battant puissamment des pieds, il retrouva la surface pour prendre une grande inspiration, et essayer de juguler le besoin bestial qui était en train de s’emparer de lui.
Son regard s’était légèrement assombri, comme le font ceux des hommes dans ces moments d’excitation intense. Il ferma les paupières pour fuir l’image de la jeune fille nue.

Il devait respirer.
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Ven 15 Aoû 2014, 22:09

Dil pose sa main au creux de mon coude et cherche à se débarrasser de mon emprise. Le contact est léger mais ferme. Je pourrais résister. Sauf que mon attention est détournée par son autre main qui effleure mon bras. Je frissonne à ce contact qui réveille en moi des sentiments lointains. Je ne lâcherais jamais prise si cela le fait continuer.

Le métamorphe plonge brusquement sous les eaux. Il y a une minute je m’étais préparée à une réaction pareille. Là je suis prise par surprise et avale juste assez d’air pour ne pas m’étouffer dans la seconde qui suit. Le jeune homme continue à se défendre, et bien que Marchombre, je me vois obligée de le lâcher partiellement. Je n’ai pas assez d’oxygène pour tenir dans ce combat aquatique. Il y aurait bien un moyen de me défendre … je pourrais lui voler son air … Les yeux grands ouverts, je le vois dans ce monde irréel, baigné par une lumière verdâtre. Son corps ondule, enfin libre de mon poids. Sa bouche n’est pas loin. Je pourrais la rejoindre d’un simple battement de pied. M’y accrocher et y voler la vie d’un simple baiser. J’hésite une seconde puis cède à la tentation et retourne m’agripper à cet apprenti Marchombre. Cette fois nous sommes dans un véritable corps à corps et je sens l’intensité de son désir contre ma jambe qui l’effleure. L’intérêt d’être une femme c’est qu’il ne verra pas l’écho de cette envie qui réchauffe l’intérieur de mes cuisses. Nous sommes des êtres de secrets.

Je n’ai pas le temps de mettre mon plan à exécution. Manquant aussi d’air, Dil nous ramène à la surface. Nos corps sont unis dans cette bouffée d’air que nous aspirons. Son souffle est aussi saccadé que le mien. Je me raccroche à ses épaules en explosant d’un rire léger.


« Pas mal pour une tête de croco. Mais j’espère que tu as d’autres ressources à me montrer si tu veux que je te lâche … »

A nouveau je croise ses yeux. Une fois de trop. Au début de notre rencontre, j’ai vu une flamme s’y allumer. J’étais comme un petit papillon hypnotisé par cette lumière naissante et j’ai voulu m’en approcher. Maintenant c’est un brasier que j’y vois. Je n’ai plus juste envie de contempler ce feu de plus près. J’ai envie de m’immerger en lui. D’y bruler mes ailes.

Dil ferme les yeux, cachant tout ce qui y brûle. Mauvaise idée. Le mal est fait et il ne peut plus rien faire pour l’arrêter. Il m’offre là une porte où je m’engouffre. Il ne veut plus voir, tant pis pour lui. Il ne pourra pas oublier les sensations de son corps.

Un geste suffit pour le surprendre.
Mes lèvres se collent aux siennes.
Mon corps se colle au sien.
J’ai envie que nous ne fassions plus qu’un.

Mes mains quittent ses épaules pour remonter sur sa nuque et s’y agripper avec force. Dans le même temps mes jambes se glissent sur ses jambes pour venir enserrer ses hanches. Lui seul nous maintient en surface désormais. Je sens ses fesses se contracter puis se détendre à mesure qu’il bat des pieds. Je voudrais les sentir sous mes mains, leur offrir le plus beau massage qu’elles aient connu. Mais là, dans ma position précaire c’est impossible.

Je décolle mes lèvres du jeune Marchombre pour tracer mon chemin jusqu’à son oreille où je lui susurre ce qu’il attend.


« Si tu nous ramenais au bord de l’eau Dil … »


Mes mains se font plus pressantes sur sa nuque, la quittant pour errer sur les contours de son corps. Mes lèvres sont revenues sur les siennes. Elles ne semblent plus vouloir les quitter.

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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Lun 01 Déc 2014, 22:25

- Pas mal pour une tête de croco. Mais j’espère que tu as d’autres ressources à me montrer si tu veux que je te lâche …

Il avait fermé les yeux pour éviter de laisser tout son instinct, tout son désir prendre le contrôle de lui-même. Et celui d’Ange.
Mais a priori, elle ne voulait pas qu’il se contrôle. Elle ne voulait pas qu’il ne se retourne pas. Elle ne voulait pas le lâcher.

Caché sous ses paupières, il tentait quand même de juguler cette boule de flammes, ce brasier si intense qui brûlait en lui. Il avait cette impression si étrange, d’être comme un volcan en éruption. Alors que finalement, il n’était qu’un sang-froid, qu’un animal qui essaye de se nourrir de la chaleur du soleil, de la chaleur des autres.

Soudain, le prenant par totale surprise, même si son souffle était si proche du sien, même si son parfum l’enveloppait, les lèvres de la jeune femme s’écrasèrent sur les siennes. En même temps que son corps tout entier, ses seins contre son torse, ses jambes glissant sur les siennes, remontant sur ses hanches pour mieux se maintenir.
Se maintenir contre lui.
Contre son sexe dressé dans l’eau, coincé entre leurs corps brûlants.

Le souffle d’Ange était brûlant, ses lèvres sucrées.
Il n’avait pas pu s’empêcher de rouvrir les yeux pour la contempler, en savourant son baiser. Et elle était encore toute proche, si proche. Il avait envie de déposer des baisers partout sur son visage, sur ses pommettes, sur son nez, sur son front, sur ses yeux magnifiques, sur son menton, et sur ses lèvres. Et là aussi, dans le creux de son cou, sentir sa fragrance bien à elle…

Dil ne s’est même pas rendu compte qu’il est le seul à nager désormais. À les tenir hors de la surface.
Ses jambes, en vieux réflexes, battent la mesure puissamment.
Il a envie de la prendre là, maintenant. De la pénétrer dans l’eau, qu’ils ondulent ensemble…

- Si tu nous ramenais au bord de l’eau Dil …

Un long soupir franchit les lèvres du jeune homme. Les mains de la jeune femme le pressent, le caressent. C’est délicieux, et de nombreux frissons remontèrent le long de ses épaules, de son dos, entraînant sur leur passage une chair de poule délicieuse. Fraiche et acidulée.

Fourrant son nez dans les cheveux détrempés de la marchombre, il inspira à fond. Avant de soupirer dans son oreille.

- Non…

Sa main droite quitta son coude pour descendre le long de ses côtes, pour caresser la courbe de sa taille, et saisir finalement sa hanche, pour l’éloigner de lui. Juste une seconde, sa grande main recouvrit tout l’os d’Ange et même plus, glissant la puple de ses doigts sur le haut de son pubis qui frissonna sous la surprise. Un sourire étira les lèvres de Dil, qui poussa légèrement avec son pouce, décollant le bassin d’Ange du sien, pour que finalement ses doigts agrippent ses fesses et la fassent basculer vers lui.

Sa seconde main battait l’eau, et d’un puissant mouvement des jambes, remonta vers elle.
En elle.
La sensation fut si brusque qu’il en perdit une seconde son rythme de jambes, mais alors que leurs bouches allaient descendre sous la surface de l’eau, il battit des jambes, passant par-dessus la jeune femme, l’emmenant en arrière.

Il ferma les yeux, pour reprendre ses esprits un instant.
Elle était toujours agrippée à ses épaules, et il tenait toujours sa fesse droite de sa main.
Mais c’était aussi plus que cela.

Ils dansaient dans l’eau.
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mer 03 Déc 2014, 20:49

Il n’y a qu’un prince des eaux pour offrir tant de plaisir au milieu d’un lac. J’ai le souvenir d’avoir apprécié l’affection d’un homme, mais jamais ainsi. Jamais avec un Marchombre. Je croyais que je savais ne faire qu’un avec l’eau. Ca, c’était avant de rencontrer Dil. Il a beau n’être qu’apprenti, il en sait mille fois plus sur cet élément que moi, et s’y intègre bien mieux qu’un Maitre. Et il s’intègre bien mieux en moi qu’aucun autre …

Ses mains se glissent autour de mon corps, comme si elles étaient faites d’eau. Et son membre … que dire du frisson qui remonte le long de ma colonne en le sentant là, rafraîchissant le feu entre mes jambes. Je lâche un murmure de plaisir et agrippe sa bouche pour lui transmettre mon désir à moi.

Soudain il se met à danser. Je sens l’écho de ses jambes dans l’eau, faisant bouger son corps et surtout son bassin. Je sens aussi ses mains, tentant de me guider dans cet élément qui me semble nouveau. La surprise de toutes ces sensations me rend presque immobile, puis je me ressaisis et me calque sur lui. Il descend, je monte. Il monte, je descends. Les caresses entourent ce ballet immergé, parfois douces, parfois sauvages. Cette danse est folle. Cette danse est unique. Cette danse m’excite de plus et plus, s’accélère. Bientôt elle est tellement intense que nous ne pouvons plus qu’abandonner nos corps au plaisir partagé. Je sens Dil se contracter en même temps que je jouis pleinement de lui. C’est tellement bon que j’en voudrais encore.


« Ne t’éloigne plus jamais … » lâchais-je dans un dernier soupir de plaisir, la tête posée contre son épaule. Message pour lui, et message pour ce membre encore attaché à mon corps que j’aimerais garder là pour toujours.


*******


Allongés sur la berge, nous dorons au soleil. L’eau n’est pas restée longtemps sur nous, mais le silence et la chaleur ont suffi pour nous convaincre de rester là, à partager un moment de repos. Collée contre Dil, une main caressant son torse, je laisse mes pensées errer. J’essaye de graver les souvenirs de ces instants dans ma mémoire, ce qui me retient de parler. Et puis dire quelque chose, ce serait comme casser l’instant et passer à autre chose. En restant là, silencieuse, j’ai l’impression de continuer notre ballet.

Malheureusement l’air lourd du début de journée était mauvais présage. Je sens avant même de les voir, les gros nuages gris qui s’avancent vers nous. Il y a des villages le long de la route jusqu’à l’académie, mais aucun d’assez proche pour que nous l’atteignions avant d’être trempés.


« Mmmm … » murmurais-je en m’étirant, « notre sieste touche à sa fin on dirait … maudits nuages. »

Un grondement au loin accompagne ma phrase. C'est l’orage qui me nargue ! Un éclair zèbre le ciel au loin, nous pressant de partir au plus vite.
J’obéis sans discuter et m’empresse de m’habiller, tout en espionnant Dil du coin de l’œil. Encore quelques cours et il aura un corps de Frontalier ! J’ai hâte de voir les muscles de ce torse se développer … et de sentir ce qu’ils peuvent faire dans l’eau.

« Je n’ai pas vu de cheval en arrivant, tu es à pied ? »

Le métamorphe acquiesce et j’ai presque l’impression que ce choix le ravit. Sauf qu’aujourd’hui, la marche a pied ne va pas nous mettre à l’abri ! Je grimpe sur la selle de Shantal - dont la nervosité s’est allumée avec les grondements de l’orage – et tend la main vers Dil.

« Pas de discussion, monte. » lui dis-je d’un ton qui, en effet, ne permettait aucune discussion.

Il se glisse à mes côtés, et bien qu’un peu tassés, nous réussissons à tenir à deux sur la selle. Je pousse alors Shantal d’un coup de talon vers la route en surplomb. Il grimpe sans difficulté et s’élance au galop, faisant voler une poussière qui sera bientôt noyée dans la pluie. L’animal lancé, je me lève sur la selle, attentive aux mouvements de ma monture. Puis je me retourne et me rassois, comme si ces mouvements étaient enfantins. Cela semblera facile à Dil, mais il ne sait pas que Pia nous a entrainés à virevolter sur nos canassons lors de notre dernier cours. Il m’en aura fallut du temps pour saisir le temps de mon cheval, mais j’aurais fini par y arriver. Des années de complicité avec Shantal n’y auront pas été pour rien.


« Tu diriges maintenant ? » lançais-je à Dil en enfouissant ma tête dans son torse. Blottie là, j’avais l’impression que ni l’orage, ni la pluie ne pourraient m’atteindre. Les premières grosses gouttes eurent beau s’exploser sur mes épaules nues, je ne les senties pas.


[Il fait presque zero dehors et nous sommes en train d'écrire un RP où c'est encore la canicule :p je les envie ces deux petits !
J'espère que tu n'avais pas de cheval, sinon j'éditerais.
Et puis encore une fois : bon retour !!!][/b][/color]
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Ven 23 Jan 2015, 21:28

Le soleil sur sa peau…
C’était l’un des plus grands plaisirs de Dil. Se faire dorer au soleil, juste profiter de la chaleur de cet astre diurne, lézarder sous ses rayons… Sur sa peau noire qui aimait tant cela, et avec Croco qui ne pouvait juste pas s’en passer.
Avec Ange à ses côtés, c’était différent de ce dont il avait l’habitude, mais pas mieux ou moins bien. Juste différent, et il appréciait aussi de découvrir cela. Étrange sensation que d’avoir une femme encore collée à son flanc, alors qu’elle savait qu’il pouvait se transformer en crocodile. Étrange sensation que de savoir que même en le sachant, elle avait voulu s’unir à lui, unir leurs corps.

Parce que les humains étaient compliqués, c’était un fait.
Mais parfois, l’instinct était plus fort. Ou certains humains savaient écouter le leur ; ou bien savaient ce qu’ils étaient aussi au fond. Et une attirance réciproque puissante était toujours quelque chose que Dil avait considéré comme indispensable à une relation, même s’il n’en avait pas eu beaucoup dans sa vie, des relations.

Un petit soupir contrarié passa ses lèvres quand Ange s’éloigna de lui, pour s’étirer et l’inciter à bouger avant que l’orage ne s’abatte sur eux. En un sens, c’était normal : après s’être réchauffé au possible, il fallait bien se refroidir, et la pluie de l’orage était là pour ça.
Bon, apparemment la jeune femme n’était pas tout à fait de cet avis.

- Je n’ai pas vu de cheval en arrivant, tu es à pied ? demanda-t-elle.
Dil hocha la tête : il n’avait pas encore vraiment réussi à approcher un cheval sans que ce dernier ne se mette littéralement à paniquer ; et en un sens c’était parfaitement normal ! Enfin, pour lui en tout cas : une proie ne peut que difficilement côtoyer un prédateur sur son dos, surtout un vrai prédateur.

Mais alors qu’il allait protester contre Ange qui voulait partir, elle lui tendit une main, déjà à cheval.
- Pas de discussion, monte.
Prenant une inspiration, le garçon ravala sa salive, et attrapa la main de la marchombre pour se hisser derrière elle à cheval, en évitant de faire des gestes trop brusques. Sa monture renâcla méchamment, s’accommodant difficilement de leurs poids combinés et dela nature de Dil, sans aucun doute, mais s’élança vivement à la première sollicitation de sa cavalière principale. Basculant en arrière, le garçon s’agrippa presque désespérément à Ange, enroulant la totalité de ses bras autour de sa taille.

- Tu diriges maintenant ?

Surpris par la demande d’Ange, Dil paniqua littéralement alors qu’elle se blottissait contre lui.

- Euh, c’est pas une bonne idée du tout ! Je… J’ai jamais monté à cheval, réussit-il à dire difficilement, la bouche sèche et la gorge serrée. Ses doigts étaient enserrés autour de la taille de la jeune femme, sans doute même enfoncés dans son ventre tellement il ne se sentait pas bien, et qu’il était haut surtout ! Je… On est hauts en plus !

Il essaya de cligner des paupières, mais une sueur froide le prit entre les omoplates, et il se sentit basculer sur le côté.
Il venait de tomber. Dans les pommes.




[ Ah ben bravo ! Razz
Désolée pour le retard :/ ]
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mer 04 Fév 2015, 22:38

- Dil … Dil ? Dil ! Hey réponds moi !

Trop tard. Le jeune homme s’est évanoui dans mes bras. J’ai bien compris sa peur de monter à cheval, mais de là à penser qu’il perdrait connaissance ! Quelle idiote ! J’aurais du faire un peu attention à lui !
D’un geste bien loin de nos échanges plein de tendresse, je colle une paire de tartes à l’apprenti. Sans effet.


- Nom d’un trodd ! Tu vas te réveiller oui ?! lui lançais-je d’une voix agacée et anxieuse.

Violence physique : Echec. Paroles : Echec. Que me reste-t-il comme solution ? D’un geste à nouveau tendre, je colle mes lèvres contre les siennes. Echec. Pourtant ma mère m’a un jour raconté une histoire où l’héroïne se réveillait après un baiser. Dommage que les contes ne ressemblent pas à la réalité.

Tout en tenant Dil, je me lève sur Shantal et virevolte à nouveau pour retrouver ma selle. Tant que nous serons à cheval, il ne se réveillera pas, et hors de question de m’arrêter sur une route déserte, sous une pluie battante. L’air à beau être chaud, nous risquerions d’attraper froid. Je presse mon cheval, le lançant dans un galop plus intense. Il faut vite que nous trouvions un abri. Je scrute les abords de la route, distinguant à peine les environs. La pluie est de plus en plus forte et forme un rideau bloquant la vue. Quelle poisse ! Et puis là -oh merveille ! – je distingue les contours troubles d’une cahute. Les maisons de pêcheurs, ce n’est pas ce qui manque aux abords du Lac Chen. Mon ventre gargouille a la pensée du ragoût de poissons qu’on pourrait quémander là-bas. Moi et mon poids mort inspirerons sans nul doute la charité.

Shantal manque de glisser sur le sol boueux lorsque je le fais volter, et c’est presqu’un miracle s’il réussit à se maintenir debout. Je n’avais pas réalisé que les pluies d’été pouvaient rendre le sol si traitre.

A peine arrivés devant la cahute, je saute au bas de ma selle et aide le corps de Dil pour qu’il glisse au sol en douceur. Je voudrais le porter jusqu’à la porte, mais j’en suis bien incapable. L’entrainement Marchombre ne m’a pas dotée de muscles surpuissants, ce qui est bien dommage.

Alors que ma main va frapper la porte en bois, mes oreilles captent les éclats de voix d’une dispute à l’intérieur. Il s’agit d’un homme et d’une femme. Le vacarme de la pluie a du masquer le bruit de notre arrivée, de telle sorte qu’ils continuent à crier, sans s’inquiéter des intrus devant leur porte. Le poing fermé, prêt à agir, j’hésite à déranger les deux personnes. Puis mon regard revient vers mon compagnon, le corps dans la boue et le visage lavé par la pluie. Nous ne pouvons pas rester là. Finalement je me décide à frapper à la porte. Les bruits cessent et le temps passe. Vont-ils m’ouvrir ? Ou auront-ils peur de bandits potentiels ? Le son de lourds pas sur un sol en bois me fait opter pour la première option.


- C’est pour quoi ?

Couteau de pêcheur en main, un homme au visage rongé par une barbe de trois jours me regarde, l’air méfiant. Il a tout pour inspirer la peur, mais les cernes sous ses yeux et l’éclat de tristesse dans ses yeux clament qu’il y a autre chose qu’un monstre en lui.

- Mon ami ne va pas bien. Vous pourriez nous protéger de la pluie, juste le temps qu’il se réveille ?

L’homme hésite. Son regard oscille entre Dil et moi. J’ai mis toute l’anxiété possible dans ma voix et sur mon visage, pour tenter de le convaincre. Derrière lui, une femme de presque quarante ans s’approche pour voir les visiteurs. Mon regard croise le sien, et je vois bien que notre venue l’agace. S’ils nous accueillent, ils ne pourront pas terminer leur conversation tumultueuse.


- Allez … entrez je m’occupe de lui.


*****


- Notre fils ainé a disparu il y a quatre jours … mon mari veut absolument partir à sa recherche mais je refuse … nous avons encore trois enfants à nourrir, et s’il disparait à son tour …


Ailyn ne finit pas sa phrase. Après la défiance et l’agacement, elle a finit par laisser son inquiétude prendre toute la place. Pendant que l’eau d’une tisane chauffait, je me suis excusée de les avoir dérangés, et c’est là qu’elle a craqué. Une femme de pêcheur est une femme forte, elle n’a donc pas pleuré. Mais son malheur était si visible qu’elle a finit par s’exprimer.

Piotr enserre tendrement la main de sa femme et la caresse pour la réconforter. Difficile de croire qu’ils se disputaient à notre arrivée. Elle se dégage pour aller verser quelques feuilles dans l’eau bouillante et pour retourner la chemise de Dil qui sèche lentement. Dehors, la pluie a cessé, aussi brusquement qu’elle avait commencé, ne laissant derrière elle que des espaces boueux. J’aurais aimé partir dès que mon Croco serait réveillé, mais ce couple me fait pitié. Hope m’a sauvée il y a un mois, et le docteur a été adorable pendant ma convalescence. J’ai envie moi aussi d’aider des gens, surtout ceux qui m’accueillent.


- Et si c’était moi qui partait à sa recherche ? …


[Pour le nom des couleurs : Lime pour moi, Brown pour le pêcheur, Wheat pour sa femme.]
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mer 15 Avr 2015, 20:46

[ Désolée pour tout ce temps de réponse ! Normalement maintenant tout est réglé pour moi, donc ça devrait être plus facile ! Smile ]




Quand Dil ouvrit les yeux, il n'était plus à cheval.
Rien que cette observation le rassénéra profondément et il prit une grande inspiration. N'ayant toujours pas ouvert les yeux, il laissa ses sens prendre le dessus pour tenter de déterminer où il se trouvait. Il n'était plus à l'extérieur, et sentait son corps allongé sur un matelas ou quelque chose y ressemblant. Sur un lit, donc.
Il n'était pas seul dans la pièce. Ce n'était pas seulement son sixième sens qui le lui disait, simplement il entendait une respiration régulière assez proche de lui, et comme quelqu'un qui trifouillait dans un meuble ou quelque chose comme ça.

Le jeune homme poussa un léger soupir avant d'ouvrir difficilement une paupière, puis l'autre. Une douleur vive le prit du front et le piqua jusqu'à l'arrière du crâne, lui arrachant un grognement mécontent qui fit sursauter l'homme qui s'affairait sur une console de bois.

Papillonnant des paupières, Dil détailla le personnage : il n'était pas spécialement grand, mais ses épaules étaient larges et ses muscles taillés par un travail difficile. Les traits de son visage, burinés par le soleil, s'étiraient en quelques premières rides et son regard marron semblait vif.
Alors qu'il prenait doucement conscience de son corps, se rendant compte qu'il n'avait absolument rien mis à part cette migraine sûrement due au choc de son évanouissement, Dil se redressa lentement dans le lit, repoussant les couvertures avec efficacité.

- Je suis où ? demanda-t-il en se massant l'arrière du crâne dans l'espoir de faire passer plus vite sa migraine. Il sentit son alter-ego reptilien lâcher un râle de protestation dans sa poitrine et inspira vivement un grand coup. Heureusement, l'homme ne sembla pas le remarquer, ou alors il n'en laissa rien paraître. 

- Tu es chez moi, ton amie nous a demandé de l'aide parce que tu étais inconscient – et fichtrement lourd !

Dil hocha la tête, et se rendit compte que sa migraine commençait à refluer doucement. Inspirant un grand coup, il sentit soudain la faim lui tenailler les entrailles : mais pourquoi là, maintenant ? Fronçant les sourcils, le jeune homme posa son regard sur son interlocuteur – et presque sauveur du coup – et sentit l'odeur qu'il portait sur lui : une odeur de poisson. Un pêcheur. Mais du coup, il comprit immédiatement pourquoi il avait l'impression d'avoir terriblement faim, et son estomac protesta vivement : ce n'était pas qu'une impression ! Soupirant, Dil se redressa complètement et posa ses pieds sur le sol de bois. La chambre tangua un instant autour de lui, pour finalement se stabiliser.
Il sentait que l'homme n'était pas à l'aise, mais il ne savait pas trop pourquoi. Est-ce qu'il avait senti quelque chose par rapport à Croco ? Ou alors il avait des soucis d'ordre personnel ? Haussant les épaules tout seul, Dil prit une courte inspiration avan déssayer de se lever. Il en était incapable, la ièce tourna vivement autour de lui avant de se parer de couleurs sombres. Se réasseyant sur le lit, il se prit la tête entre les mains.

- Ton amie est dans la cuisine avec ma femme. Je  vais les rejoindre.
- Je m'appelle Dil. Merci beaucoup.
- Et moi Piotr. Allons-y, gamin.
Dil grimaça à ce surnom enfantin mais ne fit pas de commentaire : après tout, l'homme semblait avoir au moins le double de son âge, donc forcément par rapport à lui il n'était qu'un gamin.

Piotr disparut par la porte, le laissant seul le temps que son cerveau veuille bien qu'il se lève.
A vrai dire, il se sentait un peu honteux d'avoir eu une réaction aussi disproportionnée juste parce qu'il était à cheval. Mais à sa décharge sa phobie du vide et de la hauteur était tout sauf rationnelle. Elle était même logique quand on y pensait, mais pas rationnelle. On ne choisit pas de tomber dans les pommes, après tout : c'est le cerveau qui décide que trop c'est trop, et puis c'est comme ça.
S'obligeant à prendre de profondes inspirations suivies de longues expirations, Dil se sentit de mieux en mieux. Au bout de plusieurs longues minutes, il se rendit compte que son cerveau était à nouveau correctement oxygéné et qu'il pouvait se lever sans trop galérer. Il tituba un peu, mais en quelques secondes rétablit son équilibre et put marcher lentement, mais sûrement.

Passant la porte, il entendit quelques voix qui s'élevaient un peu plus loin, notamment une voix de femme qu'il ne connaissait pas. Cependant, il n'eut pas d'inquiétude, car cela devait être la femme de Piotr. Alors qu'il s'approchait des présences et allait passer le dernier encadrement de porte qui le séparait du petit groupe, une voix qu'il connaissait glissa jusqu'à ses oreilles.

- Et si c’était moi qui partait à sa recherche ? 

S'appuyant sur le bois de la porte, Dil poussa le panneau de bois pour se retrouver dans une cuisine petite mais chaleureuse. Cependant, l'ambiance ne semblait pas à la bonne humeur : les visages du pêcheur et de sa femme étaient fermés et tristes, et celui d'Ánge déterminé et compatissant à la fois.

- Partir à la recherche de qui ? Sa voix était encore légèrement pâteuse, mais on le comprenait. Parce que pour le coup, c'était lui qui n'y comprenait pas grand chose.
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Mar 05 Mai 2015, 22:44

J’entends Ses pas avant d’entendre Sa voix. C’est seulement lorsqu’il parle que je me décide à tourner la tête vers la porte de la chambre pour le regarder. Je ne lui réponds pas, perdue dans la contemplation de ce jeune Marchombre. Un sourire rêveur se met à flotter sur mes lèvres, jusqu’à ce que je m’aperçoive que personne ne lui a répondu. Je regarde tour à tour Ailyn et Piotr, réalisant qu’ils préfèrent que je sois celle qui parle à mon ami.

- A la recherche de leur fils aîné. Il a disparu il y a quatre jours …

Ailyn hoche imperceptiblement la tête. C’est bien ça. L’introduction étant faite, Piotr se lance dans les explications pendant que sa femme verse le thé fumant dans quatre grandes tasses.

- Il avait l’air soucieux depuis quelques semaines, il mangeait moins le gamin. On savait qu’un truc clochait, mais quoi ? On n’a jamais su … puis il a dit qu’il partait pour Al-Chen. Pas idée d’pourquoi. Si vous allez dans la cité, vous devriez trouver des pêcheurs qui le connaisse et qui l’auront p’têtre vu trainer …

Tout en soufflant sur ma tasse, j’observe l’homme qui noie son regard dans la sienne. Sa réaction me semble un peu disproportionnée par rapport à sa perte. C’est comme si … si il se sentait coupable de quelque chose. Il y a quelque chose qu’il ne nous dis pas, mais quoi ? J’hésite à lui poser la question et le prendre par surprise, mais je me retiens. Après tout, s’il veut nous cacher des informations, c’est son problème : il sait que plus nous en saurons, plus nous aurons de chances de retrouver son fils. Si au bout de trois jours je n’ai aucune piste, je lâcherais l’affaire.

Pendant ce temps Dil a récupéré ses affaires enfin sèches et s’est assis à mes côtés. Je laisse une main glisser sous la table et se poser sur sa cuisse. Ce simple contact me donne à nouveau envie de lui. De sa bouche. De son corps. Mais ce n’est ni l’endroit, ni le moment. Si il accepte de m’accompagner, nous aurons le temps de profiter l’un de l’autre. Et puis je pourrais ensuite le raccompagner à l’Académie. Je calcule aussi le temps que cette aventure va me prendre. Oh et puis Pia et mon Ahn-Ju m’attendront bien encore un peu ! Après mes mésaventures, je n’en suis plus à une semaine près. Maintenant que j’ai trouvé Dil, j’ai envie de trainer un peu …


- Je vais aller faire un tour à Al-Chen, toi tu ferais mieux de rester te reposer encore un peu ici, lui dis-je en l’embrassant tendrement sur la joue, je vais me débrouiller. Vous avez autre chose qui pourrait me servir ? demandais-je à Piotr, à tout hasard.
- Y’a bien une de nos barques que je peux vous prêter … ça ira plus vite qu’avec vot’ cheval.

En effet, en coupant par le lac j’arriverais plus vite à Al-Chen. Je remercie le pêcheur pour sa générosité, me demandant quand même pourquoi il m’aide tout en me cachant quelque chose que je sais important.
J’avale la fin de mon thé puis me lève et me dirige vers la sortie, prenant mes affaires au passage.

- Tu me montres cette barque Piotr ? Je voudrais partir vite pour arriver avant le coucher du soleil.

Sans une hésitation, le pêcheur me rejoint dehors et m’amène derrière la maison, vers un petit ponton en bois flottant. Là sont amarrées deux barques équipées d’une voile. Elles sont simples mais efficaces et spacieuses. Il y a de la place pour embarquer plusieurs filets remplis de poissons ! Je ne devrais pas avoir de mal à tenir là dedans. Dil non plus, s’il décide de me rejoindre.
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MessageSujet: Re: [ -16] Chaque marigot a son crocodile [PV Ange ]    Jeu 14 Mai 2015, 19:14

Il n'y comprenait pas grand chose, mais par contre la réaction d'Ange quand il était entré dans la pièce ne lui avait pas échappé et avait fait gonfler son égo autant qu'une certaine partie de son anatomie, qu'il cacha comme il le pouvait en s'asseyant brusquement sur la première chaise qui passait.

- A la recherche de leur fils aîné. Il a disparu il y a quatre jours …    

Ah.
Mais quatre jours, ce n'est  pas tant que ça, si ?
Si sa mère ou son père s'étaient fait du soucis à chaque fois qu'il avait disparu plusieurs jours, ils auraient dû s'arracher tous les cheveux. Bon, certes, sa mère était plutôt soulagée quand il était plus loin du village, et son père ne se faisait pas de soucis pour lui car il savait que Croco le protégeait mieux que n'importe quel garde du corps. Mais il savait que lorsqu'il était vraiment plus jeune, avant qu'il ne se transformât pour la première fois, il disparaissait souvent pour aller voir les crocodiles, et sa mère se faisait un sang d'encre.

Est-ce que tous les parents étaient pareils ?
Se demandant si cela serait le cas quand il serait père, Dil écouta la femme. Etonnament il ne doutait pas une seconde qu'il serait un jour père, peut-être parce qu'il n'avait pas renoncé à ce type de rêves. Et en réalité c'était aussi pour cela qu'il était en Gwendalavir : tout simplement parce que sur son île tout le monde connaissait l'existence de Croco et que tout le monde avait peur, encore plus les jeunes femmes. Ici personne n'était au courant ou presque, et entre Ange et Syndrell, pour l'instant il était rassuré. Mais ce n'était peut- être que parce qu'elles étaient marchombres et donc plus tolérantes.

Avisant soudain que ses affaires n'étaient pas loin et sèches, Dil se leva – calmé -  et les attrapa pour aller les mettre dans une pièce adjacente. Il fut soulagé de retrouver le cuir de son pantalon, tout simplement parce qu'il était fait pour lui et que c'était beaucoup plus agréable que le pantalon de lin rèche que l'homme lui avait prêté.

- Je vais aller faire un tour à Al-Chen, toi tu ferais mieux de rester te reposer encore un peu ici . Vous avez autre chose qui pourrait me servir ?
- Y’a bien une de nos barques que je peux vous prêter … ça ira plus vite qu’avec vot’ cheval.


Un sourire étira les lèvres de Dil qui tourna le visage vers Ange.

- Tu ne t'enfuiras pas sur une barque dans l'eau sans moi ! Ça me fera plus de bien que le repos, lui dit-il dans un clin d'oeil.

Il emboita donc le pas d'Ange et Piotr qui sortaient de la maison, non sans avoir remercié la femme du pêcheur pour son accueil, et découvrit en même temps qu'eux la barque...
Qui était un peu plus qu'une barque : elle était bien grande, avec largement la place de mettre trois personnes, voire quatre. Fronçant les sourcils, Dil s'approcha et posa sa main sur le bois usé. Cela sentait le poisson, et cette odeur réveilla Croco en lui, qui claqua des dents vivement. Un sourire étira les lèvres du jeune homme, qui fit passer des émotions calmes au grand prédateur car il n'était pas temps. Il pourrait se transformer quand ils navigueraient sur le Lac.

- C'est parfait, il y a de la place pour deux! Même sans se serrer !
– Vous pensez être rentrés pour quand?


Dil échangea un regard avec Ange, ne sachant pas trop quoi répondre. S'il parfait à la recherche de ce garçon, c'était pour faire plaisir à la marchombre à vrai dire ; il ne pensait vraiment pas que quelque chose de grave ai pu se passer en quatre jours. Des tas de jeunes se carapatent pour quatre jours, surtout à partir d'un certain âge. Peu importe ce qu'en disaient les parents.

Et puis, quelque chose dans l'expression de Piotr fit froncer les sourcils à Dil, qui s'immobilisa. Soudain, croisant le regard de Ange, il comprit que l'homme cachait quelque chose, alors qu'il n'avait rien vu jusqu'alors.

- Euh...  
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