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Le Pacte VS L'Ordre
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 [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Mer 25 Juin 2014, 22:34

Le soleil se couchait derrière les plus hautes tours d’Al-Chen quand Libertée franchit les portes de la cité. Un sourire sur les lèvres, la jeune femme salua les gardes d’un signe de la main et d’un petit déhanché ravageur, et s’élança dans les rues pleines de monde.
C’était l’heure où chacun rentrait chez lui, après une dure journée de travail, et les marchés du soir battaient leur plein alors que les dernières ristournes étaient accordées avant que le soleil ne disparaisse complètement.

Mais Libertée n’était pas tout à fait là pour flâner : Elle venait retrouver Gil.
Il avait apparemment fini le cours de Kaünis – oui, cette gamine insolente et effrontée, mais fichtrement douée – et était revenu en Gwendalavir après ce voyage dans le nord. Un petit sourire étira les lèvres de la marchombre alors qu’elle tournait dans une ruelle moins fréquentée, pour passer par-dessus des ordures, se glisser entre les deux battants d’un portail et grimper habilement sur un toit.
Une fois en hauteur, elle se sentit mieux et continua de déambuler dans les rues, jusqu’à trouver la tour si particulière de l’école de Dessinateurs, et se dirigea alors vers le nord sur quelques pâtés de maison, avant de se laisser glisser souplement sur le sol pour chercher une auberge.

C’était un quartier où il y avait peu d’établissements mais où ces derniers étaient particulièrement bons et agréables. Se léchant littéralement les babines à l’odeur qui flottait autour d’elle, Libertée se laissa guider par son nez qui l’amena dans une auberge coincée entre une librairie et une armurerie, et sourit en voyant la devanture toute simple de cette dernière.
L’auberge de la lionne dorée.
Ce nom lui plaisait.
Dans un petit soupir satisfait, elle poussa la porte, inhala à pleins poumons l’odeur qui flottait, et s’installa à une table un peu plus loin.
La serveuse vint rapidement prendre sa commande, et avec la faim qui la taraudait, Libertée prit carrément deux plats complets. Et alors qu’elle attendait tranquillement d’être servie, ses pensées s’envolèrent vers Gil. Où était-il ? Arriverait-elle à le trouver ? Elle l’espérait de tout son cœur et un sourire sibyllin étirait ses lèvres.


- Mademoiselle ?  Vous dinez seule ?

Libertée leva les yeux vers l’homme qui venait de l’aborder, et son regard s’attarda sr les muscles de son cou et de ses bras, avant de glisser sur sa joue et de remarquer l’angle de sa mâchoire, particulièrement viril. Voyant qu’il était parfaitement sobre et souriant, elle ne put s’empêcher de lui sourire en retour et de lui désigner une chaise à sa table.


- Oui, mais je ne dis pas non à un peu de compagnie !

L’homme sourit de plus belle, la remercia chaleureusement avant de s’asseoir en face d’elle, son sourire découvrant ses dents.


- Je m’appelle Sahir, et vous ?

- Libertée. Vous mangez quoi ?


Sahir commanda à manger à son tour, et engagea la conversation avec Libertée. C’était plaisant et elle réalisa soudain que cela n’était pas arrivé depuis très longtemps, de flirter gentiment avec un inconnu. Depuis qu’elle était amoureuse de Gil, elle n’était plus réellement allée dans des auberges ou des villes et ne s’était que rarement prise au jeu.

Ils discutèrent de toute et de rien, se rapprochant subtilement tout au long du repas. Libertée appréciait l’humour de l’homme qui devait avoir cinq ou six ans de plus qu’elle, et riait volontiers à ses tentatives de rapprochement, prenant cela à la légère. Et quand il se fit plus insistant, elle lui coula un sourire serein.


- Je suis enceinte de l’homme que j’aime, tu sais, Sahir.

Il se figea plusieurs secondes, avant de sembler apprécier l’idée, finalement que cela pouvait être une conversation entre amis.
Puis soudain, la porte de l’auberge s’ouvrit sur une silhouette familière à Libertée, et elle fronça les sourcils.


- Phel !

La silhouette se retourna, et un immense sourire étira les lèvres du guerrier qui venait de rentrer dans la salle d’un pas souple. Son visage surpris s’approcha d’elle, et il lui déposa un baiser sur le creux de la joue, parce qu’elle détourna légèrement la tête au dernier moment, ce qui tira un froncement de sourcils à son ancien amant, qui jeta un coup d’œil à Sahir.


- Oh, j’en déduis que vous n’êtes pas non plus l’élu de son cœur.

Les deux sourcils de Phel se rejoignirent au milieu de son front et il fixa Libertée un instant.


- Ca alors ! C’est donc pour ça que tu n’es pas revenue me voir depuis si longtemps ?

- Oui ! D’aileurs je crois que…


Une nouvelle silhouette venait de rentrer dans la pièce et le cœur de Libertée tambourina dans sa poitrine.

Allez, du balai ! Je ne veux plus revoir vos têtes d’un moment, allez manger à une autre table !

Oui, elle les mettait littéralement à la porte – ou en tout cas à une autre table – et dégagea la place pour Gil. Heureusement Sahir ne la connaissait pas assez pour protester, et Phel était si retourné qu’il ne fit que suive le presqu’inconnu un peu plus loin, son regard voguant entre Libertée et l’homme qui venait d’entrer…



Gil ! cria la marchombre en montant sur sa chaise et sautillant sur place. Puis, elle se laissa tomber et sauta dans les bras de l’envoleur, inspirant son odeur. Tu m’as manqué. murmura-t-elle dans son cou, avant de se figer. Quelque chose avait changé, en plus du bébé dans son ventre. Relevant les yeux vers l’homme, elle planta son regard dans le sien, suspicieuse, mais n’ajouta rien…

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Jeu 26 Juin 2014, 00:06

- Seth dit que tu es le père de Makeno. C’est vrai ?
- Oui.
- Alors pourquoi…
- C’est compliqué.
- Mais tu ne…
- Non, je ne suis pas avec Naïs.
- Mais vous avez…
- Oui, on a. Deux fois.
- Ben dis donc…
- Ouais, comme tu dis…


Gil soupira et passa une main dans ses cheveux avant de se gratter la nuque. Al-Chen n’était plus qu’à quelques lieues et la piste qu’ils suivaient depuis une heure était de plus en plus fréquentée : quelques carrioles de marchands bringuebalaient sur le pavé inégal de la route, aux côtés de cavaliers solitaires et de quelques rares piétons. Le soleil couchant enflammait le ciel dans leur dos et jetait une lumière rouge orangée sur les tours qui se profilaient devant eux. Juchée derrière Gil sur leur cheval, Brindille laissa vagabonder ses pensées un petit moment avant de briser à nouveau le silence de sa voix au timbre familièrement cassé.

- Moi, tu vois, je ne tomberai jamais amoureuse.
- Ah bon ?
- Ben, je n’ai pas envie de me prendre la tête pour des choses aussi inutiles. Et compliquées. A quoi ça sert, hein ? A part poser des problèmes ? Mes parents en avaient plein, des problèmes…
- Je croyais que tu étais orpheline.
- Depuis qu’ils se sont débarrassés de moi, oui. Ils m’ont vendue à maître Studd pour régler leurs problèmes d’argent mais si tu veux mon avis, ça ne les a pas empêchés de continuer à se crier dessus. J’étais vraiment petite mais je me souviens que mon père frappait souvent ma mère. Tous les jours, en fait. Est-ce que c’est ça, l’amour ? C’est pour vivre ça qu’on tombe amoureux un jour ? Toi, je sais que tu ne feras jamais de mal à Naïs. Je l’ai dit à Seth, et il est d’accord, même s’il pense que tu n’es pas amoureux d’elle. T’es amoureux d’elle ou pas ?
- Tu parles trop,
grogna Gil.

Mais elle serra un peu plus fort ses bras autour de sa taille.

- Alors, t’es amoureux d’elle ?
- J’ai été amoureux d’elle. Maintenant je suis juste… un ami.
- Des amis qui couchent ensemble, c’est possible ?


Il ferma les yeux quelques secondes et remua sur sa selle, passant d’une fesse sur l’autre. Cette fille était une véritable pipelette. Il ne savait pas quoi en faire et franchement, il n’était pas content d’arriver à Al-Chen ! D’ici quelques minutes, une heure tout au plus, il allait avoir la paix ! Et puis de quoi j’me mêle, hein ? maugréa-t-il intérieurement. Il savait bien toutefois qu’il n’était pas question de se défiler face à une question pareille. Précisément parce que l’auteur de cette question n’était rien d’autre qu’une gamine de quinze ans – une gamine un peu trop vive d’esprit à son goût !

- C’est possible mais généralement, ça fout un bordel monstre.
- Et là, ça f…
- Oui. Ça fout un bordel monstre.


Ça n’allait pas tarder, en vérité, mais dans ce genre de situation le temps était relatif ; tout n’était qu’une question de secondes avant que les foudres de Libertée s’abattent sur lui. Gil aurait pu éviter ce fameux « problème », ainsi qualifié par Brindille, en prenant la fuite. C’était quelque chose qu’il savait bien faire, après tout ; une pirouette et hop ! Plus de Giliwyn. Rien qu’un Cabochard en train de détaler, la queue entre les jambes, au sens propre comme au figuré… Mais non. Ce temps-là était révolu. Gil avait appris à affronter les situations et il allait au-devant de la crise sans le moindre doute ni le moindre regret. Ce qui est fait est fait, pensa-t-il avec ferveur tandis qu’ils pénétraient dans la ville, à peu près au moment où les derniers rayons du soleil disparaissaient sous la ligne d’horizon. Tout est clair avec Naïs, désormais. Même si on a couché ensemble, mais si on est des amis, tout est clair. Libertée finirait bien par le comprendre… Ils mirent pied à terre pour pouvoir circuler dans les rues plus librement et marchèrent un petit moment avant de s’arrêter sur une place surmontée d’une fontaine qui glougloutait joyeusement. Brindille s’empressa d’aller y tremper les mains et se passa de l’eau sur le visage. Bonne idée, songea Gil en s’approchant pour attraper la jeune fille par la nuque et lui débarbouiller soigneusement la figure : elle était couverte de poussière et avec ses cheveux en brosse, elle ressemblait à un oisillon tombé de son nid. Deux minutes plus tard, il frappait à la porte d’une petite maison tranquille, au coin de la place ; celle-ci s’ouvrit sur le visage rond et avenant d’une femme qui avait bien soixante-dix ans passés.

- Te voilà enfin, toi ! s’exclama-t-elle d’un ton nasillard.
- Comment savais-tu que je venais ?
- Ne commence pas, Giliwyn, tu sais bien que ce genre de chose n’a aucun secret pour moi. Et qu’est-ce que tu m’amènes là ?
- Je croyais que ce genre de chose n’avait pas de secret pour toi ?
rétorqua Gil avec un sourire exagérément grand.

Il avait fait un pas en avant pour rentrer dans la maison, mais le regard gris perle de la vieille femme étincela et elle referma vivement le battant. Qu’il se prit en pleine face et dans un hoquet de douleur. Brindille éclata de rire dans la nuit et il la fusilla du regard, une main plaquée sur le nez, avant de tambouriner sur le bois clair de la porte.

- Mélie ! Enfer, vieille bique, ouvre cette porte !

Brindille se détournait déjà, persuadée qu’après ça, la « vieille bique » n’allait certainement pas obéir ; mais le verrou cliqueta et le battant s’entrebâilla légèrement. Gil entra en premier, prudemment. Puis, constatant qu’aucune porte n’allait se refermer sur lui, il se glissa dans l’entrée. Brindille se faufila derrière lui et sursauta lorsque la porte claqua dans son dos. Mélie était là, dans l’ombre du vestibule, ses yeux clairs fixés sur elle comme si elle pouvait lire son âme.

- Voici Brindille. Elle est là pour t’aider dans ton travail en échange d’un toit pour la nuit et trois repas par jour.
- Mmh. Pas bien grosse.
- Ne te fie pas aux apparences, elle est costaud.
- Elle sait lire ?
- Je ne pense pas.
- Et comment veux-tu qu’elle m’aide à préparer les remèdes si elle n’est pas capable de lire les étiquettes ?
- Hé ! Je suis là vous savez. Vous pouvez peut-être éviter de faire comme si j’étais invisible, non ?


Gil et Mélie tournèrent la tête vers Brindille, puis la vieille femme éclata d’un rire grinçant qui agita ses épaules et la chevelure d’argent qui tombait en cascade dans son dos.

- Une vraie petite louve, hein ! Très bien petite, je vais te mettre… disons, à l’essai. Tu as une semaine pour me prouver que tu peux m’être indispensable. Si tel est le cas, je te verserai un salaire, et tu m’aideras dans mes tâches quotidiennes en plus de mon travail auprès de mes patients. Ça te va ?

Gil trouva que le sourire de Brindille valait toutes les réponses du monde.



*



L’Auberge de la Lionne Dorée était pleine à craquer, si bien que Gil faillit ne pas y mettre les pieds. Il était fatigué et n’aspirait qu’à un bon lit doublé d’une nuit complète de sommeil, mais certainement pas avant d’avoir avalé quelque chose qui remplisse son estomac désespérément vide ! Il fallut que celui-ci grogne sauvagement pour qu’il pousse la porte de l’établissement ou la boisson et les rires coulaient à flot. Depuis le seuil, il balaya la salle comble du regard, à la recherche d’une table ou d’une chaise libre ; s’il n’y en avait pas, il irait se poser près du comptoir. Et si le comptoir était trop surchargé, il paierait un supplément et emporterait son diner dans sa chambre. L’idée était si tentante qu’il se glissait déjà vers l’accueil, quand un cri, reconnaissable entre mille, jailli soudain parmi les conversations tonitruante et les chants paillards des plus clients les plus éméchés :

- Gil !

Son ventre effectua un saut périlleux, et la faim n’était même pas en cause. Sans réfléchir, Gil traversa la distance qui le séparait de la marchombre et attrapa celle-ci dans ses bras lorsqu’elle sauta de sa chaise. Il enfouit son visage dans les cheveux de Libertée et respira son parfum de pêche avec émotion tandis qu’elle faisait la même chose. Mais soudain il la sentit se raidir contre lui, et dans le regard qu’elle lui lança brillait une interrogation muette. Gil sentit sa gorge se dessécher. Oh merde, elle sait déjà. Putain de sixième sens à la noix !!! Il ouvrit la bouche pour prendre les devants… et la referma, les yeux fixant quelque chose au-dessus de la tête de Libertée. Non, pas quelque chose. Quelqu’un. Un homme qui, assis avec nonchalance sur une chaise derrière eux, semblait absorbé dans la contemplation de la jeune femme. Pire, il la dévorait littéralement des yeux. Gil sentit une drôle de chaleur remonter le long de son ventre et exploser dans ses joues. Les muscles de sa mâchoire se durcirent et lorsqu’enfin l’homme leva les yeux vers lui, il soutint son regard avec férocité. A moi ! clamait l’étincelle dans ses prunelles.  



[Bigre ! Nous voilà repartis pour un tour... et quel tour ! Ni Gil ni moi n'avons eu le temps de nous reposer en plus ! Alors, Phel ou Saphir, comme tu veux, mais une chose est sûre : celui qui est en train de mater ouvertement Lib risque gros ! MP si quelque chose te gêne...]

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Jeu 26 Juin 2014, 08:54

[ Court, mais je voulais pas trop anticiper ! Razz ]




L’odeur de Gil.
La peau de Gil.
Les cheveux de Gil.
Libertée avait les yeux fermés, mais elle sentait que quelque chose n’allait pas. Que quelque chose avait changé, et pas seulement chez elle.

La tension qu’elle sentit monter chez Gil ne lui confirma, avant qu’elle ne sente une pression plus grande au niveau de ses poignets, posés contre sa taille, et sa mâchoire crispée, comme s’il la serrait contre lui, comme… possessif.
Elle fronça les sourcils, se dégagea de son étreinte pour laisser son regard glisser sur la pièce et trouver Phel qui les observait de son regard perçant.

Le Frontalier ne perdait pas une miette du spectacle, et Lib ne put s’empêcher de pousser un soupir, fronça les sourcils à l’attention du guerrier, qui cligna des paupières pour se détourner et remettre son nez au fond de son verre.
Puis, elle tourna à nouveau la tête vers Gil, lui attrapa le menton entre deux doigts et l’embrassa.
Un baiser d’abord léger, comme une caresse de papillon, qui se fit de plus en plus insistant et passionné au fil des secondes. Parce que la marchombre qu’elle n’avait pas à s’en faire pour Phel : il était Frontalier, il avait un honneur, et il ne déclencherait pas de bagarre si elle voulait l’éviter ; et puis elle n’était pas à lui, et il savait aussi qu’elle pourrait l’arrêter : elle était l’une des seules personnes en Gwendalavir à pouvoir l’arrêter, parce qu’elle le connaissait trop bien, justement.

Les doigts de la marhombre s’enfoncèrent dans la tignasse de Gil, pour presser son visage plus contre le sien. Elle était essoufflée quand ils se séparèrent, mais elle planta son regard dans celui de l’envoleur.


- Je peux savoir ce qu’il se passe avant que tu déclenches une méga-bagarre ?

Parce qu’elle le sentait, il n’y avait pas d’autres mots. Intuition ou discordance ? C’était son intuition de femme ou de marchombre qui le lui disait ? Elle fronça les sourcils.

« C'est vrai, j'aime Naïs, mais... »
« Est-ce que tu la désires toujours ? »
« Oui. »


Elle fronça les sourcils, soudain incertaine, et se détacha du corps de Gil. Parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement, malgré la sirène dans sa tête qui lui disait de ne pas le lâcher, sinon il risquait de tout casser et de s’enfuir.

Non, cela ne pouvait pas être ça, si ?
Elle ne voulait pas que cela soit cela ! Non non non !
Elle coula un regard vers Phel, qui n’avait pas tourné la tête pour continuer à les observer. Mais la marchombre savait qu’il les observait quand même, c’était un Frontalier, il captait tout, une attention globale qui attrape des détails.


- Gil ?

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Jeu 26 Juin 2014, 19:24

[Aïe aïe aïe...^^]



A moi.

De quel droit précisément se permettait-il de formuler cette silencieuse affirmation ? Pouvait-il réellement reprocher à cet homme d’apprécier ce qu’il était en train de regarder ? Le pouvait-il alors que, vingt-quatre heures plus tôt, il était en train de s’abandonner dans les bras de Naïs ? Enfer, oui, il en était capable, même si c’était sans doute la chose la plus odieuse du monde ; et s’il n’en avait pas le droit, et bien, il le prenait, voilà tout. Il n’aimait pas qu’un autre que lui pose les yeux sur Libertée – pas de cette façon, en tout cas. Ça le rendait dingue, ça lui donnait envie de tout casser. Elle ne lui en laissa pas l’occasion. Glissant les doigts dans ses cheveux, elle lui inclina la tête avec autorité et s’empara de ses lèvres, doucement, presque timidement, avant de s’enhardir complètement. Gil en oublia immédiatement l’homme et sa curiosité mal placée. Oublia également l’auberge du lion quelque chose et les bruits environnant. Son univers tout entier se trouvait entre ses bras, contre sa bouche, au fond de son cœur. Une petite part de lui, communément appelée conscience, lui rappela qu’en moins de deux jours il avait trouvé le moyen d’embrasser deux superbes femmes. Et puis même la petite voix disparut. Libertée l’embrassait à lui faire fondre la cervelle par les oreilles…

… et c’était peut-être le cas parce que, lorsqu’elle recula pour leur permettre de reprendre leur souffle, il resta figé sur place, hébété comme si la connexion n’était plus possible entre ses neurones ; les conversations bruyantes, les rires tonitruants, les bruits de couverts, de raclements de chaise sur le sol, de vaisselle qui s’entrechoque derrière le comptoir – tout était lointain et étouffé. Liberté prononça quelque chose en le regardant. Sur le moment, il ne comprit rien et cligna des yeux. Trop loin. Ce baiser l’avait emporté trop loin pour qu’il puisse en revenir indemne. Gil avait mal dans la poitrine et c’était bien la première fois qu’il n’avait aucune idée, aucune raison logique à appliquer à cet étrange phénomène. Comment aurait-il pu ? Il n’était encore jamais tombé à ce point amoureux !

- Gil ?
- Hein ?


Le retour à la réalité fut brutal : les paroles de la marchombre se fracassèrent enfin (il était temps !) contre sa conscience. Je peux savoir ce qu’il se passe avant que tu déclenches une méga-bagarre ? Gil leva les yeux en direction de l’homme. Il ne regardait plus Libertée mais il souriait vaguement, comme s’il était en possession d’un secret. Un fabuleux secret. Une méga-bagarre ! La Dame seule savait à quel point cette idée était tentante, et Gil était animé par un dangereux mélange d’épuisement, de frustration et de désir qui allait faire pas mal de dégât s’il le laissait jaillir de ses poings. Il n’en fit rien. Par un extraordinaire contrôle de sa volonté et de ses nerfs, il parvint même à lui répondre sans lever la voix.

- Petite nuit et longue journée, désolé.

Pile poil ce qu’il fallait éviter de dire, et il avait mis les deux pieds dans le plat. Enfer, jura-t-il en voyant le regard de Libertée étinceler. Enfeeeeeer.

- Tu veux pas qu’on…

Il termina sa phrase en désignant le plafond du doigt. Sans attendre sa réponse, il l’attrapa par le poignet et l’entraîna à sa suite, bousculant toute personne se trouvant sur son passage – il y en avait pas mal. Quelques grognements agacés s’élevèrent dans son dos, il les ignora superbement, préoccupé par une seule et unique chose : prévenir le choc, encaisser le coup, soigner la blessure. Vite, avant que la situation ne dérape. Qu’il dérape et se casse les dents sur sa propre bourde. Sous ses doigts, il sentait la tension des muscles de Libertée : elle le suivait mais redoutait déjà la suite. A lui de lui prouver qu’elle se trompait. Arrivé dans le couloir, il ouvrit la première porte venue et les fit entrer dans la chambre, sans se soucier de savoir si elle était libre ou non. Il referma le battant d’un coup sec et s’y adossa un moment, le regard rivé sur la jeune femme.

Il la voyait mieux que dans la lumière tamisée de l’auberge, au milieu de la fumée et des éclats de voix, et il remarqua soudain les petits détails qui lui avaient alors échappé : un regard plus brillant, un creux de sourire dans la joue, ou bien à la commissure des lèvres, un teint éclatant… Libertée aussi détenait un secret. Il ragea tout bas. Tellement de mystères, tellement d’aveux refoulés ! Allait-elle lui annoncer qu’elle avait passé la nuit avec ce type ? En un sens, il l’espérait presque : sa propre confidence glisserait un peu plus facilement et il aurait une raison valable pour aller démolir le visage de cet homme, en bas. Mais il comprit que la marchombre n’allait pas lui faciliter la tâche, à sa manière d’attendre la suite ; elle lui faisait penser à un chat sauvage, tapi dans les broussailles, prêt à bondit sur sa proie. Une lionne, rectifia-t-il en songeant fugacement au nom de l’auberge. Une lionne très très jolie et très très dangereuse. Il déglutit péniblement.

- Bon, écoute. J’ai une bonne nouvelle et… une moins bonne. La bonne, c’est qu’entre Naïs et moi, il n’y a plus rien d’autre qu’une belle et sincère amitié. La moins bonne, c’est que j’ai passé la nuit avec elle.

C’était violent et même lui se sentit vraiment minable rien qu’en prononçant ces paroles… mais elles étaient tout ce qu’il y avait plus de vrai. Il avait couché avec Naïs pour la dernière fois. Libertée allait-elle le comprendre ? Ou bien…

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Jeu 26 Juin 2014, 19:47

[ Whouuuu, ça dérape, c'est parti XD Ma Lib est complètement tarée ! ]


Il était ailleurs.
Était-ce leur baiser, qui rendait son regard si fiévreux, ou échafaudait-il un plan pour démolir Phel ? Elle n’eut pas le temps de pousser plus loin sa réflexion.


- Petite nuit et longue journée, désolé.

Elle haussa d’abord les sourcils, puis les fronça. Elle eut cette impression très désagréable que soudain l’homme fuyait son regard. Petite nuit hein ? Il avait fait quoi, pendant cette nuit ?

Mais avant qu’elle n’ait pu ouvrir la bouche, l’envoleur l’entraînait vers les chambres, et elle se laissa conduire, étourdie par l’idée de ce qu’avait fait Gil : encore des gens étaient à ses trousses ? Elle essayait de croire que c’était cela, elle refusait d’envisager que ça pouvait être... autre chose.
Non, elle ne voulait surtout pas y penser !

En quelques secondes, il la traîna dans une chambre, qu’il referma dans son dos.
Se redressant, la marchombre fit jouer ses muscles, et tourna toute son attention vers Gil. Une attitude étrange, le regard qui ne croisait pas le sien… Non, ça ne pouvait être qu’une mauvaise nouvelle.
* Et dire que j’ai ton bébé dans le ventre ! Lâche l’affaire, Gil ! *

Elle se rapprocha de lui, méfiante attendit la suite.
Qui ne tarda pas.


- Bon, écoute. J’ai une bonne nouvelle et… une moins bonne. La bonne, c’est qu’entre Naïs et moi, il n’y a plus rien d’autre qu’une belle et sincère amitié. La moins bonne, c’est que j’ai passé la nuit avec elle.

Elle déglutit péniblement.
* Putain, je le savais. En mon cul, c’est du poulet ! *

Une boule venait de se former dans sa gorge. Alors, elle ferma les yeux un instant. Une seconde, peut-être deux, avant de planter son regard rose dans celui, bicolore, de l’homme.


- Dis moi que vous avez passé la nuit à jouer aux cartes ou à faire des devinettes…

Elle rit nerveusement, se rendant compte qu’elle avait sans doute l’air complètement stupide. Elle avait du mal à se faire à l’idée, et passa sa main dans ses cheveux dans un geste nerveux.

S’éloignant à grands pas de Gil, elle tourna dans la pièce, essayant de trouver une échapatoire. Mais plus elle réfléchissait, et plus la boule dans sa gorge enflait, plus le nœud dans son ventre se compliquait.
S’arrêtant soudain, elle ferma encore une fois les yeux.
Porta son attention sur Gil.

Son regard étincela, et en moins d’une seconde, elle se jeta sur lui.
Littéralement. Et le roua de coups. De toutes ses forces, elle le frappa, encore et encore, ne lui laissant même pas la chance de se justifier : il n’y avait rien à justifier ! La colère et la rage bouillaient en elle, et elle devait les éliminer. Tout de suite. Toutes ces semaines d’angoisse, après avoir appris sa maternité, se résumaient à ce qu’il s’était passé la nuit précédente.


- T’es qu’un salaud ! Un connard !

Une envie brûlant de vengeance la traversa, et ses yeux clignèrent d’une idée.

- Ok, tu veux jouer à ça ? Pousse-toi !

Et elle ouvrit la porte à la volée, dévala littéralement les escaliers pour se précipiter dans la pièce en bas. Il y avait encore plus de monde que quelques minutes plus tôt, mais elle se coula dans la foule, et jusqu’au comptoir, où Phel l’avait déjà repérée. Il posa sur elle un regard interrogateur, mais elle ne lui laissa pas le temps de parler : elle l’embrassa.
A pleine bouche.
Elle pressa son corps contre celui du Frontalier, glissa ses doigts dans ses cheveux, l’amenant encore plus à elle. Elle lui mordit la lèvre, passa sa main droite sous sa tunique, parce qu’elle voulait rendre Gil jaloux.
Fou de jalousie.

Mais ce fut Phel qui l’attrapa par les épaules pour se dégager de l’étreinte de la marchombre. Il posa ses yeux gris dans les siens, et elle eut un petit tremblement de colère.

- Lib ? Je croyais que c’était le père de ton bébé ?

Lui non plus ne vit pas venir le coup de poing – une belle droite – de la Marchombre et bascula de sa chaise lorsque les phalanges de la jeune femme rencontrèrent sa joue. La chaise se brisa sur le sol, mais Phel réussit à plutôt pas trop mal se réceptionner.
Il fronçait les sourcils jusqu’à voir l’homme qui était entré un peu plus tôt, quand Lib l’avait renvoyé.

- Vous êtes tous trop cons ! Mais qu’est-ce que je fais là bon sang !

La colère était trop grande.
La déception encore plus.
Le désespoir affolant.

Trouvant un large couteau dans une sacoche juste près d’elle, elle l’attrapa vivement et le leva, lame vers elle.
Lame vers son ventre.
Et l’abattit.


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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Jeu 26 Juin 2014, 23:12

[C'est à celle qui s'emballera le plus, on dirait... !!]




Curieusement, Gil ne se sentit pas bien du tout après avoir lâché cette bombe. Il avait pensé qu’en jouant franc-jeu, il n’aurait plus ce poids énorme sur les épaules, mais en vérité il avait l’impression que le monde entier l’écrasait sans aucunes manières. Non, c’était faux. Ce qui l’écrasait, c’était le regard furieux de Libertée. S’il avait pu tuer ce regard, il ne serait déjà plus qu’un ridicule petit tas de cendres chaudes. Voire même moins que ça. Il le soutint avec tout le courage dont il était encore capable. Mais elle ferma les yeux. Il faillit laisser échapper un rire nerveux. Quoi, déjà ? Elle rendait les armes aussi facilement ? Impossible, pas elle. Pas Libertée. Il fut presque soulagé d’entendre le son de sa voix rompre le silence glacial qui régnait en maître dans la chambre, même si elle était plus tranchante que l’acier de ses lames.

- Dis-moi que vous avez passé la nuit à jouer aux cartes ou à faire des devinettes…
- En fait…
commença-t-il, mais il fut incapable d’aller plus loin.

Parce qu’elle lui avait sauté dessus comme une véritable furie. Il comprit son erreur en sentant le bois dur de la porte contre son dos. La lionne avait acculé sa proie et à présent, elle le rouait de coups sauvages et violents ; il sentit confusément un choc se répercuter sous son crâne et vit trente-six chandelles, puis un goût cuivré envahit sa gorge. Gil grogna. Il était sonné, certes, mais encore capable de se défendre : il aurait pu la repousser d’une pichenette… d’accord, disons plutôt deux ou trois, et pourtant, il resta immobile, presque sage alors que les deux poings de la marchombre se chargeaient de lui signifier le fond de sa pensée. Il l’avait mérité, non ? Et il lui devait bien ça. C’était prévu, songea-t-il en se sentant chanceler. Elle en profita pour se glisser sous son bras, ouvrir la porte et disparaître dans le couloir, non sans l’avoir copieusement insulté au passage. Nous disons donc : un couillon, un salaud et un connard…

- Lib, attend ! balbutia-t-il en titubant sur le seuil.

Il s’arrêta pour cracher un jet de salive et de sang et se lança à la poursuite de la jeune femme.



*



Il était dans l’escalier lorsqu’il la vit pendue aux lèvres de l’homme qui l’avait reluquée un peu plus tôt. Libertée l’embrassait sauvagement, comme si sa vie en dépendait, elle avait glissé les mains dans ses cheveux, elle le tenait de la même façon qu’elle le tenait, lui. Stoppé dans son élan, Gil la regarda faire. Ça faisait bien plus mal que tous les coups de poing qu’elle lui avait distribués, bien plus mal que les injures qu’elle lui avait jetées à la figure. Blessé tant dans son amour propre que dans son cœur, il ferma le poing et frappa la rampe. Une fois. Et il recula. C’était le seul geste qu’il s’autorisait pour extérioriser la colère à l’état brut qui bouillonnant en lui ; il savait que s’il perdait le contrôle, il était capable de faire presque autant de dégâts que la greffe de Kaünis. Dans le creux de ses poignets, à l’endroit où la chair est la plus tendre et la peau est la plus douce, il avait l’impression que son sang était chauffé à blanc. Un mouvement – un seul mouvement et ses aiguilles déchireraient l’air pour se ficher dans la cible de sa colère. L’œil de cet homme. La gorge de celui qui venait de pousser un sifflement admirateur. La fesse gauche de Libertée, pour qu’elle pense à son erreur chaque fois qu’elle voudrait s’asseoir dans un fauteuil, et qu’elle le regrette…

Et là encore, elle trouva le moyen de le surprendre. De toutes les personnes qu’il connaissait, cette fille était la seule qui soit capable de le prendre de cours aussi efficacement. Stupéfait, il regarda l’homme, plutôt baraqué et bien plus grand qu’elle, s’effondrer dans un fracas de touts les diables. En d’autres circonstances Gil aurait jubilé ; la foule des curieux, qui observait la scène sans en lâcher une miette, aurait ri aux éclats, et se serait sans doute ensuivie une bagarre générale. Une méga-bagarre. Sauf que dans l’instant qui suivit la chute de cet homme, plus un bruit ne résonna dans la salle. C’est peut-être pour cette raison-là que le cri de Libertée vibra longuement dans l’air enfumé, résonnant comme un avertissement aux oreilles des clients attroupés, comme un signal d’alarme dans le cœur de Gil. Elle trouvait toujours le moyen de le surprendre… Pas cette fois. Il bondit avant qu’elle pose la main sur la sacoche, et lorsqu’elle tira le couteau, il était déjà en bas des marches.



*




« Si je te dis que je tombe amoureuse, c’est pas pour que tu partes… Si tu te sens de rester, si tu en as envie, reste, s’il te plaît… »

« Je ne suis jamais tombé amoureux, moi. Je ne sais pas ce que ça fait. Mais là, je me sens bien. Tu ressens quoi, toi ?"




*



La distance est trop grande entre elle et lui.
Trop courte entre le couteau et son ventre.
Mais la distance, quand on aime, ça ne vaut rien.



*


« Je tiendrai ma promesse. Je ne te laisserai plus jamais partir, parce qu’un jour je me suis noyé dans tes yeux roses. Parce que je t’aime. »



*



Ses doigts se refermèrent sur le poignet de Libertée une ultime fraction de seconde avant que le pire ne se produise. La pointe de la lame effleura seulement le tissu de son haut et resta là, figé entre deux mondes, celui de la vie et de la mort, en équilibre précaire sur la balance d’un jeu de dupes. Un jeu de fous. Gil avait planté son regard dans celui de Libertée. Il était si près d’elle qu’il pouvait sentir la chaleur de son souffle saccadé sur son menton. Ne. Refais. Jamais. Ça. Il avait conscience que ses doigts lui broyaient le poignet, mais il s’en fichait comme de sa première chemise. Il le lui aurait brisé s’il l’avait fallu. Je tiendrai ma promesse, avait-il dit un jour. Disparais plus jamais comme ça, avait demandé Naïs. Combien de blessures devraient-ils encore s’infliger avant que les choses rentrent dans l’ordre ? Combien de mauvaises nouvelles, de promesses à faire, d’engagement à tenir ? Une larme perla au coin de l’œil de Libertée et le cœur de Gil rata un battement. Il serra son poignet si fort qu’elle lâcha enfin le couteau. Il tomba sur le sol dans un bruit mat qui résonna étrangement dans le silence pesant régnant autour d’eux.

Un silence qu’il ne brisa pas. Une peur terrible venait de s’abattre sur lui, bien plus grande, bien plus effroyable que tout ce qu’il avait pu connaître jusqu’alors, et il recula. C’était à cause de lui, tout ça. A cause de lui ! Et de sa foutue manie de tout prendre à la légère… Allons-y, couchons avec Naïs, la jolie Naïs, et annonçons-le à Libertée, histoire qu’elle comprenne à côté de quoi elle vient de passer ! C’était son erreur – non, son choix ! – et il l’avait réglée de la façon qui lui paraissait la moins pire. La plus honnête. Envers Naïs, envers Libertée, envers lui-même. Il s’était attendu à ce que la marchombre réagisse au quart de tour, il n’avait pas prévu qu’elle veuille se tuer sous ses yeux. Sous ses yeux ! Et s’il n’avait pas réussi à l’atteindre à temps ! Si elle avait achevé son geste – et elle l’aurait achevé, il en était certain… L’image de la jeune femme baignant dans son sang s’imposa violemment à son esprit et il pâlit brusquement. Fit un autre pas en arrière, lâcha son poignet. Elle ne mourrait pas à cause de lui. Il ne le permettrait pas. Jamais !

Tournant les talons, il sortit de l’auberge à grands pas, suivi par une dizaine, une vingtaine, une trentaine de regards brûlants. Il ne sentait que le sien dans son dos.

Un jour, je me suis noyé dans tes yeux roses.

Il aurait mieux valu que je ne remonte jamais à la surface.




*



Il venait de tourner à l’angle de la rue lorsqu’une main se posa sur son épaule, et Gil s’arrêta. Pourquoi ? Pourquoi eut-il cet espoir poignant au fond du cœur alors qu’une seconde plus tôt encore, il était prêt à s’en aller, à disparaître de sa vie pour toujours ? Pourquoi imaginer qu’il pouvait s’agir de Libertée ?

Ce n’était pas Libertée.
Mais l’homme qu’elle avait embrassé.
Ou plutôt, le poing de l’homme qu’elle avait embrassé.

Le coup l’envoya valser deux mètres plus loin. Estimant qu’il avait largement atteint son quota pour les prochaines semaines à venir, Gil se redressa dans un grondement sourd et se remit sur ses jambes. Elles flageolaient un peu mais bon, il tenait encore debout ! Et il était furieusement déterminé à lui régler son compte, à cette enflure. Mais alors qu’il s’apprêtait à se jeter sur lui, une silhouette s’interposa entre les deux hommes. C’était un des types qu’il avait aperçu dans l’auberge.

- Stop ! Vous avez mieux à faire, il me semble…
- C’est ça, dégage,
grogna Gil en le bousculant pour avancer vers l’autre homme.

Celui-ci le laissa venir, sans lever les poings pour se protéger le visage, sans fléchir les genoux pour amortir les coups. Sans rien faire, en fait. C’est ce qui aurait dû mettre la puce à l’oreille de Gil. Tout aurait dû lui mettre la puce à l’oreille, ce soir-là. L’évidence ne lui sauta aux yeux que bien plus tard, lorsqu’il se retrouva le nez sur le pavé dur et froid. Parce qu’avant ça, il y eut ces quelques petits mots, jetés avec une légèreté incroyable, qui paralysèrent l’Envoleur. Des petits mots qui se fichèrent sans son cœur comme des pics de glace.

- Quand on s’apprête à devenir père, on a toujours mieux à faire. Mais on dirait bien que certains on besoin qu’on leur enfonce cette idée dans le crâne à coups de poings !

C’est que qu’il fit, ce foutu Frontalier. Et autant dire qu’il ne fit pas dans la dentelle. Juste avant de perdre connaissance, Gil crut apercevoir la couleur claire des cheveux de Libertée, là-bas, devant l’entrée de l’auberge.





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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Jeu 26 Juin 2014, 23:51

[ On est mal parties alors XD ]





Elle abattit la lame sur son ventre.
Gil recouchait avec Naïs ? Un enfant n’avait pas à grandir sans père. Un enfant devait connaître un vrai père, et pas un mec qui est partagé entre plusieurs foyers.
Elle avait tant voulu que le petit de Naïs soit leur petit ! Est-ce que cela aurait changé quelque chose ?  Bien sûr que non ! Gil serait retourné dans ses bras, de toutes façons. Dans son lit surtout !

Plus de bébé, plus d’emmerdes, plus d’attaches avec l’envoleur.
C’était simple, non ? Elle n’aurait pas à y penser quand elle mettrait le bébé au monde, plus à y penser tous les matins et tous les jours suivants, quand elle devrait s’en occuper et le voir grandir. C’était mieux pour le bébé, et pour elle.
Elle n’avait aucunement l’intention de se tuer, et ils étaient dans Al-Chen. Elle était persuadée qu’un Rêveur ne traînait pas trop loin et viendrait l’aider, mais ne pourrait pas sauver le bébé.
Un plan parfait !
Si seulement elle pouvait arriver jusqu’au bout.
Parce qu’une main attrapa son poignet avant même qu’il n’effleure son ventre, et elle jura entre ses dents. Leva les yeux pour croiser ceux de Gil. Un long moment, ils se regardèrent, sans bouger, dans le silence absolu de l’auberge. Tout le monde se taisait, et les regardait, absorbés, ahuris.

Et puis, Gil fit un pas en arrière, et la lâcha.
Avant de partir de l’auberge sans un regard en arrière.
Libertée se laissa glisser contre le bar, attrapant l’angle saillant d’une chaise pour ne pas s’effondrer littéralement. Elle vit un éclair passer sous ses yeux et sortir quelques secondes à peine après Gil.


- Phel, non !

Trop tard.
Il ne l’avait pas entendue, ou n’avait pas voulu l’entendre.
Elle grinça des dents, repoussa des mains qui voulaient lui venir en aide et bondit sur ses pieds pour se lancer à la poursuite des deux hommes qui venaient de quitter l’endroit blindé.

Des bruits de lutte attirèrent l’attention de la marchombre, dans l’angle d’une ruelle, et elle s’y précipita.
Phel était là, à rouer de coups Gil, et Sahir aussi, mais il essayait de les empêcher de se battre. Raté. Surtout que clairement, le frontalier prit le dessus sur l’envoleur dès les premiers coups.


- Phel ! Phel, stop !

Libertée s’accrocha au coude de l’homme, qui se plia sous son poids, et elle lui décocha un coup de pied dans le genou, qui se déroba sous lui.  

Pourquoi il s’est baré hein ?
- J’étais en train de t’embrasser ?
- Et alors ? Il a dû faire pire pour que tu te mettes dans cet état !


Libertée en resta interdite un instant, mais resta interposée entre Phel et Gil. Elle mourrait d’envie de se précipiter sur l’envoleur pour vérifier qu’il allait bien, et sans doute coula-t-elle un regard vers lui car Phel ajouta :


- J’lui ai rien cassé, il va juste avoir des bleus. Il t’a fait quoi ?
- C’est pas tes oignons, occupe-toi de tes fesses !
- Justement Lib, c’est mes fesses bordel !
- Ta gueule Phel, juste ta gueule !


Ces mots, plus que le reste, frappèrent Phel violemment, et il écarquilla les yeux.

- Il a fait le con, mais je l’aime.
- Il recommencera dans ce cas. Tu devrais pas être avec un mec comme ça.
- Je m’en fous de ce que tu penses.


Lui tournant ostentatoirement le dos, Libertée se pencha sur le corps de Gil, inerte, et elle put entendre son souffle. En effet, il ne semblait avoir rien de cassé, et elle en soupira de soulagement. Ignorant superbement Phel, la marchombre demanda de l’aide à Sahir pour monter Gil dans une chambre.


♥ ♥ ♥


Posant une compresse fraiche sur le front de Gil, Lib poussa un soupir.
Peut-être que ce fut la compresse, ou autre chose, mais l’homme ouvrit les yeux à cet instant précis, et elle ne lui laissa pas le temps ni l’occasion de se dérober.


– Une jolie amitié ? Et mon cul c’est du poulet ? Si ça s’est reproduit, ça se reproduira encore, Giliwyn Sangrelune ! Tu me prends pour une couillonne ?

Sa voix montait d’une octave à chaque nouvelle phrase, et elle fut très rapidement très aigue. Trop aigue.

- Il y avait sans doute un rêveur pas loin. Je voulais tuer le bébé, pas moi. Il n’aurait pas pu être sauvé, moi si. Donne-moi une seule raison, une seule, qui m’empêche de recommencer ?! Tu es sorti. Tu as abandonné Naïs, mais tu la baises encore !

Elle s’était retrouvée à quatre pattes sur lui à l’engueuler ainsi, et soudain elle roula et bondit hors du lit. Se prenant la tête entre les mains, elle prit de longues inspirations.


- Et qu’est-ce qu’il y a entre nous, Gil, hein ? Une « amitié mignonne » ? Si c’est le cas, je me barre. Tu ne me reverras plus jamais. Il n’y aura plus jamais de nous. Désolée, je ne peux pas l’accepter, c’est tout. Je ne peux pas !!

Elle avait crié.
Complètement folle, elle sentait des sillons couler sur ses joues mais ne pouvait pas les arrêter. Elle tremblait, de tous ses membres. Elle ne pouvait rien faire de plus, mais elle savait qu’elle ne le supporterait pas. Elle ne supporterait pas qu’il fasse ça, car elle s’était considérée comme sienne, alors que l’inverse n’était pas vrai. Elle ne pouvait pas l’accepter.
Elle qui avait combattu sa jalousie, parce qu’elle s’enfermait avec, se rendait compte qu’elle était toujours réelle. Ou non. Ce nétait pas de la jalousie, pas au premier sens du terme. Elle savait qu’elle vallait autant que Naïs, qu’elle était aussi sexy, aussi désirable, qu’elle avait une partie du cœur de Gil.
Mais ça ne lui suffisait pas.
Cela ne lui suffisait pas, et cela l’effraya soudain. Bien au-delà des mots, bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé.

Écarquillant les yeux, elle jeta un coup d’œil à Gil, et haussa les épaules.
Elle avait besoin d’un bain.
Se déshabillant sans même regarder l’envoleur, elle fit couler le bain de l’autre côté de la chambre et s’enfonça dans l’eau brûlante dans un soupir de soulagement.

Elle s’immergea totalement laissant ses cheveux s’humidifier totalement, et profita de cette chaleur qui dénoua la tension dans ses muscles. Posant ses deux mains sur son ventre, elle se demanda soudain si c’était vraiment ce qu’elle voulait, se débarrasser de ce bébé.

Un an plus tôt, elle avait été d’abord soulagée de perdre le bébé, et ensuite traumatisée par cette perte. Elle avait voulu du mal à celui de Naïs à cause de cela. Elle avait regretté de ne pas pouvoir avoir porté le bébé de Gil, parce qu’elle avait confiance en lui, malgré tout, même s’’ils ne se connaissaient pas totalement. Parce qu’elle l’aimait. Pourrait-elle lui refaire confiance après ce qu’il venait de lui avouer ? Elle réalisa que oui. Voulait-elle lui refaire confiance ? Ca, elle n’en était pas sûre.

Un murmure passa ses lèvres.


- Tu m’avais dit qu’on se retrouverait dès que tu aurais fini le cours de Kaünis. Pourquoi t’es allé voir Naïs d’abord ? Pourquoi tu as fait ça ? Tu n’as pas pensé à moi ? Si tu as pensé à moi, alors pourquoi ? Pourquoi Gil ? Pourquoi ?

Il n’y avait plus que ce mot sur ses lèvres, dans son souffle.
Pourquoi ?

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Ven 27 Juin 2014, 18:53

Est-ce que c’était la peur d’avoir failli perdre ce qu’il avait de plus cher au monde ? Ou bien était-ce ce parfum enivrant, infiniment sucré, unique au monde ? D’habitude, lorsqu’il se prenait un paquet de gnons comme ça, Gil mettait toujours un certain temps à retrouver ses esprits. Il lui fallait deux ou trois minutes, minimum, pour se reconnecter avec la réalité, et en général ces deux ou trois minutes le laissaient extrêmement pensif. Voire même ailleurs. L’effet normal, quand on a l’impression que son crâne résonne comme une grosse cloche à force d’avoir dit bonjour au pavé dur de la rue ! Cette fois pourtant, lorsque Gil ouvrit les yeux, c’était comme s’il n’était jamais tombé dans les pommes. Aucune interruption n’avait eu lieu, il avait simplement cligné des yeux, et entre temps le Frontalier aux traits anguleux s’était transformé en Libertée. Il préférait nettement, mais alors que la jeune femme lui caressait doucement le front avec un linge frais, elle se mit à l’invectiver furieusement. Ses beaux yeux roses lançaient toujours des éclairs et elle avait adopté un ton presque plus dur que les poings de ce type. Mais, la Dame soit louée, son ventre était parfaitement intact…

- Une jolie amitié ? Et mon cul c’est du poulet ? Si ça s’est reproduit, ça se reproduira encore, Giliwyn SangreLune ! Tu me prends pour une couillonne ?

Il voulut objecter que, s’il avait réellement souhaité la prendre pour une couillonne, il ne lui aurait jamais parlé de cette nuit avec Naïs. Mais alors qu’il prenait son inspiration, elle grimpa à moitié sur le lit et repartit de plus belle dans son discours de colère.

- Il y avait sans doute un rêveur pas loin. Je voulais tuer le bébé, c’est tout, pas moi. Il n’aurait pas pu être sauvé, moi si. Donne –mi une seule raison, une seule, qui m’empêche de recommencer ?!

Là, Gil décrocha complètement et Libertée continua de parler dans le vide – il entendait ses paroles comme un léger tintement, très lointain, presque irréel. Mais ce n’était pas une conséquence du choc, même si une migraine sourdait déjà sous son crâne. Non, ce qui avait brisé l’attention de Gil, c’était ce mot : bébé. Son regard glissa plus bas, vers le ventre plat de la marchombre. Sa mâchoire se décrocha. Enceinte ! Libertée était enceinte. Et le père de ce bébé, c’était… Quand on s’apprête à devenir père, on a toujours mieux à faire, avait marmonné le Frontalier avant de laisser parler ses poings à sa place. Oh bordel de…

- Et qu’est-ce qu’il y a entre nous, Gil, hein ? Une « amitié mignonne » ? Si c’est le cas je me barre. Tu ne me reverras plus jamais. Il n’y aura plus jamais de nous. Je ne peux pas l’accepter, c’est tout. Je ne peux pas !!

En colère, Libertée était magnifique. Elle était tout le temps belle : quand elle souriait, quand elle était perdue dans ses pensées, quand elle descendait une pinte de bière, quand elle grimaçait, quand elle se battait, quand elle dormait, quand elle jouissait, quand elle pinçait les lèvres en une moue boudeuse… Quand elle était furieuse, ses yeux brillaient plus que jamais. Un peu de rose colorait ses joues et se mariait parfaitement avec son regard. Elle haletait, et sa poitrine se soulevait vivement au rythme de sa respiration. Ses cheveux encadraient son beau visage en une volée de mèches rebelles et il lui semblait qu’une ou deux s’agitaient imperceptiblement. Gil soupira. Il ne pourrait jamais la laisser partir. Il avait besoin d’elle. Elle était trop nerveuse pour comprendre que sa relation avec Naïs était vraiment différente ; qu’il avait pu la laisser, elle, pendant plus d’un an alors qu’il ne parvenait pas à envisager de passer plus d’un mois sans voir Libertée. C’est la même chose pour toi aussi, devina-t-il en percevant une douleur innommable dans le son de sa voix. Tu ne peux pas t’en aller pour de vrai, n’est-ce pas ?

Il y avait songé, bien sûr : en quittant l’auberge, il s’était imaginé qu’elle serait bien plus en sécurité, bien plus heureuse s’il se trouvait assez loin d’elle pour ne plus la blesser. Ou la forcer à se blesser. Enfer ! Le bébé… Elle avait été sur le point de le tuer. D’ôter la vie à une petite chose, sans doute pas plus grande qu’un haricot. De compter sur la possible présence d’un rêveur – mais il savait ; lui, à quoi s’en tient souvent la vie. Un fil, rien de plus, un fil qui casse au moindre choc un peu trop brutal, et si Libertée avait vraiment percé son ventre avec ce couteau, quoiqu’elle en dise, elle aurait pu y rester. Gil ferma brièvement les yeux. Il était épuisé. Se faire casser la gueule quand on a très peu d’heure de sommeil en réserve et subir autant de chocs, coup sur coup, c’était trop pour un seul homme. Mais il rouvrit les paupières en percevant un léger bruit. Libertée lui tournait le dos et se déshabillait avec des gestes qui trahissaient son humeur. Il la regarda se glisser dans son bain et attendit, tout comme elle, que l’eau brûlante la détende un peu. Elle aussi n’était pas en très grande forme, et ça n’était sans doute pas très bon pour le bébé. Le bébé. Bon sang !

- Tu m’avais dit qu’on se retrouverait dès que tu aurais fini le cours de Kaünis, murmura la marchombre. Pourquoi t’es allé voir Naïs d’abord ? Pourquoi t’as fait ça ? Tu n’as pas pensé à moi ? Si tu as pensé à moi, alors pourquoi ? Pourquoi Gil, pourquoi ?

Pourquoi ? Parce que les choses étaient loin d’être aussi simples, voilà pourquoi. Parce que s’il suffisait de tomber amoureux d’une femme extraordinaire pour vivre heureux, c’était un peu trop facile – pour lui, en tout cas. Parce qu’il avait fallu qu’il en rencontre deux : le jour et la nuit, le sucre et le miel, la blonde et la brune. La Marchombre et l’Envoleuse. Parce qu’il avait fallu qu’il les aime toutes les deux. Mais ce que Libertée ne savait pas, ou bien ne voulait pas savoir, c’était que son cœur, lui, avait déjà choisi. Il ne s’emballait jamais vraiment qu’en présence de Libertée. Il ne saignait réellement qu’à cause d’elle. Et il était prêt à s’agrandir pour elle. Prêt à faire de la place à un petit haricot. Est-ce qu’il avait l’air d’un éleveur d’haricot ? La pensée creusa un minuscule sourire dans sa joue tuméfié. Son regard passa de Libertée au plafond de la chambre. Il ne savait absolument pas dans quelle chambre il se trouvait, s’il s’agissait de celle où il avait emmené Libertée, dans l’auberge de la lionne bidule chouette, ou bien d’une autre, ailleurs. Il s’en moquait bien, en vérité. Il avait trouvé un sujet de réflexion qui l’intéressait, à la fois parce qu’il était tout neuf et parce qu’il se surprenait à l’apprécier. Il n’avait pas été, ne serait jamais un père pour Makeno. Un frère pour le moins, un grand frère sur qui il pourrait toujours compter, quoiqu’il puisse arriver. Mais ce bébé qui grandissait dans le ventre de Libertée, ce petit haricot qu’elle avait voulu tuer sous ses yeux, il avait envie de rencontrer. De le voir pousser, passer de l’état de petite chose minuscule à celui de bébé. De regarder ce bébé et de se dire c’est le mien. Et à présent qu’il avait goûté à cette idée, même en pensée, il savait qu’il ne pourrait plus s’en passer.

- Lib…

Il cessa de fixer le plafond pour la regarder. Elle refusa de tourner la tête dans sa direction mais il savait qu’elle l’écoutait. Alors il se lança.

- C’est vrai tu sais, ce que je t’ai dit tout à l’heure. Je ne pourrais plus jamais toucher Naïs de cette façon parce que, entre amis, ça fout un bordel monstre.

Il pensa fugacement à Brindille en prononçant ces paroles. Putain de bordel monstre, oui !

- Je ne suis pas allé la trouver volontairement après le cours de Kaünis, elle était là, tout simplement. On ne s’étaient pas vus depuis un an. Je lui ai fait du mal, je l’ai blessée, comme toi. Mais nous avions besoin de… nous retrouver une dernière fois pour comprendre que nous n’étions pas faits pour ce genre de relation. Pendant une année entière, nous avons vécu avec ce doute permanent. On ne vit pas avec un doute aussi puissant. Il nous empêchait d’avancer, elle vers Pan, et moi vers toi.

Gil se redressa sur un coude en grimaçant. Il allait falloir qu’il rende la monnaie de sa pièce à ce foutu Frontalier ! En fait, il allait lui botter le cul jusqu’à la Citadelle, pour lui apprendre à se mêler des affaires des autres. Et à embrasser la femme de sa vie.

- Je suis là, maintenant, Libertée. Et je sais qu’il te faudra du temps pour me pardonner – je ne te le demande même pas, en vérité. Je comprendrais même que tu ne veuilles plus me voir, même si je ferais tout mon possible pour te voir quand même. Je suis là parce que je ne veux pas revivre une nuit comme celle-là : dans les bras d’une autre femme, en train de penser à toi. Juste à toi. En train de comprendre que l’amour, ça ne veut strictement rien dire si ce n’est pas avec toi.

S’asseoir lui demanda une sacrée dose de volonté mais lorsqu’il y parvint, il se surprit à réaliser qu’en dépit de quelques méchantes contusions et d’une migraine de fou, il n’avait rien de cassé. Ce type savait y faire… Il se passa la main dans les cheveux pour se donner du courage. Parler n’était pas difficile, cette histoire avait ouvert des vannes en lui et les mots coulaient à flot sans qu’il puisse les arrêter. Mais admettre l’éventualité que, peut-être, il allait la perdre, c’était la pire chose qu’il ait jamais faite. Gil se leva et vacilla sur ses jambes. Il avait la tête qui tourne et une vague nausée qu’il estimait pouvoir contenir encore un peu. Un, deux, trois, compta-t-il pour laisser le temps à son anatomie de se remettre à fonctionner normalement. Et il dirigea ses pas vers la baignoire. Libertée ne le regardait toujours pas. L’eau dissimulait subtilement son corps en brouillant ses formes et en s’arrêtant juste au-dessus de sa poitrine, mais ça ne l’empêchait pas d’apprécier cette image magnifique. Les dents serrées pour ne pas laisser échapper un grognement de douleur, il s’assit à même le sol et appuya son dos contre la baignoire en fonte. Tout près d’elle. Puis il leva les yeux vers la fenêtre ouverte sur la nuit chaude. L’air était lourd et chargé d’électricité ; un roulement de tonnerre gronda au loin. L’orage était proche. Gil sourit.

- Un jour, je t’ai dit que je n’étais encore jamais tombé amoureux. C’était faux. J’étais amoureux de toi mais je n’osais pas le reconnaître, parce que j’avais l’impression que je ne te méritais pas. Il faut croire que c’est le cas… Mais tu sais, Lib, je vais me battre. Contre ce crétin de Frontalier – non pas parce qu’il m’a refait le portrait mais parce qu’il a posé les yeux et les lèvres sur toi. Contre la peur qui me noue le ventre à l’idée que tu pourrais t’en allr à cause de moi. Et contre tous ceux qui diront que je ne suis pas fait pour être père.

L’était-il seulement ? Seren affirmerait que non. Kaünis hausserait les épaules mais n’en penserait pas moins. Naïs jetterait un coup d’œil en direction de Makeno – tu ne t’es pas occupé de lui, alors d’un haricot… ! Gil se retourna et glissa deux doigts sous le menton de la marchombre pour planter son regard dans le sien.

- Je me battrais contre toi, si jamais tu essaies encore de lui faire du mal, à ce bébé. Je ne te laisserai pas faire. Je ne ne sais absolument pas comment on fait quand on est papa, et bon sang, j’ai la trouille de tout rater mais, si tu veux bien éviter de te barrer trop loin – de te barrer tout court – j’ai envie d’apprendre.

Apprendre à être père ? Quelle drôle d’idée ! Pourtant, elle lui étreignait le cœur comme un étau de fer glacé. Il se savait sur le fil, prêt à tomber si jamais Libertée lui refusait tout net cette implication dans sa vie et celle du petit haricot. Alors il lui prit la main, la serra de toutes ses forces entre les siennes et la pressa contre son front, les yeux clos, le cœur grand ouvert.

- Je t’aime, Lib…

Murmure d’espoir.

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Sam 28 Juin 2014, 01:26

- Lib…

La marchombre garda les yeux résolument fermés. Elle ne savait pas du tout où elle en était, mais elle savait une chose : cette eau chaude avait un effet positif sur ses muscles et sur son humeur, et elle ne devait pas le perdre. Pas tout de suite. Que comptait dire Gil, au fond ? Qu’elle savait qu’il aimait Naïs ? Evidemment. Qu’elle savait qu’il la désirait encore ? Oui, bien sûr ! Mais… mais elle s’était imaginé qu’il pourrait choisir. Ou au moins les respecter assez, l’une et l’autre, pour éviter tout ça.

* Tu sais très bien que c’est pas une histoire de respect, cocotte !*

Certes. Mais elle ne voulait pas arrêter de lui en vouloir.
Parce que ça la piquait, dans la poitrine, dans le cœur ; cela lui broyait les entrailles et rien qu’en y repensant, elle sentit les larmes venir flirter dans ses yeux, même paupières closes.

- C’est vrai tu sais, ce que je t’ai dit tout à l’heure. Je ne pourrais plus jamais toucher Naïs de cette façon parce que, entre amis, ça fout un bordel monstre.

* Pourquoi tu l’as fait, alors ? *
Il devait vérifier quelque chose ? Et quoi ? Il avait besoin de coucher avec les deux pour savoir laquelle était un meilleur coup ? Il l’avait déjà fait, il aurait déjà dû le savoir !

- Je ne suis pas allé la trouver volontairement après le cours de Kaünis, elle était là, tout simplement. On ne s’étaient pas vus depuis un an. Je lui ai fait du mal, je l’ai blessée, comme toi. Mais nous avions besoin de… nous retrouver une dernière fois pour comprendre que nous n’étions pas faits pour ce genre de relation. Pendant une année entière, nous avons vécu avec ce doute permanent. On ne vit pas avec un doute aussi puissant. Il nous empêchait d’avancer, elle vers Pan, et moi vers toi.

Se retrouver ?
Quel type de relation ? Celui d’amants ? Celui de parents ? Comment avaient-ils pu vivre avec le doute d’un genre de relations ? Pour Libertée, c’était parce que justement c’était clair qu’ils ne s’étaient pas revus. Sinon, ils se seraient retrouvés bien avant, non ?

Et Pan, d’ailleurs, puisqu’on en parlait : il en pensait quoi ? Allait-il casser la gueule à Gil ? Cela serait bien fait pour lui ! Comment… ? Non, elle comprenait comment.
Elle avait beaucoup trop de colère, là, voilà tout. Cela l’empêchait de prendre du recul, et elle n’avait aucune envie de prendre le recul nécessaire. Elle devait épancher sa colère, et puis voilà.


- Je suis là, maintenant, Libertée. Et je sais qu’il te faudra du temps pour me pardonner – je ne te le demande même pas, en vérité.

Ah bon, il ne le demandait pas ? Alors il n’en avait rien à faire, c’était ça ?! Il ne regrettait pas ce qu’il s’était passé, et rien que pour cela, elle en avait encore plus mal, et hoqueta un instant, ne pouvant retenir ce sanglot en particulier, qu’elle tenta de noyer dans l’eau de la baignoire.


- Je comprendrais même que tu ne veuilles plus me voir, même si je ferais tout mon possible pour te voir quand même. Je suis là parce que je ne veux pas revivre une nuit comme celle-là : dans les bras d’une autre femme, en train de penser à toi. Juste à toi. En train de comprendre que l’amour, ça ne veut strictement rien dire si ce n’est pas avec toi.

Ce n’étaient que des belles paroles.
Des belles paroles qui la touchaient néanmoins, car elle avait cette sensation prenante dans le ventre qui lui disaient, plus que leur accent, que c’était la vérité. Ou suffisamment, en tout cas, pour que Gil le pense. Avait-il vraiment pensé à elle quand il avait pénétré Naïs ? Quand il l’avait
baisée ?
Peut-être avant, et après, mais pas pendant. Ça, elle en était certaine.

Elle l’entendit bouger, et tendit l’oreille, toujours décidée à ne pas le regarder, à ne pas poser son regard sur lui. Parce qu’elle savait que si elle succombait, elle ne lui en voudrait plus, elle ne serait plus capable de lui en vouloir ! Comment était-ce possible, ça, hein ? Elle n’avait jamais été rancunière de sa vie, jamais, c’était sans doute le terreau de son attitude, mais quand même. Elle était tellement en colère, mais il était évident que dès qu’elle le regarderait sa colère s’évaporerait. Et elle n’était pas prête. Elle voulait encore choyer cette colère. Elle lui permettait de ne pas pleurer, de ne pas s’effondrer.
Elle sentit et entendit Gil s’asseoir contre la baignoire, ferma les yeux pour éviter de l’avoir dans son champ de vision et s’enfonça un peu plus sous la surface de l’eau chaude.


- Un jour, je t’ai dit que je n’étais encore jamais tombé amoureux. C’était faux. J’étais amoureux de toi mais je n’osais pas le reconnaître, parce que j’avais l’impression que je ne te méritais pas. Il faut croire que c’est le cas… Mais tu sais, Lib, je vais me battre. Contre ce crétin de Frontalier – non pas parce qu’il m’a refait le portrait mais parce qu’il a posé les yeux et les lèvres sur toi. Contre la peur qui me noue le ventre à l’idée que tu pourrais t’en aller à cause de moi. Et contre tous ceux qui diront que je ne suis pas fait pour être père.

Elle resta muette, alors que son cœur accélérait.
Clairement, même si c’était entre les lignes, il venait de dire qu’il voulait être père. Il venait de dire qu’il ne l’abandonnerait pas. Ou était-ce elle qui extrapolait, qui entendait ce qu’elle voulait entendre ?
Elle laissa filer les secondes, préférant être certaine de ce qu’elle venait de percevoir.
Un fol espoir faisait battre son cœur à cent à l’heure, et c’était comme s’il avait migré dans sa gorge, elle l’y sentait tambouriner.


- Je me battrais contre toi, si jamais tu essaies encore de lui faire du mal, à ce bébé. Je ne te laisserai pas faire. Je ne sais absolument pas comment on fait quand on est papa, et bon sang, j’ai la trouille de tout rater mais, si tu veux bien éviter de te barrer trop loin – de te barrer tout court – j’ai envie d’apprendre.

Non.
Elle ne s’était pas trompée.
De nouvelles larmes essayèrent de franchir la barrière de ses paupières, et son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle voulait encore de sa colère, mais cette dernière s’évaporait de son esprit comme une brume sur un lac alors que le soleil se lève. Elle serra les dents, en colère contre elle-même, mais cela ne dura pas non plus.

-  Je t’aime, Lib…

Cette fois-ci, son cœur affolé rata un battement.
Elle poussa un soupir, ouvrit les yeux et passa sa main droite dans les cheveux de Gil, assit contre la baignoire. C’était une caresse simple et tendre, qui lui tira un sourire, qu’elle tenta d’effacer.


- Tu m’as déjà dit ça, Gil. Sauf que je crois que ça ne me suffit pas. Ce n’est pas que je suis jalouse de Naïs, c’est que… elle chercha ses mots un instant, je ne doutais pas de toi. Je me suis considérée comme tienne, mais la réciproque n’était pas vraie.

Elle était calme désormais, et elle se rendit compte qu’elle était en train de masser le crâne de l’envoleur par réflexe. Ôtant ses doigts de ses cheveux, elle mit ses mains sous ses fesses pour éviter de le tripoter alors qu’elle essayait de lui faire passer un message.


- Tu l’aimes, tu la désires. Qu’est-ce qui va t’empêcher de recommencer, au fond ? Hier tu as réalisé que ce n’était qu’une amitié, ou que tu ne voulais que ça soit qu’une amitié. Mais vas-tu le vouloir longtemps ? Tu as envie d’essayer d’être père, mais vas-tu le vouloir longtemps ? Vas-tu me vouloir longtemps, moi, la fille si ordinaire, la petite marchombre certes jolie, mais marchombre ?

Les larmes s’étaient mises à couler sur ses joues, mais sa voix n’avait pas tremblé, et était toujours aussi ferme. Elle avait cru qu’il s’était stabilisé, qu’il s’était trouvé ; et certes, le fait qu’il lui dise les choses en la trouvant directement montrait qu’il avait évolué… Mais elle ne voulait pas le refaire entièrement, surtout pas ! Sauf qu’il était Gil, et qu’elle avait besoin de plus que juste quelques mots.

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Sam 28 Juin 2014, 08:23

- Ordinaire ? Toi ? Enfer, je crois bien que nous n'avons pas la même conception de ce mot !

(Bref silence)

Oh, Lib... C'est moi le couillon de l'histoire, tu sais ! Kaünis avait raison. Mais tu vois, même si je suis un couillon, je n'ai pas supporté l'idée de faire du mal à l'une de vous deux. Un choix aurait pourtant inévitablement blessé quelqu'un, et j'ai cru pouvoir éviter ça... Résultat : vous avez souffert quand même, et toutes les deux. Je ne suis pas fait pour être le gentil. Un vilain couillon, voilà ce que je suis.

Par contre, je ne suis pas un menteur, Lib. J'aurai tout aussi bien pu passer cette nuit sous silence, même si votre fichu sixième sens féminin est incroyablement efficace... et bigrement flippant ! Alors oui, je suis prêt à faire le grande saut. Je suis prêt à voir grandir ce petit haricot. A t'aimer sans plus jamais te faire de mal, aussi.

(Silence un peu plus long cette fois. Mais il reste encore quelque chose à dire...)

Est-ce que ça me suffira ? Non, tu as raison. Une jolie marchombre, un enfant, c'est vrai que c'est bien mais je crois qu'il y a mieux. Libertée ? Tu veux bien vivre avec moi ? Je veux dire, pour de vrai ? Dans un endroit rien qu'à nous ?

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Sam 28 Juin 2014, 09:24

- Quoi ?!

[ Ecarquille les yeux, se redresse brusquement dans sa baignoire ]

- Tu es sérieux quand tu dis ça ? Vraiment ?

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Sam 28 Juin 2014, 09:39

- En fait, je n'ai jamais été aussi sérieux de toute ma vie...

(Sourire timide)


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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Sam 28 Juin 2014, 10:31

[ Court ! Mais je voulais pas faire juste un dialogue ! Razz ]





Wahou.
C’était tout ce qui venait à l’esprit de Libertée, alors que a vérité la giflait comme l’aurait fait sa mère pour lui remettre les idées en place. C’était ce qu’il y avait à dire, aussi.
Wahou.
Est-ce qu’il pensait vraiment ce qu’il venait de dire ?
Oui, disaient ses yeux.
Oui, disait son sourire. Un sourire timide qu’elle n’avait jamais vu sur le visage de l’envoleur.

Abasourdie, Libertée se laissa retomber contre la fonte de la baignoire et prit le temps pour ordonner les mots, et faire le tri dans ses pensées.
Vivre avec Gil ? Avec leur bébé ?
Pour elle, c’était une idée merveilleuse, mais elle avait encore peur. Peur, parce que c’était des responsabilités, c’était un choix sur du long terme, et elle ne savait pas s’ils tiendraient le coup. C’était une chose de s’aimer et de se retrouver quelques jours par mois, c’en était une autre de vivre ensemble, elle en avait parfaitement conscience.
Est-ce qu’au fond, ils se correspondaient assez pour pouvoir faire cela ?

Une vague d’espoir déferla dans son esprit, et elle prit le temps de respirer calmement, de fermer les yeux.


- Où ça ?

[i]* Lib, ça veut dire oui, ça ! *
Elle le savait. Et à, c’était à elle d’avoir peur, c’était un fait. Son estomac se noua, mais ses épaules se détendirent, étrangement.
La question demeurait.
Où pouvaient-ils vivre sans se faire attraper ? Il fallait trouver un endroit isolé, mais pas trop loin non plus entre Ombreuse et le Lac Chen ; heureusement que ce n’était pas trop éloigné géographiquement.

* On se calme ! *

Se redressant dans sa baignoire, Libertée poussa un long soupir, et s’éclaboussa le visage pour reprendre un peu ses esprits. Est-ce que cela lui suffisait vraiment ? Est-ce que Gil serait vraiment prêt à rester avec elle ? Avec eux ?

Elle posa ses mains sur son ventre encore plat, et leva les yeux vers Gil.


- Il est pas encore plus gros qu’une noix. Ça fait deux mois… depuis la nuit avant ton cours de Kaünis, en fait.

Ses doigts dessinèrent un cercle sur sa peau, et elle soupira.

- Pourquoi lui et pas celui de Naïs ?

C’était une question à laquelle elle n’attendait pas vraiment de réponse. Elle l’avait murmuré du bout des lèvres, incertaine de pouvoir comprendre une quelconque réponse.
Ses cheveux sortirent de l’eau pour s’étendre sur le bord de la baignoire, à l’arrière de sa tête, et sécher ainsi dispersés en une sorte d’auréole.
Elle soupira.


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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Sam 28 Juin 2014, 12:31

La réaction de la jeune femme amusa Gil. Elle commença par le fixer avec de grands yeux ronds, comme s’il venait de sortir une énormité. Ce n’était évidemment pas le cas, même si c’était la chose la plus énorme qu’il ait jamais dite de toute sa vie. Et puis son regard s’illumina soudain, à la manière d’un feu d’artifice dont les explosions retentissaient dans le cœur de l’Envoleur. Elle venait de comprendre. Et elle n’osait pas y croire. Au fond, c’était logique, surtout après cette véritable tornade qui les avait balayés comme des fétus de paille. Elle se méfiait et le feu d’artifice s’éteignit : le lac rose redevint calme, elle ferma les yeux, s’enfonça doucement dans l’eau. Gil sentit une peur sans nom le broyer tout entier. Ce n’était pas possible, il ne pouvait pas vraiment la perdre, pas maintenant, pas comme ça…

- Où ça ?

Une question. Une simple question pouvait-elle vraiment faire briller autant d’espoir ? Celui de Gil était immense et il s’accrocha à l’idée que ces deux petits mots avaient un sens caché. Ça veut dire oui ? la pria-t-il silencieusement. Hein Lib, c’est un oui, ça ? Il se demanda pourquoi les femmes tenaient-elles autant à rester mystérieuses. A faire dans le compliqué alors qu’en l’occurrence, il suffisait d’une réponse toute bête. Il fallait sans cesse deviner un message implicite, interpréter un signe, deviner un geste. Forcément, les hommes se trompaient de temps en temps dans cette lecture particulière. D’où un certain nombre d’imbroglios… Gil décida d’attendre la suite. Cette réflexion que menait Libertée dans son bain était l’une des plus importantes, pas question de tout ruiner parce qu’il n’était pas sûr de sa réponse. La marchombre ne lui facilita pas la tâche pour autant.

- Il n’est pas encore plus gros qu’une noix. Ça fait deux mois… depuis la nuit avant ton cours de Kaünis, en fait.

Oui, il se souvenait parfaitement de cette nuit-là. Pour la première fois, leur séparation avait été pénible ; Gil regarda Lib remuer dans son bain et il se dit que cette fois, il n’avait pas envie de partir. Impossible qu’elle s’en aille à droite alors qu’il s’en allait à gauche. Il voulait une seule et même direction et il voulait faire le voyage avec elle. Rien qu’avec elle. Et la petite noix.

- Pourquoi lui et pas celui de Naïs ?

Pendant une folle seconde, il eut l’irrépressible envie de lui enfoncer la tête sous l’eau. Mince alors, pourquoi est-ce qu’elle refusait de comprendre ? Le faisait-elle exprès ? N’avait-il pas été clair, en lui expliquant que le chemin choisi par Naïs était sensiblement différent du sien ?

- Pourquoi est-ce que tu poses toutes ces questions ?

Il ne lui laissa pas le loisir de lui répondre. Glissant les mains dans l’eau tiédie du bain, il attrapa Libertée et la souleva dans ses bras. Ça lui demanda un effort plus important que d’ordinaire, à la fois parce qu’il était un peu abîmé de partout, et parce que l’eau semblait l’alourdir en pesant sur son corps et dans ses longs cheveux. Il la hissa néanmoins hors de la baignoire d’un mouvement puissant et la posa tout doucement sur le lit. Elle était tellement belle, nue et mouillée sur les draps, qu’il aurait pu la prendre comme ça et lui faire l’amour comme jamais, juste pour lui montrer à quel point il avait besoin d’elle – à quel point il l’aimait. Sauf que Libertée avait besoin d’être rassurée. Elle restait prudente, méfiante même, elle ne savait pas encore où elle mettait les pieds ; lui non plus d’ailleurs, mais il avait la certitude que s’envoyer en l’air, là, dans ce lit, tout de suite, ne ferait que souligner la plus grande goujaterie du siècle. Il s’était déjà suffisamment illustré pour les prochaines années à venir. Et rien n’était encore joué. Pour commencer, elle ne lui avait pas clairement dit oui. Et lui, il allait devoir lui prouver qu’il était capable de relever un tel défi. Autant se lancer tout de suite, en développant des trésors de patience pour reconquérir sa confiance ; ça prendrait du temps, il en était conscient, mais s’il arrivait à lui redonner le sourire, ça l’encouragerait pour la suite…

Il s’allongea à ses côtés, collant sa poitrine contre son dos, et referma les bras sur elle, le menton calé sur le haut de son crâne. Et il s’immobilisa complètement. Dehors, l’orage se rapprochait toujours mais il ne pleuvait pas encore. C’était le moment où la chaleur écrasante laissait place à un vent frais, signe avant-coureur d’une belle tempête ; il jouait innocemment dans les rideaux et rafraîchissait l’atmosphère étouffante qui régnait dans la pièce. Gil ferma les yeux. Il était bien. Tout son corps le suppliait de s’endormir, de lâcher prise, parce qu’il avait un besoin urgent de récupérer quelques forces. Mais il refusait de plonger dans le sommeil alors que toute son attention était focalisée sur la respiration de Libertée. Sur les pensées qu’il sentait presque tourner à plein régime dans sa mignonne petite tête. Sur ce parfum de pêche qui était devenu son univers. Sur la douceur de sa peau, qu’il caressait doucement du bout de ses doigts. Il ne pouvait pas dormir alors qu’il tenait son bonheur entre ses bras. Cette image le fit sourire tout contre les cheveux mouillés de la jeune femme.

- N’importe où, souffla-t-il en réponse à sa première question. On peut vivre n’importe où du moment qu’on reste ensemble. Si je n’avais pas peur de m’évanouir au bout de dix pas, je t’aurai déjà emmenée avec moi en voyage pour trouver cet endroit où je veux t’aimer du matin au soir, et du soir au matin.

Son murmure se mêlait au souffle du vent dans la pénombre. Au loin, un grondement sourd se fit entendre. Il attendit qu’il s’éteigne doucement avant de poursuivre, son pouce glissant le long de l’avant-bras de Libertée.

- Je te construirai une maison. Ça vaudra ce que ça vaudra parce que le bricolage, ce n’est pas du tout mon fort… Peut-être que je me contenterai de retaper une vieille bicoque. Ça prendra du temps, étant donné que je compte te faire l’amour à raison de six à huit fois par jour. Sans parler des nuits…

Toutes les nuits. Il voulait toutes les passer avec elle pour la voir s’endormir et assister à son réveil, chaque matin.

- Je ne veux plus que tu embrasses un autre que moi, et je ne tiens pas à poser les yeux sur une autre femme que toi. Je veux que ce soit nous deux, juste nous deux, rien que nous deux, et…

Il glissa la main le long de son ventre plat. L’imagina s’arrondir, s’impatienta de pouvoir sentir le petit haricot bouger sous ses doigts.

- … une famille, chuchota Gil au creux de l’oreille de Libertée. C’est ce que je veux construire avec toi, Lib. Et toi ?

Allez Lib, s’il te plaît, réponds-moi franchement. Dis oui !

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Sam 28 Juin 2014, 14:12

Pourquoi elle posait toutes ces questions ?
Parce qu’elle avait peur, pardi ! Parce qu’elle ne savait plus à quoi s’en tenir, parce qu’elle avait été déçue, parce que… parce que voilà, elle ne s’attendait pas à ça. Elle avait été tellement heureuse d’apprendre sa maternité ! Et il avait tout fichu en l’air, comme ça, en une nuit, juste avant de la voir. C’était un peu trop, pour elle.

Et même s’il voulait vivre avec elle.
Et même s’il disait qu’il l’aimait.

Si cela avait été le cas, s’il le savait, pourquoi avait-il foncé tête baissée dans les ennuis ? Comment avait-il pu envisager que cela ne lui ferait rien, ou qu’elle l’accepterait les yeux fermés ?
Peut-être simplement parce qu’elle revendiquait tellement fort sa liberté, et qu’elle ne voulait pas empiéter sur celle des autres… sauf que bien sûr que si, elle empiétait sur celle des autres, et surtout sur celles des gens qu’elle aimait.

Lâchant un petit cri quand Gil la saisit sous les bras pour la soulever, elle s’accrocha à lui comme à une bouée de sauvetage. Tout contre son corps, elle inspira son odeur durant les trois pas qu’il fit avant de la reposer sur le lit. Elle bascula sur le côté, essayant d’éviter son regard, encore. Elle avait envie de se plonger dedans, pourtant, mais elle ne voulait pas non plus s’y noyer.
Il n’y aurait plus de retour en arrière possible.
Elle ferma les paupières quand il se colla contre son dos, se retenant juste à temps de ne pas cambrer le dos et présenter ses fesses contre son bas-ventre. Un réflexe qui en était devenu si naturel qu’elle eut réellement du mal à se retenir.


- N’importe où. On peut vivre n’importe où du moment qu’on reste ensemble. Si je n’avais pas peur de m’évanouir au bout de dix pas, je t’aurai déjà emmenée avec moi en voyage pour trouver cet endroit où je veux t’aimer du matin au soir, et du soir au matin.

Elle poussa un petit soupir, et enfouit un peu plus son nez dans l’oreiller, retenant les larmes qui menaçaient encore de couler sur ses joues. Sa gorge était nouée, affreusement nouée. Elle se recroquevilla sur elle-même en position fœtale et essaya de respirer pour juguler le flot de larmes qui menaçait de faire s’écrouler ses dernières barrières mentales.


- Je te construirai une maison. Ça vaudra ce que ça vaudra parce que le bricolage, ce n’est pas du tout mon fort… Peut-être que je me contenterai de retaper une vieille bicoque. Ça prendra du temps, étant donné que je compte te faire l’amour à raison de six à huit fois par jour. Sans parler des nuits…

Un long frisson remonta le long des bras de Libertée, et pas seulement à cause de son pouce qui la caressait lentement.
Une maison. Leur maison.
Elle voyait déjà une petite cabane de montagne, accrochée à un versan des Dentelles Vives ou une maison sur pilotis sur le Lac Chen. Elle se voyait en train de décorer et personnaliser l’intérieur, Gil retapant tant bien que mal le reste. Elle, elle se pensait assez douée en bricolage, elle en avait fait toute son enfance, avec son père et sa mère, à chaque nouvelle maison, à chaque nouveau lieu.

Malgré elle, un petit rire la secoua : six à huit fois par jour ? Elle ne marcherait plus au bout de deux jours !


- Je ne veux plus que tu embrasses un autre que moi, et je ne tiens pas à poser les yeux sur une autre femme que toi. Je veux que ce soit nous deux, juste nous deux, rien que nous deux, et… une famille. C’est ce que je veux construire avec toi, Lib.

Elle s’en voulut d’avoir embrassé Phel. Elle s’en voulut d’avoir fait cela, juste par vengeance… mais elle ne voulait pas s’excuser. Elle n’avait pas à s’excuser. Ou peut-être que si…


Et toi ?  

Elle cligna des paupières. Et elle ?
Se tournant lentement pour plonger ses yeux dans ceux de Gil, à quelques milimètres à peine de son visage, Libertée le détailla. Elle pouvait sentir son souffle sur ses lèvres, son haleine qu’elle aimait tant… elle ne s’approcha pas plus.


- Moi aussi, j’aimerais construire ça avec toi, Gil.

Gardant cette distance si fine entre eux, Libertée posa sa main sur l’épaule de l’envoleur. Ses yeux se posèrent sur ses lèvres, si proches des siennes…

- Désolée pour Phel. Je… je suis perdue.

Basculant sur le dos, elle se passa la main dans les cheveux, et ses yeux se posèrent sur le plafond. Ils suivirent une zébrure dans le bois de la poutre, et elle finit par fermer les paupières.


- J’en ai envie, vraiment, Gil. Mais là, je ne sais même pas si c’est possible. Tu n’es pas fait pour rester sage. Et je ne suis pas faite pour rester en place.

Elle passa ses mains derrière son crâne, ouvrant les coudes, et continua de fixer obstinément le plafond.


- J’ai envie d’une maison sur pilotis, sur le Lac Chen.

Malgré elle, elle jeta un coup d’œil à Gil, et se mordit la lèvre inférieure.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Sam 28 Juin 2014, 15:26

[Court mais... fichtrement intense !!!]



Un éclair illumina fugitivement la chambre au moment où elle se retourna pour le regarder dans les yeux. Le tonnerre gronda, plus près, plus fort, mais Gil n’écoutait plus que le son de la voix de Libertée.

- Moi aussi, j’aimerai construire ça avec toi, Gil. Désolée pour Phel. Je… je suis perdue.

Gil fronça les sourcils. Phel ? Ah oui, le Frontalier. Elle le connaissait bien, alors ? Pour la première fois depuis qu’il était sorti de l’inconscience, il se demanda comment elle avait réglé son problème avec lui. Elle ne pouvait pas l’avoir traîné seule jusqu’à ce lit. Ce détail lui importait peu, toutefois : il avait perçu, dans le ton de la jeune femme, un « mais » dont l’arrivée était imminente. Il se raidit légèrement.

- J’en ai envie, vraiment, Gil. Mais là, je ne sais même pas si c’est possible. Tu n’es pas fait pour rester sage. Et je ne suis pas faite pour rester en place.

Il ne dit rien. Dressé sur un coude, il la regardait pensivement. Elle s’était allongée sur le dos, les mains croisées derrière la nuque, et observait le plafond, exactement comme lui quelques minutes plus tôt. Est-ce que les réponses à toutes leurs questions se trouvaient là-haut, cachées dans les lignes du bois, dans les toiles d’araignées ? Il préféra trouver les siennes sur le visage de la marchombre, en étudiant son profil si bien dessiné, la courbe de ses joues, de ses lèvres entrouvertes… Gil mourrait d’envie de les attraper entre ses dents et de les mordiller doucement. Peut-être l’aurait-il fait si Libertée n’avais ajouté d’un air songeur :

- J’ai envie d’une maison sur pilotis, sur le lac Chen.

Il resta d’abord interdit. Une maison ? Sur pilotis ? Enfer, il n’allait pas se lancer dans cette folie, si ? Et puis elle lui coula un regard furtif, et Gil éclata de rire. Un rire chaud et doux, absolument pas moqueur quoiqu’un brin malicieux. Un rire amour.

- Alors ça, c’est une idée ! Va pour une maison sur pilotis.

Facile à dire, commença à persifler son odieuse conscience. Il la fit taire en se penchant pour presser ses lèvres contre celles de Libertée. Il sentit, à son léger sursaut, qu’il l’avait eue par surprise. Tant mieux ! Mais son baiser était aussi léger que la caresse d’une plume. Et il recula juste assez pour taquiner son envie.

- Tu n’es pas amoureuse d’un garçon sage, souffla-t-il, avant de passer la langue sur la lèvre inférieure de la marchombre, lentement, pour le lui prouver. Et moi j’aime une fille qui s’appelle Libertée.

Il tremblait de désir et se sentait soudain fiévreux. Comment parvenait-il encore à se contenir ? Un véritable miracle qui le laissait lui-même stupéfait. Il continua de tracer le contour de ses lèvres de la pointe de sa langue, dans une lenteur atroce qui faisait crépiter l’air d’électricité autour d’eux. A moins que ce ne soit à cause de l’orage. Un nouvel éclair flamboya dehors. Gil eut l’étrange impression qu’il se fichait dans sa propre poitrine.

- Et ben, murmura-t-il en laissant glisser ses doigts le long du bras de Libertée. Je crois que ça y est : j’ai été frappé par un coup de foudre.

Cette révélation déclencha un ouragan en lui. Cette fois, lorsqu’il embrassa la jeune femme, ce fut presque violemment tant il était éperdu de désir et de passion. Mais la main qu’il glissa sur son ventre puis entre ses cuisses était d’une douceur incroyable et il prit sur lui pour ne pas céder à l’énergie brute qui vibrait en lui. Libertée l’aimait sauvage et possessif, pourtant, cette nuit n’était pas une nuit comme les autres. Il ne voulait pas qu’elle soit comme les autres. Il voulait effacer ce « mais » de l’esprit de la marchombre, faire tomber la dernière barrière de ses doutes, ancrer en elle la certitude qu’il était à la hauteur. Le cœur battant, Gil remua légèrement pour se placer au-dessus d’elle ; il attrapa ses poignets dans une main et les remonta au-dessus de sa tête, tout en continuant de l’autre à lui tirer de délicieux frissons de plaisir. Sa langue vint jouer à nouveau sur ses lèvres avant de plonger pour un baiser d’une tendresse incroyable. Il ne le rompit qu’une fois arrivé à bout de souffle.

- Ferme les yeux.

C’était une proposition, un murmure presque aussi touchant que son sourire timide de tout à l’heure ; si elle acceptait, il saurait. Il saurait qu’elle était prête à lui accorder un petit bout de sa confiance.

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Sam 28 Juin 2014, 19:05

[ Court aussi ! ]




- Alors ça, c’est une idée ! Va pour une maison sur pilotis.

Libertée rougit légèrement, malgré elle.
Une maison pour pilotis, cela lui paraissait démesuré et à la fois chaleureux. Elle en avait envie, depuis longtemps, sans jamais avoir osé y penser plus que cela, sans jamais avoir osé y rêver.

Le baiser de Gil lui tira un petit sursaut : elle ne s’y attendait pas, perdue dans ses pensées. Elle cligna des yeux un instant, mais c’était déjà fini, et l’homme s’était légèrement reculé, pas assez pour qu’elle n’ait pas envie de soulever la tête et retrouver ses lèvres.
Elle lutta un instant contre cette envie, avant de sourire aux paroles de l’envoleur. Non, il n’était pas un homme sage, et c’était à la fois pour cela qu’elle l’aimait tant et qu’elle avait peur de ce qu’il pouvait faire. De ce qu’il voulait réellement.

Ses caresses eurent raison d’elle en moins de deux secondes.
Elle ferma les yeux un instant, essaya de juguler le désir qui venait d’exploser dans son ventre, mélange de passion et de frustration.


-  Je crois que ça y est : j’ai été frappé par un coup de foudre.

Elle ne put s’empêcher de lâcher un petit rire, qui s’étrangla dans sa gorge quand elle sentit les doigts de Gil s’enfoncer en elle. Un gémissement força ses lèvres, et elle renversa la tête en arrière, en ouvrant les jambes pour lui faire plus de place.
Libertée ne savait pas si elle voulait vraiment qu’il aille plus loin, mais elle le désirait tellement que son ventre en devenait douloureux.
Elle avait réussi à en faire abstraction jusque là, emportée par les émotions dévastatrices qui s’étaient immiscées dans son esprit et en elle. Mais elle ne pouvait pas empêcher son corps de réagir à la présence de Gil : il lui faisait beaucoup trop d’effet pour ça. Elle savait qu’elle devait déjà être trempée, et d’ailleurs ce n’était pas pour rien qu’il s’était enfoncé si facilement si loin si vite en elle…

Elle frissonna, du sexe jusqu’à la racine des cheveux, et posa son regard sur l’homme au dessus d’elle, tandis qu’il saisissait ses poignets pour les tenir au-dessus de sa tête. Elle se cambra, contracta les muscles de son vagin pour l’empêcher de sortir.


- Ferme les yeux.

Sans réfléchir, elle ferma les yeux, et se cambra un peu plus, amenant sa poitrine effleurer celle de l’homme, à travers son tabard.
Elle gémit, tira sur ses bras sans réussir à dégager ses poignets, mais ses paupières étaient toujours closes.


- Tu sens l’effet que tu me fais ? murmura-t-elle doucement, en se tortillant sur les draps…

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Sam 28 Juin 2014, 21:10

[Aaaawnnn !!!!  trampo]



Libertée ferma aussitôt les yeux et se cambra sous la caresse de ses doigts. Enfer ! Existait-il preuve plus évidente ? Le souffle court, Gil accéléra les mouvements de son poignet. Il ne la quittait pas des yeux.

- Tu sens l’effet que tu me fais ?

Il rit, l’embrassa sur le bout du nez.

- Tu parles, tu es trempée… !

Il ne sentait pas seulement, il voyait, aussi : tout proche de l’orgasme, la jeune femme avait les joues roses et les lèvres entrouvertes, elle ondulait contre sa main, la pointe de ses seins tendue et pressée contre son tabard. Il l’aurait bien ôté mais il avait les mains prises. Celle qui retenait les poignets de Libertée avaient fort à faire, car elle tentait de les libérer, probablement pour enfoncer ses doigts dans ses cheveux ou serrer les draps dans ses poings. Sentant sa respiration de plus en plus hachée, Gil ralentit imperceptiblement le rythme. Il ne voulait pas aller trop vite – et elle non plus, car même si elle ne pouvait pas lui dissimuler son plaisir, il devinait encore une vague résistance. Cela le fit sourire. C’était ainsi qu’il l’aimait : belle, farouche, têtue, ne renonçant pas facilement, bien au contraire ; elle s’offrait à lui mais en même temps, elle le mettait à l’épreuve. C’était un test. Le regard de Gil s’assombrit. Il pouvait tenir mais de justesse. Lâchant ses poignets une seconde, il glissa son bras sous sa jambe et la replia contre son coude, avant de bloquer à nouveau ses bras au-dessus de sa tête. L’extraordinaire souplesse de la marchombre l’éblouissait et il pressa ses lèvres contre les siennes pour étouffer son gémissement.

- Tu aimes ? Quand je suis doux et tendre, tu aimes ça ?

Il n’avait pas besoin de réponse verbale, son corps parlait pour elle. Il la sentait se resserrer autour de ses doigts alors qu’elle soulevait les hanches pour appuyer plus fort contre sa main. Elle était prête à exploser d’une seconde à l’autre, mais il voulait faire durer son plaisir, l’emmener plus loin encore dans cet univers intime qu’ils avaient explorés peut-être un peu trop rapidement. Cette découverte valait également pour lui, réalisa-t-il en lutinant sur sa peau, entre ses seins. Il aimait ça autant qu’elle et s’il n’avait pas pour point d’orgue de renouer le contact, il aurait probablement joui depuis longtemps. Il se mordait la lèvre inférieure pour ne pas céder maintenant. La rendre folle, folle de désir, folle de lui, voilà ce qu’il voulait ; lui montrer qu’elle avait autant besoin de lui qu’il avait besoin d’elle. Qu’ensemble ils étaient plus forts que tout. Il lui construirait sa maison sur pilotis, puisqu’elle en rêvait. Il s’assagirait juste assez pour qu’elle soit parfaitement sereine, mais il resterait le couillon un peu sauvage qu’elle aimait. Je suis là, pensa-t-il très fort, à moins qu’il n’ait pensé ces mots à voix haute, il ne savait plus trop. Je suis là et je t’aime, ma Libertée ! Prisonnière de sa poigne solide, coincée sous son poids et torturée par ses caresses, elle se tendit brusquement et le grondement du tonnerre couvrit son cri. Gil l’embrassa jusqu’à ce qu’elle cesse de trembler, puis il retira sa main et glissa un doigt entre ses lèvres. Attendit qu’elle ait ouvert les yeux et planté son regard dans le sien avant de sourire.

- Et bien, quelle passion, mademoiselle Iuaskallaphun !

Il libéra enfin ses poignets et en profita pour décoller une mèche plaquée par la sueur sur son front. Ma belle, ma merveilleuse marchombre. Gil aurait pu rester des heures à l’observer, à la dévorer du regard tandis qu’elle reprenait tout doucement ses esprits, mais ce soir il était un peu trop mal en point pour rester si longtemps en appui sur les avant-bras. Il bascula doucement sur le côté et serra les dents. Le désir brûlait dans ses hanches, à tel point que c’en était douloureux, mais il n’était pas question qu’il fasse quoi que ce soit d’autre si elle ne le permettait pas. Ce voyage dans les étoiles, c’était déjà bien plus qu’il ne l’avait espéré ! Elle ne lui avait pas offert de réponse franche et nette, pas de « oui » pour de bon, mais la façon dont elle s’était abandonnée à lui faisait bondir son cœur dans sa poitrine. Il tourna la tête, scruta un instant son visage. Sourit à nouveau.

- Tu veux qu’on aille plus loin ? chuchota-t-il dans la pénombre.

Son regard grave parlait pour lui, du moins l’espérait-t-il : il ne bougerait pas le petit doigt de la nuit si elle souhaitait simplement dormir un peu. Il en avait bien besoin, après tout. Et leur histoire ne se résumait pas simplement au sexe ! Mais si elle voulait plus qu’un orgasme, si elle lui faisait comprendre qu’elle n’avait pas sommeil, enfer ! Il serait alors incapable de brider sa sauvagerie…

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Dim 29 Juin 2014, 00:51

Un sourire étira les lèvres de la marchombre alors qu'elle sentait son corps se cambrer encore une fois, encore un peu plus. Les mouvements de Gil étaient calculés au millimètre près, à la seconde près. Elle sentait enfler en elle un plaisir incommensurable, et était bien incapable de dire le moindre mots. Non, cela se transformaient en sons explicites, certes, mais pas en mots, en franchissant ses lèvres, et elle avait l'impression que ses gémissements et ses cris ne s'arrêteraient jamais.
Elle se débattait, car elle aimait se débattre, cela mettait du piment, mais aussi parce qu'elle aimait sentir la poigne, la force de son amant, sa passion, l'attention qu'il lui portait à elle, juste à elle. Il la tendait un peu plus, toujours, vers le haut, des pieds aux poignets, et cela ne faisait qu'ajouter du plaisir à sa danse.

Libertée avait tellement envie de presser sa poitrine contre celle de Gil, de plaquer ses seins contre ses pectoraux plutôt que contre son tabard, de le lui arracher avec les dents, s'il le fallait. Gil la lâcha une demi-seconde, la fit changer de position pour la pénétrer plus profondément, toujours avec ses doigts, lui tirant un cri de surprise et de plaisir mêlés. Il la tendait encore plus, jouant avec sa souplesse et la tension de ses muscles, rendant les choses encore plus sensationnelles...

Et elle s'abandonnait, parce qu'elle ne pouvait faire que cela : elle l'aimait, elle l'aimait et elle lui faisait confiance pour ça. Elle avait envie de lui, elle avait envie de passer sa vie avec lui, et rien que cette pensé l'effrayait encore plus, remontant dans son ventre dans un frisson en même temps que l'orgasme, faisant trembler ses entrailles et les réchauffant simultanément.


- Tu aimes ? Quand je suis doux et tendre, tu aimes ça ?
- Je.. Ooh... Ouiii...


Elle haletait, car elle ne pouvait rien faire d'autre, tout simplement. Parce que les seuls sons qui voulaient bien franchir ses lèvres étaient des gémissements et des cris de plaisir, parce que son corps n'était plus que prisonnier de cette spirale infernale.
Le cuir, contre sa peau, l'excitait encore plus, et le rythme changeant de Gil l'entraîna encore plus haut, bien plus haut que les nuages délités dans le ciel, plus haut que le ciel lui-même, encore plus haut, jusqu'à exploser en une myriade d'étoiles, en giboulées arc-en-ciel, couleurs et tonalités de plaisir et de bonheur.

- Et bien, quelle passion, mademoiselle Iuaskallaphun !

Elle haletait encore, et son coeur tambourinait si fort dans sa poitrine qu'elle l'avait l'impression qu'il allait traverser son sein gauche pour embrasser Gil. Elle pouvait sentir son pouls sur le bord de son vagin, tout contre les doigts de Gil, et elle ne put s'empêcher de gémir encore une fois lorsqu'il se retira.
Elle ne voulait pas qu'il parte !
Sauf que la marchombre était simplement incapable de bouger ne serait-ce qu'un orteil, tant son corps était encore parcouru de l'orgasme, contractant et relâchant ses muscles, et chaque nouvelle slave de tremblements déclenchait un nouvel orgasme, comme si cela n'allait jamais s'arrêter...

- Tu veux qu’on aille plus loin ?

Elle prit encore quelques inspirations, et les frissons et tremblements s'estompèrent lentement, laissant la place à un bien-être physique incroyable, qui la fit sourire aux anges.

Gil était allongé à côté d'elle, et la fixait intensément. Elle pouvait ressentir justement toute la puissance de son désir, et l'étincelle au fond de ses yeux. Se léchant les lèvres, un sourire les étira, et elle réussit à basculer au dessus de Gil. Ses doigts s'occupèrent des boutons de son pantalon, qu'elle défit rapidement, et ses cheveux de son tabard, dont elle arracha les boutons sauvagement, pour lui enlever vivement, et plaquer sa poitrine contre son torse.
Sa chaleur l'enveloppa et elle ne bougea plus, l'espace de quelques secondes, sentant parfaitement son désir contre son bas-ventre mais profitant de son odeur musquée et de la température de son corps. Elle était juste bien...

Et puis, ses doigts glissèrent lentement sur les hanches de l'envoleur, remontèrent sur sa taille, sur ses pectoraux, et sa langue dessina les contours de son menton. Se redressant à quatre pattes au dessus de lui, elle lui accorda un long regard, la mine grave, avant de lui sourire.


- Plus précisément : j'exige d'être comblée. T'en penses-tu capable, monsieur Sangrelune ?

Sa langue glissa de son menton sur la ligne de sa mâchoire, puis dans son cou, suivi la courbe de sa carotide pour tâter sa pomme d'adam... ses dents rencontrèrent la peau si tendre, juste en dessous, dans le creux qu'elle mordilla avec délicatesse...

Soulevant les hanches, elle redressa le torse et planta son regard dans celui de Gil.
Ses yeux étincelèrent quand elle s'empala sur lui, et elle ne put retenir un cri rauque alors que ses doigts plongeaient dans ses muscles pectoraux, malaxant sa chair profondément...

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Dim 29 Juin 2014, 11:27

I don’t wanna close my eyes
I don’t wanna fall asleep
Cause I’d miss you baby
And I don’t wanna miss a thing





Gil eut le souffle coupé lorsqu’elle roula sur lui, tout à coup. Et puis il crut mourir de bonheur quand il sentit ses doigts fébriles s’attaquer aux boutons de son pantalon. Il leva les mains pour attraper le col de son tabard, les cheveux de la jeune femme s’occupaient déjà de faire un sort au vêtement. Le tissu craqua sous la pression des mèches qui, mues par une volonté de fer, martyrisaient le cuir souple qu’il affectionnait tant. Mais il s’en fichait complètement. Son cœur s’emballa dans sa poitrine, il remua pour se débarrasser des dernier morceaux du vêtement, pressé de sentir la peau nue de Libertée contre la sienne, de la serrer à nouveau dans ses bras… Voilà. Les seins de la marchombre s’écrasèrent contre son torse alors qu’elle enfouissait le visage dans le creux de son épaule, geste si brusque et si tendre tout à la fois qu’il bouleversa Gil au point de l’immobiliser complètement durant une poignée de secondes. Une petite éternité au cours de laquelle ils se contentèrent d’accorder leurs respirations et leurs battements de cœur.


Cause even when I dream of you
The sweetest dreamed will never do
I’d still miss you baby
And I don’t wanna miss a thing


Une série d’éclairs illumina la chambre, suivit d’un coup de tonnerre qui ébranla la pièce toute entière. Gil en profita pour se noyer dans le regard de Libertée, immense et profond, brillant de désir et de malice. Elle souriait. Elle me sourit, bon sang ! Elle m’en veut peut-être un tout petit peu moins, maintenant… Cette idée fit naître une boule de feu dans le creux de son ventre, et il souleva les hanches, cherchant à la pénétrer. Mais Libertée semblait vouloir lui rendre la monnaie de sa pièce car elle modifia sa position et resta – ô cruellement ! – hors d’atteinte. Elle glissait langoureusement ses mains le long de son torse, chatouillait les muscles de son bassin, frôlait la naissance de son sexe avant de remonter rapidement, et sa langue, loin d’être en reste, dessinait des arabesques de feu sur ses lèvres, son menton et sa gorge. Réprimant un hoquet, Gil ferma les yeux et serra les draps dans ses poings. Il s’en voulait presque de lui avoir infligé pareille torture. Comment avait-elle fait pour ne pas perdre la raison ?! Il allait… Il n’allait pas tarder à… Libertée bougea, se redressa légèrement au-dessus de lui, et il rouvrit les yeux pour la sonder du regard. Il devina ses paroles avant même qu’elle les prononce à voix haute, entre deux coups de tonnerre :

- Plus précisément : j’exige d’être comblée. T’en penses-tu capable, monsieur SangreLune ?

Gil enfonça les doigts dans les hanches de la marchombre. Il était prêt à lui donner tout ce qu’elle voulait ! Il n’avait qu’une envie, une seule envie : lui faire hurler son nom. Toute la nuit. Aussi fort que l’orage qui éclatait dehors, aussi fort que les battements de son cœur dans sa poitrine. Mais ce fut lui qui cria le premier, lorsqu’elle le prit enfin en elle, lentement, profondément. Enfer de bordel de… !!! C’était si bon qu’il en avait les larmes aux yeux. Il réussit quand même à ne pas quitter son regard un seul instant ; lorsqu’il souleva le bassin pour venir à sa rencontre, elle écarquilla légèrement les yeux et enfonça ses doigts dans les muscles de son torse. Il sentit ses ongles lui entamer la peau. La pointe de douleur, brève et intense, lui arracha un gémissement. Enfer, tellement bon… La pluie se mit à tambouriner contre le battant ouvert de la fenêtre, et Gil songea confusément qu’ils auraient peut-être dû la fermer avant de laisser la chambre s’inonder. Ce fut sa toute dernière pensée cohérente.


I don’t wanna miss one smile
I don’t wanna miss one kiss
Well, I just wanna be with you
Right here with you, just like this





Il enroula un bras autour de sa taille et la fit basculer sur le côté, roulant sur elle dans le même mouvement qui les mena tout au bord du lit. Sa peau était brûlante, il se pencha pour lécher une goutte de sueur le long de la tempe de Libertée, pour l’embrasser à la rendre complètement dingue, pour peser un peu plus contre son clitoris, pour l’emmener plus loin encore dans cette danse passionnée – plus loin avec lui. La tension dans ses muscles faisait trembler ses bras, un peu de sang perlait des griffures qui marquaient ses omoplates. Gil s’enfonçait, encore plus, toujours plus, et le lit grinçait sous leurs mouvements désordonnés, gémissaient sous leurs poids conciliés pendant que l’orage de déchaînait férocement dehors, dans un concert de grondements sourds et de flashes aveuglants. Gil fermait les yeux pour juguler cette redoutable frénésie qui s’était emparée de lui, pour prendre le temps d’apprécier, de savourer l’instant – mais Libertée était un véritable torrent de flammes sous lui, exigeant plus, toujours plus. T’en sens-tu capable, monsieur SangreLune ? Il se redressa et tendit la main pour agripper la barre métallique du montant du lit, devant lui ; le changement de position lui permit de la pénétrer plus profondément encore, lui arrachant un cri.


I just wanna hold you close
Feel your heart so close to mine
And just stay here in this moment
For all the rest of time


Ils tombèrent du lit et Gil eut la présence d’esprit d’amortir un peu leur chute. Le drap était tombé avec eux et ils s’emmêlaient dedans, glissant sur le parquet, se cognant à la table de nuit, aux pieds du lit, alors que leurs mouvements se faisaient plus rapides, leur danse plus effrénée, leur passion plus vive ; il la tenait serrée contre lui, si fort qu’il craignait de lui briser les côtes, et pourtant incapable de relâcher un tant soit peu son étreinte. Il ne voulait plus jamais la lâcher. Son corps, cependant, arrivait à ses limites, et il était si prêt de l’orgasme qu’il tremblait de la tête aux pieds. Son souffle saccadé se perdit dans les cheveux de Libertée, il mordit son épaule alors qu’elle hurlait contre son oreille, et s’entendit hurler lui aussi en jouissant enfin, accroché à elle. Il continuait de la pénétrer, sa tête était lourde, ses muscles en feu, et des étoiles explosaient devant ses yeux. Au moment où il tomba de tout son poids sur elle, Gil prononça son nom dans un murmure. Il luttait pour ne pas rouler sur le parquet et perdre connaissance. Peut-être que ce fut le cas, pendant trois ou quatre secondes. Puis il se souvint qu’il l’écrasait sûrement et parvint à se laisser glisser sur le côté. Il se blottit contre elle, si naturellement qu’un vague sourire naquit sur ses lèvres, et il réussit l’exploit, après deux nuits blanches et un passage à tabac, de veiller un peu sur le sommeil de la jeune femme avant de s’endormir à son tour.


Lying close to you, feeling your heart beating,
And I’m wondering what you’re dreaming
Wondering if it’s me you’re seeing
Then I kiss your eyes and thank God we’re together
And I just wanna stay with you
In this moment forever, forever and ever…





[Alors ? Toujours jalouse ? xD  Razz]

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Dim 29 Juin 2014, 12:40

[ Comme si ça partait comme ça ! Razz ]





Everybody knows the truth
Everybody see right throught
There's no escaping what you do
Do to me, do to me...

I swear that you're just sinking in
Like a stain that's on my skin
I try to fight but I won't win any how, it's too late for me now cause…



Le cri de Gil tira un long frisson à Libertée, qui se cambra un peu plus sur lui, avant qu’il ne la fasse basculer sur le côté.
Il était fiché si profondément en elle, le poids de son corps sur le sien, sa langue qui glissait sur sa peau…
Elle poussa un soupir, bascula la tête en arrière, ouvrit les jambes, les passa autour de la taille de l’homme pour mieux accompagner ses mouvements.

L’orage grondait dehors, couvrant les bruits de l’amour et ceux du lit.
Mais la marchombre n’en était plus là : complétement abandonnée à Gil, ses gestes n’étaient plus que frénétiques, passionnés, passionnels… Elle se tortillait sous lui, sur lui ; elle accompagnait ses poussées en elle, se cambrait, basculait son bassin, et ses doigts s’enfonçaient dans les bras de l’envoleur, dans ses omoplates, dans ses cheveux, dans ses fesses…

Ils tombèrent s’emmêlèrent dans les draps, rirent un bon coup. Mais bien que le rire faisait encore monter le plaisir, les sensations de sexe, les muscles qui travaillaient. C’était une délicieuse torture, qui les emmenait toujours plus loin, toujours plus haut. Sur un lit, sur le sol, peu importait.
Les bras rassurants de Gil l’étreignaient puissamment, et elle enfonçait ses doigts dans ses muscles, pour lui dire de ne pas la lâcher. De ne surtout pas la lâcher !



Your love's like ultraviolet
I can feel it burn
But I like it, yeah
I'm on autopilot
Heading for the sun

I don't want what's good for me
I don't need remedy
No one gonna rescue me
From myself


Et puis, les braises s’enflammèrent.
Le feu de leur passion les emmena encore plus loin, plus fort ; les orgasmes les balayèrent comme des fétus de paille et Gil comme Lib ne purent que s’effondrer sur place. La marchombre avait du mal à respirer, et c’est naturellement que l’envoleur se laissa glisser sur le côté, tirant un gémissement de protestation à la jeune femme : elle aimait sentir son poids sur elle, et le sentir en elle, même lorsque le désir retombait. Sentir qu’elle lui appartenait au-delà du sexe lui-même.

Sauf qu’elle s’endormit comme une masse, le nez fourré dans les cheveux de l’envoleur.



♥ ♥ ♥


Ce fut un tambourinement fort et répétitif qui tira Libertée du sommeil.
Elle ouvrit les paupières, alors que la porte de la chambre chancelait sous les coups, et redressa légèrement la tête. Une pointe de douleur parcourut son corps de la pointe de ses pieds à la racine de ses cheveux et elle se rendit compte qu’ils s’étaient endormis à même le sol. Un sourire étira ses lèvres, et elle passa sa main dans les cheveux de Gil pour le tirer du sommeil, avant de se relever précautionneusement et d’aller ouvrir la porte.


- Lib ! J’ai cru qu’il y avait un mort ic…

Il s’interrompit au milieu de sa phrase en se rendant compte que la marchombre était parfaitement nue devant lui, et son regard la détailla des pieds à la tête, sans aucune gêne, même avec avidité. Lib pouffa.


- Non, comme tu vois Phel, nous allons très bien.

Le frontalier fronça les sourcils, et elle vit passer une expression qu’elle ne connaissait pas sur son visage… Juste avant qu’il ne donne un grand coup dans la porte pour bondir dans la chambre.
Il s’arrêta net en contemplant les draps du lit sur le sol et Gil qui se réveillait juste, nu lui aussi.
Libertée croisa ses bas sous sa poitrine, une moue moqueuse sur les lèvres.


- Oui ?
- Je… vous ?
- Te fais pas plus con que t’es, Phel.
- Mais, hier soir… ?
- Sors d’ici, tout de suite.
- Je.. ;


Il jeta un coup d’œil à Gil, le regard frondeur, avant de tourner les talons et de sortir de la petite pièce.
Libertée vint s’asseoir en tailleur à côté de l’envoleur et lui sourit tranquillement.


- J’ai un peu faim, ça te dirait de manger quelque chose ?

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Dim 29 Juin 2014, 14:27

Allongé sur le parquet de la chambre, au pied du lit, Gil dormait à poings fermés. Un bras jeté en travers de la taille de Libertée, comme pour affirmer que même au creux de son sommeil, il n’était pas prêt de la laisser filer. Le drap glissait sur la courbe de ses hanches avant de s’emmêler dans ses jambes. La fenêtre toujours grande ouverte laissait entrer une douce lumière et le gazouillement des oiseaux emplissait l’air tandis que quelques dernières gouttes de pluie roulaient le long de la gouttière. Dernier vestige de cette nuit orageuse, la flaque qui trônait sur le sol, juste sous la fenêtre, et le parfum si particulier, presque unique, qui succède à la pluie d’été. Gil soupira et remua légèrement. Ses doigts se crispèrent brièvement avant de se détendre. Il était en train de poursuivre un rêve qui apaisait ses traits et gonflait sa poitrine d’un souffle lent et régulier. Les coups frappés à la porte ne parvinrent pas à trouver sa conscience, mais la main qui se glissa un bref instant dans ses cheveux, caresse légère et pleine de tendresse, l’éveilla aussi efficacement qu’un coup de pied au derrière. Le jeune homme s’étira doucement, sourit et tendit le bras pour attraper la main taquine… et le corps qui y était attaché. Mais Libertée n’était déjà plus là.

Gil ouvrit les yeux à l’instant précis où la marchombre ouvrait la porte. Peinant encore à émerger des brumes du sommeil, il ne reconnut pas la voix de son interlocuteur. Il se trouvait de l’autre côté du lit et il ne distinguait de lui qu’une paire de bottes, hautes, larges et impeccablement cirées. Des bottes qui eurent le culot de faire quelques pas dans la pièce, forçant l’Envoleur à se redresser à moitié. Il s’apprêtait à arranger le drap autour de ses hanches pour accueillir bon gré, mal gré leur visiteur, mais en levant les yeux, il croisa le regard brillant de reproches du dernier type qu’il avait envie de voir au réveil. Le Frontalier. Celui qui avait embrassé Libertée avant de lui filer une rouste sans doute bien méritée. C’est uniquement pour cette dernière raison que Gil resta sagement à sa place au lieu de se jeter sur lui pour échanger quelques coups, d’homme à homme ; mais cela ne l’empêcha pas de laisser le drap là où il était, dévoilant sa nudité quasi complète et ô combien suggestive. D’autant que son corps, en achevant de se réveiller complètement, se tendait déjà à moitié de désir.

- Oui ? s’éleva la voix de Libertée, moqueuse à souhait.
-Je… vous ?
- Te fais pas plus con que t’es, Phel.


Ouais, Phel. T’as bien compris, mon pote : cette fille est à moi. C’est ma nana !

- Mais, hier soir… ?
- Sors d’ici, tout de suite.
- Je…


Le dénommé Phel fusilla Gil du regard et y glissa une menace implicite, quelque chose du style vas-y, fais-lui mal encore une fois et je t’arrache les couilles pour te les faire avaler ! Bien sûr, Gil ne put s’empêcher de redresser le menton, histoire de défier cet homme de mettre son avertissement à exécution. Mais le Frontalier était plus sage qu’il le laissait croire, et il tourna les talons sans plus rien ajouter. Par-dessous le lit, Gil regarda les bottes sortir de la chambre, remplacés par les pieds nus de Libertée qui le rejoignit rapidement. Elle était resplendissante, remarqua-t-il immédiatement. Elle rayonnait littéralement dans l’éclat du soleil, ses cheveux tout ébouriffés et le regard encore ensommeillé ; elle avait ce petit sourire aux lèvres, toute fière d’elle, et il se demanda si c’était parce qu’elle venait de flanquer Phel à la porte, après lui en avoir mis plein la vue, ou bien si elle repensait à leur nuit fantastique.

- J’ai un peu faim, ça te dirait de manger quelque chose ?

Quoi, c’est tout ? Pas un bisou, pas un bonjour ? Après qu’il lui ait fait l’amour comme un possédé toute la nuit, elle n’était plus qu’un ventre affamé ? Le regard de Gil glissa du visage de la jeune femme à son abdomen – non sans admirer sa magnifique poitrine au passage – et il s’asséna une claque mentale. Idiot ! Elle est enceinte, c’est normal si elle a les crocs ! Retrouvant instantanément sa bonne humeur, Gil lutta quelques instants avec le drap, avant de laisser tomber et de se glisser tel quel près de la jeune femme. Il l’attrapa par la nuque et lui renversa la tête en arrière pour l’embrasser à pleine bouche. Ta fringale attendra que je te dise bonjour comme il se doit, ma belle ! Un instant plus tard, il la regardait en souriant, plus malicieux que jamais.

- Tiens donc, on meurt de faim au saut du lit ? Aurait-on été très occupée au cours de la nuit ?

Elle était si belle qu’il avait envie de l’allonger à nouveau sur le parquet. L’idée qu’il puisse l’emmener toucher les étoiles avec lui, mais en plein jour, lui donnait toutes sortes d’idées plus érotiques les unes que les autres. Gil se contint pourtant : s’il cédait à son désir maintenant, Libertée ne mangerait rien avant un long, un très long moment. Il l’embrassa sur le front puis se redressa en grimaçant. Nom de nom ! Il était fourbu de partout. Le moindre muscle protestait vivement à chacun de ses mouvements et il serra les dents rien que pour enfiler son pantalon et ses bottes. Son regard tomba alors sur le tabard qui gisait, éparpillé un peu partout dans la chambre. Heureusement que c’est l’été… Contournant le lit, il glissa un bras dans le dos de Libertée, l’autre sous ses jambes et la souleva pour la jeter sur le lit. Elle rebondit sur le matelas et leurs rires se mêlèrent un instant. Echange parfait qui gonfla le cœur de Gil d’un bonheur immense. Il se pencha et l’embrassa, encore, et encore, et encore. Jusqu’à ce que la force de son désir déforme le tissu de son pantalon. Il gémit contre ses lèvres.

- Enfer, marmonna-t-il, je crois que je n’ai jamais bandé aussi fort de toute ma vie… Je vais devoir raser les murs pour aller chercher ton petit-déjeuner !

Il grimaça, parce que c’était vrai, mais surtout parce qu’il eut vraiment beaucoup de mal à s’écarter de Libertée.

- J’en ai pour une minute.

Avant de ne plus avoir assez de volonté, Gil se glissa hors de la chambre et disparut dans le couloir. Ses courbatures ne l’empêchèrent pas de dévaler l’escalier à toute allure. Dans la salle, quelques exclamations typiquement masculines saluèrent son passage ; le maître des lieux semblait toutefois très loin de partager cette admiration car il prépara le plateau du jeune homme sans cesser de l’abreuver de reproches diverses et variées. « Bruits déplacés », « grincements incessants » et « hurlements » revinrent très souvent dans son flot de paroles qui glissa le long de Gil sans l’atteindre une seule fois. Il avait cette expression sur le visage, rêveuse et grave tout à la fois, qui trahissait son état d’esprit et le rendait reconnaissable à des lieues à la ronde : il était amoureux. Et c’est donc tout naturellement qu’il remonta à la chambre, le plateau dans ses bras, les paroles d’une chanson sans doute un peu mièvre au bord des lèvres. Il ouvrit la porte d’un coup d’épaule et s’approcha du lit.

- Et voilà, le p’tit dej’ est servi !

Il posa le plateau sur le matelas et s’assit avant de piocher un petit pain grillé, qu’il coinça entre ses lèvres avec gourmandise. L’instant d’après, il attrapait une cerise – le patron de l’auberge était un ours grognon, certes, mais qui avait le cœur sur la main ! – et la glissait lui-même dans la bouche de Libertée. Le regard qu’elle lui lança eut un effet vraiment spécial sur son cœur : il décrivit un saut périlleux dans sa poitrine. Attends, c’est possible, ça ? se demanda-t-il fugacement. Et il referma vivement les poings sur ses genoux pour s’empêcher d’envoyer le plateau valser.

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 00:37

Libertée ne comprit pas l’éclat étrange dans le regard de Gil, alors qu’elle lui disait qu’elle avait faim : quoi ? Elle avait fait quelque chose de mal ? Pourtant, elle venait de renvoyer Phel proprement quand même ! Mais la lueur disparut aussi vite qu’elle était arrivée, et la marchombre pencha la tête sur le côté, un sourire aux lèvres, observant l’envoleur à peine réveillé.
Avec les cheveux en bataille, sa barbe d’un jour et surtout dans son plus simple apparat, il était juste… éblouissant. Impressionnant. Magnifique ! Elle sentit son ventre se réchauffer alors qu’elle n’avait posé que ses yeux sur lui, alors qu’il essayait de se débarasser des draps, lui tirant un petit rire.
Petit rire qui s’étouffa tout contre les lèvres de l’envoleur, quand il l’embrassa goulument. Oups, elle ne lui avait pas dit bonjour, en effet ! Se rendant compte de sa méprise, et à quel point son estomac l’avait dressée rapidement, elle fit une petite grimace d’excuses à Gil.
Il ne sembla pas lui en vouloir, et apparemment il se fit un honneur et un devoir de rattraper son erreur en lui renversant la tête en arrière pour l’embrasser encore plus profondément.

- Tiens donc, on meurt de faim au saut du lit ? Aurait-on été très occupée au cours de la nuit ?

- C’est ta faute du début à la fin ! En plus hier soir j’ai à peine mangé deux fourchettes à cause de ton arrivée…


Elle lui tira la langue, et puis passa sa main sur son torse nu. Assise à même pas quelques centimètres de lui, en tailleur, elle était totalement offerte et pourtant Gil la surprit en se levant pour se rhabiller et aller chercher quelque chose à grignoter. Enfin, pas avant de l’avoir littéralement jetée sur le lit dans un rire malicieux. Verrouillant ses jambes autour du bras de l’envoleur, elle réussit à l’entraîner sur le lit lui aussi, et ils y rebondirent à deux l’espace de quelques secondes.
Jusqu’à ce que leurs lèvres se rejoignent, encore et encore, enflammant chacun de leurs sens, et surtout leurs ventres avides.


– Enfer, je crois que je n’ai jamais bandé aussi fort de toute ma vie… Je vais devoir raser les murs pour aller chercher ton petit-déjeuner !

Libertée rit, malicieuse, laissant glisser ses mains dans le pantalon de Gil, juste à l’orée de son sexe gonflé, et se mordit la lèvre en lui coulant un regard plus que suggestif.
Et elle éclata de rire devant sa grimace


- J’en ai pour une minute.

Elle sourit, et bascula sur le dos, les mains sous la tête, les coudes ouverts, et poussa un long soupir.
Elle se sentait pleine, entière, elle-même à cet instant précise.
Heureuse.
Pourtant, il y avait toujours ce point noir, dans son ventre. Un pincement qui persistait ; et elle savait qu’il persisterait encore, jusqu’à ce qu’elle puisse voir de ses propres yeux comment Gil et Naïs avaient réglé les choses. S’ils les avaient vraiment réglées. Est-ce que Naïs était d’accord avec Gil ? Est-ce qu’elle voulait vraiment être son amie, ou était-ce une stratégie de sa part pour le remettre dans son lit ? Même si elle tenait à Pan… Libertée avait longtemps joué ainsi avec les hommes, sans jamais tomber amoureuse alors qu’eux se seraient damnés pour elle. Elle savait que d’autres femmes le faisaient, et même en ayant rencontré Naïs quelques jours, elle ne pouvait pas avoir la certitude que cette dernière ne jouait pas à ce jeu-là ; tout simplement parce qu’elle avait eu réellement l’impression qu’elle était amoureuse de Pan, et qu’elle-même étant amoureuse, elle n’avait pas réussi à toucher un autre homme que Gil depuis plus d’un an et demi, même en ayant essayé.

La marchombre ôta ses mains de derrière sa tête pour les poser toutes les deux sur son ventre. Le haut de son ventre, qui s’arrondirait bientôt, alors qu’il était encore si parfaitement plat. Elle avait peur du déroulement de la grossesse, elle avait peur d’avoir les abdominaux déchirés, de prendre beaucoup trop de poids, de devoir être alitée pendant des mois… Elle avait peur de tout ça, évidemment, parce qu’elle ne pouvait imaginer que le pire, là : cela venait déjà de se révéler utile, et cela venait de se dérouler aussi…

La porte de la chambre s’ouvrit, laissant apparaître Gil avec un immense plateau rempli de victuailles ; et Libertée en oublia instantanément ses réflexions : elle bondit sur ses fesses pour s’asseoir en tailleur sur le lit et se trémousser d’impatience et de faim.
Elle saisit vivement un croissant, et l’engloutit si vite que Gil eut à peine le temps de coincer un bout de pain grillé entre ses dents. Et heureusement, parce que quand il porta une cerise tout contre ses lèvres, elle ouvrit délicatement la bouche en lui lançant un regard érotique et très suggestif. Saisissant le fruit entre ses dents, elle fit glisser sa langue sur le rouge intense de la petite boule, et la décortiqua pour l’avaler, malicieuse.

Au vu de la réaction de Gil et du mouvement du plateau, son petit numéro eut l’effet escompté. Riant, Libertée se pencha sur Gil et passa sa langue rosie sur ses lèvres, mais s’éloigna avant même de l’embrasser, attrapa une brioche vivement et la dévora en quelques secondes, puis elle en subtilisa une seconde pour l’enfoncer dans sa bouche, et regarda Gil avec les joues gonflées par la nourriture, avant d’éclater de rire et d’envoyer quelques projectiles sur le sol de la chambre.


- Oh, pardon !  dit-elle en riant, et en s’essuyant la bouche d’un revers de main. J’avais vraiment trop trop faim !

Elle mangea encore deux brioches et descendit une tasse complète de lait réchauffé, puis croqua dans une pêche à la peau si douce que l’on aurait pu croire à une peau de bébé.

Repoussant le plateau des jambes de l’envoleur, la marchombre lui adressa un sourire coquin, et s’assit à l’exacte place du plateau, ses propres jambes de chaque côté des deux jambes de l’homme. Le pli de ses fesses était collé au pantalon de Gil, et elle entreprit de le lui enlever une seconde fois.

- Je vais devenir énorme si je mange déjà comme ça ! lui dit-elle sur le ton de la taquinerie. Puis, grimaçant, elle ajouta : Pas sûre que tu aimes les baleines, c’est pas trop ton style !

Puis, elle planta son regard dans celui de Gil, avant de l’embrasser doucement. Très doucement. Le désir s’engouffra en elle tel un ouragan, et elle se sentit devenir liquide, tandis que le pantalon de l’homme glissait sur le sol. Elle mourrait d’envie de le sentir en elle, mais d’abord…
D’abord, elle se laissa glisser le long des jambes de l’envoleur, pour attraper délicatement son gland entre ses lèvres, et faire coulisser son sexe dans sa bouche. Tellement dur, tellement beau, elle l’explora du bout de la langue et sous toutes les coutures, se délectant des gémissements qu’elle tirait à Gil, se délectant qu’il aime tant cela, se délectant de lui donner du plaisir, elle aussi. Ses doigts caressaient l’intérieur de ses cuisses, son ventre, son torse… ceux de sa main droite trouvèrent sa bouche pour qu’il les suce eux aussi, et Libertée s’appliqua à faire exactement ce que Gil faisait à ses doigts avec sa bouche.

Et alors qu’elle sentit qu’il arrivait presque, que la tension avait envahi son sexe en entier, que ses testicules étaient remontés, elle donna un coup de langue tout en le lâchant, et redressa le menton.


- Prêt ?

Et elle mordilla le bout de son sexe de ses dents, doucement mais habilement, et but ce qu’il restait du plaisir, de l’orgasme qui secoua Gil tellement fort qu’il s’en effondra sur le matelas.


- Mmm !

Remontant lentement le long du corps de l’homme, elle se blottit tout contre son torse, fourrant son nez entre son aisselle et ses muscles, respirant son odeur à pleins poumons.
Peut-être qu’elle s’endormit, en fait…

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 11:48

… Il avait eu raison de remplir outrageusement le plateau. Certes, initialement il avait pensé que ce serait lui, l’homme, qui engloutirait plus de la moitié de ce qu’il avait remonté dans la chambre, parce qu’il avait au moins aussi faim qu’elle après une telle nuit, et parce que son métabolisme était assez exigeant en la matière. Sauf que Lib avala un croissant puis une brioche avant d’en attraper une seconde. Tout ça dans le même élan. Et Gil, fasciné, resta complètement coi devant cette femme qui mangeait sans faire de manière, avec un air gourmand sur le visage et une lueur coquine au fond des yeux. Il songea confusément qu’elle était plus sexy que jamais et resserra les poings sur les draps. Réalisant brusquement qu’il ne la quittait pas des yeux, la marchombre éclata de rire, projetant des miettes de brioche un peu partout sur le lit.

- Oh, pardon ! J’avais vraiment trop faim !
- Ça, je l’ai remarqué…


Gil secoua la tête, amusé. Bon sang, cette fille le rendait dingue. Elle était capable de rester incroyablement sensuelle tout en s’empiffrant joyeusement et sans complexe. Elle n’était pas comme ces femmes qui picorent difficilement et ne gardent pas longtemps leur maigre repas dans le ventre ; Libertée avait un corps de rêve et pas un gramme de graisse. Rien que du muscle et des courbes affolantes. Son ventre allait bientôt s’arrondir, mais Gil ne parvenait pas à envisager qu’une telle transformation puisse ternir le charme de la jeune femme ; au contraire, il l’imaginait lumineuse et il avait hâte, tout à coup : hâte de pouvoir l’admirer chaque jour, chaque minute, chaque seconde de sa grossesse. Libertée devait penser à la même chose, parce qu’une fois rassasiée – deux brioches et une pêche plus tard… – elle poussa le plateau et s’installa sur ses jambes et le considéra d’un air exagérément contrarié.

- Je vais devenir énorme si je mange déjà comme ça ! Pas sûre que tu aimes les baleines, c’est pas trop ton style !
- Détrompe-toi, il se trouve justement que j’ai un faible pour les cétacés !


Sa voix s’était éraillée sur la fin, parce que Lib s’était doucement appuyée contre lui, exerçant une délicieuse pression sur son membre douloureusement tendu. Il avala lentement sa salive, sentit sa bouche s’assécher, son cœur s’emballer. La force de son désir lui coupa le souffle et il lâcha le drap pour attraper la marchombre dans ses bras. Il se rendit vaguement compte qu’elle lui retirait son pantalon et remua légèrement pour lui faciliter la tâche. Elle l’embrassa doucement, puis descendit le long de son ventre, suivant la ligne de poils qui menait de son nombril à…

- Oh-bon-sang-de-bon-sang… ! lâcha-t-il dans un hoquet lorsqu’il sentit la langue de Lib à l’endroit où il avait désespérément besoin d’être touché.

C’était incroyable. Enfer ! Incroyable était un pâle euphémisme ! Ce qui ressentait était au-delà des mots, totalement indescriptible et franchement divin. A tel point que Gil grinça des dents. Ce que Lib était en train de lui faire, c’était… magique. Elle léchait doucement son sexe, de la base jusqu’au gland, torture lente et savoureuse qui aiguillonnait son désir de seconde en seconde. Il n’était pas sûr de tenir la distance, alors qu’elle le touchait à peine. Incroyable. Bordel, y’a pas d’autre mot… ! Il baissa les yeux et la regarda faire un moment, concentrée sur sa tâche ; elle avait sur le visage cette même expression gourmande que lors de son petit déjeuner, avalant sa queue comme une brioche. Il gémit. Ferma les yeux, renversa la tête en arrière, enroula son poing dans les cheveux de la jeune femme pour s’accorder à ses délicieux mouvements.

- Lib, je… haleta-t-il, enfer ! C’est bon

Elle était parfaite. Parfaite. Il sentait sa main caressait sa peau brûlante, apaisante alors que ses lèvres, sa bouche devenaient pressantes ; elle glissa ses doigts sur son menton et il attrapa son poignet pour les prendre dans sa bouche. Bordeeeeeel ! Gil se mit à trembler, à respirer plus fort, plus vite. Le plaisir montait en flèche et il se savait impossible de l’arrêter. Lib l’avait compris.

- Prêt ? demanda-t-elle dans un souffle.
- Enfer, oui… !

Oui, oui, oui. Oh que oui, il était même si près que son souffle se bloqua dans ses poumons et ses poings se contractèrent dans les cheveux de la marchombre. L’orgasme l’emporta violemment dans sa tourmente, il jouit dans un cri et s’effondra sur le matelas, bousculant le plateau qui bascula sur le parquet dans un bruit de verre brisé. Des tâches de lumières dansaient devant ses yeux. Gil respirait par saccades, le ventre agité de soubresauts, le cœur battant la chamade. Entre ses yeux mi-clos, il vit Libertée essuyer ses lèvres d’un revers du bras avant de venir s’allonger contre lui. Il embrassa ses cheveux, posa la main sur sa hanche et plongea dans un sommeil profond.



*



- Lib… chuchota-t-il pour la troisième fois.

Seule la respiration lente et régulière de la jeune femme lui répondit. Gil sourit. Il s’était réveillé quelques minutes plus tôt, sans avoir la moindre idée de l’heure qu’il pouvait être ; la lumière du jour avait changé mais il semblait y avoir encore du soleil, et une brise légère agitait doucement les rideaux de la fenêtre ouverte. Ouverte. Son rire s’élargit lorsqu’il réalisa que depuis hier soir, ils faisaient l’amour sans avoir pensé à la fermer une seule fois, permettant à tous les passants d’entendre la passion de leurs ébats. Une idée qui lui plaisait et qui alluma une étincelle de pure malice au fond de ses yeux. Ses doigts, qui décrivaient distraitement des cercles sur la peau tendre et douce du bassin de la marchombre, s’enhardirent et descendirent un peu plus bas. Un tout petit peu plus bas. Encore un peu… Elle frémit légèrement contre lui mais ne s’éveilla pas. Il rit doucement en la trouvant trempée et déjà prête à l’accueillir. Plus tard, se temporisa-t-il en se redressant sur un coude.

Il se pencha et attrapa un téton entre ses dents. Il le mordilla jusqu’à ce qu’il durcisse entre ses lèvres, et s’attaqua au second sans cesser de bouger légèrement sa main entre ses cuisses. Lib remua, gémit dans son sommeil, à moitié réveillée par le désir qu’il sentait monter en elle – son souffle s’accélérait, ses mouvements aussi. Gil se redressa et se plaça face elle, subjugué par la manière dont elle se tenait, les yeux clos, alanguie de sommeil et de désir, ses cheveux étalés sur les oreillers comme une couronne de lumière ; il l’aimait si fort en cet instant que son cœur lui faisait presque mal en cognant contre sa poitrine. Lui écartant doucement les jambes, il se glissa entre ses cuisses et embrassa délicatement son intimité. Petit à petit, elle commença à soupirer, à gémir, à se frotter contre lui, et il s’enhardit, se mit à lui donner du plaisir avec la même passion qu’elle lorsqu’elle s’était occupée de lui. Il se fit patient mais exigeant, modulant ses coups de langue pour l’emmener là où il désirait l’emmener, et lorsqu’elle succomba enfin, il ne lui laissa pas le temps de récupérer. Il se redressa, attrapa ses hanches pour l’attirer et à lui et la pénétra d’un puissant coup de rein, avant de régaler les passants d’une nouvelle chevauchée bruyante et passionnée…

Lorsqu’il retomba sur Libertée, sans force et comblé, Gil enfoui son nez dans les cheveux de la marchombre et resta un petit moment dans cette position. Il s’efforçait de ne pas peser de tout son poids sur elle, pour ne pas gêner sa respiration vive et encore saccadée, mais il sentait qu’elle aimait  ça, ce petit moment d’abandon, sur elle et en elle. Instant de bonheur absolu auquel il goûtait sans modération. Il aurait bien piqué un petit somme, mais la faim le taraudait de nouveau et il se dit que si tel était le cas, Libertée devait être littéralement affamée. Il roula sur le côté et secoua la tête.

- Je vais mourir très jeune si on continue à ce rythme là, conclut-il d’un ton mi figue, mi-raisin. Mais je ne peux plus m’en passer du tout.

Il ne pouvait plus se passer d’elle, c’était évident. Mais cette évidence ne lui faisait plus peur du tout.

- Il faut que je me lève, dit-il encore, j’ai une baleine à nourrir…

Un oreiller en pleine figure ponctua sa remarque moqueuse.



*



Ils firent une toilette bien méritée, réussissant moyennement à ne pas perdre trop de temps en caresses et taquineries, puis Gil enfila son pantalon et ses bottes, avant de s’appuyer dans un coin de la chambre, assez loin de Libertée pour espérer rester habillé un peu plus de cinq minutes. Il aurait volontiers passé le reste de la journée dans ses bras mais ils avaient besoin de se dégourdir les jambes et de prendre l’air.

- Allez viens, joli cœur, je t’emmène en balade.

Lorsqu’ils sortirent dans les lumières changeantes de la fin de journée, Gil sentit sa poitrine se gonfler de fierté. Il boitillait légèrement à cause de la trempe que cet idiot de Frontalier lui avait administrée mais il était heureux de faire quelques pas en compagnie de Libertée. Il ne se promenait pas seulement en compagnie d’une femme, il se promenait avec celle dont il était amoureux. C’était différent, il le comprenait à présent. Et vraiment merveilleux. Sans un mot, il glissa sa main dans celle de la marchombre et lui sourit. Il l’entraîna dans une auberge où l’on servait toutes sortes de plats savoureux et lui offrit un repas digne de ce nom. Ils étaient assis l’un en face de l’autre, sur une terrasse pleine de monde, des gens joyeux qui riaient doucement et des enfants qui jouaient dans la rue. L’atmosphère était tranquille et détendue. Gil ne pouvait détacher son regard de Libertée.

- Tu te régales ? demanda-t-il en sirotant son verre.

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 13:26

C’était un rêve vraiment très agréable.
Très très agréable.
Est-ce qu’un rêve pouvait être aussi réaliste ?
Non lui répondirent ses seins, délicieusement torturés.
Non, lui répondit son clitoris, frémissant soudain sous une caresse humide. Une onde traversa son ventre de part en part, et lui fit ouvrir les yeux. Au deuxième coup de langue – oui, c’était une langue, la langue de Gil ! – elle ouvrit les paupières et se réveilla complètement. Le troisième lui tira un cri de plaisir qu’elle ne put retenir, malgré ses muscles encore tout engourdis de sommeil.
Elle n’eut même pas le temps de penser, de s’en remettre, de comprendre, que déjà l’homme venait en elle, lui tirant un second orgasme rien qu’en la pénétrant, la faisant couiner, gémir, hurler de plaisir.

Lorsque Gil s’écroula sur elle, Libertée enroula ses bras autour du torse de l’envoleur, pour le garder tout contre elle, tout contre sa poitrine. Elle aimait le sentir encore brûlant, dégoulinant de sueur, en elle, sur elle… Inspirant son odeur, elle passa ses mains dans ses cheveux, collant son nez dans son cou, sous son oreille, déposant des baisers tout légers sur sa peau fine.


- Je vais mourir très jeune si on continue à ce rythme-là.. Mais je ne peux plus m’en passer du tout.
- C’est toi qui a parlé de huit fois par jour… On en est loin là !
- Il faut que je me lève, j’ai une baleine à nourrir…
- Saloperie !


Pour lui faire sentir le fond de sa pensée, la marchombre saisit l’oreiller sous sa tête et le lança à Gil, qui se le reçut en pleine poire.
Elle riait aux éclats.



♥ ♥ ♥


Les rues d’Al-Chen n’étaient pas très fréquentées, alors que le soleil plongeait vers l’horizon.
Libertée se sentait bien, plutôt sereine. Et quand Gil avait glissé sa main dans la sienne, son cœur avait fait un bond immense dans sa poitrine, la transperçant presque sous son coup puissant.
Ils se promenaient tous les deux.
Main dans la main.
Rien que cette pensée faisait naître des papillons dans le ventre de la marchombre. Et ce contact, lui, faisait bouillir quelque chose dans sa poitrine, peut-être son cœur. Elle serrait les doigts de Gil comme si sa vie en dépendait, parce qu’elle ne voulait plus qu’il la lâche, parce qu’elle ne voulait pas qu’il s’en aille, et qu’elle ne voulait pas s’en aller.

Elle se surprit à se détendre de plus en plus alors qu’ils avançaient dans les rues, ainsi. Parce que tout le monde les regardait, plus personne ne voulait se jeter sur l’envoleur, et les gens remarquaient qu’ils étaient ensemble. Oui, ils étaient ensemble. Levant le menton vers Gil, Libertée se demanda un instant combien de temps ce doux bonheur durerait. Parce qu’ils finiraient par croiser Naïs, en tout cas elle le voulait. Elle voulait la voir ! Elle voulait être certaine, elle voulait s’assurer de ce qu’il se passait, de ses propres yeux.

L’homme l’entraîna dans une auberge, dans une rue assez fréquentée, et ils s’assirent l’un en face de l’autre.
Comme un couple.
Le ventre de Lib se réchauffa, et elle sourit. Peut-être qu’elle avait l’air idiote, naïve, et tout ce vocabulaire un peu niais, mais elle n’en avait strictement rien à faire : elle était heureuse. Posant une main sur son ventre, elle se demanda si le bébé les rapprocherait ou les séparerait. Parce que si Gil avait envie de devenir Papa, finalement, ni lui ni elle n’avait décidé d’avoir ce petit être…


- Tu te régales ?

La voix de l’homme la tira de ses pensées, et elle hocha frénétiquement la tête en mâchant avec délice son plat. Un énorme plat, bien mérité. Ils avaient besoin de forces, l’un et l’autre !
Son pied se glissa contre la cheville de Gil, sous la table, et elle lui adressa un regard pétillant.


- Tu as une idée d’endroit où poser une maison ? J’ai vu en revenant à Al-Chen une maison dans le style abandonnée, au milieu d’un marais du Lac Chen, au milieu d’un ponton. Mais… Tu ne crois pas qu’on va nous chercher ? On devrait peut-être essayer de trouver une autre idée, plus discrète. Tu as une idée, toi ?

Elle avala plusieurs autres bouchées, essayant de trouver une idée elle aussi.

- En même temps, pour la voir, cette maison abandonnée, il fallait vouloir absolument aller se baigner sur le champ en passant par cet endroit, et braver une armée de roseaux enragés.

Riant à sa propre bêtise, elle leva les yeux vers Gil, et se pencha par-dessus la table pour faire glisser son pouce sur la commissure des lèvres de l’envoleur.  Se mordant la lèvre inférieure, elle ne put s’empêcher de lui murmurer :

- Je t’aime, Gil.

Se rasseyant, soudain son regard redevint sérieux.

- Je t’aime, mais j’ai besoin de voir ce que tu m’as dit de mes propres yeux. Il faudra qu’on voit Naïs, tous les deux. Pas tout de suite, je te veux d’abord juste pour moi. Longtemps. Tu en penses quoi ? Tu crois que tu pourras me supporter ?

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[-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]
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