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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 13:26

C’était un rêve vraiment très agréable.
Très très agréable.
Est-ce qu’un rêve pouvait être aussi réaliste ?
Non lui répondirent ses seins, délicieusement torturés.
Non, lui répondit son clitoris, frémissant soudain sous une caresse humide. Une onde traversa son ventre de part en part, et lui fit ouvrir les yeux. Au deuxième coup de langue – oui, c’était une langue, la langue de Gil ! – elle ouvrit les paupières et se réveilla complètement. Le troisième lui tira un cri de plaisir qu’elle ne put retenir, malgré ses muscles encore tout engourdis de sommeil.
Elle n’eut même pas le temps de penser, de s’en remettre, de comprendre, que déjà l’homme venait en elle, lui tirant un second orgasme rien qu’en la pénétrant, la faisant couiner, gémir, hurler de plaisir.

Lorsque Gil s’écroula sur elle, Libertée enroula ses bras autour du torse de l’envoleur, pour le garder tout contre elle, tout contre sa poitrine. Elle aimait le sentir encore brûlant, dégoulinant de sueur, en elle, sur elle… Inspirant son odeur, elle passa ses mains dans ses cheveux, collant son nez dans son cou, sous son oreille, déposant des baisers tout légers sur sa peau fine.


- Je vais mourir très jeune si on continue à ce rythme-là.. Mais je ne peux plus m’en passer du tout.
- C’est toi qui a parlé de huit fois par jour… On en est loin là !
- Il faut que je me lève, j’ai une baleine à nourrir…
- Saloperie !


Pour lui faire sentir le fond de sa pensée, la marchombre saisit l’oreiller sous sa tête et le lança à Gil, qui se le reçut en pleine poire.
Elle riait aux éclats.



♥ ♥ ♥


Les rues d’Al-Chen n’étaient pas très fréquentées, alors que le soleil plongeait vers l’horizon.
Libertée se sentait bien, plutôt sereine. Et quand Gil avait glissé sa main dans la sienne, son cœur avait fait un bond immense dans sa poitrine, la transperçant presque sous son coup puissant.
Ils se promenaient tous les deux.
Main dans la main.
Rien que cette pensée faisait naître des papillons dans le ventre de la marchombre. Et ce contact, lui, faisait bouillir quelque chose dans sa poitrine, peut-être son cœur. Elle serrait les doigts de Gil comme si sa vie en dépendait, parce qu’elle ne voulait plus qu’il la lâche, parce qu’elle ne voulait pas qu’il s’en aille, et qu’elle ne voulait pas s’en aller.

Elle se surprit à se détendre de plus en plus alors qu’ils avançaient dans les rues, ainsi. Parce que tout le monde les regardait, plus personne ne voulait se jeter sur l’envoleur, et les gens remarquaient qu’ils étaient ensemble. Oui, ils étaient ensemble. Levant le menton vers Gil, Libertée se demanda un instant combien de temps ce doux bonheur durerait. Parce qu’ils finiraient par croiser Naïs, en tout cas elle le voulait. Elle voulait la voir ! Elle voulait être certaine, elle voulait s’assurer de ce qu’il se passait, de ses propres yeux.

L’homme l’entraîna dans une auberge, dans une rue assez fréquentée, et ils s’assirent l’un en face de l’autre.
Comme un couple.
Le ventre de Lib se réchauffa, et elle sourit. Peut-être qu’elle avait l’air idiote, naïve, et tout ce vocabulaire un peu niais, mais elle n’en avait strictement rien à faire : elle était heureuse. Posant une main sur son ventre, elle se demanda si le bébé les rapprocherait ou les séparerait. Parce que si Gil avait envie de devenir Papa, finalement, ni lui ni elle n’avait décidé d’avoir ce petit être…


- Tu te régales ?

La voix de l’homme la tira de ses pensées, et elle hocha frénétiquement la tête en mâchant avec délice son plat. Un énorme plat, bien mérité. Ils avaient besoin de forces, l’un et l’autre !
Son pied se glissa contre la cheville de Gil, sous la table, et elle lui adressa un regard pétillant.


- Tu as une idée d’endroit où poser une maison ? J’ai vu en revenant à Al-Chen une maison dans le style abandonnée, au milieu d’un marais du Lac Chen, au milieu d’un ponton. Mais… Tu ne crois pas qu’on va nous chercher ? On devrait peut-être essayer de trouver une autre idée, plus discrète. Tu as une idée, toi ?

Elle avala plusieurs autres bouchées, essayant de trouver une idée elle aussi.

- En même temps, pour la voir, cette maison abandonnée, il fallait vouloir absolument aller se baigner sur le champ en passant par cet endroit, et braver une armée de roseaux enragés.

Riant à sa propre bêtise, elle leva les yeux vers Gil, et se pencha par-dessus la table pour faire glisser son pouce sur la commissure des lèvres de l’envoleur.  Se mordant la lèvre inférieure, elle ne put s’empêcher de lui murmurer :

- Je t’aime, Gil.

Se rasseyant, soudain son regard redevint sérieux.

- Je t’aime, mais j’ai besoin de voir ce que tu m’as dit de mes propres yeux. Il faudra qu’on voit Naïs, tous les deux. Pas tout de suite, je te veux d’abord juste pour moi. Longtemps. Tu en penses quoi ? Tu crois que tu pourras me supporter ?
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 15:14

- Une maison dans un marais ? Tu prévois de te transformer en ogresse plutôt qu'en baleine, finalement ?

(Mimique amusée, tirage de langue et tout, et tout...)

Pourquoi pas ? On n'a qu'à aller voir ça ensemble... Naïs n'est pas très loin d'ici, on pourra faire d'une pierre deux coups.

(Il mâche silencieusement, observe Libertée pensivement)

Tu veux vérifier de tes propres yeux que je ne t'ai pas menti ? Ou bien lui refaire le portrait ?

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 15:40

[ moue boudeuse ]

- Je veux vérifier de mes propres yeux que c'est aussi clair pour elle que pour toi... Oh, et lui casser la figure, pourquoi pas ! Mais...

[ laisse passer quelques secondes ]

- Pas envie de prendre des risques...

[ pose ses mains sur son ventre ]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 17:00

- Je comprends ce besoin... je le respecte, aussi. Je sais que tu ne me fais pas encore complètement confiance - pas pleinement. J'espère que cette "rencontre" saura t'apaiser un petit peu...

(Il boit une gorgée de bière, bascule son dos contre le dossier de sa chaise)

Il y a toutefois quelque chose qui m'intrigue : pourquoi penses-tu que nous pourrions être poursuivis ?

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 17:02

- Hein ? Oh !

[ fronce les sourcils ]

- A cause de mes parents.

[ se tait soudain, les yeux dans le vague ]

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 17:03

(Froncement de sourcils)

- Tes parents ?

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 17:06

- Oui, parce qu'on cherche ma mère depuis que je suis toute petite. Enfin, la première fois qu'on a déménagé, je devais avoir sept ans. Je n'ai appris que bien plus tard que c'était parce que quelqu'un voulait séparer mes parents, un marchombre et une envoleuse, ça ne vit pas ensemble, ça n'a pas d'enfants... On a beaucoup bougé après cela, pour se mettre en sécurité.

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 17:30

(Gil reste un long moment silencieux. Ces paroles le font réfléchir...)

- Lib, je sais que tu te demandes encore si je vais vraiment rester, si je ne vais pas m'enfuir au premier coup de vent. Et si tu ne voulais pas risquer la vie de ce bébé à cause de moi - et de la menace qui pèse sur ta famille, je comprendrais. J'en serais fou de douleur, mais je comprendrais.

Toutefois, si tu veux bien me laisser cette chance, je suis prêt à te prouver de tout mon coeur, de toute mon âme qu'une marchombre et un envoleur peuvent vivre ensemble, dans une maison sur pilotis, et avoir un enfant.

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 17:33

- Gil, hier soir, j'étais prête à tuer ce bébé parce que l'avoir lui et pas toi m'aurait trop fait mal. Le regarder tous les jours et penser à toi ? Alors que toi, tu pourrais être dans les bras d'une autre ? Je préfère perdre encore un bébé, désolée. Au moins je ne serai pas confrontée à un petit toi...

[ Baisse les yeux, et fixe ses jambes sans relever le menton ]

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 17:43

- Je sais, et je n'en reviens toujours pas que tu aies pu songer à un truc pareil. Rien que d'y penser...

(Il frissonne)

Ecoute. La question est toute simple, en fait - tellement simple que c'est presque effrayant. Mais nous devons nous la poser parce que je veux que les choses soient claires entre nous. Toujours claires.

(Il lève les yeux et cherche son regard, avant de lui prendre la main)

Tu veux cet enfant, Libertée ? Tu veux l'élever, le voir grandir, pousser comme un haricot magique ? Parce que moi, oui. J'ai la trouille rien qu'à l'idée du père que je vais être, je n'ai aucun mode d'emploi à disposition pour savoir comment on fait, mais je veux être là pour lui. Pour toi aussi. Si tu veux bien que je reste et que j'endosse ce rôle... tu ne te débarrasseras plus jamais de moi.

Alors...


(Il se tait, rougit très légèrement, surpris lui-même par son aplomb et pour avoir osé aborder un tel sujet)

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 17:48

- Je...

[ lève les yeux ]

- Si tu savais comme j'ai été heureuse d'apprendre que j'attendais un bébé ! Un bébé de toi. Un petit bout de nous... C'était... merveilleux.

[prend une inspiration alors que sa voix vacille ]

- Je voulais te le dire en face, je voulais attendre de te voir, pour te l'annoncer, partager ce moment avec toi aussi... Je...

[soupire]

- Tu n'imagines même pas à quel point tu m'as fait mal, Gil. Et je me dis qu'en plus, c'est ma faute : si je t'avais envoyé un oiseau, tu l'aurais su plus vite, tu n'aurais peut-être pas croisé Naïs, vous n'auriez pas...

[ sa voix se brise]

- Bref, je saigne encore. Mais... je l'aime ce bébé.

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 18:15

[Un simple dialogue aurait été trop... court. Tonnerre ! Ce Rp est tout simplement fabuleux  Very Happy]


Il n’avait pas lâché la main de la marchombre et il pouvait sentir, sous ses doigts, son pouls s’emballer. Oui ! Oui, elle l’aimait vraiment, ce petit bout de rien du tout qui avait bien failli mourir du désespoir de sa propre mère. Parce que son propre père avait sérieusement déconné. Gil passa sa main libre sur son visage, puis dans ses cheveux. Il savait, bien sûr, que rien n’était encore joué avec Libertée. Qu’elle garderait cette peine au fond d’elle un certain temps avant d’en oublier la douleur. Il savait aussi qu’en dépit de sa bonne volonté, il avait finalement trouvé le moyen de blesser les deux jeunes femmes ; en voulant faire bien, il avait fait beaucoup de mal. S’il était possible de revenir en arrière, d’effacer ses erreurs, de prendre un autre chemin… Attention, mon vieux ! Là tu t’égares. La moindre chose, le plus petit événement contribuait à écrire le présent et dépendait d’un enchaînement précis, parfaitement millimétré. En changeant son passé, il changerait indubitablement son présent. Mieux valait se méfier de ce genre de souhait ! Gil avait beau regretter amèrement la tristesse qu’il voyait briller au fond des yeux roses de Libertée, il trouvait que ces instants-là, comme volés au temps, étaient les plus beaux de toute sa vie. L’orage, le parquet de la chambre, sa main dans la sienne… Chaque seconde était précieuse et il le réalisait seulement. Non, le passé était déjà écrit : c’était l’avenir qu’il fallait dessiner désormais, et quoi de mieux que commencer par esquisser un merveilleux présent ?

- Si je me souviens bien, tu ne me l’as pas encore annoncé officiellement, dit-il en retournant sa main pour embrasser le creux de son poignet du bout des lèvres. Cet abruti de Phel a même été le premier à me dire que j’allais devenir papa.

Devenir papa. Etrange comme ces mots semblaient à la fois doux et pétillants sur sa langue quand il les prononçait à voix haute.

- Et si tu me le disais toi-même ? Dis-moi cette grande nouvelle qui te rend lumineuse comme un soleil…

Gil n’avait pas lâché sa main, et son pouce avait remplacé ses lèvres sur la chair tendre de son poignet. Doucement, délicatement, il décrivait de petits cercles et s’émerveillait de sentir son pouls suivre un rythme de plus en plus fou. Bon sang, cette fille est juste fascinante… Sans la quitter des yeux, il se pencha en avant et glissa son autre main sous la table. Effleura son genou, caressa lentement sa cuisse.

- Dis-le, murmura-t-il. Dis-le moi, Lib…

Il n’avait encore strictement rien fait mais les pupilles de la jeune femme s’étrécissaient déjà. Lui-même sentit son sang s’échauffer à la pensée qu’ils se trouvaient en plein jour, sur la terrasse d’une auberge bondée, à la merci de tous les regards. Et il était tenté d’aller plus loin – vraiment tenté. Son seul désir, toutefois, était d’entendre ces paroles que tout homme aime entendre un jour, alors qu’il se croit intouchable, insensible, incapable de s’émouvoir pour quelque chose d’aussi petit et abstrait qu’un haricot. Ou qu’une coquille de noix.

- Je t’écoute…

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 19:28

- Si je me souviens bien, tu ne me l’as pas encore annoncé officiellement.

C’était totalement vrai, mais Libertée soudain n’eut plus du tout envie de le lui dire. Il le savait maintenant, qu’est-ce que ça changerait ? Elle ne pouvait pas faire  comme si elle n’avait pas mal au cœur, elle ne pouvait pas faire ce qu’elle avait programmé pendant des jours et des jours pour l’annoncer à Gil.
Elle se voyait déjà lui sauter dessus, l’embrasser alors qu’il refermait ses bras sur elle, un éclat dans le regard, respirer son odeur, et puis s’éloigner tranquillement de lui, frotter son nez contre le sien, l’embrasser encore, et annoncer avec un regard pétillant qu’ils étaient trois désormais, les deux mains sur le ventre.
Non, elle ne pouvait pas faire ça. Ils étaient beaucoup plus que trois, en réalité.


- Cet abruti de Phel a même été le premier à me dire que j’allais devenir papa.

Libertée haussa un sourcil, surprise que Gil se soit souvenu du prénom du Frontalier. Et c’était lui qui lui avait annoncé qu’il serait père ? Hein ? Elle ne le savait pas, ça !


- Et si tu me le disais toi-même ? Dis-moi cette grande nouvelle qui te rend lumineuse comme un soleil…

Elle releva lentement les yeux vers lui, dessinant la courbe de son menton, de sa mâchoire, de ses cheveux, pour aller se planter dans le regard de l’envoleur.
Elle hésitait. Elle ne savait plus trop comment annoncer quelque chose qu’il savait déjà. Comment dire ce qui était désormais une évidence ?

Elle sentit une chaleur sur son genou, et sur sa cuisse, et un frisson parcourut sa peau, alors qu’elle prenait une inspiration. Il voulait l’entendre, et il insistait. Elle pouvait peut-être faire ça pour lui, non ?
Là, tout de suite, elle perdait encore ses esprits. Parce qu’il la touchait, même à peine, et qu’une chaleur explosa dans son ventre.
Elle se fichait bien que les autres puissent les voir ; elle voulait lui sauter dessus, tout de suite. Là, et maintenant !


- Je t’écoute.

Ce furent ces trois petits mots qui parvinrent à la faire reprendre pied avec la réalité. Elle cligna plusieurs fois des paupières, tentant de s’extirper du vent de passion et de désir qui venait de s’emparer d’elle, et prit une inspiration.
Son regard se planta dans celui de Gil.

- Bon d’accord, d’accord.

Elle récupéra ses mains, les épousseta sur son short avant de se lever et de s’approcher de Gil par la droite. Elle ne s’arrêta qu’à un mètre de lui, et sourit timidement. Puis, lentement, elle prit ses mains et les posa sur son ventre, bien à plat, et ses doigts si fins juraient avec les grandes mains de Gil. Peu importait.


- Gil, tu vas être papa.

Un éclat passa dans les yeux de Libertée, qui se mordit la lèvre et se sentit légèrement rougir. Elle fit glisser ses doigts le long des poignets de l’envoleur, remontant sur ses avant-bras puis sur ses bras, avant de se glisser habilement sur ses genoux pour se blottir tout contre lui et fourrer son nez dans son cou.


- Nous allons avoir un bébé. Tu as une idée de prénom, si c’est une fille ?

La question qui tue, et à laquelle elle n’avait même pas pensé une seule seconde ! Pour un garçon non plus, d’ailleurs…
Se détachant de Gil juste assez pour pouvoir planter ses yeux dans les siens, elle l’observa un seconde, avant de sourire, et de l’embrasser. Sa langue dansa sur les lèvres de l’envoleur, et elle ne put retenir un petit gémissement de contentement.


- Faut en profiter maintenant, je risque d’avoir des montées d’hormones très bizarres bientôt !

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 30 Juin 2014, 22:44

Il sut qu’elle allait accepter une petite seconde avant qu’elle le fasse. Il avait remarqué ce léger tressaillement à la commissure de ses lèvres – infime, presque invisible – qui trahissait une intense réflexion enfin arrivée à son point culminant ; un détail presque fou tant il était petit, minuscule, microscopique, mais c’est tout simplement parce qu’il ne se décrivait pas : il se vivait. Depuis qu’il connaissait Libertée, Gil avait le souci du détail. Elle se leva soudain et contourna la table, si légère et si vive qu’il se crut un bref instant dans l’un de ses rêves. Il ne pouvait pas détacher les yeux de l’expression de bonheur confus qui se dessinait sur son beau visage, comme si elle hésitait encore, comme si elle n’était pas sûre… Pas sûre de quoi ? Qu’il était vraiment là ? Qu’il allait lui fabriquer une maison ? Qu’il allait fonder une famille ? Eh ! Tout arrive. Et s’il ne pouvait pas changer, alors qui ? J’ai toutes les raisons du monde de rester, Lib. Tu es merveilleuse, je suis fou amoureux de toi et…

- Gil, tu vas être papa.

… Enfer ! Il battit des paupières et baissa enfin les yeux sur leurs mains posées à plat sur son ventre. Ses lèvres s’entrouvrirent, pourtant aucun son ne put en sortir. Parce qu’un tel moment ne se dit pas, il se vit. Alors Gil prit le temps de savourer cet instant, cet immense bonheur qui ne peut se vivre qu’un court moment – un battement de cils, un battement de cœur – et il se demanda comment cinq petits mots pouvaient à ce point émouvoir un homme, et par quel miracle ils avaient ce pouvoir extraordinaire de lui donner l’impression qu’il était le maître du monde. De l’univers tout entier, même. D’un seul et unique univers : celui qui brillait dans les yeux de Libertée. Je vais être papa... Il ferma les yeux et laissa une larme emporter le reflet scintillant de son bonheur. Il avait l’impression de flotter, de s’envoler très haut, très loin d’ici ; les mains de Libertée, qui remontaient doucement le long de ses bras, étaient un point d’ancrage avec la réalité. Rouvrant les yeux, il la contempla en silence, bouleversé au plus profond de son être. Elle s’installa sur ses genoux, il la serra contre lui.

- Merci… murmura-t-il au creux de son oreille, là où il était certain désormais de déposer tous ses secrets.

Merci de m’offrir cet instant magnifique.

- Nous allons avoir un bébé. Tu as une idée de prénom, si c’est une fille ?
- Suviyo.


Il avait répondu sans réfléchir et, quand elle recula légèrement pour le dévisager dans un sourire espiègle, Gil haussa les épaules dans un geste typiquement masculin – celui qu’ils utilisent toujours pour masquer leur embarras. Masculin. Typiquement…

- Ça veut dire « nuit d’été » en vieil alavirien. Ne me demande pas comment je le sais, c’est une longue histoire et je ne suis pas sûr que tu…

Un baiser le réduisit au silence. Gil fut envahi par une bouffée de parfum de pêche et son cœur exécuta un énième saut périlleux dans sa poitrine. Cette fois, il ne se demanda même pas si c’était possible.

C’était possible.

Du bout de sa langue, Libertée dessina le contour de ses lèvres et gémit doucement. Gil perdit quelques neurones au passage. Peut-être voyait-on même sa cervelle couler lentement par ses oreilles ! Il avait même perdu le fil de ses pensées.

- Faut en profiter maintenant, je risque d’avoir des montées d’hormones très bizarres bientôt !

En profiter. Maintenant. C’est tout ce que le cerveau sérieusement endommagé de l’Envoleur intégra. Il glissa la main derrière sa nuque et écrasa ses lèvres contre les siennes, oubliant où il se trouvait. Un rire d’enfant le sortit néanmoins de sa douce léthargie mais stimula son agacement. Se levant d’un bond, il déposa Libertée sur ses jambes, jeta quelques pièces sur la table pour payer leur repas et attrapa la marchombre par le poignet pour quitter la terrasse à grands pas. Elle devait presque courir tant il marchait vite, mais pas une seule fois il n’envisagea de ralentir l’allure : il en était incapable. Un désir presque sauvage l’animait et flamboyait dans son regard. Au-dessus d’eux, le ciel s’assombrissait et les lumières d’Al-Chen s’éclairaient. Le jour devenait nuit. Le moment de la journée qu’il préférait entre tous, lorsque les couleurs se fondent et les images se brouillent… Un couple de personnes âgées les salua, Gil ne réussit à qu’à leur répondre par un grognement inintelligible. Un chat sauta sur le couvercle d’une poubelle en crachant à leur encontre, il l’ignora complètement. Il avait seulement conscience de son cœur qui cognait entre ses côtes et battait à ses tempes. Au bout de ses doigts, là où il avait prise sur le poignet de Libertée. Dans le creux de son ventre, où le désir rugissait, féroce, impitoyable, indomptable.

Il n’avait déjà plus le contrôle lorsqu’il dénicha enfin un recoin sombre et isolé. D’un geste, il fit tournoyer la marchombre pour la plaquer dos contre le mur de pierre et fondre sur ses lèvres. Il les mordilla, les suça, les embrassa, les lécha avant de les ouvrir avec sa langue, frôlant ses dents au passage, pour l’entraîner dans un tourbillon de sensations. Jusqu’au vertige. Jusqu’à ce qu’il la sente trembler sur ses jambes, glisser contre le mur. Il la rattrapa et la souleva dans ses bras, reprit ses lèvres tout en glissant la main entre leurs deux corps. Batailla un moment avec la fermeture de son short, sentit quelques mèches de cheveux l’aider dans sa tâche délicate, enfoui son visage dans le creux de l’épaule de Libertée, gronda comme un loup en la pénétrant brusquement. Ses dents étaient dans son cou, ses hanches brûlantes pressées contre ses cuisses. Ses mouvements étaient à la fois doux et violent, vifs et lents, tendres et vigoureux ; il la maintenait fermement contre lui, laissant leurs souffles se mêler et le plaisir monter en flèche. Elle céda la première et il ne perdit pas une miette du spectacle avant de jouir à son tour dans un long gémissement, les doigts enfoncés dans ses hanches.

- Oh… souffla-t-il en appuyant doucement son front contre le sien.

Il lui attrapa la main et la pressa sur sa poitrine, contre son cœur qui palpitait de façon complètement désordonnée.

- Tu sens ça ? Tu sens ? C’est toi… C’est toi qui fais ça.

Merde alors, je ne te savais pas si romantique ! railla la petite voix de sa conscience. Il la supporterait sans doute mieux si elle n’avait pas la même inflexion que celle de Kaünis. Mais là, franchement, il se fichait bien d’agir comme un idiot d’amoureux transi. Il en était un, après tout ! Et il voulait que cette nuit encore, Libertée lui cède un autre petit morceau de sa confiance. Alors il l’entraîna dans son sillage, plus doucement cette fois, un bras glissé autour de sa taille, et ils marchèrent dans les premières ombres de la nuit jusqu’à se retrouver au pied d’une tour vertigineuse. Levant les yeux, Gil laissa échapper un petit sifflement.

- Une hauteur impressionnante, une paroi lisse comme du verre…

Son regard glissa vers Libertée et il sourit, plus espiègle que jamais.

- … voilà qui promet une vue imprenable. On fait la course, joli cœur ?

Déjà, il s’élançait.

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Mar 01 Juil 2014, 10:41

Suviyo.
Elle fit rouler ce nom sur sa langue alors que Gil l’entraînait dans les rues d’Al-Chen, la tenant fermement par le poignet. Elle se laissait guider, courant parfois sur quelques pas pour éviter qu’il ne lui démette l’épaule. Mais elle aimait cela, le sentir perclus de désir pour elle, et sentir à quel point il avait besoin de cela. A quel point il la désirait. Cela la rassurait, en un sens, même si elle ne pouvait s’empêcher de se demander s’il éprouvait un désir similaire à l’encontre de Naïs.

Mais il n’avait pas protesté quand elle avait dit qu’elle devait la voir, qu’elle voulait la rencontrer encore. Il n’avait rien dit, comme si cela était une évidence aussi pour lui… Enfin, si, il avait posé la question à laquelle elle s’attendait, mais il n’avait pas essayé de l’en dissuader, pas un seul instant. Cela la rassurait aussi, en un sens. Mais elle n’allait pas renoncer pour autant.

La pression sur son poignet se fit plus forte, et la ramena dans l’instant présent, alors que Gil la plaquait violemment le mur d’une ruelle. Elle ne put s’empêcher de gémir, autant de désir qu’à cause de la pierre qui s’enfonçait dans son dos, mais ne protesta pas un seul instant. Au contraire, elle fut rapidement emportée par la passion, alors que les baisers de l’homme se faisaient encore plus insistants, plus pressants.
Rien que l’effleurement de son bas-ventre, alors qu’il essayait de se débarrasser de son short, la fit gémir encore, lui tirant de délicieux frissons d’expectative.
Elle ne put retenir un cri lorsqu’il la pénétra, impérieux et brûlant. Enserrant la taille de l’homme de ses cuisses pour suivre son mouvement, elle s’accrocha à ses épaules comme à une bouée de sauvetage, mais une bouée qui la fit dériver sur l’océan de sauvagerie, de primalité, de passion et de désir à l’état brut qui les emporta tous les deux.

Libertée ne put que hocher la tête quand Gil prit sa main pour la déposer sur sa poitrine. Elle pouvait sentir son cœur qui battait follement sous sa paume, et surtout sa peau littéralement brûlante. Un petit sourire étira ses lèvres, alors qu’elle reposait les pieds par terre, et elle embrassa délicatement l’envoleur… Parce que ce n’était pas qu’une histoire de passion, parce qu’il y avait bien plus que du sexe et du désir, pour elle, dans leur histoire justement.
Ils se rhabillèrent en riant, et la marchombre ne put s’empêcher de taquiner l’homme en lui disant que décidément, ils approchaient du « huit fois par jour ».

Cette fois-ci, leur déambulation ne fut pas pressée par une nécessité charnelle, et ils se baladèrent l’un contre l’autre. Libertée appréciait tellement qu’il la serre ainsi contre lui, une main autour de sa taille, elle se sentait étrangement… en sécurité. Rassurée.
Un petit sourire étira ses lèvres, et quand Gil s’arrêta soudain, elle leva les yeux vers la tour qu’il désignait.


- Une hauteur impressionnante, une paroi lisse comme du verre… voilà qui promet une vue imprenable. On fait la course, joli cœur ?

Il ne lui laissa même pas le temps de répondre que déjà il s’élançait à l’assaut de la paroi si lisse. Elle grimaça, cria toute seule, avant de s’élancer à sa suite.
Elle n’était pas certaine de pouvoir le rattraper, surtout qu’il avait pris une sacrée avance, mais elle décida de prendre le taureau par les cornes et de donner tout ce qu’elle avait pour réussir à combler un peu la distance entre eux. Elle flirtait avec la lune, qui commençait à monter dans le ciel, et avec les étoiles ; elle glissait sur le verre, ondulait contre la tour, et ses cheveux cherchaient eux aussi des prises pour pouvoir accélérer…

Sans succès.
Gil arriva quelques minutes avant elle tout en haut de la tour, et quand elle s’y hissa à son tour, elle se releva lentement. Elle se releva lentement, parce que le panorama était juste éblouissant, et lui coupa même le souffle l’espace de quelques secondes. Elle n’était jamais venue dans Al-Chen pour grimper sur les tours ; elle préférait celles d’Al-Jeit, plus hautes et tortueuses… Mais la vue était juste imprenable.
Les lumières de la ville s’étendaient à leur droite, alors qu’à leur gauche, le Lac Chen semblait n’être plus qu’un immense cristal reflétant le ciel qui s’assombrissait, se parant des couleurs typiques de l’aurore.

Libertée s’assit, assez brusquement, sur le bord de la tour, les pieds dans le vide, les yeux pleins d’étoiles.


- Waw, c’est magnifique.

Tournant la tête vers Gil, elle lui tendit une main pour qu’il vienne s’asseoir près d’elle, et déposa un baiser sur le haut de ses doigts. Puis, elle laissa sa tête basculer sur l’épaule de l’envoleur, et ferma les yeux pour profiter pleinement de cet instant parfait.

Une idée jaillit soudain de son esprit, et elle se redressa vivement, bondissant sur ses pieds. Plissant les yeux, une main sur le front pour se protéger un peu du soleil, elle détailla les rives du Lac Chen et finit par désigner un point, plus au Sud, côté Ouest, près des Dentelles Vives.


- Je suis pratiquement certaine que la maison est par là-bas. Dis, on peut y aller maintenant ? J’ai envie d’y aller maintenant, de te la montrer ! Allez !

Elle s’était mise à frétiller sur place, et même si ses mains étaient sur le torse de Gil, elle était toute excitée à l’idée de lui montrer sa découverte datant de quelques jours.  


- Moi je suis venue à pieds, comme toujours, mais tu dois bien avoir un cheval, non ?

D’un geste presque brusque, elle se plaqua contre lui et posa son front contre son sternum, fermant les yeux. Elle était si bien, juste là… Mais aller dans la maison, la montrer, et peut-être commencer quelques travaux ou bricoles, ça serait encore mieux !

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Mar 01 Juil 2014, 12:20

Gil se hissa au sommet de la tour une minute et des poussières avant Libertée. Il se tenait debout, les mains sur les hanches, quand elle parvint à sa hauteur ; il se laissait éblouir par le paysage qui s’étendait à ses pieds, une myriade de petite lumières colorées, de toits inclinés, de ruelles entrelacées, et puis plus loin, la surface miroitante du lac Chen, qui s’étirait jusque dans les brumes de l’horizon. Sur la gauche, les plus hauts pics des Dentelles Vives se détachaient dans la lumière vive du crépuscule, tandis que sur la droite, derrière l’immense lac, la ligne sombre d’Ombreuse tentait d’apporter son lot de ténèbres au tableau. En vain. Le spectacle était tout simplement magnifique et où que se pose son regard, Gil était fasciné. Mais ce qui lui plaisait le plus dans cette vue incroyable, c’était le visage de Libertée, radieux, émerveillé, alors que la marchombre contemplait à son tour le monde qui s’étendait sous ses yeux. Subjuguée, elle se laissa tomber sur le bord du toit et laissa pendre ses jambes dans le vide.

- Waw, c’est magnifique.
- Ouais…


Gil saisit la main qu’elle lui tendait et la serra doucement en s’asseyant près d’elle, puis Libertée posa la tête sur son épaule, geste naturel d’abandon qui lui pinça le cœur. Lorsque son regard se perdit dans les lumières du couchant, il comprit que jamais plus il ne pourrait apprécier autant cette vue si elle n’était pas là, dans ses bras, ses doigts noués avec les siens. Ce monde perdait toutes ses couleurs lorsqu’il l’envisageait sans la marchombre à sa côté. L’amour rend aveugle, disait-on souvent ; selon lui c’était plutôt l’inverse, il avait la nette impression que ses sentiments pour elle lui avait définitivement ouvert les yeux. Glissant distraitement la main dans les cheveux de la jeune femme, Gil soupira d’aise. Il serait bien resté une heure ou deux dans cette position avant de faire l’amour à Libertée pour tâcher de remplir son quota, mais elle se coula soudain hors de son étreinte, avec une facilité qui l’agaça vaguement : il avait parfois l’impression que cette femme était aussi insaisissable qu’un filet d’eau ou un nuage de fumée !

- Je suis pratiquement certaine que la maison est par là-bas, dit-elle après un bref instant de concentration. Dis, on peut y aller maintenant ? J’ai envie d’y aller maintenant, de te la montrer ! Allez !

Elle désignait une direction avec son doigt et Gil sourit en la voyant trépigner sur place. On aurait dit une petite fille en train de demander une sucrerie, avec ses grands yeux suppliants et sa moue attendrissante – bon sang, ce qu’elle était désirable ! Voyant qu’il ne réagissait pas, elle se jeta dans ses bras et se mussa tout contre sa poitrine. Si elle cherchait à l’amadouer de cette façon, pour lui, c’était un combat perdu d’avance ! L’envoleur leva les yeux et observa un instant l’endroit qu’elle lui avait désigné.

- Quoi, tu veux dire maintenant, tout de suite ? lâcha-t-il avec humour.

Il la sentit s’échauffer dans ses bras et éclata de rire.

- D’accord, d’accord, on y va !

Mais lorsqu’elle essaya de s’échapper de son étreinte, il la serra plus fort et l’embrassa dans le cou. Il adorait la chatouiller à cet endroit où elle était particulièrement sensible. La libérant enfin, Gil se redressa et s’étira paresseusement. Il avait mal partout. Accumulait les heures de sommeil à rattraper. S’apprêtait à descendre d’une tour vertigineuse pour prendre la route. En tant normal, il aurait râlé, juré, tempêté même, avant d’aller se fourrer au lit pour dormir douze heures d’affilée. Là, il se contenta de sourire – un vrai sourire, comme il en faisait de plus en plus et rien qu’en la compagnie de Lib – et de pencher la tête sur le côté, moqueur.

- Alors, qu’est-ce qu’on attend ?



*


Il faisait nuit noire à présent, mais le croissant de lune argenté éclairait d’une lueur chiche et douce la piste qu’ils suivaient tranquillement. Gil était assis derrière Libertée. Il lui avait laissé les rênes pour qu’elle les conduise où elle le souhaitait – et pour avoir le plaisir d’encercler sa taille de ses bras. Le menton posé sur son épaule, il regardait droit devant lui, sondant pensivement les ombres nocturnes. Depuis qu’ils avaient quitté Al-Chen, une pensée le taraudait.

- A propos de tes parents…

Il se tut un instant, rassembla ses pensées.

- Ils sont poursuivis parce que leur relation n’est pas un secret, pas vrai ? Sait-on que tu es la fille d’une Envoleuse, dans ta guilde ?

Gil remua légèrement sur la selle pour trouver une position plus confortable, et ses mains glissèrent sur le ventre de la jeune femme. Il aimait les sentir là, tout proche de la petite noix qui grandissait doucement sous ses doigts.

- Ce que je veux dire, c’est que nous, on est tranquilles. Personne ne sait. Personne n’a besoin de savoir… Kaünis n’est pas du genre à rapporter cette information qui pourrait me mettre en danger. Naïs non plus.

Il n’aimait pas prononcer le nom de l’Envoleuse, parce qu’à chaque fois il sentait Libertée tressaillir légèrement contre lui. Mais c’était un sujet important et il jugeait bon de l’aborder avant qu’ils atteignent la maison.

- Ils savent qu’ils vont être grands-parents ? Que je suis le père de ce bébé ?

Les visages de Voëlle et Miïn se dessinèrent son esprit. Gil se mordit la lèvre. Les parents de Libertée incarnaient tout ce que la vie lui avait arraché : un homme et une femme qui s’aiment, peu importe leur nature, peu importe les risques. Un homme et une femme qui aiment leur fille plus que tout au monde et qui l’avaient accueilli, lui, le vilain petit canard, le parfait couillon, comme s’il était leur fils. Jamais il n’avait à ce point éprouvé de respect pour quiconque…

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Mar 01 Juil 2014, 13:16

Libertée inspira un grand coup, gonflant sa cage thoracique et sa poitrine pour laisser l’air de la nuit emplir ses poumons. Chevauchant tranquillement un cheval qu’elle ne connaissait pas, avec Gil juste derrière elle, sans selle, ses mains sur sa taille et sur son ventre, elle se sentait libre.
Parfaitement libre.
Heureuse et libre.
Conduisant l’animal du côté où elle avait dégoté cette merveille de maison la dernière fois, elle cherchait le chemin dans les buissons, car la nuit noire laissait l’ombre prendre les devants et cacher ses secrets.



Il existe un paradis quelque part
Un monde à l'abri du monde
Où il ne pleut jamais dans les regards
Où il n'y a jamais de voix qui gronde

Elle aimait sentir le poids de sa tête sur son épaule, la force de ses muscles contre son dos, même si des vêtements les séparaient. C’était aussi cela, qu’elle aimait : se sentir si proche de lui, sans avoir à enlever tous ce qui les séparait. Elle aimait sentir son souffle contre son oreille, faisant danser ses cheveux, elle aimait son étreinte chaude, elle aimait la sensation de sa barbe de quelques jours contre sa peau…

Elle ferma les yeux, se laissant aller un instant en arrière, tout contre le torse de l’envoleur.



Il existe un paradis et je veux t'y voir
Avec tes cheveux d'ébène et ton sourire d'ivoire
Je serais musicienne et je jouerais sur toi
Tu serais un poème en chantier sous mes doigts

Le cheval sursauta de manière infime, ramenant la marchombre à la réalité, la sortant de sa douce torpeur. Gil agissait un peu comme une drogue sur elle… Non, pas un peu : c’était une drogue. Un sourire béat étira ses lèvres.

- A propos de tes parents… Ils sont poursuivis parce que leur relation n’est pas un secret, pas vrai ? Sait-on que tu es la fille d’une Envoleuse, dans ta guilde ? -Ce que je veux dire, c’est que nous, on est tranquilles. Personne ne sait. Personne n’a besoin de savoir… Kaünis n’est pas du genre à rapporter cette information qui pourrait me mettre en danger. Naïs non plus.

Libertée réfléchit un instant.


- Non, personne ne le sait. Mais Nuha sait que je suis amoureuse d’un envoleur. Il ne sait juste pas qui. La relation de mes parents n’est plus un secret, parce que quelqu’un l’a un jour découvert.

Elle grimaça en pensant à Kaünis, et surtout en se remémorant sa promesse de la tuer avant de disparaître. Elle détestait l’idée que quelqu’un puisse vouloir la tuer juste comme ça. Ce n’était pas du tout logique pour elle.

- Ils savent qu’ils vont être grands-parents ? Que je suis le père de ce bébé ?

Un sourire creusa la joue gauche de Libertée, qui se tourna légèrement sur la selle, cherchant le regard de Gil. Dans une moue moqueuse, elle lui répondit sur un ton légèrement provocateur.

- C’est mon père qui a senti que j’étais enceinte. Je ne le savais pas avant. Oui, ils le savent tous les deux…

Elle fit une pause, et expliqua plus précisément.

- Je suis allée les retrouver pendant que tu n’étais pas là. J’ai passé une bonne semaine avec eux, et lors d’une soirée, mon père me l’a annoncé. Evidemment, j’ai crié, et du coup ma mère a rappliqué… elle sourit en se souvenant de la scène cocasse, au milieu de cette auberge pirate. Papa m’a demandé si c’était le tien : de toutes façons, ça ne peut qu’être toi…

Une boule se forma dans sa gorge à l’instant précis où elle dit sa dernière phrase.
Papillonnant des paupières, elle préféra porter son regard sur le chemin, qu’elle reconnut soudain. Elle fit passer leur monture entre deux arbres, traverser un buisson, avant de déboucher sur une minuscule clairière à moitié mangée par des roseaux.
Le cheval renâcla, et refusa d’avancer plus loin.
Descendant souplement de ce dernier, après lui avoir dispensé une courte caresse, Libertée l’accrocha à un arbre rapidement, et s’élança dans le marais, s’enfonçant d’abord de quelques centimètres avant de trouver les planches de bois qui constituaient le ponton, qui effleurait à peine l’eau.

Le chant des criquets et des cigales remplissait l’atmosphère, et elle continua d’avancer jusqu’à voir la silhouette de la maison abandonnée, rehaussée par la clarté de la lune, près de la rive mais sous le couvert des arbres.
Un large sourire étira les lèvres de Libertée, et elle oublia instantanément ses mauvaises pensées pour faire demi-tour et attraper Gil par les mains, le tirant avec elle, avant de poser un pied sur le pas de la porte.


- Bon, ça ne paye pas de mine, et on ne voit pas grand-chose, mais tu en penses quoi ? demanda-t-elle en se plaquant tout contre l’homme, enserrant sa taille de ses bras.

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Mer 02 Juil 2014, 09:39

Libertée lui jeta un regard amusé par-dessus son épaule.

- C’est mon père qui a senti que j’étais enceinte. Je ne le savais pas avant. Oui, ils savent tous les deux…
- Ah, fit Gil, stupéfait que l’on puisse « sentir » ce genre de chose.

A présent qu’il savait qu’un petit haricot poussait dans le ventre de la marchombre, il lui semblait que tout en elle clamait cette merveilleuse nouvelle. Mais il n’avait pas été capable de le « sentir » quand il l’avait retrouvée et serrée dans ses bras. Perplexe, il se demanda si c’était-là un truc spécial de père. S’il l’aurait un jour, lui aussi, avec son propre enfant…

- Je suis allée les retrouver pendant que tu n’étais pas là. J’ai passé une bonne semaine avec eux, et lors d’une soirée, mon père me l’a annoncé. Evidemment, j’ai crié, et ma mère a rappliqué… Papa m’a demandé si c’était le tien : de toutes façons, ça ne peut être que toi…

Elle se tut brusquement et ses épaules se voûtèrent légèrement. Derrière elle, Gil resta silencieux. Le reproche était vif, net et mérité ; il n’y avait rien de plus à dire… La végétation était de plus en plus dense autour d’eux et sous le couvert des arbres, il faisait beaucoup plus sombre qu’ailleurs. Un concert de croassements résonnait joyeusement, ponctué de quelques « plouf » sonores lorsqu’un batracien plongeait soudain ; quelques lucioles voltigeaient dans les hautes herbes et quelque part dans les ombres, une chouette hulula. L’air était plus frais ici, il sentait bon la terre mouillée après une petite averse d’été. Quelques minutes plus tard, le cheval s’arrêta à l’orée d’une petite clairière et Libertée se laissa doucement glisser de la selle. Elle disparut presque tout de suite dans la nuit mais Gil resta un instant immobile, observant le mince filet de brume qui s’enroulait autour des arbres et plongeait dans les roseaux. Beaucoup, beaucoup de roseaux. Il mit pied à terre à son tour, s’assura distraitement que son cheval était bien entravé et emprunta la direction qu’avait prise la marchombre. Ses bottes s’enfonçaient légèrement dans la terre molle et humide ; comme il avait le nez en l’air, occupé à scruter les ténèbres, il faillit s’écrouler en butant contre la première marche du ponton de bois. Celui-ci s’élançait à travers la végétation et passait au-dessus de l’eau couverte d’un voile de brume. Apercevant Libertée, un peu plus loin devant lui, Gil accéléra l’allure pour la rattraper.

Elle s’était arrêtée alors il en fit de même, et s’apprêtait à lui demander la raison de sa soudaine immobilité lorsque soudain, il la vit. Là, juste devant lui, dissimulée dans l’ombre des arbres, silhouette à la fois fragile et rassurante : une petite maison, hissée sur des pilotis au-dessus de l’eau qui scintillait doucement sous l’éclat de la lune, blottie près de la rive dans un cocon de roseaux. De là où il se trouvait, il pouvait distinguer la charpente biscornue. Elle semblait presque irréelle, comme posée là par enchantement, juste parce que Libertée avait fait le vœu de trouver une petite maison sur le lac, et parce qu’il avait accepté d’en retaper une pour elle… La jeune femme se retourna et lui attrapa les mains avant de l’entraîner vers la maison. Elle marchait à reculons et son sourire illuminait son visage. Le bois grinçait doucement sous leurs pas et ensemble, ils franchirent le seuil de l’entrée. Libertée s’arrêta.

- Bon, ça ne paye pas de mine, et on ne voit pas grande chose, mais tu en penses quoi ?

Comme elle s’était rapprochée de lui, Gil glissa un bras autour de sa taille et la serra doucement avant de lever les yeux. Dire qu’on ne voyait pas grand-chose était un euphémisme. Il faisait noir comme dans un four, l’air sentait le bois humide et renfermé. Mais… petit à petit, sa vision s’accommoda à l’obscurité et il parvint à distinguer la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Large, elle n’était pas meublée mais il pouvait voir les contours d’une cheminée, et le mur à demi fermé, comme une espèce de comptoir, qui la séparait d’une autre pièce – probablement la cuisine. Une épaisse couche de poussière et de sable recouvrait le sol, il y avait des toiles d’araignées partout et l’on entendait gratter doucement contre le bois des murs et du toit. Pour l’heure, cette maison était celle de la nature et des rongeurs. Pourtant, lorsqu’il baissa les yeux pour croiser le regard flamboyant de Libertée, Gil se sentit chez lui. Vraiment chez lui.

- Ce que j’en pense ? chuchota-t-il. Je pense que c’est l’endroit idéal pour aimer une jolie petite marchombre et lui faire des enfants.

Il se pencha et l’embrassa doucement, puis il jeta un nouveau coup d’œil à la ronde.

- On va avoir du boulot, hein…

C’était peu de le dire. Mais au moins n’avait-il pas à construire la structure entière de la maison ! Et puis il devait l’avouer, la perspective de ces travaux lui plaisait. Ce n’était pas tellement son domaine, toutefois il avait envie de s’y essayer, de mettre la main à la pâte pour faire de cette vieille bicoque un véritable nid douiller. Il lâcha Libertée et se dirigea vers une fenêtre, qu’il ouvrit après avoir bataillé avec la poignée rouillée. Lorsqu’il se retourna, il se cogna contre une poutre qui saillait du plafond, plus bas à cet endroit. Il marmonna longuement dans sa barbe, incapable pourtant de s’empêcher de faire le tour de la pièce et de visiter les autres. Il faisait trop sombre pour pouvoir se projeter, imaginer quel meuble irait à tel et tel endroit, mais l’agencement tout à fait improbable des pièces donnait un charme fou à cette drôle de maison. Elle était unique en son genre et ça lui plaisait beaucoup.

- C’est parfait ! cria-t-il à Libertée depuis ce qui semblait être une chambre. Je compte te faire l’amour dans chacune des pièces de cette maison, tu n’y vois pas d’inconvénient j’espère ?

Il passa la main sur le bois du mur et éternua lorsque son geste souleva un nuage de poussière.

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Mer 02 Juil 2014, 11:40

- Ce que j’en pense ? Je pense que c’est l’endroit idéal pour aimer une jolie petite marchombre et lui faire des enfants.

Le bras de Gil autour de la taille, Libertée ne put s’empêcher de sourire à nouveau.
Gil venait de dire « des enfants ». Au pluriel ! Il en voulait donc d’autres ? Mais avant qu’elle n’ait pu poser la question, il l’embrassa, réduisant à néant les chances qu’elle finisse par le lui demander.

Oui, il y avait pas mal de boulot.
Maintenant que leurs yeux s’étaient habitués à l’obscurité, ils pouvaient distinguer au moins les contours de la pièce dans laquelle ils se trouvaient.
Les planches donnant sur l’extérieur étaient parfois mangés par les mites, et d’autres simplement usées par l’humidité ou les rongeurs. Mais la maison avait quelque chose de chaleureux, malgré cela. Peut-être la cheminée, dans un coin ? Ou l’agencement du toit, au-dessus de leur tête, qui n’était pas du tout régulier en hauteur de plafond ? Peut-être tout en même temps, peut-être que c’était aussi l’emplacement, le chant des cigales, ou celui des grenouilles… Une douce tranquillité émanait de cet endroit.
Libertée se sentait chez elle.

Il faudrait réparer les murs, trouver des meubles, boucher les trous dans le toit, peut-être aussi redonner un coup de neuf au ponton… Mais rien ne semblait trop difficile à la marchombre, à cet instant précis : elle avait l’impression de pouvoir soulever des montagnes, changer des lits de fleuve et d’autres choses impossibles.

Observant Gil qui bataillait avec les volets d’une fenêtre, Libertée ne put s’empêcher de rire, et de passer dans son dos pour observer la vue. La fenêtre donnait sur le scintillement du Lac Chen, que l’on voyait à travers les roseaux. C’était beau, alors que la lune et les étoiles se reflétaient dans cet immense et parfait miroir.

La marchombre se retourna en sursautant quand Gil se cogna la tête et grogna, avant d’éclater de rire : cela a ses avantages, d’être petite, en fait !
Ils explorèrent les autres pièces également, et à chaque fois que le regard de Lib se posait quelque chose, elle sentait grandir cette sensation en elle, toujours plus : oui, elle se sentait chez elle. Elle se sentait en sécurité, et en plus avec Gil. Cet endroit était parfait, contrairement à ce qu’elle avait pensé quand elle était passée devant quelques jours plus tôt : elle l’avait trouvé miteux. Mais avec Gil, et leurs projets, finalement la maison brillait des promesses du futur.


- C’est parfait ! Je compte te faire l’amour dans chacune des pièces de cette maison, tu n’y vois pas d’inconvénient j’espère ?

Il éternua, ce qui étouffa l’éclat de rire de la marchombre, qui se trouvait dans ce qui semblait être une salle d’eau. La pièce descendait sur un mètre environs, dès la porte, pour que l’eau du Lac Chen envahisse la pièce. Libertée se demanda comment les poissons ne venaient pas jusque-là, et elle s’assit sur le rebord pour tâter du pied le sol : il y avait un sol de pierre, là en dessous. Et l’eau s’infiltrait par une toute petite fente, à une cinquantaine de centimètres du sol. La pièce était plongée dans le noir, mais Lib crut distinguer une sorte de mécanisme sur le côté.


- Non, aucun ! Et si on commençait par là ? Viens me rejoindre !

Elle sortit ses pieds de l’eau pour tâtonner le mur à l’endroit où elle avait cru voir une sorte de mécanisme, et soudain ses doigts rencontrèrent une petite boite, sur laquelle elle essaya d’appuyer. Une demi-seconde plus tard, la pièce s’illuminait, avec une sphère lumineuse accrochée au plafond, d’une couleur orangée très chaleureuse.

Gil arriva à cet instant précis dans la pièce.


- S’il y a ça ici, il doit y avoir d’autres sphères dans les autres pièces !

Mais avant qu’elle n’ait pu jeter un coup d’œil par la porte, un léger gargouillement attira son attention, et elle fronça les sourcils. Se penchant vers l’eau, elle plongea ses doigts dedans… L’eau était tiède, alors que quelques instants plus tôt, elle avait la température de Chen.
Un petit sourire étira ses lèvres, et elle se tourna vers Gil… Pour l’attraper par les mains et le jeter dans le bain immense et chaud. Riant aux éclats parce qu’il l’avait entraînée dans l’eau également, elle se mussa tout contre son torse, en observant les murs vermoulus autour d’eux. Il y avait des trous, dans les planches, et l’isolation allait être à refaire également. Elle s’en fichait.

Elle était chez elle.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Mer 02 Juil 2014, 19:09

[Un poil court, je te laisse inventer la suite Razz]


- Non, aucun ! Et si on commençait par là ? Viens me rejoindre !

Gil trébucha sur une pierre qu’il n’avait pas vu dans le noir et faillit lui demander où était ce fameux « là » ; mais la maison n’était pas si grande et il trouva la marchombre dans la salle d’eau. Il entra dans la pièce au moment précis où une lumière vive jaillit depuis le plafond, l’éblouissant à tel point qu’il dut fermer les yeux précipitamment.

- S’il y a ça ici, il doit y avoir d’autres sphères dans les autres pièces !
- Je crois que tu m’as brûlé les rétines,
marmonna Gil en appuyant ses poings fermés contre ses paupières.

Libertée ne répondit pas. Lorsqu’il parvint à entrouvrir un œil, il la découvrit en train de fureter dans la pièce. Un grand sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu’elle trempa ses doigts dans l’eau qui bouillonnait désormais à leurs pieds. Et avant même qu’il ait pu dire ou faire quoi que ce soit, elle lui saisit les mains et le fit basculer dans le bassin. C’était ignominieusement taquin – et sacrément bien joué, il fallait le reconnaître – mais il n’était pas né de la dernière pluie non plus, et alors qu’il perdait l’équilibre, Gil planta ses doigts dans les bras de la jeune femme, l’entraînant avec lui. Je tombe, tu tombes ! songea-t-il en s’enfonçant dans l’eau. Il avait serré les dents, s’attendant à ce qu’elle soit au moins aussi fraîche que dans le lac … mais elle était au contraire délicieusement tiède et lorsqu’il se redressa tant bien que mal sur le sol en pente, une main sur le mur miteux pour se retenir, son autre bras enroulé autour de la taille de Libertée, il laissa échapper un petit rire.

- T’es gonflée, râla-t-il pour la forme.

Il avait rétabli leur équilibre et en profita pour passer sa main libre sur son visage puis dans ses cheveux humides, qu’il ramena en arrière sur son crâne.

- Dis donc, chouette endroit ! Alors si je comprends bien…

Il bougea pour se rapprocher du système que Libertée avait actionné et se pencha pour l’examiner.

- Si je comprends bien, ce truc régule l’arrivée de l’eau qui provient directement du lac. Et celui-ci…

Son doigt effleura un bouton. La seconde suivante, ils étaient de nouveau plongés dans le noir.

- Oups.

C’était la sphère, andouille !

Le rire de la marchombre résonna dans la pièce et électrisa Gil comme s’il venait de se prendre la foudre. En fait, c’était plus ou moins ce qui lui arrivait continuellement depuis qu’il l’avait retrouvée. Ça le secouait totalement mais il y prenait goût et pouvait même affirmer qu’il n’était plus capable de s’en passer. Sans prendre la peine de réactiver la sphère, il se rapprocha de Libertée dans un bruissement d’eau. Elle ne pouvait pas voir son sourire espiègle mais il était impossible qu’elle passe à côté de la malice qui vibrait dans le son de sa voix :

- Tu as raison, c’est un bon endroit pour commencer notre programme pour le moins chargé…

Il avança les mains et tâtonna pour la trouver, glissant les doigts le long de ses bras.

- Et ça tombe bien parce que j’ai très envie de te faire toutes sortes de choses dans le noir le plus complet.

Son timbre était rauque, un soupir de victoire franchit ses lèvres lorsque ses doigts trouvèrent enfin le visage de la jeune femme. Il l’attira à lui et l’embrassa doucement. Ils avaient de l’eau jusqu’à la taille, se trouvaient dans l’obscurité la plus totale, mais c’était l’endroit le plus confortable du monde, parce que c’était leur maison…

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Mer 02 Juil 2014, 21:17

Elle était bien, là, tout contre le torse de Gil. Enfin, contre ses habits trempés, surtout, mais elle s’en fichait : l’eau n’était pas froide, et puis ils étaient tous les deux trempés. Elle glissa son nez dans le cou de l’Envoleur, qui tâtonnait sur le mur.

- Si je comprends bien, ce truc régule l’arrivée de l’eau qui provient directement du lac. Et celui-ci…
- Non !
- Oups.


Libertée éclata de rire, et frissonna doucement dans le noir absolu. Ou presque, car quelques rayons de lune traversaient les murs troués, mais la clarté était si diffuse qu’il leur faudrait plusieurs minutes pour que leurs yeux s’y habituent.
Elle entendit les mouvements de Gil dans l’eau et plaqua son dos contre le mur, essayant de passer inaperçue en se mordant la lèvre… Mais non, l’homme la trouva très vite.


- Tu as raison, c’est un bon endroit pour commencer notre programme pour le moins chargé…

Elle ne put s’empêcher de glousser doucement alors que rien que le son de la voix de Gil lui réchauffait le ventre. Les doigts de l’envoleur trouvèrent ses bras, lui tirant de délicieux frissons.

- Et ça tombe bien parce que j’ai très envie de te faire toutes sortes de choses dans le noir le plus complet.

A nouveau, elle rit doucement, et se laissa attirer contre l’envoleur, et lui rendit son baiser avec tendresse, puis passion. Oui, dans le noir, c’était aussi bien ! Mais elle avait la fâcheuse impression, soudain, d’être une adolescente qui se cachait de la lumière.
Bondissant hors de l’étreinte de l’envoleur sans avoir déposé un dernier baiser sur son menton, Libertée sortir de l’eau avec un grand bruit d’essoreuse  - ses vêtements étaient trempés – et s’approcha du mécanisme activant la lumière.


- Attention aux yeux !

Et elle alluma une seconde après à peine.
Debout, dominant parfaitement Gil de toute sa hauteur, elle plaça ses poings sur ses hanches avec un sourire aguicheur sur les lèvres. Dans une moue suggestive, elle roula des épaules, et défit lentement – très lentement – son corset, épingle par épingle, avant de le faire tomber à ses pieds dans un bruit mouillé. Puis, elle ondula des hanches en même temps qu’elle déboutonnait son short, se mordant la lèvre inférieure en continuant de fixer Gil. En dessous devant lui, toujours au-dessus de lui, finalement, elle le fixa une seconde, avant de défaire délicatement son soutien-gorge, puis de faire glisser sa culotte sur ses jambes.


- Moi j’aime te voir, quand tu es sur moi, commença-t-elle dans un murmure. Elle fit un petit pas en avant. J’aime te voir quand tu es en moi… elle fit un second pas, l’eau montant jusqu’à ses chevilles puis jusqu’à ses genoux, et elle ondula du buste et des hanches, J’aime te voir quand tu jouis… acheva-t-elle en posant ses mains sur la chemise trempée qui recouvrait encore le torse de l’envoleur.

Elle l’embrassa doucement, mais se coula hors de ses bras avant qu’il n’ait pu la serrer contre lui, un sourire provocateur sur le visage. Elle fit jouer sa langue sur ses lèvres, avant de tirer sur le premier bouton de la chemise avec ses dents. Les autres boutons subirent tous rapidement le même sort, et elle finit par arracher le tissu du torse de son amant, pour plaquer ses seins contre ses pectoraux.


- J’aime te voir. Tu es si… sexy, attirant, désirable… murmura-t-elle dans son cou, avant de lui attraper le lobe de l’oreille entre les dents.


♥ ♥ ♥




Un rayon de soleil se glissa sur la joue de Libertée, la tirant efficacement du soleil.
Ouvrant un œil, puis l’autre, elle réalisa qu’ils n’étaient plus dans l’eau du bain chauffant, mais sur une couchette ouverte complètement, sur le sol. Elle ne se souvenait même pas comment ils avaient changé de pièce, mais par contre son corps se chargea de lui rappeler ce qu’ils avaient fait, dans le feu de la passion, la veille et l’avant-veille. Elle se sentait moulue du bout des orteils au bout des doigts, et pourtant elle sourit aux anges.

Déposant un léger baiser sur la commissure des lèvres de Gil, toujours endormi, elle se faufila hors de son étreinte doucement et s’étira longuement, avant de détailler réellement la pièce dans laquelle ils s’étaient finalement retrouvés.

C’était ce que l’on pouvait qualifier de salon et de salle à manger en même temps.
La cheminée, en une pierre un peu rouge et un peu ocre en même temps, trônait au milieu du mur donnant sur le nord. Et si les murs étaient troués par endroit, le parquet par contre semblait en excellent état. Se penchant pour poser sa main dessus, Libertée put constater que ses doigts lui disaient que c’était bien du bois. Pourtant, il ne semblait pas avoir vieillit, contrairement aux planches murales et aux meubles vermoulus. Elle haussa les épaules, et fit quelques pas. Le soleil filtrait par la fenêtre que Gil avait ouverte la veille, et la maison baignait dans une lumière chaleureuse de début de journée. La marchombre refit le tour des différentes pièces, entra dans une qui semblait être une chambre, en tout cas qui en avait la taille, puis une seconde assez similaire, juste à côté. Elle trouva également leurs vêtements étalés sur le petit rebord de la salle d’eau, sourit en les ramassant et les étendit sur une barre au mur, qui semblait faite pour ça.

Elle finit par revenir dans la pièce à vivre et mit quelques petits morceaux de bois dans la cheminée, pour préparer un petit déjeuner digne de ce nom : elle avait quelques fruits dans son sac, et un peu de lait aussi, qu’elle fit réchauffer dans un bol en métal.

La marchombre avait enfilé la chemise de Gil, désormais sans bouton, sans rien de plus sur sa peau, remontant les manches jusqu’à ses coudes. Puis, dans une impulsion, elle ouvrit toutes les fenêtres de la maison. Cela lui prit un certain temps, d’autant que certaines étaient bien fermées et leur mécanisme rouillé et fatigué.
Les pièces étaient vides de meubles, mais Libertée se projetait déjà : elle voulait un canapé et un fauteuil là, près de la cheminée. Une table ronde, au milieu de la pièce. Si l’évier en pierre avait tenu le coup, il ne restait des placards que quelques morceaux de fixations. Elle voyait aussi un grand lit dans la chambre du fond, celle qui donnait sur le lac, et un plus petit dans la seconde.

Papillonnant des paupières, elle se pencha sur Gil pour le réveiller. Lui mordillant le lobe de l’oreille, taquine, elle lui murmura dans l’oreille :


- Allez, petite marmotte, on se réveille. Regarde comme c’est joli ! Tu penses quoi d’une table ronde ? Et d’un fauteuil et d’un canapé ? Oh, j’aimerais bien avoir aussi un graaand tapis bien épais, à mettre juste devant la cheminée, pour qu’on puisse s’asseoir et s’allonger dessus !

Elle était déjà partie dans des plans extravagants. Elle avait envie de retourner à Al-Chen tout de suite pour trouver des meubles et les transporter jusque dans leur maison.

Oui.

Leur maison !

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Mer 02 Juil 2014, 22:56

[Pas vraiment fait avancer tout ça, moi... ^^]


- Attention aux yeux !

Cette fois, Gil ferma les paupières juste à temps pour ne pas être aveuglé par la forte luminosité de la sphère. Les yeux clos, il tendit les bras à la recherche de Libertée, mais elle avait disparu et il étouffa un juron. Mince, elle n’allait quand même pas le planter là comme ça ! Prêt à se lancer à sa poursuite, à lui courir après toute na luit s’il le fallait, l’Envoleur ouvrit prudemment un œil… et le deuxième aussitôt. Debout devant lui, le surplombant de la hauteur supplémentaire que lui offrait l’inclinaison du sol, Libertée fixait sur lui un regard brûlant. Tellement intense que Gil sentit un frisson remonter le long de son échine. Sans un mot, sans un bruit, elle commença à défaire son haut. D’abord une épaule, puis l’autre, et ensuite toutes les épingles, chacune leur tour et très, très lentement. Trop lentement. Et trop d’épingles, bon sang ! Il serra les poings lorsqu’elle s’attaqua à son short. S’il s’écoutait, il l’attraperait à bras-le-corps, la chargerait sur son épaule et l’emporterait dans la pièce d’à côté pour achever de la dévêtir lui-même – plus efficacement et bien plus rapidement ! Mais là, c’était à elle de mener la danse, de contrôler son désir, et dans ce rapport de domination qui s’inversait presque à chaque fois, Gil se sentait plus vivant que jamais. Son sang bouillonnait dans ses veines et il avait le souffle court, mais c’était une torture à laquelle il acceptait volontiers de se soumettre !

- Moi j’aime te voir, quand tu es sur moi.

Gil avala lentement sa salive et regarda Libertée, complètement nue désormais, faire un pas en avant. Un pas de fourmi, bien sûr, et il comprit qu’ils avaient entamé la partie la plus difficile du jeu : rester immobile, ne pas bouger d’un poil alors que tout son corps se tendait de désir. S’il esquissait le moindre geste, il avait perdu. Et je suis mauvais joueur…

- J’aime te voir quand tu es en moi…

Encore un pas en avant. Plus grand, cette fois. Tout compte fait, il était content que la sphère soit allumée.

- J’aime te voir quand tu jouis…

Enfer ! Encore un pas, je t’en prie ! Il grogna lorsqu’elle posa les mains sur sa poitrine et répondit à son baiser avec passion, mais au moment où il referma les bras, elle s’éclipsa. Encore. Mutine, Libertée entreprit alors de le débarrasser de sa chemise en s’attaquant aux boutons avec ses dents. Il l’avait passée sur son dos uniquement parce que son tabard était hors service, lui qui ne mettait jamais de chemise en été… Et il décida que pour elle, il était prêt à en porter une chaque jour de l’année ! La marchombre tira sur le tissu, manquant de le déchirer, et l’envoya valser pour se blottir – enfin ! – contre lui. Cette fois, Gil l’attrapa dans ses bras et il se fit la promesse de ne pas la laisser s’échapper de son étreinte. Pas avant de lui avoir donné deux orgasmes.

Au moins !



*


Allez, petit marmotte, on se réveille… Regarde comme c’est joli ! Tu penses quoi d’une table ronde ? Et d’un fauteuil et d’un canapé ?

Gil remua dans son sommeil et fronça légèrement les sourcils. Ben ça, pour un drôle de rêve, c’était un drôle de rêve. Il se trouvait dans un champ de fleurs roses, debout face à un étrange petit lutin vert et bleu. Haut d’un mètre environ, il était juché sur un poney violet, sans doute pour paraître un peu plus grand – ce qui ne l’empêchait pas d’arriver seulement à la poitrine de Gil – et il avait de jolies oreilles pointues. C’était lui qui était en train de parler, avec la voix de Libertée, mais Gil n’écoutait que distraitement ce qu’il racontait parce que toutes ces couleurs, ça lui faisait mal aux yeux et ça lui flanquait une migraine pas possible.

- Oh, j’aimerais bien avoir aussi un graaand tapis bien épais, à mettre juste devant la cheminée, pour qu’on puisse s’asseoir et s’allonger dessus !

Il se réveilla complètement et ouvrit les yeux pour découvrir que c’était bel et bien Libertée qui babillait à propos de… heu… de quoi ?

- Quoi ? marmonna-t-il d’une voix tout ensommeillée.

La lumière du soleil inondait la pièce dans laquelle ils se trouvaient – le salon. Gil frotta ses paupières, bâilla à s’en décrocher la mâchoire et tourna la tête ; un petit feu brûlait doucement dans la cheminée poussiéreuse et réchauffait une gamelle en fer. Il fronça les sourcils. Rêvait-il encore ou bien… ? Perplexe, il jeta un coup d’œil à Libertée, s’attendant à moitié découvrir le lutin bleu-vert à sa place. Mais non, sa petite marchombre était bien là, vêtue uniquement de sa chemise qui n’avait plus aucun bouton. Elle était radieuse et il grogna jalousement. Comment faisait-elle pour être aussi en forme après une nuit pareille ?! Si ses souvenirs ne se mélangeaient pas à ses rêves, ils avaient fait l’amour deux fois dans l’eau tiède du petit bassin de pierre, avant de migrer vers le salon. Ils s’étaient encore arrêtés dans le couloir, incapable d’aller plus loin, et pour finir ils s’étaient effondrés ici, à bout de forces… Pour sa part, Gil avait besoin de recharger les batteries d’urgence. A ceux qui prétendaient que l’on pouvait aisément vivre d’amour et d’eau fraîche, il répondit « merde ! » et se traîna à quatre pattes jusqu’à la cheminée pour attraper la gamelle. Le lait était chaud et lui brûla la langue, mais il mourrait de soif. Et de faim. Avisant les fruits disposés près de la margelle de la cheminée, Gil soupira. Il n’irait pas loin avec ça, et Libertée non plus, d’ailleurs. Il avait pu constater son appétit de future maman et il pariait qu’elle était au moins aussi affamée que lui.

- Vais chasser, lâcha-t-il en se levant.

Il enfila son pantalon, ses bottes et attrapa son arc, qu’il avait eu la présence d’esprit de rentrer pour la nuit avec leurs affaires. Puis il glissa son carquois sur son épaule et regarda Libertée. Elle était magnifique, même quand elle avait les traits d’un lutin dans ses rêves, et même quand il ne comprenait pas vraiment ce qu’elle racontait. Il était beaucoup trop tôt pour un sourire digne de ce nom mais il grimaça quelque chose qui y ressemblait vaguement et se pencha pour déposer un baiser au coin de ses lèvres.

- Après tout ça, tu mérites bien plus qu’une poignée de fruits. Je ne serai pas long. En attendant, femme, soit sage et attends mon retour en imaginant comment meubler cette maison !

Et son clin d’œil moqueur prouva à la jeune femme qu’il avait bel et bien entendu un petit bout de son délire matinal et que, s’il fuyait pour échapper à une conversation un peu trop féminine, il était heureux qu’elle envisage déjà mille et une possibilités pour cette maison. Sa maison. Leur maison !

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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Jeu 03 Juil 2014, 09:51

Libertée ne se formalisa pas de la mauvaise humeur de Gil au réveil : elle savait pertinemment que certaines personnes préféraient être tranquilles quand elles se levaient. Certes, les dernières fois qu’ils s’étaient réveillés ensemble, cela s’était bien passé, mais parce que cela avait été des réveils… sexuels. Cela n’a rien à voir avec un réveil quotidien, même si la marchombre avait très envie que cela devienne quotidien. Mais là, tout de suite, elle était dans ses projets, dans ses plans dans sa tête, et rien ne pouvait l’arrêter. Elle avait l’impression de rayonner d’énergie positive !

- Vais chasser.

La marchombre hocha la tête, lui adressant un large sourire. Elle ne put s’empêcher d’éclater de rire quand il essaya de lui répondre par un autre sourire qui avait plutôt l’air d’une grimace d’ours grincheux.
Le baiser qu’il lui donna était si simple, si léger, que son cœur s’emballa dans sa poitrine et qu’elle sentit des papillons naître dans son ventre. C’était comme ça qu’elle voulait passer tous ses matins : à se réveiller aux côtés de l’envoleur, et à l’embrasser doucement. Comme s’ils avaient fait ça toute leur vie, ou comme si sa vie à elle avait été construite dans cet unique but.

- Après tout ça, tu mérites bien plus qu’une poignée de fruits. Je ne serai pas long. En attendant, femme, soit sage et attends mon retour en imaginant comment meubler cette maison !

Elle lui adressa à son tour une grimace en fronçant le nez et en lui tirant la langue.

- T’as intérêt à ramener quelque chose de bon, espèce d’ours !

Libertée le regarda s’éloigner quelques instants, à peine quelques secondes avant qu’il ne disparaisse dans la végétation des roseaux. Les oiseaux gazouillaient dans les branches, et elle prit une grande inspiration sur le pas de la porte. Elle se sentait sereine.
Tournant vivement la tête, elle détailla l’intérieur de la maison et grimaça : c’était plein de poussière. Déjà, un bon nettoyage n’était pas un acte négligeable ! Et elle allait s’y mettre tout de suite. Ramassant les vêtements et la couchette sur le sol, elle les sortit à l’extérieur pour les dépoussiérer et les poser sur une branche. Puis, elle coupa une vingtaine de roseaux, trouva une branche relativement droite et attacha les tiges sur cette dernière, pour rentrer vivement dans la maison et passer son balais improvisé.

Quand Gil revint, la maison était bien plus propre que lorsqu’il était parti. Mais elle restait désespérément vide !


- Aaah, mon super-homme ! lança-t-elle, joueuse. J’ai cru que tu n’allais jamais revenir !

Elle s’installa le plus confortablement possible devant la cheminée, pétillante, et adressa un large sourire à Gil.

- T’as des idées toi ? Ou des envies, pour la maison ?

Cela aurait pu être une conversation banale.
Mais Libertée comme Gil n’étaient pas banaux, c’était le cas de le dire. Alors ce type de conversation, que Lib ne pensait ne jamais avoir – en tout cas, pas avant encore une bonne dizaine d’années – lui réchauffait le ventre à un point inimaginable.


- La base, c’est une hache, un marteau et des clous. Avec ça, on peut tout faire, ou presque !

Elle observa Gil, soudain sérieuse.

- Gil ? Ca va ? Tu n’as pas l’air… très enthousiaste.

Elle prenait peut-être ça trop au sérieux, non ?
La chaleur dans son ventre se transforma en nœud, soudain. Nœud qui remonta dans sa gorge et fit trembler ses lèvres.


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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Dim 06 Juil 2014, 18:01

Le vent était frais et mordant dans la brume matinale qui enveloppait le marais dans un épais cocon. Seulement vêtu de ses bottes et de son pantalon, Gil se surprit à frissonner une ou deux fois, lui qui n’avait jamais froid, mais à la réflexion il s’agissait probablement du contrecoup de ces trois derniers jours. Et dernières nuits. Il n’était plus capable de se rappeler l’effet d’une nuit de sommeil complète, son corps était lourd, douloureux, ses joues assombries par une barbe de plusieurs jours et sa bouche pâteuse… Par-dessus le marché, il n’arrivait pas à se réveiller complètement et c’est sans doute la raison pour laquelle il ne vit pas la flaque. Sa botte gauche s’enfonça dans l’eau boueuse et il parvint à ne pas basculer tout entier en se retenant de justesse à la base d’une souche couverte de mousse et d’une sorte de liquide visqueux. Un chapelet de jurons plus tard, il s’assit sur ladite souche et se passa une main sur le visage en soupirant. Posant son arc près de lui, il balaya les environ d’un regard complètement perdu. Qui ne le serait pas, à sa place ? Père, songea-t-il en s’émerveillant et s’effrayant tout à la fois des sensations vertigineuses que ce simple mot faisait jaillir en lui. Je vais être père. Je vais fonder une famille et vivre ici, dans ce drôle d’endroit…

Ce n’était pas une petite étape qu’il était sur le point de franchir et la marche était vraiment haute, mais pour la première fois depuis deux jours, il sentit une pointe de doute faire vaciller tout son être et couper son élan. Pas un doute sur la personne, non : Libertée avait beau craindre le pire, ce qui était tout à fait compréhensible de son point de vue, il était certain d’avoir trouvé en elle la femme avec qui il voulait vivre le reste de sa vie. Il lui avait fallu commettre une trahison amère et douloureuse pour parvenir à cette conclusion, mais pour lui les choses étaient claires, désormais. Il avait trouvé sa direction. Non, ce qui lui faisait peur, là, maintenant, tout de suite, c’était de ne pas être à la hauteur. Il n’avait pas réussi à être un père pour Makeno, saurait-il seulement s’occuper du petit haricot ? N’était-il pas voué à échouer dans cette voie, encore et toujours ? A revivre continuellement ce cauchemar, dans l’ombre d’un souvenir qui le voyait abandonner son propre père agonisant ? Pris de vertiges, Gil ferma les yeux et appuya ses paumes contre ses paupières. Il avait envie de la voir naître, cette petite chose fabuleuse et mystérieuse qui pour l’instant n’arrondissait même pas le ventre plat de sa compagne. Il avait désespérément envie de la tenir dans ses bras, de veiller ses jours et ses nuits, de sursauter au moindre changement de son souffle, de s’inquiéter à chacun de ses pas, et de l’aimer comme jamais encore il n’avait aimé personne…

Mais là, maintenant, tout de suite, il avait peur. Et son père n’était plus là pour le rassurer. Lui expliquer qu’il n’y avait aucune raison, vraiment, de paniquer. Que les choses étaient ainsi, et la vie aussi, et qu’il y avait un début à tout. Pas de père pour l’emmener boire un coup afin de fêter ça dignement. Pas de mère non plus pour aider Libertée dans la décoration de son intérieur. Un ricanement presque déchirant lui brûla la gorge en jaillissant brusquement. Jusqu’ici, il s’était parfaitement débrouillé tout seul. Il avait choisi la voie du Chaos par pur défi envers le destin qui s’acharnait contre lui, et il s’y sentait bien. Il avait réussi à se tirer de mauvais pas de nombreuses fois, en narguant parfois la mort de très près, et il espérait encore vivre assez longtemps pour continuer à jouer avec elle de cette façon. Il avait trouvé l’amour de sa vie. Et jamais, jamais il n’avait eu dans le cœur cette soudaine sensation de vide immense et douloureux, ce manque atroce qui l’empêchait quasiment de respirer. Il lui fallut un moment pour réaliser que ce qu’il sentait rouler doucement le long de ses joues, c’étaient ses larmes. Putain, pourquoi est-ce que je pleure ?! s’énerva-t-il en s’essuyant rageusement les yeux. Mais il garda son visage enfoui dans ses mains et laissa de violents sanglots lui secouer la poitrine.

- Dis, pourquoi tu pleures ?


*



Surpris, Gil sursaute et essuie son visage d’un revers du bras avant de lever les yeux. Devant lui se tient une femme aux cheveux étranges. Ils sont d’un noir aile de corbeau, striés d’un gris argenté, très pur, qui rappelle l’éclat de ses grands yeux, des yeux qui donnent l’impression d’avoir déjà tout vu. Le coin de ses yeux et de ses lèvres sont marqués par les rides du temps mais il est impossible de lui donner un âge. Petite et menue, elle semble surgir de la brume, comme si elle appartenait à un autre monde, comme si elle n’était pas vraiment là, devant lui… Gil hésite, regarde autour de lui. Il ne l’a pas entendue arriver, cette femme. Se peut-il qu’il y ait d’autres habitations dans le coin ?

- Je pleure pas, grogne-t-il.

Son reniflement prouve le contraire et il se tait, vexé comme seuls les hommes peuvent l’être lorsqu’ils ont l’ont l’impression d’être pris en flagrant délit d’instant de faiblesse. En face de lui, la femme sourit. Pas avec ses lèvres, juste avec les yeux.

- Je vois…
- Non, vous ne voyez pas.


Qui que ce soit, cette femme l’agace. On ne débarque pas comme ça, sans prévenir ! Et puis de quoi je me mêle, d’abord ? Gil soupire et esquisse le geste de se lever, mais…

- Oh, reste encore un peu ! s’exclama-t-elle.Je ne veux pas te déranger.

Bien sûr, et mon cul c’est du poulet !

- Tu as l’air d’avoir une grande nouvelle à digérer.
- Ouais, on peut dire ça…


Il meurt d’envie d’aller voir ailleurs, puisqu’elle ne semble pas vouloir lui faire ce plaisir, mais il ne le fait pas. Il se contente de l’observer du coin de l’œil, sa curiosité malgré lui titillée.

- Vous… Heu, vous habitez dans le coin ?
- Oui, on peut dire ça !


Gil grimace. Il n’aime pas qu’on lui retourne la balle de la même façon que lui.

- Puis-je savoir quelle est cette grande nouvelle ? Ou bien est-ce un secret trop personnel pour être partagé avec une inconnue ?

Curieusement, un tel culot ne fait que l’intriguer de plus belle. Bien sûr que c’est personnel ! Intime, précieux, enfoui au fond de son cœur. Pourtant, les mots jaillissent sans qu’il ne puisse les arrêter.

- Je viens d’apprendre que je vais avoir un enfant.

Le visage de la femme se transforme. Stupéfait, Gil voit ses yeux s’agrandir de surprise et une émotion vive traverser son regard ; l’espace d’un instant, une folle seconde, il croit reconnaître cette expression. Sensation étrange et fugace, qui disparait presque aussitôt.

- Félicitations ! Une fille ou un garçon ?
- Heu… un haricot.


Embarrassé, Gil mime le petit haricot avec deux doigts. La femme laisse échapper un drôle de rire, entre le chuchotement du vent et le tintement léger d’une cascade, puis hoche la tête. Il ne sait pas comment, mais elle a tout de suite compris ce qu’il voulait dire.

- Trop tôt pour le savoir, hein !

Il ne sait absolument pas comment on peut savoir une chose pareille. Probablement grâce aux Rêveurs. Gil hausse les épaules.

- Et c’est pour ça que tu pleurais tout à l’heure ? Pour une nouvelle aussi belle ?
- Je ne sais pas comment on fait,
marmonne-t-il sans pouvoir s’empêcher de s’empourprer légèrement. C’est le premier… non, le deuxième, mais j’ai…

Il s’interrompt, ferme les yeux, se met à trembler.

- Je crois que je n’ai aucun instinct paternel, murmure-t-il enfin.

Seul le silence lui répond mais il n’ose pas ouvrir les yeux pour vérifier si la drôle de femme aux cheveux noirs et gris est toujours là. Il a l’impression d’être seul, tout seul avec son cœur qui bat à la chamade dans sa poitrine et résonne dans la forêt tout entière. La peur revient, et avec elle l’angoisse, et sa gorge se serre à nouveau, et sa respiration s’accélère, et…

… une main se pose sur le sommet de son crâne, dans ses cheveux. Gil rouvre les yeux. Elle est là, juste devant lui, bien réelle alors qu’il la pensait tout droit sortie de son imagination. Elle sent bon la menthe et le chèvrefeuille. Sa main effleure sa tempe, caressa sa joue, glisse sous son menton et lève son visage dans sa direction. Il croise son regard calme, brumeux, infiniment doux.

- Si, tu l’as, mais pour l’instant tu ne le sens pas encore. Cet instinct-là n’a rien à voir avec celui qui guide les gestes du guerrier ou les pas du chasseur. Il est bien plus précieux et plus subtil, c’est un trésor caché qui ne s’invente pas, ne se déguise pas, ne se perd jamais.
- C’est ça…


Il veut tourner la tête, elle retient son visage entre ses mains et cette fois, l’intensité de son regard lui coupe le souffle.

- Ne doute pas de moi, jeune homme : j’ai mis au monde et élevé sans doute bien plus d’enfants que tu n’en auras jamais. Et ce n’était pourtant pas la voie à laquelle je m’étais destinée.

Dans sa bouche, le mot « voie » semble bien particulier. Se pourrait-il que…

- Mais plus encore, tu ne dois pas douter de toi ; si tu pleures, tout seul, c’est que tu as déjà fait de la place dans ton cœur. Une toute petite place de la taille d’un haricot. Un père ça ne pleure pas souvent mais lorsque ça lui arrive, c’est toujours sincère et impressionnant.

Ah bon ?

- Je…
- Tu n’auras bientôt plus peur, je te le promets. Et tu seras un père formidable.
- C’est dingue. Vous ne pouvez pas savoir un truc pareil.
- Oh si ! C’est mon petit doigt qui me l’a dit.


Elle agite son doigt et comme par magie, Gil se sent soudain plus léger. Plus confiant, aussi. Il se redresse, pose la main sur son arc ; elle est déjà plus loin, à moitié dissolue dans la brume, et il ressent soudain le besoin urgent de la retenir encore un peu. Qui que ce puisse être.

- Attendez ! Est-ce que je vous connais ? Je… j’ai l’impression de vous avoir déjà vue.

Une impression qui se renforce, peut-être parce qu’il a prononcé cette possibilité à voix haute. L’inconnue se tourne vers lui et pour la première fois, elle sourit.

- Tu m’as connue il y a longtemps, dans une autre vie. Quand tu t’appelais encore Manaël Sil’Sierra !

Un coup de vent plus tard, elle a disparu. Gil est resté figé sur place, le cœur battant. Il se souvient enfin et le nom, tout droit surgit du passé comme un clin d’œil complice de cette autre vie, danse sur le bout de sa langue en distillant une onde de chaleur agréable dans tout son être.

- A bientôt, Laïze… murmure-t-il.



*



- Aaah, mon super-homme ! J’ai cru que tu n’allais jamais revenir !

Gil ne répondit pas. Il se contenta de déboucler son ceinturon, laissant tomber le lièvre qu’il avait épinglé d’une flèche bien ajustée. Assise devant la cheminée, Libertée lui adressa un regard à faire bander un endormi avant d’enchaîner à toute vitesse :

- Tu as des idées ? Ou des envies, pour la maison ? La base, c’est une hache, un marteau et des clous. Avec ça, on peut tout faire, ou presque ! … Gil ? ça va ? Tu n’as pas l’air… très enthousiaste.

Pour toute réponse, Gil s’assit près d’elle et écarta doucement un pan de la chemise, trop grande pour elle, afin de poser sa main sur son ventre. Geste incroyablement rassurant, pour lui autant que pour elle. Et fichtrement parlant.

- Pas enthousiaste, souffla-t-il en levant sa main libre pour ranger une mèche derrière son oreille. Aucun mot ne peut décrire ce que je ressens en ce moment, Lib. Je… J’ai l’impression de vivre un rêve.

Il rit doucement contre son oreille.

- Je ne sais absolument pas me servir d’un marteau. Ça va être drôle…

D’un geste, il l’attira contre lui et la serra dans ses bras, tout en promenant son regard dans la pièce.

- Deux fauteuils, dit-il en plissant les yeux pour réfléchir. Juste ici, devant la cheminée. Sur un tapis moelleux pour que je puisse te faire l’amour au chaud cet hiver. Et là-bas, une petite table…

Gil parla longtemps, lui qui ne disait jamais grand-chose. Il se projeta sans crainte dans ce monde farfelu et plein d’amour que Libertée avait commencé à dessiner pour lui. Et tout au long de son discours, il garda la main sur le ventre de la marchombre, adressant un message silencieux au petit haricot qui grandissait tranquillement sous ses doigts.

Je suis là. Tu m’entends, p’tite chose ? Je suis là et je te garantis que rien ne pourra jamais nous séparer, tous les deux. Parce que je serai le meilleur papa du monde. Juré…



… promis ! ♥️



[Et bah voilà, j'ai envie de m'arrêter là, sur cette note si émouvante que j'en ai eu la gorge serrée rien qu'en l'écrivant ! Je te laisse le mot de la fin et promis, dès que je reviens, on enchaîne sur un super Rp de la mort qui tue avec Naïs (entre autre ^^) - Meeeeerciiii pour ce magnifique Rp, l'un des plus beaux de Gil, je me suis éclatée et j'espère que toi aussi !!! Gniaaaaah !!!!! tada ]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]   Lun 07 Juil 2014, 09:47

Son angoisse était remontée en flèche, et faisait trembler légèrement ses lèvres. Son souffle se hacha, elle sentit le nœud dans sa gorge se serrer un peu plus. Oui, il avait l’air bizarre, étrange. Venait-il de réaliser qu’il ne voulait pas, finalement, de cette maison, de ce bébé, d’elle ?
Parce que lorsqu’ils étaient ensemble, tout semblait presque simple, comme si cela coulait de source. Mais dans ces instants solitaires – aller chercher à manger, et après ce seraient les cours avec des apprentis… - la raison reprenait sa place privilégiée, Libertée le savait, cela lui faisait à elle aussi dès qu’elle reprenait de la distance par rapport à l’envoleur.

Il ne lui répondit pas, et le nœud dans sa gorge se transforma en plomb, qui l’empêcha de déglutir.
Elle laissa son regard rose suivre les mouvements de Gil, alors qu’il faisait tomber le lièvre qu’il avait déniché sur le sol. Impossible pour elle de dire quoi que ce soit, sinon elle allait éclater en sanglots, elle le sentait très clairement.
Puis, pourtant, il vint s’asseoir à côté d’elle, et posa sa main sur son ventre. La chaleur de sa grande main se répandit dans le torse de Libertée, qui réussit enfin à respirer, lâchant un petit hoquet à cause du plomb dans sa gorge.

Qui se dissolvait instantanément quelques secondes plus tard, quand il fit glisser l’une de ses longues mèches derrière son oreille.

Aucun mot ne peut décrire ce que je ressens en ce moment, Lib. Je… J’ai l’impression de vivre un rêve.

La chaleur que dispensait sa main sur son ventre augmenta soudain, en se répandant davantage dans son buste. Et son rire, dans son oreille, lui tira un frisson. Elle ne put s’empêcher de sourire à son tour.


- Je ne sais absolument pas me servir d’un marteau. Ça va être drôle…

Riant, Libertée se blottit contre lui, légèrement rassurée. Non, il ne voulait pas partir. Enfin, pas pour l’instant. Mais rien que cette idée, qu’il ne partait pas tout de suite, suffisait à la combler, là tout de suite.


- Deux fauteuils. Juste ici, devant la cheminée. Sur un tapis moelleux pour que je puisse te faire l’amour au chaud cet hiver. Et là-bas, une petite table…[/b]

Son ventre était brûlant, ses poumons aussi. La chaleur se répandit dans tout son corps, alors que la main de l’envoleur n’avait pas bougé de son ventre. Elle la sentit monter dans ses bras, dans ses jambes, chatouillant son sexe, et rosissant ses joues.

Elle souriait. Elle ajoutait ses idées à celles de Gil. Elle riait, aussi, parfois aux éclats même. Et puis, sa tête posée sur l’épaule de l’envoleur, elle ferma les yeux.

Elle était si heureuse, que cela faisait presque mal.








[ Court pour clore, mais bordel, qu'est-ce qu'il était cool ce RP ! <3 ]

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[-16] Quand un chaton se transforme en lion [ Gil ]
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