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 Un départ peu prometteur [pv Yauna]

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MessageSujet: Un départ peu prometteur [pv Yauna]   Jeu 03 Juil 2014, 10:53


    ___Le soleil répandait ses premiers rayons sur la face est des montagnes, n’éclairant encore que sa base et laissant les sommets plongés dans l’ombre. Il était très tôt ; la fraîcheur de la nuit passée ne s’était pas tout à fait évanouie ; une brise matinale venait la renforcer. Madwyn frissonna dans sa tenue légère. Le ciel était dégagé, ce qui présageait une journée chaude une fois bien entamée. Emporter une couche supplémentaire l’aurait encombré ; il pouvait bien supporter le froid encore quelques minutes.

    ___Madwyn s’était réveillé au milieu de la nuit, tremblant de terreur, et trempé de sueur. Habitué, il avait attendu d’être calmé avant de se lever, sachant pertinnement qu’il lui serait impossible de se rendormir. Il ne se souvenait déjà plus du cauchemar qui l’avait mis dans un tel état, mais il se doutait qu’il ne devait être bien différent des autres. Le même schéma se répétait à chaque fois. Une salle plongée dans le noir. Des cris à sa gauche, des gémissements à sa droite. L’attente, terrible. Ce serait bientôt son tour. Puis les pas qui approchaient, le souffle rauque au-dessus de sa tête. Et enfin la douleur, cuisante. Ce pouvait être une aiguille, une lame, un poing,… Peu importait. Il se réveillait toujours à cet instant.

    ___Conscient que le matin était encore loin, Madwyn avait décidé de mettre ce temps à profit. Cela faisait quelques jours seulement qu’il était au Domaine. Il n’avait pas encore commencé les cours, ignorant jusqu’au nom de son Maître. On l’avait prévenu dès le départ qu’il pouvait se passer quelques semaines avant son premier cours. Madwyn avait observé les autres apprentis s’entraîner dans la cours, soit aux armes, soit à des exercices de musculation, ou autre. Bien vite, il avait pris conscience de son retard. Même les plus jeunes étaient plus souples, plus forts et plus rapides que lui. Madwyn ne faisait le poids face à aucun d’entre eux. Pas étonnant. Il avait été enfermé pendant cinq ans, et les quatre années de liberté qui avaient suivies n’avaient pas servi à renforcer son corps, mais plutôt à le réapprivoiser. Encore aujourd’hui, il se mouvait sans assurance, et le moindre exercice faisant intervenir l’équilibre le voyait finir systématiquement au sol. Il commençait à se demander pourquoi on l’avait envoyé là. Il était clair qu’on enseignait à l’élite, et lui était à la limite d’être handicapé, son corps ayant manqué d'occasions pour se développer normalement durant sa vie.

    ___Décidé à tenter sa chance malgré tout et à ne pas rester les bras croisés jusqu’à son premier cours, Madwyn s’était habillé et était sorti, remontant le cours d’eau dans la forêt jusqu’à atteindre le Lac Chen. Il l’avait alors contourné pour atteindre les Dentelles Vives, où les plus hardis s’essayaient à l’escalade. On lui avait soufflé que cet exercice faisait intervenir tant l’équilibre que la souplesse et la force. S’il voulait s’améliorer, c’était ici qu’il devrait commencer. Malgré tout, Madwyn n’avait jamais grimpé de sa vie, ou du moins pas dans les montagnes. En levant la tête vers les sommets, il fut pris de vertiges. C’était haut. Vraiment très haut. Une chute ne pardonnait pas, surtout qu’il y avait de fortes chances de s’écraser sur une épine rocheuse avant même de toucher le sol. La mort était quasiment assurée pour celui qui ne s’y connaissait pas. Madwyn se secoua. Il n’était pas temps de renoncer. Et puis, il n’avait pas besoin d’aller bien haut. Juste assez pour s’entraîner.

    ___Puisant en lui une certaine dose de courage, ou de stupidité (il n’est pas toujours facile de distinguer les deux), l’apprenti Mercenaire posa ses mains sur la paroi rocheuse, saisit une prise, posa son pieds, et s’éleva de quelques centimètres. Aussitôt son corps en suspension, il perçut la pesanteur qui tentait déjà de le jeter en bas. Les maigres muscles de ses bras se tendirent avec déjà une certaine douleur, tandis que ses jambes se mettaient à trembler. Un début peu prometteur. Déglutissant, Madwyn se força à lâcher la prise de sa main droite pour la monter. Plaqué contre la roche, il mit un temps infini à la lever jusqu’à l’aspérité suivante. D’instinct, il souleva son pied droit, testa son équilibre précaire, poussa sur sa jambe, et parvint à se soulever d’un demi-mètre. Il sentit alors son poids peser sur sa main droite, et, plus rapidement cette fois, il éleva sa main gauche. Tremblant, il répéta huit fois l’opération. La neuvième, son pied glissa. Avec horreur, il se raccrocha à ses mains et, pendu à ses bras, il tenta fébrilement de retrouver une prise pour ses pieds. Mais ceux-ci raclaient la paroi sans parvenir à s’y accrocher, détachant sur leur passage quelques coulées de cailloux. Finalement, ses doigts crièrent de douleur, et Madwyn, fermant les yeux, dut lâcher prise. Il était déjà à cinq mètres du sol, et lorsqu’il se ramassa lourdement sur le sol, il s’estima chanceux que ce furent ses pieds, puis ses genoux, qui encaissèrent le choc. Couché à plat ventre, il reprit péniblement son souffle, força son cœur à se calmer, puis se releva pour défier la montagne du regard. Ses muscles étaient endoloris. Ceux de ses avants-bras le faisaient souffrir, ses doigts refusaient déjà de se plier correctement. Cinq mètres à peine ! L’apprenti avait pitié de lui-même et de son échec. Ignorant sa peur et sa douleur, il recommença. Il retomba au même endroit. La troisième fois, il l’atteignit plus vite, connaissant les prises, et il passa la difficulté pour retomber un mètre plus haut. Inlassablement, il se raccrocha à la roche et continua à la défier.
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MessageSujet: Re: Un départ peu prometteur [pv Yauna]   Ven 04 Juil 2014, 11:21

Le cours de Yauna était terminé depuis peu. Et elle était encore toute courbaturée… Elle avait bien conscience du fait que si elle ne faisait aucun exercice, cela serait encore pire, même si elle s’appliquait à s’étirer au moins trois fois par jour.
Décidée à ne rien laisser tomber, et surtout à s’améliorer, elle suivait le programme que Gil leur avait proposé quand il n’était pas avec eux : elle essayait de courir tous les matins, au moins, et de faire quelques exercices de musculation. Ses bras étaient bien trop faibles pour la soutenir dans n’importe quelle situation, elle comptait plus sur ses jambes, ce qui en soi lui semblait tellement plus logique : les jambes sont faites pour supporter le poids, pas les bras. Mais dans nombre de cas, un peu de force dans le haut du corps aidait beaucoup, donc elle s’astreignait à faire quelques exercices qui la laissaient pantoise d’épuisement et de douleur dans les bras.

Pourtant, elle n’arrivait qu’à enchaîner cinq ou six mouvements, maximum. Elle se reposait, faisait autre chose, et réessayait plus tard, sans voir une quelconque amélioration. Et si elle était également consciente du fait que les muscles ne se développaient pas en quelques jours, parfois elle était traversée d’immenses vagues de découragement, durant lesquelles elle préférait s’isoler soit dans les dortoirs, soit dans la forêt Ombreuse.

Sauf que cette forêt – non, c’était une jungle – ne la rassurait pas du tout. Elle se sentait dans une insécurité presque totale dès qu’elle en franchissait la lisière seule. Du coup, elle avait beaucoup tendance à appeler Kaspian et à tenter d’être assez souvent avec lui. Au moins, elle était un peu plus rassurée, et elle lui faisait confiance : il était Envoleur, lui. Il savait se débarrasser de tous les dangers de la forêt, contrairement à elle.

Ce matin-là, pourtant, elle s’était réveillée avec une toute nouvelle détermination : elle voulait essayer de traverser Ombreuse par elle-même. En se redressant dans son lit, elle avait fixé ses vêtements, et avait décidé qu’il était temps pour elle de les changer. Kaspian lui avait laissé une bourse de pièces d’or. Elle voulait prendre un vrai nouveau départ.
Et elle n’envisageait pas de nouveau départ sans nouveaux vêtements. C’était sans doute superficiel, mais tant pis, c’était ainsi pour elle. Elle avait besoin de nouveauté. De beaucoup de nouveautés.
Repoussant ses draps d’un geste léger, elle ramena ses jambes contre son torse et réfléchit un instant, avant de poser ses pieds sur la pierre froide du sol, ce qui acheva de la réveiller.
Elle enfila rapidement le pantalon que Kaspian lui avait acheté quand elle était sortie de la Maison Close et son haut en dentelles qu’elle n’avait jamais changé – juste rapiécé tellement de fois qu’elle en avait perdu le compte. Acheter des nouveaux vêtements dans la Maison Close revenait à s’endetter encore pour des années.

Sortant des dortoirs, elle passa récupérer une brioche encore chaude dans le réfectoire, avant de sortir dans le cratère du volcan. S’arrêtant brusquement, elle fixa intensément la lisière d’Ombreuse, inspirant et expirant lentement pour calmer son cœur qui était en train de s’emballer sous son sein gauche. Non. Elle devait y arriver !
Bon, ce n’était pas ce qu’elle avait montouillé pendant son cours qui lui donnait l’impression de pouvoir mener un cheval, et elle laissa les écuries derrière elle sans même s’en approcher. Ses pieds s’enfoncèrent sur le petit sentier qui menait à la piste principale qui traversait Ombreuse, dégagée uniquement pour descendre vers le Sud.
A sa grande surprise, elle ne rencontra ni gros chat sauvage, ni prédateur affamé. Au loin, elle entendit un long sifflement, cri strident qui lui tirant une myriade de frissons, mais elle ne connaissait pas l’animal qui avait un tel cri, alors elle ne s’inquiéta pas plus.

Quelques heures plus tard, elle atteignait la lisière d’Ombreuse, la lisière Sud, et se retrouva face aux Collines de Taj. Leur immensité lui coupa le souffle, et elle essaya de repérer un petit village au milieu de toute cette herbe. Elle trouva une sorte de tâche, à quelques kilomètres de l’endroit où elle se trouvait, contre les Dentelles Vives. Prenant une grande inspiration, elle se dirigea vers ce qu’elle pensait être donc un petit village acculé contre la grande paroi. En tout cas, cela y ressemblait fortement.

Alors qu’elle longeait les Dentelles Vives, elle fut surprise par un bruit, et trouva rapidement ce que c’était : un homme venait de s’écrouler de la paroi des Dentelles, littéralement. Il était tombé, ou peut-être avait lâché prise, en tout cas il venait de faire une sacrée chute !
Retenant un cri de surprise et d’inquiétude, Yauna se précipita en avant pour se rendre compte qu’il avait quand même atterri sur ses pieds, mais qu’est-ce que cela devait faire mal ! Quand elle parvenait à se casser une jambe en tombant de quatre marches d’escalier, que l’homme tombe de si haut sans blessure grave lui semblait juste extraordinaire.

- Vous allez bien ? Vous ne devriez pas remonter, vous allez finir par vous faire mal. Ca sera encore pire que de ne pas réussir ce que vous voulez !

Elle ne savait évidemment pas ce qu’il voulait, cela lui semblait insensé de se lancer à l’assaut d’une paroi sans être assuré, surtout si on était seul.
Yauna posa sa main sur l’épaule de l’homme, et le fixa intensément de ses deux grands lacs bleu clair. Elle ne se présenta pas, pas tout de suite, parce qu’elle était vraiment inquiète.

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MessageSujet: Re: Un départ peu prometteur [pv Yauna]   Mer 09 Juil 2014, 14:18


Madwyn émit un gémissement de douleur lorsque son bras gauche racla la paroi de la falaise lors d’une énième chute. Soulevant sa manche, il inspecta la blessure. Celle-ci était superficielle. Il n’avait qu’une éraflure agrémentée de quelques gouttes de sang, rien d’alarmant, malgré tout, il ne put s’empêcher de serrer son bras jusqu’à ce que la sensation de brûlure s’estompe. Son regard se leva à nouveau vers la roche, et un profond sentiment de lassitude l’accabla. Il n’avait plus le courage d’essayer. A force de tomber, on apprend sa faiblesse et l’on oublie vite qu’au moins on a trouvé la force de se relever à chaque fois. Pour ceux qui furent si souvent abandonnés, ce n’est pas sa valeur qu’on retient, mais bien tout ce qu’on n’est ou n’a pas. Madwyn ne connaissait que trop bien ses défauts. Le découragement s’insinua en lui, comme une voix lui murmurant de tout abandonner. Jamais il ne serait à la hauteur. Jamais il ne serait accepté. Autant partir avant d’être rejeté.
Soudain, il perçut des bruits de pas, mais avant d’avoir eu le temps de se retourner, une voix résonna à ses côtés.

« - Vous allez bien ? Vous ne devriez pas remonter, vous allez finir par vous faire mal. Ca sera encore pire que de ne pas réussir ce que vous voulez ! »

Madwyn se tourna vers l’inconnue, et se retrouva plongé dans un regard clair, profond, et conciliant. La jeune femme, pleine de bonnes intentions, posa une main sur son épaule. D’un geste brusque, il se dégagea et recula de quelques pas, l’air effrayé. Madwyn ne supportait pas qu’on le touche. Il se sentait menacé, oppressé par tout contact physique. Sans doute parce que les derniers contacts qu’il avait reçus avaient été de la torture. Se forçant à se calmer, il observa attentivement la jeune femme. Celle-ci avait hérité d’une silhouette élancée, d’un visage rond et avenant, ainsi que d’une chevelure si claire que le soleil s’y reflétant aveuglait légèrement celui qui osait y poser son regard. Madwyn plissa légèrement les yeux, puis décida de se détourner simplement, fixant son attention sur la falaise. Il se sentait gêné d’avoir été surpris en une telle position. Agacé également par l’inconnue qui se mêlait de ce qui ne la regardait pas. Il l’avait malgré tout reconnue, l’ayant croisée dans le Domaine à certaines occasions. Ils ne s’étaient pourtant jusque là jamais adressé la parole. Pas étonnant. Madwyn évitait les autres apprentis tant qu’il le pouvait. Il lui avait néanmoins porté assez d’attention pour savoir qu’elle n’avait pas quitté l’Ecole depuis un moment. L’œil aguerri, il remarqua une légère tension dans les épaules de la jeune femme. Il était assez doué pour remarquer les détails dénotant des malaises. Lui-même vivait constamment avec.

« - Je vais bien, finit-il par répondre d’un ton crispé. Je suis habitué, je grimpe des falaises depuis toujours. »

Il tenta de soutenir le regard de l’apprentie mercenaire, sans succès. Finalement, il poussa un soupir de découragement.

« - Ce n’est pas vrai, avoua-t-il. En réalité, je n’ai jamais fait d’escalade, et je crains d’être en retard sur les autres apprentis lors de mon premier cours, qui ne devrait pas tarder. Vous êtes également du Domaine, n’est-ce pas ? »

Madwyn essaya de sourire, mais il ne réussi qu’à obtenir un semblant de grimace, peu avenante. Il n’avait jamais eu l’occasion d’être très social, et il comprenait combien ces lacunes le poussaient à la solitude. Pourtant, il détestait être seul. Il ne faisait alors que ruminer de sombre pensées et, en tête à tête avec ses souvenirs, les douleurs relatives à son passé ressurgissaient ponctuellement. Finalement, il se dit qu’un peu de compagnie lui ferait le plus grand bien. Surtout qu’il ne connaissait encore personne. Elle pourrait peut-être lui donner des conseils, l’aider à s’intégrer, lui qui était si maladroit. Il sourit à nouveau, sincèrement cette fois.

« - Je suis Madwyn, ajouta-t-il maladroitement avant de lui laisser le temps de répondre. Je suis arrivé il n’y a pas longtemps au Domaine. Veuillez m’excuser pour tout à l’heure, je n’ai jamais aimé que… que l’on me touche. »

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Un départ peu prometteur [pv Yauna]   Ven 11 Juil 2014, 09:10

[ Pas de soucis ! Wink ]



Lorsque le garçon se dégagea d’un geste brusque de la main qu’elle venait de déposer sur son épaule, Yauna se sentit totalement perdue. Elle avait tellement l’habitude de toucher les gens, et elle était très tactile. Elle sentit son estomac se serrer, et des larmes grimper dans ses yeux, qu’elle retint en avalant sa salive. Décidément, elle était beaucoup trop sensible et susceptible, elle aussi !
Elle avait toujours cette impression que tout le monde la rejetait alors qu’elle essayait de toujours faire de son mieux. Mais la crispation sur le visage de l’homme démentit cette forte impression que venait d’avoir la jeune fille, car il semblait vraiment effrayé, apeuré.

Yauna fronça légèrement les sourcils et laissa retomber lentement sa main le long de son corps, se contentant alors de fixer l’inconnu. Son visage lui disait quelque chose, mais elle était incapable de savoir quoi : était-ce parce qu’elle l’avait vu au Domaine ? Ou parce qu’il avait été un client à elle ? Un long frisson la parcourut à cette idée, et elle le fixa intensément, essayant de se souvenir avec plus de précision.

Il n’était pas très grand, et son visage était étrangement doux et lisse. Une mâchoire légèrement arrondie, et des yeux entre le gris et le bleu, comme s’ils avaient été délavés par le temps : c’étaient sans doute des détails qu’elle aurait reconnus s’il avait été un client à elle.
Un léger soupir de soulagement passa ses lèvres, alors que le garçon semblait enfin décidé à lui répondre.

- Je vais bien. Je suis habitué, je grimpe des falaises depuis toujours.

Yauna haussa un sourcil, et observa l’homme intensément. C’était étrange qu’il ait l’habitude de grimper, et que soudain il tombe autant, non ? Cela semblait étonnant, mais la jeune fille n’y connaissait pas grand-chose, donc elle n’était pas certaine de pouvoir le croire ou non. Parce qu’elle savait parfaitement que le mensonge était quelque chose que certaines personnes débitaient par réflexe, ou parfois de manière totalement consciente et réfléchie.

- Ce n’est pas vrai. En réalité, je n’ai jamais fait d’escalade, et je crains d’être en retard sur les autres apprentis lors de mon premier cours, qui ne devrait pas tarder. Vous êtes également du Domaine, n’est-ce pas ?

La jeune fille cligna plusieurs fois des paupières pour reprendre un peu de contenance.
En effet, le garçon venait donc bien du Domaine, et ce fut un réel soulagement pour elle. Par contre, elle se sentit légèrement rosir quand il lui expliqua qu’il avait peur d’être en retard sur les autres apprentis de son groupe : vu la manière dont elle ralentissait son propre groupe, elle comprenait tout à fait son angoisse.
Et encore, elle n’avait eu conscience de toutes ses faiblesses et surtout ses incompétences que lorsque le cours avait commencé : elle ne s’était pas attendue à ce que ce soit si ardu si rapidement. Même si les méthodes changeaient selon les Maîtres – elle avait réussi à en avoir deux différents en moins d’un cours – les exigences étaient malgré tout relativement élevée, en tout cas pour la jeune femme qu’elle était et qui avait été enfermée dans une maison pendant toutes ces années.

- Je suis Madwyn

La voix du jeune homme la sortit de ses pensées, et elle tourna la tête vers lui.

- Je suis arrivé il n’y a pas longtemps au Domaine. Veuillez m’excuser pour tout à l’heure, je n’ai
jamais aimé que… que l’on me touche.


Encore une fois, elle papillonna des paupières pendant plusieurs secondes. Il n’aimait pas qu’on le touche ? Elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils, parce que pour elle le langage du corps et surtout le langage tactile étaient des moyens de communication bien plus subtils que la parole, et on pouvait faire passer tellement de choses par une poignée de main… des évidences pour lesquelles bien des gens ne savaient pas regarder ou sentir, et qui dévoilaient les gens.

- Désolée, c’est tellement naturel pour moi de toucher les gens… Elle sourit à son interlocuteur, avant de faire une petite courbette. Enchantée, Madwyn, mon prénom est Yauna.

Le regard de la jeune fille se leva lentement vers la paroi rocheuse, avant de revenir sur Madwyn. Elle fit la navette ainsi plusieurs secondes, avant de pousser un petit soupir.

- Ne t’inquiète pas pour ton niveau, il ne peut pas être pire que le mien : je suis tombée dans les pommes moins de deux heures après le début de mon premier cours. Il m’a fallu trente minutes pour monter dans un arbre, et j’ai failli me casser une jambe juste après.

Elle eut un sourire timide et encourageant vers le garçon, avant de hausser les épaules.

- Si tu veux, on peut s’entraîner ensemble. Mais moi, je n’ai pas envie de prendre le risque de monter à plus de un mètre du sol : la paroi est longue, pourquoi ne pas essayer plutôt d’escalader de manière transversale ? On monte sur un mètre, puis on se déplace sur le côté. Ça revient un peu au même, non ?

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MessageSujet: Re: Un départ peu prometteur [pv Yauna]   Ven 11 Juil 2014, 17:55

On vit avec un passé qui nous construit. Chaque souvenir, telle une brique, vient forger tant la force de caractère, que toutes nos faiblesses. L’on est pourtant quelqu’un avant d’avoir une histoire. Même les plus jeunes bébés révèlent très tôt des traits propres, une personnalité qui les différencie de leur frère. Les expériences qu’ils font renforceront ce qu’ils sont, ou bien interrogeront ce qu’ils croyaient être. Ce qu’on incorpore en soi au fil de notre histoire doit faire du sens avec sa propre intégrité, au risque de nous morceller. Que faire lorsque rien, ou presque, de ce qu’on n’a vécu, ne correspond à nous ? Que faire lorsque toutes nos expériences viennent à l’encontre de notre personnalité ? Que devient-on, lorsque notre réalité nous semble détachée de nous-même ? Sans doute plusieurs morceaux éparpillés sur la route de son passé, tels des brisures de verres qui risquent de blesser quiconque s’en approcherait d’un peu trop près.

Ainsi se voyait Madwyn. Il était quelqu’un de bien, d’une personnalité douce, n’ayant jamais voulu faire de mal aux autres. C’était les autres qui lui avaient fait du mal. N’ayant connu que l’abandon, lui qui aurait eu tant besoin d’une famille ; n’ayant connu que la torture, et si peu de sympathie, lui qui, peut-être, aurait pu devenir un héros. Parfois, il s’interrogeait sur lui-même, et imaginait que son histoire fût différente. Qu’il fût élevé par une mère aimante, qu’il eût appris à aimer à son tour. Qu’il ne fût jamais laissé aux griffes de cette scientifique, qu’il n’eût jamais été torturé par la science et sa folie. Il aurait grandi auprès des autres enfants, serait tombé amoureux, peut-être, aurait créé une famille… Il serait devenu artisan ; il aimait tant regarder les artistes créer des merveilles de leurs mains. Au lieu de cela, il avait été affaibli, on s’était saisi de son amour-propre, et on l’avait tordu, brisé devant ses yeux, jusqu’à ce qu’il ne soit plus même humain. Aujourd’hui, il aspirait à la liberté. Pas celle qu’on cherche lorsqu’on hurle derrière des barreaux ; pas celle qu’on observe dans le ciel lorsqu’on souhaiterait voler. Madwyn aspirait à la liberté la plus élémentaire, celle d’être assez fort pour survivre, celle d’être un homme, enfin, qui puisse affirmer : je sais qui je suis.

Madwyn remarqua le mal aise que la jeune femme éprouva à son rejet, et il se sentit désolé. Elle paraissait intriguée par son refus du contact physique, comme si celui-ci lui semblait à elle plus naturel que la parole. Avec une certaine gêne, il remarqua combien elle était belle, et se dit qu’il devait bien être le premier homme à refuser qu’une telle beauté le touche. Il ne doutait pas qu’elle eût dans sa vie connu nombreux hommes, mais il doutât qu’elle ait jamais accordé son cœur à l’un d’entre eux. Quelque chose en elle respirait une indépendance à laquelle il serait dangereux de toucher. Elle n’avait pas peur de toucher, et donc sans doute pas non plus d’être touché. Peut-être avait-on accès à son corps, mais elle-même serait toujours hors de portée du premier venu. Tout cela, Madwyn l’imaginait, sans réellement savoir s’il était sur la bonne voie, ou s’il la jugeait mal. Dans tous les cas, ce qu’il pensait d’elle fit naître en lui une certaine forme de respect, et le regard qu’elle posait sur elle se modifia pour muer d’une curiosité à une… acceptation.

- Désolée, c’est tellement naturel pour moi de toucher les gens… Enchantée, Madwyn, mon prénom est Yauna.

Elle lui sourit, et Madwyn ne put s’empêcher de rougir. Il n’avait pas l’habitude de la proximité des femmes.

- Ne t’inquiète pas pour ton niveau, il ne peut pas être pire que le mien : je suis tombée dans les pommes moins de deux heures après le début de mon premier cours. Il m’a fallu trente minutes pour monter dans un arbre, et j’ai failli me casser une jambe juste après. Si tu veux, on peut s’entraîner ensemble. Mais moi, je n’ai pas envie de prendre le risque de monter à plus de un mètre du sol : la paroi est longue, pourquoi ne pas essayer plutôt d’escalader de manière transversale ? On monte sur un mètre, puis on se déplace sur le côté. Ça revient un peu au même, non ?

Madwyn lui répondit d’abord par un regard reconnaissant. Il avait l’habitude des moqueries. Enfant, à cause de son retard, il avait souvent été persécuté par les autres gamins de la ville. Heureusement, il était alors toujours accompagné de ses frères et sœurs et, ensemble, ils trouvaient la force de se détourner des autres. Yauna – quel joli nom, ne put-il s’empêcher de penser – avait pour sa part décidé de le comprendre. Tous ses défauts, entre les paroles de la jeune apprentie, semblaient n’être qu’un problème normal et simple à régler. Elle ne l’avait d’ailleurs pas détaillé d’un œil étrange, comme si elle ne voyait pas que son corps lui-même semblait en retard sur les autres. Elle ne voyait pas sa maladresse, la lenteur de ses mouvements, l’hésitation qui marquait ses traits à chaque instant… Non, tout ce qu’elle paraissait voir, c’était… un semblable. A son souvenir, Yauna était la première, après ses frères et sœurs, à le regarder ainsi.

- Je te remercie, dit-il avec une profonde sincérité. Tes mots me rassurent. Il suffira donc que je me casse un membre lors de mon premier cours pour vaincre ton record, je pense bien en être capable.

Il laissa échappé un léger rire, ce qui lui fit une sensation étrange. L’humour n’était d’ordinaire pas si naturel pour lui.

- Ton idée me semble plus judicieuse que la mienne, ajouta-t-il avec humilité. Je passe devant.

Madwyn lui sourit gentiment, avec de se tourner vers la falaise avec une certaine appréhension. Ses nombreuses chutes ne l’avaient pas vraiment habitué à la roche, elles n’avaient fait qu’entretenir la peur d’y remonter. Malgré tout, il se força à remonter, d’un mètre à peu près, avant d’entamer la traversée. A une telle hauteur, il se rendit rapidement compte que la frayeur qu’il éprouvait face au vide l’avait quitté. Ses mouvements acquérirent une plus grande fluidité, et une certaine assurance commença à naître en lui. Il accéléra le pas. Il poursuivit silencieusement sa traversée, jetant par moment des coup-d’œil derrière lui pour s’assurer que sa compagne suivait. Petit à petit, il finit même par se dire qu’il pourrait apprendre à aimer l’escalade, finalement. Le soleil commençait à redescendre dans le ciel, midi était passé. Cela faisait déjà un moment qu’ils avançaient, et la fatigue se fit redescendre. Il fit signe à Yauna qu’il descendait, et lâcha prise pour se ramasser maladroitement sur le sol.

« - Sans vouloir être indiscret, avança-il timidement après avoir repris son souffle, qu’est-ce qui t’as amenée au Domaine ? »

La question en cachait une autre, en vérité. Madwyn se doutait qu’avec un corps et une beauté pareille, Yauna n’aurait aucun souci à se trouver un homme noble qui lui assurerait une belle vie. Elle avait pourtant décidé de devenir Envoleuse, et cela l’intriguait. Peut-être que, comme lui, elle recherchait ici son identité.
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MessageSujet: Re: Un départ peu prometteur [pv Yauna]   Mer 16 Juil 2014, 15:22

[ Désolée du temps de réponse !]



Yauna ne put s’empêcher de rire doucement quand Madwyn lui proposa de se casser un membre lors de son premier cours pour faire pire qu’elle. Un son cristallin, qui franchit ses lèvres, étirées dans un sourire. Le regard de la jeune fille flamboya : cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas ri !

Le garçon sembla apprécier son idée d’escalader transversalement la paroi, et Yauna hocha la tête quand il proposa de passer devant elle : elle n’était vraiment pas douée, et elle ne voulait pas le ralentir non plus.
Elle ne s’attendait vraiment pas à ce que l’escalade sur le côté soit si physique. Pour elle, cela semblait presque plus simple que d’escalader verticalement, mais les muscles bougeaient et étaient sollicités d’une manière assez particulière, et peu commune. Elle sentit très rapidement ses doigts la brûler, ainsi que ses bras et ses jambes trembler. Décidément, elle n’avait vraiment aucune force physique, aucune condition !

Certes, elle n’était pas trop essoufflée, mais elle sentait la sueur plaquer son haut contre son dos poisseux. Ses cheveux lui tenaient affreusement chaud, et elle sentait même que la sueur était en train d’imprégner son pantalon.
Une vague de découragement la traversa soudain. Son regard tomba sur Madwyn qui continuait d’avancer, et elle essaya de se mettre une claque mentale : elle devait continuer ! Sinon, elle ne s’améliorerait jamais… et après, elle mettrait forcément la faute sur d’autres, alors qu’elle était l’unique cause de son propre manque de condition physique.

Alors qu’elle était en train de déplacer sa main droite, elle vit un mouvement dans la périphérie de son champ de vision,  et tourna la tête pour voir le garçon qui lui faisait signe : il descendait.
Ah, la bonne heure ! Elle en soupira de soulagement, parce qu’elle n’aurait pas tenu beaucoup plus longtemps, et descendit prudemment de la paroi – hors de question de sauter comme l’avait fait Madwyn, elle avait trop peur de mal se réceptionner.

Elle lui adressa un sourire entendu, juste avant qu’il ne lui pose la question…

- Sans vouloir être indiscret, qu’est-ce qui t’as amenée au Domaine ?

Yauna releva légèrement la tête pour essayer de capter le regard de Madwyn, avant de laisser son menton tomber. Elle se tenait les deux mains sur les genoux, et essayait de reprendre son souffle. Elle avait mal aux épaules et aux jambes, et aux doigts aussi.
Elle commença à étirer au moins ses membres inférieurs, et alors qu’elle avait la jambe droite étendue et la gauche ramenée sous elle, elle commença :

- Un Envoleur. Il m’a… libérée, et m’a proposé de le suivre. J’ai accepté, parce que je n’avais aucune autre alternative qui me plaisait autant que celle-là.

Elle sourit, expirant lentement l’air de ses poumons.

- Mais j’avoue que des fois, je me demande ce que je fais ici. J’ai l’impression de n’avoir aucune volonté, et surtout j’ai aucune condition physique : j’ai été enfermée dans une maison pendant de très longues années.

Yauna se tut soudain, incapable d’aller plus loin.
Elle n’était pas certaine de vouloir se confier à un inconnu. Kaspian savait ce qu’elle avait traversé, et c’était lui qui l’avait sortie de là. Mais il était certain que le découragement était une émotion qui ne cessait de s’imposer dans son esprit, à chaque exercice physique où elle devait lutter contre son corps…

Pour changer de sujet, elle renvoya donc la balle au garçon.

- Et toi ?
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Un départ peu prometteur [pv Yauna]
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