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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]

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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]   Jeu 14 Aoû 2014, 13:05

La jeune femme s’étira nonchalamment, grimaça lorsque son côté la fit souffrir – elle avait oublié sa côte qui commençait à peine à se réparer – savourant la chaleur du soleil qu’elle sentait à travers le cuir et le tissu sombre de ses vêtements. Le printemps, doucement, amenait les beaux jours, ce qui n’était pas pour déplaire à cette écailleuse dans l’âme. A ses pieds s’étendait le cratère de lave que leur avait montré Nais quelques jours auparavant, lors du premier cours. Le seul endroit digne d’intérêt de tout le Domaine à vrai dire... Eloigné d’une demi-heure de marche du repaire de ces insolents – mais néanmoins doués, elle devait le reconnaître -, ce lac lumineux, chaud et bien plus petit que son frère d’eau qui s’étendait au bout d’Ombreuse l’avait séduite dès le premier regard et il n’avait pas fallu grand-chose pour la convaincre d’en faire son repaire. Après tout, ici au moins elle avait l’eau chaude – grâce à un petit bassin qu’elle avait creusé dans la roche friable mêlée de terre proche de la lave où elle pouvait placer un seau emprunté aux écuries. Une ts’liche ne méritait pas de s’abaisser au niveau de la vie sans luxe de ces petits hommes.
Ainsi, elle avait délaissé le dortoir, auquel elle n’avait jeté qu’un coup d’œil rapide à son retour des Dentelles Vives avant de ressortir du bâtiment pour s’installer ici. Le lendemain, et ce par pure conscience professionnelle, elle avait tout de même inspecté les moindres recoins de la bâtisse de pierre – mis à part les salles du troisième étage, qui étaient toutes fermées – et l’avait trouvée étrangement bien organisée. Ces bipèdes sans grande intelligence avaient réussi à créer une ville cachée, certes, mais il s’agissait d’abord et avant tout d’un gigantesque camp d’entrainement. Même les murs de leurs bâtisses avaient été pensés pour l’entrainement, si bien qu’il lui avait été aisé de séparer les parois pour débutants, qui étaient relativement bien entretenues, et celles laissées à l’abandon et qui demandaient plus de technique. Malgré elle, elle avait du reconnaître que ces Mentais étaient moins stupides qu’ils n’y paraissaient, et, en laissant trainer ses oreilles, elle avait saisi les brides de la hiérarchie qui s’était formée. Les Envoleurs, sans grande surprise, occupaient la seconde place... juste derrière les Mentais. Mais pouvait-il en être autrement ? Aurait-elle rejoint volontairement les rangs de simples mercenaires ? Un sourire songeur qui réalisait l’exploit d’être menaçant vint chatouiller ses lèvres alors qu’elle se redressait.

Faisant fi de ses blessures – après tout elle ne resterait pas infirme pour toujours – elle installa ses affaires dans les arbres proches afin de ne pas les laisser détrempées en cas de pluie. Deux jours entiers – elle grinça des dents en songeant à tout ce temps perdu – avaient été nécessaires à la réalisation de son toit, un simple entrelacs de branches, de lianes et de feuilles ; et de son sol, constitué d’une double couche du même matériau qu’elle avait attaché comme elle avait pu. Ce n’était certes pas du grand art, mais elle avait décidé que cela tiendrait suffisamment longtemps et avait entreprit sa convalescence. Après tout, d’ici à ce que l’hiver arrive elle aura mille fois le temps de construire un abri plus habitable, songea-t-elle avec agacement. La discipline était un sérieux problème dans les rangs des maitres : Nais n’avait même pas prit la peine de leur consacrer son emploi du temps ! A peine une journée s’était écoulée, et elle était déjà partie en leur laissant un vague rendez-vous... Un grondement fit vibrer sa gorge : encore une chose qu’elle devrait corriger une fois à la tête de ce ramassis de fainéants !
Passant devant l’arbre qui était son repaire, elle s’empara de ses armes comme on se drape d’une cape et partit en chasse. N’ayant plus sa réserve d’humains dans laquelle piocher sans limite, elle avait prit soin de placer des pièges et de marquer leur chemin discrètement en enroulant une branche neuve et souple autour d’une autre plus vieille. Après tout, pour qui ne le connaissait pas, chercher ce signe était comme examiner à la loupe toutes les feuilles des arbres. Ricanant sous cape, elle mit au défi n’importe lequel de ces maitres si assurés de leur pouvoir de retrouver ses traces...
Ces pièges étaient pour le moins rudimentaires, faits de bric-et-de-broc et taillés pour de petits créatures – par exemple le filet de pêche qu’elle avait récupéré dans la barque laissée à l’abandon sur les berges du lac, et qu’elle avait placé entre deux arbres pour attraper les oiseaux de passage. Malheureusement pour elle, elle n’avait aucune idée de comment le réparer et les trous commençaient à s’accumuler mais, pragmatique, elle se disait que de toute façon elle n’aurait qu’à se passer d’oiseaux...

Alors qu’elle faisait un crochet par le lac pour remplir sa gourde, deux lapins accrochés à la ceinture, elle s’immobilisa. Ces quelques jours – et surtout les nuits – perchée dans son arbre l’avaient habituée aux bruits de la forêt et elle savait que ces craquements de branches n’étaient pas naturels. D’autant qu’ils devenaient de plus en plus bruyants, comme si quelqu’un voulait allumer un feu... Mais l’après-midi commençait à peine ! Méfiante et intriguée, elle dégaina sa lame aussi silencieusement que possible et continua sa route vers le lac, qui était manifestement l’origine du bruit.

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MessageSujet: Re: Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]   Lun 01 Déc 2014, 22:52

Dil ne pouvait décidément pas passer longtemps loin de l’eau.
Pourtant, durant toutes ces années à Al-Jeit, il s’était bien contrôlé. Il fallait dire qu’il était bien trop occupé toute la journée à travailler durement pour gagner un minimum sa vie, pour avoir le temps de prêter attention aux états d’âme de Croco. Et puis, l’hiver aidant, il avait beaucoup moins besoin d’y faire attention, même s’il devait se couvrir environs cinq fois plus que les autres humains.

Après son premier cours, il était resté quelques jours à l’Académie, avant de prendre la décision de retrouver le lac Chen.
C’était là qu’il avait rencontré Ange et peut-être que la jeune femme y serait encore, non ? Haussant les épaules à cette pensée, parce qu’il savait parfaitement que ce n’était pas pour Ange qu’il revenait près du Lac – il pouvait la trouver à l’Académie aussi facilement – il sourit en voyant la surface du lac scintiller au soleil.

Malgré le temps qui se réchauffait doucement, Croco n'était pas très enclin à sortir.
Le printemps approchait, et déjà Dil sentait que le froid parfois refluait, et parfois le prenait encore jusqu’aux os, et il en tremblait de tout son corps. Il devait trouver de quoi se faire de nouveaux habits de mi-saison, qui tiennent suffisamment chaud mais pas trop, car plus rien ne tenait correctement, c’était plein de trous et donc beaucoup moins efficace pour garder sa chaleur ou pour le faire respirer, au choix.

Prenant le parti de chasser près du Lac Chen, parce qu’un bon nombre d’animaux vivaient par-là, même des gros animaux – surtout des gros animaux.
Enlevant l’arc que lui avait donné Syndrell lors de son premier cours, Dil s’avança à pas légers dans la forêt pour trouver une proie digne de ce nom. Il avait besoin d’un gros animal : une biche ou un cerf, ou mieux, un lynx ou un loup. Il verrait ce qu’il trouverait en premier, mais il était prêt à ne laisser passer aucune chance.

Il était d’ailleurs beaucoup plus naturel pour lui de trouver un cerf ou une biche plutôt qu’un lynx ou un loup. Parce qu’il avait l’impression de chasser ses semblables en s’attaquant à des prédateurs qui ne connaissaient presque pas de super-prédateurs, en tout cas d’ennemis – mis à part les goules et les brûleurs. Mais en même temps ; il savait que leur pelage et leur peau lui tiendraient encore plus chaud que ceux des herbivores.

Se glissant dans les buissons et derrière les arbres, il laissa filer ainsi plusieurs lapins, lièvres et même fouines. Il en fallait beaucoup trop pour faire une tenue complète.

Mais il tomba sur un lynx.
Un magnifique lynx mâle, qui était en train de chasser lui-même un beau lièvre, déjà méfiant. Dil fronça les sourcils, avant de se baisser lentement pour ne pas effrayer le rongeur et encocha sa flèche. Il n’était pas très loin de la lisière, et tant mieux. Se concentrant, il banda puissamment son arc et visa avec attention le félin à la fourrure épaisse. Et alors que ce dernier ramenait lentement ses pattes arrière sous lui pour bondir, il lâcha sa corde.
Le bruit de vibration fit fuir à toute allure le lièvre, et le lynx tourna la tête un instant. La seconde de trop.
La flèche transperça son thorax juste devant l’os de sa hanche, se fichant profondément dans son abdomen, entre les deux dernières côtes flottantes. L’animal feula, et essaya de s’enfuir, mais tout son arrière train était paralysé.
Encochant rapidement une seconde flèche, Dil la ficha dans la gorge de l’animal, qui s’effondra quelques secondes plus tard, mort.

Poussant un soupir, le jeune homme s’avança vers le cadavre et le chargea sur son épaule sans retirer les flèches, pour éviter de s’en mettre de partout, et tira la carcasse sur la plage le long du lac chen.
Quand il déposa le félin sur le sable, il vit la silhouette d’une jeune fille, un peu plus loin, qui l’observait avec un air bizarre, deux lièvres à la ceinture. Haussant les épaules, il s’installa confortablement sur le sol et commença son œuvre.

Il avait travaillé le cuir des années, avait tanné les peaux pour les travailler et en faire des vêtements de cuir sur mesure. Même s’il n’avait pas tous les instruments, il savait faire, même à l’ancienne.
Incisant précisément le contour des bouts des pattes du lynx, il eut soudain un frisson dans le dos qui l’incita à relever la tête.

La fille s’était rapprochée.


Dernière édition par Dil Mengueréh le Jeu 22 Jan 2015, 19:18, édité 1 fois
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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]   Dim 14 Déc 2014, 15:27

Cette odeur, piquante et sale et douceâtre à la fois. Oui, un humain transpirant, et une proie égorgée. Si elle n'avait pas le sens de l'orientation elle aurait presque pu croire qu'elle avait tourné en rond et s'approchait du camp d'entrainement du Domaine. Les humains aiment le feu et la lumière, le bruit et l'odeur. Quels porcs. N'ont-ils aucune idée du plaisir de la discrétion? Rester tapie dans l'ombre d'une salle jusqu'à faire partie de l'ombre, pouvoir observer et surprendre... Immobile telle une araignée attendant sa proie. L'attente et la faim rendent toujours le repas plus savoureux... Mais ils ôtent trop de forces pour que j'aie la patience de les exercer dans toute leur grandeur. La vie de ces humains est si courte, si vive – telle une flamme – que mêmes ces petits plaisirs lui sont enlevés. Elle formulait en rêve le projet qu'une fois ce Domaine reprit, cette peau humaine délaissée, elle aménagerait les sous-sol à sa guise... Détournerait le cours de cette lave silencieuse et chaude pour faire de ces salles sombres et humides de vrais nids à serpents. Inviter ses cousins à écailles attardés et sans pattes, avant de pouvoir installer de vrais reptiles. Elle respectait plus profondément les Ecailles que les Fourrures, mais son orgueil ne pouvait s'accorder une seconde place. Son espèce était forcément la meilleure. La plus distinguée des Élites.
N'allez pas croire qu'elle était incapable de faire quoi que ce soit pour quelqu'un d'autre. Elle le faisait pour son espèce, pour ses maitres. Elle savait avoir accepté sa mission avant sa seconde naissance, et faisait tout pour ne pas desservir les attentes de son peuple.
Avec une telle motivation, elle ne pouvait qu'avancer.

Sa blessure guérissait doucement, mais sûrement, à tel point qu'elle ne prenait même plus le soin de se ménager. Une erreur? Peut-être, mais de toute façon le monde ne lui accorderait jamais de faire sa difficile. Il n'y a que les simples d'esprits pour penser que le confort va de soi lorsqu'on est aussi faible. Il faut chasser, dormir, s'entraîner, et se débarrasser des indésirables.
Mêlons le plaisir à l'agréable. Si cette humain lui paraissait assez jeune, assez faible, sans doute pourrait-elle accommoder ses maigres proies d'une viande plus tendre et abondante. Nul besoin d'un quelconque feu puant lorsque la chaleur d'un corps ne l'a pas encore quitté.

Elle caressa doucement le manche de sa seconde arme, la plus petite, sans pour autant la faire chanter. Bientôt, bientôt ma douce. Cette lame ne valait pas un bon sabre, mais elle pouvait se révéler rapide et discrète, si bien qu'elle avait fini par l'adopter. La forêt n'aimait pas trop les sabres.
Quand ces lapins auront fini de se cacher, les haches chanteront et dégageront le terrain pour des choses plus utiles que des arbres.
Plus personne ne pourra faire de feu.

Elle arriva finalement sur les lieux du crime, terriblement près du lac. Pourquoi tout ce ramenait forcément à ce lac ces derniers temps? L'air était humide et froid, malgré le soleil de ce début d'après-midi, et un frisson parcourut sa peau. A quelques pas d'elle se tenait un jeune humain plutôt appétissant bien que peu enrobé. Bah, aucun de ces repas n'avait été très caloriques ces derniers temps, à croire que si l'on ne les gavait pas ils oubliaient de se nourrir. C'était ça aussi, de manger sa viande cuite, on perd toutes ces calories. Beaucoup d'énergie dépensée pour en perdre au final, les humains pensaient vraiment à l'envers.
Ce qui l'inquiétait plus cependant était la présence de l'animal qu'il tenait. Une espèce de gros chat qui, s'il semblait lui aussi attendre avec joie l'arrivée du printemps et le réveil de ses proies, n'en restait pas un moins un prédateur. Et un prédateur dangereux. Il semblait trop jeune pour être maitre, mais elle préférait se méfier. A quelques brassées de là s'était déroulé un combat qui l'avait laissée trop meurtrie dans son égo pour qu'elle l'oublie de si tôt. Et puis, la petite blonde aussi avait l'air jeune.
Immédiatement, son regard se ficha dans les yeux de l'inconnu. Elle ne croyait pas aux balivernes qui disaient que les yeux étaient liés aux émotions, elle-même méprisant ces dernières, mais elle n'avait pas oublié combien ceux de Laiar lui avaient semblé obscurs. Sous ces épais sourcils se cachaient au contraire des cercles verts d'eau qui semblaient aussi plats que l'eau de ce lac. S'ils ne bougeaient pas, elle aurait pu le croire mort. Comme deux petits poissons, ils allaient et venaient sur sa silhouette, semblant s'arrêter sur les détails de sa chasse. Deux animaux qui se jaugeaient l'un l'autre.
Elle avait déjà vu ça, près des montagnes acérées. Elle ne supportait pas de s'en souvenir. Elle ne supportait pas tous ces souvenirs qui s'amassaient. Elle ne supportait pas ces changements qui s'opéraient. Il lui fallait quelque chose de sûr, de constant. Une chasse qui réaffirme en elle sa place de prédateur ultime. Elle avait besoin de tuer quelqu'un.

Ca tombait bien, il y avait quelqu'un.

"Bonjour"

Gustativement parlant, peut-être sera-t-il intéressant de le laisser manger, et de s'en occuper ensuite.
Mais se sentait-elle vraiment l'âme d'une exploratrice?

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Dernière édition par Lanthane Manganèse le Sam 21 Fév 2015, 22:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]   Ven 23 Jan 2015, 22:10

La fille s’était rapprochée, et elle le regardait avec un air à la fois meurtrier et pourtant très familier à Dil. Quelque chose dans son attitude le piqua, et il se redressa lentement, élargissant ses épaules, gonflant son buste et relevant le menton dans une attitude de prédateur qui ne partagerait pas sa proie.
Ce qu’il était, en réalité.
Il en aurait même un peu grogné si elle n’avait pas eu les deux lièvres à la ceinture. Qu’est-ce qu’elle voulait ?

Dil, malgré le sang pulsant puissamment dans ses veines et son cœur qui ralentissait pour réagir à la montée d’adrénaline d’un potentiel combat, observa la fille avec attention. Il croisa son regard marron presque clair, et y vit quelque chose d’étrange, une lueur qu’il ne connaissait pas vraiment ; ou alors pas dans un tel contexte.

Elle le jaugeait, comme un serpent jauge sa future proie. En le mesurant.
Et lui, il la jaugeait, comme un crocodile qui laisse passer plusieurs occasions pour pouvoir mieux fondre sur la sienne. Et jaillir brusquement.

Il ne s’était pas exactement immobilisé, continuant son travail de manière presque automatique tant il en avait l’habitude. Elle était assez grande pour une fille, et plutôt fine. Ses cheveux étaient presque noirs mais pas tout à fait, d’un marron foncé tirant sur le rouge auburn.

Tout dans son attitude était hautain et fier, irradiant la confiance en elle comme si elle se croyait invincible. Comme si elle était au-dessus de tous les prédateurs du monde. Serrant les dents, grinçant presque des molaires, Dil prit une grande inspiration, alors que la jeune femme l’abordait bizarrement.

- Bonjour, se contenta-t-elle de dire, en continuant à le fixer.
Et soudain, il comprit comment elle le fixait : comme une proie. Comme un futur repas. Il serra plus fort les mâchoires, faisant saillir les muscles de ces dernières, et se redressa sur ses pieds pour se relever.

- Salut, lâcha-t-il d’une voix un peu agressive malgré lui. Qu’est-ce que tu veux ? Tu t’appelles comment ? demanda-t-il presque abruptement, essayant de se rattraper : après tout, elle ne lui avait rien fait, et certains humains étaient vraiment stupides pour se croire au dessus de tous les autres.

Les prédateurs ne sont pas les uns au-dessus des autres ; et les humains n’avaient pas la physiologie de prédateurs. Ils avaient des molaires pour mâcher de l’herbe et des incisives pour la couper, ou au moins pour couper des légumes et autres fruits de la nature issus directement de la terre. Ils se prenaient pour des omnivores alors qu’ils transformaient leur nourriture en la cuisant.
Cependant, Dil était trop tolérant pour imposer son point de vue, qui était surtout induit par Croco à vrai dire. Et d’ailleurs, même si ce dernier sommeillait dans son ventre, il semblait prendre en considération la présence de cette fille comme un importun oiseau, qui pouvait être utile pour se faire nettoyer mais pas assez intéressant pour le manger.

Il se méfiait juste.
Des fois les humains sont carrément stupides et sans aucun instinct de survie.
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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]   Sam 21 Fév 2015, 22:28

Le jeune humain se gonflait comme un chien pour paraître plus menaçant. Une réaction purement animale qui ne lui attira que du mépris : un vrai prédateur n’a pas besoin d’autre chose que de discrétion. Sans crocs ni griffes, tu ne trompes personne mon grand : tu restes un pâle vers de terre à peine bon pour qu'elle lui accorde un regard. La seule chose qui retenait sa main était sans doute la présence du cadavre de lynx à ses côtés. Elle se démenait pendant une semaine pour ne récolter que des lapins famélique et lui trouvait un lynx ? Un sifflement sourd naquit au bord de sa langue mais elle le retint de justesse : ce monde tournait-il vraiment à l’envers ou ces petits singes avaient-ils la complicité des animaux en plus de celle des pierres? Il se redressa pour la fixer d’un regard dur qu’elle lui rendit avec hargne. D’un certain côté, ses réactions le rangeait sans aucun doute possible dans la boîte sombre et glauque réservée aux cafards. Ecrase-toi dans ce cas-là.
Plus que tout, c’était son insolence qui lui fit franchir le cap.

- Salut, lui répondit-il – ou plutôt lui aboya-t-il au visage. Qu’est-ce que tu veux ? Tu t’appelles comment ?

Rampe. Rampe à mes pieds comme l’esclave que tu es et peut-être considérerai-je la possibilité de te faire mourir sans souffrance.
L’envie sanglante de l’écorcher et de laisser sa carcasse moisir au soleil la prit aux tripes, exacerbée par la faim qui pointait le bout de son nez. Tuer et ne pas manger alors qu’on avait faim, n’était-ce pas le meilleur destin que l’on pouvait souhaiter à ces humains stupides qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nombril ? Une dernière leçon qui restera à jamais gravée dans ses os. Elle cligna plusieurs fois des paupières pour que l’image délicieusement envoutante de son cadavre cesse de se superposer à la réalité – bien moins plaisante à vrai dire.
Les lèvres pincées, elle dégaina sa lame d’un mouvement souple et rapide qui faisait sa fierté avant de la brandir de telle sorte que le soleil ne joue avec le métal. Comme d’habitude, sa simple prise de son arme avait la merveilleuse faculté de canaliser son énergie au point qu’elle se sentait presque calme. Avait-elle donc l’air si faible pour que chaque ermite traînant dans la nature comme une bête la prenne pour une mendiante ? La présence à son côté de deux lapins visiblement prêts à être mangés – lorsque l’on ne considérait pas la dégradation par le feu comme étant nécessaire – ne suffisait pas à montrer sa force ? Fallait-il qu’elle se déguise comme les ridicules nobles qu’elle avait croisés une fois ou l’autre à Al Chen ? Si c’était ainsi que ces humains montraient leur puissance alors ils étaient définitivement perdus: ressembler à de stupides oiseaux tropicaux ne les plaçait pas parmi les prédateurs, au contraire. Peut-être que de leur point de vue ces créatures caquetante était pareilles à des divinités? Ca ne pouvait pas être moins logique. Elle commençait presque à avoir peur que l’habitation de ce corps si faible d’une race inférieure ne l’avilisse jusqu’aux tréfonds de ses écailles.

Que les choses soient claires : je ne veux rien. J’ai. Ou je prends.

Elle avait failli ne pas lui répondre mais - était-ce par pure mansuétude ou pour faire durer le plaisir? - finalement son sifflement avait pris la forme de mots intelligibles pour cette espèce arriérée. Elle s'interrogeait encore sur le fait de lui laisser le temps de répondre ou non... Oui, décidément, la proximité des esclaves finissait par déteindre sur elle!


[j'écris en bluebiolet Wink j'ai changé le feu!]

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MessageSujet: Re: Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]   Mer 15 Avr 2015, 21:05

[ désolée pour tout ce retard, ça ne devrait plus se reproduire !]



Bon, d'accord, il l'avait un peu agressée verbalement. Mais c'était l'attitude de la fille qui l'avait mis dans un tel état, et la manière dont elle le regardait. Il ne supportait pas d'être regardé comme ça, dans son fort intérieur, et pourtant Croco n'en avait rien à faire : pour lui peut importait les apparences, il était un prédateur ultime. Aucun animal ne chassait un crocodile adulte.

Il n'empêchait qu'elle avait sortit une arme, plus précisément une lame. Son geste avait été fluide et efficace, attestant qu'elle l'avait sans doute beaucoup pratiqué – que ce soit juste pour s'entraîner à dégainer plus vite ou pas. La lame brilla au soleil, éblouissant une demi-seconde Dil qui posa lentement l'animal qu'il était en train de dépecer pour focaliser toute son attention sur la fille. Il avait déjà une arne dans la main, un couteau à la lame légèrement recourbée latéralement pour mieux séparer la peau de la chair.
Elle exudait le désir de tuer, de juste tuer alors qu'elle avait déjà de quoi manger. Pourquoi tuer un humain juste par principe ? Il ne l'avait pas encore attaquée physiquement, et pensait être relativement neutre. Mais soudain, la menace qui émanait d'elle attisa sa méfiance, juste avant qu'elle n'ouvre la bouche.

- Que les choses soient claires : je ne veux rien. J’ai. Ou je prends. 

Dil fut si surpris par sa réponse qu'il en éclata de rire, non sans garder un oeil sur la fille. Il n'était pas suicidaire, mais ne pouvait pas non plus la considérer comme innofensive, et il n'avait pas envie de cacher quoi que ce soit de lui.
Dans son ventre, il sentit Croco acquiescer doucement, faisant claquer ses mâchoires. Cet oiseau commençait sérieusement à l'importuner, et Dil sentit sa gorge faire un noeud alors que le désir de sang de Croco lui remontait dans les entrailles et l'estomac.
Il voyait la jugulaire de la fille dans son coup pulser doucement, mais un peu irrégulièrement : elle était donc perturbée, ou prévoyait d'attaquer incessamment sous peu.

Redressant les épaules, le jeune homme laissa Croco envahir doucement tout son corps et chacune de ses cellules en l'enveloppant dans son carcan de froideur. Parfaitement immobile mais prêt à jaillir comme son alter-ego reptilien, il finit par sourire.

Juste sourire.
Pourtant, les dents qui se détachèrent sous la couleur si noire de ses lèvres était désormais pointues et allongées. Il avait sentit Croco prendre toute cette place et l'avait laissé commencer à modifier son corps. Il s'entendait suffisamment bien avec l'animal en lui pour savoir qu'il pouvait revenir en arrière dans sa transformation, surtout dans une occasion comme celle-là, en tout cas pour l'instant. Il y avait bien d'autres circonstances pour lesquelles il n'avait pas ou presque pas de contrôle sur le sang-froid, mais pour l'instant il se sentait en phase avec lui.

- Tu n'as pas répondu à toutes mes questions. Sa voix était calme, et quand il sourit à nouveau, ses dents étaient redevenues humaines et plates. Son regard flamboya, et il se compacta encore plus, prêt à attaquer au moindre signe.
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MessageSujet: Re: Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]   Lun 11 Mai 2015, 21:42

Ce jeune homme avait un elle-ne-savait-quoi de l’envoleur des Dentelles. La même assurance calme, peut-être, étrange reflet du lac qui la narguait à quelques pas de là et devant lequel elle montrait toujours les crocs. Pathétique menace d’une proie apeurée aurait jugé un de ses maîtres, mais ils n’étaient pas là et son propre esprit se laissait peu à peu endormir par la médiocrité environnante. Elle ne se rendait même pas compte de la futilité de sa démarche, pas encore… Dommage, car face à elle se trouvait le fils du Lac et son apprivoisement sera aussi difficile que celui des flots déchaînés. Une vague riante déferla des lèvres de l’homme, la piquant au vif : un grondement sourd monta de sa gorge, dont les reflets sifflants firent écho à la blancheur de l’écume. Il se faisait mousse tandis qu’elle était lame mais ses coups étaient absorbés sans faire de dégât, ce qui la mettait en rage et fit s’envoler le rythme de ses pulsations, la rendant presque mouvante alors qu’elle était immobile. Toujours désespérément immobile : la douleur pulsait à son côté au rythme de son cœur et faisait tinter une chaîne qui la clouait au sol aussi sûrement que la gravité. N’importe qui aurait été voir un Réveur mais elle s’en abstenait, moins par l’effet d’une fierté déplacée que par la crainte que leur Art ne découvre le lien qui lui permettait de dialoguer avec ses maîtres.
Sous ses yeux brumeux mais sans qu’elle ne puisse le voir – à peine le sentait-elle – le fils de l’eau se fit pierre, mais elle ne parlait pas plus aux cailloux – cette compétence était réservée aux fous. En observant son environnement elle aurait vu que la terre meuble s’affaissait sous le poids décuplé de la masse immobile, mais elle était trop concentrée sur son sourire plein de crocs brillants pour s’arrêter à ses détails. Etait-ce la faim, la douleur, qui la faisaient ainsi délirer ou les dents plates de cet herbivore étaient-elles devenues de vraies armes naturelles de prédateur ? Elle serra les dents et se redressa : à imposant, imposant et demi, cet homme, bien qu’armé, était à genou alors qu’elle se tenait droite et prête à l’action. Son cerveau était déjà concentré sur le combat qu’elle sentait flotter dans l’air lourd, et son souffle se fit plus maitrisé.

- Tu n'as pas répondu à toutes mes questions.

Une provocation ? Amusant et pathétique. Elle s'insurgeait contre sa propre réaction: amusée? C'était accorder une trop grande importance à ce vermisseau: qu'il rampe et se taise, elle avait soif de sang. Les paroles vides ne l'intéressaient pas. Cet homme se moquait-il d'elle à l'insulter sur son terrain de chasse? Ces primates n'avaient plus aucune connaissance des règles de l'instinct.

- Qu’est-ce qui t’a fait croire que j’y répondrai ?

L’ironie affirmée de sa réponse grinça dans l’air pour son plus grand plaisir : elle se sentait reprendre la main. Elle s’assouplit, plus détendue. Ouverte aussi, suffisamment pour  entendre à temps les broussailles qui se déchiraient sur le passage du groupe effarouché de quadrupèdes qui surgirent un instant plus tard sur la berge à quelques pas d’eux, avant de bifurquer en galopant à toutes jambes sur le sable humide bien plus propice au sprint. Les bois du meneur étaient certes impressionnants mais guère utile si l’on considérait le mouvement de repli qui animait l’ensemble du troupeau. Guère utile ou guère suffisant face au prédateur qui était sur leurs talons… Par précaution, la jeune femme fit deux pas de côté, en garde face à la forêt menaçante, sans plus se préoccuper de l’humain insolent : il y avait beaucoup plus intéressant au menu. Son corps réagissait à l’adrénaline qui affluait doucement et rendait ses mouvements plus sûrs et fluides en effaçant la douleur. Libérée du poids de l’humanité, elle se déployait comme un serpent détend ses anneaux.
Jouer.  


[j'ai presque honte de poster >> j'espère que ça t'inspire... faut que ça bouge un peu !]

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MessageSujet: Re: Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]   Jeu 14 Mai 2015, 19:49

La fille avait vu ses crocs, mais apparemment elle n'osait pas y croire.
Etait- elle si mal en point pour croire qu'elle avait des visions bizarres ? Dans ce cas-là pourquoi le provoquait-elle si elle ne parvenait pas à distinguer la réalité de sa propre imagination ? Cela n'avait aucun sens. Ou alors elle était complètement barrée. Ouais, ça devait être ça en fait.

- Qu’est-ce qui t’a fait croire que j’y répondrai ?

Dil sentit cette fois-ci la moutarde lui monter au nez.
Non mais elle voulait quoi au juste ? Elle se plantait là comme ça, elle ne bougeait pas, sans vouloir lui parler. Pourquoi elle ne se barrait pas dans ce cas ? C'était quoi le but de rester là sans vouloir soit communiquer ou autre chose ? Ou peut-être cherchait-elle une ouverture pour pouvoir lui voler ses maigres possessions... En vrai, il n'avait aucune possession à part son poignard pour dépecer le lynx qu'il avait tué et son arc.
Et la fille avait déjà des poignards, vu les blessures des lapins à sa ceinture.

Il se redressa sur ses jambes lentement, juste pour montrer à la fille qu'il n'avait pas peur d'elle, et que si elle continuait il allait vraiment se faire menaçant. Debout, il la dépassait d'une bonne dizaine de centimètres et mit cette différence à profit pour la regarder de haut et avec une lueur à la fois dédaigneuse et dangereuse dans le regard.

Il la vit se détendre légèrement, sans doute pour l'attaquer, et il plia également les genoux. Mais avant que cette folle ne lui saute dessus, il y eut du mouvement dans la forêt près d'eux, et une forte odeur de gibier sauta sur Dil, excitant Croco qui s'était déjà réveillé avec l'adrénaline qui avait grimé dans les veines du jeune homme en anticipation d'un combat.
Dil sentit très clairement l'immense reptile faire claquer sa queue contre le sol, dans son ventre, en tout cas ce fut l'image qui s'imposa à lui alors qu'un magnifique cerf perçait les frondaisons des arbres et bondissait hors de la forêt, pour bifurquer avant l'eau et entraîner avec lui, dans un galop effréné et effrayé, sa horde.

L'odeur de leur peur et de leur adrénaline fit tourner la tête à l'apprenti marchombre, qui s'efforça de se calmer car son esprit humain savait que si les ongulés fuyaient comme ça, c'était que le prédateur qui les chassait devait les talonner de près.

Dil jeta un coup d'oeil à la fille, qui s'était déplacée juste assez pour faire face à la barrière végétale de la forêt et remarqua que tout son corps s'était déployé et sa posture avait changé, passant de recroquevillée par des quelconques douleurs à parfaitement à l'aise et parcourut par l'adrénaline.
Est-ce que la fille se transformait aussi en animal ? Parce qu'il avait l'impression que c'était ce à quoi il ressemblait quand Croco se déployait en lui, prêt à jaillir et à prendre la place de son corps d'humain.

Mais il eut à peine le temps d'enlever son pantalon en prévention de sa probable transformation qu'un immense félin aux crocs longs comme son avant-bras. L'animal bondit hors des fourrés, pressé d'arriver à avoir sans doute la plus faible de ses proies, avant de réaliser que deux autres choses bonnes à manger étaient bien plus proches. L'immense tigre tourna lentement sa tête vers lui, et Dil sentit Croco prendre une place phénoménale dans sa gorge.
Il ne put s'empêcher de lâcher un  vagissement affreusement profond, bas, faisant vibrer l'air... Un son extrêmement dangereux qui n'aurait jamais du sortir de la bouche d'un humain.

En face de lui, le tigre se figea un instant, avant de feuler méchamment à son tour.
Croco vibra plus fort dans le ventre de Dil, ne supportant pas de se faire prendre pour une proie. L'humain tenta de le calmer, mais le reptile ne voulait rien entendre. Il vagit puissamment une deuxième fois, intimidant cette fois le félin qui feula, mais avec moins de détermination que la première fois... Avant de se désintéresser des humains et de se renfoncer dans la lisière de la forêt : il avait perdu la horde de cervidés, il devait trouver autre chose à manger.

Ce ne fut que lorsque l'animal disparut que Dil se rendit compte qu'il était totalement nu. Croco, satisfait, c'était calmé et n'avait pas exigé une transformation, aussi enlever son pantalon avait sans doute été un acte très bizarre pour un humain normalement constitué, et il jeta un coup d'oeil à la fille tout en renfilant rapidement son pantalon.
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Lanthane Manganèse
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MessageSujet: Re: Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]   Mar 28 Juil 2015, 20:11

Cet énorme félin était de loin le plus gros animal contre qui elle ait jamais combattu, et ce constat fit remonter un frisson d’expectative le long de sa colonne vertébrale. Elle qui se sentait si limitée dans ses actions et perceptions par ce corps humain ne trouvait d’échappatoire que dans ces divins moments où son sabre et elle chantaient à l’unisson. Une danse mortelle dont son cœur donnait le tempo et dans laquelle elle s’immergea lentement, laissant ses sens prendre une plus grande part dans son esprit que sa réflexion. Comme une sorte de rituel secret, elle sentit les changements s’effectuer en elle alors que la bête les jaugeait afin de profiter de chaque ouverture dans le combat. Quand soudain, venant de sa gauche, un grondement étrangement modulé monta et résonna dans sa cage thoracique.
Quelque chose d’ancien, de profondément enfoui en elle semblait y faire écho. Etrange, car ces grondements ne ressemblaient en rien à la noble langue de son peuple… et pourtant. Pourtant, si l’on négligeait le ton – beaucoup trop grave – et les inflexions mal placées de certains mots, il lui semblait percevoir la logique des phrases et reconnaître deux mots : proie et manger. Face à ce petit humain chétif, le prédateur s’était immobilisé et montrait les crocs. Décontenancée, elle resta tout aussi immobile et concentrée sur la bouche du curieux jeune homme d’où sortaient ces vagissements. Elle n’avait jamais entendu ça nulle part durant sa très courte période de cohabitation avec les humains et se méfiait des coïncidences trop faciles qui pourraient l’amener à dangereusement baisser sa garde. Au bout de quelques échanges dont elle analysa chaque miette, l’humain avait repoussé le félin : ces gros chats étaient donc si facilement impressionnables ? Décevant.  

Si elle le touchait, serait-il froid comme tous les reptiles ou chaud comme les parois des grottes de son enfance ? La question, parfaitement déplacée, semblait venir d’un tréfonds oublié d’elle-même et elle la chassa avec agacement : ridicule ! Elle lui permit néanmoins de sortir de ses pensées brumeuses et… Que faisait-il nu ? Etait-ce un rituel mortuaire ? Pourtant, rien dans son attitude ne l’avait désigné comme une proie face à cet animal qui faisait facilement trois fois son poids. Pas de résignation non plus… L’idée de considérer son corps musclé comme autre chose que la promesse du plus savoureux repas qu’elle ait pris depuis une éternité n’affleura même pas son esprit, néanmoins celle de le garder en vie commençait à pointer timidement le bout de son nez.
Cela serait-il suspect de demander ? Son esprit faisait des va-et-vient incessants entre deux courants de pensée et elle se sentait légèrement perdue, sentiment pour le moins horripilant. Deux réactions s’opposaient en elle, entre le « Refais ça encore une fois » et le « Si je te dissèque, je trouve quoi à la place des cordes vocales ? » sans qu’aucune ne la satisfasse. Etait-ce un reliquat de la domination ts’liche, déformé avec le temps ? Cette nouvelle question, quoique toujours sortie de nulle part, avait pour mérite de faire avancer les choses un poil plus loin. Le jeune homme semblait tendu, anxieux, attendant visiblement sa réaction… Peut-être avait-elle trouvé un bout de ficelle sur lequel tirer, mais doucement, sans conclusions hâtives, ou ce serait elle qui se retrouverait à découvert.

- Ca te prend souvent la discussion avec les tigres ? fit-elle en baissant légèrement sa garde.

Elle n’allait pas le tuer tout de suite, elle fit des efforts pour que cela se sente dans son attitude, car l’envie de savoir faisait à présent briller ses yeux d’une lueur plus… mouvante.


[le à "découvert" sonne tellement bien dans ce contexte X) j'hésitais avec "mise à nue" XD
Enfin une réponse ! Il t'en aura fallu attendre >> ]

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MessageSujet: Re: Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]   

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Sang rouge, sang vert, sang froid: bon sang ne peut mentir [Dil]
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