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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Dim 24 Aoû 2014, 16:05

Gil n’avait aucune idée du nombre de contrats qu’il avait pu signer dans sa vie. Il avait essayé de faire le calcul, une fois, juste pour voir, et il avait rapidement abandonné cette folle entreprise. A raison de trois engagements par semaine, en moyenne, il avait accumulé environ mille missions ces dix dernières années. Un peu plus, si l’on songeait à toutes les situations rocambolesques dans lesquelles il avait été entraîné malgré lui… De quoi donner la migraine ! Alors, s’il fallait qu’il se souvienne de tous ses employeurs… Celui-ci, toutefois, il ne risquait pas de l’oublier de sitôt. Pour commencer, il était immense : une bonne tête de différence avec l’Envoleur, qui pourtant s’estimait plutôt grand du haut de son mètre quatre-vingt seize ; ensuite, l’homme qui se dressait devant lui ressemblait à s’y méprendre à un squelette qui aurait décidé de faire un petit tour hors de sa tombe. Maigre, voire complètement décharné, il donnait l’impression qu’un simple coup de vent allait le briser en mille morceaux et son visage aurait fait fuir un enfant, en plus de lui rendre visite dans ses cauchemars. Blafard, les yeux cernés, le regard froid… Gil s’était même demandé s’il était encore vivant.

- La maladie, expliqua le squelette en fixant sur le jeune homme deux yeux d’un gris fumeux.

Sa voix était étonnamment puissante pour un type qui avait l’air de revenir de l’Enfer. Gil se contenta de hausser les épaules. La vie de ses employeurs lui importait peu, du moment qu’on n’oubliait pas de le récompenser pour son travail. En général, ces derniers comprenaient cette façon de voir les choses, mais celui-là sortait décidément des clous.

- Je n’en ai plus que pour quelques semaines, apparemment. Rassurez-vous, je ne partirai pas avant de vous avoir payé !

Gil hocha la tête. Il espérait que le squelette avait raison.

- Si je vous dis ça, c’est parce que ça explique votre présence ici, avec moi. J’ai besoin de vous pour éliminer quelqu’un.
- Nom, adresse ?


Le laconisme de Gil tira un sourire à l’homme, et un fantôme de lueur scintilla un bref instant dans ses yeux – mais il pouvait tout aussi bien s’agir du reflet de l’une des lampes du bureau…

- Fylan Curtis. Il est propriétaire d’une ferme, au cœur des Collines de Taj.
- Taj ?
grogna Gil.
- Oui. Un problème ?
- Non. Mais comme je ne possède pas de monture, ça va vous coûter un supplément.


Nouveau sourire fugace. Aussi curieux que cela puisse être, quelque chose disait à Gil que le squelette était autrefois un homme très souriant.

- Je suis sur le point de tirer ma révérence, alors les suppléments ne me dérangent plus tellement… Cet homme, ce Curtis, il ne doit pas me survivre. Il est dangereux, vous comprenez ?
- Que pourriez-vous redouter de plus que la mort ?
- A votre avis ?


Gil n’eut pas à réfléchir très longtemps. Quelques mois plus tôt, il aurait donné sa langue au chat qui paressait dans un fauteuil, non loin de son maître, mais à présent, tellement de choses avaient changé…

- Vous avez peur pour votre famille, comprit-il en lisant la réponse au fond de son cœur.
- Oui. Je suis à la tête d’un immense élevage de siffleurs. J’ai passé ma vie à construire ma fortune, dans l’espoir qu’elle puisse faire subvenir les miens quelques années après ma mort. Mais Fylan Curtis, l’un de mes anciens éleveurs, a décidé de monter son propre élevage. La chance lui a souri, il me talonne de près mais je reste le numéro un dans ce domaine. Du moins, jusqu’à ce que je pousse mon dernier souffle. Il n’aura alors qu’à refermer le poing sur mon bétail, et…
- … il ne sera pas généreux en affaires,
conclut Gil. Je comprends.
- Je n’en doute pas.


Le squelette se tut et l’observa un moment.

- Puis-je vous demander quelque chose ?

Gil hésita. D’habitude, on lui demandait seulement d’exécuter un contrat en le respectant au pied de la lettre, rien de plus. Qu’est-ce que cet étrange homme en fin de vie pouvait-il attendre de lui ?

- Bien sûr.
- Pourquoi faites-vous cela ? Attendez, ne répondez pas tout de suite. Je sais très bien ce qui pousse un homme à devenir mercenaire. Mais pourquoi s’acharnerait-il à le rester ?


Cette question, Gil se l’était déjà posée. Quand c’était l’Ordre qui l’envoyait en mission, la réponse était simple : il mettait ses talents au service d’une cause qu’il n’embrassait pas mais qu’il ne réfutait pas non plus. Sauf que ces derniers temps, ses supérieurs le laissaient relativement tranquille. Ils avaient autorisé sa réhabilitation en tant qu’Envoleur « honnête », mais ils semblaient nourrir une certaine rancœur à son égard… Gil les laissait volontiers bouder dans leur coin. Moins il les voyait, mieux il se portait. En revanche, il avait besoin d’argent. Et pas seulement pour s’acheter un cheval. Le regard bicolore de l’Envoleur se fit soudain songeur, alors qu’une pensée encore toute neuve lui traversait l’esprit. Désormais, il n’était plus question d’agir dans son seul intérêt : la moindre de ses actions aurait forcément des conséquences sur Libertée et le petit haricot qui poussait tranquillement dans son ventre… Un sourire se dessina lentement sur ses lèvres.

- Pour la même raison qui vous pousse aujourd’hui à m’engager, dit-il d’une voix douce.

Le squelette hocha la tête. Oui, c’était quelque chose qu’il comprenait parfaitement. Et l’affaire fut ainsi entendue : les deux hommes se serrèrent la main, Gil refermant prudemment les doigts sur ceux, incroyablement graciles, de son nouvel employeur. Une demi heure plus tard, il quittait Al-Chen tandis que le soleil couchant enflammait les collines de Taj.


*


Il faisait nuit noire, et pas un souffle de vent ne frémissait dans les hautes herbes. Les conditions idéales pour s’introduire dans un domaine, exécuter sa mission et s’en aller sans que quiconque se soit rendu compte de quelque chose. Gil appréciait ce genre de travail solitaire, même s’il regrettait parfois la présence de Kaünis ; au fil du temps, il avait pris l’habitude de la laisser s’occuper de certaines tâches – forcer des serrures, faire le guet, se faufiler là où sa corpulence ne lui permettait pas d’aller… – pendant qu’il vaquait aux siennes. Leur duo lui manquait. Mais tout comme lui, la jeune femme devait avoir une vie bien remplie… Tout en traversant un champ en friche, Gil se demanda qu’elle pourrait être la réaction de son ancienne apprentie en apprenant qu’il allait être père. Encore. Ou plutôt, qu’il allait être enfin un père responsable… Lui-même avait encore du mal à y croire, parfois. Certaines nuits, il se réveillait en pensant que tout ceci n’était qu’un rêve. Un beau rêve appartenant au futur, non pas une jolie réalité ancrée dans le présent.

Il lui suffisait alors de passer la main sur le ventre rond de Libertée pour s’immerger totalement dans ce présent qui l’emplissait d’un bonheur immense… et qui le terrifiait tout à la fois. Grâce à sa petite marchombre, il avait accepté de relever ce défi aussi naturellement que possible, mais la sensation d’être complètement démuni face à quelque chose d’inconnu était persistante. Quel père allait-il être ? Ses prouesses en tant que maître restaient encore à prouver, c’était un miracle que Kaünis ait terminé sa formation en un seul morceau et à peu près saine d’esprit… En fait, il l’imaginait bien éclater de rire à la pensée que son cabochard de mentor puisse élever un enfant. Puis froncer les sourcils d’un air sincèrement désespéré avant de le traiter de couillon. Voilà ce que ferait Kaünis. Amusé, Gil bâilla, s’étira et leva les yeux vers les étoiles piquetées sur un ciel parfaitement clair et dégagé. La lune n’était pas pleine, mais sa lumière était conséquente. Il allait devoir se montrer prudent.

Le domaine de Filan Curtis apparut alors qu’il songeait très franchement à acquérir une monture convenable avant la fin du mois. Gil s’arrêta au sommet de la butte sur laquelle il se trouvait et s’accroupit pour observer les lieux sans risquer d’être repéré. Le fief de Curtis s’étendait à flanc de colline. Imposant, le corps de ferme formait un L et était immédiatement bordé de plusieurs granges, qui servaient probablement d’entrepôt pour les soins du bétail. Tout autour, des kilomètres d’enclos recouvraient les collines voisines, piquetées de petits points sombres. Gil laissa échapper un sifflement. Il y avait là suffisamment de siffleurs pour nourrir la moitié de l’Empire ! Une pensée en entraînant une autre, il songea soudain à ce qu’il pourrait faire à la tête d’une ferme comme celle-ci. C’était une idée qui méritait sa place dans ses mille et un projets futur… même si la simple perspective de passer ses journées à retourner de la terre et à nourrir des troupeaux le fit glousser. Il secoua la tête avant de prendre une longue inspiration, décidant qu’il était temps de passer aux choses sérieuses ; il déposa son sac dans l’herbe et entreprit de s’équiper.
Il était en train de glisser un poignard dans sa botte gauche lorsqu’un frémissement lui fit lever la tête. Il se figea dans sa position et scruta les ténèbres ; son cœur battait très lentement, il n’était pas inquiet mais plutôt frustré à l’idée que quelqu’un ou quelque chose puisse le gêner dans sa mission. Durant quelques secondes, il resta parfaitement immobile, attentif au moindre bruit, puis il plissa les yeux et se raidit très légèrement.

- Okay, je sais que vous êtes là alors soit vous vous montrez sans faire d’histoire, soit je viens vous chercher moi-même. Dans les deux cas, vous allez me faire perdre un temps précieux alors je vous conseille vivement de choisir la première option…

Il s’était exprimé d’un ton suffisamment ferme pour bien se faire comprendre : il avait horreur d’être dérangé en plein travail…

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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Mer 27 Aoû 2014, 14:10

Le couteau fila à travers l'espace et vint se planter dans le tronc de l'arbre à quelques mètres de la lanceuse, à l'endroit même qu'elle avait visé, alors que les dernières boucles de ses cheveux retombaient sur son front et dans son dos. Kham eut un léger sourire satisfait avant de se diriger vers sa cible et de retirer l'arme de l'écorce rugueuse. Songeuse, elle observa un instant le poignard que lui avait offert Clarence, comme elle avait pu le faire de nombreuses fois déjà ; et comme elle avait pu le constater autant de fois, elle pensa que le mercenaire ne s'était pas foutu d'elle. Le manche était magnifique, la lame parfaite, l'arme bien équilibrée et remarquablement maniable. Hasard ou non, elle lui convenait parfaitement.

Lâchant un soupir, Khamill commença à jongler distraitement avec le poignard. Quelques mois plus tôt, elle avait dû faire le même exercice, alors qu'elle se trouvait sous les ordres de Pan. Elle s'en était sortie avec quelques écorchures sans importance et une blessure à l'épaule qui avait mérité juste un peu plus d'attention. Désormais, elle était beaucoup plus habile ; les égratignures s'étaient faites de plus en plus rares et ses lancers de plus en plus précis – malgré des distances sans cesse augmentées. Elle pouvait constater sa progression, dans ce domaine ou dans les autres, mais c'était une progression bien solitaire : les semaines s'étaient succédées depuis la fin de son premier cours et elle restait toujours sans nouvelle de son Maître. Et elle se demandait bien ce qu'il fichait. Avait-il oublié que malgré deux apprenties enfuies, une troisième lui restait à charge ? Voulait-il la laisser tomber en cours de route ? La jeune femme doutait sincèrement que ces deux options soient du genre de Pan, et pourtant elle n'en voyait pas vraiment d'autres. A moins qu'il ait été retardé par certains ennuis. Ou bien désirait-il la laisser avancer seule... pour un long moment ! "
Cela peut durer un an, deux ans, cinq ans… Peu importe. Cela dépendra uniquement de vous." avait-il précisé en parlant de la durée d'apprentissage à ses apprenties. Et bien Kham ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il se foutait de sa gueule !

Devait-elle tenter de retrouver Clarence ? Elle n'avait pas véritablement besoin de lui, au fond. Si leurs chemins devaient se croiser à nouveau, il serait toujours temps. Les pensées de l'apprentie s'envolèrent ensuite vers Kaünis. Elle ne l'avait pas revue depuis presque aussi longtemps que son mentor. Peut-être avait-elle même terminé son apprentissage auprès de son Maître ? Une ombre de sourire apparut sur le visage à moitié brûlé de la jeune femme lorsqu'elle repensa à la grimace de Kaünis quand elle avait mentionné ce dernier. Un certain... Gil quelque chose – elle n'avait pas vraiment la mémoire des noms. Son amie avait-t-elle réussi à s'entendre avec lui ? Finalement, elle avait peut-être de la chance d'avoir l'envoleur aux cornes pour la guider sur la Voie...

Khamill réalisa qu'elle passait en revue tous ceux qu'elle avait rencontré depuis sa fuite d'Al-Jeit, et se traita aussitôt d'imbécile ; se sentait-elle seule à ce point ? Elle qui avait toujours aimé – ou supporté ? – la solitude ? Elle rattrapa son poignard au vol et le rangea rageusement dans le fourreau qui pendait à sa ceinture, sous sa cape. Elle devait bouger, et vite. Elle avait beau s'entraîner chaque jour, elle s'ennuyait terriblement, et pourtant elle n'était pas ressortie d'Ombreuse depuis le Lac Chen. Escaladant l'arbre qu'elle avait entaillé quelques minutes plus tôt, elle se hissa rapidement dans les branches pour se déplacer au dessus du sol. Sa décision était prise. Elle allait prendre ses quelques affaires au Domaine et partirait sur le champ à la découverte de l'Empire. Et si Pan revenait pendant son absence, eh bien... tant pis ! Il trouverait toujours le moyen de la prévenir, de toutes façons. Et il n'aurait qu'à assumer son propre retard.


***

L'après-midi touchait à sa fin lorsque l'envoleuse sortit de la lisière d'Ombreuse. Elle n'avait pas eu de problèmes particulier en traversant la mythique forêt, et n'avait fait aucune rencontre, bonne ou mauvaise – c'était tant mieux. En pleine forme malgré la nuit qui tombait peu à peu, la jeune femme choisit de continuer sa route en courant, et repartit d'une foulée rapide et légère. Le soleil couchant illuminait la plaine de couleurs chaudes, prêtant une teinte ambrée aux boucles épaisses de ses cheveux, et rallongeant les ombres des quelques arbres comme s'il laissait la nuit lâcher ses fantômes sombres dans les collines. Le vent était léger, souffle chaud faisant ondoyer l'herbe qui s'étendait à perte de vue. Kham ralentit lorsqu'elle aperçut les contours d'un village se dessiner devant elle, puis décida de le contourner. Elle avait assez de provisons dans son sac, pas besoin de prendre de risque. Elle courut encore pendant une bonne heure avant de s'avouer qu'elle commençait à ne plus voir grand chose dans l'obscurité. Elle continua tout de même à marcher, s'habituant peu à peu à cette dernière grâce au ciel dégagé qui laissait entrevoir de nombreuses étoiles et un épais croissant de lune, assez lumineux pour que la jeune femme puisse distinguer son chemin sans plisser les yeux. L'air se fit plus frais, malgré le vent qui s'était tu, et Khamill s'enroula dans sa cape beige. Elle se sentait étrangement sereine, à marcher ainsi sous les étoiles, se demandant ce qu'elle allait découvrir dans les jours à venir...

Elle s'arrêta un moment de marcher alors qu'elle parvenait au sommet d'une butte, plongeant son regard gris sur la plaine en contrebas. Des champs s'étendaient aussi loin que ses yeux pouvaient voir, et, alors qu'elle parvint à distinguer juste en dessous ce qui devait être une ferme – immense – elle songea qu'elle devait se trouver sur le territoire d'un puissant éleveur. Elle haussa les épaules. Et après ? Elle allait reprendre sa route lorsqu'elle perçut quelque chose. Une présence. Se retournant, elle aperçut une silhouette se découper dans la nuit, une lampe à la main. La personne semblait de pas l'avoir remarquée, et Kham faillit soupirer de soulagement. Faillit, car aussitôt la silhouette parut changer de direction... pour se diriger vers elle. La jeune femme grogna de dépit. Il l'avait vue... Et il était désormais trop proche pour qu'elle feigne ne pas l'avoir remarqué et puisse se détourner. Elle attendit donc sans bouger que l'homme arrive à sa hauteur, espérant qu'il ne distinguerait pas trop sa brûlure dans l'obscurité. C'était un homme, oui, elle le voyait déjà à sa stature, assez petit mais trapu et épais. Arrivé à quelques mètres d'elle, il lui adressa un signe de la main.


- Bonsoir ! Que faites-vous seule dans la nuit ? Vous n'auriez pas envie d'un abri pour dormir ?

Elle s'était raidie en entendant les premiers mots, s'attendant au pire, mais bien vite elle sut que l'homme n'était pas dangereux, au ton qu'il avait employé et au sourire sincère qu'il lui adressait. Fidèle à elle-même, elle ne répondit pourtant pas tout de suite, préférant détailler l'inconnu.

Une silhouette petite et trapue comme elle avait déjà pu le constater, entre quarante et cinquante ans, déjà plus beaucoup de cheveux sur le caillou, des yeux sympathiques qu'elle pensa marrons, et un sourire chaleureux illuminant son visage... non, il ne paraissait pas méchant. Et même s'il l'était, il n'était pas dangereux, ça, c'était certain. Devant le silence de l'envoleuse, il se frotta l'arrière du crâne de la main, perplexe.


- Eh bien, vous m'avez pas l'air bavarde. Mais je peux vous offrir le gîte pour la nuit, si vous voulez ; les collines de Taj peuvent être dangereuses. Déjà que je perds pas mal de bêtes en ce moment...

Il désigna du menton le domaine en contrebas.

- J'habite juste ici – Voyant l'expression subjuguée de Khamill, il partit d'un grand rire : Oui, je sais, c'est très grand. Mais j'ai une grande famille à nourrir et un travail à assumer, et je ne m'en plains pas ! Le métier d'éleveur, c'est sacré ! Malheureusement, j'ai quelques soucis en ce moment... Je sais que l'un de mes voisins cherche à me nuire.

- C'est-à-dire ?, ne put s'empêcher de demander Khamill, amusée malgré elle par ce personnage étonnamment bavard avec les inconnus.

Le petit homme – qui faisait tout de même presque une tête de plus qu'elle – lui décocha un regard soudain inquiet qui contrastait drôlement avec son enthousiasme précédent.


- C'est-à-dire qu'il veut ma mort, articula-t-il. On a toujours eu des querelles, mais à ce point... vous comprenez, c'est pour ça que je suis ici, dehors, et pas à l'intérieur, j'ai tellement peur que je ne parviens pas à m'endormir. Je préfère inspecter les environs, c'est un tout petit peu plus... rassurant. Heureusement, ma famille est à l'abri, chez un cousin. Mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir aussi peur pour eux...
- Comment le savez-vous ?
- Co... comment ça ?
- Comment savez-vous qu'il veut vous tuer ?


Le fermier haussa les épaules.

- Ça fait longtemps que je me méfie de lui. Il est pas vraiment normal, ce gars. Il a un regard qui fait peur... et pas que le regard, d'ailleurs. Et puis, j'ai mes... sources, ajouta le bonhomme avec un léger clin d’œil. Je suis pas fou, moi. Je me suis protégé. Contre des gars comme ça, on sait jamais... J'ai engagé des gardes du corps. Des mercenaires. Il y en a tout autour de mon domaine. Et deux autres qui me suivent partout... – Il fit un geste vague en direction d'un petit bois sur leur gauche – ils sont très discrets. Vous pensez sûrement que j'en fais trop, se fourvoya le fermier en interceptant le regard dépité de Khamill qui n'avait en effet pas remarqué la présence des deux hommes. Mais quand on craint pour sa vie et celles des siens, on n'en fait jamais trop, croyez-moi.

L'envoleuse hocha brièvement la tête. Toute cette histoire lui paraissait assez inconcevable, mais puisque l'homme avait de l'argent, pourquoi pas le gaspiller à payer des mercenaires. Après tout, ce n'était pas ses oignons. Même si elle ne comprenait pas comment l'éleveur avait pu l'interpeller si joyeusement s'il était aussi angoissé qu'il le disait, ni pourquoi il avait pris la peine de lui proposer le gîte si sa vie était menacée... Et qu'est-ce qu'il appelait des gens "pas normaux" ? Mais bon, comme elle le pensait, ça ne la concernait pas.

- Bon, je dois vous ennuyer avec mes problèmes... Je vous promets de me taire là-dessus si vous choisissez de venir chez moi. Alors, vous l'acceptez, ce gîte ?
- Non merci
, répondit simplement l'envoleuse.

Non seulement elle se débrouillait très bien toute seule, elle n'avait pas non plus envie de se taper une flopée de gardes du corps en plus, non mais oh !

Le fermier lui lança un regard étonné et un peu déçu, mais ne sembla pas insister davantage.

- Dommage, fit-il simplement. Le valeureux Fylan Curtis aurait bien aimé un peu de compagnie pour se changer les idées ! Enfin bon, ç'a beau pas avoir l'air de vous déranger, moi je vais quand même pas coucher dehors ! Il faut bien que je rentre, à un moment ou à un autre... Après tout, les gardes ne sont pas payés pour ne me servir à rien... Dommage qu'ils n'aient pas de conversation...

Il adressa un petit sourire à la jeune femme avant de lui souhaiter une bonne nuit "à la belle étoile"  et de lui conseiller fortement de rester sur ses gardes, puis il se détourna pour se diriger vers sa ferme, devenant silhouette rapetissant à la lumière d'une flamme vacillante. L'apprentie envoleuse tourna alors la tête et vit deux silhouettes minces - un homme et une femme - sortir du bois avec une infinie discrétion. Ils eurent un temps d'hésitation lorsque leurs regards croisèrent le sien, puis repartirent à la suite du fermier. Un petit sourire étira les lèvres de Kham lorsqu'elle les reconnut. La démarche souple, effacée et efficace, ils n'avaient pas trahi d'expression lorsque leurs visages s'étaient tournés vers elle, et leurs regards avaient été de glace. Ils possédaient une combinaison de cuir souple et sombre dont les multiples recoins, Khamill le savait, pouvaient cacher des armes aussi dangereuses que variées. La jeune femme commença à longer la butte. Avec des Mercenaires du Chaos pour protection, Fylan Curtis pouvait dormir sur ses deux oreilles.

***

L'interpellation avait retenti une poignée de secondes après qu'elle ait aperçu la silhouette accroupie dans l'herbe, à une quinzaine de mètres. Décidément, elle voyait pas mal de monde pour une heure si avancée dans la nuit. Le fermier et ses gardes du corps s'étaient éloignés depuis une vingtaine de minutes que déjà elle trouvait quelqu'un d'autre sur son chemin. Et ce quelqu'un d'autre avait bien l'air d'être au moins aussi spécial que le dernier zouave avec qui elle venait de se taper la causette. Soupirant, Kham s'immobilisa. C'était également un homme – sa voix ne laissait aucun doute là-dessus. Il semblait en train de chercher quelque chose dans son sac. "Lui faire perdre un temps précieux" ? Mais que pouvait-il bien avoir à faire de si urgent au beau milieu de la nuit, dans un endroit désert ? Et la manière dont il l'avait interpellée ne lui disait rien de bon. Sa voix, grave, était indéniablement tendue... et l'ordre sans appel. Menaçant. Mais Khamill n'appréciait pas tellement qu'on lui donnât d'ordres, en particulier si ceux-ci provenaient d'un parfait inconnu. Elle avait bien envie de laisser cet imbécile s'occuper tranquillement de ses affaires – et non des siennes ! Mais elle devait prendre en compte son ton menaçant ; pas la peine de jouer les intrépides ! Alors elle ne partit pas. Et elle ne s'avança pas non plus.

Et, soudain, alors que les secondes de silence s'additionnaient, l'apprentie comprit qui était cet homme. Ou du moins le soupçonna fortement. Que pouvait-il faire de si urgent au milieu de la nuit, s'était-elle demandée. Dans un endroit désert... mis à part la ferme que surplombait la butte. Une ferme dont le propriétaire avait dit être menacé de mort... Kham vit une lame scintiller à la lumière de la lune, et il lui sembla que ce détail pouvait confirmer ses soupçons. Cet homme était-il donc chargé d'assassiner Fylan Curtis ? Les sourcils froncés, la jeune femme se décida enfin à avancer vers l'inconnu. Elle s'arrêta à une demi-douzaine de mètres de lui, et lui adressa une grimace ironique.


- Alors, maintenant que je me suis montrée, tu vas faire quoi ?

Oui, elle l'avait tutoyé, car si lui lui avait dit "vous", elle n'avait pas du tout apprécié la manière dont il s'était adressée à elle. Et non, elle n'avait pas peur. Même si elle savait qu'elle aurait peut-être dû... Sur ses gardes donc, elle commença à détailler l'homme, le regard noir.




[J'ai voulu prendre le temps de faire quelque chose de bien, alors... ben dis-moi si quelque chose te dérange ^^ En tous cas, va y avoir des étincelles !]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Sam 30 Aoû 2014, 11:01

[Un peu court, mais comme on entre dans le vif du sujet... ^^]


Gil jura à voix basse en voyant la silhouette menue se découper dans un rayon de lune. Enfer ! Il fallait qu’une petite fouineuse se balade dans les parages pendant qu’il… Soudain, le regard de l’Envoleur s’assombrit. Sans rien dire, il se redressa lentement, déployant sa haute stature et la puissance presque naturelle qui semblait caractériser son être tout entier. Parfois, il pouvait se montrer doux comme un agneau – Libertée était sans aucun doute la mieux placée pour le savoir – mais là, dans les ombres de la nuit, il avait plutôt l’air d’un fauve sur le point de passer à l’action. Lorsqu’il le fit, ce fut si vif, si rapide qu’il sembla s’évaporer dans l’obscurité. Pour réapparaître dans le dos de la jeune femme. De sa main armée, il pressa la lame de son couteau contre sa gorge fine et délicate, de l’autre il bloqua ses poignets dans le dos et exerça une pression nettement significative. Il n’avait qu’un geste à faire, un sauf, et l’une de ses épaules sortirait de son axe. En revanche, si c’était elle qui s’agitait, elle s’ouvrirait elle-même la gorge sur le tranchant de sa lame. Elle était coincée. Maîtrisant le mieux possible sa frustration, Gil se pencha légèrement, approchant ses lèvres de l’oreille de sa prisonnière.

- Ça te va, comme réponse ?

Elle avait une chevelure très dense, qui l’obligeait à se démancher le cou pour lui parler s’il ne voulait pas systématiquement avaler cette insupportable tignasse.

- Bon, écoute. Là, tu es plutôt mal partie. De mon point de vue, tu n’as pas beaucoup d’options : petit un, tu fais ce que je te dis, c’est-à-dire que, par exemple, tu vas répondre à mes questions sans broncher et sans mentir ; une fois que je m’estimerai satisfait tu pourras t’en aller. Petit deux, tu n’en fais qu’à ta tête…

Gil resserra les doigts sur les poignets de la jeune femme et la sentit frémir.

- … je te tue sans hésiter. C’est clair ? Alors, qu’est-ce que tu fiches ici ? Tu travailles pour Curtis ?

Il en doutait. Cette gamine, qui devait bien peser trente kilos tout mouillés, n’avait rien d’une fille d’élevage. Encore moins d’une tueuse. Pourtant, Gil ne voyait pas tellement d’autre explication à sa présence dans un coin aussi perdu de l’Empire, précisément sur son site de mission. Elle pouvait très bien être une cousine, une amante… Il réprima un soupir. Le squelette lui avait demandé d’être rapide et efficace, or il était en train de perdre un temps considérable !

- J’attends une réponse, et la patience n’est pas du tout acquise chez moi, alors si tu pouvais te dépêcher un peu…

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Dim 31 Aoû 2014, 13:31

Lorsque l'homme se redressa, Khamill ne put s'empêcher de ressentir une pointe d'agacement. Elle avait l'habitude d'être plus petite que la majorité de ses interlocuteurs, c'était un fait. Mais celui-là, à l'image de son Maître, devait bien la dépasser d'une quarantaine de centimètres. Avec Pan, elle s'était habituée, mais là, elle ressentait déjà un léger malaise. Cet homme paraissait dix fois plus menaçant encore alors qu'il venait de déployer sa haute taille – c'était de la triche ! Et bien que la jeune femme restait sur ses gardes, elle ne vit pas comment l'inconnu avait pu se retrouver derrière elle, en moins de deux secondes, menaçant sa gorge d'un poignard et bloquant ses mains et toute tentative de défense. La petite envoleuse grogna de surprise et de dépit, et elle maudit son manque de prudence, sa faiblesse et ses putains de battements de cœur qui s'étaient accélérés malgré elle.

Une foule de possibilités avait beau défiler dans sa tête, elle devait s'avouer qu'aucune n'était valable. Elle ne pouvait pas se dégager, et même si elle y parvenait, comment pourrait-elle faire face à un type qui l'avait immobilisée si rapidement et facilement que c'en était à pleurer de rage ? Elle était envoleuse, non ? A ses débuts, certes, mais quand même ! La pression dans son dos s'accentua, et elle étouffa un grognement de douleur. Cet imbécile ne plaisantait pas !
 

- Ça te va, comme réponse ?

Le sifflement dans son oreille avait été très désagréable, et la jeune femme ne put s'empêcher de frissonner, en tentant de refouler les mauvais souvenirs, pas si lointains, qui revenaient à la surface. Non, cet homme n'était pas Cerman, d'ailleurs elle ne le connaissait pas et ne l'avait jamais vu... Elle faisait tous les efforts du monde pour s'en persuader et pour chasser la nausée qui s'emparait d'elle, tandis que la voix avait repris dans son oreille. Putain, ce que c'était insupportable !

Kham avait compris depuis longtemps que dans la situation où elle se trouvait, seul le dialogue était possible. Il fallait qu'elle la joue fine pour rester en un morceau, et surtout qu'elle refoule l'irrésistible envie de traiter l'homme de tous les noms qui lui venaient à l'esprit – et il n'en manquait pas. Après tout, les collines étaient à tout le monde, elle avait tout à fait le droit de se trouver ici, et elle se fichait des affaires de cet abruti comme de sa première chemise ! S'il lui reprochait sa présence, c'était qu'il se reprochait d'abord quelque chose à lui-même...

- Alors, qu’est-ce que tu fiches ici ? Tu travailles pour Curtis ?

Malgré la situation qui n'incitait pas au rire le moins du monde, un petit sourire passa sur les lèvres de Kham. C'était donc bien ça ! Cet homme devait tuer l'éleveur – ce dernier ne se faisait donc pas d'idées – et elle l'avait perturbé dans son "travail". Il se méfiait d'elle ! Si elle n'avait pas été en si mauvaise posture, la jeune femme en aurait presque ri : cet homme qui la craignait, c'était carrément comique, presque flatteur ! Mais le souffle désagréable contre son oreille lui rappela bien vite le critique de la situation, et elle se força à se calmer. A rassembler toutes les informations qu'elle avait accumulées, et à les mettre en ordre. Et même si elle ne contrôlait toujours pas ces fichus battements de cœur, elle fut presque soulagée d'entendre sa respiration se calmer peu à peu : elle s'était légèrement détendue.

Quelques mois plus tôt, elle n'aurait sans doute pas su garder un tel calme – même si elle avait encore des progrès à faire. Mais même si elle devait rester un minimum prudente, il était hors de question de se comporter en bête apeurée devant cet imbécile, aussi dangereux fut-il !


- J'avais remarqué, pour la patience...

Soupçon d'ironie, qui aidait à prendre de l'assurance, et qu'il allait sûrement prendre pour de l'impertinence. Mais avant que "Assassin" ne puisse prendre la mouche, Kham enchaîna aussitôt, d'une voix railleuse :

- Non, je ne travaille pas pour Curtis – me dis pas que t'y croyais, d’ailleurs. Par contre, je viens juste de le croiser. Et je suis sûre que t'as pas intérêt à perdre patience tout de suite, parce que ce cher éleveur, au moins cent fois plus chaleureux que toi – pas très difficile entre nous – était encore plus bavard... et sacrément bien protégé.

Sous-entendu : je pourrais te transmettre des infos précieuses. Non, elle ne comptait pas aider Assassin dans son fichu boulot – ni prévenir Fylan Curtis. Ces histoires ne la concernaient pas, elle voulait juste continuer sa route, et qu'on la laisse en dehors de ça !



[T'inquiète ! ^^]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Dim 31 Aoû 2014, 21:38

[Oh non, je ne m'inquiète pas ! D'ailleurs, la preuve : cette réponse rattrape largement la précédente, question taille ^^ Et en fait, je crois que l'action c'est pour maintenant ! xD]



Gil fronça les sourcils lorsque sa jeune captive lui répondit. Cette ironie mordante, témoignant un mépris certain envers le danger, refus catégorique de s’y plier docilement… elle ne lui était pas méconnue. Kaünis Gil’Ohz aurait vraisemblablement rétorqué quelque chose dans ce genre, elle aussi. Pas très malin mais indéniablement coriace pour une gamine de cette taille. Et malgré tout, Gil desserra légèrement sa prise, comme si c’était son ancienne apprentie et non une inconnue qu’il maintenait fermement contre lui. Désormais curieux, il l’écouta avec attention, son cœur bondissant étrangement à chaque pique qui lui rappelait Kaünis. Elle aussi semblait déplorer son manque d’amabilité. Il faillit soupirer. Mince, est-ce que quelqu’un allait comprendre ? Je suis un Envoleur, merde, à la fin ! Je ne suis pas payé pour discuter en souriant et en y mettant les formes ! Ben non. Il fallait croire que, désormais, un assassin devait faire dans la politesse pour ne pas risquer d’offusquer ces demoiselles. On aura tout vu…

Bien sûr que cette petite chipie ne travaillait pas pour Curtis. Qui accepterait de perdre toute crédibilité – et sans doute sa raison – en employant une fille pareille ? En revanche, ce qu’elle avançait à propos de l’éleveur était sûrement vrai. Gil avait envisagé cette hypothèse, en comptant sur le fait que, pour avoir côtoyé le squelette des années durant, Fylan Curtis devait bien connaître la façon de faire du vieil homme ; il s’était préparé à recevoir de la visite et avait organisé un joli petit comité d’accueil… Gil haussa les épaules et libéra sa prisonnière. Il se savait capable de la rattraper si toutefois elle était plus félonne qu’il l’avait pensé et se précipitait vers la ferme pour prévenir Curtis, mais en réalité, il était certain qu’elle lui avait dit la vérité. Il l’avait deviné dans le son de sa voix, bien différent de celui de Kaünis : elle se fichait éperdument de cette histoire et comptait bien le laisser dans sa galère. Sans doute un peu vexé qu’une gamine lui manque encore franchement de respect, Gil rengaina son couteau dans sa botte et croisa les bras sur la poitrine.

- Tu ne m’apprends rien, grogna-t-il en plissant les yeux pour tenter de l’apercevoir dans l’obscurité. J’aurais mieux fait de ne pas perdre de temps à te neutraliser.

C’était plus fort que lui. Tout comme avec Kaünis, il fallait qu’il réagisse à la provocation… par la provocation. Absolument pas raisonnable, responsable et intelligent, mais fichtrement agréable ! Et puis, ce faisant, il en profita pour détailler la jeune femme. Il n’avait pas eu le temps de voir son visage lorsqu’il s’était glissé dans son dos pour l’immobiliser. Dans les ombres de la nuit, et à la faveur du mince croissant argenté, il distinguait un visage mince, plus sombre du côté gauche ; au début, il crut qu’il s’agissait de l’ombre jetée par ses cheveux sur sa joue, mais lorsqu’il se déplaça pour se rapprocher de ses affaires, il réalisa qu’il s’agissait d’une marque, une flaque de couleur foncée qui l’aurait éclaboussée. C’était étrange, parce qu’au lieu de la rendre repoussante, ce détail lui conférait une sorte de mystère qui attisait à la fois la curiosité… et la fascination. A cause de ses yeux clairs ou bien de ses cheveux bouclés, elle avait l’air un peu sauvage, comme un petit chat sur le point de griffer quiconque oserait s’approcher. Gil cligna des yeux en remarquant son allure. Cette fille-là avait quelque chose dans le ventre, c’était sûr. Il l’avait menacée de mort, avait plaqué sa lame contre sa gorge, et pourtant elle restait là, plantée devant lui avec un petit air de défi qui l’agaçait et lui plaisait tout à la fois.

- Tu devrais filer d’ici, lança-t-il en se baissant pour farfouiller dans son sac. Ça risque de chauffer et crois-moi, ceux qui patrouillent en bas ne sont pas du genre à poser des questions avant de frapper.

D’accord, il était de ce genre-là aussi. Mais il avait su se maîtriser, non ? Et puis, s’il lui disait cela, c’était uniquement pour qu’elle le laisse tranquille. Elle pouvait bien faire ce qu’elle voulait, il s’en fichait complètement. C’était une manière comme une autre de la prévenir qu’il y avait plus dangereux que lui, ici. Si elle n’était pas capable de le comprendre, tant pis pour elle. Lui, en revanche, avait du pain sur la planche. Il réfléchit une poignée de secondes, puis hocha la tête et glissa une paire supplémentaire de couteaux dans le revers de son tabard. Gil réprima une grimace en caressant le cuir neuf et encore raide du vêtement. Il avait été contraint de s’en procurer un nouveau, l’ancien ayant été réduit en charpie par une marchombre éperdue de désir… Son regard bicolore se posa sur son arc, qu’il décida de laisser dans son sac. De nuit, et ne sachant pas exactement combien d’hommes rôdaient en bas, il préférait s’en remettre à sa greffe pour abattre des cibles à distance. Estimant qu’il était aussi prêt que possible, l’Envoleur se redressa et s’étira paresseusement. Allez mon vieux, au boulot !

La fille était toujours là. Au lieu de filer sans demander son reste, comme il avait tendance à le faire, Gil l’observa un bref instant. Puis il inclina légèrement la tête, non sans lui décocher un sourire effronté, et lança à son attention :

- Bonne nuit, gamine !

Lorsque le son de sa voix s’éteignit, il avait déjà disparu.


*


La gamine avait dit vrai. Curtis s’était fait pas mal d’amis et ces derniers, plutôt lourdement armés, encerclaient le domaine. Aucune issue n’était accessible. Ceux qui ne restaient pas au même endroit se déplaçaient lentement, exécutant une ronde plus ou moins rapprochée des bâtiments, et pas forcément dans le même sens ; ils alternaient, se croisaient, se remplaçaient de manière aléatoire, pour ôter l’envie à tout opportun de mettre en place un plan d’approche. Tapi dans l’ombre, à quelques mètres seulement d’un premier homme, Gil se caressa pensivement le menton. Deux possibilités s’offraient à lui. La première, largement expéditive, consistait en une charge frontale, suivie d’une bagarre monumentale et d’un assassinat dans la foulée ; de quoi promettre une bonne dose d’adrénaline. La seconde était plus calme et posée puisqu’elle reposait sur une approche silencieuse et discrète. En dépit de la surveillance accrue des hommes qu’avait engagé Curtis, Gil se savait capable de pénétrer à l’intérieur du domaine et de se débarrasser de l’éleveur, et ceci en n’éliminant pas plus de cinq individus. Deux façons radicalement différentes de procéder, qu’il avait suffisamment exploitées dans sa vie pour se permettre d’hésiter en fonction de son humeur : avait-il envie de fureter ou bien de tabasser ?

Allons-y pour un travail propre, ce soir, décida-t-il en rabattant sur sa tête le capuchon de cuir de son tabard. Il releva légèrement ses manches pour dégager ses poignets et fit jouer ses doigts qui émergeaient de ses mitaines. Puis il s’élança. Furtif, souple, rapide, il franchit la distance qui le séparait du premier bâtiment et se plaqua contre les rondins de bois du mur. Confondu dans l’ombre, il s’approcha de la silhouette corpulente d’un garde en faction. Son bras gauche se détendit et une aiguille jaillit de son poignet pour se ficher dans la nuque de l’homme, qui bascula en arrière ; Gil le rattrapa sans bruit et l’allongea dans l’herbe avant de continuer sa route. Un deuxième homme reçut le même traitement sans qu’aucun son ne franchisse ses lèvres. Gil sourit dans l’ombre. Il allait éliminer Curtis et lorsque ses hommes se rendraient compte de sa mort, il serait déjà loin d’ici…

Il était en train de se demander s’il avait intérêt à rentrer immédiatement à la maison pour retrouver Libertée, ou s’il pouvait se permettre un petit détour par Al-Chen pour faire quelques achats, lorsqu’un sifflement résonna dans la nuit. Gil eut tout juste le temps de bondir sur le côté pour éviter les flèches. La première se planta dans un rondin de bois mais l’autre, qui suivait sa sœur de très près, traça une ligne de feu sur le flanc gauche de l’Envoleur.

Celui-ci roula dans l’herbe et se rencogna contre le bâtiment. Portant la main à sa hanche, il jura à voix basse. Il était repéré ! Comment avait-on pu déceler sa présence si rapidement ? Se pouvait-il qu’il se soit trompé sur cette gamine ? Si c’était le cas, elle avait fichtrement bien joué la comédie… et il était fichtrement idiot pour s’être fait avoir de cette façon. Gil se remit en mouvement. Il n’était pas certain de l’endroit d’où avaient été tirées les flèches, mais il ne souhait pas laisser à l’archer le loisir de réajuster ses tirs. Il s’élança à nouveau. Les traits fusèrent autour de lui, lui laissant à peine le temps de rouler à terre pour les éviter ; quelque part, quelqu’un poussa un cri d’alarme. Bien joué, SangreLune, pesta Gil en voyant arriver trois types sacrément baraqués. Pour la discrétion, c’est râpé ! Sans cesser de courir, il dégaina son épée courte – Kaünis possédait toujours la seconde, et comme il ne s’était toujours pas habitué à l’absence de sa deuxième lame, il avait tendance à chercher à la dégainer aussi – et cueillit un premier homme à la cuisse gauche avant de pivoter pour lui enfoncer le nez dans le crâne avec son coude. Il se laissa entraîner par son élan et se retrouva derrière la masse impressionnante de l’homme, qui s’étranglait dans son sang, lorsqu’une volée de flèche frappa le malheureux en pleine poitrine.

Gil ricana, mais les deux autres hommes le contraignirent à abandonner son bouclier improvisé pour éviter de se prendre un coup de hache dans le dos. Une hache, franchement ! Curtis avait engagé des bûcherons pour se protéger ? De sacrés bons bûcherons, songea Gil en se baissant pour esquiver une attaque qui aurait pu lui décoller la tête des épaules en une seule fois. Il plongea, roula, se redressa et planta l’un de ses couteaux dans le pied du bûcheron numéro un. Il le laissa crier de douleur et pivota pour contrer l’attaque du bûcheron numéro deux ; une nouvelle volée de flèches s’abattit sur eux, touchant son adversaire à l’épaule ; le colosse grogna comme s’il avait seulement été piqué par un moustique, et Gil éc arquilla les yeux. Visiblement, l’archer invisible ne faisait pas dans la dentelle, il se fichait bien de tuer tout le monde, pourvu qu’il atteigne sa cible première ! Gil réagit en une poignée de secondes. Il se retourna, planta son épée dans la poitrine du bûcheron numéro un, se baissa pendant que bûcheron numéro deux tentait de le décapiter, récupéra son couteau et le planta dans le pied du dernier colosse. Bucheron numéro deux cria, Gil pivota pour se retrouver derrière lui, retira la flèche qui dépassait de son épaule et la planta dans sa gorge. Il sauta par-dessus les corps et, encore une fois, disparut derrière un bâtiment juste à temps pour ne pas se faire épingler.

Jusqu’ici, tout allait bien. D’accord, le fait d’avoir été repéré si vite intriguait Gil, mais il ne voyait pour l’instant aucun motif d’inquiétude quelconque ; il avait l’habitude des plans qui foirent et des imprévus qui s’enchaînent… Mais alors qu’il contournait une vieille charrue, à demi courbé pour ne pas se laisser surprendre par d’autres flèches, quelque chose – non, quelqu’un – le heurta de plein fouet et le renversa sur le sol. Il ne l’avait même pas vu venir. Ecrasé par la masse de son adversaire, Gil vit trente-six chandelles lorsqu’un poing frappa sa tempe. Il se sentit vaciller vers l’inconscience, mais la caresse d’une lame contre sa peau le réveilla aussi sûrement qu’un saut d’eau glacée en pleine figure. Il sursauta et se débattit violemment. Au bout de quelques secondes de lutte acharnée, il parvint à prendre le dessus ; c’est alors que dans la pâle lueur de la lune, il reconnut le visage de l’homme qu’il était sur le point d’égorger.

- Arsan ?!

Le mercenaire cracha du sang et une ou deux dents avant de toiser Gil d’un air sombre.

- T’en as pas marre de t’en prendre aux tiens, SangreLune ?
- Le Chaos protège Curtis ?
- Ouais. Dommage pour toi, pas vrai ?


Ce n’était pas la première fois que Gil se retrouvait dans ce genre de situation. Comme il ne suivait que d’un œil distrait les affaires du Chaos, il était déjà arrivé que son intervention gêne une mission de l’Ordre. Mais c’tait involontaire, et ils devaient bien savoir qu’ils prenaient ce genre de risque… Gil acheva rapidement sa besogne, ne serait-ce que pour effacer le sourire affable du mercenaire du Chaos. Puis il se releva et tituba jusqu’à s’appuyer contre un mur. Ce salopard l’avait méchamment cogné. Il avait la nausée et il ne tenait pas bien sur ses jambes, à présent. Sauf que désormais, il était réellement dans de sales draps. Parce qu’il savait maintenant qui était le fameux archer qui avait failli le tuer au moins une demi-douzaine de fois en cinq minutes : Vinoë, la compagne d’Arsan. Une Envoleuse connue pour ses meurtres, sales et parfois commis pour le simple plaisir de faire parler d’elle… Gil renversa la tête en arrière et prit une longue inspiration. S’il s’en tirait, il allait devoir demander une augmentation au squelette. Parce que, si jamais il tuait Vinoë, le Chaos risquait fort de ne pas apprécier. Et si l’Envoleuse survivait à cette nuit, elle chercherait indéniablement à prendre sa revanche. Et merde !

Il restait une solution. Abandonner Curtis, oublier son contrat avec le squelette – il avait déjà empoché la moitié de sa prime. Le vieux n’allait pas tarder à mourir, de toute façon. Sauf que Gil n’aimait pas perdre la face. Il n’aimait pas rompre un contrat de cette façon, il n’aimait pas qu’on ruine sa mission et il n’aimait pas que le Chaos lui coupe l’herbe sous le pied ! Alors non, il n’allait pas renoncer. Curtis allait mourir. Tout ce qu’il espérait, c’était qu’il n’allait pas y laisser sa peau aussi. L’argent du squelette n’était pas le seul enjeu sur la balance. Il avait quelque chose de bien plus précieux à perdre. Conscient d’être encore très loin de l’attitude raisonnable du (futur) père modèle, Gil décolla son dos du mur et fit quelques pas avant que ses jambes ne se dérobent sous lui. Il trébucha, vacilla et serait tombé si deux bras ne l’avaient pas retenu fermement. Déjà, l’Envoleur se retournait pour se débarrasser de son agresseur, mais il se figea et ses yeux s’agrandirent de surprise.

- Toi ? Qu’est-ce que tu…

Un sifflement familier l’empêcha de terminer sa question. Sans attendre, Gil attrapa la gamine et plongea derrière la charrue pour se mettre à l’abri.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Lun 01 Sep 2014, 14:03

[Et comme l'inspiration appelle l'inspiration... x) J'ai pris des risques, et Kham aussi !]




Contre toute attente, Assassin finit par desserrer son emprise et la libérer. Khamill se frotta les poignets en soupirant, d'agacement ou peut-être de triomphe, mais surtout de soulagement. Elle avait beau jouer les intrépides, elle n'en avait pas moins craint pour sa vie. Elle avait une sacrée chance que l'homme n'ait pas la lame aussi facile qu'il l'avait prétendu. Se retournant immédiatement face à lui, elle constata qu'il rangeait son arme : il avait bien décidé de la laisser tranquille. Elle restait cependant sur ses gardes.

- Tu ne m’apprends rien. J’aurais mieux fait de ne pas perdre de temps à te neutraliser.
- Ça, c'est pas moi qui vais te dire le contraire
, ne put s'empêcher de souligner l'apprentie en grimaçant.

Elle ne lui apprendrait rien, vraiment ? Savait-il qu'il allait se frotter à au moins deux Mercenaires du Chaos ? La jeune femme haussa les épaules. C'était son problème, après tout. Maintenant qu'il l'avait libérée, elle n'allait pas lui fournir des infos gratuitement, surtout que si elle n'allait rien faire pour prévenir Curtis, un homme qu'elle ne connaissait après tout pas le moins du monde – d'ailleurs il se méfiait déjà assez bien tout seul – elle n'avait pas non plus la moindre envie de prêter main forte à un assassin. Si tuer des gens lui faisait plaisir, c'était un loisir qu'elle ne partageait pas.

Elle sentit bien vite le regard de l'homme sur elle et lui rendit donc la monnaie de sa pièce, tentant de discerner ses traits dans la faible lueur de la lune. Très grand – elle avait déjà pu le remarquer – il paraissait mince et son tabard laissait entrevoir des muscles épais ; sa stature à elle seule témoignait de son état de mercenaire, et la possibilité qu'il serve le Chaos lui aussi effleura la conscience de Khamill. Dans ce cas, il aurait eu pas mal d'ennuis avec ses supérieurs s'il avait mis ses menaces à exécution avec elle, une apprentie ! Il avait un visage fin encadré de mèches sombres et d'une légère barbe, qui, malgré son expression bourrue, aurait certainement pu paraître agréable à Khamill, s'il n'avait pas appartenu à un type qui venait de la menacer de mort. Et il sembla à l'apprentie que l'un de ses yeux était plus clair que l'autre, chose assez intrigante.


Kham renvoya un regard moqueur au mercenaire lorsqu'il lui conseilla de s'éloigner. Il la prévenait du danger alors qu'il venait de se comporter de cette façon avec elle ? Elle lui avait tapé dans l’œil ou quoi ?! Il fallait vraiment un truc aussi absurde pour qu'il change de ton et d'attitude aussi radicalement. En tous cas, quelque chose clochait chez lui, c'était certain. Elle allait lui renvoyer une pique acide en guise d'adieu, mais il la devança aussitôt. Le loup avait terminé d'aiguiser ses crocs et il partait en chasse... après lui avoir souhaité "bonne nuit" ! Bon, d'accord, le "gamine" derrière n'était pas vraiment appréciable – ah ça non ! – mais cette phrase de politesse et le sourire moqueur qui l'avait accompagnée était si inattendus que Khamill en resta sans voix. Le temps de réaliser, Assassin avait déjà disparu. La jeune femme se dit que même si elle avait du mal à comprendre cet homme, il y avait bien une chose dont elle était sûre : bon débarras !

Mais à peine fut-il parti qu'un son inattendu se fit entendre, dans le silence de la nuit. Un sifflement. Plongeant aussitôt sur le côté, Kham évita de justesse la flèche, qui ne fit que déchirer sa cape et sa chemise à l'épaule au lieu de traverser cette dernière. Tous les sens aussitôt en alerte, la petite envoleuse se redressa, comme à l'affût. Quelqu'un en avait après elle, encore ?! Étouffant un juron, Khamill plissa les yeux pour distinguer la silhouette qui s'avançait vers elle. Elle s'arrêta à une demi-douzaine de mètres, mais elle put voir qu'il s'agissait de l'envoleuse qu'elle avait aperçue en quittant Fylan Curtis. Une silhouette fine et élancée, qui devait la dépasser d'une bonne dizaine de centimètres, une longue tresse blonde battant son dos, un visage très fin, presque pointu, aux pomettes saillantes et à la peau mate, deux yeux sombres et une bouche fine qui se tordait en un rictus presque pervers. Encore une tordue...

- Ne bouge surtout pas. J'ai une question à te poser.

...qui allait vite lui taper sur le système ! Ça commençait à bien faire ! Khamill planta un regard noir sur la femme d'une trentaine d'années qui lui faisait face.

- Je t'écoute...
- Je viens de te voir parler avec SangreLune. Et je me souviens t'avoir aperçue au Domaine – une brûlure aussi disgracieuse, ça ne s'oublie pas
, crut-elle bon de préciser avec un rictus mi-moqueur, mi-dégouté.

Beaucoup moins disgracieuse que la sale face de Raï qui te sert de tête...

Comme si elle avait lu dans ses pensées, l'envoleuse fut sur elle en un instant, la menaçant – décidément ! – de sa lame.

- Je déteste les sales petites fouineuses dans ton genre, les apprenties qui se croit supérieures à tous les autres en tout... jusqu'à ce qu'on leur donne une bonne leçon. Je te découperais bien en rondelles juste pour le plaisir, mais cet enfoiré de prétendu envoleur me gêne et je dois vite le rattraper pour lui montrer, une bonne fois pour toutes, pourquoi il doit cesser de s'opposer à... son propre camp.

Cette femme avait les idées bien plus claires qu'Assassin : si elle souhaitait la tuer, elle n'hésiterait pas, elle. La lame s'enfonça légèrement dans le cou de Khamill, qui retint une grimace. Bordel, elle n'avait jamais eu autant envie d'avoir terminé son apprentissage... Histoire de mettre une bonne raclée à cette cinglée !

- Tu vas vite me dire ce que tu faisais avec lui. Tu l'accompagnes dans sa mission ? Tu lui as dit que nous protégions ce stupide éleveur ?
- Si tu veux pas perdre de temps, tu ferais mieux de me laisser parler
, grogna l'apprentie.

Une lueur mauvaise passa dans le regard de la blonde. Elle était sûrement plus dangereuse encore qu'Assassin, mais c'était parce qu'elle était vraiment folle !

- Je ne connais pas cet homme, articula difficilement Khamill en appuyant sur le "pas". Je ne l'ai  jamais vu avant ce soir, je ne savais même pas qu'il était aussi au Domaine, et il m'a menacée de la même façon que toi.
- Tu mens ! Toi et lui ici, ça ne peut pas être un hasard. Tu es certainement son apprentie d'ailleurs, je sais qu'il en a une. Je...


L'envoleuse parut voir quelque chose derrière Khamill, en contrebas. Elle grinça des dents et rangea son poignard, jetant un regard haineux sur l'apprentie.

- Tu as de la chance, Arsan me fait signe. Il a du repérer ce couillon de Giliwyn. T'as intérêt à dégager vite fait pendant qu'on s'occupe de lui, parce que je te promets que si je te retrouve, tu n'auras plus de langue pour insulter tes ainés...

Kham ne répondit pas, renvoyant son regard à la folle. Celle-ci disparut bien vite à son tour, et la jeune femme se retrouva enfin seule... et en un morceau. Elle porta ses doigts à sa gorge en grimaçant, les retirant tachés de sang, le même qui lui battait rageusement à la tempe. Elle fouilla dans son sac à la recherche d'un bout de tissu pour éponger le liquide et éviter de s'en mettre partout, et l'appliqua sur son cou en réfléchissant à toute allure.

Giliwyn SangreLune. Elle avait déjà entendu ce nom quelque part, et il y avait bien neuf chances sur dix pour que ce soit au Domaine, puisque selon la folle, Assassin était aussi un envoleur. Et il avait une apprentie à charge... Le souvenir d'une conversation, datant de quelques mois, s'imposa à la jeune femme...


Ça fait longtemps que tu es au Domaine ? Moi, je n'ai passé que mon premier cours, pour l'instant...
Ça doit faire deux ans. Mais j'ai pas un Maître très... assidu, on va dire.
Il s'appelle comment ? Je sais pas si tu connais le mien, Pan Hi...libiaskiiyai.
Le mien c'est Gil. Euh, pardon, en entier ça donne : Giliwyn Sangrelune. Si tu ne le connais pas tant mieux, t'as pas perdu grand chose.

Un léger sourire creusa la joue brûlée de Khamill alors qu'elle se rappelait la moue de Kaünis. Pas perdu grand chose, en effet... Et s'il n'était pas très "assidu" comme elle avait dit, c'était peut-être à cause de ses ennuis avec le Chaos ? Dans tous les cas, il n'y avait pas de doute, et pas trente-six mille Giliwyn SangreLune. Assassin était donc le Maître de son amie : elle comprenait la réaction de cette dernière maintenant !

Rangeant le tissu dans son sac, Kham but une longue rasade d'eau à sa gourde et se passa l'envers de la main sur les lèvres. Assassin avait beau être un envoleur, il y en avait ici deux autres déterminés à avoir sa peau, en plus des autres "gardes". Quelques instants plus tôt, elle n'en aurait eu strictement rien à faire – surtout qu'il n'avait pas été très sympathique avec elle, spécialement au début – mais maintenant qu'elle savait qui il était... Kaünis n'apprécierait peut-être pas que son Maître soit en danger de mort, malgré ce qu'elle avait semblé penser de lui. D'un autre côté, qu'est-ce qu'une simple apprentie pouvait faire pour aider un Maître envoleur ? Surtout que si elle descendait à la ferme, elle allait elle-même mettre sa propre vie en danger, et se replonger dans les ennuis, alors qu'elle avait voulu y échapper à tous prix ! Et puis elle ne voulait pas l'aider pour qu'il assassine Curtis ensuite...

Des cris parvinrent à la jeune femme ; des cris qui provenaient sans aucun doute de la ferme. Poussant un soupir, Kham remit son sac sur son dos et s'élança en direction du bâtiment. Pourquoi y allait-elle ? Elle se répéta que c'était pour Kaünis. Et aussi pour la folle : si elle retrouvait ce Gil, il pourrait la tuer avec elle, et d'une part elle aurait sa vengeance, d'autre part elle n'aurait plus rien à craindre de l'envoleuse. Les deux arguments en tête, Khamill arriva vite à la ferme, où il régnait désormais un silence inquiétant. Elle aperçut rapidement deux corps étalés au sol, mais constata qu'aucun des trois envoleurs ne se trouvaient parmi eux. Le plus discrètement possible, elle se glissa derrière un bâtiment, longea un mur... Elle vit trois nouveaux corps, massifs, et eut un haut-le-cœur en les voyant baignant dans leur sang. Des flèches semblables à celle que lui avait tiré la folle étaient plantées dans les corps, et l'apprentie se demanda ce qui clochait ici – et ce qu'elle faisait là. Puis elle entendit des éclats de voix, et se dirigea lentement vers eux, se plaquant dos au mur – parfois, être petite était un sacré avantage ! Les voix s'étaient rapidement tues, et la jeune femme tenta un coup d'oeil. Plissant les yeux, elle reconnut la silhouette d'Assassin, qui ne semblait pas en grande forme. Un homme était étendu derrière lui, et Kham vit à ses habits de cuir et de métal qu'il s'agissait du mercenaire du Chaos qui accompagnait la folle. Gil n'avait donc pas encore eu cette dernière... qu'elle crut distinguer accroupie sur un toit proche, l'arc à la main.

Khamill hésitait à s'avancer, mais elle s'aperçut qu'Assassin n'allait vraiment pas bien, et qu'il allait bientôt s'étaler à terre et se faire trouer le corps par la folle si elle n'intervenait pas tout de suite. Bon... elle s'élança donc à découvert, et rattrapa l'homme juste avant qu'il ne s'aplatisse au sol, grimaçant sous son poids, bien supérieur au sien. Il se retourna aussi sec et elle crut qu'il allait lui trancher quelque chose, mais par bonheur une lueur de surprise éclaira son étrange regard bicolore. Elle n'eut pas le temps de lui indiquer la position de l'archère que déjà un trait filait vers eux, et elle grogna lorsqu'Assassin – non, Gil – la saisit sans un effort pour plonger avec elle derrière une charrue. Elle se débattit quelques secondes pour qu'il la lâche, avant de planter ses yeux gris dans les siens.


- Je ne t'apprends rien, hein ? Je suis sûre que t'étais pas au courant pour les deux envoleurs... Tu sais faire des menaces mais t'es pas bien doué, en fait.

Elle avait murmuré, plus par principe vu que la folle savait où ils se trouvaient, mais son ton n'en avait pas été moins railleur et saturé d'ironie. Gil allait sans doute répliquer mais déjà quelqu'un arrivait, quelqu'un que Khamill reconnu immédiatement lorsqu'elle glissa un œil hors de son abri : Fylan Curtis. Il ne manquait plus que lui ! La jeune femme soupira en voyant qu'il tenait un long poignard à la main.

- Je... je sais que vous êtes là. Mes hommes sont morts mais je ne me laisserai pas tuer sans me défendre ! Mon...montrez-vous !

Khamill fit une grimace vers Gil.

- Voilà ce cher Curtis... tellement doué, lui aussi ! Bon, j'y vais, et toi tu t'occupes de la folle, là-haut.

Elle n'attendit pas de réponse pour sortir de derrière la charrue et se précipiter vers Curtis, qui eut une lueur de surprise en la reconnaissant. Mais avant qu'il n'ait pu dire un mot, elle le prit par les poignets – bon sang, ce qu'elle détestait le contact physique humain ! – et se plaça derrière lui, de façon à ce que si la folle tirait pour la tuer, elle tuerait avant celui qu'elle était sensée protéger. Précaution supplémentaire, Kham passa le poignard de Clarence sous la gorge de son otage – comme quoi, elle n'était pas la seule à qui ça arrivait. Cherchant du regard la silhouette de l'archère, elle la regarda bien en face.

- Ne t'avise pas de tirer.

Puis, plus doucement, à l'oreille du petit éleveur :

- Surtout, ne bougez pas. Pour le moment, vous ne craignez rien. Je ne vous veux pas de mal.

Curtis bredouilla quelque chose. Il ne devait absolument rien comprendre à la situation, mais il n'avait pas vraiment le choix de toutes façons.

- Sale garce, j'étais certaine que tu m'avais menti ! Tu es bien avec cet enfoiré !

L'envoleuse laissa tomber son arc et sauta souplement à terre, faisant voler sa tresse dans son dos. Elle dégaina son sabre, la rage et la haine habitant tous ses traits.

- SangreLune, sale enflure, montre-toi ! Je vais te tuer pour la mort d'Arsan et ensuite je torturerai ta stupide apprentie jusqu'à ce qu'elle en crève !

Khamill grimaça. Elle n'était pas l'apprentie de cet imbécile, non mais ! N'empêche, elle comptait sur lui pour se débarrasser de cette folle, et elle espérait qu'elle n'avait pas eu tort d'agir ainsi... parce que rien, absolument rien, ne lui prouvait qu'elle pouvait lui faire confiance.

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Mar 02 Sep 2014, 00:13

Gil n’avait pas eu l’intention de lâcher la jeune femme avant d’être sûr qu’elle ne risquait pas de se faire cribler de flèches, mais elle remua comme un beau diable entre ses bras et au troisième coup de coude dans les côtes, il abdiqua. Non mais sans blague !

- Je ne t’apprends rien, hein ? Je suis sûre que t’étais pas au courant pour les deux envoleurs…Tu sais faire des menaces mais t’es pas bien doué, en fait.

Il se frotta la poitrine tout en la fusillant du regard. Il allait lui répondre qu’il maîtrisait la situation, même si ça n’en avait pas franchement l’air – et même s’il n’avait aucune idée, pour l’instant, de la façon don il allait pouvoir neutraliser Vinoë ; mais alors, un nouveau facteur s’invita dans l’équation déjà bien compliquée…

- Je… je sais que vous êtes là. Mes hommes sont morts mais je ne me laisserai pas tuer sans me défendre ! Mon… montrez-vous !

Gil se retourna et se redressa légèrement pour jeter un coup d’œil par-dessus son abri de fortune. Un juron lui échappa et il se rassit en grognant. La cible était sortie. Par le saint slip de l’Empereur, comme dirait Naïs (ou presque), cette mission était en train de déraper comme sur une planche savonneuse !

- Voilà ce cher Curtis… tellement doué, lui aussi ! Bon, j’y vais, et toi tu t’occupes de la folle, là-haut.
- Hein ?!


Avant que Gil ait eu le temps d’esquisser un geste pour la retenir, la fille avait déjà filé. Petite peste ! Il aurait dû l’assommer quand il en avait eu l’occasion ! Un bien moindre mal comparé à ce qui l’attendait là dehors… Gil se retourna et observa la scène à travers les striures de la charrue. Il serra les dents en voyant un éclat de lune se refléter sur la lame que Curtis tenait dans sa main, mais quand la peste en question se coula derrière lui pour l’immobiliser de la même façon que l’Envoleur avec elle, quelques minutes plus tôt, Gil haussa un sourcil. C’était bien joué, même si désormais elle était au centre de l’attention. Et c’était un pari sacrément risqué de croire que Vinoë était la seule archère en jeu ! Mais ça, visiblement, la gamine s’en moquait. Tout comme Kaünis, elle se permit de menacer quelqu’un d’infiniment plus dangereux qu’elle. La coccinelle défiant le scarabée…

- Sale garce, j’étais certaine que tu m’avais menti ! Tu es bien avec cet enfoiré !

Oh oh. Le scarabée était de mauvais poil.

- SangreLune, sale enflure, montre-toi ! Je vais te tuer pour la mort d’Arsan et ensuite je torturerai ta stupide apprentie jusqu’à ce qu’elle en crève !

Planqué derrière la charrue, leva les yeux au ciel. Il avait connu des missions mouvementées mais celle-ci battait tous les records… Il se demanda comment ils réagiraient, tous, s’il tirait purement et simplement sa révérence. Puis il soupira. Non, évidemment, c’était une issue de secours qui n’existait pas – ou alors uniquement pour les lâches. Il y avait longtemps que Gil n’en était plus un. Il essuya son visage, étalant un peu le sang qui avait coulé de sa tempe, et se redressa pour faire tranquillement face à Vinoë.

- Salut la blonde. Ça va comme tu veux ?
- Sale enfant de…
- Hé oh, un peu de tenue ! Il y a parmi nous de jeunes oreilles innocentes,
railla Gil en coulant un regard provocateur en direction de la gamine qui tenait toujours Curtis en respect.

Les pommettes anguleuses de Vinoë rougirent sous l’effet de la colère. C’était pousser le bouchon un peu loin, Gil en avait conscience, mais dans le cas présent, il s’agissait moins d’une bourde que d’une stratégie toute cabocharde : en attisant la fureur de l’Envoleuse, il espérait la faire agir dans la précipitation. C’est ce qu’elle fit. Elle se jeta sur lui, le sabre au clair et le regard brûlant de haine. Il s’effaça au dernier moment et, emportée par son élan, elle perdit l’équilibre ; mais ses réflexes étaient au moins aussi tranchants que sa lame et elle se rétablit avant qu’il ait eu le temps de lui porter un coup mortel. Le combat s’engagea, violente fluidité au service de deux guerriers forgés par la sueur et le sang. Elle virevoltait comme un oiseau, il se mouvait comme chat. Elle bondissait férocement, il roulait souplement. Elle fendait l’air de sa lame, il faisait chanter la sienne, et l’acier étincelait sous la pâle lueur de la lune. Ils bougeaient si vite que leurs mouvements étaient flous. Un trait de feu se dessina sur la joue de Vinoë. Deux secondes plus tard, une estafilade courait le long de la cuisse de Gil. Mais celui-ci avait pris l’avantage. Emportée par sa rancœur, Vinoë commit une erreur en privilégiant l’attaque à la défense ; il n’eut qu’à se glisser dans la faille créée par une ouverture trop large dans sa garde, et le sabre de l’Envoleuse s’envola pour tourbillonner dans les airs avant de s’écraser quelques mètres plus loin. Gil, lui, ne fit aucun faux pas. Vif comme un éclair, il zébra la poitrine de la jeune femme d’un éclat sanglant puis, sans ralentir son allure, retourna son épée et asséna un violent coup de pommeau dans le menton de Vinoë. Elle s’effondra sans bruit à ses pieds.

Mais Gil garda la pose, et pas parce qu’elle lui donnait un air héroïque ; il avait beau être un ours mal léché et se la jouer couillon un peu maladroit, il était un Envoleur avant tout, un guerrier qui vivait chaque combat comme s’il s’agissait du dernier et qui n’en voyait la fin que lorsque tout danger était définitivement écarté. Immobile, il prit le temps de sonder les alentours du regard tandis que ses autres sens se déployaient afin de percevoir un tir d’archer, un murmure d’acier, un souffle assassin… Rien. Alors seulement, il se détendit et essuya le sang qui perlait le long de sa lame avant de la glisser dans son fourreau. Puis il s’accroupit et pressa deux doigts contre le cou de Vinoë. Son pouls était faible mais régulier. Il en avait toutefois assez vu pour la soirée. Décidant qu’il valait mieux retarder au maximum sa prochaine entrevue avec la blonde mortellement dangereuse, Gil fouilla la tunique de cette dernière et dénicha une corde qui lui servit à la ligoter avec suffisamment d’inspiration pour qu’elle ne se libère pas de sitôt. Satisfait de son travail, il se redressa et se retourna vers Curtis. La gamine le retenait toujours et il n’avait pas bonne mine. Il réalisait sans doute que son luxe de précautions avait été inutile et qu’il allait mourir…

- Et maintenant ? lança Gil en croisant les bras.

Curtis sursauta et s’ouvrit lui-même légèrement la peau sur le couteau qui menaçait sa vie, mais ce n’était pas à lui que Gil s’’adressait. Il avait planté son regard bicolore dans celui de la jeune femme et il attendait sa réaction.

- Est-ce que tu vas me piquer ma cible et empocher une partie de ma récompense, au risque de me mettre en colère ? Ou bien tu vas me laisser le sale boulot ?

La provocation était devenue défi, l’agacement curiosité. Gil avait une idée de la façon dont Kaünis aurait pu réagir en pareille situation et il se demandait jusqu’où la ressemblance entre ces deux-là pouvait bien aller…

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Mar 02 Sep 2014, 10:54

(regard étonné, et encore un peu scotché devant le combat auquel elle vient d'assister)

- Te piquer ta cible ? Mais j'en ai rien à faire !

(lui jette un regard noir, et libère Curtis de son emprise, qui n'ose pas bouger)

- Quand au sale boulot, vas-y si ça peut te faire plaisir. Personnellement, ça ne m'amuse pas d'assassiner des pauvres gens, mais je me vois pas non plus t'ordonner de le laisser tranquille.

(elle soupire, et désigne Vinoë du menton)

- Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu n'as aucun scrupule à tuer un inconnu pour de l'argent alors que tu as laissé en vie cette folle.



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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Mer 03 Sep 2014, 00:04

Gil haussa un sourcil tandis que Curtis, sidéré que la gamine le relâche, faisait quelques pas hésitants. Tuer pour le plaisir ? Non, jamais il n’avait fait une chose pareille. L’assassinat était devenu une nécessité lorsqu’il lui avait fallu suivre les traces de Seren Til’Sylverin et, s’il avait rapidement démontré ses prouesses dans ce domaine, il n’y avait jamais pris goût. A la base, c’était pour ça que l’Ordre avait autant de fil à retordre avec le cabochard qu’il était : mercenaire, oui, Envoleur, oui, assassin, non. Pour Gil, un véritable assassin prenait un certain plaisir à ôter la vie. Lui, il vivait hanté par toutes celles qu’il avait prises et un jour qu’il espérait encore lointain, il lui faudrait payer en retour…

- Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi tu n’as aucun scrupule à tuer un inconnu pour de l’argent alors que tu as laissé en vie cette folle.

Le regard de Gil glissa vers Vinoë, toujours inconsciente. Elle le resterait encore un bon moment.

- Pourquoi ?

Le jeune homme se passa la main dans les cheveux et grimaça légèrement en les sentant poisseux de sang.

- Je vais te dire pourquoi. Quand tu rejoins le Chaos et que tu commences ta formation de mercenaire, on t’apprend à tuer. On t’enseigne les gestes, on te montre la technique, celle qui permet de briser la nuque ou d’enfoncer le plexus solaire en un seul coup. Pas vrai ?

Ce n’était pas réellement une question. D’après ce qu’il avait pu voir, cette fille avait déjà bien entamé sa formation. Curtis n’était pas un guerrier mais il était armé lorsqu’elle lui avait foncé dessus sans la moindre hésitation. T’as du cran, petite peste.

- Mais quand tu deviens Envoleur, poursuivit Gil en portant lentement la main à sa ceinture, c’est comme si tu passais de la théorie à la pratique. Et ce n’est plus un maître qui t’enseigne les gestes, mais la vie. Et l’expérience. La blonde fort sympathique qui a fait un carnage avec ses flèches ce soir était mandatée par le Chaos pour protéger cet homme. Et moi, j’ai été engagé par une tierce personne pour le tuer. Conflit d’intérêts, deux Envoleurs, une seule règle.

En un instant, Gil fut derrière Curtis, et la lame de son couteau lui ouvrit la gorge d’un seul geste, rapide et puissant. Il était déjà mort lorsqu’il toucha le sol, un air de franche surprise figée à jamais sur le visage, mais Gil regardait la gamine. Pas une seule fois il ne l’avait quittée des yeux.

- Tuer, ou être tué.

Loi de la jungle ou bien règle de vie ? Tout ce qu’il savait, c’était que ce principe lui valait d’être en vie malgré les nombreux imprévus qui avaient jalonné sa mission. Durant une poignée de secondes, Gil et la jeune femme s’observèrent en silence ; instant un peu étrange au cours duquel un soupçon de lien se créa entre deux êtres aussi opposés que possible. Gil fut le premier à se dérober. Il soupira et se pencha pour trancher le bracelet de cuir que Curtis portait au poignet gauche. Le témoin qu’il devait rapporter au squelette pour obtenir le reste de sa prime.

- Vinoë est une fille vraiment tordue, tu sais. J’aurai sans doute mieux fait de me débarrasser d’elle quand j’en avais l’occasion mais…

Il se redressa lentement, le lien de cuir serré dans sa main. Une lueur un peu triste traversa brièvement son regard.

- … moi non plus, ça ne m’amuse pas de tuer des gens.

Un léger coup de vent ponctua sa remarque, et il haussa les épaules d’un air fataliste avant de s’éloigner tranquillement. Il contourna la charrue avant de s’arrêter pour se retourner.

- Je vais vers Al-Chen. Tu veux faire un bout de chemin avec moi ou tu préfères recevoir ton dix pour cent maintenant et t’en aller ?

Difficile de ne pas entendre la pointe d’humour dans cette proposition lancée à la volée. C’était sincère, parce que Gil estimait qu’une partie de la prime revenait à cette drôle de fille qui lui avait mis des bâtons dans les roues tout en lui donnant un précieux coup de main, ce qui relevait tout de même de l’incroyable… Et il y avait une note de défi là-dedans, parce que Gil savait comment s’y prendre avec ce genre de personnalité. C’était dur à expliquer et il n’était pas certain de le vouloir, mais d’une certaine façon il avait envie que cette petite peste le suive. Même si c’était seulement pour quelques pas. Il n’attendit pas de savoir si elle était d’accord – ni même pourquoi elle l’était, puisqu’il lui avait proposé deux alternatives ; il se contenta de quitter le domaine à nouveau silencieux. Il était en train de récupérer ses affaires au sommet de la butte lorsqu’un infime déplacement d’air, dans son dos, lui tira un sourire facétieux.

- Alors ? demanda-t-il en balançant son sac sur son épaule. Tu t’appelles comment ?

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Mer 03 Sep 2014, 12:48

Elle était vraiment intéressée par sa réponse, et elle l'écouta attentivement, observant l'Envoleur dans la semi-obscurité – certains bâtiments de la ferme étaient encore allumés, plus loin, et la lune dégageait toujours la même lueur blanche.

- Je vais te dire pourquoi. Quand tu rejoins le Chaos et que tu commences ta formation de mercenaire, on t’apprend à tuer. On t’enseigne les gestes, on te montre la technique, celle qui permet de briser la nuque ou d’enfoncer le plexus solaire en un seul coup. Pas vrai ?

Khamill hocha la tête très légèrement, plus pour encourager l'homme à continuer plutôt que dans le but de lui offrir une réponse. Oui, elle savait tout ça, pourtant elle ne pouvait s'empêcher de voir les choses autrement. Elle n'avait pas rejoint le Chaos pour apprendre à tuer, mais pour se sentir libre, délivrée. Cette liberté passait par une amélioration des aptitudes physiques, entre-autres, mais pour elle l'entraînement n'avait pas pour but d'apprendre à tuer : il apprenait la complète maîtrise de son corps, dans une majorité de domaines, d'une part pour se sentir pleinement dépendant de soi-même, et de soi-même uniquement – donc libre – d'autre part pour savoir se défendre en cas de besoin – ce qui revenait au même. Cependant, il y avait une nuance de taille entre devenir une véritable machine à tuer, et seulement savoir comment faire pour tuer, en cas de besoin. Ce besoin se résumant au cas d'extrême défense. Elle ne s'était pas faite apprentie envoleuse dans le but d'apprendre à tuer ; tuer restait seulement une éventualité, une possibilité que lui offrait sa formation, mais pas une fin. Et elle ne comprenait pas comment on pouvait tuer une personne de sang-froid, sans se trouver dans un état panique dû à l'urgence de la situation... ou, à la limite, si cette personne risquait d'être encore un danger pour autrui... comme la folle.

- Mais quand tu deviens Envoleur, c’est comme si tu passais de la théorie à la pratique. Et ce n’est plus un maître qui t’enseigne les gestes, mais la vie. Et l’expérience. La blonde fort sympathique qui a fait un carnage avec ses flèches ce soir était mandatée par le Chaos pour protéger cet homme. Et moi, j’ai été engagé par une tierce personne pour le tuer. Conflit d’intérêts, deux Envoleurs, une seule règle.

Bon, elle comprenait peut-être pourquoi il ne voulait pas la tuer, elle. Il aurait sûrement eu des ennuis avec le Chaos, après ça... Pourtant, ça n'aurait pas été aussi le cas de la blonde, si elle était parvenue à le tuer, lui – et elle ensuite ? Parce qu'elle avait vraiment eu l'air décidé à le faire...

Kham frissonna en voyant Gil porter la main au poignard accroché à sa ceinture, et elle eut le réflexe de détourner les yeux juste avant que le mercenaire ne passe à l'acte. Et, malgré elle, une légère nausée l'envahit lorsqu'elle posa le regard un instant sur cet homme qui avait été éleveur, qui avait eu pour nom Fylan Curtis, qui avait mis tous les moyens en œuvre pour se protéger d'une mort qu'il savait proche sans en connaître l'instant... et qui gisait désormais à terre, égorgé. Avait-elle vraiment eu cette discussion avec ce cadavre, à peine une heure plus tôt ?

La jeune femme se mordit la lèvre. Et dire que, quelques minutes plus tôt, elle avait sûrement donné une lueur d'espoir à cet homme qui n'en était plus un, en lui disant qu'il n'avait rien à craindre... "Pour le moment", avait-elle précisé, c'était vrai. Mais elle n'en avait pas plus tenté d'empêcher le cadavre d'en devenir un. Et ce "pour le moment" lui paraissait désormais terriblement futile devant le goût amer qu'elle avait dans la bouche.
Tu n'es qu'une pauvre imbécile..., se fustigea-t-elle en réalisant qu'elle avait eu une petite lueur d'espoir, elle aussi. Une étincelle d'espoir pour qu'un Envoleur ne finisse pas son boulot ? Pathétique, vraiment...

- Tuer, ou être tué.

L'apprentie reporta son attention sur Gil, réalisant qu'il ne l'avait pas quittée des yeux, alors même qu'il égorgeait Curtis. Elle avait l'impression que ses jambes tremblaient, sous le coup des émotions et de la fatigue certainement – à moins que ce ne soit le froid, voulut-elle se rassurer – et elle se força à retrouver son calme, complètement. A se persuader que c'était tant pis si l'Envoleur l'avait vue détourner le regard, et toutes ses réactions ensuite. Tant pis s'il pensait qu'elle était faible... Après tout, ce n'était pas ce qu'elle pensait elle – en tous cas, pas dans le cas de cette situation – et le sentiment de l'homme lui importait peu. Il pouvait croire d'elle ce qu'il voulait, elle s'en fichait.

Tué ou être tué... encore une fois, elle n'était d'accord qu'en partie. Cette notion n'était pas absolue, mais vraie que dans le cas d'extrême défense. Et assassiner Curtis n'avait pas été un cas d'extrême défense. Ça avait été un acte de sang-froid, complètement, et que ce soit pour de l'argent ou par plaisir n'y changeait rien. Cette conviction brillait en elle alors qu'elle échangeait un long regard avec Gil, sans ciller. Et sans ciller, elle l'observa ôter son bracelet à l'éleveur, comprenant ce que le geste signifiait.

- Vinoë est une fille vraiment tordue, tu sais. J’aurai sans doute mieux fait de me débarrasser d’elle quand j’en avais l’occasion mais… moi non plus, ça ne m’amuse pas de tuer des gens.

Lâchant un soupir, l'apprentie songea qu'ils n'avaient vraiment pas la même logique, tous les deux. Ça ne l'amusait pas ? Encore heureux, sinon elle serait déjà morte à l'heure qu'il était ! Mais alors comment pouvait-il arracher si facilement la vie, s'il n'aimait pas ça ? Il y avait quand même des milliers d'autres façons de gagner sa vie, plus évidentes ! Et elle doutait que l'Envoleur soit devenu indifférent à tuer, en voyant son expression. Peut-être était-ce la seule chose qu'il savait faire, tuer ?

Elle tiqua lorsque Gil lui proposa de l'accompagner vers Al-Chen. C'était...étrange, de sa part, et pourtant... ça lui paraissait plutôt normal, en fait. Maintenant qu'ils s'étaient "aidés" mutuellement, qu'elle avait été témoin de la mort de Curtis et qu'ils avaient échangé quelques mots. Mais elle hésitait... Elle grimaça lorsqu'il remit le sujet de la récompense sur le tapis. Il n'avait pas compris, décidément ! Et lorsqu'il s'éloigna sans attendre de réponse, elle se décida. Elle allait le suivre, déjà parce qu'ils avaient une conversation en cours, et aussi parce qu'elle était curieuse d'en connaître un peu plus sur lui. Sur le Maître de Kaünis... Et puis, elle était pressée de quitter cette ferme remplie de morts et d'une atmosphère bien peu agréable, et décidément étrange.

Soupirant, elle partit donc à la suite du jeune homme, et eut un léger sourire lorsqu'il devina sa présence et lui demanda son nom.


- Khamill, répondit-elle sans hésitation, mais non sans une pointe d'appréhension.

C'était étrange de donner son nom, comme ça, et pourtant c'était assez agréable !


- Et toi t'es Gil, je sais. Gil SangreLune. Kaünis m'avait un peu parlé de toi...

Elle ne put s'empêcher de sourire en voyant plus ou moins l'expression surprise de son interlocuteur, mais ne le lui laissa pas le temps de réagir :

- Bon, je suppose que t'es venu à pied. Tu comptes emprunter des chevaux à la ferme ou repartir comme ça ? Après tout, ils ont plus de propriétaire, maintenant...

Elle le provoquait, évidemment.

***


- N'empêche, je ne suis pas d'accord avec toi.

Kham avançait avec le Maître envoleur depuis un petit moment déjà, et elle venait, la première, de briser le silence qui s'était installé entre eux. Elle avait continué de regarder la route défiler devant elle en parlant, mais elle devinait la moue du mercenaire à ses côtés.

- Je ne me suis pas engagée à devenir Envoleuse dans le but d'apprendre à tuer. Ce serait juste être une simple mercenaire, une machine à tuer... et ça ne m'intéresse pas. D'ailleurs mon Maître ne m'a jamais délivré de leçons dans cette simple optique...


[Chevaux ou pas, je te laisse décider ^^ Mais bon sang, ce que j'aime ce RP !]

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Mer 03 Sep 2014, 23:11

- Khamill. Et toi t’es Gil, je sais. Gil SangreLune. Kaünis m’avait parlé un peu de toi…

Un creux de sourire se dessina dans la joue de l’Envoleur. Ainsi, les deux jeunes femmes qui se ressemblaient tant s’étaient déjà rencontrées. Marrant comme le hasard peut bien faire les choses, parfois…

- Bon, je suppose que t’es venu à pieds. Tu comptes emprunter des chevaux à la ferme ou repartir comme ça ? Après tout, ils ont plus de propriétaire, maintenant…

Le sourire de Gil s’évanouit aussitôt. Il était suffisamment attentif pour avoir perçu la moquerie dans la question posée par Khamill. Allons donc, qu’est-ce que Kaünis avait bien pu lui raconter ? Inutile de se leurrer : cette sale gosse n’avait jamais eu sa langue dans sa poche lorsqu’il s’agissait de parler de son mentor… A charge de revanche, face de Raï, songea-t-il en caressant distraitement le fourreau vide de sa deuxième épée courte. Mais Khamill avait raison. Si les siffleurs allaient être repris en charge par d’autres éleveurs – des hommes de confiance du squelette – il en allait autrement pour les chevaux ; Gil s’était plus ou moins fait à l’idée de repousser l’achat d’une monture, arguant qu’il n’en avait jamais eu réellement besoin, mais après tout, il pouvait tout aussi bien faire un dernier emprunt

- D’accord, on va jeter un œil sur les bêtes. On ira plus vite à cheval, et j’aimerais que mon employeur soit encore de ce monde quand je me pointerai pour récupérer ma prime.

Réajustant son sac sur son épaule, Gil fit demi-tour vers le corps de ferme.

- Oh, et pendant que j’y pense : tout ce que cette crotte de Ts’Lich a pu te dire sur ma personne est faux, d’accord ?

Ben tiens. Il n’en était pas sûr à cent pour cent, mais il lui semblait que le sourire de Khamill signifiait qu’elle n’était pas dupe.

Gil était un incompris.



*



- N’empêche, je ne suis pas d’accord avec toi.

Tiré de ses pensées, lesquelles étaient majoritairement tournées vers Libertée, Gil haussa un sourcil curieux. Ah bon ? Et à quel sujet ? Il jeta un coup d’œil à Khamill qui chevauchait à ses côtés, le regard perdu dans le vague. Ils avaient trouvé leur bonheur en furetant dans le domaine de Curtis. Cependant, sa découverte à lui n’appartenait pas à l’éleveur : il s’agissait de Chante-Brume, la jument de Vinoë. Gil l’avait aperçue plusieurs fois dans l’écurie du Domaine ; gris pommelée, puissante et racée, elle était vive mais obéissante et ne semblait pas perturbée par son changement de cavalier. Pas de quoi sauter au plafond, mais Gil décida de lui donner une chance de faire ses preuves. Si vraiment elle lui tapait dans l’œil, il ne la revendrait peut-être pas…

- Je ne me suis pas engagée à devenir Envoleuse dans le but d’apprendre à tuer. Ce serait juste être une simple mercenaire, une machine à tuer… et ça ne m’intéresse pas. D’ailleurs mon maître ne m’a jamais délivré de leçons dans cette simple optique…

Comme lorsqu’il discutait avec Kaünis, Gil savait reconnaître une boutade d’une conversation sérieuse et grave. Or, le ton employé par Khamill ne trompait pas : elle abordait un sujet qui lui tenait à cœur et, tout comme son ancienne apprentie, osait défendre son point de vue avec pertinence et réflexion.

- On s’engage tous sur ce chemin-là pour une raison qui nous est propre, dit-il dans un léger haussement d’épaules. Mais ne confonds pas objectif et conviction. La plupart des fils du Chaos sont des machines à tuer. Des traqueurs de Marchombres. Pour l’Ordre, pour accomplir leur mission, pour honorer leur conviction, ils ont fait de l’assassinat un art…

Traqueur de Marchombres. Lorsqu’il les prononçait, ces mots s’enfonçaient dans sa poitrine comme autant de petites lames tranchantes à souhait.

- D’autres, comme moi, se fixent des objectifs, des buts à atteindre ; s’acheter un cheval, nourrir une famille…

Gil ricana doucement.

- Je sais, ça te paraît sans doute incroyable de songer à tuer pour vivre quand il ne s’agit pas de légitime défense, et tu as raison. Mais pour moi, il y a tuer et tuer. Arsan avait pour habitude de torturer ses prisonniers en leurs arrachant les yeux avec une petite cuiller. Leur agonie pouvait prendre plusieurs jours. Vinoë trempe la lame de son sabre dans du venin de pourprier.

Il retroussa sa mitaine sur son bras gauche et le tendit dans la direction de la jeune fille : dans la pâle lueur de l’aube, on distinguait très nettement la coupure rougie et boursoufflée. Elle n’était pas grande, heureusement, et d’ici quelques heures le plus dur serait passé, mais pour l’instant ça lui faisait un mal de chien.

- Quand je tue pour de l’argent, je m’efforce toujours de faire ça proprement. Curtis n’a rien vu venir et il est mort en un battement de cils. Est-ce que ça change quelque chose ? A première vue non, sans doute… Pour moi, ça fait une différence. J’ai enseigné le meurtre à Kaünis. Elle est douée. Mais ce que je lui ai surtout appris, c’est à respecter la vie.

Gil reporta son attention sur la piste qui montait, descendait, remontait et redescendait entre les collines humides de rosée. Un voile de brume diffusait une lumière opaque, presque irréelle sur le paysage. Quelque part, loin d’ici, un animal poussa un long rugissement qui résonna longtemps dans l’air frais et piquant. Al-Chen n’allait pas tarder à se découper à l’horizon. Gil tourna la tête en direction de Khamill.

- Qui est ton maître ?  

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Jeu 04 Sep 2014, 21:39

Son choix à elle s'était porté sur un petit alezan au regard doux et à l'esprit vif. Il semblait avoir son caractère, mais il était facile à monter. En effet, Khamill n'y connaissait pas grand chose concernant les chevaux et l'équitation ; Clarence lui avait enseigné les bases en trois mois, et elle avait monté pour la première fois avec lui. Pan ne lui avait pas encore fait renouveler l'expérience. Même si elle avait eu du mal à s'y faire, avancer sur le dos de ces grandes bestioles, elle avait fini par trouver ça assez amusant, et pensait que c'était une expérience qui valait d'être vécue. Mais elle restait toujours un peu intimidée devant les chevaux, et en entrant dans l'écurie de Curtis – l'ex-écurie de Curtis – elle avait un peu hésité. Il y avait là une dizaine de bêtes, et elle n'y connaissait rien ! Mais ce n'était pas vraiment le moment de lambiner pour se choisir une monture, elle avait dû faire vite. Elle avait bien aimé la robe de celui-là, et comme il paraissait assez calme...

C'était étrange de penser à la façon dont elle avait obtenu son tout premier cheval ! Il fallait maintenant qu'elle lui trouve un nom, mais elle n'avait pas l'habitude de baptiser un animal et la question avait fini par disparaître de son esprit. Elle avait le temps, et puis rien ne lui disait que cette monture lui appartiendrait de manière définitive. Alors ses pensées étaient revenues sur la réponse de Gil, lorsqu'il avait tué l'éleveur. Et elle avait relancé la discussion...


- On s’engage tous sur ce chemin-là pour une raison qui nous est propre. Mais ne confonds pas objectif et conviction. La plupart des fils du Chaos sont des machines à tuer. Des traqueurs de Marchombres. Pour l’Ordre, pour accomplir leur mission, pour honorer leur conviction, ils ont fait de l'assassinat un art...

Des traqueurs de marchombres. Kham ne savait pas ce que ressentait Gil en disant cela, mais ça la mettait toujours mal à l'aise, cette expression. Elle s'était engagée sur le Voie du Chaos avant même de connaître l'existence des marchombres ; les tuer n'avait jamais voulu rien dire pour elle. Surtout quand elle repensait à Syndrell... Et c'était en souvenir de la jeune femme aux cheveux bleus qu'elle s'interrogeait : avait-elle bien fait d'écouter Clarence ? Non pas qu'elle se demandait si l'Harmonie aurait pu être une Voie meilleure : elle commençait à se sentir envoleuse, de plus en plus, à sa façon. Mais parce qu'elle ne partageait pas la même vocation que les autres envoleurs... ou que la plupart d'entre eux. Apparemment, elle n'était pas la seule exception ! Il y avait Kaünis, qui se fichait tout simplement des marchombres. Pan... elle ne savait pas, en fait. Et Gil...

Gil semblait avoir d'autres objectifs. La jeune femme ne put retenir un sourire en l'entendant parler de s'acheter un cheval, et quand il évoqua son rôle dans une famille... elle resta interdite.
Lui, une famille ? C'était si... inattendu. Insensé ! L'idée ne lui serait jamais venue toute seule ! En fait, c'était idiot mais elle imaginait mal un envoleur tenir un rôle de père ou de mère... Ou, en tous cas, savoir tenir ce rôle. Parce que tout le monde pouvait avoir un gosse, c'était pas compliqué, mais l'élever correctement était une autre histoire ! Peut-être pouvait-elle imaginer son Maître, à la limite... mais Gil ! Penser qu'il puisse s'attendrir devant un gamin – son gamin – alors qu'elle venait de le voir assassiner un homme sans hésitation, c'était quand même difficile !

- Je sais, ça te paraît sans doute incroyable de songer à tuer pour vivre quand il ne s’agit pas de légitime défense, et tu as raison. Mais pour moi, il y a tuer et tuer. Arsan avait pour habitude de torturer ses prisonniers en leurs arrachant les yeux avec une petite cuiller. Leur agonie pouvait prendre plusieurs jours. Vinoë trempe la lame de son sabre dans du venin de pourprier. Quand je tue pour de l’argent, je m’efforce toujours de faire ça proprement. Curtis n’a rien vu venir et il est mort en un battement de cils. Est-ce que ça change quelque chose ? A première vue non, sans doute… Pour moi, ça fait une différence. J’ai enseigné le meurtre à Kaünis. Elle est douée. Mais ce que je lui ai surtout appris, c’est à respecter la vie.

Tuer et tuer, peut-être. Mais enlever la vie à quelqu'un, même sans le faire souffrir et sans en tirer du plaisir, c'était quand même se donner le droit de disposer de sa vie et de sa mort, d'une part, et de pourrir ses proches d'autre part... C'était l'océan qui avait emporté son frère et la maladie qui avait terrassé Lehm, et elle ne l'avait toujours pas digéré. Il y avait déjà assez de moyens de trouver la mort ! Kham grimaça devant le sadisme des deux envoleurs, et particulièrement concernant Arsan. Celui-là, elle doutait que quelqu'un le regrette, mis à part la folle !

Le Maître de Kaünis n'était pas un sadique, c'était déjà ça et c'était tant mieux, pour les autres comme pour lui - même si Fylan Curtis n'avait pas vraiment rien vu venir, et qu'il avait angoissé comme pas possible. Mais du point de vue de l'apprentie, ça ne suffisait pas pour prétendre respecter la vie. Et ce n'était pas une question de sentimentalité : selon elle, c'était normal de répugner à tuer quelqu'un, et puis une image de gros dur insensible ne servait à rien...


- Il y a peut-être deux façons de tuer, mais pour moi, si la première empire considérablement le geste, la seconde ne l'adoucit en rien. Personne ne peut prétendre disposer du droit de vie ou de mort sur n'importe qui. Même sur soi-même, c'est à nuancer... Je suis bien placée pour le savoir, ajouta la jeune femme en baissant sa voix, qui avait tremblé légèrement.

Syndrell le lui avait bien fait comprendre, en la sauvant de sa...
chute dans les Dentelles.

- Quand on respecte la vie, c'est qu'on reconnaît sa valeur, et alors on ne tue pas. Et la famille, dont tu parlais à l'instant ? Les proches ? Il n'y a jamais que la personne à assassiner en jeu.

Oui, vraiment, les choses étaient bien plus complexes que cet homme paraissait le penser. Khamill soupira ; elle savait qu'elle avait une chance infime de lui faire entendre son point de vue – ce n'était pas son but, d'ailleurs. Quand on était persuadé de quelque chose, c'était infiniment difficile d'aller voir ailleurs... Et elle respectait le sentiment de Gil.

- Qui est ton maître ?

La jeune femme haussa les épaules. Changement de sujet, ou véritable intérêt ? Un sourire illumina cependant ses yeux gris lorsqu'elle répondit, le regard tourné vers l'aube :

- Pan Hilibiaskiiyai. Si tu l'as déjà croisé, t'es obligé de t'en souvenir... il ne s'oublie pas comme ça.

Au fil des semaines, elle avait presque eu tendance à oublier le physique si spécial de son mentor, tout simplement parce qu'elle n'y accordait pas tellement d'importance. Mais elle savait que ça faisait toujours un choc quand on le croisait les premières fois... En l’occurrence, la réaction de Gil ne lui échappa pas, et elle éclata de rire.

- Toi, tu l'as déjà rencontré !

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Ven 05 Sep 2014, 18:23

- Pan ?!

(La surprise de Gil est telle que Chante-Brume fait un écart ; il la remet sur le bon chemin tout en marmonnant dans sa barbe)

Il a le chic pour se mêler de tout, même indirectement, celui-là...

(La remarque de Khamill lui tire un soupir agacé)

Je l'ai déjà croisé. Il est... plutôt sympathique.

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Sam 06 Sep 2014, 11:00

(léger sourire)

- T'as pas l'air d'en être convaincu...

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Sam 06 Sep 2014, 14:00

- Si, je le suis, c'est juste que ce type est aussi agaçant que sympathique. Frustrant, même. Mais c'est une histoire ancienne... Je ne l'ai pas vu depuis près d'un an.

Ses cornes sont toujours aussi impressionnantes ?

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Sam 06 Sep 2014, 15:30

- Si c'est de l'histoire ancienne...

(Se permet un clin d’œil)

- Bof, on s'y fait vite je trouve. Personnellement, ça ne m'a jamais dérangée. Au moins, on évite un peu plus les villes, et comme j'ai un truc sur le visage presque aussi voyant, ça a tendance à m'arranger.

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Sam 06 Sep 2014, 16:37

- C'est sûr...

(Il lui jette un coup d'oeil un peu curieux)

Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Sam 06 Sep 2014, 22:56

(Son regard s'assombrit, mais elle hausse les épaules)

- C'est juste un accident...

(Elle se mord les lèvres)

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Sam 06 Sep 2014, 23:40

- Hum... C'est pas mal, en fait. On dirait que tu porte un masque sur une seule partie de ton visage. Plutôt classe !

(Clin d'oeil complice)

Alors, t'es tombée sur Curtis par hasard ou bien tu t'es fichue de moi et tu avais quelque chose à faire avec lui ?

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Dim 07 Sep 2014, 09:49

(Elle se détend légèrement, et lui adresse un sourire moqueur)

- Haha, t'es mignon en fait, pour un assassin !

(Petit sourire)

- C'était bien un pur hasard... J'avais envie de bouger un peu du Domaine, où j'étais sans nouvelles de Pan depuis un moment, et je passais au dessus de sa ferme quand il m'a aperçue et m'a proposé le gîte pour la nuit. T'imagines ça ! Curtis était juste un peu trop bavard, et ça m'a pas surprise de tomber sur toi ensuite...

Sérieusement, à quoi tu pensais ? Qu'est-ce que j'aurais pu faire avec lui ?



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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Dim 07 Sep 2014, 10:26

- Apparemment, l'Ordre avait décidé de placer quelques intérêts dans la personne de ce Fylan Curtis. Alors je sais pas, moi, tu aurais pu être l'élève de Vinoë et réaliser cette mission avec elle... Tout est possible.

Sauf ça : je suis PAS mignon !

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Dim 07 Sep 2014, 14:08

- L'élève de cette tarée ? Nom d'un Ts'liche, j'espère qu'elle n'est pas Maître quand même !

(Éclate de rire)

- Bah écoute, personne ne m'avait jamais dit un truc plutôt gentil ET sincère sur ma brûlure. Donc, si, tu es mignon, sur ce coup-là.

C'est une qualité, tu sais !

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Mer 10 Sep 2014, 10:14

Le regard de Gil s’assombrit. Khamill voyait seulement une cinglée en la personne de Vinoë, mais ce n’était qu’apercevoir la partie émergée de l’iceberg.

- Elle a accepté de prendre un apprenti une poignée de jours après moi. Je m’en souviens parce que c’est justement ce qui a détourné l’attention de mon… illustre personne.

Sa nomination en tant que maître avait déclenché pas mal de remous dans le Domaine, à l’époque. Seren avait alimenté joyeusement les ragots, lui qui ne croyait pas son ancien élève capable d’une telle folie ; mais lorsque Vinoë avait posé sa candidature, on avait presque oublié le Cabochard. Les regards s’étaient tournés vers l’Envoleuse.

- Son élève s’appelait Loven Cil’Vorbat. Un garçon extrêmement discret et frôlant les limites de l’autisme, pour ce que j’en ai vu. Il était agoraphobe, il n’avait pas d’amis, pas d’attaches, bref : c’était l’apprenti idéal pour Vinoë. Elle l’a formé jusqu’à son Ahn-Ku. Il est mort au cours des épreuves de l’examen.

Gil jeta un coup d’œil en direction de sa jeune compagne. Elle n’avait pas encore passé son Ahn-Ku, c’était certain. Pan lui avait-il déjà parlé de cette étape considérable dans le parcours qu’elle avait choisi ?

- C’est rare mais ça arrive. Pourtant, c’est moins la mort de ce garçon que la réaction de son maître qui a été choquante. Tu sais ce qu’elle a fait lorsqu’elle a appris la triste nouvelle ? Elle a éclaté de rire. J’étais là, je traînais dans le coin le plus discrètement possible pour présenter Kaünis à son examen sans lui attirer d’ennuis. Ce n’était pas un rire désespéré, c’était un rire dément. Le rire d’un monstre.

Des monstres, il en connaissait un sacré paquet. Vinoë n’était pas le pire mais elle était dangereuse, et plus il s’éloignait de la ferme, plus Gil regrettait son geste ; la présence de Khamill, qui ressemblait beaucoup trop à Kaünis à son goût, l’avait empêché de régler définitivement le problème… Chante-Brume renâcla joyeusement et il se pencha en avant pour caresser son encolure. Cette jument lui plaisait, il fallait le reconnaître. Quant à cette fille… Gil se redressa en observant la jeune femme qui chevauchait tranquillement à ses côtés. Sa brûlure accrochait inévitablement le regard et il se doutait bien que peu de gens avaient dû passer outre ce détail physique pour le moins particulier ; mais curieusement ce n’était pas ce qui retenait son attention. Il y avait d’abord ses yeux, d’un gris tirant sur le bleu selon la lumière, que la tâche accidentelle faisait ressortir plus grands et lumineux ; cette imposante tignasse, ensuite, véritable masse de boucles qui encadraient son visage et s’accordaient étrangement bien avec le rouge de la brûlure. Et puis cette marque n’était rien d’autre qu’une empreinte, un dessin involontairement inscrit sur sa peau, au même titre qu’une peinture chez les Faëls ou un tatouage chez les Thûls… Gil était beaucoup plus sensible à sa force de caractère qu’à son apparence. Et il était gêné qu’elle lui trouve une attitude gentille ET mignonne.

- Et bien, personne ne m’a déjà dit que j’étais gentil, sincère et… mignon, marmonna-t-il. Même ma compagne choisit des termes plus virils.

Il ne savait pas trop s’il devait se sentir vexé, charmé ou agacé. Sans doute un peu les trois en même temps. Mal à l’aise, il se tortilla sur sa selle. A la réflexion, il préférait encore qu’on le traite de couillon !

- Alors comme ça, tu connais Kaünis. Je ne savais pas qu’elle avait des amies.

Des amies féminines, en tout cas. Deux ou trois crétins lui tournaient autour et un marchombre avait réussi à la mettre enceinte, mais Gil ne savait finalement pas grand-chose de la vie de son ancienne élève…

- Tu l’as vue, ces derniers temps ? demanda-t-il d’un ton léger.

Plusieurs semaines s’étaient écoulées depuis qu’il avait mis fin à son apprentissage, au sommet d’un volcan en fusion. Il ne l’avait pas croisée ni au Domaine, ni dans les environs. Elle volait désormais de ses propres ailes et rien qu’à cette idée, son cœur se gonflait d’une fierté sans bornes… mais aussi d’une pointe de nostalgie. Malgré toutes leurs disputes, cette sale gamine lui manquait.

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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Ven 19 Sep 2014, 20:46

["Un marchombre avait réussi à la mettre enceinte" ? En voilà des manières ! Mon petit Wenou est un romantique voyons... Et désolée pour le retard ^^ J'essaye de faire au plus vite pour la Citadelle !]




L'air moqueur de Kham s'effaça de son visage brûlé lorsqu'elle entendit l'envoleur lui parler de Vinoë. Comment le Domaine avait-il pu lui confier un apprenti ? Les supérieurs et les Mentaïs se fichaient tant que ça de perdre de nouvelles recrues ? Enfin bon, le niveau de cruauté et de bêtise de certains Mercenaires du Chaos n'était plus à prouver... La jeune femme ignorait ce qu'était l'Ahn-Ku et elle fronça les sourcils en entendant Gil le mentionner. Pan ne lui avait jamais parlé de ça. C'était certainement un genre d'épreuve, d'examen pour les apprentis. Et apparemment, ces derniers pouvaient parfois en crever, pour de vrai. Eh bien, elle était prévenue !

Giliwyn se tut un instant et la jeune femme s'aperçut qu'il la détaillait du coin de l’œil. Légèrement mal-à-l'aise, elle choisit de ne faire comme si de rien n'était, et se sentit soulagée lorsque l'homme reprit la parole. Elle faillit éclater de rire à nouveau : le mercenaire était marrant, presque touchant, à être autant gêné par sa remarque ! Mais vu sa grande taille, sa barbe de quelques jours qui lui donnait un air bourru et un peu mystérieux, et sa capacité à tuer sans hésiter, elle comprenait parfaitement que personne n'ait encore songé à utiliser ce genre d'adjectifs pour le qualifier ! Elle se contenta cependant d'un sourire en coin, le regard toujours fixé vers l'horizon, pour ne pas le mettre davantage mal-à-l'aise – depuis quand cela la préoccupait-il ?


- On a certainement tous des parts de... virilité et de féminité en nous... Enfin, tout dépend comment tu définis l'un et l'autre.

Elle ne savait pas comment cet homme percevait les femmes, non. En tous cas, avoir Kaünis pour élève avait sans aucun doute dû orienter son sentiment sur la question ! L'apprentie jeta un coup d’œil à sa droite, guettant la réaction de Gil, et elle sourit légèrement, lui lançant un regard moqueur.

- Alors ? Elle te dit quoi ta compagne ?

Elle commençait à se sentir drôlement fatiguée. Il devait être à peine cinq ou six heures du matin ; ils avaient chevauché pendant plusieurs heures et avec toutes les émotions de la nuit, elle avait l'impression de ne pas avoir dormi depuis plusieurs jours. Elle s'impatientait de s'approcher d'Al-Chen lorsqu'elle distingua les contours de remparts dans la brume matinale. Enfin ! Elle n'avait jamais eu autant hâte d'entrer dans une ville !

- Alors comme ça, tu connais Kaünis. Je ne savais pas qu’elle avait des amies.

Khamill tourna la tête vers le mercenaire, une lueur surprise dans son regard gris. C'était si surprenant que ça ? Kaünis ne lui parlait donc pas de ses relations ? Ils se connaissaient pourtant depuis un bon moment, à sa connaissance.

- Tu l’as vue, ces derniers temps ?
- Pas depuis plusieurs mois non... je l'ai revue au Domaine quelques jours après mon premier cours, mais je n'ai pas de nouvelles d'elle depuis – ni de Pan, d'ailleurs. Pourquoi, tu l'as relâchée dans la nature ? Elle te manque ?


Un petit sourire étira les lèvres de l'apprentie. Elle avait bien vu l'expression de Gil !

- En fait, on ne s'est rencontrées que deux fois. La première, c'était au Lac Chen, avec une autre fille. Elles me sont toutes les deux tombées dessus alors que je préparais mon feu pour la nuit... Et puis une bande de brigands nous a attaquées, et un certain Yan est soudainement apparu pour nous venir en aide. Apparemment, il tournait autour de ta chère élève...

Les contours d'Al-Chen grossissaient de plus en plus, mais Khamill sentait l'impatience la gagner progressivement. Elle avait tellement envie de se reposer, et elle avait une faim de loup en plus ! Sans regarder Gil, elle lui lança soudainement :

- Si j'arrive la première, tu me payes le petit déj ! Et bah sinon, à toi de voir...

Sans attendre de réponse, elle lança le petit alezan au galop, tout droit en direction de la cité. Elle n'avait pas souvent eu l'occasion d'avancer à cheval à cette allure, mais elle sentait qu'elle  adorait ça !

Et c'était – elle l'espérait – le tout dernier effort avant de se plonger dans un bon lit...

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... [PV Khamill]   Sam 11 Oct 2014, 15:43

[Oui, bon, c'est Gil, hein, faut pas s'attendre à ce qu'il soit délicat en permanence... ^^ Mes plus plates excuses pour l'attente !]



- Pas depuis plusieurs mois non… je l’ai revue au domaine après mon premier cours, mais je n’ai pas de nouvelles d’elle depuis – ni de Pan, d’ailleurs. Pourquoi, tu l’as relâchée dans la nature ? Elle te manque ?

Les yeux fixés sur un point visible de lui seul à l’horizon, Gil ne répondit pas. Il n’écoutait plus vraiment la jeune femme, à cause de ce que la discussion avait réveillé en lui : des images, souvenirs encore neufs et propice à une drôle de sensation, juste là, au niveau du cœur, enchaînement de mouvements et de couleurs qui voyaient une, non, deux personnes se tenir debout au sommet d’un volcan, plus proches que jamais au moment de se dire au revoir… Il battit des paupières et revint au présent, tiré de sa songerie par un nom qu’il n’avait eu aucun mal à oublier mais qui semblait se faire un malin plaisir de lui revenir en tête.

Yan.

Ce crétin avait débarqué un jour au beau milieu de son cours, jeune parangon bourré de charme insolent et d’une assurance qui avait agacé Gil. A moins que ce ne soient les œillades qu’il jetait à son élève… Ce jour-là, Gil avait bien failli commettre un meurtre, et Kaünis ne lui avait jamais vraiment pardonné de s’être si ouvertement interposé entre Yan et elle. Lui, en revanche, ne regrettait pas une seconde de leur joute verbale. Aujourd’hui encore, il nourrissait une étrange rancœur à l’égard de cet homme, comme s’il était pour son ancienne apprentie une menace plus grande que celles qui existaient en Gwendalavir. Sa route n’avait plus jamais croisé celle de Yan. Tant mieux pour lui…

Gil tourna la tête et observa le profil de sa jeune compagne. Elle avait enfin cessé de bavasser et un silence tranquille, accordé aux teintes pastelles de l’aube, s’était installé tandis que leurs montures les menaient doucement mais sûrement dans la direction d’Al-Chen. Il crut qu’elle réfléchissait à la meilleure façon de lui tirer davantage d’informations, mais il remarqua alors les cernes sous ses yeux et réalisa qu’elle luttait simplement pour rester éveillée. Ce qu’elle lui proposa soudain confirma ses pensées.

- Si j’arrive la première, tu me payes le petit dej ! Et bah sinon, à toi de voir…

Et elle s’élança, son cheval dévalant la pente herbeuse dans un galop joyeux qui résonna doucement dans le matin clair. Gil s’accorda le temps de sourire, à présent qu’elle n’était plus là pour l’observer à la dérobée, avant de piquer des talons pour lancer Chante-Brume à sa suite. La jument l’étonna en répondant à sa sollicitation par un hennissement de joie, et sa vitesse lui permit de rattraper Khamill un peu avant d’atteindre la ville ; là, il ralentit volontairement l’allure, bridant Chante-Brume pour laisser l’avantage à sa concurrente – juste assez pour qu’elle franchisse les portes la première, puis il se porta à sa hauteur et lui tapota le bras avant de lui désigner une rue d’un mouvement de la tête.

- Va m’attendre au Prince Qui Boîte et commande ce qui te fait envie. Je ne serais pas long.

Gil dépassa alors la jeune femme et s’enfonça dans la ville. Une poignée de minutes plus tard, il s’arrêta devant une maison silencieuse, au cœur d’un quartier occupé uniquement par ceux qui en avaient les moyens, et mit pied à terre pour crever le mince voile de brume matinale et frapper à la porte d’entrée. On prit le temps de lui ouvrir, il supposa que c’était à cause de l’heure – la nuit laissait à peine la place au jour – mais lorsque le battant s’ouvrit sur le visage pâle et grave d’une jeune domestique, Gil comprit que le squelette avait définitivement rejoint le monde des morts.

- C’est vous, SangreLune ? demanda la fille d’une voix éteinte.

Comme il hochait la tête, elle s’écarta pour le laisser entrer. Il fit quelques pas dans le vestibule et s’arrêta puis huma l’air : il flottait une odeur de maladie qui piquait les narines et alourdissait l’atmosphère. La domestique réajusta sa tunique, froissée comme si elle la portait depuis plusieurs jours, et traversa la pièce pour aller se planter devant une commode en bois sculpté. Elle fouilla un bref instant dans les tiroirs avant de revenir vers Gil et lui tendit une enveloppe.

- C’est pour vous.
- Merci.


Gil glissa l’enveloppe dans son tabard et salua la jeune fille d’un signe de tête avant de sortir. Dehors, il prit une profonde inspiration, grimaça lorsqu’un bref mais douloureux élancement lui rappela qu’une jolie bosse ornait désormais son crâne, et remonta sur la selle de Chante-Brume pour diriger ses pas vers le Prince Qui Boîte. Le cheval de Khamill était là, la tête dans sa mangeoire ; Gil laissa sa jument à ses côtés avant de rentrer dans l’auberge. Il n’y avait pas foule à cette heure-ci et il repéra tout de suite la jeune femme, attablée près d’une fenêtre embuée. Il s’assit en face d’elle, jeta un coup d’œil à son assiette et après un seconde de réflexion, commanda la même chose. Puis il se laissa aller en arrière sur le dossier de sa chaise et croisa le regard d’acier bleuté de Khamill.

- Kaünis a terminé son apprentissage, c’est pour ça que je l’ai relâchée dans la nature, comme tu dis… et que je n’ai plus de nouvelles depuis. Normal, étant donné qu’elle est désormais libre de faire ce qui lui chante. Je ne pense pas que tu la reverras de sitôt.

Ni moi non plus, ajouta-t-il pour lui-même avant de piquer sa nourriture du bout de sa fourchette. Il mangea un moment en silence, perdu dans ses pensées et Khamill dans les siennes, avant de poser son couvert pour lui demander d’un ton qu’il espérait détaché :

- Tu feras quoi, toi, quand Pan t’aura rendu ta liberté ?

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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