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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupes Nudii - Cours n°3

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Gracieuse Dûbudchev
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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Jeu 14 Mai 2015, 23:15

- Tu penses réellement que c'est le seul facteur important ? Et on est toujours pressés de finir un combat. Plus il s'éternise, et plus on perds son énergie et son temps. Un bon combat est un combat terminé. Parce que les guerriers, les brigands, les violeurs, les voleurs, ne se battent pas pour se battre. Ils se battent pour gagner. Ils se battent pour survivre et accéder à ce qu'ils veulent.
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Alaia Tendor
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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Jeu 14 Mai 2015, 23:18

- Parce que tu crois vraiment que combattre est un jeu pour moi? Je ferai tout pour l'éviter, je veux juste ne pas être réduite à l'impuissance si l'on m'attaque, et dans ce cas-là ce ne sera certainement pas moi qui ferai le premier pas.

__________________________________________


Erwan et Ella se sont penchés sur mon cas, merci à eux!


Eole est un ange et c'est elle qui a fait mon premier kit, je ne l'oublie pas.
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Gracieuse Dûbudchev
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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Jeu 30 Juil 2015, 18:34

[ Désoléeeeeeee pour le temps de réponse, flagelle-moi marteau ]





Gracieuse cligna des yeux. Plusieurs fois. Et contre toute attente, elle se redressa lentement et un sourire étira ses lèvres.
Alaia était catégorique, ce qui ne lui arrivait pas souvent. Elle prenait confiance en elle et se faisait son propre avis. Elle ne voulait pas être concrètement la cause d'une rixte quelle qu'elle soit, et pour elle cela résidait simplement dans le fait de ne pas attaquer en premier. Si seulement c'était aussi simple ! Mais elle n'était pas prête à l'entendre. Pas encore. Justement, son avis était trop tranché, et elle ne voulait pas le remettre en question ; tandis que jusqu'alors elle avait juste eu du mal à se forger une opinion.

Même si elle n'était pas d'accord avec Alaia, Gracieuse ne tenta pas de la convaincre : elle n'en avait pas envie. Pas comme ça. Mais elle voulait la faire réfléchir. Alors, s'enroulant dans sa couverture, elle s'allongea proche du feu et laissa une question en suspens dans l'air.

- Combattre n'est pas une nécessité, cela dépend du contexte. Ne crois-tu pas, dans ce cas, qu'il faudrait trouver une arme à ton image?

Elle ne parlait pas d'arme physique, tout simplement car une arme physique induisait généralement un combat. Alaia se débrouillait pas trop mal en tir à l'arc et avec des poignards, cependant elle avait encore beaucoup de progrets à faire.
Non, elle parlait d'arme comme les mots. Comme une attitude physique, une posture.
Hochant la tête toute seule, l'envoleuse se tourna vers le feu et ferma les yeux.



ф ф ф


Le lendemain matin, elles repartirent en courant le long du cours de la rivière Ombre. Cela leur garantissait de l'eau et du gibier à volonté. Alaia avait attrapé un lapin pour le petit déjeuner, et elles progressaient à bonne allure. La jeune fille avait pris de l'endurance et un peu de vitesse et Gracieuse l'entraîna plus longtemps que d'habitude.

La silhouette d'Al-Far commença à se découper à l'horizon en fin de matinée. Les Plateaux d'Astariul n'étaient pas loin, et une atmosphère lourde pesait autour d'elle, alors que des nuages d'un noir de jai s'amassaient dans le ciel et devant le soleil, faisant disparaître leurs ombres.
Avant de remonter à cheval, l'envoleuse astreignit l'apprentie dans une heure d'exercices d'assouplissement et de musculation.

Elles pénétrèrent dans la quatrième ville de l'Empire alors que la luminosité extérieure avait tellement baissé qu'on se serait cru au soir. L'odeur humide qui précède la pluie avait accompagné le maître et l'élève toute l'après-midi, mais ce ne fut que lorsqu'elles laissèrent leurs montures aux écuries de la ville que l'orage gronda violemment, suivi quelques secondes plus tard par une pluie diluvienne.
Les gouttes rebondissaient vivement sur les pavés de la cité, et Gracieuse entraîna Alaia à sa suite au travers les ruelles.
Le rideau d'eau empêchait de voir loin, mais cela n'avait pas vraiment d'importance. L'envoleuse finit par se glisser dans une auberge cachée dans un angle de ruelle, dont l'enseigne de travers annonçait « L'auberge des chiens-loups ».

Quand elle poussa la porte d'entrée, un délicieux fumet odorant leur monta aux narines et les fit saliver. Elles s'assirent à une table libre, en plein centre de la salle. Il ne fallut pas longtemps pour que la serveuse vienne prendre leur commande, et pour que des assiettes trônent devant elles.
Elles discutèrent de tout et de rien, mais surtout de la salle et du temps orageux. Finalement, quand elles eurent terminé leur diner, Gracieuse se balança sur un pied de sa chaise en balayant la salle du regard. Elle trouva rapidement ce qu'elle cherchait.


- L'homme là-bas, a une flûte dans sa sacoche. Mets-la dans la sacoche de la personne avec laquelle il parle. Sans te faire prendre, évidemment.

Elle l'aurait bien laissé se débrouiller seule, mais finalement elle croisa les bras sous sa poitrine avant de compléter sa consigne :

- Discrétion rime avec adaptation. Avec l'environnement, avec les gens, avec le contexte. Flamme dans la lumière et ombre dans l'obscurité…

Se repositionnant sur les quatre pieds de sa chaise, elle appuya son menton sur ses mains, posées sur les coudes. Un léger sourire sur les lèvres.

__________________________________________


« Botero
C'est beau
Aller coupe coupe coupe moi les hanches
Au pinceau bleu en fines tranches
Si tu es sage je tombe le haut
Botero
C'est ça qui manquait tant à tes tableaux
Pas une moustache pour faire le beau
Si tu es sage je monte le dos »





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Alaia Tendor
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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Sam 31 Oct 2015, 22:56

[c'est mal, je ne devrais pas rp, mais cette réponse, presque finie il y a deux mois, me tentait >> ]


La réponse de son maître la plongea dans la plus grande confusion : arme ? N’avait-elle pas dit... L’évidence lui sauta au visage : elle avait très bien entendu ce qu’Alaia avait dit, il n’était donc pas question d’une arme qui fasse couler le sang. Mais alors quoi ? Une fois lâchée sa phrase sibylline, Gracieuse s’endormit, laissant son apprentie se démener avec les chevaux fous qui galopaient furieusement dans son esprit et l’entraînèrent aux confins de la pensée durant une longue heure...

Temps qu’elle se promit de récupérer au centuple le lendemain lors de l’heure de musculation qui avait suivi leur course d’endurance. Elle ne s’étonnait même plus que Gracieuse ne paraisse même pas essoufflée après une matinée d’entrainement… Elle avait cependant renoncé à espérer atteindre ce niveau un jour, cela l’évitait de déprimer devant la lenteur avec laquelle son corps apprenait à résister aux exercices toujours plus tordus qui lui étaient imposés. Silencieusement encouragée par Impal qui trottait à leurs côtés ou broutait non loin, elle parvint à retenir les gémissements de ses muscles jusqu’à ce que vienne le temps béni où elles remontèrent en selle.
Au loin, Al Far, la ville ayant sans doute la pire réputation de l’Empire, semblait les inviter à entrer avec un rire railleur au fur et à mesure que sa silhouette anarchique se découpait. A la réflexion, cette ville de chaos convenait parfaitement aux mercenaires… pour autant, Alaia se sentait mal à l’aise à son approche et ne cessa de jeter des coups d’œil dans ses angles morts tout le long de leur traversée de la ville. Le début d’orage qui grondait sur leur tête n’était en rien pour la rassurer, car, au contraire de clairsemer les rangs, la pluie rendait les petits groupes qui se formaient et se dissolvaient d’autant plus intimidants… S’il n’y avait eu Gracieuse, si sûre et redoutable, à ses côtés, l’apprentie aurait cent fois fait demi-tour : elle ne se faisait pas d’illusion sur ses chances contre ce qu’elle percevait comme l’entité malfaisante d’une ville entière liguée contre les voyageuses qu’elles étaient, et qui semblait l’observer à chaque coin de rue. Elle se sentait comme prise au piège…


Un sentiment qui ne cessa de croître pour atteindre son paroxysme lorsque Gracieuse tourna la poignée de ce qui se présentait comme étant « L’auberge des chiens-loups ». Son début de paranoïa ne cessait de lui répéter que « cours » et « nuit au calme dans un lit douillet » étaient incompatibles, et que son maître préparait forcément quelque chose. Pourquoi avait-il fallut que son instinct eu raison ? Les choses commençaient plutôt bien pourtant, le service était rapide et la nourriture autrement meilleure que le petit gibier dont elles se contentaient habituellement et leurs discussions étaient plus que superficielles. Par question de meurtre, de vol, de destruction ou autre activité suspecte. Alaia n’alla pas jusqu’à se détendre – après tout, elle demeurait au cœur des regards de dizaines de personnes – mais vint à considérer l’idée que l’envoleuse appréciait peut-être le confort… Rien de mal à cela, n’est-ce pas ?
Avant même qu’elle n’ouvre la bouche, l’apprentie avait discerné la lueur dans son regard et poussé un petit soupir qui exorcisa tous ses espoirs d’une soirée tranquille. Au moment où le dernier souffle d’air s’échappait de ses lèvres, sa concentration était revenue, et elle accueillit sa consigne avec un hochement de tête dubitatif. Elle allait le faire, puisque son maître le lui demandait elle pouvait le faire, le tout était de trouver comment.

- Discrétion rime avec adaptation. Avec l'environnement, avec les gens, avec le contexte. Flamme dans la lumière et ombre dans l'obscurité…

Les mots de Gracieuse trouvèrent leur chemin dans son esprit : elle avait l’habitude de trouver, dans la foule, les nœuds d’attention, là où elle se risquait à être sous le feu de plusieurs regards. Elle sentait lorsqu’elle était fixée, et sa timidité maladive n’avait pas eu grand mal à la convaincre d’observer. Oui, un peu comme l’envoleuse l’observait à présent, attendant ses réactions. Un petit sourire étira les lèvres d’Alaia : nul doute qu’avant même qu’elle ait conscience d’avoir un plan son maître en connaîtrait tous les détails. Tttttt… C’était bien beau tout cela, mais ça ne l’aiderait pas à le trouver, ce fameux « plan ».
Son regard balaya plusieurs fois la salle, ne se fixant sur rien comme elle avait si vite appris à le faire pour ne pas attirer l’attention: elle observait les gens. Comment passer inaperçue au milieu d’un troupeau si l’on en connait pas les bêtes ? L’image de Rilend s’approchant d’Eden lui traversa fugitivement l’esprit… C’était ça au fond, sa mission : s’approcher d’une bête sauvage sans qu’elle ne la morde. Elle se détendit et jeta un coup d’œil à Gracieuse qui l’observait toujours : son regard la mettait sur le qui-vive sans qu’elle ne s’en aperçoive. Faisait-elle partie de la pièce qui allait se jouer ?
Non, décidément, ici ça n’irait pas. Trop d’informations venaient titiller ses sens et ses nerfs et elle ne parvenait pas à se concentrer, à saisir l’essentiel. La salle se vidait peu à peu et chaque minute qui passait augmentait le risque que ces deux-là sortent et alors… A moins que cela ne soit la solution ? Attendre la faveur d’une ruelle sombre, un espace moins à découvert… Non, Gracieuse ne l’avait pas amenée ici pour un si piètre dénouement. Plus elle avançait plus il lui semblait s’éloigner d’une possible solution ! Elle laissa s’échapper une longue expiration avant de se lever, lâchant un « je reviens ! » sans plus de précision et se dirigea d’un pas qu’elle voulait décontracté vers les toilettes. Inutile de se prendre la tête avec ce problème, laisse le temps filer jusqu’à la porte.
Une fois la faible mais rassurante protection de bois érigée entre elle et cette foule de regard, elle sentit son cerveau s’ébrouer et réfléchir plus vite, et plus efficacement. Tenter de prendre au chien son os par la force était ridicule : elle n’en avait ni les capacités ni même, au fond, l’envie – elle n’était pas une voleuse et n’avait aucune vocation à la devenir. Ce n’était pas vraiment un vol, c’est vrai : elle ne remettait pas en doute la moralité de ce que Gracieuse lui avait demandé de faire. A peine moins ses chances d’y parvenir. Fermant les yeux, elle tenta d’imaginer la salle et de se souvenir de quelles tables étaient encore occupées. Trois la séparaient de sa cible, et de ce qu’elle avait vu seule la plus proche des deux hommes était prise : comment pouvait-elle s’en servir ?


C’est lorsqu’elle sortit qu’elle s’aperçu de son erreur : boum, le sang résonna à ses oreilles comme si un cœur immense avait frappé à la porte de son cerveau. Son mouvement avait attiré le regard des personnes assises aux tables les plus proches, face à elle. Boum, ce second coup de bélier sur ses murailles ouvrit grandes les portes de sa compréhension : au claquement que fit la porte en se refermant les personnes un peu plus éloignées avaient levé la tête. Stupide, elle n’aurait pas dû se détendre, elle l’aurait vu alors, ce double temps ; elle aurait su et aurait pu s’en servir… Maintenant.
Il lui apparut qui c’était le moment. Maintenant, elle devait agir maintenant, tout autre temps serait suspect, ne correspondrait pas au rythme de la salle et alors, alors elle se ferait piéger pour de bon par le temps des regards. Léger décalage vers la gauche. Elle devait bouger, rester dans l’ombre du temps des regards qui déjà s’étaient détournés d’elle pour revenir aux voisins ou serveuses qu’ils avaient quittés. Si elle restait ainsi, comme un enfant devant un cheval au galop, elle se ferait renverser… Comment exprimer ces pensées autrement que par images ? Par analogies…Elle ne savait décrire ce qu’elle était en train de faire, n’était même pas sûre des conséquences, à vrai dire elle évitait franchement de réfléchir aux raisons car si elle s’aventurait par-là elle risquait de ne plus en sortir.
Les couloirs formés par les chaises l’aidèrent à canaliser ses idées autant que ses pas, aussi avait-elle retrouvé un semblant d’assurance lorsqu’elle aborda sa cible. Cible, elle n’aimait pas ce mot, ce n’était pas une chasse. But ? Pas encore, pas encore… Terrain de jeu ? Non, il était plus grand, délimité par les regards qui s’étaient posés sur elle à sa sortie. Allons donc, que faisait-elle là alors ?
Un flot de pensées, encore… Quand Gracieuse trouvait-elle le temps de penser, elle qui était toujours en mouvement ? Un éclat de métal à sa droite attira son attention : la serveuse, un plateau chargé d’assiettes et de verres en équilibre instable sur l’épaule, revenait aux cuisines. Elles allaient bientôt se croiser et la situation était idéale : un simple coup d’épaule ou un croche-pied adroitement glissé et, avec ce qu’il fallait de chance, elle pourrait prétexter de l’aider à ramasser et alors… Elle hésita une fraction de secondes avant de chasser cette idée : pareille maladresse pouvait la faire renvoyer et un salaire pouvait être ici question de vie ou de mort. Elle se glissa de côté et la laissa passer, ce qui lui valut en retour un sourire discret de remerciement. Elle était déjà en mouvement, et l’amortir pouvait lui demander plus d’effort que de le poursuivre : elle devait continuer… ou plus exactement elle ne pouvait pas s’arrêter.
Le faire en jouer. Plan, elle avait un plan. La trame avait volé en éclats dès sa sortie des toilettes mais l’objectif demeurait semblable. Ne pas s’éparpiller, suivre cet objectif comme une ligne rouge qui serait tracée sur le sol… Expiration lente, elle allait devoir agir, réellement, contre ses instincts de conservation : lumière avait dit son maître, utilise la lumière comme d’autres se servent du feu pour créer des objets d’art ou de mort. La mort ou l’art, elle choisit l’art.

« Excusez-moi, fit-elle l’air de rien à celui des deux comparses qui était face à elle. Seriez-vous ménestrels ? Je ne veux pas… C’est que j’ai vu l’instrument de votre compagnon et, à vos habits, je me disais que vous seriez peut-être du monde du spectacle. »

Sa voix et ses mains étaient calmes malgré ses hésitations et le petit sourire en coin qui vint étirer les lèvres de son interlocuteur et ainsi confirmer ses hypothèses fut pour elle comme un encouragement à continuer. Lumière, cette auberge était une scène et elle venait de l’inviter à y entrer.

« Votre sens de l’observation ne vous a guère trompé, jeune demoiselle ; fi-il d’un air chantant, visiblement enchanté que quelqu’un les ai remarqué. Vous avez devant vous le meilleur duo de ménestrels d’Al Jeit… »
« Tu t’avances un peu, Tunil… » fit remarquer son compagnon, dont les manières étaient plus calmes mais le regard non moins brillant.
« A peine ! balaya-t-il d’un revers de la main, sans sembler prendre ombrage de la remarque. S’il est vrai que le monde n’a pas encore pu admirer notre talent, je n’ai aucun doute sur le succès de notre entreprise ! Vois-tu comme déjà on nous remarque ? Je te parie qu’en moins de deux saisons nous serons personnellement invités à quelque fête de l’Empereur, et une fois qu’il aura entendu mon air et ta voix, c’est au palais même que nous logerons ! » continua-t-il, de plus en plus enthousiaste et visiblement intarissable.

Conséquence de son acte. Elle avait jeté une pierre dans la mare limpide et en observait maintenant les remous : comment les contrôler pour que les vagues ne déferlent pas sur son îlot ? Là était le défi. Elle tentait de faire le tri entre l’essentiel et les enjolivures afin de mieux comprendre la situation de ceux à qui elle avait à faire. Elle était apparemment bien tombée car elle sentait qu’il faudrait à peine une impulsion pour pousser l’oisillon sur les planches – ce qu’elle considérait comme la partie la plus ardue de son entreprise.

« Allons donc, vous devez être exceptionnels pour vous montrer ainsi confiants ! Quelle réputation vous précède, quel atout avez-vous dans votre manche pour vous ouvrir les poertes impériales ? lança-t-elle en affichant un petit sourire amusé.
- Nulle, gente dame, et c’est là ce qui nous fera entrer dans la légende ! Imaginez, conquérir Al Jeit et uniquement Elle… Nous surgirons de l’ombre comme deux feux follets, partant de rien pour atteindre les sommets ! C’est là mon rêve, madame, être un ménestrel dont on chanterait la renommée… »

Son sourire était si large qu’il devait sans mal trahir son rire intérieur, ce qui lui valut un regard courroucé de la part de l’artiste. Alors qu’un nouveau flot de paroles venait s’échouer sur ses lèvres, son camarade intervint d’une voix posée : il semblait accoutumé aux rêves de grandeur de son ami autant qu’à la réaction de ceux à qui ils racontaient sa formidable future histoire.

« Vous n’êtes pas la seule à douter, madame, car il est vrai qu’Al Jeit est fort loin, mais croyez sur parole en son talent : ce petit à des doigts de fée et un instinct sans pareil pour accorder les notes. Je ne suis pas, comme lui, un moineau du dernier printemps : j’ai pas mal voyagé déjà, mes quelques cheveux gris peuvent l’attester, croyez mon expérience quand je vous dit que ce petit mérite d’être soutenu, car il peut aller loin…
« Laisse, Amilio, laisse donc, fit le petit en question, visiblement touché par les compliments de son compagnon, qu’il semblait tenir en haute estime. L’avenir nous donnera raison ! La prochaine caravane est dans trois jours, le mois prochain nous serons à Al Chen et là… Oui, je te dis que nous serons à la capitale pour la saison prochaine et dans moins de deux ans, elle aura entendu parler de nous. Tout le monde connaîtra Amilio Blaireau à la voix d’ange et la redoutable flûte de Tunil Coeurchantant ! Retenez bien ces noms, demoiselle, retenez-les et pensez à nous lorsque vous les entendrez de nouveau. »

Bon sentiment, mais qui ne l’aidait guère dans son entreprise actuelle : elle allait devoir rebondir sur ces mots où son « plan » risquait de tourner court. Comment faire en sorte qu’il sorte son instrument ? Elle ne devait pas laisser le flot de paroles se tarir, ne serait-ce que le temps de trouver une idée : elle ne pouvait pas revenir bredouille aux côtés de Gracieuse. L’attention était un cheval furieux, les paroles un serpent qui lui glissait entre les doigts. Entre les lèvres, pour se répandre dans la salle.

« Une flûte ? C’est armé d’une simple flûte que vous comptez conquérir la capricieuse Al Jeit ? Avez-vous inventé un nouvel instrument ou pensez-vous sincèrement qu’un morceau de bois troué vous ouvrira les portes de la capitale ? fit-elle avec, dans la voix, une surprise non feinte.
- Vous doutez, vous doutez encore ; eh bien, la voilà, regardez ! Une flûte ; je ne dirai ni juste ni simple car enfin elle a été faite spécialement pour moi par mon grand-père, mais enfin c’est bien avec elle que je me ferai connaître, avec elle et nulle autre.

Un claquement sec derrière elle la fit tressaillir mais, avant d’avoir achevé son mouvement de tête, elle avait déjà identifié la source. La serveuse vient de poser une chope sur son plateau, bois contre bois, le son résonne comme ça dans la cavité de la chope et sous le plateau. Elle fut elle-même surprise de cette analyse éclair qui s’était déroulée dans son cerveau mais, avant qu’elle n’ait pu s’étendre dans sa réflexion, elle déplaça sa chaise en adressant une intelligible remarque d’excuse à la serveuse qui lui adressa un hochement de tête en remerciement. Son déplacement lui avait non seulement permis de libérer le passage mais aussi, prétextant devoir faire de la place pour ses jambes, permis de déplacer d’un mouvement de pied le sac qui devait accueillir l’objet qui prélassait son corps de bois en pleine lumière. Il s’affala contre son jumeau – ils avaient visiblement été acheté ensembles, ce qui n’était guère surprenant pour des artistes qui se lançaient ensemble dans cette grande aventure – et une courte excuse auprès de son propriétaire permis de calmer son regard averti la fraction de seconde qui lui fut nécessaire pour se saisir « accidentellement » du mauvais sac tout en relançant innocemment la conversation.

« Elle a donc un nom, votre merveille ? Vous semblez la courtiser comme une dame précieuse et les murmures racontent que tous les ménestrels nomment leurs instruments. »

Entièrement concentrée sur son souffle, ses mouvements, afin qu’ils restent naturels et fluides et ne trahissent pas le tourbillon d’émotions que l’adrénaline faisait battre, elle oublia jusqu’au temps qui passait autour d’elle, happait quelques morceaux des phrases de leur conversation entre les roulements de tambours du sang à ses tempes et composait avec une réponse qui, fort heureusement, relançait toujours l’incorrigible bavard. Elle ne repartit qu’après un long moment, qu’ils ne se doutent de rien mais surtout afin de s’assurer que l’instrument trouve bien sa place finale, ce qui arriva naturellement et sans encombre, comme la conclusion inévitable d’une pièce de théâtre. Son rôle achevé, elle se retira tout aussi naturellement, avec un salut et une petite révérence à celui qui promettait d’être la future étoile d’Al Jeit.


Alors que, son office accomplie, elle repartait vers le nid où l’attendait Gracieuse, l’esprit encore brumeux, une esquive tardive d’un mouvement perçu à la périphérie de son champ de vision la fit perdre l’équilibre et elle se rattrapa comme elle put sur un client qui, surpris, renversa sa chope dont le fond mordoré vint maculer ses vêtements de toile grossière. Il tourna un œil mauvais et visiblement embué par l’alcool vers elle et se leva moins précautionneusement qu’il aurait dû, la dominant d’une tête chancelante, commença à postillonner sur elle une volée de réprimandes qui ne tardèrent pas à se muer en injures au fur et à mesure qu’il se faisait emporter. Pour un pas qu’elle faisait en arrière, il s’aventurait de trois enjambées en avant, envahissant son espace de son haleine alcoolisée et de ses manières brutales, et elle ne dut qu’à un réflexe la sauvegarde de son pantalon face à l’attaque du reste du liquide ambré. Qu’elle s’excuse et il partait dans un discours pataud sur la politesse, l’insultant au passage à demi-mot ; qu’elle propose réparation, et il s’imaginait déjà avoir sa bourse en main... Alaia finit par faire la seule chose qu’elle pouvait encore sans s’énerver :

« Eh bien, messire, fit-elle en prolongeant le sifflement jusqu’à le rendre acide, puisque rien ne convient, rien vous n’aurez, puisse-t-il vous apporter de meilleurs moments que ceux passés en ma compagnie. »

L’exaspération se sentait moins dans sa voix railleuse que dans ses mouvements vifs et elle dut focaliser sur eux son attention afin de ne pas renverser quelqu’un d’autre et se revoir embarquée dans une seconde discussion sans fin. Ainsi, elle ne put pressentir l’arrivée de la main qui s’abattit lourdement sur son épaule, comme si son propriétaire s’était vu déséquilibré par la saisie. Avec un temps de retard, elle laissa couler son épaule dans le but de se dégager de la prise mais le mal était fait et les doigts poisseux s’emmêlaient dans le tissu, commençant presque à la déshabiller. Lorsqu’elle acheva de se retourner, la mort dans les yeux, ce fut pour entendre un « Trinquons, l’ami ! »[b] plus sonore que nécessaire et voir la tête de son agresseur embrasser une chope qui menaça d’éclater sous le choc. Un instant passa, durant lequel un voile s’étendit derrière le regard de l’homme ivre et il bascula, entraînant dans sa chute deux chaises qui lui firent comme une couverture – ou une cage, selon le point de vue – de bois.

[b]« Désolé pour la chope, Mira, mets-la sur ma note ! »
s’exclama l’homme qui l’avait tirée du piège puant qui s’était refermé sur elle, visiblement un habitué des lieux.

La Mira en question, tenancière de son état, était à mi-course, un solide rouleau à pâte dans la main, et balaya l’idée d’un revers de son arme – qui coûta au malheureux qui se trouvait à proximité le début d’une crise cardiaque lorsque le bois frôla sa chevelure.

« Et puis quoi encore ? rétorqua-t-elle, sans agressivité mais fermement : c’est donc ce nigot qui payera les ennuis qu’il attire, fit-elle en désignant d’un coup de menton méprisant l’homme à terre qui voyait encore trente-six chandelles. Il est pas dit que je te ferai payer d’avoir sauvé une demoiselle ! Rian, vire-moi une fois cette limace qui encombre ma taverne ! Et empoche-lui 3 sous pour la chope.finit-elle à l’égard de celui qui sortait des cuisines et aait tout l’air d’être son mari.
Le Rian en question était un petit homme sec au visage sévère mais au regard bienveillant qui fit taire d’un simple coup d’œil les rumeurs qui commençaient à monter en salle. Alaia ne s’en était pas aperçue lorsqu’elle était plongée dans l’action, mais l’intervention de son sauveur avait fait taire les quelques conversations qui animaient l’auberge auparavant. Lui-même ne semblait pas y accorder la moindre bribe d’attention, occupé qu’il était à débarrasser son bras du reste de bière qui avait jailli lors de l’impact et à discuter avec Mira. Qu’il enfile un tablier et se pare d’une perruque rousse et on aurait pu, de dos, les confondre, tant leurs statures étaient semblables, et l’apprentie ne douta pas un instant que la hache qu’elle voyait posée près de sa chaise était accordée à sa main. Elle sentait monter en elle un sentiment indistinct, mélange de reconnaissance et d’une sorte de respect sur lequel elle n’arrivait pas à mettre de mots… Toujours immobile là où l’ivrogne l’avait arrêtée, elle ne savait pas où se mettre, n’osant ni aborder d’elle-même le jeune homme – ne fusse que pour le remercier – ni se tourner vers Gracieuse pour quérir son soutien – pour se heurter au mur impénétrable de son regard amusé ? Sûrement pas !

« Certains hommes sont ainsi, fit celui qui l’avait aidée, pas mauvais dans le fond tant que ce n’est pas celui d’une bouteille… »

Il semblait calme, bien que pertinemment conscient des nuages qui agitaient son esprit. En cela, il lui fit penser à son maître, alors qu’il y avait en lui une sorte de lac tranquille qui, chez Gracieuse, était un feu vif. Ses mots eurent pour étrange effet de l’apaiser… Etaient-ce ses seuls mots ou sa présence entière qui agissait comme un baume apaisant contre la brûlure des regards extérieurs ? Elle l’ignorait et, à vrai dire, cela importait moins que la question qui naquit naturellement dans son esprit : que répondre ? Tout semblait dit mais, sans qu’elle ne sache l’expliquer, elle se sentait obligée de tendre à son tour une poignée de syllabes, comme on rend une poignée de mains. La seconde de délai acceptable en bonne société commençait à s’étirer dangereusement lorsque la jeune femme s’ébroua : elle tergiversait. Encore et toujours, elle se réfugiait dans les détours de ses méninges pour éviter de faire face à la réalité, pour éviter d’agir. Un frisson de colère froide remonta le long de son dos, non à l’encontre du jeune homme qui pourtant se tendit imperceptiblement, mais à la sienne propre. Elle avait rejoint les envoleurs pour se départir de cette langueur, pour muer, elle était pertinemment consciente qu’elle ne pouvait plus rester dans ce cocon d’inaction et pourtant les vieux réflexes prenaient sans cesse le dessus.
Diantre, ne venait-elle pas de prouver à l’instant…

« Les consciences sont parées d’ombres et de lumières, mais je n’ai pas pour vocation d’en être le juge impartial… finit-elle par dire à mi-voix, suffisamment fort pour se faire entendre par son interlocuteur mais pas assez pour que toute la salle l’entende clairement. Merci pour votre aide, qui je suppose n’attendait rien en retour mais si je peux tout de même vous proposer quelque chose… »
« Laissez, laissez, une main charitable ne fait pas bon ménage avec une rétribution. En revanche c’est votre amie qu’il faudrait secouer, pas un pas, pas un mouvement, commenta-t-il en désignant Gracieuse du menton. Choisissez mieux vos compagnons de route, c’est dans ces moments-là où la confiance mutuelle s’exprime. »
« Vous avez simplement été plus rapide qu’elle… » avança Alaia.

Sa voix, qui s’éteignit sur les dernières syllabes, témoignait du peu de cas qu’elle faisait de sa réponse : Gracieuse était plus rapide que n’importe qui, elle n’avait simplement pas voulu intervenir. Une impression qui se confirma en la voyant, tranquillement assise, comme profitant du spectacle que donnait son apprentie plongée dans le grand monde. Un frisson remonta le long de la colonne vertébrale de la jeune femme : son maître n’était pas son garde du corps et aurait plutôt tendance, à vrai dire, à la plonger dans les pires ennuis si elle pensait que cela aiderait à sa formation… Jusqu’où était-elle prête à aller ?
Son regard bleu plein de questions plongea dans les ténébreux reflets parmes et ce qu’elle y vit augmenta à la fois son trouble et sa confiance.
Maitre et apprentie.

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mar 10 Nov 2015, 10:46

Gracieuse observait Alaia débattre avec elle-même, un sourire alambiqué sur le visage. La jeune fille ne semblait pas vraiment décidée à accomplir un quelconque méfait, ceci dit, ce n’était pas ce qu’elle demandait non plus : après tout, prendre une flute et la mettre dans la sacoche d’un autre était presque enfantin et pas machiavélique pour un sou – enfin, ça, c’était l’avis de l’envoleuse.

Il fallut néanmoins un certain temps à l’apprentie pour se décider et enfin se lever dans le but final de mettre en pratique la consigne que lui avait donnée Gracieuse. Passant par les commodités, elle laissa l’envoleuse observer la salle dans son ensemble. Elle était pleine, c’était un fait, et quelques ivrognes bien saouls étaient plus ou moins dispersés sur les tables et dans les conversations. Les deux hommes dont elle avait parlé à Alaia discutaient tranquillement chacun de leur côté, pas du tout éméchés pour leur part.

Quand la jeune fille revint enfin pour passer à l’action, un sourire satisfait étira les lèvres de Gracieuse, il s’installa confortablement pour regarder la scène qui allait suivre.
Et Alaia ne s’en sortait pas mal du tout. Se mettre en lumière soi-même, sa conversation, pour faire passer en secondaire les choses que l’on ne voulait pas montrer : une attitude suspicieuse attirait la suspicion, c’était le propre de l’être humain. Quand les choses sont faites avec naturel, comme si tout était dans l’ordre de ces choses, alors on pouvait faire passer un éléphant au milieu d’un parc – ou presque.

Mais ce fut en réalité quand sa mission fut accomplie que la soirée devint plus intéressante : toute soulagée d’être parvenue à ses fins, l’apprentie avait relâché sa vigilance, ou en tout cas se laissa aveugler par le soulagement, et elle renversa une belle chope de bière sur un client… déjà bien alcoolisé.
Se balançant sur un pied de sa chaise, Gracieuse surveilla la suite avec intérêt, mais Alaia essaya de discutailler avec l’homme ce qui n’arrangea pas les choses ; elle ne put éviter de lancer ses propres poings que grâce à un homme qui voulut l’aider de manière très sympathique et originale – une bière dans la tronche quoi.
D’ailleurs, elle entendit avec clarté le conseil de l’homme, ce qui lui tira un sourire mauvais cette fois-ci.


-  En revanche c’est votre amie qu’il faudrait secouer, pas un pas, pas un mouvement. Choisissez mieux vos compagnons de route, c’est dans ces moments-là où la confiance mutuelle s’exprime.
-  Vous avez simplement été plus rapide qu’elle…


Gracieuse haussa un sourcil, avant de croiser les bras sous sa poitrine et suspendre son balancement sur le pied arrière droit de sa chaise. Elle croisa le regard d’Alaia, et put lire beaucoup de questions dans son regard, mais haussa les épaules : elle la formait à être indépendante, à être autonome, efficace et redoutable. Elle devait transformer un chaton tout mignon en tigre, prédateur ultime ou presque.
Reposant sa chaise sur ses quatre pieds, elle tapota de la main sur la table pour faire venir la jeune fille, qui se rassit, toujours interrogative. Mais il n’y avait pas lieux de répondre à ses questions muettes, et Gracieuse se contenta de hocher légèrement du menton.

- Tu as très bien réagi pour les hommes et la flute. Attirer l’attention peut permettre d’être beaucoup plus discrète, et tu as totalement tiré parti de la situation, même si tu étais un peu tendue quand même.
Par contre après… Aveuglée par le soulagement, tu en as oublié ton environnement. Analyse-moi la situation dans laquelle tu t’es mise. Avec le recul, maintenant, crois-tu que tu aurais pu trouver une autre solution ?


Selon Gracieuse, la jeune fille n’avait pas été assez catégorique dans sa posture et son attitude envers l’homme éméché, ce qui lui avait fallu de ne pas parvenir à le repousser. Pas assez ferme non plus dans son abord de la question du dédommagement, mais cela, cela tenait plus de la personnalité de l’apprentie.
Alors, juste pour lui montrer, l’envoleuse adopta sa propre attitude de dédain et de froideur. Elle puisa en elle son énergie froide, cette colère enfouie dans les tréfonds de ses intestins, et la distilla dans toute son attitude. Elle se sentit devenir parfaitement menaçante, pas juste intimidante, avec le menton à peine redressé, les yeux fixes, les coins des lèvres crispés, les épaules tendues, le torse légèrement bombé…

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mar 02 Fév 2016, 15:15

[... ça ne méritait pas autant d'attente]


Sur un signe de son maître, elle salua l’inconnu, répondant à son regard désolé par un sourire rassurant, puis serpenta entre les tables et les clients – sans heurter personne cette fois ! – en direction de la table où l’attendait Gracieuse. Si elle comptait sur un mot d’explication elle en fut pour ses frais car il aurait été vain de chercher la moindre trace de compassion dans son attitude. Devant la rigueur de sa posture elle ne put que se redresser et ouvrir grand ses oreilles et sa mémoire : après l’action était venu le temps de la réflexion.
Elle savoura comme il se devait la saveur du rare compliment offert sans pour autant perdre une miette d’attention – il n’était pas question de s’en enorgueillir, après la magistrale erreur qu’elle avait commise, et que l’envoleuse eut tôt fait de lui rappeler. Aveuglée par le soulagement : elle devra faire plus attention à ses sentiments… Dans quel sens ? Contrôle, feinte, spontanéité, perception ; une foule de mots se bousculèrent à la suite de cette remarque, porteurs d’arguments et de contrarguments, de certitudes et de démentis, formant un embrouillamini qu’il ne lui sera pas aisé de résoudre. Mais pas maintenant, car un autre sujet allait accaparer son attention.
La résolution de l’incident. Elle appela sur le devant de sa conscience ce qu’elle avait perçu des attitudes, ce qu’elle avait retenu des paroles, ce qu’elle avait ressenti sur le jeu de pouvoir qui s’était déroulé. Jeu de pouvoir, comme un combat sans lames… Une analogie qui fit écho au souvenir d’une discussion pas si lointaine.

« Je me suis aventurée sur son terrain, j’ai trop souvent repris ses mots. Alors qu’au contraire quand j’ai voulu m’éloigner j’ai coupé plus franchement… »

Ses paroles allaient sans doute être un peu décousues mais elle préférait parler en réfléchissant de peur d’oublier quelque chose en lui fournissant un résumé à la fin de sa réflexion. Absorbée par son analyse, elle laissa à son instinct et ses réflexes le soin de veiller sur son environnement.

« D’un autre côté, une fois qu’il s’est senti perdre pied il a répliqué par la force… Mais là aussi, si je n’avais pas été si énervée je pense que j’aurais pu le voir venir et … m’échapper. »

Elle avait buté contre ce dernier mot, maladresse ou signe qu’elle ne le pensait pas vraiment ? Elle se passa pensivement sa langue contre ses lèvres sèches, jouant avec la peau fine. Fondamentalement elle était contre la violence comme premier recours, néanmoins elle avait appris à laisser parler son instinct de conservation et n’hésitait plus à répliquer coup sur coup. N’était-ce pas ce à quoi elle s’entraînait ? Ses idées s’embourbaient et elle prit une grande inspiration pour tenter de chasser ces nuages obscurs. Elle l’avait dit hier et elle le pensait toujours : la force n’était que la dernière solution. Surtout face à un ivrogne !

« Il n’a pas mérité que je m’énerve… pas parce que son attitude était louable… mais justement parce qu’il n’en contrôlait rien. Il n’aurait pas du pouvoir me toucher, avec ses paroles ou… »

Etait-ce une tromperie de ses sens ou sa voix était-elle anormalement rauque ? La question avait explosé dans son esprit dès les premières syllabes, et la fin de son discours haché mourut entre ses lèvres lorsqu’elle sentit le contact râpeux du cuir de sa garde contre ses doigts. Sans qu’elle en ait conscience, elle avait rapproché sa main de son poignard et, à présent qu’elle reprenait la maitrise de ses sens, elle percevait nettement la tension de ses muscles et la dureté du contact avec la chaise à l’extrémité de laquelle elle était assise. L’évidence explosa sur le devant de sa conscience : elle était en danger.

Elle accorda un bref regard à Gracieuse, dont le regard sombre ne lui renvoya rien d’autre que son reflet, avant de porter son attention sur son environnement, à la recherche de ce qui avait bien pu alerter son instinct. Un mouvement trop rapide sur la table à côté d’eux, l’éclat d’une perle de sueur roulant sur la nuque d’un voisin qui tournait le dos à l’envoleuse, l’écart pris par la serveuse qui rallongeait son chemin de deux tablées… Il lui fallut moins d’une minute pour que son regard revienne vers son maître, centre du cercle de peur qu’elle avait délimité. Une observation plus globale de son maitre lui fit nettement comprendre pourquoi : Gracieuse irradiait une aura obscure devant laquelle ses entrailles se nouèrent. Elle avait beau l’avoir côtoyée pendant de nombreuses semaines, elle ne pouvait s’empêcher de percevoir en elle une menace mortelle. Il lui fallait mobiliser l’entièreté de sa volonté pour ne pas bondir sur ses pieds et tirer sa lame au clair.
Calme !
Son attitude était également un discours, une consigne. Un test. Sans chercher à refreiner l’adrénaline qui coulait dans ses veines, Alaia chercha à reprendre la maitrise de son souffle et à stabiliser ses appuis. Une demi-douzaine de scénarii traversèrent son esprit et elle les repoussa en même temps qu’elle éloigna la main de son arme. Une telle attitude ne manquerait pas, à la longue, d’alerter les clients et restaurateurs, elle devait donc faire de son mieux pour garder son calme. Réfléchir sous la pression. Répondre, attirer son attention, contrôler la situation.

Contrôler ? Ridicule : face à Gracieuse elle n’avait aucune chance, c’était elle qui avait la main mise sur ses actes et sa vie.

Ne pas paniquer. Elle ne pouvait se borner qu’à cela, impossible de reprendre le cours de ses pensées.

Prise au piège. Elle tenta de se débattre, de chercher un sens, une explication, un signe qui lui montrerait quoi faire.

Démunie.

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mer 03 Fév 2016, 20:15

[ Court désolée ! ]


Les paroles d'Alaia étaient censées et, sincèrement, Gracieuse la voyait sur le bon chemin. Elle se posait les bonnes questions, mettait le doigt seule sur les quelques incohérences qui subsistaient dans son esprit, sans pour autant se laisser distraire par le fait qu'elle ne puisse les résoudre immédiatement - ou à plus long terme.

En effet, elle pouvait trouver d'autres solutions. La veille encore elle partait du principe que l'agression physique ne devait pas être le premier réflexe, mais elle n'avait pas su gérer la situation selon ses principes et s'était emmêlée entre ce qu'elle pensait, et les réflexes qu'elle avait appris et dont elle était plutôt aguerrie désormais.

C'est pour cela que Gracieuse avait arboré son attitude la plus menaçante ou presque. Pour lui montrer une nouvelle solution, une solution qu'elle n'avait pas envisagée, ou alors pas poussée à son paroxisme. L'envoleuse sentit clairement, en quelques secondes à peine, les clients et même la serveuse s'éloigner soigneusement de leur table, à Alaia et elle ; Certains avaient plus d'instinct de survie que d'autres, mais tous suitaient d'une certaine peur adrénalisante.
Jusqu'à Alaia, qui par instinct avait porté sa main à son poignard, attestant par là de ses nouveaux réflexes inconscients, ce qui contenta Gracieuse tout en lui faisait froncer les sourcils : elle était donc en train de changer la nature de son apprentie ? Si, plutôt que de l'amener à se découvrir et à être une unité inébranlable, le fait de l'amener à des incohérences d'attitude et de pensées la morcellait encore plus ? Elle aussi devait apprendre. Alaia était sa première apprentie, mais elle voyait maintenant cet apprentissage sous un nouvel éclairage.

Mais Alaya ne vit pas ce que la maître envoleuse voulait lui montrer.
Totalement submergée par un instinct de survie, par une panique que Gracieuse pouvait lire dans ses yeux, elle resta devant elle, en apparence calme, mais débordante de peur.

Laissant tomber son attitude en un quart de seconde, l'envoleuse prit une inspiration et posa ses mains sur la table devant elle, paumes ouvertes contre le bois, se mordant la lèvre. Finalement, elle ferma les paupières une seconde, réfléchit aux mots qu'elle voulait utiliser, et chercha alors le regard d'Alaia, démuni et plein d'incompréhension.


- Une solution possible. Ne crois-tu pas que ce genre d'attitude repousse bien plus facilement les gens qui peuvent t'importuner et qui ne te semblent pas suffisamment "sérieux" ?

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Sam 06 Fév 2016, 12:18

[long moment de silence]

- Comme des mots que l'on ne prononcerait pas...
La peur.
Se montrer ainsi... Devient une fuite aussi. Je veux dire, pour éviter la réputation... Si l'on connait ton visage, si on lui attribue un masque de peur la haine suivra. Pour éloigner un lourdaud c'est efficace, sans aucun doute, mais si ça le dépasse... Dans un lieu public tu auras toujours des regards, particulièrement si tu es perçue comme dangereuse... On cherchera à t'éloigner voir t'attraper, que tu sois dans ton bon droit ou pas.

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mar 09 Fév 2016, 21:23

- Oui. Il faut être alerte et savoir déterminer quand c'est possible. Quand cela ne l'est pas. Il n'y a pas de réponse universelle à l'agression, à la violence, mais une adaptation constante.

C'est pour cela qu'avoir le plus de clés en main est important, tu ne crois pas ? Il faut être créatif pour pouvoir apporter sa propre solution.

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mar 09 Fév 2016, 21:38

- Une solution? J'ai plutôt l'impression d'improviser... Comme on lancerait une pierre sans savoir de quel côté et où elle retombera. Si chacun est différent, si chaque situation est nouvelle et si l'on ne peut se fier à un comportement prédéfini alors à quoi sert l'expérience? Ne risque-t-on pas, à trop vouloir s'adapter, de perdre... quelque chose?

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mar 09 Fév 2016, 21:46

- Hum.. Perdre quoi par exemple ?

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mar 09 Fév 2016, 21:57

-Je ne sais pas vraiment comment le dire... Je me dis qu'une ligne de conduite ça doit tout de même être important. Mais s'adapter doit conduire à en dévier. A-t-on vraiment toujours un choix à faire? Même avec celui-ci s'il n'y a pas de solution dans notre "ligne de conduite", peut-on vraiment en changer comme ça? Ca n'aurait pas vraiment de sens...

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mer 10 Fév 2016, 21:27

Une ligne de conduite, hein ?
Gracieuse n'avait pas du tout tendance à penser comme ça. Peut-être parce qu'elle-même n'avait pas de ligne de conduite, au fond. Pas de barrières mentales. C'était ce qu'on lui avait enseigné, en réalité : la liberté c'est l'absence de limites. Et les limites, cela peut venir du corps – donc il faut l'entrainer – mais aussi et surtout de l'esprit.

Une ligne de conduite, c'est une limite – des limites – de l'esprit. Des barrières psychologiques.
Gracieuse pouvait faire tout et son contraire, c'était sans doute ce qui la rendait un peu effrayante aux yeux des gens qui avaient pu être proches d'elle. Elle n'avait aucune limite, aucune inhibition. Tuer, même si elle avait de l'affection pour la victime, ne lui posait aucun problème.
Etait-ce une carapace ? Sans doute. Ou pas. Chacun son caractère.

Mais apparemment, Alaia avait besoin d'un soutien. De murs solide. Non, pas d'un soutien, mais d'un pilier central autour duquel elle construisait le reste de sa personnalité, de ses perceptions, de son évolution. Elle voulait avoir des principes, d'après sa manière de tourner sa phrase, et cela, c'était le plus difficile à comprendre pour l'envoleuse.

Se redressant sur sa chaise, toujours silencieuse, Gracieuse détailla son apprentie un instant.


- Une ligne de conduite, pour moi, c'est tout un tas de barrières psychologiques qui entravent la liberté. Le panel des choix, justement. Mais tu mets le doigt sur quelque chose d'intéressant, jeune fille.

Gracieuse se redressa sur sa chaise, et se leva souplement, invitant l'apprentie à la suivre.

- Allons dormir. Une longue journée nous attend demain.


ф ф ф


La journée suivante fut longue.
Et celles d'après aussi.
Gracieuse ne lésignait sur absolument rien. Chaque heure était dédiée à quelque chose, bavardages ou exercices. Endurance, souplesse, force, réflexes...  tout concordait à repousser les limites de la jeune fille. En soit, les exercices physiques étaient importants, mais Gracieuse avait bien compris que ce qui ferait avancer Alaia, cela serait la confrontation au monde réel.
La confrontation à ses principes justement. Et jusqu'à quel point pouvait-elle aller, ce qu'elle pouvait endurer, en restant ainsi.

Un soir, Gracieuse trouva la parfaite excuse.
Alors qu'elles se déplaçaient dans la foule de la rue principale, l'envoleuse repéra dans leur dos trois hommes qui les suivaient plus ou moins discrètement. Avec leur mine concentrée et leur démarche assurée, mais aussi leur regard un peu trop appréciateur posé sur elles.
Amenant Alaia dans une ruelle perpendiculaire, elle suivit quelques coudes de rues avant de s'enfoncer dans ce qu'elle savait être un cul-de-sac, vérifiant que les trois hommes les suivaient toujours.

Se tournant vers son apprentie, elle se pencha légèrement vers elle et lui murmura à l'oreille :

- Je suis sûre que tu as repéré les trois hommes qui nous suivaient. Ils ont l'air de savoir se défendre. Un choix découle d'une réflexion rapide, mais efficace. Ai conscience de ce qui t'entoure. Et pas d'armes. Tu es l'arme.

Puis, d'un bond, elle crocheta une infractuosité dans le mur à côté d'elles et s'éleva de quelques mètres pour se glisser sur le bord d'une poutre et se fondre dans l'ombre.
Alors qu'elle disparaissait littéralement, les trois hommes passèrent le dernier croisement qui leur dévoilait Alaia, dans le cul-de-sac. Seule.

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mer 02 Mar 2016, 23:24

La moindre de ses cellules baignait à la fois dans une formidable énergie et dans la douloureuse torpeur née de la fatigue accumulée au cours des derniers jours. Gracieuse avait tout fait pour l'épuiser, la pousser dans ses derniers retranchements, mais paradoxalement elle se sentait pleine d'une énergie nouvelle qui la grisait. Mais au-delà des simples prouesses physiques, elle décelait dans la manière de faire de Gracieuse qu'elle la poussait à l'indépendance. Combien de fois lui avait-elle dit de la suivre avant de sauter une incroyable distance ou de désescalader une façade perchée sur des prises si minuscules qu'Alaia ne les avait de prime abord même pas remarquées?
En creusant l'écart entre elles deux, son maître l'encourageait à tracer son propre chemin, à trouver ses prises et ses propres limites, et cette constatation avait éclairé ses journées dès le soir où, écartant fermement la sensation de froid alors qu'elles discutaient perchées sous le seul regard de la Lune, elle avait compris les motivations de l'envoleuse. Son admiration pour elle avait fait un bond, car elle avait pleinement conscience de la difficulté d'enseigner la voie que l'on arpente en laissant pleine liberté à son disciple de l'arpenter.

Souvenirs. Combien de fois s'était-elle révoltée que son travail finisse sur le tas des chutes de bois lorsque son mentor avait jugé que la technique ne suivait pas assez exactement le modèle?

Son corps avait protesté à ses louanges, arguant que Gracieuse se montrait tout aussi exigeante dans la qualité de ce qu'elle attendait. Un petit sourire était né sur les lèvres de l'apprentie...
Si cela ne tenait qu'à ça.

La journée avait été particulièrement éprouvante et se finissait, comme chaque fois, par un retour à l’auberge en traversant la foule qui inondait les rues. Au-delà du simple exercice de se frayer un chemin dans la foule, un jeu qu’elle appréciait particulièrement lorsqu’elle était petite et cherchait à passer inaperçu aux yeux des adultes qui l’entouraient, elle avait vite découvert une dimension plus… psychologique, tant elle devait exercer un contrôle de fer sur ses nerfs pour éviter de fuir ou de réagir trop violemment aux gestes des gens qui l’entouraient. Loin des foules gentiment bruyantes et étonnamment bigarrées des grandes villes de l’Empire, la population d’Al Far ne paraissait nullement motivée à offrir un autre spectacle que celui de la misère et la violence qui faisait sa réputation dans tout Gwendalavir. Ici, les choses étaient ce qu’elles paraissaient et il n’était nulle question de les empêcher : se mêler de ce qui ne vous regardait pas était le meilleur moyen de finir dans des ennuis plus gros que soi. Et cela, la garde l’avait bien compris…

Alors qu’Alaia songeait rêveusement au bain chaud qui l’attendrait à l’auberge, elle fut tirée de ses pensées par une étrange sensation, une sorte de pressentiment qui se confirma lorsque Gracieuse fit un écart pour se glisser dans une ruelle miteuse. Poussant un soupire, elle s’engagea à sa suite en ouvrant ses sens pour tenter d’anticiper les ennuis qui n’allaient pas tarder à fondre sur elles. Enfin, sur elle plutôt. Une grimace tordit son visage lorsque, derrière le duo, des pas résonnèrent et qu’un mur s’éleva devant elles. Alors qu’elle jaugeait la verticalité qui lui faisait face, repérant les quelques prises qui la parsemaient de bosselures, elle ne put s’empêcher de repenser à son premier cours… Elle allait avoir besoin d’élan si elle voulait le franchir efficacement, malheureusement les trois lascars qui venaient de tourner le coin de la ruelle n’allaient certainement pas la laisser faire tranquillement. Elle eut une pensée agacée pour Gracieuse qui n’avait même pas pris la peine de l’attendre et avait de surcroit rajouté une de ses agaçantes remarques ainsi qu’une… contrainte. Voyez-vous cela !

Le sang battait fortement à ses tempes, noyant les paroles et les rires sous un concert de tambours qui n’était pas sans rappeler une marche martiale. Lentement, mais sûrement, sa main se rapprochait de la lame passée à sa ceinture, aussi lentement et sûrement les hommes face à elle s’approchaient de leur inévitable défaite. Elle pressentait dans leur avancée un jeu de domination qu’elle se refusait de perdre et se mit à avancer elle aussi pour gagner du terrain.
En elle s’élevait une peur grandissant au fur et à mesure qu’elle constatait le déséquilibre de certains appuis et que des stratégies lui apparaissaient en conséquence.
Non.
Ce n’était plus un jeu, comme avec Aodren. Ce n’était plus un exercice auquel la soumettait Gracieuse.
Si, c’est exactement ça.
Regard. A cet instant, elle avait exactement le même regard que Gracieuse au moment où elle s’était éclipsée.
Malgré elle, Alaia dut reconnaître la justesse de cette remarque et en fut écoeurée.
Non.
Sa respiration se calma et un semblant de sourire naquit sur ses lèvres alors que la tempête quittait son regard au profil d’une obscurité qui cachait une détermination sans faille. Sa main s’arrêta à quelques millimètres de la garde, provoquant une certaine tension chez ses adversaires. Puis, joueuse, elle se glissa sous sa tunique.

« Allons mignonne, nous sommes des gentilshommes, nous n’irons pas jusque-là » lança celui qui était à leur tête, mais sa méfiance fondait comme neige au soleil au fur et à mesure que sa peau se découvrait et il esquissa une sourire lorsqu’un de ses comparses s’exclama :
« A moins que vous ne soyez sans le sou ! »
Son sourire s’élargit autant qu’il se durcit alors que les froids baisers de l’atmosphère humide de cette fin de journée soulageaient les marques rouges laissées par les frottements répétés de sa tunique aux articulations. Il lui faudrait bientôt en changer… Tissus et cuir s’étaient usés au fil du temps et des raccommodassions et la tunique, déjà un peu trop petite pour elle en était devenue étouffante. Elle avait prévu de découper le tissu de celle-ci en bandages – et de récupérer le cuir pour d’éventuels renforts sur la prochaine – il semblerait cependant que ses plans ne se dérouleront pas exactement comme prévu.
Anticiper sans prévoir.
Ca aussi elle le tenait de Gracieuse, décidément son maitre avait une mauvaise influence sur l’être. Alaia poussa un petit soupir contrarié qui fit froncer les sourcils à son vis-à-vis.

« Ne me dites pas que vous suivez quotidiennement des gens pendant près d’une heure simplement pour les délester de quelques pièces. La vie à Al Far n’est pas facile mais vous avez sûrement d’autres choses à faire…
- Bah, un petit extra ça ne fait jamais de mal !
»

La tension nichée dans ses muscles était révélatrice de son trouble, malgré le ton léger avec lequel il lui avait répondu. Elle avait donc vu juste, il y avait autre chose. Oui, il y avait décidément une chose sur laquelle elle n’arrivait pas à mettre une pensée mais qui la chatouillait derrière les oreilles. Faisant négligemment tourner le tissu d’un souple mouvement du poignet, elle lui répondit de manière un peu plus agressive…

« Je ne suis pas sûre de me satisfaire du rôle de lot de consolation… Dites-moi, quel est donc ce gros poisson que vous cherchez ? »

Son ironique haussement de sourcil déclencha un concert de baffes intérieures, qu’elle pouvait être stupide !
Mais qu’a-t-elle donc fait cette fois…
Elle résista à l’envie de jeter un coup d’œil dans la direction que l’envoleuse avait prise en partant et, décidant de tirer sa révérence pour pouvoir soutirer les informations à la concernée, elle plaqua son sourire le plus charmeur avant de lancer :

« Bah ! De toute façon que peuvent trois gringalets dans votre genre contre elle ? »

Qu’elle accompagna d’une langue moqueuse avant de s’élancer vers eux. Ils se mirent en garde avec l’habitude de ceux qui ne dorment que d’un œil et elle révisa leur jugement sur eux. D’autant plus que quatre autres hommes avaient surgit de derrière le coin de la ruelle : tiens donc, était-ce leur présence secrète qui l’avait dérangée tout à l’heure ? Il n’était plus temps de se poser ces questions.
Une prise d’élan sur le mur à sa droite la fit faire un virage à presque quatre-vingt-dix degrés alors que sa tunique achevait de la servir fidèlement en servant d’écran pour lui donner quelques secondes de plus. Une poignée de temps durant lequel elle se fit sauvagement déchiquetée par des lames paranoïaques qui avaient réagi avec vivacité… Pas autant que ses jambes qui l’avaient déjà portée à plus de la moitié du chemin de retour, et avec suffisamment de force pour qu’elle arrive à entreprendre une fuite proprement. Elle ne souhaitait pas particulièrement y laisser des bouts au passage.
Se servant une nouvelle fois du mur latéral comme une marche gigantesque, elle sauta et s’étira de tout son long pour crocheter une prise du pied et une autre de la main et ainsi parvenir en haut du mur prétentieux qui avait osé s’imaginer qu’il… Pourrait s’effriter sous ses doigts.
Le sommet avait visiblement connu des jours difficiles et le crépit partait en plaques qui la stoppèrent nette tant qu’elle peinait à garder un appui confortable… et une calme efficacité maintenant qu’il était clair qu’elle n’avait plus vraiment le temps de son soucier de ce genre de détails. Voyant deux lames étinceler du coin de l’œil, elle tenta le tout pour le tout et mis toutes ses forces dans un saut de côté qui mis à sa portée une poutre qui avait l’air plus solide et dépassait d’un bras du toit juste à côté d’elle. Faisant jouer ses abdominaux qui, sans le flux d’adrénaline, lui auraient sans doute remis leur démission, elle se retrouva les quatre fers en l’air… avant de basculer pour achever de se mettre en sécurité. Ses mains avaient souffert de son jeu de prises autant que son dos de la longue estafilade qui la brûlait d’un bout à l’autre – cadeau d’une lame qui l’aurait probablement coupée en deux si elle ne s’était pas redressée – mais elle se sentait trop soulagée et fière pour prêter attention à ces désagréments.
Un coup d’œil de l’autre côté de la fin de la ruelle lui fit néanmoins perdre son sourire car deux archers pointaient leurs traits sur elle…

« Dis à la chienne qui nous a faussé compagnie que Tyl’Urgua n’oublie pas ! »

La voix, pourtant puissante, lui parvint à peine alors que le vent et les morceaux de bois sifflaient à ses oreilles et que ses jambes grognaient férocement sous l’effort qu’elle lui demandait. Courir, sauter, amortir pour changer brusquement de trajectoire… Alaia mettait toute sa force dans sa foulée dans l’espoir de semer ses poursuivants avant de tomber à bout de forces… Gracieuse n’apprécierait sans doute pas de se faire traiter de la sorte, mais en effet il y avait quelques petites choses dont elles devaient discuter. Sérieusement.
En tête à tête.ajouta-t-elle en pensée à l’attention des deux pots de colle qui la talonnaient.
Avisant la fenêtre d’une tour ouverte, elle bifurqua une nouvelle fois, récolta un nouveau trait de feu – sur sa jambe cette fois – et pris quelques pas d’élan avant de plonger dans l’ouverture, accueillie à l’atterrissage par les bras d’une magnifique demoiselle qui, pour se venger de s’être servie d’elle comme amortisseur, légua au crâne de l’apprentie une bosse dont elle garderait longtemps le souvenir. Ne souhaitant pas spécialement s’attarder, elle claqua la fenêtre et jeta un coup d’œil à la penderie avant de s’emparer d’une longue veste à capuche qui serait parfaite pour disparaître, de la prendre sous le bras et de dévaler les escaliers – franchement, qui penserait qu’elle descendrait par les escaliers ? – en bourrant au passage un grassouillet petit homme qui poussa un cri strident de jeune fille effarouchée qui faillit lui tirer un sourire. Arrivée devant la porte, elle s’empara d’un panier qu’elle remplit de bibelots recouvert à la va-vite d’un autre morceau de tissu avant de se fondre dans la foule, se dirigeant d’un pas nonchalant mais décidé vers ce qu’elle savait être l’avenue commerçante. Elle prit deux grandes inspirations afin de calmer son cœur affolé et de faire taire les signaux de détresse qui hurlaient à l’intérieur de son crâne pour qu’elle puisse se concentrer sur les mouvements de la masse autour d’elle.

Ennemie mortelle ou efficace protection ?
De toute façon son corps lui rappelait très explicitement que, moins de deux heures auparavant, elle était censée prendre une douche et un bon repas avant d’attaquer une –trop brève mais nécessaire – nuit de sommeil que tous ses membres s’accordaient à dire amplement méritée.
Alors Gracieuse ou pas, elle vendrait ses bibelots – enfin, ses… - excepté sans doute ces clés qu’elle devinait du bout des doigts et qu’elle entreprit de mettre en sécurité sous sa veste au propriétaire d’une auberge qui n’aurait pas l’air trop minable et négocierait en échange un lit. Un vrai lit. Avec de la nourriture et de l’eau chaude. Pour une nuit entière.
Dieux, elle en rêvait !


[je me suis peut-être un peu laissée emportée...
Si besoin est: ledit charmant personnage apparaît dans ton rp avec Lacrya, tu as projeté de tuer son fils mais tu n'as jamais dit que tu l'avais fait...]

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Sam 05 Mar 2016, 21:09

[ Désolée, c'est court et ça ne rend pas justice à ton RP Neutral ]






Gracieuse avait repéré même ceux cachés, ces hommes qui pensaient pouvoir faire quelque chose contre elle. Elle ne doutait cependant pas que son apprentie puisse s’en tirer sans trop d’égratignures. Sans armes, elle s’en coltinerait nécessairement, mais cela devrait rester gérable.

Du haut de son toit, l’envoleuse observait la scène avec intérêt. Alaia commençait sérieusement à se dérider et à devenir mortellement efficace. Etait-ce parce qu’elle-même avait compris que la jeune femme ne pouvait pas suivre sa voie à elle, mais devant arpenter sa voix propre ? Elle avait accepté que la jeune apprentie était unique elle aussi. Ça devait aider. Et l’apprentie en question l’avait également compris. Elle ne voulait pas de clone, mais une envoleuse qui réfléchisse par elle-même.

Elle avait une technique très intéressante d’ailleurs. C’était intelligent de se servir des murs comme appuis pour prendre de la vitesse et de la précision. Même si elle n’avait pas vu que le haut du crépi s’effritait, elle se rattrapa très bien, et Gracieuse ne put s’empêcher de hocher la tête toute seule.


- Dis à la chienne qui nous a faussé compagnie que Tyl’Urgua n’oublie pas !

Gracieuse ne put s’empêcher de hausser un sourcil, avant d’éclater de rire… Est-ce que ce son se propagea jusqu’en bas de la ruelle ? Elle s’en fichait, mais en tout cas Alaia venait de réussir à fausser compagnie à ces badaus, et l’envoleuse la suivit comme une ombre sur les toits, la voyant entrer dans une maison par la fenêtre et sortir par la porte avec une cape sur la tête et un panier dans les mains.

Pas mal, pas mal.

L’envoleuse laissa la jeune fille voguer d’elle-même pendant une quinzaine de minutes avant de la rejoindre en effleurant son épaule droite. Elle lui adressa un sourire, faisant glisser la capuche qu’Alaia avait toujours sur la tête en arrière.
Elle vit dans son regard que cette dernière voulait des explications… Elle n’eut vraiment pas envie d’en donner. Mais en même temps, elle savait également que c’était légitime, comme attente de la part de son apprentie, et elle ne put s’empêcher de pousser un soupir exaspéré. Elle détestait devoir des explications à qui que ce soit. La dernière fois qu’elle-même avait demandé des explications, cela s’était terminé en déclaration d’amour dont elle ne voulait absolument pas… Alors bon, non merci, clairement.

Mais elle se souvenait avoir été dans une situation similaire lors de son propre apprentissage et… Bon, ben elle allait le lui dire à un moment ou à un autre.


- Allez, tu as mérité un bon repas et un lit.


ф ф ф


Elles étaient attablées, tranquillement, et leur repas servi quand Gracieuse posa ses deux mains sous son menton pour le soutenir.

Elle plongea son regard violet dans celui de son apprentie, et poussa un petit soupir.

- Pose tes questions. J’ai pas envie de donner d’explications, donc choisis bien tes mots.

Ou comment transformer une conversation nécessaire en un exercice aussi.
Un sourire en coin étira les lèvres de Gracieuse, qui prit une fourchette de son civet de siffleur dans la bouche, attendant donc la première et les autres questions d’Alaia.

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mer 09 Mar 2016, 19:34

[court mais je ne voulais pas me contenter d'un dialogue^^]

Seules les quelques piécettes qu’elle tenait fermement de sa main libre après qu’une passante l’ait arrêtée pour lui acheter un colifichet permirent à la main qui se posa sur son épaule – la prenant par surprise – de ne pas se faire violemment tordre. Sa capuche, en tombant, lui dévoila le regard approbateur de son maître et elle se détendit – peut-être un peu vite, certes, mais après quinze minutes sans ennuis elle pouvait se le permettre, du moins lui semblait-il. Les mots qui sortirent de sa bouche eurent un accueil nettement plus contrasté, teinté de surprise et d’une joie immense. Elle répondit un humble « Tout à fait d’accord » avant de suivre une fois de plus la silhouette entre les badauds sans pouvoir se retenir de jeter de fréquents coups d’œil autour d’elle, rendue plus méfiante par l’arrivée de Gracieuse.

Le ragout de siffleur dégageait une douce chaleur qui la détendit au fur et à mesure des cuillères, jugulant un moment le flot de pensées qui l’avait assailli lorsque l’envoleuse l’avait retrouvée. Si, lors de leurs retrouvailles, leur traversée de la foule bruyante et animée l’avait empêchée d’ouvrir la bouche pour satisfaire sa curiosité, elle tenait là le moment rêvé pour poser ses questions, sans oser le tenter. Heureusement, la perspicacité de son maître n’avait pas été sans attribuer aux reflets changeants de ses iris son besoin de réponses et avait ouvert le dialogue. Ouvert… et contrôlé.
Son couvert entama une lente descente vers l’assiette de bois qui trônait, encore à moitié pleine, devant elle pour y être abandonné alors que les doigts d’Alaia explorèrent un instant ses cheveux courts. Se retenant de laisser échapper un petit soupir qui pourrait être mal pris, elle préféra chasser de son esprit l’image tentante du repas qui l’attendait en mêlant le bleu profond au parme. Etrange mélange…
Si tu n’as pas la bonne réponse c’est que tu ne poses pas la bonne question petite souris !
S’exclama joyeusement la voix de son père, encore parée de ses notes amusées auxquelles elle répondait immanquablement par une boue faussement boudeuse.
La bonne question…
Que te voulaient ses types ?
L’emmener chez leur maître, probablement pas pour une visite de courtoisie ni sans l’avoir convenablement… préparée à cette entrevue.
Pourquoi ?
Qu’avait-elle fait ?
Que faisait-elle ?
Elle la formait. Oui. Et ?
Que faisait Gracieuse entre leurs cours ?
Probablement la même chose qu’elle, car après tout si l’envie de sortir du Domaine l’avait elle-même prise aux tripes comment pouvait-elle imaginer qu’il en serait autrement pour son maitre ?
Il y avait quelque part quelque chose qui clochait, mais elle n’arrivait pas à mettre le doigt dessus et plissa les yeux sous la concentration. Vite, Gracieuse n’allait pas attendre éternellement. Bien, elle avait exigé peu de questions, les bonnes questions.
Vite et bien.
Efficacité.
La marque des envoleurs…
Envoleuses. Elles étaient envoleuses et passaient leur temps à voyager. On les nourrissait, les logeait, leur fournissant matériels et professeurs. Les mercenaires du Chaos n’étaient pas une association caritative, et si Shan avait réussi à le lui faire oublier, que Gracieuse ne la forçait aucunement à suivre une voie qui ne serait pas la sienne propre, qu’elle n’avait reçu aucun ordre d’une instance supérieure, elle ne pouvait que se demander…

Quel est le but des env… de notre section ? Qu’attendent-ils en retour de … tout ça ?

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mer 09 Mar 2016, 19:51

[ Du coup moi je réponds par un dialogue... Razz ]



- A la base, nous sommes là pour répandre le Chaos. Dans nos actes, dans nos missions, dans notre façon de vivre. Créer un climat de peur et de suspicion pour pouvoir renverser l'Empereur et faire naître un nouveau monde de ces cendres.

Dans la pratique, nous sommes censés être des tueurs de marchombre. Être les têtes pensantes, les pions autonomes du plateau de jeu, pour aider à la mise en place d'un nouvel Empire.

En réalité, nous ne sommes que des êtres humains. Et on a tous nos problèmes.



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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Jeu 10 Mar 2016, 22:41

[Pas de soucis ^^]

Répandre le chaos…
M’étonne pas que ça te plaise, tu sembles assez douée pour ça…

L’apprentie frissonna au souvenir d’une nuit d’orage, pinçant les lèvres en sentant la désinvolture avec laquelle l’être traitait… l’incident.
Missions ?
Voilà qui alluma une étincelle de curiosité – et d’appréhension – dans son regard. Rapidement suivi d’une petite moue dubitative. Mais elle sentait que ce n’était pas à son tour de parler, pas encore, et les moments où Gracieuse acceptait de s’ouvrir ainsi étaient suffisamment rares pour qu’elle les respecte. D’autant que la suite l’intéressa au plus haut point.
Marchombres ?

Je n’ai rien de personnel contre l’Empereur, lâcha-t-elle en un haussement d’épaules.
Ni contre ces… marchombres ?
Je trouve ça assez illogique qu’on nous attribue le rôle de têtes pensantes si c’est pour nous imposer des missions ; et quand bien même : des électrons libres au sein d’une institution aussi organisée… Ca me semble vachement risqué. S’ils n’ont que notre bon vouloir en garantie… Ce serait donner nous trop de pouvoir et j’imagine mal ceux qui sont à la tête le partager avec qui que ce soit. Nous n’avons donc aucun devoir ?


Le mystère des Mercenaires s’épaississait.

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mar 15 Mar 2016, 19:53

- Ça, jeune fille, tu l'apprendras quand tu rencontreras un Mentaï... Mais ils partent du principe que le Chaos détruit également le Chaos, et c'est ce qui le rend plus fort. Comme un phoenix qui renaît de ses cendres. Notre bon vouloir, finalement, représente le Chaos. Imprévisible et puissant, indomptable mais libre. Et qui se répand. Notre existence-même nourrit le Chaos.

[ Un sourire dur le visage. ]

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mer 16 Mar 2016, 13:16

Rencontrer un Mentaï? Non merci!

Le Chaos par la liberté... souffla-t-elle.

L'Ordre impose et le Chaos s'impose.
Joli, admit-elle.

Notre seul but serait donc de vivre... Et ça leur suffit. Qu'est ce qui distingue un envoleur alors? Je veux dire, pourquoi ne pourraient-ils pas tous l'être ? On nous offre quelque chose d'unique et infiniment précieux: pourquoi nous et pas les autres?

... Je rêve ou tu te sens redevable? Tu crois que les Mentaïs font dans la charité peut-être ?

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mer 16 Mar 2016, 21:40

- Parce que tout le monde n'est pas capable d'assumer un tel... cadeau.
La plupart d'entre eux préfèreront suivre des instructions plutôt que de prendre leurs propres décisions. Les humains sont des fainéants, et ne préfèrent laisser la responsabilité de leurs actes aux autres plutôt qu'à eux-même. Ils ne sortent jamais de leur zone de confort - physique, émotionnel ou social.


[ Sourire mystérieux sur les lèvres mais lueur dangereuse dans les yeux. ]

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Mer 16 Mar 2016, 23:01

Trop dangereux, imposa-t-elle avec la force inébranlable des convictions. De suivre des ordres, j'entends.

On est déjà tellement peu sûr de ce qui va arriver en prenant ses propres décisions...

Ca c'est seulement parce que tu n'as pas la force de plier le réel à ta volonté.

Ce n'est pas une histoire de force.

... vraiment?


Ces lascards qui te couraient après... c'était suite à une de ces missions? En quoi consistent-elles généralement? J'imagine que ce sont elles qui financent nos escapades... L'Ordre ne nous rendrait pas autonomes pour nous engraisser ensuite.

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Ven 18 Mar 2016, 21:42

- Rien à voir avec l'Ordre, cette mission-là. On a tous besoin de se faire un peu de tintant.

Mais les missions sont souvent des missions d'accompagnement de caravanes transportant des trucs importants pour les Mentaïs. Ou autre. Je suis pas non plus dans leurs petits papiers...

Dis-moi, Alaia, tu as entendu parler de l'Ahn-Ku ?


[ Soudain, son visage devient un peu taquin ]

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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Ven 18 Mar 2016, 21:48

Donc il y en a données par les Mentaïs et d'autres que l'on choisit...
Ca te plairait?
Je serais curieuse d'essayer. Accompagner une caravane, je ne vois pas exactement en quoi ils auraient besoin de nous mais voyager avec un groupe aussi grand... ça pourrait être fichtrement intéressant!

[réfléchit un instant]

... Non, jamais entendu parler. Je ne suis pas restée très souvent au Domaine aussi.

[un peu méfiante]

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Gracieuse Dûbudchev
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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Ven 18 Mar 2016, 22:18

- C'est un examen durant lequel l'apprenti est jugé sur ses capacités physiques et psychologiques par trois autres maîtres envoleurs que celui qui l'a guidé.

Ce ne sont pas des épreuves faciles, loin de là. Certains apprentis y laissent la vie. D'autres abandonnent. Une poignée réussit pour pouvoir prétendre à avoir un entretien particulier avec les Mentaïs justement. Et pouvoir accéder un jour au titre de maître envoleur.

__________________________________________


« Botero
C'est beau
Aller coupe coupe coupe moi les hanches
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Botero
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Alaia Tendor
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MessageSujet: Re: Groupes Nudii - Cours n°3   Ven 18 Mar 2016, 22:26

C'est à moi de décider si j'y participe alors... Et j'imagine qu'on ne peut pas assister à celui de quelqu'un d'autre, qu'il n'y a pas d'épreuves blanches: rien pour se faire une idée concrète quoi.

__________________________________________


Erwan et Ella se sont penchés sur mon cas, merci à eux!


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Groupes Nudii - Cours n°3
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