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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 [-16] Groupe Wolld - Cours n°2

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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: [-16] Groupe Wolld - Cours n°2   Mer 19 Juil 2017, 00:20

Le contact des doigts de Gil dans son dos la fit d'abord tressaillir, d'appréhension comme de surprise. Mais elle dut bientôt reconnaître qu'il savait s'y prendre, et que le léger massage détendait peu à peu la majorité de ses muscles... alors elle se laissa aller, inspirant lentement.

Ce n'était pas encore fini.

L'envoleur lui intima de se mettre debout pour procéder aux étirements, et elle s’exécuta non sans grommellement. Une tête à faire peur ? Il n'avait pas vu la sienne ! Malgré son propre état et les efforts de l'homme pour faire comme si de rien n'était, elle voyait bien que quelque chose clochait, rien qu'à sa tête justement. Elle ignorait totalement quelle en était la raison, mais il avait mal quelque part, et pas qu'un peu. L'éclat de douleur dans son regard bicolore ne pouvait pas mentir, et Khamill se demanda un instant si la souffrance était purement physique, ou s'il y avait aussi quelque chose de mental, d'affectif. Elle l'avait compris lors de leur première rencontre : Giliwyn SangreLune, comme elle, faisait partie du clan des écorchés. Des écorchés vifs.

Elle ne dit rien cependant, se contentant d'enchaîner les différents étirements tout en écoutant les conseils que lui prodiguait le maître envoleur. Elle se permit de savourer le compliment sur sa rapidité – elle se doutait qu'ils seraient rares. Gil lui montra ensuite comment corriger la plupart de ses failles, et elle s'assit à nouveau pour l'observer attentivement.

A l'exception près du petit discours qu'elle avait exécuté devant l'envoleur quelques heures plus tôt, Kham parlait peu, et même très peu ; mais elle savait écouter. Et voir.

C'est pourquoi elle s'aperçut immédiatement que si l'homme s'était soudain arrêté, c'était encore à cause de sa douleur inconnue. Songeuse, elle le regarda s'éloigner entre les rochers, puis, lorsqu'il eut disparu de son champ de vision, elle poussa un long soupir et se leva en grimaçant pour attraper une gourde. Elle but de longues gorgées d'eau fraîche et s'en aspergea le visage, le cou et les bras, autant pour se rafraîchir que pour enlever le maximum de sueur, et enfin elle alla s'allonger sur sa couverture. Épuisée, elle ne tarda pas à s'endormir.

Les cauchemars se firent plus flous cette nuit-là.



***




La jeune femme s'habitua rapidement à la routine qu'elle accomplissait désormais aux côtés de Gil. Courir longtemps, s'étirer, nager et améliorer sans cesse ses capacités dans et sous l'eau, puis s'entraîner au combat à mains nues avant de manger. Kham apprit à apprécier particulièrement ce moment de la journée, malgré la mauvaise foi presque constante de l'envoleur, parfois hallucinante et sacrément chiante, et même si elle ne l'aurait avoué pour rien au monde. Elle ressentait presque de l'indifférence pour la nudité de l'homme désormais, même si au fond d'elle-même, elle ne pouvait pas s'empêcher de rester sur le qui-vive... et qu'elle se surprenait parfois à avoir des impulsions de recul, ou des difficultés à respirer normalement, lorsqu'il était trop proche. C'était plus qu'ardu d'aller contre ce qui était devenu instinctif en elle.

Cette routine lui allait bien, parce qu'elle l'aidait beaucoup à retrouver des repères qu'elle avait eu avec Pan, ou même seule, et qu'elle avait cru détruits et disparus. L'après-midi, elle se pliait aux différents exercices auxquels la soumettait Gil, avec plus ou moins de bonne volonté selon les situations – et selon leurs humeurs respectives. Parce que c'était le cas de le dire, il était carrément moins facile à vivre que Pan. Et comme elle lui ressemblait aussi sur ce point... Parfois, elle en avait sacrément marre et manquait tout bonnement de se tirer. D'autres fois, c'était elle qui menait l'homme à bout, et ça la faisait presque rire intérieurement. Mais elle restait, et lui aussi. Au fond, peut-être qu'ils allaient bien ensemble...

Pourtant, même si elle le considérait bel et bien comme un maître envoleur, elle ne parvenait pas à l'envisager comme
son maître. Comme un nouveau maître. Plutôt une sorte de remplaçant temporaire, peut-être...



***




Bon, cette fois, ça frisait presque le ridicule. Se mettre en équilibre sur une jambe en haut d'un rocher rachitique, juste au dessus des vagues déchaînées, et attraper des coquillages sans se casser la gueule dans l'Océan prêt à la gober... pourquoi pas partir à la pêche aux requins, pendant qu'on y était ? Des fois, elle se demandait vraiment ce qu'il se passait dans la tête des maîtres, et encore plus dans celle de Gil. Avant d'abandonner aussitôt toute envie de savoir. Bon, après tout, Pan lui avait déjà demandé de danser avec le vent, tout en haut d'une falaise vertigineuse, dans les montagnes du Poll. Alors pourquoi pas jouer avec des coquillages en plus, hein ?

De toutes façons, elle n'eut pas le temps de protester : dès qu'elle fut en place et un minimum stabilisée, le premier coquillage fila dans sa direction. Tout était une question d'équilibre et de précision, mais aussi de vitesse. Elle dut se pencher largement en avant pour saisir le coquillage dans sa paume, avant qu'il ne lui passe sous le nez. Au moment où elle refermait ses doigts dessus, elle manqua d'équilibre et se rattrapa in-extremis, en sautant sur l'autre jambe. Elle glissa sa prise dans sa poche, et reporta son attention sur Gil, une lueur de défi dans le regard. Sauf que le second coquillage arrivait déjà, la prenant par surprise. Elle était un peu moins à l'aise sur la jambe gauche, et n'eut pas le temps de développer une concentration suffisante ; elle parvînt à saisir le coquillage... mais bascula du rocher. Retrouvant des réflexes anciens, elle transforma aussitôt sa chute en plongeon, et l'entrée dans l'eau salée ne fut pas trop désagréable. Elle reparut quelques secondes plus tard sur la plage. Grognant toute seule, elle reprit sa place sur le rocher... après avoir fourré le second coquillage dans sa poche.

C'était encore pire qu'au début, parce qu'elle était un peu essoufflée et que ses vêtements mouillés lui collaient à la peau. Elle se replaça quand même sur le pied gauche, et essaya de projeter son attention tout autour d'elle. Du coin de l’œil, elle vit l'envoleur lever le bras, prêt au lancer. Cette fois, elle ne le regarda pas, gardant les yeux fixés devant elle pour assurer davantage son équilibre. Mais lorsque le troisième coquillage arriva, elle était prête. Une vibration dans l'air... aussi vive que le petit objet qui filait vers elle à toute allure, elle tendit le bras et l'attrapa au vol. Presque trop tard, car ralentie par le poids de l'eau dans ses vêtements, et elle vacilla encore une fois sur son rocher, mais de manière assez minime pour pouvoir retrouver instantanément son équilibre. Le troisième coquillage rejoignit ses deux compagnons.

Changeant de jambe, Kham se prépara à s'emparer du suivant. Finalement, l'exercice était plutôt marrant.
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Groupe Wolld - Cours n°2   Mar 29 Aoû 2017, 09:28

[Gnaaah, désolée pour l'attente, et puis c'est court ! Mais Gil refait surface, c'est bon signe, après plusieurs semaines de silence radio. L'effet Khamill, sans doute... Very Happy]



Lorsque Khamill attrapa le troisième coquillage, un éclat scintilla dans les yeux de Gil et ses lèvres esquissèrent un bref sourire. Enfin ! Tu commences à comprendre… Il leva le bras et fit mine de lancer le coquillage enfermé dans son poing. Un coup pour rien, un coup pour vérifier ce qu’il croyait avoir entrevu à l’instant, un coup pour de semblant… Son sourire s’élargit. Khamill n’avait même pas frémi. Elle avait compris. En louchant sur lui, ou plutôt sur sa main, elle restreignait son champ de vision et donc son champ d’action, ce qui rendait toute tentative de réception très aléatoire. Alors qu’en étant attentive à tout ce qu’elle avait sous les yeux – les vagues, les rochers, la plage, les mouettes au-dessus d’eux – la jeune femme était capable de percevoir un détail minuscule, grand comme un coquillage, dans une image plus vaste. Et de l’attraper sans perdre l’équilibre. C’était un concept presque impossible à enseigner sans passer par la pratique, un obstacle qu’il fallait franchir en y étant d’abord confronté pour en comprendre tous les enjeux et surtout le mécanisme. Satisfait, Gil lança encore quelques coquillages, variant les angles d’attaque et cherchant à surprendre son apprentie. Elle avait fait le plus dur. A présent, ses chutes n’étaient dues qu’à un défaut d’appui qu’il s’amusa à la regarder rectifier toute seule.

- A toi, dit-il au bout d’un moment (quand il en eu assez de chercher des coquillages sur les rochers voisins du sien).

Il se mit en équilibre sur la jambe gauche… et se résolut à n’attraper les coquillages qu’avec la main droite. Un défi qu’il releva brillamment, jusqu’à ce qu’un lancer plus malicieux ne le contraigne à exécuter un bond formidable, mais il referma le poing sur sa cible juste avant de toucher l’eau. Une minute plus tard, il reprenait sa position, trempé mais ravi.

- A moi. Obligation de saisir le coquillage avec la main opposée à ta jambe d’appui.

Voilà de quoi sérieusement menacer le fragile équilibre d’un exercice particulièrement ardu ! Mais si Gil en était capable, pourquoi pas Khamill ? Il fallait être à l’écoute de son propre corps pour savoir lire dans ses oscillations et anticiper les mouvements brusques, liés à une volonté inconsciente de rétablir l’équilibre. Gil fit exprès d’envoyer ses tirs à des endroits qui obligeaient son élève à vriller le buste et à défier les lois de la gravitation, aux limites du possible, afin de récupérer les coquillages. Ils ne parlaient pas, ni l’un, ni l’autre, Gil se contentant d’ouvrir la bouche pour annoncer le changement de lanceur. Au bout de deux heures, il n’avait même plus besoin de le faire puisqu’ils échangeaient naturellement les rôles. Chacun s’ingéniait à piéger l’autre, en inventant des règles tordues, en envoyant un coquillage plus fort, plus haut, plus loin. Quand Gil se mit à lancer plusieurs coquillages en même temps, Khamill commença à montrer quelques signes de fatigue. Il décida de s’en tenir là pour l’instant.

- On recommencera, promit-il simplement lorsqu’ils eurent regagné la plage pour s’y asseoir, essoufflés.

L’un comme l’autre avait la plante des pieds écorchée à force de se maintenir en équilibre sur les rochers. Ils étaient mouillés mais le soleil les réchauffait doucement. L’heure de manger était passée depuis longtemps, mais l’exercice avait donné fin de plus d’action encore : ils récupérèrent en faisant quelques abdos, puis Gil tendit un poignard à Khamill. Il s’éloigna d’elle à cinquante pas, planta un bout de bois dans le sable et sur le bout de bois, une pomme. Une pomme qui avait un sourire torve et qui faisait un clin d’œil. Curieux comme il s’amusait à donner un visage à ces fruits depuis qu’il était avec Khamill… Il la rejoignit tranquillement, les cheveux ébouriffés et l’air goguenard.

- On va voir si tu as vraiment pigé.

Son doigt désigna la pomme.

- Dégomme-la.

Il avait décidé de la laisser faire, mais en la voyant prendre position, un grognement lui échappa et il s’approcha. Quelque chose clochait. Sourcils froncés, il s’accroupit et effleura le genou de son élève, puis claqua de la langue. Elle bougea. Pas assez. Nouveau claquement de langue. Gil ne fit rien d’autre jusqu’à ce qu’enfin la posture de Khamill soit parfaite. Alors, il se redressa et fit un pas en arrière, puis croisa les bras. Il ne regarda pas dans la direction du poignard : c’était elle qui l’intéressait, pas le sort de la pomme. Il pouvait deviner, à sa façon de se tenir et aux expressions qui se succédaient sur son visage, si le lancer était satisfaisant ou non. Elle se voulait impassible mais c’était loin d’être le cas : un mordillement de la lèvre inférieure trahissait sa concentration, un frémissement de la pommette gauche prouvait son agacement, un éclat dans ses yeux démontrait sa fureur…

- Khamill, dit-il au bout d’un moment. C’est comme avec les coquillages. Le détail vient après la globalité. Aie une vision d’ensemble au lien de t’enfermer dans la petite lucarne offerte par ta cible. Saisis le détail dans la globalité, trouve le temps du poignard et dégomme-moi cette fichue pomme.

Pas que l’exercice l’ennuyait mais il commençait à avoir faim.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: [-16] Groupe Wolld - Cours n°2   Sam 02 Sep 2017, 17:12

[Tant mieux pour Gil Very Happy Mais... ouille ouille ouille. S'il-te-plaît, empêche-le de tuer Kham...]





L'exercice était plutôt marrant... mais une fois qu'elle eut compris le truc, il devint vite lassant. Certes, Gil réalisait des lancers à chaque fois différents, la forçant à repousser toujours plus ses limites, autant dans le domaine de la vitesse que dans celui de l'équilibre ou de l'observation – l'observation dans son sens général d'ouverture à l'environnement. Elle perdait du souffle et fatiguait à force de concentration. Quand l'envoleur déclara que c'était à son tour d'attraper les coquillages, elle ne retint pas un soupir de soulagement. Essuyant la sueur sur son front, elle quitta sa place sans un regard pour lui.

Une fois leurs places échangées, elle réalisa qu'elle pouvait en profiter pour se « venger » : lançant avec adresse les projectiles, un petit sourire pervers aux lèvres, elle s'amusa à tester les capacités du maître. Celui-ci ne se démonta pas et n'hésita pas à effectuer des figures improbables pour réussir. Khamill s'aperçut qu'il mettait lui-même en danger son équilibre, saisissant les coquillages de la main opposée au pied sur lequel il se tenait. Haha, tu vas voir, frimeur ! Le bigorneau fila au ras du rocher, et l'apprentie cru bien que Gil avait échoué sur son coup. Elle le vit perdre son équilibre et chuter vers les vagues.

Mais... ce n'était pas une chute. Ou plutôt, c'était une chute contrôlée : plissant les yeux, Khamill vit le poing de l'homme se refermer sur sa « proie » une seconde avant qu'elle ne touche l'eau ; et lorsqu'il y entra, ce fut en plongeon maîtrisé. Elle eut une petite grimace presque déçue, mais elle dut reconnaître son admiration pour l'envoleur. Et quand il émergea des vagues, il ne semblait même pas essoufflé. Souriant toute seule, avec sincérité cette fois, elle reprit son ancien rôle et sa place sur le rocher comme il le lui demanda. Elle était curieuse de voir si elle pouvait faire comme lui, désormais ; faire mieux encore que sa première série de tentatives. Pour une fois, elle s'en sentait capable.

Et elle avait raison.


***



Elle avait raison, parce qu'elle avait progressé à bonne allure, malgré l'équilibre précaire auquel Gil l'avait astreinte. En plus d'avoir encore gagné en vitesse et en précision, ses mouvements étaient devenus plus fluides, ses gestes plus souples, et, au rythme effréné des coquillages qui filaient vers elle, elle était finalement entrée dans une véritable danse, virevoltant sur l'extrémité du rocher, bondissant dans les airs, plongeant dans les vagues agitées. Une danse non pas solitaire, mais en coordination avec l'ensemble des éléments qui l'entouraient : le vent, l'eau, les coquillages, la roche, les cris des mouettes.

Le corps avait ses limites cependant, et Khamill finit par ressentir des signes de fatigue agaçants. Son souffle se modifia à nouveau, ses muscles la tiraient, son pied et ses doigts n'étaient plus aussi vifs. Elle laissa échapper des coquillages et faillit même glisser et s'écraser peu gracieusement contre le rocher, se rattrapant in extremis. Elle décida de s'arrêter pile au moment où Gil le lui demanda. Regagnant la plage, elle se laissa tomber sur le sable et repoussa ses cheveux en arrière. Elle compta les coquillages qui s'étaient amassés dans ses poches en s'efforçant de reprendre son souffle. C'était une belle récolte ! Ils méritaient tous les deux une pause et un bon repas...
non ?

Non. Malgré ses protestations, l'envoleur la poussa à effectuer une série d'abdominaux avant de passer à un autre exercice : le lancer de poignard. Le sourire que traça Gil sur la pomme lui fit froncer les sourcils. Elle en avait marre de ses gamineries !

- On va voir si tu as vraiment pigé.
- Ton sourire te donne l'air encore plus idiot que cette foutue pomme, face de Trodd. En plus je suis sûre que t'as autant la dalle que moi
, ajouta Kham en marmonnant.

C'est vrai, quoi ! Ils étaient pas des surhommes, non plus, et les prouesses physiques ça remplissait pas un estomac, au contraire ! Du coup, elle se plaça n'importe comment, ce qui eut seulement pour effet de rallonger la situation puisqu'il ne la laissa pas tranquille jusqu'à ce qu'elle soit en parfaite position de lancer. Sérieux, ces claquements de langue ça la rendait dingue, elle était pas un chien non plus ! Le regard attentif de Gil sur elle était pesant et l'empêchait de se concentrer. Pourtant, elle s'était entraînée des mois, des années, au lancer de poignard, et c'était l'un des domaines dans lequel elle s'était le plus perfectionnée. Elle pouvait parfaitement atteindre des cibles mouvantes,  alors un fruit immobile sur un poteau ! Même à cinquante mètres, ça pouvait le faire. Mais il y avait ce sourire débile...

La voix de l'envoleur résonna dans l'air, et elle ferma les yeux une seconde ; elle avait toujours du mal à l'entendre dire son prénom. Elle s'obligea pourtant à se concentrer sur ce qu'il disait, puisqu'il semblait avoir quitté son « mode gamin ».


- Le détail vient après la globalité. Aie une vision d’ensemble au lien de t’enfermer dans la petite lucarne offerte par ta cible. Saisis le détail dans la globalité, trouve le temps du poignard et dégomme-moi cette fichue pomme.

Ouais, ouais. Inspirant lentement, Khamill plissa les yeux, les rouvrit. Le détail après la globalité... Le détail dans la globalité... Soudain, l'apprentie leva le bras et lança enfin l'arme. Elle laissa son bras en avant tout le temps que le poignard tournoyait sur lui-même... et jusqu'à ce qu'il se plante dans la pomme. Déchirant ce foutu sourire en deux et la projetant au sol, en morceaux.

Alors seulement, Kham baissa le bras.

Se tournant vivement vers Gil, elle l'observa avec un air mi-figue, mi-raisin. C'était son sourire à lui, moqueur, railleur, qui l'énervait vraiment. C'était ce sourire là qu'elle voulait changer.


- En parlant de détail dans la globalité, et si tu me disais maintenant pourquoi tu souffres autant ? Parce que ça se remarque, hein... Je sais pas ce que c'est, mais tu devrais arrêter de t'injecter ce truc, d'ailleurs.  Ça serait pas en rapport avec ta marchombre, quand même ?

Elle réalisa que ses questions n'étaient pas seulement liées à son envie de lui rendre la monnaie de sa pièce, mais aussi et surtout à une inquiétude réelle qu'elle avait envers lui.

Sauf qu'elle sentit aussi qu'elle était allée trop loin. Beaucoup trop loin.


...Trop tard.

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MessageSujet: Re: [-16] Groupe Wolld - Cours n°2   Jeu 07 Sep 2017, 06:51

[Okay, bon, heu... ouille ouille ouille, comme tu dis >< Pour le coup j'ai pas osé aller plus loin pour ne pas anticiper la réaction de Kham...]


Gil plissa les yeux. Elle avait explosé la pomme, mais ce n’était pas ça qui captait son attention : c’était la grimace de la jeune femme, à peine plus matoise que celle qu’il avait gravée sur le fruit. Il sut qu’elle allait dire quelque chose de terrible avant même qu’elle ouvre la bouche. Il aurait eu le temps de bondir et de l’assommer s’il l’avait vraiment voulu. Une petite part de lui était consciente que c’était beaucoup trop simple, une solution de facilité à laquelle il s’était déjà trop souvent adonné. Il se contenta d’attendre, prêt à encaisser le choc.

- En parlant de détail dans la globalité, et si tu me disais maintenant pourquoi tu souffres autant ? Parce que ça se remarque, hein... Je sais pas ce que c'est, mais tu devrais arrêter de t'injecter ce truc, d'ailleurs.  Ça serait pas en rapport avec ta marchombre, quand même ?

BAM, mange-toi ça mon grand. Tu sens la douleur dans ton ventre, là ? Comme si elle t’avait flanqué un coup de poing ? Tu sens l’oxygène qui délaisse tes poumons, les couleurs qui s’estompent sur tes joues ? Et la morsure du manque, tu la sens bien ? Les crocs effilés qui se plantent dans tes entrailles, la nervosité qui s’installe, les frissons qui grandissent et la peur qui revient à toute vitesse ? Tu sens que je suis en passe de me réveiller, hein ?

Laisse-toi aller. C’est pas si terrible, au fond, tu verras. Laisse-toi envahir par toute cette souffrance que tu combats depuis tes seize ans. Laisse-la se transformer en haine pure. Tu as tout perdu, Gil. Absolument tout…


Gil serra les poings et son regard s’assombrit. C’est vrai qu’il avait mal au ventre et qu’il était aussi pâle qu’un mort. A deux doigts de bondir pour faire taire Khamill à tout jamais, il se retint. La force de sa volonté était trop forte. Si je la tue, elle, je n’aurai vraiment plus personne, songea-t-il amèrement. Il ne savait pas trop ce qu’elle représentait pour lui, mais affirmer qu’elle ne représentait rien, c’était mentir. Et il en avait assez des mensonges. Quand il lui répondit, sa voix avait perdu de sa gouaillerie légendaire et de son assurance. Ce n’était pas l’envoleur qui s’exprimait, ni même le maître d’arme ; c’était juste un homme brisé.

- T’es pas la seule à avoir des problèmes, lâcha-t-il. Oui, ça a un rapport avec « ma » marchombre (il s’enfonça les ongles dans les paumes), et non, je n’arrêterai pas de prendre ce truc, sinon je… Je n’ai pas envie de te faire du mal.

Pas besoin de la prévenir, il voyait bien qu’elle se méfiait. Sans doute pensait-elle avoir franchi une certaine limite – ce qui était indubitablement le cas – et qu’il allait lui passer un savon pour la peine. Ben non. Pas la force, pas l’envie, pas de raison. Khamill était une vraie chieuse mais il n’avait pas le droit de lui imputer sa douleur.

- J’ai faim, là. Je vais manger. Toi, fais ce que tu veux.

Mange aussi, ou bien pique une crise, ou alors entraîne-toi encore, mais lâche-moi un peu, d’accord ?
Il s’éloigna, remonta vers leur campement de fortune et se laissa lourdement tomber dans le sable. En lui, la Bête s’agitait, dangereuse, redoutable, essayant par tous les moyens de le faire basculer dans cet état de rage immense et imparable. Gil fouilla dans un sac à la recherche d’un truc à se mettre sous la dent. Ses mains tremblaient. Au bout d’un moment, il envoya valser le sac avec colère. Cri de victoire dans son ventre. Momentané. Au lieu de laisser libre court à sa fureur, il se prit la tête entre les mains et, les coudes posés sur les genoux, il éclata en sanglots.

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MessageSujet: Re: [-16] Groupe Wolld - Cours n°2   Jeu 07 Sep 2017, 22:53

[Gniaaah, c'était pile ce que je m'étais imaginé Razz]





- Je suis désolée.

Voilà, c'est sorti finalement. C'était pas si difficile. Continue, maintenant...


***




Pour la première fois devant Gil, Khamill se sentait coupable. Enfin, juste un tout petit peu, hein... En entendant ses paroles, il était soudainement devenu aussi blanc que la voile d'un bateau ; un tic agitait sa bouche et elle vit sa pomme d'Adam rouler sous sa peau ; ses paupières tremblaient. Ses poings se serrèrent si fort qu'elle crut que le sang allait en sortir. Elle était sûre qu'il allait se jeter sur elle, là, tout de suite. Elle pouvait voir la lueur de mort dans ses yeux bicolores. La haine noire qui avait soif de sang... Elle aussi avait connu cela.

Malgré elle, elle recula d'un pas, vacillant sur le sable.

Il était parfaitement capable de la tuer. Est-ce que quelqu'un lui en voudrait pour ça ? Elle n'avait plus de réelle attache depuis la disparition de Pan, qui était sûrement mort. D'ailleurs, l'envoleur pouvait tout à fait la jeter dans l'Océan et faire croire à un accident pendant le cours – après tout, ce genre de choses pouvait toujours arriver. De toutes façons, le Chaos lui en voudrait-il ? Lui reprocherait-il d'avoir assassiné une apprentie à problèmes, insignifiante et inutile, totalement opposée à sa manière de fonctionner ?

Elle savait qu'elle n'aurait aucune chance face à cette colère pure, face à la souffrance qui le faisait  trembler. Face au poison brûlant qui circulait doucement dans ses cellules.

Quand bien même, elle était prête à se défendre jusqu'au bout. Même si elle sentait la culpabilité l'envahir et qu'elle s'en mordait littéralement les lèvres. Parce que désormais, elle voulait vivre. Face à lui, elle serra les poings à son tour, et son corps se tendit dans une garde imperceptible...

Sauf qu'il ne se passa rien.
Ou plutôt, il ne se passa rien d'attendu. Au lieu de vouloir soulager sa colère sur la jeune femme, Gil sembla la contenir ; dans son regard, la haine parut flancher et de teinter d'amertume. Au lieu de bondir en avant, il parla.


- T’es pas la seule à avoir des problèmes. Oui, ça a un rapport avec « ma » marchombre, et non, je n’arrêterai pas de prendre ce truc, sinon je… Je n’ai pas envie de te faire du mal.

Khamill cligna deux fois des paupières, complètement déstabilisée. Sa voix n'était pas habituelle. Rauque et faible, elle laissait surtout entendre une tristesse profonde. Et puis, qu'est-ce que ça voulait dire ? « Sinon, je n'ai pas envie de te faire du mal » ? Il s'injectait ce truc dégueulasse pour parvenir à se maîtriser ? Pourquoi ce « remède » le faisait autant souffrir alors, si c'en était un ?

Il ne voulait pas lui faire de mal ?

Le silence était pénible mais l'apprentie ne pouvait rien dire, ne sachant pas quoi répondre, ne sachant pas si elle le devait. Et elle était beaucoup trop stupéfaite.


- J’ai faim, là. Je vais manger. Toi, fais ce que tu veux.

Elle ouvrit à peine la bouche, la referma... le regarda tourner les talons et s'éloigner pesamment,  dépourvu de son agilité habituelle. Lorsqu'il disparut de son champ de vision, elle se laissa glisser au sol. Diverses émotions se mélangeaient dans sa tête ; allongée sur le sable, elle essaya de les trier et abandonna aussitôt. Puis elle batailla quelques minutes pour trouver ce qu'elle devait faire.

L'évidence était là, pourtant.
Allez, cesse de la refuser, stupide fiente de Ts'liche ! Et bouge-toi !



***




Il pleurait. Même de dos, même depuis les dix mètres qui les séparaient, elle pouvait parfaitement le voir et l'entendre. Aussi silencieuse que les nuages sombres qui glissaient au-dessus d'eux, elle avança. Une fois derrière lui – il lui paraissait vraiment petit pour une fois, alors qu'elle se tenait debout et lui assis – elle se força à desserrer les poings et à ravaler la boule dans sa gorge. Alors elle s'agenouilla, l'entoura doucement de ses bras, posa son front contre son dos. Il tremblait toujours. Les yeux fermés et les cheveux tombant de chaque côté de son visage, elle inspira.

- Je suis désolée.

Voilà, c'est sorti finalement. C'était pas si difficile. Continue, maintenant...

- Tu ne me feras pas de mal, Gil – c'était, à son tour, la première fois qu'elle l'appelait par son diminutif – puisque tu m'as sauvé la vie.

Est-ce qu'il y avait vraiment de la logique dans cette affirmation ? Elle ne savait pas laquelle, mais elle le pensait. Il n'y avait pas à réfléchir, en fait. Les mots coulaient tous seuls. Aussi fluides que la caresse de l'eau quand elle nageait, aussi naturels que le vent qui soufflait au sommet des falaises et sur la crête des vagues.

Cette fois, c'était à elle de faire un pas.

- Alors, si tu veux bien, j'aimerais t'aider moi aussi. A aller mieux.

Elle se mordit les lèvres, se tut et ne bougea plus.

Oui, elle l'avait déjà aidé par le passé, et il avait désormais payé sa dette. Mais était-ce vraiment important ?

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Groupe Wolld - Cours n°2   Sam 16 Sep 2017, 10:21

- Je suis désolée.

Gil tressaillit non pas à cause de ces trois mots, pourtant jaillis avec une franchise toute neuve, mais parce que Khamill avait posé le front contre son dos et entouré sa taille de ses bras. Une étreinte légère qui faisait vaciller bien des certitudes… Enfin. Tout foutait le camp dans sa vie. Plus rien n’était solide. Cette saloperie qui brûlait dans ses veines n’arrangerait rien. Bien sûr qu’il le savait ! Il connaissait l’Anarysine, c’était un acte mûrement réfléchi qu’il assumait totalement ; au bout du compte, il en mourrait probablement.

C’était pas une si mauvaise chose.

- Tu ne me feras pas de mal, Gil, puisque tu m’as sauvé la vie.

Il eut un rictus, essuya ses larmes d’un revers du bras. Si seulement les choses pouvaient être aussi simples ! Sauver une vie pour racheter la mort d’une autre, une équité existait-elle réellement quelque part ? Oui, il avait sauvé Khamill. Et elle lui avait rendu la pareille. Mais il n’avait pas pu empêcher la mort de son enfant. Combien d’hommes et de femmes étaient morts dans l’incendie que sa fureur avait fait naître, là-bas, dans les sombres grottes sous les plaines ? Combien de familles brisées comme la sienne à présent ? Il n’était pas un homme bon, c’était un fait, il avait appris à vivre avec. Il avait goûté au sang à l’âge de seize ans et depuis, sa vie en avait la couleur. A présent, c’était sa santé mentale qui était menacée. S’il plongeait plus profondément dans les tréfonds tortueux de la violence, il se perdrait à tout jamais… L’Anarysine devait empêcher cela. Elle aurait dû endormir sa sauvagerie et apaiser sa colère. Elle n’était plus que chimères, baume illusoire qui éloignait la souffrance pour un temps, jusqu’à ce que ses mains tremblent et ses crampes le rendent malade. Il était piégé dans un cycle sans fin.

- Alors, si tu veux bien, j’aimerais t’aider moi aussi. A aller mieux.

Son tout premier réflexe fut de refuser. Non ! Il n’avait besoin de personne, il se débrouillait très bien tout seul… n’est-ce pas ? Et puis soudain, il réalisa quelque chose d’important : on lui tendait la main. Quelqu’un lui proposait son aide. Pas n’importe qui ! Khamill, l’épouvantable petit épouvantail têtu, son apprentie. Elle aussi avait souffert. Elle aussi faisait des cauchemars, la nuit, et tentait de vivre avec le jour. Est-ce qu’une blessure pouvait rapprocher deux personnes ? Leur douleur était-elle à l’origine du lien qu’il sentait se former entre eux, en cet instant précis ? Difficile à dire, et peut-être n’y avait-il aucune réponse à trouver. Ce qui comptait, c’était la pression de ces bras autour de sa taille, ce soutien inconditionnel qui émanait d’une gamine mal léchée envers l’ours bougon… et tout aussi mal léché qu’il était. Incapable de formuler quoi que ce soit tant sa gorge était nouée, Gil posa la main sur celle de Khamill.

C’était un espoir de fou et ils allaient forcément y perdre des plumes, tous les deux.

Mais…


*


Le Suviyo gîtait, secoué par une houle impressionnante tandis que le ciel se voilait dangereusement. Prendre la mer par ce temps ? Seul un fou s’y risquerait ! Un fou… ou son apprenti. Gil aida Kham à tendre la voile de la petite embarcation, puis il sauta sur le ponton d’amarrage. Son regard chercha celui de la jeune femme.

Le trouva.

- Tu connais l’Océan mieux que moi, c’est donc toi qui va voyager.

Il se régala un instant de la surprise qu’il lut dans ses yeux ; jusqu’alors, elle pensait qu’il l’accompagnerait !

- Je t’ai donné une impulsion, à toi de continuer à remonter la pente. Va pas trop loin quand même. Dans un mois, tu devras te présenter au Domaine pour passer l’Ahn-Ku.

Surprise, encore. Il ne lui en avait glissé que trois mots la veille, à la lumière chaude de leur feu de camp ; une idée à peine effleurée pour que Khamill puisse avoir le choix. C’était sa vie, après tout. Il la sentait plus que capable de passer cet examen mais tout dépendait d’elle. Sans se laisser déconcerter par la bourrasque qui essaya de le faire vaciller, Gil se pencha et posa la main sur le bastingage du Suviyo.

- Il t’emmènera là où tu voudras. Prends-en soin, s’il te plaît, il compte beaucoup pour moi.

C’était sa façon de lui demander d’être prudente et de lui revenir saine et sauve. Un sourire matois sur les lèvres, il lâcha le bout, libérant l’esquif de son entrave. Puis il se détourna et remonta le ponton en levant un bras dans un dernier salut.

A bientôt, l’épouvantail !




[Aaaalors, je m'arrête ici puisque tu avais déjà pas mal avancé avec Pan. C'est un peu brusque, mais 1) avec Gil il faut s'y attendre, 2) j'ai un peu de mal à le gérer dans ce cours ^^ et 3) ça libère un peu Kham d'ici son épreuve (le temps qu'on organise ça). D'ici là, Gil va perdre Naïs et s'embarquer dans de sombres histoires. Si jamais ça t'intéresse, j'ai un Kei qui semble intéressé par un petit Rp avec Kham...  Razz A toi de voir, donc, ce que ton perso va faire avec le Suviyo ! Tu peux répondre une dernière fois à ce cours, bien sûr. Bisouille !]

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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: [-16] Groupe Wolld - Cours n°2   Mer 20 Sep 2017, 23:58

Gil ne parla pas, mais il lui répondit. Simple et légère pression de la main sur les siennes.

Derrière les cheveux qui dissimulaient son visage mortifié, Khamill sourit.


***



Il pleuvait depuis qu'ils s'étaient levés. Juché sur le dos de Chante-Brume, derrière l'envoleur, Khamill ne parlait pas, repensant aux évènements de la veille. En y réfléchissant, elle trouvait à la fois étrange et soulageant le fait que Gil ait accepté ses mots. Sa promesse. Cela signifiait que, décidément, tout n'était pas perdu pour lui... Comme pour elle, alors qu'elle avait finalement accueillit son aide, quelques semaines plus tôt. Ils faisaient bien la paire, tout compte fait. Deux pauvres paumés qui en avait vu, des couleurs – et même si elles restaient toujours dans les nuances de noir, de gris, de rouge, il y en avait, des nuances. Deux pauvres paumés qui étaient prêts à s'entraider pour garder la force de vivre...

Un éclair sépara le ciel en deux, suivi quelques instants plus tard d'un coup de tonnerre. Alors qu'ils longeaient toujours les Grands Océans, Khamill pouvait voir les vagues grandir, l'eau s'assombrir, l'écume prendre de l'épaisseur. Elle avait un sentiment partagé face aux tempêtes maritimes ; d'un côté, elle adorait les observer, sentir les forces naturelles se déchaîner et lui procurer à la fois un sentiment de vulnérabilité et de puissance extrêmes. De l'autre, ce genre de spectacle ne pouvait que lui rappeler les soirs où sa mère, son frère et elle attendaient avec angoisse le retour de leur mari et père parti en mer le matin et ne revenant toujours pas, alors que les éléments faisaient rage. Et surtout, ils faisaient retentir l'écho de la mort de son frère... Fasciné par le tableau vivant autour d'elle, l'apprentie ne s'aperçut qu'au bout de quelques secondes que Gil avait fait s'arrêter Chante-Brume. Clignant des yeux sous sa capuche trempée, elle distingua la silhouette vacillante d'un petit bateau juste en face d'eux, unique embarcation accrochée à un vieux ponton solitaire.


- Tu ne comptes pas embarquer dans ce machin-là maintenant quand même ?

Sans lui répondre – elle crut seulement voir un sourire flotter sur ses lèvres – le maître envoleur la mena jusqu'au bateau. Soupirant, elle écouta ses directives pour dresser la voile et préparer le départ – ce mec était décidément complètement taré – et haussa un sourcil lorsqu'il rejoignit le ponton et le cheval, la laissant seule sur l'embarcation.

- Tu connais l’Océan mieux que moi, c’est donc toi qui va voyager.

Un cordage entre les dents, Kham manqua de s'étouffer. Il ne venait pas avec elle ? Elle allait devoir voguer seule dans cette tempête ? Déjà qu'à deux c'était débile...Terminant avec la corde, elle se tourna vers lui en fronçant les sourcils.

- Je sais bien nager, certes, mais je n'ai jamais...
- Je t’ai donné une impulsion, à toi de continuer à remonter la pente. Va pas trop loin quand même. Dans un mois, tu devras te présenter au Domaine pour passer l’Ahn-Ku.

...navigué seule sur un bateau. Et encore moins en pleine tempête !

Le dernier mot résonna soudain dans la tête de l'apprentie. Ahn-Ku. L'examen qui déterminait si l'on était digne de se prétendre envoleur, qui donnait le droit d'être maître et donc d'accéder à la Greffe. Pan lui en avait parlé, et Gil l'avait évoqué la veille. Elle ne pensait pour autant qu'il la quitterait dès le lendemain ! La jeune femme était tellement interloquée qu'elle ne trouva rien à répondre, se contentant de jeter un regard noir à l'envoleur. Il savait très bien ce qu'elle pensait de l'institution du Domaine ; que lui importait cet examen stupide ? Elle avait décidé de suivre un maître, pour elle-même, et elle se fichait de tous les trucs organisés par les autres mercenaires du Chaos – et surtout par les Mentaïs. D'ailleurs, rien que l'idée de retourner au Domaine la faisait frissonner : et si elle croisait Cerman, là-bas ? Il n'allait plus chercher à se cacher, désormais. Encore pire, au cas où elle réussissait l'examen, et si c'était lui qui se chargeait de sa greffe ? Elle ne le supporterait pas ! D'ailleurs, il était hors de question que quelqu'un modifie son corps ou elle ne savait quoi ! Hors de question que quelqu'un la touche à nouveau, même par la pensée !

La main de Gil qui se posa sur le bord du bateau la fit sursauter. Ce qu'elle venait de voir, c'était... oui, elle avait bien vu de la tendresse dans ce geste. De la tendresse et de la douceur. Destinées à...   elle ? ou... au bateau ? Quoi qu'il en soit, ce simple geste eut l'étrange effet de la rassurer un peu.


- Il t’emmènera là où tu voudras. Prends-en soin, s’il te plaît, il compte beaucoup pour moi.
- Ouais, ben dans ce cas vaudrait mieux pas que tu le lâches en pleine tempête, face de Trodd.


Elle avait voulu lui répliquer ça de manière forte et acide, mais ce ne fut qu'un bougonnement qui sortit d'entre ses lèvres. Sûrement perdu dans le boucan du vent et des vagues... En tous cas, qu'il l'entendît ou non, l'homme ne s'en formalisa pas et lâcha effectivement l'embarcation, qui commença aussitôt à dériver. Une vague plus haute que les autres la secoua fortement et Khamill manqua de tomber à la renverse sur le plancher de bois ; se retenant tant bien que mal, elle vit à peine la silhouette de l'envoleur s'éloigner. Sérieusement, ce mec avait dû se fracasser le crâne sur un rocher à la naissance ! Jurant toute seule, Kham dut se démener pour parvenir à diriger un tant soit peu le frêle bateau tout en évitant les chutes.

Elle lança un dernier regard vers la plage.


Toi aussi, face de Trodd, prends soin de toi...

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