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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]

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Seth Jol
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MessageSujet: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Sam 03 Jan 2015, 22:12

Frottant un instant ses mains l’une contre l’autre pour les réchauffer, Seth prit place à une petite table isolée. L’auberge du Chat rieur affichait complet et l’ambiance y battait son plein, comme autrefois lorsque Reni et Ainhoa en étaient les propriétaires. Pourtant l’adolescent eut peine à reconnaître cet endroit qui l’avait vu grandir durant de longues années. Ce n’était pas tant que la décoration qui avait changé – globalement, elle restait telle que dans son souvenir et Ainhoa avait toujours su décorer et aménager l’auberge avec beaucoup de goût. En fait, c’était plutôt les gens qui semblaient différents : les familles relativement aisées, qui fréquentaient l’établissement du vivant de Reni, avaient cédé aux vagabonds, voyageurs de passages et alcooliques notoires. Croisant les bras sur son torse, l’attention du jeune garçon se focalisa sur un groupe d’hommes en pleine partie de carte. Leurs rires gras résonnaient dans toute la pièce. Seth émit une grimace de pur dégout lorsque le plus imposant de ces gaillards administra une tape sur les fesses d’une serveuse, qui en minaudait presque de plaisir.

- « Hem ? Ce sera quoi pour le jeune homme ? »

Seth leva immédiatement les yeux sur la serveuse qui venait de l’interpeller d’une voix aigüe, presque enjôleuse. Ne l’ayant ni vu, ni entendu arriver, il ne cacha pas sa surprise mais se reprit très vite. Une main appuyée sur le rebord de la table, la jeune femme fixait sur l’adolescent son regard vert d’un air aguicheur. Son chemisier, noué largement au-dessus du nombril, dévoilait généreusement sa poitrine au point qu’il était pratiquement impossible de ne pas loucher dessus. Seth déglutit avec difficulté. Une main posée sur sa hanche, un sourire séducteur aux lèvres, des yeux brillants de malice : cette fille lui faisait un véritable numéro de charme ! Non mais je rêve ! Se tortillant un instant sur sa chaise, le jeune garçon offrit un sourire timide à la serveuse.

- « Je voudrais du civet de Siffleur et des galettes de niam » décida finalement Seth.
- « Je te ramène ça tout de suite mon mignon » acquiesça la fille à la chevelure flamboyante avec un clin d’œil.


Repu par ce copieux et délicieux repas, Seth se balançait distraitement sur sa chaise. La salle ne désemplissait pas à mesure que l’après-midi s’étirait. Rassemblant ses quelques affaires, le jeune garçon s’apprêter à payer pour sa consommation ; après tout, il avait encore un sacré bout de chemin à parcourir. Il se leva souplement en jetant son sac sur son épaule mais alors qu’il allait attraper son maigre butin, une grosse et grande main s’abattit sur la table faisant rouler quelques pièces de sa bourse au sol.

- « Eh ! Pouvez pas faire attention ! » protesta l’adolescent en s’empressant de fourrer la petite bourse de cuir dans l’une de ses poches.
- « Quelque chose à dire gamin ? »

Haussant un sourcil, le jeune garçon croisa le regard du colosse qui lui barrait désormais le passage – doux euphémisme, puisqu’il devait faire au moins une tête de plus que lui. Une barbe hirsute mangeait la mâchoire de l’homme qui affichait un air menaçant. Alors que Seth vrillait son regard doré dans celui, gris métallique, du géant, il reconnut immédiatement le joueur de carte. Déjà bien échauffé par les litres de bière qu’il avait ingurgitée, les intentions de l’homme semblaient clairement belliqueuses. Le jeune garçon n’aurait pas demandé mieux que de poursuivre sa route sans histoires, mais évidemment il fallait toujours que les ennuis le rattrapent. Et tant qu’à faire, ce n’était jamais les plus petits ! Réfléchissant à toute vitesse, Seth balaya la salle du regard. Sa mère, elle, aurait tout de suite su quoi faire, cependant Naïs n’était pas là et il allait devoir se débrouiller tout seul.

Le garçon réagit et fit alors la seule chose qui lui vint à l’esprit : planter son poignard dans la main offerte du colosse qui hurla de douleur mêlée de fureur. Bondissant avec rapidité et agilité, il glissa au sol sous la garde de l’homme, récupérant son argent au passage. Sautant par-dessus quelques tables, l’adolescent se précipita vers la sortie. Dans sa course folle, Seth ne vit pas arriver le point qui s’écrasa sur sa pommette droite. Projeté contre la porte qui s’ouvrit avec force sous la violence du choc, le jeune garçon mordit la poussière en s’étalant au sol quelques mètres plus loin. Sonné, Seth cracha un léger filet de sang avant de rouler sur lui-même, juste à temps pour loucher sur les doigts du géant qui se refermaient sur le col de sa chemise. Fulminant comme un bœuf en colère, l’homme souleva le garçon comme s’il n’avait rien pesé.  

- « Désolé pour ta main, je t’ai fait mal ? » railla Seth.
- « Tu vas me le payer, sale morveux ! » grogna le colosse en levant le poing.

__________________________________________



Dernière édition par Seth Jol le Jeu 15 Jan 2015, 13:20, édité 1 fois
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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Dim 04 Jan 2015, 09:54

Un rayon de soleil timide pointa à travers les rideaux de la petite chambre, lui conférant une douce lumière orangée. Kham ouvrit un œil et s’étira longuement avant de repousser ses draps. Elle prit une douche rapide et fraîche, fit quelques étirements, puis revêtit son pantalon de cuir, sa chemise de lin et ses bottes, avant de saisir son sac-à-dos et de descendre les escaliers de pierre qui la menèrent à la salle principale de l’auberge. S’installant à une table, elle ignora les regards qui glissèrent sur la marque rouge de son visage et demanda son petit déjeuner, croissants et confiture accompagnés d’un thé. En savourant les premières gorgées du liquide brûlant, elle se demanda quelles nouvelles surprises la journée allait lui réserver. Gil avait quitté l’auberge et la ville la veille ; elle avait décidé d’y rester, et après quelques heures passées à visiter Al-Chen, elle avait rejoint la chambre qu’elle avait réservée au Prince qui boîte - quel drôle de nom pour une auberge. Elle avait passé sa première nuit confortable depuis un moment, ce qui lui avait permis de rattraper la précédente, pendant laquelle elle n’avait tout simplement pas dormi... mais combattu une Envoleuse folle à lier et chevauché aux côtés du maître de Kaünis. Le moins qu’elle pouvait en dire était que tous ces événements ne l’avaient pas reposée !

La jeune femme termina son repas, paya l’aubergiste et sortit vite de l’établissement. Les regards commençaient à devenir étouffants... - Elle n’allait quand même pas se couvrir la tête d’une capuche ! et cela attirait peut-être même l’attention davantage... Khamill déambula lentement dans les rues, à la recherche d’un marché ou d’une boutique où elle pourrait s’acheter un peu de provisions pour les jours qui restaient à venir, avant qu’elle ne décide de rejoindre le Domaine. Elle déboucha sur une place pavée de dalles d’une couleur turquoise - pierres que l’on trouvait dans le Lac Chen. Des marchands et des clients potentiels s’agitaient devant les étendages de peaux tendues, dans une effervescence propre aux jours de beau temps. Malgré l’air plutôt mordant, le ciel était presque dénué de nuages et le soleil nimbait tout ce joyeux petit monde d’une lumière chaleureuse.

Ombre et lumière. Ombre dans le noir et rayon dans la lumière. Un Envoleur est censé pouvoir être discret, partout, toujours. Et que faut-il faire, pour ne pas être vu ? Un petit sourire creusa la joue de la jeune femme tandis qu’elle se glissait dans la foule, préférant se rappeler l’un des exercices de Pan plutôt que de s’abandonner à son dégoût. Elle détestait lorsqu’il y avait trop de monde autour d’elle, que les gens s’apostrophait en beuglant, que sa peau frôlait une peau étrangère - surtout celle d’un homme - ou qu’elle se faisait violemment bousculer. C’est pourquoi elle fit de son mieux pour se couler entre les différentes personnes, éviter les tonneaux et les cageots de légumes, rendre impossible tout contact physique ou verbal. Elle s’ouvrit à tout ce qui l’entourait, attentive au moindre détail, à chaque personne qui pouvait la toucher. Ce fut sans se faire particulièrement remarquer qu’elle parvint jusqu’aux différents marchands qu’elle cherchait. Elle acheta une épaisse miche de pain frais aux céréales, quelques pommes, du fromage et une provision de poisson séché. Non sans soulagement, elle s’éloigna enfin de la place, pénétrant à nouveau les petites rues tarabiscotées de la cité.

Elle passa devant plusieurs mendiants le long des murs, et une boule se forma dans sa gorge lorsque son regard gris croisa les yeux verts d’une jeune fille debout près d’une porte. De longs cheveux roux coulaient dans son dos, des taches de rousseur couraient sur son nez et ses joues, dont la rondeur encore présente témoignait de son jeune âge ; elle ne devait pas avoir plus de seize ans. Et pourtant, vêtue d’une vieille robe raccourcie, elle attendait qu’un homme vienne la prendre par la taille et l’emmène dans le bâtiment derrière elle. Sans s’en apercevoir, l’envoleuse s’était arrêtée pour la regarder ; au moment où un homme s’arrêtait près de la jeune fille, Kham se remit à marcher, le plus vite possible. Elle se mordait les lèvres pour empêcher les larmes de couler, et un grand trou s’était formé dans son ventre. Elle devait vite s’éloigner des quartiers pauvres... Oubliant sa volonté de ne pas se faire remarquer, elle se mit à courir... et percuta quelqu’un qui déboulait juste d’elle ne savait où. Quelqu’un... de vraiment grand. Peut-être plus grand que Pan, les cornes en moins.

Glups.

Avalant lentement sa salive, Kham inspira pour effacer les battements de son cœur, dus à la terreur de la vison qu’elle avait eue davantage qu’à sa course. Levant les yeux, elle marmonna en essayant d’y mettre un peu de conviction :

- J’suis désolée.

L’armoire à glace - c’était rien de le dire - tourna lentement la tête, pour jauger Khamill d’un regard mauvais. Mais vraiment mauvais. Et vraiment très imbibé d’alcool... C’est alors que la jeune femme s’aperçut que le géant n’était pas seul : il tenait au collet un homme presque aussi grand que lui, et qui, un filet de sang le long du menton, ne semblait vraiment pas être dans une bonne posture. Et apparemment, Kham venait d’interrompre de jolies retrouvailles... ce que le géant ne sembla pas apprécier. Poussant un hurlement, il jeta le pauvre jeune homme à terre et voulut l’attraper. Elle fut plus rapide que lui, et, lourdaud comme il était, elle esquiva facilement sa patte d’ours, non sans un sourire. Voilà qui allait lui changer un peu les idées, après sa rencontre des quartiers pauvres ! L’homme n’eut pas le temps d’éviter le coup de pied qu’il reçut au genou ; déséquilibré, il ne vit pas non plus le poing qui s’écrasa sur son plexus solaire. Profitant que l’ivrogne se plie en deux, le souffle coupé, l’envoleuse se glissa dans son dos pour atteindre la carotide, puis porta un solide coup au menton. L’homme avait beau être une armoire à glace, il ne pouvait résister plus longtemps et il s’écroula au sol, assommé.

Soufflant sur ses poings - le colosse avait la peau dure - la jeune femme se tourna vers la victime de l’ivrogne, encore un peu sonnée. Elle s’agenouilla auprès de l’homme, constatant qu’il devait en fait être un peu plus jeune qu'elle - sa taille l’avait trompée.

- Ça va ? lui demanda-t-elle. On devrait bouger d’ici, la garde va sûrement arriver, et je ne sais pas si tu as assez de copains ici pour prouver notre légitime défense...

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Ven 16 Jan 2015, 22:53

[J'me tape encore une fois l'incruste dans un Rp mais c'est de votre faute ! Parce que vous m'avez tentée ! Rolling Eyes ]


L’esplanade d’Al-Chen fourmillait de monde. Véritable essaim, elle bourdonnait de rires, de cris et de vie ; le soleil qui se montrait après quelques jours de pluie ajoutait une touche de légèreté à cette scène et attirait davantage de passants. Il y avait toutes sortes de gens : des vieillards appuyés sur leurs cannes, des enfants chahutant entre les étals, des couples qui se tenaient la main amoureusement, des voyageurs solitaires et curieux…

Silhouette menue et légère, Syndrell se laissait porter par le courant avec délice. Elle aimait cette ville et elle aimait la vie qui s’y écoulait tranquillement au gré des saisons. En quatre ans elle avait parcouru Gwendalavir en long, en large et en travers, du nord au sud et d’est en ouest, et toujours, elle était revenue ici, à Al-Chen.

De fait, Ciel lui avait proposé un marché qu’elle avait accepté après un court moment de réflexion : partager son vaste appartement, qu’il occupait rarement à cause de ses talents de Dessinateur qui le retenaient souvent au Dôme ou bien l’envoyaient à l’Académie d’Al-Jeit. Le changement était minime en apparence, car Syndrell passait déjà beaucoup de temps chez son ami ; c’était à l’intérieur que tout avait changé.

Elle avait une maison. Jusqu’ici elle avait toujours considéré l’Académie comme l’endroit où elle se sentait véritablement chez elle, et c’était d’ailleurs le cas lorsqu’elle retournait là-bas. Mais dans l’une de ses poches dormaient ses clés et leur simple présence attestaient d’un parcours qui infléchissait sa direction et prenait un nouveau virage. Une pensée qui faisait scintiller ses yeux dorés et dessinait un petit sourire heureux sur ses lèvres tandis qu’elle déambulait sur la place.

Elle n’était toutefois pas là par hasard. Une caravane était sur le point de partir et elle avait envie d’en faire partie. C’était le paradoxe de sa vie : alors qu’elle venait d’obtenir les clés d’un appartement presque aussi grand que le réfectoire de l’Académie, la jeune marchombre se sentait le besoin de s’envoler.
Pour mieux revenir.

Elle discuta longuement avec le maître caravanier qui, intéressé par les qualités qu’elle lui exposa, l’engagea sans hésiter. Jeune, il était grand, bien bâti et ses beaux yeux gris n’avaient pu s’empêcher de détailler Syndrell de la tête aux pieds. Elle ne cachait plus ses cheveux désormais et la longue tresse bleue qui se balançait entre ses épaules attirait inévitablement l’attention.

Pourtant, lorsqu’elle fendit la foule, il lui fut très facile de se fondre dans la masse. C’était un art, un défi, un jeu : tantôt éclat lumineux, tantôt ombre furtive, Syndrell s’amusait à jouer avec les contrastes de sa personnalité de la même façon que Miss. Le départ de la caravane était prévu au lendemain à l’aube, ce qui lui laissait le temps de profiter de l’agréable après-midi qui s’étirait sur la ville.

La marchombre contourna les quartiers pauvres par l’est et s’approchait du
Chat Rieur, une auberge que Ciel et elle appréciaient, lorsque des éclats de voix l’interpelèrent. Intriguée, elle se glissa parmi les curieux et jeta un coup d’œil à ce qui constituait leur centre d’intérêt. Il s’agissait d’une algarade entre un jeune homme et une montagne de muscles. Le garçon était en mauvaise posture. Syndrell était déjà prête à intervenir lorsqu’une silhouette émergea du petit groupe.

C’était une jeune fille qui, visiblement plongée dans ses pensées, ne regardait pas où elle allait. Elle heurta l’armoire à glace qui tituba légèrement en se tournant vers elle, tirant un rictus à Syndrell : cet homme était ivre. Il n’était donc pas en mesure de créer de véritables problèmes à moins que l’alcool décuple sa force. Pourtant, lorsqu’il frappa la pauvre jeune fille, Syndrell ne bougea pas.

Elle n’en avait pas besoin.

Bras croisés sur la poitrine, tête penchée sur le côté, elle regarda Khamill régler son compte à l’impudent. Elle l’avait reconnue à sa chevelure flamboyante et à la brûlure qui marquait une partie de son visage.

Comme elle avait changé ! Un monde séparait la fille, timide et complètement perdue qu’elle avait sauvée de justesse d’un mortel plongeon dans le vide, de la jeune femme qui virevoltait sous ses yeux : celle-ci était sûre d’elle et son style, franc et efficace, ne manqua pas de l’impressionner.

Quelques badauds sifflèrent lorsque colosse s’écrasa sur le sol, sonné et incapable de se relever. Il n’avait fallu à Khamill qu’une poignée de secondes pour le mettre hors d’état de nuire. Le spectacle étant terminé, les passants commencèrent à se disperser ; Syndrell en profita pour se glisser derrière la rouquine.


- Suivez-moi, souffla-t-elle à son oreille.

Et elle fila sans se retourner.
Convaincue qu’ils étaient l’un et l’autre sur ses talons.




*


La pommette du garçon n’était pas fracturée mais le choc avait ouvert une plaie qui aurait méritée d’être recousue. A défaut de pouvoir le faire, Syndrell nettoya la blessure puis appliqua une sorte de gel qui faisait office de baume et de ciment réparateur : il allait colmater la plaie et lui permettre de cicatriser rapidement.

Ils se trouvaient dans une impasse calme et tranquille, à quelques mètres du
Chat rieur. Son patient était assis sur une caisse retournée et se laissait faire docilement, pourtant elle le sentait bouillir sous ses doigts. Elle devina qu’il ne tenait pas en place et que cette mésaventure n’était pas du genre à l’empêcher d’aller chercher noises à plus grand et plus fort que lui.

- Alors ? lança-t-elle à l’attention de Khamill tout en manipulant la blessure du jeune homme avec précaution. As-tu trouvé des réponses à tes questions ?

Un sourire énigmatique effleurait ses lèvres. Quel qu’ait pu être le choix de Khamill, elle était heureuse de la retrouver.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Crystal Fil'Essien
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Dim 18 Jan 2015, 21:56

Tu refermes la porte du Brochet Glouton, faisant tinter la cloche à l’entrée. La nuit est déjà tombée depuis quelques heures et les étoiles parsèment le ciel de milliers de petits points lumineux. Tu pousses un soupir de soulagement tout en serrant contre toi la petite enveloppe que ton patron vient de te donner. Ça y est, tu as fini de travailler pour lui, bientôt tu vas devoir reprendre la route de l’Académie pour passer ton Ahn-Ju.

Tu traverses la ville d’un pas rapide - autant dire que depuis la dernière fois, tu évites de trop traîner dans les rues à une heure tardive - pour rejoindre une adorable petite maison en pierre entourée de fleurs multicolores. Autrefois, ce devait être une jolie ferme, mais le temps avait eu vite raison d’elle et ce n’était rien de plus qu’un tas de ruines qu’un jeune couple a finalement récupérer. Tu n’y étais pas, mais les Halïan nous ont raconté le temps qu’ils ont passé à la remettre sur pied, et aujourd’hui, ils vivent paisiblement dans cette demeure pleine de charme avec leur fille Lëssien. Iris et Zohr Halïan, le couple qui nous avait recueillies, hébergées, nourries, aidées, après la mort de Papa.  C’est chez eux que tu loges pendant la durée de ton contrat au Brochet Glouton.

Tu pousses doucement la porte d’entrée et te diriges vers le salon où t’attend le canapé mœulleux qui te sert de lit. Rapidement, tu es emmitouflée sous la couette, les yeux rivés sur la petite enveloppe que tu sers dans ta main, à la lueur d’une bougie. Ton salaire. Tu n’as pas besoin de l’ouvrir pour savoir que la somme qui se trouve à l’intérieur est assez élevée pour t’acheter un cheval. Enfin.

Tu es arrivée à l’Académie à pied quelques années plus tôt et tous tes voyages tu les as alors fait sur le dos de Brume, une adorable jument qui appartient à l’Académie et à laquelle, il faut bien l’avouer, tu as fini par t’attacher. Bien sûr, tu as toujours su que tu ne pourrais jamais avoir l’exclusivité sur elle et, au fil des jours, l’idée d’avoir ton propre cheval s’est dessinée dans ton esprit. C’est à ce moment là que, entre tes cours, tu as commencé à travailler au Brochet Glouton, cette auberge plutôt sympathique du centre d’Al-Chen. Et aujourd’hui te voilà enfin avec dans les mains suffisamment d’argent pour l’aboutissement de ce projet.

Tu déposes l’enveloppe sur ta table de chevet, un léger sourire sur le bout des lèvres.

*Demain, je m’achète enfin ce cheval pour lequel j’ai travaillé dur... j’ai hâte d’y être Leïla !*
*Tu m’étonnes ! Et tu sais déjà où tu vas aller ?*
*Oui, je vais aller voir Yvann, le frère d’Iris, il tient une petite écurie un peu à l’écart d’Al-Chen et elle m’a dit qu’il avait quelques jeunes chevaux à vendre.*
*Super ! J’espère que tu en trouveras un qui fait battre ton cœur !*
*Mais oui c’est ça, mon âme sœur est en fait un cheval !*

Tu fermes les yeux, amusée, et plonges dans le pays des songes, impatiente de te réveiller demain...

~ * ~

Et demain arrive d’ailleurs très vite ! Les premiers rayons du soleil n’ont pas encore illuminé le salon où tu dors que déjà tu es debout toute prête à trouver le cheval de tes rêves.

Moins d’une heure plus tard, tu parcoures les allées d’un centre équestre en compagnie d’un homme d’une cinquantaine d’année, qui ressemble trait pour trait à sa petite sœur, en un peu plus ridé.

- Alors... Crystal, c’est ça ? Les jeunes sont ici, dans cette stabulation. Ils sont tous à vendre, excepté la jument blanche qui se cache dans le coin là bas et le petit alzan qui est juste à côté. Je te laisse passer du temps avec eux, comme ça tu peux faire tranquillement connaissance. J’ai confiance en toi, Iris m’a dit que tu t’y connaissais un peu en chevaux.
- Oui oui, merci beaucoup !
- Y’a pas de quoi !


L’homme t’adresse un clin d’œil avant de se détourner pour aller s’occuper de son écurie.

Tu as passé toute la matinée au milieu des jeunes chevaux, hésitant entre l’un ou l’autre. Ils avaient tous l’air gentils et affectueux, mais ton coup de cœur a finalement été pour une jument de 4 ans. Une appaloosa à la robe capée tachée alzan brulé, avec un petite pelote blanche entre les yeux, qui avait l’air aussi gentille et adorable qu’espiègle et joueuse !

- Ha ha ! C’est donc sur elle que tu as flashé Crystal ! s’exclame Yvann une fois que lui eut annoncé ton choix, et bien, je pense que vous êtes faites pour vous entendre... j’ai ouïe dire que tu danses, je me trompe ?
- Euh non...
- Elle s’appelle Pirouette,
répond-il à ta question silencieuse en t'adressant un clin d'œil complice.

Un sourire étire tes lèvres. La coïncidence est en effet amusante.

- Et bien, va pour Pirouette alors !

~ * ~

Tu poses ta fourchette, ce filet de coureur était tout simplement délicieux ! Tu saisies ton verre pour boire une grande gorgée d’eau fraiche, avant de le reposer et de laisser ton regard parcourir la salle du Chat Rieur. C’est une petite auberge fort sympathique, bondée de monde à cette heure ci, qui fait les meilleurs filets de coureur au miel d’Al-Chen. Le filet de coureur étant ton plat préféré, tu n’as pas hésité longtemps en quittant Yvann tout à l’heure.

Tu suis des yeux la jeune serveuse au décolleté plongeant qui charme un jeune garçon attablé seul au fond de la salle et un mince sourire se dessine sur tes lèvres. La demoiselle te fait penser à une de tes collègues qui avait la même attitude, toujours à lancer un regard aguicheur au premier homme venu... “ça attire la clientèle” disait-elle... Tu secoues doucement la tête, peut-être oui, cela attire les clients... mais quels clients ! Pour ta part, tu préférais servir ces messieurs - et ces dames - avec ton plus beau sourire, mais en gardant une certaine distance plutôt que de tous les séduire, mais bon, chacun sa manière non ? Évidemment, même sans avoir une attitude particulièrement aguicheuse, beaucoup de regards dérivaient... Dans une auberge où l’alcool coule à flot, c’est inévitable.

Tes prunelles quittent la jeune fille pour continuer leur tour de salle, avant de revenir finalement à ton assiette vide. Un léger soupir franchit tes lèvres. Tu adresses un signe à la serveuse qui accourt, tu la paies avant de te lever pour t’en aller.

Tu as prévu de partir demain dès la première heure sur le dos de Pirouette, mais en attendant, tu as ton après-midi de libre.
Tu déambules tranquillement dans les rues de la ville, laissant tes pas te guider. Au bout d’un moment, tu finis par revenir, sans t’en rendre compte, dans les alentours du Chat Rieur. Tu t’arrêtes à quelques mètres, levant les yeux vers les toits des bâtiments.

*Une petite grimpette ?*
*Et bien oui pourquoi pas ? Il faut bien que je m’entraîne non ?*

C’est donc un sourire aux lèvres que tu t’enfiles dans une petite impasse qui est souvent déserte... Déserte ? Tu tombes nez à nez avec trois personnes - trois ! alors qu’il n’y a jamais personne ici... Tu reconnais le jeune homme du Chat rieur, assis sur une caisse retournée, aux petits soins d’une jeune femme à l’étrange chevelure bleue. Debout à côté d’eux se tient une autre jeune femme dotée d’une crinière flamboyante. Si les deux femmes ont l’air d’avoir plus ou moins ton âge, le jeune homme en revanche, semble un peu plus jeune... et salement amoché ! Tu t’avances doucement vers eux, en fronçant les sourcils, une vilaine plaie lui traverse la pommette...

- Euh... excusez-moi, les interpelles-tu d’une voix hésitante, est-ce que tout vas bien ? Vous avez besoin d’aide ?

Un sourire timide vient effleurer tes lèvres tandis que ton regard azuré se pose sur la première jeune femme, celle qui a les cheveux bleus... Une telle couleur ne s’oublie pas facilement, tu es sûre de ne pas la connaître, pourtant, tu as comme l’impression de l’avoir déjà vue quelque part...

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Seth Jol
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Dim 01 Fév 2015, 19:33

Seth aurait tout donné pour se trouver n’importe où ailleurs à cet instant précis, mais contre toute attente, le poing levé du colosse ivre et en colère ne s’abattit pas. Le jeune garçon se risqua donc à rouvrir un œil – le gauche, car sa paupière droite avait déjà doublé de volume – tandis que l’homme le jetait à terre comme une vulgaire poupée de chiffon, pour s’intéresser à sa nouvelle victime. Sonné, l’adolescent vit un instant tournoyer trente-six étoiles devant ses yeux et lorsque sa vue redevint normale, il se redressa sur un coude juste à temps pour voir la montagne de muscle s’effondrer lourdement dans la poussière.

Incrédule, Seth cligna plusieurs fois des yeux lorsque son regard doré se posa sur la silhouette qui était venue à bout du colosse avec brio. Mais, c’est une fille ! Le gamin resta un instant subjugué en observant cette fille qui s’époussetait tranquillement. Pas très grande elle dégageait une certaine assurance et lorsque ses formidables yeux gris clairs le dévisagèrent un instant, il ne put que hocher la tête en silence. Toute en muscles et en finesse, elle était vraiment jolie et l’adolescent ne remarqua pas immédiatement cette brûlure qui lui mangeait la moitié du visage, en plus de lui conférer un charme mystérieux. Seth se demanda un instant si le colosse n’avait pas frappé un poil trop fort, lui causant quelque hallucination. Une très belle hallucination en l'occurence.

Ce fut un éclat bleu, fendant la foule, qui ramena Seth à la réalité de l’instant présent. Une autre fille avait surgit derrière la rouquine et le jeune garçon ouvrit de nouveau des yeux ronds comme des soucoupes : et pour cause, elle possédait une épaisse chevelure aux couleurs qui côtoyait la même teinte profondément azur d’un ciel d’été ensoleillé. Une minute ? Cette fois, c’était certain, le colosse avait frappé trop fort sur sa pauvre caboche. Pourtant, lorsqu’elle les invita à la suivre, Seth ne se fit pas prier. Bondissant sur ses pieds, il suivit les deux femmes avant que la garde ne rapplique.

*

- « Aouch » protesta le jeune garçon tout en se laissant faire sous les doigts habiles de la femme aux cheveux bleus.

Si sa pommette n’était pas cassée, elle était toutefois très sensible et même le baume qu’appliquait la femme à la chevelure azur ne parvint pas immédiatement à estomper la douleur qui battait le sang à ses tempes. Il en serait quitte pour un bel œil au beurre noir. C’est malin aurait probablement dit sa mère. Il avait voulu se prendre pour elle, un peu plus tôt dans l’auberge, mais il avait très vite compris que justement il n’était pas sa mère. Envoleuse depuis de longues années, une simple pirouette audacieuse lui permettait de se sortir de situations parfois très dangereuses. Lui, Seth, n’était qu’un gamin stupide d’avoir voulu imiter une Envoleuse accomplie ; parce que non seulement Naïs aurait ouvertement provoqué le colosse, mais en plus elle lui aurait réglé son compte en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire.

Alors que la fille aux cheveux bleus s’adressait à la jolie rouquine d’un ton énigmatique, Seth tourna soudain la tête. Et pour cause, une jeune femme venait de s’engouffrer dans la ruelle étroite et sombre dans laquelle ils s’étaient réfugiés. Elle eut carrément l’air surprise de trouver leur étrange trio dans un coin habituellement désert de la ville. L’adolescent ne put s’empêcher de noter qu’elle avait de très beaux yeux elle aussi. Et lorsqu’elle posa sa question sur un ton légèrement hésitant, il afficha un large sourire. Un sourire ravageur.

- « Se faire soigner en si bonne compagnie, ça ne pourrait pas aller mieux ! » plaisanta joyeusement le garçon.

Toujours assis sur sa caisse retournée, Seth se fit la réflexion qu’il allait quand même falloir qu’il raconte à Juhen comment en moins de quelques minutes il se retrouvait entouré par trois jeunes femmes – plutôt jolies en plus. Pour sûr, le Thül qui croyait ferme en son pouvoir de séduction n’allait pas manquer d’être vexé ! Le regard de l’adolescent passa rapidement de la belle rouquine à la fille aux cheveux bleus. Ces deux-là semblaient indéniablement se connaître et cela ne le surprit pas outre mesure. Après tout, il savait assez que l’Empire était suffisamment petit pour pouvoir y faire des rencontres auxquelles on ne s’attendait jamais. D’ailleurs, plus le jeune garçon détaillait la fille dont les cheveux brillaient de formidables reflets flamboyants, plus il avait l’impression de l’avoir déjà vu quelque part. C’était même une étrange certitude qui pulsait dans ses veines ; et puis un regard pareil ne s’oubliait pas. Pourtant, il était absolument certain de ne pas la connaître. Un bref flash lui apporta rapidement sa réponse alors qu’il cherchait dans sa mémoire où diable il avait bien pu l’avoir déjà vu. Les couloirs du Domaine. Evidemment. Evidemment !

Seth allait ouvrir la bouche dans l’intention de vérifier si sa mémoire ne l’avait pas trompé, mais un éclat de voix retentit soudain, résonnant comme un rugissement dans la ruelle. Tournant vivement la tête, l’adolescent reconnu immédiatement l’un des potes de beuverie de l’armoire à glace. Oh, oh !

- « Gardes, ils sont là ! » hurla-t-il en agitant le bras dans leur direction.

Pinçant les lèvres, le jeune garçon croisa le regard des trois jeunes femmes qui l’entouraient, les interrogeant en silence. Comme il n’avait pas très envie d’écoper un second œil au beurre noir, il aurait bien proposé de semer les gardes dans les ruelles, avant de se séparer gentiment, comme si rien n’était jamais arrivé. Mais si elles préféraient affronter les hommes, tous de fer habillés, il ne pourrait se résoudre à s’enfuir lâchement – surtout qu’il était quand même la cause de toute cette pagaille. Quoiqu’il en soit, il allait falloir se décider très vite…

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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Sam 07 Fév 2015, 17:27

[Bon, je me suis un peu emballée...  frappe   Razz ]



Le jeune homme semblait vraiment sonné, et pour cause : le géant n’y était pas allé de main morte. Kham se sentait plutôt fière d’elle ; elle ne s’était pas laissé touchée une seule fois par la brute, qui baignait désormais dans le pays des songes. Et elle avait été utile à quelqu’un. Mais elle n’avait pas la moindre envie non plus de se faire embarquer par la garde, et elle attendait une réponse de l’inconnu, qui ne venait pas. Elle se demandait ce qu’elle allait faire - elle ne pouvait pas rester là, mais n’avait pas vraiment envie de laisser le jeune homme seul - quand une voix résonna doucement derrière elle ; une voix qui lui disait quelque chose, elle en était certaine. Se retournant, la jeune femme reconnut immédiatement Syndrell, la jeune marchombre aux cheveux bleus qu’elle avait rencontré dans les Dentelles Vives, et qui lui avait alors sauvé la vie. En la voyant, un large sourire illumina son visage, mais elle n’eut pas le temps de la saluer que la jeune femme s’envolait déjà. Souriant, Khamill jeta un coup d’œil au jeune inconnu, qui s’était déjà levé. Ensemble, ils partirent à la suite de Syndrell, sans demander leur reste.


***


Debout à côté d’eux, la jeune apprentie observait son amie soigner le garçon, et en profitait pour les détailler tous les deux. Décidément grand mais pas désagréable à regarder, le jeune homme possédait une tignasse de cheveux bruns qui bouclaient sur son front et dans sa nuque, une jolie couleur de peau à la teinte caramel et deux yeux aussi dorés - mais plus foncés - que ceux de Syndrell. Cette dernière n’avait pas changé : l’assurance, la confiance et la puissance qu’elle dégageait la rendait vraiment belle, presque intimidante et pourtant vraiment sympathique. Toutes deux ne s’étaient pas encore adressées un mot, et l’envoleuse ne fut pas surprise que la marchombre prenne enfin la parole, ne cessant pas de regarder son jeune patient. La jeune femme put même distinguer son léger sourire, auquel elle répondit - même si son interlocutrice ne pouvait pas le voir. Elle aussi était contente de la retrouver, bien qu’elles étaient désormais censées être ennemies.

- Alors ? As-tu trouvé des réponses à tes questions ?
- Peut-être, dit doucement l’apprentie d’un ton énigmatique. Elle n’eut pas le loisir d’en dire plus : une jeune femme pénétrait dans la ruelle, et se dirigea vers eux, l’air surpris et inquiet à la fois.

- Euh... excusez-moi, est-ce que tout va bien ? Vous avez besoin d’aide ? interrogea l’inconnue d’un ton hésitant.

Khamill remarqua qu’elle observait Syndrell de ses grands yeux bleus comme si elle la connaissait, et se contenta donc de lui sourire tranquillement pour toute réponse, laissant la jeune femme s’en charger. Décidément, pensa-t-elle, elle se sociabilisait de plus en plus. Elle n’avait d’abord pas hésité avant de s’adresser au jeune homme après l’avoir débarrassé de l’armoire à glace, et voilà qu’une tierce personne faisait irruption dans sa journée, sans que cela ne l’agace vraiment. Alors qu’elle avait déjà passé un bout de temps avec Gil la veille. Peut-être que c’était de cela qu’elle avait besoin finalement : rencontrer de nouvelles têtes. S’ouvrir non seulement au monde, mais aussi aux autres, afin de se construire une nouvelle vie. Un nouveau départ.

Tandis qu’elle ne se gênait pas pour détailler l’inconnue, leur jeune patient afficha un sourire éblouissant, qui devait en faire fondre plus d’une, avant de s’exclamer joyeusement :


- Se faire soigner en si bonne compagnie, ça ne pourrait pas aller mieux !

Kham tiqua légèrement, mais elle dû reconnaître que c’était une façon de voir les choses, et elle ne pouvait pas reprocher au garçon de penser une chose pareille. Elle ne pouvait de toutes façons pas rabaisser tous les hommes qu’elle croisait à ceux qui avaient couché avec elle - qui l’avait violée - lorsque le pire d’entre eux la retenait prisonnière. Et puis il y avait eu Lehm, avant...

Une voix bourrue la tira heureusement de ses pensées ; se retournant, elle aperçut un homme qui, visiblement, était lui aussi plus ou moins bourré. Syndrell s’était déjà redressée, tout comme la jeune femme aux cheveux sombres. Mais la troupe de soldats déboulait déjà dans la ruelle, alors que l’homme les observait de ses petits yeux moqueurs et rendus brillants par l’alcool, content de lui. La jeune apprentie ne retint pas une grimace, dégoûtée par la lâcheté de l’ivrogne autant que par son regard torve, et elle lui lança un regard si noir qu’il recula de quelques pas, se rappelant la facilité avec laquelle elle avait mis son pote au tapis.

Cela n’aurait pas vraiment posé de problème à l’envoleuse de se battre à nouveau, mais elle avait en face d’elle des gardes d’Al-Chen, pas des bandits, et elle n’avait pas forcément envie de se créer d’ennuis avec des subordonnés de l’Empire. D’un autre côté, même si elle savait qu’elle pouvait compter sur Syndrell pour semer les soldats, elle n’en savait rien concernant les deux autres jeunes gens. Il y avait aussi une troisième solution : se laisser emmener. Après tout, bien qu’elle doutait qu’avoir défendu une victime justifierait ses actes aux yeux de la garde, ils la laisseraient sans doute partir d’ici quelques jours, tout au plus. Mais, en tant qu’apprentie envoleuse et jeune femme au caractère bien trempé, l’idée de se laisser emmener la frustrait horriblement. Et puis ce n’était pas très discret pour une arpenteuse du Chaos, surtout brûlée au visage, de se faire repérer par des serviteurs de l’Empire.

Soudain décidée, la jeune femme tourna les talons sans un mot et fila à travers la ruelle, plantant Syndrell et les autres sur place. Quelques gardes se jetèrent à ses trousses en lui criant de s’arrêter. Sans se démonter, l’apprentie crocheta une prise à un mur de pierres bleutées pour se hisser sur un toit. Elle galopa dans les airs, se rappelant un à un les conseils de Pan, manquant parfois de glisser sur les tuiles et de s’écrouler au sol. Les gardes allaient plus lentement qu’elle, car ils étaient restés en contrebas et devaient anticiper les virages dans les rues à chaque fois qu’elle passait d’un toit à un autre. Au bout d’un moment, elle pensa les avoir semé, et entreprit de retourner à terre, à bout de souffle.

Avançant discrètement dans les ruelles sombres, Khamill ouvrait grand ses oreilles, guettant les cris et le bruit de ferraille des soldats. Après un virage, elle se rendit compte qu’elle se trouvait dans son impasse, et s’apprêta à revenir sur ses pas, lorsqu’une ombre immense la recouvrit. Se retournant, elle poussa un cri en reconnaissant l’homme de l’auberge qu’elle avait - elle le constatait maintenant - vraiment salement amoché. L’impasse était si étroite que le colosse pouvait lui barrer le passage, et un frisson de mauvaise augure lui courut dans le dos quand la jeune femme vit qu’il n’était pas seul : deux autres hommes apparurent derrière lui. Le plus grand afficha un rictus de triomphe, et tous trois avaient une étrange lueur dans le regard. Une lueur que l’envoleuse connaissait bien, pour l’avoir souvent aperçue chez les hommes qui avaient profité d’elle.


- Te voilà enfin, sale garce, souffla le géant en avançant vers elle. J’étais sûr que ces couillons de soldats n’allaient pas te trouver, et en vérité j’avais envie de me venger à ma manière...

Une vague de dégoût et de haine pure déferla sur l’apprentie, qui se contenta de lancer à regard d’avertissement à l’homme. Elle savait comment se défendre désormais, elle n’était plus sous le joug de Cerman, et elle était déterminée à ne pas se laisser faire. Et à utiliser les grands moyens s’il le fallait.

L’homme, pas le moins du monde dérouté par son regard, s’avança encore, et voulut abattre son énorme main sur le visage de Khamill pour la sonner. Il n’en eut pas le temps. La jeune femme bougea sur le côté, tira le poignard de Clarence de sa botte. La lame étincela un bref instant en filant vers le ventre de l’homme, et ce dernier n’eut pas le temps d‘être surpris : l’arme se planta pile entre ses deux jambes, lui arrachant un hurlement de douleur pure et un flot de sang. Il s’écroula au sol sans cesser de crier. Les yeux étincelants de fureur, Khamill se jeta sur le colosse pour arracher le poignard et le planter dans son cœur.

Le dernier souffle de l’ivrogne s’éteignit dans un hoquet de liquide rougeâtre.

La jeune femme se releva aussitôt et jeta un regard noir aux acolytes du géant, qui avaient observé la scène sans intervenir tellement la surprise les avait figés sur place. Ils n’en demandèrent pas plus pour se carapater en hurlant.

Kham récupéra son poignard avec dégoût, l’essuyant sur la chemise du mort. Elle songea d’abord qu’elle l’aurait bien laissé souffrir encore un moment avant de l’achever, si cela n’avait pas laissé du temps aux deux autres pour qu’ils réagissent. Puis ses yeux se posèrent sur la poitrine et l’entre-jambes de l’homme ; elle sentit la nausée l’envahir et se pencha pour vomir. Des larmes coulaient sur ses joues tandis qu’à la fois elle réalisait qu’elle avait tué un homme, une fois de plus, et songeait à ce qu’elle avait pu échapper en le tuant. Elle fit quelques pas hors de l’impasse pour s’éloigner du mort baignant dans son sang, voulut escalader un mur pour retourner sur les toits, mais ne réussit qu’à s’écrouler contre.

A bout de force, elle ferma les yeux et enfouit sa tête dans ses bras, croisés sur ses jambes repliées.

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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Jeu 12 Mar 2015, 21:49

[Mes plus plates excuses pour le retrd : je n'avais pas vu la réponse de Khamill ! Heureusement qu'elle veille au grain... Rolling Eyes]




- Peut-être…

Un monde d’explications secrètes se cachait derrière ces deux petits mots et Syndrell sourit de plus belle. Les mystères, elle adorait ça ! Amusée par la tournure que prenait la situation, elle continua de soigner son patient avec délicatesse, lorsqu’une voix nouvelle, légère et un brin timide, s’éleva dans la ruelle.

- Heu… excusez-moi, est-ce que tout va bien ? Vous avez besoin d’aide ?

Le regard doré de la marchombre quitta un bref instant la pommette du garçon pour se poser sur la jeune femme à qui appartenait cette voix.

- C’est gentil de proposer, mais ça devrait aller.
- Se faire soigner en si bonne compagnie, ça ne pourrait pas aller mieux !


Syndrell asséna une légère tape à l’arrière du crâne du jeune homme et se redressa au moment où un bruit de cavalcade se faisait entendre. Un homme s’arrêta au bout de l’impasse et elle reconnut l’un des fauteurs de troubles ; elle soupira en réalisant qu’il venait tout simplement de conduire les gardes sur leurs traces.

- Bon ! Je crois bien que nous sommes partis pour…

Elle n’eut guère le temps d’achever sa phrase : Khamill fonça tout droit vers leurs poursuivants et les prit par surprise en prenant de la hauteur avant de les laisser l’attraper. En la voyant escalader le mur avec agilité, Syndrell comprit qu’elle ne devait pas s’inquiéter pour elle. Se tournant vers ses deux autres compagnons, elle pointa un doigt en direction du garçon.

- Toi, tu vas nous devoir à toutes une fière chandelle quand on se sera sortis de ce mauvais pas ! Suivez-moi et quoi qu’il arrive, ne vous arrêtez pas.

Elle s’élança à son tour. Les soldats s’étaient scindés en deux groupes de quelques hommes, et ceux qui leur barraient la route tirèrent l’arme au clair en voyant leurs fugitifs arriver sur eux. Syndrell allongea sa foulée et bondit avant de se glisser au sol.

Une technique qui lui permit de leurrer son premier adversaire et de lui faucher les jambes alors qu’il tentait de lui porter un coup au visage. Elle n’attendit pas qu’il trébuche pour se faufiler près d’un deuxième homme et abattre le tranchant de sa main sur sa nuque, l’assommant et pivotant sur sa lancée pour frapper une troisième fois.

Elle était rapide, efficace et si chacun de ses coups faisait mouche, aucun n’était mortel. Elle n’avait rien contre la garde d’Al-Chen et avait un profond respect pour ces hommes qui se contentaient de faire leur travail. Elle virevoltait comme un feu-follet et finit par ouvrir une brèche dans laquelle les trois compagnons s’immiscèrent.

Semer leurs poursuivants ne fut ensuite qu’une formalité : sur un signe de tête de Syndrell, ils se séparèrent et perdirent la troupe pour de bon, après seulement quelques minutes de course rapide dans les rues de la ville.

La marchombre était revenue sur ses pas. Elle savait Khamill capable de se débrouiller seule, mais un pressentiment la taraudait et elle se débrouilla pour retrouver les gardes qui s’étaient lancés à leurs trousses ; elle les trouva au moment où les deux groupes se rejoignaient, bredouilles.


- Ces gamins sont de vraies anguilles, grogna l’un d’eux avec humeur. Comment peuvent-ils être aussi rapides ?
- La rouquine se déplaçait comme un chat,
avança un autre en secouant la tête d’un air dépité. On l’a perdue sur les toits, pas très loin du Dôme.

Le Dôme.
Syndrell partir dans la direction de l’école à petite foulée, ne sachant pas vraiment à quoi s’attendre. Dès leur première rencontre, elle avait ressenti le besoin d’accompagner Khamill, de l’épauler. Elle était la première personne qui lui avait donné envie d’enseigner ce qu’elle connaissait de la Voie.

Il lui fallut un petit moment avant de trouver la jeune femme. Mais elle n’était pas la seule : le gros-bras à l’origine de l’altercation qui avait eu lieu devant l’auberge était là lui aussi, secondé par deux autres hommes. Syndrell grimaça. Fallait-il donc qu’ils soient de véritables pleutres pour croire que le nombre pouvait jouer en leur faveur ? Elle s’approcha discrètement, prête à intervenir, mais là encore Khamill ne lui en laissa pas le temps.

Tout se déroula très vite. Un mouvement furtif, un hurlement terrible et puis un flot de sang éclaboussa les murs. Terrifiés, les acolytes de l’agresseur prirent leurs jambes à leur cou. Ils passèrent devant Syndrell sans la voir et celle-ci les suivit des yeux jusqu’à ce qu’ils aient disparu au bout de la rue. En voilà deux qui, à l’avenir, se méfieraient des jeunes filles à l’apparence inoffensive…

Un peu plus loin, Khamill rendit copieusement le contenu de son estomac. Il n’était pas difficile de deviner que ce qu’il venait de se passer était la conséquence d’une autre situation indubitablement plus sombre ; Syndrell choisit de lui laisser un peu de temps pour récupérer et resta dans l’ombre. Adossée contre le mur, les bras croisés sur la poitrine, elle attendit que les pleurs de Khamill se soient calmés.

Elle finit par faire un pas en avant. Mais elle ne dit rien. Il y avait tant de chose à dire… Cet homme qui gisait là, dans son sang, était un idiot doublé d’un ivrogne qui ne méritait pas cette fin. Ou peut-être bien que si. Khamill avait eu une bonne raison d’agir ainsi. Et peut-être que non. Comment savoir ? Comment ignorer les signes, ne pas se laisser dominer par la curiosité ?

Syndrell avait trouvé la solution dans le silence. Les lèvres closes, elle s’accroupit devant Khamill et glissa un doigt sous son menton pour lui faire lever les yeux.


- Essayons de retrouver les autres, proposa-t-elle dans un murmure.

Elle attrapa la main de la jeune femme dans la sienne et lui offrit un sourire éblouissant.


- Il suffit de chercher une fille aux magnifiques cheveux noirs et un garçon avec un œil au beurre noir !

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Crystal Fil'Essien
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Mar 07 Avr 2015, 18:58

- C’est gentil de proposer, mais ça devrait aller.

Tu rends son sourire à la jeune femme aux cheveux, t’apprêtant à faire demi-tour pour trouver un autre coin où t’exercer à l’escalade, mais le jeune blessé ne t’a pas laissé le temps de partir...

- Se faire soigner en si bonne compagnie, ça ne pourrait pas aller mieux !

Un éclair amusé traverse ton regard tandis que celle qui est en train de le soigner lui assène une petite tape derrière la tête.

- Bon, commences-tu, puisque tout à l’air d’aller je vais...

Tu n’as pas le temps de finir ta phrase que l’éclat d’une voix grave résonne dans la ruelle.

- Gardes, ils sont là !

Tu fais volte face et aperçois un homme massif qui vous pointe du doigt. Aïe, les choses se compliquent... Mais pourquoi, pourquoi est-ce que tu ne peux jamais être tranquille ? Le souvenir d’une folle soirée à te battre et à courir à travers la ville refait surface. Soit cette ville est maudite, soit c’est toi qui n’attire que les ennuis.

*Grrr... Je crois que je vais éviter Al-Chen pour au moins les quarante prochaines années !*
*Peut-être que c’est mieux en effet... Où la Garde Impériale finira par t’être familière !*

Jetant un coup d’œil au deux jeunes femmes, tu te prépares mentalement à te battre, encore une fois... Mais soudain, dans un tourbillon enflammé, la rouquine s’élance droit sur les gardes, avant de s’agripper à la façade de l’immeuble à côté et de s’enfuir par la voie la plus sûre : les toits. En l’observant gravir avec aisance le mur de pierres, ton regard se tinte d’admiration. Étrangement, cette jeune femme te fait penser à une marchombre dans la manière de se déplacer... mais tu jurerais qu’elle n’en est pas une, ou alors qu’elle n’est encore qu’apprentie : elle n’a pas ce truc qui te fascine chez ton Maître, ce même truc que tu as pu remarqué chez Zoanne lors de ton séjour dans les Frontières de Glaces.

- Toi, tu vas nous devoir à toutes une fière chandelle quand on se sera sortis de ce mauvais pas ! Suivez-moi et quoi qu’il arrive, ne vous arrêtez pas.

Tu reportes ton attention sur la jeune femme aux cheveux bleus et sur le jeune homme, hochant la tête doucement, ne songeant pas une seule seconde à ne pas lui obéir. Elle a l’air sûre d’elle et semble savoir exactement ce qu’elle fait. Et puis, tu ne sais pas pourquoi, mais cette femme t’inspire confiance... Enfin si, après réflexion, tu te rends compte que, dans son attitude, dans ses paroles et peut-être aussi dans son sourire ou sa manière d’être tout simplement, cette jeune femme te rappelle un peu Zoanne... Mais c’est quand elle s’élance au milieu des gardes, portant des coups précis et efficaces, c’est quand tu t’arrêtes soudain de courir derrière elle pour l’observer en train de mettre hors jeu ces hommes armés qui vous barrent la route, sans en blesser un seul gravement, c’est quand tu la vois bouger, à une vitesse fulgurante, comme si tout ne se déroulait que le temps d’une respiration, que tu comprends réellement.

Harmonie. Fluidité. Sérénité. Ouverture. Confiance. Liberté.
Tout cela brille dans son regard, émane de son corps, ce truc...

Marchombre.
Voilà pourquoi tu sens que tu peux lui faire une confiance aveugle. Ton Ahn-Ju n’est plus très loin maintenant, et la fin de ton apprentissage non plus, tu as bien appris aux côtés d’Erwan et ça, tu le distingues beaucoup plus facilement.

Marchombre.
L’impression de déjà vu que tu avais tout à l’heure en arrivant te reviens. Bien sûr que tu as déjà croisé cette jeune femme ! L’Académie est vaste, mais depuis le temps que tu y es, tu commences à connaître certains visages, et des cheveux aussi bleus se repèrent de loin !

Poussé par un nouvel élan, tu t’élances avec le jeune homme à la suite de la marchombre dans les ruelles d’Al-Chen.

*Décidément Crystal, cela devient une habitude de semer la Garde dans les ruelles sombres d’Al-Chen !*
*Je me suis dit que pour faire mon footing quotidien c’était pas mal, je vais revenir plus souvent en fin de compte !*
*Excellente idée sœurette !*

Tu lèves les yeux et continue de courir. Sur un signe de la marchombre aux cheveux bleus, tu bifurques dans une ruelle, entraînant le jeune homme avec toi. Quelques secondes plus tard, vous avez vos poursuivants et vous pouvez enfin ralentir l’allure et reprendre votre souffle.
Tandis que vous continuez de marcher, augmentant encore la distance qui vous sépare des gardes, tu réfléchis un peu à tout ce qu’il vient de se passer.

Donc, en te promenant tranquillement, tu es tombée sur une bande assez particulière : deux jeunes femmes en train de soigner un jeune garçon. Quelques secondes à peine après ton arrivée, un homme - sous l’emprise de l’alcool notons-le - indique à la Garde Impériale que le groupe sur lequel tu viens de tomber correspond à ceux qu’ils cherchaient... Mais pourquoi donc étaient-ils recherché par la Garde ? Qu’ont-ils fait à cet homme pour qu’il aille les dénoncer ?
Une autre chose clochait... Pourquoi les gardes ont écouté un homme saoul ? D’ordinaire, c’était plutôt contre eux qu’ils en avait... pas contre de simples gens... Mais les trois que tu viens de rencontrer sont-ils seulement de simples gens ? Si non... Qui sont-ils ?
Bon, celle aux cheveux bleus est une marchombre, de cela, tu en es certaine. La rousse... serait-elle son élève ? Son attitude t’a rappeler les marchombres et l’autre jeune femme n’a pas eu l’air de se faire du soucis pour elle quand elle s’est éclipsée...
Et le jeune homme alors ? Que fait-il dans tout cela ?

Tu tournes ton regard océan vers lui et lui adresses un sourire.

- Bon, je crois qu’on les a semé...

Un mouvement sur ta droite te fait taire. Tu t’arrêtes brusquement, te plaçant devant le jeune homme, prête à te battre. Ta réaction n’est pas excessive : deux gardes déboulent de la ruelle et viennent vous encercler le jeune homme et toi, vous coupant ainsi toute issue. Tu serres les dents face à l’évidence : tu vas devoir te battre.

*Et bien, ça me manquait...*
*D’accord, toi et cette ville ça fait pas bon ménage. Je te l’ai toujours dit Crystal : tu n’es pas faite pour vivre ici !*
*Et d’où tu m’as dit ça toi ? Tu as dû le penser très fort, sauf que moi, contrairement à toi, je n’entends pas tes pensées...*
*Et bien tu devrais !*
*Pff... C’est bon t’as fini ?*
*Roh ! Si tu le prends comme ça...*

Tu secoues la tête et bondis en avant vers le premier garde. Erwan t’a appris à te battre, tes trois cours auprès de lui te reviennent en mémoire. Toutes ces notions qu’il t’a inculquées tracent leur route dans ton corps. Confiance. Tu es capable de mettre hors jeu ces deux gardes.
Un coup bien placé fait s’écrouler le premier, surpris par ton attaque. Le second, mieux préparer, t’attend. En deux pas tu arrives à un mètre de lui. Tu bondis en lançant tes pieds droit vers son menton. Ton talon vient le percuter violemment et il s’affale au sol à son tour, non sans avoir perdu quelques dents au passage.
Tu attrapes précipitamment la main du jeune homme et l’entraîne dans une nouvelle course à travers les rues de la ville.

Tu tournes un moment, remerciant la Dame et son Héros de t’avoir fait vivre dans cette ville assez longtemps pour la connaître presque par cœur, avant de t’arrêter enfin dans une rue déserte pour reprendre ton souffle. Tu jettes des coups d’œil aux alentours, vérifiant que personne ne vous suit. Au bout de quelques minutes, comme aucun signe ne dénonce la présence de quelqu’un d’indésirable, tu adresses enfin un sourire soulagé au jeune homme.

- Bon, je crois que cette fois-ci ça y est, on les a semé pour de bon...

Ton plonges ton regard aussi bleu qu’un ciel d’été dans le sien, ton sourire grandissant faisant briller une nouvelle lueur dans le fond de tes prunelles.

- Moi c’est Crystal. Ça va ? On va chercher les autres ?

~ * ~

- Tiens, ce ne sont pas elles là-bas ?

Tu désignes au jeune homme deux formes qui se déplacent à quelques mètres à peine de vous. Deux éclats colorés, l’un bleu électrique, l’autre rouge chatoyant. Aucun doute, un tel mélange est loin d’être courant !

Vous allez à leur rencontre, et tu dois bien avoué que tu es soulagée de constater que les deux jeunes femmes ont l’air de bien aller, bien que la rouquine semble un peu ailleurs... Tu avances vers elles avec un sourire aux lèvres.

- Vous allez bien ?

Le temps que tout le monde se retrouve et s’enquiert de l’état de l’autre, tu oses une question qui te taraude depuis un moment...

- Au fait, moi c’est Crystal. Est-ce que je peux vous demander quelques éclaircissements sur ce qu’il vient de se passer ?









[voilàà ! moi aussi je voulais m'amuser un peu, namého Razz et désolée pour le retard Wink ]

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Seth Jol
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Mer 20 Mai 2015, 20:29

Tout se déroula incroyablement vite. Les gardes affichaient un air féroce, déterminés à ne pas laisser filer le petit fauteur de trouble. Jurant entre ses dents, Seth jeta un coup d’œil circulaire aux trois filles, attendant de voir leur réaction. Après tout, elles pourraient très bien décider de le laisser en plan, seul face aux gardes, et il comprendrait parfaitement. Il était quand même la cause de tout ce bazar, en un sens. Serrant les poings, l’adolescent se campa solidement sur ses appuis en redressant un peu plus le menton, pour planter son regard dorés dans celui de chacun des gardes. Un mouvement furtif dans le coin de son champ de vision lui fit tourner légèrement la tête, juste à temps pour apercevoir la jolie rouquine s’élancer dans la ruelle. Alors que quelques gardes s’élançaient après elle, la fille les pris par surprise en s’enfuyant par les toits. Un sourire en coin étira un instant ses lèvres.

Avant de disparaître aussitôt lorsque la fille aux cheveux bleus étonnants pointa vers lui un doigt accusateur. Retenant momentanément sa respiration, l’adolescent manqua de loucher sur son index tendu. Seth n’eut même pas le temps de répliquer car déjà la fille, qui avait soigné son œil amoché, fit volte-face dans une envolée de cheveux bleus. Echangeant un bref regard avec celle qui était venue proposer son aide – la pauvre devait sûrement se demander dans quels ennuis elle venait de se fourrer – le jeune garçon ne se fit pas prier plus longtemps et s’élança à la suite de la fille à la chevelure azur. Un feu follet. Un véritable feu follet, chacun de ses mouvements était d’une redoutable efficacité qui permit rapidement d’ouvrir une brèche au milieu des gardes. Brèche dans laquelle s’engouffrèrent Seth et l’autre fille.

Mû par l’adrénaline, le gamin ne savait pas trop ce qu’il faisait : il se contentait de suivre les deux filles, filant à travers les ruelles sombres. Au bout de longues minutes d’une course effrénée, la fille aux cheveux bleus émit un petit signe du menton que l’adolescent ne comprit pas tout de suite. Aussi fut-il prit complètement au dépourvu lorsque les deux filles se séparèrent soudainement, sans prévenir. S’arrêtant brusquement, Seth tourna vivement la tête à droite puis à gauche. Puis encore à droite. Portés par le vent, les mugissements des gardes semblèrent se rapprocher un instant, ce qui poussa le jeune garçon à reprendre sa course. Il avait tourné un peu au hasard, suivant l’éclat d’une mèche sombre. Accélérant l’allure, il rattrapa rapidement la fille aux cheveux sombres qui s’était arrêtée quelques secondes pour l’attendre.

Jamais auparavant Seth ne s’était aventuré aussi profondément dans ces petites ruelles qui formaient le cœur de la ville. Croisant le regard de la fille aux cheveux sombres, il se félicita intérieurement de l’avoir suivi. Elle semblait connaître la ville assez bien pour ne pas se perdre dans le dédale de ruelles – du moins assez pour ne pas risquer de tomber malencontreusement, au détour d’une rue, sur les gardes de la ville. Hochant légèrement la tête, l’or de ses yeux brilla quelques secondes avant qu’un mouvement n’attire son attention. Tournant la tête, l’adolescent recula aussitôt d’un pas, se campant solidement sur ses appuis, prêt à affronter les deux gardes qui venaient les encercler. Mais la fille fut plus rapide que lui et, lorsqu’elle bondit en avant, le jeune garçon ne put que la regarder se glisser sous la garde des deux soldats sans rien dire. Ses mouvements lui rappelaient un peu ceux de la fille aux cheveux bleus : ils avaient la même fluidité, la même souplesse, la même efficacité qui faisait mouche à chacun des coups qu’elle portait. Alors que les deux hommes s’effondraient lourdement sur le sol, Seth cligna plusieurs fois des yeux, l’air interdit.

A l’exact moment où la fille saisit sa main pour l’entraîner. L’un des deux hommes trouva la force d’agripper la cheville du jeune garçon, qui se figea. Crachant un filet de sang, le soldat posa sur lui un regard mauvais, avant que ses traits ne s’éclairent soudain par une lueur de compréhension soudaine. Et de mauvais augure, de toute évidence.

- « Toi ! C’est toi le gamin que cherche Zahine… » grogna-t-il.

Fronçant les sourcils, sans comprendre, Seth balança son pied droit dans le menton de l’homme qui explosa sous l’impact. Alors entraîné par la poigne de la fille, l’adolescent se laissa faire. Il cherchait dans sa mémoire le nom de Zahine, mais il ne la connaissait pas, c’était certain. Il ne savait pas ce que cette Zahine pouvait bien lui vouloir et, alors qu’il courrait dans les ruelles de la ville, il réfléchissait à toute vitesse. L’adolescent était tellement troublé qu’il rendit à peine son sourire à la fille – Crystal. Ils retrouvèrent assez vite les deux autres filles et lorsque Seth posa le regard sur la rouquine, qui avait les yeux encore rougis par les larmes, puis sur l’ivrogne littéralement éventré, il devina que quelque-chose s’était passé ici. Toutefois, il s’abstint de toute question, se contentant juste de relever le menton vers Crystal alors qu’elle posait enfin la question qui devait lui tarauder l’esprit depuis le début de cette folle course-poursuite dans les ruelles sombre d’Al-Chen. Passant la main dans ses cheveux en bataille, l’adolescent se racla un instant la gorge.

- « Ahem… » bredouilla-t-il « Je serai ravi de t’expliquer, mais je préfèrerai ne pas trop traîner par ici. Je crois que je me suis fait assez remarqué comme ça » expliqua-t-il.


Heureusement, les filles approuvèrent sa décision sans poser de questions. Aussi quittèrent-ils tous les quatre la ville et à la tombée de la nuit, ils établirent un camp de fortune dans une ferme abandonnée, située à quelques encablures d’Al-Chen. Cependant, Seth n’était pas rassuré pour autant. Toutes ses pensées étaient tournées vers cette dénommée Zahine et il ne pouvait s’empêcher d’imaginer le pire : les collègues de sa mère ne pouvaient quand même pas déjà être au courant qu’il prévoyait de rejoindre les Marchombres, non ? Si c’était le cas, il avait plutôt intérêt à se faire du souci parce qu’il en connaissait bien trop sur le Domaine, sur les Envoleurs, sur les Mentaïs pour qu’ils ne décident de le laisser en vie. Ou peut-être qu’ils s’étaient simplement rendus compte qu’il avait l’âge minimum pour commencer une formation d’Envoleur, peut-être espéraient-ils qu’il fasse comme sa mère avant lui ? Ou peut-être, tout simplement, qu’il devenait un peu trop parano. Après tout, une vie entière de fuite et d’errance, en étant obligé de se cacher pour ne pas être reconnu, l’avait rendu extrêmement méfiant.

Le jeune garçon secoua la tête tout seul et soupira. Prenant sa sacoche et les quelques maigres provisions qu’elle renfermait, il revint vers le feu qui réchauffait doucement le petit cercle formé par les trois filles. Baissant le menton, il affichait une mine sincèrement désolée : il avait vraiment semé une sacrée pagaille un peu plus tôt dans l’après-midi et, maintenant, il se retrouvait endetté à vie – au moins.

- « Désolé pour tout à l’heure » s’excusa-t-il « Ce type m’avait cherché, mais je n’ai vraiment pas réfléchi… » expliqua Seth en essayant toutefois de se justifier « Je crois bien que je me suis pris pour quelqu’un que je ne suis pas » soupira l’adolescent en songeant à sa mère « Enfin, bref, ce que je veux dire c’est… euh… merci » finit-il par bredouiller sous le regard presque amusé des trois filles.






[Sorryyyy pour le retard les filles, j'avais complètement zappé que c'était à moi de répondre x)]

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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Jeu 25 Juin 2015, 11:53

Elle était mal. Très mal. Et elle ne parvenait pas à retenir les quelques larmes, amères, qui glissaient doucement le long de ses joues - de sa joue brûlée. Cela faisait plus de trois ans, maintenant. Plus de trois ans qu’elle s’était enfuie, que le feu avait mordu son visage, qu’elle avait voulu faire disparaître l’Étoile, s’écorchant profondément la peau. Et qu’elle avait échoué. Trois ans qu’un mercenaire du Chaos l’avait trouvée, évanouie, dans les ruelles d’Al-Jeit, et qu’il l’avait recueillie chez lui, près du Miroir. Trois ans qu’elle avait trouvé le Domaine, et qu’elle découvrait sa Voie sous la houlette d’un Maître. Bien que ce dernier, depuis un certain temps, se soit volatilisé...

Trois ans, et elle n’avait toujours pas oublié. Jamais. Deux années de souffrance, d’angoisse, de douleur. Deux années de vide. Immense. Comment pourrait-elle oublier ? Tous ces hommes et leurs odeurs, leurs mains, leurs corps... Le tintement des pièces, derrière la porte - il ne recevait jamais l’argent devant elle - et le son de sa voix, à lui. Jamais agressive, jamais méchante, toujours douce, à l’écoute, comme si ce n’était pas lui son bourreau. Des gestes jamais brusques, toujours calmes, attentionnés. Comme s’il était de son côté, prêt à l’aider, à la soutenir. Pourquoi n’avait-elle pas tenté de fuir plus tôt ? Oh, elle avait essayé, plusieurs fois... Mais, à chaque fois, lorsqu’il la rappelait, sa détermination la quittait brusquement. Elle se sentait faible, molle, sans vie... C’était étrange, pas vraiment un sentiment, plutôt une sensation, incontrôlable, d’être incapable de faire un pas de plus. L’impression étrange qu’elle n’avait nulle part d’autre où aller, qu’elle n’était pas capable de se débrouiller seule. Qu’elle n’avait plus personne, plus rien au monde. Ses parents étaient partis, elle ne savait pas où ils étaient. Kyo était mort, avalé par les vagues. Et Lehm... Lehm aussi était mort. Mort. Qui avait-elle d’autre ? Elle ne connaissait personne, mis à part quelques amis de Lehm, une tenancière, quelques autres. Mais ils faisaient partis de sa vie avec Lehm, et Lehm était mort. Alors il ne restait plus que cet homme. Cerman. Elle n’avait plus rien, plus personne, il lui avait donné un toit, à manger, des vêtements... Et cette marque. Peut-être était-elle morte elle aussi. Peut-être l’entendre l’appeler, sentir sa main chaude attraper son bras, quand elle essayait de fuir, la faisait mourir un peu plus à chaque fois. Et quand on est mort, on ne bouge pas...

Donc elle ne bougeait plus, et il la rattrapait. Et ça continuait, encore et encore. Des hommes, toujours des hommes. Parfois violents, parfois non. Parfois gentils, parfois non. Parfois fous. Mais peut-être était-ce elle qui était folle ? Elle ne savait plus. Elle n’était plus Khamill. Elle était juste une femme, un corps, un morceau de chair. Pourtant, il lui parlait, comme on parle à un être humain... Cela la sauvait et en même temps, la détruisait. Il était plein de contradictions, alors comment ne pas en devenir une elle-même ? Partir... mais non. Mais surtout, ne pas rester ! Ne pas rester... Une nuit, enfin, elle avait trouvé la force. Elle ne savait pas comment. Peut-être avait-il lâché sa garde. Peut-être avait-elle réalisé qu’elle ne pourrait jamais continuer ainsi toute sa vie. Mais était-elle encore en vie ?

Était-elle encore en vie ? Kham se recroquevilla contre le mur de pierres, dans son dos. C’est cet homme qui est mort, ce n’est pas toi. Toi, tu es celle qui l’as tué. Sinon, il t’aurait violée. Encore. Elle voulut inspirer, ne fit que hoqueter. Allons, ça ne lui ressemblait pas d’être dans cet état. Elle était forte, elle ne pleurait pas, elle ne laissait pas voir ses émotions. Elle était envoleuse, désormais. Encore une apprentie, mais... Envoleuse ! Cela ne signifiait-il pas qu’elle s’était enfin envolée ? Qu’elle avait tiré un trait sur toute sa vie passée ? Que le seul Maître qu’elle reconnaissait n’était pas celui qui l’avait utilisée, mais celui qui la guidait ? Qui lui montrait son chemin, sa Voie. Car elle était libre désormais ! Elle ne dépendait plus de personne ! Ceux qu’elle aimait étaient morts ou partis, celui qu’elle haïssait était ailleurs, loin, nulle part... Elle ne dépendait de personne, et plus jamais elle ne dépendrait de personne !

Libre. L’était-elle vraiment, avec ses souvenirs qui restaient, et cette marque, l’Étoile, indélébile, sous son épaule ? Pouvait-elle se considérer libre alors que tout cela l’enchaînait encore au passé ? Ce n’était quand même pas une vulgaire marque qui allait l’emprisonner ! Mais pourquoi ne pouvait-on pas la détruire ? Comment Cerman avait-il fait pour lui ancrer dans la peau, faire en sorte qu’elle ne puisse être effacée, détruite ? Qui était-il, au fond, cet homme dont elle ne connaissait que la voix, le visage, le prénom - était-ce le vrai ? - la texture de la peau, le regard ? Elle ne savait rien de lui, mis à part que c’était un bourreau et qu’elle le détestait jusqu’au plus profond d’elle-même. Et puis, au fond, cela seul importait. Elle se fichait de savoir qui il était. Il avait foutu sa vie en l’air, il lui avait laissé cette marque au fer rouge, cette brûlure au visage, ce goût terriblement amer dans la bouche, et jusque dans la fibre de ses os. Était-il seulement un être humain ? Elle aurait bien voulu que ça ne soit pas le cas...

Khamill frissonna brusquement en prenant soudain conscience de la présence qui s’avançait vers elle. Silhouette furtive, rapide et agile... elle n’eut pas le temps de lever la tête, car la présence le fit à sa place. Elle se dégagea vivement avant d’apercevoir les yeux dorés de Syndrell. L’avait-elle suivie ? L’avait-elle vue tuer l’ivrogne ou bien venait-elle d’arriver ? Elle lui proposa de retrouver les autres et la jeune femme se souvint soudain... il y avait un jeune homme avec elles, un jeune homme qu’elle avait tiré des pattes de ce même ivrogne. Et une jeune femme. S’en étaient-ils sortis, de leur côté ? Oh, de toutes façons il ne pouvait rien leur arriver de bien méchant... La boule qui enserrait sa gorge et lui donnait mal au ventre l’empêchait de penser à autre chose qu’à elle-même. A vrai dire, ce que les autres - de simples inconnus - étaient devenus lui importait peu.

Mais le sourire de la marchombre, lorsqu’elle prit sa main, la ramena un peu plus à la réalité et la persuada de se laisser emporter... Elle n’allait pas rester contre ce mur toute la journée de toutes façons, à quelques pas du cadavre sanguinolent. Et pour l’instant, elle était encore bien incapable de quitter Syndrell pour avancer seule... Et pour aller où ? Mais attention, ma fille, ne pas s’attacher ! Ne plus dépendre de personne... Rencontrer des gens oui, mais ne pas dépendre d’eux, jamais ! Ne pas se lier plus que nécessaire...

Kham retira un peu trop vivement sa main de celle de la jeune femme aux cheveux bleus, et lui adressa un regard d’excuse, un peu fuyant.


- Je préfère pas qu'on me touche trop, désolée...

L’apprentie se leva un peu maladroitement et commença à suivre la marchombre, mais une minute ne s’écoula pas qu’une voix, féminine, se fit entendre derrière elles. Les deux jeunes femmes se retournèrent pour apercevoir la jeune fille brune et le garçon aux yeux dorés s’avancer dans leur direction. Un coup d’œil suffit à Khamill pour comprendre que tout allait bien pour eux, en tous cas que rien de grave ne leur était arrivé. Bon, la fille s’appelait donc Crystal, mais le garçon ne se présenta pas à son tour alors Kham ne dit rien non plus. Elle ne suivit pas grand chose du dialogue qui suivit, se contenant de se laisser entraîner par le petit groupe, hors des portes d’Al-Chen. C’est en quittant la ville que le souvenir de la jeune fille rousse aux yeux verts qu’elle avait aperçue dans le quartier des prostituées lui revint en mémoire, lui tirant une grimace amère.



***



Le jeune homme les avaient emmenées dans une ferme abandonnée, située à une ou deux heures de la ville. Le temps nécessaire pour que la marche éclaircisse un peu plus les pensées de l’apprentie envoleuse, et que l’impression de nausée disparaisse enfin, remplacée par une sensation de vide vaporeuse. Une fois le campement monté, elle se dirigea vers un bassin rempli d’eau de pluie ayant appartenu à la ferme, pour s’y laver le visage. Se sentant un peu mieux, elle rejoignit le cercle, profitant de la chaleur du feu. Il ne faisait pas particulièrement froid mais les flammes étaient réconfortantes, et Khamill se surprit à se sentir presque bien, entourée de ses nouveaux compagnons... Épuisée, elle ferma à-demi les yeux, se laissait bercer par la chaleur des flammes et la voix du garçon - dont elle avait appris un peu plus tôt qu’il se nommait Seth.

- Désolé pour tout à l’heure. Ce type m’avait cherché, mais je n’ai vraiment pas réfléchi… Je crois bien que je me suis pris pour quelqu’un que je ne suis pas. Enfin, bref, ce que je veux dire c’est… euh… merci.

Khamill sourit légèrement. Elle avait déjà oublié cette histoire, à vrai dire. Certes, l’homme qu’elle avait rendu K.O. pour venir au secours de Seth était le même qui avait voulu s’en prendre à elle ensuite, et qu’elle avait dû tuer. Mais même sans la présence du jeune homme aux yeux dorés, elle se serait de toutes façons sûrement battue avec l’ivrogne, puisqu’elle lui était rentrée dedans et qu’il n’avait sensiblement pas apprécié...

La jeune femme, en voyant Seth sortir ses provisions, se rendit brusquement compte qu’elle était littéralement affamée, et elle vida son sac-à-dos de ses propres provisions, qu’elle avait achetées au marché le matin-même. Avec toutes ces histoires, elle n’avait pas mangé depuis son petit-déjeuner... Mettant en évidence l’épaisse miche de pain aux céréales, le fromage, les pommes et les morceaux de poissons séchés pour que les autres puissent également se servir s’ils le souhaitaient, elle grignota une lamelle de poisson et une tranche de pain, les yeux perdus dans les flammes. Elle avait faim, oui, mais était encore trop mal pour avoir vraiment envie de manger, et surtout elle était si fatiguée...





[Voilà voilà, Khamill déprime ^^' Et moi je me remets petit à petit au Rp ! Wink]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Mar 30 Juin 2015, 16:26

[Grumpf... je ne fais pas beaucoup avancer les choses, désolée ! Mais je suis un peu pressée et, comme je risque de ne pas avoir beaucoup de temps dans les jours qui viennent, je préfère permettre au suivant de continuer Rolling Eyes]




Finalement, retrouver les autres s’avéra plus facile que Syndrell l’avait redouté ; le garçon qui était à l’origine de tout ce remue-ménage et la fille qui s’était faite happer dans le tourbillon des conséquences les rejoignirent avant même qu’elles se mettent à les chercher.

- Vous allez bien ?
- Ça va, merci,
répondit Syndrell après avoir échangé un rapide coup d’œil avec Khamill.
- Au fait, moi c’est Crystal. Est-ce que je peux vous demander quelques éclaircissements sur ce qu’il vient de se passer ?

Comme Khamill et Syndrell tournaient un regard noir en direction du jeune homme aux cheveux sombres, celui-ci s’empourpra brusquement.

- Ahem… Je serai ravi de t’expliquer, mais je préférerai ne pas trop traîner ici. Je crois que je me suis fait assez remarqué comme ça.

Un sourire amusé effleura les lèvres de Syndrell, qui se contenta de hocher la tête. Elle connaissait la ville comme sa poche, mais elle laissa le garçon les conduire à l’extérieur ; il leur devait bien ça ! Par mesure de précaution, il s’éloigna suffisamment d’Al-Chen, et décida de s’installer dans un vieux corps de ferme apparemment inoccupé depuis longtemps.

Une heure plus tard, ils étaient tous les quatre installés autour d’une joyeuse flambée, protégés du vent par les épais murs de pierre de la bâtisse, et enfin tranquilles. Assise en tailleur, le dos appuyé contre une caisse en bois, Syndrell tressait distraitement ses cheveux tout en observant ses trois compagnons.

Ils formaient un bien drôle de groupe, mais la situation qu’ils venaient de vivre les avait rapprochés d’une bien étrange façon. D’instinct, Syndrell devina que Crystal était la plus sage. Un éclat de bienveillance scintillait dans le bleu calme de ses yeux. Khamill n’avait plus dit un mot depuis qu’ils avaient quitté la ville, mais elle avait partagé son repas de bon cœur et, si son regard conservait une lueur tourmentée, elle semblait un peu plus à l’aise.

Le garçon, en revanche, avait la tête rentrée dans les épaules et un air si misérable que la marchombre se mordit l’intérieur de la joue pour s’empêcher d’éclater de rire. Il lui rappelait tellement Darwen !


- Désolé pour tout à l’heure. Ce type m’avait cherché, mais je n’ai vraiment pas réfléchi… Je crois bien que je me suis pris pour quelqu’un que je ne suis pas. Enfin bref, ce que je veux dire c’est… euh… merci.
- C’est vrai,
intervint alors Syndrell, qui jugeait que son embarras avait assez duré, tu t’es pris pour un idiot et c’est ce que tu aurais pu vraiment être si tu n’avais pas compris cette leçon ! J’accepte tes excuses et, en ce qui me concerne, j’ai déjà oublié l’origine de cette histoire…

Elle lui adressa un clin d’œil pétillant de malice, puis rejeta sa longue tresse dans son dos.

- Je m’appelle Syndrell et je suis heureuse de vous rencontrer ! Qu’est-ce qui vous amène à Al-Chen ?

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Crystal Fil'Essien
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Sam 18 Juil 2015, 23:47

- Ahem… Je serai ravi de t’expliquer, mais je préfèrerai ne pas trop traîner par ici. Je crois que je me suis fait assez remarqué comme ça

Tu hoches la tête avec un sourire entendu et tu t’élances à la suite du jeune hommes dans les rues familières d’Al-Chen.

~ * ~

C’est autour d’un bon feu, protégés par les murs en pierre épais d’une vieille ferme abandonnée et assez éloignée de la ville, que vous vous retrouvez tous les quatre. Khamill a sorti une grosse miche de pain, du fromage, des pommes et des lanières de poissons séchées de son sac. À côté de tout cela, tu te sens bien ridicule avec ton paquet de galettes de niam mais tu le sors quand même et en proposes à tes compagnons.

Tu portes ton regard sur le petit groupe hétéroclite que vous formez. Il y a d’un côté la jeune femme au cheveux bleus, que tu soupçonnes être marchombre, détendue et souriante ; d’un autre, la jeune fille rousse qui porte cette étrange brûlure sur la moitié de son visage, perdue dans ses pensées ; et enfin, le jeune garçon grâce auquel vous avez été tous réunis et qui semblait avoir un don pour se fourrer dans les ennuis.`

*Ça ne te rappelle pas quelqu’un ?*
*Oh que si ! *

Tu retiens un sourire. Tu te revois dans ces même ruelles à Al-Chen, il y a moins d’un an. Tu te souviens le visage de At, jeune fille bien étrange qui cherchait toujours à faire couler le sang... et à le boire... Tu n’as pas oublié non plus celui encadré d’une épaisse chevelure blonde, de Laiar, une jeune femme aussi belle que dangereuse qui maitrise l’art du combat avec autant de précision, ou presque, qu’un marchombre. Ce soir-là, sans vraiment le vouloir, tu t’étais retrouvée entraînée dans une embrouille de gang de la ville. Tu avais été prise entre ces deux jeunes femmes impitoyables, à devoir te battre, à être obligée de faire couler du sang, alors que tout ce que tu souhaitais alors, c’était te promener sans penser à rien. Tu étais autant un aimant à ennuis que le jeune homme... La preuve ! Te voilà repartie dans une autre histoire !

Ah ! Al-Chen, ta ville maudite, en fin de compte. Entre cet incident-ci, celui avec At et Laiar il y a quelques lois et la fois - la pire - où je me suis noyée... Tu devrais peut-être prendre cela comme un avertissement et ne plus jamais y remettre les pieds !

- Désolé pour tout à l’heure. Ce type m’avait cherché, mais je n’ai vraiment pas réfléchi… Je crois bien que je me suis pris pour quelqu’un que je ne suis pas. Enfin, bref, ce que je veux dire c’est… euh… merci.

Tu adresses un sourire compréhensif au jeune homme. Parfois, on n’a pas besoin de chercher les ennuis pour les trouver... et tu en sais quelque chose.

- C’est vrai, tu t’es pris pour un idiot et c’est ce que tu aurais pu vraiment être si tu n’avais pas compris cette leçon ! J’accepte tes excuses et, en ce qui me concerne, j’ai déjà oublié l’origine de cette histoire…

Ton sourire devint amusement devant la réaction de la jeune femme, tandis que sa ressemblance avec Zoanne te frappe à nouveau. Avec quelques années de moins, elles ont la même façon de parler, la même étincelles de malice dans le regard et le même optimisme. Plus tu l’observes et plus la conviction de l’avoir déjà croisée à l’Académie croit en toi. Et puis, elle a la même prestance qu’Erwan - ou que Zoanne.

*C’est sûr que c’est une marchombre... Elle dégage le même... truc qu’Erwan.*
*Si ça se trouve, ils se connaissent !*
*Eh ! Qui sait ?*

Le bleu de tes yeux se tourne vers l’autre jeune femme. Sa morosité semble s’être quelque peu dissipée mais son regard est toujours ailleurs. Tu te demandes si c’est à cause de ce qu’il vient de se passer dans la ville. Elle vient quand même de tuer un homme ! Comment réagirais-tu, toi, si tu étais contrainte de le faire ? Tu n’avais jamais été obligée d’en arriver à cet extrême... tu avais du mal à t’imaginer en train de voler la vie de quelqu’un...

*A mon avis, je serais dans un état bien pire que le sien à sa place...*

Lors de ton dernier séjour à Al-Chen, alors que tu te battais contre At, Laiar ou encore l’amie de Laiar, une question s’était imposée à toi. Tuer ou être tuée, est-ce là le fonctionnement de la vie ? Tu n’as pas encore trouvée de réponse et tu n’as pas encore eu le temps de la poser à ton maître... Mais cette question est toujours présente dans ton esprit et tu viens d’en avoir une très belle illustration. Tuer ou être tuée... N’y a-t-il donc aucune autre alternative ? Tu retiens un soupir et te promets d’en parler à Erwan quand tu le reverras.

- Je m’appelle Syndrell et je suis heureuse de vous rencontrer ! Qu’est-ce qui vous amène à Al-Chen ?

La voix joyeuse de la jeune femme te sort de tes pensées. Syndrell... Tu lui souris. Même son nom t’est familier... Ne l’aurais-tu pas, par hasard, lu sur le panneau d’affichage ? Tu l’avais tellement lu et relu que, si elle faisait bien partie de l’Académie, c’était fort probable. Ton regard balaie le petit groupe assis autour du feu, puis tu prends la paroles pour répondre à Syndrell.

- Moi je suis ici pour travailler. Je voulais gagner assez d’argent pour m’acheter un cheval... ce qui est chose faite ! Je comptais d’ailleurs repartir dès demain.

Tu adresses un sourire à tes compagnons. Confiante.

*Tu changes ma belle. Tu deviens plus sûre de toi... et un peu moins bête !*

Si j’avais pu te tirer la langue... je l’aurais fait !

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Seth Jol
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Mer 28 Oct 2015, 19:39

Un idiot…

Relevant soudainement la tête, Seth croisa un regard d’or liquide rieur. Aucune de ces trois filles, présentes autour de petit feu crépitant joyeusement, ne semblaient lui tenir rigueur pour les évènements qui s’étaient enchaînés un peu plus tôt dans l’après-midi, au cœur de la ville d’Al-Chen. Pourtant, l’adolescent ne put s’empêcher de songer que Syndrell avait raison : il s’était comporté comme un idiot en provoquant ainsi un homme bien plus fort que lui. En fait, il n’avait pas vraiment réfléchi – pas du tout même – et il pensait pouvoir s’en sortir d’une pirouette audacieuse, comme l’aurait fait sa mère. Et ça, c’était franchement stupide ! Naïs était une Envoleuse accomplie et cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait besoin de personne pour se tirer de situations bien plus périlleuses. Mais lui, il n’était encore qu’un gamin et il avait encore tout à apprendre.

L’adolescent secoua tout seul la tête, s’infligeant une gifle mentale. Avant de passer les doigts dans ses cheveux de jais pour tenter de se redonner un minimum de contenance. Il releva la tête au moment même où Crystal répondait à la question de Syndrell. Observant un moment de silence, le regard profondément doré du jeune garçon vogua sur les trois jeunes filles, songeant qu’ils formaient décidément un petit groupe bien étrange. Il était indéniablement intrigué par les folles mèches azurs qui encadraient le visage de Syndrell. Et il pourrait littéralement se noyer dans le bleu profond des yeux de la jeune femme aux cheveux noirs. Toutes deux dégageaient cette même force tranquille, pleine de sérénité et d’harmonie, lassant Seth quelque peu admiratif. Mais, sans savoir véritablement pourquoi, l’adolescent se sentait irrésistiblement attiré par l’aura magnétique de la rouquine. Ses grands yeux gris étaient ensorcelants ; cette seule pensée troubla Seth et ce dernier s’éclaircit la gorge.  

- « Je m’appelle Seth » sourit-il « Je ne suis que de passage par ici, j’ai entendu parler d’une école un peu spéciale pas très loin » précisât-t-il sans non plus en dire trop.  

Relevant la tête, le jeune garçon se sentait sondé au plus profond de lui par les trois jeunes femmes. Et s’il avait-pu disparaître d’un seul coup, comme ça, il l’aurait fait sans hésiter ; il avait toujours détesté se trouver au cœur de l’attention. Parce qu’il avait alors l’impression que le monde entier pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert. Rien qu’à cette idée, le regard doré de l’adolescent s’assombrit. Toutefois, il remarqua très vite la lueur soudaine d’intérêt qui s’était allumée dans les yeux de Syndrell et Crystal.

Piqué par la curiosité, il fronça légèrement les sourcils avant de sourire à demi. Le jeune garçon était prêt à parier sa bourse que les deux jeunes femmes connaissaient l’Académie. D’ailleurs, à mesure que les secondes passaient, cela devint plus clair dans sa tête : Syndrell et Crystal étaient Marchombres. Cela sautait aux yeux maintenant. Elles dégageaient, chacune à leur manière, une aura mystérieuse d’énergie pure et d’harmonie. Un peu comme Libertée en fait, qui était la seule Marchombre qu’il connaissait. La seule, avec Miin, rectifia-il mentalement en songeant à l’homme qui s’avérait être son grand-père. Cela lui faisait tout bizarre, mais au fond Seth aimait l’idée de retrouver peu à peu une famille. Une vraie famille. Unie et heureuse. Même si un être lui manquait par-dessus tout. Morgan. Son frère jumeau. Ce petit morceau de lui-même qui avait disparu à jamais. Mort. Tué. Pire, assassiné. L’adolescent secoua tout seul la tête alors qu’une boule d’émotion se formait dans sa gorge.

Soudain, un mouvement dans la pénombre fit tourner toute les têtes. A l’affut du moindre danger, Seth porta sa main sur la garde du poignard qui se trouvait à sa ceinture – celui que sa mère lui avait offert pour ses seize ans. Les trois filles étaient, elles aussi, prêtes à bondir telles trois tigresses défendant leur territoire. Le jeune garçon ne put s’empêcher d’admirer leur allure féline avant de distinguer une silhouette qui se révélait lentement à la lueur du feu crépitant. C’était un vieil homme : il marchait tranquillement, à son rythme, à l’aide d’un long bâton noueux. Rien à craindre de celui-là en somme. Malgré son âge avancé, l’homme conservait une épaisse tignasse grisonnante. Seth reconnu très vite le regard gris clair qui se posa sur le petit groupe qu’ils formaient ; presque argentés, les yeux du vieil homme brillaient d’une sagesse emplie d’une espièglerie toute enfantine.

Ycam Palard l’avait vu grandir. Le vieil homme était tel que dans ses souvenirs – avec quelques rides en plus peut-être. Voisin d’Ainhoa et Reni, il n’était pas rare que Seth vienne jouer avec les trois énormes chiens du vétéran. Autrefois soldat au service de la Légion Noire, Ycam gardait une santé de fer. Et s’il n’avait plus aussi bonne acuité visuelle qu’auparavant, en revanche, il avait une ouïe toujours aussi fine et une force intacte. Il allait sans doute rendre visite à sa fille qui, s’étant mariée à un éleveur de chevaux, vivait dans une vaste ferme à quelques encablures de la ville d’Al-Chen. L’adolescent se détendit donc aussitôt, affichant un large sourire. Et se racla la gorge.

- «  Salut Ycam » le salua Seth, l’air de rien.

Khamill, Syndrell et Crystal se tournèrent d’un même geste vers lui, l’interrogeant silencieusement du regard. L’adolescent leur répondit d’un léger hochement de tête. Ycam, lui, dévisageait le gamin sans vraiment comprendre. Une, deux, trois et à la quatrième seconde le vieillard comprit enfin et un sourire en coin éclaira son visage. S’approchant encore un peu plus de sa démarche lente mais assurée. Le gris argenté du regard du vétéran brilla un instant, jaugeant le jeune garçon. Il l’avait connu enfant, mais Seth était désormais presque un homme ; il avait grandi, gardant une silhouette assez svelte, et pris du muscle. L’homme soupira brièvement.

- « Eh, mais t’es le petit Seth non ? Le fils de Naïs ? » s’étonna-t-il avant de pousser un long sifflement « Par mes vieux os, voilà qui ne me rajeunit pas ! » s’exclama-t-il.

Seth éclata de rire et se leva d’un bond pour étreindre le vieil homme chez qui il avait si souvent eu l’habitude d’aller jouer. Le vétéran hoqueta de surprise : il ne se prêtait que très peu à ce genre d’effusions. Mais dans un geste qui se voulait très tendre chez lui, il tapota dans le dos du jeune garçon, heureux de revoir ce gamin un peu sauvage qu’il avait vu grandir. Rompant l’étreinte chaleureuse avec le vieil homme, le jeune garçon entreprit de présenter Syndrell, Crystal et Khamill à Ycam, qui ne put s’empêcher de plaisanter joyeusement.

- « A ce que je vois, tu ne perds pas le nord gamin ! »

Echangeant un regard gêné avec les trois jeunes femmes, Seth ne savait soudain plus où se mettre. Il sentit ses joues rosir d’un seul coup. Bon sang ! Ce qu’il avait chaud soudainement ! Fébrile, il se gratta l’arrière du crâne en cherchant comme diable il allait bien pouvoir justifier le fait qu’il était entouré de trois jeunes filles – toutes plutôt canons.

- « Ahem » hésita le garçon.

Eloquent ! Vraiment très éloquent ! Pestant dans sa barbe, Seth fusilla Ycam du regard qui éclata de rire, bientôt imité par Syndrell, Khamill et Crystal. L’adolescent cligna plusieurs fois des paupières, médusé. Je rêve ou ils se fichent tous de moi ?! Vexé, le gamin croisa les bras sur sa poitrine comme un enfant boudeur.

- « Hé ! Ce n’est pas drôle ! » grogna-t-il d’un air bougon.

Mais très vite, le jeune garçon fut gagné par l’hilarité générale et il partit dans un fou rire phénoménal. Cela dura plusieurs longues minutes et il eut beaucoup de mal à retrouver son sérieux. Il devait bien l’admettre, il avait longtemps qu’il n’avait pas rigolé de si bon cœur. S’essuyant le coin des yeux, Seth constata que quelques larmes y perlaient et il avait mal aux abdominaux tellement il avait ri. Alors que tout le monde reprenait lentement ses esprits, Ycam se racla soudain la gorge.

- « J’étais de passage à Al-Jeit il y a quelques mois et il m’a semblé avoir aperçu ta mère avec un grand cornu » annonça-t-il, d’un ton tout à fait détaché, comme si c’était normal de croiser des hommes cornus en Gwendalavir « Ils étaient mignons » sourit-il avant de lancer « Alors, c’est pour quand ce petit frère ou cette petite sœur ? »

Le regard de Seth brilla d’une lueur amusée. Ah, le vieil homme devait avoir croisé les deux Envoleurs après leurs mésaventures au cours desquelles ils avaient appris que Libertée n’était autre que la demi-sœur de Naïs. Ce fut un sacré chamboulement. Mais c’était surtout l’occasion pour Seth de chambrer sa mère sur le sujet. Parce qu’au fond, même si elle ne le manifestait pas, il savait que sa mère était heureuse de retrouver une famille. Un père qui l’aimait sans même l’avoir connue avant. Une demi-sœur avec qui elle devait apprendre à composer. Une belle-mère avec un caractère bien trempée mais auprès de qui elle pourrait trouver conseil. Une Envoleuse. Comme elle. L’adolescent hocha la tête.

- « Bah, aux dernières nouvelles, le petit ne devrait plus tarder à pointer le bout son nez » confirma Seth, un sourire jusqu’aux oreilles.

Derrière les flammes crépitantes, l’adolescent croisa soudain deux regards brûlants de curiosité. Un doré et l’autre gris. Oh, oh…






[Enfiiiin je réponds ! Entre le boulot cet été, le déménagement, la rentrée... J'ai manqué de temps et d'inspiration. Du coup je pensais clore le sujet mais voilà, regain d'imagination pendant les vacances. Libre à vous de cuisiner mon pauvre petit Seth   ]

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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Sam 31 Oct 2015, 17:46

Retournant toujours les mêmes pensées, Khamill ne faisait pas vraiment attention à l’échange qui se déroulait entre ses compagnons. Elle mangeait sans grande conviction, plus pour soulager les grondements  de son estomac que pour le plaisir de partager un repas. Peut-être même se serait-elle laissée aller au sommeil, encouragée par sa confiance en Syndrell, si un léger bruit n’avait retenti dans la nuit. Soudain aux aguets, la jeune femme plissa les yeux, se préparant à toute éventualité. Autour d’elle, tous avaient réagi à peu près de la même manière, et si cela ne la surprit pas concernant la marchombre, elle commença à s’interroger sur les capacités, et donc l’identité de Crystal et Seth.

Mais l’origine du bruit suspect s’avéra bientôt être seulement un vieil homme, étrangement. Kham avait cependant appris à se méfier des apparences, et de tout le monde en général, et elle ne relâcha pas son attention pour autant, commençant par écouter et scruter les alentours à la recherche d’éventuelles autres présences. Ne percevant rien d’alarmant, elle finit par reporter son regard gris sur l’inconnu, le détaillant prudemment, et sans prendre conscience de la lueur d’agressivité qui y scintillait.

Lorsqu’elle croisa le regard clair du vieillard, elle n’y lut pourtant que de la sagesse, et elle rougit presque de la démesure de sa méfiance.


- Salut Ycam.

Surprise, l’apprentie tourna la tête vers Seth. Ils se connaissaient ?

Apparemment oui, puisque le vieil homme ne se gêna pas pour entrer dans leur cercle afin de s’approcher du garçon et continuer l’échange avec lui. Seth le prit même dans ses bras, à sa grande surprise autant qu’à celle de Khamill, qui se tendit un peu plus.

Cela commençait  à faire beaucoup de monde ! Un peu trop, même...

Naturellement, le jeune homme fit les présentations - alors qu’ils se connaissaient à peine - et Kham ne put qu’adresser à l'inconnu un sourire plus forcé que sincère. Car il avait beau ne pas avoir l’air belliqueux, il restait un inconnu ! Et même un intrus pour elle. Mais évidemment, il allait sûrement rester avec eux... Khamill voyait mal comment ils auraient pu refuser à un vieillard de se joindre à eux  ; si en plus il connaissait l’un d’entre eux !

Elle devait se rendre à l’évidence : la soirée n’était pas terminée. Faisant écho aux propres paroles du garçon lorsqu’il s’était fait soigner par Syndrell, Ycam ne manqua pas de taquiner Seth, et la réaction de celui-ci ne se fit pas attendre. Un éclat de rire général finit par clore le sujet, mais Khamill était trop épuisée pour s’y joindre, et surtout l'envie lui manquait cruellement. Elle se contenta de détailler ses trois compagnons de ses yeux gris.

Il valait certainement mieux qu’elle se trouve ici, entourée de personnes amies ou du moins pacifiques, dans une atmosphère de bonne humeur, que seule avec ses pensées sombres. Mais la bonne humeur avait beau avoir la réputation d’être contagieuse, la jeune femme ne pouvait pas s’empêcher de revivre le moment où elle avait tué l’homme de sang-froid, et de se rappeler tous ces hommes qu’elle avait connus. Comment les autres faisaient-ils pour être si à l’aise ? Les images ne cessaient pas de se succéder et se répéter dans sa tête, faisant battre son cœur plus fort qu’à l’ordinaire. Tout se mélangeait, l’ivrogne, le poignard, Cerman... si bien qu’une évidence s’imposa à elle, si forte qu’elle se demanda pourquoi elle n’y avait pas pensé plus tôt. Enfin, elle y avait pensé, évidemment, mais sans grande conviction, davantage désireuse de mettre le plus grand écart possible entre elle et son bourreau.

Le tuer.

Ce n’était pas ce qu’elle cherchait, à la base. Elle voulait surtout se délivrer, passer à autre chose. Mais cela pouvait-il se faire alors qu’elle savait qu’il existait encore quelque part, qu’il respirait tranquillement dans un endroit de l’Empire alors qu’elle même avait parfois tant de mal à respirer ? Cela pouvait-il se faire alors qu’elle avait toujours la marque qu’il lui avait infligée ?

Tandis qu’elle observait toujours le petit groupe sans vraiment le voir, Khamill sentait son sang bouillir littéralement en elle ; mais brusquement, alors que le silence retombait, quelque chose dans les paroles du vieil homme retint son attention.


- J’étais de passage à Al-Jeit il y a quelques mois et il m’a semblé avoir aperçu ta mère avec un grand cornu.

Khamill écarquilla les yeux. Un grand cornu ?

Il n’y en avait sans doute pas trente-six mille dans l’Empire, c’était évident qu’Ycam parlait de Pan. Alors comme ça, s’il ne lui avait toujours pas donné de nouvelles, c’était qu’il allait être père ! Un maître pouvait-il laisser son apprentie pour une femme et un enfant ? Khamill sentit la moutarde lui monter au nez, et tenta de refréner sa colère. Il y avait sûrement autre chose, non ?


- Vous voulez parler de Pan ?

C’étaient les premiers mots qu’elle prononçait depuis qu’ils étaient partis d’Al-Chen, et le ton sur lequel elle les prononça était bien plus acerbe qu'elle ne l'aurait souhaité. Tous les regard convergèrent vers elle.

Se mordant les lèvres, Kham attendit la réponse... en réalisant que si Seth savait que Pan était un envoleur, il risquait fortement de soupçonner qu’elle en était une aussi. Mais peut-être était-il un apprenti également ? Après tout, sur le moment, elle s'en fichait royalement.



[Désolée de refroidir l'ambiance, mais je ne voyais clairement pas Khamill éclater de rire x) J'ai eu la flemme de vérifier niveau chronologie, mais ce rp se déroule pour Khamill avant son deuxième cours. Ce n'est pas après que Naïs va accoucher ? Enfin, au pire ce n'est pas si grave hein... Razz Ah oui : pauvre Pan xD]

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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Sam 28 Nov 2015, 10:39

[Non seulement je mets une plombe à répondre, mais en plus je ne fais strictement rien avancer du tout... C'est navrant ! Bon, à ma décharge, Syn ne connait pas Pan, je ne vois donc pas ce qu'elle peut faire d'autre, à part jouer les curieuses ^^]




La réponse de Crystal tira un léger sourire à Syndrell, qui perçut très nettement une soif d’aventure similaire à la sienne dans les paroles de la jeune femme ; mais ce fut celle du garçon qui attira son attention :

- Je m’appelle Seth. Je ne suis que de passage par ici, j’ai entendu parler d’une école un peu spéciale pas très loin.

Tiens, tiens… La marchombre posa sur lui son regard doré et le dévisagea en silence. Des écoles un peu spéciales, il n’y en avait pas tant que cela dans les parages. La première était le Dôme, l’école des Dessinateurs dans laquelle Ciel enseignait. Le Don, similaire à la greffe offerte par le Rentaï, n’était pas visible à l’œil nu, à moins d’une démonstration. Et pourtant, Syndrell n’imaginait pas Seth en train d’arpenter les couloirs du Dôme.

Elle le voyait plutôt s’élancer dans l’ascension d’une haute tour de la cité. Il lui faisait penser à Darwen avec cette gentillesse un peu maladroite et cette vivacité d’esprit qui le rendait perméable à tout ce qui l’entourait. L’Académie ? Syndrell haussa un sourcil et glissa un coup d’œil vers Crystal ; à en juger par son expression, cette dernière en était arrivée à la même conclusion.

Un frémissement lui fit tourner la tête. Elle se raidit par instinct avant de se détendre en découvrant le vieil homme qui venait dans leur direction. Il s’aidait d’une cane pour avancer tout en supportant le poids des ans. Syndrell se déplaça pour libérer le passage dans la ruelle, mais l’homme s’arrêta à leur hauteur et promena un regard gris et serein sur le petit groupe.


- Salut Ycam.

Syndrell vit l’homme tressaillir, puis dévisager Seth en fouillant dans sa mémoire. Elle sut qu’il avait mis la main sur le souvenir du garçon à l’instant où un sourire espiègle se dessina sur ses lèvres.

- Eh, mais t’es le petit Seth non ? Le fils de Naïs ?

Ce fut au tour de Syndrell de sursauter, alors que l’évocation de ce nom faisait surgir dans son esprit l’image un peu trouble d’un regard encore plus doré que le sien. Un regard aveugle, celui d’une femme à la beauté exotique qui n’avait aucun besoin de ses yeux pour se battre avec une redoutable efficacité.

Elles s’étaient brièvement croisées alors que Syndrell accompagnait une famille noble à travers les hostiles collines de Taj. L’intervention de cette mystérieuse guerrière avait été providentielle, et Syndrell n’avait jamais oublié la poignée de main qu’elles avaient échangé.

Seth ressemblait à sa mère, réalisa-t-elle en détaillant les cheveux noirs qui encadraient son visage, l’or qui flamboyait de malice dans ses yeux, le caramel onctueux qui colorait sa peau. L’évidence l’amusa, au moins autant que le hasard qui s’amusait à faire se croiser leurs routes, comme pour entremêler les liens des uns et des autres…


- A ce que je vois, tu ne perds pas le nord gamin !
- Ahem…


De nouveau, la ressemblance avec son apprenti frappa Syndrell, et la mine embarrassée de Seth la fit éclater de rire. Un rire partagé par tous, y compris Seth, mais Khamill se contenta d’un vague sourire. Elle se tenait légèrement en retrait et seule Syndrell savait pourquoi.

Elle fronça les sourcils en voyant la jeune femme serrer les poings. Puis, alors que le vieil homme – Ycam – et Seth échangeaient quelques paroles à propos de Naïs et d’un homme, Khamill réagit enfin.
Sèchement.


- Vous voulez parler de Pan ?

Sans avoir la moindre idée de qui il pouvait s’agir, Syndrell devina que cet homme était important aux yeux de la jeune femme. Sa manière de prononcer son nom était une évidence, mais laquelle ?

Curieuse, Syndrell appuya son dos contre un mur et croisa les bras sur la poitrine. Elle aurait pu partir, les laisser discuter, reprendre sa route, mais quelque chose lui disait qu’il valait mieux rester. Elle ne voulait pas quitter Khamill avant d’être certaine que celle-ci allait bien.

Elle n’oublierait jamais le plongeon vertigineux, mortel de cette dernière, qui avait scellé leur première rencontre d’une manière bien particulière.


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Jeu 24 Déc 2015, 17:49

- Je m’appelle Seth. Je ne suis que de passage par ici, j’ai entendu parler d’une école un peu spéciale pas très loin.

La réponse du jeune homme t’interpelle... Une école un peu spéciale pas très loin ? L’Académie ?

*Pourquoi pas ? Si il avait voulu parler d’une école “publique” il aurait simplement dit son nom... Là, il n’a pas été très clair, il s’agit donc d’une école secrète... L’Académie colle plutôt bien à la description...*

Tu captes le coup d’œil que te lance Syndrell à ce moment là. Elle aussi a pensé à la même chose que toi. Elle donc bien marchombre et Seth cherche probablement l’Académie. Ton regard glisse brièvement sur la jeune femme rousse mais elle semble perdue dans ses pensées. Tu reportes ton attention sur Seth et Syndrell quand, soudain, un bruit furtif, un mouvement discret dans l’ombre, vous sort tous de vos pensées et vous fait tourner la tête, sur vos gardes. Tous les quatre, vous vous tenez prêts à bondir, attendant que l’inconnu approche.
La silhouette qui se dessine est celle d’un vieil homme qui marche à l’aide d’un solide bâton. Il avance tranquillement, claudiquant, sans chercher ni à se cacher, ni à vous menacer. Sentant qu’il ne représente aucun danger, tu te détends et baisses ta garde. Un regard gris clair, curieux, glisse sur toi, s’arrête sur Seth. Mais ce n’est pas le vieil homme qui brise le silence qui s’était installé.

- Salut Ycam.

D’un même mouvement, Syndrell, Khamill et toi tournez la tête vers le jeune homme avec la même interrogation dans le regard. Seth connaitrait donc cet homme ? Tu jettes un regard à «Ycam». Si il ne semble pas comprendre tout de suite qui est Seth et comment il connait son nom, rapidement, son visage se détend et s’illumine. Il s’approche doucement du garçon et le dévisage comme pour mieux s’assurer de ce qu’il voit.

- Eh, mais t’es le petit Seth non ? Le fils de Naïs ? Par mes vieux os, voilà qui ne me rajeunit pas !

Tu esquisses un sourire, devenant spectatrice de retrouvailles plutôt émouvantes avant que Seth ne se retourne enfin vers vous pour vous présenter à son ami.

- A ce que je vois, tu ne perds pas le nord gamin !
- Ahem…


La réaction de Seth te fait sourire. Le jeune homme devient écarlate et tu peux lire dans son regard la confusion et la malaise qui le prit tout d’un coup. À côté de toi, Syndrell éclate d’un rire contagieux et, bientôt, ton rire rejoint le sien.

- Hé ! Ce n’est pas drôle !

Le garçon essaye de faire la tête, ce qui te fait rire encore plus et, lui aussi, joint enfin son rire aux vôtres. Il n’y a que Khamill qui n’a pas été contaminé et qui se contente d’un sourire. L’éclat général retombe et la discussion entre Seth et Ycam reprend. Tu te contentes de les observer, ne sachant pas trop quoi faire à l’instar de la jeune fille rousse quand celle-ci intervient soudainement.

- Vous voulez parler de Pan ?

Surprise par la soudaineté de sa question et étonné d’entendre enfin le son de sa voix, tu te tournes vers elle...

*Pan ? C’est un drôle de nom ça...*
*Mmh... De quoi parlaient-ils déjà ?*
*De la mère de Seth, d’un grand cornu et d’un futur petit frère ou petite sœur...*
*D’un grand cornu ?!*
*Oui... c’est sûrement lui Pan...*
*Mais ça veut dire quoi à ton avis... Ce n’est quand même pas un homme... avec des cornes !*
*Tu sais, je ne m’étonne plus de rien moi.*

Ta curiosité attisée, ton regard passe de Khamill à Ycam, de Ycam à Seth et de Seth à Khamill... Tu as légèrement l’impression d’être de trop mais comme rien ne te menace, que tu es assise autour d’un bon feu et que tu veux comprendre ce qu’il se passe et bien, tu attends...









[bouh Mad désolée pour le retard >< en plus c'est pas génial et ça ne fait rien avancer x) ]

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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Lun 22 Fév 2016, 18:00

Quelque-chose dans le regard de la rouquine avait changé. Une étrange lueur y brillait alors qu’elle réagit sèchement et Seth fronça imperceptiblement les sourcils, intrigué. De toute évidence Khamill connaissait Pan, et plutôt bien. Le jeune garçon avait donc vu juste, sa mémoire ne l’avait pas trompé. Cette fille était une Envoleuse, ou du moins une apprentie car elle ne possédait pas encore la même tranquille assurance qu’un maître – comme sa mère, Gil, ou Pan justement. Les yeux dorés de l’adolescent s’éclairèrent soudain lorsqu’il réalisa que la rouquine était sans aucun doute l’apprentie de Pan. Le gamin poussa un léger soupir alors que ses lèvres s’étiraient en un sourire mystérieux, plein de charme.

- « Tu le connais ? » demanda Seth en répondant par une autre question.

Seth avait planté son regard dans celui de la rouquine et essayait de deviner sa réaction. Elle avait clairement l’air contrariée mais le jeune garçon ne parvenait pas à en comprendre la raison. Secouant la tête tout seul, l’adolescent remarqua enfin les trois paires d’yeux qui le dévisageaient avec une intense curiosité. Un peu mal à l’aise de se sentir soudain au centre de l’intérêt général, le jeune garçon se tortilla un instant sur lui-même. Pourquoi diable Ycam avait-il parlé de Pan déjà ? Ah ! Oui, apparemment il l’avait vu à Al-Jeit quelques semaines plus tôt en compagnie de sa mère, dont le ventre commençait à peine à s’arrondir. Et maintenant Khamill semblait lui lancer des éclairs de son regard gris devenu soudain glacé. Pauvre Pan songea fugacement l’adolescent, imaginant bien que l’Envoleur devrait probablement quelques explications à la rouquine qui, pour le coup, avait vraiment l’air en colère de découvrir que son maître avait une vie en dehors du Domaine.

Passant une main dans ses cheveux dans un réflexe qui, selon Nwëlla, le rendait affreusement craquant, l’adolescent finit par hausser les épaules tout seul. Rompant le silence qui s’était installé depuis quelques minutes, Ycam lui offrit une diversion idéale pour tenter de changer de sujet. Le vieil homme était curieux de savoir comment allaient ses anciens voisins. Il avait beaucoup apprécié le temps où Ainhoa et Reni tenaient l’auberge du Chat rieur ; à l’époque, il y régnait toujours une ambiance douce et chaleureuse, baignée d’une joyeuse musique. Le jeune couple venait alors tout juste d’avoir une petite fille – elle s’appelait Opale, il s’en souvenait clairement, et elle était mignonne à croquer ! Toutefois, un beau jour, il n’y avait plus personne. Ils étaient partis. Nombre de rumeurs avaient alors circulé et il n’avait voulu en croire aucune. Evidemment, Seth mentit. Le vétéran n’était pas dupe, il devinait que quelque-chose clochait. Mais il décida de ne pas chercher à en savoir plus. Cela soulagea quelque peu l’adolescent qui ne souhaitait pas évoquer la mort brutale de Reni. L’homme, qu’il considérait comme son oncle, lui manquait terriblement ! Une boule se forma dans la gorge du jeune garçon qui eut soudain très envie de disparaître…








[Horriblement court, nul et en plus avec deux mois de retard... Je suis impardonnable...]

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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Dim 17 Avr 2016, 23:14

[Eh bien, je m'arrête là ! Veuillez pardonner l'impolitesse de Khamill x) Même s'il a traîné en longueur (et j'y suis pour quelque chose ) j'ai bien aimé ce Rp ! J’espère qu'on pourra remettre ça, avec une Khamill plus apte au dialogue Wink]





Seth répondit à sa question par une autre, ce qui frustra profondément Khamill. Bon, c'était une question qui lui répondait quand même – il s'agissant donc bien de son Maître – mais elle détestait qu'on l'interroge, surtout qu'elle voyait bien comment le jeune homme tentait de déchiffrer son expression, et comment Syndrell et les autres l'observaient également. Et même si elle savait que le sourire mystérieux du garçon pouvait sans doute en faire fondre plus d'une, c'était un aspect des choses qu'elle ne voyait plus depuis longtemps, et il avait surtout don de l'énerver davantage qu'elle ne l'était déjà. Elle n'était pas de ceux qui aiment les mystères, encore moins lorsqu'ils sont volontaires.

Détournant finalement le regard de celui, joliment doré, de Seth, Kham haussa les épaules.


- Ouais.

Réponse on ne pouvait plus laconique, mais elle n'avait rien de plus à dire. Elle ne pouvait pas dire qu'il s'agissait de son Maître envoleur – Seth, lui, l'avait peut-être deviné, s'il savait déjà que Pan était un Envoleur ; dans tous les cas cela ne concernait pas les autres, et de toutes façons elle n'avait pas envie d'étaler sa vie. Syndrell savait qu'elle était une apprentie envoleuse, elle n'avait rien d'autre à lui dire non plus.

Seth et le vieux commencèrent alors à parler souvenirs, et la jeune femme perdit vite le fil des mots. Vaincue par la fatigue, elle finit par se lever discrètement pour aller dormir un peu plus loin. Elle savait qu'elle n'avait rien à craindre de ces quatre-là... Son sac-à-dos en guise d'oreiller, enveloppée dans sa couverture, elle ne tarda pas à fermer les yeux. Pour s'endormir enfin.


***


Il faisait encore nuit lorsqu'elle s'éveilla, sortant brusquement d'un cauchemar. Se redressant vivement sur sa couche, elle se passa une main sur les paupières pour tenter, en vain, d'en chasser les images qui y restaient éternellement imprimées. Son coeur battait beaucoup trop vite, comme le sang qui pulsait dans ses tempes et dans la veine de son cou. Des larmes brûlantes et silencieuses commencèrent à dévaler ses joues ; elle les essuya d'un revers de bras, et se leva aussitôt, rassemblant ses affaires.

Les autres semblaient encore dormir profondément – elle pouvait entendre les ronflements du vieux, en tous cas, ceux, plus légers, de Seth, et les respirations de Syndrell et Crystal. Enfilant son sac-à-dos, la jeune femme les observa un instant, tous les quatre. Elle était contente d'avoir revu la marchombre aux cheveux bleus, même si elles n'avaient pas vraiment eu le temps de se parler. C'était dommage, mais au fond elle ne savait même pas si elle en aurait eu envie, si ça avait été possible. Et puis peut-être qu'elle la recroiserait, un jour... Pour le moment, elle n'avait qu'une envie : partir. Partir le plus loin possible – plus qu'ils ne l'étaient déjà – d'Al-Chen et du cadavre de cet homme qu'elle avait tué.

Sans un regard en arrière, elle se mit en marche.
Retourner au Domaine lui prendrait plusieurs jours, et elle n'avait pas spécialement l'intention de se presser, puisque Pan avait l'air d'avoir d'autres choses à faire que de s'occuper de son deuxième cours...

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Dim 24 Avr 2016, 14:26

La question de Seth répondait partiellement à celle de Khamill et généra un flottement un peu gêné. Chacun savait que ce nom était synonyme de secret. Une coïncidence de ce genre ne suffirait pas à le trahir, songea Syndrell, toujours adossée au mur, mais c’était assez pour que la rouquine se renferme à nouveau.

La marchombre resta silencieuse. Ce secret-là ne la concernait pas et pour une fois elle maîtrisa sa curiosité… mais elle nota soigneusement ce nom, Pan, dans un coin de sa mémoire et se promit d’interroger Dolce à son sujet. Parce que son petit doigt lui soufflait que ce mystérieux monsieur secret était un Envoleur.

Plutôt que de s’enhardir sur le chemin des gaffes, Seth se mit à discuter avec son vieil ami. Crystal les écoutait, amusée par la situation. Seule Khamill se lassa. Elle alla s’allonger un petit peu plus loin dans l’herbe, à l’ombre d’un saule pleureur qui veillait sur un petit court d’eau qui serpentait dans les hautes herbes. Syndrell la regarda s’enrouler dans sa couverture.

L’appartement de Ciel n’était pas loin. Elle pouvait encore décider de rentrer à Al-Chen. Elle pensa à son lit, aux draps frais qui l’attendaient…

... se décolla du mur et alla s’installer sous l’arbre pour s’asseoir dans l’herbe, juste à côté de Khamill. S’endormir ici, c’était un petit peu insensé, mais rien ne l’était jamais assez à ses yeux.

Un martin-pêcheur plongea pour s’envoler aussitôt, un petit poisson argenté dans le bec. La roue d’un moulin tournait doucement dans l’eau, à quelques mètres de là. C’était un endroit parfait, songea Syndrell en laissa son regard glisser vers la jeune femme aux cheveux roux.

Parfait pour s’évader dans un rêve.





*




Khamill ne fit aucun bruit lorsqu’elle se leva pour réunir ses affaires dans un éclat de lune. Le chant des grenouilles avait remplacé le rire des citadins. La ville était endormie, un vent léger agitait les longues branches souples du saule. Le léger ronflement de Seth et celui, plus impressionnant, d’Ycam ajoutaient une note d’improbable à cette scène déjà peu ordinaire.

Les yeux grands ouverts, Syndrell ne bougea pas lorsque Khamill les abandonna. Elle avait envie de retenir la jeune femme pour s’assurer qu’elle allait bien, mais les larmes qu’elle avait vu scintiller sur ses joues l’avaient exhortée à l’immobilité. Khamill avait besoin de solitude, pas d’une marchombre bien trop bavarde pour lui assurer la tranquillité à laquelle elle aspirait.


- Prends soin de toi, murmura-t-elle simplement, laissant la brise nocturne porter son message et priant pour que la rouquine retrouve la paix.

Les feuilles du saule frémirent doucement au-dessus d’elle.





*




- Est-ce qu’on peut te laisser avec la certitude que tu ne te feras pas embrocher par le prochain malandrin venu ?

Plantée devant Seth, les mains sur les hanches, Syndrell affichait un air goguenard qui trahissait son amusement. Ce garçon lui plaisait, c’était certain. Il était vif et plein d’énergie – sans doute un peu trop, mais quelques mois encore, une année tout au plus, et un peu de plomb dans la cervelle suffirait à rétablir l’équilibre en modérant ses ardeurs.

La marchombre lui décocha un léger coup de poing dans l’épaule en guise d’au revoir, avant de saluer Crystal dans un sourire lumineux.


- C’était sympathique ! Chaotique, précisa-t-elle en jetant un coup d’œil à Seth, mais sympathique. Je n’oublierai pas cette course-poursuite de sitôt !

Elle s’éloigna vers la ville et leva la main pour les saluer une dernière fois.

Les jours se suivaient et ne se ressemblaient pas… après d’aussi belles rencontres, que pouvait bien encore lui réserver le hasard ?




[Syn a raison, c'était chaotique mais fort sympathique ! J'aurai raté le coche à chaque fois, moi, je ne pensais pas que c'était à mon tour de répondre. Pardon pardon... !!!]

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Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Crystal Fil'Essien
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Lun 13 Juin 2016, 18:26

Ta curiosité ne sera pas assouvit ce soir. Seth détourne la question de Khamill en lui posant une question en retour, à laquelle la jeune fille répond par un simple “ouais”.

Seth continue ensuite de parler avec Ycam et Khamill va s’allonger. Tu continues d’écouter distraitement la conversation mais tu t’en désintéresses rapidement. Tu ne connais pas les noms dont ils parlent, tu ne comprends pas vraiment ce qu’ils disent... En fait, à vrai dire, cela ne te concerne pas. Tu imites donc Khamill et va t’allonger un peu plus loin pour dormir un peu.

*Bonne nuit sœurette.*
*Bonne nuit Leïla.*

Tu t’enfonces doucement dans le pays des songes, laissant ton esprit s’évader et voyager vers de nouveaux horizons.

~ * ~

Tu ouvres un œil, émergeant d’un rêve flou où tout se mélangeait. Le ciel est encore sombre, parsemé d’étoiles scintillantes. Un bruissement attire ton attention, tu entends des chuchotements... Tu tournes légèrement ta tête en direction du bruit. Une personne se tient debout à quelques pas de toi... L’esprit encore embrumé, tu ne la reconnais pas tout de suite et un frisson de panique te parcours tandis que tu imagines déjà un bandit en train de vous dépouiller... ou pire. Mais ton esprit s’apaise quand tu reconnais la chevelure rousse de Khamill. La jeune fille s’éloigne sans un bruit et tu retombes dans le sommeil avant de pouvoir te poser plus de question.

~ * ~

- Est-ce qu’on peut te laisser avec la certitude que tu ne te feras pas embrocher par le prochain malandrin venu ?

Tu souris, amusée devant la situation : Syndrell plantée devant Seth, les mains su les hanches et ce dernier qui s’empourprait.
Khamill était bel et bien partie pendant la nuit et après un bon bol de thé au réveil, cela allait être le cas pour vous aussi. La soirée avait été plutôt agitée et tu ne voulais pas rester plus longtemps dans cette ville maudite où tu sembles être attirée par toutes les mauvaises situations.

*Je crois bien que je ne remettrais jamais les pieds ici... Maintenant que j’ai un cheval, je vais pouvoir aller m’installer à l’autre bout de l’Empire !*
*Bien dit ! Al-Chen ne nous aime pas j’ai l’impression.*

Tu finis ton thé et croque dans une galette de niam avant de rendre son sourire à Syndrell.

- C’était sympathique ! Chaotique, mais sympathique. Je n’oublierai pas cette course-poursuite de sitôt !

Tu adresses un grand sourire à la marchombre qui s’éloigne, répondant à son signe de main, avant de te tourner vers Seth.

- Syndrell a raison, chaotique mais sympathique, lances-tu au jeune homme en lui adressant un clin d’œil, je vais y aller aussi. Fais attention à toi hein ! Et bonne route !

Tu te lèves et adresses un grand sourire à Seth avant de remballer tes affaires et de prendre le chemin du retour, tournant le dos une bonne fois pour toute à cette maudite ville...









[Bon, je n'ai absolument aucune excuse pour tout ce retard, en plus c'est court et pas génial... Mais bon, ce fut une chouette aventure avec vous ;D ]

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Seth Jol
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MessageSujet: Re: Comme quelques ennuis à l'horizon... [Khamill, Crystal eeeet Syndrell]   Dim 14 Aoû 2016, 13:43

[Non, non, je ne suis pas en retard du tout ! Vous avez joliment conclu les filles, Seth était comme un roi au milieu de ces trois charmantes jeunes femmes. Il adore les beaux cheveux de Syn, le naturel de Crystal, mais par dessus tout, je crois que Khamill lui a tapé dans l'oeil Very Happy A bientôt pour de nouvelles aventures donc...]

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