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Le Pacte VS L'Ordre
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 Groupe Helzam - Cours n°6

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Groupe Helzam - Cours n°6   Lun 05 Jan 2015, 18:28

Posant une main sur son ventre assez rond désormais – cela faisait plus de six mois maintenant qu’elle avait ce bébé dans le ventre.
Cette petite Suvyio.
Un petit soupir de contentement passa les lèvres de Libertée. Son regard vogua dans la maison, et elle ne pouvait s’empêcher d’apprécier cet endroit. Non. De l’adorer ! Il était clairement tout ce qu’elle avait pu envisager, toute son histoire avec Gil. C’étaient eux, à deux, qui lui avaient redonné vie, à cette petite maison de pêcheur. Il y avait tellement d’eux partout, de leurs rires, de leurs unions, de leurs baisers et leurs échanges.

Assise sur son rocking-chair, devant la cheminée qui crépitait doucement sous l’assaut des flammes, la petite marchombre pensait à sa dernière apprentie : Rilend.
Elle avait laissé un petit mot sur le panneau d’affichage quelques jours plus tôt, lui indiquant où trouver sa maison – si on ne savait pas exactement où la chercher, on ne risquait pas de la trouver – et de  l’y rejoindre avant la fin de semaine. Elle ne devrait plus tarder.

La jeune femme avait réussi son Ahn-Ju avec brio, et était allée rejoindre le Rentaï plusieurs mois plus tôt maintenant. Le voyage durait un certain temps, certes, mais il fallait dire qu’entre les visites de ses parents et ses différentes exursions à Al-Jeit avec Gil, Libertée avait vu le temps filer plus rapidement que d’habitude, tandis que son ventre s’arrondissait doucement mais sûrement.
Quelques semaines plus tôt, elle s’était retrouvée à Al-Jeit avec Naïs, cette femme qui élevait un enfant de Gil, et toute la smala : ses deux parents les avaient rejoints, alors que Seth, Atal et Pan étaient là. Elle et son père avaient été les seuls représentants marchombres dans tout ce petit monde, mais à vrai dire peu importait. C’était juste qu’elle n’avait plus trop envie de penser à ça pour l’instant : elle devait se concentrer sur la suite de l’apprentissage de Rilend.

Oh, elle savait depuis la moitié de l’autre cours, le précédent, qu’elle n’avait plus grand-chose à enseigner à la jeune femme. Cependant, il restait quelques petites choses, des petits détails, qui allaient être nécessaires qu’elle comprenne et apprenne. Même si ce n’était plus grand-chose.

Poussant un petit soupir, la marchombre se leva de devant le feu pour se diriger dans la cuisine, et sortir deux tasses. Elle prit même une bouilloire et la remplit d’eau avant de la déposer sur le crochet au-dessus du feu qu’elle avait installé plusieurs semaines auparavant.
Cherchant dans ses pots en verre, elle en sortit un plein à craquer de feuilles de verveine séchées, et le déposa sur la table.

Elle savait que Rilend allait bientôt arriver. Comment ?
Peut-être parce qu’elle connaissait bien les environs de la maison désormais, et que le chant des oiseaux qui restaient près des rives du Lac Chen l’hiver avait légèrement changé. Peut-être parce que les roseaux gelés avaient aussi changé leur mélodie.

Alors, quand le parquet de l’entrée grinça imperceptiblement, Libertée ouvrit la porte avec un grand sourire.

- Salut Rilend ! Vas-y, entre ! Ca te dit une petite tisane à la verveine ?

Invitant la jeune femme à entrer, elle l’installa confortablement autour de la table qui trônait dans la pièce, et finit par s’asseoir.


- Tu es allée jusqu’au Rentaï ? Qu’est-ce que tu en as pensé ?

Elle n’allait pas forcer son apprentie à parler de la greffe, mais en savoir un peu plus sur son parcours solitaire jusqu’au Rentaï lui permettrait d’en savoir un peu plus sur ses perceptions et le reste. C’était aussi de l’interprétation, le Murmure.

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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Jeu 22 Jan 2015, 14:26

Même à Al-Chen, elle n'avait pas trouvé la perle rare !
Pas si facile de dénicher un cheval à son goût et selon son coeur...
Rilend soupira en franchissant la majestueuse porte de la ville, son sac sur l'épaule, à son habitude et l'allure souple et décidée, encore à son habitude. Sans méfiance, sans peur, elle n'en jetait pas moins des coups d'oeil alentours, habituée à un point qu'elle n'aurait jamais cru possible à voir, entendre et surtout à sentir, sentir le monde autour d'elle, sa vie, ses préoccupations, sa tension et les perturbations infimes qu'elles induisaient dans sa trame. Quand un gamin des rues tenta une main leste vers la ceinture de la jeune femme, Rilend le bloqua d'un revers de main puis, avec un sourire, tendit une pièce d'argent au jeune garçon qui détala sans demander son reste. Elle le regarda se fondre dans la foule.
Sourire aux lèvres.
Elle venait d'avoir une impression étrange, comme si c'était à elle, l'enfant d'Al-Far d'il y a plus de dix ans maintenant, à qui elle venait de tendre l'équivalent d'une semaine de repas frugaux. t la Dame savait si elle avait eu besoin de bienveillance, cette enfant perdue d'autrefois !
Où serais-je sans ma rencontre avec la marchombre muette ?
se demanda Rilend en ramenant la lanière de son sac en place et en franchissant d'un pas leste les derniers mètres de ville. Que serait-elle, si elle avait demeuré dans ces ruelles sombres, ces coupes-gorge glauques où le couteau côtoyait le regard lubrique, et les poings serrés les mains baladeuses ? Aurait-elle continué à grimper, à la nuit tombée, sur les toits de la ville pour rêver d'un ailleurs qu'elle n'atteindrait jamais, et d'un envol qu'elle ne pourrait concrétiser ?
Alors qu'aujourd'hui, je vole !

Rilend vit se dérouler devant elle, après plusieurs heures de voyage, les rives paresseuses du lac que Libertée lui avait décrit dans les instructions qu'elle lui avait laissées, et la jeune femme sut qu'elle touchait au but, à la maison, au nid de son maître. Avec un sourire léger que la brise humide amenait sur ses lèvres, l'élève désormais grande longea la rive en admirant la façon dont l'eau jouait en contrebas, allumant de chatoyants reflets la froide lumière d'hiver. Tout de bleu vêtu, le paysage avait pris cet aspect endormi des tableaux gelés, des plaines enneigées.
Mais qui savait écouter entendait, sentait la vie pulser sous le givre...sur les branches ciselées, des oiseaux chantaient dans leur discret plumage d'hiver, affadi comme pour ne pas rompre l'harmonie glacée qui sous-tendait la scène, et des roseaux craquaient, mus par le vent, le courant ou un simple poisson voguant au hasard des eaux.

Et enfin la maison, dont Rilend franchit le seuil avec discrétion, ce qui n'empêcha pas Libertée de la héler joyeusement depuis l'encadrement de la porte tandis qu'une bouffée de chaleur et de feu de bois ébouriffait les cheveux de son élève. Souriant d'avance, heureuse de retrouver la pétulante jeune femme, Rilend s'avança d'un pas guilleret et ne marqua même pas un temps d'arrêt devant le ventre imposant de son mentor, qui la précédait dans une pièce chaleureuse aux allures de ces foyers d'antan.
Moult rumeurs avaient couru au sein de l'Académie, certaines frivoles et d'autres moins, comme elles couraient toujours sur tous les élèves et maîtres sitôt qu'on mettait ensembles autant d'êtres humains, et certaines faisaient mention de Libertée quand la jeune femme était revenue au bercail. Rilend n'y avait prêté nulle attention : en ce qui la concernait, Libertée était son maître même paralysée au fond d'un lit, alors enceinte...qu'est ce que ça changeait ?

Peut-être juste le fond du sourire de son maître, rayonnant, chaleureux et profondément serein tandis qu'elle l'invitait à s'asseoir autour d'une table accueillante. Rilend accepta avec plaisir une tasse de tisane et, serrant ses mains autour du liquide à l'odeur entêtante et délicate, laissa la vapeur qui s'en élevait chatouiller son visage alors qu'elle répondait à Libertée :

"Oui, j'y suis allée, et c'était...enfin, c'est difficile à décrire, mais c'est extraordinaire. Au début, j'avais prévu de prendre un peu de repos en y arrivant mais au final, je n'ai pas pu : c'était comme si il m'appelait, comme si il fallait que je l'escalade, comme si ma place était quelque part là-haut et que je devais la rejoindre immédiatement.
Et une fois dessus, une fois au contact de la roche...c'était très étrange mais aussi plus qu'agréable. Il y avait comme quelque chose dans l'air. D'abord j'ai cru que c'était une odeur, ou un pressentiment, ou une perception trop fine pour être décrite et puis très vite, je l'ai...senti comme un son. Pas vraiment entendu, pas vraiment vu, mais c'était comme une voix qui résonnait en moi et qui me disait de grimper encore, qui me guidait aussi et qui me soutenait. Je ne sais pas combien de temps j'ai pu escalader, parfois ce...murmure changeait d'allure, de ton, de rythme mais ce qui restait c'était cette impression. Cette impression que j'étais là où je devais être, que c'était bien, et finalement une sorte de sérénité profonde qui s'en dégageait. Qu'elle m'inspirait.
Par moments, j'avais l'impression de ne plus vraiment saisir les frontières entre mon corps et la roche, entre ce que je voyais, entendais et le murmure, entre ce qui était de moi et du...du Rentaï, parce qu'en fait, c'est plus une entité qu'une roche. Ou une roche qui vibre. Qui est vivante. Qui...
Je crois que je ne vais pas trouver les mots pour expliquer cela. J'y ai beaucoup repensé au retour, mais...ça se sent. Ca ne s'explique pas, ou pas bien et les mots affadissent tout. C'était tellement plus fort que ce que j'en dis...
Et puis ensuite...ensuite je ne sais plus vraiment. Je crois qu'il s'est passé des choses, agréables, parfaites même, mais je me suis réveillée au pied du Rentaï et il n'y avait plus la voix, ni ce besoin impérieux de l'escalader. Plus rien, à part une présence lointaine mêlée à celle du désert, mais rien d'autre.
En fait, je ne sais même pas si le Rentaï m'a accordé la Greffe ou non et pour être honnête...je ne me suis pas posé la question très longtemps. Au début, j'ai été étonnée voire décue, mais j'étais tellement bien là-bas, dans le désert, avec le sable chaud, le soleil, tous ces paysages épurés. J'avais l'impression que l'essentiel, ce n'était pas ça, pas comme ça...c'était cette vibration, cette sensation de parfait accord que j'avais pu ressentir, c'était d'avoir fait cette expérience-là qui était magique et c'est surtout à ça que j'ai pensé en repartant."


Desserrant ses mains de la tasse, Rilend réalisa qu'elle avait parlé beaucoup plus qu'elle ne l'avait pensé de prime abord. C'était étrange, cette sensation que les mots se vident de tout sens sitôt qu'on évoque le Rentaï, le Murmure et son harmonie parfaite, et cette sensation prégnante que chaque chose est à sa place et que le monde vibre en choeur. Pas frustrant.
Mais elle était surprise de s'être laissée aller à tant parler, tant se confier.
Pour cacher son trouble, Rilend prit une gorgée de tisane.

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*Parce que la panthère en toi peut être apprivoisée
Parce que le plus grand des trésors est la liberté.*



Dernière édition par Rilend Ansakh le Mer 25 Mar 2015, 23:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Dim 25 Jan 2015, 00:26

- Tu as donc compris pourquoi le désert s'appelle le Désert des Murmures ? Tu as raison, d'ailleurs. Peu importe la greffe au fond, ce qui est le plus important, c'est d'être en accord avec soi-même. Je l'ai découvert comme toi le matin où je me suis réveillée au pied du Rentaï.

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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Jeu 29 Jan 2015, 23:37

- Oui, je crois que oui. Cela sous-entend que ce sont des marchombres qui ont nommé ce désert, non ? Ou au moins des gens qui arrivaient à entendre ce...murmure.
C'est une bien étrange entité, le Rentaï, non ? Enfin...je sais que, avec nos yeux, on voit seulement une montagne seule au coeur du désert, mais ce que j'ai ressenti en l'escaladant n'avait rien à voir avec ce que j'ai pu ressentir en grimpant sur d'autres rochers et montagnes. C'était une présence, comme si le Rentaï...était vivant, en quelque sorte.

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Ven 30 Jan 2015, 19:55

Un sourire étira les lèvres de Libertée aux premières paroles de Rilend.
Cela pouvait être une suppoisition. Mais les suppositions pouvaient aller encore plus loin, car aucune preuve n’avait été avancée pour chacune d’elle : peut-être que le premier homme de Gwendalavir était un marchombre ; peut-être qu’avant toutes les personnes étaient des marchombres, à l’écoute de la nature, de leur propre corps et cherchant l’harmonie plus ou moins consciemment. Peut-être que tout le monde entendait le murmure, jusqu’à ce que de nouveaux migrants arrivent en Gwendalavir, et que la population perde de cette communion à la nature en découvrant l’accès à l’Imagination et la civilisation morderne, aussi. Personne ne savait.
Peut-être que c’était aussi parce que tout le monde n’entendait pas le murmure, certains entendaient une litanie incessante, froide et brutale, qui leur faisait perdre toute notion de plaisir. Des envoleurs étaient déjà montés sur le Rentaï, tout comme des dessinateurs ou d’autres, mais aucun d’entre eux ne pouvaient entendre le murmure. Peut-être parce qu’il était murmure ?


- C'est une bien étrange entité, le Rentaï, non ? Enfin...je sais que, avec nos yeux, on voit seulement une montagne seule au coeur du désert, mais ce que j'ai ressenti en l'escaladant n'avait rien à voir avec ce que j'ai pu ressentir en grimpant sur d'autres rochers et montagnes. C'était une présence, comme si le Rentaï...était vivant, en quelque sorte.

Libertée ne put s’empêcher de hocher la tête, vivement.

- Oui ! Une entité vivante et insondable. Même si je me plais à le traiter de gros rocher au milieu du désert, parce que ça ne devrait pas être une fin en soi, parce que ça ne devrait pas influer autant sur notre manière de penser, au final, elle nous en fait voir de bien bonnes, cette montagne !

Adressant un sourire à Rilend, Libertée attrapa sa tasse de tisane et la vida d’un coup d’un seul, avant de se redresser dans un large sourire.
Elle était persuadée que son apprentie avait reçu la greffe. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle le sentait comme ça, tout comme elle ressentait que le bébé dans son ventre était une fille. Posant sa paume contre le sommet de sa bedaine arrondie, elle y fit de petits cercles doux, et le bébé réagit. Un sourire étira ses lèvres, et elle planta ses yeux dans ceux de son apprentie – qui n’en était plus tellement une, au final !


- Au fait, Rilend… Je te présente la petite Suviyo. Suviyo, voilà tata Rilend ! plaisanta-t-elle. Restant immobile quelques secondes, Libertée finit par se lever doucement pour ne pas perdre l’équilibre, et s’étira quelques secondes en baillant, avant de se tourner vers la jeune femme.

- Bon, et bien, c’est parti alors ! Direction : Al-Jeit !

Cela faisait déjà plusieurs fois qu’elle allait à Al-Jeit en peu de temps, mais ce n’était pas très grave. Elle n’imaginait juste pas ne pas emmener son apprentie jusqu’à la capitale de l’empire pour son envol ; c’était juste dans l’ordre des choses telles qu’elle les ressentait. Et même si le voyage était quand même long, et que sans aucun doute elle allait avoir un peu de mal, ce n’était pas très grave.

- Bon, par contre, on va encore piquer des chevaux à l’académie, car je crois que ni toi ni moi n’en avons un ! Et comme je ne peux plus vraiment courir sans risquer l’asphyxie… partant d’un rire joyeux, Libertée attrapa son sac qu’elle avait déjà préparé pour le jeter sur son épaule, et entraîner son élève dans ce qui semblait bien être sa dernière aventure à ses côtés.


♥ ♥ ♥


Après avoir récupéré deux montures dans les écuries de l’académie, les deux jeunes femmes chevauchaient tranquillement vers le sud, et donc vers l’arche, pour pouvoir traverser le Pollimage avec leurs montures.
Une main sur son ventre, Libertée laissait son regard vagabonder sur le paysage en laissant ses pensées s’égarer. Où était Gil ? Et ses parents ? Aux dernières nouvelles, ils avaient décidé de rester quelques temps à Al-Jeit pour que son père fasse plus connaissance avec Naïs, ce qui tirait un chouya de jalousie à Libertée. Cependant, la marchombre n’était pas rancunière, et puis son père avait l’air sincèrement heureux de pouvoir connaître une fille dont il n’avait jamais connu l’existence ; c’était l’essentiel.

Souriant tranquillement, elle entendit quelques bruits d’une course précipitée d’un animal, avant qu’un aboiement puissant –non quatre – ne s’élèvent contre elles. Très vite suivis de quatre cavaliers.

Ah.
Un léger soupir franchit les lèvres de Libertée, qui tourna la tête vers Rilend.

- Ils sont pour toi, Rilend ! lança-t-elle en souriant. Tu n’as besoin de rien d’autre que de ton corps : tu es une arme, Rilend. Tu es une arme, tu es réflexe.

La marchombre arrêta son cheval un peu en retrait, quelques mètres avant celui de Rilend, et posa ses rênes sur son encolure. Un sourire en coin sur les lèvres.


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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Jeu 26 Mar 2015, 00:04

Un gros caillou.
Rilend rit de l'image, de ce "gros caillou" qui, posé sur son séant, vous accueillait au coeur du désert comme une matrone attend le plus insoumis de ses fils, rentré trop tard au bercail : les poings sur les hanches, le regard sévère et aussitôt adouci si l'arrivant est reconnu pour ce qu'il est : un membre de la famille. D'un coup, en deux mots, la falaise avait perdu sa solennité pour prendre un aspect comique que savoura un moment la jeune marchombre avant de reprendre :

"Peut-être que les marchombres ont autant besoin de légendes et de figures mythiques que les autres hommes. Donc ils donnent un nom à leur gros caillou préféré..."

Un sourire secret joua sur ses lèvres et elle n'ajouta rien, devinant que Libertée, comme elle, était consciente que c'était peut-être plus que cela. Que la force du Rentaï n'était ni sa localisation, ni d'être un gros caillou difficile à escalader, et que si le mythe et l'esprit humain jouaient peut-être dans la fascination qu'il exerçait sur tout un chacun, ils n'étaient probablement pas seuls en cause.
Sacré gros caillou.
C'est cet instant que Libertée choisit pour confirmer la certitude de son apprentie, à savoir la présence d'une tierce personne, certes encore peu encline à participer à la conversation mais néanmoins plus que visible.

"Enchantée, Suviyo ! Je ne te serre pas la main, pour le moment ce n'est pas vraiment possible, mais le coeur y est..."

Elle aussi plaisantait, et se leva à son tour en déclarant avec un sourire :

"Je me disais bien que quelqu'un nous espionnait."

Aux mots "c'est parti", l'apprentie bien conditionnée avait déjà saisi son sac et l'avait jeté sur son épaule et c'est donc le dos tourné à Libertée que Rilend entendit un certain nom...Al-Jeit. Al-Jeit.
Al...

"Al-J...Euh, Al-Jeit la capitale ? Vraiment ?"

L'enfant d'Al-Far avait soudain les yeux brillants. Rilend n'avait jamais visté la sublime cité du coeur de l'Empire et pour tout néophyte, Al-Jeit résonnait de mille murmures, contes et splendeurs à peine esquissées par les voyageurs qui en revenaient tout ébaudis de tant de lumière. La marchombre ne se laissait plus distraire par les richesses et les promesses de tours élancées, mais force était de constater que l'enfant n'était plus si loin sous la couche de maturité sitôt qu'on parlait de merveilles...
Elle emboîta le pas à Libertée avec un sourire sur les lèvres :

"Bonne idée ! J'ai essayé de trouver un cheval à Al-Chen - maintenant que j'ai un peu d'argent, j'aimerais bien essayer de trouver la perle rare - mais pas moyen."

*****

Elles chevauchaient de concert quand Rilend, presque en même temps que son maître, sentit arriver des humains et des chiens. La Panthère frémit de dégoût, percevant bien avant tout un chacun l'odeur répugnante de ces charognards qui, vivant aux côtés des humains, avaient cessé d'être loups pour se nourrir des restes. Un chasseur qui mange des céréales, allons bon !
Libertée se tourna vers son apprentie qui devina très vite ce que son maître attendait d'elle et, un peu intimidée malgré tout, hocha la tête. Elle n'hésita pas ; elle connaissait sa monture, Idalgo, et le savait accoutumé aux batailles. Elle le lança donc en avant.
La troupe d'hommes marqua un temps d'arrêt, peu accoutumée qu'elle était à voir des proies potentielles galoper vers elle. Surtout quand la proie potentielle était une jeune femme qui venait d'abandonner sa compagne enceinte pour tranquillement venir à leur rencontre, dans un petit galop presque paresseux, assuré. Rilend tira légèrement sur les rênes et Idalgo stoppa à bonne distance des hommes - elle ne souhaitait pas risquer la vie de son cheval ! - qui s'étaient immobilisés, circonspects.
Seuls, les chiens n'avaient pas tant de scrupules et grondaient, excités par leurs maîtres et l'habitude de la chasse mais encore tenus en laisse. Les comparses ricanèrent.

Sourde aux commentaires grivois qui fusaient, Rilend lança, faussement aimable :

"Un problème, messieurs ?"

Et vint la réponse immuable, à base de "toi, ton cheval, ta bourse", ou dans un autre ordre, elle ne savait plus...Souriante, Rilend ne répondit rien, mais se laissa glisser du cheval, rapidement, toute en fluidité. Idalgo demeura sur place, prêt à retourner vers la sécurité si les chiens approchaient, tandis que les hommes comprenaient enfin ce qu'ils se passait et tiraient leurs lames en beuglant. L'un d'eux, celui qui tenait les chiens, fit glisser les lames hors des colliers et Rilend expira lentement, tranquillement, sondant du regard la situation, tous ses sens en éveil.

Les chiens n'hésitèrent pas. S'encourageant les uns les autres, ils montèrent à la charge. Le premier bondit. Malgré la réaction violente de la Panthère, Rilend se contraignit à l'immobilité, une fraction de seconde encore...puis ses épaules s'effacèrent, comme à regrets, et le chien la frôla sans la happer. Il revint sur ses pas, aboyant sa frustration et la jeune femme abaissa ses appuis. Elle cueillit le premier chien en accompagnant son bond et en le laissant glisser le long de son épaule, un poing frappant à l'articulation de la mâchoire. Le gémissement la renseigna sur la portée de son coup tandis qu'elle se baissait et se redressait aussitôt pour projeter le second molosse hors de son champ de vision. Elle fonctionnait non par réflexe, non par habitude mais mue par la certitude que tous ses gestes s'enchaînaient logiquement, que la chorégraphie était réglée par un temps qui lui était supérieur et qu'elle commençait à sentir pulser.
Elle essuya un petit coup de croc tandis que le troisième chien prenait un talon dans les côtes, et la gueule baveuse du quatrième ripa sur son bras sans plus de mal qu'une écorchure.

Déjà, les hommes étaient sur elle.
Rilend déplaça rapidement ses appuis et bondit de côté quand le cheval passa à sa hauteur. Une main dégagea le pied de l'étrier et en profita pour le tirer vers elle. Le cavalier, déséquilibré, perdit du temps à faire virer son cheval et partit trop loin, offrant à sa victime le temps nécessaire pour accueillir les deux autres hommes.
Au dernier moment, elle passa devant le cheval qui arrivait, pour ne pas se trouver encadrée par les deux chevaux. Utilisant la force de l'animal qui continuait sa course, Rilend avait saisi le bras le homme et l'avait abaissé vers le bas pour plier l'épaule. Le cavalier, gêné, laissa ses épaules passer en avant et la suite...coula de source. Le cheval continua sa route tandis que l'épaule restait sur place, et l'homme avec elle, qui sembla s'enrouler sur lui-même et, sur un pivot de Rilend, acheva sa séparation corps et bien d'avec sa monture.
Il s'étala lourdement au sol, sur le dos et, sonné ne bougea pas quand la marchombre pivota sur elle-même pour le quatrième cavalier. Elle saisit le cheval, se hissa, emmenant avec elle la jambe que le cavalier avait voulu lui décocher, et se laissa simplement couler de l'autre côté en poussant le buste de l'homme.
Déséquilibré, il roula au sol tandis qu'elle se réceptionnait souplement et reprenait ses appuis pour voir revenir deux des quatre cavaliers.

Circonspect, l'un des hommes ralentit son cheval. Ils allaient l'attaquer de concert quand la marchombre eut une idée soudaine. Se glissant le long de l'épaule du destrier, elle saisit la bride et l'emmena avec lui dans une volte en catastrophe qui le fit revenir à la rencontre du premier animal. Le cheval, sitôt libéré, effrayé, s'enleva dans un galop furieux et heurta l'autre cavalier qui en rata son coup d'épée. Rilend, voyant la lame s'abaisser vers elle, respira un grand coup, cherchant le moment propice et se glissa dessous - un peu tard, de justesse - pour saisir le poignet et, sans tirer, presque caressante, accompagner la chute de son nouvel ami.

Le dernier cavalier était descendu de cheval, se croyant en sécurité sur le plancher des vaches, après avoir vu ses quatre amis désarçonnés. Rilend modifia encore ses appuis pour s'adapter à la hauteur de l'homme et, au moment qu'elle jugea adéquat, se glissa en avant pour éviter la lame qui tournoyait. Elle se retrouva sur le côté de l'homme en fin de coup et le contourna presque lentement, une main sur la main libre, un bras coulant sur le cou. Un pas encore, une avancée, irrésistible, et elle passa le centre de gravité du bretteur qui tomba en arrière. Aussitôt, la jeune femme accéléra et accompagna son mouvement afin qu'il gise, non pas évanoui mais sonné.

Les chiens, perdus, décidèrent de la laisser en paix et partirent fureter autour des quatre inconscients tandis que la jeune femme revenait vers Libertée en sifflant Idalgo.
Elle rejoignit son maître en examinant le résultat du léger coup de croc - bénin - sur son bras.

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Jeu 09 Avr 2015, 00:53

Libertée se tenait suffisamment loin pour savoir qu'elle ne risquait presque rien, mais suffisamment près pour pouvoir assister à la scène de combat. Parce qu'elle savait très bien ce qu'étaient ce genre de groupes d'hommes : des pillards, en tout cas pas très agréables à fréquenter pour des femmes en général. Posant une main sur son ventre doucement, elle fit quelques cercles juste au dessus de son nombril pour sentir sa fille bouger sous ses doigts. Un sourire étira ses lèvres.

Des grondements attirèrent son regard vers Rilend, qui était en train de se débarasser rapidement mais efficacement des quatre chiens d'attaque qu'avaient les hommes.
A peine se fut-elle débarassée des canidés que les pillards lui sautèrent dessus, et même de loin Libertée était happée par le spectacle. Rilend ne combattait pas, elle dansait. Elle dansait, avec ses mains, ses pieds, avec son corps entier ; elle ondulait, elle ondoyait, elle se jouait des pillards, de leurs armes, de leur colère ; et elle semblait même s'amuser, peut-être même s'y sentir finalement à sa place, à cet instant.
Elle sautait, elle glissait, et soudain tout sembla terminé. Même les chiens battirent en retraite, et Libertée invita sa monture à avancer vers Idalgo.

Quand elle fut à la hauteur de Rilend, la marchombre lui adressa un large sourire lumineux.


- Et bien, tu n'as pas chômé !

Se mordant l'intérieur de la joue, la marchombre sentit son regard pétiller. Parce que face à cette première démonstration, après que Rilend ait réussi son Ahn-Ju et soit revenue du Rentaï, elle se rendait parfaitement compte qu'elle n'avait vraiment plus grand chose à lui apprendre. La jeune fille devait désormais voler de ses propres ailes, elle n'avait qu'à étendre les bras pour s'envoler !

Un sourire sur les lèvres, Libertée hocha la tête toute seule, essayant néanmoins de donner des conseils à son apprentie, qui n'en était plus vraiment une.


- Tu es entrée dans le temps des chiens, dans le temps du combat. D'ailleurs, j'ai plus vu une danse qu'un combat !

Adressant un clin d'oeil à la jeune femme, Libertée éclata de rire avant de lancer vivement :

- Allez, en selle jolie danseuse !


♥ ♥ ♥


Les journées passaient et commençaient à se ressembler. Libertée n'était plus assez à l'aise avec son corps pour pouvoir lancer des défis personnels à Rilend, cependant elle ne cessait de lui trouver des challenges pour ne pas qu'elle s'ennuie – cela aurait été bête quand même !
Cependant, elles passèrent la majorité du temps à discuter, surtout. Libertée ne comprenait pas pourquoi Rilend n'était jamais allée d'elle même à Al-Jeit si cela la faisait tant rêver.

Libertée arrêta sa monture en haut d'un petit monticule, qui donnait une vue imprenable sur la cité brillante et colorée. Elles arrivaient par la porte d'Améthyste, à l'heure où le soleil commençait à descendre à l'horizon. Quelques minutes plus tard ses rayons explosèrent en mille et une couleur sur la capitale de l'Empire, coupant le souffle de la marchombre. Elle avait beau avoir vu ce spectacle des dizaines de fois, elle ne s'en lassait pas.

Posant ses deux mains sur son ventre, elle poussa un soupir, et observa son apprentie, un sourire aux lèvres.


- Et voilà Al-Jeit, Rilend.

Elle n'ajouta rien, se contentant de continuer à graver ce nouveau jour qui se couchait sur la ville, à mémoriser encore la scène jusqu'à ce que les derniers rayons de l'astre diurne finissent par abandonner les prismes magnifiques des tours de la capitale et passer derrière l'horizon...

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Dim 19 Avr 2015, 16:12

La marchombre attendait son élève avec ce regard pétillant que Rilend avait appris à reconnaître, connaître, et aimer, dans les yeux. D'un coup d'oeil de côté, un petit clin d'oeil de félin, la jeune femme rendit son sourire à son maître et écouta ses conseils d'une oreille attentive. Le temps. Celui qu'elle commençait tout juste, lui semblait-il, à appréhender et espérait bien maîtriser un jour, pour pouvoir danser avec. Aux mots de Libertée comme à ses sensations propres, Rilend devinait qu'elle s'approchait, peu à peu, de cette conscience du Temps qu'elle avait longtemps admiré sans la comprendre et sans même la percevoir dans toute son entièreté, sa réalité, chez ses maîtres et les autres marchombres de sa vie.
C'était un sens que même la Panthère appréhendait d'une certaine façon, quand elle se tapissait, faisant jouer ses épaules et passant alternativement son poids d'une patte à l'autre, ondulante, avant de bondir au moment précis où sa proie relevait la tête. Le Temps de la panthère, c'était cette infime fraction de seconde ou l'instinct faisait naître le pressentiment, avant que la vague, inconsciente, crainte ne devienne certitude absolue d'un danger.
Et le Temps du marchombre ?

Aux mots "jolie danseuse", Rilend éclata de rire, fit mine de s'incliner, plus heureuse de se sentir à sa place qu'elle n'osait se l'avouer. Puis, d'un geste souple, elle sauta en selle et passa sa jambe par-dessus la croupe d'Idalgo, ouvrant grand son articulation car elle savait l'étalon douillet et chatouilleux comme une jument. Bien assise dans sa selle, en appui sur ses pieds et le rein souple, le jeune femme se remit en route avec Libertée.

Elles parlèrent beaucoup.
Bien que Libertée ne se lance pas dans de grandes entreprises d'escalade, de course ou de combat, ce qui se concevait aisément, elle prenait soin que Rilend ne s'ennuie pas et de fait, son élève ne chôma pas tout au long du voyage, tantôt réussissant un exercice qu'elle aurait cru insurmontable avec un brio qui la laissait toute coite d'étonnement, tantôt se trouvant en difficulté et apprenant de sa nécessaire remise en question. Rien n'était impossible, rien n'était infaisable, et jamais elle n'échouait puisque même ses chutes et ses erreurs lui enseignaient quelque chose, et que tous ces quelque chose accumulés lui offriraient un jour, elle le savait, la clé de la réussite.

Rilend parlait d'Al-Jeit avec des étoiles plein les yeux et dans ces moments-là, les question de son maître contenaient un léger étonnement, de voir son apprentie si curieuse et n'ayant jamais visité pour autant la grande capitale...ce qui amena la jeune femme à se questionner à son tour sur le sujet.
Cela lui prit du temps, des heures, des soirées, des moments de gestuelle marchombre durant lesquels elle croyait n'avoir pensé à rien et au terme desquels elle découvrait, à son grand émerveillement, qu'elle avait avancé dans certaines de ses réflexions. Cela lui occupa l'esprit sans l'encombrer et peu à peu, au fur et à mesure que la route se déroulait au trot régulier d'Idalgo, une forme de réponse se dessina, jusqu'à ce qu'elle soit capable de la verbaliser.
Peut-être était-ce simplement un reste, un dernier fil d'araignée retenant l'ancienne enfant des rues, le Chat de Maraude d'Al-Far, comme on l'appelait, la gamine perdue pour laquelle la Capitale sonnait comme le plus miraculeux, le plus infranchissable des horizons. Perdue parmi les voleurs, les miséreux, les tristes, les malades et ceux qui ne rêvaient même plus d'avenir, perdue sur les toits de la plus sordide des villes du Nord à contempler l'horizon avec dans le coeur des rêves d'ailleurs, la petite voleuse orpheline avait songé plaines et montagnes, chevaux, nuages et cieux grands ouverts. Mais, par une sorte de pudeur, une retenue, une humilité malsaine d'enfant croyant encore qu'il existait des petites gens qui n'avaient pas le droit de rêver trop ambitieux, elle s'était toujours figuré la grande ville comme l'horizon ultime, infranchissable auquel les enfants des rues ne sauraient prétendre.

Et ce soir-là, la voilà devant la Capitale.
C'est le crépuscule et Rilend serre les doigts sur les rênes en retenant son souffle. Idalgo, docile, s'arrête. La jeune femme écarquille les yeux.
Lumière. Le monde est lumière.
Liquide est la lumière, qui ruisselle sur les tours rutilantes jusqu'au plus profond des ombres, clapotant des toits au bas des rues et des murailles, au pied des cascades qui fredonnent autour d'une immense porte toute de clarté bâtie. Les cascades, elle ne les voit pas, pas vraiment. Elles ne sont que partie intégrante de ce délicat et élégant ouvrage, imposant, somptueux sans en devenir pompeux, tout en légèreté et en délicatesse, un cristal plus fluide que l'eau et plus léger que l'air.
Un piège à lumière qui la guide sans la guider, sans la toucher, avec toute la douceur et la délicatesse du monde, comme se faisant lumière pour mieux capturer la lumière et la redistribuer partout, jusqu'aux ultimes rayons de soleil et même au-delà, quand la nuit succède au jour.
Le couchant est sublime. La nuit est clarté.
Une lumière bleue, blanche, pourtant chaude et accueillante, qui se coule dans les plus infimes recoins et illumine l'ombre sans la supplanter. Le souffle coupé par la magnificence de la ville aux allures de ruche, sur Idalgo qui n'a pas bougé, Rilend murmure :

"C'est une ville de pure lumière."

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Ven 24 Avr 2015, 22:50

Une ville de pure lumière.
Pour le coup, Libertée ne put que hocher la tête car elle était entièrement d'accord avec son apprentie. Al-Jeit n'était pas seulement la capitale de l'empire parce que l'empereur y résidait, mais surtout à cause – ou plutôt grâce à  - des milliers de tours de cristal qui s'élançaient vers le ciel telles des stalagmites grimpant jusqu'au plafond du monde. Chaque rayon de soleil s'y réfléchissait et trouvait son propre chemin au travers des prismes naturels formés par les tours qui se dressaient de chaque côté de la cité.

Poussant un petit soupir, Libertée finit par inspirer un grand coup et se tourner vers Rilend un large sourire sur les lèvres.


- Allons nous baigner dans la lumière alors!

Eclatant de rire, elle remit son cheval en marche pour s'approcher de la capitale de l'Empire. A vrai dire, elle avait hâte d'y entrer elle aussi. Cela faisait de longs mois maintenant qu'elle ne s'y était pas rendue, même si la dernière fois cela avait encore dégénéré – et à cause de qui ? Toujours la même ! Naïs ne savait pas se tenir tranquille, c'était un fait !

Mais alors qu'elles n'étaient plus qu'à quelques centaines de mètres de la porte d'Améthyste, un cheval au galop s'approcha d'elle en ligne droite, et Libertée arrêta sa monture, méfiante.
Cependant, quand elle aperçut le cavalier, un large sourire étira ses lèvres, et elle descendit lourdement de sa selle, adressant un coup d'oeil à Rilend : oui, elle n'avait plus sa grâce d'antan – enfin, de huit mois plus tôt – mais c'était pour la bonne cause. Enfin, pour elle-même en tout cas.


- Tu ne devrais pas monter à cheval, mademoiselle j'en-fait-qu'à-ma-tête !
- Roh ça va!
protesta Lib. Je fais attention, ne t'inquiète pas. Et puis regarde, je peux pouvais pas attendre plus longtemps!

Elle avait dit sa dernière phrase en désignant Rilend du menton, elle rit à voir sa tête : oui, elle n'avait même pas salué l'homme – et il ne l'avait pas fait non plus il fallait dire – et ils étaient déjà en train de s'asticoter. Certes, il avait un peu moins du double de l'âge de Lib donc elle ne pensait pas qu'il puisse y avoir de confusion, mais elle voulut malgré tout faire les présentations dans les règles :


- Rilend, je te présente Miïn. Papa, voilà Rilend, mon apprentie.

Le marchombre posa son regard sur la jeune fille et lui sourit tendrement. Hochant la tête, il la salua avec sympathie.


- Ça va, ce n'est pas trop dur de supporter Lib quotidiennement ? Dis-moi qu'elle ne t'oblige pas à faire sa cuisine...
- Roh, comme si tu ne le faisais pas toi ! Heureusement que maman te remets les idées en place des fois hein!
- Il faut dire que c'est la seule qui sache faire un menu excellent dans la famille. Ne me parle pas de Naïs, c'est une catastrophe équivalente à la tienne!


Libertée se rembrumit à la mention de l'envoleuse mais ne put s'empêcher de tirer la langue à son paternel pour lui montrer son mécontentement. Certes, il n'avait pas besoin de ça, mais il fallait qu'elle s'exprime !

- Vous allez à Al-Jeit ? Ça tombe bien, j'y ai rendez-vous !
- Encore le Conseil ?
- Et oui. Qu'est-ce que tu veux, je suis connu moi !


Miïn éclata de rire et lança un clin d'oeil à Rilend alors que Libertée riait elle aussi.
Se tournant vers son apprentie, Libertée lui fit signe qu'ils se mettaient en route, un sourire sur les lèvres.

- Papa est également marchombre, mais il doit se faire très discret dans les villes. Encore plus que les autres.

Ils discutèrent tranquillement en s'approchant de la porte d'Améthyste, et Miïn se glissa à l'intérieur de la ville à leurs côtés, la tête enrubannée par un large tissus vert foncé, histoire qu'on ne le reconnaisse pas au premier coup d'oeil.

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Jeu 21 Mai 2015, 10:24

Quand Libertée, rieuse, lui suggéra d'aller « se baigner dans la lumière », Rilend approuva avec enthousiasme et toucha gentiment les flancs de sa monture pour l'inciter à se porter en avant à la suite de son maître. Elles cheminèrent de concert quelques minutes avant que l'apprentie ne remarque qu'elles n'étaient plus seules – ou du moins ne le seraient plus dans quelques secondes. Entre elles et la Porte d'Améthyse, lancé dans un galop rapide, un cheval et son cavalier se dirigeaient vers elles et sa trajectoire ne laissait substituer aucun doute : l'inconnu souhaitait intercepter les deux marchombres.

Quoiqu'elle gagnât aussitôt en vigilance, Rilend ne se tendit pas et ne ressentit nulle méfiance à l'approche du cavalier. L'homme – c'était un homme – ne lui semblait pas belliqueux, dans ses attitudes, ses gestes, et il émanait de lui la sorte de sérénité que la jeune femme retrouvait parfois chez Erwan, Libertée ou ses amis parmi les marchombres. Il paraissait, en vérité, évoluer avec grâce et aisance dans l'univers, si parfaitement intégré à son Temps qu'il aurait pu s'y fondre en un clin d'oeil. A cet instant, l'idée traversa l'esprit de Rilend que l'homme pouvait – était probablement – un marchombre, et la familiarité dont Libertée fit preuve ne fit que conforter cette opinion. Son maître descendit de la selle pour accueillir le nouvel arrivant qui, sans même la saluer, entama un débat railleur et plein de bonne humeur qui laissa Rilend dubitative, le sourcil froncé, scrutant la scène du haut de sa selle.

Avisant son apprentie perplexe, Libertée finit par lui présenter l'inconnu comme son père et Rilend hocha la tête : elle avait noté la ressemblance entre les traits des deux protagonistes, le feu de leurs paroles traduisant un caractère bien trempé et cette jovialité simple et bienveillante, une des marques de Libertée, qui se retrouvait aussi chez l'homme. Miïn et l'apprentie se saluèrent avec le sourire, la jeune femme éprouvant déjà de la sympathie envers ce personnage haut en couleur, et tous reprirent leur route ensembles. L'apprentie écoutait Libertée discourir avec son père, empreinte d'un brin de dépit. Son propre père était mort, il y avait de très longues années de cela et les éclats de voix joyeux à ses côtés lui faisaient se remémorer, avec nostalgie, la complicité qu'elle avait pu entretenir avec lui étant enfant. Néanmoins, les bons mots de l'un comme de l'autre eurent tôt fait de balayer ses pensées moroses et très bien, Rilend se prit à rire et plaisanter avec le duo dont l'affection était éclatante.

Quand Libertée lui expliqua que son père devait se montrer discret dans les villes, un « pourquoi ? » brûla les lèvres de Rilend qui sut le contenir. Mais son regard intéressé posait la question pour elle tandis qu'elle menait son cheval au milieu des voyageurs dont la densité allait croissant, au fur et à mesure qu'ils s'approchaient de la ville. L'apprentie retint son souffle quand ils franchirent la Porte d'Améthyste, émerveillée par cette fantasmagorie de couleurs, d'ombres, de clartés et d'arc-en-ciels monochromes, sublime toile sans cesse renouvelée par l'art du Dessin et des éléments naturels conjugués. Miïn demeurait à leurs côtés, simplement emmitouflé dans un long turban, sous l'oeil curieux de Rilend qui n'en pouvait plus d'examiner, de détailler chaque façade, chaque coin d'ombre enluminé par les bâtiments rutilants, chaque pierre dont chacune était une œuvre d'art.
Al-Jeit, ville de lumière.

« Comment ont-ils obtenu un tel résultat ? C'est l'oeuvre des seuls Dessinateurs ? »

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Jeu 30 Juil 2015, 21:54

Un sourire étirait les lèvres de Libertée alors que l'expression émerveillée de Rilend ne cessait de s'approfondir et de s'expanser encore plus. L'épaule droite de son père contre son épaule gauche, la marchombre se sentait bien, tranquille en tout cas.
Tandis que chaque bâtiment reflétait, réfractait et diffractait la lumière en centaines d'arcs-en-ciel flamboyants, Rilend, éblouie, chercha une réponse.

- Comment ont-ils obtenu un tel résultat ? C'est l'oeuvre des seuls Dessinateurs ?

Mais avant que Libertée n'ait pu ouvrir la bouche, Mïin répondit dans un sourire éblouissant à la jeune fille.

- Est-ce que ça a une importance?

La marchombre ne put retenir un petit soupir accompagné d'un regard levé au ciel, mais elle n'ajouta rien : dans le fond, elle était d'accord avec son père, elle n'aurait pas été aussi sybilline. Enfin, ce n'était pas très grave, et par réflexe elle posa ses mains sur son ventre.


- Tss ! Tu avais pas un rendez-vous ?
- Mm mm. Et vous ?
- On a un chemin à éclairer. Hein Rilend ?


Lib lança un clin d'oeil à Rilend, avant de faire claquer un baiser sur la joue de son père, qui la serra brièvement contre lui. Il passa sa main sur son ventre tendu, et sous ses doigts le bébé remua doucement. Elle sentit clairement le talon du petit être appuyer à l'intérieur d'elle et hoqueta un instant tant la sensation la surprit. Comme à chaque fois.
Le marchombre sourit tranquillement, avant de s'évaporer dans la foule. Juste disparaître.

Un sourire étira les lèvres de la marchombre, et elle entraîna son apprentie dans les dédales des ruelles d'Al-Jeit, lui faisant une première visite au sol de la capitale de l'empire. La large rue du marché, où la foule dense évoluait près des étals aux milles couleurs, eux aussi. Des pommes jaunes, vertes, rouges ;  des fruits de tous les tons et saveurs, des présentoirs de vêtements bariolés… Tout évoquait des enluminures nobles et brillantes.

Finalement, les deux marchombres se glissèrent dans une ruelle particulièrement étroite et Libertée ouvrit une porte aux gongs rabougris et entra dans un bâtiment désafecté, avant de désigner une trappe d'un mouvement de menton. Elles y pénétrèrent avec souplesse, même si Libertée n'était pas aussi légère que son apprentie.
Le couloir qu'elles rejoignirent était poussiéreux et envahi par les toiles d'araignées. Cependant, lorsque la trappe se referma et le noir en même temps, et qu'elles firent quelques pas en avant, une sphère lumineuse s'alluma à deux mètres devant, dévoilant un couloir qui s'élargissait et moins poussiéreux… Donc plus fréquenté.

Libertée laissa Rilend passer devant, tandis que les souterrains d'Al-Jeit se révélèrent à la jeune fille. Anguleux, avec peu de repères. Sombres et parfois surprenants. L'apprentie arriva rapidement dans un cul de sac, suivie de près par la marchombre qui décala une pierre en la montrant à la jeune fille. Un pan de mur pivota sur lui-même et cette fois-ci Lib passa devant. Tournant tantôt à droite, tantôt à gauche, basculant des pierres dans les parois pour dévoiler des failles, les deux femmes s'enfoncèrent toujours plus profondément sous la cité de lumière, sondant son obscurité.
Au bout d'une vingtaine de minutes, les pierres des couloirs disparurent pour donner leur place à des murs lisses de caverne et boyaux.
Et puis il n'y eut plus de sphères lumineuses pour éclairer leur chemin.


- Continue à avancer. On va atterir sur un pont au dessus d'un lac. Un pont aérien.  On va le franchir. Dans le noir.

En disant cela, Libertée avait passé sa main droite sous son petit ventre, qui était suffisamment gros pour la déséquilibrer mais pas assez pour la décourager de suivre son apprentie. De continuer à la guider. Dans le noir absolu.
Le vent soufflait légèrement, une bise douce qui résonnait comme un instrument au souffle cristallin.


- Les sens sont des fenêtres. Chaque détail compte. Chaque détail est une ouverture vers un choix. Nul besoin de lumière pour briller...

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Dim 02 Aoû 2015, 23:42

Comme un diamant qui se pose aux branches de mes doigts
Tu brillais chaque nuit devant moi
Ville de lumière...

Est-ce que cela avait une importance ?
Aucune.
Assurément aucune, et Rilend hocha la tête avant d'énoncer simplement :

"Construire une ville, simplement avec de la lumière..."

Et la cité gracieuse, élancée, altière, rutilante qui s'étalait sous ses yeux était si indescriptible, au-delà de tout vocabulaire humain, qu'elle n'ajouta rien. Al-Jeit se dérobait, mutine, aux plus profonds poèmes, aux plus belles chansons, aux peintures et aux romans. Souvent, Rilend avait entendu vanter la cité de lumière et la capitale de l'Empire au gré de ses pérégrinations, de ses discussions avec des voyageurs ou simplement des amis revenus d'une visite à des parents. Parfois, elle avait admiré la musique des mots qui coulait et lui semblait rendre au mieux la splendeur de cette ville lointaine.
Désormais, ces mots n'arrivaient plus à la cheville de la clarté d'Al-Jeit.
Et peut-être était-ce là la source de la beauté de la cité. Elle était insaisissable, impossible à dépeindre, à enfermer dans des métaphores toujours trop étriquées pour sa splendeur. Elle était poésie, toujours à la frontière des mots, toujours au-delà des limites du vocabulaire humain et par là-même au-delà des limites de la pensée humaine. Magique.
Qui avait bâti cette merveille ?
Quelle importance ? Elle était, et elle était issue des hommes, de leur esprit, leur imagination, elle était la preuve même de la capacité de ceux qui n'étaient somme toute que des primates un brin belliqueux à créer le Beau et à transcender leurs propres capacités. Le talent à l'état pur, l'art, simplement.

Quand Libertée, comme par un hasard qui n'en était pas un, lui parla de lumière, Rilend sourit et rendit son clin d'oeil à son maître avant de la suivre, de ruelle en artère, de pavés en avenues lisses, jusqu'à ce couloir sombre et baigné d'une clarté pâlotte comme celle d'une nuit de demi lune. Légère sur ses pieds, les yeux grands ouverts et encore toute émerveillée, l'apprentie suivait son maître qui la laissait passer devant elle, parcourant d'un pas rapide les boyaux de la cité. Un vent, frais ou fétide, trahissait parfois la présence d'un accès à l'extérieur, et la rumeur de la fourmilière au-dessus de leurs têtes leur parvenait de temps à autre au gré d'un soupirail, visible ou non.
Quand Libertée lui parla d'un pont dans le noir, Rilend ferma les yeux et sourit, se remémorant son dernier examen. Non, elle n'avait pas peur, non, elle n'était pas impressionnée.

L'air changeait d'odeur, plus lourd, plus humide. Le vent aussi tournoyait autrement, moins droit, plus tourbillonnant, tumultueux et tourmenté par les lois de la physique et de l'écoulement des fluides. Sans doute le boyau s'élargissait-il, ralentissant le flux d'air, mélangeant le souffle du dehors aux senteurs plus renfermées de la grotte et des boyaux alentours.
Rilend continuait à avancer, suivant l'odeur du vent, suivant aussi son bruit qui roucoulait au lieu de siffler, plus léger, plus souple, et cherchant à entendre dans tous ces murmures d'air sur des parois humides et glissantes la vibration d'un pont.
Elle ne voyait rien du tout.
Mais elle n'avait pas peur de l'ombre ; ne venait-elle pas de parcourir une cité qui lui avait montré, pas après pas, que dans l'ombre et même au plus profond d'elle se dissimule une lumière à nulle autre pareille ? L'ombre n'était jamais qu'une lumière, une autre lumière. Le vent n'était qu'une autre odeur, et son murmure un autre Murmure la guidant droit devant elle, pas après pas. La sensation de l'air soufflant sur sa peau n'était qu'une autre information, du même acabit que la vibration du sol sous ses pieds et l'écho de son souffle dans le vide.

Rilend avançait sans s'inquiéter, sur un chemin qu'elle devinait geste après geste, évidence après évidence, dessiné par la convergence de tous ses sens en un seul sens : celui qui lui donnait la route à suivre. Sur ce sol vibrant et glissant, qui soudain résonnait différemment sous ses orteils et lui indiquait qu'elle s'engageait sur un passage plus aérien et plus périlleux, elle allait guidée par son seul sens. Celui qui regroupait l'ouïe, la vue, le toucher, l'odorat, et bien d'autres encore qu'elle aurait été bien en peine de décrire mais que, peu à peu, elle avait appris à exploiter plus ou moins consciemment.
Finalement, c'était un peu comme en plein jour.
Tout ceci, c'était aussi clair qu'une lumière lui dessinant la route. Rilend acheva de franchir le pont avant de sourire, dans le noir le plus complet, à Libertée derrière elle :

"Tout ça...tout, tout est lumière."

[rapide, désolée, j'écris du fin fond de l'Andalousie^^]

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Dim 13 Sep 2015, 17:53

[ Désolée pour tout ce temps de réponse ! ]


Le noir était absolu.
Absolu et pourtant si insignifiant. Absolu et en même temps inexistant. Quand il n'y a plus de couleur, plus de lumière, plus d'ombres, tout est assemblé en un nouveau monde.
Un nouveau monde fait de caresses, de sensations, de sons et d'odeurs. Parfums dansant, parfums d'encens dans l'air léger et joueur. Une nouvelle route de tracée, non, une nouvelle route dessinée dans un esprit haut en couleurs.

Cent couleurs.
Sans couleur.

Libertée avait les yeux fermés, mais après tout cela revenait au même.
La pulsation puissante dans son ventre la guidait, positionnait chacun de ses pas, chacun de ses orteils, et son nouvel équilibre qui s'établissait au rythme de la pulsion de vie qui l'animait.
Elle sentait, aussi fort que ce soupir de fée, son apprentie qui esquissait son propre chemin, s'ancrait dans sa propre réalité, dans son propre arc-en-ciel de tons sur tons, arc-en-ciel d'ombres et de lumière.
Ombres extrérieures, lumière intérieure.


- Tout ça...tout, tout est lumière.

Un sourire illumina le visage de Libertée, qui posa délicatement sa main sur l'épaule de la jeune fille.

- Tout est lumière. Nous sommes la lumière. Tu es la lumière.


♥ ♥ ♥



L'auberge
La Petite Eternité était bondée mais Libertée et Rilend avaient réussi à y trouver une place. L'endroit rappelait des souvenirs à la marchombre, qui laissa ses pensées vagabonder vers Gil. Que faisait-il ? Où était-il ? Encore dans les ennuis jusqu'au cou ?
Commandant à manger rapidement, Libertée se balançait négligemment sur les pieds arrière de sa chaise. Le menton relevé, le regard aguicheur et pétillant, elle ne se gêna pas pour détailler l'affluence mâle de la salle sans pour autant que l'un retienne son attention en particulier.

Oh.
Celui-là, là-bas, avec la barbe de deux jours, les sourcils brousailleux, les cheveux savamment décoiffés et un tabard vert foncé, par contre, semblait avoir bloqué sur Rilend.
Il était vrai que la jeune fille, même si elle était discrète, dégageait quelque chose de très sauvage et sensuel. Pas l'aura pétillante et attirante, sexuellement débridée dont auréolait Libertée, mais quelque chose de plus mystérieux et voluptueux, sombre et capiteux. Un sourire étira les lèvres de la marchombre, qui se pencha vers son apprentie.


- On dirait que tu as une touche !

Elle ne put s'empêcher d'éclater de rire devant la mine de la jeune fille.


♥ ♥ ♥



Le soleil était à peine levé et Al-Jeit encore endormie lorsque Libertée s'arrêta brusquement devant l'immense tour en forme de sablier qui prenait place dans les plus beaux quartiers de la capitale. Elles venaient de courir pendant une bonne heure à un rythme plutôt soutenu, et leur souffle chaud faisait un peu de buée dans l'air.

Comme des années plus tôt, alors qu'elle contemplait la tour, une profonde sérénité s'empara d'elle. Souriant doucement, elle se tourna vers la jeune fille, et fit passer le sac qu'elle avait pris le matin-même sur son ventre, faisant cliqueter quelque chose.
Sortant de ce dernier des chaînes et des verrous, elle observa du coin de l'oeil la réaction de Rilend.


- Je vais t'enchaîner, petit chat sauvage. On va faire un nouveau jeu.

Elle ne pouvait s'empêcher de penser aux phrases qui s'étaient dites ici-même.
Allez, donne-moi tes mains, jeune loup. On va faire joujou.
Allez jeune apprentie, donne-moi tes mains.

Dégoût. Trahison. Rage.
Toutes ces émotions qui l'avaient assaillie à ce même endroit, des années plus tôt. Face à son maître, impassible.

Elle cligna des yeux un instant.

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Mar 29 Sep 2015, 09:44

Elle ne voyait rien, mais elle voyait tout, quand les sons et les sensations se confondaient tous en un même ressenti, une même clarté. Elle ne voyait rien, mais elle sentit le temps d'un minuscule éclair, trop court pour qu'elle interprète cette sensation autrement qu'instinctivement, la main de Libertée approcher de son épaule, juste avant de la toucher.
Et elle ne sursauta pas.
Elle sourit en réponse au sourire de son maître, qui brillait dans sa voix, son ton toujours aussi exubérant et flamboyant, un feu de joie à lui tout seul.
Nous sommes la lumière.
Rilend sourit et hocha la tête silencieusement, sans que nul mot fût nécessaire. Libertée entendrait.

-------

Face à face dans une auberge remplie à craquer, les deux femmes exploraient le contenu de leur assiette avec méthode, efficacité et surtout une faim de loup. Elles avaient, par miracle ou parce que les habitués s'étaient poussés en voyant entrer le duo, trouvé une place confortable et presque tranquille dans le tumulte et les vapeurs de l'endroit, et commandé à manger à une serveuse aux yeux lourds d'épuisement en cette soirée animée. La femme, entre deux âges, leur avait apporté leur pitance tout aussi rapidement, indifférente aux regards agacés des buveurs invétérés qui réclamaient à cors et à cris une nouvelle chope.

Entre deux, Libertée avait eu le temps de jeter sur la salle ce regard que Rilend avait appris à détecter et qui l'amusait toujours autant, ce coup d'oeil circulaire, vif, rapide mais suffisamment appuyé pour donner l'impression à chaque mâle qu'il lui était spécialement destiné. Entre regards aussitôt baissés, indifférence ou intérêt soudain dans les prunelles alentours, la moisson amusait autant l'apprentie que l'opération "repérage" de son maître : oui, les hommes - et les femmes - réagissaient fréquemment à la présence de Libertée, à son attitude pétulante et mutine tout à la fois qui distillait une idée de légèreté, de sexualité presque explosive.
Et l'apprentie était toujours égayée d'épier toutes ces réactions, pudiques, gênées, outrées, ouvertement intéressées ou intriguées.
Serait-ce mentir que de dire que Rilend profitait de l'occasion pour observer et apprendre, s'approprier un nouveau savoir dont elle n'avait que très peu profité jusqu'ici ?
Son maître était une femme, et pour une jeune adulte qui n'avait, en vérité, rencontré que les mères de ses amis d'Al-Far et d'autres adolescentes souvent plus jeunes qu'elles, c'était tout un apprentissage et tout un territoire à explorer. Voyager avec Libertée, pour Rilend, c'était aussi apprendre à gérer cet aspect des choses, ses semblables et leurs désirs dont elle était parfois la cible - volontaire ou non - et sa propre attitude dans ce domaine.
Et c'était là une richesse de plus dans son apprentissage.

Néanmoins, quand Libertée lui désigna discrètement un homme aux cheveux en bataille, aux sourcils plus épais qu'un buisson de ronce et à la barbe...certainement aussi piquante qu'un tel buisson, Rilend fut prise au dépourvu, n'ayant jusqu'ici pas vraiment remarqué qu'elle était le centre d'attention - voire des rêveries - du sieur.
Sieur fort peu attirant, fort peu entretenu et fort velu au demeurant, si bien que Rilend ne put retenir un soupir dépité qui fit éclater de rire son maître.
Pour se venger, Rilend lui désigna avec un sourire railleur un gros buveur attablé devant son énième chope de bière et occupé à gratifier ses voisins de bourrades qui les envoyaient piquer une tête dans leur bolée, tout en décochant par-dessus sa panse d'amateur de houblon des oeillades qu'il croyait certainement très discrètes aux deux femmes, et à une en particulier.

"Je préfère le tien ! Pour un peu, j'en serais jalouse..."

-------

De longues années auparavant, Rilend n'aurait même pas soutenu ce rythme pendant dix minutes. Aujourd'hui, le Chat de Maraude aux membres grêles était devenu une jeune femme souple et musculeuse, toujours - et certainement à jamais ! - fine mais néanmoins dans la meilleure condition physique.
C'est cependant le coeur battant et le souffle court qu'elle s'arrêta à côté de Libertée après leur course matinale, dans la ville endormie et sa clarté dorée de petit matin. Le levant se reflétait sur la tour qui leur faisait face, immense structure en forme de sablier dont Rilend admirait les formes épurées quand Libertée l'interpella.
Se retournant vers son maître, la jeune femme la vit sortir d'un sac des chaînes et des verrous, et instinctivement, se tendit, une seconde. De son passé d'enfant des rues, de sa moitié féline, elle avait conservé cette vieille certitude que tout ce qui restreignait sa liberté de mouvement, tout ce qui l'enfermait, était menace. Et Libertée tenait une menace dans ses mains, et lui demandait de venir à elle.
Rilend recula d'un pas, un instant presque réticente. Un instant, seulement, le temps qu'elle se rappelle sa promesse d'obéissance à son maître - ses maîtres, dans son cas - et sa confiance envers cette marchombre qui lui avait autant appris à devenir marchombre qu'à devenir femme, par son exemple remarquable de joie de vivre et d'équilibre.

La Panthère gronda, et rien ne put l'apaiser. Sa présence demeura, feulant tout bas, au fond de l'esprit de Rilend qui avança néanmoins vers son maître.
"Petit chat sauvage". Peut-être ces mots la décidèrent-ils, par l'écho qu'ils éveillaient en elle, leur ressemblance avec ceux de ses parents, et avec son surnom de voleuse à Al Far. Le Chat de Maraude se fit violence pour ne pas reculer, se débattre, bondir et s'enfuir, et il lui fallut toute sa force et toute sa confiance en Libertée pour accepter que les menottes claquent autour de ses poignets.
Elle se contenta de la dévisager en fronçant légèrement les sourcils, une interrogation au fond des yeux.

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Mar 29 Sep 2015, 19:50

- Allez, on grimpe !





[ Bah oui, tu veux qu'elle dise quoi de plus ? Razz ]

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Lun 12 Oct 2015, 17:44

Rilend se redressa, caparaçonnée comme un cheval de labour, et ce simple mouvement fit tinter les chaînes, les lourds anneaux de métal qui pendaient à ses poignets. La jeune femme tenta quelques pas, pour rejoindre la muraille, et aussitôt ses chaînes tintinnabulèrent de tous les diables, faisant naître un éclair d'agacement dans les yeux de Rilend.
Son regard assombri chercha celui de Libertée mais, ne le trouvant pas, la jeune femme soupira et posa ses mains sur le mur, caressant la pierre en tentant de faire abstraction de ce cliquetis de fantôme pour chercher la première prise que lui offrirait la pierre. Crispée de se sentir entravée, mais s'efforçant de se détendre, elle se hissa, un premier geste, puis un haute, Libertée non loin d'elle. Rilend, sans la regarder, sentait comme à l'habitude son regard sur elle.
Mais l'habitude, ce n'était pas ces gestes étriqués, entravés par un acier impitoyable et ces cliquetis d'outre-tombe sur le marbre glacé, ces chaînes tombant lourdement sur la tour à chacun de ses gestes, répercutant douloureusement l'écho du choc dans ses poignets. Elle se hissait néanmoins, têtue et dubitative, mais encore docile. La Panthère, elle, ne l'entendait pas de cette oreille et Rilend l'entendait feuler tout bas en elle, cracher avec la rage d'un chat plaqué sur le sol qui se tortille, toutes griffes dehors, tentant par tous les moyens d'agripper son agresseur. Nul chat n'aime se sentir enfermé, entravé, enchaîné, coincé...et le Chat de Maraude, si il avait été chat et non simple surnom, aurait certainement couché les oreilles de même.

Cling.
Le choc fit vibrer le poignet de Rilend, mais la jeune femme s'accrocha, essoufflée de devoir charrier ainsi cet acier à sa suite et furieuse de l'être. La Panthère, enragée de ne pouvoir bondir à sa guise, l'encourageait dans sa colère.
Elle ouvrait ses ailes, et au moment où elle les étendait, on les lui coupait. Elle avait appris à bondir et à voler, et voilà qu'on la contraignait à ramper, à se traîner comme un prisonnier au fond d'une de ces geôles puantes d'Al-Far, de cette cité malingre et sans envergure dont elle avait toujours rêvé de fuir. Elle avait couru loin de son existence de voleuse et voilà qu'à nouveau, on l'enchaînait comme un vulgaire monte-en-l'air, on l'emprisonnait comme autrefois dans les ruelles nauséabondes, dans cette vie sans goût ni lendemain dont aucun matin n'apportait l'assurance de voir le soir. Elle apercevait un horizon, et de force on lui passait la bride.
Et pas n'importe quel "on".
Rilend jeta un coup d'oeil flamboyant par-dessus son épaule, par-dessous les mèches que la transpiration collait sur son front moite. Pas "on". Elle. Libertée, son maître, la femme à qui elle avait appris à faire confiance, qui l'avait accompagnée sur la Voie, parfois poussée. Elle, et pas n'importe quel "on". Lourd d'incompréhension et de colère, le regard de la jeune femme s'appesantit encore sur son maître, et au fond de ces prunelles gris-bleu qui tournaient à l'orage on devinait les pupilles dilatées d'une Panthère furibonde.
Son grondement rauque et rageur accompagnait Rilend, geste après geste, tandis qu'elle lançait maladroitement une main alourdie, puis hissait tant bien que mal son corps enchaîné et l'acier qui la torturait, sans plus accorder un regard à son maître.

Lentement, laborieusement, furieusement, elle passa le creux du sablier et se lança dans la suite de l'escalade, le dévers qui allait s'accentuant, pour ne revenir à la verticale qu'à la toute fin de l'opération. L'acier cessa de tintinnabuler sur les pierres, mais ce fut pour mieux la déséquilibrer et elle dut composer avec ce poids considérable. Ses doigts, crispés, s’agrippaient à la moindre anfractuosité et l'instinct de survie de la Panthère s'affolait en elle. L'animal n'avait pas peur du vide, mais la pressait de redescendre, de cesser de s'obstiner pour ces hauteurs où nulle proie ne paissait, de descendre et d'arracher ces insupportables liens. Rilend continuait, récriminant, tournant et retournant l'humiliation et la douleur d'être ainsi contrainte, l'incompréhension de cet exercice aussi brutal que stupide.
Il fallut que sa main ripe pour qu'elle s'accorde une pause et, les orteils calés dans un creux de maçonnerie, les doigts crispés, les muscles tremblants, pose un visage rougi sur des mains blanchies par l'effort. Qu'est ce que c'était qu'un marchombre qui en enchaînait un autre ?
Rilend rouvrit les yeux.
Un autre. L'absurdité de cette suggestion la fit sourire. Bien sûr, elle était marchombre, bien sûr, une marchombre enchaînée, voilà qui court les rues ! Un marchombre, c'était libre, c'était rapide, c'était entraîné, en pleine santé, efficace, en harmonie, fluide...
Et si pas ?
La jeune femme aveugle qui l'avait prise par la main à Al-Far était marchombre. Elle n'avait jamais pensé à Libertée que comme à une marchombre et pourtant, malgré sa force et son agilité, l'endurance de son maître n'en était pas moins entamée par sa grossesse. Rilend elle-même, amnésique, travaillant dans cette ferme dont les tenanciers l'avaient recueillie après sa chute de cheval, avait-elle pour autant quitté la Voie ? Et tous ces marchombres, blessés, parfois morts, décidant de vivre dans une paisible retraite...étaient-ils moins marchombres de ne plus être capables de bondir comme des chats, étaient-ils moins marchombres comme un soldat qui rend son épée cesse d'être soldat ?
Fallait-il un corps ou un esprit pour arpenter la Voie ? Ou simplement...l'harmonie, entre les deux, avec soi-même et ses capacités, aussi ?

A toutes ces questions, la jeune femme ne formula pas de réponse claire. Et pourtant, la même réponse lui vint à chaque fois, sous forme d'une certitude si puissante que même la Panthère n'intervint pas.
Elle était sur la Voie. Assommée après sa chute, amnésique durant deux années, quand la Panthère prenait le pas sur elle, quand le sang ruisselait sur ses crocs ou que la rivière la jetait contre les rochers, elle était sur la Voie et la Voie demeurait toujours en elle, comme un souffle, un appel.
Un Murmure...
Un cri que rien ne ferait taire, ni les coups, ni la douleur, ni même l'oubli, et encore moins ces simples liens de métal présomptueux, qui lui parurent d'un tel ridicule qu'elle faillit éclater de rire. Un rire éclatant, revanchard. Un rire qui demeura contenu à ses iris gris-bleu qu'elle tourna vers Libertée, le visage lumineux.
Elle commençait à comprendre.
Comprendre que son corps n'était qu'un outil, un outil à entretenir, à chérir, mais qu'il ne définirait jamais son chemin et que son coeur appartiendrait toujours à la Voie, quand bien même il serait le dernier organe fonctionnel dans une enveloppe de chair meurtrie ou paralysée.
Elle sourit à Libertée et reprit son ascension.

Ce fut difficile et plus d'une fois, muscles paralysés et coeur au bord des lèvres, elle manqua glisser dans une chute sans fin et sans appel, mais à chaque fois Rilend parvint à se rattraper, haletante, et à continuer la lutte. Le sablier devenait glissant vers le sommet, balayé qu'il était par les intempéries depuis des siècles, mais elle s'accrochait, se détendait et essayait au mieux d'écouter la pierre, quoique l'acier qui rebondissait à sa suite lui compliquât la tâche.
C'est totalement vidée de ses forces, mais intérieurement toujours exultante, que la jeune femme prit enfin pied sur le toit du bâtiment et, dans un dernier coup de rein, hissa ses chaînes à sa suite comme un percheron ébranle la charrette.
Puis elle attendit, un sourire tremblant d'épuisement aux lèvres et une lumière flamboyante aux yeux.

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Lun 26 Oct 2015, 18:15

Les mains sur les hanches, Libertée regardait Rilend débattre avec elle-même. Une lueur sauvage et absolument farouche avait fait étinceler ses yeux quand elle avait tendu les chaînes et leurs lourds maillons vers elle, et un instant elle avait cru que la jeune fille ferait le même cirque qu’elle avant de monter.

Parce qu’elle-même avait fait un sacré cirque, juste avant cette ultime ascension. Refusant tout net la possibilité d’envisager de se laisser enchainer volontairement, elle avait combattu son maître ave l’énergie de la rage et du refus contre ce dernier, avant de tomber KO et qu’il finisse par lui passer les lourds objets autour des poignets et des chevilles alors qu’elle était inconsciente.
En l’occurrence, se battre contre Rilend aurait été encore plus stupide, vu la taille de son ventre et le peu de risques qu’elle prenait pour le petit être qui s’y logeait au chaud. Mais en voyant cette énergie dans le regard de son apprentie, elle envisagea sérieusement cette possibilité…

Etouffée dans l’œuf par l’attitude de la marchombre aux cheveux de jai, l’idée-même d’un affrontement se dissipa dans l’esprit de Lib, qui cligna plusieurs fois des paupières en observant celle qui la suivait depuis plusieurs mois maintenant essayer de se détendre pour appeler la pierre à elle. Avant de tenter de grimper.

Gestes lents, étriqués, qui n’étaient pas améliorés par l’état d’esprit de Rilend, vraiment angoissée et rageuse comme un lion en cage. Littéralement, elle bouillait de l’intérieur, évitant le regard de Libertée, plongée dans son ascension comme on se jette sur une porte pour l’enfoncer.
Cela ne pouvait pas marcher ainsi, et la marchombre était particulièrement attentive aux mouvements brusques et saccadés de son élève, prête à l’éventualité d’une chute tout en ayant la certitude que cela n’arriverait pas. La marchombre voyait les engrenages dans la tête de l’apprentie, engrenages qui étaient un peu roués, rouillés, au couple incertain et pourtant avec un moteur derrière fait pour que cela tourne correctement.
Elle montait aussi de son côté, et pas forcément facilement non plus. Elle n’avait pas les mêmes contraintes que la jeune femme, mais elle était malgré tout déséquilibrée elle aussi par son ventre qui avait tendance à frotter contre la paroi.

Puis, d’un coup, un rayonnement la frappa de plein fouet, alors qu’elle essayait de déplacer son pied droit pour trouver une nouvelle aspérité dans la façade. Ce fut comme un vent puissant qui la balaya jusque dans les tréfonds de son être : tout en elle trembla, et elle tourna vivement la tête vers son apprentie, arrêtée sur sa paroi, en instance de chute mais déjà stable.
Révélation.
Un sourire étira les lèvres de la marchombre, qui se stabilisa à son tour.
Observant son apprentie, et ses cheveux de jais qui claquaient dans son dos.
Respirant doucement, alors que dans le creux de son ventre le petit être faisait savoir qu’il existait aussi.

Eclat de parfaite compréhension, instant irradiant.

L’espace d’un court instant, Libertée fut projetée des années en arrière, alors qu’elle était à la place de Rilend, et un immense sourire éclaira son visage. Colère et incompréhension mués en reconnaissance et intégration sur le visage de la jeune femme, émotions qui distillèrent la joie et l’amour dans le torse de la marchombre.

Elles continuèrent à grimper.
Rilend avait toujours des difficultés à réajuster son allonge, ses mouvements, mais plus aucun ressentiment n’émanait d’elle. Elle faisait au mieux, et Libertée la suivait malgré son ventre rond et les kilos en plus qu’elle devait également gérer. Des minutes, des heures d’ascension, elle ne savait plus, ne comptait pas.

Et quand enfin le toit du sablier, plat et accueillant se fit accessible et qu’elles s’y hissèrent l’une et l’autre, Libertée se tourna tranquillement vers son apprentie, les mains sur son ventre. Puis, elle ouvrit les paumes et les dirigea vers Rilend, invitation à lui enlever ses chaines.
Quand le soupir de soulagement passa les lèvres de l’apprentie qui n’en était plus une, la phrase franchit celles de la marchombre.


- Et voilà, petit chat sauvage. Tu es libre…

Un sourire rayonnant.
Un regard larmoyant.

Les chaines sur le sol comme une preuve d’évidence.

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Ven 06 Nov 2015, 23:31

[va comprendre pourquoi, le partiel d'immuno m'a laissé d'humeur contemplative, et du coup j'ai envie de répondre à ce RP depuis que j'ai rendu ma copie^^]

Quand Libertée tendit ses paumes vers elle Rilend, le coeur toujours gonflé d'un bonheur serein, lui tendit ses poignets et laissa son maître lui ôter ses chaînes avec un soupir sur le ressentiment qu'elle avait pu en éprouver, et un autre, de gratitude, sur tout ce qu'elle venait d'apprendre.
La progression se cache parfois dans des chemins bien détournés...sans doute aurait-elle mis des années à comprendre ce que Libertée lui avait inculqué à grands coups de chaînes - quoi que cette phrase puisse avoir d'étrange...
Et quand son maître lui ôta les entraves et que Rilend put enfin frotter ses poignets endoloris et presque violacés par le poids de l'acier, faire jouer ses chevilles meurtries et goûter à nouveau la pleine allonge de ses longs membres, le "Merci" qu'elle lui adressa n'était pas que pour ce petit acte de la déharnacher.

Les chaînes tintèrent sur le sol.
La voix de Libertée s'éleva, douce et lente.
Tu es libre...
Rilend approuva machinalement de la tête, avec un sourire. Eh oui, elle était enfin libre, libérée des chaînes qui l'avaient torturée toute l'ascension durant. Eh oui, plus encore, elle était libre, maintenant qu'elle avait compris que le marchombre ne se limite pas à un corps, aux contraintes matérielles, aux barreaux de prison et de chair ou aux chaînes qu'on traîne après soi, qu'elles soient d'acier ou d'un passé trop révolu. Elle était libre.
Libre.
Rilend secoua la tête, comme gênée par un moustique. Un petit insecte dans un coin de sa conscience, refusant de la laisser savourer en paix la fin de l'épreuve.
Tu es libre. Avec un sourire et une larme.
Et par terre, les chaînes.
Rilend cilla tandis que le sens véritable de la phrase la frappait avec force.
Libre.
Elle voulut poser une question dont elle connaissait déjà la réponse, leva un regard incertain vers son maître et, tout d'un coup, saisit la pleine mesure du discours de son maître, et regarda les chaînes au sol. Libérée de ses chaînes. Grande, droite, libre, et libérée.

D'abord, ce fut une joie pure, animale, une décharge de vitalité qui parcourut ses muscles en un long frisson et la laissa là, le regard flamboyant et le souffle raccourci, comme prête à bondir du toit, à s'envoler, ou à y prendre pied d'un seul saut pour hurler au monde qu'elle était là, qu'elle était adulte et surtout, qu'elle était libre ! Ô combien elle était libre !
Un rire montait dans sa gorge, incoercible mais silencieuse encore, seulement audible dans l'éclat de ses yeux et son port de tête royal, presque sauvage, où l'on retrouvait la Panthère qui ronronnait au fond d'elle, ne comprenant rien sinon la liberté et les parties de chasse endiablées qu'elle promettait. Un rire, ou un cri de joie, montait dans sa gorge.
Ce fut une larme qui jaillit, et un petit sanglot incrédule.

"L...Libre ? Je..."

Secouer la tête, rattraper ce sanglot absurde qui n'a rien à faire ici, déglutir et reprendre d'une voix guère plus assurée :

"Mais, libre comme...?"

Réaliser qu'elle avait déjà la réponse à sa question, et sourire à travers des larmes qui n'ont pourtant pas leur place dans cette scène d'euphorie. Gémir. Ou rire, elle ne sait plus. Tenter un pas. Reculer. En tenter un autre, ou un geste de main, ou un gémissement, ou un rire.
Et terminer tout droit sur l'épaule de Libertée, à sangloter entre deux éclats de rire, à hésiter entre rire et larmes, entre ce moment de bonheur extatique et une telle séparation, pleurer et rire sur de longues années de découverte et sur la gamine à qui, un jour, une marchombre muette indiqua par gestes la direction de l'Académie.

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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Mar 10 Nov 2015, 17:45

Le regard flamboyant, Libertée observait avec attention la réaction de son apprentie.
Réalisation.
Joie pure. Exaltation glorifiée.
Désir flamboyant de s’envoler, s’élever.
Puis, chute.
Libre, elle aussi. Vertigineuse.

Elle balbutie, cherche une explication, la trouve par elle-même. Mais Libertée ne peut s’empêcher de murmurer doucement…

- Une marchombre.

D’un geste maternel, la marchombre sourit et serre finalement RIlend tout contre elle, passant sa main dans ses cheveux. Si doux, si sauvages eux aussi.
Elle la serre contre elle, parce que c’est aussi un aurevoir. Intense, mais réel. Tout comme les larmes sur les joues des deux marchombres, qui pourtant glissent en faisant leur propre chemin sur les courbes de leurs joues.

Quand enfin les émotions finissent par s’apaiser, Libertée se détache lentement de Rilend, et pose ses deux mains sur ses épaules pour lui adresser un sourire bienveillant. Pour enfin la lâcher.


Chat sauvage
Apprivoise le monde
Libre

Les mots, tracés dans le vent, sont finalement si éphémères.

- Laisse-moi te voir t’envoler.

Apaisement. Sérénité.
Les deux mains sous son ventre, Libertée sourit.


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MessageSujet: Re: Groupe Helzam - Cours n°6   Jeu 19 Nov 2015, 11:01

Elle est perdue.
Ne sais plus que penser. Que ressentir.
C'est la joie, et la joie pure qu'elle devrait éprouver, alors pourquoi est-elle là à pleurer, sur l'épaule de Libertée qui passe la main dans ses cheveux ? Pourquoi cette sorte de peur d'enfant perdu, qui déjà s'estompe, et le chagrin plus profond d'un au revoir qu'elle sait réel, sans concessions ?

Son apprentissage est terminé. Elle peut voler de ses propres ailes, celles qu'elle a mis tant d'années à construire, à apprendre, à manier, à sentir se déployer tout en douceur et imperceptiblement. Elle peut parcourir la Voie par elle-même, et même toutes les voies qu'elle voudra, avec tous ceux qu'elle souhaitera. Elle est libre, et surtout, elle est marchombre.

Cela demeure un au-revoir.

Rilend finit, au bout d'un moment - quel moment ? - par se redresser, les larmes déjà sèches sur ses joues comme, elle s'en rendait maintenant compte, sur celles de Libertée. Elle lui rendit son sourire, toute sa sérénité retrouvée, et ajouta un sourire lointain pour la petite, bientôt plus si petite, Suviyo, dont elle espérait pouvoir faire la connaissance un jour ou l'autre. Elle la ferait. Un jour. Elle ne savait pas quand, elle ne savait pas où, tant son avenir, tout d'un coup, se dédoublait, se multipliait en mille et un projets, un million d'occurrences, des milliards de choix, une infinité de chemins possibles sur la Voie.
Une minute, Rilend savoura cette vision, et le sourire bienveillant de la marchombre qui avait tant contribué à la lui rendre possible. Une minute, et l'apparition soudaine de tant de perspectives nouvelles au sein d'un monde qui n'attendait plus qu'elle l'emplit dune jubilation forte et presque animale. Des yeux, elle remercia Libertée avec des mots que la langue humaine n'aurait jamais su prononcer ni inventer, recula d'un pas, et se détourna. Sentant sur sa droite, du coin de l'oeil, la présence paisible de la marchombre, Rilend s'avança vers le bord du bâtiment et avisa un autre toit, un peu plus bas, qui offrirait un merveilleux tremplin à sa nouvelle liberté.

Un pas et un autre, puis la prise d'appel.
Elle sembla plonger dans le ciel d'Al-Jeit, mais elle ne tombait pas.
Elle s'élançait.
S'envolait.

__________________________________________

*Parce que la panthère en toi peut être apprivoisée
Parce que le plus grand des trésors est la liberté.*

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