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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Kihux - cours n°2

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Groupe Kihux - cours n°2   Sam 10 Jan 2015, 22:29

Des pas dans la neige.
Empreintes légères qui s’arrêtent au pied d’une tour.
Celui qui passait par-là semble s’être évaporée…
Non.

Il s’est envolé.




*



- … et là, elle s’est cassée la figure et s’est étalée de tout son long. J’ai eu peur sur le moment mais tu sais quoi ? Elle était morte de rire, cette andouille ! Un fou rire incroyable !
- Tu l’as partagé ?
- Partagé quoi ?
- Le fou rire.


Un sourire espiègle effleura les lèvres de Lyke.

- Bien sûr !

Syndrell leva les yeux au ciel en secouant la tête, puis se renversa sur le dossier de sa chaise et croisa les bras sur la poitrine pour observer le garçon. Il ne cessait de grandir, comme si tout d’un coup son anatomie s’était mise à faire la course contre le temps ; heureusement, dans sa tête il était encore un enfant. Surtout lorsqu’il passait du temps avec Ylléna…

Leur complicité était étonnante de simplicité et d’affection. Elle avait permis à la fille d’Erwan et de Miss de faire son deuil sans s’enfermer dans une bulle de douleur et de solitude, et à Lyke de s’affirmer dans un rôle qui ressemblait parfois – souvent – à celui de grand frère. Il veillait sur elle avec attention et se laissait entraîner dans la moindre de ses bêtises. Pour avoir été la dernière élève de Miss, Syndrell savait à quel point Ylléna pouvait ressembler à sa mère, surtout en ce qui concernait les facéties !


- Tu ne finis pas tes tartines ?

La jeune femme revint au présent juste à temps pour asséner une petite tape sur la main chipeuse de Lyke avant qu’il lui subtilise son petit-déjeuner.

- Pas touche ! J’ai faim et puis j’en ai besoin aujourd’hui.
- Nouveau cours ?
- Mmh, acquiesça la marchombre en grignotant un petit pain.
- Mais il fait un froid de canard dehors !
- Et alors ?


Le garçon soupira et engloutit rapidement ce qui lui restait de nourriture avant de bondir de sa chaise.

- Couvre-toi bien cette fois, dit-il en déposant une bise légère sur la joue de la jeune femme. Sinon Ciel va encore me passer un savon.
- Normal, tu es son bouc-émissaire favori.
- Le seul qu’il ait à sa portée surtout !
marmonna Lyke.

Syndrell le regarda filer et sourit en devinant qui était à l’origine de ce départ soudain. Ses pensées s’envolèrent un bref instant vers Erwan ; elle ne l’avait pas vu depuis des semaines et se demandait s’il se portait aussi bien que sa fille. Lui n’avait pas l’avantage d’une innocence toute enfantine pour oublier la mort de sa compagne…



*



Souffle de glace, murmure d’un secret hivernal.
Celle qui s’est envolée grimpe le long de la tour, ses gestes sont précis et mesurés.
Terriblement efficaces.




*



Il faisait encore nuit lorsque Syndrell traversa la cour silencieuse de l’Académie. L’obscurité s’échinait à ronger les journées depuis que l’hiver s’était confortablement installée sur l’Empire.

Silhouette furtive et encapuchonnée, elle se faufila dans l’écurie et salua respectivement chaque cheval qu’elle croisa jusqu’à Vagabond. Le frison s’amusa à la faire tourner en bourrique pendant qu’elle s’occupait de lui et n’eut droit à sa carotte matinale que parce qu’il réussit à la faire craquer en l’observant à travers sa crinière folle.

La jeune marchombre déposa ses affaires devant la porte de son box et quitta l’écurie pour retourner dans la cour, incroyablement sereine à cette heure-ci. Elle s’arrêta près de la fontaine et en caressa du bout des doigts l’eau gelée puis leva les yeux vers le ciel qui s’éclaircissait à peine. Il allait neiger et il allait faire froid. Très froid. Pourtant le cœur de Syndrell était tout chaud à l’idée de tout ce qui allait égayer cette journée et celles qui allaient suivre.

Elle fit encore quelques pas dans la neige qui crissa sous ses bottes et s’arrêta devant la tour principale de l’école. Posa la main sur la pierre glacée. Sourit. Quel formidable défi… D’un geste elle rabattit sa capuche en arrière, libérant une longue tresse de cheveux bleus, prit une profonde inspiration qui lui gela les poumons, et s’élança. S’éleva.
S’envola.

Elle atteignit le toit lorsque les premières lueurs rougeoyantes du levant embrasèrent le ciel et, lorsqu’elle se redressa pour contempler le paysage, un monde de neige et de glace scintilla à ses pieds. Syndrell sentit son cœur flancher, comme chaque fois que le simple fait d’être marchombre lui offrait un tel instant de parfaite sérénité.

Puis elle s’assit, une jambe dans le vide, l’autre repliée contre sa poitrine, et regarda le jour se lever. Elle attendait que le timide soleil d’hiver jaillisse de sa cachette à l’horizon.

Elle attendait que le chant des oiseaux s’élève depuis le bois.
Elle attendait d’entendre le rire clair d’Ylléna.
Et elle les attendait, eux.

Darwen et Lynndiara.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…




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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Mer 14 Jan 2015, 18:54

Il faisait très froid, et c‘est peut-être ce qui décida Darwen. Il faisait encore nuit, le rendez-vous avec Syndrell et Lynndiara était fixé dans une heure ou deux encore ; il avait le temps. Fourrant les mains dans les poches de sa veste sombre doublée de fourrure, le jeune homme prit la direction des bois d‘un pas rapide d‘abord, puis à petite foulées. Son souffle régulier formait des petits nuages de vapeurs devant sa bouche, qui disparaissaient rapidement pour être aussitôt remplacés. Au bout d‘une demie-heure, l‘apprenti sentit ses muscles qui s‘échauffaient, et décida de s‘arrêter quelques minutes plus tard, devant un arbre immense dénué de ses feuilles. Respirant lentement, il retira sa veste, ses gants, puis tous ces vêtements ; il les plia grossièrement et les plaça entre les racines de l‘arbre, prenant garde à ne pas les mouiller avec la fine couche de neige qui tapissait le sol. Puis il se redressa et, fermant doucement les yeux, il respira l‘air glacé de l‘hiver à pleins poumons.

Si quelqu‘un était passé par là et l‘avait surpris complètement nu dans la forêt alors que la température descendait en dessous de zéro, il l‘aurait sans aucun doute pris pour un fou. Même s‘il s‘était agi d‘un marchombre. Mais Darwen n‘était pas fou, au contraire : il était en pleine phase de reconnaissance de son identité et de repossession de lui-même... Il apprenait à s‘apprivoiser, et à apprivoiser le loup qui vivait en lui, avec lui. Cela faisait maintenant quelques mois qu‘il s‘imposait des transformations, pour apprendre à communiquer vraiment avec la bête, à vivre avec elle. Ce n‘était pas toujours facile, et ça dépendait beaucoup de ses humeurs ; mais il avait beau progresser lentement, il progressait quand même. Depuis qu‘il avait rencontré Erwan et Ylléna quelques mois plus tôt, au début du printemps, il n‘y avait pas eu une semaine qui s‘était passée sans qu‘il ne laisse la place au loup au moins une fois.

...Et il n‘y avait pas une semaine qui s‘était passée sans qu‘il ne repense au moins une fois à l‘envoleuse aux cheveux noirs... et au regard tout aussi noir, malgré ses yeux verts de forêt. Kaünis lui paraissait loin désormais, pourtant il ne parvenait pas à l‘oublier complètement. Leur rencontre s‘était terminée sur des mots amers, et ‘Wen avait la désagréable sensation d‘avoir oublié quelque chose en la quittant, comme si ça lui était passé sous le nez, sans qu‘il ne le vît. Mais il n‘avait aucun moyen de la contacter, et de toutes façons il ne savait même pas si elle avait envie de le revoir. Parce qu‘il fallait bien se l‘avouer, lui avait bien envie de la retrouver... Alors qu‘il avait les yeux toujours fermés, un sourire creusa la joue du marchombre, qui écarta légèrement les bras, défiant la morsure du froid sur son torse nu.

Si quelqu‘un était était passé par là, peut-être aurait-il eu le temps d‘apercevoir les contours d‘un homme se brouiller pour être remplacés par ceux d‘un loup, aussitôt disparu entre les arbres. Cette personne aurait très certainement cru à une illusion. A moins, peut-être, s‘il ne s‘était agi d‘un marchombre...

***


La forêt était décidément le seul endroit où le loup se sentait vraiment bien.
Chez lui.
Et c‘était encore mieux lorsqu‘il faisait froid - froid pour l‘humain en tous cas, tout est relatif - car cela lui rappelait le temps où il vivait avec la meute, l‘alpha noir et la louve blanche, le temps où il voyait naître les louveteaux tout roses, le temps où la neige ne s‘en allait vraiment que quelques semaines dans l‘année et où il ne faisait que rarement trop chaud sous sa fourrure gris sombre.
Le temps où il était libre, totalement.
Avait suivit une longue période douloureuse et difficile, où il avait fallu batailler chaque jour avec l‘humain pour tenter de lui reprendre la place - en vain la plupart du temps. Une fois que l‘autre était à la surface, c‘était dur de remonter pour le faire couler à son tour.
Un jour, le loup avait rencontré deux autres humains, un homme au cheveux blancs et une petite fille au regard d‘un violet profond et intense. Chacun d‘eux était aussi doublé d‘un animal : un jaguar, qu‘il avait surtout trouvé prétentieux, extrêmement rageant, et ennuyant à mourir, et un serpent, vil reptile à la peau désagréablement glissante et malheureusement peu appétissante. Pourtant, ces humains l‘avait aidé, il fallait le reconnaître. La jaguar lui avait parlé, s‘était emparé de lui, pour lui faire comprendre son erreur.
La fille-serpent, quant à elle, était vraiment spéciale. Elle semblait contrôler parfaitement ses deux identités, qui au final n‘en faisaient plus qu‘une. C‘était elle qui lui avait montré ce qu‘était sa relation avec l‘humain.
Depuis, l‘humain lui laissait souvent la place, et, la plupart du temps, il la lui rendait, même si c‘était de mauvaise foi. Il y avait bien quelques fois ou il avait largement dépassé son temps, mais il considérait ça normal après tout, il était un loup et un loup a besoin d‘espace et de liberté.
Ce qu‘il avait compris, c‘était que l‘humain et lui ne pourraient jamais être séparés. La fait qu‘il devait faire avec était encore un peu dur à saisir, et, bien qu‘il connaisse la notion de partage au sein de la meute, le partage avec l‘humain était encore une chose... presque invraisemblable.
Mais tout était dans ce
presque.
Désormais, le loup faisait un effort.



***


Le lapin, dont le loup avait pourtant du mal à distinguer la différence de couleur avec la neige, fut facilement repérable.
Évidemment, c‘était toujours en mouvement, ces machins-là, quels cons quand même...
Le loup bondit sur sa proie.
Un puissant coup de patte, et c‘était déjà fini.



***


C‘était déjà fini. Dans son corps de loup, où l‘âme était rapidement grisée par les nombreuses sensations qui l‘assaillaient, le temps passait très vite. Beaucoup plus vite que dans un corps d‘homme. Darwen n‘eut qu‘un léger mal de tête après avoir retrouvé ce dernier, et fut remis après quelques courtes minutes seulement ; d‘ordinaire, il se sentait moins bien et ça mettait plus de temps à partir. C‘était peut-être le froid...

Le jeune homme se rhabilla très vite... et se remit à courir. Quand même, quelle idée avait eu Syndrell de donner rendez-vous à ses apprentis un jour de froid pareil !


***


Lorsque ‘Wen traversa en sens inverse les portes de l‘Académie, le soleil se levait, inondant le ciel clair de rouges et d‘orangés ; quelques étoiles brillaient encore dans le bleu sombre qui restait. Il n‘y avait pas beaucoup de nuages et pourtant une légère brume semblait planer en suspension tout autour des bâtiments ; l‘apprenti aimait ces belles matinées hivernales où il n‘y avait pas beaucoup de vent et où l‘air mordant finissait sans peine de vous réveiller.

Arrivé au pied d‘un mur de la bâtisse, Darwen retira un gant pour caresser du doigt le fin duvet de gel qui recouvrait les pierres, leur prêtant une légère teinte bleutée. Un petit sourire étira un coin de ses lèvres, alors qu‘il réalisait qu‘il allait devoir escalader à mains nues un édifice gelé. Un autre jour, il aurait plutôt grimacé, mais ce jour-là était celui du début de son deuxième cours ; c‘était différent. Retirant son deuxième gant, Darwen évalua un instant le chemin qu‘il prendrait avant de commencer l‘escalade.

Une demie-heure plus tard, il se hissait sur les toits de l‘Académie. L‘ascension n‘avait pas été chose facile à cause de ses bottes qui avaient glissé sur la pierre un bon nombre de fois et de ses doigts gelés qui étaient devenus difficiles à bouger, mais il avait pu progresser pendant les mois qui avaient suivis son premier cours et ses capacités s‘étaient nettement améliorées. Bien réchauffé par l‘escalade, ‘Wen prit un instant pour observer le monde gelé en contrebas, puis, ayant remarqué quelques mètres à sa gauche une petite silhouette de dos, assise au bord opposé du toit, et munie d‘une longue tresse bleue, il essaya de s‘approcher d‘elle en faisant le moins de bruit possible. Il voulut attraper la tresse, mais Syndrell fut plus rapide que lui et...




[Je sais que Syndrell avait donné rendez-vous à ses chers apprentis un mois plus tard, mais étant donné avec tout ce qui s'est passé entre temps - et Darwen a quand même pris 3 ans depuis son arrivée à l'Académie ! - je me suis permise de transformer ça en un an à peu près, donc un peu moins d'un an après l'épisode de la Citadelle... j'espère que ça ne gêne pas ! Ceci étant dit, c'est parti ! Razz]

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Lynndiara Edril
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Jeu 22 Jan 2015, 11:59

Lynndiara ouvrit les yeux et comme si ce simple geste exprimait tout ce qu’elle ressentait à cet instant, elle sourit. Ce n’était pas un sourire heureux, ni même triste ou narquois… C’était un de ses sourires qu’on ne pouvait expliquer, qui venait d’eux-mêmes, du plus profond de son âme. Aujourd’hui, enfin, elle allait reprendre les cours, retrouver Syndrell, et Darwen. Ça n’avait en réalité rien d’exceptionnel, mais pour elle, c’était comme si elle retrouvait son foyer… Ce n’était qu’une continuité, mais qui prenait place au plus profond d’elle-même. Elle se souvenait encore de leur toute première rencontre, du commencement… Ils étaient déjà tout deux, dans une même danse, dans cette petite salle. Et elle, elle était rentrée, seule, mais déterminée à danser elle aussi… Elle pensait qu’elle aurait eu du mal à se joindre à eux, et pourtant, elle ne l’avait même pas vu venir. Tout c’était fait si… inconsciemment. Ils étaient trois désormais, et elle avait hâte qu’ils dansent à nouveau ensemble, sur cette piste qu’elle avait choisie d’emprunter. Elle avait désormais pris le temps de s’intégrer, et avait fait de nombreuses connaissances. Et elle s’était rendu compte qu’ils étaient tous différents, mais pourtant semblables… A ses yeux, c’était justement ces différences qui les rendaient semblable et c’était ce qui était beau dans la voie du marchombre, celle qu’elle avait choisi. La jeune femme se leva lentement et laissa son regard s’évader au-delà de la fenêtre, suivre la danse interminable des flocons qui blanchissaient le paysage.

Un peu plus tôt, elle était partie à cheval s’évader dans ce nuage blanc, seule. Parce qu’elle aimait être seule, et pas seulement parce qu’elle était réservée, mais parce que cela lui faisait du bien. D’ailleurs, elle aimait également la neige, elle trouvait cela apaisant. Pour certains, l’hiver était triste, et la nature morte. Mais pour Lynndiara, l’hiver était une renaissance, ce qui rendait cette saison magique. D’ailleurs elle se souvenait même que petite, déjà, elle s’enfuyait sans demander à personne dans la forêt, et couraient dans la neige, suivaient les traces des animaux… C’était si loin. Elle n’était plus cette petite fille innocente maintenant, elle était marchombre. Rien que d’y penser, elle frissonnait. De plaisir, d’excitation, et peut-être inconsciemment aussi de peur pour la suite. Qui était d’ailleurs toute proche désormais. Sur le toit, au même endroit où ils s’étaient quittés... Lynndiara n’était pas certaine qu’il s’agissait du hasard.

Elle s’empara de ses bottes et de son pardessus fourrés et les enfila. Elle descendit les étages un par un, d’un pas léger. Elle sourit à quelques connaissances. Elle franchit la porte d’entrée et sourit au paysage blanc qui s’offrait devant elle. Comme en réponse, une légère brise caressa son visage. Elle s’avança et caressa du bout des doigts les stalagmites qui recouvraient la fontaine de la cour. Elle prit délicatement un peu de neige aux creux de sa main, et comme un enfant l’aurait fait, souffla doucement, faisant s’envoler les flocons dans l’air frais. Pourtant, ce geste n’avait rien d’enfantin… Son rire cristallin résonna doucement, parcourant les murs frais. Certaines personnes trouvaient peut être cela enfantin encore une fois, mais Lynndiara, en ce moment, était juste heureuse, il n’y avait rien à ajouter à cela. Et elle était sûrement la seule à pouvoir comprendre ce qu’elle ressentait. Elle s’approcha du mur, caressa sa surface rugueuse. Elle leva la tête, comme si elle voulait trouver la source des flocons qui s’éparpillaient dans ses cheveux flamboyants, sur son visage et son corps. Alors elle commença son ascension, lente, mais régulière. Le vent n’était pas en sa faveur, mais elle ne lui en voulait pas. Elle ne lui en voulait plus. Car d’une certaine façon, elle savait maintenant qu’il était au contraire en sa faveur, non pas physiquement, mais au fond d’elle-même. D’ailleurs, Lynndiara ne cherchait pas à aller vite. Elle atteignait seulement son but, rien de plus.

Lorsqu’elle se hissa sur le toit, elle ne fut pas surprise de constater que Syndrell les attendais déjà. Et comme la première fois, Darwen était également arrivé avant elle... Ils allaient finir par croire qu'elle arrivait toujours en retard... Lynndiara sourit, à Syndrell, à Darwen et à elle même, au monde entier.
Puis elle s’assit près d'eux, sans un mot. Les mots, en cet instant, lui paraissait inutiles, et inappropriés face à ce qu’elle ressentait…
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Ven 23 Jan 2015, 19:27


Le temps était comme suspendu et Syndrell, assise au bord du vide, le savourait pleinement. Autour d’elle se déployait un univers de murmures et de sensations : murmure du vent dans les arbres en contrebas, trille des oiseaux matinaux, morsure du froid sur sa peau. Son propre corps s’accordait au rythme du monde et elle entendait les pulsations de son cœur dans ses oreilles, martèlement paisible et harmonieux. C’est ainsi qu’elle perçut sa présence, sans avoir besoin de se retourner pour voir approcher le premier de ses élèves.

Darwen Ehsoleim.

Force vive et pure, énergie lumineuse et puissante, fougue sauvage et animale, ce garçon était entré dans sa vie tel un boulet de canon et chaque jour qui passait la rendait plus fière de lui. Il était têtu, téméraire et parfois – souvent – inconscient des risques qu’il prenait, mais sa façon de progresser sur la Voie lui était propre et façonner le marchombre qui sommeillait en lui était une merveilleuse expérience.

Lorsqu’il s’approcha d’elle à pas de loup, elle sourit, parfaitement immobile et les yeux fixés sur la ligne d’horizon qui pâlissait doucement. Les efforts qu’il déployait pour demeurer silencieux étaient trahis par son odeur : une fragrance piquante et masculine portée par le vent.

Au moment où il allait refermer les doigts sur sa tresse, Syndrell s’effaça d’un mouvement vif, bien trop vif pour qu’il ait une chance de l’effleurer. Elle roula sur l’ardoise givrée du toit, se redressa et se glissa derrière le jeune homme pour lui rendre la pareille en tiraillant l’une de ses mèches sombres d’un geste mi-moqueur, mi-affectueux.


- Bien essayé, mais le vent t’a trompé : il est changeant et s’il était propice à ton approche au départ, il s’est furtivement placé dans ton dos pendant que tu mettais ton piège en œuvre.

Libérant les cheveux de Darwen, la marchombre humidifia son index d’un coup de langue et le dressa en l’air.

- Surveille toujours le vent pour garder sa direction à l’œil. On n’est jamais trop prudent avec un élément aussi facétieux !

Son clin d’œil doré ponctua ce sage conseil d’un zeste de malice et salua dans le même temps l’arrivée de Darwen. Syndrell nota avec satisfaction que son élève avait l’air d’avoir retrouvé sa pleine santé. Il s’était remis de la terrible blessure qui avait failli l’emporter, sombre conséquence d’un duel avec l’unique Frontalier sans honneur qu’elle ait jamais rencontré.

Il la dépassait d’une bonne tête et elle devait pencher la sienne pour croiser son regard, pétillant d’une effronterie qu’elle appréciait énormément chez lui. Mais il y avait quelque chose chez le jeune homme qui demeurait pour elle un mystère, une énigme qu’une conversation volée dans les couloirs de la Citadelle éclaircissait et assombrissait tout à la fois. Syndrell préférait attendre le bon moment avant de laisser sa curiosité et son audace forcer enfin la serrure de ce coffre invisible qui renfermait le secret de Darwen…

La marchombre se rassit au bord du toit en souriant. Quelques minutes plus tard, son ouïe fine percevait le souffle de son deuxième élève, précipité par une ascension vertigineuse et l’excitation de voir se rapprocher le sommet. Lorsqu’enfin ses mains crochetèrent le faîte du toit, le sourire de Syndrell s’élargit et elle tendit le bras pour accompagner le geste de son apprentie.

Lynndiara Edril.

Eclat de vivacité et d’intelligence, force tranquille, observatrice assidue, Lynndiara était la preuve que se fier aux apparences est généralement une formidable erreur. Sa silhouette menue et ses traits délicats, presque fragiles, dissimulaient un caractère bien trempé que seul le feu qui illuminait le vert de ses yeux laissait parfois deviner.

C’était une jeune fille qui savait écouter. Alors que Darwen bouillonnait d’énergie elle restait étonnamment calme et posée, parlant peu mais observant son environnement avec une curiosité touchante. Et efficace. Sans un mot, elle s’assit à côté de Syndrell et laissa le silence marquer leurs retrouvailles d’un souffle bien plus puissant qu’un discours.

Le groupe Kihux était de nouveau complet.

Au bout d’un moment, lorsque le ciel se para des couleurs du levant et que les premiers rayons du soleil effleurèrent l’horizon, Syndrell exhala un long souffle dans l’air glacé puis se redressa d’un bond.


- C’est l’heure ! s’exclama-t-elle joyeusement. Allez faire votre sac et préparer vos montures, nous partons en balade ! On se retrouve dans quinze minutes au portail.

Ce laps de temps ne leur permettait pas d’emprunter le même chemin qu’à l’aller ; Syndrell avait besoin de ses élèves en forme et plein d’énergie, or cette ascension matinale, quoi qu’excellente pour se mettre en conditions, leur avait demandé pas mal d’efforts. Elle les laissa donc s’engouffrer dans les escaliers de la coursive, mais hésita à leur emboîter le pas : ses affaires étaient prêts et Vagabond était sur le départ… un sourire gomma alors toute indécision et elle se détourna des escaliers.
Pour s’élancer sur le toit et se jeter dans le vide.

Au tout dernier moment, son corps décrivit une courbe dans l’air frais du matin et sa main droite crocheta une prise, stoppant sa chute mais pas son élan. Elle se mit à descendre, ignorant le vent, le givre et le froid. Si son ascension avait été lente et paisible, ses gestes étaient désormais rapides et précis, si vifs qu’on aurait pu se demander si elle posait réellement les mains sur la paroi glacée.

Elle atteignit le sol une poignée de minutes plus tard et prit la direction des écuries pour garder à l’œil la progression de ses apprentis. Elle savait Lynndiara relativement à l’aise avec les chevaux mais Darwen l’avait déjà surprise en faisant montre d’une curieuse attitude en compagnie des équidés, mélange de peur et de menace invisible qui avait réussi à effrayer Nyu.

Elle espérait que, cette fois-ci, la jument jadis montée par Miss reconnaîtrait le jeune homme et se montrerait plus calme mais, dans le doute, Syndrell préférait rester dans les parages le temps qu’ils scellent les chevaux. Perchée sur une rambarde de bois, elle les regarda faire, ajustant certain de leurs gestes par quelques conseils toujours formulés avec sagesse et une pointe d’ironie.

La marchombre retrouva ensuite Vagabond et se hissa souplement sur son dos et, plantée devant le portail ouvert de l’Académie, attendit que Lynndiara et Darwen la rejoignent enfin.
Les premiers flocons de neige se mirent à tomber lorsqu’ils se mirent en route.




*



Ils chevauchèrent pendant une heure en direction du sud. D’abord sommairement protégés par les ramures en partie dénudées de la forêt, ils traversèrent ensuite quelques prés enneigés sous un rideau de légers flocons blancs. Le vent ne forcissait pas et le soleil, s’il avait disparu derrière un voile de nuages, diffusait une lumière agréable qui ne réchauffait toutefois rien ni personne.

Syndrell maintint alertes ses élèves en leur faisant travailler les allures de leurs montures. Ils alternèrent ainsi les trois allures principales chaque fois qu’elle le souhaitait, rectifièrent leur position lorsqu’elle les reprenait, effectuèrent des tours et des demi-tours jusqu’à ce qu’ils parviennent à maîtriser correctement la direction de leurs chevaux.

- On fait une pause, annonça-t-elle néanmoins en arrêtant Vagabond au pied d’un saule pleureur qui surplombait un étang parfaitement gelé.

La dernière ferme qu’ils avaient croisée se trouvait  à plusieurs lieues et depuis qu’ils avaient laissés le Lac Chen derrière eux, les collines s’étendaient à perte de vue, vallons blancs qui s’accordaient parfaitement à la couleur uniforme du ciel. La neige avait cessé de tomber mais l’herbe craquait sous leurs pas et il faisait un froid de canard.


- Je tiens à préciser que ce sont les chevaux qui vont se reposer un peu, ajouta Syndrell en laissant retomber son capuchon sur ses épaules. Vous, vous allez profiter de la lumière du jour pour travailler vos réflexes et votre agilité.

Elle glissa la main à l’intérieur de sa cape et en sortit deux rubans aussi bleus que ses cheveux. Elle attacha le premier sur le devant de la chemise de Darwen puis tressa en quelques gestes rapides et délicats la chevelure flamboyante de Lynndiara pour les nouer à l’aide du second ruban.

- Placez-vous face à face et mettez-vous en garde. Cinq attaques, jeunes gens : un point pour toi, Lynn, si tu parviens à subtiliser le ruban de Darwen. Un point pour toi, Darwen, si tu récupères celui de Lynn. C’est parti !

Syndrell frappa dans ses mains et recula d’un pas, son attention fixée sur ses deux apprentis.

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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Sam 24 Jan 2015, 12:52

... et elle fut aussitôt derrière lui, alors qu’il n’avait même pas eu le temps d’effleurer un cheveu bleu. ‘Wen lâcha un cri en sentant la jeune femme tirer sur ses propres cheveux, et porta les mains à l‘arrière de son crâne en grimaçant. Ce n’était pas juste ! Syndrell avait toujours le dernier mot ! Mais avait-il vraiment cru pouvoir être plus rapide qu’elle, en même temps ? Ben... peut-être un tout petit peu... non ? Bah, dans tous les cas, on ne savait jamais...

Le jeune homme en rajouta un peu et grommela dans sa barbe lorsque son Maître lui précisa qu’il avait oublié le changement de direction du vent. La preuve qu’il n’avait pas été très sérieux : avec un loup comme double, il connaissait bien les sautes d’humeurs du vent, qui pouvait être soit contre lui, soit avec lui, durant ses moments de chasse. Dans tous les cas, le loup savait comment l’utiliser pour recevoir les odeurs de ses proies et les empêcher de percevoir la sienne. ‘Wen était juste un peu moins stratège et instinctif, et davantage joueur quand il s’agissait de surprendre son mentor plutôt que d’attraper un lapin ou de ne pas se faire repérer par un ennemi...

Frottant sa nuque pour chasser la légère douleur, Darwen oublia bien vite cette dernière lorsqu’il aperçut le clin d’œil malicieux de Syndrell, et un sourire sincère éclaira son propre visage. Jamais, pour quoi que ce fut, il ne pourrait en vouloir à la petite marchombre aux cheveux bleus ; surtout qu’elle lui avait sauvé la vie, à la fin de l’hiver précédent, lorsque ce traître de Sharmal était déterminé à le tuer. Bon, il n’avait peut-être pas été très prudent non plus - c’était le moins que l’on pouvait dire. Mais cet esquisse de combat mortel avait au moins eu le mérite de lui servir de leçon. Enfin, plus ou moins...

L’apprenti s’assit aux côtés de son Maître, attendant avec elle la venue de Lynndira. Il n’avait pas revu la jeune rouquine depuis leur premier cours et était curieux de savoir ce qu’elle était devenue. Au début, il n’avait pas été vraiment accueillant avec elle, parce qu’il en avait marre de tous ces changements dans son groupe - et puis l’idée d’avoir un Maître pour soi seul n’était pas désagréable - mais il avait bien vite apprécié la jeune fille, avec qui il avait pu partager des moments de complicité, durant les quelques heures passés ensemble. Seul homme au milieu de ces deux femmes, la situation, si elle n’était parfois pas en sa faveur - sûrement cette fichue histoire de solidarité féminine - était bien loin de le déranger, et ne le mettait pas vraiment mal à l’aise côté hormones puisqu’il pouvait apprécier les femmes autant que les hommes. Pour lui, l’attirance était bien plus une question de charme et de personnalité que de sexe...

Lynn ne tarda pas à arriver, juste devant eux. Darwen observa leur Maître aider la jeune femme à se hisser sur le toit, un sourire au coin des lèvres. Il allait dire quelque chose pour la saluer, avant de croiser son regard vert, aussi flamboyant que sa crinière rouge : l’apprentie avait l’air particulièrement heureuse, pleine de vie, et beaucoup plus à l’aise que lors de son arrivée au premier cours. Elle semblait sûre d’elle, et véritablement à sa place. Un peu impressionné, ‘Wen n’osa rien dire et choisi seulement d’accueillir sa compagne de route d’un large sourire, comme pour l’inviter à s’asseoir à leurs côtés. Une dizaine de minutes plus tard, Syndrell donnait le signal du départ, et le jeune homme sentit une pointe d’excitation lui piquer le ventre, réalisant qu’ils allaient effectuer leur deuxième cours en voyageant.

Darwen et Lynn descendirent côté à côté la volée de marches en colimaçon qui reliait le toit au troisième étage de l’Académie, puis les escaliers qui menaient au deuxième étage, où se situaient leurs dortoirs respectifs. Le jeune homme lança un clin d’œil malicieux à sa camarade, lui proposant de s’attendre avant de rejoindre Syndrell, le temps qu’ils préparent chacun leurs affaires. En ce qui le concernait, ce n’était l’histoire que d’une poignée de secondes ; entrant dans le dortoir, il saisit seulement quelques vêtements de rechange qu’il fourra dans son sac-à-dos, avant d’attendre Lynndiara devant le dortoir des filles. Ensemble, ils descendirent aux cuisines pour chiper des provisions - ce qui leur rappela fortement un certain exercice - et retrouvèrent leur Maître aux écuries, moins de cinq minutes plus tard.

L’homme-loup avait fait de gros progrès dans sa relation avec les chevaux depuis son premier cours : déjà, il avait été mis davantage en confiance grâce à Syndrell, lorsqu’il avait monté Nyu ; puis il avait dû faire une longue chevauchée pour rejoindre la Citadelle, et avait passé quelques semaines seul avec sa monture pour arriver à Al-Chen, puis jusqu’au Lac Chen où il avait rencontré Erwan et Ylléna - et retrouvé la jument du Maître décédé de son propre mentor. Depuis, il avait moins d’appréhension avec les équidés, et l’amélioration de sa relation avec le loup y était pour beaucoup. Il était en de meilleurs termes avec son double animal depuis qu’il avait mieux compris la façon dont ils étaient liés, grâce au marchombre et surtout à sa fille. Et il pensait que Kaünis n’y était pas pour rien non plus...

Pourtant, il avait toujours une certaine appréhension lorsqu’il entra dans les écuries. Il rappela au canidé de se tenir tranquille, et s’approcha du box de Nyu, qui n’eut aucun mal à le reconnaître. ‘Wen fut surpris et heureux de voir que la jument ne semblait pas si mal à l’aise que lors de sa première tentative d’approche. Il comprit que mettre en confiance un autre cheval aurait été moins simple : après tout, Nyu devait avoir l’habitude d’être aux côtés de l’homme-jaguar et de la fille-serpent. Et Darwen se sentait honoré de voyager avec la jument qui avait appartenu à cette Miss, adorée d'Erwan... Il fallait qu’il trouve un moment pour parler de cette rencontre à Syndrell, d’ailleurs.

Sous le regard attentif de cette dernière, les deux apprentis préparèrent rapidement leurs deux montures, et le petit groupe franchit enfin les portes de l’Académie, une vingtaine de minutes après. Alors qu’ils chevauchaient dans le bois enneigé, Darwen n’était pas spécialement à l’aise sur le dos de Nyu, mais il ne ressentait pas d’angoisse non plus. Il se rappelait la promesse de Syndrell, et il savait qu’elle avait raison maintenant. Il ne tomberait plus de cheval, parce qu’il n’avait plus aucune raison de tomber, depuis que le loup avait enfin accepté le fait qu’ils partagent le même corps... et la même âme. Tout se déroula à merveille donc, tandis qu’il passait du pas au trot, puis du trot au galop, effectuait avec la jument tout ce que la marchombre aux cheveux bleus leur demandait de faire. Il fallait dire que Nyu était particulièrement conciliante, et Darwen se rendit compte qu’il allait sûrement bien vite s’attacher à elle...

Alors que le groupe se trouvait littéralement au milieu de nulle part, entouré de collines aussi désertes que couvertes de neige - seule la présence de l’étang gelé et de quelques arbres témoignait d’une vie cachée - Syndrell finit par déclarer l’heure de la pause. Enfin... pas pour tout le monde !

- Je tiens à préciser que ce sont les chevaux qui vont se reposer un peu. Vous, vous allez profiter de la lumière du jour pour travailler vos réflexes et votre agilité.

- On ne s’en serait pas douté, rétorqua ‘Wen ironiquement en lançant un clin d’œil à Lynndiara, avant de porter instinctivement la main à sa tignasse sombre. On ne savait jamais quelles idées saugrenues pouvaient trotter dans la tête de son Maître pour le tyranniser, lui, pauvre apprenti...

Comprenant qu’il y aurait de l’exercice, le jeune homme retira sa veste fourrée et observa la marchombre tirer deux rubans bleus de dessous sa cape. Levant les yeux vers elle, il lui adressa un sourire mi-charmeur, mi-complice lorsqu’elle attacha le sien à sa chemise, avant de faire une tresse identique à la sienne à Lynndiara, à laquelle elle noua le second ruban. Darwen sourit légèrement ; l’exercice n’était pas compliqué à deviner.

- Placez-vous face à face et mettez-vous en garde. Cinq attaques, jeunes gens : un point pour toi, Lynn, si tu parviens à subtiliser le ruban de Darwen. Un point pour toi, Darwen, si tu récupères celui de Lynn. C’est parti !

Au signal, le jeune homme se mit aussitôt en mouvement, s’élançant vers son adversaire. Il n’avait pas encore eu l’occasion de la voir se déplacer dans un combat, et ne savait pas du tout de quoi elle était capable. Il fut surpris lorsqu’elle esquiva sa première tentative, puis sa deuxième, et jugea bon de se concentrer un peu plus. Il avait eu un entraînement frontalier, que diable ! Il devait seulement cesser de se surestimer, ou de sous-estimer Lynn, et se mettre sérieusement en action. Guettant les attaques de la jeune femme, Darwen parvint à l’éviter tout aussi bien qu’elle. Elle avait cependant un petit avantage sur lui : elle n’avait qu’à tendre le bras pour saisir le ruban accroché à sa chemise, tandis qu’il devait toujours garder un œil sur sa tresse flamboyante, qui virevoltait dans l’air au rythme de ses mouvements. Mais il y avait aussi un contre-point : c’était moins dur de surveiller les gestes qui fusaient vers sa propre poitrine que de défendre le bout de sa tresse, plus détaché du corps. Enfin, tous les deux étaient ralentis par la neige qui recouvrait le sol.

L’affrontement - ou le jeu - se poursuivit pendant plusieurs minutes. Si Lynndiara ne parvenait pas à atteindre son but, ‘Wen devinant ses feintes et évitant toutes ses tentatives avec agilité et précision, elle se défendait aussi bien, vive, légère et visiblement très déterminée. Toutefois, l’apprenti finit par apercevoir une faiblesse dans la défense de sa camarade, et, se glissant derrière elle, il tira doucement mais vivement sur le ruban pour le dénouer. C'était sa cinquième et dernière tentative.

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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Sam 31 Jan 2015, 15:03

Alors que Lynndiara atteignait enfin le toit, une main s’offrit à elle. Celle de Syndrell. Elle s’en emparait avec respect et reconnaissance et se retrouvait sur le toit, auprès d’eux. Auprès de Syndrell et de Darwen, enfin. La dernière arrivée peut-être, mais elle n’était que plus heureuse de voir qu’ils étaient deux à l’attendre… Elle chassa cette pensée de son esprit, cela ne lui ressemblait pas. Elle croisa alors leur regard et son bonheur ne fût que plus immense encore. D’abord celui doré de Syndrell, si calme, si serein, si doux et si… confiant. Puis celui bleu glacial de Darwen, plus mystérieux, mais pourtant qui exprimait tant de chose. Il était différent de celui de la toute première fois, parce qu’ils avaient tous deux évolués, mais ensemble. Ce dernier lui sourit, et Lynndiara lui rendit son sourire. Un échange silencieux, mais qui voulait en dire long. Elle s’assit près d’eux et goutta aux derniers instants qui la séparaient de la continuité de ce qu’elle avait commencé… Enfin rien ne s’était vraiment arrêté, elle le savait, mais seule, si c’était tout autant enrichissant, ça ne pourrait jamais être pareil...

Lorsque les premier rayons du soleil vinrent les effleurer, avant même que Syndrell ne prennent la parole, Lynndiara comprit que le moment était enfin venue.

- « C’est l’heure ! S’exclama-t-elle joyeusement. Allez faire votre sac et préparer vos montures, nous partons en balade ! On se retrouve dans quinze minutes au portail. »

Et Lynndiara sourit encore. Une balade à cheval par ce temps, elle n’attendait que ça. Peu lui importait le froid, aujourd’hui, elle était aussi rayonnante que le soleil lui-même...
Darwen et Lynndiara descendirent donc côte à côte les escaliers, mais Lynndiara ne fût pas vraiment surprise de constater que Syndrell ne les avait pas suivis. Qui sait par où elle était passée ? D’ailleurs, Lynndiara et Darwen quant à eux, s’étaient presque engagé dans une petite course, du moins c’est ainsi que la jeune femme le ressenti. Arrivés devant leurs dortoirs respectifs, Darwen lui offrit un clin d’œil auquel Lynndiara répondit par un sourire complice. Il lui proposa de s’attendre avant d’aller aux écuries, ce qu’évidement elle accepta. Oui, ils avaient changé, et ils avaient désormais une certaine complicité. Peut-être même plus encore que ce qu’elle ne l’avait imaginé. Elle n’avait qu’un seul regret, ne pas l’avoir revu durant la période qui avait séparé leur 2 cours, le voir dans un autre univers que les cours auraient été encore mieux. Mais après tout, peut-être s’appréciaient-ils justement de par les cours, et que c’était mieux ainsi ? Elle rentra dans sa chambre, s’empara de quelques vêtements et quelques babioles… de filles, constata-t-elle lorsqu’elle tomba nez à nez avec Darwen, qui l’attendait déjà et qui paraissait avoir un sac bien moins rempli que le siens. Elle eut un sourire amusé et les deux apprentis descendirent à nouveau ensemble jusqu’au cuisine. Partager ses cours avec un homme était très… enrichissant. Et puis, 3 femmes, c’était trop, Lynndiara en aurait eu vite assez. De plus, Darwen était quelqu’un de plutôt mystérieux, et c’était d’ailleurs peut-être pour cette raison que Lynndiara l’appréciait. Il était simple, et tout était donc nettement plus simple, c’était le cas de le dire… Les deux apprentis s’emparèrent de quelques provisions et rejoignirent Syndrell aux écuries, quelques minutes plus tard seulement.

Lynndiara était heureuse de commencer les cours par une promenade à cheval. Elle ne connaissait pas l’avis de Syndrell, se doutait un peu de celui de Darwen, mais en tout cas, elle, elle était ravie ! Elle aimait les animaux, et adorait monter à cheval, même et surtout par ce temps… Elle aimait le son de leur sabot dans la neige, sentir le vent s’engouffrer sous sa chevelure, et même sentir la sueur du cheval contre ses flancs… Elle connaissait toutes ces sensations depuis longtemps, et n’avait pas de difficultés. Elle prépara donc sa jument, la même que lors de leur première leçon sans difficulté, sous l’œil attentif de Syndrell. Elle en profita même pour observer Darwen, non pas pour le juger, parce qu’elle n’en avait pas le droit, mais seulement pour pouvoir l’aider si jamais… mais il n’en avait nul besoin. Ses gestes, et surtout son attitude, n’avaient rien à voir avec la première fois, il était bien plus à l’aise et confiant. La jeune femme lui lança un clin d’œil accompagné d’un sourire complice et se hissa sur son cheval. Ils partirent donc tous trois sur leurs montures, où, Lynndiara l’ignorait, mais à vrai dire, elle s’en fichait pas mal. Elle irait là où Syndrell les mènerai, même s’il s’agissait de poursuivre le vent où atteindre la lune. La jeune apprentie ne put s’empêcher de sourire à cette pensée… Peut-être que Syndrell l’avait déjà fait, elle était sûr qu’un marchombre savait le faire, et peut-être même qu’elle saurait le faire un jour, oui, elle en était certaine…

Alors que le groupe arrivait dans une sorte de plaine, entourée de collines enneigées et où apparaissaient ici où là quelques arbres, Syndrell arrêta son cheval près d’un saule pleureur.

- « On fait une pause » Dit-elle en sautant à terre.

Elle observa quelques instants le paysage, et Lynndiara comprit immédiatement que ça n’en étais pas vraiment une lorsqu’elle reporta son attention sur les deux jeunes apprentis.

- « Je tiens à préciser que ce sont les chevaux qui vont se reposer un peu. Vous, vous allez profiter de la lumière du jour pour travailler vos réflexes et votre agilité. » Reprit-elle en sortant deux rubans bleus de sa poche.

- « On ne s’en serait pas douté… » Rétorqua Darwen en lançant un clin d’œil à Lynndiara.

Il porta sa main à ses cheveux et Lynndiara ne put retenir un petit rire devant l’attitude de son camarade. Puis elle observa avec attention Syndrell accrocher un ruban à la chemise du jeune homme, et au mince sourire qu’il afficha, elle comprit qu’il avait d’ores et déjà un avantage sur elle : il avait compris l’exercice, alors qu’elle, pas encore. Mais un sourire malicieux et pourtant empreint de douceur se dessina sur son visage lorsque Syndrell attacha ses cheveux en une longue tresse, à laquelle elle attacha le second ruban et le noua avec celui de Darwen.

- « Placez-vous face à face et mettez-vous en garde. Cinq attaques, jeunes gens : un point pour toi, Lynn, si tu parviens à subtiliser le ruban de Darwen. Un point pour toi, Darwen, si tu récupères celui de Lynn. C’est parti ! » Annonça Syndrell.

Lynndiara se positionna donc face à son camarade, les yeux pétillants, le sourire au coin des lèvres. Ils n’avaient jamais vraiment eu l’occasion de se faire face, et l’idée lui plaisait. Lorsque Syndrell donna le départ, ce fût Darwen qui porta le premier coup. Que la jeune femme esquiva. Il était vif, plus qu’elle ne l’avait imaginé, mais elle, si elle était moins vif, elle était agile. Aussitôt, le jeune homme tenta à nouveau sa chance. Lynndiara esquiva à nouveau. Peut-être ne mesurait-il pas assez sa distance, et son temps… Elle se rendit compte qu’elle avait tort lorsqu’il esquiva lui aussi sa première attaque, qu’elle avait pourtant bien calculée. Il était plus facile de saisir le ruban sur sa chemise, que de le saisir sur sa tresse virevoltante, mais il pouvait néanmoins surveiller son ruban, ce que Lynndiara pouvait difficilement faire. Elle esquiva sa troisième attaque et lança, elle, sa seconde. Qu’il esquiva.

Cela dura quelques minutes encore. Les deux jeunes apprentis esquivait aussi bien l’un que l’autre, et aucun des deux n’étaient prêts à céder. Il restait 2 chances à Lynndiara, plus qu’une seule à Darwen… Lynndiara se rendait compte que sa tresse, très longue, la gênait dans ses mouvements, et lui apportait un poids supplémentaire, que Darwen n’avait pas… Elle sursauta lorsque la main de Darwen agrippa ses cheveux, alors qu’elle-même saisissait le ruban accroché à sa chemise… et elle s’esclaffa.
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Mer 11 Fév 2015, 08:59

Il ne neigeait plus mais un épais manteau blanc s’accrochait au sol, rendant tout mouvement plus difficile car nécessitant un bon équilibre. Chaque pas voyait son amplitude accentuée par un glissement inopportun. Un geste trop brusque entraînait immanquablement une oscillation imprévue. Il fallait rester sur ses gardes rien que pour rester debout.

Bras croisés, tête penchée sur le côté, sa longue tresse bleue retombant sur son épaule, Syndrell observait d’un œil attentif le jeu qui se déroulait sous ses yeux. Car il s’agissait bel et bien d’un jeu : ses deux élèves se tournaient autour depuis cinq minutes environ à la manière d’un chat et d’une souris.

Darwen était le chat. Il feintait, osait, développait une stratégie basée sur la puissance et la rapidité pour parvenir à attraper le ruban toujours attaché aux cheveux de Lynn. Ses mouvements clamaient son expérience chez les Frontaliers et une fois encore, un éclat admiratif traversa le regard doré de Syndrell, mais ce n’était toutefois pas ce qu’elle attendait de son apprenti.

Lynn était la souris. Maline, agile, elle esquivait souplement les attaques de son adversaire en le laissant croire qu’il dominait leur échange. Mais elle ne profitait pas de cet avantage pour aller chercher le ruban accroché à la chemise de Darwen. Syndrell la regarda tourbillonner dans un sourire énigmatique.

Soudain, alors qu’elle se demandait s’ils allaient enfin franchir les limites que l’un et l’autre s’imposaient de manière tout à fait inconsciente, il se passa quelque chose. Un mouvement fugace, un pas en avant, dans ce jeu comme sur la Voie : la main de Darwen se referma sur le ruban qui ornait les cheveux de Lynn au moment même où les doigts de la jeune fille attrapait le lacet attaché à la chemise du garçon. Simultanéité parfaite qui tira un éclat de rire à Lynn.


- Match nul ! s’exclama Syndrell en s’approchant. Pas mal du tout, sauf que…

Elle se glissa entre les deux jeunes gens.

- En d’autres circonstances, plus réelles et surtout plus dangereuses, vous seriez morts l’un et l’autre. Dans un combat où le prix de votre vie est en jeu, il n’y a pas de match nul.

Syndrell savait qu’il fallait avoir croisé la mort un jour pour comprendre le véritable enjeu d’un tel discours. Elle savait également que Lynn et Darwen, s’ils avaient vécu un certain nombre de choses qui forgent l’âme et l’esprit, étaient plein de fougue de leur jeunesse ; ils devaient prendre plaisir à découvrir leurs limites et à les dépasser, mais toujours dans le perspective d’avoir un jour à mobiliser ces extraordinaires capacités pour se tirer d’affaire.


- Le jeu n’est qu’un leurre, expliqua-t-elle en tirant de sa poche un troisième ruban. Une mise en scène qui vous oblige à donner le meilleur de vous-même. Et vous avez saisi l’essentiel : un esprit léger est propice à l’ouverture, à l’harmonie et à la perception de tout ce qui vous entoure…

Elle noua le ruban à sa ceinture, puis fit face à ses élèves et poursuivit d’un ton pour une fois impénétrable :

- N’oubliez jamais ceci : le marchombre se rit de son adversaire. Il joue avec lui, pénètre son centre, lui vole sa force. Et si besoin est, il prend sa vie.

Quelques secondes de silence emportèrent ces paroles tout en soulignant leur force. Syndrell se mit en garde face à ses élèves et, d’un regard lumineux, les invita à reprendre le jeu.
Non.

Le combat.




*



Ils ne détachèrent pas le ruban de Syndrell mais lorsqu’ils cessèrent l’exercice, le souffle court et le rouge aux joues, elle était fière d’eux.

- Quel échauffement ! s’exclama-t-elle, sans prendre la peine de feindre la fatigue pour ne pas vexer ses apprentis. On devrait faire ça plus souvent.

Elle ignora la paire de regards noirs qui se posa sur elle et tapota le ruban qui ceignait sa ceinture.

- Je suis sérieuse ! Vous avez compris le truc en théorie mais pour qu’il vous appartienne vraiment, il vous faut de la pratique. Ce ruban ne quittera ma ceinture que lorsque l’un de vous d’eux l’aura détaché. Avant la fin de ce voyage, peut-être…

Lancer un tel défi à ces deux-là lui ôtait toute chance de se reposer pendant un long moment ! Elle allait devoir être constamment sur ses gardes, maintenir sa vigilance pour ne pas laisser une main audacieuse s’approcher trop près de sa ceinture… L’idée lui plaisait et allumait des étoiles dans ses yeux d’or.

Elle leur accorda leur pause en les laissant se désaltérer et grignoter quelque chose, puis ils repartirent sur la piste enneigée, d’abord en direction du sud puis vers l’est. Vers la ligne majestueuse des Dentelles Vives. Il ne leur fallut guère plus d’une heure et des poussières pour arriver au pied de la chaîne montagneuse. Petit à petit le sol s’inclina en une pente douce qu’ils gravirent tranquillement sous un léger voile de flocons blancs.

Au bout d’un moment, Syndrell arrêta Vagabond et attendit que Darwen et Lynn soient arrivés à sa hauteur pour tendre un bras devant elle. Dans la direction qu’elle pointait se trouvaient, derrière une rangée d’arbres, quelques maisons aux cheminées fumantes.


- Notre dernière étape dans une agglomération digne de ce nom ! Pour la prochaine, il faudra attendre que nous soyons arrivés de l’autre côté.

Elle ne précisa pas ce qu’elle entendait par «l’autre côté », esquivant d’éventuelles questions en faisant avancer son frison d’un claquement de langue. Le village était habité principalement par des trappeurs et des bucherons. Une dizaine de maisons et une sorte d’auberge-relais en guise de ravitaillement pour les voyageurs ; de quoi faire rire les citadins qui ne quittaient jamais leur confort, mais pour Syndrell cet endroit était remarquable.

Elle s’y était arrêtée pour la première fois en compagnie de Miss et rien que pour cela, c’était un lieu qui était important à ses yeux. Pour Darwen et Lynn, c’était l’occasion de rencontrer des gens pour qui l’entraide était une seconde nature. Tout ce qu’ils accomplissaient, depuis le découpage du bois jusqu’à la construction d’un chalet, se faisait dans le respect de leur environnement et une efficacité redoutable. Ils connaissaient les montagnes comme leur poche et n’hésitaient pas à braver les tempêtes pour aller chercher un voyageur pris au piège dans la neige…

Ils accueillirent les trois jeunes gens avec enthousiasme et insistèrent pour s’occuper de leurs montures ; pendant ce temps, on leur servit un déjeuner nourrissant dans l’auberge. Syndrell en profita pour remplir ses sacs de provisions avant qu’ils ne quittent l’établissement.


- Non non, lança-t-elle d’un ton amusé lorsque ses élèves prirent instinctivement la direction de l’écurie. Les chevaux restent ici. Ils ne peuvent pas nous accompagner là où nous allons. Donc…

Elle lança un sac à Lynn, puis à Darwen et passa le dernier en bandoulière sur son épaule.

- Chacun son paquetage ! Oh, et vous devriez enfiler ceci.

Elle tendit à chacun une paire de gants et enfila les siens, puis ils se mirent en route. Droit vers les Dentelles Vives. Ecrasantes et pourtant aériennes, les montagnes s’élevaient au-dessus de la plaine et leurs sommets brumeux semblait parfois toucher le ciel. Formidable de beauté et de puissance, vertigineuse et fascinante, cette chaîne de légende avait barré la route à plus d’un voyageur.
Elle n’avait jamais arrêté un marchombre.




*



- Jeunes gens, voici le gouffre du Fou !

Le gouffre du Fou.
Merveille de la nature ou travail d’orfèvre né de l’imagination d’un artisan talentueux ? Le tunnel, pour improbable qu’il soit, traversait les Dentelles de part en part et sa traversée était unique. Une expérience que Syndrell avait décidé d’offrir à ses apprentis.

Quelques pas à l’intérieur de cet incroyable passage suffisaient à ravir les yeux. Un puits de lumière creusait le plafond et rendait l’endroit presque irréel. La grotte était étroite mais profonde ; y voir comme en plein jour était un vraiment saisissant. Syndrell conduisit ses élèves jusqu’au bord d’un vide immense et sombre comme s’il était fait de ténèbres.


- Beaucoup de rumeurs courent au sujet du gouffre, dit-elle en se penchant légèrement pour tenter de distinguer autre chose que la nuit sous leurs pieds. Les gens d’ici racontent qu’il tient son nom d’un seigneur qui, jadis, n’aurait pas supporté le poids de son chagrin d’amour et se serait jeté dans le vide…

La marchombre frissonna. Elle n’aimait pas cette histoire. Elle recula d’un pas et leva les yeux.

- Les parois de cette grotte sont de parfaits terrains d’escalade…  Lynn ? Darwen ? Devinez quoi ?

Elle attendit qu’ils aient fixé sont attention sur elle pour sourire de toutes ses dents.

- Le Fou est peut-être tombé mais nous, on va grimper ! Posez vos sacs, retirez vos gants. Placez-vous à quelques mètres l’un de l’autre. Ce n’est pas une course : vous montez tant que vous le pouvez encore. Vous voyez ce dénivelé, là-haut ? Rendez-vous là-bas. Nous aviserons ce que nous ferons ensuite.

Escalader un mur à l’intérieur des Dentelles. Un formidable défi à la mesure de ses apprentis ! Syndrell recula pour assister à leur départ…





[... et bascula dans le gouffre, désormais renommé "gouffre de la Folle". Haha xD]

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…




Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Ven 13 Fév 2015, 15:56

Trop fier de sa victoire, ‘Wen se rendit compte un peu tard que sa camarade avait profité d’une ouverture maladroite pour saisir à son tour le ruban azur noué à sa chemise... Décontenancé, il esquissa une grimace devant son manque de méfiance ; mais aussitôt le rire de Lynndiara résonna dans l’air assourdi de l’hiver, et, après un bref instant de surprise, l’apprenti finit par sourire. Pour Syndrell qui avait observé leur échange, le dénouement devait être assez cocasse : ils avaient attrapé le ruban de l’autre dans une simultanéité étonnante. Darwen se promit de faire plus attention la prochaine fois qu’il serait mené à s’opposer à la rouquine, parce qu’un match nul était loin d’être satisfaisait, et il comptait bien remporter la victoire ! Syndrell, s’avançant vers ses apprentis, ne tarda pas à confirmer ses pensées :

- En d’autres circonstances, plus réelles et surtout plus dangereuses, vous seriez morts l’un et l’autre. Dans un combat où le prix de votre vie est en jeu, il n’y a pas de match nul.

Le jeune homme hocha doucement la tête. De nombreuses fois, il avait observé des Frontaliers se mesurer les uns aux autres ; les combats s’étaient souvent soldés par des matchs nuls. Mais lorsqu’un Frontalier combattait un ennemi réel, il n’y avait ni match nul, ni défaite de son côté : il vainquait, toujours. Parce que sa vie était en jeu, mais surtout parce qu’il avait un devoir, et un honneur... Il n’avait tout simplement pas le choix.

Un troisième ruban apparut dans les mains de la marchombre, et Darwen sentit l’adrénaline monter : allaient-ils devoir se battre contre leur Maître pour tenter de lui voler son propre lacet ? En l’apercevant l’attacher à sa ceinture, l’apprenti n’en douta plus, et il vit en croisant le regard pétillant de Lynndiara qu’elle avait elle aussi compris. Cette fois, ils allaient devoir faire équipe pour pouvoir donner tout leur possible, même s’ils étaient déjà transpirants et moins alertes que leur adversaire...

- Le jeu n’est qu’un leurre. Une mise en scène qui vous oblige à donner le meilleur de vous-même. Et vous avez saisi l’essentiel : un esprit léger est propice à l’ouverture, à l’harmonie et à la perception de tout ce qui vous entoure… N’oubliez jamais ceci : le marchombre se rit de son adversaire. Il joue avec lui, pénètre son centre, lui vole sa force. Et si besoin est, il prend sa vie.

‘Wen sentit un frisson lui courir dans le dos, tandis que les dernières phrases de leur mentor s’imprimaient au fer rouge dans son esprit, lui faisant ressentir toute leur puissance.

Il se mit en garde, et quitta Syndrell des yeux juste l’instant d’un regard échangé avec Lynn.
Puis, ses yeux clairs de nouveaux fixés sur son Maître, un grand sourire étira ses lèvres.

Ensemble, ils allaient relever le défi.

***


- Notre dernière étape dans une agglomération digne de ce nom ! Pour la prochaine, il faudra attendre que nous soyons arrivés de l’autre côté.

Syndrell désignait, à quelques centaines de mètres de l’endroit où elle et ses élèves se trouvaient, un petit village niché au pied des Dentelles Vives. Darwen plissa les yeux un instant pour distinguer la fumée qui se dégageait des différentes cheminées, mêlée à la légère brume enneigée qui les entourait, et un demi-sourire creusa sa joue : il aimait l’hiver et la neige, mais par ce temps, une petite pause n’était jamais de refus ! Alors que la jeune femme aux cheveux bleus se remettait en route, les apprentis à sa suite, le regard du métamorphe glissa sur la hanche de son mentor. Le ruban bleu qu’elle y avait attaché une paire d’heures auparavant pendait toujours à sa ceinture, le narguant de son léger balancement au rythme du pas des chevaux. Pour Darwen, le morceau de tissu représentait désormais un double défi : celui de le subtiliser à sa propriétaire sans se faire prendre, mais aussi celui d’y parvenir avant sa camarade aux idées toutes aussi vives que sa chevelure couleur de feu. Certain que Syndrell était sur ses gardes même la nuit, il avait le drôle de pressentiment que la victoire n’allait pas être simple...

***


Tentant une nouvelle attaque, l’apprenti marchombre bondit vers son Maître, feinta en faisant mine de vouloir attraper le ruban, se déplaça sur la droite pour déplacer l’attention de son adversaire et permettre à Lynn d’attaquer à son tour. Mais la marchombre était beaucoup trop rapide, et la jeune fille rata son coup. Entre-temps, Darwen s’était faufilé derrière leur mentor ; il voulut saisir l’objet de sa convoitise, tandis que sa partenaire revenait à la charge par devant, mais ses doigts glissèrent sur la ceinture de Syndrell pendant qu’elle se retournait, et il se retrouva bientôt par terre, dans la poudreuse... face à Lynndiara, qui n’était pas en meilleure posture. Tous deux se relevèrent tant bien que mal, le souffle court et le regard fixé sur leur adversaire. Foutue neige, grognait le jeune homme alors que cette dernière ralentissait ses pas et trempait un peu plus ses vêtements à chaque fois qu’il se vautrait sur le sol. Il devait en être de même pour sa camarade, qui avait l’air au moins aussi épuisée que lui. Et Syndrell semblait toujours aussi vive, aussi fraîche et alerte qu’au début de leur combat... Mais ses élèves étaient tout aussi déterminés qu’elle, et recommencèrent à attaquer jusqu’à ce qu’elle mette un terme à leur échange.

Trop affaibli pour répondre, comme à son habitude, aux moqueries de la jeune femme, ‘Wen se contenta de reprendre son souffle sans protester. Mais lorsque leur Maître leur annonça que le défi n’était pas terminé, ses yeux clairs recommencèrent à briller : il allait bien finir par l’avoir, ce satané bout de tissu !

***


Poussant un soupir de contentement, Darwen observa un instant l’assiette déjà vide que l’on avait posé devant lui une dizaine de minutes plus tôt. Malgré la saison difficile, on leur avait servi plein de bonnes choses chaudes et nourrissantes, et le jeune homme avait désormais davantage envie d’une petite sieste que de quitter immédiatement le village ; mais les décisions de Syndrell n’étaient pas à discuter, et malgré quelques tentatives de sa part, la jeune femme ne voulut rien savoir. Les deux apprentis durent même renoncer à leurs montures, pour repartir à pied en direction des Dentelles toutes proches. ‘Wen ne retint pas un soupir, plus pour amuser la galerie que par réelle conviction, et attrapa le sac que son Maître lui lançait, l’enfilant dans son dos. Il mit ensuite les gants de cuir que la marchombre leur distribua. Tout ce manège - les chevaux qui ne pouvaient pas les suivre - ne permettait pas le doute : ils allaient escalader les Dentelles Vives. Une des choses que le jeune homme n’avait jamais entreprit de faire, dans sa brève découverte de l’Empire, et qui pourtant l’avait toujours attiré. Ce fut donc accompagné de sa bonne humeur et d’une nouvelle dose d’adrénaline qu’il suivit Syndrell et Lynndiara en direction des imposantes montagnes, oubliant complètement ses envies de sieste...

Imposantes, c’était le mot. Et en même temps, il ne suffisait pas pour les décrire... Majestueuses, peut-être. En tous cas, impressionnantes de verticalité  et de hauteur, et d’une beauté dangereuse à couper le souffle. Les sommets acérés des Dentelles se perdaient dans les nuages, presque irréels sous le voile des légers flocons de neige. Les deux apprentis suivirent leur mentor jusqu’à un passage dont Darwen avait entendu parler, l'une des seules possibilités de se rendre de l’autre côté de la chaîne montagneuse sans devoir la contourner - en tous cas, pour des voyageurs ordinaires...

- Jeunes gens, voici le gouffre du Fou !

Syndrell avait raison de leur présenter le gouffre de cet air fier : il était tout simplement saisissant. Et presque effrayant, malgré l’épaisse trouée de lumière dans le plafond de la grotte, qui se poursuivait dans le sol, juste devant eux. ‘Wen ignora sa brusque envie de reculer de quelques pas, pour plonger le regard dans le gouffre sans fond et écouter la jeune femme leur raconter la légende qui lui avait donné son nom. Il avait déjà eu l’occasion de l’entendre, bien sûr, mais se la faire répéter alors qu’il se trouvait juste devant ce puits à la profondeur inconnue était tout autre chose...

- Se jeter dans ce truc pour un chagrin d’amour, quelle drôle d’idée, souligna l’apprenti sans parvenir à dissimuler complètement un léger malaise.

Malaise qui ne tarda pas à s’envoler, sitôt que Syndrell eut annoncé le prochain exercice. Rien ne valait un peu d’action surmontée d’un nouveau défi pour repousser les ténèbres du gouffre...

Suivant les conseils de la jeune femme, ‘Wen retira son sac et ses gants avant de chercher du regard un chemin intéressant sur la paroi de la grotte. Ayant repéré un itinéraire qui semblait convenir, le jeune homme se plaça devant et inspira légèrement, remuant ses doigts, ses poignets et ses chevilles pour les échauffer. Jetant un coup d’œil à Syndrell, puis à Lynndiara, il commença l’ascension.

Les parois de la grotte n’avaient rien à voir avec les murs de l’Académie et les quelques maisons et tours que Darwen avait pu escalader en ville. Elles n’offraient pas le même genre de prises que des pierres assemblées les unes aux autres, mais les aspérités n’en étaient pas moins nombreuses, même si le rocher s’effritait parfois. L’apprenti marchombre gravit les premiers mètres avec facilité en quelques secondes. L’escalade commença à se corser lorsque la paroi se fit complètement verticale, et il dut redoubler d’efforts pour se hisser toujours plus haut, tirant sur ses muscles, la sueur trempant son cou et son dos. Certains de ses gestes étaient maladroits, et il réalisait parfois que choisir telle prise plutôt qu’une autre lui aurait permis d’évoluer plus vite. Il ne regardait pas les deux jeunes femmes, trop concentré sur sa propre ascension. Il essayait de ne pas trop réfléchir, faisant davantage confiance en son instinct, en sa perception des humeurs de la roche. A deux ou trois reprises, il dut s’arrêter pour reprendre son souffle, mais reprenait toujours une poignée de secondes après.

Il réalisait qu’il adorait sentir la roche contre lui, et se voir progresser le long de la paroi, toujours plus haut, était une satisfaction sans borne. Jetant un coup d’œil au dénivelé que leur avait indiqué Syndrell, il s’aperçut qu’il n’avait plus que quelques mètres à parcourir pour le rejoindre. Il accéléra presque sans s’en apercevoir, et finit par se hisser aux côtés de la marchombre, constatant que sa camarade n’était pas encore arrivée. Poussant un soupir de soulagement, le jeune homme renversa la tête en arrière un instant, puis passa une main dans sa tignasse trempée de sueur en regardant toute la distance qu’il avait parcourue. Il adressa ensuite un large sourire à son Maître.

Cette escalade, c’était juste... wow !



|Haha xD Trop drôle mrred Sonnez-moi si je vous ai trop fait bouger !]

__________________________________________


Loup:
 


Dernière édition par Darwen Ehsoleim le Jeu 23 Avr 2015, 10:51, édité 1 fois
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Lynndiara Edril
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Ven 17 Avr 2015, 10:07

- « Match nul ! » s’exclama Syndrell lorsque les deux apprentis eurent tous deux attrapés le ruban de leur camarade.

Elle se glissa entre eux deux.

- « Pas mal du tout, sauf que… En d’autres circonstances, plus réelles et surtout plus dangereuses, vous seriez morts l’un et l’autre. Dans un combat où le prix de votre vie est en jeu, il n’y a pas de match nul. »

Elle tira de sa poche un troisième ruban, que Lynndiara fixa, une étincelle nouvelle brillant dans ses yeux.

- « Le jeu n’est qu’un leurre, expliqua-t-elle. Une mise en scène qui vous oblige à donner le meilleur de vous-même. Et vous avez saisi l’essentiel : un esprit léger est propice à l’ouverture, à l’harmonie et à la perception de tout ce qui vous entoure… »

La jeune femme noua le ruban à sa ceinture, puis fit face à ses élèves et poursuivit :

- « N’oubliez jamais ceci : le marchombre se rit de son adversaire. Il joue avec lui, pénètre son centre, lui vole sa force. Et si besoin est, il prend sa vie. »

Un sourire espiègle se peignit sur le visage de Lynndiara, qui acceptait ce nouveau défi avec plaisir. Elle échangea un regard complice avec Darwen. Mais elle passa aussitôt à une attitude plus sérieuse : il ne s’agissait plus de Darwen, mais de Syndrell, et elle savait que la tâche serait bien plus difficile, même s’ils étaient deux… Et elle le fût plus encore que ce qu’elle n’avait imaginé. Elle avait beau s’y donner corps et âme, sauter, tourner, plonger, rouler à terre, se relever, encore et encore, Syndrell paraissait intouchable, tel une feuille ou un flocon virevoltant au vent. Ils avaient beau jouer dans un réel esprit d’équipe, tenter de la tromper, Darwen feignant une attaque pour que Lynndiara puisse en profiter ou inversement, Syndrell était insaisissable. Et eux, apprentis empli de détermination, s’écrasaient dans la neige, se relevaient, refaisaient front à la jeune femme, et revenaient au point de départ. Et tandis que Lynndiara soufflait comme un buffle, tout comme son partenaire, Syndrell paraissait à peine essoufflée… Faisait-elle semblant, où était-elle réellement aussi endurante ? La jeune femme fit finalement signe à ses élèves de stopper le combat, ce que Lynndiara fit sans hésitation. Etais-ce le cas pour tous les marchombres ? Sans nuls doutes, et peut-être le serait-elle un jour aussi… Elle serait marchombre… Enfin elle en était encore loin, puisque le ruban se balançait toujours à la ceinture de Syndrell, comme s’il narguait les deux apprentis.

- « Quel échauffement ! S’exclama Syndrell, On devrait faire ça plus souvent. »

Parce que c’était un… échauffement ? Manqua de s’exclamer la rouquine, avant de se reprendre. Elle échangea un regard avec son partenaire, rouge comme une tomate, et au feu qui enflammait ses joues, elle se douta qu’elle devait en être de même. Si les circonstances avaient été différentes, elle se serait sûrement jetée dans la neige… Mais c’était loin d’être finis, et Lynndiara n’avait à vrai dire pas besoin de l’entendre de Syndrell pour le comprendre.

- « Je suis sérieuse ! Vous avez compris le truc en théorie mais pour qu’il vous appartienne vraiment, il vous faut de la pratique. Ce ruban ne quittera ma ceinture que lorsque l’un de vous d’eux l’aura détaché. Avant la fin de ce voyage, peut-être… »

Et un nouveau défi de plus… Mais celui-là, Lynndiara pariait plus sur Darwen pour le réaliser, parce qu’il était plus joueur qu’elle, et plus encore s’il s’agissait de Syndrell, elle l’avait remarqué depuis longtemps… Ce qui ne signifiait pas qu’elle ne tenterait pas elle aussi le défi, mais elle, elle préférait surprendre, et la jouer malicieuse… Enfin surprendre Syndrell, était-ce vraiment possible ?

Les 3 jeunes gens reprirent donc leur route, parcourant les bois, puis les plaines, avec pour compagnons inséparables la brise et la neige… Sur le dos de son cheval, emmitouflée dans sa cape, Lynndiara sentait le froid lui mordre les joues, les lèvres, et lui engourdir les membres. Elle se demandait si Darwen et Syndrell avaient eux aussi froid, mais une chose était sûr, c’est qu’il était au moins autant emmitouflés qu’elle ! Mais toute sensation de froid disparu, lorsqu’ils surplombèrent un village, adossé contre une montagne des plus imposantes et majestueuses qu’il soit. La vue était juste sublime, époustouflante même. Lynndiara en eu le souffle coupé, tandis qu’elle regardait avec des yeux éblouis le flanc des montagnes enneigées qui se dessinaient à l’horizon. C’était pourtant des paysages qu’elle connaissait, mais elle n’en avait jamais vu de semblable. Son admiration pouvait se lire sur le sourire qui peignait son visage, qui s’épanouit encore lorsqu’elle comprit qu’ils allaient s’approcher d’avantage de cette merveille de la nature.

- « Notre dernière étape dans une agglomération digne de ce nom ! Pour la prochaine, il faudra attendre que nous soyons arrivés de l’autre côté. » Annonça Syndrell en désignant au loin une maison fumante.

Lynndiara ne chercha pas même à comprendre ce que signifiait « de l’autre côté », tellement ravie d’apprendre qu’ils allaient pouvoir pénétrer dans ce village… Mais son excitation fût bien vite rompue… Lorsque Syndrell les dirigea finalement vers le village, et leur indiqua une petite auberge, la jeune femme fût tout d’abord déçue. Plutôt solitaire, elle appréciait e calme, le silence et la douceur de la nature qui les avaient accompagnés jusque-là. De plus, elle n’appréciait pas forcément ce genre de lieu, souvent trop bruyant, rempli de gens qui ont trop bu, brusque et maladroit, et où tout le monde se mêlait des affaires des autres… Même si elle commençait à avoir faim, elle aurait préféré emprunter quelques victuailles à un habitant, et faire halte autour d’un feu, au calme, seulement tous les trois.

Mais lorsqu’ils se réchauffèrent et se rassasièrent derrière les murs de cette auberge, elle fût surprise par la chaleur humaine qui y régnait et le respect des uns des autres. On aurait cru qu’il se connaissait, et la jeune femme fût finalement conquise par le confort du logis et le sourire des uns et des autres, qu’elle leur rendit, comme une réponse. De plus, le repas qu’on leur servit fût des plus fameux, et Lynndiara esquissa un sourire en observant Darwen dévorer avec appétit son assiette. Elle, au contraire, rêvassait un peu, observant un peu tout autour d’elle, détaillant chaque personne, se risquant même parfois à leur échanger un regard ou un sourire. Elle était à la fois dans un autre monde, et pourtant tellement présente.

Une fois le repas terminé, et tandis que les deux apprentis se dirigeaient vers les écuries, prêts à reprendre la route, Syndrell les interpella.

- « Non non, lança-t-elle d’un ton amusé. Les chevaux restent ici. Ils ne peuvent pas nous accompagner là où nous allons. Donc… »

Elle leur lança un sac, que Lynndiara attrapa de justesse, ne s’y attendant pas, et s’empara elle-même du dernier.

- « Chacun son paquetage ! Oh, et vous devriez enfiler ceci. » Expliqua-t-elle en leur tendant une paire de gants.

Lynndiara s’en empara et en observant Darwen, comprit que contrairement à elle, il avait compris qu’elle serait leur prochain exercice… Peut-être était-ce quelque part parce qu’elle ne voulait pas faire cette exercice qu’elle n’y avait pas songé… Elle emboîta donc le pas à ce dernier, qui suivait lui-même Syndrell, et ils reprirent leur route, là où Lynndiara ne songeait pas aller, alors que Syndrell et Darwen avait visiblement hâte d’aller.

Lorsque Lynndiara, en approchant du but, comprit enfin où ils allaient et par conséquent, quel serait leur prochain exercice, elle regretta d’avoir repris la route… Le sourire qui peignait son visage depuis presque le début de la journée s’effaçait peu à peu, au fur et à mesure qu’ils s’enfonçaient dans la montagne, et que la piste se resserrait, devenant de plus en plus sinueuse. Chaque pas la rapprochait un peu plus du cœur de la montagne, et du danger qu’elle redoutait.

-« Jeunes gens, voici le gouffre du Fou ! » Annonça finalement Syndrell tandis qu’ils s’arrêtèrent au pied d’un gigantesque gouffre.

Et à cet instant, Lynndiara crût sentir son cœur s’arrêter. Il portait bien son nom en tout cas, il fallait être fou pour s’en approcher d’aussi près ! Les marchombres étaient-ils fous ? Et si c’était le cas, être fou pouvait-il être une qualité ?

- « Beaucoup de rumeurs courent au sujet du gouffre. Les gens d’ici racontent qu’il tient son nom d’un seigneur qui, jadis, n’aurait pas supporté le poids de son chagrin d’amour et se serait jeté dans le vide… » Conta Syndrell.

Lynndiara en eut des frissons. Elle n’était pourtant pas le genre de personne qui croyait en toutes ces légendes et contes, mais peut-être que le lieu, qui s’il était resplendissant, était tout autant effrayant, la laissait croire en cette histoire, ne faisant qu’augmenter son angoisse…

- « Les parois de cette grotte sont de parfaits terrains d’escalade…  Lynn ? Darwen ? Devinez quoi ? »

Lynndiara déglutit. Syndrell n’avait pas besoin d’en dire plus, elle avait très bien compris, même si elle aurait préféré comprendre autre chose.

- « Le Fou est peut-être tombé mais nous, on va grimper ! Posez vos sacs, retirez vos gants. Placez-vous à quelques mètres l’un de l’autre. Ce n’est pas une course : vous montez tant que vous le pouvez encore. Vous voyez ce dénivelé, là-haut ? Rendez-vous là-bas. Nous aviserons ce que nous ferons ensuite. »

Ca y est, ils y étaient, ils avaient eu la consigne, et allaient donc devoir faire ce que Lynndiara redoutait depuis le début. En cet instant, la jeune femme aurait voulu s’enterrer sous terre. Seulement elle ne pouvait pas, et ne pouvait se permettre de le faire. Elle laissa donc Darwen s’élever le premier, gorge serrée. Lui, à l’inverse, avait l’air plutôt à l’aise et ravi de ce nouveau défi… La rouquine ignorait si Syndrell où son camarade avait remarqué son malaise, mais ce dont elle était certaine, c’est qu’elle ne pouvait pas vraiment le contrôler. Son premier défi, pour elle, était de réussir à vaincre sa peur, son vertige. La jeune femme s’approcha lentement du vide, tentant de calmer sa respiration et son pouls. Une boule lui nouait le ventre malgré elle. Elle ferma les yeux et inspira une grande bouffée d’air frais. Ce n’était rien d’autre qu’une nouvelle étape à franchir, et peut-être qu’il s’en dégagerait du plaisir, au final… Ne pas regarder en bas, ne pas paniquer, prendre conscience de ce qu’elle était, de ce qu’elle pouvait et savait faire. Elle pouvait le faire, la preuve : Syndrell et Darwen en était capable, pourquoi pas elle ? Paniquer était le meilleur moyen de se mettre en difficulté. Ca ne devais pas être plus compliqué que lorsqu’elle escaladait les murs de l’académie, où lorsqu’elle se perchait sur un arbre… C’était seulement plus… impressionnant. Très impressionnant même. Lynndiara observa la paroi à laquelle elle devait s’accrocher, tout comme Darwen. Mais chaque prise qu’elle visualisait ne lui paraissait pas assez stable, et lui faisait imaginer le pire. Allons un peu de courage que diable ! Ce n’est pas ainsi qu’elle allait réussir à avancer là où elle s’était engagée… Il fallait qu’elle y aille sans réfléchir… Comme un enfant, qui s’élance inconscient et rayonnant, s’imaginant être un aventurier… Comme lors de ses tout premiers pas… Lynndiara s’élança donc dans un soudain élan, retenant un cri. Elle agrippa la paroi de ses doigts, amortissant le choc contre la roche d’une flexion des jambes. Elle n’ouvrit les yeux que lorsqu’elle fût parfaitement immobile, et regretta presque aussitôt de s’être élancée aussi vite. Mais maintenant qu’elle s’était lancée, elle allait devoir avancer, elle n’avait plus le choix. Ne pas regarder en bas, avancer à son rythme, ne pas penser au danger, seulement au but fixé.

Elle s’éleva donc lentement, retenant son souffle à chaque nouveau mouvement, et en cet instant, plus rien n’avait d’importance, pas même son camarade ou même Syndrell. Elle ne se concentrait plus que sur chaque mouvement de son corps, jusqu’au moindre frémissement de ses doigts. Darwen était déjà loin devant elle, mais cela n’avait, pour elle, aucune importance…  

Tandis que Lynndiara s’approchait lentement du but, sa main manqua soudain une prise, et elle tomba dans le vide, ne pouvant retenir cette fois un cri de frayeur. Ses doigts effleurèrent la paroi, mais pas suffisamment pour retenir sa chute, ils ne firent qu’écorcher sa peau. Ce n’est que plusieurs mètres plus bas qu’elle réussit finalement à s’agripper à nouveau sur la paroi, de justesse. Elle dû reprendre ses esprits quelques instants avant de retrouver son calme. Elle venait de voir sa vie défiler devant elle, et avait l’impression que sa reprise tenait du miracle. La jeune femme dû attendre que son pouls et sa respiration retrouve un rythme régulier avant de reprendre à nouveau son ascension, plus lente et plus prudente encore que la précédente.

Lorsque les doigts de Lynndiara agrippèrent enfin le sommet, et qu’elle se hissa avec peine, Darwen et Syndrell étaient déjà arrivé depuis longtemps. Elle avait mal aux jambes, aux bras, et aux mains, que la paroi n’avait pas loupé, et peinait à retrouver son souffle. Mais néanmoins, elle était fière, ce qui était plutôt rare : elle avait surmonté sa peur, et cela à deux reprises, et était parvenu à son but. Elle rejeta sa chevelure flamboyante en arrière, s’assit au sol et goutta quelques instants à la lumière du soleil, réchauffant enfin sa peau, et son visage s’illumina à nouveau d’un sourire satisfait.

PS:
 

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Mar 21 Avr 2015, 12:47

Comme à son habitude, Darwen n’hésita guère plus d’une fraction de seconde avant de se lancer dans l’escalade de la paroi rocheuse. Syndrell le regarda s’élever de quelques mètres avec efficacité et assurance. Elle était soulagée de constater que son corps avait pleinement récupéré de sa terrible mésaventure à la Citadelle : le jeune homme se mouvait avec aisance, du moins au début de l’ascension.

Celle-ci se complexifia très vite. La paroi du gouffre était trompeuse : au premier coup d’œil il s’agissait d’un mur à l’inclinaison douce et aux multiples aspérités – un régal pour tout grimpeur digne de ce nom ! Mais voilà, passé les six premiers mètres le mur se redressait dangereusement, la pierre devenait friable, les prises moins sûres. Et la chute plus vertigineuse.

Darwen semblait toutefois se débrouiller comme il le fallait et Syndrell détourna son regard doré pour suivre la progression de Lynn. Elle comprit immédiatement que celle-ci avait le vertige, à sa façon de se tenir, plaquée contre la paroi comme dans l’espoir de s’y fondre, et à la raideur de ses mouvements. Pour l’instant, la jeune fille parvenait à surmonter sa peur du vide et grimpait lentement mais sûrement.

Toutefois l’entreprise allait s’avérer périlleuse lorsque l’inclinaison du mur allait changer. Syndrell fronça les sourcils. Elle n’enseignait pas depuis très longtemps et il lui semblait qu’un choix se présentait à elle : rejoindre Lynn et la rassurer, ou bien la laisser affronter ses peurs ? Son rôle était de la guider, pas de la materner, mais il lui était difficile de saisir ce qui faisait la différence entre les deux. Qu’aurait fait Miss, à sa place ?

Elle ferma les yeux quelques secondes et, lorsqu’elle les rouvrit, un éclat traversa l’or en fusion de ses iris. Sans plus hésiter, elle bondit et se lança à son tour dans l’escalade du gouffre. Suffisamment rapide pour rattraper ses élèves, suffisamment loin pour ne pas les gêner dans leur progression. Et juste assez près pour pouvoir agir s’il le fallait.

La distance paraissait énorme entre Lynn et elle et pourtant, lorsque cette dernière rata une prise, Syndrell banda ses muscles et se tendit, prête à plonger dans le vide pour la rattraper. Elle était plus folle encore que le fou qui avait donné son nom à cet endroit ; elle n’hésiterait pas à prendre les risques les plus grands pour protéger ses apprentis.

Mais Lynn n’avait pas besoin d’être sauvée ! Ses réflexes et son instinct de survie étaient puissants : elle parvint à stopper sa chute et à rétablir son équilibre. L’effort était rude et il lui fallut beaucoup de courage pour reprendre son ascension, parcourir une distance déjà parcourue, ignorer le vide béant qui s’ouvrait sous ses pieds, la douleur de ses muscles qui tremblaient au moindre mouvement. Non loin d’elle, Syndrell sourit.

Elle souriait  lorsqu’elle se hissa sur la plateforme.
Elle souriait toujours quand Darwen la rejoignit, quelques minutes après.
Elle souriait encore lorsque Lynn arriva enfin, épuisée mais ravie d’avoir réussi.

Elle s’assit entre eux.


- Génial, non ? s’exclama-t-elle d’un ton joyeux. Vous pouvez être fiers de vous, ce n’était pas facile du tout. Lynn, tu es bien partie pour te débarrasser de ton vertige, tu sais ? Ne te méprends pas, ça demandera du temps et du courage, mais au bout du compte ça payera. Lorsque tu grimpes, ne regarda pas en bas mais en haut : suis Darwen des yeux, par exemple. On apprend beaucoup en observant un grimpeur à l’œuvre – même si le grimpeur en question est parti un peu trop vite… Tu t’en es rendu compte, pas vrai ? dit-elle en regardant le jeune homme. A mi-hauteur, ton souffle a commencé à te manquer. L’escalade est une question d’endurance. C’est comme une course en pleine forêt : économise ton souffle et tu atteindras le sommet !

Elle leur accorda encore deux minutes pour souffler, le temps pour elle de jauger la situation et d’envisager la suite. Continuer à escalader ? Possible, mais pas très intéressant. Redescendre ? Trop ennuyant ! Darwen et Lynn n’étaient pas montés si haut pour rien. Syndrell se mordit la lèvre, son regard doré balaya les environs… et finit par s’illuminer. Trouvé !

- Heureusement que j’ai pris cette corde avec moi, se félicita-t-elle en commençant à dérouler celle-ci, sans cesser de regarder tout autour d’elle alors que dans son esprit le prochain exercice prenait forme. Je vais avoir besoin d’un peu d’aide. Lynn, tu veux bien tenir cette extrémité s’il te plait ? Darwen, continue de dérouler ça, je vais chercher un endroit où accrocher la corde.

Pendant que ses élèves s’exécutaient, Syndrell avança le long de la faille rocheuse. Elle finit par dénicher ce qu’elle voulait : un creux dans la roche, petit mais largement suffisant pour laisser passer une corde.

Elle fit signe à Lynn de lui lancer le bout de celle-ci et entreprit de faire un solide nœud avant de rejoindre ses apprentis. Darwen avait terminé de dérouler la corde. Syndrell saisit l’autre extrémité et lui faire deux tours autour de sa taille avant de la nouer.


- Je passe de l’autre côté. Attendez-moi deux minutes, d’accord ?

Deux minutes, pas plus, pas moins.
C’est ce qu’il fallut à la marchombre pour traverser le vide, suspendue au plafond à la force des bras et des jambes lorsqu’elle pouvait accrocher ses pieds à la roche. Parvenue de l’autre côté, elle attacha la corde après l’avoir tendue au maximum, puis se planta au bord du vide. Lorsqu’elle prit la parole, sa voix résonnait étrangement sur les parois du gouffre.


- Equilibre. L’un des maître-mots du marchombre. Pour franchir le gouffre, un panel de solutions s’offre à vous : vous pouvez vous glisser dans la peau d’un funambule…

Joignant le geste à la parole, Syndrell posa le pied sur la corde. Elle accompagna aussitôt son mouvement et fit quelques pas, les bras tendus de chaque côtés de son corps, trouvant son équilibre en flirtant avec les limites du concevable.

- … ou bien dans celle d’un singe, poursuivit-elle en se laissant tomber dans le vide.

Elle se rattrapa d’un bras seulement, et commença à se balancer pour continuer sa progression. Il ne lui fallut que quelques minutes pour regagner la plate-forme où l’attendaient ses apprentis. Ils la considéraient tous deux avec une expression mi-excitée, mi-effrayée ; il fallait reconnaître que ce qu’elle leur demandait de faire n’était pas facile. Loin de là.


- Pas de panique : le but n’est pas de voir si vous pouvez traverser, mais plutôt comment vous allez choisir de le faire. Voilà pourquoi je vais vous assurer à la corde.

Elle sortit deux cordes, plus petites et plus souples, de son sac et s’en servit pour relier ses élèves au pont de singe qu’elle venait de fabriquer. Cela rendait l’exercice moins dangereux, mais non moins difficile à réaliser.

- Darwen, tu passes le premier. Tu pourras ainsi réceptionner Lynn de l’autre côté. Prenez votre temps, d’accord ? Vous allez devoir forcer sur vos abdominaux - essentiellement du moins - et trouver votre équilibre. Soyez attentifs aux ondulations de la corde. Laissez-la vous guider...

Syndrell leur décocha un sourire bienveillant et un brin malicieux. Cette épreuve n’était pas simple mais elle les savait capables de la réaliser.

__________________________________________

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Vous. Moi…




Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Jeu 23 Avr 2015, 14:07

Une fois sa respiration et les battements de son cœur ayant retrouvé un rythme normal, le jeune homme reporta son attention sur Lynndiara, qui continuait toujours à escalader la paroi friable des Dentelles. Il remarqua alors le malaise de son amie, se fustigeant intérieurement de ne pas y avoir prêté attention plus tôt - alors qu’il se voyait comme le nez au milieu de la figure ! Durant sa propre ascension, il avait bien remarqué des mouvements suspects du coin de l’œil, du côté de la jeune femme, mais il ne s’en était pas formalisé, préférant se concentrer sur l’exercice. Sur le contact de la roche entre ses doigts, et sur le chemin qui lui restait à parcourir.

Il réalisa cependant que venir en aide à sa camarade ne faisait pas partie de son statut d’élève... et était encore moins de son ressort. S’il avait pu penser le contraire, c’eut été une preuve certaine de prétention, et si quelque chose n’allait pas, Syndrell était bien la seule à pouvoir - dans tous les sens du terme - intervenir. Il s’était contenté de jouer son rôle d’apprenti en se concentrant sur son propre chemin, c’était sûrement la seule chose qu’il pouvait faire, et la meilleure. Même s’il ne pouvait s’empêcher de se reprocher son manque d’attention envers la jeune fille...

Lorsque celle-ci arriva enfin à leur hauteur, Darwen s’apprêta à l’aider à se hisser sur la plate-forme, conscient que les muscles de Lynn devaient crier encore plus fort que les siens, et apercevant son corps secoué de tremblements. Pourtant, il n’eut pas le temps de lui proposer son aide, inutile : l’apprentie se montra tout à fait capable de se débrouiller seule, et s’assit entre eux avec un soulagement évident. Et une fierté non moins perceptible... que la jeune femme était en parfaite légitimité de ressentir ! Admiratif devant son courage et la force de sa détermination, ‘Wen lui adressa un regard enflammé qui en disait long sur ses sentiments. Lynn n’était peut-être pas à l’aise avec l’escalade, elle n’en avait pas moins fait preuve d’une formidable persévérance, et lui-même n’était pas certain qu’il eût tenu jusqu’au bout s’il s’était trouvé dans sa situation.

Darwen ferma les yeux un instant, tentant de concrétiser ce qu’il ressentait. Lorsqu’il les rouvrit, un mot nouveau s’était formé dans son esprit. Un mot plein de force et de promesses, qui illuminait la Voie d’une clarté toute neuve.

Respect.

L’apprenti marchombre s’aperçut alors que Syndrell leur parlait au moment où elle plantait ses yeux dorés dans les siens, et qu’il devait déjà avoir loupé une bonne partie de sa tirade. Il tâcha d’écouter la fin, juste à temps pour entendre ce que son Maître avait à lui dire : il était parti trop vite, gaspillant son souffle et son énergie. Quelques minutes plus tôt, il n’aurait sûrement pas prêté beaucoup d’attention à la remarque, pensant qu’il était de toute façon arrivé au bout sans difficulté majeure. Mais le mot qui venait de s’imposer à lui lui interdisait désormais de faire preuve de suffisance, même faible, et les conseils de la marchombre aux cheveux bleus purent pleinement revêtir leur importance. Acquiesçant pour montrer qu’il avait compris, Darwen attendit la suite des réjouissances. Parce qu’il connaissait désormais assez bien Syndrell pour savoir qu’un nouveau défi allait très bientôt se présenter à eux !

A cette pensée, son regard clair convergea vers le ruban bleu noué à la hanche de la jeune femme. Puis il balaya l’idée aussi vite qu’elle était venue : il était loin d’être assez en forme pour tenter le coup, ce qui n’était pas le cas de Syndrell, et même si elle ne se méfiait pas, elle était trop proche de lui et anticiperait son geste bien avant que ses doigts n’attrapent le ruban. Et surtout, l’heure n’était plus à ce défi-là.

L’apprenti observa son mentor tirer une corde de son sac, et il tenta aussitôt d’imaginer ce qu’elle allait bien pouvoir leur demander de faire. En soit, il n’y avait pas tellement de possibilités, compte-tenu de l’endroit où ils se trouvaient, mais celle qu’il commençait à percevoir était suffisamment effrayante pour qu’il choisisse de l’éliminer.

Sauf qu’apparemment, elle ne l’était pas assez pour Syndrell.

Avec le sentiment de préparer le gibet qui servirait à sa propre exécution, Darwen fit ce que la jeune femme lui demandait, déroulant la corde pendant qu’elle s’éloignait sur la paroi de la grotte, sûrement à la recherche d’une prise solide où nouer l’objet de torture... Les appréhensions du jeune homme se confirmèrent lorsque leur Maître noua l’autre extrémité de la corde autour de sa taille et s’élança... au dessus du vide. Échangeant un coup d’œil effaré avec Lynndiara, Darwen oublia ses craintes le moment d’observer la marchombre évoluer le long du plafond.

« Incroyable » fut le premier mot qui lui vînt à l’esprit pour tenter de décrire ce qu’il voyait. Il ne pouvait en effet qualifier sa vison d’impossible puisqu’elle était bien réelle, pourtant incroyable était une expression encore bien pâle. Syndrell se déplaçait à l’horizontale avec aisance, par la seule force des muscles, à plusieurs dizaines de mètres au dessus du vide et sans même avoir l’air de se formaliser de ce dernier détail. ‘Wen l’observa sans vraiment y croire atteindre la paroi opposée de la grotte, sans déceler chez elle le moindre signe de fatigue, et faisant parfaitement écho aux mots qu’avaient prononcé Éloïse, quelques minutes après le début de leur premier cours. « Je compte sur chacun de vous pour me dépasser rapidement. Et vous envoler. » Il avait alors décidé de prendre ces derniers mots au premier sens du terme, se demandant si les marchombres pouvaient voler.

Quelque chose lui disait désormais qu’en tous cas, il n’avait pas été très loin de la vérité...

La voix de Syndrell perça alors le silence de stupéfaction qui avait empli la grotte, cette dernière lui conférant une résonance toute particulière.

- Équilibre. L’un des maître-mots du marchombre. Pour franchir le gouffre, un panel de solutions s’offre à vous : vous pouvez vous glisser dans la peau d’un funambule… ou bien dans celle d’un singe.

Les démonstrations de la marchombre avec la corde étaient presque aussi spectaculaires que la précédente, sans corde, et l’apprenti se demanda un instant comment il allait pouvoir l’imiter. Avant de revenir sur cette dernière pensée : certes, il serait incapable de l’imiter, et ce n’était d’ailleurs pas le but. S’il se contentait de faire de son mieux, c’était déjà le principal...

Le Maître arriva rapidement près de ses élèves, sans aucune difficulté. Darwen jeta un coup d’œil à Lynndiara. La jeune fille ne semblait pas en mener large, tout comme lui. En se remémorant son vertige, il songea d’ailleurs qu’elle devait être dans un état bien pire que le sien. Il lui adressa un sourire d’encouragement, tandis que Syndrell sortait deux autres cordes de son sac, plus petites, ce qui rassura immédiatement le jeune homme : ils seraient assurés. Leur guide n’était peut-être pas aussi folle que ça, finalement. Pas moyen donc de glisser et de vérifier si le gouffre du Fou avait bien un fond - le genre de découverte dont il pouvait volontiers se passer...

- Darwen, tu passes le premier. Tu pourras ainsi réceptionner Lynn de l’autre côté. Prenez votre temps, d’accord ? Vous allez devoir forcer sur vos abdominaux - essentiellement du moins - et trouver votre équilibre. Soyez attentifs aux ondulations de la corde. Laissez-la vous guider...

Bon.
Darwen se força à inspirer lentement, laissant l’air pur de la grotte pénétrer ses poumons. Il était accroché à cette maudite corde, le seul risque, s’il tombait, était d’avoir un instant la respiration coupée et de devoir trouver la force de remonter seul. Et si Syndrell leur imposait cet exercice, c’était bien qu’ils étaient capables de le faire, non ? Un Maître pouvait-il se tromper sur ce genre de choses ?

Repoussant la question, l’apprenti marchombre s’approcha de la corde tendue au dessus du vide. Il se frotta un instant les mains pour les échauffer, puis saisit la corde et balança son corps en avant, laissant le vide s’ouvrir sous lui. Il s’interdit de fermer les yeux et commença et avancer.

Il avait choisi l’option du singe, qu’il jugeait plus fatigante mais aussi beaucoup plus confortable. Même si ses muscles étaient d’avantage sollicités, il y avait ainsi moins de risques qu’il ne lâche la corde que de rater un pas s’il avait préféré la méthode du funambule. Les premiers mètres furent assez simples, même si la peur du vide qui s’étendait sous lui était aussi vertigineuse que le vide lui-même. Tirant sur les muscles de ses bras et de ses abdominaux, ‘Wen progressait à son rythme pour ne pas se fatiguer trop vite, mettant en œuvre les derniers conseils de son Maître. Arrivé à mi-chemin cependant, au beau milieu des rayons de lumière qui entraient par l'ouverture au plafond et se prolongeaient jusqu'à plonger dans le gouffre, il dût reconnaître que la douleur était trop importante pour qu’il l’ignore, autant celle qui enserrait ses muscles que celle qui brûlait la paume de ses mains. Il pensa un instant qu’il aurait dû enfiler ses gants, avant de se traiter mentalement d’imbécile. Les gants était la meilleure solution s’il voulait glisser et s'aplatir au sol !

Seulement, il ne se sentait vraiment pas capable de jouer au funambule, et encore moins de faire basculer son corps pour se hisser debout sur la corde. Refoulant l’effroi qui l’envahissait devant ce qu’il s’apprêtait à faire, il se contraignit à lancer ses jambes vers le haut, bloquant la corde sous ses genoux. Il lâcha alors la prise que lui offraient ses mains et laissa tomber le haut de son corps dans le vide, accompagnant ainsi la verticalité du faisceau de lumière.

La corde ondula violemment en réaction à son mouvement et Darwen se mordit les lèvres, incapable de stopper le balancement. Les mots de Syndrell lui revinrent alors, écho parfait à sa situation précaire.

Soyez attentifs aux ondulations de la corde. Laissez-la vous guider...  

Il se força donc à accepter l’idée que la corde bouge, et se laissa emporter, quelques secondes, le temps qu’elle redevienne aussi immobile que lui. Il conserva sa position de cochon pendu une ou deux minutes, le temps de laisser ses muscles et ses mains se reposer. Heureusement que petit, il avait l’habitude de jouer ainsi dans les arbres avec Joan ! Cette position lui était alors familière, et cette pensée le rassura un peu, même s’il ne se trouvait pas dans un arbre quelques mètres au dessus d’un tas de mousse mais dans une grotte, très haut au dessus d’un gouffre dont la réputation n’était plus à faire... Lorsque le sang commença à lui descendre dans la tête, l’apprenti se redressa pour retrouver sa position initiale. Il recommença à avancer, sans regarder en bas, le regard fixé sur son objectif, une main après l'autre.

Sa main finit par toucher la roche, et sans qu’il ne sache comment, il trouva la force de se hisser sur la paroi. Il s’assit sur la plate-forme, plus petite néanmoins que sa sœur qu’il venait de quitter, et ferma les yeux pour tenter de juguler l’émotion qui l’avait envahi. Puis, sans prévenir, un brusque éclat de rire le submergea, qu’il n’essaya pas de contenir. Pour Lynndiara qui se tenait en face, il devait sûrement avoir l’air d’un fou - décidément - mais le soulagement était trop intense pour qu’il puisse barrer la route au rire qui le secouait. Le soulagement, et surtout la fierté... Le fou-rire passé, un grand sourire étira ses lèvres, tandis qu’il se redressait, prêt à recevoir son amie, qui, à son tour, s’était engagée sur la corde...

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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Jeu 25 Juin 2015, 21:19

Lorsque les doigts de Lynndiara se posèrent enfin sur le sommet de la paroi, un immense soulagement l'envahit. Une grande fierté aussi. Quelque chose qu'elle n'avait encore jamais ressenti, presque une libération. Un partage énorme avec tous ce qui l'entourait, et pas seulement avec Darwen et Syndrell. Elle se hissa sur la terre ferme, emplie d'une joie propre à elle seule. Son regard croisa celui de Darwen, et elle pu y lire une flamme semblable à la sienne, et pourtant bien différente. C'est alors qu'elle se mit à songer que chacun devait-être porté par sa propre flamme, et pas uniquement les marchombres. Cette flamme, elle venait de l'embraser en soi pour la première fois, et elle n'avait jamais connu sensation plus agréable. Pourtant dieu sait combien elle souffrait. Elle ne sentait plus ses doigts, meurtris par la roche, et chacun de ses mouvements était un véritable supplice. Comme si Lynndiara efffleura soudain l'esprit de son camarade, un mot s'offrit également à elle, bien différent et pourtant intiment lié à celui de Darwen. Confiance. Confiance en soi. Confiance en son corps. Mais pas seulement. Confiance au vide. Et confiance en elle, Syndrell, maître et guide, guide et maître, et bien plus encore. Syndrell, qui justement, s'adressa à ses élèves le sourire aux lèvres, mais pas moins sérieuse.

- « Génial, non ? s’exclama-t-elle d’un ton joyeux. Vous pouvez être fiers de vous, ce n’était pas facile du tout. Lynn, tu es bien partie pour te débarrasser de ton vertige, tu sais ? Ne te méprends pas, ça demandera du temps et du courage, mais au bout du compte ça payera. Lorsque tu grimpes, ne regarda pas en bas mais en haut : suis Darwen des yeux, par exemple. On apprend beaucoup en observant un grimpeur à l’œuvre – même si le grimpeur en question est parti un peu trop vite… Tu t’en es rendu compte, pas vrai ? dit-elle en regardant le jeune homme. A mi-hauteur, ton souffle a commencé à te manquer. L’escalade est une question d’endurance. C’est comme une course en pleine forêt : économise ton souffle et tu atteindras le sommet ! »

Lynndiara écouta Syndrell avec attention, buvant chacun de ses mots. Ses conseils pourrait lui être bien plus qu'utile... Ne pas regarder en bas, elle s'était efforcée de le faire, mais n'était pas certaine d'y être parvenue. Quand à suivre des yeux Darwen, ce devait être la solution, encore fallait-il pouvoir y parvenir! Non seulement ce dernier avait été bien plus rapide qu'elle, mais de plus, à la suite de sa chute, elle avait pris du retard et il avait été bien loin devant lui... La jeune femme n'était pas certaine de réussir un jour à vaincre son vertige jusqu'au bout, mais elle venait au moins de se prouver à elle-même qu'elle pouvait néanmoins faire des choses... qu'elle ne se serait jamais cru capable de faire. Vaincre sa peur... Les marchombres avaient-ils des peurs? Lynndiara brûlait d'envie de questionner Syndrell, mais elle était certaine qu'elle le découvrirait par elle-même, et préféra donc se taire. Seulement, elle ne pensait pas avoir à le découvrir si vite....

Lorsque Lynndiara observa finalement Syndrell sortir une corde, elle se questionna sur sa future utilité... Allait-il grimper à nouveau plus périlleusement encore, ce qui expliquerait l'utilisation de cette corde? Mais où? Mise à part redescendre, elle ne voyait d'autre possibilité... La jeune femme demanda à Lynndiara de tenir l'extrémité de la corde, et à son camarade de continuer à la dérouler, tandis qu'elle entourait la corde autour de sa taille avant de... s'élancer dans le vide.
Lynndiara du réellement se retenir pour ne pas pousser un cri, à la fois de surprise, et aussi de peur. Elle se demanda soudain si leur maître n'allait pas leur demander d'effectuer la même chose, ce dont elle était cette fois certaine de ne pas être capable. Puis l'angoisse laissa place à la stupéfaction, lorsque Syndrell traversa finalement le gouffre en parcourant le plafond par la seule force de ces bras. Comme s'il s'agissait de simple branches, elle progressait à une vitesse impressionnante, presque irréelle, à se demander si elle était... humaine. La jeune femme échangea un regard avec Darwen, regard tout autant admirateur, effaré et interrogateur, et avant même que leurs yeux se fixe à nouveau Syndrell, elle avait déjà rejoint l'autre extrémité du gouffre.

- « Équilibre. L’un des maître-mots du marchombre. Pour franchir le gouffre, un panel de solutions s’offre à vous : vous pouvez vous glisser dans la peau d’un funambule… ou bien dans celle d’un singe. »

Sa voix avait résonné dans les tréfonds de la grotte, tel une réelle invitation... au sucide. Syndrell illustra les deux mots qu'elle avait employé par des gestes précis, et Lynndiara ne sut dire s'ils étaient autant ou plus impressionnants que ses précédents. La jeune femme se saisit ensuite de deux autres cordes, et lorsqu'elle confirma que c'était bien là pour s'assurer, l'angoisse de la rouquine retomba un peu... seulement un peu.

- « Darwen, tu passes le premier. Tu pourras ainsi réceptionner Lynn de l’autre côté. Prenez votre temps, d’accord ? Vous allez devoir forcer sur vos abdominaux - essentiellement du moins - et trouver votre équilibre. Soyez attentifs aux ondulations de la corde. Laissez-la vous guider... »


Aux... ondulations de la corde? Se laisser guider? Si quelques instants plus tôt Lynndiara était effrayée, elle était à présent complètement terrorisée. Elle avait à cet instant qu'une envie, s'enfonçer sous terre, trouver un endroit, une solution pour échapper à cette nouvelle épreuve. Puis finalement, elle décida de faire confiance à son maître, elle savait ce qu'elle faisait, et ce qu'elle leur faisait faire, si elle avait fait ce choix, c'est qu'elle en était capable... Elle n'avait aucune raison d'avoir peur, d'autant plus qu'ils seraient assurés... Lynndiara échangea un regard avec son camarade, qui lui sourit, avant de l'observer commençer lui même ce nouveau défi. Ce dernier avait choisi de faire le singe, ce qui ne surprit d'ailleurs pas Lynndiara, elle trouvait que cela lui correspondait plutôt bien... Il avançait moins vite que lors du premier défi, et il semblait moins à l'aise... Mais Lynndiara doutait de se débrouiller mieux que lui lorsque ce serait son tour... Elle observa Darwen ralentir peu à peu, puis finalement stopper son parcours à mi-chemin. L'épreuve n'avait pas l'air facile, mais la seconde ne devait de toute façon pas l'être guère plus... Ils avaient au moins eu le choix, c'était très certainement d'une grande importance, même si Lynndiara ne comprenait pas encore où voulait en venir Syndrell. Elle sourit lorsque Darwen se laissa tomber dans le vide, seulement retenu par ses jambes. Il était astucieux, serait-elle en faire autant? Etais-ce cela qu'évaluait Syndrell?

***



Lorsque Darwen atteint enfin l'autre extrémité du gouffre, un rire s'échappa de ses lèvres, résonnant contre les parois rocheuses, et un sourire à la fois respectueux et compréhensif peignit le visage de Lynndiara. La jeune sût qu'il devait ressentir à peu près la même chose qu'elle avait ressenti à la fin de sa première épreuve. Quand à elle, elle réalisait que le défi n'était pas encore terminé, mais elle ne su si elle devait s'en réjouir ou s'en désoler... Si cette nouvelle épreuve lui paraissait moins physique, elle lui semblait également bien plus périlleuse, et pas moins effrayante. Elle serait, cette fois, bel et bien au dessus du vide, et n'aurait d'autre possibilité qu'avancer. Sa peur n'en serait que plus grande... Néanmoins, elle pensait avoir plus de facilité à avancer de cette façon sur une corde, qu'à escalader une paroie par la force de ses bras. C'est pourquoi, contrairement à son camarade, elle préféra l'option du funambule à celle du singe. Darwen avait très certainement plus de force dans les bras qu'elle pour cette méthode, elle ne préférait pas prendre le risque. D'une part, parce qu'elle ne s'en sentait pas la force, d'autre part parce qu'elle se savait plus efficace en équilibre. Puisqu'elle avait le choix, autant savoir profiter de ses forces, plutôt que d'affronter bêtement ses faiblesses, même si elle avait conscience que le vertige serait certainement plus impressionnant ainsi, et la distance plus longue.

La jeune apprentie s'approcha donc du bord, se fit violence pour ne pas regarder le vide, et glissa un premier pied, le droit, sur la corde. Suivant les conseils de Syndrell, elle se fixa un point de repère, à ne pas quitter des yeux, qui se trouva être un enfoncement dans la paroi rocheuse, juste derrière Syndrell. La jeune femme prit son inspiration, se forçant à se répéter qu'elle y arriverait et que tout irai bien. Le plus difficile était le démarrage, les premiers pas sur la corde. Une fois cette étape passée, son équilibre et son rythme trouvé, si elle restait concentrée et ne paniquait pas, elle devrait s'en sortir. Et elle ne devait pas oublier les instructions de Syndrell, se laisser porter par la corde... Elle souleva son second pied, le gauche, resta ainsi immobile une fraction de seconde, seulement bercée par les légers mouvements de la corde, trouvant son équilibre. Elle posa alors son pied gauche devant le droit, chercha une nouvelle fois son équilibre, bras tendus vers l'extérieur, yeux rivés sur le point qu'elle s'était fixée. Puis son pied droit, rivalisé, doubla le gauche. Un pas de plus. Mais ce dernier, loin de se laisser abattre, reprit les devants. Qui des deux auraient finalement raison de l'autre?

Lynndiara se situait désormais à plus de la moitié de sa trajectoire, et avait depuis longtemps cessé de calculer ses pas. Ses pieds s'enchaînait désormais seuls, l'un après l'autre, presque sans qu'elle n'est à y réfléchir, tandis qu'elle prenait de l'assurance au fur et à mesure de sa progression. Elle ne regrettait pas son choix, car elle s'avérait finalement même plutôt à l'aise. Si elle ne dansait pas, et qu'elle était encore bien loin de là, pour la jeune femme, elle était néanmoins entrées dans une danse, ou tout du moins, en ressentait les mêmes sensations. C'est d'ailleurs lorsqu'elle rejoignit le bord rocheux, et voulut poser à nouveau ses pieds sur la terre ferme que la jeune femme perdit l'équilibre, et dû se rattraper in extremis, avant de se relever et se glisser sur la terre ferme. Si elle se sentait bien plus à l'aise les deux pieds sur terre, elle devait reconnaître que cette expérience avait été... incroyable, et elle devait même reconnaître qu'elle l'avait appréciée. Mais ce n'était pas le même sentiment que lors de la précédente épreuve, même si elle était tout autant fière, il était moins... brusque, moins violent... plus harmonieux...

PS:
 

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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Mar 30 Juin 2015, 00:41

! Mais n'oublie pas d'ouvrir un sujet dans les absences, et de le tenir à jour pour nous permettre d'avancer un peu si jamais tu ne peux pas répondre au cours avant longtemps Wink)




[color=darkblue]Audacieux et volontaire, comme d’habitude, Darwen s’élança sur la corde comme si le gouffre qui s’ouvrait sous lui n’était qu’une illusion qu’il ne redoutait pas. Optant pour la technique du singe, il franchit la moitié du parcours avec aisance et régularité ; depuis l’autre côté, Syndrell ne quittait pas des yeux son évolution.

Vint cependant un moment où son élève commença à montrer des signes de fatigue. Sa vitesse diminua et ses muscles, violemment sollicités, se mirent à trembler. Jugeant que l’exercice devenait vraiment intéressant, Syndrell haussa un sourcil. Darwen allait-il s’entêter et continuer sa périlleuse traversée, en dépit des risques ? Certes, il était assuré car il s’agissait d’un exercice, mais ils avaient appris à s’immerger autant que possible dans la réalité ; or, dans la réalité, une erreur de calcul résultait inévitablement à une chute, laquelle était forcément fatale…

Mais Darwen n’avait pas fini de la surprendre. Dominant pour une fois son impétuosité coutumière, il laissa pendre le haut de son corps et détendit les muscles de ses bras et de son dos. Interrompre sa progression rendait sa position plus précaire, car la corde s’agitait alors qu’il se trouvait désormais immobile, rendant les sensations plus vertigineuses encore ; toutefois, il s’évitait ainsi des douleurs trop insupportables. Syndrell hocha la tête : c’était une décision raisonnable.

Elle resta impassible lorsqu’il se hissa péniblement sur la plate-forme où elle se tenait. Et elle ne réagit pas davantage quand il s’assit lourdement, dévoilant l’intérieur écorché de ses mains qui avaient visiblement laissé leur empreinte sur la corde. Mais lorsqu’il éclata d’un rire où pointaient des accents d’hystérie, Syndrell laissa sa joie se mêler allègrement à la sienne, et tendit la main pour lui ébouriffer les cheveux.


- On dirait bien que ça commence à rentrer dans cette caboche de marchombre !

Elle ne lui laissa pas le temps de digérer le compliment ; s’approchant du vide, elle chercha le regard de Lynndiara et le trouva.

- Allez, vas-y, murmura-t-elle comme la jeune fille posait un pied hésitant sur la corde. Tu peux le faire.

Ce n’était pas un souhait mais une certitude : Lynndiara était capable de s’affranchir de sa peur du vide pour repousser ses limites et avancer plus loin encore sur la Voie. Elle n’en avait simplement pas encore conscience… Parfois, c’est en se tenant devant le fait accompli que l’on mesure vraiment ce que l’ont est capable de réaliser.

Au moment où Lynndiara réalisa ce qui était en train de se passer, elle avait déjà presque atteint la moitié du parcours. En équilibre sur la corde. L’exploit était à la mesure de son étonnement et il lui permit de continuer avec une aisance toute neuve, celle du débutant qui n’en est déjà plus vraiment un. Depuis la plate-forme, Syndrell souriait en regardant Lynndiara avancer sur la corde.

Elle était si belle ! Joli petit funambule aux cheveux de feu et au cœur vaillant…

Elle trébucha en arrivant, mais Darwen veillait au grain et puis, toute fatiguée qu’elle était, Lynndiara rayonnait. Syndrell devina que cette traversée avait ouvert une porte ; désormais, il n’appartenait plus qu’à la jeune apprentie d’en pousser le battant pour aller voir ce qui se trouvait juste derrière…


- On bouge ! s’exclama la marchombre en tendant ses deux bras pour qu’ils en saisissent chacun un et se relèvent promptement. La légende de ce gouffre le rend un peu trop déprimant à mon goût, alors ne nous éternisons pas trop ici, d’accord ?

Ils étaient fatigués, perclus de crampes et de courbatures, mais elle lit dans leur yeux que rien, absolument rien ne saurait les empêcher de continuer à avancer.



*



Le gouffre du Fou était loin derrière eux lorsqu’ils s’arrêtèrent enfin pour se reposer. La nuit était tombée sur les Dentelles, qui se découpaient en lignes sombres et accidentées dans leur dos tandis qu’ils s’abritaient dans une minuscule bergerie inoccupée. Chacun vaqua à ses tâches et Syndrell s’arrêta un bref instant pour observer ses élèves, ravie de constater à quel point le groupe Kihux était soudé.

Elle se rappelait parfaitement de l’arrivée impromptue de Lynndiara, de la surprise puis de la perplexité de Darwen, de leur gêne lorsqu’ils avaient commencé à évoluer ensemble ; cela n’avait guère duré, car l’un comme l’autre était vif, sympathique et pétri d’humilité. Très vite, un lien s’était tissé entre les deux apprentis tandis qu’ils avaient trouvé un rythme qui leur convenait. Tantôt dans la compétition, tantôt motivés par l’entraide, Darwen et Lynndiara formaient un duo parfait.

Ce soir-là, Syndrell leur  fit grâce d’un exercice physique, mais elle eut à cœur de solliciter leur mémoire en leur faisant apprendre par cœur les plantes qui soignent et celles qui tuent, puis en leur faisant décliner oralement les techniques de combat qu’ils avaient apprises à ses côté. Pour finir, elle accepta de leur enseigner quelques mots dans la langue des Petits.


- La philosophie d’un Petit est infiniment plus simple que la nôtre, expliqua-t-elle en ravivant le feu autour duquel ils étaient assis, chaudement emmitouflés dans leurs couvertures. Nous avons tort de ne pas prendre exemple sur eux plus souvent !

Ils s’endormirent entre deux récits passionnants ; Syndrell rêva de clochinettes et de framboises. Elle se réveilla à l’aube, comme toujours, et décida d’accorder quelques minutes de sommeil supplémentaire à ses élèves.

Elle sortit de la bergerie et s’étira longuement, jusqu’à se sentir pleinement réveillée ; alors, elle transforma sa séance d’assouplissement en un ballet unique et serein. La gestuelle marchombre. Les yeux clos, elle s’immergea dans cette danse dont le rythme pulsait dans ses veines, et ne prit pas la peine de les rouvrir lorsque, dans son dos, deux silhouettes quittèrent en silence la bergerie pour la rejoindre.

Plus tard, alors que tous les trois étaient partis depuis un petit moment déjà, quelques mots tracés dans la poussière achevaient de s’effacer sous l’effet du vent. Gravés à jamais dans la mémoire de son auteur.



Eveil du monde et de l’esprit,
Et pour celle qui guide,
Plaisir infini.



*



- Trois couteaux chacun. L’objectif n’est pas de les planter au beau milieu de la cible, mais de découvrir quel genre de lanceur vous êtes. Vous devez ressentir le lien entre la lame et votre bras, et vous devez en comprendre le mécanisme. D’accord ?

Ils se trouvaient dans la passe de la Goule, non loin d’un bosquet d’arbustes qui avait servi à Syndrell pour installer ses cibles – des disques ronds, grands comme des assiettes et fixés par des tiges qui les empêchaient de bouger sous les assauts du vent. La marchombre avait ensuite montré quelques gestes de lancer à ses élèves, sans trop rentrer dans les détails de façon à les laisser cogiter sur le sujet.

- Jeunes gens, à vous de jouer !

Syndrell recula d’un pas et s’accroupit, une jambe repliée sous elle, l’autre tendue ; la posture était tellement habituelle qu’elle n’y prêtait même plus attention.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…




Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Ven 10 Juil 2015, 12:06

- On dirait bien que ça commence à rentrer dans cette caboche de marchombre !

Haussant un sourcil faussement courroucé, 'Wen tira la langue à son Maître en guise de réponse. Il ne parvînt cependant à dissimuler ni sa fierté, ni le léger rosissement de ses joues. Les compliments de Syndrell, même déguisés, lui faisait toujours autant plaisir et réveillaient pour quelques instants son orgueil d'apprenti marchombre... La jeune femme, toutefois, ne semblait plus se préoccuper de lui : quittant la plateforme qui leur faisait face, Lynndiara venait de s'engager à son tour sur la corde tendue dans le vide vertigineux de la grotte, et Syndrell avait reporté toute son attention sur elle.

Contre toute attente, la rouquine paraissait bien moins effrayée debout au-dessus du vide que lors de son escalade. Pourtant, si elle avait le vertige, l'épreuve aurait dû lui paraître encore plus effrayante, s'étonnait Darwen. Mais sa camarade, ayant quant à elle opté pour une avancée en funambule, semblait peu terrorisée. Elle paraissait même plutôt à l'aise, en équilibre sur la corde qui ondulait doucement ; Darwen, quant à lui, grinçait des dents en s'imaginant à sa place... Comment faisait-elle pour poser le pied au bon endroit, rester en équilibre, gagner un peu plus d'assurance à chacun de ses pas, alors qu'une poignée de minutes plus tôt elle peinait à évoluer le long de la roche ? La force physique requise par l'escalade ne pouvait suffire à expliquer la différence entre son précédent malaise et son aisance actuelle, puisque l'apprentie craignait les hauteurs. Enfin... avait craint les hauteurs !

Médusé, le jeune homme la vit arriver vers eux plus vite qu'il n'aurait cru. Décidément, Lynndiara n'avait pas fini de le surprendre ! Et la voir trébucher juste avant qu'elle ne pose le pied sur la roche n'entacha pas son admiration d'un seul cheveu : alors qu'il esquissait un mouvement vers elle pour l'aider, l'apprentie parvint une nouvelle fois à se rattraper et à se réceptionner seule. 'Wen lui adressa un clin d’œil lorsqu'elle se redressa vaillement ; et si Syndrell n'ajouta rien, l'apprenti put aisément apercevoir la lueur de fierté qui brillait dans ses yeux dorés...

***


Darwen prit place devant les flammes chaleureuses qui venaient de s'élever dans la petite bergerie abandonnée sur laquelle Syndrell avait porté son choix pour les abriter durant la nuit. Il ne retint pas un soupir de soulagement : la journée avait été éprouvante pour lui comme pour son amie à la crinière rousse, et tous deux remercièrent en silence leur mentor de leur épargner un nouvel exercice physique. Ce qui n'empêcha pas le jeune homme de participer activement aux leçons de connaissances que leur délivra la marchombre aux cheveux bleus. Il connaissait déjà plusieurs dizaines de plantes et d'herbes dont lui avait parlé Angela lorsqu'il était enfant, ainsi que leurs effets, particularités et dangers ; mais Syndrell leur en enseigna aussi d'autres qui ne poussaient pas là où il avait grandi, près des Frontières de Glace. L'apprenti avait une bonne mémoire, et, à la fin de l'exercice, il avait intégré les caractéristiques de quelques autres dizaines de végétaux.

Les deux élèves durent ensuite se rappeler, énumérer et expliquer les diverses techniques de combat inculquées par leur Maître au cours de leur apprentissage, ce qui amusa davantage encore le jeune homme. Tout en parlant, il mimait comiquement les mouvements de lutte - davantage pour distraire ses deux compagnes que pour l’exercice - tandis que les mèches de ses cheveux bruns voletaient au dessus de ses yeux rieurs. Mais ce qu’il préféra ce soir-là, ce furent bien les quelques mots en Petit que Syndrell leur enseigna : si ce peuple sylvestre vivait non loin de son hameau natal - mais de l’autre côté des Frontières de Glace - Darwen ne l’avait jamais rencontré, et ne savait rien d’autre sur lui que ce que ses parents, Helwo ou Angela lui avait transmis. Le jeune homme se demanda comment son mentor pouvait bien connaître la langue des Petits, ainsi que leur “philosophie”, qu’elle venait d’évoquer...

***


Inspiration. Profonde.
Bras qui se tendent, paumes qui se tournent vers le haut.
Expiration. Longue.
Bras qui descendent, mains qui suivent, lentement.
Inspiration...


Darwen se sent bien, profondément heureux, et, dans son ventre, le loup gronde doucement...
Aussi apaisé que l’homme.

***


Avant que le petit groupe ne lève le camp, l’apprenti marchombre a le temps de voir son Maître tracer quelques mots sur le sol. Lorsqu’elle se lève dans un mouvement souple, ses yeux clairs lisent, il s’étonne, s’apprête à poser une question.
Renonce et se tait.

Son ventre se serre et il se mord les lèvres.
Il vient de comprendre.

***


- Trois couteaux chacun. L’objectif n’est pas de les planter au beau milieu de la cible, mais de découvrir quel genre de lanceur vous êtes. Vous devez ressentir le lien entre la lame et votre bras, et vous devez en comprendre le mécanisme. D’accord ?

Hochant la tête, ‘Wen observa les cibles que Syndrell avait accrochées un peu partout dans les arbres devant eux. Il se remémora leur premier cours, lorsque Lynn et lui avaient dû s’exercer au lancer de couteau et au tir à l’arc. Si cette dernière activité l’avait révélé vrai débutant et qu’il ne se sentait pas tellement à l’aise avec un arc dans les mains, le jeune homme avait beaucoup moins de mal avec le poignard. Il parvenait à atteindre le centre de sa cible à plus de dix mètres de cette dernière, presque à tous les lancers. Il avait cependant conscience que ce n’était pas du tout suffisant : la distance était loin d’être satisfaisante, et il n’avait jamais atteint de cible mouvante. Ce n’était cependant pas le cas de celles que la marchombre aux cheveux bleus avaient placées, puisqu’elles résistaient efficacement au vent grâce à des tiges rigides ; Darwen avait donc confiance en lui.

Un Marchombre ne jette pas son arme, il l’accompagne ; son lancer ne prend fin que lorsque son arme s’est fichée à l’endroit voulu. Ne l’oubliez jamais.

Un sourire aux lèvres, le jeune homme se mit en position, buste face à la cible, une jambe en avant, l’autre légèrement sur le côté. Puis, comme à son habitude, l’apprenti saisit la pointe de la lame entre son pouce et son index, afin de viser les cibles plus proches. Fixant la première, il inspira doucement et lança adroitement l’arme, qui tournoya rapidement dans l’air avant d’atteindre son but. Il recommença une seconde fois, s’éloignant de quelques pas, et décida de changer de tactique, prenant le couteau par le manche pour des lancers plus longs. Moins familier de cette position, Darwen rata son premier essai, manquant la cible de peu. Une lueur de défi dans le regard, il saisit sa troisième et dernière chance en expérimentant la même prise en main : le bras toujours tendu, il suivit des yeux l'arme, qui, cette fois, se planta finalement dans le disque. Les yeux brillants, ‘Wen recula ensuite de quelques pas, observant sa camarade à l’œuvre...




[Désolée pour le retard, j'ai eu une semaine chargée... et très fatigante =.= Et hum... qu'est-ce qui vous fait dire que je regarde sur Internet pour le lancer de couteau ? Rolling Eyes]

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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Mer 21 Oct 2015, 19:09

[Qui ne se documente pas sur le lancer de couteaux, ici ? ^^]




Syndrell suivit des yeux la trajectoire du troisième poignard et, lorsque ce dernier se ficha dans la cible, hocha la tête.

- Génial ! On dirait que tu as trouvé ton style de lancer.

Elle se redressa souplement et s’approcha de Darwen.

- Je te laisse ces trois lames. Entraîne-toi à les lancer aussi souvent que possible. Privilégie les lancers en les tenant par le manche. Tu as les épaules d’un homme qui lance loin et avec puissance. Développe cette force.

Elle le laissa récupérer ses armes et ne résista pas à l’envie de lui montrer quelques exercices de jongle ; toute la difficulté étant de ne pas se couper un doigt pendant la manœuvre, le défi était de taille. Considérant les mains couvertes de microcoupures de son élève, Syndrell sourit et tendit les siennes. Les cicatrices étaient fines, mais elles témoignaient du nombre d’heures qu’elle avait passées à manipuler le poignard de Miss.

- L’échec devient succès à partir du moment où tu en tires une leçon positive, affirma-t-elle en faisant disparaitre sa lame dans sa manche. Bien ! Et si on se remettait en route ?

Une fois n’est pas coutume : au lieu de courir, ils marchèrent, mais d’un pas vif, énergique, leurs bottes crissant dans l’herbe gelée. Quelques flaques de neiges s’étalaient là où les ombres s’étiraient, et l’audacieux rayon de soleil qui illumina le sentier réchauffait davantage le moral que les os.

Syndrell n’avait pas froid. Une enfance passée dans les chaînes du Poll l’avait endurcie. Elle sourit en songeant à ses véritables origines, qui la rattachaient à la chaleur exotique des îles du sud, au beau milieu des Alines. Hormis le bleu céruléen de ses cheveux, elle n’avait rien d’une ilienne. Il n’y avait qu’à voir son accoutrement, sa façon de se tenir, ses habitudes et même, parfois, certaines expressions de son langage, pour comprendre qu’elle était une montagnarde. Une fille du nord.

Elle n’était pas la seule. Darwen aussi connaissait bien le froid, pour l’avoir côtoyé un certain temps auprès des Frontaliers. Il ne semblait pas ressentir la morsure du vent. La nuit, alors qu’ils dormaient dos à dos sous d’épaisses couvertures, Syndrell pouvait sentir la chaleur qui émanait de son corps. Elle en était impressionnée.



- Comment va Uliwëne ?

La question avait résonné, légère et en toute simplicité, alors que le maître et son élève avalaient un repas frugal mais revigorant, l’un et l’autre assis sur de grosses pierres étrangement irisées. Depuis qu’ils avaient quitté l’Académie, Syndrell n’avait pas trouvé le moment opportun d’aborder ce sujet avec Darwen.

Des mois s’étaient écoulés sans qu’elle ne soit retournée à la Citadelle. Elle s’en était approchée une fois, hésitant sur la marche à suivre, et décidant finalement que la voie des Frontaliers et la sienne n’étaient pas faites pour se croiser autrement qu’occasionnellement. Elle n’avait cependant pas oublié qu’un traître avait menacé l’équilibre de ces guerriers des Marches du Nord, ni qu’Uliwëne, l’amie de Darwen, avait été blessée.

La marchombre observa le jeune homme du coin de l’œil, guettant sa réaction avant sa réponse. Elle le savait proche de la Frontalière. Or ils se trouvaient actuellement bien loin de l’imposante Citadelle. La voie qu’il avait choisi de suivre était à ce prix : en acceptant de la suivre, Darwen avait accepté de mettre entre parenthèse tout ce qui n’était pas lié à sa formation…


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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Jeu 22 Oct 2015, 12:19

Lorsque Syndrell lui annonça qu’il pouvait garder les poignards, ‘Wen afficha une moue étonnée, avant qu’un large sourire, en guise de remerciement, n’éclaire son visage. Il hocha la tête pour signifier qu’il gardait le conseil en mémoire ; il devrait en effet s’entraîner encore s’il voulait réussir ses lancers à distance plus longue aussi bien que les autres. Les apparitions incontrôlables du loup l’avaient toujours empêché de garder une quelconque arme sur lui, mais maintenant qu’il commençait à forger une entente nouvelle avec son double, il acceptait de prendre le risque - il ne pouvait pas continuer comme ça de toutes façons, à voyager sans arme, même si le canidé pouvait s'avérer efficace...

Il se rappela alors qu’il s’était promis de parler du loup à Syndrell ; elle était son Maître, et elle l’avait accompagné à la Citadelle, pénétrant dans un morceau de son passé et le liant ainsi au présent... pourtant il ne l’avait toujours pas mise au courant. Connaissait-elle déjà des métamorphes ? A vrai dire, la marchombre se révélait souvent si pleine de surprises et semblait connaître tellement de choses que cela ne le surprendrait pas.

L’apprenti alla récupérer ses lames. Conscient qu’il procrastinait toujours, il décida néanmoins d’attendre un moment propice pour dévoiler son secret à son Maître. L’heure était à la jongle et à la concentration : il préférait éviter de se couper un doigt ! A la fin de l’exercice, il grimaça devant les nombreuses coupures qui parsemaient ses mains et ses poignets ; c’en était d’autres, qui venaient s’ajouter à des cicatrices plus profondes... Les souvenirs commencèrent alors à affluer, et le jeune homme fut soulagé de constater que son mentor en avait terminé avec les armes. Tandis qu’il se lavait les mains et soufflait dessus pour les réchauffer, elle lui montra ses propres traces de coupures, à première vue indécelables. L’apprenti sourit : même la plus aguerrie des marchombres passait par là !

- L’échec devient succès à partir du moment où tu en tires une leçon positive. Bien ! Et si on se remettait en route ?

‘Wen hocha la tête et enfila à nouveau ses gants, après avoir une place dans ses vêtements pour chacun des poignards. Emboîtant le pas à la jeune femme, il leva la tête pour apprécier l’air froid qui entrait dans ses poumons et les timides rayons de soleil qui s’allongeaient entre les arbres. Après la neige, le ciel était d’un bleu pur et apaisant qui rappelait au jeune homme les humeurs changeantes du temps durant son enfance aux Frontières de Glace. La nostalgie l’envahit alors : où étaient Angela, Joan, Sheila et Arin ? Puis l’éclat du couteau à sa ceinture lui évoqua à nouveau la violence de ses parents, et le ciel lui parut soudain moins bleu, ou peut-être un peu trop vif au contraire.



***




- Comment va Uliwëne ?

Darwen jeta un regard clair à la marchombre. La question était-elle seulement une façon de s’assurer de la santé de la Frontalière où Syndrell désirait-elle revenir sur leur aventure à la Citadelle ? Baissant les yeux, l’apprenti prit le temps de terminer son pain aux herbes avant de répondre, essuyant ses mains sur ses cuisses.

- Je ne l’ai pas revue depuis le même laps de temps que toi... mais j’ai échangé une ou deux lettres avec elle depuis et elle a l’air d’aller mieux. Elle s’est remise plus vite que moi !

Il n’aurait su dire si sa dernière phrase concernait leurs blessures et capacités physiques ou leur état mental suite à la découverte d’un traître parmi les Frontaliers et à la mort de Sharmal. En tous cas, ‘Wen n’avait pas eu vent d’une autre tentative de la part de l’assassin, ce qui confirmait ses premiers soupçons : le Frontalier que Syndrell avait tué était dans le coup. Cela lui semblait désormais évident.

Il demeurait cependant une crainte sourde en lui, en même temps que le sentiment d’un mystère non résolu et d’une mésaventure non achevée. Sa dernière conversation avec Uli restait gravée dans sa mémoire de façon amère, et plus amer encore était le goût qui lui venait en bouche lorsqu’il pensait à son dernier échange avec Misha. Comment celle-ci avait-elle été au courant pour le loup, si ce n’était pas sa sœur qui s’était confiée à elle ? Pourquoi en avait-elle parlé à Sharmal ? Et le pire, c’était cette phrase qu’elle avait prononcée, après lui avoir avoué qu’elle l’aimait...

Je suis vraiment désolée, pour tout ce qui t’arrive en ce moment, et ce qui va t’arriver...

Ce qui va t’arriver. Rien n’était arrivé pour l’instant, rien qui soit en lien avec toute cette histoire. Mais la certitude qui avait appuyé les mots de la jeune femme l’obligeait à douter, et à redouter. A moins que... sa rencontre avec Kaünis était juste un hasard, non ? Mais oui, bien sûr, qu’est-ce que tu crois ! Voilà qu’il redevenait complètement parano...

Bon. En tous cas, c’était le moment pour parler du loup à Syndrell. En plus, maintenant qu’elle était mêlée à ça, qu’elle avait tué un Frontalier - pour le protéger, lui, son élève... - il ne pouvait pas la laisser dans le noir. Il devait lui faire confiance.

- Syndrell ?

Il se força à trouver son regard.
Doré comme le réconfort, comme un encouragement.

- Il faudrait que je te parle de quelque chose...






[Je crois qu'on ne peut pas faire plus lunatique que lui xD Parano et schizo, je ne sais pas comment on va s'en sortir x)]

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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Jeu 22 Oct 2015, 14:36

- Je t'écoute.

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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Jeu 22 Oct 2015, 14:57

- Je... je peux te montrer, plutôt ?

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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Jeu 22 Oct 2015, 15:03

- Va pour une démonstration, alors !

Clin d'oeil amusé.
Regard intrigué.

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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Jeu 29 Oct 2015, 00:01

Inspirant un grand coup, le jeune homme se leva lentement du rocher sur lequel il avait dévoré son repas. Syndrell pouvait-elle s’attendre à la nature de sa... démonstration ? Elle lui avait répondu d’une façon légère qui le rassurait et l’inquiétait à la fois. Quelle serait la réaction de la marchombre ?

- Ferme les yeux... s’il-te-plaît.

Lançant un regard furtif à la jeune femme, Darwen attendit qu’elle s’exécute pour lui tourner le dos et s’éloigner de quelques mètres, ses bottes marquant la neige de leurs empreintes. Des empreintes d’homme. Il avait conscience qu’en prenant toutes ces précautions, il accentuait le suspens et le mystère - et du même coup la curiosité de son Maître - mais c’était la première fois qu’il allait se montrer délibérément sous sa forme de loup, et il ne savait tout simplement pas comment s’y prendre. C’était tout de même une démonstration vraiment spéciale, tenant à la fois de l’extraordinaire et de l’intime. D’une certaine façon, c’était presque plus perturbant pour lui que se retrouver nu devant Syndrell...

Après tout, cela faisait vraiment partie de lui, et il y était attaché par des liens profonds et inexplicables, qui avaient été construits avant tout par la douleur et le désespoir. Oui, ce qu'il s’apprêtait à faire, c'était comme dévoiler à Syndrell ce qui l'avait fait devenir ce qu'il était à présent, c'était lui confier son passé et ses souffrances, sa longue lutte aussi. D'autres personnes avaient vu son double, mais par accident. Cette fois, ce serait par choix, et c'était ce qui faisait toute la différence. Ce serait le don de lui-même ; l'offrande de sa propre vie. Un gage de confiance et d'amitié inestimable.

S’adossant à l’arrière d’un arbre proche, l’apprenti ferma les paupières un instant et renversa sa tête contre le tronc sombre. Qui avait vu le loup, jusqu’à maintenant ? Joan, ses parents, Uliwëne, Crystal, Angela, Kaünis, Libertée, Erwan et Ylléna. Chacun avait eu des réactions différentes. La compréhension et l’amitié, la terreur, l’indifférence, la curiosité, l’intérêt... Certains se transformaient aussi, en chat sauvage, en jaguar, en serpent. Certains avaient voulu se débarrasser de l’animal, d’autres l’avaient admiré. L’une avait été sauvée par lui, l’autre parvenait mieux à s’adresser à lui qu’à l’homme.

‘Wen sentit son cœur se serrer à cette pensée, et il se mordit la lèvre, s’interdisant de penser à l’envoleuse... Mais au fur-et-à-mesure qu’il ôtait ses vêtements, pour ne pas les perdre dans la transformation, certaines images de la jeune femme lui revinrent à l’esprit, et plus il insistait pour les repousser, plus elles s’imposaient à lui. Ce qui était particulièrement embarrassant sur le moment, car cela l’empêchait de se concentrer pour laisser place au loup, et le tenait même en retrait. Darwen, rougissant, jura intérieurement, tout en songeant que sa situation vue par quelqu’un d’autre pouvait être vraiment cocasse : concrètement, il était complètement à poil, en plein hiver et dans la neige, dans le but de se transformer en loup, pour le... dévoiler ? l’exhiber ? le présenter ?... à une fille aux cheveux bleus qui attendait les yeux fermés, assise sur un rocher, depuis presque deux minutes. Et il se retrouvait à attendre lui aussi, bloqué par des images toutes plus exci... séduisantes les unes que les autres. Eh bien pourtant, vécue de l’intérieur, la situation n’avait absolument rien de drôle.

Le loup n’avait cependant pas dit son dernier mot, et, tout joyeux qu’on lui laisse le champ libre, il ne tarda pas plus longtemps à surgir. Assailli par la sensation de la fourrure chaude dans tout son corps et celle de la sauvagerie du canidé possédant son âme, Darwen se laissa enfin envahir.


***


Les odeurs, les sons, les sensations affluèrent par dizaines, attirantes, enivrantes, pénétrantes.
Il savait cependant qu’il ne devait pas se laisser entraîner par elles.
Il avait quelque chose à faire.
Le loup se retira de sa cachette, et fixa l’humaine de son regard étrangement clair. Elle avait toujours les paupières fermées. Elle attendait toujours.
Il s’avança lentement vers elle, ses pattes marquant la neige de leurs empreintes. Des empreintes de loup. Qui se mêlèrent à celles de l’homme, passé par là deux minutes plus tôt, en sens inverse.
Ses muscles jouaient sous sa fourrure épaisse tandis qu’il avançait.
Des muscles de prédateur.
Mais elle ne bougeait pas.
Parvenu à sa hauteur, il s’arrêta, sans la quitter du regard.
Oreilles dressées, la truffe à quelques centimètres de son visage, il attendit que deux yeux dorés s’entrouvrent...

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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Jeu 29 Oct 2015, 11:17


- Ferme les yeux… s’il te plaît.

La formule de politesse était inutile, Syndrell avait déjà obéi à la demande de Darwen. Paupières closes, elle s’ouvrit ses autres sens à ce qui l’entourait : elle sentit la caresse du vent frais du soir sur son visage ; les lèvres entrouvertes, elle sentit son goût piquant sur le bout de sa langue et huma son parfum, mélange de bois et d’humus. Et elle l’entendit s’éloigner, ses pas crissant doucement dans la neige.

Elle sentait qu’il n’était pas très loin. Fermer les yeux n’était qu’une façon de voir le monde différemment ; elle ne voyait pas mais cela ne la rendait pas aveugle pour autant. Il était là, elle le sentait. Prêt à lui confier quelque chose qui se passait de mots. Attentive, Syndrell attendait, assise en tailleur, les mains posées sur ses genoux. Immobile.
Confiante.

Combien de temps s’écoula ainsi ? Combien de minutes, de secondes ? Syndrell ne compta pas. Elle sentit quelques flocons s’accrocher dans ses cheveux mais ne bougea pas et n’ouvrit pas les yeux. Elle attendait. Son cœur battait lentement dans sa poitrine. Et puis elle le sentit de nouveau. Darwen. Son élève. Il s’était approché d’elle mais il…

Il…





*




Sans ouvrir les yeux, Syndrell retire ses gants et lève sa main droite.
Un souffle sur sa paume.
Léger.




*




Elle ouvre les yeux et, immobile, contemple l’animal qui se tient devant elle. Tellement beau qu’elle sent son cœur se serrer d’émotion.

- Darwen…

Murmure ébloui.




*





« Comment es-tu au courant pour le loup ? »

Souvenir. Conversation volée.

« C’est Uli qui m’en avait parlé… mais, tu sais, c’est du pareil au même pour moi. Entièrement humain ou à moitié seulement, ça m’est complètement égal. Je t’aime comme tu es, ‘Wen… »

Volée, mais pas oubliée.




*




Le soleil flamboyait dans les arbres, scintillait sur la neige et dans le pelage du loup. Syndrell sourit et pencha la tête sur le côté.

- Que tu es beau, soupira-t-elle, émerveillée.

Aussi beau que Dil lorsqu’il se couvrait de ses écailles. Aussi beau qu’Erwan quand il feulait de rage. Consciente de la chance immense qu’elle avait de croiser à nouveau un être pareil, Syndrell savoura tout de cette rencontre avec le loup. Elle grava dans sa mémoire le coucher du soleil, les flocons qui tombaient silencieusement, le regard profond de l’animal posé sur elle, son souffle sur sa main.

Puis elle se leva souplement.


- Tu viens ?

Cette question n’en était pas une. C’était une invitation, et elle s’adressait non pas à au loup, ni même à l’homme, mais à l’apprenti. Aux yeux de Syndrell, Darwen était son élève, quelle que soit son apparence. Un élève dont elle était extrêmement fière.

Des étoiles dans les yeux, la marchombre se mit en route. Elle n’avait pas caressé le loup. On ne caresse pas un loup, à moins que celui-ci l’accepte. Elle respectait cela, peut-être parce qu’elle connaissait un jaguar qui ne se laissait que très rarement approcher, et un crocodile qui défendait chèrement son intimité. Elle savait, elle, que Darwen n’était pas à moitié humain, ni à moitié loup. Il était l’un et il était l’autre, les deux à la fois, et elle respectait trop l’homme et l’animal pour forcer un lien déjà unique.

Savoir qu’il était là lui suffisait amplement.


- Tu sais, dit-elle alors qu’ils suivaient un sentier qu’elle connaissait bien pour l’avoir souvent emprunté, je crois qu’à partir de maintenant c’est toi qui va chasser pour nous deux. Je ne fais pas le poids face à un prédateur de ton envergure, c’est évident ! Et puis, ça économisera les flèches.

Elle parlait d’un ton joyeux, persuadée que, si Darwen ne la comprenait pas à la manière d’un homme, il percevait néanmoins les nuances chantantes du son de sa voix. Après tout, elle racontait bien des histoires à Vagabond !

- Deux apprentis, un crocodile et un loup. Tu imagines ? Quel marchombre peut se targuer de former de tels apprentis ? Voilà, je sens que je vais avoir la grosse tête, à présent. Heureusement que les marchombres savent garder un secret…

Elle parlait, animée par une joie immense. Et en même temps, observait le loup, ses pas feutrés, son allure fine et élancée. Et parce qu’elle était loin d’avoir la grosse tête pour de vrai, celle qui guidait redevint celle qui apprenait : elle modifia ses appuis et s’employa à imiter sa discrétion absolue.

C’est ce qui lui sauva la vie.

Car, dans ce silence parfait et étouffé par la neige, elle perçut à la toute dernière seconde le vrombissement mortel qui fusait dans sa direction. Elle roula dans la neige. La flèche se planta dans le tronc d’un arbre.





*




Syndrell avait anticipé ce genre de danger en planifiant son parcours, quelques semaines plus tôt. Elle connaissait bien la passe de la Goule et savait que l’endroit était propice aux guets-apens. Y amener Darwen était l’intention volontaire d’un maître désireux de mettre son apprenti à l’épreuve. En l’occurrence, ils étaient servis : les hommes qui s’étaient embusqués dans les fourrés étaient nombreux, armés et visiblement indifférents au sort d’une jeune femme.

La marchombre se redressa vivement et passa à l’action. Elle courut vers les attaquants, les surprenant par son audace et sa vitesse en dépit de la neige qui s’épaississait. Bondissant au milieu des vagabonds, elle s’employa à semer la pagaille ; son talon, son genou, son coude, sa main – chaque partie de son corps était devenu une arme à part entière et tordait, ouvrait, luxait, brisait nettement et proprement.

Tout en se battant, Syndrell observait Darwen. Elle ne pouvait pas se contenter du rôle de spectatrice, mais elle n’intervint pas dans son combat. C’était à lui de se débrouiller, avec les clés qu’elle lui avait données depuis qu’ils s’étaient rencontrés. De nombreuses clés.

Allait-il savoir les utiliser ?

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…




Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Jeu 29 Oct 2015, 16:47

L’effet de surprise fut remarquable. Davantage encore que le premier, si c’était possible. La moitié des brigands restants s’étaient rassemblés pour combattre un loup venu d’ils ne savaient où, mais dont le danger qui en provenait les avaient forcé à en accepter l’idée. Pour ne pas mourir.

Pour essayer de ne pas mourir.

Ils se retrouvèrent soudain face à un homme, là, juste à la place du loup.
Un homme entièrement nu.


***


Ils s’observèrent silencieusement.
Cela faisait longtemps qu’il la connaissait, qu’il la côtoyait sans l’avoir vue de ses propres yeux, de son regard de loup. Il avait décidé de venir enfin se présenter à elle.
Ils s’observèrent silencieusement, et ces deux regards, l’un doré et l’autre d’un bleu très clair, l’un humain et l’autre lupin - mais qui laissait pourtant entrevoir quelque chose d’humain également - ces deux regards tranquilles semblaient avoir, par leur force et leur intensité, figé le temps quelques secondes, dont la trace ne subsistait que par les légers flocons qui se posaient sans bruit sur le sol enneigé, eux-mêmes paraissant si aériens qu’ils ne trahissaient l’existence d’un temps qui n’avançait qu’au ralenti.
Immobile, le loup laissa son souffle calme effleurer la paume de la marchombre, tandis qu’il sentait le vent emmêler sa fourrure.
En lui, l’homme était aussi bouleversé que son Maître, aussi émerveillé devant sa réaction qu’elle l’était en le voyant transformé.
Il sut alors qu’il ne regrettait pas.

Elle se leva soudain ; le loup dressa les oreilles et l’interrogea du regard. Il comprit son invitation, et, après lui avoir indiqué les vêtements et les armes déposés près de l’arbre devant lequel il était apparu, il se mit à trottiner à ses côtés, appréciant la fraîcheur de la neige sous ses coussinets, qui lui rappelait ses longs mois vécus aux côtés de la meute. La truffe à l’air, il en profitait pour humer les odeurs multiples autour de lui. Il écoutait attentivement l’humaine lui parler, son regard placide posé sur elle. Elle était très différente de cette autre humaine qu’il avait côtoyé, par deux fois, et pourtant elle lui parlait de la même façon, s’adressant à lui tout entier et non seulement à une moitié, qu’elle soit humaine ou animale.
L’idée de chasse s’imposa alors à lui, en écho aux paroles de la marchombre, et il s’apprêta à s’éloigner discrètement pour aller se trouver une proie, quand quelque chose, dans les mots, attira son attention, et plus particulièrement celle de l’homme.
Un crocodile.
Elle avait parlé d’un crocodile.
Un autre apprenti... ?
Mais c’était le loup qui était en surface, et cela l’empêcha de s’interroger sur le sens plein des mots. Une fois redevenu humain, il s’en rappellerait et pourrait y réfléchir en tant qu’humain, mais le canidé ne percevant pas les mots de la même façon, ils restaient pour lui quelque chose de flou, même s’il les comprenait. Il avait simplement une manière différente de les comprendre, et ne leur donnait pas un sens comme le faisait l’homme.

La perspective de la chasse revint donc au premier plan de son intérêt ; mais, à nouveau, quelque chose l’arrêta. Ce n’était pas elle, cette fois, c’était quelque chose d’extérieur, et néanmoins de proche. Très proche.
Et dangereux.
Le loup s’arrêta et coucha les oreilles en arrière, grondant...
Avant de s’éclipser dans les fourrés, juste avant qu’un trait mortel ne fuse vers l’humaine.


***


L’effet de surprise fut remarquable.
Les hommes étaient nombreux, presque une vingtaine. Aucun ne s’attendait à voir un loup se jeter dans la mêlé. Surgissant hors des taillis avec une célérité prodigieuse, le prédateur bondit sur un premier homme pour lui déchiqueter la gorge, puis sur un deuxième, lui arrachant presque un bras. Le temps que les autres réalisent ce qu’il se passait - dont les adversaires de la marchombre qui perdirent alors la plus grande partie de leurs moyens - il en avait tué ou mis hors de combat deux de plus.
Leurs blessures témoignaient d’une sauvagerie impressionnante.
Ce fut ce qui retint l’attention de sa moitié humaine, à qui la scène rappelait furieusement son combat à Al-Chen, lors de sa première rencontre avec Kaünis..
A cause du loup, de lui-même, il avait assassiné des hommes, sans aucune forme de procès.
Et il s’était promis de ne pas recommencer !



***


L’effet de surprise fut remarquable. Davantage encore que le premier, si c’était possible. La moitié des brigands restants s’étaient rassemblés pour combattre un loup venu d’ils ne savaient où, mais dont le danger qui en provenait les avaient forcé à en accepter l’idée. Pour ne pas mourir.

Pour essayer de ne pas mourir.

Ils se retrouvèrent soudain face à un homme, là, juste à la place du loup.
Un homme entièrement nu.


***


L’effet de surprise fut remarquable, et ce fut sans aucun doute ce qui permit à l’apprenti de garder l’avantage. Refusant de prolonger la boucherie insupportable qui se déroulait devant lui, il avait repris forme humaine sans réfléchir plus longtemps. Il se retrouvait désormais face à cinq hommes armés jusqu’aux dents... complètement dévêtu. Sa seule arme était son propre corps, dans toute sa force... et toutes ses faiblesses.

Ombre et lumière, action et inaction, jaillissement et immobilité. Le Marchombre sait être mouvement et absence de mouvement.


Darwen bondit, comme le loup l’avait fait avant lui. Son talon percuta un sternum, son genou emboutit une entrejambe, il esquiva un poing, le sien brisa des côtes. Une seconde d’inattention, et il reçut un coup puissant au genou qui lui fit perdre l’équilibre.

L’échec devient succès à partir du moment où tu en tires une leçon positive.


Darwen accepta sa chute, exécuta aussitôt une roulade qui lui permit d’éviter une lame, se redressa, fit exploser un nez, frappa, encore et encore.

Un combat est un seul geste. Qu’il dure une seconde ou une heure. Qu’il vous oppose à un ennemi ou à dix. Un seul geste, un seul souffle…


Derrière lui, un homme se releva péniblement avant de se jeter sur lui, brandissant son arme, alors qu’il combattait déjà face à un autre ; Darwen glissa sur le côté, et, emporté par son élan, le premier brigand blessa le deuxième à la place du jeune homme. Chacun reçut ensuite un coup à l’arrière du crâne ; ils s’effondrèrent.

Le dernier homme qui lui faisait face avait attendu son tour sans paraître effrayé. Il sourit lorsqu’il se retrouva devant l’apprenti marchombre, qui rougit face au regard torve de son adversaire. Déstabilisé, il ne vit qu’au dernier instant le sabre qui filait vers lui et se jeta au sol, perdant quelques mèches de cheveux au lieu de sa tête. Il roula sur le côté, se releva instantanément, voulut bondir en arrière pour s’éloigner... L’homme fut plus rapide et eut le temps de tracer une une ligne de feu sur son torse, à l’endroit même de son ancienne blessure infligée par Sharmal.

N’oubliez jamais ceci : le marchombre se rit de son adversaire. Il joue avec lui, pénètre son centre, lui vole sa force...


Darwen, contre toute attente, bondit à nouveau mais en avant, profitant du fait que l’homme avait relevé son sabre. Il feinta sur la gauche, se glissa derrière son adversaire dont il frappa la carotide, le contourna à nouveau en passant sous son sabre, pour l’atteindre au menton.

L’homme s’effondra dans la neige.

Le métamorphe s’assura que tous les hommes étaient hors de combat, évitant de s’attarder sur ceux dont le loup s’était occupé. Il constata alors que tous étaient à terre, et que Syndrell l’observait en silence. Depuis combien de temps ? Se mordant les lèvres, ‘Wen leva les yeux vers elle...




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Lynndiara Edril
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Lun 02 Nov 2015, 17:19

Les yeux de Lynndiara ne s’étaient posés jusque-là que sur la roche qui se trouvait en face d’elle, et son regard n’avait pas dévié une seule fois. D’ailleurs, à l’arrivée, c’est sur cette même roche qu’elle tomba nez à nez en trébuchant. Mais son premier regard, libre désormais, se posa sur la main que lui tendait Darwen, avant de rencontrer celui du jeune homme. La jeune femme lui sourit, se releva seule, et le sourire aux lèvres, croisa ensuite celui de Syndrell. Elle aurait voulu exprimer tant de choses à cet instant… Pourtant, elle ne dit rien, seuls ses yeux parlaient. Ceux de Syndrell et de Darwen aussi. Ce fût Syndrell qui brisa le silence qui les entourait maintenant.

- On bouge ! s’exclama la marchombre en tendant ses deux bras pour qu’ils en saisissent chacun un et se relèvent promptement. La légende de ce gouffre le rend un peu trop déprimant à mon goût, alors ne nous éternisons pas trop ici, d’accord ?

Elle avait bien failli l’oublier cette légende, Lynndiara. Elle lui était totalement sortie de l’esprit, elle avait été bien trop envahie par toutes ses sensations pour repenser à cette histoire. Mais même sans parler de cela, il était vrai que l’endroit n’était pas des plus rassurants, et que la jeune femme changerait volontiers d’air. Elle avait hâte de pouvoir admirer à nouveau le ciel, et voir se déployer devant elle l’horizon, recouvert de son manteau blanc.

***

Si la rouquine ne se lasserait jamais de laisser son regard voguer sur cette grande étendue blanche, elle préférait néanmoins l’admirer à travers une fenêtre, bien au chaud, comme à cet instant même dans l’auberge où Syndrell les avaient emmenés. Lynndiara reporta son regard sur Syndrell et Darwen, assis devant le feu, et esquissa un sourire en se remémorant leur parcours jusque-là. Si Darwen l’avait beaucoup impressionné au départ, avec ses airs mystérieux, il était désormais un camarade qu’elle appréciait, et elle trouvait qu’ils se complétaient, aussi bien par leur caractère que par leur capacités. Nombreuses étaient les fois où le jeune homme l’avait taquinée et l’avait fait partir dans un fou rire. Un brin de malice dans les yeux, la jeune femme se remémora les exercices qu’ils avaient effectués dans la neige, et se surprit elle-même à s’imaginer elle et le fougueux Darwen se défier dans la neige à la manière d’un jeu. Lynndiara quitta finalement la fenêtre et l’étendue blanche qu’elle laissait entrevoir pour la couleur vif et la chaleur du feu, et s’assit au côté de ses compagnons.

Elle enregistra ensuite toutes les nouvelles connaissances dont leur fit part Syndrell, et se montra intéressée et même participative. De nature curieuse, elle se plaisait à apprendre les noms et les particularités des nombreuses plantes que leur énuméraient la jeune femme, d’autant plus qu’elle savait ses connaissances plus qu’utile. Ils durent ensuite se rappeler, énumérer et expliquer les diverses techniques de combat qu’ils avaient pu apprendre et exercer durant leur apprentissage, et cet exercice-là fût une vraie partie de plaisir, et ce grâce à un Darwen déchaîné, qui mimait chacune des techniques, et pour lesquelles Lynndiara ne pouvait retenir ses rires. Non pas qu’elles étaient mal illustrées, au contraire, mais le voir agir ainsi était assez comique.

La soirée se termina finalement dans le calme, et l’un comme l’autre se montrèrent très attentifs aux mots que la jeune femme leur apprit en Petits. Découvrir une autre langue, et un autre peuple, c’était fort intéressant, et Lynndiara se dit qu’elle aimerait bien pouvoir en rencontrer et les découvrir plus encore un jour. Mais pas maintenant, ils devaient d’abord tout savoir sur les marchombres et en devenir entièrement un avant de s’aventurer ailleurs…
La jeune rouquine s’assoupit épuisée, mais heureuse et sereine. Elle s’endormit en repensant à cette journée, qui avait été riche en émotions, mais qui avait peut-être été pour elle l’une des plus belles qu’elle avait vécu depuis qu’elle avait emprunté cette voie… Mais une journée en vaut-elle vraiment une autre après tout ?

***

- Trois couteaux chacun. L’objectif n’est pas de les planter au beau milieu de la cible, mais de découvrir quel genre de lanceur vous êtes. Vous devez ressentir le lien entre la lame et votre bras, et vous devez en comprendre le mécanisme. D’accord ?

Même exercice que le tout premier qu’elle avait réalisé, comme son tout premier pas sur cette voie, comme le jour de leur rencontre, mais à l’extérieur cette fois. Ils auraient pu en être désavantagés, cela dit, Syndrell avait solidement attachés les cibles avec des tiges rigides, et la difficulté ne semblait pas être là. Pourtant, Lynndiara était certaine qu’il y en avait une. Mais elle décida qu’elle s’en rendrait compte en action, ce qui devait d’ailleurs sûrement être un des buts de cet exercice. La jeune femme observa Darwen à l’œuvre, et remarqua qu’il comprit très vite le but de l’exercice, au bout de seulement quelques lancers, il semblait avoir trouver son lancer, et le mécanisme dont avait parlé Syndrell quelques instants plus tôt.

Ce ne fût pas le cas pour Lynndiara, qui ne comprit pas immédiatement ce qu’on attendait d’elle. Elle essaya différentes techniques, et même différentes postures, mais ne parvint, elle, pas à comprendre cette notion de mécanisme et de lien. Elle essaya tout d’abord un premier lancer en empoignant le couteau par le manche, mais ce tir lui sembla bien trop lourd, et lent. Elle s’employa ensuite à lancer le second couteau avec plus de finesse, par la lame, mais ce lancer manqua de précision. Elle tenta donc pour son dernier essai de trouver le juste milieu, dans une étreinte plus légère et sur le bout du manche, mais ce lancer fût un peu maladroit. La jeune femme ne sût dire lequel des trois avaient été le plus adroit, ni même quelle conclusion elle devait en tirer.
Elle observa un bref instant Syndrell apprendre quelques numéros de jongle à son camarade, puis posa ses yeux émeraudes sur les trois couteaux immobiles, n’attendant qu’une chose : sa main. La rouquine décida de s’exercer à nouveau, peut-être devait-elle faire preuve de plus d’attention. Elle récupéra donc les trois couteaux avec résignation et se remit en position. Elle essaya à présent de modifier la trajectoire du couteau en le faisant légèrement dévier. Mais là encore, même après 3 nouveaux essais, rien ne se passa. Ou du moins, rien qui lui laissait entrevoir un lancer plus adapté, et par conséquent, la réussite de cet exercice.

Lynndiara soupira, ramena sa chevelure flamboyante derrière elle dans un geste désespéré, et jeta un regard indécis sur ses compagnons, qui devait la trouver bien peu… adroite en cet instant. Pourtant, elle ne voulait pas renoncer, d’autant plus que l’exercice ne semblait pas difficile. Renoncer ne lui ressemblait en rien, et n’était pas digne de ce qu’elle était devenue, de ce qu’elle était en train de devenir et de ce qu’elle allait devenir. Renoncer n’était pas digne d’un marchombre, apprenti ou maître. Elle affirma donc à Syndrell et Darwen qu’elle continuait l’exercice et qu’elle les rejoindrait ensuite. Elle les observa s’éloigner, et posa un énième regard, plus résigné encore que les précédents sur la cible. Elle se concentra sur chacun de ses mouvements, du bout de ses doigts à la pointe de ses pieds, et tira, encore, et encore…

***

Des moments de doutes, elle en avait eu, et pas plus tard que la veille, lorsqu’elle avait dû grimper sur la paroi rocheuse. Ce n’était ni le premier, ni le dernier. Des échecs aussi, elle en avait eu, et en aurait sûrement d’autres. Et ne lui avait-on pas toujours dit que c’est en doutant de soi-même qu’on se trouve, que s’est en tombant qu’on se relève, en apprenant de ses erreurs qu’on avance? Pourtant, à cet instant, elle ne voyait rien, ni la porte qui pourrait s’ouvrir devant elle, ni le promontoire qui lui permettrait d’enjamber ce vide, rien qui lui permettrait de surmonter cet échec.
Lynndiara ferma les yeux quelques instants. Découvrir quel genre de lanceur vous êtes. Vous devez ressentir le lien entre la lame et votre bras, et vous devez en comprendre le mécanisme. Que devait-elle faire, comment devait-elle y parvenir ? Comment ressentir ce lien ? En s’exerçant, elle n’avait pourtant rien ressenti, avait-elle omis quelque-chose ?

Un bruit, lointain, indescriptible, attira son attention. La jeune femme n’avait pas encore ouvert les yeux, et ne les rouvrit pas immédiatement. Elle tendit l’oreille. Plus rien. Elle fixa à nouveau sa cible, qui la narguait depuis au moins une demi-heure déjà. Elle se positionna, tira le bras et... frémit cette fois. Frémit au même rythme que son couteau, lorsque celui-ci fendit l’air, et plus encore lorsqu’il se figea dans la cible dans un bruit sec. Et Lynndiara comprit enfin. Durant cet fraction de seconde, elle avait été le couteau… et le couteau avait été elle. Et elle sût aussi pourquoi. Parce que ses sens étaient en alerte. Et l’étaient toujours d’ailleurs. Des bruits, semblables aux précédents, lui parvenaient bien distinctement maintenant. Des bruits de combats. Syndrell les avaient mis en garde, et nombreux étaient ceux qui savaient que… Et si c’étaient eux qui…

Lynndiara s’élança. Courut à en perdre haleine. Trébucha. Se releva. Et reprit sa course effrénée. Elle ne contrôlait plus ses jambes, ses jambes la portait, elles-mêmes poussés par la peur. Elle ignorait combien de mètres elle avait parcouru, combien de mètres elle devait encore parcourir, mais elle les parcourait, à une vitesse dont elle-même se serait pensé incapable. Peu importait le froid qui giflait ses joues, ses mains. Peu importait la neige qui mordait ses pieds, obstruait ses yeux. Elle devait les rejoindre.

Comment elle avait pu courir aussi vite, elle n’en sût rien. Pourquoi Darwen était nu, lorsqu’elle les retrouva, elle n’en sût d’avantage encore rien, et ce ne fût pas sa première préoccupation. Tout va si vite dans ses instants. Lynndiara aurait sûrement réagi tout autrement en d’autres circonstances. Peut-être aurait-elle tout d’abord ri, avant de vraiment se poser des questions. Ou bien l’inverse. Pourtant, elle ne fît ni l’un ni l’autre. Peut-être aurait-elle été rouge de colère ? Rouge, elle l’était, mais pas de colère,  d’essoufflement. La jeune femme ne tarda d’ailleurs guère sur ce sujet, sur l’étrange situation de son compagnon… Beaucoup de corps à terre. Pas celui de l’homme aux yeux de glaces, ni celui de la femme aux cheveux de glaces. Soulagement. Puis tous se joua en une fraction de seconde. Un homme, un seul, debout derrière Darwen. Un couteau, un seul, dont la lame brillait encore dans la main de Lynndiara. Un homme, un couteau. Un couteau, un homme. Et pas le droit à l’erreur. La lame siffla, fendit l’air sournoisement. L’homme suffoqua, s’écroula dans la neige. Et Lynndiara se tourna enfin vers son camarade, puis vers son maître, ses yeux interrogateurs allant de l’un à l’autre, trop essoufflée pour employer des mots à son effarement.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Lun 02 Nov 2015, 20:35

[Parfait Lynn, c'est parfait ! Team Kihux powaaaa ! SS ]




Syndrell se glissa le long d’un bras tendu, frappa une mâchoire, des côtes, un genou, se baissa pour éviter un coup de taille et faucher les jambes du principal concerné, accompagna sa chute, l’assomma violemment, roula dans sa lancée et se redressa, vive et leste, pour se faufiler à nouveau entre deux bandits.

Un cri, dans son dos, lui fit tourner la tête en direction de l’autre zone de combats. Darwen venait de faire son entrée, sous sa forme de loup. Une entrée spectaculaire qui en laissa plus d’un sidéré ; le jeune marchombre profita de la surprise générale pour passer à l’action. Ses muscles puissants roulaient sous sa peau. Il bondit, sa masse heurtant celle d’un premier homme sans lui laisser la moindre chance de le repousser, et fit claquer sa mâchoire.

Son attention retenue par cette scène, Syndrell faillit ne pas voir à temps le coup de poignard qui fusait vers son visage. Elle se décala au tout dernier moment, son poignet déviant la lame qui, au lieu de trouver son œil, dessina une très fine ligne de feu sur sa pommette gauche. La seconde suivante, l’auteur de ce joli coup passait par-dessus son épaule et s’écrasait sur le sol. Le craquement sinistre de son bras ne laissait aucun doute quant à l’état désormais pitoyable de ce dernier…

Sans plus s’occuper de lui, Syndrell s’élança à travers la combe enneigée. Elle chercha Lynndiara du regard, refusant de croire que des compagnons de cette bande de malfrats aient pu lui tomber dessus ; elle n’avait pas pensé qu’ils se trouveraient séparés au moment de l’altercation. Et, alors qu’elle commençait à croire qu’il valait peut-être mieux qu’elle laisse Darwen se débrouiller sous sa forme lupine avec les hommes qui restaient encore debout, afin d’aller retrouver son autre élève, le jeune homme réapparut à la place du loup.

Nu comme un vers.
La marchombre hésita un instant. Partir, et laisser Darwen seul, sans rien d’autre que son corps pour se défendre ? Rester et abandonner Lynn à son sort ? Du coin de l’œil, elle vit les brigands marquer un temps d’arrêt devant l’allure de Darwen, puis se précipiter vers lui dans un bel ensemble. Ils avaient deviné qu’il était moins expérimenté qu’elle. Fronçant les sourcils, elle les suivit.

Mais ces hommes avaient commis une belle erreur : Darwen n’était pas moins puissant que le loup. Humain, il n’avait pas le pouvoir de faire craquer les os ni de déchiqueter les chairs, mais il n’avait pas besoin d’arme pour se défendre : son coude, sa main, son genou, son pied, l’axe de son corps, sa rotation, son équilibre, Darwen avait appris à utiliser chaque partie de son corps pour appréhender, accepter, accompagner et retourner les coups.

Syndrell ralentit sa foulée, puis s’arrêta pour le regarder. Maintenant qu’elle avait rencontré sa part cachée, elle voyait très nettement le loup en Darwen, dans sa façon de se déplacer, de mener ce combat dont il avait clairement l’avantage. Elle le vit encaisser, mais elle le vit également rectifier sa position, gommer ses hésitations et apprendre de ses erreurs. Elle le vit saigner, et elle le vit répondre avec une redoutable efficacité. Elle le vit mettre hors d’état de nuire ses adversaires.
Elle le vit grandir.

Avec une immense fierté.





*




Le temps semble s’être figé un instant sur le champ de bataille désormais silencieux. Plus rien ne bouge, seuls les flocons qui tombent en un rideau blanc et léger semblent vouloir briser l’illusion de cette absence de vie.

Lynndiara surgit des fourrés, saine et sauve, le rouge de ses cheveux tranchant avec le blanc du paysage enneigé. Elle découvre la scène avec stupeur, puis se fige à son tour. Dans sa main, le couteau qu’elle serre de toutes ses forces s’envole.

S’envole.

Frôle l’oreille de Darwen.

Se fiche dans la gorge de l’homme qui se tient juste derrière, au moment où le poignard de Syndrell s’enfonce entre ses omoplates.

Et de nouveau, l’immobilité.

Silence.





*




Syndrell laissa filer une poignée de secondes avant de relâcher son bras. Elle se redressa lentement, évaluant la situation et scrutant les alentours avec attention. Lorsqu’elle fut certaine qu’aucune mauvaise surprise n’allait les déranger de nouveau, elle s’élança dans une petite foulée rapide pour rejoindre ses élèves.

- Ça va ? Vous n’avez rien ?

Quelques égratignures pour Darwen uniquement. Alors, Syndrell s’autorisa un discret soupir de soulagement. Elle n’avait pas douté d’eux, à aucun moment, mais elle était heureuse qu’ils n’aient pas reçu de blessures sérieuses. La coupure que Darwen avait au flanc se trouvait pile à l’endroit où il avait été touché par le sabre de Sharmal, toutefois Syndrell estima qu’il n’aurait besoin d’aucun point de suture.

Elle s’approcha de Lynndiara qui reprenait son souffle et, se plantant devant elle, lui prit doucement le visage entre les mains. Ancra son regard doré dans le sien.


- Dans le mille, jeune apprentie… C’était un lancer magnifique, exécuté avec ce qu’il fallait de puissance, de vitesse et de précision. Parce que tu as su saisir le détail dans sa globalité. Et le détail, Lynn, le détail est le raccourci du Marchombre… celui qui l’entraîne vers des lieux insoupçonnés, lui offre un temps d’avance sur ses adversaires et, souvent, lui sauve la vie.

Elle se pencha et déposa un léger baiser sur le front de la jeune femme, avant de lui lancer un clin d’œil flamboyant de complicité et de tout le respect qu’un maître pouvait témoigner envers son apprenti. Puis elle se tourna vers Darwen et lui flanqua son habituelle tape à l’arrière du crâne… avant de l’attraper par le cou pour attirer sa tête contre la sienne et presser, un bref instant, son front contre le sien.

- Beau travail, souffla-t-elle en fermant les yeux, juste une seconde.

Libérant le jeune homme dans un sourire, elle s’éloigna d’eux, se retourna et croisa les bras sur la poitrine, l’air faussement indignée :


- Et bien alors, qu’est-ce que vous faites, vous dormez ? On se bouge, allez ! Lynn, récupère ton poignard et garde le précieusement avec toi, désormais. Il t’appartient. Ensuite, aide-moi à détrousser ces messieurs, histoire de leur apprendre à vouloir chercher des ennuis à des Marchombres… Darwen ! Tu comptes nous offrir le charmant spectacle de ta nudité jusqu’à Al-Jeit ? Va récupérer tes affaires et rejoins-nous en vitesse !

Ils se montrèrent efficaces. Vingt minutes plus tard, accroupie devant un Darwen sagement assis – et vêtu – sur un tronc couché dans la neige, Syndrell soignait l’estafilade qui courait sur son flanc. Elle lui fit un pansement, s’assurant qu’il le protégeait sans trop le gêner dans ses mouvements, et examina rapidement son genou, vérifiant de ses doigts experts et délicats qu’aucun tendon ni aucun muscle n’était sévèrement touché.

Ils reprirent la route un peu après la nuit tombée, accompagnés par un rayon de lune audacieux et le scintillement rassurant des étoiles sur la voute éthérée.
La neige avait cessé de tomber.





*




Le lendemain, ils franchirent le Pollimage aux alentours de midi. Syndrell avait calculé sa trajectoire pour qu’ils traversent le fleuve par l’Arche. Qu’on le découvre pour la première fois ou pour la centième, rien ne changeait : le cœur s’affolait, les yeux s’écarquillaient, le souffle manquait, la gorge se serrait et l’émotion, alors, parlait. S’exprimait dans un silence mille fois plus éloquent qu’une seule parole.

Conscient que Lynn et Darwen étaient fourbus et subissaient le contrecoup d’une succession d’événements particulièrement marquants, Syndrell les entraîna vers une auberge qui bordait le Pollimage, sur la rive est. Ils y dégustèrent un délicieux ragoût de crevettes. Lorsqu’ils quittèrent l’établissement, le ventre plein et un peu reposés, la marchombre tendit le bras et désigna la cité qui se découpait devant eux dans un ciel qui oscillait entre le gris et le bleu.


- On se retrouve à Al-Jeit tout à l’heure : je vous laisse quartier libre quelques heures, à vous de les employer à votre guise. Rendez-vous à la tombée de la nuit sur l’esplanade principale !

Elle disparut avant de leur laisser le loisir de lui demander des éclaircissements.




*




L’hiver avait piégé Al-Jeit dans une gangue de cristal. Le gel avait recouvert chaque maison, chaque tour, chaque pavé de rue, si bien que la cité scintillait comme un joyau alors que les derniers flamboiements du couchant miroitaient à l’horizon. Un froid intense s’installa avec la nuit. Dans les rues, les passants se raréfièrent jusqu’à disparaître complètement.

Adossée à la colonne d’un bâtiment qui donnait sur la place où elle avait rendez-vous avec ses élèves, Syndrell, les yeux clos, réfléchissait. Elle repensait au loup, à cette formidable rencontre avec l’intégrité pleine et entière de Darwen. Elle revoyait le poignard quitter la main tendue de Lynn et faire mouche. Mesura leurs progrès et le chemin qu’il leur restait à parcourir avant de…

Elle rouvrit les yeux, devinant leur présence dans les ombres nocturnes.


- Par ici, chuchota-t-elle.

Elle les conduisit dans un dédale de ruelles qui se croisaient et s’entrecroisaient, levant parfois les yeux vers les ponts scintillaient qui s’élançaient, loin au-dessus de leurs têtes. Une dizaine de minutes plus tard, elle s’arrêta au pied d’une tour.
Vertigineuse et recouverte de glace.


- J’ai quelque chose à vous montrer, dit-elle en se tournant vers ses apprentis. Mais pour ça il faut d’abord monter.

Elle déposa devant eux le matériel qu’elle avait récupéré au cours de l’après-midi : des pointes qu’elle les aida à fixer sur leurs chaussures, avant de leur montrer comment se servir de celles qui restaient en les coinçant entre leurs doigts.

- Conservez un rythme tranquille, ce n’est pas une course mais une épreuve : la glace est tantôt solide comme un roc, tantôt fragile au point de se briser sous la pression d’un doigt. Choisissez vos appuis avec soin et gardez-en toujours au moins trois. On y va ?

Syndrell avait prononcé cette question en croisant le regard de Lynn. Dans le Gouffre du Fou, la jeune femme était parvenue à vaincre sa peur du vide. Escalader cette tour allait lui demander beaucoup…

- Lorsque vient le moment des décisions, ce qui compte n'est pas ce qui aurait pu être ni ce qui sera peut-être, mais ce qui est, ajouta-t-elle, autant à son attention qu’à celle de Darwen. Si les choix du Marchombre découlent du passé et s'ouvrent sur l'avenir, ils sont avant tout en accord avec l'instant présent…

Un sourire se dessina sur ses lèvres. Miss lui avait offert ce sage conseil lors de sa première leçon à Al-Jeit, afin de l’aider à vaincre ses plus grandes peurs…
Souvenir.

Et respect.


- Allez, c’est parti ! Rien de mieux qu’une petite séance d’escalade pour se réchauffer ! s’exclama-t-elle d’un ton joyeux.

Et elle s’élança.


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…




Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Mer 23 Déc 2015, 15:35

Tout se déroula très vite. Darwen eut à peine le temps de réaliser que Lynndiara apparaissait comme par magie au milieu de toute cette blancheur immaculée qui semblait atténuer chaque son, et qu'elle se mettait en mouvement sans qu'il ne comprît pourquoi ; il eut à peine le temps de la voir lancer sa lame dans sa direction, de sentir l'arme frôler sa joue, de se retourner pour suivre sa trajectoire... un homme s'effondra derrière lui, lâchant un râle de douleur et de surprise. Hébété, le jeune homme recula légèrement, apercevant un deuxième poignard planté dans le dos de l'homme... et Syndrell debout derrière lui, le bras encore tendu.

Il fallut un moment à l'apprenti marchombre pour comprendre la situation, son regard voguant de Lynn à Syndrell, et de Syndrell à Lynn. Puis en comprenant enfin, il rougit de son erreur : il avait cru tous les bandits hors de combat, mais n'avait pas été assez vigilant, et l'un d'eux avait manqué de le tuer. 'Wen se mordit les lèvres, ne sachant que dire ; la marchombre aux cheveux bleus le tira de son trouble en brisant elle-même le silence qui s'était abattu sur la plaine, s'élançant vers ses apprentis.

C'était la seconde fois qu'elle lui sauvait la vie ; la première, elle avait risqué la sienne pour cela. Mais elle n'était pas la seule envers qui il avait une dette : Lynn avait réagi au quart de tour, et son lancer avait parfaitement fait mouche. Incapable de proférer un mot, Darwen dut se contenter d'observer son Maître se diriger vers Lynndiara, et d'écouter ce qu'elle lui disait. Il avait complètement oublié qu'il était nu - il était plutôt résistant au froid, mais c'était davantage le trouble dans lequel il était plongé qui l'empêchait de le ressentir. Aussi, quand la jeune femme aux yeux dorés le prit dans ses bras, il prit soudain conscience de sa nudité et le rouge lui monta brusquement aux joues. Cependant, le compliment qu'elle lui adressa lui fit oublier sa gêne un instant, et il lui répondit par un sourire... et un murmure.

- Merci, encore une fois...

Ce n'était un remerciement lié au compliment, mais il savait qu'elle avait compris. Lorsqu'elle le libéra de son étreinte, le jeune homme se tourna vers Lynndiara, plantant son regard dans le sien.

- Et... merci aussi, Lynn. Je te dois également la vie.

Ce n'était pas une promesse en l'air ; ce qu'ils venaient de vivre les liait davantage que de simples camarades de cours, et même de voyage. Un jour, lui aussi sauverait la vie à son amie aux cheveux rouges...

Leur Maître brisa pour la seconde fois le silence gêné mais plein de promesses qui s'était installé à nouveau entre eux.

- Darwen ! Tu comptes nous offrir le charmant spectacle de ta nudité jusqu’à Al-Jeit ? Va récupérer tes affaires et rejoins-nous en vitesse !

Rougissant une nouvelle fois, l'apprenti lui tira la langue pour se donner une contenance, et essaya de ne pas trop se dépêcher jusqu'à ses vêtements pour faire comme s'il était tout à fait à l'aise... mais il ne réussit à tromper ni Syndrell, ni Lynndiara, et son embarras ne disparut complètement que lorsque la marchombre eut terminé de soigner ses légères blessures...

***




Il s'était déjà rendu à Al-Jeit au cours de ses pérégrinations antérieures à sa venue à l'Académie, mais le spectacle de l'Arche lui parut toujours aussi impressionnant et émouvant. Comme les deux jeunes femmes à ses côtés, il observa l'œuvre des Dessinateurs le souffle coupé, ébloui par sa beauté et l'émotion qu'elle provoquait. L'hiver, cette beauté était encore plus étourdissante ; le givre qui couvrait la plaine reflétait les multiples nuances des couleurs de l'architecture et en amplifiait la lumière. Marcher sur l'immense pont translucide dans ces conditions était une expérience fabuleuse - mais sûrement vertigineuse pour Lynn - et Darwen avait presque envie de s'y assoir pour contempler le Pollimage durant une éternité. Même la perspective de l'auberge ne réussit pas à calmer immédiatement son émotion, et il fallut se retrouver devant un bon plat pour que le nœud dans sa gorge disparaisse au profit d'un puissant appétit - les étoiles dans ses yeux clairs changèrent alors de cause, et le ragoût de crevettes ne fit pas long feu.

Un large sourire fendit son visage lorsque leur mentor annonça qu'ils avaient quartier libre tout l'après-midi ; les deux apprentis continuèrent leur route ensemble jusqu'à Al-Jeit, et se séparèrent après avoir franchi la porte d'Améthyste - et s'être émerveillé devant. Le jeune homme se coula dans les rues de la capitale, heureux de les retrouver. Décidément, elles étaient plus rassurantes que les sombres et sales ruelles d'Al-Far, où il avait vécu pendant plus de six mois. Il ne connaissait pas beaucoup Al-Jeit, et un léger sourire apparaissait sur ses lèvres lorsqu'il se rappelait tout de même certains endroits, au gré de sa déambulation. Il sortait de chez un marchand de poignards lorsqu'une voix connue retentit dans la rue.

- 'Wen ! Tu es de passage à Al-Jeit ?

L'apprenti marchombre chercha le propriétaire de la voix une poignée de secondes avant d'apercevoir une silhouette se détacher de la foule pour s'avancer vers lui en souriant. Ses yeux brillèrent en reconnaissant le jeune homme aux mèches blondes et châtains ébouriffées et aux yeux bleu azur, qui devait avoir un ou deux ans de moins que lui.

- Maël ! Je ne m'attendais pas à te revoir ici...

Après une hésitation, les deux amis - anciens amants - s'étreignirent un instant.

- Tu as donc aussi laissé tomber Al-Far... tu as rejoint les Dessinateurs ?
- Oui ! J'avais raison de faire confiance en mon Don, l'Académie m'a tout de suite ouvert ses portes et me voilà en dernière année, j'ai fait des progrès inimaginables ! Tu as le temps pour un café ? J'aimerais aussi savoir ce que tu deviens...
- J'allais te le proposer, répondit Darwen, un sourire creusant sa joue.

Le ciel commençait à peine à se parer des couleurs du crépuscule, il avait donc une petite heure devant lui avant de rejoindre Syndrell et Lynndiara. Se laissant entraîner par Maël, qui connaissait sans doute bien mieux que lui les bons troquets d'Al-Jeit, l'apprenti le suivit jusqu'au Soleil bleu, l'un des lieux de rendez-vous préférés des étudiants du Don, qui en étaient les principaux habitués. Il s'agissait en fait d'un petit salon de thé confortable et décoré avec goût - principalement dans les tons bleus - où était proposé une grande variété de boissons chaudes et parfumées. Les deux jeunes hommes commandèrent chacun un chocolat à la cannelle et au épices - Maël offrit le sien au marchombre - et s'installèrent confortablement dans les fauteuils, où les rejoignirent une vingtaine de minutes plus tard des amis du Dessinateur ; le groupe ne tarda pas à produire une ambiance bruyante et joyeuse qui réchauffait davantage encore que les délicieux chocolats chauds...


***




La nuit avait paru depuis un bon quart d'heure quand l'apprenti s'en rendit compte, et jurant dans sa barbe, il fit un au-revoir et un remerciement général avant de quitter avec regret le moelleux du fauteuil et les sourires de ses nouveaux amis, et de se précipiter dans la rue. Maël le rejoignit et l'attrapa par le bras :

- Je t'accompagne, tu trouveras bien plus vite !

Son ami, loin de résister, le remercia d'un sourire, et tous deux s'élancèrent dans les rues gelées de la capitale. Il ne fallut au Dessinateur qu'une poignée de minutes pour retrouver l'esplanade, où Darwen aperçut de loin son Maître et sa camarade qui l'attendaient. Le jeune homme blond lui posa une main sur l'épaule et tendit l'autre devant lui : une petite figurine de loup apparut dans sa paume, dont les reflets bleutés rappelaient les couleurs du salon de thé.

- Waouh ! Tu arrives à faire ça maintenant ?
- Ce n'est pas grand chose, répondit Maël en souriant, et elle disparaîtra dans quelques heures... mais c'est pour toi ; si on a l'occasion de se recroiser je t'en offrirai une vraie !

Emu, 'Wen saisit la petite figurine, et la plaça dans une poche intérieure de sa veste après l'avoir observée quelques secondes.

- Merci, je dois y aller, maintenant... je ne sais pas combien de temps mon Maître a prévu que l'on reste à Al-Jeit, mais on se reverra peut-être avant mon départ.

Son ami sourit et l'embrassa furtivement sur le coin des lèvres avant de disparaître dans la nuit ; l'apprenti, encore sous le coup de son baiser, mit un moment à réaliser qu'il avait fait un pas sur le côté.

Il s'avança vers ses deux amies en s'apprêtant à s'excuser de son retard et à essuyer le regard moqueur de son mentor, mais Syndrell ne sembla pas lui en tenir rigueur, et elle conduisit ses apprentis devant une haute tour recouverte par la glace. Darwen échangea un regard anxieux avec Lynn : escalader cette tour scintillante n'allait pas être une mince affaire, loin de là. La marchombre aux cheveux bleus les pensait-elle réellement capables de cet exploit ?

L'apprenti s'arma des pointes que lui tendait son Maître, tandis qu'en lui l'appréhension se disputait à l'excitation.

- Conservez un rythme tranquille, ce n’est pas une course mais une épreuve : la glace est tantôt solide comme un roc, tantôt fragile au point de se briser sous la pression d’un doigt. Choisissez vos appuis avec soin et gardez-en toujours au moins trois. On y va ?

Darwen suivit son regard doré, qui s'était planté dans les yeux verts de Lynndiara. Effectivement, la jeune fille semblait ne pas en mener large.

- Lorsque vient le moment des décisions, ce qui compte n'est pas ce qui aurait pu être ni ce qui sera peut-être, mais ce qui est. Si les choix du Marchombre découlent du passé et s'ouvrent sur l'avenir, ils sont avant tout en accord avec l'instant présent…

L'instant présent. 'Wen posa une main sur sa veste, là où il pouvait sentir la petite bosse de la figurine. L'œuvre de Maël était éphémère, c'était cela qui la rendait encore plus belle. Combien de temps allait-il encore pouvoir l'admirer ? Un léger sourire flottant sur ses lèvres, encouragé par le souvenir proche de son ami et le regard doré de son mentor, le jeune homme se sentait prêt à affronter cette nouvelle épreuve. Il ébouriffa les cheveux de Lynndiara pour l'encourager.

- On peut y arriver, lui assura-t-il en lui adressant un clin d'œil.

Il jaugea encore une fois la hauteur de la tour, et, plantant les pointes métalliques dans la fine couche de glace, il s'élança derrière Syndrell. Il mit un certain temps à parcourir les premiers mètres, prenant son temps pour choisir où placer les pointes, essayant de calmer sa respiration et les battements de son cœur. Il n'avait sûrement jamais fait quelque chose d'aussi fou. A part se jeter sur Sharmal, peut-être... Cette fois-là, c'était Syndrell qui lui avait permis de rester en vie ; allait-il pouvoir se débrouiller sans elle maintenant ?

L'ascension fut longue, épuisante, éprouvante. Malgré la lente progression, les muscles se réchauffèrent vite, et le froid ne fut bientôt plus un problème majeur ; la glace cependant était un élément redoutable et imprévisible, et plus d'une fois elle se brisa alors qu'il tentait d'y planter ses pointes, et plus d'une fois ces dernières glissèrent dessus sans parvenir à s'y accrocher. Et à chaque fois l'apprenti sentait le découragement envahir ses membres aussi efficacement que le froid pouvait le faire, et à chaque fois il faisait appel à toute la volonté qui lui restait pour continuer, encore et encore, à progresser le long de cette paroi glacée. Il ne faisait plus attention à sa camarade, car il devait absolument rester concentré sur sa propre ascension pour ne pas augmenter ses risques de chute. Se mordant les lèvres, il se forçait à escalader - plus il avançait, plus sa propre vie entrait en jeu. Parfois, il sentait ses jambes trembler, et lâchait un ou deux jurons tout en s'efforçant de ne pas paniquer... et de continuer. Une trop longue pause pouvait s'avérer mortelle, pour bien des raisons.

Enfin, il sentit les pointes entre ses doigts s'enfoncer dans le vide ; dans un ultime effort, il se hissa sur le bord de la tour, se releva tant bien que mal... le peu de souffle qui lui restait fut coupé net par la splendeur de la vue qui s'offrait à lui. La ville scintillait de mille feux sous la lumière argentée de la lune, le ciel était d'un bleu sombre incroyablement pur ; là, il pouvait apercevoir la surface calme du Miroir, là les remous tranquilles du Pollimage, là le sommet brillant de l'Académie des Dessinateurs... Oubliant toute fatigue, et jusqu'à sa camarade qui terminait son escalade, 'Wen se laissa tomber sur le toit, sans parvenir à détacher son regard du panorama.

__________________________________________


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