AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  RèglementRèglement  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Pacte VS L'Ordre
Bienvenue sur Chaos VS Harmonie !

Tu pourras ici incarner un personnage de ton choix, Marchombre ou Mercenaire, et le faire évoluer dans l'univers du forum.
Cours pour améliorer les capacités de ton personnage, aide en RPG, Hors RPG et jeux, tu ne peux que t'amuser avec nous !

Si tu ne connais rien à Gwendalavir, cela ne t'empêchera pas de te joindre à nous, car un récapitulatif de tout ce qu'il y a à savoir est disponible dans le contexte

En espérant te compter très bientôt dans nos rangs,
L'équipe
Cours Envoleurs
Cours Marchombres
Panneaux
Votez (1)
Votez (2)
Votez (3)
Votez (4)
Tops Sites


Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

Certains membres prennent un an !

Pour voir si votre personnage est concerné,
merci de consulter ce sujet !

Si d'ici deux semaines, vous n'avez pas ajouté l'année à votre personnage,
vous serez sorti de votre groupe.
Si d'ici un mois cela n'est toujours pas fait, cela sera un avertissement !

Partagez | 
 

 Groupe Kihux - cours n°2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Mer 23 Déc 2015, 15:35

Tout se déroula très vite. Darwen eut à peine le temps de réaliser que Lynndiara apparaissait comme par magie au milieu de toute cette blancheur immaculée qui semblait atténuer chaque son, et qu'elle se mettait en mouvement sans qu'il ne comprît pourquoi ; il eut à peine le temps de la voir lancer sa lame dans sa direction, de sentir l'arme frôler sa joue, de se retourner pour suivre sa trajectoire... un homme s'effondra derrière lui, lâchant un râle de douleur et de surprise. Hébété, le jeune homme recula légèrement, apercevant un deuxième poignard planté dans le dos de l'homme... et Syndrell debout derrière lui, le bras encore tendu.

Il fallut un moment à l'apprenti marchombre pour comprendre la situation, son regard voguant de Lynn à Syndrell, et de Syndrell à Lynn. Puis en comprenant enfin, il rougit de son erreur : il avait cru tous les bandits hors de combat, mais n'avait pas été assez vigilant, et l'un d'eux avait manqué de le tuer. 'Wen se mordit les lèvres, ne sachant que dire ; la marchombre aux cheveux bleus le tira de son trouble en brisant elle-même le silence qui s'était abattu sur la plaine, s'élançant vers ses apprentis.

C'était la seconde fois qu'elle lui sauvait la vie ; la première, elle avait risqué la sienne pour cela. Mais elle n'était pas la seule envers qui il avait une dette : Lynn avait réagi au quart de tour, et son lancer avait parfaitement fait mouche. Incapable de proférer un mot, Darwen dut se contenter d'observer son Maître se diriger vers Lynndiara, et d'écouter ce qu'elle lui disait. Il avait complètement oublié qu'il était nu - il était plutôt résistant au froid, mais c'était davantage le trouble dans lequel il était plongé qui l'empêchait de le ressentir. Aussi, quand la jeune femme aux yeux dorés le prit dans ses bras, il prit soudain conscience de sa nudité et le rouge lui monta brusquement aux joues. Cependant, le compliment qu'elle lui adressa lui fit oublier sa gêne un instant, et il lui répondit par un sourire... et un murmure.

- Merci, encore une fois...

Ce n'était un remerciement lié au compliment, mais il savait qu'elle avait compris. Lorsqu'elle le libéra de son étreinte, le jeune homme se tourna vers Lynndiara, plantant son regard dans le sien.

- Et... merci aussi, Lynn. Je te dois également la vie.

Ce n'était pas une promesse en l'air ; ce qu'ils venaient de vivre les liait davantage que de simples camarades de cours, et même de voyage. Un jour, lui aussi sauverait la vie à son amie aux cheveux rouges...

Leur Maître brisa pour la seconde fois le silence gêné mais plein de promesses qui s'était installé à nouveau entre eux.

- Darwen ! Tu comptes nous offrir le charmant spectacle de ta nudité jusqu’à Al-Jeit ? Va récupérer tes affaires et rejoins-nous en vitesse !

Rougissant une nouvelle fois, l'apprenti lui tira la langue pour se donner une contenance, et essaya de ne pas trop se dépêcher jusqu'à ses vêtements pour faire comme s'il était tout à fait à l'aise... mais il ne réussit à tromper ni Syndrell, ni Lynndiara, et son embarras ne disparut complètement que lorsque la marchombre eut terminé de soigner ses légères blessures...

***




Il s'était déjà rendu à Al-Jeit au cours de ses pérégrinations antérieures à sa venue à l'Académie, mais le spectacle de l'Arche lui parut toujours aussi impressionnant et émouvant. Comme les deux jeunes femmes à ses côtés, il observa l'œuvre des Dessinateurs le souffle coupé, ébloui par sa beauté et l'émotion qu'elle provoquait. L'hiver, cette beauté était encore plus étourdissante ; le givre qui couvrait la plaine reflétait les multiples nuances des couleurs de l'architecture et en amplifiait la lumière. Marcher sur l'immense pont translucide dans ces conditions était une expérience fabuleuse - mais sûrement vertigineuse pour Lynn - et Darwen avait presque envie de s'y assoir pour contempler le Pollimage durant une éternité. Même la perspective de l'auberge ne réussit pas à calmer immédiatement son émotion, et il fallut se retrouver devant un bon plat pour que le nœud dans sa gorge disparaisse au profit d'un puissant appétit - les étoiles dans ses yeux clairs changèrent alors de cause, et le ragoût de crevettes ne fit pas long feu.

Un large sourire fendit son visage lorsque leur mentor annonça qu'ils avaient quartier libre tout l'après-midi ; les deux apprentis continuèrent leur route ensemble jusqu'à Al-Jeit, et se séparèrent après avoir franchi la porte d'Améthyste - et s'être émerveillé devant. Le jeune homme se coula dans les rues de la capitale, heureux de les retrouver. Décidément, elles étaient plus rassurantes que les sombres et sales ruelles d'Al-Far, où il avait vécu pendant plus de six mois. Il ne connaissait pas beaucoup Al-Jeit, et un léger sourire apparaissait sur ses lèvres lorsqu'il se rappelait tout de même certains endroits, au gré de sa déambulation. Il sortait de chez un marchand de poignards lorsqu'une voix connue retentit dans la rue.

- 'Wen ! Tu es de passage à Al-Jeit ?

L'apprenti marchombre chercha le propriétaire de la voix une poignée de secondes avant d'apercevoir une silhouette se détacher de la foule pour s'avancer vers lui en souriant. Ses yeux brillèrent en reconnaissant le jeune homme aux mèches blondes et châtains ébouriffées et aux yeux bleu azur, qui devait avoir un ou deux ans de moins que lui.

- Maël ! Je ne m'attendais pas à te revoir ici...

Après une hésitation, les deux amis - anciens amants - s'étreignirent un instant.

- Tu as donc aussi laissé tomber Al-Far... tu as rejoint les Dessinateurs ?
- Oui ! J'avais raison de faire confiance en mon Don, l'Académie m'a tout de suite ouvert ses portes et me voilà en dernière année, j'ai fait des progrès inimaginables ! Tu as le temps pour un café ? J'aimerais aussi savoir ce que tu deviens...
- J'allais te le proposer, répondit Darwen, un sourire creusant sa joue.

Le ciel commençait à peine à se parer des couleurs du crépuscule, il avait donc une petite heure devant lui avant de rejoindre Syndrell et Lynndiara. Se laissant entraîner par Maël, qui connaissait sans doute bien mieux que lui les bons troquets d'Al-Jeit, l'apprenti le suivit jusqu'au Soleil bleu, l'un des lieux de rendez-vous préférés des étudiants du Don, qui en étaient les principaux habitués. Il s'agissait en fait d'un petit salon de thé confortable et décoré avec goût - principalement dans les tons bleus - où était proposé une grande variété de boissons chaudes et parfumées. Les deux jeunes hommes commandèrent chacun un chocolat à la cannelle et au épices - Maël offrit le sien au marchombre - et s'installèrent confortablement dans les fauteuils, où les rejoignirent une vingtaine de minutes plus tard des amis du Dessinateur ; le groupe ne tarda pas à produire une ambiance bruyante et joyeuse qui réchauffait davantage encore que les délicieux chocolats chauds...


***




La nuit avait paru depuis un bon quart d'heure quand l'apprenti s'en rendit compte, et jurant dans sa barbe, il fit un au-revoir et un remerciement général avant de quitter avec regret le moelleux du fauteuil et les sourires de ses nouveaux amis, et de se précipiter dans la rue. Maël le rejoignit et l'attrapa par le bras :

- Je t'accompagne, tu trouveras bien plus vite !

Son ami, loin de résister, le remercia d'un sourire, et tous deux s'élancèrent dans les rues gelées de la capitale. Il ne fallut au Dessinateur qu'une poignée de minutes pour retrouver l'esplanade, où Darwen aperçut de loin son Maître et sa camarade qui l'attendaient. Le jeune homme blond lui posa une main sur l'épaule et tendit l'autre devant lui : une petite figurine de loup apparut dans sa paume, dont les reflets bleutés rappelaient les couleurs du salon de thé.

- Waouh ! Tu arrives à faire ça maintenant ?
- Ce n'est pas grand chose, répondit Maël en souriant, et elle disparaîtra dans quelques heures... mais c'est pour toi ; si on a l'occasion de se recroiser je t'en offrirai une vraie !

Emu, 'Wen saisit la petite figurine, et la plaça dans une poche intérieure de sa veste après l'avoir observée quelques secondes.

- Merci, je dois y aller, maintenant... je ne sais pas combien de temps mon Maître a prévu que l'on reste à Al-Jeit, mais on se reverra peut-être avant mon départ.

Son ami sourit et l'embrassa furtivement sur le coin des lèvres avant de disparaître dans la nuit ; l'apprenti, encore sous le coup de son baiser, mit un moment à réaliser qu'il avait fait un pas sur le côté.

Il s'avança vers ses deux amies en s'apprêtant à s'excuser de son retard et à essuyer le regard moqueur de son mentor, mais Syndrell ne sembla pas lui en tenir rigueur, et elle conduisit ses apprentis devant une haute tour recouverte par la glace. Darwen échangea un regard anxieux avec Lynn : escalader cette tour scintillante n'allait pas être une mince affaire, loin de là. La marchombre aux cheveux bleus les pensait-elle réellement capables de cet exploit ?

L'apprenti s'arma des pointes que lui tendait son Maître, tandis qu'en lui l'appréhension se disputait à l'excitation.

- Conservez un rythme tranquille, ce n’est pas une course mais une épreuve : la glace est tantôt solide comme un roc, tantôt fragile au point de se briser sous la pression d’un doigt. Choisissez vos appuis avec soin et gardez-en toujours au moins trois. On y va ?

Darwen suivit son regard doré, qui s'était planté dans les yeux verts de Lynndiara. Effectivement, la jeune fille semblait ne pas en mener large.

- Lorsque vient le moment des décisions, ce qui compte n'est pas ce qui aurait pu être ni ce qui sera peut-être, mais ce qui est. Si les choix du Marchombre découlent du passé et s'ouvrent sur l'avenir, ils sont avant tout en accord avec l'instant présent…

L'instant présent. 'Wen posa une main sur sa veste, là où il pouvait sentir la petite bosse de la figurine. L'œuvre de Maël était éphémère, c'était cela qui la rendait encore plus belle. Combien de temps allait-il encore pouvoir l'admirer ? Un léger sourire flottant sur ses lèvres, encouragé par le souvenir proche de son ami et le regard doré de son mentor, le jeune homme se sentait prêt à affronter cette nouvelle épreuve. Il ébouriffa les cheveux de Lynndiara pour l'encourager.

- On peut y arriver, lui assura-t-il en lui adressant un clin d'œil.

Il jaugea encore une fois la hauteur de la tour, et, plantant les pointes métalliques dans la fine couche de glace, il s'élança derrière Syndrell. Il mit un certain temps à parcourir les premiers mètres, prenant son temps pour choisir où placer les pointes, essayant de calmer sa respiration et les battements de son cœur. Il n'avait sûrement jamais fait quelque chose d'aussi fou. A part se jeter sur Sharmal, peut-être... Cette fois-là, c'était Syndrell qui lui avait permis de rester en vie ; allait-il pouvoir se débrouiller sans elle maintenant ?

L'ascension fut longue, épuisante, éprouvante. Malgré la lente progression, les muscles se réchauffèrent vite, et le froid ne fut bientôt plus un problème majeur ; la glace cependant était un élément redoutable et imprévisible, et plus d'une fois elle se brisa alors qu'il tentait d'y planter ses pointes, et plus d'une fois ces dernières glissèrent dessus sans parvenir à s'y accrocher. Et à chaque fois l'apprenti sentait le découragement envahir ses membres aussi efficacement que le froid pouvait le faire, et à chaque fois il faisait appel à toute la volonté qui lui restait pour continuer, encore et encore, à progresser le long de cette paroi glacée. Il ne faisait plus attention à sa camarade, car il devait absolument rester concentré sur sa propre ascension pour ne pas augmenter ses risques de chute. Se mordant les lèvres, il se forçait à escalader - plus il avançait, plus sa propre vie entrait en jeu. Parfois, il sentait ses jambes trembler, et lâchait un ou deux jurons tout en s'efforçant de ne pas paniquer... et de continuer. Une trop longue pause pouvait s'avérer mortelle, pour bien des raisons.

Enfin, il sentit les pointes entre ses doigts s'enfoncer dans le vide ; dans un ultime effort, il se hissa sur le bord de la tour, se releva tant bien que mal... le peu de souffle qui lui restait fut coupé net par la splendeur de la vue qui s'offrait à lui. La ville scintillait de mille feux sous la lumière argentée de la lune, le ciel était d'un bleu sombre incroyablement pur ; là, il pouvait apercevoir la surface calme du Miroir, là les remous tranquilles du Pollimage, là le sommet brillant de l'Académie des Dessinateurs... Oubliant toute fatigue, et jusqu'à sa camarade qui terminait son escalade, 'Wen se laissa tomber sur le toit, sans parvenir à détacher son regard du panorama.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Mer 10 Fév 2016, 12:37

Ils grimpaient en silence, appréciant le simple fait d’évoluer ensemble sous la clarté opaline de la lune. Syndrell ne faisait pas la course. Il y avait des moments où elle se fixait pour objectif d’atteindre des sommets sans perdre son souffle, avant qu’un nuage est franchi la limite de son champ de vision ou  encore lestée de poids pour travailler ses muscles et sa précision ; cette fois, c’était différent.

Elle progressait en rythme avec Darwen et rien ne comptait davantage que le murmure de sa respiration saccadée, le nuage de condensation qui se formait au bord de ses lèvres, les gestes qu’il faisait pour s’élever au-dessus de la ville, la volonté qu’il déployait à ne pas se plaindre, ne pas se laisser attraper par le vide, la concentration qui se dessinait sur son visage et l’excitation qui scintillait au fond de ses yeux…

Syndrell ne perdit pas une seule miette de tout ceci tandis qu’elle escaladait la paroi de glace à ses côtés. Elle avait l’impression saisissante que ces instants d’effort partagés symbolisaient, à eux seuls, le plaisir de guider son élève sur la Voie. De temps en temps, elle croisait son regard et lui offrait soit un clin d’œil, soit un sourire.

Jamais une parole.
Ils n’en avaient pas besoin.

Ils atteignirent le sommet de la tour en même temps et se hissèrent dans un bel ensemble. Syndrell se retourna et s’installa les jambes dans le vide pour contempler le paysage qui s’offrait à elle. A eux. Elle sentit Darwen retenir son souffle, sourit lorsqu’il se laissa tomber près d’elle, le regard fixé sur l’horizon qui s’étendait devant eux. Le monde était à leurs pieds, et la marchombre lui laissa le temps d’y goûter tandis que leurs respirations s’apaisaient.


- La nuit où Miss m’a emmenée ici, elle m’a parlé de l’Ahn-Ju, de la greffe, de la guilde. Elle m’a montré la Voie à travers ses mots et ils sont désormais ancrés dans ma mémoire…

Ce n’était pas un exercice, et Syndrell n’attendait pas que Darwen lui pose les questions qu’il avait probablement en tête. Mais de cette invitation à s’ouvrir à lui pouvait découler toutes sortes de choses, et Syndrell s’en remit à son instinct pour lui montrer l’exemple.

- Elle avait cette façon de mêler sérieux et amusement à ses discours… A cette époque, je n’imaginais pas qu’un jour, ce serait à mon tour d’enseigner ce qu’elle s’escrimait à m’apprendre. Et me voilà ici, avec toi. Qui sait ? Dans quelques années, tu te tiendras peut-être là, une tête de mule à tes côtés, et tu te souviendras des paroles insensées d’une marchombre aux cheveux bleus…

Sourire.

Complicité absolue.


- Alors, jeune loup ? Qu’as-tu envie de savoir ce soir ?  




[Fichtrement court, mais faut bien relancer la machine ! ^^ Et c'est qui, ce Maël ? Petit cachottier !  Razz ]

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lynndiara Edril
Groupe Kihux


Nombre de messages : 33
Citation : Surveille tes pensées, elles deviennent tes paroles. Surveille tes paroles, elles deviennent tes actes. Surveille tes actes, ils deviennent ta destinée.
Date d'inscription : 01/06/2014

Feuille de personnage
Age: 19 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Adore l'eau et est douée dans cet élément. Très sensible aux émotions des gens. A le vertige.

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Mar 16 Fév 2016, 18:53

Tout s’était passé tellement vite. Aussi vite que sa précédente course effrénée. Aussi vite que son lancer. Démesurément vite face au silence, aux regards partagés, hébétés, à l’état de stupéfaction de chacun qui suivit le combat. Un combat bien court pour Lynndiara, bien court face au temps d’angoisse, d’appréhension qui avait précédé son passage à l’action. Bien court face au temps qu’elle avait passé à se battre contre elle-même. Elle en ressentait presque de la culpabilité. Combien de temps avait duré ce combat pour eux ? Avait-il été long et épuisant, comme sa précédente course ? Où n’avait-il duré que quelques minutes ? Combien de temps étaient-ils restés séparés ? Et comment interprétaient-ils son absence ? Tant de questions. Trop de questions, qui demeureraient sans réponses. Sans réelles réponses. Le temps semblaient s’être figé, après tant de mouvements. Mais le tout avait été un seul et même mouvement, elle le savait désormais. « La rapidité ne sert qu’à ouvrir la porte vers le temps, l’agilité à s’y engager, la souplesse à y rester. Le temps est tout. » Se souvint Lynndiara. Mais le maître du temps, en cet instant, comme toujours, n’était autre que leur propre maître, celle qui les avaient guidé jusque-là : Syndrell. Et comme si ça ne pouvait en être autrement, c’est elle qui rompit le silence en premier.

- Ça va ? Vous n’avez rien ?

Inutile de répondre, ni même de secouer la tête. Cette question n’en était pas vraiment une. Les yeux dorés de la jeune femme avait déjà trouvé la réponse. Elle s’avança vers Lynndirara, et prit son visage entre ses mains avec douceur. Un peu surprise, mais touchée par ce geste, la jeune femme se perdit dans ses yeux dorés, et ressentit la richesse que lui offrait en cet instant l’or de ses prunelles.

- Dans le mille, jeune apprentie… C’était un lancer magnifique, exécuté avec ce qu’il fallait de puissance, de vitesse et de précision. Parce que tu as su saisir le détail dans sa globalité. Et le détail, Lynn, le détail est le raccourci du Marchombre… celui qui l’entraîne vers des lieux insoupçonnés, lui offre un temps d’avance sur ses adversaires et, souvent, lui sauve la vie.

En quelques mots, Lynndiara avait trouvé la réponse à toutes ses questions. Il y a quelques instants, elle aurait voulu s’excuser auprès de Syndrell. Désormais, elle voulait la remercier. La jeune femme déposa un baiser sur son front, et Lynndiara fût envahi d’un sentiment qu’elle avait oublié, retrouvé, puis à nouveau perdu. Celui de la confiance. Une larme, discrète, silencieuse, roula sur sa joue encore rouge. La jeune femme se contenta de lui sourire, les yeux brillants d’un nouvel éclat. Syndrell s’éloigna, se dirigeant désormais vers son second élève. Et c’est à cet instant, et seulement à cet instant que Lynndiara se souvint que ce dernier était nu, et s’interrogea à nouveau. Comment avait-il fini ainsi ? Etais-ce ses ennemis qui l’avait ainsi dépouillé ? Impossible. L’intéressé se tourna justement vers elle tandis que Syndrell reculait, et Lynn lui offrit son plus grand sourire. Un sourire à la fois amusé, gêné et affectueux. La parfaite illustration de ce qu’ils étaient devenu ensemble.

- Et... merci aussi, Lynn. Je te dois également la vie.

Le sourire de Lynndiara s’élargit encore, plus sincère. Elle avait tant à leur dire à tous les deux. Mais elle laissait le sérieux se lire à travers elle, à travers son sourire et ses yeux. Peut-être n’était-elle tout simplement pas capable d’exprimer, et de mettre des mots à ce nouveau sentiment si puissant ?

- « La vie serait bien trop ennuyante sans toi Darwen ! » Lança finalement la jeune femme dans un clin d’œil.

Les deux jeunes apprentis se sourirent quelques instants en silence, avant d’être rappelé à l’ordre par Syndrell, mais avec le même humour affectueux dont avait fait preuve Lynndiara.

- Et bien alors, qu’est-ce que vous faites, vous dormez ? On se bouge, allez ! Lynn, récupère ton poignard et garde le précieusement avec toi, désormais. Il t’appartient. Ensuite, aide-moi à détrousser ces messieurs, histoire de leur apprendre à vouloir chercher des ennuis à des Marchombres… Darwen ! Tu comptes nous offrir le charmant spectacle de ta nudité jusqu’à Al-Jeit ? Va récupérer tes affaires et rejoins-nous en vitesse !

Les deux apprentis s’exécutèrent aussitôt, et après que Syndrell eu soigné Darwen, ils reprirent la route aussi simplement que si ce combat n’avait pas eu lieu. Et si Lynndiara aurait aimé en apprendre plus sur la drôle de situation dans laquelle s’était trouvé son camarade, elle ne jugea néanmoins pas nécessaire de l’interroger, s’il souhaitait qu’elle le sache, il lui en aurait fait part. Elle savait désormais que son camarade était quelqu’un d’assez mystérieux, et respectait son silence. Ce qu’elle n’aurait sûrement pas vu de la même façon auparavant. Elle n’aurait peut-être pas également perçu qu’il y avait eu quelque chose entre lui entre Syndrell et lui, quelque chose qu’elle ne devait pas troubler. Elle le serait peut-être plus tard, le moment venu. Et à l’heure d’aujourd’hui, cela ne la troublait pas.

***

Aujourd’hui, Syndrell leur avait laissé quartier libre dans la gigantesque et splendide ville qu’était Al-Jeit, leur donnant rendez-vous sur l’esplanade principale le soir. Sachant depuis longtemps qu’ils allaient passer par Al-Jeit, Lynndiara avait donné rendez-vous à Owen quelques jours plus tôt. Il y avait tellement longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus. Et pour la première fois, elle redoutait leur retrouvailles. Ils ne s’étaient pas revus depuis son arrivée à l’académie. Et elle avait conscience qu’elle avait énormément changé depuis. Ce n’était pas même une question d’avoir changé en bien ou en mal. Elle était devenue elle, enfin elle le devenait peu à peu. Mais pas la même qu’Owen avait connue. Si ce changement avait et était toujours une source d’épanouissement, d’un immense bonheur, unique, autant que ne l’était celui de l’amour, comment le verrait Owen ? Ce changement pouvait-il mettre en danger leur relation ? Il avait pourtant emprunté la même voie qu’elle, avait dû lui aussi vivre ce changement, il devrait comprendre… Et puis, un autre point la faisait hésiter maintenant. Se perdre dans les effluves, agréable certes, de l’amour, n’étais-ce pas risqué durant sa formation ? Ne disait-on pas que l’amour était aveugle ? Se pouvait-il que l’amour  la fasse dériver ? Que leurs retrouvailles la déconcentre ?

Un contact froid dans son cou la fit frémir et sursauter dans un même temps, et la jeune femme fit volte-face, effrayée, poignard en main. Des lèvres se plaquèrent sur les siennes, l’immobilisant, lui empêchant toute contre attaque. Et elle frémit de nouveau. Pourtant, une flamme s’éveillait en elle, l’inondant de chaleur. Une chaleur qu’elle n’avait pas eue depuis longtemps. Cette chaleur lui avait manqué. Il lui avait manqué.

-« Owen… » Souffla-t-elle lorsqu’il l’eut libéré.

-« Tu as des réflexes… Mais heureusement que je ne suis pas pour toi un ennemi, parce que tu serais morte depuis longtemps. » Plaisanta-il, avec pourtant l’air des plus sérieux.

Sa plaisanterie lui fit froid dans le dos. Elle n’aimait pas ce terrain là. Habituellement, dans un couple, on a peur des différences. Aujourd’hui, Lynndiara avait peur de leur ressemblance. Si la voie semblable qu’ils avaient choisie pouvait les rapprocher, elle avait peur que cela pouvait aussi les éloigner. Elle ignorait si elle était la même personne auprès d’Owen, et en exercice, en tant qu’apprenti-marchombre. Pouvait-on être semblable, une seule et même personne ? Cette question lui faisait peur. Elle la poserait à Syndrell, un jour. Bientôt. Ce soir peut-être même ?

-« J’ai l’impression d’entendre mon maître, c’est assez… effrayant ! Je ne pense pas être de poids face à toi, mais on reparlera dans quelques années d’accord ? » Lui fît elle comprendre mais en employant le même ton de la plaisanterie.

Il sourit tout en dévisageant la jeune femme. D’un sourire énigmatique, dont seul lui pouvait en connaître la raison.

-« Tu sembles avoir beaucoup changé. »

Nouveau sourire. Et rien de plus qu’une affirmation. Son calme rassura Lynndiara sur chacun de ses doutes. Elle avait changé, elle le savait, il le savait. Simplement.

-« C’est vrai. Surtout ces derniers temps, quelque chose s’est réveillée en moi… »

Elle hésita quelques instants avant de continuer, mais la question lui brûlait les lèvres depuis trop longtemps.

« As-tu toi aussi eu cette sensation un jour ? »

Owen hocha seulement la tête, et sourit à nouveau. Il plongea ses yeux gris dans l’émeraude de ceux de Lynndiara, et l’embrassa à nouveau. D’un baiser langoureux, empreint de douceur. La plus belle réponse qu’elle aurait pu espérer à toutes ses appréhensions. Ils s’assirent sur un muret de pierre et posèrent un même regard sur l’horizon.

« Je me sens tellement épanouie depuis quelques temps… Et pourtant si tu savais ce que j’ai souffert… Tu m’aurais vu le jour de mon arrivée à l’Académie, je suis arrivée en plein milieu d’un cours, je ne savais pas où me mettre. Mon maître est une femme, plein de douceur et de patience. Mon camarade est un jeune homme très mystérieux qui m’a apparût presque froid au départ… Mais que j’ai découvert plein d’humour par la suite. Tu n’es pas jaloux ? »

Il secoua la tête dans un sourire et roula les yeux vers le ciel. Lynndiara sourit, et reprit le comptage de ses périples. Elle avait tant à lui raconter…

***

Après plusieurs heures de pur bonheur, les deux jeunes gens avaient finis par se quitter, partant l’un et l’autre où ils étaient attendus, sans jamais savoir quand ils se reverraient. Mais c’est ce qui faisait toute la beauté de ce moment passé ensemble, l’instantané, l’imprévu, seulement être là, ensemble, sans songer à l’avenir. Et une fois encore, Lynndiara fût rassurée de ces préoccupations. En arrivant au point de rendez-vous fixé par Syndrell, non sans avoir pris son temps en serpentant dans les ruelles, elle se sentait une énergie nouvelle en elle, une nouvelle force que lui avait procurée ces instants de douceur passionnante.

Lorsque Darwen les eut rejoint, quelques minutes plus tard, Syndrell les guida sans plus attendre à travers les ruelles. Lynndiara échangeaient quelques regards interrogateurs avec son camarade, mais pour une fois, elle était excitée à l’idée de ne pas savoir ce qui l’attendait, d’aller vers l’inconnu. Une fois arrivée devant la tour gelée, brillante sous les étoiles, elle fût comme coupé en deux. Partagé entre l’admiration de la beauté de cette tour qui la rendait presque irréelle, sa brillance translucide lui donnant un air de magie, et la peur, peur de l’inconnu, car elle n’avait jamais connu pareille chose, peur de l’épreuve qui les attendait, et qu’elle anticipait déjà.

Le souffle coupé lui aussi, Lynndiara contemplait l’étendue presque translucide et glaciale qui se dressait devant eux. Glacial. Ce mot convenait parfaitement à la situation, et à la sensation qu’elle éprouvait à cet instant. Glacial. Comme son sang, comme son corps tout entier, comme la peur qui la glaçait entièrement de la tête au pied, la faisant frémir, frissonner, voire trembler. Et telle la glace, une fois encore, elle était figée. Le temps semblait s’être figé lui aussi. Et devant cette glace, celle qu’elle pouvait voir, et bientôt toucher, comme celle qu’elle croyait avoir paralysé son corps, elle avait de quoi en perdre son sang-froid justement !

- J’ai quelque chose à vous montrer, dit Syndrell en se tournant vers eux. Mais pour ça il faut d’abord monter.

Lynndiara détailla le matériel que leur présentait Syndrell comme s’il aurait s’agit d’instruments de torture. Elle aida ses élèves à fixer leurs pointes sur leurs chaussures et leur montra comment bloquer les autres entre leurs doigts. Une bien maigre armure face à la peur qui se dressait devant-elle, l’ennemi qu’elle avait convaincu par deux fois, et qu’elle allait devoir combattre à nouveau aujourd’hui.

- Conservez un rythme tranquille, ce n’est pas une course mais une épreuve : la glace est tantôt solide comme un roc, tantôt fragile au point de se briser sous la pression d’un doigt. Choisissez vos appuis avec soin et gardez-en toujours au moins trois. On y va ?

A ces derniers mots, elle plongea son regard bleuté dans celui de Lynndiara. C’était une question sans en être une. Et malgré qu’elle connaissais la réponse depuis longtemps déjà, elle se refusait encore à se l’avouer. On va où ? Là-haut ? C’est impossible pas vrai ? Monter ? Il doit y avoir des escaliers, c’est juste une petite promenade, elle voulait juste leur montrer quelque-chose… Ses instruments…servirait une fois là-haut n’est-ce pas ? La voix de Syndrell la ramena parmi eux.

- Lorsque vient le moment des décisions, ce qui compte n'est pas ce qui aurait pu être ni ce qui sera peut-être, mais ce qui est, ajouta-t-elle, autant à son attention qu’à celle de Darwen. Si les choix du Marchombre découlent du passé et s'ouvrent sur l'avenir, ils sont avant tout en accord avec l'instant présent…

La jeune femme ferma les yeux, se perdit un instant dans un long moment de réflexions. De méditation. Les épreuves qu’elle avait réalisées ces derniers mois avaient été les plus physiques et les plus difficiles. Les plus intenses aussi. Si elles les avait obligé à se surpasser physiquement comme mentalement, elle lui avait aussi permis de se découvrir, comme elle n’aurait jamais pensé se découvrir, de se découvrir elle, parmi Syndrell et Darwen, parmi ce vaste monde. Elle avait trouvé sa place. En perdant confiance, elle avait finis par prendre confiance. Elle avait réalisé ce qu’elle pouvait devenir, ce qu’elle devait devenir : une marchombre. Et cette prise de conscience, Lynndiara savait que ce n’était pas un hasard, qu’il y avait une raison à cela. « Tout arrive pour une raison » lui avait un jour rappelé son frère, il y a bien longtemps. C’était pour une raison quelconque qu’ils avaient tous deux perdu leur parents, aussi dur cela l’était à admettre. C’est pour une certaine raison que son frère avait choisi une autre voie. C’est aussi pour une raison qu’elle en avait choisie une autre, et qu’ils avaient étés séparés, à jamais. C’est donc pour une raison qu’elle se trouvait aujourd’hui devant ce mur, en tant qu’apprentie marchombre, en pleine réflexion. « Solide comme un roc, tantôt fragile au point de se briser »… Les mots de Syndrell avait une toute autre interprétation pour Lynndiara, ils sonnaient bien au-delà de la glace. Pour elle, ils faisaient référence à ce qu’étaient la vie, sa vie, à ce qu’elle était elle. A ce qu’était Owen. Etait-il une force ou une faiblesse en cet instant ? « Ce qui compte n'est pas ce qui aurait pu être ni ce qui sera peut-être, mais ce qui est. » C’est soudain qu’elle réalisa que la faiblesse pouvait être force, qu’il fallait puiser la force.

Alors elle rouvrit les yeux. Elle avait puisé sa force dans sa peur du vide par deux fois. Jamais deux sans trois. Elle le pouvait encore. Et les mots que lui chuchotèrent Darwen en lui ébouriffant les cheveux avec encouragement la convainquirent. Elle le suivit des yeux tandis qu’il s’élançait. Avec bien peu d’appréhension, comme à son habitude. Elle l’admirait, le jalousait presque pour sa détermination, son courage, son aisance. « ce n’est pas une course mais une épreuve. » Son épreuve était différente de la sienne, mais pas moins difficile. Lynndiara s’avança à son tour devant le mur glacé. « Tu sembles avoir beaucoup changé. » Elle effleura sa surface du bout des doigts. Et s’élança à son tour. S’élança sur le chemin du courage. Celui de la volonté, de la hauteur.

Contrairement à ses précédentes ascension, où même si bien sûr, plus elle montait plus c'était difficile sur le point physique, moralement, elle s'affirmait et prenait en assurance au fil de la hauteur... Là, ce fût l'inverse, et c'est ce qui rendit son ascension bien plus difficile encore que ce qu'elle aurait pu imaginer. D'ailleurs, la peur qui l'avait gagné la fit démarré bien trop vite contrairement à ce qu'elle avait l'habitude de faire, et très vite, sa vitesse la rendit maladroite et surtout, se fatiguant trop vite, elle n'arrangea en rien son escalade déjà bien difficile, et elle dût bien plus d'une fois faire une pause pour ne pas que ses muscles lâche prise. Autre difficulté qu'elle avait envisagé, mais qu'elle ne pensait pas autant la gêner: le froid. Le froid qui meurtrissait ses doigts, lui mordant les mains, la faisant grimacer et frissonner, ralentissant chacun de ses mouvements, parfois même l'obligeant une fois encore à s'immobiliser.

C'est sûrement le froid, toutes ses difficultés et toutes ses erreurs cumulées, qui lui faisait perdre confiance, la heurtait de plein fouet, ne la poussant pas à aller vers le haut, ne lui amenant pas ce sentiment de victoire d'accomplissement qu'elle avait eu les premières fois et qui lui avait permis de se surpasser. Non cette fois il n'y avait que le doute, encore et encore. Le doute que ses précédentes convictions n'étaient que des leurres, que contrairement à ce qu'elle croyait, elle n'était pas capable de voir ses limites et de les repousser. Le doute qu'elle avait eu avant de revoir Owen revenait lui aussi, elle doutait à nouveau de l'effet qu'il avait sur, se demandait si cette énergie qu'elle avait ressenti quelques instants plus tôt n'était pas qu'une leurre elle aussi. Elle en venait même à se demander une fois encore qu'allait devenir leur relation. Elle doutait d'elle-même, tandis qu'elle était certaine d'avoir trouver réponses à tout ses doutes, et de s'être enfin trouvé quelques instants plus tôt. C'est seulement en repensant à tout son parcours, en réalisant jusqu'où elle avait réussi à parvenir qu'elle réussissait à se resaisir, à se ravaler ses larmes et à se surpasser.

Lorsqu'elle parvint enfin au sommet, se jetant au sol, elle eut cette fois l'impression de recoller un à un les morceaux d'elle-même qu'elle avait éparpillé le long de la paroi. Et si la première fois elle avait souri, d'un sourire éclatant comme le soleil, cette fois, l'orage éclata en elle, et elle pleura, sans même pouvoir se contrôler. Etais-ce des larmes de fatigue, de rage, de honte, de soulagement ou bien encore de bonheur? Elle n'en sut rien. Peut-être un peu de tout. Peut-être rien de tout ça, peut-être un nouveau sentiment, comme lors de ses premières ascension.

Sorry:
 

__________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Sam 27 Fév 2016, 22:56

[Lynn, je pars du fait que la crise de larmes est passée avant que Syndrell ne pose sa question à Darwen, je n'ai pas vraiment trouvé comment faire autrement pour pouvoir répondre à la suite ^^ D'autant plus que j'ai préféré passer en dialogue pour avancer un peu, étant donné que je n'ai pas vraiment le temps de Rp !]




- Eh bien... va pour l'Ahn-Ju et la... greffe. Je ne crois pas que tu nous en ai déjà parlé... Encore des secrets spécial marchombre que même un apprenti sans expérience n'a pas le droit de connaître ?

(sourire moqueur)

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Dim 28 Fév 2016, 22:34

[On continue donc sur du dialogue. Et pareil, Lynn, je n'ai pas pu tenir compte de ton arrivée, c'est un peu compliqué à gérer, du coup... u_u"]



- Sans expérience ? Tu y vas un peu fort, je dirai plutôt sans cervelle, l'occurrence...

Sourire amusé.

Lynn, assied-toi. Tes larmes sont la preuve que tu viens de franchir une limite et de repousser les tiennes. C'était une belle ascension !

A présent, écoutez-moi bien, tous les deux. Vous savez que la Guilde dispose d'un Conseil, n'est-ce pas ? Celui-ci ne se réunit qu'une fois par an. Il détermine, ou plutôt atteste, des qualités des apprentis qui se présente. Car la première étape est, bien sûr, la présentation. Et ça c'est facile ! L'Ahn-Ju en revanche, consiste en une série d'épreuves très rudes au cours desquelles trois maîtres vous testent. Réussir n'est pas acquis pour tout le monde. Toutefois, réussir l'Ahn-Ju est le seul et unique moyen d'accéder à la greffe.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Lun 29 Fév 2016, 22:50

- "Réussir n'est pas acquis pour tout le monde"... ça veut dire quoi ? Est-ce que ces épreuves peuvent être... mortelles ?

Qu'est-ce que la greffe ?

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Ven 25 Mar 2016, 17:10

- Mortelles, oui. Mais en disant cela je soulignais surtout le fait que chacun est responsable de sa propre réussite. L'Ahn-Ju est une épreuve qui mobilise bien plus que des capacités. Il faut savoir dépasser ses limites pour arriver jusqu'au bout...

La greffe, maintenant. A mon sens, il n'existe pas de mots pour la définir mais je vais tâcher d'être le plus claire possible : si tu réussis l'Ahn-Ju, tu pourras aller la solliciter au Rentaï. C'est une grosse montagne mystérieuse et sympathique qui se trouve à l'est du Désert des Murmures.

Vois-tu, certains Marchombres se voient attribuer un don. Il s'agit généralement d'une extension du corps, une faculté qui n'est pas étrangère mais qui fait intégralement partie de l'anatomie. Un ouvrage secret qu'il est inconvenant d'aborder dans une conversation et qui, contrairement à ce que l'on imagine, n'affuble pas un Marchombre de super-pouvoirs. La greffe est un outil, Darwen. Au même titre que les doigts, les poings, les coudes ou encore les genoux.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Lun 28 Mar 2016, 13:53

- Je vois. Et donc, l'Ahn-Ju est obligatoire, dans tous les cas ? Et cette greffe.. tout le monde en acquiert une, en se rendant à cette montagne ?

Parce qu'au-delà du fait qu'une montagne puisse modifier notre corps... Je ne sais pas si ça me plairait, d'avoir ainsi quelque chose qui s'ajoute en moi. Et puis, s'il s'agit juste d'un outil... est-ce qu'il n'est pas superflu ? Notre corps suffit, non ? Je veux dire, est-ce que ça vaut vraiment le coup de risquer sa vie pour ça ?

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Lun 28 Mar 2016, 15:15

- Obligatoire ? Non, et d'ailleurs ceux qui échouent ou bien qui ne se présentent tout simplement pas sont et restent des Marchombres. Mais il faut que tu observes l'Ahn-Ju sous un autre angle. Par exemple, le Marchombre qui réussi l'Ahn-Ju peut un jour devenir maître et guider des apprentis sur la Voie. Et c'est aussi le seul et unique moyen de solliciter la greffe.

Qui n'est qu'un outil parce que, là encore, l'échec est éventuel et sa perspective ne doit jamais ôter ou ternir ce qu'il y a de Marchombre en toi. Simplement, c'est une quête qui ne regarde que celui qui l'entreprend, et ce qu'il advient de son succès également ; la greffe change à jamais celui qui la possède. D'une façon que je n'essayerai même pas de te décrire. Il faut le vivre et puis c'est tout.

Dis-moi... est-ce que tu redoutes que la greffe puisse trouver un écho négatif avec ce qui partage déjà ton être ?


[Oui oui, Syn fait référence au loup dans sa question Wink]

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Lun 28 Mar 2016, 16:01

- Tu parles en connaissance de cause n'est-ce pas ?

(Clin d’œil. Ce n'est pas une vraie question ; il a compris qu'on ne parlait pas de sa propre greffe comme ça.)

- C'est... c'est aussi ce à quoi je pensais. Des échos négatifs, je n'en sais rien, mais je me demande si ça peut avoir des conséquences sur lui, oui. Si la greffe pourrait fonctionner avec le loup, comment il y réagirait...

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Lun 28 Mar 2016, 23:23


- Tu parles en connaissance de cause n’est-ce pas ?

Syndrell répondit au clin d’œil amusé de Darwen par un sourire entendu. Bien sûr qu’elle évoquait à demi-mot sa propre expérience ! Dans ce cours elle n’inventait rien et se fiait énormément à ce qu’elle-même avait vécu lorsque, tout comme lui, elle suivait les traces d’une marchombre extraordinaire.

En réalité, elle avait déjà utilisé sa greffe en présence de Darwen. Lors de son duel contre Sharmal, à la Citadelle, elle n’avait pas hésité à briser ce secret si bien gardé afin de protéger son apprenti. Mais celui-ci, gravement blessé, n’avait pas dû voir les deux lames jaillirent des avant-bras de son mentor et tuer Sharmal.

Elle baissa ses yeux dorés et scruta un moment ses bras. Darwen était un marchombre. Elle n’allait pas tarder à le présenter au Conseil et à l’envoyer passer son Ahn-Ju. Et il lui faisait suffisamment confiance, lui, pour lui avoir présenté son loup. Alors, pourquoi ne pas lui montrer ses lames ? Elle était encore en train de tergiverser lorsqu’il répondit à sa question.


- C’est… c’est aussi ce à quoi je pensais. Des échos négatifs, je n’en sais rien, mais je me demande si ça peut avoir des conséquences sur lui, oui. Si la greffe pourrait fonctionner avec le loup, comment il réagirait…

Syndrell enroula une mèche de cheveux bleus autour de son doigt, pensive. Le seul marchombre métamorphe qu’elle connaissait et qui possédait la greffe, c’était Erwan ; comment son ami avait-il vécu cette aventure ? Elle soupira doucement. Erwan était un tel mystère qu’elle savait faire fausse route en orientant ses pensées dans sa direction.

_ Je ne suis pas experte en la matière, reconnut-elle avec sagesse, mais je sais que la greffe n’est pas un corps étranger que ton anatomie devra accepter. C’est… une harmonisation avec ton âme. Ainsi, aucun marchombre ne possède la même greffe, parce que chacun de nous est unique. Et je suis certaine que la tienne s’harmonisera parfaitement avec le loup qui vit en toi.

Jamais Syndrell n’aurait la prétention de prédire l’avenir, ni même d’affirmer des inepties afin de rassurer Darwen ; cette certitude, elle la trouvait dans sa propre histoire, et les souvenirs qui lui restaient du Rentaï. Mais elle avait le sentiment que Darwen avait besoin de quelque chose de concret, pour une fois. Alors, elle n’hésita plus.

L’acier de ses lames secrètes jaillit dans un chuintement feutré, traversant sa peau comme un rien. Minces et courbées, en parfait alignement avec ses bras, elles brillèrent sous l’éclat diaphane de la lune. Un secret pour un secret, c’était la réponse qu’offrait Syndrell au merveilleux cadeau que Darwen lui avait fait en lui dévoilant son loup.

Elle ne dit rien et le laissa observer sa greffe quelques secondes, avant de rétracter doucement ses lames dans la nuit. Elle se souvenait de sa réaction lorsqu’elle avait découvert la greffe de Miss. A ses questions déjà nombreuses s’étaient succédées de nouvelles interrogations ; elle savait qu’elle avait suscité l’intérêt de Darwen et qu’il serait de taille, après l’Ahn-Ju, à se lancer dans la quête du Rentaï. Elle le savait parce que ses yeux brillaient exactement comme ses lames quelques instants plus tôt.


- Allons, trêves de bavardages ! lança-t-elle joyeusement en se redressant. Nous ne sommes pas montés jusqu’ici pour paresser toute la nuit !

Elle entraîna son apprenti de l’autre côté de la tour, là où le vent soufflait si fort qu’il les faisait vaciller sous les assauts de ses puissantes bourrasques. Loin d’être intimidée par cette démonstration de force, Syndrell s’approcha du vide. Très, très près, même. Elle se pencha, curieuse, vacilla dangereusement…

… et pirouetta comme si de rien n’était. En équilibre sur une jambe, elle tourna sur elle-même. Geste incongru à cette hauteur, mais qui n’étonnait pas venant d’elle ; c’était comme si elle avait fait cela toute sa vie. Elle dansait au bord du vide, comme elle avait dansé sur la corde qui traversait le gouffre du fou. Funambule ? Mieux ! Marchombre.


- Fais comme moi !

Elle leva les bras et tourbillonna dans le vent. Chaque fois qu’il tentait de la jeter à bas de la tour, elle pivotait, glissait comme une anguille, lui échappait. Elle avançait lentement sur le bord du toit, la pointe de ses pieds effleurant à peine le sol. Comment pouvait-elle seulement tenir debout sans appuis solides ? Pour une fois, elle offrit la réponse avant la question.

- Un Marchombre a conscience des forces qui l’entourent et agissent sur son environnement… Tous les environnements. Toutes les forces. Il les perçoit, s’immerge en elle pour les renverser…

Souffle puissant.
Parade veloutée.
Fluidité.


- Le vent est une force redoutable. Immerge-toi en elle, Darwen. Commence là où tu te trouves et, petit à petit, avance près de moi.

S’offrir aux caprices du vent demandait un certain courage, mais surtout une grande confiance en soi. Fougueux et téméraire, Darwen n’hésiterait pas à se mesurer aux malices du courant frais qui sifflait à leurs oreilles, mais saurait-il d’abord trouver et dompter cette force en lui, avant d’aller affronter celle des éléments ?


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Dim 10 Avr 2016, 17:48

Tout en faisant part de ses doutes à la marchombre, 'Wen repensa à Erwan, et au jaguar qui partageait son être. L'homme aux cheveux blancs était marchombre, et Maître ; avait-il eu accès à la greffe, lui aussi ? L'apprenti se souvint que son Maître connaissait Erwan, et il s'apprêta à lui en parler, lorsque Syndrell répondit à sa demi-question.

- Je ne suis pas experte en la matière, mais je sais que la greffe n’est pas un corps étranger que ton anatomie devra accepter. C’est… une harmonisation avec ton âme. Ainsi, aucun marchombre ne possède la même greffe, parce que chacun de nous est unique. Et je suis certaine que la tienne s’harmonisera parfaitement avec le loup qui vit en toi.

Le jeune homme fixa son amie avec un léger sourire aux lèvres. Cela paraissait logique, en soi ; si une montagne était capable d'intervenir sur un corps humain, elle devait pouvoir le faire de manière... hum, intelligente ? Même si cela lui semblait toujours étrange, d'avoir quelque chose de modifié, ou de rajouté, dans son corps. Celui-ci était une arme à lui-seul, non ? Mais peut-être que la greffe pouvait être autre chose qu'une arme. De toutes façons, il n'était pas encore temps de s'inquiéter pour ce genre de choses... il fallait déjà qu'il le réussisse, cet Ahn-Ju ! La suite viendrait après, et il n'était pas spécialement pressé. Assis au sommet d'une des plus hautes tours d'Al-Jeit en compagnie de son Maître et amie aux cheveux bleus, il se sentait parfaitement serein et apaisé. Juste bien.

Il avait replongé le regard dans le panorama qui se déployait sous eux, appréciant le calme de la nuit et la beauté de la ville couverte de givre, lorsqu'il entendit un chuintement étouffé, juste à côté de lui. Instinctivement, son corps de tendit, se replia sur lui-même de manière infime... se détendit instantanément lorsque ses yeux clairs se posèrent sur les avants-bras de la marchombre. Des avants-bras qui... n'étaient plus vraiment normaux. La surprise et l'admiration se mêlèrent dans le regard de 'Wen tandis qu'il se mordait la lèvre inférieure, détaillant la courbure parfaite et scintillante des deux lames. Aucune goutte de sang ne perlait de la peau nacrée de la jeune femme, aucune entaille n'était visible...

L'apprenti marchombre se retint de tendre la main pour les caresser, peut-être pour vérifier si elles étaient bien réelles. Comment Syndrell pouvait-elle décider de les faire apparaître ? Est-ce qu'elles étaient encore sous sa peau lorsqu'elles les tenait rentrées ? Étaient-elles comme une main ou une jambe que l'on pouvait décider de replier ou d'étendre ? Y'avait-il un mécanisme, caché là-dessous ? Toutes ces questions et tant d'autres s'évanouirent en même temps que les lames sous la peau de la marchombre. Seule une évidence restait, que Darwen ne put se retenir d'exprimer.

- Elles sont magnifiques...

Ses yeux n'avaient pas encore quittés les avants-bras de la jeune femme, que celle-ci se redressait vivement en lançant une pique joyeuse. Son apprenti n'eut pas le temps de réagir autrement qu'en lui emboîtant le pas, se souvenant qu'ils se trouvaient au sommet d'une tour glissante et... vertigineuse. Où le vent semblait souffler de plus en plus fort. Manquant de tomber plusieurs dizaines de mètres plus bas sous l'attaque d'une bourrasque particulièrement glacée, le jeune homme laissa échapper un juron coloré. Ses yeux s'écarquillèrent – pour la seconde fois – en voyant Syndrell s'installer tout au bord du vide. Bon d'accord, elle était marchombre, mais... cela n'enlevait rien au fait qu'elle était folle, là, tout de suite ! Le vent était trop fort, elle allait s'écraser en bas, surtout dans cette position !

Au moment où elle vacilla, le jeune homme voulut s'élancer pour... pour faire quoi en fait ? Syndrell lui faisait déjà face, en équilibre sur une jambe, lui souriant malicieusement. Darwen faillit se pincer ; une bourrasque plus forte que les autres manqua de le faire tomber, une nouvelle fois, lui montrant qu'il se trouvait bien dans la réalité, et non dans un rêve... pourtant, lorsqu'il vit la jeune femme éviter la-dite bourrasque en ondulant souplement, il eut vraiment la sensation de vivre un songe. Syndrell évitait les assauts du vent avec une simplicité effrayante, s'adaptant parfaitement à ses remous, ondoyant entre ses lames qui ne faisaient que l'effleurer. Elle dansait avec lui.

Alors c'était cela, un marchombre ?

Le cœur dans la gorge, 'Wen ne pouvait détacher son regard de cette étrange danse, de ce petit bout de femme ondulant sous les rafales glacées.

- Un Marchombre a conscience des forces qui l’entourent et agissent sur son environnement… Tous les environnements. Toutes les forces. Il les perçoit, s’immerge en elle pour les renverser… Le vent est une force redoutable. Immerge-toi en elle, Darwen. Commence là où tu te trouves et, petit à petit, avance près de moi.

Je... C'était une blague, n'est-ce pas ? Comment pourrait-il réussir ce...  cette... chose à laquelle il ne parvenait même pas à croire ? Est-ce qu'il devait savoir faire ça pour réussir l'Ahn-Ju ? Ou même y prétendre ? Tu ne vas pas tomber, lui avait promis Syndrell, lors de leur premier cours, mais... tomber de cheval et tomber d'une tour aussi haute, ce n'était quand même pas la même chose ! Tout simplement parce que dans un cas, il ne risquait même pas de se casser quelque chose, et que dans l'autre cas... ben il avait toutes les chances d'y rester ! Il voulait bien courir pendant des heures, se battre avec n'importe qui ou escalader toutes les falaises et tours du monde, mais ça... ça revenait à se jeter consciemment dans le vide !

Pourtant, seules deux possibilités s'offraient à lui : faire ce que Syndrell lui demandait, ou ne pas le faire. Risquer de mourir, ou renoncer. Sauf qu'on ne renonçait pas comme ça à un apprentissage marchombre... sauf que Syndrell était là. S'il tombait, elle le retiendrait, non ? Mais il était bien plus lourd qu'elle, et... Darwen serra les poings. Syndrell était Maître marchombre. Tant qu'elle était là, il ne risquait rien. Et même si ce n'était pas le cas, eh bien... il était prêt à risquer le coup, oui. Parce qu'il ne renoncerait pas maintenant. Parce qu'il était marchombre ou il ne l'était pas. Parce que s'il ne l'était pas il n'était pas lui-même. Alors autant vérifier tout de suite...

S'avançant à son tour, lentement, vers le bord glissant de la tour, le jeune homme tendit une main en avant, pour sentir les lames du vent glisser sur sa peau, entre ses doigts. Les percevoir. Tenter de les saisir... Puis il déplia le bras, l'autre, s'avança encore... Devenant instinct et sensations, il ne pensait plus au rationnel. L'angoisse était toujours là mais, comme le vent, elle refluait et se retirait, lui laissant des instants de répit qu'il s'empressait de mettre à profit pour avancer encore un peu plus. Sur le sol et dans sa tête. Le loup emplissait son ventre, son corps, lui prêtant son propre instinct, ses propres réflexes. L'homme-loup fixait la lune ronde et blanche de son regard bleu clair, et une ombre de sourire apparut sur ses lèvres. Maladroit, il vacillait encore, mais il n'avait plus peur. Le vent était bien plus fort que l'angoisse.

Peu à peu, il se familiarisa avec le vent. Il le sentit le mettre à l'épreuve, l'attaquer, vouloir le faire basculer... Il s'offrit à sa force, la lui prit, s'en empara. La modula pour la faire sienne. Échoua, recommença... Essaya encore, sans jamais s'arrêter. Ce n'était pas un exercice à recommencer, mais un long apprivoisement. Il ne dansait pas, pas encore, mais il restait debout, laissant le vent s'enrouler autour de lui, évitant les rafales, se glissant sur son souffle. Immobile et agile comme une statue d'argile qui, progressivement, se mit en mouvement...

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Mar 12 Avr 2016, 13:57

Toute à sa danse, Syndrell ne manqua rien toutefois des émotions qui se succédèrent sur le visage de Darwen. L’on pouvait lire en ce garçon comme dans un livre ouvert. Elle perçut la surprise, l’admiration, le doute, l’envie puis la détermination. Elle le vit s’avancer et braver une première bourrasque en vacillant.

Mais il tint bon. Chaque fois que le vent tenta de le désarçonner, de le précipiter dans le vide, il tint bon. Il n’était pas à l’aise au point de danser comme Syndrell, mais ses mouvements étaient intéressants : plutôt que de forcer contre les courants qui le heurtaient, il glissait entre eux. Il n’échouait que pour mieux se remettre debout.

Il ne dansait toujours pas.

Au bout d’un moment, Syndrell se rapprocha de lui. Il avait fermé les yeux pour mieux s’offrir au vent. Elle tendit la main, noua ses doigts avec les siens. Croisa son regard surpris et lui retourna un clin d’œil malicieux. Parfois, on trouve mieux le rythme quand on est deux. Elle se mit à bouger. Aérienne, vive et légère, elle tourbillonnait dans le vent, ses longs cheveux bleus ondulant au gré de ses mouvements, et elle ne lâchait pas sa main.

Elle dansait avec lui, tout simplement. Quiconque aurait levé les yeux en haut de la tour se serait cru en train de rêver en voyant les deux jeunes gens évoluer gracieusement sur le toit. Ils dansaient au bord du vide, flirtaient avec le danger, jouaient avec le vent. Ils s’amusaient vraiment. Il n’y avait pas réellement de meneur, mais Syndrell laissait Darwen la guider du bout de ses doigts, sous le rire silencieux et argenté de la lune.

Elle acheva ce joli pas de deux d’une pirouette et salua gracieusement son cavalier, avant de lui sourire. Elle était fière de lui, de ce qu’il était en train de devenir. De ce qu’il était déjà. Mais au moment où elle aurait souhaité le lui dire, les mots lui manquaient. Elle s’accroupit et tira un stylet de sa manche pour graver quelque chose dans l’ardoise.



Tourbillon dans un sourire de lune
Danse du corps et de l’esprit
Marchombre


Elle ne rien non plus en se redressant. Et ils quittèrent les toits dans ce même silence complice, les cheveux encore agités par une brise malicieuse.




*




- Puisque je te le dis ! J’ai dû tenir le crachoir à cette vieille canaille pendant toute une soirée mais je l’ai finalement eue, ma revanche !

Syndrell prit une bouchée de siffleur sauté et ferma les yeux. Délicieux !!! Elle cessa d’assommer Darwen d’anecdotes toutes plus invraisemblables les unes que les autres le temps de savourer son plat. La journée était douce et ensoleillée : l’hiver semblait déjà battre en retraite alors que les passants se bousculaient dans les rues de la capitale pour profiter d’un temps particulièrement agréable.

Attablés en terrasse, les deux compagnons prenaient un déjeuner bien mérité. Ils n’avaient pas fermé l’œil de la nuit – en tout cas, pas Darwen ; Syndrell n’était pas certaine d’avoir résisté à l’appel du sommeil pendant qu’il était en train de se battre avec sa vingt-septième serrure, car elle se souvenait vaguement avoir sursauté plus d’une fois, tirée de sa somnolence par ses exclamations dépitée ou victorieuses.

La fatigue commençait à poindre sous leurs mines joyeuses, toutefois Syndrell n’avait pas envie de gaspiller une seule minute de cette magnifique journée. Il fallait en profiter ! Elle posa sur son élève un regard bien trop brillant pour qu’il ne sente pas venir le coup. Elle prit un air candide jusqu’à ce qu’il ne tienne plus, et eut finalement un sourire espiègle.


- J’ai glissé une épingle en argent dans la poche de l’un de ces gens, dit-elle en désignant du menton les passants qui traversaient la place. Si tu la trouves sans te faire repérer, et en moins de vingt minutes… je paye le repas.

C’était un coup bas qui, curieusement, la fit sourire davantage. Elle se renversa sur le dossier de sa chaise, croisa les bras et attendit que Darwen relève le défi.

Une aiguille dans la poche d’un citadin.
Autant chercher une aiguille dans une botte de foin, mais ça...

... c’était bien trop simple !

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Ven 22 Avr 2016, 10:21

[Eh bien si ça ça n'est pas tiré par les cheveux... Rolling Eyes Si ça l'est trop, tu me sonnes !]



Alors qu'il commençait à se mouvoir en suivant les oscillations du vent, Darwen perçut Syndrell se rapprocher de lui. Les yeux fermés, il sentit les doigts de son Maître se mêler doucement mais assurément aux siens, et frémit à son contact, ouvrant les yeux pour interroger le regard doré du sien. Sans un mot mais avec un sourire sur les lèvres, la marchombre reprit sa danse... avec lui.

L'homme pouvait distinctement sentir les battements de son cœur, qui avaient accéléré au contact de la jeune femme, et il fut presque surpris de ne pas perdre tous ses moyens : au premier instant, il avait cru qu'il allait glisser du toit. Avec Syndrell qui le guidait, il se sentait finalement bien plus sûr de lui : une bouffée d'assurance et de chaleur l'enveloppa, et il se laissa aller à la danse de la marchombre, à celle du vent...

Un sourire étirant ses lèvres, il évitait les assauts du vent, se coulait entre ses bourrasques, glissait le long de ses lames... avec Syndrell. Le vent faisait voler ses cheveux bleus et ébouriffait les siens, mais il ne parvînt pas à les faire tomber, eux deux.



***



Dans la nuit, deux danseurs
Un homme, une femme
Puissance et beauté de force douce
et de douceur sauvage mêlées.

Homme-loup dansant sous la lune ronde
femme-lames plongeant dans le souffle du vent

Ils puisent dans sa force, la font leur.

Deux êtres mi-lumière, mi-ombre
Un homme, une femme
Un élève et son Maître, un Maître et son élève
Deux Marchombres.

Une seule danse.



***



Incapable de s'exprimer par des mots, il lit.


Tourbillon dans un sourire de lune
Danse du corps et de l’esprit
Marchombre



Un large sourire illumine son visage tandis qu'il lève les yeux vers elle.
C'est son regard qui parle.



***




- J’ai glissé une épingle en argent dans la poche de l’un de ces gens. Si tu la trouves sans te faire repérer, et en moins de vingt minutes… je paye le repas.

Darwen, en train de déguster le plat de siffleur avec appétit, faillit presque s'étouffer avec un morceau de viande. Il termina sa bouchée avant d'observer le sourire amusé de la marchombre, lui adressant une grimace.

Il avait cru avoir bien mérité ce bon repas, et aussi un peu de repos. Après l'escalade éprouvante de la tour et leur danse sur son sommet, après avoir parcouru la ville dans tous les sens pour trouver toujours plus de serrures à crocheter – il avait même aperçu Syndrell fermer les yeux, à un moment – il avait cru qu'ils iraient enfin dormir.

Il avait cru.

- En moins de vingt minutes ? Je demande une sieste après, alors. Sinon je mourrai de fatigue et tu ne pourras plus rien tirer de moi. Rassure-moi, les marchombres dorment, quand même ?

Il afficha un air inquiet qui fit éclater de rire la jeune femme, et il leva les yeux au ciel.

Mais en réalité, il avait déjà commencé à observer la place et les passants, réfléchissant à la façon dont il pourrait relever ce nouveau défi. Comment trouver un objet si petit dans la poche d'une personne qui était un mouvement, qui risquait de s'éloigner à tout moment, sans se faire repérer lui-même ? Il devait y avoir un truc, Syndrell n'avait pas pu glisser l'épingle dans les vêtements de n'importe qui, et lui donner un laps de temps de vingt minutes – bon d'accord, moins, mais ça ne changeait pas grand chose – alors que la personne avait peut-être déjà quitté la place... ça paraissait carrément impossible.

Il fallait aller au plus simple.

Il ne bougeait toujours pas de sa place, mais son regard attentif parcourait l'espace en quête d'indices. Une épingle, ça piquait, non ? Dans un premier temps, il avait juste besoin d'être observateur... Mais il avait beau étudier chaque personne, de longues minutes s'écoulèrent sans qu'il ne se passe rien de notable. Avant qu'un serveur ne traverse la place depuis la taverne en face d'eux pour arriver sur la terrasse, les bras chargés de plats. Alors qu'il servait une table, Darwen remarqua  qu'il n'était pas très à l'aise, se tortillant sur place en essayant de ne pas se faire remarquer pour avoir l'air le plus naturel possible face aux clients.

Sauf que pour un regard un tant soit peu aiguisé, cela était à l'opposé du naturel. L'homme avait clairement quelque chose qui le gênait.

'Wen hésita un instant seulement. Après tout, cela pouvait être autre chose... mais en même temps, dissimuler l'épingle dans la poche d'un serveur était peut-être le seul moyen de la lui faire retrouver, car lui ne risquait pas de s'en aller à l'autre bout de la ville. C'était peut-être un peu trop simple, mais tant pis – il ne devait pas lui rester beaucoup de temps, de toutes façons.

Se levant de sa chaise comme s'il allait chercher quelque chose, il se dirigea nonchalamment vers l'homme, qui s'apprêtait à débarrasser les couverts d'une autre table. Alors qu'il se retournait, il percuta l'apprenti marchombre, manquant de justesse de renverser les assiettes sales.

- Je suis désolé, bredouilla Darwen sans éviter le regard de l'homme – qui était vraiment canon, d'ailleurs, et il pouvait sentir son parfum... Hum. Je... j'ai failli tout faire casser... Je peux prendre le sel sur cette table vide ? il n'y en a plus sur la mienne...

Le serveur acquiesça et se dépêcha de retraverser la place. Décidément, ce n'était pas son jour : le rythme effréné qui leur était imposé à lui et ses collègues à cause du grand nombre de clients, cet homme qui lui rentrait dedans, et ce satané truc qui lui piquait la cuisse sans qu'il ne trouve le temps de regarder ce que... Tiens, mais... il ne le sentait plus, là. Sans y prêter plus d'attention, il disparut dans la taverne.

Darwen était revenu à sa place sans que personne ne fasse plus attention à lui, déposant l'épingle – et le sel - sur la table. Bon, même s'il s'était écoulé du temps avant qu'il ne se mette en mouvement, le reste était allé très vite. Tout cela devait avoir pris moins de vingt minutes, non ?

Il appela une serveuse qui passait pour lui demander un deuxième plat. Et tira la langue à la marchombre aux cheveux bleus. Bah oui, s'il ne payait pas, il pouvait manger autant qu'il voulait, non ? Autant en profiter !

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Ven 22 Avr 2016, 20:20

- Les Marchombres dorment mais les jeunes recrues, elles, doivent mériter leurs siestes ! Alors, tu déclares forfait ?

Question inutile, Darwen était déjà en train d’évaluer la foule, et Syndrell put l’observer tranquillement. Elle apprécia qu’il ne se précipite pas, qu’il prenne le temps de réfléchir à ce défi complètement insensé. Le jeune homme commençait à avoir du plomb dans la cervelle !

Elle le suivit des yeux lorsqu’il traversa la place. Il était discret et rien en apparence ne le distinguait des passants, si ce n’était peut-être sa jolie bouille, mais au beau milieu de la foule il était tellement marchombre que Syndrell cligna des yeux. C’était l’évidence même, comme si le moindre mouvement de ses muscles le clamait haut et clair. Comment se faisait-il que personne ne le remarque ?

Elle fit la moue en le voyant s’approcher du jeune serveur. En elle, la fierté de le voir réussir brillamment cette épreuve se le disputait à la déception que celle-ci s’achève trop vite ; elle aurait aimé le voir galérer un petit peu… Lorsque Darwen revint vers elle, Syndrell le trouva brusquement plus vieux.

Où était passé le gamin impatient, le jeune loup fougueux et trop impétueux ? Cette espièglerie enfantine brillait encore dans ses yeux et il n’avait rien perdu de sa témérité, mais il lui semblait qu’elle s’était transformée, travaillée, ciselée pour devenir audacieuse. Il était en train de grandir et elle se demanda si elle-même changeait de cette manière-là.

Elle regarda l’épingle qu’il avait posée sur la table, sourit et attrapa le sel pour en mettre une pincée sur son plat. Elle faillit en lâcher une grosse poignée lorsque son élève commanda un plat supplémentaire – pas le moins cher, en plus ! – et lui donna un petit coup de pied dans le tibia quand il lui tira la langue.

Finalement, il était toujours insupportable et effronté.


- Pas mal, admit-elle néanmoins. Et très bon choix tactique : choisir la lumière plutôt que l’ombre afin de passer inaperçu, c’est un secret que le marchombre maîtrise à la perfection… La prochaine fois tu chercheras un croc de chat et je le cacherai bien mieux que ça !

Parce qu’après tout c’était elle qui allait régler ce repas, Syndrell piqua deux ou trois choses fort délicieuses dans l’assiette de Darwen. Elle était repue lorsqu’ils quittèrent la terrasse. Son ventre était bien plus gonflé que sa bourse, mais elle se débrouillerait pour que son apprenti écope du prochain déjeuner qu’ils s’offriraient…

Il était prêt à la suivre où qu’elle aille, elle le devina à la manière dont il lui emboîta le pas, mais elle nota les cernes qu’il avait sous les yeux et le bâillement qu’il étouffa. Un peu de repos avant de passer à la suite ne leur ferait pas de mal.

Elle n’avait pas envie, toutefois, d’aller s’enfermer dans une chambre – et plus tellement les moyens, d’ailleurs – et s’arrêta un instant pour étudier la question, entortillant une mèche de cheveu  autour de son doigt.


- Viens, je sais où tu pourras ronfler tranquille !

Elle l’entraîna dans quelques rues jusqu’à trouver enfin ce qu’elle cherchait : un parc, au beau milieu de la ville, immense et planté d’arbres qui la nuit se paraient de couleurs chatoyantes. L’hiver les avait dénudés sans leur ôter leur charme. La douceur de cette journée avait attiré les promeneurs ; quelques enfants s’amusaient à se poursuivre, un jeune couple avançait en se tenant la main, une vieille femme, assise sur un banc, observait les passants en caressant un chat de gouttière venu apprécier quelques marques d’affection.

Un peintre avait planté son chevalet en face d’un tout petit étang. Curieuse, Syndrell s’approcha de la couverture sur laquelle il avait étalé ses croquis et ses peintures. Une esquisse attira son attention et elle attrapa le coude de Darwen pour la lui désigner, les yeux brillants. L’artiste avait représenté seulement la tête du loup et montrait son profil tandis que celui-ci pointait le museau vers le ciel. La finesse des coups de crayon donnaient une telle vie à l’animal que Syndrell eut le souffle coupé.

Et l’envie soudaine de revoir le loup de Darwen.

Ils finirent par trouver un endroit calme, pas trop fréquenté ; Syndrell déploya sa cape de voyage sur l’herbe et s’allongea dessus. Voilà, elle était bien, là : dans une flaque de soleil, le visage caressé par une brise légère et déjà printanière, bercée par le rire lointain des enfants et l’animation environnante d’Al-Jeit…

Elle ferma les yeux.





*




Syndrell se réveilla en sursaut. Elle s’assit sur la couverture et regarda tout autour d’elle, sidérée… il faisait nuit ! Enfin, pas tout à fait, mais le soleil avait déjà plongé à l’horizon et l’arbre qui veillait sur eux brillait déjà d’une douce lumière dorée dans les ombres qui grandissaient lentement. Elle se passa une main sur le visage.

Elle avait dormi à poings fermés, apaisée par cet endroit… ça faisait un bien fou ! Avec l’agréable sensation d’avoir récupéré, elle s’étira comme un chat avant de baisser les yeux sur Darwen. Elle le chatouilla pour le réveiller et roula dans l’herbe pour lui échapper. Ça lui donna une idée.


- Voyons voir si ta danse d’hier a porté ses fruits, dit-elle en bondissant sur ses pieds. Et si tu es prêt à chercher plus petit qu’une épingle dans la poche d’un serveur !

Elle ouvrit grand les bras pour désigner le parc tout entier.

- C’est notre terrain de jeu ! Accorde-moi une minute. Dans soixante secondes, cherche-moi. Si tu me trouves avant cinq minutes, on passe à l’étape suivante : tu devras me chatouiller. Enfin, essayer de me chatouiller… Libre à toi d’utiliser une arme. Cette nuit…

Elle se glissa près de lui et, vive comme l’éclair, tendit la main pour tirailler une mèche de ses cheveux.

- … tous les coups sont permis !

Elle disparut avant même qu’il ait commencé le décompte. S’enfonçant dans les ombres, la jeune femme chercha un endroit où elle pourrait se dissimuler. Avisant un petit kiosque, près d’un autre étang, elle hésita. Trop évident. Mais les hautes herbes, près de l’eau qui dormait tranquillement…

La marchombre s’aplatit au milieu des roseaux. Elle rabattit sa capuche pour cacher le bleu trop vif, même dans la nuit, de ses cheveux et s’immobilisa, le sourire aux lèvres.

Elle était en train de jouer à cache-cache avec son élève.
C’était génial !



__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Dim 24 Avr 2016, 12:36

Trente secondes.

Déjà, Syndrell ne pouvait pas s'être perchée dans les branches des arbres, puisqu'ils étaient complètement illuminés. Darwen commença à chercher entre les troncs, dans le petit bois derrière leur lieu de sieste. Sérieusement, il était vraiment en train de jouer à cache-cache, là ?

Parce que ça paraissait complètement irréel !


***




Réjoui par la perspective de pouvoir enfin se reposer un peu, 'Wen suivit Syndrell dans les rues d'Al-Jeit, en tentant de retenir ses bâillements. L'exercice de l'épingle lui avait fourni une petite dose d'adrénaline, mais celle-ci commençait déjà par retomber, chassée par les nombreuses heures passées sans dormir. L'apprenti se demandait à quel endroit son Maître avait pensé, lorsque la rue qu'ils empruntaient déboucha sur un immense parc, dont ils passèrent l'entrée. Enchanté par ce coin de verdure au beau milieu de la ville, Darwen observa les gens qui s'y trouvaient, mais aussi toute l'agitation animale à laquelle on ne prêtait pas toujours attention, mais qui était pourtant bien présente : sur cette branche d'arbre, une pie qui s'apprêtait à prendre son envol, captivée par l'éclat d'une pièce triangulaire au sol ; ici, deux écureuils gris qui filaient d'un arbre à l'autre ; là-bas, au bord d'une petite mare, une grenouille qui chantait joyeusement...


***




Une minute.

'Wen sortit du petit bois sans n'y avoir trouvé personne. Il s'arrêta un instant pour écouter la nuit. Tous les êtres humains étaient partis, dans le parc. Il restait seulement un apprenti marchombre et son Maître, jouant comme des enfants alors que la lune ronde et les premières étoiles apparaissaient dans le ciel d'encre. Mais ces enfants-là, aucun parent ne les attendait à la maison pour leur reprocher leur retard...


***




Un ballon atterrit juste à côté du jeune homme, et il le renvoyait aux enfants qui lui faisaient des signes en lui criant qu'il était à eux, lorsque Syndrell lui attrapa le bras pour lui désigner un peintre en plein travail – ou, plus précisément, l'un de ses croquis. Le métamorphe sentit une étrange émotion l'envahir en détaillant la tête du loup chantant à la lune. Cela faisait un moment qu'il ne s'était pas transformé, depuis qu'il avait révélé cette capacité à son amie aux cheveux bleus, en fait, et il sentait parfois son homologue canin protester ; lui-même ressentait le besoin de lui céder sa place d'humain, pour retrouver les sensations totalement enivrantes que cet autre corps lui offrait. Peut-être que la nuit prochaine... Il chassa vite cette pensée : pas question de devenir loup en plein milieu d'une ville. Adressant un sourire complice à la marchombre, il se retira le premier de la contemplation de l'esquisse pour échapper à sa vision si attirante...


***




Deux minutes.

Aussi silencieux qu'une ombre, il continuait à chercher. En une minute, Syndrell ne pouvait pas non plus s'être rendue à l'autre bout du parc... Un sourire étirant ses lèvres, il s'approcha d'un étang, plus grand que celui près duquel ils avaient dormi. Tous les sens en alerte.

Un loup...


***




Darwen s'allongea dans l'herbe aux côtés de la jeune femme sans retenir un soupir de contentement peu discret. Il fixa le ciel un instant, détaillant la forme des nuages et appréciant le souffle léger du vent sur sa peau et dans ses cheveux. Il distingua les contours de ce qui pouvait être une loutre en train d'attraper un poisson, et tourna le visage vers Syndrell pour lui faire part de cette précieuse découverte...  La marchombre s'était déjà endormie. Oh, ça lui donnait une bouille toute mignonne !  Souriant tout seul, 'Wen ferma les yeux à son tour. Alors comme ça, il devait supplier pour quelques heures de repos, alors qu'elle en avait autant besoin que lui ! C'était à la fois frustrant... et vraiment attendrissant ! Et il s'endormit tout contre Syndrell.


***




Quatre minutes.

Guidé par le chant des grenouilles, il contourna l'étang, regardant derrière chaque bâtiment, chaque arbre... Le temps s'écoulait et Syndrell était toujours introuvable. Et puis son regard se posa sur les hautes herbes. Mu par un instinct animal, il s'enfonça doucement dans les roseaux, en faisant le moins de bruit possible.

Jusqu'à distinguer une silhouette sombre, à quelques mètres, aplatissant l'herbe. Prédateur, il s'aplatit lui-aussi sur le sol, dissimulé par les hautes herbes, et s'avança lentement... Et il ne résista plus très longtemps à la tentation. Tous les coups sont permis, hein...

Il voulait la surprendre.


***




Ce furent des chatouilles qui le réveillèrent. Darwen grogna en essayant d'y échapper, et finit par ouvrir les yeux, se redressant d'un seul coup pour attraper la main importune et prendre sa revanche. Sauf que Syndrell avait roulé sur le côté, que se lever aussi brusquement lui donna un affreux mal de crâne pendant quelques secondes et des tâches noires devant les yeux, et que lorsqu'il retrouva un état normal... il écarquilla les yeux en voyant les arbres tout illuminés, alors qu'il faisait déjà presque nuit. Orange, rose, turquoise, mauve, doré, émeraude... les lumières colorées semblaient irradier des arbres-mêmes, illuminant le sol du parc et parant l'eau de l'étang proche de reflets bariolés, là où les grenouilles coassaient à qui mieux mieux. C'était comme un feu d'artifice figé.

Le jeune homme mit quelques secondes avant de réaliser que l'art du Dessin n'était certainement pas pour rien dans ce tour de magie. Il se frotta les yeux tandis que Syndrell était déjà débout, pleine d'une énergie folle. Elle rayonnait et à côté d'elle, les arbres paraissaient presque ternes...

- C’est notre terrain de jeu ! Accorde-moi une minute. Dans soixante secondes, cherche-moi. Si tu me trouves avant cinq minutes, on passe à l’étape suivante : tu devras me chatouiller. Enfin, essayer de me chatouiller… Libre à toi d’utiliser une arme. Cette nuit… tous les coups sont permis !

L'apprenti eut à peine le temps de pousser un cri de protestation en sentant ses cheveux le tirailler, elle était déjà partie, évanouie dans la nuit. Alors il commença le décompte.


***




Pouvait-on considérer un loup comme une arme ?
Après tout, le corps humain en était bien une !

Le canidé bondit sur la marchombre, la maintenant plaquée au sol, sous ses soixante kilos de muscles.
Il ouvrit la gueule...

...et commença à la lécher de partout.




[Tu as eu ce que tu voulais ? Rolling Eyes]

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Sam 30 Avr 2016, 13:12

['Wen, j'ai pris la liberté de faire un tout petit peu bouger ton loup. Donc si quelque chose te dérange, n'hésite pas à me le faire savoir, d'acc ?]



Etait-ce parce qu’il avait vu le portrait ?
Parce qu’elle s’était dit qu’elle avait envie de revoir ?
Ou bien parce que la lune était si belle cette nuit-là ?

Syndrell décida qu’il était inutile de chercher une raison. Elle éclata de rire et tenta de protéger son visage des joyeux coups de langue – mais avec Darwen, quand il avait quelque chose en tête, c’était peine perdue. Elle finit par rendre les armes.


- C’est bon, ça va ! cria-t-elle entre deux léchouilles baveuses. T’as gagné, j’ai compris tu sais !

Le loup finit par la libérer de son poids et elle s’assit en reprenant son souffle. Tout en s’essuyant le visage, elle observa l’animal qui la considérait d’un air faussement innocent. Comment ne pas reconnaître Darwen dans ce regard amusé ?

- La prochaine fois je veillerai à préciser davantage les règles du jeu, marmotta-t-elle dans un sourire qui démentait ses paroles. Vilaine boule de poils.

Elle était certaine qu’il la comprenait à sa manière. Qu’il était entièrement loup, avec des instincts primaires, des besoins très simples et des facultés bien différentes de celles du jeune homme qu’elle guidait sur la voie mais, langue baveuse ou pas, il restait son élève.

Entièrement.


- Cette petite sieste m’a ôté l’envie et le besoin d’une nuit de sommeil, annonça la marchombre en se redressant souplement. Et je commence à me lasser de la ville. Tu viens ?

Elle s’éloigna de l’étang sans vérifier qu’il la suivait.

Vérifie-t-on que notre ombre nous suit ?





*




Voyager la nuit était un plaisir unique.
Mais Syndrell découvrit un plaisir plus grand encore : courir avec le loup. Depuis qu’ils avaient quitté Al-Jeit, ils n’avaient pas ralenti leur allure, portés par la soif d’aventure et le jeu qui, entamé entre deux êtres humains, se poursuivait désormais entre une femme et un loup.

Ils ne progressaient pas côte à côte, comme lorsque Darwen la suivait en tant qu’homme ; Syndrell s’élançait entre les arbres, les bras ramenés le long du corps pour optimiser sa vitesse et ne croisait que peu souvent le loup. Celui-ci était bien plus rapide qu’elle ne le serait jamais, il la précédait donc, revenait sur ses pas pour l’attendre, s’amusait à lui passer devant de temps à autre, toujours insaisissable, jamais rattrapé.

Comme elle portait leurs sacs, la jeune femme finit par ralentir, adoptant une cadence plus lente mais plus reposante. Le givre craquait sous ses pas, un nuage de buée se formait devant ses lèvres au rythme de son souffle régulier. Elle devina plus qu’elle ne vit Darwen se glisser dans les broussailles, sur sa gauche. Il devait apprécier de se dégourdir les pattes…

Du coup, elle se prit à penser à cette étonnante faculté que possédaient Darwen, Erwan et Ylléna. De toute évidence, certains Alaviriens étaient concernés par cette capacité à se métamorphoser en un animal. Elle ne put s’empêcher de se demander lequel aurait pu prendre un jour le pas sur son humanité. Un oiseau ? Un chat ?

Le changement soudain de trajectoire du loup attira de nouveau son attention. Elle comprit qu’il était en train de chasser et l’envie de l’accompagner l’assaillit soudain ; elle attrapa son arc et se mit à trottiner, quittant le sentier pour s’enfoncer dans l’ombre plus épaisse des fourrés. Le relief accidenté créait des creux et des bosses, des montées parfois très raides et des descentes qui faisaient prendre de la vitesse.

Elle dévala une pente rocailleuse à toute allure, guidée par l’ombre furtive de Darwen, là-bas, devant elle. Avait-il compris qu’elle l’accompagnait ? Il ralentissait parfois l’allure pour lui permettre de suivre, mais elle ne fut pas certaine qu’il l’attendait jusqu’à ce qu’il se mette à passer à droite et à gauche de la piste qu’ils suivaient.

Oui, il avait compris : il rabattait le gibier dans sa direction ! Syndrell plissa les yeux. Sa vue était amoindrie par l’obscurité mais, avec l’aide de l’odorat très développé du loup, elle devina leur proie. Un lièvre qui filait à son terrier… il n’en eut pas le temps. Une flèche le cueillit en plein bond.

Syndrell s’arrêta à quelques pas. Elle était très satisfaite de son tir mais n’osait pas s’approchait davantage : le loup était en train de manger. Qu’il s’agisse de Darwen ne changeait rien au fait qu’il avait la priorité sur cette prise, et elle l’accepta de bonne grâce ; de toute façon, elle n’avait pas faim. Mais c’était, et cela resterait à jamais la meilleure partie de chasse de toute sa vie et elle s’assit le dos contre un rocher pour observer son compagnon.





*




Aux premières lueurs de l’aube, Syndrell fit une halte. Elle posa les sacs sur les rochers bordant une rivière et se pencha au bord de l’eau pour se désaltérer. Elle était diablement mais fraîche, mais il fallait bien qu’elle fasse sa toilette, après toute une nuit passée à courir les bois…

Otant ses vêtements avant de ne plus en avoir le courage, elle déposa ses affaires près des sacs et se glissa dans l’onde glaciale. Passées les premières secondes qui lui coupèrent littéralement le souffle, elle s’enfonça dans l’eau et laissa ses muscles se détendre. Le courant était vif là où elle se trouvait et fouettait son corps presque douloureusement.

Un peu plus bas, l’eau se jetait en une cascade qui dévalait plusieurs mètres. Le danger était bien réel, mais le défi était alléchant… Syndrell se tourna vers la rive et scruta les ténèbres. Elle ne voyait pas le loup mais elle savait qu’il était là, en train de l’observer depuis les ombres.


- Tu n’oses pas venir prendre un bain, sac à puces ? lança-t-elle avec énergie. Peur de te mouiller le museau ?

Son ton était moqueur et vaguement provocant. Elle espérait que Darwen percevrait le défi dans sa voix, et laisserait l’humain refaire son apparition pour la rejoindre ; il serait nu comme un vers, cela ne lui prendrait que quelques instants et… elle avait quelque chose à lui montrer.

A lui apprendre.


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Jeu 16 Juin 2016, 12:03

[Et c'est reparti ! Very Happy]



La langue pendant hors de sa gueule entrouverte, haletant pour rafraîchir sa température interne et goûtant l'air de la nuit, le loup filait à toute allure entre les arbres. Il se délectait de la sensation du contact du sol contre ses coussinets, du souffle du vent entre ses poils sombres, de cette liberté parfaite qui se présentait ainsi à lui.
Parfaite ?
La présence de l'humaine, deux ou trois kilomètres derrière lui, aurait pu démentir l'affirmation. Mais ce n'était pas le cas. S'il restait à ses côtés, c'était bien parce qu'il en avait envie ; il ne sentait aucunement contraint. Il était libre, pleinement ; l'image des arbres défilant autour de lui en attestait. Il allait où il le souhaitait.
Il ralentit l'allure et s'arrêta un instant pour chanter sa joie à la lune, la tête renversée en arrière, la gorge offerte au ciel piqueté d'étoiles.
Il n'avait pas senti la présence et n'avait pas repéré la trace d'autres loups dans cette forêt - pour le moment - mais ce n'était pas pour eux qu'il hurlait dans la nuit.
C'était pour l'humaine.
Lui signifier où il était.
Lui dire qu'il l'attendait.



***


Trottinant en sens inverse, il sentit bientôt l'odeur de la femelle humaine, avant d'entendre le bruit de son pas de course régulier et de sa respiration. Enfin, il aperçut sa silhouette menue se découper dans la nuit, ses longs cheveux bleutés volant derrière elle. Il la contourna rapidement, repartit dans l'autre sens en secouant légèrement la tête vers l'avant pour lui faire le signe moqueur d'accélérer... avant d’accélérer lui-même, disparaissant bientôt hors de sa vue.
Il était temps d'aller chasser !



***


Le lièvre filait dans les fourrés. Le loup pouvait sentir l'odeur de sa peur de loin. La proie était rapide, mais elle était seule ; le canidé avait vite repéré l'humaine progresser entre les arbres, non loin, une de ses armes étranges à la main. Elle avait donc décidé de l'accompagner dans sa chasse. Après tout, il l'avait bien traitée comme une partenaire, en l'appelant tout-à-l'heure. Il avait bien envie de voir ce dont elle était capable à la chasse, même s'il savait déjà qu'elle se débrouillait très bien pour une humaine.
Saurait-elle repérer les signes qu'il lui enverrait ? Sa propre part humaine lui avait bien montré que les humains n'avait qu'un faible odorat et qu'ils ne savaient pas percevoir autant de sons que lui et ses congénères. Mais celle-ci était particulière ; elle savait écouter, mieux encore que son propre humain. Même si elle ne pouvait pas arriver à sa hauteur, elle était sans doute capable de l'aider à chasser, comme une louve...
Alors qu'il avait ramené le lièvre droit vers elle, l'odeur du métal fusa dans l'air.
Il perçut le cri silencieux de la proie, l'odeur du sang chaud qui envahit l'atmosphère, son souffle qui s'éteignait, le son mat de son petit corps tombant au sol.
Sans attendre, il trotta vers son repas encore chaud et commença à le dépecer, appréciant le fait que l'humaine reste en retrait.
Oh, il allait lui en laisser une part, sa part qui lui appartenait de droit, mais il restait prioritaire et elle l'avait bien compris.



***


Elle était beaucoup moins endurante que lui - après tout, il était capable de parcourir plus d'une centaine de kilomètres en une journée - et alors qu'il la devançait de moins d'un kilomètre, ayant adopté un rythme de course plus lent, il sentit qu'elle ne le suivait plus. Il fit demi-tour pour la rejoindre, mû par sa part humaine, alors que la nuit disparaissait lentement. Lorsqu'il arriva à quelques mètres d'elle, elle était immergée dans une rivière jusqu'à la taille.
Hésitant, le loup ne s'avança pas plus.
Il courait plus vite qu'elle, possédait une endurance supérieure et la plupart de ses sens étaient bien plus développés que les siens... mais il était hors de question qu'il la suive dans l'eau tueuse ! Il ne voyait pas la chute proche mais son roulement sonore était assourdissant à ses oreilles. Et c'était bien trop froid.
Alors, il valait mieux qu'il aille se reposer un peu plus loin, à l'abris de ce boucan, le temps qu'elle fasse ce qu'elle avait à faire.
Sauf que sa voix s'éleva dans l'air, et il l'entendit très bien malgré le bruit de la cascade. Le défi était évident... mais il ne s'adressait pas au loup.
Avec regret, il laissa l'humain ressurgir...
Il était toujours temps de retrouver la lune, de toutes façons.

Complètement nu et fatigué de la nuit passée à courir et à chasser, malgré son corps canin, 'Wen mit quelques instants à retrouver ses moyens. Même si ses transformations se déroulaient beaucoup mieux qu'auparavant, elles lui laissaient toujours une espèce de nausée désagréable et le changement d'intensité dans sa perception de l'environnement était toujours terriblement brutal et frustrant. Pour tout avouer, il avait grand besoin de dormir. Sauf qu'il n'était pas redevenu homme pour ça.

Il sortit des fourrés en terminant de s'étirer, appréciant le léger souffle de la brise sur sa peau couverte de cicatrices. Avec la proximité du torrent, l'air était très frais, presque froid, même pour lui qui avait une bonne résistance aux températures basses. Détaillant la silhouette de Syndrell à quelques mètres de lui alors qu'elle lui tournait le dos, parfaitement à l'aise dans les remous de la rivière, il n'osa pas imaginer à quel point celle-ci pouvait être glacée. Il avait l'impression de découvrir un peu plus chaque jour combien les marchombres étaient fous !

Il rougit légèrement en prenant conscience que la jeune femme s'était retournée et avait vu son regard contempler rêveusement la douceur de ses courbes. Lui tirant la langue - il tenait sûrement d'elle cette nouvelle habitude - il s'avança vers la rivière en carrant les épaules, étudia les remous du courant, trempa les chevilles dans l'eau... retint un cri. Elle était vraiment glaciale ! Darwen avala sa salive, s'avança jusqu'aux genoux... un tourbillon d'eau le fit chanceler et il s'arrêta, croisant les bras sur son torse pour recouvrir de ses mains ses épaules qui tremblaient de froid.

- Tu tiens vraiment à ce que je rentre là-dedans ? Je ne sais même pas comment tu fais pour ne pas être encore morte...

Sa voix était rauque de ne s'être pas faite entendre depuis la veille, mais il savait qu'elle l'avait entendue, tout comme le trait d'ironie qui l'accompagnait.

Loup, il surpassait la marchombre dans plusieurs domaines...
Homme, il avait parfois la sensation de redevenir un enfant incapable de l'atteindre à la cheville.

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Lun 27 Juin 2016, 16:08

[Darwen, tes réponses sont un véritable enchantement, tu sais ? * Impressionnée* ]


Un coup de vent, vif et moqueur.
Darwen déplia son corps fin et délié d’humain et Syndrell ressentit à nouveau ce petit pincement d’envie ; changer de corps, changer de peau, quelle chance !

Il lui tira la langue.
Elle l’imita aussitôt.
Echange muet et indubitablement complice.


- Tu tiens vraiment à ce que je rentre là-dedans ?
- Oui.
- Je ne sais même pas comment tu fais pour ne pas être encore morte.
- Je vais mourir de vieillesse dans cette eau si tu ne te presses pas un peu !


La boutade glissa sur la surface de l’eau et fit avancer Darwen, pas après pas, dans l’onde glacée. Impassible, Syndrell attendit qu’il la rejoigne. Elle finit par plonger et lui attraper les pieds pour l’entraîner sous l’eau. Il en émergea frissonnant, mais maintenant que le plus dur était fait, ils allaient pouvoir passer aux choses sérieuses !

Enfin, sérieuses selon Syndrell…elle commença par éclabousser le jeune homme, taquine, et la bataille qui s’ensuivit fut mémorable. Pendant une dizaine de minutes ils jouèrent comme deux enfants, riant aux éclats sous le ciel orangé, battant des jambes et des bras, plongeant, bondissant. Se réchauffant. C’était le but de la manœuvre, en plus de se détendre après une nuit de course, et de se réveiller suffisamment pour l’exercice qui allait suivre.

Elle l’entraîna vers les rapides. Plus ils s’en approchèrent, plus le courant devint fort. Dangereux. Violent. Syndrell se dressa pourtant et résista à la puissance de la rivière ; mieux, elle se mit à jouer avec elle, tourbillonnant sur elle-même entre les remous. Chaque fois qu’elle donnait l’impression de céder, son corps ployait, s’étirait, glissait le long d’un courant vif et tumultueux.

Elle souriait.


- Des millions de gouttelettes ! Ensemble, elles sont plus redoutables qu’une armée de guerriers en marche.  Il faudrait être fou pour les affronter seul. Fou ou marchombre…

Elle n’invita pas Darwen à la rejoindre, son regard parla pour elle. Elle lui attrapa le bras et le sentit trembler sous ses doigts. L’excitation se mêlait à la peur, un cocktail particulièrement efficace chez ce garçon.

- Il ne faut pas lutter, il faut jouer. Non pas défier mais comprendre. S’approprier les secrets d’un élément merveilleux de ressources qui sont utiles au marchombre. Allez, c’est à toi maintenant !

Elle se décala vers les chutes. Celles-ci étaient à plusieurs mètres, mais elle voulait être capable de récupérer Darwen s’il se laissait emporter par le courant. Dégageant son visage des cheveux qui y étaient collés par l’eau, Syndrell observa son élève. Il était têtu et courageux.

Comment allait-il se débrouiller avec la rivière ?


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Lun 27 Juin 2016, 22:07

[Ben ça... c'est vraiment gentil. Alors je pique ceci à Eole et Syles pour la peine : calin]




Derrière la réplique moqueuse de Syndrell, il y avait ce quelque chose lui disant que de toutes façons, il n'avait pas vraiment le choix. Et puis il le savait très bien lui-même : sa propre boutade n'avait fait que retarder sa "petite baignade", mais il allait y passer. Et c'était maintenant. S'avançant presque précautionneusement dans la rivière, dont l'eau glacée atteignit bientôt son ventre – aaaah, que c'était froid ! - 'Wen retint un juron afin de ne pas boire la tasse lorsque la jeune femme plongea sous la surface pour le faire basculer. Plus à l'aise et plus rapide que lui, elle ne l'eut pas tout à fait par surprise mais il n'eut pas le temps d'anticiper sa défense et se retrouva aussitôt sous l'eau à son tour. Lorsqu'il en creva la surface, il claquait des dents encore plus qu'auparavant.

Syndrell connaissait bien son élève : il n'en fallut pas plus pour qu'il se jette sur elle à son tour en lâchant un cri de guerre qui témoignait de sa détermination à exercer sa vengeance. S'ensuivit une bataille d'éclaboussures mémorable, pendant laquelle l'apprenti faillit oublier qu'il en était un – comme souvent durant leurs jeux, en fait. La marchombre avait bien calculé son coup ; le corps réchauffé et les muscles échauffés, le jeune homme était prêt à retrouver son rôle d'élève et à la suivre dans les remous. Pour écouter, regarder... et apprendre.

Et il en avait besoin, de la volonté. Parce que si Syndrell évoluait vers les rapides sans difficulté, il lui arrivait parfois de perdre l'équilibre et de se rattraper in extremis, jurant lorsque ses pieds heurtaient une pierre. Il s'arrêta pour la regarder, sans parvenir à se défaire de l'air impressionné peint sur son visage. Nageait-elle ? Dansait-elle ? Mieux : elle jouait. Ce n'était pas un jeu d'enfant comme leur précédente partie d'éclaboussures, non ; c'était un jeu où se mêlaient grâce et souplesse au plaisir, où le défi se transformait en quelque chose de parfaitement naturel, où il n'était pas question de gagner ou de perdre mais de... Oui ! C'est ça ! Le regard de l'apprenti s'illumina soudain, tandis qu'il comprenait. Syndrell n'affrontait pas la rivière, elle jouait avec elle. Avec et non contre. Elle se faisait son alliée, elle s'adaptait à elle et ne cherchait pas à la maîtriser – ce qui aurait été tout bonnement impossible.

Et si lui pouvait se transformer en loup... elle se métamorphosait soudain en sirène.
Une sirène aux cheveux bleus et aux yeux dorés... Combien de personnes avaient-elles la chance d'en apercevoir une au cours de leur vie ?

Les paroles de la marchombre firent aussitôt écho à ses pensées, et 'Wen lui sourit. Il ne faut pas lutter, il faut jouer. Non pas défier mais comprendre. Sans plus d'hésitation, il avança un peu plus avant dans les remous. Il avait compris, émotionnellement et intellectuellement, mais arrivait-il, en pratique, à faire comprendre à son corps le fonctionnement de la rivière ?

L'impression d'avoir déjà vécu scène semblable flotta un instant dans son esprit. Mais oui ! Il avait déjà fait la même chose avec le vent, du haut d'une des plus hautes tours d'Al-Jeit. Il avait joué avec lui ; ils avaient dansé à trois avec Syndrell... Pourquoi cela devait-il être si différent avec l'eau ? Darwen évita un puissant remous qui aurait pu lui faire perdre l'équilibre, plongeant au-dessous. Il ressurgit quelques mètres plus loin, faillit être projeté à nouveau sous l'eau, évalua la distance qui le séparait des rochers non loin et le danger qu'il avait de s'y fracasser le crâne, manqua de se faire percuter par une autre lame d'eau, puis une autre...

Sa danse était encore chaotique mais il parvenait à ne pas se faire submerger par la force aquatique ; il tenait bon. Jusqu'à ce qu'un tourbillon le cueille sans qu'il ne puisse l'éviter et qu'il se retrouve projeté vers les rochers. Le souffle coupé, il ne réussit pas à empêcher l'impact et grogna sous le coup de la douleur, dans son dos.

Pourtant, il n'abandonna pas.
Et recommença à jouer avec la rivière.


***



Si. Il y avait bien des choses à gagner dans ce jeu : les bleus qui allaient bientôt fleurir sur sa peau, rejoignant ses cicatrices. Pas une grande récompense, en soi. Mais, alors qu'il parvenait à la hauteur de Syndrell, se coulant entre les tourbillons, devenu eau se mêlant à l'eau, l'apprenti marchombre sut qu'il y en avait une bien meilleure.

L'éclat de fierté dans les regard doré de son Maître.

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Dim 17 Juil 2016, 12:37

Comme toujours, Syndrell fut fascinée par la pugnacité de Darwen. Quoi qu’il se passe, ce garçon était toujours en train d’essayer. Il n’abandonnait jamais. Ni à cause du froid, ni même lorsque son corps ricocha durement contre les rochers.

Au bout d’un moment, il se plaça à ses côtés et elle se contenta de plonger dans l’ombre de ses yeux. Entrevit, l’espace d’un bref instant, l’allure du marchombre qu’il était en train de devenir. Et sourit.

Terriblement fière.

Plus tard, alors qu’elle appliquait une sorte de baume sur les plus grosses bosses de son élève, Syndrell se demanda si des liens aussi puissants se nouaient à chaque apprentissage. Tous les maîtres et tous les élèves de l’Académie devenaient-ils aussi proches ? La réponse lui vint au souvenir de sa course nocturne avec le loup et se forma en un seul mot qu’elle savoura un instant : unique.

Chaque formation était unique. La sienne n’était pas celle de Darwen. Pour autant, l’enseignement de Miss vibrait à travers elle, et vibrerait peut-être un jour dans celui de son élève… Elle sourit et recula pour le laisser réajuster sa tunique.


- Est-ce que tu l’as sentie ? questionna-t-elle tout en se mettant à tresser habilement ses longs cheveux bleus. L’énergie de la rivière ? Elle est partout, dans le déferlement d’une vague comme dans la caresse d’une goutte d’eau… dans la puissance de la foudre comme dans la lueur d’une bougie, dans la clameur de la tempête comme dans le murmure de la brise.

Elle plongea dans ses yeux sans interrompre la danse de ses doigts dans ses cheveux.

- Le Marchombre  perçoit toutes ces énergies et sait les utiliser. Toutes.

Le vent agita les feuilles, au-dessus d’eux, et le murmure de la rivière lui répondit. Entremêlement des énergies. Syndrell leva la tête, observa les nuages roses qui glissaient paresseusement dans le ciel. Il allait faire beau.

- Dors un peu, Darwen. Je te réveillerai.



*



Deux heures plus tard, alors que le soleil jouait à cache-cache dans d’épais petits nuages cotonneux, la marchombre réveilla son élève en lui soufflant dans l’oreille. Son rire acheva de le tirer du sommeil, elle était déjà plus loin, les bras croisés sur la poitrine, l’œil brillant, un sourire plein de défi sur les lèvres.

- On fait la course, annonça-t-elle d’un ton joyeux. Jusqu’à l’auberge où se trouvent nos chevaux. Deux jours de marche !

Elle réfléchit un bref instant, puis ajouta dans un clin d’œil doré :

- Possibilité de faire la route à quatre pattes.

Sûr, la course d’un loup ne valait pas celle d’un homme. Mais le loup faisait partie de Darwen – c’était lui, entièrement lui. Et Syndrell était une marchombre.

Le défi était à leur mesure, immense, difficile, dangereux même, parce que le gouffre du Fou se situait dans une région peu clémente. Mais c’était un défi qui allumait de petites étoiles dans leurs yeux.


- Le dernier arrivé est une tronche de Raï puant ! Prêt ? Trois… Deux…

Un.

Ils s’élancèrent à travers la brume du sous-bois, vifs, rapides.

Libres !




*



Deux jours, deux nuits.

A deux reprises, Syndrell ressentit la présence familière de Darwen non loin d’elle, et cela la rassura en plus de lui donner un sérieux coup de fouet : elle dormit une heure par-ci, deux heure par-là, avala le kilomètres à toute vitesse, ménageant son énergie, courant parfois, voltigeant souvent dans les arbres, toujours en mouvement.

L’envie de gagner pulsait dans ses veines, la maintenait en alerte, déployait sa motivation. Ses bottes frappées du symbole de la loutre brillaient doucement dans la nuit. Le poids du poignard de Miss, à sa ceinture, lui donnait des ailes. Elle réalisa qu’elle n’était jamais véritablement seule en dépit de son âme solitaire, et cela lui réchauffa le cœur.

A l’aube du troisième jour, elle atteignit son but. Fonça dans la rue encore déserte, entendit claquer un second pas qui se calqua sur le sien… accéléra l’allure en souriant. Ce défi était fabuleux.

Qui allait en sortir gagnant ?


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Lun 01 Aoû 2016, 20:30

Il ne se transformerait pas.

Darwen l'avait décidé au moment où Syndrell lui en avait suggéré l'idée, non, lui en avait laissé la possibilité. D'abord, cela faisait quelques jours qu'il se métamorphosait de manière récurrente, surtout la nuit ; il y avait en lui une crainte sourde, diffuse, qu'il ne justifiait pas vraiment mais qu'il n'avait pas la moindre envie de mettre à l'épreuve : et s'il ne parvenait plus à reprendre forme humaine, à trop souvent être loup ? Les sensations lupines étaient si intenses, si réelles... il avait peur, parfois, de s'y laisser prendre, de s'y oublier. Il était temps qu'il fasse une pause. C'était la première raison.

Il tirait la seconde d'une réflexion beaucoup moins grave, mais, à ses yeux du moins, tout autant sérieuse. Il était apprenti marchombre. Métamorphe, homme-loup, oui, mais en ces instants en compagnie de son Maître, il était avant tout apprenti marchombre, et un loup ne peut être marchombre, un loup reste un loup. Il n'était pas question d'utiliser sa forme animale pour mettre plus de chances de son côté dans un défi, un exercice. C'était simple et c'était tout.

Alors, quand l'homme aperçut un éclat bleu à plusieurs dizaines de mètres devant lui, il ignora son souffle qui s'épuisait, la douleur dans ses jambes, le découragement qui l'avait pris durant la folle seconde ayant suivi la vision. Et il accéléra, encore.

Il ne se transformerait pas.


***



- Aïeeeuuh !

Les doigts de Syndrell avaient touché un endroit sensible et 'Wen n'avait pas pu retenir un cri de protestation. A quoi était-elle en train de penser, enfin ? Assis sur un gros rocher et seulement revêtu de son pantalon, il attendait plus ou moins patiemment qu'elle ait terminé d'appliquer cette fichue pommade sur son dos meurtri. Il avait retenu ses grognements jusqu'à présent, mais la jeune femme devait être ailleurs, et appuya un peu trop fort sur la plaie. Légère, d'accord, mais ça n'enlevait pas la douleur ! Enfin, la marchombre semblait avoir terminé, et Darwen se releva pour s'étirer longuement. L'eau glaciale de la rivière avait été dure à supporter, mais il se sentait tellement en forme après coup ! Il ne remit pas sa tunique tout de suite, préférant attendre que la mixture imprègne un peu sa peau.

- Est-ce que tu l’as sentie ? L’énergie de la rivière ? Elle est partout, dans le déferlement d’une vague comme dans la caresse d’une goutte d’eau… dans la puissance de la foudre comme dans la lueur d’une bougie, dans la clameur de la tempête comme dans le murmure de la brise.

Tout en continuant à s'étirer, sans regarder Syndrell, l'apprenti écoutait attentivement ce qu'elle lui disait. Seul le léger sourire sur ses lèvres témoignait d'un acquiescement. Il aimait beaucoup s'amuser avec la marchombre, mais il adorait également quand elle prenait ce ton de vieux Maître, presque, ferme mais posé, profondément sincère, avec une note de mystère au fond. Le ton que l'on prendrait pour raconter une histoire... Les mots pénétraient son esprit aussi efficacement que la pommade sa peau.

- Le Marchombre perçoit toutes ces énergies et sait les utiliser. Toutes.

Darwen sentit le regard de la jeune femme sur lui et il releva les yeux, toujours silencieux. Le vent, la rivière, la terre sous ses pieds ou ses pattes, les arbres, la roche qui pulse sous ses doigts lorsqu'il escalade une falaise... Il savait ce dont Syndrell parlait, oui. Mais est-ce qu'il les percevait vraiment toutes, ces énergies ? Combien y en avait-il ? Et y en avait-il vraiment plusieurs ? Peut-être qu'il ne s'agissait que de l'énergie de la vie, au fond. Cette énergie présente tout autour, et que le loup sentait bien mieux que lui...


***



Deux journées passées à courir, c'est long et fatiguant. Vraiment long et vraiment fatiguant. Darwen ménageait ses forces le plus possible, avançant à une vitesse qu'il jugeait rapide sans être à son maximum, mais l'envie de gagner le défi prenait parfois brusquement le pas sur ces précautions, et il accélérait un peu, sans non plus trop se forcer. Il passait parfois par le chemin des branches, mais il se sentait tout de même plus à l'aise sur la terre ferme, et avait vite compris que si les hauteurs brisaient un peu la monotonie de la course, elles le ralentissaient surtout. La lassitude le prenait quelquefois ; alors il réduisait la vitesse sans s'en rendre compte, jusqu'à ce qu'il reparte de plus belle dans une brusque prise de conscience, ou qu'il s'arrête complètement pour faire une courte pause. Car il privilégiait les pauses courtes et nombreuses aux pauses longues et rares, de la même manière qu'il buvait souvent à sa gourde mais par petites gorgées. Il dormait le plus possible par séries de vingt minutes toutes les trois ou quatre heures selon qu'il avait plutôt marché ou plutôt couru, en s'autorisant en plus deux ou trois sommes de quelques heures. Il mangeait quelques lamelles de viande séchées ou des fruits secs, remplissait sa gourde aux sources, enchaînait des étirements et échauffements pour rester en forme et éviter les courbatures. Il se reposait davantage le jour que la nuit, préférant la fraîcheur de l'obscurité pour courir – et puis, cela permettait de faire moins de rencontres, car il passa par une ferme ou un hameau à plusieurs reprises, échangeant un bref salut avec ceux qu'il croisait.

Par deux ou trois fois, il aperçut la silhouette fine de Syndrell au loin dans la plaine, ou un éclat bleu entre les arbres. Tous deux savaient que l'autre était là, qu'il ou elle n'était pas complètement seul, et ça faisait chaud au cœur, ça redonnait du courage et de l'adrénaline. Mais la plupart du temps, 'Wen avait la sensation que la marchombre était toujours devant, loin devant, peut-être déjà touchant au but... Mais il continuait, ou se forçait à faire une nouvelle pause, en se répétant qu'il n'allait pas réussir à tenir le coup, sinon. Il sentait qu'il manquait cruellement de sommeil, ses muscles le tiraient malgré les étirements, ses cheveux étaient plaqués sur sa nuque à cause de la sueur et il courait torse nu pour ne pas sentir sa tunique lui coller à la peau, sa respiration n'arrivait pas toujours à suivre, ses jambes s'engourdissaient, lui faisaient mal, puis il finissait par ne plus les sentir.

Rarement, pourtant, il s'était senti aussi pleinement heureux.


***




Il ne se transformerait pas.

Il ne s'était transformé à aucun moment, durant les deux jours et deux nuits, même lorsque l'appel de la lune retentissait au plus profond de son être, même lorsque le découragement se muait en une tentation irrésistible... Il y avait résisté, pourtant.

Il ne se transformerait pas.

Syndrell était là, juste devant, il accélérait pour la rattraper, la dépasser, mais dès qu'il avait la sensation d'y parvenir bientôt, elle accélérait à son tour, et il perdait à nouveau du terrain. Il songea aux chevaux qui les attendaient patiemment dans leurs box, et qu'ils récupéreraient bientôt. Non, c'était encore l'heure de la course ! L'adrénaline faisait son effet, cependant... Devenu énergie même, donnant tout ce qui lui restait dans un dernier effort, Darwen accéléra encore.

Frôla la pointe des cheveux bleus...

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Dim 21 Aoû 2016, 11:44

[Très court pour une réponse qui s'est faite attendre, mais tout est là, je crois ^^ Possibilité de répondre par du dialogue si ça te chante !]



Egalité.
Darwen était arrivé exactement en même temps que Syndrell, ce qui était un exploit redoutable en soi. Mais pour la marchombre, le résultat était entièrement positif. Elle avait tout donné, comme lui, et lorsqu'elle avait senti son souffle dans son dos, elle avait compris.

Il était prêt.




*



- Je vais te présenter à l'Ahn-Ju.

Bulle de savon dans l'univers, boule de lumière dans le cœur du maître.
Décision importante.
Primordiale.




*



Ils s'esclaffaient encore, après avoir récupéré leurs chevaux, et certains passants tournèrent la tête dans leur direction avec curiosité, avant de sourire de leur complicité. Deux gamins riant de leurs bêtises n'auraient pas été plus convaincants ! En réalité, ils avaient besoin de souffler. Les deux derniers jours s'étaient avérés aussi rudes qu'intéressants, pour l'un comme pour l'autre, et leur moyen de se détendre après cela passait forcément par le rire.

- Si je comprends bien, on est partis pour s'appeler « tronche de Raï puant » ! Va falloir trouver une nuance pour ne pas nous confondre...

Syndrell entraîna Darwen dans un quartier plus calme. Une petite cour ensoleillée donnait sur une fontaine d'où s'échappait une eau claire et fraîche. Suivie comme son ombre par Vagabond, elle s'y arrêta et plongea la main dans l'onde pour s'en abreuver et s'humecter le visage. Elle s'assit ensuite sur la margelle de pierre, en tailleur pour ne pas changer, et ferma les yeux pour mieux apprécier la caresse du soleil sur sa peau. Comme un chat.

- Belle course, tout à l'heure.

Le compliment était dans l'euphémisme.

- Tu veux que je te dise ? Tu étais dans le temps. Le temps du marchombre. Percevoir ce temps n'est qu'un pas à franchir pour passer à la suite : l'utiliser. Etre capable de se l'approprier pour remporter un combat... ou gagner une course.

Darwen avait-il compris le message ? Avait-il le goût de sa victoire sur les lèvres ? Syndrell ouvrit un œil pour l'observer à la dérobée. Se rendait-il compte à quel point il avait progressé ? A quel point il avait avancé sur la Voie ? Elle eut envie de lui donner un aperçu. Alors...

- Je vais te présenter à l'Ahn-Ju.

Bulle de savon ou boulet de canon ? Elle se plut à tenter de déchiffrer son expression, de deviner les pensées qui devaient se bousculer sous son crâne. Satisfaite, elle referma l'oeil et attendit les questions.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Ven 26 Aoû 2016, 15:01

[Je ne voulais pas et puis... bon, d'accord xD Pas très original du coup x)]





- Le temps du marchombre...

(Sourit et ferme les yeux à son tour, songeur. Puis, réalise... et ouvre les yeux)

- L'Ahn-Ju ? Je... tu es sûre ?

(Avale sa salive)

- C'est peut-être encore un peu tôt, non ?

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Syndrell Ellasian
Admin


Nombre de messages : 4250
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Ven 26 Aoû 2016, 19:46

- Oui je suis sûre, et non, il n'est pas trop tôt : tu es prêt depuis un moment déjà. Tu n'es pas de cet avis ?

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[! Prof overbookée = rythme plus lent, désolée !]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Darwen Ehsoleim
Groupe Kihux


Nombre de messages : 365
Citation : Ecrire. Non pas une lettre, ni même un journal intime. Non. Simplement écrire. Comme on respire. Pour vivre. (Les Âmes Croisées)
Date d'inscription : 16/01/2013

Feuille de personnage
Age: 26 ans
Greffe: Non
Signe particulier: Se métamorphose en un loup à la fourrure gris sombre ; des cicatrices plus ou moins visibles sur tout le corps ; claustrophobe

MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   Lun 12 Sep 2016, 22:29

[Toute cette attente pour ça ! Mais... voilà Wink]



- Je... je ne sais pas. Mais c'est toi le maître, alors...

(Se tait soudain ; se penche pour tremper un doigt dans l'eau de la fontaine et tracer sur la poussière du sol quelques mots...)



Voie intense et lumineuse
Comme le regard du maître
Confiance

__________________________________________


Loup:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Groupe Kihux - cours n°2   

Revenir en haut Aller en bas
 
Groupe Kihux - cours n°2
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» Groupe Leenio - Cours n°5
» Groupe Humo - Cours n°3
» Groupe Bizya - Cours n°2
» [NOV] Premier cours de vol : Travail de Groupe
» cours de latin

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Pacte VS L'Ordre :: A l'extérieur :: Le Sud :: Al-Jeit-
Sauter vers: