AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  RèglementRèglement  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Pacte VS L'Ordre
Bienvenue sur Chaos VS Harmonie !

Tu pourras ici incarner un personnage de ton choix, Marchombre ou Mercenaire, et le faire évoluer dans l'univers du forum.
Cours pour améliorer les capacités de ton personnage, aide en RPG, Hors RPG et jeux, tu ne peux que t'amuser avec nous !

Si tu ne connais rien à Gwendalavir, cela ne t'empêchera pas de te joindre à nous, car un récapitulatif de tout ce qu'il y a à savoir est disponible dans le contexte

En espérant te compter très bientôt dans nos rangs,
L'équipe
Cours Envoleurs
Cours Marchombres
Panneaux
Votez (1)
Votez (2)
Votez (3)
Votez (4)
Tops Sites


Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

Partagez | 
 

 Aller partout où le vent nous emporte... [PV Rohkea]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Syndrell Ellasian
Admin
avatar

Nombre de messages : 4383
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Aller partout où le vent nous emporte... [PV Rohkea]   Dim 12 Avr 2015, 22:19


La pluie s’immisça lentement dans le sommeil de Syndrell. Le rêve lutta un court instant avant de battre en retraite, laissant les images devenir floues et le murmure insistant des gouttelettes sur la toile de tente l’emporter sur tout le reste. La jeune femme fronça les sourcils et remua doucement. Plus endormie, mais pas complètement éveillée pour autant, elle s’emmêla dans sa couverture, tendit machinalement un bras sur le côté.

Le vide que sa main rencontra acheva de la réveiller tout à fait. Ouvrant péniblement les yeux, elle s’assit, bâilla puis passa les doigts dans ses cheveux bleus et ébouriffés. Son regard brillant de sommeil glissa vers la droite, à l’endroit où Dolce s’installait d’ordinaire, et se teinta de perplexité au fur et à mesure que ses pensées se réorganisaient en retrouvant leur ordre logique.

Elle avait toujours réussi à composer avec l’éloignement. Sa nature solitaire, son amour pour la liberté et son caractère impétueux l’empêchait de rester continuellement au même endroit et avec les mêmes personnes. Ces derniers temps, toutefois, l’absence de Dolce lui pesait. Ce n’était pas la première fois qu’elle s’éveillait avec la douloureuse impression d’avoir un vide béant au milieu de la poitrine…

Comme toujours dans ces moments-là, elle se demanda où pouvait bien être l’Envoleur. S’il allait bien, et si elle lui manquait aussi fort qu’il lui manquait. Dolce était généralement plus expansif qu’elle, mais son silence l’inquiétait.

Mentalement, elle se fit la promesse de lui envoyer un oiseau dès qu’elle serait arrivée à Al-Far, et ce projet, quoique légèrement surréaliste – lorsqu’un Envoleur ou bien un Marchombre avait décidé de se faire discret, même un messager du ciel était incapable de le trouver ! – lui redonna assez d’énergie pour quitter la chaleur de sa couverture.

A plat ventre sur sa couche, Syndrell souleva le rabat de la tente et jeta un coup d’œil au dehors. La pluie et la grisaille auraient pu la démoraliser mais c’était sans compter sur sa détermination : l’objectif qu’elle s’était fixé était bien trop important pour que les caprices du temps ne l’empêchent de le mener à bien !

Elle tressa rapidement ses cheveux pour éviter qu’ils ne la gênent ; ils lui arrivaient désormais en bas du dos et elle songeait sérieusement à les couper – ce serait chose faite depuis longtemps si seulement Ciel ne lui faisait pas une pantomine chaque fois qu’elle abordait le sujet.

Tout en enfilant rapidement son pantalon puis ses bottes, elle se dit que leur cohabitation était décidément bien incongrue. Amusante, pleine de rebondissements et d’une simplicité qui soulignait leur complémentarité : il était un dessinateur timide et talentueux, elle, une marchombre têtue et malicieuse.

Elle l’avait quitté cinq jours plus tôt, prétextant un impératif à l’Académie. Un mensonge qui lui coûtait beaucoup : elle détestait tromper Ciel, mais si elle lui avait parlé de son projet, il aurait insisté pour l’accompagner. Lorsqu’il avait une idée en tête, le jeune homme oubliait complètement sa timidité et son assurance était parfois imparable : combien de fois avait-elle craqué face à une telle pugnacité, appuyée par un regard noisette auquel il était impossible de résister ?

Secouant la tête dans un sourire, Syndrell rabattit sa capuche pour se protéger et émergea de la tente dans l’air frais et humide du matin. Elle avait passé la nuit dans un bosquet touffu, à l’écart de la piste qu’elle suivait en direction du nord. Elle n’avait pas pris le risque de traverser Ombreuse, mais s’en était approché juste assez pour que le hasard, peut-être, s’amuse à croiser son chemin avec celui de Dolce.

Une brume humide et enjôleuse s’enroulait autour des charmes bourgeonnant. L’air sentait bon la pluie. Pas de Dolce en vue, mais Syndrell ferma les yeux et prit une profonde inspiration qui emplit ses poumons d’oxygène et son cœur d’une bouffée d’optimisme. L’Envoleur la trouvait toujours lorsqu’elle s’y attendait le moins, elle allait donc cesser de le chercher pour que cette improbable force de la nature, née d’une alchimie qui frôlait l’impossible, les réunisse à nouveau.

Elle rangea donc ses affaires en chantonnant un petit air qu’elle aimait bien, puis le siffla avec engouement lorsque, juchée sur un Vagabond mouillé mais ravi de voyager, elle quitta le bosquet de charmes pour s’engager dans la plaine. Un choix s’imposa alors à elle, choix qu’elle prit le temps de considérer attention : à l’ouest s’étendaient une succession de champs, une poignée de villages, puis Al-Far et derrière, les immenses et dangereux plateaux d’Astariul ; à l’est, le Pollimage filait plein de promesses. Quelle direction prendre ?

Vagabond esquissa quelques pas vers la gauche et Syndrell accueillit sa réponse dans un éclat de rire. Ce serait l’ouest alors !




*



En fin de matinée, la pluie cessa et les nuages laissèrent filtrer quelques rayons de soleil encore timides, mais fichtrement attendus. Habituée à voyager sans s’arrêter ou presque, Syndrell aurait volontiers chevauché une paire d’heures supplémentaire, mais elle fit halte près d’une étable abandonnée pour déplier la toile de sa tente et l’étendre au soleil afin qu’elle sèche.

Pendant ce temps, elle s’amusa à explorer les ruines de l’étable, puis à attraper un chat sauvage qui ne se laissa jamais prendre. Il se contentait de la narguer jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment proche pour effleurer sa robe rayée du bout des doigts. Alors il s’éclipsait, insaisissable feu-follet qui réapparaissait quelques mètres plus loin, l’air de rien.

Finalement lassée de jouer au chat et à la souris avec un compagnon de jeu plus doué qu’elle, Syndrell se percha sur une branche de l’énorme chêne qui surplombait l’étable. Comme si c’était la chose la plus facile du monde, elle se mit à travailler ses abdominaux, avec pour objectif de pulvériser son dernier record en date. Après cela, sa tente serait sèche et elle pourrait reprendre la route vers Al-Far. La ville n’était plus qu’à quelques lieues.

Elle remontait son buste vers ses genoux pour la quatre-vingt dixième fois lorsque son sixième sens l’alerta. Aussitôt elle crocheta la branche pour s’y hisser avec la souplesse d’un chat ; là, accroupie et dissimulée par le feuillage de l’arbre, elle baissa les yeux et jura entre ses dents. Inutile d’espérer passer inaperçue avec sa toile de tente flottant allègrement au vent et Vagabond montant la garde près du tronc !

Elle plissa les yeux et scruta les alentours avec méfiance. Dans un lieu aussi désert, elle préférait rester sur ses gardes jusqu’à ce que la présence qu’elle avait perçue s’identifie ou passe son chemin. Dans les deux cas, mieux valait attendre en haut plutôt qu’en bas…


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 20/10 au 03/11]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Aller partout où le vent nous emporte... [PV Rohkea]   Ven 17 Avr 2015, 20:12

{ Tadada, me voilà ! }


Après son premier cours, et plusieurs jours à s'ennuyer ferme, Rohkea avait finalement décidé de s'éloigner un peu de l'Académie pour pouvoir respirer et voyager. Parce que elle se lassait très vite de l'environnement des lieux, non pas qu'il n'y avait rien d'intéressant, mais elle avait trop besoin de bouger.
Elle ne savait pas vraiment monter à cheval, à peine tenir sur la selle et ouvrir approximativement les mains pour diriger. Elle s'accrochait désespérément à la selle dès qu'elle demandait à aller plus vite, les bras aussi crispés que les jambes, mais au moins elle pouvait se déplacer un peu plus rapidement.

Sur le dos de l'un des canassons mis à disposition à l'Académie, à la couleur proche du caramel, elle avait demandé de l'aide pour pouvoir le préparer, mais finalement se déplacer avec était moins compliqué qu'il n'y paraissait. Bon, des fois Roméo s'arrêtait brusquement, la faisant basculer sur sa selle, ou alors tournait vivement pour arracher un bout d'herbe, mais à force de petits coups de talons et de fermeté dans les mains – bon, ok, elle avait aussi un peu crié – le hongre se dirigeait assez bien sur la route.
Evidemment, sinon cela n'aurait pas été aussi drôle, il avait plu pendant les deux tiers de son trajet à cheval. Détrempée, les cheveux emmêlés et trop lourds sur ses épaules, elle n'avait cependant pas fait demi-tour : au moins, ça changeait un peu quoi !

Elle avait contouré le Lac Chen par la rive Est, puis continué sur la piste qui menait à Al-Far. Elle ne voulait pas aller jusqu'à la ville, elle ne se sentait pas encore prête à retrouver des ruelles et des gosses, et surtout des bandes et des gangs. En fait, il fallait croire qu'elle s'était bien faite à la solitude, même si quelque part ça lui manquait, de martyriser un peu d'autres personnes. Elle aimait diriger les opérations, qu'on l'écoute, et imposer sa petite loi. Elle aimait qu'on la craigne et qu'on se méfie d'elle. Parce que c'était comme ça qu'elle se sentait vivante, après tout, c'était en emmerdant son monde qu'elle avait l'impression de vivre sa vie et non pas de la contempler et d'en être la spectatrice.
Haussant les épaules toute seule, la jeune fille contemplait le paysage gris, les nuages bas et les plateaux d'Astariul qui se dressaient à sa droite. Comme elle était seule, elle se méfiait de ce qui pouvait arriver de ce côté-là, connaissait la réputation des environs.

Lorsque la nuit tomba, plus tôt que d'habitude à cause de la couverture de nuages noirs cachant le soleil, l'apprentie Marchombre s'arrêta pour la nuit, s'éloignant conséquement du chemin pour être plus ou moins tranquille. Elle ne savait pas chasser, juste voler, et cela ne lui était pas très utile en solitaire, alors elle avait embarqué des tonnes de nourriture séchée ou salée de l'Académie pour son voyage.
Après avoir englouti deux grosses portions de viande séchée, elle se roula sous sa couverture, au pied d'un arbre pour se protéger un minimum des gouttes d'eau, et s'était endormie.

Quand elle se réveilla, la pluie avait presque disparu, ne laissant derrière elle qu'un épais brouillard humide. Poussant un long soupir, la rousse se redressa sur son séant et laissa son regard s'attarder autour d'elle. L'herbe autour d'elle était trempée et semblait parsemée de cristaux, alors que Roméo, toujours attaché à son arbre, avait délimité un très beau rond d'herbe rase. Se levant difficilement, Rohkea étira tout son corps comme elle le pouvait, en poussant des soupirs et grimaçant à chaque fois que ce n'était pas confortable. Au bout d'une dizaine de minutes, elle sentit son corps enfin se réveiller correctement et rassembla ses affaires, avant de se changer : ses habits était détrempés et elle mourrait de froid. Normal qu'elle soit si courbaturée !
Elle échangea son corset noir contre un autre vert forêt, repiqué de cordons dorés, et son pantalon beige contre un marron foncé, qu'elle avait modifié à la taille pour y glisser un cordon, histoire qu'il s'ajuste à ses formes pas très conventionnelles. Puis, elle attrapa un pot d'onguent qui ressemblait à du beurre blanc dans son sac et entreprit de démêler ses boucles oranges et si longues. Cela lui prit au moins une heure, car ces derniers n'en avaient fait qu'à leur tête avec toute la pluie et l'humidité, et aussi les mouvements du cheval : ses cheveux tombaient sur la selle et venaient se coincer sous ses fesses, même quand elle les ramenait dans une queue de cheval comme elle le pouvait. Finalement parée pour repartir, Rohkea ne remonta pas sur sa monture, s'emparant plutôt des rênes pour la trainer derrière elle. Le petit cheval, docile, la suivit sans faire d'histoire, encore un brin d'herbe dans la bouche.

Rohkea ne se souvenait plus de quel côté elle était arrivée. Fronçant les sourcils, elle se dit qu'elle était décidément bien stupide si elle ne parvenait pas à s'orienter correctement ! Serrant les dents en s'invectivant elle-même, elle passa entre deux arbres, parce qu'il lui semblait qu'elle était arrivée par là la veille : la route devait être de ce côté !
Quelques dizaines de mètres plus loin, croisant une étable abandonée, elle comprit qu'elle s'était foirée. S'arrêtant pour contempler les murs décrépis, elle finit par taper du pied méchamment en lâchant un cri de rage, effrayant Roméo qui sursauta et recula de quelques pas.

- Putain mais c'est pas croyable, j'suis vraiment débile ! Rah, ça m'énerve, mais ça m'énerve ! gronda-t-elle en se distribuant une claque bruyante. Mais quand elle enleva ses mains de son visage, elle vit un cheval noir un peu plus loin, ou plutôt la tête d'un cheval noir qu'elle n'avait pas vu avant. Fronçant les sourcils, elle s'approcha un peu, et découvrit une tente étalée au soleil, comme si elle séchait.
Aha ! Il y avait donc quelqu'un ! Mais où était cette personne ? A moins qu'elle n'ait abandonné toutes ses affaires ? Elle avait juste besoin de retrouver son chemin, et aussi un vrai repas et un vrai lit. Elle était en fait à bout de nerfs et aspirait à un peu de confort....

- Y'a quelqu'un ? cria Rohkea en mettant ses mains devant sa bouche pour porter le son. Je veux juste retrouver le chemin qui va à Al-Far, je... elle hésita un instant, jeta un coup d'oeil à Roméo qui avait redressé la tête pour observer l'autre cheval, et finalement haussa les épaules. J'me suis paumée, avec la pluie... Cette fois-ci, elle n'avait pas crié, et même légèrement baissé le menton car il fallait bien l'avouer : elle avait un peu honte.
Elle espérait que la personne l'aiderait, sinon elle allait encore être énervée pour le reste de la journée.
Revenir en haut Aller en bas
Syndrell Ellasian
Admin
avatar

Nombre de messages : 4383
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Aller partout où le vent nous emporte... [PV Rohkea]   Lun 20 Avr 2015, 19:33

Une magnifique chevelure rousse.
C’est ce qui attira l’attention de Syndrell : un éclat flamboyant au milieu de la végétation. Elle crut au début qu’il s’agissait de Khamill, mais lorsque l’intruse se mit à crier, elle comprit son erreur. Et recula un peu plus dans l’ombre.

Dissimulée par les feuilles, elle regarda l’inconnue faire quelques pas en direction de son perchoir. La toile de tente était bien trop évidente pour qu’on puisse la rater et Vagabond, quoique vaguement sur ses gardes à cause du cheval qui accompagnait la demoiselle, ne bougeait pas d’un poil. Syndrell se mordit la lèvre. Avec un peu de chance, celle-ci penserait que le propriétaire de la tente et de l’étalon n’était pas dans les environs et s’en irait pour de bon.

Sauf que cette fille était perdue. Lorsqu’elle l’avoua presque à demi-mot, comme si elle avait honte de s’être égarée, Syndrell soupira. Merveilleux. Il ne manquait plus qu’une cause désespérée pour la faire sortir de son trou… Elle fit glisser son couteau dans sa gaine pour vérifier qu’il coulissait bien et modifia sa position, prête à se dévoiler.

Après tout, elle n’était pas loin d’être découverte et puis, à la réflexion, cette fille n’était peut-être pas dangereuse. Dans le doute, la jeune femme allait rester à bonne distance et se préparer à toute éventualité. Elle pouvait très bien indiquer une direction à la voyageuse, qui n’aurait plus qu’à repartir sur son cheval et à…

Le cheval.
Perchée sur sa branche, Syndrell se figea soudain. Plissant les yeux, elle écarte deux feuilles qui la gênaient et observa la monture de la rouquine, resté près de l’étable en ruines. Elle connaissait cette robe alezane et cette allure nerveuse, pleine de malice.


- Roméo, murmura-t-elle.

Ses yeux dorés se posèrent à nouveau sur la fille aux cheveux roux. Si elle était venue avec cette canaille de Roméo, alors cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : marchombre. Restait cependant l’éventualité qu’elle ait croisé un marchombre et l’ai dépossédé de sa monture, voire assassiné pour la lui voler… Mais Roméo n’était pas prompt à accorder sa confiance à n’importe qui et, en regardant cette jeune fille sous un autre angle, Syndrell comprit qu’elle n’avait aucune raison de s’inquiéter.

Un sourire amusé effleura ses lèvres.
Elle se redressa et sauta dans le vide, crochetant une première branche, puis une deuxième avant de s’arrêter sur une troisième, encore assez loin du sol mais clairement visible. Elle se laissa tomber dessus à califourchon, laissant tomber quelques feuilles sur la rouquine, qu’elle gratifia d’un regard doré et plein de malice.


- Perdre son chemin n’est pas si terrible, tu sais, dit-elle en balançant ses jambes. Du moins, pas tant que ta volonté d’arriver où tu le souhaites reste intacte.

Elle leva la tête et, portant deux doigts à ses lèvres, siffla d’une façon bien particulière. Vagabond piaffa et Roméo, qui n’était pas attaché, trottina jusqu’au pied de l’arbre où il s’arrêta. Syndrell se laissa tomber sur son dos sans qu’il n’en soit perturbé. Elle l’avait tellement monté ces dernières années qu’il était habitué à la moindre de ses facéties… et vice-versa !


- Tout doux, vieille canaille ! le rabroua-t-elle lorsqu’il essaya de mordre Vagabond.

Elle le fit reculer jusqu’à ce qu’il se trouve à une distance respectable du frison, puis se pencha sur son encolure pour le câliner. Elle remarqua que les étriers étaient réglés très courts, ajustés à la petite taille de la cavalière qui observait la scène. Syndrell leva les yeux et croisa son regard aux couleurs changeantes de l’automne.

- Roméo et Vagabond ne s’entendent pas très bien et pourtant, à l’écurie, ils sont voisins !

Rire amusé. Syndrell se laissa souplement glisser à terre. Elle resta debout près du petit hongre alezan, une main dans sa crinière que la pluie avait emmêlée, et sourit en direction de la rouquine.

- Je m’appelle Syndrell Ellasian. Et toi ?

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 20/10 au 03/11]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Aller partout où le vent nous emporte... [PV Rohkea]   Mar 21 Avr 2015, 02:40

Rohkea eut la désagréable impression que le ou la propriétaire du cheval était là, pas loin, qu'il l'avait vue mais qu'il l'observait sans se montrer, juste pour... Pour quoi au juste ? Déterminer si elle était dangereuse ou pas ? Savoir si elle ferait une bonne victime ? Se décider ce qu'il lui faisait avant de lui sauter dessus ?
Toutes les hypothèses passèrent dans la tête de l'apprentie Marchombre qui fronça les sourcils et se crispa vivement, prête à réagir si c'était nécessaire. Elle ne se rendrait pas sans se battre ! Même si elle n'avait pas d'arme, il lui restait ses ongles et ses dents, et elle savait très bien s'en servir !

Un bruissement léger de branches attira l'attention de Rohkea, qui leva les yeux vers l'arbre en question. Elle aperçut un éclat bleu entre les ramures du végétal, et ses sourcils se froncèrent encore plus. Se mordant la lèvre inférieure la jeune fille serra les poings et sentit ses ongles rentrer dans sa paume. Essayant de garder son calme alors que son pouls s'était mis à paniquer dans son cou et son coeur tambourinait dans sa poitrine, elle prit une petite inspiration, crispée de la pointe des pieds jusqu'à ses mâchoires contractées, dents serrées.
Puis, l'éclat bleu se transforma en une chevelure et de grands yeux dorés, et Rohkea cligna plusieurs fois des paupières. C'était une femme, qui était dans l'arbre. Une femme aux cheveux bleus et aux yeux dorés, ouais. C'était possible ça ? Ça donnait vraiment trop bizarre, et malgré elle, la rousse fit un pas en arrière, encore inquiète alors que l'adrénaline pulsait encore dans ses veines.

- Perdre son chemin n'est pas si terrible, tu sais.

Si elle comptait la calmer comme ça, elle se fourrait les doigts dans le nez jusqu'au coude ! Rohkea recula encore d'un pas, se mettant de profil par rapport à la branche – parce que ouais, la nana n'était pas encore descendue de son perchoir. Oh, elle aimait jauger les gens de haut ou quoi ? Ça lui faisait plaisir de la surplomber comme ça ?! Elle devait avoir l'impression de la dominer et de la maîtriser facilement !
Serrant les dents si fort qu'elle sentit les ménisques de ses mâchoires s'écraser sous la pression, la rousse essaya de desserrer les poings. Autant demander à un tigre de lâcher sa proie qui se débat encore sous ses grosses pattes.

Mais alors qu'elle allait répliquer vertement, la fille siffla bizarrement. Et le pire, sans doute, c'était que son cheval, Roméo, s'agitta pour s'approcher de l'arbre ! Complètement paumée, Rohkea se demanda s'il y avait un sifflement particulier qui faisait que n'importe quel cheval allait accourrir à soi, et elle hésita même à demander ouvertement – parce qu'elle n'allait pas laisser cette fille lui piquer le cheval qui n'était pas à elle ! C'était juste une histoire de principe.
Roméo ne réagit même pas quand elle sauta sur son dos, et Rohkea se demanda si elle avait des pouvoirs magiques ou quelque chose du genre, pour faire croire au cheval qu'il était en sécurité et se faire si bien obéir ! Mais la manière dont la fille le rabroua alors qu'il tentait de mordre l'autre cheval, le noir, Rohkea comprit que ce n'était pas de la magie ou un quelconque tour d'esprit : Roméo et la fille semblaient se connaître. Or, Roméo appartenait à l'Académie. Donc, ça voulait dire que cette fille était soit une apprentie, soit une Maître ou un truc du genre, soit son ancienne propriétaire à laquelle les gérants des écuries l'avait racheté.

- Roméo et Vagabond ne s’entendent pas très bien et pourtant, à l’écurie, ils sont voisins !

Ah. Rohkea fronça les sourcils quand la fille éclata de rire.
Bon, ça voulait donc dire que la fille n'était pas l'ancienne propriétaire de Roméo. Elle finit enfin par descendre du dos du cheval. Elle n'était pas super grande mais quand même, comparée à Rohkea, il n'y avait pas photo ! Elle ne devait donc pas avoir l'habitude de voir les gens de haut. Sans doute pour ça qu'elle était restée en hauteur : est-ce qu'elle avait un soucis de complexe avec sa taille ?

- Je m’appelle Syndrell Ellasian. Et toi ? 

La rousse secoua la tête vivement, et redressa le menton.

- Si c'est nul de perdre son chemin. Si j'me dis que c'est pas grave j'essayerai jamais de moins le faire. C'pas le but.

Prenant une inspiration, Rohkea détailla la fille des pieds à la tête. Comme un homme l'aurait sans doute fait, elle le savait très bien, et quand on le faisait sur elle elle détestait ça. Raison de plus pour le faire à la fille ; elle adorait provoquer et voir la réaction des gens en général. Et elle courait plutôt vite.
Sauf qu'elle ne s'était pas rendue compte de la légèreté et la souplesse de la fille en face d'elle. Syndrell. Ni de son assurance. Ou plutôt, elle l'avait vue, mais elle ne s'en méfiait plus qu'à moitié.

- Sinon, moi c'est Rohkea. Mais il y a des chances pour que j'oublie le tien. J'ai pas la mémoire des noms.

Se passant une main dans ses boucles serrées, Rohkea s'avança vers Roméo pour saisir les rênes de ce dernier.

- J'ai cru que tu voulais le voler. Ça aurait été très chiant. Bon, tu sais de quel côté c'est, Al-Far ? Ou au moins la route qui y va.

L'apprentie n'avait aucune notion des bruits naturels, ou presque. Elle avait commençé à s'y faire, mais elle avait toujours vécu dans la ville, alors elle ne se rendait pas du coup compte de ce qu'il était en train de se passer derrière elle. Elle n'entendit ni les bruits de pas, ni les bruissements des feuilles, ni rien. Juste concentrée sur ses doigts autour des rênes de Roméo et son regard rivé sur la fille aux cheveux bleus.

- Ce sont tes vrais cheveux ? Euh, ta vraie couleur ? C'est bizarre.
Revenir en haut Aller en bas
Syndrell Ellasian
Admin
avatar

Nombre de messages : 4383
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Aller partout où le vent nous emporte... [PV Rohkea]   Mer 22 Avr 2015, 15:06

Les paroles de la rouquine, loin de répondre à sa question, étaient vives, spontanées, brutes de décoffrage. Lorsqu’elle se présenta, ce fut pour souligner qu’elle ne retiendrait probablement pas son identité, et Syndrell haussa un sourcil intrigué.

Comment avait-il pu confondre cette jeune fille avec Khamill ? Elles étaient rousses toutes les deux mais la ressemblance s’arrêtait là ; en effet, si Khamill était d’un naturel réservé, cette Rohkea semblait avoir les nerfs à fleur de peau. Une véritable bombe à retardement qui devait être impressionnante au moment de son explosion…

Elle était vraiment très jolie, remarqua Syndrell lorsque l’impétueuse rouquine s’approcha d’une démarche franche et assurée. Ses cheveux étaient d’un roux vif, flamboyant, et cascadaient en boucles serrées dans le dos et sur ses épaules, soulignant avec éclat la flamme de son caractère. On en retrouvait trace dans l’étincelle malicieuse qui animait ses grands yeux noisette, offrant un regard pénétrant et un brin provocant.


- J’ai cru que tu voulais le voler, avoua-t-elle en attrapant les guides de Roméo. Ça aurait été très chiant.

Syndrell se mordit la lèvre inférieure. Elle n’avait pas du tout réfléchi à l’interprétation que pouvait avoir son geste et il fallait reconnaitre que, du point de vue de Rohkea, la situation avait dû être vaguement inconfortable.

- Désolée, je… commença la marchombre en passant une main dans ses cheveux.

Mais l’esprit de Rohkea était comme elle, il tournait à vive allure et était déjà passé à autre chose :


- Bon, tu sais de quel côté c’est, Al-Far ? Ou au moins la route qui y va.

Syndrell hocha la tête.

- Non seulement je le sais, mais en plus j’y vais !

Elle réfléchit un instant, évaluant la situation avec toute l’objectivité dont elle était capable. Rohkea ne devait pas avoir rejoint l’Académie depuis très longtemps, ce devait même être très récent. Ce qui la poussait à vouloir gagner Al-Far ne regardait qu’elle, mais Syndrell ne pouvait ignorer à quel point la cité était dangereuse pour qui ne connaissait pas ses aspects les plus sombres. Elle regarda la rouquine et prit sa décision.
Sans la moindre hésitation.

- Et si on faisait un bout de chemin ensemble ? Ce sera l’occasion de faire connaissance et puis, dans un coin pareil, voyager à deux c’est toujours mieux.

Pour atteindre Al-Far il fallait longer l’Ombre et s’approcher dangereusement des hostiles plateaux d’Astariul. Un voyage que Syndrell avait déjà réalisé par le passé… et qui avait failli lui coûter la vie.

- Ce sont tes vrais cheveux ? Heu, ta vraie couleur ? Ils sont bizarres.

La marchombre sourit et tira une de ses mèches bleues qui dépassait de sa tresse. Autrefois, la question l’aurait blessée, à cause de l’enfance douloureuse que sa différence lui avait fait connaître ; à présent c’était un sujet qui l’amusait. La curiosité de Rohkea et sa question maladroite lui plaisaient en outre au moins autant que le personnage : ça, c’était un caractère insupportable… mais absolument génial !

Elle ouvrait la bouche pour lui répondre lorsqu’un signal d’alarme s’alluma dans son esprit.


Danger !!


Lorsqu’elles parcouraient Gwendalavir en long, en large et en travers, liées par une complicité que seul un maître et son apprenti peuvent connaître, Miss répétait souvent à Syndrell que le détail était le raccourci du marchombre. Sa façon d’appréhender le monde, d’anticiper… et de réagir.

Détail du vent qui, en changeant de direction, lui apporta soudain une bouffée de sueur, de musc et de tabac – une odeur d’homme.
Détail du bruissement dans les ombres, murmure d’une présence embusquée derrière les arbres.
Détail des chevaux dont les oreilles frémirent, percevant des sons inaudibles.

Détails qui lui permirent de comprendre avant qu’il ne soit trop tard.

Et de réagir à temps.


- Attention ! cria-t-elle en se jetant sur Rohkea pour l’éloigner de la trajectoire de la flèche.

Celle-ci ne fit qu’emporter une boucle rousse avant de terminer sa course dans les hautes herbes. Les deux femmes roulèrent à terre. Syndrell fut la première à se relever. Les deux poignards qui étaient apparus dans ses mains volèrent et trouvèrent leur cible : deux hommes s’effondrèrent dans un gargouillement surpris, la gorge transpercée.


- Des pillards, marmonna Syndrell en tirant deux poignards de sa ceinture. Rohkea ! Monte sur Roméo et va te mettre à l’abri dans l’étable.

La marchombre décocha ses lames et plongea en avant pour éviter une deuxième, puis une troisième flèche. Maudit archer ! Tapi dans les ombres il couvrait ses comparses, six hommes armés qui se précipitèrent vers elle dans un bel ensemble.

Syndrell alla à la rencontre du premier et lui envoya son talon dans la gorge, puis dans la poitrine et enfin, dans les parties génitales. Il n’avait pas encore touché terre que déjà, elle réglait son compte à un autre bandit.

Comme elle se trouvait au cœur de la mêlée, l’archer choisit de change de cible afin de ne pas risquer de blesser ses compagnons. Ses tirs se concentrèrent sur Rohkea qui filait vers l’étable abandonnée. Etouffant un juron, Syndrell brisa un poignet puis un genou, faucha les jambes d’un homme, se redressa, tourbillonna…

Trois autres hommes jaillirent du sous-bois et prirent la direction de l’étable. Là encore, Syndrell prit sa décision sans l’ombre d’une hésitation. Comme le dernier de ses adversaires s’écroulait, méchamment assommé, elle siffla et se mit à courir ; lorsque Vagabond passa près d’elle à toute allure, elle pivota, saisit les crins de son encolure et bondit souplement pour se retrouver en selle.

L’étalon bondit en avant. Son galop était rapide et puissant : il ne tarda pas à rattraper les poursuivants de Rohkea. Ignorant les flèches qui la frôlaient, Syndrell écarta les bras. Ses lames jaillirent, étincelèrent dans la lumière du soleil, fauchèrent les pillards.
Mortellement efficaces.

A quelques pas de l’étable, Syndrell fit volter Vagabond. Elle revint vers l’arbre dans lequel elle s’était perchée, passant à côté de la toile de tente qui séchait encore, et se pencha sur le côté pour attraper son arc et son carquois. Ses yeux dorés balayèrent les premiers arbres à la recherche d’un signe qui…

Juste là. Un éclat dans la verdure.
Reflet du soleil sur la boucle d’un ceinturon.

Syndrell encocha une flèche et banda son arc. Un trait ennemi siffla, glissa à un centimètre de sa joue, se planta dans le tronc derrière elle au moment même où elle écartait les doigts. Sa flèche siffla à son tour et disparut dans le feuillage. Elle détendit ses muscles lorsqu’un bref cri d’agonie retentit, et souffla doucement.


- Bon sang, c’était sacrément sportif ! murmura-t-elle en tapotant l’encolure de Vagabond. Ce n’était pas…

Un cri s’éleva de l’étable et le sang de Syndrell se glaça dans ses veines.

Rohkea !

Piquant des deux, la marchombre s’élança au galop vers les ruines de pierre.


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 20/10 au 03/11]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Aller partout où le vent nous emporte... [PV Rohkea]   Jeu 30 Avr 2015, 03:37

- Et si on faisait un bout de chemin ensemble ? Ce sera l’occasion de faire connaissance et puis, dans un coin pareil, voyager à deux c’est toujours mieux.

Rohkea avait hoché la tête avant de lui demander si les cheveux qu'elle avait sur la tête avaient cette couleur bleue naturellement ou pas – enfin, en un peu moins distingué. Intriguée par la réponse de Syndrell, la rousse l'observa s'amuser avec une petite mèche qui dépassait de sa tresse et ne pas se formaliser de son ton un peu trop agressif et provocant.
Ah, bon, elle n'avait aucun soucis avec ses cheveux alors. Tant mieux pour elle, parce que Rohkea en avait de sacrés avec les siens ! Enfin, pas avec leur couleur seule, mais plutôt avec l'association de sa couleur, ses boucles folles et sa longueur. Apparemment, ça ferait négligé et sauvageonne ! Pour le négligé, elle n'était pas d'accord. Pour le sauvageonne…. Oui, mais ce qualificatif lui plaisait : cela voulait dire qu'elle était indomptable et que personne ne pourrait jamais rien changer à ça !

Mais Syndrell avait refermé la bouche avant même de lui avoir répondu, et Rohkea commença à froncer les sourcils. Mais la jeune femme avait pris une attitude bizarre et balayait les alentours de son regard doré, ce qui éveilla de la méfiance chez l'apprentie. Déjà, elle observait les fourrés alentours, sans rien remarquer de spécial cependant. Elle voyait juste des feuilles et des troncs quoi !

- Attention!

Rohkea sentit la poussée de Syndrell sur son épaule et se laissa entraîner par son énergie, parce qu'elle repéra la flèche qui passa vraiment pas loin de son visage ! Sa trajectoire croisa une boucle folle et la coupa sur le coup, témoignant que l'arrête de la pointe était très aiguisée…

Frissonnant alors qu'elle était encore à terre, la jeune fille se redressa tant bien que mal – et en jetant un coup d'oeil à Syndrell, elle se rendit compte que c'était mal, lent et complètement maladroit. Tant pis, même si ce n'était pas efficace non plus, au moins elle était debout !

-  Rohkea ! Monte sur Roméo et va te mettre à l’abri dans l’étable.

L'apprentie marchombre hésita plusieurs secondes, contemplant les deux poignards qui avaient jailli dans les mains de Syndrell en même pas une seconde. Elles étaient bombardées de flèches, et Rohkea rentra la tête dans les épaules en se tournant de profil par rapport à l'endroit d'où les tirs venaient : elle était moins épaisse dans ce sens, et donc avait moins de chance de se faire toucher, non ?
Elle n'avait pas envie de prendre la fuite alors que Syndrell était là à se battre pour lui sauver la mise. Cela ressemblait beaucoup trop à de la lâcheté pour que son égo se taise.
Enfin, jusqu'à ce qu'une flèche passe si pr1es de sa poitrine qu'elle déchire le tissus de son corset. Là, par contre, elle jeta un coup d'oeil à la femme et courut vers l'étable pour attraper Roméo. Ce dernier ne se fit pas prier, mais alors qu'elle se hissait comme elle pouvait sur sa selle, elle entendit un sifflement et tourna la tête juste assez vite pour voir le cheval noir se précipiter vers sa cavalière pour la laisser monter sur son dos au passage, dans un galop vif que Roméo prit aussi, suivant l'énorme étalon.

Sauf que cette manœuvre de prise de vitesse avait été brutale, et Rohkea, peu habituée à monter à cheval, sentit son fragile équilibre se fragmenter alors qu'elle essayait de s'accrocher à tout ce qui passait : selle, crins, encolure…Ses efforts n'eurent pas raison d'elle, et finalement elle s'écrasa lamentablement sur le sol dans un cri de surprise, le nez dans la poussière alors que Roméo filait seul vers l'autre cheval.

Grommelant et grondant contre elle-même et le cheval, la jeune fille se redressa lentement, d'abord sur les genoux, s'époussetant au passage. Elle ne voulait pas se relever trop vite, elle avait un peu mal au cou et à la tête, et elle se rendit compte alors que l'adrénaline refluait que la flèche avait tracé une ligne de feu sur son sein, parce que ça commençait sérieusement à piquer !
Finalement debout, elle secoua ses cheveux pour en faire tomber la poussière et l'herbe qui avaient voulu y trouver un nouveau nid, vérifia que son cou et sa nuque n'avaient pas trop souffert et qu'elle pouvait les bouger, et tourna enfin le regard vers l'endroit où le cheval avait filé. Suivant ses traces au sol, elle passa l'angle de la vieille étable et se heurta violemment à un cheval au galop – encore !

Roulant sous l'impact, elle eut comme réflèxe de se protéger la tête avec ses bras cette fois-ci, mais se retrouva dans la boue pour la seconde fois en l'espace d'à peine une minute. Cette fois cependant, la terre était bien liquide, et elle en avait absolument partout : elle sentait même que ça lui était rentré dans le nez, coincé entre ses paupières et une goutte épaisse dégoulinait juste devant son oreille.

- Beurk… T'es pas douée ma pauv' fille. lâcha-t-elle à sa propre intention en essayant de s'essuyer… Même si finalement, elle étalait plus qu'autre chose la boue. J'espère qu'il y a une rivière pas loin... marmonna la jeune fille en essayant de regarder Syndrell en face. Mais soudain, tout devint flou, et elle vit non pas une, mais deux Syndrell.

- C'est moi ou tu es pas toute seule?
Revenir en haut Aller en bas
Syndrell Ellasian
Admin
avatar

Nombre de messages : 4383
Citation : Verba volant, scripta manent : les paroles s'envolent, les écrits restent...
Date d'inscription : 05/04/2010

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Lame qui sort de chaque avant-bras
Signe particulier: Syndrell sait lire sur les lèvres

MessageSujet: Re: Aller partout où le vent nous emporte... [PV Rohkea]   Mer 06 Mai 2015, 08:59

Dès qu’elle passa l’angle de l’étable, Syndrell découvrit la gravité de la situation. Rohkea était à terre et elle ne dut qu’au hasard la chance d’être épargnée par les sabots puissants du cheval qui fit un écart juste avant de l’écraser. Le cavalier, un homme trapu et vêtu d’une armure, talonna sa monture et fonça tout droit vers la marchombre. Un fléau se balançait au bout de son bras, hérissé de pointes menaçantes.

Syndrell précipita Vagabond en avant. Parfois, l’attaque est la meilleure défense. Les deux adversaires prirent de la vitesse et le fléau tournoya, puissant et mortel. Pour ne rencontrer que du vide. Car lorsque les deux chevaux se croisèrent, la jeune femme bondit et, crochetant la selle du bandit, se retrouva juste derrière lui. Il n’eut pas le temps de réaliser quoi que ce soit. D’un geste vif et précis, elle lui ouvrit la gorge à l’aide de son poignard, puis bondit à nouveau pour atterrir sur la selle de Roméo qui était venu à sa rencontre.

Elle ramena le hongre effrayé au trot puis l’arrêta et lui flatta brièvement l’encolure avant de sauter à terre.


- Rohkea !

La jeune fille se relevait péniblement. Elle était couverte de boue et son air pincé rassura Syndrell, qui se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas rire et se planta devant elle.

- J’espère qu’il y a une rivière pas loin…
- L’Ombre est à cinq minutes à cheval,
acquiesça Syndrell en essuyant les joues maculées de terre de la rouquine.

Le regard de celle-ci se voila soudain et elle fronça les sourcils.


- C’est moi ou tu es pas toute seule ?

Elle vacilla et serait tombée si la marchombre n’avait pas tendu le bras pour la stabiliser.

- Un bain de boue par jour suffit amplement, dit-elle dans un sourire pour dissimuler son inquiétude.

Et si Rohkea était blessée quelque part ? Elle était pâle et semblait incapable d’avancer sans aide. Syndrell glissa un bras sous le sien et la conduisit à l’intérieur de l’étable. Il n’y avait plus de fourrage, mais un tas de fagots semblait dormir en attendant l’hiver pour servir à quelque paysan du coin. Elle y fit asseoir Rohkea, puis s’accroupit devant elle et l’examina rapidement.

Son amie n’avait rien de cassé, heureusement. Mais deux chutes violentes et un combat mouvementé avaient de quoi secouer les plus coriaces ; Rohkea avait besoin de reprendre ses esprits.


- Tu vas avoir une sacré bosse, la rassura Syndrell en souriant. Mais tu sais quoi ? Je crois que la masse de tes cheveux a amorti le plus gros du choc.

Elle glissa les doigts dans les boucles rousses avec admiration, puis elle se leva et balaya l’étable du regard.

- Je vais te chercher de l’eau et de quoi grignoter. Ensuite on se remettra en route. Je doute que les comparses de ces imbéciles n’aient l’audace de se frotter de nouveau à nous mais ce n’est pas une certitude, et puis il va falloir te débarbouiller, hein !

Elle lança un clin d’œil doré à Rohkea et s’empressa d’aller chercher ses affaires. Elle ramena sa gourde et des langues de chat croustillantes à la jeune fille. Pendant que celle-ci reprenait des forces, elle s’occupa des chevaux – de Roméo surtout, que les récents événements avaient effrayé.

Une vingtaine de minutes plus tard, elles s’en allaient en direction de l’ouest, le soleil jouant avec les reflets roux et bleus de leurs longs cheveux.





*




Une fois l’Ombre atteinte il fallut marcher un peu pour trouver un endroit où la rivière ne s’ébattait pas en remous joyeux et puissants. Elles trouvèrent ce qu’elles cherchaient au pied d’une petite cascade, où l’eau bouillonnante laissait place à une onde calme et rafraîchissante.

Syndrell se déshabilla en même temps que Rohkea. Elle n’avait pas particulièrement besoin d’un bain mais il lui était difficile de résister à la tentation d’un petit plongeon lorsqu’elle en avait l’occasion, et puis elle préférait surveiller son amie ; son coup à la tête n’était pas grave, mais elle devait être là si jamais un coup de fatigue assaillait brusquement la jeune fille.

Rohkea était pourtant sacrément tenace, songea-t-elle en ôtant sa tunique. N’importe quel autre débutant sur la Voie aurait eu toutes les raisons de paniquer ou bien aurait décidé de rentrer à l’Académie… pas elle. Elle, c’était une dure à cuire, et ce n’était pas une bosse qui allait l’empêcher d’avancer ! Un tempérament qui plaisait décidément à Syndrell.


- Allez, à l’eau face de boue ! s’écria-t-elle en devançant Rohkea pour se jeter dans l’Ombre.

La rencontre avec l’eau froide lui donna un coup de fouet qui fit battre son cœur plus vite. Ragaillardie, vivifiée, elle remonta à la surface en battant des jambes et rejeta ses cheveux en arrière, avant de faire signe à la rouquine.


- Tu viens ? M’oblige pas à venir te chercher, tu pourrais bien le regretter… !

Son sourire soulignait son défi : elle adorait jouer. Or l’eau était un terrain de jeu des plus propices !

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 20/10 au 03/11]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Aller partout où le vent nous emporte... [PV Rohkea]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Aller partout où le vent nous emporte... [PV Rohkea]
» Le vent nous portera
» Il faut savoir prendre son envol avant que le temps nous emporte. [Sunggyu Kim/Raphaël Kolliam]
» Au vent en emporte le temps → Lysander.
» Le vent nous portera. → Kidnappés

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Pacte VS L'Ordre :: A l'extérieur :: Le Nord :: Al-Far-
Sauter vers: