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Le Pacte VS L'Ordre
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 Nuit dangereuse [PV Eole]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Nuit dangereuse [PV Eole]   Mer 15 Avr 2015, 12:00

L’esplanade d’Al-Far ressemblait vaguement à celle d’Al-Jeit, de part sa forme semi-circulaire et le large espace qu’elle créait au cœur de la ville. C’était tout pour les similitudes.  La vie qui jaillissait sous toutes ses formes dans la capitale n’avait en effet rien à avec la foule de bougres qui pullulaient sur le pavé de la place. Dans un endroit comme celui-ci, mieux valait surveiller ses effets personnels en permanence et même ainsi, nul n’était à l’abri d’un vol à la tire. Il n’y avait qu’à observer la parade des gamins, sales et maigres comme des coucous, qui déambulaient parmi les passants ; leurs gestes étaient trop rapides et trop ajustés pour que l’on puisse déceler quoi que ce soit, à moins d’avoir un œil averti. En plein jour, le vol était le seul méfait véritablement digne de ce nom. Mais à la tombée de la nuit l’esplanade se vidait. Les habitués connaissaient les ombres qui rôdaient une fois le soleil couché sur la ville, et ils les redoutaient. Le vol laissait tranquillement sa place au viol et au meurtre. La déchéance se lisait sur tous les établissements encore ouverts et la place n’était plus traversée que par des filles de joie. C’était un lieu où le danger était moindre, probablement grâce à la lumière jetée en flaques jaunâtres sur les pavés inégaux. Mieux valait cependant ne pas se laisser absorber par les ombres des ruelles adjacentes, du moins si l’on désirait voir un autre jour se lever sur Al-Far…

La présence d’itinérants modifiait légèrement l’atmosphère de l’esplanade. Les guerriers Thüls qui accompagnaient généralement les convois imposaient suffisamment la crainte et le respect pour assurer à l’endroit une tranquillité relative tant qu’ils étaient de passage dans la cité. Les racoleuses se tenaient à une distance raisonnable des chariots, les gamins des rues désertaient la place, peu désireux de se faire prendre la main dans le sac. Seuls les tueurs les plus redoutables osaient s’approcher. Gil s’était joué de la vigilance des Thüls avec sa spontanéité légendaire. Il ne lui avait fallu guère plus de quelques minutes pour être autorisé à aborder le chef de l’expédition en question, un homme petit, râblé et nerveux. Cinq minutes de palabre, un engagement sur l’honneur et hop ! l’Envoleur fut engagé au titre d’éclaireur, avec pour ordre de se préparer à partir un peu avant l’aube. Un jeu d’enfant. Seren était un fin stratège qui savait manipuler les bons pions au bon moment. Qui d’autre que lui avait pu faire pression sur l’Ordre pour que Gil soit désigné dans le cadre de cette mission ? Lorsqu’il était venu lui annoncer la bonne nouvelle, Gil se trouvait encore à Al-Jeit. Il avait refusé la proposition de son ancien mentor mais, coincé par le mensonge terrible qui vivait en lui sous les traits de Libertée – une Libertée enceinte jusqu’aux yeux et qui n’allait pas tarder à mettre au monde leur petite fille – il n’avait pas pu se sortir de la galère dans laquelle il venait une fois de plus de se retrouver.

Enfoiré, songea Gil avant d’avaler une gorgée du tord-boyaux qu’on lui avait servi. L’alcool était mordant comme une femme en colère et d’un goût passablement douteux, mais c’était une façon comme une autre de se changer les idées. Et de supporter un endroit pareil. Autrefois, Gil avait parcouru cette ville en long, en large et en travers, ravi de pouvoir vivre sans Seren sur le dos et d’accumuler les contrats. Al-Far étant le lieu rêvé pour un jeune mercenaire plein d’ambition et pour qui la  vie avait peu de valeur. Combien de gens avait-il tué, ici ? Dix ? Vingt ? Cinquante ? Le nombre s’était perdu avec les années. Et la vie, cette vie qu’il méprisait tant l’avait changé. Revenir ici lui faisait ressentir à quel point ce changement était important. Depuis son arrivée, quelques heures plus tôt, six femmes différentes l’avaient abordées, dont trois au moins valaient le coup d’œil. Il les avait à peine regardées. Toutes ses pensées étaient tournées vers Libertée. Chaque fois qu’il l’imaginait seule, en train d’accoucher, une lueur de colère brillait dans ses yeux. T’es vraiment un enfoiré, Seren. C’était la dernière mission qu’il acceptait malgré lui. Tant pis si l’Ordre lui tombait dessus, il avait survécu à leur dernière tentative pour le supprimer, il pourrait s’en sortir à nouveau. Difficilement, surtout affublé d’une compagne et d’un enfant, mais désormais, risquer sa vie pour le compte de paons enfarinés au nom du Chaos et blablabla, ce n’était plus au programme.

Gil se resservi une rasade d’alcool et choisit d’ignorer l’état du verre dans lequel il trempait ses lèvres depuis une petite heure. La gargote qu’il avait dénichée donnait sur l’esplanade. Les fenêtres ouverts sur la nuit laissaient entrer un air chaud et sortir les conversations bruyantes de ses voisins de table. Une forte odeur d’oignons grillés empestait l’atmosphère. Au fond de la salle, un musicien éméché jouait maladroitement quelques notes avec son violon mal accordé. Renversé en arrière sur le dossier de sa chaise, Gil observait cet univers puant avec une distance toute nouvelle. Des mèches sombres retombaient devant ses yeux et une barbe de trois jours lui mangeait les joues, mais le long manteau qui avait remplacé son éternel tabard et la malice qui scintillait dans son regard faisaient de lui un autre homme, plus sage. Et plus puissant. Sa mission consistait à se fondre dans la caravane d’itinérants qui s’apprêtait à prendre le départ vers le nord. Sa cible était une femme qui gênait visiblement l’Ordre, et qu’il allait devoir éliminer sans éveiller de soupçons. Avec un peu de chance, l’occasion se présenterait rapidement, et Gil pourrait ainsi rentrer chez lui et retrouver Libertée. Il n’aspirait qu’à cela mais alors qu’un bruit de verre cassé retentissait quelque part, ponctué d’un concert de cris et de jurons, il comprit que la nuit allait être longue.

Il songeait à demander une autre bouteille d’eau de vie lorsqu’une silhouette attira son attention. Tout le monde se ressemblait ici mais la personne qui venait d’entrer dans la taverne était singulière. Gil le comprit à l’instant où ses yeux vairons se posèrent sur elle. Curieux, il croisa les chevilles et but tranquillement son verre, son regard la suivant juste pour voir ce qu’elle allait faire alors que, pour être honnête, elle n’avait rien à faire dans un endroit pareil.

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Lun 20 Avr 2015, 12:04

- Merci Notch.

Éole se leva et sourit au jeune apprenti, reconnaissante. Elle se sentait plus en paix dans son cœur, par rapport au fait qu’elle ait tué un homme mais aussi par rapport à son père. Notch lui avait beaucoup apporté en quelques phrases échangées.

- Merci à toi Éole. À bientôt.

Il lui rendit son sourire avant de disparaître dans la nuit. Elle espérait le revoir un jour. Elle sentait de bonnes choses émaner de ce jeune homme. Il avait peut-être un passé sombre, mais son avenir, elle en était persuadée, serait éclatant de lumière. Après tout, il était sur la Voie des Marchombres, la Voie de la Liberté et de l’Harmonie, non ?

Son regard quitta l’endroit où Notch s’était tenu quelques minutes plus tôt et ramassa son sabre et sa bourse. Elle se détourna pour prendre le chemin du retour. Il était tard, elle devait rentrer. Une fois qu’elle eut descendu la façade du bâtiment, elle regarda autour d’elle, ne se souvenant plus du chemin qu’elle avait prit pour venir... Il faut dire que dans sa panique, elle n’avait pas fait attention à où elle allait et elle ne connaissait pas du tout Al-Far... Elle tourna un moment dans les rues de la ville avant de se rendre à l’évidence : elle était perdue. Elle aurait bien demandé son chemin, mais le quartier dans lequel elle était désert. Elle poussa un soupir, elle ne retournerait pas à l’auberge où elle avait laissé Bolshoï avant le lendemain, il lui faudrait en trouver une autre pour dormir.

Éole regarda autour d’elle. La nuit était noire, sans lune. Seules quelques étoiles brillaient dans le ciel, n’éclairant que très faiblement la rue. La jeune fille ne se sentait pas tranquille, surtout après la rencontre qu’elle venait de faire... Et si un autre membre de ce réseau se cachait dans l’ombre, prêt à lui enfoncer sa lame entre les omoplates pour venger son camarade ? Ou seulement pour la tuer elle, la fille d’Amrod Arsil, l’homme qui les avait trahi ?

La jeune fille se remit en marche, doucement, surveillant tous les angles autour d’elle. La rue était inquiétante. Le silence pesait et l’ombre des bâtiments de pierre noire l’oppressait. Elle s’efforçait de calmer sa respiration et de se rappeler tout ce que Aléa, Notok ou Pia lui avaient appris. Marchombre. Elle était Marchombre et c’est elle que les autres devraient craindre...

Elle marcha longtemps dans la nuit, sans rencontrer âme qui vive. La fatigue commençait sérieusement à l’envahir et ses paupières se faisaient lourdes. Elle avait besoin de dormir. Il fallait qu’elle trouve une auberge, n’importe laquelle, même la plus miteuse ferait l’affaire.

Elle évoluait tel un zombie dans les ruelles, toutes plus sombres les unes que les autres. Au moins, se disait-elle, elle avait de la chance de ne croiser personne, elle n’aurait pas été en état de se battre... Autant physiquement que psychologiquement... Elle finit enfin par déboucher sur une esplanade semi-circulaire un peu plus vivante que les rues qu’elle venait de traverser. Avec la fatigue, elle ne la reconnut pas. Il s’agissait pourtant de l’esplanade d’Al-Far, le centre de la ville, et son auberge n’était qu’à quelques pas, de l’autre côté. Mais l’épuisement qui la gagnait la fit passer une porte en bois aux gonds rouillés, par laquelle fusait des éclats de voix. Elle ne réfléchit pas plus loin, jugeant cet endroit fréquenté et donc fréquentable.

Elle entra en se frottant les yeux, essayant de réveiller un peu son attention. La salle sentait l’oignon grillé et l’odeur qui s’échappait des cuisines ne donnait pas spécialement envie de manger, mais Éole n’en était plus à cela près et son estomac grondait aussi s’assit-elle à une table au fond de la salle, pas très loin d’un joueur de violon pas très frais. Elle appela la serveuse qui mit tout son temps à arriver vers elle, et lui demanda un ragoût de siffleur - il lui fallait au moins ça pour reprendre des forces. La serveuse - qu’elle venait d’interrompre en plein jeu de séduction avec deux rustauds aussi frais que le musicien à côté d’elle - lui adressa un regard hautain et plein de reproches avant de lui annoncer sèchement qu’il n’y avait ici que de la soupe à l’oignon, que si elle voulait autre chose elle n’avait qu’à prendre la porte et que dans cette gargote ils ne servaient pas les princesses. Éole retint un hoquet de surprise, ne s’attendant pas du tout à ce genre de réaction. Son esprit se réveilla d’un coup et, affichant son plus sourire, elle affirma être curieuse de découvrir la spécialité de la maison et commanda une soupe à l’oignon. La serveuse se détourna en morigénant, lui reprochant de lui faire perdre son temps.

Éole leva les yeux au ciel en secouant la tête. Visiblement l’amabilité n’était pas un point fort ici. En parcourant la salle du regard, elle en arriva à regretter d’être entrer. Il n’y avait que des ivrognes, lourdauds et gueulards dans cette gargote et elle ne se sentait pas vraiment à sa place. Elle n’avait pas spécialement peur, elle avait déjà croisé ce genre d’hommes lors de son derniers cours et avait réussi à s’en débarrasser. Certes ils étaient là plus nombreux, mais si elle restait tapis dans son coin, ils ne devraient pas venir l’embêter... Surtout que, pour la plupart d’entre eux, ils semblaient déjà bien occupé avec les serveuses. La jeune fille haussa les épaules et se dit qu’une fois qu’elle aurait finit sa soupe, elle sortirait discrètement et irait trouvé une auberge un peu mieux fréquentée pour passer la nuit.
Comme la serveuse tardait à revenir, elle continua de promener son regard sur la salle. Elle fut attirer par une silhouette sombre assise à une table de l’autre côté de la salle qui se distinguait des autres hommes présents. De là où elle était, elle ne le voyait pas très bien, mais l’homme qu’elle fixait ne semblait pas aussi saoul que les autres. Il avait l’air plutôt calme, adossé à sa chaise les chevilles croisées. Éole se demanda un instant si il dormait ou si il observait la salle. Il ne bougeait pas d’un pouce.

Elle dût détacher son attention de lui car sa soupe arrivait. “Soupe” était un bien grand mot pour l’espèce de bouillon sans consistance que la serveuse posa devant elle avec violence. Elle tendit la main avec empressement et réclama l’argent pour la soupe. Éole lui déposa quelques pièces dans la paume. Elle allait commencé à manger quand un raclement de gorge l’interrompit. La serveuse était toujours là, la main tendue, et fit comprendre sèchement qu’elle attendait un pourboire. La jeune apprentie leva les yeux au ciel et donna une pièce de plus à la serveuse. Elle n’avait pas la foi de se battre contre elle ce soir.

Elle mangea sa soupe en essayant de ne pas regarder ni l’état de l’assiette ni celui de la cuillère qu’elle utilisait et en arrêtant de respirer tant l’odeur infecte lui coupait l’appétit.
Une fois son bouillon terminé, elle repoussa l’assiette avec un soupir de soulagement. Elle s’apprêtait à partir quand deux hommes surgir devant elle. Elle en remarqua deux autres à ses côté, encerclant ainsi la table où elle était installée. Elle fronça les sourcils.

- Voilà donc la jeune imprudente qui a tué Zorgh... Et vous savez quoi ? C’est la fille de ce traître d’Arsil !

Celui qui venait de parler n’avait pas parlé très fort et le brouhaha de la salle a dû couvrir sa voix de sorte que seuls ceux qui se trouvaient autour de la table puissent entendre. Un frisson glacé parcouru Éole quand il prononça le nom de son père. Elle dégaina son sabre. Elle n’était certes pas au meilleur de sa forme, mais elle avait retrouvé toute son attention. Le silence s’installa. Dans le regard des quatre mercenaires brillait une lueur mauvaise, meurtrière et alimentée par la haine. Pourquoi la détestaient-ils tous à ce point là ? Juste parce qu’elle était la fille de son père ? Elle eut un frisson en imaginant ce qui pouvait attendre sa mère si ils tombaient sur elle et elle espéra de toutes ses forces qu’elle était toujours bien cachée dans les Frontières de Glace.

L’homme, qui semblait être le chef de la bande, se pencha vers elle. Il empestait l’alcool.

- Tu sais quoi ma jolie, tu nous donnes deux bonnes raisons de te régler ton compte... Tu as tué l’un des nôtres et tu es la fille d’Amrod... Zorgh t’avait enfin retrouvée... On va finir...

Il ne finit pas sa phrase. Éole venait de lui fauché les jambes avec son sabre, il s’écroula dans un cri de souffrance et avant que les autres ne se remettent de leur surprise, elle roula en boule sous la table. Mais les trois hommes qui restaient furent plus rapides et on lui asséna un violent coup sur le crâne quand elle se releva. Sonnée, elle tenta quand même de porter un coup, mais un autre la faucha et elle tomba violemment sur le sol froid de la gargote.
Un des hommes se pencha sur elle, attrapa son sabre et l’envoya loin, un autre faisait subir le même sort à son arc tandis que le troisième referma ses gros doigts crasseux sur ses poignets. Elle se débattit, distribuant des coups de pieds là où elle pouvait, mais elle était fatiguée, seule contre trois...

- Tuez-là !

C’est l’homme qu’elle avait blessé qui venait de crier. Elle continuait de se débattre, mais les trois hommes la tenaient fermement. Elle se maudit mille fois d’être entrer dans cet endroit, regretta d’être venue dans cette ville et se dit que la curiosité était définitivement un vilain défaut. Et qu’elle pouvait se révéler dangereuse !

*Mais qu’est-ce qui m’a prise ? Pourquoi je ne pouvais pas rester sagement chez moi... Pourquoi a-t-il fallu que je vienne ici, dans cette foutue ville criminelle ? *

Trop tard pour prendre conscience des risques inutiles qu’elle avait pris... Trop tard. Elle aperçut l’éclat d’une lame au dessus d’elle... Elle ferma les yeux.









[c'est parti ! Razz je me suis peut-être un peu emballée Rolling Eyes si quelque chose te gène n'hésite pas Wink ]

__________________________________________



"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Lun 20 Avr 2015, 15:02

[C'est parfait. D'ailleurs, plus tu t'emballes, plus je m'emballe... Wink)




La lame fouetta l’air et redescendit, inexorable promesse mortelle…

… la main de Gil saisit brutalement le poignet ennemi et il vrilla son regard bicolore dans celui du tueur.

- Pas touche à la demoiselle, murmura-t-il.

Craquement sinistre.
L’homme hurla.


*


Avec du recul, Gil conviendrait qu’il avait vu le coup venir. Cette fille avait tout de celle qui venait chercher les ennuis sans même le savoir, avec son petit air candide et ses longs cheveux noirs. Elle était jolie et élégante – bien trop pour un endroit pareil. Avait-elle remarqué les coups d’œil salaces qui avaient glissé sur elle à son arrivée ? Percevait-elle le murmure intéressé des hommes qui, sous l’effet de la boisson et d’une idiotie profonde, nourrissaient quelque sombre dessein à son égard ? L’agneau vient de se jeter dans la tanière du loup, conclut l’Envoleur en sirotant son verre. Il ne lui donnait pas cinq minutes avant de faire demi-tour, chassée par la sueur et l’oignon. Mais le petit agneau n’était peut-être pas si farouche. Après un échange musclé avec la serveuse, celle-ci accepta finalement de servir une soupe à sa nouvelle cliente, qui prit place à quelques tables de la sienne et promena un regard plus foncé qu’une nuit sans lune sur la salle comble. Elle finit par croiser son regard et, l’espace d’une seconde, Gil sentit un courant familier lui picoter la nuque. Une impression fugace de déjà-vu, comme s’il avait déjà croisé ces yeux-là quelque part ; le souvenir lui échappa dans un battement de cil et l’instant suivant, il avait déjà oublié la curieuse sensation. On apporta sa soupe à l’agneau, il s’en désintéressa pour se concentrer à nouveau sur le fond de sa bouteille et ses soucis personnels.

Les choses se gâtèrent alors qu’il songeait à monter dans sa chambre pour se reposer une paire d’heures avant de retrouver la caravane sur l’esplanade de la ville. Un petit groupe d’hommes se leva d’une table isolée et s’approcha de celle de l’agneau qui terminait son repas en silence. Et voilà, qu’est-ce que je disais… ! Lorsque la fille tira son sabre, Gil soupira. Mauvaise idée. Le piège s’était refermé sur elle au moment où elle était entrée dans ce trou à rats ; elle n’avait aucune chance de s’en tirer toute seule. Mais elle n’était visiblement pas du genre à se laisser prendre sans se battre : la frêle et jolie inconnue qui avait mangé sa soupe dans un silence presque timide laissa place à une farouche guerrière, qui maniait son sabre avec détermination et blessa sérieusement l’un des quatre trouble-fête. Les trois autres réagirent rapidement. L’un d’eux frappa la jeune fille alors qu’elle achevait une roulade habile. Elle trébucha. Toujours assis, son verre à la main, Gil fronça les sourcils. La petite bougeait bien mais ces types… ils avaient beau avoir l’air d’avoir forcé sur la bouteille, ils se déplaçaient avec une efficacité redoutable et leurs mouvements étaient bien moins aléatoires qu’ils le laissaient croire. Ces hommes étaient des tueurs. Et ils étaient sur le point de commettre un meurtre.

Il y a toujours un moment dans la vie où un choix s’impose. Un grand choix, de ceux qui vous arrachent le cœur quelque soit la décision finalement prise, et dont les conséquences déterminent inexorablement la suite de votre vie. Gil détestait ce genre de virage incontournable, mais en l’occurrence, le choix fut très simple : il n’en avait rien à faire de la mission de Seren, et la vie de cette fille était bien plus précieuse que sa couverture. Il termina son verre d’une seule gorgée qui lui brûla tout l’œsophage et se leva enfin. L’alcool brouilla un bref instant ses perception et il vacilla légèrement, mais lorsqu’il battit des paupières pour accommoder sa vue, son regard avait changé. Plus brillant et surtout plus dur qu’auparavant. L’agneau avait commis la première faute en voulant jouer dans la cour des grands, mais ces quatre assassins avaient choisi la mauvaise cible. Lorsqu’il était d’une humeur de chien et qu’il avait un peu d’alcool dans le sang, Gil était un adversaire redoutable. Un homme était sur le point d’égorger la fille. Gil apparut soudain devant lui et posa les doigts sur son poignet, immobilisant son bras pour planter son regard bicolore dans le sien.

- Pas touche à la demoiselle, murmura-t-il.

Craquement sinistre.
L’homme hurla.


*


Le meilleur moyen de se tirer d’affaire dans un tel endroit était de déclencher une belle bagarre. Combien de fois Gil avait-il échappé aux ennuis en en créant d’autres ? La chose était très facile. Lorsque son adversaire s’effondra, le bras en miette du poignet jusqu’à l’épaule, l’Envoleur se retourna et saisit un tabouret qu’il balança sur une table du fond. Trois seconde et demie plus tard, une rixe éclatait. Une taverne, c’était un peu comme une mèche dans une flaque de combustible : quand on savait provoquer l’étincelle, l’explosion n’était pas longue à venir et généralement très impressionnante. Des bouteilles commencèrent à voler à travers la pièce tandis que les coups pleuvaient. La serveuse revêche utilisait son plateau pour frapper ces clients. Déstabilisés par la situation, les deux tueurs encore valide hésitèrent ; Gil en profita pour attraper la fille sous les aisselles et la remettre sur ses jambes.

- Sors de là ! ordonna-t-il avant de l’expédier d’une bourrade vers la porte.

L’un des deux hommes passait déjà à l’attaque. Il était rapide, mais Gil l’était davantage ; il pivota et son talon frappa une première fois à la poitrine avant de remonter pour toucher violemment la tempe. Dans le même élan, il avança et balança son coude dans le revers de l’homme. Celui-ci s’effondra et Gil l’acheva en lui brisant les cervicales. Quelqu’un le bouscula au moment où il cherchait des yeux le dernier tueur. Gêné, il ne put empêcher ce dernier de se précipiter à la suite de la fille. Enfer ! Gil plongea pour éviter un coup de plateau – cette serveuse était décidemment redoutable – et se releva pour filer vers la sortie. Dehors, d’autres gens se battaient. Cette ville était absolument infernale, quand on y pensait. Et la fille était nulle part en vue. Où était-elle passée ? L’Envoleur fit quelques pas au hasard, et accéléra l’allure lorsqu’un cri déchirant retentit non loin de là. Pourvu qu’il n’arrive pas trop tard…

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Mar 28 Avr 2015, 22:27

La lame n’atteignit jamais sa gorge. C’est comme si le temps c’était soudain arrêté. Éole entendit un craquement sinistre qui lui donna des frisson, suivi d’un hurlement de douleur. L’homme s’écroula à côté d’elle et un tabouret vola au dessus de sa tête, retombant avec fracas à l’autre bout de la salle. Elle n’eut que le temps de cligner des yeux pour apercevoir l’homme solitaire qu’elle avait remarqué plus tôt passer furtivement dans son champs de vision. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, il l’attrapa et la remit sur pied en lui criant de sortir. La jeune fille ne chercha pas à comprendre, elle savait simplement qu’elle venait d’échapper à la mort de justesse et que cet homme, tout inconnu qu’il fut, venait de lui sauver la vie. Il ne lui en fallut pas plus pour qu’elle prenne ses jambes à son cou.

Elle courut droit devant elle. Encore. Cela n’en finirait-il donc jamais ? Allait-elle courir encore comme cela toute la nuit, cherchant désespérément à semer des assassins qui voulaient sa peau ? Et pourquoi ? Parce qu’elle était la fille de son père ! Par les ailes du Dragon ! Elle ne savait rien de lui, rien de son passé, et il était mort bon sang ! Mort ! Ces mercenaires avaient fini par l’avoir, alors pourquoi s’en prenaient-ils à elle ? N’avaient-ils pas eu ce qu’ils voulaient ? Non ? Il fallait qu’ils tuent toute la famille en prime ? Et combien étaient-ils ? Parce qu’elle était certaine que les cinq qu’elle avaient rencontré ce soir là n’était qu’une part infirme du réseau de criminels auquel ils prétendaient appartenir.

La jeune apprentie n’alla pas plus loin dans ses questions, des bras puissants agrippèrent subitement ses épaules et la plaquèrent violemment contre la façade dur et froide d’un immeuble. Du cri de surprise qu’elle poussa ne ressortit qu’un vague gargouillis étranglé. L’homme la tenait fermement contre le mur, son avant-bras bloqué au niveau de sa gorge. Elle essaya de se débattre mais ce fut peine perdue ; l’homme était beaucoup plus fort qu’elle, alors elle tenta autre chose...

- Arg... pour... pourquoi ? parvint-elle à articuler en plantant son regard noir de colère et d’incompréhension dans les yeux de son agresseur.

Si elle devait mourir, autant gagner un peu de temps en repoussant au maximum le moment fatal et obtenir par la même occasion les réponses à ses questions. L’homme, surpris, relâcha légèrement la pression sur sa gorge et elle en profita.

- Pourquoi ? répéta-t-elle, mais de façon plus assurée cette fois-ci, pourquoi vous voulez à tout prix ma peau ? Tuer mon père ne vous a donc pas suffit ?

L’homme ricana sournoisement avant de serrer de nouveau la pression de son avant-bras et de planter un regard malveillant au fond des prunelles sombres de la danseuse. Elle ne se laissa pas démonter et soutint ce regard de toute la force de sa conviction.

- Et pourquoi aviez-vous besoin de le tuer d’abord ? Si j’ai bien compris, il a quitté votre satané réseau pour partir avec ma mère et avoir une vie meilleure, une vie ou il serait meilleur, et vous, vous avez fait quoi ? Vous n’auriez pas pu le laissé tranquille ? Il ne vous avait rien demandé à ce que je sache !
- Justement ma belle, tu ne sais rien.
- Alors expliquez-moi !


Éole fronça les sourcils et lança un regard chargé de dégoût et de haine à l’homme. Un demi sourire naquit au creux des lèvres de ce dernier, plein de mauvaises intentions.

- Tu ne sais donc rien n’est-ce pas ?

Éole serra les dents. Ce type se foutait de sa gueule !

- Haha ! Et bien je vais te raconter une histoire ma jolie, mais elle ne va pas te plaire j’en peur...

Il appuya un peu plus fort son bras sur la gorge de la jeune fille qui lâcha un hoquet de douleur, cherchant de l’air.

- C’est l’histoire d’un des plus grands réseau criminel de l’Empire. À sa tête un homme puissant, fort et mortel, mais qui commence à se faire vieux. Juste en dessous de lui, trois jeunes hommes robustes, ses protégés, l’élite du réseau, dont le potentiel est plein de promesses. Mais un seul se distingue des trois, un seul a son avenir tout tracé devant lui, promis à prendre la place de chef à la tête du réseau quand l’actuel ne sera plus capable de tenir ce rôle. Il a grandit à Al-Far et, dans cette ville, les tueurs ou ceux qui font appel à leurs services le connaissent bien. L’armée n’a jamais réussi à lui mettre la main dessus et, partout où il va, il ne sème que la mort et le chaos... Cet homme s’appelle Amrod Arsil.

Quand il prononça le nom de son père, Éole en eut des frissons. Elle s’efforça de se dire qu’il avait choisi de quitter tout cela, qu’il avait abandonné cet héritage maudit et qu’il était parti vivre en paix avec sa mère à Al-Jeit... L’air commençait à lui manquer... Elle avait de plus en plus de mal à respirer... L’homme n’en avait cure et continua son atroce histoire comme si il n’avait rien remarqué.

- Sauf que cet abruti est tombée sous le charme d’une demoiselle toute en jupes bleues, aux grands yeux noirs et aux cheveux de jais parsemés de fleurs multicolores. Il est parti avec elle, décrétant qu’il ne voulait plus de cette vie là et qu’il voulait être un homme bien. Pouah !

L’homme planta son regard assassin dans celui d’Éole.

- Il a ajouté avant de partir qu’il conduirait le réseau à sa perte, qu’il allait tout détruire.

Éole frissonna d’horreur devant le ton chargé de haine pure de son agresseur, mais au fond d’elle, elle ressentait de l’admiration pour son père. Il avait peur être fait des choses d’une atrocité sans nom, mais il avait décidé de se racheter.

- Six ans. Six ans pour le retrouver et le tuer avant qu’il ne commette l’irréparable... Après, il a fallut surveiller ta mère, pour que cette garce n’aille pas tout raconter ! Ça a bien marché, jusqu’à ce qu’elle disparaisse on ne sait où...
- Quoi ? C’est à cause de vous que ma mère est devenue folle et qu’elle m’a abandonnée ?


Les pièces du puzzle s’assemblaient doucement dans l’esprit de la jeune fille. Sa mère n’avait été surprotectrice et paranoïaque, elle essayait réellement de protéger sa fille contre une bande de tueurs nés. Éole comprit pourquoi elle avait insisté pour qu’elle apprenne à se battre et pourquoi elle refusait qu’elle quitte Al-Jeit : parce que des mercenaires sans pitié faisait pression sur elle !

- Elle ne t’a pas abandonnée, elle s’est enfuit ! Envolée ! Tout ça pour nous éloigner de toi... Et ça a marché ! Cette garce a réussi à nous éloigner de toi ! Et d’elle par le même coup ! On n’a jamais retrouvé sa trace et quand on est revenu à la capitale pour s’occuper de toi... Tu n’étais plus là !

Sur ses derniers mots, il ne parlait plus, il crachait, en colère contre lui-même de s’être fait piégé si bêtement.

- Et pourtant... Je suis certain qu’elle ne savait même pas que tu allais te faire la malle toi aussi...
- Et pourquoi vouloir me tuer moi ?
le coupa-t-elle d’une voix étranglée, je ne savais rien de tout cela, comment aurais-je pu vous nuire ?
- Pourquoi toi ?
s’énerva-t-il, mais bon sang ! Tu ne comprends vraiment rien, bordel !

Éole ouvra des yeux ronds d’étonnement. En effet, elle ne comprenait rien.
La jeune fille entendit le son cristallin d’une lame qui sort de son fourreau. Une seconde après, l’éclat brillant d’un poignard scintillait sous son nez.

- Tu as tué mon frère. Zorgh avait ce gros défaut de se surestimer et de sous-estimer tout le monde. Il ne faisait jamais attention à rien et se prenait pour un dieu... Il devait être en train de jubiler en t’apprenant qui était véritablement ton père, savourant le dégoût qu’il avait dû voir sur tes traits... Sauf qu’il ne te tenait pas comme ça hein ? C’est pour ça que tu as pu lui transpercer le ventre... Mais avec moi ça ne marchera pas.

Éole toussa. L’homme venait d’appuyer encore un peu plus sur sa gorge, lui interdisant cette fois ci totalement de respirer. La jeune fille essaya de se défaire de l’emprise de l’homme, sans y parvenir. Son oncle... Cette pensée lui arracha une grimace de dégoût. Non, elle ne pouvait être de la famille de ce monstre !

- Amrod, Zorgh et Malik Arsil... Et le chef était nôtre père... Et ce fils de raïs nous a trahi ! Nous ! Sa propre famille !

Le dénommé Malik baissa son regard brûlant de haine au plus profond de l’âme d’Éole. Une Éole qui ne respirait plus, qui ne voulait plus l’écouter, qui avait envie qu’il se taise ! Une Éole qui ferma les yeux pour essayer d’échapper au regard maléfique de ce monstre qui se disait être son oncle.
Ce dernier se pencha vers elle pour murmurer au creux de son oreille des mots qui auraient pu avoir à eux seuls le pouvoir de la tuer tant ils étaient chargé de violence et de haine.

- Tu comprends donc pourquoi je vais te tuer à ton tour...

Éole ne bougeait plus. L’air se vidait peu à peu de ses poumons. Elle essayait tant bien que mal d’économiser ses dernières forces...

- Tu. As. Tué. Mon. Frères.

Malik prenait soin de bien prononcer chaque mots, avec de plus en plus d’intensité.

- Tu. Es. La. Fille. D’un. Traître.

Un vilain sourire étira les lèvres de l’homme, mais elle ne le vit pas. Ses yeux toujours fermés, elle sentit seulement qu’il relâchait doucement sa pression sur sa gorge. Elle retint son souffle...

- Et. Tu. En. Sais. Désormais. Trop.

Il se décala légèrement pour reprendre en main son poignard, écarta un peu les jambes pour se stabiliser...

- C’est. Pourquoi. Je. Vais. Te. Tuer.

Il n’eut pas le temps d’abaisser sa lame. Regroupant ce qui lui restait de forces, Éole prit une petite inspiration, avalant autant d’air que l’avant-bras sur sa gorge le lui permettait et frappa du genou, avec toute son énergie, l’entrejambe de son agresseur. Leur cri se mélangèrent. Lui de souffrance, elle de hargne. Il s’écarta brusquement, ramenant ses deux mains à l’endroit où la jeune fille avait frappé. Éole essaya de s’échapper mais ses jambes se dérobèrent sous elle. Non... L’air lui avait manqué trop longtemps, son corps n’en pouvait plus... Elle n’eut que le temps d’entendre quelqu’un courir vers eux - et elle espéra très fort qu’il s’agissait de l’homme qui l’avait sauvée et non d’un compatriote de celui qu’elle venait de frapper - avant de perdre connaissance.









[et plus tu t'emballes... plus je m'emballe xD tu me dis si j'en fais trop hein ^^ ]

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Mer 29 Avr 2015, 12:12

Gil avait suffisamment d’expérience pour comprendre que cette poursuite n’était pas anodine. Si ces types avaient seulement été animés par un besoin physique, ils se seraient rabattus sur une autre proie que celle-ci. Il accéléra l’allure, effleura le manche de sa lame courte – il  n’avait toujours pas récupéré celle que Kaünis lui avait prise – et se faufila dans l’ombre d’une ruelle. Un bruit étranglé l’arrêta soudain. Il se figea, tendit l’oreille, puis longea un mur contre lequel il s’immobilisa avant de jeter un furtif coup d’œil dans ce qui semblait être la cour d’un quartier mal famé et désert. La fille était là, son agresseur également, et la situation était visiblement critique pour le petit agneau. Gil soupira et appuya un instant l’arrière de sa tête sur la brique froide du mur. Il ferma les yeux et entreprit de réguler son souffle tendit qu’il retroussait la manche de son manteau afin de dégager son poignet gauche. Il faisait suffisamment sombre pour qu’il puisse se servir de sa greffe sans éveiller les soupçons. C’était sans doute déloyal, ce genre d’attaque dans le dos, mais il n’avait pas envie de rater le départ des itinérants et de rater sa mission à cause d’une gamine qui, à l’évidence, ne connaissait pas le concept de prudence.

Gil rouvrit les yeux et arma son bras, poignet tourné vers le tueur qui s’apprêtait à égorger sa victime. L’aiguille de métal jaillit de sa peau sans le moindre bruit et fusa en un éclair… pour effleurer la joue de l’homme et rebondit contre le mur. Gil cligna des yeux. Il n’avait pas raté son tir, non, mais l’instinct de survie du petit agneau s’était enfin réveillé et la fille avait repoussé son agresseur d’un solide coup de genou bien placé. Celui-ci laissa échapper un gémissement et recula de quelques pas, plié en deux. Ouch… songea Gil, compatissant malgré lui à sa douleur. Cette gamine avait du cran, finalement. Mais elle était épuisée et l’Envoleur la vit vaciller. Il sortit de l’ombre et s’élança pour la rattraper juste avant qu’elle tombe, accompagnant sa chute pour l’allonger délicatement sur le sol. Il chercha son pouls et hocha la tête ; l’agneau s’était juste évanoui. Se détournant de la fille, Gil se redressa et s’approcha du type qui aspirait de grandes goulées d’air, toujours plié en deux.

- Ça va, mon pote ? s’enquit Gil en posant une main sur son épaule.
- Ouais… Je… Sale garce… ! souffla douloureusement l’homme en foudroyant du regard la silhouette allongée par terre.
- Bien.

Gil ferma le poing et le balança dans la figure du tueur. Celui-ci partit en arrière, s’effondra et ne bougea plus. Il respirait encore mais ne se relèverait pas de sitôt.

- T’avais qu’à pas chercher les ennuis, marmonna Gil en s’essuyant le front d’un revers du bras.

Il épousseta son long manteau dont il redressa machinalement le col, puis il marcha vers la fille évanouie, l’attrapa et la jeta en travers de son épaule. Elle ne pesait pas bien lourd. Sans un regard pour l’homme resté à terre, Gil quitta la cour et s’enfonça dans les ténèbres.


*


Vue d’en haut, Al-Far semblait presque calme. Les toits de la cité étaient peut-être le seul endroit ou subsistait un rien de tranquillité ; voilà pourquoi Gil avait décidé d’y emmener son fardeau. Il l’avait déposé sur l’ardoise inclinée d’un immeuble au sommet duquel il s’était perché. Le vent était vif et puissant, ici. Alors il avait ôté son manteau pour en couvrir la jeune fille, avant de s’asseoir au bord du toit, une jambe dans le vide, l’autre repliée contre lui. Le menton calé sur son genou, il attendait. Qu’elle se réveille ou bien que l’aube arrive, cela dépendait. Il resterait là jusqu’à ce qu’il soit obligé de partir. Parce que je n’ai rien d’autre à faire, songea-t-il. Son excuse pour garder un œil sur elle. Il avait observé la détermination de ces types et il n’avait pas envie que l’un d’entre eux, en retrouvant la fille et en la tuant, anéantisse tout ce qu’il avait accompli pour la garder en vie ! Gil, mon vieux, tu deviens trop gentil… C’était un fait, il n’y pouvait rien. Etait-ce parce qu’il aimait une marchombre, parce qu’il était sur le point d’être père ou parce qu’il avait toujours eu en lui cette générosité ? L’homme qu’il était devenu n’était après tout qu’une façade, un artifice né de la colère et la culpabilité. Giliwyn avait pris la place de Manaël et tenté d’effacer la moindre trace de compassion qui l’animait. Certaines choses étaient peut-être trop solides…

Il devina que la fille se réveillait au changement à peine audible de sa respiration. Combien de fois avait-il écouté le souffle de Libertée lorsqu’elle dormait ? C’était devenu un réflexe et Gil sourit en le remarquant. Il ne bougea pas et resta silencieux, le regard plongé dans l’immensité de la vue que lui offrait cette hauteur. Inutile de lancer la conversation, elle allait s’en charger toute seule.

Les filles, après tout, sont affreusement bavardes…

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Ven 01 Mai 2015, 19:44

Elle est là, devant elle, avec ses grosses boucles de jais et ses yeux aussi noirs et profonds qu’une nuit sans lune. Elle sourit. Elle sourit mais elle n’est pas heureuse, non, son air est infiniment triste et désolé.

« Ma petite Ombe... Je ne t’ai jamais abandonnée... »

Les larmes ruissellent sur ses joues. Son visage devient flou, il se dissipe peu à peu...

- Maman...

Ses cheveux deviennent roux éclatant et des tâches de rousseur viennent parsemer sa peau. Son sourire s’agrandit, son visage s’illumine. Aléa... Elle rayonne.

« Pense Ouverture Ombe. Toujours. »

À son tour, son sourire s’efface, se transforme. Les traits du visage changent, deviennent plus masculin. Un homme la regarde de ses prunelles dorées à travers ses folles mèches bleues. Notok et son regard bienveillant. Son visage à lui est baigné par les ombres, seule une lueur chaude et rougeoyante fait briller ses yeux, comme si il se trouvait au fond d’une grotte, éclairé par la seule lumière d’un feu.

« Sale temps hein ? Tu vas croire que je te porte malheur... »

Elle secoue la tête et le visage du marchombre disparait, laissant la place à celui, tout rond et pétillant de bonheur, de Pia. Elle la fixe de ses yeux malicieux et lui adresse un clin d’œil complice.

« Tout ceci n’est qu’un jeu Éole ! Qu’attends-tu pour venir t’amuser ? »

- Pia !

Elle disparait elle aussi et ce sont les traits d’un homme revenu de loin qui la remplace. L’air grave, ses prunelles bleues regardent au loin et ses cheveux blonds ébouriffés flottent comme si le vent soufflait doucement dessus. Elle attend. Elle l’observe. Cette image ressurgit d’un de ses plus vieux souvenirs. Il baisse lentement les yeux et la transperce de son regard azuré. C’est elle qui a envie de pleurer.

« Ombe... Ma jolie petite Ombe... »

Elle se sent ce nœud qui se forme dans son ventre, cette boule qui se coince dans sa gorge...

- Papa...

Il tend la main vers elle, elle tend la sienne vers lui, elle essaie de le toucher...

« Éole. »

Ses traits se brouillent... Non...

« Tu es devenue belle et forte ma fille. Le vent te guide et ton cœur est libre. Je... Je t’aime ma grande fille. Je suis si fier de toi... »

Ses paroles se perdent dans le néant et, lui aussi, il disparait dans la brume.

- Papa...

Et puis soudain, tout prend de la consistance autour d’elle. Elle est dans une rue sombre, pavée de pierres grises et froide. Devant elle, deux hommes la fixent de leurs yeux injectés de sang, un sourire machiavélique sur les lèvres. L’un est défiguré, il saigne du nez et a un œil au beurre noir, l’autre a un trou sanglant dans le ventre... D’un même mouvements il commencent à avancer droit sur elle. Elle veut se retourner et courir pour s’enfuir, mais son corps ne lui répond pas. Elle ne peut pas bouger. Elle crie mais aucun son ne sort. Les deux hommes se rapprochent, toujours plus près... Et cette litanie qui s’échappe de leur lèvres grises...

« Tu as tué notre frère. Nous allons te tuer à ton tour. »

Ils sont proches. Ils répètent, inlassablement, ces deux phrases qui lui glace le sang.

« Tu as tué notre frère. Nous allons te tuer à ton tour. »


~ * ~

Éole se réveilla brusquement. Tout son corps irradiait de douleur, lui arrachant une grimace de souffrance. Son cœur battait la chamade... Son rêve lui revenait par bribes.

Sa mère, Aléa, Notok, Pia et son père. Et les deux hommes. Zorgh et Malik. Les évènements de la nuit lui revinrent subitement en mémoire. Une vague de désespoir et de peur l’envahit. Elle ne bougea pas, restant allongée là, les yeux fermés, attendant que son cœur et son esprit se calment. Elle ouvrit doucement les paupières sur une myriade d’étoiles scintillantes. Petits points lumineux sur un fond infiniment noir. Des larmes brillèrent dans ses yeux sombres, en écho au ciel nocturne et elle laissa son regard se perdre dans son immensité. Là, elle était bien. Là, au fond de la nuit, elle se sentait au calme, seule, libre de pleurer toutes les larmes de son corps. Là, fixant l’éternité de la lumière des étoiles, elle pouvait ne penser à rien d’autre qu’à laisser tout son chagrin s’écouler. Combien de temps resta-t-elle là ? Elle n’aurait su le dire. Longtemps certainement. Elle avait besoin du silence de la nuit, du regard bienveillant des étoiles et du réconfort que lui apportait leur lueur. Là, elle sentait le vent sur son visage et autour d’elle. Elle sentait la douceur de son souffle qui lui murmurait des mots apaisant au creux de l’oreille. Il était là, l’enveloppant de son air chaud comme le feraient les bras d’une mère qu’elle n’avait plus. Il était là, il la rassurait et prenait soin d’elle, apaisant son cœur.

Elle se sentait fatiguée et vidée de ses forces. Elle se sentait perdue, pommée dans un monde qu’elle ne comprenait plus. Un léger soupir franchit ses lèvres et une évidence lui redonna espoir : elle était vivante. Elle avait failli se faire tuer à trois reprises cette nuit-là et pourtant elle était toujours vivante. Et en un seul morceau.
L’image d’un homme vêtu d’habits sombre s’imposa à elle. Il lui avait sauvé la vie une fois... Une seule fois sur les trois ? Ou plus ?

Elle se rendit soudain compte qu’elle n’était plus dans la ruelle dans laquelle elle s’était évanouit, mais allongée sur de l’ardoise froide. Un toit. Elle se trouvait sur un toit. Comment était-elle arrivée là ? La réponse, elle la connaissait déjà. Elle se redressa doucement et chercha l’homme du regard.

Il était perché un peu plus haut et fixait l’horizon. Deux fois. Il lui avait sauvé la vie à deux reprises. Ils ne se connaissaient pas - à ce qu’elle sût - et pourtant, cela ne l’avait pas empêcher de tout faire pour la garder en vie. Elle l’observa de loin, le cœur débordant de reconnaissance envers cet inconnu.

Elle essaya de se lever pour aller vers lui, mais ses jambes ne lui obéirent pas et se contentèrent de trembler avant de s’écrouler. Éole roula donc sur le côté pour se rapprocher de l’homme et s’assit à quelques pas de lui en contrebas.

- Vous ne m’en voudrez pas de ne pas me lever pour vous saluer, mais j’ai un petit soucis de jambes...

La voix d’Éole était plus faible et pas aussi assurée qu’elle ne l’aurait voulu, mais cela ne lui empêcha pas de sourire à l’homme qui avait tourné la tête vers elle. Quand elle croisa son regard son cœur rata un battement et elle baissa immédiatement la tête. Un regard déroutant... dérangeant même. Elle regretta aussitôt d’avoir baisser les yeux devant celui qui venait de la sauver aussi releva-t-elle la tête, décidée à ne pas flancher cette fois-ci. Ses prunelles noirs plongèrent dans celle, si étrange, de l’homme. Bleu et marron. Des yeux de couleurs différentes, hypnotisants, fascinants et troublants. Éole était perturbée par ce regard bicolore. Et l’homme qui avait ce regard était tout aussi impressionnant maintenant qu’il la fixait par dessous ses cheveux noirs comme si il lisait au plus profond de son âme. Il émanait de cet homme quelque chose que la jeune fille ne parvenait pas à nommer. Une vague de frissons lui parcouru le dos, si il ne l’avait pas sauvé par deux fois en une soirée, l’apprentie marchombre aurait pensé qu’il ne lui voulait pas que du bien...

Elle tenta de dissimuler son malaise sous un sourire reconnaissant, mais sa voix restait hésitante.

- Je... Merci. Pour... Merci pour tout, je veux dire... Merci de m’avoir sauver la vie...

Elle se maudit intérieurement de ne pas réussir à aligner trois mots convenablement. En cet instant, elle avait l’impression d’être redevenue la petite Ombe fragile et peu confiante qui avant rencontré une certaine jeune femme aux cheveux bleus et son compagnon aux muscles puissants alors qu’elle était perdue au milieu des dangereux Plateaux d’Astariul...

Éole laissa échapper un léger soupir tout en observant le sombre inconnu qui la fixait toujours. Il n’avait pas encore prononcer un seul mot. Attendait-il quelque chose de particulier ? Souhait-il qu’elle parle ? Que voulait-il qu’elle dise ?

La jeune fille ferma une seconde les yeux, rassemblant ses idées et triant ses pensées. Elle mit de côté le doute, la peine et l’émotion étrange que lui inspirait cet homme pour ne garder que la force et le courage que lui offrait la danse et la Voie des Marchombres. Elle allait bientôt passer son Ahn-Ju, elle n’était plus une débutante et cet homme n’avait d’ailleurs rien fait qui laisse penser qu’il avait des mauvaises intentions. Bien au contraire ! Alors pourquoi se laisser destabiliser par ce regard dépareillé ?

Quand elle leva de nouveau les yeux vers lui, elle était redevenue Éole. La danseuse, l’apprentie marchombre, libre et guidée par le vent. Non. Elle ne se laisserait pas impressionnée par deux yeux, aussi étranges fussent-ils.

- Moi c’est Éole, se présenta-t-elle avec un sourire, je peux vous poser une question ?

Sa question n’en était pas vraiment une et elle n’attendit pas de réponse de la part de l’homme, se contentant d’aller jusqu’au bout de sa pensée.

- Pourquoi m’avoir sauver la vie ? Je veux dire, je suis vivante grâce à vous et je bénis les étoiles de vous avoir mis sur mon chemin, mais... Pourquoi ? On ne se connait pas, enfin, je ne crois pas. Vous faites ça tout le temps ? Sauver les demoiselles un peu étourdie qui vont trainer là où elles ne devraient pas ?

Il ne s’agissait pas de reproches, mais de véritables questions. Pourquoi un homme de sa stature - parce qu’il n’inspirait pas confiance à première vue et parce qu’il ne correspondait pas vraiment à l’image du preux chevalier sauveur de demoiselles en détresses - avait-il donc pris des risques pour la jeune inconnue écervelée qu’elle était ?

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Mer 06 Mai 2015, 09:47

Elle était bruyante. Le regard toujours posé droit devant lui, Gil l’entendit remuer, un peu, beaucoup, encore un peu, puis un léger glissement le fit ciller.

- Vous ne m’en voudrez pas de ne pas me lever pour vous saluer, mais j’ai un petit souci de jambes…

Il tourna la tête, agacé. Bien sûr qu’elle ne pouvait pas se lever ! Elle était encore dans les vapes, cela se devinait à la pâleur de ses traits. Le choc, le manque d’oxygène, tout cela avait de quoi assommer un bœuf ! Ou au moins un agneau. Un agneau timide ? se demanda Gil en la voyant détourner les yeux, gênée. Ce n’était pourtant pas l’impression qu’il avait eue lorsque cette fille avait fait irruption dans l’une des pires tavernes de la ville. Inconsciente, ça oui, elle l’était assurément ! Peut-être qu’elle le réalisait justement, d’où son embarras. Enfin, ça lui était bien égal ; si elle s’évertuait à chercher les ennuis, il n’y pouvait rien, il n’était pas son ange gardien ! Bon. En l’occurrence, un petit peu. Mais puisqu’elle était enfin réveillée, il allait juste attendre qu’elle soit capable de marcher et ensuite, il retournait sur l’esplanade. Son regard vairon glissa à nouveau sur la ligne d’horizon et ses pensées, vers Libertée. Dormait-elle encore ? Il était généralement le premier levé, mais ces derniers temps Suviyo s’agitait, donnant des coups qui troublaient le sommeil de la marchombre. Il aimait poser la main sur son ventre et sentir le contact qui s’établissait entre sa fille et lui. C’était…

- Je… Merci. Pour…

Gil soupira. Et voilà : le silence n’était jamais de taille à lutter contre une fille. Jamais.

- Merci pour tout, je veux dire… Merci de m’avoir sauvé la vie…

Il haussa les épaules. Il ne voyait pas vraiment pourquoi il était nécessaire de le remercier. Il ne s’était pas interposé pour elle, en tout cas, mais parce que c’était quelque chose à faire. Un principe moral, du genre de ceux qui étouffaient Seren ; sûr que la morale, quand on est Envoleur, ça ne rime pas à grand-chose… Mais Gil n’était pas un Envoleur comme les autres. Meilleur ou pire, c’était selon et au fond, cela n’avait aucune importance : il avait appris depuis longtemps à rester fidèle à ses propres principes plutôt qu’envers ceux du Chaos. Cette fille n’était pas la première qu’il tirait d’un mauvais pas… et probablement pas la dernière. Sauf si elle s’acharnait à vouloir le remercier. Sa patience toute relative avait des limites. Toutefois le silence semblait avoir repris ses droits depuis quelques minutes et Gil ne put s’empêcher de lui jeter un coup d’œil curieux. Elle ne s’était pas évanouie pourtant, alors quoi ? Elle hésitait encore ? Peut-être lisait-elle dans ses pensées car elle lui prouva aussitôt le contraire.

- Moi c’est Eole. Je peux vous poser une question ?

Déjà fait, songea-t-il en plissant les yeux. Mais déjà elle enchaînait sur sa lancée :

- Pourquoi m’avoir sauvé la vie ? Je veux dire, je suis vivante grâce à vous et je bénis les étoiles de vous avoir mis sur mon chemin mais… Pourquoi ? On ne se connait pas, enfin je ne crois pas. Vous faites ça tout le temps ? Sauver les demoiselles un peu étourdies qui vont traîner là où elles ne devraient pas ?
- Non.

C’était… Et bien, c’était laconique. Et nul, aurait souligné Kaünis, que le manque de précisions chez son maître avait toujours exaspéré. Mais Gil était de mauvais poil depuis qu’il s’était levé et son humeur ne s’était pas arrangée. Il avait envie de s’en aller. Il l’aurait fait si seulement la fille – Eole – ne l’avait pas retenu avec son regard couleur charbon. Un regard qui lui faisait penser à son ancienne élève, justement. L’agneau était-il vraiment un agneau ? Gil avait soudain envie de trouver une réponse à cette question. Même si cela impliquait de laisser tomber son mutisme.

- Question de hasard. On s’est retrouvés dans la même auberge et dans le même bateau, voilà tout.

D’accord, ce n’était pas fameux mais c’était mieux que rien et puis il en avait marre de devoir fournir des explications chaque fois qu’il faisait quelque chose de bien. A croire qu’on ne l’en croyait pas capable… Vexé rien qu’à cette idée, il planta son regard bicolore dans celui de la jeune fille.

- Et toi alors, ça t’arrive souvent de traîner là où tu ne devrais pas ?

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Mar 12 Mai 2015, 18:24

Mépris et agacement.
Voilà ce qui émanait de l’homme du point de vue d’Éole. Et sa réponse claqua dans la nuit, illustrant parfaitement ce ressenti.

- Non.

Une patience qui arrive à sa limite.
Non ?! C’était la première fois qu’il ouvrait la bouche et tout ce qu’il réussit à dire c’est ce “non” ? Et qu’est-ce qu’il voulait dire ce non ? Éole soutint le regard vairon de l’inconnu - qui soit-dit-en passant n’avait pas jugé bon de se présenter à son tour... enfin, ce n’était qu’un détail et après tout, il était libre de garder pour lui son identité. Elle avait beaucoup de mal à le cerner. Que voulait-il à la fin ? Pourquoi était-il resté avec elle si elle l’exaspérait à ce point qu’il ne daignait même pas répondre à sa question avec une réponse un peu plus développée qu’un “non” dur et froid. Une vague montante de colère brûlait dans le noir des prunelle de la jeune fille.

*Si ça t’ennuie à ce point de veiller sur moi, tu peux t’en aller, je ne t’ai rien demandé, tu es là de ton plein gré ! Je te suis reconnaissante de m’avoir sauvée, mais maintenant, je pourrais très bien me débrouiller sans toi, je ne te retiens pas !*

Elle voulut répliquer, lui dire le fond de sa pensée, mais elle n’en eut pas le temps. La voix grave de l’inconnu s’éleva dans l’air.

- Question de hasard. On s’est retrouvés dans la même auberge et dans le même bateau, voilà tout.

*Ah. Et bien je pense que je dois bénir le hasard...*

Cet homme était étrange. D’un côté il bondissait pour empêcher un assassin d’égorger une jeune fille, de l’autre il était là assis sur un toit, agacé par la même jeune fille sur laquelle il semblait veiller... Monsieur Contradictions. Éole ne comprenait simplement pas comment on pouvait être d’aussi mauvaise humeur alors que l’on venait de faire quelque chose de bien. Elle ne comprenait pas comment on pouvait se sentir agacé par cette jeune fille que l’on vient de sauver et qui vient tout juste de reprendre conscience. Et aussi, elle ne comprenait pas ce qu’elle avait fait pour le mettre dans cet état. Elle ne lui avait pas mal parlé, elle l’avait remercié en souriant et elle lui avait posé une simple question... Cette question l’avait-elle vexé ? Mmh... peut-être finalement... Si c’était le cas, il se vexait pour pas grand chose tout de même. Et pourquoi ne pas le dire simplement ? “C’est vexant comme question... Ce n’était qu’une question de hasard, je n’allais pas vous laisser vous faire tuer par cet homme, si ?” Accompagné d’un petit sourire et tout rentre dans l’ordre, non ?
Elle allait s’excuser, lâchant un léger soupir, mais elle fut coupée dans son élan par un œil bleu et un œil brun qui se plantèrent avec intensité dans ses yeux.

- Et toi alors, ça t’arrive souvent de traîner là où tu ne devrais pas ?

Quoi ?! La colère monta brusquement dans le regard de nuit de l’apprentie. Se moquait-il d’elle ? Qui était-il pour savoir dans quels lieux elle pouvait ou non traîner ? Il n’y avait pas marqué “auberge déconseillée à Éole Létoile” sur la porte à ce qu’elle sache !

C’est donc comme cela qu’il la voyait ? Comme une simple gamine irresponsable, comme une frêle jeune fille sans défense ? L’apprentie serra les poings. Certes, il ne savait pas qu’elle était une apprentie marchombre déjà bien avancée sur la Voie, qu’elle n’allait pas tarder à passer son Ahn-Ju d’ici les jours prochains et que, peut-être, elle irait bientôt au Rentaï prétendre à la Greffe... Mais justement, comment pouvait-il juger de ses capacités sans rien savoir sur elle ?

Et puis, parlons-en de cet endroit où elle n’aurait pas dû traîner... Ce ne sont pas une poignée d’ivrognes qui lui faisait peur ! Elle savait se défendre contre ceux là... Et ce n’était pas eux qui l’avait agressée, mais des mercenaires entrainés, des assassins qui lui en voulaient personnellement ! D’ailleurs, par quel hasard s’étaient-ils retrouvés dans cette auberge où elle avait mis les pieds ? Elle ne se souvenait pas les avoir vu en rentrant... Mais elle ne se souvenait pas non plus les avoir vu rentrer après elle. D’un autre côté, elle avait gardé le nez baissé sur son assiette tout le temps de son repas... Une petite voix lui disait qu’elle avait été suivie... si tel était bien le cas, il n’existait pas d’endroits meilleurs que d’autres et l’issue en aurait été la même ! Sauf peut-être qu’elle serait vraiment morte puisqu’elle n’aurait pas croisé la route de cet homme inconnu qui se croyait si supérieur à elle. Oh ! Peut-être qu’il l’était, elle n’en doutait pas, mais elle n’était pas si inférieur à lui qu’il pouvait bien le croire.

Éole planta son regard sombre dans les prunelles bicolores de l’homme.

- J’y penserais, la prochaine fois, à vous consulter pour être sûre que j’entre dans un endroit où je peux traîner.

La jeune danseuse soutint le regard perçant du sombre inconnu et continua sans lui laisser le temps de répliquer. De toute manière, il n’avait pas l’air très loquace, alors autant faire la conversation...

- Ce ne sont pas ces ivrognes qui vous tenaient compagnie qui me font peur. Les hommes qui m’ont agressée en voulait à ma peau et ils m’auraient trouvée dans la plus fréquentable des auberges.

Éole ne lâcha pas le regard brun et bleu qui la transperçait. Peut-être que, en effet, la gargote dans laquelle elle avait mis les pieds par hasard n’était pas celle qui jouissait de la meilleure réputation. Peut-être qu’Al-Far n’était pas non plus la ville la plus appropriée pour une jeune femme. Mais elle n’était pas sans défense et elle imaginait très bien Pia les emmener dans une telle ville juste pour s’amuser.

Et puis... Qu’elle marchombre serait-elle si elle restait bien au chaud chez elle ?

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Mar 12 Mai 2015, 19:15

Sa pique eut de l’effet. La gamine redressa le menton pour le foudroyer du regard et sa réponse claqua dans l’air nocturne :

- J’y penserais, la prochaine fois, à vous consulter pour être sûre que j’entre dans un endroit où je peu traîner.

Un éclat traversa le regard de Gil. Le petit agneau montrait finalement les crocs !

- Ce ne sont pas ces ivrognes qui vous tenaient compagnie qui me font peur. Les hommes qui m’ont agressée en voulaient à ma peau et ils m’auraient trouvée dans la plus fréquentable des auberges.
- Ou pas…


Gil tourna la tête pour observer la ville. La vue était belle, mais pas autant qu’Al-Chen lorsqu’il la contemplait du haut d’une tour en compagnie de Libertée.

- Tu aurais eu plus de chance dans un quartier mieux fréquenté parce que tu aurais moins détonné. Là, tu étais juste une cible facilement repérable.

C’était des paroles dures mais réalistes, et Gil n’avait pas l’habitude de faire dans la dentelle. Il devait toutefois admettre que si Eole n’avait pas eu le culot de lui répondre avec franchise, il aurait sans doute été moins prompt. Il avait tâté le terrain et il s’avérait que la demoiselle en détresse avait du répondant. C’était intéressant. Suffisamment pour qu’il décide de s’attarder encore un peu. Il jeta un coup d’œil à la jeune fille ; elle reprenait des couleurs et semblait moins confuse. D’ici quelques minutes elle pourrait se débrouiller toute seule pour descendre de là et rentrer chez elle. Ou se fourrer dans d’autres ennuis – à sa guise… Pourtant, l’aiguillon de la curiosité le taraudait. Il la laissa ruminer ses pensées un moment avant de briser le silence.

- Qu’est-ce que tu as bien pu faire pour mettre ces types-là à ce point en rogne contre toi ? s’enquit-il en repliant un genou contre sa poitrine pour y appuyer son coude.

Ça, c’était la porte ouverte aux bavardages inutiles, mais il était soudain prêt à prendre le risque…

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Dim 31 Mai 2015, 22:23

- Tu aurais eu plus de chance dans un quartier mieux fréquenté parce que tu aurais moins détonné. Là, tu étais juste une cible facilement repérable.
- Mmmouais...


Certes, il avait raison, peut-être ses agresseurs auraient-ils mis plus de temps à la trouver... Mais au fond d’elle, Éole restait persuadée qu’ils aurait fini par lui mettre la main dessus.

L’homme laissa le silence s’installer entre eux, perdu dans la contemplation de la ville, et Éole ne fit rien pour le rompre, elle ne savait simplement pas quoi dire de plus. Elle aussi se prit donc à la contemplation d’Al-Far. Ce n’était pas la plus belle ville de l’Empire, mais elle avait son charme. Sous la clarté de la lune, les immeubles se découpaient sur le ciel noir en des formes inquiétantes et les rues se trouvaient emplies de mystères... Malgré le fait qu’il ne s’agisse pas d’une ville très fréquentable, Éole se sentait attirée par Al-Far. La nuit et le silence régnait et seul le vent soufflait doucement. Étrangement, elle ne se sentait pas en danger. N’importe qui aurait trouvé les ruelles trop calmes, pas elle. Peut-être aurait-elle dû... Mais elle n’arrivait pas à avoir peur de ce calme constant ou de cette noirceur qui envahissait la ville. Pourtant, c’était bien à cause de cette insouciance là qu’elle s’était retrouvée nez à nez avec l’assassin de son père cette nuit là, qu’elle avait continué à déambuler dans les rues après avoir quitté Notch et que, finalement, elle était entrée dans cette auberge miteuse... Elle se trouvait maintenant seule avec un inconnu à la carrure plutôt inquiétante et au regard malveillant, toujours dans cette même ville, cette ville dans laquelle elle s’était faite agresser par deux fois, sans ressentir la moindre crainte... Où était donc passer la petite fille qui se méfiait de tout ? Le coin de sa lèvre s’étira dans un sourire teinté d’ironie. Cette petite fille là n’existait plus, elle était morte en même temps que Ombe, au pied des montagnes de la Chaîne du Poll... Éole se rendait compte qu’elle avait beaucoup changée... Mais elle n’était pourtant pas devenue inconsciente ! Elle savait encore se méfier, prendre garde et faire attention. Elle savait que le monde n’était pas gentil et qu’elle devait rester prudente. Elle était bien consciente que, certes, elle savait se défendre, mais elle avait encore des choses à apprendre et qu’elle ne tiendrait pas tête face à un mercenaire entrainé. Tient lui par exemple, elle ne le connaissait pas, mais il avait l’air de savoir se battre... Et si il en venait à l’attaquer, elle ne tiendrait pas longtemps, surtout dans son état... Alors pourquoi ne ressentait-elle aucune peur ? Peut-être avait-elle reçu un coup et qu’elle n’avait pas encore toute sa tête...

Ses réflexions furent coupées par la voix grave de l’homme qui n’avait pas bougé.

- Qu’est-ce que tu as bien pu faire pour mettre ces types-là à ce point en rogne contre toi ?

Éole fut étonnée autant par la question que par le ton qu’avait pris l’inconnu. Se trompait-elle ou ce qu’elle avait perçu dans sa voix était-ce bien une pointe de curiosité ?

La jeune fille pencha la tête sur le côté, ne sachant pas quoi répondre à l’homme. Pouvait-elle lui faire confiance au point de lui raconter toute l’histoire ? Ah ! Voilà qu’elle redevenait méfiante tient ! Que risquait-elle au final ? Qu’il la balance ? Et pourquoi l’avoir sauvée alors ? Un léger sourire se dessina sur ses lèvres.

- Moi ? Rien. Enfin... à l’origine...

La danseuse jeta un coup d’œil à l’homme. Si au début il semblait totalement indifférent, voire ennuyé par elle, là, tout d’un coup, elle avait le sentiment d’avoir éveillé sa curiosité. Elle continua donc.

- Les trois hommes de l’auberge font partie d’un des plus grands réseaux d’assassins de la ville à ce que j’ai compris. Celui qui m’a pourchassée et qui a failli me tuer est mon oncle...

Une grimace de dégoût se peignit sur son visage tandis qu’elle prononçait ces derniers mots. Peut-être que c’était son oncle par les liens du sang, cela elle ne pouvait rien y faire, mais jamais elle ne considérerait un monstre pareil comme faisait partie de sa famille. Jamais.

- Et... reprit-elle d’une voix un peu hésitante, en fait, j’ai tué son frère...

Cela faisait bizarre d’avouer une telle chose... Aucune fierté ne perçait dans sa voix, au contraire, même si cela montrait à l’homme qu’elle n’était pas si fragile que cela, Éole n’en éprouvait que de la honte et du dégoût pour elle même. À avoir tué un homme, elle avait l’impression de s’abaisser au niveau de ces monstres... Elle ne souhaitait pas devenir un monstre...

- Mon oncle aussi donc...

La jeune apprentie avait baissé les yeux. Elle continua plus pour elle que pour l’homme. Elle n’était même pas sûre qu’il l’écoutait encore, mais le fait d’avoir commencé à parler avait ouvert une porte en elle et les mots sortaient tous seuls. Un peu comme avec Notch plus tôt dans la soirée.

- Je ne le voulais pas. Il m’a avoué avoir tué mon père. Il est mort quand j’avais cinq ans. Grâce à eux - elle n’avait pu s’empêcher d’appuyer sur le “grâce” d’une voix teintée d’ironie - je sais maintenant qui il a été. Un tueurs, un assassin. Comme eux. Leur père... Mon grand-père, est le chef du réseau. Mon père a tout quitté pour partir avec ma mère et ils l’ont tué.

Éole leva de nouveau son regard de nuit vers l’homme qui était toujours assis sur le pan de toit au dessus d’elle.

- Le fait que j’ai tué un des leurs n’a été qu’un prétexte de plus pour me tuer. Ils étaient à ma recherche bien avant ce soir. Ils m’ont trouvé et ils voulaient me tuer juste parce que je suis la fille de mon père, que je suis leur nièce, qu’ils n’ont pas pu mettre la main sur ma mère et, enfin, parce que j’ai tué l’assassin de mon père.

Un sourire sans joie étira les lèvres d’Éole. Qu’avait-elle fait pour les mettre en rogne contre elle au point qu’ils désiraient la tuer ? Ah ! Elle n’avait rien fait d’autre que naître.

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Mer 03 Juin 2015, 16:04

Assis au bord du vide, sa jambe continuant de se balancer tranquillement selon un rythme lent, proche des battements de son cœur, Gil écoutait Eole. Il la laissa parler sans l’interrompre, son regard suivant distraitement l’ombre des passants dans les rues qui se dessinaient en contrebas. Au bout d’un moment, il glissa la main à l’intérieur de son manteau et en sortit une pomme, avec laquelle il se mit à jongler machinalement. Il la lançait en l’air et la rattraper sans paraître se rendre compte que, à cette hauteur, c’était un exercice pour le moins incongru. Ceux qui le connaissaient bien pourraient affirmer qu’il avait toujours besoin de tenir ses mains occupées lorsqu’il était particulièrement concentré. En réalité, alors que la gamine lui racontait ses déboires, il repassait mentalement chaque scène des altercations de cette soirée. Tout prenait à présent que le discours d’Eole était là pour apporter un nouvel éclairage. Il ne regrettait pas de s’être interposé ; s’il était resté en compagnie de sa bouteille, la gamine serait quelque part dans une de ces ruelles, la gorge ouverte. Parce qu’elle avait commis l’erreur de venir au monde.

Un long silence ponctua la diatribe de la jeune fille. Gil imaginait sans peine la bouffée de colère mêlée de frustration et d’impuissance qui l’étreignait. Lui aussi avait payé injustement pour les erreurs de ses parents. Il se fit mentalement la promesse de ne jamais laisser à Suviyo une note aussi salée que celle qui le hantait depuis de nombreuses années, puis il jeta un coup d’œil à Eole. Ah, on dirait qu’elle a fini. C’était donc à lui de parler. D’autant qu’elle semblait attendre sa réaction, justement, et avec la même curiosité discrète que la sienne.

- Il y avait à Al-Poll un jeune garçon, dit-il à mi-voix et d’un ton soudain plus doux, qui haïssait ses parents. Il les détestait vraiment et pour tout un tas de raisons différentes, la plus évidente étant leur abandon. Un beau jour, il s’approcha de son compagnon de route, qui n’était ni un ami, ni un père, mais toutefois la personne la plus importante de son existence, et il lui posa cette question : « y a-t-il quelque chose de pire que d’en vouloir à ceux qu’on aime ? ». L’homme prit le temps de réfléchir à la question avant d’offrir sa réponse. « Voir mourir quelqu’un qu’on aime, je pense. Et ressentir de la colère, mais sans savoir où la diriger ».

Gil lança sa pomme et la rattrapa d’une main agile.

- J’avais oublié ces paroles, jusqu’à ce que les tiennes me les remettent en mémoire. Tes parents on vécu et t’ont donné la vie, mais cette vie c’est la tienne, pas la leur, ni celle de personne. Et personne n’a le droit de te la prendre sous prétexte que dans tes veines coule le sang de ton père. Alors au lieu de regretter ce qui a poussé ces types à s’en prendre à toi, pense aux gens qui t’entourent. Cette nuit, tu as survécu pour toi, et aussi pour eux.

Il n’avait pas été aussi bavard depuis qu’elle s’était réveillée et il lui jeta un coup d’œil curieux, attentif à sa réaction. Il devait l’avoir intriguée pour qu’elle soit restée alors qu’il s’était montré plutôt distant, mais à présent sa mauvaise humeur s’était évaporée et il admettait que cette conversation, au sommet de la ville, avait quelque chose d’agréable. Peut-être à cause de la connivence qui les liait désormais, ou bien parce que l’alcool qui se distillait dans ses veines diffusait une sensation de chaleur dans tout son corps ? Un grognement sourd interrompit le fil de ses pensées et fit naître un vague sourire amusé sur ses lèvres.

- Tiens, mange un peu, dit-il en lui lançant la pomme. Tu as l’air d’aller mieux.

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Dim 14 Juin 2015, 22:35

Le silence s’installa. Éole observait discrètement l’homme assis près d’elle en train de jouer avec une pomme. Elle n’arrivait pas à déchiffrer son expression. Réfléchissait-il à ses paroles ? Sa déclaration avait-elle eu un quelconque impact sur ses pensées ? Ou bien s’en moquait-il royalement ?

Le silence dura. Éole ne chercha pas à le briser, elle n’avait plus rien à dire et si l’inconnu n’avait rien à ajouter, autant laisser parler le vent. Le regard de la jeune fille se porta sur la ville en contrebas. Le silence prenait ses droits sur elle aussi et les rues étaient de moins en moins fréquentées. Il n’y avait aucune trace de l’altercation qu’elle avait eu, tout avait été balayé par la nuit. Tout était calme et seules les ombres des rares passant créaient un peu de mouvement dans le paysage. Peut-être que la Garde trouverait le lendemain le corps de l’homme qu’elle avait tué... Sauf si les mercenaires s’en étaient chargé avant, ce qui était très probable en fin de compte.

Tant de calme perturbait la danseuse. Ne restait-il donc rien de la nuit qu’elle venait de passer ? Était-ce cela alors, de tuer un homme ? Ce silence assourdissant alors que l’on venait de commettre l’irréparable, alors que l’on venait de priver quelqu’un de sa vie ? Tant de calme alors qu’au fond de son cœur c’était la tempête. Tuer... au final, c’était si simple. La foudre ne s’était pas déchainée sur elle, la terre ne l’avait pas engloutie... L’homme avait juste cessé de respirer et voilà. La vie continuait, comme si de rien n’était. Rien n’avait changé, si ce n’est sa perception à elle des choses. Tuer quelqu’un n’avait, en fin de compte, rien d’extraordinaire, et ne faisait aucun miracle. C’était inutile. Et moche. Et impardonnable.

Tant de calme. Ne restait-il rien de sa bataille ? Elle aussi avait frôlé la mort et personne ne le savait. Personne n’était au courant de ce qu’il s’était passé cette nuit là. Personne sauf ses agresseurs, le sombre inconnu qui l’avait sauvée et elle même. De ce côté là non plus rien ne changerait dans la vie de la ville. Les gens continueraient à se lever le matin pour aller travailler, à se coucher le soir dans les bras de leur amant et voilà. Elle, en revanche, ne dormirait pas sur ses deux oreilles avant un moment et se repasserait en boucle les évènements de cette nuit, autant pour essayer de comprendre que pour garder cette scène réelle. Se souvenir, c’était tout ce qu’elle avait pour éviter que ces évènements ne tombent dans l’oubli. La scène était passée, finie, terminée. À jamais. Tout ce qu’il en resterait, ce sont ces bribes de souvenirs qui flottent dans la mémoire d’Éole. Rêve ou réalité passée... la question se poserait-elle un jour dans l’esprit de l’apprentie ?

Un léger soupir franchit les lèvres d’Éole. Tout passe si vite et est si facilement relégué au rang de souvenir. La jeune apprentie releva le regard vers les étoiles. Gardaient-elles en mémoire tous les évènements de la vie, du monde, afin qu’ils ne tombent jamais vraiment dans l’oubli ?

- Il y avait à Al-Poll un jeune garçon, qui haïssait ses parents.

La voix grave de l’homme sortit Éole de ses pensées et elle posa son regard de nuit sur lui, soudain intriguée par le ton qu’il prenait. Il parlait à mi-voix, sur le ton de la confidence et, pour la première fois depuis qu’elle s’était réveillée, la jeune fille avait l’impression qu’il lui parlait réellement, avec son cœur.

« Y a-t-il quelque chose de pire que d’en vouloir à ceux qu’on aime ? »
« Voir mourir quelqu’un qu’on aime, je pense. Et ressentir de la colère, mais sans savoir où la diriger. »

Éole hocha la tête. Elle n’avait jamais songé à cela... En voulait-elle à sa mère de l’avoir abandonnée ? Plus maintenant. Elle savait désormais qu’elle était partie pour la protégée... L’homme, elle l’avait tué alors qu’elle était bouillonnante de rage, ce n’était même pas de la légitime défense... Elle avait vengé son père. Ce n’était pas une vengeance préméditée, mais une vengeance tout de même. Et l’homme avait été là, face à elle, et c’était sur lui, contre lui, qu’elle avait déversé toute sa haine et sa colère.

- J’avais oublié ces paroles, jusqu’à ce que les tiennes me les remettent en mémoire. Tes parents on vécu et t’ont donné la vie, mais cette vie c’est la tienne, pas la leur, ni celle de personne. Et personne n’a le droit de te la prendre sous prétexte que dans tes veines coule le sang de ton père. Alors au lieu de regretter ce qui a poussé ces types à s’en prendre à toi, pense aux gens qui t’entourent. Cette nuit, tu as survécu pour toi, et aussi pour eux.

Éole hocha la tête, interdite. Le ton calme et doux de l’homme la désarçonnait. Avec cette manière de parler, cette posture, cette force tranquille qui émanait de lui, elle aurait presque pu le prendre pour un marchombre. Elle était surprise du changement soudain de l’homme. Quelques minutes plus tôt c’était un homme taciturne et grognon qui lui faisait face, désormais, elle avait l’impression de parler à quelqu’un plein de patience et de sagesse.

*Un diamant à mille facettes*

Tous les Hommes étaient-ils fait ainsi ? Quelle face cachait celui qu’elle avait tué ? Quelle partie d’eux-même n’avait-elle pas vu chez ses agresseurs ?

Un grondement s’éleva du ventre de la danseuse, arrachant un sourire à l’inconnu et faisant légèrement rosir les joues de la jeune fille. Elle attrapa la pomme que lui tendit l’homme, le remerciant d’un sourire avant de croquer dedans. Elle était juteuse et sucrée et sa fraicheur la revigora.

Tandis qu’elle mangeait, le silence s’installa de nouveau, moins pesant et plus tranquille. Elle repensait aux paroles de l’homme. Elle avait survécue pour les gens qui l’entourent avait-il dit. Pour Pia, Ange et Shalie. Pour sa mère, exilée dans les Frontières de Glace. Ses pensées l’amenèrent jusqu’à Syndrell et Darwen, sur son séjour au sein de la Citadelle des Frontaliers. Le jeune homme aussi avait failli mourir, de la main d’un Frontalier... Il avait survécu, pour Uliwëne, pour ses compagnons, et pour Syndrell aussi. Un léger sourire vint flotter sur les lèvres de la jeune fille.

- Mais... et moi alors ? Avais-je le droit de prendre la vie de cet homme ? Même sous prétexte qu’il avait fait couler le sang de mon père ?

Et ce n’était pas uniquement pour cela songea-t-elle. Elle n’avait pas voulu le croire quand il lui avait révélé qui avait été son père. Elle n’avait pas voulu admettre qu’il avait été ce monstre là... Elle était plus en paix là dessus désormais, mais l’homme était bel et bien mort... Et puis non, elle n’avait aucune raison. Elle avait laissé le contrôle à sa rage, sa haine et sa colère. Inutile de se chercher des excuses. Elle n’en avait pas. Avait-elle le droit de prendre une vie ?

*Non.*

Alors pourquoi personne ne venait l’arrêter ? Sa vie allait-elle continuer comme si elle n’avait rien fait ? Ce geste n’aurait-il d’autre conséquence que d’avoir alimenter un peu plus l’aversion que ces mercenaires avaient après elle ?









[pour j'ai l'impression d'avoir déjà lu qq part le truc d'en vouloir aux gens qu'on aime etc. ? x) ]

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Ven 19 Juin 2015, 22:31

Eole croqua dans sa pomme et Gil reporta son attention sur la ville.

A l’horizon le ciel pâlissait déjà. L’aube était proche et avec elle, ce moment si spécial qu’il affectionnait tant depuis l’enfance. L’entre chien et loup n’était toutefois jamais aussi beau qu’en compagnie de Libertée, mais à quoi bon se morfondre ? Ses pensées allaient vers sa compagne, c’était tout ce qui importait…

- Mais… et moi alors ?

Enfer. C’était trop beau pour être vrai.

- Avais-je le droit de prendre la vie de cet homme ? Même sous prétexte qu’il avait fait couler le sang de mon père ?

Gil soupira, mais il devait admettre qu’il s’était vaguement attendu à ce que la gamine ne s’en tienne pas à une seule réponse de sa part. Kaünis puis Syles s’étaient employés à entretenir cette habitude et, d’une certaine manière, il y prenait goût.

- Le droit ? Non. Mais le devoir, peut-être… Sur un plateau de jeu, si on te prend un pion, tu prends celui de ton adversaire en retour, non ?

Eole était bien plus vive d’esprit qu’il l’avait pensé au départ, et il vit son regard flamboyer à ces paroles, aussi s’empressa-t-il de développer le fond de sa pensée.

- Je sais, la vie n’est pas un jeu. Mais la vengeance appelle la vengeance. Ces types ont tué ton père puis ont tenté de t’assassiner pour se venger. Tu les as tués pour te venger. Qui sait si l’un d’entre eux ne reviendra pas te voir demain ?

La perspective était loin d’être engageante, mais inutile de se voiler la face : un assassin ne renonce jamais.

- A mon tour de te poser une question, fit alors Gil en tournant légèrement la tête pour observer la jeune fille. Oter la vie de cet homme t’a-t-il soulagé ?



[Tout juste Auguste ! Il s'agit d'un clin d'oeil à L'assassin Royal de Robin Hobb, peut-être parce que Gil me fait parfois penser à ce vieux renard d'Umbre Tombétoile... J'ai hésité à préciser cette référence, mais j'étais curieuse de savoir si tu allais la remarquer mrred ]

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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Sam 20 Juin 2015, 10:56

- Le droit ? Non. Mais le devoir, peut-être… Sur un plateau de jeu, si on te prend un pion, tu prends celui de ton adversaire en retour, non ?

Les yeux de la jeune fille s’agrandir et une expression de stupeur s’alluma dans son regard. Quoi ? Comment pouvait-il comparer la vie à un jeu ? Déjà, suivant le jeu, on ne prenait pas forcément le pion de l’adversaire en retour. Ensuite, si elle était peut-être un simple pion dans la vie de ces hommes, eux n’en étaient pas pour elle. Elle ne considérait pas sa vie comme une guerre. Ses amis, sa famille, n’étaient pas son armée. En fait, elle ne comprenait pas la comparaison que l’homme venait de faire. Elle n’avait pas de pions pour défaire un quelconque adversaire, elle n’avait que elle. Et puis, dans un jeu, on a le droit de prendre les pions de l’autre. Il l’avait dit lui même, dans la vie, on n’a pas ce droit là. Était-ce alors un devoir ? Avait-elle tué cette homme par devoir ? Et d’où provenait ce devoir ?

Ses pensées furent interrompu par l’inconnu qui essaya de s’expliquer. Il avait certainement dû remarquer l’expression peu convaincue d’Éole...

- Je sais, la vie n’est pas un jeu. Mais la vengeance appelle la vengeance. Ces types ont tué ton père puis ont tenté de t’assassiner pour se venger. Tu les as tués pour te venger. Qui sait si l’un d’entre eux ne reviendra pas te voir demain ?

La jeune danseuse fronça les sourcils. Pour la première fois depuis qu’elle s’était réveillée, elle se demanda sérieusement qui était cet homme. Elle l’avait d’abord pris comme un héros qui lui avait sauvé la vie et ne s’était pas vraiment méfier... Mais avait-elle eu raison ? Le discours qu’il tenait la fit réfléchir. Que savait-elle de lui ? Qu’il savait se battre, que son corps était celui de quelqu’un qui s’entraîne régulièrement, qu’il ne s’était pas présenté, qu’il trainait dans une gargote peu fréquentable... et qu’il parlait avec le ton de celui qui est sûr de lui, qui a sa théorie et qui cherche à l’enseigner. Il parlait avec le ton d’un vieux sage ou d’un maître, mais ses conseils différaient de tout ce à quoi Aléa, Notok ou Pia avait habitué Éole...
Elle n’était pas d’accord avec tout ce qu’il venait de dire. Si la vengeance appelait réellement la vengeance, quand cela finirait-il ? Ne fallait-il pas que l’un des deux protagonistes s’arrête à un moment ? D’un autre côté, la perspective qu’il présentait était loin d’être absurde... En effet, les mercenaires pourraient très bien revenir la tuer le lendemain... Mais ensuite ? Quelqu’un irait-il les tuer pour la venger ? Et qui viendrait venger ces hommes ensuite ? Elle secoua la tête. On tombait ainsi dans un engrenage interminable. Son devoir n’était pas de se venger, au contraire, c’était d’arrêter cet engrenage.

- A mon tour de te poser une question. Oter la vie de cet homme t’a-t-il soulagé ?

L’homme tourna la tête dans sa direction et posa son regard bicolore sur elle. Éole était toujours déstabilisée par ce regard, mais elle parvenait désormais à ne plus baisser les yeux. Elle soutint ce regard, en se demandant si il avait vraiment posé une telle question. Elle en était presque choquée et se demanda une fois de plus qui il était en réalité et qu’est-ce qu’il dissimulait derrière cet étrange regard... Oter la vie d’un pouvait-il vraiment soulager de quoi que ce soit ? Comment une idée pareille pouvait-elle vous traverser l’esprit ? Après quelques minutes de silence, l’apprentie marchombre prit une inspiration.

- Non. Non ! Je n’avais pas le droit de prendre cette vie ! Pas même le devoir... Jusqu’où irait-on si l’on devait toujours rendre à l’autre ce qu’il nous a fait ? C’est cela votre tactique de jeu ? S’entre-tuer jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un pion en jeu ?

Elle ne comprenait pas son point de vue. Il différait tellement de ses valeurs, de ce pourquoi elle se battait. Il différait tellement des marchombres...

- Il y a longtemps, reprit-elle plus calmement, j’ai voulu venger mon père, mais je n’ai jamais vraiment eu le courage de me lancer dans une enquête pour retrouver ses meurtrier. Ma mère avait déjà engagé des tonnes de gens pour ça et toutes ses recherches n’ont mené à rien... Enfin, c’est ce qu’elle me disait à l’époque, elle n’était pas très loquace sur le sujet, et je comprends maintenant pourquoi...

Éole marqua une pause, observant l’homme qui lui faisait face. Elle hésita un instant, avant de continuer.

- J’ai changé. Il y a presque dix ans, j’ai... j’ai découvert une autre façon de vivre et de voir le monde et, ce jour là, j’ai choisi de laisser tomber mon passé et de commencer ma vie à moi. J’aurais été préféré ne rien savoir sur mon père, mais mon passé m’a rattrapée malgré moi. Tuer cet homme m’a-t-il soulagé ? Je sais que j’ai agi sans réfléchir, sous le coup de la colère et de la haine... Je n’ai rien contrôlé et je m’en veux. Je regrette et je n’arrive pas à me pardonner. Je ne sais pas si j’y parviendrai un jour. Pour moi, je suis impardonnable. Alors non. Cela ne m’a pas soulagé, au contraire.

Elle adressa un regard noir à l’homme. Qui était-il pour prononcer de telles paroles ?

- Parce que pour vous, tuer quelqu’un pour vous venger vous soulage ?









[Aaaaaaahhhhh ! Je me disais bien aussi x) Normal que ça me rappelle quelque chose, c'est la série que je suis en train de lire Razz ]

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Lun 06 Juil 2015, 13:41

[Ben oui, je ne pouvais pas m'arrêter-là, hein ? Tu me dis si quelque chose te déplaît ! Oh, et l'Assassin Royal, c'est de la bombe, je me refais la saga avec délice !]




- Parce que pour vous, tuer quelqu’un pour vous venger vous soulage ?
- Non.


Gil planta son regard bicolore dans celui d’Eole.

- Non, Eole, tuer ne m’a jamais et n’apportera jamais aucune satisfaction. J’ai tué des dizaines et des dizaines de personnes dans ma vie, souvent par nécessité, parfois par obligation, et cependant pas une seule fois pas plaisir. Et je suis ravi de constater que toi non plus.

Eole s’était-elle rendue compte qu’en se mettant presque en rogne pour défendre ses convictions, elle avait répondu à sa propre question ? Un mince sourire flirta sur les lèvres de Gil lorsqu’il lut le trouble dans le regard de la jeune fille. Bien sûr qu’il avait fait exprès de la titiller sur le sujet. A l’époque où il n’était encore qu’un apprenti qui se posait des tas de questions existentielles sur bon nombre de choses, Seren agissait de la même façon avec lui : un brin de provocation et un soupçon de ruse, voilà en quoi consistait la recette d’une réflexion pimentée et constructive ! Celle d’Eole l’était en totalité. Comme quoi, la colère nourrit parfois ce qu’il y a de meilleur en nous, songea Gil en se passant une main dans les cheveux. Il regarda le ciel qui pâlissait à l’horizon, puis jeta un coup d’œil en contrebas. Al-Far dormait encore, mais il était temps pour lui de mettre les voiles…

- Ne regrette pas un geste qui t’a sauvé la vie, ajouta-t-il en se redressant lentement. Ce soir, c’était lui ou toi…

Un jeu, tout ça, rien qu’un jeu… Elle comprendrait un jour. Estimant qu’il en avait assez fait, Gil récupéra son manteau mais au lieu de l’enfiler, il le tint sur son épaule avec deux doigts repliés. La nuit était fraîche, mais douce.

- A plus, lança-t-il avec sa nonchalance coutumière, juste avant de se laisser tomber dans le vide.

Littéralement.



*



- T’es en retard.

D’emblée, Gil détesta l’homme qui avait osé faire cette remarque alors que le départ n’était pas encore annoncé. Haussant les épaules, il ignora le regard belliqueux du convoyeur et, d’une main assurée, fit avancer Chante-Brume le long des chariots. Quelques minutes plus tard, il se hissa en selle et accorda le rythme de la jument à celui du convoi. Il n’accorda pas un regard sur la ville qu’il quittait. Toute son attention était focalisée non pas sur le passé mais sur l’avenir : une mission réussie, un salaire bien mérité et surtout, surtout ! un retour en quatrième vitesse à la maison. Près de Libertée et du petit haricot. La perspective de les retrouver rapidement dissipa comme par enchantement sa mauvaise humeur, et c’est avec un regain d’entrain qu’il lança Chante-Brume dans un trot soutenu. Il remonta ainsi tranquillement la colonne d’itinérants et commença à observer chaque membre du convoi avec discrétion mais minutie.

La plupart des voyageurs étaient naturellement sympathiques. En dépit de l’heure matinale qui creusait des cernes sous leurs yeux et de la difficulté à tenir le rythme imposé par le chef de convoi, ils se montraient accueillants et Gil se vit adresser quelques sourires, auxquels ils répondait par un signe de tête. Une femme aux cheveux noirs retenus en une longue tresse et aux tempes grisonnantes chevauchait en début de convoi. Elle se tenait très droite sur sa selle et n’accorda à Gil qu’un bref regard ; de son côté, il enregistra soigneusement tous les détails la concernant – aucune arme visible, taille mince mais muscles saillants – et insulta une nouvelle fois son ancien mentor du fond de ses pensées. Tu m’as réellement fait venir pour cette femme, Seren ? Tu ne pouvais pas t’en occuper toi-même ? Parce qu’il connaissait déjà la réponse, Gil secoua la tête et continua d’avancer jusqu’à dépasser la colonne. Chante-Brume piqua alors un galop puissant et rythmé, et il s’astreignit à son rôle d’éclaireur sans encombre.

Jusqu’à ce que tout bascule.

Chante-Brume agita nerveusement les oreilles alors qu’ils franchissaient tous les deux au pas un petit bois. Al-Far était encore en vue dans leur dos, la caravane suivait non loin derrière, le matin frissonnait encore, mais pas une seule seconde Gil réfuta l’hypothèse d’une embuscade. C’est ce qui lui sauva la vie. Il avait déjà fait volter sa jument lorsque la première flèche jaillit des broussailles pour se planter dans un arbre ; elle était passée à un cheveu de sa tempe gauche. Des pillards, songea l’Envoleur, sans aucune surprise. Ils attendaient le convoi depuis quelques heures déjà. Parvenu au sommet d’une petite butte herbeuse, il porta deux doigts à ses lèvres et lança un sifflement strident à l’attention des itinérants. L’effet fut immédiat. Les chariots stoppèrent leur avancée et commencèrent un demi-tour tandis que les Thüls resserraient les rangs autour du convoi. Un détachement de cavaliers se sépara du reste de la troupe : la femme aux cheveux noirs en faisait partie. Sans les attendre, Gil mit pied à terre et claqua la croupe de Chante-Brume pour l’éloigner de la zone, puis il s’élança vers le bois.

Leur effet de surprise raté, les pillards ne cherchaient plus à se cacher mais les archers, au nombre de trois, restaient tapis dans les fourrés et relayaient leurs tirs ; par chance, aucune flèche ne faucha Gil dans sa course et il para la plus audacieuse en se glissant derrière un bandit, qui reçu le trait à sa place. Gil le délesta de sa courte lame et, dégainant la sienne, se lança dans un ballet mortel. Il avait déjà éliminé trois hommes et une femme lorsque les renforts atteignirent les premiers arbres. Un cri retentit : un guerrier avait été touché par une flèche juste avant de pouvoir s’abriter. Profitant d’un bref instant de répit, Gil balaya les environs du regard, puis leva les yeux et aperçu un éclat fugace entre les feuilles. Les archers étaient embusqués dans les arbres ! Il n’hésita pas. Abandonnant la lame étrangère dans le dos d’un homme déjà bien amoché, il rengaina la sienne et se hissa dans les hauteurs d’un chêne épais et feuillu. Il se déplaçait avec la souplesse d’un chat, l’agilité d’un singe et la férocité d’un ours élastique. Il tomba sur le premier archer qui glapit de surprise, puis de douleur lorsque le fil aiguisé d’une lame lui ouvrit la gorge.

Gil était à présent couvert de sang, dont la grande majorité provenait de ses ennemis ; lui-même n’avait que quelques égratignures, lesquelles étaient principalement dues aux branches qui le cinglaient sur son passage tandis qu’il passait d’un arbre à un autre. En contrebas le combat faisait rage ; nombreux et déterminés, les pillards se heurtaient à la redoutable efficacité des guerriers thüls qui faisaient des ravages. L’un deux se débarrassa du deuxième archer en lui jetant un pieu qui le transperça de part en part et le fit tomber de son perchoir. Aïe, compatit Gil en priant pour qu’on ne le confonde pas avec un bandit alors qu’il progressait sur le complexe réseau des branches. Il lui fallut un petit moment pour débusquer le troisième archer. C’était une femme et elle le repéra lorsqu’il mésestima la solidité d’une branche, laquelle craqua sournoisement et menaça de le faire basculer dans le vide. Il se trouvait bien trop près de son adversaire pour que celle-ci envisage d’utiliser son arc, mais elle avait plus d’un tour dans son sac et alors qu’il s’apprêtait à lui fondre dessus, elle se laissa pendre par les bras à son perchoir pour lui envoyer les deux pieds dans le ventre.

L’air s’échappa brutalement de ses poumons et Gil n’évita la chute que par réflexe. Mais il perdit de précieuses secondes et la tranche-bourse en profita pour se jeter sur lui. Il eut alors l’impression d’avoir affaire à une chatte en colère, qui feulait, crachait, griffait et mordait. Une véritable garce qu’il eut toutes les peines du monde à jeter à terre – et bien sûr, elle prit soin de l’entraîner dans sa chute. La chance était-elle avec lui pour qu’un homme se trouve exactement à l’endroit où ils tombèrent ? Celui-ci eut le malheur d’amortir leur chute et si Gil fut un instant alarmé au son d’un sinistre craquement, il comprit rapidement que ce n’était pas son squelette qui avait été touché. Il se dégagea dans un grognement et roula sur le côté, mais la furie était de nouveau sur lui. Il bloqua in extremis le poignard qu’elle chercha à lui enfoncer dans les côtes, pivota et lui cassa le bras sans état d’âme. Puis il glissa le long de ses formes généreuses et, une fois derrière elle, lui brisa les cervicales d’un geste sûr. Il bondit ensuite par-dessus le corps et manqua trébucher sur celui de la fille aux cheveux noirs. Génial, mission terminée !

Sans plus s’occuper des combats qui résonnaient encore dans le bois, Gil s’éloigna de la zone et retrouva Chante-Brume non loin de la caravane qui, enfin, repartait en direction d’Al-Far. Mais alors qu’il s’apprêtait à prendre la direction du sud-ouest, un cri retentit. C’était l’une des jeunes femmes qui voyageaient avec les itinérants, à titre d’aide de cuisine ou bien d’aide de camp. Quelques pillards attaquaient désormais le convoi. Le pied dans un étrier, à deux doigts de se mettre en selle, Gil hésita. Plus rien ne le retenait ici, il avait déjà obtenu la moitié de son salaire et il gagnerait davantage en retournant auprès de Seren… mais…

- Raah, mon vieux, tu te ramollis ! s’écria-t-il en s’éloignant de nouveau de sa jument. C’est fou que ce que tu ramollis…

Il avait suffi que ces gens lui adressent un sourire pour qu’il ne puisse pas se résoudre à les abandonner à leur sort. Son épée miroita sous l’éclat du soleil lorsqu’il la fit tourner dans sa main. Il se jeta dans la mêlée avec férocité, animé par la rage qui dormait tout au fond de lui et qui décuplait sa force. Comment se retrouva-t-il debout sur un chariot tiré par des chevaux complètement paniqués ? La fille qui avait crié se trouvait à l’intérieur et s’efforçait de récupérer les guides de l’attelage devenu fou tandis que Gil s’occupait comme il le pouvait de rester en vie. L’homme qu’il combattait n’en était pas à son premier duel et le sabre qu’il maniait avait déjà ouvert une blessure sur son épaule droite. Gêné par les cahots du chariot, Gil esquivait difficilement les attaques et ses offensives étaient légèrement aléatoires. La fille cria quelque chose, il l’ignora ; s’il perdait une miette de sa concentration, il était mort. Face à lui, le bandit osa une parade audacieuse, feinta et ricana lorsque sa lame…

Le chariot stoppa si brutalement que les deux hommes furent projetés en avant. Droit dans le lac devant lequel les chevaux, retenus par les guides que la fille venait enfin d’attraper, s’étaient arrêtés. Ils avaient déjà les sabots dans l’eau. Gil et son adversaire, eux, firent un magnifique plongeon dans l’eau froide. Gil creva la surface, cracha de l’eau et se mit à jurer furieusement. Trois secondes plus tard, le pillard émergea à côté de lui. Le combat reprit et, très vite, Gil se rendit compte qu’il avait fait une erreur en n’ayant pas pris la poudre d’escampette quand il en avait encore la possibilité. Se battre quand on est trempé, alourdi par une eau glaciale est une véritable plaie. Et ce type qui ne voulait pas crever ! Gil perdait son souffle et son énergie. Il parait désormais bien plus qu’il n’attaquait. Lorsque la fille cria de nouveau, Gil crut qu’il allait la tuer – mais ce ne fut pas la peine : un homme s’en chargea pour lui. Avec horreur, Gil le vit égorger la jeune fille avant de rentrer dans l’eau pour aider son comparse à terminer le travail. Désespéré, Gil décocha deux aiguilles qui se plantèrent dans son épaule et son bras, sans arrêter l’homme qui se jeta sur lui.

Et Gil coula. Il s’enfonça sous l’eau et, maintenu par la force conjuguée des deux hommes, épuisé par un combat qui s’éternisait, il n’arriva pas à se dégager ni à remonter. Non ! Il s’agita, perdit ce qui lui restait de vigueur en s’acharnant, et la panique le saisit brutalement. Non !! Il ne pouvait pas mourir comme ça, loin de Libertée ! Elle ne savait même pas où il se trouvait… Il ne pouvait pas mourir sans avoir connu sa fille ! Il ne pouvait pas… Il ne pouvait… Ses bras et ses jambes cessèrent de remuer. Dans ses poumons, l’eau remplaça l’air. Gil ouvrit la bouche. Il vit danser les bulles devant lui, et tout s’assombrit.

Il sentit à peine la main qui se referma sur son poignet.

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Dim 26 Juil 2015, 16:35

- Non.

Le regard bleu et marron de l’homme chercha le sien et le trouva. Encore ce “non” qui claquait froidement dans la nuit. Mais l’attitude de l’inconnu avait changé depuis le moment où elle s’était réveillée, aussi reprit-il :

- Non, Eole, tuer ne m’a jamais et n’apportera jamais aucune satisfaction. J’ai tué des dizaines et des dizaines de personnes dans ma vie, souvent par nécessité, parfois par obligation, et cependant pas une seule fois pas plaisir. Et je suis ravi de constater que toi non plus.

Un sourire flotta sur les lèvres de l’inconnu. Éole haussa un sourcil. Décidément, cet homme n’était qu’un entrelacs de paradoxes ! Quelque chose en lui fascinait la jeune fille en même temps que quelque chose l’effrayait. Était-ce son attitude, son regard déstabilisant ou son aveu d’avoir tué “des dizaines de personnes” ?

- Ne regrette pas un geste qui t’a sauvé la vie. Ce soir, c’était lui ou toi…

La danseuse planta son regard sombre dans celui de l’homme. Il avait raison, elle le savait, pourtant, elle ne parvenait pas à l’accepter. Avait-elle eu le droit de tuer cet homme ? Non. Mais lui non plus n’aurait pas eu le droit de la tuer, elle, pourtant il ne s’en serait pas privé ! Pour préserver sa vie, elle avait été contrainte d’ôter celle d’un autre... Elle n’aimait pas du tout cette idée... Beaucoup trop égoïste à son goût... Mais c’était ainsi et celui qu’elle avait tué ne se serait pas posé autant de questions à sa place. Il aurait même pris du plaisir à la supprimer, ce qui était d’autant plus égoïste. Alors... Avait-elle eu le choix ?

*Oui. Oui, j’ai eu le choix. Le tuer ou mourir. Un choix terrible, mais un choix quand même. Et j’ai choisi de vivre. *

Même si elle avait agi sous le coup de la colère, elle avait fait ce choix. Était-ce réellement si égoïste qu de vouloir vivre ? Avait-elle était vraiment égoïste en supprimant un monstre ? Choisir de tuer aurait été égoïste. Elle, elle n’avait pas choisi de tuer cet homme, non, elle l’avait tué parce qu’elle avait choisi de vivre et que lui allait la tuer si elle ne faisait rien. Un choix. Qui lui avait sauvé la vie... Un choix qu’elle ne regrettait pas désormais, mais qu’elle avait encore du mal à accepter comme tel. Le temps l’aiderait, Pia aussi, et la Voie, et la Danse, elle le savait.
L’homme interrompit ses réflexion en se levant de façon nonchalante.

- A plus, jeta-t-il dans la nuit avant de sauter dans le vide et de disparaître.

Instinct ou pur réflexe, appelez cela comme vous voulez, Éole ouvrit des yeux plein d’effroi et se précipita vers le bord du toit pour vérifier... Pour vérifier quoi ? Bien sûr qu’il n’y avait aucune trace de l’homme, ni corps en miette ni corps vivant... et la jeune fille s’y attendait ! Un sourire naquit sur ses lèvres. Pia aurait été capable de faire la même chose...

Éole s’assit et observa les étoiles. La nuit était si tranquille désormais. Elle ne chercha pas à trouver une autre auberge ce soir là - elle avait eu son quota d’émotion - et se contenta de se laisser tomber sur la pierre froide du toit. Ses yeux se fermèrent tout seuls ; elle était si épuisée par la nuit qu’elle venait de passer qu’elle s’endormit presque instantanément.

~ * ~

Quand elle ouvrit les yeux le lendemain, le soleil était déjà levé depuis plusieurs heures. Éole se leva avec difficulté, sa longue nuit ayant laissé une trace douloureuse sur son corps. Elle était raide et pleine de courbatures, le moindre mouvement lui demandait beaucoup plus d’efforts qu’il n’en fallait. Son regard balaya le toit sur lequel elle avait dormi, cherchant un passage facile pour descendre. Elle se doutait bien que la désescalade ne serait pas très dure, il ne fallait pas oublier que l’homme qui l’avait sauvé était monté sur ce toit avec elle, inconsciente, dans les bras ! Elle trouva enfin un coin où il était aisé de descendre et posa enfin ses deux pieds sur les pavés de la ruelle.

De jour, la jeune apprentie se repéra beaucoup plus facilement et elle retrouva l’auberge dans laquelle elle avait laissé Bolshoï sans difficulté. Le levé du soleil avait ramené de l’animation sur la grande place. Le brouhaha des habitants avait quelque chose de rassurant, tout comme les cris des marchands qui essayaient d’attirer l’attention des passants. Éole poussa la porte de l’auberge qui l’avait accueillie la veille et dans laquelle elle avait prévu de passer la nuit... Elle n’avait rien à voir avec la sombre gargotte dans laquelle elle avait atterri quelques heures plus tôt. Les quelques gens, plus aisés, qui étaient dans la salle étaient tranquillement assis en train de prendre leur petit déjeuner. Les tables étaient propres, les serveuses souriantes et les regards des hommes ne s’arrêtaient pas systématiquement sur leurs formes. En un mot, l’ambiance y était beaucoup plus rassurante. Pourtant, la jeune fille ne pouvait s’empêcher d’être sur ses gardes et de jeter sans arrêt des coups d’œil furtifs autour d’elle. Les évènements de la nuit l’avait rendu plutôt méfiante vis à vis des personnes fréquentant cette ville... d’autant plus que son oncle était toujours en vie et lui en voulait à mort... La danseuse ne doutait pas un seul instant qu’il mettrait tout en œuvre pour la retrouver et l’éliminer définitivement. Cette nuit-là, elle n’avait pas seulement appris la vérité sur son père, elle s’était mis au moins - si ce n’est tout le réseau - assassin à dos !

*Mes félicitations Éole ! *

Laissant échapper un soupir, elle alla néanmoins s’installer à une table et commanda un petit déjeuner copieux. Elle était affamée ! Une fois ses forces reprises, elle partit faire un tour aux écuries pour voir comment Bolshoï se portait.
Le grand cheval noir semblait beaucoup moins perturbé qu’elle. Il faut dire qu’il avait eu une nuit calme, bien au chaud dans la paille, avec une bonne dose de foin et d’avoine à disposition. Éole passa un long moment dans le box de son compagnon. Sa présence était réconfortante. Avec lui, elle n’avait pas besoin de mot, elle avait l’impression qu’il comprenait tout d’un clin d’œil et, sans rien faire d’autre que d’être là avec elle, il mettait du baume sur son cœur. Quand elle se leva enfin, frottant ses vêtements pour enlever la paille qui s’y était accroché, elle se sentait déjà beaucoup mieux. Plus sereine. Un sourire étira ses lèvres.

- Mon Bolshoï, on s’en va, on retourne à l’Académie, je ne resterai pas une minute de plus dans cette ville...

Éole prépara son cheval, paya l’auberge pour le box et s’en alla sans plus attendre. Elle sortit de la ville s’en éloigna doucement. Elle ne prit pas tout de suite le chemin de l’Académie, se contenta de laisser aller Bolshoï là où il lui plaisait. Elle avait besoin d’un peu de temps seule, loin de tout, pour réfléchir à tout ce qu’il venait de lui arriver. À l’Académie l’attendait son Ahn-Ju et elle souhaitait être au mieux de sa forme mentale pour le passer et ne pas ressasser sans cesse les évènements de la nuit passée.
Cette nuit là tournait en boucle dans sa tête, non pas parce qu’elle ne parvenait pas à tourner la page, mais plutôt pour se persuader que tout ceci n’avait pas été qu’un simple rêve. Elle entretenait ce souvenir comme pour le rattraper alors qu’il ne cessait de lui échapper. Les traits du visage de l’homme qu’elle avait tué apparaissaient nettement dans sa tête, comme ceux de celui qui lui a révélé le passé de son père ou ceux de celui qui l’a sauvée. Cette nuit avait-elle été bien réelle ?
Un soupir franchit ses lèvres. Les mots de son oncle résonnait encore en elle. Avait-il dit la vérité ? Une seule personne connaissait la réponse... mais, Éole, avait-elle vraiment envie d’ouvrir le tiroir de son passé ? La jeune fille s’était déjà retrouvée face à cette question. Ce jour-là, face aux immenses pics enneigés des Frontières de Glaces, elle avait choisi de laisser son passé dans le passé et de ne s’intéresser désormais plus qu’à se vie telle qu’elle était dans le présent, en ne regardant plus que devant elle. Cependant, son passé ne cessait de vouloir la rattraper... Pourquoi ne pouvait-il pas simplement la laisser en paix ? La laisser vivre sa vie, avec ses souvenirs, sans lui rajouter des éléments nouveaux, sans toujours soulever des milliards de questions auxquelles elle n’aurait peut-être jamais de réponses ?

*Si, je peux toujours retourner là bas et trouver la seule personne qui sera capable de toutes me les offrir...*

Éole laissa tomber son regard de nuit sur les formes sinueuses qui se dressaient loin à l’horizon. Le ciel était clair, on pouvait apercevoir les sommets des montagnes de la Chaîne du Poll.

- Maman...

Tant de promesses étaient enfermées dans ce seule mot. Finalement, peut-être qu’elle avait besoin de connaître les détails de son passé, de savoir qui étaient réellement ses deux parents pour savoir qui elle était et pouvoir avancer librement. Peut-être...
Un nouveau soupir franchit ses lèvres. Pas maintenant. D’abord, l’Ahn-Ju, d’abord ses cours, d’abord sa Voie. Les réponses attendront la fin de son prochain cours... ou peut-être même la fin de sa formation. Mais ce jour là, elle n’était pas encore prêtes à découvrir ces réponses.

Des cris la sortir de ses pensées. Elle arrêta Bolshoï, elle était allée plus loin qu’elle ne l’avait pensé. Son regard balaya la plaine et tomba sur les vestiges d’une bataille. Visiblement, un convoi d’itinérants avait été attaqué par une bande de pillards. Mais, si les cadavres étaient nombreux, les vivants semblaient avoir déserté les lieux...

*Ou alors il n’y en a pas...*

Éole frémit à cette idée et voulut faire demi-tour pour éviter de tomber nez à nez avec d’éventuels bandits survivants quand les cris reprirent. Oui, parce qu’elle avait bien entendu des cris, il restait donc des personnes en vie ! Elle chercha du regard l’origine de ces cris et ses yeux se posèrent sur trois hommes qui se battaient à deux contre un dans l’eau d’un lac. Soucieuse de se faire remarquer, la jeune apprentie descendit de son cheval qu’elle mena dans les sous bois qui bordaient le lac. Elle dénicha une espèce de petite grotte formée par un amoncellement de pierre et attacha Bolshoï à un arbre proche. Une fois bien certaine qu’on ne le repérerait pas, elle se glissa à travers les buissons jusqu’au bord du lac pour voir ce qu’il se passait... Elle arriva au moment où les deux hommes réussirent à faire tomber le troisième dans l’eau. Éole n’aperçut pas longtemps le visage de celui-ci pourtant elle le reconnut immédiatement. Des yeux dépareillés croisèrent brièvement les siens sans les voir. L’homme. L’inconnu. Celui qui l’avait tiré des griffe de son oncle. L’apprentie ne réfléchit pas plus longtemps. Elle fit demi-tour d’un bond pour aller chercher son arc et ses flèches et revint à son point d’observation. Concentrés comme ils étaient à essayer de maintenir leur victime qui se débattait sous l’eau, ils ne l’avait absolument pas remarqué. Éole prépara une flèche près d’elle et en encocha une autre. Elle n’avait pas le droit à l’erreur. Heureusement, chez les faëls, elle avait bénéficié d’excellents professeurs. Sa première flèche se planta dans l’épaule du premier homme, sa deuxième dans la cuisse de l’autre. Surpris, ils lachèrent leur prise, la cherchant du regard. Elle décocha encore deux flèches qui trouvèrent toutes les deux leurs cibles. Les deux hommes grimaçaient de douleur. Éole posa son arc et bondit hors de sa cachette. Affaiblis par ses flèches, les deux mercenaires mirent du temps à réagir à l’attaque de la jeune fille. Un coup de poing dans la tempe de l’un et un coup de pied dans le ventre de l’autre les mirent hors jeu. Mais pas pour longtemps, elle devait faire vite. Éole ne prit pas le temps d’enlever ses vêtements et sauta à l’eau. Elle s’enfonça dans les profondeurs du lac à la recherche de l’homme. Elle referma sas main autour de son poignet et le hissa jusqu’à la surface. Un coup d’œil au deux hommes lui appris qu’ils ne s’étaient pas encore relevés... Elle traina l’homme dans l’eau jusqu’à arriver près de l’endroit où elle avait laissé Bolshoï. Là, elle le hissa non sans mal sur la rive et le traina jusqu’à sa cachette avant d’aller rechercher son arc... Une série de juron la fit presser le pas. Les deux mercenaires venaient de se réveiller, elle ne devait pas traîner ici !
Elle courut jusqu’à la grotte et ôta ses vêtement trempés. Elle s’occupa ensuite de l’homme, vérifiant qu’il respirait encore. Il était vivant ! La jeune fille laissa échapper un soupir de soulagement. Elle voulut lui enlever ses habits mouillés mais n’y parvint pas. Elle était épuisée et si elle avait réussi à le tirer jusqu’ici, elle n’arriverait pas à le soulever encore une fois... Elle se contenta alors d’allumer un petit feu près de lui pour qu’il sèche une fois qu’elle fut certaine que les deux hommes ne viendraient pas les chercher ici. Elle installa l’homme sur le côté au cas où il recracherait de l’eau et attendit qu’il se réveille en entretenant son petit feu.

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Lun 27 Juil 2015, 22:00

Gil émergea partiellement de l’inconscience lorsque son dos entra fortement en collision avec le sol. Cela eut pour effet providentiel de lui faire recracher l’eau qui avait sournoisement commencé à s’emmagasiner dans ses poumons. Plusieurs images se succédèrent à une vitesse folle devant son champ de vision, bien trop décousues pour qu’il daigne ne serait-ce que faire un petit effort pour les remettre dans l’ordre et les comprendre. Faut pas non plus m’en demander trop, hein, ho ! Et puis, il s’était presque noyé, là. Après avoir affronté tout une flopée de bandits dangereusement armés et fermement décidés à tuer. Il avait échoué dans sa mission auprès de la caravane, mais réussi dans celle que Seren lui avait fourrée dans les pattes sans lui demander son avis. Alors bon, il pouvait peut-être avoir la paix, non ?

Non. Parce que des mains le remuèrent à nouveau pour le faire soudain basculer sur le côté. Quand on est réveillé, c’est un geste parfaitement anodin. Quand on est dans les choux, en revanche… Gil s’étouffa à moitié avec ce qui lui restait d’eau dans la gorge et les poumons. Il se mit à tousser, tant et si bien que cette toux de vieil ours asthmatique lui fit un mal de chien. Et le réveilla, par la même occasion. Sa conscience – la raisonnable, pas celle qui délirait pendant qu’il était dans les vapes en le plongeant dans une phase d’auto-apitoiement – lui fit alors remarquer que, s’il avait mal et s’il toussait comme un diable, cela signifiait qu’il était bien vivant. Frigorifié, moulu comme s’il venait d’être piétiné par un troupeau de Brûleurs – oui, Conscience, je sais que les Brûleurs ne se déplacent pas en troupeau, merci –, au moins aussi frais que s’il avait passé la nuit à s’enivrer, puis à sauver une demoiselle en détresse, puis à se battre, puis à se faire taper dessus, puis à se noyer… mais vivant. Enfer, ma bonne étoile, je t’aime.

L’odeur du bois brûlé lui fit froncer les sourcils et ouvrir les yeux. Il fallut un temps pour que sa vision s’accommode mais, lorsque ce fut enfin le cas, il distingua une ridicule petite flambée, tout près de lui, et se demanda s’il ne venait pas d’être sauvé par un nain. Ou une fourmi. Ou…

- Eole ?!

Sa voix était toute rauque, toute cassée et franchement pas très vaillante, mais le mouvement que fit la silhouette confirma son étonnante découverte. Sidérante, même. Et pour le moins ironique : qui aurait pu croire que le petit agneau allait lui sauver la peau à son tour ? En tant normal, Gil aurait éclaté d’un rire frôlant le cynisme. Il aurait plaisanté, n’aurait pas résisté à l’envie de se moquer d’une situation qu’il trouvait cocasse, mais… Il n’en fit rien. Il n’en fit rien, parce que sans Eole, il serait probablement mort depuis un moment. Rempli de flotte, loin de Libertée, de son bébé, de la vie. Sa vie. Enfer, petit agneau, je t’aime !

- Nom de…

Il claquait des dents, ce n’était pas terrible. Alors il bascula sur le ventre et banda ses muscles pour se redresser lentement à genoux. Une fois en position assise, il fit jouer ses bras, puis ses mains, et grimaça lorsque son épaule droite lui rappela assez durement qu’il n’avait pas été assez rapide pour éviter un coup de lame. Rien de méchant. Ah…mon doigt. Démis mais pas cassé, heureusement. Serrant les dents, Gil attrapa son articulation et la replaça dans un craquement sec. Mieux, beaucoup mieux… Ses côtes étaient sensibles, en particulier là où les deux grosses brutes l’avaient serré pour essayer de le couler. Mais la liste des dégâts s’arrêtait là. Quelques égratignures, une petite coupure au coin du sourcil droit, rien qui ne vaille la peine d’être mentionné. Il était vivant, il respirait.
Grâce à Eole.

- T’étais pas obligée de me rendre la monnaie, dit-il en accrochant son regard. Mais… merci.

Il se débarrassa de son lourd manteau mouillé, puis de sa chemise trempée, déchirée et tâchée de sang. Libertée va me tuer, songea-t-il en comptant mentalement le nombre de chemises qu’il avait ainsi bousillées. Eole aurait peut-être mieux fait de le laisser se noyer, finalement… Tout en alimentant le feu pour qu’il soit un peu plus conséquent, Gil observait la jeune fille. Elle restait étrangement calme et silencieuse. Il était impressionné. Comment s’était-elle débrouillée pour… ? Il secoua la tête. Et si, au lieu de se torturer intérieurement, il lui posait tout simplement la question ?

- Tu racontes ? J’ai raté la fin de la bagarre…

Il passa la main dans ses cheveux mouillés, les ramenant en arrière sur son crâne, et sourit d’un air piteux.

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Jeu 10 Sep 2015, 13:22

- Eole ?!

La voix rauque de l’homme la fit sursauter. Elle tourna la tête vers lui et esquissa un petit sourire. Il s’était réveillé. Une vague de soulagement la submergea, il avait l’air d’aller bien. Enfin, aussi bien que pouvait l’être un homme qui avait passé sa nuit à se battre et qui avait failli finir noyé au fond d’un lac.
Éole croisa son regard bicolore. Il avait la tête de celui qui vient d’un autre monde. Il la fixait avec un regard plein de surprise, se demandant visiblement ce qu’elle faisait là.

- Nom de…

Éole restait silencieuse, un sourire timide sur les lèvres. Oui oui, avait-elle envie de lui dire, c’est bien moi, la fragile demoiselle que tu as sauvée cette nuit qui vient de te rendre la pareille. Pas si fragile que ça finalement hein ?

L’homme détourna enfin la tête pour s’auto-ausculter. Il claquait des dents, saignait à l’épaule droite et avait le petit doigt dans une drôle de position... Position qu’il rectifia dans un claquement sec qui fit grimacer Éole. Le bleu et le marron des yeux de l’inconnu plongèrent à nouveau dans le noir profond des siens.

- T’étais pas obligée de me rendre la monnaie, mais… merci.

Un sourire naquit sur les lèvres de la danseuse.

- Le hasard fait bien les choses, répondit-elle en lui adressant un clin d’œil, et puis, je ne me suis pas sentie obligée, mais... de rien.

L’homme ôta son manteau et sa chemise avant de se rapprocher du feu. Le silence s’installa tandis qu’il l’alimentait et que Éole l’observait, fascinée par cet homme dont elle ne savait finalement pas grand chose... si ce n’était rien. Curieuse de nature, elle ne pouvait ignorer les centaines de questions qui se bousculaient dans son esprit. Que faisait-il à Al-Far ? D’où venait-il ? Pourquoi faisait-il partie de cette caravane qui s’était faite attaquer ? Quel y était son rôle ? Où avait-il appris à se battre ainsi ? À se mouvoir ainsi ? Que cachait-il derrière ce regard si étrange, derrière ses cheveux noirs comme la nuit ? Éole se rendit compte qu’elle ne savait strictement rien de lui. Pas même son nom. Ah si. Elle savait qu’il avait tué beaucoup monde. Pourquoi ? Dans quel but ? Dans quelles circonstances ?

Un léger soupir franchit ses lèvres. Il choisit ce moment pour poser son regard sur elle - un regard dans lequel brillait une pointe d’admiration et de curiosité - et rompre le silence.

- Tu racontes ? J’ai raté la fin de la bagarre…

Il ponctua ses paroles en se passant la main dans ses cheveux, souriant d’un air piteux qu’Éole interpréta comme un léger malaise. Elle lui adressa un grand sourire et commença à lui raconter.
Elle débuta son récit par son besoin de faire un tour hors des murs de la ville malgré son envie pressante de la quitter. Elle lui raconta les cris qu’elle avait entendu, son arrivée sur les lieux du carnage et comment elle l’avait reconnu alors qu’il tombait dans l’eau. Elle lui expliqua son bref “combat” avec les deux hommes, les quatre flèches qu’elle avait tiré et leur mise hors jeu. La suite, il s’en doutait un peu. Elle l’avait ramené sur la rive comme elle pouvait parce que... il pesait son poids ! Et elle avait beau être musclée, elle ne l’était pas autant que lui... et certainement pas de la même manière.

- Voilà, c’est tout... Je me voyais mal vous laisser mourir au fond de l’eau, ce n’est pas dans ma nature... Et puis, j’ai essayé de m’y prendre un peu mieux qu’hier soir !

Le sourire d’Éole s’agrandit et elle laissa le silence planer quelques instants avant de le briser soudain, cédant enfin à sa curiosité.

- Au fait, vous savez mon nom mais je ne sais toujours pas le vôtre... commença-t-elle, hésitante, arrêtez-moi si cela vous semble indiscret mais... est-ce que je pourrais avoir la possibilité de connaître le nom de l’homme qui m’a sauvée la nuit passée ?

Un sourire timide se dessina sur son visage. En soi, connaître son nom n’avait pas grande importance... Enfin, pour certains. Pour elle, mettre un nom sur ce visage rempli de mystère était important.

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Dim 13 Sep 2015, 17:49

Gil se réchauffait tout doucement.

Les battements de son cœur s’étaient ralentis pour adopter un rythme tranquille, et la douleur de ses muscles, de son doigt, de son épaule, de sa gorge irritée diminuait, tenue à distance par le discours d’Eole. Par le ton clair et léger de sa voix tandis qu’elle lui racontait ce qu’il avait manqué. Et pendant qu’elle parlait, il n’arrivait pas à détacher son regard d’elle. De cette jeune femme qu’il avait cru, à tort, fragile et sans jugeote. C’était une formidable leçon de vie qu’elle lui offrait-là ! Elle lui parlait de hasard, mais au fond il savait, lui, que c’était bien plus que cela. Un courage exceptionnel, une audace dissimulée par un petit air candide, et surtout, surtout… une sacrée dose d’humilité.

Il était impressionné.

- Voilà, c’est tout… Je me voyais mal vous laisser mourir au fond de l’eau, ce n’est pas dans ma nature… Et puis, j’ai essayé de m’y prendre un peu mieux qu’hier soir !

Il fut troublé par son sourire.
Bon sang… Cette gamine cachait bien son jeu. Il se demandait même s’il pouvait encore s’attribuer le mérite de l’avoir sauvée : n’aurait-elle pas pu s’en sortir toute seule ? Oh, et puis… D’accord. Disons que le hasard fait bien les choses, alors. Sans cela, ils ne se seraient jamais parlé. Sans cela, il serait au fond de l’eau. Et, dans le silence qui s’installa après les explications d’Eole, il se mit à penser au père du petit agneau. Je ne te connais pas, mon gars, et je n’aurai jamais cette chance, mais si tu avais pu la voir, ta gosse ! Se jeter dans la bagarre, comme ça, c’est pas donné à tout le monde. Elle possède un truc, je ne sais pas quoi, mais ça flambe. Ça flambe tout au fond d’elle et quand ça sortira au grand jour, ça fera bien plus que des étincelles. Ça embrasera le monde…

Elle lui demanda son nom.
Poliment, avec cette façon qu’elle avait de mettre les formes sans paraître guindée ; il n’eut pas le cœur de la laisser mijoter dans son mystère. Il lui devait bien ça.

- Appelle-moi Gil.

C’était rare qu’il offre son diminutif avec autant de franchise, de spontanéité. De naturel. Dans les dents, SangreLune : cette fille, elle t’a apprivoisé ! Etait-il donc si taciturne que cela ? Libertée en plaisantait souvent, mais… Non. Si. Oui, il était taciturne, et buté, et il fallait être sacrément patient (ou avoir beaucoup de temps à perdre) pour avoir envie de converser avec lui. Surpris, il se gratta le menton (et grimaça lorsque son doigt sensible lui rappela qu’il fallait le manipuler avec davantage de précaution). Combien de prises de conscience Eole allait-elle déclencher ?

- Et laisse tomber le « vous », ça me rend vieux.

Et un peu con…

- Tu sais, dit-il en remuant machinalement les braises devant lui, je n’ai pas beaucoup d’amis. Je n’ai pas l’habitude de m’en faire. J’ai vécu seul la majeure partie de ma vie. Ça laisse des marques.

Il parlait des cicatrices qui se dessinaient visiblement sur sa peau, mais surtout de celles qu’on ne voyait pas. Qu’Eole ne pouvait pas voir. Il devinait les questions qui se bousculaient sur ses lèvres, il n’était pas prêt à répondre à tout, mais pour une fois, pour une fois, Cabochard, tu peux faire un petit effort, non ?

- Bref, si je ressemble à un ours grincheux, c’est pas à cause de toi. J’ai été un peu rude, cette nuit, c’est comme ça que je communique. Je grogne, mais je ne mords pas… Enfin, pas souvent, ajouta-t-il dans un clin d’œil noisette.

Son regard bicolore glissa vers l’arc d’Eole.
Revint s’ancrer dans ses yeux.

- Belle arme. Où as-tu appris à tirer ?

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Dim 18 Oct 2015, 16:16

- Merci, [sourire] c’est un cadeau que l’on m’a fait, j’y tiens beaucoup.

[voix un peu hésitante]

J’ai appris à tirer avec mon m... Euh... en prenant des cours... Et puis, surtout, j’ai appris chez les faëls...

[rougit légèrement]








[de 1, désolée du retard Rolling Eyes, de 2, désolée de la piètre qualité de ma réponse, mais je suis tombée en panne d'inspi x) ]

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Jeu 29 Oct 2015, 14:00

[Aïe aïe aïe. Une réponse si brève après une attente si longue. J'avais complètement oublié que c'était à mon tour de répondre !]



- Des Faëls ? Décidément, tu es une fille pleine de ressources... Pas étonnant que je sois encore en vie, alors.

Silence. Puis...

- Tu vois, beaucoup de choses se sont enchaînée au cours des dernières heures. Beaucoup de choses qui n'ont dépendu que du choix d'une jeune femme acculée, mais sage. Désormais, lorsque ce souvenir te hantera, rappelle-toi que, si tu n'avais pas fait ce choix, je ne serai peut-être plus là non plus.

Demi-sourire amusé.

- Quand même, le monde aurait semblé plus terne sans mon éclat naturel, non ?

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Mer 11 Nov 2015, 19:13

[sourire]

- Merci. Je m'en souviendrai.

[petit rire, regard amusé]

- Euh... certainement. Mais je ne vous connais pas assez pour le dire... Voyons, sans vous, je serais morte, déprimée et je dois avouer que vous m'avez fourni un divertissement inattendu tout à l'heure... [regard malicieux] Oui, je pense que le monde serait plus terne sans votre "éclat naturel".

[clin d'œil]

- Et vous, où avez-vous appris à vous battre comme cela ? Enfin... sans indiscrétion bien sûr. [sourire timide]

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Mar 17 Nov 2015, 09:29

- Je dois tout ce que je sais à l'homme qui m'a tout appris. Mais voyager forge l'expérience et de ce côté-là, on peut dire que je m'en suis taillée une belle...

(Marmonne : )

Bon, et tu veux bien arrêter de me vouvoyer ?



[Re-dialogue, finalement. Pas réussi à écrire davantage u_u']

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Dim 22 Nov 2015, 17:54

- Je dois tout ce que je sais à l'homme qui m'a tout appris. Mais voyager forge l'expérience et de ce côté-là, on peut dire que je m'en suis taillée une belle...

Un sourire étira les lèvres d’Éole et ses joues se teintèrent de rose. Elle qui n’avait jamais voyager avait compris toute la richesse que cela pouvait apporter, au delà des risques pris, en entrant à l’Académie. La jeune apprentie n’avait jamais quitter Al-Jeit dans son enfance et avait découvert cette liberté de voyage avec délice. Aujourd’hui, elle découvrait tout ce qu’il y avait à apprendre “dehors”.

- Je commence à le comprendre aujourd’hui. Ce voyage m’aurait beaucoup appris à moi aussi.

Éole adressa un sourire à Gil. L’aura de mystère qui entourait cet homme la fascinait. Elle ne le connaissait pas, mais en l’espace de quelques heures, il lui avait sauvé la vie et elle lui avait rendu la pareille. Elle avait commencé par l’exaspérer, il l’avait d’abord vu comme une jeune fille fragile mais dans son regard, un nouvel éclat luisait quand il la regardait. De l’admiration.

Il avait répondu à sa question mais sans y répondre vraiment. Certes, elle n’avait, au départ, chercher qu’à faire la conversation, mais sa réponse avait éveillé sa curiosité. N’importe qui aurait répondu “c’est un maître d’armes qui m’a formé au combat” ou “je suis un soldat de l’empereur” ou même “je suis Frontalier, j’ai toujours vécu à la Citadelle”. Mais lui s’était contenté d’un “je dois tout ce que je sais à l'homme qui m'a tout appris”. En réalité, elle s’en doutait. En gros, sa phrase voulait dire “je sais me battre grâce à l’homme qui m’a appris à me battre”. Évidemment. Éole ne put retenir un petit sourire. Elle n’osait pas poser plus de question. Après tout, si il ne lui en avait pas dit plus, c’est qu’il ne voulait pas qu’elle en sache plus. Mais curieuse comme elle était, la danseuse ne put s’empêcher de fabuler. Un renseignement pareil n’a rien de vraiment secret, sauf si il fait parti d’un gang ou d’une guilde secrète. Ou bien il fait parti de ces personne qui ne veulent rien révéler d’elle à des inconnus. C’est compréhensif... Elle était un peu comme ça elle aussi. Et elle avait fait comme lui quand il lui avait posé une question similaire. Un éclair complètement absurde venait de se faire dans son esprit.

- Bon, et tu veux bien arrêter de me vouvoyer ?

Éole rougit. Ah oui, c’est vrai, il lui avait demandé de laisser tomber le “vous”...

- Ah oui désolée... Je vais essayer.

Elle adressa un sourire à l’homme. Cela lui faisait bizarre de devoir le tutoyer. Elle le détailla. Il avait une manière peu commune de se mouvoir, de se fondre dans l’ombre, et quelque chose de particulier dans son regard... Bon ça, c’était certainement dû au fait que ses yeux étaient particuliers... Mais quand même. Elle ouvrit la bouche. La referma.

*Idiote. Cette idée est complètement farfelue ma pauvre ! Il a certainement juste envie de te dire “oui ta question était indiscrète”... *

Éole hésita. Elle se sentait soudain un peu débile et trouvait la question qu’elle voulait poser un peu bête... Enfin, un peu délicate. Si elle avai raison, il ne pourrait pas lui répondre et donc de toute manière elle ne saurait pas.
Elle chercha une autre manière de la formuler puis, finalement, elle se lança.

- Euh... Qu’est-ce que vous... pardon... Qu’est-ce que tu penses des marchombres ?

Elle avait vraiment du mal avec ce “tu”...









[désolée, c'est un peu court x) ]

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MessageSujet: Re: Nuit dangereuse [PV Eole]   Sam 28 Nov 2015, 15:49

[Pas grave, je fais court aussi ; c'est un quelque chose entre le Rp et la conversation, la brièveté est parfois nécessaire Wink ]



- Ah oui désolée… Je vais essayer.

Gil soupira. Elle était décidément pleine de contrastes, cette fille. Capable de se jeter sans hésitation dans une bataille pour sauver un quasi inconnu, et pourtant timide comme un vrai petit agneau, maladroite et fichtrement innocente. C’était troublant pour lui, habitué qu’il était à discuter avec des jeunes sans cervelle et plein de répartie. Il était rompu à l’art de l’argumentation musclée. Avec Eole, c’était différent : leur conversation était unique, légère et en même temps secrète, délicate, empreinte de respect et de curiosité. Il était désormais parfaitement détendu, la douleur de son épaule et de sa main étaient lointaines et diffuses, il n’avait plus froid même si quelques mèches de ses cheveux, au niveau des temps, étaient encore humides. A l’extérieur de leur abri, une lumière grisonnante témoignait de l’heure avancée du jour. Il allait bientôt devoir partir. Mais en face de lui, Eole ouvrit la bouche, et la referma, puis fronça les sourcils. Allons bon, elle avait encore une question sur le bout de la langue. Nouveau soupir.

- Quoi ?
- Heu… Qu’est-ce que vous… pardon… Qu’est-ce que tu penses des marchombres ?


… Ah.

Surpris, Gil cligna des yeux et dévisagea la jeune fille avec attention. Il sentait… non, il savait que cette question n’était pas anodine. Elle était même soudain une évidence qui atterrit comme une bombe en son for intérieur et éclaira instantanément les derniers événements sous un jour nouveau : l’étrangeté de cette gamine, sa solitude, ses talents d’archère, ses réflexes, sa curiosité… Une marchombre. Fallait que je tombe encore sur une marchombre… Dans un petit coin de son esprit légèrement dérangé, le rire de Libertée acheva de le vexer complètement. Il s’était cru capable de reconnaître ses ennemis d’un seul coup d’œil, mais visiblement il s’était fourvoyé en beauté ! Génial, et je fais quoi maintenant ? se demanda-t-il en fixant toujours Eole. L’attaquer ? Certainement pas. Elle avait beau avoir effacé sa dette en lui sauvant la vie, il ne se sentait pas capable de trahir soudainement le lien de confiance qui s’était imperceptiblement tissé entre eux. Lui mentir ? Possible, mais il n’était plus sûr qu’Eole soit assez naïve pour le croire sur parole. Esquiver ? Option tentante, d’autant qu’il était plutôt doué en la matière… Non. Restait une solution et c’est celle-ci qui, curieusement, l’emporta dans son débat intérieur.

- Je pense que ce sont des gens fascinants. Etranges, plein d’illusions, mais indéniablement peu communs. Tu n’es pas d’accord ?

Il se demanda si elle avait déjà deviné sa nature. Si c’était le cas, elle aimait décidément flirter avec le danger ! Loin de lui l’idée de lui faire le moindre mal, cependant, et le sourire espiègle qu’il lui lança était une invitation à poursuivre ses investigations : il était curieux de savoir jusqu’où elle pouvait aller.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 20/10 au 03/11]
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Nuit dangereuse [PV Eole]
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