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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Elle et Lui [PV Dolce]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Elle et Lui [PV Dolce]   Mer 16 Sep 2015, 20:29

[Eeeet c'est reparti pour un tour ! Bon, par souci de commodité (et par égard pour nos pauvres yeux...), j'ai pris la liberté de modifier la couleur des paroles de Ciel (Wëlle, si tu lis ça, j'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur  Wink  Et, Dolce, mon chou, si quelque chose te ne va pas, fais-moi signe, d'accord ? ]




Syndrell achevait de se préparer.
Moment crucial dans cet instant de calme avant la tempête : elle s’habilla avec soin, en prenant garde de ne pas laisser le tissu amble gêner ses mouvements, puis elle coiffa ses longs cheveux bleus en un chignon serré, libérant juste une mèche de toute façon bien trop rebelle pour rester en place très longtemps.

Plus que quelques secondes…

Elle les dépensa dans le choix de ses armes. Pesa le pour et le contre, envisagea les innombrables possibilités qui s’offraient à elle, et trancha ; de la rapidité de sa réflexion dépendait l’efficacité de son action. Un cri s’éleva derrière elle, signal du départ. Pivotant souplement sur ses pieds, Syndrell s’élança dans l’arène.
Sans la moindre hésitation.

Son plateau en équilibre sur ses doigts, elle fonça vers la première tablée.


- Bonjour, bienvenue à la Dame du Chen ! Voici vos boissons, en attendant vos plats…



*



Au cœur de l’après-midi, Syndrell profita d’une accalmie pour s’accorder une pause. Elle dénoua son tablier et sortit de l’auberge par derrière, dans une petite cour ensoleillée ; un chat tigré paressait au beau milieu d’une flaque de lumière. Incapable de résister à son regard, la marchombre s’accroupit et le caressa entre les deux oreilles, lui tirant un ronronnement satisfait. Elle tourna la tête lorsque la porte de l’établissement s’ouvrit et se referma dans son dos.

- Tu es là ! Je craignais que tu aies déjà pris la fuite… Merci infiniment pour ton aide, Syndrell !
- De rien, Mirya. Je suis heureuse de pouvoir donner un coup de main.


La dénommée Mirya, une petite femme rondelette au visage tout en fossettes et en sourire, soupira de soulagement et essuya ses mains sur son tablier.

- Je ne sais vraiment pas ce que j’aurai fait sans toi.

Pas grand-chose...

Syndrell n’avait jamais mis les pieds à la
Dame du Chen. Elle passait simplement dans la rue, ce matin-là, lorsqu’elle était quasiment entrée en collision avec une pauvre Mirya tout éplorée. La pauvre femme jouait de malchance, entre la disparition soudaine de son unique employée (qui se serait enfuie avec l’amour de sa vie, aux dires des rumeurs qui couraient dans le quartier…) et l’accident de son époux, lequel était tombé d’une échelle en voulant réparer le toit de leur établissement, et s’était ainsi cassé une jambe. Sans personne pour l’aider, elle se préparait à fermer l’auberge pour la journée, sans savoir si elle pourrait la rouvrir un jour…

Syndrell avait commencé par écouter patiemment toute l’histoire, en proposant de temps à autre un mouchoir à Mirya. Elle avait ensuite décidé de faire quelque chose. Impossible de laisser cette femme à son triste sort ! Déterminée, la marchombre avait filé au Dôme et dérangé Ciel entre deux cours pour lui demander son aide.

Il avait râlé. Il avait soupiré. Il avait pesté. Il avait essayé de la renvoyer. Il avait bougonné. Il avait rougi. Il avait passé la main dans ses cheveux. Il avait (à nouveau) soupiré.
Et il avait cédé.

Pendant qu’il s’occupait du toit de la
Dame du Chen, Syndrell avait prêté main forte à Mirya en cuisine ; ses talents culinaires étaient en cours de développement – il fallait clairement reconnaître que ce n’était pas son fort – mais elle fit bon gré mal gré, et réussit à se rendre utile.

C’est en salle qu’elle fit des miracles. Son plateau à la main, elle déambula d’une table à l’autre, toujours en mouvement, active et réactive, aimable et efficace dans la moindre de ses paroles, le moindre de ses gestes ; les clients qui mangèrent à l’auberge ce midi-là n’attendirent pas trop longtemps leur commande. Ils s’en allèrent repus et ravis.


- Je vais m’occuper de ton salaire, reprit Mirya en essuyant son front en sueur. Tu vas pouvoir rentrer chez toi…
- J’ai une meilleure idée.


Syndrell abandonna le matou à sa toilette et se redressa pour s’approcher de la tenancière.

- Je reste pour le service de ce soir, et au lieu d’un salaire, je profite de ce plat qui m’a mis l’eau à la bouche, celui que tu prépares avec des légumes et des…

Elle ne termina pas sa phrase, Mirya venait de la prendre dans ses bras et la serrait à l’en étouffer.

- Merci, merci ! balbutia-t-elle entre deux sanglots. Oh, merci ! Tu es si gentille…

La marchombre éclata de rire et lui rendit volontiers son câlin.

- Disons plutôt que l’expérience est plaisante ! Intense, certes, mais réellement plaisante. Allez, séchons nos larmes et retournons à nos fourneaux !

Mirya hocha vivement la tête et s’empressa d’essuyer ses joues et ses yeux humides avant d’emboîter le pas à Syndrell. Qui s’arrêta net en découvrant Ciel, vêtu d’une chemise, d’un tablier et portant un plateau entre ses mains.

- Prof ? Qu’est-ce que tu fais ?
- Ça ne se voit pas ?
grogna-t-il en évitant de peu de renverser son précieux chargement. Je m’entraîne.
- Tu t’entraînes pour quoi ?


Il lui lança un regard mi-agacé, mi-désespéré.

- Pour ce soir ! Je viens t’aider, tiens. J’ai dû annuler mon dernier cours, je suppose que je vais devoir rajouter cet énième service sur ta note… Que… Mirya, mais pourquoi pleurez-vous ?

Comblée de bonheur, Mirya s’était remise à se tamponner les yeux de son mouchoir. Syndrell attrapa son ami par le cou et lui planta un baiser sur la joue.

- Je t’aime, tu sais ?

Il piqua un fard et fila se cacher dans la cuisine.
Il savait.




*



- ‘tention !

Ciel se plaqua contre le mur pour laisser passer une Syndrell aux bras chargés d’assiettes bien remplies. Elle louvoya entre les tables, salua quelques clients, plaisanta avec les uns, prit la commande des autres, repartit en sens inverse. La soirée était bien entamée et la Dame du Chen, qui aurait dû être fermée, faisait salle comble.

La marchombre était étonnée de se sentir aussi à son aise. La fatigue commençait à nouer les muscles de ses épaules, mais elle l’oubliait facilement, occupée à faire son travail comme s’il s’agissait du métier qui animait son quotidien. Elle avait vite compris comment organiser les plats sur ses bras, ses mains et ses doigts, au contraire de Ciel qui, prudent, préférait emmener moins de choses et garantir leur arrivée intacte à table.

Partager ce moment avec son meilleur ami était une chance incroyable. Heureuse de l’avoir à ses côtés, Syndrell ne manquait pas une occasion de plaisanter avec lui. Pour cette raison, sans doute, et aussi parce qu’il ne savait pas bouder éternellement, le Dessinateur retrouva sa bonne humeur. Ensemble, ils assuraient le service avec une telle efficacité que Mirya, émue, dut plusieurs fois recourir à son mouchoir.


- Encore ! s’exclama Syndrell en attrapant deux assiettes qu’elle plaça rapidement sur son bras droit.
- Je sais… Je n’y peux rien !
- Je comptais revenir de temps en temps, mais si tu inondes la Dame du Chen à chaque fois, ça va vite devenir embêtant…
- Oh… !


Déluge.

- Arrêtes un peu de la faire pleurer, glissa Ciel en la croisant entre deux tables.
- Moi ? Mais je n’ai rien fait !

Il lui tira la langue, complice, et elle allait en faire autant lorsque la porte de l’auberge s’ouvrit, laissant entrer un courant d’air frais et nocturne dans la chaleur ambiante de la salle. Syndrell faillit flanquer ses assiettes par terre en reconnaissant la personne qui venait d’entrer.




__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)


Dernière édition par Syndrell Ellasian le Jeu 17 Sep 2015, 22:44, édité 1 fois
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Jeu 17 Sep 2015, 12:01

[ C'est juste parfait ! ]






L'agitation dans les rues était à son comble.
De retour à Al-Chen, Dolce surveillait étroitement tout ce qu'il se passait autour de lui. Autour d'eux. Mélisendre perchée sur ses épaules, il louvoyait entre les passants, mouvement unique et continu, ne s'arrêtant pas à leur regard surpris, dégoûté ou dédaigneux quand ils voyaient qu'il manquait une partie de la jambe droite de la fillette.

Le marché était toujours aussi grouillant de vie et de cris. Il sentait la fillette se recroqueviller de plus en plus sur elle-même alors qu'ils se rapprochaient du centre de l'agitation, et finit par prendre une grande inspiration et se glisser dans une ruelle adjacente pour la faire descendre de son perchoir.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Tu me ramènes ici ? Tu vas me remettre à la rue ? J'ai plus de parents. Les autres enfants sont méchants avec moi. Je vais me faire couper autre chose !
finit-elle par hurler tandis que des larmes se déversaient en torrents sur ses joues rosies par l'émotion.

- Non, pas du tout. J'habite par ici. Tu vas venir avec moi. On va te trouver une jambe de rechange.
- Tu ne m'abandonneras pas ?


La question resta en suspens dans l'air, le temps que Dolce en prenne toute la mesure. Il ne savait pas s'il devait la rassurer, la couver ou l'astreindre à l'indépendance. Mais en voyant la détresse dans son regard, il tenta une nouvelle approche.

- Je ne t'abandonnerai pas, non, dit-il d'une voix douce. Mais je ne pourrai pas toujours être là, tu vas devoir être aussi indépendante et autonome. Cela ne veut pas dire que tu seras seule, mais simplement que tu dois avoir ta vie. A toi. Parce qu'on en a qu'une seule.

Des larmes perlèrent à nouveau dans les yeux de Mélisendre, et Dolce s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras. Elle n'était pas encore prête. Un léger soupir s'échappa de ses lèvres, et il déposa un baiser sur le haut de son front.


§§


- Maintenant que tu es lavée et propre, on va aller chercher une solution pour ta jambe. Tu en penses quoi ?

La fillette était assise dans le canapé de l'appartement de Dolce et regardait ses pieds – son pied. Les rêveurs avaient fait du très bon boulot et la peau au niveau de son genou droit était parfaitement lisse et sans imperfection, mais pour l'instant cachée par le bas du tissus du pantalon que l'Envoleur lui avait acheté.
Ses cheveux, lavés, avaient une teinte douce entre le blond cendré et le blond vénissien, et n'avaient aucune structure de coupe, au contraire.

Mélisendre haussa les épaules, n'osant pas lever les yeux vers Dolce, qui poussa un soupir. Se passant une main sur le crâne, l'homme s'approcha d'elle, saisit un peigne et une paire de ciseaux, et la mit sur ses genoux. Il commença par démêler sa tignasse épaisse avec beaucoup de douceur, et il sentit la fillette se détendre doucement sur lui.

Alors qu'il avait terminé de peigner les cheveux, il s'attela à les couper de manière uniforme. Ce ne fut que lorsque les premières mèches de cheveux tombèrent sur le sol que Mélisendre ouvrit enfin la bouche.

- C'était maman qui faisait ça avant. Quand ils étaient encore là. Dolce ne dit rien, au contraire, il s'appliqua encore plus dans sa tâche. Il savait que ce qu'était en train de faire la gamine avait beaucoup d'importance. Elle me racontait des histoires, et puis on riait beaucoup… Et Papa était toujours là pour rajouter quelque chose. Ils me manquent... Un sanglot étouffé passa ses lèvres alors qu'elle se cachait bruquement le visage dans ses mains, mais Dolce la fit pivoter dans ses bras pour la serrer contre lui. Et attendre que les larmes se tarrissent.

- Tu es prête à aller dehors ?

Mélisendre hocha doucement la tête, avant de chercher le regard de Dolce.

- Tu veux pas me coiffer avant ?


§§


L'homme aussi large que haut se gratta la tête, en pleine réflexion. Cela aurait pu être drôle, avec sa moustache fournie, ses bras aussi larges que des cuisses et son crâne dégarni, mais pourtant la concentration que l'on devinait dans ses traits ne prêtait pas à rire.

- C'est le mieux que je puisse faire pour l'instant. Il me manque de la matière première…

Mélisendre hocha la tête en tapant sur le sol doucement avec la prothèse-béquille accrochée à son moignon de jambe.

- C'est mieux que rien.
- Tu as devoir apprendre à marcher avec. Ce n'est pas pliable…
- C'est mieux que de sauter à cloche pied,
grimaça la gamine en haussant les épaules.

Dolce répondit par un sourire crispé, mais ne releva pas. Se tournant vers le forgeron, il lui fit glisser deux pièces d'or dans les doigts, lui tirant un regard d'incompréhension. Il lui adressa un clin d'oeil, avant de prendre la main droite de Mélisendre, qui boitilla tant bien que mal avec sa nouvelle jambe.

La journée touchait à sa fin, et même la soirée était déjà bien entammée.
L'Envoleur dégota une petite auberge qu'il aimait beaucoup non loin de son appartement, La Dame du Chen. Mélisendre avait besoin de bien manger, de reprendre des forces, et surtout de grossir un peu.
Elle semblait toute timide, devant la porte de la salle principale, mais l'homme la rassura d'un sourire : c'était l'une des meilleures auberges des alentours !

Il poussa la porte, laissant la petite passer devant lui, avant de franchir le seuil à son tour. Comme elle s'était arrêtée, presque pétrifiée, l'attention de Dolce se porta immédiatement sur elle, et non pas sur la clientèle de la salle. Il la rassura en posant sa main sur son épaule, avant de la pousser légèrement en avant tout en la soutenant.

Puis, il leva les yeux, et là, il resta interdit un instant.
Parce qu'il y avait un éclair bleu dans la salle. Une étoile bleue. Une louve bleue.
Syndrell, quatre assiettes dans les bras, au milieu des tables, était elle aussi pétrifiée. Un sourire étira les lèvres de Dolce, qui laissa Mélisendre un instant sur place pour s'approcher de la Marchombre.

- Mon dieu que tu m'as manqué ! dit-il dans un souffle, passant ses doigts sur la joue de sa dulcinée. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas vue ? Il avait acheté cette appartement dans Al-Chen car il savait que Ciel vivait également ici, et que c'était le meilleur endroit pour la trouver facilement. Cependant, cela faisait des mois qu'il n'avait pas eu de nouvelles, même s'il savait que Ciel enseignait toujours au Dôme.

D'ailleurs, en parlant du loup, Dolce reconnut sa silhouette plus loin, entre les tables également. Il fut pourtant détourné de la scène par une petite main qui tirait sur le tissus de son haut.

- J'ai très faim en fait, Dolce.

L'Envoleur poussa un soupir, et lança un regard interrogateur à Syndrell.

- Tu fais le service ? Tu penses qu'il y a de la place pour la demoiselle affamée ?

Il avait terriblement envie de la prendre dans ses bras, de l'embrasser passionnément, mais les plats dans les bras de la Marchombre limitaient grandement ce genre d'effusion, et il se contenta de passer sa main dans son dos, caressant ses cheveux si doux…

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Jeu 17 Sep 2015, 22:41

[Parfait, oui ! C'est le mot qui convient tout à fait à ce début ! Very Happy]



Par chance plus que par agilité, Syndrell parvint à rétablir l’équilibre de ses assiettes avant la catastrophe. Mais elle ne put faire le moindre mouvement alors que le nouveau venu fendait la foule pour se porter à sa rencontre. Stupéfaite, elle le regarda s’avancer, chacun de ses pas faisant battre plus vite son cœur.

Il n’avait pas changé. Cette même démarche souple et fluide, presque féline, cette allure qui attirait inévitablement l’attention, ces cheveux ras, ce regard pénétrant… Immobile, Syndrell leva la tête pour le regarder dans les yeux lorsqu’il s’arrêta devant elle. Il était rare qu’une situation soit assez particulière pour la rendre muette. Mais en l’occurrence, les mots qui se bousculaient sur ses lèvres, trop longtemps retenus, restaient piégés par une franche surprise.


- Mon Dieu que tu m’as manqué.

Les mots de Dolce n’étaient qu’un murmure à peine audibles dans cet environnement sonore, pourtant Syndrell les perçut comme s’il les avait criés. Sept mots qui la rendirent toute chose, tout autant que la caresse de ses doigts sur sa joue. Pour qui connaissait Dolce Ysil – et elle pouvait se vanter d’en être – l’instant avant de quoi surprendre : voir cet homme qui la dépassait de deux bonnes têtes s’abandonner à tant de douceur était déconcertant, presque irréel.

Incroyablement réel.


- J’ai très faim en fait, Dolce.

Tirée de sa stupeur par cette intervention timide, Syndrell baissa les yeux sur l’enfant qui venait de parler. C’était une petite fille aux jolis cheveux blonds, tellement mince que ses yeux semblaient lui manger le visage. Happée par son regard, la marchombre bascula dans un univers de souffrance et d’innocence bafouée. C’était le regard d’un enfant qui avait déjà eut un aperçu de la noirceur de ce monde… mais… là, au fond de ses prunelles, il y avait cette petite étoile qu’on nomme aussi espoir.

- Tu fais le service ? demanda Dolce. Tu penses qu’il y a de la place pour la demoiselle affamée ?

Il avait laissé sa main dans son dos, et Syndrell savoura un bref instant sa chaleur avant de hocher la tête. Et de reprendre du poil de la bête.

- Il y a toujours de la place, à la Dame du Chen, pour les demoiselles au ventre vide ! Et aux damoiseaux, ajouta-t-elle dans un clin d’œil amusé à l’attention de l’Envoleur. Donnez-moi quelques secondes et je m’occupe de vous !

Elle virevolta jusqu’à la table qui attendait les fameuses assiettes posées sur ses bras. Son sourire, ses boutades étaient toujours aussi sincères, mais son esprit était désormais ailleurs, accaparé par le rebondissement inespéré de cette soirée ; la seule et unique vue de Dolce avait suffit à mettre son être tout entier en ébullition.

Des mois.
Des mois qu’elle le cherchait, l’attendait, s’inquiétait. Elle s’était empêchée avec une détermination féroce d’envisager que quoi que ce soit ait pu lui arriver, avait parfois frôlé la colère et avait goûté à la saveur amère de la frustration. Et il était là, sain et sauf, surgissant de nulle part… Beau à s’en faire mal aux yeux. Etait-ce pour cela que des larmes piquaient soudain les siens ? Syndrell se frotta vivement les yeux d’un revers du bras et s’empressa de rejoindre ses nouveaux clients.


- Suivez-moi, vous deux ! Tenez, mettez-vous là.

La démarche raide et bringuebalante de la fillette n’échappa pas au regard vif de la marchombre. Elle vit l’extrémité d’une prothèse, remarqua la grimace concentrée et déterminée de la petite tandis qu’elle boitillait vers leur table, serra les dents. Et lui offrit son plus beau sourire.

- Comment tu t’appelles, jolie demoiselle ?

Surprise, incrédulité, hésitation se succédèrent sur le visage de l’enfant. Jolie, avec cette jambe ? semblait dire son expression. Syndrell s’accroupit près de sa chaise pour se mettre à son niveau.

- Moi c’est Syndrell. Et le monsieur qui à l’air éternellement dans la lune, là-bas, c’est mon ami Ciel ; on va s’occuper de remplir un peu cet estomac qu’on doit entendre gargouiller depuis la cuisine !

Elle s’apprêtait à se relever quand la voix, pareille à un rayon de soleil dans la fraîcheur du sous-bois, se fit entendre à nouveau.

- Je m’appelle Mélisendre…
- Et qu’est-ce que tu veux manger, Mélisendre ?
- Heu…
- De quoi as-tu envie ?


La petite jeta un coup d’œil timide en direction de la table voisine.

- Ce… ce que tu tenais tout à l’heure dans tes bras…
- Le plat du jour ? Excellent choix, ma belle, tu vas adorer ça ! Oh, et il faut que tu goûtes le sirop de framboises, c’est un vrai régal. Il y a juste un petit problème…
- Quoi ?
s’inquiéta Mélisendre, suspendue aux lèvres de Syndrell.
- Une fois qu’on y a goûté, on ne peut plus s’en passer !

Scintillement de la petite étoile.

Syndrell y répondit par un clin d’œil doré avant de se redresser.

- Je peux te parler une minute ? souffla-t-elle à Dolce, sachant très bien que lui aussi l’entendrait malgré le bruit ambiant.

Comme il acquiesçait, elle se tourna vers Mélisendre.


- Je reviens avec ton festin, d’accord ? Et je t’emprunte ton grand copain, mais c’est juste pour m’assurer qu’il ne pique pas ton sirop !

Syndrell attrapa Dolce par le bras et l’entraîna un peu à l’écart. Elle avait compris que Mélisendre avait besoin de l’avoir dans son champ de vision, aussi s’arrêta-t-elle près du comptoir contre lequel elle s’appuya. Sa main s’attarda sur le bras de l’Envoleur. il était vraiment là…

- Tu…

Elle se reprit, se racla la gorge, poursuivit d’un ton plus assuré, vibrant d’amour et de sincérité :

- C’est bon de te revoir, toi…

Ciel sortit de la cuisine à ce moment-là, aperçu les deux jeunes gens devant le comptoir, écarquilla les yeux, et fit demi-tour à toute vitesse. Pas le moment de les déranger, ceux-là !

- Alors ? fit Syndrell en laissant glisser son regard vers la petite Mélisendre. Depuis quand joues-tu les grands frères ?

Elle était curieuse de savoir qui était cette enfant, et pourquoi Dolce était avec elle. Pas une seule fois, elle n’envisagea qu’elle pouvait être sa propre fille ; question de confiance, et aussi de bon sens. Jamais la fille de Dolce ne serait un jour dans cet état.

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Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Lun 28 Sep 2015, 16:10

Dolce apprécia de pouvoir constater que sa main dans le dos de la Marchombre était la bienvenue, et un léger sourire étira ses lèvres alors que Syndrell lui adressait un clin d'oeil.

- Donnez-moi quelques secondes et je m’occupe de vous !

L'Envoleur hocha la tête et passa sa main dans les cheveux de Mélisendre, qui fronça le nez en signe de protestation, avant pourtant de poser sa tête contre sa hanche.
Il observait la jeune femme aux cheveux bleus louvoyer entre les tables, servir les clients en déposant les assiettes devant leur nez et leurs yeux étincellant de faim. Elle était tellement belle, sauvage, et libre, tout en elle le clamait, comme si d'immenses ailes dans son dos la faisaient rayonner encore plus. Elle était tellement belle, belle à s'en damner… Et elle lui avait tellement manqué…

Elle les héla soudain pour leur donner une table, et Dolce vit qu'elle observait Mélisendre qui se déplaçait tant bien que mal avec sa nouvelle jambe. Sa démarche était chaloupante et déséquilibrée mais la gamine était concentrée et bien déterminée à ne pas se faire aider.
L'Envoleuse écouta avec tendresse la conversation entre la fillette et Syndrell, souriant légèrement, heureux de voir que la petite, même timide, savait ce qu'elle voulait.

- Je peux te parler une minute ? 

Bien que murmure, la voix de Syndrell lui parvint avec clarté, et Dolce hocha la tête en lançant un regard vers Mélisendre qui les observait avec intérêt.
La Marchombre trouva une excuse presque risible pour l'entrainer avec elle un peu plus loin, près du comptoir, et l'Envoleur ne pouvait pas s'empêcher de la dévorer des yeux. Rien que ce léger contact, sur son bras, lui tira un délicieux frisson qui s'étira sur toute sa colonne vertébrale pour se perdre sur son crâne.

- C’est bon de te revoir, toi…

Passant ses doigts sur une petite mèche rebelle qu'il glissa derrière son oreille, Dolce laissa son pouce caresser la joue de la jeune femme.

- Plus que ça…

Il aperçut Ciel qui sortait de la cuisine de l'auberge, fronça les sourcils un instant mais ne se laissa pas démonter : ce dessinateur était le meilleur ami de Syndrell, sans ambiguité possible. Néanmoins il se mordit l'intérieur de la joue, avant d'être rappelé par sa dulcinée.

- Alors ?  Depuis quand joues-tu les grands frères ?

Un sourire se logea sur les lèvres de l'homme, qui lança un regard vers la petite Mélisendre, assise tranquillement sur sa chaise, le regard papillonnant dans toute l'auberge.

- Oh tu sais, c'est habituel chez moi d'aider les gosses en général. Mais quand j'en trouve une dans un état pareil… Ça fait à peine quelques jours que Mélisendre est avec moi. Je suis installé sur Al-Chen depuis presque un an maintenant…

Il avait planté son regard dans celui, tellement doré et éclatant, de Syndrell.
Pour elle, il avait acheté cet appartement dans les rues d'Al-Chen. Il l'attendait depuis des mois et des mois, peaufinant son nid, espérant la croiser à chaque intersection de rue.
Les gamins des rues le connaissaient, dans son quarter, et savaient qu'il leur fournissait régulièrement des vivres et de la nourriture, cependant aucun ne s'en était pris à lui. C'était dans l'ordre des choses.
Mais l'état de Mélisendre avait un douloureux écho en lui, et de toutes façons il ne pouvait pas rester sans rien faire. Cette gamine avait besoin de soutien, et lui il avait besoin d'aider concrètement à l'amélioration de vies.
Combo parfait non ?

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Lun 05 Oct 2015, 23:08


Un an…

Parce qu’elle avait eu un entraînement solide et parce qu’elle avait toujours été douée en la matière, Syndrell parvint à conserver une expression parfaitement neutre. Rien, en apparence, ne laissait soupçonner qu’en elle, cette révélation avait tout remué. Renversé. Bouleversé. Que son cœur avait raté un battement puis accéléré la cadence. Que ces deux mots tourbillonnaient dans sa tête, occultant presque le tumulte ambiant qui régnait dans la salle, tout autour d’eux.

Un an.

Elle le cherchait depuis un an. Les trois derniers mois avaient été… elle s’était efforcée de ne pas se laisser envahir par l’inquiétude, de ne pas franchir cette limite entre la raison et l’erreur, celle qui ouvre la porte à l’irréparable, à la bêtise et aux regrets. Elle avait bouclé son imagination à double tour, refusant de penser qu’il pouvait lui être arrivé quelque chose. Et depuis tout ce temps…

Les portes s’ouvrirent, de nouveaux clients entrèrent. Syndrell sourit.


- Je dois m’y remettre, dit-elle doucement – et quelques instants encore, elle laissa ses doigts sur le bras de Dolce, pour lui demander : je t’apporte quelque chose ?

Quelques minutes plus tard, dans l’arrière cuisine de Mirya, la jeune femme appuya son front contre le mur et ferma les paupières l’espace d’un instant. Pour faire le vide et réfléchir à…

- Syn ? Tu vas bien ?

La main de Ciel se perdit dans ses cheveux, et Syndrell rouvrit les yeux.

- Oui, affirma-t-elle en tournant vers lui un regard flamboyant. Oui, c’est… Disons que je ne m’attendais pas à…
- Je sais.


Le Dessinateur l’attira d’autorité contre lui pour la serrer brièvement, mais fermement dans ses bras. Elle ne s’en étonnait plus, désormais. Parfois, Ciel Kern était bien plus mystérieux que le jeune homme timide et maladroit le laissait croire.

- Je suis content pour toi, ajouta-t-il avant de la gratifier d’un regard mi-amusé, mi-sévère. Alors ne fiche pas tout en l’air.
- Mais…
- Et bouge ! Mirya ne doit pas te voir désemparée comme ça, ou bien elle va se remettre à pleurer comme une madeleine.
- Elle pleure parce qu’elle craint pour chaque assiette que tu transportes sur ces bras maladroits.
- Tiens ? Je pensais que c’était à cause de ton tablier.
- Qu’est-ce qu’il a, mon tablier ?
- Il jure avec tes cheveux.


Ciel referma la porte et évita de peu un lancé de chiffon ravageur.



*



Trois heures plus tard, lorsque Syndrell sortit de la cuisine, la salle était vide. Les derniers clients étaient partis, laissant un calme olympien revenir et s’installer pour la nuit. Il en restait seulement deux. Elle s’arrêta un bref instant en reconnaissant dans la pénombre la silhouette de Dolce, puis entreprit de dénouer son tablier, qu’elle déposa sur le comptoir avant de s’étirer. Cette journée l’avait complètement épuisée.

- Rentrez, supplia Mirya en poussant Ciel hors de la cuisine. Vous en avez déjà fait tellement pour moi, je vous…
- Mirya, si je t’entends encore une fois dire « merci », je t’étrangle avec ton tablier, puis je saccage ton auberge et je mange tous tes beignets au miel.
- Oh ! Il m’en reste encore, prenez-les !


Comme Mirya disparaissait dans la cuisine, Syndrell laissa échapper un profond soupir et acheva de s’étirer. Elle était vidée et n’aspirait plus qu’à une chose : retrouver son lit. Son regard glissa vers Dolce, puis vers Mélisendre qui dormait, sa tête posée sur la jambe de l’Envoleur.

- On devrait aller coucher cette demoiselle qui tombe de sommeil.
- Ne partez pas sans vos beignets !


Mirya leur fourra d’autorité des paquets dans les bras, remplis de tout ce qu’elle avait pu y fourrer en plus desdits beignets qui embaumaient l’air de leur parfum sucré. Il y en avait un pour chacun d'entre eux. Syndrell lui planta un baiser sur la joue avant de sortir. Une fois dehors, Ciel salua Dolce avec chaleur ; il était sincèrement heureux de le revoir.

- Vous venez chez moi ? proposa-t-il gentiment.

Syndrell secoua la tête et prit sa décision.
Sans la moindre hésitation.


- Je les raccompagne, Prof.
- D’accord. Donne-moi ça, alors…


Il la soulagea de son paquet et elle en profita pour lui ébouriffer les cheveux.

- Hé !!
- Merci pour le coup de main !
- Mouais… de rien.


Amusée, Syndrell le regarda s’éloigner en marmonnant dans sa barbe, jusqu’à ce qu’il disparaisse au coin de la rue. Puis elle se tourna vers Dolce, qui portait Mélisendre dans ses bras.

- Il est loin d’ici, ton nid douillet ?

Ils se mirent en route d’un pas tranquille. Le quartier était calme, et la nuit plutôt fraîche ; Syndrell frissonna et se rapprocha de Dolce pour coller son épaule contre son bras.

- Je ne savais pas que tu t’étais installé ici…

Murmure.

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Lun 02 Nov 2015, 11:13

Quelqu’un d’autre que lui n’aurait sans doute pas vu l’éclat à la fois surpris, triste et coléreux qui passa dans le regard de Syndrell, car aucun muscle de son visage n’avait bougé et son expression s’était figée dans une mine de cire, cachant quelque chose car inexpressive. L’espace de quelques secondes, à peine.

Donc elle n’avait pas pensé le chercher à Al-Chen. Il ne s’était pas caché, était resté dans la ville dans l’espoir de la croiser, car Ciel y vivait et qu’il savait qu’elle y passait donc régulièrement pour voir son ami. Sans la voir non plus. Sans vouloir la chercher vraiment activement car elle devait trouver sa sœur, elle avait plein de choses à faire.
Et lui plein de questions à lui poser.

- Je dois m’y remettre. Je t’apporte quelque chose ?

- Non, à part toi-même ma belle…


Il voulut lui passer les doigts sur la joue mais elle s’enfuit avant même qu’il n’eût levé les doigts. Il la regarda louvoyer entre les tables sans bouger, et ce fut la petite main de Mélisendre tirant sur sa manche qui le tira de sa fixation sur Syndrell, qui avait passé les portes de la cuisine dans un état second elle aussi.

- C’est ta chérie ?

Ayant du mal à déglutir, Dolce se contenta de hocher la tête.
Ils mangèrent lentement, surtout la petite qui se régalait de chaque bouchée. La nourriture était vraiment bonne, et l’Envoleur ne cessait de suivre les déplacements de la Marchombre entre les tables. Il avait l’oreille tendue à tous ses échanges, son regard glissait parfois vers Ciel, qui alors détournait vivement les yeux. Mais il revenait inlassablement vers Syndrell, éclat bleu, ne se lassant pas de la détailler, de l’observer.

Ils restèrent après tout le monde.
Mélisendre avait bien compris la situation malgré son jeune âge. Elle ne disait rien, mais ses grands yeux si particuliers fixaient Dolce avec intérêt, curiosité et quelque chose d’autre, de plus larmoyant ou mélancolique. Ou les deux. Des souvenirs dansaient dans ses iris, souvenirs où joie et tristesse se mêlaient.

Quand finalement ils sortirent, la petite était quand même épuisée et Dolce la souleva comme si elle n’avait rien pesé – ce qui était le cas – pour la caler contre lui, et salua Ciel.

- - Il est loin d’ici, ton nid douillet ?

- Non, quelques minutes à pieds.


Ils se mirent à marcher dans la direction de l’appartement de Dolce, et ce dernier retenait presque sa respiration. Il se rendit compte qu’il avait peur. Qu’il était tétanisé de peur à l’idée que la Marchombre entre dans ce nid douillet qu’il avait aménagé en pensant tellement à elle. Il avait mis tellement de lui, tellement d’eux, de son amour dedans… Et il se rendait compte en réalisant une telle chose, qu’il manquait finalement cruellement d’estime de lui-même.
Conséquence de cette dernière année ? Ou vieille amie manquante ?

- Je ne savais pas que tu t’étais installé ici…

Mélisendre bougea dans ses bras, avant de poser sa tête sur son épaule, et il soupira doucement. Le regard de Syndrell accroché dans le sien, il cala la petite sur son bras gauche et glissa sa main dans les cheveux bleus de sa bien-aimée, avant de la saisir à la taille.

- Si. Je savais que Ciel habitait ici, et que c’était là que j’aurais donc le plus de chances de te croiser, par rapport à l’Empire entier. Il s’arrêta devant la tour dans laquelle se trouvait son appartement, et leva les yeux vers les fenêtres qui trouaient la façade. Maintenant, tu sauras où je suis.

Il n’avait pas encore posé les milles et une questions qui tournaient dans son cerveau, n’osait pas. C’était bien la première fois qu’il se sentait gêné en présence de la Marchombre. Avait-il quelque chose à se reprocher ? A priori non. Mais une amie qu’il n’avait pas vue de longue date, la culpabilité, lui rendait une visite surprise.
Ils montèrent donc en silence jusqu’au quatrième étage et Dolce ouvrit la porte de l’appartement à la Marchombre, avant d’aller déposer Mélisendre dans son lit pour la couvrir et déposer un baiser sur ses cheveux propres et démêlés.

Quand il revint dans la pièce principale, Syndrell était toujours là et il poussa un petit soupir de soulagement. Finalement il ouvrit les avant-bras et désigna l’endroit d’un mouvement oculaire circulaire.

Oui, ce nid il l’avait construit pour elle. Pour que l’or de ses yeux scintille comme il le faisait, écho au mobilier. Pour que le bleu de ses cheveux chatoie, parfaitement mis en valeur par les couleurs du linge de maison. Pour que, elle, elle toute entière, soit sublimée et à sa place dans cet endroit.
La parure de canapé d’un cyan nuageux, les rideaux d’une légère teinte cuivrée, le tapis épais et duveteux d’un bleu nuit presque noir, Syndrell était comme une lumière irradiante au centre de la pièce.

Il ne put s’empêcher de sourire.
Elle était si belle. Tellement magnifique…

- Qu’en penses-tu ?

Il en avait une boule dans la gorge.

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Mar 03 Nov 2015, 00:21

Debout au milieu du salon, le souffle court, comme suspendu, Syndrell découvrit, subjuguée, l’univers de Dolce. Un univers de bleu et d’or. Les tapis, les tentures, les meubles, chaque partie de cette pièce reprenait, à sa manière, un petit morceau d’elle. Comme si son existence tout entière s’était déployée pour se concrétiser dans la réalité.

Tournant lentement sur elle-même, elle suivit des yeux les lignes épurées d’une commode, la couleur saisissante du canapé, les nuances des coussins qui le recouvraient. Elle n’en revenait pas. N’arrivait pas à croire ce qu’elle voyait.



Je savais que Ciel habitait ici, et que c’était là que j’aurai donc le plus de chance de te croiser, par rapport à l’Empire entier.


Il ne l’avait pas oubliée… Son silence, son absence n’étaient qu’une coïncidence ; elle l’avait cherché alors qu’il était juste là, sous son nez, de l’autre côté de la ville. Il avait créé son univers en pensant à elle. Il ne l’avait pas oubliée !


Maintenant, tu sauras où je suis.


Syndrell ferma les paupières, s’efforça de calmer son cœur qui s’emballait dans sa poitrine. Lorsqu’elle les rouvrit, Dolce était là. Depuis combien de temps l’observait-il ainsi ? Y aurait-il donc toujours autant de tendresse dans le vert profond de ses yeux ? Mais il n’y avait pas que cela. La marchombre le dévisagea en silence, intriguée.

Dolce était tendu. Nerveux ? Inquiet à l’idée qu’ils soient seuls dans sa demeure ? Pas totalement seuls, pourtant : Mélisendre se reposait dans une pièce adjacente. Syndrell pencha légèrement la tête sur le côté, tentant de deviner les pensées de l’envoleur, de déchiffrer le mystère de ce regard tourmenté.


- Qu’en penses-tu ?
- Et bien…


Elle s’interrompit. C’était assez étrange : elle était montée jusqu’ici avec l’intention de ne pas s’attarder, de profiter de leurs retrouvailles sans trop espérer… de se disputer aussi, peut-être. A présent, toute trace de colère avait disparu. Il n’était pas dans sa nature d’être rancunière et puis, au fond, elle avait attendu ce moment si longtemps… Miss lui répétait souvent que la vie était trop courte pour que l’on perde son temps à la gâcher bêtement. Sa mort prématurée en était la preuve la plus évidente.

Syndrell se passa la main dans les cheveux et croisa le regard de Dolce. Elle lui sourit.


- Laisse-moi répondre à ta question par une histoire. Elle n’est pas longue, tu la connais un peu : c’est l’histoire d’une petite fille qui ne sait pas d’où elle vient, ni où elle va… Et, où qu’elle aille, cette petite fille est rejetée. On grimace devant ses cheveux, on a peur de la couleur de ses yeux. On la dit maudite. A tel point qu’elle finit par s’en convaincre…

Tout en parlant, la jeune femme s’est approchée de lui.

- Et puis elle grandit et décrète que, de toute façon, elle s’en moque : ceux qui n’aiment pas son apparence peuvent bien aller se faire cuire un œuf ! Elle n’a pas besoin qu’ils la trouvent jolie. Pour elle, la beauté physique n’est que l’écrin terne et sans couleurs de l’âme. Elle les ignore, poursuit sa route, devient quelqu’un. Trouve sa Voie. Et vit très bien ainsi. Mais tu sais…

Elle se tient devant lui désormais. Son regard ancré dans le sien, elle achève son récit dans un murmure presque enfantin tant il est sincère et, il est vrai, un peu étonné :

- … c’est la première fois qu’elle se sent belle aux yeux de quelqu’un.

"Alors merci", scintille la petite étoile au fond de ses yeux.

Levant les bras, elle noua ses doigts derrière la nuque de Dolce et se dressa sur la pointe des pieds pour presser doucement, tout doucement, ses lèvres contre les siennes. Celles de l’envoleur sont chaudes et douces. Exactement comme dans son souvenir. Dans un soupir, Syndrell appuya son front contre sa poitrine et ferma les yeux.

L’épuisement la gagnait. Elle n’avait plus envie de rentrer, à présent. Plus envie de le quitter, maintenant qu’elle l’avait retrouvé. Pour la première fois depuis des mois, elle se sentait enfin entière, comme si une partie de son être lui avait manqué.
C’était bel et bien le cas.


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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Mar 03 Nov 2015, 17:58

Oui, il avait peur.
Peur que cela ne convienne pas à Syndrell.
Peur qu’elle ait encore plus peur que lui.
Peur qu’elle s’enfuie en courant.

Pourtant, ses paroles un an plus tôt n’en souffraient pas, de cette peur.
Je n’ai pas peur, parce que je t’ai attendu plus de vingt ans, Syndrell Ellasian. Je n’ai pas peur, parce que j’ai préféré allumer la lumière pour voir ce qu’il se cachait dans l’ombre, et être certain de savoir.
Il faut que je m’éloigne pour mieux te retrouver. J’ignore pourquoi, c’est… C’est comme si une force invisible m’entraînait perpétuellement. Je dois apprendre à la contrôler avant de rester avec toi.


Ce n’était certes pas cette peur-là qui le tourmentait désormais. Non, juste la peur de la perdre à nouveau. De ne plus la voir. Que finalement cette force dont elle parlait l’entraîne tout simplement loin de lui. Devait-il se battre pour la garder ? Pour la retrouver ? Non, car se battre aurait été la contraindre, n’est-ce pas ?

Il ne savait pas. Ou plutôt, il ne savait plus.
Mais l’éclat dans les yeux de la Marchombre retint son attention. Une lumière d’absolu, qui s’exprima dans une histoire tellement touchante que la gorge de Dolce se serra encore plus.

- … c’est la première fois qu’elle se sent belle aux yeux de quelqu’un.

Immobile, l’Envoleur ne sait pas comment accueillir la gratitude de la jeune femme, celle qui brille au fond de ses yeux et qui détend ses traits. Ne sait plus comment glisser ses mains sur son corps, répondre à son baiser.
Se laissant aller doucement contre elle, finalement ce fut l’appui de la joue de la marchombre sur son torse qui fit exploser la gangue de ses sens et émotions.
Passant ses bras autour d’elle, il la pressa contre lui, s’immergeant dans son odeur et le bleu de ses cheveux qui avaient tant repoussé depuis un an.

Un an.
Beaucoup trop longtemps.
Comment avait-il pu vivre sans elle au creux de ses bras ? Sans sa chaleur contre son corps ?
Soudain, comme une lumière explosa dans son crâne, éclairant les tréfonds de son âme et de ce qu’il s’était déroulé pendant ce temps. Tout ce temps. Un lent enfermement en soi-même. Plus rien pour le guider, plus de but pour lequel il se levait le matin. Depuis quelques jours Mélisendre faisait partie de sa vie et y avait remis des couleurs.

Mais il manquait le bleu.

Déposant un baiser sur le front de Syndrell, Dolce poussa un soupir dans le couvert de ses cheveux.

– Tu m’as tellement manqué… Désolé, j’ai eu peur que tu disparaisses. Encore.

Il fit une pause, cherchant ses mots.

- Tu as réussi à comprendre la force qui t’entraîne ? Des nouvelles de.. ?

C’était sans doute culotté de poser cette question – ou plutôt ce bout de question – mais Dolce se sentait d’humeur courageuse – et bien plus que depuis des mois et des mois.

Mais surtout, il avait le besoin lancinant de savoir si elle l’avait cherché, lui, au moins un petit peu, au milieu des recherches de sa potentielle soeur jumelle...

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Mar 03 Nov 2015, 22:10


- Tu m’as tellement manqué…

Syndrell se mussa davantage contre la poitrine de l’envoleur.

- Désolé, j’ai eu peur que tu disparaisses. Encore.

Elle rouvrit les yeux, mais resta immobile, blottie dans la chaleur de son étreinte. Tout contre son oreille, elle pouvait entendre battre son cœur, lentes pulsations rythmées.

- Tu as réussi à comprendre la force qui t’entraîne ? Des nouvelles de… ?

Cette fois, la marchombre recula d’un pas et croisa le regard de Dolce, à la fois embarrassé et déterminé. Il voulait savoir… et il avait raison. Mais Syndrell baissa les yeux et se mordit la lèvre inférieure.

- Non, avoua-t-elle finalement. Je n’ai pas trouvé Lawëlle. Je…

L’impuissance lui nouait la gorge. Tout ce temps passé à chercher… pour rien ? Récemment, Lyke avait perdu patience, agacé par cette idée fixe, ce besoin de partir sitôt arrivée, de se lancer à corps perdu dans une quête insensée.

« Tu devrais apprendre à laisser tomber, des fois », avait-il lâché en la regardant dans les yeux – il avait atteint sa taille désormais, et la dépasser n’était sans doute plus qu’une question de semaines…

Laisser tomber. Mais Syndrell avait justement appris à ne jamais lâcher prise, quoi qu’il lui en coûte ; trouver Lawëlle, c’était se donner la chance de lever complètement le voile sur son histoire et de renouer avec le passé ; trouver Kunst, c’était rendre sa maman à un petit garçon qui avait grandi beaucoup trop vite…
Et s’il lui en coûtait plus que prévu ?

La jeune femme serra les poings, le regard fixé sur l’épais tapis bleu nuit qui recouvrait le parquet ciré. Lyke avait raison. A force de traquer l’introuvable, elle avait perdu pied avec la réalité – une réalité dont Dolce faisait partie lui aussi…



Nos instants sont toujours trop courts…


Oui, trop. Et ce jour-là, comme toutes les autres fois, elle était partie – encore… Préférant croire en ses objectifs pour ne pas reconnaître que l’amour de l’envoleur lui faisait peur. Peur de se laisser détourner de sa quête, de sa liberté.
De sa vie.

Mais une vie sans lui ?

Syndrell leva enfin les yeux, des yeux bien plus brillants qu’à l’accoutumée, peut-être parce qu’ils étaient remplis de larmes, et trouva le courage d’achever sa phrase.


- Je ne suis pas faite pour vivre dans une grande maison, avec des tas d’enfants qui courent partout. Je n’ai pas envie de me retrouver enfermée dans une relation qui étoufferait jusqu’à mes rêves d’évasion. Je ne veux pas d’une vie trop banale et trop parfaite pour être vraiment vraie. Et surtout, je ne veux pas te laisser tomber.

Elle releva le menton, petit air de défi qui contrastait presque avec les larmes qui roulaient silencieusement sur ses joues, et reprit d’un ton plus assuré :

- Qu’est-ce que tu dis de ça, hein ? Je ne veux plus te laisser tomber. J’en ai assez de traverser l’Empire en long, en large et en travers pour te retrouver. C’est avec toi que j’ai besoin de voyager, d’être libre et de vivre, Dolce. Rien que toi.

Elle se tut.

Finalement, il lui avait fallu du temps pour comprendre que cette force mystérieuse qu’elle avait évoqué l’entraînait toujours là où se trouvait l’envoleur.

Evidence.

Essuyant ses yeux d’un geste brusque, elle se laissa lourdement tomber sur le canapé, trahie par une immense fatigue.


- Désolée, marmonna-t-elle, je n’avais pas prévu de pleurer…

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Mer 04 Nov 2015, 15:24

Elle n’avait donc pas retrouvé Lawëlle.
Il était en même temps soulagé et déçu. Déçu pour elle, parce qu’il savait que quand Syndrell se lançait dans quelque chose, c’était à corps perdu. Soulagé parce qu’il voulait être avec elle durant cette aventure-là également.
Continuant à la serrer dans ses bras, l’Envoleur essayait de réfléchir. Où pouvait donc se trouver Lawëlle ? Si cela n’avait tenu qu’à lui, il serait allé jusque dans le clan de la Baleine pour en apprendre plus – presque certain que certaines réponses y prenaient place – mais cela ne tenait pas qu’à lui.
La vibration de la voix de Syndrell contre son torse le tira de ses pensées.

- Je ne suis pas faite pour vivre dans une grande maison, avec des tas d’enfants qui courent partout.

La gorge de Dolce se serra brusquement. Donc l’appartement ne lui convenait pas, c’était clair au moins. Pas de point d’attache. Pas de toit sur la tête car les étoiles sont sa maison, c’était cela…  

- Je n’ai pas envie de me retrouver enfermée dans une relation qui étoufferait jusqu’à mes rêves d’évasion. Je ne veux pas d’une vie trop banale et trop parfaite pour être vraiment vraie. Et surtout, je ne veux pas te laisser tomber.

Peut-être qu’au fond, c’était lui qui ne lui convenait pas ?  
Il n’avait jamais fermé la porte à une vie plus banale, comme elle le disait si bien. Après tout, il n’allait pas tuer toute sa vie. Lui aussi avait besoin de paix et de sérénité, finalement, malgré son caractère impulsif et explosif.

- Qu’est-ce que tu dis de ça, hein ? Je ne veux plus te laisser tomber. J’en ai assez de traverser l’Empire en long, en large et en travers pour te retrouver. C’est avec toi que j’ai besoin de voyager, d’être libre et de vivre, Dolce. Rien que toi.

Du bout des pouces, il essuya délicatement les larmes qui roulaient silencieusement sur les joues de Syndrell.
Il ne savait plus vraiment quoi penser. Il ne savait plus ce qui était raisonnable, et ce qui ne l’était pas. Voyager, être libre et vivre, cela lui semblait bien. Il avait trouvé ce cocon, un pied-à-terre au milieu de l’Empire, et pourrait le garder évidemment. Et après ?

- Désolée, je n’avais pas prévu de pleurer… dit la marchombre en s’affalant sur le canapé.
Prenant son courage à deux mains, Dolce s’assit à ses côtés et passa son bras autour de ses épaules pour la serrer contre lui.
- Désolé, je n’avais pas prévu de tomber éperdument amoureux d’un coup de vent.
Il sourit et posa sa joue contre le front de la Marchombre, et poussa un soupir. Se détachant finalement d’elle, il se tourna tout entier vers la jeune femme et lui sourit. Un peu tristement peut-être.

- Je n’ai jamais renoncé au fait qu’un jour je pourrai avoir une vie banale. Une femme, des enfants, une maison avec des animaux. Je ne veux pas continuer comme ça toute ma vie. Je voudrais me poser un jour.
Il fit glisser une mèche de cheveux bleus derrière son oreille et planta son regard dans le sien.
- Mais voyager, être libre et vivre, ça me va aussi.

Et puis, en se redressant, Dolce perçut du coin de l’œil la petite silhouette de Mélisendre cachée derrière l’encadrement de la porte qui les observait, les yeux très brillants. Trop brillants.

- Je pourrai venir avec vous ?

Cela tira un sourire à Dolce, qui échangea un regard avec Syndrell.

- Allez, viens-là.

Elle ne se fit pas prier et escalada littéralement les jambes de Dolce pour se blottir entre les deux adultes. L’Envoleur déposa un baiser sur le front de la petite, et son regard interrogea Syndrell silencieusement.

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Mer 04 Nov 2015, 16:53


- Désolé, je n’avais pas prévu de tomber éperdument amoureux d’un coup de vent.

Syndrell se laissa aller contre sa poitrine à nouveau ; ce contact lui avait terriblement manqué. Mais Dolce finit par se dégager doucement pour lui faire face, et la tristesse qu’elle lut dans son sourire lui pinça le cœur.

- Je n’ai jamais renoncé au fait qu’un jour je pourrai avoir une vie banale. Une femme, des enfants, une maison avec des animaux. Je ne veux pas continuer comme ça toute ma vie. Je voudrais me poser un jour. Mais voyager, être libre et vivre, ça me va aussi.
- Dolce…
- Je pourrai venir avec vous ?


Mélisendre se tenait dans l’encadrement de la porte. Depuis quand les écoutait-elle, exactement ? Probablement un petit moment car, su son visage, le doute et l’espoir se disputaient férocement. Dolce l’invita à les rejoindre d’une voix douce.

Syndrell le regarda pendant que la petite claudiquait jusqu’à eux. Elle avait remarqué que la voix de l’envoleur changeait lorsqu’il s’adressait à Mélisendre. C’était infime, presque imperceptible, mais elle entendait bel et bien cette modulation, cette nuance, cette note indéfinissable qui apprivoisait l’enfant.

Elle réalisa alors qu’il avait raison : un jour, il fonderait une famille. Il serait père, et il n’y avait qu’à voir l’observer un instant pour deviner quel genre de père il ferait : courageux, tendre et sincère. Le plus extraordinaire étant qu’il semblait pouvoir se fondre dans ce rôle avec aisance. Malgré elle, Syndrell posa la main sur son ventre. Le souvenir de la silhouette de Miss, alors qu’elle attendait Ylléna, traversa brièvement sa mémoire, et elle se surprit à penser que, peut-être, elle…

Les pleurs d’un marchombre anéanti et ivre mort.
Les questions d’une petite fille bien trop petite pour comprendre ce que signifiait la mort.
Syndrell ôta la main de son ventre.

Non.
Elle avait suffisamment vu de familles déchirées ainsi pour redouter de prendre un jour un tel engagement. La vie rêvée de Dolce était séduisante, surtout s’il s’agissait d’une vie à ses côtés, mais Syndrell refusait l’idée d’avoir un enfant qui, un jour, pourrait aussi demander à son père si sa mère était désormais au ciel.

Elle croisa le regard interrogateur de Dolce, le soutint quelques secondes ; il attendait qu’elle poursuive ce qu’elle avait commencé à lui dire.


- Elle ressemble pas à une cage, cette maison…

Syndrell, qui avait ouvert la bouche pour formuler sa réponse, se figea, aussi surprise que Dolce. Mélisendre était blottie entre eux. Elle s’était exprimée d’une voix douce, à moitié endormie, mais ses paroles tourbillonnèrent dans la tête de la marchombre.

- Non, tu as raison. Tu l’aimes ?
- Oui.


Beaucoup de choses étaient condensées dans ce « oui ». Syndrell en devina une partie mais, au lieu d’insister, elle hocha la tête et glissa la main dans les courts cheveux blonds de la fillette.

- C’est toi qui les as coupés ? demanda-t-elle en jetant un coup d’œil mi-amusé, mi-catastrophé à Dolce.

Son air dépité lui tira un sourire tandis qu’elle jouait avec les mèches inégales ; il n’avait pas tellement raté la coupe, il fallait le reconnaître, mais il restait quelques finitions…


- Je m’occuperai d’affiner ton travail, alors, sourit-elle pour le rassurer.
- Maintenant ?
- Demain, plutôt. Là, c’est l’heure d’aller dormir…
- Je sais… mais…


Syndrell baissa les yeux pour croiser le regard suppliant de Mélisendre.

- Ma maman me racontait toujours une histoire avant que je m’endorme, elle disait que ça éloignait les cauchemars…
- Ah, et bien… Voyons…


La marchombre rêvait d’un bon lit, mais elle était incapable de refuser une demande de la sorte. Et puis, raconter des histoires, elle aimait cela ! Un petit rien suffisait à enflammer son imagination et pouvait la faire parler une nuit entière ; combien de fois Dil, Darwen et Lynn s’étaient-ils endormis, bercés par ses babillages incessants ?

- Il faut que je te parle des Lliluns, alors. Tu les connais ? Non ? Pourtant ce sont eux qui, le soir venu, protègent les enfants des cauchemars qui rôdent en attendant leur tour…

L’histoire des Lliluns enchanta Mélisendre. Sans lâcher Dolce, elle s’était laissée glisser de ses genoux pour se coller à Syndrell. Celle-ci parlait d’une voix douce mais claire et assurée, endossant avec aisance la peau du conteur qui captive son auditoire et le laisse suspendu à ses lèvres…

Puis, lorsque les Lliluns endormirent la petite pour de bon, Syndrell murmura quelques paroles à l’oreille de Mélisendre avant de déposer un baiser sur sa tempe. Laissant Dolce porter l’enfant dans son lit, elle s’étira, bâilla et s’allongea sur le canapé dans l’intention d’attendre le retour de l’envoleur pour continuer leur conversation. Elle ferma les yeux un instant.

Et s’endormit instantanément.





*




Frôlement.

Dans un demi-sommeil, elle soupire, remue un peu, tend un bras dans le vague. Rencontre avec des cheveux ras, puis un front, une joue chaude.


- Dolce… ?

Question-surprise, elle garde les yeux fermés, ne se réveille pas complètement mais se retourne et se rapproche de cette boule de chaleur humaine, se colle à elle, épouse ses formes des siennes. Comme si elle rentre dans un moule de douceur.
Sourit dans son sommeil.

Et se rendort.





*




Syndrell ouvrit ses yeux dorés et fixa un moment le plafond sans le reconnaître. Elle fronça les sourcils, peinant à se rappeler où elle pouvait bien se trouver, lorsqu’un bruit léger attira son attention : un souffle, tout près de son oreille. Tournant la tête, elle découvrit un Dolce profondément endormi.

Il avait bougé dans la nuit mais il avait passé un bras en travers de sa taille, comme pour dire « ne t’en vas pas ». La marchombre cligna des yeux. Partir ? Elle n’en avait pas envie. Ses projets, ses principes, sa quête, tout disparut en un instant alors qu’elle dessinait du regard les traits de son compagnon. Apaisés dans le sommeil et si beaux qu’elle en avait le souffle coupé. Elle n’osait même plus bouger. Elle voulait figer ce moment, cette image dans le temps pour l’éternité.

Une éternité pour contempler son visage… Syndrell entrouvrit les lèvres. L’éternité lui faisait peur, elle qui aimait tant l’éphémère, mais elle réalisa soudain qu’une éternité partagée à deux, ce devait être fabuleux. Pourrait-elle un jour se lasser de se réveiller dans la chaleur, l’odeur masculine de Dolce ? Pourrait-elle se lasser de l’observer pendant qu’il dormait ? De l’écouter respirer ? De sentir les battements lents et sereins de son cœur ?

Cette éternité-là lui plaisait.
Vraiment.

Emue, chamboulée par cette idée, elle se rapprocha davantage de lui et posa les lèvres sur les siennes. Tout doucement. Une caresse de papillon timide qui, d’un battement d’ailes, provoqua un ouragan au fond d’elle-même.


- Réveille-toi, Dolce Ysil, chuchota-t-elle. Réveille-toi et apprends-moi à vivre une vie banale.


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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Mer 04 Nov 2015, 23:17

La voix de la petite avait interrompu Syndrell, et Dolce ne savait pas quand elle voudrait bien continuer ses confessions – parce que de son point de vue, cela l'était quand même un peu. S'ils aspiraient à des styles de vie complètement différents, comment pouvaient-ils s'entendre ? Il était largement prêt à faire des concessions, mais en même temps il ne vouliait pas entraver Syndrell. C'était même la dernière chose qu'il voulait. Pour qu'elle garde sa liberté, il se rendait compte qu'il pouvait pousser le raisonnement à l'extrême : elle pourrait largement être mieux sans lui. Non ?

Mélisendre coupa court à ses réflexion de sa petite voix hésitante.

- Elle ressemble pas à une cage, cette maison…

Lui ne trouvait pas, et apparemment l'appartement plaisait au moins à la fillette. Parce que derrière sa réponse si courte, il entendait tout le reste : oui, la maison lui convenait, et oui elle avait envie d'espérer que Dolce pouvait devenir sa famille, son père en quelques sortes, et peut-être une figure féminine en la place de Syndrell ? Une maman ?

- C’est toi qui les as coupés ?

Dolce leva les yeux au ciel avec une grimace.

- J'ai fait du mieux que j'ai pu. Je suis plus doué pour dépenser des pièces chez le coiffeur que pour le faire moi-même…

La petite réclama une histoire d'une manière si touchante que ni Syndrell ni Dolce n'eurent le coeur de la repousser, au contraire. La Marchombre s'attela à lui en conter une jolie et brillante, comme une étoile qui scintilla dans le regard de la fillette, écho à la lune dans ceux de la jeune femme.


§§



Moi je veux vieillir avec toi 
C’est mon plus beau rêve ici-bas 
Oui Je veux vieillir contre toi 
C’est mon plus grand rêve ici-bas

[…]

Oui je veux vieillir avec toi
Comme un grand arbre aux mille bras
Oui je veux vieillir avec toi
Je te porterai loin là-bas
Oui je veux vieillir contre toi
Là ou la vie n'en fini pas


§§

- .. Réveille-toi et apprends-moi à vivre une vie banale.

Le murmure et le souffle sur sa joue achevèrent de réveiller l'Envoleur, qui plissa les paupières avant de les ouvrir. Les ouvrir, parce que cette haleine délicate et succulente était celle de Syndrell.
Syndrell.
La Marchombre était restée pour la nuit.
Ils se retrouvaient depuis un an, et ils n'avaient fait que dormir sur le canapé. Une onde de chaleur se distilla dans le torse de Dolce en même temps qu'un pincement au coeur. Il ne savait plus s'il était heureux qu'elle soit là ou s'il avait peur que passion ne soit plus de la partie. Non, il savait : c'étaient les deux à la fois.
Il ne lui fallut qu'une seconde pour se rendre compte que pour lui en tout cas, tout était clair.

Et puis, enfin, les mots de la jeune femme percèrent la brume matinale de son cerveau. Se redressant brusquement sur le coude, il planta son regard dans celui de Syndrell, avant de se pencher vers elle et de l'embrasser vivement et profondément, sans crier gare. Ce fut un baiser passionné, passionel, un baiser qu'il aurait voulu lui donner la veille et qui était resté dans sa gorge, frustré et triste. En détresse, même. Il ne s'arrêta que parce qu'il était à bout de souffle, et pris une respiration sifflante.

- Je ne veux pas te couper les ailes. Jamais. Tu es si belle, si libre, Syndrell, si entière. Je ne veux pas te retenir, pas d'enchaîner. Tu es trop extraordinaire pour être banalisée…









[ Oulala, mais mon Dolce est tout cassé ma parole ! ]

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Ven 06 Nov 2015, 20:20

- Je sais, soupira Syndrell, essoufflée après l’intense baiser que Dolce venait de lui donner. Je sais que ne veux pas m’enfermer. Tu as toujours respecté mon besoin d’indépendance, mes envies de voyage…

Elle se redressa. Confortablement assise sur lui, elle plongea l’or de son regard dans le vert limpide du sien.

- C’est juste que… Mélisendre a raison. Ce n’est pas une cage, cet endroit. Beaucoup trop joli ! Et puis dans une cage, on ne peut pas se sentir bien. Et moi, j’ai passé la meilleure nuit depuis des mois. Des années, même.

La marchombre pencha la tête sur le côté et plissa les yeux, faisait mine de réfléchir.

- Même si je pourrais sans doute passer une excellente nuit dans le pire des endroits, uniquement parce que tu es avec moi.

Glissant doucement les mains sous la chemise de Dolce, Syndrell caressa la peau nue et chaude de son torse.

- C’est là... murmura-t-elle en arrêtant les mains à l’emplacement de son cœur qu’elle sentait s’emballer sous ses doigts. C’est là que je veux vivre, que je vis déjà. Le reste importe peu du moment que je reste juste là. Mais…

Elle se pencha en avant et frôla de ses lèvres le menton de son compagnon, fascinée de le sentir frémir à ce simple contact, de le savoir suspendu à ses paroles comme si sa vie en dépendait. Syndrell frémit à son tour en songeant que c’était le cas.

- … tu sais, j’ai besoin d’apprendre à me poser un peu. Alors, tu es d’accord pour me montrer ?

Elle se rapprocha encore mais s’arrêta juste avant de l’embrasser, une question au fond des yeux, au fond du cœur.

Tremblement d’une conscience qui s’éveille à l’inconnu…





[Court, mais y'a urgence. Faut réparer Dolce. Et vite !]

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Lun 09 Nov 2015, 09:32

[ Dépose un baiser sur son front ]

- Pourquoi en aurais-tu besoin, hein ? Ce n'est pas une nécessité pour toi. Je ne veux pas te changer. Tu es tellement toi, et c' est comme ça que je t'aime.


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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Lun 09 Nov 2015, 22:10

- Mais... je ne veux pas que tu soies seul à être capable de changer par amour, Dolce. Moi aussi, je veux te prouver que je suis prête à construire quelque chose pour nous deux. Seulement, je ne sais pas comment ! Je n'ai pas eu de famille pour me montrer l'exemple...

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Lun 30 Nov 2015, 10:57

- Je ne change pas par amour, Syndrell. Ce n'est pas changer que de s'adapter, et il y a des choses inadaptables. La famille, cela apprend simplement à être tolérant, mais au final cela a le même mode de vie que soi, car c'est ce qui définit la cohésion.

En fait... J'ai trop peur de te couper les ailes. Que tu deviennes prisonnière malgré toi...





[ Désolée pour le retard, surtout pour ces quelques phrases qui veulent tout et rien dire xD ]

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Lun 30 Nov 2015, 19:01

[Tu as répondu... tu es donc entièrement pardonnée  Very Happy]



- Dolce.

(Elle se redresse, toujours assise sur lui, et plante son regard doré dans sien)

Je suis une marchombre. Personne ne me coupera jamais les ailes, parce qu'elles sont là.

(Elle pose la main sur sa poitrine, à l'emplacement de son coeur)

Mais, tu sais ? Quand je suis avec toi... j'ai l'impression de goûter à une autre liberté. Une liberté que même la Voie que je suis ne me propose pas. C'est ce qui m'a un petit peu effrayée. Et puis tu as disparu, et je t'ai d'abord attendu. Puis cherché. Et j'ai réalisé que ton absence avait créé un vide en moi. C'était comme...

(Elle réfléchit une seconde, puis hoche la tête)

Comme s'il me manquait une aile. Tu comprends ? Sans toi Dolce, je ne suis libre qu'à moitié...




[La preuve avec cette jolie déclaration !]

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Jeu 10 Déc 2015, 18:11

[ Court, désolée ]




Les yeux fermés, Dolce ne savait pas comment réagir. Comment faire comprendre à Syndrell que finalement, c’était elle sa vie, qu’il était et serait là pour elle, même si elle ne voulait pas de lui. Il n’avait pas vraiment de ligne de conduite, plus de motivation à se lever le matin, plus l’assurance qu’il avait pu arborer jusque-là.
Il avait cette sensation prenante, étonnante et surtout presque fatale que tout son être était fractionné et qu’à la moindre pichenette il volerait littéralement en éclat, incapable de ramasser les morceaux éparpillés.

La dernière fois qu’il avait fait une telle déclaration, elle avait eu peur. Mais en même temps, dans cet appartement, tout référait à elle. Parce qu’elle était finalement son univers…

- Mais, tu sais ? Quand je suis avec toi... j'ai l'impression de goûter à une autre liberté. Une liberté que même la Voie que je suis ne me propose pas. C'est ce qui m'a un petit peu effrayée. Et puis tu as disparu, et je t'ai d'abord attendu. Puis cherché. Et j'ai réalisé que ton absence avait créé un vide en moi. C'était comme...

Il retint son souffle.
Elle l’avait cherché, alors ?
Sa gorge se serra brusquement, et il déposa ses lèvres tout contre le front de la Marchombre.

- Comme s'il me manquait une aile. Tu comprends ? Sans toi Dolce, je ne suis libre qu'à moitié...

Il avait toujours les yeux fermés. Les lèvres appuyées contre la peau de Syndrell, à la naissance si douce des petits cheveux sur l’avant de la tête, il serra les paupières.
Fort.

Aussi fort que tambourinait son cœur dans sa poitrine.
Aussi fort qu’il serra les poings.
Aussi fort qu’il aurait voulu la serer dans ses bras.

Une larme, scintillement incandescent, franchit malgré tout cette barrière érigée. Une larme, qui emporta un instant ses doutes et ses craintes pour ne laisser que le bonheur de l’instant présent.

- Je t’aime, Syndrell. Je t’aime libre et assurée. Je t’aime avec tes deux ailes, et tous tes rêves. Je t’aime avec chacun de tes défauts.

Souriant timidement, il glissa sa main dans ses cheveux, puis ses doigts sur sa joue.
Se penchant avec lenteur vers elle, il planta son regard dans celui si doré de la jeune femme…
Déposa ses lèvres sur les siennes.
L’embrassa.
Tendrement.

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Mer 16 Déc 2015, 23:19

tit peu agir Dolce, j'espère que ça ne te dérange pas ! Dis-moi si c'est le cas Wink )


[color=darkblue]Syndrell n’était pas particulièrement démonstrative. D’ailleurs, Ciel se plaisait à le lui répéter souvent, lui qui passait le plus clair de son temps collé à elle quand elle était dans les parages. Le fait d’avoir passé une grande partie de sa vie à fuir des liens trop importants avec quiconque avait sans doute son importance… Elle avait trop perdu pour ne pas redouter de s’attacher à quelqu’un.

Elle avait eu peur de perdre Dolce. Une bonne demi-douzaine de fois au moins. Têtu et téméraire comme personne, son amant aimait flirter avec le danger presque autant qu’avec elle ! Pourtant, ce n’était pas comparable à la peur qui l’avait étreinte ces dernières semaines à la seule pensée qu’elle l’avait peut-être perdu définitivement. Qu’il puisse s’être lassé, que leur lien ce soit finalement rompu sans qu’elle n’en ait conscience.

S’ouvrir à lui comme elle venait de le faire, c’était nouveau mais c’était aussi sincère. Syndrell avait littéralement baissé ses ultimes remparts et mis à nu son âme afin de prouver à Dolce qu’elle était prête à tracer sa voie avec lui. Elle se sentait curieusement légère, comme si ses paroles avaient ouvert une porte et ôté un poids considérable de ses épaules : elle ne portait plus le poids de son monde toute seule…

Mais elle se figea en découvrant les larmes dans les yeux de Dolce. Inquiétude, incertitude, doute. A nouveau. Et si elle avait été trop loin ? S’il était déjà trop tard ? Si…


- Je t’aime, Syndrell. Je t’aime libre et assurée. Je t’aime avec tes deux ailes, et tous tes rêves. Je t’aime avec chacun de tes défauts.

Touchée par son émotion et la passion qu’il avait mis dans ces quelques mots, la marchombre entrouvrit les lèvres. Il en profita pour l’embrasser, tout doucement, presque timidement, et le simple frôlement de ses lèvres contre les siennes suffit à faire accélérer sensiblement les battements de son cœur. Elle glissa les mains derrière sa nuque et approfondit leur baiser avant de reculer, les sourcils froncés mais l’air indubitablement moqueur.

- Quels défauts ?



*



Passant la main dans les cheveux de Mélisendre, Syndrell hocha la tête d’un air satisfait.

- Et voilà, dit-elle en présentant un miroir à la fillette. Dolce avait fait du bon travail, mais je pense que c’est un petit peu mieux à présent. Qu’en penses-tu ?
- Ça alors…
murmura Mélisendre en effleurant les mèches qui encadraient son visage fin. T’as pas fait grand-chose mais ça change presque tout !
- Tu aimes ?


Mélisendre ne répondit pas, mais le regard qu’elle lui retourna valait tous les discours du monde. Syndrell lui rendit un sourire assorti d’un clin d’œil doré. Elle appréciait cette enfant. Il allait falloir un peu de temps pour qu’elle parvienne à briser la coquille dans laquelle elle se cachait pour se protéger, mais c’était un défi à sa mesure et qu’il lui plaisait de relever !

- Tu sens cette odeur ? lança-t-elle après avoir humé l’air. Dolce est en train de nous préparer un petit-déjeuner de champions ! On y va ?

Visiblement affamée, Mélisendre ne se fit pas prier. Elle descendit de son tabouret et claudiqua en direction de la cuisine. Sa démarche était loin d’être fluide, mais avec un peu d’entraînement cette jambe factice finirait par devenir une véritable extension de son corps. Il fallait simplement qu’elle l’apprivoise…

La jeune femme se baissa pour ramasser les cheveux tombés sur le sol. Elle étouffa un bâillement et se redressa en massant sa nuque endolorie. Elle n’avait pas énormément dormi, bien qu’elle ait bénéficié, grâce à Dolce, d’un sommeil serein et sans rêves. Leur discussion matinale avait évacué les dernières tensions accumulées au cours des dernières heures, et elle avait commencé à se passer de mots lorsque Mélisendre avait fait irruption dans le salon – bien réveillée, elle.

Syndrell eut un petit sourire en se rappelant la frustration de Dolce – et la sienne, après tout ce temps sans s’être vus ni touchés. Le simple fait de penser à la chaleur de ses bras serrés autour d’elle allumait un incendie dans son bas-ventre. Elle rit et se passa la main dans les cheveux : elle avait désespérément besoin de manger quelque chose, ne serait-ce que pour se changer un peu les idées !

Mélisendre était déjà attablée devant une assiette remplie de bonnes choses lorsque la marchombre entra dans la cuisine. Elle acheva de natter sommairement ses cheveux en une tresse qui retombait sur son épaule, et fila immédiatement vers Dolce pour glisser un bras autour de sa taille.

Elle se hissa sur la pointe des pieds afin de l’embrasser sur la ligne de sa mâchoire, et se coula hors de son étreinte lorsqu’il tenta de l’attraper un peu mieux. Si elle restait trop longtemps contre lui, elle n’allait pas réussir à se retenir de lui sauter dessus… !


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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Sam 13 Fév 2016, 22:00

[ Voilà voilà ! Désolée pour tout ce temps de réponse ! u_u tu peux me mordre si tu veux Rolling Eyes ]






La table était terminée.
Trois assiettes, leurs couverts, mais surtout un grand pichet de jus d’orange frais, le lait qui chauffait, le café également… Dolce était fier de lui, en déposant une confiture de framboises au centre des trois assiettes, et se dirigea vers le petit feu qui était en train de faire cuire ses pancakes aux bananes.
Cela sentait drôlement bon, et l’Envoleur fit sauter sa crêpe épaisse au moment où Mélisendre passa la porte qui menait dans la grande pièce à vivre… Faillit laisser la pâte s’écraser sur le sol, la rattrapa in extremis sur le bord de sa poële, joua du poignet un instant, et la remit sur le feu avec vivacité…
Se tourna.
Eclata de rire.

- On ne se moque pas, sinon pas de petit dej !

La fillette étouffa un pouffement de rire en plaquant sa main sur sa bouche, ce qui tira un large sourire à Dolce : il préférait largement la voir d’une telle humeur !

Il la détailla quelques secondes. Il n’avait pourtant pas eu l’impression de se rater, la veille, quand il lui avait coupé les cheveux, et avait suivi les instructions de sa mère, qui résonnaient encore dans sa tête depuis toutes ces années, mais apparemment il avait largement perdu la main… Parce que la fillette était carrément plus présentable comme ça. Il n’y avait eu que quelques raccords de faits, mais cela changeait complètement la structure de la coupe, et les cheveux de la petite ressemblaient enfin à quelque chose.

Quand la Marchombre passa la porte, cependant, il sentit sa mâchoire se décrocher.
Qu’elle était belle ! Et elle était là, dans son appartement. Parfaitement à l’aise, elle tressait nonchalamment ses cheveux, et Dolce eut vraiment du mal à déglutir soudainement.
Le baiser, léger et éphémère, sur sa mâchoire, le tira de son état d'hébétude et il voulut attraper la Marchombre… Qui lui glissa entre les doigts, littéralement.

Il faillit grogner.
Se retint en lançant un regard vers la fillette, qui avait le nez dans son assiette.

Rah, cela allait être très, très compliqué à gérer, tout ça.
Il avait littéralement l’esprit obnubilé par des images indécentes de Syndrell, et rien que de la voir dans son appartement réveillait en lui des pulsions typiquement masculines et possessives.
Prenant une grande inspiration histoire de se calmer, Dolce s’assit à table aussi, ramenant avec lui les dernières crêpes épaisses encore chaudes.

- Je devais voir Tendresse aujourd’hui… commença-t-il dans un sourire d’excuses vers la Marchombre. C’est ma soeur, et elle habite juste un peu plus au Nord, à Al-Chen, expliqua l’Envoleur à l’adresse de la fillette.

Découpant son pancake soigneusement, il en avala une bouchée, se dit qu’il avait vraiment bien réussi son petit déjeuner ce matin, et sourit.

- Je suis sûr qu’elle sera ravie de te revoir, Syndrell… Tu veux venir ?

En réalité, l’Envoleur était en train de calculer si par hasard sa soeur ne pourrait du coup pas s’occuper quelques heures de Mélisendre, histoire qu’ils soient tranquilles tous les deux… Une perspective très alléchante, non ?

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Lun 15 Fév 2016, 00:08

[Te mordre ? Nah, trop gentil ça... Je préfère encore soumettre Dolce à la torture  Twisted Evil]



Syndrell se percha sur une chaise et s’installa, une jambe repliée contre sa poitrine. Elle se servit une crêpe et la saupoudra de sucre. Voyant que Mélisendre hésitait, fascinée par tout ce qui se trouvait sur la table – Dolce s’était littéralement surpassé ! – elle plongea un doigt dans la confiture et dessina un bonhomme au grand sourire sur une crêpe. La petite éclata de rire et se mit à manger.

- Je devais voir Tendresse aujourd’hui…

Le regard doré de la marchombre revint se poser Dolce. Il expliqua à Mélisendre qui était Tendresse, et elle en profita pour étudier son profil. Les mots qu’il avait prononcés la veille lui revinrent en tête.

J’ai trop peur de te couper les ailes. Que tu deviennes prisonnière malgré toi…

Se sentait-elle prisonnière, là, maintenant, tout de suite ? Ils étaient en train de partager un petit-déjeuner pantagruélique, dans un endroit chaleureux. Comme une famille. C’était ce qu’elle avait longtemps cherché quand elle avait l’âge de Mélisendre… Pourquoi s’échapperait-elle à présent ? Certes, elle appréciait tout autant un repas frugal perdue en pleine nature, assise sur la selle de son cheval et se réchauffant sous sa cape de voyage.

Mais elle devait reconnaître qu’elle se sentait à l’aise, et pas seulement parce que Dolce était là, avec elle. C’était un tout. Un moment nouveau dont elle découvrait les saveurs, un petit peu comme Mélisendre. Il avait le pouvoir d’apprivoiser les âmes les plus sauvages, réalisa-t-elle en observant le sourire de l’Envoleur – celui qui faisait toujours accélérer les battements de son cœur. C’était un don qui la fascinait et que bien peu de personnes possédaient.


- Je suis sûr qu’elle sera ravie de te revoir, Syndrell… Tu veux venir ?

La jeune femme cligna des yeux et prit soudain conscience qu’elle était littéralement en train de le dévisager la bouche grande ouverte. Elle la ferma donc et s’empourpra vaguement, prise sur le fait comme une adolescente amoureuse. En un sens, c’était d’ailleurs le cas. Luttant pour ignorer la vague de chaleur qui persistait à enflammer son bas-ventre, elle mangea sa crêpe tout en faisant mine de réfléchir pour donner le change.

- Pourquoi pas ? Sa bonne humeur me manque, j’ai bien besoin d’une dose de Tendresse…

Elle n’avait pas prévu de formuler sa phrase de cette manière et, lorsqu’elle vit une petite étincelle s’allumer dans le regard de Dolce, Syndrell décida de pousser le jeu un peu plus loin. Après tout, c’était ainsi entre deux, depuis le début : un jeu, celui du chat et de la souris… Et, puisqu’elle aimait être le chat…

- De tendresse et d’intimité, ajouta-t-elle plus doucement.

Sans quitter Dolce du regard, elle lécha le bout de son doigt pour en retirer le sucre. Mélisendre était bien trop occupée à préparer sa prochaine crêpe pour remarquer le changement d’atmosphère. Dolce, en revanche, devait bien avoir compris le message, lui…


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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Sam 20 Fév 2016, 19:53

[ La torture ? affraid mais non, pas besoin d'en arriver à ces extrémités ! Rolling Eyes ]







Dolce ne put s'empêcher d'avoir un sourire satisfait et un regard frondeur quand il vit que Syndrell le dévisageait, et surtout rougissait parce qu'il venait de la couper dans sa contemplation. Rien que cette toute petite chose le réchauffait de l'intérieur, et il se prit à imaginer cette magnifique couleur empourprer les joues de la Marchombre pour une toute autre raison.
La respiration soudain tremblante, il cligna des yeux à son tour quand la jeune femme répondit que revoir Tendresse lui ferait plaisir, et il parvint à sourire sans perdre tous ses moyens, et sans apparemment éveiller les soupçons de Mélisendre.

Et capta, un peu tard sans doute à cause de son cerveau en bouillie, le double-sens de la dernière phrase de la Marchombre.
Sourit, charmeur, à la précision murmurée de Syndrell, sentant une vague de chaleur se planter dans son estomac, et qui n'avait rien à voir avec la nourriture qu'il avait ingérée.

Tendresse et intimité...
Se mordant la langue pour garder ses idées sur les rails, sinon il allait sauter sur la Marchombre sans demander son reste, et il n'était pas encore exactement prêt à le faire devant Mélisendre...
Qui n'était pas si dupe que ça.

- Vous êtes pires que papa et mam...  sa voix se brisa, elle prit une inspiration pour en controler les tremblements, et Dolce s'en voulut presque immédiatement d'avoir cru qu'elle ne verrait rien. C'était bien connu que les enfants étaient très perspicaces sur plein de choses. Mais alors qu'il allait s'approcher, la fillette lui barra la route en tendant sa main vers lui.
- Non. Mais je veux bien connaître ta soeur. Elle est aussi gentille que toi ?

Dolce éclata de rire, ce qui détendit soudain l'atmosphère, le soulageant d'un poids au passage : celui de la culpabilité de remuer les plaies de la fillette. Mais il ne pouvait pas tout savoir, et il n'était pas dans sa tête. Elle n'était pas prête à raconter les choses, et il ne pouvait pas vraiment faire quelque chose de plus, à part la faire rire, et prendre soin d'elle jusqu'à ce que les plaies soient suffisamment refermées, et un peu moins infectées.
A supposer que leur infection ne se généralise pas, songea-t-il malgré lui.
Mais la filette sourit, et l'ombre reflua dans ses yeux quand il lui répondit d'un ton doux.

- Oh, ne t'inquiète pas pour ça. Tendresse est une grosse peluche.


§§


Ils avançaient dans les rues d'Al-Chen tranquillement.
Dolce tenait la main gauche de Syndrell de sa main droite. Mélisendre s'était approprié sa main gauche à lui, et avait encore un peu de mal à être à l'aise parmis la population Alavirienne, ce qui se comprenait.

Mais quand Dolce la sentit se coller à ses jambes, et tenter de se glisser entre lui et Syndrell, il comprit que quelque chose clochait.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Dim 28 Fév 2016, 18:37

[Mmmh... la torture à laquelle je pense ne devrait pas tellement déplaire à Dolce mrred]



Oooooh oui. Il avait compris le message. Son regard s’assombrit et elle le vit se tendre, comme s’il luttait contre une tempête intérieure, dévastatrice et phénoménale. Qu’il y parvienne amusa et contraria Syndrell tout à la fois. Dolce avait acquis une force incroyable depuis qu’elle l’avait rencontré. Il n’y a pas si longtemps, il aurait fait valser tout ce qui se trouver sur la table pour la prendre sauvagement.

- Vous êtes pires que papa et mam…

Fêlure.

Mélisendre se retrouva elle aussi prise dans un conflit intérieur. En la voyant trembler, Dolce fit un pas en avant mais se figea lorsque la fillette leva une main. Une main qui ne tremblait pas.

- Non. Mais je veux bien connaître ta sœur. Elle est aussi gentille que toi ?

Syndrell, qui avait assisté à cet échange sans intervenir, ne put réprimer un sourire. Dolce, gentil ? Elle l’avait vu tuer. Lorsqu’il se battait, c’était avec bestialité. Il servait le Chaos et le Chaos vivait en lui, c’était ainsi. Mais Mélisendre savait faire preuve d’un incroyable discernement pour son âge, preuve en était la façon dont elle avait perçu leur petit manège.

Et elle avait raison.





*



La main de Dolce dans la sienne, Syndrell se laissait emporter par un puissant sentiment de sérénité. Elle qui avait grandi dans les montagnes ne s’était jamais sentie aussi à l’aise que dans les rues d’Al-Chen ; c’était une ville qu’elle aimait. Les grands espaces l’attiraient toujours, mais elle avait appris à se poser un peu en s’installant avec Ciel.

A présent, elle avait le choix de vivre avec Dolce. Tournant la tête, elle étudia le profil de l’envoleur, suivit des yeux la courbe de sa mâchoire, eut envie d’éprouver de la paume la caresse de ses cheveux courts. Elle était tombée amoureuse de lui dès qu’il avait sourit.


- Mel ?

La gamine venait de se glisser entre eux. Collée contre Dolce, elle semblait affolée. Syndrell s’arrêta, indécise. Mélisendre n’avait rien à voir avec Lyke et Ylléna. Il était évident qu’elle avait connu des choses terribles avant de trouver Dolce.

La marchombre se mordit la lèvre, ne sachant que faire, lorsqu’une idée germa dans son esprit. Elle glissa sa main dans celle de la fillette et, sans crier gare, l’entraîna.

Elle avançait suffisamment lentement pour que la petite puisse suivre le rythme avec sa prothèse, mais d’un pas ferme, décidé, qui coupa le souffla à Mélisendre et l’intrigua. Elle suivit Syndrell sans hésiter. Une Syndrell qui connaissait Al-Chen comme sa poche. Ils empruntèrent une rue pleine  de monde. De chaque côté des étals attiraient le regard.

L’allée des artisans.

Combien de fois Syndrell y était venue flâner ? C’était, avec le toit du Dôme, son endroit préféré. Une échoppe en particulier. Elle y conduisit Mélisendre et Dolce, et recula pour les laisser contempler ce qui était un véritable spectacle.

Grandes, petites, étranges ou saisissantes de réalisme, les figurines de verre scintillaient de mille feux dans une flaque de soleil. Même Syndrell, qui avait l’habitude de les voir, ne pouvait s’empêcher d’être subjuguée par tant de beauté.


- Tiens ! Une petite louve, il y avait longtemps que je n’avais pas vu ton museau dans les parages…
- Salut, Horn.

Le souffleur de verre posa ses outils et contourna son étal pour venir serrer la jeune femme dans ses bras. Puis il ôta l’un de ses gants et serra la main de Dolce, avant de tapoter le crâne de Mélisendre. C’était un homme aussi jovial que rond. Tout chez lui était rondeur et douceur. Il souriait en permanence et sa bonne humeur fascinait autant que ses créations.

- Tu as besoin de quelque chose, beauté ?

Syndrell jeta un coup d’œil en direction de Dolce. Qu’il ne s’imagine surtout pas n’importe quoi ! Horn appelait tout le monde par un surnom affectueux. Cela faisait partie de son caractère. Tout comme la possessivité faisait partie de celui de l’envoleur…

- Oui. Est-ce que tu veux bien montrer à cette demoiselle quelques secrets du métier ?

Le regard de l’artisan étincela.

- Avec plaisir ! Viens-là, petite souris. Comment t’appelles-tu ? Mélisendre ? Par Merwyn, c’est l’un des plus beaux prénoms que j’aie jamais connu ! Allons, viens par-là. Est-ce que tu as déjà vu un souffleur de verre ? Non ? Alors regarde.

Syndrell et Dolce restèrent légèrement en retrait durant la démonstration que fit Horn pour Mélisendre. C’était son moment à elle, pas le leur. Il suffisait de voir les étoiles dans les yeux de la fillette pour comprendre qu’elle avait oublié toute frayeur. La marchombre glissa son bras autour de la taille de son compagnon et posa la tête contre son épaule.

Heureuse.





*



- Dolce !!!

Tendresse sauta au cou de son frère et le serra vivement contre elle.

- Incroyable, tu t’es rappelé que tu avais une sœur ! lança-t-elle, moqueuse, avant d’attraper Syndrell dans ses bras. Et toi aussi tu m’as manqué !!!
- Salut, Tendresse.


La jeune femme rayonnait littéralement. Ses cheveux d’un vert émeraude très pur cascadait dans son dos, plus beaux encore que dans le souvenir de la marchombre. Sa ressemblance ave Dolce était troublante, on aurait dit que c’était sa version féminine. Tendresse donna un petit coup de poing affectueux contre la mâchoire de son frère, puis son regard tomba sur Mélisendre.

- Salut ! T’es qui, toi ?
- Mélisendre. Et ça c’est pour toi.
- Pour m…


Bouche bée, Tendresse attrapa la petite figurine que lui tendait la fillette. Elle représentait une tulipe aux pétales délicats.

- C’est magnifique… Merci.

Tendresse planta un baiser sur la joue de Mélisendre, puis leva les yeux vers Dolce et Syndrell, une question muette au fond des yeux.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Ven 04 Mar 2016, 20:38

Quelque chose clochait, mais Syndrell fut plus prompte que lui pour réagir, et elle entraîna presque immédiatement Mélisendre dans son sillage, juste assez rapide pour l’entraîner mais pas suffisamment pour qu’elle ne puisse pas la suivre, ce qui tira un sourire tendre à Dolce.

Il les suivit tranquillement, se demandant ce que la Marchombre avait derrière la tête. Ils traversèrent une rue particulièrement encombrée avant de tomber sur l’allée des artisans, et Syndrell les fit entrer dans une échoppe qui sortait du commun : un souffleur de verre.
Dolce ne put s’empêcher d’être intrigué, et suivit les deux compagnes dans la boutique. Il vit d’abord les étoiles qui s’allumaient dans les yeux de la petite fille avant de lui-même contempler ce qu’il y avait autour d’eux. Des statuettes de verre, partout. Si colorées, irisés, iridescentes même ! Un écho de la paroi de l’Île des Femmes se glissa en lui, mais il était tout simplement émerveillé par toutes ces petites figurines qui représentaient tellement de choses, c’était si délicat et fin, absolument magnifique…

Il écouta d’une oreille distraite la conversation entre l’artisan et Syndrell, et ne put s’empêcher d’adresser un clin d’oeil rassurant à Mélisendre, alors que Horn l’entraînait dans son atelier pour lui montrer son travail, et la faire essayer.


§§


Dolce ne put s’empêcher de pousser un soupir moqueur quand sa sœur lui sauta dans les bras, mais lui rendit son étreinte. Secouant la tête, il eut bien envie de la pousser juste pour l’embêter : comme s’il pouvait l’oublier ! Elle vivait à quelques blocs de chez lui, et il lui rendait visite suffisamment souvent selon lui, déjà. Il l’aimait, sa sœur, mais il ne fallait pas exagérer non plus, une distance de sécurité était toujours la bienvenue, sinon elle l’envahirait littéralement.

- Salut ! T’es qui, toi ?
- Mélisendre. Et ça c’est pour toi.
- Pour m…


Dolce ne put s’empêcher d’éclater de rire quand la fillette coupa l’herbe sous le pied de Tendresse, très surprise par la petite statuette si délicate. Il pouvait voir que cela touchait profondément sa sœur, et qu’elle était émerveillée par la figurine.
Quand elle planta un baiser sur la joue de Mélisendre, la fillette piqua un fard, ne sachant sans doute pas comment réagir, et Dolce croisa son regard.

Il ne put s’empêcher de lâcher un soupir en levant les yeux au ciel. Secoua la tête.

- J’ai trouvé Mélisendre dans un très sale état il y a une quinzaine de jours. Je ne pouvais pas la laisser comme ça.

Tendresse le fixa un moment, sans rien dire, et il pouvait voir les rouages de son cerveau tourner dans son regard, et puis elle finit par se passer une main dans les cheveux. Elle lui lança un regard, fit un petit signe de tête vers Syndrell qui fit sourire Dolce, et se pencha vers la fillette.

- Dis, je crois que ces deux-là on besoin d’intimité… Je chante, avec des amis, cette après-midi… ça te dirait de venir avec moi ?

La fillette leva les yeux vers l’Envoleur, qui lui adressa un petit sourire à moitié désolé, et à moitié malicieux. Elle s’ébroua pour répondre à Tendresse.

- J’ai jamais chanté. Mais je veux bien venir, oui !
- Super ! On va bien s’amuser, tu vas voir !



§§


Ils avaient discuté un moment, tous les trois, et Mélisendre n’avait pas raté une seule phrase de leurs conversations décousues. Mais elle s’était mise finalement à participer activement, montrant à tous qu’elle était très éveillée et même si elle avait subit un traumatisme, elle restait très vive d’esprit.

Quelques heures plus tard, après avoir mangé tous dans la grande salle à vivre de Tendresse, cette dernière emmena Mélisendre à l’extérieur. Juste avant de passer la porte, elle leur lança un clin d’oeil malicieux.

- Pas trop de bêtises, hein ?

Dolce ricana un instant, mais serra Syndrell contre lui. Ils échangèrent un regard…

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MessageSujet: Re: Elle et Lui [PV Dolce]   Dim 06 Mar 2016, 11:10

Curieusement, Syndrell était parvenue à étouffer l’excitation qui lui avait mené la vie dure pendant le petit déjeuner. La malice de Tendresse et la vivacité de Mélisendre étaient les cadeaux d’une journée qui la laissait sereine et détendue ; elle prit un réel plaisir à discuter autour d’une part de tarte à la framboise que la sœur de Dolce avait confectionnée sans savoir qu’elle serait si vite mangée.

Le goût des framboises la détacha cependant un petit moment de la réalité. Ramenée en arrière par la saveur sucrée, elle éprouva sur son visage la fraîcheur du vent et inspira profondément l’odeur des grands pins. L’écho des babillements des Petits emplit son esprit, illuminé par le rire de Miss…


Syndrell cligna des yeux lorsque Tendresse se leva pour partir. Le retour au présent fut brutal et il lui fallut une poignée de secondes pour s’en remettre. Sourire un peu triste. D’où lui venait cette nostalgie ? Ce besoin de retrouver la Forêt Maison ?

Elle passa les doigts dans les cheveux courts de Mélisendre. Leur halte dans l’échoppe de Horn y était sans doute pour quelque chose. Le verre était immanquablement lié à son passé et, parfois, celui-ci reprenait le pas sur le présent.
Aussi beau soit-il.


- Pas trop de bêtises, hein ?
- Je serai sage mais je ne promets rien pour Dolce,
répondit-elle dans un clin d’œil complice.

Elle referma la porte derrière Tendresse et se retourna pour s’appuyer contre le battant. Croisa le regard de Dolce. Son intensité lui coupa le souffle. Elle sentit ses genoux trembler légèrement.


- Embrasse-moi…

Murmure.



*



Comment un simple baiser pouvait-il à ce point la priver de tous ses moyens ? Syndrell noua ses bras autour du cou de Dolce et s’appuya de tout son poids contre lui pour ne pas tomber.

Elle n’était pas en mesure de prévenir le moindre danger, d’anticiper la moindre situation qui menacerait leur vie. C’était indécent et imprudent, mais là, contre lui, elle se sentait plus en sécurité que nulle part ailleurs dans cet empire.

Il ne lui arriverait jamais rien tant qu’il était là. Cette certitude dansait dans son cœur et lui enflammait les sens. Elle gémit en l’embrassant, partagée entre un empressement qui la laissait fébrile et l’envie de savourer cet instant. Il lui avait manqué.
Terriblement manqué.

Si seulement il pouvait…


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