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Le Pacte VS L'Ordre
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En espérant te compter très bientôt dans nos rangs,
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Beautiful Apocalypse [ Libre ]

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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Lun 14 Déc 2015, 14:28

Enfonçant sa tête dans le col de sa cape en laine, Kaünis maugréa toute seule.
Voyage renâcla, baissant la tête pour lutter contre le froid et le blizzard glacé qui soufflait sur les Plateaux d’Astariul. Les rafales gelées emportaient avec elle la neige poudrée qui était tombée pendant la nuit ; mais elles charriaient également les flocons d’une blancheur immaculée qui tombaient du ciel envahi par les nuages bas. Parfois, un grêlon venait s’abattre sur la croupe de la jument, qui secouait la tête, mais continuait à avancer. L’Envoleuse sentait que sa monture en avait assez, qu’elle avait envie de galoper pour échapper à ce temps immonde, mais elle s’épuiserait bien trop vite pour avoir une seule chance d’atteindre le refuge qu’elle connaissait : une ferme fortifiée à quelques kilomètres de là.
Le chemin disparaissait sous l’amas de neige qui crissait et se tassait à chaque foulée de la jument. Elles s’enfonçaient de presque dix centimètres à chaque pas, et Voyage avait des stalactites sous le menton, accrochées à ses vibrisses, qui la gênaient.

Mais qu’elle avait été stupide de partir pour le Nord comme ça ! En l’occurrence, elle en revenait, mais bon.  Ça revenait au même.
Certes, elle avait une mission particulièrement intéressante à mener, et qui payait en plus de ça extrêmement bien. Mais est-ce que ça valait vraiment le coup de se peler le cul à ce point ? Cela restait à définir. Heureusement, son employeur lui avait donné une sorte de « faire-valoir », une broche très spécifique qui lui permettrait de se faire ouvrir les portes de plusieurs fermes fortifiées des Plateaux d’Astariul.
Broche qu’elle avait épinglée très visiblement sur le devant de sa cape, qui la fermait au niveau de son sternum. Un cercle fin, dans lequel une tête de cerf bramant prenait place, d’une manufacture très précise.

Voyage accéléra son pas d’un coup, et Kaünis ouvrit les yeux qu’elle avait fermés pour se protéger, découvrant la silhouette inébranlable d’une ferme au milieu de nulle part. Ses murs hauts et gris tranchaient avec la blancheur du paysage, mais l’Envoleuse n’hésita pas : elle laissa sa jument s’en approcher et ébranla la cloche à côté de la large porte d’entrée.

Il fallut plusieurs minutes avant que cette dernière ne s’entrebâille enfin, et qu’une tête d’homme passe entre les battants.
- Mais d’où vous arrivez comme ça ?
Titubant sous une rafale de vent, Kaünis tenta de s’exprimer.
- Al-Poll. Je n’ai pas vu la tempête arriver...
L’homme fronça ses sourcils, qui commençaient déjà à geler, et ouvrit le battant juste assez pour que Voyage puisse s’y faufiler à la suite de la jeune femme.
Le vent cessa d’un coup, et Kaünis poussa un soupir de soulagement. Donnant une caresse sur le chanfrein de sa jument, elle se passa la main sur le visage pour décrocher les flocons qui avaient gelés sur ses joues, son nez et ses cils.
- Pfiou, merci.
- De rien, mais vous êtes folle d’être partie avec ce temps.
- Il faisait juste frais quand j’ai quitté Al-Poll.


L’homme hocha la tête et amena l’Envoleuse dans les écuries pour qu’elle y dépose Voyage. La jeune femme désella sa jument rapidement, la bouchonna énergiquement, avant de lui mettre une bonne couverture sur le dos – prêtée par le fermier.

- Venez vous réchauffer. Nous avons déjà d‘autres voyageurs, vous n’êtes pas la seule à vous être fait surprendre par la tempête.

La ferme-forte était immense, et très bien coupée du vent. Même s’ils passèrent majoritairement dans les bâtiments, ces derniers avaient été construits efficacement car il n’y faisait pas si froid – au moins une demi-douzaine de degrés de plus que dehors, sans le vent.

- Au fait, je m’appelle Clyton.
- Kaünis.


Ils échangèrent un sourire, avant que Clyton n’ouvre une ultime porte donnant sur une immense tablée d’au moins vingt personnes. Le regard de Kaünis s’arrêta quelques secondes sur chaque visage, et elle dut se forcer à avoir un sourire sur les lèvres pour ne pas paraitre impolie et se faire servir à manger.

- Salut… lâcha-t-elle du bout des lèvres. Quelques sourires l’accueillirent, et elle s’assit à table tandis qu’on lui servait une énorme assiette de potage. Elle grimaça en voyant les légumes flotter presque dramatiquement à la surface du liquide chaud, mais se contenta de remercier la personne qui l’avait servie.
Elle s’était assise non loin des autres voyageurs dont Clyton avait parlé et les détailla tranquillement, en essayant de manger ce qu’il y avait dans son assiette…

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"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Jeu 24 Déc 2015, 19:59

[Si quelque chose ne va pas... vous connaissez la chanson Razz - surtout pour toi, Syndrell !]






- Salut…

Darwen haussa un sourcil. Cette voix... il ne l'avait pas entendue depuis un certain temps, mais il la connaissait, il en aurait mis sa main au feu. En relevant le visage, il manqua de recracher le bouillon qu'il s'apprêtait à avaler : Kaünis !

Sa réaction n'avait échappé ni à ses voisins, qui se moquèrent gentiment de lui, ni à l'envoleuse, qui dirigea aussitôt son regard sombre dans sa direction. Le jeune homme regretta amèrement que Syndrell ne soit pas avec lui, en cet instant. Il ne savait plus où se mettre. Il tenta de se remémorer rapidement comment s'était terminée leur deuxième et dernière rencontre, mais cela ne l'avançait en rien : Kaünis était simplement partie sans lui donner un quelconque élément de réponse à propos de leur relation, sans même lui dire au-revoir. Il lui avait dit qu'elle pouvait compter sur lui, mais il doutait fortement qu'elle y ait accordé la moindre attention. La seule fois où elle lui avait vraiment parlé, elle lui avait dit qu'elle ne parvenait pas à l'oublier, qu'elle voulait qu'ils " apprennent à être des amis "... mais c'était en s'adressant au loup. Au loup, pas à moi.

Pensait-elle vraiment ce qu'elle avait dit ? Est-ce qu'elle lui en voulait encore ? Au fond, lui aussi lui en avait voulu. Il lui en avait voulu de ne pas comprendre qu'il se sentait parfaitement concerné par l'accident des jumeaux, et il en était encore blessé. Il lui en avait ensuite voulu d'être partie comme ça... Et puis il avait accepté, parce que c'était elle, justement. Elle partait - fuyait ? -, toujours. Cette fois-là, il ne lui avait pas couru après...

Finalement, 'Wen choisit de lui sourire, franchement, et de ne pas détacher son regard du sien, comme l'on ferait avec une vieille connaissance, sans doute... C'était sûrement la meilleure solution, après tout.


***




- Vous êtes sûrs de ne pas vouloir rester plus longtemps ? Si vous partez maintenant, la tempête aura tôt fait de vous rattraper...

Darwen haussa les épaules, et après avoir échangé un regard entendu avec Syndrell, il sourit largement à son frère de cœur.

- Si on reste plus longtemps, je ne passerai pas l'Ahn-Ju cet année... et c'est bien la dernière chose que je souhaite !

Erlaëm leva les yeux au ciel, mais n'insista pas.

- Je suis heureux de constater que tu es toujours cette tête de mule légendaire... soi-disant, ça ne doit vraiment pas être facile tous les jours pour ton Maître, et je me demande encore comment tu es parvenu à pouvoir prétendre à cet... Ahn-Ju.
- Stupide Frontalier, tes insultes ne m'atteindrons pas, grogna l'apprenti en croisant les bras.
- Bon, tu as peut-être davantage mûri qu'on ne le croit, alors !

L'homme bloqua le poing qui fusait pourtant vers lui.

- Je reconnais que tu as diablement progressé le long de ta Voie... la prochaine fois que tu viendras, un combat s'imposera : tu réussiras peut-être à me vaincre !

'Wen lui tira la langue.

- Allons-y, Maître, nous n'avons plus de temps à perdre avec cet abruti.
- Si vous vous dépêchez, vous pourrez peut-être échapper à la tempête, précisa le Frontalier en adressant un clin d'œil azur à Syndrell. Revenez avec Eole et Lyke la prochaine fois !
- Et cette prochaine fois, avertis Uli et Misha de notre arrivée avant qu'elles ne partent en mission !

Le jeune homme n'avait pu, durant ces quelques jours passés à la Citadelle, ne voir ni son ancienne compagne, ni sa presque-sœur. Si les deux - et particulièrement la première - lui manquaient, il voulait aussi demander des éclaircissements à la Frontalière aux cheveux roux, qui lui avait paru bien mystérieuse - presque inquiétante - la dernière fois qu'il l'avait vue.

En arrivant quelques jours plus tôt dans le but de revoir leurs amis, Darwen et Syndrell avait appris que le traître qui avait tenté d'assassiner Uliwëne n'avait toujours pas été découvert, malgré le temps écoulé depuis l'incident ; les Frontaliers avaient eu bien d'autres affaires à s'occuper, entre de fortes et nombreuses invasions raïs, deux puissantes tempêtes de neige qui avaient bloqué la route par laquelle les aliments qui ne pouvait être cultivés à la Citadelle étaient ordinairement acheminés, le manque de nourriture et l'isolement qui avaient suivi... comme si tout s'était entendu pour leur chercher des ennuis.

L'élève et le Maître allaient enfin passer les portes de la cité frontalière lorsqu'Erlaëm attrapa le bras de son ami.

- Il y a quelque chose que je ne vous ai pas dit, car je ne voulais pas vous inquiéter, mais il faut que je vous prévienne. Prenez garde aux Mercenaires du Chaos ; même si l'enquête n'a pas beaucoup avancé, la majorité des Frontaliers pense qu'ils ont quelque chose à voir dans la tentative d'assassinat d'Uliwëne. J'en fais partie.

Darwen le regarda sans comprendre.

- Comment ça ? Quel intérêt auraient les mercenaires là-dedans ?
- Il n'y a pas de preuve ou de raison précise, ce n'est qu'une supposition... toutefois elle me paraît très plausible. Uliwëne a été attaquée, tu es venu. S'il n'y avait pas eu Syndrell, Sharmal t'aurait tué - sans vouloir t'offenser. Tu crois qu'il ne s'agirait que de hasards ?
- Sûrement, je...

L'apprenti observa la marchombre aux cheveux bleus. Que pensait-elle de tout cela ? Les mercenaires du Chaos pouvaient-ils vraiment en avoir après lui ? Mais pourquoi ? Parce que tu es un métamorphe, en plus d'être l'élève d'une grande marchombre, lui souffla une petite voix. Mais... c'était quand même un peu gros, non ? L'apprenti se mordit les lèvres : cela pouvait-il avoir un rapport quelconque avec Kaünis ? Non, c'était impossible...

Il décida de ne pas y croire. Après tout, quel danger pouvait représenter un simple apprenti aux yeux du Chaos ? Et si une infime partie de lui-même se disait que ça ne pouvait pas être tout à fait idiot, il préféra l'oublier...


***




Ils avaient avancé vite, mais la tempête avait quand même été plus rapide, et elle ne cessait de s'empirer. Cela faisait trois bonnes heures qu'ils bataillaient avec les chevaux contre les rafales et la neige, dont les flocons se transformaient presque en grêlons. Darwen sentait ses forces s'amenuiser petit à petit en même temps que son courage, lorsque les contours d'une ferme apparurent à travers le rideau blanc et glacé qui recouvrait les plateaux d'Astariul. Peinant à faire avancer leurs montures dans l'épaisse couche de poudreuse, les deux voyageurs parvinrent devant les portes du bâtiment au bout de plus d'une demi-heure de lutte supplémentaire. Syndrell se chargea de demander refuge, et une vingtaine de minutes plus tard, tandis que les chevaux étaient en sécurité et au chaud dans l'écurie, le Maître et l'apprenti se trouvaient autour d'une large table en bois entourée des habitants de la ferme, profitant d'un délicieux potage dont la chaleur bienfaisante faisait rosir les joues et oublier la tempête. Ayant terminé son repas avant Darwen, la marchombre s'éclipsa, laissant le jeune homme seul avec ses voisins = une quarantenaire qui lui faisait de l'œil et un vieil homme dont les avances pas vraiment méchantes mais pas vraiment agréables non plus avaient peut-être été l'une des causes du départ de Syndrell.

Le métamorphe essaya de faire connaissance avec les autres personnes de la tablée. On lui resservit du potage et il plongeait le nez dans son bol lorsque la porte de la pièce s'ouvrit une nouvelle fois. Sûrement un fermier qui les rejoignait, pensa l'apprenti ; il ne se préoccupa donc d'abord pas du nouveau-venu, lorsque sa voix retentit.

- Salut…

Darwen haussa un sourcil. Cette voix... il ne l'avait pas entendue depuis un certain temps, mais il la connaissait, il en aurait mis sa main au feu. En relevant le visage, il manqua de recracher le bouillon qu'il s'apprêtait à avaler : Kaünis !



***




Tandis qu'une partie de son esprit attendait le retour de Syndrell avec impatience et que l'autre le redoutait, 'Wen attendit la réaction de l'envoleuse...

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Ven 25 Déc 2015, 23:14

[A mon tour de débarquer ! Perturbée par la couleur des paroles de Clyton, j'ai pris la liberté de la modifier afin de ne pas mélanger avec celles de ma Syn. J'espère que ça vous va... ?]




Perchée sur la coursive, une jambe se balançant doucement dans le vide, l’autre repliée contre elle, Syndrell se noyait dans les teintes changeantes du ciel tourmenté. Le bleu vif devenait gris anthracite au fur et à mesure que des nuages s’amoncelaient au nord, surgissant de la barrière montagneuse pour obscurcir la vallée enneigée et rafraîchir davantage l’atmosphère.

Le menton posé sur le genou, la jeune marchombre suivait des yeux les circonvolutions d’un rapace. Il volait presque paresseusement, les ailes ouvertes, et laissait parfois échapper un cri qui résonnait d’une façon bien particulière. Il émanait de ce ballet aérien une force tranquille et une sérénité telle que Syndrell n’en avait pas ressenti depuis des mois, voire même des années. Elle était parfaitement détendue, son cœur battait lentement dans sa poitrine, animé par une confiance sans limites. L’or flamboyant de ses yeux pétillait de malice et, pour une fois, n’était pas obscurci par l’ombre d’un souci.

Elle était heureuse, tout simplement. La certitude désormais inébranlable que Dolce l’attendait quelque part était un sentiment exaltant, au moins autant que la perspective de retrouver son appartement au cœur d’Al-Chen. Partir pour mieux revenir : voilà ce qui déterminait sa condition de marchombre amoureuse, et que Dolce ait pu comprendre – et accepter ! – cette réalité rendait sa vie plus belle encore.

La Citadelle contribuait grandement à cette sensation de plénitude saisissante. Etait-ce parce qu’elle se dressait face aux éléments, bastion inexpugnable de puissance et de volonté, sans jamais faiblir ? Ou bien grâce aux Frontaliers qui l’habitaient et lui forgeaient une âme dans le respect des traditions et de l’honneur ? Syndrell avait parfois l’impression que c’était autre chose, plus ténu encore qu’un souvenir fugace, mais aussi plus fort qu’une simple impression.

Miss. La Citadelle éveillait en elle l’écho pétillant de son amie et mentor. Comme si celle-ci avait pu se tenir sur cette coursive, à quelques pas d’elle seulement, et observer elle aussi le vol d’un aigle dans la lumière changeante du ciel… L’idée était fantasque, mais Syndrell ne la repoussa pas. Le souvenir de Miss était bien trop vivant en elle pour qu’elle se refuse à le laisser guider ses émotions.

Et, tout naturellement, ses pensées se tournèrent vers Erwan et Ylléna. Il y avait un moment qu’elle ne les avait pas vus, tous les deux. Elle se demandait s’ils allaient bien. Si Ylléna continuait de grandir dans les bêtises qu’elle apprenait de son meilleur ami, Lyke. Si Erwan avait retrouvé la paix. Si elle leur manquait autant qu’ils lui manquaient.

Elle avait demandé à Erlaëm s’il connaissait Erwan Narcos, et s’il pouvait lui parler un peu de son histoire. Le Frontalier avait répondu ni affirmativement, ni négativement. Il s’était contenté de lui proposer gentiment de poser cette question au principal intéressé. Persuadée qu’Erwan était lié d’une manière bien particulière à la Citadelle, et qu’il en était donc de même avec Miss, Syndrell se promit de retrouver rapidement son ami pour en discuter avec lui.

Elle baissa les yeux juste avant que le cri d’Erlaëm ne parvienne à ses oreilles. Il lui faisait signe d’en-bas. A côté de sa puissante stature, elle reconnut immédiatement celle de Darwen, son apprenti, et sourit, même s’ils ne pouvaient pas voir son visage d’aussi loin. Puis elle se redressa… et se laissa tomber dans le vide.

Ecarta les bras et s’envola, comme l’aigle qui poussa un cri chantant.

Tourbillonna dans les airs avant de se retenir au réseau de cordages qu’un ingénieux système de poulies permettait d’utiliser le long des remparts. Elle ne mit guère plus de quelques minutes à rejoindre les deux hommes sur la terre ferme. Sidéré, Erlaëm la regarda épousseter sa tunique et remettre de l’ordre dans ses cheveux bleus.


- Par ma lame, mais comment est-ce que tu fais ça ?
- Secret marchombre,
répliqua Syndrell.

Et elle décocha un clin d’œil lumineux en direction de Darwen avant de laisser les notes joyeuses de son rire s’envoler au gré du vent.







*






- Vous êtes sûrs de ne pas vouloir rester plus longtemps ? Si vous partez maintenant, la tempête aura tôt fait de vous rattraper…

Syndrell leva le nez et observa les lourds nuages qui glissaient au-dessus d’eux. Le vent avait déjà forci et la lumière commençait à décliner. Nul besoin d’être de la région pour deviner la tempête qui s’annonçait, mais…

- Si on reste plus longtemps, je ne passerai pas l’Ahn-Ju cette année… et c’est bien la dernière chose que je souhaite !

Un creux de sourire se dessina dans la joue de la marchombre. La raison de Darwen était fondée mais pas essentielle : comme elle, il avait besoin de vadrouiller, de chercher l’aventure, de bouger. Partir pour mieux revenir…

Ils venaient de franchir les portes lorsque leur ami saisit soudain le bras du jeune homme. Lorsqu’il prit la parole, son ton était plus sérieux que jamais, ce qui tranchait avec sa légèreté coutumière, et ses yeux brillaient d’une inquiétude non feinte.


- Il y a quelque chose que je ne vous ai pas dit, car je ne voulais pas vous inquiéter, mais il faut que je vous prévienne. Prenez garde aux Mercenaires du Chaos ; même si l'enquête n'a pas beaucoup avancé, la majorité des Frontaliers pense qu'ils ont quelque chose à voir dans la tentative d'assassinat d'Uliwëne. J'en fais partie.
- Comment ça ? Quel intérêt auraient les mercenaires là-dedans ?
- Il n'y a pas de preuve ou de raison précise, ce n'est qu'une supposition... toutefois elle me paraît très plausible. Uliwëne a été attaquée, tu es venu. S'il n'y avait pas eu Syndrell, Sharmal t'aurait tué - sans vouloir t'offenser. Tu crois qu'il ne s'agirait que de hasards ?
- Sûrement, je…


Darwen s’interrompit, troublé par les dires d’Erlaëm. De son côté, Syndrell se mordit pensivement la lèvre inférieure. Elle voyait, elle, la raison possible de l’intérêt soudain du Chaos pour son apprenti. C’était la même qui les avait poussés à s’en prendre à Erwan et Ylléna.

Leur capacité de métamorphose.


- Ne t’inquiète pas pour nous, dit-elle d’un ton plein d’assurance et de chaleur. Nous serons prudents, Erl’. Merci pour tout !

Le Frontalier hocha la tête et parut sur le point d’ajouter quelque chose, mais se ravisa et salua ses amis. Ils se quittèrent et les deux marchombres lancèrent leurs montures au galop sur le sentier recouvert de neige.
La tempête les suivit.







*






Et les rattrapa avant la nuit.

Ils avaient parcouru pas mal de chemin vers l’ouest, mais avancer tout en luttant contre les éléments s’avéra de plus en plus dur ; il fallait s’abriter, reprendre des forces, dormir un peu. Darwen ne bronchait pas mais ne plaisantait pas non plus, signe qu’il s’épuisait.

Syndrell était transie et fatiguée elle aussi. Elle se fiait depuis quelques heures à sa mémoire et commençait à croire que celle-ci défaillait lorsqu’enfin, les contours d’une ferme issue de ses lointains souvenirs se dessinèrent devant eux.

Quelques minutes plus tard, elle sonnait la cloche pour avertir de leur présence et piétinait sur place pour tenter de se réchauffer en attendant qu’on vienne à leur rencontre. Au bout d’un moment, la porte s’entrebâilla sur un visage circonspect.


- Oui ?
- Bonsoir ! Nous cherchons un abri pour la nuit. Nous avons été surpris par la tempête…
- Vous n’êtes pas d’ici,
fit remarquer l’homme, sans animosité mais sans chaleur non plus.

Syndrell écarta les bras et lui présenta ses paumes vides.


- Nous ne faisons que passer. Nous avons de quoi payer un repas chaud et une nuitée, et nous pouvons aussi travailler, si vous voulez.

L’homme réfléchit un instant, puis hocha la tête ; le battant s’ouvrit un peu plus largement.

- Va pour une nuit. Entrez vous réchauffer, on va s’occuper de vos chevaux.

Syndrell remercia leur hôte, mais insista pour s’occuper elle-même de Vagabond. Elle appréciait bien trop son cheval pour passer à côté de chaque petit moment avec lui et puis, elle était trop habituée à accomplir cette tâche. Elle resta longtemps auprès de lui, attentive et bienveillante, puis le récompensa d’une carotte avant de suivre l’homme qui les avait accueillis.

- D’où est-ce que vous venez comme ça ? demanda-t-il, curieux.
- Nous avons traversé le Pollimage depuis l’est. On nous avait prévenus que le temps allait changer, mais nous ne pensions pas que cette tempête allait être aussi grande…
- Les tempêtes sons toujours grandes, ici.
- A l'évidence, oui !


L’homme rit et se retourna à demi, sans cesser de marcher, pour tendre une main que la marchombre serra volontiers.

- Clyton, dit-il dans un sourire.
- Syndrell, et lui, c’est Darwen. Merci de nous permettre de rester ici cette nuit.
- Ce sera pas gratuit, j’ai besoin d’aide en cuisine. La tempête a ramené pas mal de monde entre nos murs.


La salle dans laquelle il les conduisit était pleine à craquer. Des hommes et des femmes de tous âges étaient attablés devant un potage dont l’odeur allécha Syndrell ; la surprenant en train de passer sa langue sur ses lèvres, Clyton émit un petit rire de gorge et la poussa vers la table.

- Asseyez-vous et mangez ! Je viendrai vous chercher.

La marchombre ne se fit pas prier. Elle s’installa en face de Darwen et dévora son repas en un temps record, appréciant la chaleur de sa soupe et la consistance du pain qui, alliés à la douceur des flammes qui dansaient dans l’âtre au bout de la table, parvinrent à la réchauffer complètement. Les joues roses et le regard brillant, elle repoussa son assiette vide et se leva tandis que Darwen se resservait.

- Mange, dit-elle en réponse à son regard interrogateur. Je vais voir ce que je peux faire pour aider en cuisine. Pas de bêtise, hein, loupiot !

Le surnom était moins moqueur qu’affectueux et surtout, il  symbolisait un secret partagé dans le respect et l’amitié. Syndrell quitta la salle tout en tressant ses cheveux humides et se laissa guider par son odorat pour trouver la cuisine. Elle s’était efforcée de ne rien en laisser paraître devant Darwen, mais elle avait un pressentiment étrange à propos de cet endroit. Quelque chose de diffus, d’absolument incertain qui titillait son instinct et lui recommandait la plus grande prudence.

Dans la cuisine pourtant, elle rencontra un vieux couple tout à fait charmant. L’homme s’appelait Lahan et tranchait des morceaux de gibier avec l’art et la manière des chasseurs. Il parlait peu mais étaient de ceux qui savent écouter. Celeene, son épouse, régnait sur la cuisine comme sur un royaume. Elle commandait, déléguait, disposait sans hésitation et avec une telle efficacité que Syndrell en fut bouche bée.

Celeene devina au premier coup d’œil que Syndrell n’était pas douée en cuisine. Elle la chargea donc d’aller en salle pour servir les potages, ce que la jeune femme s’empressa d’effectuer : elle avait passé un vieux tablier autour de sa taille mince, et enroulé sa tresse en un chignon qui dégageait ses épaules et révélait la courbe de sa nuque, libérant ainsi ses mouvements. En vérité, il régnait une chaleur telle à l’intérieur de la ferme qu’elle se mit à transpirer rien qu’en portant une marmite dans la salle.

Elle revenait tout juste dans la cuisine lorsque la cloche retentit. Comme chacun semblait être occupé, elle proposa d’aller ouvrir, mais Clyton interrompit sa tâche pour se lever. Elle le regarda s’éloigner dans le couloir, puis observa discrètement ses hôtes. La broche qu’ils portaient presque tous à leur col l’intriguait énormément. Elle ignorait à quoi celle-ci faisait référence et n’osait pas poser la question – du moins, pas directement. En revanche, c’était un mystère qu’elle brûlait d’envie de résoudre.

En arrivant dans la salle, les bras chargés et prête à déloger Darwen de sa chaise avant qu’il ne s’y sente trop à son aise, elle découvrit le jeune homme en train de sourire. C’était chose plutôt commune avec lui, la bonne humeur du garçon était d’ailleurs agréablement contagieuse, mais Syndrell s’immobilisa en réalisant qu’il ne souriait pas par hasard : il souriait à quelqu’un. Une femme, assise en bout de table. Ses longs cheveux noirs étaient encore constellés de perles de glace.

Elle leva les yeux au ciel. Si son élève se mettait à flirter avec toutes les filles du coin, il n’allait pas trouver beaucoup de temps pour aider… Elle s’approcha de la table et posa la soupière avant de récupérer quelques assiettes vides. Son expérience de serveuse lui était profitable, car elle disposait la vaisselle sur ses avant-bras sans mal, et donnait même l’impression que c’était chose facile ! Elle échangea quelques paroles à ce sujet avec une ou deux personnes attablées, puis passa de l’autre côté.

Son regard malicieux tomba alors sur le visage de la nouvelle venue.
Flamboya en la reconnaissant immédiatement.
Avant d’être assombri par un froncement de sourcils.

Que venait faire ici la mercenaire ? Le hasard faisait-il drôlement les choses, ou bien avait-elle un lien avec la menace qui pesait sur la Citadelle – et sur Darwen ?

Réagissant avec la vivacité qui la caractérisait, Syndrell pivota et se débrouilla pour disparaître du champ de vision de Kaünis. Elle se débarrassa de la vaisselle sale et trouva un foulard aux teintes ocre qu’elle noua en fichu sur ses cheveux bleus pour les dissimuler. Elle ne comptait pas réellement se cacher de la jeune femme, simplement éviter de se faire repérer trop tôt : discrète, elle pourrait peut-être en savoir plus sur la raison de sa présence dans cet endroit.

Elle retourna dans la salle et, tout en débarrassant ce qui devait être débarrassé, tendit l’oreille…

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Dim 31 Jan 2016, 18:19

[Me voilààààà !!! \O/ Je m'excuse pour tout le temps que je vous ai fait attendre, et - c'est la première fois que je fais ça xD - je m'excuse pour la longueur de mon post Rolling Eyes mais... c'était important pour la cohérence de l'histoire d'Éole que je mette tout ça x) et puis, vous avez attendu longtemps alors ça fait un plus long post pour vous remercier de votre patience mrred ]








La sensation étrange qui avait envahit Éole à son réveil au pied du Rentaï ne la quittait plus? Ce n’était pas une sensation désagréable, juste le sentiment d’être... différente. Et plus complète aussi. Comme si il y avait quelque chose en plus dans son corps, mais cette chose n’était pas de trop, non, elle occupait une place vide, une place qui l’attendait, faite pour cette chose seule. C’était une sensation troublante, déstabilisante, un peu gênante aussi mais, en même temps, Éole avait l’impression de se sentir vraiment entière pour la première fois de sa vie. Elle prenait conscience que ce bout d’elle même lui avait manqué et qu’il prenait enfin sa place.

Cette sensation, elle le savait, était intimement liée au Rentaï et à la Greffe. Elle le sentait. La grosse montagne lui avait accordé la Greffe et c’était cette chose là qui avait prit sa place dans son corps. L’apprentie le savait : la sensation ne partirait que le jour où elle découvrirait la nature même de sa Greffe. Elle avait le temps.

Cela faisait maintenant une semaine qu’Éole avait quitté le désert des Murmures et elle arrivait enfin face à Al-Jeit. Cela lui faisait tout drôle de se retrouver face à cette ville qu’elle avait quitté dix ans auparavant. Elle n’y était revenue qu’une seule fois, à l’occasion du grand tournoi d’Al-Jeit.
Doutes, craintes et mauvais souvenirs planait dans l’atmosphère de cette ville. Pendant son enfance - depuis l’assassinat de son père en fait - elle avait associé la capitale à une prison dorée dans laquelle tout le monde rêvait de vivre mais dont elle ne pouvait s’échapper. Il n’y avait que deux endroits qui lui faisaient oublier ce sentiment : son école de danse et son centre équestre. Quand elle pouvait se réfugier dans l’un de ces deux endroits, elle avait la mince illusion qu’elle était libre... Mais cela ne durait jamais assez longtemps.
Al-Jeit était la merveilleuse ville dans laquelle sa mère l’avait enfermée avant de l’y abandonnée puis celle où des parents adoptifs, qui n’aimaient d’elle que la prime qu’elle leur rapportait, l’y avait séquestrée. Quand elle était partie, quand elle avait fui la capitale, elle avait enfin brisé ses chaines et était passée à travers ses barreaux pour voir le monde. Et le monde, elle l’avait vu.

Cependant, elle n’avait pas uniquement des mauvais souvenirs dans cette ville. De bons souvenirs éclairaient l’idée sombre que la jeune femme se faisait d’Al-Jeit. Son école de danse, son centre équestre, la beauté de ses tours de verre sorties tout droit de l’Imagination, Naliwë, Bolshoï... et le Grand Tournoi. Sa mère l’y emmenait tous les ans et c’était le seul moment dans l’année où elle avait l’occasion de découvrir le monde extérieur. En effet, Éole s’amusait à tromper la vigilance de sa mère pour aller parler tant au spectateurs qu’aux conquérants... C’était pour ce souvenir qu’elle était revenue une unique fois à Al-Jeit depuis son départ, mais ce n’était pas pour cette raison qu’elle revenait cette fois-ci.

Elle ne pouvait l’expliquer d’ailleurs. Dix ans s’étaient écoulés, elle avait découvert les marchombres et n’était plus qu’à quelques pas de devenir l’un d’entre eux... Elle avait changé, évolué, mûrie. Éole découvrait ce jour-là, la capitale d’un œil nouveau. Elle voyait toutes ces tours à escalader et imaginait la vue qu’elle pourrait avoir une fois assise sur leurs toits... Il y avait toutes ces petites boutiques qu’elle n’avait jamais pris le temps de visiter, ces terrasses où elle n’avait jamais bu un verre en observant les passants... Ces ruelles sombre qu’il lui fallait encore explorer... Elle avait vécu seize années à Al-Jeit et pourtant, elle était si loin de connaître cette ville ! Sa ville natale !

Le Rentaï l’avait changée aussi. En quittant le désert des Murmures, elle avait eu envie de faire un tour par Al-Jeit pour se réconcilier avec la capitale.
Éole entra par la porte de Rubis, à l’est. Comment ne pas être émerveillée par tant de beauté, de pureté, de... de magie. Oui parce qu’il n’y avait que la magie qui pouvait créer cela. L’équipe de Merwyn avait accompli un miracle. C’était quand elle voyait la splendeur de leur création qu’Éole regrettait de ne pas avoir le don du Dessin. Les Spires devaient être si belles... Comme chacune des quatre portes de la capitale, un pont emmenait les voyageurs sur la colline où était plantée la ville. Ce pont passait sous une cascade qui s’écartait d’elle même pour passer de par et d’autre du pont, comme si il était prit sous un dôme invisible qui retenait l’eau. Pour finir, il fallait passer sous une arche de éclatante qui ouvrait sur la ville.
Éole avait toujours préférée la porte d’Améthyste, au nord, parce que le violet était sa couleur favorite et que les milliers de nuances dont se teintaient le pont, l’eau et l’arche était d’une telle richesse...
Cependant, la porte de Rubis restait exceptionnelle... Le rouge du pont flamboyait sous les rayons du soleil, l’eau ressemblait à du feu liquide et l’arche était semblable à un brasier géant.
Éole entra dans la cité, le souffle coupé, des étoiles pleins les yeux.

~ * ~

La jeune femme avait déniché une petite auberge modeste dans un quartier tranquille où elle avait réservé une chambre avant d’aller faire un tour. Ses pas la guidèrent sur la grande place centrale encore très agitée à cette heure ci de la journée. Pourtant, le soleil commençait à disparaître à l’horizon. Les gens rentreraient bientôt chez eux pour préparer à manger.
Éole s’installa à la terrasse d’un bar et commanda un thé en attendant que la foule se disperse.

- Bonjour mademoiselle, vous êtes...

Surprise, la jeune danseuse tourna la tête en direction de l’homme qui l’avait abordée, prête à toute éventualité. Il s’agissait d’un quinquagénaire aux rares cheveux gris sales, au visage ridé ravagé par les méfaits de l’alcool. Éole, méfiante, planta son regard sombre dans les yeux verts délavés du vieil homme qui ravala immédiatement les mot qu’il s’apprêtait à prononcer. Il ouvrit plusieurs la bouche pour la refermer aussitôt, cherchant ses mots. Il semblait surpris et ses yeux se mirent à briller soudainement, comme si il reconnaissait un fantôme mort depuis longtemps et qu’il se mettait soudainement à croire à un miracle...
Éole décida de ne pas faire durer plus longtemps son malaise et prit la parole avec un sourire confiant.

- Bonjour monsieur, en quoi puis-je vous être utile ?

Les joues ridées de l’homme se teintèrent de rouge. Il se mit à se tortiller les mains, visiblement mal à l’aise. La méfiance d’Éole commença à baisser. Un homme qui perdait ainsi ses moyens face à une jeune femme ne devait pas être bien dangereux.

- Je... euh... Je ne voulais pas...

Éole haussa un sourcil et lui adressa un sourire attendri pour lui montrer qu’elle n’allait pas le manger.

- Je ne voulais pas être incorrecte... Je... C’est que... Vous me rappelez quelqu’un...
- Qui donc ?
- Oh... c’est une longue histoire... Je ne suis pas sûre qu’une jeune fille comme vous veuille perdre son temps à écouter les histoires d’un vieil ivrogne...


La mine penaude, il se détourna et s’apprêta à partir. Piquée par la curiosité, Éole le rappela.

- Attendez ! Je serai ravie d’entendre votre histoire vous savez.

L’inconnu se retourna et Éole lui adressa un sourire sincère. Quelque chose dans le regard de cet homme l’avait touché et elle sentait qu’il avait besoin d’un oreille attentive. Elle lui fit signe de s’asseoir, lui commanda un thé et l’encouragea à parler. Avec un sourire timide, l’homme se libéra et raconta son histoire.

- J’avais vingt-cinq ans quand je l’ai vue pour la première fois. Je tenais une petite épicerie. Quand elle est entrée, mon cœur a raté un battement. Elle avit les mêmes yeux noirs brillants de mille feux que vous... Des cheveux noirs de jais qui tombaient en cascade sur ses épaules, sur sa poitrine et dans son dos... Un sourire éblouissant. Elle n’avait as vingt ans et l’énergie de sa jeunesse la faisait rayonnée. Elle venait d’arriver à Al-Jeit et ne connaissait pas bien la ville. Elle avait atterri dans ma boutique par hasard parce qu’elle s’était perdue. Vous savez, les clients ne se bousculaient pas à mes portes alors j’ai fermé et je l’ai raccompagnée chez elle. J’ai vécu quelques minutes de rêve à ses côtés. Mais quand on est arrivé devant chez elle, un homme est sorti. Son amant, futur époux... Un mec plus vieux que moi, un beau type bien foutu avec un sourire charmeur des yeux d’un bleu merveilleux et des cheveux blonds comme le soleil. Un gars plus beau que moi, cuistot tout récemment embauché dans une des meilleures auberges de la ville. Un gars avec qui elle était heureuse. Riche. Mon rêve s’est écroulé. Je ne l’ai plus jamais revue. Je n’habitais pas le même quartier et, au début, je cherchais à l’éviter. Puis je l’ai laissé au fond de ma mémoire... jusqu’à aujourd’hui... Parce que vous lui ressemblez... Vous êtes sûre que ça va ? Vous êtes toute pâle tout d’un coup !
- Je...


Éole calcula rapidement dans sa tête. Cela ne pouvait être une coïncidence. Il ne pouvait pas y avoir autant de détails en rapport avec...

- Vous savez comment elle s’appelait ?
- Euh... Akara, pourquoi ? Eh ! Mademoiselle, il ne faut pas pleurer ! Vous savez je m’en suis remis... Ce n’est pas à cause d’elle que je... Mais que vous arrive-t-il ?


Éole releva la tête et sécha ses larmes. Elle n’y croyait juste pas.

- C’est normal que je ressemble à cette femme... C’est ma mère.
- Oh ! Mais oui, c’est évident ! Vous avez le même sourire que le cuistot ! Et la même forme de visage aussi maintenant que j’y pense !
- Vous... ne savez rien de plus sur elle ?
- Non. Je vous dit, je ne l’ai pas revue. Désolé. Mais... sans indiscrétion... qu’est-ce qui s’est passé qui vous mette dans cet état ?


Un sourire étira les lèvres d’Éole.

- Elle... elle m’a abandonnée il y a dix ans... Je n’ai jamais vraiment cherché à la retrouver mais, “par hasard” j’ai retrouvé sa trace dans les Frontières de Glaces. On m’a dit qu’elle avait rejoint un groupe de trappeurs. Pourtant, je me suis arrêtée au pied des montagnes et j’ai fait demi-tour... Je ne voulais pas remuer mon passé. Mais aujourd’hui... Je ne sais plus en fait.
- Je suis désolée pour vous... Je vous ai remis le doute c’est ça ? C’est de ma faute...
- Non, non ! Vous n’y êtes pour rien... Enfin, oui, vous avez réveillé ces souvenirs, mais peut-être que cela veut dire que j’ai besoin de savoir.


La jeune fille adressa un petit sourire à l’homme qui changé soudain d’expression. Son air désolé tomba d’un coup, ses sourcils se froncèrent et il se mit à réfléchir pendant de longues secondes. Quand il leva de nouveau son regard vers elle, il semblait mal à l’aise, confus. Éole haussa un sourcil. L’homme planta ses prunelles vertes dans les siennes, l’air grave.

- Je ne vous ai pas tout raconté. En fait, je vous ai caché une partie de la vérité et j’avoue vous avoir un peu menti... Je voulais être sûr en fait. De qui vous étiez. Et vous montrez que je ne vous veux pas de mal...

L’apprentie marchombre resta interdite. Elle voulut parler mais elle ne trouvait pas ses mots. L’homme la devança.

- Je m’appelle Marcus, je suis trappeur en réalité... Mon histoire était vraie, j’ai vraiment connu votre mère à son arrivée à Al-Jeit et je ne l’ai pas vu pendant plus de dix ans. Je n’ai jamais réussi à l’oublier... et elle ne m’avait pas oublié non plus. Un soir, elle est venue me trouver dans ma petite épicerie. Elle avait besoin d’aide. Elle m’a rapidement tout raconté. Le passé de son mari, son assassinat, vous, le danger qui rôdait pour elle et pour vous... C’est moi qui l’aie aidée à s’enfuir et je suis partie avec elle. Rien ne me retenait à Al-Jeit.

Notre voyage a été long. Nous avons traversé l’empire pour nous rendre dans les Frontières de Glaces où nous espérions trouver refuge au sein d’un groupe de trappeurs. On s’est beaucoup rapproché pendant notre longue marche. Mais Akara allait de plus en plus mal. Elle avait peur et cette peur l’a bouffée. Elle s’en voulait terriblement de t’avoir laissé, elle psychotait, voyait des trucs dans la nuit. Je sentais bien qu’elle vivait un cauchemar et je faisais tout pour la soutenir, pour la rassurer... Mais peu à peu, elle s’est renfermer dans sa douleur. On a passé de longs et terribles jours dans les Frontières de Glaces. On avait froid, on avait faim et Akara ne m’adressait plus la parole. Elle hurlait dans son sommeil, se réveillait en sueur mais refusait de me parler. Je ne pouvais même pas la toucher... Et puis un soir... Je l’ai perdue. Je l’ai cherchée longtemps mais en vain. Je suis finalement tombée sur un groupe de trappeurs qui m’a recueilli et accepté parmi eux.

Quelques semaines plus tard. Ils l’ont retrouvée, errante seule, sans but. J’étais si soulagé de la savoir vivante ! Mais ma joie fut de courte durée... C’était comme si elle ne me reconnaissait pas... Je n’ai plus jamais vu ses yeux ni entendu le son de sa voix. C’est horrible...

Et puis un jour, elle a prononcé un mot. Ton nom. On était à la hauteur de la Citadelle. Je n’ai pas compris pourquoi elle a dit ça tout d’un coup - maintenant je comprends mieux : elle a senti que tu étais là. Je me suis juste dit que quelque chose avait changé. J’ai annoncé mon départ et je t’ai cherchée. Quand je t’ai vue tout à l’heure, j’ai cru que je rêvais, j’avais perdu tout espoir de te retrouver et je tenais près à reprendre la route du Poll ! Vient avec moi Ombe ! Ta mère a besoin de toi... Et toi...

- J’ai besoin de savoir.


Éole avait écouté l’histoire sans broncher, n’avait même pas remarqué qu’il la tutoyait finalement, mais une forte émotion lui serrait la poitrine. Il était temps. Elle devait savoir. Elle adressa un sourire sincère au trappeur.

- Merci, Marcus. Merci d’être venu me chercher. Mais je... Je préférerais faire le voyage seule... Je partirais bientôt, je dois juste aller chercher quelque chose avant. Partez devant, on se retrouve au Poll.

En réponse à celui de la jeune fille, un sourire étira les lèvres du vieil homme.

- Comme tu voudras. Le groupe se dirige vers Al-Poll. Nous t’attendrons là-bas. À bientôt Ombe !
- Éole. Ombe a disparu. Aujourd’hui, appelez-moi Éole.
- Très bien. Bonne route Éole !
- À vous aussi ! Au revoir et merci pour tout.


La jeune danseuse suivit Marcus du regard tandis qu’il s’éloignait, se préparant mentalement à affronter une bonne fois pour toute son passé.

~ * ~

Éole n’était pas restée plus longtemps à Al-Jeit et, après un petit détour par l’Académie pour récupérer Bolshoï, elle partit à l’assaut d’Al-Poll et au delà...

L’idée de couper par les Plateaux d’Astariul était aussi saugrenue que complètement idiote. Éole n’avait pas oublié s’y être perdue dix ans plus tôt sur le chemin d’Al-Poll - un sentiment de déjà vu ? mais, pourquoi ? - elle n’avait pas non plus oublié sa première rencontre avec Syndrell, et Dolce, ni les histoires de brûleur qu’il avait raconté... Elle n’ignorait rien des dangers de ces Plateaux, mais elle n’avait plus seize ans. Elle avait passé et réussi son Ahn-Ju. Elle avait rencontré le Rentaï. Elle avait obtenu la Greffe (même si elle ne savait pas encore laquelle). Elle n’était pas aussi démuni qu’à l’époque. Et puis ce n’était pas la même saison non plus. La neige avait recouvert le paysage, le rendant en même temps plus sûr - beaucoup d’animaux dangereux devaient certainement hiberner - et plus incertain. Tout n’était que blanc autour de la jeune femme, gommant ainsi tout repères visuels. Éole réussissait néanmoins à s’orienter grâce au soleil, bien qu’elle le distinguait mal derrière les nuages.

Cependant, tandis qu’elle repliait sa tente un matin, un mauvais pressentiment s’installa au creux de son estomac. Le ciel n’augurait rien de bon... Têtue comme une mule, Éole se mit tout de même en route. Et le regretta.
Il ne faisait pas encore nuit quand elle s’abattit sur elle. Grêlons et neige se mélangeaient, emportés par de brusques bourrasques de vent. Éole avait froid et peinait à avancer. Bolshoï n’était pas dans un meilleur état. L’apprentie hésitait entre s’arrêter et continuer. Elle savait qu’ils ne pourraient pas continuer très longtemps dans cette tempête mais, d’un autre côté, s’arrêter et planter la tente était juste impossible. La cavalière et sa monture continuèrent. Éole se maudissait et Bolshoï devait certainement faire de même...
Elle ne voyait pas cinq mètres devant elle, neige et glace lui giflait le visage et le froid s’insinuait sous ses vêtements. Elle commença à s’inquiéter... La tempête cesserait-elle à temps ? Allait-elle mourir de froid, ensevelie sous la neige ?
Éole se posait toute ces question quand les contours d’une ferme apparurent devant elle. Une vague de soulagement la traversa et elle poussa son cheval au petit trot pour arriver plus vite jusqu’au refuge. Arrivée devant la porte, elle descendit de cheval et frappa. Elle attendit plusieurs longues minutes que la porte s’ouvre enfin sur un homme au visage sévère.

- Qu’est-ce que c’est ?
- Bonjour Monsieur, puis-je vous demander l’hospitalité pour une nuit ? Je me suis faite prendre par la tempête... Je peux vous être utile si vous voulez.
- Mmh... Bon, une nuit c’est ok. Je suppose que vous voulez une place à l’écurie pour votre cheval ? Très bien. Je vous laisse l’emmener, c’est là bas. Et puis demandez au garçon ce que vous pouvez faire à l’écurie pour aider. Vous n’êtes pas la première à vous être fait surprendre. Malheureusement. Y’a du boulot. Aller voir à l’écurie et ensuite vous viendrez prendre un repas chaud.
- Merci beaucoup monsieur. Merci. Je m’appelle Éole.
- Clyton. Aller au boulot, je n’héberge pas les imprudents gratuitement.
- Oui oui. Merci.


Sur ces mots, l’homme - Clyton - ferma la porte et Éole se dirigea vers les écuries. Elle passait presque une heure à aider le garçon des écuries à s’occuper des chevaux. À un moment, il amena deux chevaux qu’elle avait l’impression d’avoir déjà vu mais n’arriva pas à savoir d’où elle les connaissait... Quand le garçon lui fit signe d’aller se restaurer, elle délaissa sa tâche avec soulagement. Elle était épuisée.

La salle à manger était pleine.

*Il y a autant de gens qui se baladent en plein hiver dans les Plateaux d’Astariul et autant d’insouciants pour se faire surprendre par une tempête comme celle là ?*

Surprise, Éole alla chercher un bol de potage fumant et chercha une place où s’asseoir. Beaucoup de personne portaient une broche semblable épinglée sur leur col. Pourquoi ? Avait-elle fait irruption dans une réunion secrète ? Peut-être était-ce pour cela qu’il y avait tant de monde, ils ne s’étaient pas faits prendre par la tempête, ils avaient rendez-vous ici... Cependant, de rares personnes de portaient pas cette fameuse broche, eux étaient les imprudents comme elle qui avaient tenté de braver le temps. Et parmi eux, un visage connu. Éole venait de finir son potage quand elle aperçut un jeune homme deux tables plus loin qu’elle connaissait. Un sourire illumina son visage et elle n’hésita pas une seule seconde. Elle se leva et se dirigea droit vers lui.
Des yeux d’un bleu intense, des cheveux noirs en bataille... Il neigeait aussi quand elle l’avait rencontré la première fois. Un apprentie marchombre, comme elle.

- Hé ! Salut Darwen ! Toi aussi tu t’es fait prendre par la tempête ? lança-t-elle avant de remarqué qu’il fixait, incrédule, une jeune femme à côté d’elle. Oups, pardon, je vous dérange peut-être...

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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Sam 06 Fév 2016, 22:51

[ Plus on est de fous plus on rit ! Contente que tu aies pu nous rejoindre Éole ^^ ]







Kaünis était en train de baisser les yeux vers sa soupe morcellée quand un bruit d'étouffement craché attira son attention de l'autre côté de la table. Elle leva le regard vers l'endroit d'où cela venait, et soudain son coeur ratta un battement. S'emballa. S'arrêta. S'emballa...

Presque en tachycardie, la jeune femme faillit avaler de travers quand elle croisa le regard de Darwen, qui la fixait intensément lui aussi. Mais bordel, qu'avait-elle fait, par les jupons de Merwyn, pour ne cesser de trouver ce mec sur son chemin ?! En plus, il lui souriait quoi... Son ventre se contracta vivement, et elle se mordit la lèvre inférieure discrètement, discernant sur le côté de la table un mouvement rapide qu'elle ne releva pas – elle avait toujours le regard fixé sur l'apprenti Marchombre.

Déglutissant lentement, l'Envoleuse prit une grande inspiration, et se redressa, roulant les épaules en arrière.
* Je suis en paix avec moi-même, de toutes façons. Qu'il aille se faire voir ! * Décidée, la jeune femme se gratta le menton malgré elle – bonjour les micro-expressions – se reprit au dernier moment, et lui adressa un sourire légèrement tordu, dans toute son ambiguïté.  Elle n'allait pas se laisser intimider, et puis merde, il n'était pas le centre du monde !

Puis, cette fois-ci, un mouvement clair et précis se glissa dans son champ de vision, et une jeune femme apparut, invectivant directement Darwen en l'appelant par son prénom.
- Hé ! Salut Darwen ! Toi aussi tu t’es fait prendre par la tempête ? Oups, pardon, je vous dérange peut-être...
Kaünis détailla la jeune fille en question plusieurs secondes, de bas en haut, dans le but explicite de la mettre mal à l'aise le temps de cette inspection. Elle devait faire environs sa taille, un peu plus fine qu'elle, et ses yeux noirs faisaient parfaitement écho à sa chevelure de la même couleur, profonde et presque velourée. Elle avait un très joli visage, et ses gestes étaient assurés et souples.
Finissant son examen, l'Envoleuse se laissa aller contre le dossier de sa chaise, remontant son coude gauche sur ce dernier, et se balança un instant sur un seul pied, son regard glissant vers Darwen.

Oh, qu'elle avait envie de l'emmerder, là tout de suite.
Alors, elle eut un large sourire, mais son regard brilla d'un certain plaisir anticipé. Peu importait si personne ne tombait dans le jeu, elle voulait juste essayer.

- Oh non, pas du tout ! Elle coula un regard entendu vers Darwen, avant de continuer, un sourire mi-figue mi-raisin sur les lèvres. Ça m'amuse toujours beaucoup de me rendre compte que Darwen a vraiment du succès auprès de la gente féminine ! Ceci dit, il a bon goût, en fait. T'es très jolie.

Son compliment était sincère, et cela se lisait sur son visage, mais le but de ce dernier n'était pas forcément de faire plaisir ou de toucher la jeune femme : non, c'était de juste voir la réaction de Darwen. Elle était bien curieuse de voir le jeune homme en situation. Mais encore une fois, un mouvement dans son champ de vision  attira son attention, et cette fois-ci elle écouta son instinct et son regard se posa sur une femme qui portait un fichu sur la tête. Plissant légèrement les sourcils, Kaünis était presque sûre de l'avoir déjà croisée, et quand elle leva les yeux vers la personne qu'elle servait, l'Envoleuse capta la couleur de ses prunelles : dorée.
Immédiatement, elle réalisa que c'était Syndrell. Et son attitude montrait qu'elle était très attentive à ce qu'il se passait de ce côté de la table.

Darwen. Syndrell.
Une nana qui connaissait Darwen, mouvements gracieux, finement musclée, sans broche...
Marchombres. Elle était entourée de Marchombres !

Elle ramena immédiatement son attention vers Darwen et la fille. Cela n'avait pris qu'une seconde, et elle guetta les réactions des deux personnes, prenant une bouchée de son potage.
Innocemment, oui oui.

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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Dim 14 Fév 2016, 18:53

[Désolée, Éole, j'avais oublié de répondre à ton mp ! Wink]




Apparemment, il n’était pas le seul à se sentir mal à l’aise. Quelque chose s’était violemment contracté dans son ventre, tandis qu’il essayait de déchiffrer l’expression de l’envoleuse. Et sa première impression eut pour effet d’accentuer son trouble : la jeune femme ne semblait pas heureuse de le voir. Surprise, c’était certain - et compréhensible, il l’était tout autant - mais pas heureuse. En tous cas, elle ne le laissa pas paraître, adoptant l’air fier qu’il lui connaissait bien, et se contentant de lui adresser un sourire qui tenait plus de la grimace. Darwen avait bien remarqué son trouble, mais il ne pouvait dire s’il tenait du positif ou du négatif. Il avait en face de lui la Kaünis habituelle, somme toute. Fière, presque arrogante, et terriblement complexe...

Retour à la case départ, alors ?

Il se força à ne pas détourner le regard, même si son sourire s’était presque effacé, se restreignant au coin de sa joue. Il hésitait à reprendre son repas, sans cesser de la regarder, ou à lui adresser la parole, lorsqu’un mouvement, sur le côté, attira son attention, suivi d’une voix qui ne lui était pas inconnue.

- Hé ! Salut Darwen ! Toi aussi tu t’es fait prendre par la tempête ? Oups, pardon, je vous dérange peut-être...

Le jeune homme eut le temps d’apercevoir l’expression de Kaünis en réaction à l’arrivée de la nouvelle venue avant de tourner son regard clair vers elle. Un nouveau sourire étira ses lèvres lorsqu’il reconnut Éole, quelques centimètres de cheveux en moins, étonné de cette coïncidence alors qu’il venait juste de quitter la Citadelle. Il était heureux de la revoir ; heureux, aussi, de cette diversion que la jeune femme apportait... Il se leva de sa chaise et s’apprêta à lui répondre, mais Kaünis le devança. Évidemment...

- Oh non, pas du tout ! Ça m'amuse toujours beaucoup de me rendre compte que Darwen a vraiment du succès auprès de la gente féminine ! Ceci dit, il a bon goût, en fait. T'es très jolie.

L’apprenti avait bien vu le regard de l’envoleuse coulant vers lui, et il ne put s’empêcher de lever franchement les yeux au ciel. Même si ses yeux vert sombre posés sur lui déclenchèrent une déferlante de chaleur dans son ventre. Même le son de sa voix, qu’il n’avait pas entendue depuis si longtemps, fit dresser les poils de ses bras. Même si un tremblement imperceptible mais incontrôlable se propageait sur tout son corps...

Il avait bien compris qu’elle le testait. Qu’elle avait envie de s’amuser. Et qu’elle se fichait totalement de la conséquence que ses paroles pouvaient avoir sur Éole, qu’elle ne connaissait pas pourtant - elle n’en avait pas l’air, en tous cas. Car elle ne faisait pas du tout attention à elle, et semblait se concentrer sur lui. Uniquement sur lui.

Enfin... Du coin de l’œil, le jeune homme vit que le regard de Kaünis changeait soudainement de direction, et en le suivant... il trouva Syndrell. Syndrell, qui était revenue, un foulard noué sur le crâne, en train de débarrasser quelques assiettes sur la grande table... mais attentive à ce qu’il faisait, il en aurait mis sa main à couper. Inspirant légèrement, le jeune homme reporta entièrement son attention sur Éole, à qui il offrit un sourire complice.

- Enchanté de te revoir Éole ! Ne t’inquiète pas, tu ne déranges pas du tout, au contraire !

Chacune pouvait prendre cette dernière précision comme elle l’entendait. Une simple expression, une réponse à la pique de Kaünis... Et puis c’était vrai, la marchombre tombait plutôt bien !

- Je te présente Kaünis, en... quiquineuse de son état. Elle aime bien me tourmenter, ça doit être un effet de mon... succès.

Et toc !

Aucune arrogance dans ses propos, même s’il était conscient que l’envoleuse n’avait pas tout à fait tort. Sauf sur une partie de sa phrase, puisque ‘Wen pouvait aussi susciter l’attention des hommes - une pensée pour Maël, qu’il avait retrouvé récemment, passa furtivement dans un coin de sa tête. Mais sur le moment, la présence de Kaünis à côté de lui était bien plus forte...

- C’est marrant, je reviens justement de la Citadelle, et Erlaëm m’a dit de revenir avec toi la prochaine fois ! Mais d’ailleurs, tu t’es coupé les cheveux depuis que l’on s’est rencontré, je me trompe ?

Il avait voulu préciser que Syndrell se trouvait avec lui, mais il se souvenait du regard de l’envoleuse en direction de son Maître ; la possibilité qu’elles se connaissaient n’était donc pas à exclure, et, dans ce cas, il ignorait totalement la relation qu’elles pouvaient avoir, et si elles savaient qu’elles étaient des ennemies potentielles. Et si Syndrell savait ce qui le liait, lui, à Kaünis... Malgré lui, Darwen se mordilla la lèvre inférieure, attendant de voir ce qui allait se passer. La marchombre aux cheveux bleus avait très certainement entendu leur conversation, et si elle jugeait bon d’y prendre part, elle pouvait le faire d’elle-même...

- Assied-toi avec nous, Éole, ne te gène pas !

Appuyant ses paroles, le jeune homme tira une chaise à côté de lui pour son amie, avant de se rasseoir lui-même. Tout en essayant de calmer le tambourinement de son coeur, dans sa poitrine... Parce qu’il ne savait pas comment la situation allait se poursuivre, et parce qu’en face de lui, la présence de Kaünis l’appelait tout entier.

Son regard. Sa bouche. Ses cheveux. Sa peau...

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Lun 15 Fév 2016, 09:24

Syndrell s’affairait sans perdre une miette de la scène. Elle vit la jeune femme s’approcher de son élève, et ne reconnut Eole que lorsque celle-ci lui adressa la parole d’un ton joyeux. La marchombre en laissa presque tomber ses plats. Eole ! Toujours aussi calme et jolie – mais quelque chose avait changé. C’était d’ailleurs pour cette raison que Syndrell ne l’avait pas repérée plus tôt.

Sans doute plus polie que la totalité des personnes présentes dans cette salle, Eole s’excusa auprès de Darwen. Et ce fut Kaünis qui se chargea de lui répondre.

- Oh non, pas du tout ! Ça m’amuse beaucoup de me rendre compte que Darwen a vraiment du succès auprès de la gente féminine. Ceci dit, il a bon goût, en fait. T’es très jolie !

Insolente et nonchalante. La provocation était toutefois trop travaillée pour être anodine, et Syndrell pivota légèrement pour détailler Kaünis. Elle était assise ou plutôt, avachie sur sa chaise, quasiment en équilibre sur un seul pied de celle-ci. Son regard pénétrant était fixé sur Darwen. Par la Dame, se rendait-elle compte à quel point elle était jolie, elle aussi ? Mais ce qui attira davantage l’attention de Syndrell, ce fut la petite broche qui scintillait à son revers.

Tiens, tiens…

- Enchanté de te revoir, Eole ! s’exclama Darwen. Ne t’inquiète pas, tu ne me déranges pas du tout, au contraire !

Ben voyons. Syndrell n’était pas née de la dernière pluie et elle voyait, rien qu’à la façon dont son apprenti se tenait sur sa chaise, qu’il n’était pas spécialement à son aise. Voilà qui promettait d’être intéressant. Décidant de rester un simple témoin de l’histoire, la marchombre continua de débarrasser silencieusement, guettant la suite.

- Je te présente Kaünis, en… quiquineuse de son état. Elle aime bien me tourmenter, ce doit être un effet de mon… succès.

Syndrell leva les yeux au ciel. Les hommes et leur égo surdimensionné…

- C’est marrant, je reviens justement de la Citadelle, et Erlaëm m’a dit de revenir avec toi la prochaine fois ! Mais d’ailleurs, tu t’es coupé les cheveux depuis que l’on s’est rencontrés, je me trompe ?

Non, il avait raison. C’était un des changements qui avaient interpelés Syndrell chez la jeune femme, un changement qui lui seyait mais qui n’était pas non plus celui qui intriguait.

- Assied-toi avec nous, Eole, ne te gêne pas !

Pauvre Eole. Savait-elle seulement dans quoi elle était en train de s’embarquer ? Il fallait être aveugle pour ne pas remarquer le manège de Darwen et Kaünis. C’était à qui lancerait la plus grande pique. Toutefois, Darwen semblait avoir plus de difficultés à dissimuler ses émotions. La façon dont il dévisageait Kaünis allait même finir par mettre toute la salle au courant de ses sentiments.

*Reprends-toi, jeune apprenti !*

Elle hésitait entre lui jeter discrètement une boulette de pain et lui renverser une soupière sur la tête pour calmer ses ardeurs, lorsqu’un mouvement attira son attention en périphérie de son champ de vision. Clyton venait de disparaître par la porte du fond, suivi par trois hommes. Oubliant la petite scène de ménage de son élève, Syndrell posa une dernière assiette en équilibre sur son bras et fila à leur suite.

Dans le couloir désert, elle se débarrassa de la vaisselle et de son tablier en les déposant sur un buffet. Puis elle se glissa sans bruit jusqu’à la première pièce. La porte était verrouillée. Un coup d’œil derrière son épaule pour s’assurer qu’elle était bien seule, et Syndrell s’accroupit, crochets en main,  pour forcer la serrure.

Moins de dix secondes plus tard, elle entrait dans ce qui s’avérait être un bureau. Sans cheminée pour réchauffer la pièce, il régnait un froid de canard tandis qu’à l’extérieur, la tempête faisait rage. Syndrell balaya les lieux du regard et s’approcha du bureau jonché de paperasse. Elle commença à fouiller, ignorant ce qu’elle cherchait exactement ; un détail sortant de l’ordinaire, un indice lui permettant de mettre un nom sur ce pressentiment qui l’assaillait depuis son arrivée dans cet endroit…

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Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Dim 28 Fév 2016, 21:23

Éole sentait une espèce de tension entre Darwen et la jeune femme en face de lui et elle s’en voulait de s’être laissée aller par son enthousiasme. Elle les coupait certainement dans leur échange et elle se sentait un peu comme un cheveu sur la soupe. Pas à sa place entre ces deux là quoi. La jeune femme la détailla de haut en bas, d’un regard un peu hautain... L’air de dire “qu’est-ce que tu fous là toi ?”. Mal à l’aise mais loin de se laisser déstabiliser, Éole lui rendit son regard et détailla l’inconnue à son tour. Des cheveux noirs de jais, brillants et soyeux, lui tombaient sur ses épaules, encadrant son visage bien dessiné et faisant ressortir un regard vert qui semblait vous happer comme le ferait des eaux marécageuses. Jolie et attirante — Éole jeta un coup d’œil à Darwen — la jeune femme avait des lèvres charnues juste comme il le fallait, un nez qui remontait légèrement en trompette et des pommettes hautes. Un éclat sur le col de la jeune femme attira soudain le regard d’Éole. La broche. Elle aussi en avait une... Quelle était donc sa signification ?
La jeune dans se tourna vers la danseuse et lui sourit en la reconnaissant. La jeune fille lui rendit son sourire. Il ouvrit la bouche pour lui répondre, mais la jeune inconnue le devança.

- Oh non, pas du tout ! Ça m'amuse toujours beaucoup de me rendre compte que Darwen a vraiment du succès auprès de la gente féminine ! Ceci dit, il a bon goût, en fait. T'es très jolie.

Éole sentait l’ironie dans la voix de la jeune femme et son sourire lui sembla... faux. Haussant légèrement les sourcils et un peu hésitante, la jeune fille esquissa un sourire.

- Euh... Merci...

Éole sentait aussi que la remarque ne lui était pas vraiment adressée. Mal à l’aise, elle cherchait quelque chose à ajouter — où une manière de fausser compagnie aux deux jeunes gens — quand Darwen vint à son secours.

- Enchanté de te revoir Éole ! Ne t’inquiète pas, tu ne déranges pas du tout, au contraire !

Le sourire du jeune homme eut l’effet de rassurer l’apprentie marchombre. Elle se détendit en lui rendant son sourire. En portant de nouveau son attention sur “l’amie” de Darwen, elle se rendit compte à quel point elle la sentait fausse. Elle ne le regardait que lui et ne s’occupait que de lui. Elle avait un air condescendant qui ne plaisait pas du tout à Éole... Et puis cette broche qu’elle avait à son col ne lui inspirait pas confiance. D’où Darwen connaissait-il cette fille ? Elle n’aurait jamais imaginé le voir avec quelqu’un comme elle... Quoique... En y repensant, les personnes qu’il fréquentait à la Citadelle n’étaient pas toutes fréquentables. Enfin, il ne s’agissait pas non plus de ses amis...
Éole fut interrompue dans ses réflexions. Darwen et son amie — était-ce d’ailleurs seulement une amie ? — avaient tous les deux tourné le regard dans la même direction. La jeune fille y jeta un œil à son tour. Elle chercha quelques secondes des yeux ce qui les avait attiré quand elle reconnut une silhouette qui était en train de débarrasser les tables. Elle retint un sourire en se souvenant avoir panser deux chevaux qui lui étaient familier. Il s’agissait des montures de Darwen... et de Syndrell ! Un poids quitta soudain les épaules d’Éole et la jeune fille se détendit. Elle se sentait beaucoup plus à l’aise en sachant Syndrell dans la salle. La jeune inconnue ne lui inspirait pas confiance et elle ne comprenait pas pourquoi Darwen ne semblait pas plus méfiant envers elle, pourquoi il ne semblait pas voir qu’elle n’était pas sincère... Ou peut-être était-ce elle qui se faisait des idées après tout. Elle ne connaissait pas cette jeune femme, la première impression n’est pas forcément la bonne mais si l’on pouvait prétendre le contraire.

- Je te présente Kaünis, en... quiquineuse de son état. Elle aime bien me tourmenter, ça doit être un effet de mon... succès.

Éole reporta son attention sur Darwen et sourit à sa remarque. Kaünis, “l’en... quiquineuse” donc. Éole n’en doutait pas. Elle hocha doucement la tête, esquissant un sourire adressée à ladite Kaünis tandis que le jeune apprenti continuait.

- C’est marrant, je reviens justement de la Citadelle, et Erlaëm m’a dit de revenir avec toi la prochaine fois ! Mais d’ailleurs, tu t’es coupé les cheveux depuis que l’on s’est rencontré, je me trompe ?

Éole sourit, touchée que le frontalier ne l’ait pas oubliée.

- Non, tu ne te trompes pas, ils ne sont pas tombés tous seuls. J’en avais marre des cheveux longs et j’avais envie... Non, j’avais besoin de changer physiquement.

Elle adressa un clin d’œil à Darwen. Son rendez-vous avec le Rentaï l’avait changée à l’intérieur d’elle même. Se couper les cheveux était devenu une évidence, comme le jour où elle avait décidé de changer de prénom. Un pas en avant, un virage, une nouvelle direction... Bref, elle avait beaucoup changé depuis son départ d’Al-Jeit, presque dix ans plus tôt...

- Assied-toi avec nous, Éole, ne te gène pas !

La jeune fille adressa un sourire à Darwen et à Kaünis et s’assit à côté d’eux.

- Et donc... sans indiscrétion, qu’est-ce qui vous amène dans les Plateaux d’Astariul au beau milieu d’une tempête ?

Éole sourit tranquillement aux deux jeunes gens, toujours un peu mal à l’aise avec le regard de Kaünis. Elle essayait de se résonner, de ne pas la juger trop rapidement. Et puis... La manière dont Darwen regardait la jeune femme a cet instant en disant long sur ce qu’il ressentait pour elle. Éole ne connaissait pas bien Darwen mais il semblait assez intelligent pour savoir avec qui il traînait. À moins que l’amour ne rende réellement aveugle...

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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Lun 29 Fév 2016, 20:19

[ Je me suis juste un peu emballée... xD Si quelque chose ne vous va pas ( du coup surtout Syn ) MP ! Wink ]





La jeune femme ne semblait en effet pas à l’aise, et cela conforta Kaünis. Bien que finalement cette manière qu’elle avait de la fixer montrait qu’elle n’aimait pas ça, mais qu’elle ne se laisserait pas intimider si facilement… Un sourire en coin étira les lèvres de l’Envoleuse.
* Hoho, si tu veux jouer à ça… *
Elle la remercia du bout des lèvres, et Kaünis vit clairement à ce moment-là que la jeune Marchombre – apprentie ? - ne semblait pas la porter dans son cœur… Boah, au moins, elle avait un bon instinct !

Darwen ramena l’attention des deux jeunes femmes vers lui en s’adressant directement à la nouvelle arrivée – Éole donc – et présenta l’Envoleuse de manière pas franchement conventionnelle… Mais au moins, Kaünis ne fut pas déçue.
Enquiquineuse hein ? Il croyait vraiment à son succès justement ou bien faisait-il cela pour la faire réagir ? L’Envoleuse prit le paris que c’était pour lui tirer une réaction et ne put s’empêcher de faire une grimace dévoilant ses dents.
Oh, finalement, il n’avait pas idée… Parce qu’elle avait vraiment envie de “l’enquiquiner” comme il le disait si bien !

Bon, et puis parler de cheveux, ça allait bien cinq minutes, et l’Envoleuse se désintéressa de la conversation pour terminer sa potée bizarre. Parce qu’on ne pouvait pas décemment appeler cela une soupe, hein.
Du coin de l’œil, Kaünis vit que Syndrell quittait la pièce discrètement et ne put s’empêcher de froncer les sourcils.

Elle avait noté que les trois Marchombres avaient butté sur la broche qu’elle portait, reliant les deux pans de sa cape. Savaient-ils de quoi il s’agissait ? Elle-même n’avait que vaguement compris que cette distinction montrait qu’elle était plus ou moins dans le réseau de Gil’Sebran, en tout cas qu’elle travaillait de plus ou moins près pour lui. Il entretenait étrangement une communauté très fermée, d’après ce qu’en avait compris l’Envoleuse, et les membres de cette dernière étaient très à cheval sur justement ce communautarisme renforcé. Ceux qui appartenaient à leur cercle était toujours bien accueillis.
C’était d’ailleurs pour cela qu’aucune justification ne lui avait été demandée, et franchement elle en était reconnaissante ; Elle n’était pas certaine que vu dans l’état de congélation dans lequel elle se trouvait elle aurait résisté à l’envie d’étrangler un étranger qui lui aurait refusé de rentrer dans la ferme fortifiée !

Après, sans doute que cette broche avait d’autres significations liées justement à leur espèce de secte. En réalité, Kaünis n’en avait absolument rien à faire. Elle faisait le chemin pour sa mission, point à la ligne. Elle n’attendait que le tintant de la fin, clairement.

Le bruit de la chaise tirée juste à côté d’elle ramena l’Envoleuse à la réalité. C’était Éole qui s’asseyait juste là, un sourire un peu pincé sur les lèvres.
Toujours pas à l’aise, n’est-ce pas ?
Kaünis n’avait pas envie de lui simplifier la tâche, c’était un fait. Étirant son cou à gauche et à droite, elle poussa un petit soupir.

- Et donc... sans indiscrétion, qu’est-ce qui vous amène dans les Plateaux d’Astariul au beau milieu d’une tempête ?

L’Envoleuse dut retenir in extremis son ricanement en prenant une petite inspiration, et son regard se posa sur Éole. Ses iris étaient vraiment noirs, et au fond cela plaisait à Kaünis. Mais elle avait tellement envie de la faire tourner en bourrique. Voir ce qu’elle avait dans le ventre peut-être ?
Cependant, la Marchombre ne semblait pas sujette aux emportements ou en tout cas très réceptive aux piques. Ce qui était intéressant en soi : cela voulait dire qu’elle était suffisamment sûre d’elle pour ne pas se laisser influencer.
Pas mal.

Un sourire presque torve sur le visage, Kaünis posa son dos contre le dossier de la chaise.

- Circonstances fâcheuses dues à des gens trop pressés, lâcha-t-elle du bout des lèvres, avec le ton presque insolent. Elle leva les yeux au ciel. Ouais, ce Gil’Sebran était vraiment pressé qu’elle termine la mission. Ce n’était pas comme si elle devait traverser plus de la moitié de l’Empire pour la mener à bien, cette satanée mission ! Tout ça pour un collier, sérieusement. Les gens étaient vraiment trop cupides au goût de l’Envoleuse. Certes, si elle prenait ces missions, c’était pour l’argent, mais surtout pour pouvoir manger sans voler et avoir un équipement qui tenait la route. Et puis, ça remplissait ses journées.

Elle finit par hausser les épaules, fixant toujours Éole.
Tournant rapidement le regard vers Darwen, elle l’écouta seulement d’une oreille pour tenter de chercher Syndrell dans la pièce…

Non, elle n’était plus là.
Parce que ça la démangeait beaucoup trop, Kaünis se leva et n’adressa même pas un mouvement ou regard vers les deux jeunes Marchombres. Elle se dirigea vers la porte principale de la pièce, échangea un regard avec une femme qui lui indiqua par des signes quelque chose – sans doutes les toilettes – et elle lui sourit comme pour la remercier avant de se glisser dans le couloir.

Parfaitement silencieuse, elle avançait entre les portes fermées…
Non, là, une porte à peine entrouverte.
Fronçant les sourcils, Kaünis s’immobilisa et retint son souffle pour entendre si quelque chose était derrière cette porte. Des bruits de papiers, de froissement. Fronçant les sourcils, l’Envoleuse jeta un regard circulaire, ne vit personne, s’accroupit derrière la porte pour mettre son œil à la hauteur de la serrure.

Éclat bleu.
Un infime soupir franchit ses lèvres, et elle vérifia une dernière fois que personne n’était aux alentours.
Que foutait Syndrell ici ? Qu’est-ce qu’elle cherchait au juste, hein ?

Elle ne fit que glisser ses ongles sur le bois de la porte, son qui s’entendrait, elle n’en doutait pas, de l’intérieur. Fila silencieusement plus loin pour pousser la porte que la femme lui avait désignée, sur les commodités.
Fermant le loquet, l’Envoleuse poussa un soupir.
Pourquoi son coeur tambourinait comme ça dans sa poitrine ? Pourquoi percevait-elle un danger là, tout de suite, à avoir pris Syndrell en train de fouiller – qu’aurait-elle pu faire d’autre ? - un bureau de la ferme fortifiée ?

Elle attendit que son pouls soit redevenu calme, et sa respiration plus profonde, pour sortir de la pièce – qui puait en plus de ça.
En refermant le battant derrière elle, elle sentit clairement une présence, et se retourna vivement.

Clyton.
Il lui adressa un sourire un peu crispé, et sans attendre, lui intima de le suivre sans un mot.
Fronçant les sourcils, la jeune femme hocha légèrement le menton, et prit la suite de l’homme, qui la guida dans plusieurs couloirs qui formaient un véritable labyrinthe. Ils finirent par rentrer dans une pièce, que l’homme referma à clef derrière elle, ce qui la mit clairement sur ses gardes.

- C’est quoi le soucis ? demanda-t-elle avec agressivité.
L’homme se passa une main dans les cheveux, et la fixa intensément. Il ne semblait pas spécialement à l’aise, et cela tira un sourire dur à Kaünis. Qu’il se méfie donc !
- Ce n’est pas contre vous, mais ça fait vraiment beaucoup de visiteurs pour ce soir, malgré la tempête. D’où tenez-vous cette broche ? Personne ne vous connaît ici.
Elle poussa un soupir. Un bruit derrière la porte attira son attention… Hum, s’ils étaient espionnés, il fallait qu’elle soit suffisamment claire sans en dire trop non plus. Bon.
- Je travaille au service de Gil’Sebran le temps d’une mission. De première importance. Une histoire de collier, un village à côté des Dentelles Vives.
L’homme la toisa plusieurs secondes, avec une nouvelle lueur au fond des yeux. Une lueur de méfiance pure, et même sans aucun doute possible, de terreur soudaine.
- Vous êtes...
- Oui,
le coupa-t-elle abruptement. Gardez votre langue. Les trois visiteurs, comme vous les appelez, peuvent mettre tout ça en péril.
Clyton se tut, mais elle vit clairement que son pouls s’était affolé dans son cou. Cela lui tira un sourire mesquin.
- Vous avez fini ?
Il hocha la tête, et se dirigea vers la poignée de la porte pour la déverrouiller.

Kaünis se coula souplement à côté de lui, silencieuse, et retrouva facilement le chemin jusqu’à la salle où tout le monde mangeait ou grignotait encore. La soupe était terminée et des desserts recouvraient la table. Reprenant sa chaise, l’Envoleuse poussa un long soupir.

Levant les yeux, elle vit que Darwen et Éole la fixaient. Elle ne put s’empêcher de leur faire une grimace. Quoi, ils voulaient son portrait ?

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Dim 06 Mar 2016, 00:41

Envie de changer physiquement ? Cela signifiait-il que quelque chose s’était passé dans la vie de la jeune femme depuis qu’ils s’étaient rencontrés ? En même temps, cela faisait quelques années, donc cela semblait évident. Mais quelque chose d’important ? Alors qu’Éole avait pris place à ses côtés, Darwen avait cessé de regarder Kaünis un instant - ce qui avait eu pour effet de lui faire prendre conscience qu’il ne cessait de la détailler, et il se le reprocha vivement, se retenant de se mordre les lèvres - pour observer l’apprentie marchombre. Était-elle seulement encore une apprentie ? Il savait qu’elle était plus avancée que lui sur la Voie, mais il ignorait à quel point. En tous cas, même si ses cheveux plus courts devaient y être pour quelque chose, il lui semblait qu’elle avait vraiment changé - pourtant, il ne la connaissait pas vraiment ; mais le genre d’événements qu’ils avaient vécus ensemble à la Citadelle étaient de ceux qui rapprochaient les inconnus. ‘Wen se souvenait encore comment la jeune femme s’était inquiétée pour lui, alors qu’ils venaient de se rencontrer. Et puis, il y avait Syndrell entre eux...

- Et donc... sans indiscrétion, qu’est-ce qui vous amène dans les Plateaux d’Astariul au beau milieu d’une tempête ?

Darwen avait beau avoir de la peine à contrôler les réactions de son corps face à la présence de Kaünis - le ventre qui s’enflammait, la tête qui bourdonnait... - il n’était pas aveugle pour autant et il se rendait bien compte qu’Éole n’était pas à l’aise. Et que l’envoleuse en était la cause, qu’elle le savait elle-même et que - sûrement - elle n’avait pas l’attention d’y remédier. Mais que pouvait-il faire, concrètement ? Et puis il n’arrivait pas bien à réfléchir, là, maintenant... à remettre de l’ordre dans ses pensées...

Il avait cependant appris à prêter une attention plus ou moins globale à ce qui l’entourait, et il aperçut clairement la marchombre aux cheveux bleus quitter la pièce, après au moins trois hommes. Depuis qu’ils étaient arrivés, elle avait fait plusieurs aller-retours entre la grande pièce où ils se trouvaient et la cuisine, mais cette fois semblait différente. Surtout qu’elle était juste en train de les écouter, tous les trois... Avait-elle décidé de suivre les hommes ?

Sans vraiment s'en rendre compte, le jeune homme se tendit un peu plus. Mais la réponse de Kaünis à Éole le tira brusquement de ses pensées, coupant court au mauvais pressentiment qui commençait de s’insinuer en lui.

- Circonstances fâcheuses dues à des gens trop pressés.

Darwen fronça légèrement les sourcils. En soit, la réponse pouvait très bien paraître anodine, mais rien n’était jamais anodin avec Kaünis, et malgré sa très forte attirance pour elle, il ne pouvait s’empêcher de se méfier de l’envoleuse - ce qui était plutôt une bonne chose en soi... Il y avait cette broche, aussi. Éole, Syndrell et lui étaient les seuls à ne pas en porter. Comment la jeune femme se l’était-elle procurée, et pourquoi ? Étrange. Et puis, il n’aimait pas la façon dont elle considérait Éole, surtout qu’il ne savait pas si elle essayait de le tester lui, ou elle. Il avait envie de le lui faire remarquer mais... il craignait sa réaction. Qu’elle le regarde de la même façon dont elle regardait la marchombre, ou même pire. Qu’elle quitte la pièce. Qu’elle reparte, encore et toujours...

Au fond, il était vraiment faible. Faible et égoïste. Juste parce qu’il craignait la réaction de Kaünis, il la laissait se complaire dans son petit jeu avec Éole ! Mal-à-l’aise, ‘Wen se passa une main dans les cheveux. Dire que Syndrell étai partie, en plus ! Oh, et puis, quelle importance ? Comme s’il ne pouvait pas se débrouiller sans elle ! N’empêche... il ne savait pas quoi faire. Pourquoi tout est toujours si compliqué avec toi, Kaünis ?

Mais le pire, c’était que justement, il devait aimer ça chez elle. Enfin, ça aussi. Parce que ça faisait partie d’elle, il en était convaincu... Nom d’un guerrier-cochon, t’es pas sorti de l’auberge mon vieux...

L’apprenti marchombre redirigea son regard clair sur Éole, tentant de lui sourire en lui répondant à son tour.

- Comme je te l’ai dit, on revient de la Citadelle avec Syndrell - non, il n’avait pas dit que c’était avec Syndrell, à cause de l’envoleuse, mais maintenant il savait que les deux jeunes femmes avaient bien vu son Maître - et comme d’habitude, je n’en ai fait qu’à ma tête et j’ai voulu repartir en croyant pouvoir devancer la tempête...

Kaünis s’était levée pendant qu’il parlait, et il sentit son coeur faire un petit sursaut dans sa poitrine, tandis que la jeune femme quittait la pièce à son tour. Dis tout de suite que je ne t’intéresse pas ! Il essaya de se reprendre, mais ça dérapait dans sa tête. Et dans sa poitrine, là. Profondément. Non, mon vieux, pas de ça... arrête-ça tout de suite, bon sang !

Il ne put s’empêcher ne fermer les yeux l’espace d’une seconde. Lorsqu’il les rouvrit, il força son regard à se fixer sur Éole. A faire comme si de rien n’était. Et il en profita pour lui donner la véritable raison de son empressement.

- En fait, je vais bientôt passer l’Ahn-Ju... Je ne voulais pas être en retard, précisa-t-il avec un clin d’œil.

Il avait parlé doucement, pour ne pas attirer l’attention des autres autour, et parce que son amie - il pouvait bien la considérer comme son amie, non ? - méritait bien qu’il concentre sa propre attention sur elle, après la tension que Kaünis lui avait fait subir.

- Et toi ? Je veux dire... qu’est-ce qui t’amènes ici, d’abord, et puis... t’en es où, de ton apprentissage ? Tu es enfin... marchombre ?

Oui, ces mots-là ne s’adressait bien qu’à elle et rien qu’à elle, et finalement c’était une bonne chose que Kaünis soit partie. Darwen tenta de sourire à la jeune femme en face de lui. Mais une partie de lui, pourtant, ne tenait pas en place, et mourait d’envie de se lever sur le champ pour se lancer à la suite de l’envoleuse. Ou de Syndrell... Il ne savait plus... D’ailleurs, pourquoi Kaünis était-elle partie juste après Syndrell, au fait ? Une alarme sonna dans l’esprit du jeune homme. Que se passait-il avec ces deux-là ?

Et puis, il repensa à ce que lui avait dit Erlaëm. Prenez garde aux Mercenaires du Chaos ; même si l'enquête n'a pas beaucoup avancé, la majorité des Frontaliers pense qu'ils ont quelque chose à voir dans la tentative d'assassinat d'Uliwëne. Et puis, la question, fatidique. Tu crois qu'il ne s'agirait que de hasards ?

Darwen eut très chaud, tout à coup. Et si Kaünis avait bel et bien un rapport avec cette histoire ? Avec la Citadelle, Sharmal ?

Syndrell était-elle en danger ?

Soudain, Kaünis fut de nouveau là, assise en face d’eux. Mais Syndrell n’était toujours pas revenue, pensa Darwen après avoir parcouru la pièce du regard.

Peut-être que Kaünis n’avait rien à voir dans tout ça. Peut-être qu’elle n’avait pas suivi Syndrell, après tout...

Pourtant, le mauvais pressentiment se faisait de plus en plus fort en lui. Il y avait quelque chose qui n’allait pas, c’était certain !

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Mer 09 Mar 2016, 20:38

Syndrell n’était pas certaine de savoir pourquoi elle se trouvait dans ce bureau, en train de chercher… quelque chose qui confirme son pressentiment. Parfois, la frontière entre sa curiosité et son instinct était si mince qu’elle se retrouvait dans des situations délicates. Avait-elle raison de penser qu’l y avait baleine sous gravillon ?

La jeune femme attrapa un papier et plissa les yeux pour déchiffrer les pattes de mouche. Une simple note de blanchisserie, qu’elle allait reposer lorsqu’un nom, dans la liste, attira son attention. Gil’Sebran. Elle fronça les sourcils : qu’est-ce qu’un noble fabriquait sur cette liste ? Elle allait pousser ses investigations lorsqu’un bruit, léger mais distinct, la fit sursauter. Elle fourra le papier dans sa poche et se baissa vivement pour s’abriter derrière le bureau.

Attendit quelques secondes, puis jeta un coup d’œil curieux par-dessus le plan de travail. Et bien ? Elle n’avait pas rêvé, pourtant ! Perplexe, Syndrell décida de ne pas s’appesantir davantage, quitte à revenir ici plus tard. Elle s’approcha de la porte et glissa un regard prudent dans le couloir. Personne…. Si ! Un homme approchait.

Syndrell recula et referma presque complètement la porte, laissant juste assez d’ouverture pour le suivre des yeux. Elle retint sous souffle lorsqu’il passa devant la porte et reconnut Clyton ; il s’arrêta à quelques pas de là seulement et buta presque contre… Kaünis ? Derrière le battant, Syndrell réprima une exclamation. La petite peste. C’était elle qui avait attiré son attention !

En les voyant s’éloigner, la jeune femme hésita. Retourner dans la grande salle et continuer le service ? Retrouver Darwen et Eole ? Ou poursuivre ses investigations ? Elle ne tergiversa pas longtemps et, sans un bruit, se faufila dans le couloir.



*



- C’est quoi le soucis ?
- Ce n’est pas contre vous, mais ça fait vraiment beaucoup de visiteurs ce soir, malgré la tempête. D’où tenez-vous cette broche ? Personne ne vous connait ici.

L’oreille collée contre la porte, Syndrell ne perdait pas une miette de la conversation. Elle songea qu’elle aurait dû garder son plateau, au cas où quelqu’un la surprendrait, mais tant pis, si cela devait se produire, elle improviserait !

- Je travaille au service de Gil’Sebran le temps d’une mission. De première importance. Une histoire de collier, un village à côté des Dentelles Vives.
- Vous êtes…
- Oui. Gardez votre langue. Les trois visiteurs, comme vous les appelez, peuvent mettre tout ça en péril.


Syndrell haussa un sourcil. Et comment, tiens ! Elle se décolla prestement de la porte en percevant un bruit de pas et croisa un homme. Comme il posait sur elle un regard surpris, elle passa près de lui en murmurant :

- Fichu labyrinthe, tout ce que je veux ce sont les toilettes, moi…

Elle disparut au coin du couloir sans qu’il ne cherche à l’intercepter. Elle se mit alors à réfléchir à toute vitesse. Ses impressions étaient fondées, il se tramait quelque chose et Kaünis trempait dedans. Darwen, Eole et elle n’étaient pas dans une situation très engageante. Cependant, partir maintenant reviendrait à dire clairement « continuez vos sales manigances, on ne veut pas vous gêner nous, hein, on ne sait rien du tout ! »…

Dans la cuisine, on s’affairait toujours. Les desserts étaient en cours de service. On lui colla des gamelles dans les bras et Syndrell retourna dans la salle pour servir. Elle fronça les sourcils en voyant Darwen toujours assis. Décidément, le mot « aider » devait avoir une conception différente dans son esprit…

Kaünis était revenue elle aussi. Elle affichait un petit air innocent qui, en dépit de la situation, amusa Syndrell : elle avait beau savoir qu’il fallait se méfier d’elle, et ce pour plusieurs raisons, elle ne parvenait pas à passer outre les souvenirs d’une nuit passée à déguster un excellent vin de noix en discutant allègrement.

D’autant que le caractère de cette fille lui plaisait bien. C’était une peste doublée d’une sacrée roublarde, mais son culot et son panache lui allaient bien. La marchombre soupira. Elle se débarrassa de son fichu, libérant ses cheveux, et de son tablier pour piquer l’assiette d’un homme attablé. Elle avait faim et n’avait rien mangé ! Son dessert à la main, elle alla s’asseoir à côté de Darwen. Juste en face de Kaünis.


- Darwen, à toi de prendre le relais ! Et ne te trompe pas, la cuisine est à gauche, à droite ce sont les toilettes. Entre autre.

Message reçu ? Elle lui suggérait de fouiner un peu à son tour, histoire de voir s’il trouvait quelque chose, lui aussi.

- Salut, Eole ! Comment ça va ? J’aime ta nouvelle coupe !

Syndrell sourit à la jeune marchombre, avant que son regard ne capte celui de Kaünis. Elle se retint de lui donner un petit coup de pied sous la table, mais son regard parlait pour elle…

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)


Dernière édition par Syndrell Ellasian le Lun 21 Mar 2016, 08:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Dim 13 Mar 2016, 15:42

La dénommée Kaünis planta son regard dans celui d’Éole et lui adressa un sourire louche. Fronçant légèrement les sourcils, la jeune apprentie soutint ce regard vert plein de défi.

- Circonstances fâcheuses dues à des gens trop pressés.

La jeune femme frôlait l’insolence. Elle avait visiblement décider de la tester. Qu'espérait-elle ? La bagarre ? Elle ne la déclencherait pas comme cela. Éole n’était pas dû genre à laisser ce genre de piques venimeuses l’attendre. À quoi bon ? À quoi bon lui donner ce pouvoir ? Non. Ce n’est pas ainsi que Kaünis réussirait à l’attendre. Elle avait perdu d’avance.

* « Ça part de si haut que ça me tape sous le pied » comme l’aurait dit Naliwë...*

Évidemment, la danseuse restait toujours un peu mal à l’aise face à l’intensité du regard de Kaünis, mais elle ne flancha pas. Elle le soutint, esquissant un demi sourire. Elle avait décidé de na pas se laisser intimider par cette jeune femme. Peut-être avait-elle tort, au fond. Elle ne savait rien d’elle. Elle voyageait seule, donc elle savait au moins chasser et certainement se battre, mais à quel niveau ? Elle portait aussi cette broche... Il n’y avait que Darwen, Syndrell et elle qui n’en avait pas... Que pouvait donc bien signifier ce bijou ? Dans une ferme fortifiée en plein cœur des Plateaux d’Astariul, cela ne présageait rien de bon. Kaünis savait certa­­inement se battre. Et très bien même.
Éole en était à cette conclusion quand la voix de Darwen la sortit de ses pensées.

- Comme je te l’ai dit, on revient de la Citadelle avec Syndrell et comme d’habitude, je n’en ai fait qu’à ma tête et j’ai voulu repartir en croyant pouvoir devancer la tempête...

Éole lui rendit son sourire.

- Je crois que pour le coup, j’ai été aussi têtue et idiote que toi... lui affirma-t-elle en lui adressant un clin d’œil complice.

L’expression de Darwen changea subitement quand Kaünis se leva, sans un mot pour le jeune homme ou pour elle, et quitta la table. L’apprentie marchombre fronça un sourcil en suivant la jeune femme du regard. Darwen, quant à lui, semblait un peu... vexé ? du départ subite de Kaünis. Pourtant, quand il s’adressa de nouveau à Éole, ses traits avaient retrouvés une expression tranquille.

- En fait, je vais bientôt passer l’Ahn-Ju... Je ne voulais pas être en retard.

Éole sourit au jeune homme. Oh ! Comme elle le comprenait !

- Je vois, lui dit-elle en lui rendant son clin d’œil.
- Et toi ? Je veux dire... qu’est-ce qui t’amènes ici, d’abord, et puis... t’en es où, de ton apprentissage ? Tu es enfin... marchombre ?
- Moi, j’ai passé, et réussi, mon Ahn-Ju il n’y a pas très longtemps... Pour tout te dire, ajouta-t-elle en baissant la voix, je reviens du Rentaï...

Un immense sourire se dessina sur ses lèvres à la mention de la grosse montagne et des étoiles s’allumèrent dans ses yeux.

- Donc non, je n’ai pas encore fini... Il y a eu un... soucis...

Son regard se ternit cette fois-ci alors qu’elle repensait à Pia...

- Mon... Mon Maître est morte... Je l’ai appris pendant mon Ahn-Ju... Du coup là, j’attends.

Éole adressa un petit sourire triste à Darwen. Kaünis choisit ce moment pour revenir et les deux apprentis levèrent vers elle un regard interrogateur. La jeune femme se contenta d’un grimace comme réponse. Éole haussa les épaules. À vrai dire, elle ne s’attendait pas à mieux de la part de la jeune femme et détourna son attention d’elle. Finalement, elle ne valait pas la peine qu’elle s’intéresse à elle...

Syndrell, un dessert à la main, vint vers eux pour s’asseoir à côté de Darwen. Éole, un peu trop curieuse, aurait bien aimé savoir où elle était tout ce temps, mais la présence de Kaünis le fit tenir sa langue.

- Darwen, à toi de prendre le relais ! Et ne te trompe pas, la cuisine est à gauche, à droite ce sont les toilettes. Entre autre.

La jeune fille capta le regard que la marchombre lança à son élève. Elle aurait bien aimé partir avec Darwen, juste pour assouvir sa curiosité, mais cette fois, c’était la voix de Syndrell qui la retint.

- Salut, Eole ! Comment ça va ? J’aime ta nouvelle coupe !

Un sourire étira les lèvres d’Éole. Elle était vraiment contente de retrouver la marchombre aux cheveux bleus. Cela ne faisait pas si longtemps qu’elles s’étaient quittées puisque la dernière fois qu’elles s’étaient vues c’était pour son Ahn-Ju. Elle était aussi soulagée de voir son amie ici, parce que, au fond, Éole n’était pas spécialement rassurée d’être entourée par tous ces gens avec leur broche étrange. Kaünis n’était pas celle qui la mettait le plus mal à l’aise, et de loin !

*Après ma cocotte, il suffit de ne pas fourrer son nez dans leurs affaires et je pense qu’ils ne te feront rien.*

Plus facile à dire qu’à faire quand on était curieuse comme elle et que l’on côtoyait les marchombres depuis presque dix ans...

- Coucou Syndrell ! salua-t-elle la marchombre avec un grand sourire, ça pourrait aller mieux, mais je ne suis pas encore dépressive donc on va dire que ça va bien !

Éole adressa un clin d’œil à la marchombre. Elle était sûre qu’elle comprendrait de quoi elle parlait, évidemment. Même si il n’y avait pas qu Pia dans ses préoccupations en ce moment, son défunt Maître prenait quand même une grande place dans sa tête.

La jeune fille remarqua le regard doré posé sur Kaünis, mais, comme elle avait décidé de se désintéresser d’elle — de manière un peu insolente peut-être — elle se contenta d’attirer l’attention de Syndrell.

- Et toi alors ? Qu’est-ce que tu racontes depuis la dernière fois ? demanda-t-elle, un grand sourire sur les lèvres.










[Syn', tu a écris "elle alla s’asseoir à côté de Syles" à la fin de ton post Rolling Eyes je sais qu'il est beau et coureur de jupons comme il le dit lui même, mais Syn est déjà casée non ? mrred ]

__________________________________________



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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Lun 14 Mar 2016, 18:14

Alors que Kaünis était de retour sous les regard de Darwen et Eole, elle ne put s’empêcher de trouver que cette dernière lui plaisait vraiment. Parce qu’elle tentait de l’ignorer, ou en tout cas qu’elle était presque indifférente à ses piques, et cela l’intriguait fortement. Enfin, elle n’allait pas s’arrêter pour ça, de toutes façons, c’était dans sa nature de chercher les gens. Et les emmerder. Elle adorait ça, même quand ça faisait pas d’effet. Elle ne fichait de l’effet en fait, ce qui était important, c’était qu’elle, elle s’amuse.

Ils furent tous les trois bientôt rejoints par Syndrell, et Kaünis lui lança un long regard.
Elle se demandait ce que la Marchombre faisait dans le bureau, et ce qu’elle cherchait exactement. Elle était presque certaine qu’elle était derrière la porte quand Clyton l’avait prise à part, et elle se demandait ce qu’elle allait s’imaginer sur elle, ou sur les gens de la ferme.
Elle lança Darwen sur ses pas précédents, en cuisine, mais Kaünis n’était pas dupe : le regard de Syndrell sur son apprenti lui disait qu’elle tentait de faire passer un message, sans doute celui de farfouiller lui aussi. Un sourire dur étira les lèvres de l’Envoleuse, qui s’installa un peu plus confortablement sur sa chaise…
Avant de pousser un long soupir désabusé quand la Marchombre s’adressa à Eole en lui parlant de ses cheveux. Quoi, c’était un code, cette histoire de cheveux ? Qu’est-ce qu’on s’en fichait, sérieusement !

Grognant dans sa barbe, Kaünis croisa les bras sous sa poitrine.
- Et toi alors ? Qu’est-ce que tu racontes depuis la dernière fois ?

L’Envoleuse se passa une main dans les cheveux, déjà ennuyée. En plus, elle savait bien que Eole voulait sans doute parler plus… quoi ? Cucul-la-fraisette avec Syndrell. Enfin, de trucs de Marchombres. Des trucs qui ne l’intéressaient clairement pas.

Se grattant la tempe, Kaünis poussa un nouveau soupir, et son regard glissa sur la table. Elle se rendit compte que Darwen n’était pas revenu avec des plats, et cela confirma les soupçons qu’elle avait eu plus tôt.
Jetant un coup d’oeil à Éole et Syndrell, la jeune femme lança un regard scrutateur à la seconde, essayant de se trouver une excuse pour partir…
Excuse qui se présenta bien vite.

- Tu es la propriétaire de la jument baie ?
- Ouais, il se passe quoi ?
- On a un soucis, notre étalon l’a rejointe dans le box…
- Putain, mais vous pouvez pas faire plus attention ?
lança avec virulence Kaünis en serrant les dents.

Se levant promptement, elle prit directement la suite de l’homme – sans doute le palefrenier du coup – et se rendit aux écuries avec lui… En effet, Voyage était accompagné d’un étalon palomino dans son box, et ce dernier essayait de l’approcher sans grand succès : la jument ne cessait de lui lancer les postérieurs, et deux personnes tentaient de la tenir pour pouvoir attraper le mâle.. Kaünis poussa un soupir. Avant que sa voix ne claque dans l'air, pas aggressive mais très ferme.
- Voyage, arrête de bouger.
La petite jument renâcla, en secouant la tête, et l’Envoleuse put s’approcher d’elle en lui attapant le chanfrein d’une main, passant l’autre sous son auge pour que les deux hommes puissent récupérer le mâle.
- Pfou, merci, c’est une vraie furie votre jument… Kaünis ne put s’empêcher d’avoir un sourire alambiqué sur les lèvres.
- On dit tel cavalier tel cheval, nan ? L’homme la sonda un instant, et elle lui lança son regard le plus noir, constatant la chair de poule qui naquit sur ses avant-bras. Elle fut très fière de son effet.
- Vous voulez que je vous raccompagne ?
- Ça devrait aller.


Elle se glissa dans le corps de la ferme pour retrouver la grande salle de banquet, mais avait une idée derrière la tête : elle se rendit vers les toilettes, où elle avait vu Syndrell dans une salle, et écouta attentivement les bruits du couloir…
Elle était pratiquement sûre que Darwen était là.
S’appuyant nonchalamment contre un mur, l’épaule en avant, elle attendit presque sagement que l’apprenti Marchombre arrive vers elle. Il sortait clairement d’une salle, et elle eut un petit sourire mauvais.

- C’est pas bien de fouiller dans les affaires des gens… murmura-t-elle suffisamment fort pour que le jeune homme l’entende.
De le voir de loin, c’était clair qu’il était canon. Et elle avait aussi bien remarqué la manière dont il la regardait depuis le début du repas – depuis qu’il avait capté qu’elle était là, en fait.
Son ventre gronda quand il s’avança vers elle, et elle sentit son souffle se raccourcir. Se passant la langue sur les lèvres pour les humecter, elle plissa légèrement les yeux.
Attendit.
Elle ne ferait certainement pas un pas en avant. Faut pas rêver !

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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Jeu 17 Mar 2016, 13:34

[Voilà, c'est le bordel x) Je ne sais pas si vous aviez prévu autre chose, mais du coup je suis restée sur mon idée ^^]




Clyton pénétra dans la grande salle, suivi de l’envoleur qui l’accompagnait. Son regard se posa aussitôt sur les cheveux bleus, dans un coin de la pièce - ce n’était vraiment pas discret, cette couleur. L’autre jeune femme était là elle aussi, par contre il manquait l’homme...

- Il en manque un, souffla-t-il à l’envoleur, qui fronça les sourcils de colère, mais se garda bien de faire éclater sa rage.
- Tant pis, on s’occupe déjà de celles-là.

Il fit un signe de la main, et trois autres hommes se levèrent de la grande table, sortant leurs armes. Trois autres envoleurs.

- Attrapez-moi ces marchombres ! hurla le premier.

Il écarta Clyton d’un puissant geste de la main, et se rua vers les jeunes femmes.

***


- Moi, j’ai passé, et réussi, mon Ahn-Ju il n’y a pas très longtemps... Pour tout te dire, je reviens du Rentaï...

Darwen répondit au sourire de son amie. Syndrell lui avait parlé du Rentaï durant leur dernier cours. Il brûlait de demander à Éole si elle avait eu la greffe - et si elle le savait - mais quelque chose, dans le regard de la jeune femme, le retint.

- Donc non, je n’ai pas encore fini... Il y a eu un... soucis... Mon... Mon Maître est morte... Je l’ai appris pendant mon Ahn-Ju... Du coup là, j’attends.

Le jeune homme se mordit les lèvres. Il chercha quelque chose à dire, voulu la consoler, parler... Kaünis revint à ce moment-là.

***


Il avait beau chercher dans les différentes pièces du bâtiment, ‘Wen ne trouvait rien d’intéressant. D’ailleurs, pourquoi Syndrell lui avait-elle fait comprendre d’aller chercher à son tour ? Elle-même avait-elle trouvé quelque chose ? Certes, il avait un mauvais pressentiment, mais cela tenait plus de ce que lui avait dit Erlaëm et du comportement, ou même de la présence, de Kaünis. En quoi ce corps de ferme pouvait-il cacher quelque chose ? Cela pourrait-il avoir un rapport avec les broches ?

Dans tous les cas, le jeune homme ne croisa personne, et c’était davantage frustrant de ne rien trouver d’intéressant. Au fond, il ne savait même pas ce qu’il était censé chercher... Il s’apprêtait à reprendre le chemin de la cuisine - pour aller vraiment aider cette fois - lorsqu’il entendit enfin des voix. Il mit quelques secondes à reconnaître l’une d’entre elles, au nombre de deux. L’apprenti marchombre se glissa discrètement derrière un pan de mur en pierres, invisible aux yeux de Clyton et de celui qui l’accompagnait, avant de tendre l’oreille.

- ...crois que nous les tenons. Je ne sais pas comment on n’a pu avoir cette chance, mais les trois sont ici, dans la grande salle. Votre Maître sera content.
- J’espère pour toi que ce sont bien les bonnes personnes. Aramor Sil’Suvarn déteste se déplacer pour rien.
- Et moi j’espère que vous partirez de ma ferme lorsque tout cela sera fini. Je déteste nourrir des étrangers aux mauvaises manières !

Les deux hommes commencèrent à se quereller, mais ils disparurent dans un couloir adjacent et Darwen ne put en entendre davantage. Mais ce qu’il avait entendu faisait déjà beaucoup ! Ces trois personnes... se pouvait-il qu’il s’agisse d’Éole, Syndrell et lui ? Les seuls qui n’avaient pas de broche ? Se pourrait-il qu’Erlaëm ait eu raison, qu’ils soient recherchés ? Pourtant, l’histoire de la Citadelle datait de nombreux mois déjà. Pourquoi leur retomberait-on dessus maintenant ? Est-ce que Kaünis avait un rapport avec ça ? Qui était Aramor Sil’Suvarn ? Il semblait clair, en tous cas, que Clyton ait été victime d’un chantage ou de quelque chose du genre...

‘Wen avait repris sa route en réfléchissant. Il se demandait s’il devait plutôt retrouver les deux hommes pour en savoir davantage ou bien retrouver Syndrell pour tout lui dire, quand une silhouette attira son attention. Zut, il l’avait vue trop tard et il n’eut pas le temps de se dissimuler. Il adopta une attitude détachée - après tout, les toilettes n’étaient pas loin, il pouvait juste être allé là-bas, non ? - et continuer d’avancer nonchalamment. Et puis il reconnut Kaünis, et eut tout de suite un peu plus de mal à paraître détaché - mais ce n’était pas pour les mêmes raisons. Un sourire creusa sa joue lorsqu’il entendit la remarque de l’envoleuse, et il s’avança vers elle, s’arrêtant à un ou deux mètres pour lui répondre, les bras croisés sur son torse.

- Pourquoi, il y a des choses à cacher ici ? Des choses qui mériteraient qu’on fouille pour les découvrir ?

Il soutint le regard de la jeune femme sans cesser de sourire légèrement. Sourire qui s’élargit lorsqu’il ajouta :

- De toutes façons, rassure-toi, je ne faisais que visiter la ferme. Il y avait beaucoup d’agitation dans la cuisine, j’ai aidé à la plonge puis je suis sorti prendre un peu l’air.

Ce qui n’était pas faux, en soi. Il était vraiment allé aider à nettoyer la vaisselle, avant de partir explorer les couloirs du bâtiment. Et il avait vraiment eu besoin d’un peu d’air, mais c’était plutôt lié à la présence de Kaünis... et voilà qu’il retombait sur elle. C’était bien qu’elle était venue le trouver, non ? Pour quelles raisons ? Elle avait vraiment quelque chose à cacher ou bien... est-ce qu’elle était toujours attirée par lui, elle aussi ?

Oubliant un instant Clyton et l’autre homme, le métamorphe s’avança encore, silencieux, jusqu’à se trouver à moins d’un mètre de la jeune femme. La chaleur, dans son ventre, était en train de s’étendre au reste de son corps. Il sentait le loup tapis au fond de lui, attentif à ce qui allait se passer. Prêt à se jeter sur Kaünis. Ou à grogner de plaisir...

Doucement, ‘Wen leva la main pour passer ses doigts sur la joue de l’envoleuse, plantant son regard bleu clair dans le sien, toujours aussi sombre. Il avait l’impression que quelque chose avait encore changé en elle mais... ce n’était pas important, si ? Moins important en tous cas que le désir qui pulsait dans ses veines, en cet instant.

- Alors... comment tu vas ?

Il y avait tout dans cette question. Le froid qui avait gelé cet homme, à l’auberge, la dernière fois qu’ils s’étaient vus ; ce froid qui était directement sorti d’elle. Et puis les jumeaux, qu’il n’avait pas oublié, loin de là. Il avait essayé de lui faire comprendre qu’il savait qu’il était tout à fait concerné par cette histoire, que c’était aussi sa faute, qu’il aurait voulu en parler... mais il n’avait jamais pu, elle ne lui en avait pas vraiment laissé la possibilité...

Alors oui, comment allait-elle ?
Est-ce qu’elle avait réussi à surmonter tout ça ?

Mais Kaünis n’eut pas le temps de lui répondre. Des voix se firent à nouveau entendre, se rapprochant furieusement. Ce qui était étrange, c’était qu’elles semblaient venir de nulle part, d’un seul coup, comme si leurs propriétaires venaient d’apparaître...

- Alors, il est où cet imbécile ? Il m’a dit de venir ici, et il ne s’y trouve pas !

L’homme était là, sur eux, ils n’avaient plus le temps de se dissimuler. Alors Darwen ne réfléchit pas plus longtemps et happa les lèvres de l’envoleuse avec les siennes, retrouvant leur goût qu’il n’avait pas oublié. Il l’enlaça aussi, mais de manière suffisamment lâche pour lui permettre de se dégager si elle le souhaitait. Car il ne comptait pas l’emprisonner, non. Il voulait simplement donner le change, pour que ceux qui étaient soudainement apparus ne s’occupent pas d’eux, les prenant pour des amants qui auraient souhaité s’isoler... Mais bon, il fallait avouer qu’il en profitait, aussi. Comment cela aurait-il pu en être autrement ?

Pourtant, cela ne dura pas très longtemps. La voix s’éleva derrière eux, et ce que dit l’homme lui glaça le sang.

- Tiens, Kaünis Gil’Ozh ! Je ne savais pas que tu faisais aussi partie de cette mission, c’est ton père qui te l’a demandé ? On dirait que tu utilises les mêmes techniques que ta mère pour attraper du marchombre...

Une foule de pensées envahit le cerveau de l’apprenti, qui se décolla aussitôt de la jeune femme - à regret. Son regard se posa sur l’homme qui avait interpellé l’envoleuse. Très grand, une fine barbiche noire taillée en pointe, la trentaine, une large cape rouge sombre couvrant ses épaules et son dos... il dégageait quelque chose de vraiment impressionnant et malsain à la fois. Mais ce n’est pas ce qui retint l’attention du métamorphe. Car aux côtés de l’homme, il y avait...

- Darwen... Je ne pensais pas te trouver ici.

Misha ?! Mais qu’est-ce qu’elle foutait là, avec ce type ? Ce n’était pas un Frontalier, il en était sûr !

***


Clyton pénétra dans la grande salle, suivi de l’envoleur qui l’accompagnait. Son regard se posa aussitôt sur les cheveux bleus, dans un coin de la pièce - ce n’était vraiment pas discret, cette couleur. L’autre jeune femme était là elle aussi, par contre il manquait l’homme...

- Il en manque un, souffla-t-il à l’envoleur, qui fronça les sourcils de colère, mais se garda bien de faire éclater sa rage.
- Tant pis, on s’occupe déjà de celles-là.

Il fit un signe de la main, et trois autres hommes se levèrent de la grande table, sortant leurs armes. Trois autres envoleurs.

- Attrapez-moi ces marchombres ! hurla le premier.

Il écarta Clyton d’un puissant geste de la main, et se rua vers les jeunes femmes.

Ils avaient pour ordre de ne pas les tuer, mais il pouvaient les blesser comme ils le souhaitaient. Hors d’état de nuire, leur avait dit le Mentaï.

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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Lun 21 Mar 2016, 08:07

[Haha Eole, j'avais pas fait gaffe ! Bon sang, même quand il n'est pas là pour de vrai il continue de m'agacer, celui-là... C'est rectifié, du coup xD]




- Coucou Syndrell ! ça pourrait aller mieux, mais je ne suis pas encore dépressive donc on va dire que ça va bien !

La marchombre hocha la tête. Elle se doutait que la mort de Pia affectait encore la jeune femme. Il fallait du temps pour tourner la page et continuer à aller de l’avant, mais Eole avait cette force en elle. Syndrell étendit ses jambes lorsque Kaünis se leva. Une lueur suspicieuse traversa son regard, mais elle choisit de ne pas bouger d’un cil, cette fois. Si anguille sous roche il y avait, à Darwen de la trouver !

Elle répondit à son amie d’un ton joyeux, lui racontant leur récent passage à la Citadelle, le regret d’Erlaëm en constatant qu’Eole n’était pas en leur compagnie, la sérénité d’un endroit qui avait inévitablement marqué l’esprit de la jeune femme, leur périple dans la tempête et, finalement, leur arrivée ici.


- Garde l’œil ouvert, glissa-t-elle à voix basse en se penchant légèrement par-dessus la table pour n’être entendue que d’Eole. Quelque chose se trame ici, et je n’aime pas ça.

Ces mots déclenchèrent-ils ce qui s’ensuivit ? Ou s’agissait-il seulement d’un concours de circonstances ? Car à l’instant même où Syndrell acheva sa phrase, trois hommes se levèrent de table. Trois hommes qu’elle n’avait pas remarqués jusqu’alors. Trois hommes qui se mouvaient trop souplement pour être confondus avec de simples paysans. Trois hommes dont le regard était habité par une folie qu’elle ne reconnut dans un frisson.

Envoleurs !

Syndrell reposa sa petite cuiller et jura. Son insatiable curiosité était peut-être en cause mais, en croisant le regard de Clyton, la marchombre balaya cette éventualité : c’était un piège ! Vive comme l’éclair, elle saisit le poignet d’Eole.


- Trouve Darwen, siffla-t-elle entre ses dents. Et partez. Tu m’entends ? N’importe où, mais très loin d’ici !

Il y avait suffisamment d’urgence dans le filet de voix de Syndrell pour qu’Eole sorte de la léthargie dans laquelle l’avait figée la surprise. Autour d’eux quelques hommes avaient tiré leur chaise et s’étaient également redressés, indécis. Ils faisaient partie d’un réseau mais pas du complot qui éclatait sous leurs yeux et jetaient des regards perplexes en direction de Clyton.

Syndrell était toujours assise, immobile, mais elle réfléchissait à toute allure, cherchant l’option la moins dangereuse, la moins mortelle… Pari difficile ! Ni Eole, ni Darwen n’étaient encore de taille à rivaliser contre un Envoleur. Quant à elle… Son regard balaya la salle, passa d’un homme à un autre. Quatre contre un. Elle n’était pas de taille non plus.

Juste avant qu’un sentiment de désespoir ne l’assaille, le ton courroucé de Miss s’insinua dans son esprit. Ou dans ses souvenirs. Et la morigéna pour avoir encore eu l’audace et l’idiotie de se fourrer dans une situation délicate impliquant ses plus grands ennemis. Aussi curieux que cela puisse être, cette simple pensée redonna courage à Syndrell.


* Il suffit que je la joue fine et stratège. Et que je reste en vie suffisamment longtemps pour m’échapper. Facile, non ? *

- Attrapez-moi ces marchombres !

Les Envoleurs se mirent en mouvement.
Syndrell aussi.

Toujours assise, elle s’empara des assiettes posées devant elle et les jeta vers ses adversaires, réduits au nombre de trois puisque le quatrième choisit de se lancer sur les talons d’Eole. Deux d’entre eux sortirent leur sabre pour fendre les projectiles en deux, l’autre se contenta de les esquiver. Le premier des trois fondit sur elle, mais sa lame s’enfonça dans le bois du banc : elle s’était glissée sous la table, si vite qu’il n’avait pas eu le temps de suivre son mouvement. Dégager son arme lui fit perdre une poignée de secondes…

… qu’elle mit à profit en lui plantant un poignard entre les côtes. Le coup était joli mais Syndrell avait sous-estimé la qualité de l’armure légère que portait l’homme, et sa lame ripa seulement sur l’os ; la blessure était profonde et certainement douloureuse, mais pas mortelle. La marchombre dut à son extraordinaire souplesse d’éviter la réplique hargneuse. Elle roula sur le sol et, de ses deux pieds, projeta le banc dans les jambes de l’envoleur. Le temps qu’il reprenne son équilibre, elle avait déjà filé hors de sa portée.

Le cœur battant, elle réalisa que, si elle ne sortait pas d’ici rapidement, elle allait mourir. Elle pouvait tenir tête à l’un de ces hommes, mais trois… Le deuxième était déjà sur elle tandis que les deux autres se déplaçaient de manière à lui couper toute retraite. Nom d’une chiure de mouche, la situation devenait plus que compliquée…

Son adversaire était rapide, mais elle aussi. Il n’avait pas dégainé l’imposant sabre qui dormait entre ses omoplates et se contentait d’utiliser ses bras, ses jambes, ses pieds pour attaquer la jeune femme. Qui rivalisait sur le même ton. De loin, l’ont eût pu croire qu’ils dansaient tant leurs gestes étaient empreints de grâce et de fluidité. Il incarnait la puissance de part sa large stature et la force de ses coups ; elle était l’agilité même, s’évertuant à lui tourner autour, quitte à se glisser entre ses jambes pour se redresser dans son dos.

Les trois autres envoleurs ne bougeaient plus. Ils étaient certains de leur victoire et ne cherchaient pas à lui fondre dessus en même temps ; c’était une erreur. Syndrell se laissa soudain glisser à terre et, tirant un poignard de sa botte, cloua solidement au parquet un pan de la cape de voyage de son adversaire. Le temps qu’il se retourne et comprenne que quelque chose entravait ses mouvements, elle avait déjà foncé vers le mur et coupé la corde de l’énorme lustre cerclé de bois et de fer qui éclairait la salle depuis le plafond.

Trois secondes. C’est le temps que mit le lustre pour basculer dans le vide et s’écraser sur l’envoleur. Entraînée par la corde, Syndrell s’envola vers le plafond. Elle se hissa souplement sur une poutre et, telle une danseuse, traversa la salle à toute vitesse. En bas, les flammes des bougies que soutenait le lustre désormais écrasé sur le sol léchaient le parquet, démarrant un incendie qui n’augurait rien de bon mais qui lui offrait une distraction.

En effet, le feu sema la panique parmi les gens qui se trouvaient encore dans la salle. La ferme était toute faite de bois et de chaume ; elle allait flamber en un rien de temps et nul n’avait envie de s’y trouver encore lorsque tel serait le cas. Bousculé par tous ces gens prenant la fuite, Clyton leva les yeux et essaya de suivre Syndrell du regard. Peine perdue ! Il aperçut tout juste un éclair bleuté avant que la fumée ne la dissimule à sa vue.

- Vite, elle s’échappe ! s’exclama-t-il. Vous devez vous dépêcher de…

Il écarquilla les yeux : là où, seulement un instant plus tôt se trouvaient encore les deux envoleurs, il n’y avait plus personne.




*




Debout sur le toit, Syndrell luttait contre les assauts du vent et de la neige. Elle n’entendait rien et ne voyait rien non plus. Pas franchement les meilleures conditions pour se tirer d’affaire, mais elle avait réussi à mettre hors d’état de nuire un envoleur, et elle était sortie de la salle : un bon point pour elle, non ?

Elle était en train de passer de l’autre côté du versant du toit lorsque son sixième sens lui envoya une décharge électrique : elle se décala, assez vite pour que le coup de sabre ne la tue pas en lui perforant le dos, mais pas suffisamment loin pour éviter que la lame ne fasse une entaille sur son flanc. Blessure superficielle qui galvanisa son instinct de survie.

Saisissant le poignet de l’homme, elle appliqua une torsion et en profita pour se couler contre lui, lui volant son centre et l’avantage qu’il avait pris sur elle. Son coude remonta, percuta le menton, puis le plexus solaire, avant qu’il ne la fasse basculer en lui fauchant les jambes. Comme elle n’avait pas lâché son poignet elle l’entraîna avec elle et ils roulèrent sur le toit enneigé.

Un violent coup de poing dans la mâchoire étourdit Syndrell un bref instant. Le goût ferrugineux et chaud du sang envahit sa bouche. Sentant qu’il reprenait le dessus, elle transforma sa faiblesse passagère en feinte et le laissa venir à califourchon sur elle.


- Dommage que j’aie simplement ordre de te blesser, ma jolie, susurra-t-il en l’immobilisant dans son étreinte d’acier. Mais je vais faire ça bien comme il faut, tu vas voir…

Il se figea de surprise lorsque deux lames jaillirent des avant-bras de Syndrell, s’enfonçant dans le cuir de son armure pour ressortir dans son dos.

- Dommage, en effet…

Il s’effondra sur elle dans un affreux gargouillement, l’écrasant de tout son poids. Elle eut du mal à se dégager mais lorsqu’elle y parvint, elle soupira de soulagement. Elle avait eu de la chance. Jusqu’à quand allait-elle pouvoir encore tirer sur la corde ?

- Darwen… souffla-t-elle.

Eole et lui avaient-ils pu s’enfuir ? Le cœur battant, elle attrapa le sabre de l’envoleur et se redressa d’un bond pour s’enfoncer dans la tempête. Il fallait qu’elle les retrouve.

Vite !


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Ven 25 Mar 2016, 19:50

Syndrell lui raconta son passage à la Citadelle et comme Darwen, elle mentionna le regret d’Erlaëm de ne pas l’avoir vue. Elle lui décrivit ensuite leur voyage dans la tempête jusqu’à leur arrivée dans la ferme.
Kaünis était partie pendant que les deux amies parlaient. Éole la chercha du regard mais ne la trouva pas dans la pièce.

- Garde l’œil ouvert. Quelque chose se trame ici, et je n’aime pas ça.

Éole hocha doucement la tête. Oui, elle aussi avait remarqué qu’une atmosphère étrange planait sur cette ferme fortifiée et elle aussi avait des soupçons quant à la cause qui avait rassemblé ici ces gens qui portaient tous la même broche.

Au même instant, trois hommes se levèrent et se dirigèrent vers elles. Tout, dans leur attitude, criait leurs mauvaises intentions envers les deux jeunes femmes. Ils s’étaient levés et marchaient vers elle d’un pas souple et silencieux. Mortel. S’ils n’avaient pas eu cette lueur destructrice et sans pitié dans le regard, Éole les aurait pris pour des marchombres. Ils avaient la même démarche, la même prestance et cela lui rappela... Gil ! La danseuse l’avait lui aussi pris, à tort, pour un marchombre... Mais lui, il n’avait pas cette même lueur dans ses yeux. Lui, il lui avait sauvé la vie. Eux voulaient plutôt la lui prendre !

*Des Envoleurs !*

Syndrell était arrivée plus vite qu’elle à cette conclusion et lui avait saisit le poignet pour la sortir de ses réflexions.

- Trouve Darwen. Et partez. Tu m’entends ? N’importe où, mais très loin d’ici !

Sortant de sa léthargie, Éole posa un regard paniqué sur son amie et, comprenant soudain la gravité de la situation, elle repoussa sa chaise et s’enfuit en courant avant que les personnes attablées autour d’elle ne se rendent compte de la situation et l’empêchent de fuir.

Il y avait du monde, Éole eut du mal à se faufiler entre les tables. Par chance, personne ne faisait attention à elle et quand elle entendit « Attrapez-moi ces marchombres ! » dans son dos, elle était presque sortie de la salle. Mais c’était sans compter le mercenaire qui s’était lancé à sa poursuite.
L’apprentie marchombre essayait tant bien que mal à le semer, sans y parvenir. C’était un mercenaire du chaos, une machine à tuer, bien plus entraîné qu’elle. Elle n’était même pas encore marchombre ! Comment pouvait-elle rivaliser avec cet homme ?
Une boule se créa dans son estomac tandis qu’elle sentait que l’envoleur gagnait du terrain. Non... Elle ne pouvait pas mourir si bêtement ! Elle ne pouvait pas finir sa vie là, égorgée par un mercenaire du chaos, alors qu’elle n’avait rien demandé ! Par les nageoires de la Dame ! Elle voulait seulement un abris en attendant la fin de la tempête ! Non. Elle ne pouvait pas mourir avant d’avoir revu sa mère, avant d’avoir eu des explications... Pas avant de terminer son apprentissage non plus ! Cette fois-ci, elle n’était plus très loin !
Un nouvel élan de détermination naquit dans le cœur d’Éole. Elle ne savait pas où elle allait, elle ne savait pas non plus où était Darwen... Elle était partie dans la direction des “toilettes” et s’était perdue dans les couloirs. Heureusement pour elle, ils étaient déserts. Tout le monde était probablement occupé dans la grande salle... Elle jetait un regard dans toutes les pièces, Darwen demeurait introuvable et le mercenaire qui la poursuivait se rapprochait de plus en plus, l’empêchant aussi de faire demi-tour.
Mais la jeune fille était décidée à ne pas se faire prendre. Cette volonté déclencha-t-elle la suite ? Probablement. La panique aussi y était pour quelque chose... Et l’instinct de survit.
Elle venait de pénétrer par inadvertance dans un espèce de bureau... Coincée. Elle était coincée. Elle s’approcha de la fenêtre et l’ouvrit. La ferme ne comportait pas d’étage, elle pouvait sauté en toute sécurité. Ne lui laissant pas le temps d’aller plus loin, l’envoleur apparut dans l’encadrement de la porte. Elle savait très bien que si un combat s’engageait, elle n’en sortirait pas vivante. Elle devait le retardé, à tout prix. Gagner du temps. Il fonça sur elle. D’un coup de pied, elle fit basculé le bureau qui était devant la fenêtre. Surpris, l’envoleur trébucha. Sachant qu’il ne mettrait pas longtemps à se reprendre, Éole n’attendit pas et bondit par la fenêtre.
C’est à ce moment que quelque chose se déclencha en elle. Comme si elle avait soudainement appuyé sur un bouton spéciale. Toutes se perceptions changèrent d’un coup. Elle se sentait plus... légère. Elle atterrit dans la neige sans s’y enfoncer et, quand elle se remit à courir, c’était de manière plus fluide. Plus rapide. L’envoleur n’avait pas tardé à sauter lui non plus et il était déjà sur les talons de la jeune femme.

Mais lui, il était ralenti par la neige.
Elle, elle était légère. Légère comme le vent. Elle courait sur la neige. Elle allait plus vite que lui qui était plus lourd.
Éole volait. Littéralement.
Dans le creux de son ventre, elle sentait l’action d’un mécanisme étrange. Elle sentait sur elle l’empreinte d’une grosse montagne.
Le Rentaï. La Greffe.
Éole volait. C’était cela, sa Greffe !

Cela ne dura qu’un instant, un instant suffisant pour semer l’envoleur et atteindre l’écurie. Quand elle retrouva son poids “normal”, elle venait de passer la porte. L’envoleur était loin. Elle sourit, heureuse. Entière.

Des voix la sortie de son euphorie.

- Tiens, Kaünis Gil’Ozh ! Je ne savais pas que tu faisais aussi partie de cette mission, c’est ton père qui te l’a demandé ? On dirait que tu utilises les mêmes techniques que ta mère pour attraper du marchombre...
- Darwen... Je ne pensais pas te trouver ici.

Kaünis ! Darwen ! Et... Comment elle s’appelait déjà... La frontalière, la sœur d’Erlaëm si ses souvenirs étaient bon... Qu’est-ce qu’elle faisait ici ? Éole avança silencieusement vers les voix. Elle se dissimula derrière un box. Ils étaient là, devant elle... Elle les observa quelques secondes.
Misha ! C’était Misha qu’elle s’appelait... Elle était là, mais semblait être avec l’autre homme qui portait la même broche que Kaünis. Éole ne voyait pas si la frontalière en avait une elle aussi... Comment allait-elle pouvoir s’enfuir avec Darwen ?
La jeune danseuse réfléchit à toute allure. Elle ne pouvait pas rester là indéfiniment et elle ne pouvait pas risquer d’attirer l’attention de Darwen sans attirer celle des autres en même temps. Elle choisit de se lever, sans pour autant se mettre en avant. Tous les regards convergèrent vers elle. Elle planta le noir profond de ses prunelles dans celle de Kaünis.

*Je ne sais pas ce que tu éprouves pour Darwen, mais si tu as au moins un minimum de respect pour lui, tu nous laisseras partir. *

Elle ne pouvait pas parler à voix haute, elle espérait que son seul regard serait suffisant pour convaincre Kaünis... Sinon... Elle jeta un coup d’œil à Darwen. Sinon... elle n’avait plus d’idée...

__________________________________________



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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Ven 25 Mar 2016, 20:31

Quand Darwen lui demanda si il y avait des choses à cacher dans le bâtiment, ou qui méritaient qu’on gratte un peu pour y accéder, elle haussa les épaules : en vrai, elle n’en savait rien, et s’en fichait royalement. Elle s’était arrêtée ici presque par hasard, car c’était sur son chemin pour descendre dans le Sud de Gwendalavir et si elle se doutait que la broche avait quelque chose de spécial, ce n’étaient clairement pas ses affaires.

Elle se tendit imperceptiblement quand le jeune Marchombre s’avança vers elle, sentant son coeur accélérer dans sa poitrine à chacun de ses pas. Quand les doigts de Darwen se glissèrent avec douceur sur sa joue, Kaünis se retint pour ne pas se mordre la lèvre inférieure férocement. Le contact de la peau du jeune homme faisait palpiter sa joue et une douce chaleur se déploya dans son ventre. Elle pouvait voir dans le regard de Darwen, si proche désormais, que c’était la même chose pour lui, et ne retint cette fois pas un sourire satisfait.

- Alors… Comment tu vas ? Elle fronça les sourcils et haussa les épaules à cette question saugrenue qui voulait tout et rien dire. Un haussement d’épaule, ça voulait aussi tout et rien dire, et c’était la réponse parfaite à la question imparfaite de l’apprenti Marchombre.
Soudain, des voix retentirent dans le couloir.
Kaünis fronça les sourcils un instant. Elle avait l’impression de connaître cette voix et voulut tendre l’oreille pour tenter d’associer ses souvenirs aux sons qu’elle entendait.

Darwen la prit littéralement de court en attrapant ses lèvres des siennes et Kaünis sentit son souffle se couper contre la bouche de l’apprenti Marchombre. Elle eut très envie de lui mordre la pulpe des lèvres, sortit les dents pour éprouver leur texture un instant alors que son corps se collait instinctivement contre celui du jeune homme. Le désir explosa dans son ventre et elle eut littéralement envie de lui grimper dessus pour éprouver la sensation de ses doigts sur sa peau. Ça brûlait, soudain, elle voulait le déshabiller !
Mais les bruits de pas s’approchaient d’eux et elle se détacha de l’étreinte de Darwen pour voir qui arrivait. Et son visage lui donna la réponse : Aramor ! Un Mentaï qu’elle ne côtoyait pas, mais qu’elle connaissait grâce à son père… Et il connaissait les méthodes de sa mère apparemment.

- Je ne savais pas que tu faisais aussi partie de cette mission, c’est ton père qui te l’a demandé ? On dirait que tu utilises les mêmes techniques que ta mère pour attraper du marchombre... 

Le cerveau de Kaünis tournait à toute allure alors qu’elle assimilait les paroles de l’homme, et son regard tomba sur la fille à côte de lui. Elle, elle ne la connaissait pas. Par contre, elle semblait connaître Darwen, ce qui tira un sourire mauvais à l’Envoleuse.

Alors, Kaünis fit passer ses cheveux dans son dos d’un mouvement gracieux et planta son regard dans celui de Aramor. Elle eut une moue narquoise avant de répondre au Mentaï.
- C’est le plus efficace, tu crois quoi ?
Aramor tiqua un instant devant le tutoiement, mais se reprit bien vite en redressant les épaules.
- Il y a deux autres Marchombres ici, dont une aux cheveux bleus. C’est la plus importante, avec lui, fit-il en désignant Darwen du menton. Kaünis glissa son regard sur les lèvres du Marchombre, fascinée un instant par leur dessin, avant de le lever vers ses yeux.
Mais un mouvement à l’orée de son champ de vision attira son attention à ce moment-là, et elle saisit Darwen par le poignet – comme pour ne pas le laisser s’échapper, mais surtout pour pas que le Mentaï puisse croire qu’elle n’avait pas la situation en main.

Le mouvement en question était en fait la fille nommée Eole qui se présentait, debout, à l’angle du bâtiment. Kaünis fronça les sourcils, avant de croiser son regard… Quoi, suppliant ? Nan. Insistant ? Lourd de reproches ? Lourd de sous-entendus ? Elle s’en tapait, de cette nana. De cette Marchombre.
Haussant les épaules, elle planta son regard dans celui de Darwen en y lisant une interrogation d’incompréhension, mais passa bien vite au Mentaï qui les observait tous les trois. Un sourire mauvais étira les lèvres de Kaünis.
- La bleue sera la plus difficile à attraper. Tu devrais aller les aider, elle a déjà du en foutre plus d’un hors combat. Je m’occupe de ces deux-là, ils ne me poseront pas de problème. Et si tu veux, tu peux me laisser ta copine, là, dit-elle en désignant la fille qui connaissait Darwen du menton, Si t’as peur que je dise n’importe quoi.

Eole était toujours immobile et le Mentaï n’eut besoin que d’une seconde de réflexion.
- D’accord. Misha, je compte sur toi, dit-il avant de faire volte-face pour se précipiter dans le couloir de la ferme.

Kaünis fit jouer des épaules et lâcha soudain Darwen, se rendant compte qu’elle avait légèrement gelé sa peau sans le faire exprès.

Bon, au moins elle s’était débarassée de Aramor, mais elle ne savait pas ce qu’elle voulait faire, au fond. C’était quoi cette mission dont le Mentaï avait parlé, hein ? L’Envoleuse leva les yeux vers Darwen puis chercha le regard d’Éole également. Elle allait avoir besoin de leur collaboration si elle voulait comprendre ce qu’il se tramait.

Mais en fait, cette Misha connaissait Darwen, alors autant commencer par là !
Son regard se chargea de provocation, alors qu’elle posait son regard sur la fille qui était arrivée avec Aramor.
- Hé Misha, tu penses pourquoi t’occuper correctement de Darwen ? Il a besoin… d’attentions particulières ! lâcha-t-elle d’un ton railleur sans regarder l’apprenti Marchombre. D’ailleurs si tu le connais si bien que ça, tu devrais lui dire pourquoi on est là hein. Ça va le ficher en rogne. Façon subtile de faire croire que ça ferait souffrir Darwen – ce qui était potentiellement le cas, mais à vrai dire la curiosité de Kaünis avait plus besoin d’être comblée alors que faire des petites piques dans le coeur de Darwen ne lui posait pas tant de soucis que ça – et qu’elle savait de quoi il en retournait.

Glissant sensuellement ses doigts sur la poitrine de l’apprenti Marchombre, l’Envoleuse le regarda de derrière ses cils en se mordant la lèvre en une conotation clairement sexuelle, avant de le lâcher pour s’approcher d’un pas souple et léger vers Éole.
Un sourire mauvais sur les lèvres.
Elle dégaina un poignard et jaillit derrière la Marchombre pour la piquer du bout de sa lame et la faire s’avancer dans le bâtiment. Se rapprochant de sa nuque, elle murmura très doucement pour n'être entendue que de cette dernière :
- J’ai aucun idée de ce qu’il se passe ici, mais je vais attaquer cette blondasse, et vous feriez mieux de filer…
Puis, elle la bouscula brutalement en avant pour la faire tomber sur les genoux, jouant parfaitement le jeu. Son regard sombre croisa celui de la fille en face de Darwen, qui s’était mise à raconter à ce dernier ce qu’elle foutait là…

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )


Dernière édition par Kaünis Gil'Ozh le Jeu 14 Avr 2016, 01:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Mer 13 Avr 2016, 22:50

[Désolée pour l'attente ^^ Pfiou, 'Wen pense beaucoup trop et beaucoup trop lentement... 'x) Je te jure Rolling Eyes Kaünis, ce n'était peut-être pas très clair mais du coup le Mentaï s'appelle bien Aramor (j'en avais parlé à la fin de notre Rp à la Citadelle avec Éole et Syn) Wink]




Darwen essayait de recoller, dans son cerveau, les bouts d'éléments qu'il avait en face de lui et ceux qu'il possédait déjà pour essayer de donner un sens à la situation. S'il n'avait pas pu voir Misha à la Citadelle, c'était donc qu'elle se trouvait avec cet homme, qui ne semblait pas spécialement sympathique... et surtout dangereux. Très dangereux. Au fond de son ventre, le loup grognait ; 'Wen pouvait presque visualiser ses babines retroussées sur ses crocs brillants, ses oreilles couchées en arrière, l'éclat fou dans ses yeux clairs. La canidé était bien plus que méfiant : il désignait clairement l'inconnu comme un ennemi !

C'était donc avec lui que la Frontalière devait mener sa mission ? Les autres étaient-ils au courant ou bien... L'évidence frappa le jeune homme comme un coup de poing : sa presque-soeur avait menti ! Elle n'était pas en mission, ou dans tous les cas il s'agissait d'un tout autre genre de mission que celles qui échouaient d'ordinaire aux Frontaliers. Elle se trouvait donc dans une position de traître vis-à-vis de ses pairs. Une foule de questions se bousculait dans l'esprit de l'apprenti marchombre – pourquoi avait-elle agi ainsi ? Que faisait-elle avec cet homme ? Elle avait l'air en pleine possession de ses moyens, et non contrainte... – mais ce n'était pas le moment d'y répondre. Il fallait agir !

En rassemblant les bribes de conversation arrachées à Clyton et à l'homme qui l'accompagnait avec les phrases du géant à la cape rouge, Darwen en déduit que ce dernier devait être Aramor Sil'Suvarn, celui que Clyton avait appelé "Votre Maître" en s'adressant au premier inconnu. Il se rappela – enfin – l'avertissement d'Erlaëm. Éole, Syndrell et lui étaient des marchombres. Cet homme voulait "attraper du marchombre"... Ils étaient donc bien recherchés par des envoleurs... qui les avaient trouvés !

- C’est le plus efficace, tu crois quoi ?

'Wen adressa un coup d’œil à Kaünis. Elle aussi était une envoleuse, et elle connaissait bien cet homme. Elle lui avait répondu de manière spontanée, comme si tout était normal et entendu entre eux. Alors elle aussi était dans le coup ? Quel con il avait été, de lui faire confiance ! Non ! Il ne lui avait pas fait confiance. Il connaissait très bien les risques... et bien maintenant il se les prenait en pleine poire. Putain ce que ça faisait mal !

Mais ce n'était pas le pire. Le pire – il le réalisait un peu tard – c'était d'avoir entrainé Syndrell et Éole dans leurs filets. C'était lui qui les avait invitées à venir à la Citadelle – nom d'un Ts'liche, heureusement que Lyke n'était pas ici, avec eux, cette fois ! Et c'était à cause de lui que Kaünis avait pu aussi aider l'autre à mettre la main sur elles, non ? Les paroles de l'homme à la barbiche noire confirmèrent ses pensées, et Darwen serra les poings et les dents, si fort que ça lui fit mal. Quant à Misha... il ne comprenait toujours pas ce qu'elle fichait avec des envoleurs. Il se sentait trahi de tous les côtés – pour Kaünis, il pouvait s'y attendre, mais elle, sa presque-soeur ?

C’est Uli qui t’as sauvé, c’était normal que tu sois tombé dans ses bras, à elle... mais tu n’as jamais remarqué que... je t’aimais aussi.

Pourquoi sa déclaration lui revenait-elle maintenant ?

Enfin, reprends-toi mon vieux ! Ce n'était pas le plus urgent : Éole et Syndrell étaient sûrement en danger elles aussi, à cet instant ! C'était à cause de lui, il devait les retrouver !

La main de Kaünis enserrant son poignet pour le tirer vers elle coupa court à ses réflexions chaotiques. Grinçant des dents, il foudroya l'envoleuse du regard, fit mine de se dégager vivement... et il aperçut Éole à cet-instant, debout devant eux. Il inspira. Bon. Elle, au moins, était saine et sauve. Mais sa présence montrait bien qu'il s'était passé quelque chose. Où était Syndrell ? L'apprenti sentit l'angoisse enfler dans son ventre, en pensant à son Maître. Elle avait déjà failli mourir une fois par sa faute, en lui sauvant la vie. Cela ne devait pas se reproduire ! Le loup était bien d'accord avec lui, et il devenait de plus en présent. De plus en plus pressant. Devait-il le laisser sortir ? N'y avait-il pas une autre solution ? Il risquait de s'en prendre aussi à Éole. Et il ne voulait pas tuer Misha. Ni Kaünis, lui souffla une petite voix qui l'exaspéra davantage encore.

- La bleue sera la plus difficile à attraper. Tu devrais aller les aider, elle a déjà du en foutre plus d’un hors combat. Je m’occupe de ces deux-là, ils ne me poseront pas de problème. Et si tu veux, tu peux me laisser ta copine, là. Si t’as peur que je dise n’importe quoi.
- D’accord. Misha, je compte sur toi.

L'homme partit en courant. Une folle seconde, Darwen pensa à lui courir après ; le contact gelé sur son bras le ramena à la réalité, juste avant que Kaünis ne le lâche enfin. L'image du type blond mort gelé revint comme un flash au jeune homme, qui leva le regard vers Kaünis. Que comptait-elle faire, au juste ? Pourquoi l'avait-elle lâchée ?

Il jeta un coup d’œil à Éole, puis à Misha. Il ne savait de qui, entre l'envoleuse et la Frontalière, il voulait le plus avoir des explications. Il allait s'adresser d'abord à la jeune femme rousse, lorsque Kaünis prit les devants.

- Hé Misha, tu penses pourquoi t’occuper correctement de Darwen ? Il a besoin… d’attentions particulières ! D’ailleurs si tu le connais si bien que ça, tu devrais lui dire pourquoi on est là hein. Ça va le ficher en rogne.

Une nouvelle fois, Darwen serra les poings. Oh, oui ! Elle ne pouvait pas s'imaginer à quel point ! Mais quelque chose dénotait dans le ton de la jeune femme. Elle ne semblait pas vraiment connaître Misha, en réalité. Et pourquoi n'attaquait-elle pas, au lieu de déblatérer des conneries ?!

En sentant les doigts de l'envoleuse glisser sur son torse, 'Wen fronça les sourcils, mais il ne put ignorer l'onde de désir qui parcourut son corps devant la moue évocatrice de Kaünis. La rage et le désir se disputaient violemment en lui lorsqu'il la regardait, et il ne parvenait pas à choisir. C'était horriblement rageant ! Elle lui laissa cependant l'opportunité de parler à Misha en s’avançant vers Éole. Sauf qu'il ne savait pas ce qu'elle lui voulait, et qu'il ne comptait pas mettre son amie en danger ! Mais de l'autre côté, il y avait la Frontalière, qui pouvait être tout aussi dangereuse. Et puis Éole devait mieux se débrouiller que lui, de toutes façons.

Du coin de l’œil, il vit Kaünis l'acculer contre un mur, et il se mordit les lèvres. Il avait envie de croire qu'elle faisait semblant, mais il se défendit d'être aussi naïf. C'était une envoleuse, après tout... Il espéra juste qu’Éole allait savoir se débrouiller, tout en surveillant la scène à la dérobée, prêt à intervenir si ça tournait vraiment mal. A "lâcher" le loup, peut-être. Il se tourna vers Misha, vrillant son regard dans le sien.

- Tu peux m'expliquer ?

La jeune femme haussa les épaules, l'air désabusé.

- Il n'y a rien à expliquer. Tu es un marchombre, les envoleurs te cherchent. Je ne savais pas que cette fille faisait partie du plan par contre. Je ne l'avais jamais vue.
- Quel plan ?
- Pardon ?

Darwen jeta un regard acerbe à la jeune femme. C'était une Frontalière, il savait qu'il n'avait pas l'ombre d'une chance face à elle, mais de toutes façons il n'avait pas la moindre envie de la combattre. Sauf que la situation pressait !

- Tu as parlé d'un plan. En quoi le plan d'envoleurs te concerneraient ? Qu'est-ce que tu fiches avec ce type ? Réponds-moi, Misha. Je ne veux pas me battre contre toi.

La jeune femme s'avança soudain vers lui de sa démarche féline, un sourire sur les lèvres. Darwen était sur ses gardes, mais il ne bougea pas.

- Je te l'ai déjà dit, murmura-t-elle lorsqu'elle se retrouva moins d'un mètre en face de lui. C'est juste que tu ne m'as pas écoutée. Elle s'avança encore, pour caresser doucement la joue de l'apprenti, qui sentit les battements de son cœur accélérer en même temps que ces pensées, qui tournaient à toute allure dans sa tête.
- De quoi tu par...

La bouche de la jeune femme s'écrasa sauvagement sur la sienne, sa langue franchissant les barrières de ses lèvres. Il fallut plusieurs secondes à l'homme pour réagir à ce qu'il se passait ; la repoussant violemment, il passa l'avant-bras sur ses lèvres. Elle était comme une soeur, merde ! Projetée en arrière, elle vacilla une seconde avant de lui jeter un regard aussi noir que la mort.

- Putain, Misha... Je t'ai déjà expliqué que...
- Je m'en contre-fous de tes explications ! Tu n'as jamais compris... non, tu n'as jamais voulu comprendre ! Je suis pas ta soeur, Darwen, bordel ! Et même si pour toi c'est la même chose, qu'est-ce que ça te ferais, au fond ? Tu couches bien avec une envoleuse alors que t'es marchombre, non ?! Alors donnes pas de leçon ! A cause de toi... Sharmal... Aramor, ils... Bordel !!

Interdit, le métamorphe la vit quitter l'écurie en courant, bousculant Éole et Kaünis au passage... et entendit une exclamation étouffée. Apparement, elle venait de percuter quelqu'un de plein fouet...

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Jeu 14 Avr 2016, 18:49

Parce qu’elle était davantage préoccupée par ce qui se passait derrière elle plutôt que devant, la collision était inévitable. Syndrell eut l’impression de s’être mangé un mur. Projetée en arrière, elle tomba durement sur les fesses.

- Ouch ouch ouch, marmonna-t-elle en frottant son arrière-train douloureux, avant de lever les yeux vers le « mur » responsable de sa chute.

C’était en fait une armure. Et à l’intérieur de cette armure, il y avait une femme aux yeux frondeurs et aux longues tresses d’un roux vif qui avait marqué la mémoire de Syndrell.


- Misha ?!

Tout à sa surprise de découvrir la Frontalière dans ce trou paumé, la marchombre faillit ne pas voir le coup venir. Elle leva le bras juste à temps pour parer de son sabre la lame que Misha venait de dégainer. L’attaque était puissante et équivoque : Syndrell la repoussa et bondit souplement en arrière. Elle plia un genou pour s’accroupir, adoptant la garde qui était sienne, et tendit son bras armé en arrière.

- C’est toi, le fameux mouchard de la Citadelle, dit-elle doucement.
- Surprise ? cracha la Frontalière en exécutant une rapide révérence.
- Pas vraiment, non. Je me doutais que c’était quelqu’un de proche de Darwen. Du coup je suis curieuse : on m’a toujours dit que la trahison laissait un goût amer, est-ce que tu le sens bien, là ?

L’attaque qui suivit cette provocation fut sidérante de vitesse, de précision et de fureur. Cette fois pourtant, Syndrell était sur ses gardes. Elle répondit avec audace et les lames s’entrechoquèrent dans la neige et le vent. Ce n’était plus un simple entraînement. Les deux jeunes femmes s’affrontaient désormais avec tout le sérieux qui fait d’un combattant une force vive et pure.

Leurs techniques s’enchaînent si vite que leurs gestes paraissaient flous. Frontalière contre Marchombre. Deux guerrières qui avaient une connaissance, une maîtrise solide, parfaite de leur corps et de leur lame. Syndrell savait toutefois qu’elle ne tiendrait pas ce rythme indéfiniment : tenir tête aux Envoleurs avait grignoté son énergie et elle n’avait pas eu le temps de souffler pour récupérer.

Une estocade bien menée ouvrit une première entaille sur son avant-bras droit, une autre frôla d’un peu trop près sa cuisse. Misha commençait à toucher alors que Syndrell ne lui avait guère fait que quelques bleus. L’équilibre de cet impressionnant duel commençait à se fissurer. En nage, la marchombre pivota, lança son genou puis son talon, bondit, pirouetta, s’aplatit sur le sol, roula dans la neige et se redressa. Tout ceci en moins de cinq secondes.

Elle parvint à placer une feinte particulièrement audacieuse – piquée à Dolce, en tout bien tout honneur – et sa lame entailla la ligne de la mâchoire de Misha, tranchant au passage une longue mèche rousse qui s’envola et retomba dans la neige. Le revers fut assez brutal pour l’envoyer bouler dans la neige.

- Nom d’une bouse de vache qui crache, c’que c’est froid ! s’exclama-t-elle en se redressant, couverte de neige.

Misha eut un bref instant d’hésitation. Elle était surprise, une fois encore, par l’insouciance de Syndrell ; cette fille était en train de se battre pour sa vie… et elle n’avait pas l’air d’en faire grand cas ! Si elle pouvait voir ce qu’elle avait sur le cœur, elle… Tous ces nœuds, ces tourments qui pesaient leur poids, et puis le goût des lèvres de Darwen qui s’attardaient sur les siennes…

Syndrell fatiguait, certes, mais elle n’était pas embarrassée par tout ça, elle. Son inquiétude envers Eole et Darwen était moins grande que la confiance qu’elle leur portait. Elle ignorait qu’elle était juste à côté d’eux, séparée seulement par les écuries. Ses boutades, son insouciance apparente faisaient partie de son combat : pas une seule fois elle ne se déconcentra.

Au contraire de Misha.

Tourbillon de neige et de bleu, et le sabre de la Frontalière s’envola. Elle frémit en sentant celui de son ennemie passer contre son ventre… mais Syndrell ne l’éventra pas. Elle se contenta de presser la lame en guise d’avertissement, et piqua de la pointe du poignard de Miss contre sa jugulaire.

C’était terminé.




*




- Vas-y,murmura Misha sans quitter Syndrell des yeux.
- Ce n’est pas à moi de faire ce choix.

Elle pensait à Darwen, à Erlaëm. Ce n’était pas à elle de faire ça, non… Soudain alertée par des bruits de pas dans son dos, Syndrell pivota pour se placer dans le dos de Misha, sans cesser de la tenir en respect par ses lames.

- Un peu de tenue, messieurs ! lança-t-elle en levant le menton pour dévisager les deux hommes qui venaient d’arriver. Si je trébuche, la demoiselle ici présente en fera les frais…

Ils s’arrêtèrent. Bien.

Et maintenant ?


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Ven 15 Avr 2016, 14:57

Kaünis lui rendit son regard avant de se désintéresser d’elle. Avait-elle compris ? Un frisson parcouru le dos d’Éole. Elle avait l’étrange sentiment que Kaünis s’en moquait royalement de son sort. Et certainement de celui de Darwen également. L’apprentie marchombre savait très bien qu’ils ne seraient pas de taille à lutter contre un envoleur, une frontalière et une jeune femme qui semblait aussi douée avec des armes que ces deux là. Éole posa son regard sur Kaünis. Dans quel camp était-elle ? Elle avait la même broche que les envoleurs, pourtant l’homme qui était là avait été surpris de la voir dans cette ferme. Et puis il y avait Darwen et le lien entre eux deux. Mais jusqu’où allait ses sentiments pour lui ? Juste un bon coup au lit ou... un peu plus ?

- La bleue sera la plus difficile à attraper. Tu devrais aller les aider, elle a déjà du en foutre plus d’un hors combat. Je m’occupe de ces deux-là, ils ne me poseront pas de problème. Et si tu veux, tu peux me laisser ta copine, là, si t’as peur que je dise n’importe quoi.

Donc elle était avec eux... Une seconde ! Si la salle était remplie d’envoleurs — Éole n’aurait jamais imaginé qu’il puisse y en avoir autant — et que tous portaient la même broche, qu’ils appartenaient tous à la même mission... Kaünis... Était-elle... ?

*Une Mercenaire du Chaos ! Non ! C’est impossible... Darwen et elle... Par les yeux du Dragon !*

À quoi jouait-elle alors ? Pourquoi demandait-elle à l’envoleur de partir ? À trois, ils n’avait rien à faire pour les tuer, Darwen et elle, à deux... Cela leur laissait une chance ! Ils auraient pu les tuer puis aller tous les trois s’occuper de Syndrell...

Éole regarda l’homme s’éloigner. Était-il idiot à ce point pour obéir à une fille dont il ne soupçonnait pas la présence en ces lieux ? Pour ne pas réfléchir et penser que le plan de Kaünis était le meilleur ? Elle fronça légèrement les sourcils avant de reporter son attention sur Kaünis, Misha et Darwen, prête à toute éventualité. L’envoleuse — une envoleuse ! — chercha son regard et la jeune danseuse senti qu’elle ne comprenait pas plus qu’elle ce qui se tramait ici. Donc elle n’était pas avec les envoleurs au départ... Kaünis détacha son regard de celui d’Éole pour aller chercher celui de la Frontalière.

- Hé Misha, tu penses pourquoi t’occuper correctement de Darwen ? Il a besoin… d’attentions particulières ! D’ailleurs si tu le connais si bien que ça, tu devrais lui dire pourquoi on est là hein. Ça va le ficher en rogne.

Misha... Elle représentait le plus gros mystère de cette histoire. Les souvenirs de la Citadelle remontaient un par un. Uliwëne, blessée par un traître... Sharmal, le duel... Misha pourrait-elle être le traître que Darwen recherchait ?

Éole ne put réfléchir plus longtemps. Kaünis s’était avancée vers elle, d’une démarche souple et silencieuse, un sourire mauvais sur les lèvres. Elle n’eut pas le temps de saisir son poignard, l’envoleuse était derrière elle, la pointe de sa lame posée sur sa nuque. Éole se raidit. Kaünis n’était pas de son côté non plus. Elle aurait dû être plus méfiante. Elle aurait dû se tenir sur ses gardes au lieu de se laisser distraire par tous les mystères qui peuplaient cet endroit !

*Du calme Éole. Ne fait pas de mouvement brusque et ça ira bien... Oui oui, tu vas t’en sortir...*

Elle commençait à perdre espoir, à ne plus y croire. Elle allait mourir ici, exterminée par des envoleurs, dans une ferme perdue au milieu des Plateaux d’Astariul. Kaünis la fit avancer... Pour l’emmener où ? Pour la torturer ? Pourquoi ? Elle ne savait rien ! L’envoleuse ne pouvait-elle pas se contenter de la tuer rapidement ?

- J’ai aucun idée de ce qu’il se passe ici, mais je vais attaquer cette blondasse, et vous feriez mieux de filer…

Éole voulut tourner la tête pour remercier Kaünis de prendre ces risques pour qu’ils puissent s’enfuir, mais un violent coup dans son dos la fit tomber à genoux, le souffle coupé. Kaünis jouait le jeu jusqu’au bout. Elle lui donnait une chance, une occasion de se sauver avec Darwen. Un espoir de ne pas mourir ici, de vivre ! Il fallait saisir cette occasion. Elle attendit deux secondes, que Kaünis s’avance vers Misha, que la frontalière se désintéresse de Darwen. Elle aurait ensuite bondit pour attraper l’apprenti marchombre et se sauver. Mais quand elle se remit sur ses pieds, Misha la bouscula pour passer, manquant de la faire tomber une nouvelle fois, et quitta l’écurie.

Éole resta interdite quelques secondes. Elle n’avait rien suivi de ce qu’il s’était passé entre la frontalière et Darwen, rien entendu de ce qu’ils s’étaient dit. Elle jeta un coup d’œil à Kaünis, qui était autant surprise qu’elle.

Des bruits de combat la sortir de sa léthargie. Syndrell ! Éole bondit, attrapa le poignet de Darwen, jeta un coup d’œil à Kaünis avant de planter son regard dans celui du marchombre.

- Il faut qu’on file !

Elle ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit et l’entraîna dehors... Pour s’arrêter subitement la seconde d’après. À deux mètres de l’entrée de l’écurie, deux hommes faisaient face à Syndrell. Cette dernière menaçait Misha de la pointe de son poignard...

*Et merde !*

Éole lâcha le poignet de Darwen et plongea son regard plein de question dans le sien, avant de jeter un coup d’œil à Kaünis... Cette histoire allait-elle finir un jour ?

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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Ven 15 Avr 2016, 20:13

Kaünis écoutait avec attention l’échange entre Misha et Darwen.
Elle ne put s’empêcher de ricaner quand la nana  dit qu’elle ne la connaissait pas. Ah bon ? Un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres, avant qu’un rire presque machiavélique ne s’échappe de sa bouche quand Misha se précipita sur Darwen pour l’embrasser.

Ohoh, mais c’était que ça devenait intéressant tout ça !
L’Envoleuse gardait un œil affuté sur Éole, qui s’était écroulée sur la dalle des écuries, alors que Misha déblatérait tout un tas de conneries plus grosses qu’elle.
- Tu couches bien avec une envoleuse alors que t'es marchombre, non ?! Alors, donne pas de leçon ! A cause de toi... Sharmal... Aramor, ils... Bordel !!

Roh, c’était tout ? Kaünis se dégagea juste à temps pour ne pas que la fille ne la pousse, mais elle déséquilibra au passage Eole. L’Envoleuse continuait de ricaner en levant les yeux au ciel, avant de poser son regard sur un Darwen complètement effaré.
- Allô la terre ? demanda-t-elle, absolument provocatrice et moqueuse.
- Il faut qu’on file ! Éole s’était redressée vivement, et Kaünis hocha la tête quand elle saisit l’apprenti Marchombre pour l’entrainer avec elle. Au moins, elle était pas débile, elle !
- Ouais, écoute ta copine, Darwen, dégagez ! cracha Kaünis, avant de se tourner pour voir d’où venaient les bruits de combat qu’elle entendait plus loin.

Elle eut le temps de voir un feu-follet d’un bleu éclatant tenir en respect Misha, et un sourire dur étira ses lèvres.
Parce qu’elle vit arriver les deux Envoleurs, tout comme Syndrell qui manœuvra pour pouvoir les tenir à distance pour un premier temps.

Un soupir désabusé franchit les lèvres de Kaünis, qui tourna la tête vers Darwen et Éole. Elle planta son regard sombre dans ceux des deux apprentis Marchombres, une seconde. Peut-être deux.
- Barrez-vous, juste barrez-vous, sinon vous ne vous en sortirez pas vivants, lâcha-t-elle, dédaigneuse. Elle chercha le regard de Darwen et lui offrit un sourire à la fois déterminé et sanglant. Ne t’inquiète pas pour ton Maître, je m’en occupe.

Elle s’approcha souplement et sans un bruit des deux Envoleurs, qui se tournèrent vivement vers elle… Avant de la reconnaître. Et de voir la broche sur sa cape. Elle leur adressa un sourire rassurant, et ils tombèrent dans le panneau, alors que Kaünis plantait son regard dans celui de Syndrell.
* Première et dernière fois, tronche de loutre *
- Hé, Syndrell, vas-y tue cette transie-amoureuse. Tout ce qu’elle sait faire, c’est trahir tout le monde. Cela surprit un instant les deux Envoleurs, qui cherchèrent son regard…
Kaünis se jeta sur celui à sa gauche, attrapant son visage dans sa main avant de lâcher sa Greffe qui lui congela le visage et éteignit son cerveau sur le coup. Dans une pirouette audacieuse, elle jeta son talon dégagé en arrière, rata son coup alors que le second Envoleur dégainait son sabre.
- Ça va se savoir ! fit l’autre en la tenant en respect une seconde. Alors, juste pour ça, Kaünis prit la peine de répondre.
- Tu te fous de ma gueule ? On est dans une tempête de neige mon vieux. T’es con ou t’es déjà gelé ?
Il n’eut pas le temps de répondre. Jaillissant en avant, Kaünis repoussa le sabre du plat de la main, ce qui le fit geler, avant de saisir le poignet de l’homme. Elle sentit son frisson de froid, mais elle retint la rage de sa Greffe pour tournoyer autour de lui, récupérer le poignard qui trainait à la ceinture de son adversaire, et lui enfoncer en travers de la gorge.
Il s’écroula dans un geyser de sang, ce qui tira un frisson de délectation à Kaünis.

Dans une inspiration, elle tourna son regard vers Syndrell. Quelques gouttes éclaboussaient son visage, lui donnant un air carnivore et absolument dangereux, surtout avec ce sourire diabolique qui étirait ses traits.

- Bon, vous devez vous tirer, mais on fait quoi de ce témoin, là ? demanda-t-elle en s’approchant souplement – dangereusement – de Misha, que Syndrell tenait toujours sous ses lames. Faut vite se décider, les autres risquent de débarquer, lâcha-t-elle, hautaine.

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Loving her is a splendid adventure
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Lun 18 Avr 2016, 16:27

[Je me suis un peu emballée, donc si quelque chose ne vous convient pas... x)]



Éole fit éclater la bulle d'indécision dans la laquelle se trouvait Darwen lorsqu'elle lui prit le poignet. Le jeune homme échangea un regard avec elle : filer d'ici ? Alors qu'il ne savait pas où était Syndrell ? Alors que Misha était dans un état pas possible et qu'ils devaient encore s'expliquer ? Si sa trahison lui laissait un goût amer dans la bouche et faisait battre le sang à ses oreilles, il ne pouvait pas lui en vouloir. Pour lui, elle faisait partie de sa famille, il devait savoir ce qui n'allait pas – elle ne pouvait quand même pas avoir pactisé avec le Chaos juste parce qu'elle l'aimait, si ?

Il réalisa alors que si Éole était venue le chercher... ça signifiait que Kaünis ne lui avait rien fait. Alors c'était bien un coup de bluff ? Malgré lui, 'Wen sentit une onde de chaleur se répandre dans son corps à la pensée que Kaünis, elle, était toujours de leur côté. Alors ça ne lui posait pas de problème de s'opposer à ses congénères ? Il l'entendit leur intimer l'ordre de dégager, alors que des bruits de combat éclataient à l'extérieur. Entraîné par Éole, l'apprenti marchombre écarquilla les yeux devant la scène qui se présentait à ses yeux : Syndrell, blessée mais vivante, tenant Misha en otage devant deux hommes menaçants... Des Envoleurs.

Kaünis, à nouveau, ordonna aux deux apprentis de foutre le camp, mais Darwen évita son regard sombre. Comme s'il allait la laisser s'occuper de son Maître ! Qu'est-ce qu'elles avaient toutes, à la fin ? Il était le premier concerné par cette histoire, pas question qu'il s'enfuie ! Mais il vit l'Envoleuse passer à l'action, attaquant les deux serviteurs du Chaos après une énième feinte. Il vit la glace qui gagna le visage, puis le crâne du premier homme, gelant sans doute son cerveau, et il frissonna malgré lui. Kaünis était impressionnante... non, terrifiante ! Terrifiante d'efficacité. Le deuxième homme avait à peine repris le dessus qu'elle s'élança vers lui – non sans répartie, même en plein milieu d'un combat – n'hésitant pas à plaquer la paume de sa main sur la lame de son adversaire pour la congeler à son tour, et assassinant l'Envoleur avec son propre poignard.

Inspirant de soulagement, Darwen réalisa alors que depuis le début du combat, il avait pris la main d’Éole dans la sienne et la serrait beaucoup trop fort. Se mordant la lèvre inférieure, il lâcha la main de son amie et chercha son regard, tenant de dissimuler son embarras – sans grand succès.

- Euh... je suis désolé...

Tournant le regard vers Syndrell, il constata qu'elle tenait toujours Misha contre elle. Pourtant, il était sûr que celle-ci aurait au moins pu tenter de se dégager... qu'est-ce qu'elle fabriquait, à la fin ? Un instant, le temps paru se suspendre, à l'exception du sang des deux mercenaires imprégnant lentement l'épaisse couche de neige, et du vent qui soufflait toujours, charriant des flocons de neige et des grêlons et faisant voler les cheveux des jeunes femmes. Puis Kaünis s'avança vers Misha, aussi dangereuse qu'un fauve à l'affût.

Effrayante de dangerosité et de noirceur.

Et terriblement désirable, pensa 'Wen en sentant son cœur recommencer à s'emballer, dans sa poitrine. Bon sang, mais qu'est-ce qu'il avait fait pour tomber sur une fille pareille, capable de mettre KO deux Mercenaires du... Chaos ?

- Bon, vous devez vous tirer, mais on fait quoi de ce témoin, là ? Faut vite se décider, les autres risquent de débarquer.

Darwen reprit soudain contenance, en réalisant que l'Envoleuse songeait à tuer aussi Misha. Ça, il n'en était pas question ! Il adressa un regard à Éole avant de s'avancer à son tour, posant une main sur l'épaule de Kaünis. Son regard, lui, se planta dans les deux yeux dorés qui le dévisageaient.

- Ne la tue pas.

Il s'était exprimé d'une voix déterminée et d'un ton sans appel. Lâchant Kaünis, il mit une jambe en avant et envoya son poing dans la mâchoire de la Frontalière pour l’assommer. Bon, c'était peut-être pas très fairplay, mais il s'en foutait complètement, là.

- On récupère les chevaux et on l'emmène avec nous.

C'était peut-être fou, insensé, Misha allait considérablement les ralentir, surtout dans la tempête... Darwen s'en fichait. Il était hors de question de la laisser entre les sales pattes des Mercenaires du Chaos. Il s’apprêtait à se diriger à nouveau vers les écuries, lorsqu'il se rappela de quelque chose. Une petite chose qu'Angela lui avait discrètement laissé, avant leur départ de la confrérie, la glissant dans sa poche sans qu'il sans aperçoive, une petite chose sacrément utile...

Une voyageuse.

Alors qu'il la saisissait dans le creux de sa paume, un homme se matérialisa juste à côté d'eux. 'Wen faillit sursauter sous le coup de la surprise, et déglutit en le reconnaissant. C'était Aramor S'il Suvarn, le grand type qui les aurait tués, Éole et lui, si Kaünis ne l'avait pas lancé à la recherche de Syndrell ! Mais alors, s'il pouvait apparaître comme ça... c'était un Dessin ! Cet homme était un Mentaï !

Un Mentaï qui paraissait diablement en colère.

Le temps qu'il prenne conscience des deux Envoleurs morts et du reste de la scène, Darwen avait bondi. Il attrapa la main d’Éole, saisit le bras de Kaünis au passage, se jeta sur Syndrell et ferma les yeux.

Aramor se lança dans l'Imagination... Trop tard.
Ils avaient disparu.

De rage, le Mentaï égorgea l'Envoleur qui venait de le rejoindre en courant.


***



Darwen n'avait pas eu le temps de réfléchir au lieu où ils arriveraient. Ce fut pour cette raison qu'ils se retrouvèrent tous les cinq projetés en plein milieu d'un couloir de la Citadelle, percutant un Frontalier au passage et roulant sur le sol dans une mêlée désordonnée. Aucune des trois jeunes femmes – sans compter Misha qu'il avait assommée – ne s'étaient attendues à faire un pas sur le côté, et l'apprenti marchombre fut le premier à se relever, s'apprêtant à essuyer les reproches...

- Darwen ?

Le jeune homme sourit en songeant que finalement, ils étaient bien tombés... puisque le Frontalier bousculé était Erlaëm, toujours assis par terre, les doigts plongés dans ses cheveux blonds pour se masser le crâne.

- Je... euh...
- Eh bien ! Je t'avais dit de revenir avec Éole, mais je ne pensais pas que ça serait si vite, s'exclama son ami en se redressant. Son regard passa alors sur le corps inerte de sa soeur, et il se précipita vers elle.

- Misha ?! Qu'est-ce qu'elle fiche avec vous ? Elle est blessée ?

Darwen s'apprêta à lui expliquer la situation le plus brièvement possible, lorsqu'une voix le devança : un autre Frontalier accourait, alerté par le bruit. 'Wen eut le temps de reconnaître Maïeul, avec qui il s'était souvent entraîné lors de son année passée à la Citadelle...

- Erlaëm ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Oh, mais... Kaünis ?

Surpris, Darwen fronça les sourcils. Ils se connaissaient ?

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Dernière édition par Darwen Ehsoleim le Mer 20 Avr 2016, 18:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Mer 20 Avr 2016, 18:27

[Voilà, j'ai fait ce que j'ai pu, du coup c'est un peu tiré par les cheveux - sonnez-moi si ça ne vous va pas surtout ! Et désolée de vous imposer le blanc bien chiant de Cielou Rolling Eyes]





- Aïe !

Syndrell porta la main à sa blessure, mais Ciel lui asséna une petite tape sur le poignet afin de poursuivre ses soins sans gêne. Un brin surprise par l’autorité soudaine dont il faisait preuve – et franchement pas coutumière – la marchombre baissa le bras et resta tranquille.

Une dizaine de secondes.

- Ça fait mal !
- Tant mieux. Ça prouve que tu as toujours ton bras droit.


Elle fronça les sourcils, interpelée par la dureté dans sa voix. Ça ne lui ressemblait pas.

- Tu es en colère.

Ce n’était pas une question mais un constat, et Ciel ne prit pas la peine de répondre. Il cessa de pincer les bords de la plaie pour en faire sortir le liquide susceptible d’infecter la blessure, et la tamponna délicatement avec un linge humide. Il n’y avait pas besoin de recoudre les chairs, heureusement. Il sentait déjà la tête lui tourner à la vue du sang. Par Merwyn, elle en avait plein les vêtements…

- Dis-moi ce qui te tracasse.
- Ce qui me tracasse ?
répéta-t-il, avant de laisser échapper un léger rire. Oh, c’est sûr qu’à ce niveau-là c’est un petit tracas de rien du tout…
- Ciel,
insista Syndrell en lui attrapant les mains pour qu’il arrête de s’agiter inutilement. Parle-moi.

Le regard qu’il lui lança valait toutes les paroles du monde, et Syndrell eut l’impression d’encaisser un coup de poing dans le ventre. Il était en colère, oui… après elle. C’était la première fois.

- La dernière fois que j’ai débarqué ici, tu avais un sabre planté dans le bras.
- Je vais bien ! Regarde, ça ne me fait même plus mal – surtout depuis que tu as cessé de tripoter mon bras dans tous les sens.
- Et la prochaine fois ? Ce sera quoi ? Un couteau dans la gorge ? Un crâne défoncé ?
- Ciel…


Agacé, il se leva et se mit à faire les cent pas dans la petite chambre. Syndrell ne l’avait encore jamais vu dans cet état d’énervement. Il était fébrile, les cheveux en batailles et le regard brillant. Que lui arrivait-il, bon sang ?

- Arrête, je n’ai pas envie de me disputer avec toi…
- C’est justement ça le problème ! Tu veux, ou tu ne veux pas. Et moi, je dois te suivre dans tout ça. Je dois accepter de ne pas te voir pendant des semaines, et de voler à ton secours sans savoir dans quel état je vais te trouver. Tu sais que je ne dors pas bien quand tu t’en vas ?


Elle ouvrit la bouche, mais il l’interrompit en levant la main.

- Laisse-moi finir, s’il te plaît. C’est idiot, je sais, parce que tu es une marchombre et même si je ne comprends pas toujours ce que ça signifie, c’est ce que tu es et ça me va. J’ai bien compris que tu n’es pas faite pour une vie normale. T’es bien trop formidable pour ça. Ce que je veux dire, c’est que j’en ai marre d’avoir peur tout le temps pour toi. De flipper à l’idée qu’un jour tu ne rentreras peut-être pas. Marre de t’attendre en me rongeant les sangs. J’en ai marre et par les couilles de Merwyn, je suis terriblement frustré !

Les yeux ronds, Syndrell fixa Ciel sans rien dire. Elle ne savait pas. Elle ne savait pas ce qui la remuait le plus dans tout ça : que son ami s’emporte, qu’il lui parle aussi sérieusement où qu’il jure sans rougir ni balbutier. Mais il semblait que le dessinateur avait terminé. Il soupira, puis se plaça devant elle à nouveau et continua de soigner sa blessure.

Elle le regarda faire en silence. De son point de vue à elle, la colère de Ciel était disproportionnée. Après tout, elle n’y était pour rien si les choses avaient dégénérées dans cette ferme. Elle n’avait pas choisi d’y aller, le hasard s’était une fois de plus mêlé à ses pas pour la conduire pile poil là où il ne fallait pas.

Pourtant elle ne regrettait rien ! Ils étaient tous en vie, ce qui était un sacré exploit. Les choses avaient dérapé un bon moment, il s’en était fallu de peu pour que cette histoire tourne au drame. Tout en suivant distraitement les mouvements précis et délicats des doigts de Ciel, Syndrell repensa à ce qui les avait conduit ici. Un pas sur le côté, après une altercation musclée.

Finalement, Ciel avait peut-être raison d’être énervé.





*




Syndrell tenait les deux Envoleurs en respect. Ils s’étaient figés en découvrant qu’elle menaçait la vie de Misha, mais la marchombre n’avait aucune idée de ce qui se passerait une fois leur indécision terminée. Comme toujours, elle improviserait…

Du coin de l’œil, elle vit trois silhouettes approcher à leur tour. Si elle soupira de soulagement en reconnaissant Eole et Darwen - ils étaient en un seul morceau, la Dame soit louée ! – elle se tendit en découvrant Kaünis. Que faisait-elle ici ? Elle travaillait pour ces hommes, c’était une Envoleuse, allait-elle les empêcher de se sortir de ce traquenard ?


- Hé Syndrell, vas-y tue cette transie-amoureuse. Tout ce qu’elle sait faire, c’est trahir tout le monde.

Surprise par le ton cynique et la demande impromptue, Syndrell parvint à demeurer parfaitement immobile. Misha, en revanche, tressaillit et se coupa toute seule sur le tranchant de sa lame. Un peu de sang perla sur sa peau. Le signal qu’attendait Kaünis ? Elle se déplaça si vite que Syndrell eut du mal à la suivre des yeux.

Il ne lui fallut qu’une poignée de secondes pour venir à bout des deux hommes. Elle profita de l’efficacité de son effet de surprise pour devancer leurs réactions, mais le plus redoutable, ce fut certainement la technique qui lui permit de régler son compte au premier guerrier. Une attaque aussi foudroyante qu’extrême, et qui s’accordait parfaitement avec le climat du moment.

Syndrell écarquilla les yeux. De la glace… ! Elle sentit Misha se raidir contre elle, et il y avait de quoi : le crâne gelé, l’Envoleur s’effondra. C’était terrifiant. Et tellement bien assorti à Kaünis. Syndrell regarda la jeune femme égorger l’autre Envoleur – sans hésitation et sans état d’âme. Elle venait d’assassiner deux de ses compagnons et cela ne lui laissait qu’un sourire satisfait et quelques gouttes de sang sur le visage.

Incroyable…


- Bon, vous devez vous tirer, mais on fait quoi de ce témoin, là ? Faut se décider, les autres risquent de débarquer.

Dans leur camp, alors ? Syndrell resta silencieuse. Elle évalua rapidement la situation, pesa le pour et le contre, consciente que tout pouvait se jouer en un clin d’œil, en un coup de vent. Kaünis pouvait très bien les mener en bateau pour parvenir à ses fins.

Que restait-il de son lien avec Darwen ? Il était clair qu’entre eux les choses étaient relativement complexes. Ou bien très simples, trop, même. Cela pouvait-il les arranger dans la situation présente ?


- Ne la tue pas.

Le ton de Darwen était sans appel, sa décision irrévocable ; Syndrell cligna des yeux pour lui faire comprendre qu’elle était d’accord. Elle n’avait pas eu l’intention de tuer Misha.

- On récupère les chevaux et on l’emmène avec nous.
- Attends.


Syndrell planta son regard dans celui de son élève. Elle devinait sa tension à la crispation de ses traits. La trahison de Misha l’avait remué, mais il était encore capable de raisonner sagement ; elle pouvait être fière de lui, et elle le lui ferait savoir. Plus tard. Lorsqu’ils seraient hors de danger. Ses yeux dorés glissèrent vers Eole, puis en direction de Kaünis. Ils étaient prêts à passer à l’action, tous, mais il fallait attendre encore un peu…

Rien qu’un tout petit peu…

Un coup de vent. C’est ce que sentit Syndrell juste avant que Ciel ne se matérialise à côté d’elle. Il avait réussi ! Le pari était tellement fou qu’elle n’osait pas encore y croire, alors que son ami plongeant ses yeux clairs dans les siens. Elle s’était souvenue d’un voyage dont il lui avait parlé, réalisé des années plus tôt à l’occasion de ses études. Il avait mentionné un relais de voyageurs en Astariul, où les tartes étaient particulièrement savoureuses.

Elle avait joué leurs vies en décidant que ce relais, c’était celui-ci, et pas un autre. Que Ciel s’en souvenait encore assez pour s’y rendre d’un pas sur le côté. Elle l’avait appelé juste avant d’entamer son combat contre Misha. Et il était là…

Quasiment au même instant, Darwen sortit une voyageuse de sa poche. D’où la tenait-il ? La question fut balayée par le sentiment d’urgence qui devint la priorité absolue lorsqu’un homme au regard sombre se matérialisa à son tour. Juste derrière Darwen. Le garçon attrapa Kaünis et Eole par le bras avant de disparaître.


- Citadelle, souffla Syndrell à Ciel.

Juste avant que Ciel dessine, Syndrell croisa le regard du Mentaï.
Et ne put résister à l’envie de lui envoyer un baiser imaginaire.

Ils arrivèrent à peu près au même endroit que Darwen et les filles, mais plus facilement qu’eux, visiblement : amusée, elle les regarda se tortiller un moment sur le sol pour démêler leurs bras, leurs jambes et se redresser, vaguement secoués par ce voyage instantané. Elle-même avait des chatouilles dans le ventre.

Sonnée, Misha s’écroula. Feinte ou non, Syndrell décida de la laisser : ils étaient dans la Citadelle, il appartenait aux Frontaliers de se charger de son cas désormais.

Elle regarda Erlaëm s’approcher, surpris de les voir ici, de trouver sa sœur inconsciente, mais n’intervint pas. La trahison de Misha allait briser plus d’un cœur, c’était certain. A commencer par le sien. Il ne faisait aucun doute que la Frontalière payait déjà chèrement cette erreur de jugement…

Ciel glissa sa main dans la sienne.


- T’es encore dans un bel état.
- Ce n’est rien, juste quelques coupures.
- Tu connais un endroit où je peux m’occuper de ça ?



Avant d’entraîner son ami, Syndrell adressa un petit clin d’œil à Eole, et croisa le regard de Darwen pour lui envoyer un message qui se passait de mots. Elle lui faisait comprendre qu’elle n’allait pas se mêler de cette histoire entre Misha, Kaünis et lui, mais qu’elle restait dans le coin quand même. Juste au cas où il aurait besoin d’un coup de pouce.




*




- Trop marre pour me supporter ?

Toujours assise au bord du lit, Syndrell observait Ciel. Il s’était calmé. Sa question sembla le choquer, et il serra un peu plus fort que nécessaire le tissu dont il se servait pour le pansement de son bras.

- Aïeuh !
- C’est mérité,
répliqua-t-il. Faut pas dire des choses comme ça.
- Comme quoi ?
- Tu le fais exprès ?
- Oui, un peu. Mais j’essaie de comprendre. Que veux-tu que je fasse ?


Ciel soupira. Il prit le temps d’achever son nœud avant de lever les yeux. Ça ne manqua pas, ses pommettes rosirent comme de coutume lorsqu’il soutint son regard. Il réussit toutefois à répondre sans bégayer :

- Rien, parce que c’est ta vie et parce que je n’ai pas le droit de t’empêcher de la vivre. J’avais besoin de m’énerver un peu, je suppose. Parce que tu es attachiante, Syn. Franchement, tu es vraiment attachiante.
- Attachiante…


Elle répéta doucement le mot, le fit rouler sur son palais, le testa.
L’adopta.


- Et si je te promets de faire plus attention ? De ne plus te déranger sans raison ?
- Dérange-moi chaque fois que tu auras besoin que je te sauve la vie, comme ça je peux rajouter tout ça à tes dettes.
- D’accord, je vais… mes dettes ?
- Tu n’as pas vu le tableau dans la cuisine ? Il y a eu ce repas au café de la place, et ce spectacle sur l’esplanade, et la fois où j’ai dû me faire passer pour ton mari pour te tirer d’une situation délicate, et…

Syndrell sauta à bas du lit et se précipita hors de la chambre.
Du coup, ce fut plus fort que lui.

Il éclata de rire.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Ven 29 Avr 2016, 19:40

Le poignard de Syndrell reposait sur la gorge fragile de Misha. Éole fut parcouru d’un frisson, qu’allait faire la marchombre aux cheveux bleus ? La jeune danseuse n’osait plus bouger, bien que tout son corps lui criait de s’enfuir.

La tempête s’était calmée mais elle était toujours bien présente. Le vent était froid et gelait le bout du nez d’Éole. Les flocons étaient petits mais ils étaient presque de glace et fouettait son visage. Elle avait froid, elle avait les pieds et le bas des jambes trempé et elle avait peur. Elle n’avait qu’un envie, c’était de quitter cet endroit maudit et pourtant elle ne bougeait pas. Comme si son corps ne lui répondait plus. Et puis de toute manière, elle irait où avec cette tempête ?
Kaünis apparu soudain devant Darwen et elle. Elle leur disait de partir, qu’elle s’occupait de Syndrell... Éole avait envie de lui dire qu’elle était bien mignonne mais qu’ils n’avaient nulle part où aller avec ce temps, qu’ils mourraient gelés avant d’être en sécurité, mais ses lèvres restèrent scellées. Une vague de désespoir traversa Éole. Cela ne lui ressemblait pas, mais elle ne parvenait pas à voir le bout de cette histoire... Elle n’y voyait que deux issues : mourir gelée ou mourir massacrée par une bande de mercenaires du chaos... Pas très glorieux tout cela...

Kaünis s’était détournée d’eux pour aller à la rencontre des deux mercenaires qui menaçaient Syndrell. L’action ne dura que quelques secondes. L’envoleuse s’approcha du premier, attrapa son visage et la seconde d’après, il s’écroulait dans la neige, le visage gelé, mort. Le second lui résista une seconde de plus avant de rejoindre son camarade dans la neige. Depuis sa mésaventure à Al-Far, Éole comprenait que l’on pouvait tuer quelqu’un pour se défendre, quand c’est lui ou toi, mais de voir une jeune femme à peine plus âgée qu’elle le faire avec autant de sang froid et de manière aussi... professionnelle, lui glaçait le sang. Elle se dirigea vers Syndrell, éclaboussée du sang de son adversaire, sans le moindre remord au fond de son regard.

Cette fille était dangereuse. Par chance, ce jour-là, elle n’était pas dans le camp adverse, mais Éole savait très bien au fond d’elle que si elle la recroisait un jour, elle pourrait très bien y être. Cette fille ne servait qu’elle et elle seule. Éole jeta un coup d’œil à Darwen. Était-elle capable d’aimer ? Pouvait-elle aimer un marchombre qui plus est ?

- Bon, vous devez vous tirer, mais on fait quoi de ce témoin, là ? Faut vite se décider, les autres risquent de débarquer.

« Débarrassez-vous de ce témoin gênant » voilà ce qu’elle voulait dire. Comment pouvait-elle penser un truc pareil ? Comment pouvait-elle le dire avec autant de détachement ? Comme si Misha n’était rien de plus qu’un fruit pourri dans une corbeille... Éole avait du mal à comprendre. Cette fille était une envoleuse et peut-être aimait-elle tuer...

- Ne la tue pas.

Darwen s’était avancé et Éole l’avait suivi. Il avait parlé de manière catégorique et personne ne s’opposa à sa décision. La danseuse lut dans le regard de son amie au cheveux bleus qu’elle n’avait jamais eu l’intention de tuer Misha et cela rassura Éole. Elle l’avait quand même vu tuer un frontalier la dernière fois...

Darwen asséna un violent coup de poing à Misha.

- On récupère les chevaux et on l’emmène avec nous.
- Attends.


Éole haussa un sourcil, cherchant à comprendre ce que Syndrell voulait attendre ! Il n’était plus question d’attendre ! Il fallait partir !
La réponse à sa question arriva rapidement et tout s’enchaîna. Un homme étrange se matérialisa sous leur nez. Un homme qu’Éole reconnu. L’ami de Syndrell qui avait sauvé Darwen à la Citadelle. Voilà ce qu’elle attendait, mais elle n’avait pas prévu qu’un autre homme se matérialise là une fraction de seconde plus tard. La broche luisait sur son col. Un envoleur doublé d’un dessinateur, cela ne voulait dire qu’une chose. Un Mentaï. Ils ne pourraient pas s’échapper. La seconde d’après, Darwen se jeta sur elle, lui attrapa le bras et... Et elle était à la Citadelle, avec un mal de crâne phénoménal et la tête qui tourne. Comment Darwen avait-il pu... ?

- Darwen ?

Éole connaissait cette voix. C’était celle d’Erlaëm. Elle n’entendit pas la suite. Ses oreilles bourdonnaient, elle fut prise d’une subite envie de vomir et son mal de tête augmentait. Elle entendit vaguement son prénom, celui de Misha et une autre voix qu’elle ne connaissait pas prononcer celui de Kaünis mais elle ne comprenait rien. Titubante, elle alla s’appuyer contre le mur du couloir.

- Je...

Elle n’eut pas le temps d’en dire plus. Ce fut le trou noir. Elle se réveilla quelques secondes plus tard, les visages de ses amis au dessus de sa tête. Visiblement, elle était tombée.

*Nom d’un dragon... Heureusement que je ne suis pas Dessinatrice, les pas sur le côté ce n’est pas fait pour moi...*

__________________________________________



"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
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MessageSujet: Re: Beautiful Apocalypse [ Libre ]   Ven 29 Avr 2016, 22:15

Kaünis ne put retenir un soupir exaspéré quand Darwen ordonna de ne pas tuer la Frontalière. Ils étaient dans de beaux draps, tiens ! Franchement, elle servait à quoi cette nana ? Elle avait apparemment trahi les Frontaliers, puis le Chaos, qu’est-ce qui pouvait bien l’empêcher de trahir encore quoi que ce soit ? Qui que ce soit ? Rien, ni personne. C’était débile de la garder en vie.

Mais bon…
Elle était pas dans la tête de Darwen, et après tout qu’est-ce qu’elle pouvait bien en avoir à foutre, sérieusement ? Rien. Donc, elle se contenta de hausser les épaules.

Se mordant l’intérieur de la joue, Kaünis eut le temps de croiser le regard du Mentaï qui arrivait avant que Darwen ne se saisisse de son poignet. Elle lui adressa un petit clin d’œil, qui lui ferait croire qu’elle avait la situation en main. Elle partait seule avec trois Marchombres, mais aucune peur ne l’habitait : à vrai dire, elle savait que si elle ne lançait pas directement les hostilités, ces derniers ne tenteraient pas de la tuer. Surtout pas Darwen. Ni Syndrell, d’ailleurs, puisqu’elle avait pas tué Misha. Et Éole semblait avoir une dent contre ceux qui tuaient facilement, donc elle estimait qu’aucune menace ne pesait sur elle.

Ils arrivèrent directement dans les couloirs de la Citadelle.
Enfin, Kaünis devinait que c’était la Citadelle, elle n’y avait jamais vraiment mis les pieds, mais la tenue et les armes de la personne qui était au milieu du chemin en attestait. L’Envoleuse avait l’habitude de voyager avec des pas sur le côté, elle était parvenue à atterrir pas trop à l’arrache sur le sol, mais elle mit quelques secondes à se redresser quand même.

- Misha ?! Qu'est-ce qu'elle fiche avec vous ? Elle est blessée ? Kaünis ne lança qu’un regard ennuyé du côté de l’homme qui s’adressait à Darwen, et s’intéressait à Misha. D’ailleurs, la silhouette qui s’approcha attira un peu plus son attention.
- Erlaëm ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Oh, mais... Kaünis ?

L’Envoleuse fit volte-face précisément à cet instant, se retrouvant devant un Maïeul incrédule… Et rougissant. Elle ne put s’empêcher d’avoir une petite mine satisfaite alors que le Frontalier tentait de reprendre contenance, mais elle posa sa main sur sa hanche dans une pose presque lascive. Presque, parce que ça ne l’était pas suffisamment pour être provocateur, mais cela eut l’effet escompté car elle vit la pomme d’adam de l’homme remonter avec lenteur le long de sa gorge, comme s’il avait du mal à déglutir…

Ce qui la fit partir dans un petit rire.
Elle ne jeta qu’un rapide coup d’œil à Eole qui venait de tourner de l’œil. Franchement, tout ça pour un pas de côté ? Elle était pas résistante cette fille ! Elle s’approcha souplement du Frontalier, se mordant la lèvre inférieure, lui adressant un sourire provocateur.
- Tiens tiens ! lâcha-t-elle, alors que les autres tentaient de prendre soin de la Marchombre. Mais elle n’avait pas envie de s’attarder parce que…

Ben déjà parce que sa jument était dans la ferme.
Ensuite, parce que toute cette agitation, ça la gonflait royalement.

Elle observa un instant Eole qui se relevait doucement, Darwen à côte. Penchant légèrement la tête sur le côté, Kaünis regarda le jeune homme quelques secondes, avant de s’avancer vers lui pour se dresser sur ses pointes de pieds et mordre sa lèvre inférieure vivement. Elle profita de sa surprise pour se couler hors de ses potentielles mains, passa à côté de Maïeul pour déposer un baiser sur la commissure de ses lèvres – elle savait pertinemment que l’un et l’autre l’observait avec attention – et elle prit la direction de la lumière du jour.

Pour courir, directement vers le Sud.
Marre, des Marchombres.








[ Kaünis vous quitte là, et moi aussi ! Mais pu***... j'ai adoré ce RP ! A refaire, non ? mrred ]

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
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