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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Fyrh - cours n°5

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - cours n°5   Dim 04 Fév 2018, 10:08

Syndrell hocha la tête. Elle souriait : pour avoir observé de loin le combat d’Eole, elle approuvait son utilisation des techniques, des parades, des feintes que la jeune femme avait acquises au cours de sa formation. Elle était satisfaite, également, de son appropriation de la greffe. Certes, elle était encore loin d’en avoir fait le tour – un tel élément, aussi neuf et aussi intéressant, il fallait du temps pour le découvrir pleinement ! – mais elle avait réussi à mettre à profit cette légèreté offerte par le Rentaï pour se battre avec efficacité… et une classe folle !

- Ne traînons pas. Ces bougres étaient des idiots pour s’attaquer à deux voyageuses, mais ils ne sont certainement pas les seuls dans la région…

Les deux amies récupérèrent leurs montures et reprirent leur route. Très vite, Syndrell les fit sortir du bois, retrouvant l’espace dégagé de la plaine qui leur permettait d’avoir une meilleure vue d’ensemble. Mais le temps était de moins en moins clément et le vent qui força d’heure en heure devint pénible, surtout pour les chevaux. Elles décidèrent de s’arrêter plus tôt que prévu et trouvèrent une petite combe abritée par d’épais rochers blancs desquels jaillissait une source claire et chantante.

Là, elles dressèrent leur camp, allumant un feu qu’il fallut abriter pour que le vent ne le souffle pas, étrillant et pansant les chevaux sans oublier de leur prodiguer de tendres caresses, faisant état des provisions et choisissant les plus périssables pour les manger rapidement. Elles oeuvraient avec aisance et légèreté, discutant de tout et de rien, partageant ces instants de complicité avec un bonheur évident.

Pendant qu’elles mangeaient, Syndrell régala Eole d’anecdotes ; certaines concernaient Darwen, son autre apprenti, car Eole et lui s’étaient déjà croisé plusieurs fois, et généralement dans des conditions particulièrement animées. A aucun moment la marchombre n’établit de comparaison entre ses deux élèves. Darwen et Eole, s’ils partageaient le même engouement pour leur formation, étaient très différents et n’avaient pas le même niveau, Eole étant plus avancée sur la Voie que le jeune homme. Mais Darwen était quelqu’un d’amusant, et ses pitreries, racontées avec un talent de conteuse par Syndrell, furent à l’origine de quelques éclats de rire joyeux.

Elles s’endormirent blottie l’une contre l’autre, dos contre dos, enroulées dans leur cape de voyage. L’aube teintait à peine l’horizon quand Syndrell réveilla Eole. Elle l’entraîna au sommet de l’une des immenses pierres blanches, choisissant la plus haute et la plus plate. La nuit se disputait encore au jour tandis qu’un vent puissant balayait la plaine. Il n’avait pas faibli, bien au contraire, et leurs cheveux volaient dans tous les sens.

Sans se formaliser de cette tempête, Syndrell se glissa dans la gestuelle marchombre. La réaliser dans un espace protégé ou par temps calme était une chose, la tenter dans la tourmente en était une autre ! Pourtant, la marchombre ne semblait pas lutter, comme si aucune difficulté ne s’opposait à elle. Ses gestes étaient lents, empreints d’une sérénité qui provenait de son âme. Seule sa chevelure bleue s’agitait, contrastant avec cette lenteur évidente.

C’était comme avec la rivière : une danse improbable face à un élément déchaîné. Un échange entre deux forces. Un ballet de vie, non pas un combat acharné.

Souplesse, partage, sérénité.


- Le forgeron utilise le vent pour attiser son feu, le marin pour gonfler ses voiles, le fermier pour ensemencer ses champs, mais seul le Marchombre l’écoute. Le Marchombre écoute le vent, et le vent parle au Marchombre.

Syndrell ferma les yeux.
Et écouta.




*



Un peu avant midi, alors qu’Eole et Syndrell couraient, un tigre de taille moyenne croisa leur route. Fort heureusement les chevaux étaient restés dans les ruines du corps de ferme qu’elles avaient découvert dans la matinée, mais le félin rugit en les apercevant et courut dans leur direction, tout en muscles et en puissance sauvage.

- Non, fit Syndrell alors qu’un réflexe parfaitement compréhensible poussait Eole à poser la main sur une arme. Observe et apprend.

Elle ouvrit la bouche et un drôle de vrombissement s’échappa de ses cordes vocales. Etait-ce un murmure ? Etait-ce un chant ? Le tigre courait toujours. Il n’allait plus tarder à arriver sur elle. Il la renverserait, l’écraserait de tout son poids, enfoncerait ses griffes acérées dans sa poitrine et plongerait ses crocs dans sa chair.

Syndrell chantait toujours.
Totalement immobile.

Et soudain, le tigre ralentit sa course. Il fit quelques pas hésitants puis s’arrêta complètement, comme figé, statufié dans son élan. Sans cesser d’émettre le son étrange, Syndrell s’approcha de lui. Elle posa la main sur son échine dressée. Qu’il était beau ! Son pelage rayé tranchait sur le fond uniformément vert de la plaine. Doucement, la marchombre lui fit faire demi-tour. Elle accompagna ses premiers pas, son chant devint murmure, et le lâcha. Il s’éloigna sans se retourner, comme s’il les avait oubliées.

- On file, décida tout de même Syndrell en rejoignant Eole.

Un peu plus tard, de retour dans les ruines où elles avaient laissé leurs montures, Syndrell se mit en selle, un léger sourire sur les lèvres : elle attendait les questions qui n’allaient pas manquer de jaillir, pleines de curiosité…
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - cours n°5   Dim 18 Fév 2018, 16:46

- Ne traînons pas. Ces bougres étaient des idiots pour s’attaquer à deux voyageuses, mais ils ne sont certainement pas les seuls dans la région…

Éole hocha la tête, elle n’avait pas vraiment envie de s’éterniser ici non plus. Imitant son amie, elle grimpa sur le dos de Bolshoï et les deux jeunes femmes se mirent en route.

Syndrell les fit quitter la forêt et elle retrouvèrent la plaine. Leur champ de vision s’en trouva ainsi plus élargi mais elle étaient aussi désormais plus exposées au vent, qui commençait d’ailleurs à se lever. À l’horizon s’amoncelaient déjà des nuages noirs qui rasaient le sol. Cela ne présageait rien de bon.
Les chevaux avaient de plus en plus de mal à avancer tant le vent devenait plus fort. Il faisait voler les cheveux des deux amies autour de leurs visages, mais Syndrell se trouvait plus embêtée que Éole. En effet, avec ses cheveux courts, Éole était moins ennuyée, bien que quelques mèches venaient parfois lui fouetter les pommettes et se coincer entre ses lèvres.

Le ciel s’assombrit très vite, si bien qu’on avait l’impression que la nuit était tombée alors que l’après-midi était à peine entamée. L’air était de plus en plus lourd, le ciel de plus en plus chargé et les nuages de plus en plus bas. Un tempête approchait et pourtant Éole n’était pas inquiète. Ni contrariée par le vent qui forcissait et qui leur rendait leur avancée de plus en plus difficile. Au contraire. Elle aimait le vent, elle appréciait cette ambiance un peu apocalyptique qui régnait. Le fond de l’air était incroyablement doux et elle se sentait bien. Syn n’avait pas l’air plus dérangée que cela non plus, les chevaux, en revanche, semblaient vraiment en pâtir.

Le temps les obligea à s’arrêter tôt, alors que la soirée n’avait pas encore commencée. Syndrell trouva une petite combe abritée par de gros rocher d’un blanc étonnant, qui contrastait avec la noirceur du ciel, semblant illuminer l’endroit. C’est là que les deux amies établirent leur campement. Allumer un feu avec ce vent fut un véritable épreuve. Il fallut trouver l’endroit le plus abriter et unir leurs efforts pour réussir à le faire prendre et qu’il diffuse enfin sa douce chaleur.

Tout en mangeant, Éole et Syn discutèrent de tout et de rien. Éole lui parla un peu de ses parents, de ce qu’elle avait découvert sur eux et son amie se fit une joie de la régaler d’anecdotes en tout genre. Syn parla beaucoup de Darwen, son autre apprentie, et de toutes les pitreries dont il était capable. Elle était très douée comme conteuse et, au fil de ses récits, Éole avait vraiment l’impression d’y être. Elles rirent ensemble, cela les aida à se réchauffer.
Éole regardait son amie avec fascination, tentant de l’imaginer au cœur de toutes ces aventures — et bien d’autres ! Éole l’observait avec fascination mais aussi avec envie. Son arrivée à l’Académie n’avait rien d’un hasard. Cette vie dont Syndrell lui donnait un aperçu la séduisait. C’est de cette façon de vivre dont elle avait toujours rêvée, c’est cette façon de vivre qu’elle avait chercher dans la danse. C’est dans cette vie là qu’elle se sentait enfin à sa place. Le bonheur qui pétillait dans les yeux dorés de Syndrell était celui qu’Éole recherchait. Elle était heureuse de l’avoir trouvé. D’avoir trouvé sa voie, sa place dans le monde. Elle voyait se dessiner devant un chemin merveilleux, immense, qu’elle avait hâte d’arpenter. Elle avait pourtant quitter beaucoup de choses, mais elle ne regrettait rien. Cette vie, cette voie, c’était ce qu’elle était désormais. Marchombre. Ou presque ! Syndrell la guidait sur cette voie, lui donnait les outils qui lui permettrait de l’arpenter seule et d’aller plus loin, bien plus loin que tout ce dont elle avait rêvé. Marchombre. Un jour elle le serait pleinement. Un jour qui, elle le sentait, se rapprochait.

Au fond d’elle, Éole savait que la fin de son apprentissage n’était plus très loin. Elle pouvait le voir dans la manière dont Syndrell la regardait. Enfin ! pourrait-elle penser, mais, bien que la perspective la réjouissait, elle éveillait aussi en elle une pointe de nostalgie et un certain sentiment de vide. Elle y voyait la fin d’une aventure — le début d’une autre aussi bien sûr, mais peuplée de tant d’inconnu. Éole se sentait comme au dessus d’une immense falaise, elle savait qu’elle finirait pas sauter, il le fallait, mais cela lui faisait peur. Ce qu’elle connaissait était là, sous ses pieds, les gens en qui elle avait confiance et qui la guidait étaient de ce côté, mais sa vie à elle était dans le vide, dans le saut, dans le vent. Pour se libérer, pour profiter de sa Vie, elle devait sauter, prendre son envol. Mais le vide, l’inconnu, lui faisait peur. Elle n’aurait plus rien, plus personne à qui s’accrocher, elle sera seule. Libre, certes, mais livrée à elle même. Elle n’aurait plus qu’à se laisser tomber... ou à s’envoler.

Et puis, il y avait aussi le fait qu’elle savourait les instants privilégiés qu’elle partageait avec la marchombre — qui était son amie avant d’être son maître — et elle n’avait pas hâte de la voir partir. Ces moments lui manqueraient.

Les deux amies finirent par s’endormir serrées l’une contre l’autre, bien emmitouflées dans leurs capes.

~ * ~


Dans la nuit, la tempête avait fini par arriver jusqu’à elles et quand Syndrell réveilla Éole, le vent balayait la plaine, sifflant quand il passait entre les rochers. Il était bien plus violent que la veille et Éole remercia la Dame de leur avoir fourni un si bel abri. Syndrell dut juger que le temps était parfais pour une petite sortie en plein air car elle entraina la jeune fille à l’extérieur alors que cette dernière ouvrait à peine les paupières. La gifle qu’elle reçut en sortant la réveilla tout à fait. Le vent était d’une telle violence que la jeune danseuse s’était laissée surprendre et avait fini le nez dans la poussière. Secouée mais désormais bien éveillée, elle suivit Syndrell sur le plus gros, le plus plat et le plus haut rocher blanc. Les deux amies se dressèrent là haut, surplombant la plaine et bravant le vent. La vue était magnifique. Le vent donnait l’impression que la plaine qui s’édentait sous leur pieds était en fait une étrange mer verte. Éole tourna son regard vers Syndrell — qui était noyée dans un tourbillon de cheveux bleus — et lui sourit.
Sans un mot, la marchombre se glissa dans la Gestuelle et Éole s’y coula à son tour. Avec cette tempête, ce n’était pas chose aisée, mais Syndrell savait comment guidée son amie.

- Le forgeron utilise le vent pour attiser son feu, le marin pour gonfler ses voiles, le fermier pour ensemencer ses champs, mais seul le Marchombre l’écoute. Le Marchombre écoute le vent, et le vent parle au Marchombre.

Alors Éole ferma les yeux et écouta le vent et entama ce lent ballet avec lui. Elle se rappelait son expérience avec la rivière et elle avait compris. Elle laissa le vent l’entourer, l’enlacer et dansa avec lui.

Liberté.
Partage.
Envol.


~ * ~


Le vent avait fini par se calmer, la tempête par s’éloigner, continuant sa route vers le sud. Syndrell et Éole avait elles aussi repris leur route et, un peu avant midi, avaient découvert des ruines dans lesquelles elles avaient laissé les chevaux avant d’aller courir. Avant l’Académie, Éole n’aimait pas vraiment courir, mais en découvrant la richesse de la vie qui l’entourait, elle y avait pris de plus en plus de plaisir. Elle appréciait de sentir la terre sous ses pieds, le soleil sur sa peau et le vent dans ses cheveux. Elle aimait écouter le bruit de ses pas sur le sol et elle aimait écouter le murmure du monde autour d’elle.

Les deux amies ne couraient pas depuis très longtemps quand Syndrell s’arrêta brusquement. Éole, perdue dans ses rêveries, faillit la percuter. C’est alors qu’elle vit le félin courir droit sur elles. Mue par un réflexe aussi absurde qu’inutile, Éole porta la main à sa ceinture, pour attraper son poignard, regrettant de ne pas avoir son arc sur elle.

- Non.

La main de Syndrell avait intercepté la sienne avant qu’elle n’arrive à destination.

- Observe et apprend.

Sans comprendre, Éole suspendit son geste et son regard se posa sur son amie qui avait commencé à... chanter. Elle n’avait pas l’air sur ses gardes, ses mains n’étaient absolument pas prêtes à tirer une arme... Elle se contentait d’être immobile. Était-elle donc folle ? Ou peut-être qu’elle comptait sur sa Greffe. Éole ne s’était jamais posé de question sur sa nature, mais ce jour là, elle aurait bien aimé savoir en quoi la greffe de son amie consistait.
Le murmure sourd qui s’échappait des lèvres de Syndrell s’intensifia. Sa greffe ? Un chant ? Le tigre fonçait toujours sur elles. L’instinct d’Éole lui donna envie de reculer, de s’enfuir en courant, mais elle s’aperçut alors qu’elle ne pouvait pas bouger. Que se passait-il ? Syndrell avait donc la capacité de figer les gens en chantant ? Mais qu’en était-il du tigre ? Lui ne semblait pas affecté ! Pourtant Syndrell restait immobile, d’un calme impressionnant.

Éole n’était pas au bout de ses surprises. Sans crier gare, le tigre ralentit soudain et finit par s’arrêter, face à Syndrell, aussi figé que Éole. Cette dernière ne quittait pas des yeux la scène, son regard allant du tigre à son amie, de son amie au tigre. Sans cesser de chanter, Syndrell s’approcha du félin. Elle était si détendue ! Elle posa la main sur son pelage, avec une lueur étrange dans les yeux. Éole avait l’impression de voir une petite fille caresser un chaton ! Plus incroyable encore, la marchombre fit faire doucement demi-tour au tigre — qui se laissait guider — et marcha un peu avec lui, l’accompagnant de son murmure rauque avant de le lâcher et de le laisser s’éloigner. Le tigre se remit à courir, mais dans la direction opposée, comme si il avait totalement oublié la présence des deux femmes.

Syndrell ne laissa pas le temps à Éole de sortir un mot. Elle suggéra de partir, laissant la danseuse avec toutes ses questions. Quand elles arrivèrent enfin aux ruines où elles avait laissé les chevaux, Syndrell se tourna vers Éole avec un immense sourire aux lèvres... À croire qu’elle trouvait la situation très drôle. Éole hésita. Son amie la menait par le bout du nez, elle n’avait pas envie de lui donner ce qu’elle voulait. Sauf que sa curiosité était trop grande et que l’épisode du tigre tournait en boucle dans sa tête. La jeune fille laissa échapper un soupir.

- Tu m’as bien eu hein ? Bon, tu m’expliques comment en chantant tu parviens à me figer et à faire faire demi tour à un tigre qui semblait affamé ? Je veux dire c’est pas des chatons ces bêtes là... C’est ta greffe c’est ça ?

La danseuse laissa émerger un sourire. Syn devait savoir qu’elle était trop curieuse et elle avait fait exprès de la laisser mariner ! Mais bon, son sourire et l’éclat malicieux de ses yeux dorés étaient contagieux apparemment.

- Alors ? insista Éole, un immense sourire sur les lèvres cette fois.

__________________________________________



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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - cours n°5   Mar 27 Fév 2018, 13:12

Face à la curiosité d’Eole, le sourire de Syndrell s’élargit. Elle ne se souvenait que trop bien de cette première fois où elle avait vu Miss utiliser le chant marchombre, de cette frustration qu’elle avait ressentie quand elle avait tenté de fournir une explication rationnelle sans pourtant y parvenir… Etre aujourd’hui à la place du maître taquin lui plaisait énormément !

- Alors non. Il n’est pas question de greffe, mais bien d’un secret marchombre. C’est un chant, Eole, et je vais d’abord t’apprendre à t’en défaire avant de t’enseigner comment le moduler toi-même. Prête ?

Se soustraire au pouvoir hypnotisant du chant marchombre requerrait une sacrée dose de volonté et d’autres « trucs » que Syndrell prit patience à expliquer à son élève. Au bout d’une heure, Eole parvint à bouger pendant que la marchombre aux cheveux bleus chantait. Estimant que c’était un bon début, Syndrell lui montra alors comment faire monter ce chant étonnant, à la frontière du murmure et du ronronnement bourdonnant. L’exercice était délicat mais très intéressant !

- Entraîne-toi tous les jours, toute seule d’abord, puis en compagnie de petits animaux. Plus tu seras confiante, plus tu pourras viser « gros ». Le chant marchombre n’est absolument pas douloureux ni dangereux. Sur l’homme toutefois, il est à utiliser avec prudence et discernement, et son existence est à dissimuler aussi soigneusement que celle de la greffe.

Parce qu’elle avait passé l’heure assise en tailleur, Syndrell se leva et s’étira comme un chat, puis elle jeta un coup d’œil à Eole.

- Ma greffe est très différente de la tienne, elle n’influe pas sur mon centre de gravité mais sur mes bras.

Chuintement feutré.
Murmure lumineux.
Eclat transcendant.

Les lames de Syndrell brillaient à la lumière du soleil, le long de ses avant-bras. Elle laissa le temps à Eole de les observer avant de les rengainer tout aussi silencieusement.


- Comme toi, il a fallu que je m’y habitue ! sourit-elle avant de claquer dans ses mains. Allez, en selle demoiselle ! Il nous reste encore de la route à faire.

Un peu plus tard, alors qu’elles chevauchaient tranquillement à travers la plaine balayée par les vents, Syndrell tourna la tête vers son amie.

- Que connais-tu de l’Oeil d’Otolep ?

Question anodine.
Qui ne l’était pas tant que cela… !

__________________________________________

Murmure dans le vent
Qui file sur les toits
Marchombre



Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - cours n°5   Dim 15 Avr 2018, 15:03

Éole était loin de se douter que la réalité était bien plus original et qu’elle était très loin du compte en croyant avoir découvert la greffe de Syndrell.

- Ah non. Il n’est pas question de greffe, mais bien d’un secret marchombre. C’est un chant, Eole, et je vais d’abord t’apprendre à t’en défaire avant de t’enseigner comment le moduler toi même.

Quoi ?!
Au fur et à mesure que Syn lui expliquait, la surprise d’Éole grandissait. La greffe était déjà un énorme secret marchombre, un truc complètement dingue, insoupçonnable. Ce n’était donc pas le seul secret marchombre ? Combien de secrets cette guilde renfermait-elle ?

- Prête ?

La jeune danseuse hocha la tête, hébétée et pas si sûre d’être prête. Syn expliqua longuement à Éole comment se défaire du chant marchombre, jusqu’à ce qu’elle comprenne parfaitement, jusqu’à ce qu’elle maîtrise toutes les techniques. À chaque fois que la marchombre se mettait à chanter, Éole était parcourue de frissons. Au début, malgré toute sa bonne volonté, elle se laissait toujours enveloppée de ce chant sourd, elle se laissait hypnotiser sans lutter. Ce chant avait quelque chose de réconfortant, de chaleureux et il lui rappelait un peu celui du Rentaï. Quand Syndrell se mettait à l’entonner, Éole n’avait plus qu’une envie : se laisser envahir, se laisser submerger par ce chant et se noyer dans ses méandres. Elle ne voulait plus lutter, juste profiter. Cela prit du temps pour qu’elle se range à l’idée qu’elle ne devait pas se laisser faire, que ce chant était un piège. Cela prit du temps pour qu’elle acquiert enfin la volonté de mettre en pratique les enseignements de Syndrell et qu’elle parvienne à se défaire de la sensation si douce que lui procurait ce chant. Il lui fallut une heure pour parvenir à s’en défaire un peu et à esquisser quelques mouvements. Syndrell sembla alors satisfaite et lui montra alors comment faire naître ce chant au fond de sa gorge. C’était étrange de sentir ce bourdonnement monter en elle. Il ne venait pas de la gorge, non, il venait du ventre, des entrailles et s’élevait dans votre cage thoracique en résonnant comme un grondement sourd résonne sur les parois d’une grotte. Il faisait vibrer tout le corps d’Éole, elle avait l’impression que le tonnerre se déchainait en elle et pourtant, de l’extérieur, elle semblait aussi calme que l’eau qui dort.

Quand Syndrell mit fin à l’exercice, Éole se sentait vidée et vide. Vidée de son énergie et vide, comme si le chant avait quitté son ventre et sa poitrine, ne laissant qu’un vide immense. La marchombre conseilla à Éole de s’entraîner souvent, seule puis sur de petits animaux avant de passer à des plus gros. Un secret à conserver avec autant de précaution que la greffe.

- Ma greffe est différente de la tienne, annonça Syndrell en s’étirant comme un chat, elle n’influe pas sur mon centre de gravité mais sur mes bras.

Des lames surgirent soudain le long des avant bras de Syndrell. Le silence tomba entre les deux amies. Un silence empli de respect, comme si l’aura du Rentaï était là, toute proche, et qu’elle les observait. Éole se sentait honorée que son amie lui montre ainsi sa greffe, beaucoup de marchombres aimaient la garder secrète.
Éole repensa alors à Pia, capable de déjouer les lois de la gravité et se rendit compte pour la première fois que sa greffe n’était pas très différente. Peut-être même qu’elles était semblables. Ou peut-être que leur mode de fonctionnement était différent, malgré le résultat similaire. Cette constatation, loin d’attrister Éole, la remplit de bonheur : elle se sentait ainsi un peu plus proche de son ancien maître.

- Aller en selle demoiselle ! Il nous reste encore de la route à faire !

La jeune apprentie sursauta, elle était perdue dans ses pensées et n’avait même pas remarqué que Syndrell avait rangé ses lames. Elle adressa un grand sourire à son amie.

- A vos ordres !

Elle s’empressa alors de récupérer ses affaires et de grimper sur le dos de Bolshoï. Quelles autres surprises Syndrell lui réservait-elle ?

~ * ~


- Que connais-tu de l’Œil d’Otolep ?

La question surpris Éole. Les deux jeunes femmes chevauchaient tranquillement en discutant de tout et de rien quand Syndrell avait soudain posé cette question qui sortait de nulle part.

- Euh... À part ce qui est dit dans les livres, pas grand chose...

La danseuse hésita un instant, fouillant dans sa mémoire des informations qu’elle aurait pu avoir sur l’Œil d’Otolep. Bien sûr qu’elle en avait entendu parlé, elle avait même souvent rêvé de le découvrir, il renfermait tant de mystères...

- Je sais qu’il s’agit d’un lac au nord est de l’Empire, on raconte beaucoup de choses sur lui, il est au cœur de pas mal de légendes, mais rien ne prouve qu’elles soient vraies. On raconte qu’il aurait des propriétés magiques incroyables, qu’il donne la jeunesse éternelle, qu’il peut guérir tous les maux et réaliser des miracles. J’ai toujours voulu le voir de mes propres yeux, mais on dit aussi qu’il est inaccessible, que personne n’a réussi à l’atteindre, ou que ceux qui ont réussi n’en sont jamais revenu. Enfin, on raconte beaucoup de chose et je ne suis pas sûre de savoir démêler le vrai du faux.

Éole adressa un sourire à son amie. Une lueur malicieuse brillait dans son regard doré et Éole comprit soudain.

- C’est là bas qu’on va n’est-ce pas ? Donc dans tout ce qu’on raconte, il doit bien y avoir une part de vrai, tu ne m’emmènerais pas là bas si c’était un simple lac. Celui de l’Académie ou le lac Chen auraient suffit.

La jeune femme guettait la réaction de son amie. Éole savait qu’elle avait raison et elle était partagé entre la joie et l’excitation, et l’appréhension de découvrir quelles légendes étaient véridiques...

__________________________________________



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