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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Manz - cours n°1

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Groupe Manz - cours n°1   Dim 27 Mar 2016, 11:16

Il y avait de l’animation dans les rues d’Al-Chen et pourtant, la soirée était déjà bien entamée. Ville de lumière et de gaité, elle continuait de vivre bien après que le soleil se soit couché. Des étoiles s’étaient allumées dans le ciel, comme pour répondre à la ribambelle de lanternes qui scintillaient dans les arbres et sur les liens tendus d’un réverbère à un autre. Le printemps était célébré par les citadins et les festivités allaient durer toute la semaine : danses, spectacles de prestidigitation, jeux sportifs ou d’adresse, chaque coin de rue avait son lot de surprises et d’enchantements qui ne manquaient pas de toucher les passants. Il était agréable de flâner en se laissant emporter par la musique et les rires, même pour un homme aussi taciturne que Giliwyn SangreLune. Il avançait d’un pas tranquille, mais son long manteau sombre ne dissimulait pas sa raideur et, sous les mèches désordonnées qui retombaient devant son visage, sa mine renfrognée en disait long : il aurait préféré se trouver n’importe où, sauf ici.

Les mains enfoncées dans les poches, il avançait sans but apparent, insensible aux cris de joie qui l’entouraient et à l’appel des artisans qui espéraient vendre leurs créations jusqu’à minuit. Les gens qui se massaient dans les rues ou près d’un étal ne le remarquaient pas. Il était discret et n’attirait pas l’attention malgré le peu d’engouement qui le différenciait des autres. La première semaine du printemps était douce, mais les nuits encore fraîches et celle-ci ne faisait pas exception ; une brise vive et piquante obligeait les promeneurs de cet étonnant marché de nuit à se couvrir de bonnets et d’écharpes. Les plus frileux d’entre eux s’abritaient dans la chaleur des auberges ouvertes et accueillantes. Gil s’arrêta devant l’une d’elle. C’était une petite auberge sans prétention, éloignée de l’agitation qui régnait sur la place, et toutefois pleine de monde en cette soirée pas comme les autres. A l’intérieur, l’on riait et l’on se bousculait joyeusement, dans une ambiance moins marquée par la boisson que par l’esprit de fête qui semblait animer chaque client.

Gil repéra presque tout de suite la personne qu’il était venu trouver. Son manteau rouge tranchait avec la tenue presque sobre de ses voisins de table, et l’homme qui le portait éclatait d’un rire sonore ; il ne pouvait pas passer inaperçu. Durant une folle seconde, Gil s’imagina tourner les talons et s’en aller pour de bon. Mais un certain sens du devoir subsista et l’empêcha de n’en faire qu’à sa tête. Il traversa la salle et s’approcha du comptoir pris d’assaut. Une jeune et jolie serveuse le remarqua aussitôt. Elle lui trouva une drôle d’allure, avec son long manteau de cuir aussi sombre que les cheveux qui tombaient devant son visage, mais ce qui la séduit, ce fut assurément son regard dépareillé. Un œil bleu et un œil noisette, quel étonnant mélange ! La jeune fille rougit sous l’intensité de cet étrange regard. Il commanda une bière, qu’elle lui servit sans pouvoir s’empêcher de le fixer. Qu’il était beau ! Et mystérieux ! Elle aurait voulu le faire parler un peu, mais il attrapa sa chope et s’éloigna aussitôt. Elle le vit s’asseoir en face de l’homme en rouge et se promit d’aller remplir son verre dès que celui-ci serait vide.

Seren avait déjà les sens émoustillés par l’alcool lorsque son ancien apprenti prit place à sa table, mais il était encore assez vif pour remarquer son air buté. Excellent ! Gil n’était intéressant que lorsqu’il était en colère, et à en juger par la crispation de sa mâchoire, il n’était pas serein. L’Envoleur se gratta la barbe, au niveau du menton, et jaugea le nouveau venu avec intérêt. Ce satané cabochard avait beaucoup changé ces derniers temps. Il avait délaissé son éternel tabard pour adopter une tenue plus formelle. Ce long manteau lui donnait un air sombre qu’une coupe plus sauvage que d’ordinaire soulignait. Il avait repris du poids, mais les stigmates de la Silencieuse s’accrochaient toujours à lui et Seren devina, sous le col relevé de son manteau, les glyphes qui marquaient encore sa peau. Gil était le seul homme de sa connaissance à avoir survécu au terrible poison. Il ressentait de la fierté pour lui, mais il se serait volontiers tranché lui-même la main droite plutôt que de lui témoigner son contentement.

- T'es sorti de ton trou, alors ?
- J’y retourne dans cinq minutes, si tu ne me dis pas tout de suite pourquoi tu tiens tant à me voir.


Gil s’était exprimé d’un ton froid, grognon qui n’effraya pas Seren outre mesure. Celui-ci prit le temps de choquer sa chope contre celle de son interlocuteur avant de boire quelques longues gorgées.

- Tu es attendu pour ton nouveau cours, jeta-t-il d’un ton léger.

Il nota avec satisfaction que ses paroles avaient eu l’effet escompté, en voyant Gil serra les poings sur la table.

- Voïmakas n’a pas transmis mon message à l’Ordre ?
- Oh, si ! Ce fut un moment particulièrement animé d’ailleurs. Merci pour ça, Cabochard. Un doigt d’honneur, rien que ça… Mais je suis déçu, tu aurais pu venir le leur adresser en personne.
- Je n’ai pas envie de retourner au Domaine.
- Ah, si seulement il était question d’envie…


Gil croisa le regard métallique de son ancien mentor. Il n’avait accepté de le voir que parce qu’il savait que celui-ci n’était pas à la botte de l’Ordre.

- Celui ou celle qui veut me tuer fait partie de l’Ordre.
- Je sais. Ça n’explique pas ton caprice.
- Et si j’en avais assez, tout simplement ? Si je n’avais plus envie de faire partie des meubles ? De me coltiner des mouchards pour en faire de parfaits petits soldats ?
- Encore cette histoire d’envie… Depuis quand ne fonctionnes-tu plus à l’instinct, SangreLune ?


Le ton de Seren était devenu sérieux. Etant donné qu’il était avachi sur sa chaise, le regard vitreux et une chope à la main, ce fut assez intriguant pour attiser l’attention de Gil.

- Je t’ai connu moins naïf.
- Justement, j’ai décidé de prendre ma retraite. Est-ce que ça te pose un problème ?
- A moi ? Pas du tout. Il y a longtemps que j’ai cessé de me soucier du mouchard dont j’ai hésité il y a quelques années. Mais toi, tu as encore des preuves à faire.
- Pardon ?
- Jouer avec l’Ordre… c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Tu es capable de faire bien davantage si tu t’appliques. La menace qui pèse sur toi n’est pas à prendre à la légère, surtout depuis l’épisode de la Silencieuse, mais ce n’est pas en te repliant que tu résoudras cette affaire.


Gil soupira : Seren se trompait. Il n’avait pas peur, il en avait juste marre. Le rejet de Kaünis avait été la goutte qui avait fait déborder le vase. Depuis, il avait enchaîné les erreurs : renvoyer paître Voïmakas, embrasser Naïs… Il était sincère lorsqu’il soutenait qu’il ne voulait pas reprendre d’apprentis. Qu’ils aillent se faire voir, tiens !

- Ce môme, là… Agarest… Tu l’as bien formé.

La simple évocation de ce nom tira une grimace à Gil. Il avait rendu sa liberté à Syles. Désormais, c’était comme Kaünis : il ne voulait plus en entendre parler. Souhait dont Seren semblait se moquer.

- A mon avis l’Ordre compte davantage sur tes talents de mentor que sur ta présence dans ses rangs. Utilise cet atout pour te rapprocher de ton ennemi. Te voir prendre un nouveau cours le poussera sans doute à commettre sa première erreur.
- Utiliser mon nouvel élève comme un appât ? C’est ton idée ?
- Une excellente idée, non ? Tu es un homme d’instinct, un cabochard qui se fiche pas mal de jouer la vie d'un jeune… mouchard. Ça ne devrait pas te poser de problème.


Non, bien sur que non. Gil avait déjà agi de la sorte par le passé. Il pouvait très bien recommencer. Ne pas s’attacher à son apprenti, et se servir de lui pour atteindre son ennemi. Il baissa les yeux et contempla les reflets mordorés de la bière à laquelle il n’avait pas touché, au grand malheur d’une jeune serveuse qui ne le quittait pas du regard. C’était un mal pour un bien. Il allait reprendre du service une dernière fois. La dernière, songea-t-il avec force. Une fois son ennemi débusqué, il s’en débarrasserait avec toute la hargne que les derniers événements, à commence par l’empoisonnement de Makeno, avait nourri en lui. Après ça, l’Ordre pourrait bien se gratter, il ne reviendrait pas. Il irait vivre sa vie avec Libertée et leur fille.

- J’ai fait savoir à tes élèves que tu les retrouverais dans deux jours à la porte du Domaine.
- Mes élèves ?
- Il y en a deux, oui,
affirma Seren, amusé par l’éclat affolé qui traversa brièvement le regard bicolore de Gil.

Enfer, deux apprentis. Ça doublait son emmerdement, ça ! Agacé, Gil se demanda si l’Ordre ne s’était pas débrouillé pour que tel soit le cas. Une façon comme une autre de répondre à son insolent message. Très bien, allons-y pour deux gamins. Il but une gorgée de bière, scellant ainsi un pacte avec sa propre volonté : il allait former ces deux novices, mais ce ne serait pas une partie de plaisir.

Ils allaient morfler.

- Essaie de ne pas les tuer, conseilla toute de même Seren en souriant à demi derrière sa chope. Ils sont ta meilleure carte dans le jeu de dupes que tu mènes.


*



Il était odieusement en retard, et ça ne lui faisait ni chaud, ni froid. La journée était bien avancée lorsque Gil atteignit enfin le Domaine. Qu’il détestait cet endroit ! Chaque fois qu’il s’y rendait, il avait envie de faire demi-tour. La tentation fut grande, et par deux fois il faillit faire tourner bride à sa jument sur le sentier qui traversait Ombreuse. Il n’avait pas cédé, mais tout juste. Et il était d’une humeur massacrante. Le temps s’accordait bien à son état d’esprit : le ciel était gris, chargé d’une pluie qui s’étais mise à tomber peu après son départ et avait l’avait accompagné jusqu’ici. Il avait rabattu sa capuche sur sa tête pour s’en protéger, laissant la pluie glisser sur le cuir du manteau sans parvenir à le mouiller. Les sabots de Chante-Brume résonnèrent sur le pavé inégal qui ralliait le haut portail entrouvert. Gil aperçut la silhouette de ses élèves et pinça les lèvres : il n’avait aucune envie de les accueillir. Il s’arrêta à quelques pas d’eux et, juché sur sa monture, les observa sans rien dire. Pas envie de parler le premier. C’était anti-pédagogique, oui.

Et alors ?

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Aeterna Khran
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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Dim 27 Mar 2016, 14:09

- La goutte qui tombe, rejoint donc sa tombe, elle finit son vol, en touchant le sol, et moi qui la vois, cette goutte aux abois, je n'fais que penser que j'y aurai droit. Parce que voyez vous, même les plus fous, finissent par périr, le tout sans mot dire...

Aeterna s'ennuyait ferme, alors elle chantait. On lui avait dit de se rendre à l'entrée du Domaine très tôt, qu'être en retard serait intolérable, et qu'aujourd'hui serait certainement le plus grand jour de sa vie: le commencement de son apprentissage. Et pourtant...
Il ne s'était rien passé. Soroïl était venu, elle l'avait reconnu. Un signe de tête, voilà tout ce qu'elle lui adressa, pensant que leur maître allait bientôt arriver et que ce serait sans aucun doute le moment de se présenter. De toute façon, elle n'avait rien à dire à Soroïl, un point c'est tout. Elle l'avait vu une fois, et ça ne faisait pas de lui son ami. Aeterna s'ennuyait, mais ça ne lui enleva tout de même pas sa joie de vivre. Elle attendit, encore, encore. Elle eut faim. Elle ne bougea pas. Et si son maître arrivait pendant qu'elle partait ? Voilà qui serait mauvais pour elle. Alors, elle avait fait une des seules choses qu'elle savait faire pour s'occuper et se changer les idées: elle s'était mise à chanter. Elle avait, en matière de chansons, un très grand répertoire couvrant des genres bien différents. Chanter faisait partie des capacités qu'elle avait appris à développer avec la Troupe des Quatre Lurons, comme danser, lancer des couteaux, faire des acrobaties ou jouer la comédie. Mais chanter, parmi toutes ces possibilités était le plus discret.
Aeterna ne se demanda certainement pas si Soroïl en avait marre. Elle partait du principe qu'elle avait le droit de faire ce qu'elle voulait sans lui rendre de comptes, après tout on lui avait dit qu'elle était ici pour être libre, alors hors de question de renoncer au simple droit de chanter !
Et il finit par arriver. Enfin, ce devait être lui, parce que de toutes les personnes qui étaient passées par cette porte, il était le seul à s'arrêter et à les regarder ainsi.

- Petite pluie, qui tombe par ici, je ...


Aeterna cessa de chanter. L'homme qui était là, sur son cheval, semblait particulièrement... Sombre. Il avait un manteau très long, des cheveux avec une coiffure improbable, et certainement pas de sourire sur ses lèvres. Aeterna espéra un moment que ce n'était pas lui, le fameux maître qui allait la guider. Elle aurait espéré quelqu'un qui avait l'air un peu plus sympathique que ça. Depuis son arrivée elle n'était tombée que sur des personnes qui lui avaient fait mauvaise impression, et elle commençait à se demander si ce n'était pas la faute du lieu en question.
Vu sa tête, il valait mieux renoncer au reproche qui lui brûlait les lèvres sur son horaires d'arrivée. Elle n'était pas vraiment sûre d'avoir envie de se le mettre à dos. Aeterna préféra s'approcher, d'un air joyeux. Même si elle avait faim, et même si elle avait attendu pendant au moins une éternité, elle était vraiment trop heureuse. Trop heureuse de voir enfin ce pour quoi elle était venue.

- Salut ! C'est toi notre maître?

Il persistait un doute après tout ! Il pourrait juste trouver étrange de voir deux jeunes gens oisifs par ici, dont une en train de chanter à tue-tête.
En ce qui concerne le tutoiement, c'était venu naturellement à Aeterna. L'usage du vouvoiement était loin, très loin de ses habitudes. Qui pouvait-on bien vouvoyer dans une bande de saltimbanques ? Personne. Parce que les artistes se moquent et critiquent, ils ne révèrent que pour mieux se moquer. Elle ne voulait pas se moquer de quelqu'un qui pourrait être son maître. Et elle ne dit rien d'autre. Il lui fallait une réponse avant.
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Soroïl Fiseyrrah
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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Mar 29 Mar 2016, 01:17

Il salua une dernière fois son employeur d’un signe de main en fourrant de l’autre sa paye dans sa poche, passa presque nonchalamment l’angle de la rue… Et se mit à courir à toute allure sur le sentier menant à Ombreuse.
Ce ne serait plus du retard, qu’il allait avoir, mais carrément un râteau de soleil !


**


Il n’en pouvait plus.
Du coup, il avait carrément renoncé à tenter d’être à peu près à l’heure au rendez-vous. Si le Maître l’attendait, tant mieux, sinon… Et bien, il en trouverait un autre. Cela ne devait pas être si difficile à récupérer, finalement puisqu’il était là pour apprendre, non ?

Il prit donc le temps de rentrer au Domaine pour prendre une douche et un déjeuner, avant de descendre du côté des écuries où le rendez-vous avait lieu. Autant arriver en bonne et due forme, non ?
S’époussetant les vêtements, Soroïl sentit l’humidité de l’air comme un appel à la pluie et fronça le nez, mécontent. Il n’aimait pas beaucoup être trempé, mais si c’était ce qu’il devait advenir… Au pire, si Giliwyn n’était pas là, il retournerait dans le grand bâtiment, au chaud et au sec, tout en cherchant un moyen de rencontrer ceux qui pouvaient attribuer les potentiels Maîtres.

Pourtant, quand il arriva, il y avait une silhouette près des écuries.
Rien de bien surprenant, pourtant Soroïl sourit en reconnaissait Aeterna, avant de tourner la tête vers un cavalier qui arrivait tout juste sur un cheval, une jument apparemment.
L’homme, puisque c’était un homme, les fixa tous les deux – lui et sa compagne de cours – sans dire un mot. Aeterna semblait chanter avant qu’ils n’arrivent, ce qui fit sourire le jeune homme en découvrant ses dents.

- Salut ! C'est toi notre maître?

Soroïl leva les yeux au ciel.
Oui, il était persuadé que c’était lui, le maître en question. Il dégageait un truc encore plus dangereux que la fille frappadingue et absolument canonnesque qu’ils avaient croisés dans ombreuse quelques jours plus tôt.
Alors, il lui adressa son plus large sourire.

- Hé, on dirait un peu un jugement dernier comme ça, avec les nuages noirs et la forêt derrière… Tu fais encore plus peur que la nana qui nous a accueilli, pourtant y’a du niveau. Il faut t’appeler comment ? Chevalier de la mort ? Cavalier du chaos ? Ça fait très romanesque !

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Dernière édition par Soroïl Fiseyrrah le Ven 03 Juin 2016, 02:42, édité 1 fois
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Mar 29 Mar 2016, 10:28

[Soroil, la "fille frappadingue et absolument cannonesque", j'adore XD Quant à toi, Ae... hum... bon couraaaaage ! Je crois bien que vous n'allez pas beaucoup apprécier Gil Rolling Eyes]




Gil plissa les yeux. Qu’est-ce qui l’agaçait le plus, au fond ? Qu’une fille fasse partie du lot et qu’elle soit en train de chanter une mélodie qu’il était difficile de se sortir de la tête ? Ou bien que le garçon soit arrivé presque aussi en retard que lui ? Il l’avait vu approcher subrepticement… Il laissa échapper un petit sifflement entre ses dents. Même pas deux minutes qu’il était là et il en avait déjà marre. La pluie s’intensifia, en accord avec son humeur, et Chante-Brume renâcla : elle n’aimait pas être mouillée. Il l’apaisa d’une rapide caresse. Je sais, ma grande. Toi et moi, on est dans le même bateau, là…

- Salut ! C’est toi notre maître ?

Mais quel incroyable sens de la déduction ! Amer, Gil ne répondit pas. Il se contenta de regarder cette gamine qui pétillait littéralement de vie à ses pieds. Elle avait l’air jeune mais ses cheveux blancs étaient intrigants. Ils lui donnaient une drôle d’allure. Le ciel soit loué, elle avait arrêté de chanter. Il devait reconnaître que sa voix n’était pas désagréable à l’oreille, au contraire, mais il n’était absolument pas d’humeur à chanter.

- Hé, on dirait un peu un jugement dernier comme ça, avec les nuages noirs et la forêt derrière… Tu fais encore plus peur que la nana qui nous a accueilli, pourtant y’a du niveau. Il faut t’appeler comment ? Chevalier de la mort ? Cavalier du chaos ? Ça fait très romanesque !

Le regard bicolore glissa de la fille au garçon. Grand, blond, les yeux d’un vert tendre et l’expression amusée, l’homme ressemblait tellement à Syles, par cette diatribe moqueuse, que Gil en resta interdit quelques secondes. C’est pas vrai ! Pas encore ! Il avait tenu le coup vaillamment durant la formation de cet insupportable garnement, il s’était presque habitué à ses bavardages intempestifs, jusqu’à lui rendre sa liberté ; le silence n’avait jamais été aussi agréable à ses oreilles. Pas question qu’un jeune parangon ne prenne la relève. Il redressa le menton derrière le haut col de son manteau et toisa le jeune homme.

- Créateur de psychopathes me convient bien. On m’a dit que je devais en trouver ici mais j’ai dû me faire avoir.

Et comment ! Seren, mon vieux, tu me paieras ça… Sans s’attarder davantage dans ce lieu qu’il exécrait, Gil fit faire demi-tour à Chante-Brume et commença à s’éloigner au pas sous la pluie.

- Bougez-vous, jeta-t-il alors par-dessus son épaule.

Il allait le regretter ! Il le savait ! Mais avait-il encore le choix ? Aile de Corbeau devait encore être dans les parages. Avec un peu de chance, ils seraient même suivis. Gil n’espérait que cela. Il avait besoin d’une confrontation dans les formes depuis qu’on l’avait pris en traître avec la Silencieuse. Son cœur battait lentement tandis que, dans son esprit, la revanche prenait des couleurs sombres et sanglantes. Ce qui l’avait maintenu en respect jusqu’ici n’existait plus. Ces dernières années, il avait été une cible facile, trop anxieux à l’idée de perdre ses proches pour oser prendre la moindre initiative… Et puis, il avait réalisé que les membres de son entourage étaient tout à fait aptes à se défendre seuls. Qu’ils n’avaient pas besoin de lui. Ou alors temporairement. Naïs, Kaünis… Même Libertée était capable d’assurer sa protection et celle de leur fille. Il n’avait aucun souci à se faire. Et sûrement pas pour ces deux-là. Glissant un coup d’œil par-dessus son épaule, il les vit hésiter. Enfer, mais qui m’a fichu ces andouilles ? Hors de question qu’il précise quoi que ce soit. « Bougez-vous », c’était clair comme de l’eau de roche. Pas de cheval. Ils avaient simplement à le suivre, il n’allait pas vite, bon sang.

Pas encore.



*



Il n’alla pas très loin. Les plus hautes tours du Domaine étaient encore visibles entre les branchages noueux d’Ombreuse lorsqu’il se laissa glisser du dos de Chante-Brume. Ses bottes s’enfoncèrent dans le sol détrempé. Il n’attacha pas sa jument, préférant la laisser libre de ses mouvements, et attendit que ses… élèves… l’aient rejoint pour se tourner vers eux. C’était le moment de voir ce qu’ils avaient dans le ventre. Qu’ils soient pour lui un moyen d’arriver à ses fins, d’accord. Encore fallait-il qu’ils soient capables de le suivre aussi loin. Gil ne voulait pas s’encombrer de la bleusaille. La fille lui paraissait bien frêle. Il n’était pas certain de la garder. Mais une petite part de lui avait envie de la mettre à l’épreuve, tout comme le garçon, afin de ne pas se tromper. Kaünis lui avait déjà prouvé son erreur à l’égard du sexe faible. Et il avait beau être en rogne, Gil était encore capable de se souvenir de ses erreurs passées. Parmi elles, la discussion. Trop de blabla inutile dans ses cours ! Cette fois, il décida de ne pas passer par les éternels « qu’attends-tu de moi, des Envoleurs, et patati, et patata… ». Ce que ces deux gosses fichaient là, il n’avait pas envie de le savoir.
Pas envie de les connaître.

Il était uniquement là pour les former, alors… il se jeta sur eux. Comme ça, sans prévenir. Sans arme, parce qu’il n’avait pas envie de les blesser inutilement ; il passa à l’action, vif et léger comme un courant d’air, et les gouttelettes d’eau qui maculaient son manteau scintillèrent en étant projetées autour de lui par son mouvement. Il passa entre les deux jeunes gens et se retrouva dans leur dos. il ne frappa pas fort, mais son geste n’avait rien de tendre non plus lorsqu’il leur asséna une tape à l’arrière du crâne. La provocation était évidente, le but de l’exercice on ne plus clair : ils devaient rester debout et tenter de répliquer. Ou esquiver pour ne pas se faire avoir. Gil ne restait jamais immobile. Il bougeait sans arrêt. Pourtant, cela ne l’empêchait pas d’observer ses adversaires du moment. La moindre décision, le moindre regard… Il analysait tout et s’en servait pour mieux les connaître.

- Bougez-vous ! insista-t-il malgré lui en frappant une nouvelle fois les deux apprentis à l’arrière du crâne.

Ils étaient lents à la détente, ou quoi ?

Oh, Seren…

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Aeterna Khran
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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Mar 29 Mar 2016, 19:58


- Hé, on dirait un peu un jugement dernier comme ça, avec les nuages noirs et la forêt derrière… Tu fais encore plus peur que la nana qui nous a accueilli, pourtant y’a du niveau. Il faut t’appeler comment ? Chevalier de la mort ? Cavalier du chaos ? Ça fait très romanesque !


Aeterna trouvait l'image tout à fait théâtrale ! Ça lui plaisait beaucoup, elle pensait d'ailleurs que Soroïl était assez dans le vrai. Pourtant, elle se disait qu'il était allé un peu loin en commençant comme ça leur première discussion. Peut-être que leur maître, puisque visiblement c'était lui, n'était pas un grand amateur des topoï de ce genre...
De toute façon autre chose avait retenu l'attention d'Aeterna, c'était que Soroïl faisait référence à l'autre dingue qu'ils avaient croisé ensemble. La demoiselle aux cheveux blancs n'étaient pas tout à fait d'accord. Même si le cavalier l'avait trouvée trop insignifiante pour se donner la peine de lui répondre, il était nettement moins effrayant que l'autre psychopathe aux cheveux lisses.

-Moi je suis pas d'accord, Kaünis faisait beaucoup plus peur que lui. 'Fin, c'était pas le même genre, quoi.


Aeterna aurait bien entreprit de la mimer, histoire de détendre l'atmosphère, mais visiblement personne n'était très disposé à rire. Alors elle se tint tranquille. De toute façon, quelle chance y avait-il pour que leur maître connaisse cette Kaünis ? Le Domaine avait l'air immense, si ça se trouve il ne l'avait jamais croisé ou avait oublié son nom. Ou alors elle était tellement dingue que même lui en avait entendu parler. C'était possible aussi.
Mais finalement, leur maître se décida à ouvrir la bouche. Et ce n'était pas tout à fait pour leur souhaiter la bienvenue.

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La jeune fille n'était pas très enthousiaste. Il avait l'air aimable comme une porte de prison, très heureux de vivre, et déjà déçu. Ça énervait un peu Aeterna. Comment pouvait-il avoir l'air si déçu alors qu'il ne les avait vu que trois secondes et ignorait tout d'eux ? En tout cas, il n'avait pas l'air d'avoir pensé ne serait-ce qu'une seconde à des explications, que ce soit au sujet de sa déception ou d'autre chose. Son cheval avait déjà fait demi-tour sous la pluie. Ça voulait sûrement dire voyage. Ou au moins promenade.
Aet' n'était pas effrayée par la possibilité de voyager loin : elle avait déjà fait plus ou moins le tour de Gwendalavir avec son père adoptif et ses deux « frères ». Alors qu'elle était en pleine réflexion, elle entendit râler.

Bougez-vous,


Elle lança un regard hésitant vers Soroïl. Elle se serait attendue à... Un peu plus de mots, en fait. Partaient-ils longtemps ? Où partaient-ils, d'ailleurs ? En tout cas, elle avait bien compris qu'ils ne semblaient pas destinés à avoir un cheval. Et elle s'en moquait bien. Elle se souvenait, avec Taël et Krestos, au temps de la troupe, ils avaient acheté une de ces bestioles. Elle servait principalement à porter le matériel, et ils voyageaient toujours à pieds à côté. Aeterna était montée dessus une fois ou deux, mais l'équitation ne faisait pas tout à fait partie de ce qu'elle pouvait considérer comme un « point fort ». C'était tout juste un point, ni fort ni faible, à entrer dans sa biographie.
Elle se mit en marche, trottinant un peu rattraper leur maître qui n'avait visiblement pas changé d'avis entre temps.
Elle marcha ensuite. En se demandant sans cesse où ils allaient, et pour quoi faire, et pourquoi le cavalier ne disait rien, et dans quelle embrouille elle s'était encore fourrée en écoutant les gens qui lui avaient conseillé de venir au Domaine. Elle aurait mieux fait d'aller à Al-Far, peut-être. En tout cas, s'il n'y avait qu'elle, elle ne serait pas en train de marcher sous la pluie comme une idiote, et certainement pas avec des gens d'aussi agréable compagnie. Mais non, elle était là, à marcher en se demandant bien pourquoi, et en jetant de temps en temps des coups d'oeil au Domaine. Elle avait eu bien du mal à le trouver, et on ne pouvait pas dire qu'elle y serait restée longtemps.
Elle s'ennuya. Le voyage ne représentait pas beaucoup d'intérêt pour le moment, et ils n'allaient pas si vite que ça. Alors elle reprit sa chanson, et se mit cette fois à la marmonner doucement.
Elle marcha encore. Au début, elle prenait le temps d'essayer d'éviter les flaques d'eau, les feuilles trop humides qui risquaient de la tremper entièrement si elle fonçait dedans... Et puis elle en eut marre. De toutes façons, ils seraient mouillés par la pluie, ce n'était pas la peine de...
Le maître était descendu de cheval. Quelque chose allait-il enfin se produire ? Aeterna n'attendait que ça. Peut-être que le temps des présentations était venu ?
Visiblement non. Le « Créateur de psychopathes », comme il s'était lui-même autoproclamé, avait plutôt décidé que le temps de l'action était venu. Et il bougeait encore plus vite que Kaünis, du moins Aeterna en avait l'impression, et elle se dit bêtement qu'elle aurait mieux fait de tenir sa langue un peu plus tôt. Trop tard. Le maître avait déjà atteint leur dos, sans qu'elle n'ait eu le temps d'avoir le réflexe de se retourner, et il lui mit une tape sur le crâne.
Aet' retint le « Aïe » réflexe qu'elle avait failli pousser. Elle n'avait pas mal, ce n'était que l'habitude, et elle ne souhaitait pas passer pour une idiote. Mais, qu'avait-elle fait pour mériter de se faire taper sur la tête ? Elle avait suivi l'ordre du Mercenaire, et il était tellement simple qu'elle ne comprenait pas ce qu'elle avait pu rater.

Bougez-vous !

Ça y est, Aet' avait compris. C'était un exercice. Ou peut-être un test. La deuxième tape lui avait définitivement ouvert les yeux. Même si elle n'avait pas l'impression que ça lui était très utile. Il fallait sûrement qu'elle esquive, mais il allait tellement vite ! C'était pas humain !
Mais elle n'avait pas l'intention de se laisser faire. Le cavalier avait eu l'air tellement déçu en les voyant qu'Aeterna avait envie de lui montrer le meilleur d'elle-même. Un air résolu se peignit sur son visage. Elle entreprit d'essayer de décrypter les mouvement du maître, sans grand succès, pour essayer de les anticiper.
Elle avait de plutôt bons réflexes, mais éviter un ouragan pareil semblait relever de l'impossible.
*Pense aux enchaînements de Taël* Il fallait essayer de voir ça comme une chorégraphie, comme les enchaînements d'acrobaties qu'ils devaient effectuer du temps de la troupe, où tout était réglé au centimètre pour qu'ils ne se touchent pas. Aeterna était agile, une véritable petite anguille voltigeuse pour le commun des mortels. Mais dans cette situation, malgré tous ses efforts, ça ne semblait pas suffisant. Ce type était impossible à toucher, et ça rendait Aeterna aussi admirative que déprimée. Elle ne parviendrait jamais à réussir cet exercice, ou ce test... Tant pis. Elle n'en perdit pas sa détermination. Mais surtout, elle se contenta d'essayer d'esquiver. Déjà, parce qu'elle n'était pas certaine que son rôle dans l'exercice doive la pousser à attaquer son maître, qui risquait de mal le prendre. Mais surtout parce que, même si elle réussissait par le plus grand des hasards à le toucher, elle serait bien incapable de lui faire quoi que ce soit. Ce serait ridicule. Oui, mais ça faisait peut-être partie de l'exercice quand même... Soroïl avait certainement beaucoup plus de chances qu'elle d'y arriver... Mais oui, Soroïl !
Elle finit par tenter de croiser le regard de Soroïl. Peut-être qu'à deux, ils auraient un début de chance. Elle ne savait pas s'il pensait pareil, ou même s'il allait comprendre ce à quoi elle pensait, ou s'il allait la suivre. Mais elle bondit devant le Mercenaire grâce à une pirouette aussi gracieuse que sans intérêt pour le moment. Elle voulait attirer son attention. Pour que Soroïl fasse quelque chose. N'importe quoi.
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Soroïl Fiseyrrah
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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Jeu 31 Mar 2016, 02:55

Créateur de psychopathes, hein ?
Ça veut dire quoi, qu’il compte faire d’eux des monstres sans coeur et sans vergogne ? Sans morale ni honneur ? Sans émotion ni sentiment ? Est-ce que finalement, cela peut vouloir dire que seuls les psychopathes sont complètement libres ?
En fait, Soroïl ne le pense pas, car pour lui les gens trop dérangés mentalement sont carrément prisonniers de leurs pulsions. D’une sorte de carapace dont ils ne veulent pas et qu’ils n’ont pas fabriquée consciencieusement.

En tout cas, il ne se considère clairement pas comme un psychopate. Et il ne pense pas que Aeterna n’en soit une non plus, à vrai dire.
Il faut bien avouer que comparé à cette frappadingue canonnesque de Kaünis, même un méchant loup peut être considéré comme un petit chien docile. Sans aucune hésitation.

Le jeune homme n’a pas quitté le cavalier des yeux, il a donc noté son air presque hésitant quand il a posé son regard sur lui. Quoi ? Sa tête lui dit quelque chose ? Parce que la réciproque n’est pas vraie, en tout cas. D’ailleurs, il ne leur a même pas demandé leurs noms, en fait. Il s’intéresse si peu que cela à eux ? Il s’attend peut-être à ce qu’ils lui prouvent tous les deux qu’ils méritent d’être là ? C’est comme un premier test, finalement ? Il mesure leur détermintation, leur volonté, leur niveau de nerf ?

- Bougez-vous !

L’ordre claque dans l’air et Soroïl se renfrogne un peu quand même. Ça commence déjà à le gonfler, tout ça. L’autre il exploite un cheval et ne se donne pas la peine de se mettre à leur niveau pour soulager la pauvre bête ! Il a presque envie de laisser filtrer son homologue pour faire peur à la jument et que cet Envoleur se casse la figure.
Presque.

Échangeant un regard avec Aeterna, le jeune homme se demande si cela va durer longtemps comme ça. Apparemment, la jeune femme se pose la même question, s’il se fie à son regard.
De toutes façons, pour Soroïl, il était hors de question de monter un cheval. Même de juste le harnacher. S’en occuper, pas de soucis. Le mettre dans un box… L’attacher… Ça lui en pose, par contre.
Ceci dit, l’homme ne semble pas vouloir les faire monter à cheval pour le moment, donc il se contente de se taire.

Se penchant légèrement vers Aeterna alors qu’elle trottine pour rattraper le cheval de ce soit-disant Gil – car il n’a même pas confirmé son identité – Soroïl murmure, un sourire sur les lèvres :
- Si tu veux mon avis, c’est juste pour se donner un genre. Ou alors il est énervé contre un truc, je sais pas quoi. Enfin, de toutes façons, on peut pas dire que c’est notre faute, il a débarqué énervé, alors il peut bien gueuler ce qu’il veut, m’en fous, je prendrai pas ça personnellement !



**


Ah ben enfin, il daigne descendre du dos de cette pauvre jument ! Par contre, le fait qu’il n’attache pas sa monture lui fit gagner un point dans la tête de Soroïl. Parce que oui, il a déjà commencé à comptabiliser : moins un point pour les avoir accueillis à cheval, moins cinq points pour ne pas leur avoir demandé leur nom, moins deux autres pour sa mauvaise humeur alors qu’ils n’y sont pour rien.

Encore un point en moins quand il se jette sur eux pour passer entre lui et Aeterna, et les toucher dans le dos.
Bon, d’accord, deux points en plus, parce qu’il a été drôlement rapide, et que Soroïl ne s’y attendait pas le moins du monde. Du coup, il l’imaginait bourru et maladroit… Grave erreur.

Le même ordre que tout à l’heure claque encore dans l’air, aussi sifflant qu’un coup de fouet. Et un coup de fouet, ça fait mal, mais ça reste de la torture. Il compte les torturer ? Les frapper ? Les blâmer ? Soroïl n’a pas envie de se laisser faire. Il veut rendrer la monnaie de sa pièce à ce mec qui ne cesse d’asticoter sa colère.
Retenant de justesse un grondement pas très humain, le jeune homme se décale sur la droite pour éviter un coup mais ce dernier l’atteint quand même.

Bon. Alors, il faut d’abord comprendre comment ce mec bouge. Pourquoi il bouge. Quelle est sa motivation. Apparemment, il veut surtout les emmerder, les tester. Et lui, il a le droit de le griffer ? Ou du moins d’essayer de le faire ? Parce que là, tout de suite, il est très tenté, il ne le nie pas.
Bondissant sur le côté, Soroïl tente de prendre l’homme de profil, sans y parvenir. Impossible de le toucher, ce mec !
Puis, il finit par croiser le regard d’Aeterna, qui le fixe intensément.

Ah ? Qu’ils tentent de s’accorder ? Mais est-ce que c’est bien ce que ce mec apocalyptique veut ? C’est vrai que seul, chacun de leur côté, ils ne peuvent pas trop y arriver, mais au moins si l’un le touche, il sait que c’est que à lui-même qu’il le doit.
Soroïl débat un instant avec lui-même. Il n’aime pas partager, quoi que ce soit à vrai dire. Pas même une potentielle défaite. Mais, au fond, ce n’est pas une mauvaise idée…

Haussant les épaules, Soroïl s’accorde presque immédiatement à la jeune femme pour prendre à revers l’envoleur. Alors qu’elle l’attaque devant, il le fait derrière. Quand elle passe sur le côté, il se glisse de l’autre. Ils ne cessent de l’asticoter et pourtant ne parviennent pas à suffisamment l’approcher pour parvenir à le toucher.
La frustration enfle dans le torse du jeune homme.
Il sent venir la vague de son plantigrade préféré et tente de la repousser, tout en sachant qu’en continuant d’attaquer il ne fait que l’entretenir et lui donner de la puissance.

Soudain, se sentant au bord du précipice, Soroïl arrête simplement de se lancer.
Il est fatigué, oui. Il a un peu mal partout, évidemment. Mais il n’est pas à bout de souffle non plus, et bien plus résistant physiquement que ça.
Sauf que ça gronde trop fort dans sa tête. Ça gonfle partout dans son cerveau, dans ses poumons, dans son coeur pourtant vaillant. Ça s’empare de lui dans un immense tremblement. Il peine à contenir cette puissante houle qui est en train d’husurper son corps humain sans plus de manière.

Quand enfin, il parvient à reprendre un minimum de calme et de contrôle, pourtant, il est de nouveau repoussé dans ses retranchements.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Sam 02 Avr 2016, 13:51

La partie n’était pas équitable. Gil aurait pu tuer une bonne demi-douzaine de fois les deux jeunes gens s’il l’avait voulu, ou du moins les blesser grièvement ; une torsion de la nuque, une fracture de la clavicule… il arrêtait son geste chaque fois. Il n’était pas idiot, éliminer ces deux-là ne rimait à rien du tout. Ce n’étaient pas de mauvais bougres, d’ailleurs, sinon ils ne seraient pas en train de se démener pour lui tenir tête ! La fille ne se débrouillait pas si mal. Elle était vive et réactive. Sans relâcher la pression qu’il faisait peser sur eux, Gil observa ses mouvements, nota ses déplacements et approuva même certains de ses choix. Le garçon était moins facile à cerner. Hésitation, réflexion ou lenteur ? Impossible à déterminer mais il n’était pas à son maximum. Pour cette seule raison, Gil s’acharna sur lui. Insaisissable, il revenait à la charge sans lui laisser de répit.

Le changement se produisit en quelques secondes. Le temps d’un regard échangé entre les deux apprentis, et soudain leurs mouvements s’accordèrent, trouvèrent un rythme commun ; ils avaient enfin compris ! Gil pivota pour éviter une attaque maladroite mais bien pensée, et se baissa afin d’esquiver la réplique qui prenait le relais. Lents mais pas si naïfs ! Ensemble, les deux jeunes gens parvinrent à éviter quelques unes de ses frappes. S’ils n’avaient pas encore assez de technique pour l’acculer, ils avaient trouvé un rythme qui leur convenait et qui convint à Gil. Celui-ci marqua la fin de l’exercice en les immobilisant l’un et l’autre d’une clé de bras efficace : s’ils forçaient ne serait-ce qu’un tout petit peu, ils risquaient de se démettre l’épaule eux-mêmes ! Gil en profita pour dire ce qu’il avait à dire.

- Finalement, on dirait bien que vous savez bouger…

Il marmonnait, comme toujours. Mais un soupçon de curiosité modulait imperceptiblement le ton de sa voix.

- Toi, précisa-t-il en regardant la fille, tu vas devoir apprendre à utiliser tes points forts pour compenser tes points faibles. Tu es trop petite et tu n’es pas assez musclée, mais tu es vive et légère. Réfléchis à la manière de te servir de ça.

Il la lâcha et resserra sa prise sur le garçon.

- Et toi, tu penses trop. Ça te ralentis. Elle avait plus de chances que toi de réussir parce qu’elle est plus instinctive. Tu dois te détendre, sinon tu vas déguster. Pigé ?

Il n’attendait pas spécialement de réponse et relâcha également le jeune homme, tout en fronçant les sourcils ; il avait sentit, sous sa poigne, une force brute : ce garçon était plus costaud qu’il ne le laissait croire. Pourquoi tant de retenue ? Oh, et puis je m’en fiche. S’il ne veut pas se donner à fond, il ne tiendra pas jusqu’au bout, c’est tout. Et Gil se referma à nouveau comme une huître. Il avait toujours été taciturne, mais les deux jeunes gens auraient été étonnés de le voir en compagnie de Syles, quelques mois plus tôt. Le maître têtu et piqué d’humour noir avait laissé sa place à un mentor sans âme. Il n’avait pas envie de s’intéresser davantage à ces deux-là. Pourtant il y avait de quoi ! Elle, elle était vraiment étonnante avec ses longs cheveux blancs et son regard un peu rêveur. Lui, il avait un regard brillant de malice mais il dissimulait quelque chose d’important et il ne tenait visiblement pas à ce qu’on le mette à nu. Quelques mois plus tôt, Gil se serait fait un plaisir de découvrir quoi.

Le vent avait tourné.

- Que les choses soient claires, je me fiche de savoir pourquoi vous êtes là et ce que vous attendez de moi. Puisqu’on vous a mis dans mes pattes je vais vous former, mais ce sera tout. Et ce ne sera pas une partie de plaisir.

Il les jaugea un bref instant, réalisant que même leurs noms ne l’intéressaient pas : elle serait Blanche-Neige à cause de ses cheveux, il serait Face de Raï parce que son air suffisant l’agaçait un peu.

- Je vais vous pousser jusque dans vos derniers retranchements, et plus loin encore. Vous avez encore le choix de rester ou de partir, mais c’est la seule et unique fois que je vous le laisse alors réfléchissez bien.

C’était un ultimatum ! Encore une fois, la pédagogie lui faisait défaut mais il n’était pas là pour améliorer sa façon d’enseigner. Il avait essayé cette méthode et ça n’avait pas fonctionné. Pourquoi se donner du mal, au fond ?

- Vous allez retourner au Domaine au pas de course. Si vous décidez de laisser tomber, pas la peine de revenir. Si vous pensez être capable de me suivre, sellez un cheval et rejoignez-moi.

Il s’adossa à un arbre et croisa les bras sur la poitrine tandis que la pluie ruisselait toujours autour de lui. Il leur donnait quinze minutes. Passé ce délais, il s’en irait.

Avec ou sans eux.

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Soroïl Fiseyrrah
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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Mer 06 Avr 2016, 22:37

Gil s’acharne sur lui.
Il semble au jeune homme que le créateur de psychopathes tente de le pousser dans ses derniers retranchements. Ses dernières bribes d’humanité. Il ne veut pas perdre le contrôle au premier exercice demandé, mais cela est difficile quand même de réussir à tenir ses pulsions et ses envies de transformation d’une main de fer, car il doit aussi penser à autre chose en même temps.

Soudainement, tout s’arrête car l’homme les a immobilisés de manière efficace et pas exactement indolore. Sa voix s’éleva, captant immédiatement l’attention de Soroïl malgré les marmonements.
- Et toi, tu penses trop. Ça te ralentit. Elle avait plus de chances que toi de réussir parce qu’elle est plus instinctive. Tu dois te détendre, sinon tu vas déguster. Pigé ?

Oui il a compris. Cela ne veut pas pour autant dire qu’il est d’accord. Il doit simplement parvenir à mieux faire la distinction entre son corps humain et ses réflexions animales. Combiner les deux semble encore au dessus de ses moyens, mais s’il a besoin de le travailler, il le fera. Sans hésiter. Enfin, à condition d’avoir une bonne raison. Savoir se battre, d’accord, mais il avait déjà mis hors combat d’autres avant Gil. Enfin, pas vraiment, finalement. Et pas des combattants aussi aguerris.

- C’est bien la première fois qu’on me dit que je pense trop ! Généralement, c’est plus « Réfléchis plus banane » ou « Faut vraiment que tu te poses cinq minutes pour permettre à ta langue de ne pas s’emmêler ». Bon, d’accord, on ne parle pas de combat, mais la réflexion, c’est clairement pas mon truc !
Le ton de Soroïl est enjoué, mais le fond de ses prunelles mortellement sérieux. Sauvagement instinctif. Pourtant, il ne donne aucun indice de plus à l’homme qui est censé le guider. Ils auront tout le temps pour ça.

Gil ne semble pas comprendre, ou pas chercher plus loin.
Non, en fait, il ne cherche pas plus loin, se contente de leur déverser un discours gras de dédain et huileux de mesquinerie. Pousser dans les derniers retranchements, blablabla… Soroïl espère que cela n’arrivera pas de sitôt, en tout cas pour ce qui est des choses trop instinctives pour son lui-humain et parfaitement instinctives pour son lui-ours.
Ils ont encore le choix, mais à vrai dire pour Soroïl cela n’en est pas vraiment un. Il ne sait rien de plus que lorsqu’il est arrivé là, quelques jours plus tôt. Comment faire un choix sans avoir un vrai aperçu de ce que cela peut lui apporter, à lui ? Parce que ce que Gil a mentionné, ce sont les conséquences négatives, mais rien de plus. Il ne peut pas consciemment abandonner quoi que ce soit alors qu’il n’a aucune idée de si c’est bon ou mauvais. Si le bon vaut le mauvais. Si tout cela peut valoir le coup.

Le jeune homme hausse les épaules, détaché.
Jusqu’à la dernière phrase de Gil.

- Si vous pensez être capable de me suivre, sellez un cheval et rejoignez-moi.
Soroïl se renfrogne immédiatement.
Il plante dans le même instant son regard dans celui de celui qui était censé être son maître. Il n’est pas sûr de pouvoir suivre sans cheval, mais il court depuis son plus jeune âge et a une bonne condition physique, en général. S’ils ne vont pas trop vite sur leurs montures, il peut parvenir à ne pas se faire semer.
Croisant les bras sur sa poitrine, Soroïl a une moue indécise, avant de finalement parler.
- Je monte pas à cheval. Mais je cours, par contre.
Il ne veut pas vraiment se justifier sur le fait qu’il pense que c’est dénaturer les chevaux que de leur monter sur le dos. Qu’il ne mangera pas de viande avec eux, qu’il ne chassera sous aucun prétexte. Oh, il pourrait bien l’assomer, le torturer, tout ce qu’il voudra, il ne renoncera pas à ses principes. Quitte à mourir pour eux.
En tant qu’ours, il fait suffisamment de dégâts comme ça. Tant qu’il a une conscience humaine capable de faire du rationnel, il s’en sert pour ne pas nuire de trop aux animaux.
- Donc je vous suis à pieds, ajoute-t-il au bout de plusieurs secondes.

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Aeterna Khran
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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Dim 10 Avr 2016, 17:44

Aeterna retint sa respiration en comprenant la manière qu'avait l'homme de stopper l'exercice. Ce type était définitivement un grand malade ! La demoiselle avait l'impression que respirer suffirait à lui casser un os vu la manière dont elle était désormais immobilisée. Evidemment, l'apnée n'était pas vraiment une solution, et en se rendant compte que la seule immobilité lui permettait de garder son épaule en place Aeterna choisit de prendre une profonde et lente inspiration. Lorsque le créateur de psychopathe autoproclamé prit la parole, elle l'écouta attentivement. Déjà parce qu'elle n'avait pas grand chose à faire d'autre – il y avait bien ce champignon là bas qu'elle pourrait cueillir mais les circonstances s'y prêtaient peu- mais surtout parce que ces moments avaient l'air d'être rares et donc précieux.

Finalement, on dirait bien que vous savez bouger…

Elle se demandait pourquoi il avait dit « finalement ». Auraient-ils dû faire quelque chose de particulier avant l'exercice ? Ou était-ce une constatation du fait qu'ils se débrouillaient mieux à deux ? Ou encore quelque chose d'autre ? En plus il marmonnait, comme si seule sa barbe pouvait bien être intéressée par ce qu'il racontait... Pourtant c'était clairement le contraire, puisqu'il prit la peine de s'adresser directement à Aeterna en la regardant !

Toi, tu vas devoir apprendre à utiliser tes points forts pour compenser tes points faibles. Tu es trop petite et tu n’es pas assez musclée, mais tu es vive et légère. Réfléchis à la manière de te servir de ça.

En entendant le début de la phrase, Aet' avait presque eut envie de lui répondre qu'elle n'y pouvait rien si elle n'était pas assez grande, et que si elle ne lui convenait pas il pouvait directement s'adresser aux principaux responsables. Bon, dans les faits ce serait assez compliqué puisqu'il n'en restait qu'un seul en vie et qu'il la croyait certainement morte, mais ça l'avait tout de même démangée. Heureusement, la partie de son esprit chargée de sa survie et très concernée par son intérêt le lui déconseilla à temps. Elle se contenta de... Masser son épaule quand le vainqueur la relâcha. Avant de réfléchir. Vive et légère ? C'est ce que Taël lui répétait souvent. Mais à part pour danser ou faire de jolies cabrioles, elle n'avait jamais vraiment pensé à un usage qu'elle pourrait en faire. Visiblement il y avait un début à tout.

Et toi, tu penses trop. Ça te ralentis. Elle avait plus de chances que toi de réussir parce qu’elle est plus instinctive. Tu dois te détendre, sinon tu vas déguster. Pigé ?

Instinctive. Aeterna ne pensait pas vraiment être une personne instinctive, mais si leur maître le disait ce devait être vrai. A certains moments elle avait conscience qu'elle ne réfléchissait pas assez, oui, comme avec l'autre dingue de Kaünis par exemple, mais elle avait eu l'impression de mettre en place une sorte de stratégie... Peut-être que c'était le cas instinctivement en fait ? Il l'avait bien embrouillée. Il faudrait qu'elle y réfléchisse plus tard. Pendant ce temps Soroïl avait répondu, lui. Il avait l'air encore bien joyeux, vu le ton de sa voix, ce qui n'était pas tout à fait le cas d'Aeterna. Le maître leur avait peut-être donné des conseils, mais elle avait bien compris qu'il n'y avait là dedans rien de bienveillant. La suite ne fit que confirmer ses pensées.

Que les choses soient claires, je me fiche de savoir pourquoi vous êtes là et ce que vous attendez de moi. Puisqu’on vous a mis dans mes pattes je vais vous former, mais ce sera tout. Et ce ne sera pas une partie de plaisir.

Il énervait Aeterna. Avec ses grands airs de monsieur je-sais-tout et sa façon de leur rappeler à tous les instants qu'il n'avait pas envie d'être là. C'était surtout pour lui que ça n'allait pas être une partie de plaisir oui ! Lui, il ne devait pas avoir d'amis, et se demander tous les soirs pourquoi la vie ne lui avait offert personne d'assez exceptionnel pour mériter sa divine compagnie. Il devait être imbuvable, dans le civil. Il les regardait, encore, et ça donnait presque à Aet' l'envie de lui faire une grimace. Elle se retint, mais son sourire et son envie de chanter lui étaient passés depuis longtemps.

Je vais vous pousser jusque dans vos derniers retranchements, et plus loin encore. Vous avez encore le choix de rester ou de partir, mais c’est la seule et unique fois que je vous le laisse alors réfléchissez bien.

Le choix de quoi ? Il les faisait marcher, leur montrait rapidement à quel point il pourrait les tuer facilement, et leur demandait s'ils étaient toujours d'accord pour le suivre sans indiquer de destination... Et c'était tout ? Il n'y avait rien pour faire un choix ! La jeune fille aux cheveux blancs tourna la tête vers Soroïl. Peut-être qu'il pensait pareil ? Elle se le demandait. Elle aurait bien voulu se concerter avec lui, histoire de savoir si elle était la seule à trouver que toute cette aventure commençait d'une bien étrange manière. Le garçon haussa simplement les épaules. Il avait l'air de ne pas vraiment se poser la question. Aeterna n'envisageait pas de partir vraiment, mais les paroles du mercenaire étaient trop bizarres pour qu'elle n'y prête pas attention.

Vous allez retourner au Domaine au pas de course. Si vous décidez de laisser tomber, pas la peine de revenir. Si vous pensez être capable de me suivre, sellez un cheval et rejoignez-moi. 

Aeterna ne savait pas si le mot « tranquille » pouvait s'appliquer à cet étrange personnage qu'était leur maître, mais en tout cas il n'avait pas l'air inquiet. Il s'adossa à un arbre en croisant les bras contre lui, un peu comme pour dire que la décision leur appartenait, et c'était le cas. La demoiselle lança un regard à Soroïl, pour essayer de deviner s'il allait l'accompagner chercher un cheval ou non, mais celui-ci avait pris une posture proche de celle du créateur de psychopathe et semblait...Contrarié.

Je monte pas à cheval. Mais je cours, par contre.

Aet' écarquilla les yeux. Contrarier leur maître était une mauvaise idée, ça elle l'avait déjà bien compris, et se disait que ça semblait assez évident pour que Soroïl s'abstienne lui aussi de ce genre de remarques. Et puis, quelle drôle d'idée de refuser un cheval pour tout faire à pied... Décidément, même si elle n'aimait pas particulièrement les chevaux, elle ne comprenait pas ce qui pouvait bien passer par la tête de son camarade.

Donc je vous suis à pieds.

Plusieurs secondes étaient passées. Aeterna n'était toujours pas partie. Elle le ferait, bien sûr, pour revenir avec sa monture. Elle avait néanmoins une certaine sympathie pour Soroïl, et était visiblement destinée à passer un certain temps en sa compagnie. Elle n'avait que de bonnes intentions à son égard, et lui donna un vague coup de coudes avant de murmurer à son intention.

-C'est une mauvaise idée, il va pas être content...

Elle se fichait pas mal qu'il veuille courir, finalement c'était son problème, mais s'il énervait encore un peu leur maître l'ambiance allait passer de désagréable à invivable. En tout cas, elle comptait le plus possible faire ce qu'il lui dirait, question de survie, de proie et de prédateur, tout ça...

-Je reviens,
prévient-elle à haute voix bien intelligible cette fois.

Sans attendre plus longtemps, elle fit demi-tour et se mit à courir. Le chemin était encore clair dans sa mémoire, elle n'eut pas spécialement de mal à s'orienter et à retrouver le Domaine. Trouver l'écurie n'était pas non plus une véritable épreuve, parce que l'odeur des chevaux était un indicateur infaillible. Essoufflée d'avoir voulu aller si vite, Aeterna ne choisit pas réellement un cheval, elle brossa sommairement et sella le premier qui était à disposition des élèves, sans même s'occuper d'apprendre son nom. Elle pourrait toujours l'appeler comme elle le voudrait quand elle monterait dessus, ils ne reconnaissaient pas leurs noms si ? Se refusant à cette réflexion, elle finit par lui mettre son filet et par se hisser dessus.
Combien de temps avait-elle ? Elle se sentait bête de ne pas avoir posé la question, mais elle avait bien senti que le tout semblait urgent. Elle serra les mollet, et parvint à atteindre le trot sans trop de difficultés. Aeterna se refusa finalement à aller plus vite. Elle était déjà montée à cheval, mais elle n'avait rien d'une cavalière d'exception. Elle se sentait ballottée dans tous les sens et ne trouvait de réconfort que dans l'idée qu'au moins elle n'avait plus à courir. Pour le moment.
Après de longues minutes à trotter tout en cherchant une position un peu plus confortable sans succès, elle finit par s'asseoir au fond de sa selle, serrant entre ses doigts la crinière et les rênes comme si sa vie en dépendait. Elle aperçut enfin le maître, et ralentit l'allure de manière peu conventionnelle, et avec force mouvements de bras inutiles.

-On va où, au fait ?

S'il leur avait demandé de chercher des chevaux, elle se doutait que ce n'était pas pour faire un tour de dix minutes. Quoique, ce type était tellement bizarre que c'était dur de s'imaginer ce qui pouvait bien les attendre.
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Mar 12 Avr 2016, 23:19

Gil pianotait sur sa selle.
Il venait de monter sur le dos de chante-Brume sous le regard de Soroïl, mais il n’avait pas décampé. Il attendait que Blanche-Neige revienne. Elle était partie voilà vingt minutes bien tassées. Qu’est-ce qu’elle fabriquait ? Elle essayait tous les chevaux de l’écurie avant de choisir celui qui lui convenait ? Elle ne savait pas monter ? Elle était tombée ? Quelle que soit la raison qui la retardait, ça commençait à l’agacer. Il n’était pas patient et n’était pas prêt de le devenir… Il n’avait pas ouvert la bouche non plus. A quoi bon parler de la pluie et du beau temps quand il pleuvait comme vache qui pisse ? Son regard glissa un instant vers Soroïl. Il allait en baver. Courir par ce temps, c’était insensé. D’accord, il avait prévu de leur faire avaler des kilomètres par tous les temps pour muscler leur endurance, mais il y avait une différence entre courir pour s’améliorer et courir pour suivre le rythme soutenu de cavaliers. Ce garçon était bizarre.
Vraiment bizarre.

- On va où, au fait ?

Gil leva les yeux au ciel. Blanche-Neige était enfin arrivée… elle avait fait un boucan de tous les diables et c’était à se demander comment elle faisait pour tenir en selle. Il soupira. Il n’avait qu’une envie : partir ! Mais il mit pied à terre et s’approcha de la cavalière.

- Descend.

Il attendit qu’elle s’exécute pour réajuster la selle et resserrer les sangles sous ses yeux. Là encore, il ne dit rien, mais il faisait des gestes plus lents et s’arrêtait de temps en temps pour qu’elle enregistre les différentes étapes à suivre. Il lui fit signe de remonter et vérifia la longueur de ses étriers. Sa main se perdit un instant dans les crins fous de l’étalon crème. Il avait reconnu Potru, le canasson le plus stupide de tout le Domaine, mais aussi – et surtout – le plus affectueux. Une monture idéale pour une jeune fille pas très sûre d’elle. Gil se hissa sur le dos de sa jument avant de tourner la tête vers Soroïl.

- Tu veux courir, d’accord. Te plains pas si tu n’arrives pas à suivre.

D’un claquement de langue, il lança Chante-Brume dans un petit trot. C’était pour permettre à Aeterna de se remettre doucement dans le bain… mais aussi à Soroïl de ne pas démarrer trop vite. Et voilà comment, par une journée de pluie diluvienne, la pire de toute la saison, Gil débuta son nouveau cours. Ils s’enfoncèrent dans Ombreuse en suivant un sentier sinueux, recouvert par une végétation dense qui les protégeait du plus gros de la pluie. Au bout d’une heure, Gil jeta un coup d’œil à Blanche-Neige.

- Baisse les talons.

Ils furent tous les trois surpris de ce conseil inopiné, et Gil enfonça le menton dans le haut col de son manteau… pour le ressortir cinq minutes plus tard.

- Tes talons, bon sang. Et détends-moi ces bras.

Un autre coup d’œil en direction de Face de Raï lui appris que celui-ci était toujours là. Il respirait trop fort et il faisait trop de bruit, mais il avait un bon rythme. Comme ils abordaient une pente particulièrement raide, Gil se retourna sur sa selle.

- Pointe des pieds d’abord quand ça grimpe. Serre les coudes et balance les bras.

C’étaient des remarques courtes et un peu rudes, mais elles émaillèrent cette première matinée et permirent sans aucun doute à Soroïl comme à Aeterna d’être toujours vivants aux abords de midi. Au moment de franchir la lisière, Gil décida de faire une halte. Les chevaux avaient besoin de récupérer… et Soroïl aussi. Ils s’arrêtèrent donc. L’Envoleur dévissa sa gourde et but quelques gorgées avant de la lancer au jeune homme. Il observa ensuite les environs. Il pleuvait toujours, mais c’était une pluie très fine, aérienne et il n’y avait pas de vent. Il n’était pas question de se tourner les pouces pendant la pause, aussi tira-t-il trois couteaux de sa ceinture et se dirigea vers Blanche-Neige. Il lui tendit les armes en les tenant par la lame.

- Voyons voir ce que tu sais faire. Lance-moi ces couteaux dans le tronc de ce bouleau, là. Tu vas te placer ici.

Il la laissa se préparer et se dirigea vers Chante-Brume ; la jument cessa de brouter pour tourner vers lui sa grosse tête pleine de vide, et il la repoussa avec une tendresse non feinte pour détacher l’arc fixé à son harnachement. Il prit aussi trois flèches dans son carquois et s’approcha de Soroïl.

- Puisqu’on dirait que tu ne fais rien comme tout le monde, toi, tu vas essayer ça. Décoche-moi ces flèches en visant l’arbre, là-bas. Vous échangerez vos armes ensuite.

Les consignes données, Gil recula. Il devait admettre qu’il était assez curieux de voir ce que l’un et l’autre allaient faire…

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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Mer 27 Avr 2016, 02:17

[ Pardon pour tout ce retard, je voulais attendre Aeterna, mais du coup je poste ! ]






Le jeune homme ne peut s’empêcher de hausser les épaules quand Aeterna lui dit que Gil ne va pas être content. Alors, là, de toute façon, il ne reviendra pas là-dessus. Ce sont ses principes, ses idées, et il est hors de question qu’il mette les fesses sur un cheval, quoi qu’on en dise.
Soroïl suit un instant la jeune femme du regard alors qu’elle se dirige vers les écuries, sans doute. Il ne prend pas sa suite, hors de question.

Il se contente de réfléchir. Parce qu’il se doute bien que Gil va sans doute lui en faire baver, mais à vrai dire il est prêt à endurer cela, pour ses principes. Se battre pour des idées ? Mourir pour des idées ? Mort lente ou pas, il le ferait.
Aeterna met un certain temps à revenir sur un cheval, et l’envoleur la fait descendre pour rajuster ses sangles. Il est toujours aussi peu bavard, à la limite du carrément désagréable. Soroïl, pourtant, se sent étrangement calme. Gil n’a pas l’air d’être un mauvais bougre, juste brut de décoffrage, et dans le pire des cas s’il l’est vraiment… Et bien, c’est pour devenir dangereux qu’il est là, alors côtoyer des gens dangereux, endurer un entraînement autant mental que physique, cela ne ferait pas de mal. Au contraire, c’est même une bonne chose, en soi.

Alors, il court, à la suite des deux chevaux.
Le sol est détrempé par la pluie et de grosses gouttes s’amusent régulièrement à atterrir dans son col pour glisser sur sa peau, glacées et humides. Il les ignore avec superbe, se contentant de continuer à courir. Il est à l’aise, dans la course. C’est sa seule manière de voyager depuis des années. Alors certes, cela fait aussi longtemps qu’il n’a pas vraiment voyagé, mais cela lui convient, et il se débrouille. Il sait que son cœur est vaillant et sa haute stature lui permet de faire de grands pas.

Pourtant, son exercice se parsème de quelques petites remarques de la part de Gil, qui le piquent certes, mais qui font du bien. Cela veut dire que l’homme reste attentif à ses deux apprentis, car il l’entend aussi donner des conseils à Aeterna.
- Pointe des pieds d’abord quand ça grimpe. Serre les coudes et balance les bras.
Balancer les bras, il le fait déjà, mais les coudes trop écartés. La pointe des pieds en avant en montée, d’accord, mais ça coupe le déroulé du pied et du coup Soroïl se rend compte que cela a tendance à le faire un peu plus trébucher malgré lui. Il doit se concentrer tout en laissant l’ascendant à son cerveau sur ses pas, pour ne pas avoir à penser consciemment à ses pas et au geste de la course, cela casse tout son rythme.

Il commence à avoir du mal à respirer correctement alors que les arbres s’émaillent autour d’eux, lentement mais sûrement, démontrant dans leur espacement qu’ils approchent le bord de la lisière de la forêt.
Soroïl a envie de demander à Gil où ils vont comme ça, mais la question d’Aeterna plus tôt est restée sans réponse, du coup il se doute que ce n’est pas une bonne idée ou alors qu’un silence lui répondra encore une fois.

Cependant, il est  soulagé quand enfin ils s’arrêtent. La pluie l’a trempé, et le fait de s’arrêter colle ses vêtements à sa peau, ce qui est particulièrement désagréable. Et surtout très froid.
Dans un frisson glacé, il regarde Gil attraper des lames pour les tendre à Aeterna. Un instant, il se demanda pourquoi il n’avait pas le droit aux poignards, lui, avant que l’homme ne se dirige vers lui avec un arc et trois flèches.

- Puisqu’on dirait que tu ne fais rien comme tout le monde, toi, tu vas essayer ça. Décoche-moi ces flèches en visant l’arbre, là-bas. Vous échangerez vos armes ensuite.
Un sourire étire les lèvres de Soroïl alors qu’il attrape l’arc et les flèches. Tirer à l’arc sur un arbre ne lui pose aucun soucis, et les années qu’il a passé à chasser avec son père lui ont permis d’acquérir une très bonne technique. La première partie du défi lui semble facile, tandis que la seconde, à échanger les armes, allait lui poser plus de difficultés.
- Du tir à l’arc ? Sur un arbre ? Ça devrait aller. Il va pas me sauter dessus, le tronc au moins. Ah et il est silencieux en plus, il se plaindra pas trop…
Il a un petit sourire en coin qui creuse sa joue droite dans une fossette, et cela l’amuse beaucoup.
Avant d’encocher une première flèche, il prend le temps de faire glisser ses doigts sur l’empennage pour tester son équilibre. Puis, il se positionne, ne prenant pas plus d’une seconde à viser. Un sourire étire toujours ses lèvres alors que la flèche se plante de plusieurs centimètres dans un nœud de bois.

- Bon, celui-là, c’était donné !
Il recule de cinq pas, avant de tirer une nouvelle fois. Son souffle se mêle à l’air déplacé par son trait, et ce dernier fend le premier sur toute sa longueur avant de se ficher dans les cordes qui solidarisent le pic de la flèche à sa tige.
Soroïl ne peut s’empêcher de rouler des épaules, en jetant un petit coup d’œil à Gil.

Il a soudainement envie de s’amuser. Prouver ce qu’il vaut. Étonnant, mais réel. Alors, il s’éloigne encore, passe derrière un tronc d’arbre plutôt fin, avant de faire demi-tour.
Pour se remettre à courir. Oui, il n’a pas encore assez couru. Mais en l’occurrence, il court, avant de sauter au-dessus d’une souche d’arbre en bandant son arc en même temps. Il lâche sa flèche au sommet de son saut dans un souffle, les yeux braqués un instant sur sa cible qui est en biais par rapport à l’inclinaison de son buste.
La pointe de la flèche ricoche si fort contre celle du trait déjà planté dans l’arbre que cette dernière se décolle sous le coup.

Atterrissant sur ses pieds assez souplement, Soroïl arbore un large sourire.
- L’arc, ça me connaît ! fanfaronne-t-il, fier de lui. Et il sait que ce n’est pas un coup de chance. Il chassait à l’arc presque avant de savoir marcher, alors ce n’était cet homme qui allait lui apprendre à le faire. A vrai dire, il est même capable de faire cela sur un cheval au galop, mais comme il n’a aucune intention de remonter sur un cheval, le débat est fermé pour lui.

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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Jeu 05 Mai 2016, 01:31

- Par le fil de la lame émoussée d’un Raï !
La jeune femme en face d’elle écarquilla les yeux en entendant son juron coloré – et étonnant – mais elle ne se laissa pas déstabiliser.
- Il me semble avoir déjà vu cette Aeterna, elle a les cheveux blancs si je ne me trompe pas. Tu devrais aller jeter un coup d’œil du côté des écuries, on ne sait jamais, parfois les maîtres passent par là pour récupérer des chevaux avant leurs cours en extérieur.
- D’accord, on va tenter ça. Merci !


Athyë poussa un soupir, avant de secouer la tête. Elle n’était arrivée que depuis quelques minutes et apparemment déjà en retard. C’était un comble, alors que sa jument l’attendait devant l’entrée du domaine. Dans une inspiration destinée à calmer son cœur qui s’emballait légèrement en réponse au stress distillé par son cerveau, elle fit volte-face en adressant un sourire reconnaissant à la jeune femme qui l’avait aidée.

Lorsque le soleil frappa ses rétines, elle fronça les sourcils un instant le temps d’accommoder ses yeux à cette luminosité forte. Sa jument renâcla légèrement, s’approchant d’elle en tendant le nez. Athyë lui dispensa une rapide caresse avant de sauter en selle sans daigner utiliser ses étriers.
Elle adopta un trot allongé peu confortable mais rapide, dans le but de rejoindre les écuries. Au moment exact où elle arrivait, une jeune fille aux cheveux blancs disparaissait dans les frondaisons de la forêt ombreuse sur le dos d’un cheval.

Poussant sa jument un peu plus fort pour la faire partir au galop, la jeune fille se pencha en avant pour éviter une première branche, mais les autres tentèrent de la lacérer avec conviction et elle dû faire ralentir sa monture pour ne pas finir avec les bras ouverts dans tous les sens de griffures d’arbre.
Les traces fraiches d’autres chevaux – deux autres chevaux – constellaient le sol du sentier de la forêt qu’elle suivait, elle n’était donc pas loin derrière son groupe d’apprentissage.
Mais surtout, elle se maudissait les dents serrées.

- Quelle couille de guerrier-cochon, sérieusement. Athyë, tu aurais pu te presser un peu plus !

Au bout de plusieurs heures, elle parvint enfin à rattraper les deux cavaliers et l’homme qu’elle avait pris en chasse depuis son départ. Elle ne s’attendait pas à voir une personne de plus, en réalité, cela lui semblait vraiment étonnant que le dernier n’ait pas de cheval, mais elle n’avait pas à donner son avis là-dessus car il y avait des chances pour que cela soit fait exprès.

Descendant de sa jument sans daigner utiliser les étriers, Athyë s’approcha de la petite clairière dans laquelle la halte avait été prononcée. Le plus âgé devant donc être Giliwyn Sangrelune, ce qui voulait dire que la jeune femme aux cheveux blancs était Aeterna et le jeune homme Soroïl. Sortant des buissons la bride à la main et sa jument sur les talons, l’ancienne frontalière salua les trois personnes d’un léger mouvement du menton, alors qu’une consigne avait apparemment été donnée aux deux autres apprentis.

S’approchant de l’homme, guettant du coin de l’œil les mouvements du garçon qui tirait à l’arc étonnamment bien, la jeune fille blonde sourit légèrement.

- A peine arrivée on m’a dit que je devais vous trouver avant que vous ne parties… Je m’appelle Athyë.
Elle ne leva pas la paume de la main, se contentant de continuer à sourire. Ses lèvres formaient un étirement un peu coincé, et une moue intéressée passa sur son visage quand Soroïl sauta au-dessus d’une souche d’arbre tout en tirant à l’arc.

- Joli ! C’était sincère, même si elle se doutait qu’il avait encore des choses à apprendre. Comme eux tous, elle pensait, d’ailleurs. Tournée à nouveau vers Giliwyn, elle lui demanda avec aplomb quel était son exercice à elle.
- Je dois débarquer, je peux donc savoir ce que je dois faire ?

Son regard était franc. L’allure inquiétante de l’homme ne lui faisait ni chaud, ni froid. Parfaitement à l’aise, prête à tout, mais surtout à apprendre, Athyë attendait qu’on la mette sur la bonne voie.
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Mar 31 Mai 2016, 00:43

[Bien, sans réponse d'Aeterna, j'enchaîne (mais avec la possibilité que tu nous rejoignes quand même, Ô stupide apprentie ^^) ! D'autant que nous avons une nouvelle venue parmi nous - Bienvenue Athyë ! Et bon cours !]



Dès que Soroïl s’empara de l’arc, Gil comprit qu’il savait s’en servir. Il ne fut pas déçu. Avec une aisance qui frôlait l’insolence, le jeune homme décocha ses deux premières flèches comme si l’exercice n’en était pas un. Ah ouais ? Intrigué, Gil resta néanmoins impassible. Il avait envie d’en voir plus et il savait que, s’il laissait entrevoir une quelconque émotion, Soroïl risquait de s’en tenir là. Et, comme prévu, le garçon se mit soudain en mouvement. Il fallait admettre qu’il avait une sacré volonté, celui-là, et une résistance à l’effort qui lui permettait de courir encore après ce qu’il lui avait mis dans les jambes ; ça aussi, ça l’intriguait plus que d’ordinaire, et Gil se surprit à oublier un bref instant la véritable raison de sa présence ici. Durant les secondes qui suivirent, rien ne compta plus que la flèche que décocha l’apprenti tout en exécutant un bond audacieux. Technique parfaite. Modestie inexistante. Lorsque Soroïl vanta sa prouesse, Gil ouvrit la bouche pour le rembarrer d’un coup bien placé. Mais il remarqua alors la nouvelle venue et sa pique mourut sur ses lèvres.

Qu’est-ce que c’est que ce… truc ? D’accord, ce n’était pas flatteur – plutôt méchant même, comme première pensée…. Mais si cette créature n’avait pas été aussi pâle, Gil aurait cru avoir à faire à une Faëlle tellement elle était petite. Et menue. Elle lui arrivait tout juste à la poitrine, et encore… Ses oreilles n’étaient toutefois pas pointues et si elle devait avoir un quelconque lien avec un Faël, ce serait parce qu’elle serait son parfait négatif : cette fille – car c’était bien une fille, aucun doute là-dessus – était plus blanche qu’un rayon de lune, et la blondeur de ses cheveux ajoutait à cette clarté presque lumineuse. Le plus étonnant en dehors de sa taille, c’était tout de même la couleur improbable de ses yeux. Orange, comme les nuances les plus pastelles d’un coucher de soleil. Petite, des yeux de chat… c’était un chaton. Un chaton avec des traits humains, mais un chaton tout de même. Et Gil secoua la tête en réalisant que ledit chaton semblait se trouver là parce que… elle faisait partie de ce groupe. Merveilleux. Absolument merveilleux. Trois pour le prix d’une belle connerie ! Seren était bien capable de l’avoir envoyée directement à lui… Loin d’imaginer qu’il n’avait pas l’intention de lui enseigner quoique ce soit de particulier, ni même d’achever son apprentissage, le chaton miaula pour signaler sa présence. Il lui lança un arc sans rien dire, parce que c’était assez parlant en soi. Couché, minou.

Sans plus se préoccuper de la nouvelle venue dont il ne connaissait même pas l’identité, Gil se tourna vers Soroïl. Il avait de la chance. Sa petite démonstration et l’arrivée de la petite chose aux yeux orange le rendait soudain plus intéressant. Curieux de savoir jusqu’où il pouvait aller avant de lui proposer l’exercice des couteaux, Gil décida de le mettre à l’épreuve. Sans rien dire – car il semblait que la majeure partie de ce cours allait se dérouler en silence – il se pencha, ramassa une grosse pomme de pin qu’il lança haut dans le ciel, tira une flèche de son carquois, banda son arc, visa en un quart de seconde, décocha son trait et celui-ci faucha la pomme de pin en plein vol avant de se planter dans l’arbre voisin. Une telle rapidité pouvait impressionner mais Gil n’était pas encore au bout de ce défi. Celui-ci consistait dans le fait de lancer la pomme de pin de moins en moins haut, afin de réduire le temps de réaction ; il regarda Soroïl avec une lueur vaguement provocatrice au fond des yeux. Tu tentes le coup, jeune fou ?

Son attention semblait braquée sur le garçon mais, du coin de l’œil, il observait le chaton aux yeux orange. Celui-ci avait toujours l’arc en main. Allait-il se révéler aussi doué que Soroïl ou bien allait-il falloir lui apprendre à sortir les griffes pour montrer sa valeur ? Il suffisait de tirer dans un arbre afin de prouver ses capacités…

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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Jeu 16 Juin 2016, 00:15

Personne ne sembla remarquer sa présence. Enfin, si, puisque le regard du jeune homme lui passa dessus, mais il semblait encore concentré, ou alors il ne réalisa pas qu’elle s’était adressée à lui – ou alors il pensait qu’elle avait raison et donc considérait qu’elle n’était pas intéressante.
Serrant les dents, Athyë prit sur elle pour ne pas s’énerver. Elle plia et déplia les doigts pour garder son calme et se concentrer sur quelque chose. Mais la seule chose qui lui fut donnée, ce fut un arc lancé négligemment par celui qui était censé  être un guide, un maître, peu important. Grinçant des mâchoires, la jeune fille prit une grande inspiration pour observer cet homme qui l’ignorait superbement. Pire, qui semblait la négliger car il l’avait détaillée de la tête aux pieds, puis des pieds à la tête sans un mot, sans même répondre à son salut, sans même se présenter. Passablement vexée, Athyë pinça les lèvres en se retrouvant avec un arc dans les mains.

Un arc, donc.
Elle n’avait jamais tiré à l’arc. Mais elle n’avait pas envie d’essayer. Serrant ses doigts autour de la tige de bois, elle joua un instant avec la corde, avant que le plus vieux des deux hommes commence à lancer des pommes de pin en l’air pour les viser avec son arc et faire mouche. C’était bien beau, mais la frontalière n’avait plus aucune envie de faire des compliments, là tout de suite. Elle avait envie de taper sur quelque chose, évidemment.
Que risquait-elle finalement, à tenter de frapper son maître ou son camarade de cours ? Sans doute des bleus, un évanouissement, peut-être pire que cela. Pourtant, même en considérant ces options assez extrémistes, Athyë ne parvint pas à calmer le sang qui bouillait de rage dans ses veines.

Alors, et bien, elle prit une grande inspiration en fermant les yeux quelques secondes. Sa respiration se calma un peu en prenant de la profondeur, mais cela ne l’empêcha pas de poser son regard lançant des éclairs sur une souche.
Respirant calmement, la jeune fille se passa la langue sur les lèvres pour les humidifier et clos les paupières encore un peu. Une seconde. Elle commença à bander son arc, concentrée sur l’arbre…
Mais pas que.
Parce qu’elle se retourna au dernier moment, faisant bouger l’arc dans ses mains pour le tenir soudain comme un bâton de combat, et elle frappa vivement vers l’arrière du crâne de l’homme. Il était peut-être sombre et dangereux, mais en réalité, elle n’avait pas peur de lui. A tort, sans doute. Elle avait bien compris qu’elle ne devait lui arriver qu’à peine à la cheville, mais être ignorée ? Elle n’avait pas envie de gronder, ou de lever la voix.
Mettant toute sa vitesse et sa force dans le coup, le temps sembla se suspendre un instant…

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MessageSujet: Re: Groupe Manz - cours n°1   Ven 08 Juil 2016, 20:21

[ Pardon pour tout ce temps de réponse ! ]



Alors qu'il termine de planter sa flèche en haut de son saut, atterrissant souplement sur ses chevilles et genoux légèrement pliés pour absorber l'impact et l'énergie déployée, une jeune fille fait son apparition. Intrigué par son allure minuscule autant que la blondeur improbable de ses cheveux - ceci dit, la couleur de ses yeux était encore plus étonnante. D'un orange clair comme un coucher de soleil sur des nuages immaculés, ses iris le fixent un instant ce qui le fige presque aussitôt.
Papillonnant des paupières, Soroïl ne peut s’empêcher de froncer les sourcils. Quelque chose grogne, en lui. Un écho lointain, réminiscence de son passé, tandis que son penchant animal ronfle bruyament, dans la direction de la jeune fille. Il ne sait plus comment il doit agir. Il aurait voulu la saluer, mais les mots restent coincés dans sa gorge ; il aurait voulu avoir sa répartie habituelle mais son cerveau est totalement figé dans un souvenir complètement flou, rempli de sons et d’odeurs dont il est incapable de faire la part car ce ne sont pas des informations assimilables par un humain, en tout cas pas assez.

Une cacophonie se mue, sous son crâne, et il sent le mal de tête se pointer… Balayé soudain par l’intervention de Gil, qui ne daigne même pas se présenter à la nouvelle venue. Soroïl a envie de lui parler, de lui sourire, mais tout cela est coincé obstinément dans sa gorge.
Déglutissant péniblement, le jeune homme prend une grande inspiration alors que l’envoleur s’avance vers lui, avant de se baisser pour attraper une pomme de pin et la lancer en l’air, fichant une flèche dans le projectile, le défiant du regard du même temps.
Un sourire provocateur étire les lèvres de Soroïl alors que Gil le fixe avec un air de défi au fond des yeux. Oh, il veut tenter de jouer à ça ? Le métamorphe n’a aucun problème avec ce petit jeu. Il sait parfaitement qu’il est sans doute moins doué que l’homme en face de lui, cela parait évident – par l’expérience, mais aussi par son statut officiel, même si finalement pour l’instant il n’a pas vraiment fait de démonstration de force.

Alors, il se penche en avant pour attraper une pomme de pin, et la lancer en l’air.
Laissant son instinct le guider, il bande son arc avec une rapidité confondante pour que l’empenage se fige dans le fruit dur et l’empale sur une souche, plus loin. Puis, comme Giliwyn l’a montré, il lance les projectiles de moins en moins haut, titillant ses limites et provoquant ses réflexes jusqu’à ce que son doigt butte sur le trait de sa flèche et l’empêche de tirer avec précision.
La pointe du trait ripe sur le bord de la pomme de pain, emportée dans un mouvement rotatif élégant et artistique, mais qui lui fait complètement rater son tir.

Soroïl pousse un petit soupir, en redressant la tête. Il s’essuye rapidement le front du dos de la main, juste le temps de se retourner et de voir un arc entier avoir un large mouvement circulaire pour fracasser le crâne de Gil. Là, par contre, il n’a pas le temps d’agir, ou de dire quoi que ce soit. Ni pour arrêter Athyë, ni pour prévenir Gil.

- Euh…

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