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Le Pacte VS L'Ordre
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 [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]

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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Jeu 14 Avr 2016, 23:58

C’était le Chaos.
Littéralement. L’immeuble s’était effondré sous les coups de la puissance de la Greffe de Pan, mais cela ne l’avait pas perturbé. Parce que cette même Greffe l’avait protégé des dommages collatéraux : les ondes de choc s’étaient diffusées dans tout son corps, repoussant les blocs éléphantesques qui lui tombaient dessus pour éclater sur son dos. S’écraser sur ses cornes. Plonger sur ses épaules et ses bras.
Il s’était contenté de frapper vers le bas, n’avait pas réfléchi, emporté par une émotion trop puissante elle aussi. Il n’avait pas réalisé que cela ferait tout tomber, que cela briserait les murs et les blocs ajustés de l’immeuble.

Se redressant en bougonnant tout seul, l’Envoleur balaya les gravas du regard alors que la poussière tentait de s’insinuer dans ses poumons. Il la repoussa en plaquant l’intérieur de son coude contre sa bouche et son nez, soufflant du même coup. Il toussa à peine, se redressant de toute sa hauteur, alors que son regard glissait sur les rochers les plus larges.

Un éclair blond bondit soudain par-dessus des meubles ensevelis, et Pan découvrit Makeno juste à sa suite. Jaillissant en avant, l’Envoleur saisit le garçon sous les aisselles pour le serrer contre lui. Ouf, il allait bien, et maintenant…
– Dites quelque chose, n’importe quoi !
La voix paniquée de Libertée ébranla profondément Pan, qui reposa Makeno sur le sol alors qu’un jeune homme était en train de faire bouger des rochers avec… des chaines de métal. S’immobilisant un instant devant cette scène pas commune, Pan comprit rapidement cependant que c’était un autre Envoleur, sans doute un apprenti de Gil ou de Naïs, et s’attela à l’aider.

Il ne savait pas ce qu’il tentait de dégager, mais bientôt l’Envoleur put voir Gil… Soahary et Naïs !
Un intense sentiment de soulagement s’abattit sur lui, lui tirant quelques larmes, mais il ne s’arrêta pas de dégager l’endroit : le bar pouvait s’écrouler à tout moment, et il attrapa Naïs par les épaules pour la sortir de là.
Il la serra contre lui.
Fort.
Peut-être qu’il allait lui briser encore des os, et seule cette pensée ainsi que le cri de protestation de sa fille – leur fille – le fit se dégager légèrement, sans la lâcher toutefois.

Entrainant les deux femmes de sa vie hors des éboulements, Pan n’entendit que d’une oreille le cri qui s’élevait des gravats, alors que le plus jeune des hommes se précipitait vers l’endroit d’où cela venait…
Non, d’abord mettre Naïs, Soahary et Makeno à l’abri.

L’orage n’était pas passé, et quelques éclairs barraient régulièrement le ciel, les éclairant de leur lumière électrique. Mais la pluie, qui les trempait, collait aussi la poussière au sol, l’empêchant de trop se soulever pour les asphyxier vivants.
Là ! L’embrasure d’une porte, le bâtiment d’à côté. Se tournant vers Naïs, il l’assit sur le sol, déposa un baiser sur le crâne de sa fille, puis un second, humide, sur les lèvres de l’Envoleuse.
- S’il te plait, reste là, demanda-t-il d’un ton suppliant, calant une mèche rebelle derrière l’oreille de Naïs. Se redressant, il appela Makeno qui vint se coller contre sa mère lui aussi, levant vers Pan ses yeux dépareillés remplis de sentiments et d’émotions dévastatrices. Il avait envie de le prendre dans ses bras, de le rassurer, mais il y avait encore Gil, le jeune homme et la voix avait été celle d’une jeune femme.
D’autres cris s’élevaient dans les débris, des gens qui n’avaient pas pu s’échapper de leurs propres chambres ou appartements.
- Je reviens, bonhomme, promis. Je dois aider les gens, d’accord ? Il l’étreignit rapidement, avant de se tourner vers les gravats, les yeux humides. Avec la pluie, cela ne se voyait presque pas.

Il se mit à chercher. Poussant les rochers, il dégagea un enfant et une mère, puis un couple, avant de tomber sur le jeune homme qui l’avait aidé à dégager Gil et Naïs. Il s’acharnait sur un énorme rocher qui s’était écroulé sur une silhouette féminine, il pleurait, criait, s’entêtait alors que le poids du gravas devait s’élever à au moins une tonne. C’était un spectacle désolé et désolant, alors que la beauté de la jeune femme éblouissait Pan en même temps qu’elle assombrissait sa vision.
L’Envoleur se précipita en avant quand il vit le jeune homme commencer à trop fatiguer.
Posant un pied de chaque côté de la tête de la femme, Pan se mit à pousser l’énorme roc… Parvint à le faire un peu bouger… Se mordant la langue, l’homme aux cornes vit l’homme tourner de l’œil. Il grogna, poussa plus fort, cherchant dans chacune de ses ressources, dans sa Greffe aussi, la force de dégager cette jeune femme. Voyant qu’il n’y parvenait pas, il lâcha un instant, recula pour tirer le jeune homme plus loin, l’appuyant contre un rocher et lui balançant le contenu de sa gourde sur le visage. Quand il le vit papillonner des paupières, il soupira, avant de revenir vers la jeune femme… Se repositionnant au-dessus d’elle, un pied de chaque côté, il frappa doucement le rocher de son épaule, concentrant sa greffe à cet endroit précis.
Le roc se fendit une première fois, et il recommença doucement, jusqu’à ce qu’il s’effrite en petits cailloux presque innocents. Alors seulement, il bondit en arrière, attrapa la femme sous les aisselles pour la tirer d’un coup….

Le rocher se fendit et s’écroula où elle s’était tenue un instant plus tôt.

Poussant un soupir de soulagement, sentant dans ses bras une poupée de chiffon, Pan la tira jusqu’au jeune homme qui reprenait difficilement connaissance, et la lui laissa.
Il y avait d’autres gens à secourir.

Tout ça, c’était sa faute en plus.
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Naïs Jol
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Citation : Ah l'aventure, ce joli mot romanesque pour dire galère !
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MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Ven 15 Avr 2016, 02:47

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Ces larmes sont encore pire que tout ; elles me brûlent les yeux, me piquent la peau et m’empêchent de respirer convenablement. Ah ! Non ! Ça, c’est à cause de toute cette poussière qui rend l’air irrespirable pour mes poumons encore fragiles. Alors que je bouge imperceptiblement ma jambe pour la ramener contre moi dans une position plus confortable, un nuage de particules nocives se soulève en me tirant une violente quinte de toux et des pleurs contrariés à Soahary. Jurant entre mes dents, je peine à retrouver mon souffle et chaque respiration est plus douloureuse encore que la précédente. Le sol tremble dangereusement, mais je ne parviens pas à distinguer s’il s’agit du tonnerre ou bien des pans de murs entiers, écroulés les uns sur les autres, qui menacent de s’écraser sur moi pour de bon. Avoir échappé à la mort à un cheveu quelques semaines plus tôt pour finir écraser sur plusieurs tonnes de gravats, c’est franchement bête !

Soudain, un frottement sourd retentit dans ma petite cavité en me faisant tourner la tête brusquement. M’arrêtant quasiment de respirer, je ferme les yeux pour mieux concentrer toute mon attention sur ce bruit à la fois si proche et si lointain. Je ne suis donc pas seule, là-dessous, dans cet enfer ? Pendant un instant, je veux crier juste pour prévenir de ma présence. Mais rien d’autre ne sort de ma gorge qu’une toux violente mêlée à des sanglots incontrôlables. Dépitée, je laisse retomber mollement ma tête contre le bois craquelé du bar – mais combien de temps est-ce que cela tiendrait avant que cela ne s’effondre sur ma tronche ? Mais je n’ai même pas le temps de réfléchir à une éventuelle réponse car une main se glisse sur la mienne en soupirant doucement. Gil !

Rien que son contact me tire un puissant frisson tandis que l’air se bloque dans ma gorge à mesure qu’il se rapproche de moi. Jusqu’à se coller complètement contre moi – rien que de penser à la sensation des mains glissant sur ma taille, mon bas-ventre, là, quelques minutes plus tôt à peine, une espèce de chaleur malsaine se diffuse dans tout mon corps. Malsaine, oui, parce que mon corps en redemande encore, réagissant au quart de tour bien malgré moi. Mais alors que mon meilleur ami prodigue une douce caresse sur mes joues maculées de poussières et de larmes, avant de perdre ses doigts dans mon épaisse chevelure, je m’autorise enfin à reprendre ma respiration alors que les larmes reprennent de plus belle, en creusant de profonds sillons sur mon visage. Et à me laisser aller complètement contre l’épaule de l’Envoleur.


Il faut qu’on sorte de là…

La voix de Gil me parvient de loin. De très loin. J’ai à peine la force de hocher la tête en silence en faisant de mon mieux pour contrôler ma respiration sifflante. En passant ma langue sur mes lèvres, je peux clairement sentir le goût du sang se propager dans mon palais. Là, tout de suite, tout ce qui m’importe, c’est ma prochaine respiration. Continuer à inspirer. Me forcer. Encore et encore, malgré mes poumons en feu, envahis par la poussière et l’humidité. La potion de Dùnhild à base d’Anaëvi aurait sans doute pu aider à me dégager un peu les bronches, surtout que cela fait déjà un peu plus d’un mois que je n’ai pas avalé la dose que la vieille herboriste m’avait recommandé. Quelques gouttes, au moins une fois par mois. C’est ce qu’elle avait préconisé si je n voulais que les symptômes de ma mystérieuse maladie ne réapparaissent. Evidemment, il avait fallu que je réduise en miette la précieuse fiole de Dùnhild quelques dizaines de jours plus tôt, dans un formidable accès de colère.

Quand, enfin, les pierres commencent à rouler sur elle-même en dégageant un passage à l’air libre, je n’ai plus aucune force. Plus aucune tonicité. Tout juste de respirer sans m’arracher les poumons à chaque quinte de toux. Soudain, deux mains puissantes m’attrapent par les épaules pour me hisser hors de cette prison de pierres. Par pur réflexe, je noue mes mains autour de la nuque de Pan pour enfouir mon visage au creux de son épaule. Et inspirer son odeur. Rien que de pouvoir me réfugier dans ses bras, Soahary entre nous deux, une boule se forme dans le fond de ma gorge. Et les larmes se remettent à couler. Brûlantes. Amères. Du genre à filer un mal de crâne épouvantable.

Complètement amorphe, pire qu’une poupée de chiffon, je laisse l’Envoleur quasiment me porter à l’abri de la pluie. Loin du carnage – enfin, loin, sous le porche de l’immeuble voisin. Alors que les lèvres de Pan se plaquent contre les miennes, je ravale le sang qui m’envahit la bouche. J’ai envie qu’il reste là, contre moi. A m’envelopper de sa bulle protectrice. Mais déjà, il se relève pour aller prêter main forte et aider d’éventuels autres survivants. Makeno hoche la tête en silence avant de venir se blottir tout contre mon flanc. Là, toute seule, les souvenirs m’explosent littéralement à la figure. Sen, grognant de plaisir alors qu’il forçait brutalement mon intimité ! Cette porte rongée aux mites qui cognait contre ma tête à chaque va-et-vient de mon ancien mentor ! Cette douleur brûlante, piquante et envahissante ! Cela avait été complètement bestial, mais le pire c’est que mon corps avait réagi en conséquence. Et en redemande encore. C’est sans doute ce qui me dégoûte le plus ! Grinçant des dents, je serre les poings si fort que mes ongles s’enfoncent dans ma peau jusqu’au sang, littéralement. Une nouvelle crise de sanglot me secoue brusquement en m’arrachant une quinte de toux. Prenant ma tête entre mes mains, je lâche un long hurlement à m’en arracher la gorge, faisant sursauter Makeno. Dévastateur. Libérateur.

AAAAAAAAAHHHHHHHHH !!!

Je crie. Encore. Comme une démente. Me relevant, jambes tremblantes, je prends appuis sur le mur le proche pour ne pas vaciller trop violemment. Je veux juste enfouir ces souvenirs à jamais. Oublier ces sensations. Effacer la trace de ce qu’il s’est passé. Me débarrasser de cette odeur dégueulasse qui plane dans l’air. Soahary s’agite doucement dans le porte-bébé, tout contre ma poitrine, mais je n’y prête guère attention. Les mains croisées sur mon bas-ventre, je lâche un autre cri désespéré alors que mes griffes s’enfoncent profondément sous ma peau. D’un seul coup, je me sens soudain presque plus légère. Comme débarrassée d’un poids énorme ! Lorsqu’un éclat de voix retentit, je ne parviens même pas à le reconnaître. Je peine garder ma respiration à peu près normale, mais curieusement la douleur de mon bas-ventre n’est pas si insoutenable que cela. Vacillant dangereusement, je n’ai que le temps de passer une main sur le crâne de Soahary avant de perdre complètement connaissance.

__________________________________________




Ah l'aventure, ce joli mot romanesque pour dire galère !

Life sucks when you're ordinary !

I experienced that seeking feeling you get when you know you have conned yourself into doing something difficult and there's no going back




 

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Ven 15 Avr 2016, 06:37

[ Bon… Ben je crois que Lib a abandonné le navire…. C’est malin ! ]



Libertée cherchait.
Elle poussait les cailloux, tirait sur les barres de fers qu’elle trouvait, tentait de dégager n’importe quoi. Des gémissements continus s’élevaient de partout, mais elle s’en fichait.
Elle voulait trouver Gil. Gil avant tout !

Un bruit attira son attention, infime mais qui résonna à ses oreilles comme un cataclysme de plus. Un bruit régulier, de lames qui toquaient contre quelque chose. Elle bondit en avant, suivie de près par Makeno, avant d’entendre des souffles précipités.
Elle ne tourna même pas la tête quand Pan vint l’aider, concentrée exclusivement à sa tâche…
Quand l’envoleur sortit Naïs de sous le bar en bois sous lequel elle était bloquée – avec Gil – Lib poussa un soupir de soulagement.

Elle cligna des paupières un instant, alors que Pan sortait l’envoleuse de là, avant de tourner son regard vers le père de sa fille.
Elle ne savait même plus si elle pouvait l’appeler son compagnon. Ou autre chose. Son regard rose venait de se vider de toutes émotions.
Qu’est-ce qu’il foutait sous ce bar avec Naïs hein ?
Et pourquoi il l’avait refilée elle à ce mec, alors qu’il pelotait la femme aveugle ?

Oh, il voulait jouer à ça, hein ?
Prise d’une série de tremblements incoercibles et de mauvaise augure, Libertée jeta un coup d’œil autour d’elle alors que Gil peinait à reprendre sa respiration. Personne.
Bien.
Le coupant dans quoi que ce soit qu’il aurait pu vouloir lui dire, elle se jeta sur ses lèvres pour l’embrasser.
Avant de se détacher de lui violemment, envoyant son poing dans sa pommette. Un os de cassé de plus ? Bien fait pour sa gueule ! Serrant les dents, Libertée bondit en arrière.


- T’es pas prêt de me revoir, ni moi ni ta fille, SangreLune ! cracha-t-elle comme un chat.
Elle allait bien, elle… Physiquement en tout cas.
Levant le menton en signe de défi à l’adresse de Gil, elle escalada souplement des rocs de béton pour passer de l’autre côté.

Passant à côté de Naïs, elle ne lui accorda qu’un regard, alors que Makeno hurlait soudain.

- Maman noon !
Elle regarda cette femme traumatiser son gosse une fois de plus, alors qu’elle plantait dans son propre ventre des griffes jaillissant de ses doigts.

Parfaitement détachée, la marchombre s’enroula dans sa colère froide comme on enfile un manteau, et sortit de la ruelle.
Elle n’en pouvait plus. Qu’ils y restent, tous. Elle ne voulait plus participer à tout ça. Elle ne voulait plus entendre parler de personne.
Elle voulait s’enfuir, s’en aller, et elle le faisait. Sans aucun remords, elle se glissa dans la foule des badauds qui s’étaient rassemblés plus loin pour tenter de voir ce qu’il se passait et pourquoi le bâtiment s’était effondré sur lui-même.

Sans même un regard en arrière, elle quitta Al-Vor.
Pourtant, son cœur battait follement dans sa poitrine. Ses yeux piquaient et sa vision était totalement floue sans doute à cause de l’humidité de ses yeux. La poussière, c’était à cause de la poussière. C’était aussi à cause de la poussière qu’elle n’arrivait pas à bien respirer, qu’elle toussait dans des sanglots bizarres.

Rien à voir avec sa décision.
Non, non.  

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Giliwyn SangreLune
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Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Ven 15 Avr 2016, 10:00

Les gravas finirent par laisser entrer une lumière si forte que Gil sentit ses yeux fondre sous la douleur. Enfeeer ce que ça fait maaaal. Il aurait volontiers invectivé celui ou celle qui était responsable de ça, mais il se contint en voyant deux bras puissants passer par l’ouverture créée. Puis une tête avec un visage aux traits familiers apparut. Une tête surmontée de cornes. Pan ! Gil ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit, toussa. Il comprit alors. Tout ça, c’était lui ! Il avait déjà eu l’occasion d’avoir un petit aperçu de sa greffe mais… Bon sang, j’ai l’air de quoi avec mes aiguilles à côté de lui, moi ?? C’était bien Gil, ça. Comparer sa greffe avec celle des autres au moment le plus délicat. Sortir de ce fatras était périlleux : tout pouvait s’écrouler d’une seconde à l’autre. Bandant ses muscles douloureux, il aida Pan à sortit Naïs et Soahary de sous le bar, avant de sentir une poigne solide se refermer sur son poignet pour le faire sortir à son tour. Il rampa dans la poussière mélangée à la pluie et au sang. L’orage revenait ! Il ne s’était pas éloigner, il se contentait de changer de direction. Des éclairs striaient le ciel. L’air sentait bon la pluie. L’air frais ! Gil appuya ses épaules contre un morceau de l’immeuble et tenta de retrouver son souffle.

Libertée le lui vola d’un baiser fougueux.
Avant de lui exploser la pommette gauche. Il sentit l’os se briser et sa tête partit en arrière. Sonné, il ne comprit pas immédiatement le sens de ses paroles. Il la vit disparaître. Voulut l’appeler, se contenta de fermer les yeux. Vivante. Il était tellement soulagé… Il la retrouverait. Il savait, à présent, qu’elle le retrouverait toujours, quoi qu’il puisse arriver, et qu’il en allait de même pour lui. La certitude se déploya en lui comme les ailes d’un oiseau. Il soupira. Mais il était encore trop tôt pour se reposer… Gil balaya les environ du regard – Il dut essuyer le sang qui ruisselait sur son visage, il ne voyait plus rien sinon. Il vit Pan en train de passer d’un débris à un autre, soulevant ici une femme, là-bas un enfant. Naïs était un peu plus loin avec Mak et Soahary. Il reconnut Syles.
Mais ne vit pas Kaünis.

Non…

Pris d’un mauvais pressentiment, il se redressa. C’était complètement fou dans son état et il le paya cher, car la douleur qui explosa dans son corps était épouvantable… mais moins que l’idée de ne pas retrouver Kaünis à temps. Il savait qu’elle était encore quelque part là-dessous. Il venait d’en sortir, lui, mais cette sensation d’écrasement, d’étouffement, de solitude allait le hanter longtemps. Etre enterré vivant sous des tonnes de gravas ? Le plus costaud de tous les Envoleurs ne saurait pas rester insensible… Elle était costaude, elle, et sacrément. Elle devait tenir. Je te jure que ti tu claques à cause d’un petit coup sur le crâne, je te tue. Gil poussa un caillou, souleva une tôle froissée. Il fallait qu’il l’invective mentalement, ça le calmait. Allez crotte de Ts’Liche, fais-nous signe, bon sang ! Trouve quelque chose ! J’ai réussi à sortir, tu vas pas me dire que tu ne peux pas en faire autant ! Sa toux faillit l’empêcher d’entendre le cri de Syles. Il se précipita mais Pan arriva avant lui. Il le vit rattraper Syles, le mettre à l’abri, utiliser à nouveau sa greffe. Pour sauver une vie. Détruire et protéger… Pan incarnait si bien ce contraste.

Et puis l’homme aux cornes tira Kaünis de cet enfer.
Mais dans quel état. Gil trébucha. Il se laissa tomber près d’elle et sentit sa gorge se serrer violemment. Boule de chagrin immense devant l’ampleur des dégâts. Impuissance qui le laissa plein d’amertume et de colère. Il passa doucement une main écorchée dans ses cheveux. La poussière les avait rendus gris. Bon sang gamine, tu… Il retint ses larmes. Oh non, pas question. Pas maintenant. Kaünis respirait mais elle avait besoin de soins. Syles aussi. Gil le regarda se réveiller. Il était encore sidéré qu’ils se retrouvent là, tous les deux. Il leur en voulait un peu. Si vous vous étiez mêlés de vos affaires, pour une fois… Mais là, alors qu’il se trouvait avec eux dans un moment aussi dur, Gil ne chercha pas d’explications. Ni d’excuses. Il était juste terriblement soulagé de les savoir en vie. Sans lâcher Kaünis, il tendit sa main la plus abîmée et dégagea une mèche du front de Syles. « Connard », hein… Si je n’étais pas aussi fatigué je t’en collerais une, sale gosse.

Tant pis.
Ce serait pour une autre fois.



*



Déjà, les gens présents sur les lieux du drame s’activaient. Pan n’était plus seul pour chercher et secourir les victimes. Un guérisseur passait de l’une à l’autre pour donner les premiers soins. « Des Rêveurs arrivent », disait-on. Il avait cessé de pleuvoir et l’orage s’éloignait enfin. Gil ne lâchait pas Kaünis. Il priait pour qu’elle ne se réveille pas tout de suite. Ses jambes… Il s’ébroua, réajusta la couverture qu’on avait jetée sur elle pour la maintenir au chaud. Il lui caressait doucement le front. Les Rêveurs arrivent, femme stupide. Tiens bon. Lui-même ne se sentait plus très vaillant. Il avait perdu trop de sang. Alors, quand Makeno cria, il ferma les yeux. Bien joué, Princesse. Bravo. Il ne savait pas encore ce qu’elle avait fichu mais il savait que c’était grave – encore. Il soupira. Il ne voulait pas laisser Kaünis… il le fit pourtant, l’abandonnant à Syles. Il ne devait pas bouger, le guérisseur avait été formel. Il aurait dû l’attacher, tiens ! C’était la seule chose qui aurait pu l’empêcher de rejoindre Naïs. Et encore… Il se traîna alors qu’il essayait de courir. Trébucha cinq ou six fois avant de l’atteindre. Pan était trop loin, occupé à extirper d’autres corps. Lib n’était nulle part en vue. Il n’y avait que lui pour...

… C’est pas vrai. Gil écarquilla les yeux en découvrant le sang qui trempait les vêtements sales et déchirés de Naïs. Il eut le temps de voir ses griffes étinceler avant qu’elles ne disparaissent sous la peau fine de ses mains et il tendit les bras dans un douloureux réflexe qui lui permit d’attraper Soahary. Le bébé serré contre lui, il leva les yeux, appela à l’aide. Jusqu’à ce que sa voix éraillée lui fasse mal, jusqu’à ce qu’elle s’éteigne. Jusqu’à ce qu’une main se pose doucement sur son épaule.

- Tout va bien. Je m’occupe d’elle.

Les Rêveurs étaient là.



*



Gil refusa de se laisser soigner. Il ne permit à aucun Rêveur de le toucher. Il souffrait le martyr mais n’essayait pas d’en être un : il voulait seulement qu’on s’occupe des autres avant lui. Il y avait plus grave. Il y avait plus triste. Lui, il ne comptait pas autant qu’une Kaünis pour un Syles. Il était moins qu’une Naïs pour un Pan et un Makeno. Libertée était partie. Il voulait aller la retrouver mais d’abord, il devait se reposer. Affalé contre un mur, les fesses dans une flaque boueuse, il regardait d’un œil éteint les gens qui s’affairaient auprès des blessés. Makeno s’était échappé des bras protecteurs de Pan pour s’approcher de lui. Il restait à bonne distance, cependant, et son regard était sombre. Bien trop sombre pour un enfant de son âge. Qu’avait-il vu dans cette chambre ? Sen avait-il osé mettre la main sur lui ? Gil se mordit la lèvre jusqu’au sang. Il aurait voulu lui  arracher les yeux, tout comme Kaünis avait arraché ceux de Shun.

- T’es pas venu.

Makeno avait parlé si bas que Gil dut deviner les mots sur ses lèvres.

- Je t’ai appelé mais t’es pas venu. Je croyais que t’étais mon ami.
- Je ne suis pas un bon ami, je crois.
- T’es carrément nul.


Et bien, ça c’est fait.

- Maman aussi, elle est nulle.
- Donne-moi de quoi écrire ça, tu veux ?
- Elle ne m’aime pas.


Gil se figea. Naïs ? Ne pas aimer ses enfants ? Il regarda Makeno et se passa une main… voulut se passer une main dans les cheveux mais renonça. Trop mal.

- Elle t’aime au point d’en mourir. Au point de s’accrocher au monstre que je suis. D’oublier qui elle est, ce qu’elle est pour toi.
- Je veux pas qu’elle m’aime parce que ça fait trop mal. L’amour… ça fait trop mal.


Sen avait violé Naïs sous ses yeux.
Comment Makeno pouvait-il encore seulement croire en l’amour ?

- L’amour ça craint, ouais. Viens, on va se perdre dans l’Ile des Nimurdes. Trop loin pour l’amour. Pas de femme, pas de maman… On sera tranquilles.
- C’est ce que font les hommes ?


Gil fixa Makeno un instant, avant de soupirer.

- Non. C’est ce que font les lâches.

L’enfant tremblait, mais moins que Gil. Il n’aimait pas le voir dans cet état. Il voyait qu’il avait mal mais qu’il faisait tout pour n’en rien laisser paraître. Lâche ? Gil ? Certainement pas. Il l’avait vu se jeter sur Sen. Il avait compris, lui, ce que les grands ne comprenaient pas.

- T’es venu quand je t’attendais plus, souffla-t-il. Tu fais toujours ça et à chaque fois tu sauves maman comme ça. T’es trop fort.
- Heu…


Lui dire qu’il avait plongé pour faire tomber Libertée du toit ? Sans savoir que Naïs se trouvait quelques étages en dessous ?
… Naaan.

- Pan est encore plus fort. Il a tout cassé tout seul, tu as vu ?
- C’est lui qui a fait ça ??
- Tout seul comme un grand.
- Comment ?
- Ah, ne sous-estime pas le pouvoir des cornes…


L’admiration, dans les yeux de Makeno, valait tout l’or du monde. Pas à pas, il se rapprochait de Gil et celui-ci veillait à ne pas bouger d’un cil. Il ne pouvait pas, de toute façon.

- Il y a toujours beaucoup de sang quand t’es dans le coin.
- J’aime le sang, que veux-tu…


La boutade était légère, la fatigue réelle. Gil sentait les brumes de l’inconscience le frôler. D’ici une à deux minutes, il allait s’évanouir. Puis faire un arrêt cardiaque.
Autant en profiter, alors.

- Je t’aime aussi alors je suis content que Libertée t’ai sorti de là. Un Makeno tout plat, c’est pratique à transporter mais pas à câliner…

Bingo ! Le gamin lui tomba dans les bras – aaaaaaaïe – et Gil s’autorisa enfin à se mettre en veille.



*



Gil s’éveilla en sursaut, tiré du sommeil par un cauchemar qui le faisait encore frémir. Il se redressa sur sa couche et regarda autour de lui. La pièce était plongée dans la pénombre, mais une douce lumière bleutée, lui permettait de distinguer les visages des dormeurs. Pan, Naïs, Makeno et Soahary blottis l’un contre l’autre. Syles et Kaünis. Tous soignés par les Rêveurs et installés dans cette salle, sur des lits de fortune, pour se remettre un minimum avait d’aller, pour certains, faire un petit tour à Tintiane. Retraite nécessaire, sans doute. Gil faisait partie des inscrits mais n’avait absolument pas envie de mettre les pieds dans la Confrérie. Et il savait qu’il n’était pas le seul. Il se leva doucement. Ses muscles étaient raides, il était faible au point de sentir ses jambes trembler comme celle d’un faon mais les Rêveurs l’avaient joliment réparé. Sans bruit, il s’approcha du lit de Naïs. Faillit effleurer sa joue du bout des doigts mais se retint : si Pan faisait semblant de dormir, il n’hésiterait pas à lui broyer le bras. Ce qui était dingue, c’est que même endormi, ce type faisait peur. Un jour, Gil en profiterait pour lui dévisser les cornes, tiens. Ou lui dessiner une moustache.

Il se glissa près du lit de ses deux anciens élèves. Fallait-il qu’ils soient totalement épuisés pour dormir bien sagement ! Mais eux aussi pouvaient très bien faire semblant, et Gil ne tenta rien de dangereux pour sa propre santé. Il avait assez douillé. Il enfila ses bottes, son manteau, s’approcha de la fenêtre, observa la nuit qui pâlissait… et sourit.

- J’me tire, dit-il doucement. Qui m’aime me suive.

Il poussa doucement le battant et l’ouvrit sur l’air frais et piquant du dehors. Se faufila dans l’ouverture et sortit pour faire quelques pas, prêt à échapper à la bienveillance des Rêveurs pour retrouver sa liberté.

Sa Libertée.


[Une marchombre à la mer ! Lib, Gil fait le mur, il arrive - et je savais que le coup du bar allait pas te plaire, haha ! Quant aux autres, vous pouvez aller à Tintiane si vous voulez. Mais faire le mur, c'est bien aussi. Surtout avec Gil. Non, je n'essaie pas d'influencer qui que ce soit. Je propose, c'est tout  mrred ]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Ven 15 Avr 2016, 19:45

Douleur qui va et qui vient.
Souffrance irradiante, s’étirant dans toutes les cellules d’un corps.
Corps perdu, corps meurtri.
Âme tâchée de sang et de cristaux de glace.
Ténèbres tentaculaires rattachées à cette palpitation de vie, repoussant la clarté extérieure.


Je vais te découper
Minutieusement au scalpel
Et je vais te coller
Ma peau dans la tienne
Goutte à goutte faire couler
Mon sang carmin dans tes veines
Finir par épouser ton enveloppe charnelle

Kaünis papillonna des paupières un instant.
Une seconde.
Une seconde d’absolu, où le visage de Syles entra dans son champ de vision… Avant que la douleur n’explose littéralement dans tout son corps. Qu’un cri ne naquît dans sa gorge, éteint en même temps que sa conscience qui décida que la souffrance était insupportable.

Je vais hanter tes pensées
Subversivement les faire miennes
Et je vais faire entrer
Mon nom dans ta cervelle
Furtivement m’immiscer
Dans les failles de ton système
Et finir par voler
Ton identité même

« Ma princesse Ts'liche »
« Fin de l’histoire ? Fin de Kaünis, oui ! »
« J’ai pas pu te protéger »
« Tu es la chose la plus précieuse de ma vie »
« Je t’aime »


Un souffle.

« Je t’aime »


Je t'ai fait aliéner
L'amour est un schizophrène
Piqué comme intoxiqué
D'hallucinogènes
Tu ne peux plus t'échapper
De mon emprise souveraine
En asile exilé
Où la passion est rêve

Elle flotte.
Elle flotte, dans un monde sans perception. Sans sensation. Portée par un vent impalpable, dans un monde sans pesanteur, Kaünis se demande ce qu’il se passe. Elle est donc morte ? C’est enfin la réalité ? Comment elle en est arrivée là, déjà ?
Ça lui revient. Un rocher sur la tronche.
Elle aurait voulu soupirer, mais il n’y a pas d’air là non plus. Juste un immense vide, dans lequel elle sombre en continu. Sans entrée ni sortie. Sans but, et sans origine.

Puis, le noir se transforme un peu en gris. Le vide se remplit doucement.
Des voix lui parviennent, lointaines.
- Attention, elle fait une hémorragie !
- Il faut d’abord réparer son bassin, et trouver les bouts d’os pour ne pas qu’ils aillent se coincer dans son cœur.
- Il nous faut un Rêveur de plus, on ne va pas y arriver à trois !
- Par les écailles du Dragon, elle se réveille, vite ! Que quelqu’un vienne nous aider !


Une main, sur son front.
Oh, encore du noir.

Je serai ton alliée, ton alien
Ce sera toi et moi idem

Je vais te découper
Minutieusement au scalpel
Et je vais te coller
Ma peau dans la tienne

Sueur froide.
Kaünis se réveilla en sursaut, se redressant directement sur la couche pas du tout confortable sur laquelle elle avait été allongée. Clignant des paupières pendant plusieurs secondes, elle se demandait où elle était.
Baissant les yeux vers la chaleur irradiante à côté d’elle, à sa droite, elle découvrit Syles allongé. Elle avait dû le réveiller en bondissant dans son sommeil, lui adressa un sourire timide.

Ses jambes.
Est-ce qu’elle avait encore des jambes ?
Repoussant la couverture, elle put observer les deux baguettes qui étaient dans un état… Bizarre. Plus de galbe musclé, plus de peau tendue par la courbe des cuisses ou celle des mollets.
Elle avait deux baguettes inertes à la place des jambes.
Un violent frisson la traversa, alors qu’elle glissait ses mains, paumes vers l’avant, sur la peau de ses cuisses. Oh, elle avait des sensations. Des sensations bizarres, comme si elle se touchait à travers une couverture un peu, comme si elle n’était pas en contact direct avec sa peau et pourtant si…
Elle essaya de bouger un orteil…
Victoire !
Un soupir de soulagement franchit ses lèvres, alors qu’elle essayait un autre mouvement. Relever le genou droit. Un pic de douleur naquit brusquement dans sa hanche, pile dans son articulation, mais elle serra les dents. Ouf, elle y arrivait. Ça faisait mal, mais c’était à peu près gérable.

Quelque chose bougea soudain à l’orée de son champ de vision, la faisait sursauter.
Un Rêveur, ce n’était qu’un Rêveur…
Il s’approcha d’elle, posant sa main sur son genou gauche pour lui demander de le plier lui aussi. Elle s’exécuta sans un mot, et la même pointe de douleur fit son apparition à gauche, hachant son souffle.

- On a fait ce qu’on a pu pour réparer les têtes de fémur, mais elles avaient littéralement explosé. Notre solution a été de couper le haut de vos os pour y insérer des tiges métalliques pour faire leur travail. Ça va tirer, il ne faut pas trop forcer sinon vos muscles ne pourront pas s’attacher correctement et vous boiterez toute votre vie. Votre bassin était dans un état pitoyable, et vous faisiez une hémorragie interne à cause de… votre moyen de contraception. Je… Kaünis déglutit péniblement. Elle était vivante, c’était déjà ça non ? Pourquoi le Rêveur hésitait-il encore ? Quoi, elle avait encore un loupiot dans le ventre ? Elle ne dit rien, ne demanda rien, se contentant de chercher la main de Syles à côté d’elle. Pour la serrer. Fort.
- Continuez. Le Rêveur jeta un coup d’œil à Syles.
- Vous ne voulez pas le faire sortir ? demanda-t-il du bout des lèvres. Elle soupira, mais secoua la tête, serrant encore plus fort la main de Syles à qui elle devait faire mal.
- Non.
- Le dispositif a… complètement percé votre ovaire droit. Et un bout d’os de bassin a totalement sectionné votre trompe de… euh, le conduit qui relie votre utérus à votre ovaire, à gauche. Ce qui veut dire que…
- … Je pourrai pas avoir de gosse. Ok. Autre chose ?

Le Rêveur parut surpris du manque de réaction de Kaünis sur le sujet, mais n’insista pas.
- Pour vous expliquer, comme vous avez encore un ovaire fonctionnel, votre cycle et vos hormones ne devraient pas beaucoup évoluer. Vous avez eu de la chance dans votre malchance…

Kaünis poussa un soupir désabusé.
Bon, ben plus de gosse. Au moins, tout ça, c’était réglé.
Elle se rallongea sur la couchette, congédiant le Rêveur d’un geste de la main.
Elle avait un sourire aux lèvres.



* *



Quelque chose la tira du sommeil.
Elle ne savait pas trop quoi, aussi elle se contenta de fixer le plafond un instant, avant qu’une ombre ne danse près d’elle. Tournant doucement la tête, elle vit Gil s’approcher d’elle et Syles – elle pouvait sentir la chaleur du jeune homme dans son dos. Elle le regarda enfiler son manteau, ses chaussures, et s’approcher de la fenêtre.
Un sourire naquit sur ses lèvres, moqueur, alors qu’elle se redressait sur un coude. De l’autre, elle donna un petit coup sur le biceps de Syles pour le réveiller s’il était encore endormi, pour qu’il se redresse sinon.

- J’me tire. Qui m’aime me suive.
La jeune femme poussa un soupir en levant les yeux au ciel.
- C’est du propre ! murmura-t-elle… Avant de se redresser sur sa couchette. Ses jambes étaient absolument moches et affreusement faibles. Elle enfila un pantalon de cuir qui lui avait été apporté – le sien avait fini déchiqueté – puis des chaussures, son faux-corset et son pull, avant de tenter de se redresser sur ses jambes.

Leur tremblement était presque impossible à contrôler, et la douleur perçante des prothèses de hanche difficile à gérer.
Elle fit un pas.
Faillit se casser la gueule sur le côté, fut rattrapée par des bras puissants. Poussant un soupir contrarié, elle se dégagea de la poigne de l’homme, essaya un deuxième pas. Plus réussi.
Mais elle ne pourrait pas passer par la fenêtre.

- Hé, tronche de Raï, attend ! lâcha-t-elle dans un murmure qui lui fit mal à la gorge. J’peux pas passer par la fenêtre moi, dit-elle en grommelant. Elle se rattrapa à une bordure de lit, poussa sur ses bras, parvint à tenir encore debout. Elle s’assit sur le rebord de la fenêtre, pour faire passer ses jambes comme ça dans son embrasure.
Croisa le regard de Syles.
- Tu m’aides ?

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Syles Agarest
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MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Ven 15 Avr 2016, 23:38

Le jeune homme fit craquer l'articulation de son épaule en faisant des moulinets pendant que Gil disait carrément de le suivre ou de lui foutre la paix... Alors là déjà il reconnaissait le VRAI Gil, pas cette pale copie sanguinaire qu'il avait vu.

Quand Kaünis se leva, ses yeux montèrent au ciel. C'était bien elle ça, pas de calme pour se remettre de ses blessures, pas de réhabilitation, ça ce ferait sur le tas... Cependant il se demanda un instant si elle avait vraiment capter TOUT les dommages...

Soupirant, il se leva, s'approcha et la souleva dans ses bras sans lui demander son avis... Fallait bien la traiter comme une princesse de temps en temps, sinon elle n'aurait été qu'une Ts'liche. Un rêveur tenta de l'arrêter dans ce kidnapping consentant, mais il avait déjà passer par la fenêtre.

Rattraper Gil ne fut qu'une question d'un moment alors qu'il portait toujours Kaünis... Elle pouvait bien lui dire de la lâcher tient, il avait du caractère aussi! Et puis comme ça c'était bien aussi, non?

Son ancien mentor sembla légèrement inquiet en l’apercevant comme ça... C'est sûr que Kaünis qui se laissait porter, ça prouvait qu'il y avait un sérieux problème.


Nous voudrions bien nous joindre à toi, si tu ralentis un peu... C'est qu'on a une princesse Ts'liche en convalescence, ici.

Le léger sourire du frontalier disait tout... Qu'il refuse de les avoir dans les pattes, tient, ça ne ferait que l'encourager. Il porterait Kaünis jusqu'au nimurdes au besoin, mais il ne la laisserais pas seule dans son état du moment.

Et puis peut-être ne serait-ils pas seul, d'autres dans la salle pouvait bien aimer assez Gil pour le suivre, tient!

__________________________________________


Spoiler:
 

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A great flame of darkness which engulfs all,
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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Sam 16 Avr 2016, 00:03

Allongé sur le dos, les cornes hors du lit en bois, Pan ne parvenait pas à trouver le sommeil.
Toute cette journée ne cessait de tourner dans sa tête, à lui en donner le tournis.

Il repensait à l’immeuble écroulé, parce qu’il n’avait contrôlé ni sa rage, ni son imagination. Il pensait également à l’éboulement, à Naïs et Soahary coincées sous ce bar… Libertée qui avait foutu le camp… Les deux jeunes Envoleurs aussi, surtout la fille. Elle semblait dormir, mais elle avait été dans un très sale état. Encore pire que celui de Naïs…
Un long frémissement s’empara de son dos alors qu’il repensait à l’Envoleuse, ses griffes plantées dans son ventre… Qu’est-ce qu’il avait raté, au juste ? Qu’est-ce qu’elle pouvait attendre de lui, maintenant ? Et avant ? Il n’avait pas été assez présent ? Non, elle n’avait pas voulu le laisser la retrouver, surtout.

Il la sentait au bord du gouffre. Elle y vacillait, oscillant entre l’envie de se laisser tomber et sans doute le désir de vivre pourtant. Il ne savait plus quoi faire. Serrant légèrement Soahary contre sa poitrine, il sentit le souffle de la petite se modifier une seconde, avant qu’elle ne se rendorme contre lui, lui tirant un sourire.
Il ne voulait pas la perdre.
C’était encore pire que Naïs, en réalité. Elle était sa chair, son sang.
Makeno bougea à côté de lui, lui aussi, et il se surprit à se dire qu’il fallait que ces jeunes soient sortis du cercle infernal. Il les aimait trop pour les enfermer dans un quelconque cycle malsain. Surtout avec ce que Naïs semblait traverser.

Pan avait les yeux fermés, pourtant il entendit distinctement quelqu’un se lever et s’habiller, s’approcher de Naïs et lui… Luttant pour ne pas serrer la mâchoire, pour ne pas que son indignation contracte ses muscles, il ne bougea pas et n’ouvrit pas les paupières.
Gil s’éloigna, mais sa voix finit par monter, murmure clair, dans la pièce.
- Qui m’aime me suive.

L’Envoleur aux cornes ouvrit les yeux et tourna très légèrement la tête.
Il vit la jeune femme se redresser sur sa couchette pour s’habiller et ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Elle était celle qui avait le plus besoin de soin, et il avait cet instinct protecteur sans doute parfaitement stupide de vouloir lui dire de se rasseoir et de se faire soigner. Elle tanguait alors qu’elle essayait de marcher, et Pan se redressa sur son lit tenait Soahary contre lui pour ne pas la réveiller.
- Tu ne devrais pas…
Il fut interrompu par le grommellement de Kaünis. L’ancienne apprentie de Gil, de ce qu’il avait compris, tout comme le jeune homme, Syles. Il n’avait pas compris s’ils avaient été camarades ou pas, mais la relation entre ces deux-là était aussi… étonnante. Mais puissante.
- Hé tronche de Raï, attends ! Tronche de Raï, cela devait être Gil. Pan était admiratif de voir que cette gamine avait encore une telle répartie après tout ce qu’elle avait subi. Il la regarda tenter de passer par la fenêtre, avant que Syles la saisisse pour la soulever.. Elle ne sembla pas exactement aimer ça, mais ils disparurent par la fenêtre.

L’Envoleur avait senti à son côté Naïs se redresser elle aussi.
Dans un soupir, il tourna la tête vers elle.

- Je suppose que tu vas vouloir le suivre ? Il soupira en se passant une main dans les cheveux.
- D’abord, je veux que tu me dises ce qu’il s’est passé, Naïs. Parle-moi, je t’en prie. J’ai failli perdre la femme de ma vie, ma fille et mon fils. J’ai besoin d’explications.
Il n’aurait peut-être pas dû appeler Makeno son fils, mais pour lui, c’était exactement ça. Il n’était peut-être pas sa chair, mais c’était son fils, il l’aimait comme tel, il l’élevait, et il aurait déplacé des montagnes pour lui.

Pan était tendu. Il ne savait pas comment allait réagir Naïs. Son imprévisibilité légendaire était en train d’exploser exponentiellement. Plus rien n’avait de logique pour lui…
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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Lun 18 Avr 2016, 02:07

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Non…

Ses mains sur ma taille. Mes hanches. Ma peau. Mon souffle qui s’accélère et mon corps qui réagit à cet homme qui veut me posséder. Violemment. Comme si je n’étais qu’un simple morceau de viande. Ah ? Ce n’est pas ce que je suis ? Samoan me considérait exactement comme cela pourtant : profiter, se barrer. Et tuer mon fils – son fils. Gil aussi, il avait bien prit son plaisir avant de se casser, ce qui m’avait rappelé la raison pour laquelle je m’étais longtemps barricadée derrière ma carapace indestructible. Les lèvres de Sen s’emparent des miennes avec autorité, en me mordant carrément jusqu’au sang. Deux de ses doigts viennent déboutonner mon short, tandis que son autre main s’enroule dans mes cheveux pour maintenir ma tête contre la porte. Alors, ce n’est pas ce que je suis ? Un morceau de viande. Comment on dit déjà ? Une…

Non !

Je lutte encore de longues secondes, essayant de me débattre comme une folle pour renverser la situation. Mais le corps de mon ancien maître se plaque encore plus contre le mien. Soahary, contre ma poitrine, émet un petit cri de protestation. Passant une main autour du crâne de ma fille pour la protéger, je cesse de me défendre. De lutter. Sen n’aurait aucun scrupule à la blesser autrement. Et puis, cela rendrait la chose moins douloureuse. Deux des doigts de l’Envoleur s’enfoncent dans mon intimité ; étrangement, la sensation n’est pas désagréable, mais c’est précisément cela qui me dégoûte. Mon corps réagissait mécaniquement à ces caresses. A ces lèvres qui me dévorent sans vergogne. A ce sexe durci pressé contre mon bas-ventre.

NON !

La porte est loin d’être très confortable, surtout que l’Envoleur y va avec brutalité. Ça fait mal ! Ça brûle, au fond. Tout au fond. Mais le pire, c’est que mon corps en demande toujours plus. Ecœurée, dégoûtée de moi-même, je résiste à cette espèce d’onde de plaisir qui manque de m’envahir plus d’une fois, alors même que la douleur augmente en intensité. Encore et encore. Jusqu’à ce que soudain, il n’y ait plus de plaisir du tout. Que de la souffrance. Une souffrance horrible. Insoutenable. Qui me tire un cri à chaque fois que l’homme s’enfonce plus profondément en moi. Qui me tire des larmes de rage et de douleur. Des larmes silencieuses.




- « Non ! »

Me redressant d’un bond sur mon lit de fortune, je hurle à m’en déchirer la voix, réveillant à la fois mon fils et ma fille. Prise de tremblements incontrôlables, le souffle complètement saccadé, j’enfouis ma tête entre mes mains pour me forcer à me calmer. Cette sensation de sentir les mains de Sen parcourir mon corps, encore et encore, m’apparaît horriblement réelle. Comme si je pouvais encore sentir son souffle chaud dans mon cou. Et son membre dressé contre mon ventre. Son corps plaqué contre le mien. Rien que d’y penser encore, mon cœur s’accélère à la limite de la tachycardie. Durant de longues secondes, je ferme les yeux en laissant ma respiration ralentir tout doucement. Progressivement. Tandis que la voix de Pan résonne dans le lointain.

Relevant le menton, je papillonne un instant des paupières sans comprendre. Le suivre ? Qui donc ? Ah, Gil ! Non, mais il peut bien faire ce qu’il veut de toute façon. Qu’il essaye de retrouver sa blonde, ça lui ferait les pieds ! Parce que bon, si Libertée s’était barrée, il devait l’avoir bien cherché ! J’avais bien essayée de me débarrasser d’elle, à Al-Chen, mais il fallait que je le reconnaisse : si l’on partage bien une seule chose, c’est d’être aussi bornée l’une que l’autre ! Alors ouais, qu’il se barre et aille faire semblant que sa vie est simple ! Et puis qu’il ne s’avise plus jamais de croiser mon chemin ! Pas après ce qu’il avait fait dans cet immeuble. Parce que bon c’est un peu facile hein après de demander pardon, la bouche en cœur, comme s’il ne s’était jamais rien passé. A faire le con, il vient de tout perdre !

- « Le suivre ? Pourquoi faire ? L’empêcher de partir ? Il se barrera de toute façon… » fis-je en secouant la tête de gauche à droite.
- « Moi je veux venir ! » s’exclame toutefois Makeno en bondissant du lit, presque joyeusement « On va où ? On va où ? » demanda-t-il en pensant sans doute qu'il s'agissait d'un jeu.

Poussant un léger soupir, je me réfugie tout contre le torse de Pan. Kaünis et Syles peuvent bien se lancer à la suite de leur ancien maître et leur déballer notre rencontre mouvementée dans ce bar miteux à Al-Chen, je m’en fiche. Là tout de suite, je ne veux pas être ailleurs que dans les bras de l’Envoleur aux cornes. Déglutissant avec difficulté, j’essuie les larmes qui perlent à mes yeux d’un revers de main. Je ne veux pas lui faire du mal. Ne pas lui faire peur. Loin de là ! Beaucoup trop de choses, totalement hors de contrôle, se sont enchaînées ces derniers mois. L’empoisonnement de Makeno pour la seule et unique raison qu’il est lié par le sang à Gil. Ce périple à travers le pays Faël pour dénicher la fleur d’Anaëvi qui me permettrait de vivre un peu plus longtemps. Seth, que je n’étais pas parvenue à retrouver au bord du Lac Chen – à deux jours près, pourtant, j’aurais sans doute pu le serrer dans mes bras. Et cette dispute avec Gil, violente. C’est là, que tout avait dérapé. Que je m’étais complètement déconnectée de moi-même. Pour finir, Sen. Qui m’avait… Qui…

- « Ces dernières semaines ont vraiment été pourries » lâchais-je en reniflant doucement « Ça a commencé avec l’empoisonnement de Makeno à la Silencieuse, tout ça parce qu’il est lié par le sang à Gil. Et puis, ça a été de pire en pire : je suis passée à un cheveu de la mort à cause de cette putain de maladie, ensuite je n’ai pas réussi à retrouver Seth. Mais le pire, ça a été cette dispute avec Gil parce qu’après j’ai juste complètement merdé » expliquais-je, avec un nœud douloureux dans la gorge.

Me blottissant un peu plus contre Pan, je me mords la lèvre inférieure jusqu’au sang.

- « Et Sen, il… »

Ma voix s’éteint brusquement au fond de ma gorge. Je reste incapable de sortir un son de plus.








[Je vous présente Makeno, 5 ans, qui fait au moins autant de bêtises que sa mère. Déjà à vouloir faire le mur... Ca promet xD]

__________________________________________




Ah l'aventure, ce joli mot romanesque pour dire galère !

Life sucks when you're ordinary !

I experienced that seeking feeling you get when you know you have conned yourself into doing something difficult and there's no going back




 

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Lun 18 Avr 2016, 21:30

Gil s’était arrêté quelques mètres plus loin. Il observait la nuit disputer sa place au jour. Non, il les attendait. Il savait bien que les deux premiers à le suivre seraient Syles et Kaünis. C’était comme ça. Ils le détestaient et ils avaient de sacrées bonnes raisons, à commencer par tout ce qu’il avait pu leur faire subir au cours de leur formation, mais ils avaient appris à le suivre quoi qu’il leur en coûte. Sans se poser de questions. Pas besoin de tourner la tête pour deviner leur présence dans son dos. Finalement, il n’était plus s étonné de les voir ici. Ces deux-là seraient probablement toujours quelque part dans son ombre… ou lui dans la leur. Amusé par cette idée, il jeta un coup d’œil dans leur direction et tiqua en voyant l’insupportable gamine dans les bras du sale gosse. C’était une image presque aussi violente que celle du rocher écrasant la moitié de son corps et il détourna les yeux.

- Lâche-là, gros malin, marmonna-t-il à l’attention de Syles lorsque celui-ci s’arrêta à sa hauteur. Elle va t’arracher les bras sinon.

Il attendit que le jeune homme obtempère, bon gré mal gré, pour glisser un bras autour de la taille de Kaünis. Si frêle et si forte à la fois…

- Tu récupéreras tout si tu marches, dit-il en laissant Syles se placer de l’autre côté pour soutenir la jeune femme. Ne t’arrête jamais de marcher. Ou bien je te ferai avancer avec mon pied au derrière, tronche de Rai.

Il le savait, les boutades étaient un moteur pour elle comme pour lui. Ça les agaçait et ils ne pouvaient pas s’empêcher de répliquer, de trouver mieux, d’avoir le dernier mot. En bref : ils se donnaient à fond. Tout simplement. Mais tout en progressant au rythme plus lent de Kaünis, Gil avait le regard sombre. Il avait eu peur. Le souvenir de Pan éclatant la roche pour la tirer de cet enfer restait gravée dans sa mémoire au fer rouge : il avait cru l’avoir perdue. Il ne sait pas ce qu’il aurait fait s’ils l’avaient réellement perdue sous cet immeuble. Le monde serait bien trop calme, bien trop fade sans une Kaünis pour y inventer de nouvelles couleurs. Cela étant, le simple fait de la voir marcher alors qu’elle devrait être alitée lui réchauffait le cœur. Même blessée, elle était sidérante. Brisée, cinglée, cette fille était déjà une légende dans le monde du Chaos. Elle rêvait de grandeur lorsqu’il l’avait rencontrée. Savait-elle à quel point elle grandi ?

Au moment de franchir un tournant, au bout de la rue, Gil tourna la tête vers la fenêtre entrouverte.

Il ignorait s’il était soulagé ou contrarié de ne pas voir Naïs s’y glisser.



*



- Je dois retrouver Libertée.

Gil était en train de harnacher la monture qu’il avait dérobée à son propriétaire. Il avait laissé Chante-Brume à Al-Chen cette nuit-là, lorsqu’il s’était lancé sur les traces de ses anciens élèves à la demande de Hien. Il n’était plus monté en selle depuis, mais l’urgence qui le tenaillait avait brisé ses résolutions. Il resserra une sangle, ajusta les étriers puis s’installa sur le dos du cheval bai. Son regard glissa vers Syles.

- Tu avais raison, il fallait simplement que je me réveille… Je crois qu’un bâtiment sur la tronche est amplement suffisant. Mais tu ne perds rien pour attendre, morveux. Je te dois une paire de baffes et il m’arrive parfois de payer mes dettes. Quand elles sont importantes.

Un peu, qu’il les lui rendrait ! Il avait failli laisser son poing jaillir, un peu plus tôt, mais ce n’était ni le lieu, ni le moment. Tout vient à point à qui sait attendre, mon vieux…

- Ouais, je sais, poursuivit-il en regardant Kaünis. Je fais chier, je suis un connard, tout ça… mais je l’aime. Tu comprends ça, toi aussi. Elle, non seulement elle n’a pas peur de la bête qui… mais en plus, elle sait retrouver l’humain trop perdu au fond de moi. Et le ramener à la surface.

Surpris d’en dire autant, Gil s’interrompit. Enfer, ils étaient vraiment spéciaux ces deux-là, pour arriver à le mettre à nu sans rien dire.

- Et puis, je veux la retrouver avant toi, ajouta-t-il dans un de ses fameux demi-sourire.

Il serra les genoux et laissa sa monture s’éloigner au pas dans la ruelle encore sombre.

- Prenez soin de vous, lança-t-il par-dessus son épaule. Mangez une vache et allez faire peur à des innocents !

Libertée n’était pas la seule à avoir sauvé Gil de la bestialité dangereuse – et mortelle ! – dans laquelle il était en train de sombrer. Syles et Kaünis avaient, à leur manière, émis une lumière qui l’avait guidé dans les ténèbres. La bête n’était pas terrassée, loin de là ; il la sentait gronder de colère au fond de lui. Pour l’instant elle pansait ses plaies. Mais il savait comment lutter désormais.
Il n’avait plus peur.

Plus vraiment…



*



- Gil !

Surpris, l’Envoleur se retourna sur sa selle pour voir Makeno débouler derrière lui. Essoufflé, le gamin s’arrêta près de sa jambe gauche. Les mains sur les genoux, il essaya désespérément de retrouver son souffle tandis que Gil, lui, essayait désespérément de comprendre.

- Qu’est-ce que tu fais là ? Où est ta mère ? demanda-t-il en levant les yeux pour chercher Naïs du regard.
- Elle… Elle m’a dit… de te rejoindre parce que… parce qu’elle voulait que je… Que je reste avec toi.
- Quoi ?
- Elle a dit que… tu lui devais bien ça.


QUOI ?

Gil soupira et ferma les yeux. D’accord, elle avait sans doute raison sur ce point. Il lui en devait une. Mais elle aussi. En fin de compte, ils se devaient beaucoup de choses. Pourquoi ne pas effacer l’ardoise ? Tout recommencer à zéro ? Il ne pouvait pas l’emmener.

- Je regrette, mais non. Tu restes avec elle. C’est mieux comme ça.

Et il fit avancer son cheval, laissant un petit garçon effondré. Tout seul, au beau milieu d’un quartier sombre d’Al-Far. Immobile, Makeno le regarda disparaître. Une larme roula sur sa joue, il ne l’essuya pas. Il la laissait tomber. Il le laissait tomber, lui aussi. C’était vraiment trop douloureux de l’aimer. De croire en lui. D’espérer. Il finit par se retourner. Retrouver sa mère ? Oui, mais il ne savait déjà plus où aller ! Il avait suivi Gil en profitant de ce que sa mère et Pan étaient occupés pour rattraper Gil. Il avait menti en lui disant que Naïs était au courant, mais il se fichait pas mal de la savoir inquiète à son sujet, surtout en découvrant son absence. Il n’osait plus la regarder, pas après ce que Sen avait fait… Ce qu’elle avait accepté de faire avec lui. Reniflant et tremblant, Makeno fit quelques pas au hasard. Des regards curieux et pas franchement bienveillants commençaient à peser sur lui lorsqu’un bruit de sabots résonna dans son dos.

- Monte.

Makeno crut qu’il allait fondre de bonheur. Il attrapa la main tendue de Gil et grimpa derrière lui pour entourer sa taille de ses bras.

- Mais je ne veux pas t’entendre. C’est clair ?

Le garçon hocha la tête. Peu lui importait que Gil soit de mauvaise humeur ou non. Il l’avait toujours connu un peu grognon de toute façon. Et il était bien trop heureux pour répondre, alors il se contenta de le serrer un petit peu plus fort.

Le soleil darda ses premiers rayons lorsque le cheval s’élança au galop hors d’Al-Far, emportant ses deux cavaliers dans les brumes matinales.




[Donc je m'arrête là aussi ! Vous pouvez continuer un peu si le coeur vous en dit. Les cavaliers sont inépuisables. C'est bien ça le problème... Rah, 'savez quoi ? Je vous aime amoureux]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Lun 18 Avr 2016, 22:36

Kaünis grogna quand Syles l’attrapa sous les jambes et dans le dos pour la soulever. Roh, sérieusement ? Elle ne voulait pas qu’il la porte… Mais bon, c’était vrai qu’en même temps, elle était bien là, tout contre son torse et dans sa chaleur. Croisant son regard un instant, elle ne put empêcher un sourire lutin d’étirer ses lèvres alors qu’ils passaient par l’embrasure de la fenêtre.

Un Rêveur tenta de les arrêter, mais l’Envoleur courut si vite qu’ils le larguèrent rapidement, tirant un éclat de rire à Kaünis qui par réflexe s’était accrochée à la nuque de Syles en nouant ses mains derrière…
Une chaleur explosa dans son ventre alors que l’odeur du jeune homme l’enveloppait et emplissait totalement ses poumons. L’Envoleuse se mordit la lèvre à sang pour ne pas lui mordre le lobe de l’oreille alors que Gil apparaissait dans leur champ de vision.

- Nous voudrions bien nous joindre à toi, si tu ralentis un peu... C'est qu'on a une princesse Ts'liche en convalescence, ici.
La princesse Ts’Liche en question ne put s’empêcher de pouffer, avant de se renfrogner quand Gil dit à Syles de la lâcher… Et de grogner carrément quand ce dernier le fit.
- Héé ! feula-t-elle méchamment. C’est à toi que je vais arracher les yeux, et la langue, bave de Trodd !
- Ne t’arrête jamais de marcher. Ou bien je te ferai avancer avec mon pied au derrière, tronche de Rai.

Kaünis fronça les sourcils, mais se redressa. Ouch, putain que ça faisait mal !
La douleur dans ses deux hanches était telle qu’elle lui perçait le bassin de part en part. Si Syles et Gil ne l’avaient pas soutenue, elle se serrait littéralement écroulée par terre.

Pourtant, ils parvinrent à passer l’angle de la rue, Kaünis éclata de rire.
- T’as vu ce qu’elle fait, la tronche de Raï ? Elle marche ! Euh, presque… fit-elle alors que sa cheville droite se tordait douloureusement. Elle grogna, s’appuya davantage sur Syles, avant de prendre une inspiration pour déposer un léger baiser dans son cou.
Voilà, pour la peine.


* *


Kaünis galérait à harnacher Voyage, qui tentait sans cesse de lui donner des coups de tête affectueux. La jument devait bien sentir qu’elle était faible, mais c’était la première fois qu’elle lui adressait des signes de… d’attachement ? Si brutalement. Et de manière pas du tout subtile.
La jeune femme repoussa sa tête plusieurs fois, avant de laisser tomber et de gratouiller le chanfrein de la jument quelques secondes, ce qui sembla lui suffire, alors que Gil commençait à être bavard.

- Je fais chier, je suis un connard, tout ça… mais je l’aime. Tu comprends ça, toi aussi. Elle, non seulement elle n’a pas peur de la bête qui… mais en plus, elle sait retrouver l’humain trop perdu au fond de moi. Et le ramener à la surface.
Kaünis ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel. Ouais, elle comprenait… Nan, en fait. Libertée était une Marchombre, elle ne comprenait qu’à moitié. Qu’elle lui fasse de l’effet, elle comprenait ça. Qu’il l’aime… C’était autre chose. Puis, elle la retrouverait, elle ne savait pas quand, mais un jour ça serait sa fête, quoi qu’en dise son ancien Maître.

- Mangez une vache et allez faire peur à des innocents ! Kaünis éclata de rire.
- Et toi mange pas trop de moules, fiente de bœuf ! lâcha-t-elle, moqueuse, avant que Gil ne disparaisse.

Poussant un soupir, la jeune femme parvint à monter sur Voyage, mais se cala sur sa selle en amazone car elle ne se sentait pas de rester les hanches ouvertes longtemps à cheval. Ça tirerait trop, ça ferait trop mal. Elle n’était pas non plus suicidaire.
Faisant sortir sa jument des écuries, sa capuche enfoncée sur sa tête pour tenter de ne pas se faire repérer – même si avec toute cette histoire, elle devait avoir encore des gens au cul – Kaünis poussa un soupir et chercha le regard de Syles. Elle ne savait pas comment formuler l’amas d’émotions et de sentiments qui s’entremêlaient dans son crâne.

- J’ai envie d’être avec toi, mais aussi d’être seule. Rendez-vous dans deux semaines ? Y’a un endroit où la Forêt de Barail rejoint l’Océan. Là, ça te va ? demanda-t-elle du bout des lèvres, hésitante. De toutes façons, elle devait récupérer, elle devait se ré-entraîner pour récupérer ses jambes et toutes leurs capacités. Elle allait sans aucun doute être absolument désagréable, infecte et mauvaise pendant tout ce temps.
Parce qu’elle détestait plus que tout être en convalescence !

__________________________________________



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Syles Agarest
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MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Mar 19 Avr 2016, 05:05

L'envoleur hocha la tête en lâchant un petit ''J'y serais.''

Il lui avait déjà fait cette promesse par le passé, mais cette fois il avait besoin de chercher, pendant ce délai.

De se chercher, de se trouver. Parce qu'il avait failli se sacrifier pour Kaünis deux fois en quelques jours à peine... Tenait-il si peu à la vie? Était-il si faible qu'il ne pouvait pas la ramener à elle, pendant ses crises, autrement?

Il galopa un instant sans but réel, seulement s'éloigner de cet endroit précis... Puis s'arrêta une fois qu'il eu atteint un endroit boisé, à couvert du monde... Cria en laissant perler les larmes à ses yeux, fermant les poings sur les reines d'Edelweiss.

La jument sembla sentir le mal de son cavalier, resta calme comme si elle savait tout de lui, comprenait.

Aspirant l'air à plein poumons, presque épuisé juste d'avoir crié, il sentait la porte de son ''monstre'', de Lynx, frapper, cogné.


Through the ages of time...
I'll be known for my hate.
But I'm a dealer of simple choices,
For me it's never too late...

Pourquoi il voulait de lui, cet emmerdeur? Il ne lui servait pas à grand chose, au fond, il n'était qu'un corps, pour lui... Qu'un corps, mais pourquoi se battre ainsi, il avait voulut donné sa vie à Kaünis, non? Elle était passé à un cheveux de la prendre, alors pourquoi ne pas lui donner à lui?

Ouvrir la porte...


I am your pride,
Agent of wealth,
Bearer of needs.

I am your war,
Harming the strong,
Killing the weak...

Douleur.

Dans son crâne, comme si tout se déchirait. Ses mains agrippèrent son crâne pour tenter de réduire cette douleur...

Ne fit que l'amplifier. Tout disparaissait dans un torrent de rage, de haine. Puissant, intense. Sa mère, son père, son véritable père, Dil'Duran, les frontaliers, Gil, son entraînement, Kaünis, Voïmakas, Kaünis, Hien, Kaünis, le chaos, Kaünis...


I am your wrath,
I am your guilt,
I am your lust.

I am your law,
I am your star,
I am your trust...

Tout disparaît presque... Ce n'est plus que de l'information qui pourrait être utile...

Il veux du sang, beaucoup de sang. Doit se trouver un moyen d'en avoir des quantités industrielles à porté...

Et pas du sang animal, ou raï, du sang humain bien frais, gargouillant encore en sortant d'une plaie bien mortelle.

Il avait besoin de sentir l'odeur de la chair humaine... Brûlé, en feu. Bien cramé...


Know me by name...

Shepherd of fire.

__________________________________________


Spoiler:
 

Some people's lives are like their love,
A fragile, flickering flame which might burn out...
I want to live my life like my love for you,
A great flame of darkness which engulfs all,
With you at the center of my world,
Controlling all...

Corrupting all.
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MessageSujet: Re: [-16] Crocs de Lune [Les cavaliers de l'apocalypse]   Mar 19 Avr 2016, 07:00

Pan ne put s’empêcher de froncer les sourcils quand Naïs lui dit, presque hargneusement mais de manière sensiblement triste, qu’elle ne voulait pas suivre Gil. Qu’elle ne voulait pas l’empêcher de partir. Il devait vraiment s’être passé quelque chose de grave, car l’Envoleuse, même quand elle était fâchée contre le père biologique de Makeno, n’en était pas venue à devenir si dédaigneuse envers lui.
Mais alors que le garçon sautait déjà sur le lit en demandant où Gil allait, Pan poussa un soupir.

- Nulle part, Mak…

Il fut coupé dans sa phrase tandis que Naïs se blottissait contre lui. Temps mort. La jeune femme, se musser contre lui ? Cela lui coupa carrément la respiration tant c’était surprenant, d’autant qu’elle le faisait spontanément alors qu’il venait, à son sens, de poser une question qui aurait dû ne pas lui plaire.

- Ces dernières semaines ont vraiment été pourries

Pan s’immobilisa parfaitement, tandis qu’il entendait Makeno passer par la fenêtre. Il ne pouvait pas laisser Naïs seule, mais il avait un besoin presque primaire d’attraper le garçonnet pour ne pas qu’il rejoigne Gil.
* Gil, t’as intérêt à faire gaffe, sinon je t’arrache la tronche *
Il ne bougea pourtant pas, se contentant d’invectiver l’autre Envoleur mentalement, jusqu’à ce que Naïs reprenne la parole.

- Ça a commencé avec l’empoisonnement de Makeno à la Silencieuse, tout ça parce qu’il est lié par le sang à Gil. Et puis, ça a été de pire en pire : je suis passée à un cheveu de la mort à cause de cette putain de maladie, ensuite je n’ai pas réussi à retrouver Seth. Mais le pire, ça a été cette dispute avec Gil parce qu’après j’ai juste complètement merdé
Pan sentait une énorme boule se former dans sa gorge, couche par couche, à chaque fin de phrase de Naïs. Non, à chaque mot de cette dernière. A chaque intonation qui tendait vers des sanglots.

Makeno, empoisoné à la Silencieuse ? Elle ne lui avait rien dit !
La maladie ? Elle ne l’avait pas prévenu !
Se disputer avec Gil ? Si seulement il pouvait la croire… Enfin, il la croyait, mais si elle ne lui disait pas pourquoi ils s’étaient disputés, c’était que cela devait être un sujet pas agréable à aborder.
Pan ne cessait de serrer les mâchoires, de plus en plus fort, jusqu’à ce que ses dents grincent.

- Et Sen, il…
Ce furent les mots de trop. Pan laissa son souffle s’échapper de sa poitrine - il n’avait pas réalisé qu’il l’avait retenu - et repoussa Soahary sur la couchette que venaient de quitter Syles et Kaünis. Puis, il revint vers Naïs pour la serrer contre lui.

- Sen est mort, je lui ai réglé son compte. Tu ne me fais toujours pas confiance, et pourtant j’ai tout fait pour toi, Naïs. Je peux régler la plupart de tes problèmes si tu me laisses m’en charger, et je veux le faire… Seulement, pas contre ta volonté. Ça fait des mois que je m’inquiète. Tu es partie avec Soahary et Makeno, sans un mot, sans me laisser un signe de vie, sans tenter de me contacter. Tu imagines, moi aussi, l’état dans lequel j’étais ?
Il s’arrêta un instant, avant que sa voix ne devienne trop forte à cause de ses émotions. Reprenant une profonde inspiration, Pan serra l’Envoleuse un peu plus fort contre lui.
- Je t’aime, Naïs, mais tu mets aussi les enfants en danger en te mettant en danger. Je ne veux pas qu’ils vivent eux aussi dans l’angoisse. Ils ont le droit à une vraie enfance, à tout ce que tu n’as peut-être pas eu, à tout ce que je n’ai peut-être pas eu. Je ne peux pas me contenter de faire de mon mieux pour eux, tu comprends ?
Il soupira un instant. Il s’emmêlait les pinceaux et son discours était complètement décousu.
- S’il te plait, ne me laisse pas dans l’ignorance. Je peux t’aider. Je…
Il en perdait ses mots.
- C’est atroce, tout ce qu’il s’est passé.
Il posa ses lèvres sur le front de l’Envoleuse dans un léger baiser. Il ne se voyait pas faire autre chose, parce qu’elle risquait de mal réagir à un quelconque contact…
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