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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]

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Hièlstan Filsèvres
Rêveur


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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Sam 30 Avr 2016, 13:33

"Alors ce premier jour ?"

___


Une fois Syndrell envolée sur Vagabond en compagnie de la femme qui accompagnait Lean, Hièlstan avait été chercher Flèche et l'avait remise en route, avec un brin d'angoisse ; mais, galavanisée par le rythme de ses congénères et de tous ces chariots qui se mettaient en branle, la jument n'avait pas refusé d'avancer comme le matin même.
Hièlstan l'avait alors attachée au chariot que Gareth lui avait demandé de conduire. Comme il n'en avait jamais conduit de si gros, on l'y avait placé un compagnie d'un marchand, qui lui donna quelques tuyaux.
Les habitudes du Rêveur, qui avait maintes fois dirigé leur vieille mule familiale, durant son enfance, lui revinrent vite, et il put alors s'autoriser de se concentrer sur ce qui l'entourait.

Il avait soigneusement observé tout ce qu'il se passait autour de lui. Sur les abords de la caravane se trouvaient des hommes qui épiaient les environs. Ils étaient visiblement armés, et portaient des justaucorps de cuir.
Dans les chariots chargés de victuailles ou de marchandises, il y a avait parfois des personnes âgées, ou des petits enfants. Certains enfants un peu plus grands courraient entre les pattes des étalons et des juments, qui parfois renâclaient devant ces boules d'énergies. Les mamans, elles, s'occupaient de récupérer leur marmaille, trop anxieuses que l'un d'entre eux ne se fasse blesser par la lourde roue d'un chariot, ou par le sabot cinglant d'un cheval.

Hièlstan admirait les mamans, et trouvait leur travail magnifique. Il admirait aussi les papas ; mais il était vrai qu'il avait bien moins vu les papas, lors de son enfance au village, que les mamans.

Il y avait des gens dont le rôle semblait être de transmettre les messages, entre l'avant et l'arrière de la caravane. Ce jour-là, il n'y avait pas eu grand-chose à transmettre : tout avançait au bon rythme, et il n'y eut pas d'autre accident que celui de la roue.

Hièlstan avait un peu discuté avec le marchand, qui, habitué aux longs voyages en caravane, avait déjà rencontré des Rêveurs.
Hièlstan, qui lui-même avait plusieurs fois été vendre avec sa mère les poissons sur le marché, discuta un bon moment avec lui de leurs métiers respectifs. L'homme lui posait cependant peu de questions, et le Rêveur se dit que ses confrères avaient déjà du lui imposer des limites.

Au bout d'un moment, il avait demandé au marchand de bien vouloir prendre les rennes, et s'était fixé pour mission d'aller de chariot en chariot, discrètement, sans se présenter. Il adressait, lorsque son regard en accrochait un autre, des petits sourires rassurants.
Il souhaitait juste que ses compagnons de route sachent tous qu'il était là, et qu'ils puissent l'appeler ou le faire chercher s'ils avaient besoin de quoi que ce soit.

Hièlstan ne fut pas surpris de constater que personne n'était malade ou blessé. Il y eut toutefois une personne à qui il se permit d'aller directement parler.
La jeune femme devait avoir à peu près l'âge de Syndrell, et elle semblait retenir ses larmes à grand peine. Sa poitrine était agitée de spasmes, et sa respiration sifflante. Auprès d'elle, un homme et une autre femme étaient en train d'essayer de la rassurer.
On expliqua à Hièlstan que la jeune femme était très fortement angoissée. Elle s'appelait Illis, et c'était, à elle aussi, son premier voyage. Elle avait eut son bébé avec un homme d'Al-Chen, et quittait Al-Jeit pour le retrouver. Mais elle partait seule, sans une mère pour la rassurer, sans un frère pour l'épauler, et tout cela, le bébé, l'homme, le déménagement, faisait beaucoup de changements dans sa vie.

D'un coup d'oeil, l'homme et la femme -un couple qui partait rendre visite à leur fille, étudiante au Dôme à Al-Chen- comprirent qu'ils pouvaient laisser la place au Rêveur. Cependant, il ne s'en furent pas bien loin, sans doute dans l'optique de revenir aux côtés de la jeune femme un peu plus tard.
Hièlstan la laissa parler, avant tout. Il l'écoutait, la tête près de sa cuisse, et lorsqu'il comprit que la jeune femme avait envie qu'il reste auprès d'elle, il alla récupérer Flèche pour s'installer plus confortablement.
Si au début il se contenta de l'écouter, après, il prit la parole. Il partagea avec elle sa propre expérience, et ses propres craintes, pour qu'elle se sente moins seule. Elle avait peur d'être un poids : ici, personne ne semblait aussi angoissé qu'elle, et chacun semblait savoir ce qu'il avait à faire.
Ce fut à ce moment que le couple revint, et ils lui expliquèrent plus en détail le fonctionnement d'une caravane ; eux étaient habitués à faire ce trajet.

Puis ils parlèrent d'Al-Chen à Illis et Hièlstan. La jeune fille, divertie, s'était un peu calmée, mais le Rêveur savait d'expérience que le soir venu, lorsqu'elle devrait s'endormir sans autre distraction que ses propres pensées, cela allait être plus compliqué pour elle.
Il lui promit de lui faire une décoction dès qu'ils s'arrêteraient. Elle était finalement si rassurée, qu'elle accepta de leur passer son bébé, à tour de rôle, pour qu'elle-même puisse se sentir un peu plus légère.
Au fur et à mesure, ils se rapprochèrent du chariot dirigé par le marchand avec qui Hièlstan avait sympathisé. Alors ils ne manquèrent plus de sujet de conversation jusqu'à l'arrivée au carrefour de la Croisée des Vent.

___


Machinalement, Hièlstan jeta un oeil aux alentours, mais il n'aperçut pas Syndrell. De toute façon, pour l'instant, il devait s'occuper d'Illis. L'arrêt de la caravane avait réveillé ses angoisses, et le dialogue de ses compagnons ne semblait pas pouvoir entièrement la tranquilliser. Maintenant que le camp était monté, elle n'avait plus de quoi s'occuper les mains, et triturait nerveusement un pan de sa chemise.

Elle ne se fit pas prier lorsqu'Hièlstan lui tendit une petite tasse remplie d'une tisane pleine de vertues apaisantes et soporifiques. Il la prévint néanmoins qu'en la buvant, il fallait qu'elle soit prête à s'endormir. Illis se sentait fatiguée par toutes ses émotions, elle avait nourri son bébé qui dormait contre son sein, et elle décida de prendre la tisane de suite.

Lorsqu'elle fut allongée, paupière papillonnantes et muscles détendues, le couple assura au Rêveur qu'ils allaient rester veiller sur elle. Hièlstan en fut soulagé, car il avait d'autres choses à faire.

Il trouva Lean en train de boitiller à travers le campement, à la suite d'un homme qui, dans l'après-midi, lui avait dit être son maître. Le jeune homme lui assura avec une honnêteté qui ne pouvait être feinte qu'il n'avait pas quitté son chariot de tout l'après-midi.


"Je n'en attendais pas moins, jeune homme. Veux-tu bien me suivre, si ton maître est d'accord? Je vais te préparer une autre infusion pour la nuit, mais avant ça je voudrais faire un tour, pour être sur que personne d'autre n'ai besoin de moi."

Le maître acquiesca tout simplement, Lean, lui, se montra plus démonstratif. Il avait reprit du poil de la bête, semblait-il!

"Pas de soucis, Rêveur!"

"Tu peux m'appeler Hièlstan, si tu préfères."

"Je crois que je préfère Rêveur."

Ils se sourirent, et partirent pour une tournée d'inspection. Si certaines personnes s'agitaient encore, la plupart étaient assises autour de petits foyers et bavardaient gaiement. d'autres avaient l'air un peu plus sombre - sans doute avaient-ils déjà le mal du pays ; mais leurs compagnons se chargeaient de leur remonter le moral avec entrain. Personne ne fit appel à Hièlstan, bien que certains voyageurs leur adressèrent des signes amicaux.
Ils devaient commencer à s'habituer à sa présence, et puis la compagnie de Lean le rendait sans doute plus accessible, aussi.

Tout en marchant, il conseille à Lean de ne pas trop s'appuyer sur sa jambe vigoureuse. Sa cheville était en état de supporter une partie de son poids, et s'il la ménageait trop, alors ce serait la cheville non blessée qui finirait par en souffrir.

Lorsqu'ils s'assirent à un feu où on les avait cordialement invités, Lean et Hièlstan papotaient de l'apprentissage du jeune garçon. Le Rêveur était touché par son énergie et sa motivation. Il apprit aussi que la fille, partie avec Syndrell, était sa soeur, et une chasseresse.
Une chasseresse! Cela requérait des talents qui semblaient assez improbables au Rêveur. La traque, la discrétion absolue, la précision... Il se demanda si elle aussi aurait pu tuer le serpent comme l'avait fait Syndrell plus tôt, mais avec une flèche peut-être.

Une fois que Lean eut bu tout son breuvage, la nuit était doucement tombée, et le garçon lançait des coups d'oeil à la ronde. Son regard repartait souvent vers un petit groupe de jeunes gens plus proche de lui en âge que Hièlstan ne l'était. Il sourit.


"Lean, ce soir il faudrait que tu ne te couches pas trop tard. D'accord?"

"Oh... Oui, ok..."

"Ca ne t'empêche pas d'aller t'amuser un peu, avant."

Le garçon comprit, son regard s'illumina et il se releva.


"Merci, Rêveur! Promis, je ferais attention!"

"J'espère bien! Je repasserai te voir, demain matin."

"D'accord, alors à demain!"


Hièlstan ne répondit rien, car le jeune garçon avait déjà fait signe à ses camarades.
Tout le monde était très ouvert, ici. C'était des rapports différents que ceux qu'entretenaient les gens en ville. Dans la caravane, il semblait vital de communiquer et de bien s'entendre...
De l'autre côté du feu, il y avait deux hommes, chacun plongé dans ses pensées solitaires. Hièlstan s'apprêtait à se lever à la recherche de Syndrell, et avant même d'avoir bougé, il l'aperçu à un feu un peu plus loin, en compagnie de la grande soeur de Lean et de Naagrarh. Il croisa son regard d'or...

Il n'eut toutefois pas le temps de se lever, et se retrouva englouti par une ombre immense. Un homme se coula souplement à ses côtés, en lui souriant.
Hièlstan ne croyait pas l'avoir vu dans l'après-midi, et cela l'étonnait. Un colosse pareil, il pensait qu'il s'en serait souvenu. Il lui sourit, mais d'un sourire un peu tendu, se sentant quelque peu menacé par tous ces pectoraux et ces biceps... Mais après tout, ce type-là n'avait pas l'air bien méchant, et il n'avait pas l'air agressif. De quoi avait-il besoin? Il ne semblait pas blessé.

A la lueur des flammes, son crâne se para d'un reflet vert qui ajoutait encore à l'étrangeté de la scène.
Hièlstan se reprit. Cet homme avait besoin de quelque chose, et il était de son devoir de l'encourager à le demander. Il laissa s'installer un sourire chaleureux, et lui tendit la main.


"Enchanté, je m'appelle Hièl..."

"Alors ce premier jour ?"

"... Stan. Bonsoir, Syndrell. Eh bien ce premier jour a été... Riche en émotions! Je suis assez fourbu, et pour tout t'avouer, je ne pense pas faire la fête bien longtemps ce soir..."

Son regard glissa vers le marchand, Brandür, qui partageait bien joyeusement une gourde de vin avec quelques autres voyageurs, qui ne semblaient pas si épuisés que ça.


"J'étais en train de faire connaissance avec ce monsieur. Vous étiez avec nous, aujourd'hui? Je ne vous ai pas croisé cette après-midi..."

Un autre retardataire, peut-être? Ou un chasseur ou éclaireur, qui comme Syndrell, était souvent à l'écart de la caravane?
Hièlstan se dit intérieurement, qu'avec une carrure pareille, il ne devait pas franchement passer inaperçu, dans les bois. Mais quand il repensa à la manière dont il s'était assis à ses côtés, totalement dépourvue de la lourdeur à laquelle on aurait pu s'attendre, il se dit qu'après tout, pourquoi pas...
En tout cas, le bonhomme faisait maintenant une drôle de tête. Hièlstan espérait ne pas l'avoir froissé en incluant Syndrell dans la conversation, mais il ne pensait pourtant pas avoir agit de manière impolie. Peut-être qu'il n'appréciait pas que le Rêveur ne l'ait pas remarqué avant. Ou peut-être c'était encore autre chose.
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Sam 30 Avr 2016, 14:26

Syndrell se leva doucement. Elle avait tourné la tête aux premières paroles de Hièlstan et son regard s’était animé se posant sur la silhouette masculine qu’elle connaissait par cœur. Cœur qui s’emballa dans le silence soudain pesant. Un bref instant elle se demanda ce que l’Envoleur faisait là, et par quel miracle ou coup incroyablement tordu du hasard il avait fait pour croiser sa route.

Puis elle balaya tout ça d’un battement de cils. La coïncidence était belle, mais ne l’étaient-elles pas toutes ? Il était là, c’était tout ce qui importait, et elle n’allait pas gâcher ce moment en lui cherchant à tout prix une explication raisonnable. Parfois, il suffisait simplement d’accepter les choses telles qu’elles se présentaient…


- Vous ici, mon trésor ?! lança-t-elle, joueuse et reprenant la partie qu’ils avaient commencé quelques années plus tôt en Astariul. Serait-ce que vous me suivez à la trace par peur de m’égarer ?

Elle sourit. Etrange comme, en dépit des questions qui se bousculaient dans son esprit, elle se sentait le besoin de rester positive ; elle mourait d’envie de l’entraîner à l’écart, de le serrer dans ses bras, d’entendre sa voix et… de lui parler de Kaünis. Non pas pour vérifier quelque chose qu’elle croyait deviner dans son attitude, mais pour pouvoir aborder un sujet qu’ils n’avaient encore jamais exploré.

Elle avait couché avec deux autres personnes. Qu’il ait ou non fait la même chose de son côté importait peu ; se considéraient-ils toujours comme des amants ? Etaient-ils liés par un serment ? Cet appartement en était-il le symbole ? Dolce lui reprocherait-il d’avoir confondu liberté et infidélité ? Mais s’étaient-ils juré fidélité ?

Syndrell soupira. Dolce s’était retourné mais elle le sentait fuyant. Il n’était pas là pour elle, non. Et il aurait visiblement préféré se trouver n’importe où ailleurs… Hièlstan demeurait perplexe, peu certain de comprendre – ou de vouloir comprendre – ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux. Elle comprit que c’était lui que Dolce était venu trouver. Pour quelle raison ? Mélisendre avait-elle un problème ?

Elle observa plus attentivement l’Envoleur, cherchant une blessure qu’elle ne voyait pas. En dehors de sa mine fermée, il avait l’air de bien aller, alors pourquoi requérir les services d’un Rêveur si ce n’était pour refermer une plaie ?


- Dolce ? Est-ce que tout va bien ?

Syndrell avait repris son sérieux désormais, et son regard était plus flamboyant encore que les flammes qui dansaient derrière elle, jetant des ombres sur le visage préoccupé de Dolce. Elle frémit, soudain inquiète. Il se passait quelque chose, là. Elle était certaine que, plus tard, quand elle y repenserait, ça lui sauterait aux yeux.

Mais un homme interrompit l’instant en s’approchant, un gobelet en fer à la main.


- Restez pas dans votre coin, les jeunes ! Il y a à boire et à manger là-bas. Le premier soir, on fait toujours honneur au voyage. Venez fêter ça avec nous !

Syndrell interrogea Dolce du regard, puis Hièlstan ; il avait l’air fatigué de ceux qui ne sont pas encore habitués à voyager toute une journée et elle ne doutait pas qu’il avait été largement mis à contribution au cours de cette première étape, mais elle avait envie de partager son repas avec lui.

- Vous venez ? Je ne connais personne qui soit capable de résister à un morceau de crisane grillée !

Mue par une pulsion soudaine, elle glissa sa main dans celle de Dolce pour l’entraîner à sa suite. Difficile d’ignorer le tressaillement qui en résultat mais, pour l’heure, Syndrell décida de ne pas s’en préoccuper. Elle s’installa donc entre le Rêveur et lui, et commença à manger, souriante.

- Comment va Lean ? demanda-t-elle à Hièlstan. D’après Onee, sa sœur, il est apprenti chamoiseur ; j’espère qu’il recouvrira sa pleine santé avant d’avoir à faire ses preuves…

La crisane était bonne, le vin était bon, la soirée était douce. Discuter autour d’un feu après une journée aussi mouvementée était un vrai bonheur. Partager ce moment en la compagnie non prévue de Dolce, c’était encore mieux. Ils étaient assis côte à côte, si près que leurs hanches se frôlaient. Alors pourquoi avait-elle l’impression qu’un vide béant les séparait ? Elle finit par se pencher vers lui pour lui glisser à l’oreille, dans un murmure audible de lui seul :

- Besoin de prendre un peu l’air ?

S’il acquiesçait, elle le suivrait à l’écart du camp.

S’il refusait elle resterait, mais…


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 13 au 18 mars]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Sam 30 Avr 2016, 19:31

Le Rêveur irradiait d’un tel calme et d’une telle sérénité que Dolce se détendit légèrement. Hièlstan, puisque c’était ainsi qu’il s’appelait. Le jeune homme sentait que Syndrell l’avait reconnu, alors que le guérisseur répondait à sa question dans le même temps qu’il se présentait à lui.
- J'étais en train de faire connaissance avec ce monsieur. Vous étiez avec nous, aujourd'hui? Je ne vous ai pas croisé cette après-midi...
Dolce se contenta de secouer très légèrement la tête.
- Non, je viens d’arriver. Je m’appelle Dolce.

Il aurait voulu en dire un peu plus mais fut interrompu par Syndrell qui l’abordait à son tour.
- Vous ici, mon trésor ? Serait-ce que vous me suivez à la trace par peur de m’égarer ?
L’Envoleur déglutit lentement. Répondre autant sans doute été une erreur, là tout de suite, car au contraire il aurait préféré éviter la jeune femme. Elle était souriante, avenante, et pourtant il sentait comme un immense gouffre désormais entre elle et lui. Lui et elle.
Plutôt lui et elle. C’était sa faute à lui après tout, ce qu’il s’était passé.
Etonnamment, il ne regrettait pourtant absolument rien de ce qu’il avait pu faire. De ce qu’il avait eu envie de faire. Il était certain que ce qu’il ressentait n’était pas de la culpabilité. Plutôt un mélange de tristesse et de nostalgie, il n’avait pas envie de blesser la Marchombre et pourtant il pensait bien que cela serait le cas.

Il n’avait plus envie de se lancer dans ce jeu né des années plus tôt, lors de leur première rencontre.
Rien n’était plus comme avant. Rien ne serait plus comme avant. Tout cela l’avait trop ébranlé pour qu’un quelconque retour en arrière soit envisageable. Ou possible.

Voyant qu’il ne répondait rien, Syndrell sembla s’inquiéter, et il tenta de se reprendre un peu.
- Dolce, est-ce que tout va bien ?
Poussant un soupir, l’Envoleur se passa une main sur le crâne, mais alors qu’il allait répondre, un homme de la caravane vint leur proposer de boire et manger.

Ils se déplacèrent donc pour aller grignoter un bout de crisane. Syndrell demanda des nouvelles d’un garçon, et Dolce commença à se détendre légèrement. Toutes ses pensées et ses émotions se calmaient sous son crâne, comme ses interrogations. Discuter avec Syndrell lui semblait indispensable, mais il n’était pas certain d’en avoir le courage.

S’ébrouant, l’homme se tourna vers Hièlstan avec un petit sourire. Lui aussi avait des questions à poser.
- J’ai recueillit une fillette amputée juste sous le genou, et elle a des douleurs fantômes très récurrentes, surtout pendant la nuit. J’aurais voulu savoir s’il y avait un moyen de calmer cela… D’ailleurs, je ne sais pas si vous pouvez m’aider, mais actuellement elle a une prothèse statique. Vous pensez que quelque chose de dynamique pourrait l’aider pour ses douleurs ?
Ses questions étaient légitimes, et il était extrêmenent intéressé par les réponses, évidemment. Il voulait y mettre tout son coeur, à soigner Mélisendre, et à la rendre heureuse.

Syndrell s’était installée près de lui. Son odeur le titillait à chaque coup de vent et parfois ils s’effleuraient en mangeant… Mais au lieu de distiller cette chaleur dense et agréable dans le ventre de Dolce, cette proximité le mettait clairement mal à l’aise.

- Besoin de prendre un peu l’air ?
Pinçant les lèvres, l’Envoleur réfléchit quelques secondes. Il n’avait pas vraiment envie de se retrouver tête à tête avec la Marchombre, mais en même temps ce gouffre le mettait tellement mal à l’aise qu’il vallait peut-être mieux crever l’abcès ?
Finalement, un hochement de tête répondit à la jeune femme aux cheveux bleus.

- Quelques minutes, oui. Il jeta un coup d’oeil du côté du Rêveur pour lui adresser un sourire rassurant.
Ils avaient des choses à se dire, et peut-être même que Syndrell lui sauterait dessus pour lui arracher les boyaux. Ou les bijoux de famille. Mais si cela pouvait l’empêcher de se morfondre, il était presque prêt à endurer cela.


§§



Quand ils furent suffisamment  éloignés du camp pour ne pas être dérangés ou à portée d’une oreille indiscrète, Dolce poussa un long soupir.
Quelques arbres plongeaient leurs troncs dans le noir alors que la lune était haute. Il s’affala sous l’un deux, s’asseyant pour poser son dos contre l’écorce rugueuse mais rassurante. Fermant les yeux un instant, rassemblant ses idées et ses pensées, il inspira profondément.

- Syndrell je… J’ai quelque chose à t’avouer.
Commencer ainsi allait sans doute aleter la jeune femme, et s’arrêter au milieu aussi. Mais il aurait fallut qu’elle se mette de sacrées oeillères pour ne pas voir avant qu’il n’était pas à l’aise.
Gardant les yeux résolument fermés il s’humecta la lèvre inférieure.
- Je… suis allé voir ailleurs. Je… Il se mordit la langue, incapable de continuer… Il osa à peine ouvrit l’oeil droit pour guetter la réaction de la jeune femme. Il aurait voulu continuer, lui dire que pour lui cela signifiait quelque chose, lui dire qu’il ne voyait un couple que dans l’exclusivité et que tout cela relevait quelque chose de brisé entre eux, alors que cela faisait plusieurs années qu’il ne regardait plus les femmes parce que toutes ses pensées étaient tournées vers Syndrell..
Et tout cela… Ce n’était plus le cas.

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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Mar 03 Mai 2016, 23:08

Il avait presque fait une boutade à Syndrell. Croiseraient-ils une personne qu'elle ne connaîtrait pas? Cette fille avait plus de relations que l'Empereur en personne!
Mais il avait bien vite ressenti la gêne entre elle et l'inconnu. L'absence de réponse. L'inquiétude de Syndrell. L'air fermé de celui qui s'était présenté comme s'appelant Dolce. En tant que Rêveur, il percevait bien les émotions des gens ; mais là, cela n'aurait échappé à personne.

Il avait alors préféré se taire, et avait docilement suivi Syndrell et l'homme qui les avait chaleureusement invités, en notant la main que la jeune femme avait glissé dans celle de Dolce. Il avait d'ores et déjà décidé de ne pas rester bien longtemps ; il ressentait de plus en plus l'appel du calme. Sa tisane, empaquetée soigneusement au fond du sac, se faisait de plus en plus présente dans ses pensées, et sa tête devenait lourde.

___


"Comment va Lean ? D’après Onee, sa sœur, il est apprenti chamoiseur ; j’espère qu’il recouvrira sa pleine santé avant d’avoir à faire ses preuves…"

"Oui on a bien discuté, il m'a parlé de sa formation, et j'ai croisé son maître aussi... Ca va aller, il boîte encore, mais je pense que d'ici un ou deux jours il marchera normalement. Je ne sais pas si c'est moi qui l'impressionne, ou si c'est sa soeur qui l'effraie, mais il respecte mes consignes à la lettre!"

Il termina son morceau de crisane ; il l'avait englouti en un rien de temps, requinqué par les discussions joyeuses qui fusaient autour de lui.
Il avait jeté un oeil en direction du feu auprès duquel dormait Illis. Il fut rassuré de constater que l'on veillait sur elle et que tout semblait aller bien.

Il avait refusé poliment l'alcool qu'on lui proposait, en expliquant à une Syndrell curieuse qu'il ne buvait que du très bon vin -il n'aimait pas beaucoup le goût des autres alcools-, et en quantité modérées. Il se devait d'être toujours disponible pour tout le monde, et s'il n'y avait pas d'autres Rêveurs dans les parages, il préférait rester sobre.

Il commençait maintenant à se sentir un peu en décalage par rapport à ses compagnons de route, qui, eux, ne s'étaient manifestement pas fixé la sobriété pour ligne de conduite.
Il nota que Syndrell et Dolce semblaient en réserve également. Il y avait quelque chose qui n'allait pas, et cela inquiétait Hièlstan.

Il lui semblait maintenant assez clair que Dolce était l'homme auquel Kaünis avait fait référence. Sa relation avec Syndrell, leur malaise, et puis ces cheveux verts... Il n'arrivait toujours pas bien à savoir s'il s'agissait d'un effet de la lumière trompeuse du feu, ou s'ils étaient vraiment verts, mais il avait le pressentiment qu'il allait encore avoir l'occasion de se poser d'autres questions d'ordre capillaire...
Il semblait, mais à la lueur vacillante des flammes, c'était difficile à affirmer, bien plus vieux que Syndrell, et même plus vieux que Hièlstan. Etonnant, cet écart d'âge, mais après tout, il y avait en ces deux êtres assis côte-à-côte des choses plus plus surprenantes que ça.

Ce Dolce, en tout cas, lui plaisait. Il était assez discret, mais Hièlstan aimait son silence attentif. Il émanait quelque chose d'assez fascinant de cet homme. Et puis, cette musculature était plutôt impressionnante. Encore un qui semblait connaître son corps bien comme il fallait...


"J’ai recueillit une fillette amputée juste sous le genou, et elle a des douleurs fantômes très récurrentes, surtout pendant la nuit. J’aurais voulu savoir s’il y avait un moyen de calmer cela… D’ailleurs, je ne sais pas si vous pouvez m’aider, mais actuellement elle a une prothèse statique. Vous pensez que quelque chose de dynamique pourrait l’aider pour ses douleurs ?"

Hièlstan fut agréablement surpris que Dolce l'amène sur son domaine avec des questions si précises.


"Oui, bien sur qu'il y a des moyens. Il y a des médicaments, déjà, que vous pourrez trouver chez des apothicaires, des médecins, ou chez des Rêveurs. Notre corps sécrète de l'endorphine, qui nous aide à supporter la douleur, mais lorsque les souffrances deviennent chroniques, nous n'en produisons plus assez. Il existe des médicaments qui vont pouvoir soulager un peu cela. Si vous rentrez immédiatement auprès d'elle, je vous donnerai quelques feuilles à infuser qui la soulageront un peu en attendant que vous puissiez trouver mieux."

Hièlstan lui sourit, en marquant une petite pause le temps de boire un peu d'eau.

"Il y a également une thérapie à faire que l'on appelle la thérapie du miroir. En fait, on pense que les douleurs fantômes viennent d'un souci avec le cerveau : votre cerveau n'a pas compris qu'il manque un membre, et attend des signaux de celui-ci. Les signaux ne viennent pas, et il en résulte une confusion qui pourrait bien être à l'origine des douleurs. Du coup, on peut tromper le cerveau avec un message visuel. Il faudrait que la jeune fille se place devant un miroir, et qu'elle bouge son autre jambe, en la regardant. Grâce à l'effet de miroir, le cerveau pensera que le signal vient de la jambe qui est en fait manquante. C'est une méthode qui ne marche pas forcément à tous les coups, mais je pense qu'il faut l'essayer."

Le Rêveur laissa à nouveau un léger blanc pour que Dolce puisse retenir ces informations. Il se sentait légèrement frustré de ne pas pouvoir voir la fillette et lui expliquer tout ça lui-même, voir quels médicaments étaient les mieux adaptés, entamer un dialogue, et étudier cette histoire de prothèse.

"Ca, c'était ce que vous pouvez faire par vous-même. Maintenant, je ne peux que vivement vous conseiller d'aller voir mes confrères. Il y a une confrérie près d'Al-Jeit, tenez..."

Il lui dessina sommairement du bout du doigt une carte approximative, pour que Dolce puisse se repérer. Il ne doutait pas que cet homme était débrouillard.

"Si vous ne trouvez pas, demander aux habitants. Ils sauront vous aider, plus que les voyageurs. Il y a également toute une dimension cognitive à prendre en compte, et il serait bon que votre protégée rencontre des Rêveurs qui puissent discuter avec elle, et vous conseiller peut-être d'autres spécialistes. Ils sauront également vous indiquer de bonnes adresses d'apothicaires et médecins, si vous n'en connaissez pas. Quand à votre question sur les prothèses..."

Hièlstan soupira. C'était là un domaine qu'il n'avait guère approfondi durant son apprentissage, jusqu'à maintenant.

"Je ne suis pas un spécialiste, mais la prothèse n'a rien à voir avec les douleurs fantôme. En revanche, il faut faire attention à ce qu'elle ne blesse pas son moignon avec une prothèse de mauvaise facture. Pour un modèle parfaitement adapté, allez donc voir mes confrères, ou un médecin. Ils étudieront vos besoins en fonction de l'activité de la petite. En revanche, les Rêveurs ne fabriquent pas de prothèse, il faut voir avec des artisans, et là... Ca peut revenir assez cher, selon la qualité de l'objet."

Il était ravi de constater que Dolce était toujours attentif. C'était agréable de parler de tout ça avec quelqu'un qui semblait intéressé... Et cet engouement qu'avait l'homme à aider une fillette qu'il avait recueillie, cela ne pouvait que toucher le Rêveur, qui sentait de plus en plus de sympathique pour le compagnon - il n'était pas sur que ce soit vraiment le cas, mais bon - de Syndrell.

Vert et bleu...


___


Il se détachait de plus en plus des autres. Il commençait à vraiment vouloir s'éloigner, surtout maintenant que Dolce et Syndrell s'étaient éclipsés.
Mais il était inquiet pour eux.

Il n'était pas gêné par la situation ; quand on est Rêveur, on sait être un spectateur détaché. Il avait souvent, en exerçant ses fonctions, été témoin de scènes intimes et s'en était accommodé.
Non, il n'était pas gêné, juste inquiet pour ces deux-là.

Il avait donc décidé d'attendre encore un peu leur retour. S'ils revenaient, ou si l'un des deux revenait, il voulait pouvoir être là, au cas où ils aient besoin d'aide, pour pouvoir leur proposer quelque chose qui les apaiserait et les aiderait à trouver le sommeil, si c'était nécessaire.

Il attendrait encore un peu.
Après seulement, il prendrait sa tisane.
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Mar 10 Mai 2016, 22:52

[Je crois bien que Hièlstan devra attendre un peu avant sa tisane... ]




Quelques minutes… Troublée, Syndrell se leva, imitée par Dolce. Il avait été un temps ou l’Envoleur ne se serait certainement pas contenté de « quelques minutes ». En fait, il aurait déjà entraîné Syndrell à l’écart depuis longtemps, et elle l’aurait peut-être même devancé, pressée de le retrouver, de se retrouver avec lui – juste avec lui. Ils auraient fait ces quelques pas en discutant allègrement, échangeant leurs dernières aventures avec l’aisance de celui qui sait que l’autre comprend parfaitement.

Quelques minutes, alors. Elle s’éloigna sans bruit, après avoir échangé un regard avec Hièlstan ; le rêveur semblait pensif, mais elle ne savait pas si c’était à cause de la demande particulière de Dolce à propos de la jambe de Mélisendre, ou s’il s’inquiétait de les voir partir. Pourquoi faudrait-il s’inquiéter ? Dolce et elle ne risquaient rien, surtout s’ils étaient ensemble…

… n’est-ce pas ?

Lorsque les bruits de vie de la caravane leurs parvinrent comme un murmure étouffé, ils s’arrêtèrent, sans se concerter. Dolce se laissa tomber au pied d’un arbre, elle s’accroupit lentement en face de lui. Une jambe tendue sur le côté. Et attendit. Parce que c’était à lui de parler.

Il le fit au bout d’un moment, comme s’il lui avait fallu un certain temps pour assembler ses paroles, les modeler avant de les laisser franchir ses lèvres. Pourtant les mots qui jaillirent dans la nuit étaient tremblants. Comme le cœur de Syndrell.


- Syndrell je… j’ai quelque chose à t’avouer.

Il avait les yeux fermés.
Les siens étaient grand ouverts.


- Je… suis allé voir ailleurs. Je…
- Moi aussi.


Un silence assourdissant accueillit l’intervention presque brutale de Syndrell ; elle avait parlé précipitamment et regretta aussitôt cette impulsion. Elle prit une profonde inspiration à son tour et, cette fois-ci, prit soin de ciseler sa pensée avant de la laisser devenir réponse.

- Je n’ai jamais envisagé de te le cacher mais, à présent que tu es là devant moi, je me rends compte que c’est plus difficile que je le pensais, avoua-t-elle. Je vais essayer quand même si tu le permets.

Essayer d’ouvrir une partie encore inconnue de son cœur ? C’était risqué et pourtant elle avait l’intime conviction que c’était la seule chose à faire. Savoir que Dolce avait lui aussi fait quelque chose qui ne le rendait pas particulièrement fier la rassurait… Non. Ça l’effrayait mais d’un autre côté, elle savait ce qu’il ressentait en ce moment même, et elle se sentait ainsi plus proche de lui qu’au cours de la dernière demi-heure.

Sauf que dans sa tête, il y avait une véritable tempête. Les derniers jours se mélangeaient, des visages s’imposaient, le petit nez de Tsukia, le regard sombre de Narek, le rictus de Kaünis… Aurait-elle dû réagir plus franchement à sa provocation non déguisée ? Si elle n’avait pas été aussi désireuse de se voiler la face, n’aurait-elle pas dû lui sauter dessus, toutes griffes dehors, afin de défendre l’honneur de son amant ?

Qu’en était-il du sien, dans ce cas ? Tsukia, pas plus que Narek, n’avait été une « erreur de parcours ». Elle assumait pleinement ses actes et ne songeait pas à nier quoique ce soit mais… pourquoi avait-elle le souffle court ? Le cœur battant ? Les mains tremblantes ?

La réponse était toute simple.
Elle avait peur.





*





- J’ai peur, Miss… Je ne peux pas y aller. J’ai peur d’affronter mon passé. Peur de ce que je pourrais y découvrir. J’ai peur…
- Bien sûr que si, tu peux y aller. Tu ne veux pas. C’est différent. Mais dis-moi, Syndrell, veux-tu mourir ?
- Je…
- Qui te demande d’affronter ton passé, à part toi-même, jeune apprentie ? Que pourrais-tu trouver, mis à part une immense leçon de vie ?






*





Aussi curieuse qu’était l’intervention de se souvenir, issu d’un pan lointain de sa mémoire, elle offrit à Syndrell la chance d’y puiser son courage et de retrouver sa sérénité. Elle ramena sa jambe tendue et s’installa en tailleurs sur un lit de bruyère sauvage, puis ferma les yeux. Le temps de calmer sa respiration. Le temps de rassurer son cœur. Le temps de gommer les derniers tremblements de peur.

Et de sonder son âme.

Durant tout ce temps Dolce resta silencieux et, lorsqu’elle rouvrit enfin les yeux, ce fut pour lui offrir un regard empli de reconnaissance. D’une voix douce, sans hésitation ni accrochage, elle lui raconta comment sa route avait croisé celle d’une jeune marchombre hors du commun. Lui expliqua sa découverte du Zui Quan. Lui raconta sa première leçon.




« La seule maison du Zui Quan est le monde, ne l’oublie jamais. »



Elle lui parla ensuite de son arrivée à Al-Jeit, de la musique qui avait attiré son attention. De l’homme qui jouait de la guitare. De la constellation dans le noir rougeoyant de ses yeux. De la bataille de farine et des crêpes.



« Ressens les notes, au lieu de les chercher… »



Pas une seule fois sa voix ne faiblit, et si un poids jusqu’ici invisible lui sembla s’ôter de ses épaules, elle n’en ressentait pas moins une pointe de douleur dans le cœur, à cause de ce qu’elle pouvait lire dans le regard de Dolce ; chacun de ses mots était un coup de poignard qu’il acceptait pour l’heure en silence, impassible.

Mais c’était nécessaire. Il fallait qu’elle lui parle de tout cela parce que, finalement, c’était évident… aussi évident qu’une formidable leçon de vie.


- Ni Tsukia ni Narek ne m’ont éloignée de toi, dit-elle. Nos chemins ne sont plus les mêmes depuis un moment déjà, mais je ne suis pas sûre qu’il soit très important de déterminer à quel moment ils ont pris une direction différente. J’ai plutôt l’impression que nous devons être attentifs à ce que nous ressentons ici et maintenant.

Syndrell marqua une pause. Le chant des grenouilles s’était fait plus discret, comme si le chœur batracien avait deviné tout l’enjeu de cette discussion. Quelques lucioles dansaient dans l’air tiède et nocturne, petits points de lumière qui s’approchaient presque malicieusement des cheveux bleus de la marchombre.

- Moi c’était confus tout à l’heure, sans doute parce que je ne m’attendais pas à ce que tu m’offres un aveu semblable au mien. Mais à présent, je crois que j’y vois plus clair. C’est douloureux ici…

Elle posa la main sur sa poitrine, à l’emplacement du cœur.

- Je suis tombée amoureuse de toi quand je t’ai blessé pour m’enfuir, et depuis je t’ai aimé chaque jour un peu plus ; aujourd’hui je t’aime toujours autant, seulement ce n’est plus pareil, je suis…

Des cris l’interrompirent. Bondissant sur ses jambes en même temps que Dolce, Syndrell tourna la tête vers l’endroit où se trouvait le campement, craignant une attaque, mais son regard fut alors attiré par un flamboiement à travers les arbres.

Elle n’eut pas besoin d’écouter les cris de Gareth pour comprendre que la petite ferme non loin de laquelle ils avaient dressé leur campement était en feu.





*





- Les seaux ! rugit Naagrarh de sa voix puissante. Apportez les seaux !

Syndrell traversait déjà à toute allure le camp en effervescence. La ferme brûlait dans la nuit, les flammes montaient haut et les chevaux, effrayés, cherchaient à s’éloigner du danger. La marchombre fut la première à atteindre la cour enfumée de la ferme. Elle se précipita vers l’enclos des bêtes et, d’un coup de pied sur la porte, libéra les moutons qui s’enfuirent en bêlant de peur. Elle ouvrit ensuite aux poules et aux lapins avant que Lean ne prenne le relais, en boitillant légèrement.

Syndrell se tourna alors vers la ferme en flammes. A travers la fumée elle distingua deux silhouettes vacillantes.


- Par ici ! cria-t-elle en leur faisant signe.

Guidées par sa voix, les silhouettes se rapprochèrent : c’était une femme et son petit garçon qu’elle tenait serré contre elle.


- Vous allez bien ? s’inquiéta la marchombre en passant la main dans les cheveux noirs de suie de l’enfant. Vous n’avez rien ?
- Mon mari,
balbutia la femme, il est encore là-bas !

Le cœur de Syndrell chuta dans sa poitrine. Mais elle reprit rapidement son sang froid et poussa doucement la femme en direction du camp. Elle était choquée et couverte de brûlures superficielles, comme son fils.

- Allez vers les chariots et demandez Hièlstan, le Rêveur. Il s’occupera de vous.
- Tregan !
- Je vais le chercher. Allez !


Sans vérifier que la rescapée suivit son conseil, Syndrell se précipita vers la ferme. Elle savait que nul ne pouvait survivre à l’enfer qui se déchaînait sous ses yeux, mais elle savait aussi que des miracles, parfois, se produisaient. Tregan était peut-être encore en vie quelque part. Si c’était le cas, elle devait le retrouver !

Tout en courant, elle déchira sa manche et s’en servit pour recouvrir sa bouche et son nez. La fumée lui piquait déjà les yeux et la gorge, toutefois il aurait fallu un mur pour l’empêcher d’avancer, et encore ; plus déterminée que jamais, la marchombre disparut dans un brouillard fumant et crépitant.






*





- Tregan !

Sa voix était rauque et portait peu dans le ronflement puissant de l’incendie. Il faisait si chaud que Syndrell transpirait à grosses gouttes. Elle se glissa dans un couloir encore à peu près sûr et bondit en arrière lorsqu’une partie du plafond s’effondra devant elle. C’était moins une….

Tout craquait, tout gémissait autour d’elle. Le feu ravageait tout sans état d’âme, monstre changeant et destructeur, dévoreur… tueur. L’assassin qui volait la lumière et la chaleur du soleil. De plus en plus malmenée par le souffle brûlant, Syndrell continua d’appeler Tregan, espérant encore, refusant d’abandonner sans avoir tout donné.
Absolument tout.

Peut-être trop.

Elle avait vu le plafond tomber, mais la poutre qui s’effondra lui échappa dans cet enfer. Projetée à terre, elle se retrouva coincée sous l’épaisse barre de bois rongée par les flammes à une extrémité.

Coincée et inconsciente dans une ferme en train de brûler.


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 13 au 18 mars]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Mar 10 Mai 2016, 23:55

[ C'est la cata... o_o ]



- Moi aussi.
La voix de Syndrell le surprit, avant même que ses mots ne l’atteignent. Parce qu’elle était ferme et décidée, contrairement à la sienne. Il fallut quelques secondes de plus pour que le sens de sa phrase se fraie un chemin dans son crâne, et soudain ce fut comme s’il venait de se recevoir un coup de pied dans le plexus solaire. La sensation était tellement forte qu’il crut un instant à une vraie réalité, avant de se rendre compte que Syndrell s’était regroupée accroupie juste devant lui.
Il ne savait pas quoi dire.

Quelque chose se déchira au plus profond de lui-même.
A quoi pouvait-il penser, finalement ? Que pouvait-il faire ? Dire ?

Syndrell se mit à parler. Beaucoup. Longtemps.
Elle lui raconta comment elle en était venue à tomber dans les bras d’une jeune fille étonnante, puis d’un Marchombre musicien. A chaque nouvelle phrase, alors que la jeune femme s’apaisait, il sentait monter en lui une colère si noire qu’elle faisait vaciller les fondements de son être. De ce qui faisait qu’il était lui-même.
Il tenta de repousser cet océan de noirceur, pourtant cela s’emparait de tout ce qui était à sa portée. Une colère noire si froide qu’elle aurait dû lui geler le cœur.

- Nos chemins ne sont plus les mêmes depuis un moment déjà…

Elle avait raison. Il n’avait pas voulu le voir, il s’était voilé la face depuis longtemps, sans doute. Il ne savait pas quand cela s’était passé, mais comme l’avait dit Syndrell, cela n’avait pas une réelle importance, au fond. C’était ainsi.
Il ne voulait pas faire machine arrière.
Déjà car il n’en était pas capable, et ensuite parce que… Parce que Syndrell lui rappela comment ils avaient commencé à se côtoyer.
Elle l’avait blessé pour s’enfuir, alors que lui la cherchait depuis des mois. Tout était parti de là, en fait. Une blessure, pour commencer une relation. Il n’avait jamais fait le lien, parce que jusqu’alors il n’y avait pas eu de lien à faire. Mais, en y repensant, peut-être que chacun s’était retrouvé dans l’autre de manière irrationnelle, par défaut plutôt qu’autre chose ?

- Depuis je t’ai aimé chaque jour un peu plus ; aujourd’hui je t’aime toujours autant, seulement ce n’est plus pareil, je suis…
Elle fut interrompue par des cris, ce qui tira un froncement de sourcils à Dolce. Il avait bondi sur ses pieds par réflexe, et si l’odeur de brûlé lui parvint rapidement, il ne put s’élancer aussi vite que Syndrell à travers les arbres de la forêt.

Parce qu’elle n’avait pas fini sa phrase.
Elle était quoi ? Amoureuse de cette fille ? De ce mec ? Des deux en même temps ?
S’il était jaloux, maladivement, avec elle, c’était bien que quelque chose clochait depuis le début, non ? Etait-ce parce que lui avait peur de la tromper, ou parce que son sixième sens avait flairé que son besoin de liberté allait bien plus loin que son amour ? Il s’était basé sur l’idée d’un couple monogame, parce que c’était ce qu’elle lui avait toujours donné, c’était ce qu’il avait voulu lui donner.

Il ne pouvait pas retourner sa veste comme ça.
Il n’arriverait pas à faire comme si c’était normal de partager Syndrell. Il n’en avait pas envie. Ça le bridait dans sa liberté, ça la bridait dans sa liberté également. Il aurait fallu qu’il n’envisage pas leur relation de cette manière. S’il l’aimait vraiment, n’aurait-il pas été simplement heureux qu’elle soit heureuse, dans les bras de n’importe qui ?

Non.
Quelque chose s’était déchiré en lui. Les lambeaux avaient été dispersés, brûlés, noircis, il n’y avait plus rien à réparer. Il fallait simplement se faire à cette nouvelle disposition des choses.

Quand son regard se fixa enfin, quand l’acceptation de la situation telle qu’elle était se mit en lumière en lui, Syndrell avait déjà disparu depuis une minute ou deux dans les arbres, et la lueur d’immenses flammes léchait les troncs.
Dolce se demanda un instant s’il devait aller aider, ou juste disparaitre…
Pestant tout seul, il se mit à courir.
Vers la ferme.


§§


Traversant un troupeau de moutons qui se dispersaient à vue d’œil, Dolce chercha du regard le visage des gens qui couraient dans tous les sens.
Il reconnut Hièlstan qui prenait en charge des victimes de l’incendie avec un calme impressionnant, et s’approcha de lui. Il n’était soudain plus du tout fébrile, et alors qu’il allait demander comment aider, une femme racontait au rêveur qu’une jeune femme aux cheveux bleus était allée chercher son mari dans la ferme enflammé.

Cela tira un froncement de sourcils à Dolce. Il se rendit compte que ça aurait dû l’effrayer, le mettre en rogne, et pourtant il ne ressentit rien d’autre qu’un immense vide. Syndrell était Marchombre, elle avait décidé d’aller aider dans la ferme, elle pouvait très bien s’en sortir.
Mais l’Envoleur croisa le regard inquiet du Rêveur. Inquiet et culpabilisant.

Poussant un soupir, Dolce eut un léger mouvement du menton, avant de s’avancer vers la ferme.
Quand il vit le toit commencer à s’écrouler sous la chaleur des flammes qui venait en relents puissants lui chauffer le visage, il commença cependant à s’inquiéter lui aussi. Son regard glissa sur les fenêtres ouvertes, qui produisaient des appels d’air, et il vit une silhouette dans la fumée noire à l’intérieur.

Se passant une main sur le visage, l’Envoleur attrapa un seau qui passait à côté de lui et se le renversa sur la tête, humidifiant ses vêtements, avant d’attraper un bout de tissus pour le mouiller également et l’attacher autour de son crâne pour respirer dedans.
Alors, seulement, il sauta par-dessus une fenêtre carbonisée pour s’enfoncer dans la fournaise de la ferme enflammée.

Le plafond commençait à s’effondrer par endroits, mais ce fut la poutre qui céda en craquant sous l’étreinte des flammes qui attira l’attention de Dolce. Il bondit en arrière en se protégeant d’un avant-bras alors que ses vêtements commençaient à chauffer sérieusement. Heureusement qu’ils étaient humides, c’était plus supportable.
Un éclat bleu attira son attention dans cet univers de noir, rouge et jaune. Se ramassant sur lui-même, l’Envoleur repéra Syndrell inconsciente sous la poutre qui venait de s’effondrer… Elle était coincée sous l’épais bout de bois, et quand il essaya de la soulever, il n’arriva même pas à la faire bouger.

L’air était de plus en plus irrespirable, et il s’accroupit à côté de la tête de la marchombre pour ôter son morceau de tissus humide de son nez pour le mettre sur le sien.
Une partie de lui avait envie de la laisser là. L’autre partie protesta si vivement à cette idée – quelque chose s’était déchiré et il était plein de noirceur mais il n’était pas stupide, ni lâche ! – qu’il chercha une solution.
Se redressant, il laissa le disque autour de sa taille étinceller dans les flammes. Il allait chauffer très, très vite dans cette fournaise, aussi Dolce se dépêcha de couper la poutre qui brûlait de plus en plus, gagnée par les langues de feu. D’un coup de pied efficace, il finit de craquer l’épais tronc, dégagea le corps de la Marchombre et le chargea sur ses épaules pour trouver une sortie.

Plié en deux pour tenter d’inspirer de l’air plutôt que de la fumée noire, Dolce sentait ses forces le quitter alors que des points noirs se mettaient à danser devant ses yeux. Un coup de vent précipita des flammes sur lui et il recula par réflexe… Mais où il y avait du vent, il y avait une ouverture !
Puisant dans ses dernières forces, l’Envoleur prit une grande inspiration et se mit à courir vers les flammes, bondissant au-dessus de celles qui s’invitaient dans le parquet, pour finalement trouver une fenêtre dévorée par le feu.

Pas le choix.
Il bondit en avant, laissa son pied prendre appui sur le rebord de l’ouverture enflammée. Il sentit le feu tenter de s’en prendre à ses vêtements, mais sa chaussure était encore suffisamment mouillée pour ne pas qu’il s’y attaque, et en atterrissant dans le sable de l’autre côté, Dolce se baissa pour envoyer une poignée de sable sur le bas de son pantalon qui cramait doucement.

S’éloignant de la fournaise, il voulut jeter un dernier coup d’œil en arrière…
A ce moment précis, toute la charpente céda et la ferme s’écroula sur elle-même dans un fracas étourdissant qui fit trembler le sol.
Le spectacle avait immobilisé Dolce un instant, mais il se reprit bien vite et courut vers le rassemblement de personnes autour du seul rêveur actuellement disponible. Il allait avoir sans doute du travail, en espérant que la majorité des gens s’en soient sortis à temps…


§§


Syndrell était allongée sur le sol, et Hièlstan s’était occupé de ses quelques brûlures.
Dolce en avait une petite sur l’épaule, mais il avait refusé avec détermination un quelconque soin. C’était un peu sa preuve de bonne action, et il n’allait pas s’en débarrasser.

Observant la Marchombre étendue, il se dit qu’elle était quand même drôlement têtue. Et toujours aussi belle. Pourtant, il se rendit compte que ça ne palpitait plus, là au fond.
Un sourire triste étirait ses lèvres.

Faisant glisser une mèche de cheveux bleus derrière son oreille, il immobilisa son geste quand elle ouvrit les yeux.
Reprenant sa main vivement, il plissa les paupières un instant mais parla avant qu'elle ne puisse le faire.

-Je suis désolé, Syndrell.
Il peina à prendre une inspiration, mais reprit avant qu'elle n'ai pu l'interrompre.
- Je crois que ce n'est plus de l'amour.
La sentence tomba, irrévocable dans sa bouche, et dans son esprit. Il était triste. Mais il ne pouvait pas nier, il ne pouvait pas cacher l'évidence. Est-ce que cela l'avait jamais été, finalement ? Il en avait eu l'impression, oui. Mais là-bas, dans la forêt et dans les flammes, il n'avait pas eu envie de la suivre. Pas eu envie de la sauver. Il ne pouvait pas faire autrement, pour sa propre conscience, mais il ne pouvait pas ignorer non plus son absence d'intérêt soudain...

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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Mer 11 Mai 2016, 22:56

Tout s'enchaîna très vite.

Les premières rumeurs, alors que la chaleur d'une gorgée de tisane lui brûlait le gosier. Les premières lueurs, trop intenses pour être celles des feux de camps qui émaillaient la campagne.
Puis, les premiers cris. Les appels à l'aide. Les gens qui courraient vers lui, et lui qui s'arrachait à son début de méditation. Les sollicitations effrayées et confuses. Ceux qui essayaient de modérer les autres, ceux qui appelaient leurs enfants dans la panique, ceux qui courraient les bras chargés de seaux d'eau vers l'incendie, ceux qui regardaient de loin, hagards, l'air trop démuni pour tenter quoi que ce soit.

Il avait déjà accepté l'aide de deux jeunes, et venait de leur expliquer comment préparer des onguents pour soigner les brûlures, lorsque les moutons se répandirent, semant la pagaille parmi les itinérants. Hièlstan releva la tête, et la vue de la bâtisse dévorée par les flammes le fit frissonner. Si quelqu'un était allé ouvrir aux moutons, alors il espérait que cette personne avait quitté l'incendie.

Il aperçut, entre deux patients, Dolce s'approcher de lui. Syndrell n'était pas là. Le Rêveur n'en fut pas surpris ; elle devait être en train d'aider, quelque part... Mais quand même pas...


"S'il-vous-plaît? Vous êtes Hièlstan? J'ai besoin d'aide, je... Mon fils, s'il-vous-plaît..."

"Calmez-vous. Installez-vous là, asseyez-vous et ne bougez plus. Je vais m'occuper de vous deux."

Il s'assura que la vieille femme qu'il examinait n'avait rien de grave. Prise dans une bousculade, elle s'était un peu abîmé un poignet en tombant. Cela pourrait attendre ; il lui bricola un bandage sommaire et lui recommanda de ne pas bouger en attendant qu'il puisse s'en occuper plus en détail.
Alors, il se retourna vers la femme et son garçon. Le petit était hébété et restait immobile ; il avait l'air tout juste sorti du sommeil. La femme était dans un état de panique assez extrême, mais elle restait assise comme le lui avait demandé Hièlstan. Il lui en fut reconnaissant ; il voyait bien que cela lui demandait un effort considérable.

Un rapide coup d'oeil l'assura qu'aucun n'était gravement blessé, bien qu'ils soient clairement les deux personnes les plus touchées par les brûlures.
Il s'occupa d'abord de l'enfant, comme la mère l'avait demandé, et déroula aussitôt un rapide Rêve sur les parties les plus délicates.


"Pour le reste, on va t'appliquer des pommades, d'accord? Il faut que je m'occupe de ta maman, maintenant."

Le gosse hocha la tête, toujours déboussolé, et Hièlstan fit signe à une femme qui avait rejoint sa petite équipe de s'occuper de l'enfant.

"Je vais découper votre chemise. Elle risque de se coller à cette plaie... Voilà... Je vais soigner certaines brûlures directement avec un Rêve comme pour votre enfant, si vous n'y voyez pas d'inconv..."

"Non, non, si mon mari... Si elle... Il est resté là-bas, je... Il y a une fille avec des cheveux bleus qui est partie le chercher, s'ils reviennent il faudra s'occuper d'eux, pas de moi, ils... Ils vont revenir, c'est sur..."

Hièlstan sentit son coeur s'emballer un instant. Ainsi, ses craintes...
Cette fille était extraordinaire, et cette décision venant de sa part ne l'étonnait pas, mais... Il osa jeter un coup d'oeil vers le brasier. Assez vite pour voir une silhouette puissante s'y jeter. Il était trop loin pour l'affirmer avec certitude, mais il pensait que c'était Dolce.
Il ne répondit rien à la femme ; rien d'autre qu'un sourire, pour la rassurer.
Que pouvait-il lui dire d'autre? Il n'était pas dans ses habitudes de mentir. Il savait très bien qu'il y avait assez peu de probabilité pour que deux personnes ressortent vivantes du brasier.

Comme en échos à ses pensées, la fracas d'un effondrement leur parvint. La femme s'agita, Hièlstan posa ses mains sur ses épaules et capta son regard. Elle devait se calmer.
Comme elle le souhaitait, il ne déroula pas de Rêve. Elle n'était pas en danger de mort, il faudrait juste veiller à ce que ses blessures ne s'infectent pas et à ce qu'elles cicatrisent bien. Si les choses se calmaient, alors plus tard, il pourrait revenir à elle et s'en occuper plus longuement, et là, Rêver sur ses brûlures.
En attendant, il se chargea personnellement d'appliquer les onguents sur sa peau frissonnante. Elle semblait se calmer un peu. Etait-ce la fraîcheur de la mixture, son calme à lui qui la touchait, ou la fatigue qui prenait le pas sur les émotions?

Il n'y avait pas qu'elle ; tout semblait se calmer. Il n'y avait plus de blessés qui arrivaient. Moins de cris, moins d'agitation... Beaucoup de résignation. Des gens sanglotaient doucement.
Hièlstan songea avec compassion aux gens qui dépendaient de cette ferme. Ce serait difficile, pour eux.

Trois jeunes gens faisaient bouillir des tissus pour confectionner des bandages sains, et une herboriste avait sacrifié son stock de tisane pour distribuer à boire à ceux qui avaient besoin d'un peu de réconfort. Hièlstan alla la remercier ; lui-même n'avait pas d'assez grandes quantités de feuilles pour pourvoir aux besoins de tout le monde.

Lorsque Dolce revint avec Syndrell, il s'apprêtait à Rêver pour la femme qui pleurait doucement.
Syndrell était inconsciente. Dolce n'avait pas l'air trop blessé. Il lui avait recouvert le visage d'un tissu mouillé, intention louable. Hièlstan s'agenouilla tout de suite auprès de sa compagne de route, laissant les itinérants qui l'assistaient s'occuper de Dolce.
Il se focalisa sur la femme aux cheveux bleus, se retenant de se jeter de suite dans le Rêve. Il découpa sommairement ses vêtements bien abîmés, et jeta un rapide coup d'oeil à l'étendue des dégâts ; elle ne semblait pas, à son grand soulagement, avoir subit de trop graves séquelles... Du moins en extérieur.
Mais elle n'était pas inconsciente pour rien, et il devait vérifier que rien de grave n'avait atteint son organisme.
Alors, il Rêva.

Il laissa la fraîcheur du Rêve s'emparer de sa peau brûlante, rougie, glisser sur ses poils noircis et morts, réparer les cellules que le feu avait tenté de dévorer ; il laissa le Rêve courir le long des centaines de petits vaisseaux sanguins qui n'avaient pas résisté à la chaleur, et laissa son esprit courir le long de ses os. Il vit des chocs, qu'il apaisa. Il ne vit pas de fêlures, pas de cassures, et il vit des lames.

Des lames.

Le Rêve s'arrêta de courir un instant. Le coeur continuait de battre, le sang d'abreuver le corps, les muscles de frémir, mais lui était figé en elle. Là, un corps étranger, et pourtant non. Tout ça ne dura qu'une seconde ; le Rêve reprit ses droits, et se remit à courir. Dans les mains, les hanches, dans les poumons obstrués par la fumée, vers ce délicat assemblage de rouages tous plus fins et fragiles les uns que les autres qu'était la tête.
Alors, le Rêve s'essouffla, le grondement du sang chaud s'estompa, remplacé par le bruissement de la foule autour de lui, par le crépitement des flammes qui continuaient leur vorace repas.

Il resta interdit quelques secondes, encore bouleversé par ce qu'il avait vu chez elle.
S'il pu vite reprendre contenance, c'était bien parce que ça n'était pas vraiment une nouveauté, pour lui. La présence d'éléments dans le corps qui n'auraient pas dû y être selon des manuels d'anatomie et selon les rêgles de normalité, il l'avait déjà constatée.
Une seule fois.

Un seul mot.

Marchombre.

Tout devint plus limpide. Cette façon de bouger, ses talents hors du commun, cette vie trépidante... Il ne savait pas vraiment ce qu'était un Marchombre, mais ça semblait convenir.

Et ça, ces lames, on le lui avait appris, c'était un de leurs signes distinctifs. Un de leurs grands secrets. Un de ces secrets qui peuvent valoir la mort.
Il repensa à la colère du Marchombre qu'ils avaient soigné, à la confrérie, lorsqu'ils lui avait dit ce qu'ils avaient vu.

Syndrell se réveillait doucement ; Dolce était à son chevet.
Il faudrait qu'il lui en parle. Plus tard. Là maintenant, ce n'était plus à lui d'être à ses côtés.

Il ne voulait pas entendre une conversation intime, aussi s'éloigna-t-il rapidement, rangeant dans un coin de sa tête ce qu'il venait d'apprendre pour pouvoir à nouveau s'occuper des autres personnes. Il commençait à fatiguer, c'était beaucoup de Rêves, de patients et de soins à donner pour un seul Rêveur, mais il avait encore de la ressource.

Il alla vers la femme, celle qui... Son mari. Le fait établi le frappa, avant même qu'il ne la voie, recroquevillée sur elle-même, son enfant dans les bras. Elle pleurait à chaudes larmes.
Hièlstan s'approcha en douceur, lui écarta tendrement les mains et écarta l'enfant, qui, lui, ne pleurait pas. Il ne fallait pas qu'il doive supporter le deuil de sa mère avant même d'avoir commencé le sien. Il le remit aux bras d'une femme qui l'enveloppa d'une couverture. L'enfant se laissa faire sans broncher.


"Je suis désolé."

Il s'assit juste à côté de la femme, qui s'effondra par terre, et posa simplement une main sur son épaule. Pas de Rêve, pas de soins.
Il fallait juste attendre...
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Ven 13 Mai 2016, 07:03


- Qu’est-ce que c’est que cette mine que tu nous tires, jeune fille ?
- J’ai de la suie plein les joues ?
- Oui, mais je parle des larmes. Pourquoi pleures-tu ?


Syndrell secoue doucement la tête. Elle sait, mais elle n’a pas envie de répondre ni de s’engager dans cette direction-là. Elle préfère apprécier la présence apaisante d’Eonard qui, assis en tailleur sur le plancher impeccable de ce qui semble être un atelier, observe avec attention la petite pièce de verre qu’il tient entre ses doigts.

Il la fait lentement tourner sur elle-même pour en détailler les courbes et les aspérités ; la baie vitrée laisse le soleil entrer et inonder la pièce d’une flaque de lumière vive dont les couleurs chatoient au contact de la figurine. Elle hausse un sourcil en reconnaissant un furet.

- J’ai rencontré un drôle de bonhomme, forgeron de son état, qui disait t’avoir connu de ton vivant.
- Laisse-moi deviner : il t’a parlé des bijoux que j’ai dessinés pour le remercier ?
- Il a appelé ça un « sale tour », précision intrigante quand on songe que tu n’es peut-être pas le plus grand farceur de l’empire…
- Moi non mais Dil’Duran, oui. C’est lui qui m’a arnaqué le premier. La tunique qu’il a réalisée à ma demande fonctionnait parfaitement à un détail près : elle était trop petite et sentait le renfermé quoi que je puisse faire, même en la lavant dix fois de suite.
- Etait-ce si grave ?
- Le renfermé ET l’alcool.
- Oh…


Syndrell essuie la sueur qui perle à son front. Assise en tailleur en face de son vieil ami, elle capte toute la chaleur du soleil et se sent presque fondre. Perdue dans ses pensées qui la ramènent instinctivement vers les paroles vacillantes d’un homme aux cheveux verts, elle sursaute lorsqu’une brise fraîche vient caresser sa nuque.

Et ouvre les yeux.





*




Sonnée, peinant à accommoder sa vision, Syndrell devina la présence de Dolce plus qu’elle ne le vit. Elle avait reconnu sa caresse et ce simple contact apaisa les battements frénétiques de son cœur ; elle reprit corps avec la réalité au son lointain des cris. Se rappela l’incendie, la poutre… Fronça les sourcils.

Elle se trouvait allongée dans l’herbe. Quelqu’un avait roulé un manteau sous sa tête et, lorsqu’elle leva les bras, elle découvrit de pâles dessins sur sa peau, vestiges de brûlures qui auraient dû la faire souffrir le martyr. Hièlstan s’était occupée d’elle. Mais c’était à Dolce qu’elle devait la vie.

Tournant les yeux vers lui, elle voulut le remercier ; il fut plus rapide et vola les paroles qui allaient s’échapper de ses lèvres sèches.


- Je suis désolé, Syndrell. Je crois que ce n’est plus de l’amour.

La jeune femme se mit à trembler. Il avait sauté dans le brasier pour aller la chercher, au risque d’y laisser sa vie… si ce n’était pas par amour, alors pourquoi ? Par défi ? Pour l’ivresse du danger ? Affirmait-il qu’il ne l’aimait plus quand elle disait l’aimer toujours, mais différemment ? Leurs points de vue n’avaient jamais été si tranchés et elle ferma les yeux.
Une larme roula sur sa joue, traçant un sillon salé dans la suie qui maculait sa peau.


"Pourquoi pleures-tu ?"


- Sois heureux, murmura-t-elle. Et, s’il te plaît… ne m’oublie pas.

Elle ne voulait pas qu’il pense à elle chaque fois qu’il était triste, parce qu’alors il finirait par associer ce sentiment à son souvenir ; elle préférait que, de temps en temps et de façon tout à fait incongrue, un bout de ciel bleu vif lui rappelle la couleur unique de ses cheveux.

Qu’il l’aime encore assez pour ne pas l’effacer définitivement de son cœur.

Lui, il ferait toujours partie d’elle, comme un secret bien gardé, un mystère jamais égalé, jamais dévoilé. Précieux cadeau qui, pour l’heure, alourdissait son cœur et brûlait ses yeux.

Quand elle les rouvrit, Dolce était parti.





*




- Comment tu te sens ?
- Bien,
mentit Syndrell.

Elle s’assit et essuya rapidement ses yeux avant de les lever vers Gareth, accroupi près d’elle. L’intendant n’avait pas bonne mine lui non plus, des cloques couvraient ses avant-bras et ses vêtements, roussis par endroits, faisaient peine à voir, tout comme les siens.

- Tu as montré ça à Hièlstan ?
- Il est occupé et ça peut attendre.
- Mais…
- Ça peut attendre,
répéta Gareth, sans hausser le ton mais avec une assurance qui empêcha Syndrell d’insister davantage.

Genoux remontés et serrés contre la poitrine, elle regarda autour d’elle, glissant sur les visages marqués par l’horreur et le chagrin, mais c’était surtout la frustration qui se lisait dans les yeux fatigués ; beaucoup ici savaient tenir une arme et se défendre, certains étaient même d’excellents combattants mais, face à une telle force de la nature aussi gigantesque qu’un incendie nul ne pouvait rien faire, et l’impuissance laissait un arrière-goût bien amer.


- Il y avait un homme dans la ferme, est-ce que…
- Non.


Un long frisson secoua la marchombre. Elle tourna la tête vers la lueur rougeoyante qui dansait derrière les arbres, là-bas, et s’excusa avec peine auprès de Tregan. Elle n’avait pas réussi à le sauver. Elle était désolée.

- Arrête ça.
- « ça » quoi ?
- Arrête de croire que tu as échoué.
- C’est pourtant le cas,
dit-elle tristement.

Garteh fit alors quelque chose d’étonnant : il lui attrapa le menton. La tendresse était un concept tellement éloigné de sa personnalité que Syndrell, surprise, ne bougea pas. Il en profita pour plonger son regard dans le sien.

- Si tu avais échoué tu serais morte toi aussi. Mais non. Tu es entrée dans cet fournaise, après avoir guidé femme et enfant dans la fumée, après avoir permis à leur bétail de s’échapper. Ils reconstruiront une ferme.
- On ne reconstruit pas un mari, rétorqua-t-elle. Ni un père.
- Non.


Il lui lâcha le menton et se redressa.

- On se débrouille simplement pour le faire vivre en nous.

Syndrell leva les yeux et observa Gareth avec curiosité. Elle croyait bien le connaître, pourtant elle avait l’impression de découvrir une nouvelle facette de sa personne, plus secrète mais moins touchante que le clin d’œil qui lui lança.

- Le Rêveur a bien travaillé mais il faudra peut-être que tu rencontres un coiffeur…

Comme il s’éloignait, elle passa la main dans ses cheveux et laissa échapper un petit gémissement dépité. Ses longues mèches bleues n’étaient plus. Le feu qui avait commencé à prendre dans sa chevelure n’avait pas eu le temps de la tuer puisque Dolce l’avait sauvée juste à temps, mais le désastre capillaire était irréversible.

Dans un soupir, elle tira le poignard de Miss de sa ceinture et coupa sommairement les quelques mèches qui avaient conservé une certaine longueur. Un travail expéditif et grossier qui lui laissa toutefois une allure moins dépenaillée : ses cheveux s’arrêtaient désormais un peu au-dessus des épaules et elle secoua la tête pour s’habituer à cette sensation étrange. Il y avait longtemps qu’elle n’avait eu les cheveux aussi courts.

Sa précieuse lame rangée, Syndrell se leva avec précaution. Elle avait l’impression que ses muscles protestaient tous en même temps et un léger vertige l’obligea à rester immobile un bref instant ; Hièlstan avait bien travaillé cependant, et elle se sentit capable de se rendre utile.

Tromper l’ennui et surtout occuper ses sombres pensées était indispensable.

Ignorant si Dolce avait quitté la caravane, elle déambula parmi les gens, rassurant les plus effrayés, secondant les plus occupés. Le grain de la grange et le foin avaient été mis à l’abri. On avait commencé à réunir le bétail mais quelques bêtes étaient encore éparpillées dans la nature ; Syndrell et Onee partirent à cheval pour les rabattre vers le camp.

Vagabond était très nerveux, agité par l’odeur piquante de la fumée dans l’air, même à plusieurs mètres de la ferme et, si sa cavalière n’était pas aussi têtue que lui il aurait pris la poudre d’escampette depuis longtemps. Elle le laissa se cabrer deux fois avant de le lancer dans un puissant galop qui le détendit un peu.

Ramener les quelques moutons égarés pris un certain temps. L’aube pointait lorsque Syndrell regagna le camp. Elle était épuisée, physiquement et moralement, et glissa lourdement à terre. Onee prit les rênes de Vagabond et l’envoya se reposer, mais la marchombre avait reconnu la bure désormais familière de Hièlstan et elle s’approcha de lui.

Le Rêveur avait l’air fatigué lui aussi. Elle songea qu’il n’avait pas dû s’asseoir un seul instant au cours de cette nuit mouvementée et se mordit la lèvre ; pour un premier jour de voyage, il avait été servi… Regrettait-il de s’être joint à la caravane ? De l’avoir rencontrée ?

Trop lasse pour laisser de telles questions prendre le dessus, Syndrell attrapa Hièlstan par les épaules et se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur la peau glabre de sa joue.

C’était sa façon de le remercier de l’avoir soignée.
Et d’être toujours là.


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 13 au 18 mars]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Lun 16 Mai 2016, 19:01

[ Pardon, c'est court ! ]


Dolce se mordit l’intérieur de la joue en voyant Syndrell commencer à trembler. Un nœud se forma dans sa gorge alors qu’une larme roulait sur la joue de la Marchombre, et il prit le temps d’expirer longuement alors que la jeune femme aux cheveux bleus lui demandait de ne pas l’oublier.

Il ne pouvait de toutes façons pas l’oublier.
On ne peut pas oublier l’amour, de quelque façon de que ce soit. Tous ces moments qu’ils avaient passés ensemble, c’était gravé en lui, cela faisait partie de lui, de sa vie, de ces dernières années. Il ne pouvait pas nier tout cela, cela aurait été stupide en plus d’être dangereux.

Un sourire aussi timide que triste étira les lèvres de Dolce.
- Aucune chance.
Sa voix avait été basse et calme, peut-être un peu tremblante, elle aussi. Il se pencha une dernière fois vers Syndrell, déposant un baiser sur son front encore chaud. Elle avait fermé les yeux, et il se redressa pour s’éloigner.
La laissant là.
Seule.


§§



Dolce passa une certaine partie de la nuit à aider les gens de la caravane.
Il était triste, pas loin de l’effondrement, et se sentir utile lui permettait de ne pas flancher. Il savait qu’ainsi, il risquait de recroiser Syndrell, mais c’était de bonne guerre. Maintenant qu’il avait dit ce qu’il avait sur le cœur, ce qu’il avait découvert de lui-même, il n’avait plus peur de la voir. D’interagir avec elle. Il n’en avait pas envie, mais il pourrait faire avec, et permettre à d’autres personnes de sortir la tête de l’eau lui permettait de rester à la surface lui aussi, finalement.

Ramener des animaux dispersés, trouver des personnes, aider à construire des abris sommaires, rassembler ce qui restait d’utilisable… Tout cela prit un certain temps, et quand enfin l’activité commença à décroitre, Dolce décida qu’il devait partir.
Cependant, il ne voulait pas faire cela comme un voleur.

Trouvant facilement le Rêveur qui l’avait aidé, et répondu à ses questions, il s’approcha de lui. Il avait l’air fatigué, mais Dolce n’en avait pas pour longtemps. Il posa sa main sur l’épaule de l’homme avec un sourire triste.
- Merci pour vos réponses et votre aide. Je vais m’en aller maintenant, je vous souhaite une fin de route moins mouvementée dans tous les cas.

Quand il se redressa, il fit que Syndrell n’était pas loin. Plantant son regard dans celui, incroyablement doré, de la Marchombre, l’Envoleur poussa un petit soupir.

- Au revoir, Syndrell.

Cela sonnait définitif, cela l’était sans doute. Aurait-il l’occasion de la recroiser ? Comment pourraient-ils gérer une situation pareille ?
Dans tous les cas, il devait rentrer au Domaine. Il avait deux apprentis qui l’attendaient. Finalement, il n’aurait pas le temps de passer par Al-Chen, c’était vraiment bête, mais il ne pouvait pas se permettre de rentrer. Il n’en avait plus envie, à vrai dire, car Mélisendre tout comme Tendresse comprendraient trop vite que quelque chose d’important s’était passé. Il n’avait pas envie d’en parler, pas envie de se justifier.

Poussant un long soupir, il s’approcha de Singa qui lui souffla doucement sur les mains. Alors qu’il montait en selle, il jeta un dernier coup d’œil en arrière. La résignation et la frustration avaient pris la place de la panique, la colère et la tristesse dans le camp. Il ne pouvait plus rien faire pour ces pauvres gens.
D’un claquement de langue, il mit sa monture dans un petit trot, pour partir directement vers l’Ouest.

__________________________________________



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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Mer 18 Mai 2016, 00:22

Il resta longtemps avec la veuve.
D'abord, elle pleura. Silencieusement, par moment. Puis les sanglots s'intensifiaient, et son souffle se saccadait. Alors, sous les mains et les paroles apaisantes du Rêveur, elle se calmait de nouveau, sombrait presque dans l'inconscience, pour ensuite frissonner, paniquer encore...
Jusqu'à ce qu'elle commence à parler. Un peu. Souvent interrompue par ses propres sanglots incontrôlables. Hièlstan ne faisait que l'écouter. Elle lui parlait de son mari. De la ferme qu'ils avaient bâtie, de leurs employés, de la nourrice qui l'avait aidée à allaiter son fils alors qu'elle-même était gravement malade après la naissance, et encore de son mari.
Des fois, elle riait entre ses larmes ; d'autres, elle se recroquevillait dans un long gémissement.
Et puis, les larmes se tarirent. Les mots s'adoucirent. Ce fut à ce moment que Hièlstan lui proposa gentiment de l'aider à s'endormir.  D'abord, elle ne voulut pas, mais elle ne résista pas bien longtemps aux arguments du Rêveurs.
Elle voulut voir son fils, et le Rêveur prit garde à ce qu'elle ne le réveille pas. L'enfant dormait profondément, mais son sommeil était agité. Une femme de la caravane veillait sur lui, et sur d'autres enfants assoupis dans d'épaisses couvertures.
Rassurée, la mère bu la tisane, son visage marqué baigné par la lumière rosissante de la nuit.
Hièlstan la quitta une fois qu'elle fut profondément endormie, ce qui ne prit guère de temps, car elle était épuisée, et il avait copieusement dosé le breuvage.

Fourbu, il se frotta les yeux et se leva. Le soleil n'était pas encore levé, mais il ne faisait plus nuit. Certaines personnes dormaient, la plupart s'activaient.
Tous étaient épuisés, mais tous aidaient du mieux qu'ils pouvaient. Il remarqua qu'ils faisaient des roulements pour se reposer un peu. Cette formidable énergie humaine illumina Hièlstan de l'intérieur, et un sourire radieux se peignit sur son visage fatigué.

C'était beau.

Il distribua encore quelques soins. Ses commis avaient bien travaillé, durant son absence. Certaines personnes avaient encore besoin d'un Rêve, et il s'y remit, plein d'une énergie nouvelle. Son don fusait sur les plaies, glissait sur les tissus abîmés et les chairs boursouflées.
Jamais il n'avait tant enchaîné les Rêves. Il découvrit que les Rêves se déroulaient presque d'eux-même, tant il avait répété et répété les mêmes soins tout au long de la nuit. Mais il se sentait fatiguer, et espérait qu'il n'y aurait pas de blessures majeures à soigner pour les prochaines heures.
Même les brûlures, pourtant peu complexes à Rêver, commençaient à tirer sur son don fatigué. Fatigué, mais pas encore affaibli.

Quelques personnes étaient allées à cheval chercher des herbes curatives. Il leur en fut très reconnaissant ; de nombreux patients auraient besoin de nouveaux bandages dans la journée.

Il venait de laisser repartir Gareth lorsqu'une main se posa doucement sur son épaule. Il n'eut pas la force de sursauter, et adressa un sourire fatigué à Dolce. Il l'avait effectivement vu s'affairer toute la nuit.
Syndrell, il ne l'avait pas revue, mais on lui avait dit qu'elle était partie à cheval chercher le bétail avec Onee, la soeur de Lean. Il s'était un peu inquiété pour elle, car il n'était pas sur qu'elle soit bien en état de s'agiter de la sorte ; mais personne n'était vraiment en état, et tout le monde le faisait. Syndrell n'était pas seule, cela était rassurant, et elle était de toute façon libre de ses actes. Elle n'aurait probablement pas accepté le repos s'il le lui avait proposé.


"Merci pour vos réponses et votre aide. Je vais m’en aller maintenant, je vous souhaite une fin de route moins mouvementée dans tous les cas."

"Merci à vous également pour votre aide, Dolce. Attendez une minute avant de partir, j'ai quelque chose pour vous."

Hièlstan fit rapidement un petit paquet avec quelques feuilles, en expliquant leur nom et leur effet à Dolce. La préparation de nécessitait rien d'autre qu'une infusion, et même si elles n'étaient plus bonnes lorsque l'homme retrouverait la petite fille, il pourrait au moins les montrer à un apothicaire ou à un herboriste pour qu'il lui en fournisse d'autres, au cas où il ait oublié le nom.
C'était une plante commune, comme l'expliqua le Rêveur, Dolce n'aurait aucun mal à s'en procurer ; et il le rassura en lui expliquant que lui-même pourrait en trouver sur le chemin si le besoin s'en faisait sentir.


"Eh bien, au revoir. Je suis ravi d'avoir fait votre connaissance. Si vous êtes de passage à Al-Chen, n'hésitez pas à passer me voir ; un Rêveur isolé, ce n'est jamais bien compliqué à trouver."

Sur un dernier sourire, il se retourna, et alors Hièlstan vit Syndrell, juste derrière eux. Elle avait coupé ses cheveux brûlés. Heureusement, il lui en restait une longueur raisonnable. Hièlstan se rendit compte que si ces cheveux singuliers l'intriguaient beaucoup, il les aimaient énormément. Il aimait la manière dont elle les portait, bien éloignée de celle de Dolce, qui semblait plutôt vouloir masquer le vert atypique de ses propres cheveux.
A vrai dire, sans l'allusion de Kaünis la veille - la veille, ou des jours et des jours avant? - il n'aurait probablement pas fait attention à son crâne rasé de près.


"Au revoir, Syndrell."

Il se détourna. Il aurait voulu ne pas entendre, cela ne le regardait pas. Il s'était passé quelques choses entre eux deux, il en était certain.
Il se dit que Syndrell avait décidément eu une nuit chargée en émotions.

Il attendit un instant ; il aurait voulu voir Syndrell, pour lui dire d'aller se reposer, mais il ne voulait pas l'importuner dans un moment délicat.
Avant même qu'il ait eu le temps de se retourner pour voir si Dolce était bien parti, ou s'ils étaient en train d'échanger, Syndrell était à ses côtés.

Et elle l'embrassa.

Il rougit un peu. Il ne s'y attendait pas! Oh, cela ne le gênait pas ; combien de fois Téa avait-elle planté un baiser sur sa joue? Mais Téa, il la connaissait depuis des années ; Syndrell depuis... Une journée.
Cette franchise l'émut. Il aimait lorsque les gens laissaient parler leurs sentiments sans retenue. Cela faisait de magnifiques moments de vie, des petites bulles de présent qui remontaient à la surface, au milieu d'un océan de retenue et de convenances.
Oh, il aimait aussi les retenues et les convenances ; mais le temps n'était pas aux réflexions sur la vie et l'humain.


Il prit Syndrell par les épaules, doucement, et l'écarta légèrement pour observer son visage, à peine débarbouillé, tiré par la fatigue, et cerné. Ses yeux brillaient, et quelque chose semblait éteint en eux. Hièlstan fronça légèrement les sourcils.

"Syndrell, je crois que tu devrais te reposer. Tout le monde a pris un peu de repos, il me semble. Tu as encore un peu de temps avant que nous ne partions. Je sais que tu veux aider, mais tu en as déjà fait beaucoup, et regarde, tout le monde a très bien travaillé. Personne ne t'en voudra si tu dors un peu. Je serais rassurée de te savoir un peu reposée. Ton corps en a besoin, et... Ton esprit aussi, je pense. Ca t'aidera à réfléchir. A prendre un peu de recul."

Il soupira légèrement. Elle devait savoir que l'homme qu'elle avait tenté de sauver était décédé.

"Je ne peux pas t'y obliger, mais je te le conseille vivement. C'est mon métier, de soigner les gens... Et les faire dormir aussi. Si tu le souhaite, je vais te préparer une tisane qui calmera ton esprit et détendra tes muscles. C'est à toi de décider."

___


Le soleil était levé, mais les cendres encore fumantes, lorsque les chariots se mirent en branle et les chevaux s'agitèrent. La formidable mécanique humaine reprenait la route.

Des médecins étaient arrivés, pour prendre en charge les blessés, et des voisins arrivaient en renfort pour soutenir ceux qui ne partaient pas vers Al-Chen. Hièlstan avait laissé la veuve et son enfant entre de bonnes mains. Son rôle parmi eux étaient terminé.

Il s'était lui-même reposé un peu. Il avait fait savoir qu'il ne fallait pas hésiter à le déranger s'il y avait besoin d'aide, mais il savait qu'il devait accorder un peu de sommeil à son corps et à son esprit.
Il devrait encore se tenir disponible pour une journée entière, avant de pouvoir vraiment se reposer. Il cligna de ses yeux fatigués pour se concentrer sur ce qui l'entourait.
C'avait été épuisant, et il n'avait même pas eu le temps d'y penser. Il espérait un peu de tranquillité, lors de cette deuxième journée, pour faire le ménage dans ses pensées confuses et bouillonnantes. Il s'était passé, tellement, tellement de choses...

Mais ce ne serait pas pour tout de suite, car un peu plus loin devant, il aperçut Syndrell. Il grimpa sur Flèche pour aller la rejoindre. Il fallait qu'il sache comment elle allait.
Qu'il sache s'il pouvait ou non lui dire ce qu'il avait vu en déroulant son Rêve... Il devrait le lui dire avant de la quitter, de toute façon. Il n'avait pas le droit de lui cacher qu'il était au courant.
Il n'avait pas non plus le droit de l'accabler d'encore une émotion...


"Syndrell."

Il avait parlé d'une voix douce. L'homme qui chevauchait à ses côtés s'éloigna en leur adressant un signe. Voulait-il leur laisser un peu d'intimité, ou était-il intimidé par le Rêveur? C'était un de ces hommes qui était resté distant, jusque maintenant.

Hièlstan adressa un sourire à la jeune femme.


"Ca va aller? Tu as pu te reposer, un peu?"


[C'était un plaisir Dolce! Very Happy]
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Mer 18 Mai 2016, 15:08

Voir Hièlstan s’empourprer aussi instantanément que Ciel tira un pâle sourire à Syndrell, mais son regard s’assombrit lorsqu’elle aperçut Dolce, juste derrière le Rêveur. Pourquoi était-il encore là ? N’étaient-ils pas sensés tourner une page ?

La marchombre se mordit la lèvre, surprise par sa propre réaction. C’était mesquin et elle le savait : Dolce s’était attardé afin de se rendre utile. Il n’avait rien à faire avec ces gens et il avait probablement envie de s’en aller, mais il était resté.

Elle écouta d’une oreille distraite l’échange entre les deux hommes et passa distraitement la main dans ses cheveux désormais courts pour les ramener en arrière, geste habituel qu’elle allait répéter encore quelques jours avant de le gommer puisqu’il était devenu inutile.


- Au revoir, Syndrell.
- Salut Dolce,
préféra-t-elle répondre.

Elle n’aimait pas les adieux, et elle leva soudain les yeux pour plonger son regard dans celui qu’elle connaissait par cœur ; se pouvait-il qu’ils se voyaient pour la dernière fois ? N’y aurait-il donc pas de bleu et de vert à nouveau dans leur avenir ? Plus de discussions animées à la lueur d’un feu ? Plus de jeu du chat et de la souris ?

Plus de Elle et Lui ?

L’Envoleur se détourna.
La Marchombre ne bougea pas.
C’était fini.




*




Interdite, Syndrell resta plantée là, transie de froid et de fatigue, sourde aux bruits environnants mais pas à la voix douce et légèrement inquiète de Hièlstan qui parvint à dissiper quelque peu les brumes de son humeur. Elle n’entendit pas tout mais, lorsqu’il accrocha son regard au sien, elle se sentit soudain moins perdue. La chaleur de ses mains sur ses épaules alliée à celle de son timbre fit le reste.

Oui, elle allait dormir, elle l’avait bien mérité ! Rassurant son ami d’un sourire bref mais sincère, la jeune femme quitta celui-ci pour remonter l’allée de chariots stationnés sur le bord de la grand route. En chemin elle croisa Naagrarh ; le maître caravanier n’interrompit pas sa conversation lorsqu’elle le dépassa mais il défit son épais manteau et le déposa sur les épaules de Syndrell.

Réchauffée davantage par le geste que par le vêtement, elle grimpa dans le chariot bâché, poussa quelques caisses vers le fond et s’allongea sur le plancher. Frissonnante, elle se roula en boule et ferma les yeux, mais le sommeil la fuyait alors que son corps avait désespérément besoin de repos.

Sans parler de son esprit. Les images qui y dansaient n’étaient pas des plus joyeuses et, lorsque son cœur s’emballa, elle s’obligea à souffler par la bouche.

Lentement. Doucement.
Voilà.

Petit à petit, son souffle précipité s’apaisa. Elle n’avait plus connu ce genre de crise d’angoisse depuis des années, les premières étant apparues lorsque Vanora l’avait laissée presque morte après l’embuscade qui avait coûté la vie à Nuance, et les dernières s’étant estompées peu après la disparition de la félonne.

A quelque chose malheur est bon ! Syndrell savait désormais comment gérer ce genre de situation, et une fois tranquillisée, elle put se concentrer sur ce qui avait déclenché son affolement. Ça. Tout ça. Tout ce désordre qui régnait en elle, une sacrée pagaille dans laquelle elle aurait volontiers donné un bon coup de pied si seulement elle l’avait pu.

Le sommeil finit par la cueillir en pleine réflexion et la retint trois heures pleines. Trois heures émaillées de rêves agités. A son réveil, l’espoir fou que toute cette histoire – Dolce, l’incendie –ne soit qu’un mauvais rêve la submergea un bref instant, puis elle soupira. Non, bien sûr que non, c’était bien trop simple…

Alors, elle décida de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Qu’on ne lui dise pas qu’elle n’avait pas le choix ! Le chaos sentimental qui obscurcissait son cœur ne devait pas non plus assombrir son champ de vision. Déterminée, elle se faufila hors du chariot et plongea dans l’agitation familière du départ imminent pour trouver de quoi se débarbouiller.

Après une toilette sommaire, elle rendit son manteau à son propriétaire. Naagrarh n’était pas en train de parler cette fois mais il ne dit rien tandis que la marchombre lui tendait son bien en le remerciant. Elle sentit seulement son regard la suivre alors qu’elle disparaissait au milieu des voyageurs ; efficace et même clairvoyant, c’était un homme qui savait faire l’économie des mots au moment où ceux-ci ne pouvaient être qu’inutiles. Syndrell lui en savait gré.

Vagabond ne cacha pas sa joie de la retrouver. Il était soulagé de quitter cet endroit qui sentait le brûlé et plus encore, il était soulagé de voir sa cavalière. Exclusive tête de mule qui parvint à dérider la marchombre en multipliant les facéties. Lean s’était permis de préparer l’étalon et Syndrell adressa un signe de la tête au garçon avant de se hisser sur le dos de son fidèle compagnon.

Ses muscles étaient un peu raides après une telle nuit, mais les quelques heures de repos avaient redonné un peu de couleur à ses joues et, quand elle fit avancer Vagabond, son cœur se mit à battre plus vite. Elle ne se retourna pas sur sa selle, au contraire  des autres cavaliers. Ne jeta pas un dernier regard à la ferme dévastée.

Cela aussi, c’était terminé.





*





Les brumes du matin s’étiraient sur la plaine, humides et légères, tandis que le pépiement des oiseaux accompagnait le départ de la caravane. L’aube était là mais le soleil tardait à faire son apparition : le ciel s’éclaircissait et adoptait des couleurs chaudes sans qu’il ne daigne pointer le bout de ses rayons à l’horizon.

Syndrell attendait Onee en échangeant quelques mots avec Pame, un homme d’une trentaine d’années qui avait une façon bien particulière de se tenir en selle et de diriger sa monture à l’aide d’une seule main. Après les banalités d’usage, Pame la regarda avec une fascination qui la gêna. Ses paroles n’arrangèrent rien.


- Se jeter dans le brasier comme ça c’était… impressionnant.
- Et très dangereux.
- Sans nul doute ! Est-ce que tu fais ça souvent ?


Perplexe, Syndrell jeta un coup d’œil à son compagnon de route. Etait-il en train de lui demander si elle sautait régulièrement dans un incendie ?

- Sauver des gens, ajouta-t-il enfin, et elle haussa les épaules.
- Non.

Pame avait visiblement d’autres choses à dire mais, après avoir regardé par-dessus son épaule, il lui adressa un petit signe et s’éloigna au petit trot. Plus soulagée qu’intriguée, Syndrell fit ralentir Vagabond afin d’accorder son pas sur celui de Flèche. Le sourire de Hièlstan lui fit retrouver le sien.

- Ça va aller ? Tu as pu te reposer un peu ?
- Oui et oui ! Même si j’ai l’impression qu’un troupeau de buffles m’est passé sur le corps,
avoua-t-elle en faisant rouler les muscles douloureux de ses épaules.

Le Rêveur semblait avoir récupéré lui aussi, et elle fut rassurée de constater qu’en dépit des derniers événements qui avaient marqué ce premier voyage, il était plus à son aise. Il avait trouvé sa place en aidant ces gens et son don avait été très précieux.

La marchombre décela toutefois l’écho d’une attente dans le silence qui suivit leur échange et, tout en réajustant son carquois sur son épaule, elle soupira doucement.


- Et si tu posais ta question, maintenant que le calme est revenu ?



[D'accord avec Wëlle, ce fut un plaisir mais nom d'une chiure de mouche en babouches, c'est trop triste !!!]

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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Mer 18 Mai 2016, 21:20

[Soupir léger, jette un coup d'oeil alentour pour vérifier qu'il n'y ai personne à portée d'oreille, à voix basse]


"Ce n'est pas une question. J'aurais souhaité te le dire dans d'autres circonstances, mais je ne peux pas te le cacher... Je... En déroulant mon Rêve sur toi, j'ai vu... J'ai vu tes lames.

Personne d'autre que moi ne sera au courant, je te l'assure."
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Mer 18 Mai 2016, 21:27

- Je sais.


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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Ven 20 Mai 2016, 21:49

Il ne se sentait pas très bien.
Il n'aimait guère l'idée de savoir des choses intimes sur les gens... Enfin non, ce qui le gênait ce n'était pas l'intimité, mais l'idée de découvrir ces secrets contre leur gré... Non pas que ça le dérangeait d'avoir à les porter ; il savait tenir sa langue, il n'avait jamais eu envie de tout raconter, et puis s'il pouvait aider les gens en allégeant un peu leur fardeau, cela ne lui posait aucun soucis. Au contraire, il le faisait avec plaisir, il se sentait fait pour ce rôle. Un pilier, un soutien ; tout pour les aider.

L'ennui, c'est que certaines personnes ne demandaient rien.
Comme Syndrell, qui n'avait pas encore tenu à lui révéler le rôle qu'elle tenait dans l'empire, ni tenu à lui révéler ce qu'on appelait, d'après ses maîtres, la greffe Marchombre. Il aurait préféré l'apprendre de sa bouche. Il aurait préféré qu'elle choisisse de se dévoiler à lui. Il aurait préféré ne rien savoir avant que le temps n'en soit venu, s'il devait venir un jour...

Mais c'était comme ça.

Heureusement, elle ne semblait pas en colère. Pas comme le Marchombre avec lequel il avait inopinément appris ce grand secret. Elle ne semblait même pas vraiment contrariée.
Elle avait une vie d'aventures ; ce n'était certainement pas la première fois qu'elle était blessée. Elle était peut-être déjà passée entre les mains de Rêveurs, qui avaient poussé leur don suffisamment loin pour eux aussi voir les lames dans ses bras. Ou peut-être un autre membre de sa guilde lui avait déjà raconté ce genre d'histoire. Il se demanda si, au final, il n'était pas plus surpris de sa réaction qu'elle ne l'avait été par ce qu'il venait de lui annoncer.

N'empêche, quel mystère... N'avait-il pas là l'occasion rêvée d'en savoir plus ? Mais il n'oserait pas demander, et il ne pensait pas qu'elle répondrait. Si cette fameuse greffe représentait un si grand secret, ce n'était pas pour rien. Les Marchombres en eux-même étaient un secret ! Qui serait-il donc pour demander à en savoir plus ?
Il en savait déjà beaucoup plus beaucoup d'Alaviriens.

Il resta silencieux un moment. Il n'était pas sur qu'elle ait très envie de parler, et lui-même était plongé dans ses pensées.
Etait-ce une forme de dessin ? Les maîtres lui avaient dit qu'on en savait rien. Ils étaient restés vraiment évasifs, à vrai dire. On lui avait dit que c'était un signe distinctif des Marchombres, qu'il s'agissait d'une greffe d'origine et de nature inconnue, que très peu de monde était au courant, en dehors de leur guilde, et des Rêveurs qui avaient été initiés à ce mystère. L'un des maîtres avait aussi précisé que les greffes pouvaient être différentes. Hièlstan avait demandé différentes comment, on ne lui avait pas répondu.
La première greffe qu'il avait vue consistait aussi en la présence de lames cachées dans le corps. Y avait-il d'autres choses ? D'autres objets ? Y avait-il des Marchombres moins bien dotés que d'autres ? Est-ce qu'ils étaient tous greffés ? Est-ce que la fille, Inwëlle, en avait une, elle aussi ?
Il se demanda si ça faisait mal. C'était quand même des sacrés morceaux bien tranchants. Est-ce que ça sortait par la peau, est-ce que ça la déchirait ? Syndrell ne semblait pas avoir de graves cicatrices sur les bras. Peut-être qu'une greffe ne devait servir qu'en dernier recours. Peut-être n'était-elle qu'à usage unique.


Trop de peut-être, trop de questions !
Hièlstan n'aimait pas vraiment se sentir aussi curieux sur un sujet qui ne le regardait pas. Chacun ses secrets, et il se sentait un peu gêné par son envie d'en savoir autant. Même s'il s'agissait quand même là d'un mystère anatomique hors du commun, il était mal-à-l'aise avec sa propre curiosité. N'était-il pas légitime que lui, Rêveur et passionné du corps humain, se pose des questions sur cette étrange greffe ?
Seulement, il savait, il sentait, que sa curiosité n'était pas entièrement pure. Pas comme d'habitude. La fatigue, le choc, le trop-plein d'émotions ?
Il ne voulait pas se plonger dans des doutes qui risquaient de le ronger pour le reste du voyage. Il désirait se changer un peu les idées, pour s'aérer l'esprit, qui était décidément bien trop encombré.


"Tu veux bien me parler un peu d'Al-Chen ? Tu connais bien le coin, là-bas ?"

Voilà qui devrait lui changer les idées, si du moins Syndrell avait envie de papoter avec lui, et si elle avait un peu de temps avant de repartir battre la campagne en bonne éclaireuse qu'elle était.

A part ce que l'on lui avait appris à l'école et lors de son apprentissage à la confrérie, il ne savait rien de cette ville. La troisième plus grande de l'empire, située sur le bord d'un lac géant autour duquel courraient de nombreuses histoires et légendes... La demeure de la Dame, notamment... Qu'il devait être beau, ce lac, pour qu'un personnage aussi mythique daigne s'y installer ! Est-ce que le Dragon avait déjà caressé le fameux Dôme de ses ailes ?
On disait qu'à Al-Chen, il y avait beaucoup de jeunes Dessinateurs, attirés par la renommée du Dôme. On disait aussi que c'était un carrefour de l'empire, et que beaucoup de gens y passaient, faisant fourmiller les rues et les alentours d'une activité frénétique, de jour comme de nuit.
Une chose était sure, c'est qu'il était bien plus heureux d'être dépêché à Al-Chen qu'à Al-Vor ! Oh, il y aurait été de bon cœur, mais avec plus d'appréhension au ventre, probablement...

Il avait assez hâte de voir la ville, mais il ressentait également de l'appréhension. Si Al-Chen et ses environs ne lui plaisaient pas... Mais non, il n'y avait pas de raison. Lui qui savait voir le positif partout, s'installer près d'une ville à la si jolie réputation ?
Ca ne pouvait que marcher !
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Sam 21 Mai 2016, 17:37

Oui, elle savait ce qu’il avait en tête. Elle avait lu dans le lac paisible de son regard le petit frémissement de la curiosité, une curiosité bien trop importante pour qu’il ne puisse pas s’agir de ce qu’il avait vu en déroulant son Rêve. Il avait effleuré un secret farouchement protégé par la guilde.

Syndrell regardait droit devant elle, elle attendait. Qu’il lui demande pourquoi, comment… Comment un tel miracle, pourquoi un tel silence. C’était toujours la même chose, au fond, et elle avait l’habitude : Pragon Fliboise n’était pas le seul et unique Rêveur de l’Empire qui ait percé le secret de sa greffe.

Non… le secret n’était pas vraiment percé. Tous ces hommes à qui elle devait la vie, un bras, une jambe, une main… Ils avaient vu ses lames sans avoir vu leur importance ni compris leur existence ; elle avait toujours répondu à leurs questions sans jamais leur offrir ce qu’ils voulaient réellement savoir. D’abord parce que c’était un sujet trop intime à son goût, et ensuite parce qu’elle ne trahirait pas la guilde, pas même pour remercier ses sauveurs.

Elle ne savait pas encore ce qu’elle répondrait à Hièlstan.

Ils ne se connaissaient que depuis quelques heures, un jour et une nuit désormais, et pourtant il était déjà plus qu’un simple compagnon de voyage à ses yeux ; était-ce parce qu’il lui rappelait parfois Ciel ? Parce qu’il était d’une franchise rare ? A cause de cette manière qu’il avait de porter un regard serein sur les gens et le monde ? Sur elle ?

- Tu veux bien me parler un peu d’Al-Chen ? Tu connais bien le coin, là-bas ?

Elle tourna légèrement la tête pour l’observer du coin de l’œil. Voilà. Voilà pourquoi il n’était pas seulement un compagnon de route. Parce qu’il savait poser les bonnes questions au bon moment. Et, le reste du temps, il savait écouter les réponses qu’on lui offrait. C’était tout à son honneur et Syndrell, touchée par une telle sagesse, ferma les yeux un instant.

Respect.




*




- Al-Chen… Al-Chen est une ville comme aucune autre. Tu t’y perdras souvent mais jamais tu ne regretteras de t’être égaré parce que tu rencontreras toujours quelqu’un, ou bien tu découvriras quelque chose de particulier, un endroit fabuleux ou un bâtiment impressionnant. C’est une ville qui vit le jour, mais aussi la nuit.

Syndrell suivit des yeux l’envol d’un héron dans l’éclat du soleil qui, enfin, apparaissait à l’horizon. Une ligne flamboyante se dessina devant eux, rappelant les couleurs de l’incendie qui avait marqué leur nuit. Elle cligna des yeux.

- Ce n’est toutefois pas elle que nous apercevrons en premier mais le lac. Tiens-toi prêt, c’est renversant. Immense et renversant – pourtant moi je le connais bien…

Elle avait hâte d’assister à la réaction du Rêveur lorsqu’il découvrirait le lac Chen, perle de l’Empire et des hommes qui l’habitait. Un sourire dansa sur ses lèvres. Il allait se plaire, là-bas. C’est ce qu’elle lui fit comprendre en ajoutant d’un ton léger :

- Pour moi c’est l’endroit rêvé, alors je pense qu’un Rêveur y trouvera sa place !

Onee les dépassa au galop et Vagabond s’agita, pressé de la suivre, mais Syndrell retint son étalon quelques secondes de plus, le temps de planter son regard dans celui de Hièlstan.

- Elles ne me blesseront jamais et seront toujours là pour moi, murmura-t-elle. Cadeau d’une montagne pour avoir appris à danser sur un fil d’harmonie et de vent… et secret que désormais tu partages. Un jour…

Elle ne dit rien de plus et laissa Vagabond s’élancer au galop. Parce que la promesse était déjà scellée dans son cœur. Un jour, Hièlstan verrait ses lames pour de vrai.




*




La matinée se déroula sans aucun incident. Au-devant de la caravane, Syndrell et Onee veillaient, observant la route et ses alentours, inspectant les marques sur la piste, guettant le mouvement du vent dans les hautes herbes ; elles avançaient parfois au pas et discutaient dans la lumière chaude et douce du matin, ou bien filaient chacune de son côté pour traverser qui un bosquet, qui un champ, qui encore un pré ensoleillé.

Al-Chen n’était plus loin. La piste se rapprochait du Pollimage, que les brumes dissimulaient à leur vue mais que l’on devinait aux circonvolutions des mouettes dans le ciel, sur la gauche. Arrêtée au sommet d’une petite butte herbeuse, Syndrell soupira doucement : ils atteindraient la ville en fin d’après-midi.


- Fais-le savoir à Naagrarh, demanda-t-elle à Onee.
- D’accord.

La jeune femme fit demi-tour et partit dans un petit galop, laissant Syndrell et Vagabonds seuls dans un univers de vert et d’or. Les champs s’étendaient à perte de vue, clairsemés de quelques fermes, quelques poignées de maisons et de moulins.

Elle était perdue dans ses pensées lorsque, soudain, elle tressaillit en se rappelant quelque chose. Un détail immense qui lui avait échappé dans le courant des récents événements. Sa main disparut dans sa besace et en sortit le fourreau ouvragé de Dil’Duran, dans lequel se trouvait…

Elle posa les doigts sur le manche, tira doucement, dévoilant petit bout de lame qui scintilla vivement sous l’éclat du soleil… rengaina la dague avec fermeté. L’envie de la lancer le plus loin possible était grande, mais son bras ne se résolut pas à accomplir ce geste. Le cœur vide, elle rangea la dague destinée à Dolce dans son sac.


- Allez mon grand, dit-elle à son frison. On continue.




*




Vagabond lancé au petit trot, Syndrell remontait la colonne de voyageurs en sens inverse ; quelques mains s’agitaient à son passage, elle y répondait d’un sourire ou par un hochement de la tête mais ne s’arrêtait pas pour discuter. Elle cherchait quelqu’un.
Elle cherchait Hièlstan.

Elle finit par le trouver, discutant avec une jeune femme et manoeuvrant tranquillement son chariot tiré par deux mules noires.


- Viens, dit-elle au Rêveur lorsqu’il posa les yeux sur elle.

Invitation aussi flamboyante que l’or en fusion de son regard. Elle attendit qu’il laisse les rennes à sa compagne de route et s’installe sur Flèche avant de quitter la piste, coupant à travers les prés verdoyants des collines entre lesquelles le groupe avançait lentement. Penchée sur l’encolure de Vagabond, Syndrell jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, vit que son ami était là et accéléra encore l’allure.

Plus vite ! Plus haut ! Jusqu’au sommet de cette colline…
Jusqu’à ce qu’elle arrête son étalon, lequel se cabra puissamment avant de s’apaiser, la crinière agitée par le vent. Ils étaient en haut. En bas, l’immensité du Lac Chen s’ouvrait à eux.

Beau à en couper le souffle.

Syndrell tourna la tête et redécouvrit le lac sur les traits de Hièlstan. Elle goûta son étonnement et savoura son admiration intense et silencieuse, touchée par son émotion autant que par son ravissement. Une éternité plus tard, quelques minutes à échelle d’humain, elle émit un petit claquement de langue. Vagabond se détourna.

Voilà…



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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Mar 24 Mai 2016, 23:27

"Al-Chen… Al-Chen est une ville comme aucune autre."

Y avait-il vraiment une ville qui ressemble à une autre ? Hièlstan n'avait vu que des petites bourgades et des villages de pêcheurs ou de paysans, et là déjà, chacun respirait d'une âme qui lui était propre, si on savait observer avec les bons yeux...

Même s'il n'aimait guère les villes, il était sensible à leurs charmes et savait voir leurs beautés respectives.
Il savait ressentir les architectures différentes selon les régions, bien que, pour l'instant, il n'ait vu que les styles architecturaux de la côte Sud et ceux du côté d'Al-Jeit.
Il avez le nez assez fin pour déceler les odeurs différentes qui s'y promenaient ; le fumet des poissons du Sud, l'odeur des forges, celle de la paille fraîchement coupée ou de la terre retournée qui collait sous les ongles ; la senteur des mets délicieux des cuisines d'Al-Jeit, il l'avait notée aussi, et se demandait quel goût aurait l'air d'Al-Chen.
Cet air, serait-il humide comme celui dans lequel il avait grandi ? Il ne serait pas salé, ça il en était à peu près certain. Et le vent, alors, le vent si changeant qui balayait chaque lieu d'une manière si différente, amenant son propre lot de singularité...

Il ferma les yeux, pour voyager un peu, pour imaginer les arbres et leurs ramures aux feuilles peut-être étrangères, pour imaginer le jus d'un fruit nouveau qui lui coulerait sous le menton, pour imaginer les bruits plein de l'accent des gens d'Al-Chen, ou plein de l'accent des quatre coins de Gwendalavir.


"Tu t’y perdras souvent mais jamais tu ne regretteras de t’être égaré parce que tu rencontreras toujours quelqu’un, ou bien tu découvriras quelque chose de particulier, un endroit fabuleux ou un bâtiment impressionnant. C’est une ville qui vit le jour, mais aussi la nuit."

Une ville qui vivait la nuit... C'était à Al-jeit qu'il avait expérimenté cela pour la première fois. Les commerces toujours prêts à vous accueillir à n'importe quelle heure, le petit épicier qui sait toujours dépanner d'une denrée, les marchés plus cachés qui fonctionnent sous le couvert de l'obscurité, les joyeux drilles qui ont choisi de s'amuser sous les étoiles et de dormir sous la caresse du soleil...

Mais la nuit, pour l'instant, restait une étrangère pour lui, qui n'était guère fêtard et qui n'avait jamais chamboulé son rythme implacable. La nuit, Hièlstan dormait ; et la seule visite nocturne qu'il avait faite d'Al-jeit l'avait laissé avec l'impression d'évoluer dans un monde qui n'était pas le sien. Ce n'était pas désagréable, c'était intéressant.
Cependant, pour l'instant, la nuit, il préférait soigner son sommeil.

Il avait hâte de voir un peu les nuits d'Al-Chen ; étaient-ce des nuits arrosées, ou plutôt des nuits de fêtes populaires ? Il y aurait surement des marchés de nuits, à l'ambiance si spéciale, si vacancière. Et des gens dans les caniveaux, ça, oui, il y en aurait partout... Tout comme partout où il irait, il y aurait quelqu'un à soigner, un âme à penser, un corps à aider.


"Ce n’est toutefois pas elle que nous apercevrons en premier mais le lac. Tiens-toi prêt, c’est renversant. Immense et renversant – pourtant moi je le connais bien…"

Le lac, ce lac géant dont il avait tant entendu parler... Les récits disaient qu'il était si étendu, que d'une rive on apercevait pas l'autre. Il avait toujours eu du mal à l'imaginer, à le visualiser, et donc à le croire ; pour lui, seul l'océan pouvait prendre la place d'un horizon terrestre. Mais maintenant qu'il avait vu le Pollimage de ses propres yeux, il était plus dubitatif... Si un fleuve de cette taille était lié à un lac, il pouvait en attendre beaucoup du lac.
Si une voyageuse comme Syndrell le trouvait toujours renversant...

Ce lac, lui évoquerait-il son océan natal ? Ce lac, pourrait-il combler un peu le manque qui déjà s'éveillait en lui ?
Hièlstan en doutait.
Le lac n'était pas salé.

Le lac serait autre chose, un autre plaisir, une autre habitude, un autre paysage, et certainement pas un substitut. Rien ne pouvait substituer aux flots colossaux des grands océans du Sud ; et probablement, rien ne pouvait substituer à la surface brillante du lac Chen.
S'il avait trouvé sa place auprès de l'Océan, en trouverait-il une autre auprès du lac?

Ce fut comme en échos que Syndrell lança un joli jeu de mot, qui ravi Hièlstan.


"Pour moi c’est l’endroit rêvé, alors je pense qu’un Rêveur y trouvera sa place !"

Il n'eut rien le temps de répondre ; déjà, Onee passait en trombe. Il sut alors qu'il était temps pour Syndrell de cesser les bavardages.
Néanmoins, elle retint le sursaut de Vagabond, et ne s'en fut pas de suite. Son regard si sérieux, si intense, le perturba un peu. Il ne s'y attendait pas.


"Elles ne me blesseront jamais et seront toujours là pour moi. Cadeau d’une montagne pour avoir appris à danser sur un fil d’harmonie et de vent… et secret que désormais tu partages. Un jour…"

Sa bouche s'arrondit alors qu'elle s'envolait à dos d'étalon, sans qu'il n'ait le temps de répondre, sans qu'il n'ait même songé à une réponse.

Il reste figé un instant, comme pour laisser ces mots énigmatiques s'inscrire doucement en lui. Il les articula silencieusement.
Il ne voulait pas les oublier.

Un jour...

___


Voilà que l'après-midi était entamée. Il avait laissé Flèche de côté pour prendre les rênes d'un chariot, auprès d'une jeune femme plutôt bien née, mais qui savait rester humble malgré ses belles origines. Elle était très cultivée, et discuter avec elle était bien agréable.
Elle était de ceux qui avait été légèrement brûlé, et dont il avait fallut refaire les pansements dans la matinée. Elle allait séjourner quelques temps à Al-Chen pour affaire, et avait demandé au Rêveur de la visiter régulièrement pour s'occuper de sa blessure -elle voulait éviter les cicatrices- et pour l'aider avec quelques problèmes de respiration chroniques, que la fumée et les cendre de la nuit avaient aggravés.

Bien sur, qu'il avait accepté ; c'était là son métier, et son seul mot d'ordre était de faire passer les passants les plus urgents en premier. Elle avait trouvé cela normal, et avait sous-entendu avec tact qu'elle le paierait bien pour ses services.
C'était un soulagement ; il ne voulait pas être dépendant trop longtemps de la confrérie d'Al-Chen. Une patiente ne suffirait certes pas, mais chaque sous, chaque denrée, chaque tissu ou morceau de n'importe quoi qu'on lui donnait était un apport précieux à ses maigres ressources.
Elle s'appelait Ora.

Hièlstan devait bien se l'avouer, il était heureux d'arriver à Al-Chen avec des connaissances...

Il se demanda alors quand il reverrait Syndrell ; car il lui paraissait évident qu'ils seraient amener à se recroiser. Mais elle voyageait tellement! Passait-elle souvent par la ville au lac? Elle semblait bien la connaître ; mais il devait y avoir beaucoup de villes, qu'elle connaissait bien.

En parlant du loup...

___


L'étendue d'infini scintillait de mille vaguelettes, de mille soleils qui dansaient à la surface de ses eaux claires.
A l'horizon, l'eau, le ciel et ses nuages moutonneux semblaient se fondre dans l'univers pour se prolonger, encore et encore.
C'était comme si cette colline était le bout du monde. Comme si le vent qui faisait claquer sa bure venait de la bouche de mille Dragons, comme s'il était le souffle de mille Dames, qui flânaient au loin, là-bas, quelque part.

Comme un bout du monde qui ne finissait pas.
Comme un doux rêve qui ne se réveillait pas.
Comme le lac le plus beau qui puisse exister.

___


En serait-il sorti, sans le mouvement de Syndrell?
Quand en serait-il revenu, de cette fabuleuse découverte? Quand donc aurait-il fermé les yeux à ce rêve lumineux, quand aurait-il eut la force de détourner le regard?

C'était aussi intense que la vue depuis le haut de l'Arche, c'était aussi bouleversant, c'était aussi magnifique.
Il n'avait pas de mot. Il ne voulait pas repartir, redescendre dans la vie. Il voulait rester là-haut. Construire une maison sur cette colline, seul, constamment au vent, et le voir toujours, ce lac.
Cette immensité, un lac, qui l'eut cru? Pourtant, l'air le chantait de toute sa force, l'air frais, pur, le vent de la terre qui vibrait sur un ton différent de celui de la mer ; le vent qui ne sentait pas le sel.

Hièstan huma à pleins poumons. Il remplit sa poitrine de vent, et lorsqu'il l'expira, ce fut comme si son âme sortait de la rêverie comme l'air s'échappait de son corps.

Syndrell avait déjà fait faire volte-face à Vagabond, mais Flèche s'en moquait un peu et broutait tranquillement. Elle aussi semblait apprécier l'endroit ; mais Hièlstan commençait à être plus à l'aise, et d'une main ferme il reprit les rennes et la mis au pas pour rattraper la jeune Marchombre.

Il n'avait pas très envie de parler ; il avait besoin d'un moment pour se remettre. Lui qui déjà s'extasiait devant une fleur des champs, ou devant le vol d'un scarabé irisé...
Ce voyage était décidément bien singulier... Et plein de surprises. C'était beaucoup pour le Rêveur sédentaire qu'il était.

Beaucoup d'émotions, de découvertes, de rencontres, de péripéties, de nouveautés, beaucoup d'actions, de larmes, de peur et d'adrénaline.

Il se sentit à nouveau épuisé. La fatigue étendait son lourd manteau sur ses épaules, et il mourrait d'envie de s'y lover.
bercé par le balancement régulier de sa monture, par le vent qui caressait sa joue, le doux soleil qui réchauffait sa peau, il se laissait aller à la somnolence, ne cherchant guère à y résister. Epuisé, épuisé... Etait-ce un rêve, un long rêve? Le Pollimage, le lac, la fille aux cheveux bleus... L'incendie, la fille au cheveux noirs, l'homme dans la ferme, un cauchemar? Il ne savait plus, il avait l'impression d'être plusieurs, que d'autres chevauchaient à leurs côté, à lui et Syndrell... Mais non, il savait bien qu'ils n'étaient que deux...
Dormir, se laisser aller, au milieu de ces sons...
Quels sons?

Il cligna des yeux, se forçant à les ouvrir, à se redresser. c'était le bruit de la caravane qu'il entendait, qui avançait légèrement en contrebas. Il aurait eu envie de refermer ses paupières pour s'imprégner de ce brouhaha à la fois si chaotique et si harmonieux, pour être sur de ne pas l'oublier, pour marquer l'instant présent comme il aimait le faire, mais s'il le faisait, alors il était certain de se réveiller le nez dans la poussière.
Il écouta avec ses yeux, et comprit que s'ils avaient vu le lac..
.

"Syndrell, attends..."

Sa voix sonnait bizarrement à ses oreilles. Pas vraiment comme une fausse note ; plutôt comme un son qui se taisait depuis longtemps, auquel on était plus vraiment habitué.


"Nous allons arriver bientôt, n'est-ce pas? Je voudrais te demander, avant que l'on soit pris dans l'agitation des au revoir..."

Il hésita une seconde.
Etait-ce une bonne chose de lui demander? Ne devrait-il pas laisser les choses... Venir à lui, plutôt que de les chercher? Oui mais, d'après les informations qu'il connaissait... Il y avait peut-être des chances, bien que ce soit un prénom courant... Après tout, elles étaient Marchombre toutes les deux, alors peut-être...


"Est-ce que tu connais un dénommé Erwan, dans les environs du lac?"
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Jeu 26 Mai 2016, 06:34

- L'un de mes meilleurs amis s'appelle Erwan... Pourquoi ?

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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Jeu 26 Mai 2016, 19:55

Le monde était-il donc si petit?

S'il s'agissait du même Erwan... Alors, ce serait une belle coïncidence, mais au final, pas si surprenante que ça. Les deux jeunes femmes étaient Marchombres et connaissaient le coin d'Al-Chen ; ça leur faisait en soi assez en commun pour avoir les mêmes connaissances. Hièlstan ignorait comment fonctionnait leur guilde ; il lui semblait que les Marchombres étaient plutôt des solitaires, mais cela n'empêchait pas qu'ils puissent tous se connaître entre eux. Si en plus ils voyageaient beaucoup...
Lui, pour sa part, connaissait au moins de nom et de tête tous les Rêveurs des confréries pas trop éloignées de Naoniane.

Tout cela signifiait-il que le fameux Erwan était un Marchombre aussi?
Mais Hièlstan s'intima de ne pas s'emballer ; Erwan restait un prénom courant. Al-Chen était une grande ville, la région était vaste et peuplée ; il devait probablement y avoir plusieurs personnes portant le même nom.
Toutefois... Hièlstan avait envie de croire en cette coïncidence. Cela résonnait comme en écho à ce voyage aux consonances décidément très oniriques.
En plus de ça, si Erwan était l'un des meilleurs amis de Syndrell, alors ça ne pouvait être qu'un homme bien!

Il sourit, amusé par tous ces hasards qui, à son goût, n'en était certainement pas.
Il n'avait pas encore parlé de sa mission à Syndrell ; il était resté plutôt évasif, ce n'était pas le genre d'information qu'il voulait communiquer à tout le monde. Maintenant qu'il la connaissait un peu mieux, cependant...


"Je ne sais pas si l'on parle du même homme... Je ne sais rien de lui. Ni son nom de famille, ni à quoi il ressemble... Mais chut, ne me dis rien!"

Il lui lança un regard malicieux.

"On m'a dit, quand j'ai voulu en savoir plus, que c'était lui qui me trouverait... Ca pique la curiosité, c'est vrai, mais du coup je ne veux pas forcer les choses... Ce n'est pas dit que cet homme veuille me parler, et il n'y a rien d'urgent."

Il attendit quelques secondes avant de continuer. Allait-il lui parler d'Inwëlle? La Marchombre rousse avait l'air très secrète et solitaire ; peut-être n'aimerait-elle pas qu'il l'évoque à des inconnus en utilisant son prénom. Oui mais Syndrell n'était pas n'importe qui, et il avait bien du mal à imaginer ce qui pourrait être préjudiciable à son ancienne compagne de voyage dans cette discussion...
Et puis, il ne se le cachait pas, Hièlstan avait bien envie de savoir s'ils parlaient du même Erwan, et aussi, il se demandait si, à tout hasard, Syndrell ne connaîtrait pas l'autre Marchombre...


"Tu dois bien te douter que je ne suis pas venu seul à Al-Jeit. En fait, j'ai été accompagné d'une..."

Une autre Marchombre? Ne serait-ce pas un peu brutal de dire ça comme ça? Mais n'était-ce pas ridicule de mettre un tabou sur un mot?


"D'une Marchombre. Ce n'est pas elle qui me l'a dit, je le savais avant de la rencontrer, je ne suis même pas sur qu'elle sache que je savais, enfin..."

Il rigola doucement.

"Elle s'appelait -enfin, elle s'appelle toujours, j'imagine- Inwëlle. Tu la connais peut-être? C'est elle qui m'a parlé d'Erwan."

Il regarda un instant la caravane qui continuait d'avancer, toujours un peu en contrebas, avec un chouïa d'avance sur eux. C'était étrange de la voir avec du recul ; Syndrell devait avoir l'habitude, mais Hièlstan ne s'en était pas encore éloigné, comme ça, pour les suivre à cheval.
Il y avait comme une certaine fébrilité qui planait dans l'air ; sans doute l'excitation, ou l'angoisse pour certains, de l'arrivée... Une hâte, mêlée à l'appréhension du changement d'état, de la sortie de la zone de confort...


"Ce qu'on m'a demandé de faire à Al-Chen, c'est d'y faire du repérage pour voir s'il serait possible d'implanter une nouvelle confrérie dans la région, et où. Je compte sur toi pour ne pas trop en parler, même si ce n'est pas un secret impérial... Il paraît que la demande de soins, autour du lac, est élevée."

Ce soir peut-être, cette donnée lui serait confirmée par les Rêveurs de Chériane.

"Cette femme, Inwëlle, m'a dit qu'un dénommé Erwan pourrait peut-être, si je le rencontrais, me fournir des informations utiles... Qu'éventuellement, il pourrait m'aider à savoir si une nouvelle confrérie serait la bienvenue ou non."

Il ne parla pas du petit papier, soigneusement rangé dans une poche de son sac de voyage. Cela ne regardait qu'Inwëlle et Erwan.

"Enfin voilà. Rien d'urgent..."

Il leva le visage pour prendre un peu le soleil. Il avait du mal à imaginer le concept d'urgence, alors qu'il chevauchait en ces vertes collines d'un rythme indolent... La caravane chantait sous le vent rafraîchissant, la végétation s'épanouissait sous le soleil nourrissant, là-bas au détour d'un chemin, le lac placide les attendait, et bientôt, la grande Al-Chen...
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Lun 30 Mai 2016, 07:46

Certitude.

- Je ne sais pas si l’on parle du même homme…

Certitude.

- Je ne sais rien de lui. Ni son nom de famille, ni à quoi il ressemble… Mais chut, ne me dis rien ! On m’a dit, quand j’ai voulu en savoir plus, que c’était lui qui me trouverait…

Certitude qu’il s’agissait de lui et non pas d’un autre Erwan, et le soleil qui brillait dans les yeux de Syndrell valait sans doute toutes les réponses du monde. Oui, elle le connaissait, sans doute mieux que bien des personnes au sein de cet empire, au sein de l’Académie même. Qui avait bien pu pousser Hièlstan dans la direction de ce grand monsieur ?

- Tu dois bien te douter que je ne suis pas venu seul à Al-Jeit. En fait, j’ai été accompagné d’une…
- D’une marchombre,
acheva-t-elle en même temps que lui.

Certitude !

C’était à présent tellement évident que Syndrell avait envie d’éclater de rire et, sans le sérieux qui teintait les paroles de son ami, elle l’aurait fait. Combien de fils, combien de coïncidences se mêlaient ainsi sans que nul ne le sache ?


- Elle s’appelait – enfin, elle s’appelle toujours, j’imagine – Inwëlle. Tu la connais peut-être ? C’est elle qui m’a parlé d’Erwan.

Syndrell ne répondit pas. Le souvenir remonta à la surface de sa mémoire, trait de feu aussi vif que la couleur des cheveux dont elle se rappelait. Inwëlle, c’était cette jolie jeune fille tourmentée qui avait assisté à la naissance d’Ylléna. Elle soupira doucement, puis leva les yeux vers le ciel et suivit un instant la course lente des nuages. Cette improbable bourrasque qui poussait tous ces gens dans une même direction, est-ce que ça ne pouvait pas être un petit coup de pouce de Miss ?

Hièlstan acheva son explication et tourna son visage vers le soleil. Syndrell l’observa un instant tandis qu’il se laissait porter par Flèche ; il était désormais si tranquille qu’on eût peine à l’imaginer si maladroit avec elle hier… Elle sourit. Il n’attendait pas de réponse trop précise, elle le savait, et elle avait envie de laisser ce destin tissé de coïncidences entraîner Hièlstan un peu plus près des Marchombres.


- Tu es sur la bonne direction, dit-elle doucement.

Il ne trouverait pas l’Académie mais Erwan, si.
Cette idée lui plaisait.

- Al-Chen est la ville des rencontres, c’est pour cela qu’elle est vraiment spéciale.

Ciel, Eli, Azrune, Shan, Lumytros, Seth, Carian, Danir, Narek, Tsukia… Dolce. Voilà ce qui rendait Al-Chen si belle à ses yeux et si chère à son cœur. Voilà pourquoi elle sentait celui-ci se déchirer à chaque pas que Vagabond faisait en avant. Là-bas, droit devant eux, se trouvait un endroit d’or et de bleu qu’elle avait découvert il y avait peu. Un endroit qu’elle ne visiterait peut-être jamais plus désormais.

Un endroit qui lui manquait.

Rien, absolument rien ne l’empêchait de retrouver Dolce là-bas ; elle se doutait qu’il était retourné voir Mélisendre, fort des précieux conseils de Hièlstan, et l’espace d’un instant, elle crut qu’elle allait prendre cette décision. Elle avait besoin de lui, elle l’aimait toujours en dépit de… un coup de vent joua dans ses cheveux, son regard glissa vers la caravane qui progressait tranquillement en contrebas.

Elle ne resterait pas à Al-Chen. D’ici quelques heures, elle allait quitter Hièlstan et suivre la caravane dans son long périple vers les contrées du nord. Née dans les îles du sud, elle était dans son cœur, et pour toujours, une fille des montagnes. Elle rentrait chez elle.


- Une confrérie n’est-elle pas toujours la bienvenue ? demanda-t-elle à son compagnon. Je sais que les Rêveurs et leur don surprennent parfois les gens, mais regarde : tu as été plus utile à la caravane qu’aucun d’entre nous, et tu en fais partie seulement depuis deux jours !

Douter d’un homme comme Hièlstan ? Impossible.
Elle passa la main dans ses cheveux et songea qu’il lui faudrait égaliser les mèches coupées grossièrement. Elle devait avoir l’air d’un petit oisillon tombé du nid et eut un sourire un peu triste à cette idée… Jolie pour qui, si ce n’était plus pour Dolce ?


- Connais-tu les archipels Alines ? demanda-t-elle à brûle-pourpoint…

Le vert des cheveux de Dolce ne quittait pas son esprit.


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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Mar 31 Mai 2016, 19:06

"Oui, certes, même si certaines personnes se méfient, ils savent tirer avantage de notre présence, mais... Il faut qu'ils en aient besoin. Vois-tu, si l'Empire nous donne quelques moyens, ces moyens restent très maigres, et insuffisants pour faire vivre une confrérie entière. Attention, je ne critique pas l'Empire ; il en a toujours été ainsi, nous serions d'ailleurs tout-à-fait capable de vivre sans l'aide de Gwendalavir.
Nous comptons sur les dons des gens que nous aidons...  Parfois de l'argent, de la nourriture, des vêtements, régulièrement des échanges de service...
Monter une confrérie, c'est un gros investissement. Et une fois qu'elle est montée, il faut attendre encore un certain temps avant que nos potagers, nos vergers, et notre bétail pour certaines, puissent nous nourrir tous et en quantités suffisantes...
Même dans une région où il y a peu de Rêveurs, comme à Al-Chen, il peut tout simplement y avoir beaucoup de guérisseurs, médecins, herboristes...


- Connais-tu les archipels Alines ?

- Euh, qu'entends-tu par connaître? Je les connais de nom, comme tout le monde, et peut-être que je les plus étudié que d'autres, en tant qu'enfant de pêcheur du grand Océan... C'est tout. Si tu voulais savoir si j'y suis déjà allé... Non, jamais de la vie! Personne n'y a mis les pieds, c'est dangereux là-bas, les courants, les écueils, les pirates... Les pêcheurs les évite, il faudrait être...
Non, attends... Tu n'as quand même pas...?"
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Mer 22 Juin 2016, 19:41

- Dolce est né là-bas, et apparemment, moi aussi... Ce n'est pas aussi terrible qu'on le dit. C'est même très joli. Les cheveux des gens sont colorés, comme les miens !



[Désolééééée pour ce méga retaaaard grosyeux]

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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Sam 25 Juin 2016, 19:43

Oh! Alors ça, il ne s'y serait pas attendu! Si tous les terribles pirates alines étaient à l'image de la jolie Marchombre aux pétillants yeux dorés et aux cheveux bleus follets, effectivement, ce ne devait pas être aussi terrible que ce qu'on en disait...
La bouche encore ronde et le regard surpris, il essaya un instant de l'imaginer sur un bateau à l'assault d'une pauvre barque de pêcheur pour trucider le malheureux... Et cela lui parut plus ridicule qu'autre chose. En revanche, il visualisait très bien la jeune femme menue se balancer de cordage en cordage et braver le vent en jouant à l'équilibriste sur les hauteurs des mâts.


"Alors tu... Tu y es allée, toi aussi? Avec... Dolce?"


Il lui semblait tellement improbable de discuter avec quelqu'un qui soit allé là-bas! Hièlstan eut le sentiment que Syndrell n'avait décidemment pas fini de le surprendre. Ca lui plaisait beaucoup.
Ca lui plaisait aussi qu'elle puisse évoquer Dolce. Qu'elle ne fasse pas du nom de l'homme un tabou. Il ne savait pas ce qu'il avait été pour elle, ni ce qu'elle avait été pour lui, mais il avait le sentiment qu'ils avaient une histoire commune importante, pas de celles que l'on oublie en une nuit. Le Rêveur se trompait rarement dans ses intuitions. Sentir les gens, c'était aussi cela, sa vie...


"Il me semblait bien qu'il avait les cheveux verts. C'est... Fascinant. Je n'avais jamais vu ça avant vous deux ; j'ignore même comment c'est possible. Ce doit être un gêne très isolé de ce peuple... Je n'en ai jamais entendu parler, mais tu sais, même si j'ai grandi parmis les pêcheurs, jamais une seule personne ne m'a fait le récit d'une rencontre vécue avec les pirates. Tout au plus, on aperçoit un bateau au loin et on décampe bien vite... On dit aussi que ceux qui on croisé la route des alines ne reviennent jamais pour en témoigner. Alors après tout, c'est peut-être une légende..."

Il resta un instant les yeux dans le vague. Au final, l'idée que les pirates soient plutôt sympas éclipsait l'explication sur la couleur des cheveux de sa compagne de voyage, qui l'avait pourtant obnibulé jusqu'ici.
"Pas aussi terrible qu'on le dit"... Oui mais, si Dolce était né là-bas, s'il y avait vécu assez pour y retourner, si son retour avait été accepté... Il était si bon, si altruiste! Il semblait si protecteur... Pas sanglant, barbare, et cruel, oh non. S'ils élevaient des enfants comme ça... Oui mais alors pourquoi? Pourquoi toutes ces rumeurs, pourquoi ce barrage entre les peuples? Si les pirates étaient si pacifistes, pourquoi n'y avait-il pas plus d'échanges commerciaux et cordiaux?
Et si...
Et si c'était son peuple à lui qui avait lancé les hostilités? Et si, au cours de l'histoire, les Alaviriens avaient doucement adapté les évènements pour prendre le beau rôle?
Il frissonna.
Son peuple...

Il se résolut, une fois à Al-Chen, de faire des recherches. Il y aurait des bibliothèques conséquentes, là-bas. Il aurait accès à celle de la confrérie de Chériane, sans doute, et peut-être à celle du Dôme. Il y avait certains savoirs secrets qui circulaient parmis les Rêveurs, il le savait d'expérience ; peut-être apprendrait-il des choses sur les pirates alines auprès de ses compagnons de guilde.
Oui, il allait se pencher sur la question ; même si tout cela ne donnait rien, au final, il acquérerait un peu de savoir historique.

Il voulut faire part de ses pensées à Syndrell, mais fut interrompu par de grandes exclamations ; tous ses sens mis en alerte par la fatigue et les évènements récents, il s'apprêta à talonner Flèche en direction de la caravane, mais à peine la jument avait-elle renâclé qu'il se détendit et l'invita à s'arrêter.
Voilà tout simplement que la caravane avait contourné la colline qui, jusqu'ici, avait masqué le lac.

Son coeur s'accéléra. L'émotion était palpable. Il eut envie de les prendre chacun dans ses bras. D'essuyer les larmes qui coulaient sur des visages aux traits tirés, qui manquaient de sommeil. De se tenir aux côtés ce qui contemplaient, béats, l'étendue d'eau ; de prendre les gamins sur ses épaules pour qu'ils puissent mieux voir, de sourire tranquillement avec ceux pour qui ce n'était pas une première fois. Il eut aussi envie d'allonger chacun dans l'herbe grasse, et de les voir s'endormir sous ce paysage rassurant ; qu'ils se reposent, tous, et qu'ils se soignent.
Toutes ces choses, il ne pourrait pas les faire.
Malgré ça, il fut empli d'une reconnaissance pour tout ce qu'il pouvait déjà faire pour eux. Pour les aider.
Pour les faire vivre.

Sans détacher les yeux du lac, il tendit alors son bras vers Syndrell et sa monture, et ouvrit sa main douce de Rêveur, sa paume tendre habituée aux caresses, aux plumes et aux parchemins.
Il voulait juste partager ce moment avec elle.
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Lun 27 Juin 2016, 15:12

Y’a des oiseaux de mer
Sur le ciel rouge sang
Une fille solitaire
Le cœur en noir et blanc
Des pensées qui s’égarent en silence
Comme des gouttes d’encre sous le vent




*



- Alors tu… Tu y es allée, toi aussi ? Avec… Dolce ?

Les yeux dorés de Syndrell glissèrent vers Hièlstan. Elle hocha la tête.

- Il me semblait bien qu’il avait les cheveux verts…

Oui. Un vert sapin, sombre et souvent confondu avec une teinte plus commune. Syndrell savait qu’elle aimerait toujours cette couleur, même si celle-ci était désormais liée à une note un peu triste. Elle se fit attentive à la voix légère de son ami, qui l’empêchait de se renfermer, de se recroqueviller sur son chagrin. Sa surprise était belle à voir.

- Certaines légendes sont vraies et d’autres un peu moins. Dolce et moi venons d’une île de pêcheurs, une île où les femmes sont reines et où les chevelures arc-en-ciel des clans rivalisent avec l’éclat coloré des poissons qui bordent les côtes… Je n’ai jamais vu les pirates alines et je pense que, s’ils sont aussi redoutables qu’on le dit… les rencontrer sera une aventure formidable !

Retournerait-elle là-bas ? Fermant les yeux un instant, Syndrell éprouva les souvenirs qui restaient gravés en elle : la chaleur du soleil sur sa peau nue, le goût des embruns sur ses lèvres… Sans Dolce ce ne serait plus pareil.

Mais lorsqu’elle rouvrit les yeux, lorsque son regard se posa instantanément sur le Rêveur qui se perdait dans la contemplation du lac, elle se dit que Hièlstan aimerait découvrir un jour l’Ile des Femmes.

Un jour…




*




Y’a des oiseaux de mer
A l’autre bout du monde
Des saisons qui s’achèvent
Si loin de nous
Elle attend les navires en partance
Y’a son cœur qui chavire sous le vent



*




Une grande clameur leur fit tourner la tête. La caravane avait franchi le dernier virage qui leur masquait la vue et la joie des itinérants étaient merveilleuse ; gagnée par leur euphorie, la marchombre sourit à son tour. Les passagers du vent atteignaient la première étape d’un long voyage. Pouvait-elle rêver plus jolie chance que de les accompagner aussi loin ?

Hièlstan lui tendit sa main blanche et douce, elle y abandonna la sienne. Pouvaient-ils imaginer plus bel instant que celui qu’ils étaient en train de vivre à deux ?


- Je ne t’oublierai pas, promit-elle sans quitter le lac des yeux. Je n’oublie jamais un ami.

Leur rencontre était improbable, au moins autant que les aventures qu’ils avaient vécues en seulement quelques heures. Mais il suffisait d’un peu de hasard et de beaucoup d’histoires pour que naisse une amitié et celle-ci, forgée dans le respect et la confiance, était faite pour durer.

Toute la vie.



*



Mary vient tout contre moi
Non ne compte pas les heures
L’amour reviendra

Regarde Mary tout autour de toi
Y’a des marins, des soldats
L’amour reviendra un jour

Et puis le vent se lève
Qui vient laver le ciel
Les prisons de dentelle
Où elle se noie
Ô Mary tes amours passagères
Sont-elles les passagers du vent ?


__________________________________________

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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Lun 27 Juin 2016, 23:04

Sa main était petite, calleuse et toute chaude. Il la serra bien fort dans la sienne. Ses paroles firent vibrer son coeur. Il répondit par une pression des doigts, et un sourire.
Un sourire vers le lac.


___

"Allez tout le monde, c'est reparti! Si on part maintenant on arrivera encore avant la tombée de la nuit, et vous pourrez vous reposer ce soir!"

Sous l'injonction de Naagrarh, tout le monde émergea de sa torpeur, un peu à contrecœur pour certains, mais la raison l'emportait ; chacun avait hâte d'arriver.
Cependant, la halte avait été si agréable que Hièlstan se demanda si tout ce petit monde aurait obéi aussi vite à une voix autre que celle du maître caravanier. Cet homme avait une autorité sereine et qui semblait innée ; son timbre profond et posé inspirait la confiance, et il dégageait un charisme de chef. Il était taillé pour ce métier, se dit le Rêveur ; taillé pour ce travail fastidieux et merveilleux qui consistait à conduire des tas de voyageurs, novices ou expérimentés, à bon port, malgré les nombreux aléas des routes Alaviriennes.

Il étira ses membres langoureux et passa la main sur l'encolure de Flèche, toute tiédie par le soleil. Il tendit la main à Ora, qui était comme beaucoup d'autres allongée dans l'herbe et somnolente, et l'aida galamment à se hisser sur le chariot duquel elle tenait les rennes.
Il lui dit qu'il la retrouverait plus tard, car pour le moment c'était surtout de la compagnie de Syndrell qu'il voulait profiter.

Ce qu'elle lui avait dit plus tôt l'avait touché ; et bien qu'ils n'en aient pas reparlé -ils avaient retrouvé leurs amis pour cette agréable pause au bord du lac- il lui faisait entièrement confiance. Ils se reverraient ; mais quand?
Cette fille-là, c'était une petite tornade, plus vive qu'un coup de vent, et il ne l'imaginait pas passer des mois et des mois tranquillement dans une petite résidence à Al-Chen. Il avait encore envie de lui parler ; et il ne voulait pas la laisser seule avec ses pensées... Elle avait vécu beaucoup de choses en l'espace de deux jours, et elle se retrouverait bien assez vite isolée et confrontée à elle-même, lorsque la caravane arriverait à destination.

Il se hissa sur sa monture, grimaça en sentant ses courbatures aux cuisses et aux fesses se réveiller, et alla rejoindre la Marchombre bleue. Il s'assura qu'il pouvait rester en sa compagnie et qu'elle n'ait pas un travail urgent à faire ; puis ils chevauchèrent tranquillement, d'abord aux côtés d'autres caravaniers. Au fil des pas, ils s'isolaient de plus en plus de la caravane, comme si elle avait compris son intention ; et alors, enhardit par le soleil, la vue du lac, et l'arrivée imminente, Hièlstan lui proposa à son tour un petit galop.
Avant de partir, il fit un signe à Lean qui regardait dans leur direction. Il voulait que le garçon sache par où il était parti, au cas où une urgence se déclarerait.

___

A nouveau, le vent sur son visage et l'ivresse de la vitesse lui tirèrent quelques larmes. Il n'avait pas peur de tomber ; il avait l'impression d'être mieux accroché à sa selle lorsque Flèche galopait que lorsqu'elle trottait.
La prairie était belle. Le ciel aussi. Et le lac... Et Syndrell.

___

Hièlstan avait entièrement confié à la jeune femme le soin de guider leurs montures ; aussi son sens de l'orientation fut-il rapidement mis à l'épreuve.
Lorsqu'ils ralentirent l'allure, il ne voyait plus la caravane, mais il était à peu près sur que la Marchombre avait fait en sorte qu'ils n'en soient pas bien loin.
Une légère anxiété s'empara du Rêveur à l'idée que quelqu'un puisse avoir besoin de lui en cet instant ; mais il se rassura aussitôt, faisant appel à une maîtrise de soi bien entraînée.

Ils étaient sans doute à portée de voix ; Lean l'avait vu partir, et ce n'était probablement pas le seul. Tout irait bien.
Il avait un sentiment puéril, ou plutôt deux : le premier, c'était qu'il était bêtement convaincu qu'il ne pourrait rien arriver de grave après les évènements de la veille. C'était une idiotie.
Le deuxième, c'était que tant qu'il était avec Syndrell, tout irait bien. C'était une seconde idiotie. Elle était Marchombre, greffée, fantastique, courageuse, visiblement dotée de capacité physiques extraordinaires, elle avait des cheveux bleus et des yeux dorés, mais elle restait humaine.
D'autres auraient pu se poser sérieusement des questions sur sa nature ; mais lui, il était Rêveur. Il savait reconnaître un être humain ; tout particulièrement quand il déroulait un Rêve sur cet humain.


"Je te propose, avant que nous arrivions, que nous continuions ce que nous avons commencé hier. Tu sais, le jeu des questions réponses. Mais cette fois, c'est moi qui commence."

Il laissa planer un sourire mystérieux.

"Tu me sembles bien jeune, mais tu m'as l'air d'avoir une expérience qui dépasse celle de bien des vieillards. Peut-être ne sais-tu pas exactement quand tu es née, mais... As-tu une idée de l'âge que tu as?"
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Lun 27 Juin 2016, 23:21

- Tu parles de l'âge mental ou de l'âge physique ?

(Moue amusée)

J'ai vingt-six ans, à quelques mois près. Mais l'âge ne fait pas l'expérience, je connais des vieillards plus insupportables que les gamins qui les tiennent à l'oeil !

(Rire)

Et toi ? Tu as l'air jeune pour un Rêveur, mais je suppose que les rides ne sont pas indispensable pour entrer dans une confrérie ?

(Clin d'oeil doré)

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 13 au 18 mars]

Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   Lun 27 Juin 2016, 23:29

"Eh bien! Tu es jeune... Non pas que tu aies l'air vieille, hein!
J'ai trente-quatre ans. Encore un peu de temps avant les rides, j'espère! Beaucoup d'apprentis commencent leur formation en quittant le domicile familial, et c'est ce que j'ai fait... Mais beaucoup aussi ressentent l'appel d'une vie de famille et quittent notre voie. Pour les interventions graves ou les décisions importantes, ce sont les plus expérimentés, et donc les plus âgés qui interviennent... C'est pour ça que de l'extérieur, on les voit plus souvent! Mais je crois aussi...
Je crois qu'avec nos tisanes et nos méditations, on donne tous un peu une image de vieillard solennel!

Par qui as-tu été élevée?"
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MessageSujet: Re: Vive l'aventure! [Syndrell et tous ceux qui voudront nous rejoindre!]   

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