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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)

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Syles Agarest
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MessageSujet: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Sam 30 Avr 2016, 02:10

Syles soupira en reposant sa choppe. Ça faisait un bon moment qu'il avait quitté la compagnie de Kaünis et bien qu'il l'adore, il devait avouer que la solitude lui apportait un sentiment qu'il aimait également... Et puis bon, ne pas avoir à éviter de se faire voir était un peu rafraîchissant, parce que toute ces recherches pour la jeune femme commençait à être une entrave sur leur liberté à tout les deux. Entrave qu'il aurait bien défoncer à coups de pied dans le derrière.

Commandant une seconde bière, le jeune homme tourna légèrement la tête en entendant des voix s'élever depuis le fond de la sale... Et eu un énorme sourire en reconnaissant son ancien maître.

Tient-donc, Gil voyait du pays? Bah si c'était pas merveilleux... Un homme lui criait apparemment dessus pour une raison qui semblait n'avoir été comprise par personne et l'envoleur décida de rajouter un peu d'huile sur ce feu.


Alors quoi, tu t'exprime pas, la rouquine? Non mais sérieux avec tes jolis vêtements de cuir et tes lames tu te prend pour qui? Une voyageuse?

Les rires qui éclatèrent dans la taverne vinrent ajouter à son sourire et son regard arrogant... Bonne façon de dire ''Salut mon pote, ça boom?'' entre eux, non?

Parce que lui il trouvait que oui, surtout vu la façon dont Gil le foudroya du regard avant de le reconnaître d'un air surpris... Ah forcement, il avait changer un peu, depuis la dernière fois, avec sa barbe hirsute et ses cheveux encore moins peignés, si c'était possible.

Et bien qu'il ne lui dirait jamais, il était bien content de le revoir, ce con...

Son maître.

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Dernière édition par Syles Agarest le Mer 25 Mai 2016, 18:34, édité 1 fois
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Sam 30 Avr 2016, 03:19

Un jour, peut-être qu’il écrirait ses mémoires. Ça vaudrait le coup, tiens ! Parce qu’à force de récolter les ennuis et d’enchaîner les emmerdes, c’était presque drôle. Ouais, presque. Après tout, quelle était la probabilité pour qu’il tombe sur Naïs ? Une sur cent ? Au moins. Et ben, forcément c’était encre trop simple, alors au lieu de croiser la sœur, c’est le frère qu’il découvrit. Ou plutôt, c’est Atal qui le trouva. Sans doute savait-il déjà où chercher parce qu’il fila de la porte à la table où se trouvait Gil, en train de manger un excellent repas payé par les bougres que Kaünis et lui avaient dégommés – et détroussés dans les entrailles de la ville. Il vint se planter devant lui et attendit que Gil daigne enfin lever la tête… pour lui balancer à la figure ce qu’il aurait habituellement dissimulé sous un regard un peu songeur. Perplexe, Gil se laissa aller contre le dossier de sa chaise et continua de mâcher tout en observant son virulent interlocuteur. Atal Jol… il y avait tellement de Naïs en lui que ç’en était troublant. C’était pourtant bel et bien un homme qui se dressait devant lui dans toute sa fureur, sauf que Gil, là, n’en avait strictement rien à carrer.

Mais alors rien de rien, tu piges ?

Il avait laissé Naïs dans les bras de Pan. Il était parti à la recherche de Libertée. Qu’est-ce qu’on lui reprochait, encore ? Mak ? Il l’avait refilé à Seth – après tout, le rôle d’un frère n’était pas de proté… Oh. Atal était venu lui passer un savon pour avoir quitté une Naïs qui avait dégusté. Ouais, ça se tenait, et Gil n’avait tellement pas l’habitude de voir Atal sortir de ses gonds – il avait toujours pensé la chose impossible – qu’il ne broncha pas lorsque son ami s’emporta plus violemment. Il ne pouvait las le blâmer, s’il avait un frère ou une sœur, il réagirait de la même manière… Non. Ce serait cent fois pire. Alors Gil soupira. Laisser passer la tempête, offrir un verre à Atal, mettre certaines choses à plat s’il le souhaitait, continuer de chercher Lib.

- Alors quoi, tu t'exprime pas, la rouquine? Non mais sérieux avec tes jolis vêtements de cuir et tes lames tu te prend pour qui? Une voyageuse?

Trois secondes.

C’est le temps qu’il fallut à Gil pour identifier Syles – non pas à son apparence, trompeuse à cause de la barbe et des cheveux en pétard – mais à sa voix gouailleuse et au choix douteux de ses paroles.

Trois secondes.

Et une supplémentaire pour lui envoyer sa chope à la figure, au milieu des rires qui, soudain, se turent. Autour d’eux on hésitait à comprendre… violence ? Franche rigolade ? Gil n’avait pas l’air de sourire et pourtant, ses yeux brillaient d’une drôle de lueur. Atal fut le premier à se remettre de sa surprise – comme toujours, parce que c’était un type qui avait le sang froid et qui réfléchissait avec sa tête, contrairement à d’autres. Il regarda Syles, puis Gil, et secoua la tête.

- Sérieusement ? Tu t’encanailles avec des types pareils alors que Naïs a besoin de toi ?

Gil répondit sans quitter Syles du regard.

- Naïs n’a pas besoin de moi et tu le sais. Tu es juste déçu que je ne sois pas l’élu de son cœur parce que tu aurais préféré un beau gosse comme moi plutôt que Tête de Cornes. Quant à lui, là, c’est un nabot mais qui a du plomb dans la cervelle. A ta place, je ferai attention à ce que je lui dis.

Atal ? Si jamais Syles lui collait un pain, c’était fichu. Mais le seul à qui Syles pouvait avoir envie de cogner, c’était lui, n’est-ce pas ? Gil eut un léger sourire provocateur. Et ben vas-y mon grand, je t’attends !

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Syles Agarest
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Dim 01 Mai 2016, 02:09

Pauvre tavernier. Voilà ce que Syles pensa. Parce que l'homme, derrière son comptoir, à resservir le garçon, s'était bouffé la choppe en pleine tronche.

Forcement, l'envoleur l'avait vue arriver à des milles à la ronde et l'avait souplement évité d'un mouvement de la tête tout en souriant. Normalement, il aurait eu envie de lui coller une claque, mais là il laissa planer le silence et le doute un moment avant de se lever, se diriger vers Gil... Et de planter ses fesses sur un siège non loin et ses pieds sur la table.


Alors, tu as réussis à trouver ta nana, ou si tu cherche toujours, parce qu'abandonner Naïs comme ça, ça n'a pas sembler plaire ni au cornu ni à... Comment il s'appelait déjà? Mak... Mak... Mak-chin chouette... Bref. T'as l'air en forme, pour une rouquine...

Mélange de provocation, de moquerie et de conversation normale, sa simple attitude clamait qu'au fond, il ne cherchait qu'a exaspérer Gil, ne serait-ce que par nostalgie.

Bon, d'accord, il cherchait un peu à savoir s'il pouvait aider subtilement, parce que même si son ancien maître pouvait en douter, il comprenait très bien que celui-ci cherche ''sa nana''... Lui, il aurait fait la même chose pour Kaünis. Bon, elle lui aurait surement péter la gueule pour lui apprendre à ne pas s’inquiéter, lui aurait dit qu'elle pouvait très bien se débrouiller seule, mais il n'en avait rien à ciré.

Et au fond, il ne connaissait pas cette ''Libertée'' donc peut-être bien qu'elle allait foutre une trempe à Gil aussi et cette pensée était assez... Jouissive.

Étudiant l'homme devant lui, il dut avouer qu'il avait changer, qu'il le sache ou non. Son temps passé perdu dans son propre monstre l'avait marqué possiblement même plus qu'un passage similaire avait marqué le frontalier.

En même temps, lui il était passé à moins d'un cheveux d'y rester...

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Lun 02 Mai 2016, 18:59

- De quoi j'me mêle ? T'as pas d'autres gens à assommer avec tes blablablas ? Une psychopathe aux yeux verts, un inconnu... Un serpent venimeux ?

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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Jeu 05 Mai 2016, 05:47

- Justement, dans le domaine des serpents venimeux, le Giliwyn Sangrelune est une espèce plutôt intéressante, je trouve.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Mer 11 Mai 2016, 13:54

Gil soupira. Il ne s’était pas pris le bec avec cet idiot depuis un moment et il avait presque oublié cette envie soudaine de l’étrangler pour le faire taire. Presque… Il n’était pas surpris de trouver Syles ici alors que Kaünis était elle aussi dans les parages. Jamais très loin l’un de l’autre, ces deux-là. C’était à la fois fascinant et effrayant mais aussi rassurant ; Gil se souvenait encore de la façon dont Syles s’était blessé les mains et les bras pour tenter de dégager Kaünis des décombres, à Al-Far. Il se rappelait aussi qu’ils étaient les premiers à l’avoir suivi lorsqu’il s’était subrepticement glissé par la fenêtre pour échapper à la bienveillance des Rêveurs. Finalement, en dépit de leurs innombrables défauts, ses deux anciens élèves possédaient bel et bien une chose indéfectible : la loyauté. Ils étaient probablement les premiers à souhaiter lui mettre le nez dans la boue mais, si une telle mésaventure devait lui arriver, ils seraient aussi les derniers à tomber pour le protéger. Cette certitude balaya en un instant les dernières miettes de rancœur et Gil esquissa son fameux demi-sourire…

… avant de surprendre le regard d’un homme, au fond de la salle. Un homme qui venait de réaliser qui se trouvait à cette table. Un homme qui, comme la plupart de ceux qui l’observaient à présent, recherchait un certain Giliwyn SangreLune, connu pour son passé de mercenaire et, plus récemment, pour s’être baladé dans les sous-sols de la ville en laissant plein de corps derrière lui. Des corps d’assassins et des corps de soldats impériaux. Gil était parvenu à rester discret jusqu’à ce que Syles ne l’invective en prononçant soigneusement son identité. Enfer, mais c’est pas possible d’être aussi con ! Le sourire se transforma donc en grimace. S’il n’avait pas su que le con en question était un ami, et pas des moindres, Gil aurait pensé qu’il l’avait fait exprès. Il soupira de nouveau et leva les yeux pour croiser le regard impassible d’Atal. Le jeune homme s’était contenté d’observer la scène en silence, bras croisés sur la poitrine. Il n’avait pas dit son dernier mot concernant Naïs mais il n’était pas idiot, il avait senti que l’air, soudain, s’était chargé d’électricité. Tous deux se connaissaient depuis suffisamment longtemps maintenant pour se comprendre sans avoir recours à la parole et, quand Gil eut un infime geste du menton en direction de la porte, Atal cligna des yeux.

- Tu dois confondre, morveux. Moi je suis juste un vieil ours grincheux…

Atal bondit au moment où les premiers hommes se jetaient sur eux. Il se précipita vers l’entrée et ferma la porte d’un puissant coup de pied avant de se retourner, un poignard dans chaque main. Gil ne prit pas la peine de sortir une lame. Toujours assis, il poussa du pied une chaise qui se prit dans les jambes du premier assaillant et le fit tomber. Le suivant se prit la chope de Syles en pleine poire et lui n’avait pas l’adresse du jeune homme ; il ne l’évita absolument pas. Tant pis pour la rouquine !

- Fallait vraiment que tu le dises aussi fort ?! pesta Gil en finissant par se lever pour éviter souplement un coup de couteau. Après tout ce temps passé à m’appeler par mon surnom que ce n’était pas par un sobriquet moins flatteur, il fallait que tu exposes mon nom complet maintenant ?

La cohue ne l’empêchait pas d’être observateur et l’expression de Syles acheva de le désoler complètement. Bien sûr qu’il ne regrettait pas sa boulette, le bougre ! Mais c’était du Syles tout craché et pour cette simple raison, Gil n’était plus en rogne. Au contraire, rien de tel qu’une petite bagarre pour s’aérer l’esprit, et puis en si bonne compagnie, pouvait-il seulement se plaindre ? Atal jouait efficacement de ses poignards tout en gardant l’entrée pendant que Syles… et bien, semait la pagaille à son image. Gil finit par se concentrer à nouveau sur ses adversaires, des combattants moyens et passablement éméchés qui faisaient beaucoup de bruit pour rien. Du coup il n’était pas à son maximum, et se contentait surtout d’éviter les frappes, préférant avoir une vue d’ensemble sur la salle en désordre. Le gérant tentait de raisonner quelques personnes, sans grand succès. Peu de clients n’étaient pas concernés par l’affaire, et ceux-là étaient habitués à assister à ce genre de scène.

Manque de chance, les autorités du secteur ne tardèrent pas à intervenir. En voyant les gardent passer devant la fenêtre, Gil fronça les sourcils. Déjà ? Quand étaient-ils devenus si efficaces ? Mais ce n’était pas le moment de se pencher sur la question. Il siffla pour attirer l’attention de Syles et Atal, et désigna le plafond : il fallait qu’ils décampent rapidement. Sans vérifier s’il était suivi, Gil monta les escaliers. Celui qui tenta de crocheter sa cheville au passage reçut son pied dans la figure et ce fut, à en juger par les cris et le sang, extrêmement douloureux. Pan dans les dents ! songea-t-il,  presque fébrile, avant de s’engouffrer dans la première chambre venue. Occupée, la chambre. Curieusement, l’homme fut gêné d’être surpris mais la femme, elle, explosa littéralement de colère, et le « pardon-désolé-excusez-moi » marmonné par Gil fut interrompu par ses cris et accompagné par un oreiller qu’elle lui jeta en pleine figure. Il baissa la tête pour l’éviter sans ralentir sa course, ouvrit la fenêtre et se glissa dehors, tout en souplesse et légèreté en dépit de sa taille et de sa carrure.

Il ne sauta pas, il grimpa. Se hissa sur le toit pour jauger la situation. Les gardes avaient investi l’auberge, mais ses poursuivants n’avaient pas l’attention de lâcher l’affaire ; il allait falloir jouer stratégiquement cette partie de Chat s’il ne voulait pas terminer la nuit en prison ou, le cas échéant, la gorge ouverte dans un caniveau ! Il s’élança donc, ignorant les tuiles glissantes à cause de la pluie fine qui ne perça pas l’épaisseur de son large manteau dont les pans se soulevèrent dans son dos au rythme de sa course. Il perçut un infime mouvement derrière lui, sut qu’il s’agissait de Syles, suivi d’Atal, et poursuivi sa balade acrobatique sans se retourner. Balade parce qu’en dépit de l’humidité la nuit était belle, surtout depuis les hauteurs de la ville. Acrobatique parce que, pour ne pas ralentir son allure, Gil bondissait de toit en toit avec puissance et précision.

Les gardes préférèrent tenter de les suivre par le bas mais les hommes les plus lucides parmi ceux qui l’avaient pris pour cible se lancèrent à leurs trousses. Voyons jusqu’où vous allez tenir, mes mignons… Gil tourna la tête et croisa brièvement le regard de Syles.

- Comme au bon vieux temps, hein ?

Le temps pas si vieux pourtant d’un maître et de son apprenti toujours en cavale à droite et à gauche… D’un coup d’œil par-dessus son épaule, Gil s’assura qu’Atal ne se laissait pas distancer ; celui-ci le rassura d’un clin d’œil doré. Il n’était peut-être pas un Envoleur, mais il était le frère de Naïs. Ce simple fait se suffisait à lui-même ! Gil se surprit alors à s’amuser un peu. Voyant que Syles courait à sa hauteur il se mit à prendre appui de plus en plus tard pour réaliser ses sauts, jusqu’à ce que l’avant de son pied se retrouve carrément dans le vide ; c’était à qui bondirait en dernier, mais aussi à qui arriverait le plus loin. Le défi n’avait d’ailleurs pas besoin d’être énoncé pour naître entre les deux hommes puisqu’il existait déjà dans leur complicité.

Après un bond extraordinaire, aux limites du vraisemblable, il roula sur la pente inclinée d’un toit en ardoise mais s’arrêta brusquement lorsqu’un hoquet étouffé jaillit dans son dos. Il se retourna pour voir Atal vaciller dangereusement de l’autre côté du vide. Le manche d’un poignard dépassait du bas de son dos et Gil jura ; un crétin avait réussi à le toucher ! Sans se soucier de sa propre personne, l’Envoleur bondit, crocheta la gouttière de la bâtisse et tendit le bras pour rattraper Atal au moment où celui-ci basculait en avant. Il ne le retenait plus que par son poignet et d’un seul coup, la situation devint clairement périlleuse : les Chats avaient rattrapé les Souris. Il n’allait pas pouvoir se hisser à temps avant que…

Une ombre passa près de lui et l’acier chanta.

- Accorde-moi une minute, fit Gil à Syles.

Une minute pour sauver Atal, se rétablir lui-même et rejoindre la mêlée.

Ça paaaaaasse… !

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Sam 21 Mai 2016, 00:44

Elle aurait dû rentrer à l’académie.
C’était ce qu’elle s’était dit après s’être enfuie d’Al-Far. Pourtant, elle ne l’avait pas fait. Elle s’était contentée d’envoyer un oiseau à ses deux apprenties pour leur dire que les deux semaines de repos s’étireraient en un mois. Peut-être un mois et demi.
En fait, elle ne savait pas. Elle ne voulait pas savoir, exactement. Là, les responsabilités ? Elle les connaissait, mais ne pouvait pas décemment les assumer. Elle ne pouvait pas rentrer à l’académie, se consacrer à Aivy et Tsukia, dans son état. Elle n’avait envie de rien, Suviyo était toujours avec son père et sa mère, et elle ne réfléchissait pas plus loin. La petite était en sécurité, c’était ce qui importait. Elle était trop jeune pour se rendre vraiment compte des choses, non ?

Pourquoi était-elle allée jusqu’à Al-Far, finalement ?
Elle était déterminée. Et butée. Elle avait retrouvé Gil, certes. Elle avait eu l’impression de le retrouver vraiment sauf que… Sauf que son monde s’écroulait. Lentement mais sûrement.
Elle qui avait toujours été pleine d’énergie, de positivité, elle avait jeté tout ça aux orties.
La seule positivité, c’était celle du goût âcre de l’alcool fort, au fond de son verre. Ça lui brûlait l’œsophage, c’était agréable. Tout comme la chaleur de cette main sur sa taille, qui tentait de la tirer vers un corps d’homme. Elle se contenta de secouer la tête, plantant son regard rose dans celui du soulard qui pensait avoir le droit de quoi que ce soit sur son corps, juste parce qu’elle était plus vraiment sobre.

Un instant, elle pensa à Tsukia. Cette pensée s’effaça aussi vite qu’elle avait surgi, alors qu’elle repoussait la main qui venait de se refermer sur l’os de sa hanche d’un coup de coude.

- Dégage.
- Allez, viens t’amuser un peu, jolie tourterelle !

La jeune femme blonde se leva vivement, repoussant l’homme d’un regard dangereux. Elle termina cul-sec son verre, avant de le jeter sèchement sur le comptoir pour s’en débarrasser et sortir de cet endroit.

Même le cerveau embrumé par les vapeurs d’alcool, elle parvint à éviter les mains baladeuses de la salle. L’air piquant lui rosit les joues quand elle fut enfin dehors, et elle laissa ses pas la porter.
Où elle allait ?
Elle ne savait pas. Par là, c’était bien. Elle se fichait bien de ce qu’il y avait au bout, finalement.
Qui était-elle ?
Elle avait eu un prénom. Un nom plein d’espoirs, de rêves, de lumière. Ça ne voulait rien dire tout ça. Parce qu’elle avait eu des cheveux, aussi. De longs cheveux. Elle se passa la main dans ses mèches courtes – une coupe à la garçonne, complètement décoiffée – par réflexe.
Ça poussait drôlement vite, d’ailleurs. Elle avait tout coupé au niveau de la nuque d’abord, puis elle s’était rendue dans une boutique d’Al-Chen, sur son chemin, pour raccourcir au point où il ne lui était resté qu’un centimètre de cheveux sur tout le crâne. Elle avait déjà presque quatre centimètres qui partaient dans tous les sens.

Elle savait que ça dégageait sa gorge, ses épaules fines, ses clavicules – en plus elle avait perdu au moins quatre ou cinq kilo et maigrissait encore à vue d’œil – alors que son corset commençait à être vraiment trop grand, malgré les rubans serrés au maximum. Elle flottait également dans son micro-short qui ne tombait pas juste parce qu’il était pile de la taille de l’os de ses hanches.
En fait, elle s’en fichait. Elle avait l’air toute en jambes et cadavérique, peut-être… Pas encore assez en tout cas pour ne pas intéresser n’importe quel homme qu’elle croisait. Ils se retournaient tous, sans exception, sur son passage. Autrefois, elle aurait adoré cela. Elle en était à un point où cela n’avait aucune importance.

Du bruit attira son attention. Elle fronça les sourcils. Elle aimait bien, avant, monter sur les toits pour voir ce qu’il se passait... Dans une inspiration, elle s’éleva avec facilité le long d’un bâtiment, se hissant sur le sommet des tuiles en s’étirant doucement.
Les tuiles tremblèrent un instant, et elle leva les yeux vers l’autre côté du toit sur lequel elle se tenait. Une première silhouette y était déjà, alors qu’une seconde la rejoignait et qu’une troisième vacillait de l’autre côté. Il y avait des gardes, et la jeune femme blonde fronça les sourcils un instant.
Elle était en train de poser une épaule sur le mur d’une cheminée quand la voix qui retentit dans l’air lui coupa le souffle.

- Accorde-moi une minute.

Elle connaissait cette voix. Tout comme la silhouette qui avait attrapé celle qui s’était pris un poignard. Le troisième homme bondit sur l’autre toit – il revenait sur ses pas – pour engager un combat avec les gardes qui tentaient de les suivre.

Tout son corps se mit soudain à trembler.
Elle ne voulait absolument pas s’approcher, mais elle ne pouvait pas s’en aller. Elle n’était capable que de rester là, pas exactement immobile, mais figée.
Ça se battait avec efficacité, et elle voulut fermer les yeux. Ne pas voir. Ne pas être confrontée à la réalité. Juste, ne pas réaliser ce qui était là. Ceux qui étaient là.

Elle aurait voulu se cacher, s’enfuir.
Quelque chose la retenait ancrée dans ce toit, sur ces tuiles, au milieu, parfaitement visible.
On ne pouvait pas la rater, alors qu’elle aurait voulu être invisible.
Peut-être que si elle fermait les paupières… Elle allait bien y arriver non ?
Ce fut difficile, ses yeux papillonnaient même clos, mais elle y parvint. Juste le temps de pousser un soupir.


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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Sam 21 Mai 2016, 04:32

L'oreiller que Gil évita se dirigea droit vers le visage du frontalier, qui l'attrapa pour le fourrer en pleine gueule de celle qui l'avait lancer avec un énorme sourire sur les lèvres, passant par la fenêtre pour suivre Gil...

Comme au bon vieux temps.

C'était le cas de le dire, sauf qu'un petit cris attira son attention, qu'il se retourna et se retrouva à se battre pour donner à son maître, correction son ancien maître, de sauver son ami. Il se déchaîne, sa maîtrise de son arme et de sa greffe n'ont cessés d'augmenter depuis la fin des cours et ses lames plus noires que la nuit virevoltent dans tout les sens pendant que Gil finit sa besogne, soudain le jeune envoleur grince des dents en remarquant une fille au cheveux courts qui reste là comme une idiote et apparemment les gardes pensent qu'elle est avec eux.

Pas question qu'il soit la raison d'un autre meurtre indirectement, pas depuis qu'il avait enfin maîtrisé sa bête intérieure. Sans une pensée de plus, le garçon se retrouva devant la jeune femme qui avait fermé et ré-ouvrait les yeux comme par réflexe alors que l'attaque s'amorçait, arquait dans la nuit et ralentissait sous l'effet de la greffe du jeune homme pour venir se déposer sur sa paume avec juste assez de force pour le faire grimacer et faire couler du sang sur sa paume puis le long de son bras.

Ne sachant pas de qui il s'agissait, ne sachant pas qu'elle s'en sortirait très bien sans lui, Syles empala l'assaillant sur sa lame et prononça quelques mots à l'intention de la blonde.


Reste pas là comme un poireau! Tu te bas ou tu te barre, mais nous ne sommes pas là pour faire du baby-sitting d'inconnues!

Bon dieux voilà que c'était Gil qui, en regardant l'étrangère une seconde de trop pour une raison inconnue, se fit repousser par un coup trop grossier pour ça... Il avait quoi, d'un coup? Il se prendrais un bon coup sur le crâne, celui là!

Repoussant d'autres attaquants encore, le jeune homme se rapprocha de son ancien maître alors que la femme sortait de sa léthargie. Il était temps, franchement. Et puis c'était quoi ce nombre de poursuivants, sérieux, toute la garde était là, ou quoi?

Son regard croisa celui de son ancien maître et le message passa entre eux d'un coup... Avec un blessé et une inconnue ils auraient dut être mal, presque fait comme des rats, pourtant Gil lui transmit un message... Il connaissait cette fille et elle le valait très possiblement au combat.

Deux Gil, un Syles et un blessé? ÇA c'était une fête! Manquerait plus que Kaünis, se dit-il, et ils auraient pus conquérir l'empire.


HRP:
 

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Sam 21 Mai 2016, 07:44

Sans regarder Syles démarrer les festivités, Gil banda les muscles de son bras. Atal n’était pas inconscient mais pas loin de l’être et il pesait son poids !

- Accroche-toi ! grogna-t-il en remontant ses genoux pour assurer sa position.

Les doigts d’Atal se resserrèrent sur les siens et, au prix d’un effort vraiment immense, il parvint à se rétablir. A remonter sur le toit, aidé par son ami qui poussa sur ses jambes. Il s’effondra sans forces, au bord du vide, et Gil se pencha sur lui, la mine sombre. Beaucoup de sang. Pas bon…

- Hé, mon vieux, tu nous fais quoi là ? lança-t-il en ôtant son manteau pour se débarrasser de sa chemise.

Dans son dos, l’acier chantait toujours. Bien joué, morveux !

- Pas aussi… rapide que vous, souffla Atal, les dents serrées.

Il était pâle comme un mort et n’allait pas tarder à tomber dans les pommes. Sans répondre, Gil attrapa un morceau de sa chemise entre ses dents et tira d’un coup sec, déchirant le tissu dans un léger pincement de cœur – une chemise neuve, quoi ! Avec des gestes vifs et précis, il passa les longues bandes autour de la taille d’Atal et forma une boule avec ce qui restait pour faire pression contre la blessure et épancher le sang. En moins de dix secondes, le blanc devint rouge sombre. Atal grimaça, puis ferma les yeux et s’évanouit enfin, laissant à Gil tout le loisir de jurer à voix haute. Merde. Merde, Atal ! Si tu crèves, Naïs va me tuer ! Et Nwëlla ! Et Juhen ! Et Seth ! Et Mak !

Merde !!!


- Reste pas là comme un poireau !

Croyant que le gamin s’adressait à lui, Gil leva les yeux en fronçant les sourcils, prêt à lui parler de sa tronche de navet. Mais alors, son regard tomba sur la fille à qui s’adressait en réalité Syles. Il la reconnut immédiatement. Elle avait changé, tellement changé en si peu de temps ! Il frémit, réalisant soudain l’ampleur de ce changement. Enfer, Lib. Tes cheveux… Quelque chose le percuta. Non, voulut le percuter, car il se baissa au dernier moment et l’attaque ne porta pas les fruits escomptés ; d’un geste violent, Gil envoya son coude dans le plexus de l’homme qui oscilla, agita les bras d’un air désespéré… et bascula dans le vide. L’Envoleur enjamba Atal et dégaina son arme avec détermination. Il était prêt à défendre son ami au prix de sa vie, c’était un fait ! Lui, et Lib, qui ne bougeait toujours pas, qui n’avait plus ses longs cheveux, qui était toujours aussi belle pourtant, plus même, et Gil grogna, c’est fini oui ?? Syles apparut près de lui. Ils échangèrent un regard dans lequel son ancien élève fit passer toute sa perplexité. Ouais, je sais. C’est la merde, mon pote – pour changer. Mais, s’il te plaît, veille sur elle. Cette nana, elle est plus précieuse qu’une étoile. Cette nana, c’est ma Libertée !

Syles comprit-il le message ? Il n’en donnait pas l’impression mais c’était Syles ; les étoiles, il ne les voyait pas comme tout le monde. N’empêche que le combat qui s’engagea de nouveau fut épique. Un combat « du bon vieux temps », d’ailleurs, qui lui rappela ceux avec Kaünis, quelques jours plus tôt. Très malin de penser à ça maintenant, songea-t-il en jetant un coup d’œil en direction de Libertée. Il se demanda un instant si elle était au courant et si elle était venue le tuer. Puis il se dit que, cheveux ou pas, elle en était encore tout à fait capable et, si c’était réellement son intention, il ne serait pas en train de se battre. Il serait dans un état bien pire que celui d’Atal. Alors bon, il profita de son sursis avec l’énergie de celui qui reprend goût à la vie – une nouvelle vie, partagée entre la violence d’une bête au fond de lui et l’envie de recommencer à zéro pour réparer ses bourdes. Tout en se battant, il s’approcha de la marchombre. Pas trop près quand même. On ne savait jamais…

- C’est surprenant mais c’est joli, dit-il simplement.

Elle savait bien qu’il parlait de ses cheveux. Que son ton amusé dissimulait une petite inquiétude. Sa greffe, bon sang. Qu’est-ce qu’elle avait fait de sa greffe ?? A la  seule pensée qu’on ait pu lui infliger ça et qu’elle n’en soit pas l’auteure, la bête rugit au fond de lui et il eut toutes les peines du monde à la calmer. Ça se traduisit par un échange plus prononcé avec l’un de ses adversaires, qui finit la gorge tranchée – sa tête n’était d’ailleurs plus très bien accrochée au reste de son corps. Mais lorsque Gil tourna la tête vers Lib, son regard était celui de l’homme qu’elle avait connu.

Et reconnu.



*


Le calme était revenu sur le toit. Des corps gisaient ça et là. Torse nu, la peau brillante de sueur et d’un peu de sang – pas le sien, celui de ses adversaires – Gil s’approcha d’Atal. Il posa un genou à terre et se pencha pour le secouer.

- Réveille-toi, connard. C’est pas l’heure de crever.
- Je t’emmerde,
marmonna le connard en question, sans ouvrir les yeux toutefois.

Gil eut un petit soupir de soulagement. Tant qu’Atal était encore capable de plaisanter, ça allait. Mais il fallait trouver un guérisseur rapidement, sinon… Refusant de penser à ça, Gil attrapa son manteau et l’enfila rapidement. Puis il souleva Atal et le fit passer sur son épaule.

- On se bouge, jeta-t-il à la cantonade.

Syles allait bouger, il le savait.

Mais Lib ?

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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Sam 21 Mai 2016, 18:38

[ Lib est casséééééééeeeeeee ! ]



Elle ne savait pas pourquoi elle était là. Pourquoi elle restait là.
Figée dans le temps, dans son propre corps, au milieu d’un combat qui allait mal finir pour un parti ou l’autre. Avait-elle vraiment envie de s’imiscer là-dedans ? De se lancer dans une bataille qui n’était pas la sienne ?

Quelque chose, dans le fond de son cerveau, protesta. Ah, non, c’était peut-être le jeune homme qui s’était approché en jouant de sa lame, qui l’avait invectivée. Un poireau ? Cela tira un sourire grimacé à la jeune femme blonde. Mais elle n’avait pas envie de se battre. Elle était juste incapable de faire volte-face pour se barrer. Elle restait bloquée au début de son choix, et risquait de ne pas pouvoir prendre la décision jusqu’à ce qu’on lui force la main et que les choix s’effacent.
Est-ce que cela comptait ? C’était insignifiant comme décision. Non ?

Une lame passa très près d’elle, mais elle se contenta de l’esquiver avec une facilité déconcertante, bougeant à peine, les yeux encore dans le vague.
Elle évita quelques attaques alors que finalement, la lame de l’adversaire se fiche légèrement dans la paume du jeune homme. Elle avait l’impression, pour le coup, qu’elle l’avait déjà rapidement croisé, en fait.

- C’est surprenant mais c’est joli.

La jeune femme blonde tourna la tête au ralenti vers l’homme qui venait de parler. Gil. Une immense bouffée de colère la traversa brutalement, ébranlant son humeur indifférente depuis trop longtemps. Une colère froide, glaciale, de celle qui se tapissait dans l’ombre pour ressurgir en vengeance un jour ou l’autre. Une colère qui ne lui ressemblait pas le moins du monde, finalement… C’était quoi ce regard, qu’il venait de lui lancer ? Encore une raison pour lui de culpabiliser, sans le faire vraiment ? Qu’est-ce qu’il avait fait ? Elle s’en fichait. C’était devenu encore plus glacé, là, dans sa gorge.
Pourtant, sa colère se réchauffa pour devenir volcan prêt à exploser quand elle croisa le regard de l’Envoleur, vairon.

Vairon et vrai.
Un soupir tremblant passa ses lèvres.
Elle se mit en mouvement.


♥ ♥ ♥


Tout était redevenu calme.
La jeune femme ferma les paupières un instant, le temps de sentir le souffle frai du vent sur son visage. Quand elle les rouvrit, elle planta ses iris roses dans le ciel d’un bleu limpide, seulement tâché par endroit de nuages d’une couleur grise délavée.

Elle avait reconnu Atal, qui était dans un sale état. Gil l’avait défendu lors du combat à trois contre… elle n’avait pas compté. Le second prit le premier sur son épaule pour se déplacer, et elle soupira légèrement.
Bouger ? Elle… Voulait-elle les suivre ? Aller dans sa propre direction ?
Elle ne savait pas.
Mais la lueur, dans le regard de Gil…
Non, elle avait dit qu’il ne la reverrait plus, ni elle ni Suviyo.
Alors, pourquoi son coeur palpitait, soudain ? Pourquoi sentait-elle quelque chose de familier fourmiller dans ses doigts, s’emparer d’elle entière, comme une aura presque lumineuse ? Pourquoi n’était-elle pas capable de lui en vouloir ?

Elle avait entretenu sa colère froide. Elle avait pesté contre lui pendant des semaines, pour s’enrober d’un cocon de fureur glacée.
Pour ne pas penser à lui. Pour lui en vouloir. Pour lui en faire voir de toutes les couleurs.
Pour ne pas penser à lui. Surtout.

Elle leur emboita le pas.



♥ ♥ ♥


Elle avait pris la tête de leur expédition pour emmener Atal voir un guérisseur. Ce n’était pas un rêveur, mais il pansa la plaie de l’homme, le recousut avec délicatesse, et lui posa un emplâtre aux plantes pour accélérer la cicatrisation des tissus.

Appuyée contre l’encadrement de la porte de la pièce où se trouvait le frère de Naïs, la jeune femme blonde se mordait les lèvres.
Qu’est-ce qu’elle foutait là hein ? Pourquoi elle ne pouvait pas s’empêcher d’aider les gens ? Pourquoi elle se sentait un peu mieux, là, alors qu’elle avait apporté quelque chose à quelqu’un ?

Elle avait envie de partir.
Poussant un soupir, elle se détourna de l’intérieur de la pièce, se passant la main dans ses mèches trop courtes. Elle avait envie de s’énerver, de faire l’ouragan, mais elle savait que ça ne servirait à rien. Avait-elle vraiment besoin de savoir ce que Gil avait fait, et avec qui ? Non. Mais le pire, c’était qu’elle en avait envie. Elle avait la fâcheuse impression que c’était normal et logique de savoir.
Mais elle n’avait plus rien à voir avec lui, non ?
En relevant les yeux, en posant son regard sur lui, sa tête lui cria  “NON” mais les battements effrénés de son coeur lui hurlèrent “OUI”.

Elle s’arrêta pour planter son regard dans celui de l’Envoleur.
Pourtant, aucun son ne sortit de sa bouche.
Juste son regard parlait. Et il brillait d’une infinie détresse.

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Syles Agarest
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Mar 24 Mai 2016, 00:41

You make me feel
Invincible

Arrêter de vous regardez comme si vous aviez milles choses à dire et ouvrez là, pour une fois!

Je suppose que c'est ta nana, pour que tu sois dans cet état presque mignon...


Le jeune homme vit le regard noir de Gil, un genre de ''la ferme gamin'' qu'il lui avait lancer milles fois par le passé, mais n'y porta pas attention...

Plutôt, il dirigea la dite attention sur la fille, c'était elle, la nana de cette rouquine, donc? Pas mal, il avait du goût... Mais il lui manquait cet aura de danger, ce truc que dégageait Kaünis, un genre de sentiment comme si elle allait l'embrasser un moment et le tuer le second...

Du danger pur et simple, ce truc qu'il adorait et qui le faisait se sentir invincible, avec elle...


You make me feel invincible
Earthquake, powerful.

Just like a tidal wave,
You make me brave.

You're my titanium,
Fight song, raising up.

Like a roar of victory in a stadium...

Le frontalier, repoussant Gil pour se faire de la place devant la marchombre, lui tendit la main sans cérémonie pour se présenter.

Moi c'est Syles Agarest, ancien apprenti de cette tête de nouille et amant de Kaünis pas dessus le marché, content de faire ta connaissance.

Il savait qu'elle avait déjà rencontré Kaü et il était loin d'être du type gêné. De plus, si son ancien maître et elle devaient se battre comme un couple, autant que les présentations sois déjà faites qu'il puisse se barrer.

Une fois les dites présentations terminés, il se retourna vers son ami et l'étudia un instant... Ouais, son corps le clamait, lui c'était cette fille qui le rendait invincible...


You're making me strong,
You're making me stand,
Never will fall, never will end.

Shot like a rocket up into the sky,
Nothing could stop me tonight...

Prenant une ligne droite vers son ex-mentor, l'envoleur lui plaça une claque bien sentie par la tronche. L'homme sembla la détecter et vouloir l'éviter au dernier moment, mais s'y prit trop tard. Après tout il avait connu un apprenti qui, dans ce genre de situation, aurait eu l'air sur le point de lui en mettre une, mais là il semblait plus considéré ça ordinaire.

Le garçon prit la parole presque immédiatement d'un ton plutôt sérieux.


Alors, mon imbécile favoris, si tu m'expliquait un peu dans quelle merde je me suis mis en étant à moins de 30 mètres de toi, encore? Et pour être clair, j'ai généralement accepté que tu ne t'explique pas, mais là, que ça ais rapport avec ton empoisonnement ou non, je veux savoir. Dernièrement y'a un peu trop de gens qui me cherche des emmerdes, si je dois me retrouver à avoir un malade avec des doses de silencieuse sur le dos en plus, je veux savoir d'où il vient.

Et si tu ne veux pas répondre, je me barre et, la prochaine fois qu'on se verras, ce sera comme ce jour avec Kaünis, avant le dernier cours... Tu ne seras pour moi qu'un homme ayant tenté de me tuer par le passé qui ne me fait pas confiance.

Entre toi et Kaü, j'en ais assez d'avoir des emmerdes sans savoir d'où elle viennent. Elle, au moins, elle n'en sait pas vraiment assez pour dire quoi que ce soit...

Mais toi... Toi tu es assez doué pour avoir quelque informations, au minimum.


Ultimatum.

Parce qu'il avait toujours considéré Gil plus ou moins comme un frère, depuis le dernier de ses cours, mais que si celui-ci le considérait comme un sale gosse qui ne devait pas en savoir trop...

Il avait assez de problèmes comme ça et il était loin d'être un expert des sentiments, donc si les liens qu'il avait forgé puis entretenus devenaient un trop grand danger, il devrait les détruire, les oubliés...

Amis, ''famille'', connexions... Amante.

Il devrait les effacés, tous sans exceptions, aucune.

Et ce pour toujours.


Every day we choose,
We might win or lose.

This is the dangerous life.

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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Mer 25 Mai 2016, 19:01

… Lib hésita. Gil ne se retourna pas mais il devina son trouble et se mordit la lèvre : il fallait qu’il emmène Atal s’il ne voulait pas laisser son ami mourir ici, à cause d’un bête couteau. Il ne pouvait pas attendre que la marchombre se décide, encore moins rester pour parler avec elle – parler vraiment, d’elle, de lui, d’eux – et il fit taire d’autorité ses émotions pour se mettre en route. Syles à ses côtés, il se sentait plus tranquille, étant donné qu’il ne pouvait pas se servir de ses armes en portant Atal. Il voyait bien que le jeune homme était intrigué, qu’une foule de questions se bousculaient sur ses lèvres et qu’il les contenait à grand peine. C’était évident. Et il n’y couperait pas, c’était tout aussi clair : d’ici peu il lui faudrait affronter le flot déchaîné et répondre, sans quoi Syles perdrait patience. C’était écrit dans ses yeux et ça se lisait dans ses gestes. Alors, Gil soupira. Sur ses épaules, Atal ne bougeait pas. Mort ? Il sentit soudain une profonde lassitude l’envahir, et il tituba un bref instant, sonné, désespéré… Si Atal mourait, Naïs ne lui pardonnerait jamais, et lui non plus d’ailleurs. Il n’avait peut-être pas lancé le couteau fatal, mais il avait bel et bien entraîné son ami dans cette histoire de fous. Sans lui, Atal serait encore en pleine forme. Sans lui, ils ne seraient pas…

Libertée le dépassa et, sans un mot, les invita à la suivre. Gil resta immobile une seconde encore, le temps de la regarder avec surprise. Puis la surprise fit place à la gratitude. Et la gratitude devint tendresse. Que c’était étrange de la voir comme ça, le visage fermé et les cheveux courts… Il secoua la tête, réajusta le corps inerte d’Atal sur ses épaules et se dépêcha de la rattraper.

Tiens bon, mon pote. On va te sortir de là !



*



« On » c’était un certain Héliek Lumas, guérisseur de son état et grand amateur de livres anciens qui emplissaient d’ailleurs les trois quarts de son espace personnel. Il vivait dans une impasse relativement calme et sa maison, ouverte à ceux qui avaient besoin de soins, était paisible et accueillante : chaque pièce était meublée avec goût, d’immenses fenêtres faisaient entrer la lumière du jour et, à l’extérieur, un jardin aussi grand qu’un parc offrait un ballet de fleurs colorées et de plantes originales. Le front appuyé contre l’une des baies vitrées donnant sur cet espace lumineux et verdoyant, Gil observait pensivement un héron qui nettoyait ses plumes avec application. Il tourna la tête en entendant Héliek se redresser dans son dos. Atal était étendu sur le large canapé du salon, sur le ventre. Il avait un teint crayeux et les yeux clos mais sa respiration était rapide : il était conscient. Gil s’approcha et chercha le regard du guérisseur. Celui-ci eut un sourire, bref mais qui ne trompait pas : il était confiant.

- Je vais faire un emplâtre pour aider la cicatrisation, expliqua-t-il en nettoyant ses mains pleines de sang. Il va s’en tirer.
- Merci.

L’homme hocha la tête et Gil l’abandonna à ses occupations pour se pencher sur son ami.

- Alors, fillette, ça pique un peu ?
- Idiot…
souffla Atal en ouvrant un œil vitreux.
- Ne t’en fais pas, je ne dirais à personne que tu t’es pris un couteau dans le c…

Gil sursauta, écarquilla les yeux… et baissa la tête, sidéré : Atal avait bougé si vite dans son état qu’il s’était laissé surprendre. Et pas qu’un peu. La pointe de la dague du blessé piquait son entrejambe. Ah ouais, carrément… !

- Je sais, dit simplement Atal.
- Joli, admit Gil après un petit sifflement. C’est Naïs qui t’a appris ça ?
- A ton avis ?
- Bon, messieurs, quand vous aurez terminé…
s’impatienta Héliek, apparemment pas choqué ni surpris d’assister à une telle scène.

Atal laissa retomber son bras et Gil se redressa, puis s’écarta pour laisser la place au guérisseur.

- Le taquinez pas trop si vous tenez à vos bijoux de famille, prévint-il à son attention, il est ronchon.
- C’est noté.


Ce type est génial, s’extasia Gil avant de se retourner.
Pour croiser le regard brillant de Libertée.
Oh, Lib…

Il soupira, se passa la main dans les cheveux, c’était forcément à lui de dire quelque chose mais putain, je ne sais même pas par où commencer ! Lui dire qu’elle lui avait manqué ? Mais ça ne se voyait pas à sa tête d’idiot, ça ? Lui demander pourquoi elle s’était enfuie ? Comme si tu n’en savais rien, se morigéna-t-il. En fait, il avait envie de la prendre dans ses bras, surtout avec ce regard-là. Elle avait l’air perdue, indécise, et il ne savait pas si c’était un leurre, une illusion, une feinte – il ne savait pas ce qu’il risquait en la touchant. Or le guérisseur était occupé avec Atal…

- Arrêtez de vous regarder comme si vous aviez mille choses à dire et ouvrez-la, pour une fois !

Merci, Syles. C’est ce qu’on appelle mettre les pieds dans le plat avec élégance, ça !

- Je suppose que c’est ta nana, pour que tu sois dans cet état presque mignon…

… les pieds, les genoux, les bras, la tête. Tu te vautres carrément dans le plat et je suis sûr que tu le fais exprès en plus.
Sale gosse.


Gil se renfrogna légèrement quand Syles lui piqua la place devant Libertée, mais il ne put empêcher un sourire d’illuminer fugacement ses traits en entendant la présentation franche et délurée de son ancien élève. Il faillit lui faire remarquer qu’il connaissait désormais très bien Kaünis lui aussi, désormais – mais le bon sens le retint juste à temps. Lâcher ça devant Libertée ? Une armée de guérisseurs ne parviendraient sans doute pas à réparer les dégâts. Alors il plongea les mains dans ses poches et observa la scène, parce que ça valait le détour. Syles n’avait pas froid aux yeux et Lib non plus, en général. Comment allait-elle réagir face à cet énergumène ? Entre Kaünis et elle, ce n’était pas l’amour fou – et ça ne risquait pas de s’arranger… Syles était cependant différent. Il n’était pas sortable et c’était un bavard franchement épuisant, mais il avait quelque chose, une espèce de don invisible et improbable, qui lui valait l’attention et le respect de ceux qui croisaient sa route. Le voir évoluer parmi les Faëls en avait été la preuve.

Il était plongé dans ses pensées, et il devait être un peu fatigué parce qu’il ne vit pas le coup venir, quand Syles se planta soudain devant lui. La claque n’était pas forte mais elle le prit de cours et son geste à peine esquissé ne parvint pas à lui épargner ce grand moment de solitude. Plus vexé qu’en colère, Gil attrapa vivement le poignet de Syles – tu me cherches, morveux ??

Ouais. Il le cherchait, mais pas comme ça : ce que voulait Syles, c’était des réponses. Il ne laissa pas l’occasion à Gil de l’interrompre, et celui-ci le connaissait trop bien pour songer à l’arrêter de toute façon : il attendit donc patiemment et, lorsque Syles reprit son souffle, il leva un sourcil.

- C’est bon ? Tu as fini ?

Visiblement oui, alors il eut ce drôle de sourire un peu flippant qu’il arborait quand il s’apprêtait à faire faire un truc complètement dingue à son apprenti… et il le frappa à son tour. Pas très fort non plus mais suffisamment pour qu’il sente les dents s’entrechoquer sous son poing. Retour à l’envoyeur, morveux !

- Imbécile, dit-il en secouant la tête. J’ai pas l’intention de te cacher quoi que ce soit.

Il croisa brièvement le regard de Libertée – Enfer, ce rose, ça m’a tellement manqué… - et reprit d’un ton ferme :

- Je vais tout vous raconter, mais pas ici.



*



Il faisait bon, dehors. Dérangé, le héron c’était envolé, laissant la place aux trois compagnons. Gil s’assit dans l’herbe et, en appui sur les mains, pencha la tête en arrière, appréciant la chaleur du soleil sur son visage. Il ferma les yeux.

- Rien à voir avec la silencieuse et  mon empoisonneur fou, commença-t-il enfin. C’est de Kaünis qu’il s’agissait tout à l’heure. De Kaünis et moi.

Une pause. Il était le seul à savoir ce que sous-entendaient ces paroles, mais il se garda bien d’en dévoiler le sens.

- Elle s’est fourrée dans une galère impériale parce qu’elle a tué la maîtresse de l’Empereur. Du coup, il y a des gens hauts placés qui lui en veulent. Je me suis retrouvé dans son sillage, vous dans le mien, bref…

Il rouvrit un œil et dévisagea ses amis.

- Et vous ? Qu’est-ce que vous faites là ?

Oui, toi Syles.
Et toi, Lib. Pourquoi tu n’es pas chez nous ? Pourquoi tu n’es pas avec Suviyo ?

Pourquoi tu ne dis rien ?

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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Mer 25 Mai 2016, 21:02

- Arrêtez de vous regarder comme si vous aviez milles choses à dire et ouvrez là, pour une fois!

Surprise, Libertée cligna plusieurs fois des paupières en portant son attention sur le jeune homme qui venait de s’adresser à elle et Gil en même temps. Elle voulut presque échanger un regard avec l’envoleur, mais le plus jeune s’approcha d’elle. Elle ne recula pas, se contentant d’incliner légèrement la tête sur le côté quand il lui tendit la main.
Elle n’hésita pas une seconde pour la lui serrer.


- Moi c'est Syles Agarest, ancien apprenti de cette tête de nouille et amant de Kaünis par dessus le marché, content de faire ta connaissance.

Intriguée, la marchombre leva un sourcil. Quelle manière peu conventionnelle de se présenter !
Ce Syles lui plaisait. C’était donc un ancien apprenti de Gil, lui aussi ? Est-ce qu’il savait ce qu’elle était, elle ? Est-ce qu’il allait tenter de lui sauter dessus comme Kaünis ? Lui jurer qu’il aiderait cette dernière à avoir sa peau ? En plus, ils étaient amants… La manière dont il avait dit ça mit la puce à l’oreille de Lib, qui fronça à peine les sourcils.

Elle avait l’impression, de premier abord, qu’ils étaient beaucoup plus que « amants »…
Secouant imperceptiblement la tête, elle serra ses doigts avec détermination sur ceux du jeune homme.


- Libertée. Surprise de te rencontrer, mais ce n’est pas pour me déplaire !

La marchombre observa les échanges de claques et de paroles bien senties entre Gil et Syles. Pas de doutes que ces deux-là avaient passé du temps ensemble, et qu’ils s’entendaient bien – qu’ils s’appréciaient, même. Rien à voir  avec ce qu’elle avait vu entre Kaünis et Gil. Est-ce que l’envoleur s’était assagi avec ses apprentis ? Ou bien c’étaient leurs caractères si… similaires, avec Kaünis, qui faisaient qu’ils ne se supportaient pas ?
On ne tolère pas chez les autres ce que l’on ne supporte pas de soi-même…

- Je vais tout vous raconter, mais pas ici.

Libertée leva les yeux vers Gil. Elle était tendue. Qu’est-ce que l’envoleur voulait dire ? Pourquoi sortir de là ? Il avait peur que le guérisseur entende ? Qu’Atal entende ?
Poussant un soupir résolu, elle suivit les deux hommes avec plusieurs secondes de retard.


♥ ♥ ♥


La marchombre observa un instant Gil qui s’asseyait dans l’herbe, au soleil.
Serrant les dents, elle se passa une main dans ses cheveux courts. Nouvelle manie, qu’elle allait devoir tenter de maitriser car ça allait lui abimer les cheveux si elle le faisait trop souvent. Poussant un soupir, la jeune femme se frotta les yeux des deux mains avant de s’approcher pour s’accroupir non loin de Gil, mais pas dans son dos. Elle voulait voir son visage quand il parlerait…

- Rien à voir avec la silencieuse et  mon empoisonneur fou. C’est de Kaünis qu’il s’agissait tout à l’heure. De Kaünis et moi.

Une alarme s’alluma dans le crâne de Libertée, alors qu’elle se mordait la langue. Son expression avait changé un quart de seconde, une micro-expression bizarre… Exactement la même que sur les toits, quelques heures plus tôt. Serrant les dents, la marchombre le laissa terminer. Elle sentait venir le coup fourré. Littéralement.


- Elle s’est fourrée dans une galère impériale parce qu’elle a tué la maîtresse de l’Empereur. Du coup, il y a des gens hauts placés qui lui en veulent. Je me suis retrouvé dans son sillage, vous dans le mien, bref… Et vous ? Qu’est-ce que vous faites là ?

Captant son regard, elle comprit qu’il se demandait pourquoi elle n’était pas avec leur fille. Serrant les dents, Libertée prit une inspiration pour tenter de calmer ses pensées et son souffle qui s’emballaient.


- Suviyo est avec Papa et Maman. C’est mieux pour elle.
Elle souffla doucement. Elle n’avait pas de vraie raison d’être à Al-Jeit, en réalité. Aucune, pour tout dire. Par contre, elle devait savoir, maintenant. C’était obligé.
- La dernière fois que tu as fait cette tête, tu venais de coucher avec Naïs. C’est avec Kaünis que tu l’as fait, cette fois ? demanda-t-elle de but en blanc.
Maintenant, elle devait savoir. Même si elle n’était pas certaine de le vouloir. Des fois, la vérité fait trop mal… Mais au moins, c’est la vérité.

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Syles Agarest
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Jeu 26 Mai 2016, 19:48

Pauvre Con.

Le jeune homme n'avait pas souris, il ne blaguait pas, il venait de traiter Gil de con purement et simplement.

Moi je suis assez taré pour pas en avoir besoin, pourtant c'est toi qui m'avais dis de me trouver une bonne assurance vie, tu te souviens..?

Et si t'as encore réussis à te perdre comme un idiot et que c'est comme ça que c'est arrivé, t'es encore plus faible que je le croyais...

Et pour que ce soit clair, que tu couche avec elle, j'en ais rien à carrer, hein. Elle couche où et avec qui elle veut et je fais de même.

J'espère juste pour toi que tu sais ce que tu fais, mon vieux...


Parce que, quand même, sa relation avec Libertée ne semblait pas être comme la sienne avec Kaünis... Encore qu'avoir une relation comme la leur, il fallait être... Spécial.

Et puis il avait cet instinct animal qui lui disait de sa barrer, qu'il ne voulait pas être là quand Libertée réagirais... Parce que si lui il était un requin blanc, cette fille c'était le Kraken.

Aucune idée pourquoi il se sentait comme ça, mais son instinct se trompait rarement. Très, très rarement. Et donc, quand il lui sembla évident que la réaction en question arrivait, l'envoleur se prépare à se tirer. C'était Gil qui avait causé le problème, qu'il se démerde avec les conséquences!

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Jeu 26 Mai 2016, 22:14

Il y a des moments où, dans la vie, les choix qu’on prend soin d’éviter finissent par vous revenir en pleine tronche. Généralement, ce moment n’est pas très agréable à vivre, d’abord parce qu’il n’arrive jamais quand il faut, ensuite parce qu’il est aussi percutant qu’un câlin avec Thül. Aussi écoeurant qu’une goinfrade de pain de viande. Et aussi désastreux que les progrès de Juhen en matière de drague. Repousser un choix jusqu’à le laisser exploser comme une bombe, ca craint. Gil n’en menait pas large avec sa petite bombe à retardement, tandis que Libertée lui demandait presque gentiment s’il avait couché avec Kaünis. Il avait de la chance d’être à demi allongé par terre, sans quoi il se serait probablement vautré lamentablement… Enfer, Lib, tu me demandes si j’ai couché avec elle ? Il réprima difficilement un petite rire teinté d’ironie. Putain, non. Je l’ai baisée comme jamais. Mais ça, il ne pouvait le dire tel quel, pas vrai ? Pouvait-il dit quelque chose, en vérité ? Libertée le regardait comme si elle savait. Comment savait-elle ?? Etait-il devenu si mauvais menteur, avec le temps ? Le connaissait-elle trop bien finalement ? Il s’obligea à retenir sa réponse, à la modeler pour qu’elle devienne non pas une bourde piteusement lâchée, mais alors qu’il ouvrait la bouche, Syles se manifesta. Et pas qu’un peu.

Le pauvre con en prit plein sa jolie gueule, pour changer. Ce n’était plus surprenant de voir Syles sortir de ses gonds aussi sérieusement ; il avait grandi, il avait mûri et, bon sang, il était mordu de cette foldingo ! C’était assez clair pour que Gil renonce à tirer ce fil pour s’en faire un joli hamac ce plaisanteries. Ce qui l’était moins, c’était la mise en garde franche voire moralisante du jeune Envoleur à son égard. Pourquoi Syles prenait-il la peine de le prévenir ? Il savait bien dans quel merdier il s’était fourré, en cédant à la passion sexuellement dévastatrice de Kaünis. Hé oh, t’étais pas là quand elle s’est jetée sur moi, grincha-t-il intérieurement. Vous n’étiez pas là, vous ne savez pas de quoi vous parlez ! Voilà, ils avaient gagné. Il s’était renfrogné. Ce n’était pas du tout de cette façon-là qu’il aurait voulu leur apprendre ça. Il savait bien qu’il n’aurait jamais réussi à conserver un tel secret bien longtemps. Libertée était naturellement douée pour sentir l’embrouille et ces derniers temps, elle avait eu toutes les raisons de se montrer méfiante. Quant à Syles… Kaünis aurait été ravie d’être la première à lui raconter cette histoire. Il soupira en se rappelant qu’il avait littéralement placé la survie de ses couilles entre les griffes de cette satanée barge.

Bien joué, mon vieux. Allez, c’est parti pour le deuxième acte.
En scène !


- Je sais où est Suviyo ma belle. J’ai vu tes parents, ce sont eux qui m’ont donné une direction à suivre pour te retrouver. Oui, j’ai couché avec Kaünis et crois-moi si tu veux, mais c’est elle qui m’a sauté dessus la première. Demande donc à Syles, il sait ce que c’est lui, de côtoyer l’Apocalypse au quotidien.

Gil s’allongea complètement et croisa les mains derrière sa nuque. Il était loin d’être aussi serein qu’il le laissait voir mais ça, au moins, ils ne pouvaient pas le savoir. C’était trop bien caché, trop profondément enfoui. La bête qui roupillait d’un œil gardait bien des secrets. Et des regrets. Et des remords. S’il ne les protégeait pas, il se mettrait à nu devant eux et ce serait comme être touché après avoir succombé aux tentacules du Kraken. Ce serait franchement indécent. La franchise était donc actuellement sa meilleure carte puisque, de toute façon, ils l’avaient grillé – carbonisé même. Ça sentait le poulet rôti à plein nez ! Allongé dans l’herbe, les yeux mi-clos, Gil prit une profonde inspiration. Il se trouvait en présence de deux personnes qui étaient capable de le tuer d’un seul geste… Et bien, qu’ils le fassent, ça ne lui ferait pas de mal ! Enfin, si, sans doute. Et après tout, il ne pouvait pas vraiment leur en vouloir, c’était comme ça… Il avait trop changé pour que Libertée ne soit pas touchée par quelques débris au passage. Non, ce n’était pas vrai… il n’avait pas changé, il avait retrouvé sa véritable personnalité. Tant qu’il parvenait à dominer la bête, il n’avait aucun mal à être un peu le Gil que Libertée avait connu – celui qui jouait de la flûte pour l’envoûter, qui enchaînait les boulettes pour la charmer, qui avait appris la tendresse pour l’aimer

Mais voilà, il était comme un requin que le sang aurait excité, comme un ours qu’on aurait dérangé, comme un loup affamé… une bête enragée, voilà ce qu’il était. Une bête qui ne disait pas non à une folie sanguinaire ou sexuelle. Une bête qui se fichait pas mal des conséquences, même si celle-ci avait des yeux roses et des cheveux courts. Bipolaire, songea-t-il un instant. Je suis peut-être bipolaire, au bout du compte. Il y a moi, l’affreux, le dingue, celui qui regarde sa compagne dans les yeux en lui affirmant qu’il a baisé et qu’il a aimé ça. Et il y a lui, qui observe la scène, le cœur au bord des lèvres, et qui ne supporte pas de voir ces million d’étoiles brisées dans les yeux de Libertée, et qui regrette le ton amer de Syles, et qui voudrait être n’importe où ailleurs plutôt qu’ici… Lui et moi, on est pas faits pour s’entendre mais c’est un choix qui ne nous appartient pas. Alors voilà. Je suis là, devant vous, et je vous le demande très franchement, à tous les deux : est-ce que vous allez arrêter d’attendre quelque chose que je suis incapable de faire ? Que se je sois quelqu’un que je ne pourrais jamais être ?

Un héros ? Un type bien ? La belle affaire, c’était bon pour les autres, ça. Lui il n’était rien d’autre qu’un gentil petit diable, un écorché de la vie… un cabochard. Ouais, c’est ça. Un cabochard. Seren avait eu cette idée sans s’imaginer que le surnom lui irait à ce point. Gil souffla doucement entre ses dents. Il ne posa pas la question qui lui trottait dans la tête, préférant en faire un choix qu’il repoussa à plus tard, jusqu’au moment où celui-ci lui exploserait également au visage. C’était bien plus drôle, non ? Il souffla et il cligna des yeux, avant de les fermer.

Mais même ainsi, il voyait toujours le chagrin dans les yeux de Libertée.

- J’ai jamais été fidèle avant de te rencontrer, Lib. C’est toi qui m’a appris ce que le mot « unique » veut vraiment dire. Mais je suis parti. Je me suis perdu à Al-Far et j’y serai encore aujourd’hui si tu n’étais pas venu m’en sortir. Ensuite c’est toi qui es partie, tu te souviens ? Une baffe, un bisou, et pouf ! Disparue. Je mentirais si je disais que je n’ai pas aimé ça, te perdre un peu à ce moment-là, mais avec l’envie et la promesse de te retrouver. C’est nouveau pour moi, je ne sais pas si c’est bien ou pas mais moi, aujourd’hui, c’est comme ça… Je suis comme ça.

Il rouvrit un œil et regarda la marchombre. Est-ce qu’elle comprenait ? Est-ce qu’elle sentait qu’il était sincère ? Il l’aimait. Il l’aimait si fort qu’il y avait plus fort, en lui, qu’un besoin charnel qui aurait pu éveiller la bête et lui donner envie de la prendre, ici, maintenant, au nez et à la barbe de Syles, du guérisseur, d’Atal, du monde – putain, ce qu’il y avait de plus fort c’était l’envie de la serrer contre lui et de la rassurer ! Lui montrer qu’il pouvait coucher avec des dizaines de filles mais qu’il n’en aimerait jamais qu’une seule.

C’est toi, Libertée.

Ça a toujours été toi.


Son œil bleu glissa vers Syles. C’est toi le pauvre con, tu sais ? Ta Kaünis je la connaissais avant toi, je sais bien que j’ai vendu mon âme au diable. T’es plus mal barré que moi, ceci dit. Parce qu’un amour aussi dézingué que le vôtre, ça ne peut pas finir à la manière d’un conte de fée.

Les fées, ça n’existait pas, de toute façon.

Non ?

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Jeu 26 Mai 2016, 22:36

Libertée plissa les yeux quand Syles répondit avant Gil.
Elle l’écouta d’une oreille distraite, parce qu’elle était occupée à détailler les expressions de l’envoleur. Parce que son cœur avait accéléré avant de ralentir. Il pompait à grands coups réguliers dans son torse, alors que son souffle se calmait et devenait plus profond.
Il avait donc couché avec elle, baisé, elle s’en tamponnait. Et que ce soit elle qui lui ai sauté dessus n’avait aucune importance. Côtoyer l’Apocalypse, hein ? Cela voulait dire jouer avec elle, c’était ça ?

La marchombre poussa un long soupir. Elle tenta de mettre de l’ordre dans ses idées mais Gil n’en avait pas fini. Elle continuait de le fixer alors qu’il s’était allongé dans l’herbe, les yeux fermés pour ne pas la voir, sans aucun doute.
Qu’est-ce qu’elle foutait, là, au juste ?
Pourquoi les avait-elle suivis ? Aidés ?

- J’ai jamais été fidèle avant de te rencontrer, Lib. C’est toi qui m’a appris ce que le mot « unique » veut vraiment dire. Mais je suis parti. Je me suis perdu à Al-Far et j’y serai encore aujourd’hui si tu n’étais pas venu m’en sortir. Ensuite c’est toi qui es partie, tu te souviens ? Une baffe, un bisou, et pouf ! Disparue. Je mentirais si je disais que je n’ai pas aimé ça, te perdre un peu à ce moment-là, mais avec l’envie et la promesse de te retrouver. C’est nouveau pour moi, je ne sais pas si c’est bien ou pas mais moi, aujourd’hui, c’est comme ça… Je suis comme ça.

Elle ne serra ni les dents, ni les poings.
Le regard toujours braqué sur Gil, elle se sentait étrangement calme. Parfaitement détachée, en réalité. Elle l’avait bien trouvé à Al-Far, oui, et alors ? Elle était partie. Elle lui avait dit qu’il ne la reverrait ni elle, ni leur fille. Pourquoi le suivait-elle dans ce cas ?
Parce qu’une partie d’elle était toujours accrochée. Bigrement accrochée. Qu’elle se liquéfiait pour ces yeux vairons, qu’elle trouvait ça… trop mignon. Est-ce qu’il pouvait l’aimer et coucher ailleurs ? Est-ce qu’elle pouvait coucher ailleurs, elle ?

Elle avait essayé, avec Erwan, au début de leur relation. Ça avait foiré. Capoté.
Quelque chose l’avait retenue, alors qu’elle ne s’y attendait pas. C’était pour cela qu’elle n’était pas allée – plus allée – chercher ailleurs. Et lui, elle ne lui suffisait pas. Est-ce qu’elle voulait couvrir tous ses besoins ? Non, mais elle avait envie de s’en réserver certains. C’était étrange.

Un long soupir franchit ses lèvres alors qu’elle se passait encore une fois les doigts dans ses mèches courtes. Relevant les yeux, elle les planta dans le regard de Syles un instant et lui sourit.

- J’aimerais avoir ton détachement, mais je n’y parviens pas exactement. Quand tu parles d’elle, on voit que tu en es dingue amoureux – et pardon si ça te choque – mais ça ne te dérange pas de savoir qu’elle couche avec n’importe qui ? Tu n’as pas du coup l’impression d’être n’importe qui ? De la perdre à cause de ça ? De ne pas être ‘spécial’ ?
C’étaient des questions sincères et elle se demanda un instant si Syles lui répondrait.

Elle ignorait superbement Gil, pour l’instant.
Mais elle avait une envie irrésistible de lui faire la peau.

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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Jeu 26 Mai 2016, 23:57

Le garçon haussa des épaules tout simplement à la question de Lib avant de répondre de façon vocale.

Tu connais un peu Kaünis, elle est dingue, cette fille, mais je l'aime comme ça. Si je tente de la retenir, de la mettre en cage dans une relation exclusive, soit elle me tue, soit je réussis et, à ce moment là, elle ne sera plus celle que j'aime.

Je ne suis pas aussi chaotique qu'elle, les gens me le disent sans cesse, et j'aurais peut-être été marchombre, si tout serait arrivé de façon différente, qui sais, j'aurais pu être ton élève à toi et en ce moment ce serait Gil que je rencontrerais pour la première fois.

Je le sais et je m'en tape. Marchombre, envoleur, tout ça, pour moi, c'est flou, je l'avoue, mais je comprend un truc que les deux on en commun.

La liberté. Les deux groupes ont ce point commun et important, ils sont libres. Si je tente de changer Kaünis, Gil, Toi, Éole, Syndrell, Dust, Etc, n'importe quel marchombre ou envoleur que j'ai rencontré... Alors, je tente de leur arracher leur liberté et je me refuse de commettre un tel acte.

Je suis un grand bavard, Gil peut confirmer, mais, et bien que ça me tue de l'avouer, je suis un bavard perdu. J'ai appris à parler pour combler un vide, les sentiments et tout ça, je comprends pas trop, j'ai jamais eu de famille aimante pour m'apprendre.

Pourquoi j'aime Kaünis malgré le fait qu'elle couche ailleurs? Pourquoi je...


Hésitation d'une seconde, le temps de jeté un coup d’œil plein de sens à Gil... Non, il ne pouvait pas se cacher derrière un silence, là, Libertée lui demandait une vraie question, il lui donnerait une vraie réponse et tant pis s'il disait un truc qu'il aurait préféré ne pas avouer devant ce cabochard.

Pourquoi je considère Giliwyn, ce cabochard sans vergogne, comme un frère? Je ne sais pas, je ne saurais peut-être jamais. Ce sont des faits, c'est tout.

Et le diable m'emporte pour l'avouer, mais peut importe les conneries qu'ils pourraient faire, l'un comme l'autre, j'aimerais toujours Kaünis si elle couchait avec un raï et j'aiderais quand même Gil au besoin s'il m'injectait lui même la silencieuse dans les veines.

Parce qu'elle est celle qui fait battre mon coeur et parce que cet imbécile est mon frère. Et si jamais j'apprenais que quelqu'un s'en prenait à toi, par extension, je te protégerais aussi même au prix de ma vie.

Parce que tu es celle que mon frère aime, donc tu fais partie de ma famille. Pas celle de sang, pas celle que je n'ais jamais vraiment eu...

Ma vraie famille. Celle que j'ai choisis.


Et ben voilà, il venait de dire un monologue qui pourrait lui valoir une vie de moqueries de Gil, mais si c'était le cas, il lui en foutrait une autre dose, de silencieuse, pour lui apprendre à tourner sa langue dans sa bouche avant de se moquer. Et puis tout ça, il ne le disait pas vraiment à son ancien maître, mais bel et bien à Lib.

Elle avait besoin de ses mots, l'autre, là, non.


Bon! J'ai trop parlé, moi, j'ai la bouche pâteuse! Quelqu'un veut du thé?

Malgré tout le temps, le frontalier se souvenait exactement comment l'envoleur aîné prenait son breuvage, la concentration, quelles feuilles il préférait, la cannelle dont son ancien maître semblait aimé le goût léger, dans le liquide chaud... Comme au bon vieux temps, hein, deux cabochards dans une tornade d'emmerdes...

Tel maître, tel élève...

Tel élève, tel maître.


We are, we are,
We are made from broken parts.
We are, we are,
We are broken from the start.

And our hearts, our hearts,
They were beating in the dark...

'Cause we are, we are,
We are built from broken parts.

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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Ven 27 Mai 2016, 07:29

Les Fées ? Non, ça n’existe pas, mais les petits démons, si. Il en avait justement deux sous le nez, là. Deux petits monstres qu’il mourrait d’envie de fuir, surtout quand ils se mirent à bavarder gaiement sous son nez, sans se préoccuper de lui – du tout. Gil n’avait pas envie de les écouter. Il ne fut pas tellement surpris par la question de Libertée, il se doutait que ça allait venir… Il n’avait pas envisagé qu’un jour, sa nana demanderait des conseils au sale gosse, voilà. C’était trop étrange, trop improbable pour qu’il ait pu imaginer une chose pareille. Le maître marchombre qui causait infidélité avec le jeune Envoleur… Voilà qui ferait un conte original ! Sans fées, encore une fois, mais avec de la tripaille et des scènes à ne pas laisser tomber dans les oreilles d’un enfant… de moins de vingt ans ! Il secoua la tête à cette idée. Un conte. Il fallait qu’il compare leur vie à un conte. Sérieusement… Il avait envie de partir. Mais quelque chose, dans la question de Libertée, le poussait à rester. Une drôle d’idée. Une hypothèse carrément cinglée.

Et s’ils s’acceptaient ainsi ?

Gil soupira franchement quand Syles prit la parole. Ça sentait le looooooong discours de sage et il en avait déjà sa claque. Il roula sur le ventre, prêt à s’en aller. Tant pis, il pouvait bien les laisser bavasser puisqu’ils avaient l’air de si bien s’entendre, et puis il devait… son regard dépareillé tomba sur la fleur, petite et blanche, qui se trouvait à quelques centimètres de son visage. Toujours à plat ventre, il tendit la main et l’attrapa délicatement entre ses doigts. Il eut un petit sourire amusé. Dans son dos, Syles attaquait son pamphlet sur la liberté. Libertée chérie, hein ! Se redressant sur les avant-bras, il plia les genoux et laissa ses jambes se balancer presque joyeusement tandis qu’il détachait un premier pétale en sifflotant.

Elle m’aime.
Un peu.
Beaucoup….

Libertée n’avait pas besoin qu’on lui parle de liberté. Son nom n’était pas qu’un nom, c’était elle – entièrement elle, complètement elle ! Syles ne la connaissait pas encore suffisamment pour deviner qu’un rayon de soleil serait toujours moins audacieux, une bourrasque moins vive et un torrent moins déterminé qu’elle : libre, de la pointe des orteils au bout de ses cheveux, courts ou longs ! Libre, avec ou sans greffe, avec ou sans sourire, avec ou sans lui, elle était libre et c’était de cette liberté dont il était tombé amoureux. Parce que Syles avait raison. Parce que, s’il la mettait en cage, sa petite marchombre, s’il essayait de la retenir, elle, rien ne serait plus pareil. Parce qu’il aimait sa liberté autant que sa personnalité.
Parce qu’il l’aimait !

Passionnément.
A la folie.
Pas du tout.
Ah !
Elle m’aime.
Un peu…


C’était ça, au fond ! Un perpétuel revirement de situations, de sentiments, d’émotions : sans ces changements qui faisaient mal parfois, qui excitaient souvent, sans ces bouleversements dans leurs vies, ils s’ennuieraient, au fond. Syles, Kaünis et lui s’ennuieraient. Et Lib ?

Beaucoup.
Passionnément.
A la folie…

Syles n’avait pas encore terminé mais ce qu’il disait, soudain, prenait une tout autre couleur. Gil leva la fleur sans pétales à la hauteur de ses yeux et, pensif, écrasa son cœur, étalant le pollen entre son pouce et son index. Etonnant comme il pouvait atteindre les gens, ce gosse. Plus loyal que lui tu meurs. C’était difficile de ne pas être fier et Gil, à plat ventre, le regard sérieux, ne fit pas de commentaires. Il avait là de quoi l’emmerder pour le restant de ses jours et il ne s’en priverait certainement pas, mais là, maintenant, tout de suite, il accepta les paroles de Syles et les enferma dans son cœur.

- Bon ! J’ai trop parlé, moi, j’ai la bouche pâteuse ! Quelqu’un veut du thé ?
- Enfin une bonne idée !
approuva Gil en roulant sur le dos.

Syles rentra dans la maison pour se mettre à l’ouvrage et Gil le suivit des yeux. Excellent timing, morveux. Des fois, il se disait que tout n’était pas perdu pour ce garçon… Puis il leva les yeux et croisa le regard de Libertée. Il n’aimait pas voir toutes ces ombres. Il n’aimait pas qu’elle ne dise rien. Il savait qu’elle avait plein de choses à dire, pourtant. Fallait-il qu’il la pousse à bout, encore ? Est-ce que ce n’était pas elle qui le poussait à bout, là ? Il s’assit, passa la main dans ses cheveux trop longs, les ébouriffa davantage en tentant d’en ôter les brins d’herbe, attrapa une autre fleur, tira machinalement ses pétales. Je l’aime, un peu, beaucoup…

- Ils ont des choses à nous apprendre, hein ? murmura-t-il, en souriant légèrement rien que d’imaginer la tête de Kaünis à cette idée. Ils s’aiment plus dangereusement que nul autre mais ils ne se font pas autant de mal que nous deux…

… passionnément, à la folie, pas du tout, je l’aime, un peu, beaucoup…

- Lib ? Ma famille ce n’est personne d’autre que Suviyo et toi. Ce sale gosse est mon frère de cœur, et Kaünis est…

Il se tut, réfléchit un instant.
Sourit.

- Kaünis est mon négatif. Ce sera toujours bizarre, cet « entre-nous », et je pense que je n’arriverai jamais à l’expliquer mieux que ça.

Il la regarda à nouveau.

- Je n’attends pas de toi ce que tu ne peux pas attendre de moi : si je couche avec une autre femme, tu es en droit de coucher avec un autre homme. Cela ne taira pas mes envie de meurtre, ce sera pire, même, et si je le croise, cet enfoiré, je risque de le tuer parce que je t’aime.

Passionnément.
Passionnément.
Passionnément.
Passionnément.
Passionnément…


Il n’y avait plus de pétale sur la fleur.

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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Ven 03 Juin 2016, 21:12

Ce que lui répondit Syles n’était pas vraiment une réponse. Elle ne tentait pas de changer Gil, enfin elle ne le pensait pas. Elle était tombée amoureuse d’un homme – d’un envoleur – entier. Entier, mais qui ne se considérait pas libre. Alors, finalement, l’avait-il trouvé, sa liberté, en allant voir ailleurs ?
Pour Lib, la liberté n’était pas une absence de limites, c’était une conscience des choix, et de leur conséquence. Par définition, la vie est une limite, le corps humain en est une aussi. La liberté réside dans la grandeur des actes, dans leur écho profond avec les pensées de celui qui les provoque. Etre libre, c’est avoir le choix, et le prendre. Ne pas laisser les autres prendre les décisions pour soi, ne pas se contenter des choix que l’on croit être à notre portée mais pouvoir s’en inventer de nouveaux si nécessaire.

En réalité, le flot de paroles du jeune homme ressemblait plus à une longue déclaration sentimentale qu’autre chose. Pas à une réponse à ses questions. Ou seulement en partie. Dans un coin de sa tête, elle nota qu’il considérait Gil comme son frère… mais surtout, qu’il la protégerait.
Ça, cela la fit tiquer.


- Je ne veux pas que tu me protèges. Je ne veux de personne pour me protéger à part moi-même. Par définition, tu empiètes donc sur ma liberté en prenant la décision de le faire malgré cela. Donc, tu ne respectes pas mon choix d’être libre.
La liberté, cela ne se limite pas à l’absence de limite. Je dirai même mieux : cela n’a rien à voir avec l’absence de limite. La liberté, c’est le avoir le choix. De prendre des décisions en accord avec nous-même. Nos choix ont forcément pour conséquence des choix chez les autres, et chaque choix pris est une liberté en soi. Elle peut prendre la liberté des autres, car ils feront un choix dont ils ne pourraient pas assumer les conséquences. Pourtant, ils ont eu la liberté de faire ce choix, plutôt qu’un autre….


Elle avait murmuré rapidement. Syles devait réfléchir, ou peut-être ne l’avait-il vraiment écoutée, car il partit faire du thé.
- Enfin une bonne idée !
Libertée poussa un long soupir en passant sa main dans ses cheveux… Elle suspendit son geste en se rendant compte qu’elle le faisait encore.
Tournant le regard vers Gil, la jeune femme le fixa plusieurs secondes sans rien dire. Est-ce qu’il avait entendu ce qu’elle avait dit à Syles ? Alors, ne pouvait-il pas faire un choix, lui aussi ?

- Lib ? Ma famille ce n’est personne d’autre que Suviyo et toi. Ce sale gosse est mon frère de cœur, et Kaünis est… Kaünis est mon négatif. Ce sera toujours bizarre, cet « entre-nous », et je pense que je n’arriverai jamais à l’expliquer mieux que ça.

Cette fois-ci, Libertée serra les dents, et elle planta ses poings fermés sur ses hanches en fusillant Gil du regard. Elle voulait bien croire que cette fille était complètement dérangée, mais ça la gonflait de réaliser que Gil ne valait pas exactement mieux puisqu’il s’était laissé prendre à son jeu.


- Je n’attends pas de toi ce que tu ne peux pas attendre de moi : si je couche avec une autre femme, tu es en droit de coucher avec un autre homme. Cela ne taira pas mes envie de meurtre, ce sera pire, même, et si je le croise, cet enfoiré, je risque de le tuer parce que je t’aime.
- Et moi, parce que je t’aime, je dois supporter de savoir que tu vas fourrer ta queue ailleurs c’est ça ? hurla-t-elle, si brusquement qu’elle s’arracha la gorge et que ses yeux lui piquèrent vivement. Et moi, parce que je suis une "gentille petite marchombre", je n’ai pas le droit d’avoir des envies de meurtre ? Ni des envies de castration ?! Je dois supporter tes besoins de variété alors que moi je suis incapable de combler les miens ?!

Elle n’attendait pas vraiment de réponse et essuya rageusement les larmes qui coulaient sur ses joues malgré elle. Sa voix n’avait pas flanché, elle s’était contentée de hurler… Suffisamment fort, sans doute, pour que dedans tout le monde l’entende.
Elle s’en fichait royalement.

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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Sam 04 Juin 2016, 02:27

Quand le jeune homme revint, il ne releva pas le cris de Libertée, ni l'air surpris, comme prit de court, de Gil, se contenta de laisser glisser un mot sur ses lèvres.

Foutaise.

Il ne dégageait pas d'hostilité, alors qu'il venait de se ré-infiltrer dans le groupe en déposant des tasses devant l'envoleur aîné et la marchombre. Au fait, il dégageait seulement quelque chose qu'il avait acquis auprès de Kaünis.

Du chaos.

Pure, noir, épais. D'une certaine façon, il avait gagner en prestance, car de celle d'un frontalier arrogant, il avait maintenant la prestance non seulement d'un envoleur sûr de lui, mais aussi d'un homme qui protégeait ses convictions.


''La liberté, cela ne se limite pas à l’absence de limite'' ?

Laisse moi rire, si c'est ça la liberté marchombre, vous descendez dans mon estime.

Ma liberté à moi ne connais pas de limites, ne connais pas de lois. Si je veux m'infiltrer chez l'empereur rien que pour lui piquer son bonnet de nuit et le jeter à la tronche de Gil pour m'en vanter, je le fais, pas de secondes pensées, pas de conséquences, pas d'introspection à la con pour me décider, j'y vais c'est tout.

Et si t'as un problème avec le fait que je protège Gil, Kaünis ou toi, même si aucun d'entre vous n'en a besoin, alors avec tout le respect que je te dois, va te faire voir, je fais ce que je veux justement.

Et si t'a un problème, alors t'es dans le même cas que ces deux imbéciles, tu te fous pas dans la merde quand je suis dans les parages et tu t’arrange pour que je ne sois pas au courant, point barre.

Si ça te vas pas, t'a qu'un autre choix, prouve que t'es pas une gentille petite marchombre et enterre moi une fois pour toutes. Gil et Kaünis on les même options.

Je l'ais déjà dis, je suis bavard, mais si tu me demande, ta supposé liberté est foutrement égoïste, car si en te protégeant je passe outre ta liberté de ne pas être aider, en me disant de ne pas le faire tu me demande d'abandonner la mienne d'aider ceux qui sont liés à ma famille de coeur de prêt ou de loin...

Et moi, je ne suis pas un gentil petit marchombre, alors va au diable, ma liberté est la seule qui m'importe.


S'asseyant sans demander son reste en prenant une grande gorgée de sa tasse, le frontalier soupira d'aisance. Personne ne semblait avoir prévu qu'il réagisse ainsi, pas étonnant, même Gil, qui le connaissait bien, l'avait connu moins impulsif, avec un caractère moins violent, une personnalité moins...

Chaotique.

Fixant le plafond un instant, le jeune envoleur prononça une dernière phrase en voyant venir la réplique générale grosse comme une montagne.


''Nos choix ont forcément pour conséquence des choix chez les autres'' que tu dis, moi je te dis que mes choix n'ont de conséquence que ce que ceux concernés décides de leur donnés, qu'il s'agisse là de leur mort ou de la mienne, j'en ais rien à carré. Tient, j'en ais une belle phrase, pour toi : ''Il y a, dans le chaos, une liberté absolue.''

Et vlan dans les dents la blondinette. Franchement, il comprenait un peu plus pourquoi Kaünis ne semblait pas l'adorer, à vouloir piétiner la vraie liberté avec ses principes... Et le fait de citer Gil pour lui clouer le bec lui plaisait carrément.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Lun 06 Juin 2016, 19:38

La fleur sans pétales tomba dans l’herbe et Gil cligna des yeux. Il ne savait pas s’il devait être soulagé que Libertée s’énerve enfin ou bien catastrophé qu’elle ne comprenne toujours pas où il voulait en venir. Le mélange des deux le laissa sans voix jusqu’à ce que Syles revienne avec son thé… et sa verve. Oui, parce que ce bougre d’opportuniste infernal et extraordinairement bavard se hâta de répondre à la marchombre, et dans les formes en plus : il ne prit pas de gants, parce que c’était Syles – et justement, il fut Syles d’un bout à l’autre de sa tirade, à la fois grandiose et insolent, sage et ridicule, sensé et cinglé : sa conception du chaos, si juste et si dissonante, se heurta à l’harmonie qu’incarnait Libertée rien qu’avec son propre nom. Assister à la scène était très étrange et, pour la première fois depuis le début de leur discussion, Gil se sentit de trop. Jusqu’à ce que l’homme qu’il avait formé prononce les mots qu’il avait lui-même prononcés. Quelle meilleure façon de le ramener dans la bataille ? Stupéfait, Gil dévisagea Syles, avant de secouer lentement la tête. Le jour où t’arrêteras de me surprendre à ce point, tu seras six pieds sous terre, morveux. Et ce sera alors bien trop silencieux, je crois…

- Liberté et chaos ne sont pas toujours opposés, acquiesça-t-il. Parfois, si l’on sait trouver le juste équilibre entre les deux, ça peut même créer de jolies choses…

Suviyo était la plus jolie de toutes. Gil tourna la tête vers Libertée et soupira : impossible qu’elle aime un jour l’un de ses apprentis, ils étaient épouvantables avec elle… Ceci dit, elle ne leur rendait jamais la tâche facile. Comme si elle avait besoin de leur faire comprendre qu’elle faisait partie de sa vie et qu’elle, elle ne partageait pas. Etait-ce ce qu’il devait comprendre, lui aussi ?

- Lib, je sais bien que je t’ai blessée. C’était pas mon intention mais c’est arrivé quand même et maintenant, ni toi ni moi ne pouvons reculer. Parce qu’il y a Suviyo et parce qu’entre toi et moi, c’est tout ou rien. N’est-ce pas ?

Il fit quelques pas, cherchant ses mots, et ragea de ne pas trouver ceux qui permettraient de définir son état actuel. Il grogna de dépit, se passa la main dans les cheveux, revint devant elle. Et planta son regard dans le sien.

- Je t’aime. C’est ma seule et unique certitude. Merde, Lib ! Je t’aime et rien ni personne ne pourra jamais changer, toi y compris ! Si tu t’en vas, si tu décides que tout doit s’arrêter là, je t’aimerai encore. Si tu me castres, je t’aimerai toujours. Et au fond c’est peut-être la solution parce que, au-delà de la certitude que je t’aime, je sais que ce qu’il y a en moi, cette bête qui me ronge depuis des années, ce sera impossible à tuer. Tu comprends ?

Voilà, il donnait encore l’impression de se chercher des excuses… Il grimaça, la main posée sur le cœur, et ajouta rapidement avant qu’elle lui vole la parole :

- Je ne suis pas en train de dire que ce n’est pas ma faute, bien au contraire. Je ne dis pas non plus que tu dois subir tout ça en silence et sans rien faire. Ma liberté à moi je l’ai trouvée dans le chaos, le bordel de ma vie, et sans ce bordel, je ne peux pas être moi… Sans ce bordel, Lib, il n’y aurait pas de Giliwyn SangreLune.

Et tu ne serais pas tombée amoureuse de Manaël Sil’Sierra, réalisa-t-il enfin. Il la regarda, partagé entre l’envie de glisser les doigts dans ses cheveux courts et celle de s’en aller maintenant : s’il s’éternisait, les choses ne feraient qu’empirer. Ça le minait. Il n’avait plus envie de boire son thé. Alors, il abandonna la tasse au milieu des fleurs sans pétales et tourna les talons.

- Je vais voir Atal, dit-il doucement.

Rideau.



*



- Tu tires une de ces tronches…
- La ferme et pionce.
- Pas avant que tu me racontes.


Les mains dans les poches, Gil soupira. Aussi têtus l’un que l’autre, songea-t-il en se rappelant les conditions butées de Naïs. Il capitula donc, mais uniquement parce qu’il voulait qu’Atal se repose. C’était lui qui avait une sale tronche, avec ces yeux brillants de fièvre, enfoncés dans leurs orbites et cette pâleur extrême. Tout en marmonnant dans sa barbe, l’Envoleur s’assit sur le tapis et appuya son dos contre le canapé sur lequel le blessé était allongé.

- Une histoire, et après dodo !
- Oui maman.


Idiot…

- Il était une fois…



*



Il était une fois, un imbécile qui avait tout mais qui ne possédait rien. Sa vie était somme toute très honorable et, si l’on oubliait les contrats louches, les bagarres, les paris douteux, les assassinats, les tortures et le viol, l’on pouvait même dire que c’était un imbécile heureux. Parce que justement, c’était la vie qu’il s’était choisie et il n’avait pas envie qu’elle change d’un iota !

Sauf que les changements, ignorant tout de ces règles qu’il s’était fixées, s’en donnaient à cœur joie : une (charmante) compagne (un peu chiante sur les bords mais c’est une autre histoire), une (adorable) fille, des amis (renversement improbable pour un solitaire comme moi)… Le plus incroyable étant que tout ce petit monde était capable de le supporter – à peu près du moins.

Du coup, les changements n’étaient peut-être pas la cause première de ses conneries répétées. D’autres facteurs s’étaient ajoutés à l’équation. Des ennemis (ça va bien deux minutes pour pimenter un peu la vie, mais quand on te marave la tronche à coup de Silencieuse, déjà, tu fais moins ton malin !), des amantes (pas nombreuses mais comme il s’agit peut-être des seules femmes auxquelles il n’aurait justement pas fallu toucher…), des emmerdes (partout, tout le temps).

Notre imbécile perdait donc tout au fur et à mesure qu’il amassait. Chaque fois qu’il essayait de réparer les dégâts, il empirait les choses. Sa nature instable, sauvage, bestiale même, commença donc à prendre le dessus, doucement mais sûrement. Il n’était plus capable de distinguer le bien du pas bien. Un imbécile d’imbécile, quoi.

Mais un imbécile qui n’avait pas dit son dernier mot.



*



- C’est quoi, ton dernier mot ?
- Enfer, mais tu ne dors pas encore ??
- Ta voix est trop rude. Ça m’empêche de trouver le sommeil.
- Enf…


Héliek débarqua dans le salon à point nommé pour empêcher Gil d’achever Atal en l’étouffant avec un coussin. Il envoya balader l’Envoleur, mi-figue mi-raisin, en maugréant que si on tuait son patient il aurait travaillé pour rien. Gil enfonça donc ses poings dans ses poches et, après avoir jeté un coup d’œil en direction de la baie vitrée qui donnait sur le jardin, décida de grimper à l’étage. C’était sans doute légèrement malvenu de se promener sans autorisation dans la propriété du guérisseur, mais il préférait essuyer encore quelques reproches plutôt que de sortir pour braver le Kraken. Il était las. Fatigué de devoir expliquer ce qui ne s’expliquait pas. Il aimait cette fille plus que tout au monde – plus que sa propre vie, mais elle ne le voyait pas. Il était bouleversé par les larmes qu’il avait vues briller dans ses yeux mais elle ne le savait pas. Il était navré qu’elle ne le comprenne pas, mais elle ne l’écoutait pas. Alors voilà, il errait dans la grande maison, sans but, cherchant simplement à s’occuper pendant qu’Atal récupérait.

Il ne pouvait pas le laisser là, quand bien même l’envie de mettre les voiles le démangeait fortement ; c’était de sa faute si son ami avait failli y passer, et il voulait encore lui dire quelque chose à propos de Naïs. Il était résigné à attendre aussi longtemps qu’il le faudrait. Mais Libertée et Syles étaient libres de s’en aller, eux… Alors, quand le parquet grinça légèrement derrière lui, Gil fronça les sourcils.

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."




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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Lun 06 Juin 2016, 21:37

Elle n’attendait pas spécialement de réponse de la part de Gil, mais elle écouta Syles lui faire la morale avec un petit sourire sur les lèvres. Ah, et bien, elle se rendait compte à présent à quel point les deux voies étaient opposées, au-delà de leurs similarités et au-delà des conflits d’intérêt et d’existence du chaos face à l’harmonie. C’était toute une idéologie, le concept-même du monde qui tournait sur lui-même, capable de s’auto-guérir, de s’auto-sustenter.
De se guérir.
Parfois, même la terre appelait le chaos, pour renaître justement. Mais c’était une solution trop violente, qui détruisait tout sur son passage, alors que dans le respect du monde, on pouvait éviter cela, cultiver l’harmonie et le cycle de la vie sans avoir à tout raser.

Libertée ne tenta même pas de raisonner Syles. Elle n’avait pas son avis, voilà tout. Elle n’allait pas l’obliger à penser comme elle, il avait sa propre opinion, et elle n’était pas d’accord. Pourquoi l’un aurait-il plus raison que l’autre ? Elle était libre de vouloir l’harmonie du monde, sa complémentarité, sa beauté, d’envisager tout cela dans la sérénité, dans une sorte de cercle vertueux. Détruire les autres juste pour pouvoir profiter de quelques instants de félicité ? Elle était plus heureuse quand le monde lui parlait et quand la positivité s’étendait autour d’elle. C’était ce qu’elle aimait, ce qui lui parlait.
Elle avait besoin d’être elle-même pour être réceptive à tout ça. Et elle se perdait, depuis des semaines. D’abord la recherche de Gil, puis l’abandon de Suviyo, puis sa coupe de cheveux… Cela ne lui ressemblait pas. Elle se complaisait dans ce malheur parce qu’elle avait aussi le droit d’être mal. Mal dans sa peau, non réceptive au monde.
Elle s’était exprimée, non ?

Elle n’avait rien contre Syles. Elle respectait son point de vue, il s’était exprimé sans agressivité et elle devait reconnaitre que ça lui plaisait. Un sourire flotta sur ses lèvres un instant.

- Je t’aime. C’est ma seule et unique certitude. Merde, Lib ! Je t’aime et rien ni personne ne pourra jamais changer, toi y compris ! Si tu t’en vas, si tu décides que tout doit s’arrêter là, je t’aimerai encore. Si tu me castres, je t’aimerai toujours. Et au fond c’est peut-être la solution parce que, au-delà de la certitude que je t’aime, je sais que ce qu’il y a en moi, cette bête qui me ronge depuis des années, ce sera impossible à tuer. Tu comprends ?
Elle ne comprenait pas.
Elle ne comprenait pas, mais elle avait entendu, cette fois. Enfin, elle le pensait. Sa colère se dissipait comme la brume au soleil. Petit à petit, le paysage se découvrait, dans son cœur et dans sa tête.

- … Sans ce bordel, Lib, il n’y aurait pas de Giliwyn SangreLune.

Elle poussa un soupir. Elle aurait voulu répondre, mais elle garda les lèvres résolument closes. Elle avait besoin de prendre le temps de réfléchir… Non, pas de réfléchir, mais de clarifier les choses, dans son esprit. Alors, elle le laissa filer se réfugier auprès d’Atal sans bouger, ne réagissant qu’à peine à ses doigts dans ses cheveux.

Quand il eut disparu, elle s’autorisa une larme.
Une seule, qui perla de son œil droit pour glisser sur sa joue et dégringoler sur la commissure de ses lèvres avant de s’accrocher quelques secondes encore à l’angle de sa mâchoire pour s’écraser sur le sol.
Elle se passa les paumes sur le visage, se massant rapidement les yeux en même temps. Redressant le menton, elle posa son regard sur Syles avec un petit sourire.

- Je crois que c’est une question d’idéologie, au fond. Tu es libre de penser à ta liberté seulement, quand je suis libre de vouloir faire tourner le monde avec harmonie, et donc de me préoccuper de la liberté des autres. Elle haussa les épaules, montrant par là qu’elle ne tenterait pas de le faire changer d’avis. Parce qu’elle avait cet instinct qui lui disait que cela ne servirait à rien. Dans tous les cas, il s’était enfoncé trop loin sur le chemin de ses convictions actuelles pour que quelqu’un puisse lui faire faire machine arrière. Et elle ne pensait pas qu’il aurait pu être à l’aise sur la voie des marchombres.
- Merci.
Elle avait murmuré, et se glissa hors du jardin pour escalader une poutre porteuse et se hisser sur le toit. Le regard perdu à l’horizon, elle soupira.

Et sanglota.

♥ ♥ ♥

Quand les larmes se furent tarirent, balayant sur leur passage les dernières bribes de frustration et de colère, Libertée redressa le visage pour poser son menton sur ses avant-bras.
Un long soupir franchit ses lèvres.
Pourquoi était-elle incapable d’accepter que Gil soit parti voir ailleurs ? Ai besoin d’aller voir ailleurs ?
La réponse se dessina dans son esprit, scintillante d’évidence.

Elle se leva brusquement.


♥ ♥ ♥
I'm addicted to you,
Porque es un vicio tu piel
Baby I'm addicted to you,
Quiero que te dejes querer.
♥ ♥ ♥

Passant devant Syles, Lib lui adressa un petit signe de main : elle avait besoin d’être seule avec Gil. Puis, elle jeta un coup d’œil sur le canapé sur lequel était installé Atal, avec un demi-sourire en coin.
Il lui indiqua dans quelle direction était parti l’envoleur, et elle lui fit confiance. S’enfonçant dans la maison de Héliek sans hésitation.

Il était là.
Elle ne chercha pas à se cacher, en s’approchant. Elle fit même du bruit, mais Gil ne se retourna pas. Alors, elle se glissa dans son dos et passa ses bras autour de son torse pour poser sa joue contre son omoplate – elle était trop petite pour poser le menton sur son épaule.
Restant comme ça plusieurs minutes, à écouter le cœur de l’envoleur à travers son dos, Libertée ferma les yeux et laissa son odeur l’envahir doucement, attendant que son propre cœur se calme complètement, pulsant à grands coups réguliers dans sa poitrine.

- Je suis désolée, commença-t-elle dans un souffle murmuré. Ma conception du couple se réfère directement à mes parents. Je m’attendais à ce que finalement, tu te poses… C’était bête. Et stupide. Je suis tombée amoureuse d’un vilain garçon, pourquoi ça devrait changer quelque chose à ce que tu es, Gil ?
Elle fit une petite pause, se détachant de lui doucement tout en cherchant ses mots. En quelques pas, elle lui fit face, et plongea son regard rose dans celui de Gil.

- Tu n’as été assez clair dès le début, et j’ai imaginé un tas de choses. Je me suis accrochée à mon idée d’un couple alors que tu n’avais pas la même. Et si on définissait enfin les règles du jeu, Gil ?

Le lâchant du regard, elle chercha un endroit où s’asseoir. Elle savait que la pièce juste là était une bibliothèque, et elle ouvrit la porte. Les étagères remplies de livres se dévoilèrent, couvrant chaque parcelle de mur, mais au centre se trouvaient trois fauteuils recouvert d’un tissu soyeux d’un vert d’oie étonnant.
S’asseyant dans le premier, Libertée ramena ses jambes contre sa poitrine et enroula ses bras autour de ses genoux.


- Donc, ma première question, c’est : si je n’ai pas l’exclusivité de ton corps, est-ce que j’ai celle de ton cœur, oui ou non ?
Sa voix était calme et ferme, mais son attitude, dans sa position sur le canapé, montrait bien qu’elle redoutait la réponse à cette question.

- Tu sais que j’avais essayé, de voir d’autres hommes. Et à chaque fois, quelque chose m’empêchait d’aller plus loin, dans ma tête. Je ne suis peut-être pas si libre que ça, si je suis prisonnière de moi-même…
Murmure ténu, hésitant.

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Syles Agarest
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Ven 10 Juin 2016, 22:30

Bah voilà qu'il se faisait jeté et c'était pas pour lui déplaire, lui et les sentiments...

C'était pas son point fort, pensa-t-il en soupirant avant d'aller voir le blessé... Tant qu'à être laisser là, autant se présenter...


Syles Agarest, enchanté...

Je crois que ce serais mieux pour ta santé si tu évitais Gil comme la peste, mon gars...


Ça aurait été mieux pour la plupart des gens, vu comment son ancien maître semblait toujours avoir le don de trouver les emmerdes beau temps mauvais temps...

Mais certains, sur cette terre, vivent pour les emmerdes, comme Kaünis et lui, qui avaient tout deux pris le don de leur maître pour se l’approprié... Forcement, sans les emmerdes la vie serait tellement moins amusante, il fallait bien profité du fait qu'ils ais eu le cabochard comme professeur, parce que quand même, entre la silencieuse et sa nana marchombre, il était pro des problèmes hein...

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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Dim 12 Juin 2016, 10:53

- Syles Agarest, enchanté… Je crois que ce serait mieux pour ta santé si tu évitais Gil comme la peste, mon gars…

Un mince sourire se dessina sur les lèvres d’Atal, juste avant qu’il n’ouvre un œil doré et fatigué. S’il savait ! Chaque fois que Gil était dans les parages, quelqu’un était blessé. Il y avait des morts, des larmes, du sang et de jolies bagarres. Ce type était un véritable aimant à catastrophes. Tout comme Naïs… Il aurait tellement voulu pouvoir s’exclamer haut et fort qu’il ne comprendrait jamais pourquoi sa sœur s’était entichée d’un homme comme SangreLune, mais ce n’était pas possible. Ce n’était pas possible parce que cet homme, justement, les avait sauvés tous les deux bien plus souvent qu’ils ne l’avaient sans doute mérité. Oui, Gil attirait les galères, mais il parvenait toujours à les extirper de là, au péril de sa vie et sans forcément qu’on lui demande de le faire. Il y avait bien longtemps qu’il aurait pu se détourner, mettre les voiles pour de bon. Tout à l’heure, sur les toits, il aurait pu continuer sa route. Il avait fallu qu’il fasse demi-tour et qu’il sauve la vie du frère venu jouer les gros durs avec ses reproches et ses sermons. Exceptionnel ? Complètement fou ? Qui savait ce que Giliwyn SangreLune était réellement, au fond ?

- Atal Jol. Dis, j’ai comme l’impression que c’est un conseil que tu n’as pas l’habitude de suivre toi-même…

Il y avait quelque chose, entre Gil et ce garçon… Un lien invisible mais suffisamment puissant pour qu’ils soient capable de se comprendre sans échanger la moindre parole. Refermant les yeux, Atal réfléchit un bref instant.

- Tu es son élève ?



*



Gil ne se retourna pas, mais lorsque Libertée se blottit contre son dos et passa les bras autour de lui, il posa la main sur la sienne. Quelques secondes s’envolèrent, le laissant simplement apprécier cet instant de douceur inespérée.

- Je suis désolée.

Moi aussi, Lib. Il était désolé qu’elle soit tombée amoureuse de lui, désolé qu’il soit tombé amoureux d’elle ; peut-être que si des sentiments aussi forts ne s’en étaient pas mêlés…

- Je suis tombée amoureuse d’un vilain garçon, pourquoi ça devrait changer quelque chose à ce que tu es, Gil ?

Il ne répondit pas. C’est vrai, il était le vilain de l’histoire et ils le savaient très bien… C’était lui l’Envoleur, elle la Marchombre. Il avait déjà tué les siens. Elle aussi, sans doute. Pourquoi se voiler la face ? Ils n’étaient pas du même monde. Il était noir, elle était blanche, et en dépit de tous leurs efforts c’était des différences qui ne s’effaceraient jamais. Sa discussion avec Syles ne l’avait-elle d’ailleurs pas mis en valeur ? Il la laissa se détacher de lui et croisa son regard incroyablement rose, se perdit dans sa lumière, se noya dans sa douleur, se damna encore une fois. Je t’aime…

- Et si on définissait enfin les règles du jeu, Gil ?

Il secoua la tête. Il ne voulait pas qu’elle prenne leur histoire pour un jeu. Est-ce que c’était l’impression qu’il lui donnait ? Pensait-elle réellement qu’il était amusé de la voir pleurer ? De la blesser ? Elle s’assit sur un fauteuil, serra ses jambes contre elle, et il serra les poings. Si fragile. C’était une marchombre, la plus grande qu’il lui ait été donné de rencontrer, mais là, dans ce fauteuil immense, elle avait l’air tellement perdue… Ses cheveux courts lui donnaient un air plus jeune. Elle n’arrêtait pas de passer la main dedans, par habitude, et lui aussi, il avait terriblement envie de l’imiter – parce qu’il l’aimait sous toutes ses formes, selon toutes ses humeurs.

Et elle lui demanda si elle avait l’exclusivité de son cœur.

Bordel, Lib.
Tu me demandes si je t’aime ?


~

Would you mind if I hurt you
Understand that I need to
Wish that I had other choices
Than to harm the one I love

What have you done now !

~


D’un geste, Gil tira son épée de sa ceinture, faisant sursauter Libertée. Il traversa la pièce, se planta devant elle, à genoux sur le tapis démodé, attrapa sa main, la serra autour de la poignée patinée par l’usage, et posa la gorge sur la pointe effilée. Son regard n’avait pas quitté celui de la marchombre.

- Non, c’est faux, dit-il dans un souffle. Tu es plus libre que je ne le serai jamais, Lib. Ce n’est pas seulement ton nom, c’est ce que tu es, c’est ce que j’aime chez toi. Je t’aime. Trop pour nier que dans ma folie je ne te suis pas attaché. Bien trop pour arriver à te laisser partir. Je n’y arriverai pas. Je suis trop égoïste, je…

Il avala sa salive et se coupa légèrement. Une perle de sang fleurit sur la peau de sa gorge offerte.

- Tu es libre de t’en aller. De me quitter. De me blesser au moins aussi fort que j’ai blessé. De me tuer même… C’est facile, tu sais ? Je ne lutterai pas pour me défendre. Si tu t’en vas, je ne serai jamais très loin parce que je ne peux pas faire autrement, j’ai besoin de te voir, de savoir que tu vas bien. Si tu me quittes, je n’aimerai jamais personne plus fort que toi. Si tu me blesses, je ne broncherai pas. Et si tu me tues, ici, maintenant…

Il n’acheva pas sa phrase. Si elle le tuait, il n’était pas certain de la suite. Mais c’était à elle de décider, désormais. Libre ! Libre de lui transpercer la gorge, d’éliminer le problème de l’équation pour de bon. Il lâcha doucement sa main et écarta les bras. Un seul mouvement du sien et c’était fini.

Elle pouvait choisir de franchir ce pas.

Voilà, Lib. Je t’aime à ce point-là.
Au point de mourir pour toi…

… Tu vois ?


~

I, I've been waiting for someone like you
But now you are slipping away... Oh
Why, why does fate make us suffer ?
There's a curse between us, between you and me

What have you done ?

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."




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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   Dim 12 Juin 2016, 20:11

Elle frissonna doucement quand il s’approcha d’elle avec brusquerie, attrapant sa main pour la poser sur la poignée de son sabre. Son sabre à lui. Prenant une petite inspiration, la marchombre relâcha doucement son souffle en fermant les yeux. Elle ne voulait pas voir Gil à genoux devant elle.
- Tu es libre de t’en aller. De me quitter. De me blesser au moins aussi fort que j’ai blessé. De me tuer même… C’est facile, tu sais ? Je ne lutterai pas pour me défendre. Si tu t’en vas, je ne serai jamais très loin parce que je ne peux pas faire autrement, j’ai besoin de te voir, de savoir que tu vas bien. Si tu me quittes, je n’aimerai jamais personne plus fort que toi. Si tu me blesses, je ne broncherai pas. Et si tu me tues, ici, maintenant…
Tuer, c’était facile ?
Sans doute. Mais elle n’aimait pas les solutions de facilité, déjà. Et ensuite, elle ne voulait pas le tuer. Elle l’aimait trop pour ça. Elle s’était encore mal exprimée, c’était ça ?
Son cœur fit un bond dans sa poitrine quand elle ouvrit à moitié son œil droit. Ses paupières s’ouvrirent brutalement quand l’image de Gil, la gorge offerte, et elle, les doigts sur sa lame, atteignit son cerveau.
Non !

Elle jeta brutalement l’épée sur le côté, et elle rebondit contre une étagère en l’entaillant, dans un bruit mat et étouffé par l’épaisse moquette.
Il remettait sa vie entre ses mains ! Elle ne voulait pas de cette responsabilité, et en même temps c’était elle qui avait demandé de savoir. Alors, elle savait.
Se jetant à genoux devant Gil, Libertée fit glisser ses doigts sur ses joues pas rasées, appréciant leur texture sous la pulpe de ses doigts, sur la paume de ses mains.
Elle l’embrassa, à pleine bouche.

Un baiser au goût de sel.

Elle ne comprenait pas. Elle ne le comprenait pas. Est-ce qu’elle l’aimait moins pour autant ? Non. Ça la blessait qu’il puisse aller baiser ailleurs, qu’il puisse fourrer sa queue dans n’importe quel trou demandant, mais elle ne pouvait rien y faire. Syles avait raison, c’était sa liberté à lui qu’elle tentait de prendre, comme si elle voulait le changer…
Une dissonance, dans son torse, suivi cette pensée. Elle n’avait pas l’impression de vouloir le changer, juste… C’était naturel pour elle de se dédier à une seule personne, quand on l’aimait. Quand on aime plusieurs personnes, c’est compréhensible de les vouloir toutes, mais là, cela relevait plus du… besoin.
Elle n’était sans doute pas assez bien pour lui.

Mais si elle n’était pas assez bien, pourquoi l’aimait-il ainsi ? A lui offrir sa vie, au point de pouvoir mourir pour le lui prouver ? Parce qu’il était persuadé qu’elle ne le tuerait pas ? Parce que c’était aussi la seule manière de la toucher ? Comment savoir si c’était sincère, désormais ? Elle sentait sa confiance rationnelle s’effriter en des milliers de particules alors que son inconscient et une partie profondément enfouie, instinctive, la poussait à se presser contre lui.

Se détachant de ses lèvres, la marchombre planta son regard dans celui de l’envoleur.

- Fais-moi l’amour.
Pour oublier tout ça Pour montrer que ça avait quand même un peu d’importance. Que ce n’était pas que des paroles, pas que du bluff, pas seulement une solution de facilité.
Pourtant, quand il s’approcha, elle ne put s’empêcher de faire quelque chose de stupide.

Elle lui envoya son poing dans la pommette. De toutes ses forces.
Et l’embrassa alors qu’il était encore sonné, enfonçant sa langue dans la moiteur de sa bouche.

Tiraillée entre deux sentiments, deux émotions totalement opposées, Libertée ne savait plus quoi faire. Même son corps hésitait, frémissait avant de se rigidifier totalement, frissonnait encore.
Chaud et froid.
Brûlure et engelure.


♥ ♥ ♥

I swear that you're just sinking in
Like a stain that's on my skin
I try to fight but I won't win any how,
It's too late for me now cause

Your love's like ultraviolet
I can feel it burn
But I like it, yeah
I'm on autopilot
Heading for the sun

__________________________________________




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MessageSujet: Re: Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)   

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Tavernier, je voudrais une rousse, s'il-vous-plait! (PV Gil et Lib)
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