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 Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]

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Erhan Arfas
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MessageSujet: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mer 29 Juin 2016, 22:39

J’avais décidé, sur un coup de tête, de profiter de cette journée pour visiter Al-Chen. Après tout, c’était proche de l’Académie, et j’en avais suffisamment entendu parler lorsque j’étais à Al-Far pour que cette ville titille ma curiosité.

Mais plutôt que d’emprunter un cheval à l’Académie, et alors que je n’avais jamais chevauché, je m’y étais rendu à pied en longeant les berges du Lac. Et la ville m’apparaissait enfin alors que midi approchait, et que le soleil brillait dans un ciel dégagé presque dépourvu de nuages. Il faisait relativement chaud, même si parfois, des bourrasques balayaient les environs de la cité, me refroidissant instantanément.

J’entrai dans la ville d’un air nonchalant. L’entrée était très semblable à Al-Far. Pas aussi belle que ce que j’imaginais.

Ne sachant pas trop où aller ni que faire, je me promenai dans les rues, plutôt animées, en privilégiant les zones d’ombres dispensées par la hauteur des bâtiments. Du coin de l’œil, je remarquai une ruelle sombre déserte. Cette voie semblait mener à un autre coin de la ville, plus tranquille peut-être, et où je ne serais pas contraint de régler mon allure sur celle des passants qui obstruaient les grandes avenues.

Je descendis dans la ruelle, avant d’en choisir une autre identique à une intersection, puis l’environnement commença à changer. Des détritus s’amoncelaient sur les trottoirs, les immeubles gris et ternes devinrent carrément inhospitaliers, des individus louches traînaient dans les parages, les rideaux derrière les fenêtres bougeaient sur mon passage.

Cet endroit m’étais familier, et pour cause ; les rues d’Al-far que j’avais fréquentées toute ma vie y ressemblaient beaucoup. Là où beaucoup se seraient sentis mal à l’aise, je ne voyais rien de dangereux dans ces lieux.

J’entendis un cri, qui ressemblait à un appel à l’aide. Il provenait d’un cul-de-sac plongé dans l’ombre, sur ma droite. Discrètement, plus par curiosité que par envie de venir au secours de la personne ayant crié, je me penchai pour observer l’obscurité de la rue. Deux hommes semblaient avoir bloqués une femme au fond de l’impasse. Leurs intentions semblaient tout sauf bonnes, bien entendu.

La femme laissa tomber son sac et des fruits roulèrent sur les pavés sales.

—Laissez-moi, je vous en prie !

Les deux hommes éclatèrent de rire et s’approchèrent d’elle, menaçants. Ils n’étaient pas bien grands, et pas très âgés non plus. L’un d’eux était même famélique. Sûrement très mal nourri.

J’ai de l’argent, prenez-le ! Lança la femme en montrant une petite bourse qui tinta agréablement à mes oreilles.

Evidemment qu’on va prendre ton argent, mais avant… Dit le maigrichon.

Cette scène me rappela brièvement mon ancienne vie chez les voleurs. Nous volions, oui, mais jamais nous n’allions jusqu’à blesser des innocents, et dans le cas présent, à aller aussi loin que le voulaient ces hommes.

Et, après tout, je n’avais rien à faire. Pourquoi ne pas frapper ces deux hommes dans  le dos, empocher l’argent, puis repartir ?

Quand le plus grand des deux hommes bouscula la femme pour la faire tomber sur le sol, je commençai à me rapprocher discrètement dans son dos, profitant de l’obscurité.

Les deux hommes lancèrent des provocations et des insultes à la femme terrifiée. J’atteignis ma cible, puis tendit mes muscles. C’était le moment.

D’un seul coup, je frappai. Un coup de pied à l’arrière du genou, puis alors que l’homme tombait en lâchant un cri de surprise, j’abattis violemment mon poing sur son visage. Son nez craqua. Je me retournai vers le maigrichon. Il comprit immédiatement qu’il ne pouvait rien faire. Voyant son camarade amoché et le visage ensanglanté, il bégaya une phrase incompréhensible et partit en courant, disparaissant à ma vue.

Oh ! Je… Merci… Bafouilla la jeune femme, légèrement rassurée.

Comprenant qu’elle doutait de mes intentions, et vu sa tête effrayée, j’hésitais soudain à la soulager de sa bourse. J’allais vraiment m’en prendre à elle, qui venait d’échapper à une agression, et qui ne semblait ni riche ni méchante ? Qu’aurait dit Lewyn, en me voyant faire ça ?

De rien, Fis-je simplement.

Alors qu’elle se relevait en titubant, je décidai de partir en l'ignorant, encore troublé par le fait que j’avais failli commettre un vol ignoble, alors que j’avais abandonné ma vie de voleurs quelques semaines plus tôt. Oui, je devais arrêter ça. Maintenant, et jusqu’à preuve du contraire, j’étais un apprenti marchombre. Je n’avais pas besoin d’argent, puisque j’étais hébergé à l’Académie. Donc à quoi bon m’emparer de l’argent de cette innocente ?

Je quittai tranquillement ce quartier, plongé dans mes pensées.

Puis, alors que je rejoignais une des grandes artères d’Al-Chen où se massait une petite foule, faute au marché qui se tenait là, je bousculai quelqu’un involontairement.
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Kaizo Morden
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Jeu 30 Juin 2016, 20:25

Je venais d'arriver à l'académie et j'avais besoin de m'acheter un arc et quelques flèches, autant apprendre à s'en servir ça pourrait être utile et peut être voir si je trouvais un moyen de me faire un peu d'argent. Après tout je risque d'en avoir besoin pour un potentiel voyage durant l'apprentissage ou bien pour moi même. Je quittai donc l'académie de bonne heure pour arriver à la ville la plus proche car bon, fallait pas non plus que j'aille jusqu'au pays Raïs pour un arc, des flèche et un peu d'argent.

Il faisait beau, le soleil était au rendez vous, et une légère brise soufflait.C'était agréable, tellement agréable que le long du chemin je me pris plusieurs fois en train de rêvasser tant et si bien, que je faillis oublier où j'allais et pourquoi. Loin à l'horizon je commençais à apercevoir Al-Chen. Encore un effort... les bâtiments jusque là de la taille de fourmis, grandissaient au fur et à mesure de mon approche.

Me voilà enfin arrivé. Je commença par chercher un magasin, je ne souhaitais pas m'éterniser. Je me dirigeai vers ce qui me semblait la grande rue principale de la ville. Une foule immense y circulaient, je trouvais cela insupportable, certains marchaient trop lentement pendant que d'autre vous poussaient dans le dos. Au bout d'une bonne demie heure j'entrai enfin dans une petite armurerie au coin d'un carrefour.

A l'interieur de celle-ci, il y avait de tout, des armes légères demandant une grande adresse aux armes lourdes qui demandent de gros bras. Je remarquai des arcs accrochés au mur. Ils y en avaient de tout bois :  du chêne, du bouleau mais surtout un maginifique taillé dans un bois noir, le gérant m'autorisa à le prendre en main et tendre la corde. Il me plaisait énormément bien que je n'avais jamais utilisé d'arc. Je le reposai, regarda son prix et faillis faire une attaque. Son prix était l'un des plus élevés de la boutique.

Un peu déprimé et sur les nerfs de ne pouvoir l'acheter je sortis de la boutique et rejoigna la rue principale. Alors que je traversais la foule en direction du chemin pour sortir de la ville et repensant un court instant à cet arc hors de mes moyens, un jeune homme de mon âge me bouscula.

Il ne s'excusa pas et continua sa route comme si de rien n'était. J'étais déjà énerver et démarrais au quart de tour en me retournant :

- Tu peux pas regarder devant toi quand tu marche ?!

L'homme fit volte face, il était de taille moyenne, les cheveux bruns et des yeux gris. Il savait se battre, et son regard ne laissais pas vraiment de doute sur le fait que discuter ne mènerais à rien. Je l'avais provoqué et il n'avait pas l'air d'avoir apprécié. Son poing droit portait une trace rouge, signe d'un coup récemment porté. Alors que je me mettais en garde prêt à riposter au premier coup, un attroupement commençais à se former autour de nous.

*Décidément je n'en fais vraiment qu'à ma tête, c'est pas possible de vouloir tant s'attirer des problèmes alors que je viens de quitter la capitale. C'est pas comme ça que je trouverais un petit boulot ou de quoi me faire un peu d'argent.*

J'entendais les gens dans mon dos et autour de nous murmurant entre eux. Ils se demandaient si nous allions réellement nous battre ici en plein milieu d'eux. Et je craignais pour eux, à leurs airs effrayés que la réponse ne soit qu'affirmative. Maintenant que je m'étais mis dans cette situation autant aller jusqu'au bout. Je ne sortirais pas ma dague face à un adversaire non armé, question de principe et je souhaitais voir de quoi il était capable.

*Ce combat risque d'être intéressant.*

J'étais excité à l'idée d'affronter ce type, quelque chose me disait qu'il n'était pas un amateur et que je ne m'ennuierais probablement pas. Je restais en garde et à l'affut du moindre de ses prochains mouvements. Le premier coup paré pourrait être décisif.
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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Jeu 30 Juin 2016, 22:38

[Battez-vous!  cheers  ]

La matinée avait été bien remplie, pour Hièlstan.
Pour commencer, il s'était réveillé un peu plus tôt qu'à son habitude ; lorsqu'il avait aperçu les rayons de soleil qui filtraient à travers les volets de sa maisonnette, il avait décidé de ne pas se rendormir pour profiter du beau temps.
Il avait donc pris son petit-déjeuner dehors, en contemplant le lac. Déjà quinze jours qu'il s'était installé, et il ne se lassait pas de la vue de ce paisible géant.

Il était par la suite allé dans la forêt, non loin de chez lui, celle dont lui avait parlé Syndrell ; il y avait fait son tour de marche rapide quotidien, puis avait ramassé des herbes médicinales et des plantes aromatiques. C'était une tâche très intéressante, depuis qu'il était ici ; bien sur, elle était déjà intéressante avant, mais à Al-Chen, il y avait quelques différences dans la flore, et cela changeait ses habitudes.
Ainsi, il avait passé une bonne partie de la matinée penché vers le sol, un herbier sous le bras, à tenter de reconnaître tel ou tel plante, à en humer certaines et à grignoter les feuilles des autres, pour s'assurer qu'elles étaient bien ce qu'elles semblaient, ou par curiosité, simplement.

Il en avait trouvé deux d'inconnues. Il les avait soigneusement empaquetées avec dans l'idée de les amener en ville dans l'après-midi et de les faire reconnaître par un herboriste. Il aurait tout aussi bien pu aller rendre une visite à ses confrères de Chériane, trouver la jeune fille qui débutait dans le métier dans ce petit village à même pas une demi-heure de cheval, ou tout simplement demander à l'une des nombreuses personnes qui habitaient la région depuis leur enfance.
Mais il irait en ville, car il avait de toute façon prévu d'y aller, et que cela lui ferait du bien de voir un peu d'agitation. Il avait tendance à un peu trop se complaire dans sa zone de confort, pensa-t-il non sans une grimace. Voilà qui ne ravirait pas Syndrell!

Il avait, depuis son arrivée, rarement été à Al-Chen sans une bonne raison d'y aller. Il était vrai que la ville était grande et grouillante d'activité... De jour comme de nuit, ainsi que le lui avait dit la jeune Marchombre. Le Rêveur se sentait bien plus à l'aise dans la campagne environnante, à croiser quelques badauds et à plus entendre le chant des oiseaux que la rumeur des conversations humaines.
Il se sentait un peu indigne des derniers sourires de Syndrell, elle qui l'avait tant encouragé à explorer Al-Chen! Mais il le ferait, il se l'était promis ; simplement, il avait peut-être besoin... D'un petit temps d'adaptation?

Le moment fut bien choisi pour qu'un gamin le bouscule en courant, et qu'un deuxième ne manque de le mettre à terre en déboulant comme une furie.
Ah, si les gosses n'étaient pas si merveilleux, probablement qu'il ne pourrait pas les supporter!
Cependant, Hièlstan était Hièlstan, et il prit tout cela avec un sourire posé. Il était fascinant d'évoluer soi-même au sein de ce remue-ménage typiquement citadin, et de constater au contact de tous ces gens comme leurs natures étaient différentes ; il y avait ceux qui évoluaient avec aisance et qui savaient où ils allaient, ceux qui flânaient tranquillement sans jamais gêner personne ni se faire heurter par quiconque, ceux qui s'imposaient en groupe, parfois sans s'en rendre compte. Il y en avait des énervés qui avaient l'air de juste vouloir sortir de là, comme ce jeune homme un peu plus loin ; et d'autres, comme cette fille toute blonde, qui semblaient très mals-à-l'aise et qui avaient l'air de ne plus savoir où mettre les pieds. Il aperçut un homme bedonnant qui semblait important, et Hièlstan nota que son assurance était telle que tout le monde s'écartait sur son passage. Et ces personnes âgées... Certaines semblaient bien accepter leur rythme lent, d'autres donnaient l'impression de souffrir des infirmités dont l'âge les accablaient. On aurait presque dit qu'elles avaient honte d'elles-même, honte de ralentir les gens qui voulaient aller vite. C'était très triste.

Toute cette agitation l'échauffait un peu, et le soleil commençait à tapper fort sur sa bure de Rêveur. Il serait bientôt temps de revêtir des robes faites d'une toile plus légère, plus adaptées au climat estival, même si, il le savait maintenant, elles seraient toujours trop chaudes pour les après-midi d'été.
Il marchait un peu au hasard ; il n'avait guère d'autre but que de trouver un étal d'herboristerie. Peut-être ferait-il d'autres courses, s'il en trouvait l'inspiration en ville ; mais pas pour des milles et des cents, car sa bourse peinait un peu à se remplir. Il n'avait guère fait d'interventions, ces derniers temps, et il y avait eu beaucoup à dépenser pour rénover sa petite maisonnette au bord du lac.
Il ne l'espérait pas, mais il était possible que quelqu'un se blesse légèrement sur le marché, ou se trouve mal à cause de la foule.

Sur ces réflexions, il aperçut un stand tout en verdure, se hissa légèrement sur la pointe des pieds, et... Victoire! C'était bien un... Non, pas un, des herboristes! Il y avait du monde à leur stand, mais lui n'était pas pressé, ça irait très bien comme ça.


"Eh venez-voir ça! J'crois qu'il va y avoir de la bagarre!"

Hièlstan fronça les sourcils. De la bagarre? Un échange de poings entre deux gosses, ou quelque chose de plus sérieux? Qu'importe, il était Rêveur, il se devait d'aller vérifier que l'on avait pas besoin de ses compétences. Il se fraya un chemin avec empressement pour tenter de suivre la fillette qui courrait devant lui, talonnée par ses amis et une maman visiblement exaspérée. Il n'eut guère à marcher pour attendre le petit attroupement qui se formait déjà.

C'étaient deux jeunes hommes, qui semblaient bien dynamiques d'après leur façon de se tenir et ce qu'il voyait de leurs corps. Ils ne semblaient, à vrai dire, même pas tout-à-fait des hommes adultes. Ils n'étaient pas habillés comme des badauds ordinaires sortis se balader pour la matinée, mais plutôt comme des voyageurs ; et d'ailleurs, il n'avait pas l'impression qu'ils aient ici des amis qui soient en train de les encourager avec ferveur, ou de parents en train de les dissuader de se tapper dessus... Ce qu'ils étaient visiblement prêts à faire.

Hièlstan ne voyait pas d'armes dans leurs mains ; tant mieux.
On lui avait appris comment se déroulait une rixe à mains nues, en général : l'un des deux atteignait l'autre, à la tête souvent ; l'autre était sonné, celui qui avait frappé recevait une décharge d'adrénaline et pouvait en profiter pour mettre à terre son adversaire. Point barre.
Cependant, quand les combattants étaient plus expérimentés, la situation pouvait se renverser, car celui qui recevait un coup avait également une montée d'adrénaline ; et on lui avait dit qu'à force de pratique, l'on pouvait se servir de cette adrénaline pour réagir violemment malgré l'étourdissement. Ainsi, la situation pouvait se renverser, et donner lieu à un combat plus long, mais pas forcément plus violent... Car on disait que parfois, un homme qui réussissait à en mettre à terre un autre d'un seul coup était emporté dans son élan et le battait sans rencontrer de résistance. Il était alors dangereux de s'interposer, mais encore plus dangereux de ne rien faire, selon le Rêveur.

Hièlstan se demanda si ces deux jeunes savaient se battre. Ce n'était pas parce qu'ils étaient musclés que c'était le cas. En tout cas, s'ils décidaient de passer à l'acte, il y aurait probablement des blessures à panser, et il voulait être présent pour les aider.
Ils n'avaient pas l'air bien riche, et peut-être même ne lui donneraient-ils rien ; mais ça, c'était très secondaire.
Il n'était pas là pour recevoir, il était là pour aider.
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Erhan Arfas
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Sam 02 Juil 2016, 17:22

—Tu peux pas regarder devant toi quand tu marches ?!

Cette phrase lancée dans ma direction me fit sortir de ma torpeur. Je me retournai, surpris, et ne sachant pas si c’était vraiment à moi qu’on s’adressait.

Pourtant, c’était bel et bien le cas.

Le jeune homme que je venais de bousculer, de mon âge, semblait l’avoir très mal pris. Je le dévisageai avec curiosité ; il était plus grand et plus costaud que moi. Ses yeux d’ébène m’observaient avec colère.

Je soupirai intérieurement. Pourquoi donc cet imbécile se tendait-il de cette façon ? Espérait-il un combat ? En pleine rue ?

Je remarquai soudain l’attroupement qui se rassemblait autour de nous. Ce genre de scène, je l’avais déjà vécu deux ou trois fois quand j’étais à Al-Far. En général, la bagarre n’avait jamais duré très longtemps. J’avais connu plus de défaites que de victoires, aussi. Ah, et une fois, j’avais pris mes jambes à mon cou pour sauver ma peau. En même temps, mon ennemi avait sorti une épée, donc il aurait été idiot de risquer ma vie.

Au moins, ce gars qui me faisait face d’un air revêche n’avait pas l’air armé. Ou alors il conservait une lame de petite taille, cachée par ses vêtements. Peut-être comme moi, qui gardait ma dague cachée à ma ceinture.

Des murmures agitaient les gens autour de nous. Si certains semblaient inquiets, d’autres me paraissaient plutôt excités de voir de l’animation. Peut-être qu’Al-Chen était un havre d’ennui, après tout.

Reportant mon attention sur mon ennemi, je tentai de lire à travers sa posture. Savait-il se battre ?
En général, les rixes de ce genre finissaient rapidement. Il me fallait être prudent si je ne voulais pas finir par terre après quelques secondes de combat.

Il était déjà en position de combat ; je dus me résigner. Il était en colère, et le seul moyen qu’il semblait entrevoir pour se soulager, c’était de me combattre.

Las d’attendre, je m’avançai et frappai du poing, celui-là même qui avait déjà assommé un homme quelques minutes plus tôt, dans cette sombre impasse.

Je fus surpris quand mon adversaire le para sans effort. Oui, décidemment, il était plus fort que moi physiquement. Restait à savoir si je serais plus rapide que lui.

Il riposta aussitôt ; le coup m’effleura le visage, me prenant presque au dépourvu. Un second coup que je ne vis pas venir percuta ma cage thoracique, me coupant le souffle. Je reculai de quelques pas, le cercle de spectateurs s’élargissant un peu alors que je m’approchai des bords de cette arène improvisée.

Je ne savais pas qui était ce gars, mais il s’était déjà battu ! Et il avait peut-être bien plus d’expérience que moi en la matière. J’étais relativement mal barré.

Fuir était une option inenvisageable ; la foule était dense autour de nous. Et de toute façon, mon adversaire ne semblait pas vraiment motivé à me laisser partir comme ça. Mais peut-être que son énervement allait lui faire commettre une erreur ?

Il s’approcha et frappa de nouveau. J’esquivai souplement, puis envoyai mon pied en direction de son genou. Je le touchai, mais cela ne sembla pas l’affecter beaucoup. Difficile à dire, puisqu’il enchaîna immédiatement avec une autre série de coup de poing, me forçant à me baisser pour éviter le premier, à reculer pour bloquer le second et à me décaler sur le côté pour ne pas me prendre le troisième sur le coin de la figure.

Je feignis de vouloir lui porter un coup au ventre. Instinctivement, il baissa ses mains, et j’en profitai pour le toucher à la poitrine avec un coup fulgurant. Il recula d’un pas, d’un seul. Je voulus le déstabiliser avec un coup de pied dans les jambes, qui échoua quand il l’esquiva souplement.

Déjà essoufflé, je me mis en garde en fixant mon ennemi.

Je me rendis compte seulement maintenant qu’il semblait, comme moi, avoir des vêtements faits pour le voyage. Ainsi, il n’était pas d’Al-Chen non plus. J’espérai qu’on ne parlerait pas de cet incident trop longtemps en ville. Je détestais me faire remarquer à ce point.

Quémandant mentalement un peu de chance à une personne invisible, je sentis le contact de la chaînette de Lewyn autour de mon cou. Le contact de ce petit collier métallique était froid mais étrangement réconfortant contre ma peau. Peut-être qu’elle était là, à m’observer et à attendre que je m’en sorte face à cet inconnu. Je ne devais pas la décevoir.

Le jeune homme semblait impatient de continuer. Prêt à user de ma rapidité pour l’emporter, je me préparai à une autre série d’attaques de sa part. Ignorant certains spectateurs qui nous criaient dessus, nous encourageaient ou murmuraient entre eux, je croisai le regard de mon ennemi, l’air déterminé. En masquant évidemment mon anxiété.

Je savais que mes chances de gagner étaient dérisoires. Mais maintenant que ce combat avait commencé, autant aller jusqu’bout, quitte à me prendre un mauvais coup. Ce gars-là était certes plus fort que moi, mais j’étais désormais suffisamment énervé pour accepter d’en finir, quelle que soit l’issue de ce duel.
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Kaizo Morden
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Lun 04 Juil 2016, 02:59

Le jeune homme me regardait, me dévisageait. Il s’avança, j’étais toujours sur mes appuis et prêt à parer le coup. Celui-ci fut direct et sans détours, je le vis venir au moment où il arma son poing droit, beaucoup de force mais peu de finesse. Je le parai d’un revers de la main et enchaînai avec un coup au visage qu’il esquiva non sans mal.

*Pas mauvais. *

Un deuxième coup s’abattu sur lui a peine une seconde après le premier et celui-ci fit mouche au niveau du torse. J’y avais mis pas mal de force et il recula le souffle coupé. Je ne souhaitais pas le mettre dans les pommes ou le tuer. En fait j’avais juste démarrer au quart de tour comme d’habitude et maintenant que j’y étais je ne pouvais plus vraiment reculer…

J’approcha à nouveau de mon adversaire, celui-ci avait jeté un rapide coup d’œil pour trouver une échappatoire mais c’était peine perdue : une foule excitée autour de nous, ce n’était même pas la peine d’y penser. J’envoya un coup sans grande conviction, le sous estimant surement. Il esquiva sans difficulté, aurait-il décidé de s’y mettre sérieusement ? J’eu de suite la réponse quand son pied atteignis mon genou. Une décharge électrique me parcourra, comme lorsque l’on se cogne contre un coin de meuble. Pour me donner le temps de me reprendre j’enchainai trois coups rapides, aucun d’eux ne toucha sa cible. Il les avait tous esquivés, impressionnant. Un instant je crus apercevoir une dague au niveau de sa ceinture… il aurait une arme mais ne s’en servirais pas ? En voilà un homme d’honneur dites-moi ...

Je fus tiré de ma rêverie par un coup partant vers mon abdomen… enfin c’est ce que je crus… une feinte magnifique et son pied m’atteignit plus haut. Je reculai… une douleur venant de l'endroit touché. Je souris intérieurement. Il me donnait du mal quand même le bougre. Sans prévenir il tenta un autre coup de pied dès que sa jambe eu fini de revenir au sol et je l’esquivai par un pas de côté, c'était juste.

Tiens, il avait l’air essoufflé. Déjà ? Cela ne faisait que quelques minutes à peine. Le combat n’avait en effet pas commencé depuis un long moment mais je ne pourrais pas non plus me battre encore longtemps. L’air était chaud, et les cris de la foule me donnait un peu mal au crâne. Il fallait en finir rapidement et lui aussi avait l’air de vouloir terminer. Je n’allais pas me faire prier et lui non plus, je sentais qu’il était fatigué et ne tiendrais pas plus longtemps. Je retournais à l’attaque et lui de même, ne souhaitant pas non plus se laisser mettre à terre.

Nous échangeâmes quelques coups et l’un d’eux faillit me jeter à terre, il était puissant, son énervement décuplait sa vitesse et sa force mais le problème c’est que sous la colère on s’épuise également plus vite. Deux de ses coups m'atteignirent et je serra les dents pour les encaisser. Un au visage et un autre au niveau des côtes, la douleur était là. Il n'y allait clairement pas de mains mortes si je puis dire. Alors je me concentrai principalement sur l’esquive, guettant la moindre ouverture. Un coup de poing vers le visage, puis un autre vers mon genou, encore. Il me forçait à reculer, je commençais à sentir l’essoufflement me gagner quand il commit une erreur… un coup direct vers mon ventre du poing. Il avait visé droit, juste et fort cependant il laissa son visage à découvert… j’esquiva son coup souplement et envoya voler mon pied au travers de son visage… Il n’arriva pas à l’esquiver car trop rapide et lui fatigué. Il tomba à terre sonné. C’était terminé.

J’étais content et mis mes mains sur les hanches, récupérant mon souffle. Je pense qu’il aurait été peu prudent et dangereux de le défier dans un endroit plus étroit. Plusieurs fois j’avais dû reculer sous ses assauts et il m’avait atteint plusieurs fois.

J’avais complètement oublier la foule qui continuait à hurler… me demandait de finir alors qu’il tentait de se remettre du choc et de se relever. J’avais beau avoir été l’initiateur du combat, je ne doutais pas que cet homme restait quand même loyal. Pas comme celui qui m’avait fait cette cicatrice dans mon dos. Je m’approchai de mon adversaire et lui tendai la main. J’appréciais avoir pu me battre loyalement et face à un adversaire de valeur. Les cris de la foule commencèrent à se calmer alors que maintenant l’homme était maintenant debout et que j’entendais des applaudissements aussi bien pour moi que pour lui. On les avait divertis et ils en étaient ravis. Les combats de rue ne doivent certainement pas être courant ici, en campagne. Je m’adressai à l’homme qui me faisait face :

-Bravo, j'ai aimé ce combat. J’étais déjà sur les nerfs et le fait que tu me bouscule n’a rien arranger et j'ai démarrer au quart de tour. Je suis content d’avoir pu me battre avec toi à la loyale. C’était très instructif. On remet ça quand tu veux.

Oui, je lui proposait carrément de remettre ça plus tard. J’avais du mal à en revenir moi-même mais bon, je m’étais promis d’essayer d’être un peu plus sociable et moins impulsif. Sans compter que sa manière de se battre me plaisait. Je ne souhaitais pas attirer trop l’attention sur moi car je venais d’arriver dans le coin mais pour ce point-là c’est un peu tard… tant pis.

Alors que je continuais de le fixer, je remarquais la trace que mon coup lui avait laisser au visage. Espérons qu’elle disparaitra d’ici quelques heures. Le « spectacle » terminé, la foule commença à se disperser. Seul une personne semblait ne pas vraiment partir.

C’était un homme qui semblait vouloir approcher. Il portait un vêtement que je ne connaissais pas. On aurait dit une robe un peu comme un ermite. Curieux.

Je ne savais pas quoi faire ni où aller car oui cette joute ne réglait toujours pas mon problème d’argent et ces deux hommes plantés là non plus. De plus je ne souhaitais pas rentrer de suite à l'académie, l'homme ayant attisé ma curiosité ; je décida d’attendre de voir ce que cet ermite nous voulait.
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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Lun 04 Juil 2016, 22:32

Il ne fit pas un bruit durant le combat, mais il ne resta pas impassible non plus. Au premier coup, il se crispa, et à ceux d'après, il ne s'habitua pas. Il ressentait une violente décharge comme si c'était lui qui encaissait ; et pourtant, il savait que ce n'était rien par rapport à ce que souffraient vraiment les combattants. Il n'avait jamais assisté à un combat, un vrai.
Oh, des petites bagarres de gosses, il en avait déjà vues, il s'était même battu quelques fois avec son frère, comme tous les frères du monde sans doute, mais une bagarre d'adultes, ou même d'adolescents, il n'en avait jamais vue.
Il ne s'était pas attendu ou préparé à ça.

Il ne s'attendait pas à ce que ce soit aussi violent que ce qu'il voyait là, à mains nues. Le corps humain était décidément effrayant ; et par moment, plus solide qu'on ne pourrait le penser. Il ne crut déceler aucune fracture sévère. Peut-être quelques lésions, des fissures au niveau des côtes, des foulures.
Il ne disait rien, il attendait juste, muet d'incompréhension devant ces enchaînements impressionnants.
Pourquoi?

Ils semblaient si jeunes. Pourquoi? Ce n'était pas leur première fois, à aucun des deux, ça non. Comment? C'était triste. Il aurait voulu recueillir tous les enfants du monde pour que jamais il ne leur arrive ce qui était arrivé à ces deux-là. Pour que jamais ils ne se retrouvent couverts de bleus dans une ruelle, étalés par terre une énième fois alors qu'ils n'étaient même pas encore vraiment adultes.

Celui qui semblait le moins costaud tomba à terre. Hièlstan en ressenti un drôle d'étonnement. Dans les histoires romancées qu'on lui racontait enfant, la morale voulait souvent que ce ne soit pas les muscles qui triomphent. Mais il était stupide : il était bien assez vieux pour savoir que dans la vraie vie, tout ne fonctionne pas selon des principes aussi simples. Celui avec les gros muscles avait tappé plus fort, ou avait plus de bagarres à son actif, ce qui lui donnait des gros muscles, voilà tout.
Hièlstan se tendit ; il était prêt à agir si le besoin s'en faisait sentir. Si le jeune homme aux cheveux ébènes décidait de passer son excitation sur le jeune hommes aux cheveux à peine plus clairs, ça allait être un carnage. Réussirait-il à l'en empêcher? Un seul revers de la main du combattant et il serait par terre ; mais en demandant de l'aide dans le public... Public qui encourageait sauvagement le vainqueur à continuer son travail.

Le Rêveur était un grand amoureux de l'Homme, mais parfois les comportements de ses congénères l’écœurait. Comment pouvaient-ils être heureux de ce qu'il venait de se passer? N'avaient-ils donc pas remarqué que ces deux-là n'avaient pas retenu leurs coups, qu'il ne s'agissait pas d'une bagarre amicale et sans danger? Tous ces gens, désiraient-ils vraiment voir se faire tabasser un garçon sans défense, déjà bien sonné?

Il se passa une main sur son crâne rasé, perplexe, et mal-à-l'aise comme à chaque fois que les humains le décevaient. Quoi qu'il se passe par la suite, il devrait agir, en tout cas. Il ne resterait pas témoin d'un passage à tabac.

Mais non, finalement voilà que la foule commence à se disloquer, et le gagnant a l'air calmé. Hièlstan plisse les yeux, il ne voit pas grand chose du visage du perdant mais on dirait bien qu'il saigne ; il espère que ce n'était pas trop grave. Un pied dans le visage, tout de même, c'est plutôt violent...

Petit-à-petit, les badauds s'en furent, désormais convaincus qu'il ne se passerait plus rien d'intéressant. Cependant, un Rêveur ne doit pas avoir les même centres d'intérêt que le commun des mortels, car pour lui, ce fut à ce moment que ce passa la chose la plus intriguante depuis le début du combat. Voilà que le gagnant tendait la main à son adversaire à terre et se mettait à lui faire la causette!
Se connaissaient-ils? Le Rêveur n'entendait pas leurs paroles, et n'osait pas se rapprocher. Comment, par Merwyn, pouvait-il maintenant avoir une attitude sympathique vis-à-vis de celui qu'il venait de rosser en pleine rue?


"...On remet ça quand tu veux."

Il en sursauta presque, dans le bref silence qui lui avait permis d'entendre cette phrase. "On remet ça quand tu veux"?! Ils se connaissaient alors, oui ou non? Est-ce qu'au final il s'était trompé dans ses estimations, et qu'il avait assisté à un combat amical? Est-ce que tout le monde s'en était rendu compte, sauf lui? Si c'était le cas alors, il lui restait bien des choses à apprendre sur les coutumes de la ville! Si c'était le cas, alors... Il espérait ne jamais avoir à assister à un combat qui ne serait pas amical.

Bon, il allait être temps d'aller se présenter ; il fallait tout de même qu'il leur propose de les ausculter, au cas où ils se soient blessés plus qu'ils ne semblaient l'être. Ils semblaient relativement en forme, mais parfois l'adrénaline faisait des miracles ; il avait assisté tant de fois à ce genre de phénomènes...

Il s'apprêtait à s'avancer lorsque son regard croisa celui du garçon qui avait vaincu. Il était assez loin de lui, mais son regard était... Etrange. Ce n'était pas celui du gamin dont il avait l'air. Et puis c'était un regard perçant. Il fixait le Rêveur apparemment sans gêne. Pourquoi? Etait-ce donc la première fois qu'il en voyait un? C'était possible, après tout, si c'était un gamin des villes. En général quand c'était le cas, les gens devinaient qui il était grâce à son accoutrement singulier.
Il s'avança, un peu mal-à-l'aise après cet échange de regard. Il espérait au moins que ce garçon ne chercherait pas à lui créer des ennuis. Ah, il aurait bien voulu que Syndrell soit là pour couvrir ses arrières! Il ne l'avait jamais vu se battre, mais sans doute ne ferait-elle qu'une bouchée des deux jeunes hommes!


"Bonjour. Je m'appelle Hièlstan Filsèvres, je suis un Rêveur."


Juste au cas où.

"Vous me permettez de vous examiner? J'ai peur que l'un de vous n'ai été blessé, et il ne faudrait pas laisser traîner ça trop longtemps..."

Il eut envie de rajouter quelque chose à propos de la phrase un peu scandaleuse qu'il avait entendue, mais il se retint par peur de les énerver en les abordant de cette manière. Il n'avait aucune autorité sur eux, et à cet âge on est souvent si épris de liberté et d'autonomie que l'on transforme le moindre conseil en une tentative d'asservissement. Il comprenait pourquoi ils avaient envie de se tapper dessus -parfois les hommes avaient des penchants destructeurs bien étranges, et il était très bien placé pour le comprendre- mais il voulait les en décourager.
C'était dangereux, peut-être plus que ce qu'ils ne se l'imaginaient ; un coup de poing mal (ou bien, selon les points de vue) placé pouvait faire bien plus de dégâts qu'un coup de lame.
Ils n'auraient pas toujours un Rêveur à portée de main!
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Erhan Arfas
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mar 05 Juil 2016, 00:04

De ma vie, j’avais rarement affronté de voleur aussi vif et réactif que lui. Ce combat était vraiment moins expéditif que ceux que j’avais subis et infligés à Al-Far.

Je forçais mon ennemi à reculer ; pendant un fol instant, je crus l’emporter. Mais cette domination du terrain fut de courte durée.

Le jeune homme ne tarda pas à profiter d’une faille dans ma garde pour me frapper du pied, en plein visage. Un coup inattendu.

Je tombai à terre, à moitié assommé. Ma lèvre inférieure et mon nez souffraient le martyre. Je sentis un liquide chaud s’écouler lentement de ce dernier. Je me préparai mentalement à prendre le coup fatal ; à ma surprise, rien n’arriva.

Je relevai la tête, prudent. Il se tenait là, devant moi, mains sur les hanches. Qu’est-ce que…

—Bravo, j'ai aimé ce combat. J’étais déjà sur les nerfs et le fait que tu me bouscules n’a rien arrangé et j'ai démarré au quart de tour. Je suis content d’avoir pu me battre avec toi à la loyale. C’était très instructif. On remet ça quand tu veux.

Ces mots me laissèrent totalement dubitatifs. Il se foutait de moi, là ?

Il m’affrontait, m’humiliait, et se permettait de se la jouer grand seigneur ?

Comble du comble, il tendit la main dans ma direction. Je me relevai maladroitement, encore sonné. Je portai une main à mon nez pour enrayer l’écoulement du sang. Il ne m’avait pas raté !

La foule se dispersait déjà autour de nous, lasse de voir deux ennemis taper la discute. C’était compréhensible. Moi-même, je ne comprenais pas ce revirement de situation !

En observant, méfiant, le jeune homme qui semblait ne plus vouloir se battre, je remarquai qu’il regardait ailleurs. Je suivis son regard ; un homme se dirigeait vers nous. Vêtu d’une bure, il semblait un peu inquiet, mais une lueur dans son regard se voulait rassurante. Je compris rapidement ce qu’il était ; un Rêveur.

J’en avais entendu parler quelques fois, sans jamais en rencontrer. Et voilà que je tombais nez à nez avec l’un d’eux, loin de leurs monastères éloignés des villes, et juste après une bagarre qui avait mal tourné pour moi ! Certains moments me faisaient presque croire au destin. Presque.

-Bonjour. Je m'appelle Hièlstan Filsèvres, je suis un Rêveur.

Je le dévisageai, surpris. Bizarrement, et malgré la peur qui transparaissait un peu de lui, je ne réussis pas vraiment à être méfiant à son égard, comme j’en avais l’habitude. Peut-être était-ce le fait d’avoir entendu parler de l’aide précieuse des Rêveurs en général, ou bien parce qu’il n’avait pas l’air capable de faire du mal à une mouche. En tout cas, difficile de se montrer méchant, violent, ou irrespectueux envers ce Hièlstan. Il m’inspirait surtout le respect. C’était rare pour moi d’éprouver ce sentiment envers quiconque.

Et puis, après tout, il allait peut-être me proposer son aide pour ce sang, et pour les bleus qui s’étaient déjà formés sur mon corps meurtri.

-Vous me permettez de vous examiner? J'ai peur que l'un de vous n'ai été blessé, et il ne faudrait pas laisser traîner ça trop longtemps...

Un petit frisson parcourut ma nuque. Ma méfiance revenait. Comment faire confiance à ce type ? Pourquoi voulait-il m’ausculter ?

*C’est un Rêveur !* Fis-je dans ma tête. *Il veut m’aider, c’est évident !*

En même temps, c’était tellement rare. Je n’avais confiance en personne parce que personne ne m’avait jamais aidé. Sauf Lewyn. Mais elle n’était plus.

J’acquiesçai positivement.

—Je veux bien…

Je jetai un regard oblique à l’autre gars, toujours là.

—Je m’appelle Erhan, Fis-je à l’intention de Hièlstan. Désolé de vous faire perdre votre temps avec ce genre… d’incidents

Plus j’y pensais, plus je me sentais ridicule. A peine étais-je arrivé à Al-Chen que j’enchaînai deux combats dans les rues de cité, dont celui-ci qui avait été causé par une simple bousculade… Bah, au moins, il terminait relativement bien. Mon ennemi semblait ne plus être un ennemi, et un Rêveur paraissait vouloir nous accorder son aide !

Un homme, grand et costaud, avec une barbe sombre qui lui mangeait tout le bas du visage, observait la scène, vêtu d’un tablier sale. Je le vis, et croisai son regard. Il s’approcha prudemment et sembla s’adresser à nous trois :

—Si vous avez besoin d’être ausculter, je tiens cette auberge, juste là. C’est mieux qu’en pleine rue, non ?

L’invitation paraissait sincère. L’homme, bien qu’imposant, dégageait de la sympathie. Restant tout de même sur mes gardes, j’attendis avant de réagir. Mais pourquoi ne pas le suivre, après tout ? C’était tout de même plus pratique ainsi.
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Kaizo Morden
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mar 05 Juil 2016, 01:26

Le jeune homme encore à terre me regarda dans les yeux, il ne prit pas la main que je lui tendais. En même temps, j'étais bien stupide de penser qu'il l'aurait pris. J'en aurais fait de même, qui accepterait la main tendue de son bourreau ? Il paraissait blessé dans sa fierté et c'était logique, il venait de perdre un combat et qui plus est devant une foule en pleine rue. Un spectacle dont malheureusement il avait été le siffleur.

Je me redressai alors que l'ermite avançait timidement vers nous. Dans ses yeux je lus de la peur, pas beaucoup mais ce sentiment était là quand même et bien présent. Il devait penser que nous étions dangereux, surtout moi... l'affreux vainqueur et qu'il ne valait mieux pas s'approcher de nous ou nous parler mais au contraire il s'adressa à haute voix dans notre direction :

"Bonjour. Je m'appelle Hièlstan Filsèvres, je suis un Rêveur."

Hièlstan ? Un Rêveur ? Ah oui c'est vrai, ces gens vivant loin des villes et de la "civilisation". Cela expliquait son accoutrement qui ressemblait à une robe. Comment n'avais-je pas pu reconnaitre l'un d'entre eux ? Ils m'avaient été décrits comme de bon guérisseurs et médecins. De plus mère m'avait souvent parler d'eux. Celui-ci n'avait pas l'air méchant ou dangereux et pas très expérimenté. Peut-être un nouveau. Je restais cependant sur mes gardes, il pouvait y avoir des gens mauvais parmi n'importe quelle confrérie ou groupe de personne après tout, même les plus attentionnés. Je l'avais déjà appris. Hièlstan nous proposa gentiment de nous examiner :

-Vous me permettez de vous examiner ? J'ai peur que l'un de vous n'ai été blessé, et il ne faudrait pas laisser traîner ça trop longtemps...

Après tout c'était lui qui s'y connaissait le mieux en blessure. Je ne ressentais pas de douleur qui aurait eu besoin d'un traitement immédiat mais il valait mieux prévenir que guérir. Le jeune homme que j'avais battu me paraissait tout aussi méfiant mais décida tout de même de suivre le Rêveur. Il en avait certainement plus besoin que moi. Il se tourna vers moi en m'adressant un regard qui en disait long. Il m'en voulait et se souviendra de cette altercation. J'étais prévenu, il ne me ferait pas confiance facilement et restera sur ses gardes même si nous sommes soignés par la même personne côte à côte. M'ignorant totalement et ne parlant que pour Hièlstan je pus tout de même entendre son nom et une critique m'étant clairement destinée :

—Je m’appelle Erhan. Désolé de vous faire perdre votre temps avec ce genre… d’incidents.

Erhan hein ? Je retenais son nom quelque part dans ma tête. Quant à la pique, je ne la retins pas. J'avais eu l'habitude d'être invectivé à Al-Jeit. C'était souvent comme ça que commençait les combats auxquels j'avais pris part. On énervait son adversaire, celui-ci se jetait sans réfléchir et il suffisait d'un coup bien placé pour le mettre hors combat. Je comprenais le sentiment d'Erhan à mon égard et je n'allais pas lui jeter la pierre ou le poing encore. C'était légitime. Alors que j'allais me présenter également pour que l'on soit sur un pied d'égalité et que l'on puisse peut être entamer le dialogue ou une conversation, un homme assez carré et aussi, ou plus grand que moi s'approcha de nous en parlant dans sa barbe :

—Si vous avez besoin d’être ausculter, je tiens cette auberge, juste là. C’est mieux qu’en pleine rue, non ?

Mouais, il n'avait pas tort, nous n'allions pas être examiner par Hièlstan en public. Puisque le grand barbu disait tenir une auberge ça pourrait être agréable, j'en profiterais peut être pour prendre un verre ou bien manger quelque chose. Ce duel m'avait donné faim. Erhan était prêt à le suivre également et je supposais que le rêveur en ferait de même si l'on suivait l'aubergiste.

*Bon bah allons-y, l'invitation est faite si gentiment que ça serait malpoli de refuser et puis ça m'arrange dans un sens*

Je m'avançais vers Hièlstan et Erhan avant de me présenter :

-Je suis Kaizo, je ne suis pas venu ici pour me battre mais cela ne m'a pas empêché de pas mal t'amocher, dis-je en regardant Erhan. Espérons que ton visage ne te fait pas trop souffrir.

Je ne savais pas si Erhan ou le Rêveur allait calculer un seul des mots que je venais de prononcer. Le premier m'en voulait, surement à mort et le second me semblait dans son monde et m'avait dévisagé comme si j'étais le dernier monstre sortit de l'Imagination. Bah... tant pis après tout je n'avais que faire de leur opinion. Je me tournai vers l'aubergiste, et aquiesçai pour montrer que j'acceptais l'invitation. Il ne restait plus que Hièlstan, il allait surement nous emboîter le pas, car après tout sans lui l'invitation perdrait tout son sens.


[HRP : Désolé pour ce Rp court  Rolling Eyes ]
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mar 05 Juil 2016, 22:54

[Mais non! Very Happy Moi par contre j'ai pas mal anticipé, dites-moi par mp si vous voulez que je modifie un truc Wink ]

Il saignait du nez, sa lèvre avait explosé, un bel hématome lui couvrait une partie du visage et il semblait à Hièlstan que la pommette avait souffert. Voilà qui allait le laisser avec le visage bien enflé pour quelques jours.
Toutefois, par dessous les coups et les bosses, par delà son corps probablement douloureux et ses muscles encore crispés, le Rêveur ressenti un grande méfiance. Il avait développé, au cours de sa formation, une empathie assez forte pour être sur de son coup.
Il ne s'étonna guère de la méfiance du garçon ; après tout, il venait de les aborder un peu brusquement alors que ni l'un ni l'autre ne semblait gravement blessé. Ce jeune homme faisait sans doute partie des alaviriens qui gardaient une réserve envers les Rêveurs, et préféraient ne pas avoir trop affaire à ces bonhommes aux pratiques étranges et aux pouvoirs méconnus.

Il arbora un sourire rassurant en conséquence.


"Je veux bien..."

Voilà qui semblait encore un peu sur la défensive, mais au moins il était partant pour se laisser faire. Ce n'était déjà pas si mal.

Je m’appelle Erhan. Désolé de vous faire perdre votre temps avec ce genre… d’incidents.

Le sourire rassurant se transforma en un sourire plus spontané.

"Enchanté, Erhan. Vous n'avez à vous excuser de rien du tout. Vous savez, tout ce que je fais, c'est pour que mon temps me serve à aider les gens. Si je me tourne vers vous, c'est que je n'ai pas d'aide plus urgente à apporter en ce moment."

Ce n'était nullement des paroles en l'air pour rassurer le jeune homme ; c'était la stricte vérité. Les fois où Hièlstan perdait son temps, c'était de sa faute à lui-même. Jamais, au grand jamais, il n'aurait pu penser que soigner le plus minuscule des petits bobos soit une perte de temps.
Il n'y avait pas de pertes de temps si l'on savait optimiser, et si l'on était conscient de l'importance hiérarchique des tâches à effectuer.
Il était clair que si un homme venait à s'effondrer en convulsant à leurs côtés, il se détournerait immédiatement du nez en sang d'Erhan.

Sur ses propos, Hièlstan commençait déjà à fouiller dans son sac pour préparer un cataplasme à appliquer sur le visage du garçon, quand il fut interrompu par un homme qu'il n'avait ni vu ni entendu approcher.


"Si vous avez besoin d’être ausculté, je tiens cette auberge, juste là. C’est mieux qu’en pleine rue, non ?"

Oui, ce serait mieux qu'en pleine rue, et le Rêveur adressa un franc sourire à l'homme en réponse. Il se dit cependant, au vu de l'état de son tablier, qu'il ne resterait peut-être pas manger dans son établissement. Et puis il n'avait pas franchement les moyens de se payer un repas d'auberge.
Il interrogea du regard les deux jeunes hommes, qui semblèrent tous deux plutôt enclins à entrer dans l'établissement. Peut-être comptaient-ils sur un verre offert par la maison.
Hièlstan, lui, s'en moquait, mais il avait le sentiment que ce gérant-là n'était pas franchement du genre à régaler la galerie juste parce qu'un-tel s'était vaillamment fait exploser la pommette par un coup de pied perdu.

Le jeune homme avec les cheveux les plus sombres eut alors enfin l'occasion de se présenter à son tour.


"Je suis Kaizo, je ne suis pas venu ici pour me battre mais cela ne m'a pas empêché de pas mal t'amocher, dis-je en regardant Erhan. Espérons que ton visage ne te fait pas trop souffrir."

Et pourquoi donc es-tu venu ici, se demanda Hièlstan? Mais il garda la question pour lui ; il aurait été malpoli d'entamer la conversation entre eux alors que l'aubergiste les menait gracieusement dans son établissement. Il se contenta d'expliquer à Erhan comment se tenir le nez pour que celui-ci arrête de saigner.
Il se demanda vaguement si les dernières paroles du dénommé Kaizo avaient eu pour but d'énerver Erhan, de le provoquer, mais cela l'aurait étonné car ça ne collait guère avec l'attitude du jeune homme.
Tant qu'ils ne se remettaient pas à se tapper dessus en sa présence...


___

C'était une belle pièce au charme ancien, pas si crasseuse que l'avait craint Hièlstan. La salle n'était pas comble, et plutôt calme, ce qu'il trouva surprenant : l'auberge n'était qu'à quelques pas de la grande rue passante, dans laquelle les badauds se bousculaient sur le marché.
Cependant, les gens attablés ici ne semblaient pas des voyageurs mais plutôt des locaux, des habitués des lieux, qui bavardaient d'une table à l'autre d'un air affable et échangeaient des plaisanteries avec le serveur. La plupart semblaient aussi à l'aise que s'ils étaient chez eux, et Hièlstan, Kaizo et Erhan s'attirèrent quelques regards curieux, mais pas antipathiques.
Les regards se firent vite toutefois plus intenses lorsque les clients remarquèrent le Rêveur et l'état du visage de d'Erhan.

Hièlstan y resta indifférent, il y était habitué. Il se contenta de sourire poliment à tous ceux dont il croisait les yeux, puis lorsque l'aubergiste se retourna vers eux, il prit les devant.


"Merci pour votre hospitalité. Auriez-vous un endroit au calme, un réduit peut-être, où nous pourrions nous installer, ainsi qu'un peu d'eau fraîche?"

Simple façon de sous-entendre qu'il n'avait pas l'argent pour prendre une chambre le temps d'une heure.

"Ouais, pas de problème. J'vais vous installer dans une chambre, j'en ai plein de libres pour l'après-midi, jvous fait confiance pour me la laisser en état."

Le Rêveur espéra que cela signifiait que la chambre serait gratuite pour eux. L'aubergiste les mena vers une porte en vieux bois à côté du comptoir, et les fit passer dans un couloir obscur. Le long des murs étaient accrochées des chandelles, que l'on allumait probablement la nuit.

"Prenez la troisième sur votre droite. J'vous fait amener tout de suite une bassine d'eau, et puis à boire. Vous voulez quelque chose de particulier?"

Hièlstan lui assura qu'il se contenterait d'un pichet d'eau fraîche ; il ne fallait pas qu'il se distraie avec une boisson sucrée, et quand à l'alcool, il n'en buvait que de très bonne qualité et certainement pas juste avant de dérouler un Rêve. Il demanda également deux ou trois bols, en prévoyance de ce qu'il pourrait avoir à préparer, ainsi qu'un linge propre. Il en avait un dans son sac, mais autant le garder pour une fois où il n'aurait rien d'autre à disposition.
Il laissa les garçons passer commande et alla s'installer dans la chambre.

Celle-ci était honnête ; elle comprenait un lit double, un petit passage de chaque côté, un bureau assez grand pour y écrire une lettre, une petite fenêtre et quelques étagères pour poser des affaires. Le lit avait été fraîchement refait, et la poussière n'avait pas encore eu le temps de s'accumuler sur les meubles vides.
Il invita les deux fiers combattants à s'asseoir. Maintenant, leur adrénaline devait retomber et ils allaient certainement commencer à ressentir des douleurs.


"Bien, je vais d'abord préparer un cataplasme rapide pour appliquer sur vos visages. Erhan, vous allez avoir tout le côté gauche enflé pendant quelques jours, mais je vais essayer de réduire ça au maximum. Ah, Kaizo je vois que vous avez pris un coup aussi, il y a un hématome qui s'étend sur votre arcade..."

Tout en hâchant menu quelques herbes et en pestant sur ce qu'il aurait bien voulu avoir pour agrémenter le tout, il continua de deviser sur les blessures visibles des garçons et sur la manière dont il allait s'y prendre pour les réduire.
Il aimait bien discuter avec ses patients de ce qu'ils faisaient ; surtout quand ils étaient méfiants comme Erhan, cela les mettait plus en confiance de savoir qu'on allait pas juste pénétrer les secrets de leur corps avec quelque obscure magie.

Il leur demanda également de se déshabiller, en leur expliquant posément qu'il avait besoin de voir chaque endroit où ils avaient reçu des coups. Il précisa tout de même qu'ils pouvaient garder leurs sous-vêtements, en souriant ; des fois, il avait eu de drôles de surprises en se retournant.

Et ce, toujours en les vouvoyant ; car même si Hièlstan avait eu un instant d'hésitation, il estimait qu'ils étaient trop adultes pour qu'il les tutoie comme il le faisait avec des enfants.

A peu près à cet instant arriva une petite serveuse ; Hièlstan fut un peu surpris : il s'attendait au maître aubergiste, mais il était vrai que midi approchant, celui-ci devait avoir d'autres chats à fouetter.
Elle entra en rougissant et en jetant des regards timides aux deux garçons ; elle devait avoir à peu près leur âge. Il remarqua qu'elle était jolie, et que son regard s'attardait plutôt sur Erhan. Ah, le charme qu'un visage tuméfié pouvait avoir sur une jeune fille... Ou était-ce simplement histoire de goût? Malgré ses bosses et ses bleus, il supposa qu'il restait joli garçon aux yeux de la gent féminine.
Elle alla jusqu'à lui adresser un sourire timide avant de sortir, et Hièlstan se retint de rigoler. Il ne serait pas étonné qu'elle revienne quelques minutes plus tard s'assurer qu'ils n'aient besoin de rien!

En premier lieu, il leur demanda à chacun de boire un verre d'eau pour réhydrater leurs corps et leurs muscles tendus.
Avec la bassine qu'elle avait apporté, il finalisa les deux cataplasmes qu'il avait préparés, humecta le chiffon blanc et le donna à Erhan pour qu'il puisse se débarbouiller le visage pendant ce temps. Puis il leur appliqua à chacun de telle ou telle mixture, à tel ou tel endroit, en grimaçant ou en commentant ce qu'il voyait. Ses gestes étaient doux, précis, habitués, et il prenait garde à la moindre réaction de chacun des garçons pour ne pas leur faire trop mal.

Ensuite, il demanda à Erhan de lui décrire ses douleurs en lui montrant précisément les endroits, le tâta un peu, plongea par-ci par-là dans le Rêve.
Il n'avait pas besoin de s'y immiscer trop profondément, car les blessures restaient superflues. Il glissa sur quelques vaisseaux sanguins endommagés, calma de son don quelques muscles meurtries, alla caresser de-ci-de-là une articulation douloureuse et Rêva un peu plus longuement les os, pour s'assurer qu'il n'y ait ni tassement, fêlure ou brisure. Seule la pommette nécessita un traitement particulier, mais elle fut bientôt remise d'aplomb. Il remarqua également deux côtes fragilisées, qu'il consolida un peu, mais il enjoignit aussitôt Erhan de se montrer prudent avec celles-ci. Les jointures de ses poings palpitaient, et un Rêve apaisant leur fit le plus grand bien, ainsi qu'une pommade qu'il avait au fond de son sac.

Une fois que ce fut fait, il répéta l'opération avec Kaizo. Étonnamment, celui-ci avait plus de micro-traumatismes osseux. Il les parcourut tous du bout du Rêve, s'attardant peu sur les muscles, qui, eux, s'étaient bien remis de leur récente et intense activité. Il tiqua un instant sur le dos, avant de se rappeler que celui-ci n'avait nullement été impliqué dans la bataille, et que ce qu'il percevait là devait provenir d'une ancienne blessure qui ne le regardait pas. Il s'assura qu'il n'y avait pas danger, mais le Rêve ne frémit pas ; une vilaine mais inoffensive cicatrice, rien de plus. Il put constater que les garçons avaient tous les deux subit de nombreux chocs au sein de leurs corps ; comme il s'en doutait, ils n'en étaient pas à leur première bagarre.
Au moins, celle-ci s'était révélée sans grave conséquence pour leurs jeunes organismes. Il nota tout de même que le foie de Kaizo avait du être légèrement touché, car il vibrait d'une manière étrange ; mais très vite il s'avéra qu'il n'y avait aucune gravité à cela. Il sortit définitivement de son semi-rêve, et lui prodigua quelques recommandations à lui aussi.


"Bon, votre genou droit a pris un coup. Si vous pratiquez la course, le saut, ou n'importe quel sport qui soit néfaste à l'articulation du genou, faites-y attention les prochaines semaines. Mieux vaut se contenir un peu que se retrouver immobilisé pendant des semaines à cause d'une articulation malmenée."

Il s'essuya les mains.

"Bien. Vous aviez prévu des choses pour le reste de la journée? J'aimerais que vous vous reposiez ; du moins, que vous ne vous battiez plus, et que vous évitiez de manière générale tout effort physique trop intense. Vos corps sont jeunes et vigoureux, et je vous en félicite, mais ils ont besoin de récupérer. Vous avez quelque part où dormir ce soir, j'espère?"
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Erhan Arfas
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mer 06 Juil 2016, 00:17

[Pas la peine de modifier, c'est superbe cheers ]


Le Rêveur sourit à la proposition de l’aubergiste. Mais juste avant de le suivre, le gars qui m’avait combattu s’approcha.

—Je suis Kaizo, je ne suis pas venu ici pour me battre mais cela ne m'a pas empêché de pas mal t'amocher. Espérons que ton visage ne te fait pas trop souffrir.

Ne sachant pas trop s’il était franc ou s’il se moquait de moi, je ne rétorquai rien. Lui faire remarquer que ses paroles étaient ambigües risquaient peut-être de m’attirer encore des ennuis de sa part. Et j’avais toujours eu du mal à savoir si les gens étaient sincères ou non, de toute façon.

Hièlstan se tourna vers moi et me donna un conseil pour empêcher le sang de continuer à couler. Je l’écoutai et obéit, surpris de voir qu’il prêtait réellement attention à moi. Il fallait dire qu’en dix-neuf ans d’existence, j’avais rarement eu l’occasion de rencontrer des personnes attentionnées et des hommes qui pensaient à autre chose qu’eux-mêmes.

Nous suivîmes le tavernier dans son auberge, alors que le marché avait déjà repris une activité coutumière après mon affrontement contre Kaizo. Nous entrâmes et la convivialité qui se dégageait de la pièce principale me plût aussitôt. Al-Chen était vraiment différente d’’Al-Far ! Ou, en tout cas, les tavernes qui j’avais visitées jusque-là étaient drôlement différentes…

Evidemment, notre entrée ne passa pas inaperçu, mais je ne vis aucune animosité dans le regard des clients, attablés, qui discutaient dans la bonne humeur. Maintenant toujours ma narine en suivant le conseil de Hièlstan. Celui-ci demanda au tavernier s’il n’avait pas un endroit plus calme.  Le tavernier hocha la tête :

—Ouais, pas de problème. J'vais vous installer dans une chambre, j'en ai plein de libres pour l'après-midi, jvous fait confiance pour me la laisser en état.

« J’espère aussi. » Pensai-je avec Kaizo dans mon dos.

Le tavernier nous fit prendre une porte près du comptoir et nous fit traverser un étroit corridor qui sentait la poussière. L’homme nous indiqua une porte.

—Prenez la troisième sur votre droite. J'vous fait amener tout de suite une bassine d'eau, et puis à boire. Vous voulez quelque chose de particulier?

Alors que le Rêveur demandait humblement ce dont il aurait besoin, je commençai à ressentir de vives douleurs là où Kaizo m’avait cogné ; oui, ça arrivait ! Les courbatures m’auraient longtemps tenu au corps si je n’avais pas eu la chance de tomber sur ce Rêveur !

Quand le tavernier me demanda si je voulais quelque chose, je lui répondis que non, laissant à Kaizo le soin de répondre à ma suite.
Nous entrâmes ensuite dans la chambre. Elle était plus spacieuse que ce à quoi je m’attendais, et plutôt propre. Décidemment, j’avais vraiment été dans des auberges minables lors de mes soirées à Al-Far…

Quand Hièlstan nous demanda de nous asseoir, je le fis avec une certaine satisfaction, mais je ne me relâchai pas pour autant. Etre enfermé dans une pièce inconnue avec deux inconnus… J’avais de quoi me méfier.

Le Rêveur m’annonça que la partie gauche de mon visage serait peut-être enflée pour quelques jours ; c’était toujours mieux que trois semaines !

Tout en préparant des linges, des herbes et des pansements, il nous expliqua, à Kaizo et moi, comment il allait procéder. Ses paroles étaient rassurantes, et malgré toute la prudence qui m’habitait, je ne pus que me résigner à lui accorder sa confiance ; s’il avait voulu me voler quelque chose ou me faire du mal, il l’aurait fait depuis longtemps. Seul Kaizo m’inquiétait encore, bien qu’il ne montrât plus aucun signe d’agressivité.

Je retirai mon haut sous les recommandations de Hièlstan, ainsi que mon pantalon, restant en sous-vêtements et avec ma chaînette autour du cou. Je tirai une grimace en voyant les hématomes qui se formaient un peu partout, plus ou moins discrets. Je gardai mes vêtements sur le lit derrière moi, ma dague cachée par les replis de ma veste.

Puis quelqu’un entra dans la chambre, apportant ce que le Rêveur avait demandé plus tôt. C’était une fille de mon âge, qui était probablement la serveuse vaguement entraperçue dans l’auberge, après notre entrée. Elle rougit en nous voyant et me jeta des regards étranges.

Elle posa ce qu’avait demandé Hièlstan et m’adressa un sourire en sortant. Je lui répondis brièvement par un sourire, un peu troublé que tant de gens m’accordent autant d’importance aujourd’hui.

Ensuite, Hièlstan passa un long moment à nous soigner, Kaizo et moi. Petit à petit, je me sentis mieux. Entre linges mouillés appliqués sur les blessures, herbes médicinales prodigieuses, étranges manipulations invisibles et conseils avisés, je ne pouvais que me sentir mieux. Je sentis grandir en moi une certaine admiration envers Hièlstan. Il soignait les gens, et il savait s’y prendre. Mes blessures me faisaient à peine souffrir, et les certaines, les moins graves, avaient presque disparues. Les autres étaient atténuées, presque déjà refourguées à l’état de mauvais souvenirs.

Durant ce laps de temps, j’avais remarqué l’étrange cicatrice de Kaizo, dans son dos. Une blessure par arme blanche, ça ne faisait aucun doute. Assez grande. Plus imposante que celle, presque minuscule, visible sur ma poitrine à quelques centimètres du cœur.

Hièlstan acheva de nous soigner en expliquant à Kaizo qu’il devrait faire attention à son genou dans les jours à venir. Il était vrai que j’y étais allé fort avec lui.

—Bien. Vous aviez prévu des choses pour le reste de la journée? J'aimerais que vous vous reposiez ; du moins, que vous ne vous battiez plus, et que vous évitiez de manière générale tout effort physique trop intense. Vos corps sont jeunes et vigoureux, et je vous en félicite, mais ils ont besoin de récupérer. Vous avez quelque part où dormir ce soir, j'espère ?

J’étais évidemment d’accord pour ne plus me battre ; après tout, je n’étais pas venu en ville pour ça. Juste pour visiter. Quant à un endroit où dormir… je me rendis compte que je n’y avais pas songé. Il fallait dire que j’avais peu d’argent sur moi. Peut-être pas assez pour louer une chambre pour la nuit, surtout dans une chambre aussi jolie que celle-là.

—Non, pas vraiment. Répondis-je. C’est la première fois que je viens en ville.
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Kaizo Morden
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mer 06 Juil 2016, 02:22

[J'ai hâte de voir où va nous mener ton Rêveur   ]

Hièlstan suggéra à Erhan de tenir son nez pour arrêter le saignement. Décidément je n'y étais pas allé de main morte. J'aurais surement dû retenir un peu plus mon coup. Ils emboîtèrent le pas à l'aubergiste qui commençait à partir en direction du nord de la rue principale. Je me tâtai rapidement les côtes ainsi que les bras pour vérifier une nouvelle fois que même si je n'avais pas mal je n'avais rien de cassé. Il me sembla que non.

Alors que nous remontions l'allée, les gens sur le marché se retournaient sur notre passage. Sûrement se demandaient-ils ce que faisaient ensemble un Rêveur, un homme au nez ensanglanté et un type à l'aura sombre comme moi. Il était vrai que nous passions vraiment pour un groupe un peu suspect et carrément hétéroclite. Enfin bon... environ cinq minutes plus tard nous arrivâmes enfin à l'auberge du grand monsieur. Elle était plutôt modeste mais respectable. La façade accueillante avait un nom chaleureux : "La Fedelle".

Voilà donc le nom de cette auberge, c'était sympa.

L'aubergiste nous tint la porte et nous pria d'entrer. J'entrai en suivant Hièlstan et Erhan. La première chose qui me frappa fut la délicieuse odeur de plats sur les tables. Cela faisait un moment que je n'avais rien mangé et mon combat m'avait donné faim. Il y avait peu de monde, sûrement des clients réguliers. Je ne ressentais ni animosité, ni mauvaise intention de leur part et leurs regards semblaient même plutôt curieux en raison du visage d'Erhan. Puis lorsque l'aubergiste nous invita à le suivre chacun repris le cours de son repas ou de sa conversation. Ils profitaient et passaient sûrement un bon moment.
Je me surpris à sourire, ils me faisaient penser à mère et père avant que je ne décide de partir. Un bon repas ensemble, une vie simple et banale. Peut-être ces hommes et femmes partiraient à l'aventure un de ces jours, ou pas d'ailleurs. Prenant la parole, Hièlstan me tira ainsi de ma rêverie :

"Merci pour votre hospitalité. Auriez-vous un endroit au calme, un réduit peut-être, où nous pourrions nous installer, ainsi qu'un peu d'eau fraîche ?"

Il avait demandé ça posément et tellement simplement que n'importe qui aurait répondu à l'affirmative. Ce Rêveur était assez impressionnant et déstabilisant, il semblait rester calme et stoïque peu importe la situation du moment pourvus que rien de violent ne se produise. Car oui il m'avait regardé après mon combat comme si j'avais commis le pire crime de l'humanité, alors que certains des hommes que j'avais combattus n'auraient pas hésité deux secondes pour finir "le boulot" et envoyer l'adversaire au sol faire une très très longue sieste ou s'acharner sur lui. L'aubergiste lui répondit quasi instantanément :

"Ouais, pas de problème. J'vais vous installer dans une chambre, j'en ai plein de libres pour l'après-midi, jvous fait confiance pour me la laisser en état."

J'acquiesçai intérieurement, il serait en effet irrespectueux de dégrader une chambre aussi gracieusement prêtée. On emboita le pas à l'aubergiste, celui-ci nous conduisit à travers un couloir sombre et nous expliqua que ce serait la troisième porte sur notre droite et qu'il demanderait à quelqu'un de nous apporter une bassine d'eau. Il nous interrogea afin de savoir si l'on avait besoin de quelque chose en plus. Pour ma part, je ne souhaitais pas abuser de son hospitalité mais j'avais vraiment faim :

-Pourrais-je avoir quelque chose à manger ? Une pomme ou ce que vous avez ? Je ne veux pas abuser non plus de votre hospitalité.

L'aubergiste me répondit que cela n'était rien et qu'il me ferait apporter un peu de nourriture pour moi et les autres membres du groupe.  Je me demandais pourquoi cet homme qui ne nous connaissait de nulle part étais si disposé à nous aider sans attendre de compensation en retour. Je trouvais cela assez louche. Bah... restons sur nos gardes et soyons tout de même prudents. Nous entrâmes dans la chambre, de taille plus que correcte elle possédait un lit , un bureau et une petite fenêtre qui ne devait servir probablement que l'été pour aérer. Alors que l'aubergiste s'en allais de l'autre côté du couloir, Hièlstan nous fit signe de nous approcher et de nous asseoir. Je m'exécutai. Je n'aimais pas suivre les ordres mais quand il fallait... eh bien il fallait. Le rêveur me fit remarquer que j'avais un bleu au niveau de l'arcade sourcilière. Et zut, je ne l'avais pas remarqué.

Je voyais Hièlstan préparer ce qui ressemblait à un onguent à base de plantes tirées de son sac. Afin de pouvoir faire son travail correctement il nous demanda également de nous déshabiller. Je marquais un temps d'hésitation, je ne voulais pas que l'on voie ma cicatrice, ce souvenir douloureux qui me rappelait que tout adversaire vaincu peut vouloir se venger, même si c'était en traître. Faire confiance à peu de personnes est la meilleure solution pour trouver de vrais alliés ou camarades, c'était ce que je pensais. Cependant je n'avais pas vraiment le choix, il fallait qu'il m'ausculte...

*Bon... ok*

Je retirai mon haut et laissa apparaître cette longue cicatrice qui partait de mon épaule jusqu'au bas du dos. Je regardais le Rêveur pour lui faire comprendre que cette cicatrice était importante et que le souvenir auquel elle était rattachée resterait sous silence. J'entendis des bruits de pas et n'eut pas le temps de comprendre qu'une serveuse entra dans la pièce. Elle était plutôt mignonne et rougit aussitôt de nous voir Erhan et moi torse nu en train de nous déshabiller. Je la remerciais de son aide et elle se retourna vers Erhan qui lui eut le droit à un petit sourire de la serveuse qui repartit quelques secondes plus tard.

J'étais déçu mais bon, il était normal qu'elle ne s'attarde que peu sur moi, je n'étais pas vraiment du genre à plaire aux filles. D'ailleurs en y repensant j'intimidais plus souvent que les gens ne venaient me parler ouvertement. Dommage pour moi.

Je bu le verre d'eau que Hièlstan me tendait, ça faisait du bien. C'était revigorant. Il s'occupa d'Erhan, lui demandant où il avait mal, on aurait dit que les douleurs d'Erhan s'amenuisaient. Il semblait s'apaiser.

Quand Hièlstan eut fini avec lui, il se tourna vers moi et pratiqua de la même manière. Il me demandait ou j'avais mal, je n'avais pas vraiment de douleur à part peut-être au genou et je lui indiquai. Malheureusement pour moi il m'expliqua que mon genou ayant pris un coup je devrai éviter toute activité pouvant aggraver son état. C'était embêtant, j'essaierais de le ménager mais ça ne sera pas chose facile. Autant dire que je ne l'écouterais surement qu'à moitié. Il ne fallait pas que je paraisse diminuer devant qui que ce soit, j'ai ma fierté et tant pis si ça me coûte quelques jours d'immobilisation. Sur ce Hièlstan s'adressa à nous :

"Bien. Vous aviez prévu des choses pour le reste de la journée ? J'aimerais que vous vous reposiez ; du moins, que vous ne vous battiez plus, et que vous évitiez de manière générale tout effort physique trop intense. Vos corps sont jeunes et vigoureux, et je vous en félicite, mais ils ont besoin de récupérer. Vous avez quelque part où dormir ce soir, j'espère ?"

Erhan pris le premier la parole :

-Non, pas vraiment. C’est la première fois que je viens en ville.

La première fois qu'il vient en ville ? Il est donc dans le même cas que moi. Ne plus me battre avec lui ne me posait aucun souci. Je lui jetais un regard et même un sourire tiens. Je serais surement remis d'aplomb demain matin. Je me rhabillais pour cacher au plus vite cette cicatrice. Pour ce qui concernait l'endroit où dormir Hièlstan posait une bonne question je n'avais pas vraiment réfléchi à la question. Je pensais être rentrer à l'Académie ou bien alors dormir à la belle étoile. Je ne pensais pas que parler de l'académie serait une bonne idée alors j'opta pour la nuit sous la voûte céleste :

-D’abord je tenais à te remercier Hièlstan pour tes soins. Ensuite pour répondre à ta question eh bien... je pensais dormir à la belle étoile à l'extérieur de la ville car c'est la première fois aussi que je viens à Al-Chen et je ne connais personne ici à part toi et Erhan. Erhan avec qui d’ailleurs j’ai plutôt mal commencé et c’est un euphémisme.

Je ne souhaitais en rien envenimer la situation et j’aurais sûrement besoin d’eux plus tard. Je ne faisais pas confiance ni à l’aubergiste ni à son personnel. Une trop grande bonté d’âme par les temps qui courent me paraissait plutôt suspect. Je resterais donc sur mes gardes tant que je serais au sein de cette auberge. Je rattachai ma dague à ma ceinture avec précaution car sa valeur pour moi était sans égale et revêtis ma veste qui la cachait. Je regarda Hièlstan afin de le rassurer dans le fait que je n'utiliserais pas cette arme et que je tenais simplement à elle, dernière chose qui me restait de mes parents.
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Jeu 07 Juil 2016, 00:14

Ainsi donc, l'un des deux garçons était clairement plus à l'aise en société que l'autre. Kaizo semblait même plutôt du genre bavard, et bien au courant des coutumes tacites de la société ; les présentations, les remerciements, les explications... Avec Erhan, c'était beaucoup plus concis. Il s'appelait Erhan et il venait d'arriver, point barre.
Ca ne dérangeait pas Hièlstan, qui s'accommodait tout aussi bien des compagnons bavards comme Soroïl que de ceux à qui il fallait presque arracher le prénom comme la mystérieuse Inwëlle.

Ainsi donc, leur ressemblance allait au delà de ce qui était perceptible à l'oeil nu, et ils ne se connaissaient pas. Un instant, Hièlstan se demanda pourquoi ils s'étaient battus ; avec toute cette agitation, il n'avait même pas eu le temps de se poser la question.
Bah, certainement rien de grave s'ils étaient capables de se tenir assis quasiment nus sur un lit, côte à côte.

Il leur sourit, en commençant à ranger ses affaires dans son sac, et en notant mentalement quelles herbes il venait d'utiliser pour renouveler son stock au plus tôt. Il jeta un coup d'oeil par la fenêtre, mais on apercevait pas le soleil. Cependant, d'après ses estimations, la taverne devait s'être un peu remplie, maintenant, et les tables devaient être chargées de plats, bien entamés pour la plupart.


"Bon, j'ai éventuellement une proposition à vous faire, si vous voulez économiser une nuit d'auberge, et comme je ne tiens pas à ce que vous repreniez la route dès ce soir..."

Il cessa son agitation pour se tourner tranquillement face à eux deux. Ca lui ferait étrange de vouvoyer Kaizo maintenant que ce dernier l'avait tutoyé, mais il savait qu'il n'arriverait pas à lui rendre son tutoiement tout de suite ; s'adresser aux deux à la fois était une bonne solution pour éviter cela.

"Je vous propose de dormir chez moi. J'ai un petit salon, avec un seul canapé, mais j'ai des couvertures à étaler par terre. Ce sera gratuit, évidemment. Je ne peux pas vraiment vous quitter en sachant que vous êtes plus ou moins à la rue pour la soirée."

C'était vrai. Mendiant, bourgeois, honnête marchand ou vieux marin, il leur aurait à tous proposé le logis dans cette situation. Les Rêveurs n'étaient pas riches et ne craignaient pas le vol ; ils n'avaient d'histoire avec personne et n'avaient pas peur de la vengeance.
Par dessus tout, un Rêveur ne craignait pas la mort.

Il se remit à son rangement, entreprenant de rincer les bols.


"Bon, si vous n'avez pas de monture, il va falloir marcher un peu, mais si vous souffrez encore, il y a ma jument qui m'attends dans une écurie près de l'entrée Nord, vous pourr..."

Dans un grand fracas, la porte s'ouvrit, laissant entrer un chef aubergiste à la mine étrange. Il semblait tout pressé mais tout contenu à la fois, et d'ailleurs après avoir presque enfoncé la porte, le voilà que si remettait droit comme un i et qui faisait des manières.

"Je... Euh... Hm excusez-moi de vous interrompre, puis-je..."

"Puis-je"? Voilà qui sonnait fort peu naturel, de la part de cette bouche bourrue et bordée de barbe!

"Vous... Vous êtes un Rêveur, y a, euh, ma fille qui depuis ce matin, bon, elle a mal au ventre quoi, mais enfin c'est pas vraiment une geignarde d'habitude et là c'est qu'elle est clouée au lit, elle veut pas me voir, et je me suis dit, bon..."

Et nous y voilà, se dit Hièlstan, un sourire aimable aux lèvres pour encourager le bonhomme à parler.


"... Puisqu'un Rêveur est dans mon auberge en ce moment même, pourquoi ne pas lui demander un service, hein? Vous êtes là pour... Pour aider, non, c'est pas ce que vous avez dit tout-à-l'heure?"

Ah elle était belle la coïncidence! Le bonhomme parlait d'un ton très faux, mais Hièlstan n'en avait cure. Il préférait que l'aubergiste lui demande son aide, même si c'était très maladroit, plutôt qu'il n'ose rien dire et laisse une personne qui avait peut-être grand besoin de soins dans la souffrance.

Il fourra très rapidement ce qu'il restait sur le bureau dans son sac, qu'il jeta sur l'épaule, et fit comprendre d'un hochement de tête à l'aubergiste qu'il était prêt à le suivre. Ils sortirent de la pièce en coup de vent.


___


Elle était jeune, un peu potelée, mais surtout en sueur. Ses doigts et ses mâchoires crispées, son visage tendu... Elle souffrait plus qu'elle ne voulait le laisser paraître.
Cependant, elle n'eut pas l'air vraiment ravie de voir apparaître un Rêveur à la porte de sa chambre.


"Mais qu'est-ce que... Papa! Sort de là, et lui aussi! Je..."

"Mais enfin, ma chérie, ce... C'est un Rêveur, tu sais... Ils savent tout guérir ceux-là!"

Non, pas tout.

"Je m'en fiche je t'ai dit... Une guérisseuse, je veux une femme, je..."

"Ca suffit. Monsieur, sortez s'il-vous-plaît."

Tout décontenancé, le papa sorti sans réfléchir, et Hièlstan ferma doucement la porte derrière lui. La fille gémissait, de douleur, de protestation contre sa présence, mais elle ne parvenait guère à se faire comprendre.

"Mademoiselle, je m'appelle Hièlstan. Vous avez très mal, trop mal pour qu'il s'agisse d'un mal de ventre banal. Je dois vous examinez. Vous le savez."

Elle retint un cri, essuya rageusement une larme.

"Non c'est... Une femme, cherchez-moi..."

Hièlstan fronça les sourcils. Pourquoi donc une femme? Il arrivait que des jeunes filles ou même des femmes mûres refusent de se laisser examiner par des hommes, mais ce n'était que quand ça avait rapport avec...
Oh par Merwyn.
Une sueur froide s'empara du Rêveur.


"Vous êtes en train d'accoucher."

Son gémissement se mua en cri, cette fois ; mi-douleur, mi-peur.

"Ne... Non, ne..."

Elle haleta tandis que le Rêveur s'agenouillait prêt à son lit. Il rabattit la couverture sans qu'elle n'ait le temps de tenter de l'en empêcher.

"Ne dites rien à papa... S'il-vous-plaît..."

C'était donc bien ce que Hièlstan pensait ; il n'était pas au courant. Il passa une main sur le ventre de la jeune fille, ou plutôt, de la jeune femme. Elle était un peu rondouillette, et la grossesse n'était pas très portée sur l'avant du ventre. Il souleva sa large tunique, et devina qu'elle avait opté pour ses vêtements, qui cachaient efficacement ses formes.
Il jugea qu'elle ne devait pas avoir plus de quinze ans. Sans doute ses proches n'avaient même pas envisagé qu'elle puisse être enceinte.


"Depuis combien de temps les contractions ont-elles commencé?"

"Elles... Je crois dans la nuit mais... J'ai somnolé encore et... Un peu avant l'aube c'est devenu plus fort, c'est..."

"Bon, mettons une dizaine d'heures. Je pense qu'on approche de l'accouchement. Vous savez depuis quand vous êtes portez l'enfant?"

"C'est... Je pense neuf mois, oui..."

"Bien. Avant de faire quoi que ce soit, je vais devoir juger de l'ouverture de votre col de l'utérus, afin d'estimer du temps donc nous disposons."

A son regard effrayé, il se rendit compte de son ton froid et scientifique. Il se rattrapa aussitôt en adoucissant sa voix.


"Après, je vais te donner des herbes qui vont te détendre. On va chercher des femmes qui vont pouvoir t'accompagner. As-tu quelqu'un en particulier que tu voudrais à tes côtés?"

Elle secoua la tête. Il s'en doutait ; si elle avait eu quelqu'un à qui se confiait, elle aurait probablement déjà fait mander cette personne.
Pas de mère, pas de tante ou de cousine à proximité, peut-être pas envie de faire voir ça à ses amies. Peut-être trop de honte.


"Bien. On va trouver, ne t'en fais pas. Maintenant, je vais devoir te déshabiller. N'ai pas peur. J'ai déjà assisté à des accouchements."

Certes, mais il n'avait participé qu'à un seul, et il n'avait certainement pas le premier rôle. Il était rare que des femmes se tournent vers une communauté d'hommes reclus pour mettre au monde leur enfant ; souvent, c'était juste qu'elles n'avaient pas eu d'autre choix.

Le col était presque assez dilaté pour que le bébé puisse passer.

"Ca va aller. On va avoir le temps de faire venir quelqu'un, ça va aller. Je reviens, d'accord? Je reviens tout de suite."

___

Comme il s'en doutait, l'aubergiste n'était pas loin de la chambre.

"Je vais avoir besoin d'aide. Faites chercher les deux garçons qui étaient avec moi. Ramenez moi de l'eau chaude, de l'eau froide, du linge propre."

Sans même prendre le temps de répondre, le bonhomme hocha frénétiquement la tête et s'en fut au quart de tour. Quelques instants plus tard, les deux jeunes hommes étaient là ; en compagnie de la jolie serveuse. Hièlstan avait fermé la porte de la chambre, mais à travers la cloison on entendait les cris de moins en moins retenus de l'adolescente.

"J'ai besoin que vous me trouviez une ou deux femmes qui puisse assister un accouchement. Si elles savent s'y prendre, qu'elles sont accoucheuses ou guérisseuses, c'est encore mieux, mais la priorité c'est qu'elle soit rassurantes et maternelles. Et qu'elles arrivent ici très, très vite. J'ai aussi besoin de ces herbes."

Il leur tendit une liste griffonnée à la hâte.

"Quand vous arrivez sur la rue du marché, vous prenez à gauche, quelques mètres plus loin il y a un étal d'herboristerie."

Il leur tendit sa bourse et les quelques pièces qui s'y battaient en duel.

"Je pense que ça devrait suffire. Dites-leur que c'est très urgent, un accouchement, faites-vous servir en premier. S'ils veulent plus, dites-leur de me trouver ici plus tard, ou que je viendrai moi-même."

Pas le temps de sourire.

"Allez, filez, il n'y a pas de temps à perdre! Après, j'aurais peut-être encore besoin de vous. Et vous mademoiselle, allez donc aider votre patron à me ramener ce qu'il me faut."

___

Il lui tint la tête en arrière pour qu'elle ingurgite le breuvage. Il ne craignait qu'elle vomisse ; ses contractions se faisaient de plus en plus violentes. Il lui passa un linge mouillé et imprégné d'une dédoction apaisante sur le front.
Il ne voulait pas encore se projeter en Rêve ; il ne voulait pas la laisser là, toute seule.

Les Rêves sur les bébés étaient très délicats, très dangereux. Les Rêves sur les accouchements...

Il s'efforçait de lui murmurer des paroles apaisantes, en lui caressant la main, en tentant de lui-même décontracter son corps et calmer son coeur. Ah, si seulement il avait été prévenu ne serait-ce qu'à son arrivée en ces lieux, il aurait sans doute plus l'amener à Chériane! Mais il était trop tard, maintenant.

Il tourna la tête quand la porte s'ouvrit.
Les choses sérieuses allaient commencer.




[Voilà de l'aventure façon Rêveur! Very Happy Surtout si vous voulez postez plusieurs fois avant de rejoindre Hièlstan pour pouvoir interagir entre vous, ne vous gênez pas. Je ne suis pas sure de pouvoir vous répondre demain soir, et si c'est pas demain, ce sera pas avant lundi... Vous avez le temps :p]
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Erhan Arfas
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Sam 09 Juil 2016, 23:30

J’étais une fois de plus surpris ; Le Rêveur nous proposait de l’héberger chez lui, sans rien vouloir en retour. Il existait peut-être plus qu’une poignée d’hommes bons en Gwendalavir !

Alors que Hièlstan nous expliquait gentiment qu’il avait une jument si nous souffrions trop pour marcher quelques minutes, la porte de la chambre s’ouvrit à la volée, interrompant les paroles du guérisseur. C’était l’aubergiste barbu. Il semblait inquiet et un peu gêné, et surtout, particulièrement faux dans ses mots.

—Vous... Vous êtes un Rêveur, y’a, euh, ma fille qui depuis ce matin, bon, elle a mal au ventre quoi, mais enfin c'est pas vraiment une geignarde d'habitude et là c'est qu'elle est clouée au lit, elle veut pas me voir, et je me suis dit, bon...

L’aubergiste baragouina quelques autres explications, pas très claires, et presque aussitôt, Hièlstan récupéra ses affaires et suivit l’homme à l’extérieur de la chambre, rapidement et sans un regard en arrière. Oui, décidemment, ce Rêveur était quelqu’un de bien. Il se précipitait au chevet des gens dans le besoin. Je soupirai légèrement avant de me lever et de m’étirer légèrement.

Je me tournai vers Kaizo. Que faire ? Lui proposer l’idée qui me trottait dans la tête et que mon estomac me grondait, ou continuer à être méfiant alors qu’il n’avait plus fait transparaître le moindre signe d’agression envers lui ?

Après tout, pourquoi ne pas lui proposer ? Ça ne me coûterait que les quelques pièces qui traînaient au fond de ma poche…

—J’ai faim, ça te dirait d’aller prendre un truc ? Histoire d’oublier ce combat de tout à l’heure…

Craignant un peu un refus, je fus légèrement soulagé quand il me partagea une réponse affirmative. Nous sortîmes de la chambre pour rejoindre la salle principale, où les clients avaient l’air de bien s’amuser. Nous prîmes place à une table située non loin de l’entrée de la taverne, non loin d’un groupe d’hommes braillards.

La serveuse que nous avions déjà vu dans la chambre un peu plus tôt se dirigea vers nous presque aussitôt que nous nous fûmes assis.

—Vous avez besoin de quelque chose ? Dit-elle en souriant, les joues légèrement rouges.

Je remarquai qu’elle tripotait nerveusement un pli de ses vêtements. Une étrange impression me poussait à croire qu’elle me regardait toujours étrangement, gênée. Je demandai :

—A manger, si possible. Mais je ne connais pas les prix, et je n’ai pas beaucoup d’argent.

—C’est très abordable ici, Me rassura-t-elle. Tu… Vous voulez que je vous amène un plat du jour chacun ? Je… Je peux même faire un prix, si vous n’avez pas assez.

—Euh, oui… D’accord.

La serveuse sourit, puis fit demi-tour.

Les plats ne mirent pas longtemps à arriver. Je jetai à peine un œil au contenu de mon assiette, tant l’odeur était alléchante. Il y avait de la viande, de la salade et quelques légumes un peu trop grillés à mon goût, mais c’était excellent. Je mangeai en savourant tranquillement, me détendant presque malgré moi.

Je restais tout de même aux aguets. Quand on avait été un voleur, on s’attendait à ce que le danger frappe à n’importe quel moment.

Pourtant, rien d’inquiétant ne se produisit. Kaizo et moi mangeâmes en échangeant quelques banalités ; je n’avais pas envie de lui raconter ma vie. En général, je n’aimais pas parler de moi, de mon passé. Je préférais rester discret. Comme une ombre. Comme un voleur d’Al-Far.

Pourtant, alors que la serveuse se dirigeait vers nous pour nous demander de payer, l’aubergiste entra comme une furie dans la taverne. Il se figea en nous voyant :

—Vous deux, le Rêveur vous cherche ! Vite, suivez-moi !

—Que se passe-t-il ? S’inquiéta la serveuse.

—Toi aussi, Iloha, viens ! Il m’a l’air d’avoir besoin d’aide, et tu ne seras pas de trop !


***


L’aubergiste nous amena chez lui ; je souris légèrement en apercevant Hièlstan dans le corridor de la maison. Mais il ne le remarqua pas. Il était peut-être un peu fébrile. Des cris retenus, de douleur peut-être, résonnaient dans une salle à proximité. Que se passait-il ? Etait-ce la fille de l’aubergiste, que nous entendions ?

Kaizo et la serveuse, Iloha, étaient avec moi. Hièlstan n’y passa pas par quatre chemins pour s’expliquer :

—J'ai besoin que vous me trouviez une ou deux femmes qui puissent assister un accouchement. Si elles savent s'y prendre, qu'elles sont accoucheuses ou guérisseuses, c'est encore mieux, mais la priorité c'est qu'elles soient rassurantes et maternelles. Et qu'elles arrivent ici très, très vite. J'ai aussi besoin de ces herbes.

« Un accouchement ? » Songeai-je avec crainte. Je n’eus pas le temps de réfléchir davantage. Il me tendit une liste que je pris avec inquiétude, et pour cause ; je savais à peine lire. Juste quelques lettres, quelques sons, mais ces mots-là m’étaient totalement inconnus à l’écrit.

Il nous indiqua une herboristerie à deux pas d’ici et me donna également une bourse remplie de quelques pièces.

—Je pense que ça devrait suffire. Dites-leur que c'est très urgent, un accouchement, faites-vous servir en premier. S'ils veulent plus, dites-leur de me trouver ici plus tard, ou que je viendrai moi-même.

Hièlstan nous pria de nous dépêcher, et il indiqua à Iloha d’aller aider son père à ramener ce qu’il lui fallait pour l’accouchement imminent.

Nous sortîmes avec Kaizo, puis nous nous mîmes d’accord rapidement ; l’un de nous s’occupait des plantes, l’autre des femmes. Kaizo se proposa lui-même pour ses dernières. Je gardai donc la liste de plantes alors qu’il s’éloignait rapidement.

Je me dirigeai précipitamment vers la rue indiquée par le Rêveur tout en me demandant comment ma journée avait pu tourner ainsi. Voilà que je me retrouvais à faire des courses pour aider à un accouchement ! J’aurais vraiment tout vu, à Al-Chen.

L’étal que je recherchai était blindé de monde. Je jouai des coudes dans la file jusqu’à atteindre le comptoir, sous les vociférations de la moitié des clients. Je vis le vendeur me regarder d’un air furieux.

—Hé, mon gars ! Chacun son tour, retourne derrière !

Je lui tendis la liste :

—C’est un Rêveur qui me l’a remise ! Une femme est en train d’accoucher, il a besoin de tout ça !

Le gars me jeta un regard méfiant, mais une fois la liste sous ses yeux, il dût comprendre aussitôt que je disais la vérité ; il se doutait peut-être qu’à mon âge, on ne connaissait pas ces plantes-là à moins d’être un spécialiste.

—Très bien ! Dit-il en saisissant différents végétaux sur son étal et dans des boîtes amassées derrière lui. Juste un instant !

Le vendeur me donna un petit sac rempli de ce qu’il me fallait, du moins j’espérais que c’était bien le cas, puis je lui tendis la bourse de Hièlstan, qu’il vida dans sa main. Il me la rendit avec une unique pièce dedans ; ça avait tout juste suffi.

Je le remerciai, fendant la file de clients en sens inverse, avant de me dépêcher de rejoindre la maison de l’aubergiste.

La foule s’était faite plus dense, et j’avais l’impression que tous ces gens, ces badauds et ces habitants se fichaient de moi, à déambuler ainsi au ralenti. J’étais pressé, moi !

Je mis près de cinq minutes avant d’atteindre le palier de la maison ; la porte était entrouverte. J’entrai sans hésiter, et tombai nez à nez avec Iloha, qui me regarda avec surprise :

—Tu… Tu as ce qu’il faut ?

—Oui, là. Dis-je en désignant le petit sac que j’avais à la main.

Les cris retentissaient toujours dans la maison, plus intenses.

J’espérai ne pas avoir été trop long. J’entendis quelqu’un dans mon dos, en train d'entrer à ma suite dans la maison.
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Kaizo Morden
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Jeu 28 Juil 2016, 08:21

C’était l’après-midi et Hièlstan nous proposait à Erhan et moi de nous héberger ce soir car il ne souhaitait pas que nos blessures s’aggravent. Eh bien… On peut dire que cet homme était vraiment généreux et avait le cœur sur la main, depuis que je l’avais rencontré il ne me semblait pas l’avoir vu une fois se soucier de lui-même. Il était d’une candeur et d’une bonté inimaginable. Lui arrivait-il seulement de penser à lui-même avant les autres de temps en temps ? Je ne pensais pas, c’était naturel chez lui de s’inquiéter systématiquement pour les autres.

-Bon, si vous n'avez pas de monture, il va falloir marcher un peu, mais si vous souffrez encore, il y a ma jument qui m'attends dans une écurie près de l'entrée Nord, vous pourr...

Hièlstan n’eut pas le temps de terminer que l‘aubergiste entra en grande pompe dans la chambre. Il n’était clairement pas dans son état normal, il avait l’air anxieux et s’excusant d’interrompre Hièlstan prit la parole :

-Vous... Vous êtes un Rêveur, y a, euh, ma fille qui depuis ce matin, bon, elle a mal au ventre quoi, mais enfin c'est pas vraiment une geignarde d'habitude et là c'est qu'elle est clouée au lit, elle veut pas me voir, et je me suis dit, bon...

Ah… Je me doutais un peu qu’il demanderait quelque chose mais là c’est différent. Il demande un service plutôt personnel. Je me doute bien que Hièlstan ne le laisserait surement pas dans son désarroi si le l’aubergiste lui demande son aide.

-... Puisqu'un Rêveur est dans mon auberge en ce moment même, pourquoi ne pas lui demander un service, hein ? Vous êtes là pour... Pour aider, non, c'est pas ce que vous avez dit tout-à-l ‘heure ?

La demande inattendue de la part de l’aubergiste apportait encore un peu d’aventure à cette journée déjà remplie. Dommage que je ne sois pas plus concerné, j’étais curieux de savoir ce qui n’allait pas mais bon… Le rêveur sortit de la chambre accompagnant le maître des lieux. Ne restait donc que moi et Erhan, celui-ci me proposa gentiment d’aller manger quelque chose. J’acceptais avec plaisir, cela faisait un moment que j’avais envie et besoin de manger. Erhan avait également l’air de vouloir passer outre l’altercation de tout à l’heure ce qui me réjouissait un peu.

Je lui emboitais le pas en direction de la grande salle où les clients étaient attablés. Remarquant une petite table libre près de l’entrée, je fis signe à Erhan que j’avais trouvé notre place. Une place simple mais qui était loin d’être au calme : un groupe d’hommes un peu alcoolisé n’arrêtais pas de crier pour communiquer. Pour le calme on repassera mais le principal était de pouvoir manger en attendant le retour de Hièlstan. Je me demandais ce qu’il pouvait bien soigner. La serveuse qui nous avait apporté la bassine d’eau tout à l’heure vint prendre notre commande sourire aux lèvres, joues empourprées et le regard gêné vers Erhan. En voilà une qui en pince pour Erhan.

—Vous avez besoin de quelque chose ? Demanda-t-elle.

Erhan commanda le premier,

—A manger, si possible. Mais je ne connais pas les prix, et je n’ai pas beaucoup d’argent.

—C’est très abordable ici, Me rassura-t-elle. Tu… Vous voulez que je vous amène un plat du jour chacun ? Je… Je peux même faire un prix, si vous n’avez pas assez.

—Euh, oui… D’accord.

Il n’avait vraiment pas l’air futé question sentiments, il n’avait pas l’air d‘avoir remarqué qu’il intéressait la serveuse… Allons bon, après tout il y a des gens comme ça qui ne sont pas à l’aise avec les sentiments et qui ont du mal à voir ce qui est évident. La serveuse repartie vers les cuisines. Quelques minutes plus tard les plats arrivèrent. J’avais commandé un steak accompagné par quelques légumes. Cela avait tout pour me plaire, me remplir l’estomac et sans oublier me redonner de l’énergie. Le plat était délicieux, il faudrait que je pense à demander à remercier leur chef. Malgré la bonne ambiance dans la taverne je sentais Erhan tendu et sur ses gardes. Peut-être était-ce une habitude ? Je ne pensais pas qu’un incident pourrait survenir ici, trop de monde. Ou alors peut être entre personnes éméchées pour savoir lequel des deux crierais le plus fort pour qu’on lui rapporte un autre verre. J’échangeai quelques mots avec Erhan sans pour autant que l’on discute sérieusement. Ni lui ni moi n’avait envie de parler de sa vie.

Alors que la gentille demoiselle revenait pour que l’on puisse payer, le propriétaire des lieux revint en trombe en cherchant quelqu’un du regard, qui cela pouvait-il être ? Je me doutais que c’était nous mais j’espérais que non. D’ailleurs le rêveur ne l’accompagnait pas et j’espérais qu’il n’était rien arrivé au rêveur après tout cet homme m’avait aidé et soigné. Quand l’aubergiste nous vit, j’eut ma réponse :

—Vous deux, le Rêveur vous cherche ! Vite, suivez-moi !

—Que se passe-t-il ? demanda la serveuse, elle semblait réellement inquiète.

—Toi aussi, Iloha, viens ! Il m’a l’air d’avoir besoin d’aide, et tu ne seras pas de trop !

Je consultais Erhan du regard, il était d’avis d’y aller sans discuter. Très bien allons-y. Nous suivîmes l’aubergiste jusque chez lui. En arrivant on pouvait entendre clairement des cris de douleur tant bien que mal étouffés. De qui s’agissait-il ? Ce n’était pas un homme, je ne pensais pas du moins. Hièlstan attendait à l’entrée et nous guida jusque dans une chambre où était allongée une jeune femme qui serrait les dents… Voilà donc qui poussait ces cris de douleurs…. Regardant Hièlstan, il nous expliqua ce qu’il attendait de nous :

-J'ai besoin que vous me trouviez une ou deux femmes qui puisse assister un accouchement. Si elles savent s'y prendre, qu'elles sont accoucheuses ou guérisseuses, c'est encore mieux, mais la priorité c'est qu'elles soient rassurantes et maternelles. Et qu'elles arrivent ici très, très vite. J'ai aussi besoin de ces herbes.

*Un accouchement ?! Non mais sans rire…. C’était décidément pas mon jour… À peine arriver en ville je me faisais remarquer en me battant en public et maintenant je vais assister un accouchement. Nom d’un raïs… Bon eh bien quand il faut y aller…*

Il nous donna un bout de papier sur lequel une écriture presque illisible pour moi était couchée. Je me tournais vers Erhan et je lui fis comprendre du coin de l’œil que cette mission serait pour lui. Hièlstan lui donna l’itinéraire pour trouver un herboriste ainsi qu’une bourse peu pesante afin de régler l’herboriste. Celui-ci étant proche Erhan n’aura pas trop de mal à avoir ce dont Hièlstan avait besoin. En revanche pour moi ce serait compliqué. Comment arriver à trouver des femmes qui s’y connaissent en accouchement et les convaincre de me suivre…. Je risque d’avoir du mal mais le temps presse et on compte sur moi.

Je me dépêchai de sortir de la maison en direction de la grande rue principale. Si je cherchais quelqu’un ou du monde je trouverais surement là-bas. Il devait bien y avoir de bonnes dames pour nous aider… J’avais l’impression qu’il y avait plus de monde que tout à l’heure. Tant mieux, j’aurais surement plus de chance de trouver des personnes correspondant aux critères de Hièlstan. Alors voyons bon… maternelle et rassurantes. Je remarquai une femme souriante, l’air sociable et amicale. Je me dirigeai vers elle rapidement avant de l’interpeler :

-Excusez-moi ! Madame ? C’est important, je cherche des femmes pour m’aider, il y a accouchement sur le point de se produire et mon ami rêveur a besoin d’aide. Pouvez-vous nous aider s’il vous plaît ?

-Bonjour, eh bien… c’est si soudain… mais si vous avez besoin d’aide je ferais ce que je peux pour vous aider. Dit-elle en souriant l’air heureux.

Je ne pus m’empêcher de sourire :

-Aidez-moi à trouver d’autres femmes, dans l’idéal il faudrait qu’elle soit maternelle et rassurante. Les connaissances en médecine ne sont qu’un plus. Lui expliquais-je, en finissant par lui indiquer l’emplacement de l’auberge.

-Très bien, je ferais de mon mieux, j’ai deux bonnes amies qui accepteront surement de nous aider. Une s’y connait un peu en médecine. Nous allons aller les chercher. Venez !

Nous nous dirigeâmes rapidement quelques rues plus loin. Devant une maison plutôt vétuste, la jeune femme qui m’accompagnait frappa à la porte :

-Staïa ! Staïa !

Une femme nous ouvra la porte, un peu plus de la trentaine.

-Oh ! C’est toi Serina, ça me fait plaisir de te voir, de quoi as-tu besoin ?

-J’ai accepté d’aider ce jeune homme pour assister un accouchement et nous avons encore besoin de deux personnes et j’ai pensé à toi ainsi qu’à Elya.

Staïa me regardait et comprenant que j’étais pressé se dépêcha d’accepter de nous prêter son aide. Serina me demanda d’emmener son amie à l’auberge pendant qu’elle se chargeait d’aller chercher rapidement la dernière personne manquante. J’hochai la tête en signe d’acquiescement et partit à l’auberge.

Alors que j’arrivais avec Staïa, je vi Erhan passer le pas de la porte, nous nous dépêchâmes de faire de même. Erhan avait avec lui les plantes demandées et moi j’avais pour l’instant deux des trois personnes qui pourrait nous aider. Je fis signe à Erhan de passer devant avec Staïa pendant que j’attendais Serina et sa dernière amie.

Celles-ci arrivèrent quelques minutes plus tard. Elle ne devait pas habiter très loin. Sûrement dans l’une des rues parallèles. Enfin au complet je rejoignais la chambre, accompagné des deux femmes. Je me demandais comment Serina pouvait être si bienveillante et compatissante pour me suivre sans même poser de question juste car quelqu’un était dans le besoin. Ce trait de caractère me faisait penser à celui de Hièlstan. Décidément, il y a plus de gens bien que ce que je pensais, je poussais la porte et entra dans la chambre d'où les cris s'étaient intensifiés.

[HRP : Désolé pour ce temps de réponse assez long… ]
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Dim 31 Juil 2016, 23:04

On allait pas tarder à voir la tête.
Hièlstan se redressa, agité. Oui, il fallait bien se l'avouer, le Rêveur avait un peu de mal à garder son calme. Les deux garçons n'étaient pas encore de retour ; il n'y avait personne pour l'assister ; il ne savait pas encore s'il fallait prendre le risque de Rêver la jeune femme ou pas ; s'il préparait des anti-douleurs et anesthésiants, il ne pouvait pas surveiller la progression du bébé pour être prêt à l'accueillir ; s'il accueillait le bébé, il ne pouvait pas tenir la main de la jeune fille qui paniquait bien trop fort pour se passer d'un soutien.

Alors qu'il se dirigeait à nouveau vers elle pour essayer de la calmer, voilà qu'Erhan revenait ; avec des herbes, fort heureusement. Il était temps.
Bon, restait toujours le problème des multiples tâches impossibles à effectuer par lui-même ; Erhan n'allait pas Rêver à sa place, sans doute pas non plus préparer des plantes sans indications - Hièlstan avait bien vu son regard perplexe devant sa liste, et ses coups d'oeil intrigué quand il farfouillait ses plantes pour le soigner ; ce garçon-là n'y connaissait pas grand chose en herboristerie. Il n'allait certainement pas être d'un grand réconfort à la jeune femme ; il n'avait pas l'air de vraiment savoir s'y prendre avec la gent féminine, ni avec ses comparses masculins, d'ailleurs.
Et est-ce qu'à son âge on peut accepter d'aller scruter l'entre-jambe d'une demoiselle pour y guetter l'apparition du sommet du crâne d'un bébé ?

Kaizo n'était toujours pas là. La petite serveuse s'était empressée de sortir de la pièce après y avoir apporté ce qu'il fallait ; elle n'avait pas l'air d'avoir le coeur assez accroché pour assister à la délivrance d'un enfant. Hièstan lui avait juste demandé d'attendre dans le coin, au cas où il aurait besoin d'autre chose. Mais si personne ne revenait, peut-être qu'il allait devoir la convaincre... En attendant, il pouvait toujours tenter autre chose...
Il prit Erhan à part et s'adressa à lui à voix basse, avec un débit très rapide. Probablement que Lounali - c'était le nom de la gamine, il le lui avait demandé - ne remarquait même pas leur aparté ; elle était encore prise dans une contraction violente.


"Merci pour la course, écoutez, Kaizo n'est pas revenu, et en attendant... Le bébé va bientôt arrivée, mais cette fille n'est pas prête, elle panique trop, il faut que je fasse quelque chose, il faut que je prépare des décoctions, je... Je vous serais reconnaissant si vous pouviez me dire quand apparaîtra le crâne du bébé par le col de l'utérus. Vous n'aurez aucun mal à le voir, il devrait arriver d'ici quelques minutes. Il faudra juste me prévenir... Sans avoir l'air trop affolé, ou Lounali va paniquer encore plus. Je comprendrais si... Si vous ne pouvez pas ce n'est pas grave. La jeune serveuse a préféré sortir, elle aussi, et je pense que du renfort va bientôt arriver."

Il adressa un regard sérieux au jeune homme ; pas un sourire, là, il ne pouvait pas vraiment sourire.
Comme en écho à ses paroles, la porte s'ouvrit, devant un Kaizo qui n'avait visiblement pas chômé, d'après ses joues colorées et ses cheveux décoiffés... Et accompagné d'une femme, sans doute un peu plus jeune qu'Hièlstan, l'air peut-être un peu trop contente d'être ici. Voilà qu'elle se présentait, parlait de ses amies qui allait arriver ; Hièlstan coupa court et lui exposa rapidement la situation.
Jeune fille en panique, col de l'utérus quasiment entièrement dilaté, bébé né dans l'heure. A voix basse, évidemment.

Il fit venir Staïa jusqu'au chevet de l'accouchée.


"Lounali... Lounali, respire, regarde-moi. Voilà. Ca va aller. Cette femme, c'est Staïa. Elle va rester avec toi, d'accord? Elle va t'aider."

"J'ai eu deux enfants. Ca va aller, tu vas voir, on va y arriver, d'accord ?"

Entre deux sanglots, la gamine hocha la tête.

Hièlstan se relevait, prêt à s'atteler à une autre tâche, que déjà deux autres personnes franchissaient la porte ; il avait déjà oublié les amies sensées les rejoindre ! Trois, ça faisait un poil beaucoup. Sans perdre de temps, elles lui tendirent la main ; Serina et Elya.
Avant qu'il n'ait eu à expliquer quoi que ce soit, cette fois, Serina se précipita aux côté de Lounali, et lui prit l'autre main. Ca semblait aller mieux, sur ce point ; il jeta un coup d'oeil approbateur à Kaizo. Il avait eu un bon instinct.

Elya, quand à elle, était déjà penchée sur ses herbes ; il s'apprêta à dire quelque chose -on ne joue pas avec ça ! - mais elle le coupa, sa liste en main.


"Le marchand vous a donné certains substituts, mais ça va aller, je pense. Je suis pas guérisseuse, mais j'ai été l'assistante de l'un d'eux et je sais préparer des anesthésiants, des tisanes à ingérer pour l'accouchement, même s'il est un peu tard ; et deux ou trois autres choses en cas de... En cas de problème. Moi, la délivrance, j'ai juste vu faire, je sais pas pratiquer. Si vous voulez dérouler votre Rêve ou quoi, allez-y ; je m'occupe de ça."

Elle désigna la table où gisaient les ingrédients pêle-mêle. Hièlstan fronça les sourcils ; il n'avait aucune garantie qu'elle savait ce qu'elle faisait. Si elle se trompait...

Mais voilà que déjà on lui annonçait que le crâne avait fait son apparition ; il allait devoir faire confiance à cette femme. Il fallait aider ce bébé à naître, et il semblait le plus qualifié pour le faire dans cette pièce.


"Kaizo. A moins que vous ne sachiez mettre au monde un enfant, je vous propose d'aller aider Staïa. Il faut faire vite. Bien sur, si vous préférer sortir... Erhan, voyez également si Staïa a besoin de vous ; je pense que vous ne serez pas de trop."

Puis, il s'agenouilla entre les jambes.
Effectivement, la tête était là. C'était la première fois qu'il occupait ce poste. C'était toujours un Rêveur plus expérimenté qui faisait ça. Mais il connaissait les gestes ; attraper délicatement le crâne une fois qu'il était sorti, y appliquer une torsion délicate pour faciliter le passage des épaules...
Maintenant, les femmes exhortaient Lounali à pousser.
Il y en avait pour moins d'une heure.

Tout se brouilla autour de lui, lentement. Il laissa le Rêve glisser, mais en le retenant précautionneusement. Dangereux, c'était dangereux. Et fascinant.
On le sortit de sa torpeur en lui tendant un onguent épais. Il l'appliqua autour du sexe de la jeune femme. Il aurait fallut faire ça bien plus tôt ; mais ça l'aiderait peut-être un peu dans la dernière étape. Il nota, à l'odeur, que les dosages semblaient corrects. Staïa avait forcé la dose de plantes à vertu anesthésiante ; ça allait être puissant, mais c'était correct. Il du s'avouer un peu impressionné.
Il aurait voulu qu'elle lui fasse un tisane du Rêveur ; une gorgée, pour la concentration. Mais pas possible.
Au dessus, on faisait ingurgiter un breuvage à la jeune fille.

Bien.

Il Rêva encore. La tête était à moitié sortie. Le corps pulsait. Le corps souffrait, le corps hurlait. Il osa réparer quelques brèches évidentes ; mais les vibrations produites ne lui plurent pas, il arrêta. Il était trop tôt.

Enfin, il put attraper la tête, délicatement, de ses mains de Rêveur, si douces, si tendres. Cette tête toute neuve.
Autour de lui, juste une bulle ; les cris, assourdis, les gens, floutés. Juste ce bébé, qui se battait et se battait, et lui qui l'aidait. Les épaules, maintenant... Voilà les épaules. Il glissa un rêve sur l'enfant, et vit que l'enfant ne présentait pas de lésions inquiétantes. Le buste, péniblement. Un peu trop péniblement.
Il sentit le corps de la mère qui perdait de ses forces. Mais le bébé en a encore besoin. Il ne peut pas, pas tout seul, pas maintenant...
Bien assez tôt viendra le temps où il sera livré à lui-même ; pour l'instant, sa maman doit l'aider.

Le Rêve, encore, mais plus profond, plus audacieux, plus assuré. Il touche pour de vrai. Les muscles, le sang, ces fibres abîmées, ces forces... Il pousse, il lâche, il expulse une onde invisible, il fait boire à tout ce corps meurtri une sorte de liquide immatériel, une chose, une puissance, de la vie. Il lui donne, et le corps prend, avide qu'il est de ce qui lui échappe en ce moment.
Le corps sait.
Alors, l'impulsion du corps fait reculer le Rêve ; le Rêve est satisfait et ne revient pas à l'assaut.

Le corps repart. Ce n'était pas grand chose ; un peu de courage. Ca crie, mais ça crie différemment. Le bébé, à nouveau, glisse. Le bassin.
Le voilà presque entier dans les grandes mains du Rêveur. Les jambes, un dernier petit pied s'extirpe.
Il est tout petit, ce bébé. Tout glissant, encore tout vierge des souillures du monde, mais tout maculé de l'intérieur de sa mère. Il reste immobile.

Pas longtemps. Le Rêve n'a même pas le temps de le caresser que déjà, entre les mains d'Hièlstan, il hurle.
Il vit !
Sa bouche, déjà, cherche le sein maternel. Hièlstan tend les bras, et d'autres mains attrape le nourrisson.

Il attend une dernière chose ; visqueux et sanglant, le placenta glisse et s'affaisse dans la bassine que tend le Rêveur.
Il le contemple un instant, hagard. C'est fini.

Non ! Non, ce n'est pas fini. Son rôle à lui ne s'arrête pas là.

Il se relève et se passe une main sur le visage, avant de se rendre compte qu'elle n'était pas très propre. La bassine d'eau est déjà souillée ; tant pis.
Il faut encore qu'il Rêve la mère et l'enfant ; ça a l'air ok, mais on ne sait jamais. Surtout, il va aider cette jeune femme à réparer ses organes génitaux.

Il reprend pied, doucement. Autour de lui, il resitue doucement chaque personne.


"Comment ça s'est passé ?"


Il n'a rien suivi de ce qu'ils ont fait pendant que lui accueillait l'enfant. Il ne peut pas Rêver tout de suite la jeune femme ; à moins qu'il n'y ait un problème urgent, il lui doit bien quelques minutes de répit. Quelques minutes seule avec son corps, et son enfant.
Il la regarde, attendrit.

Le voilà de retour dans le monde ; et à présent, c'est elle qui semble s'en être coupée, enfouie tout au fond de sa petite bulle de bonheur...





[Alors, j'ai fait en sorte de vous laisser pas mal de libertés, à vous de voir ce que font vos persos pendant l'accouchement... Jvoulais pas aller jusqu'au bout à la base mais jme suis trouvée toute emportée Surprised
Et si ils sortent au début, on fait comme si Hièlstan ne s'adressait plus à eux par la suite Smile à vous de voir !]
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Erhan Arfas
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mar 02 Aoû 2016, 18:11

Hièlstan parut pour le moins soulagé de me voir revenir dans la maison de l’aubergiste. La fille continuait à lâcher des cris ou des gémissements douloureux non loin de nous. Je lui donnai les plantes dont le Rêveur avait besoin, un peu mal à l’aise. Celui-ci se mit à me parler à voix basse, avec une telle gravité dans la voix que je ne pu rien faire d’autre qu’écouter attentivement ses paroles.

—Merci pour la course, écoutez, Kaizo n'est pas revenu, et en attendant... Le bébé va bientôt arriver, mais cette fille n’est pas prête, elle panique trop, il faut que je fasse quelque chose, il faut que je prépare des décoctions, je… Je vous serais reconnaissant si vous pouviez me dire quand apparaîtra le crâne du bébé par le col de l’utérus. Vous n’aurez aucun mal à le voir, il devrait arriver d’ici quelques minutes. Il faudra juste me prévenir… Sans avoir l’air trop affolé, ou Lounali va paniquer encore plus. Je comprendrais si… Si vous ne pouvez pas ce n’est pas grave. La jeune serveuse a préféré sortir, elle aussi, et je pense que du renfort va bientôt arriver.

Je déglutis difficilement.

Je n’avais jamais, au grand jamais, participé à aucun accouchement dans ma vie de voleurs. Tout ceci me paraissait plutôt irréel. Mais Hièlstan n’avait pas chômé pour nous soigner, Kaizo et moi, après notre altercation en pleine rue. Je lui devais bien ça. De toute façon, je n’avais pas à faire de chose très compliquée.

—Euh… Oui, d’accord. Je m’en occupe.

Je n’étais pas vraiment sûr de moi, mais en tout cas, ce n’était pas la vue du sang ou d’un bébé en train de naître qui allait me faire peur. J’avais déjà assisté à des choses bien plus terribles et sanglantes à Al-Far.

Kaizo entra soudain dans la pièce, accompagné d’une femme qui se présenta sous le nom de Staïa. Je m’attardai peu sur elle, occupé que j’étais à surveiller l’arrivée du bébé. J’ignorais tant bien que mal ma gêne de me retrouver là.

A peine quelques minutes après, deux amies de Staïa débarquèrent ; l’une d’elle rejoignit la première femme près de Lounali — la fille qui accouchait et semblait souffrir de plus en plus — et l’autre dut farfouiller dans les herbes de Hiélstan. Mais je n’y prêtais guère d’attention. Je toussotai en rougissant :

—Euh, Hièlstan… Je crois que ça arrive.

Le Rêveur jeta un coup d’œil ; je ne m’étais pas trompé. Il nous demanda, à Kaizo et moi, de voir si Staïa avait besoin de notre aide. Je lui laissais donc le soin de s’occuper de l’arrivée du bébé, qui semblait imminente.

Staïa était occupée à encourager et réconforter Lounali ; par crainte de déranger plus qu’autre chose, je préférai la laisser faire. Je me mis à l’écart, prêt à intervenir si quelqu’un requérait mon aide. Hiélstan, lui, semblait ailleurs. Certainement concentré à utiliser ces pouvoirs dont les Rêveurs ont le secret pour guérir les autres. Les deux femmes aux chevets de Lounali semblaient d’une grande aide à la jeune fille, qui éprouvait toutes les peines du monde à pousser. La dernière femme s’occupait de donner un onguent à Hiélstan, et elle ne tarda pas à préparer une sorte d’infusion.

Il commença à faire chaud dans la chambre ; Lounali criait, se fatiguait. Mais j’étais étonné de voir qu’elle reprenait du poil de la bête, à quelques moments. Peut-être était-ce là le signe que les pouvoirs de Hièlstan fonctionnaient bien.

Je me sentis vite inutile ; après une quinzaine de minutes, je sortis discrètement de la pièce.

Le couloir m’accueillit avec une bouffée d’air frais qui me fit le plus grand bien. Je m’attendais à voir l’aubergiste ou la serveuse dans le couloir ; ils n’étaient pas là. Des éclats de voix, étouffés par les cris, provenaient d’une salle proche dont la porte était entrouverte. J’y jetai un coup d’œil. Ils étaient tous deux assis derrière une table, avec un verre d’eau, et l’inquiétude se peignait sur leurs visages.

Je m’installai sur une chaise, dans un renfoncement du couloir, la tête entre les mains. J’entendais les cris, les voix de femmes qui encourageaient la jeune fille. J’espérai que l’accouchement allait bien se passer, mais je savais que je n’avais pas le pouvoir de faire grand-chose pour aider.

Je restai là un moment, assis en silence, alors qu’une fenêtre ouverte dans la maison laissait passer de temps en temps un petit vent frais dans le couloir. Puis je me rendis compte que les cris avaient cessés. Remplacés par d’autres, plus aigus.

Je me levai lentement, un peu inquiet.

Je toquai discrètement à la porte avant de l’entrebâiller.

Lounali tenait son bébé auprès d’elle. Il semblait en bonne forme, même si ses cris avaient de quoi irriter les oreilles. Hièlstan semblait soulagé et son sourire en disait long. Les femmes, elles aussi, paraissaient heureuses pour cette naissance.

Je songeai avec amusement que ça n’allait pas forcément plaire à une certaine personne. L’aubergiste, notamment. De ce que j’avais compris, il n’était même pas au courant que sa fille était enceinte. Ça allait lui faire un choc. Et je n’avais aucune envie d’annoncer un tel évènement à un grand gaillard comme lui ; sa réaction pouvait très bien être violente.

Je refermai la porte et partis m’asseoir sur les marches du perron de la maison, juste devant la rue. Je m’adossais au mur, alors que le soleil éclairait doucement les pavés.

Je souris en pensant que cette virée imprévue à Al-Chen m’avait mené jusqu’ici !

Plus qu’à attendre que Hièlstan ait terminé avec Lounali et l’aubergiste. Ensuite… Peut-être que j’accepterais son invitation de dormir chez lui, après tout. Et pourquoi ne pas lui donner un peu d’argent pour ses soins ?

Après tout, c’était à ce jour la seule personne qui m’avait prouvé qu’on pouvait être un humain doué d’empathie.



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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mar 16 Aoû 2016, 09:04

Des cris continuaient d’êtres poussés par la jeune femme en train d‘accoucher. Staïa s’approcha de Hièlstan près du chevet. Je vis le Rêveur lui parler rapidement à voix basse et elle rejoignit la future maman. Le travail avait déjà bien commencé. J’espérais ne pas avoir à intervenir au niveau de l’entre-jambe de la femme pour quelque raison que ce soit car je ne me sentirais sûrement pas bien.

Hièlstan m’adressa un regard approbateur lorsqu’arrivèrent les deux amies de Staïa. J’étais satisfait, content que ce n’eut pas l’air d’être trop ou trop peu. Je lui rendis son sourire mais il ne le vit pas car déjà il retournait au travail. Elya le coupa quand celui une fois retourné la vit regarder attentivement les herbes ramenées par Erhan :

-Le marchand vous a donné certains substituts, mais ça va aller, je pense. Je suis pas guérisseuse, mais j'ai été l'assistante de l'un d'eux et je sais préparer des anesthésiants, des tisanes à ingérer pour l'accouchement, même s'il est un peu tard ; et deux ou trois autres choses en cas de... En cas de problème. Moi, la délivrance, j'ai juste vu faire, je sais pas pratiquer. Si vous voulez dérouler votre Rêve ou quoi, allez-y ; je m'occupe de ça. Dit-elle en pointant du doigt la table ou était posées les plantes.

Son ton assuré convaincu Hièlstan de lui laisser le soin de s’occuper de ce qui serait à mon avis un onguent ou une toute autre mixture. À ce moment Erhan renchérit en interpellant le Rêveur à son tour :

—Euh, Hièlstan… Je crois que ça arrive.

Le pauvre Erhan guettait l’arrivée du bébé, je n’ose pas imaginer la vue qu’il avait à ce moment. Son visage parlait pour lui mais il était simplement gêné, il ne semblait pas vraiment déranger par tout le sang qui devait se trouver devant ses yeux. Il n’était décidément pas commun ce type. Hièlstan vérifia les dire d’Erhan et nous proposa de demander à Staïa si elle avait besoin d’aide pour soutenir la jeune fille. La regardant avec Erhan nous comprîmes que ce serait inutile et plus dérangeant qu’autre chose d’intervenir. Erhan et moi nous mîmes à l’écart.

On ne pouvait que regarder le travail de la mère, de Hièlstan ainsi que de Staïa et ses amies. Nous avions joué notre rôle. Je regardais maintenant Hièlstan, il était en plein Rêve, un peu comme une transe mais totalement sereine et paisible. Le travail de Lounali était éreintant, épuisant même si en quelques occasions le Rêve déroulé par Hièlstan semblait la soulager de son importante charge de travail. Des moments de plénitude précieux qui lui permettaient de tenir le coup et ne pas céder à la douleur. Ne pensant pas être plus utile que cela maintenant, je sorti.

Je m’assis sur le sol du couloir, adossé au mur. Je ne pouvais pas m’éloigner de la chambre. On ne savait jamais si Hièlstan m’appelait ou que quelqu’un avait besoin de moi. Non… il n’aurait pas besoin de moi maintenant, l’accouchement allait se finir, la tête commençait déjà à sortir lorsque j’eut quitté la pièce. Je décidai de marcher un petit peu. Ici l’aubergiste n’était pas au courant de son nouveau statut de grand père et sa fille était encore jeune… Assumerait-elle les responsabilités qu’incombe un enfant ? Sans oublier qu’elle était paniquée avant l’accouchement et que son père pourrait ne pas cautionner le bébé.Cet évènement me fit penser à ma propre naissance.

Pourquoi mes parents m’avaient-ils abandonné ? Etait-ce par obligation ou car il ne voulait pas de moi ? Laissé à la porte du premier bâtiment venu. Peut-on réellement mettre au monde un enfant pour le laisser peu de temps plus tard ?  Je poussai un profond soupir.

-Nous verrons bien comment les choses se passeront pour eux.

Je ne sais pas combien de temps s’était écoulé avant que je ne retourne vers la chambre de l’auberge. Je remarquai Erhan dans un coin peu éloigné de la chambre où avait lieu l’accouchement. Il se leva pour y retourner et j’entrai à sa suite. On entendait les cris du nouveau-né mais plus ceux de sa mère. J’espérais qu’il n’était rien arrivé. Un sentiment de soulagement naquit dans ma poitrine et un sourire se peigna sur mon visage alors que maintenant calmé et bercer par les bras de Lounali le nourrisson toussotait légèrement.

À ses côtés, un Hièlstan tout sourire et les femmes toutes attendri par la venue au monde du petit être. Erhan avait l’air content également pour la maman. Cela faisait au moins un problème de régler. Il fallait maintenant expliquer la situation au gentil aubergiste qui risquait fortement de passer du sourire de savoir que sa fille chérie allait mieux à la colère de savoir comment s’est arrivé…. Sans oublier l’envie de connaître l’identité du père. Des petits problèmes encore sûrement mais Hièlstan arriverait à désamorcer la situation si elle tournait au vinaigre.

Erhan et moi sortîmes de la chambre en laissant la mère, son petit, les femmes et Hièlstan avec Lounali. Je suivi Erhan jusque dans la rue devant l’auberge. Les murs ainsi que la route se teintait d’une couleur faible couleur orangée. Il était déjà si tard et je n’avais toujours pas choisi l’endroit où j’allais dormir ce soir. La proposition de Hièlstan était intéressante et cela me donnera l’occasion de le remercier. Ma tête tourna vers le ciel rouge orangé alors que j’entendais des pas venir dans mon dos.
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mar 16 Aoû 2016, 16:28

C'est une fille, dis l'une des femmes ! Et toutes roucoulaient, riaient, pleuraient autour de la jeune -trop jeune?- maman.
Il était un peu trop hébété pour penser à grand chose ; il les contemplaient juste, un sourire aux lèvres.
Il reprenait doucement pied.

___

Tout le monde était bien occupé ; quelqu'un le félicita, et il bredouilla une vague formule de politesse, les yeux rivés sur le nourrisson. La petite fille. Il aurait aimé pouvoir la tenir un peu contre lui, mais ce n'était pas dans ses droits. Cette enfant appartenait en cet instant aux bras de sa mère, et il avait déjà vérifié sa santé.
Il soupira, un soupir léger.

Un enfant...

Il s'approcha doucement du petit groupe de femmes qui se faisaient un peu plus discrètes ; l'émotion retombait, maintenant elles s'imposaient le calme pour le bien de Lounali et de son bébé. Parfait, parfait ; il n'aurait guère eu la force de discipliner tout ce petit monde.

Il s'approcha doucement du cercle, et avec l'approbation de Lounali, déroula un dernier Rêve sur son corps un peu meurtri pour s'assurer que tout allait bien.
Il ne vit rien d'inquiétant ; que de petites choses que le repos et le temps guériraient d'eux-même. Il décida de ne pas intervenir, cette fois-ci.

Il se releva, et alla préparer un cataplasme pour les parties intimes de la jeune fille. Il n'avait pas eu à pratiquer d'épisiotomie, mais son anatomie n'en resterait pas moins douloureuse ; autant la soulager un peu.
Ce fut fait en quelques minutes. Il chargea Elya de l'appliquer ; ce serait bien moins désagréable pour tout le monde.
Pour la suite, des guérisseuses s'occuperaient de la jeune femme ; elles seraient bien plus qualifiées que le Rêveur pour accompagner le corps d'une accouchée dans sa guérison.

Il jeta encore un regard à l'enfant, et aux femmes autour. Son coeur se serra.
Il eut soudain envie de quitter la pièce ; il sentait que son détachement ne durerait plus guère, et il ne voulait pas... Ce serait trop douloureux ; autant l'éviter, s'il le pouvait.

Il alla ranger le plan de travail et les herbes ; Elya vint lui prêter main-forte. Il ne restait plus grand chose de sa bourse, mais les achats d'Erhan n'avaient pas tous été consommés. Il décida d'en laisser une moitié à Elya, en gage de reconnaissance.
Elle l'invita un peu maladroitement à passer, un jour, discuter de simples autour d'un verre chez elle ; Hièlstan accepta poliment, mais se dit qu'il n'en ferait rien. Il avait l'impression que la jeune femme n'avait pas forcément envie de la compagnie d'un Rêveur taciturne ; c'étaient les convenances qui la poussaient à faire cette proposition.

Il ne put se retenir de jeter un dernier regard vers la petite fille gloutonne avant de sortir.

___

Aux cuisines, il trouva un tavernier en proie à une terrible agitation. Sa pauvre petite serveuse essayait de le faire tenir en place ; le Rêveur a besoin de concentration, disait-elle ; c'est un homme compétente, ajoutait-elle ; laissez-le donc faire et tout ira bien.


"C'est terminé. Elles sont hors de danger."

"Elles ? Qui ça, elles? Mais enfin, dites-moi c'qu'il se passe là-haut !"

Hièlstan jeta un coup d'oeil surpris à la serveuse. Ainsi, personne n'avait mis le tavernier au courant de ce qu'il se passait... Il aurait pensé que la rumeur aurait circulé, qu'Erhan et Kaizo l'auraient croisé, que la serveuse lui aurait dit...
Il poussa un soupir, teinté d'un sourire.


"Vous pouvez monter. Votre fille sera ravie de vous voir, et vous serez ravi, je l'espère, de rencontrer votre petite-fille."


Les yeux du solide gaillard s'arrondirent ; tout son corps sembla se liquéfier, ses épaules se ratatinèrent, et sa bouche s'amollit d'un seul coup.

"Un... Un bébé ?"

Hièlstan hocha la tête paisiblement, tout sourire.


"Un bébé ! C'est... Un bébé !"


Et il sortit en trombe, en chancelant un peu ; la serveuse s'apprêtait à le suivre, avant que Hièlstan ne l'interrompit.

"Excusez-moi, mademoiselle. Il me faudrait... Quelque chose à manger. Pas un repas. Quelque chose là, tout de suite."

Il ne sentait pas vraiment la faim ; plutôt une faiblesse latente, qui lui prenait doucement tout le corps. Il se sentait faible, et avait peur de bientôt chanceler ; il ne savait pas quelle heure il était, mais il lui fallait manger.
Toute affolée, la jeune femme lui ramena un tas de fruits et de biscuits sur un plateau, avec une petite carafe de lait de chèvre, ainsi que de l'eau, des graines, du pain, des encas en tout genre.
Il la remercia du plus chaleureusement qu'il pouvait et sortit.

___

Ainsi donc, il était si tard que ça. Le soleil se couchait, sous l'oeil attentif d'Erhan et Kaizo.
Hièlstan ignorait quand ils étaient partis. Etait-ce lui qu'ils attendaient ? N'avaient-ils rien eu d'autre à faire ?

"Eh bien, messieurs, puis-je me joindre à vous ?"

Joignant le geste à la parole, il s'assit à leurs côtés. Il ferma un instant les yeux, goûtant à la fraîcheur du soir. Le soleil lui caressait toujours le visage de ses rayons chauds, mais il ne transpirait plus sous son épaisse bure.
Il resta un instant silencieux.


"C'était une drôle d'après-midi. Mangez-donc un bout, si vous n'en avez pas eu l'occasion."


Pour sa part, il tartina généreusement une tranche de pain moelleux d'une sauce froide dont il ignorait la composition. Tout lui irait : il se rendit compte qu'avec tous ces évènements, il n'avait plus rien ingurgité depuis son petit-déjeuner.
Il s'efforça de ne pas avaler trop vite ; maintenant que la nourriture était dans sa bouche, sa faim s'éveillait et son estomac grondait de mécontentement.


"Tout va bien là-haut. C'est une petite fille, qui est née. L'aubergiste avait l'air content."

Il s'était efforcé de ne pas laisser percer d'amertume dans sa voix. Ce n'était pas le moment.
Il continua avec plusieurs biscuits un peu secs à son goût. Pourquoi la serveuse avait-elle servi du lait de chèvre, au lieu de la traditionnelle bière ? Connaissait-elle un peu les habitudes alimentaires des Rêveurs, ou était-ce son instinct qui lui avait soufflé que ce choix serait le meilleur ?


"Je ne vais pas rester ici, ce soir. Je pense que l'aubergiste nous offrirait le toit et le couvert, mais je vais plutôt rentrer chez moi. Libre à vous de rester."

Les fruits secs n'étaient pas terrible non plus ; les pommes, en revanche, étaient juteuses et sucrées comme il fallait. Etonnant ; ce n'était pas encore la saison des pommes. La récolte de l'an passé avait du être particulièrement bonne.

"Si vous venez, je vous cuisinerai un vrai repas chez moi. Je ne veux pas m'attarder ici ; je préfère partir avant qu'on ne revienne me trouver."

Sinon, les politesses s'échangeraient à n'en plus finir, l'aubergiste allait lui proposer une hospitalité qu'il serait gênant de refuser, Lounali voudrait quelques conseils, on allait trinquer à l'évènement, il y aurait une tournée générale qu'il ne pourrait guère éviter.
Il voulait juste du calme, du repos, sortir d'Al-Chen, s'éloigner un peu de ses pensées amères.

Il reprit du pain, y tartina une confiture fruitée, puis se leva, hissa son sac sur l'épaule, puis croqua dedans. Il hésita un instant, puis se pencha pour prendre encore une pomme, qu'il glissa dans une poche, pour la route.


"Alors, doit-on se dire au revoir de suite, ou aurons-nous l'occasion de faire encore un bout de chemin -plus calme, j'espère- ensemble ?"
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mer 17 Aoû 2016, 23:14

Kaizo semblait lui aussi apprécier le silence reposant. Des bruits de pas retentirent dans notre dos. Puis une voix, celle de Hièlstan.

—Eh bien, messieurs, puis-je me joindre à vous ?

Le Rêveur s’installa. Je me poussais un peu pour lui faire de la place et remarqua que Hièlstan avait un plateau bien garni sur les genoux.

—C'était une drôle d'après-midi. Mangez-donc un bout, si vous n'en avez pas eu l'occasion.

Merci, Fis-je en acceptant quelques biscuits que me proposait le Rêveur.

Je les mangeai sereinement, songeant qu’en effet, cet après-midi avait été pour le moins mouvementé. Je n’aurais désormais plus trop à me plaindre qu’il ne se passait pas grand-chose ces derniers temps ! Ç’en était presque trop pour une seule journée…

Hièlstan annonça que l’enfant et Lounali se portaient bien. A vrai dire, vu son air rassuré, je m’en doutais déjà. C’était une fille. Et l’aubergiste, ce grand gaillard bourru, semblait avoir bien pris la nouvelle.

Hièlstan semblait presque affamé, près de moi, à goûter à tout ce qui était sur son plateau. C’était compréhensible ; ces mystérieux pouvoirs de Rêveurs semblaient le vider de son énergie.

Je lâchai un petit soupir fatigué en terminant mes biscuits. Qu’est-ce que j’aurais donné pour me reposer, désormais ! Je recommençais à sentir quelques courbatures liées à mon combat puérile contre Kaizo. Et cet accouchement avait achevé de m’épuiser mentalement. Je me rendis compte à quel point j’avais été pris par cet évènement. Malgré toute l’indifférence et le calme que je feignais, l’inquiétude avait tout de même réussi à m’atteindre.

Hièlstan semblait lui aussi très fatigué. Il nous proposa de nouveau l’hospitalité. La proposition était alléchante. J’avais pleinement confiance en Hièlstan, désormais, et j’étais certain que ses intentions étaient louables. Mais… n’allais-je pas plutôt le déranger qu’autre chose, à accepter sa proposition ? Faisait-il ça par pure politesse, ou alors était-il sincère ?

« Arrête de douter ! » Me forçai-je à penser.

Hièlstan m’avait prouvé qu’il était quelqu’un de bien. Il m’avait permis, en partie, de comprendre que l’humanité que je pensais jusque-là corrompue et sans scrupules, n’était pas si sombre que cela.

Mon hésitation dût être perceptible. Mais ce fut avec un regard franc et empli de gratitude que j’acceptais son offre :

—Je vous avoue qu’un repas et une bonne nuit me feraient du bien, en espérant que ça ne vous dérange pas trop. Je ne resterais pas longtemps et je pourrais vous payer, j’y tiens. Vous méritez largement une compensation pour cette journée !

J’aurais aimé ajouter qu’il m’avait aidé à prendre conscience de certaines choses, comme quoi il y avait encore du bon en l’homme, mais ç’aurait été trop se livrer, et je n’y étais pas habitué.

Après avoir donné ma réponse, j’aurais juré avoir entendu dans ma tête le rire léger et lointain de Lewyn, qui semblait m’approuver dans mes choix. Je n’en fus que plus rassuré et détendu.
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mer 24 Aoû 2016, 13:19

Hièlstan arriva, sourire aux lèvres. Il avait l’air satisfait :

—Eh bien, messieurs, puis-je me joindre à vous ?

-Avec plaisir !

S’asseyant avec Erhan et moi il nous présenta un petit plateau sur lequel on pouvait voir différents casse-croutes. Il y avait un peu de tout. Je supposai qu’il avait dû demander à la serveuse de lui donner quelque chose à manger. Le rêveur avait dû dépenser pas mal d’énergie dans le Rêve pendant l’accouchement. Il nous proposa rapidement de partager le contenu du plateau. Je le remerciai et acceptai avec joie. Alors qu’Erhan choisi quelques biscuits, je pris un morceau de pain. Il n’était pas mauvais pour un pain qui devait dater de ce matin.

Ça faisait du bien, je ressentais une sensation bizarre. Je ne m’étais pas senti aussi heureux depuis un bail. Je venais de connaître ces deux hommes et pourtant j’avais l’impression d’avoir fait une rencontre importante. Je regardais Hièlstan et Erhan, c’était sympa de les avoir rencontrés. J’espérais que nos chemins ne se sépareraient pas tout de suite :

-Alors ? Comment cela s’est terminé ? demandais-je en finissant ma bouchée.

Je n’étais pas inquiet car c’était Hièlstan qui s’était occupé de tout ou presque, mais le risque que la mère décède durant l’accouchement n’était pas nul. Surtout son âge et la douleur qu’elle a ressentie.

-Tout va bien là-haut. C'est une petite fille, qui est née. L'aubergiste avait l'air content.

Vraiment ? J’étais étonné que l’aubergiste l’ait pris aussi bien. Remarque, celui-ci était sûrement très heureux d’être grand père et que sa fille soit sortie d’affaire. Je goûtai aux biscuits qu’Erhan et Hièlstan avait l’air d’apprécier. Ils n’étaient pas mauvais, quoi qu’un peu secs mais cela allait. Hièlstan se tourna vers nous terminant sa pomme :

-Je ne vais pas rester ici, ce soir. Je pense que l'aubergiste nous offrirait le toit et le couvert, mais je vais plutôt rentrer chez moi. Libre à vous de rester. Si vous venez, je vous cuisinerai un vrai repas chez moi. Je ne veux pas m'attarder ici ; je préfère partir avant qu'on ne revienne me trouver.

Le rêveur devait sûrement refuser que l’aubergiste le remercie plus qu’un mot. Il était décidément trop modeste, c’était dans sa nature, il ne pouvait pas s’empêcher d’aider les autres et sans rien attendre en retour. Les hommes comme lui sont assez rares. Peut-être était-ce une caractéristique des rêveurs ? Je souris, la proposition de Hièlstan me plaisait bien. Ça me permettrait de récupérer de finir de rétablir mon genou sans oublier qu’il serait agréable de manger ensemble. Ce petit trio étant plus sympa que les bandes que j’avais connu à Al-Jeit. C’était plus chaleureux et pour être honnête ça m’a permis de m’ouvrir un peu plus.

Hièlstan se leva, croquant dans une dernière tartine et logea une pomme dans son sac. Il partait hein :

-Alors, doit-on se dire au revoir de suite, ou aurons-nous l'occasion de faire encore un bout de chemin plus calme, j'espère-ensemble ?

Erhan n’hésita qu’une seconde avant de sourire:

—Je vous avoue qu’un repas et une bonne nuit me feraient du bien, en espérant que ça ne vous dérange pas trop. Je ne resterais pas longtemps et je pourrais vous payer, j’y tiens. Vous méritez largement une compensation pour cette journée !

Il est vrai que nous devions vraiment quelque chose à Hièlstan mais connaissant son avis sur la question, il refuserait toute récompense ou remerciement monnayé.

*Même en nature en y réfléchissant bien…*

-Ça sera avec plaisir. Dis-je en me levant. Demain il faudrait que je trouve une requête ou un travail pour la journée de façon à gagner un peu d’argent. Peut-être m’accompagnerez-vous, des fois que nous ayons un peu de chance et trouvions quelque chose pour un groupe ou autre ?

Je me tournai vers Erhan en lui tendant la main pour qu’il se lève. L’acceptera-t-il cette fois ?
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Mer 24 Aoû 2016, 14:52

Hièlstan était heureux que les deux jeunes gens l'accompagnent de si bon coeur. Ainsi, il avait même réussi à gagner la confiance d'Erhan ! Celui-ci voulait le payer ? Il verrait ça plus tard ; Hièlstan acceptait toujours qu'on le rémunère pour ses services, mais il ne voulait pas qu'Erhan se ruine par un sentiment d'obligation.
Il fut étonné de la proposition de Kaizo. Celui-ci, décidément, était à l'aise socialement. Peut-être lui et Erhan deviendraient-ils amis ; après tout, ils avaient le même âge, étaient tous les deux nouveaux en ville, et ne semblaient pas connaître grand-monde... Ils formeraient un beau duo.


"Bon et bien, en route alors ! On aura bien assez le temps de discuter en chemin."


Sans perdre une minute, Hièlstan les invita, tout sourire, à le suivre. Il s'engagea d'un bon pas dans la rue ; la perspective de rentrer tranquillement chez lui et de jouir de la compagnie des deux jeunes hommes l'avait revigoré. D'ici peu, ils seraient attablés autour d'un bon repas, sans autres bruits que celui du lac qui venait lécher les fondations de la maison.
Il voulu répondre à la proposition de Kaizo, mais malgré le marché qui remballait ses étals petit-à-petit, il y avait encore un peu de monde ; et il préféra presser le pas pour rejoindre la campagne environnante au plus vite.
Il aspirait tant au calme qu'il s'y serait volontiers rendu en courant !


"Il faut qu'on passe par les écuries ! C'est plus ou moins sur la route. Comme ça si ce n'est pas déjà fait, vous situerez, ça pourra vous être utile un jour..."

Il s'arrêta une seconde, pris d'un doute devant la direction à prendre ; mais une devanture rouge lui rappela vite le chemin.

"Il y a plusieurs écuries, en même temps, à proximité de chaque entrées de la ville. Et puis d'autre en ville. A ce que j'ai compris, certaines appartiennent à la ville, d'autres à des propriétaires privées ; certaines offrent des services de grande qualité, mais sont bien plus chers, et quelques-unes sont... A éviter. Je ne me suis pas renseigné plus que ça, je laisse toujours Flèche à l'entrée. Ah ! Nous y voilà."

Il louvoya entre deux cavaliers qui sortaient des écuries, et passa la porte. Un jeune palefrenier qui semblait avoir hâte de rentrer chez lui lui indiqua d'un signe de tête que tout était bon. Hièlstan avait payé d'avance, ce matin-là.

"Je vous présente Flèche."

La jument pommelée hennit doucement en reconnaissant son maître.

"Elle est très docile. Elle est un peu plus sociable que moi..."

Il rigola en la voyant déjà renifler le col des garçons.


"J'espère que les chevaux ne vous effrayent pas trop ? N'hésitez pas à lui pousser la tête si elle devient trop impérieuse. Vous savez monter ?"

Il devisa tranquillement avec les jeunes hommes d'équitation tandis qu'il sellait sa jument. Il leur raconta, non sans auto-dérision, comment il avait failli louper sa caravane au départ d'Al-Jeit parce que la tête de mule refusait d'avancer. Après le voyage jusqu'Al-Chen, il était plus familier de sa monture, et il commençait à se sentir assez à l'aise en la chevauchant.

"Allez, cette fois on est parti pour de bon. Je vous accompagnerai demain, si vous retournez en ville. J'ai des herbes à faire examiner, et à vendre éventuellement... Mais je ne chercherai pas de travail avec vous. Je suis Rêveur ; c'est ça, mon travail."

Il leur adressa un sourire franc, espérant ne pas les vexer par son refus. Il pensait qu'ils comprendraient.
Ils firent sortir la jument qui piaffait, heureuse de pouvoir enfin se dégourdir les jambes, en l'empêchant toutefois de passer devant lui ; elle avait encore du mal à comprendre, parfois, que c'était lui le maître, et non pas elle.
Enfin, ils furent dehors.


"C'est par là ! Si l'un de vous veut monter, n'hésitez pas. Et si vous vous sentez de piquer un petit galop... Je pense qu'elle en sera ravie !"

Hièlstan releva le menton et huma l'air du soir. Les effluves d'herbe fraîche lui emplirent les narines, tandis qu'enfin il entendait quelques gazouillis d'oiseaux qui s'en allaient au coucher.
Il avait finalement mangé plus que de convenance, à l'auberge, et il donna la pomme qu'il avait emporté à la jument. Gloutonne, elle l'avala en un rien de temps et le remercia d'une hennissement joyeux.


"Eh non, il y en a pas d'autre ! Et ne me fait pas croire qu'on en t'as rien donné à manger, aujourd'hui !"

Ils allèrent de bon pas. Kaizo et Erhan avaient des ressources physiques ; ce n'étaient pas des inactifs, ça se voyait clairement. Leurs enjambées étaient souples, il avait vu leur musculature, et surtout il les avait vu se battre. Pour la première fois, il se demanda quel était leur passé, pourquoi ils étaient venus là seul, et sans rien. Il décida que ce n'était peut-être pas le moment de leur demander ; s'il sentait que la porte aux questions était ouverte, peut-être les interrogerait-il plus tard.
Cependant, ils ne semblaient pas pour l'instant très enclins à dévoiler leur vie. Peut-être leurs vies n'étaient-elle pas des plus glorieuses...

Bah, en tout cas, ce n'était pas de mauvais bougres ; ou alors ils cachaient très bien leur jeu.

Alors, plutôt que de s'engager sur des terrains glissants, Hièlstan préféra deviser avec eux sur des sujets plus généraux ; sur la faune et la flore que l'on trouvait ici, sur la fête de l'été qui bientôt, s'installerait en ville.
Parfois, ils marchaient en silence, parfois, il ne parlait qu'avec l'un des deux, parfois, c'était lui qui se taisait et eux qui discutaient, bien qu'Erhan restait plus réservé que son camarade.
Il leur dit les choses qu'il y avait à voir en ville, et dans les alentours, mais lui-même n'était pas ici depuis très longtemps. Il leur donnait les noms des petits villages que l'on apercevait au loin, ou de ceux qu'ils traversaient, et leur donna aussi le cours du pain à Al-Chen. Il leur indiqua qu'à un tel endroit, il y avait une bonne boulangerie, si on ne voulait pas rentrer en ville ; et que par cette route, on arrivait à un village au sein duquel, deux fois par semaine se tenait un marché où l'on trouvait tout ce dont on avait besoin. Il continua ainsi à deviser, jusqu'au moment où il leur expliqua où se trouvait la confrérie de Chériane, la principale de la région. Cela pouvait toujours servir, et il plaisanta sur leur caractère bagarreur.

Alors, il se rendit compte qu'inévitablement, la conversation allait devenir plus personnelle, car en parlant de leur rixe et leurs compétences, déjà il évoquait le passé qui les avait façonné ainsi.
Heureusement, ils arrivaient à destination.

Passé un bosquet, sa maison si chérie se dressa fièrement, surplombant le lac qui scintillait sous le ciel maintenant bien sombre. Les premières étoiles ne sauraient tarder ; et déjà, Hièlstan sentait sa faim se réveiller.


"Bienvenue chez moi !"

___

Flèche se reposait, sous son petit abris. Les premières étoiles pointaient. Les fenêtres de la maison étaient grandes ouvertes ; il faisait encore étonnamment bon, dehors, même si la fraîcheur du lac environnant rendait le fond de l'air un peu trop frais pour pouvoir manger à l'extérieur à cette heure-ci.
Dans la petite cabane, l'air embaumait du fumet d'une sauce aux oignons et de la viande de siffleur suite à point. Des petites carottes donnaient un peu de couleur aux assiettes, mais les verres, eux, demeuraient remplis d'eau ; Hièlstan s'était montré navré pour Kaizo et Erhan, car à son domicile, il ne buvait que de l'eau et des tisanes.

Il apporta les assiettes à table et s'y installa, sans dissimuler un soupir d'aise.


"Tout ça est bien rustique, j'espère que vous ne vous en offenserez pas. C'est le mode de vie d'un simple Rêveur... Et après cette longue journée, et bien jeunes gens, je vous souhaite un bon appétit !"

Et, enfin, ils entamèrent un vrai repas. Après quelques bouchées en silence, Hièlstan se décida.

"Alors dites-moi, d'où venez-vous ? Et si ce n'est pas trop indiscret, qu'est-ce qui vous amène à Al-Chen ? Vous devrez bien avouer que deux jeunes gens comme vous, à peine adultes, qui voyagent tous seuls, c'est curieux ! Enfin, je vous le concède, pas beaucoup plus curieux qu'un Rêveur qui vit en dehors d'une confrérie et sort se promener sur le marché d'Al-Chen..."

Il rit légèrement. Il espérait ne pas les avoir froissé, avec ses questions, et s'était efforcé de ne pas paraître trop inquisiteur dans son ton. S'ils ne voulaient pas répondre, c'était leur droit ; lui-même, s'il se montrait ouvert aux questions, ne pourrait probablement pas répondre à toutes leurs interrogations. Mais, vraiment, il espérait s'être montré assez fin pour ne pas les gêner.
Peut lui importait le passé de ses compagnons ; il voulait juste mieux les connaître. Qu'il soit brigands, voleurs, nobles en fuites ou justiciers, cela ne changerait rien au fait qu'il appréciait leur compagnie à tous les deux.



[Et vous remarquerez qu'Hièlstan, dans toute sa candeur, n'a même pas envisagé que ses compagnons puissent être pire que des gentils voleurs qui ne font de mal à personne ]
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Jeu 25 Aoû 2016, 21:43

—Bon et bien, en route alors ! On aura bien assez le temps de discuter en chemin.

Nous nous mîmes donc à cheminer dans les rues d’Al-Chen, laissant derrière nous la maison de l’aubergiste.  Tandis que Kaizo et moi suivions un Hièlstan apparemment enthousiasmé à l’idée de rentrer chez lui — j’avais moi aussi envie de retrouver un peu de calme après toute cette agitation dans la journée —, il nous expliqua que son cheval était dans une écurie.

J’en appris un peu sur celles qui parsemaient la ville, d’ailleurs. Une chose utile que je retînt dans un coin de ma tête pour le jour où j’emprunterai une monture à l’Académie !

Nous ne tardâmes pas à entrer dans l’une d’elles, et Hièlstan nous présenta sa jument en quelques mots.

—Je vous présente Flèche. Elle est très docile. Elle est un peu plus sociable que moi...

Je souris à sa plaisanterie et regardai plus attentivement l’animal ; c’était un beau spécimen, même si je ne m’y connaissais pas beaucoup. Elle avait une belle couleur et, curieuse, elle tendit le cou vers nous en humant l’air, ce qui fit rire le Rêveur.

—J'espère que les chevaux ne vous effrayent pas trop ? N'hésitez pas à lui pousser la tête si elle devient trop impérieuse. Vous savez monter ?

Je tendis une main vers la jument pour lui caresser la tête :

—Non, jamais. Répondis-je en songeant que c’était sûrement quelque chose à essayer.

Alors qu’ils traversaient Al-Chen, Hièlstan raconta sa mésaventure à ses débuts avec Flèche. Je souris de plus en plus en fur et à mesure de son récit. J’imaginai assez bien le Rêveur essayant désespérément de faire avancer Flèche…

Il proposa également de nous raccompagner en ville le lendemain ; je répondis que ce n’était pas nécessaire, sans avouer que je n’y vivais pas et que je n’aimais pas la ville tant que ça. Quant à un travail, je n’en cherchais pas. J’avais encore une petite réserve d’argent qui me suffisait amplement pour le moment.

Enfin, nous fûmes dehors. L’air me sembla plus frais et plus respirable, et j’appréciai l’étendue du Lac à proximité comme la plaine ponctuée d’arbres qui se présentait à nos yeux. C’était tout de même plus agréable que des maisons aux façades ternes et des foules de gens !

Quand Hièlstan indiqua que nous pouvions monter Flèche, j’hésitai un peu puis ne pus résister à la tentation de demander :

—Vous pourriez m’apprendre rapidement ?

Hièlstan se montra bienveillant, comme il en avait l’habitude.

Après quelques minutes d’explications claires, et après avoir parcouru quelques dizaines de mètres à cheval, il lâcha les rênes et laissa Flèche avancer au pas tandis que j’admirai soudain la puissance et la grâce d’un si bel animal. Je m’étonnais de la hauteur à laquelle je me trouvai, tout comme le fait de me sentir, l’espace d’un instant, comme un cavalier aguerri. Mais je n’avais guère envie de passer à la vitesse supérieure, et Hièlstan m’avait recommandé de faire bien attention.

Après quelques minutes, je rejoignis le sol en caressant affectueusement Flèche qui semblait bien apprécier notre court voyage tout comme notre compagnie, à Kaizo et moi.

Nous marchâmes sereinement, Hièlstan nous parlant de la région et des animaux qu’on y trouvait. Il évoqua la flore, et je sentis la passion que le Rêveur semblait éprouver pour la nature. Il connaissait tant de choses que j’ignorais totalement ! Je l’écoutais, sans être capable de tout retenir, mais je tentai tout de même d’assimiler un maximum d’informations. Tout cela pouvait très bien m’être utile plus tard, surtout depuis que je vivais dans le coin, à l’Académie.

Il évoqua également une fête de l’été, qui se déroulait en ville. J’étais curieux de savoir ce que c’était exactement. Après tout, j’aurais sûrement assez de temps pour m’y rendre !

Nous discutâmes de tout et de rien ; je préférai rester vague dans mes réponses, et éviter les sujets qui me rappelaient ma vie de voleurs. Je n’aimais pas y songer, encore moins en parler. Même si Hièlstan m’inspirait pleinement confiance et que petit à petit, je sentis que je m’ouvrais plus à Kaizo que n’importe quelle connaissance du même âge que moi auparavant. Peut-être pourrais-je leur en parler, mais pas maintenant, alors que nous marchions tranquillement sur la route. En plus, mon passé aurait certainement changé l’ambiance…

Ainsi donc, après nous avoir donné des précisions sur la région, Hièlstan s’arrêta. Je suivis son regard et regardai avec surprise ce que je voyais au-dessus des eaux du lac, près de la berge.

Une maison sur pilotis.

—Bienvenue chez moi ! Lança le Rêveur.

Je souris. Une construction d’un genre que je n’avais vu.

Décidemment, Hièlstan n’avait de cesse que de me surprendre.


***


Je jetai un coup d’œil dehors par une des fenêtres ouvertes. La nuit était tombée. Il faisait chaud, mais ce qui retenait surtout mon attention, ou plutôt l’attention de mon estomac, c’était l’odeur qui baignait déjà la maison.

J’avais un peu aidé Hièlstan à cuisiner, soucieux de me montrer courtois avec mon hôte. Et aussi, il fallait bien l’avouer, pressé de me mettre à table. Cette journée épuisante avait creusé mon appétit.

Je bus une gorgée d’eau, savourant sa fraîcheur. J’avais déjà dit à Hièlstan que l’eau ne me dérangeait absolument pas, quand il s’était excusé de n’avoir rien d’autre que cela ou des tisanes. De toute façon, je ne buvais de l’alcool qu’à de rares occasions, et je n’appréciais pas ça autant que certains.

Le ragoût de siffleur était délicieux. Tout simplement délicieux.

Jamais, de toute ma vie passée, je n’avais mangé de plat aussi bon. Les voleurs d’Al-Far n’avaient pas les moyens de se payer un tel luxe, et depuis que j’étais à l’Académie, je n’avais jamais cuisiné sérieusement un véritable plat. De mon point de vue, celui-ci me paraissait divin. Je complimentai Hièlstan à ce sujet, même si je le savais trop modeste pour l’assumer pleinement.

—Alors dites-moi, d'où venez-vous ?  Demanda-t-il ensuite. Et si ce n'est pas trop indiscret, qu'est-ce qui vous amène à Al-Chen ? Vous devrez bien avouer que deux jeunes gens comme vous, à peine adultes, qui voyagent tous seuls, c'est curieux ! Enfin, je vous le concède, pas beaucoup plus curieux qu'un Rêveur qui vit en dehors d'une confrérie et sort se promener sur le marché d'Al-Chen...

Il acheva ses questions par un rire. Il semblait un brin inquiet quant à nos réactions à son égard. Ces questions, je les avait attendues avec un peu d’anxiété. Mais je ne pouvais pas rester silencieux. Hièlstan nous avait soignés, logés, nourris… Et il m’avait fait comprendre qu’un homme bon, ça existait encore. Et puis Kaizo était déjà devenu, en quelque sorte… un ami, presque.

En tout cas, ça n’en était pas loin.

Ils avaient bien le droit à quelques petites précisions sur moi !

—Je viens d’Al-Far, des quartiers mal famés de la ville. Je suis parti de là-bas il y a quelques temps, à cause de quelques problèmes et… je me suis en quelque sorte installé dans le coin depuis. J’entendais toujours parler d’Al-Chen, alors je me suis dit que je devais aller m’y promener un peu…

Après un très court silence, durant lequel je regrettai bien vite d’être si peu bavard, j’ajoutai :

—Je n’avais pas vraiment une vie géniale. Je… Je volais souvent. Pour survivre. Et les seules personnes auxquelles je tenais sont… enfin… je me suis retrouvé tout seul. J’avais besoin de changer d’air. D’où mon voyage.

Je n’avais pas pu m’empêcher de dire « les personnes » et pas « la personne ». Lewyn. C’était la seule amie que je m’étais faite. Je l’avais retrouvée morte. Il avait fallu plusieurs longs mois avant que je ne comprenne que je ne cesserais pas de déprimer si je restais toujours dans la ville où nous avions grandis et évolués ensemble.

Espérant que mes explications conviendraient à mes amis, je repris une cuillerée du délicieux ragoût, prêt à entendre la réponse de Kaizo.


[ Very Happy vive le ragoût de Hièlstan, ça rend Erhan bavard !  bounce  ]
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Kaizo Morden
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Lun 05 Sep 2016, 15:27

[HRP : Désolé de la longue attente avant le post]

Erhan cette fois ci pris ma main pour se relever. Je lui souris. Peut-être était -ce le début d’une bonne amitié ? Hièlstan pris les devants. Nous marchions dans la rue, les marchands rangeant leurs étals. Nous nous dirigions vers la sortie de la ville. Il habitait donc aux alentours de la ville et pas au sein même ? Hièlstan nous prévint qu’il lui fallait passer par les écuries. Il avait dû louer un box pour son cheval le temps qu’il serait en ville. Arrivés à un croisement Hièlstan hésita quelques secondes :

- Il y a plusieurs écuries, en même temps, à proximité de chaque entrée de la ville. Et puis d'autre en ville. A ce que j'ai compris, certaines appartiennent à la ville, d'autres à des propriétaires privées ; certaines offrent des services de grande qualité, mais sont bien plus chers, et quelques-unes sont... A éviter. Je ne me suis pas renseigné plus que ça, je laisse toujours Flèche à l'entrée. Ah ! Nous y voilà.

Ça sentait fort le purin. Quelle odeur ! Je n’y étais pas habitué mais il faudrait bien. À Al-Jeit je n’avais pas eu de cheval et je ne m’étais que rarement rendu dans des écuries. Nous arrivâmes devant le box du cheval de Hièlstan ou plutôt de sa jument. Celle-ci poussa un hennissement joyeux en voyant le Rêveur :

—Je vous présente Flèche. Elle est très docile. Elle est un peu plus sociable que moi... J'espère que les chevaux ne vous effrayent pas trop ? N'hésitez pas à lui pousser la tête si elle devient trop impérieuse. Vous savez monter ?

Je ne pus m’empêcher de sourire à cette petite pointe d’humour tandis que l’équidé tendait la tête vers nous pour nous sentir. Pour ma part je n’étais monté qu’une fois. Je me tournai vers Erhan. Il dit que lui non plus ne savais pas monter. Quasi-arrivés à la sortie de la ville Hièlstan nous expliqua qu’il nous accompagnerait volontiers à la ville mais pour ce qui était de son travail, celui de Rêveur lui suffisait. Rêveur, travail à temps plein ? Oui je comprenais que ce n’était pas seulement un travail pour lui mais une seconde nature, une façon de vivre. Nous étions enfin sortis de la ville, le Lac-Chen apparaissant devant nous, grand, scintillant. L’air était plus respirable ici qu’en ville, moins de gens. Erhan se tourna vers Hièlstan et sa jument :

—Vous pourriez m’apprendre rapidement ?

Toujours sans la moindre hésitation et ce sourire constant, le Rêveur entama un petit cours. Il lui expliqua comment se tenir, les allures… Petite démonstration puis ce fut au tour d’Erhan de s’y essayer. Il ne se débrouillait pas si mal perché là-haut. Quelques minutes au pas puis il remit pied à terre. Pour ma part je ne souhaitai pas m’y essayer, peut-être une autre fois. Nous nous mîmes en route, Hièlstan en tête. Le soleil commençait sa descente. Sur le chemin Hièlstan nous renseigna sur les animaux ainsi que les plantes que l’on trouvait dans le coin. Très instructif. Il nous fallut un petit moment avant d’atteindre la maison. Elle flottait ? Non, mais j’en avais la vague impression, les vagues venant doucement se lover au pied des pilotis de la maison avant de repartir. C’était vraiment beau, les eaux du lacs scintillantes et la modestie de la maison était une combinaison parfaite. Simple et belle. C’était donc ici son chez lui :

-Bienvenue chez moi ! dit Hièlstan.

*****
Hièlstan avec l’aide d’Erhan prépara à manger. Pour ma part je ne souhaitais pas les déranger et j’étais fort obligé d’admettre que la cuisine élaborée n’était pas mon fort. En effet dès qu’il s’agissait de quelque chose d’au-delà d’un simple steak de siffleur je ne pouvais pas vraiment faire beaucoup. Je mis donc la table en attendant qu’ils aient fini de concocter le repas. Je bu un verre d’eau fraîche qui me fit le plus grand bien. Hièlstan s’excusa de ne pas avoir autre chose que de l’eau et des tisanes mais cela suffisait amplement. Avoir un toit pour dormir était déjà énorme sans oublier le ragoût. Nous nous mîmes à table, un petit mot de Hièlstan et nous commençâmes le repas. D’abord sans bruits. Je ne souhaitais pas étaler ma vie sans y être invité et sans doute qu’Erhan non plus, ce fut à ce moment que le Rêveur entama la conversation :

—Alors dites-moi, d'où venez-vous ? Et si ce n'est pas trop indiscret, qu'est-ce qui vous amène à Al-Chen ? Vous devrez bien avouer que deux jeunes gens comme vous, à peine adultes, qui voyagent tous seuls, c'est curieux ! Enfin, je vous le concède, pas beaucoup plus curieux qu'un Rêveur qui vit en dehors d'une confrérie et sort se promener sur le marché d'Al-Chen...

Il était en droit de nous poser ces questions alors qu'il venait de nous rencontrer et qu'il nous avait aidé plus tôt. Je me demandais s’il était prudent de parler de l’académie. Je ne pensais pas et j’éviterais donc d’en parler. Erhan fut plus vif que moi et répondit le premier :

—Je viens d’Al-Far, des quartiers mal famés de la ville. Je suis parti de là-bas il y a quelques temps, à cause de quelques problèmes et… je me suis en quelque sorte installé dans le coin depuis. J’entendais toujours parler d’Al-Chen, alors je me suis dit que je devais aller m’y promener un peu…

C’était donc ça. Voilà pourquoi il savait se battre, les quartiers mal famés d’Al-Far. Pas mauvais. Je ne pus m’empêcher de sourire. Nous étions plus semblables que je ne le pensais. Et l’endroit où il vit. Il a dit dans le coin ? Il n’y avait pourtant pas tant de village que ça ici. Curieux.

—Je n’avais pas vraiment une vie géniale. Je… Je volais souvent. Pour survivre. Et les seules personnes auxquelles je tenais sont… enfin… je me suis retrouvé tout seul. J’avais besoin de changer d’air. D’où mon voyage.

Je comprenais. L’argent n’était pas une chose trouvable facilement sans compétences et encore moins jeune. Il s’était retrouvé seul ? La fin de sa phrase s’étrangla dans sa gorge. Mortes ? Etait-ce le mot ? Si c’était le cas j’en étais désolé pour lui… Je ne connaissais pas mes parents cependant j’avais eu une famille malgré tout. Je ne sais pas si j’aurais tenu le coup seul étant enfant. Sûrement car il aurait fallu ; mais dans quel état aurais-je finis ? Je compris qu’il avait fini lorsqu’il tourna son regard vers moi en reprenant une cuillère de ragout :

-Eh bien pour ma part, je viens d’Al-Jeit, je ne connais pas mes parents. J’ai gagné mon argent en gagnant de petits paris dans certains quartiers. Actuellement je vis moi aussi dans le coin et j’avais l’intention de m’acheter une bonne lame. Cependant je ne pensais pas celles-ci aussi chères.

Je repris un peu de ragout avant de conclure :

-Je vous remercie tous les deux pour cette journée et ce délicieux ragoût. Et Erhan sans rancune pour l’altercation de ce matin ? lui dis-je en souriant.
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Lun 05 Sep 2016, 23:02

[Pas de problème Wink au fait, c'est darkslategray la couleur de Hièlstan :p c'est court, désolée, mais je ne voulais pas sortir du dialogue, et pour autant je ne voulais pas écrire juste du dialogue...]


Voilà deux garçons qui avaient eu une vie bien moins facile que la sienne. Hièlstan trouvait ça triste qu'à, quoi, même pas vingt ans ? l'on soit obligé de voler ou de parier pour survivre. Lui qui avait toujours été entouré d'une famille qui avait subvenu à ses besoins...
Ni Erhan ni Kaizo ne semblaient avoir de famille. Erhan disait que les gens auxquels il tenait n'étaient plus dans sa vie, peut-être même plus de ce monde. S'il avait des parents, soit il les avait perdus, soit il ne s'entendait pas avec. Quand à Kaizo, il disait d'emblée être orphelin...

Le Rêveur fut pris d'une vague de compassion pour les deux jeunes hommes. Leur aptitude au combat et leur agressivité mutuelle prenait tout son sens, désormais.
Il comprenait mieux l'attitude renfermée d'Erhan ; il ne devait pas avoir envie de s'attacher pour perdre encore. Quand à Kaizo, il semblait plutôt bien dans sa peau, mais n'était-il pas un peu trop désinvolte vis-à-vis de son existence ?
Il trouvait Kaizo presque un peu trop détaché. Il avait raconté ce qu'il avait vécu comme si c'était normal, leur bagarre du matin sonnait dans sa bouche comme un évènement anodin, et il parlait d'acheter un poignard comme s'il allait faire ses provisions au marché.

Finalement, peut-être qu'Erhan, avec sa retenue, sa gêne apparente à parler de sa vie, sa honte d'avoir été voleur, était-il plus équilibré.
Equilibre, équilibre...
Après tout, c'était si fragile ! Il songea amèrement à son propre équilibre, trop souvent proche de vaciller. La désinvolture de Kaizo pouvait être une acceptation et une clairvoyance qui lui seraient précieuses dans la vie, tout comme la gêne et la retenue d'Erhan pourraient devenir maladifs et l'enfermer dans la honte de soi.

La honte de soi était un terrible sentiment.

Hièlstan se dit que c'était une bonne chose que ces deux-là se soient rencontrés ; leurs vies antérieures semblaient avoir beaucoup en commun, et pourtant ils étaient habités de différences qui, Hièlstan en avait le sentiment, se complétaient très bien.
La dernière remarque de Kaizo lui fit chaud au coeur, mais pas vraiment parce qu'on le remerciait ; les efforts que faisait le jeune homme à l'égard de son adversaire de la matinée ravissaient Hièlstan. Il était heureux que Kaizo ait la volonté de se rapprocher d'Erhan.
C'était humain, et c'était beau.

Une inquiétude, cependant, demeurait à l'esprit du Rêveur. Il adressa un sourire à Kaizo, en réponse à ses remerciements. Pendant qu'Erhan répondait, il les observa manger. Ils avaient dévoré leur assiette, et s'étaient déjà tous les deux resservis ! Depuis combien de temps n'avaient-ils pas mangé un vrai repas chaud ? En plus de ça, la journée avait dû les mettre en appétit, et il savait qu'à cet âge, on mange beaucoup.
Il espéra que le lendemain, ils n'auraient ni à voler ni à faire des paris crapuleux pour se mettre un bout de pain sous la dent. Il ne pouvait hélas pas offrir l'asile à tous ceux qui avaient faim à Al-Jeit, et la confrérie de Chériane ne le pourrait pas non plus ; tel n'était pas la vocation des Rêveurs, bien qu'ils ne refusent jamais d'offrir de l'aide à quelqu'un qui viendrait la demander.

Et puis les garçons avaient l'air d'avoir envie de se débrouiller seuls, ce qui était une bonne chose pour eux.

Il s'échappa de se rêveries pour songer à nouveau à ce qui l'avait inquiété dans les propos de Kaizo. Il fronça les sourcils.

"Kaizo, pourquoi avez-vous besoin d'une... "bonne lame", comme vous dites ? Etes-vous menacé, en danger ?"
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Erhan Arfas
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MessageSujet: Re: Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]   Jeu 08 Sep 2016, 15:06

La réponse de Kaizo s’enchaîna après la mienne.

—Eh bien pour ma part, je viens d’Al-Jeit, je ne connais pas mes parents. J’ai gagné mon argent en gagnant de petits paris dans certains quartiers. Actuellement je vis moi aussi dans le coin et j’avais l’intention de m’acheter une bonne lame. Cependant je ne pensais pas celles-ci aussi chères.

Kaizo venait d’Al-Jeit ! La capitale de Gwendalavir ! Elle me paraissait si loin… J’avais entendu toute sorte de choses à son sujet. Et au sujet de l’Arche, bien sûr. Il fallait que j’y aille, un de ces jours ! Histoire de voir ces miracles d’architecture.

Lui aussi, il avait grandi sans parents, apparemment. Il n’avait pas été voleur mais avait tout de même réussi à survivre. Pour moi, c’était difficile à comprendre. Comment gagner de l’argent avec des paris ? De quel genre de paris parlait-il ? Son histoire était vraiment intrigante. Et le fait qu’il achète une lame ne me choqua pas vraiment. C’était nécessaire si on voulait être sûr de pouvoir se défendre.

—Je vous remercie tous les deux pour cette journée et ce délicieux ragoût. Et Erhan sans rancune pour l’altercation de ce matin ?

Il sourit et je croisai son regard en souriant à mon tour. J’étais désormais bien plus sûr de ses intentions. C’était certainement quelqu’un en qui je pouvais avoir confiance.

—Sans rancune, ça me va ! Tu n’auras qu’à me faire visiter Al-Jeit un de ces jours, et ce sera totalement oublié. Ajoutai-je spontanément.

J’étais en train de terminer tranquillement mon assiette quand Hièlstan fronça les sourcils et demanda :

—Kaizo, pourquoi avez-vous besoin d'une... "bonne lame", comme vous dites ? Etes-vous menacé, en danger ?

Il semblait douter de l’utilité d’une arme ; ce que je comprenais, venant d’un Rêveur. En même temps, les Rêveurs ne devaient pas souvent se faire agresser. Ils n’étaient pas réputés pour leur richesse, et ils étaient assez respectés pour leurs dons de soigner les gens. Ils n’attiraient donc guère les pillards. Hièlstan n’avait pas l’air d’avoir été confronté à de grands dangers dans sa vie…

Ou peut-être que si, après tout, je n’en savais rien.

Je me doutais vaguement de la réponse qu’allait donner Kaizo.

J’étais certain, ou presque, de comprendre ses raisons d’acheter une épée. C’était nécessaire pour survivre, et surtout, pour se sentir en sécurité quand on savait que le danger pouvait survenir n’importe où et n’importe quand.

Je n’avais que ma dague, d’ailleurs. Cela me faisait penser qu’un jour, il me faudrait moi aussi trouver une arme un peu plus efficace en cas de confrontation physique. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver sur les routes.
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Les Profondeurs d'Al-Chen [PV Hièlstan et Kaizo]
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