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Le Pacte VS L'Ordre
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 [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]

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Erwan Narcos
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MessageSujet: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Ven 22 Juil 2016, 03:44

Tortueuse et ténébreuse, l’ombre d’un orage se mouvait doucement devant un soleil déjà voilé. Le vent s’était levé, d’abord frais puis charriant en son sein une odeur humide, celle de l’humus mouillé et de l’herbe rafraichie par quelques gouttes de pluie. Quelques éclats fendaient parfois le ciel, illuminant la noirceur chaotique des tumultes d’un gris profond qui étendaient leur empire dans l’éclat d’un bleu passé.

L’orage serait bientôt là.

Joya s’était arrêtée un instant, plongeant la tête vers une pousse de menthe poivrée pour la cueillir entre ses dents. L’odeur monta jusqu’aux narines d’Erwan, qui ne put retenir un léger sourire venir étirer ses lèvres. La petite jument agita vivement les oreilles quand le son du tonnerre vibra dans l’air, avant de lâcher un renâclement de mécontentement en faisant un demi-tour pour s’élancer dans un grand trot que le Marchombre se dépêcha de contenir.
Flattant l’encolure de sa monture encore un peu effrayée, il lui chuchota quelques mots d’un ton infiniment rassurant, et Joya prit un pas très déterminé mais calme en se remettant sur le chemin d’Al-Jeit.

Il ne savait pas exactement ce qu’il cherchait, à aller à la capitale de l’Empire. Cependant, Ylléna était restée à l’Académie, en lieux sûrs, en attendant qu’il puisse en savoir plus. Parce que l’attentat de la Citadelle l’avait fait réfléchir, et il avait en lui cette appréhension de savoir que peut-être bien qu’on le suivait de très près – suffisamment près pour potentiellement trouver l’immense bâtiment caché, et surtout sa fille.
Que lui voulait-on, que leur voulait-on ? Etait-ce réellement simplement à cause de leur métamorphose ? Cela lui semblait tiré par les cheveux, même si il ne pouvait nier qu’il avait toujours évité de se transformer devant les gens, toute sa vie. Même si à la Citadelle, justement, beaucoup de Frontalier de son âge connaissaient son secret, de l’époque où il n’avait pas adopté le Jaguar, où aucune communication n’était possible entre eux…

Secouant doucement la tête, le Marchombre lâcha un long soupir.
Protéger Ylléna était désormais tout ce qui était en son pouvoir, et l’Académie l’aidait clairement à la garder en sécurité. La fillette, du haut de ses dix ans, l’avait très bien compris, et s’en accommodait tant bien que mal. Sa curiosité à toute épreuve et son sens très relatif du danger n’aidaient pas, mais Erwan savait que le souvenir vif de sa mère la hantait toujours – tout comme lui – et lui permettait de brider ses pulsions aventureuses suffisamment pour ne pas se mettre en danger.
Finalement, il n’était pas convaincu que seuls les Mercenaires du Chaos soient à leur poursuite. Le mode opératoire, entrecoupé et erratique, ne correspondait pas à ce qu’il avait pu côtoyer, cette fois-là, quand ils s’en étaient pris à Miss puis à la maison au bord de l’Océan quand Syndrell et Dolce les avait rejoints.

Erwan poussa un petit soupir en se passant la main dans les cheveux.
Il n’était plus question de fuir désormais. Les derniers évènements lui démontraient parfaitement que plus il fuirait, plus les impacts seraient puissants. Et retentissants. Les appartements des Narcos avaient littéralement explosés…
Il relâcha doucement son souffle, se penchant sur l’encolure de sa jument pour l’élancer au galop : il devait trouver un nouvel indice qui le mettrait sur la voie, et allait faire cesser toutes ces menaces qui lui pesaient dessus, et donc par conséquent sur sa fille.

Il ne voulait pas qu’elle ait à se cacher toute sa vie.



*


Même tardivement, Al-Jeit était toujours aussi active.
Le soleil devait s’être couché depuis plus de trois heures, mais la rue principale grouillait de vie, de gens, de cris et d’odeurs. La foule pulsait doucement d’une chaleur accueillante, et le Marchombre s’y glissa confortablement pour suivre son cours. Il ne savait pas ce qu’il cherchait, ni comment il pouvait le trouver, mais un instinct persistant lui indiquait que la capitale de l’Empire pourrait lui apporter au moins des clefs pour se mettre sur le chemin des réponses.
Et des ennuis.
Car il avait parfaitement conscience qu’il s’enfonçait sur un chemin dangereux, et que potentiellement il pouvait s’y piéger, et ne rien pouvoir faire de plus pour sa fille s’il y laissait la vie. Il ne voulait pas infliger une nouvelle fois cette douleur à Ylléna – il l’avait vécue lui aussi, pour son père jeune, puis d’une autre manière avec sa mère, et une dernière fois, d’une perception complètement différente, avec Miss – mais il ne pouvait pas se résigner à la pousser à se cacher.

Et étrangement, les derniers évènements dans la vie d’Ylléna et la manière qu’elle avait de les aborder – un Lyke affreusement en colère, une Syndrell qui devient introuvable et dont elle ne recevait plus de nouvelles – le poussaient à rester lui-même, et à écouter cet écho en lui.
Sa fille l’avait changé encore plus profondément qu’il aurait pu l’imaginer, tout comme la mort de Miss. Étonnamment, il acceptait presque avec gratitude les pulsions du Jaguar qui l’avaient poussé à avoir des rapports rapprochés avec une femme. C’était aussi dans la nature des choses, et cela lui faisait plus facilement accepter que la vie allait de l’avant. Principe primordial qu’il ne parvenait plus à appliquer depuis trop longtemps.
Etre lui-même et suivre cette pulsion de vie, au fond de son ventre, revenait à se jeter peut-être dans la gueule du loup. Mais s’il n’en réchappait pas, cela enseignerait à Ylléna que ses parents auront tout fait pour elle, et pour son bien-être. Qu’elle ne devait pas se cacher d’elle-même, ni des autres. Que la vie vaut toujours la peine d’être vécue.

Alors qu’il s’attardait sur un stand où des statuettes de bois d’une manufacture impressionnante trônaient, son regard accrocha quelque chose, à la droite de l’étalage. Un homme qui venait de baisser sa capuche sur ses yeux, faisant demi-tour d’une manière parfaitement nonchalante. Lumière parmi la lumière.
Cependant, une incohérence frémissait autour de cet inconnu, et Erwan sentit le jaguar se ramasser dans son ventre, soudain tendu et méfiant. Il adressa un sourire rassurant à la vendeuse, en rendant la statuette de bois qu’il avait entre les doigts pour en contempler de plus près les détails, et se fondit à la suite de l’homme étrange.

Ce dernier se déplaçait avec aisance dans la foule, baroudait de droite à gauche. Erwan aurait pu croire que ses sens lui jouaient des tours au bout de quelques instants, mais soudain l’homme se glissa dans une ruelle sombre en baissant sa capuche et il put distinguer son profil l’espace d’une seconde.
Un nez cassé au milieu, des yeux aux orbites enfoncés, cela ne lui disait absolument rien, mais un long frisson se logea dans son échine et il prit directement sa suite.

Il n’y avait plus personne, déjà, dans la ruelle.
Jetant un coup d’œil en arrière, Erwan pesa un instant le pour et le contre de s’enfoncer dans cet espace restreint et sordide. Cependant, il était déterminé et ne laisserait pas filer un potentiel indice. Cet homme le suivait, il en était persuadé. Et il attendait qu’il le suive à son tour, cela paraissait évident. Pour faire quoi de lui ? Une question à laquelle il n’avait pas de réponse.
Se préparant à toute éventualité, le Marchombre jeta un coup d’œil en direction du ciel et des toits, mais les ténèbres de la nuit avaient déjà fait leur œuvre, et il ne distingua presque rien malgré les grondements du Jaguar dans son ventre.
Il fit quelques pas, rien ne se passa et il prit le parti de continuer à avancer. Un croisement de ruelles l’attendait, plus loin, et il détailla les trois ruelles qui l’entouraient. Aucun indice ne permettait de savoir si l’homme était passé dans l’une des trois, ou s’il était simplement monté sur les toits par un mur.

Levant le menton brusquement, Erwan eut juste le temps de croiser un regard presque dément.
Avant qu’on ne lui saute dessus.


*  


Il bascula en arrière sous le coup du puissant impact – un corps lancé à toute vitesse de plus de deux mètres de haut. Atterrissant durement sur les pavés ajustés, Erwan sentit sa tête frapper contre le sol. Désorienté, il peina un instant à adopter les bons réflexes et se retrouva avec une lame sous la gorge, les bras croisés et bloqués sous le corps de son assaillant.
Il dut avoir un frémissement ou quelque chose, car alors qu’il allait faire sortir les lames de sa greffe, l’homme se redressa en bondissant en arrière, avant de le ré-attaquer subitement. Roulant sur le sol sans prendre la peine de tenter de se relever, le Marchombre se propulsa avec ses coudes pour se redresser… Un impact dans son dos lui coupa la respiration et il vit trente-six chandelles en s’écroulant le nez dans la poussière.
On le releva en le saisissant par les cheveux, ouvrant son menton pour glisser une lame sur sa gorge. Déglutissant lentement, il sentit le fil lui entailler la peau et une goutte de sang perler sur son épiderme…

Son coude gauche se redressa brusquement, il rua avec puissance pour faire passer son adversaire par-dessus son épaule, bondit en avant et tournoya pour le menacer finalement avec sa propre lame.
Levant son regard d’un bleu cobalt tirant presque sur du gris pour le planter dans les yeux du deuxième assaillant, il se passa la langue sur les lèvres avant que sa voix ne résonne dans la ruelle déserte.

- Qui êtes-vous ?
Grondement si profond qu’il n’en était qu’à moitié humain.
- Comme si ton tour de passe-passe allait nous faire peur, Narcos !
Erwan fronça les sourcils, se tendant à l’élocution de son nom. Qui étaient ces hommes ? Et surtout, que voulaient-ils réellement ? Il allait poser la question quand il sentit une présence se matérialiser au dessus de lui. Lâchant son assaillant, il bondit en arrière, pointe du katana volé vers l’avant, prêt à en découdre pour savoir ce qu’il se tramait, et surtout pour éliminer tout ce qui pourrait avoir attrait à Ylléna.

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Dernière édition par Erwan Narcos le Sam 13 Aoû 2016, 06:22, édité 1 fois
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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Sam 23 Juil 2016, 20:30

Perchée au sommet d’une tour, Libertée observait l’horizon se parer des couleurs de la nuit. Son esprit tourbillonnait vivement, faisant des allers-retours entre ses émotions, ses sensations et ses sentiments. Elle aimait Gil de tout son cœur, et c’était sans doute cela le problème. S’était-elle encore faite avoir ? Pourquoi pensait-elle encore ainsi, à se centrer encore et toujours sur elle-même, finalement ? Ne pouvait-elle pas avoir juste besoin de le rendre heureux ?

En fait, elle était persuadée que l’Envoleur, en se laissant aller à cette « bête », et ces pulsions, n’en était pas heureux, mais juste malheureux. Parce que cela voulait dire qu’il ne se contrôlait pas, peut-être même qu’il regrettait beaucoup de choses, sans avoir pourtant la force de les changer… Non ?
Peut-être bien que non.
Le pire, dans tout ça, c’était qu’il l’aimait aussi. Qu’ils s’aimaient trop fort, l’un et l’autre, pour lutter contre les forces contradictoires qui les attiraient l’un vers l’autre. Qui les éloignaient, aussi, finalement !
Passant ses doigts dans ses cheveux courts, Libertée poussa un petit soupir de frustration.

En réalité, elle ne se comprenait même plus elle-même. S’était-elle perdue dans ses pérégrinations à chercher Gil, puis à le fuir ? Elle avait l’impression d’être en mille morceaux, à l’intérieur d’elle. Beaucoup trop de choses s’étaient passées, beaucoup trop d’informations étaient à digérer. Elle sentait, profondément, que quelque chose avait perdu son éclat, en elle. Comme si la liberté ne rayonnait plus autant dans son être, comme si l’harmonie était brisée et éparpillée comme les pièces d’un puzzle jetées sur le sol.
Gil était bien libre de faire ce qu’il souhaitait. Mais voulait-il vraiment succomber à ses pulsions, ou c’était encore une solution de facilité ? Et elle, elle était bien libre, aussi, de ne pas accepter qu’il puisse aller voir ailleurs. Elle était libre d’être en colère. Elle était libre de faire exactement la même chose.

Pourtant elle n’avait aucune envie de le faire souffrir. Elle souffrait suffisamment, elle, pour ne pas vouloir diffuser cette douleur. Répandre quelque chose de négatif était au-dessus de ses forces. Bien loin de ce à quoi elle pouvait aspirer.
Basculant en arrière, elle s’allongea sur les tuiles fraiches du toit, laissant son regard errer sur les étoiles qui sortaient en piquetant le ciel. Un nouveau soupir franchit ses lèvres, avant qu’elle ne fronce les sourcils alors que des bruits de lutte lui parvenaient sur son toit.

Se redressant à la force des abdominaux, Libertée se passa une main sur le visage, avant de se pencher en avant pour tenter de distinguer quelque chose, en bas. Mais il faisait trop noir, et il n’y avait pas de sphères lumineuses dans les environs…
Alors, mue par une impulsion, elle désescalada prestement le mur pour sauter sur une corniche, dans la ruelle sombre.

Tendant l’oreille, elle entendit soudain quelques sons étouffés, un peu plus loin.

- Comme si ton tour de passe-passe allait nous faire peur, Narcos !
Libertée fronça légèrement les sourcils. Narcos, ce nom lui disait quelque chose. Mais surtout, elle ne pouvait pas rester ainsi, les bras ballants, ou s’enfuir. Ça aurait fait éclater les derniers bouts d’elle-même qu’elle s’efforçait de recoller.

Se hissant sur un rebord de fenêtre un peu plus loin, Libertée se pendit d’abord par les mains avant de trouver son équilibre, accroupie sur la pierre délimitant l’ouverture dans le mur.
Son regard reconnut immédiatement l’immense silhouette musclée, dans la rue. Erwan Narcos. La dernière fois qu’elle l’avait vu, c’était durant les Oulan-Kil des trois apprenties de Pia… Anciennes apprenties de Pia. Qu’est-ce qu’il faisait à Al-Jeit ? Et surtout, que lui voulaient ces hommes ?

Ils semblaient tous prêts à attaquer, mais le Marchombre avait apparemment un petit avantage : celui de la longueur du sabre qu’il tendait vers ses assaillants.

Dans une inspiration, et parce qu’il avait bondit en arrière – donc il l’avait repérée – Libertée se laissa tomber entre Erwan et les hommes. Se redressant doucement de sa position accroupie, elle se passa une main dans les cheveux avant de sourire au Marchombre…
Puis de tourner la tête vers les hommes.


- Vous n’allez quand même pas vous en prendre à une fille, si ?

Sa question était presque innocente. Elle aurait pu l’être totalement si elle n’était pas arrivée d’une corniche, et si toute son attitude corporelle n’avait pas été parée au combat.

- Dégage et on te laissera la vie sauve !

Libertée jeta un coup d’œil à Erwan. Hors de question de le laisser dans le pétrin !

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Dim 24 Juil 2016, 22:07

Surprise.
Il fallut plusieurs secondes à Erwan pour reconnaître la silhouette qui venait de s’interposer entre lui et les hommes qui semblaient lui en vouloir. Et que lui-même traçait, en réalité.
Déjà, parce que la silhouette lui était familière, mais surtout à cause de l’attitude de la jeune femme – car c’était une femme, oui. Puis, quelque chose finit par se connecter dans son cerveau lorsqu’elle parlait pour appostropher les opposants…

Libertée !
Il la reconnaissait, maintenant, mais l’abscence de son immense chevelure était réellement étonnante. Il se souvenait parfaitement de ce jour-là, quand elle l’avait surpris alors qu’il venait de couper ses dreads : elle était mue d’incompréhension face à ce geste qui pourtant l’avait aidé à s’affranchir de la mort de ses parents. C’était son propre nouveau départ…
Alors, avait-elle fait la même chose ? Et pourquoi ? Un récent traumatisme ?

Fronçant les sourcils, Erwan voulut intervenir lorsque l’homme qui avait utilisé son nom s’adressa à la Marchombre. Il capta rapidement le regard que cette dernière lui lançait, d’ailleurs, et secoua un instant imperceptiblement la tête. Il voulait des réponses, mais certainement pas que Libertée soit blessée ou se mette dans son “pétrin”. C’était à lui de régler les choses.

Un léger soupir franchit ses lèvres, et il se mit finalement en mouvement. L’arrivée de la Marchombre avait déconcentré suffisamment les deux hommes pour qu’il puisse se glisser jusqu’au second qui n’avait pas encore décroché un mot et qu’il l’immobilise en appuyant sur un point névralgique.
Et alors que le corps inconscient basculait sur le sol, il tendit la main vers Libertée qui avait commencé à se mettre en mouvement.

- Non !

Cela la déconcentra un instant, tout comme son assaillant, et Erwan en profita pour se glisser dans son dos et attraper ses deux coudes pour l’immobiliser.
L’homme tenta de ruer, mais le Marchombre était trop grand et trop lourd, et il avait fait basculer son centre de gravité vers l’arrière pour éviter de se faire avoir. Plaquant l’homme contre sa poitrine avec force, Erwan lui fit une clef de bras pour l’empêcher de bouger…
Il jeta un coup d’oeil vers Libertée. Après tout, elle faisait ce qu’elle voulait. Elle ne connaissait cependant pas sa capacité à se transformer en Jaguar, ni Ylléna – enfin, elle avait dû croiser rapidement la fillette à l’Académie, mais rien de plus.

Sa décision étant cependant prise, le Marchombre cligna des paupières un instant, avant de se pencher vers l’homme.

- Pourquoi vous me suiviez ? Comment vous connaissez mon nom ?
Un ricannement franchit les lèvres de l’homme.
- Tu n’as pas que des amis, tu sais ! Et puis, c’est pas vraiment toi qui est recherché… On va se la trouver, et se la faire, ta fille !

La poigne du Marchombre se durcit, ce qui tira un couinement de douleur à l’homme. La gorge d’Erwan fit un son proche d’un grondement, presque un feulement – mais il se retint à temps. Ne pas donner l’opportunité à ces mecs d’en savoir trop sur lui.
Ils cherchaient donc Ylléna ? Pour quoi, pour sa transformation ? Et à partir de quelles informations pouvaient-ils être au courant de quoi que ce soit ?

- Laissez-la en dehors de tout ça !
- Trop tard mon vieux, on sait. Et une gamine, c’est très impressionnant ! Tu ne pourras jamais arrêter tout ça…
- Qui donne les ordres?
- Haha, comme si ça changeait quelque chose ! Non, tu ne pourras que regarder le serpent te filer entre les doigts, Narcos...


Avec une lenteur extrême, une lame de sa Greffe sortit de l’intérieur de son poignet pour s’avancer entre les deux yeux de l’homme, si proche de son visage. Erwan sentit l’homme commencer à trembler entre ses doigts.

- Je sais que tu ne me tueras pas, de toutes façons…
- Oh ? Alors que vous menacez de vous en prendre à ma fille, tu crois franchement que je vais hésiter ?

Cette fois-ci, l’homme déglutit lentement et s’humecta les lèvres.
- Prouve-le !
Erwan poussa un soupir. Il voulait des réponses pour sa fille, cependant il n’était pas non plus prêt à torturer un homme ou une femme pour ça. Tuer, c’était plus miséricordieux.
Son regard se glissa sur l’autre homme, toujours inconscient, un peu plus loin. Puis, il leva les yeux vers Libertée, alors que sa décision était prise : de toutes façons, il était hors de question qu’il les laisse filer alors qu’ils savaient qu’il les avait repérés.

- Tu veux bien me le tenir ?

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Mer 27 Juil 2016, 18:01

Attentive, Libertée devina ce qu’Erwan comptait faire quand il se mit en mouvement vers le second assaillant, celui qui était resté en retrait. Prête à intervenir, elle se ramassa une demi-seconde pour mettre hors de combat celui qui l’avait menacée, mais l’intervention du marchombre l’immobilisa dans son mouvement aussi efficacement que s’il était venu d’attraper pour l’empêcher de bouger.

- Non !

Cherchant l’homme du regard, la marchombre faillit se faire avoir par l’homme devant elle, mais Erwan fut plus rapide et l’immobilisa efficacement en compressant ses coudes dans son dos.
Libertée avait du mal à comprendre ce qu’il se passait. Le second homme était inconscient un peu plus loin, et le marchombre semblait ne pas vouloir faire de mal… Pourtant, toute son attitude avait tendance à faire croire le contraire : il était vraiment tendu, et son visage à moitié fermé semblait déjà résigné à faire des dégâts indélébiles…

Libertée en profita pour redétailler l’homme aux cheveux blancs. Il n’avait pas changé depuis la dernière fois qu’elle l’avait vu, physiquement en tout cas. Quelque chose pourtant semblait en cours de modification, dans son langage non-verbal, dans son attitude. Après quoi courait-il ?
Le dialogue qui s’ensuivit entre l’assaillant et Erwan lui donna quelques indices. Elle n’était pas certaine d’être exactement à sa place, et d’ailleurs elle serait bien partie les circonstances le lui avaient permis…

Mais Erwan lui demanda soudain de lui tenir son fardeau – et elle vit clairement un éclat de moquerie dans le regard de l’homme – et elle fronça les sourcils… Son regard vogua du marchombre à l’homme inconscient, et soudain elle comprit ce qu’il avait l’intention de faire : il venait de menacer l’autre… Il comptait donc le tuer ? Oh, elle n’avait pas tiqué par rapport à sa greffe tout simplement parce que lorsqu’elle avait encore des cheveux, elle s’en servait tout le temps. Elle ne savait pas comment Erwan utilisait la sienne…

Était-elle cependant prête à prendre le parti du marchombre alors qu’il voulait prendre la vie d’un homme ? En y réfléchissant, et parce qu’elle était maman désormais, elle savait parfaitement que si les rôles avaient été inversés, elle n’aurait pas été aussi indulgente au premier abord et aurait directement tué l’homme… Alors, elle se plaça dans le dos de l’homme, et saisit ses coudes pour le garder immobile.

Le temps qu’Erwan fasse ce qu’il avait à faire.
L’homme ne se contenta pourtant pas de laisser le marchombre faire. En fait, il ne pensait qu’à s’en aller, mais Libertée n’était pas stupide : le marchombre voulait des renseignements, et si elle l’assomait, il lui faudrait encore plus attendre.

C’était étonnant, au fond, la manière dont elle se sentait détachée d’elle-même. De ce qu’il se passait.
Etait-ce à cause de Gil ? Elle savait comment elle aurait réagi si on s’en était pris à sa propre fille ainsi, mais pourtant aucune émotion ne tentait de la submerger, de la faire s’effondrer. Elle avait un peu l’impression de vivre tout ça de l’extérieur, finalement. Comme si son cerveau tentait de la protéger comme il le pouvait… Dans un soupir, elle verrouilla ses points d’appuis sur les coudes de l’homme qui tentait de se débarasser d’elle. Le déséquilibrant, elle enfonça son coude entre ses côtes flottantes pour le paralyser momentanément, ce qui lui tira un couinement.

- Espèce de salope…
Cela la fit éclater de rire.
- Si tu le dis ! J’ai pas de soucis avec ça, tu penses ce que tu veux, je le prendrai pas personnellement, t’inquiète pas…
Il comptait vraiment la déstabiliser en l’insultant ? Se retenant de hausser les épaules, Libertée finit par relever le menton vers Erwan pour voir où il en était, et ce qu’il comptait faire…

Son air déterminé, le bleu de ses yeux si limpide…
Se mordant l’intérieur de la joue, la marchombre poussa un petit soupir.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Jeu 11 Aoû 2016, 21:46

Le Marchombre cligna des paupières en signe de remerciement à l’adresse de Libertée quand cette dernière saisit les coudes de l’homme pour l’aider.
Quelque chose vibrait en lui, de plus en plus fort. Le grondement du jaguar, continu, envahissait toute sa cage thoracique comme un avertissement. Mais l’adrénaline parcourait ses veines, il la sentait pulser puissamment en lui. Son choix était fait, arrêté, et il ne reviendrait pas sur cette décision, limpide, dans son esprit.

Il ne jeta même pas de coup d’œil en arrière vers l’homme qui tentait de se débattre, et de se dégager en tentant de déconcentrer Libertée.
S’approchant du second acolyte, celui inconscient, il s’arrêta avec chacune de ses chevilles de part et d’autre de sa tête. Ses lèvres disparurent en un fin trait parfaitement droit, sur son visage, alors que son regard fonçait légèrement. Se penchant en avant, il attrapa les cheveux du pantin désarticulé pour le redresser suffisamment haut afin qu’il puisse avoir ses yeux en face des siens… Même si ceux de l’homme étaient fermés.
Verrouillant son bras gauche, il laissa la lame de sa Greffe sortir de l’intérieur de son poignet droit…
Découpa proprement, d’un geste décidé et vif, le cou de l’homme, le décapitant proprement. Un peu de sang gicla alors que son corps s’effondrait sur le sol, la tête séparée de ce dernier toujours dans la main d’Erwan qui la fixait sans la voir.

Le jaguar, dans son ventre, se débattait de toutes ses forces en grognant.
Faim. Sang. Proie.
Contenant avec peine les pulsions du prédateur, il se tourna avec une lenteur exagérée vers l’homme qui le poursuivait, toujours immobilisé par Libertée. Évitant soigneusement le regard de la Marchombre, Erwan lança la tête de son acolyte sur les orteils de l’homme.

Avant de planter son regard cobalt dans le sien.

- C’est suffisant comme preuve ? Sa voix est glaciale, dure, aussi tranchante qu’une lame parfaitement affûtée. L’homme pâlit, cesse de se débattre quelques secondes pour contempler la tête de l’autre sur ses pieds, le sang coulant de son cou coupé nettement sur ses chaussures.

Sa main gauche vola à une vitesse ahurissante vers le cou de l’homme, et il enfonça ses doigts dans deux points nerveux de part et d’autre de l’articulation de sa mâchoire, avant de le soulever à la force d’un bras, le dégageant de l’emprise de Libertée.
L’autre couina, tenta de se tenir à son avant-bras pour ne pas finir étouffé…

- Qui donne les ordres ? demanda Erwan en articulant bien chaque syllabe.
- Le Papa sort ses griffes ?
La tentative était courageuse, mais Erwan ne perdit pas son calme dérangeant. L’éclat dur dans son regard brilla simplement plus fort alors que ses doigts s’enfonçaient un peu plus dans la chair délicate du cou de l’homme.
- Qui en veut à ma fille ?
L’homme se mit à trembler sous sa poigne, quelques secondes.
- Si je te le dis, tu me laisses partir ? Erwan considéra la proposition quelques secondes.
- D’accord.
- Un mec qui s’appelle Rothendo cherche à rassembler tous les métamorphes possibles. Il est persuadé qu’en les obligeant à procréer, les enfants seront de plus en plus forts et capables de prendre plusieurs formes…
- Rothendo comment ?
- Je ne sais pas. Mais il lui manque le majeur et l’annulaire de la main droite, et il possède un tatouage d’œil-soleil sur l’intérieur du poignet gauche. Je n’en sais pas plus ! Je ne fais que récolter les métamorphes pour les lui amener, mais on est beaucoup. Ça paye drôlement bien, malgré les risques.

Erwan eut un petit sourire amusé à la dernière phrase de l’homme. Relâchant son bras, il le reposa par terre avant de le lâcher, le fixant quelques secondes.
- Parfait.

Mais alors que l’homme partait en courant sans demander son reste, Erwan saisit un poignard à la ceinture de Libertée et le lança avec précision. La lame s’enfonça jusqu’à la garde dans la nuque du mercenaire et il s’effondra juste avant de passer l’angle de la rue.

Poussant un soupir, Erwan finit par se retourner vers Libertée…
Il se sentait un peu mal à l’aise d’avoir fait tout ça devant elle. N’était-il pas censé chercher l’harmonie, chercher des solutions moins violentes, moins radicales ?
Il ne savait plus. Son esprit était focalisé sur Ylléna et les risques qu’elle avait à sortir de l’Académie désormais. Il fallait qu’il mette fin à tout ça, surtout si d’autres personnes étaient impliquées dans des plans si aliénants…

Dans un soupir, le Marchombre se déplaça jusqu’au corps pour en sortir le poignard, l’essuyer sur les vêtements du cadavre avant de le tendre à Libertée.

- Je ne veux pas que tu sois impliquée dans tout cela. Mais tu sais sans doute un peu trop de choses désormais…
Avait-elle déjà rencontré des métamorphes ? Elle avait eu Rilend comme apprentie, certes, mais cela ne voulait pas nécessairement dire qu’elle savait pour autant.

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Ven 12 Aoû 2016, 07:45

Un long frisson parcourut Libertée quand elle vit Erwan séparer proprement la tête de l’homme inconscient, à terre. Il avait fait ça avec tellement de… détachement. Comme s’il n’avait aucun état d’âme, alors que quelques minutes plus tôt il l’avait assomé plutôt que tué. Une façon de se protéger, elle le savait bien… D’autant qu’il faisait ça pour sa fille.
Quand il saisit l’homme, la marchombre le lâcha pour reculer d’un petit pas… Mais elle ne partit pas.
Peut-être aurait-elle dû, cependant elle était fascinée par la poigne d’Erwan, tout comme son sang froid. Enfin, son sang froid… Elle pouvait deviner toute la rage qui l’habitait car elle l’avait déjà croisé plusieurs fois, et qu’il avait toujours été parfaitement serein jusque là.

Et il était tout, sauf serein, là !

Elle suivit la conversation entre les deux hommes, fronçant les sourcils plusieurs fois. Métamorphe ? Comme Darwen ? La fille d’Erwan se transformait elle aussi en animal ? Elle se demanda un instant en quoi une jeune fille aussi mignonne pouvait bien se transformer… Avant de secouer la tête en s’ébrouant. Est-ce que c’état quelque chose de génétique ? Cela voulait dire qu’Erwan ou la mère de la petite était aussi un métamorphe ? Ou ça pouvait sauter une génération ?
Se mordant l’intérieur de la joue, Libertée prit une inspiration.

Pourtant, ce fut avec surprise qu’elle observa l’homme s’enfuir vers la ruelle la plus proche… Erwan avait tenu sa parole : il l’avait laissé partir… Juste, pas partir loin.
Elle ne tenta même pas de protester quand le marchombre lui prit son poignard pour le lancer vers l’homme : si cela n’avait tenu qu’à elle, elle ne l’aurait même pas laissé filé, elle l’aurait tué directement.

Un frémissement la parcourut quand elle repensa à la manière dont l’homme avait dit qu’il allait s’occuper de la fillette.
La voix d’Erwan la tira de ses pensées, et elle ne put s’empêcher de rougir très légèrement à son observation.


- Je connaissais déjà l’existence des métamorphes…
Oui, elle avait connu un métamorphe en partliculier, même avant de rencontrer Darwen. Connu de manière… intime. Levant ses yeux roses vers Erwan, elle lui adressa un petit sourire compatissant.

- Je me retrouve au mauvais endroit au mauvais moment, hein ?
Pas un instant elle ne pensa que ces deux petites phrases puissent être des menaces. Cela ne ressemblait pas à Erwan, de ce qu’elle savait de lui ; et ce malgré ce qu’il venait de faire sous ses yeux.
- J’ai cru comprendre que c’était plus ou moins génétique… C’est sa mère ? demanda-t-elle dans un très léger murmure, penchée vers lui, ne voulant pas être entendue par de potentielles oreilles indiscrète. Mais elle poussa un soupir : après tout, qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire ?

Ses dents s’enfoncèrent un instant dans la puple de sa lèvre inférieure alors qu’elle levait les yeux vers l’immense stature d’Erwan. En fait, il dégageait habituellement tellement de grâce et de sérénité qu’elle n’avait même pas réalisé qu’il était encore bien plus grand que Gil – qui pourtant n’était pas petit.
Elle piqua un petit far, alors que ses pensées s’égaraient un instant. Parce que son corps réagissait. Mais ce n’était pas l’endroit, le moment, le bon contexte…
“ si je couche avec une autre femme, tu es en droit de coucher avec un autre homme. Cela ne taira pas mes envies de meurtre, ce sera pire, même, et si je le croise, cet enfoiré, je risque de le tuer parce que je t’aime. “
Secouant la tête, Libertée prit une grande goulée d’air pour reprendre contenance alors que ses pensées – et son corps – s’emballaient. S’ébrouant rapidement, elle posa son regard dans celui d’Erwan un instant.


- Besoin d’aide ? J’ai du temps à tuer. J’ai envie de t’aider.

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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Ven 12 Aoû 2016, 22:15

Il ne se rendit compte qu’il avait retenu son souffle que lorsqu’il soupira, quand Libertée expliqua qu’elle connaissait déjà l’existence des métamorphes. C’était étonnant, d’ailleurs ! D’où le savait-elle, Rilend dans ce cas ?
Il ne put retenir un sourire résigné d’étirer ses lèvres quand la Marchombre demanda si elle se retrouvait au mauvais endroit, au mauvais moment. C’était un peu le cas, oui… Elle pouvait pourtant toujours s’en aller. Il espérait simplement que personne ne les avait vus ensemble, ou avait vu qu’elle l’avait aidé, pour ne pas qu’elle soit poursuivie à son tour.

Quand elle se pencha vers lui, un frémissement parcourut le jaguar, dans son ventre, et il baissa les yeux, soudain hypnotisé par la délicatesse de ses lèvres ourlées.

- C’est sa mère ?
Il lui fallut plusieurs secondes pour intégrer ce que Libertée lui demandait. Il cligna des paupières un instant, se demandant ce qui lui arrivait soudain, avant de secouer doucement la tête.
Se passant une main sur le menton, il lâcha un petit soupir.

- Non… murmura-t-il, si bas que c’était presque imperceptible… Mais son regard cobalt s’attarda dans celui, si rose, de Libertée. Un instant, il eut l’impression de plonger dans un coucher de soleil, avant de se redresser alors qu’un parfum de pêche l’enveloppait.

Se secouant intérieurement, il se passa une main dans les cheveux, désorienté. Quand son regard tomba à nouveau sur Libertée, elle se mordait la lèvre. Et rosissait pour aucune raison…
Aucune raison, à part ce que son corps montrait. Et Erwan dut fermer les yeux pour juguler sa propre pulsion, que le Jaguar s’appropria pour l’intensifier.


- Besoin d’aide ? J’ai du temps à tuer. J’ai envie de t’aider.
Il n’était pas certain que ça soit une bonne idée… Mais au moins, cela lui remit les pensées en place. L’image de sa fille s’accrocha à lui et il fronça les sourcils.

Il devait trouver ce Rothendo. Et arrêter tout cela.
Un élevage de métamorphe… On aurait tout vu ! Les prenaient-ils jeunes pour mieux les briser ? Ou alors ils n’avaient pas de critère d’âge ? Que faisaient-ils de ces gens, pour les conduire à de telles extrémités ? Ils les enfermaient ? Les isolaient ?
Une bouffée de colère embrasa l’humeur d’Erwan, qui carra les épaules une seconde. Avant de plonger son regard dans celui de Lib.


- Tu es sûre ?


*  


Il ne savait même pas par où commencer. Cependant, en fouillant les corps, il avait trouvé un papier de mission avec un sceau. D’une maison noble d’Al-Jeit.
Désormais dans les quartiers riches de la capitale de l’Empire, Erwan et Libertée cherchaient plus d’indices sur le sceau. Erwan ne connaissait personne ne la noblesse d’Al-Jeit, mais apparemment ce n’était pas le cas de la Marchombre, qui le guidait jusqu’à chez quelqu’un qui pourrait potentiellement beaucoup plus les aider à restreindre leur périmètre de recherche.

Quand ils s’arrêtèrent devant une immense maison bordée d’un jardin avec des barrières, Erwan leva les yeux vers la bâtisse. Impressionnante, à l’architecture très… contemporaine. Jetant un coup d’œil vers Lib, le Marchombre attendit de voir.
C’était à elle de jouer.

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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Ven 12 Aoû 2016, 22:48

Ce n’était pas sa mère…
Et le regard d’Erwan disait la suite. C’était lui. Libertée prit une inspiration pour juguler ses réactions. C’était donc ça… Cette puissance sauvage qu’elle avait déjà remarquée en lui. Son instinct ne s’était pas trompé. Elle se demanda quel animal partageait sa vie avec lui. Presque déjà persuadée que c’était un félin… Mais elle ne pouvait rien dire, et elle n’allait pas demander. Cela aurait été trop… intime ? Déplacé ? Et puis, on aurait pu les entendre… Un frisson la parcourut entièrement, mais quand Erwan lui demanda si elle était certaine de sa décision, elle hocha la tête avec ferveur : oui, elle était sûre !


♥ ♥ ♥


Cela faisait très longtemps qu’elle n’avait pas revu Firehz, mais elle ne doutait pas qu’il l’accueillerait avec chaleur, et qu’il les aiderait. Il vivait dans les quartiers riches et chics d’Al-Jeit, dans une immense bâtisse qui aurait presque pu être qualifiée de château.
Quand ils s’arrêtèrent devant le parvis qui menait à la porte d’entrée, Libertée poussa un petit soupir en passant ses doigts dans ses cheveux courts. Ils poussaient vite.

Elle jeta un coup d’œil à la dérobée vers Erwan.
Il semblait si stable, si déterminé. Rien n’allait pouvoir l’arrêter, et il ferait tout pour protéger sa fille. Libertée se demanda ce qu’aurait fait Gil, s’il était mis dans une telle situation : déjà, si elle en venait à mourir… Irait-il sauver leur fille ? Ou la laisserait-il à ses parents ? Elle avait un doute, et même pire : elle penchait pour la seconde solution. Parce qu’il n’était même pas allé la voir, la récupérer, ou quoi que ce soit… Il aurait pu forcer sa mère et son père à lui donner sa fille, ou au moins la voir, mais il ne l’avait pas fait. Alors…
Se secouant pour penser à autre chose, Libertée attrapa la main d’Erwan pour le diriger vers l’entrée. Avant de le lâcher pour toquer contre le battant.

Quelques secondes plus tard seulement, une jeune fille ouvrit le battant.

- Bonjour…
- Salut ! On vient pour voir Firehz. Je suis Libertée !

La jeune fille ouvrit grand ses yeux, comme des soucoupes, quand la marchombre mentionna son nom. Un petit o se forma sur ses lèvres, et elle les invita expressément à rentrer pour les laisser s’asseoir dans une pièce où quelques canapés se faisaient face.

Cherchant le regard d’Erwan, Libertée lui adressa un sourire rassurant : même si cela faisait très huppé, elle savait que son ami les aiderait…
Et pour cause. Il déboula presque en courant dans la pièce et l’attrapa vivement par les épaules pour la serrer contre lui.

- Par Merwyn, Lib ! Ça fait si longtemps ! Comment tu vas ? Qu’est-ce qui t’amène ici ?
Elle tapota le dos de son ami doucement, se dégageant de son étreinte avec un sourire. Elle avait oublié à quel point il était enthousiasme.
- Très bien ! Dis donc, tu n’as pas changé ! En fait, je viens car j’aurais un service à te demander… Mon ami et moi, nous cherchons à qui peut appartenir un sceau. Tu penses pouvoir nous aider ?
Le regard de Firehz étincela.
- Bien sûr ! Enchanté, je m’appelle Firehz. Le noble se présenta en serrant la main d’Erwan, avant d’examiner l’enveloppe de l’ordre de mission et le sceau cassé au milieu. Mm, ça ressemble à la famille Gil’Juth. Mais vous devriez vous méfier d’eux… Ils trempent dans des choses pas très propres.

Libertée échangea un regard avant Erwan, avant de demander où se trouvait cette famille, exactement.
- Oh, pas très loin d’ici. Quelques blocs de maison au sud d’ici. Vous ne pouvez pas rater le domaine, c’est immense, mais surtout ils ont une immense enseigne en pierres précieuses illuminée de l’intérieur… Mais le quartier brasse beaucoup de gens dangereux, il faut se méfier. Vous pouvez être embarqués si vous semblez étranges.
Elle hocha la tête.
- D’accord.


♥ ♥ ♥


En effet, c’était un quartier riche, mais l’atmosphère était épaisse et lourde. Cela ne mettait pas à l’aise. Même en fin d’après-midi, alors que le soleil était encore loin d’être couché.
Ils avançaient sans hésitation dans la rue, pour repérer la maison. Cela serait plus facile de s’y introduire la nuit tombée, mais ils faisaient un peu de repérage.
Cependant, Libertée repéra bien vite un homme qui semblait les suivre, comme pour les surveiller. Se mordant la langue, la marchombre continua son chemin alors qu’ils passaient devant l’immense portail en cristal. Ça reflétait la lumière et la diffractait de manière impressionnante, et elle cligna des yeux plusieurs fois, enchantée par la beauté de la chose…
Mais fut interrompue au bout de quelques secondes.


- Dégagez d’ici. C’est privé. Qu’est-ce que vous foutez là ?
Levant le menton vers Erwan, Libertée prit une inspiration, avant d’agripper son coude et son bras pour se coller à lui, comme si elle était effrayée par l’homme.
- On promenait juste, pardon. C’est tellement beau par ici !
- Dégagez !


Ils ne se le firent pas dire une fois de plus et s’éloignèrent rapidement de l’endroit.
Retournant dans les quartiers plus communs d’Al-Jeit, Libertée décida de s’installer dans une auberge pour manger, car elle avait faim. Assise à la table, elle commanda un ragoût avec du niam, sirotant un verre d’alcool en même temps.
Se laissant aller contre le dossier de sa chaise, elle s’étira quelques secondes, avant de poser son regard sur Erwan.


- Alors, on attend la nuit et on tente ?

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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Sam 13 Aoû 2016, 03:25

L’intérieur de la maison était aussi somptueux que l’extérieur était grand. Une riche décoration, avec beaucoup d’or et de miroirs un peu partout, c’était très beau… Et sans doute très cher. Erwan ne se sentait pas exactement à l’aise, mais comme l’avait prédit Libertée, son ami les accueillit très chaleureusement et leur donna une piste à suivre.
D’autant que s’il ne s’était pas étalé, il leur avait clairement dit de se méfier de cette famille. Ce qui confirmait ce que l’homme qui suivait Erwan avait dit, quelques heures plus tôt.

Ils allèrent donc explorer le quartier.
Les maisons étaient immenses, encore plus grandes que celle de Firehz. De très riches familles vivaient sans doute par là, d’où la présence des hommes qui tentaient de surveiller les environs et les gens qui flânaient.
D’ailleurs, lorsque l’un d’entre eux s’approcha d’eux pour leur dire de s’en aller de manière très sèche, Erwan trouva cela vraiment étrange. Et exagéré. Pourquoi surveillaient-ils de si près cet endroit ? Cela sentait clairement le mauvais coup.

Cependant, le Marchombre perdit toute capacité de réflexion lorsque Libertée se colla à lui. La chaleur du corps de la jeune femme, son parfum sucré, plongèrent son corps dans une torpeur dont il peina à s’extirper. Il avait senti la poitrine de la marchombre contre son coude, et son propre souffle s’était emballé dans sa poitrine. Un ronronnement puissant s’était diffusé dans sa cage thoracique alors qu’il tentait de reprendre ses esprits.
Heureusement, Libertée ne semblait pas l’avoir remarqué – ou alors elle l’ignora complètement -  et elle l’entraîna plus loin, ce qui lui permit de prendre un peu de recul et de s’asséner une baffe mentale.

Il se souvenait très bien d’avoir succombé à la jeune femme, des années plus tôt. Même s’ils n’étaient pas allés plus loin que cela… Et si cela avait été le prétexte parfait pour Miss, c’était étrange pour lui.
Mais… La marchombre était extrêmement attirante. Toute en jambes, si joliment proportionnée, même avec ses cheveux très courts. Et le jaguar, dans son ventre, était étrangement d’accord avec ça. Pire : il le poussait à entreprendre quelque rapprochement, mais Erwan résistait à la force de sa volonté.
Non. Il devait régler ces histoires avec Ylléna. Il n’avait pas le temps pour autre chose !

C’était ce qu’il s’efforçait de faire rentrer dans son crâne, face à son assiette de poêlée forestière accompagnée d’une côte d’agneau.


- Alors, on attend la nuit et on tente ?
Quand la question de Lib atteignit son cerveau, sa première interprétation ne fut pas la bonne. Tenter de se déshabiller, voir si cela fonctionnait mieux cette fois ? Ce fut en croisant le regard de la Marchombre qu’il comprit que décidément, il était trop distrait par cette dernière.
Parce qu’elle s’étirait comme ça, nonchalamment, étirant son torse, ça remontait ses petits seins dans son haut qui ne cachait pas grand-chose, ça découvrait la peau claire de son ventre et le creux hypnotisant de son nombril.
Prenant une inspiration, Erwan s’ébroua un instant, tentant de reprendre une certaine contenance.

- Hum. Oui, je pense que c’est mieux, on saura se faire plus discrets. Je pense que passer par le quartier adjacent et dans les jardins sera plus discret que de passer directement par la rue, surtout s’ils la surveillent comme ça. Il y a des chances, par conséquent, qu’il y ait aussi des gardes dans les jardins. Il va falloir être prudents…
Finissant son plat d’un dernier coup de fourchette, Erwan ferma les yeux un instant.
- Je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée que tu viennes. Je suis très… distrait par ta présence, je crois.
Il ne voulait pas tout rater parce que son cerveau n’était pas suffisamment attentif.  Alors oui, il l’admettait : elle le distrayait vraiment beaucoup trop.

Se prenant le visage dans la main droite, il frotta son front un instant.
Dans son ventre, le jaguar s’agita soudain, et il redressa le menton vivement. Mais l’auberge était toujours calme, seule une chose avait changé : l’expression de Lib.
Alors, dans une pulsion incontrôlable, Erwan se releva brusquement, faisant basculer sa chaise en arrière, s’avança de deux pas vers la Marchombre, et fondit sur elle.

Ses lèvres happèrent les siennes avec détermination et fermeté, tandis que ses doigts se glissaient dans la nuque de la Marchombre. Le jaguar gémit de contentement, dans son ventre. Il ne pouvait plus lutter contre tout ça.
Contre cette attraction.

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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Sam 13 Aoû 2016, 05:48

Oui, c’était ce qu’elle pensait ici : la nuit les cacherait plus, et puis ils devaient aussi trouver une manière de contourner le quartier trop surveillé. Passer par un quartier adjacent était une bonne idée, en effet, à condition de ne pas se faire repérer en passant de jardins en jardins. Les chiens et autres gardes pouvaient potentiellement y passer la nuit également.

Cependant, Libertée fut complètement prise au dépourvu par la suite.

- Je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée que tu viennes.
Elle allait ouvrir la bouche pour protester : il ne devait pas s’en faire pour elle, elle était une grande fille, et surtout elle voulait aider. Peut-être que déjà d’autres métamorphes étaient emprisonnés ou retenus dans la maison, d’où la protection rapprochée.
Mais elle fut coupée dans son élan.

- Je suis très… distrait par ta présence, je crois.
Libertée fronça les sourcils un instant. Il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre ce que voulait dire Erwan… Ces secondes-même qu’il prit pour faire le tour de la table et venir l’embrasser dans une pulsion.

Elle sentit ses lèvres contre les siennes, ses doigts sur son cou, juste sous son oreille. Un long frisson lui parcourut tout le corps, mais il lui fallut encore un instant pour intégrer ce que cela impliquait. Son premier réflexe fut de se tendre, peut-être de le repousser, mais à sa propre surprise, pourtant sa langue s’élança à la rencontre de celle du Marchombre.

C’était chaud.
C’était doux.
Ferme, mais tendre.
Assuré et stable, mais caressant.
Portée par le baiser, elle redressa le menton pour l’approfondir, bascula en avant pour glisser ses doigts sur les épaules d’Erwan et parcourir sa peau quelques secondes. Tout son corps était en train de littéralement se liquéfier sur place. Elle était entièrement dédiée à cet échange, cette chaleur, cette… attraction.
C’était exactement ça. Une tension attractive s’était installée entre eux, et elle avait tout fait pour l’ignorer. Elle pensait que c’était elle, à cause de Gil, de ce qu’il avait dit. Apparemment, ce n’était pas que elle…
« Si je couche avec une autre femme, tu es en droit de coucher avec un autre homme »
Etre en droit de faire quelque chose et le faire… Il y a carrément un précipice entre les deux, pour Libertée. Mais là, étonnamment, c’était comme si Erwan venait de jeter une solide corde par-dessus le précipice en question. Elle sentit tout son corps se tendre.
Attendre plus.

Se séparant doucement mais fermement du baiser du marchombre, la jeune femme prit une grande inspiration en fermant les yeux.

- Je te distrais donc ?
Sa voix était malicieuse, elle le défiait un peu. Son cœur accéléra dans sa poitrine, et soudain quelque part dans sa poitrine il y eut un déclic. L’ancienne Libertée se diffusa dans ses poumons et son corps ; celle qui aimait flirter et profiter de l’instant présent. Elle avait envie de profiter de ce qu’elle ressentait, de ce que son corps demandait, de ce qu’Erwan pouvait lui offrir, là, maintenant.
Un sourire provocateur et séducteur sur les lèvres, elle planta son regard dans celui d’Erwan.

- Si on… banalise la chose, je ne serai peut-être plus aussi distrayante, non ? demanda-t-elle, un air mutin sur le visage, quelques éclats de diamant dans les yeux.

Cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie comme ça.
Elle se sentait belle. Attirante. Attractive.
Ça faisait du bien. Et ça débloquait des choses, oui.
En fait, elle ne s’était plus sentie ainsi depuis que Suviyo était née. On ne l’avait plus regardée ainsi depuis ce temps-là. C’était peut-être pour ça, qu’au final, elle avait du mal à croire Gil. Et qu’elle se sentait si… banale, finalement.

Se passant la langue sur les lèvres, les yeux plantés dans le regard d’Erwan, Lib se leva de sa chaise, jouant dans les poils des avant-bras du marchombre un instant, lui lançant un regard suggestif. S’approchant du comptoir, elle demanda une chambre, reçut très vite une clef et, saisissant la main du marchombre, l’entraina à sa suite.

Fermant la porte derrière elle, elle la verrouilla d’un geste sûr, avant de se tourner vers l’homme.
Elle l’observa un instant, avec son immense stature, ses muscles fins et efficaces, son visage juste assez anguleux pour être harmonieux, mais avec du caractère. S’avançant d’un pas vers lui, elle se hissa sur la pointe des pieds, prenant appuis sur son torse, pour chercher ses lèvres.

- On a un peu de temps à tuer, de toutes façons, non ? ajouta-t-elle, au dernier moment, malicieuse.

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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Sam 13 Aoû 2016, 06:23

Chaleur.
Et humidité.
Plongé dans la moiteur brûlante de la bouche de Libertée, dans son parfum, dans cette odeur douce et sucrée, Erwan inhalait chaque parcelle de l’instant, s’en imprégnait alors que dans son ventre, le Jaguar ronronnait fort, faisant presque vibrer sa poitrine.
Il perçut l’hésitation de Libertée, évidemment. Elle était contre lui, il se complaisait contre la texture de ses lèvres, il ne pouvait pas la rater. Et pourtant, elle répondit avec ardeur à son baiser, à son tour. Leurs langues se découvraient doucement, sensuellement…

Ce fut elle qui rompit l’échange, en le repoussant légèrement.
Se séparant de la caresse à contrecœur, le corps entier tendu et pantelant de désir, Erwan tenta de prendre une inspiration alors que Libertée le provoquait ouvertement. Soudain, elle rayonnait plus, un nouvel éclat, lumineux, brillait dans le fond de ses yeux. Et elle se mit à irradier, entière, d’une attitude séductrice.
Merveilleuse et sauvage beauté.
Délicate perfection.

Ses doigts sur ses avant-bras lui tiraient de délicieux frissons d’expectation. Oh, oui, tout son corps était tendu, et il entendit quelques blagues lubriques retentir dans son dos. Décidant de les ignorer superbement, le temps de reprendre le contrôle sur son corps et les pulsions sauvages qui s’étaient emparées de lui, il ferma les yeux en prenant une grande inspiration.
Peine perdue.
Le peu de contenance qu’il avait réussi à rassembler pendant ces quelques dizaines de secondes se dilapidèrent quand la Marchombre lui saisit la main pour l’entrainer à sa suite. Son regard s’attarda sur la courbe de ses hanches, de son rein, captivante, alors qu’elle se déplaçait devant lui, le poussant dans une chambre de l’auberge.

Est-ce qu’il voulait vraiment cela ?
Oui, lui hurlait son corps, le Jaguar, dans son ventre, ses pulsions.
Non, tentait de lui dire l’image d’Ylléna, dans sa tête, alors que toute sa rationalité s’envolait en fumée et que sa volonté pliait sous son désir.

- On a un peu de temps à tuer, de toutes façons, non ?
L’air malicieux, charmeur de Libertée balaya ses dernières résistances.
Son désir se mua en besoin à l’instant où les lèvres de la Marchombre trouvèrent les siennes. Il pouvait sentir sa chaleur, et ses doigts s’enroulèrent autour de sa taille si menue pour la plaquer contre lui.

Elle était brûlante.
Autant que lui.
Il avait envie de plonger en elle, de s’enivrer de son odeur de pêche, de s’approprier sa chaleur.

Le contact de sa peau était électrisant.
Avec délicatesse, il tira sur son haut pour le passer par-dessus sa tête, glissa ses pouces dans son short pour tirer un peu dessus. La texture de son épiderme était si douce, et lisse ! Ses doigts tracèrent des arabesques sur son ventre, juste pour éprouver sa fermeté, sa douceur.
La soulevant sans effort, il l’allongea doucement sur le lit et quitta ses lèvres presque à regret… Mais piqueta toute sa peau de baisers. Des baisers légers, des baisers-papillons. Elle sentait tellement bon… N’oubliant aucun centimètre carré de peau, il laissait sa langue glisser dessus, mordillait parfois, évitant ses seins, se contentant de l’exciter avec délice.

Si sensible.
Si réactive…
Avec une infinie douceur, il dégrafa le bouton de son short et le fit glisser le long de ses jambes tout en longueur, au galbe harmonieux. Les piqueta de baisers, elles aussi. Descendant sur l’extérieur, remontant à l’intérieur, s’abreuvant de l’odeur plus concentrée alors qu’il remontait vers son pubis. Elle lui enleva son pantalon, elle aussi, alors qu’une multitude de frissons venaient grouiller sur sa peau.

Pas question de précipiter les choses. Il était aussi pantelant qu’elle, peut-être plus, mais il voulait prendre son temps. L’honorer, parce qu’elle était là, offerte, si belle.
Le jaguar ronronna dans son ventre, et il mordit délicatement la peau si fine de l’intérieur de sa cuisse, si proche de l’objet du désir… Qu’il évita encore, remontant sur son ventre pour prendre ses seins dans sa paume en coupe.
Elle vint à sa rencontre, et un long frisson remonta le long de son échine.
Se penchant en avant, il saisit un mamelon entre ses dents, une seconde, le titillant du bout de la langue, avant de le relâcher pour s’occuper du second.

Il ferma les yeux pour retenir sa pulsion, se contentant de s’occuper de sa peau, de glisser ses doigts presque en elle. Oh…
Il souffla doucement dans les poils du pubis de Libertée, la chatouillant au passage, avant de remonter pour emprisonner ses lèvres.
Plonger en elle.

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Sam 13 Aoû 2016, 22:04

Libertée ne savait pas vraiment à quoi s’attendre, à laisser libre-court à Erwan. Elle percevait le désir brûlant, urgent, le besoin, et pourtant ce fut avec une infinie douceur que le marchombre s’empara d’elle et embrasa un à un tous ses sens.
Tout son corps réagissait avec une intensité qu’elle n’avait plus eue depuis longtemps. Sa peau avait un besoin impérieux d’être touchée, caressée, parcourue ; pas tant pour aller plus loin – enfin, si, tout le reste de son corps le voulait – mais juste pour reprendre un peu de sa superbe. Se sentir femme, désirée, un peu indispensable.
Et unique.
Parce que oui, finalement c’était ça qui la tourmentait : elle se sentait rabaissée, remplaçable, pas indispensable, aux yeux de Gil. Il pouvait la remplacer. Il la remplaçait, oui. Même s’il disait qu’elle était la seule qu’il aimait ainsi, il avait effrité petit à petit la confiance qu’elle avait en elle.
Parce qu’elle n’était pas capable de répondre à ses besoins à lui ? Parce qu’il ne voulait pas lui en laisser l’occasion ? Parce qu’il ne cherchait pas plus loin que le bout de son nez ? Ou alors parce qu’elle avait fini par baisser les bras, car elle ne se sentait plus si spéciale à ses yeux.
Sans doute un peu de tout ça.

Sous les caresses légères et tendres d’Erwan, elle se sentait un peu renaître. C’était elle, qu’il caressait, qu’il regardait avec cette étincelle dans son regard cobalt. Et chacune de ses caresses vibrait en elle comme une corde de guitare que l’on réaccordait.
Elle frémissait, tout son épiderme soudain à vif, si réactif à chaque effleurement que c’en était désarmant.
Quand les pouces d’Erwan s’approchèrent dangereusement de son sexe, elle cambra le dos pour tenter d’aller à sa rencontre, infléchir un peu la courbe caressante… Non, cela ne changea rien, et alors elle se contenta de laisser ses propres doigts partir en exploration dans les cheveux blancs du marchombre, et sur son dos musclé.

Sa peau à lui était fraiche, frémissante elle aussi.
Elle lui enleva comme elle put son pantalon, haletante. Il était loin d’être impérieux, violent ou exigeant et pourtant elle en perdait déjà son souffle, sa tête.
Maintenant, elle n’attendait plus qu’une chose : qu’il la touche enfin, aux endroits où elle l’attendait, pantelante.

Alors, quand sa main enveloppa son sein, elle ne put retenir un gémissement d’extase, se cambrant d’autant plus pour faire frotter le bout de sa poitrine enflammée contre la peau d’Erwan. Son souffle se coupa dans sa gorge quand enfin – enfin ! - la bouche du marchombre vint se saisir de ses mamelons avec une douce avidité.
Elle se tortillait sur les draps du lit. Ses doigts malaxaient la peau de l’homme, doucement, mais elle ne descendit pas vers l’objet de son désir. Ou juste suffisamment, comme lui le faisait avec elle, créant une attente électrique et intense…

Attente qui s’évapora quand il vint se ficher en elle.
La douleur cotoya la vague de plaisir un instant. Des points noirs dansèrent devant les yeux de Lib, quelques secondes, le temps qu’elle se fasse au membre dur d’Erwan en elle. Quand il commença à bouger, elle ne put retenir un géimssement de surprise.
C’était presque trop. Il poussait en elle, écartant ses chairs, plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Elle n’était pas partie en exploration avant qu’il n’entre en elle, et elle le regretta un instant – elle aurait pu le préven…

- Doucement, s’il te plait…
Sa voix n’était qu’un murmure rauque entrecoupé de désir, où une pointe de souffrance perçait légèrement. Mais comme le marchombre s’arrêtait, elle ondula du bassin pour l’encourager à bouger quand même. Fermant les yeux, il lui fallut encore quelques minutes avant de s’habituer à la sensation d’être remplie – pire que remplie – à ce point.

- Mmm...
Elle gémit de délectation quand Erwan se remit à bouger lentement.
C’était exquis. Doux, tendre, et si intense pourtant ! Tout son ventre se contractait au rythme des mouvements de son amant,  sa respiration se coupait régulièrement quand parfois une pointe de douleur, un début d’irritation, se faisait ressentir plus fort.  

Et puis, ça montait. Doucement, sûrement, mais…

- Vas-y. S’il te plait…
Presque une supplication. Elle sentait son corps se distendre, elle avait peur de ne plus aimer autant ça si ça durait trop longtemps, elle avait du mal à savoir !
Trop d’intensité.
Son cerveau ne savait plus ce qu’il fallait ressentir…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Dim 14 Aoû 2016, 00:58

Il grogna.
Elle était tellement étroite, tellement serrée, l’emprisonnant en elle de ses muscles puissants… C’était divin, et il ferma les yeux une seconde, profitant de cette sensation qui l’étreignait de toutes parts.
Penchant la tête en avant, il saisit délicatement le lobe de son oreille, entamant une danse vieille comme le monde. Mais le soupir-murmure de Libertée l’interrompit quelques secondes.
Doucement ? Elle était si serrée, il comprenait mais n’avait qu’une envie : plonger en elle, la sentir se contracter encore plus autour de lui, lui tirer ce gémissement de plaisir, voir le rose lui monter aux joues, son corps se tendre… Il se força à l’immobilité, attendant de voir si Libertée se sentait mieux…
Elle vint à sa rencontre, il frémit puissamment alors qu’elle l’engloutissait. Qu’elle gémissait.

Un grondement sourd s’échappa de la gorge d’Erwan, pas exactement humain. Lâchant l’oreille de Libertée, il joua de sa langue dans sa nuque, le long de la courbe de son cou, soufflant dans ses cheveux courts. L’une de ses mains s’empara de son sein droit, tandis que la seconde se glissait dans la cambrure de son dos pour la presser plus fort contre lui.
Le nouvel angle fit frotter avec force le bout hypersensible de son gland contre le col de Libertée, plus ferme, et Erwan se mit à trembler de tout son corps sous la puissance et l’intensité du plaisir qui s’écrasa sur lui.

- Vas-y. S’il te plait…
Elle s’était un peu détendue autour de lui, mais était toujours très étroite. Et elle lui demandait d’y aller ? Débridant une à une les chaînes qu’il s’était efforcé de verrouiller, Erwan laissa son corps prendre le contrôle de la situation. Dans un grognement, il s’enfonça en elle pleinement, poussant sur chacune de ses paroi de chair parcourues de contractions. Sortant presque entièrement, il replongea en elle et son grondement fut couvert par le cri de Libertée où se mêlait plaisir et une sorte de glapissement de douleur.

Ralentissant, il lâcha son sein, glissa ses doigts sur la peau de son ventre pour se mettre à genoux entre ses jambes. Saisissant ses hanches en enfonçant ses mains, il la souleva légèrement pour l’empêcher de bouger, les pouces de part et d’autre de son clitoris, se mouvant en petits cercles.

Ainsi offerte, le ventre tendu, les hanches ouvertes et contractées, ses seins rebondissant sur sa poitrine, le menton basculé en arrière, elle était tellement belle ! Telle une déesse du plaisir,  s’abandonnant, sa peau de pêche diffusant la lueur des derniers rayons de soleil de la journée, qui passaient à travers la fenêtre.
Quand il sentit sous ses doigts le pubis de Libertée onduler brusquement, il perdit ses dernières bribes de contrôle et se noya en elle, et dans son orgasme.


*


Allongé sur le dos, à bout de souffle, Erwan tourna la tête vers Libertée pour la contempler encore quelques secondes.
Ça avait été… indescriptiblement merveilleux.
Rien à voir avec la pulsion sauvage du Jaguar, quelques mois plus tôt, avec Kanaëkhian. Il s’était senti perdu, presque honteux, d’avoir cédé à des pulsions qu’il repoussait depuis trop longtemps.
Mais Libertée…
Il avait déjà été attiré par elle alors que Miss était toujours vivante. En réalité, elle lui rappelait aussi un peu sa défunte compagne… Et alors qu’il s’attendait à ce que les ténèbres de sa tristesse  s’enveloppent de leur manteau glacial, il se contenta de rester dans l’instant présent, les sens soudain décuplés.
Au point d’entendre le cœur de Libertée qui tambourinait dans sa poitrine, que sa respiration était devenu un souffle suggestif – il avait envie de raccourcir ce souffle encore une fois – que ses légers mouvements dans les draps étaient comme des sons doucereux et appelant une nouvelle fois à la passion.

Cela n’avait plus rien à voir avec quoi que ce soit d’autre.
Fermant les yeux, le Marchombre tenta de s’éclaircir les idées. Mais son corps n’était pas exactement de son avis : il était prêt, déjà, à recommencer. Et le Jaguar, roulé en boule dans son ventre, baillait largement, rassasié. Ce n’était pas qu’une pulsion sauvage, un besoin devant être comblé…

Se secouant, Erwan se redressa dans le lit, passant ses jambes par-dessus le rebord du lit pour se lever. Son regard chercha un instant celui de Libertée.

- Ça va, je ne t’ai pas trop fait mal ?
Et le père de sa fille ? Repoussant ces pensées mal venues de son esprit, Erwan poussa un petit soupir, se levant doucement pour attraper ses vêtements.


*


La nuit était tombée depuis plusieurs heures quand ils sortirent enfin de l’auberge pour se diriger résolument vers le quartier où ils avaient repéré la bâtisse des Gil’Juth.
Dans la lueur dispensée par les étoiles, Erwan se hissa sur un muret en quelques gestes précis, avant de contempler les cinq larges terrains qu’ils devaient traverser pour être sur la propriété qu’ils cherchaient.

Passer par une fenêtre, se glisser dans la maison et fouiller suffisamment pour trouver des indices. Voire des enfants, ou des adultes. Un instinct puissant lui dictait qu’il y en aurait, forcément. Il ne savait juste pas dans quel état ils pourraient les trouver.

Ils avaient décidé de ne pas se séparer, car cela rendrait les choses plus difficiles. Mais alors que Libertée montait aussi sur le muret, il ne put s’empêcher de contempler quelques secondes la lueur d’argent de la lune sur les courbes de son corps… Secouant la tête, le Marchombre poussa un soupir à l’adresse de lui-même, avant de se laisser basculer de l’autre côté du mur.

Pas de chien dans ce premier jardin, ce qui permit aux Marchombres de se glisser d’ombres en ombres pour le traverser sans encombre et accéder au second, parsemé d’arbres fruitiers.
Quand Erwan posa ses pieds sur la pelouse du deuxième domaine, des caquètements se firent entendre, et il se tendit quelques secondes le temps de comprendre ce que c’était…

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Dim 14 Aoû 2016, 19:36

Le mouvement suivant d’Erwan la déchira presque de part en part.
Le plaisir se disputa un instant à la douleur, avant qu’il ne change de position et que l’angle soit plus adapté à son vagin malmené. Lorsque les doigts du marchombre vinrent jouer avec elle, elle sentit tout son corps réagir instinctivement, se contracter vivement. Il ne lui fallut que quelques secondes pour que la vague de plaisir prenne de l’ampleur pour s’écraser en elle.
Elle cria son nom.


♥ ♥ ♥


Le souffle saccadé, Libertée avait fermé les yeux.
Tout son bas-ventre irradiait. De plaisir mais pas que. Une pointe d’irritation perçait son nuage orgasmique. Elle avait aussi un peu mal au ventre, mais étonnamment… En fait, ça ne la dérangeait pas plus que ça. Ce n’était simplement pas une sensation à laquelle elle était habituée.
Poussant un petit soupir, elle ouvrit les paupières et son regard se glissa le long d’une estafilade, dans le plafond. Elle voulait se relever, mais son corps n’était pas encore exactement d’accord, et elle ne put que remuer légèrement.

Par contre Erwan semblait dans un meilleur état qu’elle, ce qui lui tira un sourire.
Sa question, si prévenante, la manière dont il la regardait… Libertée sentit le rouge lui monter aux joues, et son cœur ré-accélérer dans sa poitrine alors que son ventre se contractait légèrement.
Elle posa une main sur son nombril, essaya de comprendre les sensations qui se disputaient en elle… Avant de secouer la tête.


- Non, je crois que ça va.
Elle eut un petit sourire mutin sur les lèvres et parvint cette fois à rassembler ses jambes sous elle pour se coller au dos du marchombre, pressant ses seins contre sa peau avant qu’il n’attrape ses vêtements.
Elle laissa ses lèvres jouer avec l’épaule d’Erwan, la piqueta de légers baisers, et ses doigts partirent en exploration du côté de ses pectoraux. En fait, elle en voulait encore.
Malgré la douleur, cela avait été terriblement bon. Il était tendre, doux, et… Cela faisait autant de bien à son corps qu’à son esprit. Non, ça faisait beaucoup plus de bien à son esprit, quel que soit le plaisir en réalité. Elle se sentait apaisée, sereine, ce qui n’était pas arrivé depuis de longs mois.

Sa langue joua avec le lobe de l’oreille d’Erwan, quand elle descendit sa main droite vers son sexe. Déjà à moitié dressé, même sans être parfaitement dur, il était d’une taille impressionnante. Autant dans sa largeur que dans sa longueur. Se mordant la lèvre inférieure, passant sa langue sur ses dents, Libertée soupesa le pénis de son partenaire pendant quelques minutes, s’amusant avec lui jusqu’à ce qu’il soit parfaitement en garde, appréciant de sentir l’effet qu’elle faisait.
Et puis, soudain, elle bascula sur ses genoux et attrapa ses lèvres des siennes.


♥ ♥ ♥


Le quartier adjacent aux appartements des Gil’Juth était parfaitement calme. Calme, un peu éclairé, mais pas gardé, ce qui était une bonne chose : ils allaient pourvoir passer de propriétés en propriétés sans se faire repérer. Suivant Erwan sur le haut du premier mur de briques délimitant une parcelle, Libertée laissa son regard errer sur les ombres qui s’y déployaient. Il y avait de quoi en jouer, et ils basculèrent tous les deux dans l’herbe pour traverser la pelouse.

Par contre, quand Erwan descendit le premier dans le second, des bruits étranges se firent entendre. Des caquètements ? Fronçant les sourcils, Libertée plissa les yeux pour forcer sa vision à s’accorder… Et découvrir un groupe de quatre oies, cou tendu, becs claquants, se diriger vers le marchombre.
Sautant à terre, elle glissa ses doigts sur l’avant-bras d’Erwan pour lui dire qu’elle s’en occupait. Soufflant, elle chassa toute la tension dans le haut de son corps et s’accroupit devant les larges oiseaux agressifs. Elle commença à parler doucement, à siffler entre ses dents, pas trop fort, juste pour intriguer les animaux à ailes. Les oies se calmèrent rapidement, et Libertée lança un regard à Erwan pour qu’il continue, avant de disparaitre dans une dernière note sifflée à l’intention des oiseaux.

Ils ne rencontrèrent qu’un vieux chien dans un autre jardin, les autres étaient aussi vides que le premier. En quelques dizaines de minutes, ils furent sur la propriété des Gil’Juth, et Libertée prit une grande inspiration alors qu’ils étaient perchés dans un arbre pour observer : il y avait des gardes, là, et ils faisaient des rondes.
Se rapprochant d’Erwan jusqu’à être presque collée contre lui – son odeur l’enveloppait et elle ferma les yeux un instant alors que son corps réagissait comme une fleur s’ouvre doucement – elle désigna une fenêtre près du sol, sur la façade Est de la maison.


- Ça doit mener au sous-sol, ou quelque chose comme ça. On ne devrait pas avoir trop de mal à s’y glisser.
La carrure du marchombre n’était pas du tout pareille que la sienne, mais il lui semblait que la fenêtre était assez grande – et il n’y avait pas de barreaux. Mais il allait falloir briser le carreau sans attirer l’attention des gardes qui patrouillaient à quelques dizaines de mètres de là.
Prenant une inspiration, Libertée se détacha – à regrets – d’Erwan pour descendre souplement et silencieusement de son perchoir, se glisser de branches en branches sans un bruit pour arriver près du mur est de la maison.

Jetant un coup d’œil vers le porche, elle vit les deux gardes qui discutaient et descendit rapidement pour atterrir juste à côté du cadre du verre. Elle passa efficacement ses doigts sur le bois entourant la fenêtre et trouva une faiblesse, une fissure, dans l’angle du haut à droite.
Se ramassant sur elle-même pour se faire la plus petite possible, elle posa sa main contre la vitre et sorti une épingle de sa ceinture, qu’elle passa entre les deux battants de la fenêtre. En quelques secondes, la vitre qu’elle tenait glissa sur la seconde alors qu’elle avait déverrouillé le loquet, et elle se glissa à l’intérieur, invitant Erwan à faire de même.

Tout était noir.
Parfaitement noir.
Trop noir…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Dim 14 Aoû 2016, 22:53

Erwan hocha la tête quand Libertée lui indiqua la petite fenêtre presque au ras du sol, sur le côté du manoir. Il l’avait repérée aussi, cette entrée. Cependant, il restait méfiant : pourquoi n’était-elle pas gardée ? Certes, les rondes des gardes avançaient profondément dans les jardins, et ils pouvaient surveiller l’endroit régulièrement…
Clignant des paupières quelques secondes, le Marchombre suivit chacun des mouvements de Libertée qui se glissa dans le noir et les ombres pour forcer le battant de la fenêtre.
Quelques secondes plus tard, elle lui faisait signe de la rejoindre, et il prit une inspiration en descendant souplement de l’arbre. Se fondant dans les ombres du verger, il atteignit sans encombre la fenêtre et s’y glissa avec précaution : il passait tout juste, et ne devait surtout pas se faire repérer.

Des pas retentirent à ses oreilles, sur les graviers de la cour. Retenant son souffle, il ferma vivement mais silencieusement le battant de la fenêtre une demi seconde avant que des chaussures n’apparaissent à l’angle de la bâtisse. Se plaquant contre le mur sous la fenêtre, Erwan retint son souffle un instant…
Les pas s’éloignèrent.
Poussant un soupir de soulagement, le Marchombre se redressa doucement en faisant jouer sa nuque. Grâce à la lumière très diffuse de la fenêtre, il repéra la chevelure courte et dorée de Libertée.
Tout le reste était parfaitement noir. D’un noir si intense que c’en était presque inquiétant. Mais en même temps, c’étaient sans doute des sous-sols, qui ne devaient pas être utilisés très souvent.

Déployant ses sens, l’homme prit une inspiration. Une odeur de défécations lui attaqua la gorge, tout comme celle de la pourriture. Et de la moisissure, de l’humidité immobile.
Un grognement retentit, bruit de gorge presque imperceptible mais réel, à l’écho perturbant contre les murs nus. Dans son ventre, le jaguar se ramassa sur lui-même, aux aguets.
Il était tenté d’allumer une torche, mais se retint encore quelques secondes. Un gémissement s’éleva à l’opposé du grognement. De ce qu’il en percevait, la pièce devait être grande, et vide ou presque. Un tintement de métal fit bondir le cœur d’Erwan dans sa poitrine, et il se groupa sur ses appuis.

Libertée était juste là, il sentait sa peau presque contre la sienne. Aucun d’entre eux n’avait bougé, tentant de comprendre où ils étaient. Tendant la main, Erwan trouva le bout des doigts de la Marchombre et prit une inspiration.
Attrapant une torche à sa taille, l’homme éclaira sommairement l’espace qui les entourait.

Un cauchemar.
Cela ne pouvait qu’être un cauchemar.
Des dizaines d’enfants, dans des cages grillagées et barbelées. Des enfants d’une maigreur extrême, nus, affalés contre les bords de leur prison. Il repéra quelques yeux ouverts, ceux qui brillaient dans la pénombre, qui les regardaient avec cet air affreusement dépossédé et désespéré.

Retenant son souffle, Erwan s’avança d’un pas.
Les restes d’un repas jonchaient le sol près de minuscules trappes donnant accès à l’intérieur d’une cage ; Alors seulement le Marchombre remarqua que tous les enfants étaient par paires dans chaque cage. Affolé, il les compta. Plus d’une trentaine, en incluant le chien famélique dans cette cage, là-bas, ainsi que le perroquet déplumé dans l’autre.
En observant de plus près, ce n’étaient pas vraiment des enfants. Plus vraiment. Ils devaient avoir tous entre dix et seize ans.

Un frisson de pure rage bondit dans les veines d’Erwan, lui faisant serrer les dents si fort que l’émail grinça. S’approchant d’une cage où se trouvait un garçon d’une douzaine d’années, à priori, il s’accroupit à côté pour tenter de communiquer avec lui.
A ce moment précis, un bruit de clé retentit, et chacun des prisonniers se recroquevilla sur lui-même.

Se mordant la lèvre, Erwan bondit pour saisir le poignet de Libertée, éteignit sa torche, et la poussa dans un coin derrière une taule de métal.
Retenant son souffle, il ferma les yeux pour mieux entendre ce qu’il se passait, alors que tout son être le poussait à sortir de sa cachette et à tuer quiconque rentrait dans cette pièce. Surtout vu la réaction des gamins !

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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Lun 22 Aoû 2016, 07:10

[ Je me suis un peu emballée, si quelque chose ne te convient pas hésite pas ! ]



Trop noir. Oui, parce qu’aucune lumière n’était présente dans la pièce, et très peu filtrait du carreau qu’Erwan referma après son passage. Laissant son ouïe devenir le centre de son être, Libertée repéra très rapidement des bruits de respirations saccadées.
Saccadées mais tellement faibles que c’en était juste inquiétant. Un frisson la parcourut des pieds à la tête, matérialisation d’un profond mauvais pressentiment. Elle ne voulait pas voir ce qu’il y avait dans cette pièce…

Se rapprochant d’Erwan, elle vint à son contact pour se rassurer. Son propre cœur avait beaucoup trop accéléré dans sa poitrine, et elle sentait un vent de panique naître sous son crâne. Quelque chose n’allait pas. Sa respiration se calma presque instantanément quand les doigts du marchombre effleurèrent les siens. Dans un réflexe presque désespéré elle lui attrapa la main. La chaleur de sa paume dans la sienne la rassura et elle parvint à prendre une inspiration presque normale.

Lâchant finalement les doigts du marchombre, elle se ramassa sur elle-même quand elle le sentit se baisser pour allumer une torche. Prête à réagir.
Le spectacle qui s’offrit la figea. Des cages partout, aux barreaux très rapprochés, en métal rouillé. Des cages empilées, même pas rangées… Mais surtout, des adolescents. Pré-adolescents. Dans toutes les cages, ils allaient par paires. Chaque paire combinée devait faire le poids d’un enfant normal de leur âge, et leur maigreur extrême fit naitre une boule dans la gorge de Libertée qui se retint de justesse de lâcher un gémissement d’indignation et de détresse mêlées.

Elle croisa le regard d’une fille. Un regard brillant, où vibrait une étincelle de rage épuisée. Un regard presque accusateur, en tout cas plein d’espoir et de douleur en même temps. De résignation.
Un frisson parcourut les bras de Libertée et elle voulut s’avancer vers la cage dans laquelle était enfermée la fille. Elle était avec un garçon… La marchombre se rendit alors seulement compte que chacune des paires était composée d’un garçon et d’une fille. Fronçant les sourcils, elle se souvint de ce qu’avait dit le mec à Erwan.
«  Il est persuadé qu’en les obligeant à procréer, les enfants seront de plus en plus forts et capables de prendre plusieurs formes… »
Un frémissement de rage pure se dispersa sur toute la surface de sa peau, et elle serra les poings. Il fallait faire sortir ces gosses de là ! Mais alors qu’elle allait murmurer quelque chose à l’adresse d’Erwan, un bruit de clefs se fit entendre et la gamine lâcha son regard pour se recroqueviller sur elle-même.

Le marchombre fut très rapide.
Il éteignit sa torche, l’attrapa par le poignet pour la tirer plus loin. Elle était tellement obnubilée par l’adolescente qu’elle n’avait même pas pris le temps de trouver un endroit où se cacher. Le contact du fer lui indiqua qu’Erwan les avait cachés derrière une tôle de métal, et elle prit une grande inspiration pour éviter de faire trop de bruit.

Le grincement de la porte qui basculait attira son attention, et elle se plaqua comme elle le put, se faisant la plus petite possible, tendant l’oreille à en entendre sa tête bourdonner.
Un pas. Deux pas. Trois pas.
Un caillou qui roule.
Retenant son souffle, la marchombre ferma les yeux dans la pénombre. La personne qui était rentrée semblait avoir une lanterne, à la lueur que ça diffusait sur les murs.  

Un bruit de métal glissant sur la pierre la fit presque sursauter. Avant qu’une voix claquante – une voix d’homme – ne brise le silence épais de la pièce.

- Oh le clébard, t’as une portion de légumes aujourd’hui. Ça t’apprendra à croire que tu peux rester comme ça !
Un grondement de chien suivit sa déclaration, tirant un frémissement de rage à Libertée. Elle tenta d’échanger un regard avec Erwan, mais se contenta de prendre une inspiration.

- Oubliez pas les filles, aujourd’hui c’est la visite mensuelle haha !

La marchombre dut faire preuve de toute sa volonté pour ne pas se redresser et se jeter sur l’homme qui venait de parler. Elle ne savait même pas s’il était vraiment seul. Mais elle se voyait bien l’égorger, lui découper la gorge, lui arracher les couilles là tout de suite !

- A dans une heure, les jeunes ! La porte claqua violemment, faisant trembler Libertée au passage qui se redressa brusquement sur ses jambes.  
Se précipitant vers la porte, elle vérifia rapidement :  verrouillée. Observant la serrure, elle nota que c’en était une à contrepoids… Ce qui n’allait pas aider. Les serrures à contrepoids sont des vieilles dames, il faut prendre le temps avec elles. Relâchant son souffle pour tenter de garder un semblant de calme, Libertée leva les yeux vers Erwan.

- On s’y prend comment ?

Ils avaient moins d’une heure. Une quinzaine de cages à ouvrir. Des gamins certainement pas capables de marcher ou de se déplacer. Des gardes dehors. Une longue distance à parcourir.
Ils étaient dans la merde.

Mais Erwan était métamorphe, non ? C’était celui qui était le plus à même de gagner la confiance des gosses. Alors, elle se passa la langue sur les lèvres en prenant une nouvelle inspiration.

- Si c’est vraiment Rothendo qui vient, tu crois qu’on l’attend ?
Il aurait toujours des gardes, des gens à sa botte qui se battraient à sa place s’il venait à être tué non ?

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Lun 22 Aoû 2016, 19:45

La visite mensuelle ?
Qu’entendait l’homme par là ? Le sang d’Erwan ne fit qu’un tour dans ses veines. Il imaginait déjà le pire – le pire, mais le plus plausible, finalement, dans cet endroit glauque comme la mort elle-même. Dépliant souplement son corps de derrière la tôle métallique, le Marchombre prit une grande inspiration pour contenir toute la colère qui pulsait en lui. Il lui arrivait très rarement d’être autant en colère, et la puissance de l’émotion était telle qu’il peinait à la gérer.
Presque dans un état second, il lui fallut plusieurs secondes avant que la question de Libertée n’atteigne son cerveau.

Comment pouvaient-ils s’y prendre ?

Il ne savait pas trop. Il y avait beaucoup d’enfants à faire sortir de là, et ils ne pouvaient pas prendre le risque de tenter de tous les faire passer par la fenêtre. Déjà, parce que dehors, il y avait des gardes ; mais aussi parce qu’il y avait plusieurs jardins ; et enfin parce que l’état famélique des gamins impliquait qu’ils ne puissent pas être capables de se déplacer efficacement.

Prenant une profonde inspiration, Erwan se mit à réfléchir à toute vitesse.
Passer par la maison, le domaine, semblait une idée encore plus mauvaise. Il y aurait potentiellement autant de personnes dedans que dehors, voire encore plus, non ? Et surtout, cet homme revenait dans moins d’une heure.

- Si c’est vraiment Rothendo qui vient, tu crois qu’on l’attend ? 
La question de Libertée lui percuta les sens. Mais oui ! Ils pouvaient potentiellement savoir si l’homme était Rothendo, ou un sous-fifre ; et savoir qui viendrait dans une heure.

Rallumant une torche, le regard d’Erwan balaya la pièce et les corps des gamins.
Certains étaient en meilleur état que d’autre. Ou plutôt, leur état était moins pire que celui d’autres. Se dirigeant silencieusement vers une cage où brillaient deux paires d’yeux plantés sur lui. S’accroupissant pour être plus ou moins à leur hauteur, Erwan chercha leur regard. Trouva celui de la fille.

- Savez-vous qui va venir dans une heure ?
Il vit l’adolescente attraper la main de son compagnon de cellule, avant de hocher la tête une fois. Il la vit s’humidifer les lèvres en passant sa langue dessus, avant de redresser le menton.

- Oui, c’est Roth qui va venir… Sa voix n’était à peine plus qu’un murmure. Mais une fois qu’elle parvint à prononcer les premiers mots, elle se redressa un peu. Avec lui, il s’appelle Loth. Ils viennent avec une sorte de guérisseur qui arrive à déterminer si on peut se reproduire ou pas. Et si… Si… Sa voix s’éteignit alors qu’elle se blotissait contre son compagnon de cellule, qui l’attrapa par la nuque pour déposer un baiser sec sur ses cheveux.
- Vous allez nous sortir de là ?
Erwan échangea un rapide coup d’oeil avec Libertée.
- C’est notre but, oui.
L’adolescent se renfrogna un instant, mais la fille contre lui se redressa doucement. Ses grands yeux se levèrent vers Erwan.
- Pourquoi ? demanda-t-elle avec une détermination sans faille dans la voix.
- Ils veulent capturer ma fille. Je vais tout faire pour arrêter tout ça.
Les deux adolescents écarquillèrent les yeux à cette déclaration. Alors une autre voix s’éleva, un peu plus loin dans la salle.
- Alors vous savez ce qu’on est ?
Erwan prit une grande inspiration, avant de hocher la tête.
- Oui. Je suis comme vous, avoua-t-il doucement. Il jeta un coup d’oeil en direction de Libertée un instant. Il sentait le regard de chacun des enfants sur lui, et savait ce qui lui restait à faire désormais.

S’éloignant d’un pas de la cage, il prit une inspiration.
Laissa le Jaguar prendre possession de son corps un instant. Ses sens se décuplèrent, et l’animal sentit toute la détresse de ce qui l’entourait.
Enfermé. Danger. Mort. Survie !
Mais le Marchombre avait senti la manière dont allait réagir le félin, et l’apaisa comme il le put, le temps de faire quelques pas en avant, pour s’arrêter et retrouver une forme humaine.

Redressant le menton, il laissa son regard glisser sur toutes les cages autour de lui. Tous les yeux brillaient désormais.

- Pourquoi vous avez encore vos vêtements ?
Erwan eut un petit sourire, un sourire triste.
- On a le choix de les récupérer ou non. Il faut juste le saisir au bon moment… commença-t-il. Est-ce que vous savez combien de personnes vivent dans cette maison ?
- Non… La seule fois où quelqu’un a réussi à sortir c’était… Lidwa… Elle ne peut plus parler…

Se mordant l’intérieur de la joue, Erwan ferma les yeux un instant.
- Est-ce que vous sortez de vos cages pour cette… visite ?
La jeune fille se recroquevilla sur elle-même en hochant la tête frénétiquement.
- Oui, et ils nous emmenent dans une pièce juste à côté…
- Vous pouvez vous déplacer ?
demanda-t-il à l’intention de tous les enfants. La plupart hochèrent la tête ou dirent oui, mais cinq d’entre eux furent désignés par les autres comme incapable de marcher – ou même de se transformer.

Levant la tête vers Libertée, Erwan prit une inspiration.

- Je déverrouille toutes les cages. Tu les fais sortir au fur et à mesure, trouve un endroit où les cacher le temps qu’ils soient tous dehors. On terminera par les plus faibles. Mais surtout, je veux faire la peau à ce Rothendo et ses accolytes…

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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Jeu 25 Aoû 2016, 20:14

Le regard de Libertée voguait dans la pièce.
Elle essayait de trouver des solutions. Mais aucune des idées qui lui traversèrent son esprit ne lui sembla suffisamment raisonnable, avec des risques limités. C’était presque mission impossible de sortir de cet endroit avec tous ces adolescents.
Mais impossible n’est pas marchombre ?

Suivant les échanges entre Erwan et les enfants, la jeune femme fronça légèrement les sourcils quand l’homme avoua qu’il était comme ceux qui étaient enfermés. Un métamorphe.
Elle l’avait bien compris, la veille. Cependant, entre savoir quelque chose, et voir un homme se transformer devant ses yeux en un magnifique prédateur, il y avait un véritable gouffre… Au dessus duquel Libertée s’élança sans réfléchir. Elle avait déjà vu une transformation, mais c’était en cerf, du coup cela restait bien moins impressionnant que ça.
Ça, c’était ce jaguar qui s’était ramassé sur lui-même presque instanannément quand il avait été complètement transformé.

Mais cela ne dura pas, et rapidement Erwan fut de retour dans son enveloppe charnelle d’humain.
Plusieurs souffles s’accélérèrent dans les cages alentours, et du coin de l’oeil la marchombre vit plusieurs enfants se rapprocher des barreaux pour être plus proches de l’homme qui venait de changer de forme.
Une question fusa, sur les vêtements – que Lib mit un certain temps à comprendre, comme la réponse de la part d’Erwan. Avant de se rendre compte que c’était sans doute pour ça que tous ces enfants étaient complètement nus : ils avaient dû vouloir se transformer et, leur opération étant sans succès, avaient retrouvé leur forme humaine… Et sans vêtement.

Un frisson de rage parcourut la marchombre quand l’adolescente expliqua à Erwan qu’ils sortaient les filles des cages pour aller à côté. Elle ne voulait même pas imaginer ce qu’on leur faisait exactement : rien que le fait qu’ils soient là, tous, était impardonnable.
Elle ne pourrait pas les venger – et cela n’avait que peu d’intérêt. Par contre, elle pouvait les débarasser de la menace qui pesait sur eux. Avec Erwan, ils pouvaient le faire, non ?


- Je déverrouille toutes les cages. Tu les fais sortir au fur et à mesure, trouve un endroit où les cacher le temps qu’ils soient tous dehors. On terminera par les plus faibles. Mais surtout, je veux faire la peau à ce Rothendo et ses accolytes…
Oui, ils pouvaient le faire !

Hochant la tête, Libertée s’avança donc vers la fenêtre pour l’ouvrir sans un bruit. Se hissant souplement à l’extérieur en jetant un coup d’oeil alentours, elle se plaqua contre le mur pour éviter le regard d’un garde qui venait de passer l’angle de la  maison. Elle retint son souffle, mais l’homme fit demi-tour sans la voir et elle relâcha sa respiration.
Où elle se trouvait, le noir était épais. Elle allait pouvoir prendre trois adolescents le long du mur, avant de les emmener dans les arbres du verger, à une dizaine de mètres de là, en s’accordant avec la ronde du garde chargé de ce côté du Domaine.

Se penchant vers la fenêtre, elle murmura vers l’intérieur.

- Je peux prendre trois personnes.
Elle souleva rapidement une première fille, attrapant ses mains tendues pour la hisser à l’extérieur. Les trois adolescents étaient littéralement des poids plume et cela lui vrilla le coeur. Mais elle ne se déconcentra pas. Jetant un coup d’oeil du côté de la ronde, elle demanda aux gamins de se plaquer contre le mur le temps que le garde vérifie l’angle de la maison… Avant de leur désigner un bosquet à hauteur du sol dans lequel ils pouvaient se cacher.

Elle put continuer comme ça jusqu’à ce qu’il y ait une quinzaine de gamins sous le bosquet.
Alors, elle pencha la tête vers l’intérieur pour parler avec Erwan.

- Il n’y a plus de place pour les cacher. Il faut les déplacer.
Il ne leur restait que peu de temps, mais elle était déterminée. Se glissant près des gosses, elle leur adressa un sourire rassurant avant de lever les yeux vers l’arbre qui les dominait. Son regard passa ensuite sur les deux gardes et elle vit dans leur attitude qu’ils devaient avoir repéré leurs mouvements.

Prenant une inspiration, elle fit signe aux gosses de ne pas bouger alors que les deux gardes se dirigeaient vers eux. L’un des deux avait un chien, qui commença à grogner et à tirer sur sa laisse quand ils furent à moins de cinq mètres. Elle vit le visage d’un gamin se déformer et eut juste le temps de lui toucher l’épaule pour l’empêcher de faire une bêtise.
Alors, soudain…
Elle chanta.
Doucement. Comme un long murmure.

Le chien se calma instantannément, et les deux gardes se figèrent sur place.
S’arrêtant un instant pour parler aux adolescents, elle vit les deux hommes frémir, tandis que le chien se couchait tranquillement.

- Vous allez courir vers le Nord. Là-bas. Il y a un mur à escalader, mais je tiens ces deux-là. Passez de l’autre côté, c’est un verger, cachez-vous. On arrive avec les autres.
Elle reprit son chant une seconde avant que les gardes ne se précipitent sur eux. Les gamins l’observèrent quelques secondes, incapables de bouger… jusqu’à ce que l’un d’eux prenne un autre par la main et l’entraine. Tout le monde suivi, et Libertée eut un soupir dans ses notes. S’approchant des deux gardes, elle posa ses doigts sur leur front, puis sur leur nuque.
Ils s’effondrèrent. Le chien se colla contre l’un deux en léchant les doigts de la marchombre qui lui dispensa une rapide caresse.

Ils leur restait moins de trente minutes avant le prochain changement de garde.
Mais bon, il devait rester moins de vingt minutes avant l’arrivée de Rothendo et Loth…

S’accroupissant vers la fenêtre, Libertée informa rapidement Erwan.

- J’ai dû mettre hors d’état de nuire les deux gardes. On a vraiment peu de temps.

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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Ven 26 Aoû 2016, 00:44

Quand Libertée se détourna pour ouvrir la fenêtre et aller guetter l’extérieur, Erwan ne put s’empêcher de suivre ses mouvements des yeux pendant quelques secondes… Avant de s’ébrouer alors qu’elle passait le carreau.
Roulant des épaules, il se dirigea vers les cages les plus éloignées de la fenêtre pour les déverrouiller. Ça laisserait plus de temps si jamais quelqu’un venait à pénétrer par la porte de la pièce, pour qu’il la traverse.

Deux garçons et une fille.
Ce furent les premiers à sortir du sous-sol, et Erwan demanda aux suivants de l’aider à déplacer les chaines et les déchets présents dans la pièce devant la porte pour ralentir un potentiel ennemi. Petit à petit, la pièce se vida.

Les serrures des cages étaient d’une simplicité qui permit à Erwan de toutes les déverrouiller rapidement et avec efficacité. Bientôt, tous les gamins purent sortir de leur prison minuscule. Il put soulever les deux qui ne pouvaient pas se déplacer seuls pour les appuyer contre le mur près de l’ouverture. Les autres s’activaient toujours à mettre des obstacles sur le chemin et entre les cages.

Il leur restait très peu de temps.
Alors, quand Libertée passa sa tête dans la fenêtre pour dire qu’elle avait mis les gardes K.O., Erwan sentit une bouffée de panique l’envahir.
Prenant une profonde inspiration, il ferma les yeux une seconde. Ne pas se laisser submerger par les émotions. Pour pouvoir sauver ces gamins, ils devaient garder leur sang-froid.

Attrapant le garçon en mauvais état sous les aisselles et les genoux, il le souleva délicatement pour le passer à Libertée à travers l’ouverture. Puis, il fit de même avec la fille, avant de terminer d’aider les enfants à sortir.
Lorsque le dernier d’entre eux passa enfin la fenêtre, Erwan attrapa son encadrement pour en sortir…
Un cliquetis de l’autre côté de la pièce attira son attention. Voyant que Libertée se penchait pour poser une question, il lâcha ses prises et posa son doigt sur ses lèvres.

- Filez. Quelqu’un arrive. Je vous rejoindrai, murmura-t-il à toute allure, avant de fermer la fenêtre pour couper toute réplique de la part de la Marchombre.

Il se déplaça rapidement dans les débris et obstacles qu’ils avaient mis sur le sol pour aller se poster juste derrière la porte.
Une seconde plus tard à peine, la poignée tournait et le battant s’ouvrait.
Retenant son souffle quelques instants de plus, Erwan attendit qu’un pied d’homme entre dans la pièce avant d’agir d’une quelconque manière.

- Alors les filles, prêtes… ?? Qu’est-ce qu’il s’est passé ici ?
- Qu’est-ce qu’il y a Loth ?
- Je vous promets que tout le monde était là il y a moins d’une heure !

Erwan fit un pas sur le côté alors que la porte était poussée violemment et venait claquer contre le mur de pierre.
Alors, seulement, il bondit en avant et se réceptionna sur le second homme… Celui qui n’était pas Loth. Mais avant qu’il n’ait pu agir de plus, le corps contre lequel il allait faire une clef de bras se brouilla et Erwan bondit en arrière.
Quoi ?
Un métamorphe qui faisait ça à d’autres ? C’était…

La colère gronda en lui, puissante, alors qu’une lionne au poil brillant lui sautait dessus, tous crocs dehors. Il l’évita souplement en effaçant sa hanche à droite, mais le Jaguar gronda si fort dans son ventre qu’il vacilla un instant et les griffes de la lionne déchirèrent le tissus et la peau de son bassin.
Il vit le prédateur se ramasser sur lui-même, mais ne s’attarda pas sur ce dernier car Loth était en train de partir en courant dans l’autre sens : il ne pouvait pas le laisser s’échapper. Attrapant un poignard à sa ceinture, Erwan le lança avec précision.
La lame s’enfonça dans l’arrière du crâne de Loth au moment précis où la masse de la Lionne le percuta de plein fouet.
Se débattant, le Marchombre repoussa le sol de ses deux coudes mais le félin avait posé ses deux pattes sur ses épaules et le clouait au sol efficacement.

Il laissa le Jaguar prendre son enveloppe charnelle à l’instant où les crocs plongèrent vers sa gorge. L’animal fut suffisamment surpris pour faire un mouvement de recul, et le Jaguar en profita pour lui fondre dessus en se redressant puissamment.

Griffes, crocs, et fourrure.
Les deux grands félins se défièrent plusieurs avant que Lionne, plus lourde et plus grande, ne prenne le dessus. Mais même pris dans le combat, le Jaguar laissa Erwan transpercer, et ce dernier se transforma en humain alors que les griffes de l’animal étaient plantées dans son torse de plusieurs centimètres. Ses pectoraux tremblaient de douleur, mais il parvint à lever les bras, attrapant la lionne par la peau du cou pour tirer… Trop lourde. Plus assez de force.
Erwan ferma les yeux un instant, alors qu’un cracha grondant s’explosait sur son menton.
Laissa les lames dans ses bras se matérialiser.
La position lui permit de les laisser s’enfoncer directement de part et d’autre de la colonne vertébrale de la Lionne, qui hurla de douleur en se jetant sur le côté. Elle tenta de se relever mais n’y parvint pas, et Erwan essayait de contenir le sang qui coulait sur tout son torse.
Il se sentait faible.
Affreusement faible.
Elle lui avait lacéré le torse et le ventre. Toute sa peau n’était plus qu’un champ de chair à vif. Le décor tournait autour de lui, mais il banda toute sa volonté quand la silhouette de la lionne se modifia pour laisser place à…
Un homme.
Un homme avec une Lionne ?
Erwan essaya de ne pas se poser de question. Il parvint à se redresser sur un coude… Enfonça sa Greffe dans la carotide de Rothendo.

Roulant sur le côté pour se dégager et éviter la flaque de sang qui commença à se répandre sous le corps de l’homme, le Marchombre ferma les yeux.
Il avait juste besoin de repos.
Un tout petit peu.
Avant de repartir…

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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Lun 29 Aoû 2016, 20:37

Libertée parvint à tirer dehors les deux adolescents trop mal en point pour se déplacer eux-mêmes. Les autres jeunes étaient massés autour d’elle, et elle leva les yeux vers eux un instant.
- Filez. Quelqu’un arrive. Je vous rejoindrai.
Se mordant l’intérieur de la joue, la marchombre attrapa le garçon et le fit passer sur son dos pour le tenir. Elle s’adressa aux deux gamins qui semblaient en meilleur état d’une voix douce mais déterminée.
- Vous pouvez vous occuper d’elle ? Vite, il faut courir.
L’adolescente fut chargée sur le dos d’un jeune métamorphe et ils se déplacèrent rapidement jusqu’au bord du jardin pour passer de l’autre côté. Libertée parvint à se hisser sur le haut du mur avec une seule main – pour le coup, ça aurait été vraiment plus facile avec ses cheveux ! – et fit passer le garçon sur ses épaules de l’autre côté, avant de se charger de la seconde.

Une fois tous les adolescents dans le second jardin, Libertée s’autorisa un petit soupir de soulagement. Mais c’était loin d’être fini. Elle reprit le garçon sur ses épaules et s’avança le long du mur, suivie par la trentaine de gamins de près. Elle allait avoir besoin d’aide. Et ils étaient dans les quartiers des nobles, ce n’était pas gagné du tout.
Soudain, un chat passa dans ses jambes en s’y frottant, avant de se percher sur un arbre un peu plus loin. Elle fronça les sourcils, jusqu’à ce que l’animal miaule dans sa direction.
Oh…
Elle était stupide des fois. Mais hors de question de demander à ces gamins de se transformer, c’était leur vie, leur choix. Cela aurait pu être plus raisonnable, mais ils étaient tous tellement faibles qu’elle n’était pas certaine que ce soit une bonne idée.

Pourtant, suite à cette première transformation, un tiers des enfants se retrouva dans la peau d’un animal. Chien, chat, loup, félin… C’était quoi ce félin, là ? Des animaux qu’elle ne connaissait même pas apparurent à ses côtés, mais tous étaient beaucoup plus silencieux que des humains, et aux sens bien plus aiguisés.

Les oies ne s’approchèrent même pas.
En fait, ce fut beaucoup plus rapide de se déplacer ainsi. Ils arrivèrent en une dizaine de minutes dans la rue opposée, et Libertée voulut cette fois entraîner tout le monde dans son sillage…
Une petite main attrapa son poignet, l’arrêtant dans son geste. Fronçant les sourcils, la marchombre baissa les yeux pour plonger dans ceux d’une gamine, d’un bleu céruléen improbable.

- Je peux aider maintenant…
Sa silhouette devint floue, et soudain une jument se tenait juste à côté de Libertée, qui en perdit son souffle un instant… Avant de sourire en secouant la tête.
- Merci.
Elle hissa le garçon qu’elle portait sur les épaules sur le dos de l’équidé, puis fit de même avec la fillette portée par deux autres adolescents. Et ils se mirent tous en marche.

La marchombre s’attendait à ce que les gamins se dispersent dans les rues, que chacun tente de sauver sa propre peau, mais ce ne fut pas comme cela que ça se passa. Au contraire, si les animaux étaient hors de son champ de vision – ses sens aiguisés ne la trompaient pas – ils étaient là, tout près. Ils se déplaçaient tous ensemble.
Un frisson traversa Libertée de part en part.
Où allait-elle les conduire ?
Elle avait bien des amis à Al-Jeit… Mais demander un tel service ? Si c’était juste un dépannage, histoire de trouver une solution durable pour les gamins, ça irait, non ?

Soudain, une idée géniale pointa dans son esprit.
Un sourire sur les lèvres, elle amena les adolescents dans les sous-sols d’Al-Jeit.



♥ ♥ ♥


Elle fit basculer une dernière pierre.
Et une porte s’ouvrit sur un passage secret, dans les entrailles de la capitale. Une grande salle s’éclaira doucement avec des sphères lumineuses, et les enfants entrèrent. Elle avait chargé à nouveau le garçon sur ses épaules quand le passage n’avait plus été possible pour un cheval.

Le déposant sur le sol, elle laissa les enfants s’installer. Certains avaient rentré la tête dans leurs épaules.

- Je vais revenir avec de la nourriture, et de l’eau. Mais d’abord, je vais aller trouver Erwan. Normalement, si vous explorez un peu par là-bas, vous devriez pouvoir trouver quelques réserves de nourriture. Je reviens vite.
En voyant les expressions des enfants, elle sentit leur panique monter.
- Si vous voulez sortir, vous avez juste à pousser cette pierre. Faites comme vous le sentez, mais je pense qu’ici, vous êtes en sécurité.


♥ ♥ ♥


Le jardin était complètement envahi par des gardes. Tous patrouillaient vivement, et chaque centimètre carré était passé au peigne fin. Sans doute à cause des deux gardes trouvés sur le sol. Et des traces de pas. Des chiens hurlaient mais arrêtaient toujours leur recherche avant d’atteindre le mur que tout le monde avait escaladé… Sans doute une odeur qui ne leur plaisait pas.

Mais comment allait-elle faire pour retrouver Erwan ?
Elle avait un mauvais pressentiment.
Se glissant dans un arbre, elle parvint à monter sur le toit de la bâtisse sans se faire repérer. Quelques bruits de conversation lui parvinrent.

- Monsieur Gil’Juth est introuvable. Sûrement en bas… Il faut le prévenir !
- Non, il ne faut le déranger sous aucun prétexte quand il y est.
- Mais…
- Si tu veux perdre ta tête, je t’en prie. Il parait qu’il jette les gens en pâture à des lions….

Déglutissant péniblement, Libertée déverrouilla une fenêtre avant de passer à travers et se glisser dans la maison en vérifiant qu’il n’y avait personne dans la pièce.

C’était richement décoré, mais elle ne s’attarda pas sur la composition des pièces.
Elle devait descendre au sous-sol. Se faufilant dans le couloir, elle chercha du regard des indices… Trouva rapidement les escaliers qui descendaient au rez-de-chaussée et s’y engagea. La maison était silencieuse, et lorsqu’un garde passait en courant elle se glissait derrière des angles de mur… Jusqu’à ce qu’elle croise deux courtisanes très déshabillées.

- J’en ai marre de ces nouvelles qui ne savent rien, et qui se croient plus belles.
- Elles n’y connaissent rien de toutes façons…

Libertée était sortie de sa cachette en observant les deux femmes disparaitre dans un angle de couloir. Elle pouvait donc évoluer dans la lumière…
Et c’est ce qu’elle fit.

Elle tomba finalement sur une porte gardée. La seule de la maison gardée. En plus, elle était bien cachée, de l’autre côté par rapport à l’entrée.
Fronçant les sourcils, Libertée s’approcha du garde en roulant des hanches. Il n’y avait personne aux alentours…
L’homme tourna son regard vers elle, en fronçant les sourcils.

- Vous n’êtes pas autorisée à aller plus loin, mademoiselle.
Libertée cligna des paupières de manière innocente.
- Je peux m’approcher de vous au moins ? demanda-t-elle dans un regard suggestif. L’homme fronça les sourcils un instant de plus, avant de secouer la tête.
- Je préfère pas…
Libertée poussa un petit soupir déçu… Avant de bondir en avant et de laisser l’homme inconscient contre le mur.

Entrant dans un couloir de pierres froides, sans plus aucune décoration, la jeune femme prit une inspiration…
Avant que son regard ne tombe sur trois corps, plus loin.
Deux hommes qu’elle ne connaissait pas – ah si, celui-là c’était celui qui était entré dans la pièce avec les adolescents…  Et Erwan !
Il y avait beaucoup de sang, et elle se précipita en avant pour se pencher sur lui… Il respirait toujours. Mais sa poitrine si délicatement dessinée était complètement ravagée par des traces de griffes, il perdait beaucoup de sang. Le regard de Libertée s’arrêta sur une porte à demi-ouverte et elle entraperçut un évier à l’intérieur. Se précipitant dedans, elle découvrit un endroit où il y avait un lit très sommaire, duquel pendaient des chaines lourdes, un évier et quelques draps… Elle déchira les draps, les trempa avec l’eau, avant de ressortir rapidement dans le couloir pour nettoyer au mieux les plaies d’Erwan. Elle enroula comme elle put les draps autour de sa poitrine, avant de lui passer de l’eau sur le visage…

- Réveille-toi, je t’en prie !
Elle ne pouvait pas le transporter, il était bien trop grand et trop lourd pour elle… Mais serait-il capable de se déplacer, lui ?

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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Mar 30 Aoû 2016, 03:16

Flottement.
Un lion… Non une lionne.
Là-bas, tout là-bas, sa silhouette devenait plus floue, moins limpide plus…
Elle disparut.
Avec toutes ses sensations.
Émotions planantes.

Une autre sorte de lionne.
Fourrure dorée et orangée, légère.
Courte.
Une voix.
Une lionne qui parle ?


« Réveille-toi, je t’en prie ! »



* *


Douleur.
Dans sa poitrine.
Non, sur sa poitrine. Ça tirait, sa peau le brûlait vivement, et les sensations revinrent toute d’un coup. C’était humide-froid, aussi, et Erwan fronça les sourcils une seconde avant d’ouvrir les paupières.
Où était-il, déjà ?
Le visage d’une jeune femme s’imposa devant son visage. Il ne savait pas si elle tentait de communiquer avec lui ou pas, mais elle bougeait les lèvres, et il avait l’impression qu’elle se dédoublait.
Il ferma les yeux un instant, força sur ses paupières, leva une main pour se la passer sur le visage. La douleur fusa, puissante, lui coupant le souffle un instant.

Et tout revint.
Les enfants. Métamorphes.
Rothendo. La lionne.
Et…
Libertée.

Il parvint à relever légèrement la main, et ses doigts se glissèrent sur la joue de la Marchombre penchée au dessus de lui. Il lui sourit, prenant une inspiration. Sa poitrine lui faisait affreusement mal, mais c’était encore à peu près gérable. Pour l’instant.


- Pourquoi tu es revenue ? Les enfants ?
Les enfants allaient bien. Il poussa un soupir de soulagement.
Mais il fallait partir. Sortir de là.
Prenant son courage à deux mains, Erwan parvint à se redresser sur un coude pour se lever complètement. Se retenant contre un mur, il attendit quelques secondes que les tâches noires devant ses yeux cessent de danser, avant d’attraper les doigts de Libertée.

- Merci…
Il déposa un baiser sur ses cheveux.

Elle sentait toujours la pêche.

Rassuré, il se remit en route.


* *

Les sous-sols d’Al-Jeit.
C’était à la fois une idée brillante, et très sombre. Même si des sphères lumineuses dispensaient de la lumière dans la pièce. Apparemment, les enfants attendaient à manger, même si certains d’entre eux étaient parvenus à tomber sur quelques réserves.

Allongé sur le sol, Erwan peinait à garder une respiration calme et ample. Il sentait son corps s’affoler alors qu’il perdait encore du sang.
Libertée était allée chercher de quoi manger pour les enfants, et un guérisseur qu’elle connaissait, apparemment. Il pourrait aider un peu tout le monde, s’il était d’accord.

Lui, il devait se reposer, non ?


- Vous nous avez sauvés… Comment tu t’appelles ?
C’était l’adolescente qui avait parlé avec lui, dans la cage. Elle s’était assise en tailleur au niveau de son torse et le fixait avec ses grands yeux… Violets. Erwan ferma les paupières un instant. Une respiration plus tard, il les rouvrit et sourit à l’adresse de la jeune fille.
- Moi c’est Erwan. Et celle qui est partie chercher à manger et quelqu’un pour me soigner, c’est Libertée.
- On peut vraiment s’appeler Libertée ?! C’est génial.

Cela fit sourire Erwan de plus belle. Le garçon qui était dans la même prison que la fille s’approcha d’eux et s’agenouilla à côté d’elle.
- Moi c’est Drean.
- Je m’appelle Syldre.
- Comment vont les autres ?
- Lidwa et Beo sont ceux qui sont dans le pire état. Mais ils se reposent. Ils ont surtout besoin de manger. Nous, ça va, j’ai juste très soif.


Erwan tenta de se redresser mais n’y parvint pas. La voix tremblante, il prit une inspiration.
- Il y a de l’eau courante à deux pièces d’ici. A droite, puis à droite, dans le fond de la pièce, derrière un rocher qui cache l’arrivée. Allez tous boire. Vous en avez besoin. Libertée va revenir.
La fille hocha la tête, et se redressa doucement en tirant son compagnon par la main, ce qui tira un sourire attendrit au Marchombre.  

Il ferma les yeux.
Il devait se reposer encore un peu…

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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Ven 02 Sep 2016, 06:37

Il bougea, bougonna, et Libertée sentit son cœur faire une embardée dans sa poitrine.
Il était vivant ! Un intense soulagement la traversa, avant qu’une nouvelle lueur de panique ne s’allume dans son cerveau : avec tout le sang qu’il perdait, il pouvait potentiellement ne pas être vivant pour très longtemps… Elle devait trouver de l’aide. Ils devaient trouver de l’aide.
Elle pouvait toujours aller taper à nouveau à la porte de Héliek… Ça serait probablement le plus simple et à même de faire les premiers soins. Il pourrait aider, et s’il ne pouvait pas guérir, ça permettrait à Erwan d’être à peu près transportable jusqu’à la confrérie la plus proche, non ?


- Pourquoi tu es revenue ? Les enfants ?
- Ils sont en sécurité. Je trouvais ça bizarre que tu ne sortes pas, et je n’étais pas certaine que tu nous trouves…

Elle avait envie de demander ce qu’il s’était passé, mais ce n’était pas le bon moment : ils devaient sortir de là.

Libertée toucha l’épaule d’Erwan quand il se redressa et s’appuya contre le mur. Elle allait lui demander s’il se sentait vraiment de bouger, mais il la remercia et…
Embrassa ses cheveux.
Quelque chose, comme une énorme boule d’émotion, se noua dans la gorge de la marchombre. Il lui fallut plusieurs secondes pour repousser une brusque envie de pleurer, et elle prit une inspiration en parvenant à se mettre en route.


♥ ♥ ♥



Elle avait allongé Erwan dans la salle principale où se trouvaient les enfants, avant de filer aussi vite qu’elle pouvait vers la maison de Héliek.
Bizarrement, elle avait cette impression de fuir quelque chose. Ce n’était pas le marchombre qu’elle fuyait, non ? Non, définitivement, ce n’était pas vraiment Erwan le problème. Le problème, c’était elle. Elle se fuyait elle-même, et cette pensée la perturba au plus haut point.

Cette boule, dans sa gorge, ne s’était pas dissoute.
Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait le cœur au bord des lèvres, comme ça. Cela l’agaça prodigieusement, d’ailleurs, de ne pas savoir d’où ces émotions venaient. C’était quoi, son problème ?
Se secouant, elle frappa quatre coups sur la porte de son ami guérisseur. Il fallut plusieurs dizaines de secondes avant que le battant ne s’ouvre très doucement… Et qu’il la reconnaisse en fronçant les sourcils.


- Lib… ? Qu’est-ce qu’il se passe, encore ?
- Des enfants… Avec un ami, on a sauvé des enfants, mais ils sont en mauvais état. Erwan s’est battu, il est en très mauvais état. Tu as quelque chose à manger pour les gosses ? Je t’en prie, Héliek, j’ai vraiment besoin de toi !

L’émotion dans la voix de Libertée fit froncer les sourcils du guérisseur, qui marmonna dans sa barbe un instant.

- Bon, d’accord. Aide-moi.
La marchombre se précipita à l’intérieur de la maison pour récupérer de quoi panser Erwan, et nourrir les réfugiés.


♥ ♥ ♥


Les bras chargés de victuailles, Libertée fit basculer la pierre qui menait au passage souterrain et aux salles dans lesquelles se trouvaient les enfants. Adolescents.
Quand la pièce se découvrit, la marchombre s’avança de quelques pas et posa tout ce qui l’encombrait sur le sol, près d’Erwan qui était toujours allongé, les yeux fermés.
Sa respiration était loin d’être calme et ample. Au contraire, elle était trop rapide à son goût, et largement saccadée. Inquiète, Libertée posa sa main droite sur le sommet de sa poitrine et sa gauche sur son front.

Il était brûlant.

- Erwan…
- Il paraît que tu t’appelles Libertée, c’est vrai ?

La marchombre opina du chef vers l’adolescente qui venait de lui poser sa question. Elle n’avait pas trop la tête à discuter, et la petite dû le voir car elle vint s’asseoir de l’autre côté d’Erwan, mais se tut.
- Oulah, en effet il est dans un sale état. Lib, je vais m’en occuper, distribue ça plutôt…
Peinant à déglutir, la jeune femme hocha la tête et se redressa difficilement et à contre-cœur. Mais au moins, elle avait quelque chose à faire.
Sortant des différents sacs de la nourriture pour les adolescents, elle les distribua le plus équitablement qu’elle le pu : des galettes de niam, de la viande séchée, du poisson séché, des fruits et des légumes. Il y en avait pour tous les goûts, et les enfants se jetèrent littéralement sur tous les aliments possibles.

Tous s’extasiaient sur tel ou tel ingrédient, plat, et les conversations allèrent bon train, tirant un sourire attendri à la marchombre qui observait la trentaine de jeunes métamorphes rassemblés dans la grande pièce. Même les deux plus faibles mangeaient avec appétit, et le chien comme le perroquet eurent de quoi se remplir la panse également.

Soudain, une main se posa sur son épaule, la faisait bondir sur place de surprise.

- Oulah, tu as l’air d’être bien sur les nerfs…
- Désolée… Alors, comment il va ?
demanda-t-elle en se tournant pour s’approcher du marchombre.
- Il s’en sortira, mais il faut l’emmener chez les Rêveurs.
- Mais les enfants…
- Les enfants ne sont pas en danger de mort. Ils sont sous-nourris et faibles, certes, mais ce sont des gosses. Avec de l’eau et de la nourriture, en quelques semaines ça ira mieux.

Libertée cligna des yeux. Il voulait qu’ils les laissent comme ça ? Secouant la tête, la marchombre dut réfléchir plusieurs secondes, tournant la tête vers le groupe de jeunes.

Ce fut la fille qui lui avait parlé quelques dizaines de minutes plus tôt qui se leva pour planter son regard violet dans le sien.

- Vas-y, avec lui. Dis-nous juste où on peut vous trouver… On devrait pouvoir tous se débrouiller, maintenant.
- Vous devriez rester ici pour quelques jours encore. J’irai vous chercher de quoi manger convenablement.
- D’accord. J’ai une maison sur la rive du Lac Chen, plus au Sud, vers le village de Ful’Rah. Près de ce village, vous aurez beaucoup de chance de me croiser, ou de croiser Erwan.
- Okay. Maintenant, sauve-le, lui.


Libertée cligna des paupières une seconde, avant de hocher la tête.
Et de sourire, malgré la boule dans sa gorge.

Elle posa sa main sur l’épaule d’Erwan, alors que Héliek finissait le bandage sur sa poitrine, pour le réveiller.

- Erwan ? Il faut t’emmener dans une confrérie. Tu as un cheval ?
Libertée n’avait pas de monture, mais elle pouvait courir, elle…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Sam 03 Sep 2016, 02:44

Un mouvement.
Une compresse fraîche.
Et une douce caresse sur son épaule.

Erwan fronça les sourcils un instant. Le temps de prendre une inspiration et de se rendre compte qu'on l'avait convenablement pansé et bandé. Pourtant, il savait pertinemment, à l'intérieur de lui-même, que ça ne suffirait pas. Parce que le Jaguar s'était roulé en boule dans son ventre, il aurait voulu lécher ses blessures mais pour l'instant, il le sentait étrangement distant.
Ce n'était pas bon.

- Erwan ? Il faut t'emmener dans une confrérie. Tu as un cheval ?
On lui parlait, mais il avait du mal à se connecter à la réalité. Sa réalité, c'était le félin, dans son ventre, recroquevillé sur lui-même. Il ne s'était jamais retrouvé dans une telle situation…

Après plusieurs secondes à prendre du courage, le Marchombre finit par ouvrir les yeux.
Sa voix était pâteuse, sa bouche à la fois sèche et glaireuse. C'était loin d'être agréable, mais au moins pour l'instant il n'avait pas mal. Pas vraiment.

- Oui, Joya, dans les écuries…
Rien que l'idée de se mettre en selle lui pompait de l'énergie, en avance. Mais il sentait le nécessaire de la situation…

Il parvint à grand peine à se redresser sur un coude, puis sur l'autre. Il lui fallut de l'aide pour se lever… Il ne pourrait pas aller jusqu'aux écuries dans cet état…

- Lib, va chercher la jument, je m'occupe de le faire sortir de là.

Chaque pas était un calvaire.
Un effort au delà du raisonnable. Au delà de l'entendement. Il ne savait même pas comment il parvenait encore à se déplacer, à monter les marches, pour sortir des souterrains de la Capitale de l'Empire. Il n'aurait jamais pu y arriver tout seul. Son corps entier lui semblait bien trop lourd, bien trop lent. Même son cerveau tendait à en faire le moins possible et il avait des absences…

Un hennissement.
Celui de Joya.
Un sourire étira les lèvres d'Erwan, alors qu'il s'affalait malgré lui contre le flanc de sa jument.


* *


Ouvrant les yeux brusquement, Erwan se demanda pendant plusieurs secondes où il était.
Avant que quelques bribes de souvenirs ne lui reviennent alors qu'il inspectait la pièce dans laquelle il se trouvait. Une chambre typiquement de confrérie. Libertée l'avait donc bien emmené voir des Rêveurs…

Il ne s'était jamais fait soigné par des Rêveurs jusqu'alors.
Une drôle de sensation monta dans son corps un instant. Il se demanda si les hommes de guérison avaient pu voir qu'il partageait sa vie avec un Jaguar - ou du moins un animal - ou s'ils avaient vu sa Greffe…?
Toujours allongé, le Marchombre se passa la main sur sa poitrine. Il restait quelques boursouflures mais rien de bien méchant, il savait que cela partirait en quelques mois.

Un sourire étira ses lèvres, alors qu'il se levait prudemment.
Mais rien ne tourna, tout était parfaitement normal - à part le fait qu'il se trouve dans une Confrérie.

Se dirigeant vers la porte, il tourna la poignée pour sortir de la pièce.
Il voulait savoir comment allaient les enfants. Libertée les avait-elle laissés seuls ? Maintenant qu'ils étaient sortis, ils pouvaient probablement se débrouiller mais il avait besoin d'être rassuré…

D'ailleurs, où était Libertée ?
Se mordant la langue, Erwan ferma les yeux un instant. Son coeur palpitait soudain un peu trop à son goût, dans sa poitrine. Que se passait-il, encore ?

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Mer 07 Sep 2016, 06:18

All of my life
Too late
Till you showed up with perfect timing
Now here we are
You rock it
Our fingers are stuck in the socket
It's just the nature, a game
Get ready, we'll do it again
Let's not recover
From the hangover
When your eyes got me drunk I was sober

♥ ♥ ♥


Assise dans le couloir de la confrérie, juste à côté de la porte derrière laquelle les rêveurs avaient installé Erwan, Libertée se tenait la tête dans les mains.
Elle ne parvenait pas à mettre au clair ses émotions, et tout ce qui avait pu se passer lors des dernières heures.
Fermant les yeux, la marchombre déglutit doucement. Elle avait ce nœud dans la gorge, malgré le fait que les rêveurs lui avaient dit que l’homme était désormais hors de danger.  Ce n’était pas que dans sa gorge, mais aussi dans sa poitrine, que quelque chose clochait…

Les flashes passaient dans sa tête.
Souvenirs de quelques heures. Ou quelques années…
« Je crois qu’il ne faut jamais hésiter à se délester. »
« J'aurais trop culpabilisé pour ta famille, et puis pour Gil. »

Là, elle ne culpabilisait même pas. Parce qu’il y avait ce nœud brûlant, dans son ventre, qui diffusait une chaleur qu’elle ne savait pas identifier. Non. Qu’elle ne voulait pas identifier.
Elle ne culpabilisait même pas, car c’était la première fois depuis de très longs mois qu’elle se sentait à nouveau elle-même. Alignée avec ses convictions. De nouveau dans sa peau, dans son corps.
C’était la première fois depuis de très longs mois qu’elle se sentait belle. Attirante. Désirable. Spéciale, surtout. C’était cela, cette chaleur, car quand elle mit le doigt dessus elle se diffusa dans sa cage thoracique, avant de remonter dans son visage dans une rougeur et surtout, quelques larmes qu’elle peina à retenir. Un nœud se forma dans sa gorge, un instant, avant de se délier seul en une seconde.

Une seconde, et elle se laissa  aller à pleurer entre ses mains, recroquevillée sur elle-même.
En fait, en y réfléchissant, c’était depuis que Suvyio était née. Depuis cette fois-là, où Gil était rentré à la maison, après la naissance. Quelque chose s’était effrité, en elle. Parce que malgré tout…
Non, pas malgré tout.
Avec Gil, l’amour ne suffisait pas, finalement.

Un gémissement désespéré franchit les lèvres de la marchombre, alors qu’elle serrait un peu plus ses genoux contre son torse, étalant ses larmes sur ses jambes à la peau nue.
Est-ce que finalement elle ne lui avait jamais suffi ?
L’amour n’était pas assez.
Sanglotant, recroquevillée sur elle-même, la marchombre se laissa aller à sa douleur.

Une dernière fois.



♥ ♥ ♥

Oh, oh, oh, oh
I dare you

♥ ♥ ♥


Le bruit d’une poignée qui tourne fit relever le visage dégoulinant de larmes de Libertée, et elle prit une brusque inspiration en se passant l’avant-bras sur les yeux et les joues pour les essuyer vivement. Elle ne voulait pas montrer son instant de faiblesse, ne voulait pas l’expliquer, ni en parler, en fait.

C’était trop douloureux.

Se redressant, elle fut debout à l’instant où Erwan sortit de la chambre.
Et il allait bien. Cela tira un sourire soulagé à la marchombre qui s’avança vers lui tranquillement. Captant son regard interrogateur, elle cligna des paupières pour étirer ses joues séchées par les larmes  qui tiraillaient un peu.

- Comment tu te sens ?
Dans une impulsion, elle posa sa main sur son avant-bras. Ça avait l’air d’aller, en tout cas….
- Tout le monde est en sécurité. Mon ami a pris en charge les adolescents, tout va bien se passer. Ils voulaient te rendre visite, j’ai donc donné l’endroit de ma maison, pas très loin de l’Académie.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: [-16] Les symptômes sont des indices insipides [ Lib ]   Mer 07 Sep 2016, 15:54

Lorsque le battant s’ouvrit, il fut soulagé de voir immédiatement Libertée juste derrière…
Cependant, ses sourcils se froncèrent quand il put appercevoir  son visage bouffi et un peu trop rouge, ses yeux gonflés et son nez d’une couleur plus soutenue… Quoi, elle avait pleuré ?
Un pincement lui piqua la poitrine et il voulut lui demander ce qu’il se passait – il était arrivé quelque chose à quelqu’un ? - mais l’expression de la Marchombre ne laissait pas de doutes : elle ne voulait pas en parler. Donc c’était plus personnel, à première vue, et Erwan se demanda un instant pourquoi ça l’affectait autant…

Elle lui demanda comment il se sentait, et pour faire bonne figure il roula des bras, des épaules et de la nuque. Ses muscles étaient un peu endoloris, sa peau qui cicatrisait tiraillait un peu, mais globalement il se sentait bien. Mieux que bien : en pleine forme !

- En forme. Ça pique un peu mais ça va.

Le contact de Libertée sur son avant-bras l’électrisa, redressant les poils de ses bras dans un frisson qu’il ne put retenir… Fermant les yeux, il se concentra sur ce qu’elle disait et non pas sur son bras où elle le touchait toujours.
C’était délicat et tendre, léger et pourtant terriblement attirant et sensuel.
Comment un geste aussi banal pouvait-il faire monter tant de choses en lui ?


- Tout le monde est en sécurité. Mon ami a pris en charge les adolescents, tout va bien se passer. Ils voulaient te rendre visite, j’ai donc donné l’endroit de ma maison, pas très loin de l’Académie.

Se focalisant sur ses paroles, Erwan relâcha sa respiration. Depuis quand la retenait-il ? S’ébrouant rapidement, il se passa une main sur le visage…

Les enfants allaient bien, ils étaient en sécurité et dehors. Ils allaient pouvoir se débrouiller désomais, et Erwan ne doutait pas de leurs ressources.
Et puis, ils voulaient lui rendre visite…
Attendri, le Marchombre eut un petit sourire. Son regard chercha celui de Libertée et s’y plongea dedans. Elle avait donc une maison proche de l’Académie ? C’était là qu’elle vivait la plupart du temps, avec sa fille ?
Est-ce que finalement elle avait toujours un companon ?

Et pourquoi se posait-il ces questions déplacées ?

Poussant un petit soupir, Erwan hocha doucement la tête à l’intention de Libertée… Avant de l’attraper par les épaules pour la serrer contre lui.
Doucement, mais fermement.
Son contact était rassurant, et elle n’avait rien, elle. Comment s’en était-elle sortie sans une égratinure ? Est-ce que les Rêveurs avaient aussi fait leur office sur elle ?


- Merci pour les enfants…. Et toi, comment tu vas ? demanda-t-il en la relâchant lentement. Avant de se diriger tranquillement vers la sortie de la confrérie.
Un hennissement retentit dans l’air et Erwan reconnut celui de Joya qui l’avait apparemment entendu. Un sourire tendre sur le visage, il la retrouva dans les écuries après avoir salué un Rêveur et l’avoir remercié.

En fait, il n’avait pas envie de quitter Lib, là tout de suite…

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