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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Jeu 04 Aoû 2016, 12:40

[Bon, c'est lancé ! Dis-moi si quelque chose te dérange... et désolée pour le titre Razz]




Attablé dans une petite taverne d'Al-Vor, le dos appuyé contre un mur à l'aspect douteux, les yeux plongés dans le liquide ambré que contenait la chope enfermée dans sa main, Darwen songeait à Syndrell. Combien de temps ? Depuis combien de temps n'avait-il pas eu de nouvelles d'elle ? Il ne comprenait pas. Il y avait quelque chose d'étrange dans ce silence, d'inquiétant même. Pourtant, que pouvait-il arriver à la Maître marchombre ? C'était avec cette question dans la tête que l'homme avait scellé Nyu et quitté l'Académie, huit jours plus tôt. Oh, il ne partait pas vraiment à sa recherche, non... il n'aurait pas su où chercher d'ailleurs... mais il n'en pouvait plus d'attendre, il avait besoin de bouger, de voir autre chose que les murs du bâtiment marchombre, le même bois que le loup connaissait par cœur, le même lac qu'il avait traversé à la nage dans tous les sens, le réfectoire où il croisait souvent les mêmes têtes, et tout le reste. Ce n'était pas tellement qu'il s'ennuyait, ou qu'il se sentait seul ; il n'avait aucun mal à sociabiliser avec d'autres élèves de l'Académie, il s'était entraîné avec eux dans l'arène, il avait même passé quelques jours et nuits agréables en compagnie d'une jolie apprentie, mais elle avait fini par repartir avec son Maître. Il avait alors fait l'aller-retour à Al-Chen à pieds, marche et course alternées, s'était autorisé deux jours entiers sous sa forme lupine... C'était l'inquiétude, surtout, qui l'avait fait se décider pour un vrai voyage. Il était incapable de rester attendre sans rien faire plus longtemps.

Après tout, il y avait toujours une chance infime qu'il puisse croiser la marchombre aux cheveux bleus, là où il passait...

Plus les jours s'écoulaient, pourtant, et plus il sentait une espèce de sensation inquiète se diffuser dans sa poitrine. Mais non, voyons, Syndrell ne pouvait pas être en danger... Elle devait juste être retenue quelque part... Mais tout de même, il était peut-être arrivé quelque chose...

Sans vraiment s'en rendre compte, il avait pris la direction du sud-est, contournant le Lac Chen. Le souvenir de Sheila et Arin avait alors traversé son esprit : oui, pourquoi pas tenter une petite visite à ses amis faëls ? Depuis tout ce temps... Il fallait bien qu'il se donne quelque chose à faire, pourtant, un but quelconque. Et contrairement aux autres – Angela, Joan, Eole qui n'était pas à l'Académie non plus, Kaünis qu'il n'avait pas recroisée depuis son départ – sa fuite, avait-il envie de dire – de la Citadelle – il savait où les trouver. Il n'avait pas vraiment envie de retourner voir Uli et Erlaëm, et craignait d'affronter le regard de Misha ; de toutes façons, c'était trop dangereux de retourner à la Citadelle maintenant. Il était toujours poursuivi par ce type, là, ce Mentaï, et si l'Académie était protégée des Mercenaires du Chaos, ce n'était pas le cas de la grande bâtisse frontalière.

Alors, oui, pourquoi pas les Faëls. Il espérait que la curiosité pour ce pays inconnu à ses yeux et la perspective de retrouver ses amis chasseraient l'inquiétude qui gonflait pourtant en lui. Juché sur le dos de la petite jument, bercé par son pas tranquille, 'Wen ne se pressait pas non plus. Parfois, ses pensées s'envolaient vers Kaünis... Il repensait un peu à Maël aussi, et à ses amis dessinateurs, sûrement en période d'examens. Et puis les cheveux bleus revenaient, le regard doré semblait l'interroger de cette question qu'il aurait lui-même souhaité lui poser : Où es-tu ?


***



Il avait passé les portes d'Al-Vor dans l'après-midi du huitième jour. Il était déjà venu dans la cité, avant ses débuts sur la Voie ; il y avait travaillé quelques temps comme livreur, serveur, mais était reparti au bout de quelques semaines. Il mena Nyu jusqu'à cette taverne où il avait servi jadis, donc, et fut surpris d'y trouver un nouveau propriétaire, remplaçant de celle qui l'avait embauché. Ayant laissé la jument du Maître de Syndrell aux bons soins du palefrenier, Darwen constata que le lieu avait aussi beaucoup changé : la joyeuse animation qui y régnait autrefois avait laissé place aux rires gras d'ivrognes, à une bière trop amère et à des mains baladeuses. Néanmoins, le regard du jeune homme en croisa un autre connu, dont le propriétaire d'une trentaine d'années avait été serveur avec lui et l'était apparemment toujours. Harr lui désigna une table libre, dans un coin, et vînt s'assoir à ses côtés en lui apportant sa chope de bière.

- Pas fameuse, je te préviens... Mais elle vaut toujours mieux que la prune imbuvable du patron...

Ils discutèrent un bon quart-d'heure, des changements de la taverne surtout, de la vie d'Harr qui à part ça n'avait pas vraiment changé, elle, de leurs souvenirs communs... 'Wen resta assez évasif sur lui-même, mais ça ne dérangeait pas son compagnon, très bavard. Puis l'homme finit par s'excuser : un collègue l'appelait, il y avait du boulot, qu'est-ce qu'il avait à traîner comme ça et à les laisser tomber ? Le serveur fit une espèce de signe à son ami métamorphe lui signifiant ce qu'il pensait du type en question, mais fila quand même.

'Wen se retrouva seul. Il finit par renverser sa chaise contre le mur, commanda une autre bière, qu'il but lentement, celle-là. En observant la petite salle d'une manière détachée et attentive à la fois – il songea que c'était aussi ce regard-là qui l'avait impressionné lorsqu'il avait rencontré les deux marchombres qui lui avaient indiqué l'Académie, et il sourit intérieurement du chemin qu'il avait fait depuis ce temps... Six ans...

De nouveaux clients arrivaient régulièrement, et la salle ne cessait de se remplir et de retentir de rires et bavardages. C'était l'heure où le soleil commençait à disparaître, l'heure où les gens terminaient leur travail pour la journée et se retrouvaient pour boire. Darwen détaillait les visages, les gestes, absorbé dans sa contemplation de tout ce monde. C'est alors qu'il en aperçut un, de visage, qui semblait particulièrement dénoter au beau milieu des soûlards. Un jeune homme, plus jeune que lui sûrement, qui avait une tenue de voyage et un regard qui évitait de croiser ceux des autres. L'apprenti marchombre nota le poignard à sa ceinture, ses traits fins et les boucles de ses cheveux châtains, et surtout son air un peu... étrange. Comme s'il était complètement ailleurs, dans une bulle que tout le boucan des ivrognes qui l'entouraient ne parvenaient pas à faire éclater, ni même à pénétrer.

Pourtant, le jeune homme dut s'apercevoir que Darwen le fixait car il leva les yeux vers lui et rencontra son regard. Alors 'Wen lui sourit, pour voir. Avant de boire une autre gorgée de bière.

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Keilan Fil'Areen
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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Mar 23 Aoû 2016, 18:55

Je n'aurais jamais dû venir ici.
Bien sûr, quand je me suis fait cette réflexion, il était déjà trop tard...

~*~*~*~*~*

Al-Vor. La ville avait cette actractivité de l'inconnu qui m'attirait et me laissait perplexe tout à la fois ; mon sac sur l'épaule, la tête penchée, j'observait les lignes puissantes des hautes tours, sans parvenir à lui trouver autant d'intérêt qu'Al-Jeit. Je décidai alors de m'approcher un peu. Qui sait, peut-être ces murs dissimualaient-ils quelque chose de passionnant ?

De toute façon, cela ne pouvait guère être plus décevant que les contrées boiseuses et solitaires de Barail. J'avais été déçu par mon périple à travers l'immense forêt. C'était ce genre de goût amer qui me donnait la nostalgie des courants marins. L'océan ne décevait jamais, lui...

Ecrasé par la chaleur dans les rues de la ville, et lassé de raser les murs en quête d'un peu d'ombre, je me décidai à boire quelque chose. Mes pas me portèrent jusqu'à une auberge qu'à l'avenir je m'efforcerai d'éviter. Elle n'avait pourtant pas l'air si miteuse, enfin, je suppose qu'un peu d'alcool devait aider à se familiariser avec les lieux...

Je me contentai d'une bière à peine fraîche et fermai les yeux. C'était, au milieu de tout ce bruit, une façon particulièrement efficace de m'isoler un peu ; voilà, ce murmure de fond me convenait bien. J'étais presque à mon aise pour réfléchir à la suite de mon voyage. Al-Vor, hein... Pas si dépaysant que cela finalement. Et si je prenais un peu de hauteur ? Le nord de l'empire était-il aussi fade que le sud me l'avait laissé voir ?

Ignorant combien de temps encore j'allais pouvoir échapper à la prochaine leçon avec Dolce et Julian, je secouai doucement la tête. Pas besoin d'aller très haut. Al-Chen, le nord du Pollimage... Je ne supportais tout simplement pas de rester immobile.

Je rouvris les yeux.

Et croisai un regard clair comme le cristal, pénétrant et un brin amusé. Je détournai immédiatement le regard, agacé. Qu'est-ce qui poussait les gens à se sonder l'âme à travers les yeux, comme ça ? Pourquoi ce besoin de défier l'autre à ce point ? Même pas le temps de trouver une réponse logique à ces questions : une main bien trop caressante se posa sur ma nuque. Mon corps réagit dans la seconde. Je me levai d'un bon, comme électrifié par ce léger contact, et fusillait du regard celui qui en était responsable – au diable mon aversion pour ce genre de bravade !

- Bas les pattes !
- Hola, du calme mon mignon,
marmonna l'innocent personnage en me détaillant lourdement. J'voulais pas te faire peur.
- C'est ça...


Dégoûté, je laissai tomber ma bière et quittait l'établissement. Je n'avais plus soif, de toute façon, et le soleil avait pratiquement disparu à l'horizon. Seule la chaleur demeurait, comme prisonnière des hauts murs ceinturant la ville. Je n'avais pas fait trois pas que l'homme, fichue sangsue qui puait déjà le vin, me rattrapa.

Il n'était seul.

- Attends ! Tu veux pas que je t'offre un verre pour m'faire pardonner, dis ?
- Non.


Décidé à ne pas me laisser ennuyer, je poursuivis ma route. Cela ne sembla pas plaire à la sangsue perverse. Le type se rapprocha dangereusement de moi – pour lui. Il était trop fait pour remarquer à quel point j'étais tendu. Persuadé qu'il ne risquait rien, il me poussa contre le mur et je sentis à quel point il avait besoin de ça. J'en frissonnai d'horreur. Il prit cela pour un signe de faiblesse.

- Tout doux, mon petit. Ce s'ra pas long, tu vas voir...

Je le savais. Mes doigts étaient déjà sur le manche de mon poignard, sous la cape de voyage. Parce qu'il l'ignorait parfaitement, le type en manque approcha son visage du mien et tira doucement sur mon écharpe pour la faire descendre du bas de mon visage. Son haleine pestilencielle glissa sur la peau de mon cou...

- Tu veux peut-être te rincer l'oeil, toi !!

La sangsue sursauta, surprise par la voix de son compagnon, et se retourna pour regarder par-dessus son épaule. J'en fis autant et cillai en reconnaissant le tranquille regard de cristal posé sur nous. Encore un pervers qui voulait tester la marchandise ? Je l'attendais aussi. Il n'allait pas être déçu du voyage.

Mais...

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Ven 26 Aoû 2016, 16:52

Timide ? Le jeune homme avait immédiatement tourné la tête. Dommage, pensa Darwen qui avait espéré un instant se trouver un compagnon pour la soirée plus sympathique que tous ces ivrognes qui l'entouraient. Décidé à sortir de la taverne et à se mettre en quête d'une auberge digne de ce nom pour y passer la nuit, ou peut-être d'une ancienne connaissance qui habitait encore la ville, l'apprenti marchombre finit son verre cul-sec et déposa quelques pièces triangulaires sur la table. Il s'apprêtait à se lever quand, du coin de l'oeil, il perçut un mouvement brusque qui attira son attention. Le jeune inconnu était debout, affrontant le regard peu engageant de l'un des soulards. Malgré le vacarme, 'Wen perçut clairement les mots échangés, et fronça les sourcils. En général, c'était surtout les jeunes femmes que ce genre d'homme visait, mais la salle n'en contenait aucune et Monsieur Timide était de loin le plus jeune buveur du lieu... et le plus mignon.

Pas si timide que ça, d'ailleurs. Il n'hésitait pas à tenir tête au type et finit par quitter la taverne sans un regard en arrière. Sauf que le pervers, après quelques secondes d'hésitation, se décida à le suivre, entraînant à sa suite l'un de ses petits copains.  Darwen soupira. Il ne doutait pas – ou presque – que le jeune voyageur puisse s'en sortir seul – surtout face à deux ivrognes à peine capable de marcher droit – mais il était intrigué par le garçon, et voulait au moins savoir comment il allait s'en sortir... et puis, si besoin, il serait là. A son tour, il quitta l'établissement sans que personne ne le remarque, et se glissa sur les toits, aussi silencieux qu'une ombre. Invisible pour ceux d'en bas dans l'obscurité naissante du soleil couchant.

De là où il se trouvait, il entendit à nouveau le type s'adresser au plus jeune, qui, pas le moins du monde impressionné, continuait à avancer sans s'en formaliser. Mais le loup, au fond de son ventre, sentit clairement la peur monter lorsque les deux hommes parvinrent à l'acculer contre un mur. Toujours sur les toits, Darwen se tendit.

Une seconde...
Deux secondes...

Le jeune homme ne faisait toujours rien pour se sortir de là. Pourtant, le métamorphe en aurait mis sa main au feu : même s'il n'était pas un excellent combattant, il pouvait agir. Sauf qu'il n'agissait pas, et qu'on allait le violer sous ses yeux si lui-même ne faisait rien...

Alors il dévala plus qu'il ne désescalada le mur de l'immeuble où il était perché, pour atterrir à quelques mètres de la scène, sans que les trois hommes ne l'entendent. Il avança complètement à découvert, mais il fallut quelques secondes au deuxième pervers pour remarquer sa présence.

- Tu veux peut-être te rincer l’œil, toi !!

'Wen ne put retenir un sourire, qui creusa une fossette sur sa joue. La voix de Syndrell avait retenti en lui avant même qu'il ne formule sa réponse.

- Peut-être.

Ombre et lumière, action et inaction, jaillissement et immobilité. Le Marchombre sait être mouvement et absence de mouvement.

Il s'élança aussitôt vers l'homme, beaucoup trop vite pour qu'il ait le temps de réagir. Son poing rencontra le dessous de son menton et son genou son entrejambe, quasiment dans le même temps. Le type eut à peine le temps de lâcher un cri de douleur pure ; il vit des étoiles et s'écroula au sol, aussi légèrement qu'un sac de pommes de terre.

- ...mais je préfère largement quand la personne est d'accord.

L'action avait duré moins de trois secondes.

Sa bouche ne souriait plus mais ses yeux riaient toujours lorsqu'il les planta dans ceux du garçon, les bras croisés sur sa poitrine.

- Je suis sûr que tu peux t'en sortir tout seul, non ?

Il remarqua alors qu'il avait la main serrée autour du manche de son poignard. Il n'allait quand même pas tuer l'autre ivrogne... si ?

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Keilan Fil'Areen
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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Ven 26 Aoû 2016, 19:43

[Court, mais pas la peine de rajouter du blabla pour rien - surtout avec Kei Rolling Eyes]




- Je suis sûr que tu peux t'en sortir tout seul, non ?

Je réagis aussitôt, piqué par la note de défi vaguement amusée que je devinai dans le son de sa voix. Mon agresseur eut un hoquet de surprise lorsque le manche de mon poignard lui rentra dans les côtes. J'avais mal calculé mon coup. Il parvint à rester debout et la réplique fut rapide : une baffe monumentale qui m'ouvrit la lèvre et envoya l'arrière de mon crâne cogner durement le mur, dans mon dos.

Alors, la colère glissa en moi comme un serpent venimeux qui planta ses crochets dans mes entrailles. Dans un grognement sourd, je lâchai mon poignard et attrapai l'ivrogne par les deux oreilles. Mon genou remonta vivement et, sans y aller de main morte cette fois, je lui éclatait le menton sur mon articulation.

Il perdit quelques dents au passage, et toute envie malsaine ; aussi sonné que son comparse, il tomba à genoux, puis s'effondra à mes pieds. Je crachai un jet de salive mêlé de sang, essuyait ma bouche d'un revers de manche, et levai les yeux vers l'inconnu qui était intervenu. Il ne bougeait pas, les bras croisés, comme s'il me jaugeait – encore.

Il était plus petit que moi, pourtant. Et pas franchement épais. Cela dit, moi non plus... Et puis, je préférais rester sur mes gardes. Ce type avait bougé vite, tout à l'heure. Très vite. Je n'avais même pas vu son geste. Il était sûr de lui. Est-ce qu'il m'avait aidé à me débarrasser de ces brutes courtaudes pour me réserver à lui ?

Méfiance, encore et toujours. C'est ce qui m'avait maintenu en vie jusqu'ici, pourquoi renoncer ? Du coup, je fis un pas, puis deux, tout en gardant soigneusement le mur derrière moi. On ne tourne pas le dos à un ennemi potentiel. J'avais appris ça dans la piraterie. Mais mon sauveur silencieux ne semblait pas pressé de me sauter dessus, et je me demandai à quoi il jouait.

- Tu vois, je peux me débrouiller tout seul, marmonnai-je, avant de m'arrêter.

Il ne s'attendait quand même pas à un merci... ? Perplexe, je plongeai le menton dans mon écharpe, un réflexe auquel je ne prenais même plus garde, et me contentai de fixer le garçon dans l'attente qu'il se décide enfin à dire quelque chose. Pour l'y contraindre, parce que ça semblait être la seule façon de faire entre gens « normaux », je pris sur moi et croisai son regard, juste quelques secondes. Pour voir.

C'est fou comme il avait les yeux clairs.

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Sam 27 Aoû 2016, 13:00

[T'inquiète, j'aime beaucoup ! Mais du coup, je pars en dialogue ^^]




- C'est ce que je pensais aussi. Mais tu ne bougeais toujours pas...

(Décroise les bras, s'avance de quelques pas et lui tend la main en souriant, toujours amusé)

- Moi c'est Darwen.

Ça t'arrive souvent ce genre... d'incidents ?

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Sam 27 Aoû 2016, 19:44

- Heu...

(Hésite, puis serre très rapidement la main de Darwen avant de la fourrer dans sa poche)

J'ai l'habitude qu'on me colle d'un peu trop près, oui. Je ne sais pas ce qui pousse ces individus à vouloir me parler et à...

(Il hausse les épaules sans terminer sa phrase. Puis il déglutit derrière son écharpe.)

Je m'appelle Keilan.

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Dim 18 Sep 2016, 18:42

[Comment poser le décor Razz]



'Wen répondit par un sourire. Keilan... un joli nom pour ce garçon pour le moins surprenant. Il avait l'air de ne pas savoir comment agir avec lui : ses yeux verts restaient méfiants, mais avec une note de curiosité au fond ; ses gestes étaient hésitants, comme ses mots, et pourtant il répondait à toutes ses questions ; toute son attitude était sur la défensive – le regard fuyant, le menton plongé dans son écharpe, le corps tendu comme s'il s'apprêtait à fuir – mais pourtant il restait là, et semblait s'efforcer à ne pas détourner le regard. Une dualité générale se dégageait de sa posture.

Il ne devait pas avoir l'habitude de discuter avec des inconnus, ça semblait évident, et Darwen apprécia l'effort qu'il faisait pour s'adresser à lui. Et puis, il était vraiment mignon : un regard d'un vert très pâle, presque aussi clair que celui de l'apprenti marchombre, des traits fins et délicats sans être vraiment enfantins, des boucles folles tombant sur son front et dans son cou, des pommettes hautes et des lèvres gracieusement ourlées... et surtout cette étrange aura qu'il dégageait et qui, renforcée par la lumière orangée du couchant, donnait l'impression d'un garçon un peu trop renfermé sur lui-même, presque inaccessible.

Et ça provoquait tout de suite chez Darwen l'envie irrésistible de l'atteindre, ce jeune homme inaccessible, et de le décoincer en le provoquant un peu ! En espérant qu'il ne s'enfuie pas trop vite...

- Eh bien, Keilan, ça te dit d'aller manger un morceau ? Je n'ai fait qu'enchaîner les bières et j'aurais bien besoin de me mettre quelque chose sous la dent ! Dans une autre auberge, bien sûr...

Sur ce, les ventres des deux hommes grondèrent à l'unisson, et 'Wen éclata de rire – l'influence de Syndrell, sûrement !

- Allez, viens, je connais un endroit où le rôti de siffleur est si bon qu'on y reviendrait à tous les repas !

Il se retint de saisir son bras, parce qu'il savait que le jeune homme se serait aussitôt braqué. Il se contenta de lui adresser un nouveau sourire, avant de tourner les talons en direction de l'auberge en question. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas fait une telle proposition, puisque la dernière fois remontait à... sa rencontre avec Kaünis.

***



Le rôti, en effet, avec sa sauce au miel et sa chair tendre à souhait, était vraiment excellent. Quant à l'auberge, elle n'avait vraiment rien à voir avec la taverne miteuse où travaillait toujours Harr : la pièce, ni trop grande ni trop étroite, était aussi chaleureuse que l'ambiance qui y régnait. Les clients venaient par groupe d'amis, en famille ou en amoureux ; trois musiciens improvisaient des airs joyeux sur une petite scène prévue à cet effet ; la décoration était présente mais sobre et discrète, constituée de quelques marines accrochées aux murs de pierres, qui faisaient écho au nom de l'établissement : Le Navire échoué.

- La légende raconte que le propriétaire est un ancien marin, unique rescapé d'une tempête au large des Grands Océans. Anciennement cuisinier du navire échoué, il décida de retourner dans sa ville d'origine où il trouva cette auberge, l'ex-propriétaire prenant sa retraite. Il en prit donc la direction en la renommant à la mémoire de ses compagnons morts... Ses plats de poisson et de fruits de mer sont désormais les meilleurs de la ville, mais j'avoue que j'ai une nette préférence pour le siffleur au miel !

Darwen se pencha légèrement par-dessus son assiette pour ajouter, sur le ton de la confidence :

- Certains racontent même qu'il servait sur un bateau pirate. Selon d'autres, ce serait plutôt des pirates qui auraient massacré tout l'équipage... mais ça sonne moins intéressant, non ?

Il laissa planer quelques secondes, appréciant l'odeur du jeune homme, tout près ; puis il se retira aussitôt, pour engloutir une autre bouchée de son plat.

Il s'aperçut alors que Keilan avait la peau un peu trop pâle, et, légèrement inquiet, le questionna du regard.

- Ça ne va pas ?

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Keilan Fil'Areen
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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Dim 18 Sep 2016, 20:22

[Si tu plantes le décor, moi je rentre dans le jeu, hein... mrred]



Je fermai les yeux un bref instant. Merde. Je ne savais pas pourquoi je lui avais dit mon nom. En revanche, je savais ce que ce genre de chose allait entraîner : l'envie. Ce type allait avoir envie de s'attarder un peu. De parler davantage. De creuser un peu. Je le voyais venir, ça ne me plaisait pas du tout et pour le signifier, j'enfonçai mes mains dans mes poches, bougon.

- Et bien Keilan, ça te dit d'aller manger un morceau ?

J'avais faim mais non. Cette altercation m'avait coupé l'appétit et je n'avais pas envie de gaspiller le reste de cette soirée en compagnie d'un inconnu qui avait visiblement la langue bien pendue. Je demeurai donc silencieux. C'était une façon comme une autre de formuler un « va te faire foutre mon grand ». Une manière simple mais efficace que j'avais surnommée la « techinque du mur » et qui, généralement, finissait pas ennuyer mes interlocuteurs trop insistants. Celui-ci allait bien finir par s'en aller.

Non ?

Un bruit sourd, pareil à un grondement sauvage, me fit sursauter. En face de moi, le type – Darwen – sourit de plus belle et je compris tout à coup que mon ventre venait de me trahir. Mon propre estomac m'avait vendu. Pathétique.

- Allez, viens, je connais un endroit où le rôti de siffleur est si bon qu'on y reviendrait à tous les repas !

Les humains sont des êtres étrangement tactiles. J'avais eu tout le loisir de m'en rendre compte depuis ma naissance et c'était précisément ce qui me faisait regretter d'être né dans cette espèce. Je n'aimais pas qu'on me touche, c'était comme ça. Je frissonnai donc en voyant Darwen esquisser le geste de me saisir le bras. Mais il se ravisa et se contenta de tourner les talons pour s'enfoncer doucement dans la nuit.

Je crois que c'est uniquement pour cette raison que, sans plus réfléchir, je me décollai du mur et le suivis dans la ruelle plongée dans l'ombre.


* ~ * ~ * ~ *


Le Navire échoué. Ironie du sort qui me laissa un drôle de goût dans la bouche. Mais après tout, la côte n'était pas loin j'avais croisé bon nombre d'enseignes du même type dans la journée. En entrant dans l'auberge, je ne pus m'empêcher de laisser mon regard errer sur les murs décorés. Les pièces exposées étaient authentiques. Cordages, poulies, fanaux prêtaient à cet endroit une ambiance qui rappelait celle du pont d'un navire.

Même la musique était surprenante de réalisme. Je ne connaissais pas cet air mais il me rappelait ceux que j'avais écouté des nuits entières sur le Fend-Brise. Une drôle de sensation m'étreignit le cœur sans que je sache s'il s'agissait d'une bonne ou d'une mauvaise chose ; pensif, je suivis Darwen et m'installai en face de lui. Fidèle à moi-même, je n'avais pas ouvert la bouche depuis que nous ous étions mis en route, mais cela ne semblait pas déranger mon nouveau compagnon. En fait, il parlait très bien pour deux.

J'avais commandé la même chose que lui. Au début, le mélange du miel avec la viande me fit grimacer, davantage de surprise que de dégoût, et au bout de quelques bouchées mon palais s'estima ravi de ce nouveau met. Je mangeais donc tranquillement lorsque Darwen, qui s'était mis en tête de combler le silence entre nous deux, raconta l'histoire de cette auberge. J'écoutai distraiment. Sa voix était grave et chaude, étonnamment douce et tranquille alors qu'il paraissait vif et déterminé.

Mais quelques-uns de ses mots finirent néanmoins par transpercer les brumes vaguement alcoolisées de mon cerveau. Ancien marin. Navire échoué. Equipage massacré.
Pirates.

Les souvenirs m'assaillirent et me coupèrent le souffle dans la foulée.


* ~ * ~ * ~ *


- KEI !

Je me retournai vivement et évitai de justesse la lame qui, heureusement pour moi, ne fis que me trancher une mèche de cheveux. L'instant suivant, celle de mon capitaine ripostait avec aplomb et mon adversaire s'écroula, une plaie béante à la gorge. Je regardai le sang rougir le pont, puis Naya surgit près de moi.

- Tu dors ou quoi ?
- Désolé.
- La ferme et bouge, bon sang !

Il se jeta dans la mêlée, j'en fis autant, le visage fermé. Il savait très bien pourquoi j'avais du mal à garder les yeux ouverts, aujourd'hui. C'était lui qui m'avait tenu éveillé toute la nuit. Alors ses reproches, il pouvait se les garder ! J'étais déjà assez en colère contre moi-même pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en rajouter.

Nous nous battions sur un navire marchand. Les couleurs de l'empire avaient été mise à terre lorsque Trauk, le plus habile d'entre nous, avait grimpé le mât pour déchirer le drapeau. C'était un abordage de routine, la prise n'était ni petite ni grande et Naya, comme d'habitude, prenait plus de risques que tout le monde, y compris moi. Il saignait au côté et je serrai les dents ; j'allais encore devoir le soigner après ça.

A croire qu'il le faisait exprès.

Le combat s'éternisait. J'étais blessé moi aussi, j'avais reçu un coup à la tête et je voyais double. Soudain, le navire fit une brusque embardée. Certains hommes tombèrent. Je me rattrapai de justesse au bastingage, gardant cette maxime essentielle en tête : tu tombes et tu finis dans la tombe. Je l'avais apprise sur le Fend-Brise, mais c'est bien à bord de la Furie que cette expression avait pris tout son sens. La pointe de ma lame trouva le cœur d'un matelot à terre.

- Le navire coule ! cria quelqu'un dans mon dos. Le Fier Panache est en train de sombrer !
- On rentre, souffla Naya en passant près de moi.

J'esquivai sa main et le suivis, bondissant par-dessus les corps tandis que la mêlée se démenait de plus belle autour de nous. Naya siffla et les pirates se mirent en mouvement comme un seul homme. Regagner la Furie ne prit pas plus d'une minute. Les cordages furent coupés, les deux navires séparés. Le nôtre s'éloigna tandis que le Fier Panache gîtait sur babord, sa coque éventrée à l'avant. Il coula sous mes yeux tandis que Naya et ses hommes ouvraient les caisses volées en criant victoire.


* ~ * ~ * ~ *


- Ça ne va pas ?

La question de Darwen me ramena au présent. Il avait cessé de manger et m'observait, une inquiétude sincère brillant au fond de ses yeux de cristal. Je clignai des paupières. Oui. Non. Est-ce que j'allais bien ? Pourquoi ce souvenir me remuait autant ? Pourquoi cette impression glacial, cette certitude que je me trouvais dans l'auberge d'un homme qui s'était trouvé sur le Fier Panache ?

Etait-ce lui, là-bas, derrière le comptoir ? Mon cœur martelait ma poitrine. Il ne pouvait pas me reconnaître. Il ne m'avait sans doute pas vu au milieu de la bataille qui avait fait rage. Et c'était arrivé voilà des années. Pourtant, j'avais l'impression qu'un million de regards étaient désormais braqués sur moi.

Pirate, murmurait-on dans mon esprit tourmenté. Pirate... Et ce murmure, et bien, il chantait comme un reproche qui me resta en travers de la gorge. Je déglutis et repoussai mon assiette pour attraper mon verre. Je bus une rasade de vin, m'essuyai la bouche d'un revers du coude, posai le verre d'un geste un peu brusque et me décidai à croiser, pour la deuxième fois de la soirée, le regard si particulier de mon interlocuteur.

L'alcool me rendait plus audacieux.

- Si. C'est juste que cet endroit me rappelle des souvenirs un peu sombres.

Euphémisme.
Je m'en moquais un peu. Le regard de Darwen me tenait comme si j'étais soudain enchaîné à ma chaise et je me forçai à ne pas tourner la tête. Pas cette fois.

- Le Fier Panache a été coulé par des pirates. L'équipage, principalement constitué de marins et de marchands, a été massacré. S'il y a eu un survivant, il a eu de la chance. Beaucoup de chance.

On aurait pu croire que je me contentais de poursuivre l'histoire de Darwen. Que j'ajoutais ma patte à la légende. Sans le lâcher des yeux, je repris mon verre et le portai doucement à mes lèvres.

Que croyait-il, lui ?

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Dim 18 Sep 2016, 21:03

(Lueur curieuse dans le regard)

- Oh, tu connaissais l'histoire alors ?

(Visage plus sombre)

- A moins que... (murmure) tu y étais ?




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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Dim 18 Sep 2016, 21:31

- Admettons que ce soit le cas. Tu en penserais quoi ?

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Dim 18 Sep 2016, 22:51

- Si le fait qu'il y a eu un survivant t'étonne, c'est que tu devais faire partie des pirates.

Pourquoi ? Je suis censé en penser quoi ?

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Dim 18 Sep 2016, 23:38

Sans trop savoir quoi répondre exactement, je me contentai de hausser les épaules et de rompre le contact visuel. Les pirates qui naviguaient dans le sud étaient considérés comme la peste de l'empire. C'étaient des hors la loi, de dangereux bandits que les plus censés évitaient. Qui plus est, j'étais désormais un Envoleur. Enfin, un apprenti. Double raison pour moi de redouter un peu la réaction de ceux qui me côtoyaient.

Darwen avait facilement déduit que j'étais du côté pirate. Il gardait son calme pour l'instant mais je demeurai méfiant ; au moindre signe qu'il allait bouger, je bougerai avant lui. Sur la table, la viande refroidissait. Il n'y avait pas grand monde autour de nous. Derrière son comptoir, l'homme aux cheveux gris tourna la tête dans ma direction. Une balafre courait depuis l'extrémité de son oreille jusqu'à son oreille.

Il ne me reconnut pas. Sans doute ne m'avait-il pas croisé pendant la bataille qui avait eu lieu sur le Fier Panache. Impossible de me souvenir si j'avais blessé ou non le maître coq, ne serait-ce parce qu'à cette époque nous pouvions attaquer deux ou trois navires en une seule journée. Mais je n'étais pas très à l'aise, comme si les fantômes du navire pillé et échoué rôdaient soudain autour de moi. J'en frissonnai.

Avant de m'asséner une violente claque mentale. Des fantômes. Et puis quoi, encore ? J'étais assez fin pour ne pas tomber dans ce piège grossier ! Les morts étaient morts, point. Tous ces contes pour enfant n'étaient que simagrées. Rien qui ne vaille la peine de frémir d'appréhension. Je n'étais pas une chochotte, quand même. Alors je me remis à manger tranquillement.

Presque tranquillement. Le regard de Darwen pesait sur moi, je le sentais. Plus envie de lever la tête pour l'affronter de nouveau. Je n'y étais pas habitué. Cela ne voulais pas dire que j'avais peur où que je m'écrasais ; simplement, ce genre de chose ne me convenait pas. Relations sociales impossibles. J'étais comme ça.

Plusieurs longues minutes s'écoulèrent ainsi. Ce n'était pas silencieux puisque la salle résonnait de bruits de verres et de couverts, de raclements de chaises et de conversations feutrées, mais ça m'allait plutôt bien. Pourtant, au bout d'un certain temps, je repensai malgré moi à ce qui m'avait conduit dans l'impasse – et à l'intervention inopinée de mon compagnon.

- Tu habites dans le coin ?

Même moi, je devais admettre que ce genre de question prouvait à quel point je pouvais manquer de conversation. Seuement voilà, j'étais un garçon qui avait déjà passé sept mois sans adresser la parole à qui que ce soit. Pas étonnant que je sois incapable de parler à quelqu'un sans que ça sonne bizarre. Pas faux, parce que j'étais réellement intrigué, au fond. Mais bizarre.

Ça, en revanche, j'avais l'habitude. Ce mot m'avait été attribué si souvent qu'il me rassurait presque de l'entendre. J'étais un peu bizarre. Je le devinais à la façon dont on m'observait parfois avec circonspection. Cette bizarrerie me servait, voilà pourquoi je l'entretenais si bien ; elle me permettait d'avoir la paix. Les gens n'aiment pas trop s'approcher de ce qui sort de leur ordinaire.

Et donc, retour à la case départ : j'en revenais à me demander ce que ce type fichait là. Il aurait pu manger avec quelqu'un de plus bavard. Quelqu'un qui n'était pas responsable de la vie actuelle du propriétaire des lieux. On ne pouvait pas vraiment dire que cette soirée était passionnante. Pour moi, elle était pareille à toutes les autres, si l'on exceptait le fait que ce soir, j'avais battu mon propre record en fixant dans les yeux un inconnu plus de quelques secondes d'affilée.

Il méritait vraiment que je m'y intéresse un peu. Enhardi par ma première question, j'enchaînai dans l'élan, d'une voix plus sûre et d'une précision moins bancale :

- Ces types avec qui j'étais tout à l'heure, tu les connais ?

N'en avait pas eu l'air mais, après tout, c'était quand même possible. Méfiance, encore et toujours. Fendiller la carapace derrière laquelle je vivais depuis mon enfance était un défi que nul n'avait réussi à entreprendre – pas même Naya. Enfin, il me semble. J'étais plutôt du genre à me concentrer sur des détails du présent, pas ceux du passé. Ce qui était derrière devait rester derrière. Je ne serais pas en train de manger dans l'auberge du Navire échoué, sinon.

Ces détails n'étaent pas de ceux qui sautent aux yeux des gens. Le mutisme dans lequel je me plongeais me permettait de les découvrir. Par exemple, cet épi qui donnait lieu à quelques mèches rebelles à l'arrière du crâne de Darwen, ou encore sa façon d'attraper sa fourchette et de la faire tourner entre ses doigts quand il était plongé dans ses pensées.

Et la jeune serveuse qui, du haut de ses quinze ou seize ans, louchait dans notre direction. Elle ne me voyait pas, elle n'avait d'yeux que pour Darwen. Elle tordait nerveusement son tablier entre ses doigts, en quête d'une idée géniale pour s'approcher de la table et attirer l'attention de son bel inconnu. Vaguement amusé par une situation qui pourrait bien me servir de porte de sortie, je décidai de lui faciliter un peu la tâche.

- Tu as un ticket, je crois. Avec elle, ajoutai-je en désignant la blondinette d'un geste du menton.

S'il décidai de terminer la soirée avec elle, tant mieux pour lui.

Et pour moi.

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Mer 26 Oct 2016, 10:43

Keilan décida de garder le silence, et ce durant un long moment. Cela ne gênait pas spécialement Darwen, qui s'amusait à déchiffrer les signes inconscients envoyés par le jeune inconnu. Son regard vert avait du mal à rester accroché au sien ; 'Wen au contraire ne pouvait pas s'empêcher d'observer le visage aux traits doux mais à l'expression méfiante et fermée. Au delà de sa visible asociabilité, le garçon dégageait quelque chose de profondément intriguant – et il se révélait d'autant plus étonnant depuis que l'apprenti marchombre le savait ancien pirate. Né dans le Nord de l'Empire, il ignorait à peu près tout de ces personnages que l'on disait à la fois particulièrement cruels, avides de richesses et amoureux des océans. Il n'entrevoyait leur réalité que par les récits du vieil Helwö, les quelques allusions d'Angela, et les rumeurs qui couraient souvent dans les villes du Sud à propos des méfaits de la piraterie. Et il n'avait vu les Grands Océans qu'une seule fois...

Ainsi le jeune pirate avait pour Darwen un parfum d'inconnu et d'aventures qui ne faisait que renforcer sa curiosité à son égard. Il avait envie de le questionner à propos de cette première vie qu'il avait eue : à quoi pouvait ressembler la vie en mer, sur un bateau pirate de surcroît ? La vague idée qu'il en avait ne faisait que renforcer les interrogations. Mais il n'osa pas. Il n'osa pas briser ce silence étrange qui s'était installé entre eux deux, ni le cours des pensées de Keilan et la brume vague – tristesse ? angoisse ? – qui voilait son regard fuyant. Il n'osa pas mettre fin au léger tremblement de sa lèvre délicatement ourlée, et à cette moue pensive, presque torturée, qu'il affichait. Il n'osa pas, parce qu'il aurait eu l'impression de faire éclater sa bulle sans permission, mais aussi parce qu'en cet instant, il le trouvait beau – pas seulement mignon comme il lui avait semblé dès le début, mais beau, et il ne s'expliquait pas vraiment pourquoi. Son étrangeté peut-être, les boucles châtains de ses cheveux qui renforçaient son aspect sauvage, la lumière chaude de la grande pièce qui venait accentuer les traits de son visage, le froncement concentré de ses sourcils... 'Wen avait conscience de l'indiscrétion de son regard, mais bizarrement, le fait que Keilan évitait de le croiser l'encourageait à continuer de le détailler. D'autant plus qu'il avait terminé son assiette et n'avait pas grand chose d'autre à faire, à part attendre. Il n'était pas question qu'il laisse le jeune homme terminer seul son repas ! Jeune homme qui reprit finalement la parole, brisant lui-même la rêverie où se trouvait Darwen ; celui-ci en sursauta presque.

- Tu habites dans le coin ?

Surpris par la banalité de la question qui tranchait avec l'attitude de son interlocuteur, 'Wen mit quelques secondes à réagir avant de laisser un léger sourire creuser sa joue.

- Pas vraiment, non. Je connais bien Al-Vor car j'y ai travaillé pendant plusieurs mois il y a quelques années de cela, mais je suis actuellement de passage.

Il allait lui retourner la question – enfin, lui demander plutôt d'où il venait, puisque ses vêtements de voyage et son attitude elle-même montrait bien qu'il était relativement étranger à la cité – mais Keilan poursuivit avec une autre question, ce qui renforça l'étonnement du métamorphe.

- Ces types avec qui j'étais tout à l'heure, tu les connais ?

Darwen perçut sans mal la méfiance, encore et toujours, que cachait l'interrogation. Keilan craignait-il que son sauveur ait dans la tête l'idée de se retourner contre lui ? Qu'il cherche à le mettre en confiance pour mieux le surprendre ensuite ? Et qu'aurait-il pu lui vouloir ? L'éventualité que le jeune homme pense qu'il voulait le mettre dans son lit lui vînt à l'esprit, le faisant malgré lui légèrement rougir. Peut-être parce qu'au fond, il se l'imaginait bien un peu... non ? Et peut-être qu'il ne valait pas mieux que les brutes de tout-à-l'heure. Il tenta de dissimuler son trouble par un soupir et un geste vague de la main.

- Des ivrognes comme on en trouve partout, et surtout dans les tavernes de ce genre. Je connais bien “l'espèce”... pas les individus.
- Tu as un ticket, je crois.
- Quoi ?

Keilan avait-il lu dans ses pensées ? Ça n'aurait même pas paru surprenant à l'apprenti marchombre... Mais l'étrange garçon enchaîna aussitôt :

- Avec elle.

Il désigna du menton une jeune serveuse qui regardait dans leur direction, et que 'Wen n'avait pas remarqué plus tôt. Elle n'était pourtant vraiment pas discrète, et il constata qu'elle était plutôt jolie, avec de grands yeux sombres pleins de douceur qui, soulignés par des joues rondes, laissaient deviner que la jeune fille devait bien avoir une dizaine d'années de moins que lui. D'abord partagé entre la flatterie et le malaise, 'Wen finit par se mordre la joue pour ne pas éclater de rire, et reporta son attention sur Keilan, une lueur amusée dans le regard. Il parla de façon à ne pas être entendu par l'intéressée.

- Plutôt jolie, ma foi, même si elle me paraît un peu jeune. Mais je ne la connais pas du tout, et ce n'est pas elle qui m'intéresse ce soir.

Et puis bon, ce n'était pas comme s'il était du genre à se précipiter sur les jeunes filles inconnues, non plus, surtout d'une quinzaine d'années ! Sa rencontre avec Kaünis passa comme un éclair dans son esprit, mais il la balaya aussitôt. Oui, ils avaient fait l'amour quelques heures à peine après s'être rencontrés, mais c'était tout à fait différent. D'abord, elle était plus vieille que la jeune serveuse – et même un peu plus que lui – et puis ils avaient vécu une poursuite dans les rues d'Al-Chen qui s'était soldée par sa transformation en loup, dont elle avait été témoin. Et puis... elle était différente, toute simplement.

Et Keilan l'était au moins autant.

Avant qu'il ne puisse répondre, Darwen ajouta :

- Par contre, si ça t'ennuie d'être ici, tu n'es pas obligé de trouver des excuses stupides pour t'en aller.

Ses yeux clairs et son ton s'étaient durcis malgré lui, et, en en prenant conscience un peu tard, il s'efforça de sourire, et d'adoucir sa voix.

- Excuse-moi. Simplement, je trouve qu'on passe un bon moment ensemble mais si tu ne partages pas ce sentiment, tu es bien sûr libre de partir. Je ne t'ai pas aidé à t'en sortir pour t'enchaîner à cette table, et je ne veux pas t'obliger à me subir... Je pensais que c'était évident, mais ça ne l'était peut-être pas pour toi.

Il disait vraiment n'importe quoi. Mais autant mettre les choses au clair, non ?

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Keilan Fil'Areen
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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Sam 29 Oct 2016, 22:11

[Mmmbon, comme d'hab, si quelque chose te déplaît, tu me sonnes, okay ? Je suis plus à l'aise avec Kei mais lui est tellement... spécial... que, bon... xD]




Darwen jeta un rapide coup d'oeil à la jeune éperdue avant de reporter son attention sur moi.

- Plutôt jolie, ma foi, même si elle me paraît un peu jeune. Mais je ne la connais pas du tout, et ce n'est pas elle qui m'intéresse ce soir.

Je ne compris pas l'allusion. En réalité, j'étais si peu habitué à discuter avec quelqu'un que je n'étais pas en mesure de comprendre des paroles à demi-mot. Je crus donc qu'il s'agissait simplement de l'âge, et curieusement, cette idée m'apaisa un brin. Il me paraissait effectivement de plus en plus... sain... que les types qui m'avaient abordés un peu plus tôt.

Je commençais à peine à me détendre lorsque Darwen me parla soudain sur un ton plus rude. En vérité la nuance était infime, et je suis sûr que d'autres n'y auraient pas prêté attention pour la simple raison que sa voix restait douce et chaude. Mais moi je sentis tout de suite la différence et un frisson glissa le long de mon échine. Est-ce qu'il...

- Excuse-moi. Simplement, je trouve qu'on passe un bon moment ensemble mais si tu ne partages pas ce sentiment, tu es bien sûr libre de partir. Je ne t'ai pas aidé à t'en sortir pour t'enchaîner à cette table, et je ne veux pas t'obliger à me subir... Je pensais que c'était évident, mais ça ne l'était peut-être pas pour toi.

Et bien. Cette fois, je dois dire que j'étais assez surpris pour oser lever les yeux et croiser à nouveau le regard de cristal de mon interlocuteur. Il avait l'air vaguement gêné, comme s'il regrettait de m'avoir réprimandé. Je haussai un sourcil, partagé entre l'envie de le planter là et celle de rester un peu plus longtemps.

J'étais un garçon solitaire, bon sang ! Mieux valait me laisser tranquille, c'était ainsi que je me portais le mieux. Il n'y avait qu'à voir comment mon aventure dans les archipels alines s'était achevée... Et comment je doutais de plus en plus d'arriver un jour à m'intégrer au Domaine... Pourtant, quelque chose dans le regard de cet homme me cloua sur ma chaise. J'étais bien incapable de dire ce que c'était. Une seule chose était sûre : c'était puissant.

Assez pour que je décide de m'attarder un peu. Et puisqu'il s'inquiétait de savoir si j'appréciais ce moment...

-C'est pas toi. C'est cet endroit. D'habitude, je préfère les coins moins vivants.

J'avais parlé normalement mais peut-être pas choisis les bons mots. Enfin, sans doute. Comment savoir, aussi ? Je n'étais pas dans la tête de monsieur-tout-le-monde, heureusement ! Mais c'était compliqué pour moi d'exprimer mon malaise et de deviner, dans le même temps, comment la personne qui me faisait face pouvait prendre la chose. C'était même épuisant.

Je bus un peu pour me redonner contenance, puis reprit d'un ton plus léger tout en me balançant légèrement sur les pieds de ma chaise :

- Je veux dire, il est bien cet endroit, c'est juste que... Je ne suis pas parfaitement à l'aise quand il y a du monde.

C'était mieux, mais là encore, Darwen devait penser que j'exagérais : il n'y avait pas foule dans l'établissement. Frustré, je me mis à picorer dans mon assiette. Il devait être en train de se dire que, finalement, je n'étais pas de bonne compagnie. Loin de là, même. Peut-être même était-il en train de changer d'avis au sujet de la serveuse qui bavait toujours sur lui.

Le pire, c'est que cette option aurait dû me convenir, à moi qui n'aspirais qu'à un peu de solitude. Sauf qu'à la seconde où je l'imaginai se lever sans un mot et s'en aller, je compris que ce n'était pas ce que je voulais. Il m'intriguait, voilà. Aussi étrange que cela puisse paraître, Darwen avait réussi à piquer ma curiosité. Je n'avais pas envie qu'il s'en aille. Je ne savais pas comment le lui dire. J'étais piégé !

Alors je fis quelque chose d'inédit.
Je proposai un jeu.


* ~ * ~ * ~ *


Il y avait, dans un coin de la salle, une cible fixée au mur, constellée de petits trous que les nombreuses fléchettes lancées avaient laissées en atteignant leur but. Je n'y avais jamais joué et n'avais jamais cru le faire un jour – surtout pas un soir comme celui-ci – mais bon. C'était tout ce que j'avais trouvé pour enjoindre Darwen à rester encore un peu.

Quoique surpris, il m'avait suivi et, après quelques tirs, nous avions trouvé un rythme. Un peu éloigné de la salle, je me détendis. Darwen, lui, semblait parfaitement à son aise, à tel point que j'en étais sidéré : il était capable de plaisanter, de discuter, de se concentrer et de faire mouche tout à la fois. A croire qu'il avait passé sa vie à cela.

Ou plutôt que je n'étais pas fait du même bois.

Petit à petit, d'autres clients s'approchèrent. Quelques curieux observèrent notre jeu, l'un d'entre eux lança un défi, et en un rien de temps, nous fûmes cinq ou six à lancer les fléchettes. Je faisais mon possible pour ne pas paraître mal à l'aise, mais plus il y avait de monde, moins j'étais tranquille. Je restai à l'écart des autres joueurs, préférant me rapprocher de Darwen, sans pour autant le toucher.

J'étais en train de me dire que malgré tout, cette soirée ne se déroulait pas si mal, lorsqu'un des joueurs, probablement enjoué par sa victoire, vint m'asséner une bourrade virile dans le dos. C'est ce qu'ils font tout le temps, les autres. Les gens « normaux ». Moi, je bondis en arrière, heurtai Darwen, bondis à nouveau pour cogner le mur, tel un papillon de nuit complètement sonné. Le cœur battant, le souffle court, je croisai son regard surpris et tentai de me justifier, mais mon balbutiement se perdit dans le bruit de la taverne.

Et ma différence reprit le dessus. Incapable de demeurer ici plus longtemps, je me précipitai dehors sous les regards ébahis. Tant pis. Tant mieux. Dans la rue, je respirai déjà mieux. Les mains sur les genoux, je me concentrai sur mon souffle pour me détendre – jusqu'à ce que je l'entende arriver derrière moi.

Comment pouvais-je avoir deviné que c'était lui ? Mon intuition étant la meilleure réponse, il faudrait s'en contenter. Pauvre vieux ! Il aurait mieux fait de ne pas croiser ma route. Je lui pourrissait sa soirée. Il allait sans doute m'en faire le reproche, d'ailleurs. Sinon, pourquoi serait-il venu me rejoindre à l'extérieur ?

Et puis merde ! Je n'avais pas à m'excuser d'être ce que j'étais – un type allergique à tout contact humain ! Alors je redressai la tête pour passer une main encore tremblante sur mon front, dégageant mon visage des mèches qui tombaient devant, et m'efforçai de reprendre contenance en sortant un peu le menton de mon écharpe. Voilà, Darwen pouvait s'énerver, à présent.

J'étais prêt.

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Lun 31 Oct 2016, 16:30

[Tu sais quoi ? 'Wen me surprend au moins autant que Kei xD]




Visiblement, Keilan avait besoin qu'on aille droit au but pour comprendre ce qu'on lui voulait. Malgré l'indécision dans laquelle les paroles de Darwen l'avaient plongé – elle se lisait nettement sur son visage, dans toute son attitude – il semblait un peu plus à l'aise après les avoir entendues. Cependant, 'Wen avait la vive impression qu'il n'allait pas tarder à quitter l'auberge, et il s'apprêtait à le raccompagner dehors pour que chacun reprenne sa route de son côté... Il n'en fut rien. Contre toute attente, Keilan restait assis sur sa chaise, en proie à une intense réflexion, comme s'il s'était à nouveau entourée de la bulle que Darwen avait perçue en le voyant pour la première fois. Patient, l'apprenti marchombre attendait. Il avait compris que Keilan, même s'il avait besoin d'une conversation franche, était aussi quelqu'un que l'on ne devait pas brusquer – ce qu'il n'avait de toutes manières aucune raison de faire. Il avait le temps. C'était au jeune homme, non à lui, de faire éclater la bulle. Ou plutôt de percer le mur, peu à peu ; une bulle éclate d'un seul coup, un mur prend du temps à percer. Beaucoup de temps. Mais Keilan avait déjà commencé à le faire, depuis qu'il l'avait suivi dans l'auberge.

- C'est pas toi. C'est cet endroit. D'habitude, je préfère les coins moins vivants.

Il n'avait pas terminé, Darwen le sentait ; il cherchait ses mots.

- Je veux dire, il est bien cet endroit, c'est juste que... Je ne suis pas parfaitement à l'aise quand il y a du monde.

Ça, le métamorphe aurait dû le comprendre plus tôt, et il se reprocha intérieurement de ne pas y avoir pensé. Il n'y avait pas énormément de monde dans l'auberge, mais la salle en elle-même était un lieu de sociabilité, ce qui semblait assez incompatible avec le caractère de Keilan. Pourtant, celui-ci n'était pas totalement asocial, puisqu'il avait accepté de prendre ce repas avec lui et qu'ils avaient partagé un bout de conversation, à propos de son passé qui plus est, de quelque chose de  visiblement personnel. Darwen avait justement choisi cet établissement pour la bonne ambiance qui y régnait, afin de mettre-à-l'aise son jeune inconnu... Il s'était trompé. Keilan semblait faire beaucoup d'efforts pour ne pas fuir ; même s'il arrivait à partager une conversation, il n'était pas prêt à le faire dans ce genre d'endroit, et ça restait difficile pour lui. D'ailleurs, pourquoi était-il resté jusqu'ici ?

Il eut soudain l'envie irrésistible de poser sa main sur le poing fermé de Keilan, sur la table, dans un geste rassurant. Il résista. Au lieu de rassurer le garçon, ce geste l'effrayerait sans doute, lui déplairait au moins. Sans compter qu'il était tout à fait déplacé de la part d'un quasi inconnu... même si Darwen se sentait de moins en moins étranger à lui. S'il ne redoutait pas spécialement la foule ou les gens en général, il avait quant à lui une peur irrationnelle des endroits sombres et exigus ; il ne se sentait à l'aise dans l'auberge que parce que la salle n'était pas trop petite, que la lumière était assez vive, et que la porte restait dans son champ de vision. Et puis, comme Keilan, il avait un passé qui laisserait sur lui des marques à jamais – car il pouvait voir que c'était le cas du garçon, même s'il ne pouvait pas deviner si ces marques, le concernant, provenaient de cette attaque pirate ou d'avant encore...

Il s'apprêtait à lui dire qu'ils pouvaient tout-à-fait s'en aller, qu'ils n'étaient en aucun cas obligés de demeurer dans l'auberge... Il fut pris de court par Keilan qui, au lieu de continuer à essayer de percer le mur, prit son élan et le franchit d'un seul bond.


***



Un bond tout-à-fait osé et courageux de sa part, mais il est parfois dangereux de chercher à franchir ses limites de manière trop brusque et trop rapide. L'apprenti marchombre l'avait appris dès ses premiers pas sur la Voie, et même avant, chez les Frontaliers. D'abord on repousse peu à peu ses limites, sans pour autant chercher à tout prix à les surpasser, car on peut y risquer sa peau. Ensuite vient le moment où on les dépasse, sans forcément s'en apercevoir immédiatement. C'est le moment de l'envol. Pour Keilan, ce moment n'était pas encore arrivé.


***



Tout en lançant les fléchettes sur la cible avec adresse, Darwen continuait de garder un oeil discret sur son compagnon. Il ne voulait pas que Keilan se sente surveillé, mais il s'inquiétait un peu : même si cela leur avait permis de s'éloigner des autres clients de l'établissement,  il devait avoir pris beaucoup sur lui-même pour lui proposer ce jeu... peut-être trop. En même temps, l'homme ne pouvait s'empêcher d'être flatté par son attitude. On ne fait pas un tel effort simplement par politesse, 'Wen en était convaincu ; cela signifiait que Keilan l'appréciait suffisamment pour faire cet effort. Mais il craignait que celui-ci ne soit excessif. Alors il continuait à parler, à faire des remarques sur leur jeu, et à proposer des défis de distance ou de nombre de fléchettes, en essayant de ne pas trop s'attarder sur l'admiration qu'il lisait dans les yeux de Keilan. Il se savait capable de vite fanfaronner, même sur le mode du second degré, et il doutait que le jeune homme ne soit très réceptif à ce genre d'humour...  Et puis, Keilan ne s'en apercevait peut-être pas, mais il se débrouillait bien lui aussi, même s'il ne faisait pas mouche à chaque fois et qu'il avait peut-être tendance à trop réfléchir. De plus il faisait preuve de beaucoup de persévérance.

- Tu es plutôt doué, dis-donc ! Tu fais souvent du lancer ?

Les choses se gâtèrent quand d'autres joueurs approchèrent. Darwen releva leurs défis avec plaisir ; au début, Keilan était un peu tendu, mais tout paraissait aller plutôt bien. L'apprenti marchombre gagna tous les défis qu'on lui proposait, jusqu'à ce qu'il se retrouve face à une adversaire de taille, une jeune femme d'une vingtaine d'années aux cheveux blond platine coupés très courts, qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. Avec celle qui l'accompagnait, et qui paraissait un peu plus âgée qu'elle, elles étaient les seules femmes à s'être avancées pour jouer avec eux. Darwen perdit deux fois face à elle, avant de retrouver l'égalité. Ils se quittèrent en riant, elle et son amie ayant déclaré qu'il était temps de rentrer chez elles.

'Wen sentait toujours Keilan près de lui, et cela le rendait heureux sans qu'il puisse vraiment s'expliquer pourquoi. Il ne se posait pas la question, l'observant en souriant triompher d'un autre joueur. Mais quand celui-ci prit sa revanche et qu'il gagna à son tour, il asséna une bourrade amicale au jeune homme. Surpris et peu habitué aux contacts physiques, il buta contre Darwen avant de rebondir contre un mur, comme un animal pris au piège. Le métamorphe eut le temps d'apercevoir la lueur affolée dans ses yeux verts, qui lui firent songer à un écureuil ou à un renard, avant que celui qu'il considérait comme un nouvel ami ne s'enfuie hors de l'auberge.

Darwen s'excusa auprès des autres joueurs et les remercia pour la soirée avant de sortir à son tour de l'établissement. La nuit était désormais entière mais claire, et l'on pouvait apercevoir un grand nombre d'étoiles en plissant à peine les yeux. L'air presque froid faisait du bien après l'agitation et la chaleur de l'auberge. L'homme eut le temps d'apercevoir le fugitif tourner à un coin de rue ; il lui emboîta le pas. Il ne cherchait pas à être discret, ne souhaitait pas le surprendre, et Keilan se retourna en l'entendait arriver, le défiant du regard. Dans ses yeux, la détermination avait remplacé l'affolement et l'angoisse. 'Wen se demanda à quoi il pensait.

- Je suis désolé, murmura-t-il en passant une main à l'arrière de son crâne. J'aurais dû comprendre dès le début que tu n'aimais pas ce genre d'endroit.

Il s'adossa à un mur, et leva la tête vers les étoiles. Laissant passer quelques secondes de silence, il reprit, à peine plus fort :

- Maintenant, c'est toi qui décide. Chacun reprend sa route, ou tu acceptes un nouveau défi. Mais seulement avec moi, cette fois.

Il se retourna face au mur, le désignant du menton. Il s'agissait en fait d'un immeuble d'une vingtaine de mètres de hauteur, dont les pierres assemblées laissaient voir de nombreuses interstices, mais assez fines.

- Je te propose d'escalader ce bâtiment. Le but n'est pas d'arriver le premier mais d'arriver en haut, où là, il n'y aura personne d'autre.

Keilan avait voulu franchir le mur qui le séparait du monde d'un seul coup, mais il avait dérapé. Le mur était très haut : en tombant en arrière, le jeune homme avait manqué de se rompre les os. Devant lui, le mur s'élevait toujours, de toute sa hauteur, et vu du sol, il devait lui paraître encore plus grand. Parviendrait-il à se relever, et à comprendre qu'il ne pouvait pas sauter par dessus le mur, mais qu'il devait l'escalader en prenant son temps ? En avait-il seulement envie ?

Darwen planta son regard clair dans celui du jeune homme, en espérant qu'il relèverait ce défi-là.

- A moins que tu n'aies autre chose à me proposer ?

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Lun 31 Oct 2016, 18:37

- Je suis désolé.

De surprise, j'ouvris la bouche mais aucun son n'en sortit, et comme je devais avoir l'air franchement idiot, je la refermai aussitôt, mais je ne parvenais plus à quitter Darwen des yeux. Il se moquait de moi ? Alors qu'il aurait dû disparaître depuis belle lurette, excédé par mon attitude, ou bien me balancer mes quatre vérités à la figure comme j'en avais l'habitude, voilà qu'il s'excusait de... de quoi, au juste ? Il n'avait rien fait !

- J'aurais dû comprendre dès le début que tu n'aimais pas ce genre d'endroit.

Je haussai les épaules. Oui, et bien c'était comme ça. Pas de quoi en faire tout un drame. En tout cas, moi, j'y étais habitué. Je respirai mieux à présent que j'étais dehors, c'était un fait, et les battements de mon cœur s'étaient calmés. Alors...

- Maintenant, c'est toi qui décide. Chacun reprend sa route, ou tu acceptes un nouveau défi. Mais seulement avec moi cette fois.

Je secouai doucement la tête, vaguement incrédule ; je ne comprenais plus rien. Je n'avais pas l'habitude qu'on me laisse le choix. On ne me l'avait jamais laissé, en vérité : il avait toujours fallu que je le prenne de force, à tel point que c'était devenu un réflexe pour moi. Je demeurai silencieux. Est-ce qu'il n'était pas temps de partir, effectivement ? Mais pour aller où ? Et puis... et puis j'avais envie de savoir ce qu'il avait derrière la tête. Juste par curiosité.

- Je te propose d'escalader ce bâtiment.

Je levai les yeux et observai le mur qui s'élevait, solide et apparemment infranchissable. Les pierres dont il était constitué proposaient un accès relativement facile, mais qui risquait de se compliquer à mi-hauteur à cause de la mousse qui avait poussé dessus. Je déglutis, soudain hésitant : s'il me proposait un défi de ce genre, c'était qu'il se savait capable de le remporter haut la main, non ? J'étais prêt à parier qu'il pouvait grimper au sommet sans difficultés. J'ignorais bien d'où cette certitude provenait mais elle était là. Je lui jetai un coup d'oeil perplexe.

- Le but n'est pas d'arriver le premier mais d'arriver en haut, où là, il n'y aura personne d'autre. A moins que tu n'aies quelque chose d'autre à me proposer ?

Pourquoi tiens-tu tellement à rester avec moi ?

La question ne franchit pas mes lèvres. Je la retins de justesse – et c'était curieux, cela ne me ressemblait pas ; normalement, aucun filtre ne m'empêche de dire ce que je pense, et c'est souvent source de situations vraiment gênantes. Mais là, devant l'intensité de son regard, j'étais incapable de lui retourner son défi en pleine figure.

Mes yeux se posèrent à nouveau sur le mur. J'avais l'impression qu'il ne me demandait pas ça par hasard, alors que sa proposition était franchement incongrue – qui irait escalader une bâtisse aussi haute, en pleine nuit, sur un coup de tête ? J'examinai mes chances d'y arriver. Elles étaient minimes, quoique réelles ; l'escalade n'était pas mon fort, à moins qu'il ne s'agisse de grimper dans les cordages d'un gréément – auquel cas j'étais capable de prouesses, même au cœur d'une tempête.

Je me mordis la lèvre. Ce n'était pas un défi mais une folie. Si je tombais de cette hauteur, je pouvais me tuer. Ou pire, me briser les os et être condamnée à une vie d'immobilité... Oui, mais là-haut, je serai tranquille. Darwen avait raison. Je l'observai du coin de l'oeil. Il s'était tu et attendait patiemment ma réponse. Lui qui bouillonnait littéralement quelques minutes plus tôt, qui avait mis une ambiance du tonnerre dans l'auberge, voilà qu'il ne bougeait plus, aussi calme qu'un vieux sage.

Qui es-tu, bon sang ?

- D'accord.

Je posai la main à plat sur la pierre froide pour donner plus de poids à ma réponse.

- On se retrouve là-haut.


* ~ * ~ * ~ *


J'étais parti trop vite.

Dès le début, Darwen avait annoncé la couleur de son ascension ; un coup d'oeil dans sa direction m'avait presque flanqué par-terre de surprise, tant j'avais été sidéré de le voir bouger ainsi. Puis, inquiet à l'idée qu'il puisse réellement arriver longtemps avant moi, j'avais accéléré le mouvement. Les premières minutes de mon parcours se déroulèrent sans encombre. Je n'étais pas particulièrement rapide, mais capable de m'élever sans mal contre le mur.

Et puis mes muscles avaient commencé à protester. Ils se seraient bien passés d'un tel défi, ils n'étaient pas habitués à ce genre d'exercice. Mon ventre non plus. Un regard en bas me le tordit plus sûrement qu'une bonne lampée d'eau-de-vie et je fermai les yeux, le souffle court. Il fallait que je me reprenne. Que je respire.

Voilà.

Je rouvris les yeux et cherchai instinctivement Darwen du regard – il était là. Il s'était arrêté. Je ne sais pas pourquoi, mais cela me rassura ; je repris confiance et continuai de me hisser, plus lentement, plus prudemment. Un vent frais me cinglait le visage et me plaquait contre la paroi. Je savais que j'étais désormais très haut sans avoir à baisser la tête pour le vérifier.

Pourtant, je continuai. Le défi lancé par Darwen brûlait soudain dans mes veines, l'envie d'arriver au sommet me poussait à forcer sur mes bras et sur mes jambes, à ignorer la douleur au bout de mes doigts et la fatigue qui pesait sur moi à chaque mouvement ; sa présence me rassurait et me stimulait tout à la fois, et je ne me rendis pas compte que mes gestes étaient soudain plus francs, plus fluides.

Jusqu'à ce que mon pied dérape.

Horrifié, je tendis la main pour tenter de me rattraper mais mon corps, attiré par le vide, m'entraîna et je me sentis basculer en arrière...

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Dim 20 Nov 2016, 17:00

…avant d'être fermement plaqué contre le mur.
En sécurité.

***



Keilan avait d'abord eu l'air tellement surpris en l'entendant parler que Darwen à la fois se retenait de rire devant l'étonnement qui se peignait peu à peu sur son visage, et le trouvait encore plus attendrissant. Il se demandait pourquoi il semblait si ahuri, mais le jeune homme n'était pas bavard, et 'Wen se contenta de sa réponse laconique mais amplement satisfaisante.

Alors ils débutèrent l'ascension, chacun à leur rythme.

Le jeune pirate n'était pas lent, bien au contraire ; il n'avait pas peur, et ne semblait pas vraiment en difficulté – et Darwen se demanda s'il avait déjà pratiqué cet exercice, qui était tout de même bien différent des acrobaties dans les cordages d'un bateau : le batîment, solide, ne se balançait pas dans le vent marin, mais il offrait des prises beaucoup moins évidentes, et plus difficiles à saisir. Au moins, Keilan était déjà habitué à quitter la surface du sol pour s'élever dans les airs...

Sans l'oublier pour autant, l'apprenti marchombre retrouvait avec plaisir la joie grisante de l'ascension, et considérait avec bonheur les progrès qu'il avait fait depuis les premières fois où il s'était adonné à un tel exercice. La précision de ses mouvements, la légèreté de son corps le long des pierres... Il n'allait pas trop vite cependant, parce qu'il se doutait que son compagnon d'escalade allait vouloir le rattraper – malgré les consignes : ce n'était pas une course.

Il y eut une première fois où il sentit un changement chez Keilan. La respiration de la pierre, différente,  lui avait fait deviner l'arrêt. Il s'arrêta aussi, et jeta un coup d'oeil vers le garçon, pour lui adresser un sourire confiant. Il pouvait y arriver, il le savait, mais il fallait qu'il avance à son rythme... il dut le comprendre, car lorsqu'il recommença à s'élever, il avança beaucoup plus lentement. Et calmement. Darwen sourit à nouveau, et reprit à son tour l'escalade.

Jusqu'à ce changement dans l'air, sur la paroi, cette vibration imperceptible pour celui qui ne savait pas écouter.

Mais Darwen savait, désormais.

Une fraction de seconde avant que le pied de Keilan ne dérape, il relâcha ses appuis de manière à se  laisser glisser le long du mur dans une dégringolade à moitié contrôlée ; au moment où le corps du garçon commença à se détacher de la paroi, il arriva juste au-dessus de lui.

Et bondit.

...pour le plaquer fermement contre le mur.
En sécurité.

***



- Reste là.

Son regard infiniment clair croisa un instant celui du garçon. Il y avait de la malice dans ce regard, et de la confiance. Pourtant, on pouvait aussi y trouver une trace d'une peur à peine envolée, la même qui faisait encore battre le coeur de Darwen, contre le dos de Keilan.

Parce qu'il y avait un certain temps que le métamorphe n'avait pas eu aussi peur. L'ordre normal des choses aurait voulu que ce soit Syndrell qui le rattrape, lui, s'il venait à glisser d'une paroi, et non lui qui rattrape quelqu'un d'autre. Jamais il ne se serait cru capable de le faire, de se laisser tomber ainsi pour bondir ensuite alors qu'il se trouvait sur un mur, à la verticale. Mais s'il avait proposé à Keilan ce défi, c'était bien en sachant qu'il prenait le risque qu'il tombe... Et s'il n'avait pas pu le rattraper ? Et s'il avait réagit trop tard ? Ou même, s'il était lui-même tombé ?

Il y aurait eu au moins un cadavre de retrouvé le lendemain matin sur le pavé d'Al-Vor, peut-être deux.

Mais ce n'était pas le moment de penser à ce qui aurait pu arriver.

Une fois assuré qu'il avait retrouvé des appuis, Darwen se détacha de Keilan, de son odeur et des mèches folles qui venaient lui chatouiller le nez, pour venir se poster à ses côtés.

- On est presque arrivé. Respire, et lorsque tu es prêt, termine ce que tu as commencé... Toujours. Tu peux le faire, Keilan.

Quand il vit que le jeune pirate était prêt, que son souffle était redevenu plus calme et que les tremblement de son corps s'étaient presque éteints, il recommença à monter.

Les six derniers mètres...

***



Il l'aida à se hisser par-dessus le bord du toit, qui formait en fait une sorte de terrasse, sur laquelle on pouvait apercevoir à l'une des extrémités une trappe qui conduisait à l'intérieur de l'immeuble. Les deux compagnons se laissèrent glisser sur le sol, les yeux fermés. Darwen était presque aussi exténué que Keilan, à cause de cette frayeur qu'il avait ressentie. Lorsqu'ils rouvrirent les paupières, ils purent voir la lune ronde et laiteuse se moquer d'eux depuis le ciel sombre piqué d'étoiles.

- Défi relevé, murmura Darwen comme si les étoiles se trouvaient dans ses yeux.

Il avait l'impression d'être retombé en enfance, et en même temps il se sentait profondément marchombre. Véritablement marchombre.

La prise de conscience de cette sensation si jubilatoire lui donna une idée, et un léger sourire passa sur ses lèvres comme une ombre avant qu'il ne se relève soudainement, entraînant Keilan vers le bord de la terrasse.

Pour lui montrer la ville, au-dessous d'eux. La ville et l'étendue vert sombre des plaines tout autour, d'où montait les toutes premières lueurs rouges de l'aube. Alors il testa son idée.

- As-tu déjà entendu parler des marchombres, Keilan ?

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Dim 20 Nov 2016, 20:40

- Reste là.

Je cligne des yeux, incapable de réaliser... Mon cœur bat vite et fort et je frôle la crise de panique, mon souffle part en vrille, ma vision se trouble, mes muscles se relâchent – pas les siens. Il me maintient contre le mur et je ne peux plus bouger.
Je ne peux plus tomber.

Je ne peux plus tomber.

De surprise, j'oublie ma peur. Il y a deux choses qui retiennent désormais mon attention, et non des moindres : primo, je ne suis pas affolé par la proximité de Darwen. Deuzio, c'est son murmure qui m'affole.

- On est presque arrivés. Respire...

Je le crois, je respire, il me libère, je reprends mon ascension.

Le défi chevillé au corps.


* ~ * ~ * ~ *


J'étais à bout de souffle mais lui aussi, ce qui me tira un fin sourire satisfait tandis qu'affalé sur le toit, nous cherchions à récupérer. J'étais surtout fier de moi : j'avais réussi ! Certes, j'avais manqué de me tuer, et cela amoindrissait un peu mon exploit pour faire étinceler celui de Darwen. Je ne parvenais pas à comprendre comment il avait fait pour réagir si vite. Pour me rejoindre alors qu'il se trouvait plus haut. Pour bondir alors que le vide s'ouvrait sous nos pieds.

Lorsque nous fûmes capable de nous relever, il m'entraîna de l'autre côté et je dus admettre qu'il avait bien choisi son point de vue : la ville se déployait devant moi, immense, lumineuse, irréelle ; au loin, les prairies sauvages sortaient de l'ombre sous la pâle lueur de l'aube et dans un rêve de brume. C'était magnifique.

C'était magnifique, mais c'est vers Darwen que mon regard glissa pourtant.

Tout au long de la soirée, j'avais pris conscience que je me trouvais en compagnie d'un être peu ordinaire. Venant de quelqu'un comme moi la chose était sans doute ironique, et cependant mon opinion était désormais claire : il n'était pas comme les autres. Alors, sans le savoir, il posa la question qui confirma cette certitude...

… et qui me fit frissonner.


* ~ * ~ * ~ *


- As-tu déjà entendu parler des marchombres, Keilan ?
- Oui.



* ~ * ~ * ~ *

Silence absolu.

Au sommet d'Al-Vor les bruits de la ville n'ont pas leur place. Pas de bavardages, pas de monde, pas de rire, pas de cris.

Et pas de conflit.


* ~ * ~ * ~ *


- Tu es supposé être mon ennemi, si j'ai bien compris ce qu'on m'a enseigné.

Pas de faux-fuyants ni de faux semblants : comment nier la vérité dans un tel endroit ? Darwen a été capable de me sentir basculer. Si je mens, le devinera-t-il ?

Je n'ai pas envie de mentir.



* ~ * ~ * ~ *



- Est-ce que tu m'aurais laissé tombé, si tu avais su ?

J'avais parlé sans réfléchir, ou en réfléchissant trop justement, comme à mon habitude... Depuis le début de la soirée, il avait eu maintes occasions de me tuer. C'était contraire à ses principes, j'en étais certain, mais dans ce monde, seul le plus fort survit, n'est-ce pas ? Que savais-je de ce garçon, après tout, mis à part qu'il aimait les gens ?

Je n'aime personne. L'amitié, l'amour, les sentiments ne m'atteignaient pas de la même façon que les autres, je le savais et cela ne me gênait pas.
Pas trop en tout cas.

S'il décidait de m'affronter je n'avais aucune chance de gagner. Strictement aucune. J'aurais dû tenter le tout pour le tout, créer une diversion, sortir les griffes comme j'avais appris à le faire pour sauver ma vie – ça m'avait plutôt bien réussi, après tout ! Mais je n'arrivais pas à bouger. Debout face au vide, j'étais incapable de me décider.

- Pirate, mercenaire, solitaire... Je suis ton négatif, et pourtant tu restes avec moi. Pourquoi ?

Lentement, je m'accroupis pour être moins la proie du vent qui soufflait fort à cette hauteur. Le menton sur les genoux, j'observai les lumières de la ville, petites étoiles terrestres quand celles qui nous surplombaient scintillait encore entre deux nuages. J'étais un peu perdu, là. Je ne savais pas trop ce que je devais faire et c'était une sensation nouvelle. L'inconnu était toujours déstabilisant pour moi...



* ~ * ~ * ~ *



Je n'aime personne.

Aucune raison que ça change.

N'est-ce pas... ?

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Lun 21 Nov 2016, 23:04

- Oui.

La vraie réponse se trouvait dans ses yeux. Oui, il avait entendu parler des marchombres... parce qu'il était leur ennemi.


***



Malgré lui, Darwen détourna le regard, pour le fixer sur l'étendue brumeuse devant lui. Malgré lui, il se mordit la lèvre inférieure, dans un signe évident de perplexité – peut-être de déception, ou de désillusion. Malgré lui, parce qu'il se rendit compte ensuite que Keilan pouvait mal interpréter son expression. Oh non, il ne lui en voulait pas...

Fallait-il seulement qu'il tombe encore sur un Envoleur ?

Comment ça, encore ? Keilan était loin d'être Kaünis, et puis... pourquoi cette comparaison lui venait-elle à l'esprit, d'ailleurs ?

- Tu es supposé être mon ennemi, si j'ai bien compris ce qu'on m'a enseigné.

Il ne répondit pas. Une rencontre dans une taverne... Une escalade, un toit, et puis... des images qui lui revinrent à l'esprit, auxquelles se superposèrent aussitôt d'autres images, d'autres sensations bien plus... percutantes. Brûlantes. Nom d'une fiente de Ts'liche moisie. Ce n'était pas le moment de repenser à Kaünis, et encore moins à leurs dernières retrouvailles ! Même si le parallèle était troublant ; un parallèle où les rôles s'inversaient : lui, encore dans sa première année d'apprentissage, avait croisé la route d'une envoleuse accomplie, et maintenant, alors qu'il était beaucoup plus avancé sur la Voie, c'était un apprenti envoleur qu'il rencontrait.

Mais pourquoi associait-il ces deux rencontres ? Il ne s'était rien passé avec Keilan. Juste une altercation avec des ivrognes – et pas avec des soldats de l'empire – un repas dans une auberge, une histoire de pirates, un jeu de fléchettes, un défi lancé aux étoiles et puis... cet instant où il lui avait sauvé la vie.

Un instant d'horreur puis de soulagement partagés.
Ce genre d'instant qu'on n'oubliait jamais.

Et qui les liait désormais plus que tout ce qu'il avait pu vivre avec Kaünis...



***




Un coup de vent passa, plus fort que les autres. Elle lui paraissait soudain bien lointaine...


***



- Est-ce que tu m'aurais laissé tombé, si tu avais su ?

Sourire. 'Wen reporta son regard sur Keilan ; il semblait sérieux. Croyait-il vraiment qu'il l'aurait laissé se tuer en raison de leurs Voies opposées ?

- A ton avis ?

La réponse sonna clairement ironique, et craignant que le jeune homme ne le prenne mal ou ne le comprenne pas, Darwen ajouta, après un court silence :

- Tu es un être humain avant tout Keilan, une personne. Tu crois que si j'avais su, j'aurais fait exprès de t'emmener sur ce mur pour que tu te tues ?

Soupir.

- Les envoleurs et les marchombres sont ennemis, oui. Mais les marchombres n'ont pas pour but d'assassiner – ou de vouloir assassiner – tous les envoleurs qu'ils croisent. J'aurais tendance à te dire que c'est là l'une de leurs différences, mais j'ai déjà croisé des envoleurs qui ne m'ont pas attaqué, alors...

Et j'ai déjà vu une marchombre et un envoleur qui s'aimaient. Tous les deux Maîtres.
Et mon Maître a aimé plusieurs envoleurs...


Et j'ai déjà aimé – ou cru aimer, ce qui revient au même – une envoleuse.

Pensées qui se perdirent dans la nuit et le silence. Silence à nouveau brisé par la voix légèrement enrouée de Keilan.

- Pirate, mercenaire, solitaire... Je suis ton négatif, et pourtant tu restes avec moi. Pourquoi ?

Pourquoi ? Tu te demandes vraiment encore pourquoi ?

Darwen s'accroupit à son tour pour se mettre à la hauteur du garçon, un sourire creusant sa joue, mais pas dans les yeux, qu'il gardait fixés devant lui.

- Est-ce que j'ai déjà dit que je n'aimais pas les pirates ? Et si tu savais à quel point je peux être solitaire... d'ailleurs, je dirais que tous les marchombres le sont plus ou moins. Quant aux mercenaires du Chaos... j'ai beaucoup de mal à comprendre leur vision du monde en général, encore plus à y adhérer, je veux dire, moralement parlant. En fait, ça me dépasse complètement. Mais est-ce que c'est une raison suffisante pour rejeter quelqu'un, avoir une conception du monde opposée à la sienne, des buts différents ?

J'ai déjà croisé plusieurs mercenaires, je te l'ai dit. Certains ne correspondaient pas tout à fait à l'idée générale que je me faisais d'eux. Est-ce que ça te vexe si je te dis que tu en fais partie ?

Darwen tourna le regard vers Keilan, détaillant les contours de son visage dans la nuit. Oui, ce garçon était un peu étrange, mais... pas parce qu'il était un envoleur. Et tout ça ne l'empêchait pas d'être fichtrement... attirant.

Mu par une impulsion soudaine, Darwen frôla la mâchoire du jeune homme, du bout des doigts... avant de les retirer vivement, se souvenant qu'il ne supportait pas le contact humain. Et que son geste pouvait paraître totalement déplacé, parfois encore plus de la part d'un homme pour un autre aux yeux de certains. Est-ce que c'était parce qu'il avait l'habitude de fuir les gens que Keilan ne se rendait pas compte de la curiosité, de la tendresse, et même de l'attirance que 'Wen ressentait pour lui en cet instant, et depuis qu'il l'avait tiré des pattes des ivrognes ?

- Tu es décidément spécial, oui, peut-être plus que d'autres...

Car qui ne l'est pas ?

- Mais c'est peut-être en partie pour ça que j'ai envie de rester avec toi. Et parce que je ne me sens pas si différent de toi que tu ne le penses.

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Keilan Fil'Areen
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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Mar 22 Nov 2016, 19:43

Le passé a peu d'emprises sur moi. Je ne visite pas mes souvenirs, ou très peu, tout simplement parce que je vis exclusivement dans l'instant présent – me demander de me projeter ou d'anticiper ne fonctionnera pas non plus. Mais il m'arrive fréquemment de raisonner par comparaisons, et ces comparaisons sont justement le trait d'union entre mon passé et mon présent.

Quand il me toucha du bout des doigts, ce fut le cas, et je suis capable d'analyser presque seconde après seconde les réactions instantanées que ce simple mouvement provoqua en moi : d'abord, un réflexe épidermique, frisson incontrôlable qui me secoua l'échine alors que, simultanément, ma prodigieuse mémoire se rappelait, par effet de comparaison, d'un contact similaire. Similaire mais différent.

Naya.

Et je suis sûr, absolument sûr que c'est le souvenir de mon capitaine qui me fit tressaillir, non pas le geste pourtant surprenant de Darwen ; je ne me fondais pas sur le fait qu'un homme puisse en toucher un autre de cette façon, simplement sur le principe suivant : il savait que je détestais le contact, pourquoi s'enhardir à ce point ?

La réponse venait davantage de son attitude que de ces paroles. Il s'exprimait cependant d'une façon claire et sa franchise me plut à nouveau. Ces mots traduisaient une ouverture d'esprit que peu de gens possèdent, j'en avais l'étrange conscience depuis mon propre univers. Marchombre, Darwen regardait l'autre d'abord avec ses yeux d'être humain. Je me demandai comment il me voyait, moi, le garçon bizarre que la plupart des gens fuyaient – la différence est tellement effrayante...

C'est son corps qui m'offrit la meilleure des réponses. Il s'était accroupi à ma hauteur : savait-il que ce simple geste me rassurait ? Peut-être. S'il avait agi par hasard, au début de la soirée, Darwen s'était finalement bien accordé à mes « particularités ». Qu'il m'ait conduit ici le prouvait largement. Mais il yavait d'autres signes qui ne trompaient pas : son épaule, si près de la mienne qu'elle aurait pu la toucher et pourtant, un demi-centimètre séparait encore son manteau du mien, frontière elle aussi rassurante.

Son regard clair, aussi brillant que du cristal sous l'éclat de la lune, était une mine d'information dans laquelle je plongeai lorsqu'il tourna son visage dans ma direction. C'était la première fois qe ce genre de chose se produisait... la première fois que je soutenait le regard d'un autre a plusieurs reprises, et sans me sentir mal. J'étais curieux, avide de découvrir ce qu'il yavait dans ces yeux capables de voir quand le reste du monde était aveugle.

Mais j'étais nul pour déchiffrer des sentiments dont j'ignorais tout simplement la saveur. Alors, je compris. Ce que je voyais dans les yeux de Darwen, c'était mon reflet. C'était moi. Moi ! Parce qu'il  me voyait réellement et cette certitude déclencha quelque chose, quelque part au cœur de mon être ; un déclic, une porte qui s'ouvre...

...une découverte.

Pour la première fois depuis des mois, des années peut-être, je souris.


* ~ * ~ * ~ *


- Raconte-moi.

La nuit vibrait. Je ne suis pas doué pour retranscrire des choses abstraites, pourtant c'était l'impression qui me saisissait vraiment : l'air vibrait autour de nous, puissant et invisible, témoin sans doute d'une avancée majeure dans l'histoire de Keilan Fil'Areen. J'étais curieux comme jamais. Intéressé comme jamais. J'avais toujours des questions, ça se bousculait en permanence dans mon esprit, mes pensées tourbillonnaient comme une toupie et seul un lourd sommeil pouvait généralement m'apaiser pour de bon.

Cette fois, c'était différent. Hors du commun ! Les questions qui se bousculaient dans ma tête franchissait mes lèvres avec une facilité déconcertante – et une envie, terrible, inassouvie : apprendre.

- Raconte moi les Marchombres...

Le mot roulait sur ma langue, s'envolait entre nous comme si sa juste place se trouvait dans les étoiles. Elles scintillaient dans le ciel et dans les yeux de Darwen. Son regard, encore, s'aimanta au mien et à nouveau, la comparaison s'imposa.

Les yeux dorés de Naya.
Le regard clair de Darwen.
Glacier immense affrontant un brasier flamboyant.

Il y avait de la douceur dans cette banquise que je n'avais jamais trouvée dans les flammes de mon capitaine. Sa possessivité, sa violence même dans nos ébats avaient imprimé leur marque en moi tandis que la légèreté des paroles de Darwen, alliée à la caresse de ses doigts, me laissait tout chose. J'étais bien en peine de savoir ce qu'il attendait de moi, moins sûr encore de ce que j'étais capable de lui offrir.

Une seule certitude : je n'avais pas peur.
Plus maintenant.




[Ta patience est sacrément mise à l'épreuve, hein ! ça va, tu ne t'ennuies pas ? Moi je continue de découvrir Kei en même temps que Darwen, et ce que je découvre me plaît - et m'interpelle : mon personnage serait-il en train de changer de camp ??? Affaire à suivre... ]

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Ven 24 Fév 2017, 20:44

[La patience de qui est mise à l'épreuve, après trois mois sans réponse ? x) En plus, c'est court et pas terrible mais... faut toujours un temps pour s'y remettre Razz]






Quelque chose avait vraiment changé, cette fois. Il avait semblé à Darwen que le son d'une serrure que l'on crochète avait résonné dans l'air frais de cette nuit claire, clac ! Il n'eut pas besoin de se tourner vers Keilan pour voir la modification de son expression, sur son visage, ou pour sentir son corps se détendre, tout près de lui. Lui-même se sentait profondément serein, pourtant il y avait cette pointe d'excitation en lui, qui faisait écho à celle que ressentait le jeune  homme à ses côtés. Il avait réussi à le mettre en confiance ! Cette simple constatation le remplissait de joie, il n'aurait su dire pourquoi. Peut-être parce qu'il sentait qu'un partage était vraiment possible, désormais. Keilan était prêt à l'écouter ; mieux : il le demandait.

'Wen ferma les yeux quelques secondes, un léger sourire étirant ses lèvres. Raconter les marchombres ? C'était une drôle de demande, au fond. Pouvait-on vraiment raconter les marchombres ? D'ailleurs,  qu'est-ce que ça signifiait ? Il ne pouvait pas parler de son enseignement, ni de l'Académie, et puis chaque marchombre était unique. Keilan lui demandait-il une définition, une expérience, un ressenti ? Darwen chercha une réponse, quelque chose par où commencer, dans le regard du garçon. Ce qu'il y lu le fit sourire, mais l'effraya aussi un peu, étrangement. Tout. Il voulait tout savoir... 'Wen eut la drôle d'impression, l'espace d'un instant, d'être un Maître se retrouvant face à un apprenti débordant de curiosité. Alors il laissa quelques minutes passer, volontairement. Assis, ils étaient protégés du vent, mais son souffle froid atteignait ses cheveux, s'y mêlant pour y sculpter des boucles sombres. Darwen puisa dans cette respiration venue de la forêt les mots qui coulèrent de sa bouche.

- Je pense que cela doit se vivre pour être compris. Il paraît qu'on ne devient pas marchombre, mais qu'on l'est... Être un marchombre, c'est se donner les moyens de répondre au besoin de liberté que chaque être humain ressent, le plus pleinement possible. Physiquement, en exerçant son corps pour qu'il repousse sans cesse ses limites, sans jamais les brûler ; et surtout mentalement, en développant une perception du monde qui est présente en chacun de nous, mais seulement en puissance. Refuser de voir le monde sous le point de vue de l'utilité, et le voir sous celui de la poésie. C'est là que corps et esprit se rejoignent. C'est le développement de tous tes sens qui te permettent de saisir cette poésie... et d'adhérer au monde, un peu comme un animal, en fait.

Oui, c'était cela... Darwen marchombre, c'était un peu comme Darwen humain et loup à la fois... Mais pas tout à fait non plus.

- C'est dans cette double adhésion du corps à l'esprit et de ces derniers au monde qu'on peut trouver la liberté. C'est ce qu'on appelle l'harmonie.

Le jeune homme doutait que la curiosité de Keilan soit satisfaite, mais il espérait que ses paroles trouveraient un écho en lui, même infime...

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Ven 24 Fév 2017, 23:28

- La poésie ne peut pas définir un monde. C'est un concept littéraire et artistique, un... moyen d'expression. Et puis la liberté c'est une utopie. On n'est jamais libre, fondamentalement.

(Je réalise soudain que je suis en train de dénigrer les propos de Darwen. Je m'empourpre légèrement, me racle la gorge et reprend...)

Enfin, c'est ce que j'ai toujours pu constater. Mais cette idée d'harmonie... je ne saisis pas vraiment. C'est trop abstrait pour moi.

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Sam 25 Fév 2017, 12:54

- La poésie n'est pas un concept littéraire, Keilan. Elle est dans tout ce qui t'entoure... Je pense que tout être humain est susceptible de le ressentir, mais pour ça, il faut en être conscient, et s'ouvrir au monde...

La liberté est d'abord intérieure. Si tu la considères d'emblée comme une utopie, tu ne pourras jamais te sentir libre.

L'harmonie n'est possible que si tu développes cette ouverture au monde. Savoir écouter, toucher, regarder... ça me paraît plutôt concret, non ?


(Sourire)

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Sam 25 Fév 2017, 13:10

- Je... S'ouvrir au monde, toucher, regarder, je ne peux pas.

(Oh oh, mon coeur recommence à s'emballer. Je sais que ce n'est pas bon signe. Je me raidis. Ces mots ne me plaisent pas, ils ne sont pas... Non. Ils ne me plaisent pas.)

C'est la somme de nos expériences qui fait le monde, pas la... poésie. Sans elles, le monde n'existe pas. Ce qui n'est pas observable n'existe pas.

(Pourtant il a l'air de savoir de quoi il parle... )

Tu as appris ça avec les Marchombres ? Avec ton maître ?

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MessageSujet: Re: Qui du loup ou de l'asperge mangera l'autre ? [PV Kei]   Dim 26 Fév 2017, 00:10

- Si c'est le mot de poésie qui te dérange, oublie-le, il peut être remplacé par d'autres... je ne sais pas si les miens te parleront plus.

Je ne te connais pas, Keilan, mais est-ce que je me trompe si je pense que ce soir, tu tentes de t'ouvrir un peu ? Là, tu es bien en train de m'écouter... enfin, tu essayes, et c'est ce qui compte d'abord. Parce que oui, ce n'est pas une chose facile, et pas seulement pour toi. Bien des gens ne prendraient même pas le peine de m'écouter... Tu es curieux, c'est une qualité.

La somme de nos expériences... peut-être. Mais ça ne me paraît pas contradictoire : ce sont bien tes expériences avec le monde, avec ce qui t'entoure, qui te permettent de t'ouvrir à lui. L'harmonie, la liberté, ce ne sont pas des idées abstraites ; elles se vivent, concrètement, à travers ton expérience du monde, justement. Et même à travers les gestes les plus simples.

C'est une façon de voir propre aux marchombres, oui... mais je ne sais pas si je l'ai vraiment apprise avec eux... je pense que c'est quelque chose qui se trouvait déjà en moi et... mon Maître m'aide à la développer. Je disais que ce n'était pas une chose simple, et c'est justement pourquoi il y a le Maître.  Un Maître marchombre est un guide...


(Bref silence)

Et toi, Keilan ? Quel est ton rapport avec les mercenaires du Chaos ?

(Regard brillant, intéressé)

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