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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 A fistful o' roses (Libre)

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Zoanne Lil'Ayaân
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MessageSujet: Re: A fistful o' roses (Libre)   Jeu 25 Aoû 2016, 20:08

- Oh !

Narek venait de la surprendre en la soulevant dans ses bras, sans prévenir – mais passée la surprise, elle s'accrocha à lui et éclata d'un rire frais et heureux. Il y avait bien longtemps qu'on ne l'avait portée ainsi ! Tandis qu'ils descendaient les escalier, Zoanne se laissa aller un bref instant à l'émotion qui lui nouait la gorge. Elle appuya sa têt contre l'épaule du jeune homme, juste quelques secondes, le temps de reprendre contenance.

Voilà.

Etonnée qu'ils ne croisent personne en cuisine, Zoanne réalisa soudain que tout était silencieux dans la pièce. Et qu'un chant s'élevait dans la pièce d'à côté. Enveloppée dans sa couverture, elle tendit l'oreille, ignorant le sifflement qui revenait à la charge, alors que Narek ouvrait placards et tiroirs à la recherche de ce qui pouvait lui être utile.

Un chant... pour elle ? Etonnée, la marchombre croisa le regard de Narek, une question au fond des yeux, mais il resta silencieux. C'était la meilleure réponse qu'il pouvait lui offrir. Emue, Zoanne porta la main à son cœur fatigué. Et écouta.

C'était beau.

Bien trop beau pour une seule personne.
Pourtant, les voix qui résonnaient doucement transformaient une simple chanson en un merveilleux cadeau. Elle reconnut celle de Sefan et secoua doucement la tête. Celui-là, si elle avait eu quelques années de moins, il lui aurait sans doute volé son cœur...

L'odeur agréable des crêpes envahit la pièce. Immobile, Zoanne en savoura le parfum du bout de la langue qu'elle pasa sur ses lèvres. Et puis tout à coup, la porte s'ouvrit. Intriguée, elle leva les yeux et haussa les sourcils en découvrant celui qui venait d'entrer de sa démarche tranquille et silencieuse.

Une caresse, dans ses cheveux.
Un murmure près de son oreille.

- Comment tu te sens ?
- Erwan !


Ravie et troublée à la fois de le voir, Zoanne croisa de nouveau le regard de Narek. Elle comprit, à l'éclat presque malicieux qui le traversa, qu'il n'était pas innocent dans cette histoire, mais elle ne dit rien. Elle resta silencieuse.

Parce que Narek avait commencé à chanter.


Our ship lies at anchor, she is ready to dock,
I wish her safe landing without any shock...
And if ever I should meet you by land or by sea,
I will always remember your kindness to me...



*



- Honnêtement, je me sens... sur un petit nuage.

Le silence était revenu dans la cuisine. Les brouahahas résonnaient de nouveau à côté. Assis tous les trois, Erwan, Narek et elle dégustaient les crêpes – une véritable pile trônait au milieu de la table. Zoanne essayait de répondre à la question avec le plus de sincérité possible. Elle n'était pas idiote, elle savait très bien pourquoi Erwan était ici. Cela la touchait énormément. Le moins qu'elle pouvait faire, c'était lui dire la vérité.

- Je perds mes facultés une à une, mais tant que j'arrive à savourer tout ce que ces gens font pour moi... Je me sens bien, vraiment. Par la Dame ! Ces crêpes sont...

Délicieuses ! Elle n'arrivrait pas à en manger plus d'une, mais c'était tellement bon qu'elle en avait les larmes aux yeux. Elle éclata de rire pour distraire son émotion.

- Si je m'étais attendue à ça ! Cette soirée est mémorable.

Elle ne se rendait pas compte que le jour éclairait la pièce. Sa vision baissait encore. Elle perdait l notion du temps.

- Mais dis-moi, Erwan, qu'as-tu fais de ta fille ? Si elle est restée avec Lyke, je ne donne pas cher de la peau de Mia. Ils vont encore la rendre chèvre à force de dérober ses gâteaux.

Un petit sourire dansait sur les lèvres de Zoanne. Combien de fois avait-elle accompagné les deux garnements dans leurs facéties à l'Académie ?
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Narek Liam
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MessageSujet: Re: A fistful o' roses (Libre)   Jeu 25 Aoû 2016, 22:06

Le mot ''Soirée'' pinça le coeur de Narek... Il comprenait évidemment ce qui se passait et ne corrigea pas, il préférait la laisser vivre ces derniers moments comme ça, dans la camaraderie.

Il était bien content d'apprendre qu'Erwan connaissait Zoanne, ils n'auraient pas de temps, dont ils manquaient horriblement, à expliquer son idée. La femme faiblissait à vu d'oeil désormais, il devinait que les symptômes devaient se multiplier chez elle, bientôt elle perdrait la vue complètement, puis l'audition... Et tout se finirait très vite.

Le barde se promit de tenir sa main, à la fin. Il avait fait beaucoup trop de crêpes, surtout qu'il n'en prit qu'une, n'ayant pas la force d'en faire passer plus derrière cette boule qu'il avait dans la gorge. Il écouta un moment la conversation entre les deux marchombres, fermant les yeux un moment pour repousser l'émotion.

Qu'il suive bien la voie des marchombres comme le pensait Zoanne ou non, il se promit une chose. Il n'arrêterait jamais de voyager, d'apprendre... Et puis après tout, se dit-il, formation ou non, officiel ou officieux, tant qu'il ne cessait d'apprendre, tant qu'il continuait de découvrir et de s'améliorer, tant qu'il pouvait dire qu'il rendait hommage et Lyra et à Zoanne...

Il se considérerait marchombre.

Un petit ''Toc'' sur la fenêtre attira son attention et il rouvrit les yeux, la regardant un instant. Il commençait à pleuvoir... Ce n'était pas rare en cette saison, mais il se dit un instant qu'en fait, c'était la nature qui pleurait déjà la marchombre. Il croisa son regard fatigué qui avait cette pointe de ''Si tu me fais cette gueule encore longtemps je t'assomme'' et il lui sourit en prenant sa main gauche dans la sienne, prévoyant le coup puisqu'il savait que son regard s'éteindrais bientôt. Elle méritait de voir un sourire, et non de la pure tristesse. Il ouvrit la bouche pour faire un petit serment, mais sa voix sortit un peu plus brisée, un plus plus rouillée, qu'il ne l'avait prévu et il lui fallut un moment pour prononcer enfin sa phrase.


Je te promet de me lever et de profiter de cette belle journée...

Après tout, rien n'est plus sûr que la mort, et rien n'est moins sûr que son heure...


Le jeune homme, par un effort énorme de volonté, ne perdit pas son sourire, mais malgré lui les larmes coulèrent de ses yeux à un rythme plutôt rapide et il lâcha un petit rire un peu faux.

Ahah...Ah... Et moi qui m'avais promis de ne pas me montrer à toi dans un tel état...

Il aurait pu expliquer pourquoi il était si sensible à cette situation, raconter son histoire, il en serait peut-être capable, maintenant, mais opta contre... Erwan la connaissait et comprenait sûrement et Zoanne... Il ne voulait pas encore plus gâcher l’atmosphère, de toute façon. Le garçon décida à ce moment ce qu'il ferait de ses énormes gains du combat de plus tôt... Il ne laisserait pas la femme finir dans une tombe sans nom comme n'importe quel inconnu trouver mort par la garde, il n'en était pas question...

Et puis une pochette d'or... Il lui devait bien ça pour tout ce qu'elle lui avait appris en si peu de temps.

L'or, il en aurait encore plus tard... Cette rencontre, elle n'arriverait qu'une fois...

Et resterait à toujours graver en lui. Les paroles de son maître barde lui revinrent encore et il se demanda un instant ce qui était devenu de l'homme.


J'ai compris, vieillards, j'ai compris...
Mais tu avais encore raison...

J'ai compris bien trop tard.

L'apprenti cru presque ressentir le moment ou un autre symptôme s'ajouta ou s'empira, comme si un tressaillement dans la main qu'il tenait l'avait dit et il ne put s'empêcher de la serrer un peu plus fort, message silencieux qu'il sentit passer alors que la même main se détendait un peu, comme si elle l'avait reçu et comprit...

''Je suis là, je ne t'abandonnerais pas.''

Il aperçu des mains se poser sur les épaules de la femme et ressentit la présence apaisante avant de la voir, compris qui c'était avant de la confirmer d'un regard.

Sefan faisait un genre de massage rassurant sur ses épaules sans un mot, bien qu'on voyais bien que lui aussi avait pleurer un bon coup.

Depuis la salle, on entendait les gens trinqué, criant ''À Zoanne!''. En moins d'une journée, elle s'était faite tout le bâtiment en amis.

C'était vraiment une femme extraordinaire et il ne doutait pas un instant que son nom resterait longtemps gravé dans le coeur des gens qui avaient eu la chance de la rencontrer.

Plus tard, il le savait, il pleurerait toute les larmes de son corps...

Mais pour l'instant, il retiendrait ses nerfs par volonté d'acier si nécessaire...

Elle méritait les sourires.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: A fistful o' roses (Libre)   Ven 26 Aoû 2016, 00:03

Le chant les enveloppait et malgré tout, Erwan était rassuré.
Zoanne n’avait pas perdu sa capacité d’émerveillement. Elle semblait toujours égale à elle-même, même si son état se dégradait à vue d’œil. La manière dont elle tenait sa tête, elle ne devait presque plus voir à droite. Ou plus du tout.
Attrapant le bout des doigts de la Marchombre, Erwan lui adressa un sourire rassurant.
Se laissant porter par la musique.

Quand le silence retomba et que les conversations reprirent doucement autour d’eux, ils s’assirent tous les trois autour d’une table avec une véritable pile de crêpes au centre. En attrapant une du bout des doigts il la grignota doucement.

- Je perds mes facultés une à une, mais tant que j'arrive à savourer tout ce que ces gens font pour moi... Je me sens bien, vraiment. Par la Dame ! Ces crêpes sont...
Il leva les yeux vers Zoanne, partagé entre le trouble et la simple joie de la voir partir paisiblement. Elle le méritait, vraiment. Une soirée qui n’en était pas vraiment une…
- Mais dis-moi, Erwan, qu'as-tu fait de ta fille ? Si elle est restée avec Lyke, je ne donne pas cher de la peau de Mia. Ils vont encore la rendre chèvre à force de dérober ses gâteaux.

Cela tira un petit rire à Erwan, qui hocha doucement la tête en haussant des épaules.

- Je ne sais pas si elle est avec Lyke. Mais c’est sûr que lorsqu’ils sont tous les deux, ce sont des vrais attrapes-conneries, ces gosses ! Elle est restée à l’Académie, je partais moi-même pour Al-Jeit avant de décider de faire un détour par ici…
Il savait bien que Zoanne s’entendait à merveille avec les deux attrape-conneries en question. Et cela le faisait toujours rire, d’ailleurs. Elle avait gardé toute sa fraicheur et son âme d’enfance, il admirait cela plus que tout chez la Marchombre. Mais cela lui faisait souvent réaliser qu’il n’avait pas vraiment eu d’enfance à chaque fois, rejeté à dix ans à peine par les autres gamins.

Se secouant intérieurement, Erwan tourna son regard vers Narek.
Et en écho au geste du jeune apprenti, il déposa ses doigts sur ceux de la seconde main de Zoanne, un sourire rassurant sur les lèvres. Il était touché d’être là, mais la Marchombre pouvait être certaine qu’elle ne serait pas seule.

Elle n’avait jamais été seule.
Monde évaporé
D’une beauté vaporeuse
Dans le cycle de l’éternité


Poésie Marchombre gravée sur le rebord de la table, il guida les doigts de Zoanne jusqu’à eux.
Voulu parler.
Ne fit que se taire.

Un sourire sur les lèvres.
Les étoiles ne cessaient de vivre dans le cœur des gens.
Il ne doutait pas un instant que Zoanne soit une étoile.

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Zoanne Lil'Ayaân
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MessageSujet: Re: A fistful o' roses (Libre)   Ven 26 Aoû 2016, 01:11

Rien n'est plus sûr que la mort, rien n'est moins sûr que son heure... Zoanne hocha doucement la tête. Depuis quelques minutes, elle avait l'impression que c'était l'inverse. Préparée à sa mort depuis cinquante ans, elle avait eu des années pour imaginer des centaines de scénarios différents. Elle avait même envisagé de mourir de rire – littéralement. Elle se rendait compte, à présent, qu'en dépit de son imagination débordante et absolument pas réaliste, ce dernier tableau de sa vie était sans aucun doute le plus beau.

Et elle était de plus en plus certaine de son heure, aussi. Ce n'était pas un chiffre précis, un instant en particulier, juste l'idée que cette nuit était la dernière. Voilà pourquoi elle en savourait chaque seconde. Si elle avait peur – un peu, il fallait bien l'avouer – elle était rassurée par la présence rassurante de Narek et d'Erwan.

Le jeune homme avait du mal à garder le sourire. Elle le distinguait de moins en moins bien mais elle le devinait, tout comme elle devinait les efforts qu'il faisait pour ne rien en laisser paraître. Sa promesse lui plut. A demi-mots, elle la comprit dans ses moindres détails et en apprécia chaque couleur : elle savait qu'il la tiendrait. Il deviendrait un grand marchombre. Au moins aussi grand que celui qui lui répondit d'une voix douce, ou perçait l'amusement et un brin de tendresse également :

- Je ne sais pas si elle est avec Lyke, mais c'est sur que lorsqu'ils sont tous les deux, ce sont de vrais attrape-conneries, ces gosses !

Zoanne sourit. Attrape-conneries... C'était un terme qui lui plaisait beaucoup. Et qui lui convenait si bien ! Erwan n'était pas dupe, il savait qu'elle avait passé du temps avec les enfants, comme avec chaque marchombre, ou presque, qui était passé entre les murs de l'Académie. L'Ecole était si loin d'elle, à présent...

Dans un élan de nostalgie, elle songea à ce qu'elle aurait souhaité faire, avant de s'en aller. Rire une dernière fois avec Ylléna. Voir le soleil se coucher depuis le toit de l'Académie. Rencontrer des géants. Apprivoiser une chauve-souris. Et un raton-laveur. Deviser avec la Dame. Inventer une nouvelle couleur. Apprendre le langage des signes. Entendre à nouveau le rire d'Erwan, si semblable à celui de sa fille, et pourtant bien plus rare.

Former Narek.

Il avait posé sa main sur la sienne. Elle voulut serrer ses doigts entre les siens mais soudain, une douleur aigue contracta ses muscles, la tétanisant presque complètement. Avant qu'elle ait eu le temps de faire ou de dire quoi que ce soit, deux mains douces se posèrent sur ses épaules et se mirent à masser. Lentement, délicatement. Zoanne ne reconnut Sefan que lorsqu'il pencha un peu la tête, laissant ses longs cheveux lui chatouiller la nuque.

Elle rit, encore une fois, et se détendit. Oui, c'était beaucoup mieux ! Cet homme-là savait y faire... Il avait une poigne extraordinaire, elle avait eu tout le loisir de s'en rendre compte lors de leur bras de fer, mais là, il n'était que douceur et tendresse. Rien n'était plus fascinant que la dualité qui se cachait dans les mains d'un homme.

Les doigts d'Erwan effleuraient à peine les siens. Elle aurait voulu lui dire à quel point il avait enflammé la Voie sous ses pas. A quel point Miss l'avait aimé. A quel point Ylléna l'aimait. Et à quel point son secret lui ressemblait. Oh, Zoanne n'était pas née de la dernière pluie... elle savait. Tout simplement. Et se sentait honorée de toucher, du bout de ses doigts, la main d'un homme qui-n'était-pas-seulement-un-homme.

Ses regrets éclatèrent comme des bulles de savon : dans la salle, on trinquait à sa santé. C'était la fête ! Un petit air de violon avait remplacé le sifflement, et sa vision se brouilla à cause des larmes de joie, non de la maladie. Elle était heureuse, tellement heureuse que... mais... les mots lui manquaient au moment où elle aurait tant aimé les exprimer, et...

… Erwan saisit enfin sa main. Il guida ses doigts vers la surface rugueuse de la table. Non... la table était parfaitement lisse, mais quelque chose y était désormais inscrit. Elle comprit avant même de baisser les yeux. Poésie marchombre. Souffle du monde. Les derniers mots qu'elle put lire furent ceux qu'elle emporteraient avec elle. Un cadeau inestimable, qu'elle accepta en silence.

- Il pleut...

Le martèlement des gouttes sur les carreaux lui parvenait en dépit du bruit qui régnait dans la salle. Son cœur s'envola. Une dernière fois... Elle avait envie de sentir la pluie sur son visage, une dernière fois. Drôle d'idée, n'est-ce pas ? Mais c'était important pour elle, au point qu'elle osa, après tout ce qu'ils avaient déjà fait pour elle, leur demander cette ultime folie.

- Si on sortait prendre un verre dehors, les gars ? Vous savez ce qu'on dit, chez moi ? « Temps pluvieux... chemins... boueux ! »

Rire. Allez, la boutade était belle, et son écho se multiplia tout autour d'elle. Elle sentit qu'on la soulevait sans savoir qui était son prince, cette fois. Elle ne voyait plus rien. Son bras droit s'était figé. Est-ce qu'elle était en train de se transformer en statue de sel ? Peut-être bien. C'était une idée plutôt jolie. Même si elle avait toujours eu un peu peur des statues...

La pluie, enfin. Incroyablement fraîche sur son front et ses joues. Zoanne renversa la tête en arrière, soupira d'aise. C'était divin. Ils ne comprenaient sans doute pas, mais ce n'était pas grave. Il n'y avait pas besoin de comprendre, au fond, pour apprécier une averse d'été. L'air sentait bon l'orage. Elle n'entendait pourtant pas le tonnerre.

Tout était paisible.

- Erwan ?

Sursaut. Zoanne tendit son bras valide, accrocha une chemise.

- Narek ?

Sentit une main dans ses cheveux, sur son front. Ils étaient là, elle sentait leur présence, forces lumineuses dans son obscurité. Elle n'était pas seule. Ne l'avait jamais été. Les mots ricochaient, joyeux. Flamboyants.


Monde évaporé


Murmure de la pluie autour d'elle.
Murmures.


D'une beauté vaporeuse


- Merci... souffla-t-elle en fermant doucement les yeux, et...


Dans le cycle de l'éternité


… son cœur, tout doucement, s'éteignit.




[Du fond de mon petit coeur de loutre, merci... à vous deux !]

__________________________________________

Le Marchombre court sur la Voie, suit son instinct, invente son chemin. Toujours plus loin...


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Narek Liam
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MessageSujet: Re: A fistful o' roses (Libre)   Ven 26 Aoû 2016, 02:05

La pluie coulait dans les sillons des rues, sur les toits aussi. Mais la vraie averse, elle était sur le visage de Narek.

Le remerciement de Zoanne avait tout fait exploser, encore pire fut le moment où elle tomba, molle, sur les épaules d'erwan et lui qui la soutenait. Son corps tenta de tomber en arrière, le marchombre à ses côtés tenta de la retenir, mais cette fois, Narek fut plus rapide.

Le garçon suivit le mouvement du corps, la tenant de ses bras pour se mettre, un genoux en terre, au dessus d'elle. En silence, il pleurait toute les larmes de son âme, ne voyant même plus Erwan. Tout les gens de la taverne étaient sortis avec eux, la plupart tristes, certains même au bord des larmes, l'apprenti ne les vit qu'un bon moment plus tard, quand ses yeux lui faisait mal et que la pluie s'était arrêter depuis un moment. Sefan déposa une main sur l'épaule du jeune homme, lui proposant d'aider pour payer une procession et des funérailles dignes de ce nom, tout de suite, là, et au diable les conventions, mais Narek l'interrompit dans un cris strident qui gela tout ceux présents.


NON!

Tous se turent, le jeune homme, encore sanglotant, se sentant toujours faible de chagrin, repoussa une mèche qui couvrait le visage sans vie avec toute la douceur du monde avant de continuer d'une toute petite voix que tous entendirent néanmoins.

Non... Pas de cérémonies comme ça, pas de procession...

Pas de tristesse...

Faites la fête, faisons tous la fête. J'ai une bourse dans la cuisine, payer des verres à tout le monde, chantez, dansez, buvez...

C'est ce qu'elle voulait, honoré là en faisant la fête...


Il avait encore une bourse pleine à sa ceinture, de l'or à déborder presque, une vraie richesse... Il savait sur quoi l'utiliser maintenant... Et ce n'était pas sur des funérailles, ni sur une fête temporaire. Il demanda d'un regard l'aide d'Erwan pour se relever, puis signala au autres qu'il reviendrais, le marchombre l'accompagnant pour l'aider dans son plan unique.

Sans s'expliquer, il alla droit au grand jardin de Danir et Carian, ses amis le regardèrent arriver avec des questions dans les yeux, surtout vu qu'il avait dans les bras une femme morte, mais il ne dit rien, se dirigeant vers un coin plein de fleur où il y avait une tombe, celle de Lyra, aux côtés de laquelle il y avait un espace et un bloc de marbre additionnel, vide de toute inscription.

Déposant le corps de Zoanne avec une infinie délicatesse non loin il se dirigea vers une cabane à outils non loin et attrapa deux pèles, dont une qu'il lança à Erwan en revenant. Cet emplacement, il était à lui...

Il en faisait donc ce qu'il voulait, non..?

Creusant, il pensa à ce qu'il inscrirait sur la pierre tombale et à son plan pour son argent... Il n'était pas sûr que ça marche, mais il ne pouvait qu'espérer. Il demanda même le nom complet de Zoanne à Erwan au passage.


Je te donnerais la fête tout les jours, voilà comment je t’honorerais...

~~~

Zoanne Lil'Ayaân

She traveled far and wide,
And laid her head in many ports,
She was guided by a compass,
She saw beauty to the north.

She drew the tales of many lives,
And wore the faces of her own.

She had these memories all around her...

And she never was alone.


~~~

La taverne résonnait du son de la fête, tout les verres étant gratuits. La chanson que Narek avait écrite sur le coup pour l’épitaphe de Zoanne résonnait aussi, Sefan l'avait apprise en très peu de temps en parlant au barde lorsqu'il était revenu. Celui-ci, au bar, sirotait doucement son verre. Le patron de l'établissement, en se frottant les mains, se dirigea vers lui.

C'est fait, vous venez voir?

Vidant le reste de son verre d'un coup, l'apprenti marchombre sortit de l'endroit sans regarder qui le suivait et observa l'avant, satisfait.

Sur le devant de la taverne, le signe qui disait ''La rose à moitié morte'' avait disparu. À la place, il y avait un merveilleux panneau gravé d'une rose grise sur laquelle était écrit ''Taverne Zoanne'' d'un joli ambre.


Vous en dites quoi, patron..?

Le garçon sourit devant le travail.

C'est merveilleux... Mais je te l'ais dit, je ne suis pas le patron... Seulement un ami qui ne veux pas voir cet endroit fermé... C'est toujours toi le chef.

Heureusement pour lui, la taverne croulait apparemment sous les dettes et aurait eu à mettre la clef sous la porte... S'il ne l'avait pas acheté à la condition que tout les ans, le jour de la mort de Zoanne, il y ais une grande fête avec un ou deux verres gratuits par personne et que le nom ne change.

La patron avait presque sauter de joie. Se faire racheté l'établissement en gardant son rôle avec la simple différence qu'il avait un patron tout à fait merveilleux et un comptable pour s'assurer des finances, Narek ayant proposer le travail à Danir, qui avait accepter avec joie, lui qui adorait les chiffres, c'était un rêve devenu réalité.

Le jeune homme regarda le ciel... La nuit approchait et demain il devrait repartir pour arriver à temps à son cours. Il avait l'impression qu'une petite étoile, dans le ciel, apparue avant les autres, lui fit un clin d'oeil. Souriant à celle-ci, il entra dans l'endroit où régnait une fête à tout casser et se dirigea vers sa chambre.

Elle avait voulu la fête...

''Le Zoanne'' verrait toute les fêtes du monde.

Un sourire sur les lèvres, content, le jeune homme s'endormit presque immédiatement, bercé par les chants venant de la salle principale.


This one means the most to me,
It stays here for eternity...

A ship that always stays the course,
An anchor for my every choice,
A rose that shines down from above,
I signed and sealed these words in blood...

I heard them once, sung in a song,
It played again and we sang along.

You'll always be here with me,
Even if you're gone,

I got your name written here in a rose tattoo.

__________________________________________


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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: A fistful o' roses (Libre)   Ven 26 Aoû 2016, 02:47

Le cycle de la vie. Une infinie richesse et un gouffre de désespoir tout à la fois.
Le monde tourne, le monde donne, le monde porte. Le monde s’offre, mais le monde prend aussi.
Parfois avec violence, souvent avec tristesse, parfois avec délicatesse.
Toujours avec injustice.

La pluie avait détrempé leurs vêtements alors que la météo s’accordait avec un peu trop de justesse à leur humeur. Malgré l’envie, le besoin d’honorer une dernière fois cette magnifique personne qu’avait été Zoanne, cette grande Marchombre. Elle ne mourrait pas, elle voyageait dans un nouveau monde.

Forte de son expérience en Gwendalavir, elle partait encore une fois en exploration. Un nouveau voyage, un nouvel horizon s’offrait à elle !
De nouvelles aventures…

Les doigts d’Erwan glissèrent sur l’épitaphe si justement gravée dans le marbre.
Son cœur palpitait dans sa poitrine, alors que l’émotion, puissante, l’entourait d’une chape opaque. Se laissant glisser sur les genoux, il posa ses coudes sur le haut de la pierre pour y déposer sa joue.
Un instant.
Laissant la pluie se mêler à son humeur.
Jusqu’à ce que la surface soit recouverte d’une fiche couche d’eau. Parfait miroir reflétant chacune de ces milliers de gouttes contribuant au monde.
Au cycle de la vie.

Un sourire se dessina sur les lèvres d’Erwan.


*


Quand il repassa devant l’auberge, le sourire ne s’était pas effacé.
Mieux, il s’étira doucement.
Croisant le regard de Narek, sur le pas de la porte, il posa sa main sur son épaule gauche.

- Elle aurait adoré.

Puis, il disparut dans la nuit.
Al-Jeit.
Des enfants avaient besoin de lui.



You were a comet and I lost it
Watching for comets, will I see you again?
You burn so bright, you burn me up tonight

__________________________________________




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MessageSujet: Re: A fistful o' roses (Libre)   

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