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Le Pacte VS L'Ordre
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En espérant te compter très bientôt dans nos rangs,
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Maizel - cours n°3

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Groupe Maizel - cours n°3   Sam 27 Aoû 2016, 00:35

Assise au sommet de la coupole irisée du Dôme, Syndrell laissait la nuit l'envelopper comme d'un manteau. Le vent léger qui jouait dans ses courtes mèches bleues était frais. Si loin de la bise tiède qui balayait les dunes de sable du désert... Elle soupira. Pourquoi fallait-il qu'elle ramène absolument tout à cet endroit ?

En réalité, elle connaissait déjà la réponse. C'était parce qu'elle réalisait à quel point tous ces détails – la fraîcheur du vent, la douceur de la pluie, le roulement du tonnerre au loin – étaient importants. L'on éprouve la valeur d'une chose au moment de la perdre. Privée de sa liberté, Syndrell avait besoin d'idéaliser celle-ci afin de la faire sienne à nouveau.

Mais il ne s'agissait pas que de liberté... Elle baissa les yeux vers le petit bout de papier qu'elle tenait entre ses doigts. Le message était arrivé deux jours plus tôt, porté par un oiseau de l'Académie. La surprise l'aurait laissée sans voix si tel n'était pas déjà le cas : elle savait que la nouvelle de sa mort s'était propagée jusqu'à l'école. Elle avait compris en découvrant le nom de son destinateur.

Zoanne Lil'Ayâan.




*



Syndrell,

Si tu n'étais réellement plus de ce monde, je l'aurai senti. C'est donc avec émotion que je me permets de t'envoyer cette requête un peu étrange, mais néanmoins essentielle : peux-tu, s'il te plait, t'occuper de l'élève de Milo ? J'aurai dû m'en charger mais... disons que mon aventure, cette fois, ne se déroulera pas ici. Ce n'est pas un débutant, il a déjà bien entamé sa formation. Je sais que je peux compter sur toi pour le guider sur la Voie. Tu le trouveras à Al-Chen, je crois qu'il traîne en ce moment dans un endroit appelé « La Rose à moitié morte ».
Puisse l'Harmonie accompagner vos pas !

Zoanne

PS : je n'ai pas dit son nom pour rendre cette lettre plus mystérieuse. Bel effet, non ?



Syndrell renversa la tête en arrière et ferma les yeux. Quelques mois plus tôt, elle aurait éclaté de rire et accepté de prendre le relais sans la moindre hésitation. Mais maintenant... Se redressant, elle glissa le papier dans sa poche et passa la main dans ses cheveux. Elle les avait recoupés. Ça lui dessinait un visage plus rond et compensait ainsi sa minceur encore trop marquée.

Son séjour chez Hièlstan avait pourtant été bénéfique. Elle n'avait pas récupéré autant qu'il l'avait souhaité, pourtant les changements étaient déjà grands ; un regard plus vif, des réflexes aiguisés par des heures d'entraînement, et des muscles qui se dessinaient à nouveau sous ses vêtements. Mais il restait tant à faire encore...

Etait-ce raisonnable de se lancer dans un nouveau cours ? Ce n'était pas un choix à faire sur un coup de tête. Un élève, qu'il soit novice ou expérimenté, supposait une responsabilité inflexible et indéfectible. Certains maîtres se liaient à un apprenti pour leur image, elle l'avait vu parfois, lors de la présentation de l'Ahn-Ju. C'était contraire à ses principes.

Guider un élève... Syndrell avala sa salive. Elle venait de penser à Darwen et presque immédiatement, une boule s'était formée dans sa gorge. Il était trop tôt pour qu'elle rentre à l'Académie. Le danger était encore trop grand. Elle ne pouvait pas prendre le risque de le prévenir, mais à la pensée qu'il puisse se sentir abandonné, ses poings se serrèrent.

« Jamais », jura-t-elle en se levant.

Elle regarda ses poings fermés. Les ouvrit doucement. L'envie de retrouver Darwen se superposa à l'écho que les mots de Zoanne avait éveillé en elle. Sa curiosité légendaire, écrasée par la perversité humaine, frémit quelque part au fond de son être. Aussi doucement que l'onde d'un lac. Sans voix, sans cheval, pouvait-elle réellement accompagner un apprenti sur la Voie ?

Sous ses pieds, le Dôme luisait d'une jolie lumière indigo. Par réflexe, elle songea à aller chercher Ciel, probablement en train de traîner dans l'immense bibliothèque de l'école, avant de se souvenir qu'il n'était pas là. Elle était passée à l'appartement, le cœur battant, inquiète et excitée à l'idée de le retrouver après cette longue absence...

Elle avait trouvé un appartement vide et silencieux, déserté depuis longtemps à en juger par l'état des plantes et le vide des placards. Troublée, la marchombre s'était réfugiée en haut du Dôme pour réfléchir à ce qu'elle devait faire. Ciel n'était pas là pour lui prodiguer ses conseils avisés. Hièlstan n'était plus là pour la rassurer. Elle était seule.

Seule face à un choix qui allait fatalement changer le destin d'un élève.

Et le sien.




*



Le jour s'éveilla sous les averses. Incessantes, elles s'enchaînaient sans répit sur la ville et l'eau se déversait dans les rues, ruisselait sur les pavés, gouttait des toits. Sa capuche rabattue sur la tête, Syndrell cherchait l'endroit La Rose à moitié morte.

Elle s'était renseignée une ou deux fois, avait suivi scrupuleusement les indications qu'on lui avait fournies mais, au bout d'une vingtaine de minutes, elle finit par se demander si Zoanne ne s'était pas trompée.

Avisant une femme qui attendait sous un porche que l'averse se calme, elle décida de tenter sa chance encore une fois. Elle traversa la rue à grandes enjambées et rejoignit la passante. Comme elle l'avait fait avec les autres, elle lui montra sur la lettre de Zoanne le nom de l'établissement qu'elle cherchait. La femme eut un sourire navré :


- Oui, c'est normal que vous ne trouviez pas, l'auberge a changé de nom récemment ! Tenez, vous y êtes, elle est juste là-bas, à l'angle de la rue...Mon fils m'a raconté cette histoire, l'histoire d'une femme qui a enchanté, le temps d'une journée, toute une auberge avant de s'éteindre dans les bras de ses amis...

Syndrell remercia la femme et remonta la rue battue par le vent et la pluie. Elle leva les yeux vers l'enseigne de l'auberge, curieuse... et se figea. Incapable de croire ce qu'elle voyait, elle lut plusieurs  fois le nom gravé dans le bois – ce nom qu'elle avait si souvent vu inscrit sur le panneau d'affichage de l'Académie, et qui signait la lettre soigneusement pliée dans la poche de son manteau.

Son cœur se serra. Impossible... elle était passée deux fois dans cette rue sans avoir remarqué... Et puis soudain, la réalité se fraya un chemin parmi sa conscience. « L'histoire d'une femme qui a enchanté, le temps d'une journée, toute une auberge avant de s'éteindre dans les bras de ses amis ».

Syndrell porta la main à son cœur.

Et laissa la pluie emporter les deux larmes qui roulèrent sur ses joues.



*



Il n'y avait personne à La Zoanne à une heure aussi avancée. Depuis le pas de la porte, Syndrell balaya la salle du regard.

- Je peux vous aider ?

L'homme qui venait de parler se tenait tout près d'elle. Il avait de longs cheveux blonds et une fossette au menton. Syndrell se mordit la lèvre, elle se demandait comment faire comprendre qu'elle cherchait quelqu'un...

- Et si vous rentriez complètement ? On est sensés être fermés, encore, mais je ne vais pas vous laisser trempée comme ça...

Syndrell baissa les yeux et s'empourpra légèrement en découvrant la flaque qui était née sous ses pieds. Elle entra dans l'auberge et le garçon sourit.

- Voilà ! Vous voyez, je ne vais pas vous manger, enfin pas toute de suite ! Je vous sers un verre ? Quelque chose de chaud peut-être ? Ou bien un petit-déjeuner ? On fait quelques crêpes, notre spécialité depuis que...

Le blondinet s'était tu.
Elle venait d'ôter sa capuche, libérant ses folles mèches bleues, le laissait coi ; amusée, Syndrell attendit patiemment que son hôte, fort charmant, se soit remis de sa surprise.


- Hem... et donc ce sera... ?

Syndrell tapota son nez, aguiché par l'odeur des crêpes, et leva le pouce. Le jeune homme haussa un sourcil, puis son regard s'éclaira, teinté d'une lueur de compassion qui la toucha profondément.

- Des crêpes, donc ! Et un chocolat chaud pour la demoiselle.

Il fila derrière le comptoir, elle soupira. Il n'y avait pas âme qui vive, ici. L'endroit était calme, reposant. La pluie martelait les vitres, jetant une lumière grise dans la salle. Syndrell déposa son manteau détrempé sur le dossier d'une chaise et fit un petit tour, incapable de rester assise. Elle s'approcha d'une fenêtre, souffla sur la vitre et glissa ses doigts sur la buée.

Elle venait tout juste d'achever son petit bonhomme souriant lorsqu'un bruit de pas, dans son dos, la fit se retourner. Elle s'attendait à voir le blondinet et souriait déjà, mais elle s'immobilisa en découvrant qui se tenait devant elle. Ses yeux s'agrandirent.

Et son cœur rata une marche.

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Vous. Moi…


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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Sam 27 Aoû 2016, 01:40

Signed and sealed in blood,
I named it after you...



Remet ton tablier, patron, on a une autre commande! Tu devineras jamais ce que c'est!

Narek leva les yeux au ciel en repassant le tablier et en ressortant la farine. Il avait finalement décidé de rester un peu dans son nouveau bar, le temps de l'ouverture. Si son nouveau maître l'attendait... Et bien tant mieux, tient! Ça lui apprendrais à reprendre un cours au milieu... Bon, d'accord, probablement pas la faute de ce maître, mais le jeune homme n'était pas au plus fort.

Sefan, qu'il avait nommé assistant du gérant, revint près de lui peu après avoir rangé son balais pour lui parler un peu.


C'est fou comment depuis ton arrivée, cet endroit attire les gens les plus spéciaux... Tient, par exemple, cette commande, tu ne le croiras jamais, mais c'est une fille aux cheveux bleus qui l'as fait! Tu te rends compte, bleus!

L'apprenti marchombre figea un instant avant de couler son mélange dans une poêle et le faire cuire doucement, un sourire sur les lèvres.

Vraiment..? C'est spécial, ça... Va donc dormir, Sefan, tu a l'air exténuer et puis je peux bien m'occuper d'une cliente.

Toi, tu en sais plus que tu ne le laisse paraître... Comme toujours, hein..? Ah au fait, Danir voulait savoir, pour les verres, tu a une préférence de forme? Il en a sortit deux modèles pas trop cher pour acheter qui ne devraient pas coûter trop cher, vu la popularité de l'endroit, on en auras bien besoins de plus...

Le premier modèle est carré et s'élargit en montant, le second est traditionnel, rond...


Je prendrais le premier, aller, zou!

Okay, je lui dirais demain! Et merci! À plus, patron!

Le jeune homme avait presque courut hors des cuisines et le ''patron'' avait un peu retentit, ce qui fit rire doucement Narek qui empila les crêpes et déposa une fourchette à côté dans l'assiette, ainsi qu'une petite serviette de papier. Dans une plus petite assiette, il prit le petit contenant à bec de métal de sirop d'érable qu'il avait acheté à un prix fou au marché pour le matin même, une façon de commencer les relations avec ses nouveaux employés de la bonne façon.

Il restait encore sa part, il avait été trop occuper pour prendre le temps de mangé et avait donc engouffré ses crêpes sans... Il en ferait venir d'autre dans la prochaine commande, Danir était déjà prévenu et Sefan possédait la fameuse recette, secrète et magique, qui avait déjà fait le nom de l'établissement.

Tout était pour le mieux... Et surtout, il ne connaissait pas de meilleure façon de s'assurer du bon usage de ce syrop qu'en le donnant à Syndrell.

Enlevant son tablier et prenant son manteau de cuir habituel dans le placard de la cuisine, il le passa et pris les assiettes et la tasse préparée pas son ami blond avant de partir pour sortir dans la salle, se dirigeant vers la silhouette qui lui semblait un peu maigre de son amie, s'arrêtant derrière elle assiettes et tasse en mains. Quand elle se retourna, les puits d'or et d'encre se rencontrèrent et, bien qu'ils scintillaient tout deux moins que la dernière fois qu'ils ne s'aient vus, il ne put s'empêcher de sourire à la jeune femme.


Bonsoir Syndrell... J'ai entendu dire qu'une jolie jeune femme aux cheveux bleus avait envie de crêpes...

Toujours souriant, il déposa toute les choses en équilibre sur ses bras sur la table la plus proche puis invita la marchombre à s'asseoir... Après les émotions de la veille, revoir son amie lui ferait le plus grand bien... Même si quelque chose lui disait qu'une chose en elle avait changer irrévocablement... Et que les crêpes et le chocolat chaud lui ferait le plus grand bien.

Sefan, celui qui t'as accueillit, est partit dormir, il a eu une grosse journée, mais ne t'inquiète pas si tu avait besoin d'une chambre, c'est moi qui invite et c'est non négociable...

Le barde indiqua la salle d'un mouvement de bras

Fait comme chez toi ici, cet endroit existe pour faire la fête et pour accueillir tout ceux qui en ont besoin, désormais, noble ou personne sans travail, riche ou pauvre... Gens ordinaires ou marchombre...

Tous sont bienvenu et égaux, ici... Bienvenue au Zoanne, Syndrell, les amis du propriétaire sont la famille et sont toujours bienvenus et tu es mon amie...

Mais je parle trop, comme d'habitude, viens, mange, tu as l'air d'en avoir besoin...


Le jeune homme tira la chaise de la femme puis s'assit en face, le sourire toujours aux lèvres... Si Zoanne avait été là, il en était sûr, elle aurait adorée Syndrell... Qui sais, peut-être la connaissait-elle et peut-être Zoanne, depuis un autre monde, les regardaient-elle.

Il n'en savait rien, au final, comme tout le monde, mais il se dit que s'il y avait la moindre chance, il espérait que la femme ais transcender la mort pour hanter l'endroit.

Observant le bois de la table une seconde, ne sachant pas trop quoi dire d'autre, le garçon apprécia une fois de plus le travail de l'ami que Danir avait contacter pour donner un air nouveau à la salle.

La légère gravure stylisé, au centre, du nom de Zoanne où le ''o'' était une rose ouverte donnait un air frais au meuble si simple et il caressa un instant l'idée un peu étrange pour lui de se faire tatouer cet emblème... Après tout, il était le proprio, désormais, alors il pouvait bien se permettre une petite fantaisie du genre... Mais c'était une pensée pour une autre fois qu'il mit en réserve...

Mais n'oublia pas.


In a rose tattoo,
In a rose tattoo,
With pride, I'll wear it to the grave for you...

In a rose tattoo,
In a rose tattoo...


I got your name written here in a rose tattoo.




HRP:
 

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Sam 27 Aoû 2016, 10:52

[Des crêpes et du sirop d'érable, hein ? Petit malin... C'est joli, les citations colorées. J'aime.]




- Bonsoir Syndrell...

Abasourdie, elle parvint quand même à sourire. Oui, bien sûr, il fallait que ce soit lui... Zoanne avait-elle su quelque chose de particulier pour lui confier son enseignement ? Possible. Et, si elle n'avait pas tu son nom dans un élan de malice, la surprise n'aurait pas été aussi jolie.Elle en avait les jambes coupées.

Il parlait à toute allure, pressé par une urgence dont elle ne comprenait pas l'origine. Les assiettes en équilibre sur ses avant-bras, il avait l'air d'un serveur accompli. Le blondinet l'avait pourtant appelé « patron ». Doucement, l'histoire de la femme qui avait nommé ce lieu refit surface dans son esprit. Et, doucement, elle comprit.

Il avait fait tout cela pour elle. Elle ignorait la teneur de leur relation mais ce n'était pas grave. Pas important. Seul comptait l'amour qui émanait de chaque mètre carré de cet endroit, et celui qui brillait dans les grands yeux noirs piquetés d'étoiles rouges. Il tira une chaise, elle s'y laissa tomber, le regarda s'asseoir.

Il avait changé. Pas en apparence, même si une flamme nouvelle illuminait son regard. C'était à l'intérieur de lui. L'écho d'une âme meurtrie mais vaillante. Le murmure d'un courage que bien peu de gens possédaient. Ce n'était guère étonnant. Cet homme-là était toujours en train de tendre la main à ceux qui en avaient besoin.

Il l'avait sauvée la dernière fois qu'ils s'étaient rencontrés. Elle avait une dette envers lui, qui ne s'achèverait qu'une fois la pareille rendue par trois frois ; un serment qu'elle avait cru ne pas pouvoir tenir lorsqu'elle avait été capturée par Juko. Zoanne avait ensuite croisé sa route, et il avait été là pour elle. La marchombre cilla. Elle connaissait son histoire... comment un homme dont le passé était aussi rouge que les reflets de ses iris, pouvait-il seulement être aussi gentil ?

Dans son assiette, des crêpes noyées dans du sirop d'érable. Il s'était souvenu de la façon dont elle aimait les manger. De quoi se souvenait-il d'autre ? Relevant la tête, elle l'observa attentivement. Les palpitations de son cœur s'étaient apaisées. C'était son élève désormais, depuis qu'elle s'était retournée et que leurs regards s'étaient croisés. Elle le ressentait au plus profond d'elle-même. Que sentait-il, lui ?

Le silence était revenu. Plongé dans ses pensées, il caressait distraitement le bois de la table. Syndrell soupira. C'était à elle de parler, à présent. Il s'y attendait forcément. Mais pour cela il fallait qu'il la regarde. Elle lui tapota le bras pour attirer son attention puis, après voir pris une grande inspiration, elle se lança.

Caressa le nom de Zoanne, posa la main sur son cœur, et le désigna.
Marchombres.

Posa de nouveau la main sur son cœur et ferma doucement les yeux.
Maître.

Attrapa sa main et la serra fermement, son regard accroché au sien.
Le tien.

« Et oui, p'tite tête ! Je suis là pour toi... »

Au tour de Narek d'être surpris.
La boucle était bouclée !

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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Sam 27 Aoû 2016, 16:47

Les mouvements de Syndrell lui firent arquer un sourcil un instant, jouait-elle aux charades..?

Zoanne lui et Syndrell... Marchombres..?

Le coeur d'un marchombre, ce qui le guidait même aveuglé... Maître..?

Se qui se tenait dans sa main, ce qui s'accrochait dans son regard, l'accompagnait, le si--

Les yeux du jeune homme s’écarquillèrent un moment alors que son esprit reformait la phrase qu'elle lui offrait, lui redonnait son sens... Lui qui était si habitué à observer les gens, à parler avec la voix, le coeur, les gestes et la musique, il était bien placé pour comprendre.

Elle était son maître.

Il était son élève.

Un sourire étira son visage, content d'avoir une telle chance...

Lien


~~~

On the front line with a poem
Trying to write yourself a rifle
Maybe sharpen up a stone
To fight the tanks and drones of you being alone

These battle scars don't look like they're fading
Don't look like they're ever going away
They ain't never gonna change
These battle scars don't look like they're fading
Don't look like they're ever going away
They ain't never gonna change
These battle...

~~~


Le jeune homme n'était pas stupide, il avait remarqué quelque signes, pendant qu'elle mangeait, qui ne trompaient pas, la femme devant lui avait été marquée à vie, sa voix, elle ne la gardait pas pour elle par choix, elle lui avait été volé.

L'apprenti connaissait ce sentiment, il avait longtemps cherché sa voix après que Lyra ne soit...

Soupir. Il dut se marcher lui même sur le pied, sous la table, pour s'empêcher de courir dehors chercher celui ou celle qui avait fait ça. Il n'aurait rien pu faire, de toute façon, Syndrell était beaucoup plus forte et rapide que lui... Il n'aurait fait que sauter dans la gueule du loup.

C'était un peu ironique, au fond, que l'élève qui avait nombre de cicatrices douloureuses se retrouve à avoir comme maître une jeune femme merveilleuse qui était, elle, en cours de cicatrisation.

Il ferma les yeux un instant, puis les rouvris, posant une main sur son coeur, l'ouvrant sur elle.

Merci.

Il tendit ensuite la main de Syndrell avec sa gauche à sa droite, la prenant comme s'il la suivait.

De me guider.

Souriant toujours, il la laissa retourner au peu de crêpe qu'il restait en déposant deux doigts sur le dit sourire, formant un X...

Pas besoin de paroles.

Le chemin pour devenir marchombre était long et ardue, le chemin pour le rester, infini... Mais celui que Syndrell suivait, il le savait, était mille fois plus long, mille fois plus difficile... Mais lorsqu'elle arriverait au bout, la vie se parerait de nouvelles couleurs et, un jour, il le savait, elle pourrait faire quelque chose d'incroyable, en pensés, quelque chose qui était à la fois l'apogée de la haine et l’acceptance de laisser cette haine partir, l'acceptance de sa propre peur et de la cicatrisation qui marquait le coeur et l'âme.

Elle pourrait enfin dire ''Ça m'a rendue plus forte''.

Et ça, malgré le vieux dicton ''Ce qui ne vous tuent pas vous rends plus fort'', c'était une chose que peu de gens réussissait à dire. Ce chemin là, il l'avait marché, lui aussi, et quand il capta son regard, alors qu'elle avait finit ses crêpes, qui semblaient tenter de le déchiffrer il ne put s'empêcher de laisser échapper un bout de chanson qu'il adapta à sa situation pendant qu'il prit les assiettes et la tasse pour aller les porter à l'arrière.


~~~

What doesn't kill you makes you stronger,
Stand a little taller,
Doesn't mean I'm lonely when I'm alone...

What doesn't kill you makes a fighter,
Footsteps even lighter,
Doesn't mean I'm over cause she's gone...

What doesn't kill you makes you stronger, stronger,
Just me, myself and I.

What doesn't kill you makes you stronger,
Stand a little taller...

Doesn't mean I'm lonely when I'm alone.


~~~

Le jeune homme porta les choses dans la cuisine, lavant le tout rapidement puis ressortant en repassant son manteau pour aller se tenir droit devant son maître, un sourire sur les lèvres, pour lui faire un petit salut militaire amusé avec un regard qui parlait pour lui.

Une affirmation qui n'avait pas besoin de leurs voix pour passer, ni de réponse...

Je suis prêt, on vas où, Syndrell?

__________________________________________


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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Sam 27 Aoû 2016, 19:35

Tandis que Narek s'affairait en cuisine, Syndrell caressa, à son tour, le prénom de Zoanne inscrit pour toujours dans les veines du bois. Elle était certaine d'avoir fait le bon choix, à présent qu'elle avait trouvé Narek. Mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander comment ce cours allait bien pouvoir se dérouler sans qu'elle puisse lui parler. Et pour sûr, la marchombre aux cheveux d'argent aurait trouvé une parade, elle, à ce handicap !

Le jeune homme revint dans la salle et interrompit ses pensées. Syndrell le regarda ; était-il prêt à quitter cet endroit ? Beaucoup de choses s'étaient déroulées ici, des événements qui l'avaient changé, peut-être à tout jamais. Ne valait-il mieux pas qu'ils...

… la marchombre cessa de se poser des questions alors que Narek, tout sourire, effectuait un petit salut militaire. Avant de lui rendre son regard, une question muette et pourtant évidente au fond des yeux. Syndrell sourit à son tour.

Il était prêt.




*



Où allaient-ils ? Elle l'ignorait elle-même ! D'ordinaire, elle avait au moins une idée de base, ou bien au moins une direction à suivre, mais cette fois... Et puis, elle n'avait pas de cheval. Elle avait récupéré de l'argent chez Ciel, parmi les économies qu'elle avait laissé là-bas. Indécise, elle marchait dans une rue dégoulinante de pluie, sa capuche rabattue devant ses yeux.

Narek avait accordé son pas sur le sien. Beaucoup plus petite que lui, elle avançait moins vite – ou plutôt, elle faisait deux pas quand il n'en faisait qu'un. Difficile de réaliser qu'il était vraiment là, si près que leurs épaules se frôlaient sous la pluie qui, têtue, n'en finissait pas de tomber ; comme pour tout le reste, il fallait s'y habituer. Narek était toutefois le genre de compagnon avec qui l'on s'adapte très vite.

Ensemble, ils firent quelques achats : Syndrell remplit son sac de provisions, décidée à mettre les voiles même si elle ignorait pour l'instant leur destination. Elle se figea alors que cette drôle de pensée lui traversait l'esprit, au beau milieu d'un carrefour.

Mettre les voiles.

Bien sûr ! Inquiet sans doute, Narek s'était approché d'elle ; elle le saisit par le bras et l'entraîna à sa suite, courant sans s'arrêter dans les flaques d'eau. Très vite, la course se transforma en séance d'endurance. La foulée de Syndrell était longue et gracieuse, Narek n'avait pas à réduire la sienne tant que cela pour rester à sa hauteur. Ils contournèrent ainsi le lac Chen par le nord, longeant sa rive rocailleuse.

La nuit tombait lorsqu'ils atteignirent le port d'Anlem. La pluie s'était changée en une bruine légère mais le vent était trop frais pour que les passants soient nombreux à mettre le nez dehors. Lorsque les deux marchombres traversèrent les quais, ceux-ci étaient quasiment déserts. Syndrell ne prit pas la peine d'expliquer à Narek ce qu'elle avait en tête ; il avait déjà dû deviner ce qu'ils faisaient ici.

Un navire fin mais élancé, amarré au bout d'un ponton éloigné des autres, attira l'attention de la jeune femme. Elle s'en approcha, cherchant des yeux un marin qui pourrait les renseigner sur le prochain départ ; une femme âgée qui fumait une longue pipe, appuyée contre un poteau de bois, leva la tête et les interpela.


- Besoin de quelque chose, les jeunes ?

Syndrell sourit et désigna le navire de la main.

- Vous voulez embarquer ? Je n'y vois pas d'inconvénient, mais il fait nuit et moche alors nous partirons seulement demain matin.

Haussant un sourcil, Syndrell montra à nouveau le navire, puis leur interlocutrice ; celle-ci émit un petit rire sec et ôta sa pipe de ses lèvres.

- Un peu, que j'pars aussi ! C'est moi qui le dirige ce rafiot... Dame Yuna, pour vous servir.

Elle exécuta une drôle de courbette avant de se détacher de son poteau pour s'approcher d'eux. Syndrell sourit à nouveau, amusée tant par le titre de cette personne étonnante que par son allure peu commune : grande et mince, elle avait des cheveux gris très courts sur le devant et très longs derrière. Un assortiment de jupons composait sa tenue, le tout recouvert d'une large cape qui claquait dans son dos au rythme de ses pas.

- Vous êtes des étrangers ou bien vous avez donné votre langue au chat ? s'enquit-elle, curieuse.

Syndrell secoua doucement la tête et laissa Narek lui répondre. Son regard doré balaya le port silencieux, noyé déjà dans les ombres de la nuit, tandis que de petites lanternes étaient allumées un peu partout. Ils allaient devoir passer la nuit sur le port. Puis, au petit jour, et si Dame Yuna était toujours d'accord, ils embarqueraient à bord de son « rafiot » et remonteraient le Pollimage vers le nord.



[La couleur de Dame Yuna, c'est cadetblue Wink]

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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Sam 27 Aoû 2016, 20:47

La pluie tombait, incessante, et Narek se remercia intérieurement d'avoir pris, à l'époque, le modèle à capuche... Celle-ci se trouvait habituellement roulée habilement dans son col mais, ce soir là, elle était sur sa tête et il fallait bien avouer qu'entre ça, la chevelure, trop longue pour être ainsi contenue, qui dépassait sur son torse en sortant du manteau, et sa légère barbe qui commençait à apparaître, il devait avoir un air un peu étrange, presque menaçant.

Le sourire et la taquinerie de ses yeux venait cependant brisé ce portrait et puis certains des marchands encore ouverts chez qui ils passèrent le reconnurent même, l'une d'elle chantant presque les louanges des crêpes qu'il avait cuisiner le matin même et le jeune homme, tout sourire, eu un petit rire amical avant d'attraper une carte, la sienne étant vieille et en piteux état, ainsi qu'une ou deux babioles additionnelles qu'il paya une seconde à peine avant de se faire agripper le bras et tiré à toute vitesse vers le port.

Sans perdre une seconde, il se mit à courir aussi, à ses côtés, sa capuche tombant sur ses épaules dans le vent, à un moment il dut même sauter par dessus une caisse dans le chemin pour continuer mais ne ralentit pas...

Lui et Syndrell partageaient, en ce moment, un verre du meilleur alcool au monde : La vie.


I got a hangover, woohooo,
I've been drinking too much for sure...

I got a hangover, woohoooo,
I got an empty cup, pour me some more!

So I can go until they close up, hey!
And I can drink until I throw up, hey!
And I don't ever ever want to grow up, hey!
I wanna keep it going, keep, keep it going, come on!

I got a little bit trashed last night, yeah,
I got a little bit wasted, woho,
I got a little bit mashed last night, yeah,
I got a little shit faced-ed, yeah-eah...

I got a hangover.

Moi je parle, elle c'est une loutre, elle tente d'apprendre mais hélas c'est difficile!

La blague surprit Dame Yuna mais elle rit de bon coeur devant le sourire de Narek qui se dit qu'il avait bien fait de courir tout les matins pendant des heures...

La femme demanda à Narek leur destination et celui-ci répondit avant même de penser à consulter Syndrell du regard.


Aussi loin que nous pouvons, pas plus loin que là ou le vent nous porteras mais plus loin que l'horizon sans pour autant dépassé la lune.

Encore une fois la surprise s'imprima sur le visage de la femme, qui fit remarquer qu'il s'agissait là d'un drôle d’itinéraire, mais qu'elle aimait bien l'idée. Voilà qui commençait bien ce cours, se dit Narek qui s'assit sur un baril poser plus loin sur le quai, non loin de Syndrell qui regardait tout autour... Il faisait nuit et pourtant, cette nouvelle aventure lui donnait un regain d'énergie extrême... Ainsi qu'une teinte rouge aux joues quand il se dit que la jeune femme était drôlement belle.

* C'est ton maître, pas penser comme ça, coucouche panier... C'est ton maître, pas penser comme ça...*

Il se rendait à peine compte d'à quel point il avait zapper que ça pourrait être un peu... Étrange, comme situation, avec leur dernière rencontre. Il y pensa un peu puis haussa mentalement les épaules. Aucune raison que ce soit étrange, au fond, elle était belle, gentille, etc... Et maintenant elle était son maître, voilà. C'était deux rôles séparés qui se croisaient, voilà tout.

Quand il remarqua le regard doré se posant sur lui, il sourit et prit sa guitare de son dos pour la tendre à la marchombre... Ils avaient du temps à passer après tout alors à moins qu'elle n'ais d'autre idées, autant voir si elle avait toujours la main...

Et il ne doutait pas que, même sans pratique, elle s'était un peu améliorer.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Sam 27 Aoû 2016, 23:21


- Une loutre, hein ? Si tu le dis... Et où comptez-vous aller, tous les deux ?
- Aussi loin que nous pouvons, pas plus loin que là où le vent nous portera mais plus loin que l'horizon sans dépasser la lune.


Syndrell se mordit l'intérieur de la joue, mais Dame Yuna éclata carrément de rire. Elle commençait à apprécier ces deux-là. La fille aux étranges yeux d'or n'était pas loquace mais visiblement, son compagnon compensait largement par sa répartie ! Elle hocha la tête.

- Pour commencer nous irons jusqu'au port de Ter-Cyn. On visera la lune ensuite, jeune homme... La traversée coûtera une poignée de sous et quelques corvées à bord. Nous partons demain à la première heure. Soyez ponctuels !

Syndrell acquiesça. Elle connaissait Ter-Cyn, grande ville portuaire qui permettait à de nombreux itinérants de rallier la solitaire Al-Far. Cette première étape lui convenait. Elle optait volontiers pour la lune ensuite, et peut-être aussi une ou deux étoiles...

… sentant le poids d'un regard sur ses épaules, elle tourna la tête et trouva les étoiles dans les yeux de Narek. Il était assis sur une barrique entreposée dans un coin du ponton et la dévisageait en silence. Elle frémit, sans savoir si ce réflexe était lié à ce qu'elle avait vécu avec lui ou bien parce qu'il avait l'air de lutter sérieusement pour se contenir.

Elle soupira. Peu de gens devaient être insensible au charme de Narek et il était clair qu'elle ne l'était pas. Simplement, elle commençait à penser que son séjour en enfer l'avait... changée. Comme si la marque imprimée dans la chair de son épaule était un sceau qui aurait muselé ses sentiments, les enfermant à double tour dans un entre-deux qu'elle ne parvenait à pas retrouver.

Ignorant s'il s'agissait d'une bonne chose, elle rejoignit son élève. Celui-ci ne dit rien mais il sortit sa guitare de son étui et la lui tendit. Syndrell hésita. Jouer ? Elle ne savait même plus si elle en était capable ! En outre, la nuit s'était installée avec le froid. S'il ne pleuvait plus, l'air était encore chargé d'une humidité qui transperçait les vêtements de la marchombre.

Elle secoua la tête, un sourire sur les lèvres, et repoussa doucement l'instrument avant de désigner du menton une taverne d'où s'échappait quelques notes de musique. Avant toute chose, ils devaient se mettre au chaud ! Et louer une chambre. Ainsi que se payer un repas. Ensuite, peut-être, la guitare serait la dame de la soirée...



*



Assise dans un coin de la salle, un verre de vin de noix entre les mains, Syndrell se réchauffait doucement. Il n'y avait pas foule dans l'établissement, tout comme dans le port, mais quelques joyeux drilles jouaient un petit air qui lui faisait hocher la tête en rythme. Elle avait laissé Narek s'occuper de la réservation d'une chambre et de la commande de leur repas. Il était sa voix, désormais.

La marchombre ferma les yeux. Et se demanda ce que Miss aurait fait dans cette situation. S'était-elle déjà retrouvée avec un élève qui en pinçait pour elle ? Et qui ne la laissait pas totalement indifférente ? Un petit sourire dansa sur ses lèvres. Si c'était le cas, son maître ne lui en avait jamais soufflé mot...

Un remue-ménage lui fit rouvrir les yeux. Un peu plus loin, un homme rustre et lourdeau venait de repousser une petite main innocente et affamée : celle d'un enfant guère plus âgé de sept ans qui, soufflé par la violence du coup, s'écrasa contre un pillier en bois. L'homme aurait très bien pu s'en tenir là mais la colère déformait ses traits et il se redressa pour attraper le gamin par le col et le soulever de terre.


- T'es bouché, morveux ? J't'ai dit d'aller voir ailleurs ! Est-ce que mon poing t'aidera mieux à comprendre ?!

Il avait déjà contracté ses phalanges et tendit le bras pour accomplir son méfait. C'est alors qu'une main se referma sur son poing. Lorsqu'il se retourna pour dévisager celui qui osait l'interrompre, il croisa un regard intensément doré.



*



Parfois, les mots étaient inutiles.
Un simple regard pouvait faire passer un message avec plus de subtilité que la plus ingénieuse des phrases. Et ce qui était écrit dans ce regard-là, flamboyant, intimida l'homme au point qu'il en lâche sa proie.
Sidéré.




*



- C'était pas très malin, grogna-t-il tandis que l'enfant en profitait pour s'éclipser. Tu as mal choisi ton moment, fillette !

Syndrell ne cilla pas. Le rustre n'était pas ivre et cela le rendait deux fois plus coupable à ses yeux. Elle le laissa récupérer son poings et, les bras croisés, le toisa en silence. Il se dit que pour une fillette, elle n'était pas très effrayée... et cela le ficha en rogne.

- Retourne t'asseoir et je passe l'éponge.

Pas de réponse, ni de mouvement. Devant cette gamine qui le fixait au fond des yeux, l'homme perdit patience. Il leva le bras et...

… se retrouva par terre.

- Qu'est-ce que...

Il s'assit, vaguement sonné, prêt à faire face à... mais... elle avait tourné les talons ! Elle ne s'occupait même plus de lui ! Dans un grondement sourd, il se leva, tira un couteau de son fourreau, arma son bras, prêt à lui apprendre ce qu'il en coûtait de lui tourner le dos de la sorte. Alors, le gamin qu'il avait chassé poussa un cri.
La fille se retourna.

Son geste fut si vif qu'il n'en comprit la teneur qu'au moment où la douleur s'abattit sur lui. Avec horreur, il baissa les yeux sur sa paume, transpercée par un poignard bien plus fin que le sien. Et plus adroit. Serrant sa main blessée contre sa poitrine, il jeta un regard haineux à celle qu'il avait commis l'imprudence de sous-estimer.

Et disparut sans demander son reste.




*



Syndrell soupira. Le calme était revenu dans la taverne, mais son intervention avait attiré l'attention sur elle. D'un signe, elle fit comprendre à Narek qu'il devait la suivre. Ils quittèrent les lieux. La marchombre entraîna son élève vers le port. Elle choisit un ponton isolé, alla jusqu'au bout de ce dernier, s'assit les pieds dans le vide, au-dessus de l'eau sombre et tranquille. Tapota le bois à côté d'elle. Et sourit lorsque Narek s'installa enfin.

Elle ouvrit son sac et en sortit de quoi grignoter ; cette agitation lui avait ouvert l'appétit et, réflexion faite, elle était plutôt contente de s'être éloignée de l'auberge. Trop de bruit, trop de lumière. Trop de monde. Ici, dans le port, tout semblait plus calme, serein. Le vent dansait en haut des mâts, les lanternes se balançaient doucement dans la nuit et la lune, mince sourire d'argent, se reflétait sur les eaux du Pollimage.

Son repas terminé, Syndrell attrapa la guitare de Narek. Elle ne prit pas la peine de lui demander sa permission, devinant qu'elle avait son accord pour s'en servir, et cala l'instrument contre son ventre, sur ses jambes croisées. Elle plaça ses doigts, pinça les cordes, laissa le son s'envoler dans la nuit et les réflexes revenir un par un.

Un mois plus tôt, alors qu'elle était écartelée dans sa cellule sous des tonnes de sable, torturée sans relâche par Juko et ses hommes, Syndrell était très loin d'imaginer que ses doigts retrouveraient un jour ces sensations. Elle frémit, puis chassa cette pensée d'une pitchenette – comme Hièlstan le lui avait appris. Elle chercha le regard de Narek, y trouva son inspiration...

… se mit à jouer.


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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Dim 28 Aoû 2016, 00:35

ALLEZ BANDE DE TRAÎNE SAVATES! JE VEUX POUVOIR ME VOIR LE VISAGE EN RÉFLEXION DANS CES PLANCHES!

TOI, AVEC LES CHEVEUX LONGS! TU M'OUVRE CES VOILES ET PLUS VITE QUE ÇA HOPHOP!


Narek obéit au quart de tour, opinant du chef avant de s'élancer, la chanson que Syndrell avait jouer la veille à la guitare toujours en tête, se balançant dans les cordages, surprenant les marins plus expérimentés en les dépassant tous, puis se tint à la poutre à la force des jambes pour couper les cordages tenant la voile du navire en se remerciant intérieurement d'avoir fait autant d'escalade que possible depuis sa dernière rencontre avec Syndrell.

Celle-ci était d'ailleurs plus loin, vérifiant un autre cordage... Yuna était plutôt douce et gentille, son maître d'équipage, par contre, ne leur avaient pas laisser un moment de pause. Narek soupçonnait presque Syndrell de lui avoir dit de le mettre à l'épreuve puisqu'il s'acharnait particulièrement sur le garçon, mais ça ne le dérangeait pas. En fait, il s'en réjouissait, ça lui faisait de l'exercice.

Le départ était compliqué et l'apprenti n'eu pas vraiment de temps à lui avant le midi, moment où tout était prêt, ce qui semblait surprendre la plupart vu la rapidité de la chose, pas que ce soit étonnant avec une maître marchombre à bords... Et un apprenti marchombre, rajouta le jeune homme à ses pensées en se rappelant le coup de poing de Zoanne.

La journée était chaude, contrairement à la précédente, et Narek avait adopter la tenue des autres hommes de l'équipage, un pantalon de toile prêté par l'un d'eux, ses bottes habituelles et un foulard mince sur la tête pour se protéger du soleil, laissant sa chevelure sortir à l'arrière du dit foulard pour lui descendre dans le dos. Il avait prit un moment à s'habituer à la sensation des cordes sur son torse quand il montait à celles-ci mais au final ce le remarquait même plus.

Après le repas, les tâches principales étant accomplisses, le maître d'équipage libéra Narek et celui-ci se dirigea donc vers son maître aux cheveux bleus pour lui demander son prochain test...

Il se demandait du coup un peu s'il avait un truc sur le visage, car plusieurs marins le regardèrent un peu bizarrement, comme s'ils le jaugeait, certains semblaient sourire de façon un peu étrange... Et un ou deux avaient carrément l'air de vouloir lui défoncer la gueule, au point où il se passa en revue lui même, inspectant même son reflet dans l'eau, sans rien voir d’inhabituel...

Soit c'était un coup de Syndrell, soit c'était en rapport avec la veille, soit il avait juste l'air de chercher la bagarre sans le vouloir...

Et il n'était pas sûr de ce qui était mieux, se dit-il en arrivant au niveau de celle-ci.

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Dim 28 Aoû 2016, 12:41

La Dormeuse avait pris le large dans les toutes premières lueurs du jour, ses voiles claquant fièrement, emportant son équipage vers de nouveaux horizons. Syndrell et Narek étaient à son bord, ainsi que deux autres passagers, un guérisseur timide et un notaire grincheux. Dame Yuna avait lancé ses ordres et immédiatement, ses hommes s'étaient mis à l'oeuvre.

Elle avait deviné que Narek suivait Syndrell. D'un regard échangé, complice, elle avait reçu la confirmation de cette idée qui lui tira un bref sourire intéressé, entre deux bouffées de fumée. L'instant suivant, le jeune homme se retrouvait embrigadé par les matelots. Uhlan, le second de Yuna, se fit une joie de l'envoyer à droite et à gauche et de lui mettre la pression à grands renforts de cris.

Amusée, Syndrell l'observa un instant, convaincue qu'il serait à la hauteur des tâches dont on le chargerait. Mais elle ne voulait pas être en reste et, sous le regard quelque peu surpris du capitaine – Dame Yuna avait pensé qu'au vu de la constitution frêle de cette jeune fille qui ne disait mot, seul le garçon travaillerait – elle se hissa dans les cordages.

Les matelots qui s'y déplaçaient pourtant avec aisance depuis de nombreuses années s'arrêtèrent un instant pour la regarder évoluer, soufflés par tant d'agilité. Elle leur rendit leur regard, une lueur interrogative au fond des yeux ; alors, l'un d'eux éclata d'un rire qui se perdit dans le vent et invita la jeune femme à les rejoindre pour les aider dans les haubans.



*



Syndrell posa le pied sur le pont et se tourna vers le large, une main toujours sur le cordage. Tout était uniformément bleu, le ciel, l'eau du fleuve. Des mouettes riaient dans les courants aériens, signe que, si la terre n'était visible nulle part, elle n'était pourtant pas si loin. Un coup de vent ébouriffa les cheveux de la marchombre et lui tira un sourire.

Depuis qu'ils avaient quitté Anlem, elle se sentait mieux. Comme si ce départ vers l'inconnu symbolisait autre chose pour elle. Elle ferma les yeux un instant et, tout comme Hièlstan le lui avait enseigné, chercha la réponse au fond d'elle-même. C'était un voyage extraordinaire que celui vers son propre intérieur. Un voyage oublié par trop de gens et qui, pourtant, était souvent nécessaire.

Un nouveau départ... Oui, c'était de cela qu'il s'agissait : une chance de tout reprendre, y compris sa liberté. Celle qui le la verrait plus se réveiller la nuit, trempée de sueur et tremblante comme une feuille. Qui lui épargnerait les souvenirs les plus amers et qui, enfin, lui permettrait de recouvrir sa voix. Ce chemin qu'elle empruntait avec Narek était aussi le sien. Ils étaient deux à apprendre...

Un homme qui passa près d'elle la frôla d'un peu trop près et la heurta légèrement. Elle rouvrit les yeux, prête à s'excuser d'être restée dans le passage, mais se figea en croisant un regard dur. Bien trop dur pour expliquer un contact involontaire. Syndrell eut l'impression, soudain, qu'une tension régnait sur le pont. Elle chercha Narek des yeux.

Il arrivait dans sa direction, torse nu, ses longs cheveux retenus par un bandeau qui lui donnait un air de pirate – à moins que ce soit la barbe naissante sur ses joues et son menton, ou encore son air frondeur ; en d'autres circonstances elle aurait sourit, peut-être même tiré la langue à son élève, mais son instinct lui soufflait que quelque chose ne tournait pas rond et c'est lui qu'elle préféra écouter.

Elle sentit la présence dans son dos et se tendit, prête à jaillir comme une lame d'acier. La voix qui s'éleva la prit toutefois de court.


- Tout doux, mignonne. Ce serait quand même dommage que le sang coule par une si belle journée, n'est-ce pas ?

Elle se tourna lentement. Le rustre de la veille était là, tenant dans sa main valide un couteau qu'il appliquait fermement sur la gorge du notaire tétanisé. L'autre était bandée. Dans ses yeux brillait une lueur mauvaise, haineuse, et Syndrell serra les dents mais, quand elle voulut faire un pas en avant, l'odieux personnage émit un claquement de langue et pressa davantage sa lame contre la carotide de son otage.

Au même moment, Dame Yuna apparut, courroucée, une main sur la poignée d'un sabre qu'elle portait à la ceinture. Le forcené secoua la tête.

- Si j'étais vous, ma Dame, je resterais tranquille un moment.

Peu de gens étaient capables d'ordonner quoi que ce soit à cette femme. Son rang et son caractère s'était chargé, depuis des années, d'instaurer un respect inviolable de la part de ceux qui croisaient sa route. Elle était toutefois menacée par les hommes qui, soudain, pointaient leurs flèches sur elle et son équipage. Frustrée, elle cracha un jet de salive sur le sol. Mais l'homme à la main bandée avait déjà reporté son attention sur Syndrell.

- Tu vois, il ne fallait pas me tenir tête hier... J'aurais pu passer l'éponge, faire abstraction de cette impétuosité ridicule et, peut-être, t'offrir un verre... Mais ce que tu as fait à ma main, je ne le pardonnerai pas. Alors voici ce que tu vas faire.

Syndrell l'écoutait sans bouger. Le cœur battant, elle analysait en même temps les options qui s'ouvraient à Narek et elle. Quitter le navire sans qu'aucun mal ne soit fait à l'équipage allait s'avérer compliqué mais c'était la seule condition pour elle de s'échapper. Elle était en train de noter la position des trois archers quand, soudain, le notaire paniqua.

Il asséna un coup de coude entre les côtes de son agresseur et se coula hors de son étreinte, un sanglot au bord des lèvres. Syndrell ouvrit la bouche en un cri qui ne jaillit jamais. Son adversaire croisa son regard et sourit. Juste avant de retenir le pauvre homme par les cheveux et de lui trancher la gorge d'un geste sûr.

Le sang ruissela sur le pont. Trois gouttes éclaboussèrent la tunique de Syndrell. Elle regarda le corps s'affaisser, secoué de convulsions pour finalement s'immobiliser dans un râle affreux. Alors, le flash s'imposa à elle, violent. L'image d'un autre corps se superposa à celui-ci. Cal, le dos transpercé, la fixait de ses yeux vides.

Cela ne dura qu'un instant, peut-être moins d'une seconde, mais ce fut suffisant pour que le tueur attrape Syndrell et la piège à son tour entre ses bras. Il plaqua sa main bandée sur sa bouche, comme pour l'empêcher de crier.


- Voilà qui arrange mes affaires. On va s'en aller quelque part, tous les deux, et terminer cette discussion dans un endroit plus calme. D'accord ?

Il sourit en la sentant se raidir, persuadé qu'elle était enfin à sa merci, mais ce n'était pas lui qui lui faisait peur. C'était Narek. Il avançait sur le pont, ignorant les flèches qui, aussitôt, se pointèrent dans sa direction.

Le cœur de Syndrell bondit dans sa poitrine. Un nouveau flash l'aveugla et lui montra, dans une odieuse mascarade, le corps de son élève gisant sur le pont, transpercé de flèches. Contre son dos, elle sentit la poitrine de l'homme se gonfler. Il était prêt à lâcher son ordre fatal.

Une terreur sans nom étreignit Syndrell. Dans un effort désespéré, elle lutta pour ôter cette main qui écrasait sa bouche, pour se débarrasser de ce bâillon qui lui clouait les lèvres, pour se libérer de cette gêne. Elle lutta si bien que, soudain, elle put reprendre son souffle. Elle prit une longue inspiration, gonfla ses poumons de l'air vif, au point d'en avoir mal à la poitrine.

Et elle cria.



*


- NAREK !

Une voix déformée, semblable au croassement d'un corbeau, lui déchira la gorge, mais elle s'en moquait bien pour le moment. Elle ne pouvait pas prendre conscience de la beauté de l'instant alors qu'une corde se détendait, libérant une flèche.

Elle se rua en avant. Bouscula le jeune homme. Sentit confusément une brûlure sur son épaule. Puis sa tête heurta durement le bastingage et l'emporta sans attendre dans l'inconscience.



*



- Il y avait longtemps que tu n'étais pas venue me rendre visite, petite.
- Eonard ?


Le vieux souffleur de verre se lève, franchit la distance qui les sépare. Il tend la main et effleure, du bout de ses doigts, les boucles bleues qui encadrent son visage.

- Tu as bien changé...
- Est-ce que je suis...
- Morte ? Bien sûr que non ! Seulement assommée.


Elle le regarde, incertaine.

- Là-bas, dans le trou... je n'ai jamais réussi à te parler.
- C'est normal : tu t'empêchais toi-même de m'atteindre. De la même façon que, pour te protéger, tu t'empêchais de parler.
- Me protéger ?
- Oui. Parler c'était se souvenir et toi, tu refusais de te rappeler tout ce que tu as pu vivre dans cet enfer. Plus tu résistais, plus tu t'enfonçais dans un labyrinthe de ténèbres. Le rêveur t'a aidé à retrouver le chemin de la sortie. Tu as fait le reste toute seule.
- Mais je...
- Allons, trève de bavardages ! Il faut te réveiller, maintenant : il t'attend.
- Qui ?


Le vieil homme sourit.

- Celui pour qui ta voix est revenue à la vie.



*



- Mmmh...
- Elle se réveille... Syndrell ? Vous m'entendez ? Ouvrez les yeux... allez, un petit effort...


Ses paupières papillonèrent un instant puis s'ouvrirent. Des visages flous se tenaient au-dessus d'elle.

- C'est bien. Non, restez allongée, vous devez retrouver vos esprits avant de vous asseoir.

Retrouver ses esprits ? Elle cligna des yeux et laissa sa vision s'accommoder. Elle reconnut alors le visage sérieux de Dame Yuna, qui tirait sur sa pipe avec anxiété, ainsi que celui du guérisseur. Il lui sourit timidement.

- Bon retour parmi nous...

Alors Syndrell réalisa qu'elle était toujours sur le pont de La Dormeuse. Quelqu'un avait glissé son manteau sous sa tête. Lorsqu'elle porta la main à son front, elle sentit sous ses doigts le tissu d'un pansement.

- Vous vous êtes cogné la tête en tombant... Mais vous en serez quittes pour une jolie bosse. Le pansement retient seulement la pommade que j'ai appliqué sur la contusion. J'ai aussi soigné votre épaule. La flèche n'a fait qu'effleurer la peau, il n'ya même pas besoin de recoudre. Quelle rapidité... ! Vous lui avez sauvé la vie.

Cette fois, Syndrell repoussa la main de l'homme et banda ses muscles pour s'asseoir. Elle regarda autour d'elle ; La Dormeuse avançait à nouveau. Il n'y avait plus trace des quatre tueurs sur le pont. Le corps du pauvre notaire avait disparu. Devinant son trouble, Dame Yuna soupira et entreprit de lui brosser un rapide tableau des récents événements, d'un ton sec qui ne parvenait pas à dissimuler complètement son soulagement.

- Ton geste était stupide mais il a déclenché une jolie bataille. Cela n'a pas été très long. Ton ami s'est montré très... habile, et nous avons pu maîtriser ces ordures en quelques minutes. Ils méditent leurs erreurs à fond de cale. Nous les livrerons aux autorités de Ter-Cyn.

Syndrell se passa une main sur le visage. Elle était désolée d'avoir entraîné l'équipage de La Dormeuse dans une histoire qui ne les concernait pas. Dame Yuna ne s'y laissa pas prendre.

- Ce qui est arrivé à ce pauvre notaire est regrettable, mais s'il n'avait pas cédé à la panique, il serait encore en vie. Tu nous as offert un peu d'action et, somme toute, cette aventure s'achève sans trop de casse ; cesse donc de ressasser des pensées qui ne feront que t'encombrer la tête et lève-toi. Ton ami est de l'autre côté du pont.

Son ami ? Syndrell posa la main sur sa gorge, et les mots du souffleur de verre traversèrent son esprit, écho lointain, presque irréel.


Celui pour qui ta voix est revenue à la vie...


Elle se leva. La voyant vaciller, le guérisseur tendit la main, mais elle s'apppuya contre le bastingage et lui sourit. Retrouva seule son équilibre. Rassuré, il recula et la laissa s'éloigner.

- Qui est-elle ? demanda-t-il dans un souffle étonné.

Dame Yuna laissa filer un cercle de fumée grise. Son rire râpeux résonna un bref instant.




*



Elle s'arrêta derrière lui. En elle, le terrible soulagement de constater qu'il était sain et sauf et le contrecoup des derniers événements se mêlèrent pour ne former plus qu'une réalité. Une réalité qu'elle laissa s'exprimer, d'une voix rauque, fêlée, retrouvée.

- Salut...

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Dim 28 Aoû 2016, 15:58

Son nom brisa le silence, puis un coup le poussa en arrière... Il vu une flèche voler, ses yeux s'écarquillèrent d'horreur quand elle toucha le sol pour ne plus bouger, son cerveau en mode ''panique'' ne le laissait pas vraiment résonné alors qu'il blêmissait. Une lame tenta de se glisser le long de son cou, se happa à ses réflexes. L'homme n'était, au final, pas plus doué qu'un bandit de grands chemins et Narek n'eu aucun mal à le désarmé pour lui planter son propre couteau dans le pied, l'immobilisant dans un cris de douleur.

Se penchant sur Syndrell, il poussa un soupir de soulagement en vérifiant, dans son cou, que son coeur battait toujours. Pas de sang visible, pas de problèmes.

Tant mieux.

Il assomma un des hommes qui s'était un peu trop approcher et, une seconde plus tard, attrapait l'arc dans son dos. Voilà une arme avec laquelle il ferait des ravages, s'étant entraîner à changer de cibles au quart de seconde et à tirer rapidement avec précision pendant des heures.

Ses flèches fusèrent, la première des trois qu'il avait récupérés et tenait dans ses doigts libres frappa l'homme qui semblait dirigé les autres à l'épaule, la seconde frappa le genou d'un archer qui tentait de reprendre une flèche. Tournant sur lui même en préparant sa prochaine, le garçon évita la charge d'un homme avec un sabre pour tiré sa dernière flèche sur un autre assaillant qui était sur le point de gagner un combat contre un membre d'équipage.

Sans flèches, il fit tourner son arc dans sa main en se tournant vers l'homme évité une seconde plus tôt, attrapant son bras entre la corde et le bois de son arc avant de lui donner un bon coup de celui-ci entre les deux yeux, le laissant tomber inconscient sur le sol dès qu'il lui ais prit son couteau, qu'il lança dans le même mouvement vers un autre des hommes les attaquant, le chef de la bande - ce connard se relevait encore..? - lui transperçant la main valide et lui faisant lâcher son arme. Un autre homme se dirigea vers lui mais, dès que Narek le regarda, près à se battre, celui-ci laissa tomber son arme et se mit à genoux... Sage décision, se dit le barde en regardant autour. Les autres gagnaient leurs combats et la plus part des bandits abandonnèrent. Narek récupéra néanmoins deux flèches additionnelles, au cas, mais n'eut pas à s'en servir alors que tous étaient attachés. L'un des matelots cria contre la décision de Dame Yuna de ne pas les tuer, mais dès que le garçon émit l'opinion qu'il y avait eu assez de morts pour un jour, tous - ou presque - grognèrent leur accord.


~~~

Dame Yuna et le guérisseur avaient pris le relais pour soigner Syndrell et Narek devait reconnaître qu'ils s'y connaissaient surement plus que lui.

Il se tenait donc à l'avant du vaisseau, pensant... Un exercice dangereux en soit. Parce que du coup il se posait des questions et que, parfois, certaines questions auraient dut rester sans réponses. Comme par exemple celle de pourquoi, quand Syndrell était tombé, il avait--

La vois le prit un peu par surprise, il en avait presque oublier qu'elle l'avait retrouvée et, malgré le fait qu'elle soit encore rauque, il eu presque envie de faire semblant de ne pas avoir entendu pour qu'elle le redise, la réentendre et s'assurer que c'était bien réel...

Se retournant doucement, il étudia son maître un instant. Elle avait l'air en forme, considérant tout ce qui c'était passer et si une partie de lui, la partie ''ami'' et non la partie ''élève'', lui souffla de la prendre dans ses bras pour un énorme câlin façon ''heureux que tu aille bien'', la partie élève l'emporta et il se contenta de lui sourire.


Content de réentendre ta voix, Syndrell...

Alors, ça va? Pas trop de mal au crâne..?


Le ''Tu m'as fais peur'' qui frôlait ses lèvres fut ravaler. En partie parce que ce n'était pas à l'élève de s'inquiéter de son maître selon toute logique...

En partie parce que ça pouvait être pris sous un autre ton et il n'était pas sûr qu'il puisse affirmer que le prendre ainsi serait une erreur...

Décidément, les cours allaient être... Intéressant.


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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Dim 28 Aoû 2016, 19:13

[Bah, dis-toi que si Narek tombe, Syn sera là pour le rattraper... (c'est miiiiiignooooooooon) mrred]




- Content de réentendre ta voix, Syndrell... Alors, ça va ? Pas trop mal au crâne... ?
- Oh, hem...


Elle fronça les sourcils, porta la main à sa tête et s'appuya contre le bastingage avant de grimacer un sourire.

- En fait ça tangue un peu, mais nous sommes sur un navire alors...

Curieuse impression d'entendre parler une étrangère. Voilà près de deux mois qu'elle n'avait plus entendu sa propre voix. C'était... étonnant. Fantstique, mais étonnant. Elle dévisagea Narek, vit les émotions se succéder dans son regard sans qu'il ajoute quelque chose.

- J'ai entendu dire que tu avais assuré tout à l'heure. Je suis déçue d'avoir tout raté mais... Tu n'as rien et je viens d'effacer une partie de ma dette en retrouvant ma voix au passage. Somme toute, ce n'est pas si mal pour une seule journée !

Et si c'était à refaire, elle le referait.
Sans hésiter.




*



La nuit était tombée sur le Pollimage. Silencieuse, La Dormeuse fendait les eaux sombres. Elle atteindrait Ter-Cyn en début de matinée. L'équipage se reposait, bercé par le rouli léger du navire. Dans sa cabine, Yuna lisait et la fumée de sa pipe s'échappait par le hublot ouvert tandis que sur le pont, Uhlan menait la barre en chantonnant doucement.


I cannot recall when I've felt like this
It's been a long, old time if I ever did


Syndrell marchait à pas feutrés. Elle était allée chercher Narek avant qu'il pique du nez et l'entraînait à présent sur le pont avant. Son corps souple se fondait dans le velours des ombres. Elle s'arrêta à quelques pas de la proue, leva les yeux et contempla un instant le ciel piqueté d'étoiles. Elle avait l'impression de le voir pour la première fois depuis des jours.

Sans un mot – elle ne parlait pas beaucoup depuis qu'elle avait retrouvé sa voix, composant avec d'anciens réflexes pour trouver ses repères – elle attrapa la main de Narek. Il frémit, elle sourit. Posa sa large paume sur sa poitrine, à l'endroit où se trouvait son cœur, et fit de même avec la sienne qu'elle plaqua sur son torse.

Lien.

Sentait-il à quel point il était solide ? Ce qui s'était passé un peu plus tôt, ici même, n'avait fait que renforcer un trait d'union déjà bien ancré dans leur complicité. Elle n'était pas une pièce rapportée qui venait se substituer à son premier maître. Il n'était pas un élève de plus qu'elle pouvait ajouter à une quelconque collection. Ils étaient là, tous les deux, à l'aube d'une aventure qui allait les mener plus loin que leur imagination.



So if I act strange, I'm hoping you'll forgive
I've got your light
I've got your light in my eyes


Sans le quitter des yeux, Syndrell s'immergea dans la gestuelle marchombre. Ses mouvements étaient lents, posés, calqués sur le murmure de la brise dans les voiles et le chant des vague autour d'eux. Calqués sur son propre souffle et le rythme apaisé de son cœur. Son corps était devenu liquide. Fluidité absolue.

Il n'appartenait qu'à Narek de la rejoindre s'il le souhaitait et elle ne prit pas la peine de vérifier ce qu'il en était. Mais, quelques minutes plus tard, alors qu'elle virevoltait doucement sous la lune d'argent, les yeux clos, elle ressentit sa plénitude.

Et sourit.



Every heart on earth is dark half the time
Oh I try and try but I can't read your mind.
Sometimes I can't see, that don't mean I'm blind
It's just your light

It's just your light in my eyes, in my eyes, in my eyes...



*



La Dormeuse mouilla au port de Ter-Cyn sous une pluie fine entrecoupée de têtus rayons de soleil, et Dame Yuna accorda deux heures de pause à qui souhaitait mettre pied à terre. Syndrell ne se le fit pas dire deux fois. Elle avait laissé Narek aux bons soins d'Uhlan pour une matinée riche en émotions sur le pont, mais à présent, elle tenait à s'accaparer son élève.
Sans possible négociation.

Ils déambulèrent un moment dans l'agitation propre aux quais d'un port de taille moyenne, puis, sans prévenir, Syndrell s'élança. Vive et malicieuse. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour la rattraper, lui qui était si grand, mais... elle accéléra l'allure. Et l'entraîna dans une course folle à travers la ville.

Aucun objectif particulier, si ce n'était se dégourdir les jambes et s'échauffer un peu. La marchombre se hissa sur un toit. Elle n'attendait plus Narek mais le surveillait du coin de l'oeil, attentive à ses mouvements dans la lumière changeante du jour. Les tuiles d'ardoise étaient humides à cause de la pluie, donc glissantes, rendant plus ardue une course-poursuite dans les hauteurs...

… un régal pour deux marchombres en mal d'action ! Au bout d'une vingtaine de minutes, toutefois, Syndrell ralentit l'allure pour s'arrêter tout à fait au bord d'un toit. Si son corps avait récupéré plus vite que la normale en raison d'un travail régulier et d'une sacré dose de volonté, elle était encore rapidement épuisée. Ils soufflèrent donc, et Syndrell, après quelques secondes de réflexion, décida d'utiliser l'heure restante pour se lancer dans un exercice qu'elle affectionnait tout particulièrement.

De sa poche, elle tira un ruban qu'elle noua au revers de sa tunique. Elle en sortit également un deuxième et accrocha celui-ci à la ceinture de Narek. Puis elle recula, en équilibre sur les tuiles branlantes, et fléchit les genoux dans une garde légère mais efficace.

- Je marque un point si je touche ton ruban, tu marques un point si tu touches le mien. Deux points pour qui parvient à défaire le ruban de l'autre. Le premier qui atteint ou dépasse vingt points gagne la partie.

Syndrell bougea dès la fin de sa phrase. Elle se glissa sous la garde hâtive de son élève et glissa les doigts dans le ruban qui pendait à sa ceinture.

- Et de un, souffla-t-elle, matoise, avant de bondit en arrière pour éviter qu'il égalise.

L'exercice n'était pas anodin. Ils s'étaient déjà affrontés par le passé dans un passionnant duel d'escrime ; ils connaissaient donc le jeu de jambe de l'autre, sa façon de se mouvoir et de porter des attaques. Mais Syndrell désirait voir la progression de Narek et mesurer son équilibre : le toit sur lequel ils se trouvaient n'était pas très haut mais assez incliné pour ajouter une touche de difficulté à l'exercice.

La jeune femme se remit en garde et attendit qu'il vienne à elle.
Une lumière flamboyante au fond des yeux.

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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Dim 28 Aoû 2016, 22:55

Dance souple,
Mouvements légers,
Gestuelle de liberté...

Narek suivait son maître, s'enfonçant dans cette gestuelle, justement, sous le clair de lune. Se perdit dans ses propres mouvements, puis s'y retrouva pour s'y reperdre à nouveau. Il avait fermé les yeux aussi, aurait put la heurter à tout moment...

Ils ne se touchèrent pas une seule fois, comme s'ils savaient où était l'autre en permanence...

Lien.


~~~

Take my love.
Take my land.
Take me where I cannot stand...

I don't care,
I'm still free,
You can't take the sky from me.

~~~

Le jeune homme évita un autre point de la part de Syndrell d'un cheveux à peine, elle menait toujours la danse, 10 à 9... La moitié du jeu était presque terminée mais les choses ne faisaient que commencer, chacun d'eux doublant d'audace pour repasser la garde de l'autre, Narek s'élança, se laissa glisser sur le toit pour passer entre les jambes de Syndrell, se releva derrière elle d'un bon et réussit à toucher le ruban, puis recula en se damnant lui même... Elle avait touché le sien aussi.

~~~

19 à 18... Le garçon tenta de penser à une solution pour approcher la marchombre sans se faire prendre quand elle passa à l'action et, toute souriante, s'écarta de nouveau après avoir touché son ruban plus vite que l'éclair.

Le barde l'observa un instant, elle aurait pu tenter de le prendre, ce ruban, mais n'en avait rien fait, elle savait qu'il aurait alors eu le temps de répliquer... Il lui rendit son sourire...

Tout en relevant la main pour dévoiler le ruban qu'il lui avait subtiliser pendant son attaque, expliquant pourquoi il n'avait pas éviter. Égalité hein...

Son rire léger l'emporta alors qu'il défaisait son propre ruban et les tendais tout deux à son maître, prêt pour le prochain exercice...

Il avait peut-être travailler toute l'avant-midi et fait une course folle, mais il était toujours plein d'énergie, plein de curiosité... Et il avait hâte d'apprendre, ce qui était bien, se dit-il, il avait l'impression d'avoir appris plus dans le début de ce cours que dans ses deux premier réunis... Ou peut-être était-il juste heureux d'enfin avoir un cours où il pouvait bouger vraiment beaucoup...

Peut importe la raison, il était content et libre et ça, c'était merveilleux.


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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Lun 29 Aoû 2016, 00:07

Syndrell regarda le ruban que Narek brandissait. Elle était en nage, lui aussi, tant ils s'étaient donnés pour gagner. Egalité ? Elle aurait dû être satisfaite, s'en tenir là, mais... quand il lui tendit les deux rubans, la marchombre ne put s'empêcher d'en profiter pour balayer sa cheville d'un petit coup de pied. Sans effort elle le fit basculer sur le dos et verrouilla ses jambes autour de ses hanches ainsi que ses mains sur ses poignets pour le clouer au toit.

- Ne baisse pas ta garde parce que tu penses avoir gagné, sourit-elle.

Cette erreur pouvait lui coûter la vie, et elle ne serait pas toujours là pour prendre une flèche à sa place... Tel n'était pas le but. Narek avait un potentiel qu'il devait continuer de perfectionner. Pour cette raison, elle ne comptait pas lui laisser un seul instant de répit. Elle lui échappa avant qu'il réussisse à lui rendre la pareille et, sans attendre, sauta du toit.

Un bond prodigieux au-dessus d'une rue, une courbe parfaite, déni du vide et des limites – un marchombre s'en affranchit ! Elle se rétablit d'une roulade de l'autre côté et s'élança. Ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil par-dessus son épaule. Non pas pour vérifier qu'il était sur ses pas, c'était évident, mais parce qu'elle en profita pour lui tirer la langue.

Comme Miss.

Et alors elle sut. Cette aventure, c'était celle de Narek, mais c'était la sienne aussi : elle avait retrouvé sa voix, elle avait retrouvé sa liberté et, plus que tout, elle avait retrouvé sa place. Marchombre jusqu'au bout des ongles, guide pétillant et malicieux.
Petite étoile de bleue et d'or qui filait sur la Voie.

Tout simplement.




*



Ils arrivèrent juste à temps pour ne pas rater le départ de La Dormeuse. Dame Yuna fit pleuvoir un torrent de reproches sur les deux retardataires, mais Syndrell n'était pas dupe ; elle savait qu'en dépit de son courroux la vieille femme n'aurait pas mis les voiles sans eux. Elle en fut quitte pour une tournée supplémentaire de corvées.

Avant cela, Qi-Lan, le guérisseur, insista pour examiner la jeune femme. Il prenait son rôle très à cœur et elle se plia à sa volonté, laissant Narek rejoindre l'équipage en train de manoeuvrer pour quitter le port.


- Alors chef, qu'est-ce que ça donne ? s'enquit-elle.
- Et bien, vous avez la tête dure... Tout va bien. Je retire ce pansement et... je laisse celui de l'épaule par précaution. Vous êtes en nage, vous avez couru ?
- Pas exactement...


A quoi pensa Qi-Lan ? Induit en erreur par le sourire espiègle de Syndrell et ses pommettes roses, il piqua un fard et secoua la tête, perdant tous ses moyens d'un seul coup. Hilare, elle lui demanda s'il allait bien.

- Je.. oui, c'est... vous...
- Permission de me tutoyer, chef,
affirma-t-elle en se levant. Après tout, tu m'as remise sur pieds !
- Oh mais... je...


Abandonnant le pauvre homme à sa gêne, Syndrell fit quelques pas sur le pont, appréciant de voguer à nouveau. Elle leva les yeux, trouva Narek dans les cordages, l'observa un moment... décida de le rejoindre pour une nouvelle leçon. Elle se hissa souplement jusqu'à sa hauteur et lui fit signe de la suivre.

Jusqu'en haut du mât.

Le vent était puissant, à cette hauteur, et les oscillations bien plus importantes que là où elle l'avait rejoint. Syndrell regarda un bref instant le port de Ter-Cyn qui s'éloignait, puis elle s'avança au bord du vide, se plaça de profil et, sans paraître se rendre compte à quel point ce geste était incongru, leva une jambe.

Elle dansait. Comme la veille, alors qu'elle exécutait la gestuelle marchombre en compagnie de Narek, sauf que cette fois-ci, un simple coup de vent pouvait la précipiter en bas. Il n'en fut rien. Debout face au vide, Syndrell se jouait du vent. Elle ne l'affontait pas, elle dansait, tout simplement, jouant entre la prise de risque et son équilibre.

Quelques minutes plus tard, elle revint près de Narek. Avant qu'il se lance à son tour, impétueux et impatient, elle passa une corde autour de sa taille. Simple précaution qui servait à l'assurer – et à le rassurer.


- A toi de jouer ! Le vent est l'ami du marchombre. Si tu l'écoutes, il t'enseigneras quelques précieux secrets.

Les indices étaient ouverture et équilibre, mais Syndrell recula et les garda pour elle. C'était un tout autre exercice que celui des rubans. Elle était convaincue que cette fois, Narek allait avoir du fil à retordre. Elle tenait à ce qu'il trouve la clé de cette nouvelle leçon tout seul.

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Lun 29 Aoû 2016, 00:43

Le vent poussait, tirait, donnait puis reprenait.

Mais surtout, il foutait Narek en bas.

Celui-ci se retenait toujours, prouvant bien que la corde était une précaution dont il aurait -presque- put se passer. C'était un drôle d'exercice et il remarqua les regards des gens, qui se disaient tous qu'il était fou de tenter le coup.

Fou, peut-être, mais il n'était pas un simple homme après tout, il était marchombre... Et ça demandait quelque chose d'extraordinaire. Se hissant de nouveau sur le mat l'apprenti résista de justesse à retomber immédiatement.

La garçon se débattit un instant, sans grands succès, puis se rappela l'exercice de milo avec les planches sur l'eau trouble... Ne pas se battre, se fondre dedans... Qu'avait-il dit déjà..?


Ouverture... c’est le premier pas vers la communication avec le monde. Écoute et comprend le monde qui t’entoure, pour pouvoir puiser dans sa force, dans son énergie, dans sa puissance pour te sortir de n’importe quelle situation. Il s’agit d’échange et non pas de contrôle. S’ouvrir aux Forces, ne veut pas dire en prendre le contrôle et cela ne veut pas non plus dire leur laisser le contrôle. S’ouvrir c’est écouter le monde, écouter les conseils qu’il a à nous donner, accepter son aide, mais en aucun cas ce n’est le laisser tout faire à votre place. Vous comprenez mieux ?

Non, il se rendit compte qu'il n'avait rien comprit.

Se plaçant au centre de son perchoir, le garçon ferma les yeux, sentit ses sens se fermer à tout autour sauf au vent, l'entendit, le sentit, leva la menton alors qu'il avait l'impression de sentir de légers doigts d'air lui lever la tête comme pour mieux l'étudier du haut du ciel.

Il glissait sur le bois sans pour autant bouger, le vent le repoussait lentement malgré tout et bientôt il fut au rebord du panneau de bois, un homme dans les cordages cria, si le garçon tombait ainsi, son menton heurterait le bois et il se briserait la nuque malgré cette corde, mais ce gamin trop sûr de lui ne bougea pas, ne cilla pas, comme s'il ne l'entendait pas. La femme aux cheveux bleus ne fit rien non plus et le matelot s'élança pour tenter de sauver une vie, grimpant à toute vitesse...

Mais il savait qu'il n'arriverait jamais attend et ainsi il regarda l'homme qui... Mais que faisait-il, à lever les bras et une jambe comme ça..?! Il était complètement inconscient!

Narek, sur son perchoir, tendis sa main à niveau comme s'il la déposait sur l'épaule d'une femme pour valser, l'autre sur la hanche de sa partenaire invisible, les yeux toujours fermez...

Le vent était une partenaire capricieuse qui voulait toujours guider la danse alors qu'il fallait être un tout pour une valse. Il leva le pied et, au moment où il aurait dut passer par dessus bord, se mit à danser, évitant les rebords tout en maintenant sa partenaire dans la dite danse. Puis, quand il sentit le vent quitter ses bras dans une colère courroucée, vexée de ne pas réussir à le guider complètement, il baissa les bras, continuant néanmoins de danser, de façon différente, pour éviter les coups et les caprices de celle qui poussait le bateau.

La danse était parfois douce, puis raide et rapide... Il dansa ainsi sans savoir combien de temps ça dura, sans interruption, perfectionnant sa technique. Puis, comme si elle l'acceptait enfin comme il était, comme s'il avait enfin trouvé une harmonie certaine, il sentit la valse recommencer, reposa sa main sur l'épaule, l'autre sur la hanche de sa partenaire, qui lui semblait soudain plus tangible.

Ouverture et acceptante des forces du monde, ça rendait tout plus tangible cela dit. L'air lui semblait plus pur, plus doux. Finissant sa danse, il s'écarta puis fit sa révérence finale avant d'enfin ouvrir les yeux, un grand sourire sur le visage, il s'était retourner vers Syndrell pour la révérence sans même s'en rendre compte et le noir happa l'or dans un lien de malice et de complicité pendant que ceux qui avaient vus tout ça restaient sans voix à ne pas y croire...

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Lun 29 Aoû 2016, 16:31

Du haut de son mât, Narek s'élançait, tombait, recommençait, tombait encore. Et apprenait. Chaque fois qu'il remontait sur la plateforme, c'était avec une idée nouvelle, une position différente, un geste inédit, son imagination rivalisant sans cesse avec les facéties du vent.

Immobile, Syndrell suivait attentivement les essais de son élève. Elle savait qu'il allait finir par mettre le doigt sur ce qui lui manquait encore et, rien que pour vivre cet instant, elle refusait de se laisser aller à la contemplation du paysage, époustouflant depuis la vigie. Le vent était joueur. Inlassablement, il précipitait Narek dans le vide.

Soudain, la marchombre se redressa légèrement. Elle venait de percevoir un changement tellement infime qu'il paraissait incertain. Elle était certaine de ne pas se tromper pourtant. Après s'être hissé pour la trente-huitième fois sur la planche de bois, Narek s'était redressé lentement. Pour s'approcher si près du bord qu'un matelot, en bas, ne put empêcher un cri d'inquiétude. Persuadé que ce jeune homme inconscient allait tomber et se briser la nuque, il bondit sur les cordages et se mit à grimper à toute vitesse.

Syndrell, elle, ne bougea pas.
Elle savait très bien ce que risquait Narek s'il échouait cette fois.
Elle savait aussi qu'il n'échouerait pas.

Parce qu'il avait compris.




*



Les marchombres entretenaient avec la nature et ses éléments un rapport très personnel, mais il n'y avait que Narek pour envisager de danser la valse avec le vent. Une valse... L'idée était complètement folle et pourtant, c'était exactement cela : une main en l'air, l'autre à hauteur de sa hanche, le jeune homme avait trouvé en la brise marine une cavalière idéale et depuis quelques minutes, c'était lui qui menait la danse.

Son pas était léger, ses gestes relativement doux, presque tendres, et Syndrell haussa un sourcil. Le vent avait de la chance, se dit-elle avant de s'asséner une claque mentale : depuis quand considérait-elle que danser avec Narek était une chance ? Perplexe, elle secoua la tête et décida de redescendre. Elle avait froid et la leçon était terminée.

Elle se déplaça sur la plateforme et contourna Narek. Les yeux clos, celui-ci pivota alors et, sans savoir comment, Syndrell se retrouva à la place du vent dans ses bras. Il la tenait très légèrement, effleurant son épaule et sa taille du bout de ses doigts seulement, et elle douta un bref instant qu'il se soit rendu compte de sa méprise.

Jusqu'à ce qu'il s'incline pour la saluer. La marchombre ne s'attendait pas à ce qu'en se redressant il accroche son regard, et ce fut un échange particulièrement intense, même si elle ne savait pas quelle conclusion en tirer. Décidant que Narek était encore sous le charme de sa danse avec le vent, elle secoua la tête en souriant.

- Ouverture, équilibre et... danse. Une très jolie association qui fait partie de toi maintenant. Alors recommence et cette fois...

Elle tira un poignard de sa manche et trancha la corde qui retenait Narek au mât.

- ... pas besoin d'être assuré !

L'arme virevolta entre ses doigts avant de disparaître aussi rapidement qu'il était apparu. Sans attendre, Syndrell attrapa un bout et se jeta dans le vide.
Troublée.



*


Qi-Lan, effrayé, regardait les deux jeunes gens se balancer comme s'ils n'étaient plus que des plumes accrochées dans le grément.

- Mais... que font-ils ? demanda-t-il à Dame Yuna.

Elle laissa filer un joli cercle de fumée avant de lui répondre.


- Ils trébuchent.



*



Les soirées étaient toujours gaies à bord de La Dormeuse, l'équipage étant majoritairement constitué de marins qui, après des années à naviguer ensemble, étaient devenus des amis. Ce soir-là toutefois, l'air était à la fête : tout le monde s'était réuni sur le pont, quelques tables avaient été dressées, la plupart sous la simple forme d'un tonneau sur le couvercle duquel étaient posés des verres bien remplis. Quelqu'un avait installé des petites lanternes dans les cordages et un homme jouait un petit air de flûte.

Quand Syndrell voulut connaître la raison de ce repas convivial, Dame Yuna se contenta de hausser les épaules.

- Pas besoin de raison pour faire la fête sur mon navire.
- Mais si on devait en choisir une, je dirais qu'on célèbre la fin de l'été à notre manière !
sourit Uhlan en servant un verre à la jeune femme.

Il trinqua avec elle.


- A l'été qui s'achève !
- A La Dormeuse !
- A l'aventure !
- Aux femmes !
s'exclama un marin en décochant à Narek un clin d'oeil entendu.
- A la vie !

Syndrell trempa ses lèvres dans le rhum ambré et ferma les yeux tandis que le liquide, véritable langue de feu, caressait son œsophage.

- Costaud, pas vrai ? Est-ce que ça ira ?

Elle rouvrit les paupières et lança un regard amusé à Uhlan.
Avant de voir trois longues gorgées sous les rires de l'équipage.

Plus tard, alors que la nuit était déjà bien entamée et certains hommes déjà couchés, Syndrell acheva une partie de dames avec Qi-Lan et s'étira comme un chat. Elle songea fugacement que Narek n'allait sans doute pas tarder à piquer sa flûte à l'homme qui en jouait.

- Par Merwyn, je crois que j'ai un peu trop bu, avoua le guérisseur en essuyant son front emperlé de sueur.
- Va t'allonger, conseilla Syndrell dans un sourire. Et laisse ton hublot ouvert.
- Pour la chaleur ?
- Pour que tu saches où viser si jamais ton estomac fait des nœuds...


Légèrement verdâtre, Qi-Lan se leva, salua rapidement ceux qui s'attardaient encore et disparut sans demander son reste. Toujours assise en tailleur, Syndrell sortit un poignard et, machinalement, commença à jongler avec. L'un des marins encore présent la regarda faire un petit moment avant de frapper dans ses mains.

- Les gars, des volontaires pour un petit lancer ? Personne n'a encore battu Wog, que je sache !

Quelques rires fusèrent, quelques grommellements également ; en quelques mots, on expliqua à Syndrell et Narek que Wog, un homme qui frôlait la quarantaine en dépit de son visage d'enfant, était un maître dans l'art du lancer. Celui-ci exécuta une petite pirouette, fier de lui, et se planta devant la marchombre, tout sourire. Elle leva les yeux vers lui, devinant déjà sa proposition, et...

- Une partie, ça vous tente ?

… déclina sans la moindre hésitation.

- Désolée, je ne suis pas assez habile pour défier le « Grand Maître des Couteaux », répondit-elle.

Il baissa la tête, déçu, mais un sourire dansa sur ses lèvres tandis que le poignard disparaissait dans sa manche.

- En revanche, Narek sera ravi de relever le défi.

Son regard accompagna ses paroles et croisa celui de l'interpelé. A sa surprise et son hésitation, elle répondit d'un haussement de sourcil.

« Au boulot, jeune apprenti !"



[Je te propose de laisser Wog enseigner deux ou trois astuces à Narek (je parle de technique de lancer, pas de drague...xD)]

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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Lun 29 Aoû 2016, 19:54

Wog respira un grand coup, il n'avait jamais tenter ce genre de chose, mais le gamin avait insisté et la fille bleue, Syndrell, lui avait fait un signe de tête indiquant qu'elle était plus que d'accord avec l'idée.

Se concentrant autant que possible, l'homme lança son couteau qui tourna dans les airs...

Droit vers le dos de Narek qui chantonnait doucement sans sembler se douter de quoi que ce soit.


~~~

Tchac, en plein centre... Encore. Cet homme était impressionnant, Wog n'avait rater sa cible qu'une fois, au lancer d'ajustement du début. Narek, lui, avait raté sa cible plusieurs fois, non habitué aux couteaux utilisés ni à la technique. Le lanceur avait bien tenter de lui apprendre, mais au bout d'un moment les gens se désintéressèrent et, bientôt, Narek fut le seul encore à lancer les lames pour tenter, ce couteau n'en faisait qu'à sa tête, c'était affreux, impossi--

Qu'à sa tête...

Le garçon se frappa le front de la main en réalisant à quel point il avait été idiot... Puis parti se coucher comme tout les autres, il avait l'intention d'être le premier debout...


~~~

T'as bien compris les règles? Parfait!

Narek, devant les regards inquiets de tous, passa la cible en bois attacher à une corde dans son dos puis se retourna pour siffloter et chantonner un petit air.

Wog respira un grand coup, il n'avait jamais tenter ce genre de chose, mais le gamin avait insisté et la fille bleue, Syndrell, lui avait fait un signe de tête indiquant qu'elle était plus que d'accord avec l'idée.

Se concentrant autant que possible, l'homme lança son couteau qui tourna dans les airs, droit vers le dos de Narek qui chantonnait doucement sans sembler se douter de quoi que ce soit. À la dernière minute, celui-ci rouvrit les yeux en se retournant, attrapa la lame en plein vol puis la lança dans le même mouvement, la plantant dans la mat derrière Wog.

L'homme, sans voix, se demanda un moment comme c'était possible, le barde, lui, était tout sourire.

Il avait comprit la leçon. Il ne suffisait pas de danser avec le vent et de s'ouvrir à la nature... Il fallait devenir ouverture, en permanence, s'ouvrir au couteau, au vent, au sol, à la cible... Cela dit, il ne retenterait pas le coup une autre fois parce que, ce qu'il ne montrait pas, c'était qu'il avait attraper le couteau par la lame... Et du coup sa main saignait.

Serrant le poing pour que les gens ne s’inquiètent pas, il se contenta de se diriger vers ses affaires et de se bander les deux mains pour donner l'impression de gants improviser puis de prépara à retourner sur le pont...

Se retrouva devant une loutre bleue accoudé dans le cadre de la porte qui n'avait pas l'air tout à fait contente du risque énorme qu'il avait prit sans maîtriser le tout avant... Celle là, il risquait de la sentir passer, se dit-il en grimaçant intérieurement.


Un autre exercice, maître..?

Le regard qu'elle lui envoya lui fit savoir qu'il ne s'en sortirait pas simplement en utilisant son titre comme ça... Et qu'il devait avoir fait une énorme bourde sans s'en rendre compte... Et c'était bien là le problème, il ne comprenait pas vraiment ce qu'il avait fait de mal, donc ne pouvait pas vraiment implorer le pardon...

Encore que même s'il le savait, se dit-il, il n'aurait probablement pas implorer le pardon...

Juste demander gentiment...

Très, très gentiment.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Sam 03 Sep 2016, 16:45

Syndrell posa la main sur la poignée de la porte et inspira un grand coup. Cela ne fit qu'augmenter d'un cran la tension nichée entre ses épaules et surtout, la colère qui, véritable serpent de feu, mordait dans son ventre. Elle poussa le battant, s'arrêta sur le seuil en découvrant Narek – il lui tournait le dos. Il ne l'avait pas entendue entrer. Elle décida d'attendre qu'il se retourne ; bras croisés, elle s'appuya contre l'encadrement de la porte et rumina ses pensées.

Furieuse.




*



Wog prit son rôle de modèle tant bien que mal, avec cette maladresse qu'ont les gens lorsque la lourde responsabilité d'enseigner pèse pour la première fois sur les épaules. Syndrell sourit en le voyant hésiter et ôter son bandeau pour fourrager dans ses cheveux, mal à l'aise – mais ravi que sontalent serve à quelque chose.

La marchombre accepta avec bonheur la tisane que Dame Yuna avait eu la gentillesse de lui préparer – elle marmonna qu'elle s'en était fait pour elle et que, quand il y en a pour un, il y en a pour deux – et s'installa plus confortablement pour observer Wog et Narek. Elle ne s'était pas déchargée de son rôle en laissant le marin prendre le relais ce soir-là. Au contraire, c'était une leçon de plus pour Narek, qui devait apprendre à profiter du savoir de chacun, et non pas seulement celui de son maître.

En outre, cela lui permit d'observer davantage son apprenti – ce qu'elle fit en s'efforçant de ne pas s'attacher uniquement à la manière dont ses yeux sombres scintillaient à la lumière des lampes, ni à la fine musculature qui commençait à se voir sous les vêtements du jeune homme. Elle se concentra plutôt sur sa manière d'écouter les conseils de Wog et de reproduire les gestes de ce dernier.

Cela lui permit de remarquer son impatience mêlée de frustration. D'ordinaire naturellement chanceux et doué, Narek eut bien du mal à effectuer un lancer correct et il s'agaça rapidement. A deux reprises, Syndrell faillit intervenir pour lui proposer de voir les choses sous un autre angle – avant de se raviser. Cela aussi, Narek devait l'apprendre : il est parfois des obstacles auxquels il faut se heurter longtemps avant de trouver le meilleur moyen de le contourner.

Lorsque Wog ramassa son couteau pour le glisser à sa ceinture, achevant cette première leçon, Narek partit se coucher sans montrer davantage de curiosité ou d'énervement. Syndrell avait pourtant vu briller une drôle de lueur dans ses yeux, et elle rejoignit sa cabine en se demandant ce qu'il pouvait bien avoir inventé.

Elle ne fut pas déçue.
Ou plutôt si, mais il lui fallut plusieurs longues minutes avant de réaliser son erreur. Le matin frémissait encore alors que La Dormeuse fendait les eaux tranquilles du Pollimage. Narek était arrivé le premier sur le pont, suivi de près par Syndrell et d'une bonne partie de l'équipage. Qi-Lan venait tout juste de les rejoindre, les yeux encore gonflés de sommeil, lorsque l'apprenti marchombre invectiva Wog d'un ton qui intrigua Syndrell :


- T'as bien compris les règles ? Parfait !

Parfait ? Syndrell plissa les yeux. Elle s'appuya au bastingage et croisa les bras, tête penchée sur le côté, décidée à ne pas perdre une miette de la scène qui allait se dérouler. Elle regarda Narek déployer une cible fabriquée sommairement avec les moyens du bord. Elle hocha la tête, approuvant la ténacité de son élève qui ne semblait pas être resté sur un échec, mais se figea en le voyant attacher la cible dans son dos.

« A quoi tu joues, là ? », se demanda-t-elle aussitôt.

Le regard vaguement inquiet de Wog croisa le sien. Après une seconde d'hésitation, Syndrell donna son accord d'un infime mouvement de la tête avant de hausser les épaules. Elle voyait venir la suite et n'avait pas envie d'intervenir.
Pas maintenant.

Le couteau bien ajusté de Wog fusa vers Narek et ceux qui s'étaient rapprochés pour assister à l'exercice retinrent leur souffle – y compris Qi-Lan. Mais le garçon réagit plus vite que son allure décontractée le laisser penser. Il pivota, saisit le poignard juste à temps et le renvoya aussitôt. Syndrell ne prit pas la peine de regarder où le couteau s'était planté ; la réaction stupéfaite de Wog était évidente. En revanche, elle ne quitta pas Narek des yeux et sentit une pointe de colère l'effleurer en le voyant sourire à pleines dents.

Il était ravi ?
Tant mieux pour lui.

Elle le laissa partir se cacher – non pas par grandeur d'âme, mais pour prendre le temps de se calmer. Cette brusque montée de colère ne lui ressemblait pas. Elle avait toutes les raisons d'aller démolir son apprenti, toutefois ce n'était pas l'idée qu'elle se faisait de son propre enseignement, aussi s'obligea-t-elle à faire quelques pas et à souffler.

Lorsqu'elle s'estima prête à affronter Narek, Syndrell descendit à son tour, laissant l'équipage s'affairer sur le pont et dans les voiles. Elle réfléchissait à toute allure et prit son temps pour rejoindre la chambre de l'idiot qui se trouvait être églement son élève. Plantée devant celle-ci, elle réfléchit encore, mais plus elle attendait, plus son calme s'effritait. Il fallait qu'elle agisse...

Maintenant.

Syndrell posa la main sur la poignée de la porte et inspira un grand coup. Cela ne fit qu'augmenter d'un cran la tension nichée entre ses épaules et surtout, la colère qui, véritable serpent de feu, mordait dans son ventre. Elle poussa le battant, s'arrêta sur le seuil en découvrant Narek – il lui tournait le dos. Il ne l'avait pas entendue entrer. Elle décida d'attendre qu'il se retourne ; bras croisés, elle s'appuya contre l'encadrement de la porte et rumina ses pensées.

Furieuse.

Il finit par pivoter et sursauta en la découvrant, mais il se reprit avec la vivacité qui le caractérisait si bien et lui décocha un sourire bien trop lumineux pour les circonstances.

- Un autre exercice, maître.. ?
- Tais-toi.


L'ordre avait claqué, net et sans appel. Fuglurant de reproche et de colère contenue. Syndrell décolla son épaule de la porte et traversa la petite pièce pour se planter devant Narek. Il la dominait de sa hauteur et elle devait se démancher le cou pour le fusiller du regard, mais cela ne la rendait pas moins intimidante ; Syndrell se mettait très, très rarement en colère. Lorsque c'était le cas, nul ne bronchait.

Narek ne broncha pas.


- Tais-toi et écoute-moi bien, Narek Liam, parce que je ne le répéterai pas deux fois. Tu es un idiot. Tu crois avoir réalisé une prouesse ? C'était une bêtise, rien d'autre. Et c'était indigne du marchombre que tu prétends être.

Chacune de ses paroles était une flèche ajustée à la perfection. Elle se fichait pas mal qu'elles le blesse. Au contraire, cela prouverait qu'il n'était peut-être pas si idiot que ça. Luttant pour dominer la fureur qui bouillonait en elle, la jeune femme planta son doigt dans le torse de son élève.

- Le lancer de couteau n'est pas un jeu, encore moins une manière de se donner en spectacle. Tu es un marchombre, pas un jongleur qui anime une foire. Cet exercice demande de la réflexion et surtout, de l'entraînement. Ce n'est qu'au prix d'heures passées à lancer jusqu'à t'en faire mal que tu parviendras peut-être à approcher le style et le talent de Wog. Pas en lui demandant de te tirer dessus ! Tu as eu de la chance. Se faire transpercer la main aurait nui à ta formation. Te faire tuer inutilement m'aurait prodigieusement agacée.

Et bien davantage, mais ce n'était pas le moment de le reconnaître.
Passer un savon, cela se faisait dans les règles.

- Comprendre n'est pas réagir mais ne faire qu'un. Ton corps, le couteau, une seule arme. Un seul lancer, propre et franc. Tu n'es pas là pour attaquer le premier ni pour répliquer sur le même ton. Tu es là pour apprendre et faire des erreurs.

Elle soupira en réalisant que c'était justement ce qu'il venait de faire : une erreur. En tirant plus que nécessaire sur la corde de la confiance et en prenant des risques inutiles. Sans les réflexes dont il était naturellement doté, cette histoire aurait pu très mal tourner... Cette pensée raviva sa colère. L'or flamboya.

- Tu as mis Wog dans une posture délicate. Va t'excuser puis accomplis les tâches qu'Uhlan ne manquera pas de te demander.

Elle ne lui demanda pas de le retrouver pour une prochaine leçon. Le plantant là avec de quoi gamberger toute la journée, elle tourna les talons et alla s'enfermer dans sa cabine. Elle n'y resta pas toute la journée ; une fois calmée, Syndrell retrouva l'air vif sur le pont. Elle ne croisa pas Narek mais discuta avec Qi-Lan et Uhlan, puis aida un vieux loup de mer à travailler quelques cordages.

Elle ne chôma pas et toute cette agitation fut la bienvenue, mais cela ne l'empêcha pas de réfléchir à cette histoire. Sans doute s'était-elle montrée un peu trop vive, reconut-elle alors que le jour déclinait doucement. Elle se demandait également si elle avait bien fait de laisser son élève entre les mains de Wog. Puis elle fronça les sourcils ; non, ce n'était pas cela. Le marin était un bon professeur et elle comptait bien lui demander de reprendre ce rôle dès la tombée de la nuit.

En creusant un peu, toutefois, Syndrell prit conscience de la réalité des choses : elle venait à peine de retrouver sa voix et ses moyens. Parler lui demandait encore un certain effort qui la laissait épuisée le soir venue. Ses nuits étaient toujours émaillées de mauvais rêves. Elle n'avait pas encore pris de poids et le traumatisme était encore frais dans sa mémoire. Elle ne s'était pas encore complètement remise, chose qu'elle avait tendance à oublier en présence de Narek.

Et elle était indécise quant à ce qu'elle ressentait pour ce dernier. Impossible de nier que les petites nuances vermeilles de son regard la laissait toute chose et que cette danse, en haut du mât, l'avait remuée. Impossible aussi de s'y laisser prendre ; elle n'était pas en état de vivre quelque chose de ce genre et ce n'était pas son rôle. Elle était le maître avant d'être l'amie de Narek.

N'empêche, cela la travaillait. Pensive, elle laissa Wog allumer les lampes et se mit en quête de son apprenti. Elle le trouva accoudé au bastingag, le regard perdu sur l'horizon, et prit place à sa gauche. Le silence les enveloppa un long moment, doux et marin, avant que la marchombre n'ose le rompre dans un murmure :


- Je veux que tu recommences l'exercice du couteau. Mais cette fois-ci, je veux que tu oublies ce que tu sais – ou penses savoir. Ne fais qu'un avec la lame, le manche, l'équilibre du poignard et sa trajectoire. Accompagne son voyage jusqu'au bout.

Avant qu'il s'exécute, elle attrapa sa main blessée et ôta le bandage usé.

- S'ouvrir et non souffrir, déclara-t-elle en entourant sa paume et ses doigts d'un tissu qui, à en juger par la couleur, venait de sa propre tunique. La confusion est facile, je te l'accorde. Montre-moi que tu peux éviter ce piège grossier.

Elle serra brièvement ses doigts entre les siens puis le lâcha et recula d'un pas tandis que Wog s'approchait, incertain.

- Il est à toi, lui dit-elle. Et c'est toi qui définis les modalités de l'exercice.
- D'accord. Prêt ?
lança Wog en se tournant vers Narek.

Il entraîna le garçon face au mât sur lequel ils s'étaient entraînés la veille et lui tendit un couteau. Avec patience – lui aussi avait réfléchi à la manière de mieux transmettre ses conseils – il corrigea sa position et accompagna le mouvement de son bras pour lui en apprendre toute la complexité.


- A toi de jouer, dit-il finalement.

Il recula pour se placer près de Syndrell et tous deux observèrent l'apprenti. Il fronçait les sourcils, attentif. Elle souriait.

Confiante.


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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Sam 03 Sep 2016, 21:21

Je veux que tu recommences l'exercice du couteau. Mais cette fois-ci, je veux que tu oublies ce que tu sais – ou penses savoir. Ne fais qu'un avec la lame, le manche, l'équilibre du poignard et sa trajectoire. Accompagne son voyage jusqu'au bout.

Ces phrases tournèrent dans l'esprit du jeune homme qui ne répondit pas, ne signala même pas qu'il avait entendu, ni à Syndrell ni à Wog, puis il se dirigea, prit la position indiquée par l'homme et suivit ses conseils...

Mais il n'était pas vraiment présent, pas vraiment là...

Ce n'était qu'une poupée en forme de Narek qui suivait des instructions.


Ticking like a time bomb, drinking till the nights gone...

Well get you hands off of this glass, last call my ass.

Well no chain, no lock, and this train won't stop.

We got no fear, no doubt, all in balls out...

La marchombre le gronda, il n'y avait pas vraiment d'autres mots. Seulement, sans qu'elle ne le sache, et avant même de déposer le doigt sur son torse, elle l'avait déjà foutu en morceaux.

Le marchombre qu'il prétendait être. Voilà. Il aurait voulu que Zoanne soit là pour entendre ça. C'était ça le problème, il prétendait l'être, ne l'était pas. C'était un rôle qu'il tentait de jouer sans grands succès et qu'il n'était probablement pas fait pour jouer, voilà tout. C'était joli tout ces cours sur l'ouverture et blahblahblah et la liberté et blah... Mais voilà, il avait clamé sa liberté une fois avant et celle-ci lui avait tout pris jusqu'à le laisser au fond d'un trou sans fond. Il en avait ressortit seulement après un très long moment et depuis qu'il avait commencer sa formation de marchombre, c'était claque par dessus claque, le monde entier semblait lui dire qu'il n'était pas fait pour ça et pourtant personne ne voulait l'entendre.

Pendant un moment, un long moment, il resta dans sa cabine sans bouger pour résonner à ce qu'il devrait faire.

Un moment il repensa à Lyra et se dit qu'il aurait put se jeter à l'eau avec une roche au pied, mais quelqu'un lui aurait ruiner la mort de toute façon alors... Et puis ce n'était pas vraiment une ''bonne'' option.

Ensuite il se dit qu'il pourrait tout foutre là, nager jusqu'à la rive et ensuite... Et ensuite quoi? Retourner à Al-Chen pour diriger le Zoanne? Faire hommage à cette femme en refusant de suivre son conseil de continuer cette voie..?

Prenant son couteau derrière la porte, là où il l'avait lancer à répétitions pour se pratiquer la veille, il le passa à sa ceinture au cas où il en aurait besoin puis sortit pour s'excuser envers Wog, qui fut légèrement perturbé par l'air... Perdu... Du jeune homme puis se diriger vers Uhlan, qui lui donna des tâches qu'il accomplit, mais avec beaucoup moins d’entrain, puis il s'accouda pour regarder l'horizon quand il n'eut plus de tâches plutôt que de voir s'il pouvait aider les autres comme les jours précédents. Dame Yuna était sur le point de se diriger vers lui quand Syndrell prit place à ses côtés.


Je veux que tu recommences l'exercice du couteau. Mais cette fois-ci, je veux que tu oublies ce que tu sais – ou penses savoir. Ne fais qu'un avec la lame, le manche, l'équilibre du poignard et sa trajectoire. Accompagne son voyage jusqu'au bout.

Ces phrases tournèrent dans l'esprit du jeune homme qui ne répondit pas, ne signala même pas qu'il avait entendu, ni à Syndrell ni à Wog, puis il se dirigea, prit la position indiquée par l'homme et suivit ses conseils...

Mais il n'était pas vraiment présent, pas vraiment là...

Ce n'était qu'une poupée en forme de Narek qui suivait des instructions.

Uhlan se dirigea à ce moment vers Syndrell pour lui transmettre des questions sur l'état du jeune homme, qui avait sembler carrément malade pendant toute la journée.

Le garçon, lui, ruminait ses pensées pendant qu'il pratiquait son lancer en suivant les instructions mais avec très peu d'entrain, la lame se plantant à peine dans le bois à chaque fois tellement il n'y mettait pas de force.


Le marchombre que tu prétends être

Je ne doute pas de toi, en ce qui me concerne. Celui qui te prendra sous son aile aura de la chance.

Debout, jeune homme. Lève-toi et profite un peu de cette belle journée ! Après tout, rien n'est plus sûr que la mort, et rien n'est moins sûr que son heure...

Tu sais quoi, Narek ? Le merveilleux est dans l'instant. Il ne faut pas gâcher ton temps à trop penser. Vis ! Laisse les réflexions amères aux quatrième âge.

Si tu me dis qu'en amour aussi, tu es plein de doutes, je t'assomme sur le champ – et je récupère tes gains !

Mords dans la vie et dans les notes à pleine dents, Narek, car un jour tu comprendras, et ce jour là...

Et ce jour là quoi bon sang, qu'est-ce que les gens attendent de moi, je n'ais pas encore assez donné..?

Cette soirée est mémorable...

Laissez moi tranquille, je ne veux plus souffrir, je ne veux plus chercher...


Le marchombre que tu prétends être.

Je suis un élève bon sang, évidemment que je ne suis pas un marchombre! Je ne suis même pas si bon élève que ça, et alors, je dois faire quoi, abandonner!?


Cette soirée est mémorable...

Laissez moi tranquille, arrêtez... J'ai essayer, je ne peux plus...


Que tu prétends être.

J'AI TOUT DONNER BON SANG ET C'ÉTAIT PAS ASSEZ!


Soirée mémorable...

VOUS VOULEZ QUE JE M'Y TUE, À CET ENTRAINEMENT OU QUOI!?


Tu prétends être marchombre.

TOUT CE QUE JE VOULAIS C'ÉTAIT UN PEU DE PAIX ET LA LIBERTÉ!





Erwan? Narek? Merci...

STOP!

Faith is like a fire that never burns to embers
Who's gonna stand up, who's gonna fight?
The voice of the unheard
Who's gonna break these chains and lies?
Love is the answer..
I gotta speak it, believe it, that's how I feel inside,
I...

I can't...

Can't sit here quiet

STOP!

Le cris du jeune homme contre ses voix intérieures coupa l'air comme la plus affilé des lames alors que le couteau, dans sa main, s'élançait avec une force insoupçonné vu ses tirs précédents, se plantant dans la cible jusqu'à la garde, puis il quitta tout bonnement le pont sans demander son reste, laissant tout les membres d'équipages avec le souffle coupé.

Aussitôt sa petite cabine atteinte, il poussa un meuble en travers de la porte pour en interdire l'accès avant qu'il ne le décide puis s'assit sur son lit la tête entre les mains, le souffle saccadé, la tempête sous le crâne et l'envie de foutre le bordel sur ce satané rafiot dans le coeur.

Il était perdu, l'avait toujours été, ne pouvait plus continuer comme ça, à prétendre, devait trouver une solution, il ne pouvait pas rester ici, il devait trouver une solution, devait faire quelque chose, il avait besoin d'une direction, de musique peut-être. oui, c'est ça, il était barde, il devait sortir, partir, faire quelque chose.


I gotta speak it,
Believe it,
That's how I feel inside...

I can't..

I can't sit here crying...

C'était si simple, il n'avait qu'à sortir par la fenêtre, le hublot, peut-importe, tout laisser là, ne pas regarder en arrière. Il ne savait plus combien de temps s'était passé, le bateau ne bougeait plus, il entendait des vois derrière la porte depuis un moment, puis des bruits forts, le meuble bougeait tout seul, bientôt ils seraient là, à l'intérieur, il ne pouvait plus s'échapper, le bateau s'était arrêter, il avait trop attendu, ils étaient à un port, s'il se sauvait on le poursuivrait, il ne pouvait plus continuer dans le doute n'avait plus d’échappatoire, il était prisonnier de sa liberté, comme ça, il ne pourrait jamais savoir s'il était fait pour cette voie ou non, s'il la quittait comme s'il y restait, comment savoir, c'était impossible, non, il ne lui restait qu'une solution, qu'une porte de sortie, ahah, c'était ça, une porte de sortie, c'était ce qu'il lui fallait.

Feel like the world don't love you,
They only want to push you away...

Some days people don't see you,
You feel like you're in the way.

Today you feel, as if everyone hates,
Pointing their fingers, looking at your mistakes.

You do good, they want great,
No matter what you give they still want to take,
Give your love and they throw it back,
You give your heart they go on attack,

When there's nothing left for you,

Only thing that you can do...

Uhlan et Wog frappèrent un coup de plus et entendirent et sentirent enfin le meuble tombé, poussèrent la porte ouverte de toute leurs forces, ils avaient à peine ouverts que déjà Syndrell s'y était infiltré dès qu'elle avait eu l'espace, ils pensaient qu'elle déplacerait la commode, mais ils l'entendirent marcher rapidement et un bruit sec comme quand quelqu'un se laisse tomber par terre. Ouvrant le reste de la porte, Ils blêmirent en appelant le guérisseur présent sur le navire, Uhlan courant même pour aller le chercher.

Dans la chambre où le rouge et le noir se mélangeait, Wog ne put s'empêcher de se demander comment c'était possible. Sur le sol, la fille aux cheveux bleus nouait rapidement les draps blancs autour des poignets de celui qui avait embarqué avec elle... Ce soir là, c'était sur le plancher poisseux de sang et non dans les yeux pétillants de vie que le rouge se mêlait au noir.

Il n'appelait pas le guérisseur comme avant, à quoi bon, au mieux il lui sauverait la vie pour un moment mais avec tout ce sang, il faudrait une confrérie ou au moins un rêveur pour sauver ce pauvre gamin pour de bon.

Le spectacle du corps qui respirait à peine dans les bras de la jeune femme, le soulevant du sang dans lequel il avait été à son entrée, était troublant...

Surtout que le garçon souriait...


When there's nothing left for you,
Only thing that you can do...

HRP:
 

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Dim 04 Sep 2016, 20:08

Syndrell avait connu la douleur, la vraie – celle qui laisse des marques toute la vie. Elle aurait dû être préparée à ce genre de choc, violent et ignoble. Elle aurait dû mais...
Ce soir, son cœur était en miettes et son âme en lambeaux.
Et ça faisait mal.

Assise par terre, le dos appuyé contre le battant hermétiquement clos, la jeune femme ne percevait rien de ce qui se jouait derrière la porte. Elle entendant en revanche les battements frénétiques de son cœur. En guettant chaque pulsation de celui de Narek, elle avait tremblé.
Elle tremblait encore.

N'arrivait pas à se sortir ces satanées images de la tête.
Comme si elle n'en avait déjà pas assez...
Comme si son lot de souffrance n'était pas terminé.
Elle bascula sa tête en arrière et ferma les yeux.

Triste.




*



Confiante.

Syndrell ne doutait pas un seul instant que Narek allait réussir, ce soir : les erreurs servaient à apprendre et Narek avait forcément appris des siennes. Souriante, elle le regarda prendre place auprès de Wog et écouter attentivement les conseils de ce dernier. Très attentivement.
Trop attentivement.

Minute après minute, le sourire de Syndrell s'effaça. Ses sourcils se froncèrent. Où était passée la verve habituelle de Narek ? D'un naturel plus frondeur que Darwen, le jeune homme aurait déjà dû plaisanter une demi-douzaine de fois, mais... Il se contentait d'écouter et de reproduire. Il n'essayait pas, il mimait. Il n'écoutait pas, il rêvassait.

Syndrell hésita. Passer derrière lui et attirer son attention d'une tape sur l'arrière du crâne ? C'était sa meilleure option et elle s'apprêtait à la mettre en pratique lorsqu'Uhlan s'approcha d'elle, soucieux.

- Qu'est-ce qu'il a ?
- A toi de me le dire...
- Il a effectué toutes les corvées sans broncher. Normalement il faut que je lui colle quelques beignes, même s'il les évite presque toutes, pour qu'il se mette au travail. J'ai l'impression que quelque chose ne va pas.
- Explique-toi.
- Regarde-le. On dirait un automate. Tu sais quoi ? Je crois que je le préférais encore avec sa cible sur le dos. C'était complètement dingue, mais ça lui ressemblait un peu plus que ce comportement !


Le marin s'éloigna, laissant une Syndrell songeuse. Uhlan n'avait pas tort, voilà près de vingt minutes qu'elle sentait comme une... une dissonnance dans l'attitude de son élève. Elle se mordit la lèvre, troublée : était-ce ses remontrances qui lui occupaient l'esprit au point de le rendre si distrait ? Lui en voulait-il de s'être emportée dans sa cabine ?

La marchombre se passa une main dans les cheveux. Elle était nerveuse ces derniers temps et elle savait très bien que les stigmate encore flagrantes de son traumatisme n'étaient pas seules en cause. Plissant les yeux, elle étudia un instant le profil de Narek, ses pommettes hautes, la ligne de son nez, la courbe de ses lèvres... Ils n'avaient pas abordé la question de leur... de ce qu'il s'était passé la dernière fois qu'ils s'étaient vus à Al-Jeit.

Pour Syndrell, il y avait la formation et il y avait le reste. Deux mondes qui n'avaient pas grand intérêt à se mélanger. Mais c'était son point de vue et soudain, elle réalisa que celui de Narek était peut-être différent. Lui reprochait-il son silence ? Elle ne sourit pas à cette idée, vaguement ironique étant donné qu'elle n'avait retrouvé sa voix que depuis trois jours.


- STOP !

Déchirure.
Syndrell sursauta comme si le poignard venait de se planter dans sa poitrine au lieu du mât et, lorsque Narek la dépassa sans lui accorder un regard, elle resta immobile.
Sidérée.

Tout simplement sidérée.

Certaine à présent que quelque chose n’allait pas, Syndrell pivota, prête à emboîter le pas à son idiot d’apprenti – avant de s’arrêter net. Non. Une nouvelle confrontation n’était pas une bonne solution. Elle était visiblement passée à côté d’un événement majeur, et c’était par cela qu’elle devait plutôt commencer : chercher, trouver, comprendre.

Et apprendre.

Sous les yeux étonnés de l’équipage, elle s’assit en tailleur et ferma les yeux. Les mains sur les genoux, elle se concentra sur son souffle. Elle laissa le calme l’envahir et, lorsqu’elle fut certaine d’y être parvenue, elle ouvrit son esprit et se mit à réfléchir.

La bêtise commise par Narek la veille n’était peut-être pas si anodine ; elle avait cru à un excès de confiance en soi, chose commune chez les apprentis de sa trempe – doués et téméraires. Et si c’était le contraire ? Si Narek, par manque de confiance, avait cherché à lui prouver quelque chose ? Non. Il lui avait prouvé qu’il était idiot mais ça, elle le savait déjà. Elle faisait fausse route.

Sans bouger, elle revint sur ses pas, retrouva son postulat, l’observa sous un autre angle. Ce genre de prouesse risquée n’était pas de celle que l’on fait pour s’attirer une quelconque gloire. C’était plutôt… un test. Une façon de voir… de se voir ? Oui ! Narek n’avait pas agi de la sorte pour lui prouver sa valeur, mais pour se la prouver à lui ! C’était lui qui…

Déchirure.

Soudaine, violente, vermeille.
Bondissant sur ses jambes, Syndrell se rua vers l’escalier qui menait aux cabines. Elle croisa Dame Yuna qui réagit avec sa vivacité coutumière : elle tira une bouffée de sa pipe, sourcils froncés, puis fit signe à Uhlan de suivre la marchombre – ce qu’il fit sans l’ombre d’une hésitation, après avoir appelé Wog à sa suite.

Syndrell était déjà en train de forcer la porte de la cabine de Narek. Elle avait brièvement envisagé de crocheter la serrure avant de deviner que et idiot n’était pas si idiot : il avait bloqué le battant à l’aide d’un meuble. Il fallut la force conjuguée d’Uhlan et de Wog pour défoncer l’obstacle, qu’elle franchit en une seconde à peine.

Déchirure !

A la vue de Narek, allongé par terre sur une mare de sang, Syndrell sentit la panique effleurer la surface de ses forces. Dans son esprit, l’image de Cal s’étouffant dans son propre sang passa – elle la chassa vigoureusement et se jeta à genoux sur le parquet humide.


- Narek ! NAREK !

Immobile, pâle comme un linge, il semblait avoir déjà réalisé son dernier voyage. Furieuse et effrayée, Syndrell le secoua par les épaules.

- Réveille-toi, bon sang !

Elle le gifla puis, n’obtenant aucune réaction, pressa ses doigts contre la gorge du jeune homme et soupira.

- Par la Dame, est-ce qu’il…
- Il est en vie mais son pouls est irrégulier et il faiblit.


Reprenant du poil de la bête dans l’urgence, Syndrell attrapa les draps de Narek et faillit utiliser sa greffe pour les déchirer ; elle en réprima l’envie juste à temps et entama le tissu au poignard avant d’achever de le découper d’un geste vif.

- Allez réveiller Qi-Lan, ordonna-t-elle en enroulant les bandes de fortune autour des poignets massacrés pour les comprimer. Où est Yuna ?
- Ici.


La vieille femme s’accroupit de l’autre côté de Narek et lui banda le poignet. Ses gestes étaient efficaces et précis, mais le regard qu’elle échangea avec Syndrell était différent de celui qu’elle lui connaissait habituellement. Plus triste.

- Il a besoin d’un Rêveur, murmura Syndrell en serrant son élève dans ses bras.
- Uhlan ! fit Dame Yuna sans quitter la jeune femme des yeux. Cap sur Dieme. Wog, va chercher mon oiseau dans ma cabine et envoie un message au bourgmestre de Dieme.
- Que dois-je écrire ?
s’enquit le marin tandis qu’Uhlan filait sur le pont.
- Sois concis : dis simplement que j’ai besoin d’un Rêveur sur le quai d’ici une heure.

Wog s’exécuta avec le même empressement que son chef d’équipage et Dame Yuna reporta son attention sur Narek. Elle passa les doigts dans ses longs cheveux souples et soyeux.

- Il est robuste. Il survivra.

Incapable de savoir si le capitaine cherchait à la réconforter ou si elle était sincère, Syndrell pressa son menton sur le sommet du crâne de Narek et ferma les yeux.



*



Klare BoisRenard déroula son rêve avec la ferme intention de ne pas laisser son patient lui échapper. Elle concentra d’abord son énergie sur le rythme cardiaque, qu’elle raffermit et accompagna un petit moment avant d’estimer qu’elle pouvait le laisser poursuivre seul son œuvre ; alors elle focalisa son attention sur les poignets.

Sous ses doigts minces et délicats, artères et veines se ressoudèrent tandis que les nerfs se liaient à nouveau, ainsi qu’une myriade de vaisseaux sanguins. Puis la peau abimée se referma, laissant une légère boursouflure dans le creux de l’articulation. Klare s’attarda encore un peu. Son patient allait vivre mais sa détresse était si grande qu’elle la percevait dans chacune de ses inspirations.

Avec douceur, elle décontracta sa cage thoracique, puis les muscles de son abdomen et de son dos. Puis elle ouvrit les yeux et contempla un moment le visage pâle et jeune. Elle le trouva beau. Son Ordre ne lui permettait pas de prendre époux ni d’avoir un quelconque rapport charnel avec un homme, mais cela ne l’empêchait pas d’apprécier les traits délicats de celui qu’on avait débarqué en urgence sur le minuscule quai de Dieme…

Elle passa la main sur le font du convalescent et observa un instant le contraste de sa peau noire sur celle, livide, du jeune homme. Puis elle sourit et se pencha en avant, approchant ses lèvres de son oreille.

- Je sais que tu es réveillé. Allons, n’aie pas peur, ouvre tes jolis yeux…

Le rire léger et cristallin de la Rêveuse accompagna ses paroles. Décidant que ce premier regard ne lui était pas réservé, elle se leva et ouvrit la porte. La femme aux cheveux bleus – éblouissant ! – et aux yeux d’or lui faisait face. Elle était secouée et aurait certainement mérité de manger quelque chose, voire même de dormir un peu.

Klare savait toutefois que tout ce dont avait besoin cette jeune personne, c’était de rester seule en compagnie de son ami. Alors elle sourit, dévoilant des dents d’un blanc éclatant, et passa machinalement la main sur son crâne lisse et brillant.

- Il est à vous ! C’est un chanceux. Quelques minutes de plus et il m’aurait été impossible de le ramener.
- Merci…
- Ce n’est rien. Soyez patiente : il va être dans les vapes un petit moment encore. Mais il est capable d’entendre ce que vous lui direz.


La Rêveuse à la peau noire eut un nouveau rire qui réchauffa Syndrell.

- Allez-y ! Je vais vous faire une soupe. Vous en avez besoin.

Incapable d’exprimer sa reconnaissance, Syndrell laissa partir Klare. Elle se promit de parler d’elle à Hièlstan, et tourna la tête vers Narek.

Immobile, le souffle léger, on aurait dit qu’il dormait. C’était sans doute le cas. Syndrell s’approcha du lit à pas de loup, s’arrêta. C’était son élève qui était étendu là. Comment… ? Pourquoi… ? La gorge nouée, elle se rendit compte que ses yeux s’étaient embués et les essuya d’un revers du bras. Elle avait honte, tellement honte… Qu’aurait dit Miss si elle avait su qu’en tant que maître, elle avait échoué ?

Parce que l’échec était là, cuisant, sous les traits pâles de Narek, et Syndrell serra les poings. Elle avait eu tort de se croire à la hauteur. Elle n’aurait jamais dû le prendre sous son aile. C’était bien trop tôt ! Si Zoanne avait su ce qu’il lui était arrivé, jamais elle ne lui aurait confié son protégé. La jeune femme pleurait vraiment, à présent, mais elle était bien incapable de s’arrêter – tout comme elle était incapable de trouver les mots.

Elle savait encore parler.
Elle n’en avait simplement pas l’envie.

Alors, elle grimpa sur le lit et se glissa entre le mur et Narek. Un maître pouvait-il dormir avec son élève ? Syndrell ferma les yeux. Elle n’était plus maître. Avec une infinie délicatesse, elle prit le jeune homme dans ses bras et le serra contre elle, assez doucement pour ne pas l’éveiller, assez fort pour se convaincre qu’il était vivant.


-Ne t’en vas pas, murmura-t-elle. S’il te plait…



*



Plus tard, lorsque Klare entrouvrit doucement la porte, elle découvrit les deux jeunes gens profondément endormis et sourit. C’était le meilleur remède et ils l’avaient trouvé sans son aide… Elle traversa la pièce sans bruit, déposa le plateau sur la table de chevet, déplia une couverture sur qu’elle disposa sur eux, les couva un instant d’un regard tendre et lumineux…

…s’en alla sans demander son reste.
Ils n’avaient plus besoin d’elle.


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Dim 04 Sep 2016, 21:43

Je sais que tu es réveillé. Allons, n’aie pas peur, ouvre tes jolis yeux…

* Ils sont très bien fermés... *

Ne t’en vas pas... S’il te plait…

Frisson léger. Le garçon ouvre les yeux doucement, mal au crâne, mal un peu partout en fait, ah non, c'est pas mal, c'est juste fatigué...

Il lève doucement son bras droit en grimaçant, il lui semble que c'est du plomb, mais il doit regarder, vérifier. Ah, bah oui, il voit encore une légère boursouflure... Un rêveur alors... Non, une rêveuse, il en était persuader...

Et elle avait fait du bon travail, avec un peu de temps et une pommade pour la peau, il ne resterait aucune trace... Mais il n'était pas sûr d'effacer les dites traces, il ne savait pas trop pourquoi.

Il laissa retomber son bras en fixant le plafond... Il avait dut beaucoup saigner, il avait tout le côté gauche comme... Lourd.

Un petit mouvement timide lui fit tourner, très doucement, la tête... Syndrell était là.

Ça expliquait le poids sur son épaule... Et il se demanda un moment quoi en penser, s'il devait la réveiller, s'il devait lui dire qu'ils ne devraient pas s'approcher ainsi pendant les cours...

Il ferma les yeux et se rendormit sans un mot... Et avec un rêve étrange.

Il était sur un navire, beaucoup plus gros. Le capitaine était un homme avec une énorme barbe, lui même en avait une, petite mais égale, bien entretenue. Il se tenait aux côtés du capitaine à l'avant du navire, ensembles, ils regardaient l'horizon. Devant eux, une terre qu'il ne reconnaissait pas s’étendait avec une énorme montagne non loin de leur point d'ancrage éventuel. Il pouvait voir la fumée sortant d'une genre de mine creusée dans la pierre, mais ne distinguait pas ses propres paroles alors qu'il s'adressait au capitaine, qui semblait être un ami de longue date. Celui-ci se tourna vers lui avec un sourire carnassier et hocha la tête.


T'inquiète, ces chiens galeux ne continuerons pas leurs opérations longtemps. On les as chasser jusqu'ici, ils ne peuvent plus s'enfuir, maintenant.

Il sourit à l'homme, puis se retourna, faisant quelques pas vers le centre du bateau, où il y avait une carte sur une table et des hommes semblaient parler stratégie. Ceux-ci lui ouvrirent une place à leurs côtés et il posa les mains sur la table, indiqua deux trois endroits, n'entendant toujours pas sa propre voix, voyant seulement les mentions ''Camp principal'' ''Esclaves'' et ''Armurerie'' sur la carte. Il sentit alors une main sur son épaule et se retourna en souriant vers sa propriétaire, dont le visage lui paraissait impossible à détaillé, tout comme il n'entendit pas sa voix. Il remarqua seulement qu'ils devaient bien se connaitre puisqu'ils échangèrent un drôle de salut, touchant son propre poignet cicatrisé contre le sien, tout à fait normal, puis discutant un moment.

Le vent se leva, bourrant les voiles et faisant volé la capuche de le femme juste avant qu'il ne se réveille en retenant un seul détail.

Elle avait les cheveux bleus.


Maker's sign or false divine, this mark of worth I wear..?
Hardened are these faithful scars I bear.

Stand side by side,
Carry all as one,
We can bear this weight...

Stand side by side,
We won't come undone,

For the hands that will carry us home are touched by faith...

Le réveil fut dur, il avait toujours une pulsation, bien que moins puissante, dans le crâne, mais il se sentait au moins un peu de force revenue... Et il remarqua que Syndrell n'était plus là.

Entendant Yuna venir voir s'il était réveiller, il grogna un peu la question sur la location de celle-ci et, quand la femme lui dit qu'elle était sur le pont, il se leva malgré les protestations de celle-ci, chancela, attrapa une planche de bois sur la table supposer servir pour barrer la porte pour s'en servir comme béquille et sortit de la chambre et levant la main quand le soleil l'aveugla.

Il la voyait, à l'avant du navire, et il pouvait sentir d'ici les pensées sombres qu'elle ruminait. Il s'y dirigea décidé, sans écouter qui que ce soit qui tentait de l'arrêter, il la vu se retourner en entendant le vacarme, croisa son regard... Elle avait dans les pupilles un abandon un peu violent qui ranima le feu dans les siennes alors qu'il grinçait des dents, continuant de marcher malgré le vertige et l'engourdissement, une main sur sa planche et l'autre repoussant les gens. Quand il arriva à son niveau, il donna un coup de poing sur sa joue qui ne fut pas beaucoup plus qu'une tape amicale, il était déjà complètement essoufflé, son sang n'avait pas encore été complètement remplacer, il aurait dut être au repos.

Elle ramena doucement la tête pour le fixer, il avala sa salive, les yeux toujours flamboyants, tenta de parler, n'en était pas capable, trop essouffler, trop faible aussi pour utiliser tout ces muscles à la fois, les rôles étaient inversez, elle pouvait parler, en ce moment, et lui non...

Il lui tomba carrément dessus, elle le retint par réflexe parce qu'il avait lâcher sa planche.

Sans arrêter de la fixer, haletant, il prit sa main droite dans sa gauche et dévoila son poignet, collant le sien dessus, là où il l'avait entaillé plus tôt.

Le reste fut transmis par ses yeux, tentant de balayer le doute par la volonté toute simple.

Elle était son maître, il était son élève.

Et si elle ne finissait pas ce qu'ils avaient commencer, il la retrouverait pour la forcer à le faire.

Le marchombre qu'il avait prétendu être...

Et bien voilà, il ne le prétendait plus, désormais. Il était là, avait survécu à lui-même. Il serait apprenti marchombre, son apprenti marchombre.


* Apprends moi... *

Hold on...

Hold on, to what you strive for.

Hold on...

Hold on to what you fight for :

Hope.

Il était tomber dans les pommes après, puis avait eu d'autres rêves étranges desquels il ne faisait pas de sens, quand il se réveilla enfin, il remarqua que le jour se levait... Il avait dut dormir longtemps, parce qu'il se sentait en pleine forme.

Doucement, il tenta de se lever, remarquant que s'il n'était pas à 100%, il n'en était plus bien loin. Il tenta de se parler à lui même et remarqua qu'il avait récupérer cette faculté là aussi, rien d'étonnant, il n'était plus si épuisé, puis il attrapa le bol de soupe sur la table de chevet, elle fumait encore, et le but doucement avant d remettre le bol en place et de se de sa position assise.

La pièce tangua un instant mais il retrouva rapidement l'équilibre, il avait juste été allongé trop longtemps, se dit il en marchant lentement. Il poussa la porte pour sa diriger sur le pont comme avant, mais sans planche, et il leva de nouveau un bras pour se protéger du soleil levant beaucoup plus présent ici que dans sa chambre à peine éclairée.

D'un pas assuré, il marcha vers Syndrell, qui semblait parler doucement avec Wog d'il ne savait trop quoi.

Tira le couteau de la ceinture de celui-ci toujours sans un mot puis alla chercher la cible pour l'accrocher au mat avant de revenir vers son maître et lui tendre le manche, le regard pétillant, deux petits mots qui voulaient tout dire sur les lèvres.


Apprends moi.

Stand side by side,
Carry on as one,
We can bear this weight...

Vies éprouvées,
Qui avancent ensembles pour se libérés.

Liens de liberté.

__________________________________________


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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Lun 05 Sep 2016, 18:15

Elle avait senti qu'il s'éveillait à l'infime changement de son souffle, mais avait choisi de ne pas bouger. Les yeux clos, elle avait feint de dormir. Tentative d'esquive ? Peut-être. Elle n'était pas prête à affronter Narek. Celui-ci était de toute façon trop épuisé pour quoique ce soit et il s'assoupit aussi sec.

Elle resta éveillée jusqu'à l'aube. Lorsque celle-ci éclaira la cabine d'une lumière plus douce, Syndrell décida de se lever. Elle prit soin de ne pas heurter le blessé et réalisa très vite que ses précautions étaient inutiles : il avait un sommeil de plomb. Elle se mordit la lèvre en le regardant dormir. Il était passé si près de...

Elle secoua la tête et se leva, fourbue après avoir passé la nuit recroquevillée dans son coin et sans bouger le petit doigt de peur de gêner Narek. Elle s'étira doucement, son regard glissa vers le plateau que Klare avait laissé à leur intention... n'y toucha pas. Ce matin, elle avait le cœur au bord des lèvres. Après un dernier coup d'oeil vers le jeune homme qui n'avait pas bougé d'un cheveu, la marchombre se glissa hors de la cabine.


La Dormeuse était repartie dès que Narek avait été déclaré hors de danger. Dame Yuna avait un horaire à respecter et cette nuit agitée l'avait mise de mauvaise humeur ; elle la reporta sur Uhlan, qui la reporta sur l'équipage et nul ne bronchait lorsque Syndrell émergea sur le pont. L'air vif et piquant du matin ébouriffa ses cheveux. Elle alla s'accouder au bastingage et fut rejointe quelques secondes plus tard par Qi-Lan.

- Comment ça va ?
- Il dort. Tout ira bien maintenant.
- Je parle de vous.


Surprise, Syndrell tourna la tête et croisa le regard soucieux du guérisseur.

- Je sais qu'il est sauf, expliqua-t-il d'un ton léger, je me suis longuement entretenu avec dame BoisRenard ; tout à l'heure j'irai m'occuper de la peau encore fragile de ses poignets et lui préparer de quoi récupérer rapidement des forces. Vous...
- Je vais bien. Je ne me suis pas vidée de mon sang cette nuit.
- Pourtant c'est vous qui m'inquiétez ce matin. Vous n'avez pas beaucoup dormi. Rien mangé. Vous avez l'air si fragile...


Une bouffée de colère envahit Syndrell. Oui ! Fragile ! C'était tout à fait le mot qui convenait : elle était fragile, trop pour se dire encore maître marchombre. L'évidence était là et si un homme comme Qi-Lan pouvait aussi s'en apercevoir, alors c'était forcément vrai.

Mais la colère ne dura qu'une brève poignée de secondes. L'abattement suivit et les épaules de la jeune femme s'affaissèrent légèrement. Elle avait douté dans sa vie, pendant sa formation puis, plus tard, lors de son premier face à face avec Darwen. Le doute était un élan qu'il ne fallait pas ignorer pour aller de l'avant. Mais cette fois-ci, il était bien trop grand.


- Excusez-moi, se reprit Qi-Lan, ce n'est pas le bon terme. Vous n'êtes pas fragile, vous êtes... perdue. Je comprends, vous savez. Ce qui s'est passé cette nuit... Personne ne devrait vivre ça.

Les yeux humides, Syndrell resta silencieuse. Personne ne devrait vivre ça. Ça quoi ? Voir son élève – son ami ! - se vider de son sang ? Sentir la vie s'échapper de lui par les lacérations volontaires de ses poignets ? Ou bien être enlevée, marquée, enchaînée, torturée, séquestrée pendant des mois ? Qi-Lan avait raison : elle était perdue. Elle ne savait même plus ce qu'elle faisait là.

- Je vais vous préparer quelque chose à manger, décida le guérisseur.

Il pressa un bref instant sa main sur l'épaule de Syndrell avant de s'en aller. Elle resta là, immobile, perdue dans ses pensées.
Totalement perdue.



*


Un remous dans son dos la fit se retourner. La matinée était déjà bien avancée, les marins s'activaient dans une ambiance pesante que seuls les tragiques événements de la nuit pouvaient expliquer et La Dormeuse poursuivait son lent périple sur les eaux limpides du Pollimage. Tout le monde s'arrêta néanmoins quelques secondes pour regarder Narek tituber sur le pont.

En l'apercevant, Uhlan maugréa dans sa barbe et s'approcha de Dame Yuna qui tirait pensivement sur sa pipe ouvragée.

- Je fais quoi, je l'assomme ?
- Si tu interviens, mon cher, c'est toi que j'assomme.
- Bon.

Uhlan cala les pouces dans ses poches et observa la scène – après avoir aboyé un ordre bref afin que l'équipage se remette en mouvement. Syndrell secoua lentement la tête. Ce garçon était complètement cinglé. Se lever dans un état pareil... Il était blême, des cernes bistre soulignaient son regard visiblement fiébreux et il ne tenait pas sur ses jambes.

Son cœur bondit quand même dans sa poitrine et elle l'expliqua par le fait que voir Narek en vie et à peu près capable de marcher la soulageait. Difficile toutefois de comprendre les sentiments qui se disputaient en elle à cet instant précis : colère, joie, tristesse, doute, angoisse, colère... Tout dépendait des secondes. Lorsqu'il s'arrêta devant elle, par exemple, un élan de joie la traversa toute entière.

Et puis il lui flanqua un coup de poing dans la figure – pas très convaiquant étant donné sa faiblesse actuelle – et la colère reprit le dessus. Elle lui aurait volontiers rendu la pareille si seulement il n'avait pas vacillé. La marchombre eut à peine le temps de tendre les bras pour le rattraper, et son poids mort la fit tomber à genoux.


- A quoi tu joues ? marmonna-t-elle, les yeux brillants et le souffle court.

Moins court que celui de Narek. On aurait dit qu'il venai de courir trois heures d'affilée tant il était essouflé. Il était à bout de forces, réalisa-t-elle, il n'aurait jamais dû sortir du lit, mais... Elle croisa son regard si étrange et alors, elle comprit. Rien ni personne n'aurait pu l'empêcher de se lever pour venir la retrouver. Il était parfaitement conscient de ce qu'il faisait là.

Sans un mot, il lui attrapa la main droite, paume vers le haut, et plaqua son poignet sur le sien. Il ne la quittait pas des yeux. Syndrell ne bougeait pas. Elle n'était pas certaine de comprendre... ou plutôt elle craignait de trop bien comprendre ce qu'il était en train de lui signifier. Un lien indéfectible. Une promesse. Quelques années de sa vie pour la suivre sur la Voie.
Être son élève.

Etait-il fou ? La fièvre le faisait-elle délirer ? Comment pouvait-il seulement croire qu'elle pouvait lui apporter quelque chose ? Elle n'avait pas su déceler les signes, n'avait pas compris à quel point il était mal. Elle ne considérait même pas lui avoir sauvé la vie une deuxième fois tant elle se sentait coupable de ce qu'il lui était arrivé dans la nuit. S'il la voyait toujours comme son maître... pourquoi n'était-il pas venu la voir ? Pourquoi ne lui avait-il pas parlé ?

Mais Narek ferma les yeux et s'affaissa dans ses bras. Elle soupira et lui caressa doucement les cheveux.

- Je ne sais pas quoi faire de toi, murmura-t-elle, autant pour lui que pour elle. Vraiment, je ne sais pas...



*



Tout en haut de la vigie, Syndrell scrutait l'horizon en quête de réponse. La seule qu'elle obtint fut que ce voyage sur le Pollimage touchait bientôt à sa fin : La Dormeuse se rapprochait de la rive ouest qu'elle allait longer jusqu'à atteindre le port d'Unaang, le lendemain matin. Pour l'heure, l'avenir était aussi brumeux que la Passe de la Goule et la marchombre finit par abandonner les méandres obscures de ses pensées.

Elle inspira lentement, expira longuement, tendit les bras.
Etira son corps en douceur, s'immergeant instinctivement dans la gestuelle marchombre, clé d'une sérénité qui lui manquait et qu'elle s'efforça d'atteindre. Elle eut un bref sourire lorsque le vent l'enveloppa et tenta de la précipiter en bas. Un défi ? D'accord.

Sans attendre, elle se lança. Ses mouvements étaient amples et la rapprochaient dangereusement du vide ; malicieuse, elle se joua des tentatives du courant pour la faire tomber, tantôt en pirouettant, tantôt en ployant son corps comme un roseau au bord d'un ruisseau. Elle ne tombait pas, elle volait. Elle ne bougeait pas, elle dansait.

Elle...

… s'arrêta soudain, le souffle court, une réponse au bord des lèvres – spontanée, comme toujours sue mais profondément cachée. Le contact des mains de Narek sur sa hanche et dans sa main lui revint en mémoire. Une danse... oui, c'était un peu ça ; sur la Voie ou dans la vie, on pouvait apparenter son aventure comme une danse.

Mais danser ne se faisait jamais aussi bien qu'à deux.

Syndrell hocha la tête tandis que dans ses yeux dorés, la surprise cédait la place à un scintillement plus familier. Et ce qu'il lui restait de tristesse s'envola pour de bon.




*


- Apprends-moi.

Sincérité de l'âme et du cœur,
Murmure dans le vent,
Danse.

Syndrell attrapa le manche du couteau et, ses yeux dans ceux de Narek, sourit à pleines dents.

- Alors ouvre grand tes oreilles, jeune apprenti...

Parce que l'on apprend toujours, petit ou grand, fille ou garçon, maître ou apprenti ; parce qu'il y a des liens qui ne se déchirent jamais complètement ; parce qu'ils y croyaient, tout simplement... Syndrell prit plaisir à guider Narek dans son entraînement au lancer. Elle montra, commenta, observa, analysa, approuva, conseilla, rectifia sans perdre patience ni songer un seul instant qu'elle avait pu se tromper.

Narek Liam était son élève. Doué, il avait besoin qu'on accompagne ses pas avec une précision, une volonté absolue. Zoanne avait-elle deviné que Syndrell était la personne idéale ? Têtue, perfectionniste, bienveillante, la marchombre avait de quoi suivre Narek encore longtemps. Elle savait, désormais ; elle avait appris la leçon.

Heureux que les choses rentrent dans l'ordre, Wog se fit une joie de participer à l'entraînement. Il enseigna à Narek – et à Syndrell – quelques techniques de jongle qui les occupèrent jusqu'à ce que
La Dormeuse atteigne enfin Unaang, un peu avant midi. Syndrell décida de débarquer au port ; il était plus que temps que Narek et elle quittent l'univers un peu trop restreint du navire.

- Dans dix jours je serai ici et sur le départ, fit Dame Yuna d'un ton léger, comme si de rien n'était, au moment de se dire au revoir.

Syndrell comprit toutefois la proposition dissimulée dans le ton évasif de la vieille femme et sourit.

- C'est noté. Merci pour tout...

Des grommellements et une bouffée de fumée plus tard, Uhlan fit ses adieux à son tour, puis Qi-Lan – il avait pris soin de fournir toutes sortes d'herbes et de pommades à Syndrell – et enfin Wog. Le marin serra la main de Syndrell avec émotion, puis s'approcha de Narek et lui tendit un couteau. Il lui expliqua que c'était un cadeau et qu'il devait continuer de s'entraîner avec chaque jour s'il voulait un jour le défier à nouveau et, peut-être, le dépasser.

Une pluie fine s'était mise à tomber. Les montagnes du nord n'étaient plus très loin et la température était plus basse ; la neige ne s'annoncerait pas avant quelque mois mais un air vif et glacial soufflait déjà sur les terres. Les deux marchombres traversèrent Unaang sous les assauts du vent. Le port n'était pas aussi grand que Ter-Cyn, mais Syndrell réprima son envie de quitter toute forme de civilisation pour s'attarder encore un peu – et ses pas la conduisirent au-devant d'une minuscule taverne.

- Tu as faim ? Et puis zut, moi je suis affamée alors on s'arrête ici ! décida-t-elle alors que son ventre se mettait à gargouiller de désespoir.

Il ne restait qu'une table de libre. Syndrell s'installa en face de Narek et commanda un plat de poisson et de légumes vapeur. Puisqu'il fallait patienter un peu, elle plongea ses yeux d'or dans ceux de Narek.

- Alors, dis-moi un peu : qu'as-tu retenu de cette histoire ?

Ils ne pourraient pas avancer s'ils n'abordaient pas le sujet au moins une fois, c'était évident. Eviter, oublier ne faisait qu'attiser la douleur – c'est ce qu'elle avait appris aux côtés de Hièlstan, lorsqu'il l'avait aidée à affronter ses propres peurs pour commencer à guérir.

Narek n'était pas encore remis. Ses joues avaient repris quelques couleurs et son regard sa fougue habituelle mais, au fond, il était encore fatigué ; Syndrell n'ignorait pas qu'il traversait une période difficile. Cette fois, pourtant, elle était prête à écouter. Elle posa le menton dans sa paume et attendit sa réponse, patiente.
Et curieuse.

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Lun 05 Sep 2016, 20:01

I have sealed myself,
I have cried my tears.

Now I steel myself to defy my fears...

And be strong...

Be strong.

Le garçon soupira de contentement en prenant place sur la chaise. Il était content de quitter un moment le navire malgré le fait qu'il appréciait vraiment Ulhan, Yuna, Wog et le reste de l'équipage.

Cela dit, il était bien content de se reposer un peu, marcher lui demandait toujours un certain effort, surtout pour le faire droit sans montrer sa faiblesse du moment, mais il se refusait de la montré, justement. Pas par peur ou par fierté...

Simplement parce que, pour la première fois de sa vie, il ne doutait pas, il ne doutait plus de rien. La question de son maître attira son regard qui avait parcouru la salle un moment, il ne pouvait s'empêcher de sourire en imaginant Sefan qui devait s'être sérieusement demander pourquoi Narek avait ainsi disparut sans rien dire... Danir ne lui dirait rien non plus, il ne savait simplement rien de plus. Son ami s'habituerait, c'était comme ça, il était marchombre, un marchombre ne reste pas toujours au même endroit.

Cela dit, la question de Syndrell demandait réflexion, simplement parce que s'il avait retenu beaucoup de choses, il ne savait pas comment les exprimés, chercha un long moment, les rouages de ses pensées presque visibles tellement ils tournaient vite.

You can yearn for life to be simple or
You can learn from strife let it build your core.

And refuse,
Refuse,
Refuse...

Don't you bow to the abuse.

Il ressentait, mais les mots lui manquait, n'exprimaient pas assez bien ce qu'il voulait, ce qu'il devait transmettre. Un petit peu de détresse passa dans son regard fixer dans l'or, il ne savait pas comment répondre...

Une image lui revint en tête, un homme aux cheveux pâles, souriant, qui écrit sur la table de la cuisine.

Sans vraiment savoir ce qu'il faisait, suivant un drôle d'instinct, il sortit un stylo-plume sans encre de sa poche, ce truc lui avait coûté une fortune à l'époque, et s'en servit sur le rebord de la table, écrivant de côté afin qu'ils puissent lires tout deux.


Incertitude du coeur,
Doute de l'âme,
Reconnaissance pour la mer et le ciel combiné.


C'était un peu poétique en mode ''gnahgnah'' de la comparé à la mer et le ciel à cause de ses cheveux, mais les mots lui étaient venu et il avait eu l'incroyable impression que s'il attendait ou s'il les disaient, tout s'effondrerait.

Il ne se rendit compte du sens que la première ligne pouvait avoir qu'en relisant une autre fois comme pour s'assurer que tout les mots étaient à leur place... Puis croiser le regard de Syndrell et ses joues s'embrasèrent pendant qu'il tournait rapidement son attention vers son assiette.

C'était beaucoup plus simple de suivre l'accord tacite invisible qui s'était formé, ne pas en parler ni y faire allusion en cours.

Aussitôt ce cours terminer, cela dit, il avait l'intention de profiter du temps avant le prochain pour aborder le sujet. Après tout, entre les cours, le monde devenait son maître le temps d'attendre qu'ils se retrouvent pour le prochain, alors à ce moment là, il pouvait parler à Syndrell son amie de sentiments, de fleurs dans le vent et de comparaisons entre ses cheveux et les éléments sans problèmes s'il le voulait.

Mais jusque là, il n'y penserait pas, voilà. Ou enfin si, il ne pouvait s'empêcher d'y penser de temps à autre, mais il pouvait garder tout ça pour lui afin de ne le sortir qu'au moment propice, voilà.

Il se rendit compte alors qu'il avait manger son plat presque au complet dans le silence et ne put s'empêcher de sourire de nouveau en pensant à celui qui lui avait apprit la musique. Le vieil homme détestait parler en mangeant, disait que ceux qui se font confiance et se connaissent, les véritables amis, n'ont que faire des paroles.

Mais malgré tout, lui, il aimait parlé, chanter, danser...

Et donc il parla, en préparant sa dernière bouchée puis l'avala ensuite, remarquant que son maître aussi, terminait justement.


Alors chef, après le repas on fais quoi..?

Il savait qu'un guérisseur ou un rêveur lui aurait dit qu'il n'était pas sage, même pour un jeune homme de son âge, de trop faire d'efforts avant un moment... Mais seulement voilà, avant il était un jeune homme tout simple.

Avant il n'était que ça, un jeune homme normal.

Mais maintenant, son regard pétillait d'une nouvelle force et son corps aussi, il se sentait différent mais le même, l'air qu'il respirait avait un goût différent, une texture inconnue. Il se sentait... Vivant.

Maintenant, il n'était plus qu'un jeune homme comme les autres.

Il était marchombre.

Apprenti ou non, compétent ou non, il était irrémédiablement marchombre.

Et personne ne pourrait jamais lui prendre ça.


Fall down at the edge of my mind,
So much horror behind...

Burning heat,
Get back to my feet...

But I won't lay down,
There's a darker shade of courage
In the strength I've found,
And it's letting loose the savage side of me...

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Mar 06 Sep 2016, 07:03

Un léger sourire effleura les lèvres de Narek et Syndrell, en face de lui, eut l'impression de recevoir comme un coup de poing dans le ventre. A la fois parce que ce genre de sourire en coin était absolument craquant et ensuite – surtout ! – parce qu'elle avait bien failli ne plus jamais le revoir. Toutefois, Narek ne réagissait pas à sa question mais aux pensées dans lesquelles il semblait plongé, et la marchombre décida de ne pas le presser.

Elle avait envie de savoir ce qui lui trottait dans la tête, pourtant. Besoin d'entrevoir comment il clarifiait tout cela, comment il se sentait à présent, s'il y avait encore quelque chose dont il souhaitait parler. S'il voulait se confier. Sa tentative de suicide resterait gravée en elle aussi sûrement que la marque imprimée sur la peau de son dos. Jamais elle ne pourrait oublier qu'il avait un jour préféré s'ôter la vie plutôt que lui ouvrir son cœur.

Mais il était là. Un peu pâle, certes, et si elle laissait son regard glisser vers le creux de ses poignets elle devinait sans peine les cicatrices qui lui rappèleraient à lui aussi ce choix qu'il avait fait. Il était là, bien vivant, souriant et... avec elle. Syndrell remercia le serveur qui était venu déposer leurs plats sur la table et attrapa sa fourchette pour piquer un bout de son poisson.

La chair était tendre et chaude, son goût exacerbé par la saveur d'une sauce idéale, et les légumes étaient croquants à souhait. Elle mâcha lentement, pensivement, ne doutant pas que Narek allait finir par lui répondre ; il lui fallait pour cela organiser ses pensées, les modeler et les ciseler avant de leur offrir le luxe de franchir ses lèvres. Combien de fois avait-elle laissé Miss mariner dans son jus avant de lui céder une réponse tant attendue ?

Une idée en entraînant une autre, elle se demanda comment la marchombre aurait réagi en découvrant son élève baignant dans son sang, au beau milieu de la nuit. Avant de balayer cette sordide pensée par une autre, plus évidente encore : l'image de Miss surgissant dans le Domaine et luttant comme une lionne pour récupérer son apprentie réchauffa son cœur. Son maître aussi avait fait des erreurs parfois, mais elle avait toujours été là pour elle.

Tout comme elle serait toujours là pour lui.

Ce fut le léger grattement d'une pointe sur la table qui attira l'attention de Syndrell. Elle baissa les yeux et demeura parfaitement immobile, laissant Narek retranscrire ce qu'il avait sur le cœur. Dans les veines du bois et non en ouvrant les siennes... Lorsqu'il ôta sa main, elle se pencha, lut, sourit.
Profondément émue.

Elle réalisa, alors, qu'il avait fallu que Narek s'écarte à ce point de la Voie pour mieux la comprendre ; les mots avaient jailli de son âme et leur sens brillait encore dans ses yeux mouchetés de rouge. La mer et le ciel. Touchée par cette jolie comparaison, elle entortilla un doigt dans une mèche bleue, geste ancien et machinal que son douloureux séjour dans le désert avait fini par gommer.

En face d'elle, Narek s'empourpra légèrement et détourna les yeux, gêné. Elle se mordit la lèvre et se concentra à son tour sur son assiette. Cela ne dura qu'une poignée de secondes, mais les images qui traversèrent son esprit pendant cet infime laps de temps avaient de quoi l'envoyer toucher les étoiles et elle se tortilla sur sa chaise. Avec lui, elle était sur une pente glissante, c'était sûr. Impossible de nier qu'il ne la laissait pas indifférente – surtout, surtout quand il avait cette expression vaguement embarrassée sur le visage.

Mais tout comme lui, elle décida de ne pas prêter attention à la manière dont son cœur perdait le rythme. Pas temps qu'elle considérerait cet homme comme son élève. Cette volonté chevillée au corps, elle leva les yeux pour répondre à sa questions. Une question à la Narek, empreinte de malice et de curiosité. Sa réponse fut donc à la hauteur :


- Oh, on va d'abord s'affronter en duel pour déterminer qui va payer l'addition...

Et elle serra son poing derrière son dos, prête à gagner cette partie de « papier caillou ciseaux ».



*



- Nom d'une chiure de mouche ! Comment fais-tu pour avoir toujours de la chance à ce point ?

Ils avaient quitté Unaang, profitant d'une accalmie qui leur permettait de marcher sans maintenir leur capuche sur les yeux. L'air était frais et humide, le ciel gris et menaçant, mais rien n'aurait pu entamer la bonne humeur de Syndrell. Même si elle avait perdu – une fois de plus – au « papier caillou ciseaux ».

Ils arpentaient un petit chemin qui s'élançait à travers champs. Elle n'était encore jamais passée par ici, mais cette région était la sienne ; à chaque pas qu'elle faisait, Syndrell sentait son cœur battre plus fort – comme si ce lieu seul suffisait à lui rendre les forces qu'on lui avait dérobées dans les entrailles du désert.

Les nuages trop bas dissimulaient les montagnes derrière un voile épais et cotonneux, mais ce n'était pas grave. Elle les devinait. La suite du voyage n'était pas encore officiellement déterminée mais, en elle, le chemin était toutefois déjà tracé : elle allait emmener Narek là-bas. Tout là-haut, à l'endroit même où les cimes enneigées touchent le ciel.

Elle était en train d'imaginer une bataille de boules de neige lorsqu'elle l'entendit. Bien trop menaçant pour être ignoré. Bien trop proche pour être évité. Détail infime dans la tranquilité des lieux qui, conjugué à des réflexes impressionnants, aiguisés par des années d'entraînement, permirent à Syndrell de réagir en moins d'un souffle.

Elle bouscula Narek de toutes ses forces, l'envoyant bouler hors du chemin, et pivota juste à temps pour recevoir en pleine poitrine l'énorme tigre qui avait bondit des herbes hautes.





*



Pas le temps d'avoir recours au chant marchombre.
Mais il existait un autre moyen, tout aussi secret...
Les lames jaillirent des avant-bras de Syndrell.
Fluides et mortelles.



*



La jeune femme banda ses muscles et grogna en faisant rouler le corps du félin sur le côté pour se libérer de son poids. Sitôt ses poumons libérés, elle prit une grande goulée d'air et resta là, allongée dans l'herbe humide, les bras étendus de chaque côté d'elle. Ses lames rouges de sang scintillaient doucement sous l'éclat gris du jour.

- Et de deux... souffla Syndrell, la respiration encore vive.

Une nouvelle partie de sa dette s'effaçait avec la vie du tigre. Il était magnifique et elle était navrée d'avoir dû le tuer pour survivre, mais c'était ainsi. Quant à la façon dont elle s'en était sortie... La marchombre s'assit. Elle était couverte de sang mais ce n'était pas le sien, heureusement. Son regard passa de Narek à ses lames, puis revint se poser sur le jeune homme.

Elle cligna des yeux.
Attendit sa question.


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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Mar 06 Sep 2016, 23:04

Question qui ne vint pas de suite, car le jeune homme, qui avait atterrit assit dans l'herbe, se contenta de se lever pour tendre un morceau de tissus à son maître pour qu'elle nettoie le sang puis lui tendit la main pour l'aider à se relever.

On peux continuer à marcher, tu m'expliqueras quand tu voudras.

Voilà. Simple, efficace. Il n'avait pas besoin de savoir. Si elle ne lui avait pas encore parler de ça, il y avait une raison, très possiblement toute simple, et c'était tout.

Il dépoussiéra son pantalon avant de répondre nonchalamment à la question précédente.


Ah et en fait, c'est pas de la chance, c'est de la triche. Chaque personne a de petits réflexes à ce genre de jeu, il suffit de les repérer et s'en souvenir.

Quand tu choisi papier, par exemple, tes iris se déplacent une demi seconde vers la gauche. Il suffit ensuite d'avoir la rapidité pour adapter son propre symbole à celui de l'autre.

Je ne crois pas vraiment en la chance, trop de fois elle m'a laissée sur ma faim. Donc, je fais ma propre chance.


C'est ta chance, ta force, ta dissonance.

Faudra remplacer tous les "pas de chance" par de l'intelligence...
C'est ta chance, pas le choix.

C'est ta chance, ta source, ta dissidence.

Toujours prouver deux fois plus que les autres assoupis d’évidence,

Ta puissance naîtra là.

Le garçon s'étira un long moment avant d'indiquer la direction qu'ils avaient pris plus tôt de la tête.

Je propose que ce qu'il y a par là attende un peu... Chaton mort ne devrait pas être mort pour rien. Et puis faudrait l'enterrer pour ne pas attirer pire bestiole...

Parce que tant qu'à tué un animal, même si c'était pas prévu, Narek se disait qu'il était sage de ne pas gaspiller la fourrure et les dents et griffes qui pouvaient tous être utilisées plutôt que de forcer quelqu'un d'autre à tuer un autre animal pour faire un manteau, des bottes, etc, qu'ils achèterais plus tard.

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°3   Mar 06 Sep 2016, 23:56

Syndrell accepta volontiers la main que lui tendait Narek : le choc passé, elle avait les genoux qui tremblaient vaguement. Un tigre, rien que ça... Sonnée, elle essuya distraitement le sang qui la recouvrait. Et songea que ce bout de tissu ne serait jamais suffisant pour qu'elle s'en débarrasse complètement. Essayant de ne pas laisser des souvenirs plus sanglants frôler la surface de sa mémoire, elle décida qu'un bain était à rajouter sur la liste des choses à faire avant d'aller dormir.

- On peut commencer à marcher, tu m'expliqueras quand tu voudras.

Syndrell rétracta ses lames. Expliquer, hein... Elle devinait pourtant les interrogations qui se multipliaient sous le crâne du jeune homme. Et les questions qui se bousculaient sur ses lèvres. Mais comme s'il avait envie d'instaurer une sorte de suspens, Narek ramena la conversation au jeu qu'elle avait perdu. Elle écarquilla les yeux quand il lui dévoilà son truc – le plus simplement du monde.

N'avait même jamais songé qu'il puisse y en avoir un.



*



Ils dépecèrent et découpèrent une bonne partie de la journée. Syndrell laissa le plus gros du travail à Narek ; préparer un lièvre pour le diner, d'accord. Mais un tigre... Il y avait en outre trop d'images insoutenables dans ses souvenirs pour qu'elle insiste, et elle finit par aller se débarbouiller dans un petit lac, non loin de là.

La fraîcheur de l'eau lui coupa le souffle. Elle avait mis longtemps à se dévêtir, craignant que Narek ne surgisse dans son dos et découvre sa marque... En dépit de la bienveillance de Hièlstan, ce symbole gravé dans son omoplate lui laissait toujours un amer sentiment de honte et de faiblesse. Narek la regarderait-il de la même façon s'il savait que son maître avait été une esclave ? La croirait-il encore quand elle lui parlerait de liberté ?

Elle s'empressa donc de se laver et se rhabilla promptement. A la tombée du jour, le froid était mordant. Emmitouflée dans sa cape de voyage, elle rejoignt son élève et fit un feu ; ils n'avaient pas de tente, dormir à la belle étoile n'allait pas être une partie de plaisir mais au moins, quelques flammes allaient réchauffer son humeur.

Elle envoya Narek se laver à son tour, incapable de retenir un sourire en découvrant son visage carrément peinturluré comme s'il était un redoutable guerrier. Même dans une situation aussi particulière, il arrivait à la faire rire. Ce garçon était vraiment étonnant...

Syndrell attendit patiemment son retour, les mains tendues vers la flambée. Le soleil était en train de plonger quand il se montra enfin. Elle n'ouvrit toutefois pas la bouche avant qu'il se soit installé. N'ouvrit pas la bouche tout court. Les gestes étaient bien plus parlants que les mots lorsqu'il s'agissait de la greffe.

Elle tendit donc un bras vers lui et la lame qui s'y trouvait jaillit sans bruit, merveille d'acier et de mystère qui refléta l'éclat des flammes.


- Narek, vas-y. Pose tes questions.

Il fallait que ce soit lui qui commence.

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