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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 08 Sep 2016, 18:22

- Lib ? Ah, tu es enfin rentrée !
L’étreinte vive de sa mère surprit la marchombre, avant qu’elle ne se laisse aller dans ces bras aimants. Un souffle sur sa nuque lui apprit également que son père était là, et se joignait à leur étreinte, l’espace de quelques secondes.
Avant que les deux se détachent d’elle et la dévisagent avec curiosité.


- Comment tu te sens ?
- Beaucoup mieux.
- Tu as trouvé Gil ?

La question resta en suspens dans l’air quelques secondes, alors que l’expression de Lib se renfrognait. Mais elle finit par secouer la tête.

- Oui, je l’ai trouvé. Et non, ça ne va pas vraiment mieux de ce côté-là.
Père et mère échangèrent un regard étonné mais ne dirent rien… Et Lib ne leur facilita pas la tâche. Ou plutot, si. Mais pas de la bonne manière.

- C’est la vie. Où est Suviyo ?

Un sourire éclairait ses lèvres.



♥ ♥ ♥


La petite dormait tranquillement, et Libertée prit le temps d’arranger l’intérieur de la maison.
Elle se sentait finalement sereine.
Parce qu’elle était chez elle. Ses parents n’avaient pas posé plus de question - mais elle avait vu dans l’expression de son père qu’il avait compris, en partie - et s’occupaient. Ils aimaient trop voir Suviyo pour filer comme des sauvages.

Elle aussi en avait besoin, finalement, d’être avec sa fille.
Parce qu’elle avait tellement grandi, durant son absence ! Grossit, surtout. Et ses expressions étaient adorables, elle babillait de plus elle plus… Serait-elle une bavarde ? Le duvet de ses cheveux s’était teinté d’un roux clair étrange, écho aux quelques mèches dans les cheveux de Lib. Voëlle lui avait dit qu’elle était passée par la même couleur, jeune, alors elle s’en fichait bien…
Puis, elle était si jolie ! Avec ses grands yeux violines qui semblaient transpercer tout ce qu’elle regardait…

Un sourire tendre étira les lèvres de Libertée.

Se passant le dos de la main sur le front, elle poussa un petit soupir en sortant de la maison. Elle devait aller à Ful’Rah pour quelques provisions, et laissa sa fille avec ses parents encore une fois. Le temps de trouver de quoi manger quelques jours.



♥ ♥ ♥


Poussant la porte d'une boutique de lait en poudre, Libertée poussa un petit soupir de satisfaction.
Encore quelques fruits et légumes, et elle en aurait terminé. Se dirigeant vers un étal, elle choisit avec application ses ingrédients.
Mais alors qu'elle payait le commerçant, une présence dans son dos lui fit froncer les sourcils, une seconde.

Avant qu'une odeur familière ne l'enveloppe.
Muscade et girofle.
Un large sourire étira ses lèvres et elle se retourna en levant les yeux. Oui, c'était bien Erwan, et son immense stature. Clignant des paupières, la jeune femme chercha son regard, les mains pleines de courgettes.


- Salut !
Elle ne s'attendait pas à le recroiser si vite. Mais ça lui allait. Mieux : elle appréciait carrément de le revoir, en fait ! Se tournant vers le vendeur, elle déposa ses légumes dans un sac et le remercia.
Puis, elle pivota vers le marchombre et lui tapota le sternum du bout des doigts. Elle avait envie de le toucher.

- Tu es venu rapidement…
Murmure presque émerveillé.


[Et voilàaaaa, tadaaa !]

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 08 Sep 2016, 21:12

Poussant la porte de l'Académie, Erwan laissa un soupir franchir ses lèvres.
Les adolescents métamorphes étaient hors de danger, a priori, et le commanditaire mort. Tué par le Marchombre lui-même. Même si l'acte en lui-même n'était pas juste, Erwan ne le regrettait pas : sauver des vies, parfois, cela revient à se débarrasser de l'une d'entre elles. Et ce Rothendo, clairement, allait en prendre beaucoup trop pour un seul homme.

Montant le premier étage pour rejoindre sa chambre, le Maître Marchombre observait les apprentis qu'il croisait. Des visages plus ou moins familiers, qui lui adressaient des sourires ou de discrètes salutations, lui tirant des mouvements de menton en retour. Mais alors qu'il allait entrer dans sa chambre, un boulet de canon le percuta dans le dos et des bras s'enroulèrent autour de sa taille.

- Papa ! T'es enfin rentré !

Un large sourire étira les lèvres d'Erwan, qui se retourna doucement pour serrer sa fille contre lui doucement. Elle lui avait manqué.

- Oui, mais je vais repartir dans pas longtemps. Quelque chose à faire.
Il la vit froncer les sourcils avant de lever le visage vers lui. Ne parvenant pas à déchiffrer son expression ni l'éclat dans son regard, le Marchombre fronça à son tour les sourcils.

- Qu'est-ce qu'il y a ?
- T'as rencontré quelqu'un.
Ce n'était pas une question, mais bien une constatation, dans la bouche de sa fille… Et cela lui fit faire un petit mouvement de recul.
- Euh…
- T'inquiète, c'est super ! Du coup, je peux sortir de l'Académie maintenant ?

Secouant la tête, Erwan se passa une main sur le visage. Cette gamine était beaucoup trop perspicace.
- Normalement oui. Mais sois prudente, et reste avec Lyke s'il te plait…
- Oui, oui !

Elle repartait déjà en courant dans l'autre sens et Erwan s'autorisa un long soupir. Ça se voyait tant que ça, ce qu'il avait dans la tête, ou alors c'était juste Ylléna qui le connaissait bien ? Secouant la tête rapidement, le Marchombre finit par hausser les épaules avant de rentrer dans la pièce.



* *


Ful'Rah.
C'était le village donc Libertée lui avait parlé, proche de chez elle.
Il ne savait pas trop s'il avait envie d'aller jusque dans sa maison, pourtant. Déjà, car c'était sacrément personnel… Mais surtout parce qu'il avait conscience que la Marchombre avait potentiellement un compagnon, vu son comportement hésitant à certains moments, lors de leur dernière rencontre.
Est-ce que cela avait une importance ? Oui et non.

Un bébé, c'était beau comme tout. Une promesse d'avenir. Un cadeau de la nature, une merveille vivante. Il fallait le chérir, l'aimer, le laisser grandir, mais c'était quelque chose de magique.
Un compagnon… Déjà, cela dépendait du compagnon. Potentiellement, il pouvait le réduire en charpie s'il était jaloux, ou possessif - ou les deux. Il ne voulait pas s'aventurer sur un terrain jallonné de bombes. Même si, au fond, c'était déjà fait.

Alors, il flânait dans le village, attendant que son inconscient - ou un concours de circonstances - décide pour lui.

Ce fut la coïncidence qui fit le choix.
Parce que soudain, il la reconnut. Penchée sur un étal en train de choisir des courgettes. Il ne put s'empêcher d'admirer son profil, son petit nez, la courbe de ses cils et le scintillement dans son regard rose. Et ses cheveux courts, qui partaient un peu dans tous les sens, aussi fous que sa personnalité. Un sourire attendri étira les lèvres d'Erwan, qui s'avança vers elle.

Et elle le sentit, car elle se retourna.
Leur regards se croisèrent et il se noya un instant dans le rose de ses yeux.

- Salut… Tu es venu rapidement.
Il ne put s'empêcher de sourire doucement alors qu'un frisson le traversait, prenant sa source au contact de Libertée sur son torse. Relâchant son souffle, il attrapa délicatement les doigts de cette dernière et les serra un instant, avant de les relâcher.
Il y avait potentiellement des gens dans le village qui connaissaient le compagnon de Libertée. Il ne fallait pas qu'il puisse l'apprendre comme ça.

- J'espérais te croiser ici, mais je n'aurais sans doute pas osé aller plus loin…
Il la laissa terminer ses courses, discutant un peu avec elle. Lorsqu'ils se dirigèrent vers la sortie du village, cependant il ne put retenir la question qui lui brûlait les lèvres.

- Et ta fille, comment elle va ? Elle a quel âge maintenant déjà ?

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 08 Sep 2016, 23:39

Une fois n'était pas coutume... Gil était d'une humeur de chien. Certes, ces derniers temps il s'agissait d'un état quasi-permanent mais pour sa défense, la journée avait mal commencé. Parce que la nuit s'étaitmal terminée. En fait, la série de cause à effets qui lui collait à la peau depuis quelques jours allait finir par le rendre fou. Plus fou que je ne le suis déjà, nuança-t-il dans une grimace tout en passant la main dans sa tignasse. Il se décala pour laisser passer deux hommes qui portaient une poutre visiblement lourde et enfonça les mains dans ses poches avant de se remettre en route. Les marques de cette sale nuit se lisaient facilement sur lui : des cernes de panda, une coiffure au moins aussi effrayante que s'il était passé sous un troupeau de buffles, un manteau poussiéreux et déchiré – les buffles, encore – et pour couronner le tout, une coupure. Juste sous l'oeil gauche. Elle avait cessé de saigner au petit jour mais le trait demeurait. Ça lui donnait un air de petit garçon rebelle, sauf que la barbe de trois jours qui lui mangeait les joues le classait plutôt dans la catégorie des ours ronchons. La faute à ce crétin de piaf. Sans lui, tout se serait déroulé à merveille : il avait trouvé la chambre, sa cible, déposé sous son oreiller la preuve faslfiée et compromettante fournie par son commanditaire et s'était même permis de chiper du pain perdu dans la cuisine de service. Un régal. Si la nuit s'était terminée sur cette note, il serait encore en train de dormir comme un bienheureux.

Mais il y avait eu le piaf. Une ridicule boule de plumes d'un vert vif qui dormait tranquillement dans une cage et que le bruit infime de l'assiette de pain perdue, lorsqu'il l'avait reposée, avait tiré du sommeil. Ridicule, c'était le mot... et bruyant. Le pépiement qu'on lui aurait attribué était en fait un cri strident, entre le roucoulement et l'éternuement, assez puissant pour que Gil frôle la crise cardiaque et que toute la maisonnée s'éveille en sursaut. Il avait décampé sans demandé son reste, passant par la cour de derrière où il s'était déplacé quelques vertèbres en tombant sur une pile de caisses – et un chat qui traînait là. Les bestioles avaient une dent contre lui, cette nuit-là. Et des griffes, en l'occurence. Elles avaient évité son œil de peu. Vexé, frustré, fourbu, Gil était rentré chez son employeur la queue entre les jambes et bon sang, il aurait préféré qu'elle ne soit pas si voyante. Elle ne l'était pas à proprement parler, bien sûr, mais son patron du moment, une femme aux yeux bleu électrique, avait dû trouver le sang et la poussière très sexy. A moins que ce ne soit son charme naturel. Pour ce qu'il en savait... Elle lui avait sauté dessus – littéralement – et il l'avait frappée – littéralement. Simple réflexe. Un peu trop fort, parce qu'elle n'avait plus bougé ensuite. Il s'était assuré qu'elle vivait encore, avait empoché son salaire et filé sans demander son reste.

L'ennui, dans cette histoire, c'est qu'il avait pris une chambre chez elle, en compensation pour ses bons et loyaux services ; une petite dépendance qui lui avait permis de s'organiser un peu avant d'aller jouer les comploteurs. Al-Chen regorgeait de gens de petite noblesse qui, pour se débarrasser de rivaux autant que pour tuer le temps, multipliaient les intrigues du genre de celle qu'il avait dû mettre en place dans la nuit. Un travail généralement bien payé et surtout très prenant. Idéal pour se sortir de la tête des idées qui avaient tendance à impliquer une marchombre aux yeux roses, nue et offerte. A la rue, donc, Gil avait fini sa nuit dans une auberge chaleureuse et plutôt calme. Plus de chambres, mais un comptoir confortable. Il s'y était accoudé avec la ferme intention de boire jusqu'à oublier sa furstation, mais son voisin ne l'avait pas entendu de cette oreille. L'ivrogne lui avait tenu la jambe jusqu'à l'aube. Impossible de s'en débarrasser. A un certain moment, il avait envisagé une solution extrême, trop toutefois pour l'endroit où il se trouvait, alors il s'était contenté de faire boire son compagnon jusqu'à ce que celui-ci s'écroule. Victoire pour le peuple. Gil avait décampé fissa.

L'aube l'avait découragé. Plus la peine d'aller dormir, c'était le risque à passer la journée dans un lit et il avait d'autre projets. Voilà pourquoi il quittait Al-Chen, direction la maison. Est-ce que c'était encore la sienne ? S'il considérait qu'il y était passé toutes les semaines depuis deux mois, oui. S'il songeait que Libertée et Suviyo ne l'y attendaient pas, non. Il ne renonçait pas à les guetter, pourtant. Ils savaient que tôt ou tard, elles allaient revenir... Libertée était comme ça. Un coup de vent enjôleur et fleurant bon la pêche ; une brise d'été qui ne se posait jamais véritablement et qui laissait sur les lèvres un goût sucré... Pourquoi pensait-il toujours à elle de façon si poétique ? Taciturne et grognon, il faisait preuve d'un lyrisme sans pareil quand elle occupait ses pensées – quasiment tout le temps, en fait. Ce n'était pas le genre de question qu'un homme devait se poser, mais le manque de sommeil était largement coupable. Les mains dans les poches, il avançait à grands pas et se demandait ce qu'il ferait si jamais Libertée était enfin rentrée.

Ils ne s'étaient pas vus depuis cette fois là, à Al-Jeit. Ils s'étaient disputé puis avaient fait l'amour sans qu'il ne sache trop bien s'il pouvait considérer qu'ils s'étaient réconciliés. Il avait été clair sur ses intentions, mais Libertée demeurait difficile à comprendre... cette fille était le plus grand mystère de sa vie. Avec la bière Alsifodel et ses effets déconcertants. Donc je me pointe et... je l'embrasse ? Grognement. C'était un cliché, ça. Trop prévisible et trop réaliste. S'il voyait Libertée, il aurait surtout l'envie primitive de l'allonger par-terre et de la prendre sur le champ. Dans un éclair de lucidité, il réalisa qu'il n'avait couché avec personne depuis leurs dernières retrouvailles. Il considérait que Kaünis ne comptait pas dans la mesure ou... ben... c'était Kaünis. Il n'était pas particulièrement fier d'être incapable de résister à ses pulsions sexuellement dévastatrices... même s'il ne regrettait pas d'y avoir succombé. Kaünis était l'exutoire de la bête. Libertée était son petit coin de paradis. D'un extrême à l'autre, et il se trouvait en plein milieu, la place la plus délicate, évidemment. De quoi le rendre plus ronchon encore, si c'était possible.
Et ça l'était.

Réalisant soudain qu'il se trouvait à Ful'Rah, Gil leva le nez et observa la petite place pleine de vie : c'était jour de marché, visiblement. Il avait envie de manger quelque chose. Se détachant momentanément de ses pensées – lorsqu'il n'était pas occupé à échapper à un piaf et à un chat, il avait tendance à ne pas réussir à les éviter – l'Envoleur s'approcha des étales et jeta un coup d'oeil aux fruits de saison. Opta pour une pomme qu'il paya d'une pièce posée sur son pouce et projetée d'une pichenette en direction du garçon qui tenait la caisse. Croqua dans le fruit avec bonheur – le premier de cette journée. Le suivant plaçait toutefois la pomme à un rang minable, mais c'est inévitable, la pêche gagne toujours...

… elle était là. Juste devant lui. Assez loin pour qu'elle ne l'ait pas encore remarqué, assez près pour qu'il puisse compter les reflets dans ses cheveux – ils avaient poussé, ils étaient toujours aussi beau et il avait toujours autant l'envie furieuse d'y fermer son poing. Il accusa le coup comme d'habitude – d'abord cette claque monumentale en la voyant, ensuite ce coup dans le ventre, violent, et le frisson dans son dos. Puis le désir, vague brutale qui le faisait vaciller un bref instant avant qu'il secoue la tête pour reprenne ses moyens – non mais oh. Il aimait croire qu'il maîtrisait la situation. C'était indispensable, sans quoi il n'aurait tout simplement pas le cran de franchir la distance qui les séparait. Il fit trois pas, s'arrêta brusquement et regarda Libertée se retourner, sourire.
Pas à lui.


*


Il jeta le trognon de la pomme et le regarda cogner sa petite tête avant d'être désarçonné le regard qu'elle lui lança. Il se reprit dans un demi-sourire typiquement Gil et haussa un sourcil.

- Une pêche dans un marché... tu as le goût du risque, joli cœur.

La boutade était facile, l'émotion vive et sincère – mais simplement visible au scintillement de son regard dépareillé. Il tourna la tête et dévisageait l'homme avec qui Libertée discutait. Tiens... une impression familière et déconcertante. Sa mémoire lui jouait des tours. Il fronça les sourcils.

- On se connaît, non ? Gil, dit-il néanmoins en tendant le poing pour le choquer doucement avec le sien.

Il se rendit compte, alors, qu'un silence de trois tonnes pesait sur le trio. Il croisa de nouveau le regard de Libertée et cligna des yeux.

Ben quoi, qu'est-ce que j'ai fait encore ?



[Qui l'eut cru ? Gil a été trollé par Titi et Rominet... xD Et c'est parti, alors. Gniaah <3]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 20/10 au 03/11]
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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Ven 09 Sep 2016, 02:06

[ Insomnie bonne nuit, j'ai juste pas résisté ! x) ]


Un large sourire étira les lèvres de Libertée alors qu'Erwan expliquait qu'il n'aurait pas osé aller jusqu'à la maison. En même temps, elle le comprenait, mais elle était ravie d'avoir finalement été au bon endroit, au bon moment. Généralement, ces derniers temps, ça n'avait pas vraiment joué en sa faveur, mais là…
- Et ta fille, comment elle va ? Elle a quel âge maintenant déjà ?
Étonnée, la marchombre leva les yeux vers l'immense homme pour voir si… Oui, il était vraiment intéressé par ses réponses. Cela alluma une nouvelle étincelle dans le regard de Libertée qui sentit ses joues rosir.

Mais avant qu'elle n'ait pu répondre, quelque chose la frappa à l’arrière de la tête et elle rentra légèrement cette dernière dans ses épaules. Juste avant de se retourner vivement.
Et là…
Elle se figea.

Gil !

Prenant une brusque inspiration, Libertée jeta un coup d’oeil à la dérobée à Erwan, alors que l’Envoleur s’approchait d’eux avec son air si particulier. Et craquant. Se mordant la langue, la marchombre prit une nouvelle inspiration, laissant passer la boutade de Gil sans même la relever tant elle ne savait pas comment réagir.
Mais l’Envoleur ne capta pas son état - ou alors il ne l’associa pas à la bonne chose - et aborda Erwan sans se poser de question. Enfin, si, d’après son attitude, quelque chose titillait son cerveau.


- On se connaît, non ? Gil.
Ils se connaissaient ?
Libertée lança un regard interrogateur à Erwan. Lui, il avait dû comprendre ce qu’il se passait, non ?
Se mordant la lèvre inférieure d’appréhension, elle prit une inspiration. Leva les yeux vers Gil, nota cette fois l’estafilade sur son visage. S’approchant d’un pas de son compagnon, elle glissa ses doigts sur la griffure doucement, accrochant le regard dépareillé de l’homme.

- Dans quoi t’es allé te fourrer, encore ? demanda-t-elle sur un ton entre le reproche et la tendresse. Parce que non, elle ne pouvait pas s’en empêcher… Parce que oui, elle l'aimait, malgré l'embrouille décadente de ses sentiments actuels. Parce que oui, elle avait aussi complètement craqué pour Erwan, finalement, et cette épreuve avec les adolescents...  Ça les avait largement rapprochés.
Mais elle ne pouvait pas non plus s’empêcher de comparer les deux hommes, alors qu’ils se trouvaient pratiquement l’un à côté de l’autre. Gil avait l’air d’un ours sauvage, impulsif, tandis qu’Erwan respirait la sérénité et le calme.
Elle cligna des paupières pour reprendre contenance, un instant.

- C’est… Le père de ma fille. Gil, voici Erwan, un… ami.
Alors là. S’il l’un des deux ne prenait pas la mouche, elle s’en sortirait bien ! Pour couper court à toute réaction disproportionnée, elle répondit presque immédiatement à la question d’Erwan, avant que Gil ne les interrompe.

- Suviyo va très bien, Erwan. Elle a eu dix mois il y a quelques jours…
Un sourire attendri étira les lèvres de Libertée alors qu’elle pensait à sa fille et à son grand regard violine.
Cependant, elle était un peu trop préoccupée par cette rencontre pour laisser ses pensées divaguer. Alors, elle renchérit, tout simplement. Plus facile ainsi.

- Et toi, Ylléna ? Tu es moins préoccupé ?

Elle chercha son regard en se mordant les gencives. Elle ne savait plus quoi faire. Tout son corps était tiraillé par les deux hommes, comme ses pensées.
Expirant doucement, Libertée s’efforça de fermer les yeux pour calmer les palpitations de son coeur.  Elle devait se calmer, sinon elle allait se faire griller… Et pas au milieu du village, comme ça.

Voilà, c’était ça !
Se tournant vivement, elle fit un petit signe aux deux hommes de la suivre alors qu’elle prenait la direction de la maison. Où pouvait-elle aller d’autre, de toutes façons ? Avec Gil, elle ne pouvait juste pas prendre la direction de l’Académie.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Ven 09 Sep 2016, 03:06

[ Moa j'aime les insomnies de Lib mrred ]



Erwan vit le projectile une demi seconde avant qu’il ne frappe la tête de Libertée.
Fronçant les sourcils, il voulut se tourner avec elle et trouver qui avait fait cela, mais quand il vit la Marchombre s’immobiliser brusquement, il retint son réflexe pour porter son attention sur ce que dévisageait Libertée. Ou plutôt, sur la personne qu’elle dévisageait. D’ailleurs elle chercha son regard, et l’éclat dans le fond de ses prunelles lui mit la puce à l’oreille.
S’éloignant d’un demi-pas de la jeune femme, Erwan se contenta d’observer l’homme qui arrivait en plaisantant sur Libertée… Et sans doute son parfum de pêche.

Ah.
Il n’y avait plus qu’une explication : c’était le compagnon de Lib. Et vu sa réaction, à elle, il ne devait pas être au courant de quoi que ce soit. Se grattant le menton du bout des doigts, Erwan prit une inspiration en essayant de remettre le visage de l’homme qu’il avait l’impression d’avoir déjà croisé.
Impression partagée, au vu de la succinte présentation de ce dernier.

Gil.
Cela tilta alors immédiatement dans la tête d’Erwan. Il avait rencontré un Gil aux yeux dépareillés… A Al-Chen. Après avoir perdu Miss ! Fronçant les sourcils sous les souvenirs qui l’assaillaient – notamment un Envoleur qui disait que les gosses, ce n’était pas pour lui – Erwan laissa aller son poing contre celui de l’homme.

Le monde était petit.
Et le destin drôlement joueur.

Cependant, ce fut au tour d’Erwan de se figer quand Libertée s’approcha de Gil pour passer délicatement ses doigts sur l’estafilade sous son œil. Il capta la tendresse dans le geste, et dans le fond de ses prunelles…
Papillonnant des paupières un instant.
Libertée tenait vraiment à lui. C’était une évidence. Alors, pourquoi avait-elle répondu à ses avances ? Voulait-elle faire du mal sciemment à Gil ?
La présentation qu’elle fit poussa la réflexion dans son crâne.

- C’est… Le père de ma fille. Gil, voici Erwan, un… ami.
Elle n’avait présenté aucun des deux dans son entièreté. S’était bien gardée de dire à haute voix qu’ils auraient dû s’opposer, d’ailleurs. Le savait-elle ? Oui, évidemment. Car elle était devenue carrément nerveuse, et son malaise était palpable.

Et alors, malgré tout, cela tira un sourire attendri à Erwan. Tout comme sa tentative de changement de sujet. Ou juste de trouver un sujet, en réalité. Comptait-elle dire à Gil ce qu’il s’était passé entre eux ? Le lui cacher ? Lui-même n’était pas certain de pouvoir cacher quoi que ce soit.
Il était sous le charme, et ne pouvait contenir toutes les réactions et émotions qu’elle suscitait chez lui. Rien que cette moue, la manière dont elle avait de se mordre la lèvre – il voulait mordre cette lèvre aussi – lui tiraient des réactions physiques difficilement gérables.

Il assimila cependant les informations à propos du bébé. Et répondit avec un sourire dans la voix à Libertée.

- Elle va très bien… Et elle ressemble de plus en plus à sa mère. Elle est avec Lyke… Je leur fais confiance, même si je ne suis pas très rassuré…
Tournant son regard vers Gil, il crut bon d’expliquer les choses à ce dernier alors qu’ils emboitaient le pas à la Marchombre.
- Libertée m’a aidée à retrouver les personnes qui voulaient s’en prendre à ma fille… Il leva les yeux vers la jeune femme blonde, avant de continuer. Tu es un sacré bout de femme, Lib. Tu te serais bien entendue avec Miss… Dans sa voix transperçaient à la fois de la mélancolie et de l’admiration. Et de la tendresse… affectueuse.
Il allait se faire griller, c’était certain.

Qu'elle soit amoureuse d'un Envoleur n'y changeait rien. Après tout, cela avait été la même chose pour Miss : elle avait été Envoleuse avant d'être Marchombre. Ça ne changeait rien...

Mais comment dire à Gil qu’il…
* A couché avec ta compagne, la mère de ta fille... *
* A craqué pour ses yeux roses et son parfum de pêche...*

… était en train de tomber amoureux ?

Sans déclencher un cataclysme, évidemment.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Dim 11 Sep 2016, 19:39

L'homme ne répondit pas à sa question mais son poing choqua le sien et quelque chose, dans son regard bleu vif, aida Gil à se détendre. Il n'aurait pas su dire quoi exactement, c'était une impression qui ne se traduisait pas en mots – un sentiment diffus qui renforça sa sensation de déjà-vu. Il cessa de fouiller sa mémoire lorsque les doigts de Libertée frôlèrent sa joue. Cette caresse de papillon lui avait manqué au point qu'il dut se retenir de ne pas crier son bonheur ; il ne réprima pas cependant l'envie d'attraper sa main et d'effleurer son poignet de ses lèvres, une lueur taquine au fond des yeux. J'ai envie de toi, bon sang. Tout de suite et maintenant. Résistant à l'idée folle de la jeter en travers de son épaule pour l'emmener dans un endroit où il pourrait lui faire l'amour comme cette fois à Al-Jeit – non, plus tendrement encore – Gil haussa les épaules.

- Juste un chat qui manquait cruellement de conversation et de manières, dit-il tout en maudissant le félin coupable. Mais comme je lui suis tombé dessus sans le vouloir, je suppose que nous sommes quittes, désormais...

Oui, une drôle d'histoire – c'était toute sa vie en fait : une succession d'instants hors du commun, souvent dangereux, toujours rocambolesques. Un jour, il faudrait qu'il écrire ses mémoires. Mémoires d'un Cabochard, songea-t-il avec amusement. Libertée sembla se satisfaire de sa réponse alambiquée. Elle avait l'habitude. Lumineuse, elle le présenta et il se rengorgea fièrement lorsqu'elle le décrivit comme le père de Suviyo. Puis sentit le sol se dérober sous ses pieds quand elle annonça à Erwan – ce nom... - que leur fille avaitdix mois. Dix mois. Enfer, dix mois. Soufflée, la fierté du jeune papa. Le ventre noué, il réalisa qu'elle était en train de grandir sans lui et cela lui fit mal. Bien plus mal que les griffes du chat sur sa peau. Il fourra les mains dans ses poches et serra les poings. Il fallait qu'il rentre à la maison. Il fallait qu'il retrouve Suviyo. Cette fois, il ne comptait pas attendre que Libertée choisisse pour lui. Elle l'avait maintenu éloigné assez longtemps, non ? Il avait compris la leçon. Il voulait rentrer.

Erwan et Libertée échangeaient quelques mots à propos de leurs enfants et Gil se sentit soudain comme exclus. C'était idiot sans doute, mais cette sensation le blessa et il retrouva son humeur maussade. Quelques mèche tombèrent devant ses yeux. Il devint silencieux. Erwan, hein... Oui, il se rappelait, à présent. C'était un type bien. Gentil, chaleureux, un peu trop lisse sur les bords peut-être... et père. Certainement le genre à accompagner son enfant depuis sa naissance et à chacun de ses pas, à veiller au grain, à rassurer en cas de problème, à sourire malgré ses problèmes, à se décarcasser pour que le monde de son enfant soit le plus beau et le plus grand. Gil pensa à Makeno. Fugacement. Il était persuadé que Pan tenait bien ce rôle auprès de lui, et persuadé aussi que leur relation était meilleure ainsi. Puis il pensa à Suviyo. Le petit haricot qui grandissait sans lui depuis que son caractère instable avait pris le dessus. De quoi l'avait-il protégé, à part de lui-même ? Son cœur flancha. Dur à encaisser, ce coup-là. Son regard vairon tomba sur Libertée, se perdit dans le rose flamboyant de ses yeux. S'il te plait, laisse-moi...

Il cligna des paupières, soudain intrigué : il venait devoir passer quelque chose dans le regard de Libertée. Une lueur qu'il ne connaissait pas. Au même moment, Erwan dit quelque chose à propos de la marchombre – un compliment courtois, une politesse gentille, un... truc qui lui échappa. Complètement. Et qui généra un nouveau silence pesant. Gil passa la main dans ses cheveux. Il était rarement mal à l'aise et pas seulement parce qu'il se débrouillait généralement pour éviter d'avoir à se retrouver dans ce genre de situation – en vivant comme un ours mal léché, par exemple... Là, il se demandait quoi faire, quoi dire. Il ne comprenait pas d'où ça venait. Enfin, pas vraiment. Parce que si ça venait de lui, Libertée l'aurait envoyé se faire fou... etter ailleurs depuis longtemps. Non, ce n'était pas seulement sa présence qui était à l'origine de cette ambiance relativement lourde. Il regarda Erwan. Haussa un sourcil. Lui, poser problème ? Impossible. Libertée coucherait avec lui qu'il serait d'un calme magistral. C'était sûr et certain. Alors d'où est-ce que...

Oh.

Oh...?


Gil regarda Liberté.



[Gniahaha, deal with it guys xD]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Dim 11 Sep 2016, 20:08

Du coin de l’oeil, Libertée observait les réactions de Gil. Un éclat tendre dans les yeux, parce que l’Envoleur s’avançait avec eux, les mains dans les poches et son air bourru sur le visage. Quoi, ils n’avaient pas le droit de discuter ? Pourquoi se renfrognait-il comme ça pour une conversation ? Il aurait très bien pu participer… non ?
En fait, en y réfléchissant, il n’avait pas beaucoup vu Suviyo…
Mais c’était sa faute. Sa faute à lui.
Parce qu’il était parti en live, complètement. Déjà, il ne lui avait pas dit avant de s’en être sorti, pour la Silencieuse, et l’avait fuie – les avait fuies – pendant des mois. Puis, de retour, il s’était juste comporté comme… Comme quelqu’un qui avait besoin d’aide, certes, mais qui ne voulait pas se faire aider pourtant.  

Poussant un soupir, la marchombre papillonna un instant des paupières en reportant son attention sur Erwan.

- Tu es un sacré bout de femme, Lib. Tu te serais bien entendue avec Miss…
Elle ne put s’empêcher de rougir un instant. A vrai dire, elle avait dû croiser Miss… Une fois, ou deux. Mais elles n’avaient jamais pu discuter ou autre, donc elle n’en avait aucune idée.

Souriant fugacement, touchée par le compliment et l’éclat dans le regard d’Erwan, Libertée ne put s’empêcher de se mordiller la lèvre inférieure. Une boule se forma dans sa gorge, qui se délia un peu quand son regard glissa jusqu’à Gil.
Alors, elle capta quelque chose dans le regard de l’Envoleur.

Avant de croiser ses yeux dépareillés.
Une question étrange flottait dans leur reflet, dans leur profondeur. Elle ne savait pas comment interpréter cette clarté, dans le fond de sa pupille : était-il déjà fâché ? Avait-il vraiment compris ou était-ce juste une idée qui lui traversait la tête ?
Parce qu’à se souvenir d’autres scènes, Gil n’avait jamais fait dans la dentelle, et à chaque fois avait réagi comme un éternel jaloux quand elle rencontrait d’anciens amants. Anciens, pourtant !

Peut-être avait-il compris que s’il couchait ailleurs, elle pouvait faire pareil ? Cela n’avait pas été des paroles en l’air, alors ? Il était vraiment capable de grandir et de mûrir ?

Elle secoua légèrement la tête.
Ou bien, elle se berçait juste d’illusions.

Alors quoi ?

Prenant le taureau par les cornes, Libertée bougea.
Vite, et efficacement.
Elle se plaça devant Erwan – inutile en sachant qu’il la dépassait de quarante centimètres et était bien plus large d’épaules qu’elle – et planta ses poings sur ses hanches, lançant un regard rempli de défi à Gil.

Parce que, finalement, n’étaient-ce pas les plus jaloux qui allaient toujours voir ailleurs ? N’était-ce pas ce que les gens détestaient chez eux qu’ils voulaient contenir et ne supportaient pas chez les autres ? Depuis tout ce temps, il avait été d’une jalousie impressionante ou presque – et elle aussi était passée par la phase de jalousie. Elle y était toujours… non ?
Elle fronça les sourcils un instant, imperceptiblement.
En fait, non. Elle s’était retrouvée, quelques dizaines de jours auparavant, et sa jalousie avait fondu comme neige au soleil. Alors, si Gil était jaloux, c’était qu’il considérait toujours que ce qu’il faisait n’était pas normal, et pourtant il le faisait quand même ?

Secouant la tête, Libertée releva une seconde fois les yeux vers Gil. Planta son regard dans celui de l’Envoleur.

- Tu as quelque chose à dire ?
Sa voix était douce, mais ferme et déterminée.
Elle était prête à réagir. Parce qu’elle savait que Gil allait tenter de sauter sur Erwan…

Non ?

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Dim 11 Sep 2016, 22:01

Erwan ne put s’empêcher de hausser un sourcil, amusé par la réponse de Gil à la question de Libertée. Un chat ? Cela ne lui semblait pas très malin, mais après tout parfois, il est des situations où le concours de circonstances fait qu’une bête erreur peut devenir une bête blessure.
Ou bien un arrachage de peau de torse violent.
Oui, parce qu’avant quelques semaines plus tôt, les seules fois où Erwan s’était rendu dans une Confrérie, c’était pour montrer du pays à ses apprentis – ou lorsque sa mère l’y avait aussi emmené. Peut-être que quelques fois, il y été allé pour d’autres personnes, mais jamais pour lui-même – oui, définitivement, il y était déjà allé rien que pour Ylléna par exemple.

Jetant un coup d’oeil un peu méfiant vers Gil, qui venait de s’arrêter, Erwan pinça les lèvres quelques secondes. Il reconnaissait cette attitude, là.
Du genre un “A moi” typiquement masculin et possessif, à l’intention de Libertée.

Ça sentait le roussi.

Le Marchombre voulut s’éloigner légèrement du cercle autour de l’Envoleur, faisant un pas sur le côté. Il n’eut pas vraiment le temps de faire plus car Libertée avait bougée, vive comme l’éclair.
Pour faire face à un potentiel risque évident, se plaçant entre lui et Gil.
Quoi, l’homme voudrait lui faire la peau ? En même temps, c’était compréhensible. Mais à côté de ça, Erwan ne put s’empêcher de froncer les sourcils à l’intention de Libertée : pourquoi s’interposait-elle ?

D’ailleurs, sa question était tellement ambigüe que le Marchombre se demanda si Gil comprendrait ou pas. Et pourquoi elle disait ça, d’ailleurs, au passage.
Évidemment que l’homme aurait quelque chose à dire. Rester silencieux et immobile dans ce genre de circonstances, c’était parfois la seule manière de résister au choc… Avant de passer à l’étape suivante : colère, frustration, action – et destruction de ce qui avait déclenché tout cela.

En l’occurence ?
Lui.

Se mordant l’intérieur de la joue, Erwan pourtant ne bougea pas.
Il n’avait aucune envie, ni ne ressentait le besoin, de se justifier. Gil voulait lui sauter dessus ? Soit. Il était bien à même de le comprendre, pour cela, mais pas prêt à se laisser faire. Il défendrait sa peau, mais ne s’excuserait pas. Libertée lui avait ouvert un nouveau monde, il se remettait grâce à cela – enfin ! - de la mort de Miss. Il n’avait aucune raison de se sentir coupable, et si quelqu’un devait ressentir ce sentiment, c’était soit Libertee, soit Gil.

Libertée parce qu’elle aurait pu le repousser pour préserver son couple, si elle l’avait voulu.
Gil parce que si Libertée avait été poussée ainsi dans ses retranchements, c’était qu’il avait fait quelque chose qui aurait pu le justifier.

Alors, il se tenait pour l'instant immobile, à peine en garde mais prêt à réagir.
Étonamment, le jaguar ne se sentait pas vraiment concerné par tout ça, et observait la scène, dans le ventre d’Erwan, avec intérêt pourtant.
Ces humains...

En même temps, pour lui, les mâles devaient se battre pour une femelle, et une femelle encouragerait plutôt les mâles à le faire.
Alors, d'une pulsion incontrôlable - et complètement stupide - Erwan s'avança d'un pas et posa ses mains sur les épaules fines et parfaitement dessinées, mais aussi nues, de la Marchombre.

Retenant un grondement, l'homme aux cheveux blancs prit une inspiration.

- Ne t'interpose pas... murmura-t-il si doucement que seule la jeune femme puisse l'entendre. Il ne voulait pas qu'elle soit blessée, déjà, et ensuite lui aussi s'était jeté dans la gueule de... du loup ? De la lionne ?

Les deux, au vu de l'expression de Gil.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Mar 13 Sep 2016, 21:26

Il s'était attendu... non. Il avait espéré que le regard de Libertée aurait démenti son pressentiment. Il aurait voulu que cette pensée fugace, cet exemple vraiment con ne lui soit jamais passé par la tête. Il aurait aimé effacer les deux dernières minutes, ou revenir en arrière pour choisir de faire le mort, plutôt. Sa spécialité, après tout. En fait, c'était là tout le secret d'une vie sans embûches du genre : faire le mort était une façon simple et efficace d'éviter les emmerdes, et bon sang, elles lui collaient à la peau depuis si longtemps qu'il ne savat même plus quel effet cela faisait, être tranquille. Le chat n'était qu'un grain de sable dans les méandres torumentés de sa misérable vie. Et l'égratignure, sur sa jour, n'avait rien à voir avec la blessure que ce regard rose, incapable de cacher une vérité éclatante, ouvrit à l'intérieur de sa carapace. Une plaie franche et fatale. Coupé en deux, le petit cœur de l'amoureux transi. Réduit en miettes par un acquiescement silencieux. Accord tacite du hasard qui n'en finissait pas de lui jouer des tours. Une minute de plus dans cette journée qui avait l'intention de l'achever à coup de couteau bien placés.
Ça piquait un peu.

- Tu as quelque chose à dire ?

Libertée avait fait un pas sur le côté – pas pour se rapprocher de lui, non ! Mais pour se placer entre Erwan et lui. Oh, c'est futé, ça. Un bouclier humain bien choisi. Contre qui ? Contre quoi ? Moi ? Gil plissa les yeux. Sauter à la gorge de ce type... Enfer, oui, c'était tentant. Chaque seconde qui s'écoulait, chaque battement de cœur augmentait d'un cran la tension désormais nettement palpable entre eux trois. La bête s'éveillait doucement, tirée du sommeil par l'effluve d'une colère qui l'excitait déjà. Pourtant, quelque chose arrêtait encore Gil, le maintenant sur le fil d'une décision qui pouvait changer le cours de sa vie. Si cela n'avait tenu qu'à lui, il serait déjà en train de rouer de coup cet homme à l'apparence si tranquille, si sûr de lui. Sauf que cela concernait aussi Libertée. Pire : elle le provoquait, lui faisait face, l'affrontait impunément, comme si... comme si c'était sa faute à lui.

- Deux ou trois broutilles, ouais, répliqua-t-il en la fusillant du regard. Mais j'hésite : je te les donne dans l'ordre chronologique ou alphabétique ?

Colère, incompréhension, douleur... Un festin pour la bête qui se ramassa sur elle-même et gronda en lui, répondant sans le savoir à un feulement ennemi. Gil ne regardait pas Erwan, son regard était fiché dans celui de Libertée – le rose, la noisette et le bleu, trio cataclysmique tandis qu'autour d'eux, les gens vivaient leur vie. Les fous. S'ils savaient qu'ils se trouvaient à proximité d'une bombe, ils s'enfuiraient en courant. Qui allait exploser le premier ? Elle ou lui ? Je rectifie : ça pique pas juste un peu, ça tue. Ça me tue, bon sang. Aurait-il préféré qu'elle éclate en sanglots ? Peut-être. Ses larmes l'avaient toujours démuni. Il n'aimait pas la voir pleurer. Encore moins la faire pleurer. Souhaitait-il qu'elle se mette en colère ? Ce n'était pas comme s'il était totalement innocent. Bien sûr qu'elle lui en voulait pour Kaünis, et pour Naïs aussi, même s'il n'avait pas revu l'Envoleuse depuis un sacré bout de temps. Qui avait blessé l'autre en premier, finalement ? Poings qui se serrent dans les poches. C'est pas une raison.

- Alors ? Quel effet ça fait de devoir se justifier ? D'avoir à expliquer quelque chose qui ne peut pas s'expliquer ? Dis-moi, le désert était sec ou bien tu as eu envie de mettre en œuvre ma proposition ?

Proposition... Quel horreur. Ce mot lui écorcha la bouche – littéralement. Il avait dit à Libertée qu'aussi longtemps qu'il couchait avec d'autres femmes, elle pouvait voir d'autres hommes. Il avait dit aussi que s'il croisait l'un d'entre eux, il le tuerait. Merde, je suis pas un type bien, Lib, pensa-t-il en serrant les dents à en faire saillir les muscles de sa mâchoire. Tu sais ce que je suis, au fond. Un monstre. Une bête sauvage. Un ours dément. Un tueur de marchombres. Un tueur tout court. Un putain d'Envoleur ! Et soudain, tout lui parut clair comme de l'eau de roche. Limpide au point de souffler sa colère de la même façon que l'on souffle sur une flamme pour l'éteindre. Il écarquilla les yeux, réalisant seulement à quel point le gouffre qui s'était ouvert entre eux était immense : elle était d'un côté, calme, sereine, entière et lumineuse en dépit de la manière dont elle l'observait.Il se trouvait de l'autre, déchiré par mille tourments, mille questions, labouré de remords et barbouillé de défauts en tout genre. L'harmonie et le chaos. Face à face inévitable, si l'on était honnête. Différence intolérable. Gil avait l'impression qu'il n'était plus capable d'atteindre la jeune femme, même s'il tendait les bras pour la retenir. La lame s'enfonça plus profondément encore dans son cœur.

- Ecarte-toi.

L'ordre avait claqué, brutal.
Impérieux.
Triste.

La pointe fine et acérée d'une aiguille apparut dans le creux de chacun de ses poignets, stylet morte qui n'attendait plus qu'une raison d'agir. Vas-y ma belle.

Donne-moi une seule bonne raison..
.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Mar 13 Sep 2016, 22:09

Elle sentit le mouvement d'Erwan plus qu'elle ne le vit - une chaleur dans son dos, et son contact sur ses épaules.
Rentrant le menton vers sa poitrine, elle se dégagea fermement de ses mains, et secoua la tête à son murmure : Ha non, elle faisait ce qu'elle voulait, et elle savait comment allait finir par réagir Gil. Il lui semblait, en tout cas.
Même s'il était toujours plein de surprises, au fond.

Elle ne put s'empêcher de se renfrogner quand l'Envoleur lui lança un regard noir.

- Alors ? Quel effet ça fait de devoir se justifier ? D'avoir à expliquer quelque chose qui ne peut pas s'expliquer ? Dis-moi, le désert était sec ou bien tu as eu envie de mettre en œuvre ma proposition ?

Serrant les dents, Libertée redressa fièrement le menton, finalement.
Elle n'avait aucune intention de se justifier, à la base, mais là elle pouvait bien lui balancer ses vérités à la tronche. Il était blessé, elle pouvait bien le ressentir, et comme un chat il attaquait en retour.

Elle…
Elle avait envie de le prendre dans ses bras.
Toute sa colère fut soudain soufflée, alors que Gil la fixait dans les yeux.
Oui, elle devait communiquer. Parler. Est-ce qu'il voudrait l'entendre ? L'écouter ? Ou était-il trop accroché à son ego pour voir plus loin que le bout de son nez ?

- Ecarte-toi.
Carrant les épaules, la marchombre prit une inspiration…
Avant de se dégager de devant Erwan. Mais elle ne se poussa pas, non : elle se jeta contre Gil, et enroula ses bras autour de son torse pour poser sa joue dans le creux de son pectoral. Ignorant superbement l'aiguille sortie du poignet de l'envoleur.

- S'il te plait… commença-t-elle dans un murmure…
Elle ne savait pas par où commencer. Alors, elle plongea, fermant les yeux pour tenter de retenir ses larmes.

- Je t'aime, Gil. Mais je ne suis plus moi-même depuis des mois. Depuis la naissance de Suviyo. Ce n'était pas une pulsion incontrôlable, pas un besoin à combler, mais… Je ne te suffis pas.
Je ne te suffis pas, je t'ai jamais suffi sans doute. Et moi, ce que tu m'apportes ne me suffit pas non plus.


Elle fit une pause de quelques secondes, avant de se détacher de l'envoleur pour chercher son regard.
Cligna des paupières.

- Je t'aime, mais l'amour ne suffit pas. Alors, je ne t'en veux pas - plus - d'aller voir ailleur. J'ai compris ce que Syles voulait dire, en fait… Je ne veux pas t'empêcher d'être toi-même, c'est toi tout entier - avec toutes tes ténèbres - que j'aime. Mais la lumière me reste indispensable. Je suis juste certaine que tu n'es pas à l'aise avec toi-même. Tu te cherches toujours, tu dis que tu es comme ça ou comme ça, et c'est vrai. Mais tu ne l'acceptes pas. J'ai cru…
Les larmes s'étaient mises à dévaler ses joues mais sa voix restait ferme.
- J'ai cru que je pourrais l'accepter à ta place, mais je ne peux pas le faire à ta place…

Elle le repoussa brusquement, essuyant ses larmes d'un revers d'avant-bras.

- Suviyo est à la maison. Elle a besoin de toi, tout comme moi. On a besoin de toi…
Se rapprochant une nouvelle fois, elle déposa un baiser sur ses lèvres. Infiniment délicat.

Se tournant vers Erwan, elle chercha son regard cobalt.

- Erwan, c'est un peu ma lumière. Il me rappelle qui je suis, pas ce que je veux être. Tu comprends ?

C'était étrange de dire ça comme ça alors que… finalement ils ne se connaissaient pas énormément depuis longtemps, bien qu'ils se croisaient très régulièrement à l'Académie.
Elle le ressentait ainsi, et ne voulait perdre ni l'un, ni l'autre.
Quitte à vexer Erwan, à cesser toute relation charnelle mais… ELle avait besoin de lumière. De lumière, dans ses relations, dans sa relation à elle-même.
D'harmonie.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Mar 13 Sep 2016, 23:51

Erwan ne tenta pas de retenir Lib quand il la sentit se tendre, juste avant de se dégager, pas plus qu'il prit mal ce mouvement d'humeur. Après tout, il n'avait pas tellement voix au chapitre, et se contenta donc d'observer la scène.
Les expressions de Gil, les réactions de la Marchombre.
La colère dominait chez l'Envoleur, et pourtant si Libertée y répondit dans son attitude, d'abord, quelque chose souffla sa rage et détendit brusquement ses épaules.

Qu'avait-il dit déjà ?
* Un sacré bout de femme *
Il ne savait pas comment lui aurait réagi aux pics de méchanceté de Gil, mais certainement pas avec autant de calme… Ou en tout cas, pas avec si peu de colère, car il l'attaquait personnellement. Étonné par la mesure de la Marchombre, l'homme ne put s'empêcher de noter que Miss aurait tout envoyer bouler dans un contexte similaire. Et cela faillit lui tirer un sourire qu'il retint juste à temps…

Alors que Libertée se jetait dans les bras de Gil.
Inconsciente ou parfaitement lucide ?
Il ne savait pas trop, mais à la voir dans les bras de l'Envoleur, le Marchombre cligna des paupières. Il vallait mieux qu'il les laisse, apparemment. Ils avaient des choses à se dire, et il ne voulait pas se mettre au travers d'un chemin de réconciliation potentiel. Il n'avait aucun intérêt à mettre son grain de sel ou ses sentiments sur la table, alors il se passa la main droite dans les cheveux, puis la gauche, avant de pivoter pour s'en aller.

Il n'allait pas faire son voyeur non plus.
Libertée viendrait s'expliquer, il en était certain. Et si ce n'était pas le cas… Et bien, il ne lui souhaitait que d'être bien, et heureuse, en réalité, tout comme à Gil. Un petit pincement dans le coeur, mais à peine perceptible. Il ne prétendait posséder personne, pas même sa fille, alors, en réalité, il n'y avait rien à dire, aucune déception à avoir.

Mais alors qu'il s'éloignait, Libertée le prit au dépourvu en prononçant son nom, et il ne put s'empêcher de tourner la tête dans sa direction. Et croiser son regard rose.

- Erwan, c'est un peu ma lumière. Il me rappelle qui je suis, pas ce que je veux être.

Le Marchombre fronça les sourcils un instant, touché par cette révélation.
Il cessa juste de marcher et se mit de trois-quarts pour observer la réaction de Gil, une seconde, alors que des papillons naissaient dans son ventre.

Il ne doutait pas de Libertée.
Ni de lui-même.
Ils étaient des adultes, consentants, responsables et parfaitement capables de se contrôler.
Non ?

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Mer 14 Sep 2016, 17:47

Gil ne put s'empêcher de grogner de surprise lorsque Libertée se jeta contre lui. Son élan le fit reculer d'un pas mais, instinctivement, il referma un bras autour de sa taille, à la fois pour la retenir et l'attirer un peu plus contre sa poitrine. Confus. Déboussolé, même. Ça se mélangeait dans sa caboche et dans son cœur, il était perdu. Ce corps chaud et menu contre le sien lui donnait l'envie folle de l'emporter loin d'ici. Celui qui restait en retrait attisait la violence de la bête et son besoin de passer à l'attaque. Déchiré entre ces deux extrêmes, Gil se mit à trembler. Il ne savait pas quoi faire ! Enfer, jura-t-il en voyant les larmes dans les yeux et sur les joues de la marchombre. Cette fois c'était clair : il n'aurait jamais dû se lever ce matin. Non... la veille. Plus de vingt-quatre heures qu'il n'avait pas dormi.

- Je t'aime, Gil. Mais...

Voilà. Tout était dans ce « mais ». Effrayant de constater à quel point certains mots pouvaient contenir de choses, et celui-ci était visiblement plein à ras bord ; Gil se dit qu'ils auraient probablement dut y prêter attention plus tôt, vider leur sac avant que celui-ci ne soit trop lourd à porter... parler. Tout simplement. Comme ils le faisaient au début. Jamais il ne s'était confié autant à quelqu'un depuis qu'il l'avait rencontrée. La réciproque lui semblait vraie et cependant, il ne se souvenait pas avoir réellement parlé avec Libertée depuis des mois. Depuis... la naissance de Suviyo. Pourquoi cet événement si précieux était-il source de chaos entre eux ? Gil ne chercha pas bien longtemps, la réponse était là, évidente et douloureuse : parce que ce jour-là, on avait cherché à lui faire peur. Et ça avait marché. Les souvenirs de son empoisonnement et de son passage à tabac traversèrent son esprit. La menace insidueuse refit lentement surface. Le jour où sa fille était née, son monde avait basculé dans un univers de peur permanente : il s'était senti épié, traqué, acculé ; la violence était sa seule réponse, exactement comme s'il était un loup que des hommes sans scrupules auraient entouré d'un cercle de feu et de mort. Il claquait des mâchoires et peu importe les conséquences, s'il pouvait se défendre et, au passage, protéger ceux qu'il aimait...

- Je ne te suffis pas, je t'ai jamais suffi sans doute...

Tu m'as comblé. Gil ne s'exprima pas à voix haute, déjà parce que Libertée s'épanchait à un rythme qu'il était impossible de briser et ensuite, parce qu'il avait peur de formuler ses pensées. Pourtant, c'était bien ce qu'il ressentait au fond de lui : Libertée l'avait rempli. Elle occupait une place immense et impossible à céder à nulle autre. C'était lui qui ne lui suffisait ! Lui qui n'était pas digne de ce « sacré bout de femme », et pas uniquement à cause de cette sourde menace qui le forçait à changer, à devenir un autre ; il ne s'était jamais senti à la hauteur, à dater de cette nuit si belle où il avait levé les yeux pour la découvrir, depuis ses longues jambes jusqu'à ses yeux lumineux. Ce premier regard échangé avait massacré une floppée de neurones dans sa caboche. La suite avait fait des ravages. C'était toujours le cas. Quand Libertée était près de lui – si près... - il n'arrivait pas à réfléchir correctement, à réagir naturellement. Le rose de ses iris le rendait tout chose. Son parfum de pêche mûre l'enivrait. La chaleur de sa peau lui donnait le tournis. Sa voix...

Elle lui parlait de ténèbres, de chaos, de lui. D'une fille amoureuse mais d'un amour qui avait ses limites. Et d'une lumière. Erwan. Ah, ça, question éclat, ce type grapillait tous les points. Il était plus grand aussi, plus mince, plus calme, plus sage, plus plus plus et plus. De quoi agacer profondément un Gil déjà pas franchement patient ni serein... il avait toujours envie de le tuer. A la simple pensée qu'il avait pu poser les mains sur Libertée, la toucher aussi intimement que lui, la bête claquait des mâchoires et grondait, menaçante. Elle pleurait toujours dans ses bras et il ne comprenait toujours pas. Etait-elle en train de lui demander... de la quitter ? De s'effacer ? D'accepter ? Il ferma les yeux un instant, réalisant soudain à quoi Libertée avait été confrontée dernièrement. Ne pas savoir sur quel pied danser était frustrant et effrayant. Sensation de déséquilibre permanent qui envoyait des signaux contradictoires à son cerveau – colère, vide, soulagement, colère, peur, tristesse, culpabilité, colère, méchanceté, inquiétude, colère...

Cette histoire est complètement dingue.

Gil rouvrit les yeux et recula pour s'écarter de Libertée. Il la tenait toujours par les épaules. Les larmes roulaient sur ses joues, brillaient dans ses yeux. Arrête ça.

- Je ne sais pas quoi te répondre, là... Je suis paumé. Tu veux quoi, Lib ? Qui ? Lui ou moi ?

Il réalisa brusquement que c'était un ultimatum et qu'il était assez mal placé pour le poser. Puis il se souvint qu'elle avait plus ou moins fait la même chose, à l'époque, et qu'il avait choisi de ne plus aimer Naïs. Plus de cette façon-là. Quant à Kaünis... Il n'arrivait à mettre de mots sur une relation qui était purement charnelle. Qu'elle soit en ancienne élève devait jouer un certain rôle et peut-être qu'il n'avait pas le droit de la baiser, mais il se savait assez fort pour ne plus la toucher si Libertée le lui demandait. Elle te l'a déjà demandé, couillon, répliqua sa conscience d'un ton narquois dans un recoin de son esprit. Lorsqu'elle ne comprenait pas que tu n'es qu'une bête. Une bête sauvage. Une bête de sexe. Le regard de Gil s'assombrit. Sans doute, oui... C'était à lui de savoir, désormais. Libertée semblait plus encline à le comprendre et à l'écouter. Etait-elle prête à faire un choix ? Il jeta un coup d'oeil à Erwan et réprima ses pulsions meurtrières pour l'observer. Attentif, un peu raide, indécis. Il attendait aussi. Si Lib choisissait les ténèbres, s'en irait-il ? Gil frémit. Si elle choisissait la lumière de ce type, il n'était pas certain de parvenir à se contenir. Elle le rendait déjà plus fou qu'il ne l'était. Si elle le quittait, il allait se perdre, c'était certain. Ravalant sa peur, il reporta son attention sur Libertée.

Attendit aussi.

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Mer 14 Sep 2016, 18:20

[ court mais voulais pas faire un dialogue... pauvre Erwan x) ]




Alors c'était tout ?
Il fallait seulement qu'elle choisisse ? Un choix conscient de tout ça ?
Il lui demandait ce qu'elle lui avait demandé des mois, des années, plus tôt ? Et alors, finalement ? Elle avait envie de savoir s'il s'était à nouveau tapé Kaünis. Elle avait envie de lui dire que ce n'était pas lui ou Erwan qu'elle choisissait - et quand bien même ce choix était déjà fait - mais elle-même.
Il ne comprendrait pas, cette réponse. Alors, elle secoua la tête.


- Ce choix-là, Gil, il est déjà fait. C'est toi que je veux.
Elle lui tapota la poitrine, juste au niveau de son coeur.
- Je veux être là, là et là.
Elle désigna son coeur, sa tête, et son entrejambe. Oui, elle osa.
- Je veux surtout être moi-même. Entière. Pas tiraillée dans tous les sens, pas à me poser toujours la question de la merde dans laquelle tu es en train de te fourrer, de pourquoi tu ne rentres pas à la maison, de savoir si notre fille va vraiment avoir un père, ou alors un étranger, si elle va être menacée ou pas…
Secouant la tête, Libertée recula d'un pas, laissant ses doigts trainer sur la joue de Gil.
- Mais toi, est-ce que tu peux choisir ? Est-ce que tu peux me choisir, moi, et aucune autre, ou c'est au dessus de tes forces ?

Elle eu un pincement au coeur en se rendant compte qu'Erwan devait toujours être là.
Tant pis.

Il comprendrait.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Mer 14 Sep 2016, 19:04

[ Je t'ai battue  niveau longueur,Lib xD]




Erwan ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel quand Gil sortit de sa torpeur pour poser la question…
La question qu'il n'aurait pas fallu poser, au final.
Même si en soi, le Marchombre ne se faisait aucune illusion.

D'ailleurs, la réponse de Libertée alla dans son sens.
Il les observait, tous les deux, et avait envie de les laisser discuter. Communiquer.
Mais… quelque chose le poussa à parler.
Peut-être cette lueur frondeuse au fond du regard de Gil.

- Arrêtez de vous restreindre. Si vous perdez une partie de vous à chaque fois, l'un ne possèdera jamais l'autre, et vice-versa. Vous ne serez que des reflets, des ombres de vous-mêmes.

Vivez, ne survivez pas pour des idéaux inatteignables.
Vous devriez être plus forts ensemble, pas faibles ou fissurés…


Clignant des paupières, Erwan laissa son regard rencontrer celui de Gil, puis celui de Libertée.


- Pensez à votre fille, ajouta-t-il avant de se tourner, pour s'éloigner.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 15 Sep 2016, 13:12

« C'est toi que je veux ».

Enfer. Elle l'avait dit. Il ne savait pas vraiment s'il s'y était attendu ou non, si la surprise était réelle ou bien si l'évidence était là, mais au moment où Libertée prononça distinctement ces mots, Gil sentit son cœur chuter dans sa poitrine. Zooom ! Dégringolade cardiaque. Le palpitant avait plongé. A plus tard, mon vieux... Les neurones aussi avaient déserté – il n'y avait plus personne à la barre, vu de l'intérieur c'était presque effrayant. De l'extérieur, Gil resta immobile, son regard attaché à celui de la marchombre. Il buvait ses paroles. C'est moi qu'elle veut, putain. C'était une belle journée, tout compte fait. Cette impression se confirma lorsque Libertée toucha son front, son cœur – sans se douter qu'il était en fait trois étage plus bas – et son... Bordel. Si tu me touches là, je vais devenir fou. Elle n'avait fait qu'effleurer son entrejambe, tout à son discours, mais il sentit son corps réagir immédiatement et serra les poings à nouveau pour ne pas lui sauter dessus. Qu'est-ce qu'on fout encore là ? Se demanda-t-il en reprenant conscience de l'endroit où ils se trouvaient. Pourquoi est-ce qu'on ne rentre pas à la maison ?

- Je veux surtout être moi-même.

Gil fronça les sourcils. Il n'était pas certain de tout saisir – d'appréhender un tel concept. Etre soi-même, le décidait-on ? Y pensait-on ? N'était-ce pas naturel, inconscient ? La bête remua en lui, l'obligeant à considérer la question sous un autre angle, plus vif et plus troublant : qui suis-je ? Un pauvre type qui passe son temps à éviter les choix – donc les emmerdes – et qui les récolte toujours au bout du compte ? Un fils parricide ? Un Envoleur complètement chaotique qui détestait l'Ordre du Chaos ? Un Envoleur amoureux d'une Marchombre ? Le père de Makeno et de Suviyo ? L'amant de Kaünis ? Un cabochard, souffla dame Conscience dans son esprit torturé. Un enfoiré, un couillon, un... - STOP ! C'est bon. J'ai compris l'idée. Gil secoua la tête. Ces monologues intérieurs l'épuisaient vraiment, ces derniers temps. Et l'agaçaient prodigieusement. A quoi bon se poser toutes ces questions, sérieusement ? Libertée réfléchissait trop. Il voyait presque les rouages de son cerveau s'activer à toute allure. Au moins, elle ne pleurait plus. Est-ce qu'elle vaait besoin de peser le pour et le contre chaque fois qu'elle disait ou faisait quelque chose ?

- Mais toi, est-ce que tu peux choisir ? Est-ce que tu peux me choisir, moi, et aucune autre, ou c'est au-dessus de tes forces ?

Il ouvrit la bouche pour répondre, mais Erwan lui vola la parole – le bougre... Curieusement, ces paroles trouvèrent un drôle d'écho chez Gil. Il y avait du vrai là-dedans. Il était tout fissuré et Lib aussi. A chaque fois, ils s'étaient débrouillés pour enfoncer un clou qui n'avait fait qu'augmenter la taille de ces fissures. Il était responsable de la majorité d'entre elles. Ça sent le vécu, songea Gil en dévisageant Erwan avec un intérêt nouveau. Il se rappelait de Miss, cette drôle de marchombre aux yeux violets qui n'avait pas hésité à lui parler sans détours. Un sacré bout de femme aussi, tiens. Aussi lumineuse et pétillante que Libertée. Pas étonnant qu'Erwan soit tombé sous le charme... Ouais, mais c'est moi qu'elle veut. Alors dégage.

- Pensez à votre fille...

Gil cligna des yeux. Il fut le premier surpris lorsqu'il interpela l'homme aux cheveux blancs comme celui-ci tournait les talons :

- Attends.

Mais il s'en va ! protesta sa chieuse de Conscience, exaspérée. Laisse-le filer la queue entre les jambes et ramène Lib à la maison ! Gil ne l'écoutait pas. Il croisa brièvement le regard de Libertée puis contourna celle-ci et se rapprocha d'Erwan. Il s'arrêta à un pas, jugeant préférable de ne pas entrer davantage dans sa zone de confort, et croisa les bras sur la poitrine.

- Tu dis qu'on doit être forts ensemble, mais ça ne t'es pas venu à l'esprit qu'en t'immisçant entre nous, tu risquais de faire des dégâts ?

C'était une question purement curieuse, pas une menace ni même un reproche. Gil était intrigué. Il comprenait un peu les raisons qui avaient poussé Libertée à voir un autre homme, mais lui... Lui, il ne pigeait pas vraiment. Ce n'était pas tellement le genre à chercher des noises pour le plaisir. Pas non plus le type qui collectionnait les coups d'un soir. La façon dont il couvait Lib d'un regrd tendre était claire : il avait des sentiments pour elle. Et Gil ne pouvait pas croire qu'il allait abandonner si facilement la partie. Une part de lui s'en offusquait. La bête tournait furieusement dans son ventre. Enfer, j'ai...

-...envie de te casser la gueule.

Bon. Il avait parlé à voix haute. Et alors ? C'était peut-être mieux que s'il l'avait cogné sans sommation, non ? Il sentit Lib se raidir et soupira.

- Pas ici, précisa-t-il en jetant un coup d'oeil autour de lui.

Il regarda Libertée, une question au fond des yeux. Ils pouvaient toujours rentrer à la maison. Tous les... trois. Là-bas, ils seraient plus tranquilles pour discuter, se disputer – et se tabasser.

Non ?

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 15 Sep 2016, 18:43

Alors quoi ?
Elle n'avait pas eu de réponse à sa question, et cela fit flamber à nouveau sa colère. Voilà. Même si elle était carrément surprise qu'il semble écouter Erwan, elle sentit l'émotion remonter en elle et eut une telle envie de le baffer que sa main la démangea.

Il n'avait pas répondu !
Et là, il s'avançait vers le marchombre… Libertée fit glisser ses doigts à l'intérieur de son coude, verrouillés autour de son articulation, pour l'empêcher de sauter sur l'homme.
C'était elle ou bien Gil n'entendait toujours que ce qu'il voulait, et ne répondait jamais à ses questions ? Même si la question de l'envoleur était légitime, finalement. Mais Libertée avait provoqué Erwan, lui avait voulu l'éloigner justement.
Il marmonna quelque chose que Lib n'entendit pas, avant de se tourner vers elle.

- Pas ici.
La marchombre cligna des paupières.
- D'accord.

Elle fit volte-face en lâchant brusquement Gil, s'éloignant du village en attrapant son sac de courses. À grandes enjambées, elle sortit de la zone commerciale, puis passa les dernières maisons. Dans son esprit, tournait la scène avec Erwan dans l'auberge…
Quand il avait dit qu'elle le perturbait, ce que ça avait réveillé en elle. Son baiser. Non, leur baiser. Qu'est-ce qu'elle le voulait, ce baiser, finalement ! C'était elle qui l'avait entraîné, qui avait pris cette décision, lui était attiré mais était prêt à s'en aller, il ne lui avait à aucun moment donné l'impression de prendre le taureau par les cornes, peut-être à part pour ce baiser.
Elle secoua la tête, échangeant un regard avec Erwan, l'intimant de se taire.


- C'est pas lui, c'est moi, Gil. Au contraire, il ne voulait pas que je l'accompagne car il a dit que… Je le perturbais. Elle chercha les yeux du marchombre un instant. C'est moi qui lui ai proposé de banaliser tout ça. C'est moi qui l'ai entraîné dans une chambre, qui lui ai sauté dessus car… je me suis sentie regardée, belle, unique. C'était de moi dont il avait envie, pas de la première nana qui ouvrait les jambes !

Elle se tut.
Laissant Gil assimiler tout ça.
Parce que cette fois, elle ne voulait pas qu'il ne l'entende pas jusqu'à la fin.
Alors, seulement quand il voulut ouvrir la bouche, elle le coupa avant qu'il ne commence. En hurlant.  

- T'as pas répondu à ma question !! Est-ce que tu es capable de ne pas te fourrer dans n'importe quelle nana ??
Elle venait de s'arracher le fond de la gorge.

- Je ne suis qu'un trou parmis tant d'autres !! Amour ou pas, ça suffit pas, tu vas encore aller t'épancher autre part !! T'en a rien à foutre de ce que je ressens, au fond, avoue-le !

Parce que voilà, c'était l'impression qu'elle avait.
Il l'aimait, elle le voyait dans son regard. Alors, quoi ? Qu'est-ce qui n'allait pas là-dedans ? Comment pouvait-il lui demander quelque chose que lui-même n'était pas capable de tenir ? D'abord, ça avait été Naïs. Puis, ça s'était calmé, mais finalement ça devenait n'importe qui ou presque - son ancienne apprentie notamment !
La nana sans doute la plus tarée de l'univers !
Elle en avait marre, tout simplement. Marre d'être dans un truc à sens unique, marre d'endosser les choses en général par réflexe, et de crouler sous tout ça. Marre de ne pas pouvoir communiquer, ou que cela ne change absolument rien !

Alors, elle s'avança, accusatrice, vers Gil et pointa son index sur son sternum en le piquant avec humeur.

- Alors quoi, tu vas me tabasser moi ??!
Elle le provoquait, mais là, tout de suite, elle aussi avait besoin de frapper quelque chose. Non : quelqu'un. Et ce quelqu'un était juste là, en face d'elle !

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 15 Sep 2016, 21:07

- Alors quoi, tu vas me tabasser moi ??!
- Idée relativement tentante ma belle, mais je crois que j'ai une meilleure suggestion.



*


Gil regarda Lib s'éloigner à grands pas furieux. Il supputa que son « d'accord » ne s'appliquait pas au projet « démolissage d'Erwan » et cela lui tira une moue boudeuse tandis qu'il lui emboîtait le pas, les mains fourrées dans les poches ; il n'avait pas besoin de son avis ! C'était bien elle qui avait entraîné ce type dans leurs affaires, il ne fallait pas être étonnée qu'il s'en prenne plein la figure ! En fait, sans Libertée dans les parages, Gil serait déjà tombé sur Erwan depuis longtemps. Il ne s'était contenu que parce qu'elle s'était jetée dans ses bras. Il avait rentré ses pointes malgré lui et n'envisageait pas de les ressortir : seuls ses poings le démangeaient, à présent. Il avait eu sa réponse, ça lui suffisait. Une réponse nuancée, certes, mais bien au-delà de ce qu'il aurait pu espérer. Bien au-delà de ce qu'il avait mérité. C'est toi que je veux. Les mots dansaient dans son esprit. Dans sa poitrine. Son cœur était toujours en vrac et quelque chose lui soufflait que ça allait durer un moment.

Drôle de sensation. C'était différent de tout ce qu'il avait connu jusqu'à présent, une nouveauté étrange, un peu effrayante mais surtout excitante ; c'était comme être ivre alors qu'il n'avait pas bu une seule goutte d'alcool. Comme planer tout en étant parfaitement lucide. Il suivait Libertée sans s'empêcher de la mater. C'est toi que je veux... Il aimait la manière dont ses cheveux repoussaient en mèches joyeuses et désordonnées, il avait envie de glisser les doigts dans les boucles souples qui chatouillaient sa nuque. Il aurait pu marcher derrière elle des heures durant, juste pour contempler sa façon de marcher, le balancement de ses hanches, son pas énergique, parce que tu es tellement sexy quand tu te mets en colère, bon sang ! Etait-ce pour cette raison qu'il la poussait toujours à bout ? Sans doute, oui. Mais il appréciait aussi quand elle souriait et c'est vrai qu'en ce moment, il ne lui en donnait pas vraiment l'occasion. Pas entièrement sa faute...

- C'est pas lui, c'est moi, Gil.

Hein ?

Tout à sa rêverie, Gil ne comprit pas immédiatement de quoi Lib était en train de parler. Il s'arrêta de marcher. Il n'y avait pas âme qui vive où ils se trouvaient désormais. Les maisons n'étaient pas loin mais devant eux, les champs s'étendaient à perte de vue. Le lac scintillait en contrebas de la crête herbeuse sur laquelle ils se trouvaient. Il leur suffisait de descendre et de continuer vers le bois pour atteindre le marais non loin duquel se trouvait leur demeure, mais Gil resta immobile, concentré désormais sur les paroles de Libertée. Il avait concscience de la présence discrète d'Erwan, en retrait derrière lui. Oui, vraiment, c'était une histoire de dingues...

-... je me suis sentie regardée, belle, unique. C'est de moi dont il avait envie, pas de la première nana qui ouvrait les jambes !

C'est moi que tu veux mais tu m'en veux toujours. D'accord. Il comprenait. Et il l'acceptait. Mais Lib semblait penser que des centaines de femmes avaient ouvert les jambes pour lui alors qu'en réalité, il n'avait pas déconné si souvent que ça ; il se retint de le lui faire remarquer – elle n'avait pas terminé de toute façon, et il jugea plus sage de ne pas l'interrompre.

- T'as pas répondu à ma question !! Est-ce que t'es capable de ne pas te fourrer dans n'importe quelle nana ?? Je ne suis qu'un trou parmi tant d'autres ! Amour ou pas, ça suffit pas, tu vas encore aller t'épancher autre part !! T'en as rien à foutre de ce que je ressens, au fond, avoue-le !

Eh bien non. Il n'avoua rien du tout. Il resta là, debout, extraordinairement silencieux et impassible. Ce n'était pas un refus de réponse, ni un silence affirmatif – juste une prise d'inspiration, la plus grande de toute sa vie, la plus dure aussi.

- Alors quoi, tu vas me tabasser moi ??!
- Idée relativement tentante ma belle, mais...




*



Je sais.
Je sais.
J'ai merdé sur toute la ligne. Je suis le plus grand connard de cet empire – derrière Seren – et je ne suis même pas fichu d'éviter les ennuis quand ils croisent ma route. J'y peux rien s'ils me collent à la peau... D'accord. Presque rien. J'ai tendance à foncer tête baissée sans regarder où je vais. Je cherche un peu la bagarre et je récolte souvent ses fruits. J'ai failli claquer si souvent que c'est un miracle que je sois encore de ce monde aujourd'hui. Ça ne durera peut-être pas. Cette chance que j'ai de m'en sortir à chaque fois de justesse, et bien, je me dis qu'un jour elle foutra le camp elle aussi. Elle aura bien raison. Je n'en mérite pas tant.

Alors, eh bien, cette fille qui est devant moi et qui me plante le doigt entre les côtes, j'ai pas envie de la voir foutre le camp à cause de moi. Elle en a le droit, elle en a les raisons, elle n'en aura pas le temps. Je ne la lâcherai pas. Je lui ai fait plus de mal que quiconque, j'ai souhaité qu'elle s'en aille, j'ai essayé de l'oublier, je l'ai trompée, mais... je l'aime. C'est aussi simple que ça. Je l'aime. Je l'ai dans la peau. Elle est en moi et jamais je n'arriverai à lâcher prise sans perdre un morceau de moi. Ça me fait mal de le reconnaître mais, enfer, il a raison l'autre, avec ses cheveux de sage vénérable. Il est plus sage que moi. Il l'aime déjà. Mais vénérable ou pas, je ne te la céderai pas, cette fille, parce que je l'aime. Parce qu'elle attend une réponse.

Et parce que ma réponse...



*



-... je crois que j'ai une meilleure suggestion.

Gil attrapa le doigt de Libertée avec le sien et en profita pour lui retourner habilement la main. Il la pressa sur sa poitrine et, dans le même temps, l'attira contre lui de son autre bras qu'il glissa autour de sa taille – mouvement brusque, il fallait qu'il lui coupe le souffle, qu'il l'empêche d'en placer encore une, de prendre la mouche. Il fallait qu'elle l'écoute.
Il fallait qu'elle le croie.


C'est toi que je veux.


- Lib, tu veux bien m'épouser ? Devenir ma seule, mon unique ? La seule nana qui comptera pour moi, comme elle compte déjà même si elle ne le pense pas ?

Ça te va comme réponse, ou il faut que je te prenne ici et maintenant pour te prouver à quel point je suis entièrement, complètement, totalement, inexorablement à toi ?

Il était loin de se sentir aussi tranquille qu'il en avait l'air. En fait, à l'intérieur, il tremblait comme un fou. Il pensait chacun des mots qui était sorti de son cœur en vadrouille, et il était prêt à souffrir d'impatience comme il l'avait fait souffrir en ne lui offrant pas de réponse immédiatement. C'était de bonne guerre. Et puis, il avait encore quelque chose à faire avant d'embrasser Libertée.

- Une minute, murmura-t-il, une flamme au fond des yeux.

L'instant d'après, son bras se détendit et son poing heurta la mâchoire d'Erwan. Il l'avait eu par surprise. C'était un coup bas mais bon sang ! Ça faisait un bien fou... Il grimaça et se frotta les jointures.

- Enfer, t'es fait de vargelite ou quoi ?!

Il y avait une note amusée dans le son de sa voix.
Si Erwan tenait à répliquer, il ne l'en empêcherait pas. La communication masculine était souvent ponctuée de coups de poings, après tout, et il en avait mérité plus d'un. Il ne disait pas non à une bagarre, mais...

… son regard bicolore rencontra celui de Libertée.

Dis oui.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 15 Sep 2016, 21:37

[ réponse en vitesse car pas le temps mais peux pas laisser ça comme ça ! ]


- Que... quoi ?? Non ! C'est pas une réponse ! Tu n'as pas le droit de me poser cette question ! Pas comme ça !

[ Le frappe ]

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 15 Sep 2016, 21:48

- Enfer, mais... mais tu vas arrêter de me frapper, oui ?

(Grogne en se frottant la poitrine)

Tu veux que je reformule pour que ce ne soit pas une question ? Bon. Je veux t'épouser. Voilà ! Non, attends...

(Recule précipitamment avant de se faire taper à nouveau)

Laisse-moi développer, bon sang !! Je sais que ça ne veut rien dire. En apparence, du moins. Je ne sais juste pas comment te prouver que je n'aime personne d'autre que toi. Même si je te le jure... Je ne poserai pas cette question une autre fois dans ma vie alors, si tu ne veux pas y répondre, tant pis.

(se referme comme une huître)

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 15 Sep 2016, 21:55

[ Le frappe encore ]

- C'est tout ce que tu mérites, espèce de couillon !

Prouve le par des actes, pas des paroles ! Arrête de dire "je vais faire ça, on va faire ça", sans rien derrière. J'en ai marre de tes beaux discours !


[ sa colère est soufflée...]
[ d'une toute petite voix ]

- Et si je dis oui ?

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 15 Sep 2016, 22:12

- Dis oui.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 15 Sep 2016, 22:28

- Pas de suite. Je veux autre chose, Gil.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Dim 18 Sep 2016, 11:49

[Affreusement court mais je ne pouvais pas me contenter d'un simple dialogue. Par pitié, que l'un de vous calme mon ours gronchon ! Bagarre ou galipettes (ou les deux !), choisissez, mais choisissez vite : la grenade va finir par exploser (et ça va faire des chocapics xD) !]




Gil recula d'un pas et se passa la main sur le visage, soudain épuisé. Autre chose. Bien sûr. Ce qu'il pouvait être con ! Il lâcha un petit rire dépité et regarda Libertée, une lueur blessée au fond des yeux. C'était quand même sacrément douloureux que de se faire éconduire à un moment pareil. Et un poil vexant. Ce n'était pas comme si il lui avait simplement demandé de lui passer le sel. Il lui avait demandé sa main. Juste sa main. La lune ! Venant du type le plus solitaire de l'empire, c'était la lune ! Mais pas suffisant pour elle – et pour cause : ses écarts trop nombreux. Vraiment, c'était douloureux. Et quand Gil était piqué de la sorte, ça ne manquait pas, il devenait méchant. Un réflexe de défense généralement adopté par les animaux les plus sauvages. Je suis un animal, répliqua-t-il avant de hausser les épaules.

- D'accord. Pas de problème. Après tout, c'est normal : un type comme moi ne se marie jamais, pas vrai ? Et il est encore moins du genre à tenir ses promesses...

C'était le cas mais Gil n'était pas certain de pouvoir faire partie intégrante de cette catégorie. Des promesses, il en avait tenues aussi.

- Tu ne m'en croies pas capable, hein ? marmonna-t-il en secouant la tête.

La confiance ! Voilà que que voulait Libertée. Avant de faire son choix, avant de répondre à cette demande qui lui venait pourtant du cœur, il fallait qu'elle retrouve confiance en lui. Gil grimaça ; il ne demandait que ça mais comment lui prouver sa bonne conduite s'ils se quittaient encore une fois ? Je fais quoi, je signe un contrat ? Elle ne pouvait pas l'aider un peu, aussi ? Il grogna.

- Et là, maintenant, tout de suite, qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Je démolis ce type ? Je rentre avec toi ? Je me barre ?

Finalement, mieux valait peut-être ne pas essayer de comprendre les femmes. C'était impossible. Nul ne pouvait détenir la clé d'un labyrinthe aussi tortueux que les pensées d'une femme, et ce n'était même pas enviable, en fait : Gil voulait simplement savoir ce qu'il devait faire pour que Libertée arrête de le dévisager avec cet air de chat sauvage. Quoique, ces flammes au fond des yeux lui allaient bien. Très bien, même. Trop pour un homme qui contenait de plus en plus difficilement son désir. Ils n'étaient pas encore arrivés chez eux. Si elle ne lui permettait pas de franchir le seuil, il allait devoir employer la force. Ou la ruse. Les deux, probablement... Et Erwan ? Gil lui jeta un coup d'oeil, curieux. Un coup de poing et une scène de ménage ne semblait pas l'effrayer, pourtant sa place n'était pas la meilleure, loin de là. Il se retrouvait mêlé à une histoire compliquée – et encore, c'était un joli petit euphémisme. Gil avait envie de lui taper dessus. Il avait aussi envie qu'il réplique. La douleur pour combattre la douleur...

- T'es content, face de lune ? lança-t-il d'un ton mordant.

Il serra les poings, prêt à cogner à la moindre petite occasion.
Il en avait fichtrement besoin.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Lun 19 Sep 2016, 20:13

[ Gil, tu vas rendre Lib vache. Ou folle. Ou les deux en même temps ! x) ]




"Un type comme moi"..
Libertée avait une affreuse envie de lui mettre un poing dans la tronche. Apparement, il ne comprenait que ce langage-là, alors pourquoi essayait-elle toujours de le raisonner ? Elle l'aimait, oui, mais il ne voyait jamais plus loin que le bout de son nez.  
Parce que non, il n'avait tenu aucune promesse jusque là. C'était comme ça, au final : c'était pas un gars à promesse, mais un homme d'action, et elle aurait ses preuves dans ses agissements, pas dans ses mots. Elle le savait.

- Et là, maintenant, tout de suite, qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Je démolis ce type ? Je rentre avec toi ? Je me barre ?
Serrant les dents et les poings, Libertée s'efforça de prendre une grande inspiration…
Calme rompu dans l'oeuf par la manière dont Gil invectiva Erwan.

Alors, Libertée en eut marre.
Vraiment.

Il s'était à demi-tourné vers Erwan, et la marchombre en profita pour gagner en effet de surprise. Elle l'attrapa par la nuque et enfonça ses doigts de part et d'autres de ses cervicales pour le pousser en avant. Sans le lâcher, elle donna un effet de torsion à son bras qui déséquilibra Gil avait qu'il n'ait pu avoir le réflexe de se redresser.
Le poussant en avant, elle pivota sur ses hanches et lui envoya son genou dans le ventre, abattant sa main sur sa nuque pour augmenter l'effet du coup.
Elle en profita alors pour l'attraper par les cheveux et le redresser, avant de saisir sa gorge d'une main, en se collant contre son corps de tout son long.

- J'en ai ras-le-bol de tes enfantillages, Gil !
Sa voix n'était qu'un murmure glacial. Oui, elle était en colère. Très, très en colère.
- Tu ne parviendras pas à me faire culpabiliser. Ce que je veux que tu fasses ? Que tu agisses comme un adulte responsable. Comme quelqu'un qui aime sa famille. Pas comme le dernier des connards dès qu'une nana qui t'attire entre dans ton champ de vision ! Reconnecte des neurones, sérieusement ! Tu crois franchement que c'est une preuve, de me demander ma main ? Que juste quelques mots, ça suffit ? Que dans quelques mois, tu ne redéconneras pas malgré une promesse ?

Le lâchant brusquement, elle s'éloigna de quelques pas. Malgré elle, son regard croisa celui d'Erwan, et elle poussa un soupir de frustration.


- Pourquoi tu es incapable de montrer que tu nous aimes ? demanda-t-elle brutalement, d'une toute petite voix. Les yeux humides, mais elle retenait bravement ses larmes. Elle en avait marre de pleurer.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Lun 19 Sep 2016, 21:22

Erwan observait silencieusement les échanges entre Gil et Libertée, depuis le début.
Il passait d'un stade de colère et de rage, à de la tendresse, à de l'exaspération, et bouclait sur la colère. Parfois, un éclat de compassion passait dans ses yeux, mais il préféra garder le silence…
Même quand Gil l'invectiva.

" Face de lune ! "
Celle-là, elle était bonne. Et il avait franchement envie de taper sur Gil, pour lui remettre les idées en place. Il avait aussi envie de lui demander pourquoi il semblait se donner autant de mal pour mettre son couple dans la merde, avec un enfant sur les bras. Erwan avait cette impression franchement dérangeante d'être face à un gamin de cinq ans avec une libido incontrôlable, et surtout des crises de caprices mémorables.

Franchement, demander quelqu'un en mariage à brûle-pourpoint comme ça, c'était complètement stupide. Surtout au milieu d'une dispute. Il s'attendait à quoi, à ce que Libertée lui saute dans les bras ?
Ça donnait surtout l'impression qu'il voulait encore l'enchainer à lui, la saucissonner, lui arracher les plumes et lui découper les ailes. Parce que face à l'Envoleur, Libertée était en train de perdre toutes ses couleurs, dans le sens secondaire du terme.

Cependant, la Marchombre le prit de court en attaquant Gil d'un coup.
Erwan frémit à ses dures paroles vis-à-vis de l'autre homme. Cela voulait dire qu'il l'avait trompée, et pas qu'une fois ? Il ne se demandait plus pourquoi elle était allée voir ailleurs, alors. Elle avait besoin…

- Pourquoi tu es incapable de montrer que tu nous aimes ?
La voix de la Marchombre avait changé du tout au tout, et Erwan frémit de rage, soudain. Là, c'était trop, il ne le supportait plus. Il ne voulait pas s'immiscer dans les histoires de Libertée et Gil, mais c'était la goutte d'eau qui venait de faire déborder le vase.

Il avança d'un pas vivement, attrapa l'épaule de Gil et le tira brusquement vers lui, lançant son poing à pleine vitesse vers sa mâchoire. Il sentit l'os se fendre sous le coup, et ses propres phalanges craquer, et retira ses deux mains en reculant d'un pas.
Dans la direction de Libertée.
Attrapant la main de la Marchombre, Erwan planta son regard dans celui, si rose, de cette dernière.


- Tu mérites tellement mieux que ce type, Lib… murmura-t-il doucement.
Lâchant sa main, il poussa un petit soupir avant de tourner les talons pour s'éloigner. Il ne voulait pas l'obliger à le suivre, n'en avait de toutes façons aucune intention. Elle devait être heureuse, c'était tout ce qui comptait…

Mais il surveillait ses arrières…

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