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 Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Lun 19 Sep 2016, 21:22

Erwan observait silencieusement les échanges entre Gil et Libertée, depuis le début.
Il passait d'un stade de colère et de rage, à de la tendresse, à de l'exaspération, et bouclait sur la colère. Parfois, un éclat de compassion passait dans ses yeux, mais il préféra garder le silence…
Même quand Gil l'invectiva.

" Face de lune ! "
Celle-là, elle était bonne. Et il avait franchement envie de taper sur Gil, pour lui remettre les idées en place. Il avait aussi envie de lui demander pourquoi il semblait se donner autant de mal pour mettre son couple dans la merde, avec un enfant sur les bras. Erwan avait cette impression franchement dérangeante d'être face à un gamin de cinq ans avec une libido incontrôlable, et surtout des crises de caprices mémorables.

Franchement, demander quelqu'un en mariage à brûle-pourpoint comme ça, c'était complètement stupide. Surtout au milieu d'une dispute. Il s'attendait à quoi, à ce que Libertée lui saute dans les bras ?
Ça donnait surtout l'impression qu'il voulait encore l'enchainer à lui, la saucissonner, lui arracher les plumes et lui découper les ailes. Parce que face à l'Envoleur, Libertée était en train de perdre toutes ses couleurs, dans le sens secondaire du terme.

Cependant, la Marchombre le prit de court en attaquant Gil d'un coup.
Erwan frémit à ses dures paroles vis-à-vis de l'autre homme. Cela voulait dire qu'il l'avait trompée, et pas qu'une fois ? Il ne se demandait plus pourquoi elle était allée voir ailleurs, alors. Elle avait besoin…

- Pourquoi tu es incapable de montrer que tu nous aimes ?
La voix de la Marchombre avait changé du tout au tout, et Erwan frémit de rage, soudain. Là, c'était trop, il ne le supportait plus. Il ne voulait pas s'immiscer dans les histoires de Libertée et Gil, mais c'était la goutte d'eau qui venait de faire déborder le vase.

Il avança d'un pas vivement, attrapa l'épaule de Gil et le tira brusquement vers lui, lançant son poing à pleine vitesse vers sa mâchoire. Il sentit l'os se fendre sous le coup, et ses propres phalanges craquer, et retira ses deux mains en reculant d'un pas.
Dans la direction de Libertée.
Attrapant la main de la Marchombre, Erwan planta son regard dans celui, si rose, de cette dernière.


- Tu mérites tellement mieux que ce type, Lib… murmura-t-il doucement.
Lâchant sa main, il poussa un petit soupir avant de tourner les talons pour s'éloigner. Il ne voulait pas l'obliger à le suivre, n'en avait de toutes façons aucune intention. Elle devait être heureuse, c'était tout ce qui comptait…

Mais il surveillait ses arrières…
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Lun 19 Sep 2016, 23:19

Il allait invectiver Erwan une seconde fois – c'est mou tout ça, enfin !! - lorsque du coin de l'oeil, il vit Libertée bouger. Les poils se hérissèrent sur sa nuque et il tourna la tête – trop tard. Elle était déjà sur lui. Il envoya son coude en arrière, ploya les genoux mais elle le déséquilibra et, en un battement de cils, il se retrouva à terre, le souffle coupé. Sans lui laisser le temps de se remettre, elle lui empoigna les cheveux pour le relever. Il se laissa faire, maîtrisant à grand peine la bête qui ne supportait pas très bien d'être traitée de la sorte. Mais lorsque la marchombre se colla à lui, ce fut son propre corps qu'il combattit vivement pour ne pas être trahi. Elle sentait si bon. Elle avait beau lui écraser la jugulaire, elle n'en restait pas moins désirable par toutes les cellules de son être. Et il te faut encore des preuves, bon sang ??

- J'en ai ras-le-bol de tes enfantillages, Gil !

Il aurait volontiers répliqué s'il n'avait pas eu la trachée broyée par sa poigne de fer. Bon sang. Cette fille-là était incroyablement douée. Pas étonnant que Tsukia soit une apprentie aussi mordante. Il remua légèrement en songeant à la jeune fille qu'il avait tirée d'un bien mauvais pas, quelques semaines plus tôt. J'ai sauvé ton élève – et je n'ai pas posé les mains sur elle, merde ! Il l'avait juste un peu empoisonnée mais ça, c'était un petit détail qui, de toute façon, ne servait pas à grand chose puisqu'il était incapable de parler. Libertée le secouait rudement, furieuse. Il lui avait juste demandé de l'épouser. S'il avait su que ça déclencherait un volcan, il aurait fait sa demande à Face de Lune, plutôt... Il était en train de virer au violet aubergine quand elle le lâcha enfin. Il ne tomba pas à genoux mais vacilla un instant et tira sur son col pour retrouver son souffle. Peste...

- Pourquoi tu es incapable de montrer que tu nous aimes ?

Gil s'immobilisa. Non. Ça, c'était trop. Il voulait bien admettre qu'il était un gamin doublé d'un enfoiré mais ça, non. Sûrement pas. Il ne s'y prenait certainement pas dans les formes, c'était clair, pourtant il ne vivait que pour retrouver un jour sa compagne et son enfant. Il était prêt à laisser sa peau de vache pour qu'elles vivent, ou bien à vivre un enfer sur terre pour qu'elles soient heureuses. Ça ne se voyait pas ? Il ne savait pas le dire, pas le montrer. Il préférait déconner, oui. C'était plus rassurant pour lui, au fond. Juste un peu plus rassurant que ces foutus sentiments qui lui étreignaient le cœur chaque fois qu'il pensait à elles. Il se retourna pour la rattraper, lui dire que...

… le poing d'Erwan le cueillit en pleine mâchoire. Si fort que son cerveau effectua deux ou trois cabrioles. Il le sentit faire ses putains de cabrioles. Ses jambes tremblèrent et il tomba à genoux, sonné. Complètement sonné même. Il voyait double. Non. Triple. Une violente nausée lui tordit le ventre, l'obligeant à fermer les yeux un instant. De jurer copieusement. Aïe. La douleur arriva avec un temps de retard, une habitude chez lui, visiblement. Elle le secoua au point de lui faire voir quelques chandelles – et des petits points noirs lorsqu'il rouvrit les paupières. Mais il n'était pas question de tomber dans les pommes. Il était plus coriace que ça, nom de nom ! Il cracha un jet de salive mêlé de sang, fit craquer sa mâchoire dans l'autre sens – aïe, encore – et poussa un rugissement ; rassemblant ses forces un peu vacillantes, il plongea en avant. Droit dans les jambes d'Erwan. Il lui fit perdre l'équilibre et profita de sa chute pour passer au-dessus de lui.

- Enfin ! s'écria-t-il en frappant son rival. T'en as mis du temps ! Allez, vas-y ! Cogne, Face de Lune ! Montre-moi ce que tu sais f...

Un coup derrière la tête l'empêcha de terminer sa phrase et sa castagne.
Le coup de trop.

Il bascula en avant et plongea dans le noir.


*


Un bruit de voix le tira de son sommeil de plomb. Ses yeux papillotèrent et sa vision mis un certain temps à s'accommoder à peu près correctement. Il tourna la tête, reconnut leur chambre : il était allongé sur son lit. Chez eux. Chez lui. Epuisé, il ferma les yeux... pour les rouvrir dans la seconde. Suviyo. Libertée ! Il grogna, roula sur le côté. On avait posé un linge frais sur sa mâchoire blessée. Il le laissa glisser sur la courtepointe et se redressa précautionneusement. Une fois debout, il fit quelques pas vacillants, perdit l'équilibre, se rattrapa au mur, juste à temps. Bon sang, je me sens pas bien du tout. Il n'était plus très sûr de ce qui s'était passé. Qui l'avait frappé ? Erwan ou Libertée ? Perdez rien pour attendre, vous deux... Pas à pas, il quitta la chambre et gagna le salon. Ils étaient là tous les deux. Ils s'interrompirent en le voyant arriver et il grimaça.

- C'est pas beau de parler dans le dos des gens, marmonna-t-il en s'appuyant contre la table. Surtout quand les gens sont dans un sale état !

Il avait le tournis mais impossible de se résoudre à repartir dans la chambre. Il voulait savoir. Il devait savoir. Libertée le quittait-elle, finalement ? Si elle est sage, elle le fera, siffla Miss Connasse la Conscience. T'es pas morte avec un coup pareil, toi ??

- Je vais te montrer, lâcha-t-il sans réfléchir. Je suis capable de tenir la distance, tu sais. Tu n'as plus confiance mais c'est pas grave. Moi, je sais.

Oui, je sais que je peux le faire. C'était presque plus facile que de tenir debout, là. Luttant pour ne pas s'effondrer devant eux, Gil posa une fesse sur le bord de la table. Il était blême et sa pâleur accentuait l'ecchymose qui fleurissait sur sa mâchoire. Ajoutée à la griffure sous son œil, ça lui donnait un air de bagarreur. Ce qu'il était, en fait. Il tourna la tête, se perdit dans le rose des yeux de Libertée. Son ventre fit quelques galipettes, il déglutit lentement. Je crois qu'ils m'ont pété le crâne, songea-t-il, sidéré. Avaient-ils réellement essayé de le tuer ? Il croisa les bras sur la poitrine, frondeur. Bah c'est raté parce que je suis toujours vivant.

Nah.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Mar 20 Sep 2016, 18:25

Libertée s’autorisa à souffler doucement quand Erwan envoya son poing dans la mâchoire de Gil, si fort qu’elle entendit les os grincer. Mais quand l’Envoleur se redressa - plus mal que bien - elle ne lui laissa pas le temps de répliquer : non pas qu’elle ne pensait pas Erwan capable de l’envoyer au tapis, mais elle n’avait aucune envie que la bagarre se finisse mal, dans tous les cas.
Alors, elle envoya son compagnon toucher les nuages d’un coup parfaitement ajusté dans la nuque.

Sauf que lorsque son regard tomba sur Gil allongé, inconscient, le ventre sur le sol, elle ne put retenir un profond sanglot qui lui arracha la gorge. Se prenant le visage dans les mains, elle prit une inspiration… Avant de se précipiter dans les bras d'Erwan pour relâcher ses pleurs.

Elle n'en pouvait plus…


♥ ♥ ♥


Ils étaient assis dans le salon, face l'un à l'autre.
Quand ils avaient ramené Gil sur le dos d'Erwan, Miïn et Voëlle n'avaient pas posé de questions et s'étaient éclipsés avec la petite. Sans doute étaient-ils allés faire un tour à Ful'Rah, eux aussi…
Poussant un soupir, Libertée se passa la main dans ses cheveux courts.
En fait, elle n'en pouvait plus. Pourquoi Gil lui faisait cet effet-là ? À chaque fois, elle avait la fâcheuse impression qu'il se foutait d'elle, qu'il ne comprenait rien - qu'il n'essayait même pas de comprendre ! Complètement dans sa bulle, il n'arrivait pas à intégrer qu'il l'influençait profondément et qu'à chaque fois, elle faisait de son mieux pour que lui aille mieux… Mais et l'inverse ? S'il l'aimait vraiment, pourquoi s'acharnait-il à déchirer et détruire consciencieusement chaque choses qu'ils avaient construites ensemble - des souvenirs, une vie de famille inexistante…

Secouant la tête, la marchombre retint un nouveau sanglot.
Ça faisait mal. Toute cette prise de conscience, c'était drôlement douloureux. En fait, Gil ne voulait pas être heureux. Pensait-il qu'il ne le méritait pas ? Pensait-il qu'il ne les méritait pas, elle, Suviyo ? Et donc il s'efforçait de les sortir de sa vie, pour encore croire que tout ça, c'était toujours de la faute des autres ?
Qu'est-ce qui pourrait lui faire prendre conscience de tout ça ? Quel type de choc ? Il n'écoutait jamais rien, ne se remettait pas en question. Lib doutait fortement qu'un quelconque coup dur ne lui ouvre les yeux ; son réflexe serait encore d'enfoncer la tête dans le sable et de faire comme si tout venait toujours des autres. De l'extérieur.

Levant les yeux, son regard tomba sur Erwan, assis sur le second fauteuil…
Dans une pulsion, elle se releva et alla s'installer sur ses genoux. Contre son torse. Un besoin de chaleur humaine irrépressible venait de monter en elle, et elle posa sa joue contre l'épaule du marchombre qui sembla surpris.


- Je n'en peux plus. Je ne suis plus assez forte, pour tout ça…
Elle prit une petite inspiration et ferma les yeux un instant.
Le temps que l'odeur sucrée et épicée du marchombre l'enveloppe et se diffuse dans ses poumons, calmant sa respiration et les battements de son coeur.

- Je ne sais plus quoi faire pour qu'il ouvre les yeux, qu'il se rende compte des choses, qu'il se remette en question…
Sa voix n'était qu'un chuchotement.
- Tu as une idée ? demanda-t-elle doucement…

Mais Erwan n'eut pas l'occasion de répondre car Gil entra dans la pièce, et Libertée se redressa sur ses genoux pour observer l'Envoleur s'appuyer contre la table. Sa tête avait dû être sacrément amochée.

- Je suis capable de tenir la distance, tu sais. Tu n'as plus confiance mais c'est pas grave. Moi, je sais.
Libertée poussa un long soupir, en secouant la tête. Elle se dégagea du corps d'Erwan, presque à contre-coeur, pour se lever. Elle avait envie de lui dire que…
Se ravisa en voyant son air frondeur.
De toutes façons, il ne l'écouterait pas. Il ne l'écoutait jamais.
Serrant le menton pour retenir encore des sanglots, la marchombre voulut sortir de la pièce.

Quelque chose l'en empêcha…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Mar 20 Sep 2016, 20:21

Erwan ferma les yeux, plongeant le nez dans les cheveux de Lib blottie contre lui. L'odeur de pêche était rassurante, et elle était là, à son contact.
Mais ses larmes le mettaient mal à l'aise. Parce que celui qui aurait dû les sécher, c'était Gil. Mais il avait pris un sacré coup à la tête et apparemment, ce n'était pas dans ses compétences de savoir comprendre ce dont les autres avaient besoin, et de les réconforter.
Enroulant ses bras autour de la jeune femme, le marchombre la serra contre lui doucement.

Ses mots étaient poignants de douleur.
Il sentait qu'elle avait trop donné, et qu'elle était sur une pente glissante. Il le sentait, dans ses entrailles. Elle avait besoin d'aide, tout comme Gil… Mais Erwan n'était pas non plus à même d'aider l'Envoleur.

- Je ne sais plus quoi faire pour qu'il ouvre les yeux, qu'il se rende compte des choses, qu'il se remette en question… Tu as une idée ?

Elle lui demandait son avis ?
Alors qu'il allait ouvrit la bouche pour essayer de trouver une solution, Gil entra dans la pièce et le Marchombre se tendit significativement. Mais il devait être complètement groggy car il ne releva même pas dans la position où lui et Libertée se trouvaient.

Erwan ne put s'empêcher de serrer les dents devant les phrases encore trop dramatiques de Gil.
Il sentit Libertée se lever et s'efforça de garder son calme. Elle n'allait pas lui sauter dans les bras, non?
Ha non, elle s'en allait.

Et là, l'idée fusa.
Au pire, il risquait quoi ? L'Envoleur était à peine capable de marcher. Avec un coup d'adrénaline dans les veines, il pouvait toujours le frapper, mais bon, et si ça le faisait réagir ?
Et puis… Il en avait très envie.

Alors, il se leva vivement du fauteuil dans lequel il était installé et fit quelques pas en direction de Libertée, lui attrapant le poignet…

- Voilà, mon idée.
Il la fit tourner sur elle-même, pour la plaquer contre lui et l'embrasser. Passionnément. Profondément.

Alors qu'à la base, il faisait ça pour faire réagir Gil, l'odeur de pêche, son goût sucré, l'ennivra et il fit glisser ses doigts dans le creux de ses reins, de sa taille, laissa ses doigts caresser la naissance de sa nuque, les quelques petits cheveux sauvages qui poussaient si vite…

Oubliée, l'idée.
Oublié, le Gil.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Mer 21 Sep 2016, 20:32

[Bon. Je me suis un peu emballée (si peu !) alors si quelque chose vous ennuie, vous pouvez aller vous faire cuire un oeuf me le dire et je changerai ça ! ]


Gil haussa les sourcils en voyant Lib se lever. Il crut qu'elle voulait s'approcher de lui et son cœur se mit à battre plus vite dans sa poitrine, mais il vit alors qu'elle avait les larmes aux yeux – sa vue n'était pas vaillante du tout – et encore une fois ça le déconcerta. Il n'eut toutefois pas le temps de dire ou de faire quoi que ce soit. Erwan s'était levé à son tour. Une expression déterminée sur le visage et sans accorder un seul regard à Gil, il rattrapa Libertée sur le point de s'en aller, la fit pivoter... et l'embrassa. Doucement d'abord, et puis, petit à petit, ce fut plus intense, plus profond. Plus fatal, aussi, pour le cœur de Gil. Il aurait cru que ça l'aurait réduit en miettes, comme tout à l'heure, quand il avait réalisé la nature de la relation entre ces deux-là. Elle sautait aux yeux désormais, en dépit de sa commotion. Et bien non, son cœur n'explosa pas mais... il lui fit mal en remontant se loger dans sa gorge. Gil tourna la tête. Il ne voulait pas voir ça. Il ne voulait pas pleurer pour ça ! T'as plus de cran que ça, non ? Alors pourquoi ses paupières le brûlaient-elles à ce point ? La nausée le chavira soudain. Il se détacha de la table, vacilla, posa la main contre le mur. Est-ce qu'il devait retourner dans la chambre ? N'allaient-ils pas en avoir besoin ? Il ferma les yeux. Pense pas à ça, merde...

Une larme roula sur sa joue. Une seule. Il l'essuya d'un geste brusque et tituba jusqu'à la chambre plongée dans la pénombre. Il ferma le battant, s'y adossa, laissa son regard vaseux dériver dans la pièce – cet endroit où ils s'étaient dit tant de choses, tant de promesses, tant d'amour... ses yeux se posèrent sur le petit lit de Suviyo. Vide. Aussi vide que son cœur en cet instant. Quelque chose, alors, céda en lui, une digue dont il n'avait jamais pris conscience, et il glissa le long de la porte, le corps secoué de sanglots silencieux. Qu'est-ce que j'ai fait ? Il enfouit son visage dans ses bras. Qu'est-ce que j'ai fait, bon sang ?? C'était lui, le type que Lib aurait dû être en train d'embrasser passionnément. Lui qui aurait dû la consoler. Mais la façon dont Erwan l'avait prise dans ses bras, en plus de faire mal, lui ouvrait les yeux sur sa propre ignorance. Il n'était plus certain d'avoir jamais été si proche de Libertée, si fort pour elle, alors qu'elle en avait tellement besoin. Tu n'as plus besoin de moi. Au fur et à mesure que cette certitude se fit jour en lui, les larmes se tarirent. Gil redressa la tête. Ce n'est pas moi que tu veux - pour le moment. Il s'appuya contre la porte pour se remettre sur ses jambes. Trop vite, et la douleur qui lui vrilla les tempes le fit siffler de douleur, mais ce fut aussi bref qu'intense et il fit quelques pas plus assurés vers le lit.

Il s'arrêta devant celui de Suviyo et tendit la main pour attraper un tout petit chat en peluche. Il faillit bien pleurer à nouveau en percevant l'odeur si prégnante de sa fille, et serra la peluche contre lui. Il la reposa et, saisi par une idée qui s'imposa soudain, glissa la main à l'intérieur de sa chemise. Il portait au cou l'anneau d'Iselle, seul objet dont il n'avait pu se résoudre à se défaire en dépit de ses habitudes. Cette anneau aurait pu briller au doigt de Libertée, mais... il l'attacha sur le montant du berceau de Suviyo, assez bas pour qu'elle puisse le toucher du bout de ses menottes. Les dents serrées pour ravaler sa peine, Gil observa la fenêtre, un bref instant. Il était lâche, sans doute, mais pas à ce point. Et il était hors de question qu'il quitte sa maison sans passer par la porte. Alors, il sortit de la chambre et gagna le salon, incertain de ce qu'il allait trouver. Il n'était plus en état de discuter – mais elle non plus de toute façon. Il posa la main sur la poignée de la porte et s'immobilisa. Je suis vraiment en train de foutre le camp de chez moi ? Ses doigts se crispèrent. C'était la chose la plus dure qu'il ait jamais faite : laisser Libertée derrière lui, dans les bras d'un autre homme...

- Lib ? Appela-t-il doucement – mais d'une voix qui, la Dame soit louée, ne tremblait pas. Je comprends. Et j'attendrai.

Parce que je ne peux pas envisager une vie sans toi, que tu le croies ou non.
Parce que tu es la lumière qui illumine ma vie, que tu le veuilles ou non.
Parce que je t'aime.


- Je t'attendrai, souffla-t-il avant de pousser la porte.

L'air vif et piquant de la nuit le sidéra un instant. Il était donc si tard ? Combien de temps était-il resté inconscient ? Il soupira. Pas de cheval, pas destination. Ma vie, quoi. Au moins, il avait retrouvé son équilibre... Mais il avait beaucoup de mal à réaliser. En quelque heures, il était passé par tellement de stades d'émotions ! La joie de retrouver Libertée, la surprise puis la colère, le bonheur que ses paroles avaient fait éclater en lui, puis celui qui l'avait étreint lorsqu'il lui avait – bêtement – demandé de l'épouser. L'incompréhension. La peur, ensuite, de la voir reculer. La douleur, enfin... non pas celle de son fichu coup sur le crâne mais celle qui s'était fichée en lui lorsqu'il l'avait vue dans les bras d'Erwan. Ressentir autant de choses en si peu de temps c'était beaucoup, même pour un homme comme lui – surtout pour un homme comme lui. Voilà pourquoi il avait passé toutes ces années tout seul, dans son coin ! Pas d'attaches, pas d'ennuis. Pas de souffrance ignoble comme celle-ci. Il la reconnaissait : c'était celle qu'il avait portée des mois entiers après la mort de ses parents. Une peine immense, un vide impossible à combler en dépit du sang versé et de l'alcool dont il s'était abreuvé.

Il enfonça les mains dans ses poches et se mit en route. Où allait-il ? Aucune idée, et franchement, ce n'était pas important. Il fallait juste qu'il s'éloigne. Il ne fuyait pas, il... respectait enfin celle qu'il aimait. Il comprenait. Libertée avait besoin de temps pour faire les choix qui lui étaient propres ; il attendrait qu'elle le retrouve, pour le meilleur ou pour le pire. Il ne lui reposerait pas LA question, parce qu'il n'en serait plus jamais capable, désormais – ni avec elle ni avec personne d'autre. Il attendrait, tout simplement, qu'elle constate par elle-même qu'il pouvait changer. Si c'était pour mettre un terme définitif à leur relation, il ne la retiendrait pas. D'accord, il exigerait probablement de pouvoir cogner au moins une fois l'enfoiré le plus heureux de la terre, celui avec qui elle serait plus heureuse aussi. Mais si elle restait avec lui... Son cœur bondit et il se maudit, lâchant une bordée de jurons qui se perdirent dans la nuit. Comment pouvait-il avoir autant d'espoir alors qu'il était en train de se barrer de sa propre maison ?? Dingue ce que tu peux être con, bon sang !! Con, oui, et amoureux. C'était la pire combinaison qui puisse lui arriver. Franchement, quelle sale journée...

… et elle n'était pas encore terminée.

Il n'avait pas encore franchi la limite de son domaine lorsqu'un mouvement attira son attention du coin de l'oeil. C'était infime et s'il n'avait pas tourné la tête à cet instant précis il n'aurait strictement rien vu – trop distrait pour ça. Et pas en grande forme non plus. Mais voilà, Hasard Premier décida que, finalement, il avait peut-être été trop méchant avec lui. Ou bien il manquait désespérément d'action, allez savoir... Toujours est-il que Gil vit les ombres bouger et, soudain, comprit. Son sang ne fit qu'un tour dans ses veines. Il se précipita vers la maison.

Le souffle de l'explosion le projeta en arrière.


*


Il voyait double – putain, encore !! - et ses tympans lui avaient visiblement dit merde. Une sifflement aigu lui vrillait le crâne. Il s'assit, complètement paumé, et regarda la maison, sa maison, flamber. Gigantesque brasier qui trouait l'obscurité et qui le secoua complètement. Non. Oh, non.

- LIB ! hurla-t-il – voulut-il hurler, mais le croassement qui lui échappa était à peine plus fort qu'un murmure.

Il se redressa à genoux et ignora la douleur qui se diffusait dans tout son corps pour se lever et se précipiter vers la maison. La chaleur était étouffante, une véritable fournaise. Un bras devant son visage, il avança quand même.

- Libertée !!! Erwan !


Ils ne pouvaient pas se trouver là-dedans ! Personne n'aurait pu survivre à une flambée pareille, c'était... Une toux, à peine audible au milieu du grondement sourd de l'incendie, parvint à ses oreilles vaguement remises. Il courut vers la gauche, ouvrit la bouche pour l'appeler encore, crier son nom, avant d'être fauché en pleine course. Le choc le projeta au sol, parmi les débris dont des morceaux de verre – les fenêtres, sans doute – qui s'enfoncèrent dans la peau de son dos. Une main de fer se referma sur sa gorge. Gil se débattit violemment mais rien n'y fit, son assaillant était plus costaud et surtout plus en forme que lui. La main de l'Envoleur se referma sur un bout de verre qui lui entailla méchamment la paume. Il le planta d'un seul coup dans la gorge de son agresseur et prit une profonde inspiration dès que la prise mortelle se relâcha sur sa trachée. Il grogna et se dégagea d'un coup de rein ; le cadavre roula sur le côté. Gil ne le connaissait pas mais il aperçut, sur son pourpoint sombre, le symbole brodé d'un croissant de lune et il l'enregistra dans sa mémoire avant de se lever péniblement.

- Lib, souffla-t-il, la voix trop cassée pour crier.

Il cria quand même.

Incapable d'envisager qu'elle pouvait avoir péri dans l'explosion. Il dégagea ses poignets, prêt à se servir de sa greffe si l'un des criminels traînait encore dans les parages, mais sa lutte avec l'un d'entre eux semblait avoir provoqué la fuite des autres. Il tituba vers l'endroit d'où lui était parvenu la quinte de toux. Au milieu de la fumée qui s'enroulait autour de lui, il distingua une silhouette, puis deux. Erwan. Libertée...

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Mer 21 Sep 2016, 22:00

- Voilà, mon idée.
Libertée fronça les sourcils un instant. Juste avant que les lèvres d'Erwan s'emparent des siennes et qu'elle sente son corps entier se liquéfier à leur contact. Tous ses muscles se relâchèrent alors que le souffle du marchombre venait se mêler au sien, et elle ferma les yeux instantannément. Une idée ? De ? Pour ?
Là, tout de suite, elle ne s'en souvenait plus. Et ses doigts, sur elle, caressant sa peau… De longs frissons remontèrent dans son échine pour se perdre dans ses cheveux.

Elle ne perçut que de manière diffuse que Gil sortait de la pièce.
Il lui fallut parvenir à reconnecter les neurones liquides de son cerveau, et bander suffisamment de volonté pour poser ses deux mains sur les pectoraux d'Erwan pour s'en séparer.
Elle était totalement à bout de souffle.

- Je comprends. Et j'attendrai. Je t'attendrai.

La jeune femme ne put s'empêcher de lever la tête vers Erwan pour croiser son regard…
Parce qu'apparemment, ça avait fait réagir Gil, oui. Cela avait été une bonne idée pour ça. Mais une très mauvaise pour autre chose, dans c'était beaucoup moins clair soudain, dans sa tête, vu l'effet que lui faisait Erwan et tout ce qu'il pouvait dégager. Tout ce qu'il faisait aussi. Parce que oui, les actions comptaient, et en l'occurrence, celles de Gil n'étaient pas glorieuses non plus.
Mais elle l'aimait, son envoleur.
Alors pourquoi son coeur semblait-il être emballé autant pour le marchombre ? Était-ce vraiment possible de tomber amoureux alors que l'on aimait déjà ?

Elle ne put pousser sa réflexion plus loin car soudain le corps d'Erwan la percuta de plein fouet.
Avant qu'une sensation de chaleur l'enveloppe toute entière…
Basculant en arrière, elle sentit sa tête taper durement contre le sol, rebondir, puis un bout de bois lui fonça dessus et lui écorcha méchamment la joue. Levant un bras, elle se sentit poussée avec force sur le côté et son crâne cogna à nouveau contre quelque chose de…
Pointu.
Elle eut à peine le temps de lever la main et de sentir le liquide poisseux sur ses doigts.

Le monde devient charbon.
Noir, et brûlant.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Mer 21 Sep 2016, 23:07

C'était bon.
Affreusement bon.
Terriblement bon.
Sauvagement bon.
Ça faisait vibrer toute sa poitrine dans un ronronnement audacieux et puissant du Jaguar.
Même les mains de Libertée, fermes et déterminées sur ses muscles, n'eurent pas raison du plaisir indicible qui était monté en lui au contact de ses lèvres. Et de son corps tout entier.

Par contre…
Là, d'un coup, le Jaguar bondit sur ses pattes dans le ventre du Marchombre, lui tirant un hoquet de surprise. Tous les poils de son corps se dressèrent sur sa peau vivement et Erwan referma les bras sur Libertée une seconde avant que le choc d'air ne le percute avec violence.
Lorsque le parquet prit feu, Erwan sentit le félin percuter violemment son enveloppe charnelle et il sentit son dos se recouvrir partiellement et brusquement de fourrure. Se redressant pour enrayer le phénomène, il sentit Libertée rouler sur le côté mais avant qu'il n'ait pu attraper le broc cassé qui allait percuter son crâne, une nouvelle onde féline traversa chacun de ses nerfs.

Non, il ne devait pas se transformer, Libertée venait de perdre connaissance et saignait de la tête !
Serrant les dents - qui s'allongeaient et s'aiguisaient sans qu'il ne puisse les contrôler - le Marchombre se pencha sur Libertée et lui souleva délicatement la nuque pour éviter qu'elle ne saigne trop.
Le jaguar se débattait affreusement et gagnait de plus en plus de terrain, l'esprit du Marchombre était un vrai champ de bataille chaotique.
L'instinct du félin le poussait à fuir à tout prix, tandis qu'il ne pensait qu'à sauver Libertée. Terrassé entre ces deux besoins, il était incapable de bouger sans gagner encore une caractéristique animale. La fourrure sur son dos commençait à sentir le brûlé tandis qu'il protégeait Libertée de son corps tendu au dessus d'elle et il ne put retenir une toux instinctive.

- - Libertée !!! Erwan !
Le Marchombre redressa le menton.
- Ici ! cria-t-il d'une voix à peine humaine.
La silhouette de Gil se découpa dans la fumée et les flammes et Erwan se demanda un instant s'il allait lui mettre une mandale… Mais il se contenta de se redresser sur les genoux alors que la fourrure s'étendait dans son dos.

- Sors-la d'ici, je ne vais pas tenir très longtemps ! gronda-t-il alors que ses cordes vocales se muaient elles aussi.

Une silhouette fit irruption dans le dos de Gil, et le Jaguar prit le dessus.
D'un bond, il évita Gil et atterrit sur la personne derrière lui, lui arrachant le visage de ses immenses crocs. Plantant ses griffes dans une épaule, il lacéra la peau violemment, avant que l'humain ne s'effondre. Bondissant souplement sur le parquet, soulevant des flammes au passage, l'animal éternua et se faufila entre les murs qui s'effondraient, surveillant l'humain qui soulevait sa femelle d'une oreille.
Il gronda pour attirer son attention, et le guida jusqu'à la sortie. Quand il croisa un autre humain, il s'en débarrassa aussi facilement que le précédent, et bientôt ils purent sortir et s'éloigner de la maison en flammes.

Une fois en sécurité, l'animal se calma et poussa la main de Libertée du bout du museau.
Avant qu'enfin Erwan puisse reprendre forme humaine… Avec les vêtements en lambeaux.
Accroupi près de Libertée, que Gil avait allongée sur le sol, le Marchombre s'autorisa un soupir.

- Il faut la soigner.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 22 Sep 2016, 00:23

- Ici !

Gil continua d'avancer. Il avait relevé le col de son épais manteau qui le protégeait de la chaleur mortelle et rabattu la capuche sur son visage, mais son coup sur la tête et ses blessures rendaient ses pas vacillants. Il lui fallut puiser dans ce qu'il possédait de courage pour ne pas flancher, mais si Libertée était là-bas, avec Erwan, il ne pouvait pas reculer. Mètre après mètre, pas après pas, il se rapprocha des silhouette immobiles – celle d'Erwan était... étrange, mais Gil oublia le marchombre dès lorsque son regard se posa sur Libertée. Elle gisait, inconsciente, un filet de sang coulait depuis sa tempe le long de sa joue. Lib... ! Tout à son inquiétude, Gil ne vit pas, dans son dos, le tueur qui se précipitait, l'arme au clair. Il aurait dû se faire poignarder – ça aurait été dans le ton de cette magnifique journée – mais là encore, Hasard le grand en jugea autrement. Gil cligna des paupières et sursauta parce que, dans cet infime laps de temps, Erwan avait bougé. Plus vite qu'il était normalement possible de le faire. Un grondement qui n'avait rien d'humain le frôla. L'Envoleur se jeta auprès de Libertée, restée au sol, et leva la tête.

Oh, bon sang de...

Libertée remua faiblement dans ses bras et immédiatement, Gil braqua toute son attention sur elle. Sans faire attention aux plaies de son dos ni à la chaleur environnante, il ôta son manteau pour le jeter sur la jeune femme.

- Je vais te sortir de là, souffla-t-il, les lèvres contre son oreille, avant de la soulever dans ses bras.

Il chancela un instant, se rétablit, plus déterminé que jamais. Un grondement sauvage perça le ronflement des flammes dévorantes.

Gil s'élança.


*


- Il faut la soigner.
- Non, sans blague...


Gil soupira. Ils étaient tous les trois couverts de suie et dans un état déplorable, mais, au moins, ils étaient en vie... Libertée était immobile. Son pouls était faible mais régulier. Il avait posé sa tête sur ses genoux et compressait sa blessure avec main, faute de mieux, tout en laissant courir l'autre dans ses cheveux désordonnés. Et magnifiques. Lui-même avait une tête à faire peur, même s'il ne pouvait pas la voir – et c'était presque pire de l'imaginer. Le sang avait séché dans son dos, de nouvelles ecchymoses apparaissaient sur son cou et il était d'une pâleur à faire peur. Mais c'était Erwan qui les battait à plate couture. Et pas seulement parce qu'il était presque nu. Gil cligna des yeux. Même lui, un homme qui n'avait absolument pas d'attirance pour la gente masculine, il était forcé d'admettre que ce type était bigrement bien fichu. Il était presque ravi que Lib soit encore dans les vapes... et intrigué.

- Merci.

Gil ne précisa pas davantage, il se doutait qu'Erwan avait compris à quoi il faisait référence ; rien ne l'avait obligé à sauver la vie de son rival lorsque celui-ci s'était fait attaquer dans le dos. Il aurait très bien pu emmener Libertée et s'en aller, loin d'ici. Gil plissa les yeux. Un jaguar. Un putain de jaguar... Il se souvint de Kramür et de sa manie de se transformer en Ts'Liche. Et il se demanda combien de personnes étaient capable d'une telle chose dans tout Gwendalavir. C'était tout de même incroyable, même si passée la surprise, ça ne le choquait pas tant que ça ; il était surtout ennuyé. Et dépité.

Est-ce que je peux vraiment rivaliser avec un gros chat ??

La pensée que Libertée puisse être au courant lui traversa l'esprit et il baissa les yeux, observant la marchombre. Il lui caressait toujours les cheveux distraitement. Il était plus chien galeux que chat, d'une certaine manière. Est-ce qu'elle préférait les griffes aux crocs ? Il secoua la tête. C'est pas le moment, bon sang... Il fallait gagner Ful'Rah. On pourrait soigner Lib, là-bas. Décidé, il passa les bras sous le dos et les jambes de Libertée, se leva... et trébucha. Il posa un genou à terre, soudain terrassé par une fatigue incommensurable. Il n'était pas surhumain, bon sang ! Et ce qu'il fit alors lui écorcha la bouche, mais il n'avait pas vraiment le choix...

- Est-ce que tu peux...

... m'aider à la porter ?


*


Le trajet jusqu'à Ful'Rah fut long mais il ne s'en souviendrait jamais que de façon erratique et brumeuse. Les villageois avaient vu la fumée et se portaient déjà à leur rencontre ; ils se chargèrent de Libertée avec précaution et l'un deux glissa son bras sous celui de Gil pour le soutenir.

-Que s'est-il passé ?!
- Sais pas...


C'était vrai, même si Gil se doutait qu'il ne s'agissait pas d'une attaque au hasard. On avait cherché à le tuer, cette fois, et sans se soucier de toucher sa famille avec. Peut-être était-ce même l'objectif. Il serra les dents. Voilà trop longtemps qu'il faisait le mort, acceptant d'être pieds et poings liés pour empêcher qu'on s'en prenne à sa compagne et à sa fille... C'était la fois de trop. Un grondement qui ressemblait fort à celui du jaguar franchit ses lèvres et le villageois qui l'aidait à avancer eut un mouvement de recul, surpris. Gil déploya toute sa volonté pour calmer sa bête intérieure. Plus tard. Bientôt. Il allait reprendre la chasse et il allait débusquer sa proie, quitte à y laisser sa peau – mais jamais plus Libertée ni Suviyo ne seraient menacées. Pas tant qu'il vivrait encore !

On les conduisit dans une maison, on s'agita autour d'eux, on nettoya, on pansa, on s'offusqua, on réconforta, on questionna, on l'emmerda et Gil finit par perdre patience. Il repoussa une main bienveillante et se leva de son lit. Il avait besoin de dormir, mais les pulsions meurtrières qui vibraient en lui le maintenaient dans un état d'énervement latent. Il s'approcha d'Erwan, s'arrêta à un mètre.

- Je n'ai pas le droit de te demander ça, commença-t-il avant de grimacer. Non, c'est surtout que ça m'emmerde vraiment, en fait. Mais je n'ai pas le choix et ce n'est pas pour moi que je fais ça. C'est pour elle.

Il accompagna ses paroles d'un geste du menton en direction du lit sur lequel était allongée Libertée, puis il plongea dans les yeux bleu cobalt – si tranquilles, mais si l'on était attentif, et Gil l'était à présent, l'on devinait encore un feu sauvage au fond de ses prunelles. Profondément animal...

- Je veux mettre la main sur l'enfoiré qui a fait explosé notre maison et qui s'en prend à ma famille. Je n'y arriverai pas tout seul.

C'était simple et succinct.
Précis et très clair.
Il avait besoin de son aide.

Il ne fallait pas s'y tromper : Gil n'était pas en train d'enterrer la hache de guerre, bien au contraire. Il avait employé chaque mot avec réflexion et « famille » était un message qu'Erwan ne pouvait pas avoir manqué. Toutefois, Gil n'était pas idiot. Enfin, pas tant que ça. Il était évident que seul, il n'avait absolument aucune chance de débusquer son ennemi et de s'en débarrasser. Un jaguar, ça pouvait servir. Surtout un jaguar amoureux... Le regard de Gil flamboya. Est-ce que je peux compter sur toi, sac à puces ? Et puis Libertée s'agita, et il fut près d'elle. Il sentait qu'Erwan était proche lui aussi, mais Gil s'en moquait. Elle se réveillait.
Plus rien d'autre ne comptait.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 22 Sep 2016, 18:59

Elle avait chaud. Puis froid.
Le monde tourbillonnait même sous ses paupières. Il y avait de l’agitation autour d’elle, mais elle ne comprenait pas d’où cela venait. Tout comme elle ne se souvenait pas de ce qu’il s’était passé, et dans quel état elle était, tout simplement.

Alors, elle tenta d’ouvrir les paupières, d’abord doucement puis avec plus de force et de détermination alors que son corps refusait de lui obéir.
Elle voulut gémir mais aucun son ne sortit de sa bouche.

Tout était lourd, même l’air qu’elle respirait. Ses poumons peinaient à s’ouvrir et se fermer pour apporter de l’oxygène, et Libertée ne put s’empêcher de croire que ce n’était pas normal. Que lui arrivait-il ?
Une odeur l’assaillit brusquement, une odeur familière.
Gil !
Qu’avait-il encore fait ? Pourquoi ne pouvait-elle ni bouger, ni parler ?
Puis, une autre odeur affleura son nez, une seconde. Muscade, girofle.
Erwan ?
Ils étaient dans la même pièce et ne se tapaient pas dessus ? Est-ce que eux non plus ne se souvenaient pas de ce qu’il s’était passé ?
Parce que son cerveau s’était arrêté sur Erwan qui l’embrassait. Et après ? Trou noir. Qu’avait fait Gil ? Il les avait empoisonnés ? Ou juste elle ? Qu’est-ce qu’il foutai à son chevet, alors ? Il vérifiait qu’elle était bien morte ?

Une flambée de colère rosit les joues de Libertée, mais elle ne pouvait toujours pas bouger.
Et quand dans un immense effort de volonté elle parvint à froncer des sourcils, elle se sentit partir dans un océan de ténèbres.



♥ ♥ ♥


Des doigts frais s'appliquèrent sur son front, et elle parvint cette fois à ouvrir les yeux. Mais tout était flou, autour d'elle, même ce visage si proche d'elle.
Libertée ne put s'empêcher de froncer les sourcils et de tenter de faire le focus sur le visage, mais elle n'y parvint pas. Elle avait l'impression de voir une scène au travers d'une vitre presque opaque.


- Comment tu te sens ?
Elle cligna des paupières encore quelques secondes, mais cela n'améliora pas la chose. Portant sa main à ses yeux, elle les frotta quelques instants, avant de fermer les paupières, cligner à nouveau des cils… Rien n'y fit.

- Maman, j'y vois flou…
Les doigts sur son front suspendirent leur geste et cela tira un nouveau froncement de sourcils à Libertée. Une autre main vint au contact de son avant-bras.
- C'est sans doute le choc. Il va falloir attendre l'avis d'un Rêveur, il n'y avait que des guérisseurs ici…
- Suviyo ?
- Va bien. Elle est avec son père, juste là.


Clignant encore une fois des paupières - ce qui n'eut absolument aucun effet - Libertée se redressa sur un coude. Un mal de crâne phénoménal s'abattit sur elle, et elle parvint à l'atténuer en secouant la tête.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Un silence pesant s'installa autour d'elle, et une bouffée de colère l'envahit brusquement. Quoi encore ?

- Quelle est la dernière chose dont tu te souviens ?
Libertée ne put s'empêcher de rougir, cherchant du regard les choses autour d'elle. Elle devina la silhouette de Gil, là-bas… Et celle d'Erwan, juste derrière, un peu plus haute. Se mordant la lèvre supérieure, la marchombre prit une petite inspiration.

- Euh… Un baiser.
Elle rougit si fort qu'elle sentit la chaleur se dégager de son visage. Un pouffement de rire résonna dans la pièce, et elle identifia celui de sa mère. Libertée leva les yeux au ciel.

- Ta maison a explosé, Lib.
- QUOI ?
- Ta…
- Non mais j'ai compris !
hurla-t-elle brusquement. Gil, qu'est-ce que tu as foutu encore ?!
Elle avait réussi à se calmer suffisamment entre ses deux phrases pour ne pas crier sur l'envoleur - hors de question qu'il se barre si facilement - mais la colère bouillait en elle. Cela ne pouvait être que lui, de toutes façons. A cause du baiser ? Est-ce qu'il avait au passage tenté de tuer ou blesser gravement Erwan ?

C'était affreusement frustrant de ne rien voir, ou que ce soit absolument flou comme ça. Impossible de savoir, de voir, de déterminer l'expression des gens, d'interpréter quoi que ce soit. Tout était complètement différent de lorsqu'elle y voyait, et elle se rendit compte qu'elle comptait vraiment sur sa vue, même si elle savait s'en défaire… complètement. Pas juste à moitié comme ça !
Se passant une main sur le visage, elle sentit son ventre faire un bond quand les pépiements soudain de sa fille retentirent à ses oreilles. Un long frisson parcourut sa colonne vertébrale, et elle parvint à se lever. Aucun problème d'équilibre, son mal de tête avait disparu, mais elle y voyait toujours horriblemment flou, tout était comme des tâches de couleurs autour d'elle.
Avançant lentement vers la source des petits bruits de bébé, Libertée trouva la main de sa fille et sentit ses doigts se serrer fort autour de son index… Elle ne put retenir le profond soupir qui franchit ses lèvres.

Se laissant déséquilibrer en avant, elle appuya son front contre l'épaule de Gil, caressant du bout des doigts le duvet sur le crâne de Suviyo, ce qui lui tira un petit rire.
Un sourire étira les lèvres de Libertée.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 22 Sep 2016, 20:56

Gil était nerveux et c’était lié à plusieurs raisons. D’abord et surtout, l’état de Libertée le préoccupait. Elle était semi-consciente parfois mais ne parvenait pas à se réveiller complètement et il craignait que sa lésion à la tête ne soit plus grave qu’elle en avait l’air. Ensuite, il attendait toujours la réponse d’Erwan et il soupçonnait celui-ci de prendre volontairement son temps, rien que pour l’emmerder. Si c’était le cas, c’était fichtrement efficace… Plus il y pensait, plus il se disait que pour frapper fort et une fois pour toute, il lui fallait un sérieux coup de main. Erwan n’était pas le seul vers qui il comptait se tourner. Depuis des mois qu’il enquêtait sur son mystérieux adversaire, il avait réuni un certain nombre d’éléments qui allaient nécessiter la patte d’experts en chaos. Qui pouvait se charger de cette affaire, si ce n’étaient ses psychopathes d’anciens élèves ? Kaünis avait sans doute fort à faire, comme d’habitude, mais peut-être que Syles, au moins, serait disposé à le suivre dans cette histoire de dingues. Enfin, la dernière raison pour laquelle Gil tournait en rond comme un lion en cage, c’était la présence des parents de Libertée. Ils étaient arrivés rapidement, prévenus par des gens de Ful’Rah – la commune était assez petite pour que les nouvelles en fassent le tour en un temps record. Il n’avait pas revu Voelle depuis qu’elle était venue lui passer un savon mémorable, à Al-Far, alors qu’il participait à des combats passablement illégaux et dangereux. Ils gardaient Suviyo depuis, sans l’autoriser à voir la petite, mais ils étaient venus avec elle pour retrouver Libertée, et là, il était foutrement mal à l’aise. Il ne savait pas du tout ce qu’il devait faire.

Mïin régla le problème avec son efficacité légendaire. Pendant que son épouse s’installait au chevet de Libertée, il fourra Suviyo dans les bras de Gil et les laissa se retrouver. Gil cligna des yeux, sidéré que ce soit finalement si simple, puis il baisa la tête, croisa le regard de sa fille, et il se laissa glisser lentement contre le mur pour s’asseoir – ses jambes refusaient de le porter. Trop d’émotion d’un seul coup. Elle était là ! Dans ses bras ! Chaude et bien réveillée, occupée à le scruter avec l’attention si particulière des bébés. Il se mit à lui parler doucement, incapable de maîtriser sa voix. Est-ce qu’elle le reconnaissait ? Elle s’accrochait à ses doigts et ne le quittait pas des yeux. Parfois même, elle répondait à sa voix par un gazouillement joyeux et, lorsqu’elle lui décocha un grand sourire, Gil eut l’impression qu’une lance chauffée à blanc lui avait transpercé le cœur. Il ne savait pas si tomber amoureux de sa fille était possible, mais c’était pourtant le cas : il craquait pour elle, littéralement, et il ne parvenait pas à envisager qu’elle puisse grandir sans lui. Elle avait déjà pris des centimètres et du poids. Ses grands-parents s’occupaient très bien d’elle. Il en était rassuré mais aussi chagriné. Il voulait tellement être là pour elle… Pour elles. Son regard un peu trop brillant se posa sur Libertée qui faisait des efforts considérables pour échanger quelques mots avec sa mère. Elle était réveillée, à présent. Il fallait qu’il s’en aille. C’était ce qu’il avait décidé et en dépit de l’atroce douleur que ce choix provoquait en lui, il savait que c’était la meilleure chose à faire. Pourtant, il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil à Erwan – humain et décemment vêtu grâce à l’attention des villageois. Il se rappela qu’il avait une fille, bien plus âgée que Suviyo. Il secoua lentement la tête. Comment tu as fait ? Un jour, peut-être lui poserait-il cette question. Il avait envie de savoir quel genre de père était cet homme capable de se changer en un félin dangereux et déchaîné. Un jour… pas maintenant. Parce que sans crier gare, Libertée se mit à hurler, les faisant tous sursauter.

- Gil, qu’est-ce que tu as foutu encore ?

Bien entendu, les regards convergèrent dans sa direction. Oups. Gil se releva et appuya son dos au mur – il n’était pas encore remis de toute cette histoire, il lui faudrait un bon mois de vacances et de soins pour ça – puis fit la moue. Eh oh ! C’est pas moi qui ai fait péter la baraque ! D’accord, c’était à cause de lui qu’elle avait été prise pour cible. Et c’était à cause de lui que Libertée et Suviyo se retrouvaient à la rue. Mais il sentait dans le ton de Libertée une lassitude doublée d’un reproche qui le vexa – probablement parce qu’elle n’avait pas tort, au fond : là où il passait, les emmerdes suivaient. Et faisaient de gros dégâts. Les bâtiments prenaient cher dernièrement quand il était dans les parages. Est-ce qu’on allait le mettre à la porte pour ça ? Possible, et il se raidit, prêt à s’en aller tout seul comme un grand. C’était son intention de toute façon ! Mais Libertée s’assit sur sa couche et il hésita. Barre-toi barre-toi barre-toi barre-toi maintenant maintenant maintenant maintenant mainte… Ignorant les protestations du guérisseur qui ne tenait pas à ce qu’elle s’agite autant, la marchombre se mit debout. Elle était pâle et semblait plus fragile que jamais, mais Gil voulait bien voir qui, dans cette pièce, oserait seulement lui ordonner de se rallonger – et y parviendrait sans perdre un membre au passage. Lui en tout cas, resta silencieux tandis que dans ses bras, Suviyo gigotait. Elle faisait tout un panel de petits bruits, comme si elle possédait son propre langage. Il aurait donné cher pour comprendre ce qu’elle racontait. Sans doute un truc du genre mon papa il va encore se prendre un coup de boule de maman lalalaaa…

Ce ne fut pas un coup de boule. Et heureusement, étant donné l’état du crâne de Libertée – et du sien. Pas un pour rattraper l’autre, hein… Ce ne fut pas un coup de boule, donc, mais elle pressa son front contre son épaule en un geste d’abandon qui le surprit/le remua/lui plut/l’inquiéta tout à la fois. C’était épuisant, à la longue, de ressentir autant de choses d’un seul coup. Mais Libertée était bien plus fatiguée que lui et il ne put s’empêcher de glisser un bras autour de sa taille afin de la soutenir. Ou de la retenir contre lui, il ne savait pas trop. Il sentait les regards peser sur eux. C’était gênant. Est-ce qu’on ne pouvait pas les laisser tranquilles, un peu ? Tu devais pas te barrer, cabochard ? Il soupira. Oui, mais il ne pouvait pas laisser Libertée sans réponses.

- Je suis désolé pour la maison.

Sa tristesse était nettement visible. Cette maison, il l’avait bâtie avec Libertée ; elle représentait beaucoup pour eux et laissait un vide – un de plus – dans son être.

- J’étais en train de revenir pour vous prévenir quand elle a explosé. Je ne sais pas qui est responsable, mais il s’agit certainement de ceux qui en veulent toujours à ma peau – et à la vôtre désormais. Je ne sais pas qui ni pourquoi, Lib, je te le jure – mais je te promets que je vais le découvrir. Je vais trouver cette ordure et, foi de SangreLune, je vais m’assurer qu’il ne puisse plus jamais vous faire de mal.

Son ton s’était durçit sur ces dernières paroles et il avait levé la tête pour chercher le regard d’Erwan.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 22 Sep 2016, 21:38

Sans blague ?
Sans blague, depuis le début, il n'avait pas vraiment eu de quelconque réaction normale et rationnelle. Alors Erwan pouvait bien s'attendre à ce qu'il tente de kidnapper Libertée, ou autre chose de fou, plutôt que de la soigner immédiatement. Mais apparemment, il restait quand même un peu de jugeotte dans le cerveau de l'Envoleur, puisqu'il souleva la Marchombre délicatement…
Avant de le remercier.
Erwan mit un certain temps à comprendre de quoi il parlait. Avant de faire le rapprochement avec les humains dans la maison en feu. Il finit par hausser les épaules en portant son attention sur la maison qui continuait de brûler. Le toit s'était effondré et les derniers pans de mur commençaient à voir leurs flammes s'étouffer dans l'eau, au bout du ponton.

Secouant la tête, le Marchombre poussa un petit soupir et aida Gil à déplacer Libertée.



*


Affublé d'un pantalon trop petit et d'une sorte de tee-shirt trop étroit, Erwan se sentait vraiment mal à l'aise. Il finit par quitter le haut, qui l'empêchait de respirer correctement, et le rendit avec un sourire à la personne qui le lui avait donné.
Mais alors qu'il cherchait Libertée du regard, ce fut Gil qui entra dans son champ de vision, et le Marchombre fronça les sourcils alors qu'il se rapprochait de lui.


- Je n'ai pas le droit de te demander ça… Non, c'est surtout que ça m'emmerde vraiment, en fait. Mais je n'ai pas le choix et ce n'est pas pour moi que je fais ça. C'est pour elle. Je veux mettre la main sur l'enfoiré qui a fait exploser notre maison et qui s'en prend à ma famille. Je n'y arriverai pas tout seul.

Surpris par la tournure des phrases et leur contenu en soi, surtout l'aide demandée en fait, Erwan ne répondit pas de suite. C'est à ce moment-là que deux personnes déboulèrent, un homme avec un bébé dans les bras et une femme qui dégageait quelque chose de spécial…
Il ne lui fallut que quelques instants pour comprendre que c'étaient les parents de Libertée, et sa fille.


*


Perdu dans ses pensées, inquiet pour Libertée, Erwan ne pouvait s'empêcher pourtant de contempler Suviyo dans les bras de Gil. Elle était tellement mignonne ! Avec ses joues toutes rondes et son grand regard innocent et curieux. Un petit sourire étira les lèvres du Marchombre quand elle babilla en attrapant les doigts de Gil.

Levant les yeux vers Libertée qui venait de se réveiller, le Marchombre sentit son coeur accélérer quand elle dit qu'elle y voyait flou. En effet, son regard ne se fixait sur rien, et elle avait les sourcils si froncés qu'on devinait aisément qu'elle essayait de voir quelque chose sans y parvenir…
Se mordant l'intérieur de la joue, l'homme aurait voulu faire un pas en avant, mais les parents de la Marchombre étaient à ses côtés.

Il aurait voulu lui dire de ne pas se lever, quand elle invectiva Gil, mais comprit rapidement que cela ne servirait à rien : après tout, elle avait l'air de n'en faire qu'à sa tête. Et elle semblait drôlement en colère. Malgré son teint pâle et presque translucide, cela lui donnait quelques couleurs sur les joues.
Elle parvint à s'approcher de Gil et une petite boule se forma dans la gorge d'Erwan quand le doigt de Suviyo se referma sur l'index de sa mère.

Il voyait Libertée dans les bras de ce type, et tout ce qu'il ressentait, c'était du regret.
Regret, que Gil ne soit pas assez bien pour Libertée malgré un amour réciproque évident. Pouvaient-ils, avaient-ils déjà été heureux et insouciants ensemble ? Leurs disputes et les accusations des deux partis semblaient tellement ancrés… Y avait-il encore quelque chose à tirer de ce genre de relation ?
Il le souhaitait de tout son coeur. Pour Gil, pour Lib.
Il espérait qu'ils ne se détruiraient pas mutuellement complètement avant de se rendre compte qu'il valait mieux se séparer. Il espérait que tout pourrait s'arranger, si chacun y mettait du sien…

Il savait simplement qu'il ne pouvait pas lutter contre les sentiments qui étaient nés en lui. Oh, il pouvait rester responsable, et simplement ami, il le savait. Mais et après ? Est-ce que cela irait à Libertée ? Aurait-elle besoin de plus, elle ? Que voulait-elle ?

Secouant la tête, Erwan poussa un petit soupir.

- Je ne sais pas qui ni pourquoi, Lib, je te le jure – mais je te promets que je vais le découvrir. Je vais trouver cette ordure et, foi de SangreLune, je vais m’assurer qu’il ne puisse plus jamais vous faire de mal.
Son regard croisa celui de Gil, et alors il ne put que hocher le menton.
- On s'en assurera, oui.
Son regard flamboya. Non pas d'une quelconque compétition que semblait vouloir lancer Gil, mais de détermination. Libertée l'avait aidé pour trouver les gens qui s'en prenaient aux jeunes métamorphes, il lui devait ça et bien plus encore.
La voie de la guérison, du deuil, aussi.

Alors, dans un long soupir, Erwan s'approcha des deux parents de Libertée et leur tendit sa main.

- D'ailleurs, je m'appelle Erwan.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Jeu 22 Sep 2016, 22:57

Le front contre Gil, Libertée laissait l'odeur de l'envoleur et de sa fille se mêler pour s'en imprégner. Elle ne savait plus vraiment où elle en était de toutes façons.
Oui, elle aimait Gil. De tout son coeur. Mais ça ne suffisait pas, elle n'était plus elle-même depuis des mois, elle n'était plus aussi… positive et rayonnante. Elle ne se sentait plus alignée avec ce qu'elle avait toujours été. Ni en harmonie avec elle-même, en fait. Cette pensée la fit frémir contre son compagnon, et elle poussa un petit soupir alors qu'il prenait la parole…

- Je suis désolé pour la maison.

Elle poussa un nouveau soupir, agitant légèrement la tête, avant de fermer les yeux. Les paroles de Gil la bercèrent quelques instant et elle se rendit compte un peu tard qu'elle n'avait pas tout écouté… Juste, quand Erwan parla, elle cligna des yeux. Une envie irrépressible de le toucher la traversa, mais elle se contenta de redresser la tête et le menton, se détachant de l'Envoleur et de sa fille.


- D'ailleurs, je m'appelle Erwan.

S'ébrouant, la marchombre prit une inspiration. Mais sa mère prit les devants.

- Voëlle, et mon compagnon est Miïn.
- On devient majoritaires ici, dis-donc !

Libertée poussa un soupir d'exaspération. Elle n'était pas certaine qu'Erwan comprenne la blague, ou qu'il ai pu se rendre compte que sa mère était comme Gil, à la base… Même si elle ne l'était plus vraiment, envoleuse.

Elle se détacha de son compagnon, caressa une dernière fois la joue de leur fille, et tenta de retrouver le chemin de son lit. Elle avait besoin de s'allonger, là.
Avançant avec les mains devant elle, distinguant des tâches plus foncées maintenant, elle fronça les sourcils. Ses doigts rencontrèrent un bras, et un frisson naquit à l'intérieur de sa paume pour remonter derrière son coude et tracer un sillon brûlant dans son dos.

Ça… c'était Erwan.
Le rose lui monta aux joues et elle grimpa rapidement sur le lit pour déposer sa tête contre le coussin dans un soupir. Tout son corps frémissait encore, et elle se mordit la langue violemment.

- Et… Vous comptez faire quoi au juste ? Juste vous deux ?
Elle était certaine que Gil avait déjà pensé à appeler à la rescousse Naïs, Syles et Kaünis… Et serra les dents.
- Erwan, je ne veux pas que tu te mêles de tout ça. C'est trop dangereux… Et sii Ylléna est encore reprise à parti ?  Je m'en voudrai toute ma vie.

Quelques points noirs dansèrent devant ses yeux. Ils étaient nets, eux…

- Moi, je vais faire un petit somme…
Elle se sentit partir à la fin de sa phrase.
Loin.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Sam 24 Sep 2016, 20:16

Gil retint sa respiration contre Libertée. Il avait espéré que ses paroles la fassent réagir d'une quelconque manière mais elle se contentait de presser sa tête amochée contre sa clavicule et il avait bien du mal à ne pas jeter tout le monde dehors, uniquement pour la serrer dans ses bras. Fort. Elle ne va pas bien, réalisa-t-il, et ce n'est pas seulement cette explosion qui en est la cause... Il avait joué au con trop longtemps pour ne pas comprendre que Libertée avait franchi ses limites depuis un moment. Elle était à bout de forces, littéralement. C'est bel et bien moi qui doit foutre le camp, alors... Mais il redressa la tête parce qu'Erwan, en revanche, avait réagi à ses paroles. Il répondait à tout le monde mais c'est Gil qui hocha la tête. Il était satisfait de ce « on » et de ce ton déterminé. Rival ou pas, il allait devoir s'allier à ce marchombre pour protéger sa famille. Au point où j'en suis, de toute façon... Il laissa glisser les présentations, focalisé sur les babillements de Suviyo et l'odeur de Libertée, notant toutefois la boutade de Miïn. Il secoua la tête. Vraiment ? Il ne trouvait pas la situation assez glissante pour rajouter sa propre savonnette ?

Elle se détacha de lui, il s'accrocha à elle. Une seconde. Avant de la laisser s'éloigner. Quand elle vacilla pourtant, il tandis machinalement bras... recula d'un pas en la voyant attraper celui d'Erwan. Cela n'avait duré qu'un instant mais il su, à la façon dont Voëlle le contemplait, qu'elle avait tout vu.

- Et... vous comptez faire quoi au juste ? Juste vous deux ?
- Peut-être,
répondit Gil dans une grimace. C'est pas encore décidé.

Il avait envie de foncer dans le tas mais Erwan ne serait probablement pas du même avis. Il ne s'agissait pas de tout faire foirer, cette fois ; il n'y aurait qu'une seule tentative pour une seule chance. Gil le savait très bien. Jamais il ne se serait allié d'un marchombre amoureux de sa compagne, sinon. Il resta silencieux quand Libertée s'inquiéta pour Erwan et sa fille. Ouais, il va risquer sa vie – après tout, c'est pas comme si je risquais déjà la mienne, pas vrai ? Il se mordit l'intérieur de la joue, lui-même agacé par ce brusque excès de jalousie. Il donnerait sa vie pour elle, il la lui avait déjà offerte. Peut-être qu'elle s'était faite à cette idée. Peut-être aussi que ça résoudrait bien des problèmes, songea-t-il, la mine si sombre que Voëlle s'approcha discrètement de lui. Il sursauta carrément lorsqu'elle posa la main sur son épaule.

- Tu peux compter sur moi, dit-elle simplement.

Il en fut sidéré. Voëlle lui proposait son aide après tout ce qu'il leur avait fait ? Miïn et elle ne devraient-ils pas plutôt le détester ? Souhaiter qu'il disparaisse pour de bon ? Un coup d'oeil en direction du père de Libertée l'informa que ce dernier était sans doute moins prompt que sa compagne à hisser le drapeau blanc, mais comme il hocha la tête, Gil comprit que tous les deux étaient prêts à le suivre. Il soupira.

- Non, c'est vous qui devez me faire confiance. J'ai commis l'erreur de croire qu'en restant discret mes ennemis nous laisseraient tranquilles. Je ne la ferai pas deux fois.

Il regarda Libertée s'endormir. Quand ses yeux se fermèrent, il s'approcha du lit et se pencha pour pour l'embrasser sur le front.

- Je t'aime, chuchota-t-il, rien que pour elle, et même si elle ne l'entendait pas.

Il se redressa et, après l'avoir embrassée à son tour, déposa Suviyo dans les bras de Voëlle. Avant de sortir de la pièce.



*


L'aube était là, douce et frémissante ; sur le seuil de la maison, Gil regarda instinctivement vers la gauche – dans la direction de sa maison. La fumée sombre qui s'élevait au-dessus des arbres lui serra le cœur. Quelque chose s'achevait, emporté par cette volute indolente. Une page était en train de se tourner. Plus rien ne serait comme avant, réalisa-t-il en laissant son regard balayer les environs. Il espérait juste que le pire était derrière lui. Son dos le faisait souffrir. Il s'étira et bâilla, épuisé. Il devina la présence d'Erwan dans son dos et se décala d'un pas pour le laisser sortir à son tour.

- Je te promets de te foutre la paix jusqu'à la fin de cette histoire puisque tu as accepté de m'aider, dit-il en appuyant son épaule contre le mur. J'ai juste une question à te poser, avant.

Il attendit que le bleu tranquille de son regard se soit fixé sur lui avant de poursuivre.

- Où est Miss ?


La marchombre aux yeux violets avait traversé sa vie une poignée de minutes mais il s'en rappelait toujours, comme si cette rencontre se devait de rester essentielle... La première fois qu'il avait rencontré Erwan, des années plus tôt, Ylléna était un petit bout de chou qui, du haut de ses trois pommes, ressemblait déjà follement à sa maman. Il avait deviné qu'elle était la fille de Miss sans rien n'en laisser paraître, peu désireux de se lier d'amitié avec un marchombre.

Hasard, je te hais.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Sam 24 Sep 2016, 21:46

[ Fronce les sourcils, avant de pousser un soupir en secouant la tête ]

- Ça fait... 7 ans que...

[ Écarquille les yeux en se rendant compte du temps passé à tenter de panser ses blessures ]

- Elle est morte...

[ Souffle qui s'éteint ]

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Sam 24 Sep 2016, 21:51

- Merde. Désolé.

(C'était sincère. Il laissa filer quelques secondes, puis frappa soudain de son poing serré contre le mur)

Mais c'est pas une raison pour me piquer ma nana !

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Sam 24 Sep 2016, 21:54

- Désolé. C'était pas mon intention. Je pensais qu'il s'était aussi passé quelque chose de malheureux...

[ Ne précise pas séparation ou autre... Pas besoin ]

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Sam 24 Sep 2016, 22:06

- Est-ce que j'ai l'air d'un type mort ? ... Nan. Dis rien.

(Pousse un profond soupir)

Je vais aller dormir un peu. Si Li... si on me cherche, je suis chez Païko, le bouvier. Sa maison est là-bas.

(Il jette un coup d'oeil à Erwan, sur le point d'ajouter quelque chose, puis se ravise et s'éloigne, les mains dans les poches)

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Sam 24 Sep 2016, 22:42

Blanc. Brillant.
Noir. Mat.
Les deux couleurs se mélangeaient, s’unissaient, se désunissaient dans un harmonieux chaos. Cela tournait, roulait, plongeait. C’était à la fois très beau, et très inquiétant.

Jusqu’à ce que quelque chose la prenne à la gorge.
Une sensation d’étouffement et de brutal enfermement la fit suffoque tellement violemment qu’elle se réveilla en sursaut sur le lit. Ou plutôt la couchette.

Il faisait jour. Mais tout était toujours affreusement flou. Elle était incapable de se repérer, ne savait même pas où elle se trouvait en fait. La maison avait brûlé, donc elle n’y était pas.
Elle n’entendait pas non plus les gazouillements de Suviyo. Ses parents avaient dû l’emmener dans une autre pièce pour qu’elle puisse dormir tranquillement.

Elle n’y voyait toujours pas correctement.
C’était affreusement frustrant.
Secouant la tête, elle se leva et laissa ses doigts trouver le contact du mur. Elle mit quelques secondes à trouver son équilibre, fronça les sourcils, avant de prendre une grande inspiration. Elle espérait que ça ne durerait pas, cette histoire. Prenant son courage à deux mains, elle commença à avancer en effleurant le mur du bout des doigts. Elle trouva l’encadrement de la porte, puis la poignée, et la tourna pour sortir de cet endroit.
Elle ne savait toujours pas où elle était, mais elle se laisser guider par ses autres sens. Son ouïe la poussait à aller à droite, tandis que quelque chose, dans son ventre, la poussait à prendre à gauche dans le couloir.

Elle prit à gauche.
Ses pas ne faisaient pas de bruit sur le parquet. Elle passa une première porte où elle ne s’arrêta pas, puis une seconde où il y avait un peu d’agitation. La troisième était silencieuse, mais elle la laissa derrière elle.
Soudain fébrile en arrivant près de l’encadrement de la dernière porte, elle laissa ses doigts parcourir les veines du bois quelques secondes.

Avant que la porte ne s’ouvre.
L’odeur d’Erwan l’assaillit avec tellement de violence qu’elle tituba un instant, se rattrapant à l’encadrement de la porte. Prenant une inspiration, elle leva la seconde main…
La déposa sur son torse. Juste sur la peau au dessus du sternum.


- Erwan… J’y vois toujours rien…
Sa voix était toute petite, et elle sentit une boule se former dans sa gorge, alors que ses yeux la piquaient brusquement, se remplissant de larmes. Un sanglot finit par franchir ses lèvres, et elle se laissa totalement aller contre le torse du marchombre.

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Sam 24 Sep 2016, 23:08

Erwan prit une inspiration longue alors que Gil s’éloignait.
Relâchant son souffle, il secoua la tête. L’image de Miss s’imposa à lui, et il se passa une main sur le visage. Il nota l’emplacement de la maison dans laquelle l’Envoleur s’engouffrait. Pourquoi il ne rentrait pas à l’intérieur pour rester à côté de Libertée ?
Le Marchombre secoua la tête. Ce type était incompréhensible. Et imprévisible.

Se tournant, il rentra à nouveau dans la maison, pour aller se coucher lui aussi.
Les oiseaux chantaient déjà, pourtant.


*


Quelque chose le réveilla.
Il ne savait pas quoi, une sensation dans le ventre. Clignant des paupières, il se redressa sur un coude, avant de se relever complètement en passant ses jambes à droite du lit pour se frotter le visage et finir de se réveiller.

Fronçant les sourcils, le Marchombre repoussa les draps en grognant contre lui-même. Pourquoi cette sensation étrange ? Pourquoi s’était-il réveillé si brutalement ? Y avait-il un danger ?
Généralement quand il bondissait hors du sommeil comme ça, c’était à cause du Jaguar qui sentait que quelque chose se passait et le mettait sur le qui-vive.
Pourtant, là, il n’avait pas de sentiment d’urgence. Et surtout, une forme d’enfer en dessous du pantalon, ce qui n’était pas franchement compatible avec une brusque montée d’adrénaline.

Secouant la tête, il décida de se lever néanmoins pour jeter un coup d’œil à l’extérieur. Peut-être se passait-il quelque chose, vraiment ?

Quand il ouvrit la porte, pourtant, ce fut une Libertée au regard vibrant qu’il découvrit, juste sur le pas de la porte.
Clignant des paupières, le Marchombre sentit une boule se coincer dans sa gorge, alors que Lib avait les cheveux encore en bataille de la nuit, mais qu’un rayon de soleil venait jouer sur sa peau. Déglutissant péniblement, il tenta de cacher comme il le pouvait la réaction de son corps déjà prêt en tirant un peu sur le large débardeur qu’on lui avait donné la veille au soir.
« Pour ne pas choquer les petites dames » avait dit son hôte. « Parce que certaines pourraient bien avoir une attaque à vous voir torse nu comme ça ! » avait-il ajouté, tirant un sourire au Marchombre.

Le contact des doigts de Lib qui coupa le souffle, et il ne put s’empêcher d’attraper sa main entre ses doigts.

- Erwan… J’y vois toujours rien…
Elle ne lui laissa pas le temps de réaliser la teneur de ses propos : elle se jeta sur lui et se mit à pleurer. D’abord indécis, le Marchombre poussa un petit soupir et enroula ses bras autour du corps tremblant de Libertée. Elle avait l’air si petite, si fragile, ainsi… Le nez dans ses cheveux, drogué par son odeur de pêche, il la berça doucement plusieurs minutes, avant de la tirer à l’intérieur et de la faire s’asseoir sur le lit quand ses pleurs se tarirent un peu.

- Rien comment ? Tu veux qu’on te trouve un Rêveur ou tu te sens de te déplacer jusqu’à une Confrérie ? demanda-t-il en levant son menton doucement.

Il avait une furieuse envie de l’embrasser, son corps ne s’était toujours pas calmé, mais il se contenta de laisser glisser ses pouces sur les joues de Libertée pour essuyer ses larmes doucement.

- Ça va aller, Lib… murmura-t-il du bout des lèvres, la serrant contre lui pour lui apporter du réconfort. C’était tout ce qu’il pouvait faire…

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Sam 24 Sep 2016, 23:33

Pressée contre lui, elle ne pouvait pas ignorer ce qui était blotti contre son ventre… Son propre ventre qui ronronnait à cette sensation alors que son cerveau commandait encore des larmes. Elle passait beaucoup trop de temps à pleurer, ces derniers jours. Elle ne voulait plus retomber dans ces cercles-là.
Cela était allé tellement mieux quand elle avait aidé Erwan, à Al-Jeit !

Se laissant entraîner à l’intérieur de la pièce, la marchombre se blottit rapidement contre le jeune homme quand il l’assit sur le lit. Son contact la rassurait, et il était si calme ! Quand il la prenait dans ses bras, comme ça, elle avait l’impression que tout finirait par s’arranger. Ses sanglots finirent par cesser dans un dernier petit soupir tremblant.
Ils restèrent encore quelques minutes ainsi, elle blottie contre lui, sous son aisselle, la tête contre son épaule. Elle avait ramené ses jambes sous elle, pas exactement à genoux mais presque, le corps tout niché contre celui d’Erwan.

Quand il glissa ses doigts sous son menton, elle se mordit la lèvre inférieure. Elle aurait voulu plonger ses yeux dans celui de l’homme, mais tout ce qu’elle voyait c’étaient des formes floues.  

- Rien comment ? Tu veux qu’on te trouve un Rêveur ou tu te sens de te déplacer jusqu’à une Confrérie ?

Elle secoua la tête.
Elle n’était pas certaine de vouloir aller dans une Confrérie, ni si elle était capable de se déplacer. Avec quelqu’un qui l’aide, et à cheval, sans doute. Mais sinon ?
- Ça serait mieux qu’il vienne…
Elle avait répondu du bout des lèvres, et ferma les yeux. Le noir, c’était reposant aussi.
Mais du coup, elle entendait le pouls puissant et lent d’Erwan, sa respiration. Son odeur, aussi. Ses perceptions prirent en précision et elle ne put alors plus ignorer les réactions de leur corps.

S’humectant la lèvre inférieure, la marchombre laissa ses doigts aller jouer sur la jambe de l’homme quelques secondes, avant de passer sur le renflement du pantalon. Une bouffée de chaleur lui monta au visage, et brusquement elle pivota pour se retrouver sur les genoux d’Erwan.
Elle laissa ses doigts partir en exploration et glisser sur sa nuque, s’enfoncer dans ses cheveux… Avant de chercher sa bouche. Leur haleine se mêlèrent un instant et Libertée poussa un long soupir de satisfaction contre les lèvres du marchombre.

Posant sa tête sur son torse, elle se dandina un instant pour amener son bassin juste au dessus du désir tendu d’Erwan.
Oh. C’était bon. Juste comme ça. Pas plus.

Elle ne le voyait pas, mais la porte était restée ouverte…

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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Dim 25 Sep 2016, 00:49

- Gil ? Bon sang... entre, mon vieux. Ça va ? J'ai su pour ta maison, j'ai vu la fumée...

Gil se contenta d'un haussement d'épaules et entra chez Païko. Celui-ci referma la porte dans son dos et lui retourna un regard navré.

- T'as une sale gueule.
- Merci.


Païko secoua la tête. Il connaissait Gil depuis quelques années à présent et ne parvenait toujours pas à comprendre comment ce type faisait pour continuer à plaisanter dans une situation pareille. Il le poussa vers la pièce de vie. Gil se figea en découvrant Orana, sa jeune épouse, en train de donner le sein à leur petit garçon d'un mois.

- Désolé. Je veux pas déranger...

Il voulut faire demi-tour mais Païko lui barra le passage. Et comme c'était un grand gaillard qui le dépassait d'une bonne tête, Gil n'insista pas. Il soupira.

- D'accord. T'as quelque chose à boire ?
- Lib n'est pas avec toi ?
- Quelque chose de fort ?


Silence. Païko hocha doucement la tête et s'éclipsa. Gil soupira de nouveau, puis passa une main dans ses cheveux – ébouriffés et charbonneux – avant d'entrer franchement pour saluer Orana. Elle avait la même expression désolée que son mari, celle qui le faisait grincer des dents. Ça va, j'ai perdu que ma maison. Il cligna des yeux, réalisant soudain ce qu'il venait de penser. Sa maison. Ça aurait pu être bien pire – la seule pensée que Suviyo ait pu se retrouver là-dedans lui tordait les boyaux – mais ce n'était pas un soulagement non plus. Sa maison, c'était... le seul endroit où il s'était réellement senti chez lui depuis son enfance. Il ne s'était pas rendu compte, encore, à quel point cette perte l'attristait. Mais Orana le dévisageait avec inquiétude et il fit l'effort de sourire. Tout va bien ! J'ai perdu la femme que j'aime et ma maison dans la même journée, mais tout va bien. Je gère. Païko réapparut et lui glissa un verre entre les doigts. Gil le vida d'une traite et se plia en deux.

- Enfeeeeer, gémit-il en pressant ses paumes sur ses paupières. Qu'est-ce que c'est que ce truc ? J'ai les neurones qui fondent.
[/i]- La même chose que d'habitude, mon vieux.


Vraiment ? Perplexe, il fixa le fond de son verre, jusqu'à ce qu'Orana lui propose de se reposer un moment. Sa voix était aussi douce qu'un rêve. Elle était plus fine que son mari, elle avait compris d'un seul coup d'oeil ce qui clochait chez Gil. Et ce dont il avait réellement besoin. Mais Gil était têtu. Il tendit son verre à Païko.

- Encore.


*


Des pleurs le réveillèrent en sursaut. Il se redressa dans le fauteuil et se passa une main sur le visage, perdu. Suviyo ! Première pensée cohérente qui le fit bondir, juste avant de se rendre compte que le bébé qui pleurait n'était pas sa fille. C'était le fils de Païko. Il s'était réfugié chez lui pour se reposer un peu. C'est un échec, reconnut-il en s'étirant avec l'impression d'être plus épuisé et plus fourbu qu'auparavant. Une chanson atteignit ses oreilles, légère, enjouée. Intrigué, il quitta le séjour et passa la tête dans le couloir. Il y trouva Orana, en train de bercer son bébé tout en entonnant quelques paroles pour le calmer. Elle leva les yeux, sursauta en l'apercevant et sourit – de sa frayeur et parce qu'il avait les cheveux en bataille sur le côté gauche.

- Je t'ai réveillé ? Désolée...
- Pas grave.


Il la regarda un instant.

- Je peux... ? demanda-t-il finalement.

Elle parut surprise, mais elle lui tendit néanmoins son fils et il le prit dans ses bras avec une gaucherie toute délicate. Ce bébé était minuscule et il ne pesait rien du tout.

- Salut microbe, fit Gil en le laissant attraper son doigt. T'as de la chance, tu tiens plus de ta mère que de ton père...

Païko traversa le couloir sans rien dire, mais il leva le poing et dressa son majeur dans un geste à l'attention de Gil. Qui n'en fit pas cas, continuant de deviser avec l'enfant jusqu'à ce que celui-ci s'apaise et s'endorme. Orana sourit.

- Tu es doué ! Un vrai papa poule...

Le regard de Gil s'assombrit. Il déposa le bébé dans les bras de sa mère en secouant la tête.

- Pas vraiment, non.

Puis il tourna les talons et s'éloigna tandis qu'Orana se mordait la lèvre.


*


- Y'a quelqu'un ?

La maison était silencieuse et Gil fronça les sourcils. Pas de Miïn ni de Voëlle. Pas de gazouillements ni de Suviyo. Pas de Lib, ni d'Erwan. Où étaient-ils donc tous passés ? Il fit quelques pas dans le couloir, avisa les portes fermées. Ils dorment peut-être encore... Il était tôt. Une seule porte était entrouverte et il ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil à l'intérieur de la chambre... et blêmit en découvrant Lib. Assise sur les genoux d'Erwan, elle l'embrassait à pleine bouche. C'était comme se recevoir un coup de poing dans le ventre, en fait – et Gil s'y connaissait en la matière. Ça lui coupa le souffle tout en lui provoquant une douleur bien méchante. La bête découvrit ses crocs, pressée de semer le chaos. Arracher la porte, arracher la tête d'Erwan, arracher Lib de ses bras... Les images défilèrent dans sa tête. Il les repoussa. Se retourna pour coller son dos contre le mur et se passa une main sur le visage. Je peux pas supporter ça, merde... Même pas pour elle ? Il ferma les yeux, enfonça ses ongles dans ses paumes. Et toussota. Quand il repassa la tête dans la chambre, le baiser fiévreux était terminé.

- Vous avez l'air en forme, lança-t-il.

Simple remarque, sans l'once d'ironie, et il fallait de bons yeux pour voir l'étoile chagrine au fond de ses yeux vairons. Mais Libertée avait l'air de ne pas correctement le voir tout court. Il s'en rendit compte à la différence de taille de ses pupilles et à son expression. Tâchant de ne pas s'attarder sur le rouge de ses joues et son souffle court, il s'approcha juste assez pour qu'elle devine un peu mieux sa présence.

- Enfer, t'as pris un sacré coup sur le crâne... Tu devrais voir un Rêveur.

Il fallait pour cela chevaucher jusqu'à une Confrérie. Gil regarda Libertée. Sa décision était déjà prise.

- J'en ramène un. Repose-toi...

Coup d'oeil en direction d'Erwan.

-... d'accord ?

Comme si c'était possible avec la forme que tu tiens, mec, songea-t-il amèrement. Et oui, cette fois, c'était bel et bien ironique.

Il tourna les talons et décida d'aller boire un verre de tue-neurones chez Païko avant de prendre la route.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Dim 25 Sep 2016, 01:20

Elle n’avait pas répondu à sa question sur comment elle voyait – ou comment elle ne voyait pas.
Inquiet, le Marchombre se détacha très délicatement de la jeune femme, essayant de deviner ce qu’elle pensait et ce qu’elle voulait cacher en étudiant son visage…

Il fut complètement pris de court quand il sentit ses doigts sur sa nuque et ses lèvres sur les siennes.
Son souffle sur sa langue attisa ses papilles et il les sentit frémir d’excitation au fond de sa gorge. Il voulut la repousser, lui dire que non, Gil l’attendait, voulait qu’elle aille le retrouver, que…
Quand la langue de Libertée partit à la rencontre de la sienne, que son corps frotta contre son pantalon tendu, il perdit le peu de pensées cohérentes qui subsistaient dans son crâne.

Enroulant ses doigts autour de la taille de Libertée, il laissa une main remonter dans son dos.
Elle se frottait contre lui, et il n’en pouvait plus. Il n’allait sans doute pas tenir longtemps, ainsi, avec l’odeur enivrante de Libertée qui le noyait.
Se détachant doucement d’elle, il leva les yeux…

Croisa le regard de Gil, dans l’entrebaillement de la porte.
Un frisson remonta le long de son échine, et il voulut prévenir la Marchombre, mais l’Envoleur parla en premier.

- Vous avez l'air en forme.

Erwan sentit une boule de culpabilité se former dans sa gorge, et détacha Libertée de son torse en l’attrapant par les épaules. Il se sentait affreusement acculé et n’était pas certain de pouvoir contrôler le Jaguar si Gil se jetait sur lui…

- Enfer, t'as pris un sacré coup sur le crâne... Tu devrais voir un Rêveur. J’en ramène un. Repose-toi… d’accord ?
Il prenait donc une initiative ?
Erwan ne put s’empêcher de hocher la tête très légèrement. Alors que Gil disparaissait, il voulut repousser Libertée doucement, mais lorsqu’elle effleura encore une fois son désir tendu, il crut perdre la tête.


- Allez, repose-toi, tu en as besoin, dit-il dans un souffle.
Il pouvait sentir la souffrance de Gil, le besoin de Libertée, mais là… Il ne voulait pas porter tout ça. Qu’est-ce qui était le plus important ? La santé de la Marchombre. Son bien-être, en général.

La culpabilité dans sa gorge ne mit que quelques secondes de plus à se dissoudre, alors que le corps de Libertée se pressait encore contre lui.
Il ferait ce qu’elle voudrait. Tout simplement.


*


Laissant Libertée s’appuyer sur l’intérieur de son coude, Erwan la fit sortir de la maison dans laquelle ils se trouvaient.
Sur la terrasse à l’arrière de cette dernière, un petit jardin prenait place, avec des chaises et une table basse. Miïn et Voëlle se trouvaient là, avec la petite sur les genoux du Marchombre.

Erwan cligna des paupières et amena Libertée près de sa famille, avant de la lâcher presque à regrets et de s’installer sur une chaise. Se prenant le visage entre les mains, il se frotta la joue plusieurs secondes.
Là, il était simplement mal à l’aise, en fait.

- Gil doit revenir avec un Rêveur, pour les yeux de Libertée.
Il n’avait aucune idée de la manière dont il pouvait engager une quelconque conversation.

Alors, il préféra se taire et verser du thé dans une tasse, sur la table, en demandant qui en voulait.

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Dim 25 Sep 2016, 07:30

- Vous avez l’air en forme.
Libertée mit un certain temps à se rendre compte que c’était Gil qui venait de dire ça. Cependant, fière et déterminée, elle leva le menton dans la direction de l’envoleur alors qu’elle sentait Erwan tenter de se détacher d’elle doucement mais fermement.

Ah non !
Elle serra les genoux pour emprisonner les jambes du marchombre entre les siennes. Son désir venait de perdre de sa superbe et elle dut se retenir de ne pas claquer la langue à l’intention de Gil pour son intervention… Avant de se rendre compte que c’était vraiment bizarre. Et complètement stupide.

Tournant le buste vers son compagnon, elle essaya de distinguer sa silhouette mais tout ce qu’elle voyait, c’était une tâche de couleur – la porte ouverte sans doute – et une tâche allongée sombre au milieu. Ça commençait à sérieusement l’agacer de ne voir que des bribes de choses. Mais comment faisait Naïs ? En fait, ne rien voir, ça devait être plus facile, plus besoin de se concentrer sur des choses pour essayer de deviner ce que c’était.
Libertée pensa à sa… demi-sœur ? Brr, c’était bizarre de la considérer ainsi. Ça faisait un sacré truc incestueux en fait, et elle se mordit l’intérieur de la joue pour ne plus y penser.

- Tu devrais voir un Rêveur. J’en amène un. Repose-toi…. D’accord ?

Libertée fronça les sourcils mais hocha la tête.
- Merci…

Elle sentit la présence de Gil disparaitre et poussa un petit soupir. Bougeant sur les genoux d’Erwan, la marchombre se passa une main dans les cheveux, avant de se lever souplement pour s’approcher de la porte et la refermer doucement. Quand le battant fut plus, elle s’appuya contre et tenta de distinguer la silhouette d’Erwan dans l’obscurité de la pièce.
Elle ne faisait qu’entendre son souffle.
En fait, c’était vraiment étrange. Elle pensait à Naïs, et à Gil qui disait qu’il la voyait comme une amie… Alors qu’il avait couché avec. En fait, ce n’était pas la seule nana avec qui il avait couché alors qu’ils se côtoyaient. Le pire, ça restait Kaünis en fait, selon la perception de la marchombre. Mais autant, il avait pu avoir beaucoup d’autres maîtresses, sans rien lui dire. Il était très fort pour éviter de parler de quoi que ce soit – et surtout de lui et de ce qu’il faisait. Si elle ne lui sortait pas les vers du nez, la plupart du temps il se débrouillerait sans rien dire.

Rentrer, voir Suviyo, la pénétrer dans un coin, et repartir.

Secouant la tête, Libertée se rendit compte qu’elle n’était pas juste. Mais lui, est-ce qu’il était juste ?
«  Tu es libre de t’en aller. De me quitter. De me blesser au moins aussi fort que j’ai blessé. De me tuer même… C’est facile, tu sais ? Je ne lutterai pas pour me défendre. Si tu t’en vas, je ne serai jamais très loin parce que je ne peux pas faire autrement, j’ai besoin de te voir, de savoir que tu vas bien. Si tu me quittes, je n’aimerai jamais personne plus fort que toi. Si tu me blesses, je ne broncherai pas. Et si tu me tues, ici, maintenant… »
Elle secoua encore une fois la tête.
Elle n’avait aucune intention de blesser Gil… Mais elle n’avait plus l’intention de se laisser faire. De donner tout ce qu’elle était pour quoi ? Que rien ne change. Qu’elle se reperde elle-même ? Elle ne voulait plus être à fleur de peau, elle ne voulait plus pleurer, elle ne voulait plus être faible et complètement au fond du trou.
Ce n’était pas elle.

Alors, qu’était-elle ? Qui était elle ?
Elle était cette fille radieuse, énergique, heureuse. Elle n’avait jamais eu d’épreuves compliquées et difficiles dans sa vie, et cela avait forgé sa personnalité si positive sur des décennies. Alors oui, elle avait eu des déceptions, elle s’était brisé presque tous les os lors de son propre Ahn-Ju, mais jamais elle ne s’était posé la question si c’était la bonne chose parce que…
C’était une évidence.
La voie des marchombres serpente entre les collines de la vie. Tantôt lumineuse, en plein soleil, où la chaleur peut être accablante… Tantôt sous des branches, dans l’ombre, avec le vent comme mélodie et quelques prédateurs dans les fourrés. Elle peut être absolument droite pour des kilomètres avant de prendre l’aspect d’un chemin de montagne sinueux et glissant.

Elle venait juste de prendre une sacrée courbe.

Toujours appuyée contre le battant de la porte, elle ferma les yeux. Le tambourinement de son cœur dans sa poitrine prit beaucoup de place, avant qu’elle ne puisse entendre le souffle d’Erwan. Alors, seulement, elle lâcha la porte et s’avança dans la pièce sur la pointe des pieds.
Déposant ses mains sur les genoux d’Erwan, elle se pencha en avant pour chercher ses lèvres une seconde, avant de lui pousser le torse d’une main pour l’allonger en travers du lit sur lequel il était assis.

- Erwan ? Désolée de t’avoir mis dans cette situation mais…
Elle ne termina pas sa phrase, se contentant de l’embrasser, avant de presser tout son corps contre le sien.

Mais…

Tu es ma lumière.
Tu éclaires si fort le bout de la courbe, que ça m’éblouit. Et je respire ta lumière, pour rayonner à mon tour.


♥ ♥ ♥


Se rhabillant avec un sourire sur les lèvres, Libertée prit une grande inspiration.
Elle ne savait pas quand reviendrait Gil, mais elle avait hâte. Non pas que parce qu’il était censé ramener un Rêveur mais parce que… Là, tout de suite, malgré tout le temps passé dans les bras d’Erwan, elle avait envie de se blottir contre lui.
Comment pouvait-elle être partagée à ce point entre les deux hommes ? Pourquoi fallait-il que son cœur soit une guimauve fondue, en cet instant ?

Secouant la tête, elle se leva et chercha le corps d’Erwan du bout des doigts… Rencontra son triceps qui frémit et l’attrapa, glissant sensuellement ses doigts dans le creux de son coude.

- Tout le monde doit être dehors.

Elle se laissa guider par le marchombre alors qu’ils franchissaient le couloir. Elle ne savait même pas dans quelle maison ils étaient, mais elle connaissait suffisamment ses parents pour savoir qu’ils seraient installés à l’extérieur dans tous les cas.
Et cela ne rata pas.
Elle sentit les regards posés sur elle et Erwan, et se contenta de sourire largement avec un air mutin sur le regard. Par contre, elle put percevoir le marchombre se tendre sous ses doigts, et il l’amena près de ses parents et de Suviyo qui babillait doucement.

Tendant les doigts, elle trouva un accoudoir de fauteuil et s’avança doucement. La main de son père, bienveillante sur son épaule, se tendit une seconde avant que la voix de sa mère ne retentisse.

- Sérieusement Lib. Tu  déconnes. Désolée, Erwan, c’est pas contre toi mais…
- Mais quoi ? Tu vas vouloir décider de ma vie toi aussi ? Des choses qui sont censées me faire me sentir bien mais qui au final n’ont aucune légitimité ? De ce que je suis censée faire plutôt que ce que je veux faire ? Franchement, si tu as encore une seule remarque sur la manière dont je dois vivre ma vie, je préfère que tu t’en ailles.
- Lib, ne t’énerve pas, on est juste inquiets…
- Oui, inquiets comme quand Gil est parti faire ce qu’il voulait pour lui, de sa vie ! Et oui, inquiets parce qu’à trop vouloir bien faire pour lui, pour nous, pour Suviyo, je me suis perdue moi-même. Alors, non. Juste non. Plus personne ne me dira comment je dois vivre ma vie !


Elle avait asséné chaque mot avec régularité, comme un clou que l’on enfonce avec force.
Parce que Suviyo était là, elle devait changer pour satisfaire tout le monde ? Non, ça suffisait désormais. Elle n’avait pas à se dispercer de la sorte, elle avait besoin de se recentrer et Erwan l’avait aidée en quelques jours bien plus qu’elle n’était parvenue à faire seule ou avec ses parents ou Gil en plusieurs mois.

Oh, elle s’attendait à une réaction violente de sa mère, alors elle tentait l’oreille, un peu contractée tout de même. Pourtant, Voëlle répondit d’une voix douce.

- Tu n’y vois toujours pas, n’est-ce pas ?
- Non. C’est épuisant car je vois quelques contrastes et des formes floues, mais c’est tout. J’espère que le Rêveur pourra faire quelque chose…
- L’un d’entre eux s’est installé pas loin d’ici. Je l’ai dit à Gil quand il a filé… Ils devraient bientôt arriver.


Libertée hocha la tête en poussant un soupir… Avant de tendre les bras.
Le poids de sa fille sur sa peau la calma, et elle la serra contre elle. Elle ne voyait que la forme floue de son corps, mais rien que de la serrer, comme ça… C’était dans l’ordre des choses. Elle sourit au bébé qui éclata de rire, avant de faire un bruit étrange avec sa bouche.

- Oh Suviyo, tu m’as tellement manqué …
Elle fourra son nez tout contre la tempe de la petite qui rit encore une fois, sans doute parce qu’elle la chatouillait. Ça gazouillait dans son ventre, et Libertée se rendit compte qu’elle ne voulait pas laisser grandir sa fille avec ses parents. Non, elle voulait s’en occuper, l’aimer, et pas s’en séparer pour des semaines ainsi…

Cela allait être compliqué pour ses cours. Mais en fait..
Elle aurait été tellement plus heureuse de savoir que Suviyo était avec son père, quand elle n’était pas là. C’était sans doute trop demander, et elle devrait se débrouiller autrement mais…
Ce n’était pas simple.
Se blottissant dans les bras de son père, Libertée ferma les yeux un instant, avant de sentir l’étreinte de son père se desserrer.

Tendant l’oreille, elle entendit le bruit de pas et se dégagea des bras de Miïn pour s’avancer dans la direction où elle l’entendait. Une odeur l’atteignit, qu’elle ne connaissait pas et…
Gil. Une forme floue, mais elle était certaine que c’était lui.
S’avançant d’un autre pas déterminé, elle serra la petite un peu plus fort contre sa poitrine, avant de rattraper l’envoleur qui semblait vouloir filer comme un voleur.

- Gil, s’il te plait. Ne t’en va pas. Je t’aime, et j’ai besoin de toi… Nous avons besoin de toi lâcha-t-elle, le nez contre son torse, avant de baisser le menton vers Suviyo dans ses bras.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Dim 25 Sep 2016, 13:29

Gil croisa Païko alors que celui-ci sortait de son champ avec ses bêtes. Il était juché sur un âne qui agitait paresseusement ses longues oreilles et tenait dans une main une longue tige dont il se servait pour venir titiller les bœufs les plus têtus. Il tourna la tête lorsque Gil l'interpella.

- J'ai besoin de ton décrasse-neurones, s'il te plaît.
- Mon quoi ?
- Ta boisson ignoble, là...


Païko comprit enfin et gloussa. Il tira une flasque de sa ceinture et la lança à l'intéressé.

- Garde-la ! Orana veut que je m'en débarrasse de toute façon.
- Pourquoi ?
- Aucune idée, mais elles ont toujours raison, pas vrai ?


Elles ont toujours raison... Gil repensa à Lib, blottie contre Erwan, ses lèvres pressées contre les siennes et son corps... Il dévissa la flasque et but une gorgée qui lui décapa l'oesophage. Enfer de bordel de... Ce truc-là devrait être interdit. Secoué mais prêt à prendre la route, il glissa la flasque à l'intérieur de son manteau et adressa un signe de la main au bouvier avant de se détourner. C'est alors qu'il aperçut Miïn. Le père de Libertée tenait un cheval par la bride, une jolie bête alezane, racée et nerveuse. Il s'arrêta à quelques pas de Gil, avec cette expression si difficile à percer à jour ; Miïn avait toujours ce léger sourire qui intriguait et piquait de curiosité : s'amusait-il, ironisait-il ? Les deux n'étaient pas incompatibles et, comme il fixait Gil, celui-ci en était presque sûr. Miïn se foutait de lui.

- Vais chercher un Rêveur pour Lib, marmonna l'Envoleur.
- Tu en trouveras un si tu longes le lac en remontant vers le nord. Il s'appelle Hièlstan Filsèvres.

Gil hocha la tête et attrapa les guides que Miïn lui tendait. Il se hissa souplement sur la selle du cheval, lequel piaffa d'impatiente et piétina sur place, prêt à s'élancer. Avant cela, Miïn effleura la jambe de Gil.

- Elle t'aime, murmura-t-il. Elle est juste...
- Paumée ?


Gil croisa le regard de Miïn.

- A cause de moi, ajouta-t-il d'un ton vif. C'est de ma faute et elles ont toujours raison. Je sais.

Il piqua des deux, laissant enfin sa monture partir comme un boulet de canon dans un léger nuage de poussière. Miïn le regarda s'éloigner. Son sourire contrastait avec l'éclat un peu triste qui brillait au fond des yeux.


*


Gil galopait à bride abattue. Sans être critique, l'état de Libertée le préoccupait assez pour qu'il soit pressé de mettre la main sur ce Rêveur afin qu'il l'ausculte et intervienne sur sa caboche abîmée. La sienne ne valait pas mieux, songea-t-il en portant la main à son oreille gauche. Elle sifflait toujours, moins fort qu'après l'explosion mais s'il se concentrait dessus, il sentait bien qu'elle avait douillé. A l'intérieur, c'était le bazar. Comme d'habitude. Couché sur le flanc de sa monture, il regardait droit devant lui, laissant le vent fouetter son visage et plaquer ses cheveux en arrière. Claque qui faisait du bien, surtout après une gorgée de tue-neurones. Ça l'empêchait de réfléchir. De se rappeler. Alors pourquoi avait-il les yeux humides, hein ?? C'était pénible et ça le foutait en rogne ! Pire qu'une fille quand elle a ses fichus saignements, ragea-t-il en serrant les dents. Il fit revenir son cheval au trot pour s'engager sur un sentier étroit qui descendait vers le lac. Ça ne lui ressemblait pas de pleurer autant. En fait, dans sa vie, il avait si rarement pleuré que c'était vraiment, vraiment très étonnant. Distrayant, même, car il ne vit pas la flèche. Il la sentit simplement s'enfoncer dans sa cuisse gauche. Le choc surprit son cheval, qui fit un violent écart et manqua de le flanquer par-terre. Gil parvint à le maîtriser d'une poigne de fer. Tout en marmonnant dans sa barbe, il mit pied-à-terre et s'appuya sur sa jambe droite pour ne pas tomber.

A quelques pas de là, l'archer banda son arc pour effectuer un second tir. Gil écarquilla les yeux. Comme ça, sans te cacher ? Il était sûr de lui à ce point ?? L'Envoleur leva le bras et décocha trois aiguilles. Il grogna de satisfaction en voyant la silhouette vaciller puis s'écrouler. Il aurait dû en profiter pour repartir, mais... Serrant les dents, il boita jusqu'à l'endroit où l'homme était tombé. C'était pas un homme. C'était une gamine. Seize ou dix-sept ans, max. Elle se tordait de douleur, une aiguille dans la clavicule de chaque épaule, la dernière plantée dans la main qui avait lâché la flèche. Gil s'accroupit près d'elle.

- Qui ?
- C'est pas... c'est pas moi,
balbutia-t-elle en se tortillant pour échapper à son regard.
- Qui ? insista-t-il.

Son ton était plus mordant que l'acier. Elle déglutit mais resta silencieuse. Alors, Gil soupira. Il attrapa la flèche plantée dans sa cuisse et tira. Ça lui fit un mal de chien mais seul un sifflement s'échappa de ses lèvres. L'instant suivant, la pointe ensanglantée piquait le ventre de la jeune fille et s'y enfonçait. Très lentement. Elle cria et les larmes se mirent à couler sur ses joues.

- Qui ?
- Je ne sais pas !
hurla-t-elle. On l'appelle Aile de Corbeau... Je devais te tuer si tu avais survécu à l'explosion... mais...
- Fallait pas t'attaquer à plus gros poisson que toi.
- S'il vous plait...
- Où ?
- S'il vous plait, je...

La pointe s'enfonça davantage entre les entrailles de la fille.

- Un vieux moulin près de l'ancienne route d'Al-Jeit !! C'est tout ce que je sais, je vous le jure...

Gil ferma les yeux. Aile de Corbeau. Encore et toujours elle, hein... Il savait où la débusquer désormais. Sur le point de se relever, il croisa le regard injecté de sang de la gamine. C'était une gosse. Il devait s'en aller. Mais alors, les images se succédèrent à une vitesse folle dans sa tête – l'explosion, Lib couchée par terre, le goût de la Silencieuse qui le dévorait de l'intérieur, la gorge tranchée d'Iselle, un rire dans la nuit, Lib et Erwan... La bête rugit en lui. Sans un mot, il continua d'enfoncer la flèche dans le corps de l'archère. Elle hurla et quand il se hissa péniblement sur son cheval, elle hurlait encore. Elle mettrait de longues minutes à mourir.

Il s'en moquait complètement.


*


Apercevoir la petite maison nichée entre les arbres fut un soulagement. Gil n'en pouvait plus. Il avait roulé sa chemise et compressé au mieux sa jambe, mais entre une nuit blanche, l'explosion, sa lutte avec l'un des incendiaires, Erwan et cette flèche, ça commençait à faire un peu trop, même pour une carne aussi têtue que lui. Il tomba presque de cheval et resta appuyé contre lui. Trente seconde, estima-t-il en voyant un homme vêtu d'une bure caractéristique accourir vers lui. J'ai trente secondes pour lui expliquer la situation avant de tomber dans les pommes.

C'est parti mon kiki !



*


Il n'était pas tombé dans les pommes. Le Rêveur était intervenu avec douceur et fermeté, un contraste singulièrement étonnant qui avait tout simplement bâillonné Gil ; il était demeuré silencieux pendant que les mains tièdes s'affairaient sur sa jambe. Il avait ensuite bu quelque chose de moins fort que le tue-neurones et de plus malodorant, mais la fatigue avait fait un bond en arrière et il avait pu expliquer calmement la situation. Il ne rentra pas dans les détails, précisant simplement qu'après l'explosion, Libertée ne voyait pas bien du tout et que c'était sans doute lié à sa blessure à la tête.  Hièlstan Filsèvres était un homme tranquille, mais efficace, comprit-il lorsqu'ils se mirent en route, juste après. Il ne posait pas de questions inutiles. Il était assez jeune, pourtant, mais il se dégageait de cet homme une... une force tranquille qui imposait respect et admiration. Le trajet jusqu'à Ful'Rah se déroula sans encombres même si Gil se tint sur ses gardes. En approchant de la maison où se trouvait Libertée, toutefois, Gil sentit une drôle d'appréhension nouer son estomac. Il avait fait son boulot, il avait ramené le Rêveur. Il pouvait s'en aller. Il devrait le faire maintenant, avant que ce ne soit trop dur. Pourtant, c'était plus fort que lui, il fallait qu'il la revoie encore une fois. Qu'il s'assure qu'elle allait bien. Qu'il tienne Suviyo entre ses bras – juste une fois. Après ça, il s'en irait comme il l'avait promis.

Ils s'étaient installés à l'extérieur. Libertée était blottie contre Miïn, Suviyo dans les bras. Elle les entendit arriver car elle se leva soudain, et fit quelques pas hésitants dans sa direction. Gil tendit machinalement les mains et l'attira contre lui. Sa demande le fit trembler. Il fronça les sourcils et recula juste assez pour détailler son expression : tourmentée. Lib était tourmentée. Déchirée entre deux mondes totalement différents, entre deux hommes qui ne pouvaient pas moins se ressembler. Et ça, c'était un sentiment qu'il connaissait bien. Il avait vécu la même chose avec Naïs, au moment où Libertée était entrée dans sa vie ; deux femmes, l'une et l'autre belles à en mourir, aussi opposées que le soleil et la lune. Il s'était senti écartelé, avait commis un impair, s'était heurté à la douleur de Libertée.. et avait choisi. Il l'avait choisie, elle. Son regard se durcit mais la main qu'il porta à la joue de la marchombre était douce.

- Je ne peux pas faire ça. Lib, je ne peux pas te partager avec lui, tout comme tu n'aurais pas pu me partager avec Naïs...

Il se tut un instant, conscient de réagir en adulte, pour une fois. Il fallait que ce soit maintenant. C'était le bon moment. Il avait le cœur en miettes et le ventre noué de peur. Il aurait mille fois préféré la serrer dans ses bras et lui promettre de ne plus jamais la lâcher.

Il le fallait pourtant.

- On a besoin d'une pause, tous les deux. Tu vas t'occuper de guérir et puis tu vas te retrouver, toi. Renouer avec la femme extraordinaire que tu es. Celle qui illumine le monde d'un simple sourire et qui fera toujours briller le mien, quoi qu'il arrive. Moi, je vais régler cette histoire, y mettre un terme définitif. On reviendra tous les deux.

Enfin, j'espère...

- Tu devras faire un choix. Il ne sera pas facile, crois-moi, mais ce choix je te le laisse, Lib : il est à toi. J'attendrai que tu sois sûre de toi, quel qu'il soit. Et je le respecterai. Quel qu'il soit.

Il se pencha, effleura ses lèvres, et ferma les yeux en percevant l'odeur d'Erwan subtilement mêlée à celle de la pêche.

-Je t'aime.


Il l'avait dit alors qu'elle était bien réveillée, cette fois. Parce qu'il fallait qu'elle l'entende – et, bon sang, il fallait qu'elle le croie... Il recula avant de ne plus en avoir la force et tourna les talons. Le plus dur fut de ne pas regarder en arrière.


*


- Giliwyn.

Gil se figea, laissant Voëlle le rattraper. Il s'était douté qu'elle ne le laisserait pas filer sans rien dire. Elle le contourna et se planta devant lui pour le fixer dans les yeux. Il lui rendit vaillamment son regard et ne broncha pas lorsqu'elle lui flanqua une gifle, mais elle le surprit en le serrant brusquement dans les bras.

- Espèce de couillon...
- C'est un compliment ?

Elle émit un petit rire et le lâcha pour recula d'un pas.

- Tu n'en feras toujours qu'à ta tête, pas vrai ?
- Toujours.
- Que fait-on, à présent ?
- Je vais chercher un peu de renfort. Je sais où commencer, Voëlle. Dites à Erwan...


Gil serra les poings dans ses poches et s'obligea à terminer sa phrase.

- Dites à Erwan de me retrouver dans dix jours sous la porte d'Améthyste à Al-Jeit.
- Et nous ?
- Il ne faut pas laisser Lib et Suviyo seules. Jamais.
- Miïn restera avec elles. Je viens.
- D'accord. Venez avec Erwan, alors. Dans dix jours.


Il s'éloigna. Il avait une allure à faire peur, couvert de sang séché et plutôt pâle, une lueur un peu démente au fond des yeux. Cette histoire ne le rendait pas moins dingue, c'était clair. Mais il allait avoir besoin d'une sacrée dose de folie pour faire en sorte qu'elle s'achève le mieux possible.

De folie et de chance.


[Bon, moi je m'arrête là ! Il y a de quoi enchaîner, n'est-ce pas ? Etant donné que Gil a besoin d'Erwan, Kaünis ne sera sans doute pas des nôtres, mais je vais voir si Syles serait opé pour un petit Rp avec nous. Lib, tu pourras te joindre à nous aussi, parce que j'imagine que tu ne resteras pas sagement dans ton coin pendant que tes deux coups de foudre risquent leur peau... C'était un Rp comme je les aime en tout cas. Merci les filles, z'êtes chouettes gaga - soyez gentilles avc Hièl, il est bien gentil de venir à notre rescousse, hein !]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Dim 25 Sep 2016, 16:07

[Ravie de passer parmi vous, et ravie d'avoir croisé Gil en rp ! Very Happy]


Il était en train de s'occuper de ses herbes lorsque l'homme arriva. Il triait, pilait, découpait, mettait à sécher où à chauffer, rangeait, jetait, renouvelait. Un travail fort apaisant, que Hièlstan affectionnait particulièrement.
Quand il entendit les bruits de sabots, il était occupé à recomposer son sac de premiers secours, celui qu'il amenait toujours avec lui. Les coups frappés à la porte qu'il attendait ne vinrent pas ; aussi alla-t-il à la fenêtre, le coeur un peu battant. Il n'avait jamais eu d'ennuis, depuis qu'il était ici, mais peut-être que les choses allaient changer...

Il sut directement que ce n'était pas des ennuis qui se présentaient à sa porte, mais une quête de soins. Il courut dehors dès qu'il s'aperçut que l'homme était trop mal en point pour venir jusqu'à sa porte.
Il avait une sale mine, un visage émacié, les yeux brouillés, du sang plein les mains, et il était torse-nu et blessé à la jambe. Le cheval piaffait, et Flèche, un peu plus loin, commençait à s'énerver aussi. Elle avait dû sentir le sang.
Il commença à essayer de parler, mais Hièlstan le stoppa directement.


"Pas maintenant. D'abord, je vais dérouler un Rêve."

Il ôta délicatement la compresse de fortune, et de près, il nota distraitement qu'il était musclé, grand, qu'il avait les yeux vairons et le visage abîmé. Il y jeta un oeil ; ce n'était pas des blessures majeures, mais il avait dû se prendre un sacré coup à la mâchoire pour y laisser une trace comme ça. La griffure sous son oeil était minime et ne semblait pas dater du jour même. Chat, estima le Rêveur.
La jambe était plus importante.
Il dégagea la blessure avec l'aide de l'homme, l'observa un instant. Elle n'était pas très belle, la chaire était mutilée autour. Ce n'était pas une blessure de lame propre. Il posa les deux mains sur la cuisse poisseuse et s'y lança.
Il sentit la conscience de l'homme vacillait. Pas le temps de nettoyer sommairement la blessure avant, comme il aimait le faire. Il fallait agir de suite, ou l'autre allait s'évanouir.
L'artère fémorale n'était pas touchée, mais ça n'était pas passé loin. L'os, lui, avait pris un coup ; mais pour briser un fémur, il en fallait plus. Il vit cependant beaucoup, beaucoup d'artères sectionnées, et ce fut difficile pour lui de se concentrer dessus, car le corps de l'homme transmettait milles autres signaux.
La mâchoire pulsait et attirait le Rêve, la nuque aussi. La tête bourdonnait, protestait ; beaucoup d'os et de muscles protestaient aussi et demandaient de l'attention, mais lui devait se focaliser sur la cuisse. Les vaisseaux sanguins et les chairs étaient simples à traiter, et il put agir rapidement. Il sentit imperceptiblement la conscience de l'homme se stabiliser. Il parvint à endiguer le sang qui s'échappait. Il put soigner le muscle, tant bien que mal, mais son travail était sans cesse distrait pour toutes les sensations de ce corps mutilé. Avait-il était passé à tabac ? Avait-il fait une chute douloureuse ? Les deux ?

Pour faire un travail très propre sur la cuisse, il aurait eu besoin d'autres Rêveurs, pour affermir la direction du Rêve. Si encore il n'y avait pas eu le reste...
Il jeta un oeil au reste. Il caressa l'os de la mâchoire pour l'apaiser un peu, descendit le long de la colonne vertébrale pour calmer les muscles noués et les vertèbres coincées. Il ne prêta pas attention aux vieilles, mais nombreuses séquelles qu'il distinguait un peu partout. Il sentit une dissonance dans les bras et alla y jeter un bout du Rêve.
Ne trouva pas de blessure, mais autre chose. Plus grave ? Non. Quelque chose d'inconnu, encore, quelque chose qui n'était pas dans un corps humain et qui là, pourtant... Mais il n'en vit pas plus. La concentration lui faisait défaut, les stimuli étaient trop nombreux.
Il revint à la réalité, lorsqu'il fut certain que rien de grave n'avait été laissé de côté.


"Je ne sais pas ce qu'il vous est arrivé, mais votre corps va avoir besoin de repos. D'après tout ce que j'ai vu... Vous devez connaître la rengaine. Ménagez votre tête. Seul, je ne peux pas faire grand-chose pour ça, mais vous vous en remettrez vite. Ménagez votre dos, il a pris un sacré coup. Attention avec les mouvements de nuque. La cuisse est refermée, mais le reste m'a empêché de la guérir totalement. Ce muscle, là, a été touché et à été fragilisé, ne forcez pas dessus pendant quelque jours. Pour la cicatrice, j'y reviendrai plus tard, il sera peut-être encore temps de la diminuer... Mais ce n'est pas ce dont vous avez besoin maintenant."

Il se leva, saisit l'homme sous l'aisselle pour l'aider à se redresser.

"On va s'asseoir sur ce banc. Je vais ramener de quoi nettoyer ça, et surtout quelque chose pour la douleur."

L'homme protesta vaguement ; à propos d'une urgence. Hièlstan tiqua. D'autres blessés ? Pour qu'il soit atteint comme ça, il était fort probable qu'il s'agisse d'un gros accident, effectivement.

"Attendez, attendez. Vous allez m'expliquer dans une minute. Voilà, installez-vous là, j'arrive de suite."

Le Rêveur ne prit pas le temps de faire chauffer de l'eau ; il prit un anti-douleur basique et puissant, ne prit pas la peine d'y rajouter un aromate. Dans l'eau froide, il ne pourrait pas faire des merveilles... Il revint lui faire boire, s'excusa pour le goût. Il sentait que cet homme était pressé, nerveux.
Avec une bassine d'eau froide, il nettoya sa blessure à la va-vite, vérifia la cicatrice, et laissa l'autre se rincer comme il voulait, pendant qu'il lui expliquait ce pour quoi il était venu, dans un premier lieu.

Ful'Rah, Hièlstan connaissait, ce n'était pas très loin, mais pour ce gars, ça ne serait pas simple. Il nota qu'il avait fait preuve d'une sacré force de volonté pour tenir le coup. Le Rêveur lui proposa une dose de pavot soigneusement calculée, et lui fit avaler un tonique pour la route. Il le prévint que d'ici une heure ou deux, tout cela cesserait d'agir et que le contre-coup serait violent.
Il alla chercher son sac, y mit ce qu'il pouvait, doutant cependant que ses herbes et cataplasmes puissent être efficaces pour un problème aux yeux. Avec un peu de chance, ces organes n'étaient pas directement atteints. Si c'était le cas, il ne pourrait pas agir seul.

En grimpant en selle -l'homme avait sellé Flèche avec assurance et l'attendait déjà- il lui donna un paquet avec quelques herbes simples à préparer.


"Pour les douleurs dans les muscles et la migraine, en infusion tout simplement. C'est parti."

___


Ainsi donc, c'était cette fumée faiblissante, la maison qui avait explosé... Une explosion, voilà qui expliquait plutôt correctement une bonne partie des blessures de Gil. Durant le trajet, mené à une allure soutenue, le blessé ne manifesta aucun signe de faiblesse. Il serrait juste les dents. Hièlstan repensa à ce qu'il avait senti dans ses bras. Cette fausse note pour ses connaissances, mais qui étrangement sonnait bien dans le corps porteur, il l'avait déjà expérimentée, et deux fois ils s'était agit de la mystérieuse greffe Marchombre. Si l'homme était un Marchombre, cela expliquerait plutôt correctement sa résistance, et les nombreuses traces de blessures antérieures que le Rêveur avait vues. Mais là n'était pas la question.
Comme il n'avait rien vu avec certitude, il ne lui en parla pas. Il n'avait pas senti de danger, c'était le principal.

Il arrivèrent à la maison. Il y avait du monde, dans le petit jardin. L'atmosphère était étrange. Plutôt calme, mais un peu tendue, peut-être.
Il repéra directement la femme qui avait un pansement à la tête. Elle était très belle, et elle avait le regard flou. Elle tourna la tête vers eux, avec une drôle d'expression. Elle semblait désorientée. Elle tenait un bébé dans les bras. Il y avait deux personnes plus âgées, mais loin d'être grabataires. Et un homme, très impressionnant. Immense, et les cheveux blancs, il avait une sacrée carrure.
Hièlstan senti un frisson lui parcourir le dos.
Ce n'étaient pas des gens ordinaires. Il y avait quelque chose d'impalpable... Cette manière qu'ils avaient de poser les yeux sur lui, cet éclat sur leur visage, leurs gestes... Ca ne l'aurait pas frappé, s'il les avait rencontré seuls à seuls. Mais les voir dans cet ensemble...

La blessée se leva, et il voulut aller vers elle, mais elle parla plus vite que lui, et il était assez intelligent pour comprendre que quelque chose se passait et qui avait besoin de se passer en paix.
Elle se déplaçait sans problèmes, elle avait l'esprit vif, elle tenait debout ; son cas n'était pas assez urgent pour qu'il interrompe le couple.

Il attendit patiemment qu'ils aient fini, sans écouter ce qu'ils se disaient, bien que certaines choses ne pussent lui échapper.

Alors, Gil s'en alla. Hièlstan espéra qu'il allait se reposer, et se demanda brièvement pourquoi il n'allait pas s'allonger aux côtés de sa compagne et de l'enfant qui devait être sa fille, mais ça n'était pas ses oignons. La femme le suivit.
Le Rêveur s'avança de deux pas. Il posa une main douce sur l'épaule de Libertée -Gil avait lâché son nom, en expliquant-, et s'adressa à elle, surtout.


"Madame, je suis Hièlstan Filsèvres. Je suis Rêveur. Je vais m'occuper de vous."

Sans la lâcher, il leva les yeux et adressa un vague signe de tête aux deux hommes qui se tenaient là, en guise de salut. Tout ce qui l'importait, en ce moment, était sa patiente. Elle allait peut-être moins bien que ce qu'il lui avait semblé au premier abord.
Tandis qu'on les conduisait à l'intérieur, à un endroit où il pourrait allonger la femme, il laissa une main légère sur son épaule. Il allait s'occuper d'elle.
Il la laissa s'allonger, demanda à ce qu'on lui ramène de l'eau potable bien chaude, puis tourna son esprit tout entier vers sa patiente.


"Gil m'a dit que vous aviez subit un choc, et que vous avez maintenant un problème de vue. Dites-moi où vous avez mal exactement, essayez d'évaluer votre douleur sur une échelle de un à dix, dix étant la douleur la plus forte."

Il écouta soigneusement ses réponses. Il palpa doucement sa nuque, décolla délicatement le pansement pour observer la blessure. On s'était bien occupé d'elle. Il déroula un rapide Rêve qui engloba son corps tout entier, afin de vérifier qu'il n'y avait pas de lésion grave. Il n'y en avait pas. Il résorba le Rêve, pour en revenir à ses yeux.

"Vous n'avez pas de blessure grave sur le corps. Certains muscles et os ont été traumatisés par la chute. On va les aider à s'en remettre, il n'y aura pas de séquelle. Maintenant, décrivez-moi ce que vous voyez. Décrivez moi ce que vous voyez de cette pièce, et de moi."

Tandis qu'elle parlait, il préparait une infusion calmante, qui détendrait ses muscles et aiderait à son repos et à son rétablissement. Moins pressé par le temps qu'auparavant, il y ajouta quelques herbes aromatiques pour en adoucir le goût.

"Très bien. Buvez déjà une gorgée de ça, et puis je vais dérouler un Rêve sur vos yeux et votre crâne. Ca pourra prendre un peu de temps."

Cela prit beaucoup de temps.
Le crâne en lui-même n'était pas complexe à Rêver, mais il devait aussi s'aventurer du côté du cerveau. Et ceci, il n'y était qu'assez peu initié ; c'était le domaine de Rêveurs plus expérimentés que lui. Il y alla à tâtons, il prit son temps pour ne rien rater, pour ne pas commettre d'impairs. La concentration qui lui avait fait défaut auprès de Gil lui revint pour Libertée. Il était tout entier absorbé dans sa tâche et ses observations. A partir de la blessure, il explora tous les points qui avaient été impactés ; et il y en avait beaucoup, comme pour chaque blessure à la tête. Il choisit de ne pas intervenir ; il voulait d'abord voir l'étendue des dégâts. Il sentit la présence évidente, grossière et décalée de l’hématome qui s'étendait sur une large partie de son crâne. Il glissa le long du sang jusqu'à arriver aux yeux. Les yeux lui demandèrent encore plus de temps. Il ne pouvait que les effleurer, sentir les minuscules connexions, tous ces éléments frémissants qui ne cessaient d'échapper à son Rêve...
Enfin, il eut la certitude que les yeux fonctionnaient. Il retira le Rêve vers l'arrière, refit le chemin inverse. Quelque chose le gênait encore, quelque chose qu'il ne comprenait pas. C'était peut-être le cerveau qui vibrait sous le choc. Il ne connaissait pas bien la tête...
Il essaya d'aller vers cette dissonance. Il ne voulait pas louper quelque chose de grave. Cela lui prit encore du temps, beaucoup de temps. Il ne trouva rien d'anormal, mais maintenant qu'il s'y intéressait, cette vibration se faisait encore plus forte, et encore une fois, elle ressemblait à... Mais c'était différent, il n'y avait pas d'acier, ce n'était pas pareil. Se trompait-il ? Etait-ce important ? Il laissa le Rêve couler encore. Il décida que ce n'était pas important pour la santé de la femme aux cheveux clairs.
Enfin, il consentit à revenir à lui.

Il ne put retenir un soupir, inspira profondément. Cela faisait longtemps qu'il Rêvait, et ce Rêve-là avait demandé une concentration toute particulière. Le crâne, ce n'était pas un domaine où un Rêveur du troisième cercle s'aventurait seul, normalement...


"Vous n'avez rien de grave."

Il lui adressa un sourire apaisant, bien qu'elle ne put pas le voir. L'être humain sentait beaucoup de choses.

"La blessure à votre tête a choqué votre cerveau. Un hématome s'est étendu tout le long de votre boîte crânienne et, pour l'instant, occulte les sens qui vous permettent de voir."

Il fit une pause. Il réfléchit à ce qu'il allait faire.

"Avec le temps, ça passera. Encore un jour ou deux, je dirais. Je ne sais pas si vous connaissez les Rêveurs... Pour ma part, je suis initié du troisième cercle. Les blessures à la tête sont soignées par des personnes plus expérimentées que moi, et en groupe. Votre cerveau a subi tout un tas de traumatismes, qui vous occasionneront ces prochains temps des maux de têtes, des pertes de mémoire -pas énorme, je vous rassure-, des confusions, peut-être des problèmes d'équilibre, et surtout des migraines. Je ne peux pas me risquer à intervenir ; je préfère laisser le temps faire son oeuvre. Vous récupèrerez de tout ça, il n'y a aucun doute là-dessus. J'estime que d'ici deux ou trois jours, tout sera quasiment normal, mais des séquelles occasionnelles pourront perdurer pendant quelques semaines encore. Difficile d'être plus précis à ce stade, et avec mes seules connaissances.
Maintenant, si ces manifestations vous gênent, je peux faire dépêcher ici des Rêveurs de la confrérie de Chériane, ou vous pouvez vous y rendre par vous-même."


Il marqua une pause, encore. Il avait parlé doucement, pour qu'elle puisse tout assimiler.

"Je vais vous prescrire d'autres tisanes qui aideront à votre rétablissement, et qui calmeront les migraines. Pour votre vue... Je peux tenter quelque chose. Quelque chose sans danger. Je vais essayer de résorber l'hématome. Je ne sais pas à quel point je pourrais le faire, car je ne veux en aucun cas prendre le risque d'impacter votre boîte crânienne. Après ça, je vais tout simplement dérouler un petit Rêve sur la blessure du crâne, pour la refermer. Ca, ça ira vite."

Il s'assura qu'elle était bien installée.

"Ce sera moins long qu'avant. Il faudrait que vous fermiez les yeux."

Il Rêva. Il Rêva le sang épais qui envahissait et gonflait son crâne ; il Rêva une voie de sortie, doucement, avec beaucoup de précautions. Le sang fut réceptif, et reflua. Doucement. Surement. Des fois, ça coinçait, mais globalement, ça marchait bien. Tout allait bien, mieux et plus rapidement que prévu. Le Rêve arriva à l'os abîmé, à la peau déchirée. Comme si la complexité de tout ce qu'il avait fait avant rendait cette tâche banale bien plus simple que ce qu'elle n'était, ce fut avec une évidence déconcertante que la blessure se résorba, pour ne laisser qu'une fine cicatrice que Hièlstan effleura du doigt.
A la surface sur cuir chevelu, en retirant le Rêve, il avait sentit plus fort encore cette chose étrange. Ce n'était pas grave, il en était certain maintenant, donc en cet instant, ça n'avait pas d'importance.


"Vous pouvez ouvrir les yeux."



[Pfiouuu *-*
Une petite précision : après ça, Hièl va encore vouloir Rêver sur le corps de Lib pour réparer ce qu'il peut, comme il a fait avec Gil. Je précise pour que Lib puisse anticiper si elle veut ! Smile ]
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Éclat diurne et rayon de lune [Erwan & Gil]    Dim 25 Sep 2016, 18:49

Mal à l’aise, Erwan avait les yeux baissés sur sa tasse de thé alors que Libertée répondait avec vivacité à sa mère. Il ne pouvait empêcher l’ombre d’un sourire d’étirer ses traits, parce que la Marchombre était claire et concise, mais pas agressive… Et surtout, c’était ainsi qu’il la voyait : libre de sa propre vie, de ses choix, et prompte à les revendiquer.
Pas comme quelques dizaines de jours plus tôt, à Al-Jeit, où il avait du mal à la reconnaitre tant ce qu’elle dégageait était différent. Rien que là, le changement était subtil mais clair, et surtout lumineux. Tout dans sa posture, dans ses expressions, changeait la perception que l’on pouvait avoir d’elle.

Malgré son bandage sur la tête, elle était rayonnante, et tellement belle.
Clignant des paupières, Erwan ramena son regard sur son thé. Une boule se forma dans son ventre alors que Libertée prenait sa fille dans ses bras, et il eut soudain très envie de rentrer à l’Académie pour voir sa fille. Sa propre fille. Cela fit comme une bouffée émotionnelle dans sa gorge, et il prit une inspiration tremblante.

Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas profité de cette dernière. Enfin, longtemps, quelques semaines. Mais elle grandissait, elle prenait en autonomie mais surtout… Elle demandait en autonomie, en indépendance. Et plus elle grandissait, plus il voyait sa mère, comme une réplique en miniature malgré la différence subtile mais réelle entre la couleur de leurs yeux.
Oh, il ne pourrait jamais oublier Miss. Elle faisait partie de lui, il l’avait dans la peau depuis trop longtemps, et puis il ne voulait pas oublier les plus belles années de sa vie ; c’était tout cela à la fois, tous ces bonheurs simples, toutes ces divergences d’opinion, qui rendaient un couple fort et intense.
Cela ne pourrait être pareil avec personne d’autre, et il le savait. La boule de sentiments qu’il éprouvait pour Libertée…

Il ne voulait pas détruire son couple, ou être à l’origine de tout ça.
Pourtant, il venait encore de coucher avec elle, au nez et à la barbe de tous. N’était-il qu’un animal ? Incapable de résister à ses pulsions ? Secouant la tête pour lui-même, il sentit son regard se durcir de détermination.
Non, cela ne se reproduirait plus.
Parce que si Libertée avait besoin de réfléchir, ce n’était pas en faisant l’amour qu’elle le faisait le plus – au contraire. C’était certes un laisser-aller qui permettait parfois à l’inconscient de travailler dans son coin et seul, mais il n’était pas prêt à s’enfoncer encore plus. Il pouvait aider Libertée de bien d’autres façons, aucun besoin de plonger physiquement en elle pour qu’elle se sente bien… Certes, elle se sentait alors dans les vagues du plaisir, mais cela n’était pas une fin, ni un moyen.

Redressant la tête en percevant un mouvement devant lui, il vit deux silhouettes et un cheval s’approcher et se redressa complètement.
Lib tituba une seconde, avant de se précipiter contre Gil.

Les voir ainsi, avec le bébé entre eux, affermit la volonté d’Erwan, qui serra les poings.
Puis, Gil s’éloigna et le Rêveur – Hièlstan – prit Libertée pour la soigner dans une chambre de la maison.

Mais alors qu’Erwan allait s’éclipser, une main se posa sur son bras et il tourna le regard vers Miïn qui venait de l’arrêter.

- Gil te demande de le rejoindre dans dix jours devant la porte d’Améthyste.
Le Marchombre hocha la tête.
- J’y serai.
- Fais attention à Lib, s’il te plait. Elle est perdue mais… Je sais que c’est compliqué.

Erwan secoua la tête. Ce n’était pas si compliqué que cela, mais cela pouvait vraiment le devenir. Oui, il avait des sentiments pour Libertée… Mais il était trop concerné par ce qui la rendait heureuse, elle, sur le long terme, pour tenter de faire plus dans sa vie.

- Je ne veux que son bonheur. Et pas juste sur quelques heures ou jours, mais sur du long terme. Je suis prêt à m’éloigner moi aussi pour ça.
- Non, ne pars pas maintenant. Viens à l’intérieur plutôt, elle a besoin d’un pillier et apparemment je ne suffis plus.


Erwan cligna des yeux, avant d’accepter en hochant légèrement du menton.


*


- Vous pouvez ouvrir les yeux.
Poussant le battant de la porte de la pièce du bout des doigts, Erwan laissa son regard se poser sur la bure du Rêveur qui s’adressait à Libertée. Cela faisait un moment qu’il travaillait et déroulait son Rêve, et cela les inquiétait, autant lui que Miïn et Voëlle.
S’avançant doucement, il alla se placer près de la couchette et déposa sa main sur l’épaule de la Marchombre.

- Comment tu te sens ? demanda-t-il d’une voix douce, aussi légère qu’un murmure.
Il avait envie de lui caresser la joue et de passer ses doigts dans ses cheveux, mais se retint avec volonté. Non, ça suffisait. Il se contenta de sourire avec tendresse.  

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