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 Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]

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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 09 Oct 2016, 00:26

L'air était frais, vivifiant comme des notes de piano s'égrenant gaiement dans le petit matin. Allègres et légères quoique teintées d'un fond de mélancolie, comme des aigus plaqués sur une base plus sérieuse. Portés par un petit vent frais et quasi-marin, en provenance du gigantesque lac, les trilles étaient dans l'air, l'atmosphère et l'ambiance générale. Le jour à peine levé bousculait gentiment les nuages roses et le léger brouillard qui s'élevait de la surface du lac.

Tranquille, Al-Chen se remettait de sa gueule de bois des jours passés, de son trop-plein de folie, d'agitation, de rires et de fêtes. Au sol, sous les pas des promeneurs égarés, un tapis de confettis souillés de pluie et de poussière témoignait de l'ivresse passée. S'y mêlaient des restes alimentaires déjà glanés par les chiens errants et les gens des rues, les marques du passage de cavaliers et ci ou là, un élément de costume oublié...Tant de vestiges des longues nuits de plaisirs et de jeux, de boisson et de ripailles qui avaient rythmé le quotidien de la charmante ville baroque pendant l'époque de la Fête.
En ce petit matin qui, déjà, se rafraîchissait et annonçait l'arrivée de l'automne, les stores demeuraient baissés, les maisons closes, closes et les auberges fermées. La ville sommeillait, les paupières lourdes, comme un fêtard impénitent qui se remet de ses dernières frasques en date en bavant sur l'oreiller. Dans les rues, Rilend ne percevait même pas la rumeur coutumière des cités, mélange d'altercations et de saluts, de claquements de sabots et de clabaudages de marchands motivés. Elle n'entendait rien que le vent, les gouttes de nuit qui lentement s'écoulaient des toits, chassées par la lumière, les murmures du sommeil au travers des persiennes, sous la chaude lumière méditerranéenne.


D'une démarche souple, la jeune femme doubla les rues et les ruelles, pour parvenir à l'une des grandes artères de la ville et allonger l'allure. Coudes au corps, les mains ouvertes et souples, elle perpétuait inlassablement la routine matinale transmise par ses deux maîtres successifs, à savoir un sport léger pour éveiller ses muscles, et la gestuelle marchombre pour soigner son énergie.
Et c'est ce qu'elle pratiquait, à l'abri des regards, sous l'arche d'un pont, les yeux plongés dans la rivière qui s'étirait paresseusement au-dessous de ses pieds, insensible à l'odeur âcre et urineuse du sol. Concentrée sur sa respiration, elle tentait en alternance de s'ouvrir au monde alentours et de se recentrer sur elle-même, jusqu'à distinguer si bien les deux entités qu'elles s'en trouvaient étroitement mêlées. Le monde. La ville. Le temps, et son Temps à elle. 

A pas toniques, Rilend parcourait la cité, goûtant le contraste entre la bourgade engourdie et les rues bouillonnantes de lampions et d'animation qu'elle avait eu le plaisir d'arpenter deux nuits auparavant.
Les lendemains de liesse ont cette charmante mélancolie qui pousse à la contemplation de l'instant présente et, sereine, satisfaite, la marchombre s'y laissait porter. Elle profiterait de ces derniers jours, peut-être pour essayer de voir Libertée qu'elle savait ne pas vivre loin, ou retrouver certains de ses nouveaux amis du festival. Bientôt, il lui faudrait quitter Al-Chen, reprendre le cours de ses pérégrinations...ou pas, mais en tous les cas, cette heureuse parenthèse citadine ne durerait pas. Rilend n'en ressentait nul regret, pas de chagrin, simplement une douce impatience à l'idée de la route à venir et des prochains moments à vivre.


Elle retourna jusqu'à son auberge pour une toilette rapide, réveillant un garçon de salle qui reçut sa pièce en se grattant l'arrière du crâne et repartit aussi sec se coucher. Puis, nue, ou presque, Rilend s'offrit le luxe de quelques minutes à sa fenêtre, le regard au-delà des toits, qui se heurtait aux monuments ouvragés et aux hautes maisons du sud, toutes de murs blancs et de fenêtres étroites.
Le matin était encore bien jeune, le soleil à peine levé et la ville encore toute engourdie de torpeur, aussi éprouva-t-elle l'envie de prolonger ce réveil paisible par une promenade dans la cité. C'est pourquoi la marchombre redescendit pour sortir à nouveau dans la rue et cligner des yeux au soleil naissant, souriante.

Elle courut les rues et les ruelles, les pavés et la poussière, sentant autour d'elle la ville qui respirait plus fort, vivait, grommelait et s'éveillait laborieusement. Les persiennes étaient encore closes, les coupe-gorges, vides et ensoleillés quand elle parvint aux rives du lac.
Un vieil aubergiste édenté lui proposa une boisson et la jeune femme accepta une tasse de thé au jasmin, léger, doux en bouche. Elle n'avait pas coutume d'en savourer au réveil mais la tisane était trop faible, le café inapproprié pour une matinée comme celle-ci, délicate et raffinée. Après avoir assuré au commerçant grabataire qu'elle ne comptait pas lui dérober son verre, elle obtint l'autorisation d'aller s'asseoir en bord de terrasse, les pieds au ras de l'eau.
Là, Rilend sirota pensivement, goûtant en silence la fraîcheur et la brume ciselées qui montaient de l'eau, la saveur délicate des fleurs par-delà l'amertume relative du thé vert, le mouvement gracieux des bateaux à aubes et la chaleur d'une voix qu'elle avait déjà entendu quelque part.
...
Attends, quoi ? Qui ?
...

Creusant légèrement le dos pour tourner le buste, la jeune femme jeta un coup d'oeil curieux par dessus son épaule.

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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 09 Oct 2016, 15:10

Les premiers rayons du soleil le trouvèrent déjà levé, ce matin-là. C'était assez inhabituel : d'ordinaire, Hièlstan se laissait tirer du lit par la lumière matinale. Il avait un rythme très régulier, qui s'adaptait au fil des saisons, et il était plutôt rare qu'il y déroge.
Ce matin-là, pourtant, un mauvais rêve l'avait tiré du sommeil plus tôt que prévu. Il l'avait médité quelques instants, car il aimait à s'attarder sur ses songes, qui, selon lui, pouvaient en dire long. Il l'avait noté sur un petit carnet pour y revenir plus tard ; il était assez rare qu'il fasse des cauchemars, aussi étudiait-il chacun d'eux avec soin. Puis, il avait décidé de profiter d'une dernière heure de sommeil ; mais alors pas moyen de se rendormir. Il fallait dire que les évènements de la veille n'avaient pas été de tout repos. Comme il ne se sentait pourtant pas fatigué, il n'avait pas insisté.

Il s'était donc levé, été allé s'asseoir sur une couverture au bord du lac, et avait frissonné dans l'aube naissante ; les journées raccourcissaient, et rafraîchissaient. Il avait siroté tranquillement un jus de fruit, mangé quelques biscuits secs aux composants énergisants, puis s'était levé, avait été enfiler des sous-vêtements absorbants qu'il réservait à ses séances de sport, et avait passé sa bure la plus légère, pour aller marcher.
La marche rapide faisait partie de son quotidien, et ce matin, il avait envie de pousser jusqu'à Al-Chen. Il remonta la bure pour ne pas s'entraver les jambes, l'ajusta correctement au niveau de la ceinture, et parti.

Il faisait frais, au début du moins, mais c'était vivifiant, et l'effort eut tôt fait de le réchauffer. Il laissa un sourire s'épanouir sur son visage serein, s'efforçant au début de son exercice de vider son esprit, pour ne prêter attention qu'à la nature qui s'éveillait ; puis ses pensées le rattrapèrent, et le ramenèrent à la signification de ce mauvais rêve encore non-élucidé.
Quoi d'étonnant, lorsque l'on songeait qu'il y avait trois jours à peine Syndrell quittait son logis, toujours muette et marquée d'une cicatrice d'esclave, menacée et probablement recherchée ? Et puis hier, hier... Hier, un homme gravement blessé s'était présenté à sa porte, pour l'amener tant bien que mal au chevet d'une autre blessée, et alors il avait rencontré Erwan.

Il avait rencontré Erwan.

Il avait un peu de mal à réaliser. Il se demandait quand est-ce que le Marchombre -il avait senti sa greffe- viendrait frapper à sa porte. Tôt ou tard...
Quoi qu'il en fut, tout ceci l'avait remué ; c'était beaucoup de nouvelles informations et d'éléments peu ordinaires à digérer en peu de temps. Un bon terreau pour les cauchemars, sans compter ses autres soucis...

Il continua de laisser divaguer ses pensées ainsi, les ramenant parfois à sa famille, car aujourd'hui, l'air sentait la mer plus qu'à l'accoutumée. L'iode du grand océan du Sud lui manquait, le rire franc de son frère et l'odeur du poisson qu'on écaille... Ici aussi, on écaillait le poisson, mais ce n'était pas les mêmes espèces, et pas tout-à-fait les même manières de faire.
A un moment, il transforma sa marche rapide en une course légère, mais pas longtemps. Il ne s'essouffla pas ; depuis des années qu'il pratiquait cet exercice, il avait acquis une endurance solide.
Il ne savait pas encore ce qu'il ferait en arrivant à Al-Chen ; ses envies le lui diraient une fois là-bas, tout comme elle lui avait dicté cette destination. Il ne s'en faisait pas pour ça.

Le soleil se levait gentiment, et Hièlstan se dit, en levant le nez, que ce serait probablement une belle journée. Il en profiterait sans doute pour aller ramasser des herbes en forêt, dans l'après-midi, et peut-être que dans la soirée, il irait rendre visite à la confrérie de Chériane.
Il fallait qu'il discute encore de ce drôle de phénomène qu'il avait découvert avec la jeune femme aux cheveux bleus. Oui, ce soir, ce serait une bonne idée.

___


Il s'amusa de trouver Al-Chen si calme ; voilà qui changeait de son agitation dernière ! En ville, il ralentit le rythme, profitant des rues désertes pour flâner un peu. Personne pour le dévisager, pas un son, pas un mouvement... Même les écuries semblaient plus calmes qu'à l'accoutumée, comme si les pensionnaires respectaient la volonté de repos de la ville.
Ca et là, des débris de verres, vestiges de guirlandes colorés et confettis parsemaient le sol. Hièlstan eut une pensée pour les hommes et les femmes chargés du nettoyage de la ville ; encore aujourd'hui, il y aurait à faire.

Il fit un détour par les beaux quartiers, près de ceux où logeait son amie Ora ; là aussi, on dormait encore, mais il croisa une calèche matinale et une ou deux femmes déjà en affaires. La mondanité d'Al-Chen avait sans doute été moins concernée par la grande fête de l'Eté.
C'était agréable de pouvoir se promener dans ce quartier : d'ordinaire, il n'y allait pas, car il avait l'impression que sa présence était déplacée. Ce matin cependant, il était quasiment seul parmi les grandes façades éclatantes, les portails ouvragés, les jardiniers baillant, les grandes allées vides.
La douce lumière rosée de l'aurore tombait à merveille sur ce décors un peu féérique, rendant hommage aux prouesses d'architectures réalisées en ce lieu. Il s'assit un instant sur un banc de beau bois, pour profiter de l'instant qui ne tarderait pas à s'échapper.
Il y était depuis une poignée de minutes quand un mouvement attira son attention ; derrière un rideau de fine dentelle, on l'observait avec curiosité. La lumière, de toute façon, commençait déjà à changer ; il se leva, et se mit en quête d'un quartier plus populaire où il pourrait boire quelque chose.


___


"Je prendrais un thé au jasmin, s'il-vous-plaît."

C'était une fragrance qu'il n'avait pas souvent l'occasion de goûter, car il ne cueillait pas cette plante, et il lui venait rarement à l'esprit d'en acheter. Le nom de cette fleur sur la carte avait attiré son attention ; et un coup d'oeil à la belle terrasse que proposait le salon de thé le convainquit de s'y désaltérer.
Sa coupe à la main, il s'avança sur la terrasse de bois, que léchaient les premiers rayons de soleil. Il n'y avait qu'une seule cliente, pour l'instant ; elle se trouvait dos à lui et face au lac, non pas assise à une table mais à même le sol. Original, se dit le Rêveur, tandis que l'aubergiste à ses côtés venait glisser une remarque sur les gens un peu trop originaux qui feraient mieux de ne pas lui casser la vaisselle avec leurs drôles d'idées.

Hièlstan sourit aimablement, parce qu'il sentait bien que le vieux bougre n'était pas méchant, et lui répondit sur un ton amène qu'il allait peut-être bien imiter cette femme, mais qu'il lui promettait de faire attention.
Alors, elle se retourna, sans doute interpellée par les voix des deux hommes ; et aussitôt, il la reconnut.

La belle femme de la fête de l'Eté, celle qui dégageait quelque chose de si particulier ; la femme qu'il aurait bien aimé revoir.
Sous le coup de la surprise, son coeur s'emballa légèrement, et sur le coup du plaisir de la croiser à nouveau, un délicat sourire vint se glisser sur ses traits.
Il s'avança vers elle, sans se presser ; l'atmosphère ambiante donnait un peu l'impression que le temps était suspendu.


"Bonjour. Si je ne me trompe pas, nous nous sommes croisés à la Feuille de Chen..."

Il était certain de ne pas se tromper.


"Je suis Hièlstan Filsèvres, je ne crois pas m'être déjà présenté."

Il ne savait pas bien s'il devait aller s'asseoir et la laisser seule, ou bien lui tenir compagnie. La première solution lui semblait la plus appropriée, mais à vrai dire la seconde lui faisait plus envie.

"Je peux ?"
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Lun 10 Oct 2016, 01:54

Quelle jolie matinée.
Levée dès les tout premiers rayons du soleil, Rilend n'éprouvait que gratitude d'avoir ainsi pu en profiter. La grande famille des lève-tôt, qui se reconnaissent dans les rues ensommeillées et les cafés sirotés à l'abri d'une fenêtre, aurait certainement partagé son avis. Le ciel, immense et azuréen, le soleil, éclatant mais pas encore étouffant, la vigueur des hommes, la fraîcheur du lac, la torpeur de la ville composaient un tableau ravissant qui bientôt allait se désagréger comme un dessin de craie sous la pluie. Seuls persisteraient les impressions et les souvenirs émus des heureux spectateurs.

Le jasmin était délicat sur sa langue, chaud dans sa gorge, un goût capiteux et suave, raffiné, oriental aussi. L'auberge en bois, les pieds dans l'eau, l'aubergiste ronchon ne déparaient pas le tableau. Oui, cette matinée était charmante.
Et l'apparition d'un visage connu n'avait rien pour décevoir Rilend.

C'est bien étrange, un visage connu.
Parfois, on l'aime. Alors on s'étire, on sourit et la chaleur, le plaisir se répandent des yeux jusqu'au cerveau. C'est un visage connu, aimé et bienvenu. Parfois, on l'aime, mais il arrive au mauvais moment et le sourire, automatique et social, est froid malgré un fond de sincérité, car la chaleur s'est arrêtée aux yeux et l'esprit a rajouté ses glaciales considérations au dessus. Quelquefois aussi, c'est un visage connu et répugnant, voire haï. Le sourire alors n'est plus sourire, mais rictus, plus ou moins socialement acceptable selon le contexte et le dégoût. Il y a les figures qui paraissent connues car elles plaisent, aux lignes régulières et conventionnelles, mille fois rêvées, vues et revues. A celles-là, on adresse un sourire qu'on garde généralement pour soi-même, chaleureux, mais aussi futile que de se serrer dans ses propres bras. Et les figures qui paraissent simplement connues, pour lesquelles la grimace est incertaine et hésitante. Dieux, si l'on se trompait ? C'est bien mystérieux, un visage connu.
Mais de tous ces traits familiers, le plus étrange est le visage connu inconnu. Celui qu'on n'a croisé qu'à une ou deux occasions et qu'on reconnaîtra où qu'on le croise, dans la foule, dans le public, dans la nuit, dans le néant.
Pourquoi le frappe-t-on si vite du sceau de "connu" ? Qu'a-t-il donc de si familier, lui qu'on n'a jamais aperçu plus d'une fois ou deux sur lequel on est bien en peine de mettre un nom ou une histoire ? Pourquoi la chaleur, pourquoi l'envie de sourire ? Et surtout, surtout : comment répondre aux visages connus inconnus ?

La marchombre en était là de ses interrogations.
Quand elle s'était retournée, elle avait tout d'abord vu ce vieil aubergiste courbé, occupé à vilipender les clients indélicats et originaux et à décrire l'état futur de leurs oreilles - notamment en ce qui concernait la température - si ils s'avisaient de casser la précieuse vaisselle. Une étincelle amusée palpitait donc dans les prunelles de la jeune femme quand elle avait détaillé le second protagoniste, celui dont la voix l'avait poussée à réagir.
Visage connu.

C'était ce jeune homme, de son âge ou à peu près, qui lui avait offert à mi-voix sa place il y avait quelques jours de cela, aux prémices d'une nuit riche en rencontres et en émotions pour la jeune marchombre. Un Rêveur, si elle avait bien compris ses paroles, et si ses yeux savaient encore reconnaître une robe de bure. Non pas qu'elle ait déjà rencontré beaucoup de Rêveurs, d'ailleurs, à l'exception d'un employé d'une caravane dont elle avait assuré la protection.
Quel était son nom, déjà ? L'avait-il seulement dit ?

Le frémissement des lèvres de Rilend fit écho au sourire discret qui joua sur le visage de l'homme, qui vint vers elle à pas lents. Rilend, sans bouger, le regarda venir, redressant le menton au fur et à mesure pour le conserver dans son champ de vision, et arquant un petit plus le dos pour la même raison. L'auberge était vide à part eux ; le vieil aubergiste, reparti maugréer derrière son comptoir et si il les dévisageait probablement, Rilend ne sentait pas son regard. Le clapotis de l'eau ajoutait une touche irréelle à cette scène surréaliste, fragile comme un instant hors du temps. Et l'inconnu-connu qui avançait toujours, et lui parlait.

Ainsi, il se souvenait de leur - très, vraiment très - brève rencontre. Rilend se sentit légèrement joyeuse à cette idée et souhaita lui rendre la pareille. Elle ne prononça pas un mot, de peur de l'interrompre, mais ses yeux gris anthracite, presque argentés dans la lumière du matin, approuvèrent pour elle. Oui, oui, je vous reconnais aussi.
Tandis que l'inconnu, se présentant, passait du statut de visage connu à celui de nom musical aux consonnances du Sud - le pays de certains souvenirs heureux -, Rilend opinait en souriant. Il lui demanda à s'asseoir auprès d'elle, du moins l'interpréta-t-elle ainsi, supposant à juste titre que c'était sa compagnie et non la splendeur irrésistible des planches de bois flotté qui l'incitait à y poser son séant.

La jeune marchombre se décala très légèrement pour lui faire de la place, juste un peu, juste ce qu'il fallait, et sourit :

"Bien sûr, venez."

La Panthère s'éveilla très brièvement, grogna et sa présence disparut si vite que Rilend ne sut comment interpréter cette brève intervention de sa moitié animale. Elle décida donc de passer outre.
Plusieurs parfums lui montèrent aux narines, l'odorat ayant toujours été l'un de ses sens prédominants. La marchombre était de ces gens qui peuvent détester - injustement - une personne pour sa seule odeur corporelle, ou cesser d'inviter un ami chez elle pour le parfum qu'il laissait sur les coussins.

Aujourd'hui, ce n'était pas le cas, et la jeune femme sourit en reconnaissant l'odeur du thé au jasmin qui faisait écho à celle de sa tasse. Serrant les mains sur la sienne, elle laissa passer quelques secondes embarrassantes, le regard à l'horizon. Le temps de décider si son côté sauvage acceptait la proximité physique d'un autre être humain. Il semblait que oui. De toute façon, elle ne le laisserait pas décider pour elle aujourd'hui, la matinée était trop belle et imprévue.
Les conventions sociales lui suggéraient aimablement de poursuivre la conversation entamée, et lui rappelèrent que c'était en théorie à elle de reprendre la parole. L'autre option était de demeurer empruntés, l'un à côté de l'autre, expérience traumatisante s'il en était.

"Si je me souviens bien - elle se souvenait bien - je ne me suis pas présentée non plus. Je m'appelle Rilend Ansakh."

Elle coula un sourire et un regard vers son interlocuteur, cherchant rapidement dans les gammes habituelles que dire, avant de tout envoyer promener : les discussions habituelles se déroulaient assis à table et non assis au pied des tables.

"Au vu du désert qu'étaient les rues ce matin, j'aurais cru que j'étais la seule à être matinale...de voir Al-Chen aussi calme était assez déroutant.
...et reposant."

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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Lun 10 Oct 2016, 21:48

"Bien sûr, venez."

Il s'installa à ses côtés, le sourire aux lèvre et plutôt gracieusement. Il était souple, et les exercices quotidiens payaient. Vêtu d'une bure et une tasse de thé brulante entre les doigts, c'était un pari risqué, mais il se retrouva finalement aux côté de la jeune femme, assis sur le ponton. Il était un peu froid, et plutôt dur sous le fessier ; Hièlstan regretta un instant le confort des chaises et des tables rondes derrière eux, mais alors il recroisa ses yeux -gris les yeux, un peu bleutés peut-être- et il ne pensa plus aux chaises douillettes.
Il lui adressa un sourire gêné ; en fait, il n'avait pas vraiment réfléchi à ce qu'il aurait fallut dire. Pour l'heure, il meubla son silence et ramenant ses jambes en tailleur sous lui ; il était plus grand qu'elle, et la pointe de ses pieds caresserait la surface du lac s'il les laissait pendre sans effort.

Une fois qu'il fut confortablement installé, la tasse réchauffant agréablement ses phalanges raidies, il voulut parler ; il allait dire quelque chose sur le thé, quelque chose sur leur rencontre ou sur la fête à Al-Chen.


"Si je me souviens bien, je ne me suis pas présentée non plus. Je m'appelle Rilend Ansakh."

Rilend Ansakh... C'était un nom aux consonances assez dures trouva-t-il. Rilend, puisque c'était son nom, semblait peu attachée aux conventions. Il en déduisit donc qu'elle n'avait pas accepté sa compagnie et sa conversation par simple politesse, mais qu'il s'agissait là d'une véritable envie de sa part. Il s'en sentit flatté, car lui non plus n'était pas là par politesse ; il avait désiré revoir cette femme, depuis qu'ils s'étaient brièvement rencontrés à la Feuille de Chen.
Elle dégageait quelque chose...


"Au vu du désert qu'étaient les rues ce matin, j'aurais cru que j'étais la seule à être matinale... De voir Al-Chen aussi calme était assez déroutant.
...et reposant."


Il lui sourit tranquillement, puis reporta son regard vers le lac qui scintillait. Bleu clair, quelques nuances de roses léger ça et là, où le ciel se reflétait... La lumière du matin était douce ; il l'aimait beaucoup. Douce et solitaire, bien plus que celle du crépuscule, qui était plutôt flamboyante.

"Oui, j'aime beaucoup me lever le matin, même si d'ordinaire je sors du lit avec les premières lumières... A cette heure-ci, d'habitude, je suis chez moi, à prendre mon déjeuner sur la rive du lac."

Il faillit goûter au thé mais se ravisa ; il était encore trop chaud.

"J'aime beaucoup la lumière du matin, et le calme qu'il y a à cette heure-là. Je trouve que c'est un bon moment pour commencer sa journée."

Il se tourna vers elle, tout sourire.


"Et je ne suis pas le seul, apparemment."

Elle était d'une nature silencieuse, et contemplative. Il aimait bien ça. Elle regardait devant elle ; il se risqua à attarder son coup d'oeil. Oui, elle était jolie.
Il détourna les yeux ; il aurait été trop gêné de se faire surprendre à la contempler ainsi. Il n'osa rien dire de plus, pour l'instant ; il avait un peu peur de rompre l'équilibre harmonieux qui s'était établi entre eux, le lac, et le thé au jasmin.



[Un peu court mais comme on est sur du dialogue... Je voulais pas blablater plus rien Smile et non Hièlstan n'a pas deviné qu'elle buvait la même chose que lui, c'était juste pour faire une jolie phrase de fin :3 ]
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Lun 10 Oct 2016, 23:35

[pas grave...je ne suis pas du tout attachée à la longueur - des RP -]

Avant que Rilend ne s'exprime, Hièlstan avait paru aussi embarrassé qu'elle et elle avait même cru, un instant, qu'il allait prendre la parole. Hélas, à ce moment-là, Rilend avait déjà ouvert la bouche, pris l'initiative et quoi qu'ait voulu dire Hièlstan, c'était elle qui avait entamé l'échange. 
Tout en parlant, elle le détaillait discrètement. Elle s'y prenait avec plus de délicatesse qu'à l'accoutumée, elle qui avait pris l'habitude d'évaluer la dangerosité moyenne en quelques coups d'oeil de haut en bas sur la carrure, la posture et le mouvement. Sa nouvelle rencontre se déplaçait avec une certaine souplesse et un silence, certes relatif, mais assez inhabituel chez ses pairs. Il avait, un excellent point pour lui, réussi à s'asseoir en tailleur avec autant de grâce que peut en avoir un homme vêtu d'une robe de bure et équipé d'une tasse brûlante - et sans ridicule, ce qui n'était pas si mal en soi. Il était plus grand qu'elle. Et elle ne percevait aucun danger, nulle tension, contrairement à l'accoutumée.

La Panthère semblait d'accord : sa moitié féline sommeillait ou, du moins, se faisait discrète, autant qu'elle pouvait l'être. Rilend n'était jamais loin des fourrures et des griffes, ses dents blanches de crocs ivoire, ses yeux gris jamais gardés de virer au jaune. Mais depuis quelques lunes, le fauve et elle s'accordaient de plus en plus, de plus en plus vite, comme s'ils avaient franchi une étape. La terreur de l'adolescente devant les corps lacérés était bien loin...
Néanmoins, il était bien rare que la chasseresse se taise aussi parfaitement et s'efface. D'ordinaire, il restait toujours quelque chose du félin dans la femme. Peut-être en restait-il aujourd'hui aussi, mais en tous cas, ce calme intérieur était inhabituel.
La jeune femme le mettait sur le compte de la profonde tranquillité de la matinée. Et sur la nuit de chasse qu'elle lui avait offert deux jours auparavant.

Quand elle eut fini sa courte tirade, Hièlstan lui adressa un sourire franc et Rilend sourit en retour, à sa façon : discrète, presque imperceptible, avec les yeux gris pétillant et un coin de lèvres. Ses yeux marrons, ses cheveux noirs et sa peau légèrement et étrangement burinée, comme un teint de fermier ou de marin, auraient pu former un visage un peu dur s'il n'avait pas eu une façon de sourire aussi ouverte et chaleureuse.
Bref, elle ne le connaissait pas.
Il dégageait une aura agréable.

Alors qu'elle jetait un oeil à son thé, sa voix s'éleva à son tour et Rilend releva la tête pour contempler les reflets du soleil sur l'eau moirée de lumière et humer l'air frais, acide. Attentive, détendue et écoutant les mots se mêler aux sons du matin.
Elle baissa les paupières en approuvant. Elle n'était jamais complètement légère, quand il s'agissait de parler d'elle. Elle n'était pas mal à l'aise pour autant.
Juste un peu sauvage, ma foi.


"C'est une habitude que j'ai prise assez tôt. C'était une question de discipline au début, et c'est devenu un plaisir. Alors, maintenant, je suis dehors aux premiers rayons du soleil, pour profiter de la fraîcheur et de la paix du petit matin. L'air y a toujours un parfum particulier."


Il était inutile de parler de son quotidien d'enfant des rues, où bien naturellement, le froid du petit matin vous éveille avec lui, et probablement peu productif de remarquer qu'il était bien rare qu'elle sorte de chez elle, au vu du temps qu'elle passait en voyage...

Le silence retomba, comme une chape de soie ou de mousseline cette fois-ci : léger et confortable. Pour un peu, Rilend s'y serait blottie. Il n'était pas bien courant de rencontrer une pause agréable dans une conversation, mais le fait qu'ils étaient côte à côte et non assis face à face y était probablement pour quelque chose. Chacun un peu dans son monde, mais un peu dans le même aussi.
A cette heure-ci, d'habitude, il déjeunait au bord du lac.


"Vous vivez près du lac ?"


Pointe de curiosité.
Ca sentait le jasmin, un peu la vase.


[c'est boooon le thé au jasmin]

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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Mer 12 Oct 2016, 21:25

"Oui. Ma maison est même en partie sur pilotis ; pour vous dire que je vis près du lac !"

[rire]

"Ce n'est même pas un hameau, c'est une petite maison que j'ai rénové, avec de l'aide... Tout petite, mais ça me suffit. C'est à une heure de cheval d'ici je dirais, au pas... J'aime bien le calme, la solitude, je ne voulais pas habiter en ville, ou trop près de l'agitation."

"Et vous ? Vous... Vous habitez dans le coin, aussi ?"
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Ven 14 Oct 2016, 00:59

[Sourire]

"C'est vrai ; plus près serait dedans !"

[Réflexion]

"J'ai vécu à...pas mal d'endroits différents, à vrai dire. Il n'y en a pas tant que je puisse appeler "chez moi". Une petite ferme perdue dans les collines, au nord. Un village du sud, pas très loin de la mer. Un autre endroit, moins éloigné...mais pas à Al-Chen même."


[Coup d'oeil en coin, tristesse imperceptible et auto-dérision bien perceptible]

"J'ai une assez bonne expérience de...la vie en ville...pour savoir que je préfère ."


[Sans détourner les yeux, sourire amusé cette fois]

"Et j'ai préféré trouver mon cheval avant ma maison. Le sens des priorités, voyez-vous..."

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Ven 14 Oct 2016, 18:47

"Ha ! Vous me faites penser à une amie. Vous savez, sans vouloir vous offenser, je trouve cela triste de ne pas avoir un endroit où l'on se sente chez soi. Oh, je peux tout-à-fait concevoir que l'on n'y attache guère d'importance. J'ai toujours eu un endroit où je me sois senti "chez moi"... La maison familiale, la confrérie de Naoniane -je viens de la côte Sud, si vous y avez habité vous connaissez peut-être ?- et maintenant cette bicoque au bord de l'eau..."

[sourire]

"Je n'ai jamais vécu en ville, pour ma part ; j'ai même eu très peu l'occasion de me rendre dans des grandes villes. Mais j'ai un cheval, aussi ! Une jument, pour être exacte."


[silence]

"Et de tout ça, j'en déduis donc que vous aimez voyager ?"
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 15 Oct 2016, 00:35

"En réalité, j'ai toujours un endroit dont je sais que je n'ai qu'à en pousser la porte pour m'y réfugier. C'est un réconfort certain, même quand un tel lieu est loin.

Simplement...ce n'est peut-être pas exactement pareil que de se choisir, voire bâtir - ou rénover - un chez-soi.

La dernière fois que j'ai décidé de me construire une maison...eh bien, c'était sur les toits de la ville, comme tous les enfants qui se font une cabane."

[coup d'oeil presque complice. Etrangement ironique]

"J'étais très jeune quand j'ai vécu là-bas. J'ai des souvenirs très vivaces du village, en bord de mer, et très peu du reste...je crois que c'était à l'ouest de la Passe de la Goule. En tous cas, de là-bas, Al-Far était probablement plus facile d'accès qu'Al-Jeit..."

[regard lointain. Tristesse subtile.
Puis sourire]

"Je plaide coupable Et maintenant que je voyage avec Vaillant, cela change aussi l'expérience. Même si nous marchons côte à côte, pour le moment - je ne l'ai pas enfourché encore."

[tête et haut du corps qui pivotent vers l'interlocuteur]


"Aussi étrange que cela puisse paraître...mais j'attends qu'il soit d'accord.
Comment s'appelle votre jument ?"

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 15 Oct 2016, 12:18

"Ce n'est pas la même chose, certes, mais il n'empêche qu'on peut s'y sentir tout autant chez soi... Je ne me sens pas plus "chez moi" dans ma nouvelle maison que je me le sentais à la confrérie. Il ne s'agit que de ressenti..."

[la laisse parler]

"Ah ! Je vois. Pour ma part je viens du bout d'une dent de terre, mais à l'est du Pollimage ; nous n'étions pas très loin d'Al-Jeit, mais nous n'y allions pas."

[surprise]

"Vous marchez... Côte à côte ? Un compagnon plus qu'une monture, c'est ça ? C'est surprenant. Je... Vous savez, j'ai acheté ma jument il y a quelques mois, pour faire le voyage jusqu'à Al-Chen, justement. Je ne pense pas qu'il me serait venu à l'esprit d'acquérir un cheval si je n'avais pas eu besoin de le monter."

[silence]

"Votre conception des choses est bien plus louable que la mienne, il fait l'avouer. Oh, mais ne pensez pas que je la maltraite ou quoi que ce soit ! Elle est de bonne compagnie ; têtue, mais sympathique, je m'y suis attaché. Elle s'appelle Flèche. Ce n'est pas moi qui l'ai nommée ; elle n'est plus de première jeunesse. Un Rêveur n'a pas de gros moyen, alors..."

[hausse les épaule]

"Mais peut m'importe. Je préférais, de toute façon, une monture calme et docile, pour apprendre à monter. Je n'ai nul besoin de performance ou d'allure... Le marchand m'a assuré qu'elle portait ce nom, parce que dans sa jeunesse, elle était rapide. Je n'ai aucun moyen de le vérifier ; et je m'en moque un peu. Maintenant, elle est surtout gourmande."

"Vous venez souvent à Al-Chen ?"
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 15 Oct 2016, 15:52

[sourire rassurant]


"Pour l'instant. J'ai l'intention de le monter, mais il se trouve que...
Vous avez peut-être déjà eu l'occasion de chevaucher une monture qui se laissait faire, mais dont vous pouviez sentir le manque d'entrain, voire le malaise ?

Vaillant était comme ça quand je l'ai acheté il y a quelques mois. C'est un cheval qui a été à l'origine dressé pour servir de cheval à quelque nobliau, un animal de bataille et de parade. Il y avait d'autres chevaux avec les mêmes qualités que lui dans l'écurie, mais nous nous sommes...
Ha. Ca ne s'explique pas, je crois !
Mais il m'a plu et la réciproque semblait vraie. Maintenant que nous nous connaissons mieux, je pense qu'il ne tardera plus à retrouver sa vocation première de monture."

[approbation de la Panthère]

"J'ai longtemps emprunté ou loué des chevaux. Un cheval à moi était un projet de longue date. Aussi futile que cela puisse paraître ! Mais j'ai souvent vu des voyageurs arriver à Al-Far avec leur monture, et pour moi, un cheval représente la liberté et la possibilité de voyager."

[sourire gêné]

"A la ville même ? Non, pas beaucoup. Mais j'ai beaucoup...parcouru les environs.
Mais...du coup, vous ne vivez pas à la confrérie proche, dont j'ai oublié le nom - Chériane, non ? Je croyais que les Rêveurs d'une confrérie vivaient tous au même endroit. C'était peut-être naïf de ma part..."

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 15 Oct 2016, 18:37

"Ha ! Oui, c'est bien Chériane la confrérie que l'on associe à Al-Chen. Ce n'est pas naïf ; effectivement, il est assez rare qu'un Rêveur ne vive pas au sein d'une confrérie. Mais ce n'est pas une obligation... Seulement, pour apprendre et suivre la voie que nous avons choisie, les confréries sont le cadre idéal. Nous avons le calme et le savoir à portée de main, et les gens qui ont besoin de notre aide savent qu'ils nous y trouveront... Mon cas est un peu particulier. J'avais... Besoin, en quelque sorte, de me retrouver un peu seul, et mes Maîtres m'ont proposé une... Une sorte de mission, qui nécessitait ma présence à Al-Chen. Je me suis donc installé ici..."

[sourire]

"Et je m'y plaît bien. Les gens commencent à savoir où se trouve "la maison du Rêveur", mes confrères de Chériane sont très accueillant, et j'ai fait de belles rencontres."

[coup d'oeil]

"Vous... Vous connaissez Al-Far ? C'est vraiment aussi terrible qu'on le dit, comme ville ?"
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 15 Oct 2016, 23:09

[sourire en coin]

"...je vois. Vous parlez de Voie...?"

[regard interrogateur. Discrétion]

"Vous n'êtes pas ici depuis très longtemps, alors ?"


[Silence. Mains sur les genoux, tasse posée]

"Al-Far..."

[Silence à nouveau. Regard lointain]

"...on en dit beaucoup de choses. Il est certains que les gens y sont plus...rudes, comme souvent dans le Nord. Al-Far regorge de fermiers qui ont décidé de tenter leur chance à la ville, et elle ne leur fait...pas de cadeau. Du tout.
Les manoirs, les grands bâtiments, s'orientent autour d'une place bien précise et nul...gamin des rues n'oserait y mettre les pieds. La garde se concentre sur ce secteur et délaisse totalement les autres. Une aubaine pour les...maraudeurs. Hormis ce beau quartier, on ne trouve pas un toit sans enfants...qui s'y faufilent, pas une zone qu'une bande ne se soit déjà appropriée, ni un jour sans règlement de comptes.
Alors qu'ailleurs, souvent, ils sont plus discrets. Je...je suppose que c'est cela qui fait à Al-Far sa réputation. Les pauvres gens y sont plus visibles, moins repoussés en périphérie."


[regard en coin]


"De plus, c'est une ville de voyageurs, de transit. Et parmi les mercenaires qui encadrent les caravanes, bien peu se soucient des conséquences de leurs...actes, dans une ville qu'ils auront quitté le lendemain."


[légère grimace]

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 16 Oct 2016, 00:24

"Oh, non pas très longtemps, je suis arrivé au printemps..."

Il resta un moment silencieux. Arrivé au printemps, escorté par Syndrell et par une caravane colorée... Il s'était passé tant de temps ! Et pas mal de choses...
Elle semblait intriguée par le principe de voie ; et il fut intrigué de l'importance qu'elle apportait à ce mot. Elle ne devait pas très bien connaître les Rêveurs ; à vrai dire, elle le lui avait plus ou moins avoué. Il s'apprêta à lui répondre, mais alors elle frémit ; et il préféra la laisser parler.

Ainsi donc, elle était une enfant des rues ; elle avait vécu sur les toits, et peut-être que les cabanes dont elle parlait plus tôt n'étaient pas que des jeux enfantins, comme ceux auxquels lui-même s'adonnait lors de sa paisible enfance.
Il avait cru qu'elle avait grandi dans le Sud, comme lui, puis qu'elle avait commencé à voyager à l'âge adulte, mais ce n'était visiblement pas le cas. Il se retrouvait à nouveau aux côtés de quelqu'un qui avait eu une existence rude, de quelqu'un qui avait du se battre alors qu'il était bien trop jeune pour le faire.
Il sentit comme un fossé entre eux ; comme celui entre lui et Syndrell, lui et Kaizo, lui et Erhan... Celui qu'il ressentait avec tous ces gens dont il ne pouvait même pas imaginer à quoi pouvait ressembler leur vie.

Tout avait été si simple, pour lui, et jusqu'à peu de temps cela lui paraissait une évidence... Mais non, la vie n'était pas ainsi ; les enfants pouvaient se retrouver à la rue, orphelins, rejetés ou fugueurs, à parier, se battre, voler.
Les enfants pouvaient ne pas avoir de chez-eux.

Il l'écouta en silence. Oui, tout ce qu'elle disait sur cette ville avait du sens. Un sens qui ne lui plaisait guère, certes...
En tout cas, aujourd'hui, elle avait l'air sereine, et elle n'avait pas des allures de pauvresse ; ses vêtements n'étaient pas en haillons, et elle avait même pu s'offrir une monture. Elle devait avoir cette détermination qu'il admirait chez la Marchombre aux cheveux bleus ; et probablement ce goût de l'aventure, aussi, qui devait inévitablement aller avec celui du voyage. Il s'égara un instant, s'imaginant chevaucher aux côté de cette jeune femme aux cheveux de jais, mais il se reprit bien vite.
Il aurait eut envie de lui prendre la main, mais il ne se sentait pas assez intime avec elle pour le faire ; parfois, même quand l'esprit est en adéquation, le corps a besoin d'un temps pour s'habituer à la proximité d'un autre.


"Je suis désolé pour vous."

Il chercha son regard.

"Je veux dire... Aucun enfant ne devrait vivre ça. Je... Je ne comprends pas comment de telles choses peuvent arriver. C'est..."

Ce devrait être mon rôle de les aider, pensa-t-il ; mais il ne le dit pas. Il savait depuis toujours qu'il ne pouvait aider le monde entier. Etre Rêveur, c'était ça aussi ; accepter de n'apporter qu'une minuscule pierre à l'édifice, accepter de ne pouvoir porter secours à tous ceux qui en auraient le besoin.
Cela faisait longtemps qu'il l'avait accepté ; y être confronté n'en était pas moins douloureux à chaque fois.
Les enfants d'Al-Var, les vagabonds d'Al-Jeit, les mourants des ruelles, les mendiants des pavés... Les esclaves d'Ezadrah... Il aurait fallut des centaines de Hièlstan pour y remédier.


"Mais je suis content que vous vous en soyez sortie. Chaque personne qui réussit..."

Il avait du mal à finir ses phrases ; un peu trop d'émotions. Et son visage...

"Vous avez trouvé votre voie vous aussi, n'est-ce pas ?"
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 16 Oct 2016, 02:07

Elle approuvait en silence.
Bien sûr, il était inenvisageable de lui parler de l'Académie, mais le fait était que la jeune femme avait, elle aussi, expérimenté la vie en communauté ou du moins, les études dans un endroit calme, isolé, et confortable. Et elle comprenait bien Hièlstan qui semblait éprouver le besoin de mettre un peu de distance, une légère frontière géographique, entre la confrérie et lui. Comme un électron libre plutôt qu'au coeur de l'agitation.

Il ne lui était jamais venu à l'esprit que les Rêveurs avaient leur voie et en parlaient de la sorte. Rilend, depuis des années, conjuguait la Voie au singulier et avec majuscule. C'était la Voie, sa Voie, celle qu'elle avait choisi bientôt deux décennies plus tôt en prenant la route vers Al-Chen avec pour seul leitmotiv les promesses d'une marchombre muette et l'aura qui émanait d'elle. Aujourd'hui encore, elle ne connaissait pas son nom...comme elle aurait voulu la rencontrer. Qui sait ce que l'adolescente perdue serait devenue sans son intervention ?
Sa Voie, elle l'avait choisie et adoptée, suivie avec une fougue et une délectation sans cesse renouvelée, des doutes, des surprises aussi. C'était la Voie qui l'avait ramenée à elle, à la mémoire et à l'Académie quand elle avait oublié jusqu'à son nom. Plus encore que son passé, son histoire ou son identité, c'était Elle le fondement de son être. 


Hièlstan usait du mot avec moins de révérence qu'elle, mais il semblait néanmoins y accorder une certaine importance. Quoi d'étonnant à cela, songeait Rilend, puisqu'un Rêveur ne le devenait probablement pas par hasard ? Il avait dû ressentir un appel, une "vocation" au sens premier du terme. Choisir une voie...ce n'était pas la Voie au sens marchombre, ni la Voie en tant que telle, mais c'était un chemin peut-être aussi important dans sa vie que la Voie des marchombres dans la sienne.


Rilend fut interrompue dans ses réflexions par le trouble manifeste de son interlocuteur. Il avait l'air complètement perdu. Pas juste indécis, hésitant ou cherchant ses mots, mais perturbé.
Réagissait-il à ses mots ? La jeune femme, qui avait pourtant pris soin de demeurer évasive et point trop crue, craignit de l'avoir choqué. Les gens n'aimaient pas à s'entendre rappeler que la misère existe, c'était même la raison de l'éviction des pauvres des quartiers riches.


Au passage, la marchombre s'étonna de la quantité d'informations qu'elle avait laissé échapper en quelques minutes...non, qu'elle avait fourni, naturellement, dans la conversation. La dernière personne à avoir eu vent, brièvement et sans les détails, de son passé avait été Erwan, son premier maître. Lequel ne s'était pas attardé et, fine mouche, avait deviné ce que l'adolescente sauvage passait alors sous silence : le quotidien des rues, la mort, les humiliations, les agressions et ce qu'il faut vite découvrir des hommes sous peine de cruelles désillusions...mais Rilend, qui ne parlait pour ainsi dire jamais de son passé, avait perdu l'habitude des réactions d'effroi, d'horreur ou de compassion que la vie des enfants des rues pouvait engendrer.

D'ordinaire, elle aurait pu s'agacer d'une émotion trop marquée, ou d'un faux apitoiement qu'elle exécrait plus que toute autre chose. L'interlocuteur lambda s'émouvait juste assez pour ne pas passer pour l'affreux sans coeur puis, la conversation devenant socialement inconfortable, se dépêchait de la ramener sur un terrain plus favorable, non sans parfois une petite leçon de morale bien-pensante au passage. Mais Hièlstan paraissait sincèrement troublé par le sort qu'elle évoquait à demi-mot et lui épargna le sacro-saint couplet du "j'irais bien tous les sauver, mais..." que la marchombre lui aurait pourtant pardonné. Elle l'aurait même cru, il avait l'air du genre à aider tout ceux qu'il pouvait. 
Il semblait se sentir véritablement concerné, et si perturbé que, quand elle croisa son regard, Rilend éprouva l'envie de le saisir par le bras pour l'apaiser, le rassurer.

Lui dire qu'il ne fallait pas être si désolé. Pas pour elle, en tous cas.
Elle avait connu une petite enfance heureuse. Un père et une mère. Et la vie n'était pas si malheureuse dans les rues. Elle était dure, comme l'est la survie avec son cortège d'obligations, qui empêche les enfants de trop l'être. Rilend avait brûlé de s'enfuir, s'envoler, courir sans jamais s'arrêter loin de son existence sordide. Mais elle avait été aimée, choyée autant que possible, avait joué et aimé un peu. Souffert, aussi. Couru et fui. Connu la faim, la peur, l'instinct animal et tyrannique qui vous oblige à vous battre quand vous voudriez vous coucher et mourir. Quand elle y repensait aujourd'hui, c'était presque -presque - sans émotion autre que le désir de retourner là-bas, montrer à ces enfants d'antan qu'un autre destin était possible. Que les ailes poussent quand on les nourrit.

Mentalement, la jeune femme esquissa un geste réconfortant tandis qu'elle écoutait Hièlstan, son regard presque serein - à part une étincelle de vieille tristesse - plongé dans le sien. Physiquement, elle n'en fit rien : elle n'était pas quelqu'un de bien tactile, craignait d'embarrasser Hièlstan, de s'embarrasser elle-même par un refus ou une réaction d'évitement, d'embarrasser tout le monde sur cette foutue terrasse. 
C'était elle qu'il perturbait un brin. Elle craignait de l'avoir effrayé ; elle ne voulait pas amener la conversation sur ce terrain-là. Elle ne voulait pas non plus s'étendre sur le sujet : elle avait eu tant de mal à arracher ses chaînes ! Elle commençait tout juste à pouvoir revenir sur ses pas l'esprit tranquille.

Alors elle se contenta de l'écouter attentivement, de l'accompagner, lui qui tentait de mettre des mots sur quelque chose qu'il ne parvenait visiblement pas à saisir. Elle le comprenait. C'était comme attraper de l'eau avec les doigts : on ne prend pas l'eau de front, elle s'en souvenait bien. On ne peut se planter face à un torrent ; il faut danser avec lui, l'accompagner, faire avec lui et surtout à son rythme.
Les choses changeraient à Al-Far -et ne changeraient pas - elle le savait et l'espérait. Des gamins s'évaderaient.
Et Hièlstan qui se débattait toujours, sans la lâcher du regard. 
Quand il parla de voie, elle sourit légèrement au "vous aussi" et, comme toujours lorsqu'elle évoquait la Voie, son regard s'éclaira et devint lumineux, presque pétillant :


"Oui. J'ai fini par La trouver. Et je ne L'ai pas lâchée depuis."


Un silence. Un sourire au fond des yeux :

"Vous aussi."

Ce n'était pas une question.

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 16 Oct 2016, 11:31

[hoche la tête, regard lumineux]

"Moi aussi..."

[grand sourire]

"Je souhaite à chacun de trouver sa voie, quelle qu'elle soit. J'ai vu des marchands, j'ai vu des fermiers, beaucoup de pêcheurs, des mères et des pères comblés, des amants réunis, des guérisseurs, des herboristes, des érudits, des Dessinateurs, et... Et d'autres personnes encore qui arpentent des voies plus secrètes... En chacun d'eux, il y avait la même lueur, la même passion. Ca les aide... Ca les aide à avancer. Ils ne peuvent pas renoncer ; ils continuent sur la voie qu'ils ont choisi, ou la voie qui les a trouvé. A côté de ça... Il y a ceux qui cherchent. Ou ceux qui ne comprennent pas ce principe. Ceux qui ont abandonné."

[secoue la tête]

"On ne peut qu'essayer de les épauler ; hélas, la majeure partie du chemin doit être parcourue par la personne elle-même... C'est plus facile pour certains. J'ai vu des dizaines d'enfants de pêcheurs suivre la voie de leurs parents, qui était comme une évidence pour eux... Mais lorsque l'on se sent l'envie irrépressible de fouler d'autres chemins... J'ai eu de la chance que m'a famille ait encouragé mes ambitions. Beaucoup ne peuvent alors compter que sur eux-même..."

"J'espère qu'ils s'en sortiront."
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Mar 18 Oct 2016, 01:58

[sourire serein, heureux]

"Et pourtant, ce n'est pas nécessairement un chemin facile. Il est même parfois lourd d'apprentissages ou de remises en question...mais je crois que c'est ce qui en fait toute la force. Quelle que soit la Voie, elle oblige à aller de l'avant."

[coup d'oeil en coin]

"La plupart ont bien plus de ressources qu'ils ne le soupçonnent eux-mêmes. Il ne leur manque que d'y accéder...mais cela tient à si peu de choses, parfois. Une personne, ou une rencontre, au bon endroit, au bon moment. Juste la petite poussée qui manquait pour réussir à décider, à s'arracher à un futur qui paraissait sans surprise.
Encore faut-il parfois savoir, simplement savoir qu'un autre chemin est possible."

[sourire lointain, triste et presque nostalgique. Puis coup d'oeil, hésitant]

"Vous... vos parents sont pêcheurs ? Comment êtes vous...qu'est ce qui vous a fait changer de perspective, alors ? "

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Mer 19 Oct 2016, 20:41

"Je vois très bien ce que vous voulez dire, et je suis d'accord. J'ai eu droit à un coup du destin... Mais je crois que d'une manière ou d'une autre, je me serais intéressé à cette guilde, en grandissant. En fait, j'étais tout petit, j'avais quoi, six, huit ans ? Mon frère aîné a chuté de la falaise sur laquelle nous habitions... Ca arrivait régulièrement, au village, pas trois fois par an, mais suffisamment pour que nous sachions comment réagir. La confrérie de Naoniane n'était pas loin, ma mère a fait atteler la charrette et je ne sais pas trop pourquoi, m'a pris avec eux pour aller demander l'aide des Rêveurs. Peut-être une décision précipitée, ou peut-être avait-elle peur qu'il m'arrive quelque chose à moi aussi si elle me laissait garder par une amie... Quoi qu'il en soit, les Rêveurs ont sauvé mon frère, ils n'ont juste pas pu éviter qu'il continue à boîter. La hanche, vous savez... Et moi, tout gamin, j'avais été fasciné par ces hommes.
Je n'arrêtais pas d'en parler à mes parents... Alors, à l'anniversaire de mes sept, au lieu de m'emmener en mer pour la première fois, comme il l'avait fait avec mon frère, il a décidé de m'emmener rendre visite aux Rêveurs. Moi, j'étais ravi... Vous savez, mon père est un pêcheur jusqu'au pus profond de son âme ; je sais que son rêve était d'emmener chacun de ses enfants sur l'eau, et de les voir suivre sa voie. Heureusement, mon frère l'a suivi ; celui-là, il est né avec la mer dans le sang, je vous le dit. Quand à moi... Et bien, mes parents m'ont toujours encouragé à faire ce que j'avais envie de faire. Je ne pouvais pas intégrer la confrérie si jeune, je n'avais pas la maturité nécessaire, aussi, j'ai continué à vivre avec ma famille, j'ai continué à effectuer toutes sortes de tâches pour les aider, et j'ai accompagné mon père et mon frère en mer quand il l'a fallut.
Quand j'ai senti que le moment était venu, j'ai rejoins la confrérie."


[hausse les épaules, sourit]

"La suite ne s'est pas faite sans difficultés, mais aujourd'hui, je suis là, et j'en suis très heureux."

[sourire chaleureux]

"Et vous ?"
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Jeu 20 Oct 2016, 21:20

[sourire et intense réflexion]

"C'est une assez longue histoire...je suis née dans le sud, mais nous avons fini par partir à Al-Far. Suite à...pas mal de déconvenues. Et là, j'ai fini par...me débrouiller un peu seule, de plus en plus, avec parfois l'aide de la famille d'un ami. Bref.
Vous vous doutez bien que je n'ai jamais souhaité demeurer à Al-Far, et que je ne rêvais que de partir...mais bien sûr, entre les rêves et la réalité, il y a un monde."

[regard lointain, triste]

"En fait, et ce n'est en rien un titre de gloire, je m'en sortais bien par rapport à beaucoup. Enfin...vivante, en forme et sans trop de...mésaventures. Sans avoir besoin de plus que le vol ou la mendicité pour trouver ce dont j'avais absolument besoin. Alors, j'avais beau ne rêver que d'ailleurs, il me manquait quelque chose pour oser partir et quitter cette routine détestable, mais...coutumière. Vous savez les difficultés qu'ont tous les êtres humains à laisser de côté leurs habitudes. De plus, je ne savais pas du tout où aller, et il ne fait pas bon voyager seule, sans autre arme qu'une dague et sur les routes du Nord. A cause des animaux, certes, mais de mes propres congénères aussi !"

[rire sans joie, légèrement désabusé]

"C'est...sans entrer dans les détails, autour de mes dix-sept ans - je crois, je n'ai pas de repères temporels très fixes de cette...période -, un élément déclencheur m'a fait prendre le mors aux dents et décider de fuir Al-Far. C'était vraiment une décision...non, une nécessité. Précipitée, mais sans autre option viable qui m'apparaissait à ce moment-là. Aujourd'hui encore, je ne sais pas ce que j'aurais pu faire d'autre que tout laisser derrière moi.

Et à peine sortie de la ville, j'ai eu la chance de faire une rencontre..."

[elle marqua un temps d'hésitation et tourna un regard incertain vers Hièlstan. Puis prit une décision]

"Elle m'a donné un but, un  endroit où aller à un moment où je ne savais même pas où je serai le lendemain, ni en quel état..."

[nouvelle hésitation. Légère]

"...elle était Marchombre."

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Ven 21 Oct 2016, 21:14

Il s'étrangla à moitié avec ce qu'il restait de son thé, et en recracha une bonne partie par le nez avant de tousser violemment, faisant hurler ses bronches cuisantes, et grimaçant de sentir le liquide tiède qui s'infiltrait dans ses poumons. Il sortit un mouchoir d'une poche et continua à se moucher, tousser, et souffrir sous les yeux de Rilend.

Marchombre !

Encore une. Et encore une qui lui disait ça, de but en blanc, enfin non, elle avait laissé planer un instant avant de susurrer le mot fatidique, avant de le laisser couler dans l'air ; malgré toute sa perpléxité, il se fit la remarque qu'elle l'avait prononcé d'une manière bien plus suave qu'Erhan, quelques semaines auparavant. Le mot avait sinué dans un courant d'air et glissé sur l'eau ; certes, les sonorités se prêtaient bien à ce genre d'effet, mais tout de même...
C'avait été saisissant.

Y avait-il un complot quelconque ? Est-ce qu'Inwëlle avait fait passer le mot à tous ses amis, pour que chacun croise la route du Rêveur, et lui fasse comprendre qu'il fait partie de la mystérieuse guilde ?
Non, c'était complètement stupide, mais il était absolument saisi que cette femme en fut une aussi, et qu'elle le lui dise avec tant de simplicité.
Il avait été surpris, déjà, de sa manière de se livrer à lui, car il pensait qu'elle n'était pas du genre à s'épancher très facilement auprès de quasi-étrangers.

Les choses qu'elle lui avaient raconté, en plus de ça... N'étaient pas des choses banales. Lui, il n'avait eu qu'à raconter une rencontre et une vie de famille heureuse ; elle... Il ne préférait pas imaginer ce qui pouvait combler les trous dans son récit.
Il s'était aussi tu lorsqu'elle avait évoqué le vol et la mendicité comme elle l'avait fait ; quel était cet environnement dans lequel ne faire "que" voler et mendier était une bonne chose ?
Il n'avait pas pu s'empêcher de faire le rapprochement avec Erhan et Kaizo, qui ne devaient avoir guère plus que dix-huit ans et avaient fui la rue pour devenir Marchombres, de même qu'il avait établi un parallèle avec Syndrell, très proche de sa monture et férue de grands voyages.
Il ne lui était cependant pas venu à l'esprit que Rilend puisse elle-même être une Marchombre ; il en avait tellement rencontré ces derniers temps qu'il avait dû bêtement se persuader d'avoir épuisé les limites du possible.

Alors à cette table à la fête de l'Eté, étaient-ils tous des Marchombres ? La petite Aivy probablement, Syndrell le lui avait plus ou moins dit ; Erhan et Kaizo, il les connaissait, et Kaünis... Il supposait que oui, à ce qu'il avait vu d'elle.

Et puis dans cette maison... Cette femme, Libertée, en était une, c'était certain ; Gil, l'homme, également, il avait perçu sa greffe. Erwan, n'en parlons même pas ; quand aux parents de Libertée, il était prêt à parier qu'ils participaient à tout ça également.
La tête lui tournait.
Qu'avait donc de si spécial Al-Chen ?

L'académie, bien évidemment ; il ne savait pas de quoi il en retournait, mais il était évident que c'était un lieu important. Peut-être aussi... C'était quand même la première fois de son existence qu'il rencontrait autant de gens à l'extérieur de sa confrérie. Le fait qu'il soit Rêveur et habitué à tenir des secrets incitaient-ils ces gens à partager le leur ?

Il releva les yeux vers elle. Resta silencieux un instant. Toutes les femmes Marchombre qu'il avait pu rencontrer jusque là étaient belle, ou avaient au moins un charme étrange et fascinant.
Rilend était de loin la plus belle. Il aurait pu la contempler longtemps, mais la décence le lui interdisait.


"Vous... Je suis touché, que vous m'ayez raconté tout ça. A vrai dire... Vous n'êtes pas la première que je rencontre. Je crains de compromettre trop de monde en évoquant leurs noms, car je suis tenu de garder ces informations pour moi, mais j'ai cru comprendre que les gens de votre guilde se connaissaient entre eux ; et il y en a au moins d'eux que je peux citer. J'ai une amie qui s'appelle Syndrell ; elle m'a accompagné dans la caravane que j'ai prise, d'Al-Jeit à ici, il y a quelques mois. Et j'étais à la recherche d'un homme qu'on appelle Erwan. Je l'ai finalement rencontré et nous devons nous revoir bientôt. Vous les connaissez peut-être ? Oh, j'espère ne pas vous offenser en suggérant que chacun d'entre vous connaît les autres ; j'ignore totalement combien vous pouvez être, et je ne sais pas grand-chose de vos coutumes, mais j'ai pu noter une... Une connexion entre chacun de ceux dont j'ai croisé la route jusqu'à maintenant."

Il n'avait pas quitté son regard.
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Ven 21 Oct 2016, 23:32

Elle fut surprise par la réaction du Rêveur, elle ne put le cacher. 
Hièlstan n'encaissa pas la nouvelle calmement, comme ceux qui l'engageaient pour protéger leurs caravanes ; Rilend ne sentit pas sur elle son regard inquisiteur, un brin curieux, comme celui des voyageurs qui faisaient route avec elle. Il n'eut pas non plus réaction négative que montraient certains, qui confondaient marchombres et assassins, voleurs ou mercenaires.
Non, Hièlstan ne fit rien de tout cela.
Il se contenta de s'étouffer proprement, sous l'oeil ébahi de la jeune marchombre qui se demanda un instant s'il ne serait pas approprié de lui porter secours. Elle avait certes quelques notions en matière de premiers secours, certes, mais...si elle pouvait s'épargner un sauvetage en règle d'un Rêveur en détresse sous les yeux effarés de l'aubergiste - qu'elle rassura d'un signe, ça va, il survit, pas besoin de bouche-à-bouche, prière de retourner derrière votre comptoir...

Il semblait plongé dans des abîmes de perplexité et de thé brûlant. Rilend le regardait se noyer dans les premiers tout en s'extirpant des seconds avec, passée la seconde de stupeur, une pointe d'amusement. Quand il finit par refaire surface, l'air un peu piteux avec sa tasse vide et ses yeux pleins de larmes, elle lui adressa un sourire compatissant et légèrement, imperceptiblement étonné, ne doutant pas que l'explication allait suivre.

Il commença par lui avouer qu'il n'était pas la première marchombre qu'il rencontrait. Certes. Cela n'avait rien de surprenant en soi, la Guilde, assez discrète, était néanmoins plutôt peuplée et les marchombres parcourraient Gwendalavir en ne se cantonnant pas aux bordes du lac...de plus, la proximité de l'Académie n'était certainement pas pour rien dans la forte concentration de marchombres à Al-Chen. C'était également la raison pour laquelle, dans la cité pimpante, les marchombres étaient mieux vus que dans la plupart des villes de l'Empire, leur caractère secret, mieux toléré. A Al-Chen, un marchombre pouvait presque se promener sans craindre les regards inquisiteurs et les commentaires sous forme de murmures. Presque.

Sourire gêné à ses premiers mots. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait tant parlé, elle qui gardait généralement le silence sur cette période désagréable de sa vie. Elle s'était contentée de se laisser porter par le courant...
Elle approuva d'un geste léger quand il supposa que les marchombres se connaissaient entre eux. Ce n'était pas totalement exact, bien sûr, mais Rilend ne se voyait pas l'interrompre alors qu'il était lancé dans une longue explication. Elle se contenta donc de l'écouter, notant avec amusement que, tout comme elle ne savait rien des Rêveurs, il n'avait pas des connaissances approfondies sur les marchombres. Cela n'avait rien de surprenant, cela dit...malgré leur calme et leur relatif retrait du monde, les Rêveurs gardaient bien moins farouchement leurs secrets que les marchombres.
Erwan. Il avait dit Erwan.

Rilend sursauta légèrement et une étincelle de surprise assombrit ses yeux, quand Hièlstan mentionna, en passant, son ancien maître. A l'exception de son Ahn-Ju, elle ne l'avait pas revu depuis son accident et l'interruption de son apprentissage, qu'elle avait repris et achevé auprès de Libertée. L'envie prit brusquement la jeune marchombre de demander au Rêveur des nouvelles de son maître, de l'interrompre, mais elle se contint et se tendit simplement un petit peu, comme lorsqu'on veut intervenir dans une conversation et qu'on ne le peut.
La Panthère aussi avait réagi au nom d'Erwan, non pour le prénom, coutume purement humaine, mais parce que le fauve se souvenait de son congénère jaguar, de leur nuit de chasse côte à côte. Pour Rilend, cette course nocturne avait été le début de la vraie renaissance, de l'accord avec son double animal. Il lui avait fallu cela pour autoriser la chasseresse à sortir, à prendre possession de tout son être et tout son corps, de temps à autres et pour une nuit, une traque. Pour la Panthère, ça avait simplement été une nuit marquante où deux prédateurs ordinairement solitaires avaient uni leurs forces. A son échelle d'animal, l'évènement semblait suffisamment important pour avoir gravé l'image du jaguar dans son esprit.

Tandis que Hièlstan finissait son explication, la marchombre se détendit et le fauve se calma, bien qu'il en restât comme un parfum sauvage dans le fond des pensées de Rilend, au creux de son ventre. L'énergie animale, farouche de la Panthère laissait toujours son empreinte quelque part quand elle s'éveillait.
En attendant, les yeux qui soutenaient le regard du Rêveur étaient gris, pas jaunes, et le feu qui y couvait appartenait avant tout à Rilend, avant qu'au fauve. Elle avait toujours eu quelque chose du félin, et seul un observateur attentif aurait pu déceler cette dualité. Un observateur attentif, et au fait de ces rares métamorphoses.

Sans détourner le regard cette fois, elle posa une main en arrière pour s'appuyer légèrement dessus et tourner les épaules, afin de faire face à Hièlstan. Puis, d'un sourire, elle répondit : 

"Nous ne nous connaissons pas tous, à vrai dire. Et je n'ai aucune idée de combien nous sommes à...combien de marchombres. Mais nous nous reconnaissons les uns les autres, quand il arrive que nous nous croisons. C'est assez peu courant, en réalité, même si cela dépend aussi des lieux où nous évoluons...
J'ai déjà entendu mentionner Syndrell. Et je connais Erwan. Vous...vous l'avez rencontré récemment ?"

L'interrogation, un peu abrupte, laissait entrevoir l'élève sous la femme. Rilend éprouvait envers son premier maître une infinie gratitude, pour avoir accompagné ses premiers pas sur la Voie, pour lui avoir montré comment ce chemin pouvait s'accorder avec sa moitié animale. Elle aurait aimé le revoir, ou à défaut avoir de ses nouvelles.

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 22 Oct 2016, 20:55

"Oui, en fait, je l'ai rencontré hier. Nous n'avons pas eu vraiment l'occasion de discuter, en fait j'ai été appelé pour un soin sur, euh... Une amie à lui. Comme il était présent lors de l'accident je l'ai ausculté également mais c'était... C'était beaucoup de choses pour eux. Nous avons convenu de nous revoir, mais je ne sais pas quand ce sera."

"Il allait bien, si c'est ce que vous vous demander. Enfin, je ne le connais pas, mais physiquement au moins, ça allait."

"J'ai l'impression que beaucoup de monde ici connaît ce Erwan. Ca ne m'étonne pas ; il m'a fait une très forte impression. Tous les Marchombres que j'ai rencontré m'ont fait une très forte impression ; vous êtes des êtres singuliers. Mais lui c'était... Il y avait quelque chose de... D'exceptionnel, peut-être ? Oh mais ! Je ne veux pas dire... Je veux dire, vous êtes exceptionnelle aussi, c'est juste..."


[s'empourpre, baisse les yeux]

"Pardonnez-moi, je peux être tellement maladroit..."

[la regarde dans les yeux]

"Vous m'avez aussi laissé une très forte impression, la première fois que nous nous sommes vus. Vous dégagez quelque chose de si particulier, je ne pourrais ni ne voudrais chercher à le décrire. Vous êtes très belle en plus de ça. Vous devez faire chavirer bien des coeurs !"

[ton de plaisanterie sur la fin, sourire complice]
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 22 Oct 2016, 21:52

[sourire appréciateur]


"Je suis heureuse d'avoir de ses nouvelles. Ca fait longtemps que nos routes ne se sont pas croisées..."

[moue amusée]

"Oui, c'est vrai que c'est quelqu'un de tout à fait...spécial."


[légère surprise]

"Oh, je...ce n'est pas grave. Pas grave du tout."

[soutient son regard]


"Je...ce n'est pas quelque chose qu'on me dit très souvent. Voire jamais, à mon souvenir !"

[tout petit rire légèrement gêné. Puis un peu de rose aux joues. Yeux qui ne se dérobent pas. Surprise infime]

"...merci..."

[détecte ensuite le ton humouristique. Renvoie un clin d'oeil et le même genre de sourire. Ironie bien détectable et regard malin, voire rieur]

"Une hécatombe, mon cher monsieur ! Vous n'avez pas idée !"

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 22 Oct 2016, 22:48

"Jamais ?! Et bien ! Les gens ont manqué de discernement. Quand à moi, cela m'étonne que vous ne soyez pas encore dans mes mes bras... Je suis un aimant à femme !"

[rit]

"Non, à la vérité, je vais vous confier un secret : les Rêveurs ont effectivement leur petit succès. Mais ça n'a rien à voir avec le charme d'un-tel ou l'éloquence d'un autre ; en fait, il semblerait que l'impression d'inaccessibilité amoureuse et charnelle représente un défi à relever pour certaines."

[hausse les épaules, ton de confidence amusé]

"Promettez-moi de garder ça pour vous, mais certains de mes confrères ne se gênent pas pour en profiter !"
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 22 Oct 2016, 23:06

[rire ]

"Je n'en doute pas une seule seconde ! Je l'avais deviné au premier coup d'oeil !"

[soulève un sourcil. Regard entendu]

"Ha ? Mais, arrêtez moi si il y a une faille dans ma logique...jouer de leur réputation dans ce but, cela ne fait plus du tout d'eux des "défis", mais au contraire des personnes...diablement accessibles !"

[Clin d'oeil]

"Les Rêveurs ne sont pas seuls dans ce cas. Une femme qui sert de protection rapprochée à une caravane, c'est suffisamment inhabituel pour éveiller l'attention...et l'intérêt. Surtout quand la guilde est aussi secrète que la nôtre."

[petit rire]


"Enfin, dans ces cas-là et sans que je comprenne pourquoi, cela a tendance à éveiller une vocation de...comment dire, de dompteur chez certains. Stratégie remarquablement inefficace !"

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