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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]

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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 29 Oct 2016, 00:44

"Equilibre."

[le mot est sorti du tac au tac, silence presque surpris]

"Je m'attendais à ce que tu me retournes la question. Oui, c'est... Le premier qui m'est venu à l'esprit. Il est... Important pour moi, ce mot. Il y a... Il y a un écho entre équilibre et harmonie, non ? En tout cas... A mon sens, "harmonie" va bien avec les Rêveurs aussi."
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 29 Oct 2016, 00:54

"Je m'attendais un peu à ce que tu t'y attendes."

[pause. Réflexion]

"Oui...ce sont deux mots qui se répondent. Se recoupent, même, dans une certaine mesure...l'harmonie implique un équilibre, je suppose. Mais tu as raison, les deux vont bien...et Equilibre pourrait convenir aux marchombres aussi, à condition de le prendre vraiment au sens large..."

[tourne un peu la tête et redresse le dos pour accrocher le regard]

"Alors ? Pourquoi l'un plutôt que l'autre, si ce n'est pas indiscret ?"

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Mar 01 Nov 2016, 20:44

[réfléchis un bon moment]

"Eh bien le mot "équilibre" me parle plus, il a plus de signification pour moi, je le comprends mieux que le mot Harmonie. J'ai voué ma vie à rester en équilibre... Avec moi-même, avec des désirs, mes opinions, alors quand on m'a parlé de cette notion, à la confrérie... Etre Rêveur, ce n'est pas seulement soigner les gens, c'est aussi trouver l'équilibre entre le Rêve que l'on doit dérouler et ce que le corps doit soigner de lui-même, trouver l'équilibre organique de tout ce qui compose un corps pour savoir sur quoi l'on peut interagir en toute sécurité. D'une manière plus concrète, il y a tout bêtement l'équilibre entre les ingrédients que l'on va doser pour une décoction, une crème, un baume... Parfois, il faut savoir rompre cet équilibre pour obtenir ce que l'on souhaite. On me l'a appris par une comparaison très simple : quand on escalade, des fois, pour attraper une prise trop haute, il faut qu'on relâche nos appuis, qu'on se propulse et qu'on attrapa la pierre avant que le déséquilibre ne nous happe. C'est pareil quand on Rêve, des fois...
Et puis surtout, être Rêveur, c'est sentir l'équilibre entre la vie et la mort. Parfois... Et bien, parfois, l'équilibre, dur à sentir, nous indique que c'est la mort qui doit prendre le pas sur la vie. C'est une notion très délicate à appréhender.

Enfin... Tout cela est difficile à expliquer, mais l'équilibre... Cela me parle autant vis-à-vis de ma formation que personnellement. L'harmonie, pour moi, est un concept plus flou, un concept que je saisi par instants... L'harmonie de ce moment, de nous deux, ou l'harmonie des fluides d'un corps qui pulsent à l'unisson, l'harmonie d'un Rêve qui se déroule sur une blessure... L'harmonie est très souvent présente, et notre art doit être harmonieux pour fonctionner bien. Si je dois utiliser ces deux termes... Je dirais que l'harmonie, je l'admire d'une manière passive, et l'équilibre, je cherche à le trouver constamment."


[secoue la tête]

"C'est une question difficile, Rilend ! Je crois que j'y méditerai ce soir ; c'est quelque chose qui mériterais que j'y réfléchisse plus posément, pour l'exprimer bien. Est-ce que je peux te retourner la question ?"
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Mar 01 Nov 2016, 22:01

Rilend attendait paisiblement la fin de la réflexion de Hièlstan, sirotant son thé et lorgnant les reflets moirés de l'eau. Quand le Rêveur reprit la parole, elle tourna la tête vers elle et l'écouta attentivement ; il semblait, sinon avoir réfléchi à la question, du moins la prendre très au sérieux et ses mots sonnaient juste.
Une ombre d'amusement passa sur le visage de Rilend, comme un fantôme, quand le jeune homme lui livra l'analogie avec l'escalade. Ses pensées dérivèrent une seconde jusqu'à sa longue et épuisante escalade du Rentaï, pierre après pierre, guidée par le Murmure et sa force pressante. Voilà une expérience qui soulignait parfaitement le concept d'harmonie, et qu'elle ne partagerait jamais avec quiconque mais devinait dans le regard de tous ceux qui l'avaient vécue.


Elle esquissa un sourire surpris, très discret, infime, quand il enchaîna sur l'Harmonie, mais ne détourna pas les yeux. Après tout, cet exemple qu'elle n'avait pas vu venir - à savoir le moment présent, eux deux sur les planches en bois flotté et les pieds au ras de l'eau - était juste aux yeux de la marchombre. C'était un moment de sérénité, de paix, de plaisir aussi et pour lequel chacun d'eux se sentait visiblement à sa place, là et nulle part ailleurs. C'était un bon exemple.


Hièlstan venait de rendre les armes, et lui retournait la question. Rilend, juste avant d'y réfléchir, lui en renvoya une nouvelle :

"Tu médites le soir ?"

Sans surprise. Juste une demande d'information.
Puis, elle laissa le silence se réinstaller entre eux et tourna légèrement la tête, le regard au loin, cherchant en haut à droite - à son habitude - de son champ de vision. Rilend était concentrée, attentive. L'Harmonie était une chose bien délicate à exprimer et dessiner, ce d'autant plus que se dévoilait le spectre des secrets de sa Guilde et de ce qu'elle pouvait, et ne pouvait pas, dire.

Elle finit par commencer d'une voix lente et pensive :

"C'est vrai, c'est difficile. Cette notion d'harmonie, pour moi, est avant tout une expérience, une sensation difficile à mettre en mots. C'est... - elle replia une jambe et la croisa sous l'autre, demeurée droite, soupira - ...tu as certainement déjà ressenti cette impression que chaque chose était à sa place, toi y compris ? C'est souvent quelque chose qu'on expérimente plutôt dans des moments de repos ou de contemplation, et s'y ajoute l'impression que le moindre mouvement, disons, briserait la magie.
Les Marchombres..."

Elle secoua la tête en souriant, semblant se moquer d'elle-même :

"Ah. Désolée, c'est un sujet difficile à mettre en mots sans le trahir.
Donc, l'Harmonie est, pour moi et pour ceux de ma guilde, un but en soi. C'est bien au-delà d'une simple sensation de sérénité ou de paix. Je pense qu'on pourrait décrire cela comme un niveau de conscience différent de celui qui est usuellement employé.
L'image la plus simple, je pense que c'est la suivante : un plongeon dans un lac. La plupart des débutants soulèveront une vague monstrueuse, des éclaboussures. Un bon nageur peut se montrer beaucoup plus discret, mais c'est toujours une effraction, les éclaboussures volent. Mais quelqu'un qui, au-delà de la simple technique, saurait...ressentir les choses plus profondément que cela, et notamment l'eau, serait capable de plonger de n'importe quelle hauteur sans même rider la surface. Sans que rien ne trouble l'eau. Parce que cette personne saurait, disons, s'accorder si bien avec l'élément qu'il devient possible d'utiliser son énergie, sa force, toute son essence comme les siennes propres."

Rire.

"Je sais que ça peut paraître très ésotérique ! Il y a des choses qu'il m'est difficile d'expliquer sans glisser sur des sujets, pas absolument secrets mais en tous cas, que nous conservons généralement pour nous.
Tu me parlais d'équilibre, tout à l'heure, en escalade. Les marchombres ne cherchent pas à demeurer en équilibre SUR la roche. Ni à être la roche. Mais quelque chose entre les deux, à l'écouter, la sentir, la comprendre si intimement que l'escalade devient le mouvement le plus naturel qui soit à ce moment précis, qu'il n'y a pas de déséquilibre, que cette notion même n'existe plus puisqu'on est exactement là où on doit être."

Ralentit, lève la tête, réfléchit et reprend.

"Pourquoi ?

Probablement pour l'un des points qui nous caractérise le plus, la liberté. Les marchombres ne recherchent pas le pouvoir, l'impunité, ni un quelconque accomplissement personnel, à vrai dire. Mais être capable de...se glisser comme une ombre dans n'importe quelle situation, de la traverser sans la moindre vague ou ridule, c'est être le plus libre des êtres."

Nouvelle pause.
Rilend se demandait jusqu'où elle pouvait aller dans ses explications ; elle croisa le regard de Hièlstan et décida de pousser encore un peu l'analyse.

"On réduit souvent les marchombres à cette notion, mais elle n'est qu'une conséquence, en réalité.

L'entraînement physique, très intense, auquel nous nous astreignons, nous aide en ce sens mais son but n'est pas la technique, le combat ou les qualités de nageur, de cavalier, de tireur...il s'agit là encore d'une façon d'apprendre à ressentir le monde qui nous entoure, aussi intimement que possible."

Une pause, encore. La dernière.
Rilend, qui regardait le Rêveur dans les yeux depuis le début, avait une intensité plus grande dans le regard tandis qu'elle achevait avec franchise et sans aucune gêne ou excuse dans la voix :

"Il n'y a pas de but au-delà de celui-ci. Je n'ai pas la prétention d'influer en particulier sur ce qui m'entoure, au contraire, ni de pouvoir agir comme bon me semble sans me soucier des conséquences. Il ne s'agit, ni de servir des objectifs personnels, ni d'aider autrui, il n'y a rien d'altruiste ni d'égoïste dans cette Voie. Ce n'est pas non plus un métier, bien que nous vendions souvent nos services. C'est juste...enfin, c'est plus une façon de vivre, et une évidence."

Rilend laissa le silence retomber quelques minutes, sans détourner le visage, détendue et paisible. La paix planait sur le lac et la terrasse, les bruits épars et les bougonnements de l'aubergiste. Ni le silence, ni les éclaboussures de l'eau venant rythmiquement frapper le ponton, ni le pied de la jeune femme qui battait négligemment l'air au ras de la surface, ne venaient troubler cette quiétude. L'énergie s'écoulait, librement, en toute fluidité.
Et le silence de la marchombre valait démonstration pour qui savait entendre.

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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Mer 02 Nov 2016, 21:26

"Tu médites le soir ?"

Il hocha la tête, toujours un léger sourire aux lèvres.

"Oui, souvent le soir mais pas nécessairement ; par contre, il faut vraiment un cas de force majeur pour que je passe une journée sans le faire."

Comme un incendie lors d'un voyage en caravane, ou une Syndrell méconnaissable au seuil de sa maison... Il se sentait serein, et la laissa réfléchir à a suite tranquillement. Cela lui faisait toujours un drôle d'effet de réfléchir à voix haute et de poser des mots sur des notions complexes à définir. Ca ressemblait un peu à sa méditation, mais pas tout-à-fait. Là, il partageait ses pensées.
Il l'observa réfléchir, les sourcils légèrement fléchis vers l'arrête du nez, une petite moue pensive sur les lèvres, une ombre de trait de réflexion sur le front...
Enfin, elle prit la parole. Alors, il l'écouta sans l'interrompre, comme elle avait fait avec lui. Parfois, elle regardait l'horizon, mais d'autres fois, c'était vers lui qu'elle tournait les yeux, et alors il lui adressait des sourires d'encouragement. Il hocha beaucoup la tête, parce qu'il était d'accord avec certains de ses propos, qu'il se retrouvait dans d'autres, ou tout simplement qu'il voulait lui faire comprendre qu'il la suivait.

Oui, il se reconnaissait quand elle disait qu'il était dur de mettre une sensation en mots.
Oui, il acquiesça quand elle évoqua cette sensation que chaque chose était à sa place ; et il acquiesça plus vivement encore quand elle parla de l'impression de fragilité de l'harmonie.
Il se pencha légèrement vers elle quand elle commença à parler des Marchombres, attentif jusqu'au bout des ongles.
Oui, il comprit bien l'image du plongeon dans le lac, mais il se dit qu'il l'aurait trouvée exagérée s'il n'avait pas vu les ébats aquatiques de Syndrell durant deux semaines. C'était donc ça, sa manière de se mouvoir dans l'eau si particulière.
Oh, il eut l'air un peu perplexe quand elle aborda le sujet de l'escalade, parce qu'il n'était pas sur de tout-à-fait comprendre ce qu'elle voulait dire. Sans doute une partie du sens de ses mots ne pouvait-elle être comprise qu'à force d'une expérience qu'il n'avait pas. Il accepta cela.
Il haussa un sourcil, légèrement, quand elle parla de libertée. C'était le mot qui avait semblé avoir convaincu Erhan de rejoindre les Marchombres.
Se doutait-elle qu'elle venait de lui en apprendre énormément sur ses congénères ?

Il savait que Syndrell avait appris à se battre et à nager auprès de la personne qu'elle appelait "son maître". Elle savait aussi monter à cheval, tirer, escalader, mais il ne savait pas vraiment si c'était des dispositions qu'elle avait développé seule ou lors de ce curieux apprentissage.
Il avait, en plus de cela, présumé que Syndrell était une Marchombre exceptionnellement doué.
Il ne s'était pas douté que chacun des membres de cette guilde était nageur, tireur, cavalier.

Il comprenait mieux, maintenant, ce qui rendait la façon de se mouvoir de ces gens si particulière. Même si jamais il ne mettrait le doigt sur leur aura singulière, il en avait appris beaucoup sur eux.

Il pencha la tête quand elle conclut sur la Voie des Marchombres ; c'était peut-être bien le plus intéressant de tout ce qu'elle venait de lui révéler.
Quand elle eut terminé, il laissa flotter un instant le silence. L'instant dura, et il promena son regard sur le lac ensoleillé. Il entendait les rumeurs de la rue qui s'éveillait, plus loin.
Il laissa le temps à toutes les informations de trouver leur place dans son esprit. Leur place provisoire ; un tel discours ne pourrait être correctement assimilé qu'après une séance de méditation. Il aurait de la matière, ce soir.
Le silence était beau, et il n'était pas gênant.


"Une façon de vivre, et une évidence... Ce sont des mots que je peux réutiliser tels quels pour parler de ma propre Voie, tu sais. Je pense que ce sont des mots que quiconque qui a trouvé son chemin pourrait utiliser."

Il laissa la réflexion flotter au gré des vaguelettes qui animaient le lac.

"Je suis touché que tu m'aies raconté tout cela. J'ai beaucoup appris. Je ne sais quasiment rien des Marchombres, et le peu que je sais... J'ai appris à ne pas en discuter."

Il se demanda comment elle réagirait s'il parlait de cette greffe mystérieuse. Il connaissait bien mieux Syndrell, et elle n'avait pas souhaité s'étendre sur le sujet. Mais Syndrell ne lui en avait pas tant révélé sur les Marchombres non plus...
Il secoua la tête.


"Merci. Je ne pensais pas en apprendre tant, en sortant me balader ce matin... Je respecte vos non-dits, et vos secrets. Ces choses qui ne sont pas vraiment secrètes mais qu'on ne dit pas non plus... Les Rêveurs en ont beaucoup. dérouler un Rêve sur quelqu'un... Amène à découvrir bien des choses. J'ai moi-même vu... Des phénomènes auxquels, enfant, je n'aurais pas osé croire."

Les lames.

"On apprend pas ces secrets : on les découvre. Si on y est jamais confronté, on ne nous le confie pas. Il vaut mieux : ce sont des choses qui peuvent nous valoir la mort si on en parle."

Quoi d'autre que la greffe Marchombre ? Depuis qu'il avait découverte cela, des années plus tôt, son champ des possibles s'en était trouvé propulsé à l'infini. Tout. S'il y avait ça, tout pouvait exister. Qui sait ; qu'un humain puisse se métamorphoser en animal l'aurait à peine étonné, désormais !
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Jeu 03 Nov 2016, 00:59

Hièlstan était très attentif, nota Rilend.
Le regard empreint d'une curiosité sincère, il suivait ses paroles comme s'il avait craint d'en laisser échapper une et de perdre le fil. Son intérêt n'avait rien de surprenant pour la marchombre, qui avait déjà eu l'occasion de constater les réactions de ses rencontres d'un jour, ses compagnons de voyage, face à l'aura qui entourait sa guilde. Les regards intéressés, les oeillades étonnées, les questions insidieusement glissées dans une conversation anodine étaient légion au début d'un voyage ou à la faveur d'un verre, dans un bar, avant qu'elle n'y mette le holà. 
Ca n'avait rien d'étonnant.
Ce n'était pas du tout pareil.
Jamais la jeune femme n'avait eu à parler de sa Voie à un non-initié. Instinctivement, sans que ce sujet ait été spécifiquement abordé avec ses maîtres, elle avait touché du doigt au cours de sa formation la nécessité de discrétion des marchombres et évité par la suite de s'étendre sur le sujet. Mais là, ce n'était pas pareil. Le Rêveur était un public idéal, attentif, concentré. Surtout, il faisait montre d'une curiosité peu commune, réussissant l'exploit de se comporter en passionné sans en devenir indiscret. Et puis, la matinée était belle, propice aux confidences et aux grandes réflexions, la rencontre, une bonne excuse pour la curiosité dévorante de l'un et de l'autre.

Il constituait un public idéal : sensible, intelligent et surtout, comprenant manifestement ce qu'elle voulait dire. Ses émotions et ses pensées se lisaient comme un livre ouvert, des hochements de tête plus ou moins enthousiastes aux légers froncements de sourcils dénotant les limites de la compréhension. L'inclinaison de son buste constituait un parfait indicateur de son intérêt. Et, indépendamment de la description pure et simple, Rilend fut heureuse de la réaction de Hièlstan à la fin de son discours. Ces quelques phrases, plus simples, étaient probablement à la fois les plus personnelles de sa tirade et les plus fragiles. A demi-mot, elle venait d'aborder ses motivations les plus profondes.

Il était étrange d'évoquer ainsi un choix qu'elle avait fait en un éclair il y avait quinze ans de cela, impulsivement. Poussée par le regard serein et encourageant d'une marchombre, elle avait eu la meilleure idée de toute son existence en tournant ses pas vers Al-Chen. Une décision si rapide, si importante et si intimement lié à son histoire et sa nature...

Elle en avait beaucoup dit. Elle ne se sentait pas gênée pour autant. 
Le silence, qui durait, ne la perturba pas non plus. Rilend sentait bien qu'elle avait donné beaucoup de grain à moudre au Rêveur, et détailla son expression tandis qu'il tournait les yeux vers le lac, manifestement perdu dans ses pensées. Probablement mettait-il ses paroles en balance avec ce qu'il savait déjà des marchombres - que savait-il ?

Ses réflexions à elle prirent un tout autre tour.
Jamais auparavant la jeune femme n'avait tenté de mettre en mots la Voie, de guider quiconque, ne serait-ce qu'un tout petit peu, vers cette compréhension de l'idéal et du monde marchombre. L'exercice s'était révélé ardu, délicat, un jeu de mots et de poids des mots, mais grisant.
Rilend marqua une pause et examina ce nouvel aspect.
Oui. Si elle était honnête avec elle-même, il lui fallait le reconnaître : elle appréciait d'avoir un public motivé et curieux. Elle aimait chercher le mot juste - et ne jamais le trouver - pour faire toucher du doigt à un interlocuteur novice toute l'immensité, l'intensité de son univers. Expliquer, démontrer, détailler, en un mot, guider. 
Pour la toute première fois, l'idée d'enseigner se faufila dans l'esprit de la jeune femme.
Elle aimait cela.
Elle rangea l'aventure dans un coin de son esprit, se promettant d'y revenir, et retourna à l'instant présent et à Hièlstan. Approuva en souriant, quand il lui fit remarquer que ses derniers mots étaient applicables à toutes les voies qui soient...bien sûr. Chaque vocation était l'évidence même, au point où Rilend se demandait comment s'y prenaient ceux qui ne l'avaient jamais rencontrée.
Sans doutes se pensaient-ils heureux de leur sort, errant à tâtons dans le noir jusqu'à ce qu'une révélation sur leurs aspirations les plus profondes change toute la vision qu'ils avaient de leur existence.

Elle hocha la tête quand Hièlstan la remercia. Et ce fut son tour de se pencher légèrement en avant quand il évoqua le Rêve, phénomène mystérieux s'il en était, et ce qu'il pouvait être amené à y découvrir, une pointe de curiosité intense dans les prunelles.
Un brin d'amusement dans les pensées, aussi. Ils étaient comme deux gosses à qui on raconte une histoire inédite, à saisir avidement chaque prémisse d'explication. 

Bien sûr. Elle n'y avait jamais songé, mais les Rêveurs intervenaient sur le corps de leurs patients, dans son ensemble, et il était probable que la vision globale à laquelle ils accédaient les amenait à en découvrir parfois plus que nécessaire. 
Si Hièlstan déroulait un rêve sur un marchombre, pourrait-il découvrir la Greffe ? Le contraire paraissait étonnant à Rilend. Les deux greffes qu'elle connaissait - la sienne exceptée, plus discrète - constituaient en de réelles modifications physiques.

Saurait-il découvrir la Panthère ? Quel homme pouvait imaginer chose aussi incroyable qu'un animal et un humain dans le même corps ? Les lèvres de la jeune femme s'étirèrent en un sourire légèrement félin. Grondement du fauve dans sa poitrine. A peine deviné dans l'éclat de ses yeux.
Cela faisait quelques jours qu'elle n'avait pas chassé. L'envie d'action de la Panthère lui monta doucement à la gorge, mais elle l'apaisa. Patience. Sous la lune, il serait temps de laisser libre cours aux pattes de velours et aux griffes d'acier.
Chasseresse autant que marchombre.

La suite du discours du Rêveur convainquit Rilend qu'il en savait plus qu'il ne le disait sur les "secrets" des marchombres. Le jeune homme semblait avoir une idée derrière la tête, sans que la marchombre ne sache précisément la définir. C'était un tout, une étincelle dans le regard, une attitude un peu plus tendue, l'intonation des mots...
Il ne serait guère surprenant, pour peu qu'il ait déjà soigné un marchombre accompli - et greffé - que Hièlstan ait déjà été témoin du phénomène le plus secret, le mieux protégé de la Guilde.
Rilend craignit qu'il ne glisse sur ce sujet.
Elle n'avait pas envie de devoir lui opposer une fin de non-recevoir. Non pas qu'elle redoutât sa réaction ! Le jeune homme avait prouvé qu'il était capable d'accepter la discrétion nécessaire des siens...

Aux derniers mots de Hièlstan, Rilend ne conserva guère de doutes sur les interrogations sous-jacentes de ses paroles. Hochant la tête avec une certaine bienveillance, elle approuva franchement et confirma ses mots :

"Chaque Guilde a quelques secrets qui doivent impérativement demeurer méconnus. Autant que possible. Et certains sont protégés plus farouchement que d'autres.

Enfin
, - sourire incitateur - je suis prête à parier que c'est la même chose pour ta Guilde aussi."

Elle ne souhaitait pas se montrer sèche, ni trop méfiante. Elle ne désirait pas laisser l'impression qu'elle se refermait comme une huîtrer. Elle espérait y être parvenue !
Elle ne s'en excuserait pas non plus - elle doutait d'en avoir besoin, il était a priori capable de comprendre sa position. Ces secrets se devaient d'être conservés.


La Greffe, mais aussi le Rentaï et son Murmure, le chant marchombre, la poésie à laquelle Rilend avait commencé depuis peu et à de rares occasions à s'essayer...
Il valait mieux ne pas chercher à percer tous les secrets des ombres.

Elle lui faisait confiance pour se montrer sage.


[hahaha, si il savait pour la Panthère...tu parles que ça l'étonnerait à peine. Je suis sûr qu'il en resterait sur le c...séant. Le pauvre, les marchombres sont en train de lui foutre en l'air toutes ses connaissances en biologie de base ^^]

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Ven 04 Nov 2016, 21:11

[hoche la tête]

"Je comprends, et je suis d'accord avec cela. Et tu pourrais effectivement parier là-dessus ; je pense que c'est le cas pour ma guilde. Je ne peux que le penser ; je ne suis qu'initié du troisième cercle, je crois qu'il y a bien des choses que les maîtres ne m'ont pas encore révélées..."


[silence]

"Je pense bientôt passer le quatrième cercle. Ce sont de telles conversations qui m'en rapprochent. Ma vie ici a été tellement riche... Enfin, pour cela, il faudrait déjà que je voyage à nouveau dans le Sud, et bien que ma région natale me manque... Je ne suis pas sur d'avoir envie de refaire le voyage maintenant. Et toi, tu sais déjà quelle sera ta prochaine destination ?"
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Ven 04 Nov 2016, 23:06

[regard curieux]

"Combien y a-t-il de cercles ?"

[coup d'oeil amusé, sourire complice et taquin]

"Tu parles de ta vie ici au passé, comme si elle était finie..."

[long silence pensif]

"Je pense retourner à Al-Far, à un moment ou un autre. Pas longtemps ! Mais...j'ai un saut à y faire, depuis un moment déjà.

Je n'y ai été qu'à de rares reprises ces quinze dernières années, et toujours brièvement.
Ce n'est pas si loin, quelques jours à cheval, à peine plus en accompagnant une caravane, et ces convois-là sont souvent ravis d'engager quelqu'un pour assurer leur protection.

Il y a quelques années, avant de finir mon apprentissage, j'avais voulu m'y rendre. Mais, suite à un accident, ça ne s'était pas fait. Je..."

[petite pause et hésitation. Une vieille culpabilité]

"...quand je suis partie, j'ai laissé là-bas les personnes qui étaient ce que j'avais de plus proche d'une famille. Des gens sans qui je n'aurais pas survécu à la mort de ma mère. Pour au moins l'un d'entre eux, je l'ai même probablement laissé dans l'incompréhension la plus totale.
J'aimerais essayer de les retrouver. Je ne sais même pas si ils vivent encore là-bas, ni même si ils sont encore en vie. Mais, à moins que la ville n'ait beaucoup changé - et je n'ai pas eu cette impression ! - je sais où me renseigner et auprès de qui."


[soupir léger.]

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Sam 05 Nov 2016, 22:04

"Il n'y a pas vraiment un nombre défini de cercles... Mais jamais personne n'est allé au delà du neuvième. Si un jour un Rêveur avait une vie très, très longue, alors peut-être... Mais le neuvième cercle, c'est déjà quelque chose d'assez rare. Généralement un Rêveur décède au sixième ou septième cercle..."

Il haussa les épaules.

"Je n'ai aucune idée de jusqu'où j'arriverai. Parfois, on ne dépasse pas le quatrième cercle, voire moins... Mais ça n'a guère d'importance, si on est au clair avec soi-même."

Lui-même, songea-t-il, n'était pas en très bonne voie pour atteindre le neuvième cercle. Il était déjà plutôt vieux pour passer le quatrième, et se débattait avec trop de doutes et de désirs contradictoires pour évoluer sereinement et rapidement. Mais ce n'était pas grave : l'essentiel était qu'il en soit conscient.
Etre Rêveur, ce n'était pas la course aux cercles. Deuxième, cinquième ou neuvième cercle, peut lui importait pourvu qu'il soit en paix.

Elle semblait absorbée dans son silence ; il l'y laissa. Il ne comprenait que trop bien les pauses qui ponctuaient leurs discussions. Comme il aurait aimé, enfant ou adolescent, avoir une telle camarade ! Même Téa avait mis des années avant de comprendre qu'elle n'avait pas nécessairement besoin de trouver quelque chose à dire au moindre silence dans leurs échanges.
Il fallait dire que Téa était d'un naturel bavard ; cela ne semblait pas être le cas de Rilend, et pourtant, depuis qu'ils s'étaient rencontrés...

Il l'écouta attentivement lui parler de ses projets, d'Al-Far. Il retint une exclamation quand elle exprimace que représentait "quelques jours de cheval" : pour elle, ce n'était "pas si loin". Pour lui, c'était l'aventure !

Il nota qu'elle avait fini son apprentissage quelques années plus tôt. Encore une information qu'il ignorait : l'apprentissage Marchombres avait-il une sorte de fin délimitée, ou était-il beaucoup plus flou, comme celui des Rêveurs ? Il semblait, d'après ses mots, que la première option convienne mieux. Ainsi, elle devait être confirmée, comme Syndrell qui semblait parler de son maître et de son apprentissage au passé. Peut-être même plus que Syndrell, car elle avait commencé jeune aussi, et elle devait avoir plutôt l'âge du Rêveur que celui de la jeune femme aux cheveux bleus.

Il mit ses réflexions de côté pour se concentrer sur la suite. Elle racontait des choses dures. Elle avait perdu sa mère, subit un accident, et en plus de ça elle se sentait coupable. C'était terrible ce que la vie pouvait asséner, comme coups.
A son tour, il posa une main légère sur son bras.


"Je suis sur qu'ils ne t'en voudront pas."

Il pencha la tête de côté, avec un sourire rassurant sur le visage.

"Regarde-toi. Tu es en pleine forme, tu es resplendissante. Tu respires... Tu respires la sérénité. Je ne pense pas que quiconque puisse t'en vouloir en te voyant."

Il eut envie de passer sa main dans ses cheveux, mais ne le fit pas.

"Ils te connaissent, et t'ont connu avant que tu ne trouves ta Voie. Ils t'ont peut-être même connue alors que tu en étais à la période la plus noire de ta vie. Quand ils vont te voir telle que tu es aujourd'hui..."

Il retira sa main, mais doucement. Presque à regret.

"Ils comprendront."

Il joignit ses deux mains sur ses genoux, et baissa les yeux. Oui, il était persuadé de ce qu'il venait de dire ; mais peut-être Rilend le savait-elle aussi, peut-être que sa préoccupation n'était pas là. Il n'avait pas envie de passer encore pour un idiot.

"Ce doit être beaucoup de souvenirs intenses, de retourner là-bas... Enfin, je suppose, je ne peux qu'imaginer, à vrai dire..."
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 01:20

Elle hocha la tête.
Bien sûr, il était logique que l'apprentissage des Rêveurs ne soit jamais fini. A vrai dire, c'était même ce qui l'avait faite tiquer sur le nombre de cercles, car, même en admettant qu'on ne cesse jamais de progresser et qu'on en soit conscient, multiplier les "niveaux" semblait sous-entendre un apprentissage gradué. Et qui dit gradué, dit fini...mais la réponse de Hièlstan rassura Rilend sur ce point.
Rassura...elle ne s'en était pas réellement inquiétée, naturellement. Cela avait simplement été une pointe de surprise glissée dans la conversation. Se demander des précisions, n'était-ce pas ce que les gens faisaient tous les jours ? 

La marchombre songea néanmoins qu'il était assez étonnant de disséquer ainsi l'enseignement et la voie des Rêveurs en différents cercles - qu'elle imaginait concentriques, probablement à raison. Le sous-entendu hiérarchique la perturbait un petit peu, quoiqu'il s'agît certainement là de sagesse et non de réelle question d'autorité.
Et après tout, n'avaient-ils pas eux-mêmes leurs "cercles", avec les apprentis, la Guilde ? 

Rilend sourit à Hièlstan. Elle ne doutait pas qu'il soit au clair avec lui ou en tous cas avec cette histoire de cercles, au vu du détachement avec lequel il en parlait. Il avait l'air du genre à se montrer honnête avec lui-même, se dit-elle en l'observant à la dérobée.

Elle apprécia le silence qui ponctuait leur conversation ; elle en avait besoin pour ordonner ses pensées et ses mots. D'un naturel peu bavard, la jeune femme, qui avait progressé depuis l'adolescente sauvage qu'elle avait été, éprouvait toujours cette nécessité de réfléchir. Parler de soi-même, qu'ils s'agisse de choses aussi anodines que des projets, ou plus intenses, comme des émotions, des craintes exprimées à demi-mot ou des sentiments, est un acte difficile. Cela s'apprend, et Rilend, solitaire et discrète, n'apprenait pas bien vite.
Certains interlocuteurs ne pouvaient s'empêcher de meubler le silence. Elle ne connaissait rien de plus agaçant, particulièrement quand l'autre lui avait posé une question personnelle à laquelle elle tentait de répondre sincèrement. C'était généralement un excellent moyen pour que la marchombre se referme et se réfugie derrière un voile de sécheresse ou d'ironie, voire esquive la question.
La seule personne à avoir su percer ses silences sans les brusquer était Libertée.

En entamant son discours, elle regretta brièvement les mots qu'elle allait prononcer ; elle craignait de choquer à nouveau le Rêveur, qui s'était montré très sensible à son passé d'enfant des rues. Mais, le temps de rattraper les coupables, ils étaient déjà loin et gambadaient sur le lac.

Il y avait une main sur son bras.
La Panthère le sentit avant elle, avant que la chaleur de la main du Rêveur traverse sa peau et atteigne sa conscience. Le fauve dans sa poitrine gronda, montra les crocs et se hérissa, nerveux mais pas agressif. Réaction instinctive et animale, pure, qui ne se traduisit que par un infime frémissement que même les doigts les plus entraînés au monde n'auraient su percevoir ; seule la marchombre s'en avertit. La Panthère s'apaisa finalement mais demeura tapie et vigilante, sans méfiance, d'une façon qui étonna la jeune femme.
Quant à elle, elle n'éprouvait pas l'envie de montrer les crocs ou de se hérisser. Ses yeux gris, qui avaient scruté l'horizon comme pour y apercevoir son compagnon d'enfance Skif et sa mère, Cara, revinrent sur Hièlstan. Ils étaient moins sereins, troublés, légèrement assombris vers l'anthracite et le bleu de parme par des regrets qu'elle n'osait vraiment s'avouer.

Il était plus facile de penser qu'elle craignait que ses proches soient morts, plutôt que de reconnaître qu'elle redoutait leur rejet. Elle avait fui, éperdument, gamine de seize ans hantée par les crocs, les mâchoires d'acier, les corps déchiquetés avec une violence inouïe et inhumaine. Elle avait fui sans un mot, sans un geste ni une lettre, le sang et la mort dans son sillage.
Ils avaient toutes les raisons de ne pas vouloir d'elle.

Elle tourna ces yeux empreints de discrets doutes vers Hièlstan et l'écouta parler. Se fit la remarque, in petto, que ce Rêveur était décidément diablement perspicace et perceptif - ou elle, très transparente. Trop ? 
En tous cas il touchait juste. Il touchait juste avec son geste rassurant, pas trop invasif - elle n'aurait pas apprécié une accolade, trop restrictive - et délicat. Il touchait juste avec son sourire chaleureux qui la convainquit de sa sincérité. Il touchait juste avec ses mots.

Oh, pas exactement, bien sûr. Le sujet était dense et complexe et constituait l'un des derniers écueils réellement tranchants du passé de Rilend, l'un des rares auxquels elle eût encore pu se blesser. Regrets et certitude s'y croisaient, s'entremêlaient avec la joie inouïe d'avoir trouvé sa Voie, celle qu'elle n'aurait peut-être pas trouvé à Al-Far, avec le souvenir de sa famille de sang et de leur destin funeste et bien d'autres encore. La marchombre elle-même n'aurait su débrouiller cet imbroglio, la Panthère pas davantage ! 

Pour une créature étrangère à son esprit, le Rêveur avait étonnamment bien choisi ses mots et en écho à son sourire, l'expression de la jeune femme s'éclaira un peu. Les nuages dans ses yeux assombris ne s'estompèrent pas pour autant. Ses doutes, eux, le firent.
Non pas les doutes qu'elle entretenait sur ces retrouvailles. Ceux-là étaient profonds et trop bien ancrés, tout au plus l'initiative de Hièlstan les avait-elle repoussés pour un temps. Il s'agissait de questions plus immédiates, et notamment celle qui la taraudait dès lors que la jeune femme prenait le risque de lever légèrement le voile sur ses opinions ou état d'esprit : avait-elle eu raison ?
Dans le cas présent, il semblait que oui. 

"Tu crois ?"

Même les prédateurs les plus farouches montrent parfois une once de vulnérabilité. Comme pour se rassurer.
Ils se reprennent généralement bien vite.
Rilend baissa les yeux sur les mains du Rêveur, qui se trouvaient dans son champ de vision puisqu'elle ne s'était pas entièrement retournée vers le lac. Laissa couler les mots et remonter ses yeux jusqu'au visage baissé du jeune homme. Laissa son ton retrouver toute sa stabilité - sans en devenir léger pour autant.

"Parfois, oui...cela dépend des circonstances, à vrai dire."

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 11:39

"Je le sais. Vas-y telle que tu es, ouvre-leur ton coeur. Il comprendront. Fais-leur confiance pour ça. Cette fois, la cité pourrait bien te laisser de nouveaux souvenirs intenses à ramener... Des souvenirs heureux, cette fois. Et même s'ils n'effacent pas les anciens... Le voyage en vaut le coup, non ?"

[regard pensif]

"En fin de compte, c'est quand je discute avec des personnes qui ont eu un passé difficile que je me rends compte d'à quel point ma vie a été simple. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs malheureux... Pas d'endroits où il me soit compliqué de remettre les pieds... Pas vraiment de regrets, je crois. Oh, j'ai eu des moments durs, j'ai souffert parfois, mais par rapport à ce que tu as du vivre..."

[soupir]

"J'ai l'impression de n'avoir pas le droit de considérer mes propres difficultés comme des épreuves complexes à surmonter. Je sais que c'est faux, en un sens, car ce n'est pas parce que la souffrance est plus grande ailleurs que l'on doit dénigrer la notre... Mais ça place les choses en perspective. Maintenant que je suis parti, je me rends compte d'à quel point mon monde était petit... Petit, tranquille et heureux. Finalement, on a beau le savoir, il n'y a qu'en le voyant qu'on réalise à quel point le monde est vaste."

[silence]

"Et encore, je ne parle que de Gwendalavir... Qui sait ce qui se trouve au delà de nos frontière, au delà de nos océans ?"
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 15:52

Elle était tentée de l'écouter et de le croire.
Vraiment.
Mais, bien sûr, les choses n'étaient jamais si simples et même les plus perspicaces des Rêveurs ne pouvaient en rien prévoir comment elles allaient tourner...il n'empêchait que Rilend aurait volontiers cru Hièlstan. Si elle n'avait pas perçu chez lui davantage la volonté sincère de la rassurer qu'une absolue croyance en ses propres mots, peut-être aurait-elle même accepté de le croire, le temps du voyage en tous cas. Peut-être qu'elle aurait bien voulu faire taire sa réserve habituelle.
Si le sujet n'était pas si complexe.


De là à dire que l'intervention du Rêveur était inutile, il y avait un monde, car elle avait rasséréné Rilend à défaut de mieux. La jeune femme se sentait plus sûre de cette décision qui lui tournait en tête depuis un moment.
Elle se trouvait aussi stupide pour son moment de faiblesse. Un peu. Le jeune homme l'avait littéralement prise au dépourvu, ce qui n'arrivait pas si souvent que cela, et la surprise avait pulvérisé pour une seconde tous les boucliers de la marchombre, y compris ceux qu'elle n'abaissait pour ainsi dire jamais. Bien sûr, Rilend avait vite repris ses esprits et ses appuis. Elle ne mettait jamais bien longtemps avant de retomber sur ses pattes.

Et puis, il disait des choses justes...la jeune femme sourit à ce gentil brun, toute tristesse envolée de ses yeux redevenus clairs. 

"Bien sûr ! Tous les voyages valent la peine d'être faits..."

Comme il enchaîna sur ses propres doutes, elle l'écouta comme lui l'avait écoutée, le regardant toujours du coin de l'oeil et étudiant son expression pensive autant que ses mots. 
Hièlstan semblait presque regretter que sa vie soit si simple, ou plutôt, que d'autres aient eu une vie si délicate comparée à la sienne. Rilend le laissa parler sans intervenir, mais ne put s'empêcher de hocher silencieusement la tête quand il se reprit. Oui. Oui, il était faux de considérer que sa souffrance, ou ses difficultés n'étaient pas valables, du fait qu'il existait pire ailleurs. Oui, le monde était vaste et regorgeait de mille bonheurs et mille difficultés pour chacun...mais comment aurait-il été possible de les classer ? Rilend ne se serait même pas permis de préjuger de la souffrance des enfants d'Al-Far dont elle avait pourtant vécu la vie.
Alors, comme elle sentait un fond de légère culpabilité dans les mots du jeune homme, elle lui sourit :

"On trouve toujours pire ailleurs. Et mieux, aussi...c'est peut-être la raison pour laquelle j'aime tant voyager. Il est si facile d'apprendre en chemin, et chaque rencontre est une leçon d'humilité en soi. Ou une nouvelle manière de relativiser les choses.
Je crois bien que le monde sera toujours plus vaste que tout ce qu'on pourrait imaginer."

Regard brillant.
Elle aurait bien voulu lui dire de ne pas s'inquiéter, que son expérience du monde n'était pas moins valable que la sienne, ni que celle de bien d'autres. Mais Rilend craignait de mettre les pieds dans le plat et de tomber très loin des réelles préoccupations du Rêveur, et sentait également que ce qu'il exprimait était bien plus profond que cela.
Oui, la vie était une leçon d'humilité en soi, de la plus petite enfance, insouciante et heureuse, au dernier souffle...

La marchombre suivit le regard du jeune homme, au loin.


"Il y a déjà tellement de choses à découvrir en Gwendalavir, que pourtant nous parcourons depuis toujours...qu'est ce que cela doit être, au-delà des frontières connues."

Sa voix était rêveuse, presque gourmande.
Elle avait toujours été de ceux qui se levaient sur la pointe des pieds pour regarder par-dessus les murs. Depuis sa prime enfance, l'horizon immuable de l'océan du Sud, jusqu'aux ailleurs mystérieux des collines du haut des toits d'Al-Far, elle était de ceux qui grimpaient et trouvaient le point de vue le plus élevé pour y rêver d'exploration tout à leur aise. De ceux qui levaient le nez, pour voir au-delà de l'au-delà habituel, et allaient toujours un pas plus loin que la frontière communément admise. De ceux qui voulaient toujours aller un pas plus avant, en apprendre un peu plus.
Elle avait toujours désiré des ailes.

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 16:19

"Tu as déjà voyagé hors des frontières naturelles de Gwendalavir ? Le pays Faël, le désert des Murmures, la forêt-maison des petits, le... Le royaume des Raïs, tout ça ?"
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 16:30

"Dans le Désert des Murmures, oui, à une occasion...je n'avais jamais parcouru un désert auparavant, c'est une expérience...très différente du reste. Ne serait-ce que de parcourir une terre où personne ne vit. Les lieux ont une intensité singulière là-bas."


[petit rire]

"La Forêt-maison, ce serait une bonne idée !"

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 16:46

"Oh ! Oui j'imagine ! Déjà les landes du Sud... Il y a des péninsules inhabitées et quand on y va seul... Avec la mer, les mouettes... Mais il doit falloir une sacrée organisation pour aller dans le Désert des Murmures. Certains Rêveurs y ont été, par le passé. Pas par plaisir, je pense, mais surement pour essayer de comprendre des mystères et légendes qui y planent.. On a même un vieux témoignage d'un des notres qui aurait perçu les fameux murmures... Et la forêt maison c'est intriguant, c'est sur ! On ne connaît pas grand chose des Petits. Je suis sur qu'ils sont très sympas. Mais surement coriaces, pour se défendre des Raïs... Je n'en ai lu qu'un seul récit, très ancien. Passer la frontière des Raïs, c'est trop dangereux pour les Rêveurs, et ils se refusent à amener une escorte armée dans la Forêt Maison. Sur les Faëls, nous en savons un peu plus... Assez pour savoir que nous ne sommes pas les bienvenus chez eux, en fait. Et la mer, tu n'as jamais voyagé en mer ? Je m'intéresse aux Archipels Alines, depuis quelque temps ; mais c'est dur de trouver des écrits sérieux là-dessus."
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 17:01

[sourire]

"Il est certain que cela demande un peu d'endurance, et quelques notions de matière de gestion des provisions ! Après, je n'y ai pas passé un très long moment non plus...mais pour y aller, j'ai traversé une petite partie des Landes du Sud et effectivement, il est impressionnant de noter à quel point la population se raréfie vite et change aussi de mentalité, selon la région...
Des murmures ? Comment ça, qu'est ce qu'il a décrit ?"


[curiosité franche]

"Je ne sais pas grand-chose des Raïs et le peu que j'en ai entendu dire, c'est un frontalier avec qui j'avais voyagé qui me l'a appris. Il avait beau être assez jeune, il avait participé à de nombreuses campagnes dans le Nord.
Quant aux Faëls, je n'en ai même jamais rencontré bien que j'aie lu deux ou trois choses à leur sujet. C'est un peuple discret, à ce que l'on raconte, et tous ceux qui les ont rencontrés s'accordent également sur leur habileté à l'arc et en escalade. Je comprends qu'ils tiennent à leur tranquilité, quelque part..."

[petite pause et ton très légèrement moins enjoué]

"J'ai déjà voyagé en mer, oui...mais je n'ai jamais mis le pied sur les Archipels Alines."

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 17:24

"Et bien, il parle littéralement d'un murmure dont il ignorait la provenance qui s'amplifiait au fur-et-à-mesure qu'il avançait dans le désert. Il écrit que c'est comme si le désert lui-même murmurait. Le plus perturbant, c'était que bien qu'il ne puisse pas distinguer les propos du murmure, il semblait le comprendre. C'était à certains moment un chant, puis des avertissements... Au final, ce Rêveur a vu une pierre, ou peut-être un agglomérat de roche énorme dans le désert. Persuadé qu'il y avait là quelque chose à comprendre, il s'en est approché ; alors, il dit que le murmure s'est fait plus présent, et beaucoup plus menaçant. Il a commencé à se sentir mal et a préféré rebrousser chemin plutôt que d'aller contre la volonté de ce murmure d'origine inconnue. Je pense qu'il a bien fait, parce qu'un Rêveur d'une confrérie plus proche du désert nous a un jour confié qu'ils avaient plus de récits de voyages dans le désert que nous, et que certains témoignent du même murmure, mais aussi d'une perte de connaissance totale quand ils ont tenté de s'approcher du rocher.
Je ne sais pas si nos maîtres en savent plus ; si c'est le cas, ils ne nous le disent pas. On n'a même pas les moyens de vérifier l'authenticité des récits, à vrai dire... Mais ils se ressemblent beaucoup. Après, l'imagination et l'attente de quelque chose peuvent jouer des tours... Il fait chaud là-bas, suffisamment chaud pour que des hommes aient des hallucinations, et entendre des murmures est une hallucination fréquente. Il n'empêche que je ne crois pas tout-à-fait à la théorie des hallucinations. Si secret il y a, il est en sécurité ; il y a eu peu de Rêveurs qui ont tenté d'aller percer de Rêveur, et encore moins qui en sont revenus pour le raconter...
Quand à tous les autres Alaviriens, je n'ai jamais entendu beaucoup d'histoires sur ce désert non plus.
Toi tu n'as... Rien entendu, là-bas ?"
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 17:44

[cache une lueur amusée en détournant le regard, puis regarde à nouveau vers Hièlstan]

"Il est vrai qu'on a beaucoup écrit sur les Raïs, la Forêt Maison, les Faëls - du vrai et du faux - mais étrangement peu sur le Désert des Murmures...même dans les légendes populaires, il y en a très peu sur le désert.
En même temps, ça tient peut-être aussi au fait que, de par sa position et son dépeuplement - dans l'état actuel de nos connaissances - il est très peu parcouru."


[hoche la tête en souriant. Ment avec assurance et franchise]

"C'est vrai qu'il fait chaud là-bas, le jour en tous cas, car les nuits sont absolument glaciales. On passe du Grand Sud à une température digne de la Citadelle en quelques minutes !
En tous cas, je ne me souviens de rien de tel. Mais tu sais, comme je le disais, ça a été une expérience assez brève."


[sourire]

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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 18:12

"Ah oui ! Et puis peut-être n'étais-tu pas au bon endroit du désert aussi, je ne sais pas. Brr, le froid du Nord... Je ne suis jamais monté plus au Nord qu'Al-Chen, et déjà je trouve que les nuits sont fraîches alors que l'été n'est même pas terminé... Alors là-haut, je n'imagine même pas !"

[rire]

"Je pense que j'irais un jour, pour voir. Il y a encore un an, je n'imaginais pas quitter ma confrérie, et voilà que je suis à rêver d'aller voir plus loin encore..."

[secoue la tête]

"C'est comme si des fois, il y avait un destin qui nous donnait des coups de pouce. Celui-là qui m'a donné l'opportunité de venir vivre ici, celui qui a mis cette personne Marchombre sur ton chemin... Je ne sais pas si je crois vraiment à un destin, mais il faut reconnaître que certains évènements tombent à pic."

[silence pensif]

"Et tu me dis que tu as navigué, mais où ? C'était sur quelle mer ?"
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 18:32

Sourire félin.

"C'est bien possible. Qui sait ?"

Puis Hièlstan aborda des questions plus triviales.
La marchombre tenta de se remémorer la dernière fois qu'elle avait vraiment et profondément ressenti le froid. Tout d'abord, ne lui vinrent que des souvenirs d'Al-Far, de journées de vol et de mendicité avec des chaussures à peine décentes et des haillons, ou de nuits passées pelotonnées contre une cheminée qui l'isolait du vent glacé et lui procurait un peu de chaleur. Se doutaient-ils, les braves gens autour de leur foyer, que sur leur toit somnolait une petite orpheline que le froid réveillait à intervalles réguliers ? Elle en avait passé des nuits ainsi, à aller de cheminée en cheminée pour trouver un peu de chaleur...la pire heure étant celle du petit matin, quand tous dormaient et que tous les feux étaient éteints.
Le froid, la fièvre et la solitude...
Remonta ensuite dans son esprit un autre souvenir. Un maître marchombre, une corde et un torrent qui l'avait laissée frigorifiée. Elle aurait également été terrifiée si elle n'avait pas eu autant confiance en Erwan, quand il lui avait demandé de s'avancer, encore et encore, dans les flots glacés et furieux qui la happaient comme des crocs de givre...
Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas retenté l'exercice. C'était une idée sur sa route vers Al-Far...

Mais en voyage ? Elle avait souvent frissonné par une froide nuitée, mais le vrai froid, expérimenté dans ses jeunes années, demeurait pour l'heure un vrai souvenir. Même dans le désert, puisqu'elle avait passé une grande partie de ses nuits avec crocs et fourrure...
Rilend riait :

"Je ne dis pas que je n'ai jamais eu froid, mais un feu et une bonne couverture viennent à bout de bien des inconvénients de ce style ! Même si rien, en voyage, ne peut être aussi confortable que quatre murs et un lit...
J'ai voyagé sur l'Océan du Sud...c'est une longue histoire."


Elle secoua la tête avec un geste d'excuse et le plus gracieux sourire qu'elle était capable d'esquisser :

"Je n'ai pas très envie de l'aborder pour cette fois."

Elle laissa le silence retomber tandis que le Rêveur secouait la tête et enchaînait sur un sujet épineux, un de ceux qui donnaient régulièrement du fil à retordre à Rilend. Le destin, le hasard...vaste débat pour les philosophes, cette question était de celles qu'on se posait parfois de façon tout à fait incongrue, tout seul en voyage, avec pour seule oreille sa monture.
Et jamais Rilend n'était parvenue deux fois à la même réponse.

"Le destin...ou le hasard, ou peut-être un peu des deux ? C'est un vaste débat ! Parfois aussi, certains évènements qui paraissaient anodins semblent, avec le recul, tomber à pic, comme tu dis...alors je me demande quelle est la part d'interprétation là-dedans. Les humains aiment bien donner du sens à tout ce qui leur arrive, je trouve..."

"Ces messieurs dames qui occupent ma terrasse veulent aut'chose ?"

Rilend tourna la tête avec grâce au retour de l'aubergiste bougon.
Prise par son discours, elle n'avait perçu son arrivée maugréante que tardivement, quand l'homme avait passé la porte de son auberge pour pénétrer à pas traînants sur la terrasse. L'endroit était toujours aussi paisible, presque aussi vide à l'exception d'un autre flâneur, un peu plus loin, attablé devant un copieux en-cas.
Le soleil, pas très haut, informa la jeune femme qu'une bonne moitié de la matinée était écoulée. Par la Dame ! Si longtemps déjà ?
Rilend sourit sans se formaliser du ton rude de l'homme :

"Pas vraiment, pour ma part.
- se tournant vers Hièlstan - Et toi ?"

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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 21:54

"Ces messieurs dames qui occupent ma terrasse veulent aut'chose ?"

Hièlstan sursauta ; absorbé dans sa conversation avec Rilend, il ne l'avait pas entendu s'approcher d'eux par derrière. Il lui jeta un regard en biais ; elle ne semblait pas si prise au dépourvu que lui. Il nota que l'air un peu penaud et contrarié qu'il avait relevé sur son visage quelques minutes auparavant semblait s'être estompé au gré de la conversation.
Il avait eu le coeur serré ; il aurait aimé pouvoir faire plus pour elle que ces quelques paroles. Ce n'était pas possible, évidemment ; cependant, il ne lui avait pas menti. Il était persuadé que ces gens ne lui en voudraient pas, et lui pardonneraient, si ce n'était pas déjà fait.


"Pas vraiment, pour ma part. Et toi ?"

Il resta muet un instant ; il n'y avait pas du tout réfléchi. Cela faisait un bon moment qu'il avait terminé sa deuxième tasse et léché les miettes de son assiette de macarons -vraiment délicieux- et il n'avait plus faim ni soif. En plus de ça, il savait que sa bourse était bien légère ; il n'avait pas prévu ces dépenses là, en partant ce matin, et il ne pouvait guère se les permettre.
Si Rilend avait dit oui à l'aubergiste, il aurait dit oui sans hésiter, quitte à s'abstenir du moindre écart financier pour les prochains jours ! Il trouva cette pensée un peu troublante, mais le tapotement du pied impatient de l'aubergiste lui rappela qu'il n'était pas temps d'y penser.


"Et bien, euh... Non, moi non plus. Ca va aller.
- Très bien, le rêglement, c'est au comptoir."

Le bonhomme s'en retourna aussi sec pour accueillir une cliente qui venait d'entrer. Hièlstan adressa une grimace complice à Rilend.

"Eh bien, je crois que le message est on-ne-peut plus clair..."

De toute façon, la matinée était bien avancée ; le temps avait passé vite ! Il se leva moins lestement que ce qu'il ne s'était assis. Ses jambes étaient engourdies, ses genoux craquèrent et il eut très envie de se frotter le postérieur pour le réchauffer, mais dans un soucis d'élégance, il se retint. Quand côte-à-côte ils s'en retournèrent vers l'intérieur de l'établissement, il put admirer sa démarche souple et féline. Il n'en avait eut qu'un aperçu, ce soir de la fête de l'été à la Feuille de Chen, et cet aperçu n'avait pas été faussé. Il remarqua également qu'elle était assez grande, pour une femme ; le sommet de sa tête lui arrivait à peu près au menton. C'était étrange de la considérer de ce nouveau point de vue, après avoir tant parlé !
Il arrivèrent trop vite au comptoir à son goût. Tout naturellement, il sortit sa bourse avant qu'elle n'ait pu sortir la sienne, et avec un grand sourire :


"Je rêgle le tout."

Avant que Rilend n'ait pu dire quelque chose, il lui adressa un clin d'oeil et murmura, tandis que le bonhomme était occupé à encaisser :

"Tu me revaudras ça la prochaine fois."

Il espéra, un instant, qu'elle ne l'avait pas mal pris ; à vrai dire, il avait vraiment envie de la revoir, et d'ailleurs, peut-être allaient-ils encore passer un moment ensemble. Et si elle prenait cette remarque pour une sorte d'ordre de mâle dominant ? Non, mais non, elle savait bien qu'il n'était pas cela. C'était une plaisanterie, un geste amical, et une manière de lui dire qu'il serait heureux de la revoir. C'était évident, n'est-ce pas ?
Quand ils se retrouvèrent devant l'auberge, la porte fermée derrière eux, il maudit cette drôle de situation dans laquelle il se retrouvait souvent : celle où l'on ne sait pas de quelle manière dire au revoir, ni même si on doit dire au revoir ou si l'on ne se quitte pas de suite.


"Eh bien... Je... Je ne sais pas si tu as quelque chose à faire, moi pas particulièrement, mais en tout cas... Enfin, ce que j'ai dit avant, c'était une plaisanterie, bien sur que tu n'es pas obligée de revenir me voir, mais en tout cas ça me ferait plaisir... Mais enfin là n'est pas la question. Tu... Veux qu'on aille ailleurs, ou bien tu as quelque chose à faire de ton côté ? La matinée est bien avancée déjà..."

Il se maudit. Pourquoi avait-il besoin d'être gênée avec elle, après tout ce qu'ils avaient partagé ce matin-là ? N'aurait-ce pas été plus simple pour eux deux qu'il se tienne debout, détendu, un léger sourire aux lèvres, à lui demander simplement si elle voulait passer encore un peu de temps avec lui où s'il était l'heure de se séparer ? Comme quelqu'un de normal aurait fait, quoi !
Et bien non, visiblement ça n'était pas possible.

Il tâcha se se reprendre un peu avant qu'elle ne réponde ; et comme il ne voyait pas de raison d'être gêné, il y parvint. Posture tranquille et sourire détendu, on y était.


"Je ne m'en offusquerai pas. Ca a été un thé au jasmin très agréable, en tout cas."
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Dim 06 Nov 2016, 23:13

Il était parfaitement clair que l'aubergiste ne voulait plus les voir traîner sur sa terrasse. Tant qu'ils avaient consommé, l'homme les avait tolérés en tant que client quelque peu excentriques. Désormais, tout dans son langage corporel, de sa mine peu amène à son tapotement du pied, semblaient fait pour indiquer à Hièlstan que s'il ne consommait pas et si il ne se décidait pas rapidement...
Rilend n'était pas pressée de partir, en réalité. Elle n'avait plus soif, plus faim, pas spécialement froid malgré la rudesse de leur siège improvisé, et le spectacle du lac était de ceux dont on ne peut se lasser qu'au gré d'une longue habitude. Elle n'avait rien de prévu, pas de rendez-vous. Rien qu'à vaquer à ses occupations.

Hièlstan refusa à son tour la proposition de l'aubergiste et l'homme, aimable comme une porte de prison, leur indiqua courtoisement où ils pourraient s'empresser d'aller contribuer à la santé financière de son établissement. Son ton expéditif n'avait pas davantage échappé à Rilend qu'au Rêveur, et elle lui rendit sa grimace avant de glisser :

"Il semblerait que notre ami veuille récupérer sa terrasse !"

Rilend se leva souplement, conservant les genoux légèrement fléchis jusqu'à avoir le dos droit, sa combinaison de cuir épousant souplement ses mouvements. La matière fine et épaisse l'isolait avantageusement du froid, de même que ses bottes souples et montant au-dessous du genou où elles se resserraient. Seules, ses lames, crochets, poignards accrochés ci et là, avaient refroidi et se rappelèrent à son bon souvenir en changeant d'emplacement contre elle. La jeune femme fit simplement un peu tourner sa ceinture pour que Talisman, qui avait bougé quand elle s'était assise, repose à sa place habituelle.

Par habitude, elle étudia le mouvement du jeune homme à côté d'elle. Il paraissait un peu plus raide. C'était bien compréhensible, au vu de leur position improbable au cours des deux dernières heures. Marchant à son habitude à long pas glissés, Rilend le précéda et se faufila devant lui en se glissant dans l'encadrement de la porte, accueillie par l'oeil peu amène de l'aubergiste pressé de les voir le régler.

Par réflexe autant que pour ne pas perdre la main, la jeune femme prit la peine de prêter attention à la salle et aux changements qui s'y étaient déroulés. Une cliente, plus loin, et quelques habitués du lieu qui jouaient au carte devant une théière fumante. Un homme, tout seul, qui regardait la femme avec une bière devant lui - un guerrier, vu sa carrure. Quelques meubles déplacés, un peu plus de vie et un aubergiste toujours aussi bougon qui la toisait tandis qu'elle tendait la main vers sa bourse.

Hièlstan la devança en annonçant qu'il réglait l'intégralité de la note et en joignant le geste à la parole. Rilend tourna la tête vers lui, légèrement indécise : non pas qu'elle ne veuille pas par fierté, ou pour toute autre raison aussi peu avouable. C'était simplement assez inattendu dans l'esprit de la marchombre. Elle allait ouvrir la bouche pour insister - il ne lui semblait pas que les Rêveurs roulaient sur l'or, sa bourse à elle était bien garnie après quelques missions - mais il la devança encore et lui adressa un clin d'oeil.
La prochaine fois ? Ma foi, Rilend n'avait pas spécialement prévu de l'éviter à l'avenir et il lui était sympathique, de compagnie agréable et lui inspirait confiance. Elle sourit et hocha la tête, puis sortit à sa suite et laissa la porte claquer derrière eux.

Ils se retrouvèrent dans une ruelle plus animée qu'auparavant. L'odeur aquatique du lac flottait toujours dans l'atmosphère, mais moins prégnante, mêlée aux senteurs de la rue, sueur et crottin de cheval, bois et légumes, poisson frais. Le bruit aussi avait augmenté avec la vie et l'agitation. L'éveil de la ville était complet à présent.
Rilend et Hièlstan se tenaient côte à côte et le jeune homme semblait mal à l'aise sans que la marchombre ne comprenne pourquoi. Il pédalait dans la semoule et bafouillait comme à peu près une heure auparavant, pour savoir, en substance, ce qu'elle comptait faire à présent et ce qu'elle voulait.
Rilend le laissa finir - quand il s'emmêlait de la sorte, une partie d'elle brûlait de l'aider mais l'autre se refusait à aggraver son cas - et en profita pour réfléchir à la question. Avait-elle quelque chose à faire ? Qu'avait-elle envie de faire ?

Elle avait pris plaisir à cette conversation et aurait facilement pu rester assise là-bas jusqu'à l'heure du déjeuner et au-delà. Mais maintenant qu'ils étaient sortis, le côté actif de la marchombre se réveillait. Elle avait envie de marcher le nez au vent, d'aller voir son cheval, de galoper jusqu'à l'autre bout du monde et là-bas, de s'essayer encore et encore à la gestuelle marchombre ou peut-être, à la poésie.
Et il y avait Al-Far. Rilend était décidée à s'y rendre désormais. Elle pouvait y aller seule, au pas de son cheval, mais elle préférait assurer la protection d'une caravane, afin de joindre l'utile à l'agréable et renflouer ses finances. Elle savait où se rendre à Al-Chen pour trouver un transporteur qui corresponde à ses critères - un employeur honnête, correct et une caravane bien tenue - mais il lui faudrait y aller avant que le jour ne soit trop avancé, sous peine de manquer de choix. Et y aller seule.

Elle serait bien restée assise au soleil.
Elle aurait pris plaisir à poursuivre sa conversation aux côtés de cet homme qui la poussait à la réflexion. Cette petite pause s'était avérée très plaisante.
Elle sourit à Hièlstan, qui avait repris ses moyens, et approuva avec conviction quand il arriva à la même conclusion qu'elle.

"N'est ce pas ?"

Puis la marchombre s'écarta très légèrement du mur contre lequel ils se tenaient et enchaîna :

"Je pense que je vais essayer de trouver une caravane qui parte à Al-Far...tu m'as décidée !"


Clin d'oeil et ironie.

"Mais je retiens ton invitation. "

Sourire malicieux.
Provocation, aussi.
Rilend ne savait trop comment dire au revoir au Rêveur. Ses proches, plutôt marchombres, avaient tendance à couper court aux conversations avec une certaine théâtralité, le mot impliquant ici un départ au galop ou un saut vertigineux du haut d'une tour, voire une disparition pure et simple dans un souffle et une ombre. C'était un coup un peu cavalier à faire à un non-initié. Les gens plus attachés à la norme sociale préféraient les accolades et ces embrassades factices, joue contre joue, ce qui révulsait la marchombre, pas vraiment amatrice de ces contacts souvent bien trop hypocrites et où les yeux se dérobaient avantageusement.

Alors, la jeune femme se contenta d'une méthode qui avait fait ses preuves tout au long de la matinée : gentiment et dans un sourire, les yeux dans les yeux, elle effleura de la main son coude en geste de salut. Elle n'avait pas fini qu'elle se retournait déjà et se glissait, à pas de velours, dans la ruelle. Furtive comme un souffle.

"A plus tard."

Elle choisit une surface qui lui plaisait bien, un mur de maison accueillant, amical, facile à escalader et ne put s'empêcher de se retourner vers Hièlstan pour lui adresser un clin d'oeil. Même si c'était un peu cabotin, comme plaisanterie. Puis...le Temps. La marchombre sentit le juste moment, celui auquel nul ne prêterait attention à elle et surtout pas les passants distraits et, dans une inspiration, bondit. Ses mains se posèrent sur les pierres saillantes, pour l'accompagner dans sa course plutôt que pour la hisser et ses pieds suivirent sans rompre l'ascension. Rilend se glissa sur le toit et s'y fondit, disparaissant aux yeux de tous, curieux y compris.
Un sourire joua sur ses lèvres tandis qu'elle courait, légère, loin au-dessus de la foule et de son agitation.

Elle s'arrêta un instant, bien plus loin, pour admirer sa vue imprenable sur le lac baigné de soleil, les ruelles fourmillantes d'activité et au loin, l'Arche, resplendissante. Elle inspira à grand traits, ouvrit les bras puis repartit, guillerette.

Passer par la place des voyageurs, trouver un maître de caravane.
Passer aux écuries, prendre Vaillant et l'enfourcher pour la première fois. C'était le bon moment, elle le savait.
Rien ne pouvait rater aujourd'hui.

[c'était un bien joli RP...plus qu'à envoyer Rilend réfléchir un peu, sur les routes, puis revenir d'Al-Far avec plein de nouvelles bonnes ou mauvaises ^^
Merci !!]

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Hièlstan Filsèvres
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MessageSujet: Re: Thé au jasmin et tout petit matin [Hièlstan]   Lun 07 Nov 2016, 21:14

Il laissa un grand sourire illuminer lentement son visage quand elle lui annonça qu'elle s'était décidée à partir à Al-Far. Un petit peu grâce à lui. Rien ne pouvait plus illuminer sa journée que le sentiment d'avoir aidé quelqu'un. Le sourire chaleureux devint sourire ravi quand elle accepta son invitation.
Aurait-il pu en être autrement ? Il y avait clairement quelque chose de fort qui était passé entre eux. lls devaient se revoir, c'était une évidence ; la même évidence qui avaient conduit leurs pas à la Feuille de Chen, puis au Salon d'Ilamun.

L'évidence qui passait entre leurs yeux anthracites et marrons. Dans ce toucher léger. Il aurait voulu le lui rendre, mais il était un peu hypnotisé par son regard, son sourire. Elle était si... Pouvait-il dire "si Marchombre" ? Etait-ce cela, que d'être Marchombre ?
Déjà, elle s'éloignait, regard mutin et sourire en coin. Elle était habillée d'une drôle de manière, on aurait dit que ses vêtements bougeaient avec elle, que tout ce qu'elle portait ne faisait qu'un avec ses corps. Même ses cheveux semblaient en adéquation parfait avec ses mouvements, comme si elle pouvait les maîtriser. C'était peut-être bien un pouvoir de Marchombres.
Il voulait dire quelque chose, mais il ne savait pas quoi. Finalement, il regrettait de lui avoir demandé ce qu'elle avait à faire ; s'il lui avait juste proposé une balade, elle aurait peut-être suivi !

Elle jeta un oeil furtif autour d'elle. Il cru comprendre ce qu'elle allait faire. Il se rappela un au revoir chaleureux, et un éclairs de cheveux bleus qui s'envolent au dessus d'un mur.
Peut-être que les Marchombres ne marchaient pas. Peut-être qu'ils savaient voler.


"A plus tard."

Elle se retourna. Et lui, quel idiot, ne lui avait même pas dit au revoir ! Il ouvrit la bouche, et comme si elle avait entendu des mots qui n'existaient pas encore, elle se retourna encore une fois. Lui fit un clin d'oeil. Bondit.
Il en eut le souffle coupé : on aurait dit qu'elle ne pesait plus rien.


"A plus tard..."

Il doutait qu'elle l'eut entendu ; déjà, la voilà qui passait par dessus la gouttière, leste comme un chat. Un chat fondu dans l'ombre et dans la pierre. Tout ce qu'elle lui avait dit plus tôt, sur l'escalade, se para d'un semblant de sens à ses yeux.
Elle était partie.

Il resta à scruter le toit un bon moment ; qui sait... Mais il avait le sentiment que, comme Syndrell, elle ne reviendrait pas de sitôt. Que comme Inwëlle, elle s'était juste volatilisée aux yeux de tous. Ah décidément, ces Marchombres n'avaient pas volé l'aura de mystère qui les entouraient...

Il se rendit compte qu'il était là depuis trop de temps en sentant les regards inquisiteurs des passants peser sur son dos; Un Rêveur seul, en pleine rue, immobile et le nez en l'air, voilà qui devait être intriguant !
Il baissa le menton, avec l'étrange impression d'émerger d'un rêve. Une conversation sur une terrasse déserte, avec une femme qui venait de disparaître... Il n'avait rien d'elle, rien de tangible, que ses souvenirs tout chauds.
La journée lui semblât devenir étrange ; comme s'il évoluait dans un autre monde. Que devait-il faire, maintenant ? Il lui semblait terriblement incongru de retourner à ses activités quotidiennes. Il avait besoin d'un temps pour revenir à lui.
D'une pause.

Il songea que la pause serait longue, jusqu'au retour de Rilend.
Il s'en alla le long de la jetée qui courait le long du lac, le coeur battant, et sur la langue, le goût du thé au jasmin.
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