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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 L'arrivée en ville [PV Lou]

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Daos Loner
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MessageSujet: L'arrivée en ville [PV Lou]   Sam 21 Jan 2017, 23:47

- Encore sous le coup de l'émotion ? s'exclaffa Oturo.

Daos ne répondit pas. Bien sûr, qu'il était sous le coup de l'émotion. Étonné, intrigué, dépaysé, bousculé, perdu... Emerveillé.

Ainsi qu'il le lui avait promis, Oturo était venu le chercher au village, une semaine après lui avoir parlé de la Voie marchombre. Son père, Waldan, avait eu raison : sa mère n'avait pas voulu le laisser partir. Elle s'y était néanmoins résignée. Après avoir longuement serré son fils dans ses bras, elle l'avait regardé s'en aller, maladroitement juché sur un gris pommelé. Ses yeux bleu pâle, embués de larmes, avaient fixé Daos, s'éloignant aux côtés de cet étranger, cet éclaireur, ce... Marchombre.

Waldan était resté souriant, décidé à pleinement montrer son approbation face au choix que son fils avait fait de suivre sa propre destinée. Ce n'est qu'une fois à l'intérieur de sa maison qu'il avait laissé ses larmes couler avec celles de sa femme.

Daos, quant à lui, n'avait pas cherché à refouler ses émotions. Il quittait vraiment son village pour la première fois de sa vie. Ce n'était pas une excursion de quelques jours qui le mènerait à quelques kilomètres de là. C'était un nouveau départ, une nouvelle vie qui l'attendait. Oturo était resté silencieux, respectant la tristesse de son compagnon. Se préparant à être assailli de question une fois Daos remis de ses émotions.

Rejoindre la caravane leur avait pris environ une journée. Le reste du voyage s'était déroulé dans le calme, Daos passant le plus clair de son temps à aider les Itinérants. Oturo était resté sérieux et avait accompli son devoir d'éclaireur jusqu'au bout. Dès la caravane arrêtée pour la nuit, les deux hommes avaient passé tout leur temps à converser. Le marchombre avait fait le choix de n'en révéler que très peu à Daos au sujet de ses pairs, arguant que ce serait le travail de son maître pendant les trois prochaines années. Leurs discussions avaient donc porté sur leurs vies respectives, ce qui augmenta grandement la complicité entre les deux hommes.

L'arrivée à Al-Chen avait permis aux Itinérants de démontrer leur légendaire efficacité en terme de gestion. Sous la houlette du maître de caravane, un homme bedonnant d'une soixantaine d'années, les produits furent déchargés, inventoriés et rangés en un temps record. Après avoir obtenu sa paie, Oturo avait entraîné Daos à sa suite.

- On peut dire ça, répondit Daos.

Marchant à côté d'Oturo, le jeune homme promenait son regard partout autour de lui. Découvrant une grande ville pour la première fois de sa vie, il tentait d'absorber ce trop plein de nouveautés. La foule qui s'étendait autour de lui était un ensemble hétéroclite de couleurs vives. Chacun était vêtu d'autours chatoyants, quoique simple pour la plupart. Daos n'avait jamais vu autant de personnes rassemblées en un seul endroit, pas même lors des arrivées d'Itinérants à son village. A sa gauche, le marchombre se déplaçait avec aisance, esquivant doucement les passants de ses mouvements fluides. Il ne quittait pas d'un œil son protégé, un sourire en coin traduisant son amusement devant les réactions du jeune homme. Lui avait du mal à garder sa bouche fermée en contemplant les hautes constructions alaviriennes. La seule chose comparable qu'il avait vu, jusqu'à ce jour, était le haut bâtiment de Tintiane, et voir un si grand nombre de hauts bâtiments le laissait pantois.


- Je n'étais jamais venu dans une ville, poursuivit Daos.
- Ca se voit, renchérit Oturo avec un grand sourire.
- Où allons-nous ?
- Pour l'instant, nul part. Mais dès que tu le souhaiteras, nous irons manger un morceau, puis je t'indiquerai le moyen de te rendre à l'Académie. Ensuite, nos chemins se sépareront.

Daos resta silencieux. Il appréciait le marchombre, mais il se doutait bien qu'Oturo avait d'autres préoccupations que servir de guide à un futur-apprenti.

- Je ne te l'ai jamais demandé : as-tu déjà enseigné à quelqu'un ?

Oturo fixa le jeune homme. Ses yeux se chargèrent de chagrin, alors qu'il détournait le regard.

- Oui, murmura-t-il.

Daos eut assez de tact pour en rester là. Il se contenta de suivre le marchombre dont l'allure, inchangée, ne trahissait en rien la douleur qui avait percé dans sa voix.
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Lou Ril'Fairy
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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Dim 22 Jan 2017, 13:02

- Lou…
- Mmmh…
- Lou ? Réveille-toi…
- Mmmmmh.


Un sourire plein de malice.
Et le verre d’eau se vida intégralement sur le visage de l’endormie qui traînait au lit. Vous parlez d’un réveil ! Tirée du sommeil par l’attaque sournoise autant que par le rire du responsable, Lou jaillit comme une furie. Empêtrée dans ses draps, les yeux gonflés de sommeil mais déjà la ferme intention de tordre le coup à l’opportun, elle le prit en chasse dans toute la maison. Ce fut bruyant.

Attablée au comptoir de la cuisine, le nez plongé dans une liasse de paperasse qu’elle peinait à déchiffrer, Pona fronça les sourcils.

- On se calme, les enfants, lança-t-elle d’un ton égal sans interrompre sa lecture.

C’était pourtant elle la plus jeune de la bande, mais son calme olympien, ses lunettes rondes et son intelligence la rendait beaucoup plus sage que les autres. Ce n’était pas très difficile, cela dit, avec des gens comme Lou. On ne lui donnait pas trente ans, jamais. Ce n’était pas l’aînée de la colocation, puisque ce rôle revenait à l’homme qu’elle était en train de courser dans toutes les pièces, mais Seiven n’était pas plus mature – c’était même pire. Le verre d’eau en était la preuve.

Habituée à ce genre de remue-ménage, Pona attrapa sa tasse de thé juste avant que le comptoir ne soit heurté par les deux lutteurs acharnés. Toujours en lisant tranquillement, elle empêcha Lou d’attraper une fourchette – elle voulait la planter dans l’œil de Seiven. Ils venaient à peine de s’éloigner lorsque Runille, quatrième membre du groupe, arriva dans la cuisine.

- Salut, Po.
- Bonjour, Nillou.
- Les enfants se battent encore ?
- C’est Seiven qui a commencé, cette fois…

Runille secoua la tête. Elle avait de magnifiques tresses noires et une peau chocolat. Plus calme que Lou et Seiven, mais moins que Pona, elle étudiait le Dessin au Dôme. Comme d’habitude, ce fut elle qui régla l’histoire, en dessinant un trou qui s’ouvrit sous les pieds de Lou. La jeune femme disparut et Seiven, en nage, éclata de rire, pour finalement s’étrangler lorsque Runille lui fit tomber sur la tête un énorme seau d’eau bien froide.

- Tel est pris qui croyait prendre, dit-elle, satisfaite.

Pona leva les yeux de ses papiers et, dans un sourire, fit claquer sa paume contre celle de Runille.
Somme toute, c’était une matinée tout à fait ordinaire.


*


Quand Lou émergea de la cave où Runille l’avait expédiée avec sa trappe tout droit sortie des Spires, elle s’était calmée. Il lui arrivait très fréquemment de vouloir écharper Seiven, mais l’affection qui les liait l’empêchait toujours d’entreprendre cette envie jusqu’au bout ! Elle sourit en regardant Prunille tenir leur aîné par l’oreille et le gronder en ronchonnant. Il avait pris l’air contrit du petit garçon qui vient de se faire prendre, mais dès que la dessinatrice le libéra, il glissa un bras autour de sa taille et déposa un baiser sonore sur sa joue.

Ils s’étaient rencontrés deux ans plus tôt. Cette grande maison en plein cœur d’Al-Chen, c’était celle des grands-parents de Pona ; à la mort de ses parents, elle en avait hérité mais, comme elle n’avait ni frère, ni sœur, ni aucune famille à qui elle pouvait léguer ce bien, elle l’avait gardé. Et s’était lancée à la recherche de locataires. Elle avait d’abord rencontré Runille, à l’occasion d’un séminaire au Dôme, et les deux jeunes filles s’étaient aussitôt bien entendues. Seiven était arrivé juste après. Grand, solidement bâti et franchement charmeur, il était aussi le cuisinier d’une petite auberge, deux rues plus loin. Son patron ne souhaitant pas qu’il habite au-dessus de l’auberge, il avait été ravi de répondre à l’annonce de Pona.

Lou était arrivée la dernière. D’un naturel sociable, elle n’avait pas tardé à se faire accepter par les trois autres – en particulier Seiven, avec qui elle se chamaillait volontiers et toujours avec une tendresse fraternelle. La location était devenue une colocation. Ils étaient une famille. Sa deuxième famille, après l’Académie. Un sourire effleura ses lèvres, tandis qu’appuyée contre le mur, les bras croisés, elle observait ses amis rire et discuter tranquillement ; ils savaient qu’elle n’était pas de leur monde. Ils ignoraient qu’elle était une marchombre.

Cette vérité-là n’était pas moins grande à ses yeux, mais le secret qui enveloppait la Guilde et ses membres était parfois difficile à respecter. Ainsi, pour eux, elle était une voyageuse qui passait le plus clair de son temps à parcourir l’Empire – ce qui était le plus proche de la vérité, d’ailleurs. Mais comment expliquer des réflexes surhumains ? Et la multitude de crochets disséminés dans ses vêtements ? Pona, Seiven et Runille n’étaient ni idiots ni aveugles…

- Qu’est-ce que je vous prépare aujourd’hui, mesdames ? demanda Seiven en tirant sur une tresse de Runille.
- Un civet de lapin !

Pona et Lou s’étaient exclamées en même temps.

- Pourquoi pas, mais il me manque le thym et l’ail…
- Je te ramène ça,
proposa Lou en se décollant du mur. J’ai quelques emplettes à faire.
- Tu peux me ramener un flacon d’encre de seiche ?
- Encore ? Tu la bois, ma parole !
- Presque,
sourit Pona en remontant ses lunettes sur son nez.


*


Une heure plus tard, Lou déambulait dans les rues animées de la ville. Ses cheveux blonds dansaient sur ses épaules et dans son dos, là où se croisaient parfois ses deux épées. Elle les avait laissées dans ses affaires, mais son manteau dissimulait deux poignards et il y en avait également un dans sa botte gauche. C’était toutefois parfaitement à son aise qu’elle louvoyait dans la foule, s’arrêtant pour échanger quelques mots avec un commerçant ou pour se pencher sur un étal qui attirait son attention. Elle glissait ses achats dans la besace qu’elle portait en bandoulière.

Elle était en train d’observer la marchandise d’un fabricant d’arcs quand une voix familière la fit se retourner. Elle plissa ses yeux vert et sonda la masse de passants jusqu’à tomber sur un homme aux cheveux mi-longs. Un sourire se dessina sur les lèvres de Lou. Délaissant l’arc qu’elle examinait, elle se faufila jusqu’à lui. Elle ne chercha pas à le surprendre. Oturo Metsä était bien trop fin pour se laisser avoir ! Il tourna la tête en percevant sa présence. Elle s’arrêta, les mains sur les hanches, et son sourire s’agrandit.

- Oturo, tu sais quoi ? La barbe te donne un charme fou !
- Bonjour à toi aussi, Lou,
répondit-il, visiblement amusé. En deux ans, tu n’as pas changé du tout.

C’était faux, bien sûr, et ils le savaient tous les deux. Mais Oturo connaissait Lou : sa bonne humeur passait avant tout, surtout par une aussi belle journée ; à quoi bon remuer les douleurs du passé quand ils pouvaient simplement profiter de ces retrouvailles inopinées ?

- Voici Daos Loner, dit-il en désignant le jeune homme qui l’accompagnait. Daos, je te présente Lou Ril’Fairy… une amie.

Lou tendit son poing pour le cogner contre celui de Daos.

- Salut ! Ça va ?

Drôle d’entrée en matière, mais voilà, c’était Lou : il ne fallait pas se poser de questions. Surtout, ne pas se prendre la tête ! Un sourire, une poignée de main, une plaisanterie, c’était ça, la vie !



[C'est partiiii ! ]

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Daos Loner
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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Dim 22 Jan 2017, 17:07

Oturo semblait avoir retrouvé son air enjoué habituel, oubliant la question de Daos. Tous deux observaient à présent l'étal d'un artisan, recouvert de dagues ouvragées et épées courtes.

- Tu m'as dit que ton père forgeait également des armes, non ?
s'enquit le marchombre.
- Quelques unes, oui, répondit Daos. La plupart du temps, il créé des outils pour le village, ou en répare. Mais il lui arrive de forger une dague pour l'un des chasseurs, des pointes de flèches, mais rarement des épées ou des lances.

Le jeune homme glissa la main à son côté droit, se saisit d'une poignée et sortit un poignard de son fourreau, la montrant à son ami :

- Il me l'a forgée pour mes vingt ans.

Oturo saisit l'arme, et l'observa avec intérêt. Sa lame semblait bien affûtée, simple et longue d'une vingtaine de centimètres. La garde était petite, offrant une protection de moins de deux centimètres de chaque côté de la lame, et le ricasso légèrement plus long que la moyenne. Le manche semblait être en bois, entouré de lamelles de cuir noir le rendant plus large que la lame. Seul le pommeau semblait ouvragé : une feuille était gravée dessus, semblable à celle que représentait la boucle du bracelet de Daos.

- C'est un travail remarquable, ton père est un bon forgeron, déclara le marchombre en tendant l'arme au jeune homme.
- Tous les Itinérants passés par le village s'accordent à le dire, répondit Daos dans un sourire, tout en rengainant son poignard.

Oturo tourna soudain la tête vers sa gauche.


- Oturo, tu sais quoi ? La barbe te donne un charme fou !
- Bonjour à toi aussi, Lou
, répondit le marchombre avec un sourire amusé. En deux ans, tu n'as pas changé du tout

Daos s'était retourné en entendant la voix derrière lui. Il n'avait pas entendu la jeune femme approcher. A peine plus âgée que lui, blonde, ses yeux d'un vert brillant, légèrement plus clairs que ceux d'Oturo. Radieuse.

Oturo désigna du menton le jeune homme :


- Voici Daos Loner. Daos, je te présente Lou Ril' Fairy... Une amie.

La femme, Lou, tendit son poing vers Daos :

- Salut ! Ça va ?

Son expression enjouée était décidément bien trop contagieuse pour que Daos reste de marbre. Lui rendant son sourire, il cogna son poing contre celui de Lou, répondant à son salut :

- Bonjour. Un grand soleil, une superbe ville à découvrir, des marchands plein les rues... Je vais très bien, et toi ?

La ressemblance entre elle et Oturo était frappante. Au-delà de leurs yeux verts, leurs visages souriants et leurs cheveux clairs, c'était surtout leur allure commune qui retint l'attention de Daos. Leurs vêtements de cuir, sombres, étaient très similaires, de même que leur manière de se tenir, d'englober de leur regard tout ce qui se passait autour d'eux. Si ce n'était cette différence d'âge et de visage, on aurait pu les prendre pour un frère et une sœur.

*Serait-elle une... Marchombre ?* se demanda Daos. Il se refréna : *Pas de suppositions hâtives.*

Mais cette Lou était spéciale, il n'avait aucun doute là-dessus.

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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Dim 22 Jan 2017, 17:56

Lou pencha la tête sur le côté, observant Daos avec curiosité ; il émanait de lui une force de vie, une volonté pure qui se lisait dans son sourire. Il était plus grand qu’elle et ses yeux noisette brillaient dans la lumière du soleil. Sa réponse lui plut.

- Au poil ! Je cherche des herbes pour un copain cuistot mais dans un marché pareil, je suis toujours un peu distraite…

C’était peu de le dire ! Lou avait la capacité de concentration d’un chat devant une petite lumière qui bouge sur le sol : aucune. Dans l’autre monde déjà, c’était une caractéristique qui étonnait ses collègues – et ses élèves ; comment une personne aussi étourdie pouvait-elle seulement enseigner quoique ce soit ? Et puis, Lou avait croisé la route de Yoran. Il avait compris comment elle fonctionnait et lui avait montré de quelle façon elle pouvait focaliser son attention sur quelque chose. Une leçon qu’elle n’oublierait jamais.

Parlant de leçon… qui était Daos ? Lou jeta un coup d’œil en direction d’Oturo mais, comme celui-ci demeurait silencieux, elle décida d’enfoncer la porte et de mettre les pieds dans le plat.
Les choses traînaient rarement, avec elle…

- C’est ton élève ?
- Non.


Dommage, songea Lou. Elle connaissait l’origine de la tristesse imperceptible qui scintillait dans les yeux verts du marchombre, et ce Daos avait l’air de le tenir en haute estime ; ils auraient fait un duo génial. Devinant sa pensée, Oturo secoua la tête.

- Daos n’a pas encore mis les pieds dans l’Académie. Pour l’heure, il découvre la ville.
- Vraiment ?


Nouveau sourire, éblouissant : tant pis pour Seiven et ses herbes, il fallait absolument que Daos visite les endroits les plus magiques d’Al-Chen ! Oturo se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas rire. Il voyait bien que Lou trépignait sur place. Il maintenait son avis : en deux ans, elle n’avait pas tellement changé…

- J’ai faim, dit-il d’un ton léger. Si on allait s’installer quelque part ?

La question était un cadeau.
Lou s’en empara sans hésiter.

- Je connais un endroit idéal, vous venez ?

Elle se glissa entre les deux hommes et les attrapa chacun par un bras pour les entraîner à sa suite.


*


L’Evaline était une auberge minuscule mais chaleureuse, accueillante et sans prétention. On y mangeait toujours chaud et Rant, le patron, était un homme débonnaire. C’était ici que Lou avait travaillé pour la première fois dans ce monde, voilà presque six ans…

Assise en tailleur sur sa chaise, la marchombre avait tressé sommairement ses longs cheveux en une tresse blonde qui retombait sur son épaule et dégageait son visage. Elle dévora son bouillon de siffleur en un clin d’œil et s’étira comme un chat.

- Par la Dame, qu’est-ce que ça fait du bien !

Si elle était partie de la maison le ventre vide, c’était parce qu’elle avait perdu son temps à courser Seiven… Haussant les épaules, elle observa Daos, puis Oturo. On regard pétillant revint se poser sur le jeune homme.

- Et si tu posais tes questions ? lança-t-elle.

Il aurait fallu être aveugle pour ne pas se rendre compte qu’elles bouillonnaient sous son crâne. Après tout, ce n’était pas tous les jours que l’on prenait son déjeuner en compagnie de deux marchombres !

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Daos Loner
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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Dim 22 Jan 2017, 23:10

- Au poil ! Je cherche des herbes pour un copain cuistot mais dans un marché pareil, je suis toujours un peu distraite...

La jeune femme regarda Oturo, qui les observait tous les deux, un sourire en coin.

- C'est ton élève ?
- Non.


Daos secoua la tête. Le marchombre lui servait régulièrement ce genre de réponse monosyllabe. S'il connaissait Lou, elle devait y être habituée elle aussi. Mais, vu la douleur qui avait percé dans sa voix lorsque Daos lui avait posé sa question, c'était compréhensible qu'Oturo ne s'étende pas sur le sujet. C'est pourtant ce qu'il fit :

- Daos n'a pas encore mis les pieds dans l'Académie. Pour l'heure, il découvre la ville.
- Vraiment
 ? demanda la jeune femme.

Haussant un sourcil, Daos observa Lou. Oturo avait parlé de l'Académie, et elle n'avait pas relevé le terme. Elle devait avoir un lien avec les marchombres, ou au moins savoir qu'Oturo en était un, Daos en mettrait sa main à couper. Ou un doigt, à la rigueur.

- J'ai faim, déclara innocemment Oturo. Si on allait s'installer quelque part ?
- Je connais un endroit idéal, vous venez ? s'exclama Lou.

D'un pas aérien, elle se plaça entre les deux hommes, les saisit chacun par un bras, et les entraîna à sa suite dans la foule. Tous deux échangèrent un regard. Oturo éclata de rire en voyant la mine étonnée de Daos. Louvoyant entre les badauds sans même lâcher ses deux compagnons, ses cheveux blonds volant dans son dos, Lou les emmena sur une placette ensoleillée et bondée de monde. La jeune femme leur fit passer la porte d'une petite auberge dont le nom était indiqué par une enseigne en bois : « L'Evaline ». Elle salua chaleureusement le tenancier, un homme enjoué dénommé Rant. Oturo lui adressa un signe de la tête, montrant qu'il n'était pas venu ici pour la première fois. Ils s'installèrent tous trois à une table, dans le fond de la salle.


***


Le bouillon de siffleur fut presque englouti d'une traite par Lou et Daos. Oturo les regarda d'un œil amusé, mangeant à une vitesse plus humaine. La jeune femme s'étira longuement et s'exclama :


- Par la Dame, qu'est-ce que ça fait du bien !

Ses yeux verts détaillèrent Daos, puis Oturo. Revinrent sur le jeune homme, pétillants de malice.

- Et si tu posais tes questions ? dit-elle dans un sourire.

Elle l'avait deviné : les questions se bousculaient dans l'esprit de Daos. Cette journée lui rappelait sa rencontre avec Oturo, dix ans plus tôt. Lou lui ressemblait vraiment sur beaucoup d'aspects. Une personnalité on ne peut plus singulière, riche et insaisissable. Son regard brillant semblait lui aussi lire dans l'esprit du jeune homme. Il saisit son verre, but une gorgée, et déclara :


- Je ne pense pas me tromper en affirmant qu'Oturo et toi avez... Reçu le même type d'enseignement.


Il hésitait à prononcer le mot « marchombre » en public. Oturo lui avait laissé entendre que les marchombres adoraient cultiver le secret, et qu'ils évitaient généralement de crier sur les toits leur appartenance à la Guilde. Le jeune homme poursuivit :

- En revanche j'ai, tu l'as deviné, beaucoup d'autres questions à l'esprit. Toutes ont été balayées par Oturo, dit-il en tournant son regard vers l'intéressé.

Le marchombre croisa les bras et fixa le plafond, feignant l'innocence dans un sourire enfantin. Les lèvres de Daos s'étirent également :


- D'après lui, ce sera à mon maître d'y répondre : comment se déroulera mon enseignement, qui sera mon maître, sur quoi porteront ses cours, serai-je son seul élève, tous les... Tous vos pairs se ressemblent-ils autant que vous deux vous ressemblez ? Et enfin, pourquoi tant de mystères alors que tout le monde connaît votre existence ?

Il secoua la tête, et se cala confortablement dans son siège en concluant :

- Mais je me contenterai d'une seule question : d'où vous connaissez-vous ?

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Lou Ril'Fairy
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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Dim 22 Jan 2017, 23:41

- Tu sais quoi ? Je vais répondre aux trois ! Cadeau de bienvenue !

(Elle pinça son menton entre deux doigts, visiblement plongée dans une intense réflexion, avant de jeter un coup d'oeil à Oturo)

Est-ce qu'on est tous pareils ? Mmmh... Oui et non. D'accord, c'est pas une vraie réponse, alors je vais creuser un peu : oui, parce qu'on partage tous des valeurs similaires et surtout, on foule une seule et même Voie. Non, parce que la barbe ne m'ira pas, à moi.

On aime bien les secrets, c'est une question de tradition et aussi de bon sens : être l'ombre dans la lumière ou bien la lumière dans l'ombre est à ce prix !

Quand j'ai croisé Oturo, je venais tout juste de commencer ma formation. Il était en train de courir. J'ai essayé de le rattraper... J'ai appris deux choses ce jour-là : je n'étais pas aussi endurante que je le pensais... et courir pour le seul but de rattraper quelqu'un, c'est bien mais insuffisant, alors que courir pour accomplir quelque chose, ça peut changer une vie.

A mon tour de te poser quelques questions : d'où viens-tu ? Que cherches-tu ? Qu'est-ce que tu choisis comme dessert ?

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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Lun 23 Jan 2017, 00:30

- Tu sais quoi ? Je vais répondre aux trois ! Cadeau de bienvenue ! 

Lou réfléchit un moment, son menton entre ses doigts. Regardant Oturo, elle répondit :

- Est-ce qu'on est tous pareils ? Mmmh... Oui et non. D'accord, c'est pas une vraie réponse, alors je vais creuser un peu : oui, parce qu'on partage tous des valeurs similaires et surtout, on foule une seule et même Voie. Non, parce que la barbe ne m'ira pas, à moi.

Daos et Oturo pouffèrent de rire. La jeune femme les rejoignit, et poursuivit :

- On aime bien les secrets, c'est une question de tradition et aussi de bon sens : être l'ombre dans la lumière ou bien la lumière dans l'ombre est à ce prix ! Quand j'ai croisé Oturo, je venais tout juste de commencer ma formation. Il était en train de courir. J'ai essayé de le rattraper... J'ai appris deux choses ce jour-là : je n'étais pas aussi endurante que je le pensais... et courir pour le seul but de rattraper quelqu'un, c'est bien mais insuffisant, alors que courir pour accomplir quelque chose, ça peut changer une vie.

Ses mots trouvaient un écho profondément ancré en Daos. Connaissait-elle la raison pour laquelle Oturo s'était-il mis à courir ? Se doutait-elle qu'il avait changé la vie du jeune homme, d'un simple conseil ?

- A mon tour de te poser quelques questions : d'où viens-tu ? Que cherches-tu ? Qu'est-ce que tu choisis comme dessert ?

Et dire que Daos avait considéré Oturo comme un être étrange et à part. En comparaison, la jeune marchombre était une énigme, une véritable singularité, exubérante et éclatante. Le jeune homme sourit, et répondit :

- En ce qui me concerne, je viens d'un petit village qui se trouve entre Tintiane et le Pollimage. Lorsque j'avais quatorze ans, j'ai rencontré Oturo, qui accompagnait une caravane d'Itinérants. Il m'a offert un précieux conseil, que j'ai suivi. Dix ans plus tard, nous nous sommes revus dans les mêmes circonstances. J'avais, entre temps, deviné... Ce qu'il était.

Ses yeux se tournèrent vers le marchombre. Sans le voir. Devant ses pupilles, miroitait un souvenir qui lui paraissait remonter à des années auparavant. Une après-midi ensoleillée, à laquelle succéda une nuit illuminée par les étoiles. Les mots d'Oturo résonnèrent de nouveau dans les oreilles du jeune homme, faisait vibrer ses tympans. Faisant vibrer son âme.

- Il m'a parlé d'une Voie.

Daos sembla revenir à l'instant présent, et ficha son regard dans celui du marchombre.

- Ses mots ont ouvert une porte dont je ne connaissais pas l'existence.

Gratitude. Oturo acquiesça silencieusement. Il comprenait.

- Après notre conversation, je...

Il hésita. Se reprit :

- Je ne pouvais pas oublier tout cela. La seule chose à faire, la seule chose qui m'est apparue, c'est qu'il fallait que je me rende à Al-Chen. Il fallait que je suive cette Voie.

Il tourna les yeux vers ceux de Lou.

- Je ne trouve pas d'autres mots pour répondre à cette question.

Un sourire fit une apparition sur les lèvres du jeune homme.

- Je prendrais bien une part de tarte aux pommes, mais si tu as une recommandation en particulier, je me fierai volontiers à ton avis. Et toi, d'où viens-tu, Lou ?

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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Jeu 26 Jan 2017, 20:35

Une nouvelle fois la réponse de Daos plut à Lou et pourtant, davantage encore que ses mots, ce fut son attitude qui convainquit la marchombre. Respectueuse. L’immense respect qu’il vouait à Oturo était palpable, sa loyauté vibrait dans le poids de ses paroles et une détermination franche éclairait le chocolat tendre de ses yeux. Il était fébrile, pourtant, et cherchait soigneusement ses mots pour lui répondre en toute franchise.

- Tes mots sont justes, le rassura-t-elle, soudain plus sérieuse qu’elle ne l’avait été depuis le début du repas. Ils te porteront loin et résonneront longtemps.

Elle porta machinalement les doigts à l’anneau d’argent qui pendait à son cou mais, plutôt que de laisser ses pensées s’égarer vers le souvenir de celui qui avait un jour prononcé cette phrase, elle retrouva son sourire éblouissant – et sa spontanéité légendaire.

- La tarte aux pommes est excellente et je t’en piquerai un morceau, mais moi je vais commander une part de gâteau aux amandes – une merveille ! Oturo ?
- Je me contenterai de t’en piquer un morceau.


Finalement, les deux desserts commandés finirent au milieu de la table, et chacun se servit allègrement. Entre deux bouchées de gâteau, Lou répondit à Daos.

- Disons que je viens de loin…

Sans être un secret aussi jalousement gardé que ceux de la Guilde, ses origines terriennes étaient à préserver : c’était une manière de se protéger de l’insatiable curiosité de certains et de la convoitise des autres. Lou n’était pas quelqu’un d’ordinaire. Elle était capable de faire un pas sur le côté plus rapidement et plus efficacement que le meilleur des maîtres de l’Académie des dessinateurs d’Al-Jeit, mais n’avait jamais réussi à faire le moindre Dessin.

Cela dit, Daos n’était pas ordinaire non plus, et il lui était sympathique. Elle décida de lui accorder une réponse un peu plus élaborée.

- J’habite à quelques rues d’ici, je partage une maison avec des amis. D’où que l’on puisse venir, Al-Chen est une ville formidable et accueillante. Qu’avez-vous visité déjà, avec Oturo ? Il faut absolument que je te montre le Dôme, et la place des Arts – oh, et puis le grand colombier ! Je connais aussi cinq ou six tavernes où il est possible de s’encanailler, une forge où tu trouves toujours ce qui t’intéresse, un parc idéal pour les petites siestes…

Oturo se laissa aller en arrière, contre le dossier de sa chaise. Voilà, c’était parti. Lou n’allait plus lâcher Daos avant de lui avoir fait découvrir les meilleurs endroits de la cité. Il pouvait lui confier le jeune homme sans la moindre inquiétude…

Il n’en avait eu aucune.

- Nous nous reverrons bientôt, assura-t-il au jeune homme lorsqu’ils se séparèrent dans une rue ensoleillée.

Lou remarqua qu’Oturo attardait sa main dans celle de Daos et sourit fugacement : à n’en pas douter, ces deux-là s’étaient bien trouvés ! Finalement, elle ne trouvait plus l’idée qu’ils ne soient pas liés par la formation si décevante : Daos allait suivre un maître avec qui il allait certainement tisser des liens uniques et puissants, mais l’amitié qui était née entre Oturo et lui resterait intacte ; ils auraient toujours des choses à se raconter et des moments à partager…

Des liens. Voilà ce que la Voie des Marchombres offraient, à défaut de nourrir un mystère parfois pesant. Voilà ce qui attendait Daos s’il poussait les portes de l’Académie. Des liens et une nouvelle façon de les percevoir.

- Lou, j’ai été ravi de te revoir.
- Plaisir partagé, grand chef !


Il répondit au clin d’œil flamboyant de Lou par un sourire, jeta un dernier coup d’œil à Daos, et disparut. Même Lou ne distingua pas l’instant précis où il se fondit parmi la foule pour devenir totalement invisible. En revanche, l’expression de Daos ne lui échappa guère.

- Les Marchombres se ressemblent tout en restant uniques, lui glissa-t-elle alors, reprenant volontairement la question qu’il lui avait posée pendant le déjeuner. Oturo fait partie des plus grands.

Elle ne s’éternisa pas sur le sujet, d’abord parce qu’une fois sa formation commencée, Daos aurait l’occasion d’en apprendre davantage et ensuite, parce que c’était Lou : mille autres idées occupaient désormais son esprit.

Elle en choisit une.

- Suis-moi !

Et, sans plus de précisions, elle lui attrapa le poignet pour l’entraîner à sa suite.


*


C’était une place immense, bordée de tavernes animées en dépit de l’heure et remplie de monde : la place des Arts. L’un des endroits préférés de Lou. Ici, les commerçants avaient laissé place aux artistes et aux artisans venus des quatre coins de l’Empire : les illusionnistes côtoyaient les acrobates, les danseurs rivalisaient avec les lutteurs, des gens s’affrontaient tantôt à des jeux de stratégie, tantôt avec des casse-têtes… Il y avait toujours quelque chose à voir et à apprendre ici.

- Regarde ça ! s’exclama Lou en désignant un cracheur de feu qui stupéfiait les spectateurs.

Les deux jeunes gens déambulaient tranquillement. La marchombre louvoyait entre les passants sans jamais en heurter un seul alors que toute son attention était tournée vers ce qu’elle découvrait. Admirative, elle s’arrêta devant un atelier ouvert aux curieux, dans lequel un ferronnier était en train de travailler une pièce d’acier.

- Incroyable… murmura-t-elle, captivée par la maîtrise impressionnante du marteau autant que par le travail de l’artisan.

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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Sam 28 Jan 2017, 03:05

- Disons que je viens de loin… 

Daos eut un sourire en coin. « On aime bien les secret, c'est une question de tradition et aussi de bon sens » avait-elle dit. A ce point là, ce n'était plus « aimer » les secrets, mais leur vouer un véritable culte ! Pourtant, la jeune femme enchaîna, lui offrant quelques détails :

- J’habite à quelques rues d’ici, je partage une maison avec des amis. D’où que l’on puisse venir, Al-Chen est une ville formidable et accueillante. Qu’avez-vous visité déjà, avec Oturo ? Il faut absolument que je te montre le Dôme, et la place des Arts – oh, et puis le grand colombier ! Je connais aussi cinq ou six tavernes où il est possible de s’encanailler, une forge où tu trouves toujours ce qui t’intéresse, un parc idéal pour les petites siestes…

Le jeune homme sourit, notant dans un coin de sa tête le programme que concoctait Lou. Il aimait bien Oturo, mais la découverte d'Al-Chen promettait d'être bien plus intéressante en compagnie de la jeune marchombre.


***


Une fois le dessert englouti et la note réglée par un Oturo implacable, les trois compères saluèrent Rant et quittèrent la douce chaleur de l'Evaline. Sous l'influence du soleil de midi, le froid mordant avait laissé la place à une légère fraîcheur hivernale. La placette était toujours bondée, et Oturo se dirigea d'un pas tranquille vers une rue un peu plus calme, suivi par Lou et Daos. Il s'arrêta devant une petite fontaine et se tourna vers Daos, la main tendue et le sourire aux lèvres.


- Nous nous reverrons bientôt.

Les deux hommes échangèrent une longue poignée de main. Ses yeux verts plantés dans ceux de Daos, le marchombre ouvrit sa bouche à demi, amorçant un début de parole. Il se ravisa. Le soleil brillait, Lou allait faire découvrir au jeune homme les merveilles d'Al-Chen, puis il se rendrait à l'Académie afin de faire un pas de plus sur la Voie des marchombres. Oturo se promit de s'administrer plus tard un coup sec sur le crâne. Il n'avait pas à gâcher la journée de son ami. Qu'aurait-il pu lui dire ? « Pardonne-moi, Daos, mais mon rôle s'arrête là. Je sais quelle question tu n'as pas osé me poser depuis le début : pourquoi n'ai-je pas choisi de te guider ? Tout simplement par-ce que j'en suis incapable. » A l'évocation de ces pensées, son regard se peignit de tristesse. « J'en suis incapable : je l'ai déjà prouvé par le passé. » songea-t-il douloureusement.

Il reprit presque immédiatement son air habituel, jovial et tranquille. Une facette.


- Lou, j’ai été ravi de te revoir.
- Plaisir partagé, grand chef ! 


Il adressa un sourire à Lou. Son regard revint se poser un instant sur Daos. Puis le marchombre disparût. Son pas léger le plaça derrière un gros marchand accompagné de sa femme, maigre et les traits tirés. Fidèle à sa promesse intérieure, il se frappa le sommet du crâne de la main droite, s'attirant le regard étonné d'un détachement de gardes qui patrouillait. Il accorda un dernier coup d'oeil à ses amis, qui le cherchaient du regard, avant de se glisser dans une ruelle, hors de la foule. Ombre parmi les ombres.

- Les Marchombres se ressemblent tout en restant uniques, murmura Lou. Oturo fait partie des plus grands.

Sans plus attendre, elle s'exclama :

- Suis-moi !

Puis lui saisit le poignet, s'élançant vers la grand-rue. Il la suivit avec un grand sourire.


***


La place des Arts était énorme. Entourée par de petits bâtiments en bois et en pierres, pour la plupart des tavernes, elle formait un vaste cercle rempli à ras-bord de badauds et artistes. Tournant la tête dans tous les sens, Daos voguait de surprise en surprise. Ici, danseurs et acrobates rivalisaient d'adresse, là, peintres et dessinateurs couchaient sur toile leur vision de la beauté du monde.

- Regarde ça !

Lou avait attrapé l'épaule du jeune homme et lui montrait un carré délimité par des cordes. Au centre, une langue de flamme avait jailli, mélange subtil d'orange et de jaune, allant presque roussir les poils des moustaches des hommes les plus proches. Le feu se sépara en deux arc-de-cercles qui s'évanouirent progressivement, révélant en leur centre la petite silhouette du cracheur de feu, vêtu d'un complexe assemblage de tissus colorés.

Après une vie passée dans un petit village, où l'arrivée d'une caravane d'Itinérants représentait un immense chambardement, Daos était émerveillé par les richesses de cette place. Regrettant de ne pas être né avec une dizaine d'yeux supplémentaires, il suivait la marchombre. Ses longs cheveux blonds volant derrière elle tandis qu'elle se glissait avec grâce entre les passants, elle ne semblait pas être consciente du nombre de gens qui se retournaient sur son passage, captivés par cette jeune femme rayonnante. Elle s'arrêta face à un atelier de ferronnerie.


- Incroyable, laissa-t-elle échapper dans un murmure.

Daos observa l'homme. Il tenait une longue pièce d'acier entre ses pinces. L'artisan était, le jeune homme le reconnaissait volontiers, infiniment plus habile que Waldan. Son marteau s'abattait avec précision à l'endroit exact qu'il souhaitait frapper. Sa maîtrise était impressionnante. Ses gestes, vifs et précis, donnèrent une forme anguleuse à l'objet en quelques minutes seulement.


- Un ornement pour une porte, commenta Daos.

Le forgeron sembla avoir entendu, puisqu'il émit un grognement approbateur, sans quitter son ouvrage des yeux. Le jeune homme eut un sourire. Il n'était pas un forgeron dans tout l'empire qui interrompait volontiers son travail pour répondre aux questions des spectateurs. Outil, arme, bijou... L'ouvrage passait avant les bonnes manières, et ni Waldan ni Daos ne faisaient exception à la règle. Tous deux allaient même jusqu'à refuser la présence de quiconque dans la forge lorsqu'ils travaillaient, au village. Le souvenir de son père fit également remonter celui de sa mère. Cela faisait maintenant une semaine qu'il les avait quittés, et il n'avait jamais été aussi loin d'eux, ni aussi longtemps éloigné du village. Il les chassa de sa tête. L'heure n'était pas à la mélancolie !

- Mon père est forgeron, dit-il à la marchombre sans cesser d'admirer le travail de l'artisan. Il m'en a beaucoup appris sur ce domaine. Cet angle est une partie relativement facile à former. Comparée au reste, ajouta-t-il en souriant lorsque le forgeron souffla d'un air réprobateur. Le plus dur est le cercle et les formes qui en découlent : ellipse, arc-de-cercle... C'est très difficile de former une courbe régulière.

Il sortit son poignard, décrocha son bracelet et les présenta à Lou. La jeune femme les observa d'un œil intéressé.

- Mon père me les a forgés tous les deux. Il est loin d'avoir autant de talent que monsieur ici présent, mais tout le monde s'accorde à dire que son travail sur ces deux pièces est excellent, expliqua Daos.

L'artisan plongea le morceau d'acier dans l'eau, et en profita pour jeter un rapide et expert coup d'oeil aux deux objets.


- Correct, grommela-t-il avant de replacer la pièce sur l'enclume.

Il reprit son travail, indifférent au pouffement de rire des deux compères. Le jeune homme se détourna de la chaleur étouffante de la forge, appréciant la fraîcheur de l'hiver sur son visage. Lorsque Lou le rejoignit, il se tourna vers elle, désignant les danseurs :

- Difficile de ne pas songer à l'Harmonie et la Liberté en les observant, déclara-t-il en souriant. Tu sais danser, Lou ?

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Dernière édition par Daos Loner le Mer 01 Fév 2017, 02:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Mar 31 Jan 2017, 07:06

[Gnaaah, désolée, je me suis endormie sans avoir eu le temps de poster hier >> Tu m'fais signe si quelque chose ne te convient pas, ok ?  Wink]



- Un ornement pour une porte.

Lou plissa les yeux en une grimace amusante. Ça ? Un bout de porte ? Elle pencha la tête sur le côté pour tenter de visualiser l’ensemble mais déjà Daos enchaînait.

- Mon père est forgeron. Il m’en a beaucoup appris sur ce domaine. Cet angle est une partie relativement facile à former. Comparée au reste…
- C’est-à-dire ?
- Le plus dur est le cercle et les formes qui en découlent : ellipse, arc-de-cercle… C’est très difficile de former une courbe régulière.


Ce n’était pas de l’orgueil qui animait la voix de Daos mais la passion ; Lou la sentit très nettement vibrer en lui, en accord parfait avec chaque coup de marteau de l’artisan en face d’eux ; c’était un art qu’il maîtrisait et respectait. Elle sourit, parce qu’il lui rappelait un élève de son ancien monde, un jeune garçon qui avait trouvé sa vocation dans l’ébénisterie et qui avait su, en quelques mots, lui transmettre sa passion.

Daos lui tendit deux créations de son père, un poignard au manche délicatement ouvragé et un bracelet de cuir. La boucle de ce dernier était formée de subtils entrelacs qui donnaient à la pièce l’apparence d’une feuille ; impressionnée, Lou passa doucement son pouce sur le métal qui scintillait au soleil, avant de le rendre à son propriétaire.

Le forgeron les qualifia de « correct » et Lou s’étrangla : correct ? D’aussi beaux objets ? Daos surprit son expression outrée et commença à glousser, aussitôt imité par la marchombre. Ils se détournèrent pour observer les danseurs qui, depuis quelques minutes, accaparaient toute l’attention. Ils se déplaçaient aussi légèrement que s’ils avaient une paire d’ailes dans le dos. Tout en eux était souplesse, fluidité, puissance et grâce mêlées.

Harmonie et liberté, ajouta Daos. Elle l’observa du coin de l’œil. Devinait-il que ces mots-là étaient intimement liés à la formation qu’il était sur le point d’entreprendre ? Que le voyage d’un Marchombre était similaire à une danse, un tourbillon de vertige et de passion ? Elle s’obligea à ne rien lui dire, à le laisser découvrir… La Voie était une pirouette vive, un élan formidable, un souffle de vie qui allait l’entraîner dans son audacieux sillage.

- Tu sais danser, Lou ?

Elle porta machinalement la main à son pendentif et caresser l’anneau d’argent du bout des doigts, pensive. La danse était un carrefour de rencontres. Les complicités se faisaient et se défaisaient au gré des pas, une amitié pouvait se nouer dans l’improvisation d’une figure…

- Quand j’étais petite, j’ai fait de la danse classique. J’aimais beaucoup, mais mon professeur était quelqu’un de… bon, c’était une vieille dame toute fripée et d’une humeur de chien ! Elle m’horripilait avec ses claquements de langue agacés et ses remarques blessantes. Pourtant, quand une maladie l’a emportée, j’ai pleuré. J’avais cinq ans.

Elle s’arrêta pour observer une jeune fille virevolter dans un ballet de rubans colorés. Ils s’enroulaient autour d’elle, non pas comme des serpents mais à la manière de l’eau joueuse et tumultueuse d’une rivière.

- Et puis un nouvel enseignant est arrivé. Il était encore plus vieux que la vieille dame toute fripée mais lui, il était gentil. Vraiment gentil. Un jour, comme j’étais à court d’idées pour présenter quelque chose lors d’un petit spectacle, il s’est approché de moi et il m’a dit « Lou, écoute. La danse, c’est un joli poème que tu dois écrire avec les battements de ton cœur, la fougue de ton sang et le feu de ton âme ».

Un ruban violine s’envola, tourbillonna dans un souffle de vent hivernal, passa au-dessus d’eux ; Lou leva un bras et le laissa s’enrouler autour de sa main. Lorsqu’elle baissa les yeux, ce fut pour croiser, là-bas, le regard de la danseuse. Instant suspendu dans le temps, petite seconde de partage qui s’évanouit en une seconde. Une nouvelle danse débuta, Lou s’amusa à nouer le ruban autour de ses cheveux, en un chignon champignon qui donna lieu à un nouveau fou rire.

Ils flânèrent un moment sur la placette, leurs regards sans cesse attirés par une couleur, un mouvement, une création de la plus simple à la plus improbable… Ensuite, Lou entraîna Daos dans un marché pittoresque, où les gens se bousculaient pour trois radis tant ils étaient délicieux. Elle acheta les herbes pour Seiven, ajouta quelques épices exotiques pour se faire pardonner son retard et se laissa tenter par les pommes d’un marchand qui déploya des efforts considérables pour attirer son attention.

Il était adorable, aussi Lou lui adressa-t-elle un clin d’œil en bouclant sa besace sur ses achats, une pomme coincée entre les dents et une autre dans la main pour Daos. Son soupirant observa celui-ci avec un air tellement dépité que Lou éclata de rire. Il pensait qu’ils étaient ensemble ! Les hommes…

Elle était en train de croquer dans sa pomme quand soudain, son bras jaillit. De l’immobilité relative à la vitesse pure. Son mouvement fit sursauter l’enfant qu’elle avait attrapé par le col de sa tunique. D’un geste ferme mais dénué de toute violence, elle le ramena vers elle.

- Pas assez rapide, dit-elle en récupérant la bourse qu’il venait de lui subtiliser.

Trois pièces volèrent toutefois vers le garçon. Surpris mais pas idiot, il les attrapa au vol avant de filer sans demander son reste. Lou le suivit des yeux jusqu’à ce qu’il ait disparu parmi la foule.

- Al-Chen est une ville formidable et, comme toutes les villes, elle connait son lot de misère… Les enfants qui vivent dans ses rues ne sont pas plus malheureux qu’ailleurs et ils survivent de la même façon : en donnant tout ce qu’ils ont.

Le jour commençait à décliner lorsqu’ils s’arrêtèrent devant le Dôme. Bâtisse vertigineuse, elle se dressait bien au-dessus des maisons sans toutefois les écraser de sa puissance architecturale, grâce à une multitude de passerelles qui se croisaient et s’entrecroisaient dans les airs, joignant les tours voisines. L’immense dôme auquel elle devait son nom formait une coupole irisée et changeante en fonction de la lumière qui affleurait la courbe de son verre.

- Pas mal, hein ? Attends un peu de découvrir Al-Jeit et son Académie de Dessinateurs… Je préfère le Dôme. Plus petit mais plus joli.

Et l’extérieur valait l’intérieur : elle y avait passé suffisamment de temps, au moment d’être testée par un certain nombre d’analystes et de Dessinateurs, pour pouvoir l’affirmer.

- Daos ? Qu’est-ce que tu veux faire à présent ?

La question était simple, les réponses infinies ; la ville recelait encore tellement d’endroits à découvrir qu’une semaine entière n’assouvirait pas la soif du plus curieux des curieux. Ils avaient encore le temps de traverser le jardin du Dôme, de manger un morceau en ville, de regarder le soleil se coucher sur la ville, de discuter sur tout et rire pour trois fois rien…

S’il souhaitait s’en aller, elle ne le retiendrait pas. Il avait son chemin à trouver et elle, des amis à rejoindre. S’il ne savait pas où loger, elle lui proposerait de l’accompagner. La balle était dans son camp ! Tout sourire, Lou détacha le ruban de ses cheveux et exécuta quelques pas aériens – bien loin de ceux réalisés par la danseuse, mais suffisamment bons pour lui tirer une exclamation de joie :

- Eh oui, je n’ai pas tout oublié !

Elle fit quelques gestes qui n’étaient pas sans rappeler le twist et éclata de rire devant la mine éberluée d’un couple âgé qui la dépassa. Elle oubliait parfois qu’ici, certaines choses de son monde n’existaient pas…

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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Mer 01 Fév 2017, 21:29

*De la danse classique ?*, répéta intérieurement le jeune homme. Bon, après tout, Lou avait dit venir de loin, ce devait être un style de danse connu par chez elle.

- Et puis un nouvel enseignant est arrivé. Il était encore plus vieux que la vieille dame toute fripée mais lui, il était gentil. Vraiment gentil. Un jour, comme j’étais à court d’idées pour présenter quelque chose lors d’un petit spectacle, il s’est approché de moi et il m’a dit « Lou, écoute. La danse, c’est un joli poème que tu dois écrire avec les battements de ton cœur, la fougue de ton sang et le feu de ton âme ». 

*De très jolies paroles*, songea Daos. Il suivit le regard de Lou vers une jeune danseuse, tourbillonnant au milieu d'une multitude de rubans colorés. La marchombre leva son bras, et un ruban s'enroula autour. Elle s'en servit pour nouer ses cheveux en un chignon, provoquant leur hilarité.

Ils continuèrent à se promener quelques temps sur la Place des Arts, s'arrêtant à plusieurs étals. Potiers, peintres, encore d'autres forgerons, des joailliers, des lutteurs, toujours plus d'acrobates et de danseurs... Ils n'avaient même pas eu le temps de faire le tour de toutes les merveilles dont recelait la place, lorsque Lou entraîna le jeune homme vers un petit marché.

L'endroit était bien plus petit que la Place des Arts, mais semblait encore plus bondé. Le fait qu'il s'étende dans une rue devait jouer, l'espace où la foule pouvait circuler étant plutôt étroit. La jeune femme acheta des herbes et des épices,
pour Seiven dit-elle à Daos, avant de lui parler de ses trois colocataires. Elle lui offrit une des deux pommes qu'elle venait d'acheter. Il la remercia, et croqua dans le fruit : acidulé à souhaits, un régal !

- Pas assez rapide.

Daos se tourna vers Lou, haussant un sourcil, un énorme morceau de pomme dans la bouche. La marchombre tenait un petit garçon par le col de sa tunique. Ses cheveux sales et emmêlés n'étaient pas assez longs pour dissimuler la frayeur qui se lisait dans ses grands yeux bleus. Il saisit au vol les trois pièces que lui jeta Lou après avoir récupéré la bourse qu'il venait de lui voler, et disparut dans la foule. La jeune femme fixa la direction vers laquelle le garçon avait disparu, déclarant :

- Al-Chen est une ville formidable et, comme toutes les villes, elle connait son lot de misère… Les enfants qui vivent dans ses rues ne sont pas plus malheureux qu’ailleurs et ils survivent de la même façon : en donnant tout ce qu’ils ont.

Daos acquiesça en silence. Il ne pouvait qu'imaginer la vie de ces pauvres enfants.

C'est quelque chose qui ne se retrouve pas dans les petits villages comme le mien. Là-bas, tout le monde s'entraide. Pas de pauvreté, pas de vol, pas de misère...

Ce n'était définitivement pas l'un des aspects de la ville qu'il appréciait de découvrir. Heureusement, la jeune femme l'entraîna vers une autre des merveilles d'Al-Jeit : le Dôme. Le haut de bâtiment de pierre dépassait de peu ses voisins, mais ressortait clairement du lot par sa beauté. Surmonté d'un immense dôme dont le verre scintillait d'orange à la lueur du soleil couchant, à coup sûr ayant donné son nom à l'édifice, il disposait d'un complexe enchevêtrement de ponts, de passerelles parfois liées entre elles, mais aussi s'étirant jusqu'aux bâtiments voisins.

- Pas mal, hein ? Attends un peu de découvrir Al-Jeit et son Académie de Dessinateurs… Je préfère le Dôme. Plus petit mais plus joli.
- Joli, oui, c'est le mot. Al-Jeit est-elle plus grande qu'Al-Chen ?


Lou acquiesça d'un signe de tête, et poursuivit :

- Daos ? Qu’est-ce que tu veux faire à présent ?

Il se tourna vers elle. La marchombre exécuta quelques gracieux pas de danse, son ruban voletant désormais dans sa main.

- Eh oui, je n’ai pas tout oublié, s'exclama-t-elle !

Elle éclata de rire devant le regard étonné que lui jeta un couple âge qui passait par là. Daos eut un large sourire en l'observant. La jeune femme était encore plus imprévisible et exubérante qu'une fillette de six ans, mais il était impossible de douter de sa maturité et de sa complexité. Il désigna du menton une ouverture dans le Dôme, par laquelle on pouvait apercevoir le feuillage touffu d'un arbre.

- C'est un jardin?

Lou confirma, et emboîta le pas au jeune homme qui se dirigeait vers la source de sa curiosité. Ils débouchèrent dans une large cour intérieure, carrée, encadrée par un cloître aux piliers du même verre que le sommet du Dôme. Le jardin était superbement bien entretenu, seules quelques branches impétueuses allant caresser les murs. La zone était découpée en quatre, avec en son centre une petite fontaine de pierre blanche, ornée d'une magnifique fleur en or dont le pistil laissait passer un jeu d'eau claire.

Chaque carré de la cour était chargé d'une myriade de plantes différentes, agencées par couleurs dans de complexes entrelacs qui devaient révéler des formes visibles depuis les étages supérieurs. Certaines étaient en métal, d'autres en cristal, sans doute des produits des Dessinateurs. Ils marchèrent en silence au milieu du jardin, appréciant le calme qui s'en dégageait. Les derniers rayons du soleil se reflétaient dans le verre du toit, atteignant l'un des carrés du jardin, faisant briller les quelques fleurs en cristal qu'il contenait. Fixant l'une de ces fleurs scintillantes, Daos murmura :

- Lou ?
- Hmm ?
répondit distraitement la jeune femme.
- Lorsque... Lorsque j'ai demandé à Oturo s'il avait déjà formé quelqu'un, il...

Le jeune homme hésita. Chercha ses mots.

- Il m'a simplement répondu « oui », mais... J'ai clairement senti que c'était un souvenir douloureux pour lui. Je n'ai pas insisté.

Il tourna son regard vers la marchombre, et la regarda dans les yeux.

- Tu sais ce qui s'est passé ?


[Bon, réponse un peu courte, désolé. Pour la réponse de Lou à propos d'Oturo, si tu veux lui faire révéler ce qu'elle sait, j'ai déjà la bio d'Oturo en tête, donc il te suffit de me demander pour que je te fournisse quelques grandes lignes]

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Lou Ril'Fairy
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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Jeu 02 Fév 2017, 09:53

- C’est un jardin ?

Pour toute réponse, Lou sourit et poussa le petit portillon de bois pour laisser passer le jeune homme. Elle se glissa à sa suite. Si le Dôme était fermé aux visiteurs pour des raisons évidentes, le jardin, lui, était ouvert à celles et ceux qui souhaitaient profiter d’un lieu calme, écrin de sérénité dans une ville pour le moins mouvementée.

La cour sur laquelle ils débouchèrent était véritablement belle. Parée d’une multitude de plantes, de fleurs colorées, elle offrait un autre aspect de l’architecture du Dôme, avec ses colonnes torsadées et sa fontaine, délicate et puissante toute à la fois, qui trônait en son centre. Cet endroit frôlait l’irréel, surtout à cet instant du jour, alors que les rayons orangés du couchant caressaient le verre du bâtiment, l’enflammant littéralement.

Lou ferma les yeux et inspira profondément : du chèvrefeuille. Parfum-souvenir qui serre le cœur et éveille les sens. Il y avait longtemps qu’elle n’était pas venue se promener ici, réalisa-t-elle alors.

- Lou ?
- Hmm ?
- Lorsque… Lorsque j’ai demandé à Oturo s’il avait déjà formé quelqu’un, il… Il m’a simplement répondu « oui », mais… J’ai clairement senti que c’était un souvenir douloureux pour lui. Je n’ai pas insisté.


Lou ouvrit doucement les yeux.
Croisa le regard de Daos.

- Tu sais ce qui s’est passé ?
- Oui.


Elle savait. Un instant, elle envisagea de ne pas répondre autrement à cette question pourtant emplie d’une curiosité normale : Oturo était le premier marchombre qu’avait rencontré Daos. Lou tergiversa ; s’ouvrir, c’était offrir sa confiance. Pouvait-elle avoir confiance en Daos ? Elle pencha la tête sur le côté. Observa ses traits délicats, le léger froncement de ses sourcils dans l’attente d’une réponse qu’il devinait difficile, revint dans ses yeux.
Et pris sa décision.


*


- Ce n’est pas à moi de te raconter cette histoire, Daos.

Lou s’assit sur le large rebord de pierre de la fontaine. En tailleur, comme à son habitude. Elle repoussa ses longs cheveux dans son dos.

- Mais je suppose que je peux te répondre sans trahir Oturo. Je t’ai dit que c’était un homme d’exception : c’est vrai. Ce n’est pas un bête compliment. Les Marchombres n’en sont pas friands. Et son élève… elle était aussi exceptionnelle que lui.

Eris…

- Elle n’a jamais achevé sa formation. Il n’a jamais achevé son deuil.

De nouveau, Lou agrippa son anneau sans s’en rendre compte. Elle laissa son regard vaguer sur les plantes qui les entouraient, puis leva la tête et chercha le regard de Daos.

- Ne lui en veut pas de rester silencieux. Mais, si tu cherches à en savoir davantage, c’est vers lui que tu devras te tourner.

La nuit s’installait, fraîche ; la marchombre frissonna.
Elle n’ajouta rien.

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Daos Loner
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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Mer 08 Fév 2017, 01:30

- Ce n’est pas à moi de te raconter cette histoire, Daos.

La jeune femme s'approcha de la fontaine, et s'assit en tailleur sur son rebord. Elle fixa le jardin, sur sa droite, en poursuivant :

- Mais je suppose que je peux te répondre sans trahir Oturo. Je t’ai dit que c’était un homme d’exception : c’est vrai. Ce n’est pas un bête compliment. Les Marchombres n’en sont pas friands. Et son élève… elle était aussi exceptionnelle que lui. 

Elle marqua une pause, comme plongée dans ses pensée. Daos sentit un frisson lui parcourir la colonne vertébrale. Il avait noté le temps qu'avait employé la marchombre pour évoquer l'apprentie d'Oturo.

- Elle n’a jamais achevé sa formation. Il n’a jamais achevé son deuil.

Le jeune homme tourna la tête vers le côté, se pinçant les lèvres et clignant des paupières pour lutter contre ses yeux qui s'embuaient. Pas étonnant qu'Oturo n'avait pas voulu s'étendre sur le sujet. *J'ai bien fait de ne pas insister*, songea-t-il tristement.

- Ne lui en veut pas de rester silencieux. Mais, si tu cherches à en savoir davantage, c’est vers lui que tu devras te tourner. 

Il inspira longuement, avant de regarder en direction de Lou. Leurs  regards se croisèrent. Les yeux verts de la marchombre semblaient avoir perdu l'éclat qu'ils avaient affiché depuis que Daos l'avait rencontrée ce matin. Sans doute vaudrait-il mieux qu'il refrène un peu sa curiosité, à l'avenir.

- C'est un souvenir qui lui appartient, même s'il est douloureux. Surtout s'il est doulourex, se corrigea-t-il.

Le jeune homme baissa les yeux vers le sol.

- J'en resterai là.

Il leva les yeux vers Lou, et vit son air grave. Approbateur. La jeune femme restait silencieuse. Les minutes s'écoulèrent dans le calme de la nuit tombante, les dernières lueurs du soleil ayant depuis longtemps quitté le jardin pour se contenter de ne parer que le Dôme d'une couleur orangée.

Un gargouillis vint briser le silence paisible, aussi inattendu qu'incongru. Daos ne put retenir un pouffement de rire, surpris par son propre estomac.


- Pour ma défense, je commence à avoir faim, s'excusa-t-il avec un sourire timide.

***

Comme promis, Lou lui avait fait découvrir l'une des "cinq ou six tavernes où il est possible de s'encanailler". L'établissement "La Choppe Argentée" était à des milliers de lieues de ressembler à L'Evaline. Là où Rant était un tenancier débonnaire et bienveillant, Kern était un petit homme aux épais sourcils froncés, fixant sa clientèle d'un air sévère et vigilant. Là où L'Evaline n'était que confort et tranquillité, La Choppe Argentée était bruyante et animée, sa grande salle aux tables rondes noyée sous le brouhaha des clients. Malgré tout, le tavernier tenait sa clientèle d'une main de maître. "Personne n'ose faire du grabuge devant Kern, il jetterait dehors les fauteurs de trouble, avec en prime un grand coup de pieds aux fesses" lui avait assuré Lou. Elle lui avait également expliqué que le petit homme était connu dans tout Al-Chen pour sa redoutable mémoire qui lui permettait, encore aujourd'hui, de refuser de servir des ivrognes qu'il avait exclu des années auparavant.

Ils s'installèrent à une petite table presque au centre de la pièce, et commandèrent leur repas avec des boissons. Daos regardait autour de lui avec un petit sourire. L'ambiance lui rappelait celle de la taverne de son village. On ne pouvait douter du fait que beaucoup des clients étaient imbibés d'alcool, mais pourtant personne ne semblait vouloir chercher les ennuis. Plaisanteries grivoises et anecdotes saugrenues étaient narrées à grande voix au milieu des rires et des bruits de choppes.


- Lou ?

La jeune femme tourna la tête vers lui en mâchonnant un morceau de son pain.

- Est-ce que tu enseignes, toi aussi ?


[J'en ai mis du temps, désolé]

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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Jeu 09 Fév 2017, 17:50

[Bon, je me suis un peu laissée aller ! Si quelque chose te ne vas pas, fais-moi signe Razz]


Lou éclata d’un rire joyeux. Non, devenir Marchombre ne signifiait pas devenir immortel, loin de là, mais… Mais c’était s’affranchir de certaines règles qui limitaient sans doute les gens qui ne foulaient pas la Voie. Des gens ordinaires. Des gens comme ceux-là, qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez et qui, par une seule rebuffade, croyaient pouvoir s’en tirer honorablement.

Elle courut en ligne droite et, au dernier moment, bondit si haut que les silhouettes se figèrent, surprises. Marchombre c’était s’envoler sans avoir besoin d’ailes. C’était se réceptionner plus souplement qu’un chat, pivoter plus vivement qu’un souffle de vent, attaquer plus rapidement qu’un serpent. Esquiver une tentative qui paraissait lente et grotesque, se couler le long d’un bras, jouer du coude, puis du poing, puis du plat de la main pour faire tomber un adversaire trois fois plus grand et plus costaud.

Lui voler, en une fraction de secondes, toute chance de pouvoir combattre encore.


*


La porte de la Choppe Argentée ne s’était pas refermée dans leur dos qu’un homme se planta devant Lou et Daos. Il était petit et sec, avec un air renfrogné qui lui fronçait les sourcils et donnait l’impression d’avoir commis une erreur – pourtant Lou sourit de toutes ses dents :

- Salut Kern ! Il te reste de la place ou bien je dois aller voir ailleurs ?
- Tu vas voir ailleurs trop souvent, infidèle que tu es,
grincha le tenancier avec un regard lumineux qui démentait son ton brusque et ses paroles rudes. Content de te revoir, la belle. C’est qui lui ?
- Un ami.
- Grumpf…


Kern était plus petit que Daos et moins jeune, mais il toisa ce dernier avec circonspection et sans une once de peur ; il jaugeait le jeune homme. Lou se mordit la lèvre pour réprimer un rire amusé et, dans le même temps, croisa les doigts dans son dos. Si jamais Kern décidait de le mettre à la porte, Daos ne pourrait jamais lutter ! Elle l’avait prévenu à ce sujet… mais Kern hocha la tête et désigna une table de pouce. Ils s’y installèrent.

La Choppe Argentée était remplie et animée. Une flambée réchauffait la pièce et offrait une lumière qui était relayée par les bougies placées dans de petits photophores colorés, sur les tables, et quelques chandeliers sur les murs de pierre ; la décoration simple, alliée à un mobilier rustique, conférait au lieu un aspect confortable et chaleureux. Lou s’assit en tailleur sur sa chaise et s’étira. Autour d’eux, les conversations allaient bon train. Elle aimait cet endroit : il était vivant et agréable.

Tout aussi affamée que Daos, Lou commanda un potage aux légumes de saison et un pain d’herbes. Elle était en train d’en grignoter un morceau lorsque son compagnon l’interpela. Il était resté plus silencieux qu’au cours de la journée jusqu’ici, méditant sans doute les paroles lourdes de sens et de conséquences qu’elle avait prononcées dans le jardin du Dôme.

- Lou ? Est-ce que tu enseignes, toi aussi ?

Elle le regarda mais ne répondit pas immédiatement. Cette question, une fois encore, n’appelait pas une réponse évidente de sa part. Si elle enseignait ? Depuis toujours, souffla son cœur. Depuis douze ans, ajouta sa raison, qui n’oubliait jamais les deux années de remplacement effectuées pendant ses études. Sauf que Daos, lui, évoquait la Voie des Marchombres.

- Ben, pas encore.

Elle se rendit compte de ce que impliquait cette réponse, et sourit.

- J’aurais été honorée de te former, tu sais ! Rien ne m’aurait fait plus plaisir – mais je pars demain à l’aube pour une mission dans le sud de l’Empire. A mon retour, je prendrai sans doute un élève sous mon aile… J’ai toujours voulu transmettre mes connaissances. Offrir mon savoir à quelqu’un qui, à son tour, offrira le sien à une autre personne. Ainsi vivent les Marchombres, Daos : la Voie est faite de maîtres et d’élèves qui se rencontrent, partagent quelque chose et se succèdent pour s’en aller au-devant d’autres rencontres…

Lou passa une main dans ses cheveux et repoussa la mèche qui retombait devant ses yeux verts.

- Tu t’apprêtes à vivre les trois années les plus dures et les plus belles de ta vie. Si je peux te conseiller une chose, une seule chose, c’est de profiter de chaque seconde de cette formation. Trois ans, c’est rien !

Son air perplexe lui tira un petit rire : à l’aube de ce nouveau départ, Daos ignorait encore tout de l’incroyable malléabilité du temps. Il allait très vite cesser de compter les pompes, les séances de renforcement musculaire, les heures passées à courir, à sauter, à ramper, les coups reçus, les bleus qui fleurissent, les entorses, les petits moments de plaisir après une journée et une nuit de souffrance et d’effort… Et puis, un jour, son maître lui dirait adieu. C’est à ce moment-là que Daos réaliserait à quel point trois ans passent vite. Un grain de sable sur le chemin qu’il avait choisi d’emprunter…


*


- Nos routes vont bientôt se séparer, mais avant, j’aimerais te montrer une dernière chose… Tu viens ?

Ils étaient dehors, dans la nuit fraîche qui formait un petit nuage de condensation devant leurs lèvres. Parce qu’elle avait agi ainsi toute la journée, Lou attrapa la main de Daos et l’entraîna à sa suite. Il y avait tellement de choses à voir dans une ville aussi grande qu’Al-Chen, tellement d’endroits à découvrir qu’une poignée d’heures ne suffisait qu’à avoir une vue d’ensemble… Il restait un incontournable.

La nuit allait bien à Lou. Ses cheveux blonds semblaient briller sous l’éclat opalin et malicieux de la lune, pourtant elle se fondait dans les ombres comme dans du velours, sans aucun bruit. Elle aurait pu disparaître cent fois sans crier gare. Elle n’en fit rien. Ses doigts mêlés à ceux de Daos, elle s’éloigna du centre animé de la cité pour gagner les quartiers plus calmes.

Un calme facile à troubler. Lou perçut le danger bien avant que les silhouettes ne se découpent au bout de la ruelle qu’ils étaient en train de remonter tranquillement. Elle laissa échapper un petit claquement de langue désappointé tandis que d’autres silhouettes se glissaient derrière eux, leur coupant toute retraite. Et zut ! Elle allait devoir faire avec ce contretemps qui n’était pas prévu…

- Le problème des grandes villes, c’est qu’on y croise pas mal d’individus peu intelligents, dit-elle en s’arrêtant. Des gens qui pensent avec leurs muscles et qui partagent malheureusement un neurone à plusieurs.

Elle jeta un regard circulaire, observa la configuration des lieux, dénombra les six hommes, perçut le cliquetis de leurs armes – cinq secondes, six tout au plus. Sa main quitta celle de Daos. Lou se plaça face à lui et le poussa doucement, jusqu’à ce que son dos touche le mur d’une maison silencieuse, et le regarda dans les yeux.

- Attends-moi là, j’en ai pour une minute.

Elle ne lui laissa pas l’opportunité de la retenir ou de protester : elle s’était déjà coulée dans l’ombre, insaisissable, malicieuse. Contretemps imprévu mais qui ne lui déplaisait pas puisqu’il épiçait une journée déjà bien remplie.

Lou éclata d’un rire joyeux. Non, devenir Marchombre ne signifiait pas devenir immortel, loin de là, mais… Mais c’était s’affranchir de certaines règles qui limitaient sans doute les gens qui ne foulaient pas la Voie. Des gens ordinaires. Des gens comme ceux-là, qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez et qui, par une seule rebuffade, croyaient pouvoir s’en tirer honorablement.

Elle courut en ligne droite et, au dernier moment, bondit si haut que le les silhouettes se figèrent, surprises. Marchombre c’était s’envoler sans avoir besoin d’ailes. C’était se réceptionner plus souplement qu’un chat, pivoter plus vivement qu’un souffle de vent, attaquer plus rapidement qu’un serpent. Esquiver une tentative qui paraissait lente et grotesque, se couler le long d’un bras, jouer du coude, puis du poing, puis du plat de la main pour faire tomber un adversaire trois fois plus grand et plus costaud.

Lui voler, en une fraction de secondes, toute chance de pouvoir combattre encore. Dix secondes. Un deuxième homme s’effondra, assommé par un coup de genou dans les dents. Le troisième fit décrire un grand arc de cercle à sa lame, qui accrocha un reflet de lune au passage, mais qui n’avait pas l’ombre d’une chance d’effleurer seulement Lou. Elle lui saisit le poignet, pivota, désarma une main désormais incapable d’exercer la moindre pression sur quoique ce soit, se baissa, faucha les jambes de l’homme et l’assomma à son tour. Trente secondes.

Allez ma vieille, tu peux le faire ! Lou ferma les yeux. Lorsqu’elle les rouvrit, une seconde plus tard, elle se trouvait à l’autre bout de la ruelle, qu’un minuscule pas sur le côté lui avait fait traversé le temps d’un battement de paupières. Elle profita de la surprise du quatrième tranche-bourse pour le plonger dans l’inconscience et décocha un coup de talon au cinquième, qui le propulsa en arrière et le laissa à terre. Quarante-cinq secondes.

Le dernier homme, estimant qu’il ferait mieux de laisser tomber, s’élança à toutes jambes dans la ruelle. Son regard tomba sur Daos. Un éclair de génie le traversa. Il bifurqua, sortit sa lame… Lou était derrière lui. Elle prit appui sur une caisse de bois, lança ses pieds contre le mur et bondit. Haut. Très, très haut. Son corps se vrilla dans une courbe qui s’étira à son maximum ; elle atterrit entre Daos et son agresseur, décocha un magnifique sourire à celui-ci… et se colla contre lui. Il tressaillit puis hoqueta de surprise quand elle l’assomma d’un rapide mais puissant atémi.

- Soixante ! s’exclama-t-elle en se tournant vers Daos.

Une minute.
Elle avait tenu parole.

- Wahou, ça fait du bien ! Bon, où en étions-nous, déjà ? Ah oui !

Lou tendit la main. Cette fois, elle attendit que Daos y place la sienne. C’était une invitation peu formelle, mais une invitation toute de même ! Les yeux brillants et les cheveux ébouriffés, Lou regarda le jeune homme.

- On y est presque et je doute que l’on tombe encore sur des types de ce genre…

… alors, tu viens avec moi ?


*


C’était une tour, immense, vertigineuse, qui surplombait la ville et donnait l’impression de pouvoir toucher les nuages du bout des doigts. Une tour au sommet de laquelle Lou conduisit Daos. Une volée de marches en colimaçon avait donné lieu à une ascension rapide et ponctuée de fous rires qui les avait laissés essoufflés à l’arrivée, mais le jeu en valait la chandelle…

Oui. Ça en valait la peine. Lou avait beau venir ici chaque fois qu’elle se trouvait dans les parages, elle avait chaque fois l’impression de se prendre un coup de poing dans l’estomac au moment où elle découvrait, à ses pieds, les lumières d’Al-Chen. Une multitude de petites lumières qui clignotaient comme les étoiles, là-haut, au-dessus de leurs têtes. Une féérie de couleurs, d’enchevêtrement de passerelles, de pont, de tours qui s’élançaient vers le ciel.

Assise au bord du toit, les jambes dans le vide, Lou ferma les yeux et laissa le vent caresser son visage. Elle était bien. C’était une belle journée qui s’achevait comme elle avait débuté. Elle n’avait pas imaginé qu’elle rencontrerait Daos, quand Seiven l’avait tirée du sommeil en l’aspergeant d’eau, mais elle ne regrettait rien. Ni cette plaisanterie de son colocataire, ni ces quelques paroles échangées avec Oturo, pas même cette altercation rapide dans la ruelle. Tout était parfait !

- Alors ? demanda-t-elle sans ouvrir les yeux, curieuse de savoir ce qu’il en était pour Daos. Elle te plaît, cette ville ?

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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Dim 12 Fév 2017, 21:50

- Ben, pas encore. 

La jeune femme eut un sourire, et poursuivit.

- J’aurais été honorée de te former, tu sais ! Rien ne m’aurait fait plus plaisir – mais je pars demain à l’aube pour une mission dans le sud de l’Empire. A mon retour, je prendrai sans doute un élève sous mon aile… J’ai toujours voulu transmettre mes connaissances. Offrir mon savoir à quelqu’un qui, à son tour, offrira le sien à une autre personne. Ainsi vivent les Marchombres, Daos : la Voie est faite de maîtres et d’élèves qui se rencontrent, partagent quelque chose et se succèdent pour s’en aller au-devant d’autres rencontres…
Tu t’apprêtes à vivre les trois années les plus dures et les plus belles de ta vie. Si je peux te conseiller une chose, une seule chose, c’est de profiter de chaque seconde de cette formation. Trois ans, c’est rien !


Cela fit repenser Daos aux paroles prononcées par Oturo. Le marchombre avait refusé de lui dévoiler le contenu de sa formation, mais avait affirmé que ce seraient trois années dont il se souviendrait dans les moindres détails. Que la relation que vivaient maîtres et élèves était aussi belle qu'incomparable. Plus le jeune homme questionnait Lou, plus il comprenait à quel point il avait été maladroit de demander à Oturo s'il déjà eu un élève. *Je ne pouvais pas savoir*, se rasséréna-t-il.

Ils terminèrent leur repas, Daos achevant de se brûler la langue sur ses légumes, avant de quitter la chaleur accueillante de
La Choppe Argentée sous l'oeil attentif de Kern. Le vent froid de la nuit leur souhaita la bienvenue, en même temps que le bruit de la foule qui s'amassait sur la grande avenue. Marchands et hauts dignitaires avaient fait place au bas peuple et aux gardes, les uns en quête de boisson et de nourriture chaude, les autres couvant les rues d'un regard inquisiteur. Le ciel était d'un noir charbonneux, recouvert d'un immense nuage paisiblement poussé vers le sud par le vent. La lune en était cachée, et seules quelques étoiles venaient pointer leur nez par les rares ouvertures cotonneuses du nuage géant, mais trop faibles pour illuminer la ville qu'elles surplombaient.

Les hauts bâtiments de pierre étaient noirs dans l'obscurité. La lumière orangée des torches et des feux dans les tavernes venant projeter sur eux des ombres aux formes dansantes, s'accrochant parfois sur les rutilantes armures des colosses patrouillant dans la ville. Lou répondit d'un simple sourire à un groupe de jeunes fêtards, avant de se tourner vers Daos.


- Nos routes vont bientôt se séparer, mais avant, j’aimerais te montrer une dernière chose… Tu viens ?

Fidèle à l'habitude qu'elle semblait avoir montré depuis qu'ils s'étaient rencontrés ce matin, elle saisit la main du jeune homme pour l'entraîner à sa suite. Les bruits de la foule et des tavernes disparurent au fil de leur marche tranquille, tandis que les avenues s'étrécissant pour se transformer en rues, s'élargissant pour devenir placettes, avant de devenir ruelles.

Lou émit un claquement de langue énervé. Daos cessa d'observer une affichette sur un mur, présentant un spectacle de danse ayant lieu dans deux jours, pour porter son regard sur les silhouettes qui se dressaient en face d'eux. Leur barrant la route. Voyant que Lou regardait derrière eux, il suivit son regard, découvrant trois autres hommes qui leur bloquaient la retraite. La marchombre s'arrêta, déclarant à haute voix :


- Le problème des grandes villes, c’est qu’on y croise pas mal d’individus peu intelligents. Des gens qui pensent avec leurs muscles et qui partagent malheureusement un neurone à plusieurs.

*Heu, ouais, les provoquer c'est peut-être pas une bonne idée ?*
songea Daos. La main de la jeune femme glissa doucement hors de la sienne, pour venir se poser sur sa poitrine. Elle le repoussa lentement sur l'un des côtés de la ruelle, jusqu'à ce que son dos entre en contact avec la pierre froide d'un bâtiment. Les yeux de Lou étaient plantés dans ceux de Daos. D'un vert brillant, dans lequel aucune peur, aucune inquiétude n'était visible. Simplement un calme infini, si contagieux que les battements de cœur du jeune homme cessèrent de s'accélérer, pour se stabiliser à un rythme normal.

- Attends-moi là, j’en ai pour une minute.

C'était une expression, personne ne pouvait vaincre six adversaires en si peu de temps. Mais à la voir se glisser dans l'ombre, à entendre son rire clair, franc et joyeux, il comprit qu'elle n'avait pas menti.

Elle s'élança d'une foulée souple face aux trois premiers agresseurs qu'ils avaient vus. Et sauta. Son corps s'éleva, haut dans les airs, avant de retomber au milieu de ses trois opposants, se réceptionnant dans un mouvement d'une fluidité à peine croyable. Coude, et puis... Poing ? Le second et le troisième coup fusèrent si rapidement que le jeune homme, déjà gêné par l'obscurité, ne put les distinguer. Alors que le premier homme s'effondrait dans un douloureux râle, Lou fut envoyée dans les airs par une formidable impulsion des jambes. Son genou vint violemment heurter la tête du second agresseur qui fut éjecté en arrière. La lame du troisième fut inutile, il se fit désarmer aussi facilement que s'il avait été un enfant. Ses jambes furent balayées sans ménagement, et sa tête envoyée sur le sol par la main de la marchombre. Daos ne put retenir une grimace en entendant le choc sourd du crâne contre la pierre.

La silhouette de Lou n'était plus là. Ce n'était pas possible, elle était là il y a un instant ! Un clignement des yeux et elle avait disparût ? Le jeune homme tourna la tête, cherchant la marchombre à gauche, à droite, sur les murs ? Il se retourna dans un sursaut en entendant le craquement que fit la nuque du quatrième homme.
*Non, cinquième*, se corrigea-t-il en voyant la silhouette déjà étendue aux pieds de la marchombre...

A l'autre bout de la ruelle. A environ vingt mètres de l'endroit où elle avait affronté les trois premiers voleurs.
*Elle a fait un pas sur le côté là, non ?*, se demanda la partie enfouie du cerveau de Daos. *Heu... Ouais* se répondit le jeune homme, *je crois*. Le dernier agresseur sembla enfin comprendre que lui et ses camarades n'avaient pas eu l'ombre d'une chance, et opta pour la fuite. Malheureusement, cette option l'envoyait dans la direction de Daos, et il décida de sortir son poignard afin de s'occuper du jeune homme.

Daos recula de quelques pas, sortant son couteau et adoptant une posture de défense. C'était une tentative vouée à l'échec, il n'avait aucune chance contre un agresseur qui mesurait au bas mot vingt centimètres de plus que lui, et semblait peser cinquante kilogrammes supplémentaires. Mais c'était sans compter sur Lou. Son corps avait décrit une courbe harmonieuse, s'élevant encore plus haut que lors de son premier saut au début du combat. Elle atterrit souplement entre l'homme et Daos. Elle lui asséna un coup sauvage du tranchant de la main juste en-dessous de la mâchoire.

Et la ruelle fut dégagée.

- Soixante, s'exclama Lou, se retournant vers Daos en sautant sur place ! Wahou, ça fait du bien ! Bon, où en étions-nous, déjà ? Ah oui ! On y est presque et je doute que l’on tombe encore sur des types de ce genre… 

Elle tendit la main vers le jeune homme, comme si tout cela n'avait été qu'une banale interruption. Lui avait la bouche entrouverte, les bras le long du corps, contemplant la marchombre avec un mélange d'étonnement et d'admiration. *On est d'accord qu'elle a fait un pas sur le côté donc ?*.

Daos battit des paupières, avant de balbutier :


- Tu... Tu as... Tu as fait un pas sur le côté... Non ? demanda-t-il en haussa un sourcil.

Seuls un sourire radieux et des yeux brillants lui répondirent. Il secoua la tête, comme si cela pouvait chasser ses interrogations. Le jeune homme rengaina son couteau, et plaça sa main dans celle, chaude, de Lou.


- D'accord, je te suis, dit-il avec un grand sourire.

Le rire des deux amis monta haut et fort, illuminant la sombre ruelle dans laquelle six corps se rêveilleraient bien des heures plus tard.

Se demandant qui était ce feu-follet qu'ils avaient tenté d'attaquer.


***


Vu d'en bas, le sommet de la tour semblait être aussi haut que le gros nuage qui venait de passer au-dessus de la ville. Vu du toit, le ciel semblait être toujours aussi loin. Mais sans la multitude de bâtiment qui bloquait la vue dans les rues, sans toutes ces pierres grisâtres obstruant l'horizon, le ciel était... Magnifique. La tête levée vers les étoiles, Daos se serait presque senti comme à son village, là où rien ne venait attirer son regard, là où le ciel s'étendait d'un bout à l'autre de la ligne d'horizon, sans bâtiments pour venir le morceler. Tout son regard était happé par cette immensité d'étoiles brillantes, à la fois si proches et si lointaines.

Ils semblaient être juchés au sommet de la plus haute tour d'Al-Chen. Là en bas, s'étendait la ville. Presque aussi merveilleuse que le ciel étoilé. Chaque bâtiment était un pan de ciel. Chaque lueur de torche, de feu visible d'une fenêtre, de reflet sur l'ornement de verre d'un bâtiment était une étoile. Les petites sources de lumière orangée étaient juste assez nombreuses pour venir contraster avec l'immensité noirâtre des innombrables bâtiments. Les passerelles de verre transparentes, dont les architectes d'Al-Chen semblaient si friands, s'étendaient d'un bâtiment à l'autre, tissant d'immenses toiles scintillantes au-dessus de la ville.

Lou était assise au bord du toit, ses pieds dans le vide, les yeux fermés. Daos, lui, était assis en tailleur à ses côtés, ne parvenant pas à détacher son regard de la ville. Seul bruit audible dans la quiétude de l'endroit, un petit vent frais, venant du nord, venait ébouriffer leurs cheveux.  


- Alors ? Elle te plaît, cette ville ?

La jeune femme avait gardé les yeux fermés en posant la question. Daos observa ses traits fins, ses hautes pommettes sa silhouette gracieuse et détendue. Elle venait de rosser six adversaires tous plus grands et lourds qu'elle mais aucune rougeur sur son visage ne trahissait l'effort qu'elle avait fourni. Aucun dépit face à cet épisode n'était visible. Elle n'arborait pas le sourire rayonnant qu'elle avait montré tout au long de la journée mais Daos le devinait, là, caché derrière l'air serin de la marchombre.

Lui ne dissimula pas son sourire en répondant, dans un murmure :


- C'est la première fois que je viens dans une grande ville. Ou même dans une ville. Je n'en ai jamais autant vécu au cours d'une journée.

Il déplia ses jambes, les laissant pendre dans le vide et s'appuya sur ses bras tendus derrière lui, le visage tourné vers le ciel.

- En une journée, j'ai pu voir la face visible et les bas-fonds de la ville. En une journée, j'ai découvert la misère et la cruauté causée par l'appât du gain. Mais quand je vois le marché où je t'ai rencontrée avec Oturo, quand je vois L'Evaline et La Choppe Argentée, quand je vois la Place aux Arts et le Dôme, quand je pense à toutes les merveilles qu'il me reste à découvrir...

Daos baissa les yeux vers la ville en contrebas. Toujours émerveillé par sa beauté.

- … Et surtout quand je vois... Tout ça...

Il tourna la tête vers Lou.

- Je ne peux que te répondre que... Rien que pour cela, je ne regrette pas d'avoir suivi Oturo.

Le jeune homme s'allongea, les pieds toujours dans le vide, et fixa la voûte étoilée.

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Lou Ril'Fairy
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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Lun 13 Fév 2017, 00:13

- C'est la première fois que je viens dans une grande ville. Ou même dans une ville. Je n'en ai jamais autant vécu au cours d'une journée.

Lou n’ouvrit pas les yeux – pour écouter c’était encore mieux – mais elle hocha lentement la tête. Ça, pour une journée, c’était une journée, oui ! Mais savait-il qu’elle était tout aussi extraordinaire pour elle ? Qu’en dépit du fait qu’elle connaissait déjà bien la ville, chaque jour passé dans ses rues était synonyme de nouveauté, de surprise ?

- En une journée, j'ai pu voir la face visible et les bas-fonds de la ville. En une journée, j'ai découvert la misère et la cruauté causée par l'appât du gain. Mais quand je vois le marché où je t'ai rencontrée avec Oturo, quand je vois L'Evaline et La Choppe Argentée, quand je vois la Place aux Arts et le Dôme, quand je pense à toutes les merveilles qu'il me reste à découvrir...

Oh, oui, Daos, songea Lou en souriant à ces paroles. Oui, il te reste tellement à voir, toi qui est si curieux ! Al-Far t’intriguera, Al-Jeit t’éblouiras. Tu iras plus loin que tu ne le crois. Tu verras plus de choses que la plupart des gens de ce monde. Tu es fait pour ça.

- … Et surtout quand je vois... Tout ça... Je ne peux que te répondre que... Rien que pour cela, je ne regrette pas d'avoir suivi Oturo.

Bruissement de tissu dans la nuit. Elle devina qu’il s’était allongé et ouvrit les yeux, enfin, pour le regarder. Il avait plongé dans le ciel étoilé qui s’étendait au-dessus d’eux. Si près, et pourtant si loin… Lou resta silencieuse parce qu’elle savait que certains moments ont besoin de sérénité pour prendre forme dans la mémoire et y demeurer gravé.

Il était calme, apaisé. Pourtant elle avait senti son cœur danser sous ses doigts, tout à l’heure, dans la ruelle. S’il avait eu peur, il n’avait pas hésité à tirer son poignard et à faire face au danger. Daos avait du cran et l’espace d’un instant complètement fou, elle envisagea de faire un pied de nez à son devoir – rien que pour avoir le privilège de lui voler trois ans de sa vie. Pour l’emmener au-dessus des toits de la capitale, pour voyager aux confins de l’Empire, pour le former, le guider sur la Voie…

… elle laissa s’envoler cette idée comme une bulle de savon. Lorsqu’un maître rencontre son élève pour la première fois il se passe quelque chose d’unique. Un regard, un lien qui se forme… trois ans ? ? Non, rectifia-t-elle en caressant l’alliance de Yoran. Pour l’éternité. Elle regarda Daos. Ils avaient bien créé quelque chose, une amitié qu’elle devinait prête à s’épanouir et à se parer de mille couleurs au gré de futures aventures. C’était différent. C’était encore mieux.

- Un pas sur le côté, oui, dit-elle brusquement mais d’un ton léger, comme si elle venait juste de se souvenir de quelque chose.

Les amis se disent tout, n’est-ce pas ?

- J’ai eu de la chance, pour une fois ça a marché au bon moment. Je ne sais pas vraiment comment je m’y prends ni pourquoi je peux réaliser une telle chose alors que je suis incapable de dessiner une crotte de souris ! C’est pas un secret marchombre, mais…

Et ils savent devenir complices…

- Disons que c’est un secret Lou !

Elle rit : l’idée lui plaisait. Et puis elle aussi elle pouvait être complice si elle le voulait ! La marchombre pivota avec toute la souplesse qui la caractérisait et remonta pour se placer au-dessus de Daos. Elle ne pesait pas sur lui de tout son poids puisqu’elle se tenait en appui sur ses avant-bras mais, ainsi, elle pouvait prendre la place des étoiles, un instant, et le regarder dans les yeux. Elle le sentit aussi tressaillir légèrement, surpris par cette position qui, pour bien des gens, auraient pu paraître extrêmement intime.

- A moi de t’en offrir un, chuchota-t-elle dans un sourire amusé. Secret Lou et secret marchombre… C’est une nuit à découvrir l’Académie. Laisse tes pas te conduire tout à fait au sud de la ville. Longe le lac, miroir de la nuit et des étoiles. Il y a beaucoup de sentiers qui se croisent dans le bois que tu verras devant toi.

Lou se pencha et pressa ses lèvres contre sa joue fraîche.

- Tu trouveras le bon, j’en suis certaine.

Elle se redressa et…
… disparut. Tout comme Oturo.
Mais son rire raisonna dans un dernier souffle de vent.

Terriblement malicieux.



*



La nuit est encore là pour quelques heures, au moins. Le vent est tombé et les étoiles veillent sur l’Académie qui dort, silencieuse, dans un écrin de verdure. La porte est entrouverte, comme une invitation à la pousser un peu plus, à se glisser dans l’entrebâillement.

Un ruban violine est noué à la poignée.



[Ahlala, je déteste vraiment Lou de partir si vite mais... elle est comme ça je crois. Et je te remercie de m'avoir accordé ce très joli Rp qui m'a permis de faire sa connaissance, en plus de la tienne ! On en refera, cela ne fait aucun doute - Lou et moi on ne te laisse pas le choix !  Razz]

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Daos Loner
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MessageSujet: Re: L'arrivée en ville [PV Lou]   Mer 15 Fév 2017, 01:51

- Un pas sur le côté, oui.  J’ai eu de la chance, pour une fois ça a marché au bon moment. Je ne sais pas vraiment comment je m’y prends ni pourquoi je peux réaliser une telle chose alors que je suis incapable de dessiner une crotte de souris ! C’est pas un secret marchombre, mais…  Disons que c’est un secret Lou ! 

Le rire de la marchombre éclata dans la nuit, brillant autant que la lune et montant aussi haut que les étoiles. Daos se joignit à elle. Marchombre, Dessinatrice, danseuse... Il ne manquait plus que Frontalière à la panoplie de la jeune femme. Il sursauta lorsque Lou se plaça soudainement à califourchon sur lui. Tressaillit lorsque les longs cheveux blonds vinrent lui chatouiller le visage. Les étoiles avaient disparu, éclipsées par le sourire espiègle et les yeux brillants de la marchombre.

- A moi de t’en offrir un. Secret Lou et secret marchombre… C’est une nuit à découvrir l’Académie. Laisse tes pas te conduire tout à fait au sud de la ville. Longe le lac, miroir de la nuit et des étoiles. Il y a beaucoup de sentiers qui se croisent dans le bois que tu verras devant toi. 

Elle se pencha sur lui pour venir embrasser sa joue et lui chuchota à l'oreille :

- Tu trouveras le bon, j’en suis certaine. 

Les étoiles revinrent soudain. La chaleur du corps de la jeune femme fit place à l'air frais de la nuit, dont le vent léger portait les notes d'un rire léger. Malicieux.

Le rire de Lou.


***


La lune s'approche doucement du bord du ciel, s'apprêtant à se coucher après sa lente cavalcade sur les traces du soleil. Comme à regret. Sa lueur brillante éclipse les étoiles alentour, ne rendant que plus éclatantes celles se trouvant ailleurs dans le ciel.

Des bottes claquent contre la dure pierre des escaliers. Daos entrouvre la porte au bas de la tour, avant de se glisser au-dehors. Il se dirige d'un pas tranquille vers le sud d'Al-Chen ; il n'a pas compté les heures passées au sommet de l'édifice, seul dans la nuit à contempler les étoiles.

Ses épaules s'effacent pour laisser passer une patrouille de garde. Ses yeux calmes ne s'attardent guère sur les armures clinquantes, ne remarquent pas les regards suspicieux qui se tournent vers lui. Le sourire plaqué sur ses lèvres les dissuade de l'interpeller.

Bientôt, il disparaît au coin d'une rue. Sans avoir jeté un seul coup d'oeil en arrière. Il n'en a pas besoin. Le souvenir de cette journée ne quittera jamais son esprit.


***


Ses narines hument les senteurs s'élevant d'une boutique d'un côté de la rue qu'il remonte. Les boulangers se lèvent tôt, et les fourneaux s'activent bien avant le lever du soleil. Les feux projettent des lueurs orangées sur les murs autour de lui, éclairant sa route autant que les étoiles qui brillent au-dessus de la ville. Passants et fêtards ne troublent pas sa quiétude, n'attirent pas son regard. Il se dirige tranquillement vers le bord de la cité.

Dominant les bâtiments alentours, la muraille sud se rapproche de lui.


***


- Hep, vous là, où est-ce que vous allez ?

Le jeune homme s'arrête, les mains dans les poches et un sourcil haussé. Il plante son regard dans les yeux marrons du garde qui l'a interpellé. L'homme semble avoir une quarantaine d'années, sa solide carrure doublée de la lourde armure le faisant paraître géant. Les pièces de métal ternies témoignent d'une longue carrière, les nombreuses écorchures d'une vie de batailles. Ces deux impressions sont soutenues par le regard qu'il porte sur le jeune homme. Sérieux, professionnel, attentif et vigilant. Le genre de soldat que l'on ne surprend pas, qui s'attend à tout et a tout vu. Un soldat à l'opposé du jeunot qui se tient à ses côtés, maigre et nerveux, encore moins âgé que Daos.


- Dehors, répond-il simplement.

Le jeune garde semble vouloir faire ses preuves, puisqu'il s'exclame :


- Dehors ? Mais ça va pas la tête ? Les portes sont fermées à partir du coucher du soleil. Vous croyez quoi, que n'importe qui peut entrer et...
- Paix, Carn.


L'ordre est prononcé sur un ton calme, mais claque dans l'air. Le soldat le plus âgé ne semble décidément pas avoir passé les vingt dernières années à garder une porte de la ville d'Al-Chen. C'est au milieu des champs de batailles et patrouilles dans le nord qu'il a gagné ses cicatrices. Le petit jeune se tait immédiatement, n'osant s'opposer à son mentor. Ledit mentor fixe Daos d'un air intrigué.

- Et qu'allez vous faire dehors ?

Les yeux du jeune homme brillent, ses lèvres s'étirent en un large sourire. Qu'allait-il faire dehors ?

- Vivre un rêve.

Le jeune garde s'avance dans un fracas d'armure en fronçant les sourcils, ouvrant la bouche afin de réprimander le jeune homme. Le soldat se contente de tourner la tête vers lui, le stoppant net d'un simple regard. Il reporte son attention sur ce jeune homme si étrange qui lui fait face. Son air intrigué a fait place à une curiosité complète.

- Un rêve, vraiment ? Quel genre de rêve ?
Demande-t-il.
- Le genre de rêve qui ne se refoule pas. Le genre de rêve qui fait son apparition aussi soudainement qu'une étoile filante, mais ne quittera jamais votre esprit. Le genre de rêve pour lequel votre attrait s'amplifie de jour en jour au travers de rencontres, de découvertes... Grâce à vos amis.
Le genre de rêve que vous devez suivre jusqu'à ce qu'il devienne réalité.


Le sourire du soldat se découvre lui aussi.

- De bien jolies paroles.

Son sourire disparaît sous une mine désolée.

- Mais les consignes sont strictes. La porte reste fermée du coucher au lever du soleil. Même si, les Dessinateurs soient loués, le système d'ouverture est extrêmement simple, je ne peux pas vous laisser sortir par là. Même si j'en ai envie, ajoute-t-il

Le jeune homme fixe la grande porte aux ornements de métal délicatement ouvragés. Les lourds battants de bois s'élèvent à près de six mètres de hauteur, largement dépassées par les murs de pierre de la cité. Alors qu'il considère l'idée d'escalader le tout, ce qui le conduira très probablement à une chute au minimum très douloureuse et au pire mortelle, le soldat poursuit :


- Mais... Vous pouvez toujours passer par la poterne.


Son clin d’œil tire un nouveau sourire à Daos.

- Merci, dit-il en inclinant la tête. Comment vous appelez-vous ?
- Elor.
- Et moi Daos.
- Je m'en souviendrai
, répond le soldat en souriant.


***


Courir. Une idée qui ne lui traverse même pas l'esprit. A quoi bon se presser ?

La lune se couche à l'autre bout du Lac Chen, projetant sa lumière à la surface de l'eau en une myriade de reflets scintillants. Dans le miroir qu'est le Lac, la voûte céleste semble n'avoir plus de limite. Les vagues s'écrasent sur la berge de sable au rythme lent et régulier de leur roulis. L'immensité du Lac semble englober le paysage, la ligne continue du rivage seulement brisée par les quelques rares bateaux naviguant sous les étoiles.

Recouverte d'une fine couche de givre, l'herbe verte craque sous ses pas, seul bruit perceptible dans la paisible nuit avec le clapotis de l'eau et le frottement des vêtements du jeune homme.

Ses yeux fichés sur la forêt qui se dresse au bout de son chemin, il avance.

Ombre droite sous les étoiles.


***


Le murmure des vagues a fait place au silence des arbres. Saules, bouleaux, conifères et chênes centenaires peuplent les bois paisibles. Les feuilles commencent à peine à repousser, annonçant la proche fin de l'hiver. La multitude de troncs à l'écorce craquelée et recouverte de mousse ne laisse entrevoir que quelques rares chemins. Animaux et Hommes les ont tracés, les uns à la recherche de nourriture ou d'eau, les autres simples promeneurs. Ou peut-être plus ?

Se glissant sous la branche basse d'un chêne, il contourne un buisson, brisant une brindille sous son pas tranquille.

Les embranchements ne l'arrêtent pas. Il n'affiche aucune hésitation face au chemin à prendre. Ses pas comme les battements de son cœur ne s'interrompent jamais. Ils sont calqués sur une mélodie, dont l'air lui a été soufflé à l'oreille par une jeune femme aux yeux verts.

Imperturbable, il progresse.


***


L'Académie.

D'aucuns penseraient à un haut bâtiment aux tours immenses, austère et intimidant. Pourtant, l'Académie ne présente aucune de ces caractéristiques. Plus longue que haute, ses pierres grises se fondent parmi les arbres la bordant. Çà et là, des fenêtres recouvertes de buée et un couloir à l'air libre viennent ouvrir l'édifice, le rendant plus accueillant.

L'architecture n'attire l'oeil de Daos que le temps d'un battement de cœur. Quittant le couvert des arbres, le jeune homme s'avance à pas lents vers l'Académie. Vers sa nouvelle vie.

Tout l'endroit semble plongé dans le silence, alors que l'aube pointe seulement le bout de son nez loin derrière la forêt dense.

La grande porte de bois est entrebâillée. Il ne lui reste qu'à la pousser pour tout commencer. Il ne lui reste qu'à passer son battant pour débuter une nouvelle vie. Une nouvelle aventure. Son regard est attiré par la poignée de métal, mince arc-de-cercle aux formes harmonieuses.

Ses yeux marrons fixent le ruban noué sur le fer recouvert de givre par endroits. Un ruban violine.

Il s'en saisit avec douceur. Une image remonte dans son esprit, se frayant un chemin parmi les doutes et les peurs.

Trois ans. S'il passe cette porte, ce sont trois ans de sa vie qu'il offre à quelqu'un qu'il ne connaît pas. A une Voie dont il ne connaît que des mots. S'il entre dans ce bâtiment, qui sait ce qu'il deviendra. Qui il deviendra.

Qui sait quand il reverra ses parents et son village. Que lui apportera cette voie ? En est-il à la hauteur ?

La vision d'une jeune femme aux cheveux d'or, dansant au milieu du tourbillon du ruban qu'il tient maintenant dans sa main, chasse toutes ces pensées et ces interrogations. D'autres prennent leur place, chaudes et réconfortantes.

Les mots d'Oturo résonnent à ses oreilles, enjolivés par ceux de Lou.
« Les marchombres oeuvrent pour l'Harmonie et la paix. La Voie est faite de maîtres et d’élèves qui se rencontrent, partagent quelque chose et se succèdent pour s’en aller au-devant d’autres rencontres.
Ils sont des femmes et des hommes régis, définis par et ne répondant qu'à un unique mot : Liberté. »

***


Dans la fraîcheur de l'aube, sous le regard bienveillant de la lune presque couchée, un jeune homme ouvre une porte. Il se glisse à l'intérieur d'un pas résolu et décidé, un mince sourire accroché à ses lèvres. Le battant de bois se referme derrière lui dans un craquement discret.

Dehors, porté par le vent, un ruban violine danse sous les étoiles.




[Et voilà. Merci, sincèrement merci, j'ai adoré chaque réponse de ce rp, ce fut un grand plaisir que de le faire avec toi, tu peux être sûre que je relirai le tout aussi certainement que si c'était un livre qui se trouvait dans ma bibliothèque ! J'attends avec impatience la prochaine rencontre entre Lou et Daos. Tu sais où me trouver !]

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