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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Tempête du Désert [libre]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Tempête du Désert [libre]   Jeu 26 Jan 2017, 23:48

La Voleuse serpentait, vive et tumultueuse.
Syndrell l’était davantage. Ses bottes foulaient à peine les rochers sur lesquels elle bondissait – des bottes familières, marquées d’une esquisse de loutre ; elle les avait retrouvées avec une certaine émotion, tout comme le poignard de Miss qui avait retrouvé sa place à sa ceinture – et Lyke peinait à la suivre.

Six jours qu’il s’accrochait sans se plaindre, ni ralentir, mais de justesse : une enfance passée en compagnie des Marchombres faisait de lui un garçon aux capacités plus fines que la normale, et surtout, surtout, il était propulsé par toute l’affection qu’il éprouvait pour Ylléna. Chaque fois qu’il songeait à sa meilleure amie, au danger qu’elle courait et à la terreur qu’elle devait ressentir, son sang s’échauffait et il redoublait d’efforts.

Sans Narek, pourtant, il n’aurait jamais pu atteindre la Grande Faille en même temps que Syndrell.

Elle avait changé. C’était toujours une femme incroyable – Lyke avait compris depuis longtemps qu’il ne pourrait jamais, jamais cesser de l’admirer – mais elle n’était plus celle qui l’avait quittée quelques mois plus tôt… Cette nouvelle Syndrell était plus dure, plus intransigeante et surtout envers elle-même : elle semblait ne pas se pardonner l’enlèvement d’Ylléna alors que, il en était certain, ce n’était de sa faute.

En six jours, elle ne s’était accordé qu’un repos strictement nécessaire ; le reste du temps, lorsqu’ils n’étaient pas en train de cavaler, d’abord à cheval puis à pied, la marchombre avait entreprit de se rétablir en forçant son corps non pas jusqu’à l’épuisement, mais presque. Lyke frissonna au souvenir de ce corps noyé de sang, éventré par un odieux coup de cornes, et faillit se retrouver dans l’eau. Il perçut l’avertissement de Narek et se concentra de nouveau sur ce qu’il faisait.

Syndrell était déjà sur l’autre rive.




*



Six jours plus tôt...


- Non Azur.

Il fit la moue, sidéré que, dans son état, elle puisse se montrer aussi ferme, et tenta une dernière fois de la faire céder.

- Laisse-moi vous accompagner. Tu es blessée, et trois marchombres ne seront pas de trop pour…
- J’ai dit non. Tes engagements te retiennent auprès de ton maître et passent avant tout.
- Y compris mon propre frère ?
- Oui.


Des paroles dures, mais le regard de Syndrell s’était adouci et elle leva une main pour effleurer la joue du jeune homme.

- Ciel rentrera chez lui, je te le promets. Il faut que tu retournes à l’Académie. Il faut prévenir Erwan…
- Il est parti il y a deux jours.


Syndrell jura, puis ferma les yeux. Elle était allongée sous une pile de couvertures fournies par Ma et la chaleur l’endormait. Elle papillonna des paupières, luttant pour rester éveillée un peu plus longtemps.

- Azur ?
- Oui ?
- L’homme qui est parti avec Ciel, qui est-ce ?





*



Aedan rampa jusqu’à Ciel et tapota doucement sur son bras. Le dessinateur tourna la tête vers lui.

- C’est pour maintenant ?
- Bientôt. Ujoras est en train de régler les derniers détails. Noam est inquiet : il a repéré beaucoup moins de faucheurs qu’il n’y en a d’habitude.
- Ce n’est pas une bonne chose ?
- On verra bien…


Ciel reporta son attention sur les rochers qui se découpaient dans l’horizon flamboyant, juste devant eux. Ezadrah. Il ne comprenait pas bien comment un endroit aussi simple pouvait dissimuler l’enfer que Ma avait esquissé dans son esprit. Il ne comprenait pas pourquoi des gens employaient leur temps à faire du mal à d’autres. Il y avait là-bas des enfants, comme Noam, qui ne maîtrisait pratiquement pas leur incroyable don par peur de se faire embarquer pour des expériences dont ils ne ressortiraient pas vivants. Il y avait des femmes qui accomplissaient des travaux d’homme et que l’on fouettait jusqu’au sang si elles émettaient ne serait-ce qu’une plainte. Il y avait des hommes qui n’essayaient plus de s’enfuir puisque tout espoir leur était enlevé dès leur arrivée.

Il y avait eu Syndrell.

Ciel ne parvenait pas à réaliser qu’elle puisse être encore en vie. Ces dernières semaines, il avait rêvé la chose tant de fois qu’elle ne lui semblait plus réelle… il préférait se concentrer sur l’instant présent. Ce n’était pourtant pas plus facile à admettre, mais certainement plus concret : il allait accompagner les nomades qui s’apprêtaient à infiltrer Ezadrah ! Lui, Ciel Kern, maître Dessinateur d’Al-Chen bien rangé – ou pas, d’ailleurs… C’était dingue. Cette histoire l’était totalement. Il n’était pas sûr d’y être à sa place.

- Je ne peux toujours pas dessiner, avoua-t-il avec un pincement au cœur.

Aedan remua et se colla contre lui.

- On reste ensemble, murmura le serveur.

Ciel hocha la tête. Epaule contre épaule, ils regardèrent le soleil se coucher sur le Désert des Murmures.



*




Ma rêvait, enfin, elle ne savait pas très bien si tel était vraiment le cas mais, au bout du compte, ce n’était pas très important : elle était bien. Pour la première fois depuis des années, elle n’avait pas mal, nulle part. Elle savait ce que cela signifiait.

Elle s’y était préparée depuis si longtemps. N’aurait jamais pu imaginer que ses enfants et ses petits-enfants partiraient tous avant elle. Sa longue et pénible vie entamait son dernier chapitre et le seul sentiment qui l’étreignait était un immense soulagement.

Lorsqu’on murmura son prénom, elle ne réagit pas, trop enfoncée dans ce carcan de douceur qui l’entraînait petit à petit vers un ailleurs plus clément. Il fallut qu’une main attrapa la sienne pour lui faire ouvrir les yeux et reprendre pied avec la réalité. La vieille femme ne voyait plus grand-chose. Mais cette main dans la sienne fit soudain battre son cœur un peu plus vite, lui qui fatiguait pourtant, et elle redressa la tête.

- Oh… !

Syndrell pressa la main décharnée de Ma contre ses lèvres, puis elle sourit et, du bout de son pouce, essuya les larmes qui roulaient sur les joues de son amie.

- Salut, Ma.

Ma sut qu’elle ne rêvait pas parce que, s’il s’agissait réellement d’un rêve, la petite n’aurait pas été contrainte de revenir pour affronter ses démons.

- Folle que tu es, souffla-t-elle. Il fallait rentrer chez toi…
- Je suis rentrée chez moi, Ma, mais je t’ai fait une promesse, tu te souviens ? Et je suis revenue pour la tenir.
- Celle que tu dois me faire, c’est de ne pas mourir ici… Tu entends, Louve, ne meurs pas à Ezadrah, je t’en supplie… Toute ma famille est là-bas. Tu es la seule qu’il me reste.


Syndrell avala difficilement sa salive. Elle hocha la tête.

- Je suis si heureuse de t’avoir vue une dernière fois, petite Louve…
- Ma, je ne suis pas…
- Je sais, je sais. Ce n’est ni ton vrai nom ni ta métamorphose. Mais même Onku ne pourra rien contre les crocs de ta liberté. Rappelle-toi ceci. Tu es plus forte que lui parce qu’aucune chaîne ne te retient, et parce que tu n’es pas seule…


Sur les lèvres de Ma, il était un sourire qui cueillit son dernier souffle.



*



Narek patientait à l’extérieur de la case. Syndrell se dirigea vers lui, les yeux brillants, et glissa un bras autour de la taille du marchombre pour nicher un bref instant son visage au creux de son cou.

- J’ai peur…

Chuchotement, abandon d’un instant. Narek lui avait dit que la peur était sa meilleure arme et elle était prête à le croire, mais là, elle avait simplement besoin qu’il la tienne dans ses bras et lui promette que tout allait bien se terminer.

- Où est Lyke ? demanda-t-elle en réalisant que le garçon avait disparu.



*



- Mille pièces, pas une de moins.
- Je vous répète que ce cheval est à moi.
- Prouve-le !
- Rien de plus simple ! Je vais l’appeler et il va me reconnaître, vous allez voir !


Farouchement déterminé à récupérer Vagabond Lyke bataillait ferme avec le marchand. Soudain, il y eut un flottement. Et beaucoup de bruits. Le galop des chevaux, l’exclamation des gens présents… l’homme écarquilla les yeux et regarda, impuissant, son précieux étalon sauter et détruire la barrière de l’enclos. Il y avait une fille juchée sur son dos, à cru.

Une fille aux cheveux bleus.


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Ven 27 Jan 2017, 00:45

Erwan serra ses doigts sur les épaules de sa fille, un instant.
Son regard se planta dans celui d'Ylléna, qui le soutint plusieurs secondes. Elle serra les poings à son tour et eut un petit hochement de tête déterminé alors que se peignait sur ses traits encore enfantin une mine concentrée. Erwan déposa rapidement un baiser sur le haut de son crâne, avant de se lever en dépliant ses jambes.


S'approchant des autres métamorphes entassés dans un coin, qui se relevaient prudemment, il tendit la main à Endriss, une lueur au fond des yeux.

- Comment tu te sens ? demanda-t-il en plongeant ses yeux dans ceux, multicolores, de la jeune femme.
Il la vit déglutir, elle profita de sa prise sur son bras pour se relever complètement et attrapa ses biceps pour planter ses doigts dedans, se rapprochant de son torse et posa son front sur son épaule en fermant les yeux. Une seconde.
Elle cessa soudain de trembler. Avant de rouvrir les yeux, déterminée et combattive.

- Je dois retrouver ma fille, moi aussi.
Il hocha la tête.
- Allons-y, alors.

Il la serra brièvement contre lui, avant de se tourner vers Ylléna qui les regardait avec une mine moqueuse.

- Tu veux bien t'occuper des enfants ? Et faire sortir tout le monde ?
- D'accord.
- Je t'aime, Ylléna.

Un sourire illumina le visage de l'adolescente.
- Moi aussi Papa !



* *


Erwan balaya littéralement la porte d'un revers de bras, et se précipita en roulant à l'extérieur de la cabane. Quelques jets de flèches le ratèrent de peu et il continua son mouvement en avant en jetant un coup d'oeil circulaire.
Seulement quelques archers pour l'instant.
Sans même prendre la peine de se transformer, il se jeta à terre, tourna autour de son coude droit, projeta ses pieds sur une cheville avant de récupérer un arc qu'il brisa en deux sur l'arrière du crâne de l'archer.

Bondissant en l'air, il évita une flèche qui se planta derrière lui, roula en avant et entendit le cri de surprise mêlé à de l'agonie du second archer.
Se redressant, il adressa un sourire au Jaguar qui l'observait de ses yeux multicolores, les babines pleines de sang.

La cloche résonnait toujours.



* *


- Tss ! Ici !
Erwan tourna la tête et trouva du regard un jeune garçon qui le fixait de ses grands yeux, caché derrière un battant de porte. Il s'y glissa souplement, suivi de près par Endriss toujours sous sa forme animale.

- Endriss ?
La Jaguar s'assit sur son arrière train et le gamin sourit timidement… Avant de se tourner vers Erwan. Il le fixa plusieurs secondes, avant de demander du bout des lèvres :
- Vous êtes un ami à Louve ?

Erwan cligna des yeux un instant.
Avant de froncer les sourcils. Syndrell ? Ici ? Quand ? Comment ?
Une colère monumentale monta en lui, et il serra si fort les poings qu'il s'en fit saigner les paumes.

- Avec des cheveux bleus ?
- Mm.
- Oui.
- Vous venez aussi pour nous aider ?
- Non. Pour vous sauver.

__________________________________________




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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Ven 27 Jan 2017, 20:51

Une flèche qui transperce une gorge, une autre qui transperce un épaule un instant avant que le propriétaire de celle-ci ne soit envoyer dans l'autre monde par une lame.

Ce n'était pas une tentative de libéré tout le monde...

Puisqu'ils réussirais.


I am a soldier, I won't surrender
Faith is like a fire that never burns to embers
Who's gonna stand up, who's gonna fight?
The voice of the unheard...
Who's gonna break these chains and lies?

Love is the answer.

Il récupère ton cheval.

Sourire en la serrant contre lui... Sourire quand il vit ses yeux pétiller de malice, sembler lui demander s'il était prêt à la suivre dans une aventure folle et pleine de ce même malice.

Question innocente, un peu stupide. Il l'aurait suivie en enfer.


Allons récupérer ce cheval... Il est grand temps que nous allions bottez les fesses de ces connards du désert.

You can take my heart,
you can take my breath...

When you pry it from my cold, dead chest!

Lyke avait été presque aussi surpris que le marchand. Juste un peu moins, c'est ce ''un peu moins'' qui lui permis d'attraper la main de l'apprenti marchombre quand il la lui tendit en passant en coup de vent sur Caradoc. C'est ainsi qu'il le remonta sur sa monture et se mit au galop au côtés d'un autre cheval sur lequel le garçon sauta sans se faire prier pour suivre les deux amoureux, le même sourire qu'eux sur les lèvres en entendant le marchand pester au loin.

Il ne les suivraient pas de si tôt, il devrait d'abord réunir ses chevaux...

Et ils seraient déjà loin, se dit Narek en regardant droit devant. Ils faisaient cap sur le désert des murmures, vers la libération de tant de personnes...

Et Lyke n'hésita même pas une seconde à les suivre dans la gueule du loup.


This is how we rise up,
Heavy as a hurricane, louder than a freight train.

This is how we rise up.
Heart is beating faster, feels like thunder.

Magic, static, call me a fanatic,
It's our world, they can never have it..!

This is how we rise up,
It's our resistance...

...You can't resist us!

La logique dictait d'attendre la nuit pour attaquer un tel endroit, si fortifié.

Voilà pourquoi ils se préparaient à donner l'assaut en pleine journée.

Un assaut de nuit? Prévisible, c'est ce qu'Onku voulait, ce à quoi il s'attendait. Et c'est cette logique qui avait valu à Syndrell, Lyke et Narek d'être d'accords sur l'assaut de jour.

Les gardes présents se comptaient sur les doigts d'une seule main... Après tout, on pouvaient voir n'importe quoi à des milles à la ronde.

N'importe quoi sauf des marchombres.

Le petit groupe était à peine à 600 mètres et on ne les avaient pas encore vus... Ce qui n'était pas normal. Pourquoi ne les voyaient-ont pas? Ils n'étaient pas vraiment camoufl--

Une cloche.

Narek l'entendit en même temps que Syndrell et ils levèrent tout deux la tête. Une cloche d'alarme... Pour eux..?

Les ombres des flèches qu'ils voyaient vaguement dans le ciel leur fit comprendre que non et les trois compagnons s'élancèrent presque en même temps.

Il ne pouvait y avoir qu'une raison pour tout ça, raison que Syndrell lui avait expliquée...

...Erwan était là bas...


Hey can you hear me?
Hey, are you listening?

Sleeping in the shadows,
Could be making history...

Walk through the fire,
Walk on the water,
Used to be a slave,
But now you are a conqueror...

The voice of the unheard,
Love is the answer...

Aucun garde à l'entrée.

Ce fait confirma leur pensée et redoubla leur effort du moment.

Une seconde plus tard, la porte était défoncée et ils entraient en enfer, venus tué satan.

Quelques hommes se retournèrent et tentèrent d'arrêter leur avance tout de suite, avant que tout ne vire encore plus au vinaigre.

Une flèche transperça une gorge, une autre, un épaule un instant avant que le propriétaire de celle-ci ne soit envoyer dans l'autre monde par une lame.

Ce n'était pas une tentative de libéré tout le monde.

Puisqu'ils réussirais...


It's our resistance,
You can't resist us.

__________________________________________


Spoiler:
 

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Dim 29 Jan 2017, 17:43


Immensité d’ocre et de rouge, le Désert des Murmures s’étendait sous un ciel sanglant alors que le soleil semblait avoir pris feu lui-même. Des couleurs improbables, du rose tendre au violet profond, bordait l’horizon et rendait le paysage unique : les nomades l’observaient avec un respect absolu, les étrangers en perdait le souffle. Certains évoquaient même un coup de poing » dans le ventre tant l’émotion était réelle et puissante.

C’était le cas de Syndrell. Couchée sur l’encolure de Vagabond qui galopait à bride abattue, le sable volant sous ses sabots, la marchombre ne retint ni n’essuya les larmes qui roulaient sur ses joues balayées par le vent de la vitesse. Elle avait vécu l’enfer dans un coin de paradis et, après des semaines passées à lutter contre son traumatisme, elle ne parvenait pas à éprouver de la haine pour cet endroit. C’était impossible.
Et inutile.

Le Désert n’était pas responsable de la folie des hommes, et sans l’aide de ses habitants, elle n’aurait pas survécu. Elle n’aurait pas non plus retrouvé le chemin d’Ezadrah. On lui avait désigné les traces dessinées dans le sable, laissées par un groupe d’hommes, de femmes et de trois étrangers. Depuis, Syndrell demeurait fixée sur son objectif : atteindre Ezadrah, trouver Ylléna, libérer les esclaves.

Tuer Onku.



*



Ciel fixait le sabre qu’il tenait entre ses mains. Il était magnifique, sa lame incurvée s’élargissant en son extrémité et sa poignée d’une teinte changeante qui rappelait celle des dunes autour d’eux. Magnifique, mais pas à sa place : il ne voulait pas s’en servir ! N’était pas certain de seulement pouvoir le faire correctement. Il était Dessinateur, pas tueur et même s’il avait envie de régler ses comptes avec ceux qui avaient enlevé Syndrell, il n’envisageait pas de leur ôter la vie ! Ujoras avait pourtant placé l’arme d’autorité dans ses mains, arguant que c’était la seule façon de se protéger. Ciel avait douté de ses paroles jusqu’à ce qu’il réalise à quel point il était vulnérable. Même avec une telle lame. Au signal du nomade qui avait naturellement endossé la fonction de commandant, le groupe était entré dans Ezadrah, au moment précis où le soleil, véritable boule de feu, avait plongé derrière l’horizon. Le son d’une cloche avait alors résonné, mais ce n’était pas à cause de leur arrivée. Il se passait quelque chose, un peu plus loin. Alarmé, Noam avait repris sa forme d’enfant malingre et s’était précipité, Ciel, Aedan et Brindille sur les talons. Ils avaient atterri dans le chaos le plus total. Des guerriers au visage masqué par un tissu foncé qui ne laissait entrevoir que leurs yeux fous affrontaient un homme et… un félin. Un jaguar aux muscles puissants et déliés qui feulait, menaçant, et empêchait leurs agresseurs de trop s’approcher de l’homme. Interdit, Ciel se sentit brusquement ridicule à côté de ce dernier. Ridicule de posséder un sabre qu’il ne savait même pas tenir comme il fallait alors que lui, il affrontait dix hommes avec un poignard. L’expérience faisait toute la différence, pourtant il y avait autre chose, une… impression soudaine de déjà-vu, de familiarité qui fit battre plus vite le cœur de Ciel. Il comprit à l’instant même où l’homme aux cheveux de neige exécutait un bond improbable, impossible même.

Marchombre.

Alors Ciel retrouva ses esprits. Dans sa tête, ça émit le bruit d’une bulle qui éclate, « ploc ! », et il sut exactement ce qu’il convenait de faire. Sous le regard ébahit d’Aedan, prêt à se jeter dans la mêlée pour venir en aide à l’homme aux cheveux blancs, et de Brindille qui avait empoigné son arc, le Dessinateur lança son sabre, de toutes ses forces et avec un seul souhait : atteindre sa cible. Ce fut le cas. Miracle ou chance, l’arme retomba là où elle était vraiment à sa place.

Entre les mains du marchombre.


*


Noam n’avait pas de famille, il était né sans ; c’était un orphelin comme il y en avait beaucoup ici, ramassés dans la rue par les faucheurs lorsqu’un potentiel don de métamorphose était décelé. On ne leur apprenait pas à s’en servir, on leur apprenait à en avoir peur. A redouter la moindre petite transformation qui pourrait mener à des expériences dont on revenait changé – lorsqu’on s’en tirait vivant.

La seule famille de Noam, c’était Amid. Les deux garçons s’étaient rencontrés ici, à Ezadrah, et depuis ils avaient tout traversé ensemble, les coups durs, les coups de fouet, les coups du sort… S’il avait trouvé le courage de s’enfuir sous la forme d’une petite souris, c’était pour trouver le moyen de sauver son ami. Alors voilà, si le garçon courait à en perdre haleine au milieu des combats, des flèches qui pleuvaient autour de lui et des cris de colère, c’était parce qu’il avait quelqu’un à trouver.

Le sable volait sous ses pieds. Une flèche perdue pouvait le tuer. Il courait toujours, terrifié à l’idée de ne jamais revoir Amid – et c’est probablement distrait par cette inquiétude qu’il déboula dans une allée exiguë sans vraiment regarder où il allait ; la fille déboulait dans l’entre sens et fatalement, ils se télescopèrent de plein fouet. Le choc propulsa Noam en arrière. Il tomba les fesses dans le sable, vaguement sonné.


- Crotte de Raï puant ! Aïe, aïe, aïe… !

Debout devant lui, la fille se frottait le front avec énergie. Au bout d’un moment, elle cessa son manège et regarda Noam.

- T’es pas grand mais t’es sacrément costaud, dis donc !

Il ne dit rien. Il était trop subjugué par la couleur violine de ses yeux. Il ne l’avait encore jamais vue par ici, mais ses longs cheveux emmêlés et plein de sable lui indiquait qu’elle n’était pas là depuis très longtemps – sans doute était-elle arrivée à Ezadrah pendant son absence… Il y avait tout un groupe d’enfants derrière elle, deux ou trois nouveaux, une tripotée d’anciens au crâne rasé et au regard vide. Ils semblaient attendre ; Amid ne se trouvait pas parmi eux.

La fille se pencha vers Noam et tendit la main.

- Debout, faut s’bouger !

Quelques secondes, le temps de se perdre dans les nuances improbables de ce regard lumineux.
Puis Noam mêla ses doigts à ceux d’Ylléna et se redressa. Sans le lâcher, elle s’élança, et les gamins s’élancèrent à leur tour. Ils s’éloignèrent de la zone de combats.


- Qu’est-ce qui se passe ? demanda Noam en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule lorsqu’un hurlement épouvantable retentit.
- C’est mon père, répondit simplement la fille aux yeux bleu-violet, une pointe de fierté dans la voix.

Soudain, elle s’arrêta – si brusquement que Noam lui rentrera dedans une nouvelle fois.


- Quoi encore ?

Il comprit en découvrant les trois faucheurs plantés devant eux, barrière inexpugnable qu’une poignée de gosses affamés ne risquait pas de franchir. Ce n’est pas ce qui fit pâlir le garçon, non. Ce fut la vision d’Amid, fermement maintenu par l’un des trois hommes, immobilisé par la lame que celui-ci avait posé le long de sa gorge.

- Restez calmes, les mômes, ordonna le faucheur d’un ton glacial. Sinon je le tue et je m’occupe de vous ensuite.

L’avertissement était clair, l’issue incontournable. Noam tomba à genoux dans le sable, écrasé par le poids d’une réalité trop difficile à supporter – pour eux, c’était fini. Ils allaient payer de leurs actes avec un aller simple au trou. Il écarquilla les yeux lorsqu’Ylléna fit un pas pour se placer devant lui.

- T’as raison, cracha-t-elle, les poings sur les hanches, c’est très courageux de s’en prendre à un enfant, hein ! T’es tellement ridicule que tu m’dégoûtes ! Lâche-le, il t’a rien fait.

Le regard du faucheur se durcit davantage. Il n’avait pas l’habitude d’être rudoyé de la sorte, surtout pas par une gosse qui lui arrivait tout juste à la hanche.

- Tu es sourde ? Je suis sérieux, gamine. Un pas de plus et…
- C’est toi qui es sourd ! Ou bien alors t’es trop bête pour comprendre. Lâche-le, je te dis. Et si t’as des couilles, viens plutôt m’affronter.


Le faucheur cligna des yeux. Dans son dos, ses compagnons échangèrent un regard. C’était étrange, les esclaves n’étaient pas supposés leur tenir tête mais les craindre : c’était pour cela qu’on les brisait dès le départ, pour leur enlever toute soif de vengeance et de colère – toute soif de vie. Cette gosse allait regretter son insolence. L’interpelé ôta sa lame de la gorge d’Amid et bouscula le garçon vers ses acolytes, puis il écarta les bras dans un signe d’invitation qui fit sourire Ylléna.

- Allons-y gamine, j’ai pas que ça à faire.
- Moi non plus !
- Attends !
cria Noam.

Trop tard ! Ylléna avait bondit. Vive et légère comme l’eau d’un ruisseau, insaisissable comme un feu-follet, elle courut vers l’homme et plongea dans le sable au moment où il baissa le bras pour la frapper. Noam crut que son cœur allait s’arrêter lorsqu’il vit la lame du coutelas passer à un cheveu de la gorge de la jeune fille. Elle n’était déjà plus là, mais dans le dos du faucheur. Il se retourna juste à temps pour recevoir un coup de poing en pleine figure.

- La garce ! cria-t-il en plaquant une main sur son nez sanguinolent.

Il frappa et cette fois, sa lame déchira un pan du vêtement d’Ylléna. Il l’envoya à terre d’un formidable revers du bras. Mais alors qu’il allait porter le coup fatal, la gamine disparut. Pris de court, le faucheur contempla, sidéré, le serpent qui se tortillait dans le sable, juste avant qu’un choc à l’arrière du crâne lui fasse perdre connaissance.

Le souffle court, Noam lâcha la planche pleine de sang et s’accroupit, les yeux fixés sur le reptile. En lui, la souris émit un couinement inquiet, celui de la proie face à un prédateur – mais il l’ignora. Il n’avait rien à craindre de cette fille, même si elle venait de flanquer une belle leçon à un faucheur. Impressionné, Noam posa la main dans le sable et attendit que le serpent s’enroule autour de son poignet. Alors, il leva les yeux et serra les dents : les deux autres guerriers avaient tiré leurs lames, des sabres cette fois-ci, et ils étaient prêts à passer à l’action.

Ils n’avaient aucune chance, strictement aucune…

Et puis, il y eut un éclair bleu.



*



Syndrell s’assura que l’homme qu’elle venait d’abattre ne respirait plus tandis que Narek et Lyke s’occupaient du second. Dans ses poches, elle trouva des clés qu’elle s’appropria, puis elle le délesta de ses lames et se redressa, souriant aux enfants qui se tenaient dans un coin d’ombre.

- Tout va bien, dit-elle doucement. Il n’y a plus rien à craindre.
- Tu…
souffla Noam, encore sous le choc – tout était allé si vite ! Il n’avait rien eu le temps de voir ! – tu es…
- La jolie dame aux cheveux bleus,
poursuivit une petite fille au teint mât.
- Louve ! s’exclama une autre.

Syndrell hocha la tête et ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais un cri déchira l’air, à mi-chemin entre le rugissement, le miaulement et le feulement.

- Erwan…

La marchombre allait s’élancer mais une main se referma sur son poignet : c’était Noam. Syndrell baissa les yeux vers lui, puis sursauta en sentant quelque chose lui chatouiller la peau, et son regard s’illumina lorsqu’elle vit le serpent glisser du bras du garçon pour venir s’enrouler autour du sien.

- Ylléna ! s’écria-t-elle.
- Yll ! rugit carrément Lyke en se précipitant.

Il attrapa le reptile entre ses mains – et s’écroula dans le sable lorsqu’Ylléna reprit forme humaine dans ses bras. Il riait et pleurait tout à la fois, soulagé de retrouver son amie saine et sauve. Sous les yeux ébahis de Noam, Ylléna flanqua un sérieux coup de poing dans la mâchoire du garçon.


- Pourquoi t’as été si long ?!

Et puis, elle l’embrassa sur la joue, à l’endroit où elle venait juste de le frapper. Lyke se contenta de la serrer contre lui, bouleversé.

- Promis, je te laisserai plus jamais, murmura-t-il.

Un nouveau cri félin retentit, les faisant tous sursauter. Entre les doigts de Syndrell, le poignard de Miss étincela.

- Emmène-les en sécurité, demanda-t-elle à Narek. Ensuite, libère les ezadrians.

Elle lui donna le trousseau de clés qui, elle l’espérait, allait ouvrir les chaînes que les esclaves portaient à leurs mains. Son cœur fit un drôle de bond lorsqu’elle croisa le regard noir moucheté de rouge du jeune homme. Brusquement, elle le saisit par le col et le tira à elle pour l’embrasser.

- Fais attention à toi…

Sans attendre, elle pivota et s’élança vers l’endroit d’où provenaient les bruits de la bataille. Elle courait, les coudes collés aux flancs, le poignard de Miss serré dans sa main, déterminée ; Ylléna était vivante, Erwan n’était pas loin, et surtout, surtout, Narek était là. Avec elle. Pour elle. C’était en lui qu’elle puisait son courage, la force de traverser un endroit qui lui avait pris beaucoup et qui hantait toujours ses cauchemars. C’était en lui qu’elle croyait pour sauver Ezadrah !

Sauver Ezadrah… Pour la première fois depuis des mois, c’était quelque chose qui lui semblait possible.



*



Ciel se pencha pour jeter un discret coup d’œil dans la rue… et se rejeta en arrière lorsqu’une volée de flèche siffla. Elles se plantèrent durement dans le bois des caisses empilées derrière lesquels il se tenait à l’abri.

- On est coincés ! cria-t-il, alarmé.
- Ils vont bien finir par être à court de flèches, fit Aedan, sans parvenir à dissimuler son inquiétude.
- Sans doute pas avant moi, répliqua Brindille avant de se redresser pour décocher un trait.

Depuis plusieurs longues minutes, elle échangeait ainsi avec leurs adversaires, mais leur position l’empêchait de viser soigneusement, les tireurs qui leur faisaient face avaient l’avantage du nombre et la nuit tombait, réduisant considérablement son champ de vision ; d’ici trois minutes, elle serait à sec. Les faucheurs n’auraient plus qu’à les cueillir comme des lapins ! Désemparé, Ciel tenta une énième incursion dans les Spires. Echoua sans grande surprise : toujours ce mur, dans son esprit, ce blocage qu’il ne parvenait pas à surmonter. Il soupira. A côté de lui, Brindille tira une flèche et laissa échapper une exclamation de surprise.


- Quoi ?
- Y’a une nana qui se balade dans la rue.
- Hein ?!


D’un même ensemble, Ciel et Aedan se retournèrent et jetèrent un coup d’œil curieux derrière les caisses. Au début, ils ne virent rien d’autre que le sable qui, agité par un coup de vent surgit de nulle part, volait un peu partout ; puis Ciel distingua une silhouette qui avançait d’un pas presque tranquille. Il plissa les yeux. Il connaissait cette personne. Il la connaissait même très bien… Un éclat de rire le secoua, tant et si bien qu’Aedan et Brindille échangèrent un regard anxieux avant que le serveur ne pose une main sur l’épaule de son compagnon.

- Qu’est-ce qui t’arrive, bon sang ?
- C’est elle, fit le Dessinateur entre deux hoquets.
- Qui ça, « elle » ?

Aedan vit les larmes dans les yeux de Ciel. Alors, il comprit.

- Economise tes flèches, Brindille ! Les renforts arrivent !

Incrédule, Brindille se redressa pour observer la femme qui avançait toujours. Les renforts ? Cette fille ?

- Hey, les mecs, vous ne seriez pas un peu…

Elle se tut, soudain accaparée par ce qui se déroulait sous ses yeux. Toujours accroupi, Ciel secoua lentement la tête.

Il souriait.




*



Le faucheur se retourna, surpris qu’on lui tapote l’épaule. Alors, le talon de Syndrell le percuta, en plein dans le plexus solaire, et l’envoya valdinguer dans le sable. La marchombre plongea, évitant une flèche qui aurait dû se planter dans sa nuque, et se redressa tout en tendant le bras : le poignard étincela avant de s’enfoncer dans la gorge de l’archer qui bascula du toit. Syndrell n’était déjà plus là.

Elle sauta par-dessus un corps, tourna à l’angle d’une rue, ses pas la conduisant malgré elle vers la cabane de marquage – là où tout avait commencé – lorsqu’un poids mort heurta son dos de plein fouet. Projetée à terre, Syndrell roula dans le sable et laissa sa greffe jaillir dans un chuintement feutré. Elle se figea lorsque le jaguar écrasa sa poitrine de ses pattes puissantes. Erwan ?

Non. L’animal lui ressemblait beaucoup, mais Syndrell connaissait bien son ami, assez pour le reconnaître sous sa forme féline ; le somptueux jaguar qui la dominait était légèrement plus mince et son pelage plus foncé. La jeune femme retint son souffle lorsque le prédateur ouvrit une large gueule et approcha ses crocs de sa gorge offerte.



*



Danir soupira de soulagement en découvrant la maison, blottie entre les derniers arbres de la lisière, à quelques mètres du lac. Pile poil à l’endroit indiqué par Syndrell. Son piètre sens de l’orientation l’avait fait douter d’y parvenir avant la nuit mais le soleil n’avait pas encore plongé à l’horizon lorsqu’il ferma le poing et frappa quelques coups contre le battant avant de reculer d’un pas. On s’agita de l’autre côté, puis un verrou tourna et la porte s’ouvrit sur un visage dont la jeunesse surprit Danir. Il repoussa ses longs cheveux blonds dans son dos, reprit contenance, et plongea ses yeux bleu vif dans ceux, noisette et lumineux, du Rêveur.

- Hièlstan Filsèvres ? Je m’appelle Danir Rymär, et je suis ici parce que Syndrell Ellasian a besoin de votre aide…


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Dim 29 Jan 2017, 22:53

La cloche résonnait toujours.
Son son aigü et redondant perçait les ténèbres, en de longs gongs persistants, participant à l’ambiance chaotique de cette nuit fraiche sur le désert. Le soleil s’était caché derrière les dunes depuis plusieurs dizaines de minutes et le ciel devenait profond, laissant apparaitre quelques étoiles luminescentes.

Entre silences et cris, le sable se coulait le long des arabesques du vent.
Volutes envoûtantes et envoûtées, porteuses d’un message.

Porteuses d’un Murmure.


* *


Le trait siffla à son oreille, mais il s’élança vers la droite, roula sur son épaule et dans son élan se redressa sur ses pieds pour bondir dans le même mouvement.
Un grognement attira son attention, il tourna la tête une demie-seconde… Une étoile de jet le frôla de si près que la douleur de l’égratinure, vive et brutale, le ramena à la réalité. Clignant des paupières, l’homme se redressa de quelques centimètres, avant de bondir en avant…

Pour s’écraser sur le sol.

Il attrapa les chevilles à la portée et les tira à lui, en brisa une, puis deux. Se redressant d’un bond, il écrasa de son talon la glotte de l’archer qui eut un dernier frisson de vie avant de cesser de bouger. De respirer.

Le jaguar, puissant félin d’une cinquantaine de kilos, vint se poster à ses pieds, une seconde. Frotter sa douce fourrure contre sa jambe droite, avant de fondre sur un nouvel assaillant. Du coin de l’oeil, Erwan vit du mouvement sur sa droite et fronça les sourcils.
Trois silhouettes venaient d’arriver, de l’autre côté de la scène. Non, quatre. Un enfant, une jeune fille et deux hommes. La lumière d’un feu se refléta sur la lame d’un sabre, et quand Erwant tourna la tête vers le petit groupe, il vit l’arme voler.
Virevolter vers lui.
Dans un sourire, il se fendi en avant, attrapant le sabre par la poignée juste avant qu’il ne se plante dans le sol. Tournant sur lui-même, dans un geste ample il coupa une fleche qui allait se planter dans la silhouette animale qui continuait à se battre.

Ils étaient beaucoup.
Peu importait.

Fondant en avant, le Marchombre virevolta. Non. Il dansa, sûr de ses mouvements, en un seul souffle infini, éternel, suivant les courbes du vent et le galbe du sable.

Un souffle s’invita dans son oreille.
Murmure insignifiant.
Murmure chantant.

Lames de vie
Griffes de nuit
Quand tout s’assombrit
Souffle attendrit.

Murmure.



* *


Well, we fought all night, side by side, we took our battle stance
And I wondered how the bullets missed this man
'Cause they seemed to go right through him just as if he wasn't there



* *

    - Allez, dépêchez ! Les gamins s’activèrent rapidement autour d’elle, et elle hocha la tête vivement. Le grondement-cri félin l’avait alertée, et si elle avait l’air si sûre d’elle, c’était surtout parce que les autres de devaient absolument pas penser. Pas de suite. En tout cas, ils avaient besoin de compter sur quelque chose. Quelque chose qui ne leur était pas complètement inconnu.Alors oui, elle devait être forte, là tout de suite. Même si la marque, dans son dos, pulsait toujours de douleur. Parce que c’était sur elles qu’ils comptait. Lyke n’était pas un métamorphe, et ces gamins ne le connaissaient pas. Ils ne la connaissaient pas tous non plus, mais ils l’avaient vu se transformer, et ça c’était important pour eux… En tout cas, elle le pensait. Ils finirent par passer les dernières maisons, et continuèrent à courir dans le désert. Le sable rendait la progression plus fastidieuse, mais là, ses doigts enroulés dans ceux de Lyke, elle se sentait prête à tout.Ou presque.Ne pas penser à son père, ne pas penser à ce cri, continuer à avancer.Sauver les autres. Les mettre en sécurité d’abord.


* *


Murmure qui va et qui vient.
Reste.
Danse et chante.
Possède. Offre.
Et reprend.


* *


Souple sur ses articulations, Erwan avançait doucement derrière Endriss dont la queue s’agitait dans le vent qui s’était levé.
Elle ne l’entendait pas, mais lui pouvait le sentir.
Le Murmure.
Juste là.
Le long de sa peau, qui s’engouffrait dans ses vêtements, dans les blessures qui pulsaient sur son épiderme. Il était son souffle, il était son mouvement, il était en lui.

Il était lui.

Un frisson parcourut son dos, et un petit sourire étira ses lèvres.
Puis, son regard tomba sur Endriss qui venait de s’arrêter une seconde, la queue absolument tendue – cela voulait dire qu’elle avait trouvé encore un ennemi.
Se ramassant sur lui-même, il s’avança de quelques pas.

Juste assez pour voir le Jaguar s’élancer sur une silhouette et la plaquer à terre violemment, grognant puissamment juste contre la gorge.

Juste assez pour voir un éclat bleu.

Juste assez pour voir les crocs plonger vers la gorge.

La gorge de Syndrell.
D’un bond improbable, il se jeta sur l’animal, le percutant dans les côtes et lui tirant un couinement de douleur. Ses griffes se refermèrent sur ses épaules, et il retint le frisson de douleur qui le parcourut, lâchant le félin presque immédiatement.

Se redressant, il épousseta son pantalon dans une grimace.

- Désolé Endriss. Ce n’est pas une ennemie, fit-il doucement, avant de se retourner.
Sourire lumineux.

-  Tu es saine et sauve.

La Jaguar ne sembla pas de son avis. Elle vint se poster le long de sa jambe et se mit à grogner après Syndrell. Un instant.
Avant que sa silhouette ne se brouille et qu’une femme aux cheveux bruns et courts, nue, se précipite sur la Marchombre.

- T’es qui toi ?!

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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Lun 30 Jan 2017, 00:04

Un baiser... Puis elle s'envola.

Le jeune homme l'observa s'éloigner d'un regard tendre... Qui se durcit un instant plus tard quand il entendit le bruit d'armes et de pièces d'armures s’entrechoquant dans une course.

Une porte s'ouvrit alors que cinq hommes sortaient en trombe pour se placer dans un cercle relatif autour de lui.

Un seul homme n'avait aucune chance contre cette bande qui n'avait pas peur des enfants un seul instant, ils étaient armés jusqu'aux dents, après tout.

Un étrange murmure lui parvint, le faisant pensé à une conversation étrange avec un certain marin...


Écoute.

Je n'entends rien de particulier..?

Alors écoute mieux, je sais que tu peux l'entendre.

La brise..?

Non pas la brise, tête de plouc, ce dont je te parle, seul les marins endurcit et les pirates, hommes libres de tout sauf de leur amour de la mer peuvent l'entendre..!

Mais... Je ne suis pas marin, ni pirate...

Pourtant tu aime une mer nommé Syndrell...

Écoute, tu l'entends..?

Le murmure de l'océan.

Narek sourit en sortant de sa poche, lentement, sous le regard intrigué de tous, une pièce dorée...

Sur une face, il y avait une figure de déesse, la déesse de tout les marins, celle des mers, des vents et de la navigation.

Sur l'autre, une représentation du visage de la mort, squelette portant une capuche menaçante.

Le garçon la fit tournoyer dans les airs et la rattrapa, ouvrit le poing pour dévoiler la figure de mort et referma de nouveau le poing en ricanant une seconde.


Lyke! Va t'en! Sauve tout ceux que tu peux en partant!

Je m'occupe d'eux...


Le garçon sembla hésité un moment, forcément, il avait fait le calcul lui aussi, un seul homme ne pouvait rien faire... Pourtant il fit tel qu'on le lui avait dit.

La dernière phrase qu'il entendit de la part du barde résonnant dans son crâne.


Ça y'est, Uhlan... Maintenant je l'entends... Ce fameux murmure de l'océan.

Les cinq hommes ricanèrent méchamment. Ce gamin était fou. L'océan? Ils étaient en plein désert! En plus il n'avait même pas d'armes! Il n'aurait aucune chance, il leur suffisaient de l'attaquer tous en même temps et--

Et Narek bougea le premier, sourire sur les lèvres, un morceau de fer en rond par dessus ses jointures tenu dans son poing par une barre comme seule arme.

Un seul homme ne pouvait rien.

Son poing vola dans des côtes, son arme improvisée envoya le choc droit dans le corps de son adversaire et celui-ci senti la douleur extrême quand les dites côtes se cassèrent. Le garçon ne s'arrêta pas là, profitant de la seconde de surprise pour frappe un autre des hommes droit sur la figure, le sonnant au travers de son casque.

Ils avaient sortit l'artillerie lourde, mais leur armures étaient de piètre qualité. Déjà tordues par les coups de poings.

Le sourire du jeune homme s’agrandit quand ses assaillants prirent une pose défensive les un après les autres.
Contre eux, un seul homme ne pouvait rien.


Alors vous venez ou quoi?! J'ai pas toute la journée!

Il s'élança dans la seconde où le dernier mot franchit ses lèvres.

Pas un homme.

Un marchombre.


Let's watch it burn...
Let's watch it burn...
...Let's watch this city burn away...

Let's watch this city burn,
From the skylights to the top of the world,
'Till there's nothing left of her,
Let's watch this city burn AWAY

Le garçon, plus qu'un peu fatigué d'avoir ainsi échappé à cinq assauts à la fois à chaque coup qu'il portait, regarda un instant le ciel en calmant sa respiration, son éternel sourire toujours présent sur ses lèvres...

Bon maintenant il fallait qu'il retrouve Syndrell et--

Douleur, Noirceur.

Le barde se réveilla en criant un instant, entendit un rire cruel qui lui glaça le sang, puis retomba dans l'inconscience.

Il se réveilla, selon lui, beaucoup plus tard... Et quelque chose, sur une de ses omoplates, lui faisait souffrir le martyre.

Il n'eu ni à demander, à regarder dans une glace, ou même à y toucher ou à y penser pour savoir de quoi il s'agissait.

L'homme, devant lui, sourit en se retournant quand il vit sa nouvelle victime, poignets enchaînés et à genoux, éveillé.


Tient tient, bon matin, joli minois... Dommage que t'ais pas été une fille, avec les longs cheveux noirs, un corps élancé et des yeux comme ça, j'aurais pu m'amuser longtemps...

Le jeune homme cracha par terre, la tête baissé... Puis leva des yeux plein de rebellions, un feu éternel, un brasier rouge et noir qui contrastaient si bien avec sa position de vulnérabilité supposée et son sourire provocateur.

Je te retourne le compliment, gros lards, quand-est-ce qu'on commence les leçons d'hygiènes? T'en as sacrément besoin..!

L'homme grinça des dents... Puis se dit qu'il prendrait son temps pour brisé ce petit salopard en regardant les autres gamins et adolescent attachés non loin. Il prendrait tout son temps pour apprécier le cris de douleur de--

Il écarquilla les yeux en voyant le dit salopard tiré sur ses chaînes en criant d'effort et de douleur... Que croyait-il être capable de faire? Il ne pourrait jamais...

Crac

Le mur, usé, lâcha prise. Les chaînes de cet endroit, contrairement au trou, étaient faites pour des enfants ou des adultes qui n'apportaient pas beaucoup de résistance.

Des hommes et des femmes normaux, tout au plus.

Ces chaînes ne pourraient jamais garder emprisonner quelqu'un comme lui et Narek le savait.

Ils avaient marqué son dos, sa chair et enfermé ses poignets.

Ils avaient oubliés ses ailes.

Le garçon envoya une des chaînes, énorme morceau de métal massif, en pleine gueule du tortionnaire puis se jeta en avant, l'entoura autour de sa gorge et tira en tournant jusqu'à entendre un brisement... Puis se leva dans la légère lumière filtrant pas la porte.

Les gamins et adolescents dans la salle le fixaient avec un regard entre l'inquiétude, l'envie et l'espoir.

Il se libéra de ses chaînes avec la clef de monsieur gros tas et l'utilisa pour libéré un gamin non loin de l'entré, puis un autre, puis un autre.

Ils restaient tous là, à l'observer...

Jusqu'à ce qu'il ais finit et se tienne de nouveau dans l’entrebâillement de la porte, la lumière douce de la fin de la journée quittant lentement l'horizon alors même qu'il regardait le ciel, visible par la porte, et qu'il tourna légèrement la tête, le vent du désert dans ses cheveux, on lui avait retiré son haut pour lui appliquer la marque qui le faisait souffrir comme jamais et qui marquait la gauche de son dos de son air affreux et il fut bien content d'avoir laissé son manteau qui lui avait coûté si cher en ville. Les enfants et les adolescent l'observèrent tous un instant avant qu'il ne parle.


Je sais pas pour vous, mais moi je me barre... Qu'est-ce que vous en pensez... On retourne tous chez nous..?

What do we want?
We want change..!
And how are we gonna that?
REVOLUTION!

No, we won't give up,
We're goin' away!

'Cause we're not about to live in this mass delusion,
No, we don't wanna hear another word you say,
'Cause we know they're all depending on mass confusion..!

No, we can't turn back,
We can't turn away,
'Cause it's time we all relied on the last solution!

No, we won't lay down and accept this fate,
'Cause we're standing on the edge of a revolution!

Le garde n'eu même pas le temps de pensé qu'il se fit défoncer le crâne, son comparse, à sa droite, se fit transpercer par une épée volé à l'un d'eux une seconde à peine plus tard.

Les enfants et les adultes les plus vieux ainsi que les malades et les handicapés présents un peu plus tôt dans la salle vouée à les ''brisés'' étaient tous partis avec un petit groupe d'hommes et de femmes en bonne santé pour quitté l'endroit...

...Le reste avait insisté pour suivre Narek.

Son pantalon et ses bottes tout deux noirs comme seuls vêtements, bien qu'il avait retrouvé son haut, celui-ci était en lambeaux, le jeune homme menait cette armée improvisée dans Ezadrah, détruisant les cages et libérant les prisonniers sur son chemin, ce qui ajoutait de plus en plus de nombre aux combattants.

Bientôt, ils étaient si nombreux que certains gardes tentaient de s'enfuir en les voyants arrivés.

L'un des gardes s'enfuyant, justement, fut soudain transpercé par un pieu sortit de nulle part... Non, pas un pieu, une corne.

Et l'homme qui apparut quand le corps sans vie tomba, le seul qui se tenait pour les empêcher de libéré ceux prisonniers du trou pour l'instant, avait été si bien décrit que Narek grinça son nom entre ses dents malgré lui.


Onku...

Le sourire torve de l'homme confirma son identité...

Et le jeune apprenti se prépara, avec son groupe, à la bataille la plus ardue, la plus impossible, de sa jeune vie.

Il était terrifié mais heureux tout à la fois.

Si cet homme était ici, il ne pouvait pas être en train de faire du mal à Syndrell.

Et elle était tout ce qui importait.


No, we can't turn back,
We can't turn away,
'Cause it's time we all relied on the last solution.

No, we won't lay down and accept this fate,
'Cause we're standing on the edge of a revolution...

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Lun 30 Jan 2017, 03:05

Un grondement inhumain montait déjà de la gorge de Syndrell, force légère et irréelle du chant des marchombres, lorsqu’une masse percuta le jaguar et la libéra de son poids. De ses crocs, surtout. Elle roula dans le sable et se redressa tout en passant ses mains sur sa gorge intacte. Ce n’était pas passé loin !

- Désolé Endriss, ce n’est pas une ennemie…

Syndrell tourna la tête et croisa le regard d’Erwan. Il était vraiment ici, alors !

- Tu es saine et sauve.

Brusquement, la tension qui s’était amassée sur les épaules de Syndrell au cours des derniers jours, des dernières heures surtout, disparut comme par magie. Elle sentit ses yeux la piquer. Ah non, elle n’allait pas se mettre à pleurer ! Pas maintenant ! Mais elle était si heureuse de le revoir… Elle ouvrit la bouche et fit un pas vers Erwan.

Alors, le jaguar laissa place à une femme. Belle, nue.
Hystérique.




*



Passée la surprise, les faucheurs et les garde d’Ezadrah s’étaient rassemblés. L’accès à la mine était clos, les cases barricadées et étroitement surveillées. Au cœur du village, les combats devenaient rudes. Ujoras et ses hommes commençaient à reculer. Aedan, Brindille et Ciel tentaient de faire le plus de dégâts possibles. Le Dessinateur avait retrouvé une énergie folle depuis qu’il avait aperçu Syndrell. En fait, il avait l’impression de ne pas réaliser tout à fait : il était comme sur un petit nuage. Syndrell. Sa Syndrell. Vivante. Ça lui donnait envie de danser ! De crier à pleins poumons le nom de son amie ! De la retrouver ! Mais ce n’était pas le moment. Sa petite marchombre n’était pas encore tirée d’affaire – pas tant qu’ils n’auraient pas quitté cet endroit maudit. Ce n’était pas encore fini ! Serrant les dents, il rampa sur le sable, à quelques pas des combats, et ramassa les flèches sur les cadavres. C’était sa mission : récupérer autant de flèches que possible afin que Brindille, qui tirait sans discontinu, ne tombe pas à sec. Aedan s’occupait d’évacuer les esclaves qui se trouvaient à proximité, une tâche tout aussi périlleuse puisqu’il devait d’abord convaincre les pauvres bougres qu’il était là pour les aider. Le serveur put mesurer toute l’horreur d’une manipulation ignoble de l’esprit, d’une brisure du corps, d’un piétinement total de toute forme d’espoir : ces gens avaient oublié la notion même du mot « confiance ». Il fallait les apprivoiser avant de les emmener à l’abri. C’était long et délicat. Ciel s’efforçait de rester à proximité de son ami tandis que Brindille les couvrait de ses flèches. Le sable volait, des gens criait, agonisaient ici et là. C’était une guerre. *Qu’est-ce qu’on fait là ?* songea Ciel en fouillant le corps encore chaud d’un homme qui avait eu la nuque transpercée par une flèche. Il ne parvint pas à récupérer celle-ci.

Mais en voyant Aedan sortir d’une maison en portant un vieillard décharné dans ses bras, il comprit. S’il était ici, c’était pour faire sortir ces gens d’ici. Là-bas, dans l’Empire, on ignorait ce qui se tramait dans le Désert des Murmures ; lui-même n’en aurait probablement jamais rien su si Syndrell n’y avait pas été mêlée. Il frissonna en l’imaginant captive dans un tel enfer, et la colère le propulsa littéralement sur le cadavre suivant. Ses flèches récoltées, il retourna vers Brindille. La jeune fille avait le bout des doigts en sang à force de décocher ses traits sans relâche. Elle non plus ne comptait pas s’en tenir là. Pour la première fois, Ciel lui trouva un air sérieux qui lui donnait quelques années de plus – et il se demanda quel pouvait être réellement son âge. Au fond, il ne la connaissait pas. Mais il était content qu’elle soit là. Et puis soudain, Aedan cria. Ciel eut tout juste le temps de tourner la tête dans sa direction pour le voir chanceler, son précieux fardeau dans les bras. Un faucheur se trouvait là. Déjà son épée virevoltait, éclat mortel et imparable…



*



- T’es qui toi ?

Syndrell écarquilla les yeux, surprise par cette femme qui, sans prévenir, avait pris la place du jaguar – et cherchait encore à l’attaquer ! Elle fléchit les genoux, prête à se défendre, et vit alors, du coin de l’œil, un mouvement qui l’alerta immédiatement. Tout se passa très vite. Une poignée de secondes, tout au plus. La jeune femme tira le poignard de Miss de sa ceinture et le lança – il se ficha entre les deux yeux de l’homme qui tentait de prendre Erwan en traître. Dans le même temps, une lame secrète de Syndrell jaillit et la pointe s’arrêta à quelques millimètres de la gorge de la femme-jaguar, stoppant celle-ci dans son élan.

Temps mort.

Les yeux dorés flamboyèrent.

- Je suis Syndrell. Je suis une marchombre et je suis aussi une amie d’Erwan – assez pour savoir que son jaguar à lui n’aurait pas tenté de me mâchouiller. Revenir ici alors que j’y ai passé des mois enfermée, battue, torturée par une brute ignoble, c’est sacrément éprouvant et j’ai du monde à voir – des amis à retrouver, des ezadrians à sauver. Alors si tu pouvais arrêter de me chercher, je t’en serais vraiment, vraiment très reconnaissante. D’accord ?

Soufflée par ce laïus clair mais absolument pas agressif, la femme aux cheveux courts resta interdite un bon moment. Avant de reculer d’un pas, les mains désormais ouvertes – pacifique. Et intriguée.

- Tu… tu as été retenue ici ?

Syndrell hocha la tête. Elle rétracta sa lame et pivota en faisait glisser son haut sur son épaule, dévoilant sa marque.

- Je ne suis pas une ennemie, affirma-t-elle en reprenant les mots d’Erwan. Je suis revenue pour vous aider.

Comme la femme demeurait songeuse, Syndrell s’approcha d’Erwan. Elle ne se jeta pas à son cou, comme elle aurait pu le faire quelques années plus tôt ; à la place, elle baissa la tête et pressa son front contre le torse de l’homme. Ferma les yeux un bref instant.

- Ylléna va bien. Elle est avec Lyke et Narek.

Murmure. Une énorme bouffée de culpabilité renversa Syndrell ; c’était à cause d’elle qu’Ylléna était ici, et Erwan aussi. Si seulement elle était parvenue à tuer Onku ce jour-là, la fille de Miss et de son ami n’aurait jamais été enlevée. Cal, Jadriane, Armorin et Ma ne seraient pas morts. Elle rouvrit les yeux et recula. Si elle était de retour en dépit de la terreur qui lui broyait le ventre, c’était pour se racheter. Cette fois, Onku ne lui échapperait pas ! Pas une troisième fois !

Un cri résonna non loin de l’endroit où ils se trouvaient. Ils échangèrent un regard, puis la femme, Endriss, retrouva sa forme animale et s’élança. Les deux marchombres lui emboîtèrent le pas. Tout en courant, Syndrell jeta un coup d’œil à Erwan.

- Sacrée personnalité, dit-elle simplement.

Et en souriant.




*



Les combats cessèrent au cœur de la nuit. Un équilibre se créa lorsque des nomades, guidés par Noam, Lyke et Ylléna, arrivèrent en renfort. Les insurgés repoussèrent les faucheurs et prirent position dans l’une des immenses granges qui servait d’entrepôt et d’abri pour le bétail. Les tours de garde se mirent en place ; ceux qui ne surveillaient pas les environs se reposaient à l’intérieur, ou bien soignaient les blessés.

Lorsque Syndrell arriva, Ciel était en train de terminer le pansement d’Aedan. Elle le regarda passer les doigts dans les cheveux de l’homme et sentit une toute petite morsure, là, sur son cœur – pointe de jalousie que seuls les meilleurs amis connaissent au moins une fois dans leur vie. Une piqûre vive et brève, douloureusement éprouvée et déjà envolée : elle était heureuse. De le voir sain et sauf, et de le savoir heureux. Cela se lisait sur son visage et dans ses yeux. Il n’était plus « rien qu’à elle », mais ça lui allait tellement bien !

Comme s’il avait perçu sa présence, il tourna la tête. Elle s’avança, il se leva. Ils se regardèrent un instant, cherchant l’un et l’autre à savourer cet instant longuement rêvé ces derniers temps, et puis Ciel courut comme un fou. Il l’attrapa dans ses bras et la serra, fort, si fort qu’elle en eut mal aux côtes – mais qu’importe ! Au milieu de la cohue générale, deux amis se retrouvaient enfin.


- Tu es vivante… tu es… balbutia Ciel, incapable de la lâcher.
- Tu es là, souffla-t-elle en réponse, le visage enfoui dans son cou.

Une éternité plus tard, ils se séparèrent – mais leurs âmes demeurèrent étroitement mêlées, comme elles l’avaient toujours été. Ciel attrapa la main de son amie et l’entraîna jusqu’au banc sur lequel Aedan et Brindille étaient assis. L’homme aux cheveux noirs et au regard tout aussi sombre réalisa que la moindre évocation de Ciel, le moindre portrait qu’il avait dressé pour lui au cours des dernières semaines, était incroyablement fidèle à la personne qui se trouvait à présent devant lui.

Lumineuse, c’est le mot qui lui vint à l’esprit lorsqu’il serra la jeune femme contre lui – prudemment, pour ne pas malmener sa blessure. Le coup avait porté sur son flanc gauche mais la blessure, pour impressionnante qu’elle était, n’était pas profonde ; sans l’intervention miraculeuse de Ciel, il ne serait pas là, en train de discuter avec Syndrell ! Et le souvenir du faucheur en train de contempler sans comprendre le saucisson qu’il tenait entre les mains, en lieu et place de son épée, était mémorable…

Ciel se sentait enfin lui-même. Complet. Entier. Apaisé. Il lui avait fallu admettre que son amie allait bien pour retrouver ses repères dans les Spires – ses premiers pas avaient été un peu hésitants mais, à présent, il avait retrouvé pleinement ses capacités. Ça pulsait en lui, évidence aussi flamboyante que l’or des yeux de Syndrell.

Brindille, quant à elle, accaparait déjà la marchombre, follement curieuse de savoir comme elle s’y était prise pour venir à bout des archers dans la rue – sans donner l’impression de faire le moindre effort. Ciel avait soigné et pansé le bout de ses doigts. Il fronça les sourcils en remarquant les griffures sur les bras de Syndrell.

- Que t’est-il arrivé ?
- Oh, j’ai simplement croisé… un gros chat.


Erwan s’était éclipsé avec la jolie Endriss. Ecoutant à demi les questions enflammées de Brindille, la marchombre balaya la salle du regard. Elle cherchait quelqu’un qu’elle ne trouvait pas. L’inquiétude grandit en elle, doucement mais sûrement.

Où était passé Narek ?




*



Elle quitta la grange à l’aube. Lorsque Lyke lui avait expliqué comment le marchombre et lui avait été séparés, Syndrell avait compris qu’il ne fallait plus tarder : son élève, son amant était en danger ! Légère comme une ombre, furtive comme un souffle, elle longea une bâtisse, plaqua son dos contre le mur pour jeter un coup d’œil dans la rue… Tourna la tête en percevant un bruit de pas, et écarquilla les yeux.

- Qu’est-ce que tu fiches ?
- Je viens juste de te retrouver, si tu crois que je vais te laisser filer en douce, tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’au coude.


Ciel avait son air buté. Celui qui la faisait toujours éclater de rire. Là, elle sentit son cœur battre plus fort, gonflé d’amour, de reconnaissance et de confiance. Elle se pencha vers lui et déposa un baiser sur sa joue.

- Je t’aime, prof.
- Moi aussi, petite louve. Bon, alors, c’est quoi le programme ?
- Oh, la routine… on dégomme, on court, on risque notre vie, on rentre et on fait la fête.
- C’est parti !




*



L’obscurité. Totale. Etouffante et glaciale.
Cauchemardesque.

Elle avance pourtant résolument mais, à chacun de ses pas, une douleur ancienne, un vestige de souvenir refait surface. Plus violent, plus réel que jamais.

Un pas.
Et elle voit le ventre de Jadriane déchiré par les coups de pied de Juko.

Un pas.
C’est le corps de Cal, immobile à ses pieds, en train de se vider de son sang.


Aie confiance…


Un pas.
Le rire fou de Juko emplit la salle, se mêle aux ombres, devient menace.



Aie confiance…


Un pas.
Une langue râpeuse sur sa joue. L’espoir brille dans le regard du chien.
Le regard de Ma.


Tu vois ? Tu y arrives très bien…


Et oui. Malgré les larmes qui roulent sur ses joues, Syndrell trouve son chemin dans les ténèbres du trou. Elle suit une route empruntée par une fille brisée, à moitié morte et désespérée ; à présent, c’est déterminée et prête à en découdre qu’elle avance, une main contre le mur pour se repérer. Elle a retrouvé ses vêtements, ses bottes, ses armes. Le poignard de Miss est dans son autre main. Ses lames pulsent sous sa peau. Ciel est dans son dos.

Elle affronte ses démons mais elle n’est pas seule.
Elle n’est plus seule.



*



Une brusque lumière envahit la salle, dévoilant les flaques de sang et les chaînes sur les murs. Les cages et les filets. Tous les méfaits des faucheurs sont là, sous leurs yeux. Les rescapés plissent les paupières, habitués qu’ils sont à l’obscurité. Cette lumière qui n’est pas naturelle puisqu’il s’agit d’un dessin de Ciel.

Syndrell s’arrêta juste à côté de Narek et tourna la tête vers lui. Elle lut sur ses traits la stupéfaction puis la colère, puis la peur. Elle lui sourit en retour et tendit la main pour effleurer sa joue. Une poignée d’heures. Il s’était écoulé une poignée d’heures depuis qu’ils s’étaient quittés, et voilà dans quel état elle le retrouvait… les chairs de son omoplate étaient brûlées et devaient lui faire vivre l’enfer. Elle le savait. Elle l’avait vécu aussi.

Une bulle de rage était en train de se former dans son ventre. Pas lui. Pas Narek ! On lui avait volé sa liberté mais elle refusait qu’on le prive, lui, d’une telle façon d’être et de vivre ! C’était la dernière folie commise dans cet endroit. Elle s’en fit la promesse avant de tourner lentement la tête vers l’homme qui se tenait, immobile et silencieux, de l’autre côté de la pièce.


- C’est terminé, Onku. Ezadrah est sur le point de tomber. Les esclaves ont été libérés. Tu as perdu.

Et il allait mourir.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Lun 30 Jan 2017, 05:02

Oui, c’était bien Syndrell.
Et elle prit en charge l’individu qui tenta de se glisser derrière lui en moins de temps qu’il ne fallait pour dire ouf. Endriss eut un petit mouvement de recul, mais le discous clair et dénué d’agressivité de la Marchombre souffla toute la colère qui flamboyait dans ses yeux multicolores.

- Tu… Tu as été retenue ici ?

La colère flamboya cette fois dans le regard d’Erwan, qui sentit son sang s’échauffer dans ses veines brutalement. Il serra les poings et les mâchoires pour contenir cette poussée de violence, mais s’efforça au calme en respirant calmement.


- Ylléna va bien. Elle est avec Lyke et Narek.
- Je sais. Merci,
chuchota-t-il du bout des lèvres. Il avait déjà retrouvé sa fille, et lui faisait confiance pour s’en sortir. Peut-être était-il un peu trop optimiste, et pourtant quelque chose le poussait à croire que tout allait bien.

Quand le cri résonna dans les arbres, Endriss se retransforma immédiatement en Jaguar et partit en avant. Erwan se contenta de poser sa main sur l’épaule de Syndrell, et de la serrer légèrement. Juste assez.
Un remerciement, même s’il ne put s’empêcher d’éclater de rire quand elle lui dit que Endriss avait une sacrée personnalité.

Elle n’avait pas idée.
Lui non plus, d’ailleurs.



* *


- Papa !
Erwan se baissa et cueillit une Ylléna qui se jetait sur lui en ouvrant les bras. Elle se nicha contre son torse et attrapa sa nuque dans ses bras alors qu’il la soulevait sans effort pour la serrer contre lui. Il ne put s’empêcher de frissoner encore une fois en sentant le contour de la croûte qu’avait formé la brûlure du marquage sur la peau de son épaule.
Et elle frissonna elle aussi…
Avant de hausser les épaules.

- Il en manque. Des enfants. Des gens. Ils sont partis avec Narek.
- Syldre.
- Syldre !

Ylléna ouvrit des yeux interrogatifs, mais haussa encore une fois les épaules, se tortillant dans les bras de son père pour qu’il la repose par terre.

- Lyke a dit qu’il les avait vus partir par là, fit-elle en désignant une direction.

Erwan fronça les sourcils, mais il sentit Endriss trembler soudain de tout son corps à son côté.

- Le trou. Onku…
Ylléna sursauta brusquement en faisant volte-face, alors qu’un autre garçon encore – un qu’elle ne connaissait pas, de l’âge de Lyke à peu près – s’approchait du Marchombre et de la métamorphe.
- Je viens avec vous.
- Moi aussi.


Erwan poussa un soupir en levant les yeux au ciel.
Mais la main d’Endriss, aux doigts littéralement plantés dans la peau de son coude, lui indiquèrent qu’il ne fallait pas plaisanter. Pas maintenant.

- Prenez une arme chacun.


* *


- C’est là.

Elle s’était arrêtée devant une cabane qui ne payait pas de mine, les poings serrés, les dents grinçantes, le menton rentré. Une terreur sans nom dansait dans son regard, une grimace tordait les traits de son visage, et pourtant Erwan la trouvait plus belle que jamais.

Il posa une main rassurante sur son épaule, mais elle le repoussa brusquement.

- Ne me touche pas. Pas ici.
Surpris, mais loin d’être blessé, Erwan reprit sa main et hocha doucement la tête.
- D’accord.
- Ils ont tué Loïam là dedans…
lâcha-t-elle dans un souffle si bas qu’il cru avoir mal entendu. Loïam ? Ma soeur. Enceinte de huit mois. Et… Un frisson de rage pure envahit alors Erwan.

Il ne pouvait pas prendre sa main, mais tout dans sa manière de se tenir exprimait ce qu’elle avait vécu dans cet enfer. Non, c’était bien pire que tout ça.
Miséricordieux, Erwan considérait que tuer ces gens était le moindre mal à faire, finalement. Sauver des vies, en en éliminant une, parfois était le prix à payer pour la sécurité de tous.

Faire souffrir ces enfoirés était une idée tentante mais qui n’effleura pas son esprit : la violence ne faisait qu’entrainer la violence, et cela pouvait se reporter sur d’autres. Il ne devait pas y avoir de suite.

Sans un regard en arrière, pas même pour Endriss, il s’engouffra dans la cabane.


* *  

Une lumière.
Il y avait une lumière là dessous.

Descendant avec prudence, Erwan fronça le nez.
Cela sentait le sang, la souffrance, les sanglots.
Cela sentait l’horreur et le désespoir.

Des bruits de pas légers s’élevèrent dans son dos, et il sut qu’Endriss avait pris sa suite, suivie par Ylléna et Drean.

Et puis, un souffle.
Murmure brûlant.

- C’est terminé, Onku. Ezadrah est sur le point de tomber. Les esclaves ont été libérés. Tu as perdu.

Dans son ventre, le Jaguar s’agita et Erwa s’immobilisa un instant.
Une seconde.
Endriss lui passa devant, comme un feu follet, vive comme le vent et insaisissable comme de l’eau.

Elle dansa un instant, en équilibre sur le fil invisible entre la terreur et la rage.
Puis, elle bondit.
S’envola.

Lumière, ténèbre, elle se fondit dans la pièce, glissa sur le sang, se faufila jusqu’aux cages.
Effleura la joue de sa fille un instant, dans un sourire.
Avant de faire volte-face.

Onku.

__________________________________________




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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Mar 31 Jan 2017, 16:18

Al-Jeit.
Oh, Al-Jeit !
L'orgueilleuse cité impériale et ses rues flamboyantes, ses échoppes hautes en couleur composait un tableau étourdissant aux couleus virevoltantes, mais Rilend, si elle se laissait toucher par la beauté des lieux, n'avait que faire d'architecture. Al-Jeit, siège du pouvoir et des plus talentueux parmi les Dessinateurs et les guerriers, abritait l'empereur et la plus réputée des Académies mais Rilend n'avait cure du pouvoir et de la politique. Al-Jeit s'enorgueillissait de sa splendeur et de son élégance élancée, de la propreté de ses rues pimpantes et de la sécurité de ses coupe-gorges, oubliant les gamins qui criaient misère dans les bas-fonds de la cité, comme dans toute autre. Juste, moins visibles.

Mais ce soir, Rilend n'accordait que peu d'attention à ces gosses pour lesquels, d'ordinaire, son coeur chavirait sous le poids des souvenirs.
Elle courait, ombre dans la clarté des ruelles, à la suite d'une créature miraculée. Sautant de toit en toit, les yeux fixés sur ce petit renard dont la fourrure rousse flamboyait sous la lune, la marchombre ne perdrait pas la piste.
Elle ne laisserait pas s'enfuir son épouvantable pressentiment.

La soirée avait pourtant remarquablement bien commencé.


 *
* *
 *

"Daos, pose tes mains et lâche les rênes. Laisse la s'arrêter...Voilà. Appuie toi sur tes pieds, trouve ton équilibre.
C'est bon ?
Bien...alors, allons-y."


La gestuelle marchombre.
Sur un cheval.
C'était atypique, mais Rilend n'avait trouvé que cette solution pur que Daos se détende une fois en selle. Le jeune homme n'aimait visiblement pas, mais alors pas du tout les chevaux et même l'adorable Ptibuis, la jument palomino de l'Académie, n'avait su le réconcilier avec la gent équine.
La ravissante akhal-téké, grande et osseuse comme tous ceux de sa race, se tenait immobile avec la patience de ceux qui ont vu passer des lignées entières de débutants sur leur dos. Sur son dos, Daos s'essayait à cet enchaînement de mouvements que Rilend lui avait enseigné à l'issue de leur premier cours, suivant les gestes de son maître. Vaillant mâchonnait son mors, apaisé par la sérénité de sa cavalière.
Les yeux mi-clos, Rilend sentait, écoutait. Attendait que son élève trouve le verrou et pousse le battant qui le coupait de son calme. A pied, Daos y parvenait de mieux en mieux et de plus en plus vite...à cheval, c'était encore une aventure.
Quand la marchombre sentit son apprenti retrouver un semblant de sérénité, elle rouvrit les yeux, posa les mains et reprit patiemment :

"Maintenant, les mains posées, ne touche pas aux rênes. Elle connaît bien son travail...et laisse la juste suivre Vaillant. Au pas. Souffle, et détends toi, laisse ton bassin épouser les mouvements de son dos et desserre les genoux pour que tes pieds tombent naturellement de chaque côté de ses flancs. L'équilibre à cheval n'est pas si différent de ce qu'il est le reste du temps."


 *
* *
 *

Elle avait oublié.
Comme une voyageuse inexpérimentée, la magnificence de la cité l'avait saisie au détour d'une colline, impérieuse, impériale, irrésistible. Le souffle coupé, Vaillant s'agitant sous elle comme elle l'avait immobilisé, Rilend dévorait une fois de plus du regard la porte d'Améthyste, la plus belle de toutes.
Quand elle eut repris ses esprit, elle coula un regard en direction de Daos.
Détendu, les mains posées sur le garrot saillant de Ptibuis dont la robe dorée reflétait les rayons violacés renvoyés par le complexe monument de joaillerie, il regardait la Porte. Muet d'émerveillement.
Rilend sourit.
Emue et compréhensive.


 *
* *
 *

Ils avaient parcouru la cité à cheval, puis à pieds. Par les murs et les toits. C'était la première vraie expérience de Daos avec d'autres bâtiments que ceux de l'Académie et son maître ne l'avait pas lancé à l'assaut des plus délicats d'entre eux, comme cet immense sablier de pierres jointes et massives, qu'il serait toujours temps de gravir plus tard. Pour l'heure, c'étaient échoppes et maisons, palais de pierre blanche et translucide, quartz ou marbre pour les deux ombres qui se faufilaient sur les toits.

Courir dans les rues d'Al-Jeit, au lever du soleil et même avant, constituait une expérience que la jeune femme avait eu plaisir à faire découvrir à son élève. Le calme tranquille des beaux quartiers, avant que les nobles oisifs ne se lèvent, l'agitation des secteurs populaires à l'installation des étals, tout baignait ici dans une atmosphère majestueuse et presque compassée. Mais en tous cas poétique.
La lumière rouge du levant, rebondissant de muraille en villa, achevait sa course dans des ombres sanglantes ou violines qu'elle reléguait peu à peu aux coins des pierres. Et même là, l'ombre d'Al-Jeit n'était jamais que lumière et clarté inouïes.
Ils couraient dans une toile de maître.
Du haut d'un beffroi, ils contemplèrent le couchant sur les toits, la nuit dans les ruelles, le bleu, l'ocre et le rouge qui se mêlaient à l'infini. Tant de poètes avaient chanté la splendeur de la ville...
Tant d'hommes et de femmes amoureux, que Rilend comprenait si bien.
Al-Jeit était somptueuse.
Et plus encore dans les yeux émerveillés de son élève.
Rilend sourit et, au bas de la tour, lui laissa sa soirée.
Il l'avait bien méritée !


 *
* *
 *

Elle avait dîné dans la rue, d'une brochette, puis glissé d'ombre en ombre pour se mêler aux promeneurs attardés, charmée par la tranquille mondanité de cette ville qui se voulait royale. Les marchands affables, les touristes presque intimidés, les gardes sérieux ne prêtaient nulle attention à la longue femme brune qui se faufilait entre eux. L'avaient-ils même sentie ?
Elle était une ombre.
Avec des ailes.

Dans la ruelle proche, un glapissement.
Rilend hésita, et puis...et puis, les signes, les choix, les indices, la conversation avec Hièlstan à ce sujet, tout tourna dans sa tête tandis qu'elle tournait au coin du coquet lupanar de pierre sombre. Juste à temps pour voir deux hommes glisser un petit renard sonné dans un sac de jute avec un gros rire. Rilend allait revenir sur ses pas - sans doutes un animal sauvage capturé, offert à un quelconque noble puis échappé, en quête d'un vain retour à la vie sauvage. Pauvre petite créature arrachée à son monde pour devenir jouet de femme gâtée.
Puis elle entendit.
Et le pressentiment noua sa gorge.

"On l'embarque.
- Sous cette forme ? Et puis ça sert encore à quelque chose ?
- Pas d'instructions, moi je continue. Et oui, assomme le comme ça. Il prendra moins de place.
- Ouais, enfin, franchement ? On n'entend plus parler d'eux.
Ils en avaient pas après un tigre, aussi ?

- Heu...un léopard. Ou un jaguar, enfin, un truc tacheté. Sais pas. Les infos devraient arriver dans quelques jours."


Il se croyaient seuls.
Rois du monde, un renardeau à la main.
Rilend décida d'écouter les signes et la colère.
C'était peut-être important, mais elle n'avait aucune idée de...pourquoi.

L'un des hommes tomba lourdement, la mâchoire fracturée, le nez enfoncé et le souffle coupé. Il n'eut pas le temps de comprendre : mal au nez, craquement, douleur inhumaine aux dents, langue mordue et nuque à peine frôlée...le noir.
L'autre se plia en deux autour du pied qui enfonça son plexus solaire, puis se tordit entre les mains qui l'avaient plaqué au mur, le soulevant juste assez pour qu'il puisse parler, juste assez pour que sa glotte repose sur des mains serrées et blanchies de colère et d'effort.
Et la femme, vêtue de cuir, le regard farouche, qui le serrait au col le questionnait. Il lutta tout d'abord, mais Rilend avait d'ores et déjà décidé d'écouter son intuition et insista, mue par la certitude qu'il y avait là quelque chose à savoir, à découvrir, à faire peut-être.
L'homme résista encore, mais quand sa langue lui parut avoir doublé de volume dans sa bouche, quand son visage congestionné le brûla et que ses jugulaires lui parurent sur le point d'exploser, une peur atavique et dévorante le saisit et les mots jaillirent.
Epouvantables.
Répugnants.
Un éclair roux passa soudain près de Rilend. Le renardeau avait manifestement repris connaissance et se faufila dans la longue rue dégagée. La marchombre frappa deux fois : aux testicules, aux tempes, et l'homme libéré n'avait pas encore touché terre qu'elle volait déjà à la suite de la bête.
Elle avait eu bien raison d'écouter son instinct...
La Panthère voulait chasser.

 *
* *
 *

Le renardeau s'arrêta devant une porte, sans sentir l'ombre à sa suite.
Le garçonnet s'engagea par le battant entr'ouvert.
La marchombre bondit et rencontra le regard méfiant d'un adolescent prêt à appeler du renfort.
Qui hésita.
Et s'écarta.

Rilend se faufila dans l'escalier, puis la large pièce circulaire au bas de celui-ci, sans un bruit. Elle s'immobilisa et attendit qu'on la remarque, tous ses sens en éveil.
Un grondement alerta la Panthère.
Rilend pivota juste à temps pour voir un caracal, adulte ou presque, se ruer sur elle, toutes griffes sorties. Un animal d'une bonne vingtaine de kilos seulement, mais un félin, puissant et musclé par rapport à son gabarit et bien capable de lui infliger quelques stries sanglantes avant qu'elle n'arrive à se dégager. Si on ne l'immobilisait pas entre temps !
Rilend fit un pas de côté, un simple pas, pour esquiver la première attaque.
Une grande panthère noire sauta à son tour sur le caracam, qui recula et se tortilla en crachant, échappant aux griffes de sa cousine. La chasseresse ne lui laissa pas le loisir de reprendre son élan et bondit derechef, plaquant au sol son adversaire trois fois moins lourd qu'elle. L'animal feula et hurla, ses iris verts rivés dans les yeux jaunes du léopard, jusqu'à ce qu'une voix, humaine cette fois, ne parvienne aux oreilles des belligérants.

"April, attends !"

Yeux verts, encore rageurs. Redevenus bleus, tandis que la Panthère lâchait la grande adolescente pour tourner un regard étonné vers l'humain plus âgé qui avait parlé. C'était un jeune homme, qui détonnait dans cette assemblée d'enfants. De carrure large, les yeux perçants et songeurs tout à la fois, il considérait le fauve tandis que ses contours se brouillaient pour redevenir femme.
La marchombre se redressa, et le garçon lui adressa un sourire nerveux :

"Je ne savais pas que vous étiez des nôtres. C'est Erwan qui vous envoie ?"

Sourire confiant.
Regard gris dérouté.


*
* *
*

La rage.
Aveugle, aveuglante.
L'horreur et l'épouvante. La colère.
Combien d'heures s'étaient-elles écoulées, tandis que ce garçon, aidé des jeunes enfants qui faisaient cercle autour d'eux, lui contait en substance les évènements des derniers mois ?
Des noms de sa Guilde y revenaient fréquemment, Erwan, Libertée, et puis d'autres, une certaine Louve, d'autres encore. Des noms d'animaux, des serpents, des jaguars, des biches...des mots durs et atroces, des sévices et des marquages, des brûlures, la peur, le sang, la mort. Des prisonniers et des esclaves.
Et par dessus tout cela, le rugissement sourd de la Panthère qui, en prédateur menacé, réagirait par la menace, et la colère de la femme à qui l'on contait une histoire d'enfants enlevés.
De métamorphes.

"April et moi, on aurait voulu aller les aider, mais ils ont dit non. C'est peut-être pas plus mal, April a des crocs pour nous défendre.
- Pas toi ?"


Le garçon sourit et pinça les lèvres.
Un grand héron cendré porta sur Rilend le même regard songeur qu'une seconde auparavant, aussi gracile que son humain était carré, et la jeune femme dut lutter contre la Panthère et son instinct de chasse.
Bien sûr.
C'était la toute première fois de sa vie que Rilend rencontrait des Métamorphes, Erwan excepté. Panthère, elle avait longtemps cru que les humains ne devenaient que des prédateurs. Jamais elle n'avait imaginé qu'ils étaient aussi plumes, écailles et envols...une pointe de curiosité lui vint aussitôt. Ce garçon savait ce qu'était voler...autant si ce n'est mieux qu'elle.
Le jour se levait ; l'heure tournait.
Elle se leva et prit congé.
Le regard sombre.

*
* *
*

Elle avait tout préparé.
Sacs, vivres, chevaux, Ptibuis et Vaillant attendaient, sellés, un apprenti qui tardait. Rilend grinça des dents, rendue impatiente par son envie d'en découdre...son furieux désir de se mêler de ce qui ne la regardait qu'à moitié.
Le garçon, le héron, lui avait offert une vision partielle de la situation, mais bien suffisante pour qu'elle éprouve l'envie de se joindre à la danse. Et c'est ce qu'elle allait faire, de ce pas.
Sauf que Daos tardait.

*
* *
*

Avec de bons chevaux et de bons cavaliers, le trajet prenait deux jours. A eux, il leur en fallut trois. Rilend, en route, avait succinctement exposé la situation à son élève. Les métamorphes - ce concept leur avait pris du temps, et elle n'avait pas exactement mentionné son appartenance au groupe - et ce qu'elle avait compris du récit du héron. Ezadrah, les esclaves, les captures, les habitants et villageois...une mécanique monstrueuse, inhumaine et mortelle que quelques grains de sable s'étaient proposé d'enrayer une bonne fois pour toute.
Aurait-elle été seule en chemin qu'elle aurait refusé de prendre du repos, mais Daos était un cavalier inexpérimenté et elle se refusait à le laisser s'épuiser. D'accord, elle ne souhaitait pas le voir au combat plus que nécessaire, mais elle n'aurait su prévoir ce qu'elle allait trouver et la façon dont les choses tourneraient. Si Daos se retrouvait au coeur de la mêlée malgré le souhait de son maître, il ne faudrait rien moins que la fraîcheur de ses muscles et son énergie pour lui sauver la mise.

*
* *
*

En d'autres temps, Rilend se serait émerveillée de la splendeur sauvage du désert. La chaleur, sèche et impitoyable, qui laissa la place à un froid glacial dans la nuit sans nuages, faisait renâcler Vaillant et Ptibuis. Un autre jour, une autre nuit, elle se serait ébaubie du crépuscule rouge, des dunes aux courbes épurées et du calme de ce petit village niché au coeur des sables.
Mais ce soir, l'air sentait la mort.
Les cris, une cloche, des flèches et l'odeur du feu qui agaçaient les chevaux. Rilend prit une décisions rapide. Ils firent halte derrière un vieux bâtiment décrépi auquel ils purent attacher les chevaux, pas trop serré, pas trop fort.
Il fallait, expliqua Rilend à son élève, qu'ils puissent s'enfuir si un prédateur les menaçait.
Il fallait, songeait-elle, qu'ils puissent fuir si ils y restaient.

Elle considéra Daos.
La jeune femme n'avait toujours pas décidé ce qu'elle ferait de son apprenti. Elle était responsable de lui, répugnait à le laisser en retrait, loin de sa surveillance.
Mais Daos n'était pas un guerrier, ni un marchombre, et s'il avait montré quelques talents et de bons réflexes, la jeune femme ne se faisait pas d'illusions sur sa capacité à survivre face à l'un de ces Faucheurs, confusément décrits par les enfants.
Elle se décida en un éclair.

"Reste avec moi pour le moment."

Elle le renverrait en arrière si elle trouvait une occasion de le faire sans trop de dangers pour lui, ou si ses talents se trouvaient plus nécessaires ailleurs. Mais pour l'heure, elle ne laisserait pas son apprenti seul après des chevaux ou de qui que ce soit d'autre, y compris ces habitants effarés et méfiants qui, pour certains, étaient encore visibles.
Rilend fixa le désert d'un regard intense.
Le vent soufflait, encore chaud du jour agonisant, rouge et épais. Une force, une force parmi tant d'autres. Il charriait le sable, l'histoire d'un combat, de sang et de mort, de rage. La marchombre demeurait silencieuse, l'écoutant encore. Il y avait de la souffrance, des feulements de flèches, des rugissements de lames, qui déchiraient la trame paisible du désert et l'écrasante présence du Rentaï.
Elle savait vers où aller.
Elle courut, vigilante, mais les combattants s'étaient certainement éloignés : l'endroit était dévasté, désolé, mais y était retombé le calme morbide des champs de bataille. Ca et là, des flèches abandonnées, plus loin, des corps.
Rilend ne s'arrêta pas.
Quand les indices se raréfièrent, la Panthère prit le relais.
L'heure n'était pas vraiment à la dissimulation !

Il y avait des pistes dans ce sable foulé et mélangé.
Du sang, beaucoup de sang, et des odeurs fauves que la Panthère suivait au petit galop, devant l'humain qui dérapait dans son dos. Des bruits, des grondements qu'elle entendit soudain et qui lui firent froncer le nez et retrousser les crocs sur un grondement silencieux. Hérisser une ligne de poils sur l'échine et raidir la queue, tandis qu'elle franchissait le seuil d'une cabane. La piste s'arrêtait là, pour devenir une certitude.
Rilend redevint humaine avant de descendre dans ce complexe qu'elle devinait immense et souterrain, d'où s'élevaient des éclats de voix modifiés, incompréhensibles. Du bout des lèvres, elle glissa à Daos :

"Sors ton poignard. Vigilance."

Elle serait attentive pour deux.
Redevenue Panthère, elle se faufila pas après pas, le museau retroussé de peur, de dégoût et de rage. L'air puait la mort et le sang, la détresse, l'effroi, l'épouvante, l'humain et le fer, la chair brûlée. Le fauve grinçait des dents et s'il se retint de feuler, ce fut simplement pour demeurer absolument silencieux.
Ombre parmi les ombres, jusqu'à la lisière d'une clarté tremblotante. La panthère se tapit.

Il y avait des hommes et des femmes, des jeunes et des adultes, qui lui tournaient le dos. Il y avait des cages et des créatures dedans, et, encore, la rage.
Il y avait deux odeurs connues, Erwan et une grande adolescente que la Panthère n'avait rencontré qu'à une seule occasion, sous forme humaine. Une autre femme aux cheveux bleus, qui bougeait comme un chat.
Un autre homme.
Un félin aussi noir qu'elle, là-bas, sanglant.

La Panthère ne bougea pas tout de suite.
Elle analysait la situation.

__________________________________________

*Parce que la panthère en toi peut être apprivoisée
Parce que le plus grand des trésors est la liberté.*

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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Jeu 16 Fév 2017, 06:46

Il me fixe comme une autre proie, comme un fou qui va mourir...

Tous, autour de moi, hésites un instant, leur tortionnaire leur fait encore peur et c'est normal... J'ai peur aussi.


Viens,
Mais ne viens pas quand je serais seul...

Quand le rideau un jour tombera,
Je veux qu'il tombe derrière moi..!



Le jeune homme fixait Onku de son univers rouge et noir, le quitta des yeux un instant quand Syndrell arriva, juste un éclair... Elle était forte, mais fragile. Dure, mais douce...

Parfaite.

Onku rit de sa façon de lui dire que tout était finit, la provoqua, les provoquèrent tous.

Elle tenta de faire un pas en avant.

Narek la stoppa d'une main et avança lui-même, ce qui sembla tous les étonnés...

...Particulièrement Onku...

Le garçon ne se faisait pas d'illusions, il ne pourrait pas le battre seul... Seulement, il ne voulait pas le battre seul, mais ne pouvait pas non plus permettre à Syndrell de commencer de suite.

Ce n'était pas un combat pour elle, cette fois, comme c'était à l'origine.

Ses cheveux bougèrent dans le vent, frôlant la marque dans son dos et augmentant un peu la douleur déjà extrême...

Il devait essayer de se battre seul, pour commencer.

Pas par honneur ou pour son ego...

...Simplement parce qu'il devait se battre pour sa liberté.


Viens,
Mais ne viens pas quand je serai seul...

...Moi qui ai tout choisi dans ma vie...

...Je veux choisir ma mort aussi.



Comme si tous avaient compris sa folie, personne ne s'interposa.

Certains tentèrent le coup pour être rebuter par Syndrell ou Erwan...

Ironique, tout de même. Les deux personnes pour qui il devait compter le plus parmi tout ces gens, puisque même s'il ne le connaissait que peu, Erwan le connaissait mieux qu'eux tous, étaient celles qui le laissait se mettre en danger.

Ce n'était pas un test ou un Ahn-Ju ou même un jalon sur la voie marchombre...

C'était l'Ahn-Ju de sa vie, le test de son courage, le jalon sur SA voie marchombre...

Onku prit position, un rictus mauvais sur les lèvres, semblant encore plus heureux de savoir qu'il pourrait blesser Syndrell en blessant le barde.


Il y a ceux qui veulent mourir un jour de pluie,
Et d'autres en plein soleil...

Il y a ceux qui veulent mourir seuls dans un lit,
Tranquilles dans leur sommeil...



L'homme se contenta d'embrasser la marchombre au cheveux bleus... Et de la réconforter d'une phrase si ambiguë qu'elle n'était pas très réconfortante.

T'inquiète pas, Syndrell, je ne mourrais pas contre lui, pas ici...

...J'ai toujours voulu mourir sur scène...


La scène de la vie, la scène d'un combat, la scène d'un repas...

...Ambiguïté qui en aurait fait douter plus d'un...

...Elle se contenta de lui retourner son baiser.


Moi,
Je veux mourir sur scène devant les projecteurs...

Oui je veux mourir sur scène,
Le coeur ouvert tout en couleur..!

Mourir sans la moindre peine,
Au dernier rendez-vous.

Moi je veux mourir sur scène...

...En chantant jusqu'au bout.


Le jeune homme évita de justesse un coup de corne, corne venu de nulle part, d'ailleurs, et donna un bon coup dans les côtes de son adversaire.

Coup qui touchait à peine l'homme, ça ne ferait pas bien mal et ne causerait pas grand problème...

Il n'avait vraiment pas le niveau.

N'était-il donc pas capable de protéger sa propre liberté..?


Viens,
Mais ne viens pas quand je serais seul,
Choisis plutôt un soir de gala,
Si tu veux danser avec moi...

Ma vie a brûlé sous trop de lumière,
Je ne peux pas partir dans l'ombre ...

...Moi je veux mourir fusillée de laser...

...Devant une salle comble..!


Au moment où il évita la prochaine attaque, le jeune homme s'éloigna d'un bond, brisant l'affrontement pour la première fois.

Il était plein de rage, de haine de--

Harmonie.

Ouverture.

Syndrell.

Ce simple nom, dans ses pensées, le calma.

Son souffle ralentit, il ferma les yeux.

Geste si improbable que même Onku marqua une seconde d'hésitation.

Une seconde, en pensée, peut être un siècle.


Ceci ne doit pas atteindre les sphères émotives...

Ses avantages : Ses métamorphoses, son expérience, son calme, ma haine, son intelligence.

Mes avantages : Mon calme, sa méconnaissance de mon style, mon pouvoir de déduction...

Syndrell.



Sol sec, arénacé, air sec aussi, mais le vent d'ouest réussis à porter jusqu'ici, humidité suffisante pour être étrangement agréable.

Premièrement, éviter la charge qui tente de me surprendre, profiter de cela pour rejoindre, en esquivant, le petit amont de sable à droite, le lancer du pied à son visage quand il se retourne pour faire diversion.

Bloqué le coup de pied aveugle en l'attrapant, le tordre pour le forcer à reculer s'il ne veut pas trébucher. Découvrant qu'il perds tranquillement du terrain en se battant, il utilisera un atout dont je ne suis pas censé connaître l'existence et qui, même si je le connaissait, ne serait pas prévisible.

Rouler pour éviter le coup d'ailes, lancé ma dague pour qu'il n'ais pas le temps, en l’apercevant, de l'attraper dut à l'élan nécessaire pour son coup...

Visé le haut gauche de la tête.

Moi je veux mourir sur scène,
En chantant jusqu'au bout.

Mourir sans la moindre peine,
D'une mort bien orchestrée...



Le jeune homme se met en mouvement, tout allait comme dans son plan, bientôt l'homme fut aveuglé, puis recula d'un pas, tourna sur lui même en sortant ses ailes, aperçut le couteau trop tard pour l'attraper...

L'évita en riant du fait d'être ainsi sous estimé.

Se prépara à charger de nouveau.

Sentit la douleur dans son épaule et réalisa en voyant le sourire du garçon.

Il ne le visait pas lui, ne l'avait jamais visé, réalisa-t-il en criant sous l'effet de la dague qui déchirait sa chair pendant qu'il réagissait en tentant de s'écarter.

Le garçon avait visé Syndrell.

Comment avait-il put mettre autant de force et visé ainsi la femme qu'il aimait sans douté le moins du monde!?

Il aurait put la tuée..!

L'homme s'écarta enfin de son agresseuse, qui rejoignit le combat en même temps que le seul gamin se relevait de son lancé-roulade...

Les maudits en réalisant qu'ils n'avaient même pas besoin de se parler pour se comprendre.


Moi je veux mourir sur scène...

...C'est là que je suis né...


Narek ne put s'empêcher de sourire en réalisant que son plan s'était déroulé tel que voulu... Et bim le salopard, il avait été tellement aveuglé par sa rage de se faire ainsi mené par le bout du bec qu'il en avait oublié les spectateurs...

Grave erreur, se dit l'apprenti en voyant son maître et amante le rejoindre après son coup d'éclat...

...Et le cercle se refermé tranquillement sur le tortionnaire.

Même Erwan, pourtant si calme, avait au fond du regard une lueur à faire vraiment peur.

Narek fixa l'homme qui regardait autour de lui la cinquantaine de personnes avec un regard qu'il connaissait bien sans le savoir...

...C'était le même que celui de ses victimes, habituellement...

...Un regard plein de peur.

Le barde sourit à Syndrell de façon aussi rassurante que possible...

Tout était finit, non..?

Il ne pouvait pas s'enfuir de ça...

Et puis s'il tentait un coup foireux, Narek avait déjà décider.

Il donnerait sa vie au besoin et ce sans hésitation pour sauver celle de Syndrell...

...Après tout, il avait toujours voulu mourir sur scène...


Moi je veux mourir sur scène,
En chantant jusqu'au bout.

Mourir sans la moindre peine...

...D'une mort bien orchestrée...

__________________________________________


Spoiler:
 

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Ven 24 Fév 2017, 10:41

[Me suis un peu emballée pour changer ! Alors si quelque chose vous dérange, frappez-moi (virtuellement) et je ferai le nécessaire ! Wink]




- Fini ? Tu te trompes. Tout ceci ne fait que commencer. L’introduction est certes un peu longue, puisque tu as décidé de mettre ton grain de sel dans des affaires qui ne concernent pas les esclaves, mais je vais te tuer ici-même, ainsi que tes amis.

Affronter Onku, le défier du regard alors qu’elle tremblait était une épreuve de force pour Syndrell. Elle n’avait pas peur, pas alors que Narek se tenait à ses côtés, mais elle frémissait de fureur chaque fois qu’elle regardait son dos blessé, elle partageait sa douleur pour l’avoir ressentie avant lui, et elle luttait pour ne pas se jeter sur Onku. Vouloir lui arracher les yeux avec les ongles ne signifiait pas qu’elle le pouvait. Une telle erreur serait invariablement fatale. Et parfaitement inutile. Elle serra les dents.

Et puis quelque chose, son instinct peut-être, lui fit tourner la tête. Elle aperçut Erwan, jaillissant des ombres aux côtés d’Endriss ; celle-ci s’élança vers les cages mais Syndrell n’avait d’yeux que pour le marchombre. Comme par magie, son souffle s’apaisa, les battements effrénés de son cœur se calmèrent, sa colère retomba. Soufflée par la seule présence de son ami. Maintenant qu’Erwan était là, Syndrell avait pleinement confiance. D’une certaine manière, Miss était là elle aussi, et cette certitude alluma un véritable brasier dans le regard de la jeune femme.

Elle sourit à Onku.

- On joue les gros durs pour se rassurer ?

Un éclat d’hésitation traversa le regard d’Onku. Ce changement d’attitude, imperceptible et en même temps évident, l’interpela et le rendit méfiant. Il jeta un coup d’œil à l’homme aux cheveux blancs. Sa prochaine cible.

- C’est toi qui a besoin d’être rassurée. Pourquoi serais-tu venue avec autant de renforts ? Ils sont ta faiblesse, tu sais… Souviens-toi de ceux qui sont morts en vain. Cette esclave en gestation. Ce gamin qui jouait les héros. Tu crois que perdre d’autres personnes te rendra plus forte ?

Oui, Onku avait peur ! Il était en train d’essayer de la provoquer pour qu’elle commette une erreur et se tirer d’affaire ; Syndrell s’accrocha à cette idée et ignora la cruauté que ces mots faisaient ressortir. Comment pouvait-on dire des choses aussi dures ? Et bafouer de la sorte le souvenir de deux des personnes parmi les plus courageuses qu’elle ait jamais connues ? La marchombre resta impassible. Onku faisait penser à un chien acculé qui claquait de la mâchoire pour montrer sa pugnacité.

Elle porta la main à sa ceinture mais Narek, soudain, fit un pas en avant.

Décidé.




*



- Je ne pourrai plus jamais avoir d’amis.

Cette phrase, Syndrell l’avait prononcée dans un murmure mais avec suffisamment de conviction pour que le vieux souffleur de verre interrompe son travail. Il leva les yeux vers elle et essuya la sueur qui brillait sur son front.

- Qu’est-ce que tu racontes, petite ?
- Je ne pourrai plus jamais avoir d’amis,
répéta Syndrell, mais elle crut bon de préciser un peu sa remarque : ça fait trop mal.

Il reprit son travail en silence mais la mine soucieuse. Il n’avait pas posé de questions à cette enfant, il s’était simplement contenté de la sauver, de la recueillir alors qu’elle n’avait nulle part où aller, devinant dans sa réserve toute la souffrance qu’elle avait pu éprouver. Et éprouvait encore. Mais elle était si jeune, encore ! Comment envisager de vivre toute une vie sans plus jamais se lier à quiconque ?

- On a toujours un peu mal quand on vit, dit-il au bout d’un moment.
- « Un peu »…
- D’accord. Parfois beaucoup. Mais là n’est pas le problème.


Le vieil homme parlait d’une voix douce, mesurée, prégnante. Fascinée malgré elle, Syndrell se tut et l’écouta, associant pour toujours le son râpeux de sa voix à la chaleur étouffante de l’atelier.

- Je suis un vieux loup solitaire, tu le sais bien, mais il n’en a pas été toujours ainsi. J’avais une famille autrefois, et des amis. Des gens que j’aimais. J’ai déjà regretté la mort de certains d’entre eux mais jamais je n’ai regretté de m’être lié à eux. C’est une… comment dire… une des plus belles choses qui puisse exister dans toute une vie.
- Mais s’attacher a un prix,
ne put s’empêcher d’intervenir la jeune fille, des larmes dans les yeux tandis que, dans sa mémoire, l’image de Leif agonisant dansait comme pour lui rappeler ce qu’elle avait perdu. Et j’estime avoir assez payé.

L’artisan qui vivait reclus dans les montagnes depuis un certain nombre d’années évalua cette remarque. Il prit le temps d’en peser chaque mot tout en frappant sa pièce de verre avec une spatule de bois pour la détacher de sa canne. Il demeura silencieux tellement longtemps que Syndrell s’apprêtait à retourner dans la maison lorsqu’il prit de nouveau la parole.

- Partager la vie d’un autre ne vaut-il pas la peine de prendre un tel risque ? Je sais combien la douleur de perdre un proche est immense – oh oui, je ne le sais que trop bien… Mais le plus difficile est toujours de se relever et d’avancer malgré tout. De continuer à vivre, à rencontrer, à aimer et à se lier. La vie est courte, petite louve, mais quand on est seul, elle semble n’avoir jamais de fin ni de couleurs…

Syndrell avait trop perdu depuis son enfance pour admettre que le vieux souffleur de verre pouvait avoir raison. Toutefois la force qui vibrait dans ses paroles, la certitude qu’elle devinait dans cette voix rocailleuse lui donnaient envie d’y croire. Un tout petit peu.

Rien qu’un tout petit peu.




*



Syndrell croisa le regard de Narek. Comme toujours, son cœur fit une embardée presque douloureuse. Elle ne le laissait faire que parce qu’Eonard avait raison : vivre, créer des liens, tomber amoureux, c’était infiniment dangereux mais, sans risques, apprécierait-on autant la vie ? Elle avait réussi à quitter Ezadrah et l’enfer qui y régnait, échappant d’extrême justesse à la mort – pour quoi ? Trembler de peur à chaque seconde ?

Oui. Elle aurait toujours peur pour Narek puisqu’elle l’aimait. Mais s’il prenait le risque de la perdre, alors elle aussi, elle pouvait croire en lui. Elle devait croire en lui. Vivre, et croquer la vie à pleines dents, juste sous les yeux d’Onku ! Lorsque le jeune homme effleura ses lèvres d’un baiser puis esquissa le geste de s’éloigner, elle le retint en glissant une main derrière sa nuque et l’embrassa avec fougue.


Je t’aime.



*



Onku éclata de rire. Quoi ? Ce gamin croyait pouvoir l’affronter ? Un baiser et c’était devenu un héros ? Le guerrier ne prit pas la peine de dégainer sa lourde épée. Il laissa les parts brisées des animaux qui se disputaient en lui jaillir tour à tour pour désarçonner son jeune adversaire. Toutefois, celui-ci parvint à riposter une première fois, puis une deuxième ; de justesse et avec la maladresse de la fureur mais Onku s’obligea à revoir son jugement : ce gosse n’était pas inexpérimenté. Il avait déjà beaucoup appris. D’elle ? Eclat bleu dans son champ de vision. Immobile. Va-t-elle me regarder le tuer sans bouger ?

Après tout, c’était bien possible. Les conditions de vie, ou plutôt de survie des esclaves les menaient parfois à réagir de façon impromptue : il avait déjà vu un homme en étrangler un autre rien que pour pouvoir lui subtiliser sa gorgée d’eau ! Des chiens, songea-t-il, prêt à se débarrasser une fois pour toutes de l’opportun qui avait commis la folie de lui tenir tête. Vous n’êtes rien que des chiens. Le garçon tenta le tout pour le tout et lança son poignard. Trop loin. La lame ne toucha même pas ses ailes. Le rire d’Onku résonna.


- Raté, petit malin ! C’était pourtant pas si compliqué ! Tu n’aurais pas dû te…

Un choc, assez petit pour ne pas se faire entendre, suffisamment déconcertant pour l’interrompre dans son sarcasme, terrible lorsqu’il en réalisa l’origine. Le couteau. La fille. Il se retourna vivement, plein de rage, son épaule agacée par la douleur mais bien moins que son égo, et affronta Syndrell du regard.

- Un petit malin peut tout changer, Onku.

Elle souriait ! Ivre de rage, il fit un pas en avant, fermement décidé à laisser ses cornes la transpercer jusqu’à sentir la vie s’échapper d’elle, cette fois – mais il se figea en découvrant les silhouettes. Des tas et des tas de silhouettes. Certaines n’étaient que des ombres, même en pleine lumière. Des os saillants sous une peau fine et abîmée. Des regards creux et des dos cassés. Des morts-vivants, des esclaves. Des chiens. Ils n’étaient pas tous là mais ils étaient assez nombreux pour l’encercler. Onku gronda. Son regard balaya la salle, les visages émaciés, tomba sur elle. La fille aux cheveux bleus.

- Comment… comment trouves-tu encore la force de te battre ? Je t’ai tout volé. Ton innocence, ta liberté. Tu n’es même pas comme eux. Ils sont ta plus grande faiblesse, tu devrais crever de culpabilité, de honte, de…
- Oui, j’ai honte,
coupa Syndrell en secouant la tête. J’ai fait une promesse et je n’ai pas réussi à la tenir. Mais c’est le seul point sur lequel nous sommes d’accords, Onku. Tu ne m’as rien pris, en vérité.
- Foutaises ! Tu as perdu ton âme entre ces murs, j’y ai veillé. Ta peau porte mon sceau pour toujours.


Syndrell toucha son épaule. Son regard se voila un bref instant avant de retrouver son éclat.

- Une cicatrice de plus… Ce n’est pas ma peau ni mes souvenirs qui me rendent libre. Ce sont mes certitudes. Quant à mes amis…

Elle attrapa la main de Narek et entremêla ses doigts aux siens.

- Ils sont ma faiblesse mais surtout ma force. J’ai mis longtemps à le comprendre… Toutefois, je renonce à t’expliquer quelque chose que toi, tu ne comprendras jamais.

Onku remua furieusement ses ailes horribles. Il ne pouvait pas s’envoler ici mais…

- Détrompe-toi, petite peste, je comprends très bien. D’ailleurs, regarde… Moi aussi, j’ai pensé à rameuter quelques uns de mes amis.

Les ombres bougèrent, murmurèrent, et un signal d’alarme retentit brusquement dans la tête de Syndrell. Au moment où les ténèbres se déchirèrent, elle poussa vivement Narek et bascula sous le poids de la créature qui l’écrasa de tout son poids. Elles étaient grandes comme des tigres et au moins aussi puissantes, mais ne ressemblaient à aucun animal connu. Des monstres. C’étaient des monstres. On devinait encore les traits humains sous ce masque affreux. Qu’avait fait Onku ? Qu’avait-il réussi à créer en mutilant autant de métamorphes ?

Une dizaines de créatures semaient la pagaille dans les rangs des rebelles venus défier leur geôlier. Les plus faibles d’entre eux moururent, les os brisés par des mâchoires puissantes. Syndrell avait eu l’incroyable réflexe d’utiliser sa greffe : la lame avait empêché l’homme-bête de lui ouvrir la gorge, mais elle cria en sentant ses griffes s’enfoncer profondément dans son ventre. Elle laissa jaillir son autre lame et perfora l’abdomen de la créature, qui s’écroula sur elle. Lourdement. Coincée, Syndrell sentit son souffle lui manquer. C’est alors que deux paires de bras vinrent secouer l’énorme carcasse jusqu’à la faire basculer sur le côté.


- Syn, ça va ??
- Ça t’arrive de poser des questions utiles, parfois ?


Syndrell ne répondit pas, occupée à retrouver son souffle, mais elle tendit les mains et laissa Lyke et Ylléna l’aider à se remettre debout. Autour d’eux, la bataille était rude et Onku n’était plus visible nulle part.

- Le lâche…
- Il est parti par-là.


Le garçon qui s’était exprimé – Noam – désignait un tunnel, à peine visible derrière les créatures qui affrontaient des hommes mais aussi un ours, un bélier, trois chiens de races différentes, deux tigres, deux jaguars qu’elle connaissait bien… Syndrell n’était pas une métamorphe. Pour important qu’il soit, ce combat n’était pas le sien. Onku, en revanche, devait être arrêté avant de parvenir à s’échapper…

Elle s’élança. Evita une créature qui s’emplafonna un rhinocéros, contourna un duel féroce entre une autre créature et un renard des sables, glissa dans une flaque de sang, entendit une mâchoire claquer près de son oreille… se figea en découvrant la panthère. Noire, silencieuse, magnifique. Syndrell se redressa lentement. Elle connaissait assez de métamorphes pour comprendre que cette bataille était très dangereuse : autant de races, d’animaux différents ne pouvaient se côtoyer sans laisser parler leurs instincts primaires. Ils pouvaient bien se battre entre eux. Ils pouvaient bien s’en prendre aux quelques rares humains présents dans la pièce. Sauvage, indomptable, la panthère n’avait besoin que d’un coup de patte pour décider du sort de la marchombre.

Celle-ci baissa les yeux et inclina légèrement la tête. C’était infime, un détail insignifiant qui, dans le règne animal, voulait dire beaucoup. Je ne suis pas ton ennemie. L’instant d’après, Syndrell tournait les talons et s’élançait dans le tunnel. Tourner le dos à un félin de cette trempe, c’était signer son arrêt de mort. Pourtant, rien ne lui sauta sur le dos. Et Syndrell courut.

Elle avait mal partout, son ventre lacéré saignait mais elle ne ralentit pas l’allure, poussée par une énergie nouvelle et une détermination sans faille : elle allait rattraper Onku ! Il le fallait ! Le boyau s’élargit, déboucha sur une salle plongée dans le noir. Syndrell s’arrêta. Sans lumière elle ne…

La patte d’ours siffla près de son oreille. Elle rejeta la tête en arrière et les affreuses griffes, au lieu de la défigurer, ne tracèrent que de fines zébrures sur sa joue gauche. Mais elle se cogna contre le mur, dans son dos, et roula sur le côté pour éviter une nouvelle attaque. Le traître s’en prenait à elle dans le noir, profitant des sens décuplés par ses parts animales !


*Moi aussi je peux le faire*, songea-t-elle en fermant les yeux. Ouverts ou fermés, quelle importance dans une telle situation ? Fermés, elle arrivait toutefois mieux à se concentrer sur ces petits détails qui, d’ordinaire, paraissent insignifiant. Une pierre qui roule. Un souffle profond, enfiévré par la bataille, la colère et la peur. Un bruit de pas, à peine perceptible sur sa droite. Syndrell pivota.

Son talon frappa quelque chose et le grognement qu’elle entendit lui redonna espoir : si elle pouvait toucher Onku, elle pouvait peut-être lui causer assez de dommages pour qu’il…

… le coup fut si violent que Syndrell décolla du sol et heurta de plein fouet un mur. Quand elle retomba, son bras gauche décida de ne plus répondre à ses sollicitations, comme s’il démissionnait. Cassé, sans doute. Les dents serrées, elle releva la tête, rouvrit les yeux, chercha désespérément une idée. Il fallait qu’elle trouve quelque chose ! Maintenant !


« Ciel ! »
« Voilà, voilà ! »

Et soudain, la lumière fut. Eblouissante, aveuglante, à tel point qu’Onku, surprit, ferma les yeux. Il les rouvrit aussitôt mais trop tard : Syndrell avait été plus rapide. Le poignard de Miss traversa la pièce et s’enfonça jusqu’à la garde dans son œil droit. Il ne cria pas. Il était déjà mort lorsqu’il toucha terre, foudroyé net par ce coup de maître. Un lourd silence envahit les lieux, à peine troublé par la respiration saccadée de Syndrell.

Le dos appuyé contre le mur, elle regarda le corps d’Onku retrouver son apparence humaine. C’était un homme quelconque, réalisa-t-elle, un type ordinaire qui avait passé sa vie à détruire celles des autres pour changer, pour obtenir force, puissance, invincibilité. La solitude dans laquelle l’avait plongé cette désastreuse entreprise lui avait finalement coûté la vie. Et Syndrell, elle, s’en tirait grâce aux êtres incroyables avec qui elle était liée.

Elle leva la tête, croisa le regard de Ciel et sourit. Il l’imita, tout fatigué qu’il était, et franchit la distance qui les séparait pour s’accroupir devant elle. Il rougit un peu en lui caressant la joue du bout des doigts, mais parfois il avait encore du mal à réaliser qu’elle était vraiment là, saine et sauve. Enfin, saine une fois soignée ! Sans un mot, il glissa un bras autour de sa taille et l’aida à se relever, puis à marcher. Elle s’appuya sur son épaule, reconnaissante.

Et terriblement inquiète. Le silence qui résonnait, là-bas, l’effrayait beaucoup : qu’était-il arrivé à Narek ? A Lyke, Ylléna et Noam ? A Erwan ? Le cœur battant, son bras blessé serré contre sa poitrine, elle échappa à l’étreinte rassurante de Ciel et s’élança.

Ils ne pouvaient quand même pas être…

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Mer 19 Avr 2017, 00:01

Le monde s'effritait.
L'homme se tenait là, répugnant de suffisance comme un sanglier surpris dans sa bauge. Mais le sanglier ne trompe pas son agresseur quand il abaisse le groin ou fait mine de fouir avant de charger. Malgré tout sa force, malgré la rudesse de ses soies et l'épaisseur de ses os, malgré son apparence irritable, il embaume la peur pour qui le chasse.
Ainsi l'homme exsudait la surprise et la crainte, éveillant les sens de la Panthère qui retroussa silencieusement les babines, n'attendant qu'un geste de retrait, de fuite pour initier la curée. La proie, il le leur disait à tous, il était la proie. Oh, il était dangereux, cela, elle le sentait. La sagesse de son espèce le lui aurait soufflé si la Femme ne l'avait pas déjà su. Un sanglier aussi est un animal dangereux, même dans la peur.
Celui-là, inconscient de la présence du deuxième fauve, plus élancé et moins élancé que le jaguar noir, écoutait une femme aux cheveux bleus en souriant crânement. L'écoutait si bien qu'il sursautait à ses piques. Portait la main à sa ceinture. La femme feulait à la façon des humains, l'homme, moins.
Il rompit d'un pas.
La Panthère avait déjà bandé ses muscles.

Le garçon à demi nu avait frappé. La fille aux cheveux bleus, également, et la Panthère se détendit imperceptiblement, en quête d'une ouverture qui ne lui fut pas volée, ni fatale. Elle ne pouvait se faufiler dans cette danse à trois sans se placer en plus grand danger que nécessaire, et comme tout félin, elle savait calculer ses chances. Celles-ci exigeaient qu'elle demeure immobile quelque temps encore.
Juste le temps d'un souffle, d'un soupir ou d'un an. Cela lui était égal, elle avait la patience des pierres, de ceux qui ne comptent pas les secondes.
Et la trame du monde s'effrita brusquement.

La Panthère sauta de côté en feulant, l'échine brusquement hérissée.
Ce ne pouvait être.
Créatures impossibles et apparues, crocs, cornes et griffes, odeurs indéfinissables la plongeaient dans un abîme de rage et de perplexité tandis que s'entrecroisaient dans son esprit les trois fameuses hypothèses. Combattre, se faire oublier ou fuir.
L'odeur de la salle s'alourdit de celles d'autres bêtes. Celles-ci étaient vraies bien qu'elle sentent quelque peu l'humain et la créature malade. Elles étaient normales. Naturelles. Existantes. Elles trouvèrent vite leur place dans le schéma mental de la Panthère et la réconfortèrent d'autant tandis que la bataille se densifiait, entre hurlements de rage et touffes de poils arrachés.
Partout, c'était l'odeur âcre des phéromones et du sang, de la rage, de la souffrance et de la peur qui se déversait désormais dans l'antre. Les hommes ne la sentaient pas, les hommes ne savaient pas sentir, mais pour Elle, la bataille criait la haine, la peur et la détermination.
Certaines des bêtes-hommes étaient si sûres d'elles que la Panthère aurait rasé le sol et cligné des yeux si elle avait dû leur faire face. Les créatures impossibles avaient du souci à se faire.

Le garçon, derrière elle, bouchait la retraite et elle lui recula dessus comme la Femme lui disait de le pousser, de l'écarter de là, du danger et des griffes. Ce n'était pas exactement un chaton, mais il ne pouvait se risquer dans pareille engeance !
Quand son odeur se fut atténuée, la Panthère coucha les oreilles et fronça le museau. Quatre crocs brillèrent dans la semi-obscurité trouble de l'affrontement. Quatre crocs, quatre carnassières et autant d'incisives que nécessaire pour trancher les chairs. Des griffes acérées, une souplesse de liane, une vivacité de serpent. Une machine à tuer qui s'élança souplement au-dessus des premières mêlées, en quête de l'homme-sanglier, celui qui hurlait la peur par tous ses pores.

La suite fut la mêlée.
Crocs, claquements de mâchoires et hurlements de rage ou de douleur, touffes de poils - dont les siens ! - dans son champ de vision. Dans l'ombre, dans le tumulte, la chasseresse était avantagée : myope au grand jour, le moindre mouvement s'avérait pour elle plus net que tout et la clarté ne lui manquait guère. Le tumulte, les sauts brusques et les écarts, voilà ce qui lui était clair !
La Femme en elle lui criait de rejoindre le jaguar, ou le garçon à la voix chantante, ou la femme aux cheveux bleus. Elle pensait à d'autres, mâles, femelles, au chaton qu'elles avaient poussé. Et à l'homme-sanglier ; c'était lui la Proie. La Panthère le savait. Elle l'avait compris et senti ; mais l'heure était à la lutte acharnée pour sa survie, face aux bêtes contre-nature.
Du sang lui éclaboussa la figure et elle s'ébroua puis, quand une peau frôla sa fourrure, se retourna gueule grande ouverte avec une promptitude de vipère. Et se figea net.

La femme aux cheveux bleus lui rendit son regard, glacée. Elle bougeait lentement, souplement, dans un rythme qui apaisa la Panthère. La Femme, en elle, répétait que l'autre n'était pas une ennemie, mais en ce bas monde le fauve ne croyait que ses propres conclusions.
Néanmoins, la femme aux cheveux bleus semblait pacifique. La Panthère hésita encore quelques secondes, haletante, la mâchoire pendante et les crocs découverts. Son nez frémissait, entre menace et réflexion ; ses pupilles ondulaient, rondes, croissant de lune et trait infime, puis s'élargissant à noircir tout l'iris jaune.
Il serait si simple de tuer l'humaine. Les humains n'étaient guère résistants ; la Femme ne la laissait pas s'en prendre à eux - et elle ne le souhaitait guère, leur sang avait mauvais goût - mais la Panthère avait encore le souvenir de ceux qui puaient l'alcool, et dont la chair se fendait si vite sous les griffes. Un bond, un claquement de mâchoire et une âme de moins. Si simple.
Mais l'autre Femme aimait bien cheveux-bleus, et toutes trois chassaient l'homme-sanglier, celui qui s'enfuyait. Et la Panthère n'avait nulle envie d'emprunter ce couloir dont la femme lui bloquait l'accès. Aussi inclina-t-elle doucement la tête et, en un geste infime, cligna les paupières sans clore les yeux.
Je ne suis pas ton ennemie.

Celle aux cheveux bleus comprit-elle ? Toujours est-il qu'elle déguerpit et qu'une corne érafla le flanc de la chasseresse qui pivota en crachant pour saisir son agresseur. La bataille, impitoyable et confuse, animale, reprit de plus belle.
Et soudain, tout s'apaisa.
Les bêtes impossibles...firent quelque chose d'impossible. Ne furent plus là. Là, comme ça, juste ainsi.
La Panthère, circonspecte, boitilla en humant l'air, les prunelles emplies de perplexité. Par-delà les relents de sang, l'âcre odeur de terreur, la douleur et le stress elle ne perçut plus rien.
Plus rien.

Elle traversa la salle en direction de l'entrée comme, autour d'elle, les bêtes s'apaisaient et redevenaient hommes, malingres créatures tremblantes. Elle, demeurait là, debout, déroutée.
Où étaient les adversaires ?
Et parce qu'elle n'était qu'une Panthère qui ne prétendait pas comprendre tout ceci, parce que, au-delà de toute chose, les félins gardent contenance et que nul ne doit montrer sa surprise sous peine de devenir la proie, elle fit ce que font tous les chasseurs déroutés du monde.
Elle s'assit et, pensivement, lécha le plus sanglant de ses antérieurs.

*
* *
*

Le sang coulait de son flanc, ruisselait de son genou gauche quand elle acheva cette toilette improvisée, mais son pelage brillait soie et ombre et ses oreilles vrillaient d'avant en arrière. La Femme ne voulait pas se tenir tranquille ; pour avoir la paix, la Panthère accepta de l'écouter.
Elle s'inquiétait pour le jeune chat qu'elles avaient chassé tout à l'heure. Elle voulait remettre la main dessus.
La Panthère se dressa, s'ébroua et partit en boitillant à la recherche du chaton.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Mer 26 Avr 2017, 22:52

Tout n'était plus que Chaos.
Un Chaos immense, résonnant pour l'Harmonie, pour la Vie, et pourtant si désordonné qu'il était difficile de comprendre ce qu'il se passait. Un jaguar sombre se battait contre une créature hydrique, chimère improbable entre un sanglier et un lion ; un serpent enroulé autour du cou d'un loup ailé faisant briller ses anneaux rouges dans la pièce sombre, enfonçant ses crochets venimeux dans la joue du canidé mutant.


Et Erwan ne pouvait s'empêcher de contempler tout cela depuis la conscience reclue dans le crâne du Jaguar.
Parce que l'énorme félin était lui aussi propulsé au centre de la bataille, se coulant contre le flanc d'un ours à cornes pour trancher son cuissot dont les tendons lâchèrent sous le déchirement. Il y avait beaucoup de sang, et cela excitait le félin, qui ne cessait de sentir pourtant à quel point tout cela était trop désordonné, à quel point c'était à la fois son combat, et pourtant cela ne l'était pas.


Il sentait confusément la présence de tous ces animaux. De toutes ces proies. De toutes ces… choses, contre nature. Il aurait eu envie de se jeter contre le daim, au fond de la pièce, et pourtant l'humain en lui ne cessait de communiquer avec ces sensations, instincts fugaces mais vibrants d'émotions et de nécessité.
Les animaux à l'odeur humaine n'avaient pas à être chassés. Par contre, toutes ces chimères animalières n'avaient pas de sens à pouvoir vivre ; cela n'avait aucune réalité tangible dans l'esprit d'un félin.


Et toute cette agitation, cela faisait dresser le pelage sur son échine ; il voulait sortir.
Trop de mouvements, trop de bruits, trop de combats. En quoi tout cela était-il nécessaire ?
Pourtant, quand sa femelle passa devant lui en frottant sa joue contre l'arrière de son oreille, ce contact l'électrisa et il la suivit d'un bond déterminé.


Sauf qu'à cet instant précis, d'un coup, toutes les odeurs mêlés disparurent. L'adrénaline toujours ancrée en lui, l'animal grogna, siffla contre le vide. Il y avait encore ces proies, de l'autre côté de la salle, et claquant des dents, il s'approcha, le goût du sang toujours pâteux dans sa gueule.


Un frisson.
Parce que l'humain venait de lancer une émotion primaire vers lui ; parce que à ses côtés, sa compagne venait de se transformer. Plus de Jaguar sombre, mais une humaine, qui se précipita vers d'autres humains.
Un autre frisson.
Oui, tous ceux là, ou presque, étaient aussi humains. Ça résonnait dans la pièce, ça embaumait l'air. Tous n'avaient pas repris forme humaine, mais ils sentaient l'humain. Au delà de l'odeur qu'ils pouvaient porter, c'était aussi leur odeur qui flottait.
Clignant des paupières, le Jaguar s'accula un instant. Il reconnut une Panthère qu'il avait côtoyé le temps d'une chasse, secoua la tête alors que son humain lui faisait remonter des souvenirs. Il frissonna une dernière fois quand la Panthère s'éloigna des autres, voulut prendre sa suite, se laissa retenir par des yeux d'un bleu si foncé qu'il lui rappela le ciel de la nuit.
[i]


* *


[i]
Le silence était assourdissant.
Les oreilles d'Erwan sifflaient tant c'était inattendu. Et intense.
Chacun se débattait plus ou moins avec son homologue animal, et le Marchombre s'approcha du serpent annelé pour le prendre entre ses doigts. Mais le reptile ne sembla pas de cet avis, et ondula sur le sol quelques secondes…
Beaucoup d'animaux s'étaient transformés en humains, et un chuchottement commença à retentir dans la salle…


Erwan sentit son coeur se serrer.
Où était Syndrell ? Et Narek ?
Un éclat bleu, dans un coin de la pièce, attira l'attention d'Erwan qui se précipita sur la Marchombre tenant son bras contre elle. Elle était blessée, mais elle semblait en plutôt bon état.


Et Narek ?
Le regard du Marchombre balaya la pièce, il croisa brièvement celui d'Endriss qui le fusilla sur place, mais il l'ignora.
Il était inquiet.




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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Sam 20 Mai 2017, 22:12

Un Lion.

De toute les créatures dans la pièce, le garçon s'était retrouvé face à un lion, énorme, qui grondait comme un dingue.

Et lui qui n'avait ni arme, ni greffe...

...Se battre contre un lion à mains nues, c'était un suicide pour n'importe quel homme.

Le fauve s'élança, toutes griffes dehors, gueule ouverte sur d'énormes crocs, un bond rapide et impressionnant visant directement la gorge tendre de ce jeune abrutit.

Jeune abrutit qui n'était plus là. Le prédateur se demande un instant ce qui s'était produit, jusqu'à ce qu'il sente la poigne, dans sa crinière, et ne commence à gronder en se débattant, roulant par terre pour se déloger.

Un cobra y vit un moment opportun, s'élança, vif comme l'éclair.

Narek ne pensa même pas, ne dut qu'à ses réflexes de pouvoir attraper le serpent juste derrière la tête, le forçant à garder la gueule ouverte pendant qu'il se tortillait violemment.

Le jeune homme évita de justesse le coup de patte rageur du fauve qui avait sentit la piqûre empoisonner, les griffes déchirèrent le serpent, arme de fortune, et le félin se tortilla de douleur un instant après, le violent poison le tuant avec une efficacité effrayante.

Narek ne comprenait plus rien à cette histoire, des humains qui devenaient des animaux puis redevenais des humains, des loup garou sans la lune...

...Et il ne savait pas s'il était terrifié, ou jaloux d'une telle symbiose...


No matter our fighting,
The numbers will still count,
We're outgunned and few in numbers,
We're doomed to flag of fail...

L'apprenti observa autour, aperçut Erwan qui s'élançait vers Syndrell, qui semblait blessée... Puis du noir, que du noir alors qu'il aperçut le scorpion qui l'avait piqué de façon très subtile.

Juste avant de tomber dans l'inconscience, il comprit qu'il ne mourrait pas, puisqu'on le déplaçait... On ne déplace pas un cadavre pas encore mort dans un tel chaos.


We fought hard,
Held our guard...

...But when captured by the ennemy,
And forced to tell the truth,
We'll tell it with a smile,
We will surprise them with a laugh.

PARLE! Nous savons qu'il y as, quelque part,
un camp où vous emmenez nos prisonniers secourus! Parle ou je jure que tu mourras dans d'atroce souffrance!


Le garçon, fers aux mains dans une salle ressemblant plus à un gros trou fortifié qu'à une pièce, se demanda une seconde si Syndrell était dans une pièce semblable, quand elle était ici, puis cracha un peu de sang à sa droite...

...Et sourit à l'homme qui le frappa de nouveau dans le ventre, lui tirant un grognement.


Dis, t'as participer à l’emprisonnement... D'une fille aux cheveux bleus..?

Oh ne t'inquiète pas, ton amie seras bientôt à tes côtés, je m'assurerais de bien m'amuser avec!..

POURQUOI DIABLE RIS-TU!?


Le barde calma son rire qui semblait un peu dément et fixa l'homme avec son sourire plein de défi encore sur le visage.

C'est simple, t'as dis ''bientôt''...

... Donc elle est encore bien en sécurité...

...Et toi, tu ne feras plus de mal à personne.


Le garçon ponctua sa phrase en crachant au visage de l'homme,
qui hurla de rage en attrapant un fouet et préparant un énième coup.

Narek gémit au travers ses dents sans arrêter de sourire.

Syndrell était Sauve. C'est tout ce qui était important.


We were only here to help her,
And that is what we did,
Honored were our orders,
In despite of our foe...

RENFORCEZ ENCORE LA PORTE! BON SANG ILS NE SONT PAS TRENTE, ILS NE SONT QUE DEUX VOUS ÊTES DONC SI INCAPABLE QUE CELA!?

L'apprenti, seulement à semi conscient, leva légèrement le menton. Il avait attendu ce moment précis, gardant un peu de force pour ça, quand l'homme recula, apeuré alors que la porte se tordait, se brisant en milles éclats, le garçon souleva ses jambes en utilisant ses chaînes, à ses poignets, pour se soulevé, et les passèrent autour de la gorge de son tortionnaire qui paniqua en le fixant, en tournant la tête.

Il l'avait prévenu qu'il ne ferait plus de mal à personne.

Ses jambes se tordirent dans un coup de bassin et un large craquement fut émit par le cou de l'homme qui s'écrasa ensuite par terre.

Narek aperçut vaguement un des autres hommes le pointer d'une épée, prêt à le transpercer. Vit une forme le frapper de toute ses forces, roulant par terre, entendit le cris du soldat qui agonisait.

Puis tomba dans l'inconscience.


We,
We will resist and bite.

Bite hard,
'Cause we are all in sight.

We,
We take up arms and fight.

Fight hard,
Resist and do what's right..!

__________________________________________


Spoiler:
 

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Dim 21 Mai 2017, 01:05

La bataille ne faisait plus rage. Quelques humains, désorientés, tentaient de secourir les blessés. Le souffle court, Syndrell balaya la salle des yeux, secouée à la vue des cadavres dans un triste état, terrifiée à l’idée d’y découvrir celui de Narek…

Erwan surgit devant elle et la prit dans ses bras. Elle pressa son front contre sa poitrine, geste habituel et profondément rassurant. Quelques secondes passèrent ainsi. Lorsqu’elle se dégagea doucement de l’étreinte du marchombre, elle avait retrouvé courage.


- Il faut retrouver Narek…
- Syn !


Lyke lui fonça dessus. Elle n’eut pas le temps de protéger son bras et cria quand il la serra trop fort.

- Pardon ! s’écria-t-il en sursautant comme s’il venait de se brûler. Pardon Syn, je suis désolé…
- Pas grave,
grimaça la jeune femme en pressant son bras contre son ventre.
- Cassé ? s’inquiéta Ylléna en s’approchant bien plus délicatement que son ami.
- Je crois. Dites, est-ce que vous avez vu Narek ?
- Non…
- Syn !


Voyant Ciel arriver en courant, Syndrell rentra la tête dans les épaules, histoire de ne pas laisser son bras subir une nouvelle attaque câlin trop douloureuse. Mais le dessinateur semblait préoccupé.

- Syn, Aedan a vu des types emmener Narek. Ils le portaient…

Syndrell ferma les yeux.

- Où ? demanda-t-elle d’une voix blanche.
- Tu… tu ne comptes quand même pas aller te battre dans cet état ?
- Où ?
répéta la marchombre en rouvrant les yeux.

Son regard d’or flamboyait plus que jamais et Ciel soupira.


- Une porte grillagée, un peu à l’écart du centre…

Syndrell fit demi-tour et s’élança mais Ciel se planta devant elle.

- Je vais chercher Narek, et si quiconque essaie de m’en empêcher je…
- Attends.


Pas un seul instant Ciel n’avait envisagé de la retenir. Depuis qu’il connaissait Aeden, il savait ce que l’on ressentait lorsque son compagnon était en danger…

Il s’immergea dans les Spires et constata, soulagé, qu’il pouvait toujours s’y déplacer. Le mur était définitivement tombé. Il ne chercha pas bien longtemps avant de trouver ce dont il avait besoin. Lorsqu’il cligna des yeux en reprenant contact avec la réalité, un enchevêtrement complexe de bandes de tissus maintenait le bras de Syndrell replié contre elle. Et le protégeait.

Elle l’embrassa sur la joue, trop émue pour dire quoi que ce soit, et fonça vers la sortie sans plus attendre. Narek avait besoin d’elle. Cette certitude grandissait au fur et à mesure que sa foulée s’allongeait. Chaque pas effectué était source de douleur dans son bras mais elle l’ignora. Son combat n’était pas encore terminé… Un souffle, dans son dos, fit naître une étincelle d’espoir dans son cœur.

Erwan à ses côtés, elle se sentait capable d’accomplir des miracles !




*



Une porte. Une simple porte la séparait de Narek. Syndrell n’était pas en état de faire dans la délicatesse : elle laissa sa lame valide transpercer le battant trop mince pour arrêter sa greffe. De l’autre côté, un homme regarda avec surprise la lame qui s’était enfoncée dans son abdomen, puis s’écroula, désormais sourd aux cris désespérés de son chef.

Une porte. Une simple porte qui ne résista pas à la force d’Erwan ni à la fureur de Syndrell. Qui s’élança dans la pièce, devenue une véritable tornade bleue : son talon jaillit, suivi de son coude, et sa lame encore tâchée de sang chanta un bref instant. Un geste, un souffle.

Un élan de rage et de puissance trop longtemps contenues.
Syndrell reprenait sa liberté – et son élève.

Il était là, enchaîné, le corps marqué d’hématomes et le visage en sang. Il était vivant. C’est ce qui propulsa la marchombre en dépit de ses propres blessures. Elle bondit et heurta de plein fouet l’homme qui s’apprêtait à abattre le jeune homme d’un coup d’épée ; il bascula, elle le suivit dans son élan, crut défaillir lorsqu’ils roulèrent sur son bras blessé, trouva la force de laisser sa greffe jaillir encore une fois.

Il ne se releva pas mais elle, oui. Juste à temps pour rattraper Narek quand Erwan le libéra de ses chaînes. Elle posa un genou à terre, déséquilibrée par son bras invalide et le poids d’un Narek inconscient – mais vivant. Son cœur battait contre elle, son souffle filtrait entre ses lèvres abîmées. Il était dans un état lamentable.


- Pardon, murmura-t-elle en lui caressant doucement les cheveux. Pardon de t’avoir entraîné dans tout ça…

Elle ferma les yeux et laissa les larmes rouler sur ses joues.

Enfin.




*



Sans l’aide d’Erwan, elle n’aurait jamais pu transporter Narek à l’extérieur. Cette partie du trajet était floue, sans qu’elle ne sache si cela était dû à ses larmes qui n’en finissaient pas de couler, ou bien à cause de la fatigue qui s’évertuait à la désorienter ; mais dehors, des gens vinrent les aider. Quelqu’un glissa un bras autour de sa taille pour la soutenir jusqu’au baraquement où les blessés étaient emmenés.

Des lits de fortune étaient entreposés, des gens couraient pour s’occuper des plus gravement touchés. Non pas des gens. Des Rêveurs. Le regard de Syndrell s’agrandit lorsqu’elle reconnut Hièlstan, et sa gorge se noua. Il était venu… il avait tenu sa promesse.

Encore une fois.




[Voilàààà, c'est tout pour moi... parce que je vais poster la suite dans le topic des Rêveurs ! Qui m'aime me suive mrred]

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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MessageSujet: Re: Tempête du Désert [libre]   Lun 19 Juin 2017, 15:49

La Panthère cligna des yeux en retrouvant la lumière, éclatante, aveugle et impitoyable. Insensible au drame qui venait de se dérouler sous terre, le soleil dardait ses rayons sur le désert. Le contour des dunes vacillait dans la température écrasante et le sable brûla les pattes de la chasseresse quand elle s'y engagea en ondulant.
Gueule entr'ouverte, crocs discrètement dévoilés par un halètement de douleur et de chaleur, elle humait frénétiquement l'air épaissi. Les fragrances volaient, elles aussi écrasées par le soleil, diluées dans la senteur omniprésente du sable et des roches chauffées mais à force d'obstination, elle retrouva certains motifs qu'elle avait déjà perçu. Il y avait ceux de la bataille, du sang et de la peur, qu'exsudait la porte dans son dos. Il y avait l'odeur fétide des bêtes enfermées et de leur rage, d'autres plus diffuses, le petit gibier du désert. Un vague relent de bétail, peut-être les troupeaux du village proche, éveilla dans l'esprit du félin une légère envie de chasse.
Mais la femme demeurait intraitable.
Le petit humain d'abord.
Aussi la Panthère huma-t-elle encore, concentrée, oreilles en arrière, la tête inclinée sur la gauche, la droite, le haut, les quatre dimensions de l'espace en quête d'une once d'odeur, d'une trace infime du petit humain auquel l'humaine apprenait à chasser depuis quelque temps.

[je switche aussi sur le sujet des Rêveurs]

__________________________________________

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