AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  RèglementRèglement  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Pacte VS L'Ordre
Bienvenue sur Chaos VS Harmonie !

Tu pourras ici incarner un personnage de ton choix, Marchombre ou Mercenaire, et le faire évoluer dans l'univers du forum.
Cours pour améliorer les capacités de ton personnage, aide en RPG, Hors RPG et jeux, tu ne peux que t'amuser avec nous !

Si tu ne connais rien à Gwendalavir, cela ne t'empêchera pas de te joindre à nous, car un récapitulatif de tout ce qu'il y a à savoir est disponible dans le contexte

En espérant te compter très bientôt dans nos rangs,
L'équipe
Cours Envoleurs
Cours Marchombres
Panneaux
Votez (1)
Votez (2)
Votez (3)
Votez (4)
Tops Sites


Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

Certains membres prennent un an !

Pour voir si votre personnage est concerné,
merci de consulter ce sujet !

Si d'ici deux semaines, vous n'avez pas ajouté l'année à votre personnage,
vous serez sorti de votre groupe.
Si d'ici un mois cela n'est toujours pas fait, cela sera un avertissement !

Partagez | 
 

 This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Aivy Sil'Lucans
Groupe Furdh


Nombre de messages : 222
Citation : « Trompe-toi, sois imprudent. Tout n'est pas fragile. N'attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie. Parce que le plus important n'est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d'être. »
Date d'inscription : 24/04/2015

Feuille de personnage
Age: 19 ans
Greffe: Non
Signe particulier: //

MessageSujet: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Dim 12 Fév 2017, 20:58

Bruit de la pluie sur l'eau de la rivière.
Au milieu du chaos interne, Aivy ouvre les yeux.
Le crayon tourné vers le ciel.

La réalité s'effrite. Son souffle se raccourcit.
Au milieu du temps, elle s'envole.

Feu-follet dans la nuit.



***


- Alors, ces séances ?
- Plutôt pas mal. J'ai trouvé un sacré paquet de réponses.
- Tu as l'air plus sûre de toi, en tous cas. J'en suis heureux. Encore un peu de thé ?
- Non merci. Charm ?
- Hm ?
- On ne se reverra pas avant un bout de temps. Je pars pour la capitale. J'ai besoin d'air.
- Oh ? Eh bien, je te souhaite bon voyage.
- Merci.
- Aivy ? Passe le bonjour à Mia, s'il te plaît. Elle me manque.
- Ne t'en fais pas.
- Je ne m'en fais jamais.




***


- Qui êtes-vous ?
- Hm ?


Aivy releva le menton. Avec sa capuche relevée et son long manteau couvert de pluie, elle ne ressemblait pas à une personne extraordinaire, digne d'un intérêt particulier. La question de l'homme qui tenait l'étalage, dans ce contexte, lui sembla étrange et lui fit froncer les sourcils. Ses doigts serrèrent un peu plus l'orange qu'ils tenaient, jouant avec la peau, caressant son galbe frais.

- Personne qui mérite votre attention, répondit-elle simplement en reposant le fruit à l'abri de la pluie qui martelait ses vêtements.
- Tous mes clients méritent mon attention, rétorqua le marchand du tac-au-tac. Vous comprenez, je ne peux pas vendre à n'importe qui.

Pour la première fois, la jeune femme releva les yeux pour dévisager l'homme qui se trouvait en face d'elle, ce qu'elle n'avait pas encore osé faire au vu de la violente pluie qui s'abattait sur la ville et risquait d'envahir son visage. Mais il n'y avait pas de vent, et aucune goutte ne vint troubler son champ de vision quand elle croisa les pupilles vides de l'homme.

Aveugle.

L'apprentie soupira silencieusement.


- Les temps sont durs, hein ?, dit-elle d'un ton qu'elle ne voulait pas trop compatissant au risque de paraître fausse.
- Je ne vous le fait pas dire. Par ce temps, n'importe quelle personne censée serait restée chez elle.
- J'ai parfois entendu dire qu'il est censé d'être insensé.

- C'est la loi des marchés ! Je loue pour le lundi, alors je suis là le lundi, sinon je perds mes droits. Vous croyez que la pluie en a quelque chose à fiche, de mes droits ? Mais vous ne m'avez pas répondu, continua-t-il en croisant les bras et avec un petit silence. Qui êtes-vous ?
- Juste une touriste en visite, répondit-elle d'une voix un rien réservée. Je m'appelle Aivy, ajouta-t-elle ensuite. Et si mon prénom vous va, je vais vous prendre deux pommes.


***


Crunch.

Un pas après l'autre, Aivy avançait. La pomme rouge vaquant entre sa main et sa bouche achèverait bientôt de lui remplir l'estomac et, avec un peu de chance, elle trouverait également un endroit où attendre une accalmie.

Son manteau était neuf, et sa mère lui avait envoyé suffisamment d'argent avec sa dernière lettre pour qu'elle survive un mois dans une grande ville sans se préoccuper de manquer de rien. C'était la première fois qu'elle lui envoyait de l'aide depuis son départ, à elle la fille ingrate qui n'avait pas daigné rendre visite une seule fois à sa famille. Trop occupée à courir après sa petite sœur dans le seul but de la recomposer.

Un rêve avorté, oubliable. Elle avait presque tourné la page.

Crunch.

*Plutôt bonne, cette pomme !*

Aivy tourna dans une rue, l'esprit plongé dans une marre de souvenirs, comme un écho à sa situation physique. La tête aussi embrumée que le haut des tours d'Al-Jeit, elle chercha sans vraiment se concentrer un endroit où passer la nuit, où attendre que le temps devienne plus clément.

La jeune femme avec observé avec tristesse le ciel se voiler au fil des jours de voyage. Ne disait-on pas qu'il faisait toujours plus beau au sud de l'Empire ? Uranie elle-même était devenue plus nerveuse à l'approche de l'orage, et elle avait été obligée de la laisser à regret dans une étable aux portes de la cité, quoi que rassurée par la gentillesse du garçon qui avait pris sa jument en charge. Qui n'était pas encore tout à fait sa jument, mais...

Au détour d'un ruelle, enfin, son regard onyx embué de pluie trouva ce qu'elle cherchait. La taverne était grande, et ses fenêtres lumineuses brillaient comme un phare au milieu du tumulte. Avec un temps pareil, peu de personnes étaient présentes dans les rues. Sans doute l'établissement serait-il plein de voyageurs.

Fréquenter tavernes, auberges et bars était devenu une habitude dont la jeune femme n'était pas spécialement ravie. La nécessité de la chose se présentait plutôt deux fois qu'une en voyage, mais c'était souvent à regret qu'elle se rendait dans un de ces endroits. Seule, elle en appréhendait la clientèle, souvent peu recommandable. Mais c'était seule qu'elle traçait son chemin depuis l'interruption brutale de sa formation. Seule, et en détresse. Mais cela, personne n'avait besoin de le savoir.

Elle tendit la main droite pour saisir la poignée de porte, bravant la tempête qui grondait un peu plus à chaque seconde, quand un mouvement violent de la part de la porte sus-dite interrompit brusquement son geste.

Cette dernière s'ouvrit dans un fracas terrible et, avant même qu'elle n'ait eu le temps de dire "Raï", la jeune femme vit voler devant elle une forme indistinguable qui la força à vivement s'écarter. La forme vint s'écraser la tête la première sur le sol mouillé et, en regardant de plus près au-delà des gémissements de douleur du malheureux, Aivy put constater qu'il s'agissait d'un homme.

Un homme, ou plutôt une loque totalement saoule.

*Sans doute un enquiquineur ou un trouble-fête...*

La voix qui rugit de derrière la porte confirma son hypothèse.


- ET NE T'AVISE PAS DE REVENIR AVANT D'AVOIR ÉPONGÉ TON ARDOISE, GROS PLEIN DE SOUPE ! ON EST A AL-JEIT ICI, PAS DANS LA PREMIÈRE TAVERNE DE PROVINCE ! UN PEU DE CLASSE, PAR LA DAME !

La jeune femme retint avec peine un petit rire. "Un peu de classe", en effet, ne consistait pas à jeter un homme ivre-mort dans la rue un jour de pluie...

Décidée à ne pas rester plus longtemps sous l'orage, Aivy profita de l'aubaine pour pénétrer dans l'établissement, et retira bien vite sa capuche pour balayer la pièce du regard.

Son cœur rata un battement quand il croisa celui, rieur et excité, du destin qu'elle n'aurait jamais pensé rencontrer ici.


- Tsu ?!

__________________________________________



Dernière édition par Aivy Sil'Lucans le Mar 14 Fév 2017, 11:18, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes


Nombre de messages : 882
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Dim 12 Fév 2017, 22:53

L’homme avala difficilement une nouvelle lampée d’alcool et hésita quelques secondes avant de retourner son verre. En face de lui, Jed eut un petit sourire satisfait. Il le tenait.

- On dirait que je vais remporter cette manche, camarade. Si tu…
- Attendez.


Surpris par la volonté qu’il perçut dans le ton de celui qui semblait prêt à s’écrouler, Jed haussa un sourcil. Il soupira. Ceux qui ne savent pas perdre sont décidément bien pénibles…

- D’accord. Une dernière chance. Mais si tu perds, tu dégages. Compris ?
- J’vais pas perdre.


Ben voyons.

Jed tourna la tête vers l’homme qui arbitrait le duel et celui-ci remplit deux nouveaux verres, à ras bord. Tout en attrapant le sien, Jed vérifia qu’on ne les avait pas encore repérés. Ce genre d’activité n’était pas tellement autorisé dans un établissement pareil. Il fallait savoir s’y prendre. Il était habitué mais son adversaire, visiblement, était un amateur qui ne savait pas du tout où il mettait les pieds ! Dans un haussement d’épaules, Jed leva son verre. Santé, pauvre type. La rasade lui brûla les lèvres, la gorge, le ventre. C’était pas du pipi de chat, cet alcool. Mais Jed était encore loin d’avoir atteint sa limite. Il secoua la tête en voyant l’autre, en face de lui, vaciller soudain et basculer. En plein sur la table, qui se renversa sous son poids. Des verres se cassèrent. Jed s’était reculé juste à temps. Il laissa échapper un claquement de langue agacé.

- Encore un poivrot qui ne sait pas se tenir en public… Hé, tavernier ? C’est possible de manger tranquillement, ici ?

Le maître des lieux avait déjà empoigné l’ivrogne en râlant dans sa barbe. Il le traîna comme un malpropre jusqu’à la porte, qu’il ouvrit d’un coup d’épaule, et projeta le malotru dans la rue.

- ET NE T'AVISE PAS DE REVENIR AVANT D'AVOIR ÉPONGÉ TON ARDOISE, GROS PLEIN DE SOUPE ! ON EST A AL-JEIT ICI, PAS DANS LA PREMIÈRE TAVERNE DE PROVINCE ! UN PEU DE CLASSE, PAR LA DAME !

Jed leva les yeux au ciel. Ironique, cet hôte… Sans plus se soucier de l’incident auquel il avait pourtant sciemment participé, Jed se réinstalla et passa une main dans ses cheveux blonds délavés, les rabattant en arrière sur son crâne. Il balaya la salle des yeux et son regard tomba sur la jeune fille qu’il avait repérée un peu plus tôt – juste avant que l’autre guignol ne lui fasse son numéro. Il sourit, de ce sourire faux et prédateur qu’il ne réservait qu’aux femmes dont il était sûr de vouloir goûter un morceau. Celle-ci était un peu trop jeune, mais elle avait des yeux à couper le souffle. Il se pencha vers elle.

- Salut, mignonne. Je vais commander un bon vin de noix. Si on trinquait à la soirée qui s’annonce ?

Cependant que Jed peaufinait sa technique de séduction, Gil, lui, pataugeait dans la boue. Il avait atterri dans une flaque d’eau, il était trempé de la tête aux pieds, il s’était coupé la main sur du verre cassé. Mais lorsqu’il roula sur le dos…

… il souriait.



*




La Passe de la Goule.
Deux jours plus tôt.


Le toit de la cabane était plein de trous. Microscopiques ou grands comme des noisettes, ils laissaient passer les gouttes de pluie qui s’infiltraient en continu depuis quelques heures dans la seule et unique pièce. Concert de « plic ploc » un peu partout, selon des gammes et des rythmes différents… seule ressemblance : les gouttes atterrissaient toutes dans un bol. Il y en avait partout. Sur la table, sur le tabouret tout de guingois, sur le sol… et entre les deux genoux de Gil. Ce récipient-ci était solidement maintenu par une pression égale des muscles de l’Envoleur tandis que celui-ci, torse nu, exécutait une série d’abdominaux. Il passait le temps. Y’avait rien à faire d’autre de toute façon, du moins pas pour l’instant, et par cette pluie… La vraie raison, c’était qu’il était nerveux. Bien trop nerveux. Là encore, il préférait invoquer le sale temps plutôt que l’absence de Tsukia. Jamais il n’admettrait qu’il se faisait du souci pour elle – et puis quoi encore ? Cette gamine a voulu me suivre dans cette galère, qu’elle assume ses choix et tant pis si elle se foire au passage, hein… Il espérait quand même que tout se passe bien, parce que le cas échéant il allait devoir se débrouiller pour rattraper le temps perdu et retrouver la trace de sa cible.

Sans cesser de monter et de descendre, les mains derrière la tête, ses genoux serrant toujours le bol ébréché dans lequel venaient s’écraser les gouttes qui semblaient décompter ses tractions abdominales, Gil songea à ce qu’ils avaient accomplis ensemble, ces derniers temps. Leur étonnant – détonnant ? – duo avait débuté juste après le départ de Libertée. La fuite de Libertée. Gil grogna et accéléra légèrement le rythme. Bref, passons. Ensuite ? Il avait fallu préparer la petite. Bon, d’accord… elle avait fait le plus gros toute seule. En un éclair, pouf ! elle était devenue Aile de Corbeau. C’était plutôt pas mal, même. Mais l’apparence ne faisait pas tout. Après deux ans de traque acharnée, Gil avait appris à connaître son ennemie. Il avait pu apprendre à Tsukia comment se comporter, quelle attitude adopter… Elle était partie de son plein gré mais suffisamment préparée à réaliser sa mission : infiltrer l’organisation de Laize. Le regard concentré de Gil s’assombrit. Il devait en avoir le cœur net. Si le Chaos était lié à toute cette histoire, s’il devait les cendres de sa maison, la tâche indélébile du poison qui avait failli lui coûter la vie – et celle de Makeno – à l’Ordre qui régissait sa vie depuis si longtemps… Et, par-dessus tout, si son père était réellement vivant… Il fallait qu’il sache.
Et qu’il règle ses comptes.

Définitivement.

Là-bas, dans la poche de son manteau, il y avait l’Oeil de Géant qu’il avait dérobée dans le manoir, un mois plus tôt. Du gâteau, si l’on exceptait les idioties de ses deux anciens apprentis. Pas un pour rattraper l’autre, et ils avaient bien failli faire capoter sa mission… Il s’en était tiré. Comme d’habitude. Avec la boisson délirante du Rêveur, en revanche, il avait eu quelques… difficultés à régler avant de trouver le moyen de venir se terrer ici. Lécher ses plaies en vieil ours blessé, surtout dans son égo, mais désormais il se sentait prêt à mettre le museau dehors. Et ça tombait bien parce que, la veille, un oiseau était venu s’encastrer dans la vitre pourtant sale – et donc bien visible – du cabanon. C’était navrant, mais le message qu’il était venu lui apporter, en revanche, était revigorant : c’était le signal qu’il avait attendu depuis tout ce temps. A lui de jouer, à présent ! Il acheva sa dernière série puis se laissa tomber, le dos contre le parquet humide, les yeux collés au plafond, songeur. En tant normal, ce nouveau défi aurait dû le mettre dans tous ses états. Il n’aurait pas attendu une accalmie pour sauter sur Chante-Brume et filer à Al-Jeit. Pourtant, il était sérieux, vraiment sérieux cette fois. C’était une première. C’était peu ordinaire. Et légèrement flippant. Parce que cette fois, il partait avec la ferme intention de mettre la main sur l’ordure qui bousillait sa vie.

Ou bien d’y laisser sa peau en essayant.



*





Gil se releva tranquillement sous l’œil étonné des quelques passants qui s’étaient arrêtés pour observer la scène. Il passa une main dans ses cheveux trempés. Il les avait coupés un peu avant de tomber sur Kaünis et Syles, mais depuis ils avaient repoussés. Sa barbe aussi. Ajoutez à cela une démarche vacillante et une diction d’ivrogne… Jed Rezarel s’était fait avoir comme un bleu. Gil plongea la main dans sa poche et en sortit la clé qu’il avait récupérée en tombant sur la table. C’était tellement simple… A Tsukia de terminer, à présent. Mais lorsque Gil jeta un coup d’œil en direction de la taverne, il vit à travers la fenêtre qu’une silhouette s’était arrêtée près d’elle. Une fille dont il voyait seulement les cheveux roux. Elles avaient l’air de se connaître, à en juger par la tête de la gamine. Enfer, gamine, te laisse pas distraire, bon sang ! Il ne fallait pas perdre Jed de vue. Gil hésita. Si la couverture de Tsukia était compromise, elle risquait gros ! Il serra les poings.

Hésita encore un peu.


[Teal pour la couleur de Jed, les amis Wink]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tsukia Til'Werin
Groupe Furdh


Nombre de messages : 182
Citation : ''I'm the kind that your mamma and your daddy were afraid you'd turn out to be like''
Date d'inscription : 22/02/2016

Feuille de personnage
Age: 18
Greffe: Non
Signe particulier: Oeil droit bleu, l'autre noir. Utilise le Zui Quan, un art martial utilisant les mouvements imprévisibles d'un saoul comme base.

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Lun 13 Fév 2017, 00:59

Sortit de la poêle et droit dans le feu.

Il s'était fait prendre par Gil comme un gamin, ce connard. Je suis plutôt hilare de voir Gil se faire ainsi rembarrer, mais je camoufle le tout assez bien derrière un sourire, sirotant mon verre tranquillement. C'était à moi de joué, mais je n'ais rien à faire, juste à attendre et--


Salut, mignonne. Je vais commander un bon vin de noix. Si on trinquait à la soirée qui s’annonce ?


Et sboom dans le panneau, l'affaire est dans le sac. Il ne me reste plus qu'à--

Improviser, parce qu'une Aivy surprise se pointe et, se doutant de rien, brise presque ma couverture en prononçant mon nom, mais je coupe le mot avant qu'il ne naisse en l'embrassant... Ce qui, loin de faire reculer l'homme, lui apporte un énorme sourire.

Quel homme ne voudrait pas d'une fille qui aime les deux sexes? C'est parfait, ça permet de pouvoir parler de jolies nana avec et tout...

Du coup je me décolle un instant en tenant Aivy, soufflé par mon effusion, dans mes bras très près... Et j'espère qu'elle comprenne de se taire et de me laisser faire, pour ce coup.


Je sais pas... Seulement si je peux apporter ma... Peluche...

Je ponctue ma phrase d'un léger baiser au cou d'Aivy et, volontairement ou non, elle laisse un tout petit gémissement lui échappé...

Le mec, qui remplissait son verre, est en train de s'en renverser sur le pantalon en débordant quand il sort de sa torpeur en jurant et en replaçant sa bouteille.

Quand il lève les yeux nous sommes vers les escaliers, moi et Aivy, et il semble hésité.

Un instant avant que je ne lui pique un clin d'oeil en lui faisant un petit signe du doigt. Il court presque pour nous suivre et je n'ais que le temps de dire de ne rien dire à Aivy avant qu'il ne nous rattrape pour nous mener à sa chambre.

Mon amie semble se demander si je compte vraiment l'entraîner dans un truc à trois... Mais si c'était le cas ce serait pas avec ce mec LÀ!

Gil serait un meilleur candidat. Un emmerdeur, mais mieux que ce déchet humain. Au moins d'un tout petit peu.

Du coup il me laisse le soin de fermer et verrouillé la porte. J'en profite pour prendre la clef, je la glisse un instant contre mon corps dans un mouvement sensuel... Avant de la foutre par la fenêtre ouverte.


Qu'est ce que tu fou putain!?

Chut, chaton.

Il déglutit péniblement au dessus du katana sous sa gorge. Gil savait bien s'en servir, et bon sang ses cours étaient chiants et je l'ais bien fait chier aussi en retour, mais y'as aucun doute sur les résultats.

Du coup l'autre con ne dit rien quand je l’assomme d'un coup derrière la tête. Il as de l'info dans cette caboche donc je fais quand même gaffe en le jetant par la fenêtre en contrebas, il tombe bien dans la carriole, au moment même où je vois Gil monter à l'avant... Suivit par une bande de bonhommes qui veulent du sang, putain il attire les emmerdes ce mec et j'adore ça!

Je me retourne et attrape Aivy qui semble encore gelée par la rapidité des choses puis passe par la fenêtre à mon tour, amortissant notre chute à tout les deux, ce qui me tire un petit ''OUF!'' parce que quand même, veut, veut pas, la paille n'avait pas était prévue pour TROIS corps...

Je m'extirpe de la dite paille juste à temps pour faire un signe de la main aux salops qui suivaient Gil et...

...Les voir nous suivent à cheval.


Euh... Gilou... Accélèrent, mon pote, ils nous rattrapent là...

Mais je m'en fou que tu fasse de ton mieux, C'EST PAS ASSEZ!

JE SAI-- RAH ET PUIS MERDE!


Je fou un coup avec un morceau de fer qui était sur le siège à côté de Gil - mais pourquoi avait-il ce truc? - à un de nos poursuivants, le faisant tomber de sa monture alors qu'un autre approche du côté d'Aivy, à qui je donne le morceau métallique.

ALLEZ! FOU LUI EN PLEIN LES DENTS, ÇA DÉFOULE!

Pour le coup on dois crier pour s'entendre à cause du vent... Et j'adore ça aussi, je suis dingue et j'adore ça AUSSI voilà!

Un autre s'approche et je lui fou mon pied par la tronche, il réussis à rester en selle et quand il se retourne je l'embrasse - bah quoi il est mignon et sent la menthe - tout en tirant sur la sangle qui le tient assit, il tombe donc à la renverse et je lui fait au revoir d'une main un instant avant de foutre le fourreau de mon katana dans le ventre d'un autre mec pour le foutre par terre aussi... Une chance que Gilou use de petite ruelles, sinon on seraient repérés depuis un sacré moment...

Aller bon sang, Tayo, Tayo!

Quand il tourne une ruelle il siffle un coup et, par expérience, je reconnais le signal, une note montante, un truc en hauteur, du coup je sort mon arc et une flèche en me tournant et l'encoche du même mouvement... Ah voilà, un truc tenant des poutrelles de bois, ce quartier est toujours en rénovation, c'est bien pour nous, me dis-je en calmant mon souffle et en ignorant Gil qui me gueule de tirer...

...Puis je lâche la corde au dernier moment, juste avant qu'ils n'apparaissent au coin.

La flèche coupe le câble net. Ceux qui ne s'arrêtent pas son projeter par leur montures dans la boue et je leur fait un signe de la main en passant mon arme en bandoulière, rangeant par la même occasion mon katana dans son fourreau dans mon dos. Je ne demande pas où on vas, je le sais, on vas à la planque... Je me retourne plutôt vers Aivy, qui as les cheveux en batailles, et lui adresse doucement la parole comme si de rien était alors même que le vent claque autour de nous par notre vitesse qui est totalement folle et irresponsable... Un peu comme Gil et moi.


ALORS BEAUTÉ GUERRIÈRE, ÇA ROULE LES CHAMPIGNONS?!

__________________________________________



HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aivy Sil'Lucans
Groupe Furdh


Nombre de messages : 222
Citation : « Trompe-toi, sois imprudent. Tout n'est pas fragile. N'attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie. Parce que le plus important n'est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d'être. »
Date d'inscription : 24/04/2015

Feuille de personnage
Age: 19 ans
Greffe: Non
Signe particulier: //

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Lun 13 Fév 2017, 11:34

- Tsu ?!

Aivy plissa les yeux. Non, ce n'était pas elle. A moins que ? Avec des yeux comme ceux-là...

- Tsu, qu'est-ce que tu fiches habillée comme... Hm !

Le baiser la prit de court, comme un rappel brûlant de ce qui n'avait jamais été perdu entre elles. Par réflexe, la jeune femme serra l'apprentie contre elle, profitant de son contact. A ce moment seulement, elle se rendit compte que Tsukia lui avait terriblement manqué. Plus rien ne compta l'espace d'une seconde : ni la pluie, ni le vent, ni le tumulte autour d'eux, oublié comme un souvenir encombrant. Elle se laissa volontiers glisser contre le corps de son amie et amante, le cœur empli de joie. Quand le baiser cessa enfin, les joues rosies de plaisir, la rousse glissa sa main dans celle de Tsu, aventureuse, et fit glisser son regard vers un homme près du comptoir qui les regardait avec intérêt.

- Je sais pas... Seulement si je peux apporter ma... Peluche...

Oh ?

Un nouveau baiser furtif dans son cou tira un petit gémissement à Aivy alors qu'elle tentait de comprendre la dernière phrase de son amie. S'était-elle encore engagée dans une histoire impossible avec un homme ? Un élan de possessivité faillit l'envahir, mais elle se rendit bien vite compte que tout n'était pas en place. Quelque chose clochait. Pour toute imprévisible qu'elle fut, Tsukia ne l'aurait pas embarquée dans un plan à trois avec un parfait inconnu. Et ces vêtements étaient la preuve que l'ensemble de la situation ne tournait pas rond.

Aivy fronça les sourcils. Dans quelle galère s'étaient-elles encore fourrées ?

Avant même qu'elle n'ait le temps de poser une question, la jeune apprentie se retrouva en haut des escaliers, et passa le pas d'une porte qu'elle ne souhaitait pas plus voir que cela. Ne pas posséder les clés qui avaient mené à cette comédie la mettait particulièrement mal à l'aise, et elle ne put s'empêcher d'envoyer à son amie quelques coups d'oeil inquiets.

*Tu es sûre de ton coup, là ?*

La porte de la chambre se referma finalement derrière eux trois dans un bruit de bois lourd.
Puis, ce fut le chaos.




***



Vlan.
Et un corps envoyé par-dessus la fenêtre.

Sidérée par la tournure qui prenaient les événements, Aivy ne put retenir un petit rire quand elle s'aperçut d'où menait la supercherie de Tsukia. Elle avait agi avec impulsivité, comme à son habitude. Sans doute n'avait-elle rien prévu de ce qui allait se passer, encore moins que l'apprentie débarquerait dans la même taverne qu'elle, et l'entraînait-elle un peu contre son gré dans une nouvelle aventure rocambolesque.

Mais au moment ou Tsu attrapa sa main pour l'inciter, à son tour, à sauter par la fenêtre, la jeune femme se demanda si l'aventure en question n'était pas en train de partir en cacahuète.

Une seconde, seulement.
Avant de plonger dans le vide.

Le foin leur épargna quelques os cassés, mais le corps endormi du bonhomme fit sacrément mal aux jambes d'Aivy. Elle ne s'en formalisa pas plus, et chercha son amante du regard, qui avait tôt fait de récupérer le corps et de pointer une carriole toute proche. Saisissant l'autre partie du corps qu'elles jetèrent dans le foin sans plus de cérémonie, la jeune femme s'empressa de grimper aux côtés de Tsu et du conducteur....

... Qui n'était autre que l'homme complètement saoule qui venait d'être jeté hors de la taverne. Aivy pencha la tête pour être sûre de ne pas se tromper ; c'était bel et bien lui, et la pluie mêlée de vent devait être un grand handicap pour sa conduite. Mais qu'à cela ne tienne, il avait tenu bon, les avait attendu.

L'apprentie se raccrocha comme elle put au moment où il partit à toute vitesse sur ordre de Tsukia, qui venait d'apercevoir des cavaliers à leur poursuite. Sans doute des amis du type qu'ils venaient d'embarquer un peu contre son gré, qui n'avaient pas apprécié de le voir tomber ainsi par une fenêtre un jour d'orage. La jeune femme serra les dents, renonçant définitivement à questionner son amie au sujet de ce qui venait de se produire, et se résigna presque aux ennuis qui venaient de lui tomber dessus comme par magie. Il n'était pas temps d'interroger : il fallait agir, et vite.

La carriole manqua de dégringoler dans une rue à cause du sol dérapant, et les cavaliers en profitèrent pour les rattraper. Ni une ni deux, Tsu se saisit d'un fer posté près du conducteur, "Gilou", à priori - pourquoi ce nom lui disait-il quelque chose ? - et partit à l'assaut, non sans vivement encourager Aivy à faire de même. Sans prendre le temps de réfléchir, la jeune femme se saisit de l'arme tendue par son amante, et se hissa comme elle le put en s'accrochant à l'une des barrières de bois qui maintenaient le fragile équilibre de leur moyen de transport.

*Ce truc va se rompre, et on ne sera pas dans la mouise...*

Armée d'un sabre de fortune sans doute trouvé par hasard et secouée par un mouvement qu'elle ne contrôlait pas, la jeune femme avait peu de chances de s'en sortir face à un cavalier en totale fusion avec sa monture et mieux équipé qu'elle. Son regard dévia vers la rue tandis qu'elle évitait un coup de masse avec agilité, perchée sur la carriole, et répliquait comme elle le pouvait malgré le mouvement. Il lui fallait anticiper les attaques. Mieux encore, il lui fallait quelque chose qui pouvait neutraliser l'assaillant sans qu'elle ne risque de se retrouver à terre. Sur une nouvelle pirouette d'esquive, elle aperçut finalement ce qui pourrait, si elle l'utilisait bien, la tirer d'affaire. Un rapide coup d'oeil vers Tsu - qui embrassait l'adversaire avant de l'envoyer valser, bah voyons ! - l'informa que son temps était arrivé, d'autant plus qu'un second cavalier, juste à côté du premier, venait de rejoindre son côté et tentait de l'attaquer à son tour.

Juste avant de passer la ruelle, Aivy se redressa au maximum de sa hauteur et brandit sa lame vers le haut. Celle-ci vint à la rencontre d'une solide corde accrochée à une longue tige de métal plantée dans une habitation, et la rompit comme du beurre sous l'effet de la vitesse.

Les deux cavaliers ne virent pas la grande poutre de bois se détacher et leur tomber dessus dans un fracas assourdissant.

Satisfaite de son coup et débarrassée des assaillants, la jeune femme se tourna vers son amie, qui lui indiquait pourtant la présente d'autres poursuivants arrivant d'un autre côté. Elle entreprit de s'en occuper elle-même, silencieusement et avec maîtrise. Son arc dehors, personne ne pouvait nier qu'elle était redoutable. Aivy eut une pensée pour le conducteur, qui était sans doute en train de vivre la pire journée de sa vie, et regarda Tsukia dégainer une flèche qu'elle envoya droit dans un câble d’échafaudage.

Une seule flèche.
Ils furent réduits à néant, balayés par le souffle et la lourdeur du bois.

Sur le qui-vive, l'apprentie fixa l'horizon qui se dressait derrière eux, prête à ressortir ses dagues ou ses couteaux au moindre signe d'attaque. Mais personne ne se présenta et, après quelques minutes de répit, Tsu descendit à son niveau - elle s'était rassise dans le dos de la carriole histoire de ne pas tomber -, et lui cria par-delà l'orage qui creusait le ciel au-dessus d'elles :


- ALORS BEAUTÉ GUERRIÈRE, ÇA ROULE LES CHAMPIGNONS ?!
- Dans quoi est-ce que tu... DANS QUOI, corrigea-t-elle en s'apercevant que la pluie masquait ses paroles, EST-CE QUE TU NOUS A ENCORE FOUTUES ?! ET LUI, continua-t-elle en désignant leur ivrogne de conducteur, C'EST QUI ? ON VA OU ?!

Trop de questions. Trop de bazar.
L'inattendu, avec Tsu, avait un goût de quotidien...

__________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes


Nombre de messages : 882
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Lun 13 Fév 2017, 14:31

Gil courait sous la pluie. Même pas un temps à mettre un Raï dehors… Alors deux tarés en pleine mission suicidaire ? Ben au moins ça nous rafraîchit les idées, songea-t-il, avant de repenser à ce qu’il avait aperçu à travers la vitre de la taverne. C’était ce qui l’avait décidé à partir, d’ailleurs. Visiblement Tsukia avait la situation bien en mains – dans tous les sens du terme…  Mi-figue, mi-raisin, il bifurqua à l’angle d’une rue. Il commençait à se dire que leur plan n’allait finalement pas se dérouler sans accrocs. C’était pourtant lui qui avait toutes les clés en main, là ! Celle qui se trouvait sans sa poche devait lui permettre de se rapprocher de son but. Il avait découvert, grâce à Tsukia, que Jed fournissait en armes un réseau conjoint à celui d’Aile de Corbeau. Restait à découvrir qui menait ce groupe d’hommes et de femmes qui avaient été déployés dans la capitale. Gil sauta par-dessus le portail qui fermait l’accès au jardin d’une maison imposante : celle des parents de Jed. Chez qui môssieur vivait toujours. Pas étonnant qu’il traîne dans la taverne du coin et y loue fréquemment une chambre… La famille de môssieur vivait bien, d’ailleurs. Mais comme tous les arrivistes de l’Empire, ils se croyaient intouchables et n’avaient pas songé qu’un seul planton en guise de protection, c’était parfaitement inutile. Gil ne chercha même pas à le mettre hors d’état de nuire. Il grimpa le long du lierre qui s’accrochait au mur de la maison, donna un petit coup de coude pour casser la vitre et ouvrir la fenêtre, se glissa à l’intérieur de la chambre déserte… et essora ses vêtements. Il n’allait pas pouvoir couvrir ses traces, réalisa-t-il en constatant toute l’eau qu’il semait un peu partout, même en prenant ses précautions. Tant pis. S’il était rapide, tout allait bien se passer, non ?

Fouiller l’étage ne lui prit guère plus d’une minute : il trouva ce qu’il cherchait dans le bureau de Jed. La clé ouvrait un tiroir dans lequel il trouva son livre de comptes. Au moment de l’ouvrir, toutefois, un grognement sourd se fit entendre dans son dos. Ah. Y’avait pas que le planton alors. Gil se retourna lentement et observa le chien, nota sa musculature impressionnante, les crocs qui garnissaient sa gueule et lui promettait une jolie partie de plaisir d’ici peu. C’est parti mon kiki. Gil bondit vers la fenêtre. Il fracassa la vitre et tomba, heureusement pour lui, dans un buisson qui amortit le plus gros de sa chute. Bien sûr, ça interpela le garde et, ô joie, les deux autres chiens de ce dernier. Gil prit quand même le temps de s’asséner lui-même une tape à l’arrière du crâne – bien fait pour toi, imbécile – avant de s’extirper de son buisson et de s’élancer dans la rue. Les molosses sur les talons. L’occasion pour l’Envoleur de battre un petit record de vitesse, une prouesse étant donné qu’il pleuvait toujours, ce qui rendait le pavé extrêmement glissant, mais alors qu’une mâchoire puissante allait se refermer sur sa jambe, Gil sauta, crocheta une gouttière qui faillit céder sous son poids, et se hissa sur un toit. Nananère, pensa-t-il en regardant les chiens sauter contre le mur – en vain. Il leva les yeux et jura en voyant que son petit planton avait trouvé des renforts. Il fila sans demander son reste mais se figea soudain, en équilibre au bord du vide. Enfer ! Tsukia ! Il avait failli l’oublier. Sa diversion avait fonctionné mais elle risquait de capoter lorsque Jed serait alerté qu’un individu s’était introduit chez lui. Nouveau juron. Gil changea de direction.

Et de plan.


*


Qu’est-ce qu’elle peut bien fabriquer ? Gil frissonna sous sa capuche. Elle ne servait à rien d’autre qu’à couvrir son visage, puisqu’il était déjà aussi trempé qu’on pouvait l’être. Me dites pas qu’elle est en train de… VLAM ! Jed venait d’atterrir derrière lui, dans la charrette. Ouille, pensa d’abord Gil, puis il fronça les sourcils : qu’est-ce que… ? Il soupira. C’était pas le moment de se poser la question, alors il ferma les yeux et compta. Un « boom », puis deux. Tsukia et la rouquine venaient d’atterrir à leur tour. C’était le moment de partir ! Rouvrant les yeux, il serra les mains sur les rênes et lança les chevaux à toute allure. Quelques personnes se jetèrent sur le côté en gesticulant mais Gil resta sourd à leurs insultes : y’avait urgence, bon sang, ça ne se voyait pas ? Il entendait déjà le galop de leurs poursuivants malgré la pluie.

- Euh... Gilou... Accélèrent, mon pote, ils nous rattrapent là...
- Ouais, ouais, je fais de mon mieux, là !
- Mais je m'en fou que tu fasse de ton mieux, C'EST PAS ASSEZ!
- La ferme, bon sang ! Trouve quelque chose puisque t’es si maligne !
- JE SAI-- RAH ET PUIS MERDE!

BLONG ! Décidément, cette journée est pleine d’onomatopées… Gil grinça des dents. Il luttait pour mener son attelage dans les rues exiguës de la ville tandis que, dans son dos, Tsukia et la rouquine luttaient pour se débarrasser de leurs poursuivants. Chacun sa m… Yaaaah ! Il se fit peur en prenant un virage serré et la charrette se retrouva sur deux roues pendant quelques secondes. Il n’avait encore jamais fait ça, tiens, et c’était pas la meilleure expérience de sa vie, avec cette pluie qui les inondait, ce vent qui lui cognait le visage, les cavaliers qui les avaient pris en chasse – mais l’adrénaline lui donnait la pêche et il mentirait en affirmant qu’il n’appréciait pas un petit peu cette cavalcade. Il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule pour vérifier que les filles étaient toujours vivantes et grogna en voyant Tsukia utiliser le fourreau de son nouveau joujou pour se débarrasser de son assaillant.

- En général ça s’utilise avec la lame, ce truc ! lança-t-il.

Un katana. Elle avait débarqué un beau jour avec cette arme entre les mains et des étoiles plein les yeux. Tu parles d’un cadeau ! Qui avait dû se coltiner les entraînements ? Bibi ! Qui s’était coupé en affrontant son inexpérience déprimante ? Bibi ! Et qui avait dû se souvenir des sempiternels sermons d’un maître qu’il aurait pourtant bien aimé oublier ? Bibi, encore et toujours… Il fallait s’y attendre, Tsukia n’était pas faite pour suivre la norme. Il la laissa donc faire à sa guise, notant au passage que la rouquine se débrouillait mieux que bien, et reporta son attention sur la route. Il leva les yeux vers l’échafaudage de bois sous lequel ils allaient passer sous peu. Idée ! Il siffla plutôt que de la proposer. L’efficacité se passait de mots et, au cours des dernières semaines, il avait réussi à mettre en place une communication particulière avec Tsukia. Ce trémolo, c’était un synonyme de « bouge-toi ma grande et ne me déçois pas ! ». Il fit claquer les rênes et bondir les chevaux. Ça y est, ils y étaient, mais… Rien ne se passait.

- Tire, bon sang ! cria-t-il en prenant les rênes dans une seule main pour découvrir son poignet, prêt à utiliser ses aiguilles.

Tchac ! Clac ! Badaboum ! Etc. Gil regarda les cavaliers patauger dans la boue, pour ceux que les planches n’avaient pas assommés, et éclata d’un rire qui se perdit dans le vent de leur course. Ça, c’est fait. A la suite, maintenant !


*


- Que… balbutia Jed en émergeant de l’inconscience.

Un coup de poing de Gil le replongea dans les vapes.

- Emmenez-le à l’intérieur et attachez-le solidement, ordonna-t-il aux filles avant de sauter à bas de la charrette.

Il sentit le regard de la rouquine sur son dos tandis qu’il s’occupait de dételer les chevaux. Elle l’avait vu passer par la porte de la taverne et devait se demander s’il était vraiment ivre. La réponse était non. Il avait pourtant bien envie de boire quelque chose, là, mais moins que de prendre un bain chaud et de passer des vêtements secs ! Il soupira. Seul, il se serait complètement dévêtu à l’intérieur de la cabane. Là, ça allait poser problème. Il prit donc son temps pour abriter les chevaux et les soigner. Chante-Brume ! Il allait devoir la récupérer. Demain, songea-t-il alors que la nuit s’installait pour de bon. Il rentra sans frapper dans la cabane. Tant pis si elles n’étaient pas décentes. Il avait autre chose à faire que préserver la pudeur de ces dames et puis, c’était déjà énorme de sa part de ne pas se dévêtir complètement alors que ses vêtements lui collaient à la peau. Il ôta toutefois son manteau, son tabard et sa chemise, dévoilant son torse balafré de cicatrices plus ou moins anciennes. Les glyphes de la Silencieuse, au niveau de son cou, se démarquaient sur sa peau humide. Il attrapa une brassée de bois et jeta le tout dans le poêle que les filles avaient pris le temps d’allumer.

Jed pionçait toujours, attaché et bâillonné – avec un slip dans le bec ? Gil secoua la tête. D’accord. Il ne chercha pas à en savoir davantage et se laissa tomber sur une chaise. Il était fourbu. Pourquoi ne suivaient-ils jamais le plan d’origine ? Celui qui était sensé être plus reposant ? Certes, la course-poursuite dans Al-Jeit était plus amusante, mais s’il continuait à dépenser son énergie à droite et à gauche, il courait à sa perte…

- J’avais juste besoin du carnet de comptes, marmonna-t-il à l’attention de Tsukia. Pas de celui qui le remplissait. Tu m’écoutes, des fois ?

Son regard glissa vers la rouquine. Elle était aussi jeune que Tsukia, et aussi jolie mais d’une manière bien différente : elle semblait plus délicate, plus fragile même si ce qu’il avait pu voir dans la charrette affirmait le contraire, plus… plus fille, voilà. Il fit un geste du menton dans sa direction, qui signifiait « bon, alors, t’es qui au juste ? ».

Vaguement intrigué de la deviner proche de Tsukia.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tsukia Til'Werin
Groupe Furdh


Nombre de messages : 182
Citation : ''I'm the kind that your mamma and your daddy were afraid you'd turn out to be like''
Date d'inscription : 22/02/2016

Feuille de personnage
Age: 18
Greffe: Non
Signe particulier: Oeil droit bleu, l'autre noir. Utilise le Zui Quan, un art martial utilisant les mouvements imprévisibles d'un saoul comme base.

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Lun 13 Fév 2017, 19:59

Bon on est arrivés, Gil nous dis d'entrer je prends donc sale con, non je veux pas savoir son nom, c'est un truc con, un nom de sportif comme euh... Thon... Truite... Jed... Peut importe, bref je le soulève avec l'aide de vyvy et le porte à l'intérieur où je l'attache fermement à une chaise... Et il se réveille et commence à parler et blahblah blah j'ai des amis puissants et t'as vu ma banane de riche un peu je peut te payer si tu me libère... Et moi je suis trempée, donc je retire mes vêtements pour les étendre non loin d'un feu que l'on fais dans le poêle sauf mes dessous que je lui fou dans le bec, tient, la ferme imbécile, j'en ais assez de tes conneries... Et il me fixe d'un coup de haut en bas, ce qui lui vaut un bon petit sucker punch à la gueule qui le refout K.O. en finissant probablement de lui pété le nez. Non mais sérieux, il vaut pas la peine de me regarder, en plus il apprécierait probablement pas assez mon corps pour le mériter, monsieur penserait que mes seins sont trop petits ou mes fesses pas assez larges ou blahblahblah j'en ais rien à foutre mec, toi t'es dans les vapes et moi, mes seins et mon cul, on l'est pas, qui ris maintenant hein? AH!

Bon pour le coup Gil entre un instant après et retire son haut sans posé de questions - il commence à apprendre, le petit, à pas se demander! - moi je ne m'en fais pas, avec notre temps passé ensemble, il n'y as rien qu'il n'ais pas déjà vu hein, alors m'en fiche. Et puis c'est toujours mignon comme tout quand il rougit parfois en me regardant... Petit polisson de Gilou..!

Bon pour le coup il faut répondre au deux cela dit, qui est Gil et qui est Aivy...


Bon alors on vas où, ici vyvy, on y est, TADA! Planque temporaire, vala.

Ensuite qui est qui, ben je suis Tsu, parfois kia, toujours folle. Gilou je te présente ma peluche, mon amante numéro uno, ma nana ou peut importe, apprentie marchombre de mon groupe elle aussi, le feu folet Vyvy la vie, Aivy.

Aivy, je te présente Gilou ou Gil le loup ou clair de lune ou ''salopard'' ou ''cabochard'' ou ''Hep toi'' ou ''enfoiré'' ... Bref, tout ça, Tsu-ça, le mec avec qui je partage une aventure où l'on se fou dans la merde dans la bonne humeur, pour qui j'ai infiltrer une organisation louche de l'empire, avec qui, je te rassure, je n'ais pas couché, Giliwyn...

L'amoureux... Enfin Ex maintenant, je crois, je sais pas, c'est compliqué, bref, le père de la fille à Libertée...

...Et un envoleur...


Et vala, elle est entre le déni et le ''MAIS PUTAIN DE KWA''.

Donc je l'embrasse.

Quand le monde s'écroule, il faut une chose stable à quoi se tenir.

Je suis stable, stablement folle, follement stable, on sais toujours à quoi s'attendre avec moi : Il faut toujours prévoir l'imprévu.

Tient toi à moi, Aivy.

Je me détache et la fixe droit dans les yeux... Oh ouais, j'aime ça, cette lueur là, au fond... Elle est trop jolie et elle sent tellement boooooonnnn....


I'm...

...Stronger than a shot of whiskey or any pill you take...

Fuck away the pain,
Erase him from your brain,
I just know you love me,
Come on baby touch me...

Show me where it hurts,
This dirty little curse,
Don't have to be ashamed if you wanna scream my name,
While I fuck away the pain.


Quand elle semble plus calme je me retourne vers Gilou... Et capte son regard un instant, ainsi que cet éclair si bref de désir... Ah bien tient, même lui il aime ça, pensé à deux nana au lit, mes dis-je en passant tout prêt, si prêt qu'il doit sentir sur son torse la chaleur qui sort de mon corps, pour me diriger vers l'idiot qu'on as capturé.

Such a shitty thing she did,
The way she said goodbye
You can take it out on me if you like...

Maintenant, faut réponse à la question de Gilou, me dis-je en pointant l'idiot en question.

Hep t'avait un plan peut-être, mais y'avait pas vraiment de sortie prévue... Et puis maintenant on peux l'interroger, plus d'infos encore, un nom peut-être. Au lieu de se dire ''qui on cherchent?'' on pourras demander au prochain ''où est Francis?'' ou Francesca, ou en langue étrangère, Donde esta Francesca et tout ça, ça veut rien dire mais on s'en fou non?

Sinon TOI t'aurais fait quoi..?


Je lui plante un index sur le torse et le laisse là pour ponctuer mon ''TOI''... Et il me fixe de ses yeux, cette lueur prédatrice au fond... Tu t'imagine des scénarios, Gilou..?

Demande et qui sait...


Fuck away the pain,
Erase her from your brain,
Fake it like you love me,
Come on baby touch me..!

Show me where it hurts,
This dirty little curse
Don't have to be ashamed,
If you wanna scream my name,
While I fuck away the pain...

HRP:
 

__________________________________________



HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aivy Sil'Lucans
Groupe Furdh


Nombre de messages : 222
Citation : « Trompe-toi, sois imprudent. Tout n'est pas fragile. N'attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie. Parce que le plus important n'est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d'être. »
Date d'inscription : 24/04/2015

Feuille de personnage
Age: 19 ans
Greffe: Non
Signe particulier: //

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Lun 13 Fév 2017, 21:22

Tadah.
Planque temporaire, voilà. Merci, Tsu.

Un soupire amusé franchit les lèvres d'Aivy alors que son regard onyx dévoilait la pièce. Un endroit simple, sans doute parfaitement adapté à leur situation de par sa discrétion. La jeune femme n'avait même pas idée de la localisation exacte de cette cachette. Qu'elle eut connu le chemin, elle n'aurait de toute façon pas eu plus d'idée, puisque la pluie avait masqué leur vision autant que leurs traces. Elle s'était contentée de suivre le duo atypique qui l'avait embarqué dans cette galère, et dont faisait partie la fille qui avait fait chavirer son cœur.

L'apprentie n'apprécia pas particulièrement le ton employé par le conducteur du chariot, qui ressemblait trop à un ordre à son goût. Elle s'exécuta pourtant docilement devant la nécessité de la chose, aidant Tsukia à porter l'homme encore endormi sur une chaise qui accueillit bien malgré elle la charge au fixée au moyen de liens solides. Un nouveau soupire franchit ses lèvres alors qu'elle détaillait, une main sur la taille, leur prisonnier désormais attaché qui ne semblait pas vouloir se réveiller malgré le remue-ménage.

Dans quelle galère s'était-elle encore fourrée ?

Son regard balaya la pièce et tomba sur Tsukia, qui se déshabillait purement et simplement aux yeux de tous. En temps normal, Aivy se serait contentée de rire d'une telle attitude, habituée aux frasques de la jeune femme qui n'avait pas grand-chose à faire de ce qu'elle avait sur le corps. Mais la présence de l'autre homme près d'elle, lui parfaitement réveillé et également torse nu, la mit plus mal à l'aise qu'autre chose. Ses vêtements à elle étaient également trempés ; la pluie avait littéralement traversé sa cape qui, malgré une bonne qualité indéniable, n'avait pas été assez résistante face à l'orage.

Aivy se contenta donc d'ôter la cape sus-dite et de la poser sur une chaise de bois postée près du feu qu'elle venait d'allumer quelques minutes plus tôt, aidée de son amie et supportée par le troisième présent et sa bûche sortie de nulle part. L'âtre était chaud, contrairement à leur captif qui, désormais parfaitement assommé - et sans doute affublé d'une superbe fracture du nez made in Tsukia - ne risquait pas de faire beaucoup d'étincelles. L'apprentie en approcha ses mains par réflexe, résignée à ne pas faire de remarques sur la tenue de son amante. Après tout, Tsukia était Tsukia, et personne ne pourrait l'empêcher de se déshabiller si elle en avait envie. Elle-même, en revanche, rechignait totalement à se mettre nue devant un parfait inconnu.

Elle l'avait fait devant Libertée. Mais c'était autre chose. Elles avaient été trois femmes, ce jour-là, et dans un contexte particulier. "Un corps est un corps", avait dit leur maître, et Aivy savait de plus qu'elle n'avait pas particulièrement à rougir du sien. Malgré cet élan de bon sens et ce souvenir fort, la jeune femme ne pouvait s'y résoudre. Elle resterait trempée. Trempée, certes, mais habillée. Et tant pis pour les frissons qui commençaient à parcourir son corps : elle n'avait qu'à rester près du feu...

Tsu vint alors vers elle, et entreprit enfin d'offrir des réponses à ses questions. La manière qu'elle eut de la présenter à cet homme qu'elle ne connaissait pas la fit mi-sourire mi-rougir, mais elle reprit rapidement ses esprits lorsqu'elle comprit qu'il ne s'agissait plus réellement d'un étranger, maintenant que les présentations étaient faites et qu'elle avait toute son attention. Elle fut incapable de décrire l'étrange façon qu'il eut de les regarder, à mi-chemin entre l'intérêt et autre chose. Sans doute avait-il l'esprit ailleurs. Toujours était-il que la situation devenait plus complexe : à présent qu'il savait qui elle était pour Tsu, dont il était visiblement relativement proche au vu de la description, Aivy se sentait obligée de s'embarquer dans l'aventure, bon gré mal gré...


- Et vous, alors ?, demanda-t-elle en hochant la tête en direction du mystérieux conducteur.
- Aivy, répliqua aussitôt Tsukia, je te présente Gilou ou Gil le loup ou clair de lune ou ''salopard'' ou ''cabochard'' ou ''Hep toi'' ou ''enfoiré'' ... Bref, tout ça, Tsu-ça, le mec avec qui je partage une aventure où l'on se fou dans la merde dans la bonne humeur, pour qui j'ai infiltrer une organisation louche de l'empire, avec qui, je te rassure, je n'ais pas couché, Giliwyn... L'amoureux... Enfin Ex maintenant, je crois, je sais pas, c'est compliqué, bref, le père de la fille à Libertée...
- Ah.


Ah ?

Le silence qui s'abattit suite au flot d'informations livrées par Tsu sembla horriblement long à la jeune femme. Les derniers mots de son amie tournèrent en boucle dans sa tête, véritable obsession : Libertée, et lui. Lui, et Libertée. Soudainement, les mots emprunts de rage que Kaünis avait eus cette fois-là, juste avant l'arène, lui revinrent en mémoire. La réalité la frappa de plein fouet alors que Tsukia confirmait ce souvenir d'un simple petit mot :


- ... Envoleur.

Le cœur d'Aivy rata un battement.
Alors, Kaünis avait dit vrai.

Leur maître faisait bel et bien sa vie avec un membre du camp adverse. Le père de son enfant était un homme à priori détestable supposé mettre fin à leurs jours, à Libertée, elles deux et la gosse en prime, s'il avait un rien de bons sens. Mais pour une raison mystérieuse, il ne l'avait pas fait. Il s'était contenté d'évoluer dans sa relation bon gré mal gré, faites de hauts et de bas, d'après les dires de Tsu. Un autre lien se créa dans la tête de la jeune femme : Si Lib s'était envolée, peut-être était-ce même la faute de cet homme ? Si la situation était si "compliquée", comment ne pas le soupçonner d'avoir, d'une manière ou d'une autre, été à l'origine de la perte de leur maître ?

Aivy ouvrit les lèvres pour aller à la rencontre de cet homme tombé du ciel, mais aucun son n'eut le temps de les franchir.
Tsukia, une nouvelle fois, avait posé sa bouche contre la sienne. Et, comme à chaque fois qu'elle l'embrassait, Aivy oublia tout ce qui était autour d'elle.




***



- Et puis maintenant on peux l'interroger, plus d'infos encore, un nom peut-être. Au lieu de se dire ''qui on cherchent?'' on pourras demander au prochain ''où est Francis?'' ou Francesca, ou en langue étrangère, Donde esta Francesca et tout ça, ça veut rien dire mais on s'en fou non ?

Aivy leva les yeux au ciel. Elle repartait encore dans un délire étrange qui ne concernait qu'elle et tout le monde à la fois. Un sourire peint sur les lèvres, la jeune femme la regarda s'approcher du dénommé Gil, une lueur intriguée au fond de ses prunelles noires. Les yeux qu'elle posait sur l'homme avaient changé depuis qu'elle avait compris. Étrange sensation que celle de se sentir liée, d'une manière ou d'une autre, à un parfait inconnu dès lors que l'on avait appris sa relation avec une personne proche. Le destin, une fois de plus. Ou simplement l'ironie du sort. Elle ne s'était pas départie de sa méfiance pour autant. Il n'était probablement pas en train de se servir de Tsukia, celle-ci était assez folle pour s'embarquer dans une telle aventure seule, mais Aivy n'était pas tout à fait sûre que tout danger ne soit pas écarté. Un vieux toc contre les Envoleurs, que voulez-vous.

Mais voir son amante - car c'était bien ainsi qu'elle avait été présentée - s'approcher aussi près de cet homme dans le plus simple appareil la troubla encore plus. Elle mordit sa lèvre inférieure de nervosité, et se résigna très vite à regarder ailleurs. De toutes façons, après cet ensemble de révélations, elle avait besoin de prendre l'air ! Elle trouva rapidement ce qu'elle cherchait, un tout petit balcon situé au fond de la pièce sur lequel on accédait par une baie-vitrée contre laquelle ne claquait plus la pluie, protégée par un perron. Aivy traversa la pièce en remettant ses cheveux en place, l'air le plus neutre possible.

S'arrêta au niveau de Gil et Tsukia, juste un instant.


- Au cas où vous vous poseriez la question, Libertée n'est pas au courant. D'ailleurs, peut-être que ce plan galère va finalement nous apprendre beaucoup de choses à propos d'elle...

Deux sous-entendus en un.

Non, Libertée n'était certainement pas au courant que ses deux apprenties étaient plus ou moins ensemble et qu'Aivy avait manqué de se tuer par chagrin d'amour avant que les choses ne se rabibochent. Et lui, tout innocent qu'il paraissait avec son torse nu bardé de cicatrices et son air de grand enfant un peu perdu, en savait certainement beaucoup sur les raisons qui avaient poussé leur maître à claquer la porte pour on ne savait quelle destination. L'apprentie n'était pas en colère contre elle. Mais elle n'avait pas encore renoncé à la retrouver.

Elle avait besoin d'elle.
Besoin d'être guidée.
De se sentir Marchombre à nouveau.

__________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes


Nombre de messages : 882
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Lun 13 Fév 2017, 23:23

Aivy, hein… Gil plissa les yeux et observa plus attentivement la rouquine. Alors c’était elle, l’autre élève de Lib. Il comprenait mieux cette agilité peu ordinaire qu’il avait pu observer un peu plutôt, dans la charrette. Et cette façon d’être, qui rappelait indubitablement la marchombre aux yeux roses… Quoi qu’en dise Tsukia, la rouquine et elle avaient déjà pris des choses de leur maître. En fait, à présent qu’il était au courant, il voyait tellement Libertée en elles que ç’en était pénible. Il détourna le regard. Des fois, il avait vraiment l’impression que ce foutu hasard s’acharnait contre lui. Il prêta une oreille distraite à la présentation de Tsukia. Il réfléchissait. Si les deux apprenties de Libertée étaient ici, avec lui, c’était pas bon signe. Ça signifiait qu’il devait être deux fois plus prudent, sous peine de se retrouver avec un couteau planté dans le cœur – au mieux. Remarque, c’est plus ou moins déjà fait, songea-t-il en ne parvenant pas à empêcher l’image de revenir devant ses yeux. Libertée qui affirmait à haute voix qu’elle rompait les derniers liens entre eux. Tchac. Et puis qui s’en allait. Il secoua la tête. Rouquine n’allait pas rester de toute façon… n’est-ce pas ? Il tressaillit en percevant une présence soudain plus proche – et bien plus chaude. Tourna la tête pour découvrir une Tsukia dans le plus simple appareil et presque collée à lui. Si c’était un test, il ne comptait pas lâcher le morceau si facilement même si, tout au fond de son ventre, ça se mit à chatouiller un peu. Un tout petit peu. Mais il planta son regard bicolore dans celui tout aussi dépareillé de Tsukia et ne cilla pas.

Hep t'avait un plan peut-être, mais y'avait pas vraiment de sortie prévue... Et puis maintenant on peux l'interroger, plus d'infos encore, un nom peut-être. Au lieu de se dire ''qui on cherchent?'' on pourras demander au prochain ''où est Francis?'' ou Francesca, ou en langue étrangère, Donde esta Francesca et tout ça, ça veut rien dire mais on s'en fou non?
Sinon TOI t'aurais fait quoi..?


Elle avait planté son doigt dans son sternum. Comme il s’y était préparé – il commençait à la connaître assez pour ça – Gil avait contracté ses muscles abdominaux et cela ne lui fit ni chaud, ni froid.

Enfin presque.

- Ils vont le chercher. Un type comme ça devient généralement la priorité des autorités locales, tu peux me croire. Papa et maman vont payer cher pour retrouver leur petit chéri… Et combien de temps va-t-il leur falloir pour arriver ici ? En suivant les traces du chariot ?

Question rhétorique. Ils étaient probablement déjà en route. La pluie jouait en leur défaveur sur ce coup, mais la Passe de la Goule avait cet avantage de rebuter par sa mauvaise réputation. Autrement dit, ils avaient encore un peu de temps devant eux.
Juste un petit peu.

- J’ai pas besoin de l’interroger, lâcha Gil en poussant le carnet en direction de Tsukia – il s’ouvrit à ce mouvement, dévoilant une série de chiffres et de noms griffonnés en pattes de mouche sur un papier qui avait bien vécu. Je connais déjà celui à qui Jed vend ses armes.

Un nom se démarquait parmi les autres, à cause du G majuscule peut-être, ou bien tout simplement parce qu’il était évocateur.

Giliwyn S.


*


Gil sortit sur le balcon. L’air était chargé d’humidité même si le temps s’était enfin éclairci et il faisait un froid de canard, mais il était resté torse nu. Ses cheveux n’étaient pas totalement secs et étaient plus ébouriffés que jamais. Allié à son air sombre, ça ajoutait une touche de sauvagerie à son allure déjà peu avenante. Il s’en fichait, bien sûr, ce genre de chose lui passait très loin au-dessus de la tête. Il y avait plus important. Dingue comme un simple nom pouvait vous remuer un homme… Laïze avait beau avoir prononcé des mots qui ne s’effaceraient jamais de sa mémoire, il avait encore entretenu cet espoir un peu fou qu’il s’agissait d’une erreur, d’une mauvaise plaisanterie, voire même d’un terrible malentendu. Un coup d’œil, dans le carnet de Jed, avait balayé tout ça en une seconde. Son père était vivant. Son père achetait des armes de contrebande. Son père avait lancé des mercenaires à ses trousses. Il avait peut-être fait exploser sa maison, attenté à sa vie et à celle de sa famille… pourquoi ? En voilà une question à laquelle il était tout simplement incapable de répondre. Devant l’air défait de Tsukia et celui étonné d’Aivy, il avait expliqué, en deux ou trois mots, comment il avait pris l’identité de son père et celle de sa mère. Giliwyn S. Pas SangreLune, mais Sil’Sierra. Un fantôme qui avait jailli d’un sombre passé pour obscurcir son présent et menacer son avenir…

Il s’accouda à la balustrade de bois et retint sons souffle en sentant le bois pourri bouger sous ses bras… mais elle tint bon. Il soupira.

- Je ne vous balancerai pas à Lib, mais à mon avis, elle sait. Elle sait toujours.

Il regardait droit devant lui, son regard fixé sur la chaîne des Dentelles Vives que les nuages, en remontant, dévoilaient petit à petit. Ses paroles s’adressaient toutefois à la Rouquine.

- Et c’est tout ce que je peux affirmer à son sujet.

Si elle voulait des infos croustillantes c’était raté. Et si elle voulait connaître la raison de la disparition soudaine de son maître… Enfer, lui aussi il avait des questions plein la tête et personne pour lui apporter des réponses concrètes, alors la Rouquine, elle allait attendre son tour ! Gil laissa filer quelques secondes de silence. Les secondes se transformèrent en minutes. La lune presque pleine se découvrit tout à fait, blanche et lumineuse. C’était une belle nuit, surtout après le déluge qui avait duré toute la journée. Le calme avant la tempête…

- C’est ma faute, dit-il alors très doucement.

Il fallait préciser un peu : tout était toujours de sa faute, quand on y réfléchissait…

- Les gens qui me croisent ont tendance à voir leur espérance de vie brusquement raccourcie, ajouta-t-il, un pli de sourire dans la joue. J’attire les ennuis comme le miel attire les mouches.

Il tourna la tête pour croiser le regard charbonneux de ladite mouche, et haussa un sourcil curieux : comment pouvait-elle supporter le tempérament de l’autre tarée ?

- T’es pas obligée de rester.

Gil était sérieux. Pas hargneux ni même grognon, même si deux nanas dans un si petit endroit ça allait forcément lui créer de nouveaux problèmes ; non, il était sincère, il n’y avait aucune raison qu’Aivy se retrouve mêlée à ses emmerdes. Les gens qui allaient leur tomber dessus n’étaient pas des tendres. Ceux qu’il poursuivait étaient pires encore. Lib lui avait confié Tsukia et celle-ci était bien trop frapadingue pour se laisser tuer par le premier venu. Rouquine n’avait rien demandé, en revanche. Elle pouvait s’en aller. Personne ne la blâmerait pour ça, surtout pas lui ! A sa place il aurait déjà décampé sans demander son reste. Mais alors, dans les puits sans fond de ses yeux, il crut reconnaître une lueur familière, celle qu’il avait si souvent lue dans ceux de Libertée chaque fois qu’il lui avait demandé de rester en arrière – et il secoua la tête. Il aurait mieux fait de la jouer désagréable.

- D’accord, soupira-t-il. Tu restes.

Et il tendit la main, mû par une pulsion soudaine. Ça le surprit autant qu’elle, en fait, et il lui fut très reconnaissant d’imiter son geste. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres quand il referma les doigts sur la main d’Aivy.

- Une Rouquine en plus, ça peut servir !

Boutade. Voilà c’était mieux comme ça, non ? Il jeta un coup d’œil à travers la vitre et se pinça l’arête du nez.

- Heu, si on rentrait ? Avant que Tsukia ne dessine autre chose que des moustaches sur le visage de Jed ?


*


Les cavaliers arrêtèrent leurs montures en freinant des quatre fers. Ils mirent pied à terre, tirèrent leurs armes au clair et encerclèrent la cabane. Pas un chat, pas un bruit, pas un mouvement. La lune joua un instant sur leurs lames avant qu’ils n’enfoncent la porte pour se précipiter à l’intérieur, prêts à en découdre. Ils se figèrent en découvrant Jed Rezarel ligoté à une chaise renversée, une petite culotte dans la bouche, des moustaches tracées à la suie sur ses joues et un cœur sur le front. Il n’y avait personne d’autre.

Plus depuis longtemps…


*


- Tadah, planque numéro deux !

Gil ouvrit la porte de la chambre et s’effaça pour laisser entrer les filles. Ils étaient de retour à Al-Jeit… Jed n’avait pas traîné à leur dire tout ce qu’il savait, c’est-à-dire peu de choses, en vérité. Il avait eu peur de Tsukia, nue et armée d’un katana dont elle savait moyennement se servir. En un sens, on le comprenait un peu… Le jeune freluquet avait tout de même lâché une information qui n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Là, sous leurs pieds, dans les sous-sols qui se croisaient et s’entrecroisaient… c’était là que se terrait peut-être Giliwyn Sil’Sierra. Jed n’en était pas sûr, il ne l’avait jamais vu mais il avait effectué un certain nombre de livraisons pour lui, en bas. Gil avait alors décidé d’abandonner la cabane. Il avait réuni ses affaires et ils étaient partis avec les chevaux de la charrette, contournant la capitale par le nord afin d’éviter une mauvaise rencontre. L’Envoleur avait ensuite récupéré sa jument, puis conduit les deux jeunes filles dans l’un des endroits où il avait vécu incognito, quelques années plus tôt, quand la moitié de l’Empire le recherchait. Une chambre sous les combles d’une boutique de chapeaux. Il avait gardé la clé qui permettait d’y accéder par un petit escalier tarabiscoté. Comme il n’était pas venu ici depuis longtemps, la poussière avait repris ses droits, tout comme les araignées et d’autres bestioles qu’il préféra ne pas chercher à identifier. C’était moins luxueux que la cabane humide, et moins chauffé, mais tant pis…

- Je vous en prie, faites comme chez vous, mettez-vous à l’aise, ironisa-t-il avant de jeter un coup d' œil perplexe en direction de Tsukia. Enfin, pas trop quand même.

Parce que bien sûr, il n’y avait qu’un lit. Défoncé, de surcroît. Gil jeta son sac sur le sol, créant un gros nuage de poussière, et ôta son manteau pour l’étendre sur le parquet miteux.

- Voilà, mon lit est fait. Un peu d’air pour respirer…

Il se redressa, tendit les bras et força pour ouvrir le battant de la lucarne qui donnait sur le toit de la bâtisse. L’air frais qui s’engouffra dans la chambre les fit soupirer de soulagement. Gil contourna les filles et se mit à genoux pour tirer une caisse rangée sous le lit. Il l’ouvrit : elle contenait des vêtements, quelques poignards, un cran d’arrêt, des crochets, quelques outils indéfinissables, une corde… Une planque, dans tous les sens du terme. Il attrapa un couteau et le fit danser entre ses doigts avant de le glisser à sa ceinture. Sous l’œil attentif des filles, il retroussa ses manches et détacha ses mitaines de cuir. La droite ne fonctionnait plus depuis qu’il avait abîmé le mécanisme en essayant de retenir sa chute et celle de Libertée, des mois plus tôt. Il avait bien tenté de réparer ça mais il semblait que seul ce taré de Dil’Duran soit en mesure de faire quelque chose. La mitaine gauche, en revanche, réagit à son mouvement et trois griffes d’acier jaillirent dans un chuintement feutré. Il les rétracta, satisfait, et posa ses accessoires sur le sol, près de son sac, dans lequel il glissa la corde. Puis il retira son tabard et enfila une chemise propre, aussi noire que les yeux de ses compagnes, avant de leur jeter un coup d’œil.

- Réveil à l’aube. Essayez de dormir un peu…

Il leur jeta une couverture roulée en boule, en prenant bien soin de viser Tsukia, et s’allongea par terre, sur son manteau. C’était dur et très inconfortable, mais il avait connu pire. Il se roula en boule, posa la tête sur son coude et ferma les yeux.
Le sommeil ne le trouva que trois heures plus tard.

Quand vint la quatrième, il se réveilla en sursaut : il grelottait tellement que ses dents s’entrechoquaient violemment. Enfer de bordel de… Il se débattit un instant avec son manteau et se redressa à quatre pattes. Là-bas, pelotonnées sur le lit, Tsukia et Aivy dormaient. Pas très réveillé lui-même, Gil avança vers le lit et se hissa comme il le put sur le matelas. Il se tourna vers le mur mais colla son dos contre celui de Tsukia, en quête de chaleur, et se rendormit, un peu moins frigorifié.



[Aivy, tu peux considérer que Gil et elle discutent, et donc lui répondre, même si j'ai enchaîné pour la suite ! Et si quelque chose vous embête... tant pis pour vous, haha ! xD]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tsukia Til'Werin
Groupe Furdh


Nombre de messages : 182
Citation : ''I'm the kind that your mamma and your daddy were afraid you'd turn out to be like''
Date d'inscription : 22/02/2016

Feuille de personnage
Age: 18
Greffe: Non
Signe particulier: Oeil droit bleu, l'autre noir. Utilise le Zui Quan, un art martial utilisant les mouvements imprévisibles d'un saoul comme base.

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Mar 14 Fév 2017, 02:04

Ben voyons, le Gilou refuse d'aller à MA planque pour ÇA..?

C'est miteux, cet endroit... Enfin bref, s'en fou, moi je tire Vyvy vec moi dans le lit. Peluche tu es, peluche tu resteras, maintenant, dodo, suis fatigué.

Bon je prends quand même le temps de retiré le plus gros de mes vêtements, tout ce qui serait dans le chemin comme le harnais de cuir avec les couteaux de lancer et tout ça...

Ensuite dodo. Fatigué... Et si Gilou as tellement de fausse pudeur, qu'il y reste, sur son manteau... Il va vite déchanter sous le froid du vent, nous on as une couette, et nah...

S'il avait demander gentiment on lui aurait fait un petit peu d'espace... Et puis qui sait, ça aurait put partir en jolie, merveilleuse cacahuète.


You hate the way she fooled around behind your back,
A slave to her but now with me, no strings attached...

But if you wanna use me up and leave me in the bed...

...If that's what you need go right ahead..!

Niah, froid... C'est quoi ce truc froid... Trop froid, dans le dos ça aurait été tolérable mais la franchement je---

...Une main..?

Je n'ouvre mon petit n'oeil...

Ouais.

Gilou nous as rejoins...

Et il me tiens un sein en dormant.

Wapiti Très Féroce, que fais-tu Gilou, t'aurais pu demander!

Bon pour le coup c'est vraiment pas confortable parce qu'il sert quand même fort par moment, un genre de réflexe en rêve... Et il est gelé...

Je tente de le faire me lâcher...

...Et son bras m'entoure plutôt pendant que sa jambe emprisonne les miennes...

Et il est pas très subtil, je sais que c'est pas ton porte feuille, dans ta poche, qui pousse contre moi, essai même pas...

Bon... Deux options... Uno je réveille tout le monde et adieux le sommeil...

Sinon je tente de me rendormir avec monsieur glaçon en quête de chaleur humaine contre moi... Au moins il sert plus, même si pour le coup il as un bras sur mon sein gauche et la main qui agrippe doucement le droit.

Franchement, je sais qu'on ne le penserais pas, avec mon attitude parfois, mais j'ai jamais couché avec un homme par le passé hein...

Bon ben pas le choix, je suis fatigué alors retour au dodo.


...And I don't know who I thought I was, but you knew....
You caught me at an awkward and interesting time of my life.

I caught you red handed...

...Did I catch you falling for me..?

Ah bah le renversement de rôles quand même...

J'ouvre les yeux, toujours pas l'aube, et je tombe nez à nez avec un Gilou tout rouge, la main encore placée de façon très incriminante, la jambe aussi...

Autre chose aussi, tient...

Et il est livide.

Moi je bats des paupières un instant... Je tombe pas du lit, moi, plus de classe que ça. Je chuchote plutôt trois petit mots.


T'as qu'à faire le premier mouvement...

Pas de précision, il le sait très bien, de quoi je parle.

J'attends un instant, il reste figé, on dirais qu'il se bat contre son propre désir...

Et quand il semble gagné doucement la bataille dans son regard, malgré son souffle saccadé qui vient me chatouiller le visage, ce souffle si doux et chaud que je sais que sa main incriminante en ressent les effets sur moi... À ce moment là je me retourne doucement, baissant légèrement sa main au niveau de mon ventre, restant emmêlée dans ses jambes.

Je me suis retournée, dos à lui... Mais pour le coup il me tient toujours contre lui, son souffle chatouille mon cou...

...Et nous savons tout deux que l'offre d'un peu plus tôt est toujours sur la table, ou plutôt sur le lit.

Fait le premier mouvement Gilou et ensuite...

Sinon dort, toi aussi... Il n'est pas encore l'aube, après tout, et moi, que tu me tienne dans tes bras, ça ne me dérange pas, si c'est de ça que t'as besoin pour bien dormir...

T'as qu'à pas faire le premier pas et je ne le ferais pas non plus, Gilou.


Girls like me,
They're running out of in the market...

...And I'm crazy but you like it,
Loca loca loca,
You like that it ain't easy,
Loca loca loca...


Je m'attendais à me réveiller, la prochaine fois, par un ''DEBOUT LÀ D'DANS!'' pas très cérémonieux...

...Pas à un genre de petit baiser dans le cou... Dans la nuque même.

J'ouvre à nouveau les yeux - c'est quoi ce bordel cette fois - au moins c'est -presque- l'aube, cette fois, et je me retourne... Pour tomber sbaff lèvres à lèvres avec Gil. Je vois ses paupières bouger un instant et je le fixe avec mon regard le plus... ''Tu fou quoi là, gamin'' ... Pour le coup quand il ouvre les yeux il les baisses et semble perplexe un instant avant de décoller ses lèvres presque de panique. Sérieux, ce mec peut embrasser une nana comme ça, spouf, en dormant..?

C'est aussi impressionnant que désespérant, ouais, t'as vraiment un don pour les emmerdes hein.

Bon il reste au moins une heure et demie avant l'aube... Donc je pose la question de l'heure alors qu'il semble étudier mon visage pour savoir -qui- à commencer...


Je dois prendre ça comme le premier mouvement..?

Et sbam qu'il comprends que c'est lui qui as fait smouak en dormant... Quand même, c'est pas désagréable, mais si ça t'arrive souvent, dors pas trop avec des peluches, tu va te réveiller la gueule pleine de mousse... Et je doute que ce soit bon.

Maintenant réponds, que je sache si on dors une heure, si on se regarde dans l'incertitude une heure, si on se lève de suite parce que t'es trop gêné...

...Si on fais du sport...

Brefouille, répond, petit Gilou, ensuite, on aviseras...


And I'm crazy but you like it...

...Loca, Loca, Loca...


HRP:
 

__________________________________________



HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes


Nombre de messages : 882
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Mar 14 Fév 2017, 04:26

Je dois prendre ça comme le premier mouvement..?

Des fois, il y a des questions qui sont tout simplement sans réponse possible. Elles sont rares, on ne tombe pas souvent dessus mais, quand ça arrive, bon sang ! C’est un moment qui nous fait généralement regretter de ne pas avoir plutôt eu une carie. Plus douloureux mais moins compliqué. Parce que voilà, si ces fameuses questions restent sans réponse c’est parce que, quelle que soit la réponse, invariablement, c’est tordu. Oui, tordu. Que faire, alors, quand on vous pose une question à laquelle aucune réponse n’est possible ? Il n’y a pas trente-six solutions. Il faut alors choisir la moins pire.

Il faut choisir la carie.


*


Ce froid, bon sang… Gil ouvrit les yeux en ne trouvant pas la couverture. Et il réalisa alors deux choses. Non, trois. La première, c’était que la couverture était de l’autre côté du lit, enroulé autour de la Rouquine. Normale qu’il ne la trouve pas, tiens ! La deuxième, c’était sa main, posée à un endroit tout à fait improbable – sauf dans le cas où il aurait eu une petite idée derrière la tête, mais voyons, il dormait, comment était-ce seulement possible ? La troisième, c’était que l’endroit tout à fait improbable s’appelait Sein de Tsukia. Oh. Gil se sentit pâlir. C’est possible et pas franchement agréable. Il déglutit et leva les yeux pour croiser le regard mi-amusé, mi-endormi de la gamine.

T'as qu'à faire le premier mouvement...

Il ferma les yeux, incapable de soutenir son regard plus longtemps, et frissonna – autant d’excitation que de froid. Faire le premier mouvement ? C’était une blague ? Hein ? Sa main sur sa poitrine, c’était pas un mouvement de trop, déjà ? Et puis qu’est-ce que je fous dans ce lit ? Il essayait de se souvenir… Il avait dû bouger à cause du froid. Il gelait dans cette piaule. La fenêtre était fermée pourtant, mais sous les toits, sans chauffage, en plein hiver, c’était… du suicide. Il serra les dents. C’est du suicide, bon sang ! Si tu bouges mon vieux, tu vas… Perdre le contrôle ? Il en était là ? Mmmh. Oui. Dans son pantalon en tout cas, c’était très clair. Dans son ventre aussi. Restait plus que la tête, alors – pas la meilleure partie chez lui, pour ce qu’il en savait, mais bon. Allez, petits neurones. On se met au boulot ! Du nerf ! Calmez-moi tout ça ! Je veux une explication rationnelle à… à ce merdier ! Une explication rationnelle ? Très simple : il était un homme. Elle était une fille… femme. Une femme pas très vêtue et toute chaude – comment est-ce qu’elle faisait pour ne pas grelotter alors qu’il tremblait comme une feuille ? Aah… Aivy qui dormait de l’autre côté, avec la couverture. C’est ça. – alors qu’il était à moitié endormi. C’était logique, en fait, et purement charnel : une réaction entre deux épidermes, deux corps qui se retrouvent un peu trop serrés l’un contre l’autre. Et bim. Un point pour les neurones. Gil souffla doucement et ouvrit prudemment les yeux. Un bref instant le regard de Tsukia brilla comme jamais et puis, tout doucement, elle se retourna. Il retint son souffle quand elle remua contre lui et la lâcha pour lui laisser un peu d’espace. Elle retrouva sa main et l’emprisonna dans la sienne. Contre son ventre. Le bas de son ventre. Elle était plaquée contre lui et ne bougeait plus, si bien que, au bout de plusieurs longues minutes, il se détendit un peu.
Un tout petit peu.


*


Un tout petit peu trop.
Cette fois quand il ouvrit les yeux, il était plutôt bien. La température venait de grimper, c’était mieux ! Toujours pas de couverture, Aivy était toujours enroulée dedans. Lui, il était enroulé avec Tsukia, et… Attendez. Que… QUOI ? Enroulé comme ça ? Le visage dans son cou comme si… comme si… Il paniquait, il se réveillait sans y parvenir – c’était forcément un cauchemar, il allait se réveiller pour de bon, chez lui, peut-être même en compagnie de Libertée, tiens – et il était incapable de bouger. Ce fut elle qui, une fois de plus, changea de position dans le lit. Pas sa meilleure idée, en fait. Elle se retourna et ses lèvres cognèrent celles de Gil. Elle lui fit mal en menton, d’ailleurs. Sonné, il recula tellement qu’il sentit le vide dans son dos et se rattrapa à Tsukia. Elle avait l’air de trouver ça drôle, elle, même si une drôle de lueur scintillait tout au fond de ses yeux – une miette d’appréhension ? Gil la regarda. Il avait le souffle haché de celui qui vient de courir une distance folle et à toute allure. Merde. Merde, merde, merde, merde, MERDE ! Et maintenant ?

Je dois prendre ça comme le premier mouvement..?

Non ! Oui. Et zut. Vous vous rappelez la question sans réponse possible ? En voilà une. Gil fixait toujours Tsukia mais en lui c’était la pagaille du siècle. Il y avait Libertée qui lui faisait plus froid dans le dos que le souffle glacé qui le laissait transi depuis qu’il s’était couché. Oui, mais elle était partie. Après avoir follement embrassé un autre type sous ses yeux. Du coup c’est Aivy qui prit le relais. Après tout c’était l’amante de Tsukia, normal, non ? Oui, mais Rouquine était en train de dormir à poings fermés. Eh bien, il restait lui. Le Cabochard, l’enfoiré de première. Et si pour une fois, j’étais quelqu’un d’autre ? Quelqu’un de bien ? Qui ne se laisse pas bêtement avoir par une odeur de vanille et un regard de feu ? Il pouvait aussi arrêter de réfléchir et laisser Tsukia décider pour lui. Pour eux. Elle était grande. Et pas trop idiote quand elle y mettait du sien. C’était une fille bien. Complètement dingo mais bien quand même. Il la respectait trop pour risquer de compliquer les choses au point de s’en mordre les doigts un jour. Il devait…

… il posa la main derrière sa nuque et l’embrassa fougueusement. Pour la lâcher aussitôt et bondir hors du lit, cette fois – un marmonnement endormi venait de s’élever. Aivy. Gil était de nouveau frigorifié. Il fixa Tsukia un bon moment, cette fois, comme si ne plus la toucher lui permettait de reprendre contenance. Puis il émit un petit claquement de langue agacé, enfila ses bottes, attrapa son manteau et quitta la chambre.


*


- On s’en tient au plan.

C’est la première chose qu’il dit en retrouvant les filles, alors que l’aube diluait à peine l’encre sombre de la nuit. Il avait retrouvé son aplomb et sa nonchalance.

- Autrement dit, je passe devant, vous me suivez. C’est clair ?

Rouquine n’aimait visiblement pas les ordres mais tant pis, c’était à prendre ou à laisser : elle avait choisi de rester, elle devait faire avec. Il ne comptait pas laisser quiconque toucher un seul cheveu roux de sa tête, de toute façon. S’il rendait une Aivy toute abîmée à Lib, que se passerait-il ? Et Tsukia ? Son regard tomba sur la jeune fille. Il fronça les sourcils. Il allait falloir qu’ils parlent, tous les deux, après ça. De ce baiser qui ne voulait rien dire du tout, à part « j’ai froid et toi t’es toute chaude et toute douce et tu sens bon et je suis con ». Il soupira. Plus tard.
Il s’engouffra dans l’escalier qui plongeait sous terre.

Il y avait tellement de chemins sous la ville que certains n’avaient jamais réussi à retrouver la sortie. C’est du moins ce que les rumeurs racontaient. Gil se demanda si les Marchombres n’étaient pas mêlé à ça. Après tout, pour ce qu’il en savait, la Guilde n’était pas très loin… il en savait beaucoup trop, réalisa-t-il en longeant un conduit sombre, suivi par Aivy puis par Tsukia. Il avait de la chance de respirer encore. Et si Giliwyn s’était caché dans les souterrains de la Guilde ? S’il était impossible de l’atteindre ? Gil secoua la tête. Ce n’était pas le moment de douter ! Il allait bien finir par le trouver. Si ce n’était pas aujourd’hui ce serait demain. Il était patient. Depuis bientôt trois ans, il touchait enfin au but. Il allait venger Iselle, et Makeno, et Lib et Suviyo, venger la destruction de sa maison, de sa vie. Plus il avançait, plus son cœur battait fort dans sa poitrine. Il sentit la bête frissonner. Tout doux. Un bruit de voix l’arrêta. Il se rencogna contre le mur, imité par les filles, et attendit. Plus rien. C’était reparti. Et ça dura une bonne heure durant laquelle ils déambulèrent dans un labyrinthe sombre et désert.

Le boyau qu’ils remontaient s’élargit soudain et ils débouchèrent dans une sorte de salle. De garde-manger, à en juger par les sacs et les tonneaux entreposés entre des rayonnages de caisses de bois. Du sel, des épices… Gil pencha la tête sur le côté. Commerce sous-terrain ? Légal ou bien… ? Mais alors qu’il allait poser la question aux filles, une voix s’éleva dans son dos, douce et acide à la fois.

- Bonjour, Gil. Tu en as mis, du temps ! Je ne t’attendais plus…

Gil pivota d’un bloc et toisa l’homme qui, du fond de la salle, venait de l’apostropher. Grand, mince, des cheveux châtain clair qui tombaient sur ses épaules, des yeux foncés mais d’une couleur difficile à définir d’aussi loin et dans la pénombre de la pièce…

- T’es qui, au juste ?
- Ezrine Sil’Sierra.


Gil sursauta et l’homme éclata de rire.

- Eh oui, Gil. Je suis ton frère. Enfin, petit demi-frère, pour être exact. Ça t’en bouche un coin ?
- Ouais.


Un frère ? Pas possible…

- Je suis le fils de Giliwyn et de Laïze.

Gil ricana à son tour.

- Dis pas de conneries, Laïze est…
- Celle qui a sauvé notre père et qui l’a ramené à la vie, oui. Aah… c’est étrange de te rencontrer enfin, après tout ce temps. J’ai beaucoup entendu parler de toi. Le garçon qui a laissé son père pour mort et qui s’est barré pour ne plus jamais revenir…


Gil serra les poings.

- Tu sais pas de quoi tu parles, gronda-t-il.
]- Détrompe-toi ! J’ai eu des années pour apprendre, Gil. J’ai appris comment ton départ a détruit mon père. Il ne s’en est jamais remis. Et avec Laïze, il… enfin, je suppose que ton enfance a été plus jolie que la mienne. Ton père t’aimait. Il ne préférait pas un autre, un absent, à ta petite personne. Mais je m’en suis fait la promesse. Un jour, je te retrouverai. Et ce jour-là, je te ferai payer ces années de souffrance.

C’est ça, alors ? Une jalousie complètement tordue ? Une vengeance à l’état pur ? Gil fit un pas en avant.

- C’est toi, souffla-t-il en prenant petit à petit conscience des paroles d’Ezrine. L’ombre…
- On dirait bien. Tu es en colère ? Ha ! C’est bon ! C’est ce que je veux. Gronde, montre les dents. Ils sont là pour toi.

Ils, c’étaient les trois personnes qui venaient d’entrer dans la pièce. Un homme bardé de cicatrices. Une femme aux cheveux roux. Un homme au regard fou. Gil sentit son sang bouillonner dans ses veines.

- Vous…
- Oh, tu nous as reconnu ? lança l’homme à la cicatrice. La Silencieuse t’a marqué à ce point ? C’est rare de s’en sortir, mais cette fois, j’ai prévu quelque chose de plus… radical.

Gil tira sa lame et se retourna vers les filles.

- Dégagez de là.

Comme il regrettait qu’elles soient venues avec lui ! C’était un piège, un horrible traquenard et il les avait emmenées avec lui… Il fit un pas en avant. Sortit les crocs, oui, mais pour leur faire peur. Il fallait qu’elles s’en aillent.

- Tsukia ! Partez, maintenant. J’ai pas besoin de vous. Vous allez me gêner.

Oh, ça n’allait pas lui plaire.

Et bien, tant pis.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aivy Sil'Lucans
Groupe Furdh


Nombre de messages : 222
Citation : « Trompe-toi, sois imprudent. Tout n'est pas fragile. N'attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie. Parce que le plus important n'est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d'être. »
Date d'inscription : 24/04/2015

Feuille de personnage
Age: 19 ans
Greffe: Non
Signe particulier: //

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Mar 14 Fév 2017, 15:13

Le regard de Gil était suffisamment équivoque.
Il ne croyait pas en elle.

Ni en son désir de rester, ni en sa capacité à survivre dans une telle aventure. La jeune femme se tâta pour savoir si elle devait le prendre comme du mépris de ses capacités ou un simple instinct de protection. Il ne voulait sans doute pas s'attirer encore plus d'ennuis avec Libertée qu'il n'en avait déjà, et rendre des apprenties cassées était un bon moyen de se retrouver face à un bon tas de colère aux cheveux blonds... Parler n'était visiblement pas son fort, puisqu'il n'avait encore presque rien dit de tout le voyage. Quand il prit la parole, enfin, son discours surprit la jeune femme : A quoi bon avoir ramené cet homme s'il leur était finalement inutile ? Le transporter avait été encombrant, et maintenant il leur annonçait qu'il ne leur servirait finalement pas ? Si le but était de brouiller les pistes, n'y avait-il pas un moyen plus sûr ?

Ne pas connaître toute la situation, étant arrivée en route, était un véritable handicap dans son projet d'entretenir des relations à peu près saines avec l'ensemble de ses co-équipiers. Mais elle ne s'en formalisait pas plus que cela, convaincue qu'elle finirait à un moment où à un autre par apprendre de quoi il en retournait.

Rien que de regarder le ty- l'Envoleur en face lui donnait mal au crâne et la remettait face à l'absurdité de sa situation. Que faisait-elle ici ?

L'apprentie soupira, et se contenta d'hocher la tête à ses dernières paroles.
Elle avait définitivement besoin d'un grand bol d'air.




***


- Je ne vous balancerai pas à Lib, mais à mon avis, elle sait. Elle sait toujours.
- Hm...

Aivy se maudit intérieurement de ne pas avoir plus de verve, mais elle commençait sérieusement à fatiguer. L'évidence présente dans les mots de Gil la frappa alors brusquement, et elle s'en voulut de ne pas y avoir pensé plus tôt. Evidemment que Lib savait toujours tout. Elle n'avait jamais rien eu à lui cacher. C'était leur maître, après tout.

Et puis, c'était Lib.


- Et c’est tout ce que je peux affirmer à son sujet.

Oh ?

- Ne me faites - fais, corrigea-t-elle machinalement, bien décidée à se débarrasser de ce tique de langage qui la rendait un peu trop et inutilement polie, pas croire que tu n'as aucune information, pas le moindre petit indice.

Si la situation était aussi complexe que celle décrite par Tsukia, comment être sûr qu'il était tout à fait objectif ? Qu'il n'était pas en train d'arranger les choses ?

- C'est ma faute, se contenta de répondre son vis-à-vis d'une voix dont la douceur inattendue frappa Aivy.
- Alors, reprit-elle après un petit silence, elle est partie pour de bon...

La réalité de cette affirmation la frappa de plein fouet. Elle ne pouvait pas y croire. Ne voulait pas y croire. Libertée reviendrait, elle en était persuadée. Le tout n'était plus de savoir quand, elle se tuerait inutilement à attendre. Le tout, à présent, était simplement d'avancer.

Mais bientôt va se lever la tempête...

Au premier coup de vent, Aivy frissonna. Le spectacle qui se jouait au-dessus de leurs têtes acheva tout à fait de la transporter. La lune, orgueilleusement pleine, qui dardait par-delà les épais nuages porteurs de pluie, caressait doucement l'atmosphère dans un tableau qui ne pouvait pas laisser une âme un tantinet romantique comme la sienne sans effet. Si seulement elle avait eu sur elle un fusain et quelques pastels...

- T’es pas obligée de rester.
- Parce que je vais "voir mon espérance de vie brusquement raccourcie" ?
, rétorqua la jeune femme du tac-au-tac en référence à ce qu'il venait de lui dire plus tôt.

Sa voix était ironie pure. Elle n'aimait pas cela. Mais elle n'aimait pas non plus la situation dans laquelle elle se trouvai, suffisamment complexe pour qu'il vienne l'assortir de son grain de sel. L'apprentie ne savait pas vraiment où se mettre. Son coeur doutait toujours du bien-fondé de sa présence et, sans doute que si elle avait été seule à se retrouver face à Gil et ses ennuis, elle aurait tourné le dos au hasard moqueur en même temps que les talons à leur abri de fortune.

Mais il y avait Tsukia. Et elle ne pouvait décemment pas la laisser seule face à l'aventure qui se profilait.
Jamais.

Aivy fut heureuse que Gil perçoive cette lueur au fond de son regard, la détermination qui l'encourageait à rester malgré tout. Ainsi, elle n'eut pas à parler, à s'étaler en longues paroles inutiles qui ne l'auraient sans doute qu'à moitié convaincu. Et puis, elle était trop fatiguée pour parler. Et il faisait trop froid.

Il était temps de rentrer.

Quand l'Envoleur lui tendit sa main, elle hésita un instant. Avant de la prendre avec douceur, posant ses doigts contre ceux, plus grand, qui se refermèrent dans un geste presque protecteur. Aussi petite fut-elle, cette action la conforta dans son choix. Pour la première fois de sa vie, elle accordait sa confiance à un ennemi. Et, pour la seconde fois, elle acceptait de marcher aux côtés du camp adverse, aussi proche de Libertée fut-il.


- Et puis, une Rouquine, ça peut servir, non ?
- Pardon ?
- Heu, si on rentrait ? Avant que Tsu ne dessine autre chose que des moustaches sur le visage de Jed ?


Ah.

- Tsu ? Qu'est-ce que tu fabriques encore ?!



***


Tadah.
Planque numéro deux. Merci, Gil.

L'endroit était moins accueillant, et plus froid, mais sans aucun doute plus sécurisé. La jeune femme ignorait totalement où ils se trouvaient désormais, et n'en avait pas grand-chose à faire. Elle s'était contentée de suivre, en laissant bien comprendre, verbalement cette fois-ci, qu'elle n'appréciait pas particulièrement d'avoir à suivre un homme à qui elle avait donné confiance et non obéissance. Mais Gil s'était contenté de l'ignorer, et elle n'avait rien dit de plus. C'était pour leur bien, et il n'y avait rien à redire.

Quand ils passèrent enfin le pas de la porte, Aivy fit glisser son regard sur la pièce, et soupira en constatant qu'elle ne possédait qu'un seul lit. De plus, celui-ci serait bien trop petit pour trois personnes. Avec de petits gabarits comme le sien et celui de Tsu, il était possible de tenir à deux, mais s'il fallait ajouter Giliwyn...

Celui-ci se débarrassa du problème en installant un lit de fortune fait de sa veste à même le sol, sous les yeux ébahis de la jeune femme. Il n'allait tout de même pas dormir ainsi ?! L'hiver n'était pas achevé, et le grenier n'avait rien d'une colonie de vacances. Il semblait pourtant totalement résigné, et ne demanda même pas à une des filles de lui céder un peu de place, se contentant de leur envoyer une couette trouvée à côté d'un peu de bric-à-brac dans le visage.

Résignée à son tour, l'apprentie grimpa sur le lit grinçant, et étala la couverture dans laquelle elle se lova. Au moins, le matelas, à défaut d'être très confortable, n'était pas couvert de saletés. Aivy avait dormi dans bien pire que cela, à même le sol parfois, sans jamais se plaindre. Cette fois-ci n'échapperait pas à la règle ; pas un son ne sortit de sa bouche. De toute façon, elle était trop fatiguée pour se plaindre.


- Réveil à l'aube. Essayez de dormir un peu...
- Oui chef.


Profitant du fait que Gil soit tourné dos à elles, la jeune femme accepta, cette fois-ci, d'ôter ses vêtements, qu'elle déposa à sécher au pied du lit, priant d'avoir assez d'heures de sommeil pour leur permettre d'être secs le lendemain. Elle ignorait même quelle heure il était... Puis elle se lova contre Tsukia, qui l'avait rejointe, et déposa un baiser contre sa joue avant de se rouler en boule de son côté du lit, à la recherche de chaleur.

- Bonne nuit, Gil-face-de-lune, laissa-t-elle échapper d'une voix endormie.

Et, blottie contre Tsu, elle s'endormit comme un bébé.





***



[Time is running out,
Ghost keeping me alive
I get what it means
"You have to survive"...]



***



[Réveil matin, cinq heures, j'me réveille comme une fleur,
Marguerite dans le Macadam a besoin d'un Doliprane...]


Elle n'avait pas assez dormi.

L'absence totale de rêves dans son sommeil était la preuve qu'elle était restée au stade du repos le plus total, qui n'avait même pas duré le temps nécessaire à une totale réparation de son corps. Fatiguée, Aivy n'avait qu'une envie : replonger dans les bras de Morphée.

Pourtant, il fallut se lever.
Armée de toute la volonté du monde, et d'un grand sourire aux lèvres qui apparut quand elle s'aperçut de la présence de Gil à leurs côtés.




***


- On s'en tient au plan.
- Non, sans blague ? Il parait pourtant qu'on invente des plans pour ne pas les suivre...


*Mais la ferme avec tes sarcasmes à deux pièces.*

Aivy se mordit la lèvre dans un geste désespéré. Elle se désespérait elle-même. Son attitude n'était ni mature, ni responsable, mais elle peinait à rester concentrée. L'ensemble de cette enquête lui retournait le cerveau comme on retournerait un tournedos sur une plaque trop chaude. Elle avait attentivement écouté les instructions, mais la trop brève explication de Gil au sujet de la personne qu'ils recherchaient - un autre Giliwyn... Comme si un ne suffisait pas ! - ne l'avait pas convaincue. L'homme était visiblement de sa famille, et la question avait tout naturellement surgit en elle dès qu'elle avait plus ou moins compris de quoi il retournait : de quel genre de famille venait-il pour prendre ainsi le nom d'un parent ? Elle pensait pourtant cette coutume abolie depuis des décennies.

Le couloir qu'ils remontaient silencieusement aboutit finalement à une salle relativement grande dans laquelle était entreposée une certaine quantité de nourriture. L'architecture était belle, quoi qu'un peu dénaturée par le plafond qui, victime du temps, commençait à se scinder à certains endroits, rejoint par certaines colonnes prêtes à s'effondrer. Aivy retint son souffle, la main tendue contre sa dague, prête à intervenir malgré les ordres si la situation tournait mal.

Puis, au fond de la salle et entre les caisses, apparut une ombre. Ce fut Gil qui l'apostropha, et l'échange qu'ils entretinrent eut plus des allures de monologue de la part d'un homme frustré que d'autre chose. L'homme ne sembla pas s'intéresser aux deux apprenties, et la jeune femme en profita pour se positionner adroitement, quelques pas derrière l'Envoleur, captant la moindre information qui pourrait lui être utile. Alors, c'était son père qu'ils étaient venus chercher... Un drame familial sur fond de trahison, c'était...

C'était exactement la situation dans laquelle elle se trouvait.

Songeant à Méryna, Aivy ferma les yeux et refoula les souvenirs douloureux. Le fait que Giliwyn et elle se trouvent dans la même situation au même moment était une preuve de plus que le hasard s'amusait bel et bien avec eux. Si elle avait la chance de le rencontrer un jour, elle ne se gênerait pas pour lui dire le fond de sa pensée... L'avait-elle senti, cette fois-là dans la chambre ? Ce lien étrange qui les rendait si semblables et si différents à la fois ne semblait pas provenir du même endroit et, pourtant, les emmènerait sans doute vers la même direction.


- Gil ?
- Oh, tu nous as reconnu ? lança l’homme à la cicatrice. La Silencieuse t’a marqué à ce point ? C’est rare de s’en sortir, mais cette fois, j’ai prévu quelque chose de plus… radical.

La menace venait de sortir de derrière, et semblait particulièrement sérieuse. Aivy se tendit, en même temps que l'Envoleur. Prête à bondir.

- Dégagez de là.

*Tu rêves.*

Sa réponse fut silencieuse, et un nouvel éclair de détermination traversa ses prunelles. Pour toute réponse, elle se contenta de tirer sa dague de son fourreau.

L'acier chanta dans ses mains, prêt à en découdre.
Dès que le signal serait donné...

__________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tsukia Til'Werin
Groupe Furdh


Nombre de messages : 182
Citation : ''I'm the kind that your mamma and your daddy were afraid you'd turn out to be like''
Date d'inscription : 22/02/2016

Feuille de personnage
Age: 18
Greffe: Non
Signe particulier: Oeil droit bleu, l'autre noir. Utilise le Zui Quan, un art martial utilisant les mouvements imprévisibles d'un saoul comme base.

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Mar 14 Fév 2017, 15:57

- Tsukia ! Partez, maintenant. J’ai pas besoin de vous. Vous allez me gêner.

Connard... C'est toi qui nous gènes...

As a child...

...You would wait,
And watch from far away,
But you always knew,
You'd be the one to work while they all play...

In youth...

...You'd lay awake at night and scheme,
Of all the things that you would change,
But it was just a dream...

Pardonne moi Giliwyn, je voudrais pouvoir suivre ce conseil... Talia le suivrait...

Mais je me nomme Tsukia et je suis frontalière, me surnomme ailes-de-corbeaux et viens tout droit de l'enfer...

...Alors je ne vais surement pas tourné le dos.

Pas maintenant.


C'était la première fois qu'elle l'appelait par son prénom complet et Tsukia profita de son propre discours pour dégainer les deux épées qu'elle avait en plus de son Katana, les faisant tournoyer un instant pour prendre une pose ouverte qu'elle avait appris pendant son infiltration...

Gil semblait entre l'agacement et le remerciement... Une des trois têtes d'anchois se poste devant moi... Allez viens, petite sourie...

Il est pas question que je te laisse toucher à ma Aivy...

...À mon Giliwyn.


Here we are...
...Don't turn away now.

We are the warriors that built this town..!

Here we are,
Don't turn away now,
We are the warriors that built this town...

...From dust.

Ils sont doués, c'est indéniable... Mais pour le coup, nos adversaires respectifs s'échangent les cibles entre moi et Aivy, on as à regarder partout pour être sûr de pas se faire planter une lame dans le dos par l'autre ennemi...

Je pare un autre coup de mes lames et... Merde.

Je réalise trop tard que mon adversaire m'as piqué mes lames avec les siennes, son comparse approche à la vitesse de l'éclair, un sourire glorieux sur les lèvres...

...Une épée plus grosse que moi prête à me trancher en filets mignons...


The time will come when you'll have to rise...

...Above the best,
Improve yourself,
Your spirit never dies.

Farewell,
I've gone to take my throne above...

Don't weep for me,
Cause this will be,
The labor of my love...

Éclair de surprise.

Autant chez l'adversaire que chez mes compagnons...

Ouais, ça dégoutterait Tsukia et Talia... Mais quand on jouent à l'envoleur, faut sortir ses ailes.

Le connard à l'épée regarde sans trop comprendre la fine aiguille sortie de nulle part qui lui transperce le torse entre deux côtes...

Comprends un instant plus tard en sentant son arme devenir trop lourde pour lui...

S'écroule vers l'arrière alors que son torse, sous son vêtement, doit prendre une vilaine couleur entre le vert et le turquoise.

Éclair de surprise.

Autant chez l'adversaire que chez mes compagnons...

Ouais, vous êtes pas les seuls à pouvoir trouver des poisons rare et mortels, mes grands, seulement moi, j'ai un faible pour la mort presque instantanée.

Voilà, avec un en moins, on est à force égales... Deux gros bras et un frèro... Au moins c'est le plus gros qui est tombé, me dis-je en m'éloignant du corps qui est secoué de violents spasmes... Et que le cou et le visage se déforme dans la douleur et les veines qui ressortent.

Bah ouais les potes, j'ai choisi le cousin plus violent de la silencieuse, c'est bien non..?

Maintenant, si on jouaient à qui se fait piquer en premier..?


I raise my flags,
Don my clothes,
It's a revolution I suppose...

We'll paint it red,
To fit right in...

I'm breaking in,
Shaping up,
Checking out on the prison bus...

...This is it,
The apocalypse...

...Whoa...

__________________________________________



HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Giliwyn SangreLune
Maître Envoleur
Créateur de psychopathes


Nombre de messages : 882
Date d'inscription : 28/03/2011

Feuille de personnage
Age: 38
Greffe: Aiguilles jaillissant du dos de ses poignets, d'une dizaine de centimètres de long
Signe particulier: Son prénom est celui de son père, son nom de famille celui de sa mère. Yeux vairons.

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Mar 14 Fév 2017, 21:10

Pardonne moi Giliwyn… commença Tsukia d’un air absolument pas désolé, tandis qu’Aivy dégainait une dague d’un geste franc et assuré.

Gil se frappa le front de la paume de sa main libre. Rien dans la tête, tout dans les tripes, hein ? Il faudrait qu’il règle ça plus tard, avec un bon coup d’oreiller sur le crâne pour la Rouquine. Et un truc un peu plus costaud sur le crâne de piaf de Tsukia. En face d’eux, les trois acolytes d’Ezrine se décalèrent pour occuper tout l’espace. Gil regarda l’homme qui venait de chambouler sa vie en quelques mots. Rien ne prouvait qu’il disait vrai, après tout. C’était peut-être un énorme mensonge destiné à le faire douter, à le surprendre, voire à l’affaiblir… mais c’était possible. Ezrine n’avait pas l’air beaucoup plus âgé que les filles. D’aussi loin et dans l’ombre, Gil ne parvenait pas à déchiffrer son expression ni à retrouver les traits de son père, déjà lointains dans sa propre mémoire, pourtant son instinct lui soufflait qu’il s’agissait bel et bien de son frère. J’ai un frère, bon sang… un frère qui veut me tuer. Gil leva son épée et Ezrine recula d’un pas. Il se mettait hors combat pour l’instant. L’Envoleur serra les dents, dépité ; contourner les trois autres et l’obliger à se battre ? Trop risqué pour les filles. Il jeta un long regard chargé de promesses à l’homme qui l’avait traqué comme une bête pendant des années, puis reporta son attention sur celui, couturé de cicatrices, qui l’avait empoisonné le jour de la naissance de Suviyo.

- Crevez pas, marmonna-t-il à l’attention d’Aivy et Tsukia.

Et il s’élança.


*


- Ezrine !

Il sursaute, bondit sur ses jambes, referme le lourd couvercle du coffre, pivote sur ses talons… Son père est là, devant lui. Il est encore arrivé sans faire de bruit malgré la cane de bois sur laquelle il s’appuie.

- Qu’est-ce que tu fais là ?
- Rien du tout.


Ezrine ignore les battements frénétiques de son cœur, dans sa poitrine, et affronte l’implacable regard noisette de l’homme qui ne bouge pas, de l’autre côté du grenier.

- Tu devrais descendre, finit par lâcher Giliwyn. On passe à table.
- D’accord. J’arrive tout de suite.


Mais pendant une poignée de secondes, ni l’un ni l’autre ne fait le moindre geste. Ezrine se rend compte qu’il transpirait lorsqu’il sent une goutte de sueur glisser lentement le long de son dos. En face de lui, son père ouvre la bouche, hésite, et serre finalement les lèvres. Puis il hoche la tête et tourne les talons. Ezrine écoute son pas s’éloigner dans les escaliers. Il attend encore une minute entière avant de ramener lentement ses mains devant lui – avec l’objet qu’il a tenu caché dans son dos le temps de cette confrontation. Il se penche pour l’observer, vaguement étonné.

- Une flûte ? murmure-t-il.


*

Assis sur une caisse de bois, en tailleurs, le coude sur un genou et le menton dans la paume de sa main, Ezrine regardait la bataille qui se déroulait sous ses yeux depuis quelques minutes. C’était un spectacle intéressant parce que les acteurs de cette scène l’étaient tout autant. La fille aux cheveux noirs se battait comme une furie, ses deux lames tourbillonnant au gré de ses envies. Elle était douée mais sa garde, ses mouvements étaient bourrés de défauts qui allaient finir par jouer en sa défaveur, au bout du compte. Ezrine la détailla de haut en bas et de bas en haut quand, suivant le rythme du combat, elle se déplaça jusqu’à apparaître en pleine lumière de l’une des deux torches accrochées au mur. C’est vrai qu’elle avait des faux airs d’Aile de Corbeau – sans avoir sa prestance et son talent, cependant. Elle était en train d’affronter Jors, une armoire à glace qui pouvait l’écraser d’un seul coup de poing s’il le souhaitait. Jors s’amusait, Ezrine le laissa faire. C’était pour ça qu’il louait ses services depuis des années : pas pour son intelligence, qui atteignait une limite désolante, mais pour sa façon de se battre comme s’il s’agissait d’une vaste plaisanterie à laquelle il avait toujours, toujours le dernier mot. Le regard ambré du jeune homme glissa vers la fille aux cheveux roux. Celle-ci, il ne la connaissait pas du tout mais elle était tout aussi intéressante que son amie. Voire plus, s’il prenait en compte le fait qu’il avait toujours eu un faible pour les rouquines. Il avait du mal à détacher ses yeux de la chevelure de feu qui dansait dans son dos alors qu’elle affrontait Délya. Une rouquine contre une rouquine. Voilà qui était original ! Mais pas très juste, finalement. Délya avait l’air d’un chaton tout mignon avec ses yeux vert en amande, mais s’il devait choisir entre une caresse de tigre des plaines et un bras de fer avec elle… Ezrine choisissait le tigre. Sans la moindre hésitation.

Lentement, très lentement, son regard balaya la salle et vint se poser sur le dernier acteur de cette incroyable mise en scène. Giliwyn SangreLune. Non… ce n’était pas son véritable nom, ni même son prénom, et c’est cela qui avait rendu ses recherches si compliquées. Le jeu en valait toutefois la chandelle, songea Ezrine en regardant l’Envoleur bloquer un coup de lame qui aurait dû le décapiter. Guerzel était un adversaire à sa taille. Moins imposant que Jors mais plus sadique – bien plus sadique – et obsédé par les poisons. Pourtant, sur ce duel, Ezrine ne pariait pas sur le même cheval. Il savait de quoi Giliwyn était capable. C’était un loup qui se faisait passez pour un chien. Un monstre qui n’allait pas tarder à se révéler dans toute sa force et son ignominie. Le clou du spectacle, c’est toi… Ne me déçois pas.


*


Gil galérait un peu. L’homme qu’il affrontait était un type légèrement plus petit et plus mince que lui mais, bon sang, il était fichtrement rapide et salement intelligent. Depuis le début de la bataille, il ne cessait de multiplier les feintes ; Gil les décelait généralement de justesse, mais il fallait qu’il reste concentré pour cela, or la situation ne lui facilitait pas la tâche. Tsukia et Aivy ne lui facilitaient pas la tâche. Il s’inquiétait pour elles. C’était vraiment con mais il n’y pouvait rien : c’était plus fort que lui. Chaque fois qu’il en entendait une expirer bruyamment, chaque fois que les lames s’entrechoquaient, il jetait un coup d’œil. Ça lui avait déjà valu une coupure sur le menton et une autre sur l’avant-bras gauche. Des peccadilles, mais Gil n’était pas idiot : il suffisait d’une seule fois pour que sa tête vole et roule aux pieds d’Ezrine. La perspective ne l’aurait pas tant effrayé s’il avait affronté seul ces quatre dégénérés. Avec Tsukia et Aivy, c’était différent. Pourraient-elles s’enfuir si jamais il était tué ici ? Il frémit en voyant l’énorme épée du géant frôler le crâne de piaf… non, de hamster de Tsukia.

- Tes appuis, merde ! cria-t-il tout en pivotant pour éviter lui-même un coup de taille qui visait son ventre.

En face de lui, l’homme aux cicatrices éclata de rire.

- Tes élèves sont en mauvaise posture, on dirait…

Ce sont pas mes… Gil para de justesse la lame de son adversaire mais ne put éviter le coude qui lui éclata le nez. Il bondit en arrière. Passée la douleur de l’instant, il ne sentait absolument rien, mais c’était bien là le seul et unique avantage de sa situation : le sang envahissait déjà sa gorge, alors qu’il était contraint de respirer par la bouche pour ne pas s’étouffer. Les choses étaient en train de se corser, là. Abruti ! Reste concentré ! Sinon tu vas crever !

- Oups ! Pardon, ironisa monsieur Cicatrices, et il se mit à se déplacer lentement, à la manière d’un félin qui attend le bon moment pour se jeter sur sa proie.

Alors toi… Gil posa un genou à terre et, de sa main libre, saisit l’arête de son nez entre le pouce et l’index. Crounch. Le bruit, autant que la douleur, remuèrent l’estomac de l’Envoleur mais c’était efficace : le sang cessa de couler. Il devait toujours respirer par la bouche, mais au moins, il n’allait pas perdre connaissance ni s’étouffer comme un con. Il se redressa, leva la tête, croisa le regard de son adversaire… lâcha son épée. L’envoya valser d’un coup de pied. Monsieur Cicatrices haussa un sourcil et laissa tomber sa lame à son tour, puis serra les poings et se mit en garde. Un combat au corps à corps ? Il prenait. Gil sourit.

A nous deux.


*


Il déteste la nuit. Le jour tout va bien, chacun est dans son coin, pas forcément le même d’ailleurs, mais la nuit… C’est le moment où les choses deviennent plus dures, plus dangereuses. Des paroles jetées en l’air, des ombres qui se disputent et qui laissent un petit garçon tout seul au fond de son lit.

« Il faudra bien que tu lui dises, un jour, ce qui s’est réellement passé ce jour-là ! »
« Cette histoire ne le concerne pas, Laïze. Et toi non plus. »
« Pardon ? Est-ce que j’ai bien entendu ? Tu respires, tu vis parce que je t’ai retrouvé avant qu’il ne soit trop tard, Gil…
« Et je t’ai déjà remercié, je crois. »
« Et Ezrine ? Tu crois qu’il te remerciera quand il saura la vérité ? Parce qu’il l’apprendra, tu sais ! Tu ne vois pas comment il te regarde, déjà ? Tu ne vois pas qu’il cherche à comprendre ? Il en a le droit ! »


Le ton monte. Les cris pointent.
Les cauchemars aussi. Dans le lit, un enfant rabat la couverture sur sa tête.
Il tremble, mais…

… il veut savoir.


*


Ezrine tourna la tête à l’instant même où la fille, la petite Aile de Corbeau, s’illustra en touchant son adversaire de manière redoutable… et inexorable. Jors fit un pas en arrière, puis deux, incapable désormais de soulever son arme. Il ouvrit la bouche, sans doute pour proférer une menace ou un juron, mais une sorte de bave mousseuse l’en empêcha. Il s’effondra. Eh bien les amis, voilà ce qu’on appelle un rebondissement inattendu ! Crac. Le poing de Gil venait de rencontrer celui de Guerzel, de plein fouet. Ezrine grimaça : ça devait faire mal. Mais les deux hommes reprenaient déjà leur affrontement de titans. Ils étaient comme deux bêtes avides de sang. Rien ne leur était interdit. La mort était la seule issue, du moins pour l’un d’entre eux… Est-ce que tu retournes tout ça dans ta tête, Gil ? Est-ce que tu te demandes comment, pourquoi ? Est-ce que ça te fait mal d’être trahi par ton propre sang ? Une mâchoire qui encaisse, un genou qui remonte brusquement, un coude qui trouve sa cible dans un geyser de sang, et des poings qui cognent, encore, et encore, et encore… Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’était un duel – et un duo – vraiment frappant ! Guerzel était couvert de sang. Gil aussi. Qui pouvait dire lequel allait arracher la victoire ? Tout était encore possible et pourtant, c’était un chemin tracé d’avance. Ezrine haussa un sourcil, ôta son menton de sa main. Gil pivota, envoya son talon, toucha au but. Ezrine redressa son buste, passa la main dans ses cheveux longs. Gil profita de son élan pour balancer son poing et envoyer son adversaire au tapis. Ezrine soupira, déplia les jambes, descendit de la caisse de bois. Gil se laissa tomber à califourchon sur le blessé, plia les doigts et laissa les griffes de Dil’Duran ouvrir la gorge offerte, avant de lever la tête.

Ils se regardèrent, figés dans l’instant improbable d’une question qui ne s’achèverait jamais : et si… ?


*


Et si, au lieu de grandir dans le mensonge et la terreur, l’un n’avait pas nourri cette terrible rancœur ?
Et si l’autre, au lieu d’oublier son passé, s’en était allé à sa rencontre ?
Et si ces deux-là s’étaient trouvés ailleurs, plus tôt, plus tard, dans une autre vie ?
La mort les aurait-elle suivis ?


*


Ezrine épousseta tranquillement son manteau gris.

- Je pensais que cette scène allait s’achever avec nous deux seulement.

Gil suivit son regard, en direction de Tsukia et d’Aivy. Il essuya son visage plein de sang d’un revers du bras – geste parfaitement inutile – et se leva lentement, délaissant le cadavre de Guerzel.

- Bah, l’histoire est telle qu’elle est : époustouflante et pleine de coups de théâtre !
- Où est Giliwyn ?


Ezrine haussa les épaules.

- Pas concerné par cet acte. Tout est lié à lui, cependant.
- T’es complètement cinglé,
murmura Gil.
- Je préfère le terme de « génial ». Ce sont des traits de génie qui t’ont mené jusqu’à moi, et moi à toi, Gil. Manaël. Oh… c’est vrai, tu n’aimes pas ce prénom.
- Je vais te tuer.


Ces mots, Gil les avait prononcés très lentement, en les détachant nettement les uns des autres. C’était une promesse, non : une certitude. Un futur qui s’écrivait déjà en lettres de sang. Mais Ezrine éclata de rire.

- C’est bien ! C’est excellent, même ! Je savais que s’en prendre aux tiens était la meilleure façon de te faire réagir. C’est ton point faible : tu donnerais ta vie pour eux. C’est noble, vraiment, je ne sais pas si je serai capable d’en faire autant, tu vois ?

Il fit un geste de la main en direction de Tsukia et d’Aivy.

- Elles auraient dû mourir, c’est dommage… tu aurais montré ton vrai visage. Celui que j’ai vu à Al-Far.

Gil frémit et sentit la bête gronder en lui. Il s’en fallait de peu pour qu’il ne bascule pas à nouveau dans la folie, c’était un fait, comme si… Comme si l’absence de Libertée avait fragilisé la muselière dont il avait affublé son monstre intérieur. Il serra les dents. La laisser rugir à nouveau, c’était prendre le risque de perdre son humanité pour de bon. Crocs de Lune était un fléau !

« Je te présente Gilou ou Gil le loup ou clair de lune… »

« Bonne nuit, Gil face de lune ! »

Gil tourna la tête et croisa le regard d’Aivy, puis celui de Tsukia. Elles étaient encore en vie, n’en déplaise à Ezrine, et surtout… elles étaient là. Avec lui. Elles s’étaient foutues dans la merde la plus noire et sciemment désobéi à ses ordres parce qu’elles ne comptaient pas le laisser tomber. Il sourit. Libertée n’était pas là physiquement et elle lui manquait à chaque instant. A chaque seconde. Mais elle vivait un peu dans le regard de ces deux-là. C’était elle, la petite flamme dans les yeux de la Rouquine. Elle dans le sourire moqueur de Tsukia. Elle était là malgré tout. La bête pouvait faire demi-tour… Il allait régler cette histoire d’homme à homme, un point c’est tout ! Gil reporta son attention sur Ezrine. Voilà. C’était bientôt fini. Pour la mémoire d’Iselle et celle de Laïze, pour l’avenir de Suviyo et la paix de tous les autres… pour lui. Enfer, j’ai bien mérité de me reposer un peu, non ? Il secoua la tête. Bientôt, on a dit. Il fit quelques pas, s’arrêta devant son épée, la ramassa et se tourna vers Ezrine. Un dernier coup de crocs et puis j’me barre ! Son adversaire rit à nouveau.

- Quoi encore ? grogna Gil, qui perdait patience.
- Désolé de te décevoir mais… cette scène-là, on la garde pour le prochain acte. D’accord ? Tu es plein de sang, je suis fatigué… On trouvera un meilleur endroit, plus impressionnant. Un endroit à notre mesure.
- … hein ??

- Je vais quand même te faire une faveur, frangin. Cadeau de retrouvailles.

Il leva le bras.

Vers Tsukia.


*


C’était un poignard, un ridicule petit poignard que Gil sentit à peine quand il s’interposa. Rien de bien méchant comparé aux gnons qu’il avait reçus en affrontant monsieur Cicatrices. Du coup, il se dit que c’était le moment d’agir, avant que l’autre fantoche ne tire sa révérence, et il ignora la petite piqûre de la lame plantée dans son épaule. Il bondit, attrapa le poignard, le délogea de sa chair pour le renvoyer à son propriétaire… bascula en avant. Cette sensation… A genoux, hébété, il fixa le poignard dans sa main, dont la lame était teintée de rouge et de vert. Son sang, et…

- Guerzel excellait dans son domaine. Il a créé ce poison spécialement pour toi, tu sais ? Il l’a appelé « Reflet d’Ame ». Mélangée à ton sang, elle ne va pas te tuer mais te faire souffrir comme si tu allais mourir. Il n’y a rien de pire que de se sentir proche du grand saut… sans jamais pouvoir l’effectuer vraiment.

Gil n’écoutait déjà plus. Il tomba à quatre pattes. Sa tête était en feu. Son sang bouillait dans ses veines – littéralement. Ezrine se pencha et empoigna ses cheveux pour approcher ses lèvres de son oreille.

- Tu survivras, je le sais. Retrouvons-nous dans cinq jours, là où tout a commencé et là où tout s’achèvera…

Il lâcha Gil et évita souplement une attaque féroce de mini Aile de Corbeau. Il la frappa trois fois : au ventre, au sternum, à la gorge, juste sous l’oreille. Elle tomba, complètement paralysée mais parfaitement consciente. Rouquine subit le même sort l’instant d’après. Il s’attarda un moment près d’elle : c’était follement excitant de pouvoir la toucher sans qu’elle puisse bouger. Ses doigts glissèrent le long de sa joue, entre ses seins, sur son ventre… Il se leva à regret. Cette technique n’allait pas durer longtemps, à peine plus de cinq minutes. Il regarda Gil, qui avait attrapé sa tête entre ses mains et s’était replié sur lui-même, en position fœtale. Ezrine sourit. Il quitta la salle et se mit à compter mentalement.

Trois.
Deux.
Un…

Dans son dos, un hurlement déchirant brisa le lourd silence.


*


Gil hurlait à s’en briser les cordes vocales. Son corps agité de spasmes cognait durement le sol. Il allait mourir, c’était sûr. Comment survivre à un truc pareil ? La Silencieuse, à côté, c’était une partie de plaisir ! Il avait l’impression que ses os allaient se détacher et tomber en poussière. Il avait envie de s’arracher la peau. Et le cœur. Mais tout ce qu’il pouvait faire c’était hurler, encore, et encore. Il ne sentit pas les mains qui l’agrippèrent brusquement. Il avait plongé dans un univers de souffrance pure. Le rire fou d’Ezrine résonnait mais il était seul. Seul avec ce feu qui lui rongeait les veines. Seul avec ses peurs, décuplées par le poison.

Seul avec ses démons.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aivy Sil'Lucans
Groupe Furdh


Nombre de messages : 222
Citation : « Trompe-toi, sois imprudent. Tout n'est pas fragile. N'attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie. Parce que le plus important n'est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d'être. »
Date d'inscription : 24/04/2015

Feuille de personnage
Age: 19 ans
Greffe: Non
Signe particulier: //

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Mer 15 Fév 2017, 00:14

« Pardonne-moi, Giliwyn… »

Pardonne-nous, oui. Ou ne nous pardonne pas, pensa Aivy tout en s’élançant dans le tas, leste comme un chat, dague au poing et couteaux près à l’appel.
C’était aussi leur combat.



***


Il ne fallait pas être diplômé de l’université impériale de Gwendalavir pour comprendre que Giliwyn SangreLune n’était pas du tout content de la situation. L’air de profond désaccord teinté de résignation sur son visage n’était pas des plus engageants. Au moins, il n’avait pas tenté de les en dissuader. Pas l’envie ? Non, pas le temps. A peine le temps de souffler, et ils étaient déjà dans le feu de l’action.

La jeune femme n’avait pas choisi son adversaire. La rousse au centre du trio s’était naturellement présentée à elle, et l’apprentie étouffa un petit rire face à ce choix. Plus haute d’une demi-tête et plus assurée, elle pensait sans doute qu’elle la dominerait facilement. A moins que ce ne fut une bête histoire de couleur de cheveux ? Aivy sourit franchement, une lueur de détermination au fond de ses prunelles couleur de nuit.

Et frappa la première, rapide comme le vent.

L’avantage de la surprise ne dura qu’une petite seconde. La rousse en face d’elle répliqua sans prévenir, dans un réflexe qui frôlait l’excellence et balaya sans plus de cérémonie la première offensive. Aivy ne se laissa pas déconcentrer, et repartit à la charge aussi rapidement qu’elle le put. Bientôt, les coups plurent de toute part, et la danse des deux femmes se mua en une tornade sanguine au cœur de laquelle chuintait le métal. L’apprentie avait confiance en sa dague, et en ses capacités. Suffisamment pour ne pas craindre les coups. Elle n’en oubliait pas pour autant que son niveau était de loin inférieur à celui de son adversaire, et que prendre ce combat comme un affrontement d’égal à égal serait sans doute sa plus grande erreur.

Une fois de plus, il lui faudrait ruser si elle voulait parvenir à ses fins. Un rapide coup d’œil en direction de ses acolytes lui indiqua que Tsukia s’était jetée sur une sorte d’armoire à glace qui la dominait de toute sa hauteur, tandis que l’Envoleur frappait contre un adversaire à sa taille mais pas moins redoutable. Le combat promettait d’être particulièrement rude. L’apprentie évita de justesse un coup de coude qui aurait pu lui déboiter l’épaule, et effectua un petit saut en arrière pour se repositionner. Ne pas perdre sa concentration, c’était la clé. La femme en face d’elle, redoutable prédatrice, eut un sourire mauvais qui lui rappela de manière fortement désagréable celui qu’Iké avait eu pour elle le jour où elle lui avait demandé de la tuer.

Les lames s’entre-choquèrent à nouveau dans un fracas assourdissant. Non loin de là, l’homme qu’ils avaient traqué jusqu’ici observait la scène d’un air avide. Qu’adviendrait-il d’eux trois s’il décidait de rentrer dans la danse ? Un adversaire à gérer en plus de ce trio infernal, ce serait sans doute impossible, et l’un d’eux finirait au tapis avant même d’avoir le temps de dire « Raï ». Véritable tourbillon de feu, l’affrontement entre les deux femmes prit soudainement une tournure inattendue au moment où Aivy, observatrice, comprit à quel point son adversaire, dans un style particulièrement félin, se reposait sur ses jambes et sur leur mobilité. Ses attaques étaient précises, chirurgicales ; ses jambes, elles, étaient la clé de tout. Il fallait frapper à cet endroit si elle voulait espérer s’en sortir.

Nouvelle pirouette. Nouvelle esquive. L’apprentie dansait sur le bout de sa lame, sans jamais détourner son regard de celui, noir de rage, de son ennemie du moment. Son inquiétude pour Gil et Tsukia était loin de s’être envolée, mais elle avait rapidement compris que son attention pourrait lui coûter la vie. Elle ne tenait pas particulièrement à se faire trancher en deux, spécifiquement ce soir qu’elle avait enfin retrouvé son amante. Et puis, elle avait un secret à découvrir.

Celui du passé de l’Envoleur.

Enfin, l’ouverture se présenta. Aivy, le bras ensanglanté d’une blessure qu’elle s’était trouvée incapable d’éviter, puisa dans ses dernières forces et sauta sur l’occasion. Le sang battant dans les tempes et le front couvert de sueur, elle profita d’une demi-seconde de relâchement de son adversaire pour se jeter entre ses jambes, postées en un écart stable, et planter sa dague bout de doigts directement dans son bas-dos, le bras arqué au possible. A l’exact endroit où Méryna avait planté la sienne en elle, quelques semaines plus tôt. La blessure était encore fraîche et, si elle ne s’était pas rouverte durant le combat, elle avait commencé à la lancer doucement… Lui insufflant l’idée mauvaise mais efficace qu’elle pourrait bien faire de même.


- Désolée… Mais c’était nécessaire. Tu ne m’aurais pas épargnée, hein ?

La femme gémit de douleur, et s’effondra à genoux dans un râle qu’elle tenta de retenir au maximum. Mue par un élan de survie pur, Aivy acheva de tout à fait enfoncer sa lame, juste avant de la retirer brutalement, créant une plaie béante par laquelle le sang s’écoula rapidement. Forte de cette même expérience à laquelle elle avait réchappé grâce au temps qu’elle avait eu et qui lui avait permis de trouver un Rêveur, la jeune femme préféra jouer la sécurité et, profitant de son avantage passager, enfonça sa lame couverte de sang une nouvelle fois dans le corps de la femme rousse.

Juste au niveau de son cou.

Son adversaire s’effondra complètement. L’apprentie déglutit difficilement, et la réalité de son geste la rattrapa brutalement : pour la première fois de sa courte existence, elle venait d’ôter une vie. Ni l’euphorie ni la sensation de puissance promises par Méryna n’arrivèrent. Juste la constatation amère de ce qu’elle venait de faire, emprunte de dégoût. Le fait qu’elle n’ait pas eu le choix la conforta à peine dans cette décision. Mais ce qui était fait était fait, et elle savait que ce scénario serait, un jour, inévitable au cœur de la voie qu’elle avait choisi. Tant qu’elle pouvait l’éviter, elle le ferait ; cette promesse résonna en elle au plus profond de son âme, tandis qu’elle essuyait sa dague contre les vêtements gris de l’autre femme rousse.

Son bras la lançait terriblement. En lui accordant l’importance qu’elle n’avait pas pu lui donner durant le combat, Aivy s’aperçut avec horreur que l’entaille était bien plus large et plus profonde qu’elle ne l’avait pensé en sentant la lame adverse entailler sa chair. L’ensemble de son avant-bras était touché et, si le sang n’était pas particulièrement abondant, cette blessure était loin d’être belle et aurait tôt fait de s’infecter si elle ne faisait rien.

*Et merde.*

A ses côtés, Tsukia avait déjà achevé son adversaire, quelques secondes auparavant. Gil, quant à lui, bondit sur son adversaire dans un ultime effort, lui envoyant son poing dans la figure sans plus de cérémonies. Aivy eut un sourire en coin en observant la scène, sa dague filant de nouveau entre ses doigts.

Ses yeux brillèrent d’un éclat argenté lorsque trois lames fines sortirent des poings de l’Envoleur.
Elle comprit instantanément.
Elle n’en avait toujours pas le nom, mais elle commençait à bien connaître ces choses…




***


- Je vais te tuer.

Le feu tapi dans le ventre d’Aivy gronda. Cet échange ne tournait pas en leur faveur. Encore moins en celle de Gil, qui se laissait entrainer par l’émotion et la manipulation clairement présente dans les paroles du dénommé Ezrine. La jeune femme, elle, avait tilté sur une information qu’elle n’avait sans doute jamais été supposée connaître.

Alors, Gil s’appelait Manaël.

L’apprentie ferma les yeux. Chassa le nom banni de ses souvenirs.

Gil s’appelait Gil.
Parce qu’il l’avait décidé.


- Elles auraient dû mourir, c’est dommage… tu aurais montré ton vrai visage. Celui que j’ai vu à Al-Far.

Aivy fronça les sourcils. Au fond de ses entrailles, le feu rugit de plus belle. Une lueur de mépris teinté d’incompréhension traversa ses prunelles. Comment pouvait-on tenir de tels propos ? Comment pouvait-on se permettre de souhaiter la mort d’une personne dans le seul but d’en traumatiser une autre ? Cet homme était décidément le pire des salauds. Vouloir la mort de Gil était compréhensible d’une certaine manière, mais il fallait reconnaître qu’à ce point, c’était de l’acharnement pur et simple.

Et puis, elle n’aimait pas que l’on décide à sa place.
C’était pour cela qu’elle avait fui Al-Vor, après tout.

Et puis, un rire fendit l’atmosphère. Diabolique, inattendu.
Tout se joua en une poignée de secondes.

Le couteau vola vers Tsukia. Aivy courut pour s’interposer.


Trop tard.

Gil l’avait déjà pris en plein milieu de son épaule.

La jeune femme retint son souffle. Et puis, contre toute attente face à la petitesse de l’arme, l’Envoleur vint directement à la rencontre du sol, le souffle coupé. Ezrine se fit un plaisir de lui fournir une petite explication à glacer le sang.

*Alors Gil va… ?*

Non. Il survivrait. Elle le sentait. Elle refusait de croire à une autre option. L’apprentie n’entendit pas ce que leur ennemi murmura à l’oreille de l’Envoleur ; elle ne vit qu’un geste abusif qui la fit tout à fait sortir de ses gonds. A la suite de Tsukia, elle s’élança vers leur adversaire, mue par une colère sans nom et en écho à la souffrance de Gil.

Sans avoir le temps de comprendre comment, elle se retrouva à terre. Immobile, et les yeux grands ouverts.

*Que… Tsu !*

Mais ce ne fut pas vers son amie que l’homme se dirigea. Il s’attarda un instant près d’elle, et la jeune femme frissonna de rage autant que de dégoût en comprenant qu’elle ne pourrait rien faire face à la main intrusive qui se promenait désormais le long de son corps. Son cœur s’accéléra brusquement lorsqu’il arriva au niveau de sa poitrine. La lueur au fond de ses yeux se fit moins sûre, remplacée par une appréhension qui la prit aux tripes. Il n’allait tout de même pas… ?

Non. Après un instant qui lui avait semblé une éternité, il se contenta de s’écarter, sourire aux lèvres, et de tourner les talons.
Son rire dément fut couvert par un hurlement insoutenable.

Aivy lutta de toutes ses forces, paniquée à la fois par son immobilité forcée, celle de Tsukia et la souffrance visible de Gil. Quel genre de poison lui avait-il inoculé pour le faire souffrir à ce point ?! Enfin, après quelques minutes à lutter, la jeune femme sentit ses membres se décongestionner doucement. Elle n’attendit pas de s’assurer d’avoir recouvré la totalité de ses moyens et sauta sur ses jambes, ignorant la douleur de plus en plus lancinante qui sortait de son bras droit. Elle se précipita vers Tsu, qui se libérait de l’emprise de la technique à son tour, puis vers l’Envoleur, auprès duquel elle s’assit.


- Gil ? GIL ! Tu m’entends ?!

La seule réponse qu’elle obtint fut un nouveau cri désespéré.

- Aide-moi !, intima-t-elle à Tsukia en passant le bras de Gil autour de son cou. Il faut trouver de l’aide !



***


Le poids de Gil sur leurs épaules était lourd, mais il fallait tenir bon. Pour lui. Pour elles. Enfin, après vingt bonnes minutes de déambulation dans le froid matinal, elles finirent par tomber sur ce qu’elles cherchaient. L’enseigne n’était pas voyante, et Aivy pria de toutes ses forces pour que la personne supposée vivre en ces murs leur réponde. Elle frappa deux fois contre le bois, le cœur au bord des lèvres.

Quand la porte s’ouvrit sur la Rêveuse, elle n’eut pas besoin de mots.

__________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tsukia Til'Werin
Groupe Furdh


Nombre de messages : 182
Citation : ''I'm the kind that your mamma and your daddy were afraid you'd turn out to be like''
Date d'inscription : 22/02/2016

Feuille de personnage
Age: 18
Greffe: Non
Signe particulier: Oeil droit bleu, l'autre noir. Utilise le Zui Quan, un art martial utilisant les mouvements imprévisibles d'un saoul comme base.

MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   Mer 15 Fév 2017, 02:04

''Je ne peut qu'atténuer les souffrances.''

La phrase résonna dans le crâne de l'apprentie longtemps après que la rêveuse ne l'ais prononcer...

...Et elle agit aussitôt.


Viens Aivy, on dégage... Toi, la rêveuse, merci pour la consultation, maintenant assomme le s'il-te-plait, sinon ce seras plus douloureux pour lui...

...On vas voir un vieil ami... Et je ne suis pas sûr qu'il apprécie.


Autant Gil pourrait ne pas apprécier l'homme, autant lui pouvait ne pas apprécier l'envoleur... C'était un grand risque, mais si quelqu'un pouvait trouver un moyen miracle de redonner sa tête à l'envoleur...

...Ce vieux fou était bien le seul auquel elle pensait, se dit-elle en chargeant, avec Aivy, le corps inconscient de Gil dans une petite charrette.


Ça nous prendras deux ou trois jours, on pourras pas utiliser la charrette à la fin, trop dense pour ça, vas falloir finir à pieds...

...Aucune charrette ne pourrait passer dans la jungle d'Hulm...


A silver mane adorns him,
his steel is fluid and fast,
They shun his ways,
Avoid his gaze,
A fugitive outcast...

There is no pain he can feel,
True retribution he deals,
Through silver and steel...

...Silver and steel.

La jungle pointe déjà son nez, au final ça nous auras pris que un jour et demi, à se relayer pour dormir, pour atteindre la lisière de celle-ci.

Maintenant il nous faut porter Gil... Encore heureux qu'il nous restent de l’élixir qui le garde K.O. parce que s'il gueulait en plus, on seraient mal, me dis-je en lui donnant sa dose puisqu'il recommence à trembler et à gémir.

Tu m’assommeras pour t'avoir garder inconscient plus tards... Ou tu m'embrasseras... Pour l'instant, que tu veuille me tuer ou m'embrasser, il faut simplement que je te sauve la vie, mon vieux, parce que tu ne dureras pas longtemps avec cette douleur...

Je le soulève avec l'aide de Vy et on commence notre chemin... À ce rythme de tortue, on en as pour plus d'une journée... Et j'aime pas l'idée de marcher ici dans le noir... Mais bon, je connais un endroit à peu près sûr qu'on atteindras ce soir, on y passeras la nuit en montant la garde chacune notre tour et on devrais arriver à notre destination demain dans l'après midi, ou tôt en soirée...

J'espère qu'il n'as pas bouger...


He bears no love for counts or kings,
Or nobles' taunts and tricks...

He has no will to share their thrill,
For tiresome politics...

Bon, la nuit s'est passé sans problèmes, on as réussis à faire notre chemin sans tomber sur un tigre ou autre créature, ce qui est un vrai miracle... On as toutes deux chauds et on transpirent, mais bon... Au moins Gil gueule pas, même s'il ne reste plus de son médoc depuis qu'on as utiliser la dernière dose il y as quinze minutes... Aivy ne m'as pas encore demander où on vas, dans tout ce bazar... Je me demande cependant un instant si je me suis perdue, j'espère vraiment que non...

La réponse me parvient sous forme de secours.

Parce que notre chance est à bout.

Parce qu'un tigre vient de nous sauter dessus pour nous bouffer alors qu'on est pas en état de nous défendre.

Parce qu'il s'est fait tranché net dans les airs...

...Parce que l'homme me fixe un instant, grogne, puis s'enfonce dans la jungle le tigre sur les épaules...

Et on le suit...

On as enfin trouver l'antre de mon ami...


Born underground,
Suckled from a teat of stone.

Raised in the dark,
The safety of our mountain home.

Skin made of iron,
Steel in our bones...

Dig and dig makes us free,
Come on brothers sing with me..!

Et j'peux savoir pourquoi je me retrouve avec un connard de lune, une frontalière barge et une rouquine sous mon toit..?

J'ai besoin que tu ausculte mon ami, il as été empoisonner avec un truc fait spécialement pour lui, on as pas de remèdes et---

Oh la ferme...

Je me tais, quand Dil'Duran parle, c'est dans l’intérêt de tous d'écouter...

Le bain est dans la salle là, juste derrière, il est bien assez grand pour vous deux, vous pourrez lavez vos vêtements dans la bassine prévue pour ça dans le coin, maintenant allez-y et ficher moi la paix...

Allez bon sang de raï pourri, j'ai pas la journée..!


J'attrape la main d'Aivy et m’exécute, laissant un petit baiser sur la joue du forgeron au passage... Et dire que je lui avait promis de ne jamais me repointer...

Dil'Duran

Le vieil homme se passa une main dans la barbe en observant l'homme, dans les vapes, étaler sur sa table de travail... Bon ben fallait s'y mettre, se dit-il en lui retirant son haut puis en examinant la blessure...

Vilaine, elle avait été traitée par un rêveur assez doué, mais on voyais encore le poison en dessous, qui faisait une genre de cloque.

Le vieil homme grimaça en perçant la dite cloque d'une lame qu'il avait fait le matin même... Un liquide verdâtre en sortie immédiatement, ainsi qu'une odeur nauséabonde.


Bon sang, louveteau, t'y es pas aller de main morte..!

Ce truc pourrais tuer un ours élastique avec son odeur..!

J'espère que tu sais que tu n'aurais eu aucune chance d'être soigner sans ces deux là, hein..?


Le silence de l'envoleur, toujours dans les pommes, fit soupirer l'homme, qui souriait pourtant.

Tu t'es trouvé une meute, en fin de compte, Sangrelune...

Le forgeron ne perdit pas un instant pour recueillir un peu du liquide vert sur une plaquette de métal et l'étudier de prêt... Puis de se mettre à mêler des herbes de toute sorte sur le côté.

Ça ne le guérirait pas, pas encore, mais ça lui enlèverais la douleur sans le rendre légume. Ironique, se dit-il... La concoction avait comme principal ingrédient l'Arnémal... Un poison visqueux et vicieux qu'il avait découvert durant ces années dans le coin.

Presque personne ne le connaissait et pour cause...

...Ce poison provenait d'une plante qui ne poussait qu'au coeur même de la jungle d'Hulm.


Born underground,
Grown inside a rocky womb.

The earth is our cradle,
The mountain shall become our tomb.

Face us on the battlefield,
You will meet your doom...

We do not fear what lies beneath,
We can never dig too deep..!

Tient, se dit l'homme, l’échalote se réveillait.

Les filles s'étaient couchées sans bronché, toute deux épuisées du voyage, et elles dormirais sûrement encore un moment...

...Il avait donc le temps de lui parler d'homme à homme...


Bouge pas, face de trognon de pomme, t'es salement amo-- Ben voilà, c'est ça qui arrive quand on suis pas les conseils..!

Le frontalier soupira en se levant de sa chaise et en posant sa choppe pour venir étudié la blessure qui s'était rouverte, puis la refermée en calmant son patient d'un petit coup dans le ventre qui suffisait à dire ''pas bouger'' avec un fil résistant et terminer les sutures.

L'homme fixait les alentours, le regard un peu vide... Pas étonnant avec cette cochonnerie que les rêveurs l'avait fait ingérer pour le garder K.O.

Il resta ainsi un instant puis recommença à bouger, cette fois le forgeron l'aida à s'asseoir et lui tendit une assiette de nourriture que l'homme enfourna sans bronché.

Forcément après trois jours de coma, un repas sur feu de bois, c'était très apprécié.

L'hôte laissa l'envoleur terminer, puis pris l'assiette pour la laver immédiatement sans un mot... Et revint à son malade qui tentait ENCORE de bouger.

Trop d'énergie ce jeune. Il voulait bouger..? Très bien, alors qu'il vienne bouger..!


Très bien alors, lève toi, non vraiment, ne m'écoute pas, cabochard, de toute façon ça tombe bien que tu ais la tête aussi dure que ce sale gosse de Syles, j'ai besoin d'un assistant pour réparer et améliorer tes griffes...

Tu casse, tu aide, alors viens par là et ne ronchonne pas.


Trop demander, apparemment, de pas ronchonner. Et l'heure suivante fut passée à lui taper sur les doigts quand il ne surveillait pas assez bien la forge... Il voulait bouger, alors il travaillerait, et c'était ça, ici, travailler, chauffe le métal, juste assez, pas trop, sinon sbam le coup sur l'épaule sans douceur pour t'apprendre.

Au bout de trois quarts d'heure, il obtint enfin une barre de bonne température que l'homme s'empressa de commencer à façonner... En envoyant le blessé chercher un autre morceau de métal à chauffer aussi.

L'homme ne ronchonnait plus. Probablement parce qu'il comprenait qu'il devait à Dil'Duran d'être lucide, probablement aussi parce que bouger aidait à faire circuler le produit qui l’empêchait de perdre la tête de douleur dans son sang, rendant le tout plus agréable qu'à la norme.

Tsukia et Aivy, encore à moitié endormies, entrèrent dans l'atelier au moment même où les deux hommes passaient à la trempe, plongeant une lame dans le mélange unique d'eau, d'huile et de bière de Dil'duran.

Cela dit, l'envoleur arrêta bientôt son travail dans un grognement tout à fait charactéristique de la méthode Dil'Duran car il se bouffa une boule de Hamster en plein torse...

Le frontalier déposa la lame, parfaite, sur son établi pour continuer plus tard, s'essuya les mains sur un chiffon, et pris ensuite la parole.


Bien, alors qui veux déjeuner..?

Tsukia

Je me réveille de mon sommeil agité et ouvre les yeux en même temps que ma boule d'Aivy, dans mes bras, fait de même.

On se fixent un instant comme ça... Ça faisait tellement longtemps qu'on avaient pas eu le temps de juste relaxer ensemble que ce bain et cette nuit, c'était tout simplement... Magique.

Quand j'entre dans la forge je ne me retiens pas et je saute carrément sur Gil pour un câlin surprise... Je savais bien que mon vieil ami nous le ramènerait!


Bien, alors qui veux déjeuner..?

Mon ventre gronde malgré moi et mon vieil ami ris un instant en se dirigeant en cuisine.

Au fait Dil'Duran...

...Merci...


... Ne me remercie pas encore, il n'est pas encore sauf, seulement hors de danger de la folie douloureuse.

Maintenant venez bouffer, faut manger pour prendre des forces.


On ne bronches pas, grognent pas, on suis tous...

Qui sais, peut-être qu'on pourras parler à table.

J'en profite quand même pour souffler un mot à Gil.


Tu te sens comment..?

HRP:
 

__________________________________________



HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]   

Revenir en haut Aller en bas
 
This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» This is the safest way to go, and nobody gets hurt [Gil, Tsu !]
» Haiti the safest destination in the Americas.
» 05. I'm fu***ng perfect, it just don't look like that
» Every whisper of every waking hour, I'm choosing my confessions, trying to keep an eye on you, like a hurt, lost and blinded fool. ₪ 22 mars, 18h22
» would you mind if i hurt you ? ♆ ELYAS

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Pacte VS L'Ordre :: A l'extérieur :: Le Sud :: Al-Jeit-
Sauter vers: