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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 La force d'une rencontre [Aivy]

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Lou Ril'Fairy
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MessageSujet: La force d'une rencontre [Aivy]   Mer 26 Avr 2017, 20:09

- Par le roi des Raïs, je meurs de faim !

Le ventre de Lou s’accorda à ses paroles en gargouillant avec force d’évidence : elle avait pourtant avalé un bon petit déjeuner à l’Académie avant de prendre la route ! Mia y avait veillé… alors pourquoi diable avait-elle l’impression de frôler la mort par inanition seulement deux heures plus tard ? Dépitée, la marchombre s’étira consciencieusement.

Elle était juchée sur la selle de Lilune, confortablement installée contre sa couverture de voyage roulée dans son dos. Dans un sac de cuir, elle avait créé un petit stock de provisions ; son voyage n’était pas censé être très long mais, se connaissant, elle n’était pas à l’abri d’une impulsion soudaine qui pouvait très bien l’envoyer à l’autre bout de l’Empire… De l’autre côté de la selle était attaché son arc et un petit carquois rempli de flèches.

Ses deux épées dormaient sagement dans les fourreaux croisés, fixés dans son dos. Au cas où il lui faudrait les dégainer rapidement, elle avait tressé ses longs cheveux blonds en une natte qui passait devant son épaule droite, un détail qui ajoutait une touche de charme tout en lui offrant une liberté de mouvement synonyme d’efficacité.

Lilune avançait tranquillement sur un sentier bordé de fleurs sauvages. Lou avait décidé de passer par un chemin détourné plutôt que d’emprunter la route principale menant à Al-Jeit, à la fois pour éviter le monde et pour profiter du voyage ; elle qui était si sociable appréciait toujours ces petits moments de solitude apaisante. La voie des Marchombres était faite de silence et de sérénité.

Une sérénité troublée par les insupportables grognements de son estomac !

- Bon ! Nous allons faire une petite halte, ma belle. Toi aussi tu as faim, n’est-ce pas ? Allez, dis oui, rassure-moi… !

Lilune agita une oreille et s’ébroua ; faim, pas spécialement, mais elle ne refuserait certainement pas une pomme offerte par sa cavalière ! Amusée, Lou se pencha pour passer la main le long de son encolure en une caresse qui fit piaffer la jument de joie, puis elle se redressa et lui fit piquer un galop rapide.

Moins d’une heure plus tard, elles atteignaient Jaillance, une petite bourgade cossue qui avait poussé à la lisière d’un bois peuplé de hêtres et de chênes solides. Etonnée de ne croiser personne, Lou mit pied à terre et tint Lilune par la bride pour dépasser les premières maisons, aussi intriguée que méfiante.

Au centre du bourg, un attroupement s’était formé ; voilà où étaient passés tous les habitants ! Songeant à un spectacle quelconque, Lou s’approcha.

- Allez Tim, mets-lui une raclée !
- Vas-y ! Eclate-lui la tête !
- Tu peux le faire !


Le dénommé Tim n’en menait pas large, en dépit des encouragements de son public : il se battait pourtant avec détermination en faisant tournoyer son épée comme un chef, mais l’adversaire qu’il affrontait semblait d’une autre trempe.

C’était un homme immense, qui dépassait certainement les deux mètres et qui solide comme un bœuf : ses bras étaient aussi musclés que ses cuisses et lui permettaient de manier une hache énorme. Enorme et dangereuse. Elle balaya les tentatives de Tim, le blessant sérieusement au passage, et lui assura une victoire qui souffla les villageois.

Certains reculèrent, effrayés par l’imposant guerrier qui les toisait dans l’attente de son prochain défi. D’autres murmurèrent de colère : ce grand gaillard n’en était pas à sa première victoire. Lou se pencha vers son voisin.

- Qui est-ce ? souffla-t-elle, curieuse.
- Lui ? C’est Garen. On l’appelle le Colosse, ici.
- Pourquoi l’affrontez-vous ?
- Ça dépend. Certains espèrent obtenir le titre de champion à sa place. D’autres, comme Tim, veulent simplement rabattre le caquet d’un type qui utilise sa puissance pour inspirer la crainte.
- Je vois…


Le Colosse balaya la foule des yeux. Il était fort comme un Thül, sans posséder leur prestance. Ses cheveux ras, son visage taillé à la serpe et son torse nu forçaient son côté patibulaire. Il fouetta l’air de sa puissante hache, obligeant les spectateurs à reculer d’un pas ou deux, et posa son arme sur son épaule, comme si elle ne pesait rien.

- Alors, qui est le prochain fou qui souhaite m’affronter ?
- Moi.


Ignorant les regards surpris qu’on lui lança, Lou se fraya un chemin parmi la foule et se planta devant Garen. Il était si grand qu’elle dû lever la tête pour croiser son regard incrédule.

- On commence ? J’ai faim et j’ai encore de la route à faire…


*


Un bref instant, Garen pensa qu’on se moquait de lui. Il lui paraissait impossible qu’un bout de femme comme celle-ci ose se mesurer à lui ! D’abord parce que seuls des hommes avaient tenté de relevé son défi, ensuite parce qu’elle ne faisait pas le poids. C’était indéniable. Le Colosse l’observa plus attentivement et remarqua les épées croisées dans son dos. Bon, elle avait au moins de quoi se défendre, il allait pouvoir…

- Je te propose un marché, avant.

Surpris, Garen cligna des yeux. Il était plus habitué à poser des conditions qu’à les écouter !

- Si je remporte ce duel, tu abandonnes ton titre de champion et tu arrêtes de faire peur aux gens.
- Dis donc, je ne sais pas qui tu es mais tu…
- Lou Ril’Fairy. Alors ?


Garen hésita ; cette femme l’agaçait mais son assurance l’intriguait. Il avait envie de savoir d’où lui venait cette force.

- D’accord. Et si c’est moi qui gagne ?
- Tu seras un sacré champion,
répondit Lou en souriant.

Ce sourire fut comme une piqûre d’abeille, pour lui. Il grogna et s’empara de sa lourde hache. En face de lui, Lou fléchit sa jambe arrière, tendit presque complètement celle de devant et écarta les bras, mains à plat et doigts tendus. Garde parfaite qui fit s’envoler les sourcils de Garen.

- Tu… tu ne dégaines pas tes armes ?
- Non.


Des murmures naquirent autour d’eux, perplexes voire moqueurs, mais Lou les ignora. Immobile, elle attendait. Lorsque Garen porta sa première attaque, écrasante de force et de volonté, elle s’écarta souplement de sa trajectoire. Il pivota aussitôt pour lui sauter dessus à nouveau, elle évita ce nouvel élan de puissance avec aisance. Il en fut ainsi quelques minutes : il lui fonçait dessus en balançant sa hache, elle esquivait et se replaçait en garde.

- Qu’est-ce qu’elle fait ? s’interrogea-t-on. Pourquoi ne riposte-t-elle pas ?
- Elle ne se bat pas du tout !
- Il va la massacrer…
- Allez, blondinette ! Sors tes lames et montre-lui de quel bois tu te chauffes !


Lou bondit sur le côté, agile, et la hache la manqua d’une dizaine de centimètres. Garen transpirait à grosses gouttes. Il repartit à la charge en ahanant comme un bœuf, fouetta l’air de son arme, s’impatienta.

Cette gamine ne respectait pas les règles du combat, elle ne faisait qu’éviter ses attaques sans en porter aucune ! Il décida d’achever le duel – et tant pis s’il la blessait. Elle n’avait qu’à dégainer ! Sûr de lui, il pivota encore une fois et se jeta sur elle. La lourde hache s’abattit sur le crâne de la jeune femme…

… elle avait déjà disparu. Non ! Elle était là, tout contre lui – comment avait-elle fait pour se rapprocher de lui à ce point ? – et il eut le temps d’apercevoir son sourire avant qu’elle ne frappe, enfin. De son seul poing serré, droit dans les côtes. Ça n’aurait pas dû lui faire mal, elle était si frêle à côté de lui, un moucheron à côté d’un titan ! Pourtant, ce coup l’ébranla tout entier. Et ce n’était pas terminé.

Lou pivota vivement et envoya son talon percuter le genou du Colosse. Celui-ci, fragilisé par des va-et-vient trop puissants, se brisa sous l’impact et le fit ployer dans un rugissement de souffrance pure. Elle tourbillonna encore et, cette fois-ci, frappa du tranchant de la main juste sous son oreille gauche. Etourdi, il sentit ses doigts lâcher son arme, et il ne put rien faire, absolument rien, pour les en empêcher.

- Qui… qui es-tu ? balbutia-t-il, au beau milieu du silence que ce renversement de situation inattendu avait créé.

Lou s’avança. Maintenant qu’il était à terre, elle le dominait, et il se sentit bêtement ridicule devant cette femme qui se dressait devant lui, les mains nues et l’œil vif.

- La nouvelle championne, visiblement ! Tu as perdu, Garen le Colosse. N’oublie pas ta promesse.

Et, sans plus de cérémonie, Lou se détourna pour fendre la foule des ébahis. Elle attrapa les rênes de Lilun, ébouriffa les cheveux du garçon qui avait surveillé sa jument pendant le duel, et leva les yeux pour croiser le regard d’encre d’une jeune fille aux cheveux d’un roux flamboyant.

- Il y a endroit où je pourrais me restaurer, ici ? Je meurs de faim, si je ne mange pas quelque chose rapidement je vais probablement m’évaporer dans l’air…

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« C'est impossible », dit la Fierté.
« C'est risqué », dit l'Expérience.
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Aivy Sil'Lucans
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MessageSujet: Re: La force d'une rencontre [Aivy]   Mer 26 Avr 2017, 21:03

- C'est quoi, là-bas ?
- Le foyer de Jaillance.
- Et ça, c'est quoi ?
- La taverne de Jaillance.
- Et eux, que font-ils ?
- Un combat de rue, c'est très courant dans le coin. Mon père a été champion, une fois.
- Pourquoi se battent-ils ? C'est sans intérêt s'il ne faut pas défendre sa vie.
- Aivy, tu m'agaces. Et elle, je suppose que tu vas me demander qui c'est, aussi ?
- Non.
- Non ?
- Non. Elle, je sais qui c'est. Je l'ai déjà vue.



***



Le paysage était remarquablement beau.

Entre montagne parant l'horizon et plaines d'un vert chatoyant se déroulant sous leurs yeux, Aivy et Charm n'avaient pas le temps de s'ennuyer. La jeune femme soupira d'aise en flattant l'encolure d'Uranie. Ce voyage lui en mettait décidément plein les yeux !

A peine arrivée à l'Académie qu'il lui avait déjà fallu repartir. Le convoi de caravane dans lequel Libertée les avaient laissées, Tsukia et elle, avait rendu ces deux derniers mois particulièrement éprouvants. Éprouvants, mais une mine d'informations sur tout ce qu'elle avait pu se poser comme questions à propos de la vie de nomade. L'apprentie qui avait un jour songé à partir sur les routes pour ne plus revenir y avait volontiers trouvé son compte, et le plaisir de satisfaire son insatiable besoin de connaissance avait supplanté toutes les peines que l'entraînement imposé par son maître causait parfois à son corps.

Ses membres s'étaient musclés, sa silhouette affinée. Ses réflexes étaient plus vifs, ses parades plus audacieuses, calquées sur l'incroyable style de combat de Libertée et sur ses propres aptitudes vitesse, sang-froid, pas encore endurance - mais ce n'était qu'une question de temps, avait-elle pensé en souriant mentalement lorsqu'elle avait constaté les progrès accomplis dans un ultime affrontement. Elle avait pris goût aux escapades nocturnes en compagnie de Tsukia, et n'avait pas perdu son envie folle de parcourir le monde, poussée par une force invisible connue seulement du fond de son coeur.

Alors quand Charm lui avait proposé au cours de leur dernière rencontre de partir avec elle dans son village natal, près d'Al-Jeit, elle avait accepté sans hésiter.

Voyager avec un Rêveur était une chose relativement étrange.
Voyager avec un Rêveur-ami, encore plus.

Particulièrement pour elle qui avait toujours détesté ces soigneurs à la bure pleine de secrets, l'imaginaire qu'elle s'en faisait étant calqué sur le seul Rêveur ayant hanté son enfance, maître Dal'Gorr, un horrible personnage aux traits tirés et aux sermons menaçants, Rêveur de la famille Sil'Lucans depuis le temps où son grand-père était enfant. A chacune de ses visites, la petite fille sensible qu'elle était alors avait pris comme habitude de se cacher dans le placard de la cuisine, seul lieu du manoir assez étroit pour les contenir elle et sa peur et dans lequel personne n'oserait venir chercher.

C'était Hièlstan qui l'avait réconciliée avec l'image qu'elle s'était construite de ces étranges guérisseurs aux pouvoirs d'une certaine manière semblable à ceux des Dessinateurs. La douceur et l'affabilité avec laquelle il faisait son travail avaient grandement impressionné l'apprentie, qui s'était promis de ne plus jamais rester sur une construction figée de son esprit, mais d'accepter que la réalité puisse être autre que ce qu'elle pouvait s'en représenter mentalement. Charm, Rêveur de l'âme par excellence, avait achevé de rompre cette carapace de protection qu'Aivy s'était créée à propos des soigneurs. Devenu son ami et confident en moins de temps qu'il n'avait fallu pour dire "Raï", il incarnait désormais l'idéal qu'elle se faisait d'un Rêveur dévoué autant que d'un compagnon de route agréable.

La jeune femme, pourtant, avait l'âme vagabonde et l'esprit ailleurs. Sans réellement comprendre pourquoi, elle se trouvait intriguée par la moindre parole de l'homme à ses côtés, perché sur un hongre noir qu'il avait, selon ses propres mots, débourré avec beaucoup de mal et conquis avec beaucoup facilité. Etrange paradoxe qu'Aivy n'avait pas relevé puisqu'elle ne connaissait des chevaux que la manière dont il fallait les choyer et les monter - ce qui n'était déjà pas si mal. Aussi, quand le village qui avait vu naître le Rêveur et auquel il retournait pour récupérer quelques documents important fut en vue, l'apprentie ne retint pas ses ardeurs, laissant passer la moindre question qui lui venait à l'esprit.


- On est à combien de temps d'Al-Jeit ?, commença-t-elle.
- Trois jours à cheval si nous gérons bien le rythme, répondit Charm en tirant légèrement sur les rênes de sa monture.

Ils passèrent les portes et Aivy fut surprise par la beauté des constructions de bois dont elle ne comprenait pas toutes les différences de construction : certaines se dressaient simplement sur la terre, ordinaires, quand d'autres possédaient plusieurs étages et étaient ornées de véritables fresques gravées ou peintes près des fenêtres. La signification de ces ornements avait beau lui échapper, la jeune femme ne s'en trouva pas moins emplie d'inspiration. Ce serait un si bel endroit à dessiner !


- C'est quoi, là-bas ?, reprit-elle doucement en indiquant un bâtiment plus imposant que les autres du bout du menton.
- Le foyer de Jaillance.
- Et ça, c'est quoi ?
- La taverne de Jaillance.
- Et eux, que font-ils ?
, continua-t-elle en indiquant l'agitation à côté de laquelle ils venaient de passer.
- Un combat de rue, c'est très courant dans le coin. Mon père a été champion, une fois.
- Pourquoi se battent-ils ? C'est sans intérêt s'il ne faut pas défendre sa vie.
- Aivy, tu m'agaces. Et elle, je suppose que tu vas me demander qui c'est, aussi ?


L'apprentie tourna la tête vers ce "elle" indiqué par le Rêveur. De longs cheveux blonds, une technique de combat infaillible qui venait de mettre à terre un colosse avec une efficacité redoutable.

Un regard signifiant, incroyablement lumineux.


- Non, répondit doucement Aivy.
- Non ?
- Non. Elle, je sais qui c'est. Je l'ai déjà vue.


L'image de cette femme lui revint brutalement en mémoire. Elle l'avait déjà croisée dans les couloirs de l'Académie, elle en était certaine. Une fois seulement : ni assez pour qu'elle ne l'ait remarquée elle, ni assez pour qu'elle puisse connaître son nom. Mais le souvenir était marquant, clair comme de l'eau de roche. Aivy fût alors persuadée qu'elle avait toujours connu cette femme aux cheveux couleur blé, qu'elle faisait partie de son monde de manière intrinsèque et fabuleuse.

Un grand sourire prit possession de ses lèvres et elle mit pied à terre pour observer la fin du combat.


- La nouvelle championne, visiblement !, s'exclama la flamboyante inconnue qui ne pouvait être que Marchombre. Tu as perdu, Garen le Colosse. N’oublie pas ta promesse.

Et puis un clin d'oeil de vent, et elle se trouva près d'elle.
Lui adressa quelques mots, de la manière la plus naturelle qui fut.


- Il y a endroit où je pourrais me restaurer, ici ? Je meurs de faim, si je ne mange pas quelque chose rapidement je vais probablement m’évaporer dans l’air…
- La taverne de Jaillance, rétorqua Aivy machinalement, comme hypnotisée par ce que dégageait cette femme. Euh, pardon, oui !, se reprit-elle, conscience de l'air bête qu'elle devait avoir à cet instant. La taverne, là...

Elle indiqua le grand édifice aux volets peint qui se trouvaient derrière elles. A quelques pas de là, Charm pouffa avant de poser le pied à son tour pour les rejoindre, les rênes des chevaux à la main.

- Alors, Aivy ? On fait la guide touristique ? Ne me vole pas la vedette, ce village est le mien, déclara-t-il dans un sourire. Mademoiselle, continua-t-il en s'adressant à l'inconnue dans un signe de tête respectueux. Si vous avez besoin de quoi que ce soit comme renseignement, n'hésitez pas à me demander, il se trouve que j'ai grandi dans la maison qui se trouve juste derrière vous...

Un éclair de nostalgie traversa ses prunelles d'acier.
Aivy sourit doucement.


- Je m'appelle Aivy, déclara-t-elle en tendant la main à la jeune femme.

Elle omit volontairement d'évoquer la fois où elles s'étaient croisées à l'Académie, portée par le désir de la découverte pure et vraie. Si son ressenti se confirmait, sans doute cette femme incroyable ne tarderait-elle pas à comprendre qu'elle venaient du même endroit. Peut-être même connaissait-elle Libertée ?


- Et lui, c'est Charm Til'Verör. Un grand Rêveur de l'esprit comme du corps, avec un égo si immense que sa tête ne passe plus les portes...

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Lou Ril'Fairy
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MessageSujet: Re: La force d'une rencontre [Aivy]   Mer 26 Avr 2017, 22:27

La jolie rouquine lui répondit avec une spontanéité qui plut immédiatement à Lou ; elle hocha la tête et suivit du regard la direction indiquée. La taverne était grande, belle et accueillante. A n’en pas douter, l’on y servait des mets qui allaient ravir ses papilles et son ventre ! C’est alors qu’un homme s’approcha d’elles. Un Rêveur, à en juger par sa bure et sa tonsure, mais ce qui charmait dans l’instant c’était son sourire. Lumineux comme un soleil d’été.

- Alors, Aivy ? On fait la guide touristique ? Ne me vole pas la vedette, ce village est le mien, dit-il d’un ton joyeux, absent de toute forme de reproche ou de jalousie.

Le Rêveur inclina la tête pour la saluer avec respect.

- Mademoiselle… Si vous avez besoin de quoi que ce soit comme renseignement, n’hésitez pas à me demander, il se trouve que j’ai grandi dans la maison qui se trouve juste derrière vous…

Lou pivota pour observer ladite maison, pleine de charme et de simplicité qui faisait écho à toutes les autres et qui, pourtant, se démarquait par sa singularité. Mais c’est dans le regard du Rêveur qu’elle découvrit un fragment de ce que cette maison avait pu être, lié à un scintillement de nostalgie qui ne dura qu’un instant.

- Je m’appelle Aivy, se présenta alors la jeune fille au yeux couleur d’encre. Et lui, c’est Charm Til’Verör. Un grand Rêveur de l’esprit comme du corps, avec un égo si immense que sa tête ne passe plus les portes…

L’éclat de rire de Lou couvrit les protestations du fameux Charm. Elle avait gardé la main d’Aivy dans la sienne et, quand enfin son hilarité s’apaisa, elle la serra doucement entre ses doigts. Ses grands yeux verts plongèrent dans ceux de la jeune fille.

- Appelez-moi Lou ! Mon égo est moins grand que mon appétit, je crois, alors voici ce que je vous propose : un petit encas agrémenté des plus belles histoires à connaître à propos de Jaillance, et l’occasion de faire plus ample connaissance !
- A cette heure-ci ?
s’étonna Charm en grattant ses cheveux ras.
- Eh bien, fit Lou en s’empourprant légèrement, vous n’aurez qu’à raconter des histoires pendant que je mange…

Ce fut au tour du Rêveur d’éclater de rire. De nature conciliante, il les entraîna vers la taverne en affirmant qu’il avait assez faim pour se permettre une petite douceur. Tout en le suivant, Lou observait Aivy du coin de l’œil ; elle éprouvait une sensation familière en sa présence et avait l’impression de l’avoir déjà vue, mais elle n’avait pas la mémoire des visages, un fait plutôt rare qui, doublé à sa distraction légendaire, l’avait toujours rendue un peu spéciale.

Ils laissèrent les chevaux à l’extérieur, près d’un abreuvoir rempli d’eau fraîche, Lou fit trois heureux en distribuant toutes ses pommes, puis ils entrèrent dans l’établissement. L’intérieur était éclairé par la lumière du soleil qu’une multitude de larges fenêtres laissaient entrer. Les murs étaient tapissés de boiseries et décorés de plantes, offrant la perspective d’un jardin d’été plutôt qu’une salle à manger. Il n’y avait pas grand monde à cette heure, seulement quelques clients qui, encore secoués par ce combat de rue auquel ils venaient d’assister, partageaient un verre au gré de discussions effrénées. Lou sourit en voyant Garen, sonné et boitillant, commander une bière fraîche – et de la glace pour son genou.

- Drôle de coutume, ces duels, fit remarquer la marchombre en s’asseyant à une table.
- Pas vraiment, non : dans la région, c’est comme ça que les gens s’amusent. Et font connaître leurs talents. Je pense que tu vas bientôt être approchée par des intéressés, fit Charm en désignant du menton deux hommes qui, un peu plus loin, discutaient à voix basse en regardant Lou.

Celle-ci haussa les épaules. Elle ne cherchait pas de travail puisqu’elle avait commencé à donner ses premiers cours.

- D’où viens-tu, Lou ?
- D’Al-Chen, où les défis de ce genre sont plus nombreux mais aussi plus réglementés. Enfin, sauf dans les quartiers mal famés, mais ce n’est pas une ville qui en connait énormément.


Une femme aux joues rebondies et aussi joviale que l’endroit vint à leur rencontre, tablier sur le bras.

- Qu’est-ce que j’vous sers, messieurs-dames ? Oh, mais si ce n’est pas ce cher Charm !

La chaleur des retrouvailles avait toujours laissé une sensation douce et agréable dans le cœur de Lou, peut-être parce qu’elle songeait parfois à ce monde d’où elle venait, et à tous ceux qui, là-bas, lui manquaient… Le regard à la fois curieux et tranquille d’Aivy lui évita le chemin hasardeux de la nostalgie, et la marchombre lui sourit, juste avant de commander un filet de poisson frais et une salade.

- Tu vas voir, le coryan est un poisson très fin, vraiment fameux !
- C’est une espèce qui m’est inconnue ! Pêchée dans le Pollimage ?
- Non, dans un lac proche d’ici, un peu après le bois.


La pétillante tenancière leur apporta des boissons pour patienter. Lou sirota son sirop de fraises, puis ramena machinalement ses jambes en tailleur, en une position qui lui était coutumière et posa les coudes sur la table pour y appuyer son menton.

- Alors, racontez-moi un peu, vous deux : comment vous êtes-vous rencontrés ? Qu’est-ce que vous venez faire ici, à Jaillance ? Pourquoi as-tu quitté ton village, Charm ? Est-ce que tes cheveux sont toujours aussi beaux Aivy ?

Cette cascade de questions, c’était du Lou tout craché ! Elle sourit face à leur étonnement et s’obligea à patienter un peu. Au moins le temps d’obtenir ces premières réponses…


[Forestgreen pour la couleur de Lou Wink]

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: La force d'une rencontre [Aivy]   Jeu 27 Avr 2017, 17:37

Erwan ne cessait de se tourner et de se retourner dans son lit. Il savait pourquoi le sommeil ne venait pas l'apaiser : Ylléna avait décidé qu'elle voulait désormais son propre "espace" et avait investi l'un des placards de l'Académie à son aise. Conscient que c'était normal - elle avait presque treize ans après tout - il n'en était pas moins désorienté de ne pas avoir la présence de sa fille dans sa chambre.
Dans une profonde inspiration, il finit par ouvrir les yeux. Cela ne servait à rien de rouler pendant des heures, et le sommeil le fuyait.


Il avait besoin de bouger.
Se levant souplement, il enfila rapidement un t-shirt et attrapa son sac de voyage avant de se diriger vers le… la chambre d'Ylléna. Il fit glisser un bout de papier sous le battant de la porte - de quoi informer sa fille qu'il ne serait pas là les prochains jours - et fila sans demander son reste.



*

L'odeur de la forêt emplissait l'air de cette tonalité musquée et prenante, le parfum du humus quand il posait ses pattes forcissait.
Le Jaguar s'ébroua un instant. Puis, il grimpa dans un arbre en y plantant ses griffes, se hissant sur une branche basse pour chasser. Il avait repéré ce lièvre qui se terrait un peu plus loin, il lui fallait juste attendre qu'il sorte de son terrier pour lui fondre dessus.


Il pouvait sentir sa présence frémissante, proche de la surface, et se ramassa sur lui-même pour mieux bondir…
Et quel festin il put se faire, les babines dégoulinantes de sang, un grondement satisfait dans le sternum !
Se nettoyant consciencieusement le pelage, le grand félin reprit la direction de la proie qui l'accompagnait - ou qu'il accompagnait.
La jument était toujours un peu agitée quand le Jaguar était trop près, mais cependant elle une semblait plus autant effrayée qu'au début… Et une proie qui ne le craignait pas, ça l'agaçait prodigieusement. Cependant, l'humain avait été formel : pas touche à ces animaux-là.


La conscience de son homologue pressait sur la sienne, et il savait qu'il allait devoir le laisser reprendre le contrôle. S'ébrouant après une dernière attention à son pelage, le félin se redressa tranquillement et laissa Erwan émerger du fond de son esprit.


Mais au moment où il se glissa dans sa peau humaine, une flèche fusa, le ratant seulement de quelques centimètres, et sa concentration vola en éclat.
Il n'avait absolument rien senti, et se retrouva nu comme un vers à chercher du regard - et de tous ses sens - qui avait décoché ce jet : une personne qui de toute évidence savait ce qu'il était et à quel moment il était vulnérable. Il ne s'encombra pourtant d'aucune pudeur, jetant un coup d'oeil vers Joya qui renâcla, les oreilles en arrière, lui donnant un précieux indice : la direction à chercher.


Se glissant entre les feuillages de la forêt, il laissa son coeur se calmer alors qu'il détectait enfin la personne qui était à l'origine de la flèche. Et, se glissant derrière elle, il la saisit par les épaules pour la faire basculer en arrière…
Une gamine.
Une gamine, et qu'il connaissait !



- Sylvera ?

Surpris, il la lâcha et l'adolescente se tourna vers lui…
Une seconde. Sourire triomphant.
Deux secondes. Rossissement des joues.
Trois secondes. Elle se mordait la lèvre.
Quatre secondes. Elle sourit… d'une autre manière.


Se reculant d'un pas, Erwan secoua la tête. Qu'est-ce qu'elle voulait ? Le suivait-elle ou l'attendait-elle ? Pourquoi le regardait-elle comme si… Un frisson le parcourut. Il n'aimait pas ce regard - celui d'une adolescente, certes, mais d'une jeune femme, surtout, et qui savait ce qu'elle voulait.
Il recula d'un second pas.



- Donc en effet, c'est pas inné, tu as besoin d'être concentré quand tu te transformes pour garder tes vêtements…
Le Marchombre cligna des paupières une seconde, comprenant désormais parfaitement le manège de la jeune fille.

- Pourquoi es-tu là, Sylvera ?
- Je suis partie d'Al-Jeit car je voulais te retrouver. Je savais que tu étais pas très loin du Lac Chen, du coup je suis postée depuis un moment sur la route entre les deux. Je voulais…

Il secoua la tête alors que la voix de l'adolescente descendait d'un octave.

- Tu as dix-sept ans, Sylvera.
Elle redressa la tête, le menton vers le haut, provocatrice.

- Et alors ?
Il leva les yeux au ciel, avant de tourner les talons pour retourner vers sa jument. Il la sentit hésiter dans son dos, ne chercha pas à comprendre pourquoi - * Pas envie de savoir * - et récupéra son sac de voyage… Où il n'avait qu'un pantalon de rechange. Forcément. Et encore, pantalon, c'était vite dit : c'était un vieux tissus de lin déchiré à mi-cuisses.


Le Marchombre poussa un soupir alors que Sylvera s'approchait de lui. Il sentit son mouvement avant qu'elle ne l'esquisse et l'esquiva en tournant sur lui-même.

- Arrête ça.
- Sinon quoi ?
demanda-t-elle de manière effrontée. Erwan fronça les sourcils et s'approcha d'elle, laissant son regard devenir parfaitement glacial.
- Tu ne veux pas savoir.
Sylvera déglutit péniblement, rentrant la tête dans les épaules. Erwan, lui, se contenta de tourner les talons et de monter gracieusement sur Joya, sans un regard en arrière.



*



Jaillance était un petit bourg sur la route entre l'Académie et Al-Jeit. Petit bourg aux allures paysannes, mais elle avait la réputation d'être l'hôte de quelques combats de rues régulièrement, ainsi que d'avoir ses propres spécialités culinaires.
Et notamment, elle était renommée pour le délicieux gratin de niam à l'orange de l'auberge principale.


C'était pour pouvoir goûter une seconde fois à ce délice gustatif qu'Erwan s'était arrêté dans la bourgade. Joya aux écuries, il avait voulu se procurer quelque chose à se mettre sur le dos, cependant l'échoppe du village était fermée pour la journée… Alors, il dut se contenter de ce qu'il avait sur lui : pas grand chose.


Entrant dans l'auberge, il chercha du regard une place assise dans la pièce bondée. Une seule table était libre, et elle se trouvait à côté d'une autre table occupée par trois personnes… Il reconnut la jeune fille rousse pour l'avoir déjà croisée à l'Académie. Et si la blonde lui était très vaguement familière, il ne savait pas si c'était de l'Académie ou non. Le dernier était un Rêveur qui portait la bure caractéristique de la profession.
Il n'allait sans doute pas être trop dérangé par ce bouquet qui avait l'air calme, et s'installa tranquillement. La serveuse lui amena de quoi se désaltérer, et il ignora le regard admiratif qu'elle lui lança pour plutôt sortir sa carte de Gwendalavir…


Et nota qu'Ylléna y avait griffonné quelques notes, surtout aux endroits où elle voulait aller.
Un gros gribouillis, encerclé plusieurs fois, désignait la pointe d'une crique, face à l'Océan. A l'exact endroit où se trouvait leur ancienne maison.


Le souffle coupé, Erwan se figea.
Tellement surpris qu'il n'en entendit pas la serveuse qui arrivait avec son plat, et sursauta quand elle posa la première partie du gratin sur la table, la bousculant au passage…
Lui faisant renverser le civet de Siffleur sur le Rêveur juste à côté.


Bondissant de sa chaise, Erwan ne put s'empêcher de se confondre en excuses.

- Je suis désolé, c'est entièrement de ma faute ! Vous n'êtes pas brûlé ? Je peux vous racheter des vêtements si nécessaire.

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Aivy Sil'Lucans
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MessageSujet: Re: La force d'une rencontre [Aivy]   Sam 29 Avr 2017, 19:15

Aivy jeta un coup d'oeil amusé à Charm alors qu'ils s'installaient à l'une des dernières tables libres de la salle - seule si l'on excluait la toute petite se trouvant juste à sa droite. Elle n'avait jamais eu l'occasion de tâter le caractère charmeur du Rêveur, leur relation était faite de thérapie purement professionnelle d'un côté et d'une amitié forte mais totalement platonique de l'autre. Pour en avoir déjà discuté, ils s'étaient mis d'accord sur le fait que ni l'un, ni l'autre ne pourraient un jour tenter quoi que ce soit qui pourrait faire basculer toute la richesse de ce qu'ils construisaient encore dans la gêne et l'inconfort mutuel.

Mais la jeune femme capta la lueur de plaisir dans son regard à la vue de Lou qui n'en démordait pas et répondait avec une verve remarquable de fraîcheur à ses invectives. Elle-même se trouvait comme apaisée par la présence de cette fille aux cheveux blonds et au regard bourré d'énergie. Être née à Al-Chen devait avoir facilité les choses le jour où elle avait choisi d'embrasser la Voie vu la position de l'Académie, ce qui n'avait pas été le cas d'Aivy - et grand bien lui fut le premier voyage qu'elle effectua en direction de l'institution, premier d'une longue série dont celui-ci n'était que la continuité.


- Alors, racontez-moi un peu, vous deux : comment vous êtes-vous rencontrés ? Qu’est-ce que vous venez faire ici, à Jaillance ? Pourquoi as-tu quitté ton village, Charm ? Est-ce que tes cheveux sont toujours aussi beaux Aivy ?

Une avalanche de questions.
Une avalanche de sourires.

Aivy lui offrit le sien en retour, alors que son ami Rêveur rétorquait d'une voix posée :


- Je ne l'ai pas vraiment quitté, on m'a plutôt mis dehors...

Il étouffa un petit rire et l'apprentie leva les yeux au ciel. Elle connaissait son histoire pour l'avoir entendue un soir où tous deux avaient un rien forcé sur l'alcool, et elle n'en revenait toujours pas.

- Avant d'être Rêveur, j'étais une sorte de vaurien. Mon père passait son temps à gagner les combats de rue et, en gamin influençable que j'étais, je voulais faire pareil. Mais comme vous pouvez le constater, je n'ai pas la carrure pour me battre, et personne n'a voulu m'entraîner ni me laisser accéder aux arènes. "Trop chétif, fais plutôt marchand de carotte !", qu'ils disaient... J'étais donc sur le point de renoncer à mes rêves de gloire quand a été organisé le premier grand tournoi de combats de Jaillance... Auquel tous étaient conviés, y compris les étrangers ! Vous imaginez mon excitation !

Ses yeux brillèrent l'espace d'un instant.

- Je me suis présenté au tournoi le soir même. Malheureusement, grande fut ma déception quand je constatai que personne ne voulait de moi comme adversaire. J'avais l'idiotie et la fougue de la jeunesse, vous savez. Et je n'ai rien trouvé de mieux à faire que de mettre le feu à l'arène spécialement construite pour l'occasion. Quand mon père m'est tombé dessus après que lui et ses amis eurent tout éteint, j'ai appris deux choses : le bois, ça brûle un peu trop vite, d'une. De deux, je n'avais vraiment pas la carrure pour apprendre à me battre. Qu'est-ce que j'ai pris comme coups, ce soir-là, et sans pouvoir répliquer...

Il se gratta le menton d'un air nostalgique alors qu'Aivy acceptait avec plaisir le sirop de menthe qu'elle avait commandé un peu plus tôt.

- Mais le plus dur à avaler, ça n'a pas été la douleur dans mes muscles, mais la déception dans le regard de mon père. Il m'a sommé de partir suite à l'incident, et de ne revenir que lorsque j'aurai trouvé quelque chose de bien à faire dans ma vie. J'ai erré sur les routes un bon moment, entre braconnage et vol à l'étalage. Je ne me souviens pas avoir ressenti autant de rage et de colère que durant les mois qui ont suivi. Je ne comprenais pas, sans doute ne voulais-je pas comprendre... Et puis, je suis tombé sur maître Vido, un Rêveur émérite de la confrérie de Fériane. Il m'a récupéré par charité un soir ou je n'avais rien trouvé à manger. C'est lui qui m'a initié au monde des Rêveurs, qui m'a appris le pouvoir immense qui réside en eux. Le reste coule de source...
- Quand même, réagit Aivy, tu étais vraiment un sale gosse. Tu m'étonnes qu'ils t'on fichu dehors, tu aurais pu tuer quelqu'un avec cette histoire de feu...
- C'est vrai
, répondit très calmement Charm qui se saisissait d'une coupe de sirop. Mais ça n'a pas été le cas et, quand je suis revenu après pratiquement dix ans, j'ai appris que mon père était mort d'une maladie inconnue. Je m'en suis énormément voulu de ne pas avoir été là, et ça m'a poussé encore plus loin dans mes études et dans mon choix...

La jeune femme acquiesça, une lueur d'immense respect au fond de ses prunelles onyx. L'histoire de Charm était toujours aussi marquante, même racontée deux fois.

- Quant à mes cheveux, lança-t-elle à Lou dans un petit sourire, je vous remercie du compliment ! Ma mère a les mêmes, je n'ai aucun mérite, je les lui ai simplement volés... Quant à notre voyage jusqu'à Jaillance, il nous amène sur les traces de quelques papiers importants appartenant à la famille de Charm. Mais assez parlé de nous ! Qu'est-ce qui vous amène dans le coin ?

Elle se redressa quelque peu sur son siège pour laisser passer une serveuse qui venait servir la table à côté. Son regard glissa de son verre à celui de Lou et -

- AH, CHAUD !

La sensation de brûlure se déversa contre sa jambe, brutale. Tournant la tête, l'apprentie s'aperçut qu'une grande quantité de sauce avait giclé de la table à côté à son pantalon - neuf, qu'il faudrait sans doute jeter après cela. La brûlure disparut au bout de quelques secondes mais la tâche, elle resterait.

Alors que la tenancière affichait un air profondément désolé, le seul occupant de la table d'à côté, qu'Aivy n'avait pas encore remarqué, bondit de sa chaise et se confondit en excuses. Un simple coup d'oeil dans sa direction transposa son centre d'intérêt principal de la tâche chaude sur sa cuisse gauche à la présence de cet étrange homme. Sa couleur de cheveux était plus étonnante encore que celle de Syndrell, et sa carrure comme son regard lui disaient quelque chose. Le souvenir de l'avoir déjà croisé quelque part dans l'Académie heurta alors son esprit de plein fouet, et elle jeta un bref coup d'oeil à Lou avant de revenir à lui.


*Bon sang, c'est le rassemblement des Marchombres, ou bien ?*

Et des Marchombres maladroits...


- Ce n'est pas bien grave, adressa-t-elle doucement à l'homme désolé. J'ai d'autres affaires. Enfin, pas sur moi, mais...

Ah.
Mince.

La jeune fille se résigna dans un soupire. Elle n'avait en effet pas emporté d'affaires de rechange, le voyage et son retour étant supposés se faire sur un temps très court. Tant pis, pensa-t-elle, elle garderait son pantalon et tâcherait de le faire sécher quelque part au retour.


- Ce n'est que peu de choses, renchérit Charm dans un sourire qui se voulait rassurant. Vous êtes seul ?, continua-t-il. Pourquoi ne pas venir vous attabler avec nous ? Vous pourrez ainsi vous excusez en offrant quelque chose à cette jeune fille.

Aivy leva les yeux au ciel.

- Ne l'écoutez pas, c'est juste un beau parleur. Lou ?, reprit-elle en s'adressant directement à la jeune femme qui avait observé la scène d'un oeil rieur mais qui était du même côté qu'elle et donc probablement sujette à avoir également reçu un peu de sauce, vous n'avez rien ?

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Lou Ril'Fairy
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MessageSujet: Re: La force d'une rencontre [Aivy]   Jeu 04 Mai 2017, 19:24

Qui aurait cru que ce Rêveur calme, posé et un brin charmeur, avait été autrefois un jeune délinquant ? Fascinée, Lou ne perdit pas une miette du récit de Charm. Connaître l’histoire du gamin rebelle permettait de mieux comprendre l’adulte au regard parfois si nostalgique… C’était un peu triste. Excessive, la réaction du père de Charm n’avait eu pour but que l’épanouissement positif de son fils ; s’il avait pu voir l’homme devenu Rêveur franchir à nouveau les portes du village, il aurait sans doute été fier de lui.

L’expérience à la fois difficile et bénéfique de Charm soulignait les différences qui existaient entre ce monde et celui d’où venait Lou. Elle avait rencontré pas mal de jeunes en grande détresse, des gosses paumés qui n’avaient généralement pas de quoi trouver des réponses à leurs problèmes dans leur environnement. Elle avait aussi croisé des enfants qui, tout comme Charm, auraient eu besoin de trouver leur propre voie en quittant leur foyer et tout ce qui s’y rattachait… Mais, dans son monde à elle, une telle chose était impossible.

Est-ce que Gwendalavir offrait une liberté qui n’existait nulle part ailleurs ? La marchombre s’abîma un instant dans la réflexion. Celle-ci s’était déjà posée bien sûr, et comme chaque fois la réponse qui lui vint naturellement fut oui. Oui, la liberté s’apprenait dans cet univers découvert par le plus grand et le plus beau des hasards. Mais ici, liberté rimait avec danger et nul n’était à l’abris des mauvaises surprise qu’une vie aventureuse connaissait…

Aivy répondit à sa question avec humilité, ramenant Lou dans leur monde et leur présent. La marchombre observa la jeune fille avec attention, toujours avec cette furieuse impression de reconnaître quelque chose en elle, sans parvenir à savoir de quoi il s’agissait ; sensation fugace qui s’éclaircit un bref instant, avant qu’un incident de sauce ne vienne dissoudre l’image qui se formait dans son esprit.

La sauce venait de la table voisine. Le hasard, particulièrement malin et joueur, avait voulu que l’homme qui mangeait tranquillement son repas fasse soudain un geste un peu brusque, au moment précis où la serveuse passait près de lui. Cela se passa en moins de trois secondes, mais Lou trouva quand même le temps de décaler son assiette, évitant d’être touchée elle aussi, et c’est ainsi qu’elle devint la seule et unique rescapée de cet attentat à la sauce.

Le responsable de ce remue-ménage, c’était un homme qui attirait l’attention tout en demeurant étonnamment discret : l’on tombait d’abord sur le blanc immaculé de ses cheveux, puis dans le bleu cobalt de son regard avant d’être saisi par le charme de son sourire confus. C’était tout pour les gens alentours mais pour Lou, c’était loin d’être fini ! Elle nota les vêtements de cuir, remarqua les mouvements empreints d’une souplesse équivoque, perçut cette lumière si particulière qui émanait, non seulement des yeux, mais de la personne toute entière.

Marchombre.

Jusqu’au bout des ongles !

Et ce marchombre, elle le connaissait. Elle ne lui avait jamais parlé, n’avait jamais eu l’occasion de le faire dans un monde aussi grand que l’Académie mais, un jour, elle l’avait aperçu par une fenêtre de l’école, en train d’ébouriffer les cheveux de sa fille ; sans parvenir à distinguer ses traits ni à entendre sa voix, elle avait trouvé cet homme aussi impressionnant que ce qu’en disaient les murmures des élèves – et les récits passionnés d’Ylléna.

Un sourire naquit sur les lèvres de Lou lorsque Charm invita leur voisin maladroit à s’asseoir à leur table. Elle se décala pour lui faire de la place et lui adressa un clin d’œil quand il la remercia silencieusement.

- Lou ? Vous n’avez rien ?
- Rien contre le tutoiement, non ! Mais ton pantalon fait triste mine…


Lou pencha la tête sur le côté et se mordit pensivement la lèvre en regardant la tâche qui ne laissait aucun doute quant à l’avenir du vêtement.

- Viens, dit-elle à Aivy avant de repousser sa chaise. Messieurs, si vous voulez bien nous excuser un instant : sauvetage vestimentaire en cours !


*


- Tiens, essaie-moi ça.

Lou tendait un pantalon récupéré dans les fontes de la selle de Lilune ; noir et souple, le vêtement était supposé être à la bonne taille puisqu’elle ne dépassait la jeune fille que d’un demi-cheveu. Il était peut-être un peu large pour ses hanches, mais avec une ceinture, il lui irait parfaitement !

- Garde-le, ajouta Lou en se perchant sur le rebord d’une fenêtre pendant qu’Aivy se changeait. Il remplacera ton pantalon tout neuf…

Elles étaient dans l’arrière cuisine, à l’abris des regards indiscrets. Des caisses remplies de bouteilles envahissaient l’espace, chacune recouverte d’une fine couche de poussière dont les grains, petits points de lumière, scintillaient dans le rayon de soleil que la minuscule fenêtre laissait passer dans la pièce. Aivy se trouvait dans son axe, de sorte que ses cheveux flamboyaient comme un feu sauvage. C’est à ce moment-là que le déclic se fit.

Enfin.

- Tu es une marchombre !

Lou se frappa le front de sa paume – c’était tellement évident tout à coup ! N’avait-elle pas déjà croisé cette chevelure au détour d’un couloir, dans l’Académie ? Le regard amusé d’Aivy confirma ses paroles.

- Et tu m’as reconnue depuis longtemps, toi…

Soupir.
Sourire.

- Je n’ai pas la mémoire des visages, mais je savais bien que cette petite flamme qui brûle en toi et se reflète dans tes cheveux, elle, ne m’était pas inconnue…

Lou sauta de son perchoir et observa Aivy, satisfaite.

- Génial, il te va beaucoup mieux qu’à moi ! On retourne finir notre repas ? Notre ami maladroit est supposé t’offrir un verre, non ?

Aivy avait-elle reconnu le marchombre aux cheveux blancs ? Bien sûr. Mémoire des visages ou non, il y a des liens qui ne s’ignorent pas et celui qui reliait imperceptiblement les trois marchombres était immanquable.
Pour eux.


*


Lou se laissa tomber sur sa chaise et, presque immédiatement, replia ses jambes en tailleur. Elle saisit son verre et le leva, rieuse :

- A la sauce maladroite qui nous offre la chance de découvrir une autre histoire !

Celle d’Erwan Narcos, Lou la connaissait un peu. Juste un petit peu et, à travers les quelques paroles d’une petite fille aux yeux indigo et surtout, à travers ce qu’elle n’avait pas dit. Perdre un être cher, cela ne s’explique pas et cela se partage difficilement. Lou en savait quelque chose… Elle choqua son verre contre celui de ses camarades et, après une gorgée qui la rafraîchit, elle reprit la conversation là où elle en était avant que le hasard se mêle de ce qui ne le concernait pas :

- Je me rends à Al-Jeit, mais plutôt que d’emprunter la route principale, j’ai préféré allonger mon trajet en visitant la région. C’est le meilleur moyen de rencontrer des personnes étonnantes, non ?

Etonnantes, c’était le mot.

- Or donc, nous avons un Rêveur qui revient sur les traces de son passé, poursuivit-elle en pointant un doigt vers Charm, une voyageuse aux cheveux de feu qui l’accompagne – le doigt se pointa sur Aivy –, une aventurière devenue championne d’un petit village qu’elle ne connaissait pas ce matin – elle se désigna elle-même – et…

Lou s’arrêta, le doigt tendu dans la direction d’Erwan.

- Tu n’es pas venu uniquement pour t’illustrer par ta maladresse, n’est-ce pas ?

Oui, il y avait bel et bien une note d’amusement dans le ton de Lou. C’était dans sa nature après tout. Mais un fin observateur serait capable de déceler l’humour de la moquerie, et elle pariait volontiers ses lames qu’Erwan était fin observateur.

Très, très fin.

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« C'est impossible », dit la Fierté.
« C'est risqué », dit l'Expérience.
« C'est sans issue », dit la Raison.
« Essayons.. », murmure le Coeur.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: La force d'une rencontre [Aivy]   Mer 17 Mai 2017, 23:08

La jeune fille rousse lui répondit qu'elle avait d'autres affaires… Mais pas sur elle. Erwan allait proposer de lui en acheter immédiatement quand le Rêveur à la bure, à ses côtés, s'adressa à lui.
Pourquoi ne pas venir vous attabler avec nous ? Vous pourrez ainsi vous excusez en offrant quelque chose à cette jeune fille.
- Je pense que lui offrir des affaires serait plus utile qu'une autre boisson…
- Ne l'écoutez pas, c'est juste un beau parleur.

Cela tira un sourire à Erwan, qui inclina légèrement le menton vers l'avant.
- Lou ? Vous n’avez rien ?
- Rien contre le tutoiement, non ! Mais ton pantalon fait triste mine…


Erwan reconnut cette jeune femme qui venait de répondre, en la détaillant plus longuement que précédemment. Lou. Enfin, il ne connaissait jusqu'alors pas son prénom, mais sa silhouette, son aura : cela lui revenait désormais, il l'avait croisée à l'Académie. Il la salua en clignant lentement des paupières, et laissa les deux jeunes femmes disparaître plus loin pour le "sauvetage vestimentaire" comme l'avait si bien dit Lou.


Le Rêveur insista pour qu'il vienne s'asseoir à leur table, et comme les vêtements avaient été pris en charge, Erwan devait en effet bien un verre à la jeune fille. Aivy, lui dit le Rêveur… Et il ne put s'empêcher de se dire que la vie semblait lui mettre des références à Libertée vraiment partout. Parce que oui, il avait retenu le prénom d'Aivy, qui était son apprentie… Il poussa un soupir, alors que Lou et l'apprentie Marchombre arrivaient et s'asseyaient à nouveau à la table.


Il ne put s'empêcher de noter que Lou ramena immédiatement ses jambes en tailleur sur sa chaise et cela lui tira un sourire : cela lui donnait un air innocent et enfantin… mais surtout insouciant. Il lui fallut plusieurs secondes pour joindre son verre à celui des trois personnes à la table dans un sourire amusé envers lui-même.



- Je me rends à Al-Jeit, mais plutôt que d’emprunter la route principale, j’ai préféré allonger mon trajet en visitant la région. C’est le meilleur moyen de rencontrer des personnes étonnantes, non ?

Erwan eut un petit sourire : des personnes étonnantes ? Soit. Il pouvait bien accorder cela à la Marchombre. Mais on pouvait aussi rencontrer des surprises moins plaisantes. Quoi que, désormais Erwan n'était plus vraiment dans l'optique de se protéger : il savait que sa fille était à l'abri, et puis il se sentait de plus en plus vivant à côtoyer des situations dangereuses. Cela avait tendance à le désorienter, d'ailleurs.

- Or donc, nous avons un Rêveur qui revient sur les traces de son passé,, une voyageuse aux cheveux de feu qui l’accompagne, une aventurière devenue championne d’un petit village qu’elle ne connaissait pas ce matin et… Tu n’es pas venu uniquement pour t’illustrer par ta maladresse, n’est-ce pas ?
Le Marchombre eut un sourire amusé à l'adresse de Lou, et se redressa légèrement dans sa chaise. Son sourire s'étira une seconde de plus.


Il se pencha une seconde en avant, vers Charm, sa fourchette vola en l'air dans un tintement… Il la rattrapa de justesse avant qu'elle ne se plante, piques en premier, dans la cuisse du Rêveur.

- Maladresse mal adressée…? Il redressa le poignet, tapa dans sa cuillère qui s'envola au dessus de la tête d'Aivy, prit le temps de poser et ordonner sa fourchette avant d'attraper le couvert au vol juste derrière le crâne de l'apprentie. Maladresse bien adressée… ou…?
Son coude frappa son couteau, qui parti pointe vers l'avant au milieu de la table, buta contre le bord d'un verre et fit un tour et demi pour se retrouver manche pointé vers Lou. Tout ça, en moins de dix secondes.
Bonne adresse ?
Il rit de bon coeur, avant de se redresser une nouvelle fois contre le dossier de sa chaise. Il récupéra sa fourchette, et avala une nouvelle bouchée de son propre plat, adressant un clin d'oeil à Aivy.

- Ceci dit, non, en effet, je ne suis pas venu ici pour cela. Surtout pour manger ce délicieux plat qui a une sacrée réputation ! Sinon, je balade. J'avais besoin d'air… et de changement.
Il ne put s'empêcher de lever les yeux vers Lou une seconde en disant ça, avant de les monter au ciel, et avaler une autre bouchée.
- C'est assez amusant, quand on y pense, de se retrouver spécifiquement ici.

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MessageSujet: Re: La force d'une rencontre [Aivy]   Mer 31 Mai 2017, 19:14

Et un pantalon fichu.

Aivy ne grogna même pas et se contenta de soupirer. L'esprit ailleurs, elle observait le nouvel arrivant avec beaucoup de concentration, tentant de percer les mystères qu'li portait avec lui. L'impression de souplesse qu'il dégageait ainsi que sa grande assurance eurent tôt fait d'impressionner la jeune fille, et elle laissa accéder à son esprit une interrogation quant au nom de ses apprentis. Les connaissait-ils ? Le nom du Marchombre ne lui était pas encore accessible mais elle pressentait bien qu'il s'agissait, au vu de sa carrure physique et de tout ce qu'il dégageait, d'un maître et non d'un simple étudiant. A moins qu'il ne fut simple voyageur en ces temps de rencontre ?

La jeune femme n'eut pas le temps de se poser plus de questions ; Lou l'attira jusque dans l'arrière-cuisine pour lui offrir un sauvetage en bonne et due forme. Une moue gênée sur le visage, elle accepta l'offrande par politesse et avec un grand soulagement. Alors que sa sauveuse du jour se tournait vers la fenêtre pour observer le paysage, Aivy entreprit de rouler ce qui lui servait d'épave de pantalon pour enfiler celui prêté par la blonde. Un sourire se dessina sur son visage lorsqu'elle acheva de le faire monter sur ses hanches et constata qu'il lui allait sans problèmes. Elle se tourna vers Lou en se mordant la lèvre inférieure, le cœur battant d'appréhension suite à la tournure étrange qu'avaient pris les émotions, et s'apprêta à la remercier.

Elle n'en eut pas le temps.


- Tu es une Marchombre !

L'apprentie fronça les sourcils alors qu'un nouveau sourire envahissait son visage à la remarque qui suivit. Oui, elle l'avait reconnue ; sa grande sensibilité avait fait d'elle une émotive et une intuitive assidue. Mais elle n'en voulait pas à Lou d'avoir ignoré jusqu'ici sa propre nature à elle, d'autant que sa réplique n'était pas entièrement juste. Elle se contenta de laisser échapper un petit rire avant de s'accouder au mur pour lui répondre dans un hochement de tête négatif :

- Juste une apprentie. Tu connais Libertée ?

Le regard de la jeune femme se voila de tristesse à la mention du nom et elle lâcha un soupire.
Rapidement remplacé par un nouveau sourire, il quitta la pièce en même temps qu'elle.



*



La rencontre était amusante, venait de décréter le dernier arrivé après un petit tour d'adresse particulièrement impressionnant. Aivy approuva d'un hochement de tête alors qu'elle achevait de trinquer avec Charm, qui regardait le Marchombre aux cheveux blancs d'un air de profonde fascination. L'apprentie reconnut dans ses yeux l'intérêt presque scientifique d'un homme curieux de tout, et surtout de ce qu'il ne connaissait pas. Le Rêveur n'avait aucune idée de ce qui se faisait précisément à l'Académie. Ni Mia, seul lien entre elle et lui avant qu'il ne rencontre Aivy, ni cette dernière, ne s'étaient empressées de lui raconter ce qui se tramait derrière les hauts murs de cet endroit étrange et reculé près du lac. Il se doutait bien évidemment que quelque chose d'inhabituel et de particulièrement excitant s'y trouvait, mais puisqu'il était une personne civilisée et particulièrement respectueuse, il n'avait rien demandé.

Aivy sentit pourtant bien, à cette lueur au fond de son regard, qu'il mourrait d'envie de poser la question.
Elle parla avant. [i]
[/i]

- Le changement est souvent salutaire. On dirait que beaucoup de personnes se trouvent sur le point de changer, de vie, depuis quelques temps...

La référence à Lib et Tsu était claire uniquement dans sa tête mais cela lui suffisait puisqu'elle pouvait toucher chacune des personnes présentes autour de la table. La jeune femme avança doucement sa main vers la paille qui dépassait de sa coupe et entreprit de jouer avec tout en captant le regard explicite que lançait le nouvel arrivant à Lou, regard qui lui tira un sourire tant il semblait emprunt de sincérité. Puissant sans être intéressé pour autant. Aivy admirait la force d'un tel regard, bien incapable qu'elle était de faire dans la finesse et le manque d’ambiguïté. Charm était un Rêveur-ami particulièrement tolérant envers elle sur ce point, et elle le remercia mentalement à ce moment même de ne pas l'avoir poussée à s'exposer outre-mesure comme il savait parfois le faire lorsqu'il confondait leur thérapie et un simple coup à boire.


- Tout cela me semble captivant, reprit le Rêveur dans un sourire mystérieux tout en achevant de descendre son jus de fruits. Si cela n'est pas indiscret, depuis combien de temps vous connaissez-vous ? Vous semblez aussi proches que deux personnes peuvent l'être, mais... Pas dans un sens courant, ajouta-t-il.

La question, adressée à Lou et au nouveau venu aux cheveux blancs, fit tiquer Aivy qui se retint de le frapper tant elle semblait inappropriée. Elle se contenta de le fusiller du regard et n'obtint qu'un air moqueur en retour.

Son propre regard dériva alors vers les deux autres personnes présentes. Elle se doutait qu'il ne s'agissait plus d'apprentis au vu de leur âge et de l'harmonie totale qui se dégageait de leur corps - la même que celle qui tournait constamment autour de Libertée, exception faite de la fois où, bouleversée, elle les avait laissées Tsukia et elle dans une caravane pour aller nul ne savait où - retrouver Gil, peut-être ? Elle-même avait encore un visage marqué par l'enfance et greffé sur un corps d'adulte. Le fait que Lou l'ait identifiée comme Marchombre avait fait gonfler son égo une seconde, puis elle s'était ravisée. S'il s'agissait bien de deux Marchombres accomplis qui se trouvaient près d'elle, peut-être n'était-elle pas à sa place.

Ou peut-être était-elle justement au bon endroit au bon moment par la force du hasard, idée qui lui plaisait bien plus que la première.

Sans relever la question de Charm, elle attendit avec appréhension une réponse qui promettait, connaissant les Marchombres, de se faire toute en nuances et en mystères creusés. Charm se mettait sans doute le doigt dans l'oeil à croire que les explications tomberaient du ciel aussi facilement...

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Lou Ril'Fairy
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MessageSujet: Re: La force d'une rencontre [Aivy]   Dim 04 Juin 2017, 13:12

Elle avait lancé le défi la première. En évoquant le terme « maladresse » sur un ton imperceptiblement moqueur, Lou avait donné à Erwan l’occasion de faire ses preuves. Elle n’avait toutefois pas songé qu’il s’exécuterait aussitôt et un sourire ravi se dessina sur ses lèvres : maladroit, lui ? Certainement pas ! En réalité, ce qui attira davantage l’attention de la jeune femme, c’est son soudain changement de posture, d’attitude… de façon d’être. En un clin d’œil adressé à Aivy, il était passé de l’homme discret et légèrement embarrassé au gamin pitre et joueur.

Elle se demanda quelle part de lui l’emportait réellement.

- J’avais besoin d’air… et de changement, dit-il d’un ton léger, juste avant de croiser brièvement son regard. C’est assez amusant, quand on y pense, de se retrouver spécifiquement ici.

Bien sûr. Trois marchombres au même endroit et au même moment, c’était rare. Une perle du destin ? Lou n’y croyait pas particulièrement avant de découvrir l’existence de ce monde. Depuis, elle était beaucoup plus encline à s’intéresser à ce genre d’éventualité… en face d’elle, Charm ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais Aivy lui coupa l’herbe sous le pied :

- Le changement est souvent salutaire. On dirait que beaucoup de personnes se trouvent sur le point de changer, de vie, depuis quelques temps…

Lou hocha la tête. La vie était synonyme de changements, pour elle, parce que c’était dans sa nature de femme inlassablement curieuse et indomptable, et aussi parce qu’en suivant Yoran, elle avait découvert à quel point cette réalité était vraie : si la vie est un chemin, alors celui-ci n’est pas rectiligne. Juste une succession de courbes et un enchaînement de carrefours ou le moindre choix mène à une autre décision. C’était bien, comme ça. Cela permettait de ne pas s’ennuyer. N’est-ce pas ?

En l’occurrence, Lou ne s’ennuyait pas du tout. Elle se régalait dans tous les sens du terme : le plat qu’elle savourait confirmait la réputation de l’établissement et ravissait ses papilles tout en satisfaisant son appétit. La présence de ses nouveaux amis l’enchantait. Aivy était peut-être la plus discrète, et l’on devinait aisément qu’elle était distraite par ses propres pensées ; lorsque Lou l’avait reconnue, pourtant, elle avait vu naître sur ses lèvres un sourire extatique et dans ses yeux, une étoile s’était allumée. Un instant.

Charm, en face d’elle, était un véritable livre ouvert. Il suffisait de le regarder quelques secondes pour deviner le fond de ses pensées. Aivy pouvait lui couper la parole autant qu’elle le souhaitait, Lou s’amusait à déchiffrer ses expressions pour comprendre ce qu’il avait dans la tête. Elle sentait venir la question et s’amusait à imaginer un compte à rebours dans sa tête. Compte qui perdait parfois le fil puisque la plus grande partie de son attention se portait sur Erwan Narcos.

Le marchombre était repassé en mode « sage ». Et ça lui allait bien aussi. Lou était fascinée par la blancheur immaculée de ses cheveux et le bleu glacé de ses yeux. C’était une combinaison originale ! Au moins autant que son attitude. On aurait dit un caméléon tant il était capable de se fondre avec aisance dans son environnement. Lou sourit. Mignon petit caméléon… Hé oh, ma fille, tu oublies de compter !

Trois…
Deux…
Un…


- Tout cela me semble captivant…

Zéro !!!

- … Si cela n’est pas trop indiscret, depuis combien de temps vous connaissez-vous ? Vous semblez aussi proches que deux personnes peuvent l’être, mais… Pas dans un sens courant.

Lou éclata de rire, un rire joyeux mais pas moqueur : Charm était un Rêveur décidément très, très fin pour avoir senti ce genre de chose. Sa spontanéité lui valut un regard noir de la part d’Aivy mais la marchombre aux cheveux blonds se contenta de lui décocher un clin d’œil lumineux.

Et malicieux.

- Eh bien, dit-elle en attrapant innocemment le couteau qu’Erwan avait envoyé dans sa direction, disons que nous sommes… doués d’une maladresse commune.

Le couvert dansa un instant avant de fuser, si vite que les regards n’eurent pas le temps de le suivre. Ils s’écarquillèrent en découvrant la lame du couteau plantée entre deux doigts de la main d’Erwan. Aucune égratignure sur la peau de l’homme, ni aucune trace de peur dans le bleu vif de ses yeux. Charm secoua la tête. Une foule d’autres questions se bousculaient sur ses lèvres mais avant qu’il ait eu le temps de les organiser pour les laisser naître, une silhouette aussi haute que large se matérialisa soudain dans le dos de Lou. Elle pencha la tête en arrière et découvrit, à l’envers, le visage de Garen.

- Rebonjour !
- T’as du boulot, Championne.
- Pardon ?


Amusé, le colosse se pencha pour appuyer ses mains sur le dossier de la chaise de Lou, rapprochant son visage du sien.

- Tes adversaires t’attendent dehors.

Il sourit et s’éclipsa. Lou baissa la tête et croisa le regard de Charm.

- Qu’est-ce qu’il veut dire ?
- Que tu vas devoir te battre. C’est ça, le rôle du Champion : enchaîner les défis jusqu’à perdre son titre.
- D’accord.


Un éclair de surprise traversa le regard du Rêveur. Pour avoir grandi dans ce village, il avait vu se succéder les Champions mais aucun ne ressemblait à Lou ; elle acceptait les enjeux d’un titre dont elle ignorait l’existence seulement quelques heures plus tôt et ne semblait pas effrayée par les cris qui jaillissaient depuis l’extérieur. Des cris sauvages et puissants. Charm haussa un sourcil. Il avait beau avoir vu Garen se faire battre à plate couture, il ne pouvait s’empêcher de douter qu’une femme aussi menue que Lou puisse faire mordre la poussière à tous ces barbares qui attendaient dehors. Mais la Championne repoussa son assiette et se leva souplement.

- Dans ce cas, je vais aller calmer ces tas de muscles ! Une dernière question, Charm…
- Oui ?
- Je peux choisir mon adversaire ?
- Bien sûr. C’est un droit qui te revient.
- Noté ! Vous me gardez une part de dessert ?


A sa grande surprise, ses trois compagnons se levèrent.

- On te l’emmène, annonça Charm dans un sourire, avant de croiser le regard de la tenancière, laquelle hocha énergiquement la tête.

Et tout le monde, dans l’auberge, suivit Lou dehors.


*


Au centre d’une foule compacte et attentive, Lou leva les yeux vers l’homme – encore un colosse – qui la toisait.

- Bonjour. C’est quoi ton nom ?
- Adam.
- Enchantée, Adam, moi c’est Lou !


Elle tendit la main. Franchement surpris, il en fit autant…
… et se retrouva à terre. Sans avoir compris ce qui lui était arrivé. Lou se pencha sur lui.

- Désolée, ce n’était pas très honnête. On recommence ?
- Je veux bien.


Elle lui tendit à nouveau la main pour l’aider à se redresser mais, méfiant, il se leva par ses propres moyens. Il possédait une large épée qu’il n’avait pas encore dégainée. Devant sa retenue, plus honorable que l’empressement dont avait fait preuve Garen, Lou décida de lui accorder cette joie : elle glissa la main dans son dos et tira l’une de ses lames. Longue, mince, légèrement incurvée, elle ne valait absolument pas celle que tira Adam.

Lou se mit en garde.

- Prêt ?
- Prêt.
- C’est parti !


Lou se fendit, bondit, tourbillonna.
Sa lame dansa, étincela, virevolta.

*Tching*

L’épée d’Adam vola et tomba dans la poussière, à quelques pas d’eux. Son propriétaire ne lui jeta pas un seul coup d’œil. Il n’avait d’yeux que pour la Championne. Elle avait posé sa lame contre son cou mais souriait comme s’ils étaient en train de discuter.

- Comment as-tu fait ça ?
- Secret de Championne !

Sidéré, Adam ramassa son épée et rejoignit la foule qui se déchaînait : chacun voulait affronter Lou. Elle prit le temps de rengainer son épée avant de tendre la main, doigt tendu, et de se mettre à tourner lentement sur elle-même. Son doigt passait d’un volontaire à l’autre, ralentissait parfois, continuait toujours. S’arrêta finalement sur le seul et unique homme qui ne criait pas.

Erwan.

Lou retourna son poignet, paume vers le ciel, et replia son doigt en une invitation claire. Cette fois-ci, elle le défiait pour de vrai !

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« C'est impossible », dit la Fierté.
« C'est risqué », dit l'Expérience.
« C'est sans issue », dit la Raison.
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MessageSujet: Re: La force d'une rencontre [Aivy]   Mer 14 Juin 2017, 16:39

- Si cela n'est pas indiscret, depuis combien de temps vous connaissez-vous ? Vous semblez aussi proches que deux personnes peuvent l'être, mais... Pas dans un sens courant


Erwan ne put s'empêcher d'arborer un sourire amusé et ambigu face à cette question… Et bien, plus qu'indiscrète d'un point de vue objectif, mais qui finalement était presque innocente compte tenu des circonstances : après tout, il ne connaissait ni Aivy, ni Lou, à part peut-être de vue juste parce qu'il avait eu l'occasion de les croiser au détour d'un couloir.
Certes, il en connaissai tun tout petit peu plus sur Aivy parce que Libertée lui avait parlé de ses apprenties, mais c'était bien la première fois qu'il interéagissait verbalement avec elle.


Et Lou se débrouilla très bien avec ça tandis qu'Erwan gardait un silence qui aurait pu porter largement à confusion.

- Disons que nous sommes… doués d’une maladresse commune.
Il lui décocha un sourire amusé, avant lever les yeux au ciel quand le couteau qu'elle tenait se planta entre deux de ses doigts. Il l'avait vue venir, mais devait avouer qu'il appréciait cette initiative un peu hors du commun malgré tout.
Cependant, il remarqua rapidement l'homme qui s'avançait vers Lou, un molosse aux épaules aussi larges que son buste était haut. Apparemment, c'était l'un des combattants qui attendait son tour pour défier la "Championne" du village.


C'était effrayant comme les gens s'identifiaient à des combats sans utilité autre que de se montrer.
Poussant un petit soupir, Erwan jeta un coup d'oeil en direction d'Aivy et Charm, et ils se levèrent à l'unisson pour suivre Lou qui sortait après avoir demandé si elle pouvait choisir son adversaire.


La réponse de Charm fit tiquer Erwan.
Oh, il sentait arriver la suite…



*


Le Marchombre apprécia la technique simpliste mais rudement efficace de Lou face à Adam. Mais comme il l'avait deviné, il avait bien senti la suite. Parce que quand la Marchombre eut à choisir son adversaire et que chacun se pressait à qui-le-mieux en hurlant pour attirer l'attention de la jeune femme blonde.


Les doigts croisés sur la poitrine, Erwan attendait, un sourire énigmatique sur les lèvres…
Et ne fut définitivement pas surpris quand Lou le désigna lui.


Il montra cependant son amusement un peu exaspéré en levant les yeux au ciel. Un coup d'oeil vers Charm et Aivy lui apprit que eux étaient surpris, et il ne fut que hausser les épaules. Il n'avait pas spécialement envie de se battre, mais après tout, pourquoi pas.


C'était un combat amical, même si la Marchombre avait une épée à la main.
Lui cependant se contenta d'entrer dans le cercle de combat sans arme nulle part. Après tout, il n'avait plus que son pantalon de rechange et même plus de haut. Rien à cacher.


Il faisait un contraste étonnant avec les précédents adversaires de Lou, même s'il était lui aussi immense. Mais sa musculature était plus fine, moins encombrante, plus endurante et efficace. Il restait cependant bien plus grand que Lou, petite graine de femme, plus grande que Miss ne l'avait été et définitivement plus grande que Libertée cependant.
Pourquoi pensait-il à ça ?
Clignant des yeux pour se recentrer dans le présent, il joua un instant des épaules, avant de descendre légèrement sur ses articulations des genoux et des chevilles, léger mais ancré dans le sol.



- Prête ? demanda-t-il, une étincelle dans le regard.

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