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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 10 Mai 2017, 00:14

♠☽Ylléna



Les yeux plongés dans le feu, ou plutôt sur les flammes qui brûlent fièrement - notre premier feu à nous deux, seuls, au milieu de nulle part mais surtout pas à l’Académie ! - je suis en train de repenser à ce que le Rêveur m’a dit, à Nuati.
Il m’a filé pleins d’herbes - enfin, une sorte de synergie d’herbes - qu’il faut que je boive tous les jours pour… nous protéger. Enfin, surtout moi - c’est moi qui peut tomber enceinte, pas Lyke ni aucun autre garçon ! Ouais, j’avais pas réalisé les risques ; pour moi, à mon âge, je pouvais pas risquer quoi que ce soit, mais le fait que je saigne déjà régulièrement apparemment, ça change carrément la donne. Bon.
Maintenant, j’ai plus de raison de m’inquiéter. N’empêche que ça me travaille, et que j’ai eu le bon réflexe d’en parler au Rêveur. Apparemment, tout était bon pour moi, et il n’y a rien eu à faire - et heureusement ! - et de boire ce truc, ça devrait empêcher le reste. Mais après, je sais pas.


Ça me travaille.


J’ai envie de recommencer, et pourtant ça m’a un peu coupé le sifflet, cette histoire. Je me sens ruminer, et j’aime pas ça. Je m’ébroue tout seule, finit ma tisane et prends une inspiration. Bon.


- Hé, Yll ? Prête pour une deuxième leçon ?
Je me fige une seconde, me demandant si ses pensées ont suivi le même cours que les miennes… Avant de secouer la tête : nan, c'est un mec, il peut pas penser pareil, de base. Mais bref, je lève les yeux vers lui, quelques secondes.
Bon, je fais quoi ? Je dis oui ? Normalement c'est tout bon. Et j'ai envie de recommencer.
Et de le voir me détailler comme ça, de voir que ce qu'il voit semble lui plaire, j'avoue que c'est agréable. Et tentant. Et excitant. Et j'ai envie de sentir ses dents dans mon cou, voilà.


Je relève le menton. Je laisse mon regard se planter dans le sien, en sentant un frisson me remonter dans le dos. Brr. Alors, quoi ?
Je fais quoi ?
Je me lèche la lèvre inférieure soudain sèche. Je cligne des yeux. Je m'éclaircis la gorge alors que mon coeur s'emballe dans ma poitrine.


- Deuxième leçon ? On change de position alors ?
J'ai un peu peur d'avoir encore mal. Je vais sans doute avoir encore mal, en fait. Je lève les yeux vers Lyke, quelques secondes, et fronce les sourcils.
- Dis, je peux t'enlever tes vêtements ?
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 10 Mai 2017, 20:10

★♤Lyke




Yll ne répond pas tout de suite. Les secondes filent, flèches d’éternité qui fige mon souffle dans ma poitrine. Je la sens hésiter. Normal ! Si elle a semblé apprécier notre dernière nuit, ça ne l’a pas empêché d’avoir mal au moment où mon coup de hanche a dérobé sa virginité… Peut-être qu’elle ne se sent pas de remettre ça aussi rapidement ? Je parais probablement détaché mais au fond de moi, une véritable tempête se soulève. Et se déchaîne. Seconde après seconde. J’imagine le pire : j’imagine qu’elle me reproche mon manque de patience, ou bien mon trop plein de sollicitude. Je me dis qu’elle n’a plus envie de poursuivre ses explorations avec moi. Un souvenir me revient, qui fait naître une boule d’anxiété dans ma gorge : tout à l’heure, elle a insisté pour parler avec le Rêveur qui s’est occupé de mes blessures. Je n’ai pas fait attention, j’étais en train de me rhabiller, encore étonné du travail formidable effectué sur des lésions pourtant graves… Je n’ai pas fait attention. Et soudain, je me sens pâlir. Pas fait attention. Non seulement j’ai manqué à une responsabilité qui est devenue la mienne depuis que j’ai commencé à être actif sexuellement, mais en plus je n’ai même pas abordé la question avec Yll. Je ferme les yeux, écoeuré par ma propre naïveté – celle qui me sépare encore complètement du monde des adultes. Comment ai-je pu être aussi… aussi con ? Le silence s’éternise, je me noie dans mes pensées. Je comprends mieux l’hésitation d’Yll. Si elle me dit non, je respecterai sa décision. Si elle ne veut plus de moi…

- Deuxième leçon ? On change de position alors ?

Mes yeux se rouvrent, et je me retrouve à fixer stupidement les étoiles. En fait, je ne suis pas certain d’avoir compris alors, toujours aussi stupidement, je répète ses derniers mots :

- Changer de position ?

Est-ce vraiment ce qu’elle me demande ? Je veux dire, est-ce qu’elle réalise à quel point elle est désirable quand elle pose cette question ? Désirable. Ylléna. J’écarquille les yeux, peinant encore à réaliser… Pourtant c’est vrai, je brûle d’envie de recommencer ce que nous avons fait cette nuit. Dans toutes les positions qu’elle imaginera.

- Dis, je peux t’enlever tes vêtements ?

Là, c’est plus fort que moi, j’éclate de rire. Pas un rire moqueur, plutôt un rire amusé-excité. Et, il faut bien l’avouer, un brin désarmé… Cette spontanéité, c’est sa marque. Certains s’en lassent peut-être, mais pas moi. Je tourne la tête dans sa direction, observe sa silhouette qui se découpe dans la nuit. Sourit.

- Pas tous en même temps. Chacun son tour : je te pose une question, si tu y réponds convenablement je t’autorise à retirer quelque chose de ma personne. Et à me poser une question à ton tour. Si ma réponse te va, je retire une couche de tes vêtements.

L’idée vient juste de me venir, et je ne sais pas d’où elle arrive. Je suis juste d’humeur joueuse ce soir, ranimé par l’envie curieuse que je devine chez elle, rassuré par sa tranquillité ; si quelque chose n’allait pas, elle m’en aurait déjà parlé. Je me redresse en forçant sur mes abdos, ravi de pouvoir bouger sans crainte de souffrir cette fois, et me déplace pour lui faire de la place sur ma couverture. Elle est assise à côté de moi, assez près pour que je sente sa chaleur. Son parfum chatouille mes narines, je secoue la tête et m’astreins au calme. A la patience. Si je m’écoutais, je lui sauterais dessus… Mais non. Pas maintenant. Pas ce soir. Hier, nous avons été trop vite, pressés par la nouveauté, bousculés par l’envie brutale, la fatigue et la maladresse… Je veux lui apprendre l’attente. La frustration qui nait de la lenteur. Le délice onctueusement irritant des préliminaires. Je veux faire en sorte qu’elle ne ressente aucune douleur ce soir.

Est-ce que j’en suis capable ?

- A toi l’honneur, p’tite tête.

Murmure fiévreux.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 10 Mai 2017, 20:30

♠☽Ylléna



- T'as jamais tué personne, toi, non ?

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 10 Mai 2017, 20:59

(Surprise... soupir.)

- Non. J'ai déjà vu Syn le faire, Erwan aussi, et Ciel... mais moi je n'ai jamais eu à tuer personne. Et pour être franc, je ne sais pas si j'en serai capable un jour.

(Mes doigts frôle sa veste. Je la retire doucement.)

Toi aussi, tu fais partie de ceux qui ont déjà ôté une vie... Comment est-ce que tu fais pour... accepter ? Cet acte commis ?

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 10 Mai 2017, 21:06

♠☽Ylléna



- C'était eux ou moi. Marche ou crève. Ma sécurité contre leur vie. Faut bien faire une sélection. Et la sélection naturelle c'est : les faibles crèvent, les forts vivent. Moi, je veux vivre. C'est comme ça, c'est le cycle de la vie, de l'évolution des espèces.


J'attrape les bords de sa veste aussi, pour l'enlever doucement. J'ai un peu peur de le faire fuir, là tout de suite. Il est gentil, bon, généreux, je suis sûre qu'il aurait même du mal à faire du mal à une mouche ! Est-ce que je gâche le moment en disant tout ça ?
Je secoue la tête.


- Je te fais peur ?

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 10 Mai 2017, 21:30

- Non. Tu m'impressionnes.

(La réponse a jailli sans que je cherche à la retenir. Un jour, Syn m'a dit que les mots sont pareils à une cascade vive, qu'il suffit d'être soi-même pour laisser s'ouvrir l'écluse de l'âme... Je commence à comprendre. Tout doucement.)

Je suis d'accord avec toi, tu sais... Je veux dire, je sais très bien que survivre implique de faire des choix extrêmes. Tu vas sans doute trouver ça idiot mais, en fait, je crois que ce qui m'effraie plus que donner la mort, c'est... l'après. L'état d'esprit qui suit. Je suis quelqu'un qui réfléchit beaucoup, trop peut-être, alors après une telle chose, je me demande comment je ferai pour ne pas étouffer sous le poids de tout ça.

*Ahem*

Bon, à mon tour...


(Je me penche, attrape sa jambe droite et retire sa botte pour la jeter un peu plus loin.)

Tu serais vraiment partie sans moi ?

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 10 Mai 2017, 21:38

♠☽Ylléna





- Oui. Pourquoi ? Tu es parti sans moi des dizaines de fois.

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 10 Mai 2017, 21:52

- C'est pas pareil ! Je n'étais pas tout seul. Cette aventure, c'est une première...

(Je hausse les épaules.)

Enfin, c'est une question un peu nulle en fait. Je ne t'aurais pas laissée partir toute seule. On ne se débarrasse pas de moi si facilement !

Et je te signale que tu as oublié de me retirer une couche. Un gage pour toi. C'est moi qui t'en ôte deux, pour la peine.


(Je dégage l'autre botte, puis je tire sur une chaussette. Et en profite pour lui chatouiller la plante des pieds.)

Ta plus grande peur, qu'est-ce que c'est ?

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 10 Mai 2017, 22:07

♠☽Ylléna





- Je sais pas.
Je réfléchis encore quelques secondes, mais là comme ça, y'a rien qui me vient. Alors, je hausse les épaules.
- Non, je sais pas.
J'attrape le bord de son haut et le tire au dessus de sa tête. On veut largement faire ça avec des chaussettes, mais pour le reste…
- On t'a déjà fait une pipe ?

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 10 Mai 2017, 22:20

- Moi non p...

(Mon haut passant sur mon visage me coupe la parole. Me voilà torse nu, enfin, bandé plutôt, et l'air frais de la nuit me tire un léger frisson.)

Heuuu... non.

(Nerea a seulement fait ça avec ses doigts. C'était pas mal du tout, ceci dit ! Je la regarde un instant et puis, sans prévenir, je me penche vers elle. Mon visage se rapproche du sien, ma bouche effleure la sienne, continue son voyage en caressant sa joue, s'arrête à son oreille tandis que ma main défait le lien de sa tresse et lâche ses cheveux... Murmure.)

... mais ce doit être intense.

(Je recule légèrement)

Qu'est-ce que tu as envie de faire ? D'essayer ?

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 10 Mai 2017, 22:29

♠☽Ylléna





Un sourire de satisfaction étire mes lèvres.
- C'est ce que j'ai envie de faire là, maintenant..
Et… Puis je passe ma langue sur mes lèvres, qui sont si proches de son visage pour l'instant. Je sens le haut de mes joues rosir, mais je ne baisse pas le regard, bien qu'un soupir s'échappe de ma gorge.
- Tu en as envie ?

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Jeu 11 Mai 2017, 18:25

★♤Lyke




- Tu… veux… Tu veux…

Merde, alors ! Quitte à être complètement abasourdi, est-ce que je peux au moins avoir l’air moins stupide ? C’est quand même moi, le plus expérimenté, le plus mûr des deux, non ? Alors pourquoi la question d’Yll me met dans un état pareil ? Je me dis d’abord que c’est le sujet précis de sa demande qui provoque cet état que je qualifie de « légume ». Faut dire qu’on ne me demande pas tous les jours si on peut me faire une pipe. Et puis, d’un seul coup, je réalise que je me trompe. Complètement et sur toute la ligne ! Ce n’est pas ce qu’elle me demande qui me laisse pantois, c’est ce qu’elle attend de moi. De nous. Une découverte commune, une prise de risque aussi, sans doute, mais finalement, ça ne change pas beaucoup de ce que nous connaissons ! Le mot-clé qui m’a échappé un bref instant, c’est « ensemble ». Enfin, il ne m’a pas échappé, il m’abrutit totalement, oui ! Je passe la main dans mes cheveux pour dissimuler cette jolie plantade intellectuelle – et me laisser le temps de reprendre mes esprits. Bon sang. Si je parviens à revenir à l’Académie entier – et donc avec tous mes neurones, je serai un héros !

- Oui, je réponds enfin. Oui, oui, oui. Oui !

Désolant.

- Excuse-moi, Yll, c’est juste que… tu viens probablement de réduire la moitié de mon cerveau en purée façon Mia. Très, très fine.

Je me suis laissé prendre à mon propre jeu, finalement : c’est elle qui m’observe, vaguement narquoise, et c’est moi qui perd les pédales… Mon souffle s’accélère. Je décide d’arrêter de parler puisque ça ne me réussit pas du tout. Ce n’est pas ce qu’elle attend, de toute façon. Ma réponse, ma vraie réponse, elle ne se traduit pas en mots. Juste en actions. Une main qui se tend. Frôlement. Sa joue est toute douce, on dirait que sa peau est faite de soie. C’est drôle, mais ça me rappelle un peu la finesse des écailles qui recouvrent son corps de serpent… Et penser à un serpent quand on est sur le point d’embrasser une fille, ce n’est pas très logique. Ni très sain, je pense. Et puis, zut. Ce n’est pas n’importe quelle fille, c’est Ylléna. Une fille capable de se métamorphoser en reptile à sa guise. De voyager, parfaitement libre et heureuse, à l’âge de treize ans. De parler de pipe comme s’il s’agissait de la pluie et du beau temps. Sans plus attendre, je glisse ma main derrière sa nuque, sous le voile épais de ses cheveux détachés, attire son visage vers moi et m’empare de ses lèvres. Je voulais aller doucement, nous nous télescopons pratiquement ; pourtant ce n’est pas aussi maladroit qu’hier. Juste impatient. Terriblement impatient. Sans cesser de l’embrasser, d’éprouver la chaude texture de ses lèvres, je prends sa main dans la mienne et la pose sur mon pantalon. Exactement à l’endroit où elle a laissé ses doigts courir sur le pantalon de Terkan.

Terkan… mes pensées s’égarent encore un bref instant. Il a laissé deux types interrompre un moment délicieux et important. Maintenant que je suis à sa place, je suis sûr d’une chose : la personne qui commettra la folie d’intervenir dans les prochaines minutes se prendra un Lyke dans la figure. Au sens propre du terme. Et puis, enfin, je décide d’abandonner mes réflexions. Je me concentre sur la pression des doigts contre mon désir, celle de ses lèvres contre les miennes, sur son souffle qui s’accélère à son tour, sur mes mains qui passent sous son haut, sur… ce qu’elle veut. J’accepte l’idée que je suis un débutant en la matière. Je suis son premier amant – wouah, c’est étrange de nous définir de cette façon –, elle est la première à me faire… ça.

Je suis quand même légèrement tendu.

… et si jamais elle me mord ??

__________________________________________

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Jeu 11 Mai 2017, 19:30

♠☽Ylléna



Je ne peux pas m'empêcher d'avoir un sourire moqueur quand je vois littéralement le visage de Lyke se décomposer. Et en bien hein, pas comme s'il avait peur ou s'il était pris la main dans le sac : nan, plutôt en mode " oh putain elle veut vraiment faire ça ? Qu'on fasse ça ? ".
Alors ouais, je suis sans doute un peu matoise, mais on ne peut pas m'en vouloir.


- Excuse-moi, Yll, c’est juste que… tu viens probablement de réduire la moitié de mon cerveau en purée façon Mia. Très, très fine.
J'éclate de rire en basculant presque en arrière. J'avoue que j'aime me dire que c'est moi qui lui fait un effet pareil. C'est quand même vachement cool, alors que y'a quelques jours, il ne me voyait pas du tout comme une nana pour qui il aurait pu avoir un quelconque attrait… attraction, désir, bref.
Ça doit vouloir dire que j'ai réussi mon coup. En fait, je sais pas exactement ce qui a fait le déclic : le baiser surprise ? Nan, il a dit que c'était dégoûtant à ce moment-là.
Je me renfrogne sur moi-même, toute seule. Il devait bien le penser à ce moment-là, et du coup mon coeur fait une embardée dans ma poitrine… Avant que je sente ses doigts dans ma nuque et ses lèvres sur les miennes.


Bon.
Je crois que je peux bien avancer que finalement, ça doit pas être si dégoutant pour lui, car il recommencerait pas autant sinon. Ça veut dire que j'embrasse pas trop mal ? Y'a d'autres trucs que je sais faire plutôt bien, et il va en avoir un aperçu bientôt !
Quand il dirige ma main sur son pantalon, je lui mords les lèvres. Je suis trop impatiente, j'ai envie de connaître son goût, .


Je sens qu'il se tend soudain, alors que les couches qui restaient s'enlèvent entre mes doigts. Je cligne des yeux, et relève le menton un instant pour planter mon regard dans le sien.
- Détends toi et apprécie. Ouais, c'est des ordres.


Et alors ?


*


On a levé le camp à peu près une heure après que le soleil ai franchi la ligne de l'horizon. Le temps de se réveiller de notre nuit, manger trois bouts et remonter à cheval.
Nyuu est beaucoup plus calme qu'au début du voyage, et franchement tant mieux : parce que moi, je suis claquée ! J'arrête pas de repenser à hier soir aussi. J'ai beaucoup trop aimé faire ça, puis on a attendu un peu et on a fait autre chose. Mais franchement…
Je passe ma langue sur mes lèvres à chaque fois que j'y repense. Oui, j'arrête pas de me refaire la scène dans ma tête. De me dire que tout son langage corporel - et aussi le fait que ça ai été si court ! - hurlait que c'était trop bon.


Je secoue la tête avant de me tortiller sur la selle, et jète un regard à la dérobée à Lyke. Bon. C'est pas tout, mais je veux avancer, je pense qu'on a encore deux bonnes journées de cheval avant d'arriver.
Alors, d'un mouvement de hanches - rah et maintenant je ne pense qu'à ça - je mets Nyuu au trot tranquillement. Et puis, avant la fin de la journée, on trouve un endroit où on peut monter un camp, un peu loin de la route.


Ma jument est vite pansée. Elle n'a presque pas transpiré de la journée, donc ça va. Puis, avant de manger, je me tourne vers Lyke en fronçant les sourcils. On est en plein dans le truc d'indépendance et d'autonomie, et là, j'ai une envie brûlante…
De me battre !


Alors, je me redresse avant de bondir sur mes pieds, plantant mes poings sur mes hanches. Je lève le menton de manière provocatrice - même s'il est bien plus grand que moi.
- Apprends moi ce que tu sais, sur le combat ! Si tu sais rien… Ben je propose qu'on se batte. Voilà.


Je me mords la lèvre inférieure. J'ai plein d'énergie à dépenser, là tout de suite !

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Jeu 11 Mai 2017, 23:00

★♤Lyke




- Apprends-moi ce que tu sais, sur le combat !

Un ordre.
Encore.

Et sur mes lèvres, un franc sourire.


* * *


Etendu sur le dos, en nage et le souffle court, je tente de reprendre mes esprits. Difficile. Non : impossible. Mes pensées ont bel et bien fichu le camp. Pourquoi ? Parce qu’Yll a pris toute la place. Oui, cette petite chose, là, qui m’arrive à peine à l’épaule, elle commence à prendre une place considérable. Ou alors… Ou alors c’est le cas depuis toujours, ce que je suis plus enclin à croire, mais maintenant, c’est différent. Nom d’une chiure de mouche, comme dirait Syn, c’est même le jour et la nuit ! Est-ce que c’est bien mon insupportable « bébé » qui vient de me vider de mes forces ? Vidé. C’est le mot juste. Je suis incapable de bouger. Mes bras sont lourds. Mes poumons cherchent encore de l’air. Et dans ma poitrine, il y a un tambour. Celui qui joue est en pleine forme ! Mais moi je suis à plat, là… et je me sens bien. Comme sur un petit nuage. Soudain, je fronce les sourcils et, sans trop savoir comment, je me redresse sur un coude pour chercher le regard d’Yll.

Ce que j’y découvre réduit ma brusque anxiété en miettes. Elle va bien. Non seulement elle va bien, mais en plus elle semble déjà prête à me sauter dessus ! Je demande une trêve. Oui, je sais, c’est pas très glorieux… enfin non, je ne sais pas trop, en fait. Je suppose que je manque d’endurance, c’est même certain, toutefois je suis assez lucide pour savoir que c’est quelque chose qui se travaille et qui s’améliore ! Par contre, mon corps a besoin d’un minimum de temps pour récupérer. Du temps que je sais pouvoir employer efficacement. Sans prévenir, j’attrape Yll dans mes bras, la fait basculer sur le dos… et avec l’application d’un apprenti, je me charge de lui rendre la pareille. On va voir si elle a plus de souffle que moi !


* * *


En me réveillant ce matin, je constate un fait intéressant : faire l’amour, et tout ce qui va avec, ça file autant de courbatures qu’une bonne heure passée à courir dans un bon rythme. J’ignore si c’est aussi efficace, mais je me sens en forme et détendu comme lorsque je me lève à l’aube afin de m’entraîner, et ça, c’est bon signe ! Bien sûr, Yll dort comme une souche. Elle bouge beaucoup dans son sommeil, au point qu’il m’a fallu m’éloigner un peu, histoire d’éviter les coups de pieds et les coups de coude qu’elle s’est évertuée à me donner. Je compte bien lui rendre la monnaie de sa pièce… pourquoi pas maintenant ? Je me lève, bâille, étire mes muscles, récupère mes vêtements éparpillés un peu partout, m’habille, sourit en voyant qu’elle n’a pas bougé d’un cheveu… et verse un peu d’eau de ma gourde sur son visage. Œil pour œil !!!

C’est donc en chamailleries teintées des échos de notre enfance que nous reprenons la route. Nyyu et Grésille nous rapprochent tranquillement de notre destination. La piste que nous suivons serpente entre les hautes herbes de la plaine et longe, à distance raisonnable, le Pollimage. Le paysage change, les bois se font plus rares, les espaces plus grands ; demain, nous atteindrons les premiers villages, qui se multiplieront au fur et à mesure que nous nous rapprocherons d’Al-Jeit. Mais pour l’instant, c’est l’herbe à perte de vue ! Quelques nuages croisent notre route. L’un d’eux ne peut s’empêcher de faire pluie-pluie, alors que nous faisons une courte halte pour reposer les juments et manger un morceau, mais l’averse ne dure pas et le soleil revient vite nous réchauffer de ses rayons. Et nous chevauchons, encore, et encore. Parfois, Yll s’élance au galop et je m’efforce de la rattraper, ou bien c’est moi qui part à toute vitesse et c’est elle qui me poursuit. Mais le plus souvent, nous avançons de concert et nous bavardons. Je surprends ses coups d’œil, ses sourires en coin, le mordillement pensif de ses lèvres, et je sais qu’elle pense à la nuit dernière. Moi aussi. Régulièrement, mes pensées me ramènent vers ces instants de plaisir pur, de découverte mutuelle et d’abandon délicieux. Il faut alors que je me secoue pour éviter à mon ventre de s’échauffer, mais l’effort est important ; aussi, c’est avec un immense soulagement que je mets pied à terre alors que le couchant s’estompe, impuissant face à la nuit qui s’installe tranquillement. Voilà. Plus vite couchés, plus vite… mmh. Couchés.

Sauf qu’Ylléna a une autre idée en tête, ce soir. J’aurai dû le voir venir, elle avait le regard beaucoup trop brillant pendant qu’on mangeait notre repas, et puis elle remuait pas mal, visiblement incapable de tenir en place – enfin, plus que d’habitude, s’entend. Distrait par mes propres pensées, je n’ai pas compris qu’elle avait un nouveau plan. Alors, quand elle bondit sur ses pieds et pose les mains sur les hanches, je devine sa question – non, son ordre – avant même qu’il ait éclos dans la réalité.

- Apprends-moi ce que tu sais, sur le combat ! Si tu sais rien… Ben je propose qu’on se batte. Voilà.

Qu’est-ce que je disais ? Encore un ordre… qui n’empêche pas un sourire de se coller sur mes lèvres.

- Bonne idée !

Je me lève, plein d’entrain et d’assurance ; la bagarre, ça me connait ! Pas seulement parce que je suis un garçon. Généralement, c’est Yll qui déclenche les disputes et donne les premiers coups de poings. Mais là, comme tout ce qui nous arrive depuis le début de cette aventure, eh bien, c’est différent : différent d’une rixe enfantine et innocente, différent d’une dispute pour déterminer qui a raison, différent d’une joute verbale pour s’asticoter l’un l’autre. Ylléna ne veut pas se bagarrer, elle veut se battre. La nuance est infime, sauf pour nous. Nous, des enfants de Marchombres. Qui avons grandi dans une école où maîtres et élèves se côtoient quotidiennement. S’entraînent, se dépassent, progressent ensemble. Nous avons baigné dans cet univers d’exercices requérant précision, attention, perception. Nous sommes pétris de mots forts tels que « silence », « souplesse » ou encore « harmonie ». C’est un savoir qui vit en nous. Il ne nous donne pas pour autant accès aux capacités remarquables de nos aînés, ce serait bien trop simple et, d’une certaine façon, décevant ; mais que nous le voulions ou non, l’âme des Marchombres pulse en nous, dans nos veines, véritable énergie qu’il nous tarde d’apprendre à maîtriser.

Apprendre ce que je sais du combat ? C’est peu de chose, en vérité. C’est toutefois une base qui est solide, je pense. J’ai passé du temps à observer les membres de l’Académie, des heures à imiter leurs postures, leur furtivité, leur agilité ; Syn a commencé à développer cela en moi. A plusieurs reprises, déjà, elle m’a demandé de l’affronter. Pas dans le but de gagner – remporter un duel contre un maître marchombre ? La belle affaire ! – mais pour émailler mes gestes de conseils, pour rectifier ma position et me permettre de progresser vers… mes propres objectifs. C’est sans doute ce que souhaite Ylléna. Quoique… à la voir sautiller comme une puce, je pense qu’elle a surtout besoin d’évacuer un peu le trop-plein d’énergie que je vois briller dans ses yeux. Mon sourire s’agrandit. Il ne s’agit quand même pas de l’épuiser complètement, qu’elle puisse encore être en forme pour l’entraînement qui nous attend cette nuit…

- Commence par essayer de parer mes attaques. Non, ne râle pas : si tu veux te battre, sois d’abord capable de te défendre !

Syn aussi a dû m’enfoncer ça dans le crâne à coup de patience et d’humour… Mais ma râleuse ne sera pas une élève aussi paisible que moi, alors je ne traîne pas. Je lui fonce dessus. Elle bloque mon premier coup de poing grâce à un bon réflexe, dévie de justesse le suivant mais se prend le troisième dans le ventre. Fort. Je recule d’un pas et soutient son regard. Si elle compte sur moi pour retenir mes coups, c’est raté : autant je fais attention à elle en quasi-permanence, y compris quand nous nous câlinons sous les étoiles, autant là, je sais ce que je fais et je suis assez fin pour deviner qu’elle n’attend aucune compassion de ma part. Elle veut apprendre…

- A ton tour maintenant. Vise les points vitaux. Donne de la puissance à tes attaques, mais contrôle ta force : évite de me tuer si tu veux que je t’accompagne jusqu’à la fin de ce voyage…

Dans un petit coin de ma tête, je me surprends à espérer que cette fin n’arrive pas trop vite.

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Ven 12 Mai 2017, 00:15

♠☽Ylléna



Ouch.
Je cligne des yeux un instant, vacillant sous la force de l'impact. Ça fait mal, mais je serre les dents : j'en attendais pas moins de Lyke ! J'en ai un peu marre qu'il me protège pour tout et rien, et si j'ai demandé à me battre, c'est pas pour rien : je sais à quel point les coups peuvent être durs et violents en situations réelle. Qu'il ne retienne pas ses coups !


- A ton tour maintenant. Vise les points vitaux. Donne de la puissance à tes attaques, mais contrôle ta force : évite de me tuer si tu veux que je t’accompagne jusqu’à la fin de ce voyage…


Hein ? Quoi ? Mais il ne m'a attaquée que trois fois et je me suis faite avoir comme une bleue ! Je le fixe un instant. Retenir ma force ne va pas être facile en fait, je le sais : j'ai toujours tendance à tout donner. Mais j'ai pas envie d'esquinter Lyke non plus, mais je veux pas lui laisser une chance non plus !
Je sens que ma langue se cale entre mes dents le temps que je réfléchisse. Je dois y aller suffisamment fort pour pouvoir espérer avoir un effet et rebondir de mes propres attaques, mais pas trop non plus.


Bon.
Je lève les yeux, tourne quelques secondes autour de lui. Je détaille sa position, je ne peux pas m'empêcher de siffler en glissant ma langue entre mes lèvres et mes dents du devant. Je sens mon instinct animal bondir dans ma gorge, et je m'immobilise, essayant de contrôler cet élan violent.


Je tente de me convaincre que ce n'est pas un ennemi, que je n'ai pas besoin de le tuer. Du coup, mon humeur combative retombe complètement : si je ne suis pas en danger, je n'ai aucune nécessité de me battre. Mais si ! Il faut que j'apprenne ! Que je forge mes réflexes !
La rage de vaincre remonte, je me sens plus déterminée, mais je repousse la violence qui tente de m'envahir.


Je fais un pas en arrière, détaille la posture de Lyke, fronce les sourcils un instant.
Okay.
Alors, enfin, je m'avance vivement, jaillissement reptilien. Je vise son sternum du poing droit, me faufile sous son bras pour tourner sur moi-même et frapper du coude gauche dans ses cotes….


Hé merde !
J'arrête mon geste une demie-seconde trop tard.



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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Dim 14 Mai 2017, 17:49

★♤Lyke




Surprise. J’aime la voir scintiller dans les prunelles indigo de mon amie. C’est rare, le contraire est bien plus fréquent alors oui, quand il m’arrive de la prendre de cours comme ça, j’apprécie l’instant. Ce n’est toutefois qu’un instant, aussi fugace qu’un coup de vent et je lève mes bras, coudes rentrés, pour conserver une garde haute et solide : quand Yll va attaquer, ça va faire mal. Elle doit penser la même chose parce que son sifflement est tout sauf engageant. Un sifflement de reptile. Je hausse légèrement les sourcils. Elle ne va quand même pas se transformer maintenant ? En plein combat ? Je me doute que pour me surprendre, elle est prête à tout. Prête à ça. Une assez bonne technique qui a déjà fait ses preuves dans le Désert des Murmures, mais moi je connais cette botte secrète. Cela ne fonctionnera pas contre moi. Et puis soudain, Yll change d’attitude : elle se fige, sa langue disparaît derrière ses dents, et je lis dans son regard qu’elle tente de se calmer.

J’ai grandi à ses côtés. Le don qui lui est propre m’est presque aussi familier que si j’étais moi-même un métamorphe : je sais exactement dans quel ordre se font les changements, je devine les libertés et les limites qui incombent à une telle capacité et je connais les effets rémanents. Je préfère ce terme à « effets secondaires », parce que la métamorphose d’Yll n’est pas et ne sera jamais une maladie qu’il faut soigner à tout prix. C’est une partie d’elle, au même titre que la couleur intrigante de ses yeux ou encore le grain de beauté qui marque sa peau au niveau de la clavicule droite. Ces effets varient d’une personne à l’autre. Erwan, par exemple, va parfois laisser entrevoir le Jaguar lorsqu’il est en colère : je l’ai si souvent entendu feuler que je m’étonne encore que personne n’ait encore jamais fait le rapprochement. En réalité, je suis trop proche d’eux pour les voir à l’instar d’une personne qui ne les connait pas… Les terminaisons nerveuses d’Yll sont plus sensibles que la normale et son odorat très fin. J’ai intégré ces particularités aussi naturellement que sa façon de poser des questions à tour de bras et sans queue ni tête, mais au fur et à mesure que nous grandissons, je prends conscience de la dualité qui s’opère en elle. Le Serpent fait partie de sa personne tout en étant parfaitement distinct. Elle est bien plus à l’aise que son père quand il est question de métamorphose, mais cela n’empêche pas qu’il lui faudra parfois lutter pour trouver le bon équilibre entre sa part animale et sa part humaine. Comme maintenant. L’adrénaline de l’action mêlée à la volonté de me faire mordre la poussière font intervenir l’instinct du reptile, et si tout autre que moi n’aurait pas noté ce sifflement, je sais très bien ce qu’il en est.

Une idée traverse soudain mon esprit, aussi brève et lumineuse qu’un éclair, mais c’est assez pour me faire perdre un instant le fil des événements. Du combat que je suis en train de mener. Yll a bondi avec la vivacité d’un serpent. Je ne possède pas d’instinct animal, moi, mais j’ai déjà commencé à travailler mes réflexes et ils me permettent d’éviter le premier coup de poing, parfaitement ajusté… pour ne pas me toucher. C’est de son coude qu’Yll veut me frapper. Elle est passée sous mon bras quand je me suis focalisée sur le sien, et…


* * *


J’ai treize ans et je cours à en perdre haleine. Parce que je ne veux surtout pas la manquer, ni être en retard. Les regards surpris se posent sur moi tandis que je cavale comme un dératé à travers les longs couloirs de l’Académie. Une voix moqueuse m’interpelle. Je l’ignore. J’ai à faire. Sans ralentir l’allure, je m’élance hors de l’école, dans la fraîcheur d’une douce journée d’hiver, et mes pas résonnent sur le sol recouvert d’une mince pellicule blanche. Heureusement que ce n’est pas du givre, sans quoi je me serais retrouvé les quatre fers en l’air plus d’une fois ! Cela ne m’aurait pas arrêté. Rien ne peut le faire, cette certitude pulse en moi et me donne des ailes. Je m’enfonce dans le bois, emprunte un sentier que je connais sur le bout des doigts, bifurque pour couper par un chemin plus court. Lorsque j’arrive enfin dans la clairière où s’entraînent les membres de l’Académie, je suis en nage et je n’ai plus de souffle du tout. Ce n’est pas grave.
Elle est là.

Assise en tailleur sur une large souche, ses courts cheveux bleu vif brillant dans la lumière du soleil, Syndrell me regarde approcher en cherchant désespérément de l’air. Elle m’observe un instant en silence, puis l’un de ses sourcils s’envole.

- Tu t’es fait courser par un ours ?
- Non… je ne… voulais pas… arriver… en retard.


Les mains sur les genoux, j’halète pitoyablement.

- Pourquoi ? Ce n’est pas un cours, tu peux te permettre d’arriver quelques minutes après l’heure que nous avons fixé…
- Non.


Je regrette, mais non. J’ai beau savoir qu’il ne s’agit pas d’un cours, que Syndrell ne me forme pas comme elle forme Darwen et Narek, il n’empêche que cette première leçon compte beaucoup pour moi. Comment en apprécier la vraie valeur si je ne peux pas m’astreindre à une certaine rigueur ? Je ne dois pas être en retard. Et je dois arrêter de ressembler à un poisson qui se débat hors de l’eau ! Je me redresse vaillamment et plonge mon regard dans l’or en fusion de celui de mon amie. Je sais qu’elle comprend mon état d’esprit parce qu’elle cligne doucement des paupières, un étrange sourire aux lèvres. L’instant d’après, elle saute de son perchoir avec la souplesse féline d’un chat et fait quelques pas dans l’herbe blanchie. Impatience et excitation me font oublier les effets de ma course. C’est presque en sautillant que je la suis. J’attends ce moment depuis si longtemps !

- Calme-toi.

C’est un conseil, pas un ordre, mais il est difficile à suivre : j’ai l’impression que mon cœur va jaillir hors de ma poitrine à tout instant. Conscient que je ne vais arriver à rien si je ne l’écoute pas, je me force à respirer doucement, à relâcher la tension qui s’est accumulée dans mes épaules, dans mon dos. Pendant ce temps, Syndrell entoure consciencieusement ses mains et ses avant-bras d’une bande noire. Quand je réalise qu’il s’agit de protections, je fronce les sourcils.

- Pourquoi… pourquoi fais-tu ça ?
- Ça quoi ?


Je montre ses bras.

- Ah, ça ! Eh bien, pour éviter d’être blessée.
- Mais c’est inutile ! Je veux dire… tu es…
- Je suis ?


Ce qu’elle est pénible quand elle fait ça ! Répéter mes fins de phrase, comme si j’étais un idiot fini… Son sourire achève de me vexer.

- Un maître marchombre, je marmonne en faisant la moue.
- Justement, c’est la raison pour laquelle je mets un point d’honneur à me protéger.
- Je ne comprends pas.
- Tu es dangereux.
- Moi ? Dangereux ? C’est ridicule !
- Non, Lyke, c’est parfaitement logique mais si tu acceptes de patienter encore quelques secondes avant ton premier combat, je vais t’expliquer.


Je ne suis plus vexé ni éberlué.
Mon attention toute entière est braquée sur Syndrell.
Je ne suis plus qu’écoute.

Et respect.

- Tu es un débutant. Tu es plein d’énergie et tu ne sais pas encore la canaliser ni l’utiliser correctement. Dès que tu vas en avoir l’occasion, tu vas frapper vite et fort. Très, très fort.
- Peut-être, mais je ne suis pas…
- Costaud ? Pas encore, non, et pourtant si tu me cognes, tu me feras sans doute mal.
- J’ai du mal à le croire. Tu vas esquiver tous mes coups, non ? Je ne risque pas de te toucher avant un millier d’années !
- Joli compliment ! Heureusement que ce n’est pas tout à fait vrai, je n’aurais rien à t’apprendre si c’était le cas. Lyke, écoute-moi bien : je suis peut-être une marchombre, mais j’ai appris à me battre. Je sais comment frapper et je sais comment maîtriser la force d’une frappe. Lorsque Miss m’enseignait les bases du combat, elle faisait en sorte que je puisse la toucher – même si j’étais convaincue de ne pas y parvenir avant un millier d’années.
- Pourquoi ?
- Parce que je n’aurais pas pu apprendre à maîtriser ma force si mes poings n’avaient jamais rencontré que du vide. Et Miss se protégeait, comme moi à présent, parce que le débutant qui envoie son poing fera plus de dégâts que le confirmé lui faisant face.


Je regarde Syndrell avec des yeux ronds.

- Je suis désolé, je ne comp…

Wow.

Mon cœur fait une embardée et je sursaute, alors que le poing de Syn s’est arrêté à un millimètre à peine de mon menton. Il a fusé comme un éclair, je n’ai rien vu venir, je n’ai rien pu faire. Si elle avait porté son coup jusqu’au bout, je serais dans les vapes. Elle ne l’a pas fait. Elle ne l’a pas fait et le millimètre qui nous sépare rend soudain ses paroles bien plus cohérentes dans mon esprit. Quelque chose se met en place, une logique qui m’échappait jusqu’alors et qui devient mienne.

- J’ai mis assez de puissance et de vitesse dans mon bras pour te tuer, murmure-t-elle, ses yeux dans les miens. Seule une maîtrise parfaite de cette puissance et de cette vitesse m’a permis d’arrêter mon poing juste au bon moment.

Je déglutis, moins frappé par les conséquences évoquées que par le véritable sens de cette démonstration.

- Tu comprends maintenant ? demande-t-elle en reculant d’un pas. Tu es bien plus dangereux que moi parce que toi, tu ne sais pas encore maîtriser ta force et ta puissance. Or je ne compte pas échapper à tes coups parce que sinon tu n’apprendras pas grand-chose. Donc…

Elle lève ses bras bandés et sourit.

- … je me protège. Allez ! Attaque-moi.

Son regard brille intensément.

- Et de toute ta force, jeune homme !



* * *



… je me plie en deux dans un grognement douloureux. Le souffle qui s’échappe de mes poumons sous l’effet du choc met plusieurs secondes à revenir. Mais il revient. Et je me redresse, une grimace sur les lèvres. Bon sang ! C’est qu’elle y a mis toute sa force, la peste ! Le pansement que je n’ai pas pensé à retirer ce matin m’a protégé. En partie. C’est aussi et surtout parce que j’ai contracté les muscles de mon ventre et collé ma langue à mon palais que le coup n’a pas été aussi dur que prévu. Enfin. Ça fait mal quand même, hein…

- Pas mal, dis-je en frottant ma poitrine décidément bien malmenée ces jours-ci. Pas mal du tout même ! Tu pourrais refaire cette parade ?

La leçon de Syndrell est restée gravée en moi mais j’ai bien failli en oublier l’essentiel, tout excité que j’étais à l’idée d’affronter Yll dans un vrai combat. Demain, je me procurerai de quoi nous protéger, elle et moi, lors des joutes qui ne manqueront pas d’émailler nos soirées. En attendant, je sais comment éviter des blessures idiotes : je prends le temps de décortiquer mes mouvements, elle aussi, et c’est bien plus doucement, mais tout aussi intensément, que nous achevons ce premier échange martial. Un échange qui nous laisse en nage, en sueur et vidés de nos forces. Toutes ? Non… Un baiser particulièrement fougueux me le prouve. Je ne suis pas certain que cet autre type de combat soit moins dangereux que le premier, pourtant je m’y abandonne sans la moindre hésitation.



* * *



Il fait nuit noire. Ylléna est blottie contre moi mais, au rythme de sa respiration, je sais qu'elle ne dort pas encore. Mon idée de tout à l'heure s'invite à nouveau dans mon esprit. Je la laisse devenir murmure.

- Yll ? Tu crois que ton Serpent peut t'aider à te battre quand tu es humaine ?

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Lun 15 Mai 2017, 18:02

♠☽Ylléna



- Pas mal. Pas mal du tout même ! Tu pourrais refaire cette parade ?
Je lève les yeux vers lui, une seconde, indécise. Dans l'état actuel des choses, c'est plus de l'instinct et de l'instant présent dont il est question dans ma tête. Est-ce que je suis capable de refaire ça en y pensant ?
En fait, je ne suis même plus sûre de me rappeler de ce que je viens de faire, exactement. Alors, je fronce les sourcils et lève le menton vers Lyke.
- Je sais pas…
Je ne sais pas, mais je vais essayer. Ça, et le reste. Encore et encore !


*


Je suis épuisée. Tout mon corps irradie, je peux sentir mon pouls même dans le creux de mes poignets sans les toucher, dans ma gorge, dans la plante de mes pieds dans… . On a mené deux sortes de combat, ce soir. Enfin, le second, c'est pas trop un combat. C'est sage, c'est doux, et c'est gentil. Ça fait encore un peu mal, évidemment, je me dis que c'est normal, mais ce qui est sûr c'est que c'est de mieux en mieux… Pour moi en tout cas.


Je pousse un petit soupir et sens Lyke à côté de moi qui se tourne légèrement.
- Yll ? Tu crois que ton Serpent peut t'aider à te battre quand tu es humaine ?


Je pousse un soupir, à mon tour, et lève légèrement le menton pour tenter de trouver le regard de Lyke, mais dans la nuit tout reste sombre.
- C'est pas vraiment mon serpent. C'est pas vraiment un serpent. C'est pas comme Papa, c'est pas un truc séparé de moi, c'est juste une autre partie de moi beaucoup plus… je sais pas. Atavique ?
C'est vrai, je sais que Papa fait la distinction entre lui et le Jaguar, parce que c'est comme deux consciences séparées. Pour moi, c'est pas ça du tout, au contraire. C'est juste que c'est moi, Ylléna, qui peut changer de forme. Je change pas vraiment de personnalité ou de manière de penser quand je me transforme, simplement je traite les informations différemment, parce que ce ne sont pas les mêmes informations en tant que corps humain ou que reptile.
Le serpent n'y voit presque rien, mais il sent tout. Il perçoit la chaleur beaucoup plus facilement. Il a l'instinct de survie et celui de la chasse, ces terminaisons nerveuses qui démangent, ce besoin de chaleur.
En tant qu'humaine, je me repose vraiment sur la vue, c'est sûr. Alors oui, j'ai sans doute un odorat plus développé que les autres, et j'ai la chance de percevoir la chaleur des mammifères quand même, comme un sixième ou septième sens.


Alors ouais, y'a cette force, cet instinct, qui me pousse à me battre pour me défendre, et qui ne lâche rien. Mais est-ce qu'au final, c'est pas dans n'importe quel être vivant, ce truc ? Peut-être pas aussi fort, ni de cette manière, mais la survie, c'est quand même intrinsèque au vivant en général. Faut juste que j'apprenne à contrôler ce truc, ou au moins à faire clairement la distinction entre entraînement et situations réellement dangereuse qui peut attenter à ma vie.
Je secoue la tête.
- Tout à l'heure, j'ai un instinct puissant qui m'a renvoyée dans une situation critique, dans mon cerveau. Comme un truc qui me disait "DANGER"en gros, et qu'il fallait que je me débarrasse de la menace. Je suis pas sûre que ça vienne de l'animal, pour moi, tous les humains ont ça… Tous les êtres vivants ont ça.
Après, je me suis retrouvée frustrée de ne pas pouvoir me bouger plus vite, j'avais l'impression d'être affreusement lente et que j'aurais dû pouvoir me déplacer plus rapidement, jaillir plus vivement. Un truc foudroyant comme quand je chasse en étant un serpent. C'est juste que je dois adopter chacun des deux corps et m'ajuster à leurs limites respectives, mais au final, c'est toujours moi là dedans.

Ce qui est sûr, c'est que quand mon ventre chauffe comme ça, c'est clairement pas le serpent. Ça fait déjà un moment - euh… vingt minutes ? - qu'on a fini, alors…


Je tente.
Je bascule au dessus de lui.


*



Sulyvant.
Le dernier village, avant de prendre le dernier tronçon de route qui mène à ce qui a été notre maison. C'est un petit village de pêcheurs, où on allait faire nos courses avec Maman et Papa…
J'avoue que ça fait bizarre. Y'a beaucoup de trucs sous mon crâne, et j'ai envie de pleurer et de courir en même temps, de me cacher et de m'élancer. Je reste accrochée à ma selle un moment, les phalanges blanchies par l'effort, alors que Lyke semble m'attendre, ayant déjà mis pied à terre.
Mon regard vogue sur la rue principale. Ça a quand même changé depuis la dernière fois que je suis venue ici. La vieille dame qui vendait du poisson n'est plus là, remplacée par un jeune homme d'une trentaine d'années. Et le marchand de chaussures aussi a été remplacé.


Dans une expiration tremblante, je finis par réussir à descendre de cheval. Je serre les dents, je sens mon nez qui me pique et le je fronce pour juguler les émotions.
Ça va le faire. Ça va le faire !
J'avance dans la rue, doucement, juste derrière Lyke.


Jusqu'à ce qu'un garçon un peu plus âgé que moi - il doit avoir l'âge de mon meilleur ami, à peu de choses près - m'aborde par la gauche et je recule d'un pas, les sourcils froncés.
- Ylléna ? C'est bien toi ?
Il a les yeux grands ouverts, et moi je fronce encore plus les sourcils. J'avoue que je ne me souviens pas vraiment des gens d'ici. Sans doute parce que mon cerveau a repoussé la peine en bloc, en fait. Mais j'essaye de me souvenir, et je le fixe plusieurs secondes. Son visage se détend, et il me sourit tranquillement, pas vexé le moins du monde apparemment par ma réaction bizarre.
- Tu ne te souviens pas de moi ? Nowen, ça te dit rien ?


Si, la consonance de ce prénom me dit quelque chose, et il me faut encore quelques secondes avant que des bribes de souvenirs ne viennent enfin effleurer ma conscience.
Nowen ! On s'amusait beaucoup plus jeunes, quand j'étais encore avec Maman dans la maison. Il a surement dû voir mon visage se décomposer, entre la joie et la tristesse, et il fronce les sourcils, jète un coup d'oeil vers Lyke. Mais comme je ne bouge pas - j'essaye de calmer mon coeur qui palpite et ma gorge serrée - il semble prendre ça pour une invitation et…


Je me retrouve dans son étreinte.
Et je ne peux pas m'empêcher de fermer les yeux et de me blottir contre lui. Juste parce que là, tout de suite, c'est lui qui m'a prise dans ses bras.

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Ven 19 Mai 2017, 21:33

★♤Lyke





Le soleil est haut lorsque nous atteignons enfin la côte du sud de l’empire. Alors que le sol devient sablonneux, je porte mon regard à l’horizon dans l’espoir de découvrir le Grand Océan, mais de hautes dunes buissonneuses en cachent la vue. Ce n’est pas très grave. Je ne le vois pas mais je l’entends : un roulement sourd et puissant, à la fois lointain et proche. Je ne le vois pas, mais je le sens : le vent porte des embruns salés qui envahissent mon être. C’est drôlement excitant que de toucher au but après quelques jours aussi intenses ! Je me tourne sur ma selle pour échanger un regard entendu avec Yll, mais je la découvre raide, tendue comme un arc et le regard fixe. Perdu dans ses pensées. Un bref instant, je songe l’en tirer par une boutade, mais ma finesse l’emporte et je reste silencieux. Il ne faut pas oublier que notre destination, c’est son ancienne maison…

Les dunes de broussailles et de chardons dévoilent un petit village portuaire, blotti dans le creux de la falaise et ouvert sur une baie bordée de rochers blancs. Havre tranquille où faire provision de solitude est facile ; les yeux perdus dans l’immensité scintillante et salée qui s’étend à perte de vue, je laisse Grésille suivre le pas de Nyyu. J’observe la glisse indolente d’une poignée de chalutiers, suit les circonvolutions de mouettes rieuses dans le ciel, salue d’un sourire deux promeneurs que le beau temps incite à sortir, et je me dis que la vie, ici, ne doit pas être si mal. Nous sommes loin du tumulte causé par les incursions Raïs au nord, et le temps est bien plus clément dans cette région qu’il ne l’est ailleurs dans l’Empire. Constatant qu’Yll est toujours plongée dans un mutisme duquel il serait vain de la sortir, je finis par passer devant elle et nous dépassons ainsi les premières maisons du village. Je ne sais pas tellement où aller, alors je me laisse glisser à terre et attend que mon amie fasse de même avant de me diriger vers le centre. Nous descendons une rue large et bordée de petits commerces. Je suis en train de penser qu’il va nous falloir acheter quelques vivres pour nous réapprovisionner quand une voix masculine s’élève sur ma gauche.

- Ylléna ? C’est bien toi ?

Je me retourne pour découvrir qu’un garçon s’est approché d’Yll. Grand mais moins que moi, athlétique, il a des cheveux en pétard et d’un brun cuivré au soleil, et il fixe de ses grands yeux noisette mon amie qui hésite sur la réaction à adopter.

- Tu ne te souviens pas de moi ? Nowen, ça te dit rien ?

Moi si, vaguement, mais il semble que le cerveau d’Yll tourne au ralenti depuis que nous sommes arrivés sur la côte. Jusqu’à ce qu’une kyrielle d’émotions traverse son regard bleu-violet. Elle se rappelle de lui mais lui, il lui rappelle des souvenirs qui font naître une vague de nostalgie. Je m’apprête à intervenir ; il est plus rapide. Sans prévenir, il l’attrape et la serre dans ses bras, visiblement ému. Mon Ylléna disparait dans son étreinte. Je me demande si elle a l’air aussi petite dans la mienne. Avant de ressentir une morsure, là, au fond de mon ventre. Jalousie ? Sans doute, mais pas celle à laquelle je m’attends : qu’Yll se retrouve dans les bras d’un autre que moi me titille forcément, et pourtant ce n’est pas ce qui me bouleverse le plus. Je suis assez lucide et assez confiant pour savoir qu’en dépit de nos différences et des avenirs sans doute tumultueux qui nous attendent, Yll reste ma meilleure amie. Notre complicité est unique. C’est tout ce qui compte. Non, ce qui me chamboule un instant, au point de me donner le tournis, c’est une prise de conscience brutale : en dehors d’Ylléna, je n’ai pas d’amis. Je veux dire, pas d’amis de mon âge. Syn, Ciel, Dolce, Erwan, Narek, Tsukia, Mia, tous sont plus vieux que moi. Ylléna n’a pas grandi qu’à l’Académie. Elle avait une vie avant, ici, et il y a des gens qui ont fait partie de cette vie, comme ce garçon. J’étais plus âgé qu’elle quand je suis arrivé à l’Académie et pourtant, je n’ai aucun souvenir de ma vie d’avant. Strictement aucun. Si jusqu’alors cela ne m’avait pas particulièrement interpelé, je découvre aujourd’hui à quel point mon enfance a pu nourrir mon envie de solitude et d’aventures.

Oui. Pendant une poignée de secondes, je les regarde tous les deux avec un soupçon de jalousie. Qui s’envole dans un souffle de vent marin, remplacée par une joie sincère : Yll a besoin de revoir des gens qui ont rendu son passé lumineux. Nowen est de ceux-là ; je me souviens maintenant que lorsque nous étions bien plus jeunes, elle me parlait souvent de lui, vantant ses mérites à droite et à gauche. Je m’étais démenée à l’époque pour le surpasser dans l’espoir qu’un jour, nous nous rencontrerions vraiment. Comme quoi, le hasard fait parfois bien les choses…

- Salut, dis-je en tendant une main que Nowen attrape dans la sienne. Moi c’est Lyke.
- Nowen. Tu es un ami d’Ylléna ?


Je cligne des yeux.

- Oui.
- Par la Dame, je n’en reviens pas que vous soyez là… Qu’est-ce qui vous amène à Sulyvant ?


Cette fois, je laisse Yll répondre. Plus question de lui couper l’herbe sous le pied, et puis c’est son plan à elle, cette excursion sur la côte, sur les traces de son passé.

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Sam 20 Mai 2017, 21:30

♠☽Ylléna


Il me serre dans ses bras, et je fini par m’y laisser aller en passant les miens autour de sa taille et en les enroulant autour de ses épaules pour le serrer. Je suis petite comparée à lui, mais finalement c’est juste rassurant. Je peux sentir et entendre son coeur qui fait boumboum dans sa poitrine, et je reconnais son odeur alors que ma joue vient s’écraser contre son torse.
Oui, je reconnais Nowen. Les souvenirs arrivent en masse, tous ces ceux, toutes ces heures ensemble, avec les autres enfants aussi. Quand tout allait bien… ben tout allait bien. Pas de questions bizarres à se poser, rien de flippant à l’horizon. Ce village avait été l’endroit où j’avais grandi aussi, quand même, jusqu’à mes huit ans. Jusqu’à ce que Maman meure.
Je serre plus fort mes bras, me retrouve le nez écrasé contre le sternum de Nowen, et sent ma gorge qui se contracte. Je laisse aller mon souffle, respire son odeur, et j’arrive à me détendre. Oui, Maman est morte, et depuis la seule fois où on est revenus avec Papa, on a retrouvé cette lettre et il y avait les Mercenaires qui nous attendaient.

Je veux vraiment voir la maison. En premier. Et après, j’aimerais revoir les gens d’ici.

Je redresse un peu le menton, et je vois du coin de l’oeil que Lyke s’est approché pour tendre une main vers Nowen. Alors, je me dégage doucement pour les laisser se présenter, frottant mes yeux qui piquent encore un peu. Je sais que quand je fais ça, ça fait encore plus ressortir mes tâches de rousseur, mais tant pis. Je les regarde se serrer la main, je peux pas m’empêcher de secouer la tête avec un sourire difficile : ça fait bizarre, en fait.
Juste bizarre.
Et je me souviens que j’étais amoureuse de Nowen gamine. C’est pour ça que j’ai reconnu son odeur aussi, je pense, d’ailleurs. Je secoue la tête une seconde fois, essayant de chasser mes pensées.

- Tu es un ami d’Ylléna ? Je ne peux m’empêcher d’avoir un sourire en coin et de détailler la réaction de Lyke. Qui ne se laisse pas abattre ! Il  a l’air d’hésiter une seconde, comme s’il se demandait ce que j’attendais de lui qu’il répondre. Mais il dit ce qu’il veut, hein. J’ai pas grand chose à dire de plus, moi je sais à quoi m’en tenir dans ma tête… Enfin, je crois.
- Oui.
- Par la Dame, je n’en reviens pas que vous soyez là… Qu’est-ce qui vous amène à Sulyvant ?


Je capte le regard de mon meilleur ami et pousse un petit soupir. Bon. Va falloir que je me lance. Je me passe une main dans les cheveux pour repousser les bébés cheveux qui sont collés sur mon front, échappés de ma tresse.
- Je veux aller voir mon ancienne maison.
Nowen se figea et fronça les sourcils. Il sembla un peu perdu, un instant, et je le vis se mordre la lèvre comme s’il réfléchissait. Réfléchir à quoi ?
- C’est pas une bonne idée.
Je sens la moutarde me monter au nez très vite, et je plante mes poings sur mes hanches en faisant demi-tour.
- Ça ne m’empêchera pas de le faire quand même ! je lance, fière, mais les dents serrées.
- Yll… C’est que… Elle a brûlé.
- QUOI ?!
Je le vois qui se tord les doigts, le menton baissé, et ma colère est soufflée d’un coup alors qu’il me fait un peu de la peine.
- C’était l’été dernier. On a vu du village une grosse purée de pois monter vers le ciel, vers la côte, et quand on est arrivé les derniers foyers étaient en train de s’éteindre avec le vent… Il ne reste plus rien…

Je reste immobile, poignardée en plein bide face à cette nouvelle. Est-ce que c’était un accident ou intentionnel ? Qui aurait pu mettre le feu à la maison ? Les Mercenaires ? Je secoue la tête, je sens mon menton qui frémit mais je m’efforce de ne pas craquer. Pas là, pas maintenant.

Sans un regard pour les garçons, je serre les poings, fais volte-face, et prends la direction de la maison directement. Il y a encore une bonne heure de marche, je le sais, mais tant pis…
Et en fait, il faut que je courre.
Je m’élance à peine la sortie du village franchie, sans réfléchir, dans un rythme rapide. Mes poumons me suivent, je sens mon corps qui bat à grands coups réguliers alors que mon cerveau est à mille à l’heure.

Est-ce qu’il va rester des trucs dans les cendres ? Et les belles porcelaines de Maman que Papa n’a jamais récupérées ? Les lettres, Papa les avaient prises, je le sais… Et je ne sais pas ce qu’il en a fait. Ce sont potentiellement les dernières choses qui existent, et qui ont un rapport avec Maman.
Alors je cours, je cours.
Mes poumons ne me brûlent même pas, ma foulée est toujours régulière mais ample et rapide.
Je cours, je cours.
Essuyant, de rage, les larmes qui n’arrêtent pas de déborder de mes yeux. Je n’ai rien à pleurer, Maman est partie, morte, depuis longtemps, et je l’ai accepté. Mais j’avoue que savoir que la maison n’existe plus…

Ça va être comme un autre deuil, en fait.
Alors, quand je franchis la dernière colline, je ralentis dans la descente alors que l’emplacement de la maison ne présente qu’un sol noir de débris.

Et je finis par m’arrêter là. A quelques mètres des débris.
Les yeux fixés dans le vague.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Dim 21 Mai 2017, 11:24

★♤Lyke




- Je veux aller voir mon ancienne maison…
- C’est pas une bonne idée.


Oh, oh. Est-ce qu’Yll a perçu la tension dans la voix de Nowen, là, à l’instant ? C’était infime et s’il s’était agi de n’importe quel autre sujet, je n’aurais sans doute rien remarqué du tout. Mais il s’est raidi et ses doigts, crispés sur ses mains, ont blanchi. Mon cœur se met à battre plus vite.

Yll…

- Ça ne m’empêchera pas de le faire quand même !

Bien sûr que non, rien ne peut empêcher une Ylléna lancée comme une flèche.
Mais…

- Yll… C’est que… Elle a brûlé.

Je ferme les yeux tandis que l’excitation de notre arrivée se retrouve balayée par un brutal coup de vent. C’est tellement injuste ! Je rouvre les paupières et regarde Ylléna. C’est injuste et, pour elle, ce doit être terrible.

C’est terrible.

Je vois son menton trembler, ses yeux s’ouvrir en grand, à la fois pour lutter contre l’énorme vague de tristesse qui doit être en train de s’abattre sur elle et pour chercher une solution, une porte de sortie – le moindre indice prouvant que Nowen ne dit pas la vérité. Je comprends que lorsque Syndrell m’a annoncé la mort de ma mère, j’ai dû avoir ce regard-là. Désemparé. Perdu dans l’incompréhension la plus totale, tiraillé entre un espoir de fou et une fureur indicible. Yll finit par tourner les talons. Aussitôt Nowen fait un pas en avant, prêt à la suivre, peut-être à la retenir – mais c’est moi qui le retiens en posant une main sur son épaule.

- Laisse-lui un peu d’avance.
- Mais…
- Elle a besoin d’un peu de temps et de beaucoup de solitude pour digérer ça.


Moi aussi, mais je compte bien retrouver mon amie et sans Nowen, je ne risque pas d’aller bien loin. Le ventre noué, je me hisse sur le dos de Grésille et désigne Nyyu dont je tiens toujours la bride à la main.

- Tu m’ouvres le chemin ?

Un peu pâle, Nowen hésite. Une poignée de secondes s’envole. S’il décide d’en rester là, je comprendrai. Et j’irai seul chercher Ylléna. Mais alors que je m’apprête à tourner bride, il saisit la selle de Nyyu et pose le pied dans l’étrier pour se jucher sur son dos. Sans un mot, il récupère les guides de la jument, presse doucement les genoux et la fait avancer au pas.
Grésille et moi sur les talons.


* * *


Le passage est sinueux, la végétation luxuriante et c’est sous un tunnel de verdure que Nowen et moi, nous avançons l’un derrière l’autre. Le silence dans lequel nous a plongé sa révélation me permet de réfléchir un peu à la situation. Je ne peux pas m’empêcher de me demander si le feu qui a vraisemblablement détruit l’ancienne maison d’Yll n’est autre qu’un triste accident… ou s’il s’agit d’un fait intentionnel. Miss ayant été assassinée, c’est une question qui se pose forcément, mais qui donne naissance à tellement d’autres interrogations que je ne sais ni par où commencer, ni quelles réponses apporter : je patauge dans une ignorance qui met mes nerfs à rude épreuve. Je fixe le dos de mon guide. Nowen a peut-être vu ou entendu quelque chose à propos de ce qui s’est passé. Il faudra que je lui parle. Tout à l’heure. Pas maintenant.

Nous sommes arrivés.

Grésille s’arrête à la hauteur de Nyyu. Immobile, je fixe l’endroit où s’était dressée la maison d’Erwan, de Miss et d’Ylléna. J’ignore à quoi elle ressemblait mais, avec les souvenirs de nos discussions d’enfant et mon imagination, je parviens à la reconstruire : pas très grande mais accueillante, simple mais chaleureuse, pleine de vie et de rires ; je la vois, blottie dans cet écrin de verdure, à portée d’oreille des vagues qui s’écrasent sur la grève et survolée par quelques mouettes curieuses. L’image saisissante d’un homme portant sa petite fille sur les épaules, près de sa compagne attendrie, me cisaille le ventre. Je ne sais pas s’il s’agit de mon imagination ou d’un souvenir réel qui m’appartiendrait. Est-ce que moi aussi j’ai eu une maison comme celle-ci ? Un père qui m’a porté sur ses épaules, une mère qui a souri ? La vue d’Yll me ramène à la réalité. Je serre les dents, me glisse à terre, abandonne les rênes de Grésille dans la main que me tend Nowen et descend la pente herbeuse. Yll m’a probablement entendue mais elle ne bouge pas. Elle reste figée, droite, le regard perdu dans l’amas de cendres et de débris, seuls vestiges d’une vie que le feu n’a pas dévorés. Je m’approche d’elle tout doucement, m’arrête dans son dos. J’ai envie de pleurer. C’est tellement injuste…

- Je suis désolé.

Murmure que le vent emporte dans un souffle salé. Qu’elle m’ait entendu ou non ne change rien à l’émotion sincère qui me tord les entrailles, mais je n’ose pas lui prendre la main ; je préfère qu’elle décide elle-même de quoi elle a besoin, là, maintenant, tout de suite.

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mer 24 Mai 2017, 19:38

♠☽Ylléna



Je suis là.
Devant ces cendres.
Je m'attendais juste pas à ça. Pas à ce que tout soit détruit, comme ça, petit tas gris et noir… Non en fait, gros tas, c'est plutôt épars en plus. Je souffle doucement, ma respiration a accéléré mais j'arrive à retenir mon coeur qui tente de s'emballer. J'inspire lentement, il n'y a même plus l'odeur du feu, du bois brûlé. Tout n'est plus que froid et sans vie, devenus seulement souvenirs…
Je ne veux pas oublier. Même si Maman est morte ici, c'est pas un endroit que je veux oublier. Pourtant, il m'a déjà fallu du temps pour extraire ce que j'avais vécu avec les autres ; avec Nowen, avec Lunai, avec Tasparalo, avec… tout le monde. J'avais déjà caché ça dans une partie de mon cerveau.


Je ne veux pas oublier.


Alors, dans un souffle encore un peu court, j'avance dans les cendres. Malgré moi, je passe même par la porte d'entrée qui n'existe pourtant plus. J'enjambe la poutre maitresse qui ne s'est pas complètement consumée, je pousse du pieds quelques débris. Le soleil est haut dans le ciel, il tape sur mon nez et mes épaules, mais je m'en fiche. J'avance doucement, je pousse des bouts de bois, des bouts de charbon, de temps en temps, du pied.
Et puis, parfois, un éclat scintille, reflets d'assiettes brisées, éclatées dans les cendres.


Il ne reste plus rien.
Plus rien que les souvenirs, que des fantômes du passé, que des poutres charbonneuse, que des chaises consumées, que de la porcelaine ébréchée et brisée.
Je pousse un pied de table noir et froid, et là un nouvel éclat capte la lumière du soleil. Je me baisse, effleure le sable cendreux du bout des doigts, rencontre quelque chose de solide. Je sens que je fronce les sourcils, attrape ce truc, avant de le sortir de sous les débris.


Une barrette.
Enfin, pas n'importe quelle barrette. Celle que Maman portait quand elle remontait sa chevelure, parce que tous ses cheveux étaient trop lourds. Ça fait comme une boucle de perles métalliques avec un pic qui coulisse pour aller se piquer de l'autre côté. J'avais jamais réfléchi à quel point c'était ouvragé, le pic de métal est pleins d'arabesques gravées, les perles de différentes tailles mais assez symétriques.
C'est tout irisé avec la lumière du soleil et sans douche les flammes qui l'ont chauffé, ça donne des reflets étonnamment chauds et violines…


Je vois que mes doigts se sont mis à trembler, alors je prends une inspiration et referme mon poings sur le bijou. Parce que oui, c'est un bijou, clairement. Je cligne des yeux, expire un grand coup, avant de remonter ma tresse en vrac sur l'arrière de mon crâne et y glisser la barrette en question. Je relève le menton, c'est comme si tout à coup je sentais Maman là, pas loin.
Juste avec moi.


J'effleure du bout des doigts les perles sur ma tête, et un petit sourire étire mes lèvres.
Je décide de continuer mon inspection. Non pas que je cherche quelque chose en particulier, simplement j'ai besoin de savoir tout ce qui a brûlé, tout ce qui a cassé.
Et quand j'arrive dans la salle de bain, il me faut pousser une autre poutre mais le bain est presque intact. Et la trappe en dessous est cramée, oui. Ca me rappelle terriblement ce jour-là, quand Maman m'a demandé de me cacher là. J'aurais pas dû me cacher. J'aurais dû essayer de l'aider !
Je frissonne, et croise les bras sous ma poitrine pour me les frotter avec les mains comme si je me faisais un câlin. Je ne peux pas m'empêcher de me mordre la lèvre inférieure, alors que je fouille sous l'émail de la baignoire. J'y trouve un peigne en corne, et les anneaux griffus dont Maman m'avait parlé quand elle m'avait caché…
Encore une chose que j'avais oubliée, ça !


Je me mords la gencive et me penche pour attraper les anneaux, me redresse…


Quelque chose a bougé plus loin. Dans la maison. Je peux sentir soudain cette chaleur vibrante, plus grande que Lyke et Nowen qui sont derrière moi…
Hé merde. Ça sent pas bon.
Je ne veux pas perdre ni la barrette, ni les anneaux, alors je reste accroupie, le souffle court. Puis, dans un élan, je pars en arrière, passe derrière une poutre en équilibre, bondit sur Lyke en lui attrapant l'avant-bras.


- Il faut partir, vite !


J'attrape sa main, fonds en avant, chope l'avant-bras de Nowen et commence à courir à toute vitesse dans le sens opposé….


Trop tard.
La silhouette apparaît devant nous, brusquement.
Sortie de nulle part.


- Et merde…!

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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Dim 25 Juin 2017, 11:14

[HAN. C'était PAS prévu DU TOUT, ça. J'te jure, j'ai VRAIMENT rien vu venir. Et je suis loin de tout comprendre... j'espère quand même que ça te va, j'ai dû faire un peu bouger Yll, dis-moi si quelque chose te gêne... !]



★♤Lyke




Je crois que ce qui me rend vraiment malheureux, c’est l’idée qu’une vie de famille déjà trop courte, et tous les souvenirs qui y étaient attachés, aient disparu en fumée. En un battement de cœur. Et en ne laissant rien d’autre que des cendres. C’est… non, je ne trouve aucun mot assez fort, assez précis pour définir ce qu’un tel spectacle est capable de transmettre à ceux qui y assistent. Impuissance. Je ne sais pas quoi faire. Il n’y a plus rien à faire… à part être là pour Ylléna. Elle ne bouge pas, moi non plus. J’attends. J’attends qu’elle fasse ou qu’elle dise quelque chose. Qu’elle pleure, qu’elle s’énerve, qu’elle se retourne pour me coller une bonne beigne – tout, pourvu qu’elle brise cet épais silence dans lequel j’ai l’impression de me noyer lentement… Je suis en train de me dire qu’il va peut-être falloir que ce soit moi qui la frappe, pour la sortir de sa léthargie, quand mon amie fait un pas en avant. Puis un autre. Mécanique, animée par je ne sais quelle force, elle enjambe une poutre et se fraie un chemin au milieu des vestiges d’un incendie qui n’a rien épargné. Après un instant d’hésitation, je m’avance à mon tour, doucement. Je suis obligé de plaquer mon bras sur ma bouche et mon nez, à cause de l’odeur de brûlé qui semble avoir complètement pollué l’air et qui prend violemment la gorge.

Difficile de reconnaître quoi que ce soit dans ce qui reste. Tout a été détruit comme si la solidité des choses n’était en réalité qu’une bête illusion. Quelques morceaux de vaisselle se distinguent des cendres ; des bouts de papiers sont éparpillés dans les décombres, des poutres noircies jaillissent du sol, je les enjambe prudemment, tout en me demandant si c’est Erwan qui, autrefois, a bâti cette maison. Erwan. Il ne doit pas encore savoir… Je ferme les yeux un instant et vacille en l’imaginant vaciller quand il saura. J’ignore si l’étoile de tristesse infinie qui brille dans ses yeux et que j’ai toujours connue disparaîtra un jour. J’en doute. Quand je rouvre mes paupières, mon regard tombe sur Ylléna. Elle vient de ramasser quelque chose. Une barrette qu’à ma grande surprise, elle fixe dans ses cheveux. Yll n’est pas coquette, elle n’est pas comme ces filles qui se pomponnent et s’admirent, persuadées que leurs artifices joueront un rôle plus grand que leur beauté naturelle ; elle, c’est souvent sans le savoir qu’elle séduit son petit monde. Et quand elle veut intentionnellement séduire quelqu’un, c’est sa personnalité qui prend le dessus et qu’elle met en avant. J’en sais quelque chose. Il n’aura suffi que d’une pomme et d’un baiser un peu maladroit pour que, tout à coup, je regarde mon amie de toujours non plus comme un « bébé » mais comme une jeune fille qui ne quitte plus vraiment mes pensées. Alors, quand elle redresse la tête, sa tresse remontée à la hâte et maintenue par le bijou qu’un éclat de soleil fait briller un instant, je me sens un peu bizarre. Traversé par une onde de chaleur qui m’est encore inconnue et qu’il m’est impossible de qualifier. Ça ne dure qu’un instant ; lorsqu’elle se remet à parcourir les décombres, la sensation étrange a disparu, de mon ventre comme de mon esprit.

Une image, alors, traverse mes pensées : je revois les dessins de ma mère, fixés au mur près de mon lit ; le lien avec la barrette d’Ylléna est trop grand, trop évident pour que je ne le fasse pas. Je réalise que je me suis trompé, tout à l’heure, en songeant que les souvenirs de cette maison, de cette famille s’étaient désagrégés, évaporés : les souvenirs de ceux que l’on aime et des endroits que l’on apprécie vraiment ne meurent jamais. Yll n’a pas besoin de cette barrette pour se rappeler de sa mère, ni moi de mes dessins pour me remémorer la mienne ; enfin, ce sont des objets que le côté unique et personnel rend définitivement précieux mais, en fait, c’est en nous que vivent ceux qui ne sont plus… Je m’approche de mon amie, décidé à lui souffler ces mots qui viennent de s’imposer à moi, cette raison qui laisse croire au lendemain, cette force qui pousse en avant, toujours plus loin… Je n’en ai pas le temps. Avant que j’ouvre la bouche, Yll arrive à toute allure, me croise sans s’arrêter, attrape mon bras au passage et m’entraîne à sa suite.

Urgence.

Danger.

Fuite.

Ce sont les trois mots qui surgissent dans mon esprit et s’impriment dans mon être tout entier alors que je m’élance à sa suite. Pas besoin de comprendre, juste de ressentir une menace qui grandit et alerte mon sixième sens. Il se passe quelque chose. Nous devons filer ! C’est alors qu’une silhouette se dresse brusquement devant nous. Celle d’un homme plutôt costaud. Entre ses mains, un sabre dont le tranchant fouette l’air à quelques centimètres du visage d’Ylléna qui s’est arrêtée juste à temps.

- Et merde… !
- Viens !


A mon tour de lui attraper le bras pour l’entraîner le plus vite possible. Nowen pousse un cri d’alerte ; un autre homme nous fonce dessus ! Merde, mais c’est qui ces types ? Qu’est-ce qu’ils nous veulent, bon sang ?? Je me serais arrêté pour leur poser la question, oui, s’ils n’étaient pas armés et s’ils ne nous couraient pas après. Je n’ai pas lâché la main d’Yll. Nous filons à toute allure. Aucune chance d’affronter ces hommes sans y laisser notre peau, c’est évident… Je cours jusqu’à un bois planté de peupliers et de prunelliers battus par les vents. Le littoral. L’eau gronde, invisible encore, si près pourtant. Un coup d’œil par-dessus mon épaule m’indique que nous avons mis un peu de distance entre nos poursuivants et nous. C’est le moment !

- Change-toi, je souffle à mon amie.

Elle n’a pas l’air d’accord, mais il n’est pas question qu’elle fasse sa tête de mule maintenant ! Je resserre les doigts autour de son fin poignet.

- Je t’en prie, Yll ! Fais-le ! Maintenant !!!

Un sifflement furieux me répond : c’est un petit serpent coloré que je tiens à présent entre mes doigts. Sans cesser de courir, je le laisse s’enrouler autour de mon bras, sous la manche de ma chemise. Même dans une situation aussi dramatique, je ne peux m’empêcher de sourire, appréciant sincèrement la sensation de ses écailles contre ma peau. Je bifurque, change de trajectoire et me jette dans un fossé, m’enfonçant sous les feuilles. Et je ne bouge plus. Des pas se rapprochent, je fais mon possible pour maîtriser mon souffle agité, refusant de me trahir aussi bêtement. Je ferme les yeux comme si cela pouvait me dissimuler davantage. Les pas se rapprochent encore, s’arrêtent. Un silence vertigineux envahit tout mon être alors que mon cœur tambourine comme un beau diable. J’en viens à redouter que mes poursuivants puissent l’entendre ! Finalement, les pas se détournent, s’éloignent. Disparaissent de mon ouïe. Je compte jusqu’à cent dans ma tête avant d’oser me redresser un peu, juste assez pour jeter un coup d’œil dans l’allée. Personne.

- C’était moins une, je murmure, toujours à moitié allongé dans les feuilles.

Un bout de langue fourchue pointe et chatouille ma peau, très sensible au niveau de la pliure du coude. Je tressaille, pousse un grognement chuchoté :

- Yll ! Arrête !

Espèce d’andouille, je songe, tout en me promettant de lui faire payer ça. Je me redresse doucement…

...et évite sans trop savoir comment le coup de sabre qui aurait dû me décapiter. Je roule à terre, me relève et me précipite hors de portée de l’homme qui revient déjà à la charge. C’est pas vrai !!! Me voilà de nouveau en train de courir comme un dératé. Nowen n’est nulle part en vue, Grésille non plus. Je ne sais pas quoi faire d’autre, à part courir, courir sans m’arrêter, avec le souffle de ce taré dans mon dos qui me donne des ailes. Les battements de mon cœur s’accélèrent, chaotiques. Ça palpite drôlement là-dedans. J’espère que je ne vais pas claquer comme ça ! Je ne veux pas claquer comme ça ! Ce serait trop bête !!! Je jaillis du sous-bois, fonce sur l’herbe sauvage mêlée d’ajoncs et de bouquets de chardons.

Droit vers la falaise.

Le Grand Océan s’étend à perte de vue. Je n’arrête pas ma course. Si je freine, le type m’aura. Si je tourne, il me coupera la route. Son acolyte arrive par la droite. Je suis coincé ! Des larmes s’accrochent à mes cils, à cause de la vitesse, du sel et de l’impuissance qui m’étouffe. Je n’arrête pas ma course. Je ne comprends pas pourquoi cette aventure devrait s’arrêter là, comme ça. Je ne comprends pas ce que veulent ces gens. Je ne comprends pas ce qu’on a fait de mal, Yll et moi. Je ne comprends pas pourquoi je suis tombé amoureux de ma meilleure amie d’enfance. Je ne comprends pas comment les étoiles dessinent le ciel, ni comment le vent fait pour ne s’essouffler jamais. Je ne suis pas encore complètement un adulte, ni plus vraiment un enfant. Merde, j’veux pas mourir maintenant... Je n’arrête pas ma course. Arrivé au bord du vide, je prends appui sur mes jambes, et je saute.

Et je tombe.


* * *


Pulsion.

Infime tressaillement dans l’immensité d’un corps qui chute inexorablement.

Pulsion. Qui devient soubresaut, torsion dans le temps, l’espace, la chair, les os.
Pulsion qui devient pulsation. Frémissement sauvage, ancien et pourtant nouveau.
Terriblement nouveau.
Inattendu.

Inespéré…


* * *


Lyke, écoute-moi. Tu as peur, je sais. Oui, je sais… mais je suis là. Je suis avec toi. N’aie pas peur, mon bébé. Tu en es capable, tu vas y arriver… tu dois y arriver avant qu’il revienne. Il ne doit pas te trouver comme ça. Il ne doit jamais te trouver comme ça. Allez, Lyke, vas-y… change-toi.

Change-toi !

CHANGE-TOI !



* * *


Os qui se dessoudent.
Os qui se ressoudent.
Qui deviennent.

Se souviennent.


* * *


Je ne tombe plus…

… je m’envole !


* * *



Doryan



- Eh merde !
- Ouais…


Debout au bord de la falaise, je regarde l’oiseau s’éloigner à tire d’ailes. Il tient un serpent entre ses serres.

- Saloperie de métamorphe, je grogne en projetant un caillou dans le vite d’un bon coup de pied.
- Putain. Je t’avais dit d’attendre.
- Ils nous auraient échappé si on avait attendu plus longtemps.


Wilfin pointe un doigt en direction du rapace qui n’est plus qu’un petit point dans le ciel bleu.

- Et là, ils font quoi ??
- Ça va, c’est bon…
- On va lui dire quoi, au chef ?
- La vérité.


Je fais lentement glisser mon arme dans son fourreau.

- On va lui dire que le gamin s’est transformé.
- Il va pas être content.
- Détrompe-toi, il le sera… parce que si le gosse s’est transformé c’est qu’il commence à retrouver la mémoire. Et tu sais ce que ça veut dire, n’est-ce pas ?


Wilfin hoche la tête. Il est perplexe. Moi aussi, mais bon, tant pis. On a fait ce qu’on pouvait. Les gosses reviendront bien tôt ou tard.

Et cette fois-ci, on ne les loupera pas.


* * *


★♤Lyke



Je vole, je glisse dans les courants qui s’entrecroisent, invisibles et pourtant si riches ! Riches de sensations, tantôt chaud, tantôt froid, tantôt doux, tantôt brutal, parfois léger, souvent joueur. Toujours idéal. Je bats des ailes. Elles sont courtes et arrondies, elles me portent sans effort un peu plus haut encore, chaque rémige fonctionnant seule et me permettant de pirouetter à mon gré. Une longue queue rend la manœuvre aisée et agréable.

Je vole, et j’aime ça ! L’humain aussi mais il se demande ce que je suis. Un épervier pardi ! L’humain ne comprends pas bien. Tant pis pour lui. Je vole, rien d’autre ne compte pour l’instant. L’humain me pousse. Il ne veut pas prendre ma place, il veut que je vole plus vite. Pourquoi ? Urgence… danger… fuite ! Je tourbillonne, me propulse en avant. Il y a un serpent entre mes serres. Une proie ? Non… Ylléna ! L’humain même sa conscience à la mienne. C’est bizarre. Je réfléchis comme un humain mais je suis un oiseau. Un rapace. Un épervier. Un animal. Métamorphose !


Change-toi !

Peur. Ancrée depuis toujours. Peur oubliée qui revient maintenant. Mes battements d’ailes deviennent erratiques. Mon vol est chaotique. Je commence à descendre, alors que la grande bleue s’étire, s’étend, gronde.

Change-toi !

Vite, plus vite… je m’affole, je ne vais pas y arriver !!! Et puis soudain, mon regard perçant capte la bande de terre qui émerge de l’eau. Je fonce. Je vacille. Je plonge. Mes serres s’ouvrent et laissent tomber le serpent, juste avant que j’écarte les ailes pour freiner. Trop tard. Je m’écrase lamentablement sur le sol, roule sur quelques mètres et m’immobilise dans la poussière. Quelques plumes s’envolent. Je ne bouge plus.

Change-toi !

D’accord.


* * *


Ma vision se brouille, j’ai l’impression d’être aveugle… non, c’est juste que ma vue d’humain est plus limitée. Je tressaille à cette pensée : plus limitée que quoi ? Je grogne, je roule sur le côté, me redresse sur un coude. Il y a des plumes un peu partout. Grises, fauves, noires. Les plumes d’un oiseau. Mes plumes… Mon ventre se tord, je régurgite mon petit-déjeuner. Je ne comprends pas ce qui s’est passé, je suis terrifié, je tremble. Je m’effondre sur le dos.

- Yll…


Les nuages se brouillent…

… je m’évanouis.



* * *


La sensation d’une main fraîche, sur min front, me tire de l’inconscience, mais je n’ouvre pas les yeux : j’ai encore peur. Je ne sais pas ce que je vais découvrir en les ouvrant. Je ne sais pas qui je vais découvrir… qui je suis vraiment. Si je n’ouvre plus jamais les yeux, ce n’est pas un problème, n’est-ce pas ?

*SPLATCH*

Trempé, je me redresse d’un bond et crache de l’eau salé. Nom de… voilà, c’est malin, j’ai ouvert les yeux. Je suis assis sur un rocher. Il y a de l’eau partout autour de moi. Une île ? Qu’est-ce que je fabrique sur une île ?? Je baisse la tête, regarde mes mains. Des mains humaines, pas des ailes. J’en passe une sur mes cheveux mouillés, trouve une jolie bosse. Eh ben, voilà qui explique tout : j’ai perdu connaissance et j’ai fait le rêve le plus insensé de toute mon existence. Je réalise alors qu’Ylléna est accroupie près de moi. C’est elle qui a dû me réveiller en m’aspergeant le visage !

- Pourquoi j’ai une bosse de la taille d’un œuf de pigeon ? C’est toi qui m’a assommé ?

Je frotte doucement mon crâne douloureux.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Mar 11 Juil 2017, 18:47

♠☽Ylléna



Un grognement s'échappe de ma gorge quand Lyke me demande de me changer : Non ! Je ne vais pas le laisser là, se débrouiller seul ! Qui dit que c'est que pour moi que ces types sont là ? Okay, on est à côté des cendres de la maison, mais même ! Je sais pas, y'a un truc qui bat fort dans ma poitrine, un instinct puissant, incompréhensible et inexplicable qui me dit qu'il y a un danger non seulement derrière moi…
Mais à côté de moi.


Pourtant, je secoue la tête rapidement. Oui, on a besoin de fuir.
Le plus vite possible ! Et je suis bien plus petite que Lyke, en fait. Je sais que je tiens ça de Maman qui était vraiment pas grande, d'après Papa (un truc du genre un mètre cinquante-quelque chose, même pas soixante) et moi actuellement je dois être à un truc du genre un mètre quarante. A peine plus. Mais faut que j'arrête de penser à ça là, parce qu'on doit courir…
Bon okay ! Je me laisse glisser dans mes écailles qui s'enroulent avec force autour du bras de Lyke.


Non, ne t'arrête pas, espèce de Trodd ! Y'en a un juste là !
Rah.
Je m'enroule autour de lui, darde ma langue dans son cou pour le faire réagir. Là bordel ! Mes muscles et mon corps tout entier s'enroule plus fort autour de lui, de son bras et de ses épaules alors qu'il repart à une allure folle.
C'est génial de courir si vite ! Il a des grandes jambes, ses pas sont immenses, et je peux sentir son coeur battre la chamade…
Tiens, la sensation est bizarre, soudain. C'est pas une palpitation humaine ça. J'ai soudainement envie de m'enrouler beaucoup plus fort autour de moi, de me contracter en constriction autour de lui vraiment. Une piqûre me traverse le cerveau alors que je sens soudain le vide partout autour de nous.


Et cette chaleur qui rétrécit en volume.
Et ces serres !
Une indicible sensation de peur, de danger, de violence, d'instinct de conservation, de défense, de brutalité, de… tout, me traverse.
* LACHE-MOI *


Pulsion de transformation.
Non, je dois attendre. C'est pas un gros oiseau, c'est l'océan en dessous, c'est pas un gros oiseau, c'est Lyke !
Je ne perçois rien d'autre que quelques poissons et le froid de l'eau, le froid de l'Océan. Et la chaleur de cet oiseau de proie !


Et soudain, je tombe.
Il m'a lâchée, et alors seulement je laisse mon instinct de conservation me permettre de me retransformer en humaine.
Un long frisson me traverse de part en part alors que le vent marin de l'océan affleure ma peau nue. Je fixe l'oiseau un instant. Un épervier un peu mal en point quand même, qui s'est littéralement écrasé sur le sable.


- Lyke ?


Il est inconscient. Et je ne connais qu'une seule manière de remédier à ça.
Alors, je m'avance vers l'Océan, fais tremper mes pieds et lance une énorme gerbe d'eau vers Lyke.


Ah ben quand même, il se réveille !
Mais c'est bizarre parce que maintenant, j'ai peur de l'approcher. C'est insensé en fait. C'est mon meilleur ami. On a fait des trucs bien plus intimes que ça, et pourtant, je ne peux pas m'avancer plus vers lui, j'ai le corps tout entier qui tremble.


- Pourquoi j’ai une bosse de la taille d’un œuf de pigeon ? C’est toi qui m’a assommé ?


J'aimerais bien lui répondre mais les mots se bloquent dans ma gorge. Et alors qu'il se redresse, je ne peux pas m'empêcher de faire un pas en arrière.
Avant de secouer la tête.
- T'es vraiment une tête de piaf au sens propre, en fait. Je ne peux m'empêcher de sourire à ma propre blague. Mais alors qu'il essaye de s'approcher de moi, je refais un pas en arrière. Non. Reste loin. J'ai besoin d'un peu de temps, je crois.
Oui, parce que la peur s'est refoutue à me faire une putain de boule dans la gorge et bloquer mes amygdales. Je déglutis difficilement, ferme les yeux, essaye de calmer les battements de mon coeur.


Je me redresse complètement, me relevant complètement, et fais volte-face pour ne plus avoir à le fixer.
On se retrouve tous les deux à poils sur une île. Je sais pas si elle est déserte, cette île, mais n'empêche que ça aurait dû me donner d'autres idées. En fait, ça m'en donne… Sauf que maintenant, c'est plus des frissons de dégoût qui me traversent qu'autre chose.


Je fais quelques pas dans le sable, prends quelques inspirations, repousse ma masse de cheveux dans mon dos. Mon regard parcourt l'horizon, et j'essaye de relativiser cette sensation de danger qui persiste dans ma poitrine. Même pas par rapport à ces mecs qui nous couraient après, mais bien juste par la présence de Lyke.
C'est stupide en plus. Rationnellement, on est tous les deux humains, je peux me transformer à n'importe quel moment si jamais son piaf tente de me bouffer. Et rationnellement, j'ai pas peur des oiseaux, même de proie, en plus ! Mais là je sais pas, mon cerveau fait des noeuds.
En fait, il pourrait m'obliger à faire pleins de trucs, à partir de maintenant. Quand je me transforme, il pourrait me menacer. Si je me transforme en humaine, il reste plus grand et plus fort que moi, et si son instinct animal prenait le dessus ?


C'est finalement un tout bébé métamorphe qui y comprend rien à ce qui lui arrive
Qui ne contrôle rien. Qui fait même de l'amnésie, ou qui est dans le déni.


Ouais, mais le seul moyen que ça arrive pas, tout ça, c'est que je l'aide, en fait. Il ne faut surtout pas qu'il en vienne à des trucs comme Papa avec le Jaguar ou… Darwen ? Avec son loup. Et Rilend avec la panthère. Et certains gamins d'Ezadrah. Qui avaient peur de leur homologue et du coup ne pouvaient pas l'intégrer pleinement.


Je me secoue.
Parce que sa voix vient de me tirer de mes pensées.

__________________________________________




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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Let me go with my flow! [Ylléna & Lyke]    Sam 15 Juil 2017, 11:45

★♤Lyke






Ma vue se trouble un instant, ça tangue un peu. Je vais rester assis un petit moment, je crois… ça vaut mieux. Je frotte mes yeux, passe la main dans mes cheveux, tâte la bosse sans parvenir à me souvenir de ce qui a pu se produire. Je ne réalise pas immédiatement qu’Ylléna reste silencieuse, jusqu’à ce que sa voix retentisse, pourtant pas si près de moi, et me fasse presque sursauter.

- T’es vraiment une tête de piaf au sens propre, en fait.

Je ne comprends pas. Mais ce qui m’interpelle surtout, ce ne sont pas ces paroles sibyllines : c’est le visage d’Yll. Ses yeux sont agrandis par la terreur, ses pupilles sont très minces, proches de celles de son serpent, et elle est franchement pâle.

Et toute nue.

De moins en moins certain de vouloir en savoir plus, je me lève pour m’approcher d’elle. Elle bondit aussitôt en arrière.

- Non. Reste loin. J’ai besoin d’un peu de temps, je crois.

C’est inutile… je viens de m’effondrer sur le sol. Mes jambes ne me portent plus. Elles se sont dérobées comme si elles avaient décidé d’abandonner leur fonction première. J’en reste sidéré. Oubliant un instant mon amie, je bascule sur les genoux, prends une grande inspiration et me redresse à nouveau. Cette fois-ci je réussis à me maintenir debout, mais mes jambes tremblent violemment. Elles sont si faibles, tout à coup ! Atterré, je me rassieds.

- Yll, je murmure, mais qu’est-ce que…

Pourquoi tressaille-t-elle quand je m’adresse à elle ? Elle se tourne vers moi mais n’esquisse pas le moindre mouvement pour venir me voir. Ça, je comprends encore mois, je crois. Ylléna est plutôt… tactile. Elle a besoin de me toucher, même rapidement, même innocemment… ou pas, d’ailleurs. C’est tantôt léger, tantôt insistant, souvent malicieux ; un frôlement ou bien des chatouilles, mais c’est toujours agréable… et rassurant. Là, elle reste loin de moi et ça m’angoisse. Parce que je ne comprends pas. Est-ce qu’elle a peur de moi ? Mais pourquoi ?? Qu’ai-je bien pu lui faire qui la rende aussi méfiante ? Je suis nu, moi aussi. Et nos vêtements ne sont nulle part en vue. Toutefois, je refuse de croire que j’ai pu lui sauter dessus et essayer de la… forcer. C’est impossible et je repousse cette idée malsaine d’un geste convaincu. Jamais je ne ferais de mal à Ylléna.

Pourtant, elle ne m’approche pas.

- Yll, dis quelque chose…

Ce silence qui s’éternise va finir par me rendre fou ! Sans cesser de trembler, j’attrape mes genoux entre mes bras et m’efforce de me calmer. Il faut que je m’apaise, que je reprenne le contrôle. C’est essentiel. Ensuite, seulement, je pourrai tenter de démêler cet écheveau dans lequel je suis empêtré. Alors j’inspire et j’expire lentement, les yeux fixés sur un rocher qui me fait face, concentré sur cet unique objectif. Je sens les battements de mon cœur ralentir. Encore un ou deux spasmes, et puis mon corps se détend à son tour. Voilà. C’est mieux. Mon regard revient se poser sur Ylléna. Elle n’a toujours pas bougé et semble plongée dans ses pensées. Qu’est-ce qu’elle est jolie, là, dans la lumière du jour qui décline et dessine les contours de son corps, ses longs cheveux se prêtant au jeu du vent… Je fronce les sourcils. Peu de choses, dans ce monde, effraient Yll. C’est une fille qui ne connait pas la peur, enfin, presque… Je n’aime pas ça. Quoi qu’il ait pu se produire, je n’aime pas ça du tout.

Il faut que je me souvienne. Je pense que l’explication à tout cet imbroglio se trouve dans ma mémoire. Je ferme les yeux. Bon. Il faut maintenant attraper le premier souvenir qui me tombe sous la main. Forcément, le tout premier implique Yll et moi dans une position qui me chauffe les joues. Je me mords la lèvre. Allez, mon vieux, on enchaîne ! Image suivante : la maison d’Yll. Ou plutôt, ce qu’il en reste : des ruines noircies, dévorées par un incendie qui a tout emporté. Tout sauf une pince. Elle l’a placée dans ses cheveux… et puis, il s’est passé quelque chose. Elle est revenue en courant. Urgence. Danger. Fuite ! Nous avons fui tous les deux, poursuivis par des hommes qui s’en prenaient à nous sans que nous ne sachions pourquoi. Un fourmillement fantôme remonte le long de mon bras et me tire un pâle sourire. Oui… Yll s’est transformée. Je m’en rappelle à présent. Sa langue fourchue a chatouillé mon coude. Elle était en sécurité dans ma manche, mais moi… J’ai dû fuir à nouveau. Et ma course folle m’a mené droit vers la falaise. Ensuite…

Je rouvre les yeux. Ensuite ? Plus rien. J’ai beau chercher, creuser, forcer ma mémoire à terminer son histoire, rien ne vient. C’est pourtant là que se trouve la clé, j’en suis sûr ! Frustré, je bascule en arrière, laissant mon dos retrouver le contact frais du sol. Je suis couvert de poussière mais je m’en fiche. Mon regard se perd dans les nuages qui dérivent lentement au-dessus de ma tête. Là-haut, les courants se chevauchent, se croisent, se mêlent. S’y glisser est un plaisir incroyable : c’est comme se laisser aller dans un toboggan de sable. Les plus frais donnent le tournis, les plus chauds sont mes amis. Je souris. Avant de me redresser d’un bond. Quoi ? Comment est-ce que je peux me souvenir de ça ? Je lève les yeux, puis regarde mes mains avec effarement. Enfin, mes yeux se posent sur les plumes qui gisent autour de moi. Des plumes de rapace.

Des plumes d’épervier.


*


- Yll…

Je frissonne. La nuit tombe sur l’île, un vent frais se lève. Il dépose un goût salé sur mes lèvres sèches. J’ai soif. Une migraine me déchire le crâne depuis tout à l’heure. Depuis cet instant où j’ai… envisagé l’inenvisageable. Un oiseau ? Moi ? La bonne blague ! Mais Ylléna a peur de moi. Non, pas elle, le serpent qui vit en elle. Elle ne réagirait pas comme ça s’il n’y avait pas matière à s’inquiéter. Et puis, moi aussi je suis nu comme un vers. Et il y a toutes ces plumes… Sans parler de la sensation à la fois fascinante et terrifiante qui pulse au creux de mon être, et qui résonne de certitudes. Je sais ce que l’on ressent quand on est en plein vol. Et ça me terrifie. Chaque chose en son temps. C’est ce que je me répète depuis plusieurs minutes. Il m’arrive un truc, c’est évident, mais quoi que cela puisse être, ça attendra ! Pour l’heure, le plus urgent c’est de trouver un abri, de se réchauffer, de manger un peu – mon estomac se retourne rien qu’à cette idée – et de dormir. Je suis épuisé. Yll aussi.

- Viens, Yll.

Je commence à descendre doucement de la butte sur laquelle nous sommes. Ce n’est pas un ordre, j’espère qu’elle le devine : juste une invitation à me suivre. A me faire confiance. Je balaie les environs du regard en quête d’un coin où passer la nuit. L’île est minuscule. A mon avis, on en fait le tour en moins d’une heure. Là, en bas, il y a une petite plage, et je crois distinguer un renfoncement dans les rochers. Une grotte ? Ce serait pas mal. Il faut aller voir. Je descends donc. Mes muscles ont retrouvé quelques forces, et maintenant que je ne suis plus en état de choc, je suis assez lucide pour prendre les choses en main. Du coin de l’œil, je regarde Ylléna qui me suit de loin. « Besoin d’un peu de temps », a-t-elle dit. D’accord. Combien ? Un jour ? Dix ? J’ai envie de la serrer dans mes bras. J’ai peur, j’ai besoin d’elle… elle a peur aussi, et j’ai toujours eu le réflexe de la rassurer, de la réconforter quand c’était le cas. Ne pas pouvoir l’approcher me remue presque davantage que toute cette histoire. Mais je comprends, et je respecte. Je garde mes distances.

Les vagues lèchent la plage et bruissent dans les rochers d’une petite crique. Je longe une ligne d’algues charriées par la dernière marée puis remonte vers la falaise. Je ne me suis pas trompé, il y a bien une grotte : on y accède par un chemin qui s’étrécit au point que je dois me placer de profil pour m’y glisser, mais ensuite j’arrive dans un espace relativement large. Je m’assois dans le sable, le dos contre la roche, et attends qu’Yll entre à son tour. Pendant un petit moment, nous ne disons rien. Jusqu’à ce que ma voix, éraillée par la soif, s’élève dans le silence pesant de la grotte.

- Il faut que je sache, Yll… Raconte-moi ce qui s’est vraiment passé tout à l’heure.

Je dois l’entendre de sa bouche pour le croire.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


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