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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Parfois, le vrai courage, c'est simplement d'être soi-même [Erwan]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Parfois, le vrai courage, c'est simplement d'être soi-même [Erwan]   Jeu 13 Juil 2017, 20:07

Cette nuit
Intenable insomnie
La folie me guette
Je suis ce que je fuis

Je subis
Cette cacophonie
Qui me scie la tête
Assommante harmonie
♥ ♥ ♥

Les yeux fermés, Libertée essayait de réfléchir. Son introspection l'avait menée dans cette partie des collines de Taj où elle avait été kidnappée quelques années plus tôt, pour faire du mal à Gil. Gil, que finalement elle avait laissé à Chériane avec… son fils. Et Seth.
Ça lui avait fait du mal, à elle-même, de partir. C'était comme abandonner derrière elle un bout d'elle ; elle aurait voulu ne plus se séparer de l'envoleur et pourtant elle savait, rationnellement, que c'était la solution temporaire pour que tout puisse se mettre en place. Pour lui, pour elle, pour eux.

Et alors qu'elle marchait d'un pas un peu perdu et vraiment incertain, laissant ses pieds la guider, elle reconnut un endroit particulier des collines. Elle se souvenait d'être venue là avec Thaom, durant son apprentissage, et prit le petit chemin tracé par les animaux dans les étendues herbeuses pour se diriger vers les quelques immenses rochers qui parsemaient parfois le haut des monticules.
Derrière elle s'étendait les petits Lac des Collines, connus pour être l'habitat naturel de créatures étonnantes et dangereuses. Elle les avait laissés sans s'en approcher, car ce nouveau pèlerinage ne semblait pas la mener vers des quelconques manières de devoir prouver quoi que ce soit à qui que ce soit.

C'était simplement une bouffée d'air frais.
Un voyage seule où elle se gorgeait de solitude et réapprenait à l'aimer. A s'aimer, aussi, se chouchouter, prendre du temps pour elle et rien que pour elle. Elle n'avait pas recontacté ses parents depuis des lustres, elle le savait, mais elle ne s'en sentait toujours pas la force, ni l'envie. Oui, elle avait envoyé un oiseau à Erwan, mais c'était tout.

Peu importait tout cela.
Franchissant un muret naturel de quelques cailloux aussi gros que des poings, Libertée se coula sous une branche d'un arbre foudroyé et se glissa entre deux énormes rochers séparés par seulement une cinquantaine de centimètres. Elle entendait déjà le glougloutement de l'eau et un sourire fugace étira ses lèvres alors qu'elle passait de l'autre côté de la barrière naturelle.

C'était un tout petit lagon. Une source, plutôt, au milieu des rochers de trois ou quatre mètres de haut. Une légère fumée se dégageait de l'eau alors que quelques bulles venaient percer la surface claire.
Dans un petit soupir, Libertée resta un moment devant la tentation de l'eau chaude, avant de finalement laisser tomber son sac par terre et retirer ses vêtements pour s'y glisser.

La brûlure liquide se referma sur ses chevilles et elle ferma les yeux, avant de s'immerger complètement. Se laissant aller dans cette douce chaleur, elle s'installa sur le bord de la source pour pouvoir appuyer son dos contre la roche douce et laisser sa tête basculer un peu en arrière.


♥ ♥ ♥

Un bruit, froissement léger, fit ouvrir les yeux à Libertée.
Et elle sourit avant-même que son regard ne se pose sur le marchombre.

- Merci d'être venu.
La nuit était tombée, les grillons et les criquets chantaient dans l'air chaud et sec. L'athmosphère respirait la sérénité et c'était ce qu'il fallait à Libertée.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Parfois, le vrai courage, c'est simplement d'être soi-même [Erwan]   Jeu 13 Juil 2017, 21:16

I won't lie to you
I know he's just not right for you
And you can tell me if I'm off
But I see it on your face
When you say that he's the one that you want
And you're spending all your time
In this wrong situation
And anytime you want it to stop


Froissant la lettre dans son poing, Erwan laissa son regard glisser sur l'horizon plusieurs minutes. Devait-il y aller ? Ne pas y aller ? Avait-il envie de rejoindre Libertée ?
* Oui ! *
Évidemment que oui, il en avait envie. Pire : il en mourrait d'envie.


Sauf qu'il n'était pas certain que ça soit la bonne décision. Ni une sage décision. Mais elle avait besoin de lui, besoin de son aide, et il ne pouvait décemment pas le refuser. C'était une amie, avant tout.


Dans une inspiration, il porta son poing fermé sur le papier jusqu'à ses lèvres, ferma les yeux un instant.
Quand il les rouvrit, sa décision était prise.

*

Joya renâcla doucement quand le Marchombre l'arrêta près des rochers d'un marron très soutenu. L'endroit n'était pas spécialement sûr, il prit donc le temps de désharnacher sa jument pour lui laisser l'opportunité de courir de toutes ses jambes si quoi que ce soit devait arriver.


Posant sa selle et le reste contre un bout de paroi, il se glissa sans bruit entre les deux rochers et fut particulièrement surpris de ce qui se découvrit devant lui. Il ne connaissait pas du tout l'endroit, et avait du demander plus de renseignements aux habitants des villages les plus proches, sans être même certain de trouver l'endroit.


Mais l'étan bouillant devant lui offrait un spectacle féérique. Oui, il y avait un peu de vapeur d'eau qui montait au dessus de la marre si cristalline qu'on pouvait même voir les rochers et leurs formes très distinctement à travers l'eau. Quelques nénuphars d'un vert presque noir se disputaient les rebords nords de l'endroit, alors que les bulles venaient éclater doucement depuis quelques interstices dans les rochers du fond et jusqu'à la surface.
C'était déjà magnifique, d'autant plus que la lune, pleine, inondait les lieux d'une clarté argentée harmonieuse. Et apaisante.


Pourtant, le coeur d'Erwan tambourinait à grands coups dans sa poitrine.
A grands coups désordonnés.
Déglutissant péniblement, il ferma les yeux un instant alors que la voix de Libertée s'élevait dans l'atmosphère.

- Merci d'être venu.
Il pouvait sentit la chape qui pesait sur l'attitude de la marchombre, l'hésitation dans sa voix, ses cheveux qui avaient repoussé, son corps devenu d'une finesse un peu trop marquée… Toujours aussi parfait cependant. Toujours aussi désirable.


Il prit le temps de prendre une profonde inspiration, dût se passer la langue sur les lèvres car sa bouche était devenue brusquement sèche.
Pourtant, il savait ce qu'il devait faire.


Alors, il enleva lentement son haut, puis son pantalon, se contentant de garder son boxer noir, et s'avança à son tour dans l'eau. Il lui fallut plusieurs dizaines de secondes pour s'habituer à la température du liquide cristallin, mais après sans, il s'avança sans hésitation vers Libertée.


Pour la prendre dans ses bras.
Sans aucun autre intérêt qu'un innocent calin, bien que son corps ne soit pas exactement d'accord avec cette interprétation.



- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Il sentait cette vibration douloureuse, qui semblait un peu vacillante, dans le fond du regard si rose de la Marchombre.
I know I can treat you better than he can
And any girl like you deserves a gentleman
Tell me why are we wasting time
On all your wasted crying
When you should be with me instead
I know I can treat you better
Better than he can

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Parfois, le vrai courage, c'est simplement d'être soi-même [Erwan]   Jeu 13 Juil 2017, 23:11

Il était là, devant elle, et elle ne put que détailler sa musculature  nimbée par la lueur de la lune alors qu'il se déshabillait… Pas complètement. Une petite pointe de frustration s'amusa à danser dans son ventre quelques secondes avant qu'elle ne la repousse complètement. Non, ce n'était pas pour ça qu'elle l'avait appelé à l'aide, mais alors qu'elle se redressait dans l'eau, il entra et la prit dans ses bras avec tellement de force - mais une puissance si tendre et douce qu'elle en oublia d'être effrayée.

Comme avec Thaom.
Un long frisson remonta le long de son échine alors que l'eau était brûlante. Mais elle se contenta de poser ses mains à plat sur les omoplates d'Erwan et de caler son menton au dessus de son épaule pour enfouir son nez dans ses cheveux. Son parfum de muscade l'enveloppa et se diffusa en elle dans une étreinte rassurante et elle s'y laissa prendre.
S'y laissa aller.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Juste un murmure, dans le creux de son oreille, et pourtant tout se bouscula soudain sous son crâne et elle referma plus fort ses bras autour des épaules d'Erwan, basculant en avant contre lui, en se mordant les lèvres.
- C'est… plusieurs… Je…
Tout son corps se mit à trembler, et elle se dégagea de l'étreinte du marchombre en grelottant. Elle parvint à prendre une inspiration, retenir quelques secondes encore ses larmes.

- D'abord, c'était Suviyo. Elle.. est morte. Je n'ai pas pu la sauver. J'en ai été tellement incapable ! Pourtant, je… J'ai fait tout ce que j'ai pu. Ça n'a pas suffit. Ce monstre, il a…
Elle referma ses bras autour d'elle-même, secouée de frissons d'horreur, de douleur, de peur. Et pourtant, elle se laissa basculer contre la chaleur rassurante du marchombre, incapable de résister à ce qui la poussait vers lui.

- C'était horrible… Je… Et puis, il y a eu Naïs…
Cette fois-ci, elle se laissa complètement aller. Elle s'accrochait à Erwan comme on s'accroche désespérément à une bouée de sauvetage. Elle n'avait pas suffisamment pleuré, pas lâché prise, et tout remontait d'un coup, c'était trop puissant, trop intense, pour qu'elle puisse faire quoi que ce soit à part subir.

Subir et laisser passer la tête.
Peut-être qu'elle cria, qu'elle hurla. Qu'elle frappa aussi. Elle savait juste qu'elle tremblait, qu'elle pleurait, et que si elle savait qu'elle avait fait déjà un certain travail, il n'y avait pas que ça.
Alors, quand ses sanglots se tarirent un peu et qu'elle se sentait déjà épuisée, elle se dégagea d'Erwan, réalisant un peu tard qu'elle était nue contre lui.

Mais peu importait.
Elle chercha son regard, frotta ses propres yeux du dos des mains pour en enlever les traces de larmes, parvint à prendre une inspiration tremblante.

- Et Gil… Il aimait Naïs. Vraiment. Et elle aimait Gil. Vraiment. Et… C'est la mère de Seth. Elle est aussi morte. En voulant me sauver. En me sauvant. Je…
Elle se cacha le visage dans les mains, incapable pourtant de pleurer davantage.
- Je suis désolée. Je n'ai pas réussi à en parler vraiment à qui que ce soit. Je suis perdue. Gil… Ça allait un peu mieux, entre nous, je crois. Et puis, quand Naïs… est partie… Il n'est même plus l'ombre de lui-même. J'ai peur de lui. A chaque fois qu'il était un peu trop entreprenant, j'avais des grosses réminiscences de ce que j'ai subi pour essayer de sauver ma fille.
Elle avala brusquement sa salive, faillit s'étouffer avec, mais continua de se frotter trop fort le visage avec les mains. Et pourtant là, avec Thaom, et maintenant avec Erwan, il n'y avait pas ça. Pas du tout. Alors qu'elle se sentait soudain dix mille fois plus vulnérable qu'avec Gil même juste après la perte de Suviyo. Qu'elle se sentait cent mille fois plus fragile qu'avec Thaom, aussi, d'ailleurs.
Et pourtant elle n'avait pas peur.

- En fait… J'ai peur. Je suis absolument terrifiée. Je suis morte de trouille… J'ai peur de lui.
La révélation bondit avec tant de clarté en elle qu'elle vacilla un instant.
- Mais pourquoi ? murmura-t-elle, encore sous le choc.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Parfois, le vrai courage, c'est simplement d'être soi-même [Erwan]   Ven 14 Juil 2017, 02:18

Il sentit quelque chose se fissurer.
Dans ses bras. Comme une gangue puissante qui explosait soudain en morceaux étincelants, aussi brillants que les larmes qui fondirent hors des yeux de Libertée qui voulut se dégager, tremblante de tout son petit corps. Le cœur d’Erwan se serra, de la voir soudain dans un tel état de détresse alors qu’elle semblait presque sereine quelques secondes plus tôt.
Et puis, il se figea quand Libertée parla de Suviyo. Sentit son propre cœur se fendre, une boule se loger près de sa pomme d’Adam, alors qu’il enveloppait encore plus la jeune femme contre lui.

Il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire. Juste être là pour elle. La bercer tendrement contre lui, compatir à toute sa peine, à toute sa détresse, à toute sa douleur.
Il pouvait même le sentir dans ses os, ça résonnait dans sa moelle. Il aurait donné cher pour pouvoir partager le poids de toutes ces émotions qui s’enchaînaient, il le savait, sous le crâne de la Marchombre. Le menton posé sur le haut de son crâne, les lèvres perdues dans ses cheveux, il tanguait doucement, comme on réconforte un bébé qui s’est réveillé en pleurant pendant la nuit, d’un cauchemar vivace.
Ce n’était pas un cauchemar, malheureusement, et la réalité est souvent bien plus douloureuse que l’imagination ne veut bien le laisser croire.

Quand les larmes de Libertée se firent plus rares, et qu’elle put parler avec une voix cassée par les pleurs mais claire, il attrapa ses poignets pour l’empêcher de cacher encore son visage, cherchant son regard un instant, posant son front contre le sien.
Là.
Juste là.


- Et Gil… Il aimait Naïs. Vraiment. Et elle aimait Gil. Vraiment. Et… C'est la mère de Seth. Elle est aussi morte. En voulant me sauver. En me sauvant.
Erwan ne put s’empêcher de fermer les paupières pour pouvoir intégrer cela. Naïs. Il l’avait rencontrée, une fois, sur la rive du Lac Chen. Son cœur accéléra quand il pensa à l’état dans lequel il trouverait Seth, lors de son prochain cours. Perdre un parent était horrible, oui, et il était bien placé pour le savoir lui-même.
Mais perdre un enfant…
Ce n’était pas dans la nature des choses. Ou si, sans doute, mais les enfants étaient censés succéder les parents. Et il n’y avait pas de mots pour cela, à vrai dire, dans le langage, pour désigner un parent sans enfant.

Un long frisson remonta le long de son échine quand Libertée parla des réminiscences de ce qu’elle avait subi. Une colère froide sauta à la gorge du Marchombre, et il la laissa danser un instant sous son sternum avant de la calmer doucement.

- En fait… J'ai peur. Je suis absolument terrifiée. Je suis morte de trouille… J'ai peur de lui. Mais pourquoi ?
Se détachant d’elle avec une infinie douceur, Erwan laissa le bout de ses doigts effleurer la joue de Libertée, replaça tendrement une petite mèche rebelle derrière son oreille, avant de plonger son regard dans celui de la Marchombre.

- Que t’a-t-il fait, Libertée ? De quoi as-tu vraiment peur ? Pourquoi continues-tu de vouloir être avec lui s’il te terrifie de cette manière ?
Il prit son menton entre deux doigts pour ne pas qu’elle le baisse et continua de la fixer avec intensité. Il voulait comprendre. Il pouvait voir l’éclat de souvenirs dans le fond des prunelles de Libertée. Et sa souffrance.

- Ne réponds pas à voix haute, s’il-te-plait, murmura-t-il tout près de ses lèvres. Est-ce qu’il t’a forcée à faire quoi que ce soit, un jour ? Est-ce que tu t’es sentie manipulée ? Il prit une inspiration, ferma les yeux. Leurs nez s’effleurèrent, et il eut une envie inexorable de l’embrasser. Pourtant, il demeura parfaitement immobile encore quelques secondes. Tu ne lui dois rien. Cesse de souffrir pour lui, Libertée. Je t’en supplie… Son ton n’était même pas implorant, c’était juste un murmure affirmatif bien que soufflé très bas.

Il attrapa la tête de la Marchombre pour la serrer encore un peu plus contre lui. Contre son torse. Non, il ne cèderait pas à la tentation, pas comme cela. Il ne voulait pas être la conséquence d’un acte désespéré de Libertée, c’était hors de question, et il avait aussi du respect pour lui-même, même si à cet instant, son cœur était en miettes.


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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Parfois, le vrai courage, c'est simplement d'être soi-même [Erwan]   Ven 14 Juil 2017, 17:14

Everywhere I'm looking now
I'm surrounded by your embrace
Baby, I can see your halo
You know you're my saving grace
You're everything I need and more
It's written all over your face
Baby, I can feel your halo

♥ ♥ ♥



Qu'avait-il fait ? De quoi avait-elle vraiment peur ? De quoi avait-elle peur ?
Dans les bras rassurants d'Erwan, Libertée se laissa aller à fermer les yeux et essaya d'y réfléchir. Plonger au fond d'elle-même pour pouvoir démêler un peu tout cela.

Qu'avait-il fait ?
Il y avait eu cette fois-là, quand il était rentré à la maison et qu'il s'était précipité sur elle, trop violent, trop exigeant. Elle avait culpabilisé, il était sorti, et même si physiquement il n'y avait pas eu tant de violence que cela, c'était un souvenir qui vibrait de façon terriblement douloureuse et violente dans son esprit.
Il avait toujours été brut de décoffrage, mais ce n'était pas tant cela qui la tracassait. Juste, elle savait très bien qu'il pouvait toujours changer d'avis pendant la nuit, pendant qu'elle était vulnérable. Il y avait quelque chose en lui de profondément imprévisible, et elle avait cette sensation que ce n'était pas juste lui mais quelque chose dont lui aussi avait peur, en fait.

Oui, c'était ça.
Il avait peur de lui-même, alors comment pouvait-elle être rassurée ?
Quand elle était sûre d'elle, qu'elle n'avait pas perdu d'estime d'elle-même, quand elle était au clair avec elle et ses convictions, ses forces et ses faiblesses, elle n'était pas atteinte par tout cela. Mais désormais, elle était en train de se reconstruire et c'était simplement impossible pour elle de ne pas pouvoir se sentir en sécurité pour pouvoir continuer son propre travail.
Seule, elle n'avait qu'elle-même sur qui compter, elle ne pouvait que faire avec et retrouver ce semblant de confiance en elle. Mais elle sentait bien qu'elle ne continuait clairement pas le même travail parce qu'elle n'avait que peu le temps d'y penser.

Elle avait besoin de repères stables en réalité. Mais elle n'avait plus de maison où se réfugier, juste l'académie, et sentait que ce n'était pas suffisant. Ses parents couraient par monts et par vaux, et elle n'avait juste pas envie de les voir après la tragédie de Suviyo. Et encore moins son père, à cause de Naïs. Elle savait qu'elle allait se faire psychanalyser et ça l'agaçait, même si elle adorait son paternel…
Et même si au fond, c'était exactement ce qu'était en train de faire Erwan. Mais Erwan ne pouvait partager une douleur, il pouvait juste être là, parce que finalement il avait déjà pansé ses propres blessures de la disparition de proches. Il la comprenait, et il ne souffrait pas avec elle ; il la soutenait juste. Et il avait réussi à trouver les mots les plus pertinents pour la faire réfléchir.


- Est-ce qu’il t’a forcée à faire quoi que ce soit, un jour ? Est-ce que tu t’es sentie manipulée ?
Elle ne pouvait pas décemment penser qu'il l'avait forcée à faire quoi que ce soit. Mais à chaque fois elle avait orienté ses choix pour que cela soit plus facile pour Gil, et même parfois en allant à l'encontre de ce que elle, elle pensait, ou elle voulait. Notamment pour Makeno. Pourquoi était-elle allée le rattraper, alors qu'elle savait qu'elle le vivrait mal ? Pourquoi avait-elle encore besoin de se flageller elle-même ?
* Parce que je pense le mériter. *
L'évidence la frappa avec tellement de brutalité qu'elle vacilla quelques secondes et sentit Erwan l'attraper avec une tendresse ferme et la plaquer contre son torse.
Les yeux grands ouverts mais affreusement secs, Libertée laissa cette pensée tourbillonner en elle. Elle avait fait tout ce qu'elle pouvait, elle avait donné le meilleur, le pire d'elle-même, elle ne pouvait rien faire de plus, elle n'avait pu rien faire de plus, et pourtant elle se maudissait elle-même de ne pas avoir fait assez.

Elle ferma les yeux une nouvelle fois, contre la poitrine nue d'Erwan, et perçut avec une acuité qui lui donna le tourni sa chaleur et son odeur. Alors, elle se contenta de ne pas bouger et de laisser son murmure chatouiller la peau du marchombre.

- Quand je n'avais pas de soucis avec moi-même, je pouvais tout à fait assumer le fait qu'il n'était pas stable et avait, quelque part, peur de lui-même. Mais dans mon état actuel, j'ai besoin de repères stables, et j'ai cette impression bizarrement étrange que je ne peux pas m'en sortir seule. Peut-être parce que… ce monstre… a fait des choses horribles et que je projète toute ma douleur et ma peine sur les humains en général. Peut-être parce que j'ai cette impression qu'aucune de mes relations, dans ma vie, n'a jamais été stable, au fond. Surtout parce que je pense qu'en fait, je dois le mériter, car je suis incapable de protéger les gens que j'aime, parce que mon meilleur n'a pas suffit à sauver ma fille, à empêcher Naïs de faire cette monumentale connerie. Je mérite de souffrir, encore et encore, jusqu'à ce que j'ai atteins avec moi-même la souffrance que les autres ont pu subir à cause de moi. Mais…
Son murmure se bloqua dans sa poitrine, dans sa gorge, et elle sentit des larmes envahir ses yeux. Elle bougea légèrement dans l'eau, ramena ses jambes vers sa propre poitrine alors qu'elle posait sa tempe sur le sternum d'Erwan et ses cuisses sur les siennes.

- Mais ça veut dire souffrir jusqu'à mourir. Pendant des années ou jusqu'à ce que je prenne cette décision. Et que j'arrive à m'y tenir…

Parce que oui, elle l'avait eu prise, cette décision, quand Gil était déjà dans un état bestial, à Al-Far. Et elle n'était pas allée jusqu'au bout. Mais désormais, il n'y avait plus Suviyo pour la garder sur le fil. Il n'y avait plus Gil, parce que ce n'était plus vraiment lui. Ses parents vivaient de toutes façons sans elle depuis des années…


♥ ♥ ♥


Feels like I've been awakened
Every rule I had you breaking
The risk that I'm taking
I'm never gonna shut you out
Everywhere I'm looking now
I'm surrounded by your embrace
Baby, I can feel your halo

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Parfois, le vrai courage, c'est simplement d'être soi-même [Erwan]   Ven 14 Juil 2017, 19:06

Alarmé par le tournant que venait de prendre la conversation, Erwan attrapa les épaules de Libertée pour la détacher de lui et plonger son regard dans le sien.
- Non, dit-il brusquement. Il glissa ses doigts derrière le crâne de Lib et les enfonça dans ses cheveux pour lui tirer la tête en arrière. Non, Lib, asséna-t-il encore une fois, inflexible. Tu ne mérite pas ça, Libertée. Tu mérites d'être libre, rayonnante, épanouie.


D'une impulsion, il plongea vers sa gorge découverte et y fit jouer ses lèvres. Il frémit en fermant les yeux, prit une inspiration.
- Les autres projettent vers toi leurs propres sentiments, leurs propres incohérences. Ce sont leurs pensées, leurs sentiments, leurs émotions. Ce ne sont pas les tiennes. Personne…
Il se redressa pour chercher à nouveau le regard de Libertée et s'y perdre un instant.
- Personne ne mérite ça. Absolument personne. Pas même Gil. Pas même Naïs. Personne.
Ses doigts allèrent à la rencontre des lèvres de Libertée, affleurant leur texture si douce, les tirant un instant vers le bas pour sentir le souffle de la Marchombre sur sa peau.
- Mais les émotions sont des indicateurs. De précieux indicateurs qui pointent, en soi, les dysfonctionnements et ce qui a besoin d'un travail approfondi.
Il lui sourit tendrement.
- Tu as besoin de te pardonner. Tu as besoin de soutien, d'affection, de tendresse, de positivité. De reconnaissance, aussi.
Prenant une inspiration, il éloigna un peu son visage d'elle.
- Je sais que tu as donné le meilleur de toi-même, tout ce dont tu étais capable, pour sauver ta fille. Tu ne pouvais rien faire de plus, c'est difficile à accepter, mais c'est la réalité. Je sais que tu as tout donné, et que malgré cela, cela n'a pas suffi. Tu as souffert par chaque parcelle de ton corps, et quand il n'y avait plus rien à détruire, c'est ton esprit qui a été blessé, réduit en miettes, et qui a été plongé dans la souffrance.
Erwan attrapa à nouveau Lib pour la plaquer contre lui, et poser son menton sur le haut de sa tête.
- Tu ne dois rien à personne, Libertée. Tu n'as pas à te sentir redevable. Vis pour toi, juste pour toi. C'est en étant toi que tu rends les autres heureux. Et que tu peux aider les autres comme tu le voudrais. Quand tu t'oublies pour les autres, pour Gil, tu ne lui rends pas service.

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Parfois, le vrai courage, c'est simplement d'être soi-même [Erwan]   Ven 14 Juil 2017, 23:24

- Personne ne mérite ça. Absolument personne.
Elle frémit, alors que la pulpe des doigts d'Erwan rencontraient ses lèvres. Elle eut très envie de les attraper entre ses dents ou d'y glisser sa langue, mais il s'éloignait déjà, la laissant pantelante et frémissante.
Et cet éclat doux et tendre dans son regard… Même quand il était ferme, il était léger et prudent.

- Je sais que tu as donné le meilleur de toi-même, tout ce dont tu étais capable, pour sauver ta fille. Tu ne pouvais rien faire de plus, c'est difficile à accepter, mais c'est la réalité. Je sais que tu as tout donné, et que malgré cela, cela n'a pas suffi. Tu as souffert par chaque parcelle de ton corps, et quand il n'y avait plus rien à détruire, c'est ton esprit qui a été blessé, réduit en miettes, et qui a été plongé dans la souffrance.
Une boule se forma dans la gorge de Libertée, qui sentit ses paupières papillonner vivement. L'entendre de la bouche de quelqu'un d'autre avait quelque chose de profondément apaisant. On reconnaissait enfin, à voix haute, avec clarté, ce qu'elle avait fait, ressenti, ce qu'elle avait subi, tout ce qu'elle avait fait. Ce n'était ni nié, ni amoindri, ni jugé. Au contraire, même, elle pouvait sentir le trémolo d'admiration dans la voix d'Erwan et cela l'émut profondément.

Un poids se leva de ses épaules, et elle se sentit s'affaisser contre le marchombre.


-C'est en étant toi que tu rends les autres heureux.
Cette phrase, elle l'avait déjà entendue. Elle l'avait aussi déjà pensé… Avant que tout cela n'arrive, alors qu'elle n'allait pas bien, qu'elle n'était au mieux de sa forme non plus. Et elle avait commencé à l'intégrer, d'ailleurs, à ce moment-là, se séparant de Gil et d'Erwan car tout était devenu trop compliqué et loin de ce qu'elle pouvait ressentir ou vouloir ressentir.

Sauf que là, maintenant…
Elle ne savait plus comment interpréter ses sensations, ses émotions. Une tension naquit en elle, insidieuse, surprenante, la mettant presque mal à l'aise, alors qu'elle se détachait d'Erwan en posant ses mains contre son torse… Avant qu'elle ne comprenne. Cette tension, c'était d'ordre physique.

Redressant le menton, elle chercha le regard d'Erwan, un instant, se demandant où il en était lui. Elle lui adressa un sourire lumineux, malgré ses yeux rouges et sans doute son nez rosit par les pleurs, et ses joues brûlantes des larmes acides qui les avaient parcourues.

- Ça… Ça fait du bien de se sentir entendue, et comprise Tu n'imagines même pas. Merci.

Elle prit une inspiration tremblante qui la secoua un peu, essuya encore ses joues du dos de son poignet. Elle se redressa et se dégagea complètement des bras d'Erwan, faisant quelques pas dans la source brûlante. L'eau coula le long de ses membres et elle se sentit soudain très fatiguée. Se laissant aller, elle plongea complètement dans l'eau, passant au dessus des bulles de chaleur, crevant la surface avec l'une d'entre elles.
Puis, sortant de ce bain naturel, elle s'étira longuement sur le bord, essayant de délier ses muscles contractés par ses contrariétés et ses pleurs.

Se passant les deux mains dans les cheveux, elle les ramena en arrière, avant de se pencher en avant pour attraper sa robe de nuit dans son sac et de l'enfiler rapidement.
Elle avait une envie affreuse de se jeter dans les bras d'Erwan, surtout avec toutes les caresses qu'il avait pu lui faire. Mais il n'avait pas franchi la ligne, et elle ne savait pas si c'était pour elle ou pour lui.
Cependant, elle ne voulait surtout pas qu'il prenne quelque chose de travers.
Et elle fronça les sourcils à cette pensée : là encore, elle basait son propre comportement sur l'interprétation qu'elle faisait de ce qu'il pouvait se baser dans la tête des autres. D'Erwan, surtout. Mais en fait, elle avait toujours fait ça, ou presque, avec Gil, et cela lui sauta à la figure comme un chat sauvage effrayé.
Vacillant un instant, elle sentit son talon clapoter contre l'eau, sur le bord de la mare, battit des bras pour rétablir son équilibre, avant de baisser les yeux vers ses mains.

De quoi avait-elle envie ?
Le corps brûlant d'Erwan, juste là, était à lui entier la réponse à cette question si évasive.
Mais il n'y avait pas que le désir, pas que l'envie, mais aussi l'idée de volonté et de bonheur à long terme, désormais. Est-ce que coucher avec Erwan pour un instant de plaisir - et encore, elle n'était même pas sûre d'en ressentir, du coup cela faisait plus référence à un besoin comblé très temporairement - valait le coup et surtout, quel sens donnait-elle à un tel acte ?

Il y avait aussi cette curiosité étrange, dans le fond de son crâne, qui se demandait ce que cela ferait d'accomplir cet acte alors qu'elle n'en avait pas peur. Pouvait-elle ressentir du plaisir ? En était-elle encore capable ?
Voyant qu'Erwan la détaillait, elle se tourna vers lui et chercha son regard pour y planter le sien.


- Tes caresses…  font un bien fou. J'ai envie de bien plus. Elle se mordit la lèvre, mais décida de continuer sur sa lancée. Je ne suis pas sûre de vouloir revoir Gil. Une partie de moi le veut, et l'autre absolument pas. Rationnellement, je n'ai pas envie de le laisser encore plus sombrer en lui-même, mais je sais que je n'ai pas la force de le faire sans me détruire moi-même. Je…

Elle se détourna, s'entourant de ses bras en grelottant un instant.

- J'ai toujours très peur d'aller plus loin avec lui. D'ailleurs, la seule fois où on y est parvenus, c'était absolument… vide. Je.. Je ne suis plus capable d'éprouver du plaisir. Parlait-elle de plaisir physique ou plaisir de la vie ? Peut-être bien des deux. Et pourquoi disait-elle cela à Erwan ?
Parce qu'elle espérait qu'il pourrait le contraire. Mais il n'était sans doute pas d'accord. Est-ce que s'il réagissait dans la négation, elle se sentirait encore plus mal ?

Oui, probablement.
Est-ce que c'était grave ?
Non, car ce ne serait pas personnel. Ce ne serait pas contre elle, mais pour elle. Pour lui aussi. Il pouvait en avoir mal de faire le tampon, finalement. Elle vivait une histoire avec Gil, et au final elle se retournait vers lui parce que cela ne se passait pas bien. Il était gentil d'endosser ce rôle franchement pas glorieux, même si aux yeux de Libertée, c'était extrêmement important.
Elle ne pouvait parler à personne d'autre sans qu'un jugement de valeur ne soit émis. Erwan était le seul à ne jamais juger, ni elle, ni les gens en général, ou presque jamais.

Et c'était exactement ce dont elle avait besoin.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Parfois, le vrai courage, c'est simplement d'être soi-même [Erwan]   Sam 15 Juil 2017, 04:45

Le sourire de la Marchombre fit chaud au coeur d’Erwan, et il la trouva magnifiquement belle, soudain. Non pas qu’elle n’était pas belle naturellement, mais ce sourire… Ce sourire !
Il ne put que répondre en souriant à son tour, alors qu’elle se dégageait de son étreinte et plongeait sous l’eau. Erwan prit une inspiration avant de pousser un long soupir, juste avant qu’elle ne sorte de l’onde brûlante, les gouttes dégoulinant le long de sa peau, de son dos et de ses jambes, comme autant d’appels. Pourtant, il ne fit que se passer la langue, très rapidement, sur ses lèvres brusquement asséchées.

Elle enfila une robe légère et il put se rendre à ce moment-là seulement qu’il avait arrêté de respirer. Cachant sa réaction en toussant dans son poing fermé, le Marchombre se redressa à son tour et sortit de l’eau lui aussi.
Mais alors qu’il s’approchait de sa poche de voyage pour y saisir de quoi se sécher, la voix de Libertée s’éleva et le figea sur place.


- Tes caresses…  font un bien fou. J'ai envie de bien plus.
Oh, que lui aussi. Mais non, pas comme ça. Pas alors qu’elle était encore en détresse, pas alors qu’elle ne savait pas où elle posait les pieds. Il pouvait définitivement sentir le chemin qu’elle ouvrait devant elle, les décisions qu’elle était en train de prendre alors qu’elle parlait, cependant il ne voulait pas qu’elle prenne cette décision sur un coup de tête.

Enfin…

- Je.. Je ne suis plus capable d'éprouver du plaisir.

Un tremblement incohercible agita la joue droite d’Erwan, qui redressa la tête en serrant les poings. Il était persuadé du contraire, déjà, et ensuite… Dans sa tête, cela sonnait comme une sorte de défi. Et il n’aimait pas cela. D’où lui sortait cet esprit étrange.. de compétition ?

Se figeant, il prit le temps d’analyser ce qui était en train de se passer dans sa tête.

Il ne voulait pas vraiment prouver à Libertée qu’elle avait tort, ou que Gil s’y était mal pris. Malheureusement, si elle avait peur de lui, une telle union était par définition vouée à l’échec, si on pouvait appeler cela un échec. Parce qu’il n’était pas censé y avoir de considération de perfomance à un moment de partage passionel comme l’acte de faire l’amour.
Mais après tout, cela dépendait complètement de la manière dont on abordait cette union que lui considérait comme sacrée. Alors oui, évidemment, il avait des pulsions, il était humain, il était animal aussi, mais s’il pouvait perdre le contrôle, ce n’était jamais de façon à briser l’accord implicite avec sa partenaire, ou alors simplement à ne pas avoir d’accord. Il en était hors de question, tout simplement.

Mais là, il aurait voulu rassurer Libertée, et lui montrer que si, elle en était capable. Le corps humain était une formidable machine, et chaque vie était gouvernée par le plaisir – à court ou long terme. Et elle avait eu clairement l’air d’apprécier ses caresses – et elle le lui avait même dit.
Alors, oui, c’était certain qu’elle en était capable physiquement. Cela ne tenait que du lâcher-prise mental désormais, de son point de vue.

Confusément, il réalisait également que c’était une invitation de la part de la Marchombre à aller plus loin. Est-ce qu’il pouvait décemment faire cela ?
Dans son esprit se dessina une solution très précise, et il s’avança vers elle pour l’attraper par les coudes et la tirer vers lui, sur son torse, en lui faisant faire un pas en arrière. Plongeant en avant, il déposa une farandole de baisers-papillons sur le haut de son épaule droite, se glissant le long de sa peau satinée.
Ses doigts jouèrent sur la courbe de sa taille, et il cessa de l’embrasser pour prendre une grande inspiration.

- Je suis sûr que si…
Il referma sa paime chaude contre le sein de Libertée une seconde, avant de l’en enlever.
- Mais pas ce soir, Libertée. Tu es trop secouée. Et je pense que tu en es capable, tu as juste trop peur. Peut-être même que c’est intimement mêlé, la peur et le plaisir, et que tu ne l’as pas encore apprivoisé.
Il se mordit l’intérieur de la joue, avant de faire un pas en arrière.
- Pense-y. Mais d’abord, on mange.

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