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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Grain de folie [Daos]

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Lou Ril'Fairy
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MessageSujet: Grain de folie [Daos]   Jeu 13 Juil 2017, 23:54

[Bon, ben finalement j'ai opté pour Al-Jeit, j'espère que ça te convient ? Je ne sais pas comment Daos peut atterrir là, mais je te fais confiance... tu trouveras (sinon, tu m'envoies un MP !)  Razz]



Lou s’ennuyait vraiment très, très rarement. En fait, ça avait dû se produire seulement deux fois dans toute sa vie… mais là, c’était bien parti pour ajouter un petit 3 à la liste. En même temps, il y avait de quoi ! Quelle idée d’accepter une telle mission ! Mais c’était Lou tout craché, celle qui ne savait pas dire non et qui s’embarquait dans des histoires peu ordinaires. Rien de bien particulier cette fois-ci, hormis le fait qu’elle était chargée de protéger une famille de nobles passablement précieuse… et pour cause. C’était celle de l’Empereur.

Pour sa défense, la marchombre n’avait pas vraiment prêté attention au nom. Elle s’était plutôt concentrée sur le but de la mission, qui était d’accompagner une famille de cinq individus et de ne pas les lâcher d’une semelle pendant dix jours consécutifs. La raison de toutes ces précautions ? Une attaque au palais, ou plutôt une intrusion qui avait rendue méfiante toute la garde.

Lou n’avait pas immédiatement reconnu l’arrière petit cousin de l’Empereur. C’était plutôt logique, mais ça lui avait paru un peu étrange qu’on prenne le temps de lui parler de l’étiquette. En fait, on lui avait carrément appris comment se tenir. Ça lui avait mis la puce à l’oreille. Vaguement. Et puis on l’avait introduite dans le palais, et là, c’était tout de suite devenu plus… concret. Curieuse de tout et tout le temps, Lou s’était fait un plaisir de découvrir un autre monde, radicalement différent de celui qui existait hors de ces murs ; sa mission l’autorisait à déambuler partout où elle le désirait, ce dont elle ne se priva pas.

Orion, l’arrière petit cousin de l’Empereur, était un homme discret, timide, même, ce qui était plutôt étonnant ; s’il parvenait à se sentir à son aise en société, c’était grâce à son épouse, Zérine, qui avait assez d’assurance pour deux et qui soutenait son mari avec tendresse et patience. Leur aînée, Pavenia, était âgée de seize ans. Elle donnait son premier bal ce soir-là, toute de blanc vêtue et au moins aussi timide que son père. Venait ensuite Tail, qui avait deux ans de moins mais qui, lui, tenait de sa mère et s’amusait bien de la faiblesse de sa sœur. La petite dernière, Briwaël, n’avait que six ans mais elle était sacrément maligne, et surtout elle n’avait d’yeux que pour Lou qu’elle ne quittait pas un seul instant.

C’était grâce à elle que Lou ne s’ennuyait pas complètement. Le bal s’éternisait, les danseurs évoluaient sur la piste, Pavenia osait à peine s’approcher d’eux, Tail la faisait tourner en bourrique quand il n’était pas en train de courtiser, du haut de ses petits quartorze ans, les jeunes filles de la soirée, et la marchombre, debout aux côtés d’Orion et Zérine, s’efforçait de prendre son mal en patience. Elle devait veiller au grain, mais elle serait plutôt en train de dormir éveillée…

… si Briwaël ne lui posait pas une montagne de questions.

- Et pourquoi tu t’appelles Lou ?
- Parce que ma maman adorait ce prénom.
- Elle s’appelle comment ta maman ?
- Devine ! En trois essais. On joue pour un bisou !
- Aela!
- Eh non !
- Erezaelle ?
- Encore raté. Mais c’est joli.
- Briwaël ?
- Encore plus joli, mais non : c’est Martine.
- Martine ? Je connais pas. C’est rigolo !
- Et mon bisou ?


Le petit bout se hissa sur la pointe des pieds quand Lou s’accroupit pour lui tendre sa joue. Un baiser sonore, voilà qui redonnait un peu de courage pour patienter jusqu’à la fin de cette looooongue soirée !

- Pourquoi tu danses pas ?
- Je ne sais pas danser ce genre de danse.
- Tu n’as pas appris ?
- Pas celles-ci, non.
- Pourquoi ?
- Hum… pas vraiment mon style.
- C’est quoi ton « style » ?


Lou baissa les yeux et l’observa un instant. C’était tellement tentant… elle sourit en s’imaginant bondir au milieu de la piste et faire une petite démonstration de tektonik. Bon, ce serait du grand n’importe quoi mais ici, c’était forcément inconnu, n’est-ce pas ? Ou bien elle entamerait une Macarena, tiens !

C’était absolument contraire à sa mission, mais que pouvait bien risquer Orion, ce soir ? Il était en pleine discussion avec son épouse, un peu à l’écart. La moitié des invités s’endormait sur sa chaise. La pauvre Pavelia ne se rendait pas compte que sa soirée n’était pas si amusante. Lou soupira. Sa mission était de les protéger ? Et bien soit. Protéger Pavelia et sa réputation, c’était dans ses fonctions !

- Viens avec moi, dit-elle à Briwaël avant de sauter souplement au bas des quelques marches.

Intriguée, la petite la rejoignit tandis que quelques paires d’yeux se posaient sur la marchombre. Elle était vêtue de sa tunique de cuir souple et détonnait déjà au milieu de tous ces gens trop bien habillés, mais quand elle commença à bouger, elle attira tous les regards.

Absolument tous.

Il y avait de quoi.


*



« Mira lo que se avecina a la vuelta de la esquina
viene Diego rumbeando
Con la luna en las pupilas
y su traje agua marina
Parece de contrabando

Y donde màs no cabe un alma alli se mete a darse caña poseido por el
ritmo ragatanga
Y el dijey que lo conoce toca el himno de las doce
para Diego la canción más deseada
Y la baila... and he dances... y la canta »


- Allez Bri, fais comme moi !!!


« Aserejé ja de je de jebe tu de jebe sebiunouva
Majabi an de bugui an de buididipi
Aserejé ja de je de jebe tu de jebe sebiunouva
Majabi an de bugui an de buididipi »



C’était la première fois qu’elle tentait un truc pareil.
La première fois qu’elle apportait un peu de son ancien monde dans celui-ci.

Et c’était une réussite.

Les gens qui la dévisageaient au départ avec des yeux grands comme des ballons agitaient la jambe, ou bien les épaules, ou bien la tête en rythme avec cette drôle de chanson ! Briwaël imitait les mouvements de Lou et, très vite, elle retint l’étrange chorégraphie. C’est elle qui entraîna tout le monde à sa suite, et non pas Lou ! Les danseurs se rapprochèrent, curieux – y compris Pavelia qui rougissait juste un petit peu.

C’était tellement incroyable que Lou recula vers le buffet, les yeux rivés sur la foule. Elle vit trop tard la silhouette qui passait derrière elle et la heurta avant d’avoir pu l’éviter.

- Youps ! Désolée, j’étais distraite et je… Daos ?!

Lou cligna des yeux. Elle n’avait pas la mémoire des visages, mais…

… elle était certaine de reconnaître le jeune homme !

__________________________________________



« C'est impossible », dit la Fierté.
« C'est risqué », dit l'Expérience.
« C'est sans issue », dit la Raison.
« Essayons.. », murmure le Coeur.

[Absente du 18/07 au 24/07]
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Daos Loner
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MessageSujet: Re: Grain de folie [Daos]   Mer 19 Juil 2017, 14:41

[Bon, je pense que ça reste assez plausible pour qu'un péquenaud se pointe dans un bal de l'arrière-arrière-petite cousine de l'Empereur en plein Al-Jeit :p ]

- Hep, un coup d'main !

Daos tourna vivement la tête en haussant un sourcil. La voix qu'il l'avait hélé provenait d'un groupe de jeunes gens, pas plus âgés que lui et affairés autour d'énormes charrettes de bois. Immobilisé au pied des murs de pierre d'une large maison, le convoi se composait de quatre carrioles identiques dont deux croulaient encore sous le poids de leur contenu. En s'approchant de celui qui venait de l'appeler, un jeune homme maigre aux cheveux roux bouclés et au visage avenant, Daos jetta un coup d'oeil à l'une des charrettes les plus chargées. Quantité de chaises emballées en débordaient presque littéralement, à l'instar des montagnes de victuailles que transportait visiblement le chariot suivant. Etonné, il s'arrêta près du jeune homme qui tremblait sous le poids du buffet dont il avait soulevé une moitié de ses deux bras, l'autre reposant sur le bord de la charrette. Amusé, Daos détailla le visage avenant, constellé de tâches de rousseur et rougi par l'effort :

- Ca a l'air lourd, lança-t-il comme un simple constat.
- Ca l'est, haleta le jeune homme. Tu peux...

L'apprenti marchombre acquiesça de la tête en plaçant ses mains sous l'autre partie du meuble, banda ses muscles et aida le jeune homme à le sortir du véhicule. Il s'immobilisa, les mains ramassées sous le meuble et ramenées contre ses cuisses :

- Et où va-t-on, comme ça ?
- Par là
, répondit le rouquin en désignant une porte du bâtiment d'un hochement de tête, de toute évidence soulagé d'avoir reçu un peu d'aide.

Tous deux portèrent le meuble jusqu'au battant de bois contre lequel le jeune homme ne manqua pas de se cogner les doigts, traversèrent un petit vestibule richement décoré, pour finalement venir déposer leur lourd fardeau au beau milieu d'une salle vide au carrelage clair orné d'une peinture colorée. Un homme fin, bien habillé, sa chevelure et sa fine moustache soignées, s'approcha d'eux à grands pas d'une démarche chaloupée mais pas moins gracieuse.


- Contre ce mur-ci, Clay, juste en-dessous de la fenêtre, ordonna-t-il au jeune homme, et... Vous êtes, demanda-t-il en fixant Daos, les sourcils froncés ?

Celui-ci sourit alors que le rouquin, Clay, répondait précipitamment :


- C'est un ami ! Il est venu m'aider à décharger, ça fait longtemps qu'il m'aide, et...
- Longtemps que vous vous connaissez
, hasarda l'homme avec un regard soupconneux ?
- Ah oui, ben ça oui Monsieur Berns, ça fait au moins, pfouuu...
- Trois minutes
, rénchérit Daos avec un grand sourire.

A son étonnement, ledit Monsieur Berns s'autorisa un sourire en coin en reprenant :


- Je vois. Au moins vous êtes honnête.
- Merci. Pourquoi toute cette agitation
, demanda Daos en regardant les gens qui s'agitaient autour dans la pièce, vous emménagez ?
- Le temps d'une soirée, seulement.


Le jeune homme haussa un sourcil curieux. Voyant cela, Berns poussa un long soupir, visiblement exaspéré.

- Vous n'êtes pas au courant ?
- Au courant de quoi ? Je vous l'ai dit, je ne connais Clay que depuis trois minutes
, rétorqua Daos. Je passais par là, il m'a demandé un coup de main.
- Bien
, soupira de nouveau Berns. L'arrière-arrière-petite cousine de notre Empereur donne un bal ce soir, ici même. La maison des El' Nedaìn a accepté de mettre cette demeure à leur disposition pour l'occasion. La plupart des jeunes des nobles familles d'Al-Jeit y sont conviés, ainsi que certains d'origines plus... Modestes, grommela-t-il dans sa barbe.

Cette réflexion sur la noblesse et les origines fit froncer les sourcils de Daos.


- Et vous, qui êtes-vous ?
- Augustus Berns, le plus grand décorateur intérieur de tout l'Empire,
clama-t-il en se redressant fièrement.
- Avec ou sans les talons, ironisa Daos en jettant un coup d'oeil vers les chaussures de l'homme ?
- Riez tant que vous le voulez, je ne pense pas avoir de conseils à reçevoir sur ma tenue vestimentaire. Surtout venant de... Vous, cracha-t-il en détaillant la tenue de Daos.

Le jeune homme se devait de reconnaître que sa tenue n'allait pas bien avec les décorations clinquantes et les couleurs criardes de la pièce. Là où or, bois richement sculpté, tentures ouvragées et moulures délicates ornaient battants, meubles, murs et plafonds de la demeure, lui se contentait d'une tunique et d'un pantalon de toile marbrés de gris et de noir, de bottes plates et souples et pour simple fioritures d'une ceinture de cuir sombre et de son bracelet habituel. Là où les vêtements de Berns étaient pimpants et hauts en couleurs mariées avec soin dans le but d'attirer l'attention, ceux de l'apprenti arboraient des motifs irréguliers qui permettaient de trancher sa silhouette humaine lorsqu'il cherchait à se fondre dans les ombres, acquisition qu'il venait tout juste de faire chez l'un des couturier les plus rennommés de la ville. L'homme avait d'ailleurs été fortement étonné par la demande de Daos, lui qui avait l'habitude d'habiller des gens tels que Berns.

L'apprenti marchombre leva les yeux de sa propre tenue pour les planter dans ceux d'Augustus. Il sourit :


- Puisqu'aucune de nos tenues ne trouve grâce aux yeux de l'autre, et que je n'apprécie absolument pas votre ton, autant en rester là.

Berns acquiesca avec une exclamation hautaine, avant de se détourner et d'ignorer superbement Daos. Celui se détourna en soupirant et secouant la tête, puis se dirigea vers la porte, talonné par Clay.

- Double "P", murmura Daos.
- De quoi ?
- Double "P"
, répéta-t-il plus haut à l'intention du jeune homme. Péteux prétentieux.
- Ouais, je suis d'accord
, acquiesca Clay en souriant largement.
- Enfin, peu importe. Tu travailles souvent avec lui ?
- Assez, oui. Mon père est traiteur, c'est à lui qu'ils ont acheté la bouffe pour ce soir. De temps en temps, il me trouve un petit boulot comme ça pour décharger une de ses commandes et aider à l'aménagement de la réception.
- Et tu comptais soulever ce meuble tout seul, ou tu étais sûr que je passerais par là et que j'accepterais de t'aider
, demanda Daos en souriant ?
- M'en parles pas, soupira Clay. Mon frère était censé m'aider pour celui-là, mais il s'est tiré quand j'avais le dos tourné. J'ai juste eu le temps de le voir courir après deux filles qui marchaient dans la rue.
- Chacun ses priorités
, commenta le jeune homme.
- Ouais. Tu viendras, ce soir ?
- Au bal ?
- Ben oui !


Daos regarda le jeune homme en fronçant les sourcils.

- Et que viendrais-je faire à un bal ?
- A ton avis ? Boire, manger, danser ! T'amuser ! En plus y'aura plein de filles !
- Génial
, ironisa Daos.
- Allez, viens !
- Je ne suis pas invité, de toutes manières.
- Moi oui
, s'exclama Clay ! Vu que je travaille souvent avec Berns, il a accepté que je vienne, à condition que je me tienne bien.
- Il a accepté que tu viennes dans un bal de nobles ? Toi
, s'étonna Daos en riant ? J'ai cru comprendre que ton père était traiteur.

Le jeune homme écarta la remarque d'un signe de tête.

- Y'aura pas que des nobles, y'a aussi plein de jeunes des classes moyennes qui sont invités. Y'aura même un fils de forgeron, alors tu vois !
- Je suis fils de forgeron,
répondit Daos, les lèvres pincées.
- Ah, heu...

L'apprenti eut un sourire rassurant :

- Ne t'en fais pas, les classes sociales ne m'intéressent pas. Pour tout te dire, je ne viens même pas d'Al-Jeit, mais d'un petit village dans le nord. Alors, comparé à tous ces nobles et ces... Jeune de classe moyenne, comme tu dis, je suis un simple pécore. Mais soit, admettons. J'ai juste deux questions : pourquoi, tiens-tu tant à ce que je vienne ? On se connaît depuis à peine dix minutes.
- Ben, un mec qui est capable de moucher Augustus comme ça, je veux le voir au milieu de tout le gratin qu'il y aura ce soir
, répondit Clay en souriant.
- Je croyais qu'il n'y aura pas tant de nobles que ça, ironisa Daos ?
- Heu...
- Peu importe. Deuxième question : es-tu idiot ou insouciant ?
- Hein ?
- La sécurité, ça te dis quelque chose
, poursuivit Daos d'un air grave ? L'arrière-arrière-petite cousine de l'Empereur, des tas d'autres nobles, et tu invites un parfait inconnu dans un bal où il pourrait faire des ravages ? Et si j'étais un assassin ? Un brigand, un voleur, un meurtrier, ou même un simple fou furieux ? Tu ne me connais pas, mais tu m'invites sans réfléchir.

A sa grande surprise, Clay se contenta d'éclarer de rire.


- La sécurité ? T'es malade ! L'Empereur a embauché un garde du corps pour protéger Orion, son arrière-petit cousin, et sa famille. Un garde du corps super spécial apparemment. D'après les rumeurs, il serait aussi fort qu'un Frontalier. Alors si t'es un assassin, bonne chance mon gars !
- Je vois le genre. Un colosse de deux mètres vingt en armure intégrale ?
- Ouais, ça doit être ça. En plus, c'est moi qui t'ai appelé tout à l'heure, alors ce serait vraiment un sacré hasard que tu soies un assassin. Bon, allez, tu viendras ?


Daos soupira en regardant autour de lui. S'il était aujourd'hui à Al-Jeit, c'était pour récupérer. Mentalement.

Tuer pour la première fois de sa vie, à quatre reprises, dans une ruelle et sur les toits d'Al-Jeit sous l'oeil de Kaünis ne lui avait pas posé tant de problèmes. C'était alors tuer ou être tué. L'épisode d'Ezadrah avait en revanche été plus lourd à supporter qu'il ne l'aurait cru. Les Métamorphes, les escalves, toutes ces morts... Lui qui se croyait suffisamment endurci et détaché pour supporter ça avait été bien plus choqué que prévu. La découverte d'autant de morts atroces, et surtout inutiles, était revenu le hanter à plusieurs reprises depuis lors. Le cours avec Rilend dans les Dentelles Vives avait été un réel soulagement, bien qu'un supplice pour ses muscles. En remontant en direction d'Al-Chen, ils étaient passés à proximité de l'Arche d'Al-Jeit, dont ils avaient aperçu le sommet au loin à l'est. Daos s'était tourné vers Rilend, et avait demandé à son maître si cela la dérangeait de rentrer seule. La marchombre avait écouté son élève. Al-Chen avait beau être une ville exceptionnelle, c'était désormais là-bas qu'il vivait. Il ne savait, en revanche, quand il aurait à nouveau l'occasion de découvrir Al-Jeit, et ne voulait pas passer à côté. Et qui plus est, avait-il admis, il avait besoin de voir du monde. De vagabonder dans les rues et sur les toits pour essayer de faire le vide, de passer au-delà de tout ce qu'il avait vu. Il s'était alors rendu dans la capitale, seul. Une chambre à l'auberge et la tenue qu'il s'était offert avaient été ses seules dépenses, lui qui passait la majeure partie de son temps à grimper sur les toits et à découvrir la capitale, mais il lui restait encore suffisamment pour passer deux jours de plus en ville, avant de rentrer à l'Académie.


"Je suppose que voir un peu de monde ne me ferait pas de mal," soupira-t-il.

- D'accord.

***

"Hein ?"

Voilà ce que Daos avait immédiatement songé à peine deux minutes après être entré dans la salle. Comme promis, Clay était venu le faire passer devant les gardes à l'armure rutilante et la figure pathibulaire. Le jeune homme avait été un peu déçu en découvrant l'ambiance presque morose qui régnait. La musique était lente et monotone, seules quelques couples de danseurs esquissaient des pas sans paraître vraiment convaincus. Plusieurs des invités étaient affalés sur leur chaise dans un coin de la pièce, un verre à la main et la tête penchée en arrière ou sur leur poitrine. De rares groupes de jeunes gens s'étaient formés près des fenêtres. Clay lui désigna l'hôte de la soirée, Paveina, une jeune fille au visage doux et vêtue d'une robe blanche, ainsi que les membres de sa famille et certains nobles que Daos connaissait de nom et de réputation. Ils se dirigèrent vers le buffet et s'emparèrent d'une assiette et d'un verre. Moins d'une minute plus tard, une explosion semblait avoir secoué tous les invités tant le changement était flagrant.

Daos n'avait pas aperçu l'origine de l'émoi qui s'était emparé des convives, mais ils furent bientôt tous rassemblés au centre de la pièce, gesticulant selon une chorégraphie étrange dont le jeune homme n'avait jamais entendu parler. Les yeux ronds, il fixa Clay qui se précipitait vers la piste pour imiter les danseurs, puis éclata d'un rire joyeux devant la scène. Ca, c'était une fête. De la joie, de l'incohérence et de la folie. Rien à voir avec cet espèce de buffet d'enterrement dans lequel il avait débarqué deux minutes plus tôt. Il sourcilla en aperçevant l'une des danseuses quitter le centre de la piste à reculons, les yeux fixés sur la foule.

Vêtue de cuir sombre, ses longs cheveux blonds en bataille, la jeune femme avait une silhouette et une attitude reconnaissables entre mille. Le jeune homme s'approcha d'elle, mais ne put l'éviter lorsqu'elle glissa soudain d'un pas vers sa droite tout en reculant.


- Youps ! Désolée, j'étais distraite et je... Daos ?!
- Lou ?!


Evidemment. Lou ! Qui d'autre serait capable de faire danser autant de monde, en si peu de temps et de cette façon ? La marchombre n'avait pas changé, elle arborait toujours cet air aussi espiègle, ses yeux pétillaient toujours de malice et son sourire était aussi doré que ses cheveux.

- C'est donc ça, la danse classique, lança le jeune homme avec un grand sourire ? Tu m'apprends ?

Il lui planta un baiser sur la joue avant de poursuivre :

- Ca fait plaisir de te voir. Qu'est-ce que tu fais ici
, demanda-t-il, toujours souriant ?

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Un immense merci à Wëlle pour l'avatar !
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Lou Ril'Fairy
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MessageSujet: Re: Grain de folie [Daos]   Jeu 20 Juil 2017, 20:00

Il lui planta un baiser sur la joue, elle en profita pour jeter ses bras autour de son cou et lui rendre la pareille. Daos ! Ici ! Lou sentit son cœur gonfler d’une joie immense. Elle n’avait pas oublié sa rencontre avec le jeune homme. Voir un visage connu et amical dans cette maison était plus que formidable ; la marchombre sourit de toutes ses dents.

- Ça fait plaisir de te voir, dit-il, après avoir plaisanté au sujet de la danse. Qu’est-ce que tu fais ici ?
- Je travaille,
répondit-elle dans un clin d’œil lumineux.

Elle recula d’un pas pour le détailler : toujours cet air tranquille et cette mine vaguement mutine, ces mêmes yeux noisette piquetés d’éclats dorés dans la lumière des candélabres, cette peau presque caramel pour avoir tant été caressée par le soleil et, autour de son poignet, le bracelet de cuir qu’une feuille de métal finement ciselée fermait. Pourtant, Daos avait changé. Il lui semblait légèrement plus mince au niveau de la taille, et plus développée au niveau du torse et des épaules. Ses paumes portaient la marque d’un entraînement intensif qu’elle connaissait bien. A nouveau, le cœur de Lou battit plus vite : c’était un marchombre ! Apprenti, certes, mais marchombre tout de même. Un compagnon !

- Moi aussi, je suis ravie de te revoir, ajouta-t-elle en plongeant ses yeux dans les siens.

Son regard aussi avait changé. Il brillait de la même force que dans son souvenir, mais une ombre nouvelle s’y était installée et lui donnait un air plus grave que lors de leur première rencontre. Sans lui lâcher le bras, Lou l’entraîna à l’écart des danseurs, désormais bien réveillés et qui enchaînaient sur une valse des plus enjouées.

- Et toi, alors ? Qu’est-ce qui t’amène dans l’humble demeure des El’Nedaìn ?

Lou avait volontairement accentué l’adjectif, ironique ; celui-ci, en effet, était totalement inapproprié puisque la pièce, à elle seule, contenait assez de frasques pour donner le tournis. Rien n’avait été laissé au hasard : les meubles briqués et cirés étaient garnis de fleurs et de bougies, le buffet s’imposait, chargé de victuailles qui ne disparaissaient jamais alors que pas mal de monde venait se servir, et le service était fait dans une argenterie des plus raffinées. Les toilettes des femmes s’accordaient parfaitement à la richesse des lieux et la tenue des hommes faisait également son petit effet. Lou sourit. Au milieu de tous ces gens, Daos et elle détonaient par leur simplicité et leur naturel. N’empêche qu’elle était bien contente d’avoir pu garder ses vêtements, fonction oblige ! Au moins, elle n’était pas engoncée dans un corset ! Les deux fourreaux croisés dans son dos, à peine cachés sous un voile de cheveux blonds, attirait bien des regards et nourrissait quantité de murmures, mais la marchombre s’en moquait comme de sa première dent de lait : elle était là pour accomplir sa mission, ainsi qu’elle l’avait dit, et à présent que l’atmosphère du bal s’était réchauffée, elle rayonnait.

- Salut, fit le garçon qui se tenait juste à côté de Daos. Je m’appelle Clay !

Du même âge que Daos, il était beaucoup plus mince, voire carrément dégingandé, comme s’il avait grandi trop vite et que son corps ne s’était pas encore accoutumé à cette taille-là ; son visage franc et rieur était encadré par des boucles d’un roux flamboyant, et ses yeux, d’un vert plus clair que ceux de Lou, pétillaient d’une malice enfantine. Il lui plut immédiatement !

- Moi c’est Lou, répondit-elle dans un grand sourire, en cognant son poing contre le sien.
- Tu travailles ici, alors ? Qu’est-ce que tu…
- Mademoiselle Ril’Fairy !
coupa une voix rocailleuse et mécontente, peut-on savoir ce que vous êtes en train de faire ?

Lou leva les yeux au ciel, mais elle offrit à la vieille femme qui approchait une réponse teintée de courtoisie.

- J’accueille des amis, dame Cylène.
- Oui,
lâcha la nouvelle venue en détaillant Daos et Clay avec circonspection, ça, je me doute qu’ils sont avec vous… Mais dites-moi, n’êtes-vous pas sensée protéger mon fils et sa famille, ce soir ?

Du coin de l’œil, Lou vit Clay écarquiller les yeux d’étonnement. Elle se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas rire, et fit face à la noble. C’était une dame âgée qui avait, hélas, encore toute sa tête... son fichu caractère avait tendance à taper sur le système de son entourage, y compris de ses propres enfants. Bien sûr, l’on se gardait bien de la remettre à sa place, étant donné qu’elle était une dame « vénérable »… cela dit, Lou n’avait pas sa langue dans sa poche.

- Vous avez remarqué quelque chose de suspect, dame Cylène ? Comme un sourire sur le visage de votre petite fille, par exemple ? Ou bien la danse endiablée de tout à l’heure ?
- On ne vous paye pas pour bâiller aux corneilles, mademoiselle.
- Vous ne me payez pas du tout, en fait. C’est votre fils qui, en s’offrant une sécurité auprès de la garde de la ville, loue également mes services. Services qui consistent en une surveillance accrue de l’intérieur. Croyez-moi, rien ne m’échappe, dame Cylène, ni les coups de canne que vous donnez en douce à Briwaël pour qu’elle se tienne droite, ni les regards noirs que vous me décochez depuis le début de la soirée. Alors, satisfaite ?


Soufflée, Dame Cylène s’éloigna en marmonnant quelques menaces qui n’atteignirent pas le moral de Lou. Elle se contenta de hausser les épaules, puis attrapa un verre d’eau et savoura quelques gorgées bien méritées.

- Je crois que l’aristocratie et moi, nous ne nous entendrons jamais, dit-elle à ses amis.

Elle avait à peine terminé sa phrase qu’une Briwaël lui sautait dans les bras. Une chance que Lou ait des réflexes bien aiguisés ! Sans renverser une goutte d’eau, elle posa son verre et hissa la fillette dans ses bras.

- Pourquoi t’es partie comme ça ?
- Tu dansais comme une reine, je n’avais pas besoin de rester sur la piste !
- C’est qui, eux ?
- Le garçon au sourire charmeur, c’est Daos. Celui aux cheveux de feu, c’est Clay. Les gars, voici la Petite Dame Briwaël !


La petite gloussa, amusée par le titre que Lou plaisait à lui donner, puis elle adopta soudain une expression très sérieuse et se pencha pour murmurer quelque chose à l’oreille de Lou. La marchombre hocha la tête avant de lui lancer un petit clin d’œil complice.
Alors, elle se tourna vers les garçons, un sourire matois sur les lèvres.

- L’un de vous aurait-il la gentillesse d’inviter notre petite princesse à danser ?
- Je serai honoré d’être son cavalier,
fit Clay en se fendant de son plus beau sourire.

Il s’inclina comiquement tandis que Lou déposait Briwaël à terre, mais quand il se redressa, son sourire s’était un peu effacé.

- Heu, je n’ai aucune idée de comment je dois faire, lâcha-t-il en regardant les danseurs qui entamaient une série de pas compliqués.
- Je vais te montrer ! s’écria Briwaël en lui attrapant la main. Viens avec moi !

Déterminée, elle entraîna le rouquin sur la piste et se fit un devoir de lui enseigner les pas. Il devait se pencher pour lui tenir les mains. Amusée, Lou les regarda évoluer un moment, puis son regard attentif balaya la salle avant de revenir se poser sur Daos.

- J’ai l’impression que tu as fait un sacré bout de chemin depuis que nous nous sommes vus à Al-Chen, dit-elle doucement.

Elle se demanda s’il avait gardé le ruban qu’elle avait accroché à la porte de l’Académie.

__________________________________________



« C'est impossible », dit la Fierté.
« C'est risqué », dit l'Expérience.
« C'est sans issue », dit la Raison.
« Essayons.. », murmure le Coeur.

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Daos Loner
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MessageSujet: Re: Grain de folie [Daos]   Lun 24 Juil 2017, 21:50

Lou enroula ses bras autour de son cou en l'enlaçant pour lui rendre son baiser. Daos se rappela en souriant de la dernière fois qu'il avait senti ces lèvres sur sa joue -au moins un siècle en arrière lui semblait-il. Là où les monuments sortis de terre par l'imagination des Hommes caressaient les nuages et tutoyaient la Lune, sans jamais parvenir à les atteindre. C'était au sommet de l'une de ces majestueuses tours que Lou avait terminé de pousser la porte qu'Oturo avait ouverte depuis sa rencontre avec le jeune homme. Loin semblait ce temps où il s'était présenté à l'Académie, dans une vaste clairière parsemée d'une herbe blanche du givre de la nuit, aux pieds d'un bâtiment où son coeur battant d'inquiétude et d'appréhension s'était calmé en apercevant le ruban violine que Lou avait noué sur la porte.

- Je travaille.

Elle lâcha ces mots en même temps que son cou, et se recula d'un pas en le regardant de la tête aux pieds. Il se dit qu'il avait passé avec succès ce petit examen lorsque le vert forêt du regard de la marchombre vint accrocher ses yeux et qu'elle ajouta en souriant :

- Moi aussi, je suis ravie de te revoir.

Reprenant l'habitude née lors de leur rencontre à Al-Chen, elle le mena par le bout du bras jusqu'à quelques mètres de l'un des murs de la pièce, au beau milieu d'un triangle formé par les danseurs bien plus nombreux qu'à l'arrivée de Daos, une fenêtre ouverte sur la bienfaisante fraîcheur de la nuit et un large tableau aux tons ocre et formes ondulées. Ainsi, Lou travaillait ? Que pouvait bien faire une marchombre aussi renommée dans une fête de la haute société ? Peut-être travaillait-elle dans la garde, se demanda-t-il en remarquant les fourreaux qui dépaissaient entre les omoplates de la marchombre ? Pourtant, l'arrière-petit cousin de l'Empereur avait déjà embauché un garde du corps, d'après ce que Clay avait dit au jeune homme.

- Et toi, alors ? Qu’est-ce qui t’amène dans l’humble demeure des El’Nedaìn ? lui demanda-t-elle en insistant sur le mot humble et désignant la vaste pièce du regard.

Daos eut un petit rire. Il avait eu le temps d'aperçevoir certaines des décorations apportées pour l'occasion lorsqu'il avait aidé Clay dans l'après-midi. Mais, tout pédant qu'était Augustus Berns, le jeune homme se devait de reconnaître que le décorateur méritait sa réputation. Les tons des ornements -fleurs, bougies, lampions et banderolles- se mariaient à la perfection avec le moindre meuble, la moindre peinture et la moindre tapisserie. Encore que moindre n'était pas le qualificatif qu'il convenait d'user dans une pareille demeure. Il tourna la tête en entendant Clay arriver après avoir salué ses amis eux aussi invités.


- J'ai eu droit à quelques jours de vacances, alors j'en ai profité pour revenir visiter Al-Jeit. Et le jeune homme que voici, poursuivit-il en désignant Clay, a proposé de me faire entrer ici, en remerciement d'un... Humble meuble que je l'ai aidé à porter, conclut-il en accentuant le mot de la même manière que Lou.
- Salut, lança Clay en regardant Lou. Je m’appelle Clay !
- Moi c’est Lou,
répondit la marchombre en souriant et en tapant de son poing celui du jeune homme.

Daos sourit en voyant cela. C'était exactement de la même manière que Lou l'avait salué, lorsqu'ils s'étaient rencontrés à Al-Chen.


- Tu travailles ici, alors ? reprit Clay. Qu’est-ce que tu…
- Mademoiselle Ril’Fairy ! Peut-on savoir ce que vous êtes en train de faire ?


Le jeune homme avait froncé les sourcils en entendant la voix sèche et râpeuse qui s'était élevée dans son dos, puis sourit en voyant Lou lever les yeux au plafond d'un air exaspéré. Elle se tourna vers la femme, d'un certain âge, qui s'avançait vers eux d'une démarche raide, engoncée dans une épaisse robe pourpre, pas le moins du monde dans les tons relâchés choisis par les jeunes participant au bal.

- J’accueille des amis, dame Cylène, répondit la marchombre d'une voix tranquille.
- Oui, ça, je me doute qu’ils sont avec vous… Mais dites-moi, n’êtes-vous pas sensée protéger mon fils et sa famille, ce soir ?

Daos fronça de nouveau les sourcils en voyant que le regard que jetait la femme, visiblement la petite-cousine de l'Empereur, à Clay et lui, était très proche de celui que lui avait accordé Berns dans l'après-midi : pas de son goût. Tandis que Lou rabattait le caquet de Dame Cylène, le jeune homme donna un petit coup de coude à Clay pour attirer son attention et lui chuchota :

- Un colosse de deux mètres vingt en armure intégrale, hein ?
- Ça va, ça va,
répliqua son ami en souriant. Mais pourquoi ils l'ont engagée ? Elle devrait être danseuse, pas garde du corps, non ? Heureusement qu'il y a les gardes de la ville si y'a du grabuge.
- C'est bien une danseuse,
murmura Daos tandis que Dame Cylène finissait de se faire rembarrer par Lou et commençait à s'éloigner en grommelant, et crois-moi, c'est exactement pour ça que les gardes de la ville sont inutiles ici, acheva-t-il avec un clin d'oeil devant l'air étonné de Clay.

Il se remémorait les soixante secondes durant lesquelles Lou avait dansé, dansé comme un feu follet au milieu d'une allée sombre, lorsque la marchombre éloigna son verre pour déclarer :


- Je crois que l’aristocratie et moi, nous ne nous entendrons jamais.
- Tu n'es pas la seule,
répondit Daos avec un grand sourire.

Il fut presque coupé dans sa phrase par l'arrivée d'une petite boule -fille- aux cheveux de miel qui sauta sur la jeune femme.


- Pourquoi t’es partie comme ça ?
- Tu dansais comme une reine, je n’avais pas besoin de rester sur la piste !
- C’est qui, eux ?
- Le garçon au sourire charmeur, c’est Daos. Celui aux cheveux de feu, c’est Clay. Les gars, voici la Petite Dame Briwaël !
- Très honoré, Dame Briwaël,
déclara l'apprenti en s'inclinant et souriant.

Il s'esclaffa ensuite en voyant Clay se faire entraîner sur la piste de danse par la petite Briwaël, qui se mit à lui apprendre les pas avec sérieux. Après plusieurs heures passées dans une telle pièce, les corps de près d'une centaine de personnes avaient drastiquement fait monter la température. Daos savoura en fermant les yeux le mince courant d'air qui bravait la chaleur de l'intérieur pour venir lui chatouiller la nuque. La musique suivait désormais un rythme encore plus enjoué que la précédente valse, très proche de ceux que le vieux Eric grattait sur son violon dans son village. A présent qu'il y repensait, cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas inquiété du village où il avait grandi, de ses parents, de Saüré, d'Irès et de tous les autres. En a peine quatre mois, il n'avait songé à eux qu'à quelques reprises, principalement durant les quelques jours qui avaient suivi son arrivée à Al-Chen. Les cours avec Rilend avaient été si intenses, leurs discussions et leurs silences si captivants qu'il avait peu à peu mis son ancienne vie de côté pour ne plus y repenser. Sans l'attrister, cette pensée lui fit un pincement au cœur. Il se promit d'y retourner dès que possible.

Daos fut tiré de ses songes par Lou, qui murmura doucement :

- J’ai l’impression que tu as fait un sacré bout de chemin depuis que nous nous sommes vus à Al-Chen.

Il ouvrit les yeux, et un léger sourire vint relever ses traits que ses pensées avaient alourdi. Tournant son regard vers la jeune femme, il eut un petit rire.

- On peut dire ça, oui.

Daos inspira en levant les yeux vers le plafond, cherchant ses mots, avant de revenir les poser sur Lou :

- Quand Oturo m'a dit qu'il ne comptait pas me guider, je l'ai regretté. Quand tu m'as dit que tu ne pouvais pas me guider, je l'ai regretté. Et quand j'ai rencontré Rilend, quatre jour après avoir trouvé...

Il regarda autour de lui. Personne ne semblait prêter attention à leur conversation, mais il était bien placé pour savoir que certaines personnes avaient l'ouï fine et pouvaient écouter ce qui se disait autour d'elles sans pour autant en donner l'impression.

- ... Ton ruban, compléta-t-il afin d'éviter de parler de l'Académie, je me suis rendu compte que ç'avait été idiot. Elle est incroyable. Autant que toi, autant qu'Oturo. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai vraiment l'impression que l'on était faits pour suivre ce chemin ensemble. Peut-être que tous les apprentis disent ça de leur maître, ajouta-t-il en riant, ou du moins je l'espère pour eux. Les alentours du Lac, les forêts, la ville, ses toits et ses ruelles... Je ne m'ennuie jamais, j'en apprends constamment. Plus j'en demande, plus ses réponses soulèvent de questions supplémentaires. C'est juste génial. Je ne sais pas si je suis particulièrement doué, et tu me connais suffisamment pour savoir que ça ne m'intéresse pas, mais en tous cas je progresse. Constamment. Et c'est exactement ce que je suis venu chercher. J'ai beau plisser les yeux, je n'arrive pas à voir jusqu'où je peux aller, jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle peut m'emmener. Mais bon, je ne te cache pas que ça a été difficile au début. J'ai découvert des muscles dont je ne soupçonnais même pas l'existence, s’esclaffa-t-il.

Le jeune homme chercha une carafe d'eau -en crystal, bien sûr- et se servit un grand verre. Il le vida d'une traite et reprit :


- Tiens, d'ailleurs, nous revenos tout juste des Dentelles Vives. Du jour au lendemain, elle a choisi de nous emmener à Al-Jeit, puis nous sommes...

Daos hésita. Malgré lui, les images d'Ezadrah s'imposaient encore à son esprit. Il ferma les yeux, les rouvrit, battit des paupières et poursuivit lentement :

- Nous avons... Nous avons fait un détour par le sud-ouest, avant de revenir presque sur nos pas. D'aller visiter les Dentelles. Et sur le chemin du retour, je lui ait demandé la permission de faire un crochet de quelques jours par ici.

Il s’aperçut soudain qu'il ne parlait plus depuis une bonne minute, et s'était contenté de fixer le sol, l'esprit toujours tourné vers le sud-ouest. Il secoua la tête, reprit un petit sourire et se tourna vers Lou :

- En sommes, oui, j'ai fait un sacré bout de chemin depuis notre rencontre. Et toi alors ? J'ai vu ton nom sur le panneau d'affichage, et j'ai même rencontré Tiun.

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Un immense merci à Wëlle pour l'avatar !
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Grain de folie [Daos]
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