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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Maizel - cours n°5

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Groupe Maizel - cours n°5   Lun 31 Juil 2017, 00:35

Les murmures l’enveloppèrent comme un manteau frémissant. Mouvants, ils allaient et venaient autour d’elle, la frôlant parfois pour s’éloigner aussitôt, prudents. Et infiniment curieux. Ils étaient accompagnés de regards dont elle pouvait sentir le poids entre ses omoplates. Ça la chatouillait, au point qu’elle finit par lâcher ses cheveux tressés afin qu’ils retombent en cascade bleue dans son dos, comme une barrière pouvant lui offrir encore un peu d’intimité.

Au fond, elle ne pouvait pas blâmer les auteurs de ces murmures frénétiques et de ces regards appuyés. Voilà près de deux ans et demi qu’elle n’avait pas remis les pieds ici, dans les ombres souterraines d’Al-Jeit, au cœur de la Guilde des Marchombres ; ses membres avaient beau être habitués à tout, ils étaient encore sous le choc. Syndrell Ellasian, pour certains, était un joyeux petit fantôme revenu d’entre les morts…

Si l’idée lui avait plu au début, elle l’agaçait désormais. Etre au centre de l’attention lui avait toujours déplu, surtout en ce lieu. Mais la jeune femme demeurait impassible, en dépit des murmures qui devinrent chuchotement dans son dos. La tête haute, elle semblait défier quiconque oserait prononcer la moindre réflexion sur la marque qui se dessinait sur son épaule gauche. Les bretelles de sa tunique de cuir la laissaient entièrement découverte, comme pour assumer un passé bel et bien révolu, et pour affirmer qu’un simple dessin sur la peau, même éternel, ne briserait jamais ses ailes.

C’est toutefois avec soulagement qu’elle reconnut, parmi les silhouettes élancées qui se massaient dans la pièce, celle de son ami. Un sourire aux lèvres, elle se fraya un chemin jusqu’à lui. Quand il la découvrit, Valcyan ne dissimula pas son émotion. La gorge trop nouée pour parler, il la prit dans ses bras et la serra très fort contre lui.

- La Dame soit louée, tu es de retour… souffla-t-il, avant de s’écarter pour la regarder.

Elle était plus belle encore que lorsqu’il lui avait parlé pour la dernière fois, deux ans et demi plus tôt. Ses longs cheveux bleus semblaient absorber toute la lumière des torches ; ils ondulaient comme s’ils avaient été noués un moment. Quelques mèches retombaient devant ses yeux, toujours aussi flamboyant… non. Bien plus qu’auparavant. Ce regard-là était sans âge, empreint d’une sagesse millénaire quand elle n’avait pas trente ans. Elle portait des vêtements différents, un haut de cuir qui laissait voir son ventre plat.

- Joli, commenta le marchombre.

Syndrell caressa distraitement la patte de loup désormais tatouée sur sa peau blanche, juste sous son nombril. Une empreinte récente et aussi éternelle que celle qui marquait son omoplate, à la différence que celle-ci avait été faite de son plein gré et pour des raisons qui ne regardaient qu’elle.

- Salut, Val. Je t’ai manqué ?
- Plus que tu ne saurais l’imaginer…


Valcyan tourna la tête un instant pour qu’elle ne voit pas les larmes dans ses yeux. Il avait été informé du retour de Syndrell à l’Académie des semaines plus tôt, mais cela ne l’empêchait pas d’être sincèrement remué par le fait de la voir en chair et en os devant lui. L’annonce de sa prétendue mort lui avait flanqué le même coup au cœur que celle de Miss.

- Que deviens-tu ?
- Je m’apprête à retrouver Narek.


Valcyan haussa un sourcil en voyant le visage de Syndrell s’illuminer d’une façon bien particulière, mais il ne dit rien.

- Quant à Darwen, à l’heure qu’il est, il doit être arrivé près du Rentaï… quoi ? Que se passe-t-il ?

Cette fois, le regard de Valcyan s’était assombri au point d’alarmer Syndrell. Inquiète, elle posa la main sur son bras. Il n’eut pas le courage de lui mentir. Pas à elle.

- Il y a eu plusieurs attaques, lâcha-t-il. La semaine dernière, une apprentie a été tuée.

Syndrell blêmit.

- Est-ce qu’on sait ce qui lui est arrivé ?
- On sait très peu de choses,
avoua Valcyan dans un murmure. Une seule certitude : le désert des Murmures n’est plus sûr, et la route du Rentaï encore moins. Des rumeurs circulent au sujet d’un village maudit.

Ezadrah.

Syndrell planta les doigts dans l’avant-bras de Valcyan pour garder son équilibre. Elle ferma les yeux un instant, le temps de puiser dans sa réserve de courage, et les rouvrit lorsqu’elle fut certaine de ne pas s’effondrer. Les craintes de Syles étaient bel et bien fondées ! Non pas qu’elle en ait douté, mais ces tragiques événements rendaient la situation plus concrète et plus dangereuse qu’auparavant… tout était lié à Ezadrah, elle en était sûre. Au village des esclaves, et surtout aux fidèles de l’ordre fondé par Onku, qui traquaient les métamorphes dans l’espoir de… créer des monstruosités.

Darwen était en danger.

- Tu ne peux pas intervenir, rappela Valcyan, lisant dans ses pensées.
- Je sais.

Le règlement l’interdisait ! Syndrell ne devait pas accompagner son élève, quoi qu’il puisse lui en coûter. Elle s’obligea à garder son calme.

- J’ai confiance en lui. Il va s’en sortir.
- Bien sûr que oui. Mais il est le dernier apprenti à être parti pour le Rentaï. Depuis, nous n’autorisons plus les élèves à entreprendre ce périple.
- Le Conseil a condamné l’accès au Rentaï ?
- « Fermé » est un terme qui convient mieux. Tant que la menace pèse sur nos membres, en tout cas, et jusqu’à ce que lumière soit faite sur cette histoire.
- Val…


Syndrell chercha ses mots. Comment avertir la Guilde du danger sans pour autant l’entraîner dans cette affaire ?

- Il vaut mieux rester loin du désert, dit-elle finalement.
- Tu sais quelque chose, n’est-ce pas ?
- Oui.


Valcyan se tut un moment. Il avait vu la marque sur son épaule, lui aussi. Et fait le rapprochement avec la rumeur de sa mort. Au bout de ce qui lui sembla être une éternité, le marchombre hocha la tête.

- La Guilde va rester en dehors de cette histoire… pour le moment.
- Merci, Val.
- Ce n’est pas pour toi que je dis ça, mais pour nous tous… Les éléments dont je dispose ne sont guère encourageants. Je m’inquiète pour toi.
- Inutile,
sourit Syndrell, je suis bien entourée.
- Peut-être, mais… N’hésite pas à me contacter si nécessaire. N’hésite jamais, jeune fille.


Sans prévenir, il la serra de nouveau contre lui, impulsivement.

- Ne commets pas la même erreur que Miss, souffla-t-il à son oreille. Je ne veux pas te perdre aussi…

Sa joue appuyée contre l’épaule du marchombre, Syndrell resta silencieuse.




*



Il pleuvait des cordes. L’orage avait menacé toute la matinée avant d’éclater sur Al-Chen, déversant des trombes d’eau au gré de quelques coups de tonnerre qui faisaient vibrer la terre. Protégée par son manteau, sa capuche rabattue sur la tête, Syndrell sifflotait un petit air joyeux. Rien, même pas une tempête ne pouvait entamer son humeur ! Elle chantonnait depuis le réveil, qui s’était fait très tôt en raison de son départ d’Al-Jeit.

La pluie ne l’avait pas lâchée un seul instant, mais elle s’en fichait complètement. Elle n’avait pas froid, elle n’était pas en sucre et surtout, surtout, elle allait retrouver Narek. Son Narek… Penser ces mots la faisait sourire. Etait-il dans le même état à l’idée de la revoir ? Possible… Elle avait du mal, parfois, à séparer son engouement de maître à celui d’amante. Les deux étaient trop liés. Cependant, c’était bien pour enseigner qu’elle rejoignait le jeune homme. Ils auraient tout le temps de batifoler ensuite…

Lorsqu’elle poussa la porte du Zoanne, son ventre parvint à faire davantage de bruit que le tonnerre. Et pour cause ! Une délicieuse odeur flottait dans la pièce, pleine de promesse… et de douceur. Narek, elle le savait, l’attendait derrière une pile de crêpes encore chaudes…

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°5   Lun 31 Juil 2017, 19:17

Your magic,
White rabbit,
Has left it's writing on the wall.

We follow ,
Like Alice,
And just keep diving down the hole...

L'apprenti marchombre, souriant, sortit de la cuisine en souriant, un plat de crêpes dans une main et un contenant de sirop dans l'autre.

Puis perdit son sourire quand il entendit le bruit d'une épée qu'on sortaient de son fourreau.

Trois jours.

Trois jours que ces bandits tentaient de lui mettre la main dessus pour le forcer à payer un montant ''De protection'' pour son établissement.

Personne ne pouvaient rien contre eux puisqu'ils étaient hors de portée des gardes, officiellement, ils n'avaient rien fait puisqu'il n'y avait aucune preuve de quoi que ce soit et que, de toute façon, certains gardes étaient dans leur pocher, façon de parler bien sûr.


Puisque tu nous as fais courir comme des idiots, le prix as monté, petit chat des rues, nous attendons nos cent pièces ici même! Et n'oublie pas! 25 d'or, le reste d'argent!

Le rire gras de l'homme fit soupirer Narek, qui déposa son plateau et son contenant métallique sur une table puis retira son manteau, qu'il avait remit en prévision du voyage possible avec Syndrell, et le déposa sur une chaise.

À cette heure, ses clients habituels n'arriveraient pas avant une bonne demie heure, se dit-il en retroussant les manches de sa chemise blanche récemment achetée et passant une main sur son veston noir en soie. Il avait enfin un revenu lui permettant de s'habiller pour avoir l'AIR d'autre chose qu'une vagabond (Sa vieille chemise en toile percée un peu partout ne faisait pas très classe...)
alors il n'allait surement pas en donner une seule piécette à ces idiots, se dit-il en faisant des moulinets avec les bras.


J'attends une amie et ces vêtements son neufs, je vous seraient donc reconnaissants de bien vouloir éviter de saigner du nez ou quoi que ce soit d'autre...

Tss! Tu te moque de nous gamin!?

Bon vous comptez parlez toute la journée, ou est-ce qu'on va se battre..?

Les hommes sortirent leurs armes.

Le garçon soupira en fermant les yeux.

Les hommes s’élancèrent au pas de course.

Le garçon ouvrit les yeux.

Déterminé.


* Ceci ne doit pas engendrer de réponses émotives...

...Trois hommes, un avec une épée, un avec une dague, le dernier as une canne.

Usure au niveau du haut de la canne, toujours vers la droite, elle s'ouvre en dévissant. Mesure environ soixante centimètre avec le pommeau, ça cache donc une lame mince, très coupante, faite pour les duels et les attaques surprises.

Oeil gauche légèrement plus fermée que l'autre, rougeur à la droite de celui-ci, blessure de quelque jours, encore sensible. Ligne bleue au milieu du nez, il l'as brisé récemment, pas encore guéri, éviter de le frapper pour ne pas qu'il saigne partout, démarche légèrement plus appuyée sur la droite, grince des dents quand le mouvement appui sur sa taille, possibles côtes fracturées.

Au second, maintenant, son épée as plusieurs marques d'usures, dont une qui s'est transformée en fissure non loin du manche, possible de rendre l'arme inutile en la frappant avec assez de forcer à cet endroit précis avec quelque chose de dur.

Il tente de le cacher, mais il boîte par la droite, légère torsion au niveau du genoux à chaque pas, celui-ci est enflé mais ne semble plus faire mal, notre ami as récemment souffert d'une bursite. Il place son bras gauche derrière lui de façon trop prononcer pour une simple garde, monsieur protège une blessure. Mais où... Hum... Ahah! Grimace en frôlant son partenaire du poignet, puis bouge les doigts d'agacement. Poignet fragile, donc. Fracture net possible.

Troisième bonhomme, toi t'es le maillon fort hein, une dague qui semble neuve, des yeux perçants, une démarche souple, je te garde pour la fin.

Pour commencer, évité la charge folle vers la droite, me placé devant la fenêtre arrière. Monsieur canne va tenter d'utiliser ce moment pour en finir rapidement, évité le coup de lame, plutôt brouillon vu la rapidité de celui-ci après avoir sortit l'arme de son fourreau spécial, vers la droite une fois de plus, révéler la fenêtre où le soleil pointe, aveuglement temporaire.

Profiter de ce moment pour frapper l'homme sur le côté gauche du visage, au niveau de l'oeil.

Fragilisé le genou gauche d'un coup de talon.

Évité la réplique rageuse en mettant son bras dans le chemin du coup de pied de l'homme à la dague.

Bris du bras sous le choque.

Cassé le genou une fois pour toute.

Attrapé la bras de l'homme à l'épée qui tente une attaque du bout de sa lame, s'en servir pour mettre monsieur canne hors service pour de bon.

Monsieur canne, résultat final : Hémorragie de l'oeil gauche, bras droit brisé en trois endroits, genou gauche fracturé, nez éclaté.

Guérison physique complète, huit mois, guérison psychologique, un an. Oeil qui louche pour de bon, capacité mentale d'intimider les autres : Neutralisée.

Mon pote avec l'épée, c'est ton tour.

Utiliser le bras que je tient comme une corde, le faire tourner puis lui faire rencontrer le mur pour l'étourdir.

Éviter le coup de dague rageur de l'autre.

Frapper l'épée contre la lampe en fer forgé.

La lame casse, arme désormais inutile.

Ne reste qu'une ou deux minutes, se dépêcher.

Assurer sa prise sur l'homme qui lâchera son arme inutile. Entourer son cou d'un bras, se servir de lui comme bouclier pour empêcher monsieur dague d'attaquer, étouffer tranquillement.

En résumé : Bras fragilisé, poignet cassé, arme cassé, crâne légèrement fracturé au niveau du front, étouffé.

Guérison physique : 3 semaines. Guérison psychologique : 4 mois.

Peur de se faire étrangler et de manquer d'air, devient claustrophobe.

Habilité à intimider les marchands : neutralisée.

Plus que 45 secondes.

Désolé, monsieur dague, va falloir faire vite.

Éviter les trois coups rageurs, attraper la chaise à ma droite, m'en servir pour bloquer son quatrième.

Tourner la chaise pour lui tordre le bras, résultat : lâche sa dague.

Il recule de deux pas et demi et se tenant le poignet, puis repart à la charge. N'as pas remarquer le corps de son premier complice devant lui, se plante la fraise vers le sol, intercepter la tête du genou en rajoutant un peu de force, K.O. sur le coup.

Tourner sur ma droite puis m'asseoir.

Résultat : Douleurs musculaires au bras, cheville tordue, nez éclaté.

Guérison physique : Une semaine, guérison psychologique : 3 mois.

Habilité à sous estimé les autres : Neutralisé.

... Une tâche sur mon pantalon au niveau du genoux gauche...

... Et merde, pas le temps de faire autrement.

Le premier homme arriva sur lui.

Le jeune homme se mit en mouvement.


Well swing a little more,
Little more o'er the merry-o.

Swing a little more,
A little more next to me.

Swing a little more,
Little more o'er the merry-o.
Swing a little more,
On the Devil's Dance Floor..!

Narek tournoya sur lui même, s'assit...

...Au moment précis où Syndrell entra dans l'établissement pour y découvrir trois hommes sans connaissances bien amochés, un barde-marchombre assit dans une chaise tournée vers elle et, sur la table à ses côtés, un énorme plat de crêpes chaudes avec du sirop dans un contenant verseur en métal non loin.


Bonjour Syndrell, comment vas-tu..?

Il espérait franchement qu'elle avait faim..!

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°5   Lun 31 Juil 2017, 21:11

- Nom d’une bouille de loutre ! s’écria Syndrell en se figeant sur le seuil de l’auberge.

A ses pieds, trois hommes se tordaient de douleur. Ils étaient dans un état critique, sans pour autant que leur vie semble menacée : celui ou celle qui était responsable de ce carnage avait frappé avec génie…

- Bonjour Syndrell, comment vas-tu.. ?

Elle leva lentement la tête, et le jeune homme nonchalamment assis sur une chaise passa sous le feu de son regard flamboyant. Le petit génie, c’était lui, même si rien n’attestait cette réalité, hormis une mèche qui tombait devant ses yeux et une tâche sur son pantalon. On aurait pu ergoter sur la couleur de ses joues, mais ses yeux s’illuminèrent tellement quand il les posa sur la nouvelle venue, qu’il était impossible de ne pas penser à un autre motif pour ces rougeurs.

Syndrell sourit, et enjamba les trois pauvres bougres pour rejoindre son apprenti. Elle faillit tendre la main pour lui ébouriffer les cheveux, mais sachant que ce geste mènerait fatalement à d’autres, elle se laissa tomber sur une chaise, en face de lui, fit tomber sa capuche sur ses épaules et soupira d’aise. Une montagne de crêpes trônait sur la table. De quoi lui faire oublier qu’elle était trempée !


- Fort bien, dit-elle en se remplissant une assiette. Et toi ?

Avant que Narek n’ait eu le temps de répondre, Sefan sortit la tête de l’arrière cuisine.

- Syn ? C’est toi ?
- Mmmh mmmh !
répondit-elle, la bouche pleine.
- Je me disais bien que j’avais reconnu ta jolie voix ! s’exclama le jeune homme en s’approchant.

Il s’essuya les mains sur son tablier, se pencha et embrassa la marchombre sur la joue.


- Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer ce que font ces messieurs sur le tapis du Zoanne ?
- Oh, rien de grave… ces messieurs ont un peu trop cherché le patron, ces derniers temps. Il était temps de leur faire passer un petit message.


Syndrell lécha le sirop sur ses doigts et jeta un coup d’œil à son élève. Le patron. Rien que ça ! Ce n’était pas nouveau, bien sûr, mais ça l’impressionnait à chaque fois. Elle veillait à ne pas le montrer, consciente de son rôle auprès de lui, mais elle ne put s’empêcher de sourire en le détaillant avec plus d’attention. Elle aimait bien son nouvel accoutrement. C’était à la fois simple et distingué. Le veston s’accordait à la couleur de ses cheveux et de ses yeux. Il était tellement beau que son cœur bondit dans sa poitrine ; troublée, elle baissa les yeux et se concentra sur ses crêpes.

L’un des hommes parvint à prendre appui sur ses avant-bras. Sans cesser de manger, Syndrell tendit la jambe et lui flanqua un coup de botte qui lui plongea à nouveau la tête dans le tapis.

- Du calme… Restez-là un moment, messieurs, et réfléchissez un petit peu à ce qui vous arrive. Vous avez appris une leçon importante aujourd’hui. Et gratuite, qui plus est : une sacrée chance !

Les interpellés grognèrent. Visiblement, ils n’avaient pas tout à fait le même concept du mot « chance ». Syndrell haussa les épaules et balaya la salle du regard. Autour d’eux, les clients avaient recommencé à manger tranquillement, preuve que ce genre de spectacle était fréquent. Un sourire passa sur les lèvres de la marchombre. Si Zoanne pouvait voir ça, elle serait ravie !

Son regard revint se poser sur Narek. La dernière fois qu’ils avaient été ensemble, c’était là-bas, à Ezadrah ; elle l’avait entraîné dans le sombre sillage de sa quête, le précipitant dans les griffes d’un ennemi fou à lier. Elle savait ce que le fin tissu de la chemise dissimulait, dans son dos, et à quoi ses nuits avaient pu ressembler après pareille cruauté. Mais sans lui, Onku serait peut-être encore en vie, et eux, six pieds sous terre...

Et voilà que c’était au tour de Darwen d’affronter de terribles dangers dans le désert. Refusant de laisser ses pensées errer dans cette direction, Syndrell cala son dos contre le dossier de sa chaise, croisa les bras sur la poitrine et sourit.


- Alors, Narek ? Prêt à me suivre dans de nouvelles aventures ?

En vérité, elle ne lui laissait pas le choix puisqu’il était tenu de l’accompagner jusqu’à la fin de sa formation. Mais si la question n’était qu’une pure formalité, ce qu’elle signifiait était important : le danger ne la lâchait pas d’une semelle. Bientôt, elle allait s’engager dans une guerre. Avec un peu de chance, Narek serait libéré de son apprentissage avant cela, mais il était possible qu’il courre de grands risques en la suivant pour ce dernier voyage en tant qu’élève.

Le sourire de Syndrell s’élargit. Si le danger était un veston, Narek le porterait avec autant de classe que son actuel vêtement !

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°5   Mar 01 Aoû 2017, 15:42

Toujours.

Simple et concis, avec un second sens non dissimulé.

Il serait toujours prêt à la suivre.


Wi’ her blood red lips, and her youth about her hips,
Still the regulars all love her just the same.

Where the mud-spat boots cut their way among the suits,
And the Sally’s come to rattle the can for Jesus.

‘Til they chain up all the doors & toss out all the whores,
Wi’ a fistful o’ half dead roses.

Le jeune homme, ayant remit son manteau de cuir noir, sortit avec Syndrell sans même préparé de plans pour le Zoanne pendant son absence.

Il faisait pleinement confiance à Sefan pour prendre soin de l'endroit pendant ce temps. Il ne put s'empêcher, cependant, de savoir si Syndrell, elle, avait des plans pré-faits et s'il pouvait les connaitre...


Alors, on va au nord, au sud, à l'est, à l'ouest ou bien juste ''par là''?

Et il souriait de toute ses dents.

Simplement heureux de retrouver les cours.

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°5   Mer 16 Aoû 2017, 12:42

- Alors, on va au nord, au sud, à l’est, à l’ouest ou bien juste « par-là » ?

Syndrell rabattit sa large capuche en souriant. Près d’elle, Narek était excité comme une puce à l’idée de reprendre la route… et elle devait reconnaître qu’elle-même n’avait plus qu’une hâte : sauter sur le dos de Vagabond, et filer à bride abattue vers l’inconnu ! Mais il ne fallait pas se précipiter non plus. Ils avaient le temps, et quand on entreprend un voyage de ce type, on doit se plier d’abord à certains détails importants.

- Notre destination se trouve à l’est, répondit-elle néanmoins, tout en se décalant d’un pas pour éviter que toute l’eau de la gouttière ne lui tombe entre les épaules. Mais j’ai quelque chose à faire avant de partir.

Elle désigna les sacs de toile qu’ils avaient remplis de vivre, juste avant de laisser le Zoanne aux bons soins de Sefan.

- Charge les chevaux, puis passe à la forge d’Eli : il attend Vagabond avec un fer tout neuf. Si tu as besoin de quoique ce soit, dis-lui de le rajouter sur ma note. Et embrasse-le pour moi. Retrouve-moi ensuite au pied des remparts, côté est. Ne sois pas en retard !

Syndrell fila sans laisser le temps à son élève de la bombarder de questions. Très vite, elle abandonna les ruelles, trop encombrées, pour courir sur les toits dégagés ; elle se jouait de la pluie qui rendait glissante la moindre plaque d’ardoise, du vent qui cinglait son visage et tentait, à grand renfort de bourrasques, de la précipiter dans le vide. Rien n’était en mesure de la détourner de son objectif.

Un éclair déchira le ciel, suivi d’un coup de tonnerre qui fit vibrer la terre. Se laissant tomber souplement dans une venelle déserte, la marchombre sortit le poignard de Miss. Prudente, elle fit quelques pas feutrés, contourna une caisse éventrée, ignora le rat qui, curieux, s’approcha de son pied droit, et s’arrêta en percevant une présence dans son dos.

- « Je suis ce que je suis, mais je ne suis pas ce que je suis… » fit une voix masculine, incroyablement grave.
- « …car si je suis ce que je suis, je ne suis plus ce que je suis », compléta Syndrell. Alors, qui suis-je ?
- L’ombre,
souffla l’autre.

La jeune femme se retourna lentement. Un instant, elle dévisagea l’homme qui demeurait parfaitement immobile, comme s’il guettait sa réaction. A peine plus grand qu’elle, il avait des cheveux d’un blond cuivré qui s’échappaient par mèches éparses de son capuchon noir. Une coule dissimulait la moitié basse de son visage, ne laissant voir que ses yeux d’un gris plus tourmenté que celui du ciel en ce moment, mais Syndrell se souvenait parfaitement de l’énorme cicatrice qui barrait sa face, depuis le coin de l’œil gauche jusqu’aux lèvres.


- Ou alors je suis un homme suivant un cercueil, ajouta-t-il, vaguement moqueur, mais ce serait chipoter et surtout, ça n’a plus rien à avoir avec nous !

Nous…

Les Ombres. L’usage imprévu de ce pronom personnel replongea Syndrell dans un passé qu’elle aurait préféré oublier. Elle se vit, âgée d’à peine quinze ans, un foulard sur ses cheveux pour en cacher la couleur et s’éviter un passage à tabac de la part de superstitieux… Elle suivait Leif, le chef de leur réseau d’espions. A sa droite, Blanche. Prévoyait-elle déjà de trahir son amie ? Et à sa gauche, un jeune garçon au visage constellé de tâches de rousseurs. Tristement, Syndrell remarqua qu’elles s’étaient effacées avec l’âge.

- Salut Kyban…

Deux bras l’attrapèrent brusquement.

- Louve, murmura Kyban en la serrant contre lui.

Surprise par cet élan d’affection qu’elle ne lui avait jamais connu, Syndrell finit par se dégager. Elle rangea son poignard, maintenant qu’elle était rassurée. Il ne fit aucun commentaire à ce sujet – probablement parce que lui aussi avait posé les doigts sur le manche de son arme, sous la cape de cuir qui le protégeait de la pluie.

- Que me vaut le plaisir ? Je croyais que tu nous avais oubliés…

C’était vrai, du moins en partie, et elle se mordit la lèvre, vaguement honteuse. En vérité, depuis la trahison de Blanche, Syndrell avait évité de recontacter les Ombres. Rien ne lui prouvait que Kyban n’allait pas lui planter un couteau dans le dos, lui aussi. Rien d’autre que l’espoir fou d’avoir retrouvé un vieil ami…

- J’ai besoin d’aide.
- Sans blague ? Tu ne m’as pas appelé dans ce trou à rats pour boire un thé ?


Il l’observait d’un regard matois et elle s’autorisa enfin un sourire. Voilà… ça, c’était Kyban.

- J’avoue que je suis un peu déçu, j’avais espéré qu’on se serait posés quelque part pour que tu me racontes un peu ce que tu es devenue, depuis…

Depuis la mort de Leif.

- Plus tard, promit-elle néanmoins. Kyban, j’ai besoin de renseignements.
- Qui ?
demanda l’homme en passant aussitôt en mode « espion ». Où ? Quoi ?
- Un certain Ransar Hil’Deon. C’est un arriviste qui s’est établi sur une rive du lac Chen. Selon moi, il trempe dans ses affaires qui ne sont pas nettes.
- Dis m’en plus.
- Il a récemment fait fortune en s’associant avec une compagnie de mineurs.
- La Pierre de Sel ?
- Tu connais ?


Kyban abaissa sa coule pour se gratter pensivement le menton. Il savait qu’il pouvait dévoiler son visage crevassé sans craindre une réaction non désirée de la part de son amie. Après tout, elle savait ce qui lui avait valu d’être défiguré de la sorte…

- Un peu, que je connais : c’est la mode des nouveaux riches. On ne parle que de ça à la capitale. Depuis que des types ont découvert par hasard que le sel de certaines pierres est infiniment précieux, c’est un commerce qui se développe à une vitesse folle…
- Pourrais-tu chercher du côté du Désert des Murmures ? Savoir si la compagnie a ouvert des mines là-bas, qui en a la charge et qui en profite ?
- Je suppose que c’est ce dont tu soupçonnes cet Hil’Deon.
- Oui. Mais il n’est sans doute pas le seul. Tout ce que tu pourras trouver au sujet de cette compagnie et de ces mines m’intéresse.
- Noté. Autre chose ?
- Sois prudent quand tu infiltreras la demeure de cet homme. Il s’est attaché une poignée de mercenaires apparemment redoutables. Et selon toute vraisemblance, la garde d’Al-Chen le protège.
- Tu t’en fais pour moi, Louve ?


Ils se fixèrent un instant dans les yeux, puis Syndrell secoua lentement la tête.

- Tu as toujours été le meilleur d’entre nous, dit-elle finalement. C’est pour ça que j’ai fait appel à toi.
- Même pas pour savoir si j’allais bien ?
- Peut-être un peu,
reconnut-elle dans un sourire.

Il parut se satisfaire de cette réponse car il n’insista pas.

- Comment souhaites-tu que je te transmette mes infos ? Tu loges dans les parages ?
- Je quitte la ville aujourd’hui, mais tu peux adresser tes messages à cet endroit.


Elle griffonna quelque chose sur un bout de papier qu’elle lui tendit.

- Change d’oiseau à chaque fois et ne mêle personne d’autre à tes recherches. Y compris parmi les Ombres.
- Diantre ! On dirait que tu as flairé quelque chose de dangereux…
- Tu n’imagines pas à quel point.


Syles lui avait demandé d’attendre quelques semaines avant de le retrouver pour qu’ils se mettent en chasse. Leur but : retrouver toutes les personnes liées aux sombres expériences qui se jouaient à Ezadrah, et les éliminer avant qu’elles ne déciment toute une population d’innocents. Mais Syndrell était incapable d’attendre sans rien faire. Elle avait commencé à mener sa petite enquête, désireuse de débusquer d’autres commanditaires qui, comme Onku, nourrissaient de noirs desseins à propos des métamorphes.

Evidemment, elle ne pouvait pas en parler à Kyban. Ce serait trop dangereux pour lui comme pour elle, sans parler des métamorphes que seul le secret protégeait encore. En revanche, elle devait s’assurer que l’enquête avançait même si elle se trouvait à des lieues de la ville, occupée à former Narek ; c’est là que Kyban entrait en jeu. Elle n’avait pas versé dans la flagornerie en lui disant qu’il était le meilleur : aucun Ombre ne lui était jamais arrivé à la cheville, en dehors de Leif. S’il n’avait pas été un espion, cet homme aurait pu devenir un excellent marchombre…

- Je dois y aller.
- Déjà ?


Oui, car Narek devait crever d’impatience – ou bien il s’effondrait sous le poids des bavardages d’Eli, ce qui rendait l’urgence plus grande encore ! Syndrell leva le poing pour saluer Kyban, comme lorsqu’ils travaillaient dans l’ombre, à l’époque. Mais il en profita pour l’attirer contre lui.

- Promets-moi que la prochaine fois, on prendra le temps de discuter.
- C’est un projet qui me plaît !
répondit-elle, sincèrement heureuse.

Visiblement rassuré qu’elle accepte, il la lâcha et remonta sa coule sur son visage. Un clin d’œil gris, et hop… plus de Kyban. Il avait disparu aussi furtivement qu’une ombre.

Ou qu’un marchombre.




*


- Bouh !

Syndrell s’était laissée tomber à côté de Narek. Elle savait qu’il ne l’avait pas entendue approcher, même si ses sens s’étaient indiscutablement développés depuis qu’elle l’entraînait. Elle nota avec satisfaction qu’il avait harnaché soigneusement les chevaux, et que Vagabond avait un fer clinquant et rutilant au pied antérieur gauche.

- Non non, pas de question maintenant ! s’exclama-t-elle en voyant le jeune homme ouvrir la bouche. Je vais te raconter ce que j’ai fabriqué, puisque ça te concerne aussi, mais plus tard. Pour l’instant, on met les voiles !

Elle se hissa d’un bond souple sur la selle de Vagabond, qui volta et piaffa de joie avant de s’élancer sur la route pavée qui passait sous les remparts et filait à travers la plaine. L’orage grondait toujours, la pluie ne cessait pas, mais dans le cœur de Syndrell, il faisait grand soleil.
Il lui suffisait de chevauche en compagnie de Narek pour cela !

Ils suivirent la route pendant une heure, jusqu’à ce qu’un vent puissant pousse les nuages vers le nord, leur offrant un peu de répit. Alors, Syndrell bifurqua sur un sentier secondaire, moins fréquenté, qui passait à travers les champs et les fermes de la région. Ils traversèrent un bosquet tout humide après l’énorme averse qui lui était tombée dessus, puis franchirent un pont en bois qui enjambait un ruisseau scintillant.

Les deux marchombres discutaient. Depuis qu’ils avaient quitté Al-Chen, ils n’avaient pas cessé un seul instant. Chacun avait relaté ses aventures avec passion ; en évoquant le sauvetage de Tsukia dans la Citadelle, Syndrell sentit une pointe de nostalgie se ficher dans son cœur. Elle se demandait comment allait son amie, désormais.

Vint le moment où elle raconta enfin à Narek ce qu’elle était allée faire tandis qu’il s’occupait des chevaux. Elle lui expliqua que Kyban ne se serait pas montré si elle avait été accompagnée, raison pour laquelle elle avait décidé de partir de son côté ; puis elle lui parla de ses soupçons quant à certains hauts dignitaires des deux plus grandes cités de l’empire.

Elle n’évoqua pas Syles, ni la bataille dans laquelle il était sur le point de l’entraîner. Inutile d’emmener à nouveau son élève dans le sillage d’un danger qui lui semblait trop grand ! En ne lui disant rien, elle mentait seulement par omission, ce qui lui semblait un peu moins terrible qu’un vrai mensonge…

Puis, alors qu’un rayon de soleil s’invitait enfin, la jeune femme se pencha vers Narek, un sourire innocent sur le visage… et lui subtilisa sa bourse.


- Si tu parviens à la récupérer avant qu’on s’arrête pour grignoter, je ne piocherai pas dedans ! s’exclama-t-elle, un rien matoise. Pas question de descendre de cheval. C’est ma seule condition.

D’une pression des genoux, elle fit passer Vagabond au trot et glissa la bourse volée à sa ceinture. Il était temps d’évaluer les progrès de Narek, tout en lui transmettant quelques notions en matière de lutte à cheval. Ce n’était tout de même pas comme s’ils s’affrontaient sur la terre ferme, car beaucoup de paramètres étaient alors à prendre en compte…

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Narek Liam
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°5   Ven 18 Aoû 2017, 01:52

Une bourse.

Qu'elle tenait en s'éloignant, rire sur le bord des lèvres.

Narek prit une seconde de plus que la norme pour se mettre au galop et la suivre.

Il ne savait pas pourquoi, mais son instinct lui criait que rien n'allait plus...

...Non loin, une branche vibra quand des pieds la quittèrent.


Ezadrah's forces defied,
Facing five hundred samurai,
Surounded, and outnumbered,
Sixty to one,
Kill every last one...

Ses doigts frôlèrent la bourse, qui s'éclipsa une seconde plus tard.

Il aurait put l'attraper une demi douzaine de fois, et il le savait aussi bien que Syndrell, pourtant à chaque fois, cette impression bizarre le rattrapait et il était distrait à la dernière seconde.

Le barde fit un nouvel essai.

Son instinct se réveilla une fois de plus.

Il brisa la seule règle de ce jeu en se jetant de ses étriller sur voyage, ce qui fit tomber Syndrell malgré elle et légèrement paniqué le cheval qui se demander pourquoi ce soudain changement de poids.

La flèche, parfaitement ajustée, lui apparue comme une promesse.

Promesse qui se tenait à quelque centimètres de son oeil droit et s'élançait vers celui-ci à une vitesse folle.


Encircled by a vulture.
The end of ancient culture.
The dawn of destiny draws near...

Bushido dignified,
It's the last stand of the samurai,
Surounded and outnumbered...

L'archer, dans les arbres, sourit, sûr de lui... Une seconde avant de voir le jeune homme qui aurait dut être mort attraper la flèche qui aurait dut le tuer, derrière sa propre tête, l'encocher sur son arc à lui, viser et tirer, le tout en moins d'une seconde.

Ne comprit rien quand il sentit le trait se ficher dans son torse.

Encore moins quand il tomba de l'arbre, mort avant d'avoir toucher le sol.

Le couteau qui se dirigeait vers la marchombre, qui s'était relevée d'un bon en voyant la flèche qui lui était destiné traversé son amant, rata sa cible, n'ayant pas du tout l'effet de surprise.

Narek remercia son temps passer avec les survivants d'ezadrah.

C'était eux qui l'avait prévenu que les faucheurs avaient l'habitude un peu glauque de nouer un foulard rouge autour d'une branche, quand ils préparaient une embuscade. Porte bonheur superstitieux qui lui avait permit de déceler celle-ci malgré le manque total d'indices...

...Parce que ce n'était pas une marque de TOUT les faucheurs.

Mais seulement d'une unité bien spéciale, la plus redoutable, celle qui n'était pas envoyée pour capturer, mais pour tuer...

...Une unité de cinq membres.

Dont seul deux étaient des faucheurs normaux...

...Les trois autres étaient des mentaïs.


It's the nature of time,
That the old ways must give in.

It's the nature of time,
That the old ways comes in sin.

When the new meets the old,
It always end the ancient ways...

...And as history told,
The old ways go out in a blaze...

Narek évita de justesse le filet apparut de nulle part qui se dirigea vers lui, ainsi qu'une pluie de flèches surnaturelle, de justesse, laissant les chevaux partir, aucune raison de les risquer, ils n'étaient pas des cibles, ces gens les laisseraient partir, il en avait la conviction.

Il se releva d'une roulade, non loin de Syndrell.


S'il te plait, dit moi que c'est un tour de passe passe qui fait partit du cours...

...J'ai pas vraiment envie de mourir ici...


L'apprenti sauta pour éviter un boulet de roche en même temps que son maître, pendant qu'une orbe de noirceur les entouraient, il pouvait la voir elle, mais plus rien d'autre, même pas les arbres...

Enfoirés de mentaïs...


As a new age begins,
The way of the warrior comes to an end.
As a new age begins,
The ways of the old must apprehend.

It's the nature of time,
That the old ways must give in.

It's the nature of time,
That the new ways comes in sin...

...An offer of surrender,
Saigo ignore contender,
The dawn of destiny is here...

La fille...

Livre nous la fille...

Et tu pourras partir...

Nous combleront tout tes désirs.

Une image sortit droit de son cerveaux apparue, droit du passé.

Lyra se tenait juste à sa droite, tendit la main et lui caressa la joue.

Narek observa Syndrell, qu'il voyait toujours à quelque mètres de lui, puis sortit le katana qu'il transportait encore et toujours... Ils lui offraient une porte de sortie unique, une façon de se sortir de là, de revoir ce qu'il avait perdu.

Un rire retentit dans la noirceur.

Suivit d'un cris.

Narek retira sa lame, voyant le corps de la seconde complice, la faucheuse, s'écrouler en se tenant le ventre qui saignait, avant qu'elle ne soit avalée par la noirceur elle aussi.


Offre intéressante.

Je vais devoir dire non.


Ils pouvaient jouer avec sa vue, se dit-il, mais pas avec ses sens... Si quelqu'un le touchait, il pouvait être sûr que quelqu'un se tenait bien là...

...Et il avait fait une croix sur le passé depuis très longtemps, se dit-il, après tout, il ne reposerait jamais prêt de Lyra et de sa fille.

Cette place là, elle était occupée par Zoanne.

Lui, il ne voulait pas grand chose.

Une tombe sans nom, près d'un ruisseau... Et non loin d'une loutre.


...An offer of surrender,
Narek ignore contender,
The dawn of destiny is here...

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°5   Sam 19 Aoû 2017, 00:08

Syndrell fit la moue quand, pour la cinquième ou sixième fois, Narek se contenta d’effleurer la bourse. *Fiente de Raï*, jura-t-elle en lui jetant un coup d’œil supposé l’inquiéter assez pour qu’il se réveille enfin. L’exercice était simple, c’était un jeu, ni plus, ni moins ! Néanmoins, la marchombre ne se mit pas à douter de lui, mais bien d’elle-même : avait-elle manqué une étape importante ? Narek avait l’air ailleurs, fallait-il d’abord qu’il vide son sac pour passer à la suite ?

Troublée, la jeune femme ouvrit la bourse de cuir et plongea les doigts à l’intérieur. Elle s’apprêtait à lui lancer une pièce, histoire d’attirer son attention, quand Voyage fit un brusque écart vers la gauche. Surpris, Vagabond se cabra, projetant sa cavalière à terre par la même occasion. La bourse vola dans les airs et les pièces s’éparpillèrent sur le sol. Sonnée, la jeune femme roula sur le côté et se redressa, le souffle court.

Ils étaient attaqués. On leur tirait dessus depuis les arbres, là-bas ! Furieuse de n’avoir pas vu venir cette embuscade, Syndrell porta la main à sa ceinture. Elle n’eut pas le temps de dégainer. Il lui sembla que son cœur s’arrêtait de battre, figé d’horreur, tandis qu’une flèche entièrement noire déchirait l’air dans un sifflement mortel, droit vers le crâne de Narek. Impossible de l’éviter.
Impossible de survivre à un coup pareil.

Pourtant, la flèche traversa la tête du jeune homme sans lui causer le moindre dommage ! Il eut même l’audace de l’attraper avant qu’elle continue sa course, et de la renvoyer à son propriétaire. Syndrell ne le vit pas tomber de son arbre, occupée qu’elle était à dévisager son compagnon. Il lui fallut une poignée de secondes pour admettre que Narek n’était pas mort, ni même blessé, et pour reconnaître dans ce petit miracle un don providentiel du Rentaï.

Mais il y avait un temps pour tout, et celui de s’extasier sur ce coup de chance n’était pas pour maintenant : il fallait se mettre à l’abri ! Syndrell s’asséna une violente claque mentale pour sortir de sa torpeur, ce qui lui permit de plonger à terre pour éviter d’être touchée par le poignard qu’on avait lancé dans sa direction. Un tir parfaitement ajusté pour une aussi longue distance : leurs assaillants étaient des tueurs professionnels.


- Narek ! cria la marchombre en se relevant d’un bond. A couvert !

Elle flanqua une tape sur la croupe de Vagabond pour qu’il s’en aille. Voyage et lui s’élancèrent au triple galop dans la plaine. Priant pour qu’ils ne rencontrent pas un carnassier, Syndrell courut à son tour, dans la direction opposée ; Narek sur les talons, elle gagna un bloc de rochers blancs qui jaillissaient des hautes herbes, au sommet d’une butte, et se jeta à plat ventre derrière cet abri de fortune.

- S’il te plaît, dis-moi que c’est un tour de passe-passe qui fait partie du cours… haleta Narek à côté d’elle. J’ai vraiment pas envie de mourir…

Syndrell ne répondit pas tout de suite. Momentanément en sécurité derrière les rochers, elle se décala légèrement sur la gauche pour observer leurs ennemis. C’est alors qu’elle aperçut le foulard rouge. Noué à une branche basse, le tissu flottait dans une brise orageuse, lourd de sens – et de conséquences…

La marchombre ferma brièvement les yeux.


- Ce n’est pas vraiment prévu au programme, avoua-t-elle d’une voix blanche.

Pas du tout, même. Elle aurait mille fois préféré une horde Raï plutôt que les cinq assassins qui se rassemblaient, en contrebas ! De redoutables tueurs qui avaient fait du chemin pour la retrouver… Très pâle, Syndrell passa en revue les options qui s’offraient à eux. Il n’y en avait aucune. Son regard se posa sur Narek. Elle lui demanderait bien de s’enfuir, terrifiée à l’idée qu’il puisse lui arriver quelque chose, mais elle savait pertinemment que c’était inutile : il ne la quitterait pas. Autant éviter de perdre du temps et passer à la suite !

- Considère que si tu ne meurs pas, tu auras droit à une récompense des plus honorables, ajouta-t-elle dans un sourire forcé.

La peur lui nouait le ventre, toutefois la présence de Narek lui donnait juste assez de courage pour oser se raccrocher à un espoir, aussi maigre soit-il. Elle aurait voulu presser ses lièvres contre les siennes, ne serait-ce que pour lui donner un petit avant-goût de la récompense en question, mais un bruit d’explosion l’empêcha de se pencher.

- Je vais distraire les Mentaïs, souffla-t-elle, consciente de l’absurdité de telles paroles. Occupe-toi des deux autres.

Nouvelle explosion. Beaucoup plus proche. Un bout de rocher vola en éclats.

- Relâche tes épaules et redresse ta garde. Reste mobile, attentif au moindre détail. Rien n’est un détail aux yeux du marchombre. Tout est raccourci. Offre-toi un temps d’avance sur ces types et ils n’auront pas ta peau. Tu m’entends ?

La marchombre banda ses muscles, prête à jaillir de sa cachette. Mais au dernier moment, elle se retourna.

- Narek ? Sois prudent…


*


Courir. Sauter. Tomber. Se relever. Courir encore. Plus vite.
Plus loin !

Syndrell parvenait in extremis à éviter les multiples attaques conciliées que les Mentaïs lui envoyaient. L’un d’entre eux se concentrait sur Narek, en dépit de ses efforts pour le distraire. Mais un cri d’agonie lui apprit que son compagnon avait réussi à éliminer au moins un des deux faucheurs. *Bien joué !* pensa-t-elle avec chaleur.

L’instant suivant, un bras tentaculaire la balayait au niveau du ventre, l’envoyant rouler-bouler à plusieurs mètres de là. Le choc vida expulsa l’air de ses poumons et la laissa complètement sonnée. Quand une main gantée se referma sur sa gorge et la souleva de terre, ne laissant même pas ses pieds toucher terre, Syndrell refusa de croire que c’était fini.

Ses lames secrètes chuintèrent, éclatantes et mortelles, tranchant la chair, les tendons et les muscles avec aisance. Sitôt libérée, Syndrell s’accroupit, faucha les jambes de son adversaire, pivota, lança son pied et planta la pointe qui avait jailli de sa botte dans l’œil du Mentaï. Il n’avait même pas eu le temps d’utiliser l’Imagination pour se défendre, tant l’action avait été rapide.

La marchombre se releva, une main pressée sur son abdomen. Elle avait la nausée et n’aspirait plus qu’à une seule chose : se coucher en boule dans un coin et dormir. Mais le combat était loin d’être terminé. A en juger par les déambulations aveugles de Narek, le jeune homme était en proie à une illusion. Deux Mentaïs sévissaient toujours, en plus d’un faucheur. Celui-ci levait son épée, prêt à porter un coup fatal à l’apprenti marchombre, lorsqu’une flèche lui transperça la gorge.

Purement et simplement.

En le voyant tomber, Syndrell ne chercha pas à observer les environs, en quête de celui ou celle qui venait de sauver la vie de Narek. Elle courut, déterminée à mettre à profit cette diversion, bondit par-dessus le gouffre qui venait de s’ouvrir à ses pieds, roula dans l’herbe, se redressa, lança le poignard de Miss, manqua sa cible, sauta quand même…

Ecarquilla les yeux quand une épée prit forme entre ses mains vides. Les branches fines et argentées de la garde rejoignaient le quillon en formant un entrelac subtil et épuré, tandis que la lame de la rapière, longue et fine, était faite d’un acier léger et étincelant. Instantanément, Syndrell se sentit en phase avec cette arme qu’elle savait née tout droit de l’Imagination.

L’artifice n’allait pas durer éternellement, mais la marchombre n’avait besoin qu’un battement de cœur pour frapper. Le Mentaï para son coup à la dernière seconde et leva sa main libre. Un bloc de pierre tomba sur Syndrell. Elle ne frémit même pas… sa confiance était égale à sa volonté ; elle ignorait qui se démenait pour l’aider, mais savoir qu’elle n’était pas seule suffisait à lui redonner courage. La pierre se transforma en un nuage de plumes blanches. Le feu devint eau, les pieux se firent aussi souples que des roseaux, les étoiles de jet devinrent des avions de papier.

On aurait dit que la poésie affrontait la violence. Un bref instant, Syndrell se demanda si Ciel n’était pas responsable de tant de créativité. La rapière dansa entre ses mains et cette fois-ci, elle parvint à faire mouche : la pointe effilée transperça le cœur de l’homme, qui s’effondra à ses pieds.

La jeune femme se retourna. Un instant, son regard croisa celui du dernier Mentaï, et ce qu’elle y lut la secoua. Puis il disparut.

Transporté ailleurs par un pas sur le côté.




*



Syndrell essuya son front couvert de sueur. La rapière disparut à son tour, retrouvant l’Imagination, au grand regret de la marchombre qui aurait souhaité pouvoir l’observer avec plus d’attention. Il y avait plus urgent. Cherchant Narek des yeux, elle se précipita vers lui dès qu’elle l’aperçut.

- Tu vas bien ? s’inquiéta-t-elle aussitôt.

Elle effleura sa joue du bout des doigts, avant qu’un bruit ne la prévienne d’une présence, derrière elle. Elle pivota vivement et son regard flamboya tandis que deux lames jaillissaient de ses avant-bras. Le message était clair, elle ne laisserait personne approcher Narek !

Mais ses yeux s’agrandirent lorsqu’elle reconnut l’homme qui s’était arrêtée à distance raisonnable. Un homme qui croisa les bras et lui jeta un coup d’œil amusé, adoptant sans le savoir une posture identique à celle de Syles.

- Rybris !
- Lui-même.
- Qu’est-ce que vous faites ici ?!
- Je cueille des champignons.


Et en effet, il y avait un panier posé à ses pieds…

- Dis, tu veux bien ranger tes lames ? Elles sont encore plus jolies que la rapière que j’ai dessinée pour toi tout à l’heure, mais quand même…

Syndrell, sidérée, obéit sans protester.



*



Un genou à terre, elle examinait le cadavre du deuxième Mentaï qu’elle avait tué, mais elle ne trouva rien sur lui qui fournissait le moindre indice sur les raisons de ses actions.

- Il est peut-être mandaté par Ransar Hil’Deon, suggéra-t-elle en se redressant.
- Nan. Ces types-là viennent des côtes. J’étais sur une plage quand je les ai pris en chasse.
- Que diable faisiez-vous sur une plage ?
- Je ramassais des coquillages.


Décidément, Rybris avait un humour particulier. Sans trop savoir quelle attitude adopter, Syndrell continua de fureter autour des corps. Elle ramassa le poignard de Miss et le glissa dans sa gaine.

- Champignons ou pas champignons, coquillages ou pas coquillages… Merci d’être venu à notre secours.
- J’ai un compte personnel à régler avec ces types,
marmonna Rybris. Sans parler de notre mission en cours.

Syndrell jeta un coup d’œil à Narek. Il ne savait rien de Syles, ni de ladite mission dont il avait chargé la marchombre, quelques semaines plus tôt ; elle lui avait seulement présenté Rybris comme étant « le père d’un ami ».

C’était la vérité.


- Où est-ce que vous allez comme ça ?
- La jungle d’Hulm.
- Ho ! Ben ça alors, c’est précisément là-bas que je me rends, moi aussi. Quelle coïncidence, vraiment !

Syndrell plissa les yeux. Elle soupçonnait le guerrier d’avoir trouvé le prétexte de les accompagner. D’un côté, cela l’ennuyait un peu ; elle souhaitait guider Narek sans personne avec eux, ne serait-ce que pour profiter de cette complicité entre le maître et l’élève qui, elle le savait, n’allait plus durer très longtemps ; de l’autre, voyager en la compagnie de Rybris était un gage de sécurité.

Ils lui devaient la vie. Sans lui, ils seraient morts ici, dans la plaine… Qu’elle le veuille ou non, ils avaient besoin de lui pour atteindre leur but. Estimant qu’ils pouvaient au moins faire une partie du chemin ensemble, Syndrell hocha la tête.

- Très bien, alors nous partons. Il faut retrouver Voyage et Vagabond, et filer avant que d’autres Mentaïs ne nous tombent dessus.



*



Ils coururent une bonne heure avant de leur mettre la main dessus. De temps en temps, Syndrell s’était arrêtée pour porter deux doigts à la bouche et siffler ; finalement, un hennissement joyeux lui avait répondu, puis Vagabond avait surgi, suivi de près par Voyage. Quelques caresses plus tard, ils s’étaient mis en route.

Rybris montait le puissant étalon noir, et Syndrell s’était installée derrière Narek, qu’elle tenait fermement par la taille. N’eusse été son épuisement, elle aurait sans doute laissé son esprit s’évader… En vérité, elle était soulagée de pouvoir se laisser guider. Ce combat l’avait éprouvée, même si elle n’en laissait rien paraître, et à deux reprises, elle appuya son front contre le dos du marchombre.

Ces quelques secondes de repos, volées au temps et à l’urgence, lui permirent de retrouver des forces et des couleurs. Elle se sentait mieux lorsqu’ils marquèrent une halte, à la tombée de la nuit, dans les ruines d’une ferme abandonnée depuis plusieurs années.

Les trois compagnons mangèrent en silence, chacun claquemuré dans ses propres pensées. Syndrell repensait à cet épisode, qui avait bien failli tourner au drame. Elle se souvint de l’expression de Valcyan quand il avait parlé de condamner provisoirement l’accès au Rentaï. Envisageait-il de faire en sorte que les maîtres et leurs apprentis ne s’éloignent pas trop de l’Académie ? Plus d’une fois au cours de l’après-midi, la jeune femme s’était demandé s’il était sage de poursuivre jusqu’à la jungle. Il était évident qu’on la traquait…

Mais il lui suffisait de regarder Narek pour oublier le danger qui planait sur ses épaules. Pas question de gâcher l’apprentissage du jeune homme ! Il était important qu’il continue d’apprendre, coûte que coûte. Et puisqu’il était question d’enseignement…


- Narek, appela-t-elle en se levant souplement. Viens avec moi.
- Oho ! Une leçon de choses ! Je viens aussi, décréta Rybris.

Syndrell ne chercha pas à l’en empêcher. Elle ne connaissait pas bien le passé de cet homme, mais elle voyait en lui un guerrier incontestable, doublé d’une tête de mule qu’elle savait impossible à contrôler. S’il avait décidé de les accompagner, celui qui pouvait le faire change d’avis n’était certainement pas né !

La marchombre entraîna son élève de l’autre côté de la grange. Elle jeta un bref coup d’œil à Rybris, qui s’adossa au mur et crois les bras sur la poitrine, puis se concentra sur Narek. Dehors, la pluie s’était remise à tomber.

- Tu vas utiliser ton katana. Ton escrime est audacieuse et ton style bien particulier mais il y a des défauts dans tes postures. On va surtout travailler ta défense, ce soir. Moi, je vais…

Syndrell se tut : une rapière venait de se matérialiser entre ses mains. Reconnaissant celle qui lui avait servi à se battre, elle sourit à l’attention de Rybris, puis se mit en garde, appréciant le poids idéal de l’arme.

- On y va tout en douceur, d’accord ? Prends le temps de décomposer chaque mouvement. C’est parti.

La jeune femme se fendit de l’avant avec une lenteur calculée.

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Vous. Moi…


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Citation : ''Je suis prince incongru d'un talent dérisoire : me faire aimer des autres sans aimer.'' ~Florent Mothe (Salieri) - Mozart l'opéra rock~
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°5   Sam 19 Aoû 2017, 00:49

Si je puis me permettre...

Le mouvement lent de la marchombre s'arrêta, elle fixa Rybris, semblant légèrement intriguée et un peu énervée qu'il l'interrompe.

Je croyais que ce serais un vrai combat, si tu veux faire ça version lente, je recommande quelque chose dont il ne sait pas se servir.

Je croyais que nous--

C'est ton maître, jeune homme, on ne ment pas à son maître, même si c'est au sujet d'un apprentissage clandestin auprès d'un homme qui pourrait bien être son pire ennemi.

Narek semblait incertain, Syndrell, elle, curieuse.

L'homme soupira.


J'ai rencontrer Narek il y as quelques mois, il aidait une bande de réfugiés à combattre leurs oppresseurs revenus de nulle part, c'est là qu'il as trouvé cette lame qu'il traîne partout. J'ai été amené à le sauver à la demande d'une amie commune - Dame Yuna te passe le bonjour, Syndrell - et comme il se battait de façon plutôt amatrice, mais avec un potentiel certain, je lui ais appris l'art de la rapière... Je trouvais qu'il apprenait vite, je comprends mieux maintenant.

Enfin bref, nous avions formé un pacte pour ne pas parlé de tout ça - Après tout Ezadrah est bien là où elle est - mais si tu compte lui apprendre à éviter ce truc, tu devrais savoir qu'il as déjà des notions intermédiaires... Et une ou deux bottes... ''Marrantes''.

En gros, si tu continue comme ça, le pauvre risque de dormir.


Narek se tenait le front, il avait bien envie de foutre une baffe à Rybris pour le faire taire...

...Mais il avait un peu raison, Syndrell devait savoir...


Si tu veux je peu vous refilez des katanas à tout les deux... En combats, je ne tient une arme qu'environ quinze minutes, à cause des choques et du fait que je doive me concentrer pour me battre en même temps... Mais si je ne fait que ça, je peux en tenir deux quelque part entre une demie heure et quarante cinq minutes. Et les faire réaparaîtres au bout d'une pause de trente minutes, moins si j'ai de quoi reprendre des forces, de la nourriture et de l'eau.

Mais c'est toi le maître. Ton choix.


Après tout, se dit-il, s'ils voyageaient ensemble, autant s'entre-aider...

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°5   Sam 19 Aoû 2017, 02:10

- Si je puis me permettre…

Syndrell se figea et ferma les yeux un bref instant. *Ha non, tu ne vas pas te permettre très longtemps, hein !* S’astreignant à la patience, la jeune femme rouvrit ses yeux dorés et baissa légèrement son arme. D’un hochement de la tête, elle l’invita à prendre la parole.

Ça dura longtemps.

Et sa patience fut mise à bien rude épreuve. Quand il évoqua Dame Yuna, Syndrell haussa un sourcil, curieuse d’apprendre comment ces deux-là avaient bien pu se rencontrer, mais elle était bien plus surprise de découvrir que Rybris avait déjà croisé Narek. Et qu’il lui avait enseigné quelques techniques. Elle n’était pourtant pas jalouse – au contraire, plus le jeune homme apprenait ailleurs, et mieux c’était, surtout quand il approchait de la fin de sa formation – mais quelque chose l’agaçait, dans la personne du père de Syles.


- Non.

C’était sa réponse. Elle le vit cligner des yeux sans pouvoir affirmer qu’il était réellement surpris. Rybris avait ce même air indéchiffrable qu’affichait Syles.

- Nous allons continuer à ma manière… pour l’instant, ajouta-t-elle avant de se remettre en garde.

Elle n’ignorait pas les talents de cet homme et elle lui étant sincèrement reconnaissante d’être intervenu au moment où ils avaient eu besoin d’aide. Mais elle se réservait l’entière responsabilité de guider Narek. Elle ne lui apprenait pas à tenir une arme mais à marcher sur la Voie ! Nuance singulièrement importante qui, forcément, échappait à Rybris…


- Narek, nous n’allons pas lentement pour que tu apprennes quelque chose. Nous allons lentement pour que tu comprennes quelque chose. C’est différent. Pour le moment, je veux juste que tu prennes le temps de corriger toi-même ta posture. Sous pression, tu songeras d’abord à manier ta lame, non à te positionner. Une fois cette priorité devenue réflexe, nous passerons à la suite, et à une vitesse supérieure.

Elle convenait qu’expliquer clairement ce qu’elle attendait de lui rendait l’exercice plus cohérent. Somme toute, l’expérience n’était pas seule en jeu dans cette leçon : il était surtout question de rigueur et d’humilité. L’on ne cesse jamais d’apprendre. Maître marchombre, Syndrell poursuivait sa route avec autant d’ardeur qu’un débutant. Elle pouvait passer des heures à décomposer un mouvement qu’elle connaissait déjà par cœur, simplement pour mieux comprendre son mécanisme.

Petit à petit, la marchombre accéléra le rythme. De temps en temps, elle formulait un conseil ou bien un compliment, attentive aux progrès évident de son élève. Rybris ne les quittait pas des yeux. Il restait silencieux. Impossible de déterminer s’il boudait ou bien respectait le travail des deux jeunes gens. Mais lorsque la cadence s’intensifia vraiment, elle vit son regard s’illuminer, et ne put réprimer un sourire ; elle commençait à comprendre…

Rybris était un homme d’action. L’efficacité primait à ses yeux, et il ne prenait pas quatre chemins pour atterrir où bon lui semblait. Son avis était fondé, solide et pertinent. Trop brut pour s’accorder au souci de perfection d’un marchombre, mais assez convainquant pour attiser sa curiosité.


- Bien, fit Syndrell en rompant le pas. Je suppose que l’on peut tenter une approche plus… corsée.

Elle tourna la tête vers Rybris. La seconde suivante, un katana avait remplacé la rapière. Syndrell grimaça. C’était déjà beaucoup moins dans ses cordes. Le maintien de l’arme, complètement différent, lui plaisait moins. Elle fit tourner le sabre à bout de bras, admirant silencieusement les goûts raffinés de Rybris… puis lui tendit le katana.

- Montrez-moi donc ces bottes « marrantes », dit-elle, un sourire en coin. Sans trop abîmer mon élève, s’il vous plaît.
- J’imagine qu’il est inconvenant de te demander de me tutoyer ?
répondit Rybris en attrapant l’arme avec une douceur pleine de déférence.
- Si j’étais une dame de la haute société, probablement ! Mais je suis juste Syndrell, alors non, ça ne me froisse pas. A toi l’honneur !

Syndrell recula pour leur laisser toute la place.

- Narek ! lança-t-elle juste avant qu’ils ne commencent. Le regard d’un adversaire est un piège. Il est bien plus facile de l’éviter que de s’en extirper lorsqu’il s’est refermé sur toi. Ne tombe pas dans le piège. Seule une vue d’ensemble te permettra de réagir au bon moment…

C’était ça, la clé de la leçon de ce soir ! Attentif à sa posture, Narek était en passe de percevoir celle de son adversaire, et peut-être même d’anticiper ses actions. S’il était capable de poser lui-même la dernière pièce du puzzle, alors il serait dans le temps.

Le temps du Marchombre.

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°5   Sam 19 Aoû 2017, 02:50

Une vue d'ensemble. Il en était capable se dit-il, il lui suffisait de se baser sur ce qu'il savait de Rybris et de son style, se lancer sur le piège de sa jambe droite pour attaquer la gauche, une parade qu'il avait créer pour lui en particulier, il était certain que ça marcher--

Le garçon perdu le souffle sous le genoux qui s'enfonça dans son ventre à la vitesse de l'éclair, voulu riposter malgré tout, mais son adversaire courut dans le sens inverse, prenant pied sur des plateformes qu'il faisait apparaître une demie seconde pour s'élever, puis revint à la charge en le frappant du poing en plein visage...

...Il avait une définition particulière de ne pas abîmer.


Ne soit pas arrogant, gamin...

Rybris marchait lentement, pas déstabilisé le moins du monde par le fait d'avoir fait une attaque en vol.

Il bougea sa main et son katana se transforma en arme identique, mais fait de bois.


Tu ne m'as combattu qu'une fois et je te faisait des cadeaux...

L'homme utilisa sa greffe pour lancer de l'électricité dans ses nerfs, augmentant son temps de réaction et la vitesse de ses muscles en contrôlant le tout, attaquant à la course à une vitesse impressionnante, même pour un envoleur.

Ton adversaire, en combat, ne t'en feras pas, et il seras souvent plus expérimenté...

... L'arrogance n'est pas une porte mais un gouffre sans fond qui arrête l'apprentissage... N'est-ce pas..?


Son regard se tourna vers Syndrell... Qui hocha la tête après une demie seconde.

L'homme lui sourit.

Parce qu'il voyait dans son regard qu'elle avait prévu le coup... Et qu'elle avait détecter que son élève devenait trop sûr de lui, qu'il avait besoin d'être remit à sa place... Mais pas par son maître.

L'apprenti se releva, le regard un peu sombre, et se lança à l'assaut. L'aîné frappa de son arme, qui passa au travers du garçon, souriant, encore trop sûr de lui.

Le jeune homme n'eut pas le temps de descendre son arme qu'il se faisait frapper trois fois au torse, puis derrière les genoux, sa greffe étant complètement inutile contre les mains nues, puis son visage se gela dans un cris de douleur qui ne retentit pas quand l'homme plaça son pied sur lui et l’électrocuta pendant environ deux secondes.

L'envoleur y allait fort, et il savait qu'en ce moment, Syndrell devait se mordre la langue au sang pour ne pas intervenir...

...Parce que même si elle trouvait cela insupportable de voir son élève et amant - C'était facile à voir - souffrir, elle savait aussi, en tant que maître, qu'elle ne pouvait pas se permettre de sauver son élève d'une leçon d'humilité si importante... Surtout qu'il semblait au frontalier que ce garçon était bien avancé sur la voie.

Le jeune homme, tremblant, haletant, se releva difficilement.

Les yeux enflammés.


Aaahh...Aahh... Merçi...

Rybris sourit malgré lui, puis changea de nouveau son katana en véritable arme...

...Ils pouvaient enfin s'amuser.


Men build things.
Then we die.
It's in our fuckin' DNA!

That's. What. We. Do.

...And when it all falls down?

We build it right back up again...
...But this time bigger, better...

L'homme poussa avec sa branche sur le feu pour l'attiser, observant le jeune homme qui sommeillait de l'autre côté de celui-ci, complètement épuisé.

Il attrapa la gourde tendue par la jeune femme aux cheveux bleus avec un sourire et en pris une rasade.


Il as du talent...

...Avec le bon apprentissage, il pourrait aller loin...

...Ne tente pas d'aller trop vite, ni trop lentement. Il en as tellement à voir, à apprendre...

...Ce serait vraiment dommage qu'il se perde en route...


L'homme pris une nouvelle rasade, puis leva sa gourde un instant dans la noirceur débutante de la nuit.

Je lève ma gourde à une très grande marchombre cela dit...

Car cheveux noirs ou cheveux bleu, elle aussi, elle peux aller très loin.

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°5   Hier à 01:31

Narek avait son air de petit garçon qui vient de découvrir un nouveau jouet. En le regardant, Syndrell sentit son cœur battre plus vite dans sa poitrine ; il était tellement beau ! Ses yeux sombres flamboyaient, éclairés par les flammes qui jetaient des ombres étranges sur les murs de la grange. Mais il ne l’avait pas écoutée. Ou plutôt, il ne l’avait pas entendue quand elle lui avait soufflé un précieux conseil : celui de ne pas se précipiter.

Tout à son excitation de jeune guerrier, il s’était jeté sur Rybris… et dans son piège. Syndrell frémit au son que fit le poing de l’homme en s’abattant durement sur le visage de son apprenti. Elle frémit aussi  quand il ne put parer un coup violent, frémit encore lorsqu’il trébucha, frémit toujours en le voyant se redresser : il était en train de se prendre une formidable déculottée, mais il restait debout ! Sa volonté était immense, comprit la marchombre avec fierté. C’était autant un défaut qu’une qualité.

- Ne sois pas arrogant, gamin…

Rybris avait adopté le rôle de maître en un éclair et avec une facilité déconcertante. Son enseignement était rude, impitoyable même. Il était du genre à briser son élève… pour mieux le reconstruire. Les voir évoluer tous les deux était fascinant.

- L’arrogance n’est pas une porte, mais un gouffre sans fond qui arrête l’apprentissage… N’est-ce pas ?

Si la leçon était pour Narek, les dernières paroles de Rybris, elles, s’adressaient à Syndrell. Leurs regards se croisèrent un bref instant, puis la marchombre acquiesça imperceptiblement. Alors, le père de Syles se déchaîna. Il était en fait très loin d’être à son maximum, mais sa vitesse était stupéfiante. Syndrell s’accroupit lentement, les yeux rivés sur les mouvements souples de l’homme. Elle était particulièrement intéressée par les soubresauts de ses doigts, souvent agités par un genre de tic qui, elle s’en doutait, n’en était pas un.

Le katana de bois traversa le corps de Narek sans que celui-ci n’offre la moindre résistance. Sa greffe était réellement extraordinaire, à tel point qu’il allait rapidement devoir la maîtriser s’il ne voulait pas passer son temps à la dissimuler soigneusement. Apparemment, la chair humaine ne pouvait pas le traverser comme le faisait le bois ou le métal. Après quelques secondes de réflexion, Syndrell jugea que c’était pour le mieux : elle n’avait pas envie de lui passer à travers le corps en lui faisant un câlin !

Narek ne trouva pas le temps du Marchombre ce soir-là.

Mais il apprit sans doute plus qu’au cours des derniers mois, grâce à la patience de son maître et à la rudesse de Rybris. Quand il s’effondra sur sa couche, ce fut pour s’endormir comme une masse et en moins de dix secondes ! Amusée, Syndrell le regarda ronfler comme un bienheureux. Elle avait dû soigner quelques coupures, parce que Rybris n’y avait pas été de main morte une fois son arme de bois redevenue katana dangereusement aiguisé ; il n’avait pas la même conception du terme « abîmer » ! Somme toute, il n’avait pas fait de dégâts importants. Aucune plaie n’était à recoudre, preuve de sa retenue et de ses efforts.

Et Narek aurait-il retenu la leçon sans bobos ?

- Il a du talent…

Rybris, assis près de la jeune femme, se désaltérait grâce à la gourde qu’elle lui avait glissée entre les mains. Loin d’être aussi crevé que Narek, il était en nage et appréciait visiblement les longues gorgées d’eau qu’il buvait.

- Avec le bon apprentissage, il pourrait aller loin… Ne tente pas d’aller trop vite, ni trop lentement. Il en a tellement à voir, tellement à apprendre… Ce serait dommage qu’il se perde en route…

Syndrell ramena ses jambes contre sa poitrine et posa son menton sur ses genoux. Elle avait compris que Rybris ne formuait aucun reproche quant à sa façon d’enseigner – elle n’en aurait écouté aucun. Il s’agissait de conseils. Nés de l’expérience, elle en était sûre, toutefois elle n’osait pas lui poser la question, tout comme elle refusait d’imaginer Narek « se perdre ».

C’était un garçon instable, elle le savait bien. Longtemps traqué par les fantômes de son passé, il s’était tourné vers l’avenir en acceptant de vivre dans le présent, mais sa résolution était encore très fragile. Il avait soif d’apprendre, ce qui le poussait parfois à vouloir aller trop vite. Pourtant, ses progrès étaient immenses…


- Je lève ma gourde à une très grande marchombre cela dit… Car cheveux noirs ou cheveux bleus, elle aussi, elle peut aller très loin.

Syndrell sourit avec les yeux mais pressa sa bouche contre ses genoux. Elle ne se voyait pas comme une « très grande marchombre ». Elle n’arrivait même pas à la cheville de Miss ! Peut-être parce qu’elle ne nourrissait pas l’objectif de dépasser son maître un jour…

- Pourquoi as-tu parlé de ce Ransar Hil’Deon tout à l’heure ?

La jeune femme posa les yeux sur Rybris. Elle ne pouvait pas lui mentir, puisqu’il oeuvrait avec Syles et elle à rétablir la paix à Ezadrah, mais elle se refusa à lui parler des Ombres. Certains secrets n’étaient pas à divulguer.

- Je le surveille de près, ces derniers temps.
- Tu crois qu’il fait partie des neuf ?
- Oui. Mais je n’ai pas encore de preuves. Et je suppose qu’une tentative d’assassinat ne compte pas…
- Ha ! Ce serait trop facile.


Rybris s’installa en tailleurs et entreprit d’aiguiser un de ses couteaux. Durant plusieurs longues minutes, Syndrell le regarda faire dans un silence seulement ponctué par les ronflements légers de Narek. Puis elle redressa le menton et posa la question qui lui brûlait les lèvres :

- Pourquoi tiens-tu à nous accompagner ?
- Je ne vous accompagne pas,
marmonna l’homme sans cesser de frotter sa lame. Je voyage juste dans la même direction que vous.
- Vous connaissez Dil’Duran, n’est-ce pas ?

Rybris ne leva pas les yeux vers elle ni n’arrêta son travail, mais un fin sourire passa sur ses lèvres.

- Quand je dis que tu es une marchombre exceptionnelle… murmura-t-il.

Voyant qu’elle l’ignorait, il finit par la regarder dans les yeux.

- D’accord, je l’admets : je vais voir Dil’Duran. Ce… coquin de forgeron me doit quelque chose.
- Comment sais-tu que nous allons le voir ?
- Pourquoi aller se perdre dans cette affreuse jungle, si ce n’est pour embêter ce vieux fou ?


Syndrell tourna la tête vers Narek. Rybris suivit son regard, et soupira.

- Ah, c’est vrai…. Vous autres, les marchombres, vous êtes de sacrés hurluberlus !
- Dit la poêle en se moquant du chaudron…

Ils rirent, puis la marchombre laissa aller son dos contre le mur, renversa la tête en arrière et ferma les yeux.

- Des nouvelles de Syles ?
- Non. Tel que je le connais, il fera signe à sa manière et quand bon lui semblera… C’est un drôle de garçon mais il se débrouille bien, lui aussi.


Rybris jeta un coup d’œil à sa compagne.

- Tu peux dormir sur tes deux oreilles, je veille au grain.

Syndrell se contenta de sourire, les yeux clos. Elle allait dormir, oui.
Mais d’une oreille seulement.

Question d’habitude !




*



La pluie ne les lâcha pas d’une semelle. Après être tombée sans fin durant la nuit, elle les suivit tout le jour : un ciel gris uniforme pesait sur les plateaux de l’est, balayés par un vent puissant. Fous étaient les voyageurs qui s’enhardissaient pourtant à affronter de telles intempéries.

Plus fous encore étaient les marchombres.

C’est ce que pensait Rybris. Il menait Vagabond, avec qui il s’entendait à merveille, tout en tenant Voyage par la bride. Il était parti en éclaireur, distançant aisément leurs cavaliers qui s’étaient fichus en tête que courir, ça se faisait par tous les temps.

Syndrell et Narek couraient, donc. Ils avaient adopté une foulée longue et régulière qui leur permettait d’aller vite et loin sans trop se fatiguer. Au bout de deux heures, c’était pas mal ! La jeune femme était ravie de constater à quel point l’endurance de son élève s’était développée. Il ne râlait plus comme au début de sa formation, en dépit de la pluie qui trempait ses vêtements et rendait l’herbe glissante.

Elle fronça les sourcils en voyant Rybris arriver à toute allure, mais il n’avait pas l’air alarmé pour un sou ; Vagabond dérapa légèrement lorsqu’il le fit s’arrêter près d’eux.


- Vous allez encore courir longtemps ?
- Déjà fatigué ?
ironisa Syndrell.
- Juste assoiffé. Il y a un village, là-bas, derrière les collines. Je vous attendrai dans l’auberge.
- Pas la peine de réserver une chambre,
fit la marchombre avant de filer sans préciser sa remarque.

Elle regarda Rybris s’éloigner avec les chevaux, puis tourna la tête vers Narek qui courait à côté d’elle. Elle aimait la façon dont la pluie ébouriffait ses cheveux, mais c’est une réalité qu’elle garda pour elle.

- Comment tu te sens ?

Ce n’était pas une question anodine, et elle ne portait pas sur la condition physique du jeune homme ; elle voyait bien à sa façon de se tenir que son combat contre Rybris avait laissé quelques souvenirs musculaires, et c’était tant mieux ! Non, ce qui intéressait Syndrell, c’était plutôt comment son élève se sentait après la bataille de la veille. Pressés par l’urgence, ils n’avaient pas pris le temps d’en discuter. Mais elle connaissait trop bien Narek pour savoir qu’il s’était passé quelque chose, et que cela le travaillait.

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MessageSujet: Re: Groupe Maizel - cours n°5   Hier à 02:39

Narek et Syndrell avaient l'habitude de parler en courant.

C'était tout naturel, ils appréciaient tout deux l'exercice et c'était un moment idéal pour partager.

Pourtant, le jeune homme ralenti quand son maître lui demanda comment il allait, en se passant une main dans les cheveux.

Puis il s'arrêta pour lui parler en la fixant dans les yeux... Bon sang, se dit-il, pourquoi est-ce que Syndrell semblait s'acharner à se foutre dans des pétrins qui devenaient liés à lui d'une façon ou d'une autre..?


Oui, je m'avoue vaincu,
Par le goût du pouvoir.

Parvenu en haut sans m'élever...

...Je suis prince incongru d'un talent dérisoire ; me faire aimer des autres sans aimer.

Tu te souviens de mon ancien maître..? Ce vieux fou de barde dont je t'avais dis qu'il avait une broche qui, pour le moindre, ne m'inspirait rien de bon..?

... Si je te disais que je crois qu'il fait partit, d'une façon ou d'une autre, des fondateurs d'Ezadrah et que j'ai des preuves... Tu dirais quoi..?


Il avait un peu peur de ce que cela sous-entendait... Ce vieux fou avait-il vraiment eu l'intention de faire de lui un complice de telles atrocités..?

Je l'ais revu brièvement, il m'as dis de te faire le message que la prochaine fois qu'il serait dans les parages, les loups redouterais les aigles, peut-importe ce que ça veux dire...

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