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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Les fantômes du passé... et les spectres du futur ? [PV Lëroya]

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Khamill Norwël
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MessageSujet: Les fantômes du passé... et les spectres du futur ? [PV Lëroya]   Mer 15 Nov 2017, 16:12

Elle avait disparu.
Ou plutôt, l’immeuble était toujours là, mais il avait été remis à neuf et était plus haut ; si les étages regroupaient toujours des appartements, le rez-de-chaussée et sans doute le sous-sol étaient désormais occupés par des boutiques. A la place de « la planque », où Khamill avait vécu avec Lehm il y avait une dizaine d’années de cela – déjà ! et même un peu plus – une herboristerie s’était établie. Quelle ironie, pour un lieu qui avait vu mourir un jeune homme de maladie…

Le regard de l’envoleuse parcourut la devanture des boutiques avoisinantes. Une tannerie, une boulangerie, une échoppe de vêtements. Tout ça n’était pas là dix ans plus tôt, et la jeune femme eut la sensation désagréable d’être une très vieille femme revenant sur le lieu de son enfance, détruit par le temps. Un sourire amer sur les lèvres, Khamill se laissa glisser jusqu’au rebord du toit sur lequel elle se trouvait et sauta souplement dans le vide. Le toit en question appartenait à une petite maison qui faisait face à l’immeuble sujet de sa contemplation, et le mur duquel elle venait de sauter donnait sur une ruelle étroite ; personne ne fit attention à elle.

Se refusant à pénétrer tout de suite dans l’herboristerie, sans savoir pourquoi, Kham se dirigea d’abord vers la boutique de vêtements. Elle avait besoin d’en acquérir de nouveaux, suite à sa mésaventure dans la tempête deux semaines plus tôt, et elle avait gagné un peu d’argent en rendant des services à certains habitants de l’Île du Vent. Depuis qu’elle avait rejoint le continent, elle n’avait en sa possession qu’une tunique offerte par Fynna, la guérisseuse, et elle était assez différente des habits alaviriens ; sans compter que l’apprentie ne pourrait pas retrouver ses affaires au Domaine avant deux autres semaines au moins – elle comptait s’y rendre sans se presser.

Après une inspiration, elle entra dans l’échoppe. Heureusement, il n’y avait que deux autres personnes, et comme elles occupaient le marchand, la jeune femme était libre de regarder ce qu’elle voulait. Avançant lentement entre les pièces de tissus pliées sur des tables où suspendues aux murs, elle avait du mal à se concentrer sur ses recherches. L’herboristerie lui revenait toujours dans la tête. Elle finit par opter pour un pantalon noir près du corps, en tissu élastique mais assez chaud, et deux chemises de flanelle grise qui se nouaient à l’aide de lacets. C’était confortable, pratique, et ça ne se remarquait pas ! Ses nouveaux habits sur le dos, recouverts de sa cape de laine, la deuxième chemise et la tunique de Fynna dans son sac, Kham ressortit de la boutique. Ses pas la menèrent directement devant l’herboristerie, et, poussant un soupir, elle se décida à y entrer.

Une douce odeur d’encens et de plantes l’enveloppa aussitôt, en même temps qu’une obscurité apaisante. Des bougies dansaient dans des petites lampes posées çà et là. L’envoleuse parcourut rapidement la pièce du regard, sans trouver personne. Elle aperçut la rampe en bois sombre d’un escalier, et, sans hésiter mais avec une boule dans la gorge, elle descendit lentement au sous-sol.


- Ah, excuse-moi, je me fais sourde et je ne t’avais pas entendue arriver ! De quoi as-tu besoin, jeune fille ?

Kham sursauta et se retourna vivement. Une petite vieille femme à la peau parcheminée et aux longs cheveux gris tressés autour de sa tête se tenait au milieu d’un fatras de bocaux, plantes séchées et récipients de différentes tailles, plissant ses petits yeux pour mieux la voir.

- Euh… rien de spécial, marmonna l’envoleuse avec un sourire mi-figue mi-raisin. Je… je regarde seulement.
- Ah… je ne savais pas qu’on pouvait se rendre dans une herboristerie sans avoir une idée derrière la tête, s’amusa la vieille femme.

Khamill l’ignora. Elle promenait le regard sur la pièce, et les souvenirs affluaient dans son esprit, tellement réels et nombreux qu’elle en eut le souffle coupé. Ici, elle avait vécu avec Lehm. Ils avaient partagé des repas maigres et délicieux, avaient longuement discuté du monde et de leurs vies, avaient accueilli d’autres voleurs des rues, avaient dormi l’un contre l’autre… avaient fait l’amour. Ici, grâce à lui, elle avait pu connaître le sexe sous sa forme tendre et consentie. Maintenant, après tout ce qu’elle avait vécu, même le souvenir de ces moments de plaisir partagé la dégoutaient. Comment était-ce possible ? Le Mentaï avait-il définitivement remplacé tout désir par un dégoût froid et une terreur difficilement contrôlable ?

L’herboriste était retournée à ses occupations, la laissant déambuler à sa guise. Elle ne vit donc pas les larmes qui commençaient à couler sur les joues de sa cliente, ni les tremblements qui parcouraient ses jambes… Soudain, Kham se sentit perdre pied. Littéralement. Elle glissa tout seule et tomba en arrière contre une table ; tout ce qu’il y avait dessus se renversa ou s’écrasa par terre dans un fracas assourdissant comparé au silence qui régnait dans la boutique. Revenue brusquement au présent, Khamill, à quatre pattes, se hâta de tout ramasser tandis que l’herboriste accourait.


- Je suis vraiment désolée ! J’étais perdue dans mes pensées et… je peux vous rembourser tout ce qui est gâché…
- Je ne pense pas, tu n’as aucune idée de ce que ça coûte… Ne t’inquiète pas, ça arrive. Je ne sais simplement pas comment je vais faire pour préparer de nouveau cette potion, répondit l’herboriste en désignant un liquide épais et grisâtre qui s’étalait sur la table sous des morceaux de pot brisé. Un client proche de l’Empereur devait venir absolument la chercher après-demain pour guérir son fils gravement malade, et je n’ai plus l’ingrédient principal en stock…
- Alors je vais en trouver ! De quoi s’agit-il ?
- C’est aimable, jeune fille, mais tu vas avoir du mal. Il s’agit d’un champignon très particulier que l’on ne trouve que dans les Montagnes de l’Est, la Mort bleue – son nom fait peur mais seul son chapeau est mortel, c’est son pied qu’on utilise comme remède. A cheval, il faut bien deux jours pour faire l’aller-retour. Je crains que la vie de ce garçon ne soit menacée, et, le seigneur en question n’étant pas très tendre, la mienne avec…

Khamill laissa échapper un juron et essuya d’un geste rageur ses larmes qui coulaient toujours. Elle n’avait même pas de monture ! Par sa faute, deux personnes pouvaient mourir…

Non ! Elle allait courir de toutes ses forces s’il le fallait, ou trouver le moyen d'emprunter un cheval, mais ça n’arriverait pas ! Sa décision prise, elle se releva brusquement, se précipita pour remonter l’escalier… et se heurta à quelqu’un. Une cliente sûrement attirée par le boucan qu’elle avait fait…

- Pardon, grogna Khamill sans la regarder.

Et elle voulut s'élancer à nouveau dans l'escalier, mais une main retint fermement son avant-bras.

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Lëroya Palabré
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé... et les spectres du futur ? [PV Lëroya]   Sam 09 Déc 2017, 22:41

- Vous cherchez quelque chose de particulier ?

Je me redresse vivement. J’avais entendu les pas et la respiration d’un humain, je ne m’attendais cependant pas à être abordée alors que j’étais en train de gratter le sol pour trouver le champignon bleu qui était l’objet de mes recherches. Le mec qui me paye grassement pour que j’en trouve une quantité non négligeable risque de retirer tout ce qu’il avait dit – et moi de le tuer – si je ne me débrouille pas rapidement pour trouver ça.
Relevant le menton, je tourne la tête pour chercher le regard de l’homme qui vient de m’apostropher. J’ai les doigts noirs de terre et de humus, et des traces sur le visage de m’être grattée légèrement, ainsi que des tâches sur les bras.

Je cligne des paupières et lève les yeux au ciel.

- Oui. Mais bon, je sais qu’en cette saison, je vais avoir du mal. Je le vois froncer les sourcils et se gratter le menton un instant. Je suis chez vous ? Il faut que je cherche plus loin ?
- Non non !
s’empresse-t-il de me répondre. Je fronce les sourcils à mon tour. Vous cherchez quel champignon exactement ?
Je reste interdite un instant, avant de secouer la tête. Basculant un peu en arrière, je me détends en m’asseyant sur mes talons, tente de me gratter un œil avec mon poignet mais sens que je trace encore une fois un trait de terre sur mon front. Peu importe.
- Des tueurs rouges. Je me mords la lèvre quand un long sifflement franchit les lèvres de l’homme. Il recule d’un pas et me détaille plusieurs secondes, avant de secouer la tête.
- Et vous voulez ça pour… faire quoi ? Je pousse un soupir, et me redresse lentement en me relevant et m’essuie le front.
- Un… ami en a besoin d’une quantité importante pour concocter un remède pour son fils malade.
- Une quantité importante ?
Je brandis mon sac en cuir que je suis censée remplir.
- Ça.
- Pourquoi autant ? Normalement, seul un chapeau suffit pour faire un remède.

J’hésite un instant, avant de hausser les épaules. A vrai dire, je ne sais pas. Mais je ne vais pas le dire ; ça risquerait de le rendre encore plus soupçonneux. Alors, j’improvise comme je sais si bien le faire !
- Il a peur que plusieurs de ses enfants aient la même chose, comme a priori c’est un truc assez héréditaire, et que peut-être que quelqu’un essaye de lui faire peur en empoisonnant sa famille…
L’homme a un brusque mouvement de recul, et il me jauge plusieurs secondes. Je ne bouge pas, et reste presque immobile, attendant sa réaction.
Il finit par pousser un soupir. Et me faire un signe de la main.
- D’accord. Suivez-moi.
Sans réfléchir, je lui emboite le pas.

* *


Rassemblant mes rênes alors que Al-Jeit entre dans mon champ de vision, je ralentis Stantal quelques secondes pour prendre le temps de profiter de la vue impressionnante de la capitale de l’Empire. A chaque fois que je viens de ce côté, c’est la même chose : je ne peux pas m’empêcher de m’émerveiller devant la beauté de la ville. Ses tours vertigineuses, les reflets du soleil à travers les matériaux, les colonnes, les draperies des escaliers… C’est juste une œuvre d’art.

Je m’ébroue brutalement et, d’une pression des mollets, remets Stantal au pas. Ma monture sent sans doute qu’il va avoir droit à un peu de repos dans la ville et marche avec enthousiasme vers l’immense porte d’Améthyste. On passe sous la cascade, et je le dirige vers les écuries.

Si je reviens à Al-Jeit, c’est aussi parce que je dois remettre ces champignons à Fil’Assuya. L’homme me remercie avec cérémonie ; mais tout ce qui compte pour moi c’est les deux bourses remplies de pièces d’or qu’il me remet. Je le salue une dernière fois et sort de la maison chic dans laquelle il vit et m’enfonce dans les rues moins riches de la capitale.

Il faut que je passe dans mon herboristerie préférée pour récupérer quelques remèdes, et des bandages. Je prends la direction de l’endroit en question, et entre dans la boutique sans faire tinter les cloches de l’entrée. Quand je pose mon pied sur la première marche de l’escalier qui descend, pour pouvoir trouver Wondra, le bruit d’une conversation me parvient et je tends l’oreille malgré moi.
- Alors je vais en trouver ! De quoi s’agit-il ?  
- C’est aimable, jeune fille, mais tu vas avoir du mal. Il s’agit d’un champignon très particulier que l’on ne trouve que dans les Montagnes de l’Est, la Mort bleue.

Je pousse un soupir, levant les yeux vers le plafond un instant, mais me décide à bouger toujours en tendant l’oreille. Un juron s’élève, me tirant un sourire. Avant que le bruit de pas précipités ne vienne dans ma direction.
Je me mets en travers du chemin, et la jeune fille – enfin, elle doit avoir mon âge – ne peut que me percuter… Ce qu’elle fait en s’excusant.

Un sourire dur étire mes lèvres, et j’attrape fermement son bras pour la retenir.
- Une seconde, toi. Je lui adresse un sourire plus léger, tournant mon visage vers Wondra. Hé Wondra, c’est moi. Est-ce que tu peux me préparer deux bandages cicatrisants à conserver, et avec mon mélange d’herbes, et de quoi faire des cataplasmes… et de la pommade aussi ? Je…
Je tourne mon visage vers la femme que je tenais toujours fermement et échange un regard avec elle. Elle est légèrement plus petite que moi, mais je suis pratiquement certaine qu’elle est un peu plus vieille que moi.
- Je reviens dans deux jours pour récupérer ça.
- Toujours le cœur sur la main, Lëroya.
Je ne peux pas m’empêcher de glousser.
- Détrompe toi ! Comment je ferai sans la meilleure herboriste de l’Empire moi ? J’ai besoin de toi vivante ! Wondra éclate de rire en hochant la tête, et je ris avec elle. Puis, je lâche doucement le bras de la jeune femme.

Plongeant mon regard dans le sien, je penche légèrement ma tête à droite.
- J’ai un cheval. Je connais quelqu’un qui m’en prêterai un deuxième. Est-ce que ça te dérange si je t’accompagne ?

Ma décision est prise, certes, mais je n’aime pas non plus m’imposer. Si cette femme ne veut pas de moi, peu importe : j’irai quand même chercher ce champignon. D’autant que Pleô saura peut-être m’aider pour ce type de champignon également !

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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé... et les spectres du futur ? [PV Lëroya]   Jeu 21 Déc 2017, 12:27

De quel droit cette inconnue l’attrapait-elle ainsi ? Sans prendre la peine de se retourner, Kham secoua son bras pour le dégager, mais l’emprise de la fille se fit plus forte.

- Une seconde, toi.

Avec un soupir, l’apprentie prit enfin la peine de se retourner, mais ce fut pour lui lancer un regard noir.

- Je n’ai pas de seconde à per…

La fille l’ignora, s’adressant à l’herboriste. Khamill leva les yeux au ciel, et se décida à écouter ce qu’elle lui disait. Mais elle en avait rien à foutre de sa liste de courses ! Et elle ne pouvait pas la lâcher, bon sang ! Elle détestait ça !

Cependant, ça devenait un peu plus intéressant. Khamill croisa le regard assuré de l’inconnue, tandis que le sien renvoyait un mélange d’impatience et d’étonnement.


- Je reviens dans deux jours pour récupérer ça.

Deux jours ? Kham fronça les sourcils. Cette femme qu’elle n’avait jamais vue se proposait-elle de l’aider ? Son esprit effectua une rapide correction : ce n’était pas elle qu’elle comptait aider. Vu comment elles avaient l’air de se connaître avec l’herboriste, elle souhaitait simplement lui éviter la mort. Le regard de de la femme croisa à nouveau le sien, plus intensément cette fois. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres délicatement ourlées lorsqu’elle pencha la tête sur le côté, et sans savoir pourquoi, Khamill se sentit déstabilisée. Un peu.

- J’ai un cheval. Je connais quelqu’un qui m’en prêterai un deuxième. Est-ce que ça te dérange si je t’accompagne ?

L’envoleuse hésita un instant. Tout allait trop bien, c’était étrange. Et cette fille qui lui tenait toujours le bras… Elle se dégagea vivement, mais sans lâcher son regard – l’autre la laissa faire cette fois. Khamill pouvait lire dans ses yeux sa détermination : que ce soit avec ou sans elle, elle avait décidé d’y aller. Elle-même n’avait pas spécialement envie d’effectuer le voyage en compagnie d’une inconnue, mais c’était sa faute si l’herboriste avait perdu son remède, et si elle était menacée de mort. Elle ne pouvait pas se décharger de sa tâche sur quelqu’un d’autre.

- D’accord, souffla-t-elle à contre-cœur.

Elle n’avait pas vraiment répondu à la question de la fille : oui, ça la dérangeait ! Mais elle n’avait pas le choix. Et puis, elle lui semblait plutôt digne de confiance. N’empêche que c’était bizarre de se lancer dans un voyage de deux jours avec quelqu’un qu’elle ne connaissait pas ! Prenant une inspiration, elle se tourna vers la petite vieille femme, qui les observait calmement.

- Est-ce que tu peux nous décrire le champignon ?

Elle était passée au tutoiement sans s’en rendre compte, mais l’herboriste ne s’en formalisa pas – au contraire, Kham crut voir l’ombre d’un sourire étirer ses lèvres.

- Il n’est pas très grand, entre trois et cinq centimètres en moyenne. Son chapeau est d’un gris moyen, et son pied est bleu pâle et veiné de stries d’un bleu plus sombre et violettes. On le trouve souvent près des mares ou autres endroits très humides.

Vraiment bizarres, ces couleurs, songea Khamill. Au moins, elles ne confondraient pas avec un autre ! Déjà qu’il était petit… Se contentant d’un regard vers la vieille – Wondra – pour lui signifier qu’elle avait compris, elle regarda à peine l’inconnue et grimpa à l’étage sans un mot. L’autre la rejoignit très vite et elles sortirent ensemble de la boutique.


***



Elles galopaient côte à côte depuis une bonne demi-heure. Le ciel était assez sombre et les nuages menaçants, mais il ne pleuvait pas encore. Le vent et la vitesse faisaient voler leurs cheveux et la cape en laine de Khamill. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas pu apprécier ainsi un galop, et ça la détendait un peu ; elle se surprenait à savourer le moment. Sa monture était une jument café au lait au poil clair et aux membres déliées. Comme le lui avait affirmé la personne qui la lui avait prêtée, elle semblait rapide mais surtout très endurante. Bien qu’elle ne se sente pas très proche des chevaux d’ordinaire, la jeune femme avait tout de suite aimé la lueur d’intelligence et de gentillesse mêlées dans les yeux sombres en amande.

La silhouette des montagnes de l’Est se découpait à l’horizon, mais les deux voyageuses et leurs montures n’y seraient pas avant la nuit. Khamill jeta un coup d’œil vers Lëroya – elle avait entendu son nom de la bouche de l’herboriste, et lui avait confié le sien au moment d’emprunter la jument. Cette fille, qui devait avoir à peu près son âge, lui paraissait étrange. De ce qu’elle avait pu en voir, elle était assez extravertie, et elle dégageait quelque chose de fascinant. Ses mouvements étaient surprenants de souplesse. Surtout, Kham avait la sensation de quelque chose de familier en la regardant, comme une blessure commune…

Elle était intriguée.

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Lëroya Palabré
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé... et les spectres du futur ? [PV Lëroya]   Sam 23 Déc 2017, 00:01

J’aime bien comme elle n’a pas vraiment répondu à ma question, ça m’amuse beaucoup. Mais elle n’a pas l’air exactement contre, et elle a dit d’accord. Je perçois Wondra qui se rapproche, alors que la jeune femme lui demande à quoi ressemble le champignon. J’écoute attentivement, même si j’espère sincèrement que Pleô pourra nous aider. Il n’y a pas beaucoup de marres ou de trucs comme ça dans les Montagnes de l’Est, alors ça risque d’être encore plus compliqué que prévu.

Je pose ma main sur l’épaule de Wondra doucement, et lui adresse un sourire tandis que la jeune femme remonte à l’étage. Puis, je lui emboite le pas : c’est vrai qu’on a pas de temps à perdre !

* *

On galope à bride abattue depuis plus de trente minutes, et les chevaux commencent à sérieusement fatiguer. D’autant que la météo ne semble pas vraiment de notre coté non plus, étant donné qu’il pleut bizarrement, et chacune de ces gouttes est comme un éclat de verre quand elle rencontre la peau. J’ai fini par me couvrir de ma peau d’ours, en rabattant ma capuche faite directement dans le crâne de l’animal sur ma tête. Ça protège bien, le cuir animal, et la fourrure animale, c’est clair.

Stantal me donne de gros signes de faiblesses, et en jetant un coup d’œil à la jument que Khamill a récupérée, je me rends compte qu’elle aussi est épuisée. Si on crève nos chevaux, on n’arrivera jamais à trouver ces champignons à temps, et malgré leur condition physique, plus de trente minutes de galop, c’est pas facile à tenir et épuisant.
Je laisse donc mon étalon repasser au trot, mais je le maintiens dans un petit trot actif, pour ne pas qu’il ait un choc de température et d’effort, surtout avec cette pluie glaciale. Je referme les pans de ma fourrure sur mon torse et pousse un soupir en m’asseyant dans ma selle.

Je tourne mon regard vers Khamill, la détaillant tranquillement. Je n’ai pas eu le temps d’observer ce à quoi elle ressemblait vraiment, et je souris en me disant que décidément, je rate toujours des trucs ! J’avais déjà vu la cicatrice qu’elle a sur le visage, mais c’est plus la profondeur de son regard gris qui happe mon attention ; je ne sais pas, j’ai l’impression de me regarder moi-même il y a quelques années… Alors qu’elle a mon âge.

Je secoue la tête, et me penche sur l’encolure de Stantal qui tente de repasser au pas. Je le renvoie au trot d’un claquement de langue, et il pousse un long soupir.
- Je crois qu’il vaut mieux qu’on marche si on veut pouvoir arriver au bout… Je laisse ma monture repasser au pas, dans un long soupir de soulagement. Farfouillant dans mes pochettes de selle, j’en sors une gourde d’eau dans laquelle je prends quelques gorgées. Ça fait du bien ! Je tends ma gourde à Khamill pour lui proposer de l’eau à elle aussi.

- Tu sais que j’en reviens, des montagnes de l’Est ? Drôle de coïncidence, j’y étais aussi pour des champignons. Avec un peu de chance, on recroisera une connaissance qui m’a aidée à trouver ceux dont j’avais besoin. Ça nous fera peut-être gagner un peu de temps.

Je fais rouler ma tête sur mes épaules en poussant un petit soupir. La pluie s’est un peu calmée, mais une sorte de bruine pas du tout agréable mouille toujours tout sur son passage. On a beau voir quelques pics des Montagnes, elles ne sont pas si proches.

- Qu’est-ce qui t’amenait à l’herboristerie, au fait ?
J’essaye de lancer la conversation, mais quand je la vois se tendre brutalement, je me mors la lèvre : merde je viens de faire une gaffe. Les deux pieds dans le plat, ma vieille !. Je me reprends très vite.
- Oh pardon euh… Je cherche en vain un autre sujet de conversation. Qui t’as appris à monter à cheval ? Tu te débrouilles vraiment bien, même avec un sol super glissant ! Voilà.
En espérant qu’elle ne se referme pas sur elle-même comme une huitre…

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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé... et les spectres du futur ? [PV Lëroya]   Jeu 28 Déc 2017, 22:52

Voyant que sa compagne de route faisait ralentir l’allure à son cheval, l’apprentie envoleuse l’imita. Effectivement, les bêtes commençaient à manquer de souffle, et Khamill pouvait sentir sous ses cuisses la fatigue qui parcourait les muscles de sa monture. Elle-même flairait les courbatures s’annoncer après ce galop prolongé : depuis qu’elle avait quitté Gil, il y avait de cela plusieurs semaines, elle n’avait pas utilisé d’autre moyen de transport que ses propres jambes.

Alors qu’elles trottinaient côte à côte, la jeune femme pouvait sentir le regard de Lëroya sur son visage, dont elle ne put empêcher les muscles de se contracter légèrement. Mais lorsqu’elles passèrent au pas, elle ne refusa pas la gourde qu’elle lui tendait, même si elle en avait une – et consciente que son geste signifiait qu’elle acceptait un rapprochement et donc un début de conversation.


- Merci.
- Tu sais que j’en reviens, des montagnes de l’Est ? Drôle de coïncidence, j’y étais aussi pour des champignons. Avec un peu de chance, on recroisera une connaissance qui m’a aidée à trouver ceux dont j’avais besoin. Ça nous fera peut-être gagner un peu de temps.
- Ça serait bienvenu, en effet, approuva Kham après s’être essuyé la bouche à l’aide de sa manche, et rendant sa gourde à sa propriétaire avec un sourire timide.

Visiblement, celle-ci était plus bavarde qu’elle – ce qui n’était pas difficile – et elle avait du mal à lui répondre autre chose que des banalités. Mais c’était déjà quelque chose. Et que dire de plus à une parfaite inconnue ?


La pluie devenait moins forte, mais sa cape de laine, moins efficace que l’impressionnante peau d’ours portée par Lëroya, était déjà bien mouillée ; et les nuages ne semblaient pas prêts de se dissiper. A travers le léger brouillard qui avait gagné la plaine, Khamill put cependant apercevoir un bois au loin, dans lequel les chevaux pourraient peut-être se reposer un peu.

- Qu’est-ce qui t’amenait à l’herboristerie, au fait ?

Khamill ouvrit la bouche, s’apprêtant à répondre, avant de réaliser quelle était la question ; alors elle la referma et se tendit légèrement. Elle avait presque oublié ses souvenirs cachés comme des fantômes dans la petite cave de l’herboristerie. Voyant qu’elle gardait le silence, l’autre tenta autre chose. Qui lui avait appris à monter à cheval ? Même si c’était une question toute bête en apparence, elle demandait une réponse aussi délicate que la première, puisque ça revenait à parler des mercenaires du Chaos. Enfin, elle n’était pas obligée de dire que Clarence en était un, et puisque c’était lui qui lui avait appris, avant Pan…

- Oh, c’est juste une vieille connaissance qui m’a appris les bases. Après, c’est surtout de la pratique… Mais je ne monte pas si bien que ça, ajouta-elle avec un léger sourire.Tu sembles bien plus à l’aise que moi.

Elle aurait pu lui retourner sa question, d’ailleurs. Mais ce n’était pas vraiment dans ses habitudes, alors ça ne lui vînt pas à l’esprit.

- Au fait, j’aime bien ta cape. Enfin ta fourrure, fit-elle à la place. C’était peut-être un peu bizarre comme ça, mais c’était vrai.

Cependant, au fur-et-à-mesure qu’elles avançaient, elle distingua une maison juste à l’orée du bois qu’elle avait vu plus tôt, avec sa fumée qui sortait du toit et de la lumière aux fenêtres. Elle avait beau plisser les yeux pour essayer de mieux voir dans le brouillard, il n’y avait pas d’autre habitation. Une maison seule au milieu de la plaine, c’était étrange. Une étrangeté renforcée par cette brume « pleuviotante »… Elle réalisa qu’il s’agissait peut-être d’une auberge, avec l’écurie qui la jouxtait.


- Si on allait voir là-bas ? proposa-t-elle en les désignant. Histoire de boire un truc chaud et de faire se reposer un peu les chevaux ? Je ne pense pas qu’une demi-heure de plus ou de moins change vraiment quelque chose…

Dix minutes plus tard, elles entraient dans ce qui était effectivement une auberge, après avoir laissé les montures dans l’écurie.

Sauf que personne ne se montrait, alors que les lumières étaient allumées et que le feu dansait dans la cheminée de la pièce principale. Intriguée mais prête à toute éventualité, Khamill adressa un regard interrogateur à Lëroya.

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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé... et les spectres du futur ? [PV Lëroya]   Ven 05 Jan 2018, 20:20

Je hoche doucement la tête quand elle complimente ma fourrure, un sourire sur les lèvres. Elle n’a pas l’air très bavarde, alors je ne vais pas tenter de lui extorquer quoi que ce soit. Enfin, pas tout de suite. Parce qu’il y a quelque chose qui m’intrigue vraiment, derrière cette attitude un peu bourrue et en même temps sensible et réactive. Je me mords la lèvre inférieure, laissant mon regard voguer sur l’horizon pluvieux.

Une forme un peu trop angulaire attire mes yeux cependant ; juste à l’orée de ce que l’on peut distinguer à travers la bruine. Au fur et à mesure que l’on avance, les contours deviennent plus nets et je devine l’auberge de bois blottie sous un bosquet, avec une écurie attenante.
- Si on allait voir là-bas ? Histoire de boire un truc chaud et de faire se reposer un peu les chevaux ? Je ne pense pas qu’une demi-heure de plus ou de moins change vraiment quelque chose…

Je hoche la tête : c’est une bonne idée. Il ne faudra pas perdre trop de temps à se tourner les pouces, cependant avec ce temps, maintenir une allure trop élevée à cheval augmentait beaucoup trop les chances de blessures – et des blessures sur des chevaux, surtout aux membres, avaient tendance à les immobiliser… plus ou moins définitivement.
On s’avance jusqu’à l’entrée des écuries et je descends de cheval, entraînant Santal à ma suite pour le mettre au chaud dans un box. Je m’occupe de lui sommairement, lui retirant son harnachement et passant un coup de brosse rapide ; il fume dans l’atmosphère fraiche, alors je prends une poignée de paille pour le sécher un peu plus rapidement.

Sortant du box, je dispense une dernière caresse à mon étalon, avant de plonger dans une petite porte qui mène directement dans l’auberge – pas besoin de se mouiller, quelle bonne idée !

Sauf que lorsqu’on entre dans la salle, rien. Pas une ombre qui vive. Pas un mouvement.
Je m’immobilise, tous les sens à l’affût. J’échange un regard avec Khamill, qui m’envoie une expression interrogative. Hochant du menton sans bruit, je lève une main pour lui dire de ne pas bouger, et un doigt devant mes lèvres pour lui signifier de ne rien dire.

Mon regard glisse sur les lumières allumées, sur le feu qui craquait avec joie dans l’âtre de la cheminée centrale. Je fais un pas en avant, silencieuse, et je m’avance au centre de la pièce. Rien. Alors, je tente jusqu’au comptoir, et me penche par-dessus pour regarder de l’autre côté…
Un bruit de chaise strident retentit à ce moment précis, et en prenant appui sur mes avant-bras posés sur le comptoir, je donne une impulsion à mes hanches qui se lèvent à la hauteur de mon buste, balançant efficacement mes jambes derrière moi.
Je rencontre une tête qui lâche un hurlement de douleur… Éteint presque immédiatement quand je lui brise les vertèbres entre mes chevilles. Mon regard tombe à ce moment précis sur une silhouette saucissonnée et bâillonnée, derrière le comptoir. Les yeux terrifiés de l’homme et son gigotement me font froncer les sourcils, mais je me retourne vivement alors que six autres hommes se précipitent vers moi.

Je jette un coup d’œil vers Khamill, décidant en un instant si je pouvais lui faire confiance pour en mettre certains hors services. Allez, je lui en accorde trois.
Me glissant sous un bras, je frappe de mon poing, létale, dans le creux des côtes. Je les sens s’enfoncer sous mon coup, l’homme perdre connaissance sous l’effet de la douleur. Je ne m’attarde pas, bondissant dans le dos d’un second, lui attrape les cheveux sur le haut du crâne et d’un coup sec le tire en arrière et vers le bas. Coup du lapin, il s’écroule sur mes pieds. Le dernier se précipite vers moi en hurlant, mais lui a un long sabre ; il semble un peu plus expérimenté que les deux premiers.

Pas assez.
Alors qu’il pourfend l’air de sa lame, je me glisse le long du plat de cette dernière et d’un mouvement fluide la fait voler en utilisant son poignet. L’arme se fiche dans le plafond, et je prends appuis sur l’avant-bras du brigand pour virevolter devant lui, me plaque contre son torse – ce qui le déconcerte un instant… Trop longtemps – et enfonce mes doigts de chaque côté de sa carotide, lui révulsant les yeux et l’envoyant dans les vapes.

Mais alors que je me défais de son poids mort – ou en tout cas comateux – j’entends un grognement et quelques paroles dans mon dos. Faisant volte-face, je croise le regard terrifié de Khamill alors que le dernier brigand – sans doute le chef de la troupe – l’a immobilisée et fait glisser ses doigts sous le bord de sa tunique.
Je pousse un soupir très énervé, bondis en avant – et saisis le sabre toujours planté dans le plafond au passage – et d’un seul mouvement fluide lui enfonce la lame dans le flanc, jusqu’à buter contre sa colonne vertébrale. Le choc m’ébranle le bras, et je lâche la poignée de l’arme alors qu’il hurle sa douleur et tombe sur le côté.

Je croise le regard de Khamill, une lueur au fond des yeux.
- A toi l’honneur, assène-je. Il y a des coups que l’on doit porter ; pour soi avant tout, pas nécessairement contre les autres.

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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé... et les spectres du futur ? [PV Lëroya]   Sam 13 Jan 2018, 21:53

[Désolée du temps de réponse, et du coup... dis-moi si quelque chose ne te va pas ^^]







Tandis que Lëroya s’avançait vers le comptoir, Khamill demeura vers l’entrée, les sens en alerte. Elle entendit soudain un bruit de respiration, juste avant qu’un homme ne s’élance de derrière une table, bousculant une chaise, et se précipite sur sa compagne de route.

- Attention !

Mais celle-ci avait déjà réagi, et l’homme se retrouva bientôt à terre avec un gémissement de douleur. Kham n’eut pas le temps de s’extasier sur les capacités de la jeune femme ; d’autres hommes sortaient des coins de la pièce et des cuisines en criant. Ils étaient six, elles étaient deux ; après un rapide calcul, ils se jetèrent sur elles par groupe de trois. Le premier qui s’avança vers l’apprentie envoleuse reçut son poignard dans la cage thoracique ; elle évita le second d’un simple mouvement sur le côté et lui asséna un atemi dans les cervicales, virevolta, frappa le genou droit du troisième homme, lui envoya son poing dans le menton. Il s’effondra. Le deuxième avait cependant récupéré ses esprits, et la chargeait avec un sabre ; Khamill évita un coup de justesse, se glissa derrière lui et enfonça son coude dans ses côtes, puis récupéra son poignard fiché dans la poitrine du premier homme, déchirant de sa lame le dos du troisième.

Reculant pour éviter que du sang ne tâche sa chemise, elle ne vit pas venir le septième homme – enfin huitième si on comptait celui que Lëroya avait mis hors-jeu dès le début – qui jusque-là était demeuré caché, et qui attrapa ses poignets d’une main, les plaquant dans son dos ; il enserra la gorge de la jeune femme avec son autre bras, plaquant son crâne contre son torse et menaçant de l’étrangler. Grognant, Kham ne fit même pas attention à ce qu’il lui disait, réfléchissant rapidement à comment se dégager. En fait, l’autre lui offrit une ouverture en lâchant ses poignets, pour glisser sa main sous sa chemise. L’envoleuse savait qu’elle avait plusieurs possibilités pour se dégager, mais le bras de l’homme appuyant sur sa gorge et le dégoût que lui procurait le contact de ses doigts sur sa peau lui coupaient le souffle. Avant qu’elle ne trouve un moyen de se tirer de là, elle sentit brusquement l’étreinte de son agresseur se desserrer et un cri de douleur résonna à son oreille ; il s’écroula au sol, un sabre planté profondément dans la hanche. Reprenant sa respiration, Khamill laissa son regard rencontrer celui de Lëroya et lui délivrer un remerciement silencieux. L’homme se tortillait pat terre en gémissant tandis que son sang se répandait autour de lui.


- A toi l’honneur.

Khamill eut un petit sourire, mais elle hésita. Si elle comprenait bien, la jeune femme brune lui proposait de le tuer ; mais en avait-elle vraiment besoin ? Sans pour autant ravaler la colère qu’elle ressentait envers son agresseur, elle finit par hausser les épaules, et se contenta de saisir le manche du sabre pour, lentement, retourner la lame dans la chair déjà souffrante de l’homme. Il hurla.

- Récupère tes copains et cassez-vous d’ici.

Comprenant qu’il avait une chance de s’en sortir, le blessé se contenta de hocher lentement la tête. Avec un bruit peu agréable, Kham retira le sabre couvert de sang, le gardant à la main jusqu’à ce que l’homme se relève péniblement et franchisse la porte de l’auberge, accompagné de ses acolytes – les survivants portant les morts. Elle plissa les yeux en le voyant s’arrêter et se retourner vers elles, un sourire mauvais étirant ses lèvres.

- Vous… vous ne cherchez pas à savoir pourquoi on vous a attaqué ?

La jeune femme haussa un sourcil et échangea à nouveau un regard avec Lëroya.

- Le fils de Vil’Vayar ne doit pas vivre, cracha l’homme. Alors vous allez pas vous en sortir vivantes non plus. Ni entières.

Avec un ricanement, il se détourna et rejoignit ses complices, clopin-clopant. Khamill était trop abasourdie pour le suivre. Qui était ce Vil’Vayar ? Ces hommes n’étaient-ils pas de simples brigands dont le but avait été de piller l’auberge et d’y attendre les éventuels voyageurs qui s’y arrêteraient ?

- Qu’est-ce qu’il…

Et puis elle se souvint que l’herboriste ne leur avait pas précisé le nom du noble qui avait besoin du remède. Et celui-ci était en effet pour son fils… L’apprentie envoleuse se tourna vers sa compagne, écarquillant les yeux.

- Ces hommes devaient donc nous empêcher d’aller chercher les champignons ? Ils nous auraient attendu exprès ici ?

Avant que Lëroya ne réponde, la jeune femme se précipita dans l’écurie.
Trop tard.

Les chevaux avaient disparu.

Khamill jura en courant à l’extérieur, apercevant au loin les hommes s’éloigner dans un nuage de poussière. Serrant les poings, elle entra à nouveau dans l’auberge, où elle aperçut Lëroya relever un homme tout tremblant de derrière le comptoir. Donc il y avait bien un aubergiste, dans cette foutue auberge…

Lorsque la jeune femme brune croisa son regard, Khamill secoua la tête pour lui signifier le vol des chevaux. Elle se sentait coupable d’avoir laissé partir les brigands maintenant, mais son regard était dur ; perdre du temps dans les lamentations et les excuses était la dernière chose à faire. Toutes deux savaient ce que tout cela signifiait : leur mission s’avérait plus complexe que prévu…

Et elles allaient devoir courir.

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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé... et les spectres du futur ? [PV Lëroya]   Sam 27 Jan 2018, 20:42

- - Vous… vous ne cherchez pas à savoir pourquoi on vous a attaqué ?

Oh, génial, on a le droit à des bavards. Sans blague. Je lève les yeux au ciel, secouant la tête de droite à gauche. Quand je vois que Khamill va voir si les chevaux ont été sortis – génial, manquait plus que ça – je vais vers le comptoir pour détacher les liens du pauvre aubergiste qui tente de se tortiller dans tous les sens.

Quand je retire d’un geste sec le baillon, il gémit mais arrête de bouger, jusqu’à que ce j’ai coupé les cordes qui l’immobilisaient.
- Ça va ? je demande, l’aidant à se redresser. Il tremble tellement qu’il n’a pas du tout l’air stable et je l’attrape sous l’aisselle pour l’aider à tenir debout.
Je vois qu’il attrape le bord du comptoir et ses phalanges blanchir tellement il serre fort pour rester droit. Je le lâche avec prudence et le contourne pour revenir au centre de la pièce.

- Merci.
Je secoue la tête doucement, et mon regard tombe sur Khamill qui repousse la porte des écuries. Bon, les chevaux ont été enlevés. On ne retrouvera pas sa jument, mais personnellement je sais très bien que Stantal va revenir… Si je l’appelle genre tout de suite.

Me précipitant dehors, j’hurle de toutes mes forces :
- STANTAAAAAAAAAL !! ICIIIIII !! J’attends quelques seconds, et recommence mon appel. Au moins dix fois. J’entends vaguement de la vaisselle tinter dans l’auberge ; j’espère sincèrement qu’on va au moins avoir quelque chose à manger.

Et sous la pluie toujours battante, je vois mon cheval arriver au petit trot, tête basse – et complètement nue – des sacoches cliquetant dangereusement sur son flanc gauche et plus aucune sacoche du côté droit. Ils ont dû vouloir l’empêcher de partir en attrapant ce qui passait – et je suis contente de ne pas avoir de corne de selle.
- C’est bien mon tout beau. Viens, dans les écuries. Oui, il fait moche… Je lui parle doucement, l’entraine dans les écuries pour le déharnacher complètement cette fois.  Je le bouchonne avec de la paille pour qu’il sèche plus vite et reviens dans l’auberge.

- Vous auriez de l’orge ? Ça sent la nourriture, et je me retiens de saliver. J’échange un regard avec Khamill. Oui, il va falloir courir. J’ai juste un licol assez particulier pour monter, et j’ai appris à Stantal à s’en défaire pour s’enfuir quand il le fallait. Le temps de pouvoir en récupérer un autre, je vais utiliser une corde, mais – ah merci ! J’attrape le seau d’orge pour aller le donner à mon cheval et reviens rapidement dans la pièce. Mais on ne peut pas monter à deux. Je peux commencer à courir, et tu peux monter. Ça ira toujours plus vite, et on se fatiguera moins.
- Avant de partir, prenez un peu de forces et mangez.
Je remercie l’aubergiste d’un signe de tête et m’installe face à Khamill sur une table au hasard.

- Ton style me dit quelque chose… je souffle, curieuse. Parce que oui, sa manière de se battre… clairement, ce n’est pas que des trucs appris aux détours des rues. Il y a de la vraie technique. Et j’ai vraiment l’impression d’avoir déjà vu cette technique quelque part…

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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé... et les spectres du futur ? [PV Lëroya]   Mer 14 Fév 2018, 20:52

Surprise, Kham regarda sa compagne de route se précipiter dehors à son tour. Qu’est-ce qu’elle foutait ? Elles n’avaient pas de temps à perdre ! Lorsque son cri résonna, elle crut saisir... Elle hélait son cheval ! C’était vrai que certaines montures pouvaient être assez bien dressées pour répondre à l’appel de leur maître. Elle, ça lui paraissait toujours un peu étrange, et pas très réaliste, surtout qu’elle n’avait jamais eu de cheval à elle hormis celui qu’elle avait emprunté au Domaine pour son dernier cours, et qu’elle ne se sentait pas particulièrement proche des bêtes en général. Un cheval, c’était sympathique, utile certes… mais elle pouvait s'en passer la plupart du temps ! Elle préférait compter sur ses propres jambes. L’urgence de la situation actuelle était une exception.

Depuis l’intérieur de l’auberge, elle entendit la voix de Lëroya et comprit que la bête était bel et bien revenue. D’un côté, elle ne put s’empêcher d’admirer la loyauté de l’animal ; de l’autre elle n’aimait pas l’idée que l’on puisse ainsi soumettre un être vivant à son bon plaisir. L’être humain était vraiment spécifique dans ce domaine : s’accaparer la liberté des autres, qu’ils soient animaux, ou humains comme lui… Pas capable de se débrouiller seul, et souvent dans le besoin d’utiliser les autres. Même si, là encore, il y avait des exceptions.

Derrière elle, l’aubergiste était retourné dans la cuisine, plus ou moins remis de sa mésaventure, et Khamill pouvait sentir l’odeur de la nourriture en train de cuire conquérir la pièce principale. Son estomac réagit violemment : les émotions lui avaient donné faim ! Tant pis si elles perdaient encore du temps en mangeant, ça lui paraissait nécessaire pour garder des forces. Pendant que Lëroya s’occupait de sa monture, elle alla aider l’homme à préparer le repas, tout en essayant de lui poser des questions sur la façon dont les bandits l’avaient attaqué, et lui demanda s’il savait d’où ils venaient. Rien de bien intéressant, a priori, mais on ne savait jamais, et elle garda bien à l’esprit ses maigres réponses.

Sa compagne les rejoignit bientôt, et, une fois qu’elle fut allée nourrir son cheval, Kham acquiesça en réponse à sa proposition. Se « partager » la monture était une bonne idée ; si elle avait pu, elle aurait même insisté pour courir tout le long du trajet, mais les Montagnes de l’Est étaient encore trop loin pour qu’elle en fût capable. Encouragées par l’aubergiste, les deux femmes s’installèrent à une table et attendirent qu’il leur apporte les plats.

L’apprentie envoleuse leva un sourcil, étonnée, face à la question de Lëroya. Parce que, même formulée ainsi, il s’agissait bien d’une question. Un léger sourire aux lèvres, elle hésita à peine, et profita du fait que l’homme se trouve encore en cuisine pour répondre. Elle aussi était curieuse à propos de son interlocutrice, et elles avaient une mission à mener ensemble. C’est pourquoi elle décida de jouer cartes sur table.


- C’est un maître envoleur qui m’a enseigné à me battre.

Le regard fixé sur la jeune femme, elle guetta sa réaction. Elle n’avait pas exclu la possibilité qu’elle soit aussi passée par le Domaine ; c’était l’autre raison qui avait guidé sa sincérité. Quitte ou double… Face à l’étincelle qui venait de s’allumer dans les yeux marrons, elle sut qu’elle avait bien fait. Souriant légèrement, elle poursuivit :

- Pan Hilibiaskiiyai, ça te dit quelque chose ?

Certes, il y avait Gil, maintenant. Mais Pan avait été son maître pendant bien plus longtemps, et à ses yeux, si elle tenait son style de quelqu’un c’était bien de l’homme aux cornes. Elle ignorait que celui de l’autre couillon avait déjà commencé à s’y mêler…

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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé... et les spectres du futur ? [PV Lëroya]   Jeu 26 Avr 2018, 16:58

[ Désoléeeeeeee pour ce temps de réponse, je vais essayer de rattraper tout mon retard et d'être plus régulière !! ]


Je hausse un sourcil quand je vois que l'attitude de Khamill change subtilement. Il semble qu'elle ai compris ma remarque, et la question à demi-mots qui l'accompagne. Je jette un coup d'oeil en même temps qu'elle vers les cuisines, avant qu'elle ne réponde en se penchant légèrement en avant, par dessus la table.

Maître envoleur.
Un léger sourire satisfait étire mes lèvres : mon instinct, une fois de plus, ne m'a pas trompée. Par contre ce nom... Je veux dire, ça me dit quelque chose, mais je ne pense pas l'avoir croisé plus de trois secondes, dans la réalité. Ou peut-être que si, mais que j'ai oublié ; je ne peux pas associer de visage en tout cas à ce nom.
Et je ne connais clairement pas son style de lutte. Du coup, je ne peux pas m'empêcher de me mordre la lèvre, intriguée. J'en parle, ou pas ?

Maintenant, on est lancées. Il faut juste que je fasse attention aux mots employés ; et Khamill est assez intelligente pour voir au delà des lignes.

- Non, je ne connais pas. Le nom me dit vaguement quelque chose, ceci dit, mais j'ai pas de visage là.
Je fais une pause, laissant l'aubergiste poser à manger devant nous. Je salive déjà. J'ai faim, en fait ! Un sourire sur les lèvres, j'attrape ma fourchette et la plante dans un premier morceau de viande. J'arrête cependant mon geste au milieu, pointant mon couvert vers Khamill sans y faire attention.
- Je ne connais donc pas le style de ce Pan.  Par contre... ça me rappelait plutôt celui de Gil. Sangrelune. Ça te dit quelque chose ?

J'ai un sourire en coin alors que je porte mon bout de viande en sauce à ma bouche pour mâcher avec plaisir. C'est tendre, ça fond dans la bouche, et la sauce relève juste parfaitement la saveur forte de la viande sauvage. Miam !

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